
Sénégal – Soudan : Découvrez le onze de départ choisi par Pape Thiaw !


À l’occasion du lendemain du Gamou, le guide spirituel des Moustarchidines, Serigne Moustapha Sy Al Makhtoum, s’est une nouvelle fois prononcé sur la situation politique, économique et sociale du Sénégal. Dans son adresse, il a d’abord exprimé sa gratitude envers les foyers religieux qui ont contribué à la réussite de l’événement, ainsi qu’aux délégations étrangères ayant fait le déplacement.
Le marabout a également salué la présence de la Première Dame, venue représenter le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, lors de cette commémoration de la naissance du Prophète (PSL).
Après son intervention, le guide a cédé la parole à son fils, Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Makhtoum, surnommé « Capitaine ». Celui-ci n’a pas manqué de rappeler l’autorité spirituelle et la légitimité de son père face aux critiques dont il est souvent l’objet.
« Je rappelle que vous êtes notre guide, notre père et notre référence. Nous connaissons vos compétences et votre niveau de spiritualité. Mais je peux dire que vous n’êtes pas comparable à ceux qui s’agitent contre votre autorité. Si cela ne dépendait que de leur personne, ils seraient tous à votre niveau. Mais c’est le bon Dieu qui vous a choisi. Donc le chien aboie, la caravane passe… », a lancé « Capitaine », sous le regard approbateur de son père.
Cette sortie, marquée par un ton à la fois solennel et ferme, illustre une fois de plus l’ancrage des Moustarchidines dans le débat public, où le religieux et le social croisent souvent le politique.
À l’occasion du Gamou, un important dispositif sécuritaire et médical a été mis en place par les sapeurs-pompiers. Le commandant du groupement d’incendie, Erasme Samb, a détaillé les moyens humains et matériels mobilisés.
« En termes de personnel, nous avons engagé 173 sapeurs, dont 5 officiers, 42 sous-officiers et 126 militaires du rang. Sur le plan logistique, nous avons mobilisé 9 ambulances, plusieurs moyens spéciaux ainsi que 10 engins de lutte contre les incendies, dont 3 camions-citernes de grande capacité. Le dispositif inclut également des moyens nautiques : une vedette ambulance et deux zodiacs pour assurer la sécurité des pèlerins empruntant le fleuve, notamment entre Foundiougne et Kaolack, au niveau des points d’embarquement et de débarquement », a-t-il expliqué.
Depuis le début des opérations, 41 sorties ont été effectuées pour divers types d’interventions. Les plus marquantes concernent les accidents de la circulation : 20 cas recensés, impliquant 48 victimes. Parmi elles, 43 ont pu être assistées, mais malheureusement 5 décès ont été enregistrés lors d’un accident survenu entre Matam et Linguère.
Le 29 août 2025, l’agence de notation GCR Ratings a abaissé les notes de long et court terme du Port autonome de Dakar, ainsi que celle de son emprunt obligataire de 60 milliards FCFA. Une décision qui met en exergue la vulnérabilité de l’infrastructure portuaire face au risque pays et qui interpelle sur l’urgence de renforcer sa flexibilité financière.
Pour le directeur général du port, Waly Diouf Bodiang, cette révision ne remet pas en cause la solidité de l’institution, mais constitue un avertissement dans un contexte marqué par de fortes ambitions de modernisation. « C’est un signal qu’il nous faut prendre en compte, tout en poursuivant les projets structurants indispensables à la compétitivité du port », souligne-t-il.
Entre solidité financière et pressions d’investissement
Malgré la baisse de notation, les fondamentaux du Port autonome de Dakar restent solides. Les marges opérationnelles se maintiennent et la rentabilité s’améliore, offrant un socle de confiance. Toutefois, les lourds investissements engagés pour moderniser les infrastructures et équiper les quais accentuent la pression sur la capacité de financement.
La direction est donc confrontée à une équation complexe : continuer à attirer et rassurer les investisseurs tout en mobilisant les ressources nécessaires pour mener à bien des projets stratégiques.
Un hub régional face à ses défis
Situé à un carrefour maritime clé en Afrique de l’Ouest, le Port autonome de Dakar bénéficie d’une position géographique avantageuse. Ses revenus récurrents et l’intérêt soutenu des investisseurs privés constituent des atouts majeurs. Mais la dégradation de sa note de crédit rappelle la fragilité de l’équilibre entre ambitions de développement et contraintes financières.
Le tribunal de commerce de Dakar s’apprête à trancher un différend opposant l’entreprise Ecotra, dirigée par l’homme d’affaires Abdoulaye Sylla, à la société Vacap SA, autour d’un imposant bien immobilier situé aux Almadies, l’un des quartiers les plus prisés de la capitale sénégalaise.
Dans le cadre de cette procédure judiciaire, Ecotra réclame la vente forcée de l’immeuble appartenant à Vacap SA, déjà saisi à titre conservatoire. La propriété, d’une superficie de 18 534 m², fait l’objet d’une mise à prix fixée à 6 388 570 797 F CFA. Ce montant correspond également à la caution exigée pour participer à la vente, conformément aux dispositions légales encadrant les procédures de saisie immobilière.
L’affaire a été inscrite au rôle du juge des Criées, magistrat en charge des ventes judiciaires, qui devra superviser les opérations. La prochaine audience, prévue pour le 7 octobre 2025, sera décisive : elle pourrait sceller l’avenir du bien immobilier et, par ricochet, mettre un terme à ce contentieux commercial qui oppose les deux parties depuis plusieurs mois.
La procédure d’extradition visant l’homme d’affaires sénégalais Doro Gaye vient de connaître un nouveau développement. La chambre d’accusation de la Cour d’appel de Paris, saisie par la justice sénégalaise, a décidé de reporter sa décision et de surseoir à l’examen de la requête. Elle exige des compléments d’informations avant toute décision définitive.
Selon des sources judiciaires, huit points restent encore en suspens, notamment la garantie d’un procès équitable au Sénégal et la prise en compte de l’état de santé de Doro Gaye, décrit comme fragile. La juridiction française a fixé une nouvelle audience au 10 décembre prochain, à l’issue de laquelle Dakar devra fournir des réponses précises aux interrogations soulevées.
Doro Gaye est poursuivi dans le cadre d’un différend avec Zakiroulah Sow, qui l’accuse de lui avoir extorqué 1,2 milliard de francs CFA dans une transaction foncière controversée. À la suite de cette affaire, un mandat d’arrêt international a été délivré par le juge du troisième cabinet d’instruction du tribunal de Dakar.
Après une détention préventive au Sénégal, l’homme d’affaires avait bénéficié d’une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire, avant de quitter clandestinement le pays pour la France. Interpellé à Paris sur la base du mandat transmis à Interpol, il avait été incarcéré, puis libéré contre une caution de 160 000 euros (environ 104 millions de francs CFA).
Le dossier, déjà marqué par plusieurs renvois, reste donc en suspens jusqu’à la prochaine audience en décembre, qui sera décisive pour l’avenir de l’homme d’affaires sénégalais.
Le défenseur des droits humains, Alioune Tine, a rendu visite à Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba, à la suite de la publication d’un rapport d’expertise médicale alarmant sur son état de santé. Les conclusions des médecins sont sans équivoque : sa condition est « incompatible avec un maintien en milieu carcéral, même dans un centre hospitalier », et son pronostic vital pourrait être engagé avec un risque de « mort subite ».
Face à la gravité de la situation, Alioune Tine dit avoir constaté l’angoisse de ses proches et recueilli les explications de son avocat, Me Baboucar Cissé. Pour lui, la responsabilité du moment incombe avant tout au juge :
« Sa responsabilité première est de protéger la vie conformément à notre Constitution qui déclare que la vie humaine est sacrée et que l’État a l’obligation de la protéger », a-t-il déclaré.
Le fondateur d’Afrikajom Center estime incompréhensible que ce droit fondamental, garanti par la Constitution, semble être refusé à Farba. Il insiste que ni le Premier ministre Ousmane Sonko, ni le président Bassirou Diomaye Faye, ne peuvent être rendus responsables d’une telle situation.
« C’est au juge, et au juge seul, de prendre ses responsabilités en appliquant la loi et la Constitution sénégalaise, en accordant la liberté provisoire à Farba. Dans les meilleurs délais. C’est la voie de la sagesse et de la prudence », a martelé Alioune Tine.
Le chef de l’État gambien, Adama Barrow, a proclamé le vendredi 5 septembre 2025 jour férié sur l’ensemble du territoire national, à l’occasion du Mawlid Al-Nabi, célébration marquant la naissance du Prophète Mohamed (PSL).
Dans un communiqué officiel diffusé par la présidence, la State House souligne que cette décision vise à offrir aux citoyens l’opportunité de commémorer dans la dignité et la ferveur religieuse cet événement majeur du calendrier islamique.
À cette occasion, le président Barrow a présenté ses « chaleureuses félicitations » et formulé des vœux de « célébration heureuse et bénie » à l’endroit de l’ensemble du peuple gambien, ainsi qu’aux amis et partenaires de la Gambie.
Le Mawlid Al-Nabi, également connu sous le nom de Gamou dans certains pays de la sous-région, constitue un temps fort de rassemblement spirituel. Les fidèles y prennent part à des prières collectives, des récitations de textes religieux et des activités communautaires, renforçant ainsi les valeurs de fraternité et de solidarité.
La Loterie nationale sénégalaise (Lonase) a mis fin, de manière « unilatérale », à son contrat de partenariat signé le 21 mai dernier avec le Groupe Futurs Médias (GFM). La décision, notifiée le 29 août, intervient après la diffusion du contrat sur les réseaux sociaux, laquelle a suscité une vague de critiques et de polémiques.
Au cœur des contestations, l’article 7 du contrat stipule que GFM devait s’abstenir de publier tout contenu susceptible de « ternir l’image de la Lonase ou de ses responsables ». Une clause perçue comme une atteinte directe à la liberté éditoriale et au principe d’indépendance de la presse, piliers fondamentaux dans un État de droit. Elle apparaît également en décalage avec les valeurs de transparence et de gouvernance prônées par le nouveau régime sous le slogan « Jubb, Jubbal, Jubbanti ».
La publication du contrat a déclenché une série de réactions hostiles sur les réseaux sociaux, notamment de la part d’internautes se réclamant du « Projet » du régime en place. Certains ont appelé au boycott et à l’asphyxie du groupe fondé par Youssou Ndour. Dans ce climat tendu, le directeur général de la Lonase, Toussaint Manga, se retrouve sous le feu des critiques, particulièrement de la part de militants du Pastef.
Le contrat prévoyait que la Lonase verse 100 millions de francs CFA à GFM. La résiliation brutale de cette convention risque donc d’aggraver la situation financière déjà fragile du groupe de presse, qui a annoncé récemment des licenciements massifs. Pour de nombreux observateurs, ce bras de fer illustre la fragilité des relations entre les institutions publiques et les médias privés, surtout quand les clauses contractuelles empiètent sur l’indépendance journalistique.
Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, poursuit son agenda diplomatique et économique chargé de ce mois de septembre.
Dans un communiqué, la Primature a indiqué que le chef du gouvernement a adressé ses remerciements à BPI France, qui l’avait convié par courrier en date du 22 juillet 2025, à la 11ᵉ édition de BPIFrance Inno Génération (BIG), prévu le 23 septembre prochain à Paris. Considéré comme le plus grand rendez-vous business d’Europe, l’événement réunira plusieurs milliers d’acteurs économiques. Le Sénégal y sera représenté par un membre du gouvernement.
Au-delà de ce rendez-vous économique, les prochaines semaines seront marquées par des rencontres bilatérales d’importance. Dakar s’apprête en effet à accueillir le Premier ministre français dans le cadre du séminaire intergouvernemental (SIG), annoncé conjointement par les deux chefs d’État.
En attendant cette échéance, Ousmane Sonko effectuera une visite officielle aux Émirats Arabes Unis du 8 au 12 septembre. Il y sera reçu par le président Sheikh Mohamed Bin Zayed Al Nahyan. Cette visite vise à renforcer la coopération bilatérale, notamment dans les domaines de l’énergie, des infrastructures et des investissements.
Le Premier ministre poursuivra ensuite son déplacement en Italie les 13 et 14 septembre, où il rencontrera la diaspora sénégalaise établie en Europe. Cette étape sera consacrée à l’écoute et au dialogue avec les compatriotes vivant à l’étranger, une communauté considérée comme un pilier de l’économie nationale à travers les transferts financiers.
Un grave accident de la circulation s’est produit ce mercredi 3 septembre, aux environs de 6h15, sur la route de Ranérou, à hauteur du village de Ndoumbélane. Selon le communiqué quotidien de la Brigade nationale des Sapeurs-pompiers (BNSP) relatif au Gamou, le drame a impliqué un mini-car en partance pour Médina Baye et un camion.
Le choc violent a provoqué un lourd bilan : vingt victimes recensées, dont cinq ont perdu la vie sur le coup. Huit autres personnes ont été grièvement blessées et évacuées en urgence vers les structures sanitaires les plus proches, tandis que sept blessés légers ont reçu une prise en charge sur place.
La BNSP, qui a rapidement déployé ses équipes pour les opérations de secours et d’évacuation, s’est inclinée devant la mémoire des disparus et a présenté ses condoléances aux familles endeuillées.
À l’approche du Gamou, marquée par des déplacements massifs de fidèles vers les cités religieuses, les autorités appellent une nouvelle fois à la prudence sur les routes afin de prévenir de telles tragédies.
Un grave accident de la circulation s’est produit ce mercredi 3 septembre, aux environs de 6h15, sur la route de Ranérou, à hauteur du village de Ndoumbélane. Selon le communiqué quotidien de la Brigade nationale des Sapeurs-pompiers (BNSP) relatif au Gamou, le drame a impliqué un mini-car en partance pour Médina Baye et un camion.
Le choc violent a provoqué un lourd bilan : vingt victimes recensées, dont cinq ont perdu la vie sur le coup. Huit autres personnes ont été grièvement blessées et évacuées en urgence vers les structures sanitaires les plus proches, tandis que sept blessés légers ont reçu une prise en charge sur place.
La BNSP, qui a rapidement déployé ses équipes pour les opérations de secours et d’évacuation, s’est inclinée devant la mémoire des disparus et a présenté ses condoléances aux familles endeuillées.
À l’approche du Gamou, marquée par des déplacements massifs de fidèles vers les cités religieuses, les autorités appellent une nouvelle fois à la prudence sur les routes afin de prévenir de telles tragédies.
La scène a choqué plus d’un. Le 1er septembre, un incident pour le moins troublant s’est produit à bord du bus Tata numéro 58, reliant Castor à d’autres quartiers de Dakar. Un homme de 27 ans, identifié comme Idrissa Sy, commerçant domicilié à Castor, a été arrêté pour outrage public à la pudeur après avoir agressé une passagère en plein trajet.
Selon la victime, Mme M. Dieng, le bus était bondé lorsque des frottements suspects se sont fait sentir sur son fessier. Quelques secondes plus tard, elle a réalisé l’impensable : l’homme derrière elle venait d’exhiber son sexe et avait éjaculé sur ses vêtements.
Sous le choc, mais déterminée, Mme Dieng a immédiatement interpellé le mis en cause devant tous les passagers. Le chauffeur du bus, informé de la situation, a pris une décision radicale : il a détourné son itinéraire pour conduire directement le bus au commissariat de la Médina, où le suspect a été remis aux forces de l’ordre.
Interrogé par les enquêteurs, Idrissa Sy a reconnu les faits sans détour. « C’est la première fois que cela m’arrive, je reconnais que je suis malade. C’est une erreur regrettable que j’ai commise et je demande la clémence de la justice », aurait-il déclaré.
Après sa garde à vue, le mis en cause a été déféré au parquet hier, mardi 2 septembre. Il devra répondre d’outrage public à la pudeur, une infraction lourdement sanctionnée par la loi sénégalaise, surtout lorsqu’elle est commise dans un espace public.
La transition est désormais actée à la tête de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF). Le président sortant, Me Augustin Senghor, a officiellement transmis ses pouvoirs à son successeur, Abdoulaye Fall, lors d’une cérémonie tenue dans les locaux de l’institution.
Dans une atmosphère sobre mais empreinte de solennité, Me Augustin Senghor a réitéré ses félicitations au nouveau président, soulignant l’importance de la continuité et de l’engagement au service du football sénégalais. En retour, Abdoulaye Fall a salué le travail accompli par son prédécesseur, qui a marqué de son empreinte plusieurs années de gestion à la tête de la FSF.
À présent, Abdoulaye Fall et son équipe sont attendus sur de nombreux chantiers. Le nouveau bureau promet de placer la transparence au cœur de son action, tout en misant sur l’innovation et le renforcement des infrastructures sportives pour accompagner l’essor du football sénégalais, aussi bien au niveau local qu’international.
Une lettre ouverte adressée à la direction générale de l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES) et aux autorités compétentes fait résonner la colère grandissante des retraités et allocataires. Dans ce document rendu public, ils expriment leur frustration face à la situation jugée « indigne » des pensions de retraite au Sénégal.
Si les signataires saluent l’introduction récente d’une plateforme numérique destinée à simplifier la preuve de vie et le pointage à distance, ils dénoncent en revanche ce qu’ils considèrent comme un « écran de fumée » masquant l’essentiel. « Notre problème n’a jamais été le clic de validation, mais la dignité de notre vie quotidienne », écrivent-ils, rappelant que des milliers de retraités, au Sénégal comme dans la diaspora, vivent avec des pensions insuffisantes pour assurer leurs besoins fondamentaux.
Des prélèvements fiscaux jugés « incompréhensibles »
Les allocataires fustigent notamment les impôts appliqués à leurs pensions. Selon eux, ces prélèvements n’ont pas lieu d’être, puisque les retraités ont déjà contribué toute leur vie active au financement du système. À cela s’ajoute le poids des dépenses de santé. « Nous nous ruinons pour des soins médicaux qui devraient être pris en charge par une véritable couverture sociale », déplorent-ils, dénonçant également la flambée des prix qui aggrave la précarité.
Face à ce qu’ils qualifient de « simples annonces techniques » déconnectées de la réalité, les retraités exigent des solutions tangibles :
une revalorisation substantielle des pensions, la suppression de l’impôt sur les retraites, une couverture médicale complète et accessible, et un dialogue franc et permanent avec leurs représentants.
Le ton de la lettre est sans ambiguïté. « Assez de demi-mesures ; assez de distractions numériques », martèlent-ils, en réclamant « respect et justice sociale » pour ceux qui ont contribué à bâtir le Sénégal par leur travail et leurs sacrifices. Les retraités préviennent enfin que, faute de réponses rapides et concrètes, ils se réservent le droit de « prendre leurs responsabilités » et de porter leur combat dans l’espace public, laissant présager de possibles mobilisations dans les semaines à venir.
Au lendemain du Forum africain sur les systèmes alimentaires, le ministre britannique chargé de l’Afrique, Lord Collins of Highbury, a réitéré à Dakar l’engagement de Londres aux côtés du Sénégal, tant sur le plan économique que sécuritaire.
Dans un entretien accordé à Seneweb, le ministre a souligné la volonté du Royaume-Uni de développer avec l’Afrique des « relations sincères entre égaux ». Au Sénégal, cette ambition se traduit par une orientation claire : appuyer l’industrialisation, la création d’emplois et le développement du secteur privé.
« Depuis 2020, nous avons déjà triplé le commerce bilatéral et les entreprises britanniques ont investi plus de 2 810 milliards de FCFA dans l’économie sénégalaise », a-t-il rappelé. Londres se positionne ainsi comme premier investisseur étranger dans le secteur énergétique, notamment à travers le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim.
Le Royaume-Uni se veut également un acteur majeur de la transition énergétique. En partenariat avec Dakar, il soutient l’Initiative pour une transition énergétique juste (JETP), qui ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à 40 % d’ici 2030.
Sur le plan sanitaire, Lord Collins a annoncé un nouveau partenariat stratégique de 10 millions de livres sterling (plus de 7 milliards FCFA) avec l’Institut Pasteur de Dakar. Ce financement vise à renforcer la recherche et la production locale de vaccins, un axe jugé crucial pour la souveraineté sanitaire africaine.
Lors de ses entretiens avec le président Bassirou Diomaye Faye et le ministre des Finances Cheikh Diba, le représentant britannique a réaffirmé le soutien de Londres aux efforts de transparence budgétaire du Sénégal et à la conclusion rapide d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI). « Nous voulons accompagner le Sénégal dans la gestion de ses finances publiques afin de consolider sa stabilité macroéconomique », a-t-il précisé.
Enfin, la coopération sécuritaire figure aussi parmi les priorités. Le Royaume-Uni s’est engagé à renforcer ses échanges militaires avec Dakar, dans un contexte régional marqué par les menaces persistantes dans le Sahel.
Dans le quartier de Touba Kaolack Extension, en pleine expansion dans la commune de Kaolack, la grogne des habitants se fait de plus en plus entendre. Les populations dénoncent un cumul de difficultés qui impactent directement leur quotidien : le manque criant d’assainissement, l’insécurité grandissante et surtout l’absence d’un délégué de quartier capable de porter leurs préoccupations auprès des autorités compétentes.
Un environnement insalubre
Eaux usées stagnantes, tas d’ordures non ramassés, absence de caniveaux adéquats… certaines ruelles se transforment en véritables foyers d’infection.
Une insécurité croissante
À la tombée de la nuit, les habitants disent vivre dans la peur. Le manque d’éclairage public et la quasi-absence de patrouilles policières favorisent les agressions et les vols à main armée.
« Nous ne pouvons plus rentrer tard, et même en journée, certains jeunes sont dépouillés en pleine rue », déplore Samba Kandji, porte-parole des populations de Touba Kaolack Extension, lors d’un point de presse tenu ce mardi 2 septembre 2025.
L’absence de délégué de quartier pointée du doigt
À ces difficultés s’ajoute une situation administrative préoccupante : le quartier n’a pas de délégué officiel. Les habitants estiment que cette absence prive la communauté d’un relais institutionnel pour faire entendre leurs doléances.
« Sans délégué, nous n’avons personne pour transmettre nos revendications aux autorités locales. Nous sommes laissés à nous-mêmes », a regretté M. Kandji.
Un appel pressant aux autorités
Face à ces problèmes, les populations interpellent les autorités municipales et étatiques. Elles réclament en urgence un programme d’assainissement, un renforcement de la sécurité et surtout la désignation d’un délégué de quartier.
« Nous ne demandons pas l’impossible, juste le minimum pour vivre dignement », a conclu un habitant.
L’équipe nationale du Sénégal a effectué ce mardi 2 septembre 2025 sa deuxième séance d’entraînement en vue des matchs comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Sur la pelouse, 22 joueurs étaient présents pour cette étape importante de la préparation.
Toutefois, deux absences notables ont retenu l’attention : celles d’Édouard Mendy et de Nicolas Jackson. Le gardien d’Al Ahli, récemment touché, n’a pas pu prendre part à la séance, ce qui suscite des inquiétudes à seulement deux jours du choc face au Soudan. Le staff médical suit de près l’évolution de sa situation, alors que son rôle reste central dans le dispositif d’Aliou Cissé.
Quant à Nicolas Jackson, l’attaquant de Chelsea, il manquait également à l’appel, laissant planer des interrogations sur sa disponibilité pour les prochaines rencontres.
Les Lions poursuivront leur préparation mercredi, avec l’espoir de récupérer leurs cadres avant le duel décisif contre le Soudan, un rendez-vous capital dans la course à la qualification pour le Mondial 2026.
Le Sénégal franchit un nouveau cap dans sa quête d’autosuffisance alimentaire. À compter du 1er septembre 2025, toutes les importations de bananes seront suspendues. L’annonce a été faite par l’Agence de régulation des marchés (ARM), dirigée par Babacar Sembène, dans un entretien accordé à Seneweb.
Cette mesure, inédite dans l’histoire du pays, s’inscrit dans le prolongement des recommandations du Conseil interministériel d’avril 2025 consacré à la campagne agricole 2025-2026. Elle vise à renforcer la production locale et à mettre en œuvre une politique de substitution aux importations, déjà appliquée avec succès sur des filières comme l’oignon, la pomme de terre ou le riz.
« Le Sénégal dépense chaque année près de 1000 milliards de francs CFA pour importer des denrées alimentaires. Or, pour la banane, nous avons atteint un niveau de production qui permet de réduire significativement cette dépendance », souligne Babacar Sembène.
Selon l’ARM, les prévisions pour 2025 tablent sur 112 000 tonnes de bananes produites localement, contre une consommation nationale estimée à 130 000 tonnes. Le déficit restant est jugé « relativement faible » par rapport aux capacités de la filière. « Entre septembre et novembre, 70 à 80 % de la production sera récoltée », précise le directeur général de l’agence.
Avant de prendre cette décision, l’ARM a mené plusieurs missions de terrain afin d’évaluer les capacités des producteurs, mais aussi les contraintes liées à la commercialisation. Des échanges ont également eu lieu avec les importateurs, commerçants et distributeurs pour partager la vision du gouvernement, alignée sur l’Agenda Sénégal 2050.
Cette suspension, présentée comme une mesure pilote et historique, ouvre une nouvelle ère pour la filière bananière sénégalaise. Elle doit permettre d’encourager la consommation de produits locaux, tout en stimulant la compétitivité des producteurs nationaux.
À partir du 1er septembre 2025, plus aucune banane étrangère ne franchira les frontières sénégalaises. L’annonce a été faite par le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (MASAE), qui mise sur une production nationale en forte progression pour couvrir la demande.
Pour la campagne 2025, les prévisions se veulent optimistes : 112 500 tonnes de bananes devraient sortir des plantations sénégalaises, avec un pic de production entre septembre et novembre. « Les producteurs locaux sont désormais en mesure de répondre à la consommation nationale. Il est temps de donner la priorité au “Made in Sénégal” », explique un responsable du MASAE.
Afin d’accompagner cette transition, le Comité de pilotage de régulation de la filière banane a réuni, le 18 août dernier, producteurs et commerçants importateurs au siège de l’Agence de régulation des marchés (ARM). Résultat : un protocole d’accord et un cahier des charges ont été validés, fixant les règles du jeu pour garantir l’écoulement de la production locale.
La suspension des importations est présentée comme une mesure pilote. Un comité de suivi a été mis sur pied pour surveiller de près l’approvisionnement du marché et anticiper toute rupture de stock. « Nous voulons éviter que cette décision ne se traduise par une hausse des prix pour les consommateurs », a rassuré un membre du comité.
Cette décision marque une étape importante dans la mise en œuvre de l’Agenda Sénégal 2050, qui ambitionne de réduire la dépendance alimentaire du pays. Pour les producteurs, c’est une bouffée d’oxygène. « C’est une victoire pour nous, car nos efforts sont enfin reconnus et soutenus », se réjouit Mamadou Diop, producteur de bananes à Tambacounda.
Avec cette mesure, l’État envoie un signal fort : le Sénégal veut désormais miser sur ses propres forces pour nourrir sa population et bâtir une véritable souveraineté alimentaire.
À un mois de la rentrée scolaire, les syndicats d’enseignants tirent la sonnette d’alarme. Le Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire (SAEMS) accuse le gouvernement de n’avoir pas tenu ses engagements, malgré les nombreux accords signés ces dernières années.
« Rien ne garantit la stabilité de la prochaine rentrée. Nous avertissons le gouvernement et nous nous préparons à la lutte », a déclaré El Malick Youm, secrétaire général du SAEMS, ce mardi sur les ondes de Sud FM.
Selon lui, les vacances scolaires auraient dû être mises à profit pour solder les dossiers en suspens. Parmi les points les plus urgents, M. Youm cite les questions statutaires, la régularisation des enseignants dits “décisionnaires” qui n’attendrait que la signature d’un décret, mais aussi la matérialisation des accords signés depuis 2022.
« La question des actes relatifs à la gestion de la carrière des enseignants a connu une recrudescence, ce qui est inacceptable pour nous », a-t-il fustigé.
Autre point de discorde : la réforme du système de rémunération. Le secrétaire général du SAEMS déplore que le gouvernement, depuis sa mise en place, n’ait pas encore corrigé les disparités salariales ni apporté de réponses aux revendications des syndicats.
Face à ces blocages, les enseignants brandissent la menace d’un nouveau bras de fer. « Si le gouvernement ne règle pas ces questions, les syndicats seront sur le pied de guerre dès l’ouverture des classes », a prévenu M. Youm.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a tiré la sonnette d’alarme sur la situation urbaine de Dakar, qu’il juge devenue « insoutenable ». Intervenant lors de la journée de partage Dakar Métropole Internationale 2050, il a pointé la responsabilité des institutions dans la gestion chaotique de la capitale.
« Les déséquilibres sont profonds, la croissance urbaine est devenue incontrôlable. Dakar, c’est 4 millions d’habitants sur moins de 0,3 % du territoire national, avec en moyenne 100.000 nouveaux arrivants chaque année. 45 % de l’habitat est hors-norme, sans plan ni raccordement », a dénoncé le chef du gouvernement.
Selon lui, cette urbanisation sauvage engendre congestion, manque de logements, déficit d’équipements et problèmes de mobilité. Il a également rejeté l’argument qui attribue les inondations aux caractéristiques du sol de Dakar :
« Avant cette urbanisation incontrôlée, il pleuvait peut-être même plus et il n’y avait pas ces problèmes. Dans le sud du pays, il tombe près de 2.000 mm de pluie contre 400 mm à Dakar, pourtant les inondations y sont rares. C’est bien la mauvaise urbanisation qui explique la situation », a-t-il insisté.
Le Premier ministre a par ailleurs critiqué la gestion des lotissements par les services publics. « Autrefois, sous la colonisation, on réglait d’abord les questions d’assainissement et de voirie avant d’autoriser les constructions. Aujourd’hui, avec les quartiers sauvages et même les lotissements administratifs, l’Urbanisme, les Impôts et Domaines et le Cadastre pilotent chacun de leur côté, et ensuite chacun se débrouille pour amener l’eau, l’électricité ou l’assainissement », a-t-il regretté.
À travers ce constat, Ousmane Sonko entend replacer la question de la planification urbaine au cœur des priorités pour l’avenir de Dakar, capitale confrontée à une pression démographique et foncière sans précédent.
La Fondation Abdou Diouf Sport Vertu a organisé, ce mardi à Dakar, une exposition suivie d’une conférence publique pour célébrer les 90 ans de l’ancien président de la République du Sénégal, Abdou Diouf. Une cérémonie solennelle marquée par la présence de plusieurs personnalités du monde politique, institutionnel et académique.
La rencontre, animée par le professeur Souleymane Bachir Diagne, a permis de revenir sur le parcours de l’ancien chef de l’État, son engagement au service de la nation et son rôle dans la consolidation de la démocratie sénégalaise.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a été représenté par son ministre secrétaire général, Oumar Samba Bâ, qui a transmis un message à la famille de l’ancien président. « Le président de la République m’a demandé de le représenter à cette cérémonie historique. Célébrer Abdou Diouf, c’est d’abord rendre hommage à un digne fils du Sénégal, attaché à son terroir et à ses origines. Mais également, un démocrate accompli », a-t-il déclaré.
Le représentant du chef de l’État s’est également félicité de cette initiative, estimant qu’elle participe à l’immortalisation de la trajectoire politique et humaine d’Abdou Diouf, deuxième président de la République du Sénégal (1981-2000).
Cette cérémonie commémorative a ainsi offert un moment de réflexion et de reconnaissance, en retraçant le parcours d’un homme dont l’empreinte continue de marquer l’histoire politique du pays.
À quelques jours de la célébration du Maouloud, la cité religieuse de Médina Baye, à Kaolack, vit déjà au rythme des préparatifs. Comme le veut la tradition, plusieurs personnalités politiques et institutionnelles ont effectué le déplacement ce week-end pour rendre visite au Khalife général de Médina Baye, Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass.
Ce lundi 1er septembre 2025, une délégation de la coalition de l’opposition Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), composée notamment de Samba Sy, Modou Diagne Fada, Oumar Sarr et de responsables locaux, est venue présenter ses civilités au guide religieux et lui réitérer son soutien dans l’organisation de cet événement d’envergure internationale. Le Maouloud, qui commémore la naissance du Prophète Mohammed (PSL), attire chaque année des milliers de fidèles venus du Sénégal, de la sous-région et même de la diaspora en Europe et aux États-Unis.
Accueillis dans une ambiance empreinte de solennité et de ferveur spirituelle, les membres du FDR ont salué le rôle de la famille de Baye Niass dans la préservation des valeurs islamiques et la promotion de la cohésion sociale au Sénégal.
« C’est une délégation du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République qui est venue rendre visite au Khalife général de la Fayda Tidianya, Cheikh Mahi Ibrahima Niass, en prélude du Maouloud. Nous avons été reçus avec beaucoup d’humanité et de courtoisie, ce qui ne nous surprend pas puisque, à chaque fois que nous venons dans cette concession, l’accueil est toujours le même », a expliqué le chef de la délégation, le ministre Samba Sy.
Et d’ajouter : « Nous avons exprimé au Khalife tout notre respect, notre estime et nous lui avons renouvelé notre attachement. Nous avons tendu nos bras et lui avons demandé de prier davantage pour notre pays. Car, en réalité, le Sénégal a besoin de prières, surtout de l’union des cœurs, afin de surmonter les difficultés auxquelles il fait face. Le Khalife a été attentif à notre message. Ce n’est pas le moment de disserter sur la situation nationale, mais il est évident que le pays a besoin de prières pour être sauvé. »
Dans son allocution, le Khalife a insisté sur l’importance de la paix, de l’unité nationale et du vivre-ensemble pour le bien-être du pays, avant de prier pour le Sénégal. Il a rappelé que le Maouloud n’est pas seulement une fête religieuse, mais aussi un moment de communion et de solidarité.
Le rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), daté de juillet 2025 et transmis au parquet financier, met en cause l’homme d’affaires Mouhamad Dieng, PDG de MIR HOLDING SAS, dans le cadre de l’affaire Lonase. Le document fait état de soupçons de blanchiment de capitaux portant sur plus de 3 milliards de francs CFA.
Dans un communiqué transmis à la presse et consulté par L’AS, Mouhamad Dieng a vivement réagi, dénonçant une « entreprise de diabolisation mûrement orchestrée ». Il affirme n’avoir jamais été associé à l’élaboration du rapport et conteste la véracité de plusieurs informations.
son revenu principal, qui proviendrait de dividendes et non d’un salaire mensuel de 1,5 million de francs CFA, comme indiqué par la CENTIF ; l’immeuble R+5 situé aux Mamelles, qu’il attribue à Bet Online et non à son patrimoine personnel ; sa villa de Saly, d’une superficie de 3 500 m² et non d’un hectare, comme mentionné dans le rapport ; le coût du matériel de sonorisation, qu’il évalue à 75 millions avec facture à l’appui, contre 250 millions avancés par le document.
Concernant les 45 véhicules cités, il précise qu’ils appartiennent à sa société de transport MD Global Business Services et ne devraient pas être associés à ses biens personnels.
Mouhamad Dieng insiste également sur la légalité de ses activités, rappelant que MIR HOLDING SAS est organisée conformément aux normes du SYSCOHADA et regroupe plusieurs filiales actives dans différents secteurs. Il dénonce l’attribution « à tort » de sociétés comme PayMeTrust, ainsi que toute relation supposée entre Pay Dunya et Service Online International, qu’il qualifie de « fabrications de toutes pièces ».
« Un succès présenté comme un délit »
Pour le PDG, son parcours d’entrepreneur est injustement assimilé à une infraction. « Mon succès est transformé en délit », regrette-t-il, avant d’assurer être disposé à prouver l’origine licite de ses biens. Il promet par ailleurs que les « véritables commanditaires » de ce qu’il considère comme une campagne de déstabilisation seront identifiés.
Dans une atmosphère discrète, loin des caméras, l’ancien ministre délégué chargé du Budget, Birima Mangara, a été auditionné le 21 août dernier par le doyen des juges du tribunal de Dakar. Selon le quotidien Libération, cette convocation s’inscrit dans le cadre de l’affaire Arcelor Mittal, un dossier à la fois sensible et complexe qui mobilise depuis plusieurs mois la justice sénégalaise.
Cette audition intervient seulement vingt-quatre heures après celle d’Aly Ngouille Ndiaye, ex-ministre de l’Industrie et des Mines. Une succession qui confirme l’avancée progressive mais résolue de l’enquête.
Le parquet de Dakar a ouvert une information judiciaire visant des faits graves : association de malfaiteurs, corruption, recel, blanchiment de capitaux, escroquerie et complicité. L’État du Sénégal, partie civile dans cette affaire, a formulé sa plainte contre plusieurs entités du géant sidérurgique : Arcelor Mittal Holdings AG (anciennement Mittal Steel Holdings AG), Arcelor Mittal Limited, Arcelor Mittal Holland II BV, Arcelor Mittal Mining Sénégal SA et Arcelor Mittal Infrastructures Sénégal SA.
Cette multiplication des chefs d’accusation traduit le caractère tentaculaire du dossier et la volonté des autorités judiciaires de faire toute la lumière sur les conditions dans lesquelles certaines décisions ont été prises.
Un épisode de 2014 revient avec insistance dans l’enquête. Le 30 mai de cette année-là, alors qu’il était en poste, Birima Mangara avait saisi le tribunal arbitral pour demander le retrait de la procédure engagée contre Mittal.
Cette démarche suscite aujourd’hui de nombreuses interrogations : elle relevait en principe des prérogatives de l’agent judiciaire de l’État, pourtant écarté de la procédure. Une anomalie qui intrigue les enquêteurs et alimente les soupçons sur de possibles interférences dans la gestion du contentieux.
Le Parti socialiste (PS) poursuit son bras de fer devant la justice. Hier, le tribunal a examiné le contentieux opposant la direction actuelle du parti, dirigée par Aminata Mbengue Ndiaye, aux militants dissidents qui contestent sa légitimité. À l’issue de l’audience, le juge a décidé de renvoyer l’affaire au 15 septembre prochain.
D’après Les Échos, la secrétaire générale par intérim du PS, en poste depuis le décès d’Ousmane Tanor Dieng en 2019, s’est présentée à la barre avec un soutien limité. Elle était défendue par les avocats Me Aïssata Tall Sall et Me Doudou Ndoye. Face à elle, les contestataires, assistés de Me El Hadji Diouf, ont affiché une mobilisation plus importante.
La salle d’audience a ainsi révélé un déséquilibre dans les forces en présence. Aux côtés d’Aminata Mbengue Ndiaye, seuls quelques fidèles, dont Gorgui Ciss, se sont distingués. En revanche, la majorité des militants socialistes présents semblaient pencher pour le camp des dissidents, parmi lesquels figuraient des figures notoires comme le doyen Idrissa Ndiaye, Birahim Camara, Daour Sagna et Ben Sylla.
Au Forum Africain sur les systèmes alimentaires (AFS), le président Bassirou Diomaye Faye a dressé un constat sans détour sur les paradoxes agricoles du continent.
« Nous avons 60 % des terres arables, mais 64 % de ces terres ne sont pas cultivées. Nous disposons d’une jeunesse nombreuse et dynamique, et pourtant nous importons massivement notre nourriture alors que nous devrions nourrir le monde », a-t-il déclaré face à l’influenceuse agricole djiboutienne Fahima Mohamed Ismael.
Avec une population africaine appelée à atteindre 2,3 milliards d’habitants d’ici 2050, dont 600 millions de jeunes, le chef de l’État sénégalais estime urgente l’autosuffisance alimentaire. Mais un défi majeur persiste : « Beaucoup de jeunes ne considèrent pas, à tort, l’agriculture comme un secteur porteur. Pourtant, il peut être source de richesse et d’opportunités », a-t-il souligné.
Pour inverser la tendance, Bassirou Diomaye Faye a mis en avant trois priorités :
investir dans la maîtrise de l’eau et les infrastructures hydrauliques ; moderniser les techniques grâce à la mécanisation et au numérique ; faciliter l’accès au financement et aux marchés locaux comme internationaux.
« La terre et la force de travail existent. Ce qui manque, c’est l’organisation, l’innovation et la confiance dans la jeunesse », a insisté le président, qui se définit comme « agriculteur dans l’âme ».
Il a conclu en appelant à une mobilisation collective pour bâtir une agriculture africaine « moderne, durable et compétitive ».
Le député Cheikh Bara Ndiaye fait face à une vague de critiques au sein de son parti, Pastef. En cause, sa récente déclaration exprimant son opposition à la marche organisée samedi dernier en mémoire des victimes des répressions politiques.
Cette manifestation, à laquelle ont pris part des ex-détenus ainsi que des familles de victimes, visait à réclamer justice et à dénoncer la lenteur dans le traitement des dossiers. L’absence du parlementaire, justifiée par son refus de s’y associer, a suscité des réactions contrastées parmi les militants.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs sympathisants du parti ont exprimé leur désapprobation, certains allant jusqu’à qualifier cette position de « trahison ». La comparaison a été faite avec le député Guy Marius Sagna, présent lors de la marche, renforçant ainsi l’idée d’un décalage entre les deux élus.
La rentrée scolaire 2024-2025 s’annonce difficile pour les élèves du CEM de Darou Mbitèyène, dans la région de Kaolack. Une forte pluie accompagnée de vents violents, survenue hier entre 17 heures et 18 heures, a causé d’importants dégâts matériels au sein de l’établissement.
Selon Demba Senghor, principal du collège, deux salles de classe et le bâtiment servant de bloc administratif ont été totalement endommagés. « Le préjudice est énorme. La situation actuelle du CEM ne permet pas d’accueillir les élèves dans de bonnes conditions », a-t-il déclaré.
Les toitures arrachées, les salles inondées et le matériel pédagogique détruit laissent planer un sérieux doute quant à la reprise normale des cours prévue dans quelques semaines. L’inquiétude grandit au sein de la communauté éducative. « Nos enfants risquent de rester à la maison si rien n’est fait », témoigne un parent d’élève, visiblement préoccupé.
Face à cette situation, enseignants, parents d’élèves et autorités locales appellent à une intervention urgente de l’État et de ses partenaires afin de réhabiliter les infrastructures endommagées. Ils craignent que l’année scolaire ne soit compromise, plongeant ainsi des centaines d’élèves dans une incertitude totale.
Si aucune solution rapide n’est trouvée, ce sinistre risque d’aggraver les difficultés déjà rencontrées par le système éducatif dans plusieurs localités rurales, où les infrastructures sont souvent précaires et vulnérables aux intempéries.





À l’Assemblée nationale, le député Guy Marius Sagna a adressé une série de questions écrites au gouvernement du Premier ministre Ousmane Sonko concernant la plateforme de transport et de livraison Yango. L’élu de la Nation relaie ainsi les doléances de nombreux chauffeurs et livreurs qui dénoncent des pratiques jugées abusives et contraires à leurs droits.
Selon les témoignages recueillis, les travailleurs se disent contraints d’accepter des courses « à l’aveugle », sans connaître ni le prix ni la destination à l’avance. En cas de refus ou d’annulation, leurs comptes seraient immédiatement bloqués, sans possibilité de recours.
Autre grief relevé par le parlementaire : le niveau élevé des commissions prélevées par la plateforme, parfois estimées à 28 % ou plus, alors même que certaines courses ne rapporteraient que 100 à 200 francs CFA aux livreurs. Un système de bonus est également pointé du doigt, car il n’est débloqué qu’après la réalisation d’au moins trente courses par jour, un objectif jugé irréaliste par une majorité d’acteurs.
Le député met également en avant l’absence de contrats formels et de couverture sociale, plaçant les chauffeurs et livreurs dans une grande précarité face aux aléas de leur activité.
Pour Guy Marius Sagna, ces pratiques soulèvent de sérieuses questions de justice sociale et de protection des travailleurs, dans un secteur numérique en plein essor mais encore largement insuffisamment encadré au Sénégal. Il exhorte le gouvernement à « faire toute la lumière sur les conditions réelles imposées par Yango » et à préciser les mesures envisagées pour mieux réguler cette activité afin de protéger les travailleurs.
La Cité Mixta a été le théâtre d’un grave accident ce lundi matin, aux alentours de 10h. Le lutteur Pokola, bien connu des amateurs de l’arène, a chuté du troisième étage d’un immeuble.
Alertés dans la foulée, les sapeurs-pompiers sont rapidement intervenus pour lui porter assistance avant de l’évacuer d’urgence vers une structure sanitaire. Pour l’heure, aucune communication officielle n’a été faite sur son état de santé, mais l’inquiétude est grande dans son entourage et parmi ses fans.
Un témoin sous le choc
« J’ai vu quand il tombait du 3e étage. Au début, je pensais que c’était un sachet d’ordures jeté par inadvertance, mais le bruit du choc m’a rapidement fait comprendre que c’était lui. Je l’ai vu dans un état que je ne peux pas vous confier », confie notre informateur, encore bouleversé par la scène.
Très vite, la nouvelle s’est propagée sur les réseaux sociaux, alimentant rumeurs et interrogations. Pourquoi Pokola se trouvait-il à la Cité Mixta, un lieu régulièrement associé à des soirées festives et controversées ? Était-ce un simple accident ou les circonstances de sa présence sur les lieux soulèvent-elles d’autres hypothèses ? Était-il seul ou accompagné lors du drame ?
Pour l’instant, aucune réponse claire n’a été apportée. Les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin de déterminer les causes exactes de la chute.
À Kaolack, l’effervescence politique gagne du terrain à l’approche des élections municipales. Dans les quartiers comme au centre-ville, les débats portent de plus en plus sur les nouveaux visages qui ambitionnent de diriger la municipalité. Parmi eux, Madame Sarata Sonko, responsable politique du parti PASTEF au niveau de la commune, vient d’annoncer officiellement sa candidature à la candidature pour briguer la mairie.
C’est face à la presse, ce 1er septembre 2025, que la figure montante de la scène politique locale a fait part de sa décision. « Ma démarche s’inscrit dans une volonté de renouvellement et de mise en avant des préoccupations réelles des populations », a-t-elle déclaré en marge de cette rencontre.
Connue pour son engagement dans les associations de jeunes et ses initiatives en faveur du développement communautaire, Sarata Sonko s’est progressivement imposée comme une voix écoutée au sein du parti et dans plusieurs quartiers de Kaolack. Ses actions sociales, notamment dans l’éducation, la santé et l’appui aux femmes entrepreneures, lui valent une notoriété grandissante.
Cette entrée en lice pourrait rebattre les cartes dans une commune où les ambitions politiques s’expriment de plus en plus ouvertement. Si sa candidature est validée par les instances du PASTEF, Sarata Sonko deviendra l’une des premières femmes à convoiter sérieusement la mairie de Kaolack, un symbole fort dans un paysage politique encore largement dominé par les hommes.
Les prochains jours s’annoncent décisifs, alors que les candidatures internes se multiplient au sein du PASTEF et que les états-majors politiques affûtent déjà leurs stratégies en vue des municipales.
En prélude aux célébrations du Gamou, commémoration de la naissance du Prophète Mohamed (PSL), l’association Actions Kaolack a insufflé un puissant élan de solidarité en apportant son soutien à trois structures locales. Ce lundi, une cérémonie de remise de dons, tenue symboliquement devant le domicile de Baye Niass, a mis en lumière la tradition d’entraide qui caractérise cette période spirituelle.
Sous la houlette de son représentant, M. Moussa Diaw, Actions Kaolack a offert son appui aux associations Jeunes Espoirs de Médina Baye, dirigée par Macky Seck, Khidmal Baye, présidée par Babacar Thiam, et Wa Sam Gamou, représentée par Malick Sarr. Le don, composé de 50 packs d’eau et de 10 casiers de boissons, vise à soutenir les vastes opérations de ravitaillement et de restauration prévues pour accueillir les milliers de pèlerins attendus.
Dans son allocution, M. Diaw a rappelé l’engagement historique et inébranlable de son association :
« Notre soutien à la communauté de Médina Baye dure depuis des décennies. Chaque année, à l’approche du Gamou, nous sentons le devoir de perpétuer cette chaîne de solidarité et de contribuer, à notre échelle, à la réussite de cet événement majeur pour la Oumma. »
Ce geste philanthropique s’inscrit dans le cadre plus large des préparatifs du Gamou, une période où la fraternité et le partage sont élevés au rang de devoir religieux. La distribution de nourriture et de boissons fraîches aux fidèles, souvent après de longues heures de prière et de recueillement, constitue une pierre angulaire de l’accueil à Médina Baye. Elle incarne l’esprit de communauté et de générosité prôné par l’islam.
Les associations bénéficiaires, en première ligne de l’organisation logistique, ont salué ce soutien significatif. Ces dons leur permettront de renforcer leurs moyens et d’assurer, avec encore plus de dignité, l’accueil des fidèles venus des quatre coins du Sénégal et de l’étranger, en quête de bénédictions et de paix spirituelle.
Ainsi, au-delà de la ferveur religieuse, le Gamou de Médina Baye continue de se construire sur un pilier intangible : la solidarité agissante. L’action conjuguée de Actions Kaolack et des structures locales garantit que cette célébration reste, pour tous, un moment de spiritualité, de partage et de communion fraternelle.




La Sûreté Urbaine du Commissariat central de Mbour a frappé un grand coup dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Dans la nuit du 29 au 30 août, deux individus ont été interpellés lors d’une opération ciblée menée sur la base d’un renseignement.
Selon les informations recueillies, la police avait été alertée de l’existence d’un trafic de crack entre Thiès et Mbour. Une surveillance a alors été mise en place et a permis d’intercepter le premier suspect au croisement de Saly. Ce dernier était en possession de 20 képas de crack, dont la valeur marchande est estimée à 200 000 francs CFA, chaque unité se vendant à 10 000 francs.
Dans la foulée, un second individu a été arrêté la même nuit. Il détenait 35 képas de kush ainsi que 8 cornets de chanvre indien, confirmant l’ampleur du réseau en activité dans la zone.
Les deux suspects ont été placés en garde à vue. L’enquête, confiée aux éléments de la Sûreté Urbaine, se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices et de démanteler les circuits d’approvisionnement.
Les premiers chiffres de l’exploitation pétrolière au Sénégal, publiés par le magazine spécialisé Le Marché, ont suscité de vives réactions. Sur un total de 1 536 milliards de francs CFA générés, seuls 67 milliards ont été reversés directement à l’État. Une proportion jugée faible par une partie de l’opinion publique, mais qui s’explique par plusieurs facteurs techniques et contractuels.
Interrogé par L’Observateur, l’économiste de l’énergie Ibnou Sougoufara rappelle que le projet est encore dans une phase initiale. « Les compagnies engagées dans l’exploration et l’exploitation – notamment l’australienne Woodside – doivent d’abord récupérer leurs investissements initiaux, appelés cost oil. Tant que ces coûts ne sont pas amortis, la part de revenus destinée à l’État reste marginale », explique-t-il.
Il souligne également que le risque financier a été intégralement porté par les investisseurs privés. « Si les forages n’avaient donné aucun résultat, les pertes auraient été à leur charge. Ce modèle de partage, courant dans l’industrie pétrolière, accorde un avantage initial aux compagnies pour compenser le risque encouru », ajoute-t-il.
La volatilité du marché mondial est un autre facteur déterminant. Une chute du baril sous les 40 à 50 dollars compromettrait la rentabilité des projets et réduirait mécaniquement les marges de l’État. « Publier des montants globaux sans mise en perspective peut induire en erreur. Il serait utile de créer une agence nationale d’information énergétique, indépendante et spécialisée, pour garantir une meilleure transparence », recommande l’économiste.
Malgré ces débuts modestes, les perspectives sont jugées favorables. La part de l’État, estimée autour de 10 % aujourd’hui, pourrait atteindre entre 25 et 30 % dans les prochaines années, selon l’évolution de la production et des cours mondiaux. Pour Ibnou Sougoufara, l’enjeu réside moins dans une renégociation systématique des contrats existants que dans la capacité du Sénégal à rendre attractifs ses futurs blocs pétroliers, afin d’attirer des investissements durables.
Les gendarmes de la brigade de recherches de Faidherbe ont mis fin aux agissements d’un réseau de vigiles qui pillait depuis près d’un an le stock de la société Ebs Électro Business, détentrice exclusive de la marque internationale « Astech » au Sénégal. Le préjudice provisoire est estimé à plus de 54 millions de FCFA, rapporte L’Observateur.
L’affaire a éclaté à la suite de la découverte de téléviseurs Astech sur le marché noir. Intrigués, les responsables d’Ebs Électro Business, propriétaire d’un hangar au Pôle urbain de Diamniadio où sont entreposés des appareils d’une valeur de plusieurs milliards de FCFA, ont mandaté Mayoro Kébé pour saisir la gendarmerie. La plainte, déposée le 23 août dernier, visait un numéro de téléphone relié au principal suspect.
Les investigations ont rapidement conduit à l’arrestation de Cheikh Dieng et de son complice Mamadou Baldé, à Thiaroye. Sous pression, Dieng a reconnu s’approvisionner en téléviseurs volés auprès de Samba Kandé, ancien vigile du hangar. Une perquisition à Dougar, au domicile de ce dernier, a permis de découvrir un stock important de matériel électroménager destiné à l’écoulement clandestin.
L’enquête a également révélé l’implication de Yaya Kandé, gardien attitré du hangar, ainsi qu’un système parfaitement organisé : Samba Kandé subtilisait les appareils, revendus ensuite à Mamadou Baldé pour 45 000 FCFA l’unité, avant d’être écoulés par Cheikh Dieng sur le marché noir. Une partie des gains servait même à financer l’ASC locale de Samba Kandé.
Au total, 44 téléviseurs ont été saisis chez les mis en cause. Toutefois, trois autres vigiles de la société – identifiés comme S. Baldé 1, S. Baldé 2 et B. Gallé – sont toujours en fuite et activement recherchés par les gendarmes.
Les quatre personnes arrêtées ont été déférées devant le procureur de la République pour association de malfaiteurs, vol et recel au détriment de Ebs Électro Business.
L’affaire Hamidou Djiba continue d’alimenter les débats judiciaires et politiques. Selon les révélations du quotidien Libération, l’autoproclamé porte-parole de l’aile politique du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc) de Mangoukoro, poursuivi pour complot contre l’autorité de l’État, participation à un mouvement insurrectionnel et association de malfaiteurs criminelle, a radicalement changé de posture lors de ses auditions à la Section de recherches (Sr).
Âgé de 61 ans, Djiba s’était distingué à Ziguinchor lors de la commémoration du décès de l’abbé Diamacoune par des gestes et propos spectaculaires : proclamation d’une supposée « indépendance de la Casamance », présentation d’un drapeau et entonnement d’un hymne présenté comme celui d’une « République de Casamance ». Ces mises en scène, largement commentées, avaient contribué à son arrestation.
Intercepté alors qu’il circulait à moto vers Bouloum, l’homme a adopté un ton plus conciliant face aux enquêteurs. Il a reconnu son statut de responsable du Mfdc, tout en niant avoir voulu créer un État parallèle ou former un gouvernement indépendantiste. Concernant ses propos virulents à l’égard du Chef de l’État — qualifié de « nouveau-né politique » —, Djiba a tenté d’en minimiser la portée, expliquant qu’il voulait simplement souligner la jeunesse politique du Président.
Dans une démarche de désescalade, il est allé jusqu’à rappeler ses « liens de cousinage » avec le Chef de l’État, invoquant leurs origines ethniques communes, et affirmé lui vouer un profond respect. Exprimant des regrets, il a demandé la clémence de la Justice, reconnaissant ne pas avoir mesuré la gravité ni les conséquences de ses actes.
Richard-Toll, 31 août 2025 – La ville s’est réveillée sous le choc. Dans la nuit du 30 au 31 août, l’usine Dolima, située à Thiabakh et considérée comme un fleuron de l’agroalimentaire sénégalais, a été la cible d’un braquage d’une rare violence. Selon des sources policières relayées par L’Observateur, un commando armé et encagoulé a investi les lieux avec une précision digne d’un film d’action.
Il était 04h24 lorsque le commissariat de Richard-Toll a été alerté. Étrangement, les assaillants n’ont eu aucun mal à pénétrer le site : la porte principale était grande ouverte. Deux vigiles de la société Phoenix assuraient la sécurité. Mais face à la brutalité du groupe, l’agente Dieynaba Diallo a pris la fuite, abandonnant son collègue Iba Diop, rapidement maîtrisé puis forcé à guider les malfaiteurs dans l’enceinte de l’usine.
Le commando a d’abord fait halte dans la mosquée attenante, s’emparant de deux téléphones portables. Il a ensuite méthodiquement pris pour cible quatre bureaux sensibles : celui de la collecte de lait, du directeur industriel, de la maintenance informatique et du KSDE (Kossam Société de Développement de l’Élevage), filiale de Dolima. Meubles fracturés, tiroirs arrachés, dossiers éparpillés… le saccage a été total.
L’attaque n’a pas seulement causé des dégâts matériels. Daouda Diagne, chauffeur de l’usine, a été grièvement blessé à la tête, tandis qu’Amadou Sy, agent de sécurité, a reçu un coup violent au poignet gauche. Après leur expédition, les assaillants ont pris la direction de Mbane, laissant derrière eux un site ravagé et des employés traumatisés.
Ce braquage survient dans un contexte sécuritaire déjà tendu. Ces derniers mois, plusieurs attaques spectaculaires ont secoué le pays : la résidence Les Diamantines à Saly, théâtre d’un viol collectif, l’hôtel Riu Baobab ou encore un établissement touristique de Guéréo. Désormais, c’est une entreprise stratégique comme Dolima qui tombe sous les coups de ces commandos.
Les forces de l’ordre ont immédiatement ouvert une enquête. Toutefois, les caméras de surveillance de l’usine étaient inopérantes au moment des faits, l’informaticien de service étant absent. Les autorités espèrent exploiter les enregistrements disponibles et recueillir de nouveaux témoignages pour remonter la piste de ce groupe criminel.
L’ancien ministre sénégalais de l’Économie, Amadou Hott, poursuit son ascension sur la scène économique internationale. Après avoir brigué sans succès la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), finalement remportée par le Nigérian Akinwumi Adesina, l’économiste sénégalais vient de décrocher un poste de premier plan.
Selon Les Échos, Amadou Hott a été nommé président du Conseil consultatif Afrique de Vision Invest, une importante société saoudienne spécialisée dans le développement et l’investissement à l’échelle mondiale. L’intéressé a officialisé la nouvelle sur son profil LinkedIn, en ces termes : « Je suis heureux de partager que j’entame une nouvelle fonction comme Chair of Africa Advisory Board à Vision Invest. »
À ce poste stratégique, il aura pour mission de définir les grandes orientations liées aux opérations africaines du groupe. Il devra notamment superviser la stratégie régionale, renforcer les relations avec les parties prenantes clés et accompagner l’expansion du portefeuille d’investissements de Vision Invest sur le continent.
Cette nomination confirme le retour d’Amadou Hott dans les hautes sphères économiques internationales, après son passage remarqué au gouvernement du Sénégal. Elle illustre aussi la confiance que les grands acteurs mondiaux de la finance et du développement placent dans son expertise en matière de financement innovant, de structuration de projets et de mobilisation de capitaux.
Dakar, 1er septembre 2025 – L’enquête ouverte par la Division des investigations criminelles (Dic) sur la gestion des finances publiques s’annonce explosive. Selon les révélations du journal Libération, les investigations vont bien au-delà des constats établis par la Cour des comptes et mettent en lumière un vaste scandale financier autour de l’opération « Sukuk Ijara Sogepa SN 2022 ».
D’un montant colossal de 330 milliards de F CFA, ce financement a été levé par la Banque islamique du Sénégal (BIS) dans le cadre d’une convention avec l’État, avec la participation d’autres structures dont CGF Bourse.
Dans son rapport initial, la Cour des comptes avait déjà pointé des dépenses irrégulières de 114 milliards de F CFA, effectuées en dehors de tout cadre comptable. Mais les enquêteurs de la Dic vont plus loin : ils auraient découvert que la BIS a retenu directement à la source près de 70 milliards de F CFA pour solder de prétendues créances de l’État.
Plus troublant encore, une commission de 5,6 milliards de F CFA aurait été versée à des intermédiaires impliqués dans cette opération financière. Des pratiques qui soulèvent de sérieuses interrogations sur la transparence et la légalité du montage.
La souveraineté s’entend, entre autres, de la capacité de l’Etat à élaborer sa politique fiscale et de ses droits régaliens à gérer ses ressources financières.
S’appuyant sur le terreau de la souveraineté financière, le Plan de relance économique pour le Sénégal (PRES) promeut un développement endogène et durable, porté par des territoires responsabilisés, viables et compétitifs.
Parmi les leviers identifiés pour générer ces ressources internes figure la taxation de niches de financement ‘’sous fiscalisées’’ comme les logiciels,les jeux de hasard en ligne, les réseaux sociaux, le « mobile money », la connexion internet, la monnaie virtuelle et, plus généralement, l’économie numérique.
Dans ce contexte, il est plus que nécessaire pour les douanes de changer de paradigme et de mener les réflexions idoines pour mettre en place un système performant de contrôle douanier du numérique, en particulier et des services en général surtout lorsque ceux-ci traversent les frontières.
Si le moratoire consistant à ne pas imposer de droits de douane sur les transmissions électroniques, devait effectivement prendre fin en 2026, les pays et les entreprises doivent sans plus attendre commencer à chercher la manière d’opérer dans un monde où toute une série de transmissions électroniques pourrait être assujettie à des droits de douane.
Il s’agit, alors de trouver les techniques appropriéesen s’inspirant, au besoin, des systèmes de fiscalisation et d’imposition des services déjàexistants.
Pour autant la démarche ne pourrait se dissocier complètement de la procédure classique de dédouanement. C’est pourquoi il est bien logique que le système de dédouanement de l’immatériel s’inspire du triptyque : origine, valeur et classification tarifaire, fronton de la procédure de dédouanement.
Des réaménagements techniques sur le système de dédouanement classique sont alors nécessaires, autant dans la manière de déterminer l’origine et la provenance des services importés, dans les modalités de calcul de leur valeur en douane que dans la manière de les classer.
L’origine d’un service renvoie à l’identification de la nationalité de la structure principale ayant conçue la donnée virtuelle. Le territoire virtuel d’où est originaire le service renvoie, de ce fait au territoire de rattachement de la structure mère créatrice du service.
L’identification du créateur du service peut se faire à travers les contrats de prestation de services et, oud’outils informatiques tels que la page web, le serveur, l’adresse IP pour les ordinateurs et le code IMEI pour les téléphones portables et autres smartphones, les routeurs etc…
Pour la détermination de la valeur des produits numérisés, l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) laisse aux administrations des douanes le choix, soit de taxer les supports y compris la valeur du logiciel, soit de prélever des droits sur le support seul. Seulement, l’intérêt de cette décision semble limité, puisque son champ d’application ne s’étend pas aux transmissions électroniques. Trois (03) approches sont possibles pour déterminer la valeur des services commerciaux.
Par référence à l’approche par les coûts : la valeur d’un service importé est identifiée à partir du montant nécessaire pour le remplacer ou correspondant aux potentiels bénéfices économiques issus de l’utilisation du service importé.
A travers l’approche par le marché, la valeur d’un service est définie à travers la comparaison avec un service similaire, dont le prix du marché est connu après un achat ou une vente antérieure.
Partant de l’approche par les revenus, la détermination de la valeur s’établit en faisant la comparaison entre les futurs bénéfices d’un investissement alternatif.
Quelle que soit l’option choisie, Il convientd’envisager comment le système douanier peut appréhender la valeur en douane des services de manière plus objective tant au niveau de l’assiette que du mode d’imposition.
Aux fins de classification tarifaire des services importés, Il existe présentement des nomenclatures diverses des activités économiques emboîtant un ensemble de services commerciaux à des fins statistiques. Il semble d’ailleurs qu’à Bruxelles (siège de l’Organisation mondiale des Douanes (OMD) l’idée de classer les services commence à avoir un traitement favorable avec le consensus ayant conduit à l’insertion de l’énergie électrique (27-16-00) dans le SH.
La démarche consiste à trouver un système declassement des services à l’image du classementtarifaire prévu par le système harmonisé de désignation et de codification des marchandises (SH).En fonction du but poursuivi, des ambitions économiques et sécuritaires visées et des orientations politiques du moment, différents types de classification peuvent être retenus.
Une fois les critères de dédouanement déterminés,quid des modalités d’établissement de la déclaration en douane des services importés ?
Le scénario pourrait être le suivant : les fournisseurs d’accès à Internet (FAI), les opérateurs en ligne ou relais auront l’obligation d’insérer un « Fichier Douane » dans toutes les prestations informatiques. Ce fichier de nature électronique sera renseigné par l’utilisateur du service, à travers un simple « clic »sur un lien préconçu à cet effet.
En ce qui concerne le paiement des droits et taxes, un système de retenue à la source devrait s’opérer en collaboration avec les institutions bancaires. Dans cette vision, les receveurs des douanes auront des comptes dans les banques en connexion avec l’administration douanière.
A l’assaut du numérique, le droit douanier évolue en vue d’inclure les services commerciaux dans les produits, objet de dédouanement. La démarche vas’inscrire dans l’analyse objective des procédures de dédouanement en vigueur, en vue de leur adaptation pour la prise en compte de l’activité numérique.
A terme, dans l’optique de garantir une offre de service public de qualité, la modernisation des administrations douanières va passer nécessairement par une résilience forte des procédures automatisées et dématérialisées, à travers un outil informatique ouvert et interconnecté.
En attendant que le dédouanement des services soit appliqué, les douanes peuvent, toujours, continuer à collaborer avec les attributaires de fréquences et de réseaux téléphoniques ou d’internet en vue, notamment de la sécurisation de la chaine logistique numérique.
Docteur Ndiaga SOUMARE,
Inspecteur principal des douanes de Classe exceptionnelle.
Le Président de la République du Sénégal a accueilli ce dimanche à Dakar son homologue rwandais, Son Excellence Paul Kagame, à l’occasion du Africa Food Systems Forum 2025 (AFSForum2025).
Cette rencontre souligne la solidité des relations entre le Sénégal et le Rwanda et met en avant l’engagement des deux pays pour la transformation durable des systèmes alimentaires en Afrique.
Le forum, qui rassemble chefs d’État, décideurs politiques, acteurs du secteur privé, organisations paysannes et partenaires au développement, est conçu comme une plateforme stratégique. L’objectif : identifier des solutions innovantes face aux défis de la sécurité alimentaire et du changement climatique sur le continent.
Pour les experts et participants, l’événement constitue également une opportunité de renforcer les partenariats, d’échanger sur les meilleures pratiques et de promouvoir des politiques publiques visant à moderniser l’agriculture africaine et à améliorer l’accès à une alimentation saine et durable.




Kafountine, 31 août 2025 – Une opération de la gendarmerie de Kafountine a permis de déjouer une nouvelle tentative d’émigration irrégulière dans la nuit du samedi au dimanche. Dix-sept personnes ont été interpellées dans un campement à Abéné, localité frontalière réputée pour être un point de départ vers l’Europe par voie maritime.
Selon nos informations, l’alerte est parvenue aux gendarmes vers 3 heures du matin, signalant la présence suspecte d’un groupe de jeunes sur l’axe Kafountine–Diannah–Abéné. Les forces de l’ordre, en patrouille, se sont rapidement déployées sur les lieux. L’intervention, menée aux environs de 3 h 30, a permis d’appréhender 14 candidats à l’émigration et 3 complices présumés.
Parmi les candidats figurent 11 Sénégalais, dont un enfant âgé d’environ 8 ans, ainsi que trois ressortissants gambiens. Les trois complices arrêtés seraient des logeurs, accusés d’avoir mis leurs habitations à la disposition du groupe en attente du départ.
La fouille du site a conduit à la saisie de plusieurs bagages, de vivres et de matériels divers destinés à ce voyage clandestin. Une enquête a été ouverte pour identifier les commanditaires et les autres acteurs de ce réseau.
La gendarmerie a tenu à saluer la vigilance des populations locales, dont la collaboration a été décisive dans cette opération. Les autorités rappellent que la lutte contre l’émigration irrégulière demeure une priorité sécuritaire et appellent les jeunes à privilégier les voies légales et les opportunités offertes sur place.







Au Sénégal, le droit à un environnement sain, pourtant inscrit dans la Constitution, reste un vœu pieux. C’est le constat amer dressé par Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International/Sénégal, qui dénonce l’aveuglement des autorités face aux dérives environnementales.
Cimenteries, carrières à ciel ouvert, décharges implantées au cœur des zones d’habitation… Le pays s’industrialise dans le chaos, au détriment de la santé des populations. Et comme toujours, les riverains ne sont ni consultés ni protégés. Ils respirent la poussière, subissent les nuisances et voient leur cadre de vie détruit, pendant que les investisseurs engrangent les bénéfices.
Pire encore, les études d’impact environnemental, censées être un garde-fou, ne sont souvent qu’une mascarade. Financées par les promoteurs eux-mêmes, elles sont validées au forceps, dans un climat de menaces, de répression et d’exclusion. Une mécanique bien huilée où l’intérêt public passe systématiquement après les intérêts privés.
Seydi Gassama tire la sonnette d’alarme : la complaisance de l’État face à ces pratiques bafoue un droit fondamental et ouvre la voie à des catastrophes écologiques et sanitaires. Les autorités ne peuvent plus se réfugier derrière de beaux discours. Elles doivent agir, et vite.
Car derrière chaque usine polluante, chaque décharge improvisée, il y a des vies humaines en danger, des écosystèmes sacrifiés et un avenir compromis. Le silence officiel face à cette réalité n’est pas seulement une faute politique. C’est une faute morale.
En période de rigueur budgétaire, l’État du Sénégal poursuit ses efforts de rationalisation des dépenses publiques. Selon le directeur général de la Société de gestion du patrimoine bâti de l’État (Sogepa), Elimane Pouye, 114 conventions de location ont été résiliées entre juin 2024 et juin 2025.
Cette opération a permis de réaliser plus de 3 milliards de francs CFA d’économies brutes. Toutefois, après le relogement de certains services dans des bâtiments administratifs existants, l’impact net sur les finances publiques est évalué à 1,7 milliard de francs CFA.
« Il s’agit d’une mesure qui participe à l’optimisation du patrimoine immobilier de l’État et à la réduction de ses charges de fonctionnement », a indiqué M. Pouye sur les ondes de la RTS.
La décision s’inscrit dans la volonté des autorités de mieux maîtriser les dépenses de fonctionnement et d’instaurer une gestion plus efficiente des ressources, conformément aux orientations du président Bassirou Diomaye Faye.
À Louga, les pluies diluviennes des derniers jours ont provoqué d’importantes inondations, plongeant plusieurs quartiers dans la détresse. Des familles ont vu leurs habitations envahies par les eaux et ont dû se réfugier chez des proches ou dans des abris précaires.
Lors de la prière du vendredi, l’imam Mouhamed Sow a lancé un appel à la prière et à la solidarité. Il a imploré « des pluies abondantes et bienfaitrices, sans destructions ni inondations », afin de préserver les récoltes et la quiétude des ménages.
Le phénomène des inondations, récurrent au Sénégal, est aggravé par la croissance urbaine, la réduction des zones d’infiltration et l’accumulation de déchets plastiques. Les experts appellent à des mesures fortes, notamment l’interdiction de constructions dans les zones inondables et le relogement progressif des habitants installés dans les zones les plus vulnérables.
L’imam Sow a également rappelé l’importance de la solidarité, invitant les plus aisés à soutenir les sinistrés, dans l’esprit de la tradition islamique. Il a exhorté les autorités à mieux accompagner les victimes et à mettre en œuvre des solutions durables face à ce fléau.
À Louga comme ailleurs, les habitants redoutent désormais que chaque pluie ne rime avec effondrements, maladies et insécurité.
Une conférence-débat s’est tenue sur la place publique du quartier Thioffack à Kaolack, réunissant femmes politiques, responsables d’associations citoyennes, maîtres coraniques et diverses personnalités. Le thème choisi, particulièrement sensible, portait sur : « L’intérêt personnel et ses manifestations dans la vie politique ».
Organisé par le mouvement And Taxawu Madjiguène Diouf Doolel Sérigne Mboup, l’événement visait à analyser l’impact des ambitions individuelles lorsqu’elles priment sur l’intérêt général, et comment elles influencent la pratique politique locale.
« Nous sommes réunis aujourd’hui à travers une conférence populaire pour échanger avec la population sénégalaise, et particulièrement kaolackoise, afin de la sensibiliser sur des faits qui pourraient être source de conflits entre citoyens, simplement à cause de rivalités politiques entre l’opposition et les gouvernants », a expliqué Ndèye Madjiguène Diouf Ndiaye, adjointe au maire chargée de l’assainissement et présidente du mouvement.
Mme Ndiaye a rappelé que la politique, souvent perçue comme éloignée du quotidien, joue pourtant un rôle central dans l’organisation de la société et l’amélioration des conditions de vie. « La politique est avant tout un outil permettant d’améliorer la vie des citoyens et de construire un avenir plus juste et équitable. Mais de plus en plus, la scène politique est polluée par les insultes, les attaques personnelles et un langage qui frôle parfois l’indécence », a-t-elle regretté.
Selon elle, certains acteurs politiques privilégient les invectives, la moquerie ou la diffamation, au lieu de convaincre par la force des arguments. « Quand les dirigeants donnent l’image d’une politique faite d’insultes, ils banalisent le manque de respect dans l’espace public », a-t-elle dénoncé.
La présidente du mouvement a insisté sur la nécessité de faire de la politique un facteur de rassemblement, et non de division. Elle a exhorté ses militants à rester solidaires, à faire preuve de force et d’inclusivité aux côtés du maire Sérigne Mboup. En conclusion, elle a lancé un appel à la remobilisation à la base afin de soutenir la politique municipale et faire de Kaolack « une ville émergente et prospère ».
Le Sénégal a célébré, ce dimanche 31 août 2025, la Journée africaine de la médecine traditionnelle dans les locaux du Service national de l’éducation et de l’information pour la santé (SNEIPS). Placée cette année sous le thème « Renforcer la base factuelle sur la médecine traditionnelle », la cérémonie a été l’occasion pour les autorités sanitaires de réaffirmer leur volonté de réglementer et de valoriser cette pratique ancestrale, utilisée par près de 80 % des Africains, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Dans son allocution, le directeur général de la Santé a rappelé que plusieurs plantes médicinales locales disposent déjà de propriétés pharmacologiques scientifiquement validées. Toutefois, leur intégration dans des traitements modernisés reste limitée, notamment en raison de l’absence d’un cadre réglementaire adapté.
« Le gouvernement du Sénégal s’engage résolument à doter le pays d’un cadre juridique et réglementaire permettant aux tradipraticiens de soigner les populations en toute sécurité », a-t-il déclaré. Après l’adoption de la loi n°2003-06 du 13 juin 2023 instituant la Pharmacopée sénégalaise, deux projets de lois devraient bientôt voir le jour : l’un pour encadrer la mise sur le marché des médicaments à base de plantes, et l’autre pour sanctionner l’usage abusif d’herbes polythérapeutiques.
Le président de la Fédération nationale des praticiens de la médecine traditionnelle, Pape Sandiane Ndiaye, a dénoncé les dérives liées aux pratiques anarchiques et aux publicités mensongères. Il a notamment évoqué une rencontre organisée récemment avec des patrons de presse, pour les sensibiliser à l’arrêt de la diffusion d’annonces vantant des traitements miracles non vérifiés.
De son côté, le professeur Emmanuel Bassène, président de la cellule de médecine traditionnelle au ministère de la Santé, a souligné que le Sénégal dispose de ressources humaines qualifiées pour bâtir une pharmacopée nationale solide. Il a plaidé pour une collaboration accrue entre chercheurs, praticiens et autorités afin de faire de la médecine traditionnelle un véritable pilier de la souveraineté sanitaire.
Si la médecine traditionnelle reste incontournable dans le système de soins sénégalais, son avenir dépendra de sa capacité à se conformer aux exigences de sécurité et de qualité. En s’engageant à doter le pays d’une réglementation claire, les autorités espèrent mettre fin aux abus et garantir aux populations un accès sécurisé à des soins enracinés dans le patrimoine culturel.
À l’approche du Gamou de Médina Baye, prévu le 4 septembre prochain, la Société nationale de gestion intégrée des déchets (SONAGED SA) a mis en place un plan spécial pour assurer l’assainissement et la propreté de la cité religieuse, qui accueille chaque année des centaines de milliers de pèlerins venus du Sénégal et de la sous-région.
Consciente des défis liés à la forte production de déchets durant cet événement, la SONAGED a mobilisé d’importants moyens humains et matériels. Selon Lamine Kébé, directeur adjoint des exploitations, ce dispositif s’inscrit dans la vision du directeur général, Khalifa Babacar Sarr, de garantir aux fidèles des conditions optimales de séjour :
« Nous avons renforcé le dispositif de nettoiement, de sensibilisation et de collecte des ordures pour accompagner l’organisation du Gamou. Tout cela vise à permettre aux pèlerins de vivre cet événement religieux dans la propreté et la sobriété. »
À Kaolack, plus de 1 000 agents de la SONAGED sont déjà mobilisés, renforcés par 200 agents supplémentaires venus en appui. L’opération de nettoiement bénéficie également de nouveaux équipements, parmi lesquels :
10 pelles à benne, 20 bacs à ordures ménagères, des équipes spéciales déployées autour de la grande mosquée de Médina Baye et dans les principaux lieux de rassemblement.
« Rien que sur le périmètre de la grande mosquée, nous avons affecté une équipe de 20 agents supplémentaires, car la production de déchets y est particulièrement importante », précise M. Kébé.
Au-delà du nettoiement, la SONAGED a introduit cette année une nouvelle dimension à son action : la promotion de l’écocitoyenneté. Une direction dédiée a été mise en place pour sensibiliser les pèlerins au tri et à la valorisation des déchets, afin d’inscrire progressivement le Gamou dans une démarche durable et respectueuse de l’environnement.
Avec ce dispositif renforcé, la SONAGED entend accompagner l’une des plus grandes célébrations religieuses du pays dans les meilleures conditions. L’objectif est clair : permettre aux fidèles de vivre leur ziarra dans un environnement propre et assaini, tout en contribuant à préserver l’image et l’hospitalité légendaires de Médina Baye.
Un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) met en cause l’homme d’affaires Mouhamad Dieng, soupçonné d’avoir mis en place un système de blanchiment de capitaux et de fraude fiscale en lien avec la LONASE.
Selon Seneweb, ses sociétés actives dans les jeux en ligne, l’immobilier et la location de véhicules auraient bénéficié de contrats opaques avec la Loterie nationale. Le document relève un patrimoine jugé disproportionné par rapport à ses revenus déclarés : immeubles, terrains, parc automobile de 45 véhicules et acquisitions en numéraire.
La CENTIF souligne aussi le rôle de sa fondation, qui aurait servi à redistribuer de l’argent liquide sous couvert d’actions caritatives, ainsi que celui de l’étude notariale Diop & Dièye, accusée d’avoir facilité des flux financiers atypiques. Le rapport conclut à l’existence d’indices concordants d’un schéma de blanchiment de capitaux.
Plus d’un an après la mise en service du Bus Rapid Transit (BRT) de Dakar, la société Meridiam, concessionnaire en charge de la fourniture des bus et de l’exploitation du réseau, a livré une première évaluation. Dans un entretien accordé à l’Agence Ecofin, le nouveau directeur Afrique du groupe, Mete Saraçoğlu, s’est félicité des acquis du projet tout en pointant des pistes d’amélioration.
« Ce projet répond à un besoin fondamental de mobilité durable, efficace et de haute qualité à Dakar. Nous avons introduit un réseau de bus électriques, une technologie inédite au Sénégal, reposant sur des ressources humaines locales. Cela permet le transfert de compétences, le développement du savoir-faire et la création d’emplois. Après une première année d’opération, nous constatons d’ailleurs une satisfaction très élevée de la population », a déclaré le responsable.
Le projet BRT a été structuré en deux volets : la construction de l’infrastructure par l’État d’une part, et l’acquisition du matériel roulant ainsi que l’exploitation du service confiées par appel d’offres à Meridiam, d’autre part. Selon Mete Saraçoğlu, ce modèle de concession présente de la flexibilité pour l’État, mais aurait pu être optimisé en associant plus en amont l’opérateur à la phase de conception.
« Dans notre cas, l’infrastructure avait été pensée pour une autre technologie. Nous avons donc dû procéder à des adaptations pour accueillir les bus électriques, ce qui a entraîné des délais supplémentaires », a-t-il précisé.
En visite à Kaolack ce samedi dans le cadre de ses « ziaras » d’avant Gamou, le Premier ministre Ousmane Sonko a fait escale à Médina Baye, où il a abordé la question des inondations qui frappent régulièrement plusieurs localités du pays.
Le chef du gouvernement a révélé avoir reçu un pré-rapport relatif à l’audit du Plan décennal de lutte contre les inondations, qui avait mobilisé, selon les autorités précédentes, 800 milliards de francs CFA en dix ans.
« Ils disent avoir investi 800 milliards en dix ans pour lutter contre les inondations. J’ai reçu le pré-rapport. Les Sénégalais sauront si tout cet argent a été bien investi comme ils le prétendent », a déclaré Ousmane Sonko.
Le Premier ministre a également exprimé ses doutes sur l’efficacité des investissements réalisés dans le cadre du programme des dix villes. « S’ils avaient bien investi tout cet argent, notamment dans le programme des dix villes, je ne pense pas que les choses se seraient présentées ainsi », a-t-il estimé, soulignant la persistance des problèmes d’assainissement et de drainage dans plusieurs zones urbaines.
En visite à Kaolack ce samedi dans le cadre de ses « ziaras » d’avant Gamou, le Premier ministre Ousmane Sonko a fait escale à Médina Baye, où il a abordé la question des inondations qui frappent régulièrement plusieurs localités du pays.
Le chef du gouvernement a révélé avoir reçu un pré-rapport relatif à l’audit du Plan décennal de lutte contre les inondations, qui avait mobilisé, selon les autorités précédentes, 800 milliards de francs CFA en dix ans.
« Ils disent avoir investi 800 milliards en dix ans pour lutter contre les inondations. J’ai reçu le pré-rapport. Les Sénégalais sauront si tout cet argent a été bien investi comme ils le prétendent », a déclaré Ousmane Sonko.
Le Premier ministre a également exprimé ses doutes sur l’efficacité des investissements réalisés dans le cadre du programme des dix villes. « S’ils avaient bien investi tout cet argent, notamment dans le programme des dix villes, je ne pense pas que les choses se seraient présentées ainsi », a-t-il estimé, soulignant la persistance des problèmes d’assainissement et de drainage dans plusieurs zones urbaines.
En recevant le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, à l’occasion des préparatifs du Gamou annuel, le Khalife général de Thiénaba, Serigne Assane Seck, a livré un message fort aux autorités. Le guide religieux a exhorté l’État à accorder une attention particulière au dossier des dignitaires toujours en détention dans le cadre des événements politiques liés à l’ancien régime.
S’il reconnaît que la justice doit suivre son cours, le Khalife estime qu’un moment viendra où l’apaisement devra primer. « Vous devez tout faire pour éviter le pire, sinon vous allez le regretter. Bouniou yakhou mouk thi kasso bi », a-t-il déclaré, mettant en garde contre les conséquences de longues détentions.
Pour illustrer son propos, il a rappelé l’anecdote du défunt Moustapha Lô, décédé en prison après avoir été placé sous mandat de dépôt. Selon lui, cette disparition avait profondément marqué le président Léopold Sédar Senghor, qui avait été interpellé par les guides religieux de l’époque pour envisager une libération.
Le fondateur du think tank Afrikajom Center, Alioune Tine, a invité vendredi le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko à intervenir en faveur de la libération de Badara Gadiaga et des autres détenus d’opinion.
Dans une déclaration publiée sur ses canaux officiels, il estime que, si des avancées ont été enregistrées sur le plan diplomatique et économique, il reste désormais à engager une « remontée en matière de droits humains et de libertés fondamentales ».
Alioune Tine a également salué la visite du bâtonnier de l’Ordre des avocats au détenu Badara Gadiaga à la prison de Rebeuss, y voyant un signe du rôle de l’institution dans la défense des droits et des libertés. Il a toutefois souligné la nécessité de réformes plus larges, rappelant les critiques récurrentes sur les conditions de détention à Rebeuss et sur l’« archaïsme » de la politique pénale.
Il a par ailleurs relevé la responsabilité des dirigeants de l’ancien régime, qui selon lui, auraient pu entreprendre ces changements lorsqu’ils étaient au pouvoir.
Pour le fondateur d’Afrikajom Center, une véritable rupture consisterait à consacrer la liberté comme principe et la détention comme exception, conformément à la Constitution et aux engagements internationaux du Sénégal.
Un an après le first oil du 11 juin 2024, le champ pétrolier de Sangomar confirme son potentiel. Avec une cadence de 100 000 barils par jour, la production a atteint 38,01 millions de barils à fin juillet 2025, dont la quasi-totalité déjà commercialisée.
Selon le secrétaire permanent du Cos Petrogaz, Khadim Bamba Diagne, les ventes cumulées ont rapporté 1 536 milliards de FCFA, dont 67 milliards directement perçus par l’État au titre du profit oil. D’autres revenus s’ajoutent : impôts sur les sociétés, contribution économique locale (CEL) et part de PETROSEN, pour un total estimé à 307 milliards de FCFA.
Le brut sénégalais s’exporte déjà largement. Chine, Pays-Bas, Italie, Espagne, États-Unis et Oman figurent parmi les principaux clients, sans oublier la Société Africaine de Raffinage (SAR) pour le marché intérieur. Après 16,9 millions de barils produits en 2024, l’année 2025 devrait se solder par 30,53 millions de barils supplémentaires.
Au-delà du pétrole, le Sénégal mise gros sur le gaz. La première cargaison de GNL expédiée en avril 2025, après une production inaugurale en décembre 2024, a ouvert un nouveau chapitre. À fin juillet, le pays a déjà produit 1,1 million de m³, dont 1 million écoulés vers la Chine, l’Espagne, le Brésil et la Belgique. La moitié de ce volume revient au Sénégal, l’autre étant destinée à la Mauritanie.
La participation réduite de PETROSEN dans la joint-venture freine pour l’instant la rentabilité directe du Sénégal. Mais le gouvernement regarde plus loin. Un réseau de 400 km de gazoducs est en chantier pour alimenter industries et ménages. Le plan Gas-to-Industriel doit favoriser l’utilisation du gaz dans la cimenterie, la métallurgie, l’agroalimentaire et la pétrochimie.
Malgré ce dynamisme, le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) a revu à la baisse les prévisions de recettes issues des hydrocarbures : 227,22 milliards FCFA attendus entre 2026 et 2028.
À quelques jours de la célébration du Maouloud, la ville sainte de Médina Baye Niasse vit au rythme des visites officielles. Après plusieurs membres du gouvernement et responsables politiques, c’est au tour du Premier ministre, Ousmane Sonko, d’effectuer un déplacement dans la cité religieuse. Sa visite est annoncée pour ce samedi 30 août 2025, en prélude au Gamou international prévu le jeudi prochain.
Comme le veut la tradition, la présence du chef du gouvernement s’inscrit dans une démarche de respect et de communion avec la communauté musulmane, en particulier la famille niassène, héritière d’un riche legs spirituel et intellectuel. Cette visite sera l’occasion pour Ousmane Sonko de réaffirmer l’attachement de l’État à accompagner l’organisation du Gamou, qui attire chaque année des centaines de milliers de fidèles venus du Sénégal, de la sous-région et du monde entier.
Le Premier ministre devrait rencontrer le Khalife général de Médina Baye, Cheikh Mouhamadou Mahi Ibrahima Niass, ainsi que d’autres dignitaires religieux, pour échanger sur les préparatifs du Gamou et sur les préoccupations des fidèles.
La Brigade régionale des Stupéfiants de Dakar a frappé un grand coup ce mercredi 27 août 2025 à Golf Sud. Quatorze individus ont été arrêtés lors d’une opération de grande envergure menée dans ce quartier de la banlieue dakaroise, connu pour être un point névralgique du trafic de drogue.
Selon les informations recueillies, les forces de l’ordre ont saisi près d’un kilogramme de chanvre indien, réparti en 8 camelotes, 61 cornets et 17 joints entamés. Les policiers ont également mis la main sur 13 comprimés d’ecstasy, trois armes blanches, du matériel de conditionnement de drogue, 14 téléphones portables, cinq scooters et une somme de 44 000 F CFA.
Cette opération fait suite à de nombreux signalements des habitants du quartier, qui dénonçaient depuis plusieurs mois la présence d’un réseau de dealers à l’origine d’insécurité et d’agressions répétées.
Les 14 personnes interpellées ont été placées en garde à vue. L’enquête ouverte par l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) devrait permettre de déterminer l’ampleur réelle de ce réseau et d’identifier d’éventuelles complicités.
« La Brigade régionale des Stupéfiants de Dakar a mené une vaste opération ce mercredi 27 août 2025 à Golf Sud. Bilan : 14 individus interpellés et une importante saisie de produits prohibés », rapporte le média Kawtef.





Le leader du mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk, Barthélémy Dias, a adressé un message de remerciement à ses militants et sympathisants après le lancement officiel de la vente des cartes de membre.
Dans une note rendue publique, l’ancien maire de Dakar s’est dit profondément marqué par la mobilisation massive enregistrée lors de cette opération.
« Votre engagement massif, discipliné et volontaire traduit une adhésion forte à nos idéaux et à notre vision pour un Sénégal plus juste, plus souverain et résolument tourné vers l’avenir », a-t-il déclaré.
Barthélémy Dias a souligné que cette forte participation est un signal encourageant pour l’avenir du mouvement, qui entend jouer un rôle majeur sur l’échiquier politique national.
Il a, par ailleurs, tenu à adresser ses remerciements au nom de Sénégal Bi Ñu Bokk et en son nom personnel :
« Recevez mes remerciements les plus sincères. Ensemble, continuons à bâtir l’espoir. »
Avec cette mobilisation, le mouvement confirme sa dynamique ascendante et son ambition de rassembler davantage autour d’un projet politique axé sur la justice sociale, la souveraineté et le progrès.









À partir du 1er septembre 2025, les abonnés de Canal+ devront payer 100 F CFA de plus pour chaque réabonnement effectué via Mobile Money. Une mesure qui suscite une vive contestation à Kédougou, où de nombreux clients dénoncent une décision « injuste » et « incompréhensible ».
Dans les rues de la capitale régionale, la grogne est palpable.
« C’est déjà difficile avec le coût de la vie qui augmente chaque jour. Ajouter encore des frais sur nos abonnements, c’est trop ! », fulmine Fatoumata Diallo, commerçante au marché central.
Même son de cloche chez les étudiants, qui estiment que cette décision frôle l’illégalité. « Nous payons déjà notre abonnement. Pourquoi encore des frais de service ? C’est comme si l’on nous faisait payer deux fois pour le même service. Les autorités doivent intervenir », s’indigne Mamadou Bâ, étudiant en licence.
Pour de nombreux abonnés, ce supplément de 100 F CFA n’est pas anodin. Dans une région où le pouvoir d’achat reste limité, il est perçu comme un abus. « 100 F, ça peut paraître peu pour certains, mais pour nous qui vivons au jour le jour, c’est une charge de plus. Canal+ devrait plutôt chercher à fidéliser ses clients au lieu de les décourager », déplore Ibrahima Coulibaly, chauffeur de taxi-moto.
Au-delà du mécontentement, certains consommateurs envisagent même de se tourner vers d’autres solutions audiovisuelles moins coûteuses, faute de voir leurs revendications entendues.
L’incertitude entourant la dette publique sénégalaise, après la révélation par la Cour des comptes d’un endettement dissimulé estimé à 7 milliards de dollars, continue d’alimenter les débats. Alors que les interrogations fusent sur la capacité de l’État à honorer ses engagements, le gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou, est sorti de sa réserve pour apporter des précisions.
« La BCEAO n’a pas été pointée du doigt »
Interrogé sur la manière dont une telle dette aurait pu être cachée, le patron de l’institution d’émission a répondu avec prudence :
« Je ne sais pas répondre à cette question. Nous n’avons pas ces informations ».
Il a tenu à dissiper les soupçons entourant la BCEAO, souvent associée au circuit des emprunts des États membres de l’UEMOA :
« La BCEAO n’a pas été pointée du doigt. Le FMI, avec lequel nous sommes en contact permanent, ne nous en a pas parlé. La mission principale de la Banque centrale est de gérer la monnaie, la politique monétaire, la liquidité, et d’assurer l’intégrité du système bancaire et financier ».
Un mécanisme encadré
Jean-Claude Kassi Brou a rappelé le mécanisme de gestion des emprunts extérieurs : lorsque les États mobilisent des ressources sur les marchés internationaux, les devises sont logées à la BCEAO et, en contrepartie, les États reçoivent des francs CFA. Toutefois, il a insisté :
« La BCEAO n’a pas la responsabilité de gérer les budgets et la dette des États ».
Sur le risque de défaut du Sénégal
La question d’un éventuel défaut de paiement du Sénégal, dans un contexte de tensions financières, a également été posée. Le gouverneur a mis en avant la logique de solidarité qui fonde l’union monétaire :
« La force de l’union monétaire, c’est la solidarité. Nous mutualisons les risques mais aussi les avantages. Mais, encore une fois, ce n’est pas notre rôle d’analyser la situation des finances publiques et la viabilité de la dette des États ».
Une situation jugée non généralisable
Face aux craintes de voir d’autres pays de l’UEMOA confrontés à des situations similaires, Jean-Claude Kassi Brou a tenu à rassurer :
« Rien n’indique que cela puisse se reproduire ».
Le Collectif des Ex-Détenus Politiques et Victimes des Événements de 2021-2024 (CODEPS) a tenu à clarifier sa position après l’incident survenu ce vendredi 29 août 2025, lorsqu’un de ses membres, Pa Ousmane Seck, a interrompu une conférence de presse organisée par certaines victimes de la répression sous l’ancien régime de Macky Sall.
Dans un communiqué rendu public le même jour, le collectif a jugé cet acte « regrettable à plus d’un titre », soulignant qu’il ne reflète en rien ses valeurs ni ses principes. « Notre combat reste centré sur la dignité, la justice et la vérité. Il ne saurait être terni par des comportements impulsifs ou contraires à l’esprit de responsabilité », précise le document.
Le CODEPS met en garde contre le risque de voir de tels incidents détourner l’opinion publique de l’essentiel, à savoir la quête de justice pour toutes les victimes des violences politiques. Le collectif appelle ainsi ses membres et sympathisants à faire preuve de « retenue, de discipline et de sang-froid », insistant sur la nécessité de préserver la cohésion et de privilégier une stratégie commune.
Tout en condamnant fermement l’attitude de Pa Ousmane Seck, le collectif réaffirme son engagement à poursuivre son combat « avec sérénité, intelligence et sens des responsabilités, jusqu’à ce que justice soit rendue ».
Le message du CODEPS se conclut par un appel à la vigilance et au patriotisme : « Patriote un jour, patriote toujours, pour un Sénégal véritablement souverain et juste. »
Le Sénégal s’est offert la médaille de bronze du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) 2025 en battant le Soudan aux tirs au but (5-3), après un nul (1-1) au terme du temps réglementaire. Une victoire arrachée au mental, qui permet aux Lions locaux de monter sur le podium et de conclure la compétition sur une note positive.
La rencontre, disputée avec intensité, a mal débuté pour les Sénégalais. Dès la 6ᵉ minute, M. T. Asad profitait d’un flottement dans la défense sénégalaise pour donner l’avantage au Soudan. Bousculés, les Lions ont tenté de réagir par des offensives répétées, mais la défense compacte des Soudanais a longtemps repoussé leurs assauts.
C’est à la 58ᵉ minute que le Sénégal est revenu dans la partie grâce à une égalisation signée Seyni Ndiaye, qui a redonné espoir à tout un groupe. La suite a été équilibrée, chaque équipe cherchant le but de la victoire sans parvenir à faire la différence. Conformément au règlement, aucune prolongation n’a été disputée et le match s’est directement joué aux tirs au but.
Dans cet exercice de sang-froid, les Sénégalais se sont montrés plus lucides et efficaces. J. Layousse, I. Kane, C. Vieux et L. Guèye ont tous transformé leur tentative. Le portier sénégalais, décisif, a su faire la différence en stoppant deux frappes adverses, tandis que seuls deux tireurs soudanais ont réussi à marquer.
Depuis le 21 juillet 2025, l’Inspection générale des finances (IGF) a lancé un audit exhaustif des arriérés de paiement accumulés par l’État sénégalais. Une initiative jusque-là discrète, mais révélée cette semaine par le Fonds monétaire international (FMI) dans ses conclusions à l’issue de sa dernière mission à Dakar.
Selon l’institution de Bretton Woods, cet exercice constitue une étape décisive pour corriger les déclarations budgétaires erronées et renforcer la transparence dans la gestion publique.
D’après Les Échos, l’audit vise à identifier avec précision l’ensemble des dettes non réglées par l’État et à comprendre les causes profondes des retards de paiement. Administrations publiques, entreprises et fournisseurs concernés par des collaborations avec l’État sont scrutés dans le cadre de cette opération.
Pour mener à bien cette mission, plusieurs équipes spécialisées de l’IGF sont mobilisées. Elles procèdent à une analyse fine des documents comptables et recoupent les informations avec celles des services financiers des ministères et établissements publics.
Au-delà du diagnostic, l’IGF devra également proposer des solutions pour éviter que de tels arriérés ne se reproduisent à l’avenir. L’objectif est clair : restaurer la confiance des prestataires et partenaires de l’État, et améliorer la crédibilité de la gestion budgétaire.
La finalisation de cet audit pourrait cependant avoir un impact direct sur les finances publiques. Le règlement des dettes identifiées pèsera sur les budgets des prochains exercices, nécessitant sans doute des arbitrages difficiles. Mais pour les experts financiers interrogés par Les Échos, ce chantier est incontournable : il représente un pas essentiel vers une discipline budgétaire accrue et une transparence renforcée dans la gestion des deniers publics.
À l’approche du Gamou de Tivaouane, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, a effectué ce vendredi une visite de terrain dans la ville sainte afin de s’assurer de l’efficacité des dispositifs mis en place pour l’approvisionnement en eau potable et la gestion des eaux pluviales.
Au terme de sa tournée, le ministre s’est voulu rassurant. « Sur l’eau potable, on peut dire que les extensions de réseaux qui avaient été prévues dans la ville ont été réalisées. Il y a au moins 5 km d’extension, avec un millier de branchements sociaux supplémentaires et un millier de branchements pour les sites pèlerins », a-t-il déclaré.
Concernant l’assainissement, Dr Dièye a souligné l’importance des mesures mises en place pour prévenir les désagréments liés à l’hivernage. « Il fallait avoir un dispositif robuste en matière d’assainissement et de drainage des eaux de pluie. À ce titre, une cinquantaine de camions hydrocureurs sont mobilisés dans la ville, afin de pomper les points bas et d’assurer la vidange des fosses septiques », a-t-il expliqué, saluant la collaboration efficace entre les services de son ministère et la mairie de Tivaouane.
Le ministre a également visité le bassin de Pam, un ouvrage central dans le dispositif de gestion des eaux pluviales. « Ce bassin est stratégique car l’essentiel des eaux de pluie y converge. Il était relativement plein il y a quelques semaines, mais grâce à l’opération coup de poing, il a été fortement écrêté. Nous pensons qu’en dépit des pluies à venir, la capacité de stockage et de drainage reste suffisante pour protéger la ville », a-t-il rassuré.
Cette visite s’inscrit dans les préparatifs du Gamou de Tivaouane, un événement religieux majeur qui attire chaque année des milliers de fidèles.
Autrefois complices sur le plan politique, Khalifa Sall et Barthélémy Dias traversent aujourd’hui une zone de turbulences qui a mis fin à plusieurs années de collaboration. Leur mésentente, née d’une série de désaccords liés à la gestion de la mairie de Dakar, s’est cristallisée autour de l’élection du nouvel édile de la capitale.
En décembre 2024, les deux responsables politiques avaient pourtant trouvé un terrain d’entente. Ils s’étaient accordés pour soutenir la désignation de Ngoné Mbengue comme maire par intérim. Mais cette entente fut de courte durée. À peine installée, Mme Mbengue prit des décisions qui déplurent fortement à Barthélémy Dias, notamment la révocation de plusieurs de ses proches collaborateurs.
Estimant avoir été écarté de la gestion municipale, l’ancien maire de Dakar exprima ouvertement son mécontentement. Le 14 août 2025, il informa Khalifa Sall qu’il ne soutiendrait plus Ngoné Mbengue et annonça son intention de présenter son propre candidat, Pathé Ba.
Alors qu’il attendait parallèlement la décision de la Cour suprême sur son recours visant à retrouver son fauteuil de maire, Barthélémy Dias tenta une nouvelle médiation. Il dépêcha des émissaires auprès de Khalifa Sall afin de demander un report du scrutin. Dans un premier temps, l’ancien édile donna son accord, avant de se rétracter quelques heures plus tard.
Selon des confidences rapportées par Jeune Afrique, Khalifa Sall aurait informé les envoyés de Barthélémy Dias « vers deux heures du matin » qu’il n’était plus question de reporter l’élection. Le scrutin devait se tenir à la date prévue, un geste que Barthélémy Dias aurait vécu comme une véritable trahison.
Moins de quarante-huit heures plus tard, le maire sortant convoqua une conférence de presse. Il y appela les conseillers municipaux à boycotter la séance afin d’empêcher le vote. Mais l’élection s’est finalement tenue comme prévu, entérinant la rupture définitive entre les deux hommes.
Pendant que la rivalité entre Khalifa Sall et Barthélémy Dias s’exacerbait, le parti Pastef a su tirer son épingle du jeu. Bien que ne disposant que de 13 conseillers municipaux contre 28 pour Taxawu Sénégal, Abass Fall a su rallier des soutiens au-delà de son camp. À l’issue du vote, il a obtenu 49 voix, consolidant ainsi la percée du parti présidentiel dans la capitale.
La Commission de Recours en Matière Électorale de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a tranché sur la contestation introduite par Mady Touré, président de l’Académie Génération Foot et candidat malheureux à la présidence de l’instance dirigeante du football national.
Dans son recours, Mady Touré demandait l’annulation des résultats de l’élection tenue le 2 août 2025, pointant du doigt des irrégularités présumées et la corruption de certains membres de la fédération. Il réclamait également la mise en place de nouvelles élections. À l’appui de sa requête, il avait versé au dossier des enregistrements audio et vidéo ainsi que divers actes extrajudiciaires censés étayer ses accusations.
Cependant, après examen, la Commission de Recours a jugé que sa compétence se limitait strictement à l’examen des contestations relatives à l’inscription des candidats sur les listes électorales. Elle a donc estimé qu’elle ne pouvait pas statuer sur les griefs liés au déroulement du scrutin ou au dépouillement.
En conséquence, le recours a été déclaré irrecevable. La Commission a ainsi confirmé la validité des résultats du scrutin du 2 août, qui demeurent définitifs.
L’affaire du « Sukuk Sogepa », déjà pointée du doigt par la Cour des comptes, connaît de nouveaux développements. Selon les informations de Libération, les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (Dic) ont élargi leurs investigations à 63 comptes bancaires soupçonnés d’avoir servi à des dépenses extra-budgétaires.
La convocation et l’audition de l’ancien directeur général de La Poste, Abdoulaye Bibi Baldé, trouvent leur origine dans un virement de 10 milliards de Fcfa que l’entreprise publique aurait reçu des fonds issus du Sukuk. Ces flux financiers, jugés opaques, avaient déjà été relevés par la Cour des comptes dans son dernier rapport sur la gestion des finances publiques.
Outre ce cas, les enquêteurs cherchent désormais à retracer le cheminement des sommes transitant par des comptes commerciaux ouverts dans plusieurs banques de la place. D’après Libération, des responsables d’établissements bancaires — directeurs généraux ou adjoints — ont été entendus discrètement par la Dic. Parmi les institutions citées figurent notamment : BSIC, BRM, Bridge Bank, NSIA, Ecobank, BDK, BOA, Banque Atlantique, Crédit du Sénégal, FNB Bank, Société Générale, entre autres.
La mission confiée aux enquêteurs est claire : identifier les opérations effectuées sur ces 63 comptes, retracer leurs bénéficiaires finaux et établir les responsabilités dans la gestion controversée de ces fonds. L’enjeu est de déterminer l’ampleur exacte des dépenses extra-budgétaires exécutées via ce circuit parallèle et de clarifier la destination réelle des ressources du Sukuk.
La frontière entre croyance mystique et escroquerie s’est une nouvelle fois révélée dramatique. Un commerçant de Sandaga, héritier d’un vaste magasin de friperie à Colobane, a perdu près de 300 millions de Fcfa aux mains d’un prétendu marabout qui lui promettait prospérité et protection contre le mauvais sort.
Selon les conclusions de l’enquête, le mis en cause, Touba Diop alias Serigne Khadim, âgé de 44 ans et domicilié à Keur Massar, s’est présenté comme un guide spirituel capable de « fructifier les affaires » grâce à des bains mystiques. Proche de la famille du plaignant, il aurait profité de cette relation de confiance pour convaincre B. Diop de se soumettre à ses prescriptions spirituelles.
Les rituels entamés en 2021 ont rapidement pris l’allure d’un gouffre financier. Le commerçant déboursait régulièrement entre 200.000 et 500.000 Fcfa, en espèces ou via transferts d’argent. Les enquêteurs ont pu retracer plus de 132,7 millions Fcfa en transactions formelles, mais le montant global du préjudice est évalué à environ 300 millions Fcfa sur quatre années.
Interpellé et entendu par les forces de l’ordre, le marabout autoproclamé a reconnu avoir perçu d’importantes sommes, tout en disant ignorer le total exact. Il a néanmoins justifié l’usage de cet argent en déclarant qu’il servait à subvenir aux besoins alimentaires de ses nombreux talibés.
Hier, Touba Diop dit Serigne Khadim a été déféré au parquet pour escroquerie. L’affaire relance le débat sur les dérives liées à l’exploitation de la crédulité religieuse et mystique, qui piège régulièrement des victimes en quête de protection ou de prospérité.
La famille de la lutte sénégalaise vient de perdre l’une de ses figures emblématiques. Mohamed Ndiaye, plus connu sous son nom de scène Robert Diouf, est décédé ce vendredi 29 août 2025 à Joal, sa ville natale, des suites d’une longue maladie. L’ancien champion, qui avait marqué plusieurs générations, était âgé de 83 ans.
Né le 3 février 1942 à Fadiouth, Mohamed Ndiaye découvre très tôt sa passion pour la lutte. À seulement 15 ans, il s’illustre dans les arènes locales de Joal et attire l’attention par sa force, son style et son charisme. Sa carrière prend une dimension nationale puis internationale dans les années 1960 et 1970.
Il décroche la médaille d’or aux Championnats d’Afrique de lutte libre en 1969 et une médaille d’argent en lutte gréco-romaine en 1971. Ces performances le propulsent au-devant de la scène mondiale, où il représente fièrement le Sénégal aux Jeux olympiques de Munich en 1972 et de Montréal en 1976, dans les deux disciplines (lutte libre et gréco-romaine).
Au sommet de sa gloire, Robert Diouf prend une décision majeure : sa conversion à l’islam en 1977, adoptant le nom de Mohamed Ndiaye. Un choix qui lui vaut quelques incompréhensions au sein de sa communauté d’origine, mais qui renforce son engagement spirituel et son équilibre personnel.
Après sa carrière sur les tapis et dans les arènes, Mohamed Ndiaye s’illustre comme un mentor hors pair. Il accompagne l’ascension de Manga 2, futur Roi des arènes, et fait partie du staff technique du grand champion Yékini. Parallèlement, il transmet son savoir à travers d’autres disciplines, notamment comme entraîneur de self-défense et de judo à l’École nationale de Police, où il a formé des générations de recrues.
Au-delà des titres et des médailles, Robert Diouf/Mohamed Ndiaye laisse derrière lui l’image d’un sportif complet, d’un formateur rigoureux et d’un modèle de discipline. Sa disparition représente une immense perte pour le sport sénégalais, en particulier pour la lutte, discipline dont il fut l’un des pionniers sur la scène internationale.
Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment publié les conclusions de sa mission à Dakar, dirigée par Edward Gemayel. Dans un entretien accordé à Seneweb, l’agrégé en sciences économiques, Pr Abou Kane, a livré son analyse des points saillants de ce rapport, notamment autour de la dette publique et des perspectives économiques du Sénégal.
Une dette « mal déclarée » plutôt que « cachée »
Pour le Professeur Kane, le premier enseignement est la stratégie du FMI consistant à éviter toute responsabilité directe dans le scandale de la dette. Officiellement, l’institution parle d’« erreur de déclaration » plutôt que de « dette cachée ». « C’est une prudence sémantique qui vise à ne pas exposer le FMI à des critiques sur son incapacité à détecter ces irrégularités lors de ses missions antérieures », explique-t-il.
Le FMI a confirmé un écart considérable entre les données officielles et la réalité. Alors que le Sénégal avait communiqué un ratio dette/PIB de 74,4 % en 2023, les audits réalisés révèlent un niveau bien plus élevé : 111 % en 2023 et 118,8 % en 2024. Un diagnostic qui corrobore les constats de la Cour des comptes et du cabinet Forvis Mazars. « Ce taux confirme que le Sénégal est sur une pente dangereuse si des mesures immédiates ne sont pas prises », alerte Abou Kane.
Quelles solutions face à l’endettement ?
La restructuration de la dette, qui consisterait à renégocier les échéances et les taux, mais qui risquerait de fragiliser la crédibilité internationale du pays. Le recours à de nouveaux financements, conditionné par un programme de réformes économiques axées sur la compétitivité et la bonne gouvernance.
Le gouvernement semble privilégier la deuxième option, avec l’appui du FMI.
Le FMI a recommandé six actions prioritaires pour renforcer la transparence et la gestion de la dette :
Centraliser la gestion de la dette, Renforcer le rôle du Comité national de la dette publique, Finaliser l’audit des arriérés de paiement, Créer une base de données centralisée, Renforcer les contrôles budgétaires, Consolider progressivement les comptes bancaires de l’État.
« Ces mesures vont dans le bon sens, mais elles resteront insuffisantes sans une véritable culture de responsabilité et de sanction », souligne Abou Kane.
Si le FMI n’a pas évoqué la question sensible des subventions (électricité, hydrocarbures, etc.) dans cette mission, l’économiste estime qu’elles reviendront sur la table dans le cadre du futur programme que l’institution négociera avec le Sénégal.
Le FMI a salué les efforts du gouvernement pour plus de transparence. Selon Abou Kane, cette attitude peut rassurer certains prêteurs, mais ne changera pas la perception des agences de notation, focalisées uniquement sur les chiffres.
La question de la dette « odieuse »
Enfin, à ceux qui appellent à un refus de paiement, à l’image du député Guy Marius Sagna, le Professeur Kane oppose un désaccord ferme : « Refuser de payer placerait le Sénégal sur la liste rouge des pays non crédibles. Ce n’est pas une option pour un pays démocratique comme le nôtre. »
En somme, les conclusions de la mission du FMI confirment l’ampleur de la dette sénégalaise, tout en laissant ouverte la possibilité d’un nouveau programme d’accompagnement. Si les réformes préconisées sont appliquées avec rigueur, le Sénégal pourrait restaurer sa crédibilité financière et rassurer ses partenaires, à condition de renforcer la transparence et la bonne gouvernance.
Un drame a endeuillé le chantier de reconstruction du lycée Seydina Limamoulaye de Guédiawaye, mercredi soir. Khalifa Ababacar Sy, ouvrier de 36 ans domicilié au quartier Baye Laye dans la commune de Wakhinane-Nimzatt, a perdu la vie après une chute mortelle survenue alors qu’il terminait sa journée de travail.
D’après les informations rapportées par L’Observateur, l’accident s’est produit vers 18 heures, alors que Sy et cinq de ses collègues s’apprêtaient à quitter un échafaudage installé au cinquième niveau d’un bâtiment en construction. Faute d’équipements de protection suffisants – seulement deux ceintures de sécurité pour six ouvriers – les travailleurs ont tenté de descendre par une fenêtre du troisième étage.
En suivant la file, le maçon aurait glissé, entraîné par une planche, avant de chuter violemment au sol. Ses camarades, alertés par le fracas, se sont précipités pour lui porter secours. Le patron de l’entreprise Kelimane, en charge du chantier, a immédiatement alerté les sapeurs-pompiers. Grièvement blessé, l’ouvrier a été évacué vers l’hôpital Principal de Dakar, mais il a succombé en cours de route.
La disparition brutale de Khalifa Ababacar Sy a plongé sa famille dans la stupeur et l’indignation. Le lendemain, ses proches se sont rendus au commissariat de Guédiawaye pour obtenir une réquisition d’autopsie. Le Procureur a ordonné une enquête et le déplacement de la police scientifique sur le site.
« Les conditions de sécurité sont insuffisantes sur ce chantier, notre fils n’avait aucune protection », a dénoncé un proche du défunt dans les colonnes de L’Observateur.
Le décès de Khalifa Ababacar Sy n’est pas un cas isolé. Selon un responsable du chantier, il s’agit « au moins du deuxième incident du genre » depuis le lancement des travaux il y a deux ans. Plusieurs sources évoquent des accidents répétés, sur fond de retards importants et de contestations liées à la gestion du projet, dont le coût est estimé à près de 12 milliards de FCFA.
Initialement prévue pour décembre 2024, la livraison du lycée a été retardée par des interruptions de chantier dues à des problèmes de paiement. À cela s’ajoute une controverse judiciaire : en février 2024, la Cour suprême avait annulé l’attribution du marché à l’entreprise Kelimane pour non-respect du principe de transparence. Malgré cette décision, les travaux se sont poursuivis avec la même société, alimentant la polémique.
Contacté par L’Observateur, Aliou Diallo, proviseur du lycée Seydina Limamoulaye, a confirmé l’accident mais a tenu à préciser que le chantier « ne relève pas de la tutelle de l’établissement », mais du ministère de la Formation professionnelle, qui a mandaté l’entreprise Kelimane.
Les discussions entre les autorités sénégalaises et les Nations unies ont repris hier à Dakar autour du projet de la Maison des Nations unies à Diamniadio (MONUD). L’enjeu principal reste la question du paiement de la location des agences onusiennes installées dans ce bâtiment flambant neuf.
Selon le quotidien L’As, le président Bassirou Diomaye Faye a remis en cause le protocole d’accord signé sous l’ère Macky Sall, estimant que certaines agences onusiennes non accréditées au Sénégal doivent s’acquitter d’un loyer. L’objectif affiché par l’État est de dégager des ressources pour apurer la dette contractée dans le cadre de la construction de l’immeuble, ce qui explique le retard observé dans le déménagement des agences concernées.
La ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Yassine Fall, a confirmé à L’As que des négociations ont effectivement démarré. La délégation sénégalaise était conduite par Elimane Pouye, Directeur de la Société de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (SO-GEPA-SN), accompagné d’un représentant de l’Agence judiciaire de l’État.
Côté onusien, les pourparlers étaient pilotés par le Dr Garry Conille, ancien Premier ministre d’Haïti et aujourd’hui haut responsable des Nations unies. Il était épaulé par Mme Aminata Maïga, coordonnatrice résidente du système onusien au Sénégal, ainsi que plusieurs hauts cadres onusiens.
Le Commissariat d’arrondissement de Diamaguène Sicap Mbao a procédé, ce jeudi 28 août 2025, à l’interpellation de trois individus impliqués dans un trafic de viande impropre à la consommation. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, mise en vente de viande impropre et mise en danger de la vie d’autrui.
Selon les informations, tout est parti d’un renseignement opérationnel faisant état d’un abattage suspect dans un atelier du quartier. Sur place, les policiers ont découvert trois hommes en train de dépecer un mouton. Interrogés, les suspects ont soutenu que l’animal provenait d’un habitant du voisinage. Mais ce dernier a formellement nié leur version, affirmant qu’il avait confié son mouton déjà mort, accompagné d’une somme de 1 000 F CFA, à un charretier pour qu’il s’en débarrasse.
Les enquêtes ont révélé que les mis en cause avaient décidé de transformer l’animal mort en viande de consommation. Ils ont reconnu avoir vendu et distribué plusieurs quantités :
18 kg à une femme pour 36 000 F CFA, 1,5 kg à un homme pour 3 000 F CFA, et 10 kg offerts à une restauratrice du quartier.
Les conséquences ne se sont pas fait attendre. La femme acheteuse a indiqué avoir revendu une partie de la viande à 2 500 F CFA le kilo, tandis que l’homme a avoué en avoir consommé. Quant à la restauratrice, elle a reconnu avoir cuisiné du riz avec la viande destinée à ses clients habituels.
La viande restante a été saisie dans le restaurant et confiée au vétérinaire du foirail de Diamaguène pour destruction. Les trois individus ont été placés en garde à vue, en attendant la suite de l’enquête.


Le Front de Résistance de la Diaspora Sénégalaise (FRDS), soutenu par plusieurs mouvements et comités, a vivement dénoncé le déplacement du président Bassirou Diomaye Faye au Japon puis en France, alors que le pays traverse une grave crise liée aux inondations.
Dans un communiqué rendu public ce jeudi, le FRDS parle de “villégiature présidentielle”, estimant que le chef de l’État a manqué de solidarité envers des milliers de Sénégalais sinistrés, de Dakar à Matam. « Le peuple est sous les eaux, et le président, lui, dilapide l’argent public dans des voyages sans retombées concrètes », déplore le collectif.
Des accusations d’« incompétence » contre le régime
Parmi les signataires figurent le Rassemblement des Travailleurs du Sénégal, le Comité des Amis de Badara Gadiaga à Clamart et le mouvement Yewoulene. Tous pointent du doigt un pouvoir jugé « incompétent » et incapable de répondre aux urgences sociales.
Le FRDS se félicite néanmoins de l’action de protestation menée le mercredi 27 août à Paris, en marge du forum économique du MEDEF. Cette manifestation spontanée visait à interpeller les chefs d’entreprise français sur les contradictions d’un régime qui, selon eux, “emprisonne ses opposants et ses hommes d’affaires tout en sollicitant les investisseurs étrangers.”
Le collectif rappelle que les dirigeants actuels avaient, par le passé, mené des actions violentes contre des intérêts français au Sénégal, entre 2021 et 2024. Sur cette base, le FRDS a déclaré Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko “persona non grata” en France, exigeant dans le même temps la libération de tous les détenus politiques.
Enfin, le FRDS annonce une nouvelle mobilisation le mardi 23 septembre, lors du forum économique de Bpifrance à Paris. La manifestation, autorisée, se tiendra sur l’esplanade de Bercy, avec un appel lancé à tous les Sénégalais de France et d’ailleurs pour y participer.
À quelques jours du Gamou, l’une des plus grandes célébrations religieuses du Sénégal, le ministère de la Santé et de l’Action sociale a dépêché une équipe technique à Kaolack afin de s’assurer du bon fonctionnement des dispositifs sanitaires et sociaux destinés aux pèlerins.
« Comme il est de coutume à la veille des grands événements religieux comme le Maouloud, le ministère de la Santé et de l’Action sociale met toujours en place un dispositif sanitaire adapté. Lors de ces grandes manifestations, il est important de prendre des mesures de prévention car il y a une forte affluence, des déplacements massifs de populations, et un séjour prolongé parfois dans des conditions difficiles. C’est pourquoi le ministère, en collaboration avec les services régionaux, mobilise et renforce les moyens, avec l’appui du niveau central. Nous mettons une énergie particulière à couvrir l’ensemble de ces activités », a expliqué Serigne Mbaye, secrétaire général du ministère.
La présentation du dispositif a été faite par la directrice régionale de la Santé de Kaolack. Selon M. Mbaye, les préparatifs sont rassurants aussi bien sur le plan logistique qu’organisationnel : « Nous disposons d’un personnel suffisant, d’ambulances et de matériel adéquat. Une coordination est mise en place impliquant le secteur privé, les services régionaux, ainsi que des spécialistes venus du niveau national. En plus des structures de santé existantes, des postes médicaux avancés sont installés près des lieux de célébration et dans les quartiers, afin d’être au plus proche des populations », a-t-il précisé.
Par ailleurs, des médicaments ont été prépositionnés, et le Service national d’hygiène a déjà lancé des interventions préventives, telles que des opérations de saupoudrage dans les quartiers concernés par les célébrations.
« Si tout le monde respecte les engagements pris et les mesures de prévention annoncées, les pèlerins pourront participer sereinement au Maouloud et rentrer en toute sécurité. Les dispositifs doivent être performants et prêts à faire face à d’éventuels problèmes », a souligné le secrétaire général du ministère.
Il a également tenu à rassurer au sujet du cas de dengue récemment annoncé au Sénégal : « Il s’agit d’un cas importé, et toutes les dispositions nécessaires ont déjà été prises par les autorités sanitaires », a-t-il conclu.
À quelques jours du Gamou de Médina Baye, prévu le 4 septembre 2025, le ministère du Commerce et de l’Industrie a dépêché une mission à Kaolack afin de s’assurer de la disponibilité des denrées de première nécessité. Cette visite s’inscrit dans les préparatifs de l’un des plus grands événements religieux du Sénégal, qui attire chaque année des milliers de fidèles.
Conduite par le secrétaire général du ministère, Seydina Aboubacar Sadick Ndiaye, la délégation s’est rendue dans plusieurs points stratégiques, notamment le marché de Médina Baye et des magasins de gros. L’objectif : vérifier les niveaux de stocks, l’évolution des prix et les conditions de distribution, alors que la forte affluence de pèlerins entraîne traditionnellement une hausse de la demande en produits alimentaires.
« Depuis plusieurs mois, nous travaillons avec les producteurs, les commerçants, la Direction du commerce intérieur, l’ARM et l’ensemble des structures du département afin d’assurer une bonne préparation du Maouloud », a expliqué M. Ndiaye.
Parmi les denrées les plus prisées à l’occasion du Gamou figurent l’oignon, la pomme de terre, le riz, le sucre et l’huile. Selon le secrétaire général, les constats effectués sur le terrain montrent une disponibilité jugée suffisante pour répondre aux besoins des populations.
Seule réserve évoquée : l’oignon. Après une campagne nationale estimée entre 40.000 et 50.000 tonnes, dont une partie a été écoulée sur le marché et une autre exportée, les stocks locaux sont désormais épuisés. Pour combler ce déficit, l’État a ouvert le marché aux importations.
« Aujourd’hui, l’oignon importé est bien présent à Kaolack. Le sac se vend à 13.500 francs CFA, un prix relativement stable. Des cargaisons continuent d’arriver au port de Dakar, et nous accompagnerons les commerçants pour faciliter l’enlèvement de leurs produits afin que l’approvisionnement reste régulier », a rassuré M. Ndiaye.
En multipliant ces visites – après celles effectuées lors du Magal de Touba – le ministère entend garantir aux pèlerins et aux ménages une célébration du Gamou dans de bonnes conditions, sans tension majeure sur les prix ni rupture de stock des denrées essentielles.
L’analyste politique Amadou Clédor Sène a été placé en garde à vue mardi dernier à la Section de recherches de Colobane, à la suite d’une plainte déposée contre lui par le général Birame Diop, ministre des Forces armées. Après avoir passé la nuit dans les locaux de la gendarmerie, il a finalement recouvré la liberté ce mercredi.
L’affaire trouve son origine dans une vidéo diffusée il y a six mois, dans laquelle Clédor Sène affirmait qu’une transaction foncière portant sur un terrain de 4 000 m², situé à proximité du palais de la République, aurait impliqué l’ancien président Macky Sall et Idan Perez, fils de l’homme d’affaires Gaby Perez. Selon lui, l’ex-chef de l’État aurait attribué ladite parcelle en contrepartie de la construction de la Direction de la gendarmerie à la Caserne Samba Diéry Diallo.
Dans la même séquence, l’analyste allait plus loin en insinuant que le général Birame Diop, alors Chef d’état-major général des Armées, aurait eu connaissance de cette supposée transaction et qu’il connaîtrait personnellement la famille Perez. Des propos qui ont profondément irrité l’actuel ministre des Forces armées, lequel a décidé de porter plainte pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles.
Face aux enquêteurs de la Section de recherches, le ministre a catégoriquement rejeté ces accusations, affirmant n’avoir jamais été impliqué ni informé de cette affaire. Convoqué à son tour mardi, Amadou Clédor Sène aurait fini par se rétracter et présenter ses excuses au plaignant.
Malgré ce revirement, il a été placé en garde à vue pour la nuit, avant d’être libéré le lendemain. Le même jour, le général Birame Diop a adressé une lettre de désistement au procureur de la République, après plusieurs médiations et interventions plaidant en faveur du pardon.
Un fait insolite s’est produit ce mercredi 27 août au poste de santé Serigne Mbaye Sarr, situé au quartier Keur Serigne Mbaye Sarr. L’électricité y a été coupée durant toute la journée, plongeant le personnel médical et les patients dans une situation des plus difficiles.
Le Comité de Développement Sanitaire (CDS), à travers un point de presse organisé devant la structure, a vigoureusement dénoncé cette coupure qu’il juge « arbitraire », d’autant plus que les autres postes de santé de la commune ont continué à bénéficier de l’électricité.
Alioune Fall, secrétaire exécutif du poste de santé, n’a pas caché son indignation :
« Nous ne comprenons pas cette situation, c’est pourquoi nous avons tenu ce point de presse. Dans toutes les communes, c’est la municipalité qui prend en charge les factures d’électricité. Pourquoi nous demande-t-on, à nous, de payer ? C’est inadmissible. Nous avons été contraints d’éconduire les malades venus en consultation et de libérer ceux qui étaient hospitalisés. Nous lançons un appel à l’État, car ce poste de santé est situé dans une zone très peuplée et demeure une structure de référence pour la population », a-t-il regretté.
Devant la structure sanitaire, un homme rencontré sur place, qui a préféré garder l’anonymat, n’a pas caché sa colère. Venu accompagner sa petite sœur malade, il s’est dit choqué de constater que le personnel soignant avait suspendu ses activités en raison de la coupure.
« Je ne sais pas dans quel Sénégal nous vivons. Vous voyez, ma sœur est très souffrante, mais on m’a dit que rien ne peut être fait parce qu’ils sont privés d’électricité », a-t-il déploré, visiblement amer.
Cette coupure d’électricité met en lumière les difficultés récurrentes auxquelles font face les structures sanitaires, souvent confrontées à des problèmes d’eau, de financement et d’approvisionnement en électricité.
L’affaire dite du « Sukuk Sogepa » continue de faire grand bruit au Sénégal. Selon des révélations du journal Libération, la Division des investigations criminelles (Dic) est en pleine opération de décryptage d’un scandale financier évalué à 114,4 milliards de Fcfa, un montant colossal relevé par la Cour des comptes dans son dernier rapport sur les finances publiques.
Parmi les personnalités citées, l’ancien directeur général de La Poste, Abdoulaye Bibi Baldé, a été convoqué et entendu le mardi 26 août par les enquêteurs. Son audition s’est concentrée sur un transfert jugé suspect : 10 milliards de Fcfa versés à La Poste, dans des circonstances encore obscures. « C’est autour de cette opération que l’essentiel des questions a tourné », souligne Libération.
Mais l’ancien maire de Kolda n’est pas le seul dans le viseur. D’après les sources, plusieurs entreprises ayant reçu des fonds issus du Sukuk sont également ciblées par les investigations. Parmi elles figurent Eiffage, Seneguindia, la Compagnie sucrière sénégalaise et Bamba Ndiaye SA. L’objectif des enquêteurs est de comprendre pourquoi ces structures privées ont bénéficié de sommes censées, en principe, être reversées au Trésor public.
L’affaire s’étend bien au-delà des premières auditions. Avant Bibi Baldé, la Dic avait déjà entendu Abdoul Yaya Kane, ancien directeur général de la Société de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (Sogepa), ainsi que l’ancienne et l’actuelle directrice de la Banque islamique du Sénégal (BIS). Des responsables de sociétés de titrisation ont également été convoqués, dessinant les contours d’une chaîne financière complexe et opaque.
Le leader de l’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS), Bougar Diouf, a comparu ce mercredi 27 août 2025 devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, l’opposant politique a été reconnu coupable et condamné à un mois de prison ferme.
Selon les éléments du dossier, le parquet reprochait à Bougar Diouf d’avoir relayé sur les réseaux sociaux des informations jugées mensongères, susceptibles de troubler l’ordre public. Des publications qui, d’après l’accusation, « étaient de nature à créer la panique et à semer la confusion dans l’opinion publique ».
Au cours de l’audience, la défense a plaidé la bonne foi de son client, soutenant qu’il n’avait fait que « partager une opinion politique dans un contexte démocratique ». Elle a également dénoncé ce qu’elle considère comme une atteinte à la liberté d’expression.
Le tribunal, après délibéré, a toutefois retenu la responsabilité pénale de Bougar Diouf et prononcé une peine d’un mois de prison ferme. Une décision qui a suscité de vives réactions parmi ses partisans présents dans la salle d’audience, certains dénonçant une « instrumentalisation de la justice ».
Le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, s’est exprimé sur la situation difficile que vivent les populations de Diourbel et de Touba après les récentes inondations. Conscient des nombreuses difficultés rencontrées, il a tenu à leur adresser un message de réconfort et de solidarité, réaffirmant l’engagement de l’État du Sénégal à leur apporter des solutions durables.
« Nous mesurons toute la gravité de cette situation et nous ne ménagerons aucun effort pour soulager les populations », a assuré le ministre, qui a particulièrement évoqué les zones de Darou Marnane et de Poulailler Baye Diop, parmi les plus touchées.
Dans son intervention, Cheikh Tidiane Dièye a également salué l’initiative du président de l’association « Touba Ça Kanam », Serigne Habibou Mbacké, pour son appel en direction des populations et des autorités. Il a aussi remercié le député Cheikh Thioro Mbacké ainsi que les jeunes mobilisés sur le terrain pour leur implication dans la gestion de cette crise.
S’agissant des mesures envisagées, le ministre a annoncé un dispositif d’évacuation des eaux des quartiers impactés vers les vallées. Ce mécanisme, expérimenté à Touba, sera progressivement étendu à d’autres localités confrontées au même problème, notamment Kaffrine et Tambacounda.
Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a pris part ce mercredi 27 août 2025 à la rencontre annuelle des entrepreneurs organisée par le Mouvement des entreprises de France (Medef). Invité spécial de ce grand rendez-vous économique, le chef de l’État sénégalais a mis à profit son intervention pour réaffirmer les ambitions économiques du Sénégal et appeler à de nouveaux partenariats avec les investisseurs étrangers.
Dès l’entame de son allocution, le président Faye a tenu à rassurer son auditoire sur l’attractivité du climat des affaires au Sénégal. « Le Sénégal reste un pays ouvert à tous les partenariats et s’emploie à instaurer un environnement des affaires stable, prévisible, propice à la sécurité et à la protection de l’investissement. Vous y avez toute votre place dans un contexte mondial de compétition et, hélas, de guerres commerciales de plus en plus ardues », a-t-il déclaré.
Évoquant ses échanges récents avec son homologue français, Emmanuel Macron, Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la nécessité d’une impulsion nouvelle dans la coopération entre Paris et Dakar, tout en mettant en avant le rôle central des entrepreneurs. « Sans cette ambition, nous ne pourrons rien réaliser ensemble. Et cette ambition ne pourra se réaliser qu’avec le secteur privé, parce que c’est vous qui créez la richesse et l’emploi », a-t-il affirmé.
Cette orientation s’inscrit dans le cadre de la stratégie Sénégal 2050, un agenda national de transformation qui ambitionne de faire du pays une économie émergente et inclusive. À ce titre, le chef de l’État a rappelé l’existence de nombreuses opportunités d’investissement, notamment dans les partenariats public-privé et dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, les infrastructures, l’agro-industrie et le numérique.
Souhaitant rassurer davantage les investisseurs sur la gouvernance économique, Diomaye Faye a mis en avant les efforts de son gouvernement dans la gestion des finances publiques. « Nous avons entrepris une gestion rigoureuse de nos finances publiques afin de préserver la soutenabilité de notre trajectoire et de renforcer la confiance des investisseurs », a-t-il indiqué.
Dans le même élan, il a rappelé les mesures destinées à protéger le pouvoir d’achat des Sénégalais et à garantir un climat social apaisé, qu’il considère comme « condition indispensable à l’investissement et au développement ». Le président a également annoncé la révision de trois codes essentiels au climat des affaires, afin de rendre le Sénégal plus compétitif et attractif.



Abuja a accueilli, du 25 au 27 août 2025, la Conférence des Chefs d’État-major des Armées africaines, une rencontre de haut niveau placée sous le thème : « Le rôle de la collaboration stratégique de défense dans la lutte contre les menaces contemporaines à la paix et à la sécurité en Afrique ».
Le Sénégal y a été représenté par le général Mbaye Cissé, Chef d’État-major général des Armées (CEMGA), selon une note de la Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA).
Cette conférence a réuni des responsables militaires venus de divers pays du continent afin de réfléchir sur les défis sécuritaires auxquels l’Afrique est confrontée. Terrorisme, criminalité transnationale, cybermenaces : autant de menaces complexes et interconnectées qui appellent des réponses coordonnées. Les participants ont insisté sur l’importance de renforcer la coopération militaire, de mutualiser les moyens et d’élaborer des stratégies communes pour préserver la stabilité régionale.
En marge des travaux, le général Mbaye Cissé a eu un entretien bilatéral avec son homologue nigérian. Les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération militaire entre Dakar et Abuja. Les deux pays, fortement impliqués dans les opérations de maintien de la paix et dans la lutte contre les menaces transfrontalières, entendent ainsi consolider leur partenariat stratégique au service de la sécurité régionale.
L’ancien maire de Kolda et ex-directeur général de La Poste, Abdoulaye Bibi Baldé, a récemment été convoqué à la Division des investigations criminelles (DIC). Selon ses propres déclarations, cette audition s’inscrit dans le cadre d’une enquête portant sur la gestion de fonds du Trésor public.
« Le Trésor nous virait de l’argent pour payer la dette de la bourse de sécurité familiale », a confié M. Baldé, sans toutefois entrer dans les détails des mécanismes ou des circonstances de ces opérations financières.
Figure politique de premier plan et membre influent de l’Alliance pour la République (APR), Abdoulaye Bibi Baldé cumule une riche expérience dans la gestion des affaires publiques. Il a successivement occupé plusieurs portefeuilles ministériels entre 2012 et 2019 : Agriculture, Plan, Environnement, puis Communication.
Après son passage au gouvernement, il a été nommé directeur général de La Poste du Sénégal, poste qu’il a occupé de 2019 à 2022. Sa convocation devant la DIC intervient dans un contexte marqué par une série d’enquêtes sur la gestion des deniers publics et la transparence financière.
Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a rencontré ce mercredi matin à l’Élysée son homologue français, Emmanuel Macron, autour d’un petit-déjeuner de travail.
Selon une note de la Présidence, les deux Chefs d’État ont passé en revue l’état de la coopération bilatérale, abordant les pistes de renforcement du partenariat rénové entre Dakar et Paris. Les échanges ont porté sur plusieurs domaines stratégiques, notamment l’investissement, le commerce, la défense et la sécurité.
Cette première prise de contact sera suivie d’un approfondissement des discussions lors du prochain séminaire intergouvernemental prévu en septembre à Dakar, où les deux gouvernements doivent définir des feuilles de route précises.
Le chef de l’État sénégalais a par ailleurs salué la posture de son homologue français sur les questions mémorielles, soulignant en particulier la reconnaissance par Emmanuel Macron du massacre des tirailleurs sénégalais à Thiaroye en 1944. Dans ce cadre, Bassirou Diomaye Faye a invité le Président français à prendre part à la deuxième édition de la commémoration de cet événement, prévue le 1er décembre 2025 à Dakar.



Comment les enquêteurs ont piégé et arrêté Domingo Armindo Biaba, caïd bissau-guinéen
Les enquêteurs de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) ont réussi un coup de filet majeur. Dans la nuit du 25 au 26 août 2025, Domingo Armindo Biaba, un trafiquant originaire de Bissau, a été arrêté à Dakar, alors qu’il pensait livrer de la drogue à de riches clients.
Selon les informations rapportées par L’Observateur, tout est parti d’un renseignement faisant état des agissements d’un ressortissant ouest-africain spécialisé dans l’écoulement de Mdma, une drogue de synthèse très prisée par les jeunes de 18 à 25 ans. Les policiers ont alors mis en place un dispositif d’infiltration, se faisant passer pour des acheteurs.
Le caïd vendait ses produits au prix de 50 000 FCFA pour 5 grammes. Pour le piéger, les limiers ont passé une commande test de la même quantité. Un rendez-vous a été fixé au rond-point Liberté 5, à Dakar, vers 2h30 du matin. Domingo Armindo Biaba s’est présenté avec cinq sachets de 5 grammes chacun. C’est au moment de la remise que l’opération a été déclenchée et que le trafiquant a été interpellé.
La perquisition menée à son domicile, à Dieuppeul, a permis de découvrir quatre autres sachets identiques, une balance électronique et une somme de 50 000 FCFA. Mis devant l’évidence, Domingo a reconnu les faits, allant jusqu’à confier aux enquêteurs qu’il avait été « piégé comme un néophyte ». Il a également révélé l’identité de son fournisseur, un certain Moses, basé à Bissau.
Placée en garde à vue, la figure du trafic a été inculpée pour association de malfaiteurs, détention de drogue en vue de trafic international et blanchiment de capitaux. L’enquête se poursuit afin de démanteler l’ensemble du réseau et de mettre la main sur ses complices.
Après deux jours d’intenses échanges, les Assises nationales des médias se sont achevées mardi à Dakar sur une note d’espoir pour l’avenir de la presse sénégalaise. Organisées autour d’ateliers thématiques, ces rencontres ont permis de consolider et d’harmoniser les recommandations issues des concertations précédentes, ouvrant ainsi la voie à des décisions politiques majeures pour soutenir le secteur.
Un rapport de synthèse a été finalisé par les participants et sera transmis dans les prochains jours au ministre de la Communication, Alioune Sall, avant d’être présenté au chef de l’État. Selon Habibou Dia, directeur de la Communication, ce document rassemble et rationalise l’ensemble des propositions formulées lors des travaux de groupe. « Les recommandations faites lors des travaux seront rassemblées, nettoyées et remises à l’autorité », a-t-il précisé.
Pour Mactar Silla, président du comité scientifique des Assises et ancien directeur général de la RTS, la démarche a permis d’aller au-delà des constats pour proposer des pistes concrètes. « L’objectif était de rationaliser toutes ces recommandations et de les porter à l’attention des plus hautes autorités. La presse sénégalaise traverse aujourd’hui une situation difficile », a-t-il déclaré, saluant la qualité et la richesse des contributions.
Les participants ont dressé un diagnostic approfondi des difficultés qui fragilisent la presse : crise économique persistante, concurrence accrue des plateformes numériques, problèmes liés à la régulation des contenus et précarité des entreprises de presse. Face à ces défis, ils ont esquissé plusieurs solutions allant du renforcement des mécanismes de financement au soutien à la transition numérique, en passant par la mise en place de cadres de régulation adaptés.
Une cérémonie de signature de contrats de performance entre l’Inspection de l’Éducation et de la Formation (IEF) de Kaolack commune et les Sérignes Daaras sélectionnés dans le cadre du Projet d’Amélioration des Performances du Système Éducatif (PAPSE) s’est tenue ce mardi 26 août à Kaolack. La rencontre s’est déroulée en présence de l’IEF de Kaolack commune, de l’inspecteur de langue arabe, des maîtres coraniques, et sous la supervision du chef de la division.
« Nous sommes venus pour poser le dernier acte qui déclenche le financement et l’appui du projet PAPSE au niveau de tous les Daaras du Sénégal. Comme vous le savez, c’est un long processus d’identification des Daaras éligibles, suivi d’une sélection aléatoire car la demande était plus forte que l’offre. Enfin, les Daaras retenus ont accepté de formaliser leurs engagements à travers ce que nous appelons le contrat de performance, qui n’est rien d’autre que la matérialisation des engagements des Daaras et de l’État du Sénégal. Kaolack est une cité religieuse connue de toute la communauté », a souligné El Hadji Saliou Ngom, coordonnateur du programme PAPSE.
Il a précisé que l’objectif de cette rencontre est de « signer ensemble cet engagement, à travers le contrat de performance qui définit le périmètre de collaboration jusqu’à la fin du projet. Ce contrat permettra de mesurer les résultats attendus de l’accompagnement du PAPSE, mais aussi d’évaluer l’engagement des propriétaires de Daaras, de l’IEF, de l’Inspection d’académie (IA) et du ministère de l’Éducation nationale ».
Au niveau national, 1 098 Daaras sont concernés par le programme, répartis en deux phases. La première, qui démarre avec 600 Daaras nouvellement sélectionnés, et la deuxième phase qui impliquera 498 Daaras déjà accompagnés par le précédent projet PAQUEB. L’enveloppe globale allouée à ces 1 098 Daaras à travers le PAPSE s’élève à plus de 7,2 milliards de francs CFA, a indiqué le coordonnateur.
De son côté, l’inspecteur de l’Éducation et de la Formation de Kaolack commune, Amadou Dia, a rappelé que « le ministère de l’Éducation nationale s’est longtemps engagé dans la contractualisation avec les écoles pour améliorer leurs performances scolaires. Aujourd’hui, il s’agit de contractualiser avec les Daaras, qui occupent une place de choix dans le dispositif éducatif sénégalais ».
Il a ajouté : « Au niveau de l’Inspection d’académie de Kaolack et de l’IEF de Kaolack commune, nous avons un nombre important de Daaras concernés. Pour le PAPSE, ils sont au nombre de 11, auxquels s’ajoutent 29 Daaras du PAQUEB, soit un total de 40 Daaras. Ce sont des établissements qui demandent un accompagnement, un encadrement et un appui institutionnel, raison pour laquelle le PAPSE joue un rôle essentiel. »
Une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Edward Gemayel, a séjourné à Dakar du 19 au 26 août 2025. L’objectif : examiner les suites du rapport de la Cour des comptes publié en février dernier, qui avait mis en lumière de graves irrégularités dans la déclaration des données financières entre 2019 et 2023.
L’audit réalisé par le cabinet Forvis Mazars a révélé des passifs non divulgués, entraînant une révision majeure du stock de la dette publique. Le ratio dette/PIB du gouvernement central, évalué initialement à 74,4 % fin 2023, a été corrigé à 111 %, puis à 118,8 % fin 2024. Cette réévaluation soulève des interrogations sur la crédibilité des statistiques budgétaires de ces dernières années et la gouvernance financière du pays.
Malgré cette situation préoccupante, l’économie sénégalaise fait preuve d’une certaine résilience. La croissance a atteint 12,1 % en glissement annuel au premier trimestre 2025, tirée par le démarrage de la production de pétrole et de gaz sur les champs de Sangomar et GTA. En revanche, la croissance hors hydrocarbures demeure modeste (3,1 %), freinée par les arriérés de paiement dans le secteur de la construction et les difficultés structurelles dans les industries chimiques.
L’inflation reste, elle, contenue à 0,7 % en juillet 2025, un niveau relativement bas comparé aux tendances régionales.
Au terme de sa mission, M. Gemayel a salué « l’engagement des autorités sénégalaises en faveur de la transparence et de la responsabilité fiscales ». Les discussions ont porté sur plusieurs mesures immédiates, notamment :
la centralisation de la gestion de la dette et le renforcement du rôle du Comité national de la dette publique ; l’achèvement de l’audit des arriérés de paiement lancé en juillet par l’Inspection générale des finances ; la mise en place d’une base de données centralisée sur la dette ; la consolidation progressive des comptes bancaires sous le Compte unique du Trésor ; le renforcement des contrôles des engagements budgétaires.
Les autorités sénégalaises ont exprimé leur volonté de bénéficier d’un nouveau programme soutenu par le FMI. L’institution s’est dite prête à accompagner le pays dans la mise en œuvre d’un plan de réformes structuré autour de quatre axes :
Renforcer la gestion des finances publiques et la transparence budgétaire ; Relancer les secteurs stratégiques pour stimuler une croissance inclusive ; Améliorer le capital humain et l’équité sociale ; Accroître la résilience face aux chocs climatiques et aux catastrophes naturelles.
L’ancien ministre des Sports et ex-directeur général de la Lonase, Lat Diop, a reçu ce lundi à la prison de Rebeuss une visite de marque. Selon Les Échos, le marabout Mame Thierno Birahim Mbacké, plus connu sous le nom de « Borom Darou », s’est rendu auprès de lui dans sa cellule.
La rencontre a été accueillie avec beaucoup de chaleur, aussi bien par Lat Diop lui-même que par les autres détenus qui ont manifesté leur joie de voir la figure religieuse. La présence du guide mouride a été perçue comme un réconfort moral pour l’ancien responsable politique aujourd’hui en détention.
Pour rappel, Lat Diop est placé sous mandat de dépôt depuis le 26 septembre 2024. Il est poursuivi pour détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds. Le montant du préjudice est estimé à 8 milliards de francs CFA.
La récente visite du président Bassirou Diomaye Faye à Touba, en prélude au Grand Magal, a été marquée par une polémique inattendue. Des images montrant Absa Faye, seconde épouse du chef de l’État, aux côtés de sa sœur Oumy Faye — épouse de Me Oumar Youm, figure de l’APR et ancien ministre sous Macky Sall — ont suscité de vives réactions, notamment dans les rangs du Pastef, parti au pouvoir.
Pour beaucoup, cette proximité affichée brouille les lignes et réactive des débats sensibles sur la place de la famille présidentielle dans les affaires publiques.
Le sociologue Abdoulaye Cissé souligne que, dans l’imaginaire sénégalais, « la frontière entre vie privée et pouvoir est extrêmement fragile ». Selon lui, les épouses de présidents sont perçues comme des « actrices de l’ombre », influentes auprès de leur conjoint. En référence à l’expression wolof « wax taan ak sama njégenaay » (discuter avec mon oreiller), il rappelle que la Première dame est souvent considérée comme la première confidente du chef de l’État.
Dans le cas d’Absa et Oumy Faye, Cissé propose deux lectures : soit elles avaient déjà une relation étroite avant l’accession au pouvoir, rendant leur apparition naturelle, soit cette proximité est récente et devient alors source d’interrogations, surtout au regard du lien avec Me Oumar Youm. Pour le sociologue, cette controverse traduit les tensions persistantes entre exigences de justice et réalités familiales, dans un contexte encore marqué par les 86 morts enregistrés lors des troubles politiques de 2021 à 2024.
Pour le communicant Fernand Mendy, les critiques ne sont pas dénuées de sens. « Elles traduisent une vigilance populaire légitime, surtout envers un régime élu sur la promesse de rupture avec les pratiques familiales du passé », explique-t-il.
Selon lui, la photo a ravivé une mémoire collective douloureuse, marquée par les soupçons de népotisme et de gestion familiale du pouvoir sous les régimes précédents. D’où son appel à une communication présidentielle plus claire et transparente : « Chaque apparition officielle et chaque accompagnant symbolisent l’image de la République. L’anticipation est cruciale pour éviter les malentendus et renforcer la crédibilité du discours de rupture. »
Une polémique jugée « ridicule et dangereuse »
À l’inverse, le politologue Assane Samb relativise fortement l’affaire. Il estime que la controverse est « ridicule et dangereuse ». Pour lui, Absa Faye est libre de ses fréquentations, d’autant qu’aucun statut officiel de Première dame n’existe au Sénégal. « Seul le président est comptable de son entourage. Chercher à diaboliser ses proches est un moyen détourné de fragiliser le pouvoir », soutient-il.
Il avertit par ailleurs que cette obsession à guetter des signes de clanisme là où il n’y a que des liens familiaux normaux pourrait se retourner contre les détracteurs. « La diabolisation excessive de la famille présidentielle risque de renforcer, par effet de sympathie, l’image du couple présidentiel auprès de l’opinion », conclut-il.
L’affaire met en lumière une constante de la vie politique sénégalaise : la confusion récurrente entre sphère privée et sphère publique au sommet de l’État. Si certains y voient un simple épisode familial sans conséquence, d’autres y lisent une alerte sur les risques de reproduction des pratiques que la nouvelle gouvernance avait promis de bannir.
L’Assemblée nationale a marqué un tournant important ce lundi 25 août 2025 en adoptant deux projets de loi emblématiques qui renforcent les mécanismes de transparence et de bonne gouvernance au Sénégal. Réunis en séance plénière, les députés de la 15e législature ont voté, à une large majorité, le projet de loi n°15/2025 relatif à la déclaration de patrimoine ainsi que le projet de loi n°12/2025 portant création de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC).
Le premier texte vise à encadrer la déclaration de patrimoine des autorités publiques et responsables institutionnels, dans l’optique de prévenir les enrichissements illicites et d’instaurer une plus grande confiance entre gouvernants et citoyens. Pour les parlementaires, ce mécanisme constitue un gage de transparence et participe à l’assainissement de la vie publique.
Le second projet, relatif à l’OFNAC, introduit une réforme de fond de cet organe chargé de lutter contre la corruption. Bien que placé sous la tutelle institutionnelle de la Présidence de la République, le nouvel OFNAC demeure un organe indépendant, doté de moyens et de prérogatives renforcés pour accomplir efficacement ses missions.
Le ministre de la Justice, qui défendait le texte, a souligné la nécessité d’un rattachement à la Présidence afin de conférer à l’organe une autorité « suffisamment forte » pour asseoir son action, tout en évitant qu’il ne devienne un « électron libre ».
À l’Assemblée, les réactions ont été globalement favorables. Plusieurs parlementaires ont salué des avancées notables en matière de gouvernance, estimant que ces deux lois traduisent la volonté des autorités de renforcer les garde-fous contre la corruption et d’ancrer davantage la culture de reddition des comptes.
Après une pause estivale ponctuée de déplacements officiels et privés, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, reprend ce mercredi le fil de ses activités institutionnelles avec la tenue du premier Conseil des ministres de la rentrée. Une rencontre que beaucoup considèrent déjà comme un moment clé pour relancer l’action gouvernementale.
Durant cette trêve, le chef de l’État a alterné repos et engagements de terrain. Dans les îles du Saloum, il s’est accordé quelques jours en famille, sans pour autant perdre de vue les préoccupations des populations locales. Quelques jours plus tard, il s’est rendu aux Parcelles Assainies pour constater les dégâts des fortes pluies et exprimer sa solidarité aux habitants durement touchés par les inondations.
Sur le plan international, Bassirou Diomaye Faye a marqué un temps fort avec un voyage officiel au Japon. Accompagné de l’une des premières dames, il y a rencontré les autorités nippones pour renforcer la coopération bilatérale, notamment dans les domaines économique, technologique et diplomatique.
Le climat est électrique à Soussoung. Ce dimanche 24 août, le Collectif pour la Défense des Intérêts Fonciers, accompagné de conseillers municipaux et de populations locales, a tenu une conférence de presse pour dénoncer avec vigueur ce qu’il qualifie de « forcing » et « d’injustice criarde » autour d’un litige foncier qui secoue la localité.
Parmi les prises de parole marquantes, celle d’Aïda Sarr, sœur du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et conseillère municipale. Très émue, elle a lancé un appel solennel à son frère :
« Je suis la sœur du président Bassirou Diomaye Faye. Sur cette affaire, je suis à la fois confuse et honteuse. Nous avons le sentiment que rien n’a changé au Sénégal. Nous continuons à vivre la pire des choses : les mêmes pratiques, les mêmes injustices. Je demande solennellement à mon frère, le président, de m’écouter et de m’entendre, moi, sa sœur. Cette affaire ne doit pas exister, surtout dans son propre fief. »
La conseillère municipale dit avoir été écartée des délibérations sur le dossier, affirmant que la décision avait été adoptée avant même la convocation officielle du conseil. Un procédé qui alimente, selon elle, la méfiance et les soupçons à l’égard des autorités locales.
De son côté, Ndiome Thiaw, coordonnateur du Collectif pour la Défense des Intérêts de Soussoung, a rejeté les informations selon lesquelles des indemnisations auraient été versées aux habitants :
« C’est totalement faux ! Personne ici n’a reçu un seul franc. Pendant que les terres sont bradées, les autorités restent muettes. C’est inadmissible. »
Il alerte sur une situation de plus en plus explosive : des jeunes auraient quitté le village par crainte de représailles, et l’économie locale, basée essentiellement sur l’agriculture et l’élevage, se retrouve paralysée.
Le dossier foncier ne se limite pas aux contestations. Le collectif dénonce également une répression judiciaire. Neuf personnes sont actuellement en détention, après de récentes arrestations qui, selon les habitants, aggravent la peur et la colère.
Face à cette crise, les populations de Soussoung appellent directement le chef de l’État à intervenir pour rétablir la justice et la paix sociale.
« Nous voulons juste vivre dignement sur nos terres. Nous n’accepterons pas de les perdre dans l’indifférence générale, » a martelé Ndiome Thiaw.
Le chroniqueur Mamadou Sy Tounkara est convoqué ce mardi à la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (DSI), à la suite d’une publication polémique sur la proposition de loi criminalisant l’homosexualité. Ses déclarations, jugées sensibles, ont suscité de vives réactions et pourraient lui valoir de lourdes sanctions judiciaires.
Dans son analyse, Mamadou Sy Tounkara a soutenu que la proposition de loi criminalisant l’homosexualité est devenue « caduque ». Il fonde son argument sur l’article 60, alinéa 5, du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, qui impose que toute proposition de loi soit examinée au plus tard lors de la session ordinaire suivant son dépôt. Selon lui, l’absence d’examen équivaut à un « rejet implicite ».
Cette lecture du texte législatif contredit frontalement la position officielle de l’Assemblée nationale. Le député Amadou Ba (Pastef) a réagi en affirmant que la proposition est toujours en cours d’examen et qu’elle sera « adoptée sans faiblesse ».
La convocation de Mamadou Sy Tounkara repose sur deux dispositions du Code pénal sénégalais :
La diffusion de fausses nouvelles (article 255) La mise en danger de la paix publique
En présentant comme un fait établi le rejet du texte, il pourrait lui être reproché d’avoir semé la confusion dans l’opinion et alimenté un débat explosif autour d’un sujet hautement sensible.
Si les poursuites aboutissent, le chroniqueur pourrait être inculpé pour propagation de fausses nouvelles, une infraction passible de peines d’emprisonnement et d’amendes. La qualification pourrait être aggravée si le juge estime que ses propos portent atteinte à la sérénité des institutions ou menacent la cohésion sociale.
C’est au cours de l’émission Yoon Wi, animée par Ndiogou Diène sur la RFM, que la présidente de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), la professeure Amsatou Sow Sidibé, s’est exprimée sur plusieurs sujets d’actualité : justice, cohésion sociale, nouvelles autorités, discours haineux, etc.
Les discours haineux
La situation sociale du Sénégal inquiète la présidente du CNDH, qui exhorte les populations à davantage de compassion et de solidarité. Elle estime que le climat de division actuel n’est favorable à personne et freine la bonne marche du pays.
« Il faut mettre un terme aux discours haineux, apprendre à positiver et à dire du bien des autres. Au niveau de la commission, nous travaillons beaucoup à lutter contre ce phénomène, notamment avec les journalistes, dont les plateaux sont souvent utilisés pour propager ce type de discours par leurs invités. Nous sommes très concernés par la question, car nous avons encore l’exemple du Rwanda qui a sombré dans le chaos à cause de ces discours haineux. »
Affaire Doudou Coulibaly et liberté d’expression
Sur le dossier du journaliste Doudou Coulibaly, la présidente du CNDH rappelle que la liberté d’expression est un droit fondamental inscrit dans les chartes qui régissent le pays.
« C’est un droit qui nous importe beaucoup au niveau des droits de l’homme. Cependant, en tant que juristes, nous savons qu’aucun droit ne peut être utilisé pour bafouer celui d’autrui. La liberté d’expression est encadrée, on ne peut pas en user et en abuser à sa guise. »
Tout en reconnaissant que le journaliste a commis une faute et doit répondre de ses actes, elle souligne que sa situation sanitaire doit être prise en considération : « Vu son état de santé, une incarcération pourrait entraîner le pire. Il devrait présenter des excuses pour son écart. »
La relation Diomaye – Sonko
À propos de la relation entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, Amsatou Sow Sidibé déclare :
« Pour moi, ces deux hommes ont une relation de thiéré ak mew : l’un ne va pas sans l’autre. C’est la force de ce duo qui permettra de relever le défi d’un Sénégal prospère. Ceux qui parient sur leur séparation doivent déchanter, car ce sont deux personnes intelligentes qui travaillent pour l’intérêt supérieur de la nation. »
Elle invite les Sénégalais à laisser les nouvelles autorités travailler et à leur accorder du temps : « Ils viennent de trouver un pays traversé par de nombreuses difficultés. Relever l’économie ne sera pas chose aisée, mais ils sont en train de nouer des partenariats importants. Accordons-leur le bénéfice du doute et soyons patients. »
Les évènements de 2021-2024 et l’indépendance de la justice
Revenant sur les violences et tensions de ces dernières années, la présidente du CNDH plaide pour un retour à la confiance dans la justice :
« C’est la justice qui nous rétablit dans nos droits, qui punit les coupables, qui règle les différends… Les citoyens doivent respecter les magistrats, qui connaissent leur métier et appliquent la loi sans parti pris. »
Tout en reconnaissant que les morts et emprisonnements restent encore dans les mémoires, elle estime qu’il faut « laisser les juges travailler et mener les investigations nécessaires afin de situer les responsabilités ». Elle rend hommage au ministre de la Justice, qu’elle qualifie de « magistrat pétri de valeurs et travailleur ».
Une journée nationale de la cohésion sociale
Face aux divisions qui ont marqué la société ces dernières années, la CNDH envisage l’instauration d’une Journée de la cohésion sociale.
« Nous travaillons à finaliser cette initiative et, d’ici la fin de l’année, nous allons appeler les Sénégalais autour de cette journée de réconciliation et d’union. Elle sera célébrée chaque année pour renforcer la fraternité et faire oublier les rancunes. »