CONTRIBUTION

QUI POUR SAUVER LE SÉNÉGAL ?

Chronique d’un peuple qui s’épuise à espérer

Aujourd’hui, au marché de Dakar comme dans les champs de la Vallée, une question prédomine : comment faire face aux difficultés au quotidien? Cette interrogation est d’autant plus pressante que le Sénégal semble abandonné. En vérité, tandis que les prix des denrées essentielles augmentent de manière vertigineuse, tandis que le carburant grève le budget des familles, tandis que le paysan, dans son champ, se demande s’il pourra rentrer dans ses frais, les acteurs censés alléger ces souffrances rivalisent de conférences de presse.

Ce n’est plus de projets qu’on débat. Ni de solutions. On s’invective. La délation, méthodiquement, est devenue un mode de gouvernement ; l’insulte, une politique publique à part entière. Et pendant ce temps, dehors, le peuple serre la ceinture, un cran de plus chaque mois.

C’est indécent. Il faut le dire avec ces mots-là, sans les adoucir : indécent, de faire autant de bruit quand une mère de famille, au moment de payer, doit choisir entre l’huile et les médicaments de son enfant. Indécent, de donner des leçons de morale quand le producteur s’endette pour une récolte qu’il ne sait même pas s’il pourra vendre. Indécent, de prononcer le mot « patrie » face caméra et de ne penser, au fond, qu’à son parti, à son ego, à son strapontin.

À ce rythme, on ne sauvera pas le Sénégal. On l’achève, petit à petit, sous nos yeux dans l’indifférence polie des plateaux de télévision.

Sauver le Sénégal ne se fera pas dans les salons feutrés devant les écrans de télévisions mais plutôt dans la boue des rizières, dans la poussière des chantiers, dans le silence des bureaux où l’on travaille réellement. Il nous faut des hommes et des femmes qui éprouvent de la honte à parler sans conséquence. Qui craignent Dieu et respectent le peuple. Qui comprennent que gouverner, ce n’est pas accuser, c’est assumer. Le peuple a faim de «tiéboudieunne», pas de polémiques.

Le peuple a faim de résultats, pas de polémiques. Alors, je repose la question : QUI POUR SAUVER LE SÉNÉGAL ?

Certainement pas ceux qui confondent la nation avec un ring. Le Sénégal a besoin de bâtisseurs. Pas de bavards. Le Sénégal mérite de patriotes, pas de délateurs.

Et si, pour une fois, nous regardions droit devant nous et prenions nos responsabilités en faisant front commun, sans ego ni calcul, afin que, dans la sueur et les décisions courageuses, nous puissions travailler à relever ce pays qui nous est cher? Notre Sénégal mérite des actes, pas des discours creux. Qui pour sauver le Sénégal ? Pas ceux qui parlent fort pour cacher l’inaction, mais ceux qui choisissent l’intérêt général, ceux qui portent la voix des sans-voix et qui agissent aujourd’hui pour que demain fasse honneur à leurs gestes.
Le temps presse.
Le peuple attend.

IBRAHIMA SALL
LE MILITANT DU DÉVELOPPEMENT

Mort de Kalidou Diallo en Gambie : les circonstances du drame au cœur d’une vive controverse

La mort de Kalidou Diallo, plus connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de « L’Homme de Ziguinchor », suscite une vive émotion au Sénégal et de nombreuses interrogations sur les circonstances exactes de son décès en Gambie. Alors qu’une première version faisait état d’un accident de la circulation, de nouvelles informations rapportées par Les Échos, citant notamment le média gambien The Point, évoquent un décès survenu à la suite d’une chute du deuxième étage d’un immeuble lors d’une opération antidrogue.

Le drame se serait produit dans la nuit du samedi 15 août 2026, à Kerr Sering, dans la municipalité de Kanifing. D’après les informations rapportées par The Point et reprises par Les Échos, des agents de la Drug Law Enforcement Agency of The Gambia (DLEAG), l’agence gambienne chargée de la lutte contre le trafic de drogue, se seraient rendus dans une résidence à la suite de renseignements faisant état d’activités présumées liées aux stupéfiants.

Deux ressortissants sénégalais se trouvaient alors dans l’appartement visé par l’intervention. Au cours de la perquisition, les agents auraient découvert quatre paquets contenant une substance présentée comme du cannabis présumé de type « skunk », dissimulés dans une armoire.

C’est au cours de cette intervention que la situation aurait dégénéré. Selon la version rapportée par les médias cités, l’un des occupants aurait tenté de quitter les lieux en passant par le balcon de l’appartement. Dans des circonstances qui restent encore à déterminer avec précision, il aurait chuté du deuxième étage de l’immeuble.

Grièvement blessé après sa chute, l’homme aurait été évacué vers l’hôpital général de Kanifing. Malgré sa prise en charge médicale, son décès aurait été constaté par le personnel de santé. La victime a ensuite été identifiée comme étant Kalidou Diallo, très connu sur les réseaux sociaux sénégalais sous le nom de « L’Homme de Ziguinchor ».

L’annonce de sa disparition a d’abord été accompagnée d’une autre version des faits. Des informations circulant sur les réseaux sociaux faisaient état d’un accident de la circulation en Gambie. Cette première narration avait suscité de nombreux messages de condoléances et d’hommage, notamment de la part d’internautes qui suivaient ses contenus et ses activités sur TikTok.

Mais la révélation de nouvelles circonstances présumées du décès a profondément changé la nature des réactions. Sur les réseaux sociaux, plusieurs témoignages et publications mettent désormais en cause le déroulement de l’intervention des forces de l’ordre gambiennes. Certains internautes affirment que Kalidou Diallo aurait été violenté ou battu avant sa chute. D’autres s’interrogent sur les circonstances exactes dans lesquelles le jeune homme s’est retrouvé sur le balcon.

Ces accusations ont rapidement alimenté une importante polémique. Des vidéos, témoignages et appels à faire toute la lumière sur l’affaire se multiplient depuis l’annonce de son décès. Une partie de l’opinion réclame notamment qu’une enquête indépendante permette d’établir les faits et de déterminer les éventuelles responsabilités.

Toutefois, à ce stade, aucune preuve officielle ne permet d’établir que Kalidou Diallo aurait subi des violences de la part des agents de la DLEAG avant sa chute. Les accusations diffusées sur les réseaux sociaux doivent donc être considérées avec prudence, en attendant d’éventuelles conclusions des autorités compétentes.

Plusieurs zones d’ombre demeurent. Les circonstances exactes de l’intervention dans l’appartement restent notamment à éclaircir. Il faudra également déterminer ce qui s’est précisément passé entre le début de la perquisition et la chute de Kalidou Diallo. A-t-il réellement tenté de fuir par le balcon ? Une altercation avait-elle éclaté auparavant ? Des violences ont-elles été commises ? Dans quelles conditions les agents présents sur les lieux ont-ils réagi au moment de la chute ?

Autant de questions auxquelles les éléments actuellement disponibles ne permettent pas encore d’apporter de réponse définitive.

L’affaire revêt également une dimension particulière en raison de la notoriété de la victime sur les réseaux sociaux. Sous le pseudonyme de « L’Homme de Ziguinchor », Kalidou Diallo avait acquis une certaine visibilité auprès des internautes sénégalais, notamment à travers TikTok. Sa disparition a ainsi rapidement dépassé le cadre d’un fait divers pour devenir un sujet de préoccupation et de débat sur les réseaux sociaux.

Pour l’heure, les différentes versions qui circulent restent difficiles à départager. La version d’une chute survenue alors que la victime tentait de fuir lors d’une opération antidrogue coexiste avec des accusations de violences policières qui, elles, n’ont pas encore été officiellement établies.

La seule manière de dissiper ces incertitudes demeure une enquête approfondie et transparente. Celle-ci devra permettre de reconstituer les dernières minutes précédant la chute, d’établir les circonstances médicales du décès et de recueillir les témoignages des personnes présentes lors de l’intervention.

Médina : vaste opération de sécurisation de la police, plusieurs personnes interpellées

La police nationale a lancé, dans la soirée du mardi 18 août 2026, une vaste opération de sécurisation dans plusieurs secteurs de la Médina, à Dakar. L’intervention vise notamment à libérer les rues et ruelles du quartier et à renforcer les contrôles effectués par les forces de l’ordre.

Au cours de cette opération, plusieurs personnes ont été interpellées. Parmi elles figureraient des ressortissants étrangers, selon des sources proches du dispositif. Les contrôles se poursuivaient encore dans différents secteurs de la Médina au moment où l’opération était en cours.

Selon les mêmes sources, certaines personnes auraient tenté de résister aux injonctions des policiers ou de prendre la fuite à l’arrivée des forces de l’ordre. Elles auraient finalement été maîtrisées avant d’être conduites dans les locaux de police pour les besoins des vérifications d’usage.

Les opérations menées dans le quartier s’inscrivent dans un contexte de renforcement des contrôles portant notamment sur la situation administrative et le séjour des ressortissants étrangers. Les forces de sécurité multiplient ainsi les interventions dans certains secteurs considérés comme nécessitant une surveillance accrue.

Cette nouvelle opération rappelle celle menée quelques semaines auparavant dans le même quartier. Le mardi 4 août 2026, une intervention de sécurisation avait notamment été conduite à hauteur de la Rue 25, angle 18, à la Médina. Cette opération avait également abouti à l’interpellation de plusieurs ressortissants étrangers par des éléments de la Police nationale.

Fonds politiques de la Primature : Abdourahmane Diouf interpelle Sonko sur l’achat de véhicules de luxe

Le débat sur l’utilisation des fonds politiques de la Primature prend une nouvelle tournure. Après les déclarations d’Ousmane Sonko, qui a reconnu avoir utilisé une partie de ces ressources pour l’acquisition de véhicules, Abdourahmane Diouf est monté au créneau pour apporter sa lecture des faits et soulever plusieurs interrogations sur la gestion de ces fonds.

Invité sur le plateau de Solo Média ce mardi, le responsable du parti présidentiel est notamment revenu sur les conditions dans lesquelles les membres du gouvernement disposaient de véhicules de fonction lorsqu’il était ministre de l’Enseignement supérieur.

Abdourahmane Diouf raconte qu’à cette période, son véhicule de fonction était tombé en panne alors qu’il se rendait à un match de l’équipe nationale du Sénégal. Une situation qui, selon lui, illustre l’état particulièrement dégradé du parc automobile de l’administration.

« Moi, quand j’étais ministre de l’Enseignement supérieur, mon véhicule était tombé en panne au milieu de la route alors que je me rendais à un match du Sénégal. C’était à deux jours du remaniement. Toutes les voitures étaient brinquebalantes », a-t-il témoigné.

Selon l’ancien ministre, cette situation était d’autant plus surprenante que des instructions avaient été données au plus haut niveau de la Primature pour éviter de nouvelles acquisitions de véhicules. À l’en croire, Ousmane Sonko, qui occupait alors le poste de Premier ministre, avait précisément demandé qu’aucun achat de véhicule ne soit effectué.

C’est sur cette base qu’Abdourahmane Diouf dit ne pas comprendre les révélations faites récemment par le leader de Pastef. Il s’interroge notamment sur l’utilisation de plus de 900 millions de francs CFA pour l’acquisition de véhicules au cours de la même période.

« Et ce ne sont pas n’importe quelles voitures, ce sont des Maybach, des voitures de luxe, avec des fonds politiques », a-t-il déclaré.

Au-delà du montant évoqué, le responsable politique s’est également intéressé à la nature des véhicules concernés et aux règles qui encadrent les acquisitions de l’administration publique. Il estime que la question ne se limite pas à l’opportunité de l’achat, mais porte également sur la conformité de l’opération avec les textes en vigueur.

Abdourahmane Diouf affirme ainsi que l’administration publique est soumise à des règles précises concernant l’acquisition de biens, notamment en matière de véhicules. Il soutient que les textes administratifs proscrivent l’achat de biens d’occasion par l’État.

L’ancien ministre s’est également interrogé sur le statut juridique des véhicules évoqués dans les déclarations d’Ousmane Sonko. Selon lui, certains de ces véhicules auraient été récupérés par l’État dans le cadre de procédures judiciaires.

« De plus, ce sont des véhicules considérés comme des biens criminels et récupérés par l’État », a-t-il ajouté.

À travers cette sortie, Abdourahmane Diouf remet donc au centre du débat la question de la gestion des fonds politiques, mais aussi celle de la traçabilité et de la justification des dépenses effectuées à partir de ces ressources. Ses propos interviennent dans un contexte de fortes tensions politiques autour de la gestion des finances publiques et des pratiques héritées des précédentes équipes gouvernementales.

Diomaye Faye face à l’équation institutionnelle : référendum, dissolution et bras de fer avec l’Assemblée

La crise entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale franchit un nouveau cap. Alors que les rapports politiques entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et la majorité parlementaire issue de Pastef se sont fortement dégradés, le pouvoir se retrouve désormais face à un dilemme stratégique dont chacune des issues comporte des risques importants. Selon L’Observateur, plusieurs scénarios seraient actuellement étudiés au sommet de l’État, allant d’une révision constitutionnelle soumise au référendum à une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale.

Cette nouvelle configuration politique réduit considérablement la marge de manœuvre du chef de l’État dans la conduite de certaines réformes. La rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien camp politique, désormais dominant au Parlement, a progressivement transformé les rapports entre l’Exécutif et le pouvoir législatif en un véritable bras de fer institutionnel.

Dans ce contexte, le référendum constitutionnel apparaît comme l’une des pistes envisagées par le pouvoir. L’idée serait de contourner le blocage parlementaire en sollicitant directement l’arbitrage des électeurs sur une révision constitutionnelle plus globale. Une telle option permettrait au président de reprendre l’initiative politique et de rechercher une légitimité populaire face à une Assemblée nationale qui ne lui serait plus favorable.

Mais cette stratégie comporte également un risque considérable. Une victoire dans les urnes renforcerait incontestablement l’autorité politique du chef de l’État et affaiblirait ses adversaires. À l’inverse, un rejet du projet constitutionnel pourrait être interprété comme un désaveu personnel du président de la République et ouvrir une nouvelle séquence de crise politique.

C’est précisément ce risque que met en avant l’ancien député Alioune Souaré, cité par L’Observateur. À ses yeux, le référendum présenterait un danger politique supérieur à celui d’une dissolution de l’Assemblée nationale. Une défaite lors d’une consultation populaire placerait directement le chef de l’État en difficulté, puisqu’elle pourrait être perçue comme un rejet de son orientation politique. L’option consistant à patienter jusqu’à ce que les conditions juridiques d’une dissolution soient réunies permettrait, selon cette analyse, de limiter davantage l’exposition politique du président.

La dissolution de l’Assemblée nationale constitue ainsi l’autre grande hypothèse sur la table. Elle permettrait au chef de l’État de retourner devant les électeurs afin de tenter de provoquer une recomposition de la majorité parlementaire. L’objectif serait alors de reconquérir une majorité susceptible de soutenir l’action gouvernementale et de mettre fin au blocage institutionnel actuel.

Pour l’heure, toutefois, l’Exécutif ne semble pas vouloir précipiter cette confrontation. D’après L’Observateur, le pouvoir privilégierait plutôt une approche fondée sur une révision constitutionnelle globale, tout en tenant compte des contraintes juridiques liées à une éventuelle dissolution de la 15e législature.

Pendant que ces scénarios sont étudiés, la bataille institutionnelle se joue déjà sur le terrain juridique. Le 17 août 2026, l’Assemblée nationale a adopté, à une majorité supérieure aux trois cinquièmes, la proposition de loi n°33/2026 portant modification de l’article 37 de la Constitution. Le texte prévoit notamment d’élargir les obligations relatives à la déclaration et à la publication du patrimoine à plusieurs hauts responsables de l’État, dont le président de la République, le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale.

L’adoption de cette proposition a immédiatement provoqué une réaction de l’Exécutif. Le Gouvernement a saisi le Conseil constitutionnel pour contester le texte. Selon les éléments rapportés par L’Observateur, le pouvoir estime que certaines dispositions de la proposition de loi relèveraient du domaine réglementaire et ne pourraient donc pas être intégrées dans une loi. L’Exécutif s’appuie notamment sur les dispositions de l’article 83 de la Constitution ainsi que sur le règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Cette saisine donne une nouvelle dimension au conflit entre les deux institutions. Le Conseil constitutionnel se retrouve désormais au cœur du bras de fer, appelé à arbitrer une question qui dépasse largement le seul contenu technique de la proposition de loi. Derrière le débat juridique se joue en effet un rapport de force politique entre un Exécutif qui cherche à préserver sa capacité d’action et une Assemblée nationale qui entend exercer pleinement ses prérogatives.

La tension s’est d’ailleurs manifestée directement dans le fonctionnement du Parlement. L’Assemblée nationale a décidé de suspendre la séance plénière consacrée à l’examen de la proposition de loi, dans l’attente des suites réservées à la saisine du Conseil constitutionnel. Cette suspension ne concerne toutefois pas l’ensemble de l’agenda parlementaire. Plusieurs autres travaux doivent se poursuivre, notamment ceux liés à certaines commissions d’enquête ainsi que l’examen du projet de loi n°25/2026 relatif à la protection des infrastructures d’information critiques et à la sécurité numérique.

Pour l’analyste politique Djibril Diop, le président de la République conserve néanmoins des leviers d’action malgré l’absence d’une majorité parlementaire qui lui serait acquise. Il estime que Bassirou Diomaye Faye peut encore prendre des initiatives politiques importantes et, en cas de recours au référendum, chercher directement l’adhésion de la population. Une victoire dans les urnes lui permettrait de reprendre l’initiative et de renforcer considérablement sa position face à ses adversaires.

Mais l’hypothèse inverse serait lourde de conséquences. Un échec référendaire fragiliserait davantage le pouvoir et pourrait prolonger la crise institutionnelle. Il pourrait également accentuer les incertitudes politiques dans un contexte où les questions économiques et financières exigent, elles aussi, de la stabilité et de la visibilité.

Le véritable enjeu pour Bassirou Diomaye Faye consiste donc désormais à choisir le calendrier et le terrain les plus favorables pour reprendre la main. Aller rapidement au référendum reviendrait à prendre le risque d’une confrontation directe avec l’opinion publique. Attendre l’ouverture de la possibilité d’une dissolution permettrait de renvoyer la bataille devant les électeurs dans le cadre d’élections législatives anticipées, avec l’espoir de modifier le rapport de forces au Parlement.

Entre ces deux options, le Conseil constitutionnel occupe une position stratégique. Les décisions de la juridiction pourraient en effet influencer directement la suite du bras de fer entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale. Alors que les tensions politiques s’intensifient, chaque initiative institutionnelle est désormais scrutée comme un possible tournant dans la recomposition du pouvoir.

Affaire Aziz Dabala et Boubacar Gano : Nabou Lèye joue sa liberté devant la Chambre d’accusation

La procédure prend un nouveau tournant dans l’affaire du double meurtre d’Aziz Dabala et de Boubacar Gano, survenu à Pikine Technopole. La situation judiciaire de Marième Lèye, dite Nabou Lèye, sera examinée ce jeudi 20 août 2026 par la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar. Ses avocats ont saisi cette juridiction d’une demande de mise en liberté d’office, en s’appuyant notamment sur les dispositions de l’article 129 du Code de procédure pénale.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, la défense estime que le juge d’instruction n’aurait pas statué dans les délais prévus par la loi sur une précédente requête introduite au nom de leur cliente. Les conseils de Nabou Lèye soutiennent ainsi que cette situation ouvre la voie à une saisine directe de la Chambre d’accusation afin qu’elle statue sur la demande de liberté.

L’audience est prévue à partir de 10 heures. La juridiction d’appel devra donc se pencher sur les arguments développés par la défense et déterminer si les conditions légales permettant une mise en liberté d’office sont réunies.

Nabou Lèye est poursuivie dans le cadre de l’enquête sur la mort d’Aziz Dabala et de Boubacar Gano. Elle avait été placée sous mandat de dépôt par le doyen des juges du Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye. Depuis son incarcération, ses avocats multiplient les démarches judiciaires pour obtenir un aménagement de sa situation pénale.

Le 22 juin 2026, la défense avait notamment introduit une requête sollicitant une assignation à résidence assortie d’un placement sous bracelet électronique. Mais, selon les éléments rapportés par L’Observateur, un mois plus tard, soit le 22 juillet, aucune décision n’aurait encore été rendue par le magistrat instructeur sur cette demande.

Pour les avocats de Nabou Lèye, cette absence de décision dans le délai légal constitue un élément déterminant. Ils invoquent le dernier alinéa de l’article 129 du Code de procédure pénale, qui encadre les délais dans lesquels le juge d’instruction doit statuer sur certaines demandes relatives à la détention.

La défense affirme également que le parquet n’aurait pas formulé ses réquisitions dans le délai prévu. C’est sur cette base procédurale que les conseils de Marième Lèye ont décidé de porter directement le dossier devant la Chambre d’accusation.

Selon l’interprétation avancée par la défense, lorsqu’un juge d’instruction ne statue pas dans le délai légal, la personne concernée peut saisir la Chambre d’accusation. Cette dernière doit alors examiner la situation conformément aux dispositions du Code de procédure pénale, notamment au regard des réquisitions écrites et motivées du Procureur général.

L’affaire, enregistrée sous l’intitulé « Marième Lèye contre le ministère public », figure ainsi au rôle de la Chambre d’accusation. L’audience de ce jeudi pourrait constituer une étape importante pour la prévenue, même si la décision de la juridiction d’appel dépendra de son appréciation des arguments procéduraux soulevés par ses avocats.

Parallèlement à cette bataille judiciaire, l’enquête sur le double meurtre a connu une évolution sur le terrain scientifique. Des analyses ADN réalisées sur plusieurs traces biologiques recueillies lors des investigations auraient permis aux enquêteurs d’obtenir de nouveaux éléments susceptibles d’éclairer les circonstances du drame.

D’après les informations publiées par L’Observateur, le Centre international de recherche et de formation en génomique appliquée et de surveillance sanitaire a été sollicité pour procéder à l’analyse de différents prélèvements. Les opérations auraient été menées sous la supervision de la Division de la police technique et scientifique de la Division des investigations criminelles.

Les analyses auraient permis d’isoler quatre profils ADN à partir de plusieurs éléments recueillis sur les lieux du crime. Parmi les traces examinées figureraient notamment celles relevées sur un verre retrouvé à proximité du corps d’Aziz Dabala ainsi que des traces de sang découvertes dans la salle de bain.

Les résultats rapportés font également état d’une trace attribuée à Mamadou Lamine Diaw, laquelle aurait été retrouvée mélangée au sang de l’une des victimes. Selon les conclusions citées par le quotidien, aucun profil ADN correspondant aux autres personnes poursuivies dans le cadre de cette affaire pour des faits connexes n’aurait été identifié sur les lieux, à l’exception de celui attribué à Mamadou Lamine Diaw.

Ces éléments scientifiques pourraient ainsi conforter certains indices déjà recueillis par les enquêteurs concernant ce dernier. Sa présence présumée dans l’appartement ainsi qu’une blessure qu’il aurait présentée figureraient notamment parmi les éléments examinés dans le cadre de l’enquête.

L’exploitation des résultats ADN apporte donc une nouvelle dimension à l’instruction du dossier. Elle pourrait contribuer à préciser le rôle des différentes personnes impliquées et à confronter les déclarations recueillies au cours de l’enquête aux éléments matériels retrouvés sur la scène de crime.

Pour autant, ces nouvelles données scientifiques ne préjugent pas, à elles seules, de la responsabilité pénale des personnes mises en cause. Elles constituent des éléments de l’enquête que les magistrats devront apprécier au regard de l’ensemble du dossier.

Pour Marième Lèye, l’enjeu immédiat se situe toutefois sur un autre terrain. Ce jeudi, la Chambre d’accusation devra avant tout examiner la question de sa détention et les arguments procéduraux développés par ses avocats. La juridiction devra notamment déterminer si le non-respect allégué des délais prévus par l’article 129 du Code de procédure pénale peut entraîner la mise en liberté d’office sollicitée par la défense.

Crédits spéciaux : l’Assemblée nationale suspend la plénière après la saisine du Conseil constitutionnel

L’Assemblée nationale a décidé de suspendre la séance plénière consacrée à l’examen de la proposition de loi relative au régime juridique des crédits spéciaux, initialement prévue ce mercredi 19 août 2026. Cette décision intervient dans un contexte institutionnel particulièrement sensible, marqué par une saisine du Conseil constitutionnel par l’Exécutif.

À travers cette saisine, le pouvoir exécutif demande au Conseil constitutionnel de se prononcer sur la nature juridique de certaines dispositions contenues dans la proposition de loi. Il s’agit notamment de déterminer si ces dispositions relèvent véritablement du domaine de la loi ou si, au contraire, elles ressortissent au pouvoir réglementaire.

Face à cette procédure engagée devant la juridiction constitutionnelle, l’Assemblée nationale a choisi de suspendre l’examen du texte. La plénière consacrée à cette proposition de loi ne se tiendra donc pas à la date initialement retenue, dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel.

Cette suspension intervient alors que la question des crédits spéciaux fait l’objet d’un débat institutionnel important entre le Parlement et le Gouvernement. La proposition de loi examinée par les députés vise à encadrer le régime applicable à ces crédits et à préciser les conditions dans lesquelles ils peuvent être mobilisés et gérés.

La saisine de l’Exécutif introduit ainsi un nouvel élément dans la procédure parlementaire. En contestant la nature législative de certaines dispositions du texte, le Gouvernement entend faire trancher par le Conseil constitutionnel la question de la répartition des compétences entre le domaine de la loi et celui du règlement.

Cette distinction est prévue par la Constitution et constitue un principe essentiel du fonctionnement des institutions. Le Parlement intervient dans les matières relevant du domaine législatif, tandis que le pouvoir réglementaire dispose d’une compétence propre dans les domaines qui ne sont pas réservés à la loi.

La décision de l’Assemblée nationale de suspendre la plénière permet donc d’éviter que l’examen du texte ne se poursuive avant que la juridiction constitutionnelle ait apporté les clarifications nécessaires. Elle traduit également la volonté de tenir compte de la procédure constitutionnelle en cours.

Le calendrier de la suite de la procédure dépend désormais de la décision du Conseil constitutionnel. Selon la réponse apportée par les Sages, certaines dispositions de la proposition de loi pourraient être maintenues dans le domaine législatif ou, au contraire, être considérées comme relevant du pouvoir réglementaire.

Budget participatif sensible au handicap : l’AAPJAS outille les organisations pour mieux plaider

Une session de renforcement des capacités consacrée au budget participatif sensible au handicap s’est tenue à Kaolack, à l’initiative de l’Association des anciens pensionnaires de l’Institut des jeunes aveugles du Sénégal (AAPJAS), avec l’appui de ses partenaires. La rencontre avait pour objectif de mieux outiller les organisations de personnes handicapées afin de leur permettre de renforcer leur plaidoyer auprès des collectivités territoriales.

La prise en compte des besoins spécifiques des personnes handicapées dans les politiques publiques locales était au cœur des échanges. À travers cette session, les organisateurs ambitionnent de renforcer les connaissances des membres des associations de personnes handicapées sur les mécanismes du budget participatif et les moyens d’y intégrer les préoccupations liées au handicap.

Selon Djiby Pam, président de l’AAPJAS, cette démarche répond à la nécessité de permettre aux personnes handicapées de disposer des outils nécessaires pour participer pleinement aux processus de décision et de plaidoyer au niveau territorial.

« Le budget participatif existe déjà, mais il est important d’aller vers un budget participatif sensible au handicap, qui prend effectivement en compte les besoins spécifiques des personnes handicapées », a-t-il expliqué.

L’accessibilité et la participation au cœur des préoccupations

Pour les participants, l’inclusion des personnes handicapées doit notamment passer par la prise en compte de plusieurs priorités, parmi lesquelles l’accessibilité des infrastructures, les aménagements raisonnables et leur participation directe à l’élaboration des politiques publiques.

« On ne peut pas toujours décider à la place des personnes handicapées. Elles vivent dans les collectivités territoriales et doivent donc être associées aux décisions qui les concernent », a souligné M. Pam.

Renforcer le plaidoyer auprès des collectivités

La session vise également à préparer les organisations de personnes handicapées à mieux défendre leurs droits et leurs besoins auprès des autorités locales.

Présent à la rencontre, Amadou Dème, conseiller technique en pilotage et gestion des systèmes de formation professionnelle au niveau de la GIZ et chargé des questions d’inclusion au sein du projet, a salué cette initiative.

Il a indiqué que cette activité s’inscrit dans une collaboration engagée depuis plusieurs années avec les organisations de personnes handicapées. Selon lui, l’objectif est de favoriser une meilleure prise en compte de leurs spécificités dans les politiques publiques, aussi bien au niveau territorial qu’au niveau central.

« Il est important d’accompagner les associations afin qu’elles puissent mieux s’affirmer dans les collectivités territoriales et disposer des outils nécessaires pour réclamer leurs droits », a-t-il déclaré.

Une expérimentation appelée à s’élargir

Dans le cadre de cette démarche, une autre session devrait être organisée à Thiès avec les élus locaux du département. Cette phase expérimentale permettra notamment de sensibiliser les collectivités territoriales sur les modalités de prise en compte des besoins spécifiques des personnes handicapées dans la mise en œuvre des politiques publiques.

À l’issue des expériences de Kaolack et de Thiès, les partenaires envisagent d’évaluer les résultats obtenus avant d’étudier une éventuelle extension de l’initiative à d’autres départements du Sénégal.

À travers cette dynamique, les acteurs souhaitent ainsi faire du budget participatif un véritable levier d’inclusion, en plaçant les personnes handicapées au cœur des processus de planification, de décision et de développement local.

Code du travail et Code de la sécurité sociale : l’Assemblée nationale adopte deux réformes majeures

L’Assemblée nationale a adopté, ce mardi 18 août 2026, les projets de loi n°15/2026 portant Code du travail et n°16/2026 portant Code de la sécurité sociale. Les deux textes ont été approuvés chacun par 129 voix sur 165, marquant une nouvelle étape dans la réforme du cadre juridique encadrant les relations de travail et la protection sociale au Sénégal.

Le projet de loi portant nouveau Code du travail entend adapter la législation nationale aux mutations du monde professionnel et aux évolutions du contexte juridique et économique. Le texte apporte plusieurs changements destinés à moderniser les relations entre employeurs et travailleurs, tout en renforçant certains mécanismes de protection.

Parmi les principales innovations figure l’institution du télétravail, désormais intégré au cadre légal du travail. Cette disposition vise notamment à tenir compte de l’évolution des modes d’organisation des entreprises et de la transformation numérique du marché de l’emploi.

Le régime du contrat de travail à durée déterminée connaît également une évolution avec un assouplissement des conditions de son renouvellement. Le nouveau dispositif entend ainsi offrir davantage de flexibilité aux entreprises tout en encadrant les relations contractuelles entre employeurs et salariés.

Le texte renforce par ailleurs les mesures de protection en faveur de la maternité, de l’enfant et des travailleurs en situation de handicap. Ces dispositions traduisent la volonté affichée par les pouvoirs publics de mieux prendre en compte les exigences liées à la protection des catégories considérées comme vulnérables dans le monde professionnel.

Autre changement important : le remplacement du contrat de travail journalier par le contrat de travail occasionnel. Cette évolution vise à mieux encadrer certaines formes d’emploi ponctuel et à adapter les catégories contractuelles aux réalités du marché du travail.

Le nouveau Code du travail prévoit également la suppression de l’obligation de conciliation préalable devant les tribunaux du travail. Cette modification touche directement les procédures de règlement des litiges entre travailleurs et employeurs et vise à revoir les conditions d’accès au juge en matière sociale.

Dans la même dynamique, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi n°16/2026 portant Code de la sécurité sociale. Ce second texte ambitionne de moderniser et d’harmoniser le cadre juridique de la protection sociale au Sénégal.

L’une des principales innovations réside dans l’institution d’une assurance maladie universelle. Le dispositif repose sur trois régimes distincts : le régime d’assurance maladie obligatoire destiné aux travailleurs relevant du Code du travail et du Code de la Marine marchande, le régime d’assurance maladie obligatoire des travailleurs indépendants et, enfin, un régime d’assistance médicale.

À travers cette architecture, le Gouvernement entend élargir la couverture médicale à différentes catégories de la population, notamment les travailleurs indépendants qui ne relèvent pas nécessairement des mécanismes classiques de protection sociale liés à l’emploi salarié.

Les deux réformes s’inscrivent, selon le Gouvernement, dans la mise en œuvre de l’axe de la Stratégie nationale de Développement consacré au « Capital humain de qualité et Équité sociale ». L’objectif affiché est de bâtir progressivement un système de protection sociale plus inclusif, équitable et accessible à l’ensemble des citoyens.

ÉDITORIAL — PRIMATURE : LE RETOUR DU RÉEL

Par Aly Saleh

Le démenti catégorique de l’ex-DAGE Macodou Sène face aux accusations d’Ousmane Sonko marque un tournant dans l’affaire des 3 milliards de la Primature. En opposant la rigueur des procédures budgétaires à la rhétorique gouvernementale, l’ancien gestionnaire déplace le débat du terrain politique vers celui, plus exigeant, de la réalité administrative. Pour l’exécutif, c’est la fin du confort des déclarations de principe et le début de l’épreuve des faits.

La rhétorique face au droit

Gouverner n’est pas faire campagne, et la communication politique se heurte inévitablement aux exigences des circuits légaux de l’État lorsqu’elle les ignore. En rappelant avec force que la Primature ne disposerait d’aucune ligne budgétaire destinée à des fonds spéciaux, Macodou Sène remet la technique administrative au centre du débat.

L’opinion publique, un temps suspendue aux promesses de rupture, se retrouve désormais confrontée à un imbroglio institutionnel qui exige une clarification sans ambiguïté. On ne peut accuser publiquement sans avoir préalablement établi les faits, pas plus qu’on ne peut condamner sans les documenter formellement. Dans l’architecture de la République, la légitimité politique ne saurait jamais se substituer à la preuve comptable.

Le piège de la transparence

Le Premier ministre a fait de la reddition des comptes l’une des clés de voûte de sa gouvernance. C’est un choix légitime, mais il impose en retour une discipline de fer et une exigence de précision.

Aujourd’hui, sa stratégie de mise au jour des pratiques de l’ancien régime se heurte à la première riposte de la haute administration sénégalaise. Si l’exécutif ne produit pas rapidement les pièces justificatives permettant d’étayer ses accusations, le doute risque de s’installer durablement.

Ce doute ne portera alors plus seulement sur l’existence éventuelle de malversations sous l’ancien régime, mais également sur la méthode, la rigueur et la crédibilité du pouvoir actuel. La transparence ne peut être efficace que lorsqu’elle s’appuie sur des faits vérifiables et des documents incontestables.

L’exigence du dénouement

L’État moderne ne peut se nourrir durablement de polémiques médiatiques ni de joutes politiques. Pour préserver l’autorité des institutions et la crédibilité de l’action publique, la Primature doit rapidement mettre un terme à cette controverse en apportant les éléments nécessaires à la manifestation de la vérité.

Il est désormais temps, soit de transmettre les dossiers aux corps de contrôle compétents afin que les faits soient établis dans le respect des procédures, soit de clore un débat qui risque de fragiliser la chaîne de commandement de l’État.

La transparence est une arme à double tranchant. Elle exige une précision chirurgicale, une documentation solide et le respect scrupuleux des procédures. Sans preuves matérielles suffisamment établies, elle peut finir par se retourner contre celui qui la brandit.

Aly Saleh

Aminata Touré met en garde contre la désinformation et les attaques visant le chef de l’État

Lors d’une conférence de presse organisée par la coalition Kiiray, la Haute représentante du chef de l’État, Aminata Touré, est montée au créneau pour recadrer le débat politique et dénoncer ce qu’elle considère comme une multiplication des discours toxiques, des fausses informations et des attaques ciblées contre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

Prenant la parole devant les journalistes, l’ancienne Première ministre a estimé que certaines prises de position publiques ont désormais dépassé les limites de la confrontation politique classique. Selon elle, la critique de l’action gouvernementale et du chef de l’État relève naturellement du débat démocratique, mais elle ne saurait justifier la diffusion d’accusations qu’elle juge infondées ou de propos susceptibles de porter atteinte à l’image et à l’autorité des institutions.

Pour Aminata Touré, cette situation appelle une réponse ferme de la majorité présidentielle. Elle considère que la multiplication des informations non vérifiées et des attaques personnelles peut contribuer à brouiller la compréhension des citoyens sur les enjeux politiques du pays et à alimenter une forme de défiance à l’égard des institutions.

La Haute représentante du chef de l’État s’est particulièrement inquiétée de l’impact de la désinformation sur les jeunes, très présents sur les réseaux sociaux et particulièrement exposés à la circulation rapide de contenus dont la véracité n’est pas toujours établie.

« Une chose est claire, c’est que désormais nous ne laisserons personne, disons bien personne, intoxiquer l’opinion, et ça je m’adresse aussi aux jeunes, nous faisons cet exercice-là aussi pour la population d’une manière générale, mais pour les jeunes aussi », a-t-elle déclaré.

À travers cette mise en garde, Aminata Touré entend ainsi marquer une nouvelle posture de la majorité face aux critiques et aux campagnes qu’elle considère comme destinées à fragiliser le président de la République. Elle assure que la réponse ne sera plus seulement politique, mais pourra également prendre une dimension judiciaire lorsque des propos ou accusations seront, selon elle, susceptibles de porter atteinte à l’honneur des responsables publics.

La responsable de Kiiray a ainsi annoncé que la majorité entend désormais répondre de manière systématique aux attaques qu’elle juge infondées, en utilisant à la fois les moyens du débat politique et les voies de droit. L’objectif affiché est de défendre l’image des institutions et des responsables publics, tout en empêchant, selon elle, que la désinformation ne s’installe durablement dans l’opinion.

Cette sortie intervient dans un contexte politique marqué par une forte polarisation du débat public. Les échanges entre les différents camps politiques se sont intensifiés ces dernières semaines, notamment autour de la gestion du pouvoir, du fonctionnement des institutions et des divergences apparues au sein de la mouvance présidentielle.

Crédits spéciaux : le Gouvernement saisit le Conseil constitutionnel pour contester la proposition de loi

Le bras de fer entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale se poursuit autour de la réglementation des crédits spéciaux. Dans un communiqué officiel rendu public ce mardi 18 août 2026, la Primature annonce avoir saisi le Conseil constitutionnel afin de contester la recevabilité de la proposition de loi portée par les députés.

À l’origine de cette nouvelle passe d’armes institutionnelle, les travaux de la première session extraordinaire de l’année 2026. Selon la Primature, l’Assemblée nationale a inscrit à son ordre du jour, dans le cadre de la procédure d’urgence, plusieurs textes dont une proposition de loi relative au régime juridique des crédits spéciaux. Le texte a déjà été examiné en commission et devait être soumis aux députés en séance plénière ce mercredi 19 août à partir de 10 heures.

Mais avant même son examen en plénière, le Gouvernement a décidé de contester la démarche parlementaire. L’Exécutif estime en effet que certaines dispositions contenues dans la proposition de loi ne relèvent pas du domaine de la loi, mais plutôt de celui du pouvoir réglementaire.

La Primature indique ainsi que le Gouvernement a « opposé l’irrecevabilité » à la proposition de loi, en s’appuyant notamment sur les dispositions des articles 67 et 76 de la Constitution. Pour l’Exécutif, le Parlement ne peut donc intervenir, par voie législative, dans un domaine qui relève des prérogatives réglementaires du Gouvernement.

Cette divergence sur la répartition des compétences entre les deux pouvoirs a finalement conduit à une saisine du juge constitutionnel. Faute d’accord entre le Gouvernement et l’Assemblée nationale sur la recevabilité du texte, l’Exécutif a choisi de porter le différend devant le Conseil constitutionnel.

Dans son communiqué, la Primature affirme agir dans le souci de préserver « l’ordre juridique républicain ». Elle précise avoir saisi, ce mardi, le Conseil constitutionnel d’un recours visant à faire déclarer irrecevable la proposition de loi relative au régime juridique des crédits spéciaux.

Cette démarche est fondée, selon le Gouvernement, sur l’article 83, alinéa 2 de la Constitution. La Primature rappelle également que cette procédure est reprise à l’article 69, alinéa 8 de la loi organique n° 2025-11 du 18 août 2025 portant Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

La balle est désormais dans le camp des Sages. Leur décision devra déterminer si la proposition de loi peut poursuivre son parcours parlementaire ou si elle empiète effectivement sur le domaine réservé au pouvoir réglementaire. En attendant cet arbitrage, l’examen du texte prévu mercredi à l’Assemblée nationale se retrouve au cœur d’un nouveau contentieux entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif.

‎SOIGNONS SONKO, POUR LUI, POUR LE SÉNÉGAL PAR KAMBATOUKO MENDY DE KIIRAAY – LES PATRIOTES RÉPUBLICAINS

Le cas Ajax-Sonko

Ajax, furieux qu’Ulysse reçoive les armes d’Achille, se jette sur un troupeau de moutons en croyant égorger ses ennemis. Il brandit son épée, convaincu de faire justice. Mais au réveil, il ne voit que du sang animal – et sa raison s’effondre.

‎Ousmane SONKO, depuis son limogeage par décret présidentiel n°2026-1128 du 22 mai 2026, ressemble chaque jour davantage à ce héros tragique. Son frère, SEM Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, est désormais Président de la République. SONKO ne supporte plus cette évidence. Il voit partout des complots, des trahisons, des injustices. Et comme Ajax, il brandit des armes imaginaires contre des ennemis fantômes.

‎Le 16 août dernier, il a brandi un décret devant la presse. Il l’a agité comme Ajax agitait son glaive. Il croyait tenir une preuve, une arme, une vérité.

Le décret n° 2004-1186 n’existe pas.

‎Ni le droit public sénégalais, ni le Journal Officiel, ni aucun texte officiel ne mentionnent ce numéro pour instituer un « fonds secret » ou un « programme de paix en Casamance ». Le document exhibé par SONKO est une pure création de son esprit. Il ne repose sur aucun fondement légal et relève d’une construction purement personnelle, dénuée de toute valeur probante.

‎Ce n’est pas la première fois que ses accusations sans fondement se heurtent au bras armé de la loi. Mame Mbaye NIANG l’a déjà fait condamner pour diffamation, preuve que ses paroles ne sont pas sans conséquence. Aujourd’hui, c’est Madame Aminata TOURE, qu’il accuse à tort et à travers, qui pourrait légitimement l’attraire en justice si elle décide de ne plus tolérer ces attaques répétées. Il joue avec le feu, mais le feu finit toujours par brûler celui qui l’attise.

L’historique d’un égarement

‎En 2021, il avait nié avoir mis les pieds à Sweet Beauty pour finalement reconnaître qu’il a bien été massé par la jeune Adji SARR, tout en criant au complot de l’ancien régime contre sa personne. Comme Ajax qui, au réveil, voit le sang sur ses mains et cherche un coupable ailleurs que dans sa propre folie, SONKO a nié l’évidence avant d’admettre les faits, mais en les déguisant en complot. Au lieu de se mettre à la disposition de la justice pour laver son honneur – comme un homme responsable le ferait – il a fait appel à ses sympathisants pour un « Motal Combat ». Ajax a appelé à la guerre contre ses propres alliés ; SONKO a appelé à l’émeute contre l’État. Résultat : plus de 80 morts. 80 vies fauchées parce qu’un homme, comme Ajax, a préféré brandir l’épée de la rue plutôt que de répondre de ses actes devant la loi. Là où Ajax s’est transpercé de sa propre épée, SONKO a transpercé le cœur de la nation.

‎Qui a hurlé au loup sur la « dette cachée », pour revenir deux ans plus tard, penaud, bredouiller : « Je n’avais pas tous les leviers » ? Ajax, dans sa démence, croyait voir des généraux ennemis là où il n’y avait que des bêtes. SONKO, lui, a vu une « dette cachée » là où il n’y avait qu’une gestion qu’il ne maîtrisait pas. Il a couché l’économie à terre avec ses prophéties de désastre, semant la panique chez les investisseurs et les citoyens. Un jour : « Dette cachée ! » Le lendemain : « Je n’avais pas tous les leviers. » Après-demain, il nous dira quoi ? Que c’était une blague, un test de crédulité ? Le Sénégal ne doit pas être son terrain de jeu, son laboratoire pour essayer ses sauts d’humeur et ses volte-face. Ajax a fini par reconnaître sa folie trop tard ; SONKO, lui, persiste dans son délire, incapable d’admettre qu’il a semé la terreur pour rien.

‎Les « mille milliards » de bobards qu’il dit avoir trouvés dans un compte sont toujours introuvables, car n’existant que dans sa tête. Comme Ajax qui voyait des ennemis partout, SONKO voit des milliards là où il n’y a que des chiffres imaginaires. Des sommes sorties du néant, agitées comme des épouvantails pour maintenir la peur et la confusion. À chaque fois, il promet des révélations ; à chaque fois, il livre du vent. Le peuple commence à comprendre que ces « mille milliards » sont aussi fantômes que les ennemis d’Ajax. La seule chose qu’il a réussi à cacher, c’est son propre égarement.

Un camp qui se délite

‎Pendant qu’il s’épuise à traquer des complots imaginaires, son propre camp se délite sous ses yeux : plusieurs de ses cadres et militants ont déjà quitté le navire PASTEF pour rejoindre celui de KIIRAAY – Les Patriotes Républicains, à l’image de Yankhoba DIEME, Abdoul Ahad NDIAYE, Moussa Balla FOFANA, Ibrahima SY, Aldiouma SOW, Khoureychi THIAM…

‎Alors, face à cette hémorragie et à ce naufrage politique, une question brûlante s’impose : mais qui donc est-il en train d’égorger ? Son propre camp ? La nation qu’il prétend servir ? Sa propre crédibilité, devant des caméras qui filment un homme convaincu d’être le dernier rempart de la vertu, alors qu’il n’est plus que l’ombre de lui-même ?

Soignons-le, pour lui, pour le Sénégal

‎La tragédie d’Ajax, c’est qu’il ne sait pas qu’il est fou. Il croit fermement que ses mains sont pures, que ses actes sont justes. SONKO est atteint de la même maladie : l’incapacité à voir sa propre déchéance.

‎Un homme sain d’esprit, après un revers, prend du recul, analyse, se reconstruit. Un homme malade s’accroche à des décrets imaginaires, voit des ennemis partout, et transforme chaque interview en un nouveau champ de bataille où il est le seul à ignorer qu’il a déjà perdu.

‎Le peuple sénégalais aime SONKO. Mais aimer, ce n’est pas laisser un proche s’enfoncer dans le délire sans rien dire. Aimer, c’est tendre la main et dire : « Frère, tu es malade. Laisse-toi soigner. »

Qu’on le soigne. Pour lui. Pour le Sénégal. Avant qu’il ne soit trop tard.

Car la plus grande malédiction, en effet, est d’être malade sans le savoir. Mais la pire des fatalités, c’est que ceux qui aiment le malade ne lui disent pas la vérité.

‎Kambatouko MENDY

‎· Coordonnateur de la Cellule d’entreprise KIIRAAY, Les Patriotes Républicains de Dakar Dem Dikk
‎· Coordonnateur de la plateforme SAMM SUNU KIIRAAY
‎· Candidat au poste de DG de Dakar Dem Dikk

Ferraille : le gouvernement envisage une prorogation exceptionnelle des licences d’exportation jusqu’au 31 décembre

Face aux incertitudes qui entourent actuellement le secteur de la ferraille, le gouvernement entend assurer une période de transition afin d’éviter une interruption des activités des opérateurs. Le ministère de l’Industrie et du Commerce a ainsi engagé des démarches auprès du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan pour obtenir une prorogation exceptionnelle des licences d’exportation de ferraille arrivant à expiration.

Dans une correspondance officielle référencée « 000236 MIC/DCI/DFDS » et datée du 14 août 2026, le ministre de l’Industrie et du Commerce a saisi son collègue de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, afin de solliciter le maintien, à titre exceptionnel, de la validité des autorisations concernées jusqu’au 31 décembre 2026.

Cette demande intervient dans un contexte marqué par l’arrivée à échéance des premières licences d’exportation délivrées dans le cadre du dispositif actuellement en vigueur. Le document ministériel rappelle que ces autorisations ont été accordées à partir de juin 2024 pour une durée de deux ans, conformément aux dispositions de l’arrêté n°000530 du 10 janvier 2024. Elles arrivent donc progressivement à leur terme, alors même que les conditions permettant leur renouvellement ne sont pas encore réunies.

Selon le ministère, cette situation s’explique notamment par les réformes engagées dans la filière de la ferraille. Les autorités travaillent en effet à une réorganisation du cadre réglementaire et des conditions d’exercice des activités liées à ce secteur, avec l’ambition d’améliorer le fonctionnement de la filière aussi bien pour l’administration que pour les opérateurs économiques.

Dans ce contexte, le renouvellement classique des licences demeure momentanément suspendu, le temps que les réformes en cours aboutissent à un nouveau dispositif. Pour le département de l’Industrie et du Commerce, cette période de transition ne doit toutefois pas se traduire par une interruption brutale des activités des professionnels concernés.

C’est précisément pour éviter ce scénario que le ministère propose de prolonger temporairement la validité des titres déjà délivrés. L’objectif affiché est double : préserver la continuité des opérations d’exportation de ferraille et éviter les conséquences économiques et fiscales qu’une rupture d’activité pourrait entraîner.

La démarche intervient également alors que les conditions d’exercice des opérateurs de la filière font l’objet de prises de parole publiques. Le président des exportateurs de métal, Momar Sokhna, s’est notamment exprimé récemment sur les difficultés et les incertitudes auxquelles sont confrontés les acteurs du secteur.

Pour le ministère de l’Industrie et du Commerce, la prorogation sollicitée constituerait ainsi une solution transitoire permettant de sécuriser les opérateurs en attendant la finalisation des nouvelles règles. Il ne s’agit donc pas d’un renouvellement définitif des licences, mais d’un aménagement exceptionnel destiné à éviter que les titulaires d’autorisations arrivant à expiration ne se retrouvent sans base juridique pour poursuivre leurs activités.

La mesure devrait également permettre à l’État de préserver les recettes fiscales générées par les opérations d’exportation de ferraille. Une interruption de l’activité pourrait en effet affecter aussi bien les professionnels que les finances publiques, d’où la volonté de maintenir provisoirement le dispositif existant.

Le ministère demande ainsi que des instructions soient données pour permettre cette prolongation jusqu’au 31 décembre 2026, date correspondant à la période envisagée pour achever la transition réglementaire. Le maintien des licences serait donc conditionné à la mise en place progressive du nouveau cadre appelé à régir la filière.

Patrick Vieira officiellement nommé sélectionneur des Lions du Sénégal

La Fédération sénégalaise de football (FSF) a officialisé la nomination de Patrick Vieira à la tête de l’équipe nationale A du Sénégal. L’ancien international français succède ainsi à Pape Thiaw et prend les commandes des Lions, avec pour mission de conduire la sélection vers de nouveaux objectifs sportifs.

La décision a été entérinée à l’unanimité par le Comité d’urgence de la FSF, réuni en session extraordinaire par visioconférence ce lundi. D’après le communiqué signé par le secrétaire général de l’instance fédérale, l’ensemble des membres statutaires du Comité ont pris part à la réunion, à l’exception de Cheikh Ahmet Tidiane Seck, sixième vice-président, dont l’absence avait été dûment excusée.

À travers ce choix, la FSF entend franchir une nouvelle étape dans la structuration et le renforcement de l’encadrement technique de l’équipe nationale. La Fédération mise notamment sur l’expérience et le parcours de Patrick Vieira, ancien capitaine de l’équipe de France et technicien passé par plusieurs clubs européens, pour accompagner les ambitions du football sénégalais au plus haut niveau.

Cette nomination intervient dans un contexte où les Lions doivent ouvrir un nouveau cycle après une période marquée par plusieurs changements sur le banc. Le choix de Patrick Vieira constitue ainsi un pari important pour la Fédération, qui souhaite installer un encadrement technique de haut niveau et inscrire la sélection dans une dynamique de performance durable.

Toutefois, l’arrivée du nouveau sélectionneur n’est pas encore totalement finalisée sur le plan administratif. La FSF indique que les discussions relatives aux modalités de sa prise de fonction, notamment les aspects administratifs et contractuels, se poursuivent entre les différentes parties.

La Fédération précise également que la présentation officielle de Patrick Vieira sera annoncée ultérieurement. La date de cette cérémonie, ainsi que les prochaines étapes liées à son installation et à la constitution de son staff technique, feront l’objet d’une communication officielle de la FSF.

Nomination du prochain DG de l’ARTP : l’Amicale des cadres plaide pour la valorisation des candidatures internes

À l’approche de la nomination du prochain Directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP), l’Amicale des Cadres de l’institution sort de sa réserve. Dans un communiqué daté du 17 août 2026, l’organisation salue la décision des autorités de recourir à un appel à candidatures pour pourvoir cette fonction stratégique, tout en plaidant pour une attention particulière aux profils internes répondant pleinement aux critères requis.

Pour l’Amicale des Cadres, le choix de cette procédure constitue une avancée importante dans la gestion des institutions publiques. Elle estime que l’appel à candidatures traduit une volonté de renforcer la transparence, l’égalité des chances et la promotion du mérite dans le processus de désignation du futur patron de l’ARTP.

L’organisation considère ainsi que la compétence doit demeurer au cœur du choix du prochain Directeur général. Elle invite, dans cette perspective, les autorités à examiner avec une attention particulière les candidatures issues des rangs de l’institution lorsque celles-ci répondent aux exigences de compétence, d’expérience, d’intégrité, d’indépendance et de capacités managériales nécessaires à l’exercice de cette haute responsabilité.

Au-delà de la promotion du mérite, l’Amicale met en avant la question de la continuité institutionnelle. Selon elle, la nomination d’un cadre ayant une expérience significative au sein de l’ARTP pourrait constituer un atout pour assurer la continuité et l’efficacité de l’action publique.

L’organisation insiste notamment sur la connaissance approfondie dont disposent les cadres de l’institution des secteurs des télécommunications, du numérique et des postes. Elle évoque également leur maîtrise des missions, des procédures, des enjeux techniques ainsi que des équilibres institutionnels propres à l’ARTP.

Pour l’Amicale, cette expérience interne permettrait également de préserver la mémoire institutionnelle et d’assurer une continuité dans la gouvernance de l’autorité de régulation. Une telle approche contribuerait, selon elle, à éviter une rupture dans la conduite des missions confiées à l’ARTP et à permettre au futur directeur général d’être rapidement opérationnel.

Dans son argumentaire, l’Amicale fait également référence à l’esprit de la loi n° 2002-23 du 4 septembre 2002, qui consacre l’indépendance des institutions de régulation. Elle estime que cette indépendance doit notamment s’accompagner d’un choix fondé sur des critères objectifs et sur la compétence des candidats.

Cet appel intervient alors que l’ARTP avait lancé un appel à candidatures pour le poste de Directeur général, avec une date limite fixée au 6 août 2026. La procédure était ouverte à l’ensemble des Sénégalais et devait permettre de sélectionner le profil appelé à diriger l’institution au cours des prochaines années.

Au moment du lancement de cet appel, l’ARTP avait indiqué que le futur Directeur général aurait notamment pour mission de piloter la stratégie et la gouvernance de l’autorité, de renforcer la régulation des secteurs des télécommunications, du numérique et des postes, mais également de veiller à la protection des usagers, à l’innovation et au développement de l’économie numérique.

Alors que le processus de sélection entre dans une phase décisive, la prise de position de l’Amicale des Cadres introduit donc un élément supplémentaire dans le débat autour du prochain patron de l’ARTP. Sans remettre en cause le principe d’une procédure ouverte, l’organisation souhaite que les compétences disponibles au sein de l’institution soient pleinement prises en compte.

Affaire Aser-Aee Power : Jean-Michel Sène salue l’ouverture d’une information judiciaire et défend sa gestion du dossier

Le directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser), Jean-Michel Sène, accueille favorablement l’ouverture d’une information judiciaire dans l’affaire opposant l’Aser à l’entreprise Aee Power. Dans un entretien accordé à L’Observateur, le responsable a réaffirmé sa volonté de voir toute la lumière faite sur ce dossier, tout en défendant les décisions prises par son administration depuis son arrivée à la tête de l’agence.

Jean-Michel Sène estime que l’ouverture d’une procédure judiciaire constitue une étape importante pour établir les responsabilités dans cette affaire. Selon lui, l’Aser n’a toutefois pas attendu l’intervention de la justice pour prendre des mesures visant à protéger les intérêts de l’État et à sécuriser les éléments liés au projet.

À son arrivée à la direction générale de l’agence, en juillet 2024, le responsable affirme avoir rapidement pris des dispositions conservatoires. Il dit notamment avoir ordonné l’arrêt des travaux concernés ainsi que la mise sous scellés des documents relatifs au dossier. Une décision qu’il présente comme nécessaire pour préserver les pièces, sécuriser le projet et éviter toute atteinte aux deniers publics.

Interrogé sur les éventuels regrets que pourrait susciter la gestion de ce dossier particulièrement sensible, Jean-Michel Sène se montre catégorique. « Nous ne regrettons rien », affirme-t-il, estimant que son administration a avant tout assumé ses responsabilités face à une situation dont elle avait hérité.

Le directeur général explique également que plusieurs irrégularités ou insuffisances devaient, selon lui, être corrigées. Il cite notamment l’absence d’étude d’impact environnemental ainsi que l’absence d’un mécanisme formel permettant d’encadrer le remboursement des avances versées dans le cadre du projet.

Pour Jean-Michel Sène, ces éléments témoignent de la complexité de la situation trouvée à son arrivée. « Nous avons hérité d’une situation ; nous ne l’avons pas créée. Notre responsabilité était de défendre les intérêts de l’État », soutient-il.

Le patron de l’Aser affirme par ailleurs que les mesures prises par son équipe ont contribué à mettre au jour des pratiques qu’il qualifie de prévarication et qui impliqueraient plusieurs acteurs. Il considère ainsi que les décisions prises depuis sa prise de fonction relevaient d’une démarche de sauvegarde des intérêts publics et non d’une volonté de s’en prendre à une quelconque partie.

Sur le volet judiciaire, Jean-Michel Sène assure ne s’être « jamais senti visé » par les investigations initiées par le procureur. Il dit au contraire considérer l’enquête comme une confirmation des alertes et des réserves qu’il avait formulées au cours de sa gestion du dossier.

Le directeur général de l’Aser se dit ainsi confiant quant à la suite de la procédure et à la capacité de la justice à déterminer les responsabilités. « Je suis convaincu que la justice fera le nécessaire pour permettre de mettre la main sur les vrais coupables », déclare-t-il.

Révision de l’article 37 : Diomaye Faye annonce un référendum pour élargir la déclaration de patrimoine

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, compte soumettre à référendum la proposition de loi portant modification de l’article 37 de la Constitution, adoptée ce lundi 17 août 2026 par une très large majorité à l’Assemblée nationale. L’annonce a été faite par le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, qui représentait le gouvernement lors de l’examen du texte en séance plénière.

Selon le ministre, le chef de l’État adhère pleinement au principe d’une déclaration de patrimoine rendue publique au début et à la fin de l’exercice des fonctions concernées. Toutefois, il souhaite que cette réforme fasse l’objet d’une validation populaire à travers un référendum.

« Le chef de l’État a examiné avec une attention particulière la proposition de loi portant modification de l’article 37 de la Constitution. Il adhère pleinement et entièrement au principe d’une déclaration de patrimoine rendue publique au début et à la cessation de ses fonctions, mais il a décidé de soumettre la présente proposition de révision au référendum pour son approbation », a déclaré Me Moussa Sarr.

Une réforme inscrite dans une vision plus large

Pour le garde des Sceaux, le choix du référendum répond à une volonté de donner à la réforme une portée plus large et de l’inscrire dans une démarche globale de modernisation des institutions. La recherche de la transparence, a-t-il expliqué, doit s’appuyer sur un cadre juridique « cohérent, équilibré et durable ».

Dans cette perspective, le président de la République estime qu’une réforme de cette importance ne saurait se limiter à des modifications ponctuelles. Elle devrait plutôt s’intégrer dans une réflexion plus vaste sur le fonctionnement des institutions et les obligations imposées aux principales autorités publiques.

Le futur texte qui sera soumis aux électeurs devrait ainsi élargir le champ des responsables concernés par la déclaration et la publicité du patrimoine. L’objectif affiché est d’étendre cette obligation à l’ensemble des « principales autorités investies des plus hautes responsabilités de l’État ».

La déclaration de patrimoine comme condition pour la présidentielle

L’une des principales nouveautés annoncées concerne également les candidats à l’élection présidentielle. Selon Me Moussa Sarr, le futur texte devrait faire de la déclaration de patrimoine une « pièce constitutive du dossier de candidature à l’élection présidentielle ».

Cette disposition marquerait une évolution importante du dispositif actuel, en faisant de la transparence patrimoniale une exigence préalable à la candidature à la magistrature suprême.

La réforme entend donc dépasser le seul cadre du président de la République en exercice pour instaurer des règles plus larges concernant les détenteurs des plus hautes fonctions publiques.

Le texte largement adopté par l’Assemblée nationale

Avant l’annonce du référendum, la proposition de modification de l’article 37 a été largement approuvée par les députés. Sur les 135 parlementaires ayant pris part au vote, 133 ont voté en faveur du texte, tandis que deux députés ont voté contre. Aucune abstention n’a été enregistrée.

Parmi les deux votes défavorables figure celui du député Thierno Alassane Sall. La majorité des parlementaires ayant approuvé le texte appartient au groupe parlementaire de Pastef.

Le contenu de la proposition avait déjà évolué au cours de son examen par l’Assemblée nationale. Dans sa version initiale, déposée par le député de Pastef Amadou Ba, le texte prévoyait principalement l’obligation pour le président de la République de déclarer et de rendre public son patrimoine au début et à la fin de son mandat.

En commission, un amendement du gouvernement avait permis d’élargir le dispositif au président de l’Assemblée nationale et au Premier ministre.

Avec l’annonce d’un référendum, l’exécutif entend désormais aller plus loin en élargissant encore le périmètre des personnes concernées et en intégrant de nouvelles exigences, notamment pour les candidats à l’élection présidentielle.

FMI : une mission à Dakar du 19 août au 1er septembre pour poursuivre les négociations

Une mission des services du Fonds monétaire international (FMI) séjournera à Dakar du 19 août au 1er septembre 2026, dans le cadre de la poursuite des discussions avec les autorités sénégalaises. L’annonce a été faite par l’institution financière internationale dans une note, alors que Dakar et le FMI poursuivent leurs échanges autour d’un éventuel nouvel accord de financement.

La mission sera conduite par Mercedes Vera Martin, cheffe de mission du FMI pour le Sénégal. Cette nouvelle étape des discussions doit permettre aux équipes de l’institution et aux autorités sénégalaises d’approfondir leurs échanges sur la situation économique du pays et de progresser vers une convergence de vues sur les principales orientations de politique économique.

Selon le FMI, les discussions porteront notamment sur les politiques et les réformes susceptibles d’être soutenues dans le cadre d’un éventuel accord de financement. Les deux parties examineront ainsi les différentes mesures envisagées par le gouvernement sénégalais, ainsi que leur cohérence avec les objectifs économiques et financiers qui pourraient être retenus dans le futur programme.

Durant leur séjour à Dakar, les représentants du FMI ne limiteront pas leurs échanges aux seules autorités publiques. La mission prévoit également des rencontres avec différents acteurs économiques et sociaux du pays. Ces consultations doivent permettre aux équipes de l’institution de recueillir leurs appréciations sur la situation économique du Sénégal, les difficultés auxquelles le pays est confronté et les réformes envisagées par les pouvoirs publics.

Cette démarche intervient dans un contexte où les autorités sénégalaises cherchent à avancer dans leurs discussions avec le FMI sur un nouveau cadre de coopération financière. Les négociations portent notamment sur les politiques économiques à mettre en œuvre, les réformes structurelles et les conditions susceptibles d’accompagner un futur soutien financier de l’institution.

À l’issue de la mission, Mercedes Vera Martin doit publier une déclaration présentant les principales conclusions des discussions. Ce document permettra notamment de faire le point sur les avancées enregistrées au cours de cette nouvelle séquence de négociations et sur les prochaines étapes du processus.

Pape Thiaw réclame 423 millions de francs CFA à la FSF

Alors que l’officialisation de la nomination de Patrick Vieira à la tête de l’équipe nationale du Sénégal semble désormais acquise, le bras de fer entre Pape Thiaw, qui occupait jusque-là le poste de sélectionneur des Lions, et la Fédération sénégalaise de football (FSF) prend une nouvelle tournure.

Le technicien, sacré champion d’Afrique en 2025, a adressé une mise en demeure à l’instance fédérale pour réclamer le paiement de plusieurs sommes qu’il estime lui être dues, pour un montant total de 423 millions de francs CFA.

Cette somme comprend notamment 180 millions de francs CFA correspondant à des salaires impayés depuis mars, 90 millions au titre de la part échue de sa prime de signature, ainsi que la prime spéciale, 10,716 millions de francs CFA de débours, 12 millions d’indemnités de logement et 1,104 million au titre du forfait carburant.

À ces montants s’ajoute une prime de 100 millions de francs CFA liée au sacre du Sénégal à la CAN 2025 et à la qualification des Lions pour la Coupe du monde 2026.

Mais selon L’Observateur, qui revient sur cette affaire dans son édition de ce lundi, l’addition pourrait être beaucoup plus élevée. Le quotidien du Groupe Futurs Médias indique que la facture pourrait être majorée de 420 millions de francs CFA, correspondant notamment à des primes non échues ainsi qu’à des indemnités de licenciement qui n’auraient pas encore été versées.

Au total, le départ de Pape Thiaw pourrait ainsi coûter plus de 800 millions de francs CFA à la Fédération sénégalaise de football. Une situation qui risque de placer l’instance dirigeante du football sénégalais face à une importante contrainte financière, alors que la succession de Pape Thiaw semble déjà actée avec l’arrivée annoncée de Patrick Vieira.

SNR : Papa Ibrahima Senghor veut transformer l’institution en référence du recouvrement dans l’espace UEMOA

Nommé à la tête de la Société Nationale de Recouvrement (SNR), Papa Ibrahima Senghor a officiellement pris fonction ce lundi 17 août 2026, à l’issue de la cérémonie de passation de service. Pour son entrée en fonction, le nouveau Directeur général a affiché une ambition clairement assumée : engager une transformation en profondeur de l’institution et positionner la SNR comme une référence en matière de recouvrement et de gestion des actifs en difficulté, au Sénégal comme dans l’espace UEMOA.

Dans son discours, Papa Ibrahima Senghor a indiqué vouloir inscrire son mandat dans les orientations de la Vision Sénégal 2050, avec une priorité accordée à la performance, à la modernisation et à la transparence. Pour le nouveau patron de la SNR, l’institution doit franchir un nouveau cap afin de mieux répondre aux enjeux liés au recouvrement des créances et à la gestion des actifs en difficulté.

Pour concrétiser cette ambition, le nouveau Directeur général a présenté une feuille de route articulée autour de cinq grandes priorités. Il s’agit notamment du renforcement du cadre juridique, de l’excellence opérationnelle, du développement commercial et du rayonnement sous-régional, de la transformation digitale ainsi que de l’amélioration de la gouvernance et de la valorisation du capital humain.

La transformation numérique occupe une place importante dans cette stratégie. Papa Ibrahima Senghor entend accélérer la dématérialisation des procédures, renforcer l’exploitation des données et mettre en place un système d’information intégré permettant d’améliorer le suivi des activités et le pilotage de l’institution. L’objectif est également de disposer d’outils plus performants pour faciliter la prise de décision et améliorer l’efficacité des opérations de recouvrement.

Au-delà de la modernisation interne, le nouveau Directeur général souhaite renforcer le positionnement de la SNR sur le marché. Il ambitionne de développer davantage les relations de l’institution avec les établissements bancaires, les entreprises publiques, les investisseurs et les acteurs privés. Cette stratégie devra d’abord consolider la présence de la SNR au Sénégal avant d’élargir son rayonnement à l’échelle de l’espace UEMOA.

Papa Ibrahima Senghor entend également imprimer rapidement sa méthode de management. Il a retenu quatre principes qui devront guider son action : l’écoute, la responsabilisation, l’équité et l’obligation de résultats. Une approche qui traduit sa volonté d’associer les travailleurs à la transformation de l’institution tout en maintenant une exigence élevée en matière de performance et de rigueur.

Pour les premières semaines de son mandat, le nouveau Directeur général résume sa feuille de route en trois mots : « Sécuriser, Structurer, Accélérer ». Une formule qui traduit la volonté d’agir rapidement sur les principaux leviers de fonctionnement de la SNR. Dans cette perspective, il annonce des résultats visibles au cours des cent premiers jours, avec notamment la mise en place d’un tableau de bord de la Direction générale, un mécanisme de suivi des décisions ainsi qu’une présentation régulière et transparente des résultats obtenus, mais aussi des difficultés rencontrées.

Cette démarche devra permettre de renforcer le pilotage de la société et d’améliorer la reddition des comptes auprès du Conseil de Surveillance et de la tutelle. Le nouveau Directeur général veut ainsi instaurer une culture de la mesure des performances, où les décisions et les actions engagées pourront être évaluées à partir de résultats concrets.

S’adressant aux travailleurs de la SNR, Papa Ibrahima Senghor a également tenu à rassurer sur sa volonté de faire de ces derniers des acteurs essentiels de la transformation annoncée. « La transformation ne se fera pas contre vous. Elle se fera avec vous », a-t-il déclaré, tout en appelant à davantage d’engagement et de rigueur.

Le nouveau Directeur général a par ailleurs rendu hommage à son prédécesseur, Babacar Ndiaye, saluant le travail accompli à la tête de l’institution. Il dit désormais vouloir inscrire son action dans une logique de continuité, tout en ouvrant une nouvelle étape pour la SNR.

Ouadiour : Me Issa Diouf, un engagement politique au service de la jeunesse et du développement

Dans la commune de Ouadiour, le responsable politique du parti Kiiraay, Me Issa Diouf, a organisé une journée de soutien en faveur des Associations sportives et culturelles (ASC). À travers cette initiative, une enveloppe de 800 000 francs CFA a été mobilisée pour accompagner les 19 ASC de la localité. Des ballons, des maillots ainsi que des aides financières ont été distribués, traduisant la volonté de placer la jeunesse au cœur du développement local.

« Soutenir les ASC, c’est soutenir la jeunesse »

« Soutenir les ASC, c’est soutenir la jeunesse, et soutenir la jeunesse, c’est soutenir le développement local », a affirmé Me Issa Diouf. Constatant les difficultés financières auxquelles sont confrontées les associations sportives et culturelles, il estime nécessaire de leur apporter un accompagnement concret.

Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large visant à renforcer l’ancrage territorial du parti Kiiraay, en faisant de la jeunesse un acteur majeur du développement local.

Des défis d’infrastructures persistants

Au-delà du sport, Me Issa Diouf a également évoqué les difficultés structurelles auxquelles la commune de Ouadiour reste confrontée. Il a notamment cité les problèmes liés au forage et à la qualité de l’eau, qui affectent directement les activités de maraîchage et d’élevage.

« La plupart des initiatives de développement échouent à cause de ce problème », a-t-il déploré, appelant les autorités à apporter des solutions durables afin de permettre aux jeunes de travailler et de trouver des opportunités d’emploi dans leur propre localité.

Des perspectives en faveur des jeunes et des femmes

L’accompagnement des ASC ne constitue, selon Me Issa Diouf, qu’une première étape. Le responsable politique de Kiiraay a annoncé son intention de poursuivre son soutien aux jeunes, tout en élargissant ses initiatives aux femmes, notamment à travers l’accompagnement des groupements féminins et des projets portés par ces dernières.

« Les acteurs du développement sont les jeunes, mais également les femmes », a-t-il insisté.

Sur le plan politique, Me Issa Diouf a également affiché ses ambitions en vue des prochaines élections locales. Il entend participer activement à cette échéance électorale avec l’objectif de faire de la jeunesse et des femmes des piliers du développement de la commune de Ouadiour.

Politique à Kaolack : le parti Kiiraay sollicite la présence de Bassirou Diomaye Faye au Gamou de Médina Baye

À l’approche du Maouloud, la vie politique et religieuse s’anime à Médina Baye, haut lieu de la Fayda Tidjaniyya. Le parti « Kiiraay, les Patriotes républicains » s’est réuni ce lundi dans la cité religieuse pour lancer un appel au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, afin qu’il prenne part au Gamou international de Médina Baye.

La rencontre a enregistré la présence de plusieurs responsables de la formation politique, parmi lesquels Baye Mbaye Niass, dit « Al Kaolakhi », Cheikh Ibrahima Niass et Baye Thiam. Prenant la parole au nom de la structure, Cheikh Ibrahima Diallo, coordonnateur départemental chargé des affaires religieuses et culturelles de Kiiraay, a exposé les enjeux que revêtirait, selon lui, une visite présidentielle à Médina Baye.

Sur le plan diplomatique et spirituel, le responsable a insisté sur le rayonnement international du Gamou de Médina Baye, qui accueille chaque année des milliers de fidèles venus du Sénégal, de plusieurs pays de la sous-région et de la diaspora. À ses yeux, la présence du chef de l’État à cet événement constituerait un geste hautement symbolique, compte tenu notamment de son rôle dans la diplomatie sous-régionale.

Cheikh Ibrahima Diallo estime qu’une telle visite contribuerait à renforcer la diplomatie religieuse du Sénégal et à consolider les liens entre les peuples d’Afrique de l’Ouest. Il y voit également un signe d’attachement de l’État aux grands rendez-vous religieux qui participent au rayonnement international du pays.

Sur le plan politique, le responsable de Kiiraay a également mis en avant le poids électoral de Médina Baye. Selon lui, la cité religieuse compte 24 bureaux de vote et constitue, à ce titre, un enjeu important dans les consultations électorales à l’échelle de la commune et du département de Kaolack.

Pour le parti, qui cherche à renforcer son implantation territoriale, le Gamou représente aussi une occasion de consolider sa présence auprès des populations et de mieux faire connaître ses orientations.

Les responsables locaux de Kiiraay ont, par ailleurs, profité de cette rencontre pour interpeller la direction nationale de leur formation. Cheikh Ibrahima Diallo et ses camarades ont appelé le président de la République ainsi que le superviseur général du parti à accorder davantage de soutien aux responsables et cadres locaux de Médina Baye et de Kaolack.

Selon eux, un accompagnement accru des structures territoriales permettrait de consolider la dynamique militante et de renforcer durablement l’implantation de Kiiraay dans la région de Kaolack.

Ibrahim Mbaye donne sa priorité à Liverpool, le PSG doit maintenant trancher

L’ailier sénégalais Ibrahim Mbaye aurait fait son choix pour la suite de sa carrière. D’après des informations de RMC Sport, le jeune international sénégalais a trouvé un accord de principe avec Liverpool pour un contrat de cinq saisons. Séduit par le projet sportif présenté par le club anglais, le joueur aurait ainsi donné sa préférence aux Reds, avec lesquels il souhaite poursuivre sa progression au plus haut niveau.

Cette décision constitue une avancée importante dans un dossier qui pourrait désormais entrer dans sa phase décisive. Si l’entourage du joueur et Liverpool se sont rapprochés autour des conditions contractuelles, le club de la Mersey doit encore obtenir l’accord du Paris Saint-Germain, avec lequel Ibrahim Mbaye est lié.

Liverpool entend renforcer son secteur offensif et recherche notamment une solution supplémentaire sur le couloir droit. Le profil du jeune Sénégalais, considéré comme un joueur à fort potentiel, aurait convaincu les dirigeants anglais. Après avoir obtenu l’accord de principe du principal intéressé, ils devraient désormais intensifier les discussions avec leurs homologues parisiens afin de parvenir à un accord sur les modalités financières de l’opération.

Le PSG se retrouve donc au centre des négociations. Le club de la capitale devra déterminer les conditions auxquelles il serait disposé à laisser partir son jeune ailier, tandis que Liverpool cherchera à trouver une formule financière compatible avec ses exigences.

Un temps présenté comme un prétendant sérieux dans ce dossier, le Bayer Leverkusen aurait finalement renoncé à recruter Ibrahim Mbaye. Le club allemand ne serait donc plus en position de concurrencer Liverpool, ce qui renforce la position des Reds dans les négociations à venir.

Pour Ibrahim Mbaye, la priorité semble désormais clairement établie. Le Sénégalais aurait choisi le projet de Liverpool et souhaite continuer son développement sous les couleurs du prestigieux club anglais. Il reste toutefois à régler la question du transfert avec le PSG.

Décès de Mamadou Kassé : la presse sénégalaise rend hommage à un doyen et à une figure de référence

La presse sénégalaise est en deuil. Le journaliste Mamadou Kassé est décédé dans la soirée du dimanche 16 août 2026, laissant derrière lui le souvenir d’un professionnel reconnu pour sa rigueur, son expérience et son profond attachement aux valeurs qui fondent le métier de journaliste.

Depuis l’annonce de sa disparition, les hommages se multiplient. Le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication (SYNPICS) a notamment salué la mémoire d’un « doyen » et d’une figure marquante de la presse sénégalaise, dont le parcours a été étroitement lié à l’évolution du paysage médiatique national.

Ancien rédacteur en chef du quotidien national Le Soleil, Mamadou Kassé avait consacré une importante partie de sa carrière au journalisme, mais également à la transmission du savoir. Diplômé de la 6ᵉ promotion du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI), il y avait par la suite exercé comme enseignant pendant plusieurs années.

À travers ses enseignements consacrés notamment à la presse écrite, il a contribué à former plusieurs générations de journalistes sénégalais. Pour nombre de ses anciens étudiants et confrères, Mamadou Kassé incarnait ainsi une passerelle entre l’expérience professionnelle et la formation aux exigences du métier.

Journaliste émérite et polyvalent, il était particulièrement apprécié pour sa maîtrise de l’écriture, sa précision dans le traitement de l’information et son respect des principes d’éthique et de déontologie. Son passage au Soleil, où il a occupé d’importantes responsabilités éditoriales, a également contribué à asseoir sa réputation auprès de plusieurs générations de professionnels des médias.

Dans son message de condoléances, le SYNPICS a rendu hommage à un homme considéré comme une « référence », profondément attaché aux valeurs d’éthique et de déontologie qui doivent guider l’exercice de la profession. Le syndicat a également salué la contribution de Mamadou Kassé à la presse sénégalaise et à la formation des journalistes.

Au-delà de ses fonctions et de son parcours professionnel, c’est donc la mémoire d’un homme de transmission et de principes qui est aujourd’hui célébrée par ses confrères. Sa disparition constitue une perte pour la corporation journalistique, notamment pour ceux qui ont eu l’occasion de travailler à ses côtés ou de bénéficier de son expérience.

Le SYNPICS a adressé ses sincères condoléances à la famille, aux proches et à l’ensemble des confrères du défunt. Dans son message, le syndicat a également formulé des prières pour que Allah accueille Mamadou Kassé dans Son infinie miséricorde et lui accorde le paradis.

Anciens temporaires des chemins de fer : l’État engage le paiement de 5,3 milliards de FCFA

L’État du Sénégal a entamé le règlement des indemnités dues aux anciens agents temporaires de la Régie des chemins de fer, pour un montant global de 5,3 milliards de francs CFA. Cette décision intervient après plusieurs mois de mobilisation des ex-travailleurs, qui avaient multiplié les manifestations à Thiès pour réclamer le paiement de leurs droits.

L’information a été confirmée ce lundi par Aly Diallo, président de l’Entente des ex-temporaires, lors d’un point de presse consacré à l’évolution du dossier. Selon lui, le processus de paiement est désormais enclenché et les indemnités sont versées par l’intermédiaire de l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal (IPRES).

Une première étape a déjà été franchie avec le paiement d’une première cohorte de 200 anciens agents. Cette opération marque, selon les représentants des ex-temporaires, une avancée importante dans le règlement d’un dossier qui était en suspens depuis plusieurs années.

Au total, plus d’un millier d’anciens travailleurs sont concernés par cette opération. Le paiement des sommes dues ne se fera toutefois pas en une seule fois. L’État a retenu un mécanisme progressif articulé autour de trois tranches financières, afin de permettre le règlement de l’ensemble des bénéficiaires.

La deuxième phase du paiement est prévue le 31 août 2026. Une troisième et dernière opération devrait ensuite intervenir à la mi-septembre, avec pour objectif de solder définitivement la dette due aux anciens agents temporaires de la Régie des chemins de fer.

Ce dénouement intervient au terme d’une longue période de revendications. À Thiès, ville historiquement liée au chemin de fer sénégalais, les ex-temporaires avaient organisé plusieurs rassemblements et manifestations pour attirer l’attention des autorités sur leur situation et obtenir le règlement de leurs indemnités.

Déclaration de patrimoine : l’Assemblée nationale étend l’obligation au Premier ministre et à son président

L’Assemblée nationale a adopté, ce lundi 17 août 2026, la modification de l’article 37 de la Constitution, consacrant une extension du régime de déclaration de patrimoine aux principales autorités de l’État. Désormais, en plus du Président de la République, le président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre seront également soumis à cette obligation constitutionnelle de transparence.

Le texte a été adopté à une très large majorité en séance plénière. Sur les 565 députés inscrits, 135 ont pris part au vote, dont 12 par procuration. Le scrutin s’est soldé par 133 voix favorables, 2 voix contre et aucune abstention. À l’issue du vote, le président de séance a officiellement annoncé l’adoption de la proposition de loi constitutionnelle.

La nouvelle rédaction de l’article 37 maintient d’abord les obligations qui incombaient déjà au chef de l’État. Le Président de la République doit déposer, dans un délai de trois mois suivant sa prestation de serment, une déclaration écrite de patrimoine auprès du Conseil constitutionnel. Une nouvelle déclaration doit également être effectuée dans les trois mois suivant la cessation de ses fonctions.

Le texte prévoit par ailleurs que ces déclarations écrites sont rendues publiques par le Conseil constitutionnel. Les modalités pratiques de la déclaration demeurent fixées par la loi relative à la déclaration de patrimoine, tandis que les règles encadrant le contrôle de ces déclarations relèvent de la loi organique relative au Conseil constitutionnel.

La principale innovation de la réforme se trouve dans le dernier alinéa de l’article 37. Celui-ci dispose désormais que « les dispositions du présent article sur la déclaration de patrimoine sont applicables au Président de l’Assemblée nationale et au Premier ministre ». Cette disposition élargit ainsi le champ constitutionnel de l’obligation de transparence aux deux autres principales autorités institutionnelles du pays.

La réforme intervient dans un contexte marqué par d’importants débats sur la transparence de la gestion publique et sur les obligations patrimoniales des responsables politiques. Son adoption avait notamment suscité des discussions sur le choix d’inscrire ces nouvelles dispositions dans l’article 37 de la Constitution, article qui figure dans le titre III consacré au Président de la République.

Les défenseurs du texte considèrent toutefois que cette extension ne remet pas en cause la spécificité de la fonction présidentielle. Ils y voient plutôt une volonté d’instaurer un principe d’égalité entre les principales autorités de l’État en matière de transparence et d’exemplarité. L’objectif affiché est de faire en sorte que les responsables occupant les plus hautes fonctions publiques soient soumis à des exigences similaires concernant la connaissance et la publicité de leur patrimoine.

Avec cette modification constitutionnelle, le Président de la République, le président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre se retrouvent ainsi placés sous un même régime constitutionnel en matière de déclaration de patrimoine. Ils devront, selon les modalités prévues par les textes d’application, déclarer leur situation patrimoniale au début et à la fin de leurs fonctions.

L’adoption de cette réforme constitue donc une nouvelle étape dans l’évolution du dispositif sénégalais de transparence patrimoniale. Elle élargit le principe de déclaration au-delà de la seule fonction présidentielle et entend renforcer les mécanismes de contrôle et d’exemplarité au sommet de l’État.

Article — Réforme de l’article 37 : l’Assemblée nationale adopte largement la déclaration et la publication du patrimoine présidentiel

L’Assemblée nationale a adopté, ce lundi 17 août 2026, la proposition de loi n°33/2026 portant modification de l’article 37 de la Constitution. Le texte, consacré à la déclaration et à la publication du patrimoine du Président de la République, a été approuvé par une très large majorité de députés.

Nouvelle étape dans le processus de réforme constitutionnelle au Sénégal. Réunis en séance plénière ce lundi 17 août 2026, les députés de l’Assemblée nationale ont adopté la proposition de loi n°33/2026 portant modification de l’article 37 de la Constitution. Le texte introduit une obligation de déclaration et de publication du patrimoine du Président de la République aussi bien au début qu’à la fin de l’exercice de ses fonctions.

Le scrutin s’est soldé par une victoire très nette du « oui ». Sur les 165 députés inscrits, 135 ont pris part au vote, parmi lesquels 12 ont voté par procuration. Au total, 133 parlementaires se sont prononcés en faveur de la proposition de loi, tandis que deux ont voté contre. Aucune abstention n’a été enregistrée.

Avec 133 voix favorables sur 135 suffrages exprimés, le texte recueille ainsi 98,52 % des voix, contre seulement 1,48 % pour le « non ». Cette majorité particulièrement large traduit l’adhésion de l’essentiel des parlementaires à cette réforme portant sur la transparence patrimoniale au sommet de l’État.

La modification proposée de l’article 37 repose sur un principe central : le Président de la République devra déclarer son patrimoine à son entrée en fonction, mais également à la cessation de ses fonctions. À ces deux étapes, la déclaration devra également faire l’objet d’une publication.

L’objectif affiché est de disposer de deux situations patrimoniales de référence permettant de mieux apprécier l’évolution du patrimoine du chef de l’État au cours de l’exercice de son mandat. Une première déclaration interviendra ainsi au moment de l’accession à la magistrature suprême, tandis qu’une seconde devra être effectuée au terme du mandat.

Au-delà de la simple obligation déclarative, c’est donc le principe de publicité du patrimoine qui se trouve au cœur de la réforme. Le dispositif entend renforcer la transparence dans l’exercice de la fonction présidentielle et permettre au public d’avoir accès aux informations relatives au patrimoine du chef de l’État à deux moments clés de son parcours institutionnel.

L’adoption du texte intervient après plusieurs jours de débats politiques et parlementaires particulièrement animés autour de la question de la déclaration de patrimoine des hautes autorités de l’État. La réforme de l’article 37 s’inscrit dans un contexte marqué par des discussions sur les mécanismes de transparence, de reddition des comptes et de prévention des conflits d’intérêts au sein des institutions publiques.

Dans l’hémicycle, les débats ont également été nourris par des positions divergentes sur la portée et les modalités de la réforme. Le gouvernement avait notamment proposé des amendements visant à inscrire l’exigence de déclaration patrimoniale dans un dispositif constitutionnel plus large concernant d’autres hautes autorités de l’État.

Malgré les divergences exprimées au cours des discussions, la proposition de loi n°33/2026 a finalement bénéficié d’un soutien massif lors du scrutin. L’Assemblée nationale a officiellement acté son adoption, ouvrant ainsi une nouvelle phase dans le processus de modification de l’article 37 de la Constitution.

Félicité Mbougar Sarr défend la déclaration de patrimoine de Diomaye et appelle à une transparence généralisée

La députée de Pastef, Félicité Mbougar Sarr, a pris la défense du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, sur la question de la déclaration de patrimoine. Dans les débats entourant la modification de l’article 37 de la Constitution, la parlementaire a tenu à mettre en avant la démarche de transparence adoptée par le chef de l’État, tout en plaidant pour que cette exigence soit étendue aux autres principales autorités de la République.

Pour Félicité Mbougar Sarr, il n’est pas question de considérer la déclaration de patrimoine du président de la République comme une démarche incomplète ou volontairement dissimulée. « Bassirou Diomaye Faye n’a pas déposé un patrimoine flouté », a-t-elle martelé, estimant que le chef de l’État a assumé publiquement la situation de son patrimoine « sans tricherie, sans cache-cache ».

La députée considère ainsi que la question doit être abordée sous l’angle de la responsabilité et de la transparence publiques. Selon elle, si la déclaration de patrimoine constitue un mécanisme destiné à renforcer la confiance entre les institutions et les citoyens, elle ne devrait pas concerner uniquement le président de la République.

Dans cette logique, Félicité Mbougar Sarr s’est interrogée sur l’opportunité d’étendre cette obligation aux autres dirigeants des institutions. « Pourquoi pas pour tout le monde ? », a-t-elle lancé, estimant que le président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre devraient également être concernés par les mêmes exigences de transparence.

Cette position intervient alors que la modification de l’article 37 de la Constitution fait l’objet de vifs débats à l’Assemblée nationale. Le texte actuellement discuté vise notamment à encadrer la déclaration de patrimoine du président de la République à la fin de son mandat. Le débat a toutefois pris une dimension plus large avec les propositions visant à inclure d’autres principales autorités de l’État dans le dispositif.

Au-delà de la question patrimoniale, la députée de Pastef s’est également exprimée sur les tensions qui persistent entre l’Exécutif et le Législatif. Elle estime que l’éventualité d’un recours au peuple par la voie référendaire constitue le signe d’un dysfonctionnement dans le fonctionnement des institutions.

Pour Félicité Mbougar Sarr, les parlementaires ne peuvent pas se dédouaner de leur responsabilité dans cette situation. Elle reconnaît une part importante de responsabilité aux députés, qui doivent, selon elle, rester fidèles à leur mandat et à leur mission de représentation des citoyens.

« Nous avons à 90 % une part de responsabilité parce que nous devions représenter le peuple », a-t-elle déclaré. Une manière pour la parlementaire d’appeler ses collègues à davantage mesurer la portée de leurs actes et de leurs prises de position dans le fonctionnement de la République.

La députée a également abordé la question sensible de la hausse du prix du carburant. Elle rappelle que cette augmentation avait été annoncée au préalable par les autorités gouvernementales. Dès lors, selon elle, cette décision ne pouvait pas être considérée comme une surprise pour les citoyens, puisqu’elle avait été portée à la connaissance du public par le gouvernement.

À travers ses différentes prises de position, Félicité Mbougar Sarr défend ainsi une même ligne : la transparence doit s’appliquer à toutes les principales institutions et responsabilités publiques, tandis que les députés doivent pleinement assumer leur rôle de représentants du peuple.

Kaffrine : 300 GIE de femmes bénéficient d’un financement de 560 millions de FCFA

L’acteur du développement et cadre de Pastef, Pape Maguette Ngom, poursuit ses initiatives en faveur du développement économique et social de Kaffrine. Ses actions portent notamment sur l’autonomisation des femmes, l’accompagnement de la jeunesse, le sport, la culture et la santé.

Dans le domaine économique, Pape Maguette Ngom a annoncé, ce week-end à Kaffrine, un important programme de financement destiné aux femmes de la région.

En partenariat avec l’UIMCEC, il a procédé à la remise de chèques de financement à 300 dossiers de groupements d’intérêt économique (GIE), regroupant quelque 3 000 femmes, pour un montant global estimé à 560 millions de francs CFA.

La cérémonie officielle de lancement s’est tenue samedi dans un hôtel de la place, à Kaffrine, en présence d’une forte mobilisation de femmes issues de différents groupements féminins, ainsi que de nombreux responsables de Pastef et d’invités de marque.

Selon Pape Maguette Ngom, cette initiative s’inscrit dans la continuité des actions engagées depuis plusieurs années. En 2024, quelque 250 GIE regroupant 2 500 femmes avaient déjà bénéficié de financements cumulés de plus de 253 millions de francs CFA.

Depuis 2015-2016, sa collaboration avec l’institution financière IMCEC a également permis de mobiliser environ 50 millions de francs CFA pour accompagner des artisans.

« En tant que financier et acteur politique, il est crucial d’accompagner les femmes, qui représentent une des couches les plus vulnérables de notre société », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de renforcer l’inclusion financière et l’entrepreneuriat local.

Une finale de football comme point d’orgue

Ces initiatives économiques ont été accompagnées d’activités sportives et culturelles, avec notamment la finale de la Zone 1 A, dont Pape Maguette Ngom était le parrain.

La finale, remportée par l’ASC Jokko face à Rail Bi, a été marquée par une forte mobilisation des populations et la présence de plusieurs responsables de Pastef de la région.

L’équipe victorieuse a reçu une enveloppe de 1 million de francs CFA, tandis que le finaliste malheureux a bénéficié de 500 000 francs CFA. Une enveloppe a également été remise à la zone pour contribuer à l’organisation de ses activités.

D’autres acteurs du football ont également été récompensés. Ils ont reçu, selon les cas, des enveloppes financières, des médailles, des jeux de maillots, des ballons et des trophées.

La manifestation a également été ponctuée par des prestations culturelles. La veille de la finale, une animation de ngoyane a notamment été assurée par Khady Mboup, avec la participation de plusieurs artistes locaux.

La santé et la jeunesse au cœur des actions

Au-delà du sport et de la culture, des équipements médicaux ont été remis à différents postes de santé de la commune. Des boîtes à pharmacie ont également été distribuées aux équipes de la Zone 1 B.

S’adressant à la jeunesse, Pape Maguette Ngom l’a invitée à privilégier le travail, la discipline et l’engagement citoyen afin de contribuer au développement de leur localité.

Le président de la Zone 1 A, Mayoro Ba, a pour sa part vivement remercié le parrain pour les moyens mobilisés et son accompagnement, qui ont, selon lui, contribué à la réussite de l’événement.

À travers ces différentes actions, Pape Maguette Ngom entend inscrire son engagement dans une dynamique combinant autonomisation économique, promotion du sport, soutien à la culture, accompagnement sanitaire et mobilisation de la jeunesse, avec pour objectif de contribuer au développement de Kaffrine.

La cérémonie s’est déroulée en présence de l’ensemble des responsables locaux de Pastef, ainsi que de plusieurs invités de marque.

Thierno Alassane Sall accuse Pastef d’opacité et dénonce la gestion de l’Assemblée nationale

Thierno Alassane Sall hausse le ton contre les députés de Pastef et critique vivement le fonctionnement de l’Assemblée nationale. Le président de la République des Valeurs estime que la session extraordinaire actuellement en cours s’inscrit dans une dynamique de confrontation politique avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, depuis la rupture entre le chef de l’État et Pastef.

Selon l’ancien ministre, les travaux parlementaires engagés dans le cadre de cette session ne seraient pas uniquement motivés par des considérations institutionnelles. « Cette session extraordinaire vise une chose : la poursuite du procès de Diomaye depuis qu’il y a une rupture entre lui et le Pastef », affirme-t-il, estimant que les relations devenues tendues entre les deux pôles du pouvoir expliquent en grande partie l’orientation actuelle des débats à l’Assemblée nationale.

Thierno Alassane Sall s’en prend également au discours sur la transparence qui avait accompagné l’arrivée de Pastef au pouvoir. À ses yeux, la majorité parlementaire serait aujourd’hui en contradiction avec les principes qu’elle défendait lorsqu’elle était dans l’opposition. « Les députés de Pastef ne vivent pas la transparence, mais l’opacité », dénonce-t-il.

Le leader de la République des Valeurs cible particulièrement les procédures de vote et le fonctionnement interne de l’institution parlementaire. Il considère que certaines pratiques observées à l’Assemblée nationale ne répondent pas aux exigences de transparence qu’il juge indispensables dans une institution chargée de contrôler l’action publique et de voter les lois.

Avec une formule particulièrement ironique, il affirme : « On n’a jamais voté suivant les normes les plus élémentaires. L’ascenseur de quartier est plus transparent que l’Assemblée. » Une déclaration par laquelle il entend mettre en cause la lisibilité des procédures et la manière dont certaines décisions seraient prises au sein de l’institution.

La gestion du président de l’Assemblée nationale et de son bureau est également au cœur de ses critiques. Thierno Alassane Sall affirme que la direction de l’institution disposerait d’une marge de manœuvre excessive dans la gestion de certains moyens et avantages accordés aux députés. « Le président et son bureau font ce qu’ils veulent. On parle de fonds communs, on nous achète des véhicules sans transparence », soutient-il.

L’ancien ministre évoque également la question de certains fonds dont la gestion relèverait, selon lui, de pratiques insuffisamment transparentes. Il cite notamment l’octroi de billets pour La Mecque ainsi que la distribution d’enveloppes d’argent, autant d’éléments qu’il présente comme révélateurs, à ses yeux, d’un déficit de transparence dans la gestion des ressources de l’Assemblée nationale.

Sur le dossier de l’électrification rurale et de l’affaire ASER, Thierno Alassane Sall interpelle directement les députés de Pastef. Il leur reproche de ne pas avoir, selon lui, donné suffisamment de suites à cette affaire malgré les importantes sommes d’argent en jeu. « On a volé nos 37 milliards avec ASER et vous n’avez rien fait. Où est votre souci de transparence ? », lance-t-il à l’endroit de la majorité parlementaire.

Cette sortie intervient alors que le dossier de l’électrification rurale connaît de nouveaux développements judiciaires et continue d’alimenter le débat public sur la gestion des ressources de l’État. Pour Thierno Alassane Sall, cette affaire constitue ainsi un test important de la volonté affichée par les nouvelles autorités de faire de la transparence et de la reddition des comptes des principes de gouvernance.

Enfin, le président de la République des Valeurs remet en cause le récit politique ayant accompagné l’accession de Pastef au pouvoir. Il accuse le parti d’avoir utilisé, durant la période précédant son arrivée aux responsabilités, un discours fondé sur la manipulation de l’opinion publique.

Dans cette perspective, il revient sur l’affaire Sweet Beauty, qui avait profondément marqué la vie politique sénégalaise et contribué à plusieurs épisodes de fortes tensions dans le pays. « Vous êtes venus au pouvoir par la manipulation. Vous avez fait croire aux Sénégalais qu’un salon de massage peut avoir un agrément », accuse-t-il.

À travers cette série de critiques, Thierno Alassane Sall s’attaque donc à la fois à la gestion de l’Assemblée nationale, aux pratiques de la majorité parlementaire et au bilan politique de Pastef. Son intervention intervient dans un contexte institutionnel marqué par de vifs débats autour de la modification de l’article 37 de la Constitution, de la déclaration de patrimoine des hauts responsables de l’État et, plus largement, par les tensions entre l’exécutif et la majorité parlementaire.

Marché d’électrification rurale : le Parquet financier ouvre une information judiciaire

L’affaire du marché d’électrification rurale conclu entre l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) et l’entreprise espagnole AEE Power EPC SAU connaît un nouveau développement judiciaire. Dans une note datée du 12 août 2026, le procureur de la République financier, El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla, annonce l’ouverture d’une information judiciaire après l’enquête préliminaire menée par la Section de recherches de Dakar.

Cette nouvelle étape intervient plusieurs mois après le dépôt d’une plainte par le député Thierno Alassane Sall. Le 16 octobre 2025, le parquet financier avait été saisi d’une plainte portant sur les conditions d’exécution du marché d’électrification rurale conclu entre l’ASER et la société espagnole AEE Power EPC SAU. Les faits dénoncés concernaient notamment des soupçons de faux, d’usage de faux et de détournement de deniers publics.

Huit jours après la réception de la plainte, soit le 24 octobre 2025, le parquet financier avait saisi la Section de recherches de Dakar afin qu’une enquête soit ouverte. Les investigations ont depuis été menées à leur terme et le dossier transmis au parquet pour exploitation.

À l’issue de l’analyse des éléments recueillis, le Parquet financier estime que les conclusions de l’enquête préliminaire font apparaître des faits « susceptibles de revêtir des qualifications pénales ». Compte tenu notamment de la gravité des faits présumés, le parquet a décidé de franchir une nouvelle étape en ouvrant une information judiciaire.

La procédure vise certains dirigeants des sociétés concernées, les personnes morales elles-mêmes ainsi que « X », formule désignant les personnes dont l’identité et le rôle devront être déterminés au cours de l’instruction.

Les investigations portent sur un éventail particulièrement large d’infractions présumées. Il s’agit notamment de l’association de malfaiteurs, du détournement de deniers publics, du faux et de l’usage de faux en écriture publique, ainsi que du faux et usage de faux en écriture privée de commerce ou de banque. Le blanchiment de capitaux, la corruption, la prise illégale d’intérêt et le trafic d’influence figurent également parmi les qualifications envisagées. La complicité de ces différentes infractions est également visée.

Le magistrat instructeur pourra par ailleurs rechercher d’éventuelles autres infractions qui seraient révélées au cours de l’information judiciaire. Cette disposition ouvre ainsi la possibilité d’élargir le champ des investigations en fonction des éléments qui pourraient être découverts durant la procédure.

Pour approfondir les recherches et déterminer l’ensemble des responsabilités éventuelles, le juge d’instruction a également sollicité une coopération judiciaire internationale. Une commission rogatoire internationale ainsi qu’une délégation judiciaire ont été requises afin de permettre aux enquêteurs et au magistrat instructeur d’identifier toutes les personnes susceptibles d’avoir participé aux faits présumés.

Cette dimension internationale s’explique notamment par l’implication d’une entreprise espagnole dans le marché concerné et pourrait permettre aux enquêteurs d’obtenir des informations ou des éléments de preuve situés à l’étranger.

L’ouverture de cette information judiciaire ne signifie toutefois pas que les personnes ou entités visées sont reconnues coupables. Elle marque une nouvelle phase de la procédure au cours de laquelle le magistrat instructeur devra établir les faits, déterminer les responsabilités éventuelles et apprécier la qualification juridique des actes qui auraient été commis.

Depuis le début de cette affaire, Jean-Michel Sène, directeur général de l’ASER, a de son côté toujours nié toute implication dans les faits présumés de détournement de deniers publics. Sa position devra désormais être confrontée aux éléments du dossier dans le cadre de l’instruction judiciaire.

Djiby Ciss défend Bassirou Diomaye Faye et appelle à la dissolution de l’Assemblée nationale

Le débat sur la modification de l’article 37 de la Constitution continue de provoquer de vives réactions au sein de l’Assemblée nationale. Membre du groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes, le député Djiby Ciss a pris publiquement la défense du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, tout en annonçant son opposition au texte actuellement soumis aux députés.

Prenant position contre la proposition examinée par l’Assemblée nationale, Djiby Ciss estime que la réforme, telle qu’elle est présentée, viserait particulièrement le chef de l’État. « Je ne voterai pas cette loi parce qu’elle s’acharne sur le chef de l’État. Elle ne vise que lui », a-t-il déclaré.

Le parlementaire récuse ainsi les critiques adressées à Bassirou Diomaye Faye sur la question de la déclaration de patrimoine. Selon lui, le président de la République n’aurait jamais cherché à se soustraire à cette obligation. Djiby Ciss met également en avant ce qu’il considère comme la droiture du chef de l’État, estimant que les débats actuels ne devraient pas servir à mettre en cause son intégrité.

L’élu de Pastef assume pleinement sa position, même si celle-ci devait lui coûter politiquement. « Je n’ai pas peur de mon opinion, encore moins de perdre un mandat de député », affirme-t-il, affichant ainsi sa détermination à maintenir son opposition au texte.

Au-delà de la question de la déclaration de patrimoine, Djiby Ciss alerte sur les conséquences institutionnelles que pourrait, selon lui, entraîner la démarche actuellement engagée par l’Assemblée nationale. Il redoute un déséquilibre croissant entre les pouvoirs et considère que le Parlement risque d’empiéter progressivement sur les prérogatives du président de la République.

« Si elle continue, on risque d’arriver à un niveau où le président devra demander la permission à l’Assemblée avant de sortir de son palais », prévient le député. Une formule qui traduit, selon lui, la nécessité de préserver l’équilibre entre les différentes institutions de la République.

Dans cette logique, Djiby Ciss invite directement Bassirou Diomaye Faye à prendre ses responsabilités. Le député estime que le chef de l’État doit agir afin d’éviter une détérioration du fonctionnement des institutions. « Que Bassirou Diomaye Faye prenne ses responsabilités, sinon les institutions et la République vont se dégrader », lance-t-il.

Le parlementaire va même plus loin en appelant le président de la République à dissoudre l’Assemblée nationale. Pour lui, une telle décision ne devrait pas être subordonnée au versement d’indemnités aux députés. Cette prise de position intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et institutionnelles autour des nouvelles propositions examinées par les députés.

Djiby Ciss s’est également prononcé sur la polémique entourant la « caisse noire » du président de la République. Il estime que le débat ne devrait pas se limiter aux ressources dont dispose le chef de l’État et soutient que l’Assemblée nationale dispose elle aussi de moyens financiers importants dont les députés n’auraient pas une connaissance suffisante.

« On parle de la caisse noire du président, mais l’Assemblée a un milliard que les députés ignorent », soutient-il. Par cette déclaration, le député entend déplacer le débat vers la question plus générale de la transparence et du contrôle des ressources financières des institutions.

Article 37 : la réforme sur la déclaration de patrimoine entre en zone de turbulences à l’Assemblée nationale

La réforme de l’article 37 de la Constitution s’apprête à franchir une nouvelle étape, dans un climat politique et parlementaire particulièrement tendu. Adoptée à la majorité par la Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains, la proposition de loi n° 33/2026, portée par le député Amadou Ba n° 2, sera examinée ce lundi 17 août en séance plénière à l’Assemblée nationale. Au cœur du texte : l’instauration d’une déclaration de patrimoine du Président de la République à la fin de son mandat. Mais derrière cette réforme présentée comme un outil de transparence, les débats ont déjà révélé des divergences sur son opportunité, son champ d’application et surtout sur la méthode à privilégier pour modifier la Constitution.

Réunie le mercredi 12 août sous la présidence d’Abdoulaye Tall, la Commission des Lois a consacré ses travaux à l’examen de cette proposition de loi. La réunion s’est tenue en présence du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Moussa Sarr, ainsi que du ministre de la Communication et des Relations avec les Institutions, Porte-Parole du Gouvernement, Bacary Sarr.

À l’origine de la proposition, Amadou Ba n° 2 défend une réforme destinée à inscrire directement dans la Constitution une obligation déjà largement consacrée par les textes relatifs à la transparence et à la bonne gouvernance. L’objectif affiché est de soumettre le Chef de l’État à une déclaration de patrimoine non seulement au début de son exercice, mais également au moment où il quitte ses fonctions.

Pour le député, cette exigence répond à un impératif de redevabilité. Elle permettrait notamment de comparer la situation patrimoniale du Président de la République entre son entrée en fonction et la fin de son mandat. La publicité de cette déclaration, assurée par le Conseil constitutionnel, devrait ainsi permettre aux citoyens de disposer d’une information sur l’évolution du patrimoine du Chef de l’État.

La proposition s’inscrit dans le prolongement des principes déjà posés au niveau communautaire et national. L’auteur du texte s’appuie notamment sur la Directive n° 01/2009/CM/UEMOA du 27 mars 2009 portant Code de transparence dans la gestion des finances publiques au sein de l’UEMOA. Celle-ci consacre le principe d’une déclaration de patrimoine en début et en fin de mandat ou de fonction. Le même principe figure dans la loi sénégalaise n° 2012-22 du 27 décembre 2012 portant Code de transparence dans la gestion des finances publiques.

Mais au sein de la commission, les députés ne se sont pas contentés d’approuver le principe. Plusieurs questions ont été soulevées concernant la portée réelle du texte et les conditions de sa mise en œuvre.

Des commissaires ont notamment cherché à comprendre pourquoi cette modification constitutionnelle intervenait à ce moment précis, alors que l’obligation pour le Président de la République de rendre compte de son patrimoine à la fin de ses fonctions avait déjà fait l’objet d’engagements publics.

La rédaction de certaines dispositions a également suscité des interrogations. L’expression « Président de la République nouvellement élu » a notamment été considérée comme potentiellement problématique en cas de réélection du Chef de l’État. Les députés ont estimé qu’une formulation plus générale serait nécessaire afin que le dispositif puisse s’appliquer à tout nouveau mandat présidentiel.

La question du délai a également occupé une place importante dans les échanges. Les parlementaires ont demandé que le texte précise clairement à partir de quel moment court le délai imparti au Président sortant et à quelle échéance la déclaration doit effectivement être déposée.

Sur ce point, Amadou Ba n° 2 a indiqué que le délai retenu était de trois mois à compter de la cessation des fonctions. Ce délai correspond, selon lui, au régime déjà applicable aux autres personnes assujetties à la déclaration de patrimoine.

Les députés ont par ailleurs insisté sur la nécessité de ne pas réduire la réforme à une simple obligation administrative. Pour eux, les modalités de déclaration, de publicité et de contrôle doivent être suffisamment précises pour garantir l’effectivité du mécanisme et permettre une véritable reddition des comptes.

Face à ces interrogations, l’auteur de la proposition a expliqué sa démarche. Selon lui, son initiative intervient dans le contexte d’un processus de révision constitutionnelle annoncé par le Gouvernement depuis l’arrivée du nouveau régime. Il a estimé que les retards enregistrés dans la transmission à l’Assemblée nationale des différents textes envisagés dans ce cadre justifiaient le dépôt d’une proposition ciblée sur l’article 37.

Mais le Gouvernement entend aller beaucoup plus loin que la seule question de la déclaration de patrimoine du Président de la République.

Lors de son intervention devant la commission, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Moussa Sarr, a exprimé son soutien au principe de la réforme tout en proposant de l’inscrire dans un dispositif constitutionnel plus large.

Le Gouvernement souhaite ainsi que l’obligation de déclaration de patrimoine soit également consacrée dans la Constitution pour le Président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre. Ces deux autorités sont déjà soumises à cette obligation en vertu de la législation en vigueur, mais l’exécutif estime que leur inscription dans le texte constitutionnel permettrait de renforcer la stabilité et la pérennité du principe.

Pour Moussa Sarr, les trois principales autorités de l’État doivent être placées sous le même régime d’exemplarité, de transparence et de probité. L’objectif serait ainsi d’éviter que la réforme apparaisse comme une mesure visant exclusivement le Chef de l’État.

Le ministre a également avancé une autre proposition susceptible de modifier en profondeur le dispositif actuel. Il souhaite que la déclaration de patrimoine soit exigée dès le dépôt de candidature à l’élection présidentielle. Le non-respect de cette obligation pourrait alors entraîner l’irrecevabilité de la candidature.

Dans cette logique, le candidat finalement élu pourrait voir sa déclaration effectuée au moment de la candidature tenir lieu de déclaration d’entrée en fonction. Une telle évolution nécessiterait toutefois une modification du Code électoral.

Derrière l’examen de la proposition de loi n° 33/2026 se dessine donc un débat beaucoup plus large sur l’architecture du dispositif sénégalais de déclaration de patrimoine et sur la place que celui-ci doit occuper dans l’ordre constitutionnel.

Le Gouvernement envisage en effet d’intégrer ces différentes dispositions dans une révision constitutionnelle plus globale. Selon le ministre de la Justice, cette réforme pourrait être soumise directement au peuple sénégalais par référendum, conformément aux dispositions de l’article 103 de la Constitution.

Moussa Sarr a précisé que cette orientation avait été portée à la connaissance du Président de l’Assemblée nationale par un courrier n° 724/PR daté du 30 juillet 2026.

Cette précision donne une dimension politique supplémentaire au débat actuel. Alors que la commission parlementaire a adopté la proposition de loi après avoir également approuvé l’amendement gouvernemental, la question est désormais de savoir quelle place cette initiative parlementaire conservera dans le calendrier de la réforme constitutionnelle voulue par l’Exécutif.

À l’issue des discussions, les membres de la Commission des Lois ont finalement adopté à la majorité la proposition de loi n° 33/2026 portant modification de l’article 37 de la Constitution, après avoir approuvé l’amendement présenté par le Gouvernement.

Le texte doit désormais être soumis à l’ensemble des députés en séance plénière. Et c’est précisément à ce niveau que les discussions pourraient prendre une tournure plus politique.

Ce lundi 17 août, l’Assemblée nationale ouvre en effet le débat sur un texte qui touche directement aux exigences de transparence des plus hautes autorités de l’État, mais qui intervient également dans un contexte marqué par de fortes tensions entre majorité parlementaire, opposition et pouvoir exécutif autour de la procédure de révision constitutionnelle.

La question ne sera donc plus seulement de savoir si le principe d’une déclaration de patrimoine à la fin du mandat présidentiel doit être consacré. Les députés devront également se prononcer sur l’élargissement du dispositif au Président de l’Assemblée nationale et au Premier ministre, sur le calendrier de mise en œuvre, sur les conditions de publicité et de contrôle, mais aussi sur l’articulation de cette proposition avec le projet de révision constitutionnelle plus global annoncé par le Gouvernement.

Adopté en commission, le texte entre ainsi dans une nouvelle phase, probablement la plus sensible. À l’Assemblée nationale, où les échanges de ces derniers jours ont déjà été particulièrement tendus, le débat sur l’article 37 pourrait donner lieu à de nouvelles passes d’armes entre majorité et opposition.

Modification de l’article 37 : Abdou Mbow accuse Pastef de « ruse » sur la déclaration de patrimoine

Le débat sur la modification de l’article 37 de la Constitution a donné lieu à une nouvelle passe d’armes à l’Assemblée nationale. Après Guy Marius Sagna, c’est au tour d’Abdou Mbow de monter au créneau pour dénoncer la position des députés de Pastef sur les nouvelles règles relatives à la déclaration de patrimoine des principales autorités de l’État.

Prenant la parole en séance plénière, le député de l’opposition a vivement contesté la version initialement défendue par la majorité parlementaire. Selon lui, les députés de Pastef auraient tenté d’introduire, dans le texte portant modification de l’article 37, une disposition prévoyant une déclaration de patrimoine du président de l’Assemblée nationale auprès de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) uniquement au début de son mandat.

Abdou Mbow affirme surtout que cette déclaration n’aurait pas été exigée à la fin du mandat et qu’elle n’aurait pas non plus été soumise à une obligation de publication. Une disposition que le parlementaire assimile à une tentative de contourner les exigences de transparence.

« Les députés de Pastef avaient, dans le texte portant modification de l’article 37, voulu faire passer une ruse », a-t-il lancé devant les députés, estimant que le traitement réservé au président de l’Assemblée nationale était différent de celui prévu pour le président de la République.

D’après l’ancien président du groupe parlementaire de l’opposition, le chef de l’État devait, lui, être soumis à une obligation de déclaration de patrimoine aussi bien à son entrée en fonction qu’à sa sortie, avec, dans les deux cas, une publication des informations. Abdou Mbow voit dans cette différence de régime une incohérence qu’il juge difficilement défendable au regard des exigences de transparence dans la gestion des affaires publiques.

Le député affirme toutefois que la position de la majorité aurait évolué au cours de l’examen du texte. Il explique que le changement serait intervenu après la présentation, en commission, de l’amendement introduit par le gouvernement par l’intermédiaire du ministre de la Justice.

Selon Abdou Mbow, les députés de la majorité auraient finalement accepté cet amendement, qui vise notamment à renforcer les obligations liées à la déclaration de patrimoine. Pour lui, cette évolution aurait été dictée en partie par la crainte que l’opinion publique interprète autrement le dispositif initial.

« Il faut donc expliquer dans le rapport que vous avez accepté à contrecœur l’amendement », a-t-il lancé à l’endroit des députés de la majorité, les invitant ainsi à assumer publiquement leur changement de position.

L’intervention d’Abdou Mbow ne s’est toutefois pas limitée à une critique technique du texte. Profitant de l’absence du président de l’Assemblée nationale au moment des débats, le député de l’opposition a directement ciblé Ousmane Sonko. Il l’a notamment qualifié de « manipulateur », avant d’étendre ses attaques à l’ensemble du groupe parlementaire de Pastef.

Abdou Mbow a ainsi dénoncé ce qu’il considère comme une contradiction entre le discours de rupture et les pratiques parlementaires de la majorité. Il a également accusé les députés de Pastef d’« incohérence », d’« arrogance » et d’« ignorance », donnant une dimension nettement politique à un débat initialement centré sur les règles constitutionnelles encadrant la déclaration de patrimoine.

Cette nouvelle confrontation illustre la forte polarisation des débats autour de la réforme de l’article 37. Au-delà de la question juridique, les échanges entre majorité et opposition mettent désormais en lumière un enjeu politique majeur : celui de la transparence et de l’égalité des obligations imposées aux plus hautes autorités de l’État.

Assemblée nationale : Tafsir Thioye conteste la régularité des travaux et appelle à l’arrêt de la séance

La tension monte à l’Assemblée nationale autour de la régularité des travaux parlementaires. Prenant la parole en séance plénière, le député Tafsir Thioye a vivement contesté le cadre juridique dans lequel se déroulent actuellement les débats. Selon lui, plusieurs irrégularités liées au Règlement intérieur et à la procédure d’examen des textes fragiliseraient la légalité des travaux de l’institution.

« Je ne suis pas venu à l’Assemblée depuis un certain temps parce que je me suis rendu compte qu’on travaille dans l’illégalité », a déclaré le parlementaire, avant d’interpeller directement le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko.

Au cœur de son intervention figure la question du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Tafsir Thioye a rappelé les circonstances dans lesquelles Ousmane Sonko, alors Premier ministre, avait été appelé à présenter sa déclaration de politique générale. À l’époque, ce dernier avait refusé de se soumettre à l’exercice, estimant que le Règlement intérieur comportait une anomalie juridique.

Pour Tafsir Thioye, cette difficulté n’aurait toujours pas été correctement réglée sur le plan juridique. Le député soutient que, même si le Règlement intérieur a fait l’objet de modifications, la procédure constitutionnelle aurait dû être respectée avant son entrée en vigueur.

Il estime notamment que le Conseil constitutionnel devait être saisi avant la promulgation du texte par le président de la République. Or, selon ses déclarations, aucune trace d’une telle saisine ne figurerait dans les éléments qu’il dit avoir consultés. « J’ai posé la question au Conseil constitutionnel : il n’a pas été saisi », a-t-il affirmé.

Le parlementaire s’est également appuyé sur l’absence de l’article 118 pour contester la validité du texte actuellement utilisé par les députés. À ses yeux, cette absence rendrait le Règlement intérieur incomplet et poserait, par conséquent, un problème de légalité pour la poursuite des travaux parlementaires.

« Avec l’absence de l’article 118, le Règlement intérieur est incomplet et donc nous ne pouvons plus décider. On arrête la séance, sinon on sera dans l’illégalité », a-t-il martelé devant ses collègues.

Dans son intervention, Tafsir Thioye a par ailleurs directement interpellé Ousmane Sonko sur sa responsabilité à la tête de l’institution parlementaire. Il a rappelé les récentes prises de position du président de l’Assemblée nationale sur son attachement aux institutions et aux principes républicains, estimant que cet attachement devait désormais se traduire dans la conduite des travaux.

« Le président de l’Assemblée a fait une interview attestant de son attachement à la République. Donc, ne violons pas la loi », a-t-il lancé.

Au-delà du Règlement intérieur, le député a soulevé une deuxième série de contestations portant cette fois sur la procédure d’examen des textes soumis à l’Assemblée nationale. Il s’est notamment référé à l’article 69 du Règlement intérieur, qui encadre le circuit de dépôt et de transmission des textes parlementaires.

Selon son interprétation, les propositions de loi doivent d’abord être déposées sur le bureau du président de l’Assemblée nationale. Celui-ci doit ensuite en informer l’Assemblée, qui en prend acte, avant que le texte ne poursuive son parcours institutionnel au niveau du Bureau.

Tafsir Thioye considère ainsi que le Bureau de l’Assemblée ne peut valablement examiner certaines questions dans le cadre de la session extraordinaire sans que l’ensemble de cette procédure ait été respecté. Il a également invoqué l’article 5 du Règlement intérieur, relatif aux conditions d’examen des propositions de loi.

Pour le député, ces exigences procédurales ne constituent pas de simples formalités administratives. Elles participent, selon lui, à la régularité des décisions prises par la représentation nationale et doivent donc être scrupuleusement respectées.

Face à ces différentes réserves, Tafsir Thioye a finalement demandé l’ajournement des travaux. Il estime que les propositions actuellement examinées ne peuvent pas être traitées dans le cadre des « intercommissions », tant que les questions relatives à la régularité de la procédure n’ont pas été clarifiées.

Cette prise de position ouvre ainsi un nouveau front de contestation au sein de l’Hémicycle. Alors que les débats parlementaires étaient déjà marqués par des divergences politiques sur le contenu des textes soumis aux députés, c’est désormais leur cadre juridique et la régularité même de la procédure parlementaire qui sont mis en cause.

Foncier et patrimoine bâti : Ousmane Sonko promet de poursuivre le travail pour faire la lumière

Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, s’est de nouveau prononcé ce dimanche 16 août sur les questions liées au foncier et à la gestion du patrimoine bâti de l’État. Lors de son face-à-face avec des médias, l’ancien Premier ministre a défendu les mesures prises par les autorités et réaffirmé leur volonté de poursuivre les investigations sur des dossiers qu’il considère comme majeurs pour la gestion des biens publics.

Revenant sur la question foncière, Ousmane Sonko a rappelé les dispositions prises lorsqu’il était à la tête du gouvernement. Il a notamment évoqué le blocage de plusieurs zones dont les procédures d’attribution à des particuliers ou à des tiers faisaient l’objet de contestations. Selon lui, ces mesures visaient à préserver les intérêts de l’État et à empêcher que des opérations foncières controversées ne se poursuivent avant que toute la lumière ne soit faite.

Le président de l’Assemblée nationale a également dénoncé ce qu’il considère comme des tentatives de manipulation de certains acteurs se réclamant de la société civile. Sans citer de noms, il a estimé que certaines personnes engagées dans les débats autour du foncier pourraient être influencées par des personnalités disposant de moyens et de réseaux importants.

Pour autant, Ousmane Sonko assure que les autorités ne comptent pas se limiter aux accusations ou aux déclarations publiques. Il estime que les différents dossiers fonciers doivent être examinés de manière approfondie afin d’établir les faits, d’identifier les responsabilités et, le cas échéant, de tirer les conséquences prévues par la loi.

Dans son intervention, le président de l’Assemblée nationale a aussi insisté sur le rôle du Parlement dans le contrôle de l’action publique. Il a rappelé que l’Assemblée nationale dispose, au même titre que les autres institutions compétentes, de prérogatives lui permettant d’examiner certaines questions relatives à la gestion de l’État.

Cette position intervient alors que le foncier demeure l’un des dossiers les plus sensibles au Sénégal. Les conflits liés aux attributions de terrains, aux lotissements et à la gestion des réserves foncières alimentent régulièrement les contestations de citoyens, de collectifs et d’organisations de la société civile.

Ousmane Sonko a, dans le même temps, annoncé la poursuite du travail sur le patrimoine bâti de l’État. Il estime que ce patrimoine, constitué de nombreux immeubles et biens appartenant à la puissance publique, a été insuffisamment protégé et, dans certains cas, « dilapidé ».

Pour le président de l’Assemblée nationale, les éventuelles irrégularités constatées dans la gestion de ces biens doivent être établies sur la base des textes en vigueur. « Ceux qui sont les auteurs ont violé la loi », a-t-il soutenu, estimant nécessaire de déterminer précisément les responsabilités dans les différents dossiers.

Cette démarche suscite toutefois des critiques de la part de ceux qui redoutent une utilisation de l’institution parlementaire à des fins politiques. Une accusation que le président de l’Assemblée nationale rejette fermement. « Certains pensent qu’on utilise l’Assemblée nationale pour régler des comptes. C’est faux ! », a-t-il déclaré.

Ousmane Sonko assure ainsi que les initiatives engagées sur le foncier et le patrimoine bâti répondent, selon lui, à une exigence de contrôle de l’action publique et de clarification de la gestion des biens de l’État. Il entend poursuivre ce travail afin que les dossiers soient examinés et que les responsabilités soient établies lorsque des violations de la loi sont avérées.

Ousmane Sonko : « Mon patrimoine est transparent » — le Premier ministre détaille ses biens déclarés à l’OFNAC

Le Premier ministre Ousmane Sonko a apporté, dimanche soir, des précisions sur son patrimoine déclaré auprès de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Invité sur Walf TV, le chef du gouvernement a assuré n’avoir rien à cacher et s’est dit favorable à une éventuelle publication de sa déclaration de patrimoine, sous réserve que l’OFNAC dispose de la base légale nécessaire pour le faire.

« Mon patrimoine est transparent. Si l’OFNAC avait l’habilitation à le publier, je ne m’y opposerais pas », a déclaré Ousmane Sonko au cours de l’entretien. Une prise de position qui intervient dans un contexte où la déclaration de patrimoine des hauts responsables publics occupe une place importante dans le débat national sur la transparence, la bonne gouvernance et la reddition des comptes.

Selon les explications fournies par le Premier ministre, son patrimoine actuel reste limité à quelques éléments essentiels. Il affirme disposer principalement de son salaire, d’une maison située à la Cité Keur Gorgui ainsi que de deux véhicules.

Évoquant plus particulièrement son bien immobilier, Ousmane Sonko a tenu à apporter une précision sur les conditions dans lesquelles cette maison est liée à sa famille. « Je n’ai que cette maison. J’ai deux véhicules. Voilà mon patrimoine », a-t-il indiqué, ajoutant que la propriété avait été « donnée d’ailleurs en dotation à [sa] famille ».

À travers ces déclarations, le Premier ministre entend ainsi répondre aux interrogations qui entourent depuis plusieurs jours la question du patrimoine des responsables publics. Il affirme que les informations relatives à ses biens ont été communiquées dans le cadre de la procédure de déclaration auprès de l’OFNAC et se dit prêt à assumer une éventuelle transparence accrue, à condition que celle-ci soit conforme aux dispositions légales en vigueur.

La question de la publication des déclarations de patrimoine est devenue particulièrement sensible au Sénégal. Elle s’inscrit dans les réformes engagées autour du renforcement des mécanismes de prévention de la corruption et du contrôle des responsables exerçant des fonctions publiques.

En affirmant publiquement que son patrimoine se résume à son salaire, une maison à la Cité Keur Gorgui et deux véhicules, Ousmane Sonko cherche également à lever les zones d’ombre qui pourraient subsister autour de sa situation patrimoniale. Son message est sans ambiguïté : il assure ne rien avoir à dissimuler et se dit disposé à ce que les informations le concernant soient accessibles au public dès lors qu’un cadre légal l’autorise.

Cette sortie intervient alors que le débat sur la transparence patrimoniale dépasse désormais la seule question des biens détenus par les autorités. Il porte également sur les modalités de contrôle, les conditions de publication des déclarations et les prérogatives exactes des institutions chargées de veiller à la probité dans la gestion publique.

Le Sénégal au miroir de ses promesses : le souffle de la rupture à l’épreuve du temps

Deux ans après le séisme démocratique de mars 2024, le Sénégal ne se contente plus de rêver de changement ; il en affronte désormais la vertigineuse complexité. L’enthousiasme presque mystique qui avait porté le tandem Bassirou Diomaye Faye–Ousmane Sonko au sommet de l’État s’est aujourd’hui mué en une réalité froide, exigeante et sans concession. Pour le peuple sénégalais, l’heure n’est plus aux slogans de campagne, mais à l’évaluation des actes et des résultats.

Le récent réajustement institutionnel de mai 2026, marqué par le départ d’Ousmane Sonko de la Primature vers la présidence de l’Assemblée nationale et la nomination d’Ahmadou Al Aminou Lô au poste de Premier ministre, illustre cette transition brutale entre la poésie de la résistance et la prose du pouvoir. Ce chassé-croisé au sommet de l’État ne relève pas d’un simple jeu de chaises musicales. Il traduit une quête de stabilité institutionnelle et législative face aux résistances d’un ancien monde politique qui refuse de s’effacer. Mais il révèle également l’urgence absolue de produire des résultats économiques concrets et perceptibles par les populations.

Car dans les rues de Dakar, de Pikine ou de Ziguinchor, la ferveur patriotique se heurte quotidiennement à la dureté du réel. La jeunesse, cette force vive qui a payé le prix du sang pour défendre les libertés démocratiques, attend toujours que la souveraineté économique promise se traduise concrètement dans son quotidien et dans son panier de la ménagère. La renégociation des contrats miniers et pétroliers, la lutte contre la vie chère et le chômage endémique ne sont plus de simples promesses rhétoriques, mais des impératifs vitaux. Chaque retard, chaque hésitation ou chaque renoncement peut être perçu comme une fissure dans le pacte de confiance scellé avec la nation.

La démocratie sénégalaise, souvent citée en exemple pour sa résilience, traverse elle aussi une phase d’introspection majeure. L’opposition cherche un nouveau souffle, tandis que la majorité doit démontrer qu’elle sait gouverner sans trahir l’esprit de la rupture qui l’a portée au pouvoir. Le Sénégal se trouve ainsi à la croisée des chemins : réussir le pari d’une transformation systémique ou sombrer dans le désenchantement des espoirs déçus.

L’enjeu dépasse désormais les hommes et les formations politiques. Il concerne la capacité de l’État à transformer les aspirations populaires en politiques publiques efficaces, à restaurer durablement la confiance et à faire de la souveraineté un principe concret de gouvernance.

L’histoire s’écrit maintenant, sous le regard vigilant d’un peuple qui a appris qu’aucun pouvoir, aussi populaire soit-il, n’est au-dessus de sa souveraineté.

Aly Saleh

Fonds spéciaux de la Primature : Ousmane Sonko détaille les raisons de sa demande de rallonge

Ousmane Sonko a apporté des précisions sur la polémique autour d’une demande de rallonge des fonds spéciaux de la Primature, un sujet qui alimente depuis plusieurs semaines le débat politique et institutionnel au Sénégal. L’ancien Premier ministre a choisi de répondre aux accusations en présentant le détail des dépenses qui, selon lui, avaient justifié cette sollicitation budgétaire.

La polémique avait été relancée fin juillet par le ministre de l’Enseignement supérieur, Abdourahmane Diouf. Ce dernier avait affirmé que l’enveloppe de 1,77 milliard de francs CFA destinée aux fonds spéciaux de la Primature avait été épuisée sous la gestion d’Ousmane Sonko, avant qu’une demande de complément ne soit formulée. Il n’avait toutefois pas précisé si cette rallonge avait effectivement été accordée.

Face à ces accusations, Ousmane Sonko a voulu remettre les chiffres au centre du débat. Selon ses explications, la demande de crédits supplémentaires ne répondait pas à une volonté d’augmenter discrétionnairement les fonds disponibles, mais à la nécessité de couvrir plusieurs dépenses identifiées au niveau de la Primature et qui nécessitaient, selon lui, une inscription dans une loi de finances rectificative.

Le principal poste évoqué concerne une enveloppe de 940,56 millions de francs CFA destinée à l’acquisition de véhicules auprès de l’ONRAC, l’Office national de régulation des activités de transport routier de personnes, de marchandises et de matières dangereuses. Cette dépense représente à elle seule la plus importante partie des crédits supplémentaires évoqués par l’ancien Premier ministre.

À cette somme s’ajoutaient 87 millions de francs CFA consacrés à la couverture budgétaire d’un marché portant sur l’évaluation ainsi que l’audit technique et financier du programme décennal de gestion des inondations. Ousmane Sonko inscrit cette dépense dans le cadre du suivi et de l’évaluation d’un programme public nécessitant, selon lui, une prise en charge budgétaire spécifique.

Une autre enveloppe de 100 millions de francs CFA était destinée à la prise en charge des activités du comité chargé de la commémoration du massacre de Thiaroye de 1944. Cette ligne budgétaire devait permettre de financer les activités liées à cet événement historique, qui occupe une place particulière dans la mémoire nationale.

Enfin, 300 millions de francs CFA étaient prévus pour les travaux de remise aux normes du Building administratif. D’après les explications fournies par Ousmane Sonko, cette enveloppe devait notamment couvrir des dépenses liées à des dédommagements ainsi qu’à l’installation de certains équipements.

Au total, les différents postes cités représentent près de 1,43 milliard de francs CFA. Ousmane Sonko explique ainsi que la demande évoquée par Abdourahmane Diouf correspondait à des besoins précis, identifiés et ventilés entre plusieurs opérations de la Primature.

« La Primature est confrontée à certains membres de dépenses dont la prise en charge nécessite une inscription dans la prochaine loi de finances rectificative », a expliqué l’ancien Premier ministre, donnant ainsi un éclairage sur l’origine de la demande de rallonge.

Cette mise au point intervient alors que la question des fonds spéciaux fait l’objet d’un débat plus large sur la transparence, le contrôle des dépenses publiques et les mécanismes budgétaires applicables aux plus hautes institutions de l’État. La controverse dépasse désormais le seul montant sollicité et porte également sur les conditions dans lesquelles ces crédits sont demandés, utilisés et contrôlés.

En détaillant les différentes lignes de dépenses, Ousmane Sonko cherche ainsi à répondre à l’accusation selon laquelle l’enveloppe initiale aurait simplement été consommée avant qu’une nouvelle rallonge ne soit sollicitée. Son explication consiste plutôt à présenter cette demande comme la conséquence de dépenses spécifiques nécessitant une régularisation ou une inscription budgétaire complémentaire.

Port autonome de Dakar : la nouvelle direction annule un appel d’offres controversé

À peine installé à la tête du Port autonome de Dakar (PAD), le nouveau Directeur général, Doune Pathé Mbengue, a décidé d’annuler une procédure de passation de marché engagée sous la précédente direction. Cette décision intervient dans un contexte marqué par des interrogations sur la régularité administrative de l’appel d’offres, publié quelques jours seulement avant la passation officielle de service entre Waly Diouf Bodiang et son successeur.

Les faits remontent au 11 août 2026. Ce jour-là, un avis d’appel d’offres ouvert avec préqualification a été publié dans les colonnes du quotidien Le Soleil. La procédure portait la signature de Waly Diouf Bodiang, alors Directeur général sortant du Port autonome de Dakar.

Or, celui-ci avait déjà été relevé de ses fonctions par décret pris lors du Conseil des ministres du 16 juillet 2026. Son remplacement par Doune Pathé Mbengue avait donc été acté plusieurs semaines avant la cérémonie officielle de passation de service, organisée le 13 août à la Direction générale du PAD.

La publication de cet avis à la veille du changement effectif de direction a ainsi suscité des interrogations sur la capacité du directeur sortant à engager de nouvelles procédures au nom de l’établissement public durant cette période de transition.

Saisi du dossier dès son installation, le nouveau Directeur général a décidé de mettre un terme à la procédure. La nouvelle direction aurait motivé cette annulation par des considérations liées à l’organisation du service et à la conformité administrative de la procédure engagée.

Cette décision intervient alors que Doune Pathé Mbengue entend placer son mandat sous le signe de la rigueur dans la gestion et du respect des règles de gouvernance publique. Son premier acte sur ce dossier traduit ainsi une volonté de revoir les procédures engagées avant sa prise de fonction et de s’assurer de leur conformité avec les exigences administratives applicables aux établissements publics.

L’épisode soulève toutefois une question plus large sur la période comprise entre la décision de remplacement d’un dirigeant et la prise de fonction effective de son successeur. Dans quelle mesure un directeur général dont le remplacement a été officiellement décidé peut-il continuer à engager l’établissement qu’il dirigeait, notamment à travers des procédures susceptibles d’avoir des conséquences juridiques et financières ?

Cette interrogation prend une importance particulière lorsqu’il s’agit d’un établissement stratégique comme le Port autonome de Dakar, dont les marchés représentent des enjeux économiques et financiers considérables. Le PAD constitue en effet une infrastructure majeure pour l’économie sénégalaise et joue un rôle central dans les échanges commerciaux du pays et de la sous-région.

L’annulation de cette procédure permet également à la nouvelle direction de reprendre la main sur les dossiers engagés avant son arrivée et d’effectuer les vérifications nécessaires avant toute nouvelle décision. Elle pourrait ainsi constituer l’un des premiers signaux de la volonté affichée par Doune Pathé Mbengue d’inscrire son action dans une logique de conformité, de transparence et de responsabilité dans la gestion des ressources publiques.

Au-delà du cas particulier de cet appel d’offres, cette affaire remet donc au centre du débat les exigences de gouvernance dans les entreprises et établissements publics. La période de transition entre deux directions ne devrait pas être synonyme d’incertitude sur la chaîne de responsabilité, particulièrement lorsqu’il s’agit de décisions pouvant engager durablement l’institution.

La nouvelle direction du Port autonome de Dakar semble ainsi vouloir faire de la conformité administrative un préalable à la poursuite des procédures de passation de marchés. Une démarche qui s’inscrit dans l’exigence de « Jub, Jubal, Jubanti », désormais régulièrement mise en avant dans la gestion des affaires publiques.

Macky Sall à l’ONU : des organisations de la société civile africaine lancent une campagne pour sa candidature

Des organisations de la société civile africaine veulent voir l’ancien président sénégalais Macky Sall accéder au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Réunies vendredi à Cotonou, au Bénin, des organisations venues de plusieurs régions du continent, notamment d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique centrale, d’Afrique du Nord et d’Afrique de l’Est, ont officiellement lancé une dynamique de soutien autour de cette candidature.

La rencontre, placée sous la coordination générale de Cyrille Nguiegang, s’est tenue autour du thème « Pour un leadership africain au service de la paix, du multilatéralisme et de la communauté internationale ». À travers cette initiative, les organisations entendent promouvoir l’idée d’une représentation africaine accrue au sein des grandes institutions internationales et faire de la candidature de l’ancien chef de l’État sénégalais un projet dépassant les frontières du Sénégal.

Pour les initiateurs de cette mobilisation, l’éventuelle candidature de Macky Sall traduit la volonté de faire entendre davantage la voix de l’Afrique dans la construction d’un ordre international qu’ils souhaitent plus équilibré, plus inclusif et plus solidaire. Ils estiment que son expérience politique et institutionnelle, acquise aussi bien au Sénégal qu’à l’échelle continentale et internationale, constitue un argument majeur en faveur de son profil.

Les organisations mettent notamment en avant son parcours à la tête du Sénégal ainsi que son passage à la présidence de l’Union africaine. À leurs yeux, cette double expérience lui aurait permis d’acquérir une connaissance approfondie des enjeux liés à la gouvernance, au développement, à la diplomatie et aux relations internationales. Elles considèrent également que son expérience dans les instances internationales pourrait lui permettre de porter une vision conciliant les préoccupations africaines avec les grands enjeux auxquels la communauté internationale est confrontée.

Parmi les éléments régulièrement cités par les promoteurs de sa candidature figure son rôle lors de la crise provoquée par la guerre en Ukraine, alors qu’il dirigeait l’Union africaine en 2022. Les soutiens de Macky Sall rappellent notamment son implication dans les démarches diplomatiques entreprises pour limiter les conséquences du conflit sur l’Afrique, en particulier concernant l’approvisionnement en céréales.

Ils évoquent ainsi les discussions engagées avec plusieurs acteurs internationaux et les négociations ayant contribué à la reprise des exportations de céréales depuis la mer Noire. Pour les organisations mobilisées à Cotonou, cette séquence illustre la capacité de l’ancien président sénégalais à dialoguer avec des interlocuteurs aux intérêts parfois divergents et à défendre les préoccupations d’un ensemble de pays dans le cadre d’une crise internationale majeure.

Les initiateurs de la campagne mettent également en avant les positions défendues par Macky Sall en faveur d’une réforme du système multilatéral. Ils citent notamment son plaidoyer pour une réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies, dont la composition actuelle est régulièrement critiquée pour son manque de représentativité des réalités géopolitiques contemporaines.

À cela s’ajoute son engagement en faveur d’une présence institutionnelle renforcée de l’Afrique dans les grandes instances de gouvernance économique mondiale. Son plaidoyer pour l’attribution d’un siège permanent à l’Union africaine au sein du G20 est présenté par ses soutiens comme l’une des illustrations de cette volonté de faire évoluer la place du continent dans les mécanismes internationaux de décision.

Pour Cyrille Nguiegang et les autres responsables de cette initiative, défendre la candidature de Macky Sall ne signifie pas opposer l’Afrique au reste du monde. Il s’agit, selon eux, de faire valoir l’idée qu’une plus grande implication du continent africain dans la gouvernance mondiale peut contribuer à la recherche de solutions aux crises qui affectent l’ensemble de la communauté internationale.

La campagne entend ainsi s’appuyer sur un discours fondé sur le multilatéralisme, la paix, la coopération internationale et la représentativité. Les organisations participantes souhaitent mobiliser progressivement d’autres acteurs de la société civile africaine afin de donner une dimension continentale à leur démarche.

Durant la période de campagne, Cyrille Nguiegang et ses partenaires ambitionnent de fédérer différentes composantes de la société civile autour de cette candidature et de faire de l’expérience de Macky Sall un argument en faveur d’un leadership africain au sein des Nations Unies.

Cette initiative intervient alors que la question de la représentation de l’Afrique dans les institutions internationales demeure au cœur des débats sur la réforme de la gouvernance mondiale. Pour les organisations réunies à Cotonou, la candidature de l’ancien président sénégalais doit donc être perçue comme une opportunité de porter une ambition africaine au-delà des considérations nationales et de contribuer à l’émergence d’un système multilatéral jugé plus représentatif, plus efficace et davantage orienté vers la prévention des conflits et la consolidation de la paix.

Kaolack : Cheikh Tidiane Sarr plaide pour l’érection de Médina Baye en commune d’arrondissement

Le débat sur l’organisation territoriale de Kaolack prend une nouvelle dimension avec la proposition formulée par le journaliste spécialisé en décentralisation, Cheikh Tidiane Sarr. Ce dernier plaide pour l’érection de Médina Baye en commune d’arrondissement, avec l’intégration des quartiers environnants, afin de rapprocher davantage l’administration des populations et de mieux prendre en charge les spécificités de cette cité religieuse à vocation internationale.

Facilitateur en développement, animateur en coaching territorial et titulaire d’un Master 2 en Développement territorial et Gouvernance de l’Institut africain de développement local (IADL), Cheikh Tidiane Sarr estime que cette réforme pourrait constituer une étape importante dans l’évolution institutionnelle de la capitale du Saloum.

Selon lui, Kaolack devrait progressivement tendre vers un statut de grande ville, à l’image des principales métropoles sénégalaises. Une telle évolution permettrait, à ses yeux, de revoir la répartition des compétences administratives, de rapprocher les services publics des citoyens et de faciliter la gestion d’un territoire devenu particulièrement vaste. Le maire de Kaolack administre aujourd’hui plus de quarante-cinq quartiers, une situation qui, selon le journaliste, pose nécessairement la question d’une gouvernance territoriale plus déconcentrée et plus proche des réalités locales.

Dans cette perspective, l’érection de Médina Baye en commune d’arrondissement ne serait pas uniquement une réforme administrative. Elle pourrait également devenir un instrument de valorisation territoriale et de développement économique. Cheikh Tidiane Sarr inscrit en effet sa réflexion dans une démarche de marketing territorial, qui consiste à mettre en avant les ressources identitaires, culturelles, économiques, historiques et spirituelles d’un territoire afin d’accroître son attractivité.

Et sur ce terrain, Médina Baye dispose d’atouts considérables.

Fondée par Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahima Niass, plus connu sous le nom de Baye Niass, figure majeure de l’islam du XXe siècle et fondateur de la Faydatou Tidjania, la cité religieuse bénéficie d’un rayonnement qui dépasse largement les frontières du Sénégal. Son influence spirituelle et intellectuelle s’étend à de nombreux pays d’Afrique, mais également à plusieurs régions du monde.

Pour Cheikh Tidiane Sarr, cet héritage constitue un patrimoine immatériel exceptionnel et un véritable avantage comparatif pour Kaolack. Médina Baye accueille régulièrement d’importantes délégations de fidèles, de chercheurs, d’universitaires, de diplomates, de responsables politiques et de guides religieux venus de différents continents, notamment à l’occasion du Gamou international et de la Grande Ziarra de Baye Niass.

Cette affluence religieuse représente également un important potentiel économique. Les flux de visiteurs soutiennent de nombreuses activités commerciales, hôtelières, artisanales et de services. Ils contribuent à dynamiser l’économie locale et à renforcer la visibilité de Kaolack sur la scène nationale et internationale.

La cité dispose par ailleurs d’un patrimoine religieux et historique particulièrement riche. Le mausolée de Baye Niass, la Grande Mosquée de Médina Baye, la résidence historique du guide religieux, le puits historique ainsi que plusieurs autres lieux de mémoire et de recueillement constituent autant de sites susceptibles de renforcer le développement du tourisme religieux.

À travers ces infrastructures et ces lieux de mémoire, Médina Baye apparaît ainsi comme un territoire disposant d’un potentiel important pour structurer une véritable offre de tourisme spirituel. Pour Cheikh Tidiane Sarr, une meilleure organisation administrative permettrait précisément de mieux accompagner cette dynamique, notamment en matière d’aménagement urbain, d’accueil des visiteurs, de gestion des espaces publics, de mobilité et de valorisation du patrimoine.

La dimension internationale de Médina Baye constitue également, selon lui, un autre argument en faveur d’une gouvernance spécifique. Les visites régulières de délégations étrangères, d’autorités politiques, de chefs religieux, de chercheurs et d’universitaires participent à la visibilité de la cité et, par ricochet, à celle de Kaolack.

Les audiences accordées par le Khalife général de la Fayda Tijania et Khalife de Baye Niass, Cheikh Mouhamadou Mahi Ibrahima Niass, s’inscrivent dans cette dynamique de dialogue et de rapprochement entre les peuples. La cité religieuse constitue ainsi un espace où se rencontrent régulièrement différentes nationalités, cultures et sensibilités.

Pour le journaliste, Médina Baye ne doit donc pas être considérée uniquement comme un quartier de Kaolack. Elle représente aussi un centre majeur de diplomatie religieuse.

Cette dimension trouve ses racines dans l’histoire de Baye Niass, qui avait développé des relations religieuses avec de nombreux pays et contribué à la diffusion de la Faydatou Tidjania à travers le monde. Cette tradition de rayonnement international se poursuit aujourd’hui sous le magistère de Cheikh Mouhamadou Mahi Ibrahima Niass, notamment à travers différentes initiatives en faveur du dialogue, de la paix et du rapprochement entre les communautés.

Cheikh Tidiane Sarr évoque notamment les démarches entreprises par le Khalife général dans le cadre des efforts de dialogue autour de la crise soudanaise. À ses yeux, ces initiatives illustrent le rôle que peut jouer la diplomatie religieuse dans la prévention et la résolution des conflits, mais aussi dans la promotion du dialogue interculturel.

À ces atouts religieux et diplomatiques s’ajoutent d’importantes potentialités économiques et infrastructurelles. Cheikh Tidiane Sarr cite notamment le marché central moderne, le centre de santé, le parc solaire, les nombreux daaras et établissements d’enseignement islamique, parmi lesquels l’Institut islamique arabe Mame El Hadji Abdoulaye Niass.

Il met également en avant les infrastructures hôtelières, les équipements urbains, l’extension de la ville vers Mbadakhoune ainsi que les perspectives liées au développement de l’enseignement supérieur dans la région, avec notamment l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass, qui porte le nom de l’illustre guide religieux.

L’activité commerciale constitue également un moteur important de l’économie locale. Elle est fortement stimulée par les déplacements permanents de pèlerins et de visiteurs. La diversité des communautés présentes à Médina Baye, ainsi que la présence de ressortissants de plusieurs pays, donnent par ailleurs à la cité un caractère cosmopolite qui renforce son potentiel économique et culturel.

Dans ce contexte, Cheikh Tidiane Sarr estime que la création d’une commune d’arrondissement à Médina Baye pourrait permettre de mettre en place une gouvernance de proximité mieux adaptée à la réalité du territoire. Cette nouvelle organisation offrirait, selon lui, un cadre institutionnel susceptible de mieux accompagner les besoins des populations tout en donnant davantage de moyens à la collectivité pour gérer les enjeux spécifiques liés à son rayonnement international.

Au-delà de la seule question administrative, le projet porterait ainsi une ambition plus large : faire de Médina Baye un véritable pôle de développement territorial, culturel, économique et spirituel.

Pour Cheikh Tidiane Sarr, une telle réforme pourrait également contribuer à consolider le positionnement de Kaolack comme capitale sénégalaise de la diplomatie religieuse, du tourisme spirituel et du dialogue des civilisations. Dans une région où les enjeux de développement, d’attractivité et de gouvernance urbaine deviennent de plus en plus importants, la réflexion sur le statut de Médina Baye ouvre ainsi un nouveau débat sur l’avenir institutionnel et territorial de Kaolack.

Déclaration de patrimoine : Aminata Touré plaide pour une obligation de transparence au sommet de l’État

La question de la déclaration de patrimoine des plus hautes autorités de l’État s’est invitée au cœur des débats à l’Assemblée nationale. Une polémique sur laquelle Aminata Touré a apporté son éclairage, en défendant une approche fondée sur la transparence et la reddition des comptes dans la gestion des ressources publiques.

Intervenant sur RTS Digital, l’ancienne Première ministre et actuelle Haut-Représentante du chef de l’État, par ailleurs superviseure générale de Kiiraay – Les Patriotes républicains, a rappelé que la déclaration de patrimoine constituait déjà un engagement pris par Bassirou Diomaye Faye durant la campagne électorale.

Selon Aminata Touré, le président de la République ne s’était pas limité à promettre de déclarer son patrimoine. Il avait également pris l’engagement de le rendre public. Une promesse qu’il aurait, selon elle, tenue dès son accession à la magistrature suprême, à travers la publication de sa déclaration par le Conseil constitutionnel.

Pour l’ancienne cheffe du gouvernement, la question ne devrait toutefois pas se limiter au seul président de la République. Elle estime que l’exigence de transparence doit s’étendre aux principales autorités de l’État qui disposent de responsabilités dans la gestion, l’utilisation ou la supervision des fonds publics.

Dans cette logique, Aminata Touré considère que le président de la République, le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale devraient être soumis à la même obligation de déclaration et de publication de leur patrimoine. Une extension qui permettrait, à ses yeux, d’instaurer davantage de cohérence dans les mécanismes de contrôle et de reddition des comptes au sommet de l’État.

« Pourquoi on déclare ? C’est parce qu’on a en charge des fonds publics », a-t-elle expliqué, mettant ainsi en avant le lien entre l’exercice de hautes responsabilités publiques et l’obligation de transparence.

Aminata Touré rejette par ailleurs l’idée selon laquelle la modification envisagée de l’article 37 viserait à soustraire le chef de l’État à ses obligations. Elle soutient au contraire que la démarche portée par le pouvoir vise à élargir le dispositif afin d’y intégrer également le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale.

Pour elle, cette évolution répond à un principe d’égalité devant l’obligation de rendre compte de la gestion des ressources publiques. Les responsabilités institutionnelles occupées par ces trois personnalités justifieraient, selon elle, qu’elles soient toutes concernées par les mêmes exigences de transparence.

Crédits spéciaux : Aminata Touré soutient la saisine du Conseil constitutionnel et met en garde l’Assemblée nationale

Le débat sur l’encadrement des crédits spéciaux prend une nouvelle dimension au Sénégal. Alors que les relations entre l’Exécutif et la majorité parlementaire se tendent autour d’une proposition de loi portant sur ces crédits, l’ancienne Première ministre et Haut représentant du président Bassirou Diomaye Faye, Aminata Touré, a apporté son soutien à la démarche du Premier ministre Al Aminou Lô, qui aurait saisi le Conseil constitutionnel sur le fondement de l’article 83 de la Constitution.

Intervenant sur la RTS, Aminata Touré a clairement pris position en faveur de la saisine de la juridiction constitutionnelle. Pour elle, le différend actuel ne relève pas uniquement d’une question de transparence dans la gestion des deniers publics. Il pose, plus largement, la question de la séparation des pouvoirs et de la répartition des compétences entre l’Exécutif et le Parlement.

« Le Premier ministre a tout à fait raison », a-t-elle déclaré, estimant que l’initiative gouvernementale se justifie dès lors que la proposition de loi pourrait, selon elle, conduire l’Assemblée nationale à intervenir directement dans l’exécution du budget de l’État.

Aminata Touré considère en effet que l’Assemblée nationale dispose d’un pouvoir de contrôle sur l’action du gouvernement, mais ne saurait se substituer à l’Exécutif dans l’exécution des crédits budgétaires. « Lorsqu’une proposition de loi dit que désormais l’Assemblée nationale va exécuter un budget », cela reviendrait, à ses yeux, à remettre en cause la répartition constitutionnelle des compétences.

L’ancienne cheffe du gouvernement insiste ainsi sur la nécessité de préserver l’équilibre institutionnel. Selon elle, chaque institution doit exercer les prérogatives qui lui sont attribuées par la Constitution, au risque, dans le cas contraire, de créer une crise institutionnelle.

Au cœur de la polémique figurent les crédits spéciaux, dont l’encadrement fait actuellement l’objet d’un affrontement politique entre le gouvernement et les députés de Pastef. Ces derniers ont rejeté les amendements proposés par l’Exécutif dans le cadre de l’examen de la proposition de loi.

Pour Aminata Touré, le débat sur ces fonds ne doit toutefois pas conduire à remettre en cause leur raison d’être. Elle rappelle que les crédits spéciaux peuvent répondre à des situations nécessitant une intervention rapide de l’État, notamment dans les domaines de la sécurité, de la solidarité nationale ou encore de certaines situations sociales sensibles.

Elle cite notamment l’aide susceptible d’être accordée à des Sénégalais ayant besoin de soins à l’étranger, ainsi que le soutien aux grands événements religieux, toutes confessions confondues. « Les fonds spéciaux servent à cela, c’est des fonds de régulation même sociale, des fonds qui existent pour amoindrir les chocs sociaux et assurer la stabilité du pays », explique-t-elle.

Pour autant, l’ancienne Première ministre ne ferme pas la porte à une réforme. Elle reconnaît que « leur encadrement peut être discuté », mais refuse que cette volonté de contrôle se transforme en intervention directe du Parlement dans l’utilisation des crédits relevant de l’Exécutif.

À ses yeux, la transparence et le contrôle parlementaire peuvent être renforcés à travers les mécanismes prévus par les règles budgétaires et institutionnelles, sans pour autant transférer à l’Assemblée nationale des compétences qui relèvent du gouvernement et du président de la République.

Le débat prend également une dimension politique avec la question des 1,7 milliard de francs CFA qui aurait été mis à la disposition de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Aminata Touré estime que ce montant mérite des explications, notamment en raison de son caractère qu’elle juge inédit par rapport à ce qu’elle a connu lorsqu’elle était à la tête du gouvernement.

« Ce serait bien qu’il nous explique, en disant : voilà ce que j’en ai fait », lance-t-elle, tout en prenant soin de distinguer la question de l’utilisation de ces fonds de celle de leur existence. Autrement dit, le débat ne doit pas uniquement porter sur la légitimité des crédits spéciaux, mais également sur leur traçabilité et leur utilisation.

Au-delà de la controverse budgétaire, Aminata Touré s’inquiète surtout de l’évolution des rapports entre le Parlement et l’Exécutif. Elle met en garde contre une situation dans laquelle l’Assemblée nationale chercherait, selon elle, à exercer directement les fonctions gouvernementales.

« Il ne faut pas que l’Assemblée nationale et son président pensent qu’ils peuvent gouverner le pays à partir de l’Assemblée nationale. Ça ne fonctionne pas comme ça », avertit-elle.

Pour la Haut représentant du chef de l’État, le Parlement doit pleinement jouer son rôle de législateur et de contrôle de l’action gouvernementale, mais dans les limites fixées par la Constitution. Elle appelle ainsi les députés à respecter les compétences propres à chaque institution afin d’éviter une confrontation permanente entre les différents pouvoirs.

Cette mise en garde intervient dans un contexte institutionnel déjà marqué par plusieurs désaccords entre l’Exécutif et la majorité parlementaire. Le débat sur les crédits spéciaux vient ainsi s’ajouter à d’autres dossiers sensibles, notamment celui de la déclaration de patrimoine et de l’étendue des obligations de transparence applicables aux principales autorités de l’État.

Sur ce dernier point, Aminata Touré rappelle que le président Bassirou Diomaye Faye a déclaré et publié son patrimoine et qu’il s’est prononcé en faveur d’un élargissement des obligations de transparence. Mais, selon elle, cette exigence ne saurait servir de justification à une modification de l’équilibre institutionnel.

Pour l’ancienne Première ministre, la transparence doit donc aller de pair avec le respect des règles constitutionnelles. Elle considère que le recours au Conseil constitutionnel constitue précisément le moyen approprié pour déterminer si la proposition de loi sur les crédits spéciaux respecte ou non la Constitution.

En soutenant la démarche du Premier ministre Al Aminou Lô, Aminata Touré place ainsi le débat sur un terrain essentiellement institutionnel. Derrière la question des crédits spéciaux se joue, selon elle, un enjeu plus large : celui de la délimitation des pouvoirs entre le président de la République, le gouvernement et l’Assemblée nationale.

« La loi, c’est ce qui nous protège tous », conclut-elle, appelant ainsi les différents acteurs de la vie publique à privilégier le respect du cadre constitutionnel plutôt que l’affrontement politique.

Sédhiou : la Ligue régionale de football se dote d’un nouveau siège pour renforcer son organisation

Le football régional franchit une nouvelle étape en Casamance. La Ligue régionale de football de Sédhiou dispose désormais d’un nouveau siège, officiellement inauguré vendredi 15 août 2026. Cette infrastructure vient renforcer les capacités de l’instance dirigeante et traduit la volonté de mieux accompagner le développement du football dans cette partie sud du Sénégal.

La cérémonie d’inauguration marque une étape importante pour les acteurs du football à Sédhiou. Le nouveau siège a été conçu pour offrir à la Ligue un environnement de travail plus fonctionnel et mieux adapté à ses différentes missions. Les responsables disposent désormais de bureaux, de salles de réunion et d’espaces permettant d’assurer dans de meilleures conditions la gestion administrative et sportive des activités de la région.

À travers cette nouvelle infrastructure, l’enjeu dépasse la seule question du confort des dirigeants. Il s’agit surtout de doter la Ligue régionale d’un véritable outil de gestion capable de répondre aux besoins croissants du football local. La nouvelle structure doit notamment permettre d’améliorer l’organisation des compétitions, de renforcer le suivi des clubs et de faciliter la coordination entre les différents acteurs du football régional.

Le suivi et la détection des jeunes talents constituent également un volet important de cette nouvelle dynamique. Sédhiou, à l’image des autres régions du pays, dispose d’un vivier de jeunes joueurs qui ont besoin d’un encadrement structuré pour progresser et accéder aux différents niveaux de la pratique sportive. Le renforcement des moyens de la Ligue doit ainsi contribuer à créer de meilleures conditions pour identifier, accompagner et valoriser ces talents.

Dans une note publiée dimanche matin sur sa page Facebook, la Fédération sénégalaise de football a salué cette avancée et réaffirmé son engagement en faveur du développement du football à la base. L’instance fédérale a assuré vouloir poursuivre ses efforts pour renforcer les moyens des Ligues régionales et accompagner davantage les clubs ainsi que les jeunes joueurs à travers le pays.

L’inauguration de ce siège intervient donc dans une perspective plus large de modernisation de l’administration du football sénégalais. Pour Sédhiou, elle constitue un signal fort en faveur d’un football régional mieux structuré, mieux encadré et davantage tourné vers la formation et la détection des futurs talents.

Drame sanitaire dans les îles du Saloum : l’appel de détresse de Fatou Binetou Fall au président Diomaye Faye

Dans l’archipel du Saloum, donner la vie peut relever du parcours du combattant. Faute de routes, de structures sanitaires de proximité et de moyens de transport adaptés, des dizaines de villages de la commune de Djirnda, dans le département de Foundiougne, restent difficilement accessibles aux services de santé. Face à cette situation, l’association Niominka Sénégalo-Turballais a décidé de briser le silence.

Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, la présidente de l’association, Fatou Binetou Fall, tire la sonnette d’alarme sur le blocage d’un projet de centre de santé destiné à améliorer la prise en charge médicale des populations insulaires.

Selon elle, les financements nécessaires à la réalisation de l’infrastructure ont été mobilisés depuis plusieurs années. Pourtant, le projet demeure à l’arrêt depuis 2021, en raison, affirme-t-elle, d’un différend lié à la mise à disposition du terrain par les autorités municipales.

« Nous sommes du côté de la mère qui accouche sur l’eau »

Dans cet environnement marqué par les bolongs et la mangrove, l’accès aux soins constitue un véritable défi quotidien. Pour les femmes enceintes, rejoindre une maternité peut nécessiter une traversée en pirogue, parfois de nuit et dans des conditions météorologiques difficiles.

« Nous sommes du côté de la mère qui accouche sur l’eau, du côté de l’enfant fiévreux qu’on ne peut évacuer. Le droit à la santé est un droit constitutionnel », déclare Fatou Binetou Fall.

La présidente de l’association souligne que certaines évacuations sanitaires peuvent coûter jusqu’à 60 000 FCFA, une somme particulièrement lourde pour des familles dont les revenus dépendent essentiellement de la pêche et de l’agriculture.

Dans certaines situations, le temps perdu avant l’évacuation peut pourtant être déterminant. Une complication obstétricale, une fièvre élevée ou une urgence médicale peuvent rapidement devenir critiques lorsque le patient doit parcourir plusieurs kilomètres en pirogue avant d’atteindre une structure de santé.

Un centre de santé bloqué depuis plusieurs années

D’après l’association Niominka Sénégalo-Turballais, le projet de centre de santé devait contribuer au désenclavement sanitaire de plus d’une dizaine de villages insulaires de la commune de Djirnda.

Le projet aurait bénéficié, à ses débuts, de l’accompagnement du sous-préfet et de financements mobilisés pour permettre sa réalisation. Mais depuis 2021, les travaux restent bloqués.

Fatou Binetou Fall déplore ainsi une situation où « les fonds sont disponibles », mais où l’absence d’assiette foncière empêcherait le démarrage effectif du chantier.

Pour l’association, ce blocage administratif ne peut plus être considéré comme une simple difficulté locale. Il touche directement à l’accès aux soins de populations vivant dans des zones particulièrement vulnérables en raison de leur isolement géographique.

La question de la mortalité maternelle

Le Sénégal reste confronté à des défis importants en matière de santé maternelle. Dans les zones insulaires, les difficultés d’accès aux soins et les délais d’évacuation peuvent aggraver les risques liés à la grossesse et à l’accouchement.

Pour les populations de Djirnda, le problème ne se limite donc pas à l’absence d’un bâtiment sanitaire. Il concerne également la disponibilité des moyens d’évacuation, le coût du transport et la capacité à prendre en charge rapidement les urgences.

Dans ces conditions, l’association estime que la construction du centre de santé constituerait une réponse concrète à une situation devenue préoccupante.

Un appel à l’arbitrage du chef de l’État

En s’adressant directement au président Bassirou Diomaye Faye, Fatou Binetou Fall demande un arbitrage permettant de débloquer le dossier et de relancer le projet.

Au-delà de la reprise des travaux, elle plaide pour une meilleure prise en compte des territoires insulaires dans les politiques publiques de santé.

« La résolution du cas de Djirnda est un test décisif pour la souveraineté sanitaire du Sénégal », insiste-t-elle.

Pour l’association Niominka Sénégalo-Turballais, l’enjeu est désormais de transformer les engagements en actes et de garantir aux populations du Saloum le même droit à la santé que celles vivant dans les zones urbaines et facilement accessibles.

Dans les îles de Djirnda, où chaque évacuation peut devenir une course contre la montre, la demande est simple : que le blocage administratif prenne fin et que le projet sanitaire voie enfin le jour.

Gamou de Médina Baye : Cheikh Mahi Cissé appelle l’État à faciliter l’arrivée des pèlerins étrangers

À l’approche du Gamou international de Médina Baye, prévu dans la nuit du mardi 25 août 2026, le porte-parole de la cité religieuse, Cheikh Mahi Aliou Cissé, a lancé un appel aux autorités étatiques pour faciliter le déplacement des pèlerins venant de l’étranger, notamment ceux des pays voisins.

Lors de sa traditionnelle déclaration de presse, tenue ce samedi 15 août 2026 et marquant le lancement officiel des activités du Mawlid international de Médina Baye, le guide religieux a insisté sur la nécessité de prendre des dispositions appropriées afin de permettre aux fidèles étrangers de rejoindre Kaolack dans de bonnes conditions.

Cheikh Mahi Aliou Cissé a particulièrement attiré l’attention des pouvoirs publics sur les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les pèlerins en provenance des pays voisins. Il a ainsi invité les autorités compétentes à accompagner leur déplacement et à faciliter leur accès au territoire sénégalais, afin qu’ils puissent participer à cette importante rencontre religieuse dans la sérénité.

Pour le porte-parole de Médina Baye, le Gamou dépasse le cadre d’une simple commémoration religieuse. Il constitue un grand moment de rassemblement et de communion autour de la célébration de la naissance du Prophète Muhammad (PSL). Cette rencontre annuelle est également présentée comme une occasion privilégiée pour les fidèles de consolider les valeurs de fraternité, d’amour, de solidarité, d’entraide et de concorde.

Dans son message, Cheikh Mahi Cissé a également appelé les disciples à saisir cette période de ferveur religieuse pour renforcer leur foi et leur dévotion. Il les a exhortés à faire du Mawlid un moment de recueillement, de spiritualité et de renouvellement de leur engagement dans la pratique religieuse.

Le porte-parole de Médina Baye a, par ailleurs, adressé un appel aux populations de la cité religieuse et des localités environnantes. Il les a invitées à réserver un accueil digne et chaleureux aux nombreux pèlerins attendus pour cette édition du Gamou international.

ASC Diambar de Diagnel : quand le football devient un outil de cohésion et de développement local

Diagnel – Zone 10 B de Koumbal, ODCAV de Kaolack. À Diagnel, le football ne se résume plus aux pelouses et aux compétitions de Navétanes. À travers l’ASC Diambar de Diagnel, son président, Baye Senghane Ndiaye, dit « Zing », défend une conception du sport tournée vers la jeunesse, la cohésion sociale et le développement communautaire.

Loin d’une gestion limitée aux seuls résultats sportifs, le responsable mise sur l’ASC comme un espace de rassemblement, d’échange et de participation citoyenne. Son ambition est de faire de la pratique sportive un moyen de rapprocher les jeunes, de canaliser leur énergie et de les impliquer davantage dans la vie de leur communauté.

Donner une autre dimension au sport

Pour Baye Senghane Ndiaye, le sport constitue un puissant levier social. En offrant aux jeunes un cadre organisé, l’ASC Diambar entend contribuer à la lutte contre l’oisiveté et à la promotion de valeurs telles que la discipline, le respect, la solidarité et le dépassement de soi.

Cette vision dépasse ainsi les seuls enjeux de compétition. Elle inscrit l’ASC dans une dynamique communautaire où les activités sportives peuvent servir de point de départ à d’autres initiatives au bénéfice des populations.

Une gestion appréciée par les populations

L’engagement du président de l’ASC Diambar de Diagnel est salué par plusieurs habitants, qui voient dans cette démarche une manière concrète d’accompagner la jeunesse. Pour eux, la vitalité d’une association sportive se mesure aussi à sa capacité à créer du lien social et à participer à la prise en charge des préoccupations de la communauté.

À travers cette orientation, Baye Senghane Ndiaye cherche ainsi à faire de l’ASC un véritable outil de proximité, capable de fédérer les différentes composantes de la population autour d’objectifs communs.

Jeunesse, sport et développement

L’expérience de l’ASC Diambar de Diagnel illustre, en définitive, une tendance de plus en plus présente dans les communautés : utiliser le sport comme un instrument de cohésion sociale et de développement local.

Pour « Zing », l’enjeu est désormais de maintenir cette dynamique et de faire de l’ASC Diambar un cadre durable d’épanouissement pour les jeunes. Une démarche qui place le sport au cœur d’un projet plus large : celui d’une jeunesse mobilisée, responsable et engagée au service d’une communauté davantage solidaire.

Kaolack 2027 : le MOJEK rallie Mouhamed Ndiaye Rahma et veut peser dans la bataille municipale

À Kaolack, les prémices de la bataille pour les élections municipales de 2027 se dessinent progressivement. Le Mouvement des jeunes engagés de Kaolack (MOJEK), sous la direction d’Amadou Lindor Thioune, a officiellement annoncé son soutien à la candidature de Mouhamed Ndiaye Rahma à la mairie. Une alliance qui marque un rapprochement politique et traduit la volonté des deux responsables de fédérer plusieurs forces autour d’un projet présenté comme une alternative pour la gestion de la capitale du Saloum.

Devant ses militants, sympathisants et différents acteurs mobilisés autour du mouvement, Amadou Lindor Thioune a officialisé le choix du MOJEK de soutenir Mouhamed Ndiaye Rahma. Pour le responsable du mouvement, cette décision s’inscrit dans une démarche visant à rassembler les énergies et les compétences nécessaires pour impulser une nouvelle dynamique dans la commune de Kaolack.

À travers cette alliance, le MOJEK entend notamment renforcer la mobilisation de la jeunesse autour des prochaines échéances électorales. Amadou Lindor Thioune considère que les jeunes doivent occuper une place centrale dans la définition des politiques publiques locales et dans la gestion des affaires de la cité. Son soutien à Mouhamed Ndiaye Rahma se veut ainsi davantage qu’un simple accord électoral, puisqu’il repose sur une volonté affichée de participer à la construction d’un projet municipal axé sur les préoccupations des populations.

Le responsable du MOJEK a également insisté sur les potentialités dont dispose Kaolack. Selon lui, la ville possède d’importants atouts économiques, sociaux et humains qui méritent d’être mieux exploités. Le développement du commerce, la valorisation des activités locales, l’accompagnement des jeunes et le renforcement des infrastructures figurent parmi les principaux leviers susceptibles, à ses yeux, de permettre à la commune de retrouver une nouvelle dynamique.

Prenant la parole à son tour, Mouhamed Ndiaye Rahma a décliné plusieurs axes autour desquels il entend articuler sa candidature à la mairie. Le candidat déclaré a notamment mis l’accent sur les difficultés auxquelles les populations de Kaolack sont confrontées au quotidien.

L’assainissement et la gestion des eaux figurent parmi les préoccupations majeures évoquées. À cela s’ajoutent l’insalubrité persistante dans plusieurs quartiers, l’état parfois dégradé des routes et des voiries secondaires ainsi que les difficultés liées à l’accès à certains services essentiels. Pour Mouhamed Ndiaye Rahma, ces problèmes doivent être abordés à travers une politique municipale plus structurée, fondée sur la planification et une meilleure prise en compte des réalités des différents quartiers.

La situation économique et sociale de la commune occupe également une place importante dans son discours. Le candidat estime que la mairie doit jouer un rôle plus actif dans l’accompagnement des initiatives locales et la création d’un environnement favorable au développement des activités génératrices de revenus.

La question de l’emploi des jeunes constitue, à cet égard, l’un des principaux défis auxquels la prochaine équipe municipale devra répondre. Mouhamed Ndiaye Rahma plaide pour une meilleure exploitation des ressources et potentialités de Kaolack, ainsi que pour un accompagnement accru des porteurs de projets et des acteurs économiques locaux.

Au-delà des infrastructures et de l’économie, le candidat entend également faire de la gouvernance municipale un axe majeur de son projet. Il défend une gestion davantage fondée sur la proximité, l’efficacité et la prise en compte des attentes des citoyens. Pour lui, la municipalité doit être au plus près des populations et améliorer la qualité des services rendus aux administrés.

L’alliance entre le MOJEK et Mouhamed Ndiaye Rahma intervient ainsi dans un contexte où plusieurs acteurs commencent à se positionner en perspective des municipales de 2027. La recomposition des forces politiques locales pourrait progressivement donner lieu à de nouvelles alliances et à des regroupements autour de candidatures susceptibles de porter des projets différents pour la commune.

Avec ce ralliement, Amadou Lindor Thioune et Mouhamed Ndiaye Rahma affichent clairement leur volonté d’élargir leur base politique. Ils ambitionnent de fédérer d’autres mouvements, organisations et personnalités autour d’une plateforme commune capable de peser dans la prochaine compétition électorale.

À Kaolack, cette alliance constitue donc un premier signal dans la course à la mairie. Reste désormais à savoir si cette dynamique parviendra à s’élargir à d’autres forces et à transformer le rapprochement entre le MOJEK et Mouhamed Ndiaye Rahma en une véritable coalition municipale en mesure de s’imposer dans le paysage politique local en 2027.

Kaolack 2027 : Moussa Fall veut fédérer les forces vives autour de sa candidature

À l’approche des élections municipales de 2027, Moussa Fall, président de l’Alliance pour la Promotion du Développement Local (APRODEL), officialise sa candidature à la mairie de Kaolack.

Se présentant comme un candidat indépendant, il entend placer le développement local, la transparence et la gouvernance de proximité au cœur de son projet. Son programme s’articule notamment autour de l’assainissement, de l’emploi des jeunes, du soutien aux femmes et aux entrepreneurs, de la modernisation des infrastructures ainsi que de la valorisation des ressources économiques de la ville.

Moussa Fall souhaite également renforcer les retombées locales générées par les grandes entreprises implantées à Kaolack, notamment dans les secteurs du sel et de l’agro-industrie.

Mais au-delà de son programme, le président de l’APRODEL mise sur le rassemblement. Il tend ainsi la main à plusieurs responsables politiques et acteurs économiques de Kaolack, parmi lesquels le maire Serigne Mboup, Mamadou Ndiaye Rahma, Mariama Sarr et Papa Mademba Bitèye.

« Ensemble, nous devons remettre Kaolack sur les vraies rampes du développement », a-t-il lancé, appelant les différentes forces vives de la ville à dépasser les rivalités politiques et à privilégier l’intérêt de la collectivité.

Avec cette candidature, Moussa Fall entend désormais s’imposer comme l’un des acteurs majeurs de la bataille municipale de 2027 à Kaolack.

Patrick Vieira, futur sélectionneur des Lions : un contrat de quatre ans et un salaire pouvant atteindre 45 millions FCFA

Patrick Vieira se rapproche de plus en plus du banc de l’équipe nationale du Sénégal. Selon toute vraisemblance, l’ancien international français devrait être nommé prochain sélectionneur des Lions de la Téranga, en remplacement de Pape Thiaw, dont le départ intervient après l’échec de la sélection sénégalaise à la dernière Coupe du monde.

D’après des informations rapportées par le journaliste Malang Sané de Sports News Africa, Patrick Vieira aurait trouvé un accord avec la Fédération sénégalaise de football (FSF) sur les principaux contours de son futur contrat. Le technicien franco-sénégalais devrait ainsi s’engager pour une durée de quatre ans, avec pour mission de relancer une équipe qui entend rapidement tourner la page de sa dernière campagne mondiale.

Sur le plan financier, l’ancien milieu de terrain bénéficierait d’un salaire mensuel compris entre 35 et 45 millions de francs CFA. Une rémunération qui ferait de lui l’un des sélectionneurs les mieux payés de l’histoire récente des Lions. Il percevrait ainsi davantage que son prédécesseur Pape Thiaw, qui avait finalement obtenu, au terme de longues discussions avec la Fédération, un salaire mensuel de 30 millions de francs CFA.

Cette arrivée annoncée de Patrick Vieira constituerait également un choix symbolique pour le Sénégal. Né à Dakar, l’ancien capitaine de l’équipe de France dispose d’une solide expérience du football de haut niveau, aussi bien comme joueur que comme entraîneur. Après une immense carrière au cours de laquelle il a notamment porté les couleurs de l’AS Cannes, de l’AC Milan, d’Arsenal, de la Juventus et de l’Inter Milan, Vieira s’est reconverti sur les bancs.

Il a notamment dirigé les équipes de New York City FC, de l’OGC Nice, de Crystal Palace et de Strasbourg. Son dernier passage sur un banc professionnel l’a conduit au Genoa, en Italie. L’équipe nationale du Sénégal représenterait toutefois une première pour le technicien de 50 ans, qui s’apprêterait ainsi à franchir une nouvelle étape dans sa carrière d’entraîneur.

Son arrivée intervient dans un contexte particulièrement délicat pour les Lions. Après plusieurs années au sommet du football africain, marquées notamment par le sacre à la Coupe d’Afrique des nations 2021, la sélection doit désormais reconstruire et préparer une nouvelle génération. Le prochain sélectionneur devra donc trouver le juste équilibre entre les cadres de l’équipe et les jeunes talents qui frappent aux portes de la sélection.

Patrick Vieira aura également la lourde responsabilité de restaurer la confiance autour de l’équipe nationale après les dernières contre-performances. Son expérience internationale, son vécu du très haut niveau et sa connaissance du football africain pourraient constituer des atouts importants pour relever ce défi.

Si son arrivée venait à être officiellement confirmée par la Fédération sénégalaise de football, Vieira devrait rapidement se mettre au travail avec un calendrier particulièrement chargé. Les prochaines échéances internationales permettront notamment de mesurer sa capacité à imposer ses idées, à renouveler progressivement le groupe et à redonner aux Lions une dynamique à la hauteur des ambitions du Sénégal.

Justice et droits humains : Me Moussa Sarr ouvre la porte à un dialogue renforcé avec la RADDHO

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, a reçu en audience, vendredi 14 août 2026, une délégation de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO), conduite par son président du Conseil d’administration, Ciré Sy. Cette rencontre a été consacrée à plusieurs préoccupations majeures liées à la protection des droits humains, à l’accès à la justice et aux conditions de détention au Sénégal.

Au cours des échanges, la RADDHO a notamment attiré l’attention du ministre sur la situation des victimes des événements survenus entre 2021 et 2024. Cette période, marquée par de fortes tensions politiques et sociales, continue de soulever des interrogations sur la prise en charge des victimes, l’établissement des responsabilités et les réponses judiciaires apportées aux différentes situations.

La question de la détention provisoire a également occupé une place importante dans les discussions. L’organisation de défense des droits humains a insisté sur la nécessité de veiller au respect du principe selon lequel la privation de liberté avant jugement doit demeurer une mesure exceptionnelle. Sur ce point, Me Moussa Sarr a réaffirmé son attachement à ce principe, soulignant que la détention ne saurait constituer la règle dans le fonctionnement de la justice.

Les conditions d’accès aux établissements pénitentiaires ont également été abordées. La RADDHO a fait part de son souhait de pouvoir accéder davantage aux prisons afin d’y effectuer son travail de suivi et d’observation des conditions de détention. Le ministre de la Justice a indiqué que cette requête serait soumise à la Direction de l’Administration pénitentiaire. L’objectif affiché est de permettre à l’organisation d’effectuer au moins une visite annuelle dans les établissements pénitentiaires.

La délégation de la RADDHO a par ailleurs soulevé la question de la modernisation du système judiciaire, notamment à travers la digitalisation de la justice. Cette transformation est présentée comme un levier susceptible d’améliorer l’efficacité du service public de la justice, de faciliter l’accès aux procédures et de réduire certaines lenteurs administratives.

Autre préoccupation soulevée lors de l’audience : l’absence de tribunaux d’instance dans certains départements. Cette situation peut constituer un obstacle à l’accès des populations au service public de la justice, particulièrement dans les zones éloignées des grands centres urbains. Me Moussa Sarr s’est engagé à examiner cette question afin d’évaluer les possibilités de renforcer la couverture judiciaire du territoire.

La RADDHO a également plaidé en faveur de la ratification par le Sénégal de la convention de l’Union africaine relative à l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles. Sur ce dossier, le ministre de la Justice a annoncé qu’il échangerait avec son collègue des Affaires étrangères afin d’examiner les perspectives liées à cette ratification.

À travers cette audience, Me Moussa Sarr a réaffirmé la volonté de son département de maintenir un dialogue avec les organisations de la société civile intervenant dans le domaine des droits humains. Le ministre a également affiché son ouverture à un partenariat avec ces acteurs, considérés comme des interlocuteurs importants dans le suivi des politiques publiques en matière de justice et de protection des libertés.

Cette rencontre intervient dans un contexte où les questions liées aux conditions de détention, à la détention provisoire, à l’accès à la justice et à la protection des droits fondamentaux occupent une place importante dans le débat public. Les engagements annoncés par le ministre devront désormais se traduire par des mesures concrètes, notamment sur l’accès de la RADDHO aux établissements pénitentiaires, la couverture judiciaire du territoire et l’examen de la ratification de la convention africaine contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Mouhamed Thiam placé sous mandat de dépôt après un accident mortel à Dakar

Mouhamed Thiam, présenté comme le fils du ministre de la Culture Alpha Thiam, a été placé sous mandat de dépôt ce vendredi 14 août 2026, à l’issue de son face-à-face avec le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Dakar.

La décision judiciaire intervient après son arrestation par les éléments du poste de gendarmerie de Ngor, dans le cadre d’une procédure consécutive à un accident de la circulation. Selon les informations rapportées par Seneweb, le jeune homme est poursuivi notamment pour des faits liés à un homicide involontaire résultant d’un accident corporel ainsi que pour des blessures occasionnées dans le cadre de la circulation routière.

Le dossier comporte également des charges relatives à la conduite avec de faux documents, ce qui vient alourdir les poursuites engagées contre le mis en cause. Après son interpellation à Ngor, Mouhamed Thiam a été conduit devant le parquet de Dakar afin de répondre aux faits qui lui sont reprochés.

À l’issue de son audition et de son face-à-face avec le procureur, le parquet a requis son placement sous écrou. La justice a ainsi décidé de son placement sous mandat de dépôt, en attendant son jugement.

Mouhamed Thiam devra désormais comparaître devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Son procès est annoncé pour mercredi prochain. Cette audience permettra à la juridiction de se pencher sur l’ensemble des faits visés par la procédure, notamment les circonstances de l’accident, les conséquences corporelles qui en ont découlé ainsi que les accusations portant sur l’utilisation de documents falsifiés.

En attendant cette audience, le mis en cause reste détenu. Les débats devant le tribunal devront notamment permettre d’établir les responsabilités dans l’accident et d’examiner les différents chefs de poursuite retenus par le parquet.

Révision constitutionnelle : la société civile plaide pour un consensus national avec Takku Wallu Sénégal

La question d’une réforme profonde des institutions s’invite de nouveau au cœur du débat politique sénégalais. Une délégation de la Coalition de la société civile pour l’application des conclusions des Assises nationales, des recommandations de la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI) et du Pacte national de bonne gouvernance démocratique a été reçue, jeudi 13 août 2026, à l’Assemblée nationale par le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal. Une rencontre placée sous le signe du dialogue et de la recherche d’un consensus autour d’une éventuelle révision constitutionnelle.

Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal était représenté par sa présidente, Me Aïssata Tall Sall, accompagnée des députés Lamine Thiam et Abdou Mbow. Face à eux, la délégation de la Coalition était composée de Paul Corréa, Youssouph Ndiaye, Arame Ndoye Gaye, Denis Ndour et Papis Thiabou.

Selon le communiqué publié à l’issue des échanges, cette audience s’inscrit dans une série de consultations menées par la Coalition auprès des différentes composantes de la vie nationale. L’objectif affiché est de favoriser l’émergence d’une réforme constitutionnelle « inclusive, consensuelle, transpartisane et durable », dans un contexte où les débats sur l’avenir des institutions occupent une place croissante dans l’espace public.

La Coalition rappelle que sa démarche ne date pas d’aujourd’hui. Elle s’inscrit dans un processus citoyen engagé depuis près de quatre ans autour de la mise en œuvre des conclusions des Assises nationales et des recommandations de la CNRI. Ce travail avait notamment abouti à l’élaboration du Pacte national de bonne gouvernance démocratique, signé par treize des dix-neuf candidats à l’élection présidentielle de mars 2024.

Désormais forte de quarante-sept organisations de la société civile, la Coalition entend maintenir une position qu’elle présente comme non partisane, constructive et républicaine. Elle veut ainsi peser dans le débat institutionnel sans se substituer aux acteurs politiques, mais en mettant à leur disposition des propositions issues de plusieurs années de réflexion sur la gouvernance et le fonctionnement des institutions.

Au cours de la rencontre, les représentants de la société civile ont particulièrement insisté sur la nécessité de dépasser les révisions constitutionnelles dictées par les circonstances politiques. Pour eux, la Constitution ne doit pas devenir l’instrument d’une majorité parlementaire, d’un parti ou d’une conjoncture particulière.

« Une Constitution ne saurait être le projet d’une majorité, d’un parti ou d’une conjoncture politique », a défendu la Coalition, estimant que le texte fondamental doit plutôt traduire un compromis suffisamment large entre les différentes composantes de la Nation. Parce qu’elle organise la vie collective et engage les générations futures, sa modification devrait, selon ses membres, être précédée d’une concertation approfondie avec les forces vives du pays.

La démarche vise ainsi à dégager un socle minimal d’accord susceptible de survivre aux alternances politiques. La Coalition souhaite que le Sénégal puisse se doter de règles institutionnelles stables, équilibrées et suffisamment légitimes pour éviter le retour récurrent à des modifications constitutionnelles motivées par des intérêts politiques immédiats.

Plusieurs axes de réforme ont été présentés au groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal. La Coalition propose notamment de replacer le citoyen au centre de l’action publique et de donner une place plus importante à la démocratie participative. Elle estime également nécessaire de renforcer les mécanismes permettant aux citoyens de participer à la définition, au suivi et à l’évaluation des politiques publiques.

La question des libertés publiques et des droits humains figure également parmi les priorités défendues par les organisations de la société civile. Celles-ci plaident pour une protection effective des acquis démocratiques, avec une attention particulière portée aux droits des femmes. Elles souhaitent, dans le même temps, renforcer les mécanismes de redevabilité des élus et des institutions publiques à l’égard des citoyens.

Le rééquilibrage des pouvoirs constitue un autre volet majeur des propositions. La Coalition défend une meilleure séparation des pouvoirs et une justice davantage indépendante, considérant que le fonctionnement harmonieux des institutions passe par des contre-pouvoirs solides et une plus grande autonomie des différentes composantes de l’État.

La protection du bien public et des ressources nationales a également été évoquée. Sur ce terrain, la Coalition plaide pour une gouvernance fondée sur davantage de transparence, de responsabilité et de contrôle citoyen. Une orientation qui rejoint, selon elle, les préoccupations exprimées depuis plusieurs années dans les conclusions des Assises nationales et les recommandations de la CNRI.

Du côté de Takku Wallu Sénégal, la démarche a été accueillie favorablement. Les représentants du groupe parlementaire ont reconnu le rôle de veille, d’alerte et d’interpellation joué par la société civile dans la consolidation de la démocratie. Ils ont également rappelé que la Constitution ne saurait être considérée comme la propriété d’un camp politique.

Me Aïssata Tall Sall a, pour sa part, insisté sur la dimension fédératrice du texte fondamental, qu’elle considère comme un véritable « ciment national ». Pour la présidente du groupe parlementaire, toute réforme majeure de la Constitution doit donc être précédée d’un processus de concertation suffisamment large pour permettre aux différentes sensibilités de s’exprimer et de contribuer à la construction d’un compromis.

La responsable parlementaire a également appelé à examiner avec attention les recommandations issues des Assises nationales, tout en veillant à préserver les acquis démocratiques et sociaux obtenus au fil des années. La protection des droits des femmes a notamment été citée parmi les acquis qui doivent être consolidés dans toute nouvelle architecture institutionnelle.

Au terme des discussions, la Coalition s’est félicitée de la « qualité et de la franchise des échanges ». Elle estime qu’un point de convergence important s’est dégagé entre les deux parties : la Constitution doit rester l’affaire de l’ensemble des citoyens sénégalais et non celle d’un seul camp.

Les discussions ont également porté sur l’éducation citoyenne, la cohésion nationale et la préservation du caractère laïc de l’État. Autant de sujets que la Coalition considère comme indissociables d’une réflexion globale sur l’avenir institutionnel du Sénégal.

Cette rencontre avec Takku Wallu Sénégal ne constitue toutefois qu’une étape dans le processus engagé par les organisations de la société civile. La Coalition compte poursuivre ses consultations avec les institutions de la République, les différents groupes parlementaires, les acteurs politiques ainsi que les autres forces vives du pays.

À travers cette démarche, elle réaffirme sa disponibilité à participer à toute initiative de dialogue, de médiation ou de facilitation susceptible de faire émerger un « consensus national minimal » autour des réformes institutionnelles. L’ambition affichée est de contribuer à l’édification d’un cadre démocratique plus stable, fondé sur l’État de droit, la participation citoyenne, la transparence et l’équilibre des pouvoirs.

ASER–AEE Power : José Ángel González Tausz renvoie la responsabilité du retard vers l’État sénégalais

Poursuivant ses explications sur Walf TV, José Ángel González Tausz, patron d’AEE Power EPC, est revenu en détail sur les raisons qui, selon lui, expliquent le retard accusé par le projet d’électrification rurale confié à son entreprise dans le cadre du contrat avec l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER).

Au cœur de son argumentaire, le responsable espagnol pointe notamment la suspension du projet pendant près d’un an et demi, décidée à la suite d’une intervention de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP). Une suspension qu’il juge « illégitime », en s’appuyant sur une décision ultérieure de la Cour suprême. Pour lui, cette période d’arrêt a lourdement pesé sur le calendrier d’exécution et explique une partie substantielle des retards aujourd’hui reprochés à AEE Power.

José Ángel González Tausz a également tenu à défendre Jean-Michel Sène, actuel directeur général de l’ASER, dont le nom est régulièrement cité dans les débats autour du dossier. Selon lui, l’actuel patron de l’agence ne saurait être tenu pour responsable des difficultés rencontrées par le projet, puisqu’il aurait pris ses fonctions bien après la conclusion du marché.

« Jean-Michel, directeur de l’ASER, mon client, est arrivé un an après que le contrat a démarré », a-t-il rappelé, insistant sur le fait que l’accord avait été signé sous l’ancien régime. À ses yeux, il serait donc difficile d’imputer au directeur général actuel la responsabilité des blocages ou des décisions intervenus avant son arrivée à la tête de l’ASER.

Sur le volet financier, le patron d’AEE Power EPC se veut tout aussi catégorique. Il affirme que son entreprise a, jusqu’à présent, respecté l’ensemble de ses engagements contractuels. « Nos obligations contractuelles ont été remplies jusqu’à présent à 100 % », soutient-il, assurant que son groupe a déjà mobilisé des sommes considérables auprès de ses fournisseurs.

José Ángel González Tausz affirme notamment que plus de 40 millions de dollars, soit environ 24 milliards de francs CFA, auraient déjà été engagés par son entreprise pour les besoins du projet. Une manière, selon lui, de démontrer que la société a pris des engagements financiers importants et n’a pas attendu la totalité des paiements pour avancer sur ses obligations.

Dans cette logique, il invite désormais les autorités sénégalaises à clarifier la situation concernant les financements restant à mobiliser. Il s’interroge notamment sur les quelque 84 millions d’euros qu’il estime encore disponibles ou attendus dans le cadre du projet. « Où se trouvent les 84 millions d’euros que personne ne demande ? », lance-t-il, évoquant une enveloppe de plus de 55 milliards de francs CFA.

Cette question financière constitue désormais, selon lui, l’un des principaux enjeux du dossier. Alors que les critiques se concentrent sur le niveau d’avancement des travaux, le responsable d’AEE Power estime que le débat doit également porter sur les conditions permettant de financer la poursuite et l’achèvement du projet.

Interrogé sur la capacité de son entreprise à reprendre les travaux, José Ángel González Tausz assure qu’AEE Power dispose toujours des ressources nécessaires. « Nous avons les moyens financiers, nous avons les moyens techniques aussi pour le faire », affirme-t-il. Il se dit ainsi prêt à relancer le chantier, à condition que les conditions administratives et financières permettant une reprise effective soient réunies.

Le dirigeant espagnol déplace dès lors une partie de la responsabilité vers les autorités sénégalaises. Pour lui, l’incertitude ne porte plus seulement sur la capacité d’AEE Power à exécuter le marché, mais également sur celle de l’État à assurer la disponibilité des financements nécessaires à la finalisation du projet.

« La question qui se pose aujourd’hui, c’est si le gouvernement sénégalais a les moyens financiers pour le finir. S’il a la disponibilité du financement pour finir ce projet », explique-t-il.

José Ángel González Tausz affirme par ailleurs être disposé à prendre des risques supplémentaires pour permettre au projet de redémarrer. Mais il pose une condition : que l’État respecte lui aussi les engagements qui lui incombent dans le cadre du contrat. « Le gouvernement doit remplir ses obligations », prévient-il.

Dans cette perspective, il demande notamment que l’ASER dispose des moyens nécessaires pour traiter les factures en attente et permettre la reprise des opérations. Il réclame des moyens « administratifs, légaux et financiers suffisants » afin que les procédures de validation des factures puissent être débloquées et que les travaux puissent effectivement reprendre sur le terrain.

Cette sortie de José Ángel González Tausz intervient alors que le dossier ASER–AEE Power fait l’objet d’un débat particulièrement intense au Sénégal. L’enjeu porte désormais autant sur le niveau d’exécution du projet que sur les responsabilités respectives des différentes parties, les sommes déjà versées, les dépenses engagées et les financements encore nécessaires à son achèvement.

Carburants : le Sénégal relève les prix du supercarburant et du gasoil à partir de ce samedi

Le prix des carburants automobiles augmente à nouveau au Sénégal. À compter de ce samedi 15 août 2026, les automobilistes devront composer avec une nouvelle grille tarifaire décidée par le Gouvernement, sur fond de forte hausse des cours internationaux du pétrole.

Dans un communiqué publié vendredi 14 août, l’Exécutif annonce que le litre de supercarburant passe de 920 à 990 FCFA, soit une augmentation de 70 FCFA. Le gasoil connaît pour sa part une hausse de 75 FCFA et s’établit désormais à 755 FCFA le litre.

Cette révision concerne uniquement les carburants automobiles. Les prix des autres produits pétroliers restent inchangés, notamment ceux du gaz et de l’essence destinée aux pirogues. Le Gouvernement veut ainsi présenter cette décision comme un ajustement ciblé, limité aux produits directement affectés par l’évolution des cours internationaux.

Les autorités expliquent que cette hausse ne constitue pas un dépassement des tarifs appliqués avant la baisse de décembre 2025. Elles soulignent que les nouveaux prix correspondent simplement au retour aux niveaux qui prévalaient avant la décision prise le 6 décembre 2025 de réduire les tarifs à la pompe.

Pour justifier cette nouvelle mesure, le Gouvernement invoque principalement la flambée des cours mondiaux du pétrole provoquée, selon lui, par les conséquences du conflit au Moyen-Orient déclenché le 28 février 2026. Depuis le début de cette crise, les prix internationaux du gasoil auraient progressé de 69 %, tandis que ceux du supercarburant auraient augmenté de 61 %.

Dans ce contexte, Dakar affirme avoir maintenu les anciens tarifs aussi longtemps que possible, malgré la dégradation de la situation sur les marchés internationaux. Depuis la baisse intervenue en décembre dernier, l’État indique avoir absorbé directement une partie importante de l’augmentation des coûts afin de limiter son impact sur les consommateurs et préserver leur pouvoir d’achat.

L’effort financier consenti par les pouvoirs publics est particulièrement important. Selon les chiffres communiqués par le Gouvernement, plus de 245 milliards de FCFA ont déjà été mobilisés depuis le début de l’année 2026 pour subventionner les carburants.

Le maintien des anciens prix aurait toutefois entraîné une nouvelle pression considérable sur les finances publiques. D’après les projections présentées par l’Exécutif, conserver les tarifs précédents entre le 15 août et le 12 septembre aurait nécessité environ 47 milliards de FCFA de subventions supplémentaires en seulement un mois.

À l’échelle de l’année, les conséquences auraient été encore plus lourdes. Sans ajustement des prix, les subventions consacrées au secteur de l’énergie auraient pu atteindre 1 069 milliards de FCFA en 2026, alors que le budget adopté par l’Assemblée nationale ne prévoit que 250 milliards de FCFA à cet effet.

Pour le Gouvernement, une telle dérive aurait réduit fortement les marges de manœuvre de l’État et risqué de compromettre le financement d’autres priorités nationales. L’Exécutif cite notamment l’éducation, la santé, l’agriculture et les dispositifs d’accompagnement destinés aux ménages les plus vulnérables.

Le Gouvernement défend donc un « ajustement partiel et mesuré », estimant avoir recherché un équilibre entre la nécessité de protéger le pouvoir d’achat et celle de préserver les finances publiques. Malgré la hausse annoncée, l’État assure continuer à subventionner les carburants et à prendre en charge une partie de leur coût réel.

Les chiffres communiqués illustrent cette politique. Le prix réel du litre de supercarburant serait actuellement de 1 019 FCFA, alors que le consommateur le paiera 990 FCFA. Pour le gasoil, le coût réel atteindrait 1 044 FCFA par litre, contre 755 FCFA à la pompe.

Autrement dit, même après l’augmentation, le prix payé par les automobilistes reste inférieur au coût réel d’importation des produits. La différence continue donc d’être supportée en partie par l’État à travers le mécanisme de subvention.

Avec cette nouvelle grille, les autorités espèrent réduire la pression exercée sur le budget national. Le Gouvernement estime que l’ajustement permettra de diminuer d’environ 9,7 milliards de FCFA par mois la charge supportée par les finances publiques au titre des subventions aux carburants.

L’Exécutif assure par ailleurs que les tarifs appliqués au Sénégal demeurent compétitifs par rapport à ceux observés dans plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine, particulièrement pour le gasoil. Les autorités évoquent à ce propos les révisions tarifaires intervenues dans plusieurs pays confrontés à la même flambée des cours internationaux, notamment la Côte d’Ivoire, le Mali et le Burkina Faso, mais également de grands marchés comme l’Inde et la Chine.

Cette nouvelle hausse intervient ainsi dans un contexte régional et international marqué par une forte volatilité des prix de l’énergie. Pour Dakar, il s’agit de trouver un équilibre entre la protection des consommateurs et la soutenabilité des dépenses publiques.

Le Gouvernement assure néanmoins que les mesures de protection sociale seront maintenues et renforcées. Il cite notamment la Bourse nationale de Sécurité familiale et les différents mécanismes d’appui destinés aux populations les plus vulnérables. L’objectif affiché est de limiter les conséquences de la hausse des carburants sur les ménages dont le pouvoir d’achat est le plus fragile.

Les autorités se veulent également rassurantes sur la disponibilité des produits pétroliers. Elles affirment que l’approvisionnement du marché national reste garanti et annoncent une surveillance permanente de l’évolution des cours internationaux.

Le Gouvernement n’exclut enfin pas de faire évoluer à nouveau le dispositif de fixation des prix si la conjoncture venait à changer. La nouvelle grille tarifaire pourrait donc être réexaminée en fonction de l’évolution des marchés mondiaux et de la situation des finances publiques.

Carburants : le Sénégal relève les prix du supercarburant et du gasoil à partir de ce samedi

Le prix des carburants automobiles augmente à nouveau au Sénégal. À compter de ce samedi 15 août 2026, les automobilistes devront composer avec une nouvelle grille tarifaire décidée par le Gouvernement, sur fond de forte hausse des cours internationaux du pétrole.

Dans un communiqué publié vendredi 14 août, l’Exécutif annonce que le litre de supercarburant passe de 920 à 990 FCFA, soit une augmentation de 70 FCFA. Le gasoil connaît pour sa part une hausse de 75 FCFA et s’établit désormais à 755 FCFA le litre.

Cette révision concerne uniquement les carburants automobiles. Les prix des autres produits pétroliers restent inchangés, notamment ceux du gaz et de l’essence destinée aux pirogues. Le Gouvernement veut ainsi présenter cette décision comme un ajustement ciblé, limité aux produits directement affectés par l’évolution des cours internationaux.

Les autorités expliquent que cette hausse ne constitue pas un dépassement des tarifs appliqués avant la baisse de décembre 2025. Elles soulignent que les nouveaux prix correspondent simplement au retour aux niveaux qui prévalaient avant la décision prise le 6 décembre 2025 de réduire les tarifs à la pompe.

Pour justifier cette nouvelle mesure, le Gouvernement invoque principalement la flambée des cours mondiaux du pétrole provoquée, selon lui, par les conséquences du conflit au Moyen-Orient déclenché le 28 février 2026. Depuis le début de cette crise, les prix internationaux du gasoil auraient progressé de 69 %, tandis que ceux du supercarburant auraient augmenté de 61 %.

Dans ce contexte, Dakar affirme avoir maintenu les anciens tarifs aussi longtemps que possible, malgré la dégradation de la situation sur les marchés internationaux. Depuis la baisse intervenue en décembre dernier, l’État indique avoir absorbé directement une partie importante de l’augmentation des coûts afin de limiter son impact sur les consommateurs et préserver leur pouvoir d’achat.

L’effort financier consenti par les pouvoirs publics est particulièrement important. Selon les chiffres communiqués par le Gouvernement, plus de 245 milliards de FCFA ont déjà été mobilisés depuis le début de l’année 2026 pour subventionner les carburants.

Le maintien des anciens prix aurait toutefois entraîné une nouvelle pression considérable sur les finances publiques. D’après les projections présentées par l’Exécutif, conserver les tarifs précédents entre le 15 août et le 12 septembre aurait nécessité environ 47 milliards de FCFA de subventions supplémentaires en seulement un mois.

À l’échelle de l’année, les conséquences auraient été encore plus lourdes. Sans ajustement des prix, les subventions consacrées au secteur de l’énergie auraient pu atteindre 1 069 milliards de FCFA en 2026, alors que le budget adopté par l’Assemblée nationale ne prévoit que 250 milliards de FCFA à cet effet.

Pour le Gouvernement, une telle dérive aurait réduit fortement les marges de manœuvre de l’État et risqué de compromettre le financement d’autres priorités nationales. L’Exécutif cite notamment l’éducation, la santé, l’agriculture et les dispositifs d’accompagnement destinés aux ménages les plus vulnérables.

Le Gouvernement défend donc un « ajustement partiel et mesuré », estimant avoir recherché un équilibre entre la nécessité de protéger le pouvoir d’achat et celle de préserver les finances publiques. Malgré la hausse annoncée, l’État assure continuer à subventionner les carburants et à prendre en charge une partie de leur coût réel.

Les chiffres communiqués illustrent cette politique. Le prix réel du litre de supercarburant serait actuellement de 1 019 FCFA, alors que le consommateur le paiera 990 FCFA. Pour le gasoil, le coût réel atteindrait 1 044 FCFA par litre, contre 755 FCFA à la pompe.

Autrement dit, même après l’augmentation, le prix payé par les automobilistes reste inférieur au coût réel d’importation des produits. La différence continue donc d’être supportée en partie par l’État à travers le mécanisme de subvention.

Avec cette nouvelle grille, les autorités espèrent réduire la pression exercée sur le budget national. Le Gouvernement estime que l’ajustement permettra de diminuer d’environ 9,7 milliards de FCFA par mois la charge supportée par les finances publiques au titre des subventions aux carburants.

L’Exécutif assure par ailleurs que les tarifs appliqués au Sénégal demeurent compétitifs par rapport à ceux observés dans plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine, particulièrement pour le gasoil. Les autorités évoquent à ce propos les révisions tarifaires intervenues dans plusieurs pays confrontés à la même flambée des cours internationaux, notamment la Côte d’Ivoire, le Mali et le Burkina Faso, mais également de grands marchés comme l’Inde et la Chine.

Cette nouvelle hausse intervient ainsi dans un contexte régional et international marqué par une forte volatilité des prix de l’énergie. Pour Dakar, il s’agit de trouver un équilibre entre la protection des consommateurs et la soutenabilité des dépenses publiques.

Le Gouvernement assure néanmoins que les mesures de protection sociale seront maintenues et renforcées. Il cite notamment la Bourse nationale de Sécurité familiale et les différents mécanismes d’appui destinés aux populations les plus vulnérables. L’objectif affiché est de limiter les conséquences de la hausse des carburants sur les ménages dont le pouvoir d’achat est le plus fragile.

Les autorités se veulent également rassurantes sur la disponibilité des produits pétroliers. Elles affirment que l’approvisionnement du marché national reste garanti et annoncent une surveillance permanente de l’évolution des cours internationaux.

Le Gouvernement n’exclut enfin pas de faire évoluer à nouveau le dispositif de fixation des prix si la conjoncture venait à changer. La nouvelle grille tarifaire pourrait donc être réexaminée en fonction de l’évolution des marchés mondiaux et de la situation des finances publiques.

Senelec alerte sur de possibles perturbations majeures du courant cette nuit

La fourniture d’électricité pourrait connaître d’importantes perturbations sur l’ensemble du réseau national au cours des prochaines heures. Dans un communiqué rendu public ce vendredi 14 août 2026, la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) a alerté ses clients sur des risques de dégradation du service durant la nuit du vendredi 14 au samedi 15 août.

À l’origine de cette situation figure une avarie enregistrée dans la journée de ce vendredi sur l’une des unités de grande puissance du parc de production de Senelec. Cet incident technique a entraîné une baisse temporaire de la capacité de production disponible, créant ainsi une situation susceptible d’affecter la continuité et la qualité de l’alimentation électrique.

Selon la société nationale, cette réduction des capacités de production pourrait se traduire par des perturbations dans la distribution de l’électricité au cours de la nuit. Les ménages, les commerces, les entreprises et autres usagers du réseau sont ainsi invités à se préparer à d’éventuelles interruptions ou variations de la fourniture.

Face à cette situation, Senelec indique que ses équipes techniques sont pleinement mobilisées pour tenter de rétablir le fonctionnement normal de l’installation affectée. Des opérations sont en cours afin de réparer l’avarie et de récupérer progressivement les capacités de production perdues. La société assure travailler à un retour à la normale dans les meilleurs délais.

Cette nouvelle alerte intervient dans un contexte où la stabilité de la production demeure déterminante pour garantir une alimentation régulière des différents segments du réseau national. La défaillance d’une unité de forte puissance peut en effet réduire rapidement les marges disponibles et obliger l’opérateur à procéder à des ajustements dans la distribution afin de maintenir l’équilibre du système électrique.

Dans son communiqué, Senelec présente ses excuses à l’ensemble de sa clientèle pour les désagréments susceptibles d’être occasionnés par cet incident. La société assure également que ses services restent mobilisés pour suivre l’évolution de la situation et intervenir sur les éventuelles difficultés signalées par les usagers.

Pour toute demande d’assistance ou pour signaler une perturbation, les clients peuvent contacter le service dédié de Senelec, disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ainsi que les différentes plateformes digitales officielles de l’entreprise.

ASER–AEE Power : Thierno Alassane Sall accuse José d’avoir transformé son interview en « aveux circonstanciés »

Le dossier ASER–AEE Power continue de susciter de vives réactions. Après l’interview accordée à Walf Quotidien par José, responsable de la société espagnole impliquée dans le marché d’électrification rurale, le député et président de la République des Valeurs (RV), Thierno Alassane Sall, est monté au créneau pour livrer une lecture particulièrement critique des déclarations de l’intéressé.

Pour le parlementaire, l’entretien, qui devait initialement servir de tribune de communication et de défense, aurait finalement produit l’effet inverse. Thierno Alassane Sall estime que les explications fournies par José constituent plutôt des « aveux circonstanciés » sur la gestion des fonds versés dans le cadre du contrat d’électrification rurale.

Au cœur de la polémique se trouve notamment l’avance de 37 milliards de francs CFA perçue par AEE Power. Selon Thierno Alassane Sall, José aurait reconnu, au cours de son entretien, avoir effectivement reçu cette importante somme, tout en étant incapable de préciser clairement où se trouvent aujourd’hui les fonds. L’intéressé aurait expliqué que l’argent était réparti entre plusieurs comptes et qu’il n’existait pas nécessairement de compte spécifiquement affecté à chacun des projets.

Une justification que le président de RV juge peu crédible. À ses yeux, la question centrale demeure celle de la destination réelle des 37 milliards de francs CFA. Thierno Alassane Sall affirme avoir déjà établi, à travers ses propres investigations et prises de position sur le dossier, que les fonds auraient été dissipés à travers plusieurs pays et utilisés à d’autres fins que celles prévues dans le contrat.

Le député pointe également l’écart considérable entre les sommes engagées et les résultats obtenus sur le terrain. Vingt-six mois après le versement de l’avance, moins de 40 villages auraient été électrifiés, alors que le programme prévoyait initialement l’électrification de quelque 1 600 villages. Un bilan que l’opposant considère comme particulièrement préoccupant au regard du montant des fonds mobilisés.

Pour Thierno Alassane Sall, cette situation ne saurait être dissociée des alertes qui auraient été émises en amont. Il évoque notamment une alerte attribuée à la banque Santander concernant des mouvements financiers jugés suspects. Il regrette que cette question n’ait pas été abordée de manière approfondie lors de l’entretien accordé à Walf, ni par José ni par ses interlocuteurs.

Le parlementaire s’interroge par ailleurs sur les démarches entreprises par AEE Power après l’arrivée du nouveau gouvernement. Selon lui, quelques semaines seulement après l’installation des nouvelles autorités, José serait revenu à la charge pour réclamer une rallonge financière de 55 milliards de francs CFA.

Une demande que Thierno Alassane Sall interprète comme une tentative de profiter d’un changement de pouvoir et d’une éventuelle mansuétude des nouvelles autorités. Le député estime que cette démarche pose d’autant plus question que les performances enregistrées dans l’exécution du premier contrat restent, selon lui, très éloignées des engagements initiaux.

Au-delà de la responsabilité supposée de l’entreprise, le président de la République des Valeurs élargit le débat à la réaction des autorités sénégalaises face aux alertes qui auraient été disponibles depuis plusieurs mois. Il s’interroge notamment sur le rôle de l’actuel Premier ministre, dont il rappelle qu’il occupait à l’époque les fonctions de Secrétaire général du gouvernement.

Thierno Alassane Sall affirme que l’actuel chef du gouvernement aurait été alerté dès septembre 2024 au sujet de mouvements considérés comme suspects autour d’AEE Power. Une affirmation qui, si elle devait être étayée par des documents officiels, soulèverait la question de la manière dont ces alertes ont été traitées par les autorités de l’époque.

Le député pose ainsi une question de fond : pourquoi José choisit-il de répondre aux accusations par voie de presse plutôt que de venir s’expliquer devant les autorités judiciaires compétentes ? Pour lui, la gravité des faits allégués commande des réponses précises dans le cadre d’une procédure permettant de déterminer la destination des fonds, les responsabilités éventuelles et les conditions dans lesquelles le marché a été exécuté.

À travers cette nouvelle sortie, Thierno Alassane Sall entend donc maintenir la pression sur le dossier ASER–AEE Power. Il met en parallèle le montant considérable de l’avance versée, les faibles réalisations revendiquées sur le terrain, les alertes bancaires évoquées et la nouvelle demande de financement de 55 milliards de francs CFA.

ASERgate : Bachir Fofana interpelle José Ángel González Tausz sur les 37 milliards de l’électrification rurale

Il fallait oser. Deux ans après avoir encaissé 37 milliards de nos francs d’avance sur l’électrification rurale, José Ángel González Tausz s’offre les colonnes de Walf Quotidien de ce jeudi 14 août 2026.  Le titre à la Une du journal («José sort des ténèbres ») montre déjà que l’Espagnol était plus dans une opération d’enfumage que d’éclairage. En effet, attendu pour s’expliquer, José est venu narguer les Sénégalais en posant une question : où sont les 84 millions d’euros restants du projet ? Le monde à l’envers quoi.  C’est comme si un locataire qui devait huit mois de loyer se mettait à réclamer les clés du deuxième appartement. 
Dans cette affaire, posons simplement les chiffres. Le 11 juin 2024, une somme de  56 millions d’euros (37 milliards de francs CFA) est décaissée au profit d’AEE Power EPC. Le 19 décembre 2025, soit dix-huit mois plus tard, l’ASER, dans son propre courriel, liste 25 localités électrifiées sur 1 740. Cela fait 1,43 % de taux de réalisation alors que 40% du financement est consommé et plus de la moitié du délai contractuel passée. 
Voilà le dossier. Tout le reste de l’interview n’est que tentative de créer une affaire dans l’affaire. 
Parlons des 84 millions «bloqués», d’abord. Juste rappeler que la banque Santander et la CESCE (l’agence espagnole de crédit à l’exportation) ont donné  l’explication par écrit dès le 18 décembre 2025. Dans une correspondance adressée au ministre Secrétaire général du gouvernement, ils ont clairement indiqué : pas un euro de plus tant que les 37 milliards déjà versés ne sont pas justifiés. Le 23 février 2026, la CESCE ajoute même un détail savoureux dans sa réponse à l’ambassadeur du Sénégal : aucune demande de décaissement n’a été déposée par les autorités sénégalaises. Aucune. José réclame donc dans la presse de l’argent qu’il n’a jamais demandé à sa banque. 
Sur l’avance de démarrage qui serait «une obligation contractuelle», personne ne dit le contraire, et c’est justement le problème. Une avance n’est pas un cadeau, elle se rembourse en travaux constatés. Le bailleur réclame les justificatifs par écrit depuis deux ans. Il attend toujours. Pas un bon de commande, pas un décompte validé. Et l’intéressé lâche lui-même, au détour de l’interview, que «les factures présentées ne sont pas encore approuvées». Merci de le confirmer. 
Vient ensuite le passage qui mérite d’être encadré. L’argent ? «Dans la comptabilité, réparti dans plusieurs comptes.» Réparti. Il ignore peut-être que Santander avait déjà signalé, le 30 septembre 2024, des transferts sortis du compte de l’avance avant même le premier coup de pioche, et qu’un témoignage devant la Section de recherches parle de six comptes servis une semaine après le virement. Une avance de démarrage, ce n’est pas de la trésorerie qu’on fait dormir à droite et à gauche. Du reste, si ces fonds étaient si traçables que ça, la démonstration prendrait trois jours. Un juge de Madrid en a donné dix jours, le 24 février 2026, dans une instruction ouverte pour appropriation indue. On attend encore. 
Les cautions, maintenant. «Confirmées», primes «payées comme d’habitude», nous dit-il. Sauf que les cautions SONAC datent du 18 mars 2024 et que les primes n’ont été réglées que les 14 et 20 juin. Après le décaissement, donc. Vraisemblablement avec l’argent de l’avance  de démarrage que ces cautions étaient censées garantir. L’article 13 du Code CIMA, imprimé sur les avis d’émission eux-mêmes, dit qu’une garantie ne prend effet qu’au paiement de la prime. L’ARCOP l’a rappelé trois fois durant l’été 2024 (12 juillet, 23 juillet, 7 août 2024), en parlant de nullité possible du marché. Des primes payées «comme d’habitude» après coup, c’est l’anomalie, pas la norme. Appelez cela une habitude si vous voulez. Moi j’appelle cela payer sa caution avec l’argent de la caution. 
Et cette suspension du marché décidée par l’ARCOP qui aurait «coûté un an et demi» ? José doit savoir que mentir ce n’est pas bien. Et les dates dans cette affaire sulfureuse sont têtues.  En effet, le contrat n’a fait l’objet d’une suspension du 21 novembre 2024 au 21 février 2025 seulement. C’est-à-dire, trois mois et dix-neuf jours seulement. Après février 2025, plus rien n’empêchait les engins de tourner. Ils ne tournaient pas. Le seul gel qui dure, celui des décaissements, tient en une phrase écrite par le bailleur : justifiez les 37 milliards déjà décaissés. 
Reste la posture du dirigeant serein, «à la disposition de la justice», qui ne fuit pas. On laisse passer. On lui reproche autre chose : deux ans de demandes de preuves restées sans réponse, une délégation d’État éconduite à Madrid le 11 décembre 2025, un délai de dix jours fixé par un juge et expiré sans un mot. Un homme qui détient des connaissements et des relevés bancaires les pose sur la table. Il n’organise pas d’interviews. 
Cette interview restera d’ailleurs, mais pas comme il l’espère. Elle restera pour ses deux aveux : des fonds «répartis dans plusieurs comptes», des factures non approuvées. Pendant ce temps, le contribuable sénégalais s’apprête à payer deux fois. Une fois par l’endettement garanti, une deuxième par les 20 milliards inscrits au budget 2026. Pour un projet vendu, à l’origine, comme financé à 100 % par le privé. 
Alors la question reste posée, et elle tient en une ligne. 40% du marché décaissé, la moitié du délai consommée, et 1,43% des villages électrifiés : où sont passés les 37 milliards ? 
Bachir Fofana
Journaliste, auteur de l’ouvrage
«Aveux, signés, datés et envoyés»

Saint-Louis : un faux agent Orange Money au cœur d’une fraude présumée de près de 37 millions de FCFA

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT), antenne de Saint-Louis, a interpellé un individu présenté comme l’auteur présumé de plusieurs opérations frauduleuses portant notamment sur des retraits d’argent, une escroquerie, une usurpation de fonction et des faits susceptibles de relever du blanchiment de capitaux. Le mis en cause a été conduit devant le procureur de la République financier près le Tribunal de Grande Instance de Saint-Louis.

L’affaire a éclaté à la suite d’un appel téléphonique signalant un retrait frauduleux effectué à partir de comptes Wave au marché Ndar, à Saint-Louis. Selon les éléments recueillis dans le cadre de l’enquête, l’individu, soupçonné d’avoir été pris à partie par des personnes présentes sur les lieux, a fait l’objet d’une opération d’exfiltration menée par les éléments de la DNLT afin de le conduire en sécurité dans les locaux du service.

Entendue par les enquêteurs, la victime a expliqué que le suspect s’était présenté dans sa boutique du marché Ndar en portant un gilet similaire à celui utilisé par les agents d’Orange Money. Il lui aurait proposé des services présentés comme étant liés à l’installation de la nouvelle application Max it ainsi qu’au déplafonnement de son compte Orange Money.

La victime, convaincue d’avoir affaire à un véritable agent ou représentant habilité, lui aurait alors remis son téléphone afin qu’il procède à l’installation de l’application. C’est à la faveur de cette manipulation que le suspect aurait accédé aux informations nécessaires pour effectuer, à son insu, un transfert de 264 000 FCFA depuis son compte Wave.

Face aux enquêteurs, le mis en cause aurait reconnu les faits qui lui sont reprochés et livré des éléments sur son mode opératoire présumé. Il aurait expliqué se faire passer pour un Vendeur Terrain Orange (VTO), en proposant aux clients différents services liés aux comptes de monnaie électronique.

Une fois la victime convaincue, il procédait, selon ses déclarations rapportées par les enquêteurs, à l’enregistrement de sa carte nationale d’identité ainsi qu’à la collecte de son code secret. Il profitait ensuite de l’accès au téléphone pour se connecter discrètement à une autre application de transfert d’argent, en misant notamment sur le fait que certains utilisateurs réemploient les mêmes codes secrets sur plusieurs plateformes.

Une fois l’accès obtenu, le suspect aurait procédé au retrait ou au transfert des fonds disponibles avant de modifier le code d’accès du compte concerné. Cette modification empêchait ensuite le propriétaire légitime d’accéder immédiatement à son compte, offrant ainsi au mis en cause le temps de quitter les lieux.

Les investigations techniques menées par les enquêteurs, ainsi que les demandes de concours adressées aux opérateurs Orange Money et Wave, auraient permis de mettre au jour une activité financière beaucoup plus importante que le seul retrait de 264 000 FCFA signalé au départ.

Selon les éléments de l’enquête, les vérifications effectuées sur le compte Orange Money du mis en cause ont permis de retracer des mouvements financiers évalués à 36 929 860 FCFA entre le 10 mai et le 10 août 2026. Ces transactions, qui font désormais partie des éléments examinés par les enquêteurs, pourraient permettre de déterminer l’ampleur exacte des opérations auxquelles le suspect aurait participé.

L’enquête révèle également que l’individu ne serait pas inconnu des services concernés. Plusieurs dénonciations et lettres de plainte auraient été enregistrées à son encontre. Parmi celles-ci figure une plainte déposée par la Sonatel, par l’intermédiaire de son chef du département contentieux, notamment pour des faits présumés d’usurpation de fonction et d’escroquerie.

Les enquêteurs cherchent désormais à établir l’étendue du réseau éventuel, à identifier d’autres victimes et à déterminer la destination des fonds ayant transité par les différents comptes concernés. Les opérations financières retracées durant la période comprise entre mai et août 2026 constituent notamment un axe important des investigations.

Bassirou Diomaye Faye entame un séjour privé à l’étranger à partir de samedi

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, quittera le Sénégal à compter du samedi 15 août 2026 dans le cadre d’un séjour privé à l’étranger, selon une information communiquée par les services de la Présidence de la République.

Ce déplacement, présenté comme privé, intervient alors que l’agenda institutionnel du chef de l’État se poursuit avec plusieurs échéances nationales. Aucune précision n’a été donnée, pour le moment, sur la destination du Président ni sur la durée exacte de son séjour.

La Présidence de la République n’a pas davantage communiqué de détails sur les raisons personnelles liées à ce déplacement. Elle s’est limitée à annoncer le départ du chef de l’État à partir du samedi 15 août, tout en précisant que les prochaines étapes de son agenda présidentiel seront communiquées ultérieurement.

Cette précision vise notamment à distinguer ce séjour des déplacements officiels effectués par le Président dans le cadre de ses fonctions. Depuis son accession à la magistrature suprême, les services de la Présidence communiquent régulièrement sur les déplacements officiels du chef de l’État ainsi que sur ses principales activités institutionnelles.

En l’absence d’informations supplémentaires, aucune activité officielle de Bassirou Diomaye Faye n’est donc annoncée pour la période correspondant à ce séjour privé. Les prochaines échéances de son agenda présidentiel feront l’objet d’une communication des services de la Présidence, conformément à la pratique habituelle.

La dédicace du livre « Au pouvoir en Afrique : qui est Bassirou Diomaye Diakhar Faye ? »

La journaliste-écrivaine Seynabou Sankaré a procédé à la dédicace de son nouvel ouvrage intitulé « Au pouvoir en Afrique : qui est Bassirou Diomaye Diakhar Faye ? ». La cérémonie s’est déroulée dans un climat serein, en présence de plusieurs personnalités de la vie publique sénégalaise, parmi lesquelles l’ancien ministre Me Malick Sall, le directeur général du quotidien Le Soleil, un représentant du président Khalifa Ababacar Sall, ainsi que plusieurs responsables et leaders issus de l’ancien comme de l’actuel régime.

Un ouvrage consacré au parcours du chef de l’État

À travers cet ouvrage, Seynabou Sankaré revient sur la vie, les origines et le parcours politique de Bassirou Diomaye Diakhar Faye, devenu le plus jeune président de l’histoire du Sénégal.

L’auteure s’intéresse notamment à l’environnement familial et social dans lequel le chef de l’État a grandi, ainsi qu’aux différentes étapes de son parcours qui l’ont conduit jusqu’à la magistrature suprême. Elle insiste toutefois sur la nécessité de dépasser les considérations liées aux appartenances ethniques dans l’appréciation du parcours du président de la République.

Selon elle, ce sont davantage le savoir-faire, les valeurs, l’éducation et l’héritage transmis par les générations précédentes qui doivent constituer les fondements de la construction nationale.

Un plaidoyer en faveur de la jeunesse

La cérémonie de dédicace a également été l’occasion pour Seynabou Sankaré d’interpeller les autorités sur les préoccupations de la jeunesse sénégalaise. Dans son intervention, l’auteure a insisté sur la nécessité de placer les jeunes au cœur des politiques publiques et des ambitions de développement du pays.

Elle a notamment appelé à promouvoir une société fondée sur l’éducation, la solidarité, le travail et la résilience. Pour elle, ces valeurs sont indispensables pour permettre aux nouvelles générations de trouver pleinement leur place dans la construction et le développement du Sénégal.

Son intervention a ainsi dépassé le cadre strict de la présentation littéraire pour prendre la forme d’un plaidoyer en faveur d’une jeunesse mieux accompagnée et davantage associée aux grandes orientations nationales.

Un rendez-vous fixé à 2034

Seynabou Sankaré a également annoncé la publication d’un nouvel ouvrage en 2034. Celui-ci devrait être consacré au bilan de Bassirou Diomaye Diakhar Faye à l’issue de son parcours à la tête de l’État.

Cette annonce traduit la volonté de l’auteure de poursuivre son travail de documentation et d’analyse de la trajectoire politique du président de la République. Après avoir consacré un premier ouvrage à son parcours et à son accession au pouvoir, elle entend ainsi revenir, dans quelques années, sur les réalisations, les orientations et le bilan de sa gouvernance.

À travers « Au pouvoir en Afrique : qui est Bassirou Diomaye Diakhar Faye ? », Seynabou Sankaré propose ainsi un regard sur le parcours d’un président arrivé au pouvoir dans un contexte politique particulier. La cérémonie de dédicace a réuni, autour de cet ouvrage, des personnalités issues de sensibilités et de générations politiques différentes, donnant à l’événement une dimension à la fois littéraire et citoyenne.

Maodo Malick Mbaye après sa libération : « Jamais je n’ai détourné un seul franc »

Au lendemain de sa sortie de prison, Maodo Malick Mbaye est sorti de son silence. L’ancien Directeur général de l’Agence nationale de la maison de l’outil (ANAMO) a réaffirmé son innocence dans l’affaire de détournement présumé de deniers publics pour laquelle il était poursuivi. Dans un message particulièrement bref publié ce vendredi sur ses réseaux sociaux, il a livré une déclaration sans ambiguïté : « Jamais je n’ai détourné un seul franc ».

Cette prise de parole intervient quelques jours après sa remise en liberté. Maodo Malick Mbaye a bénéficié, mardi dernier, d’une liberté provisoire assortie d’un placement sous contrôle judiciaire. Une décision qui lui permet de recouvrer la liberté après plusieurs mois de détention, tout en restant soumis aux obligations fixées par la justice dans le cadre de la procédure en cours.

À travers sa déclaration, l’ancien patron de l’ANAMO réaffirme une ligne de défense qu’il soutient depuis le début de l’instruction. Au cours de ses auditions sur le fond du dossier, comme lors des confrontations avec certains de ses anciens collaborateurs, notamment le Directeur des affaires financières et l’agent comptable, Maodo Malick Mbaye a toujours contesté les accusations portées contre lui.

Il nie notamment avoir procédé à un quelconque détournement de fonds ou avoir participé à des opérations frauduleuses durant la période où il dirigeait l’Agence nationale de la maison de l’outil. Pour lui, les faits qui lui sont reprochés ne sauraient être imputés à sa gestion.

La décision de placement sous contrôle judiciaire est désormais perçue par sa défense comme une étape importante dans la procédure. Le pool d’avocats de Maodo Malick Mbaye a, dans la foulée de sa libération, annoncé son intention de poursuivre le combat judiciaire afin d’obtenir un non-lieu total pour leur client.

L’enjeu reste donc entier, puisque la procédure judiciaire n’est pas arrivée à son terme. La liberté provisoire ne préjuge ni de la culpabilité ni de l’innocence de l’ancien Directeur général de l’ANAMO. Elle lui permet simplement de rester libre sous contrôle judiciaire pendant la poursuite de l’instruction.

Pour rappel, Maodo Malick Mbaye avait été arrêté et placé sous mandat de dépôt en juillet 2025. Il est poursuivi dans le cadre d’une affaire portant sur un détournement présumé de deniers publics évalué à 619 millions de francs CFA.

Municipales à Kaolack : Yatma Diop pousse Ahmed Youssouf Bengelloun à briguer la mairie

À Kaolack, le débat autour des prochaines échéances municipales commence déjà à se dessiner autour des profils susceptibles de prendre les rênes de la commune. Dans cette perspective, Yatma Diop, conseiller et coordonnateur de Kaolack Nouvelle Vision (KNV), plaide ouvertement pour une candidature d’Ahmed Youssouf Bengelloun à la mairie de Kaolack. Pour lui, le bilan du président du Conseil départemental constitue un argument suffisamment solide pour envisager une nouvelle étape dans son parcours politique et institutionnel.

Dans une déclaration, Yatma Diop présente l’action menée par Ahmed Youssouf Bengelloun à la tête du Conseil départemental comme la principale justification de cet appel. Il estime que l’élu a réussi à obtenir des résultats dans plusieurs secteurs malgré des ressources financières qu’il juge limitées. Selon lui, le budget annuel du Conseil départemental tournerait autour de 300 millions de francs CFA, avec une capacité d’investissement estimée à près de 100 millions de francs CFA.

Pour le responsable de KNV, c’est donc davantage la capacité à gérer efficacement des ressources limitées que le volume des moyens disponibles qui doit être retenue dans l’évaluation du bilan de l’actuel président du Conseil départemental.

Des réalisations mises en avant dans la santé

Parmi les secteurs cités par Yatma Diop figure en premier lieu la santé. Il met notamment en avant plusieurs interventions destinées à renforcer les structures sanitaires du département de Kaolack.

Il évoque ainsi la réhabilitation et l’équipement de maternités, mais également la construction et l’équipement du poste de santé de Sikatroum. À ces réalisations s’ajouteraient l’acquisition de matériel médical destiné à différentes structures sanitaires.

Le coordonnateur de KNV cite également la mise à disposition d’ambulances médicalisées ainsi que l’acquisition d’un échographe. Des équipements destinés à la pédiatrie et à la maternité de l’hôpital régional de Kaolack sont également présentés comme faisant partie des actions réalisées sous la présidence d’Ahmed Youssouf Bengelloun.

Pour Yatma Diop, ces investissements constituent des réponses concrètes à des besoins essentiels des populations et illustrent la volonté de l’élu départemental d’orienter les moyens disponibles vers des secteurs jugés prioritaires.

Un volet social également mis en avant

Le bilan défendu par le responsable de Kaolack Nouvelle Vision comporte également une dimension sociale. Yatma Diop souligne notamment les appuis apportés aux personnes et familles en situation de vulnérabilité.

Il cite les distributions de denrées alimentaires, la prise en charge de certains traitements médicaux ainsi que l’accompagnement d’initiatives consacrées au dépistage des cancers féminins.

Ces actions sont présentées comme un prolongement de la mission sociale des collectivités territoriales, dans un contexte où de nombreuses familles restent confrontées à des difficultés économiques et à un accès parfois limité à certains services essentiels.

L’éducation et la jeunesse au cœur des priorités

L’éducation figure également parmi les secteurs sur lesquels Yatma Diop insiste. Il fait état de subventions accordées aux étudiants du département ainsi que de plusieurs investissements dans les établissements scolaires.

Selon lui, le Conseil départemental a notamment participé à la construction et à l’équipement de salles de classe, à la réalisation de blocs d’hygiène et à la réhabilitation de clôtures d’établissements scolaires.

La dotation de certaines structures éducatives en matériel informatique et en mobilier est également citée. À travers ces différentes interventions, le coordonnateur de KNV estime que l’action départementale a accordé une place importante aux conditions d’apprentissage et à l’accompagnement des jeunes.

Culture et planification du développement

Sur le terrain culturel, Yatma Diop met en avant la rénovation de la salle de spectacles du Centre culturel régional ainsi que la réalisation de l’American Corner. Il mentionne également des appuis apportés à plusieurs manifestations culturelles organisées dans le département.

À cela s’ajoute, selon lui, l’élaboration du Plan départemental de développement et de coordination (PDDC), présenté comme un instrument de planification destiné à mieux structurer les interventions et à accompagner le développement du territoire.

Pour Yatma Diop, l’ensemble de ces réalisations dépasse la seule question du bilan institutionnel. Elles constitueraient, à ses yeux, une démonstration de la capacité d’Ahmed Youssouf Bengelloun à administrer une collectivité et à prioriser les investissements.

« Un gestionnaire, pas un bavard »

C’est sur cette capacité de gestion que Yatma Diop fonde essentiellement son plaidoyer en faveur d’une candidature à la mairie de Kaolack. Il estime que la commune a besoin d’un changement d’approche dans sa gestion et que les électeurs devraient davantage s’intéresser aux compétences et à l’expérience des prétendants.

« Kaolack a besoin d’un Maire qui sert, pas qui se sert », soutient-il, résumant ainsi sa vision du profil qu’il souhaite voir à la tête de la commune.

Contrôleur des Impôts de formation, Ahmed Youssouf Bengelloun est présenté par son soutien comme un responsable disposant d’une expérience dans les domaines administratif et financier. Yatma Diop considère également son élection à la présidence de l’Association des Présidents des Conseils départementaux du Sénégal comme un élément révélateur de la confiance dont il bénéficierait au-delà de Kaolack.

Une critique de la gestion de la commune

Au-delà du bilan départemental, Yatma Diop dresse un diagnostic critique de la situation actuelle de Kaolack commune. Il évoque notamment les problèmes d’insalubrité, les insuffisances en matière d’éclairage public, les difficultés liées aux infrastructures et les perspectives encore limitées offertes à la jeunesse.

Pour lui, ces défis nécessitent un profil capable de concevoir une vision globale du développement urbain et de mobiliser les ressources nécessaires à sa mise en œuvre.

C’est dans cette logique qu’il estime qu’Ahmed Youssouf Bengelloun pourrait apporter une nouvelle dynamique à la gestion municipale. « Il est le profil qu’il faut à la place qu’il faut », affirme le conseiller, qui appelle ainsi le président du Conseil départemental à franchir le pas et à annoncer officiellement sa candidature.

Les prochaines échéances municipales en ligne de mire

À travers cet appel, Kaolack Nouvelle Vision entend donc placer la question du profil des futurs candidats au centre du débat municipal. Pour Yatma Diop, l’enjeu ne devrait pas se limiter aux appartenances politiques, mais porter également sur l’expérience, la capacité de gestion et les résultats obtenus dans l’exercice de responsabilités publiques.

Une éventuelle candidature d’Ahmed Youssouf Bengelloun à la mairie de Kaolack pourrait ainsi ouvrir un nouveau chapitre dans la compétition politique locale. Pour ses soutiens, le bilan réalisé au niveau départemental constitue déjà une base pour envisager cette ambition à l’échelle communale.

Crédits spéciaux : le Gouvernement veut recentrer le projet de loi sur le domaine législatif

Le débat sur l’encadrement juridique des crédits spéciaux prend une nouvelle tournure à l’Assemblée nationale. Alors que les députés examinent le projet de loi portant régime juridique des crédits spéciaux, le Gouvernement a introduit un amendement visant à modifier l’article premier du texte. Portée par Me Moussa Sarr, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, cette proposition entend à la fois préciser les institutions concernées et revoir la formulation du dispositif afin de mieux respecter la répartition constitutionnelle des compétences entre le pouvoir législatif et le pouvoir réglementaire.

Dans son amendement, le Gouvernement propose d’abord de préciser que les crédits spéciaux visés par le projet de loi sont ceux alloués à la Présidence de la République, à l’Assemblée nationale et à la Primature. Cette précision constitue, selon l’exposé des motifs, une nécessité pour délimiter clairement le champ d’application de la future loi.

L’objectif affiché est d’éviter toute ambiguïté dans l’application du régime juridique prévu. En identifiant expressément les institutions concernées, l’Exécutif estime ainsi pouvoir garantir une application uniforme du dispositif aux différentes structures bénéficiaires de ces crédits. Le texte ne viserait donc pas indistinctement l’ensemble des crédits publics, mais un périmètre institutionnel clairement défini.

Au-delà de cette précision, l’amendement touche également à la formulation même de l’article premier. Dans sa version initiale, le projet de loi indiquait que la loi « fixe les règles générales relatives à leur exécution et aux modalités de leur contrôle ». C’est précisément cette partie que le Gouvernement souhaite revoir.

Pour l’Exécutif, une telle rédaction risque en effet d’empiéter sur le domaine réservé au pouvoir réglementaire. Le fait pour la loi de déterminer directement les modalités d’exécution et de contrôle des crédits spéciaux dépasserait, selon l’argumentation développée dans l’amendement, les limites du domaine de la loi.

Le Gouvernement s’appuie à cet égard sur les articles 67 et 76 de la Constitution, qui organisent la répartition des compétences entre la loi et le règlement. L’amendement vise ainsi à recentrer l’article premier sur les règles relevant effectivement du domaine législatif, tout en laissant au pouvoir réglementaire la détermination des modalités pratiques d’exécution et de contrôle.

Cette modification intervient dans un contexte politique particulièrement sensible autour de la question des crédits spéciaux et des fonds dits secrets. Leur encadrement fait partie des textes inscrits à l’ordre du jour de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale. La majorité parlementaire souhaite notamment renforcer la transparence et les mécanismes de contrôle, tandis que le Gouvernement défend une délimitation stricte des compétences constitutionnelles entre les différentes institutions.

À travers cet amendement, l’Exécutif cherche donc à éviter que la future loi ne fixe des règles qui relèveraient, en pratique, de textes réglementaires. Le débat parlementaire devra désormais déterminer si cette nouvelle rédaction permet de concilier l’objectif d’encadrement des crédits spéciaux avec les exigences constitutionnelles relatives à la séparation des domaines de la loi et du règlement.

Réforme de l’article 37 : Ayib Daffé annonce un vote à la majorité des trois cinquièmes

Le président du groupe parlementaire Pastef à l’Assemblée nationale, Ayib Daffé, est revenu sur les principaux dossiers examinés dans le cadre des travaux en commission, entamés mercredi. Plusieurs textes, parmi lesquels le projet de Code du travail, celui portant Code de la sécurité sociale, ainsi que le projet de loi relatif à la sécurité numérique, ont été au cœur des discussions des députés.

Concernant le projet de Code du travail, Ayib Daffé a indiqué que son examen avait été renvoyé. Cette décision intervient alors que les centrales syndicales avaient été saisies en amont afin de recueillir leurs observations sur le texte. Le président du groupe parlementaire Pastef a également souligné que les députés avaient invité le gouvernement à veiller au strict respect des textes et lois en vigueur dans le traitement de ce dossier.

Le projet de loi relatif à la sécurité numérique a également été étudié par la commission compétente. À ce sujet, les parlementaires ont demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires afin de permettre une meilleure adoption du texte et de renforcer sa portée dans le cadre de la protection de l’espace numérique.

Mais c’est surtout la proposition de loi portant modification de l’article 37 de la Constitution qui a retenu l’attention d’Ayib Daffé. Le texte, porté par le député Amadou Bâ à l’initiative du groupe parlementaire Pastef, vise principalement à renforcer les obligations relatives à la déclaration de patrimoine du président de la République.

Selon Ayib Daffé, cette initiative s’inscrit dans la volonté de Pastef de respecter ses engagements et de mettre un terme à une situation marquée, selon lui, par des discussions prolongées autour de la question. Il estime qu’il n’est plus possible de maintenir indéfiniment le dialogue sur ce dossier sans aboutir à une modification du cadre juridique.

La proposition initiale prévoyait notamment d’imposer au président de la République une déclaration de patrimoine à l’entrée comme à la sortie de son mandat, conformément aux dispositions de la législation en matière de déclaration de patrimoine. Lors de l’examen en commission, le ministre de la Justice a toutefois introduit des amendements destinés à élargir cette obligation à d’autres hautes autorités de l’État.

Ainsi, le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale seraient également concernés par cette obligation de déclaration de patrimoine. C’est cette version amendée du texte qui doit désormais être soumise à l’examen et au vote des députés en séance plénière.

Ayib Daffé s’est montré particulièrement confiant quant à l’issue du vote. Le président du groupe parlementaire Pastef a annoncé que son groupe voterait en faveur du texte à la majorité des trois cinquièmes, seuil requis pour l’adoption d’une révision constitutionnelle de cette nature.

Il a également estimé que le chef de l’État devrait être en cohérence avec le contenu du texte amendé et procéder à sa promulgation une fois celui-ci adopté par l’Assemblée nationale. Pour Ayib Daffé, le fait que les amendements introduits par le gouvernement aient été intégrés dans la version qui sera soumise aux députés constitue un élément important dans la poursuite du processus.

La question d’un éventuel recours n’a toutefois pas été éludée. Ayib Daffé a reconnu que les voies de recours restent ouvertes après le vote parlementaire. Mais il a précisé que le groupe Pastef n’envisageait pas de saisir le Conseil constitutionnel. Il considère que le président de la République, dont les amendements ont été pris en compte dans le texte, ne devrait pas davantage recourir à cette procédure.

Pour le président du groupe parlementaire Pastef, le dialogue institutionnel sur cette question est désormais suffisamment établi pour permettre l’aboutissement de la réforme. Il plaide ainsi pour une adoption du texte sans nouvelle étape susceptible d’en ralentir la mise en œuvre.

Dans cette perspective, Ayib Daffé s’est également opposé à l’idée d’un éventuel référendum sur la modification de l’article 37. À ses yeux, une consultation populaire ne ferait que retarder une réforme qui peut, selon lui, être menée à son terme à travers la procédure parlementaire actuellement engagée.

Réforme de l’article 37 : Pastef veut aller jusqu’au bout pour imposer la publication du patrimoine des dirigeants

Le Groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes entend maintenir le cap sur la réforme de l’article 37 de la Constitution. Le texte, consacré notamment à la déclaration de patrimoine du président de la République, doit être examiné en séance plénière ce lundi 17 août 2026. Face à la presse ce vendredi, le président du groupe parlementaire, Mouhamed Ayib Daffé, a réaffirmé la détermination de la majorité à faire aboutir cette réforme constitutionnelle.

Pour le député, l’initiative parlementaire répond à une nécessité née, selon lui, de l’absence d’avancée du côté de l’exécutif. Ayib Daffé rappelle que le président de la République s’était engagé à soumettre à l’Assemblée nationale un projet de révision constitutionnelle avant la fin du mois de mars 2026. Faute de concrétisation de cet engagement dans les délais annoncés, le Groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes a décidé de prendre les devants en portant lui-même la proposition de réforme.

Le président du groupe parlementaire est également revenu sur le précédent recours introduit par l’exécutif devant le Conseil constitutionnel. À ses yeux, cette démarche avait contribué à empêcher l’Assemblée nationale d’aller au terme de la procédure engagée autour de la modification de l’article 37.

Le nouveau texte soumis aux députés comporte une disposition centrale : l’obligation pour le président de la République de publier sa déclaration de patrimoine aussi bien au début qu’à la fin de son mandat. Pour Mouhamed Ayib Daffé, cette exigence constitue une avancée significative dans le renforcement de la transparence et de la reddition des comptes au sommet de l’État.

La majorité parlementaire se dit également favorable à l’élargissement de cette obligation à d’autres hautes autorités de la République. Ayib Daffé a ainsi indiqué que son groupe avait voté à l’unanimité l’amendement proposé par le président de la République, visant à inclure le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale dans le dispositif de publication de la déclaration de patrimoine.

« Sur le fond, nous sommes d’accord », a déclaré le président du Groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes, considérant que cette extension renforce les exigences de transparence autour des principales institutions de l’État.

Reste désormais l’étape décisive du vote en séance plénière. La réforme constitutionnelle devra recueillir la majorité des trois cinquièmes des députés pour être adoptée. Ayib Daffé se montre confiant quant à l’issue du scrutin et souhaite surtout que le processus ne soit pas une nouvelle fois interrompu par un recours.

Le député appelle ainsi à dépasser les blocages institutionnels et à permettre l’entrée en vigueur rapide de la réforme. Il estime notamment qu’un éventuel recours à un référendum serait disproportionné au regard de l’objet du texte.

« Organiser un référendum pour demander aux Sénégalais s’ils sont favorables à la publication du patrimoine du président, du Premier ministre et du président de l’Assemblée serait absurde », a-t-il soutenu.

Pour le parlementaire, la question posée est avant tout celle de la transparence dans la gestion publique et de la responsabilité des principaux détenteurs de fonctions publiques. Une fois le texte adopté par l’Assemblée nationale, Ayib Daffé souhaite donc qu’il soit rapidement promulgué afin que les nouvelles dispositions puissent produire leurs effets.

Bassirou Diomaye Faye reçoit l’Imam Ratib de la Grande Mosquée de Médina Baye

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a reçu ce vendredi au Palais de la République Serigne Cheikh Tidiane Cissé, Imam Ratib de la Grande Mosquée de Médina Baye, à Kaolack. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des échanges réguliers entre les autorités publiques et les responsables des grandes familles religieuses du Sénégal.

Présentée comme une visite de courtoisie, l’audience a été marquée par des échanges empreints de respect et de considération mutuelle. Au cours de cette rencontre, Serigne Cheikh Tidiane Cissé a formulé des prières en faveur du Sénégal, souhaitant au pays davantage de paix, de stabilité et de prospérité.

La présence de l’Imam Ratib de Médina Baye au Palais de la République intervient dans un contexte où les autorités accordent une place importante au dialogue avec les foyers religieux. Ces derniers jouent traditionnellement un rôle majeur dans l’encadrement spirituel des populations, la prévention des tensions sociales et la promotion des valeurs de paix et de solidarité.

Au terme de l’audience, le chef de l’État a exprimé sa gratitude à l’endroit de Serigne Cheikh Tidiane Cissé pour sa visite. Bassirou Diomaye Diakhar Faye a également salué le rôle essentiel des familles religieuses dans la cohésion sociale et l’éducation spirituelle de la nation.

Le Président de la République a, par ailleurs, réaffirmé la disponibilité de l’État à accompagner les familles religieuses dans l’accomplissement de leur mission, tout en soulignant leur contribution à la stabilité et à l’unité du pays.

Pape Bouna Thiaw met la FSF en demeure pour plus de 423 millions de FCFA

Le différend entre Pape Bouna Thiaw et la Fédération sénégalaise de football (FSF) prend une nouvelle tournure. Le sélectionneur national a, par l’intermédiaire de ses conseils, Me Guédel Ndiaye et associés, fait signifier jeudi 13 août 2026 une mise en demeure à l’instance dirigeante du football sénégalais. Au cœur du contentieux : plusieurs sommes que le technicien affirme n’avoir toujours pas perçues au titre de son contrat, notamment des salaires, primes, indemnités et frais professionnels.

Selon le document signifié par voie d’huissier, le montant total des créances réclamées à la FSF s’élève précisément à 423 820 300 FCFA. Le conseil du sélectionneur donne ainsi huit jours à la Fédération pour régulariser la situation, faute de quoi une procédure judiciaire pourrait être engagée devant les juridictions compétentes.

Le principal poste de la réclamation concerne les salaires. Pape Bouna Thiaw affirme n’avoir perçu aucune rémunération depuis la signature de son contrat avec la FSF, intervenue le 1er mars 2026. Conclu pour une durée de trois ans, le contrat prévoirait une rémunération mensuelle nette de 30 millions de FCFA.

Pour la période allant de mars à août 2026, soit six mois, les salaires impayés représenteraient donc 180 millions de FCFA. Une situation que les conseils du sélectionneur considèrent comme une inexécution importante des obligations contractuelles de la Fédération.

À ces arriérés salariaux viennent s’ajouter différentes primes prévues dans le cadre de l’engagement du technicien. La mise en demeure fait notamment état d’une prime de signature dont certaines échéances n’auraient pas été honorées, pour un montant de 90 millions de FCFA. Une prime spéciale de 30 millions de FCFA est également réclamée.

Pape Bouna Thiaw réclame par ailleurs 100 millions de FCFA correspondant aux primes liées aux performances de l’équipe nationale, notamment son parcours en Coupe d’Afrique des nations ainsi que sa qualification pour la Coupe du monde.

Le contentieux financier ne s’arrête toutefois pas aux salaires et aux primes. Les conseils du sélectionneur font également état de plusieurs dépenses professionnelles que leur client aurait dû prendre personnellement en charge. Il est notamment question de frais engagés lors d’une tournée effectuée entre le 11 et le 19 avril 2026.

D’après la mise en demeure, Pape Bouna Thiaw aurait avancé de sa propre poche les frais liés à ce déplacement. Une note de frais d’un montant de 10 716 300 FCFA aurait ensuite été adressée à la Fédération au mois de mai, sans qu’elle soit, à ce jour, réglée.

Le technicien réclame également 1 104 000 FCFA correspondant au forfait carburant ainsi que 12 millions de FCFA au titre des indemnités de logement pour une période de six mois.

L’ensemble de ces sommes porte donc la créance revendiquée à 423 820 300 FCFA. Par cette mise en demeure, le camp de Pape Bouna Thiaw entend désormais obtenir une régularisation rapide de la situation financière.

Me Guédel Ndiaye et ses associés ont accordé à la Fédération sénégalaise de football un délai de huit jours à compter de la signification de la mise en demeure pour procéder au paiement des sommes réclamées. Passé ce délai, les conseils annoncent la possibilité de saisir les juridictions compétentes afin d’obtenir le règlement des créances invoquées.

Fonds spéciaux : le Gouvernement s’oppose au contrôle parlementaire voulu par l’Assemblée nationale

Un nouveau bras de fer se profile entre le Gouvernement et l’Assemblée nationale autour de l’encadrement des crédits spéciaux et des autres fonds secrets. Alors que les députés s’apprêtent à examiner, dans le cadre de la session extraordinaire en cours, une proposition de loi visant à instaurer un cadre plus précis pour l’utilisation de ces ressources, l’Exécutif semble déterminé à contester cette initiative parlementaire.

Le député Amadou Bâ a révélé une divergence de fond entre le Gouvernement et la majorité parlementaire sur la question du contrôle des crédits spéciaux. Selon lui, l’Exécutif considère que ces crédits relèvent exclusivement du pouvoir réglementaire du Président de la République et ne devraient, à ce titre, pas être soumis à un contrôle parlementaire.

« Le Gouvernement répond que ces crédits spéciaux relèvent du pouvoir réglementaire du Président de la République et rejette tout contrôle parlementaire », a déclaré le parlementaire. Une position qui intervient alors que l’Assemblée nationale cherche précisément à mettre en place un mécanisme de contrôle, même limité, sur l’utilisation de ces fonds.

Pour Amadou Bâ, il ne s’agit pas pour les députés de remettre en cause les prérogatives constitutionnelles de l’Exécutif, mais d’instaurer un minimum de transparence et de contrôle sur des ressources publiques dont l’utilisation soulève régulièrement des interrogations. La proposition de loi actuellement sur la table vise ainsi à mieux encadrer le recours aux crédits spéciaux et à clarifier les modalités de leur utilisation.

Cette opposition entre les deux pouvoirs intervient dans un contexte politique déjà marqué par plusieurs désaccords institutionnels. Le débat sur les fonds spéciaux pourrait ainsi devenir un nouvel épisode de tension entre l’Exécutif et la majorité parlementaire, pourtant issue du même camp politique.

Le sujet promet d’ailleurs d’être au cœur de l’actualité parlementaire dans les prochaines heures. Le Groupe parlementaire Pastef doit tenir une conférence de presse ce vendredi afin de préciser sa position et de répondre aux différentes interprétations suscitées par les débats autour de la proposition de loi.

Amadou Bâ annonce que cette rencontre avec la presse aura notamment pour objectif « d’endiguer toutes les manipulations ». Les députés de la majorité devraient ainsi revenir sur le contenu du texte, les arguments avancés par le Gouvernement et les motivations qui sous-tendent la volonté de l’Assemblée nationale d’instaurer un contrôle minimum sur les crédits spéciaux.

Au-delà du bras de fer institutionnel, cette controverse remet au centre du débat la question de la transparence dans la gestion des finances publiques. L’examen de la proposition de loi permettra notamment de mesurer jusqu’où les députés entendent aller dans le contrôle de ces fonds et quelle marge de manœuvre le Gouvernement est prêt à leur reconnaître.

Sénégal-Danemark : Cheikh Niang mise sur le numérique pour moderniser l’administration publique

La visite officielle au Danemark du ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Cheikh Niang, s’est achevée sur une séquence consacrée à la transformation numérique de l’administration publique. Pour la dernière étape de son déplacement, le ministre a rencontré les responsables de cBrain, entreprise danoise spécialisée dans les solutions numériques destinées aux administrations publiques.

Cette rencontre a été l’occasion d’échanger sur les possibilités de coopération entre le Sénégal et le Danemark dans un secteur considéré comme stratégique pour la modernisation de l’État. Les discussions ont notamment porté sur l’expérience danoise en matière de digitalisation des services publics, ainsi que sur les solutions technologiques susceptibles d’accompagner le Sénégal dans la transformation de son administration.

Au cœur des échanges figure la mise en œuvre des ambitions du New Deal technologique, qui place la transformation numérique parmi les priorités du Sénégal. Cette stratégie vise notamment à accélérer la modernisation de l’administration, à simplifier les démarches administratives grâce à leur dématérialisation et à améliorer l’accès des citoyens aux services publics.

Pour les autorités sénégalaises, la digitalisation ne se limite pas à l’introduction de nouveaux outils technologiques. Elle doit également contribuer à rendre l’administration plus performante, plus transparente et davantage centrée sur les besoins des usagers. La dématérialisation des procédures doit ainsi permettre de réduire les délais, de faciliter les démarches des citoyens et des entreprises et de renforcer l’efficacité des services de l’État.

Les échanges avec cBrain ont également permis d’aborder la question de la souveraineté numérique, devenue un enjeu majeur pour les États à l’heure de l’accélération des usages numériques. Pour le Sénégal, le développement de capacités nationales et la mise en place de partenariats technologiques maîtrisés constituent des leviers importants pour sécuriser les données publiques et renforcer l’autonomie numérique du pays.

Au cours de la rencontre, Cheikh Niang a insisté sur l’importance de nouer des partenariats concrets et mutuellement bénéfiques. L’objectif est de faire en sorte que l’innovation technologique réponde directement aux besoins des administrations et des populations, tout en favorisant le partage d’expertise et le transfert de compétences.

La coopération avec des acteurs spécialisés comme cBrain pourrait ainsi ouvrir de nouvelles perspectives dans plusieurs domaines liés à la transformation de l’État, notamment la gestion numérique des procédures, l’amélioration des services administratifs et l’exploitation des technologies pour rendre l’action publique plus efficace.

Cette étape danoise vient ainsi renforcer la dimension économique et technologique de la diplomatie sénégalaise. Au-delà des relations politiques entre les deux pays, Dakar entend désormais davantage miser sur les partenariats susceptibles d’apporter des solutions concrètes aux défis de modernisation auxquels l’administration est confrontée.

Kolda : trois individus interpellés après une série de cambriolages de boutiques

La Sûreté urbaine du Commissariat central de Kolda a procédé à l’interpellation de trois individus soupçonnés d’être impliqués dans plusieurs cambriolages de boutiques commis de nuit avec effraction dans différents quartiers de la ville. Les mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs et vol en réunion commis la nuit avec effraction.

L’enquête a été ouverte à la suite de la plainte déposée par une commerçante, victime du cambriolage de sa boutique située au quartier Zone Lycée, dans la nuit du 3 au 4 juillet 2026. Les malfaiteurs avaient forcé l’accès au commerce avant d’emporter plusieurs biens.

Les premières investigations, notamment à la suite des réquisitions effectuées par les enquêteurs, ont permis d’identifier puis d’interpeller un premier suspect. Celui-ci était en possession d’un téléphone portable faisant partie du matériel emporté lors du cambriolage. Son interrogatoire a conduit les policiers sur la piste d’un deuxième individu, soupçonné de lui avoir vendu le téléphone.

Confronté aux éléments recueillis par les enquêteurs, ce deuxième suspect serait rapidement passé aux aveux. Il aurait reconnu son implication dans les faits et déclaré avoir participé au cambriolage avec trois autres complices. Il a également indiqué que le groupe auquel ils appartiendraient se faisait appeler « Kuluna ».

Selon les déclarations recueillies au cours de l’enquête, le groupe aurait participé à plusieurs cambriolages de commerces à Kolda. Le mis en cause a notamment reconnu avoir pris part au cambriolage de deux boutiques, au cours desquels des denrées alimentaires, de l’argent et un téléphone portable auraient été dérobés. Il aurait ensuite livré aux enquêteurs l’identité de certains de ses présumés complices.

Les investigations ont ainsi permis l’interpellation d’un autre suspect cité au cours de l’enquête. Interrogé à son tour, celui-ci aurait reconnu être impliqué dans plusieurs cambriolages de boutiques perpétrés à Kolda et aurait à son tour cité d’autres membres présumés du groupe.

La poursuite des investigations a conduit les enquêteurs à interpeller un troisième mis en cause, lui aussi préalablement identifié au cours des auditions. Ce dernier aurait reconnu avoir participé à un cambriolage commis dans une boutique située au quartier Saré Kémo.

D’après les éléments recueillis par la police, les malfaiteurs présumés ciblaient principalement les commerces et emportaient notamment des denrées alimentaires, de l’argent liquide, des paquets de cigarettes, des canettes de boissons ainsi que des téléphones portables.

Les enquêteurs ont par ailleurs identifié et entendu les autres personnes ayant déclaré avoir été victimes de cambriolages susceptibles d’être liés à cette affaire. Leurs déclarations ont été consignées dans des procès-verbaux afin de permettre aux enquêteurs de déterminer avec précision le rôle de chacun des mis en cause et l’étendue des faits qui leur sont reprochés.

À l’issue de la procédure, les trois suspects ont été conduits au parquet. La police précise que les investigations se poursuivent afin de faire toute la lumière sur cette série de cambriolages et d’identifier d’éventuels autres membres du groupe.

Tivaouane : les fidèles tidianes lancent les veillées du « Burd » avant le Gamou

Les fidèles de la communauté tidiane entament, ce vendredi 14 août 2026, les séances de récitation du « Burd » à Tivaouane, ainsi que dans plusieurs autres localités du Sénégal. Ces veillées spirituelles, qui s’étaleront sur dix nuits consécutives, marquent le démarrage des activités religieuses préparatoires au Gamou, prévu le 25 août prochain.

Cette première nuit intervient au moment où débute également le mois de Rabi’ al-Awwal, période particulièrement importante pour les fidèles musulmans puisqu’elle est consacrée à la commémoration de la naissance du Prophète Mouhammad (PSL). À Tivaouane, capitale de la Tidjaniya au Sénégal, cette période donne lieu à une intense mobilisation spirituelle et religieuse.

Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), les séances de « Burd » constituent des moments de grande ferveur dans la cité religieuse. À la tombée de la nuit, les fidèles se retrouvent dans les mosquées et différents lieux de prière pour réciter collectivement des passages de « Al-Burda », célèbre poème religieux consacré à l’éloge du Prophète Mouhammad (PSL).

Pendant dix nuits, ces récitations rythmeront ainsi la vie religieuse de Tivaouane. Les voix des disciples, réunis en chœur autour des textes religieux, résonneront dans plusieurs mosquées de la cité, dans une atmosphère marquée par la dévotion, le recueillement et la communion spirituelle.

Au-delà de leur dimension religieuse, ces veillées constituent également un temps fort de retrouvailles pour les disciples tidianes. De nombreux fidèles établis dans différentes régions du Sénégal, mais aussi des membres de la diaspora, commencent déjà à rejoindre ou à préparer leur venue à Tivaouane afin de prendre part à ces moments de dévotion qui précèdent le Gamou.

Le lancement du « Burd » ouvre ainsi une séquence particulièrement importante dans le calendrier religieux de Tivaouane. Les dix nuits de récitation permettront aux fidèles de se préparer spirituellement à la célébration du Gamou, qui réunira, le 25 août, des milliers de disciples venus du Sénégal et de l’étranger autour de la commémoration de la naissance du Prophète Mouhammad (PSL).

Kaolack : Pénurie d’engrais, Aar Sunu Moomel réclame des explications à l’État

Le mouvement Aar Sunu Moomel se dit profondément préoccupé par la situation de la campagne agricole au Sénégal. Face à la presse ce jeudi, son président, Bassirou Ba, dit « Toucouleur Baye », a vivement dénoncé les difficultés liées à l’approvisionnement en engrais dans plusieurs zones agricoles du pays.

Selon le responsable, plusieurs localités seraient confrontées à une pénurie d’engrais à un moment crucial de la campagne agricole. Il cite notamment les régions de Kolda, Tambacounda et Kaffrine, ainsi que Kaymor, Médina Sabakh et d’autres localités de la région de Fatick.

Bassirou Ba s’est également inquiété de la qualité de certains engrais disponibles sur le marché. Il affirme que des produits provenant de la Gambie seraient distribués dans certaines zones et émet de sérieux doutes sur leur conformité. « Cet engrais est plein de poussière », dénonce-t-il, estimant que cette situation pourrait avoir des conséquences sur les producteurs qui les utilisent.

Pour Aar Sunu Moomel, la difficulté d’accès aux engrais constitue une source d’inquiétude majeure pour les agriculteurs. Le mouvement affirme que le produit serait devenu difficile, voire introuvable, dans plusieurs marchés, plongeant ainsi les producteurs dans l’incertitude quant à la suite de la campagne.

Le président du mouvement déplore également ce qu’il considère comme un manque de communication de la part des autorités. À ses yeux, les agriculteurs sont en droit d’obtenir des explications précises sur la disponibilité des intrants, leur qualité et les mesures prises par l’État pour garantir leur accès.

Bassirou Ba critique, par ailleurs, la gestion de la campagne agricole par les autorités. Il estime que les préoccupations du monde rural ne bénéficient pas de l’attention qu’elles méritent et accuse le pouvoir d’accorder davantage de place aux considérations politiques qu’aux difficultés quotidiennes des producteurs.

Très critique à l’égard de la gouvernance du Pastef, le président d’Aar Sunu Moomel dit être « très déçu » de la situation actuelle. Il rappelle notamment les difficultés qui auraient marqué la précédente campagne agricole, évoquant des problèmes liés à la qualité de certaines semences distribuées aux producteurs.

Selon lui, une partie de ces semences n’aurait pas correctement germé, fragilisant davantage les agriculteurs concernés. Il redoute que l’accumulation de ces difficultés, notamment celles liées aux engrais, ne compromette les rendements et n’aggrave la situation alimentaire du pays.

Face à ce qu’il qualifie d’« incompétence » de l’État dans la gestion de la campagne agricole, Aar Sunu Moomel entend désormais intensifier sa mobilisation. Bassirou Ba a annoncé l’organisation d’une tournée nationale destinée à sensibiliser les populations et à porter les revendications du mouvement auprès des autorités.

À travers cette initiative, Aar Sunu Moomel entend défendre les intérêts des producteurs et réclamer des réponses concrètes sur la disponibilité, la qualité et l’accessibilité des engrais.

Pour le mouvement, l’urgence est désormais d’apporter des solutions rapides aux difficultés rencontrées sur le terrain afin de rassurer les agriculteurs et d’éviter que les problèmes d’accès aux intrants ne viennent compromettre davantage la campagne agricole.

Élections municipales : appel aux Kaolackois pour une grande coalition au service de Kaolack

À l’approche des élections territoriales de 2027, les Kaolackois devront examiner avec attention le profil, l’expérience et les compétences des candidats appelés à briguer la mairie. Face aux nombreux défis auxquels la ville est confrontée, le choix du prochain maire devra être mûrement réfléchi.

Kaolack mérite un maire compétent, humain et proche des populations, porteur d’un véritable projet de développement axé sur l’amélioration des conditions de vie, l’accès au savoir, le renforcement du pouvoir d’achat et la création d’opportunités économiques.

Le futur édile devra notamment maîtriser les compétences transférées, comprendre les mécanismes administratifs, financiers et techniques d’une collectivité territoriale et disposer d’un réseau de partenaires capable d’accompagner les projets de développement de la ville, plaide Samba Sadji, coordonnateur de LSS et président d’ARR/Kaolack.

Kaolack garde encore le souvenir d’une époque où elle constituait un important pôle économique et industriel, avec un tissu industriel dynamique et un port particulièrement actif. La ville disposait alors d’une forte capacité d’attraction économique et offrait des opportunités d’emploi à de nombreux jeunes, y compris à ceux venus de la sous-région. Aujourd’hui, de nombreux Kaolackois aspirent à retrouver ce dynamisme.

« Kaolack n’est pas une marchandise à acheter. Le futur maire ne doit pas se servir de Kaolack, il doit servir Kaolack », souligne Samba Sadji.

La ville reste confrontée à plusieurs défis, notamment l’insalubrité, les problèmes d’assainissement, le déficit en routes secondaires et le manque de perspectives pour une partie de la jeunesse.

Face à cette situation, les compétences et les forces vives de Kaolack ne doivent plus rester spectatrices. L’heure est venue, selon Samba Sadji, de construire une dynamique collective autour d’un projet crédible et d’un candidat disposant d’une expérience et d’une expertise avérées.

Le futur maire devra ainsi être en mesure de maîtriser les enjeux de la décentralisation, de comprendre le fonctionnement administratif et financier d’une mairie et de s’entourer d’une équipe compétente, expérimentée et intègre.

Cette démarche doit impliquer toutes les composantes de la société : jeunes, femmes, artisans, chauffeurs, étudiants, enseignants, commerçants et autres acteurs de la vie économique et sociale.

Pour Samba Sadji, coordonnateur de LSS et président d’ARR/Kaolack, la constitution d’une « très grande coalition » apparaît dès lors comme une nécessité pour sortir Kaolack de l’ornière et ouvrir une nouvelle perspective de développement.

Crédits spéciaux : les députés de Pastef rejettent en bloc les amendements du gouvernement

L’examen en commission de la proposition de loi portant encadrement des crédits spéciaux a une nouvelle fois mis en lumière les divergences entre le gouvernement et la majorité parlementaire. Selon Les Échos, les députés de Pastef ont rejeté les six amendements introduits au nom de l’Exécutif par le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Me Moussa Sarr.

La tension monte d’un cran entre l’Exécutif et sa majorité à l’Assemblée nationale. Après les désaccords apparus lors de l’examen du texte relatif à la déclaration de patrimoine, c’est désormais la question des crédits spéciaux qui cristallise les divergences. Les travaux en commission ont ainsi donné lieu à un bras de fer autour du contenu et du champ d’application de la future loi.

La proposition de loi, portée notamment par Guy Marius Sagna, Mame Diarra Bèye et Alphonse Mané Sambou, a été examinée par la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, présidée par Cherif Ahmed Dicko. Le gouvernement devait initialement être représenté par le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba.

Mais un décret présidentiel signé le 7 août a finalement confié cette mission, à titre intérimaire, au ministre de la Justice, Me Moussa Sarr. Dès le début des discussions, le garde des Sceaux a exprimé des réserves sur plusieurs dispositions du texte et soumis six amendements au nom du gouvernement.

Ces propositions ont rapidement suscité des discussions nourries au sein de la commission. Face aux divergences apparues entre les représentants de l’Exécutif et les députés de Pastef, une suspension de séance a été décidée à la demande des parlementaires de la majorité. Ces derniers ont quitté momentanément la salle afin de se concerter sur la position à adopter.

À la reprise des travaux, leur décision était claire : les six amendements proposés par le gouvernement ont été rejetés.

L’un des principaux points de désaccord concerne le périmètre institutionnel du dispositif. Le gouvernement souhaitait notamment que les crédits du président de l’Assemblée nationale et ceux de la Primature soient également soumis au futur mécanisme d’encadrement, au même titre que les crédits relevant de la Présidence de la République. Cette proposition n’a toutefois pas été retenue par les députés.

La définition des crédits spéciaux a également constitué un important sujet de confrontation. Les initiateurs de la proposition de loi souhaitent limiter leur utilisation à des dépenses liées à la défense nationale, à la sécurité intérieure et extérieure de l’État ainsi qu’aux activités de renseignement.

L’Exécutif défendait, pour sa part, une définition plus large. Dans ses amendements, le gouvernement souhaitait notamment inclure des dépenses pouvant être justifiées par la préservation de l’ordre social, des mécanismes de solidarité, des situations d’urgence humanitaire ou de détresse sociale, mais aussi par des impératifs liés à la stabilité nationale et aux intérêts fondamentaux de la Nation.

Cette volonté d’élargir le champ d’utilisation des crédits spéciaux n’a pas convaincu la majorité parlementaire, qui a maintenu l’approche restrictive défendue par les auteurs de la proposition.

Le contrôle de l’utilisation des fonds constitue un autre point majeur de divergence. Alors que le gouvernement souhaitait que ce contrôle soit effectué conformément aux lois et règlements en vigueur, les parlementaires ont voulu inscrire explicitement le rôle de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire dans le dispositif.

Sur cette question, un amendement présenté par Alphonse Mané Sambou a été adopté. Il prévoit que les crédits spéciaux soient soumis à un contrôle parlementaire exercé par la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire.

La proposition de loi prévoit également des obligations de traçabilité pour les gestionnaires de ces crédits. Ceux-ci devront tenir une comptabilité des opérations effectuées et conserver les documents nécessaires aux vérifications, notamment les registres, états, journaux, décisions et autres pièces justificatives.

L’article 5 du texte a, lui aussi, fait l’objet de discussions. Les initiateurs de la proposition souhaitent notamment exclure du régime des crédits spéciaux certaines dépenses à caractère social ou politique ainsi que celles relevant du fonctionnement courant des institutions. Une orientation que le gouvernement ne partage pas totalement.

Malgré les divergences et les tentatives de modification portées par l’Exécutif, la proposition de loi a finalement été adoptée en commission par la majorité constituée des députés de Pastef.

Le texte doit désormais être soumis à l’examen de la séance plénière, annoncée pour la semaine prochaine. Cette nouvelle étape pourrait raviver les tensions si le gouvernement décide de reprendre en plénière tout ou partie des amendements rejetés en commission.

Selon Les Échos, l’hypothèse d’un recours à l’article 82 de la Constitution et à la procédure du vote bloqué est également évoquée. Une éventuelle utilisation de cette procédure pourrait ouvrir un nouveau débat sur les rapports entre l’Exécutif et le Parlement, mais aussi sur les limites des prérogatives gouvernementales dans l’examen d’une proposition de loi portée par la majorité parlementaire.

À Gaya, ministre Amy Mara Dièye mise sur l’aquaculture pour renforcer la souveraineté alimentaire

La ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Amy Mara Dièye, a entamé ce jeudi sa visite de travail à Gaya, dans le cadre d’un déplacement consacré notamment au développement du secteur de l’aquaculture et au renforcement des activités halieutiques.

Pour cette première étape, la ministre a débuté son programme par un moment de recueillement au mausolée de Mame Fawade Wélé, mère de Seydi El Hadji Malick Sy (RTA). Cette séquence à caractère spirituel a précédé les activités officielles inscrites à l’agenda de la délégation ministérielle.

Amy Mara Dièye s’est ensuite rendue sur le site retenu pour une importante opération d’empoissonnement, organisée en partenariat avec l’Agence nationale de l’Aquaculture (ANA). La cérémonie s’est déroulée en présence du directeur général de l’agence, le Dr Samba Ka, ainsi que des acteurs impliqués dans le développement de l’aquaculture.

À travers cette opération, les autorités entendent donner une nouvelle impulsion à la production aquacole, considérée comme un secteur stratégique pour accroître l’offre nationale en produits halieutiques. L’empoissonnement doit notamment contribuer à renforcer les capacités de production et à soutenir les activités économiques des populations locales.

Selon le ministère des Pêches et de l’Économie maritime, cette initiative s’inscrit dans une politique visant à promouvoir une aquaculture à la fois durable, performante et capable de répondre aux enjeux alimentaires et économiques du pays. L’objectif est également de favoriser la création d’emplois durables et de nouvelles opportunités de revenus dans les territoires.

La démarche traduit ainsi la volonté des pouvoirs publics de diversifier les sources de production halieutique face aux défis qui pèsent sur les ressources naturelles. En misant davantage sur l’aquaculture, le département dirigé par Amy Mara Dièye entend développer une filière moderne, structurée et créatrice de valeur.

Cette étape de Gaya constitue donc un signal fort en faveur de la transformation du secteur. Pour le ministère, l’aquaculture ne doit plus être considérée comme une activité complémentaire, mais comme un véritable levier de croissance économique et un élément important de la stratégie nationale de souveraineté alimentaire.

La DIC démantèle un gang chinois soupçonné d’avoir agressé plusieurs ressortissants au Sénégal

La Division des Investigations Criminelles (DIC) a mis la main sur un ressortissant chinois présenté comme un membre présumé d’un gang spécialisé dans les agressions, les séquestrations et les extorsions visant exclusivement des ressortissants chinois établis au Sénégal. L’intéressé a été interpellé puis déféré au parquet pour « association de malfaiteurs, séquestrations et extorsions », selon un communiqué de la Police publié ce vendredi 14 août 2026.

L’affaire a débuté à la suite de plusieurs plaintes déposées par des ressortissants chinois entre le 6 juillet et le 11 août 2026. Au total, quatre victimes ont signalé des faits présentant un mode opératoire similaire. Les investigations menées par les enquêteurs ont progressivement permis de faire le lien entre ces différentes agressions et de remonter jusqu’à un membre présumé du groupe.

Le premier cas concerne un ressortissant chinois qui aurait été attiré dans un appartement situé au quartier du Centenaire, à Dakar, sous prétexte de récupérer une créance d’un montant de 400 000 francs CFA. Une fois sur place, il aurait été pris à partie par un compatriote accompagné de quatre complices.

Selon les éléments recueillis dans le cadre de l’enquête, les agresseurs l’auraient séquestré et violenté afin de lui soutirer le code d’accès à son compte WeChat. Après avoir obtenu les informations nécessaires, ils auraient effectué des prélèvements portant sur environ 22 millions de francs CFA. La victime aurait ensuite été abandonnée dans l’appartement et n’aurait retrouvé sa liberté que grâce à l’intervention d’un riverain dont l’identité n’a pas été précisée.

Un deuxième ressortissant chinois, qui exerce comme masseur, a également fait état d’une violente agression. D’après sa plainte, deux hommes se seraient présentés chez lui dans l’après-midi du 6 août, sous prétexte de solliciter ses services. Les deux individus seraient revenus dans la soirée, cette fois accompagnés de trois autres personnes et munis d’un couteau.

Les malfaiteurs présumés auraient alors emporté 4,5 millions de francs CFA, des clés, le passeport et la carte de séjour de la victime ainsi que deux téléphones portables. L’agression lui aurait causé des blessures ayant entraîné une incapacité temporaire de travail de quinze jours.

Le troisième plaignant affirme, lui aussi, avoir été pris pour cible par le même groupe. Les faits se seraient déroulés le 25 juillet à son domicile. Les assaillants, qui auraient brandi une arme blanche, auraient cherché à obtenir des informations concernant son colocataire, également visé par leurs agissements. La victime aurait subi des violences au cours de l’agression et s’est vu prescrire, elle aussi, une ITT de quinze jours.

Le quatrième cas signalé aux enquêteurs concerne un ressortissant chinois résidant à Diamniadio. Celui-ci aurait été attaqué à son domicile le 24 juillet. Les agresseurs l’auraient ligoté avant de repartir avec une somme de 3,5 millions de francs CFA.

Face à la multiplication de ces plaintes, les enquêteurs ont intensifié les investigations afin d’identifier les auteurs présumés. Les recherches ont finalement permis de repérer l’un des membres présumés du gang. Celui-ci a été intercepté par la Direction de la Police aux Frontières alors qu’il tentait de quitter le territoire sénégalais par le poste de Moussala.

Le suspect faisait déjà l’objet d’une opposition à sortie du territoire. La fouille de son véhicule aurait permis aux policiers de découvrir un arsenal particulièrement évocateur : deux battes de baseball, deux couteaux ainsi qu’une paire de jumelles. Les enquêteurs ont également retrouvé dans le véhicule le passeport et l’un des téléphones portables déclarés volés par le deuxième plaignant. Une somme de 469 460 francs CFA en espèces a également été saisie.

Lors de son interrogatoire, le mis en cause aurait reconnu sa participation à cinq agressions. Parmi celles-ci figureraient les quatre affaires dénoncées par les victimes ayant saisi les autorités. Il aurait également livré des informations sur l’organisation du groupe, affirmant que celui-ci serait composé de six membres, tous de nationalité chinoise.

Selon ses déclarations, le gang aurait choisi de cibler exclusivement des compatriotes installés au Sénégal. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer le rôle précis de chacun des membres présumés et à vérifier l’ensemble des faits imputés au groupe.

Après son interpellation et son audition, le suspect a été déféré au parquet. La Police précise que l’enquête se poursuit afin d’identifier et d’interpeller les autres membres présumés de cette bande, mais également de faire toute la lumière sur les agressions signalées et sur l’étendue des sommes et biens qui auraient été extorqués aux victimes.

Passation au Port de Dakar : les travailleurs licenciés manifestent leur colère contre l’ancienne direction

La cérémonie de passation de service entre Waly Diouf Bodian et son successeur, Doune Pathé Mbengue, à la tête du Port autonome de Dakar, a été fortement perturbée par la mobilisation de plusieurs centaines de travailleurs contestant les mesures prises sous l’ancienne direction.

Dans la soirée du jeudi 13 août, l’ambiance était particulièrement tendue aux abords de la direction générale du Port autonome de Dakar. Alors que se tenait la cérémonie officielle marquant le départ de Waly Diouf Bodian et l’installation de Doune Pathé Mbengue, des travailleurs se disant victimes de licenciements sous l’ancienne administration ont investi les lieux pour faire entendre leur colère.

Vêtus ou munis de brassards rouges, ces manifestants ont multiplié les slogans hostiles à l’ancien directeur général. « Waly assassin » faisait notamment partie des slogans scandés par la foule, qui entendait ainsi dénoncer ce qu’elle considère comme des licenciements injustifiés et réclamer la réintégration des travailleurs concernés.

Selon les protestataires, plus de 700 travailleurs seraient concernés par ces mesures. Ils affirment que leur situation demeure toujours sans solution et refusent que leur dossier soit relégué au second plan à la faveur du changement intervenu à la tête de l’institution portuaire.

La mobilisation organisée au moment même de la passation de service avait ainsi une forte portée symbolique. En choisissant de se présenter devant la direction du Port avec des brassards rouges et des slogans de contestation, les travailleurs ont voulu rappeler aux nouvelles autorités que le contentieux social lié aux départs enregistrés sous l’ancienne direction reste entier.

La cérémonie a également été marquée par la présence de nombreux militants du Pastef, venus apporter leur soutien à Waly Diouf Bodian. Cette mobilisation politique intervient dans un contexte de réaménagement important à la tête de plusieurs directions et structures de l’administration sénégalaise. Le départ de Waly Diouf Bodian est notamment intervenu dans une période marquée par le remplacement de plusieurs responsables considérés comme proches d’Ousmane Sonko.

Face à cette contestation, l’ancienne direction du Port autonome de Dakar a toujours rejeté les accusations de licenciements abusifs. Durant la période allant de mai 2024 à août 2026, elle avait soutenu que les départs dénoncés par les travailleurs ne résultaient pas de licenciements arbitraires, mais concernaient des agents dont les contrats étaient arrivés à leur terme.

Le changement de direction ne semble donc pas avoir mis fin à la controverse. Alors que Doune Pathé Mbengue prend désormais les commandes du Port autonome de Dakar, le dossier des travailleurs concernés reste au cœur des revendications sociales. La nouvelle direction devra ainsi composer avec cette situation et les attentes des agents qui réclament toujours des réponses sur leur avenir professionnel.

Grand Magal 2026 : les accidents de la route en forte baisse malgré l’affluence

Le bilan définitif de la sécurité routière lors du Grand Magal de Touba 2026 fait ressortir une nette amélioration par rapport à l’édition précédente. Selon les données communiquées par le ministère des Transports terrestres et aériens, le nombre d’accidents de la circulation a enregistré une baisse de 51,5 %, passant de 679 cas en 2025 à 329 en 2026.

Cette diminution s’est également traduite par une réduction importante du nombre de blessés. Au total, 628 personnes ont été victimes d’accidents cette année, contre 1 358 lors du dernier Magal, soit une baisse de 53,8 %. En valeur absolue, 730 personnes de moins ont ainsi été blessées. Le nombre de décès a également reculé, passant de 33 corps sans vie en 2025 à 25 en 2026, soit une baisse de 24,2 %.

Ces chiffres prennent une importance particulière au regard de l’ampleur des déplacements enregistrés à l’occasion de l’événement religieux. L’édition 2026 s’est déroulée dans un contexte de très forte affluence sur les principaux axes menant à Touba. Sur la seule autoroute Ila Touba, 645 329 véhicules ont été comptabilisés durant la période du Magal. Les flux ont été particulièrement importants deux et trois jours avant le grand rendez-vous religieux.

La section reliant l’Aéroport international Blaise Diagne à Mbour et Thiès a enregistré 351 779 véhicules, tandis que le tronçon compris entre Thiès et Touba a comptabilisé 293 550 passages. Face à cette pression exceptionnelle sur le réseau routier, les autorités ont misé sur une meilleure anticipation des déplacements, le renforcement des transports collectifs et une intensification des actions de prévention.

Le ministère des Transports terrestres et aériens avait ainsi élaboré un plan stratégique comprenant 43 actions, dont 17 considérées comme prioritaires. Le suivi de ces mesures a été assuré à travers des réunions hebdomadaires, puis quotidiennes à l’approche du Magal. Plusieurs structures ont été mobilisées, notamment le Cabinet du ministère, la Direction générale des Transports routiers, l’Agence nationale de la Sécurité routière, Dakar Dem Dikk, les Grands Trains du Sénégal, les Autoroutes du Sénégal et l’Aéroport international Blaise Diagne.

Le renforcement de l’offre de transport public a constitué l’un des principaux leviers du dispositif. Pendant quatre jours, de J-3 à J+1, Dakar Dem Dikk a effectué 1 140 courses spéciales. Cette opération a permis de transporter 30 958 passagers, notamment des particuliers, des membres de dahiras et des représentants de syndicats.

Le transport ferroviaire a lui aussi contribué à réduire la pression sur les routes. Les Grands Trains du Sénégal ont assuré 31 circulations, dont 17 à l’aller et 14 au retour, entre plusieurs points du pays, notamment Diamniadio, Thiès, Diourbel et Touba. Au total, 9 651 voyageurs ont emprunté ces liaisons ferroviaires pendant la période du Magal.

Parallèlement à la gestion des flux, les autorités ont renforcé la prévention auprès des usagers. L’Agence nationale de la Sécurité routière et la Direction générale des Transports routiers ont concentré leurs campagnes sur les principaux facteurs à l’origine des accidents mortels, notamment la fatigue au volant, la surcharge des véhicules et la conduite sous l’effet de substances incompatibles avec la sécurité routière.

Plus de 1 200 flyers de sensibilisation ont été distribués dans six gares routières régionales. Des villages de sécurité routière ont également été installés dans plusieurs points stratégiques, notamment à l’Héliport de Touba, Dalifort, Thiaroye, Rufisque, Toglou et Bambey, afin de sensibiliser directement les voyageurs et les conducteurs.

Une attention particulière a par ailleurs été accordée aux usagers les plus vulnérables. Quelque 500 gilets et bandes réfléchissantes ont été distribués aux conducteurs de charrettes afin d’améliorer leur visibilité, notamment durant les déplacements nocturnes. Des messages de prévention ont également été diffusés dans les 12 régions du pays.

Le dispositif ne s’est pas limité à la sécurité routière. Sur le plan sanitaire, le ministère a apporté un appui financier d’un million de FCFA à l’hôpital régional de Diourbel et a organisé une journée de don de sang afin de renforcer les réserves nécessaires pendant cette période de forte mobilisation.

Malgré les résultats encourageants enregistrés cette année, les autorités appellent toutefois à maintenir la vigilance. Les accidents de la circulation demeurent l’un des principaux risques lors des grands rassemblements religieux, tandis que les usagers des deux-roues restent particulièrement exposés. La baisse enregistrée au cours du Magal 2026 ne doit donc pas conduire à un relâchement des comportements sur les routes.

Le ministère entend désormais tirer les enseignements de cette expérience pour préparer les prochains grands rendez-vous religieux, notamment le Gamou 2026. À Tivaouane, le dispositif prévoit déjà des campagnes de sensibilisation dans les gares routières, une caravane de prévention à travers la ville ainsi que la mise à disposition de matériels de sécurité au profit des acteurs locaux.

À Kaolack, les efforts porteront principalement sur les grands axes structurants, avec des opérations de terrain destinées à sensibiliser les conducteurs et à anticiper les mouvements de voyageurs.

Les Lions vont enfin connaître leur nouveau sélectionneur mardi

Le suspense autour du prochain sélectionneur de l’équipe nationale du Sénégal touche à sa fin. La Fédération sénégalaise de football devrait officiellement dévoiler l’identité du successeur de Pape Thiaw lors d’une conférence de presse prévue mardi au stade Léopold-Sédar-Senghor, selon Les Échos.

Après plusieurs semaines de spéculations, la FSF serait désormais arrivée au terme de son processus de sélection. Le nom du futur patron des Lions reste encore confidentiel, mais l’annonce devrait intervenir lors de cette rencontre avec la presse, qui permettra également à la Fédération de présenter les grandes orientations de la nouvelle équipe technique.

La succession de Pape Thiaw est devenue nécessaire après la décision prise par la Fédération de mettre fin, le 11 juillet dernier, aux fonctions du sélectionneur et de l’ensemble de son staff. Cette décision est intervenue à l’issue d’une période au cours de laquelle l’ancien international sénégalais avait pourtant obtenu des résultats significatifs à la tête de la sélection.

Arrivé sur le banc des Lions après le départ d’Aliou Cissé, Pape Thiaw avait d’abord assuré l’intérim avant de s’installer durablement dans le fauteuil de sélectionneur. Sous sa direction, le Sénégal avait notamment bouclé sa campagne de qualification pour la Coupe du monde 2026 sans connaître la moindre défaite. Son équipe avait également réalisé un parcours remarqué lors de la Coupe d’Afrique des nations 2025 au Maroc.

Mais la fin de son mandat a été précipitée par les dernières performances de la sélection. La défaite concédée face à la Belgique, alors que les Lions menaient encore 2-0 à quelques minutes du coup de sifflet final, aurait notamment pesé dans la décision de la Fédération. Ce revers a ainsi ouvert une nouvelle réflexion sur l’avenir de l’équipe nationale et sur le profil du technicien appelé à lui succéder.

Plusieurs noms ont circulé au cours des dernières semaines. Parmi les profils évoqués figure Patrick Vieira. L’ancien international français, champion du monde en 1998, dispose d’une solide expérience du très haut niveau et connaît également le Sénégal, pays d’origine de sa famille. Son parcours sur les bancs de Manchester City, de New York City, de l’OGC Nice, de Crystal Palace et de Strasbourg constitue un atout supplémentaire pour les partisans de cette piste.

Autre nom régulièrement cité, celui d’Omar Daf. Ancien international sénégalais, le technicien possède une connaissance approfondie de l’environnement du football national. Son expérience comme joueur puis entraîneur, notamment en France, pourrait constituer un argument important dans le choix de la Fédération, alors que celle-ci pourrait privilégier un profil capable de conjuguer expertise locale et expérience internationale.

Hervé Renard figure également parmi les entraîneurs évoqués. Le technicien français dispose d’une longue expérience du football africain, avec notamment des passages remarqués à la tête de plusieurs sélections du continent. Son vécu international et sa connaissance des compétitions africaines en font naturellement l’un des profils susceptibles de répondre aux exigences du poste.

Le technicien togolais Daré Nibombé aurait également manifesté son intérêt pour le poste. Son nom s’est ajouté à une liste de candidats potentiels particulièrement fournie, dans un contexte où la Fédération cherche à identifier le profil le mieux adapté aux ambitions de la sélection.

Au-delà du choix du sélectionneur, la composition du futur staff technique constitue un autre enjeu majeur. La possibilité de mettre en place une équipe mixte, associant un entraîneur disposant d’une expérience internationale à des techniciens et spécialistes connaissant parfaitement le football sénégalais, est notamment évoquée.

La préparation physique, l’analyse vidéo, le suivi médical et l’accompagnement individuel des joueurs devraient occuper une place importante dans le nouveau dispositif. La Fédération devra également veiller à assurer une bonne articulation entre les joueurs expérimentés et la nouvelle génération appelée à prendre progressivement davantage de responsabilités.

Le futur sélectionneur aura donc une mission qui dépassera largement les résultats immédiats. Il devra préparer les prochaines échéances internationales, notamment la Coupe d’Afrique des nations 2027, tout en travaillant sur le renouvellement de l’effectif et l’intégration des jeunes talents issus du championnat local, des centres de formation et des différentes filières de détection.

Le choix du prochain technicien sera ainsi particulièrement scruté par les supporters et les observateurs du football sénégalais. Après plusieurs années marquées par la stabilité autour d’Aliou Cissé puis par la courte expérience de Pape Thiaw, la Fédération s’apprête à lancer une nouvelle étape pour les Lions.

Projet immobilier aux Almadies : des Sénégalais de France dénoncent une présumée escroquerie de près de 100 millions FCFA

Le rêve d’investir au Sénégal et de disposer d’un logement dans un quartier prisé de Dakar s’est transformé en véritable cauchemar financier pour plusieurs Sénégalais établis en France. Selon les informations rapportées par L’Observateur, près de 100 millions de francs CFA auraient été mobilisés dans le cadre d’un projet immobilier présenté comme devant être réalisé sur un vaste terrain situé aux Almadies.

L’affaire, qui suscite désormais de sérieuses interrogations, a été portée à l’attention des autorités compétentes. La Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation du sol (Dscos) ainsi que la Division des investigations criminelles (DIC) ont été saisies afin de faire la lumière sur cette opération et de déterminer les responsabilités éventuelles.

Au départ, ils étaient quatre souscripteurs. Séduits par les garanties qui leur auraient été présentées et convaincus du sérieux de l’opération, ils auraient ensuite joué un rôle de relais auprès d’autres membres de la diaspora, contribuant ainsi à élargir le cercle des investisseurs intéressés par le projet.

Parmi les premiers souscripteurs figure Moussa Diallo. Celui-ci explique avoir vu dans cette opération une opportunité de concrétiser son projet d’acquisition immobilière au Sénégal. D’après son récit rapporté par le quotidien, plusieurs virements effectués depuis la France lui auraient permis de verser, à lui seul, environ 85 millions de francs CFA à l’initiateur du projet, par l’intermédiaire de son représentant au Sénégal, I. Diop, présenté comme étant établi aux Almadies.

Pour convaincre les investisseurs et maintenir leur confiance, plusieurs documents leur auraient été remis au fur et à mesure de l’opération. Il s’agirait notamment d’actes présentés comme des attributions de terrains délivrées par la Commission de contrôle des opérations domaniales. Ces pièces auraient constitué, aux yeux des souscripteurs, des garanties suffisantes pour poursuivre leurs investissements.

Les versements se seraient ainsi poursuivis jusqu’à ce qu’une nouvelle demande financière vienne renforcer les engagements des investisseurs. Les promoteurs auraient sollicité sept millions de francs CFA supplémentaires, présentés comme nécessaires pour rémunérer un géomètre chargé de procéder au morcellement des terrains. Pensant cette étape indispensable à la préparation de leurs futurs actes de vente, les souscripteurs auraient accepté de verser la somme réclamée.

C’est par la suite que les premiers signes d’inquiétude seraient apparus. Les échanges avec les responsables du projet se seraient progressivement interrompus, laissant les investisseurs sans informations précises sur l’évolution du dossier. Face au silence de leurs interlocuteurs, certains membres du groupe auraient alors décidé de se rendre personnellement à Dakar pour tenter d’obtenir des explications.

Au cours de leur séjour, ils auraient été conduits dans les locaux des services des Impôts et Domaines et présentés à un individu censé intervenir dans le traitement de leur dossier. Ils auraient cependant découvert par la suite que cette personne ne disposait pas, selon leur récit, de la qualité ou du statut nécessaire pour jouer le rôle qui lui avait été attribué.

Les soupçons se seraient davantage renforcés lorsqu’un autre interlocuteur se serait présenté à leur hôtel pour leur réclamer quatre millions de francs CFA supplémentaires. Cette nouvelle somme aurait été destinée à accélérer, selon les explications fournies aux investisseurs, l’établissement des titres de propriété.

Cette demande aurait finalement constitué un tournant dans l’affaire. Les quatre Sénégalais auraient décidé de suspendre tout nouveau paiement et de se rapprocher des services compétents afin de vérifier l’authenticité des documents et la réalité juridique du projet immobilier.

Le passage à la Dscos aurait alors fait tomber les dernières illusions des souscripteurs. D’après les informations rapportées par L’Observateur, les vérifications effectuées auraient révélé que les documents qui leur avaient été remis seraient faux. Le projet immobilier présenté aux investisseurs ne disposerait, selon les éléments communiqués aux victimes présumées, d’aucune base réelle.

Des plaintes auraient ainsi été déposées auprès de la Dscos et de la Division des investigations criminelles. Les enquêteurs devront notamment déterminer l’origine des documents transmis aux souscripteurs, identifier les éventuels bénéficiaires des sommes versées et établir les responsabilités de chacun dans cette opération.

I. Diop, présenté comme le représentant du projet au Sénégal, aurait déjà procédé au remboursement d’une partie importante des sommes engagées. Près de 55 millions de francs CFA auraient ainsi été restitués. Interrogé sur la situation, il aurait expliqué les difficultés rencontrées par des retards dans l’établissement des documents d’attribution et soutenu n’avoir joué qu’un rôle d’intermédiaire.

Selon le quotidien, I. Diop se serait également engagé à poursuivre les démarches pour récupérer les fonds et permettre leur restitution aux différents souscripteurs. Il est par ailleurs attendu devant les enquêteurs de la DIC, qui devront recueillir sa version des faits et confronter ses déclarations aux éléments déjà réunis.

En attendant les conclusions de l’enquête, les victimes présumées restent marquées par l’ampleur des sommes engagées et par la déception née de cette affaire. Pour ces Sénégalais établis en France, le projet devait symboliser un investissement dans leur pays d’origine et la préparation d’un retour dans de meilleures conditions. Il s’est finalement transformé en une lourde déconvenue financière.

Moussa Diallo appelle désormais les autorités à renforcer les mécanismes de contrôle et d’accompagnement destinés aux Sénégalais de l’extérieur qui souhaitent investir dans l’immobilier. L’objectif, selon lui, est d’éviter que d’autres membres de la diaspora ne soient exposés à des opérations reposant sur de fausses garanties ou sur des documents présumés frauduleux.

Les Lioncelles terminent l’Afrobasket U18 à la 9e place après une large victoire contre le Maroc

L’équipe nationale féminine des moins de 18 ans du Sénégal a terminé sa campagne à l’Afrobasket U18 sur une note positive. Les Lioncelles ont largement dominé le Maroc, ce jeudi 13 août 2026, à Treichville, en Côte d’Ivoire, sur le score sans appel de 58 à 28, à l’occasion de leur dernier match de classement.

Dès les premières minutes, les jeunes Sénégalaises ont affiché une nette supériorité dans le jeu. Solides défensivement et efficaces dans les phases offensives, elles ont progressivement creusé l’écart face à une équipe marocaine en difficulté pour trouver des solutions. La maîtrise collective affichée par les Lioncelles leur a permis de prendre rapidement le contrôle de la rencontre et de conserver leur avantage jusqu’au coup de sifflet final.

Avec cette victoire particulièrement large, le Sénégal conclut son tournoi à la 9e place du classement général. Cette performance vient récompenser une équipe qui aura su relever la tête lors des matchs de classement après les difficultés rencontrées plus tôt dans la compétition.

Les Lioncelles ont en effet enregistré deux succès durant cette phase de classement, témoignant d’une belle réaction collective et d’une volonté de terminer la compétition sur une dynamique positive. Au-delà du classement final, ces dernières rencontres auront permis aux jeunes Sénégalaises de gagner en expérience et de mesurer les exigences du haut niveau continental.

Ànd Sàmm Jikko Yi réaffirme son soutien au procureur Saliou Dicko

Le collectif Ànd Sàmm Jikko Yi a renouvelé son soutien au procureur de la République, Saliou Dicko, dans le cadre du suivi des dossiers liés à la protection des valeurs sociétales. Une délégation de l’organisation a été reçue en audience par le chef du Parquet, avec au cœur des échanges la question de la répression de l’homosexualité au Sénégal.

Au cours de cette rencontre, les représentants du collectif ont réaffirmé leur volonté d’accompagner l’action judiciaire sur les questions qu’ils considèrent comme essentielles à la préservation des valeurs et des normes sociales du pays. L’organisation dit ainsi vouloir maintenir son engagement aux côtés du Parquet dans le traitement des dossiers relatifs aux mœurs.

À l’issue de l’audience, Ànd Sàmm Jikko Yi a rendu public un communiqué dans lequel il assure avoir exprimé un soutien « entier et inconditionnel » aux actions entreprises par le procureur de la République dans le suivi de ces dossiers. Le collectif a également réitéré son mot d’ordre : « Tous avec le procureur Dicko ».

La délégation était conduite par le coordonnateur général du collectif, l’imam Babacar Sylla, entouré de plusieurs membres du bureau exécutif. Cette audience a été présentée par l’organisation comme un moment d’échange autour des enjeux liés à la protection des valeurs sociétales et à l’application de la loi.

Une photo de groupe prise dans le bureau du magistrat est venue marquer cette rencontre entre les représentants du collectif et le chef du Parquet. Pour Ànd Sàmm Jikko Yi, cette démarche traduit une volonté de poursuivre la mobilisation et de faire entendre sa position sur les questions de société qui suscitent régulièrement des débats au Sénégal.

Saint-Louis : le ministère des Pêches en tournée pour évaluer les défis et relancer l’économie maritime

Du 12 au 15 août 2026, la région de Saint-Louis est au cœur d’une mission du ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires. Cette tournée s’inscrit dans une démarche d’immersion sur le terrain visant à mieux cerner les réalités auxquelles sont confrontés les professionnels de la pêche et les différents acteurs de l’économie maritime dans la région Nord.

À travers cette mission, le département ministériel entend renforcer le dialogue avec les acteurs locaux et recueillir leurs préoccupations, tout en évaluant les infrastructures et les dispositifs existants dans le secteur. L’objectif affiché est également d’identifier de nouvelles opportunités susceptibles de contribuer au développement de l’économie maritime et à l’amélioration des conditions de travail des professionnels.

Le programme de la tournée prévoit plusieurs rencontres avec les acteurs de la pêche et de l’économie maritime. Ces échanges doivent permettre aux autorités de prendre la mesure des difficultés rencontrées sur le terrain, mais aussi de recueillir les propositions des professionnels afin d’orienter les futures politiques publiques. Le ministère entend ainsi privilégier une approche fondée sur l’écoute et la concertation.

La mission sera également marquée par l’inauguration de nouvelles infrastructures. Ces équipements devraient participer au renforcement des capacités du secteur et à l’amélioration des conditions d’exploitation des activités liées à la pêche. Pour les autorités, ces investissements constituent un levier important pour accompagner la modernisation du secteur et soutenir son potentiel économique.

Au-delà des infrastructures, la délégation ministérielle prévoit aussi des échanges avec différents partenaires autour de nouvelles perspectives de collaboration. Il s’agit notamment de renforcer les synergies entre les acteurs publics, les professionnels et les partenaires engagés dans le développement de l’économie maritime.

Cette tournée intervient dans un contexte où la pêche demeure un secteur stratégique pour la région de Saint-Louis, notamment en matière d’emplois, de revenus et d’activités économiques. Les acteurs sont cependant confrontés à plusieurs défis qui nécessitent des réponses adaptées aux réalités locales.

Cybersécurité : le Sénégal prépare une nouvelle loi pour protéger ses infrastructures critiques

Le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique entend renforcer l’arsenal juridique du Sénégal en matière de cybersécurité. Le département a présenté les grandes orientations du projet de loi relatif à la protection des infrastructures d’information critiques et à la sécurité numérique, un texte présenté comme stratégique pour préserver les intérêts souverains du pays face à la multiplication des cybermenaces.

À travers cette réforme, les autorités souhaitent mettre en place un cadre juridique plus solide afin de mieux protéger les systèmes d’information considérés comme essentiels au fonctionnement de l’État et de l’économie nationale. L’enjeu est d’autant plus important que les infrastructures numériques occupent désormais une place centrale dans la fourniture des services publics, les activités économiques et la gestion des données des citoyens.

Selon les orientations présentées, une attaque majeure contre un réseau stratégique pourrait provoquer de graves perturbations dans les services essentiels, occasionner des pertes financières considérables et compromettre les droits des citoyens. La protection des systèmes d’information n’est donc plus considérée comme une simple question technique, mais comme un véritable enjeu de sécurité nationale et de continuité de l’État.

Renforcer la souveraineté numérique

Le futur dispositif prévoit plusieurs mesures destinées à accroître la résilience des infrastructures vitales et à renforcer la confiance dans l’environnement numérique sénégalais. Parmi les principales orientations figure la protection renforcée des données personnelles, dans un contexte marqué par l’explosion des usages numériques et la multiplication des risques liés à la circulation et au stockage des informations sensibles.

Le projet prévoit également un encadrement spécifique de la sécurité des objets connectés, devenus de plus en plus présents dans les administrations, les entreprises et les services essentiels. Leur multiplication constitue en effet un nouveau point d’entrée potentiel pour les cyberattaques.

Autre mesure importante : l’obligation d’héberger les données publiques sur le territoire national. Cette disposition vise à renforcer la maîtrise du Sénégal sur ses données stratégiques et à consolider sa souveraineté numérique. Elle doit également permettre aux autorités de mieux contrôler les conditions de conservation et de protection des informations relevant de l’État.

Des capacités nationales de réponse aux cyberattaques

Face à l’évolution des menaces, le projet de loi ambitionne également de renforcer les capacités nationales de détection, de prévention et de réponse aux incidents informatiques. L’objectif est de permettre aux structures concernées d’identifier plus rapidement les attaques, de limiter leurs conséquences et de rétablir les services dans les meilleurs délais.

La coopération internationale en matière de cybersécurité devrait, elle aussi, être encadrée par le nouveau dispositif. Le Sénégal entend ainsi participer aux mécanismes internationaux de lutte contre la cybercriminalité tout en veillant à ce que cette coopération demeure compatible avec ses intérêts fondamentaux et sa souveraineté nationale.

Cette approche traduit la volonté des autorités de construire une politique de cybersécurité qui ne se limite pas à la protection technique des réseaux, mais qui intègre également les dimensions institutionnelle, économique et stratégique de la transformation numérique.

La cybersécurité comme opportunité économique

Au-delà de la protection des infrastructures publiques et privées, le projet de loi pourrait également avoir des répercussions importantes sur l’économie numérique nationale. En introduisant de nouvelles exigences en matière de conformité et de sécurité, les autorités souhaitent favoriser l’émergence d’un véritable marché sénégalais de la cybersécurité.

Le renforcement des normes devrait notamment créer de nouvelles opportunités pour les entreprises spécialisées dans la sécurité informatique. Le développement de prestataires agréés pourrait contribuer à structurer davantage le secteur et à offrir aux administrations comme aux entreprises des solutions adaptées aux réalités et aux besoins du pays.

La réforme pourrait également favoriser la création d’emplois qualifiés et accélérer la montée en compétences des professionnels sénégalais. Elle ouvre ainsi des perspectives dans plusieurs domaines, notamment l’audit de sécurité, la protection des réseaux, la surveillance des systèmes, la gestion des incidents et la sécurisation des données.

À terme, les autorités ambitionnent de voir émerger des entreprises technologiques sénégalaises capables de proposer des solutions de cybersécurité compétitives, aussi bien sur le marché national qu’à l’échelle régionale.

Dalifort : trois personnes interpellées dans un réseau présumé de recel de compteurs d’eau et de câbles en cuivre

Le Commissariat d’arrondissement de Dalifort a procédé à l’interpellation de trois individus dans le cadre d’une enquête portant sur un réseau présumé de recel de compteurs d’eau de Sen Eau et de câbles en cuivre. Les mis en cause sont également soupçonnés de tentative de corruption d’un fonctionnaire.

L’affaire fait suite à plusieurs déclarations de vols de compteurs d’eau enregistrées dans le secteur de Dalifort-Foirail. Face à la récurrence de ces faits, les enquêteurs ont ouvert des investigations qui les ont conduits vers la zone industrielle de Dalifort-Foirail, à proximité de la station-service Bada Lo.

Une descente effectuée dans les locaux de la société Westaf Metals Sénégal a permis aux policiers de découvrir plusieurs sacs contenant des compteurs d’eau appartenant à Sen Eau. Les enquêteurs ont également retrouvé sur les lieux des câbles en cuivre attribués à Sonatel, dont l’origine exacte reste à déterminer dans le cadre de l’enquête.

Interrogés sur la provenance de ces équipements, les premiers suspects ont déclaré aux enquêteurs qu’ils les achetaient auprès de particuliers qui venaient les leur proposer. Ils ont également expliqué travailler pour le compte d’un autre individu présenté comme responsable de la société.

Au cours de l’enquête, l’un des mis en cause aurait tenté de mettre fin aux poursuites en proposant aux enquêteurs la somme de 2,5 millions de francs CFA pour, selon ses propres termes, « régler l’affaire ». Sur instructions du procureur, les deux conteneurs présents sur le site ainsi que la somme d’argent ont été scellés afin de préserver les éléments utiles à la manifestation de la vérité.

Les auditions ont ensuite permis aux enquêteurs d’obtenir de nouvelles informations sur le fonctionnement présumé de la société. Les deux premiers interpellés ont indiqué que Westaf Metals Sénégal serait également gérée par deux autres individus de nationalité étrangère, qui résideraient dans le quartier des Maristes, à Dakar.

Les policiers ont alors mis en place un dispositif de surveillance autour de l’immeuble où les deux suspects seraient domiciliés. Cette opération a conduit à une nouvelle interpellation. L’un des individus surveillés, arrivé à bord d’un taxi, est entré dans l’immeuble avant d’en ressortir une dizaine de minutes plus tard avec une valise.

Il a été interpellé à sa sortie. La fouille de la valise a permis aux enquêteurs de découvrir trois passeports, dont deux appartiendraient à des compatriotes du suspect. Ces documents ont été saisis pour les besoins de l’enquête afin d’en déterminer la provenance et les circonstances de leur détention.

Afrobasket U18 : les Lionceaux domptent Madagascar et s’offrent une place dans le dernier carré

Le Sénégal poursuit son parcours sans faute à l’Afrobasket U18 masculin. Les Lionceaux ont décroché leur qualification pour les demi-finales de la compétition en dominant Madagascar (54-40), ce mercredi, au terme d’un quart de finale parfaitement maîtrisé.

Dès les premières minutes, les hommes de Mouhamed Sène ont affiché leurs ambitions. Solides défensivement et appliqués dans le jeu, les Sénégalais ont rapidement pris les commandes de la rencontre. Ils ont bouclé le premier quart-temps avec six longueurs d’avance (15-9), imposant leur rythme à une équipe malgache pourtant déterminée à rester au contact.

Madagascar a ensuite réagi dans le deuxième quart-temps. Les Malgaches ont davantage gêné les Sénégalais et se sont montrés plus efficaces offensivement. Le duel est alors devenu plus équilibré, les deux équipes se rendant coup pour coup. Malgré cette réaction adverse, le Sénégal a réussi à conserver l’avantage et a rejoint les vestiaires avec seulement deux points d’avance (23-21).

Au retour de la pause, les Lionceaux ont changé de rythme. Plus agressifs en défense et plus efficaces dans leurs offensives, ils ont progressivement pris le contrôle de la partie. Codé Mbengue a particulièrement pesé sur le match avec 19 points, tandis que Pape Moussa Diallo a apporté 11 points. Grâce à cette montée en puissance, le Sénégal a totalement pris le dessus dans le troisième quart-temps, remporté sur le score de 18-4, pour porter son avance à 16 points (41-25).

Avec cet écart, les Sénégalais ont abordé le dernier quart-temps dans une position confortable. Madagascar a tenté de réagir, mais les hommes de Mouhamed Sène ont su gérer leur avantage et maintenir la pression jusqu’au coup de sifflet final. Le Sénégal s’impose finalement 54-40 et valide ainsi son ticket pour le dernier carré.

Production d’oignons : les maraîchers des Niayes se mobilisent contre les géants de l’agrobusiness

Dans la zone des Niayes, les petits producteurs peinent de plus en plus à écouler leurs récoltes d’oignons sur le marché. Une partie de leur production pourrit dans les champs, tandis qu’une autre est vendue à perte. En cause, selon les maraîchers, la concurrence des grandes entreprises de l’agrobusiness, qui contribueraient à saturer rapidement le marché. Face à cette situation, les producteurs lancent un appel urgent au président de la République.

Le cri de détresse des maraîchers

La situation est devenue préoccupante pour les maraîchers, les femmes et les jeunes de la zone des Niayes. Munis de brassards rouges et de pancartes, ils ont dénoncé les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Selon eux, après avoir investi d’importantes sommes d’argent dans leurs exploitations, ils ne trouvent plus suffisamment d’acheteurs pour écouler leurs productions d’oignons.

Privés de revenus, de nombreux producteurs éprouvent également des difficultés à rembourser leurs crédits. Mbaye Ndoye, président du Collectif des producteurs de Ngomène et porte-parole du Cadre de concertation des maraîchers du Sénégal, alerte sur les conséquences sociales de cette crise.

« Cette crise pousse désormais de nombreux jeunes à vouloir quitter le pays par la mer, par le phénomène “Barça ou Barsakh” », dénonce-t-il.

La loi du plus fort sur le marché

Pour les producteurs, les grandes entreprises disposent d’avantages considérables par rapport aux exploitations familiales. Elles bénéficient de capitaux importants, de technologies modernes d’irrigation, de vastes superficies cultivables et de capacités de stockage beaucoup plus importantes.

Ces moyens leur permettraient de mettre leurs oignons sur le marché très tôt et en grandes quantités, avec pour conséquence, selon les maraîchers, une saturation rapide du marché intérieur.

« Disposant de capitaux massifs, de technologies d’irrigation industrielles et de grands espaces de stockage, ces multinationales, à la fois commerçants et producteurs, saturent le marché intérieur de manière précoce. Elles privent les exploitations familiales de leurs débouchés traditionnels », explique Mbaye Ndoye.

Selon les maraîchers des Niayes, la crise ne se limite toutefois pas à la question de la concurrence. Elle est également liée aux problèmes logistiques et aux capacités de conservation. Les mesures d’interdiction des importations d’oignons ne suffiraient pas, à leurs yeux, à résoudre les difficultés rencontrées par les petits producteurs.

La zone des Niayes souffre notamment d’un manque de chambres froides et d’infrastructures publiques de stockage. Les producteurs sont ainsi contraints de vendre rapidement leurs récoltes, souvent à des prix très faibles, afin d’éviter qu’elles ne pourrissent.

Quatre mesures réclamées à l’État

Pour préserver les emplois et les revenus des familles rurales, le collectif interpelle directement le chef de l’État et réclame la mise en œuvre de plusieurs mesures urgentes.

Les producteurs demandent notamment l’arrêt, pendant la période de récolte des petits producteurs, de la commercialisation des oignons issus des grandes exploitations. Ils proposent également la mise en place d’un calendrier de commercialisation permettant de réserver une période de vente aux petits producteurs.

Ils souhaitent, par ailleurs, l’ouverture d’un véritable dialogue entre l’État, les coopératives et les organisations de producteurs afin de dégager des solutions durables à la crise. Enfin, ils plaident pour la construction d’infrastructures modernes de stockage et de conservation afin de réduire les pertes post-récolte.

Les maraîchers des Niayes se disent prêts à moderniser leurs méthodes de production et à améliorer leur organisation. Mais face à l’urgence de la situation, ils attendent désormais une intervention rapide des pouvoirs publics pour préserver leurs activités, leurs revenus et, surtout, les emplois des milliers de familles qui dépendent de l’agriculture dans cette zone.

Mariama Kobar Saleh

Aminata Touré plaide pour un engagement accru des femmes africaines en politique

Mandatée par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, Aminata Touré a représenté le Sénégal au Forum africain de haut niveau sur le leadership des femmes, organisé par le Centre présidentiel Ellen Johnson Sirleaf pour les femmes et le développement. Cette rencontre de haut niveau réunit plusieurs figures de premier plan du continent autour des défis liés à la participation et au leadership des femmes dans la vie politique, institutionnelle et sociale.

La rencontre se déroule en présence de personnalités majeures de la scène africaine, parmi lesquelles les anciennes présidentes Ellen Johnson Sirleaf du Libéria et Catherine Samba-Panza de la République centrafricaine. Des Premières ministres, des parlementaires ainsi que de nombreuses dirigeantes et actrices de la vie publique africaine prennent également part aux échanges.

Porteuse du message de la délégation sénégalaise, Aminata Touré a insisté sur la nécessité de maintenir la mobilisation en faveur des droits des femmes et de leur pleine participation à la gestion des affaires publiques. Pour l’ancienne Première ministre, les avancées obtenues au fil des années ne doivent pas conduire à un relâchement de la lutte pour l’égalité et la représentation des femmes dans les espaces de décision.

Dans son intervention, elle a également mis l’accent sur la nécessité de construire des alliances stratégiques avec les hommes favorables à la progression des droits des femmes. Une démarche qu’elle considère comme particulièrement importante auprès des jeunes générations, appelées à jouer un rôle central dans la transformation des sociétés africaines.

Aminata Touré a par ailleurs souligné l’importance de la transmission entre générations. Selon elle, l’expérience accumulée par les pionnières doit pouvoir bénéficier aux jeunes femmes afin de leur permettre de mieux affronter les obstacles qui continuent de limiter leur accès aux responsabilités politiques et publiques.

Elle a ainsi appelé la nouvelle génération de femmes africaines à ne pas renoncer à l’engagement politique malgré les difficultés, les résistances et les inégalités persistantes. Son plaidoyer s’inscrit dans une volonté de renforcer la présence féminine dans les instances de décision et de favoriser l’émergence d’un leadership féminin plus important sur le continent.

Numérique éducatif : le Sénégal passe de la conception au déploiement dans les écoles

Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a procédé ce jeudi 13 août 2026 à l’ouverture officielle de l’Atelier national d’appropriation et de déploiement de l’écosystème numérique éducatif. Prévue jusqu’au 15 août, cette rencontre constitue une étape importante dans la mise en œuvre de la Stratégie du Numérique pour l’Éducation (SNE) 2025-2029, avec l’ambition de faire passer le système éducatif sénégalais de la phase de conception des outils numériques à leur utilisation concrète et généralisée dans les établissements scolaires.

Durant trois jours, les différents acteurs du système éducatif sont réunis autour des enjeux liés à l’intégration effective du numérique dans les pratiques scolaires. Les équipes du Système d’information et de management de l’éducation nationale (SIMEN), les services déconcentrés du ministère, les personnels de l’éducation ainsi que les partenaires techniques et stratégiques prennent part aux travaux afin de définir les conditions nécessaires à un déploiement efficace des solutions numériques.

À l’ouverture de l’atelier, Moustapha Mamba Guirassy a insisté sur la nécessité de donner une finalité concrète aux investissements réalisés dans le domaine du numérique éducatif. Pour le ministre, l’enjeu ne consiste pas simplement à multiplier les équipements ou à introduire de nouvelles plateformes dans les établissements, mais à faire en sorte que ces technologies produisent des résultats visibles et durables dans le fonctionnement quotidien de l’école.

Cette orientation traduit la volonté du ministère de placer l’usage au cœur de sa politique numérique. Les outils technologiques doivent ainsi répondre aux besoins réels des enseignants, des élèves, des familles et de l’administration scolaire. L’objectif affiché est de faire du numérique un véritable instrument d’amélioration de la qualité de l’éducation plutôt qu’un simple dispositif technique supplémentaire.

Les travaux de l’atelier devront notamment permettre de définir une feuille de route opérationnelle pour accélérer l’utilisation des principales plateformes développées ou promues par le ministère. Parmi elles figurent PLANETE 3, EDUSTAT, SENKALA, TAGGATU et RAMATU, appelées à occuper une place croissante dans la gestion administrative, le suivi des apprentissages, l’accès aux ressources éducatives et les relations entre les différents acteurs du système.

Le déploiement de cet écosystème numérique s’accompagne de plusieurs engagements majeurs. Le ministère prévoit notamment la formation de 105 000 enseignants afin de renforcer leurs compétences dans l’utilisation des outils numériques. Cette dimension apparaît déterminante, puisque l’efficacité des plateformes dépend largement de leur appropriation par les personnels chargés de les utiliser au quotidien.

Le programme prévoit également le raccordement de milliers d’établissements scolaires à Internet haut débit. Cette connectivité doit permettre de réduire les disparités entre les établissements et d’offrir aux élèves et aux enseignants un accès plus régulier aux ressources et services numériques. Le principe de gratuité d’accès aux plateformes éducatives figure également parmi les orientations annoncées, avec la volonté de faire du numérique un outil accessible au plus grand nombre.

L’un des changements attendus concerne par ailleurs les procédures d’inscription scolaire. Le ministère entend franchir une nouvelle étape avec la dématérialisation complète des inscriptions à partir de la rentrée scolaire 2026-2027. Cette évolution doit contribuer à simplifier les démarches administratives, à réduire les contraintes pour les familles et à améliorer la gestion des données scolaires.

À travers cette transformation, les autorités éducatives veulent également renforcer la performance et la gouvernance du système. La disponibilité de données fiables et actualisées doit faciliter le pilotage des établissements, l’identification des besoins et la prise de décision à différents niveaux de l’administration scolaire.

Au-delà des plateformes et des infrastructures, le ministère défend ainsi une vision du numérique centrée sur l’humain. L’ambition est de permettre à l’enseignant de disposer de meilleurs outils pour préparer et dispenser ses cours, à l’élève d’accéder plus facilement aux ressources d’apprentissage et aux familles de bénéficier de services scolaires plus simples et plus accessibles.

L’atelier national ouvert ce jeudi doit donc servir de cadre pour transformer les orientations de la Stratégie du Numérique pour l’Éducation 2025-2029 en actions concrètes sur le terrain. Le principal défi sera désormais de garantir une appropriation effective des outils, d’accompagner les enseignants et les établissements dans cette transition et de veiller à ce que la transformation numérique ne crée pas de nouvelles inégalités.

Dalifort : un réseau de recel de compteurs d’eau et de câbles en cuivre démantelé, trois individus interpellés

Le Commissariat d’arrondissement de Dalifort a démantelé un présumé réseau spécialisé dans le recel de compteurs d’eau de Sen Eau et de câbles en cuivre. Trois individus ont été interpellés dans le cadre de cette affaire, qui comporte également des soupçons de tentative de corruption de fonctionnaire.

L’affaire a démarré à la suite d’une série de déclarations de vols portant notamment sur des compteurs d’eau de Sen Eau dans le secteur de Dalifort-Foirail. Face à la multiplication de ces faits, les éléments du commissariat ont ouvert une enquête afin d’identifier les auteurs des vols, mais également les éventuels réseaux chargés d’écouler le matériel dérobé.

Les investigations ont conduit les enquêteurs dans la zone industrielle de Dalifort-Foirail, à proximité de la station-service Bada Lo. Une descente effectuée dans les locaux de la société Westaf Metals Sénégal a permis de découvrir deux conteneurs contenant notamment des sacs remplis de compteurs d’eau appartenant à Sen Eau. Les policiers ont également retrouvé sur place des câbles en cuivre attribués à la Sonatel, dont l’origine exacte reste à déterminer.

Interrogés sommairement sur la provenance de ce matériel, les premiers suspects ont expliqué aux enquêteurs qu’ils achetaient les compteurs et les câbles auprès de particuliers qui venaient les leur proposer. Ils ont également indiqué travailler pour un autre individu présenté comme le responsable de la société.

Au cours de l’enquête, l’un des mis en cause aurait tenté de mettre fin à la procédure en proposant aux policiers la somme de 2,5 millions de francs CFA pour, selon ses propres termes, « régler l’affaire ». Sur instructions du procureur, la somme d’argent ainsi que les deux conteneurs ont été placés sous scellés pour les besoins de la procédure.

Les auditions ont ensuite permis aux enquêteurs d’obtenir de nouvelles informations sur le fonctionnement présumé de la société. Les deux premiers interpellés ont notamment révélé que, derrière l’entreprise Westaf Metals Sénégal, se trouveraient, outre le premier individu cité et actuellement recherché, deux autres ressortissants étrangers qui résideraient dans le quartier des Maristes.

Un dispositif de surveillance a alors été mis en place autour de l’immeuble où ces deux individus seraient domiciliés. Les policiers ont finalement repéré l’un d’eux alors qu’il descendait d’un taxi avant de pénétrer dans l’immeuble. Une dizaine de minutes plus tard, l’homme est ressorti avec une valise.

Son comportement ayant éveillé les soupçons des enquêteurs, il a été interpellé. La fouille de la valise a permis de découvrir trois passeports, dont deux appartenant à des compatriotes du suspect. Cette nouvelle découverte pourrait apporter des éléments supplémentaires aux investigations en cours.

Au total, trois individus sont actuellement concernés par la procédure. Ils ont été placés en garde à vue après notification de leur droit à l’assistance d’un conseil. Les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin de déterminer l’étendue exacte du réseau, l’origine des compteurs et des câbles saisis, mais également d’identifier d’éventuels autres acteurs impliqués dans le vol, le recel ou la commercialisation de ce matériel.

Macky Sall distingué Docteur Honoris Causa à Brazzaville

L’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, a reçu ce jeudi 13 août 2026 une nouvelle distinction honorifique en République du Congo. L’ancien chef de l’État sénégalais a été élevé au rang de Docteur Honoris Causa de l’Université Denis Sassou Nguesso de Kintelé, à Brazzaville.

La cérémonie de remise de cette distinction s’est déroulée sous le haut patronage du président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, qui a personnellement pris part à l’événement. À travers cette reconnaissance, l’Université Denis Sassou Nguesso a souhaité honorer le parcours et l’action de plusieurs anciennes figures de premier plan de la vie politique africaine.

Macky Sall n’a pas été le seul ancien dirigeant distingué au cours de cette cérémonie. Deux autres anciens chefs d’État africains ont également reçu le titre de Docteur Honoris Causa : Mahamadou Issoufou, ancien président du Niger, et Umaru Cissoko Embaló, ancien président de la Guinée-Bissau.

La présence simultanée de ces trois anciens dirigeants a conféré à la cérémonie une dimension panafricaine. Elle a réuni autour de l’Université Denis Sassou Nguesso des personnalités ayant occupé les plus hautes fonctions dans leurs pays respectifs et dont les parcours ont marqué la vie politique du continent.

Pour Macky Sall, cette distinction intervient un peu plus de deux ans après la fin de son mandat présidentiel. À la tête du Sénégal de 2012 à 2024, il poursuit depuis son départ du pouvoir des activités sur la scène internationale, notamment à travers différents engagements et responsabilités dans des cadres africains et internationaux.

Le titre de Docteur Honoris Causa est une distinction académique honorifique attribuée par une université à une personnalité en reconnaissance de son parcours, de son œuvre, de son engagement ou de sa contribution dans un domaine jugé important. Il ne correspond pas à l’obtention d’un diplôme à la suite d’un cursus universitaire classique.

En choisissant de distinguer simultanément Macky Sall, Mahamadou Issoufou et Umaru Cissoko Embaló, l’Université Denis Sassou Nguesso a ainsi mis à l’honneur trois anciens dirigeants ouest-africains, dans le cadre d’une cérémonie placée sous le signe de la reconnaissance et du rapprochement entre les élites africaines.

Réunion des femmes de KIIRAAY du département de Fatick

Objet : Convocation à la réunion des femmes du département de Fatick

Le parti KIIRAAY – Les Patriotes Républicains, dans sa volonté constante de consolider son ancrage territorial et de poursuivre la dynamique de structuration engagée sur l’ensemble du territoire national, informe l’opinion publique ainsi que l’ensemble des militantes du département de Fatick de la tenue d’une importante réunion.

Cette rencontre se tiendra le samedi 22 août 2026 à partir de 10 heures.

Elle sera consacrée à des échanges stratégiques portant notamment sur les modalités et procédures de massification du parti à la base, l’installation effective des cellules dans les différentes localités du département, ainsi que le lancement et l’organisation de la campagne de vente des cartes de membres.

À cette occasion, Ndeye Daba Sène, « La Bâtisseuse du Sine », Responsable provisoire des Femmes de KIIRAAY dans le département de Fatick et membre du Groupe national des cadres, appelle l’ensemble des femmes du département à une mobilisation exemplaire.

Cette rencontre constitue une étape déterminante dans le renforcement de la cohésion, de la discipline militante et de la vitalité de la formation politique dans le département de Fatick.

Fidèle à ses valeurs de travail, de solidarité et d’engagement patriotique, KIIRAAY – Les Patriotes Républicains réaffirme son ambition de bâtir un parti de proximité, à l’écoute des populations et résolument tourné vers l’avenir du Sénégal.

Ndeye Daba Sène
La Bâtisseuse du Sine
Responsable provisoire des Femmes de KIIRAAY du département de Fatick
Membre du Groupe national des cadres – Les Patriotes Républicains

Déclaration de patrimoine : le Directeur général de la Comptabilité et du Trésor dément tout manquement

Le Directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor, Amadou Tidiane Gaye, a-t-il manqué à son obligation légale de déclaration de patrimoine ? Face aux informations faisant état d’un éventuel défaut de déclaration, le Trésor public a tenu à apporter des précisions pour mettre fin à la polémique.

Dans un communiqué rendu public ce jeudi, l’institution affirme sans ambiguïté que le Directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor s’est bien conformé à cette obligation dans les délais prévus par la loi.

« Le Directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor, Monsieur Amadou Tidiane GAYE, s’est bien acquitté de son obligation légale de déclaration de patrimoine dans les délais requis », précise le communiqué. Le Trésor public indique que cette déclaration est notamment attestée par le récépissé de déclaration n° En-Gaa01509-1, établi le 4 juin 2026.

L’institution souligne également que le nom d’Amadou Tidiane Gaye figure dans la liste actualisée rendue publique par l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Ces éléments viennent ainsi contredire les informations laissant entendre que le responsable n’aurait pas respecté les exigences légales en matière de déclaration de patrimoine.

La mise au point intervient alors que l’obligation de déclaration de patrimoine fait l’objet d’une attention accrue de la part des autorités et de l’opinion publique. Les responsables et agents soumis à cette exigence sont tenus de se conformer aux dispositions légales afin de renforcer la transparence dans la gestion des affaires publiques et de prévenir les risques liés à la corruption et aux conflits d’intérêts.

Selon le Trésor public, Amadou Tidiane Gaye, après avoir lui-même satisfait à cette obligation, a également appelé les agents assujettis placés sous son autorité qui ne se sont pas encore acquittés de cette formalité à régulariser leur situation.

Le Directeur général leur demande ainsi de « s’y conformer dans les meilleurs délais », réaffirmant par la même occasion son engagement en faveur de la transparence et de la bonne gouvernance.

Fonds politiques : Souleymane Jules Diop prend la défense d’Aly Ngouille Ndiaye et livre sa lecture du système

Une vive polémique oppose depuis plusieurs jours l’ancien ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye aux soutiens du président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Au cœur de la controverse : l’existence, la gestion et l’historique des fonds politiques, également appelés fonds spéciaux, attribués à la Primature au fil des régimes. Le débat intervient alors que la majorité parlementaire de Pastef a engagé une procédure visant à encadrer l’utilisation de ces fonds.

Dans ce contexte, Souleymane Jules Diop, ancien conseiller à la Primature sous Idrissa Seck, a pris la parole à travers une longue tribune. Il y défend Aly Ngouille Ndiaye, dont les déclarations sur les fonds politiques des Premiers ministres ont suscité de nombreuses réactions, tout en livrant sa propre lecture de l’origine et du fonctionnement de ces ressources.

D’emblée, Souleymane Jules Diop dénonce ce qu’il considère comme une campagne de dénigrement visant l’ancien ministre. « Il est arrivé à mon frère et ami Aly Ngouye Ndiaye ce qui arrive à tous ceux qui osent penser de travers », écrit-il, évoquant un « bashing et du lynching » destinés, selon lui, à décourager ceux qui prennent position sur des sujets sensibles.

Pour l’ancien conseiller à la Primature, Aly Ngouille Ndiaye n’aurait pourtant pas commis d’erreur en affirmant qu’avant Ousmane Sonko, aucun Premier ministre ne disposait légalement de fonds politiques. Selon lui, la confusion provient principalement de l’utilisation indistincte de plusieurs notions qui recouvrent des mécanismes financiers différents.

Souleymane Jules Diop soutient ainsi qu’« aucun Premier ministre n’a jamais disposé, de droit, de fonds politiques ». Il estime que si Ousmane Sonko a bénéficié de fonds qu’il qualifie lui-même de politiques, il serait alors le premier Premier ministre à en avoir disposé légalement, tout en considérant que le terme utilisé par l’actuel président de l’Assemblée nationale pourrait être source de confusion.

L’ancien conseiller distingue notamment les fonds destinés à l’aide et au secours des fonds spéciaux liés à la sécurité et au renseignement. À la Primature, explique-t-il, existe un fonds « Aide et secours », présenté comme une caisse d’avance créée sur autorisation du ministre des Finances. Sa gestion est confiée à un régisseur accrédité auprès de l’agent comptable.

Contrairement à ce qui serait le cas pour les fonds secrets, cette caisse d’avance serait soumise à plusieurs règles de gestion et de contrôle. Elle obéirait notamment à des plafonds liés au montant annuel des crédits ainsi qu’à des plafonds trimestriels. Souleymane Jules Diop rappelle que des mécanismes similaires existent dans d’autres départements ministériels, notamment au ministère de la Solidarité et au ministère de l’Intérieur.

Il insiste surtout sur le fait que ces crédits font l’objet d’un contrôle a posteriori. Celui-ci porte, selon son explication, sur la nature et l’éligibilité des dépenses, leur conformité aux règles en vigueur, le respect des plafonds ainsi que la réalité du service fait. Il cite à cet égard l’affaire de l’ancien maire de Dakar Khalifa Sall comme illustration des contrôles pouvant s’exercer sur une caisse d’avance.

Après présentation des justificatifs, poursuit-il, le Premier ministre peut solliciter une augmentation des crédits ou le renouvellement de la caisse. Cette procédure passe par un arrêté du ministre des Finances, accompagné de la désignation d’un régisseur accrédité. C’est à ce mécanisme, estime-t-il, que pourrait avoir fait référence un ancien ministre de la République lorsqu’il évoquait les ressources disponibles à la Primature.

Mais selon Souleymane Jules Diop, une autre catégorie de fonds est apparue sous la présidence d’Abdoulaye Wade. À son arrivée au pouvoir en 2000, l’ancien président aurait décidé de transférer une partie de ses fonds de sécurité à la Primature. Une décision que l’ancien conseiller qualifie de « première ».

Ces ressources, explique-t-il, seraient différentes des caisses d’avance classiques. Elles auraient été gérées par délégation et de manière discrétionnaire par le Premier ministre, avec la possibilité de solliciter une augmentation auprès du chef de l’État. Pour Souleymane Jules Diop, c’est précisément ce dispositif que Ousmane Sonko désignerait aujourd’hui, selon lui à tort, sous l’appellation de « fonds politiques ».

L’ancien conseiller affirme que ces fonds auraient notamment servi à des opérations liées au renseignement et à l’anticipation des menaces pesant sur la sécurité nationale, particulièrement dans des zones et pays comme la Casamance, la Gambie et la Guinée-Bissau.

Autre caractéristique mise en avant : ces fonds ne seraient pas soumis aux mêmes mécanismes de contrôle que les crédits ordinaires. Souleymane Jules Diop affirme qu’ils ne seraient retracés dans aucun document budgétaire officiel, citant notamment le Document de programmation pluriannuelle des dépenses (DPPD) et la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF).

Il rejette également l’idée selon laquelle ces ressources seraient enregistrées dans la catégorie des transferts en capital. Pour lui, les dépenses relevant de la catégorie 6 concernent des transferts destinés à des entités de l’État, avec notamment l’ouverture de comptes de dépôt pour financer des investissements. Elles ne correspondraient donc pas, selon son analyse, aux fonds spéciaux évoqués dans le débat actuel.

Souleymane Jules Diop considère ainsi que les fonds politiques échappent aux principes budgétaires classiques d’universalité, d’unité et de spécialité. « En un mot, ils ne sont pas catégorisés », affirme-t-il.

Fort de son expérience à la Primature, où il indique avoir été conseiller il y a 24 ans sous le gouvernement d’Idrissa Seck, il revient également sur la manière dont ces ressources étaient administrées à cette époque. Selon lui, Abdoulaye Wade avait transféré à Idrissa Seck la gestion de la quasi-totalité des fonds politiques. L’ancien Premier ministre aurait alors fait appel à une agente de la BCEAO pour assurer leur administration, avec une comptabilité informelle mais, affirme-t-il, rigoureuse.

Cette pratique aurait ensuite été maintenue avec les Premiers ministres qui ont succédé à Idrissa Seck, notamment Macky Sall et Souleymane Ndéné Ndiaye. Tous auraient bénéficié, selon son récit, des largesses du président Wade, sans que ces ressources ne constituent pour autant un droit légal attaché à la fonction de Premier ministre. Les intéressés auraient d’ailleurs toujours précisé que ces fonds leur étaient attribués par le chef de l’État.

Après l’élection de Macky Sall à la présidence de la République en 2012, cette tradition aurait également perduré, en fonction des relations entretenues entre le président et le locataire de la Primature. Souleymane Jules Diop affirme que la quasi-totalité des Premiers ministres de Macky Sall, à l’exception d’un seul, auraient bénéficié de ces ressources.

Il avance par ailleurs que les montants concernés tournaient autour de 50 millions de francs CFA, avec des variations selon la volonté du président de la République. Ces sommes s’ajoutaient, précise-t-il, aux autres crédits et mécanismes financiers dont disposaient normalement les différents chefs de gouvernement.

Au terme de son analyse, Souleymane Jules Diop rejoint donc sur le fond la position défendue par Aly Ngouille Ndiaye : un Premier ministre ne disposerait pas, en tant que tel et de manière légale, d’un droit aux « fonds politiques ». Selon lui, les fonds dont certains Premiers ministres ont bénéficié relevaient davantage de décisions discrétionnaires des présidents de la République que d’un droit consacré par les textes.

Il estime également que Ousmane Sonko aurait entretenu une confusion dans le débat en affirmant, dans un premier temps, que personne ne pourrait démontrer qu’il disposait de fonds politiques avant de reconnaître ensuite avoir bénéficié de ressources qu’il désigne sous cette appellation.

Pour Souleymane Jules Diop, seules deux personnalités disposent légalement de fonds politiques au Sénégal : le président de la République et le président de l’Assemblée nationale. Une affirmation qui l’amène à remettre en cause la démarche actuellement engagée par les députés de la majorité pour encadrer ces fonds.

Selon lui, vouloir encadrer ou contrôler des fonds qui sont, par définition, secrets, relève d’une contradiction. Il estime qu’il serait éventuellement possible d’en fixer le montant, mais que leur utilisation ne pourrait être soumise à un contrôle classique sans remettre en cause leur nature même.

Cette prise de position intervient alors que la question des fonds spéciaux s’est imposée au cœur du débat politique et institutionnel. Elle ravive surtout les interrogations sur la distinction entre les crédits régulièrement inscrits au budget, les caisses d’avance et les ressources destinées aux impératifs de sécurité et de renseignement, mais aussi sur la nécessité de clarifier le cadre juridique régissant leur utilisation.

Fraudes à l’état civil : l’ANEC reconnaît l’ampleur du phénomène et pointe les failles du système

Le phénomène de la fraude à l’état civil prend de l’ampleur au Sénégal. Si les autorités restent prudentes sur l’évaluation chiffrée du nombre de cas, elles reconnaissent néanmoins la multiplication des fraudes ces dernières années. Dans un entretien paru ce jeudi dans L’Observateur, le directeur général de l’Agence nationale de l’État civil (ANEC), Matar Ndao, a admis l’ampleur du problème tout en soulignant qu’il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau.

« Il faut reconnaître que ces dernières années, il y a beaucoup de cas de fraudes » à l’état civil, a déclaré Matar Ndao. Le directeur général de l’ANEC estime toutefois que la nouveauté réside surtout dans la capacité accrue des services à détecter ces pratiques, mais également dans leur forte médiatisation.

Selon lui, plusieurs facteurs expliquent cette situation. Parmi les principales causes avancées figure l’organisation historique du système d’état civil sénégalais, longtemps dominé par des procédures manuelles. « Pendant longtemps, notre système d’état civil est resté essentiellement manuel avec des registres physiques, des procédures insuffisamment harmonisées et parfois l’utilisation de solutions informatiques différentes d’une commune à une autre, avec des bases de données non maîtrisées », explique-t-il.

Cette fragmentation du système aurait créé des failles susceptibles d’être exploitées par des individus cherchant à obtenir ou à modifier frauduleusement des documents d’état civil. L’absence d’harmonisation des procédures entre les différentes collectivités et l’utilisation de systèmes informatiques distincts ont également compliqué le contrôle et la sécurisation des données.

Matar Ndao met également en cause les conditions dans lesquelles certains agents chargés de la gestion de l’état civil exercent leurs fonctions. Il déplore notamment le manque de formation et les conditions de rémunération de certains personnels. « À cela s’ajoute la tenue par des agents qui ne mesurent pas à leur juste valeur les responsabilités sur leurs épaules. Des agents mal payés, sans formation… », relève-t-il.

Pour le directeur général de l’ANEC, ces fragilités peuvent favoriser l’apparition de pratiques frauduleuses, notamment lorsqu’elles sont motivées par la volonté d’obtenir une identité ou de modifier certains éléments liés à l’identité d’une personne.

Au-delà des responsabilités individuelles, le responsable de l’ANEC met ainsi en évidence les faiblesses structurelles qui ont longtemps caractérisé le système d’état civil. La modernisation, la sécurisation des données, l’harmonisation des procédures et le renforcement des capacités des agents apparaissent dès lors comme des enjeux majeurs pour lutter efficacement contre la fraude.

Waly Diouf Bodian : quinze mois à la tête du Port autonome de Dakar, entre réformes, modernisation et engagement politique

Après environ quinze mois à la tête du Port autonome de Dakar (PAD), Waly Diouf Bodian passe le témoin à Doune Pathé Mbengue. La cérémonie officielle de passation de service, prévue ce jeudi 13 août 2026, marque ainsi la fin d’une séquence de quinze mois au cours de laquelle le directeur général sortant aura imprimé sa marque sur la gestion et les orientations stratégiques de l’infrastructure portuaire.

Nommé directeur général du Port autonome de Dakar le 13 mai 2024, Waly Diouf Bodian était arrivé à ce poste avec un profil d’inspecteur des impôts et une feuille de route articulée autour de la performance, de la modernisation et de la transformation du port. Dès sa prise de fonction, il s’était présenté comme « un homme en mission », affichant l’ambition de renforcer l’efficacité d’un secteur considéré comme stratégique pour l’économie sénégalaise.

Durant son passage à la tête du PAD, plusieurs chantiers ont été engagés, notamment dans le domaine des infrastructures et de l’organisation interne. La modernisation des installations portuaires s’est accompagnée d’une volonté de revoir le fonctionnement des services et la gestion des ressources humaines. Peu après son arrivée, une première vague de départs avait été enregistrée. À la fin de l’année 2024, le non-renouvellement des contrats d’une centaine d’employés qui espéraient une titularisation en CDI avait également marqué la gestion du personnel.

La transformation numérique a constitué un autre axe important de son mandat. La direction générale avait notamment lancé un appel d’offres destiné à digitaliser les accès au port, avec l’objectif de renforcer la sécurité, de fluidifier les contrôles et d’améliorer la gestion des flux. Cette orientation s’inscrivait dans une stratégie plus globale visant à faire du PAD une plateforme portuaire davantage connectée aux standards internationaux.

Cette ambition s’est concrétisée davantage avec le lancement, en février 2025, des travaux d’élaboration d’un Plan de Repositionnement stratégique. L’objectif affiché était de redéfinir les grandes orientations du port et de renforcer son positionnement comme hub logistique régional de premier plan. À travers cette démarche, Waly Diouf Bodian entendait notamment adapter le PAD aux mutations du transport maritime et aux exigences croissantes de compétitivité dans la sous-région.

Son mandat a également été marqué par la recherche de réponses à certaines difficultés opérationnelles auxquelles le port était confronté. La question des marchandises en souffrance avait notamment fait l’objet d’une attention particulière. Fin 2025, un comité ad hoc avait été mis en place pour travailler sur la gestion de ces marchandises, dans le prolongement d’une concertation ministérielle avec le Mali. Cette initiative visait à apporter des solutions à une problématique susceptible de perturber la fluidité des opérations portuaires et les échanges commerciaux avec les pays de l’hinterland.

Au-delà de sa gestion administrative, Waly Diouf Bodian n’a jamais véritablement dissocié sa fonction de ses engagements politiques. Il avait d’ailleurs assumé publiquement les conditions politiques de sa nomination, rejetant l’idée d’une démission spontanée. « Je ne me suis pas auto-nommé DG, c’est dans le cadre d’un parti que j’y ai été nommé », avait-il déclaré, avant de préciser que son départ devait également intervenir dans le cadre d’une concertation au sein de sa formation politique.

Cette posture s’est particulièrement illustrée au gré des épisodes de tension qui ont marqué la scène politique sénégalaise. Lors des soubresauts ayant notamment suivi le limogeage d’Ousmane Sonko, le directeur général du PAD avait affiché une position de fidélité à son camp politique. « Tout finit par finir », avait-il notamment déclaré, tout en appelant à poursuivre le combat politique et en se projetant déjà vers l’échéance présidentielle de 2029.

Avec la passation de service prévue ce 13 août 2026, une nouvelle page s’ouvre donc au Port autonome de Dakar. Doune Pathé Mbengue prend les commandes d’une institution qui demeure au cœur des échanges commerciaux du Sénégal et de la sous-région, avec pour principal défi de poursuivre les réformes engagées, d’accélérer la modernisation et de renforcer la compétitivité du port.

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