Dubaï : Le Sénégal renforce sa coopération stratégique avec DP World

En déplacement officiel à Dubaï ce jeudi 11 septembre, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a effectué une visite de haut niveau au siège de DP World, leader mondial de la logistique portuaire. Cette visite s’est conclue par un moment-clé : la signature d’un avenant important à l’accord de partenariat liant le Sénégal à cette multinationale émiratie.

Le document a été signé en présence du chef du gouvernement par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, et le directeur général du Port autonome de Dakar, Waly Diouf Bodian. Ce nouvel accord vient consolider la coopération existante entre les deux parties, notamment autour du Port autonome de Dakar et du projet stratégique du port de Ndayane, considéré comme l’un des chantiers logistiques les plus ambitieux d’Afrique de l’Ouest.

Selon un communiqué de la Primature, cet avenant vise à renforcer les engagements mutuels dans la modernisation des infrastructures portuaires sénégalaises et à faire du pays un hub logistique majeur dans la sous-région. L’objectif est aussi d’améliorer la compétitivité du Sénégal face à la croissance exponentielle des échanges maritimes mondiaux et régionaux.

Le projet de Ndayane, mené en partenariat avec DP World, représente un pilier central de la stratégie de développement logistique du Sénégal. Il est appelé à désengorger le port de Dakar, améliorer la fluidité du commerce maritime, attirer davantage d’investissements et stimuler l’emploi local, tout en renforçant la souveraineté économique nationale dans un secteur aussi stratégique que le transport maritime.

Cette visite à Dubaï, sur fond de diplomatie économique, symbolise ainsi la volonté du gouvernement sénégalais de sécuriser les projets d’envergure et de rassurer les partenaires sur la stabilité, la transparence et la vision long terme de l’État en matière d’infrastructures logistiques. Elle marque également un tournant dans la consolidation d’un partenariat Sud-Sud de plus en plus central dans les choix de coopération du Sénégal.

Loi de finances 2026 : Bassirou Diomaye Faye exhorte son gouvernement à finaliser les arbitrages budgétaires

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a présidé ce mercredi 10 septembre 2025, au Palais présidentiel, le premier Conseil des ministres de la nouvelle équipe gouvernementale, récemment nommée par décret présidentiel. Cette session a été l’occasion pour le chef de l’État de fixer les priorités immédiates, notamment la finalisation du projet de loi de finances pour l’année 2026.

Dans son adresse introductive, le Président Faye a salué le travail accompli par les ministres sortants, soulignant leur contribution à l’exécution de la politique gouvernementale coordonnée par le Premier ministre Ousmane Sonko. Il a félicité les ministres reconduits et souhaité la bienvenue aux nouveaux entrants, tout en leur rappelant la lourde responsabilité qu’implique leur nomination. « Être ministre ou secrétaire d’État, c’est assumer une responsabilité nationale primordiale, portée par une confiance exceptionnelle », a-t-il affirmé.

Insistant sur les valeurs fondamentales qui doivent guider l’action gouvernementale, Bassirou Diomaye Faye a appelé chaque membre du gouvernement à incarner « la sacralité de l’État », en adoptant une posture exemplaire, marquée par l’intégrité, le sens du service public, la proximité avec les citoyens et l’efficacité dans l’action. Il a également insisté sur la collégialité, estimant que le gouvernement doit être perçu comme une équipe soudée, force de propositions et de réalisations, au service des attentes du peuple sénégalais.

Le Chef de l’État a particulièrement insisté sur l’urgence de mettre en œuvre, avec rigueur et célérité, les réformes et programmes inscrits dans l’Agenda national de Transformation, en lien avec le Plan de Redressement économique et social (PRES). Il a rappelé que chaque ministre devait désormais adopter une gestion axée sur les résultats, en phase avec les objectifs fixés pour accélérer la transformation structurelle du pays.

Dans ce contexte, la préparation du budget 2026 constitue une priorité immédiate. Le Président a ainsi chargé le ministre des Finances et du Budget de finaliser, en collaboration avec son collègue de l’Économie, du Plan et de la Coopération, ainsi que les ministres sectoriels, les arbitrages nécessaires en vue du dépôt du projet de loi de finances 2026. Il a précisé que cette démarche devait se faire sous la coordination du Premier ministre Ousmane Sonko.

Cette exigence témoigne de la volonté du chef de l’État d’installer rapidement son gouvernement dans une dynamique de gouvernance proactive, structurée et orientée vers des résultats tangibles. Le budget 2026 sera, selon toute vraisemblance, un véritable test de mise en œuvre des engagements de la nouvelle administration, notamment en matière de justice sociale, de relance économique, de réforme fiscale et de rationalisation des dépenses publiques.

Sénégal : des performances record dans la production de pétrole et de gaz en août 2025

Le secteur énergétique sénégalais poursuit son envolée. Le mois d’août 2025 a été marqué par des avancées significatives dans les projets pétroliers et gaziers de Sangomar et du gisement transfrontalier de Grand Tortue Ahmeyim (GTA), confirmant la place grandissante du Sénégal et de la Mauritanie sur la carte mondiale des hydrocarbures.

Selon le ministère du Pétrole, dirigé par Birame Soulèye Diop, trois cargaisons de pétrole brut ont été exportées et commercialisées au cours du mois d’août, pour un volume global de 2,90 millions de barils.

Depuis le démarrage de la production, 41,03 millions de barils ont été extraits à Sangomar, dont 40,24 millions de barils déjà écoulés sur le marché international à travers 42 cargaisons.

Ces performances dépassent les attentes initiales. La production annuelle, estimée à 30,53 millions de barils pour 2025, a été revue à la hausse et devrait désormais atteindre 34,5 millions de barils. Une révision que le ministère attribue à la « robustesse des performances opérationnelles et à la bonne tenue des puits ».

Le gisement gazier de Grand Tortue Ahmeyim (GTA), partagé entre le Sénégal et la Mauritanie, connaît également une dynamique positive. Deux cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL), soit 337 966 m³, ont été finalisées en août.

Depuis le lancement de la production le 9 février 2025, huit cargaisons ont été exportées, représentant un volume cumulé de 1,34 million de m³ de GNL.

Parallèlement, les travaux de mise en service des installations se poursuivent à bord du FPSO, le navire de production, de stockage et de déchargement du gaz. L’objectif, selon le ministère du Pétrole, est d’assurer une montée en puissance progressive afin d’optimiser la capacité de production.

Hausse des recettes fiscales en juin 2025 : un signal positif, mais pas gage d’une économie solide

Les finances publiques sénégalaises ont enregistré une embellie au mois de juin 2025. Selon le rapport Repères statistiques de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), relayé par L’Observateur, les recettes de l’État se sont établies à 739,9 milliards F CFA, soit une progression de 41,0 milliards par rapport au mois de mai.

Cette amélioration est essentiellement portée par la bonne tenue des recettes fiscales, qui ont bondi de 76,8 milliards F CFA. En revanche, les recettes non fiscales se sont contractées de 35,8 milliards F CFA. Comparées à la même période en 2024, les recettes totales affichent une hausse de 19,0 %, passant de 849,4 milliards à 1 009,6 milliards F CFA. En glissement annuel, le gain net est de 52,7 milliards.

Si ces chiffres traduisent un effort notable de mobilisation des ressources, certains économistes invitent à la prudence. Interrogé par L’Observateur, l’économiste-planificateur Ibrahima Kaba estime que cette hausse ne doit pas être interprétée comme le signe d’une économie structurellement robuste.

« La hausse des recettes fiscales doit être analysée avec prudence. Si l’État mobilise beaucoup de ressources fiscales sans que cela s’accompagne d’une relance des investissements productifs, il n’y aura pas d’effet d’entraînement durable », explique-t-il.

En clair, une fiscalité dynamique doit avant tout servir à financer les secteurs stratégiques capables de stimuler la croissance et de créer des emplois.

Le rapport attribue cette performance budgétaire à plusieurs facteurs : amélioration du recouvrement, élargissement de l’assiette fiscale et optimisation des ressources. Mais pour l’économiste, l’élargissement de l’assiette ne traduit pas forcément une économie en meilleure santé.

Il plaide pour une révision du système d’exonérations fiscales et un meilleur ciblage des incitations, afin de concentrer les efforts sur les secteurs porteurs. À défaut, prévient-il, une pression fiscale trop élevée risque d’étouffer certains acteurs économiques, avec des effets pervers sur le long terme.

GCR Ratings abaisse la note du Port autonome de Dakar : un signal d’alerte pour Waly Diouf Bodiang

Le 29 août 2025, l’agence de notation GCR Ratings a abaissé les notes de long et court terme du Port autonome de Dakar, ainsi que celle de son emprunt obligataire de 60 milliards FCFA. Une décision qui met en exergue la vulnérabilité de l’infrastructure portuaire face au risque pays et qui interpelle sur l’urgence de renforcer sa flexibilité financière.

Pour le directeur général du port, Waly Diouf Bodiang, cette révision ne remet pas en cause la solidité de l’institution, mais constitue un avertissement dans un contexte marqué par de fortes ambitions de modernisation. « C’est un signal qu’il nous faut prendre en compte, tout en poursuivant les projets structurants indispensables à la compétitivité du port », souligne-t-il.

Entre solidité financière et pressions d’investissement

Malgré la baisse de notation, les fondamentaux du Port autonome de Dakar restent solides. Les marges opérationnelles se maintiennent et la rentabilité s’améliore, offrant un socle de confiance. Toutefois, les lourds investissements engagés pour moderniser les infrastructures et équiper les quais accentuent la pression sur la capacité de financement.

La direction est donc confrontée à une équation complexe : continuer à attirer et rassurer les investisseurs tout en mobilisant les ressources nécessaires pour mener à bien des projets stratégiques.

Un hub régional face à ses défis

Situé à un carrefour maritime clé en Afrique de l’Ouest, le Port autonome de Dakar bénéficie d’une position géographique avantageuse. Ses revenus récurrents et l’intérêt soutenu des investisseurs privés constituent des atouts majeurs. Mais la dégradation de sa note de crédit rappelle la fragilité de l’équilibre entre ambitions de développement et contraintes financières.

Lord Collins of Highbury réaffirme à Dakar le soutien du Royaume-Uni au Sénégal

Au lendemain du Forum africain sur les systèmes alimentaires, le ministre britannique chargé de l’Afrique, Lord Collins of Highbury, a réitéré à Dakar l’engagement de Londres aux côtés du Sénégal, tant sur le plan économique que sécuritaire.

Dans un entretien accordé à Seneweb, le ministre a souligné la volonté du Royaume-Uni de développer avec l’Afrique des « relations sincères entre égaux ». Au Sénégal, cette ambition se traduit par une orientation claire : appuyer l’industrialisation, la création d’emplois et le développement du secteur privé.

« Depuis 2020, nous avons déjà triplé le commerce bilatéral et les entreprises britanniques ont investi plus de 2 810 milliards de FCFA dans l’économie sénégalaise », a-t-il rappelé. Londres se positionne ainsi comme premier investisseur étranger dans le secteur énergétique, notamment à travers le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim.

Le Royaume-Uni se veut également un acteur majeur de la transition énergétique. En partenariat avec Dakar, il soutient l’Initiative pour une transition énergétique juste (JETP), qui ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à 40 % d’ici 2030.

Sur le plan sanitaire, Lord Collins a annoncé un nouveau partenariat stratégique de 10 millions de livres sterling (plus de 7 milliards FCFA) avec l’Institut Pasteur de Dakar. Ce financement vise à renforcer la recherche et la production locale de vaccins, un axe jugé crucial pour la souveraineté sanitaire africaine.

Lors de ses entretiens avec le président Bassirou Diomaye Faye et le ministre des Finances Cheikh Diba, le représentant britannique a réaffirmé le soutien de Londres aux efforts de transparence budgétaire du Sénégal et à la conclusion rapide d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI). « Nous voulons accompagner le Sénégal dans la gestion de ses finances publiques afin de consolider sa stabilité macroéconomique », a-t-il précisé.

Enfin, la coopération sécuritaire figure aussi parmi les priorités. Le Royaume-Uni s’est engagé à renforcer ses échanges militaires avec Dakar, dans un contexte régional marqué par les menaces persistantes dans le Sahel.

Notation abaissée : le Port autonome de Dakar sous pression malgré des performances solides

Le Port autonome de Dakar (PAD) traverse une zone de turbulence financière. Le 29 août 2025, l’agence de notation GCR Ratings a abaissé la note d’émetteur de long terme du port de A-(WU) à BBB-(WU). Dans le même temps, l’emprunt obligataire de 60 milliards de FCFA émis en 2020 et arrivant à échéance en 2027 a subi la même dégradation. La note de court terme est également revue à la baisse, passant de A2(WU) à A3(WU), même si la perspective est jugée stable.

Selon GCR, cette révision traduit une aggravation des risques liés au contexte macroéconomique sénégalais. Le pays fait face à un endettement public élevé et à des déséquilibres persistants, qui fragilisent l’environnement financier dans lequel évolue le PAD. Ces contraintes structurelles pèsent lourdement, malgré les performances en nette progression du port et sa position stratégique sur la façade atlantique.

Les résultats de 2024 confirment pourtant une solide dynamique. Le PAD a enregistré une hausse de 9,3 % de ses revenus et une progression de 27 % de ses autres produits d’exploitation. Dans le même temps, les charges de personnel ont reculé de 4,4 %. Ces évolutions se traduisent par une marge d’EBITDA de 35,8 %, en hausse par rapport aux 31 % de 2023, et une marge nette de 25 %, contre 20 % un an plus tôt et seulement 5 % en 2021. La liquidité du port s’est également améliorée, avec une couverture des besoins à un an supérieure à 200 %, un niveau jugé satisfaisant par les analystes.

Toutefois, ces performances sont ternies par un endettement toujours préoccupant. Le ratio dette brute/EBITDA s’établissait encore à 8,9x fin 2024, après un pic de 12,9x en 2023. De plus, la couverture des intérêts nets reste faible, à seulement 1,3x, ce qui limite la capacité du PAD à absorber les charges financières sans fragiliser ses marges.

Les investissements massifs engagés dans la construction du Port de Ndayane expliquent en grande partie cette pression financière. S’il s’agit d’un projet stratégique destiné à renforcer l’avantage compétitif du Sénégal face à la montée en puissance des hubs portuaires de la sous-région, son financement par l’endettement alourdit la structure financière du PAD. GCR estime que cette politique demeure « agressive », malgré le caractère structurant des infrastructures en cours de réalisation.

La perspective stable accordée par l’agence repose sur des anticipations prudentes : une amélioration progressive des performances opérationnelles et une meilleure maîtrise des coûts pourraient permettre au port de conserver sa notation actuelle. Mais les risques restent élevés. Un nouvel abaissement interviendrait en cas de dégradation de la marge nette ou de la liquidité. À l’inverse, un relèvement exigerait un ratio dette/EBITDA ramené sous 5x et une couverture des intérêts supérieure à 4,5x, deux objectifs ambitieux au regard de la situation actuelle.

Introduit à la BRVM en 2020, le PAD demeure un acteur central de l’économie sénégalaise, vital pour les échanges commerciaux du pays et de la sous-région. Mais sa dépendance aux fragilités macroéconomiques du Sénégal et aux tensions budgétaires de l’État, son unique actionnaire, accentue la pression qui pèse sur sa trajectoire financière.

« Nous devons réussir le pari de faire de l’agriculture un choix de carriere désirable pour les jeunes africains ».Pdt Bassirou D.D.FAYE

Au Forum Africain sur les systèmes alimentaires (AFS), le président Bassirou Diomaye Faye a dressé un constat sans détour sur les paradoxes agricoles du continent.

‎« Nous avons 60 % des terres arables, mais 64 % de ces terres ne sont pas cultivées. Nous disposons d’une jeunesse nombreuse et dynamique, et pourtant nous importons massivement notre nourriture alors que nous devrions nourrir le monde », a-t-il déclaré face à l’influenceuse agricole djiboutienne Fahima Mohamed Ismael.

‎Avec une population africaine appelée à atteindre 2,3 milliards d’habitants d’ici 2050, dont 600 millions de jeunes, le chef de l’État sénégalais estime urgente l’autosuffisance alimentaire. Mais un défi majeur persiste : « Beaucoup de jeunes ne considèrent pas, à tort, l’agriculture comme un secteur porteur. Pourtant, il peut être source de richesse et d’opportunités », a-t-il souligné.


‎Pour inverser la tendance, Bassirou Diomaye Faye a mis en avant trois priorités :


‎investir dans la maîtrise de l’eau et les infrastructures hydrauliques ; moderniser les techniques grâce à la mécanisation et au numérique ; faciliter l’accès au financement et aux marchés locaux comme internationaux.

‎« La terre et la force de travail existent. Ce qui manque, c’est l’organisation, l’innovation et la confiance dans la jeunesse », a insisté le président, qui se définit comme « agriculteur dans l’âme ».

‎Il a conclu en appelant à une mobilisation collective pour bâtir une agriculture africaine « moderne, durable et compétitive ».

 Le pari c'est de faire de l'agriculture un choix de carriere désirable pour les jeunes africains.

Sénégal – FIDA : un partenariat renforcé pour moderniser l’agriculture et soutenir les zones rurales

En marge du Forum africain des systèmes alimentaires qui se tient actuellement à Diamniadio, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a reçu en audience le président du Fonds international de développement agricole (FIDA), Alvaro Lario.

Selon une note publiée sur la page officielle de la Présidence, cette rencontre a été l’occasion de réaffirmer la solidité et la pertinence du partenariat entre le Sénégal et le FIDA, un partenariat construit autour de projets concrets en faveur de l’agriculture et du développement des zones rurales.

Les discussions ont porté sur plusieurs enjeux stratégiques. Les deux parties ont d’abord mis en avant la souveraineté alimentaire, considérée comme une priorité partagée et incontournable pour le continent. Le président Faye a insisté sur la nécessité d’accompagner durablement le monde rural à travers des investissements structurants, capables de renforcer les capacités de production, de réduire les pertes post-récoltes et de soutenir les exploitations familiales.

La modernisation des pratiques agricoles et la valorisation de la jeunesse ont également occupé une place centrale dans les échanges. Pour le chef de l’État, il s’agit non seulement de garantir une agriculture plus performante et résiliente, mais aussi d’en faire un véritable levier de création d’emplois et de perspectives pour les jeunes générations.

La rencontre a également permis de rappeler l’importance des axes de la Vision Sénégal 2050, qui place l’agriculture au cœur de la transformation économique et sociale du pays. Dans cette perspective, le rôle du FIDA est jugé essentiel pour appuyer des projets innovants, durables et inclusifs.

À l’issue de l’audience, le président Bassirou Diomaye Faye et Alvaro Lario ont réitéré leur volonté commune de consolider une coopération exemplaire, orientée vers l’innovation, la durabilité et le mieux-être des populations rurales.

Ce renforcement du partenariat Sénégal–FIDA s’inscrit dans une dynamique plus large, où l’agriculture est perçue comme le moteur d’une transformation structurelle de l’économie sénégalaise et un pilier pour atteindre la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Forum africain des systèmes alimentaires : le président Bassirou Diomaye Faye plaide pour une agriculture moderne et inclusive

Le Centre international de conférences Abdou Diouf (Cicad) de Diamniadio accueille depuis ce lundi l’édition 2025 du Forum africain des systèmes alimentaires (AFSF). La cérémonie d’ouverture s’est déroulée sous la présidence du chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, aux côtés du président rwandais Paul Kagame et de l’ancien Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, actuel président de l’AFSF. Les travaux, qui réunissent décideurs, experts et acteurs du secteur agricole, se poursuivront jusqu’à vendredi autour du thème central : l’innovation et la transformation des systèmes agroalimentaires.

Dans son allocution d’ouverture, le président Diomaye Faye a rappelé l’importance stratégique de l’agriculture pour le continent africain, tout en soulignant ses fragilités persistantes. « En ce moment même, des millions de femmes et d’hommes sont dans les champs, à la faveur de la saison des pluies. La plupart travaillent la terre à la force des bras ou avec des outils rudimentaires, et n’ont que quelques mois pluvieux pour espérer nourrir leur famille », a-t-il déclaré, insistant sur la dépendance du secteur agricole aux aléas climatiques.

Le chef de l’État a évoqué les conséquences directes du changement climatique, qui accentuent l’irrégularité des pluies et limitent fortement les capacités de production. À cela s’ajoutent les pertes post-récoltes, parfois estimées à près de 30 % des denrées produites, un facteur qui contribue à la persistance de la faim et de la malnutrition sur le continent.

Pour étayer ses propos, le président a rappelé les chiffres alarmants publiés par la FAO en 2024 : plus de 700 millions de personnes ont souffert de la faim dans le monde l’année dernière, dont une part importante en Afrique. Une situation qui éloigne davantage le continent de l’atteinte de l’Objectif de développement durable n°2 (ODD), qui vise l’éradication de la faim d’ici à 2030. Si la tendance actuelle persiste, a-t-il averti, plus d’un demi-milliard d’êtres humains seront en situation de sous-alimentation chronique à cette échéance, et la moitié d’entre eux se trouvera en Afrique.

Face à ce constat, Bassirou Diomaye Faye estime que l’Afrique se trouve à un tournant décisif. Pour lui, la transformation des systèmes alimentaires est désormais une urgence de première nécessité, qui exige non seulement des politiques adaptées mais aussi une mobilisation accrue des acteurs sociaux et économiques.

Le président sénégalais a particulièrement insisté sur le rôle central de la jeunesse dans cette transformation. « Nous devons mettre les jeunes au cœur de nos politiques de développement », a-t-il plaidé, avant de préconiser leur responsabilisation et leur implication directe dans la formulation des politiques agricoles. Pour atteindre cet objectif, il appelle à développer une offre de formation adaptée aux besoins d’une agriculture moderne, intensive et durable, capable de concilier productivité et respect de l’environnement.

Cette édition 2025 du Forum africain des systèmes alimentaires se veut un espace de réflexion mais aussi d’action, où les innovations technologiques et les modèles inclusifs devront être partagés pour répondre à un défi commun : assurer la sécurité alimentaire et la souveraineté agricole de l’Afrique.

Pétrole au Sénégal : un démarrage modeste mais des perspectives encourageantes

Les premiers chiffres de l’exploitation pétrolière au Sénégal, publiés par le magazine spécialisé Le Marché, ont suscité de vives réactions. Sur un total de 1 536 milliards de francs CFA générés, seuls 67 milliards ont été reversés directement à l’État. Une proportion jugée faible par une partie de l’opinion publique, mais qui s’explique par plusieurs facteurs techniques et contractuels.

Interrogé par L’Observateur, l’économiste de l’énergie Ibnou Sougoufara rappelle que le projet est encore dans une phase initiale. « Les compagnies engagées dans l’exploration et l’exploitation – notamment l’australienne Woodside – doivent d’abord récupérer leurs investissements initiaux, appelés cost oil. Tant que ces coûts ne sont pas amortis, la part de revenus destinée à l’État reste marginale », explique-t-il.

Il souligne également que le risque financier a été intégralement porté par les investisseurs privés. « Si les forages n’avaient donné aucun résultat, les pertes auraient été à leur charge. Ce modèle de partage, courant dans l’industrie pétrolière, accorde un avantage initial aux compagnies pour compenser le risque encouru », ajoute-t-il.

La volatilité du marché mondial est un autre facteur déterminant. Une chute du baril sous les 40 à 50 dollars compromettrait la rentabilité des projets et réduirait mécaniquement les marges de l’État. « Publier des montants globaux sans mise en perspective peut induire en erreur. Il serait utile de créer une agence nationale d’information énergétique, indépendante et spécialisée, pour garantir une meilleure transparence », recommande l’économiste.

Malgré ces débuts modestes, les perspectives sont jugées favorables. La part de l’État, estimée autour de 10 % aujourd’hui, pourrait atteindre entre 25 et 30 % dans les prochaines années, selon l’évolution de la production et des cours mondiaux. Pour Ibnou Sougoufara, l’enjeu réside moins dans une renégociation systématique des contrats existants que dans la capacité du Sénégal à rendre attractifs ses futurs blocs pétroliers, afin d’attirer des investissements durables.

L’État du Sénégal réduit ses charges locatives de 1,7 milliard F CFA

En période de rigueur budgétaire, l’État du Sénégal poursuit ses efforts de rationalisation des dépenses publiques. Selon le directeur général de la Société de gestion du patrimoine bâti de l’État (Sogepa), Elimane Pouye, 114 conventions de location ont été résiliées entre juin 2024 et juin 2025.

Cette opération a permis de réaliser plus de 3 milliards de francs CFA d’économies brutes. Toutefois, après le relogement de certains services dans des bâtiments administratifs existants, l’impact net sur les finances publiques est évalué à 1,7 milliard de francs CFA.

« Il s’agit d’une mesure qui participe à l’optimisation du patrimoine immobilier de l’État et à la réduction de ses charges de fonctionnement », a indiqué M. Pouye sur les ondes de la RTS.

La décision s’inscrit dans la volonté des autorités de mieux maîtriser les dépenses de fonctionnement et d’instaurer une gestion plus efficiente des ressources, conformément aux orientations du président Bassirou Diomaye Faye.

Hydrocarbures : Sangomar tient ses promesses, plus de 1 500 milliards FCFA générés en un an

Un an après le first oil du 11 juin 2024, le champ pétrolier de Sangomar confirme son potentiel. Avec une cadence de 100 000 barils par jour, la production a atteint 38,01 millions de barils à fin juillet 2025, dont la quasi-totalité déjà commercialisée.

Selon le secrétaire permanent du Cos Petrogaz, Khadim Bamba Diagne, les ventes cumulées ont rapporté 1 536 milliards de FCFA, dont 67 milliards directement perçus par l’État au titre du profit oil. D’autres revenus s’ajoutent : impôts sur les sociétés, contribution économique locale (CEL) et part de PETROSEN, pour un total estimé à 307 milliards de FCFA.

Le brut sénégalais s’exporte déjà largement. Chine, Pays-Bas, Italie, Espagne, États-Unis et Oman figurent parmi les principaux clients, sans oublier la Société Africaine de Raffinage (SAR) pour le marché intérieur. Après 16,9 millions de barils produits en 2024, l’année 2025 devrait se solder par 30,53 millions de barils supplémentaires.

Au-delà du pétrole, le Sénégal mise gros sur le gaz. La première cargaison de GNL expédiée en avril 2025, après une production inaugurale en décembre 2024, a ouvert un nouveau chapitre. À fin juillet, le pays a déjà produit 1,1 million de m³, dont 1 million écoulés vers la Chine, l’Espagne, le Brésil et la Belgique. La moitié de ce volume revient au Sénégal, l’autre étant destinée à la Mauritanie.

La participation réduite de PETROSEN dans la joint-venture freine pour l’instant la rentabilité directe du Sénégal. Mais le gouvernement regarde plus loin. Un réseau de 400 km de gazoducs est en chantier pour alimenter industries et ménages. Le plan Gas-to-Industriel doit favoriser l’utilisation du gaz dans la cimenterie, la métallurgie, l’agroalimentaire et la pétrochimie.

Malgré ce dynamisme, le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) a revu à la baisse les prévisions de recettes issues des hydrocarbures : 227,22 milliards FCFA attendus entre 2026 et 2028.

Rufisque-Pasic/Formation en coiffure: 237 femmes formées, sanctionner par une attestation…

‎Le Maire de la Ville de Rufisque, Dr. Oumar CISSÉ, a présidé a la remise d’attestations en formation masterclass qui a démarrée le lundi 25 août 2025 au profit de la fédération des coiffeuses de la Ville de Rufisque. Cette formation entièrement financée par le Maire de la Ville dans le cadre du PASIC a durer cinq (05) jours.                                                  

‎Les travaux ont été menés par Mamyta Coiffure et son équipe portent entres autres sur différents types de make-up à savoir le primer, le fond de teint, le correcteur, le fard à joues, le bronzer, l’enlumineur et l’ombre à paupières.

Rufisque-Pasic/Formation en coiffure: 237 femmes formées, sanctionner par une attestation...

Dette cachée du Sénégal : la BCEAO clarifie son rôle

L’incertitude entourant la dette publique sénégalaise, après la révélation par la Cour des comptes d’un endettement dissimulé estimé à 7 milliards de dollars, continue d’alimenter les débats. Alors que les interrogations fusent sur la capacité de l’État à honorer ses engagements, le gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou, est sorti de sa réserve pour apporter des précisions.

« La BCEAO n’a pas été pointée du doigt »

Interrogé sur la manière dont une telle dette aurait pu être cachée, le patron de l’institution d’émission a répondu avec prudence :

« Je ne sais pas répondre à cette question. Nous n’avons pas ces informations ».

Il a tenu à dissiper les soupçons entourant la BCEAO, souvent associée au circuit des emprunts des États membres de l’UEMOA :

« La BCEAO n’a pas été pointée du doigt. Le FMI, avec lequel nous sommes en contact permanent, ne nous en a pas parlé. La mission principale de la Banque centrale est de gérer la monnaie, la politique monétaire, la liquidité, et d’assurer l’intégrité du système bancaire et financier ».

Un mécanisme encadré

Jean-Claude Kassi Brou a rappelé le mécanisme de gestion des emprunts extérieurs : lorsque les États mobilisent des ressources sur les marchés internationaux, les devises sont logées à la BCEAO et, en contrepartie, les États reçoivent des francs CFA. Toutefois, il a insisté :

« La BCEAO n’a pas la responsabilité de gérer les budgets et la dette des États ».

Sur le risque de défaut du Sénégal

La question d’un éventuel défaut de paiement du Sénégal, dans un contexte de tensions financières, a également été posée. Le gouverneur a mis en avant la logique de solidarité qui fonde l’union monétaire :

« La force de l’union monétaire, c’est la solidarité. Nous mutualisons les risques mais aussi les avantages. Mais, encore une fois, ce n’est pas notre rôle d’analyser la situation des finances publiques et la viabilité de la dette des États ».

Une situation jugée non généralisable

Face aux craintes de voir d’autres pays de l’UEMOA confrontés à des situations similaires, Jean-Claude Kassi Brou a tenu à rassurer :

« Rien n’indique que cela puisse se reproduire ».

Audit des arriérés de paiement : l’IGF passe au crible la dette intérieure de l’État

Depuis le 21 juillet 2025, l’Inspection générale des finances (IGF) a lancé un audit exhaustif des arriérés de paiement accumulés par l’État sénégalais. Une initiative jusque-là discrète, mais révélée cette semaine par le Fonds monétaire international (FMI) dans ses conclusions à l’issue de sa dernière mission à Dakar.

Selon l’institution de Bretton Woods, cet exercice constitue une étape décisive pour corriger les déclarations budgétaires erronées et renforcer la transparence dans la gestion publique.

D’après Les Échos, l’audit vise à identifier avec précision l’ensemble des dettes non réglées par l’État et à comprendre les causes profondes des retards de paiement. Administrations publiques, entreprises et fournisseurs concernés par des collaborations avec l’État sont scrutés dans le cadre de cette opération.

Pour mener à bien cette mission, plusieurs équipes spécialisées de l’IGF sont mobilisées. Elles procèdent à une analyse fine des documents comptables et recoupent les informations avec celles des services financiers des ministères et établissements publics.

Au-delà du diagnostic, l’IGF devra également proposer des solutions pour éviter que de tels arriérés ne se reproduisent à l’avenir. L’objectif est clair : restaurer la confiance des prestataires et partenaires de l’État, et améliorer la crédibilité de la gestion budgétaire.

La finalisation de cet audit pourrait cependant avoir un impact direct sur les finances publiques. Le règlement des dettes identifiées pèsera sur les budgets des prochains exercices, nécessitant sans doute des arbitrages difficiles. Mais pour les experts financiers interrogés par Les Échos, ce chantier est incontournable : il représente un pas essentiel vers une discipline budgétaire accrue et une transparence renforcée dans la gestion des deniers publics.

FMI – Sénégal : Les éclairages du Professeur Abou Kane sur les conclusions de la dernière mission

Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment publié les conclusions de sa mission à Dakar, dirigée par Edward Gemayel. Dans un entretien accordé à Seneweb, l’agrégé en sciences économiques, Pr Abou Kane, a livré son analyse des points saillants de ce rapport, notamment autour de la dette publique et des perspectives économiques du Sénégal.

Une dette « mal déclarée » plutôt que « cachée »

Pour le Professeur Kane, le premier enseignement est la stratégie du FMI consistant à éviter toute responsabilité directe dans le scandale de la dette. Officiellement, l’institution parle d’« erreur de déclaration » plutôt que de « dette cachée ». « C’est une prudence sémantique qui vise à ne pas exposer le FMI à des critiques sur son incapacité à détecter ces irrégularités lors de ses missions antérieures », explique-t-il.

Le FMI a confirmé un écart considérable entre les données officielles et la réalité. Alors que le Sénégal avait communiqué un ratio dette/PIB de 74,4 % en 2023, les audits réalisés révèlent un niveau bien plus élevé : 111 % en 2023 et 118,8 % en 2024. Un diagnostic qui corrobore les constats de la Cour des comptes et du cabinet Forvis Mazars. « Ce taux confirme que le Sénégal est sur une pente dangereuse si des mesures immédiates ne sont pas prises », alerte Abou Kane.

Quelles solutions face à l’endettement ?

La restructuration de la dette, qui consisterait à renégocier les échéances et les taux, mais qui risquerait de fragiliser la crédibilité internationale du pays. Le recours à de nouveaux financements, conditionné par un programme de réformes économiques axées sur la compétitivité et la bonne gouvernance.

Le gouvernement semble privilégier la deuxième option, avec l’appui du FMI.

Le FMI a recommandé six actions prioritaires pour renforcer la transparence et la gestion de la dette :

Centraliser la gestion de la dette, Renforcer le rôle du Comité national de la dette publique, Finaliser l’audit des arriérés de paiement, Créer une base de données centralisée, Renforcer les contrôles budgétaires, Consolider progressivement les comptes bancaires de l’État.

« Ces mesures vont dans le bon sens, mais elles resteront insuffisantes sans une véritable culture de responsabilité et de sanction », souligne Abou Kane.

Si le FMI n’a pas évoqué la question sensible des subventions (électricité, hydrocarbures, etc.) dans cette mission, l’économiste estime qu’elles reviendront sur la table dans le cadre du futur programme que l’institution négociera avec le Sénégal.

Le FMI a salué les efforts du gouvernement pour plus de transparence. Selon Abou Kane, cette attitude peut rassurer certains prêteurs, mais ne changera pas la perception des agences de notation, focalisées uniquement sur les chiffres.

La question de la dette « odieuse »

Enfin, à ceux qui appellent à un refus de paiement, à l’image du député Guy Marius Sagna, le Professeur Kane oppose un désaccord ferme : « Refuser de payer placerait le Sénégal sur la liste rouge des pays non crédibles. Ce n’est pas une option pour un pays démocratique comme le nôtre. »

En somme, les conclusions de la mission du FMI confirment l’ampleur de la dette sénégalaise, tout en laissant ouverte la possibilité d’un nouveau programme d’accompagnement. Si les réformes préconisées sont appliquées avec rigueur, le Sénégal pourrait restaurer sa crédibilité financière et rassurer ses partenaires, à condition de renforcer la transparence et la bonne gouvernance.

Bassirou Diomaye Faye au Medef : « Le Sénégal reste un pays ouvert à tous les partenariats »

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a pris part ce mercredi 27 août 2025 à la rencontre annuelle des entrepreneurs organisée par le Mouvement des entreprises de France (Medef). Invité spécial de ce grand rendez-vous économique, le chef de l’État sénégalais a mis à profit son intervention pour réaffirmer les ambitions économiques du Sénégal et appeler à de nouveaux partenariats avec les investisseurs étrangers.

Dès l’entame de son allocution, le président Faye a tenu à rassurer son auditoire sur l’attractivité du climat des affaires au Sénégal. « Le Sénégal reste un pays ouvert à tous les partenariats et s’emploie à instaurer un environnement des affaires stable, prévisible, propice à la sécurité et à la protection de l’investissement. Vous y avez toute votre place dans un contexte mondial de compétition et, hélas, de guerres commerciales de plus en plus ardues », a-t-il déclaré.

Évoquant ses échanges récents avec son homologue français, Emmanuel Macron, Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la nécessité d’une impulsion nouvelle dans la coopération entre Paris et Dakar, tout en mettant en avant le rôle central des entrepreneurs. « Sans cette ambition, nous ne pourrons rien réaliser ensemble. Et cette ambition ne pourra se réaliser qu’avec le secteur privé, parce que c’est vous qui créez la richesse et l’emploi », a-t-il affirmé.

Cette orientation s’inscrit dans le cadre de la stratégie Sénégal 2050, un agenda national de transformation qui ambitionne de faire du pays une économie émergente et inclusive. À ce titre, le chef de l’État a rappelé l’existence de nombreuses opportunités d’investissement, notamment dans les partenariats public-privé et dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, les infrastructures, l’agro-industrie et le numérique.

Souhaitant rassurer davantage les investisseurs sur la gouvernance économique, Diomaye Faye a mis en avant les efforts de son gouvernement dans la gestion des finances publiques. « Nous avons entrepris une gestion rigoureuse de nos finances publiques afin de préserver la soutenabilité de notre trajectoire et de renforcer la confiance des investisseurs », a-t-il indiqué.

Dans le même élan, il a rappelé les mesures destinées à protéger le pouvoir d’achat des Sénégalais et à garantir un climat social apaisé, qu’il considère comme « condition indispensable à l’investissement et au développement ». Le président a également annoncé la révision de trois codes essentiels au climat des affaires, afin de rendre le Sénégal plus compétitif et attractif.

Mission du FMI à Dakar : transparence budgétaire, dette publique et perspectives économiques

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Edward Gemayel, a séjourné à Dakar du 19 au 26 août 2025. L’objectif : examiner les suites du rapport de la Cour des comptes publié en février dernier, qui avait mis en lumière de graves irrégularités dans la déclaration des données financières entre 2019 et 2023.

L’audit réalisé par le cabinet Forvis Mazars a révélé des passifs non divulgués, entraînant une révision majeure du stock de la dette publique. Le ratio dette/PIB du gouvernement central, évalué initialement à 74,4 % fin 2023, a été corrigé à 111 %, puis à 118,8 % fin 2024. Cette réévaluation soulève des interrogations sur la crédibilité des statistiques budgétaires de ces dernières années et la gouvernance financière du pays.

Malgré cette situation préoccupante, l’économie sénégalaise fait preuve d’une certaine résilience. La croissance a atteint 12,1 % en glissement annuel au premier trimestre 2025, tirée par le démarrage de la production de pétrole et de gaz sur les champs de Sangomar et GTA. En revanche, la croissance hors hydrocarbures demeure modeste (3,1 %), freinée par les arriérés de paiement dans le secteur de la construction et les difficultés structurelles dans les industries chimiques.

L’inflation reste, elle, contenue à 0,7 % en juillet 2025, un niveau relativement bas comparé aux tendances régionales.

Au terme de sa mission, M. Gemayel a salué « l’engagement des autorités sénégalaises en faveur de la transparence et de la responsabilité fiscales ». Les discussions ont porté sur plusieurs mesures immédiates, notamment :

la centralisation de la gestion de la dette et le renforcement du rôle du Comité national de la dette publique ; l’achèvement de l’audit des arriérés de paiement lancé en juillet par l’Inspection générale des finances ; la mise en place d’une base de données centralisée sur la dette ; la consolidation progressive des comptes bancaires sous le Compte unique du Trésor ; le renforcement des contrôles des engagements budgétaires.

Les autorités sénégalaises ont exprimé leur volonté de bénéficier d’un nouveau programme soutenu par le FMI. L’institution s’est dite prête à accompagner le pays dans la mise en œuvre d’un plan de réformes structuré autour de quatre axes :

Renforcer la gestion des finances publiques et la transparence budgétaire ; Relancer les secteurs stratégiques pour stimuler une croissance inclusive ; Améliorer le capital humain et l’équité sociale ; Accroître la résilience face aux chocs climatiques et aux catastrophes naturelles.

Rufisque/Projet RECFIM-ICC : Une formalisation autour des métiers de l’artisanat

Rufisque, 21 août 2025 – Le Ministère de la Formation Professionnelle et Technique, à travers la Direction de l’Apprentissage, en partenariat avec le CETUD, le 3FPT et l’USCP, a tenu ce jour une Assemblée générale d’information et de mobilisation, organisée par le Comité Départemental de l’Apprentissage (CDA) de Rufisque, dans le cadre du volet formation (C4.2) du projet RECFIM.

La rencontre a permis de :

Présenter les résultats des ateliers départementaux de cadrage et de planification ;

Partager les enjeux et opportunités du projet avec les acteurs locaux ;

Expliquer les critères et modalités de sélection des maîtres d’apprentissage et des apprentis ;

Distribuer et expliciter les questionnaires de présélection.

Le projet cible cinq métiers stratégiques de la mobilité : mécanicien auto, électricien auto, tôlier/carrossier, tapissier auto et technicien en froid & climatisation.

Avec une forte mobilisation des acteurs de Rufisque, cette Assemblée marque une étape décisive dans la mise en œuvre du dispositif qui vise à qualifier 750 apprentis et 150 maîtres d’apprentissage, en faveur d’un transport public plus sûr, moderne et inclusif.

Rufisque/Projet RECFIM-ICC : Une formalisation autour des métiers de l'artisanat

Pétrole et gaz : les nouvelles projections de recettes de l’État sénégalais loin des promesses initiales

L’euphorie autour de l’or noir et du gaz sénégalais semble avoir laissé place à une réalité plus nuancée. Alors que les précédentes autorités avaient promis des recettes annuelles dépassant les 700 milliards de francs Cfa, les nouvelles projections budgétaires du gouvernement se révèlent beaucoup plus modestes.

Dans son Document de Programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2026-2028, le ministère des Finances annonce que l’État ne compte percevoir que 227,2 milliards de francs Cfa au total sur la période triennale. Ces recettes attendues représentent moins de 15 % du service de la dette extérieure, évalué à 1 538 milliards de francs Cfa en 2025.

Dans le détail, le gouvernement table sur 61,5 milliards de francs Cfa en 2026, 91,9 milliards en 2027 et 73,7 milliards en 2028. Des chiffres issus de la mise à jour des prévisions par le Comité d’évaluation et de prévisions des recettes d’hydrocarbures.

En 2021, le discours officiel était tout autre. Mamadou Faye, alors directeur général de Petrosen, annonçait des perspectives de 700 milliards de francs Cfa par an. Selon ses estimations, le Sénégal devait engranger 20 790 milliards de francs Cfa sur 30 ans, dont 9 350 milliards pour le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim, 8 195 milliards pour le projet pétrolier Sangomar et 3 245 milliards pour Yakaar-Teranga.

Mais à la lumière des nouvelles prévisions, ces chiffres apparaissent désormais comme des projections optimistes, difficilement réalisables dans le contexte actuel du marché international des hydrocarbures et des contraintes techniques liées à l’exploitation.

Sangomar : le pétrole sénégalais dope les résultats financiers de Woodside

L’exploitation du gisement pétrolier de Sangomar, situé au large du Sénégal, commence à livrer ses premiers dividendes pour la compagnie australienne Woodside. Dans son rapport financier semestriel publié ce lundi, le groupe annonce une production totale de 99,2 millions de barils au premier semestre 2025, pour un bénéfice net après impôts de 1,316 milliard de dollars.

La directrice générale de Woodside, Maig O’Neil, n’a pas manqué de saluer la contribution déterminante du projet sénégalais :

« La performance exceptionnelle et continue de notre projet Sénégal, qui a marqué le premier anniversaire de la première production pétrolière en juin 2024, a été un point fort », a-t-elle déclaré.

Sur les six premiers mois de l’année, le gisement de Sangomar a généré près d’un milliard de dollars de revenus, avec une production brute d’environ 100 000 barils par jour. Le potentiel du site s’est même renforcé grâce à l’ajout de nouvelles réserves prouvées, garantissant la pérennité de l’exploitation.

Du côté de la commercialisation, l’or noir sénégalais a rapidement trouvé sa place sur le marché international. Au 30 juin 2025, 36 cargaisons avaient déjà été expédiées vers des raffineurs en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Cette forte demande illustre l’intérêt suscité par la qualité du brut de Sangomar et confirme le rôle stratégique du Sénégal sur la carte énergétique mondiale.

FMI : une mission technique prévue à Dakar du 19 au 26 août pour renforcer la coopération avec le Sénégal

Le Sénégal accueillera du 19 au 26 août 2025 une mission technique du Fonds monétaire international (FMI), a annoncé le Ministère des Finances et du Budget dans une note d’information à la presse. Cette visite de travail, communément appelée “staff-visit”, sera conduite par les équipes du FMI et s’inscrit dans le cadre du suivi des dossiers en cours et du renforcement des échanges entre l’institution financière internationale et les autorités sénégalaises.

Selon le communiqué officiel, cette mission constituera un « cadre privilégié pour renforcer les échanges et la concertation avec les autorités sénégalaises ». Les discussions porteront sur plusieurs axes majeurs, notamment l’exécution budgétaire de l’année 2025, la préparation de la loi de finances initiale (LFI) pour 2026, ainsi que les différentes réformes envisagées par le gouvernement pour consolider la gouvernance économique du pays.

La mission du FMI permettra ainsi aux autorités sénégalaises et aux experts de l’institution internationale de passer en revue les progrès accomplis, d’évaluer les mesures en cours et d’examiner les perspectives pour le court et moyen terme. À l’issue de cette visite, une communication officielle sera publiée pour partager les conclusions et recommandations de la mission, offrant ainsi aux citoyens et aux acteurs économiques une vision claire des orientations retenues et des engagements futurs du gouvernement dans le cadre de sa coopération avec le FMI.

Rapport d’exécution budgétaire : « Le miroir d’un pouvoir qui s’éloigne des exigences de transparence » (Papa Malick Ndour)

La publication du rapport d’exécution budgétaire du second trimestre 2025 continue de susciter des réactions. Parmi les voix les plus critiques, celle de l’ancien ministre Papa Malick Ndour, également coordonnateur des cadres de l’Alliance pour la République (APR), qui voit dans ce document officiel le reflet d’un régime « incapable d’assurer une gestion publique crédible ».

Tout en saluant le respect du calendrier de publication, il estime que ce rapport met surtout en lumière de graves insuffisances, révélatrices d’une gouvernance marquée par « l’opacité et l’inefficacité ».

Selon l’ancien ministre, l’un des points les plus préoccupants reste la méthodologie employée. Il dénonce une « rupture méthodologique » qui, en supprimant les données relatives aux moins-values et plus-values des recettes, prive les citoyens d’un indicateur essentiel pour mesurer la performance de l’exécutif. Pour Papa Malick Ndour, ce choix n’est pas fortuit : il s’agirait d’une « opacité délibérée » destinée à masquer les contre-performances éventuelles du gouvernement.

L’opposant pointe également un désengagement inquiétant des partenaires techniques et financiers. Le rapport mentionne en effet qu’aucun franc n’a été mobilisé sur les 45 milliards d’appui budgétaire initialement prévus. Quant aux dons en capital, sur une enveloppe attendue de 241,6 milliards, seuls 19 milliards ont été effectivement reçus. Une situation qui, selon lui, illustre la défiance croissante des bailleurs de fonds vis-à-vis d’un pouvoir « affaibli par des choix économiques incohérents et des promesses non tenues ».

Mais c’est surtout le chapitre de l’investissement public qui alerte Papa Malick Ndour. Les chiffres officiels révèlent qu’en six mois d’exercice budgétaire, à peine 11,9 milliards de francs CFA ont été consacrés à l’investissement public, soit moins de deux milliards par mois. Un niveau jugé extrêmement bas, surtout lorsqu’on le compare aux 27 milliards dépensés chaque mois pour le fonctionnement de l’État. Ce déséquilibre, affirme-t-il, illustre une orientation budgétaire tournée vers « des dépenses de prestige et de confort du pouvoir », au détriment des investissements structurants capables de soutenir durablement la croissance et de répondre aux attentes sociales.

Finances publiques : un premier semestre 2025 encourageant, porté par les hydrocarbures

Le ministère des Finances et du Budget a rendu public son rapport trimestriel d’exécution budgétaire pour le deuxième trimestre 2025. Ce document, très attendu, dresse un état des lieux des finances publiques sénégalaises à mi-parcours de l’année, dans un environnement international contrasté marqué par un ralentissement économique aux États-Unis, une reprise en Zone euro et un dynamisme soutenu des économies émergentes, en particulier la Chine.

Une croissance exceptionnelle tirée par les hydrocarbures

Au plan national, les chiffres confirment une embellie. Le Produit intérieur brut (PIB) réel a progressé de 12,1 % au premier trimestre 2025, principalement grâce au démarrage effectif de l’exploitation pétrolière et gazière. Cette dynamique rejaillit sur les recettes de l’État, en forte progression.

Recettes : des performances notables

À fin juin 2025, les ressources du budget général atteignent 4 474,1 milliards de FCFA, soit 43,1 % des prévisions de la Loi de Finances rectificative (10 384,5 milliards).

Les recettes budgétaires s’élèvent à 2 226,3 milliards de FCFA, représentant 47,7 % de l’objectif annuel. Elles progressent de 8,5 % par rapport à la même période en 2024, signe d’une meilleure mobilisation fiscale et d’une activité économique plus soutenue.

Les impôts directs affichent un taux de réalisation de 60,3 % (913,9 milliards), dont 392,3 milliards proviennent de l’impôt sur les sociétés. Les impôts indirects génèrent 1 074,2 milliards. Les recettes non fiscales atteignent 116,6 milliards, soit 41,2 % des prévisions. Les dons budgétaires restent très limités (19,3 milliards, 8 % de la cible), confirmant une dépendance accrue aux ressources internes.

Parallèlement, les ressources de trésorerie mobilisées s’élèvent à 2 247,8 milliards de FCFA, dont l’essentiel provient des marchés bancaires et financiers (1 677 milliards). Les prêts-programmes, en revanche, peinent à décoller (20,7 milliards, soit 3,5 % de l’objectif).

Dépenses : le poids du fonctionnement

Les dépenses globales du budget général s’élèvent à 2 814,6 milliards de FCFA (41,9 % des prévisions annuelles).

Les dépenses de fonctionnement dominent avec 2 232,7 milliards (50,4 %), tirées par les transferts courants (844,9 milliards) et une masse salariale en progression de 3,3 % (724,1 milliards). Les dépenses en capital restent modestes, atteignant seulement 581,9 milliards (30,1 %), un niveau jugé insuffisant pour soutenir la transformation structurelle de l’économie.

S’y ajoutent les charges de trésorerie (1 490,4 milliards), largement absorbées par le service de la dette (1 331,2 milliards) et l’apurement des arriérés extérieurs (138,6 milliards).

Déficit et financements : une couverture maîtrisée

Le déficit budgétaire est évalué à 588,3 milliards de FCFA à fin juin, soit 34,7 % de la cible annuelle (1 695,9 milliards). Les financements mobilisés ont permis de couvrir non seulement ce déficit, mais aussi les charges de trésorerie, avec un rapport de couverture de 1,08, signe d’une gestion budgétaire jugée prudente.

Retraites et organismes publics : des résultats contrastés

Le Fonds National de Retraite (FNR) dégage un excédent de 13,2 milliards, porté par une hausse du nombre de cotisants (+11 872).

En revanche, les 160 organismes publics suivis affichent une exécution encore faible : sur un budget global de 1 458,9 milliards, seulement 435,6 milliards ont été consommés (29,9 %). Leur endettement reste préoccupant, atteignant 820,3 milliards, dont 536,3 milliards auprès des banques. Le Fonds d’Entretien Routier Autonome (FERA) concentre à lui seul 512,1 milliards de cette dette.

Suppression des bourses familiales, dette cachée et tensions économiques : la CDS fustige la gestion des nouvelles autorités

La Convergence Démocratique Sénégal (CDS) est montée au créneau pour dénoncer la gestion économique des nouvelles autorités, qu’elle juge défaillante et préjudiciable aux populations les plus vulnérables. Dans un communiqué au ton virulent, la formation politique s’alarme de la suspension des bourses de sécurité familiale, de la montée en flèche de la dette publique et des conséquences de la rupture de financement avec le Fonds Monétaire International (FMI).

Selon la CDS, l’arrêt du programme de bourses de sécurité familiale, qui représentait un soutien direct de 30 milliards de francs CFA en faveur de plus de 300 000 Sénégalais parmi les plus démunis, a plongé des milliers de ménages dans le désarroi. Cette décision est qualifiée « d’iniquité » par le parti, qui y voit un signe d’indifférence des autorités face aux difficultés quotidiennes des citoyens les plus fragiles.

Sur le plan macroéconomique, la CDS estime que le pays est dans une situation critique, aggravée par la perte de confiance des investisseurs et partenaires financiers. Les nouvelles autorités, incapables selon le parti de répondre aux besoins primaires des Sénégalais, se contenteraient de justifier leur inertie en accusant le régime sortant d’avoir dissimulé une partie substantielle de la dette publique. Ces accusations, toujours selon la CDS, ont contribué à détériorer davantage la crédibilité du pays sur les marchés internationaux.

Le Fonds Monétaire International, qui saluait encore en juin 2024 les performances économiques du Sénégal, a demandé dès septembre 2024 un audit et des clarifications avant tout nouveau décaissement. Parallèlement, les agences de notation ont revu à la baisse la note souveraine du pays, avec des perspectives de plus en plus pessimistes.

Dans ce contexte tendu, malgré l’entrée récente du Sénégal dans le cercle restreint des producteurs de gaz et de pétrole, le gouvernement aurait été contraint de recourir à des emprunts auprès de fonds spéculatifs, qualifiés de « fonds vautours » par la CDS, à des taux jugés usuraires. Le ratio dette/PIB, déjà préoccupant, atteindrait désormais 119 %, un niveau qui pèse lourdement sur la capacité de l’État à investir dans des secteurs prioritaires et à soutenir la croissance.

Plan de redressement économique : La CDS charge le nouveau régime et alerte sur la situation financière du pays

La Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS), regroupant l’AJ/PADS-A, l’AJS, la CNNO, la LD, Niaxx Jarinu/Mag, le PIT-S, le RTA-S et l’UDS/Mbooloo Mi, a tenu une importante déclaration le 8 août 2025 sous le thème évocateur « Un mois, deux discours, deux fractures ! ». À travers cette sortie, la CDS a exprimé ses vives préoccupations sur la gestion actuelle du pays, tout en dénonçant les attaques répétées du nouveau régime et la dégradation inquiétante des finances publiques.

Dès l’entame, les leaders de la coalition ont fustigé ce qu’ils qualifient d’« attaques intempestives » provenant de certains membres du PASTEF, y compris du président de ce parti, visant les institutions nationales et même le Président de la République. Pour eux, cette posture fragilise l’unité nationale et détourne l’attention des véritables défis du moment.

La CDS a surtout insisté sur la gravité de la situation économique, décrite comme « catastrophique ». Selon ses membres, l’état des finances publiques a atteint un niveau critique qui a contraint le gouvernement à mettre en place un plan de « Redressement économique et social », dévoilé le 1er août 2025 au Grand Théâtre national par le Premier ministre Ousmane Sonko. Toutefois, pour la CDS, ce plan, loin de rassurer, traduit davantage l’ampleur des difficultés auxquelles le Sénégal est confronté.

Les leaders de la coalition estiment que le pays traverse une véritable « zone de turbulence », marquée à la fois par une tension politique exacerbée et par une fragilité économique inquiétante. Ils appellent à un sursaut national et à une gestion responsable, axée sur le dialogue, la cohésion sociale et une vision claire pour sortir le Sénégal de cette passe difficile.

En conclusion, la CDS interpelle le nouveau régime sur la nécessité de rompre avec les discours clivants et de concentrer ses efforts sur des réformes inclusives et réalistes. Pour eux, seule une gouvernance apaisée et tournée vers l’intérêt général permettra de redonner espoir au peuple sénégalais et de remettre le pays sur la voie du progrès.

Économie du Sénégal : la CDS dénonce l’arrêt des chantiers et la montée du chômage

La Convergence Démocratique du Sénégal (CDS) tire la sonnette d’alarme sur l’état de l’économie nationale, qu’elle juge marquée par une morosité extrême et un climat de découragement. Selon cette formation politique, la situation actuelle résulte de décisions jugées inappropriées et insuffisamment réfléchies, ayant fragilisé plusieurs secteurs clés, notamment celui du bâtiment.

La CDS rappelle qu’en décidant de suspendre la quasi-totalité des chantiers en cours, le gouvernement a porté un coup sévère à un domaine considéré comme l’un des moteurs de l’économie sénégalaise. Cette mesure, loin d’être anodine, a entraîné un arrêt brutal de nombreuses activités connexes, provoquant ainsi une hausse inquiétante du chômage.

L’organisation déplore également que cette suspension ait été accompagnée d’une vague de licenciements touchant divers organismes publics et parapublics. Le Rassemblement des Travailleurs du Sénégal (RTS) avance le chiffre de plus de 30 000 agents déflatés. Pour la CDS, cette politique de déflation a été aggravée par une volonté de remplacer les travailleurs licenciés par des militants du parti au pouvoir, le PASTEF, ce qui alimente un sentiment d’injustice et de frustration sociale.

À travers cette sortie, la CDS interpelle les autorités sur la nécessité urgente de relancer les chantiers et de réinjecter de la dynamique dans l’économie nationale. Elle met en garde contre les conséquences d’une telle paralysie, non seulement sur le marché de l’emploi, mais aussi sur la confiance des citoyens et des acteurs économiques.

Sénégal : Mobilisation réussie de 40 milliards F CFA sur le marché financier de l’UEMOA

Le 8 août 2025, le Sénégal a confirmé la solidité de sa signature souveraine en réussissant une levée de 40 milliards F CFA sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette opération, conduite par adjudication simultanée de bons du Trésor à 364 jours et d’obligations à 3 et 5 ans, a connu un taux de couverture de 109,18 %, témoignant de l’appétit marqué des investisseurs régionaux et internationaux.

Les titres émis affichent des rendements compris entre 6,97 % et 7,64 %, en fonction des maturités, offrant un équilibre attractif entre rentabilité et maîtrise du risque. Selon les autorités, ces ressources visent principalement à sécuriser le financement du budget national, dans un contexte où la rigueur dans la gestion des finances publiques demeure une priorité stratégique.

Ce succès renforce la crédibilité financière du Sénégal et traduit la confiance renouvelée des marchés dans sa trajectoire économique. Porté par une politique budgétaire prudente et un cadre macroéconomique jugé stable, le pays s’affirme comme un acteur fiable et un pilier de stabilité au sein de l’espace UEMOA, malgré un environnement régional souvent marqué par la volatilité.

Sococim parie sur l’avenir avec son programme « Jeunes Talents »

La Sococim Industries renforce son engagement en faveur de l’employabilité des jeunes. La cimenterie a officiellement lancé ce jeudi à Diamniadio son programme « Jeunes Talents », un dispositif novateur d’immersion professionnelle destiné à accompagner la formation de futurs cadres. Pendant 18 mois, 39 étudiants sélectionnés parmi 295 candidatures issues de 47 établissements bénéficieront d’une expérience terrain au sein de l’entreprise.


‎Mamadou Seck, directeur général de la Sococim, a souligné l’importance de cette initiative. « Nous voulons offrir à ces jeunes une véritable passerelle entre l’école et l’entreprise, afin qu’ils soient mieux préparés aux exigences du marché du travail », a-t-il déclaré lors de la cérémonie de lancement.


‎Présent à l’événement, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Abdourahmane Diouf, a salué cette démarche citoyenne. Il a appelé les autres entreprises à suivre l’exemple de la Sococim : « Ce genre de programme contribue à résorber le chômage des jeunes diplômés tout en soutenant la compétitivité nationale ».


‎Les bénéficiaires, visiblement enthousiastes, ont exprimé leur reconnaissance et leur espoir de transformer cette opportunité en tremplin vers un emploi durable. « C’est une chance inouïe pour nous de découvrir le monde professionnel dans une entreprise de référence comme la Sococim », confie l’une des lauréates.


‎Par cette initiative, la cimenterie entend jouer pleinement son rôle d’acteur économique responsable, tout en misant sur la formation des compétences locales pour mieux bâtir l’avenir.

(Convention)Sococim/Ville de Rufisque: Investir dans le futur de Rufisque et financer le développement territorial à travers des projets a impact social.

La ville de Rufisque et la Sococim Industries ont franchi une étape majeure vers un partenariat ambitieux, avec la validation officielle des termes de référence d’une future convention ce Mercredi à la salle de délibérations de ladite municipalité. Cette collaboration, qui témoigne d’un engagement fort pour le développement local, se traduira par un investissement de 5 milliards de francs CFA.L’objectif de cet investissement est de transformer durablement la ville, en se concentrant sur quatre piliers essentiels : l’assainissement, l’éducation la santé et la voirie Le maire de la ville Rufisque, le Dr Oumar Cissé, a salué cette alliance, la qualifiant d’étape décisive pour l’avenir de la ville. De son côté, le directeur général de Sococim Industries, Elhadj Mamadou Seck, a réaffirmé l’engagement de son entreprise à contribuer de manière significative au bien-être des Rufisquois, en soulignant le caractère durable de ce partenariat. Cette convention illustre une volonté partagée de construire un avenir meilleur pour Rufisque, en associant les forces des acteurs publics et privés au service de la communauté.

Plan « Jubbanti Koom » : 5667 milliards FCFA pour remettre l’économie sénégalaise sur pied en trois ans

Le Premier ministre Ousmane Sonko a dévoilé, ce vendredi 1er août au Grand Théâtre de Dakar, un vaste programme de relance baptisé « Jubbanti Koom » (« Redresser l’économie » en wolof). Inscrit dans la perspective de la vision stratégique « Sénégal 2050 », ce plan triennal prévoit un investissement massif de 5667 milliards de FCFA. Il s’agit, selon le chef du gouvernement, d’une rupture assumée avec les pratiques passées, jugées inefficaces, déséquilibrées et peu bénéfiques pour la majorité des Sénégalais.

Dans son discours, Ousmane Sonko a dressé un diagnostic sévère de l’économie sénégalaise, héritée de décennies de politiques libérales largement tournées vers l’extérieur. Il a fustigé une économie « extravertie », incapable de créer massivement de l’emploi et minée par une « mauvaise allocation des ressources publiques ». Le nouveau plan vise donc une transformation structurelle en profondeur, orientée vers la souveraineté économique, l’équité sociale et la rationalisation des dépenses publiques.

La grande nouveauté de « Jubbanti Koom » réside dans son mode de financement : 90 % des ressources nécessaires seront mobilisées à l’interne, a assuré le Premier ministre. Cela représente une volonté politique forte de se détacher de la dépendance chronique à l’égard des bailleurs internationaux, tout en évitant, selon ses mots, « d’alourdir la dette publique, de brader les ressources naturelles ou foncières du pays ou de violer les engagements internationaux du Sénégal ».

Le programme repose sur trois piliers majeurs : renforcer la souveraineté économique, garantir l’équité dans l’accès aux ressources et services, et rationaliser les dépenses publiques. Il intègre des réformes structurelles ambitieuses, dont une réforme fiscale pour davantage de justice contributive, une relance offensive de l’agriculture et de l’industrie locale, le soutien à l’économie informelle, et une priorité accordée à l’emploi des jeunes et des femmes.

Autres axes forts du programme : la lutte contre la vie chère, la réduction des inégalités territoriales, ainsi qu’une réorientation ferme du budget vers les secteurs sociaux. « Nous allons réduire les dépenses superflues et protocolaires au profit de l’éducation, de la santé, et de la formation professionnelle », a martelé Sonko, déterminé à faire de l’investissement social une priorité absolue.

Enfin, le chef du gouvernement a proposé l’instauration d’un « dialogue économique ouvert et permanent » avec les acteurs du secteur privé, estimant que seule une implication active de toutes les composantes de la société permettra de bâtir une économie résiliente, inclusive et à l’abri des chocs extérieurs.

Sénégal – Économie : Abdourahmane Sarr dévoile un ambitieux plan de redressement pour restaurer la souveraineté budgétaire

Le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a présenté ce vendredi le nouveau plan de redressement économique du Sénégal, une feuille de route ambitieuse qui entend rompre avec un modèle économique jugé « insoutenable » et poser les bases d’un développement souverain, inclusif et durable.

Cette initiative intervient dans un contexte tendu, marqué par la suspension du programme économique et financier avec le FMI et une crise aiguë de financement qui fragilise les équilibres budgétaires du pays.

Le diagnostic posé par le ministre est sans concession. La dette publique sénégalaise a atteint 119 % du PIB à fin 2024, un seuil alarmant, fruit d’un recours excessif à l’endettement pour financer la croissance. Cette stratégie, selon M. Sarr, n’a pas porté ses fruits : la croissance hors agriculture reste faible, et les investissements publics manquent d’efficacité, plombés par des déficits persistants et une productivité atone.

« Nous avons hérité d’un modèle économique tourné vers l’extérieur, incapable de produire une croissance inclusive. Il est temps de remettre le citoyen et l’entreprise nationale au centre de la stratégie de développement », a déclaré le ministre.

Le plan présenté s’inscrit dans la Vision Sénégal 2050, un cadre stratégique de long terme qui promeut la souveraineté économique et le développement endogène. Le cap est clairement fixé : sortir du cycle de dépendance vis-à-vis des financements extérieurs, restaurer la soutenabilité de la dette, et bâtir un secteur privé national fort.

Le gouvernement mise désormais sur une approche partenariale, fondée sur les Partenariats Publics-Privés (PPP) et les délégations de services publics. Objectif : attirer des investissements à fort contenu local, tout en réduisant la charge budgétaire directe pour l’État.

Pour concrétiser cette nouvelle orientation, une task force interministérielle a été mise en place. Elle aura pour mission de coordonner les réformes, de suivre l’exécution du plan et de garantir la cohérence des politiques publiques.

Améliorer l’efficacité de la dépense publique, en éliminant les gaspillages et en ciblant mieux les investissements. Réduire la dette publique de 3 % d’ici 2027, à travers un assainissement budgétaire progressif. Renforcer les capacités du secteur privé national, en facilitant l’accès au financement, à la commande publique et à l’innovation.

À moyen terme, le gouvernement vise une croissance stable d’au moins 5 %, tirée par un secteur privé compétitif et une administration plus efficiente. Il s’agit, selon Abdourahmane Sarr, de « restaurer la crédibilité économique du pays », tout en répondant aux attentes sociales fortes.

Gestion économique et sociale du Sénégal : l’APR déchire le Plan de redressement et appelle à la vigilance

À la suite de la présentation officielle du Plan de redressement économique par le gouvernement, l’Alliance pour la République (APR) a réagi avec une rare virulence. Réuni ce jeudi, le Secrétariat Exécutif National (SEN) du parti fondé par l’ancien président Macky Sall a dénoncé une « gestion erratique » des affaires publiques et une absence de cap stratégique.

Pour l’APR, ce nouveau plan s’ajoute à une longue série d’initiatives jugées confuses et inefficaces, qui illustrent selon elle le manque de vision du régime actuel. « Le gouvernement s’enfonce dans l’immobilisme et l’agitation stérile », a fustigé la direction du parti dans un communiqué. Elle cite une succession de projets — du « Projet chimérique et invisible » au programme « Diomaye Président », en passant par la « Vision 2050 », la « Stratégie nationale de Développement » et la « Déclaration de politique générale » — sans cohérence d’ensemble ni cap lisible.

Le SEN de l’APR estime que ces documents stratégiques sont des réponses superficielles à des problèmes structurels, et que leur empilement trahit un « grave déficit de vision du développement ». Selon le parti, le Plan de redressement présenté récemment ne constitue qu’un nouveau mirage sans fondement juridique ni impact réel sur la vie des Sénégalais.

Critiquant l’incapacité du gouvernement à articuler une stratégie lisible, l’APR évoque un « désordre institutionnel » qui fragilise la conduite des politiques publiques. « Le pays a besoin d’un cap clair, d’une vision stable et d’outils de gouvernance éprouvés, pas d’effets d’annonce ni d’expérimentations hasardeuses », a martelé le communiqué.

Dans un ton plus politique, l’APR a également mis en garde contre ce qu’elle qualifie de « pilotage à vue » du régime, qu’elle considère comme un danger pour la stabilité économique et sociale du pays. C’est dans ce contexte que le parti appelle les travailleurs, les partenaires sociaux, les acteurs économiques et les citoyens à la vigilance.

À quelques mois de l’examen du budget 2026 et dans un climat social marqué par des tensions sur les prix, l’emploi et la fiscalité, cette sortie de l’APR semble vouloir relancer le débat sur la légitimité et la pertinence de l’action gouvernementale. Le Plan de redressement, censé être la réponse du pouvoir aux défis économiques actuels, apparaît ainsi comme un nouveau point de clivage entre l’exécutif et l’opposition.

Importation de Choux du Maroc: Les Maraîchers sénégalais dénoncent une concurrence déloyale.

L’introduction, depuis ce mardi, de choux en provenance du Maroc sur le marché sénégalais suscite une vive indignation chez les producteurs locaux. L’association Takhawou Bay Katou Sénégal, qui regroupe des maraîchers de plusieurs zones du pays, a exprimé son inquiétude face à ce qu’elle considère comme une concurrence déloyale.

Réunis à Sébikotane pour faire entendre leur voix, ces maraîchers estiment que cette situation menace gravement leur activité, déjà fragilisée par les dettes contractées auprès des institutions financières. « Beaucoup d’entre nous risquent la faillite. Nous avons emprunté pour produire, et voilà qu’on inonde le marché avec des produits subventionnés à 80 % par l’État marocain, alors que nous ne bénéficions que de subventions sur les engrais », a déploré Baye Demba SAMB, président de l’association.

Dans un ton ferme, les producteurs n’ont pas manqué d’accuser le directeur de l’Agence de régulation des marchés (ARM) de complicité dans cette affaire. Ils réclament son limogeage, l’accusant d’incompétence et d’inaction face à la détresse des acteurs du secteur maraîcher.

Les membres de l’association en appellent au ministre du Commerce pour qu’il rectifie le tir. « On ne peut pas parler de souveraineté alimentaire tout en sacrifiant les agriculteurs locaux. C’est un non-sens, » martèlent-ils.

Alors que la filière maraîchère locale est souvent présentée comme un pilier de la sécurité alimentaire, ces producteurs dénoncent un manque de vision cohérente et appellent à une politique de protection plus rigoureuse pour les produits agricoles sénégalais.

Importation de Choux du Maroc: Les Maraîchers sénégalais dénoncent une concurrence déloyale.

Finances publiques du Sénégal : Légère contraction des recettes en avril 2025

Les finances publiques du Sénégal ont connu une légère contraction en avril 2025, selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). Les recettes totales de l’État se sont repliées d’un milliard de francs CFA par rapport au mois de mars, une évolution qui masque des dynamiques contrastées au sein des différentes composantes budgétaires.

Les recettes fiscales, qui constituent la principale source de financement de l’État, ont enregistré une baisse notable de 8,8 milliards FCFA. Ce repli pourrait refléter un ralentissement de l’activité économique dans certains secteurs clés ou des fluctuations saisonnières dans la collecte des impôts. Cette évolution interpelle, dans un contexte où la mobilisation des ressources internes est cruciale pour soutenir les investissements publics et assurer le fonctionnement des services de base.

Cette baisse des recettes fiscales a toutefois été partiellement compensée par une progression de 7,7 milliards FCFA des recettes non fiscales. Ces dernières incluent notamment les revenus tirés des prestations de services publics, des redevances, des amendes ou encore des dividendes versés par les entreprises publiques. Cette embellie, bien que bienvenue, ne suffit pas à enrayer la tendance globale à la baisse observée sur le mois.

Au-delà de la comparaison mensuelle, la variation annuelle apparaît plus préoccupante. En glissement annuel, les recettes totales de l’État ont chuté de 10,7 milliards FCFA par rapport à avril 2024. Ce recul plus prononcé suggère une détérioration durable de la capacité de l’État à mobiliser ses ressources, dans un contexte économique encore marqué par des incertitudes tant internes qu’externes.

Sonatel affiche une croissance solide au premier semestre 2025 : un chiffre d’affaires de 960,2 milliards FCFA et des ambitions renouvelées

Le Groupe Sonatel confirme sa robustesse et sa dynamique de croissance au premier semestre 2025, avec un chiffre d’affaires de 960,2 milliards FCFA, en hausse de 9,4 % par rapport à la même période en 2024. Présent dans cinq pays d’Afrique de l’Ouest (Sénégal, Mali, Guinée, Guinée-Bissau et Sierra Leone), le leader régional des télécommunications démontre une nouvelle fois sa résilience face à un environnement de plus en plus concurrentiel et à des tensions géopolitiques persistantes.

Cette performance s’explique par une stratégie commerciale agile, une gestion rigoureuse des charges et un niveau d’investissement élevé, atteignant 152,6 milliards FCFA, soit 15,9 % du chiffre d’affaires du groupe. L’EBITDAAL (résultat avant intérêts, impôts, dépréciation, amortissement, loyers et charges) atteint 458 milliards FCFA, soit une progression de 12,3 % et un taux de marge de 47,7 %. Le résultat net, quant à lui, s’établit à 208,1 milliards FCFA, en hausse de 8 %.

Les performances commerciales restent solides, avec une base clients globale de 42,5 millions d’abonnés sur les segments Fixe, Mobile et Internet. Le très haut débit poursuit sa progression avec 21,5 millions de clients, tandis que la 4G compte désormais 20,1 millions d’utilisateurs actifs. Orange Money, le service financier mobile du groupe, poursuit son expansion avec 12,6 millions de clients, dopé par une politique tarifaire attractive et une augmentation des usages.

Face à un contexte technologique en pleine mutation, Sonatel a multiplié les initiatives pour conforter sa position de leader : déploiement massif des réseaux 4G et 5G, accélération du déploiement de la fibre optique, diversification des services digitaux (paiements, services cloud, solutions ICT, etc.). À l’occasion de son 40e anniversaire, le groupe réaffirme son ambition de renforcer son leadership à travers des investissements dans la connectivité de nouvelle génération et une amélioration continue de l’expérience client.

En parallèle de ses performances économiques, Sonatel continue de mettre en œuvre un engagement sociétal fort. Le groupe a renforcé ses actions en faveur de l’inclusion numérique, de l’éducation, de la santé, de l’autonomisation des femmes et du développement durable dans tous les pays où il est implanté. Plus de 12 000 jeunes ont été formés à travers les Orange Digital Centers (ODC), avec deux nouveaux clubs ouverts à Diamniadio (Sénégal) et en Guinée-Bissau. Le programme des Écoles numériques a permis d’équiper 35 établissements scolaires au Sénégal et en Guinée, et les maisons digitales ont accompagné plusieurs milliers de femmes en Sierra Leone, en Guinée et au Mali.

Dans le domaine de la santé, Sonatel a inauguré la première « Oasis » à Ando, dans le département de Podor, combinant maternité, école et centre numérique. En Guinée, des milliers de femmes ont été prises en charge dans le cadre d’initiatives sanitaires, tandis qu’en Sierra Leone, le groupe soutient l’éducation des enfants les plus défavorisés.

Sonatel place également le développement durable au cœur de ses priorités, avec un objectif de 50 % d’énergie renouvelable d’ici fin 2025. À ce jour, plus de 100 000 ménages bénéficient de solutions solaires via Orange Énergie, 12 220 box internet ont été reconditionnés, et des campagnes de nettoyage et de recyclage ont été menées dans plusieurs pays.

Enfin, l’engagement en faveur de l’inclusion sociale reste constant, avec près de 2 000 kits alimentaires distribués aux familles vulnérables et 150 kits solaires remis à des daaras pendant le mois de Ramadan. En Guinée, près de 1 800 femmes handicapées ont bénéficié d’un accompagnement ciblé.

Pour le second semestre 2025, Sonatel entend poursuivre sur cette lancée. L’accent sera mis sur le renforcement de l’innovation technologique, l’extension du réseau, l’optimisation opérationnelle et l’amplification des actions RSE. Le groupe ambitionne ainsi de continuer à jouer un rôle central dans la transformation numérique inclusive et durable de l’Afrique de l’Ouest, en phase avec les priorités des politiques publiques de la région.

hiffres clés du Groupe Sonatel – 1er semestre 2025

Sonatel en forte croissance : un chiffre d’affaires de 960,2 milliards FCFA réalisé au premier semestre 2025

Des marchés flambants neufs mais vides : l’alerte de Diomaye sur l’inertie des infrastructures commerciales

Le Sénégal ne manque pas d’infrastructures commerciales flambant neuves. Ce qui lui manque, ce sont des infrastructures réellement utilisées. Le constat a été sèchement rappelé ce 23 juillet par le président Bassirou Diomaye Faye, en Conseil des ministres. Le chef de l’État a ordonné une « accélération de la modernisation des marchés et des infrastructures commerciales », pointant du doigt un mal désormais trop visible pour être ignoré : la prolifération de bâtiments achevés mais inopérants.

L’illustration emblématique : le marché de Tilène à Ziguinchor. Moderne, achevé, mais toujours fermé. En cause : une coordination défaillante entre les différentes mailles de l’administration, retardant sa mise en service effective. Ce cas n’est pas isolé. À Dakar, Kaolack, Louga ou Tambacounda, des dizaines d’infrastructures commerciales sont terminées depuis des mois, voire des années, mais demeurent inaccessibles, faute de raccordement, de réception, ou tout simplement d’un gestionnaire désigné.

Alors que les besoins en infrastructures commerciales sont criants — pour désengorger les marchés saturés, structurer les circuits courts, valoriser la production locale — des équipements publics tout neufs restent inusités. Une absurdité logistique et économique que le président a qualifiée de « frein à la vitalité des échanges locaux ».

Cette inertie n’est pas seulement une aberration technique. Elle aggrave la fragmentation du tissu économique. Faute de lieux adaptés pour stocker, vendre ou transformer, les produits agricoles peinent à trouver preneur. L’informel prolifère, la distribution se désorganise, et les pertes post-récoltes explosent. Dans un pays où plus de 40 % de la population dépend de l’agriculture et du commerce local pour vivre, l’enjeu est de taille.

L’appel du président Faye ne vise donc pas seulement les bétonneurs. Il questionne tout un écosystème de production de politiques publiques. « Moderniser, ce n’est pas seulement construire. C’est penser l’usage, garantir la continuité, assurer la gestion », a-t-il insisté. Cela implique une refonte de la chaîne de valeur institutionnelle, de la planification à la maintenance, en passant par l’allocation budgétaire et la gouvernance locale.

Ce signal politique marque une rupture avec une logique d’investissement purement visible, où l’on inaugure sans opérer, où l’on dépense sans piloter. La modernisation voulue par le nouveau pouvoir se veut plus ancrée dans les pratiques que dans le béton.

L’enjeu n’est pas qu’intérieur. Le commerce extérieur sénégalais, malgré une dynamique de croissance remarquable — 3 909 milliards FCFA d’exportations en 2024 — reste plombé par un déficit commercial massif, dépassant les 3 200 milliards FCFA. Le taux de couverture des importations par les exportations stagne à 54,6 %.

Dans ce contexte, des infrastructures commerciales intérieures fonctionnelles pourraient constituer une réponse stratégique. Meilleure logistique, stockage optimisé, transformation locale des produits bruts : autant de leviers pour hausser la valeur ajoutée nationale, limiter les importations, et renforcer les exportations.

Le gouvernement mise déjà sur des projets structurants comme SAR 2 (raffinage) ou Gas to Power (production énergétique) pour soutenir la réindustrialisation. Mais comme le rappelle l’alerte présidentielle, ces mégaprojets doivent s’accompagner d’un ancrage territorial plus diffus : marchés modernes, zones de transformation, pôles logistiques ruraux. Bref, une économie réelle, proche des producteurs et des consommateurs.

Le cas du marché de Tilène symbolise une impasse : celle d’une modernité sans vie. L’économie productive que le Sénégal ambitionne ne peut émerger sur des ruines neuves. Elle appelle une capacité nouvelle à « faire simple, faire utile, faire durable », selon les mots du chef de l’État.

Woodside Energy : une performance trimestrielle dopée par le champ pétrolier de Sangomar

Le deuxième trimestre 2025 marque un tournant pour Woodside Energy, qui a enregistré une production record de 50,1 millions de barils équivalent pétrole (Mmboe), soit une moyenne quotidienne de 550 000 barils (Mboe/j). Ce chiffre représente une progression de 2 % par rapport au trimestre précédent et de 13 % sur un an, confirmant la montée en puissance du groupe, porté notamment par le dynamisme du champ pétrolier de Sangomar, au large des côtes sénégalaises.

Au cœur de cette performance se trouve le champ de Sangomar, dont la production a atteint 101 000 barils de pétrole brut par jour (Mbbl/j), avec une part de 81 000 barils revenant directement à Woodside. Une fiabilité opérationnelle proche de 100 % et une montée en charge maîtrisée ont fait de Sangomar un atout stratégique dans le portefeuille mondial du groupe.

La société australienne a ainsi généré un chiffre d’affaires trimestriel de 3,27 milliards de dollars, surpassant les attentes des analystes. À lui seul, le projet Sangomar a contribué à hauteur de 510 millions de dollars sur cette période. Des résultats salués par Meg O’Neill, directrice générale de Woodside :

« Nous avons réalisé une solide production grâce à notre portefeuille diversifié d’actifs de haute qualité. L’attention rigoureuse portée à la maîtrise des coûts nous a permis de réviser à la baisse nos prévisions de coûts unitaires de production pour 2025 », a-t-elle déclaré.

Depuis sa mise en production en juin 2024, le champ de Sangomar n’a cessé de battre des records. Déjà, lors du premier trimestre 2025, il avait atteint une production de 99 000 barils par jour, dont 78 000 pour Woodside, avec un taux de fiabilité de 97,6 %. L’évolution positive s’est poursuivie au deuxième trimestre, témoignant de la stabilité du projet.

Par ailleurs, l’introduction réussie de la technique d’injection d’eau sur les puits S400 a permis de bonifier les réserves du groupe. Woodside a ainsi ajouté 7,1 millions de barils à ses réserves prouvées (1P) et 16,1 millions à ses réserves prouvées et probables (2P). Ce progrès technique se traduit par une baisse prévue de 5 à 10 % du taux de dépréciation, d’épuisement et d’amortissement (DD&A) pour 2025, comparé à l’année précédente, où ce coût s’élevait à environ 56 dollars par baril.

Avec une production en hausse, une meilleure rentabilité des actifs et un portefeuille en pleine expansion, Woodside Energy renforce sa position parmi les leaders mondiaux de l’exploration et de la production pétrolière. Le champ de Sangomar, projet emblématique du partenariat sénégalo-australien, s’impose comme un pilier de cette croissance.

Le FMI réaffirme son soutien au Sénégal et annonce une mission à Dakar fin août

Le Fonds monétaire international (FMI) a réaffirmé son engagement envers le Sénégal, dans un contexte marqué par une volonté affichée de renforcement de la transparence budgétaire et de réforme de la gestion des finances publiques. L’annonce a été faite le 24 juillet 2025, lors d’un point de presse animé par Julie Kozack, directrice du département des communications de l’institution.

Le FMI a indiqué qu’une mission technique se rendra à Dakar à la fin du mois d’août. L’objectif principal de cette visite sera de discuter des mesures correctives liées aux cas de fausses déclarations budgétaires identifiées par les autorités sénégalaises. Ces discussions pourraient déboucher sur une saisine formelle du Conseil d’administration du FMI à ce sujet.

Mais la mission ne se limitera pas à ce dossier délicat. Elle ouvrira également la voie à des négociations autour d’un nouveau programme de soutien financier pour le Sénégal, qui pourrait venir renforcer les efforts du gouvernement dans ses réformes structurelles.

Julie Kozack est revenue sur la rencontre du 9 juillet dernier entre la première directrice générale adjointe du FMI, Gita Gopinath, et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, à Washington. Lors de cet entretien de haut niveau, Mme Gopinath avait salué les efforts du Sénégal pour améliorer la transparence et exprimé le soutien continu du FMI aux autorités dans leur processus de redressement et de réforme.

En retour, le président Faye a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à faire toute la lumière sur les pratiques opaques du passé, notamment à travers un audit indépendant de la dette publique.

Dans le cadre de cet effort de transparence, le gouvernement sénégalais a commandité un audit de la dette publique, réalisé par le cabinet international Forvis Mazars. Selon Julie Kozack, le FMI a reçu un inventaire préliminaire issu de ce rapport.

« L’évaluation préliminaire est globalement conforme aux attentes, et la validation finale est en cours », a-t-elle précisé, tout en saluant la collaboration proactive des autorités sénégalaises.

Le FMI a souligné qu’il travaille en étroite coordination avec le gouvernement sénégalais pour mettre en œuvre des mesures correctives et renforcer les capacités de gestion économique du pays. Il s’agit notamment de corriger les lacunes identifiées dans les mécanismes de déclaration et de contrôle budgétaires, à travers des réformes institutionnelles et une plus grande transparence dans la gestion des finances publiques.

Balance commerciale : quand le gouvernement applaudit ce qui devait l’inquiéter ( Par Thierno Bocoum )

Le gouvernement sénégalais a salué avec enthousiasme la progression des exportations, relayant les chiffres de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) en 2024 comme un signal fort d’un redressement économique en marche. 

Les exportations ont en effet bondi de 21,3 %, atteignant 3 909,1 milliards de FCFA tandis que les importations reculaient légèrement de 0,6 % à 7 161,4 milliards. Le déficit commercial s’est ainsi réduit de manière notable. 

Pourtant, derrière ce vernis statistique et cette narration triomphante se dessine une réalité plus inquiétante, bien éloignée des ambitions de transformation structurelle du pays.

Ce sont avant tout les matières premières brutes qui portent cette dynamique. Le pétrole brut, l’or non monétaire et les conserves de poisson concentrent l’essentiel des gains. Le pétrole a rapporté 464,6 milliards de FCFA, l’or 588,5 milliards et les conserves de poisson 67,1 milliards. Des chiffres en hausse, certes, mais qui ne doivent pas faire oublier leur nature profondément extractive et peu industrialisée. 

Le pays ne transforme que marginalement ce qu’il produit. Même les produits pétroliers raffinés dont les exportations se sont élevées à près de 792 milliards de FCFA, proviennent en partie d’importations ou d’un raffinage local encore trop limité. Le Sénégal exporte ce qu’il extrait plus qu’il ne transforme, exposant son économie aux chocs des marchés mondiaux et aux cycles de prix qu’il ne maîtrise pas.

Dans le même temps, la baisse des importations ne peut sérieusement être interprétée comme une montée en autonomie productive. Elle résulte d’une contraction préoccupante de la demande intérieure. Les produits finis destinés à la consommation ont chuté de 22,8 %, ceux pour l’industrie de 32,3 %. Derrière ces chiffres, il y a une pression fiscale qui étrangle les capacités d’importation, un pouvoir d’achat en berne et un climat économique morose qui bride la consommation et l’investissement. 

Moins d’importations ne veut pas dire plus de production locale mais plutôt une raréfaction des biens, une baisse de diversité sur les marchés et une économie en repli masqué.

Ce double constat ( une croissance extractive et une consommation bridée) devrait alerter. Le Sénégal ne peut durablement construire sa prospérité sur la rente pétrolière et minière, ni se satisfaire d’un commerce extérieur dominé par des matières premières. 

Le défi n’est pas de vendre plus mais de transformer mieux. 
De produire localement, de créer de la valeur, de structurer un tissu industriel capable de répondre aux besoins internes tout en s’ouvrant à l’exportation. 

La récente entrée en production pétrolière n’aura de sens que si elle s’accompagne d’une montée en puissance rapide du raffinage national, d’une politique industrielle cohérente et d’un soutien actif aux filières à haute valeur ajoutée.

Cette tribune n’est pas un plaidoyer contre les chiffres mais une invitation à en interroger le sens. Les performances de 2024 masquent des vulnérabilités profondes. Sans volonté politique forte pour rééquilibrer les priorités, le Sénégal restera prisonnier d’un modèle extractif où les ressources sortent vite mais où la richesse tarde à s’ancrer. 

La croissance statistique ne peut être une fin en soi. L’histoire économique a montré que seuls les pays capables de transformer leurs matières premières, d’investir dans l’industrie et de stimuler leur marché intérieur réussissent à se hisser durablement vers le développement. C’est à ce prix que les succès du commerce extérieur deviendront autre chose qu’un feu de paille.

Thierno Bocoum
Président AGIR-LES LEADERS

Commerce extérieur : les exportations sénégalaises en forte progression, les importations en repli en mai 2025

L’activité commerciale du Sénégal avec l’étranger a connu des dynamiques contrastées en mai 2025. Selon le dernier bulletin mensuel publié par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les exportations ont affiché une hausse significative sur un an, malgré un léger recul mensuel, tandis que les importations ont fortement diminué par rapport au mois précédent.

Les exportations se sont élevées à 469,7 milliards de FCFA en mai 2025, enregistrant une baisse marginale de 0,05 % par rapport aux 469,9 milliards de FCFA du mois d’avril. Ce fléchissement est notamment dû à la chute des ventes à l’extérieur d’huiles brutes de pétrole, de poissons frais de mer et de zirconium. Toutefois, cette tendance a été contrebalancée par une forte progression des exportations de produits pétroliers raffinés, d’acide phosphorique et d’or non monétaire, qui ont connu des hausses respectives de 46,4 %, 184 % et 26,5 % en un mois.

Comparées à mai 2024, les exportations sénégalaises ont bondi de 74,1 %, atteignant un cumul de 2 325,7 milliards de FCFA sur les cinq premiers mois de l’année, contre 1 413,8 milliards sur la même période en 2024, soit une croissance annuelle de 64,5 %. Les produits les plus exportés en mai sont les produits pétroliers raffinés (102,1 milliards de FCFA), les huiles brutes de pétrole (73,2 milliards), l’or non monétaire (65,2 milliards), l’acide phosphorique (25,0 milliards) et les poissons frais de mer (19,9 milliards de FCFA).

En parallèle, les importations ont connu un net recul, s’établissant à 557,4 milliards de FCFA en mai 2025, contre 619,7 milliards en avril, soit une baisse de 10,1 %. Ce repli s’explique par une diminution des achats de riz, de produits pétroliers raffinés, de véhicules terrestres et de blé. À l’inverse, les importations de maïs, de matériaux céramiques et verriers, ainsi que de produits chimiques ont légèrement progressé, atténuant la chute globale.

Sur une base annuelle, les importations ont reculé de 8,6 % par rapport à mai 2024. Toutefois, sur les cinq premiers mois de l’année, elles affichent une hausse de 5,2 %, atteignant un total de 3 023,8 milliards de FCFA contre 2 874,5 milliards l’an dernier. Les produits les plus importés durant cette période restent les produits pétroliers raffinés (119,9 milliards), les machines et appareils (48,6 milliards), les huiles brutes de pétrole (44,5 milliards) et le riz (35,6 milliards).

Concernant les partenaires commerciaux, le Sénégal continue de diversifier ses échanges. Le Mali demeure le premier client du pays avec 18,6 % des exportations, suivi par l’Inde (12,2 %), la Suisse (9,4 %), l’Italie (8,4 %) et les Pays-Bas (7,7 %). Du côté des importations, les principaux fournisseurs sont la Chine (12,3 %), la France (8,7 %), le Nigéria (8,1 %) et la Russie (8,0 %).

Redressement des finances publiques : le gouvernement dévoile un plan face aux dérives révélées par la Cour des comptes

Le rapport d’audit de la Cour des comptes sur la situation des finances publiques continue de provoquer une onde de choc au sommet de l’État. Après le ministre des Finances et du Budget, Cheik Diba, qui avait alerté les députés le 28 juin dernier sur « l’ampleur des dysfonctionnements dans la gestion de nos finances publiques », c’est au tour du Premier ministre de tirer la sonnette d’alarme.

Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 23 juillet 2025, Ousmane Sonko est revenu sur les « constats alarmants » contenus dans l’audit rendu public le 12 février par la Cour des comptes. Ce document, fruit d’un travail d’enquête rigoureux, couvre la période de 2019 au 31 mars 2024. Il met en lumière une série de pratiques irrégulières, de malversations, de dépenses non justifiées et de graves carences dans la chaîne de la dépense publique sous les précédents gouvernements.

Face à ces dérives systémiques, le Premier ministre a annoncé un vaste « plan gouvernemental de redressement économique » qui, selon ses mots, devra rétablir l’équilibre des finances de l’État, renforcer la transparence et restaurer la confiance des citoyens et des partenaires au développement. Il a précisé que ce plan sera présenté dans les prochains jours « au grand public et aux partenaires techniques et financiers », à travers un agenda qui sera communiqué ultérieurement.

Ce projet de redressement s’annonce comme l’un des chantiers prioritaires du gouvernement, dans un contexte de tension budgétaire et de fortes attentes sociales. Il pourrait inclure des mesures de rationalisation des dépenses publiques, un audit élargi des institutions, une réforme de l’administration financière, ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle interne.

Pour rappel, la publication du rapport d’audit de la Cour des comptes avait déjà suscité une vive polémique dans l’opinion, alimentant des appels à la justice et à la reddition des comptes. Plusieurs organisations de la société civile avaient exigé l’ouverture d’enquêtes judiciaires contre les responsables épinglés, notamment dans la gestion des fonds publics pendant la pandémie de Covid-19 et dans les passations de marchés.

Appel public à l’épargne : l’État du Sénégal lève 364 milliards FCFA pour consolider sa souveraineté financière

Une opération réussie qui marque un tournant vers un financement plus autonome, citoyen et structurant pour l’économie nationale.

L’État du Sénégal vient de franchir un nouveau cap dans sa stratégie de mobilisation des ressources internes. À l’issue de son deuxième appel public à l’épargne de l’année 2025, clôturé le 8 juillet dernier, le gouvernement a levé 364 milliards de francs CFA, dépassant largement l’objectif initial de 300 milliards. Ce taux de couverture de 121,3 % illustre non seulement la confiance des investisseurs dans la signature de l’État, mais aussi la pertinence d’un instrument financier devenu un levier stratégique de développement.

Cet appel public à l’épargne, piloté par CGF Bourse (chef de file) et Société Générale Sénégal (co-chef de file), s’inscrit dans une dynamique de diversification des sources de financement et de maîtrise de la dette publique. Plutôt que de dépendre exclusivement de financements extérieurs souvent contraignants, l’État opte pour un mécanisme plus inclusif, en s’appuyant sur l’épargne nationale et sous-régionale.

améliorer le service de la dette publique, soutenir les efforts de redressement des finances publiques, financer les projets liés à la relance économique.

En clair, cette opération financière ne vise pas uniquement à combler des déficits : elle cherche à réinjecter de la confiance et de la vitalité dans l’économie sénégalaise, tout en consolidant la trajectoire de stabilité budgétaire.

Au-delà des chiffres, cette initiative traduit une volonté forte de reprise en main de la politique de financement de l’État. Elle permet au gouvernement de réduire sa dépendance vis-à-vis des bailleurs internationaux, souvent assortie de conditionnalités strictes. En sollicitant directement les citoyens et les acteurs économiques locaux, l’État favorise une forme d’investissement patriotique, qui renforce le lien de confiance entre gouvernants et gouvernés.

amélioration des services publics, investissements accrus dans les infrastructures, soutien au système bancaire à travers la liquidité mobilisée.

Ce mécanisme responsabilise aussi les citoyens-investisseurs, qui deviennent des acteurs à part entière du développement national.

Une participation locale et sous-régionale saluée

Le succès de l’opération repose également sur une forte implication des institutions financières de la région ouest-africaine. Cela confirme la montée en puissance d’un marché financier régional dynamique, capable d’absorber des volumes significatifs d’émission publique.

Cette orientation s’inscrit dans une logique de solidarité économique sous-régionale et de développement endogène, en accord avec les aspirations des États membres de l’UEMOA pour une plus grande autonomie financière.

Note souveraine abaissée : l’État sénégalais réaffirme sa résilience économique et sa volonté de réformes

Après la dégradation de sa note de crédit par S&P, le ministère des Finances insiste sur sa trajectoire de consolidation budgétaire, la transparence des données et la solidité de son plan de financement.

Malgré la décision de l’agence de notation S&P Global Ratings d’abaisser la note souveraine du Sénégal de « B » à « B- » avec perspective négative, le gouvernement sénégalais ne cède ni à la panique ni à la résignation. Dans un communiqué transmis à la presse, le ministère des Finances et du Budget, dirigé par Cheikh Diba, affirme avoir pris acte de cette décision tout en réitérant son engagement ferme en faveur d’une gestion rigoureuse et transparente des finances publiques.

L’abaissement de la note, survenu le 14 juillet 2025, s’explique selon S&P par la forte hausse de la dette publique, estimée à 118 % du PIB en 2024, et par la persistance de déficits budgétaires élevés. Ces chiffres placeraient le Sénégal parmi les pays les plus endettés du continent africain, selon l’agence américaine.

Cependant, le ministère sénégalais relativise cette appréciation en soulignant que ces chiffres reposent sur des données provisoires, publiées dans un souci de transparence accrue. Ces données ont été consolidées avec l’appui d’un cabinet international indépendant, dans le cadre d’un vaste exercice de fiabilisation de la dette publique.

Parmi les éléments de contexte fournis par les autorités, figure l’annonce prochaine d’un exercice de rebasage du PIB, en préparation depuis plusieurs mois. Celui-ci permettra, selon le ministère, de mieux refléter la taille réelle de l’économie sénégalaise. Ce recalibrage statistique pourrait mécaniquement améliorer le ratio dette/PIB, aujourd’hui jugé préoccupant par les agences de notation.

Par ailleurs, le ministère assure que les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) se poursuivent dans un esprit de « coopération proactive ». L’enjeu principal reste la clarification du dossier de « misreporting » (fausse déclaration de données), avec pour objectif une réunion prochaine du Conseil d’administration du FMI.

Toutes les données issues de l’exercice de réconciliation budgétaire ont été partagées avec le FMI, preuve selon le gouvernement de sa volonté de travailler en toute transparence avec les partenaires techniques et financiers.

Malgré les turbulences, le Sénégal continue de mobiliser des ressources financières pour soutenir ses priorités économiques. Depuis le début de l’année, le ministère des Finances a levé des fonds substantiels, à la fois sur le marché régional et auprès d’investisseurs étrangers. Deux appels publics à l’épargne ont également été couronnés de succès, signe d’un maintien de la confiance des marchés dans la signature sénégalaise.

Le gouvernement prépare déjà sa stratégie budgétaire pour l’année 2026. Celle-ci s’inscrit dans une logique de prévision à moyen terme et repose sur trois principes majeurs : la responsabilité, la rigueur et la transparence. L’ensemble de cette stratégie est supervisé au plus haut niveau de l’État, selon le ministère.

Dans un contexte international incertain, exacerbé par des tensions géopolitiques et des hausses de taux d’intérêt mondiaux, l’État sénégalais reste mobilisé pour garantir la stabilité macroéconomique et sociale du pays. Le ministère conclut son communiqué en renouvelant son engagement à dialoguer avec tous les partenaires, nationaux comme internationaux, et à poursuivre les réformes structurelles indispensables à une croissance inclusive et durable.

S&P abaisse de nouveau la note de crédit du Sénégal à B- : l’alerte sur la dette se confirme

S&P Global Ratings a annoncé une nouvelle dégradation de la note souveraine du Sénégal, désormais ramenée à B-, un cran en dessous de la précédente évaluation. Il s’agit de la deuxième baisse en moins de cinq mois, une situation qui replace le pays en catégorie spéculative et traduit les inquiétudes croissantes autour de la soutenabilité de la dette publique.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par l’audit des finances publiques diligenté par le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye. Les vérifications menées ont mis au jour un endettement bien plus élevé qu’initialement communiqué sous le régime précédent.

Selon les dernières données compilées par Barclays Plc, la dette publique sénégalaise aurait atteint 119 % du produit intérieur brut (PIB) en 2023, un seuil bien supérieur aux 99,7 % annoncés dans le cadre du premier audit financier publié récemment. Cette révélation a profondément modifié la perception des investisseurs et des agences de notation sur la solidité budgétaire du pays.

Dans son communiqué officiel, S&P a expliqué que « malgré des perspectives de croissance économique toujours solides et un potentiel important à moyen terme, la situation budgétaire du Sénégal est désormais plus contrainte. Cette vulnérabilité accrue rend les finances publiques beaucoup plus exposées à d’éventuels chocs économiques et financiers négatifs à l’avenir. » L’agence prévoit par ailleurs que la dette restera proche de 118 % du PIB en 2024, confirmant l’essoufflement des marges de manœuvre budgétaires.

Il faut rappeler que le Sénégal avait bénéficié au cours des dernières années d’un climat de confiance favorable, porté par d’importants projets d’infrastructures et des prévisions de recettes futures tirées notamment par l’exploitation des hydrocarbures offshore. Toutefois, ces anticipations optimistes se heurtent aujourd’hui à la réalité d’un endettement massif et d’un déficit structurel difficilement résorbé.

Le nouveau gouvernement, qui a fait de la transparence budgétaire et du redressement financier l’un de ses principaux chevaux de bataille, se retrouve face à un défi considérable : restaurer la crédibilité auprès des investisseurs, tout en poursuivant des engagements sociaux et économiques ambitieux.

La dégradation de la note de crédit risque de renchérir le coût des emprunts sur les marchés internationaux, dans un contexte où plusieurs échéances de remboursement se profilent. Pour de nombreux observateurs, cette situation souligne la nécessité urgente de réformes structurelles et d’un plan d’assainissement budgétaire approfondi, sans quoi le Sénégal pourrait se retrouver sous pression croissante de ses créanciers.

Bassirou Diomaye Faye reçoit le PDG de Vista Bank pour renforcer les partenariats économiques

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu en audience ce lundi au Palais présidentiel M. Simon Tiemtoré, Président-Directeur général du groupe Vista Bank. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de promotion des partenariats stratégiques entre l’État du Sénégal et les acteurs majeurs du secteur financier, en vue de soutenir la mise en œuvre de la vision « Sénégal 2050 ».

Selon un communiqué officiel de la présidence, les échanges ont porté sur les opportunités de collaboration entre le gouvernement et le groupe bancaire, ainsi que sur les axes d’investissement susceptibles d’accompagner les grands chantiers économiques et sociaux engagés par l’État. À travers cette initiative, le chef de l’État réaffirme sa volonté de mobiliser le secteur privé, notamment les institutions financières, pour accélérer le développement du pays.

Le groupe Vista Bank, qui s’impose comme un acteur de poids dans le paysage bancaire sénégalais et ouest-africain, a exprimé sa disponibilité à s’engager davantage aux côtés des pouvoirs publics. M. Simon Tiemtoré a souligné l’intérêt de Vista Bank pour les projets structurants portés par le gouvernement, dans les domaines des infrastructures, de l’innovation, du numérique, de l’inclusion financière ou encore de l’entrepreneuriat.

Ousmane Sonko sur la situation nationale : « Le Sénégal n’a pas de crise, il a un problème d’autorité »

Face aux critiques croissantes et aux appels à sa démission, le Premier ministre Ousmane Sonko a répliqué avec fermeté ce jeudi 10 juillet 2025, lors de la cérémonie d’installation du Conseil national de Pastef-Les Patriotes. Se positionnant au cœur du débat politique, il a rejeté l’idée d’une crise généralisée au Sénégal, pointant plutôt un déficit d’autorité de l’État comme cause principale des tensions actuelles.

« Leur seul problème, c’est moi », a-t-il lancé, visant une partie de l’opposition qu’il accuse de nourrir une obsession à son encontre. Pour Sonko, ses détracteurs cherchent à l’écarter pour mieux affaiblir le Président Bassirou Diomaye Faye. Selon lui, cette stratégie ne prospérera pas car le pays n’est pas en crise au sens propre : « Le Sénégal n’a pas de crise, il a un problème d’autorité. Il est temps de prendre nos responsabilités », a-t-il martelé, appelant à un sursaut de gouvernance et à la restauration de l’autorité publique.

Sur sa situation personnelle, Ousmane Sonko a balayé d’un revers de main toute idée de départ : « Que ceux qui espèrent ma démission déchantent. Je ne reculerai pas d’un pas », a-t-il affirmé, se disant prêt à continuer le combat politique, même depuis l’hémicycle. Il a également souligné que seul le Président Diomaye Faye, en tant que détenteur des pouvoirs constitutionnels, pourrait mettre fin à sa fonction de chef du gouvernement. Mais jusqu’à nouvel ordre, il reste pleinement engagé.

En conclusion, Sonko a revendiqué une triple légitimité : celle issue des urnes lors des élections législatives, celle de sa nomination au gouvernement, et celle de son engagement politique de longue date. Dans un contexte de tension et d’attaques verbales entre camps adverses, cette sortie vise à resserrer les rangs au sein de Pastef, tout en réaffirmant son rôle de figure centrale du pouvoir actuel.

Réforme fiscale au Sénégal : entre élargissement de l’assiette et relèvement temporaire de la TVA

Le Sénégal est à l’aube d’un tournant important en matière de politique fiscale. Fin mai 2025, le coordonnateur du Forum Civil, Birahim Seck, révélait que les nouvelles autorités, sous l’impulsion du Premier ministre Ousmane Sonko, ont lancé le processus de réforme du Code général des impôts. Une initiative traduisant la volonté affichée de faire passer la pression fiscale de 18% à au moins 20%, conformément au seuil recommandé par l’UEMOA.

Au cœur de cette réforme, l’élargissement de l’assiette fiscale apparaît comme la voie privilégiée par le gouvernement. Il s’agit notamment d’intégrer dans le système fiscal les secteurs jusqu’ici peu ou pas taxés : services numériques, économie informelle, secteurs bénéficiant d’exonérations jugées injustifiées, etc. À cela s’ajoutent des réformes structurelles portant sur la modernisation de l’administration fiscale, la digitalisation, la transparence et la promotion du civisme fiscal.

Mais pour l’économiste et expert fiscal Serigne Mbacké Sougou, cette stratégie ne permettra pas une mobilisation rapide des ressources internes. Dans une contribution publiée dans Le Soleil, il avertit : « La mise en œuvre de ces mesures nécessite du temps, et leurs effets ne seront visibles qu’à moyen ou long terme. » Face à la contrainte immédiate de renflouer les caisses de l’État, il recommande de s’attaquer en priorité à la fiscalité indirecte, en particulier la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Serigne Mbacké Sougou propose une mesure temporaire et ciblée : relever le taux de la TVA de 18% à 20% entre juillet et décembre 2025, mais uniquement sur les biens et services consommés par les catégories sociales à hauts revenus. Ce retour au taux de TVA en vigueur avant l’harmonisation de 1998 au sein de l’UEMOA, selon lui, permettrait une amélioration immédiate de la trésorerie publique sans nuire au pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables.

Il met toutefois en garde contre une augmentation indiscriminée des taxes indirectes. Il exclut explicitement les impôts directs comme l’Impôt sur le revenu ou les Contributions économiques, jugés moins efficaces à court terme. Il recommande aussi de ne pas toucher à la Taxe sur les affaires financières ni aux taxes spécifiques, afin de ne pas impacter négativement le coût du crédit et les prix à la consommation.

La réforme fiscale en cours s’inscrit dans un contexte de tensions budgétaires croissantes, avec une forte attente des populations en matière de services publics et de redistribution. Le pari du gouvernement est de trouver un juste équilibre entre urgence de financement, modernisation du système fiscal et équité sociale. L’idée d’une TVA temporairement majorée, mais ciblée, pourrait constituer une réponse pragmatique, à condition d’être accompagnée de garde-fous clairs.

Sénégal–FMI : L’ombre persistante de la dette cachée retarde un nouveau programme d’aide

Le Fonds Monétaire International (FMI) attend toujours des éclaircissements complets sur la dette publique du Sénégal, plus de cinq mois après la publication d’un rapport explosif de la Cour des comptes. Ce dernier avait révélé en février dernier l’existence d’environ 7 milliards de dollars de dette non déclarée, accumulée durant les dernières années du régime de Macky Sall. Pourtant, pour le FMI, ce rapport reste « incomplet et imprécis », selon des informations révélées par Jeune Afrique.

Ces révélations ont déclenché une procédure de « misreporting » au sein de l’institution de Bretton Woods. Cette procédure vise à déterminer si les autorités sénégalaises ont fourni de fausses informations lors de la signature de l’accord triennal de Facilité Élargie de Crédit (FEC), conclu en juin 2023 et portant sur un total de 1,8 milliard de dollars.

En cas de confirmation du manquement, le FMI pourrait exiger le remboursement de l’intégralité des fonds déjà décaissés ou, selon ses propres critères d’évaluation et de coopération future, décider de passer l’éponge. La décision dépendra largement de l’ampleur de la dette dissimulée et de la volonté du Sénégal de faire toute la lumière sur sa situation budgétaire.

Pour corriger les insuffisances relevées dans le rapport initial, le gouvernement sénégalais a mandaté le cabinet français Forvis Mazars, un acteur de premier plan dans le secteur de l’audit, avec pour mission de dresser un inventaire exhaustif de la dette publique. L’objectif est de cartographier, créancier par créancier, tous les engagements financiers du pays, y compris ceux qui auraient été contractés hors du cadre budgétaire habituel.

Le ministre des Finances, Cheikh Diba, et le Premier ministre Ousmane Sonko ont insisté sur la nécessité de transparence et de rigueur dans ce travail, jugé crucial pour restaurer la crédibilité budgétaire du Sénégal sur la scène internationale.

Le FMI a d’ores et déjà averti que la conclusion du dossier de misreporting sera un préalable incontournable à tout nouveau programme de financement. Ce dernier, s’il devait être envisagé, ne devrait pas intervenir avant septembre 2025, au plus tôt, a précisé Jeune Afrique.

Dans un contexte économique marqué par une inflation persistante, des tensions sociales croissantes et un besoin urgent de financement pour des projets d’infrastructure et de relance, le retard dans la reprise de la coopération avec le FMI pourrait freiner les ambitions économiques du gouvernement Diomaye Faye.

Pour les nouvelles autorités, cette crise de confiance représente un moment charnière : soit elle expose les fragilités d’une gouvernance financière héritée du passé, soit elle devient une opportunité pour refonder la relation entre le Sénégal et ses bailleurs, sur la base de la transparence, de la redevabilité et de la soutenabilité de la dette.

Souveraineté économique : Diomaye Faye réaffirme la stratégie endogène

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé que la souveraineté alimentaire et énergétique constitue une priorité absolue pour permettre au Sénégal de résister aux chocs extérieurs.

Dans sa communication, le chef de l’État a insisté sur l’impératif de « compter sur nos propres forces ». Il a appelé à la mise en œuvre rapide de la nouvelle politique agricole, centrée sur la souveraineté alimentaire. Il a également souligné la nécessité de maîtriser stratégiquement le secteur de l’énergie et d’accélérer le processus d’industrialisation nationale.

Cette vision s’appuie sur la valorisation des terroirs et des ressources naturelles à travers des filières à forte intensité de main-d’œuvre, dans le but de créer massivement des emplois et de renforcer la résilience économique du pays.

Sénégal – Financements publics : Diomaye Faye ordonne la rationalisation de tous les dispositifs étatiques

Dans un contexte économique marqué par des exigences de performance et de souveraineté financière, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a décidé de s’attaquer à la complexité et à la dispersion des mécanismes de financement publics au Sénégal. Lors du Conseil des ministres du jeudi 3 juillet 2025, le chef de l’État a lancé une vaste réforme visant à harmoniser les dispositifs existants pour les rendre plus efficaces, plus lisibles et plus orientés vers les priorités nationales.

Les structures ciblées par cette refonte sont nombreuses et couvrent des champs variés du financement public : la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS), le Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP), la Banque Nationale pour le Développement Économique (BNDE), la Banque de l’Habitat du Sénégal (BHS), la Loterie nationale (LBA), le Fonds National de Microfinance Islamique (FONAMIF) et la Délégation générale à l’Entrepreneuriat Rapide (DER/FJ). Autant de dispositifs qui, malgré leur utilité sectorielle, souffrent parfois d’un chevauchement des missions, d’un manque de coordination ou d’une dispersion des ressources.

Le président Diomaye Faye a ainsi donné instruction au ministre des Finances et du Budget, au ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, ainsi qu’au ministre chargé du Suivi de l’Agenda Sénégal 2050, de travailler, sous la coordination du Premier ministre Ousmane Sonko, à l’élaboration d’une stratégie nationale de rationalisation des dispositifs de financement public.

L’objectif affiché est clair : mettre fin à la fragmentation des instruments, améliorer leur gouvernance, mutualiser les ressources et maximiser l’impact économique des fonds publics. Il s’agit également de renforcer la transparence, l’évaluation des performances et la traçabilité dans l’utilisation des ressources publiques.

Au-delà de la seule rationalisation institutionnelle, le président Faye appelle à un changement de paradigme. Il souhaite que les financements publics soient davantage orientés vers le soutien à une économie endogène, capable de générer sa propre richesse à partir des potentialités nationales. Cela implique un soutien plus structuré à l’investissement productif local, à l’innovation, à la transformation industrielle et à la souveraineté économique.

Dans cette dynamique, les institutions financières publiques devront jouer un rôle de levier stratégique, en accompagnant les secteurs porteurs de l’économie sénégalaise, notamment l’agriculture, les énergies renouvelables, l’économie numérique, la santé, l’habitat social, ou encore l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.

Cette annonce du chef de l’État marque un tournant dans la gestion des finances publiques. Elle intervient dans un contexte où le Sénégal cherche à optimiser ses ressources internes, à réduire sa dépendance aux financements extérieurs et à asseoir une gouvernance économique plus rigoureuse et plus performante.

Si cette réforme ambitieuse est bien conduite, elle pourrait réduire les doublons, améliorer la transparence des interventions financières publiques, et renforcer l’efficacité de l’investissement public au service du développement national.

Diplomatie économique : Diomaye veut capitaliser sur la visite en Chine

Le chef de l’État a félicité la délégation sénégalaise pour le succès de sa visite en Chine et exige un suivi rapide des accords signés.

Le président Bassirou Diomaye Faye est revenu sur le déplacement officiel de la délégation sénégalaise en République populaire de Chine. Il a salué le travail du Premier ministre et de l’équipe gouvernementale, qui ont permis de conclure plusieurs accords stratégiques avec les autorités chinoises.

Ces partenariats couvrent des domaines prioritaires tels que les infrastructures, l’agriculture, l’industrie et la formation professionnelle. Le chef de l’État a demandé un suivi « diligent et rigoureux » pour transformer ces engagements en projets concrets, au bénéfice de l’économie nationale.

Parallèlement, le président a insisté sur l’élaboration d’un document-cadre interministériel destiné à encadrer la coopération internationale et les partenariats public-privé, afin de garantir la cohérence, la transparence et l’efficacité des actions engagées.

Forum Africa Debate à Londres : le FMI interpelle Dakar sur la transparence budgétaire

Réunis à Londres dans le cadre du forum Africa Debate, décideurs économiques africains, responsables d’institutions financières et représentants gouvernementaux ont échangé sur les perspectives économiques du continent, dans un climat marqué par les inquiétudes sur la soutenabilité des dettes publiques. Parmi les interventions les plus remarquées, celle d’Abebe Aemro Selassie, directeur du département Afrique du Fonds monétaire international (FMI), a particulièrement attiré l’attention en raison de ses remarques fermes sur la situation financière du Sénégal.

Dans une déclaration relayée par l’agence Reuters, Abebe Selassie a mis en exergue « des zones d’ombre » dans la gestion budgétaire de l’ancien régime sénégalais. « Nous attendons que le gouvernement partage avec nous les chiffres définitifs et les principaux problèmes qu’il a identifiés », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de disposer d’informations fiables pour pouvoir envisager une reprise sereine des engagements financiers. Il a également souligné la volonté du FMI d’entretenir un dialogue technique « approfondi » avec les nouvelles autorités issues de l’alternance politique de mars 2024.

Cette sortie du Fonds intervient dans un contexte délicat. Après l’élection du président Bassirou Diomaye Faye, le Sénégal s’est engagé dans une opération vérité sur ses finances publiques. L’audit initié par le nouveau gouvernement a révélé une importante sous-estimation du déficit et de l’endettement, contredisant les rapports transmis jusqu’alors aux partenaires internationaux. D’après les éléments communiqués à ce stade, le ratio de la dette publique serait monté à près de 100 % du PIB fin 2023, alors que l’estimation officielle affichait seulement 74 %. Cette différence majeure, assimilée à une « dette cachée », fragilise la crédibilité des données budgétaires antérieures et contribue à la défiance des bailleurs.

Face à ces révélations, le FMI, qui avait suspendu en 2023 une partie de ses décaissements, conditionne toute reprise complète de sa coopération à la production d’informations consolidées et transparentes. « Nous espérons avancer aussi vite que possible. Nous restons engagés », a assuré Abebe Selassie, tout en rappelant que l’institution attend des clarifications exhaustives avant de se prononcer sur la suite du programme d’assistance financière.

Ce climat d’incertitude budgétaire intervient alors que le gouvernement sénégalais prépare une refonte de sa stratégie de gestion de la dette et un plan de mobilisation accrue des ressources internes. Selon plusieurs analystes présents au forum, la confiance des bailleurs et des investisseurs dépendra désormais de la capacité du Sénégal à restaurer la sincérité de ses comptes et à prouver sa volonté de transparence. Dans l’immédiat, Dakar doit finaliser et publier l’audit en cours, puis présenter un plan crédible d’assainissement budgétaire susceptible de stabiliser la dette et de rassurer les marchés.

Le Sénégal réussit une nouvelle levée de fonds de 192,5 milliards FCFA sur le marché de l’UEMOA

Le Sénégal continue d’affirmer sa solidité financière sur le marché régional. Ce jeudi 3 juillet 2025, l’État du Sénégal, à travers la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP), a réussi une levée de fonds de 192,497 milliards de FCFA sur le marché financier de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Cette opération a été réalisée par le biais d’une émission simultanée de Bons Assimilables du Trésor (BAT) à 364 jours et d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à 3 et 5 ans.

Initialement, l’État cherchait à mobiliser 175 milliards de FCFA. L’opération a suscité un fort engouement, avec une demande totale atteignant 244,710 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 139,83%. Ce résultat témoigne de la confiance renouvelée des investisseurs régionaux dans la signature souveraine du Sénégal.

Le Trésor a finalement retenu 192,497 milliards de FCFA, principalement sur les BAT et les OAT à 3 ans, avec un taux d’absorption de 78,66%. Le rendement moyen pondéré s’est établi à 7,18% pour les BAT et 7,53% pour les OAT à 3 ans. Les obligations seront remboursées respectivement le 2 juillet 2026 pour les BAT, et le 4 juillet 2028 pour les OAT, avec un taux d’intérêt annuel de 6,30%, payable à partir de la fin de la première année.

Depuis le début de l’année 2025, le Sénégal a levé un total de 1 262 milliards de FCFA sur le marché de l’UEMOA. Sur cette même période, l’État a honoré 512 milliards de FCFA au titre du remboursement du capital et versé 96 milliards de FCFA en intérêts. Ces chiffres traduisent une gestion prudente et proactive de la dette publique.

La réussite de cette nouvelle levée confirme la capacité du Sénégal à mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre de sa politique budgétaire, dans un contexte économique régional encore marqué par les défis sécuritaires et les tensions sur les prix.

Cette performance intervient dans un climat de relative incertitude au sein de la zone UEMOA, où plusieurs États font face à des contraintes budgétaires. La bonne tenue des émissions sénégalaises constitue donc un signal positif pour les marchés financiers régionaux. Elle reflète non seulement la crédibilité du Trésor sénégalais, mais aussi la résilience économique du pays, renforcée par les réformes engagées sous l’actuelle administration.

Avec une dette réévaluée à 119 % du PIB, le Sénégal devient le pays le plus endetté d’Afrique

La trajectoire de l’endettement du Sénégal inquiète au plus haut point. Selon un rapport récemment publié par la banque britannique Barclays et relayé par plusieurs médias internationaux, dont RFI, la dette publique sénégalaise a été réévaluée à 119 % du produit intérieur brut (PIB) en 2024. Un chiffre qui place désormais le pays en tête du classement des nations les plus endettées du continent africain, dépassant même la Zambie et le Cap-Vert, les seuls autres pays à franchir le seuil symbolique des 100 % d’endettement par rapport à leur richesse nationale.

Cette estimation est bien supérieure aux chiffres jusque-là avancés par les autorités sénégalaises. En effet, la Cour des Comptes, dans son rapport publié en 2023, avait évalué la dette publique à 99,7 % du PIB. Mais la note de Barclays confirme une tendance déjà soulignée par le Fonds monétaire international (FMI) qui, en avril dernier, annonçait que le Sénégal avait atteint un niveau d’endettement estimé à 111,4 %. Le bond est spectaculaire : en seulement une année, la dette aurait augmenté de près de 20 points de PIB.

Le caractère abrupt de cette évolution fait planer de lourdes interrogations sur la sincérité et la transparence des précédentes comptabilités publiques. D’après plusieurs économistes, ce réajustement tient à une meilleure prise en compte de l’endettement des entités publiques parapubliques, des garanties de l’État et d’emprunts non consolidés dans les précédents calculs. La publication du rapport de Barclays a provoqué une onde de choc jusque sur les marchés financiers internationaux. La réaction a été immédiate et brutale : selon les données compilées par Bloomberg, les obligations souveraines sénégalaises libellées en dollars ont perdu 9,1 % de leur valeur depuis le mois de janvier 2025, un signe clair du désengagement des investisseurs.

La note souveraine du Sénégal a également été dégradée par l’agence S&P Global Ratings. Déjà rétrogradée en mars dernier à « B », la notation du pays se situe désormais cinq crans sous le seuil considéré comme « investissement de qualité ». Cette dégradation accentue la défiance et oblige le Sénégal à se financer sur les marchés à des taux d’intérêt plus élevés.

Le nouveau gouvernement en place, qui ne cesse de dénoncer l’« héritage catastrophique » légué par le régime précédent, tente de rassurer partenaires et bailleurs. Les autorités ont annoncé la mise en place d’un audit indépendant couvrant la période 2019-2024, censé établir une évaluation « plus fiable » et exhaustive de la dette. Dans le même temps, un plan de redressement budgétaire est en cours d’élaboration pour tenter d’endiguer la dérive des finances publiques.

Mais ces promesses n’ont pas encore convaincu les créanciers. Le FMI, qui a signé un accord de prêt d’un montant de 1,8 milliard de dollars, a gelé le décaissement du financement, le temps d’obtenir des précisions sur la situation réelle des comptes publics. Ce blocage risque de compliquer la trésorerie de l’État sénégalais alors même que la pression sociale et les attentes économiques sont immenses. La situation est d’autant plus périlleuse que le pays devra recourir à de nouveaux emprunts à court terme pour couvrir ses engagements, au prix d’un endettement toujours plus coûteux.

Ce constat alarmant ouvre une période de grande incertitude économique et financière. Alors que le Sénégal s’apprête à mettre en œuvre son plan de redressement, la crédibilité de la stratégie gouvernementale sera scrutée avec attention par les bailleurs et les agences de notation. Dans ce contexte tendu, le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye doit relever un double défi : restaurer la confiance des investisseurs et préserver le pouvoir d’achat des populations, déjà fragilisé par la hausse du coût de la vie.

Dette publique : Dakar réagit aux turbulences sur les marchés et lance un audit indépendant

Face à la baisse des obligations sénégalaises sur les marchés internationaux, le gouvernement opte pour la transparence en annonçant un audit complet de la dette publique entre 2019 et 2024.

Le ministère sénégalais des Finances et du Budget a réagi aux récentes baisses des obligations souveraines du pays libellées en dollars, constatées sur les marchés internationaux. Dans un communiqué consulté par L’Observateur, les autorités attribuent cette volatilité en grande partie à la publication d’un rapport émis par un analyste d’une banque internationale, évoquant des irrégularités dans la gestion de la dette publique.

En réponse aux critiques formulées par la Cour des comptes dans son rapport de février 2025 — rapport fondé sur un échantillon limité de prêteurs —, le gouvernement sénégalais a décidé de confier à un cabinet international indépendant une revue exhaustive de l’ensemble de la dette publique contractée entre 2019 et 2024. Cette initiative, qui concernera tous les bailleurs de fonds, a pour objectif de renforcer la crédibilité du pays et de répondre à toute interrogation liée à la soutenabilité de sa dette.

« Cette décision traduit notre volonté ferme de transparence et de responsabilité budgétaire », a insisté le ministère.

Selon les chiffres communiqués par les services compétents, la dette de l’administration centrale est estimée à 20 738 milliards de FCFA à fin 2023, contre 23 563 milliards projetés à fin 2024, soit une hausse d’environ 13,6 % en un an. Cette évolution est suivie de près dans un contexte où les investisseurs internationaux se montrent de plus en plus attentifs à la gestion macroéconomique des pays émergents.

Le ministère a par ailleurs tenu à rassurer les partenaires techniques et financiers, précisant que les échanges techniques avec le Fonds monétaire international (FMI) se poursuivent activement. Ces discussions s’inscrivent dans le cadre du processus de clarification relatif à une situation de misreporting (erreurs ou omissions dans les données transmises), identifiée récemment.

Dette : les euro-obligations du Sénégal s’effondrent après un rapport alarmant de Barclays

La situation financière du Sénégal connaît une nouvelle secousse. Les obligations souveraines sénégalaises émises en dollars ont chuté ce lundi, confirmant l’inquiétude grandissante des investisseurs. Selon Bloomberg, qui titre « Senegal’s Dollar Bonds Slump as Report Raises New Debt Fears », cette baisse est directement liée à la publication d’un rapport de Barclays Plc, révélant une envolée de la dette publique nationale.

D’après les estimations de la banque, la dette du Sénégal atteindrait désormais 119 % du PIB en 2024, contre 99,7 % en 2023, chiffre déjà jugé préoccupant par un audit de la Cour des comptes. Ces niveaux placent le pays bien au-delà des seuils jugés soutenables pour les économies émergentes.

Cette dégradation survient dans un contexte déjà marqué par les révélations de septembre 2024, faisant état de falsifications présumées des comptes publics par le précédent régime. La confiance des marchés financiers s’en est trouvée fragilisée, et les titres sénégalais figurent aujourd’hui parmi les moins performants des pays comparables.

Le rapport de Barclays met également en lumière un déficit budgétaire chronique, projeté à 6,5 % du PIB en moyenne entre 2025 et 2028. Cette dérive continue alimente la dépendance aux financements extérieurs, au moment où les négociations avec le FMI pour un nouveau programme d’assistance peinent à aboutir. Cette incertitude renforce la pression sur les finances publiques et entretient la volatilité des marchés.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, élu sur la promesse d’une rupture, et les réformes lancées par le Premier ministre Ousmane Sonko, le pays traverse une période d’instabilité politique. La dissolution du parlement en 2024, censée accélérer l’agenda réformiste, a au contraire ravivé les doutes sur la capacité de l’exécutif à juguler la crise économique et restaurer la confiance des bailleurs.

Ces tensions persistantes ont d’ailleurs conduit l’agence S&P Global Ratings à abaisser la note souveraine du Sénégal à « B » en mars 2025, soit cinq crans en dessous du seuil d’investissement, ce qui rend le coût de l’endettement encore plus élevé.

Les conséquences sont immédiates sur le marché obligataire : les obligations à échéance 2033 et 2048, déjà affaiblies depuis l’an dernier (respectivement cotées à 84,54 cents et 67,17 cents pour un dollar), poursuivent leur glissade. Pour les analystes de Bloomberg, la combinaison d’une dette record, d’un déficit persistant et de l’absence de clarté sur le soutien du FMI risque de maintenir la pression sur les titres sénégalais à court terme.

Dans un contexte international marqué par un resserrement des conditions financières, le Sénégal devra convaincre rapidement ses créanciers de la crédibilité de son plan de stabilisation budgétaire s’il veut éviter une détérioration supplémentaire de sa situation.

Financement du développement : le Président Diomaye Faye plaide pour une mobilisation souveraine des ressources internes

Le Président de la République du Sénégal, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, a participé ce lundi à l’ouverture solennelle de la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement. Organisée sous l’égide des Nations Unies, cette rencontre d’envergure mondiale réunit à Séville plusieurs Chefs d’État et de gouvernement, ainsi que les principaux dirigeants des institutions financières et économiques multilatérales, dont l’ONU, la Banque mondiale, le FMI, l’OMC et l’ECOSOC.

Dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques, le surendettement des pays en développement et l’urgence climatique, cette conférence se veut un cadre stratégique de réflexion et d’action pour repenser les mécanismes de financement du développement durable. L’enjeu : construire un nouvel ordre économique mondial plus équitable, inclusif et résilient.

Les travaux, qui se poursuivent cet après-midi en séance plénière, seront marqués par l’intervention attendue du Président Diomaye Faye. Le Chef de l’État sénégalais portera la voix de l’Afrique et du Sénégal sur un axe stratégique : la mobilisation et l’alignement des ressources publiques domestiques, pierre angulaire d’une souveraineté budgétaire et économique durable.

Dans son discours, le Président Faye devrait insister sur la nécessité pour les pays du Sud de rompre avec une dépendance excessive aux financements extérieurs et de renforcer leur capacité à mobiliser des ressources internes à travers une fiscalité plus juste, la lutte contre l’évasion fiscale, une meilleure gouvernance budgétaire et la valorisation du potentiel productif local.

Cette vision s’inscrit dans la continuité de l’ambition portée par le Sénégal de bâtir une économie souveraine, verte et solidaire, à travers une refondation des politiques publiques orientées vers la justice sociale et l’investissement dans les secteurs porteurs tels que l’éducation, la santé, l’agriculture durable et les énergies renouvelables.

La participation du Président sénégalais à cette conférence traduit ainsi la volonté du Sénégal de peser dans les débats mondiaux sur l’avenir du financement du développement, et d’apporter une contribution africaine forte à la redéfinition des règles du jeu économique international.

Débat d’Orientation Budgétaire à l’Assemblée nationale : l’État projette plus de 19 000 milliards FCFA de dépenses entre 2026 et 2028

Le Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) s’est tenu ce samedi à l’Assemblée nationale, en présence du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, et de ses principaux collaborateurs. Cette session a permis aux députés d’examiner le Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP) couvrant la période 2026–2028, un exercice essentiel qui jette les bases des grandes priorités de politique économique et financière de l’État.

Selon les chiffres officiels, le gouvernement prévoit des dépenses s’élevant à 19 364,4 milliards de francs CFA sur les trois années à venir. Ces engagements incluent les charges de fonctionnement, le service de la dette et les investissements structurants, qu’ils soient financés sur ressources internes ou extérieures. En revanche, les prévisions de ressources sont estimées à 16 638,7 milliards FCFA sur la même période. Cet écart significatif traduit un besoin de financement conséquent que l’État devra combler par des emprunts et d’autres mécanismes de mobilisation de ressources.

Le document de programmation souligne qu’en comparaison avec le précédent DPBEP actualisé en octobre 2024, les prévisions de ressources affichent une baisse de 363,9 milliards FCFA, soit un recul de 2,1 %. Cette diminution s’explique principalement par une révision à la baisse des perspectives de recettes fiscales et des appuis extérieurs. De leur côté, les charges ont également été revues à la baisse, passant de 20 364,3 milliards FCFA à 19 364,4 milliards FCFA, soit une diminution de près d’un trillion FCFA en valeur absolue, correspondant à 4,9 % en valeur relative.

Pour l’exercice 2026, première année de la période triennale, les dépenses prévues atteindraient 6 213,1 milliards FCFA, en baisse de 367,1 milliards FCFA par rapport à la Loi de Finances Rectificative 2025 qui prévoyait 6 580,2 milliards FCFA. Cette contraction des dépenses, de l’ordre de 5,6 %, est présentée par le ministère des Finances comme un effort de rationalisation visant à mieux contenir le déficit budgétaire.

Dans le détail, le ministère a précisé que les dépenses hors Comptes spéciaux du Trésor sont évaluées à 18 546,2 milliards FCFA sur la période 2026–2028. C’est une baisse sensible de 1 102,7 milliards FCFA par rapport aux prévisions précédentes qui tablaient sur 19 648,9 milliards FCFA. Ces montants recouvrent plusieurs postes stratégiques dont les intérêts de la dette estimés à 3 982,2 milliards FCFA, les dépenses de personnel à 4 813,1 milliards FCFA, ainsi que les acquisitions de biens et services et transferts courants évalués à 5 174 milliards FCFA.

Les investissements constituent également une part importante de l’enveloppe globale. Ils sont évalués à 4 576,9 milliards FCFA, dont 77,1 % seraient financés par des ressources extérieures et 22,9 % par des ressources internes. Les investissements sur financement interne représenteraient 1 046,8 milliards FCFA tandis que ceux sur ressources externes atteindraient 3 530,1 milliards FCFA.

Ces prévisions confirment la volonté des autorités de maintenir une dynamique d’investissement public tout en poursuivant des efforts de maîtrise des charges courantes, notamment à travers la rationalisation des dépenses de fonctionnement. Mais l’écart entre ressources et besoins de financement souligne également la pression persistante sur la dette publique et la nécessité de renforcer la mobilisation des recettes fiscales et la discipline budgétaire.

Assemblée nationale : Tafsir Thioye relance le débat sur le surfinancement et interpelle Cheikh Diba sur le sort de 123 milliards de francs CFA

La séance plénière consacrée à l’examen de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025 a de nouveau mis en lumière les interrogations persistantes autour de la gestion des ressources publiques et du niveau de transparence budgétaire. Le député Tafsir Thioye a profité de l’occasion pour interpeller le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, sur la destination de sommes jugées opaques par plusieurs parlementaires.

Le parlementaire est revenu sur le dossier des 604 milliards de francs CFA évoqués précédemment par le Premier ministre Ousmane Sonko. Cette enveloppe, qualifiée de surfinancement, avait suscité de vifs débats sur la sincérité des prévisions budgétaires et la traçabilité des fonds effectivement utilisés. Selon Tafsir Thioye, la Cour des comptes avait, dans son rapport, précisé qu’environ 181 milliards avaient été effectivement dépensés. Il en résulterait donc, d’après ses calculs, un reliquat de 123 milliards sur lequel il exige des explications claires.

S’adressant directement au ministre Cheikh Diba, le député a martelé qu’il n’était plus possible de se contenter d’estimations approximatives sur des montants aussi importants. Il a insisté sur l’obligation de rendre compte aux citoyens de l’utilisation exacte de chaque franc prélevé ou emprunté. « Où est passée cette somme ? Nous devons savoir, de manière exhaustive et documentée, la situation budgétaire du pays », a-t-il exigé.

Au-delà de cette question précise, Tafsir Thioye a dénoncé un climat de confusion entretenu, selon lui, par l’exécutif sur la lecture et l’utilisation des crédits inscrits au budget. Il a estimé que cette opacité, conjuguée à un rythme d’endettement soutenu, risquait d’exposer le Sénégal à des difficultés de soutenabilité financière. Le député n’a pas manqué de tirer la sonnette d’alarme sur l’évolution du ratio dette/PIB, qu’il juge préoccupante. « À ce rythme, on sera à plus de 98 % de taux d’endettement dans les prochaines années », a-t-il prévenu.

Ces propos interviennent dans un contexte où l’exécutif défend la nécessité d’emprunts conséquents pour financer les priorités sociales et stimuler la relance économique, après les turbulences mondiales et nationales de ces dernières années. Mais l’opposition parlementaire, quant à elle, estime que la sincérité budgétaire et la redevabilité sont encore loin d’être garanties.

Le ministre Cheikh Diba est attendu sur des clarifications supplémentaires, notamment sur l’exécution budgétaire détaillée et la destination de ce différentiel de plus de 100 milliards de francs CFA, dont la justification reste attendue par les députés et l’opinion.

Assemblée nationale : Abdou Mbow interpelle le gouvernement sur un « endettement effréné » et propose un ministère dédié à la dette

Lors de l’examen de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, le député Abdou Mbow, membre de la coalition d’opposition Takku Wallu Sénégal, a vivement exprimé ses inquiétudes face à la dynamique de l’endettement public jugée alarmante.

S’adressant au ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, Abdou Mbow a dénoncé un recours massif et, selon lui, incontrôlé à l’emprunt, qui porterait désormais la dette publique du Sénégal à un niveau dépassant les 10 000 milliards de francs CFA. Il a affirmé que le gouvernement actuel n’avait pas de véritable programme économique structuré, mais se contentait d’accumuler de nouvelles dettes pour, en réalité, rembourser celles contractées antérieurement.

« Le régime n’a visiblement pas de programme, mais s’endette pour payer des dettes », a-t-il lancé, soulignant la gravité d’une situation qui, selon lui, compromet la soutenabilité budgétaire et la capacité de l’État à répondre aux urgences sociales.

Interpellant le ministre Cheikh Diba sur les délais de mise en œuvre du financement du secteur du BTP, qu’il considère comme l’un des leviers majeurs de relance économique, le parlementaire a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et transparente des ressources empruntées.

En réponse à ce qu’il qualifie de « rythme effréné d’endettement », Abdou Mbow a suggéré la création d’une structure publique spécifique, voire d’un ministère exclusivement chargé de la question de la dette. Selon lui, un tel dispositif permettrait d’évaluer de façon constante le niveau d’endettement, d’en surveiller l’évolution et de garantir que chaque emprunt contracté bénéficie réellement à l’économie nationale.

Le député a relevé ce qu’il a qualifié de « paradoxe » : l’équipe gouvernementale, qui avait fait de la critique de l’endettement un argument central lorsqu’elle était dans l’opposition, se retrouve aujourd’hui confrontée aux mêmes écueils, avec des montants encore plus élevés.

Cette intervention s’inscrit dans un climat d’examen budgétaire tendu, marqué par de nombreuses critiques de l’opposition sur la soutenabilité de la dette, la sincérité des prévisions de recettes et la faible réduction des dépenses annoncée par le ministre des Finances.

Pour rappel, la Loi de Finances Rectificative 2025 entend ajuster les équilibres budgétaires de l’État afin de prendre en compte l’évolution de la conjoncture économique et les engagements du gouvernement en matière sociale et d’investissement. Mais pour Abdou Mbow, sans mécanisme de contrôle renforcé et sans stratégie claire, le Sénégal risque de s’enfermer dans une spirale d’endettement incontrôlée.

LFR 2025 : Aïssata Tall Sall étrille Cheikh Diba et exprime de vifs doutes sur la sincérité budgétaire

Le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’exercice 2025 continue de susciter de vives réactions à l’Assemblée nationale. Ce samedi, Me Aïssata Tall Sall, ancienne ministre des Affaires étrangères et présidente du groupe parlementaire Takku-Wallu Sénégal, a pris la parole pour adresser un réquisitoire particulièrement critique à l’endroit du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba.

Dans son intervention, la députée a mis en doute la cohérence et la crédibilité des chiffres avancés par le gouvernement. Elle a commencé par pointer les signaux qu’elle juge alarmants contenus dans le projet de budget rectificatif. Selon elle, le texte présenté affiche une baisse généralisée des recettes fiscales, combinée à un maintien très limité de l’appui budgétaire et des dons, tout en actant une hausse du déficit public bien supérieure aux plafonds définis par les critères de convergence de l’UEMOA. Elle a souligné que le gouvernement cherchait ainsi à mobiliser plus de 1 140 milliards FCFA de ressources supplémentaires sans garanties sérieuses sur la faisabilité de ces projections.

Aïssata Tall Sall s’est également attardée sur la question de la réduction des dépenses. Elle a estimé que l’effort budgétaire consenti demeurait insuffisant, en rappelant que le gouvernement n’avait abaissé les dépenses que de 0,5 % dans le budget général. À ses yeux, il est contradictoire de prôner une compression rigoureuse des charges publiques tout en affirmant dans le même temps vouloir élargir l’assiette fiscale et porter la pression fiscale à 20 %.

Elle a poursuivi en relevant ce qu’elle considère comme une contradiction flagrante entre les documents officiels transmis aux députés. D’après l’ancienne ministre, un premier texte indique que cet objectif de pression fiscale à 20 % devrait être atteint dès 2025, tandis que le document d’orientation budgétaire précise qu’il ne le sera qu’en 2029. Devant l’hémicycle, elle n’a pas mâché ses mots, lançant au ministre Cheikh Diba qu’il est « un ministre des Finances qui a des problèmes avec les chiffres » et rappelant qu’elle l’avait déjà interpellé sur ces incohérences lors de précédentes sessions.

Aïssata Tall Sall a insisté sur la nécessité de dire la vérité au pays et d’adopter une posture de responsabilité, sans céder aux postures politiciennes. Elle a appelé Cheikh Diba à respecter la tradition républicaine qui veut que les ministres des Finances se tiennent à l’écart des considérations politiques pour se consacrer pleinement à la sincérité et à la précision des comptes publics.

Elle est également revenue sur la dynamique de l’endettement public, en concédant que tous les régimes, y compris celui auquel elle a appartenu, ont eu recours à l’emprunt. Mais elle a dénoncé ce qu’elle qualifie de frénésie actuelle dans la souscription de nouveaux emprunts. Elle a insisté sur la nécessité de convenir ensemble des points qui nécessitent, selon elle, une prudence accrue pour éviter que la dette ne devienne insoutenable.

En conclusion, Aïssata Tall Sall a affirmé qu’elle ne pouvait pas, dans ces conditions, apporter son suffrage à un texte dont elle doute profondément de la sincérité et de la solidité technique. « Voilà, Monsieur le ministre, les raisons pour lesquelles j’ai des doutes sur la sincérité de votre loi de finances. Je ne peux donc pas la voter », a-t-elle conclu, sous les applaudissements de plusieurs parlementaires de l’opposition.

Le Sénégal mobilise avec succès 225,5 milliards FCFA sur le marché financier régional

Le Trésor public sénégalais a réalisé une opération réussie de levée de fonds ce vendredi 27 juin 2025 sur le marché financier régional de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), en mobilisant un montant total de 225,5 milliards de FCFA. Cette adjudication ciblée de titres publics témoigne une fois de plus de la solidité de la signature souveraine du Sénégal et de la confiance renouvelée des investisseurs.

Selon les informations relayées par Le Soleil, l’émission portait sur deux types d’instruments financiers : des Bons Assimilables du Trésor (BAT) à échéance d’un an et des Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à maturités de trois et cinq ans. Initialement, le montant mis en adjudication s’élevait à 205 milliards de FCFA. Toutefois, l’engouement des investisseurs a largement dépassé les attentes, avec une demande globale atteignant 264,3 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 128,93 %.

Les rendements proposés lors de cette opération confirment le niveau élevé des taux dans la sous-région. Les investisseurs ont ainsi bénéficié d’un rendement moyen de 7,21 % sur les BAT (365 jours) et de 7,53 % sur les OAT à trois et cinq ans. Ces conditions, bien que coûteuses pour l’État, reflètent un environnement monétaire tendu dans l’espace UEMOA, mais aussi la forte crédibilité du Sénégal auprès des opérateurs financiers.

Cette opération s’inscrit dans la stratégie annuelle du gouvernement sénégalais visant à mobiliser des ressources internes pour financer ses priorités : projets d’infrastructures, relance économique et couverture du déficit budgétaire. Avec cette dernière adjudication, le Trésor a déjà levé 1 037 milliards de FCFA depuis le début de l’année 2025 sur le marché des titres publics de l’UEMOA.

La réussite de cette émission renforce la position du Sénégal comme l’un des émetteurs les plus actifs et les plus fiables de la région. Ce dynamisme sur le marché des capitaux témoigne de la capacité du pays à mobiliser efficacement les financements nécessaires à la mise en œuvre de son programme économique et social, malgré un environnement économique international contraint.

Assemblée nationale : le projet de loi de finances rectificative adopté à une large majorité

L’Assemblée nationale a procédé à l’examen et au vote du projet de loi de finances rectificative ce samedi, une étape importante du calendrier budgétaire de l’État. À l’issue des débats, le texte a été adopté à la majorité avec 127 voix favorables contre 11 votes défavorables.

Cette adoption traduit le soutien d’une large partie des députés à l’ajustement budgétaire présenté par le gouvernement. Pour rappel, la loi de finances rectificative est l’instrument qui permet à l’exécutif de modifier le budget initial voté en début d’exercice, afin de l’adapter aux évolutions de la conjoncture économique et de tenir compte de nouvelles priorités ou contraintes. Elle vise notamment à intégrer les besoins supplémentaires en dépenses, la révision des prévisions de recettes, ainsi que les nouvelles orientations annoncées par le gouvernement dans le cadre de sa politique économique et sociale.

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a défendu le texte en séance plénière, en expliquant que cet ajustement est motivé par les fluctuations des ressources publiques, la nécessité de renforcer certains secteurs jugés prioritaires et le contexte économique marqué par des contraintes internes et externes. Il a souligné que cette loi de finances rectificative s’inscrit dans une démarche de sincérité budgétaire et d’adaptation aux réalités du moment, avec la volonté d’assurer la continuité du service public et de répondre aux attentes des populations.

L’examen du texte a donné lieu à des échanges nourris, plusieurs députés ayant exprimé des réserves sur l’évolution du niveau d’endettement, la place accordée aux dépenses sociales et la nécessité de rationaliser certains postes budgétaires. D’autres élus ont salué la prise en compte de nouveaux engagements et l’effort consenti pour financer les mesures d’urgence dans des secteurs sensibles comme l’éducation, la santé ou encore le soutien à l’emploi.

Après les débats, le vote a confirmé la majorité parlementaire autour de ce projet, validant ainsi l’ajustement budgétaire proposé par l’exécutif. Le gouvernement dispose désormais d’un cadre actualisé pour engager ses actions et mettre en œuvre les politiques publiques jusqu’à la fin de l’exercice budgétaire en cours.

Sénégal : l’État mobilise 225,5 milliards FCFA sur le marché régional des titres publics de l’UEMOA

L’État du Sénégal a réussi une importante levée de fonds sur le marché financier régional à travers une émission conjointe de Bons Assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT). L’opération, qui s’est tenue le jeudi 27 juin 2025, a permis au pays de collecter un montant total de 225,5 milliards de FCFA.

Cette émission s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de financement des besoins budgétaires et des projets de développement prévus dans la loi de finances 2025. Elle a été organisée par la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor, en partenariat avec l’agence régionale UMOA-Titres qui pilote la mobilisation des ressources sur le marché de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).

Le montant mis en adjudication s’élevait à 256,25 milliards de FCFA. La forte appétence des investisseurs régionaux s’est traduite par des soumissions atteignant un total de 264,3 milliards, soit un taux de couverture particulièrement élevé de 128,93 %. Cet engouement témoigne de la confiance renouvelée des marchés financiers sous-régionaux vis-à-vis de la signature souveraine du Sénégal. Au final, le taux d’absorption global, qui correspond au rapport entre les montants retenus et le total proposé par les investisseurs, s’est établi à 85,23 %.

Les souscriptions ont été réparties entre plusieurs pays de l’Union, démontrant la profondeur et la diversification du marché financier régional. La Côte d’Ivoire a été le principal souscripteur avec plus de 145 milliards FCFA d’offres déposées, dont 126 milliards ont été retenus. Le Sénégal lui-même a apporté une contribution significative avec près de 104 milliards soumis et un peu plus de 88 milliards retenus. Le Togo a également participé avec des soumissions intégralement acceptées, de même que le Burkina Faso dont les 2,9 milliards proposés ont été entièrement pris en compte. D’autres États comme le Mali et le Bénin se sont également manifestés au cours de cette opération.

Selon les autorités sénégalaises, les ressources mobilisées permettront de couvrir des besoins prioritaires, notamment le financement des investissements structurants, le soutien aux politiques sociales et le respect des engagements financiers du pays.

Cette émission confirme la bonne dynamique du marché régional des titres publics, qui constitue aujourd’hui un levier essentiel de financement pour les États membres de l’UEMOA. Elle marque également une nouvelle étape dans la consolidation de la crédibilité financière du Sénégal, qui reste l’un des émetteurs les plus actifs et les plus sollicités de la zone.

Macky Sall aux Assemblées d’Afreximbank : plaidoyer pour une gouvernance renforcée des institutions financières africaines

L’ancien président du Sénégal, Macky Sall, a participé ce mardi aux 32e Assemblées annuelles de l’African Export-Import Bank (Afreximbank), organisées à Abuja, la capitale fédérale du Nigéria. Il était l’un des intervenants d’un panel de haut niveau consacré aux institutions financières multilatérales africaines (IFMA) dans un monde de plus en plus polarisé.

Ce panel stratégique a réuni des personnalités de renom du monde politique, économique et financier africain pour discuter des grands défis qui se posent aux IFMA. Macky Sall, dont l’expérience en matière de gouvernance et de diplomatie est largement reconnue, a pris une part active aux débats, apportant sa lecture des enjeux liés à la souveraineté économique du continent.

Le leadership des dirigeants africains face aux tensions géopolitiques et à la reconfiguration des alliances économiques ; La confiance des partenaires internationaux, notamment dans un climat où les critères de transparence et de performance sont de plus en plus exigeants ; La mobilisation des ressources internes, enjeu crucial pour réduire la dépendance extérieure et renforcer la résilience financière du continent ; Le rôle du secteur privé africain dans le financement du développement et l’innovation ; Les conditions d’accès au crédit pour les États africains, souvent confrontés à des taux prohibitifs ; Le traitement équitable de la dette et les mécanismes de restructuration en période de crise ; Le financement adéquat des projets stratégiques, notamment en infrastructures, santé et éducation ; La gouvernance des IFMA, question centrale dans la quête d’efficacité, de redevabilité et d’appropriation africaine.

Dans son intervention, Macky Sall a insisté sur la nécessité d’une gouvernance plus inclusive, transparente et pragmatique au sein des IFMA. Selon lui, ces institutions doivent non seulement renforcer leurs capacités d’intervention, mais également s’adapter aux nouvelles réalités économiques et aux aspirations des peuples africains.

L’ancien chef de l’État a également plaidé pour un partenariat rénové entre les IFMA, les États et le secteur privé, en misant sur une approche centrée sur la création de valeur, l’industrialisation et l’intégration régionale.

Depuis la fin de son mandat présidentiel, Macky Sall continue d’être sollicité sur la scène internationale pour partager son expérience en matière de gouvernance, de diplomatie économique et d’intégration régionale. Sa participation à ce panel témoigne de son engagement pour une Afrique forte, souveraine et solidaire, capable de faire entendre sa voix dans les grands forums mondiaux.

Hausse de la dette : l’APR exige des explications sur la destination des 10 200 milliards de francs CFA contractés en deux ans

L’Alliance pour la République (APR) hausse le ton face à ce qu’elle qualifie de « rythme effréné d’endettement » observé depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau régime. Réunis ce jeudi, les membres du Secrétariat exécutif national (SEN) du parti ont exprimé leur vive inquiétude quant à l’évolution de la dette publique, et exigent des explications détaillées et crédibles sur l’utilisation des 10 200 milliards de francs CFA contractés sur la période 2024-2025.

Selon le communiqué issu de cette réunion, 4 500 milliards de francs CFA auraient été contractés en 2024, suivis de 5 700 milliards projetés pour 2025. L’APR juge ces chiffres alarmants, surtout au regard de l’absence, selon elle, de projets structurants ou de mesures de relance économique visibles sur le terrain.

Le parti fondé par Macky Sall établit une comparaison directe avec la période de son propre magistère. Il rappelle qu’entre 2019 et 2023, le besoin total de financement s’élevait à 10 115 milliards de francs CFA, alors même que le pays faisait face à des chocs d’envergure : la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, une flambée des prix mondiaux et le financement de grands projets d’infrastructures. L’APR précise que ce chiffre inclut même la « dette cachée », dont l’existence est toujours contestée par le parti.

Pour l’APR, la situation actuelle est d’autant plus préoccupante qu’aucune réalisation majeure ni réforme économique structurante ne justifie un tel niveau d’endettement. Le parti dénonce ainsi un manque de vision, une gestion budgétaire hasardeuse et une absence d’impact concret sur le quotidien des Sénégalais.

Au-delà des chiffres, l’APR alerte sur les risques majeurs que représente cette dynamique : perte de crédibilité financière, déséquilibre budgétaire croissant et mise en péril de l’avenir des générations futures. Le parti appelle les autorités à plus de transparence dans la gestion des finances publiques, à publier la destination précise des fonds empruntés et à engager un débat national sur la soutenabilité de la dette.

LFR 2025 : Thierno Alassane Sall dénonce une dette « implacable » de plus de 5 700 milliards et ses impacts néfastes

Le député et président du parti République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a récemment porté à l’attention de l’opinion publique des chiffres inquiétants liés à la future Loi de Finances Rectificative (LFR) de 2025. Par un message publié sur sa page X (anciennement Twitter), l’opposant politique a révélé une dette publique qui s’envolerait à 5 715,5 milliards de francs CFA pour l’année 2025, portant le cumul de la dette sur deux ans à 10 207 milliards.

Face à ces chiffres qu’il qualifie d’« implacables », Thierno Alassane Sall déplore une trajectoire budgétaire qu’il juge insoutenable et peu bénéfique pour la population sénégalaise. Il souligne avec fermeté que cette explosion de la dette ne se traduit pas par des améliorations tangibles dans des secteurs essentiels tels que l’emploi, la santé, les infrastructures ou encore le bien-être général des citoyens.

L’élu de l’opposition insiste notamment sur l’absence d’impact positif de cette dette sur le chômage, le coût de la vie, la situation des étudiants ou encore le développement du monde rural. Pour lui, la hausse constante des emprunts publics semble se faire au détriment des besoins fondamentaux de la majorité des Sénégalais.

Par ailleurs, Thierno Alassane Sall critique également ce qu’il qualifie de « néo-apparatchiks » qui, selon lui, profiteraient des fonds politiques financés par cette dette croissante. Il met en garde contre le poids de cette politique économique sur le pouvoir d’achat des ménages, marqué notamment par des prix à la pompe élevés et des denrées de base devenues hors de portée, aggravant ainsi les sacrifices imposés à la population.

À travers cette dénonciation, le président du parti République des Valeurs appelle à une révision urgente de la gestion des finances publiques afin d’éviter que la dette ne devienne un fardeau insupportable pour le Sénégal, sans générer les effets escomptés sur le développement économique et social du pays.

Sénégal – LFR 2025 : Un budget de réajustement face aux défis économiques

Le gouvernement sénégalais a dévoilé le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’année 2025. Ce document marque un tournant stratégique dans l’exécution budgétaire du pays, en pleine mutation économique. Il s’inscrit dans la dynamique de transformation inscrite dans l’Agenda national « Sénégal 2050 », tout en prenant en compte les mutations économiques récentes à l’échelle mondiale et nationale.

Au niveau international, l’économie mondiale fait face à un net ralentissement. La croissance mondiale a été révisée à la baisse, à 2,3 % pour 2025 et 2,4 % pour 2026, selon les dernières perspectives de la Banque mondiale. Cette dégradation est portée par un cumul de facteurs : une intensification des tensions commerciales provoquées par les nouvelles barrières tarifaires américaines, des réponses de rétorsion de la part des partenaires commerciaux, des perturbations persistantes dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, des conditions de financement difficiles malgré un léger relâchement des politiques monétaires des grandes banques centrales, ainsi qu’un risque de récession mondiale qui s’est accentué. Celui-ci est passé de 17 % en octobre 2024 à 30 % en avril 2025.

À ces facteurs s’ajoutent les effets géopolitiques du conflit en cours entre Israël et l’Iran. Cette guerre provoque une instabilité aux conséquences économiques lourdes pour les pays en développement comme le Sénégal, qui subissent à la fois une baisse de la demande extérieure, une forte volatilité des cours des matières premières et une hausse des coûts de financement. Le climat d’incertitude pourrait également décourager l’investissement privé dans l’économie sénégalaise.

Sur le plan national, le gouvernement a dû revoir son cadrage macroéconomique. Plusieurs éléments expliquent ce réajustement. Il s’agit d’abord de la prise en compte des conclusions du rapport de la Cour des comptes, qui a entraîné une actualisation du service de la dette et une reprogrammation réaliste des dépenses d’investissement. Par ailleurs, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a assoupli sa politique monétaire en réduisant ses taux : le taux directeur est passé de 3,5 % à 3,25 %, tandis que le taux de prêt marginal est désormais fixé à 5,25 % au lieu de 5,5 %.

Conséquence directe de ces ajustements, le gouvernement a revu à la baisse ses projections économiques. La croissance, initialement attendue à 8,8 %, est désormais réévaluée à 8,0 %. Bien qu’en recul, cette performance demeure la plus élevée prévue sur le continent africain pour l’année 2025. Elle reste essentiellement portée par l’entrée en production du secteur des hydrocarbures, qui constitue un levier majeur dans la stratégie de croissance du pays.

En revanche, la croissance hors hydrocarbures, estimée à 3,8 %, s’appuiera sur une relance ciblée de secteurs stratégiques jugés à fort potentiel. Toutefois, cette dynamique est atténuée par une contraction du produit intérieur brut nominal. Celui-ci est désormais projeté à 21 690,5 milliards de FCFA, contre 22 597,7 milliards prévus initialement, soit une baisse de 907,2 milliards FCFA représentant une réduction de 4,0 %.

Réformes budgétaires et finances publiques : Le Sénégal reçoit un financement de 65 milliards FCFA de la Banque mondiale

Le Sénégal vient de recevoir un soutien financier significatif pour améliorer la transparence de son budget et la gestion de ses finances publiques. Ce mardi, la Banque mondiale a annoncé l’octroi d’un prêt concessionnel d’une valeur de 115 millions de dollars, soit environ 65 milliards de francs CFA, via l’Association internationale de développement (IDA).

Ce financement s’inscrit dans le programme SEN-FINTRAC (Programme pour la transparence dans la gestion des finances publiques et l’assainissement des finances publiques), qui couvre les années 2025 à 2029. Il soutient également le programme national ambitieux de réformes RESET, une initiative stratégique du gouvernement sénégalais centrée sur trois piliers : stabilisation économique, transformation structurelle, et transparence dans la gestion publique.

Le soutien de la Banque mondiale se concentre sur trois axes principaux de réformes. Premièrement, la gestion des finances publiques vise à moderniser les systèmes de suivi des dépenses publiques et à renforcer les outils numériques, notamment à travers l’intégration de systèmes électroniques pour les procédures de marchés publics. Ce pilier cherche à accroître l’efficacité des dépenses publiques tout en améliorant leur traçabilité.

Le deuxième axe concerne la viabilité de la dette publique. Il est prévu d’implanter un système intégré pour l’enregistrement et le suivi de la dette, ainsi que de consolider les fonctions de gestion de la dette au sein d’une seule entité. Cette réforme vise à obtenir plus de transparence et un meilleur contrôle de l’endettement du pays.

Enfin, le troisième axe de la réforme est axé sur la mobilisation des ressources intérieures. Le gouvernement sénégalais, avec le soutien de la Banque mondiale, entend moderniser l’administration fiscale et douanière. Cela inclut notamment l’introduction de la facturation électronique pour les contribuables soumis à la TVA et la mise en œuvre d’une gestion axée sur la performance pour les opérations douanières.

Tous ces efforts seront soutenus par un vaste programme de transformation numérique, considéré comme essentiel pour le suivi en temps réel des finances de l’État et pour renforcer la gouvernance publique.

Parmi les 115 millions de dollars annoncés, 105 millions (approximativement 59,3 milliards FCFA) sont étroitement liés aux résultats attendus des réformes, tandis que les 10 millions restants (environ 5,7 milliards FCFA) sont destinés à l’assistance technique, à la gestion du changement, à la transformation numérique ainsi qu’au renforcement des capacités des institutions publiques concernées.

Ce financement marque une étape cruciale dans la stratégie de modernisation budgétaire du Sénégal. Il devrait permettre au pays de mieux contrôler son endettement, d’élargir sa base fiscale et de construire une administration publique plus efficace, plus responsable et plus transparente.

Dette publique et budget 2025 : Dr Babo Amadou Ba expose les vrais enjeux et la stratégie de l’État

Alors que le débat autour de la dette publique et du déficit budgétaire alimente les discussions dans les cercles politiques, économiques et citoyens, Dr Babo Amadou Ba, Directeur général du Fonds de Financement des Projets et Programmes Transversaux (3FPT) et spécialiste en finance de marché, a décidé de sortir du silence. Dans une analyse fouillée, il a apporté des clarifications essentielles sur les choix budgétaires du gouvernement pour l’année 2025, tout en inscrivant ces décisions dans le cadre communautaire de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) et dans une perspective de réforme structurelle.

Selon Dr Ba, les décisions actuelles du gouvernement sénégalais s’appuient sur deux textes fondamentaux adoptés en 2009 par l’UEMOA. Il s’agit d’abord de la Directive N°1/2009/CM/UEMOA, qui oblige les États membres à publier dans les trois mois suivant le début d’un mandat présidentiel toutes les informations relatives aux finances publiques, avec un accent particulier sur la dette et les déficits. Ensuite, la Directive N°06/2009/CM/UEMOA, qui a amorcé une réforme des lois organiques pour introduire une nouvelle culture de gestion publique. Cette réforme a fait basculer les États de la logique de moyens à une logique de résultats, mettant au cœur de l’action publique la performance. L’une des innovations majeures de cette directive est la déconcentration de l’ordonnancement. Jusque-là, seul le ministre chargé des Finances ordonnait les dépenses de l’État. Désormais, les ministres sectoriels, les présidents d’institutions et les directeurs généraux disposent de ce pouvoir, rendant chaque entité responsable de son budget.

S’agissant du budget 2025, Dr Ba a révélé que les autorités ont constaté un déficit budgétaire de 1 600 milliards de FCFA. Ce déficit représente l’écart entre les recettes mobilisées et les dépenses prévues. À cela s’ajoute un service de la dette particulièrement lourd, estimé à 2 973 milliards FCFA, dont 932 milliards pour les seuls intérêts et commissions. En tout, le besoin de financement pour l’exercice 2025 s’élève à 4 573 milliards de FCFA. Dr Ba précise que sur ce montant, 2 973 milliards correspondent à des engagements contractés sous le régime précédent. Il rappelle également que dans les règles actuelles de comptabilité publique, l’amortissement de la dette, c’est-à-dire le remboursement du principal, n’apparaît plus comme une dépense budgétaire classique, mais est classé parmi les opérations de trésorerie. Ce changement explique pourquoi l’amortissement disparaît du cadre budgétaire proprement dit, bien qu’il reste une obligation financière réelle.

L’un des volets les plus sensibles abordés par Dr Ba concerne les risques liés à l’endettement du Sénégal. Il identifie quatre menaces majeures. D’abord, le risque de change, qui survient lorsque l’endettement est libellé dans des monnaies étrangères comme le dollar ou l’euro, et que les fluctuations de ces devises aggravent mécaniquement le montant de la dette. Ensuite, le risque de taux d’intérêt, car une hausse des taux sur les marchés internationaux rend le remboursement plus coûteux. Le troisième danger est celui du refinancement, c’est-à-dire la nécessité d’emprunter à nouveau pour rembourser d’anciennes dettes, ce qui crée un effet boule de neige. Enfin, il mentionne le risque de liquidité, lorsque les marchés se ferment ou deviennent trop coûteux.

Pour faire face à ces risques, le gouvernement a choisi de changer d’approche en se tournant davantage vers le marché domestique. Cette réorientation se traduit par la mise en place d’instruments innovants comme les « patriotes bonds » et les « diaspora bonds ». Ces outils de financement visent à mobiliser les ressources des Sénégalais résidant au pays et à l’étranger, tout en réduisant la dépendance excessive aux bailleurs extérieurs. Ce virage stratégique s’inscrit dans le cadre de la Stratégie Nationale de Développement Durable (SN2D), qui fixe un objectif de rééquilibrage de la structure de la dette à l’horizon 2027. Ainsi, le Sénégal ambitionne d’atteindre une composition de la dette à 59 % de financements domestiques et 41 % de dettes extérieures, contre une situation actuelle dominée à 74 % par l’endettement extérieur.

Dr Babo Amadou Ba insiste sur le fait que les critiques adressées au budget 2025 doivent être contextualisées et dépassionnées. Il soutient que le régime actuel n’a fait que constater l’ampleur des engagements hérités, tout en posant les jalons d’une gestion plus responsable, plus transparente et plus adaptée aux enjeux économiques nationaux et sous-régionaux. À ses yeux, les débats sur le budget devraient porter sur la manière dont l’État sénégalais entend mettre en œuvre les réformes promises dans le sens d’une budgétisation plus performante et tournée vers les résultats.

Au final, l’analyse du Dr Babo Amadou Ba vient remettre en perspective la situation financière du Sénégal, en rappelant que les défis actuels, bien que réels, ne sont pas insurmontables. Ils appellent, selon lui, à des réponses structurées, fondées sur une bonne compréhension des mécanismes financiers, une rigueur accrue dans l’exécution budgétaire et une vision claire de la souveraineté économique.

Rapports d’exécution budgétaire : Pr Amath Ndiaye évoque un surendettement imminent

À l’occasion de la publication des rapports d’exécution budgétaire du quatrième trimestre 2024 et du premier trimestre 2025, le Pr Amath Ndiaye, économiste à la FASEG de l’UCAD, propose une analyse alarmante des finances publiques sénégalaises. Le Sénégal entame l’année 2025 avec des finances sous forte pression. Bien que les recettes fiscales affichent de bonnes performances, la situation est marquée par un déficit élevé, une exécution insuffisante des investissements et une dépendance croissante à un financement externe coûteux. « Le retour à l’équilibre budgétaire ne peut plus être différé : le redressement est devenu une urgence nationale, pour préserver la stabilité macroéconomique, soutenir l’emploi et maintenir le cap vers la Vision 2050 », avertit l’économiste.

Recettes : bon démarrage interne, blocage externe

Les recettes totales mobilisées au premier trimestre 2025 s’élèvent à 1 027,82 milliards FCFA, soit 21,44 % des prévisions annuelles, en hausse de 9,7 % par rapport au T1 2024 (937,07 milliards).

– Recettes fiscales : 960,26 milliards FCFA, en progression de 11,6 % par rapport à 860,38 milliards en 2024, avec un taux d’exécution trimestriel de 94,4 %.
– Recettes non fiscales : 59,56 milliards FCFA, en hausse de 24,4 % (47,88 milliards en T1 2024), avec un taux d’exécution de 137 %.

Les recettes internes atteignent 96,15 % de l’objectif trimestriel, démontrant une mobilisation efficace. Cependant, les ressources extérieures sont quasi inexistantes : « Les dons budgétaires au T1 2025 : 0 FCFA exécuté sur 45 milliards prévus. Dons en capital : 8 milliards FCFA réalisés sur 200 milliards prévus (soit seulement 4 %). » Au total, seuls 3,27 % des ressources extérieures attendues ont été mobilisées, limitant les financements d’investissement.

Dépenses : exécution maîtrisée mais déséquilibrée

Les dépenses totales exécutées au T1 2025 s’élèvent à 1 419,45 billions FCFA, soit 22,14 % des crédits annuels ouverts.

  – Dépenses ordinaires : 1 130,89 milliards FCFA (26,01 % des dotations), dont :

  – Charges de la dette : 225,24 milliards FCFA, en hausse de 24 % par rapport à 181,63 milliards en T1 2024 (+43,61 milliards).

  – Dépenses de personnel : 357,07 billions FCFA, en légère hausse de 1 % (353,67 milliards en T1 2024).

  – Transferts courants : 463,93 milliards FCFA, en progression de 15,2 % (402,52 milliards en T1 2024), dopés par les subventions à l’énergie (169 milliards) et à l’enseignement supérieur.

 – Dépenses en capital : 288,57 milliards FCFA, en baisse de 42,2 milliards FCFA par rapport à 330,75 milliards en T1 2024.

 – Investissements sur ressources internes : Un maigre 2,64 milliards FCFA réalisés sur 308,25 milliards, soit un taux de 0,86 %, soulignant un frein majeur.

Vers une trajectoire budgétaire difficilement tenable

Le déficit budgétaire de 2024 s’est établi à 2 500,95 milliards FCFA, soit environ 12,6 % du PIB, dépassant la prévision initiale de 11,1 %. Pour 2025, le déficit reste au-dessus de la norme communautaire de l’UEMOA. « L’objectif de réduction à 3 % du PIB en 2027 fixé par l’UEMOA semble difficilement atteignable, même avec des coupes drastiques dans les dépenses publiques », note Pr Ndiaye. Les charges d’intérêt, en hausse de 24 %, et le retour aux marchés internationaux à des taux de 10 à 12 % rendent la dette insoutenable, contrairement aux taux régionaux UEMOA de 6-7 %.

Recommandations stratégique

Le Pr Ndiaye propose des mesures urgentes : « Le gouvernement doit accélérer les décaissements pour les projets d’investissement structurant, renforcer les négociations avec le FMI, et mettre en œuvre un plan de redressement budgétaire, avec ou sans le FMI. » Ce plan doit :

– « Réduire les subventions inefficaces, »

– « Maîtriser les dépenses de fonctionnement, »

– « Réorienter les investissements vers les secteurs à fort rendement économique, »

– « Protéger les plus pauvres. »

« Les données arrêtées au 31 mars 2025 confirment que, bien que la mobilisation des recettes fiscales soit satisfaisante, la situation budgétaire du Sénégal reste fragile. » Les déséquilibres structurels persistent, et « les charges d’intérêt augmentent à un rythme inquiétant. Sans redressement budgétaire rigoureux, le pays court un risque élevé de surendettement, avec des conséquences graves sur la croissance, l’emploi des jeunes, et la réalisation de la Vision 2050. » L’économiste insiste : « Ce redressement exige un réel courage politique, car il impliquera nécessairement des décisions difficiles et parfois sensibles sur le plan social. Mais il demeure incontournable. La stabilité budgétaire constitue le socle d’un développement endogène et durable. »

Rapports d’exécution budgétaire 2024-2025 : Pape Malick Ndour critique une gestion budgétaire « incohérente » et « peu sincère »

L’économiste Pape Malick Ndour s’est exprimé sur les rapports d’exécution budgétaire du premier trimestre 2025 et du quatrième trimestre 2024. À ses yeux, les résultats révèlent des incohérences notables. En comparant les prévisions et les recettes effectivement collectées au premier trimestre 2025, il note un manque à gagner de près de 40 milliards de francs CFA. Pour l’ancien ministre, cela démontre que « ce budget est un budget de confort, non de rupture ».

Concernant le quatrième trimestre de l’année 2024, Pape Malick Ndour soulève des interrogations sur un écart de 43 milliards de francs CFA entre les recettes attendues selon la Loi de finances rectificative (LFR) et celles effectivement perçues. Ce décalage, affirme-t-il, remet en cause la « sincérité de la LFR 2024 ».

Ledakarois.sn vous livre l’intégralité de sa publication.

1.  Moins-value budgétaire : Où sont passés nos 40 milliards ? (Rapport 2025)
 
Le gouvernement nous doit des explications à ce sujet. En effet, en comparant l’objectif et les réalisations au premier trimestre, près de 40 milliards de francs CFA de recettes manquent à l’appel au cours des trois premiers mois de l’année (Tableau 1 page 5). Et pourtant, il nous avait assuré que le budget était sincère et que les prévisions collaient à la réalité économique.
 
Ce décalage soulève une question simple : les prévisions budgétaires étaient-elles fiables ? Si oui, où sont passés nos 40 milliards?
 
2. L’État s’entretient, mais n’investit plus (Rapport 2025)
 
Alors que les investissements exécutés par l’État plafonnent à 2,64 milliards FCFA au premier trimestre 2025 (dernier paragraphe page 15) et que les transferts en capital chutent de 42,2 milliards en glissement annuel, les dépenses de fonctionnement explosent : 84,65 milliards pour l’achat de biens et services et 463,93 milliards pour les transferts courants.
 
Le prétexte des lenteurs dans les passations de marchés, brandi à la page 15 du rapport de 2025 pour justifier la faiblesse des investissements exécutés par l’État, ne tient pas. Car lorsqu’il s’agit de payer, acheter ou entretenir l’appareil bureaucratique, les procédures ne semblent pas bloquées. Mais dès qu’il s’agit d’investir pour le bien-être des populations il faut l’approbation préalable de la Primature, comme annoncé en Conseil des ministres.
 
Ce budget est un budget de confort, pas de rupture. On entretient le quotidien des nouveaux élus en oubliant de s’occuper de la précarité et des urgences des populations. En d’autres termes, toujours nourrir le système et oublier la nation. Pas de transformation systèmique, le train de vie de l’Etat explose au détriment des investissements structurants qui sont sensés tirés la croissance. Un exemple frappant : les véhicules achetés par l’Assemblée nationale pour les 165 députés de l’assemblée nationale à environ 8 milliards sont près de 4 fois supérieure à l’ensemble des investissements exécuté par l’Etat au premier trimestre 2025.
 
Résultat : une croissance asphyxiée, une jeunesse oubliée, et un pays qui tourne à vide.
 
 3.  131 milliards rattachés, 43 milliards évaporés ? (Rapport 2024)
 
Dans son rapport, la Cour des comptes évoque un montant de 131 milliards de recette recouvrés en 2024 mais comptabilisés dans l’exercice 2023 (Voir premier tableau page 11 du rapport de la Cour des comptes). Le gouvernement avait expliqué que le retard dans la publication du rapport venait justement de l’impérieuse nécessité d’intégrer ces montants.
 
Logiquement, on aurait dû voir une hausse équivalente dans les recettes. Mais ce n’est pas le cas. Seuls 87,9 milliards supplémentaires apparaissent par rapport aux prévisions de la LFR. Alors, qu’en est-il réellement ? Le gouvernement a-t-il intégré les 131 milliards en totalité ?
 
Si oui, cela signifie qu’il y’a un gap de 43,1 milliards par rapport aux recettes prévues par la LFR, ce qui rend la LFR 2024 peu sincère. Si non, celà suppose que les chiffres de la Cour ont été modifiés ou revus à la baisse.
 
Dans les deux cas, le gouvernement nous doit des explications
 
 4. Un Noël budgétaire à 90 milliards ? Explications attendues… (Rapport 2024) ?
 
La Loi de finances rectificative, votée le 24 décembre 2024, prévoyait 65,2 milliards de dons. Une semaine plus tard, c’est a dire au 31 decembre fin de l’exercice, on découvre que 155,3 milliards ont été reçus. C’est un écart de 90 milliards en quelques jours.
 
Sachant combien les procédures de mise à disposition des dons sont longues et complexes, il est difficile de croire que cet argent soit arrivé par surprise en toute fin d’année.
 
Trois scénarios sont possibles :
 
A. L’État était informé de ce versement, mais a choisi de ne pas l’inclure dans la LFR. Ce serait grave en matière de transparence.
 
B. Ou bien il s’agit d’un versement exceptionnel de dernière minute, qu’il faut alors justifier clairement.
 
C. Ou enfin, s’agit il de dons cachés par l’ancien régime et non revelés par la Cour des comptes?
 
Dans tous les cas, le gouvernement est interpellé…
 
Bon Mardi..
 
Pape Malick Ndour
Ancien ministre 

Budget 2025 : des recettes en hausse, mais des dons étrangers en chute libre

Le premier trimestre 2025 marque une dynamique contrastée dans l’exécution budgétaire de l’État du Sénégal. Selon le rapport d’exécution budgétaire publié par le ministère des Finances, les recettes globales enregistrées à la fin du mois de mars s’élèvent à 1 027,82 milliards de francs CFA, soit 21,44 % des prévisions annuelles fixées dans la Loi de Finances Initiale (LFI). Cette performance représente une hausse notable de 91,06 milliards en valeur absolue par rapport à la même période de l’année précédente, soit une progression de 9,72 % en glissement annuel.

Ce bon résultat repose principalement sur les recettes internes, qui s’établissent à 1 019,82 milliards de francs CFA. Elles représentent 22,42 % des objectifs annuels. Le document du ministère souligne que ces ressources internes ont progressé de 12,23 % par rapport au premier trimestre de 2024, confirmant ainsi la montée en puissance de la mobilisation fiscale et non fiscale.

Les recettes fiscales, en particulier, se démarquent avec un total de 960,26 milliards de francs CFA. Elles enregistrent une progression de 99,44 milliards, soit une croissance de 11,6 % sur un an. Cette performance témoigne d’un meilleur rendement des impôts intérieurs, soutenu par l’élargissement de l’assiette fiscale et une amélioration de la discipline dans les services de recouvrement. Les recettes non fiscales suivent la même tendance haussière, avec un total de 59,56 milliards de francs CFA, en progression de 24,4 % par rapport au premier trimestre de 2024.

Cependant, cette dynamique intérieure masque une nette contre-performance sur le plan de la coopération extérieure. Les dons étrangers, qui constituent une source de financement essentielle pour certains projets de développement, ont enregistré une chute spectaculaire. Seuls 8 milliards de francs CFA ont été mobilisés au titre des dons à la fin mars, soit à peine 3,27 % des prévisions de l’année. Ce chiffre contraste fortement avec les 28,06 milliards collectés à la même période en 2024, traduisant une baisse alarmante de 71,49 %.

Les dons reçus sont exclusivement des dons en capital, en provenance principalement de la Banque mondiale (à hauteur de 35 %) et de la banque allemande KFW (15 %). Aucun don courant n’a été enregistré durant cette période, accentuant le recul du soutien budgétaire direct.

Cette diminution drastique des dons soulève des inquiétudes quant à la dépendance partielle du Sénégal vis-à-vis de l’aide extérieure pour financer ses projets d’investissement. Elle pourrait aussi refléter un repositionnement des partenaires techniques et financiers, ou des retards dans l’approbation et la mise en œuvre des projets.

Ainsi, malgré une hausse encourageante des recettes internes, l’équilibre budgétaire reste fragile face à la contraction de l’aide extérieure. Cette situation pourrait pousser l’État à renforcer ses efforts de mobilisation interne, mais aussi à réévaluer ses partenariats pour sécuriser les flux de financements extérieurs indispensables au développement économique du pays.

Thierno Bocoum : Pourquoi le pays est en panne : ce que révèlent les chiffres

Cette contribution est la première d’une série de tribunes fondées sur l’analyse rigoureuse des rapports d’exécution budgétaire du quatrième trimestre 2024 et du premier trimestre 2025, publiés par la Direction générale du Budget.

À travers ces données officielles, il ne s’agit pas d’alimenter la polémique mais de mettre en lumière des déséquilibres profonds qui expliquent pourquoi notre pays donne aujourd’hui le sentiment d’être à l’arrêt.

Le discours de rupture ne suffit plus. Il faut scruter les choix budgétaires pour mesurer la volonté politique réelle et les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Dès le premier trimestre 2025, 357,1 milliards de francs CFA ont été exécutés au titre des salaires, soit 24,3 % de la masse salariale annuelle prévue dans la loi de finances initiale (1 471 milliards FCFA). C’est une hausse de 8,8 % par rapport au premier trimestre 2024 (328,2 milliards FCFA). Cette évolution, en contexte de tension budgétaire, s’explique notamment par une vague de recrutements qui, pour partie, ne s’accompagne ni de rationalisation ni de mission productive claire. Pourtant, le chef de l’État lui-même a affirmé que « l’État n’a presque plus de marge de manœuvre ».

Ce décalage entre l’alerte verbale et la pratique budgétaire nourrit une perte de cohérence.

Dans le même temps, l’investissement public exécuté par l’État chute à seulement 2,64 milliards FCFA au T1 2025, contre 157,9 milliards au T4 2024, soit une chute vertigineuse de 98,3 %.

Plus largement, les dépenses en capital totales sont passées de 952 milliards FCFA au T4 à 103,3 milliards FCFA au T1, soit une baisse de 89 %. Le taux d’exécution des investissements financés sur ressources internes (catégorie 5) est de 0,86 %, contre 16,2 % au T1 2024. Cela signifie une quasi-paralysie de l’État investisseur, alors que le pays avait besoin d’un signal fort post-électoral.

Parallèlement, l’État continue de s’endetter. La charge des intérêts sur la dette atteint déjà 225,1 milliards FCFA au T1 2025, ce qui représente 24 % des dépenses exécutées (936,4 milliards). Sur l’ensemble de l’année 2024, cette charge s’élevait à 822,3 milliards FCFA. Autrement dit, l’État finance son fonctionnement et le service de sa dette mais n’engage aucun programme structurant.

Le résultat est implacable et se fait ressentir. Les entreprises du BTP sont sans commandes, les chantiers publics sont suspendus, les recrutements productifs sont à l’arrêt, les jeunes manquent de perspectives.

Pendant que l’économie réelle s’essouffle, les prix continuent de grimper, sans amortisseur. Le pouvoir d’achat recule, pas seulement à cause des prix mondiaux mais aussi en raison du retrait de l’État de son rôle de régulateur actif.

Il serait trop simple de parler d’un retard technique ou d’une contrainte d’héritage. Ce début de gestion 2025 reflète des choix budgétaires donc des choix politiques notamment ceux de préserver le fonctionnement administratif de l’État, reporter les investissements, différer les réformes structurelles.

Ce qui est en panne aujourd’hui, ce n’est pas la capacité du Sénégal à produire de la richesse mais plutôt la volonté de redonner à l’État sa fonction productive, protectrice et visionnaire.

Nous poursuivrons cette série de tribunes, en analysant d’autres aspects clés des rapports publiés. Chaque thème mérite un éclairage précis parce que dans une démocratie mature, le débat sur le budget est d’abord un débat sur les priorités réelles.

Thierno Bocoum
Président AGIR-LES LEADERS

UEMOA : près de 2000 milliards FCFA mobilisés en avril 2025 sur le marché régional des titres

Dans sa dernière note de conjoncture économique publiée ce lundi, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) signale une forte mobilisation de ressources par les États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) sur le marché régional des titres publics au mois d’avril 2025. En dépit d’un léger ralentissement de l’activité boursière à la BRVM, les pays de l’Union ont levé un total impressionnant de 1 990 milliards de FCFA, un bond de 1 008,9 milliards par rapport au mois de mars.

Cette dynamique haussière est largement portée par les émissions par adjudication, qui ont généré 1 573,4 milliards de FCFA. Ce montant se répartit entre 605,5 milliards de bons du Trésor, représentant 38,5 %, et 967,9 milliards d’obligations assimilables du Trésor, soit 61,5 %. La performance mensuelle reflète une hausse significative de +60,4 %, principalement imputable à l’envolée des émissions obligataires, en hausse de +223,3 % par rapport à mars.

Sur un an, la croissance est encore plus marquée. Le volume global des émissions par adjudication a bondi de +88,9 %, soit 740,6 milliards de FCFA supplémentaires. Le marché par syndication a, quant à lui, enregistré une seule opération au cours du mois, d’un montant de 416,6 milliards de FCFA.

Le taux de couverture des émissions par adjudication reste élevé, à 123,2 %, confirmant la confiance des investisseurs régionaux dans la signature des États de l’Union. Cette robustesse témoigne d’une perception favorable du risque souverain dans l’espace UEMOA, malgré les défis économiques persistants.

Sur le plan boursier, les performances sont restées mitigées. L’indice BRVM Composite a enregistré un recul de 0,1 %, s’établissant à 287,1 points, tandis que le BRVM 30, qui regroupe les valeurs les plus échangées de la place, a baissé de 0,3 %, pour atteindre 144,1 points à fin avril 2025. Comparés à mars 2024, les deux indices affichent un recul de 2,1 % et 2,2 %, respectivement. Toutefois, en glissement annuel, la tendance demeure largement positive, avec une hausse remarquable de +31,6 %.

Parallèlement, la capitalisation boursière totale poursuit sa progression. Elle atteint désormais 21 565,8 milliards de FCFA, en hausse de 16,7 % sur un an. Dans le détail, le marché des actions représente 11 070,0 milliards de FCFA, avec une croissance annuelle de 38,0 %, tandis que le marché obligataire enregistre une progression plus modeste de 2,2 %, s’établissant à 10 495,8 milliards de FCFA.

Rapport budgétaire 2024 : Des recettes record mais une pression budgétaire croissante

Le ministère des Finances et du Budget a rendu public, ce lundi, le Rapport d’Exécution Budgétaire du quatrième trimestre 2024, en application de l’article 70 de la loi organique relative aux lois de finances et du Code de transparence dans la gestion des finances publiques. Ce document, qui anticipe l’adoption du Projet de Loi de Règlement (PLR) 2024, lève le voile sur les grandes tendances budgétaires qui ont marqué l’exercice écoulé. Entre mobilisation exceptionnelle des recettes et forte expansion des dépenses, le rapport dévoile les tensions réelles qui traversent les finances publiques sénégalaises.

À la date du 31 décembre 2024, les recettes et dons du budget général ont atteint 4 005,21 milliards de FCFA, dépassant les prévisions initiales avec un taux d’exécution de 103,91 %. Cette performance reflète une bonne dynamique dans la collecte des ressources fiscales et parafiscales. Toutefois, cette progression ne suffit pas à contenir une dépense publique galopante.

En effet, les dépenses totales de l’État se sont établies à 6 506,16 milliards de FCFA, pour un taux d’exécution de 103,70 %. Cette enveloppe est composée de 4 239,02 milliards de dépenses ordinaires, notamment les salaires, les subventions et le service de la dette, et de 2 267,14 milliards de dépenses en capital, témoignant de l’effort d’investissement de l’État.

Mais derrière ces chiffres, le rapport fait état d’arriérés de paiement préoccupants. Les factures impayées au titre de l’exercice 2024 comprennent 146,3 milliards de subventions au secteur de l’énergie, 105,20 milliards pour des travaux réalisés dans le secteur du BTP, et 249,5 milliards d’investissements non réglés, bien qu’ayant été financés sur ressources extérieures. Ces arriérés soulignent les limites de la capacité de l’État à faire face à l’ensemble de ses engagements financiers dans un contexte budgétaire contraint.

Le rapport offre également un aperçu de la situation du Fonds National de Retraite (FNR). Les recettes cumulées du FNR au 31 décembre 2024 s’élèvent à 177,01 milliards de FCFA, réparties entre 153,15 milliards pour le régime de base et 23,86 milliards pour le régime complémentaire. Les dépenses totales du FNR, y compris les remboursements, atteignent 141,395 milliards de FCFA, contre 139,282 milliards l’année précédente. Le taux d’exécution s’élève à 83,91 % par rapport aux crédits ouverts de 165,8 milliards de FCFA.

Par ailleurs, le rapport démographique du FNR affiche une légère amélioration. Le nombre de cotisants s’établit à 144 543, contre 75 134 pensionnés, soit un ratio de 1,92 cotisant pour un pensionné, contre 1,86 en 2023. Ce redressement timide reste néanmoins insuffisant pour inverser la tendance structurelle de déséquilibre qui menace la soutenabilité du régime de retraite à moyen terme.

Au final, si les performances de mobilisation des recettes sont à saluer, le rapport met en exergue les défis persistants liés à la maîtrise des dépenses, au paiement des engagements de l’État et à la soutenabilité globale de la politique budgétaire. Dans un contexte économique encore marqué par l’incertitude des marchés extérieurs et les tensions sociales internes, ces éléments appellent à une gestion rigoureuse et plus prévoyante des ressources publiques.

Budget 2024 : des recettes record mais des tensions persistantes sur les finances publiques

Le Sénégal a clôturé l’année 2024 avec une performance remarquable en matière de mobilisation des recettes publiques, dépassant même les prévisions inscrites dans la loi de finances rectificative. D’après le rapport publié par le ministère des Finances, le taux d’exécution budgétaire s’est établi à 103,91 % pour les recettes et à 103,70 % pour les dépenses du budget général. Des chiffres qui traduisent un dynamisme apparent, mais qui cachent en réalité une pression croissante sur les finances publiques.

Selon ce document officiel, les dépenses de l’État ont atteint un montant total de 6 506,16 milliards de francs CFA, contre 6 273,52 milliards initialement prévus. Cette hausse des charges est en grande partie attribuable à l’envolée des dépenses en capital, qui se sont établies à 2 267,14 milliards, mais aussi à la progression continue des dépenses ordinaires. Ces dernières, estimées à 4 239,02 milliards, comprennent 1 420,36 milliards de dépenses de personnel, illustrant l’impact des recrutements dans les forces de défense et des rappels salariaux, et 822,32 milliards affectés au service de la dette.

Le rapport du ministère met en lumière des tensions croissantes liées à l’accumulation d’arriérés de paiement, ce qui vient tempérer les bons résultats obtenus en matière de recettes. À la fin de l’année, les impayés s’élevaient à 146,3 milliards de francs CFA au titre des subventions à l’énergie, à 105,20 milliards pour les travaux réalisés dans le secteur des BTP, et à 249,5 milliards d’investissements non réglés, financés sur des ressources extérieures. Ces chiffres traduisent un retard significatif dans la chaîne des paiements, qui pourrait compromettre la viabilité de certains projets publics.

Autre signal d’alerte : la charge de la dette publique a connu une progression spectaculaire de 44,5 % par rapport à 2023, atteignant 822,32 milliards de francs CFA. Cette hausse est due à une forte augmentation aussi bien de la dette extérieure, en croissance de 36,64 %, que de la dette intérieure, qui a bondi de 93,33 %. Cette dynamique traduit un recours accru aux emprunts pour couvrir les dépenses courantes, au risque d’alourdir le poids du service de la dette sur les finances publiques à moyen terme.

L’embellie observée au niveau des recettes ne suffit donc pas à masquer les inquiétudes sur la soutenabilité budgétaire. En effet, si le Sénégal a réussi à maintenir un haut niveau de mobilisation fiscale et de financement extérieur en 2024, la persistance d’arriérés et la croissance rapide des charges contraignent la marge de manœuvre de l’État. La trajectoire budgétaire future dépendra ainsi de la capacité des autorités à contenir les dépenses, à améliorer la qualité des investissements et à renforcer la discipline dans l’exécution des engagements publics.

Suspension des décaissements du FMI : Cheikh Diba rassure et annonce un nouveau cadre budgétaire

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a levé le voile sur la suspension temporaire des décaissements du Fonds monétaire international (FMI), intervenue dans le cadre de l’accord de prêt signé en juin 2023 sous l’ancien régime. C’est à Ziguinchor, à l’occasion de l’inauguration du nouveau siège du Contrôle régional des finances (CRF), que le ministre a choisi d’apporter des clarifications à une actualité économique qui alimente les débats.

Cheikh Diba a tenu à préciser que cette suspension ne constitue en rien un désaveu ni une sanction infligée au Sénégal. Elle s’inscrit plutôt dans une démarche de mise à jour technique entre les équipes du FMI et l’État, afin de mieux harmoniser les données budgétaires couvrant la période 2019-2024 avec les récentes conclusions de la Cour des comptes. L’objectif, selon lui, est de s’assurer de la fiabilité et de la sincérité des indicateurs servant de base au partenariat entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods.

Pour rassurer l’opinion, le ministre a souligné que l’État agit dans un esprit de responsabilité et de transparence. Il a révélé dans la foulée l’élaboration en cours d’un nouveau programme économique et financier, inspiré des grandes orientations de la vision stratégique « Sénégal 2050 ». Ce nouveau cadre devrait permettre, selon ses termes, de corriger les manquements de la gestion budgétaire précédente, de restaurer la crédibilité des finances publiques, et d’inscrire durablement la gouvernance économique dans un modèle de rigueur, de performance et d’inclusivité territoriale.

Abordant la question de la dette publique, Cheikh Diba a réfuté avec fermeté les chiffres et interprétations qu’il qualifie d’« erronés », circulant ces dernières semaines dans l’espace médiatique. Il a dénoncé notamment certaines affirmations faisant état d’une dette cumulative pour la période 2024-2025 ou d’un usage détourné des ressources publiques.

Le ministre des Finances a réaffirmé que le gouvernement mène une politique d’endettement responsable, fondée sur les principes de soutenabilité, de transparence et de conformité aux engagements internationaux. Il a précisé que les emprunts contractés sont orientés prioritairement vers des investissements productifs et structurants, à même d’accélérer le développement des infrastructures et la transformation économique du pays.

Dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales et des exigences accrues en matière de bonne gouvernance, le message du ministre sonne comme un appel à la sérénité. Il laisse entrevoir un recentrage stratégique autour d’un nouveau contrat de confiance avec les partenaires techniques et financiers, tout en plaçant la réforme des finances publiques au cœur du redressement économique national.

Dette publique : Cheikh Diba rassure sur la politique d’endettement du Sénégal

Lors de l’inauguration du nouveau service de Contrôle Régional des Finances (CRF) à Ziguinchor, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a tenu à clarifier la situation actuelle de la dette publique du Sénégal. Face aux inquiétudes exprimées dans l’espace public ces derniers temps, il a tenu un discours ferme et rassurant.

Le ministre a d’emblée réfuté les informations circulant sur une prétendue explosion de la dette, notamment sur la période 2024-2025. Selon lui, ces chiffres sont largement exagérés, voire erronés, et ne reflètent ni la réalité des finances publiques ni la stratégie budgétaire actuelle du pays.

« Les chiffres et interprétations évoquant une dette cumulée sur 2024-2025 ou une prétendue utilisation inappropriée des ressources de l’État sont erronés », a-t-il déclaré, affirmant que ces spéculations ne tiennent pas compte des mécanismes de régulation et de transparence mis en place par l’État.

Cheikh Diba a tenu à rappeler que le Sénégal conduit actuellement ce qu’il qualifie de politique « d’endettement responsable », structurée et rigoureusement alignée avec les engagements internationaux du pays. Il a insisté sur le fait que les ressources empruntées sont destinées prioritairement à des secteurs productifs : infrastructures structurantes, transformation économique, amélioration des services sociaux de base et modernisation de l’administration.

À ses yeux, cette orientation stratégique s’inscrit dans une logique de développement durable. Elle vise à consolider les bases de la croissance tout en veillant à préserver la soutenabilité de la dette, un indicateur scruté de près par les partenaires techniques et financiers du Sénégal.

Dans son discours, Cheikh Diba a également insisté sur la transparence de l’action gouvernementale en matière de finances publiques. « Le gouvernement agit avec responsabilité et transparence pour préserver la soutenabilité de la dette et la confiance de nos partenaires », a-t-il souligné.

Enfin, le ministre a conclu en indiquant que la politique d’endettement actuelle repose sur une gestion rigoureuse des risques, conçue pour renforcer la résilience économique du pays face aux chocs extérieurs et aux incertitudes internationales.

Une déclaration qui intervient dans un contexte marqué par une remise en question du précédent cadre budgétaire, à la lumière notamment des audits en cours et de la suspension provisoire des décaissements du FMI, en attendant un nouveau programme.

Relations avec le FMI : Ce que prévoit le nouveau programme avec le Sénégal

Dans un contexte de réajustement budgétaire et de clarification des finances publiques, le Sénégal et le Fonds Monétaire International (FMI) se dirigent vers un nouveau cadre de coopération. Cette évolution intervient après que des écarts importants ont été relevés entre les informations budgétaires transmises officiellement entre 2019 et 2024, et les conclusions de l’audit mené par la Cour des comptes. À la suite de ces constats, le FMI a suspendu temporairement les décaissements prévus dans le cadre de l’accord de prêt signé en juin 2023 avec le précédent gouvernement, une décision convenue d’un commun accord avec les autorités sénégalaises.

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté des éclaircissements ce jeudi 20 juin à Ziguinchor, en marge de l’inauguration du nouveau Service de Contrôle Régional des Finances. Il a expliqué que cette suspension vise à permettre une évaluation complète et rigoureuse des erreurs de communication d’informations comptables et budgétaires, qui entachent la crédibilité des comptes publics. Dans cette dynamique, les deux parties ont entamé des discussions en vue d’un nouveau programme, qui reposera sur les données réelles mises en lumière par la Cour des comptes.

Ce nouveau programme économique et financier est conçu comme un tournant stratégique. Il est articulé autour de la vision Sénégal 2050, du master plan et de la Stratégie nationale de développement (SND). Son objectif principal est de restaurer la confiance dans la gestion des finances publiques en mettant en œuvre des réformes de fond. Il s’agit notamment de corriger les dysfonctionnements systémiques identifiés dans le pilotage budgétaire et comptable, tout en établissant une trajectoire plus viable et transparente pour les finances de l’État.

Cheikh Diba a souligné que ce processus prendra pleinement en compte les risques liés à l’endettement public. Une meilleure maîtrise de la dette figure donc parmi les priorités du nouveau cadre, avec une attention particulière portée à la discipline budgétaire, à la transparence et à la gestion efficace des ressources.

En attendant la finalisation du nouveau programme, le FMI continue d’accompagner techniquement le Sénégal, notamment dans des secteurs jugés stratégiques. Parmi ceux-ci figurent la mobilisation accrue des recettes fiscales, l’optimisation de la gestion des investissements publics et la réforme structurelle du secteur de l’énergie.

Ce réalignement avec le FMI marque une volonté affichée du gouvernement sénégalais de renforcer la gouvernance économique et de consolider les bases d’un développement soutenu, fondé sur des finances publiques assainies et crédibles.

Financement du Sénégal par la Côte d’Ivoire : le Ministère des Finances dément fermement

Le Ministère des Finances et du Budget du Sénégal a apporté ce mercredi une mise au point ferme face aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, insinuant que le pays serait financé par la Côte d’Ivoire à travers le Marché des Titres Publics (MTP) de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).

Dans un communiqué officiel, le ministère qualifie ces affirmations de « totalement erronées » et précise qu’elles traduisent une mauvaise compréhension du fonctionnement du marché régional de la dette publique.

Le Marché des Titres Publics de l’UEMOA permet aux États membres d’émettre des bons et obligations du Trésor afin de financer leurs besoins budgétaires à court et moyen terme. Ce mécanisme repose sur des règles uniformes et une totale intégration financière entre les huit pays de l’union monétaire.

« Il n’existe aucune distinction entre les titres selon leur pays d’émission, ni entre les investisseurs selon leur pays d’établissement », rappelle le ministère, soulignant que cette architecture régionale favorise la solidarité économique et l’approfondissement des marchés financiers dans la sous-région.

Le communiqué du ministère insiste sur le rôle d’intermédiaire joué par les banques agréées, qui souscrivent aux titres publics pour leur propre compte ou pour le compte de leurs clients. La localisation géographique de ces établissements – qu’ils soient à Abidjan, Dakar ou ailleurs – ne reflète en rien la nationalité ou la résidence des investisseurs finaux.

De surcroît, les groupes bancaires opérant à l’échelle régionale peuvent canaliser des ressources d’un pays vers un autre via leurs filiales, dans le strict respect des règles du marché commun. Ainsi, une souscription réalisée depuis une banque ivoirienne ne signifie nullement un « financement par la Côte d’Ivoire ».

Le ministère rappelle également que des investisseurs basés hors de l’UEMOA participent régulièrement aux émissions de titres du Sénégal via des banques implantées dans la zone. Loin d’être un signe de dépendance, cette dynamique traduit plutôt la stabilité macroéconomique du pays et la confiance que lui accordent les marchés financiers régionaux et internationaux.

Pour conclure, le Ministère des Finances et du Budget invite les citoyens à faire preuve de discernement face à la désinformation qui circule en ligne. Il réaffirme que le cadre du marché de l’UEMOA est fondé sur des principes d’intégration, de transparence et d’équité, au service du développement collectif de ses États membres.

Le Sénégal lance un nouvel emprunt obligataire de 300 milliards FCFA pour financer des projets structurants

L’État du Sénégal, à travers la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique, lance à compter du 19 juin 2025 une nouvelle opération d’emprunt obligataire d’un montant de 300 milliards de FCFA par Appel Public à l’Épargne (APE). La période de souscription est fixée du 19 au 30 juin 2025, offrant ainsi aux investisseurs institutionnels comme aux particuliers une nouvelle opportunité de placement.

Cette levée de fonds, structurée en plusieurs tranches, s’inscrit dans une dynamique de mobilisation de ressources internes, régionales et internationales en vue de financer des projets à fort impact économique et social. Les domaines prioritaires ciblés par cette opération comprennent les infrastructures, l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable, l’énergie, l’agriculture et la transformation numérique.

L’objectif principal de cet emprunt est double : d’une part, renforcer la souveraineté financière du pays en finançant les politiques publiques sans recourir excessivement à l’endettement extérieur, et d’autre part, offrir aux citoyens sénégalais et à la diaspora une opportunité concrète de participer au financement du développement national, à travers un produit d’investissement sécurisé et rentable.

Du point de vue technique, l’emprunt propose une valeur nominale unitaire de 10 000 FCFA. Trois maturités sont prévues : 6,60 % sur 5 ans, 6,75 % sur 7 ans, et 6,95 % sur 10 ans. Les investisseurs auront donc le choix de la durée selon leur profil de placement et leur appétence au risque. Les détails relatifs au montant affecté à chaque tranche seront précisés ultérieurement.

Cette opération intervient après le succès de l’emprunt obligataire lancé en mars 2025, qui avait permis à l’État de mobiliser 405 milliards FCFA sur le marché financier régional. Le Trésor sénégalais confirme ainsi son engagement à diversifier ses sources de financement tout en consolidant la confiance des investisseurs dans la signature souveraine du Sénégal.

L’opération devrait également renforcer l’inclusion financière, en encourageant une épargne citoyenne tournée vers des investissements porteurs de croissance et d’emplois. Elle témoigne enfin de la volonté des autorités de privilégier les mécanismes innovants et participatifs dans la conduite des politiques publiques.

Petite précision sur la dette intérieure du Sénégal : un éclairage de Pape Malick Ndour

Dans une lettre adressée au Professeur Ndiaye, l’ancien ministre Pape Malick Ndour apporte un éclairage crucial sur la situation actuelle de la dette intérieure du Sénégal et sur la capacité du pays à mobiliser son épargne nationale pour financer ses besoins budgétaires.

Il remercie d’abord le Professeur pour sa contribution au débat sur le fonctionnement du marché UEMOA-Titres, mais précise que le vrai problème ne réside pas dans la structuration mutualisée du marché, reconnue par tous, mais plutôt dans l’incapacité spécifique du Sénégal, ces derniers mois, à mobiliser ses ressources nationales.

Pour illustrer ce propos, il cite l’exemple de la Côte d’Ivoire. Le 10 juin dernier, la Côte d’Ivoire a réussi à lever 110 milliards de FCFA, dont 109 milliards ont été souscrits par ses propres banques et investisseurs nationaux. En comparaison, le Sénégal n’a contribué qu’à hauteur de 230 millions FCFA à cette opération. Plus récemment, le 14 juin, la Côte d’Ivoire a levé 33 milliards, avec 28,3 milliards provenant de son épargne locale, sans aucune contribution du Sénégal. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes et démontrent une réalité économique difficile pour le Sénégal.

Historiquement, comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal couvrait jusqu’à plus de 50 % de ses besoins de financement grâce à son épargne interne. Cette époque semble révolue. Désormais, le Sénégal dépend largement des souscriptions ivoiriennes pour financer ses émissions sur le marché régional, ce qui traduit une double faiblesse : une économie locale asphyxiée et un système bancaire national sous-liquide et frileux.

Le financement par les banques sénégalaises repose essentiellement sur les ressources longues et les dépôts issus des acteurs économiques locaux, notamment les hommes d’affaires, commerçants, PME, PMI et autres entreprises. Or, ces acteurs traversent une période économique particulièrement difficile. La morosité économique, la pression fiscale accrue, les licenciements, les difficultés administratives et politiques, le manque d’accès aux marchés publics et la raréfaction des opportunités d’affaires minent leur capacité à épargner et investir, ce qui affaiblit mécaniquement la capacité du système bancaire à soutenir l’État.

Dans ce contexte, il est illusoire de croire que les banques et investisseurs locaux peuvent continuer à financer l’État avec la même vigueur. La vitalité économique est la condition sine qua non pour mobiliser l’épargne nationale.

Ainsi, ce n’est pas la structure même du marché régional qui pose problème, mais bien la situation économique interne du Sénégal. Tandis que la Côte d’Ivoire capitalise sur la confiance et la solidité de son tissu économique, le Sénégal peine à mobiliser ses propres investisseurs, se retrouvant en situation de dépendance malgré l’existence d’un marché intégré et mutualisé.

Le véritable enjeu, conclut Pape Malick Ndour, est donc d’adresser cette réalité économique avec lucidité et sans se perdre dans des débats techniques. Ce n’est pas la mutualisation du marché qui est à remettre en cause, mais la capacité du Sénégal à restaurer la confiance de ses acteurs économiques pour relancer la mobilisation de son épargne nationale.

Retard dans la publication des rapports trimestriels d’exécution budgétaire : le Ministère des Finances fait des précisions

Le Ministère des Finances et du Budget a annoncé ce lundi 16 juin 2025 un report dans la publication des rapports trimestriels d’exécution budgétaire, relatifs au quatrième trimestre 2024 ainsi qu’au premier trimestre 2025. Ces rapports, connus sous l’appellation RTEB, sont un instrument fondamental de transparence et de redevabilité, destiné à informer les citoyens, les parlementaires et les partenaires techniques et financiers sur l’état de la gestion budgétaire de l’État.

Cette décision de report a été prise en réponse à la nécessité de garantir la sincérité et la fiabilité des données contenues dans ces rapports. Suite au récent rapport de la Cour des Comptes qui avait relevé plusieurs manquements dans la gestion budgétaire des années passées, les services du Ministère ont entrepris un exercice approfondi afin de déterminer précisément le montant et la nature des dépenses extrabudgétaires réalisées, notamment au premier trimestre 2024. L’objectif est d’intégrer ces dépenses de manière conforme dans le Tableau des Opérations Financières de l’État (TOFE) et dans les rapports d’exécution budgétaire.

Le Ministère informe également qu’une réforme majeure a été engagée concernant la gestion budgétaire. Désormais, les dépenses extrabudgétaires des exercices antérieurs ne seront plus reportées sur le budget des années suivantes. Elles seront prises en compte dans le budget de l’année au cours de laquelle elles ont effectivement été exécutées. Ce changement vise à renforcer l’orthodoxie budgétaire et à assurer une meilleure sincérité dans la présentation des finances publiques.

Ce travail de recensement, de reclassification et de fiabilisation des données fait partie intégrante de la stratégie gouvernementale visant à assainir progressivement les finances publiques, à régulariser les engagements hérités des exercices antérieurs, tout en soutenant le secteur privé dans le cadre de la relance économique nationale. Ces opérations ont nécessité un délai supplémentaire, ce qui explique le report dans la publication des rapports trimestriels.

Le Ministère des Finances et du Budget assure par ailleurs que la publication des rapports trimestriels d’exécution budgétaire interviendra le lundi 23 juin 2025. Il réaffirme son engagement à poursuivre une politique forte de transparence budgétaire, avec une dynamique de clarté et de rigueur pour fournir une information fiable à toutes les parties prenantes.

Sénégal–FMI : une suspension contre-productive

Le Sénégal se trouve à un tournant critique de son histoire économique et institutionnelle. Depuis juin 2024, le programme triennal de 1,8 milliard de dollars signé avec le Fonds monétaire international (FMI) demeure suspendu. Ce gel fait suite aux révélations de l’Inspection générale des finances (IGF), validées par la Cour des comptes, sur des manipulations comptables opérées entre 2019 et 2024 par les autorités sortantes. Les nouvelles autorités, élues démocratiquement en mars 2024, ont elles-mêmes commandité l’audit. Pourtant, le FMI maintient sa posture et subordonne la reprise du programme à des clarifications jugées indispensables. Cette décision, prise dans un contexte de rupture assumée avec les pratiques antérieures, soulève une double interrogation : sur le sens du mandat du FMI et sur la cohérence de son action en période de réforme vertueuse.

Les faits à l’origine de la suspension relèvent de l’ancienne administration. L’actuel gouvernement a reconnu la gravité des irrégularités, engagé la correction des déséquilibres et affirmé sa volonté de transparence budgétaire. En d’autres termes, il respecte pleinement les principes que le FMI prétend défendre. En retour, l’institution ne propose ni accompagnement transitoire, ni programme intérimaire. Elle oppose un silence budgétaire à une volonté politique affirmée. Ce choix crée un précédent dangereux, où la rigueur comptable l’emporte sur le discernement institutionnel.

Des cas similaires existent. En 2016, le Mozambique a subi six années de gel après la découverte d’une dette cachée. En 2013, le Malawi a vu ses financements suspendus malgré une gouvernance renouvelée. Dans les deux cas, l’absence de soutien international a aggravé les déséquilibres et freiné les dynamiques internes de redressement. Le cas sénégalais se distingue toutefois par un élément essentiel : le choix de la vérité a précédé toute injonction. L’initiative vient du sommet de l’État. L’audit a été assumé, les conclusions rendues publiques, les engagements pris. Ignorer ce contexte reviendrait à disqualifier l’exemplarité comme critère d’appréciation.

Les données macroéconomiques confirment une vulnérabilité croissante. Le rapport Global Economic Prospects – June 2025 de la Banque mondiale a révisé à la baisse la croissance sénégalaise à 5,3 %, contre une projection initiale de 8,8 %. Le déficit budgétaire dépasse les 10 % du PIB, et la dette atteint 106 %. Les projets énergétiques accusent du retard, et les financements extérieurs s’amenuisent. Cette dégradation, aggravée par le gel du programme FMI, compromet la relance de l’investissement, la soutenabilité de la dette et la préservation des dépenses sociales. Le Sénégal paie le prix d’un vide d’accompagnement, non d’une persistance dans l’opacité.

Depuis 2018, le FMI affirme intégrer les principes de bonne gouvernance dans son évaluation des politiques économiques. Son propre cadre stratégique souligne l’importance de soutenir les pays engagés dans des réformes structurelles. À ce titre, le Sénégal constitue un cas d’école : initiative nationale, transparence institutionnelle, volonté de rupture. En maintenant la suspension, le FMI envoie un signal dissuasif aux États désireux de rompre avec les pratiques comptables douteuses. Il encourage paradoxalement la dissimulation au lieu de la vérité.

Or, des alternatives existent. En 2019, le Congo-Brazzaville a bénéficié d’un programme sous engagement progressif, bien avant la régularisation complète de ses comptes. Dans les années 2000, le Kenya a reçu un appui conditionné, adossé à une feuille de route de gouvernance. Le FMI a su, dans ces cas, conjuguer discipline et souplesse, conditionnalité et accompagnement. Rien ne justifie une approche plus rigide envers un pays qui agit en transparence et prend ses responsabilités.

Un maintien du gel aurait de lourdes conséquences. L’État devrait recourir à des financements à taux élevés, contracter des emprunts sur les marchés commerciaux ou réduire ses dépenses prioritaires. Les arriérés de paiement s’accumuleraient, les fournisseurs seraient pénalisés, et les programmes sociaux mis à mal. La réforme fiscale, déjà délicate, risquerait d’être perçue comme punitive dans un contexte de rareté budgétaire. En somme, les marges de manœuvre pour une transformation structurelle s’effondreraient.

À l’échelle sous-régionale, le message envoyé par le FMI risque d’affaiblir les dynamiques de réforme. L’Afrique de l’Ouest connaît une reconfiguration politique marquée par des transitions, des ruptures démocratiques et une remise en cause des schémas clientélistes. Le FMI a une responsabilité stratégique : encourager les gouvernements qui prennent des risques politiques pour instaurer l’intégrité, non les décourager. Sa crédibilité dépend de sa capacité à faire preuve de discernement dans des contextes complexes.

Une solution réaliste et conforme au mandat du FMI consisterait à activer une reprise graduée du programme sénégalais, encadrée par une clause de transparence renforcée. Ce mécanisme permettrait de sécuriser les flux budgétaires, d’envoyer un signal rassurant aux marchés et de préserver l’élan réformateur. Il ne s’agirait ni d’un cadeau, ni d’une indulgence, mais d’un choix rationnel, fondé sur une analyse contextuelle rigoureuse et une volonté politique manifeste.

La sortie de crise exige de dépasser les postures extrêmes. D’un côté, la rigidité technocratique du FMI ne suffit pas à guider l’action dans un contexte de transition démocratique. De l’autre, le discours souverainiste du Premier ministre sénégalais, selon lequel le pays pourrait se développer en dehors du cadre du FMI, traduit une volonté d’affirmation nationale, mais ne constitue pas une stratégie de financement soutenable à moyen terme. Entre ces deux logiques, une voie de convergence est impérative.

Le Sénégal a besoin d’un cadre financier stable pour soutenir l’investissement public, élargir les politiques d’emploi en faveur des jeunes et renforcer les filets sociaux. Le FMI, quant à lui, gagnerait en crédibilité en adaptant ses instruments aux aspirations des pays réformateurs. Ni la fermeture technocratique, ni l’isolement stratégique ne répondent aux enjeux de croissance inclusive, d’industrialisation endogène et de justice intergénérationnelle. Seul un dialogue sincère, structuré autour d’engagements mutuels, constitue une issue responsable.

Dans l’état actuel, le gel du programme FMI constitue moins une exigence technique qu’un blocage stratégique. Il expose l’institution au risque de perdre l’adhésion des pays qui croient encore à la vertu institutionnelle. Il fragilise un gouvernement réformateur, au moment même où celui-ci cherche à reconstruire la confiance. Il fait peser le coût des fautes passées sur ceux qui veulent les corriger.

Soutenir le Sénégal maintenant, dans le cadre d’une conditionnalité crédible et dans le respect des règles, serait un acte de responsabilité partagée. Ce choix permettrait de préserver l’ordre macroéconomique, de soutenir la gouvernance budgétaire et de consolider une transition politique porteuse d’exemplarité. Il revient au FMI de démontrer qu’il sait reconnaître les bons élèves, même lorsqu’ils héritent d’une salle de classe mal tenue.

Dr Abdourahmane Ba

Ingénieur statisticien – Expert en développement international, suivi et évaluation des politiques publiques et management

FMI – Sénégal : les négociations au point mort, l’accord reporté sine die

Le climat d’optimisme qui entourait, il y a encore quelques semaines, les discussions entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) s’est nettement assombri. Alors que le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, espérait relancer les négociations dès avril pour conclure un nouvel accord en juin, l’horizon s’est considérablement obscurci.

Lors d’un point de presse tenu jeudi dernier, la directrice du département Communication du FMI, Julie Kozack, a clairement indiqué qu’aucun calendrier n’était fixé pour la reprise officielle des négociations. « Nous attendons les résultats finaux de l’audit », a-t-elle déclaré, évoquant le dossier des irrégularités comptables révélées par l’Inspection générale des finances (IGF).

Plus alarmant encore, le quotidien Les Échos rapporte que « la conclusion d’un nouveau programme de décaissement n’est pas à l’ordre du jour ». Une affirmation qui sonne comme un désaveu pour les autorités sénégalaises, alors même que le pays fait face à une pression budgétaire accrue.

Le FMI, tout en maintenant un canal de dialogue ouvert avec Dakar, insiste sur la complexité du dossier. Julie Kozack a rappelé que l’affaire des fausses déclarations dans les comptes publics nécessitait un traitement « rigoureux et long ». L’institution exige une transparence totale avant toute reprise des engagements financiers.

Pour mémoire, le programme triennal signé entre le FMI et le Sénégal portait sur un montant de 1,8 milliard de dollars, soit près de 1 100 milliards de francs CFA. Il a été suspendu à la suite d’un rapport de l’IGF validé par la Cour des comptes, qui a mis en lumière une manipulation systématique des données comptables publiques entre 2019 et mars 2024, sous la présidence de Macky Sall.

Ce gel du programme pèse lourdement sur la trésorerie publique, alors que le gouvernement actuel multiplie les chantiers économiques et les engagements sociaux. En attendant la fin de l’audit en cours, le Sénégal reste dans une zone d’incertitude financière, sans garantie de déblocage à court terme.

Suspension du programme FMI-Sénégal : les négociations dans l’impasse, les finances publiques sous pression

Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé la suspension de la mise en œuvre du programme d’aide de 1,8 milliard de dollars (plus de 1000 milliards de F CFA) destiné au Sénégal. Cette décision fait suite à des révélations explosives sur des maquillages des comptes publics entre 2019 et mars 2024, sous la présidence de Macky Sall. Le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), validé par la Cour des comptes, a levé le voile sur de graves irrégularités comptables qui ont compromis la confiance du FMI.

Alors que le gouvernement actuel, par la voix du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, espérait une reprise des négociations en avril suivie d’un nouvel accord en juin, ces espoirs se sont évaporés. En conférence de presse la semaine dernière, Julie Kozack, directrice du département Communication du FMI, a refroidi les attentes en déclarant : « Nous attendons les résultats finaux de l’audit ». Elle a ajouté qu’il n’y avait « pas encore de calendrier précis » pour une reprise des discussions avec les autorités sénégalaises.

Le journal Enquête rapporte également que Mme Kozack a insisté sur la complexité du dossier, lié aux « fausses déclarations » et nécessitant « un processus rigoureux et long ».

Cette suspension intervient dans un contexte particulièrement tendu pour les nouvelles autorités sénégalaises. Le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye fait face à des défis budgétaires majeurs, marqués par des besoins de financement urgents dans les secteurs sociaux, les infrastructures et la dette publique. La perte d’un appui budgétaire aussi conséquent compromet sérieusement la mise en œuvre de ses ambitions de rupture.

Selon plusieurs économistes, cette situation réduit considérablement les marges de manœuvre de l’État, qui pourrait être contraint de revoir ses priorités, retarder certains projets structurants ou recourir à des financements alternatifs, souvent plus coûteux.

Dans ce climat tendu, le gouvernement s’est engagé à faire toute la lumière sur la gestion passée des finances publiques. L’audit en cours, mené avec l’appui de partenaires techniques, devrait permettre d’identifier les responsabilités et de renforcer les mécanismes de transparence et de reddition des comptes.

Mais pour rétablir la confiance du FMI, la route semble encore longue. Comme l’a indiqué Julie Kozack, « le traitement de ce dossier exige un processus rigoureux ». Il faudra donc attendre les conclusions de l’audit et, probablement, des mesures concrètes de redressement pour espérer une relance des négociations.

Le bras de fer entre le Sénégal et le FMI marque une véritable épreuve de vérité pour le pays. Entre l’héritage d’une gouvernance budgétaire contestée et les attentes pressantes d’un changement de cap, le nouveau régime joue gros. Rétablir la confiance des partenaires techniques et financiers apparaît aujourd’hui comme une priorité absolue pour éviter un choc économique et social à court terme.

Financement public : Dakar lève 76,9 milliards FCFA sur le marché régional, Abidjan en tête des souscripteurs

L’État du Sénégal a réussi, ce vendredi 13 juin 2025, à lever près de 77 milliards de francs CFA sur le marché régional de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), à l’occasion d’une adjudication de bons et obligations du Trésor organisée à Dakar. Cette opération de mobilisation de ressources financières, portant initialement sur un montant de 70 milliards FCFA, a connu un fort engouement de la part des investisseurs de l’espace UEMOA, traduisant un taux de couverture de 113,18 %.

Dans les détails, les soumissions ont atteint un total de 79,228 milliards FCFA, avec un taux d’absorption final de 97,19 %, ce qui témoigne d’un net intérêt du marché pour la dette souveraine sénégalaise. Deux instruments financiers étaient proposés lors de cette adjudication : des bons assimilables du Trésor (BAT) d’une maturité de 364 jours, arrivant à échéance le 14 juin 2026, et des obligations assimilables du Trésor (OAT) d’une durée de trois ans, avec maturité au 2 juin 2028.

Concernant les BAT d’un an, les souscriptions ont atteint 44,7 milliards FCFA, dont 42,471 milliards ont été retenus. Le taux marginal sur cette ligne s’est établi à 6,98 %, avec un rendement moyen pondéré de 7,25 %. Du côté des OAT, la totalité du montant proposé, soit 34,528 milliards FCFA, a été servie. Le rendement moyen enregistré est de 7,44 %, pour un prix marginal de 95,30 %.

Au total, 21 investisseurs issus de l’Union ont pris part à cette opération. Parmi eux, la Côte d’Ivoire s’est imposée comme le premier souscripteur, avec 40,18 milliards FCFA d’allocations retenues. Le Sénégal lui-même arrive en seconde position avec 28,286 milliards FCFA, tandis que le Bénin a placé 6,365 milliards FCFA. Le Burkina Faso et le Togo figurent également parmi les participants à cette émission.

Cette levée de fonds s’inscrit dans le cadre de la stratégie de financement des besoins budgétaires du gouvernement sénégalais pour l’exercice 2025. Elle reflète également la confiance soutenue des investisseurs régionaux dans la signature du Sénégal, malgré un contexte économique régional tendu. Le succès de cette opération, qui conjugue diversification des maturités et mobilisation rapide de ressources, renforce la crédibilité du pays sur les marchés financiers de l’UEMOA.

Le Sénégal sans appui du FMI et de la Banque mondiale depuis un an : le gouvernement mise sur la résilience interne

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a révélé ce lundi que le Sénégal n’a reçu aucun appui financier de ses principaux partenaires techniques et financiers, en particulier le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, depuis une année. Une situation inédite qui intervient dans un contexte de transition politique et d’audit en profondeur des finances publiques héritées de l’ère Macky Sall.

S’exprimant lors du lancement officiel de la plateforme de paiement digital « SenTrésor », le ministre a tenu à rassurer sur la solidité économique du pays. « Le Sénégal tient toujours sur ses appuis », a-t-il déclaré, soulignant la résilience de l’administration financière nationale. « Cette résilience est rendue possible par une administration financière debout, avec ses soldats au niveau des impôts, de la douane, du Trésor et de tout autre acteur des finances publiques », a-t-il ajouté.

Depuis l’investiture du président Bassirou Diomaye Faye en avril 2025, les autorités sénégalaises se sont engagées dans une réforme structurelle de la gouvernance économique. Cette volonté de rupture s’est traduite par la publication récente d’un état des lieux des finances publiques couvrant la période 2019-2023. Ce document met en lumière plusieurs irrégularités budgétaires et pratiques financières douteuses durant le dernier mandat de Macky Sall.

Selon le journal L’Observateur, c’est précisément ce travail de diagnostic approfondi et les audits en cours qui expliqueraient la suspension temporaire des décaissements des institutions de Bretton Woods. Ces partenaires financiers, connus pour leur exigence en matière de transparence et de fiabilité des données, auraient adopté une position d’attente, le temps d’évaluer les nouveaux dispositifs de gestion et les résultats des réformes engagées.

Malgré l’absence de financements extérieurs, le ministre Cheikh Diba affirme que l’État sénégalais continue de faire face à ses engagements. La mise en service de la plateforme « SenTrésor » est d’ailleurs présentée comme un symbole de cette dynamique interne : un outil de digitalisation des paiements destiné à améliorer la traçabilité des opérations publiques et à renforcer la gouvernance financière.

L’enjeu est de taille. Le Sénégal, qui a longtemps compté sur l’appui de la communauté financière internationale pour soutenir son budget et ses investissements, doit aujourd’hui faire preuve d’ingéniosité et de rigueur pour maintenir sa stabilité économique. À cela s’ajoute une pression sociale forte, alimentée par des attentes élevées autour des promesses de transparence, de justice économique et de redistribution faites par le nouveau régime.

À court terme, les experts s’accordent à dire que la reprise de la coopération financière avec le FMI et la Banque mondiale dépendra de la capacité du gouvernement à démontrer une gestion saine, crédible et transparente des ressources publiques. La publication complète des audits et la mise en œuvre des recommandations pourraient jouer un rôle déterminant dans ce processus.

UMOA-TITRES / DETTE PUBLIQUE : Le Sénégal dépendant des investisseurs ivoiriens ?

Dans un contexte de fortes tensions budgétaires, le Sénégal poursuit son recours au marché financier régional UMOA-Titres pour assurer la couverture de ses besoins de financement. Cependant, les récentes opérations d’adjudication mettent en évidence une dépendance croissante vis-à-vis d’un groupe restreint d’investisseurs, au premier rang desquels figurent les Ivoiriens.
En effet, à l’occasion de deux émissions d’obligations assimilables du Trésor (OAT), les 26 et 30 mai 2025, la Côte d’Ivoire s’est affirmée comme le principal pourvoyeur de fonds en faveur de la dette sénégalaise.
Le 30 mai, alors que le Trésor sénégalais ambitionnait de mobiliser 65 milliards F CFA, l’opération a suscité un engouement certain avec des soumissions atteignant 84,77 milliards F CFA. Mais, le montant finalement retenu est de 66,08 milliards F CFA, correspondant à un taux d’absorption de 77,95%. Les investisseurs ivoiriens ont, à eux seuls, contribué à hauteur de 41,96 milliards F CFA, soit près de 64 % des fonds levés, contre plus de 24,089 milliards F CFA pour les investisseurs sénégalais, et une participation marginale du Bénin (28,2 millions F CFA).
Quelques jours auparavant, le 26 mai, une émission de 196,8 milliards F CFA sur une maturité de trois ans, assortie d’un taux nominal de 6,30%, avait également été bien accueillie par le marché, avec un taux de couverture de 107%. Là encore, la Côte d’Ivoire a représenté plus de 60% de la demande, confirmant la place centrale des investisseurs ivoiriens dans la dynamique de souscription des titres publics sénégalais.
Si cette participation active des investisseurs ivoiriens traduit une certaine confiance envers la signature sénégalaise, elle révèle en filigrane une concentration inquiétante de la demande.
Il se trouve que la discrétion, voire l’absence quasi-totale des autres pays de l’UEMOA, notamment le Burkina Faso ou encore le Niger, mérite de s’interroger sur la capacité du Sénégal à élargir et diversifier sa base d’investisseurs régionaux.
Une situation qui pourrait se comprendre avec les révélations des nouvelles autorités sénégalaises sur l’existence d’une « dette cachée »évaluée à 7 milliards de dollars, soit 4 500 milliards F CFA. Des éléments qui ont contribué à la dégradation de la note souveraine du Sénégal par Moody’s et S&P Global Ratings, ainsi que la suspension temporaire de l’appui financier du Fonds monétaire international (FMI).
En outre, le 16 mai dernier, sur un montant de 44 milliards F CFA, les dernières émissions à moyen terme, proposées à des rendements élevés, jusqu’à 7,95%, attestent également de la prudence croissante des investisseurs.

Le Dakarois

Marché de l’UEMOA : le Sénégal lève 66 milliards de FCFA quatre jours après un emprunt record de 196 milliards

Le Sénégal continue d’accroître sa présence sur le marché financier régional. Ce vendredi 30 mai 2025, le Trésor sénégalais a levé 66 milliards de francs CFA à travers une nouvelle émission d’obligations assimilables du Trésor (OAT), à trois ans, avec un taux d’intérêt de 6,30 %. Ce nouvel emprunt intervient à peine quatre jours après l’impressionnante levée de fonds de 196 milliards de FCFA, un record pour le pays cette année.

La dernière opération ciblait un montant global de 84 milliards de FCFA. Les investisseurs ont répondu à hauteur de 65 milliards FCFA, mais la demande finale retenue par les autorités s’est finalement établie à 66 milliards, représentant un taux de couverture de 101,66 %.

La Côte d’Ivoire figure parmi les contributeurs les plus importants à cette mobilisation, avec plus de 40 milliards de FCFA investis par des institutions ivoiriennes, confirmant la solidité de la coopération financière régionale au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Cette dynamique d’endettement sur le marché régional par le Sénégal s’inscrit dans une stratégie de financement du budget national, notamment pour soutenir les projets d’investissement et combler les besoins de trésorerie. Elle témoigne également d’un certain niveau de confiance des investisseurs régionaux, en dépit d’un environnement marqué par des pressions budgétaires dans plusieurs pays de la zone.

Avec des taux désormais plus attractifs qu’en début d’année et un calendrier d’émissions soutenu, Dakar semble avoir trouvé une marge de manœuvre financière importante sur le marché de l’UEMOA. Toutefois, ces emprunts successifs relancent le débat sur le niveau d’endettement global du pays et sur sa soutenabilité à moyen terme.

Ousmane Sonko : « Depuis un an, le Sénégal n’a reçu aucun décaissement des bailleurs multilatéraux, mais reste malgré tout encore debout »

Lors du lancement de la deuxième édition du Forum Invest in Sénégal, renommé Fii Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko a fait une déclaration forte concernant la situation économique actuelle du pays. Il a révélé que depuis un an, le Sénégal n’a reçu aucun décaissement de la part des bailleurs multilatéraux. Malgré cette absence de soutien financier extérieur, il a souligné que le pays continue de tenir bon et de faire preuve de résilience face aux défis économiques.

Cette rupture dans les financements, selon Ousmane Sonko, découle d’une volonté délibérée de l’État sénégalais d’assumer pleinement sa souveraineté économique. Le Premier ministre a insisté sur le fait que le Sénégal possède aujourd’hui les capacités et les ressources nécessaires pour compter principalement sur lui-même. Cette stratégie vise à réduire la dépendance historique aux financements extérieurs et à privilégier un développement endogène.

Sonko a indiqué que le gouvernement n’a pas encore déployé toutes les mesures d’accompagnement prévues pour accompagner cette transition, mais qu’un plan de relance sera bientôt présenté. Ce plan vise à soutenir l’économie nationale et à renforcer l’autonomie financière du pays dans les mois à venir.

Au cours de son intervention, le Premier ministre a également appelé à une cohérence entre les paroles et les actions. Il a insisté sur l’importance que les discours officiels soient suivis de mesures concrètes, affirmant qu’il est temps d’assumer pleinement les conséquences des choix politiques engagés.

Malgré cette posture ferme, Ousmane Sonko n’a pas exclu la possibilité de renouer avec les partenaires internationaux dans un avenir proche. Il a laissé entendre que des accords pourraient être rétablis si les conditions s’y prêtaient.

Enfin, le Premier ministre a rappelé que depuis dix ans, le gouvernement met en avant un modèle de développement fondé sur l’endogénéité, c’est-à-dire un financement local, une mise en œuvre interne et une participation active de la population. Selon lui, les efforts actuels du gouvernement incarnent désormais cette vision, marquant une nouvelle étape dans la construction d’un Sénégal souverain économiquement et politiquement.

Quitter la version mobile