Khalifa Ababacar Sall à Touba : Une visite de courtoisie empreinte de spiritualité et d’unité nationale

À l’approche du Grand Magal de Touba, Khalifa Ababacar Sall, président du mouvement Taxawu Sénégal, a effectué ce vendredi une visite de courtoisie dans la cité religieuse. Reçu par Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadr, porte-parole du Khalife général des Mourides, l’ancien député-maire de Dakar a saisi cette occasion pour réaffirmer son attachement aux valeurs religieuses et républicaines du Sénégal.

La rencontre s’est tenue dans une atmosphère empreinte de respect, de spiritualité et de dialogue. Khalifa Ababacar Sall a salué l’inscription du Grand Magal au patrimoine immatériel du Sénégal, y voyant « une victoire et un honneur pour la Oumah islamique tout entière ». Selon lui, cette reconnaissance symbolise l’importance culturelle, religieuse et historique de l’événement dans la mémoire collective nationale.

L’homme politique a tenu à adresser ses vives félicitations et ses remerciements au porte-parole de Serigne Mountakha Mbacké, qu’il a qualifié d’« artisan déterminant » dans ce processus de valorisation du patrimoine religieux sénégalais. Il a également souligné le rôle central de la confrérie mouride dans la cohésion sociale, la résilience communautaire et la promotion des valeurs de paix.

En réponse, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadr a réservé un accueil chaleureux à son hôte et délivré un témoignage élogieux à l’endroit de Khalifa Ababacar Sall et de sa délégation. Le marabout a salué la constance de leur engagement en faveur du dialogue, du respect des croyances et de la préservation de l’héritage de Cheikh Ahmadou Bamba.

Fadilou Keïta, un radical assumé au service de ses convictions

Dans un entretien accordé au quotidien Le Soleil, Fadilou Keïta, actuel directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), n’a pas esquivé la question de son positionnement au sein du parti Pastef. Bien au contraire, il assume sans détour son appartenance à l’aile dite « radicale » :

« Oui, je suis radical dans mes convictions, je l’assume totalement », déclare-t-il, se revendiquant comme un militant loyal et inébranlable.

Fidèle parmi les fidèles d’Ousmane Sonko, Fadilou Keïta retrace son engagement de longue date auprès de l’actuel Premier ministre. Ancien directeur de campagne, coordinateur du Nemekou Tour – une tournée politique marquante du leader de Pastef – et membre du cabinet de Sonko depuis six ans, il rappelle la constance de son engagement, loin des compromis politiciens :

« Je suis un radical au sens noble du terme : inébranlable dans mes principes. »

Dans cette interview, il révèle également les pressions et offres reçues sous l’ancien régime. Selon lui, à l’époque où Aliou Sall – frère de l’ex-président Macky Sall – dirigeait la CDC, plusieurs tentatives ont été faites pour le faire entrer au gouvernement.

« J’aurais pu être ministre, mais je suis resté fidèle à mes convictions », confie-t-il, laissant entendre que les enjeux personnels n’ont jamais pris le pas sur ses idéaux politiques.

Loin d’être un opportuniste, Keïta affirme avoir toujours cru en la victoire de son camp, même dans les moments les plus difficiles.

« Je n’ai jamais douté de notre victoire », conclut-il, le ton ferme, l’engagement intact.

Touba : Ousmane Sonko en visite surprise, 24 heures après la présentation de son plan de redressement économique

À peine 24 heures après avoir dévoilé le Plan de Redressement Économique et Social « Jubbanti Koom », le Premier ministre Ousmane Sonko a créé la surprise en se rendant ce samedi matin à Touba. Une visite non annoncée, qui témoigne de la volonté du chef du gouvernement de lier action politique et proximité territoriale, à l’approche du Grand Magal.

Accompagné du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Cheikh Tidiane Dièye, Ousmane Sonko a entamé sa tournée par une inspection de plusieurs sites stratégiques en préparation du Magal, événement religieux majeur prévu dans les prochaines semaines. Sur le terrain, le Premier ministre a tenu à constater de visu l’état d’avancement des travaux d’installations urgentes, notamment en matière d’hygiène, d’assainissement et d’infrastructures temporaires.

La visite s’est ensuite poursuivie à l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim, institution islamique d’enseignement supérieur située à proximité de la ville sainte. Sur place, Ousmane Sonko a pris part à la « Journée scientifique », un événement coorganisé par le Comité d’organisation du Grand Magal de Touba et le Complexe Cheikh Ahmadoul Khadim pour l’Éducation et la Formation.

Ce rendez-vous académique met à l’honneur les avancées scientifiques et pédagogiques autour de la pensée mouride, ainsi que les défis liés à la formation des jeunes générations dans un monde en pleine mutation.

Plan « Jubbanti Koom » : Pape Malick Ndour alerte sur une baisse du pouvoir d’achat et un « matraquage fiscal généralisé »

L’ancien ministre Pape Malick Ndour a réagi à la présentation du Plan de redressement économique et social par le Premier ministre Ousmane Sonko. Selon l’économiste, il s’agit d’une baisse du pouvoir d’achat à venir à cause du ciblage des subventions. Il prédit également la suppression progressive des exonérations fiscales dans plusieurs secteurs sensibles, ce qui affecterait les ménages qui en bénéficient actuellement, de manière directe ou indirecte.
Pape Malick Ndour évoque un « matraquage fiscal généralisé » et déplore l’absence de mesures incitatives dans le plan. Pour lui, le PM a présenté un plan de redressement de la vision 2050, sur ses aspects budgétaires sans mesures incitatives.

On nous a parlé de “redressement économique”. On espérait un “nouveau souffle” pour les ménages, les industries, les importateurs, les commerçants, les agriculteurs, Mais à la sortie de la cérémonie de présentation, les deux principaux moteurs de notre économie : les ménages et le secteur privé sont plus inquiétés que rassurés.
 
En cause : Baisse du pouvoir d’achat à venir à cause du ciblage des subventions.  Fin des exonérations fiscales dans les secteurs sensibles et pour les ménages principaux bénéficiaires directs ou indirects de ces exonérations. Matraquage fiscal généralisé, même les petites activités informelles seront traquées. Les ménages, déjà étranglés par le coût de la vie, se préparent à souffrir davantage. Hausse du prix de l’électricité, du carburant, du gaz butane pour les familles ? Les entreprises, surtout les PME et les PMI, perdront confiance et freineront leurs investissements. Voilà la recette.
 
En vérité, il nous a été présenté un plan de redressement de la vision 2050, sur ses aspects budgétaires sans mesures incitatives pour libérer la machine économique grippée par un an de tergiversations et d’amateurisme sans cap. Pour rappel, cette œuvre de destruction économique accélérée à pour cause l’arrêt irréfléchi de milliers de chantiers dans le secteur du BTP en 2024, avec les pertes d’emplois y relatives; un terrorisme fiscal sur les entreprises avec une fréquence de contrôle qui ralentit leurs activités et une morosité économique sans précédent accentué par des discours menaçant du Premier Ministre envers le secteur privé et les investisseurs internationaux qui participe à baisser à faire baisser l’attractivité du Sénégal.
 
On attendait un cap, on a eu un choc ! On espérait un souffle, on reçoit un coup de massue !
À ce rythme, ce n’est pas une relance qui nous attend, c’est une récession punitive qui cache mal un plat amer qui nous sera servi.
 
Sur le FMI, j’ai écouté le Premier ministre nous parlait. Son discours contraste avec les engagements pris. Je m’explique.
 
Depuis dix ans, le FMI n’a jamais vraiment changé de refrain. Et à chaque fois, le Sénégal avec le Président Macky Sall a su coopérer avec intelligence et discernement. Trois exigences majeures du FMI reviennent en boucle : Réduire les subventions, même si cela écrase le pouvoir d’achat des populations ; Tailler dans les exonérations fiscales, au mépris de toute logique sectorielle ou incitative à l’investissement et élargir l’assiette fiscale, en ciblant sans ménagement le secteur informel et les activités émergentes.
 
Sous Macky Sall : une résistance réfléchie
 
Sur la baisse des subventions, il a tenu bon, malgré la pression des bailleurs. Pourquoi ? Parce qu’il savait que toucher au prix de l’électricité, du carburant ou du gaz butane, c’était s’attaquer directement au quotidien des Sénégalais et à leur pouvoir d’achat. Sur les exonérations fiscales, il a réussi à travailler avec le FMI en gardant comme boussole permanente la Vision du PSE et la protection sociale des populations en faisant comprendre à nos partenaires que certaines incitations fiscales sont indispensables pour stimuler des secteurs stratégiques : l’agriculture, l’énergie, l’industrie ou l’immobilier social. Derrière chaque exonération, il y avait un projet, un emploi, une dynamique territoriale. Quant à l’élargissement de l’assiette fiscale, Macky, en rapport avec les services du Fonds, l’a mené avec subtilité. Il n’a pas livré le secteur informel ni les influenceurs en pâture. Il a su avancer sans casser, et fiscaliser sans terroriser les jeunes pousses, les petits commerces ou les entrepreneurs du numérique.
 
Sous Pastef : un Diébalou total
 
Et aujourd’hui ? Pastef, champion autoproclamé de la souveraineté, a fait ce que Macky Sall a toujours refusé de faire : céder à toutes les injonctions du FMI, sans filtre ni précaution. Sur les subventions, il annonce leur réduction. Il parle de “ciblage”, de “justice sociale”, de “rationalisation”. En réalité ? Un transfert du fardeau vers les ménages, qui verront bientôt leur facture grimper avec, à la clé, des mécanismes d’ajustement pompeusement appelés “ciblage”, mais qu’aucun pays africain n’a jamais réussi à mettre en œuvre efficacement. Sur les exonérations fiscales, c’est la “lutte sans merci” qu’il promet. Les secteurs les plus sensibles agriculture, énergie, habitat social seront mis à la diète fiscale, et les agents économiques les plus vulnérables, comme les ménages (principaux bénéficiaires directs ou indirects des exonérations fiscales), seront sacrifiés. Et sur la fiscalité directe, c’est l’attaque généralisée : tout le monde devra passer à la caisse, même les influenceurs. Le cas Canal+ est révélateur : 9 % de son chiffre d’affaires exigé par l’État, immédiatement répercutés sur les consommateurs par une hausse de 10 % des forfaits abonnement sans que l’Etat ne bronche. C’est le début d’une inflation généralisée.
 
En cédant aveuglément à toutes les injonctions du FMI, Pastef n’a pas défié le système comme il essaye de le faire croire à ses supporters : il a fait la courbette à ceux qu’il vouait hier aux gémonies. Et cela, au moment précis où les Sénégalais souffrent le martyr. Ceux qui, hier encore, dénonçaient la soumission aux institutions de Bretton Woods, sont aujourd’hui les premiers à exécuter leurs volontés. Tout ceci au nom du redressement économique qui, en réalité, n’était qu’un redressement de la vieille lune de l’agenda national de transformation. Finalement, à la place d’annonce forte PASTEF reste dans une logique de victimisation et d’irresponsabilité. Son plan diabolique reste cohérent : faire croire aux sénégalais qu’ils ont trouvé un pays en ruine, plus une dette cachée et que par conséquent il faut redresser et faire participer tout le monde au coût du redressement.

L’APR dénonce « l’immobilisme » du régime et réclame la libération de ses responsables

Le Secrétariat Exécutif National (SEN) de l’Alliance Pour la République (APR) s’est réuni ce jeudi 31 juillet à Dakar pour examiner l’actualité nationale et internationale. À l’issue de cette rencontre, l’instance dirigeante du parti de l’ancien président Macky Sall a rendu publique une déclaration où elle critique sévèrement la gouvernance actuelle et exige la libération de plusieurs de ses responsables politiques.

Le SEN s’est félicité des mobilisations populaires organisées à Ourossogui, Saint-Louis et Agnam, qui ont réuni selon lui des centaines de milliers de personnes. Ces marches avaient pour objectif de demander la libération du député Farba Ngom, ainsi que de tous les détenus politiques. L’APR a par ailleurs annoncé la tenue, samedi 2 août, de l’Assemblée générale de ses femmes à Dakar. Cette rencontre portera sur la libération immédiate de Farba Ngom, Mansour Faye, Lat Diop, Moustapha Diop et Abdoulaye Ndiaye, mais aussi sur la levée des mesures de contrôle judiciaire concernant Ismaïla Madior Fall, Aïssatou Sophie Gladima et Salimata Diop Dieng.

Sur le plan national, le parti dénonce « l’immobilisme et l’agitation stérile » du gouvernement, qu’il accuse de manquer de vision. Le SEN estime que les différentes initiatives annoncées depuis seize mois — du « Projet » au programme « Diomaye Président », en passant par la « Vision 2050 » et la Stratégie nationale de développement — traduisent un « déficit de cap » et une « absence de cohérence ». Le parti appelle les travailleurs, le secteur privé et l’ensemble des populations à rester vigilants face à ce qu’il qualifie de « faux remèdes à de faux problèmes ».

Revenant sur les événements de 2021 à 2024, le SEN dit prendre acte des poursuites annoncées par le ministre de la Justice, mais met en garde contre toute tentative de règlement de comptes. Il rappelle au régime son engagement d’abroger la loi d’amnistie et dénonce « une justice des vainqueurs ». Dans le même registre, le parti critique « les propos orduriers et outranciers » tenus, selon lui, par certains responsables de la majorité, y voyant un signe de fébrilité et d’absence de résultats concrets.

Concernant les libertés publiques, l’APR salue la libération de Moustapha Diakhaté, Bachir Fofana et Djiby Ndiaye, tout en exige l’élargissement d’autres détenus d’opinion, parmi lesquels Abdou Nguer, Assane Diouf, Jérôme Bandiaky et l’homme d’affaires Tahirou Sarr.

Abordant la situation des Sénégalais vivant en Mauritanie, le SEN appelle à la prudence et à la vigilance, en particulier dans les zones transfrontalières.

Sur le plan international enfin, l’APR s’est félicitée de la tenue à New York d’une conférence sur la question palestinienne, co-présidée par la France et l’Arabie Saoudite. Face à la crise humanitaire à Gaza, le parti plaide pour un cessez-le-feu et l’ouverture de négociations afin d’aboutir à la création de deux États, Israël et Palestine, vivant côte à côte dans des frontières sûres et reconnues.

Thierno Bocoum étrille le plan de redressement économique : « Un plan de compression déguisé »

Le plan de redressement économique présenté ce vendredi 1er août 2025 par le Premier ministre Ousmane Sonko continue de susciter de vives réactions. L’une des critiques les plus acerbes est venue de Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR-Les Leaders, qui dénonce une vision fiscaliste et déséquilibrée de la relance.

Dans une déclaration au vitriol, l’ancien député fustige l’approche du chef du gouvernement qu’il accuse de transposer ses réflexes d’ex-inspecteur des impôts à la gestion macroéconomique du pays.

« Le Premier ministre, ancien inspecteur des impôts, semble reproduire un réflexe professionnel mal adapté au rôle de chef de gouvernement en faisant de la fiscalité l’outil principal d’un redressement qui devrait d’abord passer par l’investissement, la confiance et la stimulation de l’activité productive », déclare Bocoum.

« La charrue fiscale avant les bœufs économiques »

Selon lui, le plan dévoilé donne la priorité aux recettes fiscales plutôt qu’à une stratégie cohérente d’investissement et de relance de la demande intérieure. Il avertit : ce déséquilibre risque d’étouffer des ménages déjà fragilisés par la crise, ainsi que des entreprises en mal de liquidités.

Alors que le taux de pression fiscale atteignait déjà 16,9 % du PIB en 2024, l’objectif fixé par le gouvernement est de le porter à 20 %, voire plus, sans qu’un plan massif d’investissements publics ou d’accompagnement ciblé ne soit clairement défini.

Thierno Bocoum note par ailleurs une contradiction frappante : selon le Rapport d’exécution budgétaire, l’investissement public a chuté de 30,3 % au premier trimestre 2025 par rapport à la même période en 2024. « L’État investit moins mais prélève plus », déplore-t-il, y voyant une politique « économiquement contre-productive ».

Le leader d’AGIR insiste sur une conception plus dynamique et vertueuse de la fiscalité. Pour lui, la taxation devrait être la conséquence d’une croissance retrouvée, et non le moteur de cette croissance.

« Penser que l’on peut relancer une économie à bout de souffle par la pression fiscale est une chimère », tranche-t-il.

Il qualifie le plan gouvernemental non pas de plan de redressement, mais de « plan de compression déguisé, habillé de mots forts mais sans les injections vitales que réclame notre économie ».

Thierno Bocoum appelle donc à un recentrage de la stratégie économique nationale autour de la stimulation de la production, de la consommation intérieure, des investissements structurants et de la confiance dans les acteurs économiques.

Assouplissement de l’importation des véhicules : le Sénégal autorise désormais les voitures âgées jusqu’à 10 ans

Une nouvelle mesure saluée par les automobilistes et importateurs sénégalais. Le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé ce vendredi un assouplissement des conditions d’importation des véhicules d’occasion : désormais, les voitures âgées jusqu’à 10 ans pourront être introduites sur le territoire national. Une décision qui marque un tournant dans la politique automobile du pays.

Jusqu’ici, la réglementation interdisait l’importation de véhicules de plus de 8 ans, une disposition souvent critiquée pour son impact sur les prix des voitures et l’accessibilité pour les ménages à revenus modestes. En portant cette limite à 10 ans, le gouvernement entend répondre à une double préoccupation : réduire le coût d’acquisition des véhicules et stimuler le secteur du transport et du commerce automobile.

« Cette décision s’inscrit dans notre volonté de prendre en compte la réalité économique des Sénégalais et de mettre fin à des mesures pénalisantes héritées d’un modèle inadapté à nos besoins », a déclaré le Premier ministre Ousmane Sonko, lors de la présentation du plan “Jubbanti Koom”, au Grand Théâtre de Dakar.

Cette mesure devrait bénéficier directement aux importateurs qui, ces dernières années, faisaient face à des restrictions sévères, mais aussi à la population, qui pourra accéder à un parc automobile plus abordable.

Selon plusieurs acteurs du secteur, le passage à 10 ans d’ancienneté pourrait entraîner une baisse des prix de 15 à 25 %, en fonction des modèles. Ce nouvel équilibre pourrait aussi relancer l’activité dans les ports et les marchés de véhicules d’occasion comme celui de Mbao ou encore Keur Massar.

Si la mesure est bien accueillie par les acteurs économiques, des inquiétudes subsistent du côté des défenseurs de l’environnement, qui redoutent une augmentation des émissions de gaz à effet de serre liées à l’entrée de véhicules plus anciens. Le gouvernement assure cependant que des contrôles techniques renforcés seront exigés à l’entrée du territoire, afin de garantir que seuls les véhicules en bon état de fonctionnement et respectueux des normes minimales puissent circuler.

« Nous assouplissons, mais nous ne bradons pas la qualité », a tenu à rassurer le Premier ministre.

Cette mesure s’inscrit dans une dynamique plus large de révision des politiques économiques, notamment dans le cadre du Plan de redressement “Jubbanti Koom”. En s’affranchissant de certaines contraintes jugées inadaptées au contexte sénégalais, le gouvernement cherche à instaurer un modèle plus souple, plus pragmatique, et plus aligné sur les réalités du quotidien.

Plan “Jubbanti Koom” : Ousmane Sonko tourne le dos au FMI et mise sur la souveraineté populaire

Lors d’une cérémonie solennelle organisée au Grand Théâtre national, le Premier ministre Ousmane Sonko a officiellement dévoilé le Plan de Redressement Économique et Social du Sénégal, baptisé Jubbanti Koom, soit « redresser le pays » en langue wolof. Un document ambitieux qui marque une rupture assumée avec les politiques dictées par les institutions financières internationales, au profit d’un modèle ancré dans la souveraineté nationale.

« Nous ne pouvons pas, 65 ans plus tard, continuer à attendre le salut de l’extérieur. L’Afrique doit évoluer et le Sénégal doit évoluer », a déclaré le chef du gouvernement dans un discours aux accents souverainistes. Fustigeant la dépendance chronique du pays à l’égard des bailleurs étrangers, Ousmane Sonko a réaffirmé que son gouvernement n’attend “rien du Fonds Monétaire International (FMI)”.

Cette position s’inscrit dans une ligne politique clairement assumée depuis l’arrivée au pouvoir du Président Bassirou Diomaye Faye, favorable à un recentrage de la stratégie économique autour des ressources et des priorités locales.

Un plan conçu « par et pour les Sénégalais »

Le Premier ministre a souligné que Jubbanti Koom est le fruit d’un travail collectif, mené au sein de la Primature avec la collaboration directe de plusieurs ministères stratégiques. « Ce que nous présentons aujourd’hui n’attend rien quasiment de personne, sinon du peuple sénégalais lui-même », a-t-il insisté.

Il a tenu à saluer l’engagement des « co-fonctionnaires », ces hauts cadres de l’administration qui ont contribué à l’élaboration de ce plan de redressement fondé sur les réalités nationales et les aspirations populaires.

Sans entrer dans les détails techniques, Ousmane Sonko a laissé entendre que le plan s’articulera autour de piliers structurants : souveraineté alimentaire, relance industrielle, réforme du système fiscal, autonomisation énergétique, et équité territoriale. Il s’agit, selon lui, d’un « tournant stratégique » destiné à sortir le Sénégal de la logique de dépendance financière et de l’endettement massif, tout en redonnant au citoyen un rôle central dans la transformation économique.

Le Premier ministre a conclu son intervention en appelant les Sénégalais à « s’approprier ce plan » et à « en être les gardiens », car c’est à travers l’engagement populaire que Jubbanti Koom pourra devenir une réalité.

Concession des Chantiers navals de Dakar : le président Diomaye Faye stoppe une procédure jugée défavorable et relance un nouvel appel d’offres

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a levé le voile sur une décision majeure concernant un actif stratégique du pays : les Chantiers navals de Dakar. Lors de la présentation du Plan de Redressement Économique et Social baptisé “Jubbanti Koom”, le chef de l’État a révélé avoir interrompu une concession imminente, qu’il a jugée contraire aux intérêts nationaux.

En faisant allusion à une conversation tenue avec son prédécesseur au moment de la passation de pouvoir, le président Faye a indiqué :

« Quand il me faisait visiter le palais, je lui ai fait savoir notamment que j’étais au courant de la signature imminente d’une concession sur les Chantiers navals de Dakar qui n’a pas été négociée dans les meilleurs termes. »

Considérant que cette concession n’avait pas été conclue dans des conditions optimales, le président a immédiatement ordonné l’arrêt du processus. Une décision motivée par la volonté de protéger les intérêts stratégiques du Sénégal dans un secteur sensible, lié à l’industrie navale, à la défense et à l’économie maritime.

Dans la foulée, le chef de l’État a annoncé le lancement d’un nouvel appel d’offres, avec l’engagement que la nouvelle procédure sera conduite dans la transparence et selon des critères de souveraineté économique et de performance industrielle.

« Vous verrez la différence sur les deux contrats », a-t-il promis, sans toutefois entrer dans les détails sur les parties concernées par l’ancien projet de concession.

Cette décision traduit la philosophie du nouveau régime, qui entend rompre avec des pratiques de gouvernance jugées opaques, tout en redonnant à l’État la maîtrise de secteurs clés. Les Chantiers navals de Dakar, infrastructure essentielle pour la maintenance des navires civils et militaires, revêtent une importance géopolitique dans un contexte de tensions régionales et d’intensification des activités maritimes.

Avec ce geste, le président Diomaye Faye envoie un signal fort : chaque partenariat économique sera désormais examiné à l’aune de l’intérêt national, et la transparence devient un impératif non négociable dans la gestion des ressources publiques et des infrastructures stratégiques.

Ousmane Sonko dévoile le Plan “Jubbanti Koom” pour un redressement économique et social durable du Sénégal

Depuis le Grand Théâtre de Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a solennellement présenté ce vendredi le Plan de Redressement Économique et Social du Sénégal, baptisé “Jubbanti Koom” (littéralement « Relever la Nation » en wolof). Ce plan stratégique, pensé à long terme, vise à sortir le pays de la crise multidimensionnelle actuelle tout en posant les fondations d’un développement autonome et soutenu jusqu’en 2050.

Dans une allocution dense et volontariste, Ousmane Sonko a tenu à préciser que ce plan « n’est pas tombé du ciel », mais qu’il découle d’un « travail de planification prospective rigoureuse » mené sur instruction du Président Bassirou Diomaye Faye, dans le cadre de la mise en œuvre de son programme politique. L’ambition est claire : refonder le modèle économique sénégalais, rompre avec la dépendance excessive à l’endettement extérieur et remettre l’État au service du développement national.

Structuré autour d’un document de référence intitulé “Vision 2050”, le plan Jubbanti Koom repose sur trois phases successives, conçues comme un continuum stratégique :

Phase 1 : Redressement (2025–2029) Cette étape vise à stabiliser les fondamentaux de l’économie, restaurer la discipline budgétaire, lutter contre la corruption, renforcer la justice et rebâtir la confiance entre l’État et les citoyens. C’est aussi une phase d’urgence pour répondre aux besoins sociaux prioritaires, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’emploi. Phase 2 : Impulsion (2029–2034) Elle marque le démarrage d’une croissance structurelle à travers l’industrialisation, l’agriculture modernisée, les réformes institutionnelles profondes et l’innovation technologique. Le gouvernement ambitionne d’attirer davantage d’investissements locaux et de capitaliser sur les ressources naturelles dans une logique de transformation locale. Phase 3 : Accélération (2034–2050) C’est l’étape de la consolidation et de la souveraineté économique. Le Sénégal entend alors jouer pleinement son rôle dans les chaînes de valeur régionales et mondiales, tout en s’appuyant sur un capital humain renforcé, une gouvernance publique performante et une infrastructure de développement maîtrisée.

« Ce rappel référentiel est important », a insisté le chef du gouvernement, soulignant que le plan Jubbanti Koom n’est pas une série de promesses électorales, mais une vision articulée, progressive et chiffrée, destinée à sortir le Sénégal des logiques de pilotage à court terme. Il a également appelé à une mobilisation nationale autour de ce projet, considérant qu’il s’agit d’un pacte entre l’État et les citoyens pour un avenir commun.

Projet de Loi de Finances Initiale 2026 : Cheikh Diba trace les grandes lignes d’une nouvelle gouvernance budgétaire

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a donné le coup d’envoi officiel de la préparation du Projet de Loi de Finances Initiale (PLFI) 2026 à travers une circulaire rendue publique le 23 juillet dernier. Ce document, relayé par le journal Libération, fixe les orientations majeures de la politique budgétaire nationale pour le prochain exercice, dans un contexte marqué par des défis économiques persistants et une volonté affirmée de transformation structurelle.

Face aux urgences économiques et sociales, mais aussi à la nécessité de poursuivre les efforts de rationalisation des finances publiques, le ministre Diba a articulé la stratégie budgétaire 2026 autour de quatre grands piliers :

L’adoption d’une politique fiscale innovante, efficace, efficiente et équitable pour accroître la mobilisation des ressources internes ; La consolidation budgétaire à court terme, dans le cadre de la poursuite de la politique d’assainissement des finances publiques ; Une gestion active et rigoureuse de la dette publique, afin de préserver la soutenabilité budgétaire ; L’intégration des projets structurants de l’Agenda 2050 dans les allocations sectorielles, pour garantir leur financement optimal.

Ces priorités s’inscrivent, selon Cheikh Diba, dans « la continuité et le renforcement des réformes déjà initiées » et visent à « une redistribution plus équitable des fruits de la croissance économique ».

L’un des points saillants de la circulaire ministérielle est l’institutionnalisation de l’évaluation ex-ante obligatoire pour tout projet d’investissement public d’un montant égal ou supérieur à 500 millions de francs CFA. En dessous de ce seuil, les projets devront être justifiés par une note conceptuelle, soumise aux comités de maturation et de sélection des projets, et accompagnée de documents techniques validés.

Avant toute inscription dans le Programme d’Investissements Publics (PIP), chaque projet devra disposer d’une étude de faisabilité complète, validée par un comité spécialisé. Une exigence qui vise à rationaliser les investissements, à éviter les éléphants blancs, et à garantir la pertinence économique et sociale des initiatives financées sur fonds publics.

Autre nouveauté majeure : la circulaire met fin à la reconduction systématique des crédits budgétaires, notamment pour les projets d’investissement. En lieu et place, le ministère réaffirme son engagement dans la budgétisation à base zéro, une méthode exigeant une justification détaillée de chaque dépense projetée.

Les institutions constitutionnelles et les ministères sont ainsi appelés à procéder à une évaluation rigoureuse des besoins, avec obligation de produire une note explicative par activité, catégorie et ligne budgétaire. Ce document devra accompagner les avant-projets de budgets transmis en amont des conférences budgétaires prévues dans les prochaines semaines.

APR – Mobilisations en série pour la libération des cadres du parti : cap sur Dakar avec l’Assemblée générale des femmes

Le Secrétariat Exécutif National (SEN) de l’Alliance pour la République (APR) multiplie les initiatives pour exiger la libération de plusieurs de ses responsables politiques actuellement confrontés à la justice. Après les mobilisations remarquées à Ourossogui, Saint-Louis et Agnam, c’est désormais à Dakar que les regards se tournent, avec une nouvelle étape dans cette série d’actions de protestation.

Les récentes marches pacifiques organisées dans le nord du pays ont rassemblé de nombreux militants de l’APR venus exprimer leur solidarité envers l’honorable député Farba Ngom et d’autres figures du parti, qu’ils qualifient d’“otages politiques du régime”. Dans un communiqué, le SEN s’est félicité de l’engagement de la base militante et de la discipline observée lors de ces manifestations.

Dans la poursuite de cette dynamique, le SEN a annoncé la tenue, ce samedi 2 août, d’une Assemblée générale des femmes de l’APR à Dakar. L’événement est présenté comme une étape majeure de la mobilisation nationale. Les femmes du parti entendent faire entendre leurs voix et poser fermement leurs revendications :

La libération immédiate de Farba Ngom, Mansour Faye, Lat Diop, Moustapha Diop et Abdoulaye Ndiaye. La levée du placement sous bracelet électronique d’Ismaïla Madior Fall et d’Aïssatou Sophie Gladima. La fin du contrôle judiciaire imposé à Ndeye Saly Diop.

Pour l’APR, cette nouvelle mobilisation n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une campagne plus large visant à dénoncer ce que le parti considère comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Le SEN affirme son engagement à poursuivre la lutte par des moyens pacifiques et démocratiques, en attendant, selon ses termes, “le rétablissement des droits de ses responsables injustement privés de liberté”.

Menaces contre l’APR : Macky Sall et ses responsables mettent en garde contre les « propos orduriers »

L’Alliance pour la République (APR) est montée au créneau ce jeudi pour dénoncer vigoureusement des propos jugés injurieux et menaçants à l’encontre du parti et de ses responsables. Au centre de la polémique, une déclaration de Waly Diouf Bodian, acteur politique affilié à la mouvance présidentielle, qui a publiquement évoqué « la nécessité de dissoudre le parti de Macky Sall » et de « mettre à l’écart ses responsables ».

Ces déclarations n’ont pas tardé à susciter la réprobation de l’APR, dont le Secrétariat Exécutif National (SEN) s’est réuni pour y répondre de manière officielle. Dans un communiqué ferme, le parti a condamné ce qu’il qualifie de « propos orduriers » et de « méthodes outrancières », pointant une stratégie de diversion et d’intimidation qui, selon lui, trahit la fébrilité de l’actuel régime.

« Cette violence verbale n’est rien d’autre qu’un aveu de panique et de peur, face à l’incapacité manifeste de produire des résultats concrets pour les Sénégalais », affirme le communiqué. Le SEN estime que les attaques verbales contre l’APR sont une tentative de masquer l’absence de vision claire, de leadership solide et de politiques publiques efficaces.

Le parti fondé par Macky Sall met également en garde contre une dérive autoritaire qui consisterait à vouloir « criminaliser l’opposition » ou à « museler les forces politiques adverses » sous couvert de règlements de comptes politiques. Il rappelle que l’APR demeure une formation politique légale, structurée, et pleinement engagée dans le jeu démocratique.

L’APR souligne enfin que son engagement pour la vérité, la justice et le respect des principes républicains reste intact, en dépit des attaques. Tout en appelant ses militants au calme et à la retenue, le parti assure qu’il ne se laissera pas intimider par les invectives et continuera à jouer pleinement son rôle dans la vie politique nationale.

Cette prise de parole, particulièrement ferme, marque un durcissement du ton dans un contexte politique où les tensions entre l’opposition d’hier — aujourd’hui au pouvoir — et l’ancien régime se font de plus en plus vives. Elle témoigne aussi de la volonté de l’APR de défendre son héritage et de préserver l’intégrité de ses cadres, dans un environnement de plus en plus polarisé.

Papa Malick Ndour sur le plan de redressement : « C’est un acte illégal qui peut être attaqué devant la cour suprême »

Présent sur le plateau de l’émission Faram Facce sur la Tfm ce lundi soir, Papa Malick Ndour, président du Conseil départemental de Guinguinéo et coordonnateur national des cadres républicains, a vivement critiqué le nouveau programme économique du gouvernement. Selon lui, le « plan de redressement » que le Premier ministre Ousmane Sonko compte dévoiler vendredi constitue une initiative dépourvue de base légale, et donc attaquable devant la Cour suprême.

L’ancien ministre de la Jeunesse a rejeté d’emblée la pertinence de ce plan, estimant qu’il repose sur une vision erronée et non conforme au cadre juridique en vigueur. Il s’est appuyé sur la loi d’orientation 2022-10 du 19 avril 2022 relative au système national de planification, pour affirmer que « le Sénégal ne peut pas parler de plan de redressement sans un changement préalable de cette loi ».

En effet, l’article 24 de ce texte législatif précise que « le Plan Sénégal Émergent (PSE) est l’unique référentiel de la politique économique et sociale du pays ». Le PSE, adopté en 2014 sous la présidence de Macky Sall, demeure donc en vigueur, en l’absence d’un amendement législatif formel. Pour Papa Malick Ndour, tant que cette disposition n’a pas été modifiée par l’Assemblée nationale, toute alternative comme le « plan de redressement » ou « l’agenda de transformation systémique » n’a aucune valeur juridique.

« Tous les actes qui s’en écartent sont non seulement illégaux, mais relèvent d’un excès de pouvoir. Ils peuvent être attaqués devant la juridiction suprême », a-t-il insisté. Il voit dans cette tentative un risque d’insécurité juridique majeur, qui pourrait affaiblir la crédibilité de l’action gouvernementale, notamment vis-à-vis des partenaires techniques et financiers du Sénégal.

Dans un autre registre, Papa Malick Ndour a pointé du doigt un manque de cohérence entre la stratégie adoptée par le nouveau gouvernement et la loi de finances en cours. Selon lui, si le gouvernement veut véritablement rompre avec le PSE, il doit l’assumer sur le plan institutionnel et faire adopter par voie législative un nouveau cadre de référence. « Je leur conseille de changer la loi. Qu’ils arrêtent de bricoler avec des concepts comme « plan de redressement » ou « stratégie systémique », qui n’ont aucune assise légale », a-t-il déclaré.

Au-delà de l’aspect juridique, le coordonnateur des cadres de l’APR estime que l’actuelle équipe dirigeante n’a pas encore trouvé les mécanismes efficaces pour relancer l’économie nationale. Il met en garde contre des effets d’annonce qui risquent de se heurter à la réalité du terrain et à la rigidité des textes. « Ce plan va encore tomber à l’eau comme bien d’autres », a-t-il conclu.

Khelcom Biram : Le parti PASTEF perd un élément de taille — Fodé Kaba Sarr claque la porte

Fodé Kaba Sarr, figure engagée dans la dynamique politique locale de Khelcom Biram, a annoncé son départ avec fracas du Parti PASTEF, dénonçant une mise à l’écart jugée arbitraire et injustifiée.

« Je tiens à dénoncer avec fermeté mon retrait unilatéral du groupe WhatsApp du comité électoral de la commune de Khelcom Biram, décidé par le coordinateur local de PASTEF. Ce geste, injustifié et regrettable, constitue une atteinte à l’esprit de coalition et de respect mutuel qui doit prévaloir entre alliés », a-t-il déclaré dans une note rendue publique.

Fodé Kaba Sarr rappelle que son leader politique, Déthié Fall, reste pleinement engagé dans la coalition Diomaye Président. Il souligne également que son adhésion au mouvement Khelcom Bou Bess, une initiative citoyenne locale, ne saurait être assimilée à une quelconque trahison.

« Bien au contraire, elle témoigne de mon enracinement dans les dynamiques communautaires et de mon engagement pour le développement local », précise-t-il.

Il dénonce un comportement autoritaire de la part de certains responsables locaux de PASTEF, qu’il qualifie de « symptomatique d’une dictature rampante ».

« Ce type d’attitude ne peut prospérer dans un espace démocratique, où la diversité des voix et des engagements doit être valorisée. »

« Je lance un appel à la raison, à l’unité et au respect des principes qui nous rassemblent. Une coalition ne peut se construire sur l’exclusion, mais bien sur le dialogue et la reconnaissance de chacun. »

Crise économique au Sénégal : Sonko dévoile un plan de redressement ambitieux ce 1er août

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko présentera ce vendredi 1er août 2025, au Grand Théâtre de Dakar, un plan de redressement économique d’envergure. Ce rendez-vous crucial, tenu en présence du président Bassirou Diomaye Faye, intervient dans un contexte de crise financière aiguë et vise à rassurer autant les citoyens que les partenaires internationaux.

Depuis leur accession au pouvoir en mars 2024, le tandem Diomaye-Sonko fait face à une réalité budgétaire alarmante. Les audits des finances publiques commandités par le nouveau régime ont mis à nu l’ampleur de la dette contractée sous Macky Sall. Le Premier ministre Ousmane Sonko avait accusé l’ancien pouvoir d’avoir dissimulé une « dette cachée » estimée à 7 milliards de dollars entre 2019 et 2024. Le président Faye a confirmé ces révélations, précisant que le déficit budgétaire réel de 2023 dépassait les 10 % du PIB — soit le double du chiffre annoncé publiquement par l’ancien gouvernement.

Par ailleurs, la dette publique a été réévaluée à 8 300 milliards FCFA, soit 118 % du PIB, un niveau jugé insoutenable. Ces révélations ont porté un coup dur à la crédibilité financière du pays.

Face à cette dégradation des indicateurs macroéconomiques, les agences de notation n’ont pas tardé à réagir. En février 2025, Moody’s a rétrogradé la note souveraine du Sénégal de B1 à B3 avec une perspective négative. En juillet, Standard & Poor’s a enfoncé le clou en abaissant la note à B-, signalant que le pays affiche désormais le ratio dette/PIB le plus élevé parmi les États africains classés dans cette catégorie.

Dans la foulée, le Fonds monétaire international (FMI) a suspendu son programme de financement, ajoutant une pression supplémentaire sur les autorités sénégalaises, désormais contraintes de définir un cap clair pour redresser l’économie.

Le plan qui sera dévoilé ce vendredi s’inscrit dans le cadre de l’Agenda Sénégal 2050, une vision stratégique de long terme. Il ambitionne de :

Réduire drastiquement le train de vie de l’État ; Réorienter les investissements vers des secteurs productifs comme l’agriculture et l’agro-industrie ; Promouvoir l’emploi à travers l’entrepreneuriat et l’économie sociale ; Rationaliser les dépenses publiques et supprimer les doublons administratifs.

L’économiste Mor Gassama, interrogé par nos soins, juge ce plan « pertinent » dans ses grandes lignes. Il souligne toutefois la nécessité d’un ciblage rigoureux :

« Il faut aller à l’essentiel. Produire localement pour réduire la dépendance, recentrer les priorités de la Stratégie nationale de développement, et adopter une discipline budgétaire sans faille. »

Alors que les prix augmentent, que le chômage pèse sur les jeunes, et que les caisses de l’État sont exsangues, le gouvernement joue gros. Ce plan de redressement ne devra pas seulement convaincre les partenaires techniques et financiers. Il devra surtout envoyer un signal fort à la population : celui d’un nouveau départ, basé sur la transparence, la rigueur et l’ambition nationale.

Certains experts, plus prudents, estiment qu’une révision ciblée des projets en cours aurait suffi, sans nécessairement repenser entièrement la trajectoire économique. Le choix d’un redressement global traduit toutefois la volonté politique du gouvernement de rompre avec les pratiques du passé.

Vers un pacte politique ? Les dessous du geste de Karim Wade envers Badara Gadiaga

Depuis Doha, Karim Wade n’est pas resté indifférent à l’arrestation de Badara Gadiaga. Le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade a dépêché des émissaires à la prison de Rebeuss, où est détenu le chroniqueur, figure critique du régime actuel. Selon nos informations, Karim envisage de commettre des avocats pour assurer sa défense. Un geste qui dépasse largement le cadre humanitaire ou communautaire.
Il faut dire que Karim Wade et Badara Gadiaga partagent bien plus que des origines communes à Kébémer. Le père du chroniqueur, feu Bathie Gadiaga, fut un fidèle compagnon d’Abdoulaye Wade et militant de la première heure du Parti Démocratique Sénégalais (PDS). Toute la famille Gadiaga reste profondément ancrée dans l’idéologie libérale. Le geste de Karim est donc tout sauf anodin. Il renoue un fil politique.
Va-t-on vers un rapprochement stratégique entre Karim Wade et Badara Gadiaga ? L’hypothèse prend forme. Gadiaga, influent dans l’espace médiatique et populaire auprès de la jeunesse, pourrait devenir un relais de terrain précieux pour une éventuelle relance du PDS. En retour, il bénéficierait de l’appui politique et juridique d’un poids lourd comme Karim, encore en quête d’un véritable socle électoral pour préparer son retour.

Ce soutien envoyé depuis le Qatar est aussi un message politique fort : le PDS n’est pas mort et reste solidaire de ses voix dissidentes. C’est un avertissement adressé au pouvoir : toucher à l’un des nôtres, c’est provoquer toute une famille politique. Et c’est aussi un clin d’œil appuyé à ceux qui, dans l’opposition, cherchent encore une bannière crédible.
En résumé, derrière cette main tendue à Rebeuss se dessine peut-être le début d’une alliance tactique. Karim Wade, en soutenant Gadiaga, ne fait pas qu’un geste : il pose un pion sur l’échiquier de la recomposition politique.

Liberté d’expression en péril : le cri d’alarme du Collectif des Amis de Badara Gadiaga

Face aux dérives autoritaires du nouveau régime, des citoyens dénoncent l’arrestation d’opposants et appellent au respect des droits fondamentaux garantis par la Constitution sénégalaise.

Les libertés – toutes les libertés – et surtout la liberté d’expression doivent être défendues par tout citoyen épris de justice.

Depuis l’avènement du nouveau régime incarné par le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Monsieur Ousmane Sonko, la liberté d’expression dans l’espace public est de moins en moins tolérée au Sénégal. La tentative de museler la pensée libre devient de plus en plus manifeste. 

S’exprimer librement est désormais un risque : un véritable ticket de péage vers la prison. Les exemples sont nombreux : 
•  Badara Gadiaga, symbole de fidélité à la libre parole et à l’honneur, 
•  Abdou N’guer, chroniqueur pertinent, 
•  Bachir Fofana, journaliste talentueux, 
•  Et les otages politiques Lat Diop et Moustapha Diakhaté, qui croupissent tous à Rebeuss, en témoignent amplement. 

Rester silencieux face à ces dérives, c’est accepter le bâillonnement des populations.

Or, l’article 8 de la Constitution sénégalaise garantit, depuis 2001, la liberté d’opinion, d’expression et de la presse, érigées comme droits fondamentaux.


Alors nous disons STOP à ce régime :
•  STOP à l’injustice 
•  STOP à l’arbitraire 
•  STOP à l’appel à la haine et à l’injure 
•  STOP à la diffamation 


Le développement et le progrès économique et social de notre pays ne peuvent se réaliser dans la division, l’affrontement ou l’ignorance, mais dans la cohésion sociale, la solidarité, l’expertise et la bonne volonté professionnelle. 

L’histoire nous enseigne…

Une relecture historique aurait pourtant appris à ce régime que le peuple sénégalais s’est toujours levé contre l’oppression et la restriction des libertés. 

Le Sénégal n’a jamais été un terrain fertile pour la dictature, qu’elle soit couchée, rampante ou debout. 

Des figures emblématiques de notre histoire ont payé de leur vie pour défendre l’honneur et la liberté de notre peuple : 
•  Le 07 mars 1820 à Nder, la Linguère Fatim Yamar Khour Yaye et les femmes du Walo ont résisté à l’envahisseur jusqu’au sacrifice ultime. 
•  Lat Dior Ngoné Latyr Diop, Damel du Cayor, 
•  Le Professeur Cheikh Anta Diop
tous ont choisi la liberté plutôt que le déshonneur, en exprimant leurs opinions librement. 

Depuis la Charte du Mandé (1235), fondement même de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789), des filles et fils d’Afrique ont versé leur sang pour la défense des libertés. 


Nous, descendants de ces dignes lignées, n’avons pas le droit d’en faire moins.

Nous devons protéger notre droit à l’expression libre, au bénéfice du débat public, pour une meilleure circulation de l’information. 

Depuis l’affaire Adji Sarr en 2021, suivie de quatre années de violences politiques ayant causé 87 décès, le peuple aspire aujourd’hui à un apaisement social, pour se concentrer enfin sur ses priorités : 
•  économie
•  éducation
•  santé publique
•  sécurité

Ce peuple souffre et réclame justice, équitablement rendue, avec des responsabilités clairement établies. 



Lors des élections présidentielles, 54 % des électeurs ont placé leur confiance en ce régime porté par PASTEF et son PROS, avec l’espoir de solutions rapides à leurs difficultés quotidiennes. 

La diversité des choix électoraux fait le charme d’une démocratie saine. Mais une fois élu, un président gouverne pour 100 % de ses citoyens, dans l’unité et l’équité. 



Nous appelons donc nos autorités à agir :
•  À mobiliser tous les moyens de l’État pour répondre aux vraies préoccupations populaires, 
•  À cesser la chasse aux opposants, politiques ou médiatiques, 
•  À se consacrer au travail, encore et toujours, 
•  À faire moins de politique et plus d’action, 
pour soulager les inquiétudes profondes de nos populations. 

Car pour l’instant, le vent d’espoir de 2024 s’est transformé en tempête de désespoir. 


À Clamart / PARIS,
Le 29 juillet 2025

Le Collectif des Amis de Badara Gadiaga

Et pour son soutien, merci au Professeur Mr Serigne DIOP, 
Ancien Ministre de la Justice du Sénégal. 

« Redressement ou effondrement : l’heure du choix pour le Sénégal »

Dans une tribune sans concession, Bougane Guèye Dany alerte sur la faillite économique du pays et propose un plan de rupture fondé sur la transparence, la production nationale et la souveraineté.

Le gouvernement s’apprête une fois de plus à servir un supposé plan de redressement. Mais que cherche-t-il réellement à redresser ? Le Projet, l’Agenda 2050, ou la Loi de finances rectificative ? On tente de soigner les effets en ignorant la cause, pendant que les factures flambent, les poches se vident, les PME meurent, les jeunes fuient, les familles s’endettent pour manger, les fonctionnaires grognent, les commerçants suffoquent, 30 000 travailleurs déflatés ruminent leur colère… et l’État continue de danser sur la détresse nationale.

Depuis bientôt deux ans, le Sénégal ne traverse pas une simple crise passagère. Il est structurellement affaibli : une économie informelle laissée pour compte, des ménages appauvris, des entreprises asphyxiées. L’État, quant à lui, s’endette non pas pour investir, mais pour survivre. Ses maigres investissements, 2 milliards annoncés, relèvent davantage de l’aveu d’échec que d’un motif de fierté. Le recours à l’endettement est devenu une addiction toxique.

Ce que nous vivons n’est pas un ralentissement. C’est un effondrement économique.

Présenter un “plan de redressement” sans une véritable relance productive, c’est comme prescrire le jeûne à un malade dans le coma. Il ne guérira pas. Il mourra plus vite. Ce plan en gestation risque de devenir une Shoah économique pour les ménages, où les plus vulnérables paieront le prix fort.

Ce dont le Sénégal a besoin, ce n’est pas d’un énième plan de relance cosmétique.

C’est d’un plan de redressement lucide, courageux et souverain.

Un plan qui rompe avec la fuite en avant, les slogans vides et les décisions à courte vue.

Redresser, c’est d’abord assainir et lutter contre la corruption

Il faut remettre de l’ordre dans les finances publiques. Assez des chiffres opaques et des audits de convenance. L’urgence, c’est de mettre fin au gaspillage, aux dépenses de prestige, et de freiner l’hémorragie budgétaire.

Je propose :

 1. L’allégement du train de vie de l’État – pas celui du peuple :

 • Réduction de 75 % des fonds politiques spéciaux

 • Plafonnement des salaires dans la haute administration

 • Réduction de 70 % des gratifications des régies financières

 • Rationalisation des agences, directions et missions budgétivores

 • Baisse de 40 à 60 % des dépenses de fonctionnement (véhicules, missions, primes…)

 • Suppression des privilèges injustifiés dans les agences et directions nationales

 • Revalorisation du SMIG à 100 000 F CFA minimum

 • Relèvement des bas salaires

 • Lutte rigoureuse contre la corruption et les détournements

 • Création d’une Haute Autorité indépendante pour la transparence budgétaire

 • Publication trimestrielle des avantages liés aux fonctions publiques

Redresser, c’est créer de la richesse 

Le Sénégal doit cesser de consommer ce qu’il ne produit pas. Il est temps de réindustrialiser notre économie à la base, en s’appuyant sur nos territoires, nos ressources et nos talents.

Cela implique :

 2. Une relance agricole et industrielle décentralisée :

 • Effectivité des coopératives agricoles

 • Mécanisation de l’agriculture

 • Lancement d’une politique d’industrialisation communale

 • Création de mini-unités de transformation agroalimentaire et de recyclage

 • Implication directe des collectivités locales et des groupements communautaires

 • Objectif : 10 000 micro-unités industrielles en 3 ans pour fixer les jeunes dans leur terroir

Redresser, c’est libérer l’initiative

Notre économie est étranglée par une fiscalité injuste, une bureaucratie pesante, et un accès au crédit quasi inexistant. Il est urgent de créer un environnement favorable à l’entrepreneuriat, notamment pour les femmes, les jeunes et les artisans.

Pour cela, je propose :

 3. Faire de la microfinance un levier de relance :

 • Crédit facilité pour les femmes, les jeunes, les producteurs locaux

 • Partenariats renforcés avec mutuelles, coopératives, et structures communautaires

 • Accompagnement technique et allègements fiscaux sur les microcrédits productifs

Et aussi :

 • Création d’un statut pour les Jeunes Entreprises Innovantes (JEI)

 • Exonération totale d’impôt la première année, 50 % la deuxième année

 • Crédits d’impôt pour la recherche et l’innovation (CIR, CII)

 • Réduction du taux d’IS à 15 % pour les PME locales innovantes

Redresser, c’est restaurer la confiance

 4. Aucun plan ne réussira sans transparence ni exemplarité.

La confiance naît de la justice, de l’équité et de la responsabilité.

Il faut :

 • Mettre fin au népotisme dans les nominations et marchés publics

 • Adopter une politique de tolérance zéro contre la corruption

 • Exiger une éthique de responsabilité au sommet de l’État

Redresser, c’est affirmer notre souveraineté

Notre modèle de développement doit reposer sur nos ressources, notre jeunesse, et notre diaspora.

Je propose :

 5. Un patriotisme économique assumé :

 • 50 % des marchés publics réservés aux entreprises sénégalaises

 • Taxation progressive des multinationales extractives

 • Renégociation des contrats sur nos ressources naturelles

Et :

 • Diversification de nos partenaires économiques

 • Fin de la dépendance exclusive à l’Union européenne ou à la Chine

 • Priorisation des chaînes de valeur régionales (CEDEAO, UA)

 • Application du triptyque : “Produire ici, transformer ici, consommer ici”

 • Création d’un Fonds Souverain pour la Relance et la Production, financé par l’État, les banques, la diaspora et les partenaires stratégiques, orienté vers :

 • l’agro-industrie

 • les technologies

 • les énergies renouvelables

 • la transformation minière

L’heure n’est plus au constat. Elle est à l’action.

Le temps des diagnostics est passé. Le Sénégal ne sera pas sauvé par des slogans ou des rapports de consultants. Sa survie dépend d’un plan de redressement économique et moral, solide, courageux, et porté par une volonté réelle de rupture.

Je ne suis pas de ceux qui applaudissent pour être appelés.

Je suis de ceux qui alertent, proposent et agissent.

Pour réussir ce redressement, il faut un cap clair, un leadership rigoureux, une gouvernance sobre, transparente et souveraine.

Le Sénégal a un problème de cap.

Il est temps d’en finir avec un modèle budgétivore et dépendant des bailleurs.

Il est temps de reconstruire une économie de base, productive, solidaire et souveraine.

Annoncer un “plan de redressement” dans l’unique but d’administrer un peuple déjà agressé jusque dans ses croyances immatérielles, c’est choisir l’effondrement économique, prélude à un ajustement structurel brutal.

Un seul choix: sauver l’économie ou dégagez .

Bougane Guèye Dany

Président du Mouvement Gueum Sa Bopp

« Les Jambars ».

Enquête sur les violences politiques de 2021 à 2024 : Un chantier judiciaire semé d’embûches

Le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a officiellement lancé une procédure en vue de l’ouverture d’une enquête judiciaire sur les violences politiques qui ont endeuillé le Sénégal entre 2021 et 2024. Plus de 80 personnes ont perdu la vie durant cette période marquée par des affrontements violents entre manifestants, forces de l’ordre et groupes armés non identifiés, dans un climat de tension extrême lié aux crises politiques successives.

Si cette initiative est accueillie favorablement par une partie de l’opinion publique, elle n’en reste pas moins une entreprise complexe, aussi bien sur les plans juridique que politique.

Interrogé par L’Observateur, Dr Mouhamadou Ba, enseignant-chercheur en droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, souligne que l’un des principaux défis réside dans le statut des personnes potentiellement mises en cause. « Certains hauts fonctionnaires, notamment dans les forces de l’ordre, peuvent bénéficier d’une immunité pénale s’ils ont agi dans le cadre d’une mission de service public », explique-t-il.

La situation se complique davantage pour les anciens ministres ou chefs d’État, qui ne peuvent être poursuivis que par le biais de mécanismes spécifiques, comme la Haute Cour de Justice. Quant aux agents des forces de sécurité, ils sont justiciables devant des juridictions militaires. « Ouvrir des enquêtes, c’est une chose. Établir la responsabilité pénale, c’en est une autre », avertit Dr Ba.

Autre difficulté majeure : la distinction, souvent ténue, entre faute de service et faute personnelle. Ce flou juridique pourrait rendre très incertaines les éventuelles poursuites.

El Amath Thiam, président de l’organisation Justice sans Frontière (JSF), pointe quant à lui des obstacles plus pratiques : disparition de preuves matérielles, absence de vidéos exploitables, témoins intimidés ou introuvables. « Il sera extrêmement difficile d’identifier avec précision les auteurs directs ou les donneurs d’ordre de certaines exactions », alerte-t-il.

Il met également en garde contre une possible récupération politique de la procédure, qui risquerait de décrédibiliser la démarche si elle venait à apparaître sélective ou partisane. « Seule une enquête rigoureuse, indépendante et respectueuse des droits de la défense pourra éviter le piège d’une justice à deux vitesses », insiste-t-il.

Plusieurs analystes rappellent l’exemple du procès de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale. Malgré les quelque 3 000 morts enregistrés lors de la crise post-électorale de 2010-2011, la CPI n’avait pu établir de responsabilité individuelle, conduisant à l’acquittement de l’ancien chef d’État.

Ce précédent alimente un certain scepticisme quant à l’issue de l’enquête sénégalaise. « Des enquêtes seront ouvertes, des auditions menées, mais la montagne risque d’accoucher d’une souris », redoute Dr Ba.

Dans un pays encore marqué par les traumatismes récents, cette initiative judiciaire représente un test majeur pour l’État de droit et la confiance dans les institutions. Elle devra concilier une volonté de vérité avec les exigences de rigueur juridique, dans un contexte où toute erreur d’appréciation pourrait rallumer les braises d’un passé encore brûlant.

Visite à Rebeuss : Abdou Mbow inquiet pour l’état de santé de Farba Ngom

L’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar (2022-2024) et actuel porte-parole adjoint de l’Alliance pour la République (APR), Abdou Mbow, s’est récemment rendu à la prison de Rebeuss pour rendre visite à son camarade de parti et ami de longue date, Farba Ngom.

Selon des informations rapportées par le journal Les Échos, cette visite a été marquée par des échanges empreints de camaraderie entre les deux hommes, connus pour leur complicité au sein de l’APR. Quelques taquineries ont ponctué leur entretien, comme pour tenter d’alléger un contexte pourtant lourd.

Mais derrière ces moments de légèreté apparente, Abdou Mbow n’a pas caché son inquiétude. D’après la même source, l’ancien député s’est montré particulièrement préoccupé par l’état de santé de Farba Ngom. Député-maire des Agnam et secrétaire national chargé de l’organisation et de la mobilisation de l’APR, Farba Ngom est actuellement en détention, dans des conditions qui suscitent l’attention de ses proches et de plusieurs figures du camp présidentiel sortant.

La visite d’Abdou Mbow intervient dans un climat politique tendu, marqué par l’arrestation de plusieurs anciens responsables de la mouvance présidentielle de Macky Sall, dont Farba Ngom, considéré comme l’un des piliers de l’APR dans le nord du pays.

Crise nationale et dérives gouvernementales : la coalition DJONE alerte et interpelle le président Diomaye Faye

Communiqué du Bureau Politique de la Coalition DJONE

La coalition DJONE s’est réunie le dimanche 27 juillet dernier. Analysant l’actualité politique nationale, elle dénonce avec fermeté l’emprisonnement arbitraire de journalistes, chroniqueurs et citoyens injustement détenus. La coalition DJONE réaffirme son attachement inébranlable à l’État de droit, à la liberté d’opinion et à une justice équitable.

Elle exprime sa pleine solidarité à l’ensemble des médias brimés et essoufflés par la suspension des conventions et du fond d’appui et de développement de la presse par le pouvoir actuel depuis deux années consécutives. Les blocages constatés actuellement en tous domaines au Sénégal ne sont provoqués que par la gouvernance PASTEF qui incarne une dérive belliqueuse et clivante, des attitudes qui menacent la réconciliation et l’unité nationale, condition sine qua none à la stabilité et au décollage économique du Sénégal.

Le gouvernement, en mal d’une vision claire, brille par un recyclage honteux des projets de l’ancien régime et un amateurisme préoccupant. Le plan de redressement aujourd’hui brandi comme solution n’est qu’un écran de fumée face à une crise née de l’incompétence, pas de la conjoncture.

La coalition DJONE interpelle le Président Bassirou Diomaye Faye afin de lui suggérer encore une fois d’habiter sa fonction, de procéder à un recadrage de la primature pour éviter une crise institutionnelle majeure à notre cher pays. Il est urgent pour le Chef de l’État, de soumettre ses projets à l’expertise de techniciens et bailleurs, et faire cesser le folklore médiatique destiné à anesthésier un peuple encore abusé.

Enfin, nous demandons au président Faye de mette en demeure les ministres et directeurs généraux muets sur leurs bilans, mais loquaces à travers les réseaux sociaux sur la justice qu’ils ne comprennent ni ne respectent. Le pays glisse dangereusement, et il est grand temps pour le président de la République d’agir, avant que l’irréparable ne se produise.

Pour la coalition DJONE
Le coordonnateur national
Mohamed Moustapha Diagne

Pape Malick Ndour tire à boulets rouges sur la gouvernance actuelle : « Un gouvernement fantasmagorique, sans boussole »

L’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, a vivement critiqué la gestion du gouvernement en place dans un post publié ce mardi sur ses réseaux sociaux. Dans une charge frontale et sans détours, l’ancien responsable de la mouvance présidentielle sous Macky Sall dénonce ce qu’il qualifie de « pilotage à vue » de l’appareil étatique, pointant du doigt un manque de vision, une surenchère de slogans creux et une série de plans économiques incohérents.

Selon Pape Malick Ndour, le gouvernement actuel aurait lancé pas moins de quatre programmes économiques en seulement 16 mois, ce qu’il juge totalement symptomatique d’un pouvoir qui navigue sans cap. « Une durée de vie moyenne de 4 mois par programme ? Ceci est symptomatique d’un pouvoir qui tâtonne », écrit-il, soulignant l’absence de continuité et de logique dans les politiques publiques engagées.

Dans un ton mordant, l’ancien ministre décrit un exécutif davantage préoccupé par le marketing politique que par la résolution des problèmes structurels du pays :

« Ce gouvernement-là n’est ni plus ni moins qu’un gouvernement fantasmagorique, sans boussole, sans cohérence, sans programme, sans cap clair, bref un gouvernement de l’improvisation permanente, des slogans, des affiches, des brandings et des promesses creuses. »

Il déplore une gouvernance rythmée par les effets d’annonce : « les jours pairs, on parle de solutions ; les jours impairs, on parle de projets », ironise-t-il.

Au-delà des critiques, Pape Malick Ndour tire la sonnette d’alarme quant aux conséquences de cette gouvernance jugée erratique. Il évoque un pays « condamné à la misère noire et au sous-développement » si aucun redressement stratégique et durable n’est opéré.

Ce message, qui semble marquer une rupture nette avec le pouvoir actuel, s’inscrit dans un contexte politique marqué par de nombreuses interrogations sur les orientations économiques et sociales du nouveau régime. Bien que Pape Malick Ndour n’ait pas annoncé de positionnement politique clair, sa sortie pourrait préfigurer un engagement plus actif dans le débat public à venir.

L’ancien ministre conclut son message par une promesse : « Rendez-vous demain pour plus d’approfondissement… », laissant présager une série d’interventions critiques dans les jours à venir.

Barthélemy Dias rend visite à Badara Gadiaga à Rebeuss : un geste de solidarité et d’engagement

L’ancien maire de Dakar, Barthélemy Dias, s’est rendu ce lundi à la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Rebeuss pour rendre visite à Badara Gadiaga, détenu depuis plusieurs semaines dans le cadre d’une procédure judiciaire en cours. Une visite à forte charge symbolique, marquée par l’émotion et la fraternité.

Barthélemy Dias, président du Mouvement Sénégal Bignou Bokk, a tenu à témoigner personnellement son soutien à celui qu’il considère comme un frère. « C’est mon domou Ndey, un compagnon de longue date dans les luttes pour la démocratie et la justice sociale », a-t-il déclaré à l’issue de sa visite, selon des confidences relayées par Les Échos.

La rencontre entre les deux hommes s’est déroulée dans une atmosphère empreinte d’émotion. Elle a été décrite comme un moment fort, marqué par des échanges sincères, des souvenirs partagés et une solidarité renouvelée.

Barthélemy Dias, lui-même passé par la case prison dans un contexte politique tendu, a souvent dénoncé l’utilisation de la justice comme arme contre les opposants et militants engagés. En rendant visite à Badara Gadiaga, il a voulu exprimer un geste de fraternité, mais aussi lancer un signal politique fort : celui d’une continuité dans le combat pour les libertés et la défense des droits des citoyens.

Cette visite s’inscrit également dans un contexte où de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles qualifient d’arrestations arbitraires et d’acharnement contre certains militants ou figures politiques. Le geste de Barthélemy Dias pourrait donc également être perçu comme un acte de résistance face à ce qu’il considère comme des dérives de l’appareil judiciaire.

Badara Gadiaga, figure connue dans les milieux militants et sociaux, bénéficie d’un important soutien de la part de plusieurs organisations citoyennes et politiques. Sa détention continue d’alimenter les débats sur l’indépendance de la justice et les libertés publiques au Sénégal.

Plan de redressement économique : Zahra Iyane Thiam ironise sur l’annonce du Premier ministre

Le Premier ministre Ousmane Sonko s’apprête à dévoiler un nouveau document stratégique, baptisé « plan de redressement économique », dans un contexte où les défis économiques du Sénégal restent nombreux et pressants. Ce plan, annoncé lors du Conseil des ministres du mercredi 23 juillet 2025, est censé présenter la vision du gouvernement face aux difficultés sociales et économiques du pays. Mais déjà, cette annonce suscite scepticisme et ironie dans les rangs de l’opposition et d’anciens responsables gouvernementaux.

Sur le réseau social X (anciennement Twitter), Zahra Iyane Thiam, ancienne ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, a vivement réagi à l’annonce du Premier ministre. Dans un ton à la fois critique et sarcastique, elle a exprimé ses doutes quant à l’efficacité de ce nouveau plan. « Jour J pour le PM : encore un plan, cette fois, de redressement économique. Après le Projet, l’Agenda Sénégal 2050, la Stratégie nationale de développement, le Master Plan du Gouvernement… En 16 mois, un plan par trimestre ! On redoute de découvrir ce que celui-ci va encore redresser », a-t-elle écrit.

Son commentaire illustre un agacement face à ce qu’elle considère comme une inflation de plans, projets et documents stratégiques produits par l’équipe actuelle sans résultats tangibles visibles à ce jour. Selon Zahra Iyane Thiam, ces initiatives semblent se succéder sans apporter les réponses concrètes attendues par les populations.

Pour sa part, Ousmane Sonko se veut rassurant. Le chef du gouvernement affirme que ce plan de redressement a été mûrement réfléchi et élaboré depuis plusieurs semaines. Il promet une présentation claire et détaillée des mesures à venir, notamment en ce qui concerne la réduction du train de vie de l’État et la réorientation des relations avec les partenaires techniques et financiers. « Dans les jours à venir, je présenterai aux Sénégalais le plan de redressement. On y travaille depuis des semaines. Nous dirons aux Sénégalais point par point comment nous allons faire pour contraindre l’État à diminuer son train de vie et quelles seront nos orientations face à nos partenaires », avait-il déclaré.

L’annonce du plan intervient à un moment crucial, où les tensions sociales se multiplient et où l’économie nationale peine à se redresser durablement. Dans les milieux économiques et politiques, beaucoup attendent de voir si ce plan constituera un véritable tournant ou s’il s’ajoutera à la longue liste des intentions gouvernementales non suivies d’effets concrets.

Touba : Le ministre Yankhoba Diémé rassure sur l’état d’avancement des travaux en prélude au Grand Magal

En prélude au Grand Magal de Touba, le ministre des Infrastructures et des Transports, Yankhoba Diémé, a effectué ce dimanche une visite de terrain dans la cité religieuse pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux de voirie et des installations ferroviaires. Cette visite s’inscrit dans le cadre des préparatifs de cet événement religieux majeur, qui attire chaque année des millions de fidèles.

Accompagné d’une forte délégation technique, le ministre a inspecté les chantiers en cours entre Touba et Mbacké. Il a indiqué que les travaux routiers sont réalisés à 90 %, assurant que les engagements pris par l’Ageroute seront bel et bien tenus dans les délais impartis. Cette avancée significative témoigne, selon lui, de la volonté des autorités de garantir un Magal sécurisé et fluide sur le plan logistique.

Par ailleurs, Yankhoba Diémé a annoncé que la société nationale Dakar Dem Dikk participera au transport des pèlerins durant le Magal, renforçant ainsi le dispositif de mobilité mis en place pour l’occasion. Il a également précisé que le service ferroviaire entre Touba, Mbacké et Ngabou, déjà en activité, continuera de fonctionner après l’événement. Ce prolongement vise notamment à faciliter le transport scolaire et à réduire les accidents liés au déplacement des élèves.

Souhaitant inscrire ses actions dans une dynamique de développement durable, le ministre a souligné l’importance de moderniser Touba pour en faire un pôle d’attractivité économique et de mobilité urbaine. Il a affirmé sa volonté de collaborer étroitement avec les autorités religieuses pour répondre aux besoins spécifiques de la ville sainte.

Enfin, au terme de sa visite, Yankhoba Diémé a été reçu par le Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, et son porte-parole, à qui il a présenté les dispositifs en place et le niveau d’exécution des travaux. Le ministre a réitéré l’engagement de l’État à accompagner la communauté mouride dans l’organisation du Magal dans les meilleures conditions.

Guy Marius Sagna appelle à une lutte “impitoyable” contre les ennemis du Projet

Le député Guy Marius Sagna, figure bien connue de l’activisme social et parlementaire au Sénégal, a lancé un appel musclé ce lundi 28 juillet à l’endroit des militants de PASTEF, le parti au pouvoir. Dans une publication sur sa page Facebook, le parlementaire a exhorté ses camarades à « mener une lutte impitoyable » contre ceux qu’il identifie comme des obstacles majeurs à la réussite du “Projet” porté par le président Ousmane Sonko et son gouvernement.

Selon le député de la majorité présidentielle, les menaces qui pèsent sur le Projet national ne viennent pas uniquement de l’extérieur. Guy Marius Sagna identifie trois catégories d’« ennemis » :

Les tenants de l’ancien système : Il s’agit, d’après lui, de ceux qui « veulent perpétuer l’ancien système et qui sont dans l’opposition ». Ce groupe regrouperait des acteurs politiques et économiques attachés aux pratiques et logiques du régime précédent. Les forces impérialistes et leurs relais internes : Le parlementaire accuse également certains acteurs étrangers — les « impérialistes » — de chercher à freiner l’élan de rupture engagé par le nouveau pouvoir, en complicité avec une frange de l’opposition sénégalaise. Les saboteurs internes : Enfin, Guy Marius Sagna n’épargne pas son propre camp. Il dénonce ceux qui, bien qu’appartenant à la mouvance présidentielle, « ralentissent le PROJET et/ou posent des actes contraires au don de soi pour la patrie ».

Ce message, au ton ferme et sans ambiguïté, traduit la volonté du député de resserrer les rangs autour de ce qu’il décrit comme un combat historique. En appelant à une « lutte impitoyable », il semble vouloir renforcer la discipline militante et prévenir toute forme de compromission ou de relâchement face aux enjeux politiques, économiques et sociaux qui accompagnent la mise en œuvre du Projet de rupture porté par l’actuelle équipe dirigeante.

Conférence pour la libération de Lat Diop : une ferveur militante transformée en cri de révolte

Entre émotion et dénonciations, la conférence en soutien à Lat Diop s’est muée en véritable manifestation d’indignation populaire, avec des attaques frontales contre le régime de Sonko.

La salle était pleine à craquer. Ce qui devait être une simple conférence de soutien à Lat Diop s’est rapidement transformé en scène de colère populaire. L’ambiance, d’abord sobre, a basculé lorsque l’un des militants est entré avec une menotte accrochée à la main. “Libérez Lat Diop !” a-t-il crié, déclenchant une salve d’applaudissements et d’exclamations.

Dans un geste symbolique fort, il a pointé du doigt Ousmane Sonko, désigné sans détour comme “le seul responsable de l’emprisonnement arbitraire” de Lat Diop. Selon lui, l’ancien directeur général de la Lonase est “une victime politique”, ciblée pour son influence croissante et son engagement ferme contre ce qu’il qualifie de “dérives du nouveau régime”.

L’émotion a ensuite gagné la salle lorsqu’une femme, visiblement proche de Lat Diop, a pris la parole. Entre deux sanglots, elle a évoqué les nombreuses actions de l’homme politique dans sa communauté, ses sacrifices personnels, et la douleur provoquée par son absence. Une scène marquante s’est déroulée lorsqu’un militant l’a prise dans ses bras, déclenchant des applaudissements nourris.

Ce moment d’émotion a été suivi d’un puissant appel à la résistance. “Ce combat, c’est celui de la vérité et de la justice. On ne se laissera pas faire !”, a martelé le militant, reprenant le micro dans une ambiance chargée de détermination.

La tension est montée d’un cran lorsque qu’un jeune homme, visiblement galvanisé, a pris la parole pour clore la rencontre. Très direct, il a accusé Ousmane Sonko de diriger “un régime incompétent, maladroit et aveugle à la souffrance du peuple”. Son message, lancé face caméra, résonne comme une menace claire : “Nous n’avons pas peur. Libérez Lat Diop ou préparez-vous à voir toute une génération se lever contre cette injustice.”

La salle entière a alors repris en chœur un seul mot, martelé avec puissance : “Liberté !” Un mot devenu le symbole d’une contestation qui semble désormais prête à franchir un nouveau cap.

Pikine : Vives tensions entre Anta Babacar Ngom et la ministre Fatou Diouf lors du Forum des femmes

Le Forum des femmes, organisé ce week-end à Pikine, a été le théâtre d’un échange tendu entre deux figures politiques de premier plan : la députée Anta Babacar Ngom, présidente du mouvement Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC), et la ministre des Pêches, Dr Fatou Diouf. Un affrontement verbal qui a vivement animé les débats et mis en lumière les clivages sur la situation des femmes et l’action gouvernementale.

« Le président et le Premier ministre n’ont encore rien fait pour Pikine »

Devant un public majoritairement féminin, Anta Babacar Ngom n’a pas mâché ses mots. Prenant la parole avec assurance, l’ancienne candidate à la présidentielle a ouvertement critiqué l’inaction du pouvoir en place dans la banlieue dakaroise. « Le président de la République et le Premier ministre n’ont encore rien fait pour Pikine. Nous sommes dans l’obligation de vous le dire, parce que c’est la vérité », a-t-elle lancé, provoquant une onde de murmure dans l’assemblée.

Se défendant de toute intention politicienne, Anta Babacar Ngom a insisté sur la légitimité de ses propos : « Je ne suis pas venue faire de la politique, mais juste parler de la femme et de ses préoccupations. Cependant, je suis dans l’impossibilité de respecter cette volonté : la situation l’impose. » Elle a notamment évoqué les inégalités persistantes qui frappent les femmes sénégalaises : un taux de chômage de 31,5 % chez les femmes en âge de travailler, une prédominance des femmes dans les couches vulnérables (plus de 60 %), un écart salarial de 23 % entre les sexes et une représentation féminine dans les sphères de décision limitée à moins de 15 %.

Dr Fatou Diouf riposte : « La campagne est terminée, l’heure est au travail »

Ces critiques n’ont pas laissé la ministre des Pêches indifférente. Visiblement piquée au vif, Dr Fatou Diouf a tenu à répondre sans détour. « Anta est toujours en campagne électorale. Je lui rappelle que la campagne est terminée. L’heure est au travail. Il y a un temps pour la politique et un temps pour l’action », a-t-elle rétorqué, en rappelant que les priorités du gouvernement étaient désormais axées sur le redressement du pays.

La ministre, native de Pikine, s’est dite avant tout « femme de cette localité » et a défendu l’action de l’État, notamment dans son propre département ministériel. « Le pays ne peut pas se redresser en une seule année, tant le préjudice est lourd. Mais il faut reconnaître que des efforts sont en cours. Je prends l’exemple de mon département : aujourd’hui, les femmes y ont du pouvoir. Et ce forum en est la preuve. »

Si le ton et les approches divergent, les deux intervenantes s’accordent néanmoins sur l’urgence d’une meilleure implication des femmes dans les sphères de décision. Pour Anta Babacar Ngom, cette émancipation passe par un engagement politique affirmé : « Ce forum n’aura de sens que si nous en faisons un levier d’action. Engageons-nous politiquement pour être dans les instances de décision. Nous devons avoir le courage de diriger, car nous en sommes capables ! »

De son côté, Dr Fatou Diouf semble miser sur le travail institutionnel et les réformes en cours pour améliorer la condition des femmes, tout en appelant à la patience et à l’unité autour de l’effort national.

Crise politique autour de l’arrestation de Lat Diop : Aminata Lô interpelle directement le Président Diomaye et demande le limogeage d’Ousmane Sonko

Je suis L’arrestation de Lat Diop continue de susciter de vives réactions sur la scène politique sénégalaise. Ce samedi, à Wakhinane Nimzatt, une mobilisation s’est tenue en faveur de l’ancien Directeur général de la LONASE, incarcéré depuis plusieurs semaines. Aux avant-postes de cette manifestation, l’ancienne ministre du Tourisme sous le régime de Me Abdoulaye Wade, Aminata Lô, a lancé une charge frontale contre le pouvoir en place, accusant le Premier ministre Ousmane Sonko d’orchestrer une vendetta politique.

Devant un parterre de militants et sympathisants venus exiger la libération de Lat Diop, Aminata Lô n’a pas mâché ses mots. Pour elle, l’affaire n’a rien de judiciaire. « Le dossier de Lat Diop n’est pas judiciaire, mais purement politique. Par conséquent, son règlement ne peut être que politique », a-t-elle martelé, appelant le président Bassirou Diomaye Faye à prendre ses responsabilités.

Plus virulente encore, l’ancienne ministre a dénoncé ce qu’elle considère comme une dérive autoritaire du régime actuel, incarné selon elle par Ousmane Sonko. « Depuis 2024, nous avons un nommé Ousmane Sonko qui cherche à effacer tous les fondamentaux qui ont contribué à construire ce pays. La démocratie, la paix, les droits humains et la stabilité sont aujourd’hui en danger », a-t-elle déploré.

Dans son discours, Aminata Lô a dressé un tableau sombre de la situation du pays : dégradation du climat économique et social, paralysie des institutions, menace sur la liberté de la presse. Selon elle, le gouvernement actuel est plus préoccupé par un projet politique partisan que par la gouvernance du pays. « Le seul objectif du Pastef, c’est de faire d’Ousmane Sonko le prochain président de la République, quitte à piétiner les principes démocratiques », a-t-elle accusé.

La militante libérale affirme que Lat Diop, tout comme d’autres personnalités politiques emprisonnées, est victime d’un « complot » destiné à affaiblir l’opposition. Elle a également évoqué une instrumentalisation de la justice, pointant du doigt un certain Mouhamed Dieng, qu’elle accuse d’être « financé par le régime Sonko-Diomaye » dans le seul but de faire tomber Lat Diop. « Nous n’accepterons pas cette justice sélective », a-t-elle prévenu.

Engagée à poursuivre le combat, Aminata Lô a annoncé une campagne nationale pour la libération de ce qu’elle appelle les « otages politiques ». Elle exige une justice équitable et appelle solennellement le chef de l’État à « limoger le Premier ministre Ousmane Sonko pour ramener la paix et la stabilité au Sénégal ».

Ce discours offensif survient dans un contexte où les tensions politiques s’aggravent autour des dossiers judiciaires impliquant des figures de l’ancien régime. L’opposition semble bien décidée à mobiliser toutes ses forces pour contrer ce qu’elle perçoit comme une tentative d’épuration politique. Quant au gouvernement, il continue d’assurer que toutes les procédures judiciaires en cours respectent les règles de droit et l’indépendance de la justice.

PASTEF-UCAD décline l’invitation de la JPS : une fracture ouverte dans la jeunesse patriotique

Un nouvel épisode de tensions internes secoue le parti PASTEF. La coordination de l’Université Cheikh Anta Diop (PASTEF-UCAD) a officiellement refusé une invitation du Coordinateur national de la Jeunesse Patriotique Sénégalaise (JPS), Me Ngagne Demba Touré, pour une rencontre prévue ce lundi 28 juillet. Ce refus, loin d’être anodin, met en lumière une crise de confiance grandissante entre les deux structures.

Dans un communiqué transmis à la presse, la coordination estudiantine dénonce ce qu’elle qualifie de “rupture de confiance” avec la JPS nationale. Les patriotes de l’UCAD pointent du doigt des “silences prolongés” et un “manque de solidarité” de la part de la JPS vis-à-vis de leurs camarades qu’ils estiment victimes “d’exclusions et d’injustices” au sein de la formation politique.

Ce rejet public d’une initiative de dialogue interne traduit une fracture ouverte dans la sphère militante du parti, où des voix dissidentes commencent à se faire entendre avec de plus en plus de fermeté.

Malgré les dissensions, PASTEF-UCAD réaffirme son attachement indéfectible au Président Ousmane Sonko, qu’il considère comme le seul interlocuteur légitime. “Nous ne reconnaissons qu’un seul porteur du projet patriotique : le Président Sonko”, ont martelé les étudiants dans leur déclaration, soulignant leur engagement à servir “avec loyauté et discipline” la vision du leader fondateur du parti.

Cette prise de position ferme semble exclure toute tentative de médiation venant d’autres figures de la jeunesse du parti, même parmi les plus en vue comme Me Ngagne Demba Touré.

Pour détailler davantage leur position et “éclairer l’opinion nationale”, les membres de la coordination prévoient de tenir une conférence de presse ce jeudi 31 juillet 2025 à 16h, au siège national de PASTEF. Une sortie médiatique très attendue, dans un contexte politique où l’unité de la mouvance patriotique semble plus que jamais mise à l’épreuve.

Cette crise de confiance, si elle s’accentue, pourrait avoir des répercussions sur la dynamique organisationnelle du parti. Alors que PASTEF tente de consolider ses bases après son retour sur la scène politique, la jeunesse militante, fer de lance de son ascension, apparaît de plus en plus divisée.

Babacar Gaye tire la sonnette d’alarme : « Le Sénégal entre dans l’ère du Parti-État »

Dans une tribune au ton grave et sans équivoque, l’ancien ministre d’État et ex-porte-parole du Parti Démocratique Sénégalais (PDS), Babacar Gaye, alerte sur ce qu’il qualifie de dérive vers un régime de Parti-État au Sénégal. Loin d’être une simple critique de circonstance, son analyse se veut un avertissement argumenté contre ce qu’il voit comme une dangereuse confusion entre les organes de l’État et le parti au pouvoir, le PASTEF.

Selon Babacar Gaye, les actes posés ces dernières semaines par les plus hautes autorités du pays trahissent une volonté de faire primer l’idéologie partisane sur les principes démocratiques de séparation des pouvoirs et de pluralisme politique. Pour illustrer son propos, l’ancien député libéral revient sur la récente visite au Sénégal du Président de l’Assemblée nationale populaire du Vietnam, Trần Thanh Mẫn, accompagné d’une importante délégation gouvernementale. Une visite qualifiée de « visite d’État » malgré son caractère purement parlementaire en apparence, avec des accords signés conjointement par l’exécutif et le législatif sénégalais.

Pour Babacar Gaye, cette réception grandiose témoigne de l’intérêt manifeste du nouveau pouvoir pour les modèles politiques à parti unique ou fortement centralisés, comme le Vietnam, la Chine, le Mali ou encore le Burkina Faso. Des régimes où les libertés fondamentales sont limitées et où le parti dirigeant concentre tous les leviers du pouvoir. Il y voit une diplomatie orientée non vers la consolidation démocratique, mais vers des alliances idéologiques avec des systèmes autoritaires, marqués par la fusion entre parti, État et institutions.

Dans son développement, Babacar Gaye rappelle que le Vietnam, cité en exemple par le camp au pouvoir, est une république socialiste dirigée exclusivement par le Parti communiste vietnamien, conformément à l’article 4 de sa Constitution. Tous les organes exécutifs et législatifs en dépendent, et c’est cette structure, selon lui, qui inspire aujourd’hui certains discours au sein du PASTEF.

L’ancien porte-parole du PDS voit dans cette orientation diplomatique une stratégie cohérente avec les récentes sorties de Ousmane Sonko, Premier ministre et leader du PASTEF, qui a évoqué sans ambiguïté l’idée d’un Parti-État, lors d’un événement de son parti au King Fahd Palace. Des propos depuis relayés par plusieurs cadres du parti présidentiel, alimentant les inquiétudes d’une frange de l’opinion sur une volonté assumée de mise sous tutelle de l’administration, de la justice et de la presse.

Babacar Gaye décrit le Parti-État comme un système où le parti au pouvoir monopolise l’espace public, confond les institutions avec son appareil partisan et exige une loyauté à ses idéaux, au détriment des principes de neutralité et de compétence dans la gestion publique. Il évoque également la tentation d’utiliser la justice et les forces de sécurité à des fins partisanes, un glissement, selon lui, déjà amorcé.

Faisant référence à Mamadou Dia, une figure historique régulièrement citée par les responsables de Pastef comme source d’inspiration, Babacar Gaye rappelle que ce dernier prônait la primauté du parti sur l’État, un concept aujourd’hui en totale contradiction avec l’idéal démocratique que le Sénégal a tenté de bâtir depuis des décennies. L’ancien ministre estime que la résurgence de cette doctrine pose un véritable danger pour l’équilibre républicain du pays.

Pour conclure, il appelle à une vigilance citoyenne accrue. À travers cette tribune, Babacar Gaye invite les Sénégalais à ne pas se laisser séduire par des rhétoriques révolutionnaires qui dissimulent, selon lui, une volonté de verrouiller l’espace politique. Sa sortie relance ainsi le débat sur la nature du projet politique porté par le duo Diomaye–Sonko, et sur les risques de dérive autoritaire dans un pays longtemps considéré comme un modèle démocratique en Afrique de l’Ouest.

Marche à Ourossogui : Responsables politiques, amis, proches et sympathisants, unis pour un seul mot d’ordre — « La libération de Farba Ngom »

Une foule impressionnante s’est mobilisée ce samedi 26 juillet 2025 dans les rues de Ourossogui pour exiger la libération du député-maire des Agnam, Farba Ngom, en détention depuis le 27 février dernier. Répondant à l’appel du Comité de résistance populaire, des milliers de personnes sont descendues dans les rues, dans une ambiance à la fois déterminée et pacifique, témoignant de l’enracinement local et régional de l’homme politique.

Le cortège s’est ébranlé depuis la Banque BOA, traversant la Poste, puis longeant la Pharmacie El Hadji Oumar Tall pour finalement s’arrêter au rond-point Carrefour, point d’orgue de la manifestation. Les marcheurs, vêtus majoritairement de t-shirts rouges à l’effigie de Farba Ngom, scandaient des slogans appelant à la fin de ce qu’ils qualifient d’injustice.

La mobilisation a été marquée par la présence de nombreuses figures politiques de premier plan. Amadou Mame Diop, ancien président de l’Assemblée nationale, Augustin Tine, ancien ministre d’État, Me Moussa Bocar Thiam, maire de Ourossogui, Racky Diallo, députée à l’Assemblée nationale, et Mamadou Mory Diaw, maire de Matam, ont tous répondu présents à l’appel. Ils étaient accompagnés de plusieurs responsables locaux et régionaux de l’Alliance pour la République (APR), venus des quatre coins du Fouta pour exprimer leur solidarité.

Dans les prises de parole qui ont suivi, les intervenants ont unanimement insisté sur l’état de santé préoccupant de Farba Ngom. « Tout le monde sait qu’il est malade. Un rapport médical est là pour le prouver. Il n’a rien à faire en prison », a martelé Me Moussa Bocar Thiam, appelant les autorités judiciaires à prendre leurs responsabilités.

Au-delà de la solidarité politique, les orateurs ont souligné une urgence humanitaire. « Il ne s’agit pas d’un privilège politique, mais d’un impératif médical et moral », a renchéri Racky Diallo, avant de lancer un appel solennel au président Bassirou Diomaye Faye et à son Premier ministre Ousmane Sonko, pour qu’ils interviennent afin d’éviter un drame.

La marche de Ourossogui, hautement symbolique, intervient dans un climat politique tendu où plusieurs figures de l’ancien régime sont sous le coup de poursuites judiciaires. Pour les manifestants, il ne s’agit pas de remettre en cause l’indépendance de la justice, mais de plaider pour une lecture humaine et équilibrée de la loi. Farba Ngom, selon eux, incarne aujourd’hui un symbole de cette bataille entre justice et compassion.

Quatre articles du nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale censurés par le Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel a tranché. Saisi par le président de la République, il a déclaré partiellement non conforme à la Constitution la loi modifiant le règlement intérieur de l’Assemblée nationale (RIAN). Sur les 136 articles examinés, quatre dispositions ont été jugées inconstitutionnelles, freinant ainsi la promulgation immédiate du texte.

Adoptée le 27 juin 2025, la loi modifiant le RIAN a suivi une procédure que les sages ont jugée régulière. Toutefois, conformément à l’article 78 de la Constitution, une telle loi organique ne peut être promulguée sans un contrôle préalable de constitutionnalité. C’est à ce titre que le président de la République a saisi le Conseil constitutionnel.

Après un examen minutieux, les membres du Conseil ont pointé du doigt quatre dispositions jugées incompatibles avec la charte fondamentale :

1. Alinéa 2 de l’article 56 : atteinte à la séparation des pouvoirs

Cette disposition permettait au président de l’Assemblée nationale de requérir la Force armée ou toute autorité jugée nécessaire pour faire comparaître de manière contrainte toute personne convoquée devant une commission d’enquête parlementaire. Le Conseil a censuré cette mesure, rappelant que seul le pouvoir judiciaire est garant des droits et libertés. Ce pouvoir ne peut donc être conféré au législatif sans porter atteinte au principe de séparation des pouvoirs.

2. Alinéa 6 de l’article 60 : une radiation de député trop restrictive

Le texte conditionnait la radiation d’un député à une condamnation définitive entraînant la déchéance des droits civiques. Or, le Conseil constitutionnel a souligné que cette formulation ne respecte pas fidèlement l’article 61 alinéa 5 de la Constitution. En restreignant le champ d’application de la radiation, le législateur a outrepassé ses prérogatives.

3. Alinéa 6 de l’article 111 : atteinte au droit parlementaire

Ce passage interdisait tout retrait d’une motion de censure une fois la discussion engagée. Le Conseil estime que cette interdiction n’a pas de fondement constitutionnel et constitue une entrave aux droits procéduraux des députés. La liberté parlementaire suppose en effet la possibilité de retirer une motion tant que le vote n’est pas intervenu.

4. Article 134 : omission d’une précision essentielle

Enfin, l’article 134, relatif à la Haute Cour de Justice, a été censuré pour avoir omis de préciser la règle du renouvellement des membres élus par l’Assemblée nationale à l’issue de chaque législature. Cette omission, selon les sages, porte atteinte à la continuité et à la régularité du fonctionnement de cette institution juridictionnelle prévue par la Constitution.

En conclusion, bien que la majorité des articles aient été validés, les quatre censures imposent une révision avant toute promulgation. Le président de la République ne pourra promulguer la loi qu’après une nouvelle adoption conforme à l’avis du Conseil constitutionnel.

Midrand (Afrique du Sud) : Thérèse Faye Diouf élue présidente de la Commission des affaires monétaires et financières du Parlement panafricain

Une nouvelle distinction continentale pour une figure montante de la politique sénégalaise. Thérèse Faye Diouf, députée à l’Assemblée nationale du Sénégal, a été élue présidente de la Commission des affaires monétaires et financières du Parlement panafricain (PAP), lors de la session ordinaire actuellement en cours à Midrand, siège de l’institution parlementaire de l’Union africaine.

L’élection s’est tenue ce lundi 21 juillet 2025, dans un contexte de renouvellement des instances du PAP, consécutif à la nomination de l’honorable député ghanéen Mohammed Mubarak Muntaka, ancien président de ladite Commission, au poste de ministre de l’Intérieur de son pays.

Dans un communiqué transmis à la presse, la députée sénégalaise a exprimé sa « gratitude envers ses collègues parlementaires pour leur confiance », soulignant l’importance de cette mission dans un contexte continental où les questions économiques et monétaires sont au cœur des priorités d’intégration et de souveraineté.

La Commission des affaires monétaires et financières est l’une des plus stratégiques du Parlement panafricain. Elle est chargée, entre autres, de l’examen des politiques financières et budgétaires de l’Union africaine, de la supervision des mécanismes d’harmonisation monétaire, et du suivi des réformes macroéconomiques au sein du continent. La présidence de cette commission donne ainsi à Thérèse Faye Diouf une visibilité élargie et une influence dans les dynamiques économiques africaines en mutation.

La session parlementaire, qui s’étend du 16 juillet au 1er août 2025, est organisée sous le thème : « Justice et Réparations pour l’Afrique », et s’inscrit dans la sixième législature du PAP. Elle vise à approfondir la réflexion sur les réparations dues au continent en lien avec la colonisation, l’esclavage et les déséquilibres systémiques actuels dans les relations économiques internationales.

La délégation sénégalaise, conduite par le député Massamba Dieng, est composée notamment de Thérèse Faye Diouf, Yoba Baldé, Mme Fama Bachir Ba et Lamine Faye. Leur participation active à cette session témoigne d’un engagement constant du Sénégal dans les mécanismes de coopération parlementaire africaine.

Thérèse Faye Diouf a profité de cette nouvelle étape dans sa carrière pour rendre hommage à ses mentors. Elle a salué l’ancien président Macky Sall pour les opportunités qui lui ont été offertes au cours de son parcours politique et professionnel, ainsi que le président actuel de l’Assemblée nationale, El Hadj Malick Ndiaye, pour « le soutien constant et les dispositions prises pour une participation de qualité de la délégation sénégalaise ».

Figure de la jeune génération politique, proche de l’ancienne mouvance présidentielle, Thérèse Faye Diouf s’impose ainsi sur la scène panafricaine avec une fonction stratégique, dans un contexte marqué par les débats sur l’intégration monétaire et les nouvelles orientations économiques africaines.

Rejet partiel du RIAN : Ndiaga Sylla dénonce une méconnaissance du principe de séparation des pouvoirs

La décision du Conseil constitutionnel de censurer certaines dispositions du nouveau Règlement intérieur de l’Assemblée nationale (RIAN) continue de susciter des réactions. L’expert électoral Ndiaga Sylla, connu pour ses analyses sur les processus institutionnels et électoraux, estime que le Parlement a, dans une certaine mesure, outrepassé ses prérogatives, violant ainsi le principe fondamental de la séparation des pouvoirs.

Dans une publication diffusée sur sa page Facebook, Ndiaga Sylla affirme que le Conseil constitutionnel a simplement rappelé à l’ordre les députés en leur signalant les limites constitutionnelles. Selon lui, la Représentation nationale a, dans son empressement à moderniser ses règles internes, quelque peu négligé les fondements de l’État de droit.

« En examinant et en adoptant le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la Représentation nationale a, par moments, méconnu la portée du principe de séparation des pouvoirs, pourtant fondement de l’État de droit. C’est, en substance, ce que le Juge constitutionnel vient de rappeler avec justesse », écrit-il.

L’expert précise par ailleurs qu’un texte même soutenu par une majorité parlementaire ou salué pour ses avancées ne saurait échapper au contrôle de constitutionnalité : « Ce n’est pas parce qu’un texte est consensuel et comporte de nombreuses avancées qu’il est, pour autant, totalement conforme à la Constitution. »

Le Conseil constitutionnel, saisi après l’adoption du RIAN, a en effet censuré plusieurs dispositions. Parmi les articles invalidés figurent ceux liés au fonctionnement des groupes parlementaires, à la désignation des commissions permanentes, et à l’organisation du travail législatif. Le Conseil a jugé que ces dispositions introduisaient des mécanismes qui ne trouvent pas de fondement explicite dans la Constitution, ou allaient au-delà des limites prévues.

La sortie de Ndiaga Sylla renforce l’idée que cette décision n’est pas uniquement une question technique, mais aussi une leçon institutionnelle. Elle interpelle la majorité parlementaire et l’ensemble des députés sur la nécessité de respecter les équilibres constitutionnels, même lorsqu’il s’agit de réformer leur propre fonctionnement.

Ce rappel au respect du droit constitutionnel intervient dans un contexte politique marqué par des tensions institutionnelles, où la vigilance du juge constitutionnel est perçue comme un garde-fou indispensable au bon fonctionnement de la démocratie sénégalaise.

Règlement intérieur de l’Assemblée nationale : Le Conseil constitutionnel valide l’essentiel, 4 dispositions seulement censurées

Le Conseil constitutionnel a rendu sa décision sur le nouveau Règlement intérieur de l’Assemblée nationale (RIAN), et le verdict est globalement favorable. Sur les 136 dispositions analysées, seules quatre ont été jugées contraires à la Constitution. Le groupe parlementaire Pastef–Les Patriotes, à l’origine du projet, se félicite de cette validation quasi-totale, qu’il qualifie de « confirmation de la solidité juridique du texte adopté par l’Assemblée ».

Selon une note d’Ismaël Diallo, membre du groupe Pastef, la décision de la haute juridiction concerne trois alinéas et un article. Les 132 autres dispositions ont été jugées conformes, certaines sous réserve d’une interprétation précisée par le Conseil – une méthode juridique connue sous le nom de réserve d’interprétation.

Les quatre points censurés sont les suivants :

  • Article 56, alinéa 2 : Il autorisait le président de l’Assemblée nationale à faire appel aux forces de l’ordre lorsqu’un individu convoqué par une commission d’enquête parlementaire refusait de déférer à cette convocation. Le Conseil a jugé que cette disposition outrepasse les prérogatives définies par la Constitution.
  • Article 60, alinéa 6 : Il prévoyait la radiation automatique d’un député en cas de condamnation pénale définitive entraînant la déchéance des droits civiques. Le Conseil a estimé que cette disposition introduisait une restriction que la Constitution elle-même n’établit pas, ce qui n’est pas permis à une loi organique.
  • Article 111, alinéa 6 : Il interdisait le retrait d’une motion de censure déposée sous certaines conditions. Le Conseil a rappelé qu’aucune telle interdiction n’est prévue dans la Constitution, rendant cette clause invalide.
  • Article 134 : Concernant le renouvellement des membres de la Haute Cour de justice, cet article a été censuré pour avoir omis une condition essentielle prévue par la Constitution.

Malgré ces réserves, la portée de la décision est globalement positive pour les initiateurs du nouveau règlement. Le Conseil constitutionnel a validé la quasi-totalité du texte, autorisant sa promulgation par le président de la République, à l’exception des quatre dispositions écartées.

« Il ne s’agit que d’enlever les éléments problématiques. Le reste du texte est conforme et peut entrer en vigueur », précise Ismaël Diallo, qui rappelle que les alinéas invalidés ne remettent pas en cause l’ensemble des articles concernés.

Le groupe Pastef considère cette décision comme un feu vert à la réforme du fonctionnement parlementaire. Plusieurs dispositions ont été validées avec des éclaircissements du Conseil, ce qui garantit leur conformité tout en encadrant leur mise en œuvre.

La publication de cette décision intervient dans un climat politique tendu, où certaines voix, y compris au sein de la majorité, avaient critiqué la décision du Conseil comme étant trop sévère. Mais les chiffres apportés par les députés de Pastef viennent relativiser cette perception : moins de 3 % du texte a été censuré.

La balle est désormais dans le camp du président de la République, qui peut promulguer le Règlement intérieur, après retrait des quelques éléments invalidés. L’entrée en vigueur du nouveau texte devrait marquer un tournant dans la modernisation de l’activité parlementaire sénégalaise.

Règlement intérieur censuré : Amadou Ba promet une riposte parlementaire

La polémique autour du nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale ne faiblit pas. Après la décision du Conseil constitutionnel de censurer plusieurs dispositions du texte récemment adopté par les députés, Amadou Ba, parlementaire du parti Pastef au pouvoir, annonce la poursuite du combat législatif. Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, il critique ouvertement la décision de la haute juridiction et promet d’y revenir très prochainement.

« On reviendra sur la décision du Conseil constitutionnel Inchallah », a écrit le député, s’adressant à ses abonnés avec détermination. Ce message intervient après la validation partielle, par le Conseil constitutionnel, du nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Plusieurs articles jugés contraires à la Constitution ont été invalidés, notamment ceux relatifs à la structuration des groupes parlementaires, au fonctionnement des commissions permanentes et à l’organisation du travail législatif.

L’un des aspects notables du message d’Amadou Ba est la mise en lumière du rôle de certaines figures politiques dans l’élaboration du texte. Il cite Aïssata Tall Sall, ancienne ministre de la Justice et présidente du groupe parlementaire APR, comme cosignataire du projet de règlement, aux côtés des députés Ayib Daffé et Tafsir Thioye. Ce rappel vise sans doute à souligner l’ampleur du consensus politique ayant prévalu lors de la rédaction du document, en dépit des sensibilités partisanes.

En invalidant plusieurs dispositions du texte, le Conseil constitutionnel a, selon certaines voix au sein de la majorité parlementaire, outrepassé son rôle d’arbitre pour s’ériger en censeur politique. Ce grief semble être partagé par Amadou Ba, dont la publication laisse entrevoir une volonté de contre-attaque politique, voire juridique, pour réintroduire tout ou partie des dispositions retoquées.

La décision du Conseil, intervenue dans un climat de tensions institutionnelles persistantes, est interprétée différemment selon les camps. Pour l’opposition, elle constitue un rappel à l’ordre juridique salutaire face à ce qu’elle considère comme une tentative d’hégémonie parlementaire de la majorité. Pour les partisans du pouvoir, en revanche, il s’agit d’un frein arbitraire à une réforme ambitieuse de la gouvernance parlementaire.

Dans tous les cas, le bras de fer semble désormais engagé. La perspective d’un retour du texte devant l’hémicycle, éventuellement amendé, est plausible. Et si l’on en croit les propos d’Amadou Ba, la majorité parlementaire ne compte pas reculer. Elle pourrait chercher à contourner la censure, ou à forcer un nouveau passage en force, dans les limites du droit.

Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à reprendre ses travaux, la question du règlement intérieur pourrait s’imposer comme l’un des principaux points de friction entre majorité, opposition et juridictions constitutionnelles. Une bataille institutionnelle aux enjeux politiques manifestes, dans un contexte où chaque camp cherche à consolider ses marges de manœuvre.

Abdoul Aziz Zoumarou nommé président du Conseil d’administration de Télédiffusion du Sénégal

Un vent de changement souffle à la tête de Télédiffusion du Sénégal (TDS). Par décret présidentiel pris au titre des mesures individuelles, le président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, a procédé à une importante nomination à la présidence du Conseil d’administration de cette société stratégique. El Hadji Ibrahima Ndiaye, jusque-là président du Conseil d’administration de la TDS, a été remplacé par Abdoul Aziz Zoumarou, un expert réputé en gestion de projets internationaux et en innovation technologique.

Ce changement s’inscrit dans une dynamique plus large de renouvellement des instances dirigeantes des sociétés nationales, amorcée depuis l’arrivée au pouvoir du président Diomaye Faye. Le départ d’El Hadji Ibrahima Ndiaye, considéré comme proche de l’ancien régime, traduit la volonté manifeste des nouvelles autorités de rompre avec les pratiques antérieures, tout en insufflant une nouvelle vision basée sur la compétence, l’innovation et la bonne gouvernance.

La nomination d’Abdoul Aziz Zoumarou n’est pas le fruit du hasard. Il est reconnu dans les cercles technologiques et institutionnels pour son expertise en pilotage de projets d’envergure internationale, son engagement dans la transformation numérique, ainsi que sa fine compréhension des enjeux liés à l’innovation. Il incarne ainsi le profil de rupture souhaité par le chef de l’État pour impulser une gouvernance moderne et efficace au sein de la TDS.

À la tête du Conseil d’administration, Abdoul Aziz Zoumarou aura pour mission de fixer les grandes orientations stratégiques de la TDS, de superviser sa modernisation et d’accompagner la transition numérique des médias publics et privés. Il devra veiller à une meilleure accessibilité des services audiovisuels, particulièrement dans les zones rurales, et à l’intégration des normes technologiques internationales.

La TDS, au cœur de la politique de souveraineté numérique du Sénégal, joue un rôle essentiel dans la diffusion des contenus audiovisuels et le développement des infrastructures numériques. Dans ce contexte, l’expertise d’Abdoul Aziz Zoumarou sera précieuse pour repositionner la société comme un acteur clé de la modernisation de l’État et de la démocratisation de l’accès à l’information.

Juan Branco interpelle les nouvelles autorités sénégalaises sur les poursuites pour crimes d’État : “Toujours aucune instruction”

L’avocat franco-espagnol Juan Branco, connu pour avoir défendu l’actuel Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, s’en prend à l’inaction des nouvelles autorités sénégalaises dans les procédures judiciaires visant l’ancien régime. Dans un message publié sur X (ex-Twitter), l’avocat a déploré l’absence de suite concrète donnée aux plaintes pour crimes contre l’humanité déposées devant la Cour pénale internationale (CPI) et en France.

« Les nouvelles autorités sénégalaises, sollicitées, n’ont jamais donné d’instructions concernant les procédures initiées devant la CPI et en France concernant les soixante meurtres et plusieurs milliers de crimes commis par l’administration précédente contre leur propre peuple », a-t-il écrit.

Pour rappel, Juan Branco avait déposé, en juin 2023, une plainte devant la CPI visant nommément l’ancien président Macky Sall et plusieurs hauts responsables de son régime. Dans cette plainte de 170 pages, il les accuse de crimes contre l’humanité, notamment pour leur rôle présumé dans la répression meurtrière des manifestations survenues entre mars 2021 et juin 2023 au Sénégal. Le dossier était étayé par 710 éléments de preuve, comprenant vidéos, témoignages, certificats médicaux, rapports d’ONG et documents administratifs.

Selon lui, au moins soixante personnes ont perdu la vie dans ces violences d’État, tandis que plusieurs milliers d’autres auraient été victimes de tortures, détentions arbitraires ou persécutions politiques.

Alors que l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence en mars 2024 a marqué une rupture symbolique et politique avec l’ancien régime, Juan Branco semble regretter que cette volonté de rupture ne se soit pas traduite dans les faits judiciaires. Il dénonce une forme d’immobilisme, voire de renoncement, face à ce qu’il considère comme un devoir de justice envers les victimes.

Pour l’heure, ni le gouvernement sénégalais ni le parquet n’ont officiellement réagi à cette sortie de l’avocat.

Ce rappel à l’ordre de Juan Branco intervient dans un contexte où de nombreux Sénégalais, notamment les familles des victimes des violences politiques, attendent des actes forts en matière de justice transitionnelle. Lors de la campagne électorale, les deux figures de proue du nouveau régime, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, avaient promis de rendre justice aux victimes de la répression et de faire la lumière sur les abus du passé.

Mais pour Juan Branco, le temps presse, et l’attente risque de se transformer en désillusion. « Justice différée, justice refusée », martèlent également certains acteurs de la société civile, qui appellent à l’ouverture de procès nationaux ou au soutien actif des procédures internationales.

Débat sur la 2STV : Ousseynou Ly clarifie ses propos et dément toute critique envers Ousmane Sonko

Suite à la vague de réactions provoquée par son intervention dans l’émission « Débat de Fond » sur la 2STV, Ousseynou Ly, porte-parole de la Présidence, a tenu à apporter des précisions afin de dissiper toute confusion. Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, il réfute catégoriquement l’interprétation selon laquelle il aurait critiqué Ousmane Sonko, Premier ministre et président du parti Pastef.

« J’ai simplement répondu à une question de la journaliste qui me demandait pourquoi je m’exprimais rarement sur l’actualité du parti Pastef », a-t-il expliqué. Revenant sur ses propos, Ousseynou Ly précise avoir évoqué sa position au sein du parti, affirmant qu’il est actif dans une section communale et qu’il intervient surtout dans le domaine de la communication. Selon lui, sa ligne de conduite repose sur un principe clair : éviter de régler les différends en public. « Que ce soit dans la gestion du parti ou au sein de l’État, je privilégie des canaux internes pour exprimer mes désaccords », a-t-il martelé.

Ce sont précisément ces propos – « un bon chef ne règle pas ses désaccords en public » – qui ont été largement partagés sur les réseaux sociaux, certains y voyant une critique à peine voilée d’Ousmane Sonko. Une lecture que rejette Ousseynou Ly : « C’est vrai que j’ai dit qu’un chef ne devait pas exprimer ses désaccords en public. Mais je ne parlais pas de Sonko. Il faut que cela soit clair. »

Dans son message, le porte-parole présidentiel a également tenu à réaffirmer son attachement indéfectible au leader de Pastef. « Je rappelle que Ousmane Sonko est notre leader et notre référent moral. Je lui voue un respect total », a-t-il conclu.

Cette mise au point intervient dans un climat où chaque mot prononcé par un responsable du parti est scruté à la loupe, dans un contexte marqué par des débats sur la cohésion au sommet de l’État. Par cette déclaration, Ousseynou Ly cherche à recentrer l’attention sur l’unité au sein du parti et à faire taire les spéculations autour de prétendues dissensions internes.

Ousseynou Ly défend la discrétion : « Un bon chef ne règle pas ses désaccords en public »

Le porte-parole de la Présidence, Ousseynou Ly, était l’invité de l’émission « Débat de Fond » diffusée ce mercredi sur la chaîne 2STV. Dans un contexte politique marqué par des tensions perceptibles au sein du parti Pastef, M. Ly a tenu à réaffirmer sa vision de la gestion des divergences internes, prônant la discrétion et le respect des formes.

Réagissant à la récente sortie du Premier ministre Ousmane Sonko, qui évoquait publiquement certains désaccords ou malaises au sommet de l’État, Ousseynou Ly a adopté un ton posé mais ferme. Il a d’abord tenu à rappeler que M. Sonko porte deux responsabilités distinctes : « Il ne faut pas oublier qu’il a une double casquette : celle de Premier ministre et celle de président du parti. Il incarne l’un ou l’autre en fonction des circonstances. À chacun d’en faire sa propre lecture. »

Mais c’est surtout sur la forme des critiques publiques que le porte-parole présidentiel s’est voulu clair. Pour lui, les désaccords ne doivent pas être exposés sur la place publique, surtout lorsqu’ils concernent des figures de responsabilité. « Moi, j’ai un principe. Quand j’ai quelque chose à dire, je ne le fais jamais en public. Qu’il s’agisse de la gestion du parti ou de l’État, si je suis en désaccord, je passe par les canaux appropriés. Si cela concerne une personne que je connais, je l’appelle ou je vais le voir directement. On ne critique pas une autorité en public. Un bon chef ne devrait pas agir ainsi. »

Cette posture, Ousseynou Ly l’assume pleinement, quitte à être mal interprété ou attaqué dans les rangs militants. « Si certains me traitent de traître ou autre à cause de cette posture, peu importe. Mais c’est comme cela que je fonctionne. Je ne critique pas en public », a-t-il conclu.

Ses propos interviennent dans un climat où les rumeurs de divisions au sein de Pastef et d’un début de brouille entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Sonko alimentent le débat public. En se positionnant comme défenseur de la retenue, Ousseynou Ly semble vouloir calmer le jeu et rappeler l’importance de l’unité, tant dans l’exercice du pouvoir que dans les dynamiques partisanes internes.

Pastef secoué par des rumeurs de clans : Ousseynou Ly appelle à l’unité et dédramatise les tensions

Face à la montée des spéculations sur l’existence de clans au sein du parti Pastef, alimentées par des propos récents du Premier ministre Ousmane Sonko, le porte-parole de la Présidence, Ousseynou Ly, est monté au créneau pour apaiser les tensions et réaffirmer son attachement à l’unité du parti. Invité sur le plateau de la 2STV mercredi soir, il a tenu à clarifier sa position et à balayer les allégations de divisions internes.

Réagissant aux déclarations d’Ousmane Sonko qui, dans un entretien, évoquait l’émergence de camps distincts au sein du mouvement, Ousseynou Ly a tenu à relativiser les choses : « Ousmane Sonko est le leader du parti, il est au contact de tout le monde, il sait peut-être des choses que j’ignore. Mais en ce qui me concerne, je n’appartiens à aucun clan. Nous ne devons pas accepter l’existence de clans au sein de Pastef. » Une déclaration ferme, qui se veut une réponse directe aux rumeurs persistantes circulant sur les réseaux sociaux et dans certains cercles militants.

Soulignant la force de son engagement politique, Ousseynou Ly a affirmé qu’il n’a jamais cru à la logique de clans. « Depuis mon engagement dans Pastef, je n’ai jamais cru à ces histoires de clans. Personne ne pourra me faire adhérer à cette logique. Mon engagement est resté intact », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité de rester fidèles aux valeurs fondatrices du parti.

Dans un contexte marqué par des commentaires sur une supposée tension entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, née de propos sur un « problème d’autorité », Ousseynou Ly a préféré recentrer le débat sur l’essentiel : la cohésion interne. « Il y a toujours des épreuves, que l’on soit au pouvoir ou dans l’opposition. Ce sont des tests. Je prie pour que nous les surmontions ensemble. Pourquoi devrions-nous accepter cet esprit de clans ? Nous devons le rejeter », a-t-il lancé avec gravité.

Par ces propos, le porte-parole tente visiblement de désamorcer une situation qui, si elle n’est pas contenue, pourrait fragiliser l’image de cohésion du parti au pouvoir. Alors que les projecteurs sont braqués sur l’exécutif, cette sortie publique se veut un rappel à l’ordre fraternel, une invitation à l’unité et une alerte contre les risques de fractures internes.

À travers cette déclaration, Ousseynou Ly semble également vouloir rassurer les militants de Pastef et l’opinion publique : malgré les divergences, le socle militant du parti demeure soudé autour de son projet politique. Reste à savoir si cet appel à l’unité sera entendu dans les rangs du parti, à un moment où les jeux de positionnement au sein du pouvoir attisent les convoitises.

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Impertinence contre Aminata Touré : Khalifa Wade réplique sèchement à Moustapha Gaye de l’APR

L’ancienne Première ministre Aminata Touré, dite “Mimi”, continue d’essuyer des attaques de la part de certains responsables de l’Alliance pour la République (APR). Dernier en date, Moustapha Gaye, membre du régime sortant, a tenu des propos virulents à son encontre lors d’une récente sortie médiatique.

Une attitude qui a fait sortir de sa réserve Khalifa Wade, responsable politique à Kaolack et proche de Mimi Touré. Ce dernier a tenu à recadrer sévèrement Moustapha Gaye.

“Que cet homme sache que Madame Aminata Touré est de loin son égale. Elle n’a jamais été attirée par les privilèges ou les postes. Sinon, elle n’aurait jamais quitté les Nations Unies, où elle occupait le poste de Secrétaire générale adjointe, pour revenir au Sénégal et servir la République. Elle a été nommée directrice de campagne de Macky Sall, et tout le monde connaît le résultat : son candidat est sorti victorieux du scrutin de 2012. Cela en dit long sur la stature de cette dame,” a réagi Khalifa Wade.

Selon lui, Mimi Touré est devenue la véritable bête noire de l’APR, car elle a torpillé le projet de troisième mandat de Macky Sall, qu’il qualifie d’anti-démocratique.

“Les responsables de cette formation inventent des histoires à longueur de journée pour la décrédibiliser. Mais Mimi est clean, irréprochable. Elle est une compétence sûre, et depuis 2019, elle ne cautionne presque aucun acte posé par Macky Sall et ses proches. Cela lui a valu de nombreuses trahisons, mais elle est toujours restée sereine,” ajoute-t-il.

Khalifa Wade revient également sur les manœuvres présumées visant à écarter Aminata Touré lors de la dernière présidentielle.

“À la veille de l’élection présidentielle de 2024, Macky Sall a tout tenté pour saboter ses parrainages. Il envisageait même d’utiliser sa plainte contre le Conseil constitutionnel comme prétexte pour reporter l’élection. Mais elle a compris le jeu et a immédiatement retiré sa plainte afin que le scrutin se tienne à la date prévue,” affirme-t-il.

Il insiste : Mimi Touré n’est pas une opportuniste, mais une femme de principe, profondément attachée à l’intérêt du Sénégal.

“Le ministre Mbaye Ndiaye, proche de Macky, a même été envoyé chez elle avec un décret pour qu’elle rejoigne le pouvoir, en remplaçant Mme Aminata Mbengue Ndiaye à la tête du Haut Conseil des Collectivités Territoriales. Elle a catégoriquement refusé. Elle ne connaît pas la trahison, parce qu’elle est une pure Saloum-Saloum,” lance-t-il.

Pour Khalifa Wade, les responsables de l’APR n’ont plus aucune crédibilité pour donner des leçons.

“Ces gens-là ne devraient plus avoir voix au chapitre. Ils doivent se taire, car ils sont les véritables responsables de la situation actuelle que vivent les Sénégalais. Mimi est une battante, et elle continue de tout faire pour la réussite du projet national, notamment à travers le référentiel des politiques publiques : la ‘Vision Sénégal 2050’,” conclut-il.

Moustapha Niasse revient sur la scène publique et plaide pour un endettement responsable en faveur du développement

Discret depuis la fin de son mandat à la tête de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse refait surface avec un message fort à l’endroit des nouvelles autorités sénégalaises. Invité à un séminaire international tenu à la résidence de l’ambassadeur du Maroc à Dakar, l’ancien président de l’hémicycle a défendu l’idée d’un recours stratégique à l’endettement public pour stimuler le développement du pays.

« N’ayons pas peur de la dette, endettons-nous », a-t-il lancé, selon des propos rapportés par le quotidien Le Soleil. Pour Moustapha Niasse, la dette publique ne doit pas être perçue comme un fardeau insurmontable, mais plutôt comme un levier de croissance, à condition qu’elle soit investie dans des secteurs porteurs.

Il a appuyé son argumentaire en prenant l’exemple des États-Unis, première puissance économique mondiale, qui continue de croître malgré un endettement colossal. « Ce qui importe, c’est l’usage des fonds empruntés. Un pays peut prospérer en étant endetté si cet argent est bien investi », a-t-il insisté.

L’ancien ministre des Affaires étrangères voit dans les ressources gazières et pétrolières du Sénégal une garantie future pour le remboursement de la dette. Selon lui, ces richesses doivent être anticipées comme un levier pour attirer des financements structurants.

Par ailleurs, Moustapha Niasse a salué l’initiative diplomatique marocaine visant à renforcer la coopération Sud-Sud, et a plaidé pour une intégration économique accrue entre les pays de la façade atlantique africaine. Il y voit une opportunité historique de bâtir une Afrique émergente, interconnectée et solidaire.

Par cette sortie, Moustapha Niasse semble vouloir contribuer au débat économique national, à un moment où les nouvelles autorités, dirigées par le président Bassirou Diomaye Faye, affichent une prudence marquée vis-à-vis de l’endettement extérieur.

Tensions au sein de la coalition présidentielle : l’Union des panafricanistes sénégalais dénonce les dérives internes et soutient Diomaye Faye

Face aux crispations de plus en plus visibles dans les rangs de la coalition présidentielle « Diomaye Président », l’Union des panafricanistes sénégalais (UPS) est sortie de sa réserve. Dans un communiqué rendu public ce week-end, le mouvement dirigé par Bougar Diouf exprime son inquiétude face à ce qu’il qualifie de « dérives gravissimes » menaçant la cohésion de la majorité au pouvoir.

Sans détour, l’UPS pointe du doigt deux figures majeures de la coalition : Aïda Mbodji, présidente de la Conférence des leaders, et Ousmane Sonko, Premier ministre. Le mouvement leur reproche des comportements jugés « contre-productifs » pour l’unité de l’équipe gouvernementale et préjudiciables à l’autorité du président Bassirou Diomaye Faye.

« Ce que nous observons aujourd’hui relève d’un plan insidieux visant à affaiblir la légitimité du président Diomaye Faye », déclare Bougar Diouf, cité par Les Échos. Selon l’UPS, la gestion « solitaire et politicienne » d’Aïda Mbodji met à mal l’esprit de collégialité qui devrait prévaloir au sein de la majorité.

Quant à Ousmane Sonko, ses récentes prises de parole sont perçues par l’UPS comme une « attaque frontale » contre le chef de l’État. « Le peuple sénégalais n’a pas élu deux présidents », martèle le communiqué, rappelant que le Premier ministre a été nommé, et non désigné directement par le suffrage universel. Le mouvement accuse Sonko d’« humilier publiquement » le président, un acte qu’il qualifie de « manque de loyauté inacceptable ».

Dans un ton grave, l’UPS appelle l’ensemble des forces de la mouvance présidentielle à un « sursaut de loyauté » et à la préservation de l’unité autour du chef de l’État. « Le président Bassirou Diomaye Faye est le seul dépositaire légitime du mandat populaire. Toute tentative d’isolement politique ou de pression interne visant à affaiblir son autorité est à proscrire », affirme le mouvement.

Fidèle à sa ligne panafricaniste et républicaine, l’UPS dénonce également les manœuvres de ce qu’il nomme des « vautours politiques », « rapaces » et « condors » prêts à sacrifier l’intérêt général au profit de leurs ambitions personnelles.

L’Union des panafricanistes sénégalais conclut son communiqué en réitérant son « soutien total, loyal et inconditionnel » au président Diomaye Faye, qu’elle décrit comme le garant de la stabilité des institutions, porteur d’un projet de rupture, de justice sociale et de gouvernance éthique.

« Nous ne laisserons pas le président Diomaye Faye seul face à ces menaces internes. L’heure est à la vigilance et au rassemblement autour de notre projet de refondation nationale », prévient l’UPS, qui se dit prête à mobiliser l’opinion nationale contre toute tentative de déstabilisation.

Barthélémy Dias dénonce des blocages politiques dans la location de salles à Dakar : “Un bras de fer silencieux”

Lors d’un point de presse tenu ce lundi, l’ancien maire de Dakar, Barthélémy Dias, a vigoureusement dénoncé ce qu’il qualifie de manœuvres politiques visant à empêcher l’opposition de tenir des rencontres publiques dans la capitale. Le leader du mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk affirme avoir été confronté à de nombreux refus d’hôtels et de salles privées alors qu’il cherchait un lieu pour organiser une conférence.

« On leur a demandé de ne plus nous louer de salle pour tenir nos rencontres. Je ne suis pas le seul dans cette situation. Beaucoup de leaders politiques de l’opposition vivent la même chose », a-t-il déploré, pointant du doigt des pressions “invisibles mais manifestes” exercées sur les établissements hôteliers.

Selon Barthélémy Dias, plusieurs figures de l’opposition auraient également essuyé des refus catégoriques de la part de responsables d’hôtels, sans qu’aucune justification claire ne leur soit donnée. Une situation qu’il qualifie de “bras de fer silencieux” entre le pouvoir et les établissements privés.

Malgré son indignation, l’ancien maire dit comprendre la position délicate des hôteliers, soumis selon lui à des injonctions officieuses :

« Je ne leur en veux pas. Ils sont sous pression. »

Barthélémy Dias a profité de l’occasion pour interpeller directement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Il lui a rappelé que tous deux ont été, dans le passé, victimes du même type de traitement sous le régime précédent :

« Je lui rappelle qu’on était ensemble et qu’on était victimes du même traitement. Il ne doit plus l’accepter. »

Il appelle ainsi le chef de l’État à garantir la neutralité des espaces privés face aux enjeux politiques et à veiller au respect des libertés fondamentales, notamment celle de réunion.

Pour Barthélémy Dias, cette situation révèle une forme de discrimination politique préoccupante, contraire aux principes démocratiques. Il estime que l’accès restreint aux lieux de rencontre constitue un obstacle grave au débat public et à l’organisation politique de l’opposition :

« On ne doit pas nous interdire l’accès aux salles de plusieurs hôtels simplement parce que nous sommes dans l’opposition. »

Barthélémy Dias conteste sa révocation : « La justice doit dire le droit et rendre justice au peuple de Dakar »

Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi, Barthélémy Dias, président du mouvement Sénégal Biñu Bokk et ex-maire de Dakar, a vigoureusement contesté sa destitution de la tête de la capitale sénégalaise. Il a dénoncé ce qu’il considère comme un « déni de justice » et une « confiscation du vote populaire », tout en réaffirmant sa volonté de se battre juridiquement et politiquement.

Révoqué de ses fonctions de maire le 13 décembre dernier à la suite d’un arrêté préfectoral, Barthélémy Dias affirme que cette décision ne repose sur aucune base juridique solide. Selon lui, l’article 135 du Code général des collectivités territoriales exige qu’un décret signé par le président de la République soit pris pour constater la perte de mandat d’un maire. Or, « aucun décret présidentiel n’a été publié », insiste-t-il.

Il rappelle avoir saisi la Cour d’Appel et la Cour Suprême pour contester cette décision qu’il juge arbitraire. « Si la Cour d’appel que j’avais également saisie ne se prononce pas, il y a manifestement un déni de justice. Une justice muette », a-t-il martelé.

Sa révocation intervient dans un contexte judiciaire complexe. L’ancien maire a été déclaré inéligible en raison d’une condamnation datant de 2017 dans l’affaire Ndiaga Diouf. Cette décision a également entraîné la perte de son mandat de député quelques jours plus tôt. Mais pour Barthélémy Dias, cette condamnation ne saurait justifier son éviction actuelle. « Il n’y a aucune condamnation nouvelle, et cet acte préfectoral dont parlent les détracteurs ne peut être pris en compte. »

L’ancien édile remet également en cause la légitimité du maire intérimaire désigné, estimant qu’aucune autorité ne peut se prévaloir de ce titre tant que la Cour Suprême ne s’est pas prononcée. « Ce n’est pas une question de personnes. Il s’agit d’un combat pour la démocratie locale et le respect de la volonté populaire », a-t-il insisté.

Dans une posture de défi, Barthélémy Dias a promis de poursuivre le combat. « Ceux qui ont commis le braquage de la ville de Dakar seront punis », a-t-il déclaré, tout en affirmant que son avenir politique ne s’arrête pas à la mairie : « Il ne s’agit pas de moi, de mon mandat de maire. J’ai d’autres ambitions. »

Cette sortie médiatique marque un tournant dans la bataille judiciaire et politique entamée depuis sa destitution. Si les juridictions supérieures du pays venaient à valider cette révocation, cela pourrait compromettre durablement les ambitions de Barthélémy Dias sur la scène politique nationale.

Thiès : Le président Diomaye Faye lance un ambitieux projet de restructuration urbaine

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a officiellement lancé un vaste programme de réaménagement urbain dans la région de Thiès, à travers le décret n°2025-1187 signé le 16 juillet 2025 et récemment rendu public. Ce texte présidentiel déclare d’utilité publique le projet de la « Nouvelle-Ville de Thiès », marquant une étape décisive dans la mise en œuvre de la politique d’aménagement du territoire du nouveau régime.

Conformément à la loi n°76-67 du 2 juillet 1976, les terrains privés situés dans la zone ciblée par le projet feront l’objet d’une procédure d’expropriation. L’article 3 de cette loi fixe à trois ans le délai maximal pour la réalisation de ces opérations foncières, à compter de l’entrée en vigueur du décret.

Ce projet s’inscrit dans une volonté affichée du président Faye de moderniser les villes sénégalaises et de mieux répartir les dynamiques de développement économique et démographique. La Nouvelle-Ville de Thiès ambitionne ainsi de devenir un pôle urbain moderne, mieux structuré et intégré, avec des infrastructures adaptées à la croissance démographique et aux enjeux environnementaux.

L’objectif est de repenser l’aménagement de la ville de Thiès à travers des logements décents, des équipements publics modernes, des voies de communication améliorées et une meilleure connectivité avec Dakar et les autres pôles régionaux.

Ce processus implique toutefois des expropriations massives. Des centaines, voire des milliers de familles et de propriétaires fonciers sont potentiellement concernés. Le décret prévoit une gestion coordonnée entre le ministère des Finances et du Budget et celui de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, chacun devant veiller à l’application rigoureuse des procédures, notamment en matière d’indemnisation et de relogement.

L’accent est mis sur une coordination interinstitutionnelle fluide, afin d’éviter les erreurs du passé où les lenteurs administratives et l’insuffisance des compensations avaient généré des tensions sociales.

Avec ce projet, Thiès pourrait connaître un profond bouleversement urbain et socio-économique. Considérée comme un carrefour stratégique entre Dakar, le centre et le nord du pays, la ville se prépare à un nouveau visage, porté par une ambition présidentielle de décentralisation active et de revalorisation des territoires.

APR Parcelles Assainies : « Mbaye Ndiaye est victime d’une tentative d’humiliation politique »

La coordination locale de l’Alliance pour la République (APR) est montée au créneau pour dénoncer vigoureusement la convocation judiciaire de leur camarade Mbaye Ndiaye, ancien ministre de l’Intérieur et ex-ministre d’État sous le régime de Macky Sall. Selon elle, cette affaire n’est rien d’autre qu’une « tentative d’humiliation politique » dirigée contre une figure emblématique du parti.

La Société nationale de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (SOGEPA) accuse M. Ndiaye d’avoir détérioré un logement administratif qu’il a occupé il y a plus de dix ans, avec un préjudice estimé à plus de 50 millions de FCFA. Une version des faits que balaie la coordination de l’APR des Parcelles Assainies, qui soutient que l’ancien ministre « a au contraire investi personnellement plus de 200 millions de FCFA pour rénover et agrandir le bâtiment, transformé en une demeure de 15 chambres ».

« Il est paradoxal qu’on l’accuse aujourd’hui de détérioration alors qu’il s’est personnellement engagé à améliorer le cadre de vie du bâtiment », ont martelé les responsables locaux du parti.

Pour eux, cette affaire aurait pu et dû être réglée à l’amiable, sans recours à une procédure judiciaire qui, selon leurs mots, « vise clairement à ternir l’image de ceux qui ont servi loyalement sous Macky Sall ».

La coordination n’a pas hésité à pointer du doigt une justice à deux vitesses. Elle dénonce un traitement discriminatoire à l’égard des anciens dignitaires du régime précédent :

« Quand l’actuel président a entrepris des modifications au palais présidentiel pour y loger sa famille, personne n’y a vu de scandale. Pourquoi donc cet acharnement contre Mbaye Ndiaye ? »

Les militants de l’APR affirment voir dans cette convocation un signe clair de volonté politique de « salir les anciens collaborateurs fidèles » de l’ex-président Macky Sall. D’ailleurs, ils ont exprimé leur solidarité avec d’autres figures de l’ancien régime actuellement confrontées à la justice, notamment Farba Ngom, Mansour Faye, Lat Diop, Ismaïla Madior Fall, Sophie Gladima, ou encore Ndèye Saly Diop Dieng, dont ils exigent la levée du contrôle judiciaire.

Un appel au recentrage sur les urgences nationales

Au-delà du soutien affiché à leur camarade, les responsables de l’APR des Parcelles Assainies ont interpellé le régime actuel sur les véritables priorités du pays. Ils appellent à une réorientation des actions gouvernementales vers les urgences sociales et économiques du moment.

« La justice ne doit pas être un instrument politique. Le pays fait face à une montée inquiétante du chômage, une crise du pouvoir d’achat, et une pauvreté galopante. Ce sont là les véritables défis que le gouvernement doit affronter », ont-ils conclu.

Crise de gouvernance et séquelles posttraumatiques : Elimane Kane appelle à une prise en charge psychologique du Premier ministre Ousmane Sonko

Dans une intervention dense et sans filtre, Elimane Kane, président de l’organisation Legs Africa et figure majeure de la société civile sénégalaise, a pris la parole ce dimanche 20 juillet 2025 sur le plateau de l’émission « FACE AU JURY » diffusée sur Pressafriktvhd. L’invité du jour n’a pas mâché ses mots pour décrire l’état du pays, la profondeur des blessures sociales et politiques laissées par les années de tension, et la nécessité urgente d’une justice réparatrice pour espérer panser les plaies de la nation. Il a également appelé à une approche humaine vis-à-vis du Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il juge psychologiquement marqué par les événements récents.

Pour Elimane Kane, la réconciliation nationale, régulièrement brandie comme mot d’ordre depuis l’élection du président Bassirou Diomaye Faye, ne pourra pas être effective tant que les traumatismes vécus entre 2021 et 2024 n’auront pas été reconnus et traités. Selon lui, la douleur est encore vive chez de nombreuses familles sénégalaises, marquées par la perte d’un proche, les blessures physiques ou les séquelles psychologiques consécutives aux multiples épisodes de répression.

« C’est un traumatisme psychique qui n’est pas encore réglé. Il touche même les gouvernants. La réconciliation ne pourra pas se faire aussi facilement parce que le mal est profond », a-t-il déclaré. Dans cette logique, il appelle à un processus de vérité et justice pour établir les responsabilités et rendre justice aux victimes. À ses yeux, la solution se trouve entre les mains de la justice : « Ce que le Sénégal a vécu, il faut le vider judiciairement, sinon tout peut éclater à nouveau. »

L’intervention d’Elimane Kane prend une tournure plus directe lorsqu’il évoque Ousmane Sonko, l’actuel Premier ministre et figure centrale de l’opposition sous l’ancien régime. Il affirme que ce dernier est lui-même une victime collatérale de cette instabilité, mais également un acteur central des événements ayant mené à des pertes humaines.

« Ousmane Sonko a subi des procès, des mesures administratives injustes, des restrictions de liberté. Mais il est aussi la raison principale pour laquelle beaucoup de jeunes sont sortis manifester, parfois au péril de leur vie. Le lien entre son vécu personnel et le bilan humain est fort. Il porte ce poids. Et ça, c’est un traumatisme. »

C’est dans ce sens qu’il suggère que le Premier ministre bénéficie d’un accompagnement psychologique. Il insiste sur le fait qu’un tel soutien ne relève pas de la faiblesse mais de la lucidité et du devoir d’introspection pour un homme appelé à diriger le gouvernement dans une période aussi sensible.

« Si j’étais un de ses proches, je lui dirais : Monsieur le Premier ministre, vous devez avoir une prise en charge psychologique. Il a besoin de parler, de se libérer. Tant qu’il garde tout à l’intérieur, il va s’énerver facilement, il va faire des sorties inappropriées, comme on l’a vu récemment. Et cela peut nuire au pays. »

Le président de Legs Africa a également évoqué la difficulté de passer en quelques semaines de prisonnier politique à chef de gouvernement, dans un contexte où l’État lui-même est exsangue. Pour lui, le décalage entre les attentes immenses des populations et les réalités de la gestion publique crée un second choc, difficile à absorber.

« Ousmane Sonko est passé de la cellule au Palais. On lui a confié une mission historique. Mais une fois au pouvoir, il découvre un État délabré, des moyens limités, une économie à bout de souffle, et des citoyens impatients. Cela crée une dissonance terrible entre ses convictions de campagne et la dure réalité. C’est un second traumatisme. »

Dans son intervention, Elimane Kane a martelé qu’aucune reconstruction nationale ne pourra être durable si la vérité n’est pas dite sur les responsabilités politiques et sécuritaires des dernières années. « Il faut établir une vérité historique sur la période 2021-2024. Ce n’est qu’à ce prix qu’on pourra véritablement tourner la page. » Il estime que la justice doit avoir les mains libres pour statuer, juger, et refermer les dossiers ouverts dans la douleur.

Enfin, il a lancé un appel aux nouvelles autorités, les invitant à faire preuve de plus d’ouverture et à renforcer la transparence dans la gestion des dossiers de souveraineté et de refondation de l’État. Il préconise la mise en place de commissions de spécialistes indépendants, capables d’épauler le pouvoir dans ses décisions stratégiques.

L’intervention d’Elimane Kane agit comme un rappel fort que la politique ne se résume pas aux discours et aux plans d’action, mais touche aussi à l’intime, au psychologique, au vécu profond des acteurs comme des citoyens. Pour lui, si le Sénégal veut guérir durablement, il devra commencer par reconnaître ses blessures et soigner ses traumatismes, y compris au sommet de l’État.

Tensions au sommet : Elimane Kane alerte sur une possible crise à la Senghor-Mamadou Dia entre Diomaye et Sonko

Invité ce dimanche sur le plateau de l’émission « FACE AU JURY » sur PressAfrikTVHD, Elimane Kane, président de Legs Africa, a livré une analyse aussi lucide qu’inquiétante de la relation entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Pour ce membre influent de la société civile, les signes d’un désaccord profond entre les deux hommes forts du régime Pastef sont visibles, et pourraient rappeler un épisode tragique de l’histoire politique sénégalaise : la crise institutionnelle de 1962 entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia.

« Ce qui s’était passé en 1962 peut se reproduire entre Sonko et Diomaye », a-t-il averti, en faisant référence à la fracture historique entre le président Senghor et son chef de gouvernement Mamadou Dia, qui avait abouti à l’emprisonnement de ce dernier et à un tournant autoritaire dans la gouvernance du pays.

Pour Elimane Kane, le malaise entre les deux hommes n’est plus à démontrer. La sortie récente d’Ousmane Sonko, qui a publiquement reproché à Diomaye Faye son silence face aux attaques dirigées contre lui, en est une parfaite illustration. « Les deux dansent, mais pas la même musique », résume-t-il, soulignant une divergence stratégique flagrante au sommet de l’État. Selon lui, le président agit selon les conseils de son entourage proche, tandis que le Premier ministre suit ceux de son propre camp. Résultat : une fracture idéologique et politique, bien qu’ils soient issus du même parti.

L’expert n’a pas manqué de citer des exemples précis pour illustrer ces dissensions, notamment la visite du président Diomaye Faye en France et son audience avec Emmanuel Macron, ainsi que sa rencontre avec l’ancien président Abdou Diouf. Des actes qu’Ousmane Sonko, dans sa logique de rupture avec l’ancien système, aurait difficilement pu assumer ou même cautionner.

Sur un autre front, Elimane Kane a également réagi aux propos virulents du Premier ministre à l’égard de la société civile, que ce dernier avait qualifiée de « fumiers » lors d’une précédente sortie. Bien que ne se sentant pas personnellement visé, Kane a fermement condamné la généralisation de ces attaques : « Il a offensé notre Chef d’État, il a offensé notre justice, il a offensé la presse, il a ciblé même des organes, et pour finir, la société civile. »

Plus encore, le président de Legs Africa a dénoncé une dérive autoritaire inquiétante dans les propos d’Ousmane Sonko, rappelant que celui-ci a clairement évoqué sa volonté d’instaurer un État-parti. Une perspective que Kane juge inacceptable au Sénégal : « Il ne peut pas y avoir de dictature au Sénégal. On ne va pas l’accepter. Il ne peut pas intimider ou faire taire les gens. À défaut de tous nous tuer ou nous envoyer en prison, la dictature ne passera pas. »

Au-delà du constat d’un désaccord croissant, Elimane Kane tire ici la sonnette d’alarme : si les lignes de fracture ne sont pas rapidement contenues, le Sénégal pourrait être confronté à une crise institutionnelle inédite depuis l’indépendance. À l’heure où le pays aspire à une gouvernance apaisée et à des réformes profondes, les tensions internes au sommet de l’État pourraient fragiliser davantage un équilibre déjà précaire.

Dialogue politique : Elimane Kane prend ses distances avec l’opposition et plaide pour une refondation du système démocratique

Invité de l’émission « FACE AU JURY » diffusée ce dimanche sur PressAfrikTVHD, Elimane Kane, président de l’organisation Legs Africa, a livré une lecture singulière du dialogue politique national récemment clôturé. Contrairement à plusieurs figures de l’opposition qui ont exprimé leur mécontentement, notamment sur la remise des conclusions, Elimane Kane a tenu à marquer sa différence : « Je ne suis pas du même avis que l’opposition sur la remise des conclusions du dialogue, parce que le président de la République a la primeur », a-t-il affirmé d’entrée.

Pour le leader de la société civile, les critiques ne devraient pas porter sur la procédure de restitution, mais plutôt sur la nature même du dialogue et la manière dont il a été conçu. À ses yeux, le véritable problème réside dans les termes de référence définis pour ce processus. « Tout tournait autour du système électoral », a-t-il regretté, estimant que cette focalisation a considérablement limité la portée du débat. Il note par ailleurs que ces termes ont été fixés par la Direction générale des élections, et que même le rapporteur était un spécialiste des questions électorales. Dès lors, ajoute-t-il, « il était difficile que les discussions dépassent ce cadre très technique ».

Elimane Kane s’est voulu toutefois nuancé. Il a salué l’organisation générale du dialogue, qu’il juge satisfaisante dans sa forme : « Hormis les termes de référence, il n’y a aucun problème à signaler. Tout s’est passé comme prévu, le facilitateur était un membre de la société civile, dans l’ensemble c’était bien ». Ce satisfecit partiel contraste avec les dénonciations virulentes de certains opposants, mais ne signifie pas pour autant une approbation du système actuel.

Car c’est là que se situe le cœur de sa critique : pour lui, il faut sortir de la logique d’une démocratie cantonnée à une simple compétition entre partis politiques. « Le système politique ne doit pas se limiter à la compétition entre acteurs partisans », a-t-il martelé. Selon le président de Legs Africa, il est urgent d’élargir le champ démocratique à la participation citoyenne. « Il faut que le citoyen soit intégré dans les mécanismes de fonctionnement du système politique. C’est à cette condition que la démocratie deviendra réellement représentative. »

Très critique vis-à-vis de la démocratie représentative telle qu’elle fonctionne actuellement, Elimane Kane affirme qu’elle a échoué : « C’est pourquoi on parle de député de tel parti ou de tel président, au lieu de parler de député du peuple. » Il plaide ainsi pour une refondation du système politique, qui permette aux citoyens de retrouver une place centrale dans la gouvernance publique. Un plaidoyer qui rejoint les aspirations de nombreux acteurs de la société civile, désireux de rééquilibrer le pouvoir entre les institutions, les partis et les citoyens.

Les propos d’Elimane Kane interviennent dans un contexte marqué par une défiance croissante envers les mécanismes traditionnels de la démocratie sénégalaise. Ils soulignent une volonté de remettre en question les bases mêmes de la représentation politique, au moment où le pays tente de tourner la page d’un cycle électoral tendu et de poser les jalons d’un nouveau modèle de gouvernance.

Sénégal : Maître Aïda Diawara Diagne réélue à la tête de la Chambre des Notaires

La Chambre des Notaires du Sénégal a tenu son assemblée générale ordinaire, marquée par l’élection de sa nouvelle présidence. À l’issue du scrutin, Maître Aïda Diawara Diagne, notaire associée et figure emblématique de la profession, a été réélue à la tête de l’institution pour un nouveau mandat, avec 59 % des suffrages exprimés, devançant son challenger, Maître Habib Vitin.

La cérémonie s’est tenue en présence de la directrice des affaires civiles et garde des sceaux, représentant le ministre de la Justice. Dans son allocution, elle a salué le travail accompli par les notaires sénégalais et a souligné les avancées enregistrées dans le cadre du projet de loi en cours, visant à transformer la Chambre en un véritable ordre professionnel. « Ce projet vise également à accompagner l’évolution de la profession au bénéfice de l’ensemble des notaires. Je tiens à saluer votre esprit de concertation et de dialogue avec les services de l’État. Le ministère de la Justice restera attentif à vos suggestions et observations pour finaliser cette réforme », a-t-elle déclaré.

Réélue à la présidence, Maître Diawara Diagne, forte de plus de 40 ans d’expérience dans le notariat, a pris la parole pour dresser un bilan de son précédent mandat, tout en esquissant les grands axes de sa feuille de route pour les années à venir. Elle a insisté sur l’importance cruciale du changement de statut de la profession vers un ordre professionnel, soulignant que cette évolution permettra de garantir l’indépendance du notaire, de renforcer sa responsabilité et d’assurer une meilleure protection juridique pour les citoyens.

« Ce projet de loi constitue une avancée capitale pour la modernisation de notre profession. Il est impératif que nous renforcions notre collaboration avec les services de l’État, notamment le ministère de la Justice, pour faire aboutir cette réforme », a-t-elle affirmé.

Parmi les priorités de son nouveau mandat, Maître Diawara Diagne a mis en avant la nécessité de digitaliser la profession. Elle a annoncé la création prochaine d’une cellule de communication et la vulgarisation des outils numériques pour rendre le service notarial plus accessible et plus efficace.

La présidente a également rappelé que la formation continue des notaires et de leurs collaborateurs resterait au cœur de son action, afin de garantir la compétitivité du notariat sénégalais dans un environnement juridique en constante évolution.

Autre initiative saluée lors de son discours : l’intégration de 20 jeunes notaires au sein de la Chambre. Un signal fort en faveur de la relève générationnelle et de la dynamisation du secteur. « Cette nouvelle dynamique va renforcer la vitalité de notre profession et garantir sa pérennité dans un monde en pleine transformation », a-t-elle déclaré.

Maître Aïda Diawara Diagne a conclu son intervention en saluant la cohésion et l’esprit de concertation qui règnent au sein de la Chambre des Notaires. « C’est ensemble, dans un cadre structuré et moderne, que nous pourrons relever les défis du XXIe siècle », a-t-elle affirmé, appelant ses pairs à rester unis et mobilisés autour des grands enjeux de la profession.

Sénégal : les victimes des événements de 2021–2024 dénoncent la lenteur du traitement judiciaire de leurs dossiers

Le collectif des victimes des violences survenues entre mars 2021 et février 2024 est sorti de son silence pour exprimer son profond désarroi face à ce qu’il qualifie de « lenteur insupportable » dans le traitement de leurs dossiers par la justice sénégalaise. Réuni en conférence de presse ce samedi, le Rassemblement des victimes a lancé un appel solennel aux autorités pour que justice soit rendue, sans délai ni calcul politique.

Prenant la parole au nom du collectif, Ibrahima Sané a exprimé la frustration et l’épuisement moral des familles et des survivants. « Nous, Rassemblement des victimes, exprimons notre profonde préoccupation face aux lenteurs persistantes du système judiciaire sénégalais dans le traitement des dossiers des victimes du régime de Macky Sall. Depuis 2021, ces victimes, confrontées à des violations graves de leurs droits fondamentaux, attendent justice et réparation », a-t-il déclaré d’un ton grave.

Le porte-parole a dénoncé un double discours : d’un côté, les promesses publiques d’un engagement ferme pour la transparence et la justice ; de l’autre, une réalité faite de délais interminables et d’un système judiciaire à l’arrêt. Selon lui, cette situation entretient un sentiment d’abandon, et surtout, mine la confiance des citoyens dans les institutions censées les protéger.

Dans un contexte de transition politique marqué par des promesses de rupture, le collectif appelle le nouveau pouvoir à tenir ses engagements. « Il est impératif que les enquêtes soient menées de manière exhaustive et impartiale pour garantir que la lumière soit faite sur les atrocités commises et que les responsables soient traduits devant la justice », a insisté M. Sané.

Au-delà du traitement des seuls dossiers en attente, les victimes réclament des réformes structurelles. Elles exigent notamment le renforcement de l’indépendance et de l’efficacité du système judiciaire sénégalais, condition sine qua non d’une véritable réconciliation nationale. « Une justice rapide et équitable pourra restaurer la confiance et contribuer à une paix durable au Sénégal », a-t-il martelé.

Le collectif, qui regroupe familles endeuillées, blessés et victimes de détentions arbitraires, espère aussi attirer l’attention de la communauté internationale sur la gravité de la situation. Il appelle à une mobilisation urgente pour faire avancer les procédures, obtenir vérité, justice et réparation.

Alors que la mémoire des événements de 2021 à 2024 reste vive dans les esprits, la quête de justice des victimes continue d’être un test majeur pour les nouvelles autorités sénégalaises, qui sont désormais attendues sur le terrain de l’action concrète.

Université d’été du Pastef à l’UGB : Birame Soulèye Diop appelle à une riposte verbale aux attaques contre les leaders du parti

Saint-Louis, 19 juillet 2025 – L’université d’été du parti Pastef, tenue à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, a été marquée par une déclaration controversée du ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop.

Face à un auditoire de militants et sympathisants, le responsable politique a invité les membres de son parti à répondre aux insultes dirigées contre leurs leaders par des insultes équivalentes.
« Kou saga Ousmane Sonko saga len ko [Qui insulte Ousmane Sonko, insultez-le en retour], kou saga président de la République saga len ko [Qui insulte le président de la République, insultez-le en retour], ndakh féyou dagane na [car la vengeance est permise] », a-t-il déclaré sous les acclamations de certains participants.

Ces propos tenus dans un climat de polarisation politique croissante au Sénégal ne sont pas passés inaperçus. L’appel à « répondre aux insultes par des insultes » a immédiatement suscité des réactions mitigées, certains y voyant un encouragement à l’escalade verbale et à la confrontation directe, contraire aux idéaux d’un débat démocratique fondé sur le respect et l’argumentation.

Au-delà de l’appel à la riposte verbale, Birame Soulèye Diop a aussi profité de l’occasion pour vanter la montée en puissance du Pastef sur la scène politique sénégalaise et son rayonnement au-delà des frontières nationales. Il a évoqué la création de formations politiques inspirées par le Pastef, notamment aux Comores avec le Parti Africain des Comores pour le travail, l’éthique et la fraternité, qu’il a présenté comme une émanation directe de l’influence du parti dirigé par Ousmane Sonko.

« On a construit et Dieu nous a donné une expérience sans égal. On a une personnalité qui fait l’unanimité dans son pays et dans le reste du monde », a-t-il déclaré en parlant du président de la République.

Pour Birame Soulèye Diop, cette montée en puissance suscite des réactions hostiles de la part d’adversaires politiques qu’il qualifie de minoritaires et dépourvus de base populaire :
« On voit des gens qui ne peuvent pas rassembler six personnes, se permettre de vous faire croire que vous ne pouvez pas travailler avec ce Monsieur [le président Sonko]. »

Cependant, cet appel à la riposte verbale, dans un contexte où l’appel au calme et à l’apaisement est plus que jamais nécessaire, fait débat. Des observateurs politiques, des journalistes et des défenseurs des droits civiques s’interrogent sur la responsabilité des acteurs publics dans la modération du discours politique, en particulier au sommet de l’État.

Alors que le Sénégal tente de consolider sa démocratie après des années marquées par des tensions sociales et politiques, de telles déclarations posent la question de la place du respect et de la retenue dans l’espace public. Si certains militants ont salué l’authenticité du message, d’autres voix, y compris dans la société civile, pourraient y voir une banalisation de la violence verbale et une menace pour la stabilité du débat démocratique.

Usine de dessalement de la Grande Côte : Serigne Mbaye Thiam plaide pour une renégociation plutôt qu’une annulation

Invité d’une émission sur la TFM, l’ancien ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Serigne Mbaye Thiam, s’est exprimé sur la décision de l’actuel gouvernement d’annuler le contrat avec le groupe saoudien ACWA POWER concernant la future usine de dessalement de la Grande Côte. Pour lui, cette décision, loin d’être définitive, devra inévitablement être revue compte tenu des impératifs stratégiques liés à la sécurité hydrique du Sénégal.

Selon Serigne Mbaye Thiam, cette usine devait produire 400 000 m³ d’eau par jour, soit une contribution cruciale pour faire face aux besoins supplémentaires estimés à un million de m³ d’ici 2030. Il a rappelé que ce projet était inscrit dans le plan national de production d’eau potable à long terme, avec pour double finalité d’augmenter l’offre et de sécuriser le système d’approvisionnement.

« L’usine ne vise pas uniquement à accroître les volumes disponibles, mais elle constitue aussi une assurance en cas d’incident majeur », a-t-il précisé, évoquant notamment le précédent de Keur Momar Sarr en 2013, où une panne sur une conduite majeure avait gravement perturbé l’approvisionnement en eau de Dakar.

L’ancien ministre a souligné que le contrat avec ACWA POWER n’était pas figé, mais au contraire ouvert à des ajustements. « Des fenêtres de renégociation existaient et existent toujours », a-t-il martelé. Deux leviers en particulier avaient été identifiés.

Le premier concernait la possibilité pour ACWA POWER de construire une centrale électrique intégrée au projet. Si celle-ci injectait au moins 15 % de l’énergie produite dans le réseau national, le reste étant destiné à l’usine, cela aurait pu permettre de réduire considérablement les coûts de l’électricité et, par ricochet, ceux de la production d’eau.

Le second levier portait sur les financements concessionnels. Le contrat prévoyait que si ACWA POWER parvenait à obtenir ce type de financement — généralement à taux préférentiels auprès d’institutions multilatérales — les économies générées seraient partagées entre les deux parties, selon un barème précis :

une baisse inférieure à 2 % reviendrait entièrement à ACWA POWER, une baisse entre 2 % et 10 % serait partagée à 50/50, et toute baisse supérieure à 10 % profiterait exclusivement à l’État du Sénégal.

Au-delà du seul cas de l’usine de dessalement, Serigne Mbaye Thiam a évoqué le contexte global du « Grand Transfert », vaste projet hydraulique visant à rééquilibrer la répartition de l’eau à travers le territoire. Il a notamment révélé qu’une partie de l’eau brute issue du projet serait dédiée à l’agriculture, et que des ajustements géographiques étaient déjà envisagés, notamment un transfert de l’eau de Pekess vers Touba, ce qui modifie l’orientation initiale vers Dakar.

Pour l’ancien ministre, la meilleure voie reste celle de la sagesse et de l’intérêt national. « Ce n’est pas une question d’orgueil politique. Il s’agit d’un projet structurant, vital pour les décennies à venir. Il faut le renégocier, pas l’annuler », a-t-il insisté.

Assemblée nationale : Le groupe Takku Wallu Sénégal dénonce des violations du règlement intérieur

À la clôture de la dernière session parlementaire, le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a dressé un bilan critique de la gouvernance parlementaire actuelle, fustigeant ce qu’il qualifie de « violations graves et répétées » du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Lors d’une conférence de presse organisée pour marquer la fin des travaux, les députés du groupe d’opposition ont exprimé leur inquiétude face à une série de pratiques qu’ils jugent incompatibles avec le bon fonctionnement de l’institution.

Porte-voix du groupe, le député Abdou Mbow a été particulièrement virulent dans ses critiques. Dans un entretien accordé au quotidien L’AS, il a pointé du doigt le président de l’Assemblée nationale, qu’il accuse d’user de ses prérogatives de manière partisane, au mépris des règles établies.

« Nous avons été témoins à plusieurs reprises d’entorses flagrantes aux règles qui régissent notre institution », a déclaré M. Mbow. Il évoque notamment le refus d’appliquer rigoureusement l’article 74 du règlement intérieur, qui autorise l’auteur d’une question préalable à reprendre la parole.

Autre point soulevé : la participation directe du président de l’Assemblée aux débats, une pratique qu’Abdou Mbow considère comme une violation de l’article 69, lequel interdit au président de commenter ou de répondre aux interventions des députés pendant les séances.

Selon le parlementaire, ces pratiques sapent les principes d’équité et nuisent au bon déroulement des travaux parlementaires. Il estime que le président de l’Assemblée nationale devrait adopter une posture plus institutionnelle et éviter les confrontations publiques avec les députés, surtout ceux de l’opposition.

« Il est impératif que le président de l’Assemblée prenne de la hauteur et se départisse de sa stratégie de communication déjà vouée à l’échec », a-t-il lancé, dénonçant ce qu’il perçoit comme une volonté de museler les voix discordantes.

Ces accusations viennent raviver les tensions au sein de l’Hémicycle, dans un contexte politique marqué par une recomposition des forces parlementaires et une opposition de plus en plus vigilante face aux décisions de la majorité.

Le président Diomaye Faye trace la voie d’une université sénégalaise tournée vers l’innovation technologique

Une réforme ambitieuse de l’enseignement supérieur pour intégrer l’intelligence artificielle, la cybersécurité et la robotique

Le Sénégal entre dans une nouvelle ère éducative. Le président Bassirou Diomaye Faye a dévoilé une feuille de route audacieuse pour transformer en profondeur le système de l’enseignement supérieur, avec pour axe central l’intégration des technologies contemporaines comme l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la robotique et la data science.

Lors d’une intervention solennelle, le Chef de l’État a souligné l’urgence d’adapter l’université sénégalaise aux réalités du 21e siècle. « Il est temps d’imaginer une université moderne, ouverte aux mutations actuelles, mais profondément enracinée dans nos réalités », a-t-il déclaré, prônant un équilibre entre modernité technologique et ancrage culturel.

Insistant sur le rôle stratégique de l’éducation dans le développement du pays, le président Faye a affirmé que le numérique ne doit plus être considéré comme un simple outil, mais comme un pilier fondamental de la refonte éducative. Il a plaidé pour une université résolument tournée vers les sciences contemporaines, citant l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la réalité virtuelle, les data sciences et la robotique comme des domaines prioritaires.

« Notre enseignement supérieur doit s’approprier l’évolution numérique en cours. Il nous faut former les ressources humaines capables d’accompagner le New Deal technologique », a-t-il martelé, affirmant que cette transition est cruciale pour atteindre les ambitions de la vision Sénégal 2050.

Pour rendre cette vision concrète, le gouvernement prévoit d’importants investissements dans les infrastructures numériques. Il s’agit notamment de renforcer la connectivité des universités, de développer des plateformes d’enseignement en ligne et de faciliter l’accès à l’équipement informatique pour les étudiants et les enseignants.

« Cette ambition ne peut réussir sans une infrastructure technologique solide et moderne, » a rappelé le président. Ces mesures visent à favoriser l’émergence d’un écosystème universitaire propice à la recherche collaborative, à la formation à distance et à l’innovation technologique.

En plaçant la jeunesse au cœur de cette stratégie, le président Diomaye Faye souhaite armer les jeunes Sénégalais pour leur permettre de s’imposer sur la scène internationale. « Ce n’est qu’à ce prix que nous pourrons donner à notre jeunesse les véritables armes pour bâtir les ambitions de la vision Sénégal 2050 et compétir à armes égales avec les jeunes de tous les continents, » a-t-il affirmé.

Cette réforme de l’enseignement supérieur s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation structurelle de l’économie sénégalaise, avec pour ambition de faire du pays un pôle régional d’innovation, de compétences et d’excellence académique.

Avec cette nouvelle orientation, le Sénégal affirme sa volonté de faire de l’enseignement supérieur un levier stratégique de développement et d’émancipation pour les générations futures. Le pari est ambitieux, mais il témoigne d’une vision claire : celle d’un pays qui veut rattraper le temps perdu et prendre pleinement sa place dans la révolution numérique mondiale.

Coalition « Diomaye Président » : Bougar Diouf écarté après des critiques contre Ousmane Sonko

L’exclusion du président de l’Union des Panafricanistes Sénégalais met en lumière les tensions internes croissantes au sein de la majorité présidentielle.

Les fissures au sein de la coalition « Diomaye Président » deviennent de plus en plus visibles. Bougar Diouf, président de l’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS) et fervent soutien de la première heure du président Bassirou Diomaye Faye, a été exclu du groupe WhatsApp des alliés de la majorité. En toile de fond, une série de critiques publiques visant le Premier ministre Ousmane Sonko, accusé par Diouf d’« inélégance » à l’égard du chef de l’État.

La rupture s’est accélérée après une interview accordée par Bougar Diouf au site Seneweb. Il y a affirmé que Boubacar Camara, figure politique alliée, aurait contribué à hauteur de plus de 100 millions FCFA à la campagne de Pastef, via des dons financiers, des véhicules et des levées de fonds. Pour Diouf, ces soutiens mériteraient davantage de reconnaissance de la part d’Ousmane Sonko.

Au-delà de ces révélations, Bougar Diouf a dénoncé des « diktats internes » et des décisions imposées sans concertation par le chef du gouvernement. Il accuse Ousmane Sonko de franchir les limites de ses prérogatives, notamment en appelant publiquement le président Faye à ignorer certaines voix issues de leur propre coalition.

Cette ligne de fracture aurait entraîné son exclusion du groupe de communication interne, décidée par Aïda Mbodj, présidente de la coalition. Selon Les Échos, cette sanction a été accompagnée d’un avertissement clair : toute critique publique ou tentative de division entraînera les mêmes conséquences.

Dans un communiqué officiel, la coalition a réaffirmé sa volonté de préserver l’unité autour du tandem Diomaye-Sonko, soulignant que seule Aïda Mbodj détient l’autorité de statuer sur l’appartenance à la coalition. Les propos de Bougar Diouf ont été qualifiés d’« inacceptables » et jugés contraires à l’intérêt collectif.

La déclaration conclut sur une note ferme : toute attaque contre le duo présidentiel sera considérée comme une atteinte directe au projet politique en place. Le message est sans équivoque : dans la coalition « Diomaye Président », la loyauté n’est pas négociable.

ANNONCE D’UN COMITÉ SPÉCIAL POUR MATÉRIALISER LES CONCLUSIONS DU DIALOGUE NATIONAL EN PROJETS DE LOIS : Vers quelles réformes législatives s’achemine-t-on ?

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé, en Conseil des ministres, la création d’un Comité spécial chargé de formuler les textes législatifs et réglementaires issus des recommandations du Dialogue national sur le système politique. Une initiative qui ouvre la voie à d’importantes réformes institutionnelles dont les contours législatifs restent à préciser.

Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 16 juillet, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a pris la parole pour revenir sur un évènement important de la vie politique nationale : la réception, deux jours plus tôt, du Rapport général du Dialogue national sur le système politique. Ce document, fruit de plusieurs jours d’échanges entre les forces vives de la nation, trace les contours des réformes attendues pour une refondation institutionnelle et démocratique du Sénégal.
Le chef de l’État a salué, avec insistance, le travail du facilitateur général, du directoire du Dialogue, des différentes commissions ainsi que l’implication des participants, notamment ceux réunis au sein de la plateforme « Jubbanti ». Selon lui, l’esprit républicain, le sens des responsabilités et la qualité des contributions traduisent une volonté collective de bâtir un nouveau socle politique plus juste, plus équilibré et plus conforme aux aspirations démocratiques profondes du peuple sénégalais.
Diomaye Faye a surtout mis l’accent sur les recommandations consensuelles issues de ce processus, qu’il juge « exhaustives » et « thématiques », insistant sur leur pertinence dans la quête d’un État de droit renforcé, d’une justice restaurée dans sa crédibilité et d’une démocratie renouvelée dans ses pratiques et institutions. Pour le président de la République, la mise en œuvre effective de ces recommandations constitue une priorité nationale.
C’est dans ce contexte qu’il a annoncé la création prochaine d’un Comité spécial. Cette instance aura pour mission, dans un délai de trois mois, de proposer les textes législatifs et réglementaires nécessaires à la traduction concrète des conclusions du dialogue. Ainsi, le chef de l’État veut-il aller vite, mais surtout bien. Il s’agit, pour lui, de ne pas laisser le consensus retomber dans l’oubli ou être dilué dans des considérations politiques à court terme.
Dès lors, une question centrale s’impose : quelles lois seront proposées à l’Assemblée nationale ? Réforme du Conseil constitutionnel, mode de désignation des membres de la Cour des comptes, renforcement de la Haute Autorité de la transparence, révision du statut des magistrats, modification des règles électorales, encadrement des pouvoirs présidentiels, adoption d’une loi de programmation pour l’accès équitable à la justice ou autre ? En tout cas, les pistes sont nombreuses.
Par ailleurs, il faudra s’interroger sur le sort réservé à certaines pratiques jusque-là décriées, comme le parrainage citoyen, la transhumance politique ou la gestion des fonds politiques. Autant de sujets épineux que le futur comité spécial devra trancher, en lien étroit avec les institutions, les parlementaires et la société civile.
En attendant, le message du chef de l’État est clair : l’heure est à la réforme, mais pas à n’importe quel prix. Il urge de réconcilier les Sénégalais avec leur système politique, en posant les bases d’un nouveau contrat démocratique, fondé sur la transparence, l’équité, la responsabilité et la participation citoyenne.
Penda THIAM

Bakhao Fall sur les tensions au sein du gouvernement : « Le Pastef a été rattrapé par la réalité du pouvoir »

Bakhao Fall, président du mouvement « Convergence citoyenne pour l’Esprit et l’Intérêt du Djolof » et allié déclaré du Pastef, a livré une lecture sans détour des tensions qui traversent la coalition au pouvoir. Invité ce mercredi 16 juillet 2025 sur le plateau de l’émission Midikeng de PressAfrik TV, il a estimé que le Pastef fait aujourd’hui face à l’inévitable épreuve de l’exercice du pouvoir, après avoir suscité une immense attente populaire durant ses années de combat dans l’opposition.

Selon lui, le parcours du parti d’Ousmane Sonko illustre les contradictions inhérentes à la conquête démocratique du pouvoir. « Au moment de la conquête, nous faisons des promesses, allant jusqu’à promettre la lune. Mais une fois au pouvoir, rattrapés par la réalité, nous nous rendons compte qu’il y a une différence entre ce que nous disions dans l’opposition et la manière dont nous voulons gérer le pays », a souligné Bakhao Fall, non sans saluer la détermination des principaux leaders du Pastef. « Ils aiment le pays. Ils ont fait rêver la jeunesse et le peuple, mais tout cela, c’était dans l’opposition », a-t-il rappelé.

Pour l’allié du Pastef, les difficultés actuelles sont la conséquence d’un scénario politique inédit au Sénégal : l’accession à la présidence d’un « second », Bassirou Diomaye Faye, tandis que le leader naturel du parti, Ousmane Sonko, a pris la tête du gouvernement. « Ce n’est pas ce que nous avions l’habitude de voir. D’ordinaire, le président de la République est aussi le chef du parti au pouvoir. Ici, le Premier ministre est resté le leader incontesté, celui qui tient les rênes politiques », a-t-il noté, en soulignant qu’une telle configuration peut alimenter des rivalités et des crispations.

Interrogé sur les dernières sorties médiatiques d’Ousmane Sonko, notamment après la décision de la Cour suprême qui a cassé son rabat d’arrêt contre Mame Mbaye Niang, Bakhao Fall estime que le Premier ministre s’est exprimé sous le coup de la frustration. « Il ne faut pas oublier que Sonko est quelqu’un qui ne mâche pas ses mots, c’est ce qui faisait sa force dans l’opposition. Mais une fois Premier ministre, il ne peut plus s’exprimer comme avant », a-t-il prévenu. Selon lui, la posture institutionnelle oblige à davantage de retenue : « Quand vous parlez, vous ne parlez plus pour votre modeste personne, mais pour la République ».

Bakhao Fall s’est aussi interrogé sur le discours du président Bassirou Diomaye Faye appelant à « libérer la justice » lors de la remise des conclusions du dialogue national. Il a rappelé que dans un précédent entretien, le chef de l’État avait déclaré que « le peuple peut faire pression sur la justice », ce qui, selon lui, révèle des contradictions dans la ligne de conduite de l’exécutif. « Il y a des écarts dans leur langage par moments. C’est le signe qu’ils ont été rattrapés par la réalité du pouvoir », a-t-il conclu, en appelant les nouvelles autorités à faire preuve de pédagogie et à mesurer leurs responsabilités au sommet de l’État.

Moustapha Diakhaté persiste et signe : « Je préfère mourir en prison »

Dans une déclaration ferme après le renvoi de son procès au 23 juillet, l’ex-parlementaire dénonce une « prise d’otage politique » et refuse toute liberté provisoire, accusant le parquet de Dakar de complicité.

« Je préfère mourir en prison que de participer à donner un vernis juridique à une prise d’otage politique », a fait savoir Moustapha Diakhaté dans une déclaration, suite au renvoi de son procès au 23 juillet. Il a également précisé qu’il n’est ni demandeur ni preneur d’aucune liberté provisoire.

Je remercie mon avocat Me El Hadj Diouf pour sa disponibilité et sa combattivité. Toutefois, je ne suis demandeur ni preneur d’aucune liberté provisoire.

Je préfère mourir en prison que de participer à donner un vernis juridique à une prise d’otage politique, avec la complicité de magistrats carriéristes et soumis.

J’invite mes parents, proches et amis à s’abstenir de demander une autorisation de visite à mes ravisseurs du parquet de Dakar.

Vive la République !
Vive le Sénégal !

*Moustapha Diakhaté*
*Otage politique à la MAC de Rebeuss*

Thierno Bocoum prend la défense de Badara Gadiaga : “Il n’a jamais appelé à un mortal combat ni convié des jeunes à déloger un président légalement élu”

Dans un contexte politique tendu, l’opposant Thierno Bocoum, président du mouvement Agir / Les Leaders, a pris fermement position en faveur du chroniqueur Badara Gadiaga, actuellement visé par une procédure judiciaire controversée. À travers une publication musclée ce mercredi, l’ancien député dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation du pouvoir contre les voix critiques.

« Badara n’a jamais porté de cagoule. Il n’a jamais appelé à un mortal combat ni convié des jeunes à déloger un président légalement élu. Il n’a jamais promis à quiconque le sort infligé à Samuel Doe », écrit Thierno Bocoum, balayant d’un revers de main les accusations qui viseraient, selon lui, à bâillonner une voix indépendante.

Plus qu’un simple soutien personnel, le message du leader de Agir s’inscrit dans une critique acerbe du pouvoir actuel, qu’il accuse de vouloir étouffer toute forme de dissidence. « Ce qu’il a déstabilisé, ce n’est pas l’ordre public, mais l’ordre manipulateur établi par un pouvoir obsédé par l’effacement de toute voix dissidente », poursuit-il.

Selon Bocoum, Badara Gadiaga n’a jamais été une menace pour la sécurité nationale, mais plutôt un révélateur des dysfonctionnements de l’État. « Il ne menace pas un État, il éclaire une nation. Il ne fomente pas la violence, il démasque l’imposture. »

Pour l’opposant, les réactions judiciaires et politiques qui visent le chroniqueur relèvent d’un malaise profond du régime face à la critique. « Badara a mis en péril non pas la sécurité du pays, mais les châteaux de mensonges bâtis par ceux qui, aujourd’hui au pouvoir, vivent mal leur propre imposture. Un régime qui ne supporte ni la contradiction, ni la lucidité, ni la mémoire. Et c’est bien cela le vrai danger », conclut-il.

Mamadou Diop Decroix appelle à l’unité nationale pour préserver la transformation du Sénégal

Dans un contexte politique tendu, l’ancien ministre exhorte les forces progressistes à s’unir pour garantir la stabilité et réussir le projet de rupture validé par le peuple lors de l’élection présidentielle de mars 2024.

Alors que le climat politique au Sénégal reste marqué par des tensions persistantes et une recomposition profonde du paysage institutionnel, Mamadou Diop Decroix, ancien ministre et secrétaire général du parti And-Jëf/PADS, prend la parole pour lancer un vibrant appel à l’unité nationale. Dans une analyse à la fois lucide et stratégique, il alerte sur les risques d’éclatement et de stagnation si les forces du changement ne parviennent pas à faire bloc autour d’un projet commun.

Pour Decroix, le Sénégal traverse une période charnière où s’affrontent deux dynamiques antagonistes. D’un côté, les forces progressistes issues du peuple, qui ont porté au pouvoir un projet de rupture lors des élections du 24 mars 2024. De l’autre, des groupes conservateurs déterminés à défendre des privilèges hérités d’un ancien ordre, aujourd’hui largement remis en cause. Cette confrontation, bien plus qu’un simple bras de fer politique, traduit selon lui un choc économique, social et culturel profond, susceptible de redéfinir le destin national.

Au cœur de cette dynamique de rupture se trouve le parti Pastef, désormais force centrale du changement. Mamadou Diop Decroix estime cependant que pour jouer pleinement ce rôle historique, Pastef doit impérativement se réinventer. Il doit devenir une organisation politique structurée, unie, disciplinée et résolument tournée vers l’avenir. Cela suppose non seulement une rigueur idéologique, mais aussi une capacité à gérer les résistances internes comme les pressions extérieures, sans céder aux divisions ni aux surenchères.

L’ancien ministre rappelle que la réussite du projet de rupture — notamment la mise en œuvre de l’agenda 2050, la lutte contre la corruption et la reddition des comptes — ne pourra se faire que dans le cadre d’une unité nationale forte, ancrée dans des luttes concrètes pour la justice sociale, l’équité et la souveraineté économique. Il insiste sur la nécessité de bâtir une force politique capable de mobiliser durablement les énergies autour de ces objectifs.

Fidèle à sa culture politique marxiste, Decroix s’appuie sur la pensée de Mao Zedong pour proposer une lecture dialectique de la situation actuelle. Il distingue les contradictions entre le peuple et ses ennemis — qui nécessitent une fermeté politique — et celles internes au peuple, qui doivent, selon lui, être réglées pacifiquement par la critique, l’autocritique et le débat démocratique. Une méthode qui permettrait de prévenir l’escalade des tensions et d’approfondir la cohésion nationale.

Sur le plan géopolitique, Mamadou Diop Decroix souligne que le Sénégal est à un tournant historique. Grâce à ses ressources naturelles (gaz, pétrole, minerais) et à de nouveaux partenariats internationaux — notamment avec la Chine et les États-Unis —, le pays dispose d’un levier inédit pour accélérer son développement. Mais cette opportunité, insiste-t-il, ne pourra être concrétisée que si elle s’appuie sur une gouvernance exemplaire, une lutte effective contre la corruption, et surtout une stabilité politique durable.

Pour conclure, Decroix met en garde contre les risques de fragmentation et de sabotage, venus tant de l’intérieur que de l’extérieur. Il appelle toutes les forces patriotiques à faire preuve de vigilance, à surmonter les divisions, et à privilégier l’intérêt supérieur de la nation. « Ci nun la des » — c’est notre affaire à nous tous — rappelle-t-il, en invoquant une responsabilité collective face aux enjeux de l’heure.

Réformes politiques : Diomaye Faye prêt à mettre en œuvre 24 des 38 recommandations du dialogue national

Un comité ad hoc sera mis en place cette semaine pour traduire les accords en projets de loi, en vue des prochaines échéances électorales.

Le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement reçu, ce lundi, le rapport final du dialogue national des mains du facilitateur général, Dr Cheikh Guèye. À cette occasion, le chef de l’État s’est engagé à mettre en œuvre 24 des 38 recommandations consensuelles issues des discussions entre majorité et opposition.

C’est ce qu’a révélé Dr Guèye dans un entretien accordé à L’Observateur, soulignant la volonté présidentielle de « faire avancer rapidement les réformes », notamment en perspective des prochaines élections. Un comité ad hoc sera constitué « dès cette semaine », avec pour mission de transformer les recommandations en projets de loi, certains nécessitant des révisions de la Constitution et du Code électoral.

« L’objectif est d’adopter ces textes dans les meilleurs délais pour renforcer la démocratie, sécuriser le processus électoral et apaiser les tensions politiques », a précisé Dr Cheikh Guèye.

Le processus législatif s’annonce inclusif et rigoureux, avec la participation d’experts de haut niveau et de représentants des principales forces politiques du pays. Cette approche vise à garantir une large adhésion autour des textes qui seront soumis au Parlement.

Parmi les points ayant fait l’objet d’un consensus figurent des réformes du fichier électoral, des procédures de parrainage, du calendrier électoral et de la gouvernance politique. Ces changements sont jugés cruciaux pour consolider les acquis démocratiques et restaurer la confiance dans les institutions.

Toutefois, certains sujets majeurs restent en suspens, faute d’accord entre les protagonistes du dialogue. Il s’agit notamment :

Du mode de scrutin des législatives (proportionnelle intégrale ou maintien du système mixte), Du statut du chef de l’opposition, Et de la révision de certains articles du Code pénal, dont l’article 80, souvent critiqué pour son utilisation contre des opposants, en lien avec la « sécurité de l’État ».

Ces dossiers ont été transmis au président pour arbitrage, et pourraient être tranchés en synergie avec les conclusions attendues des Assises de la Justice, ouvertes en juin dernier.

Cette phase post-dialogue est perçue comme un test de sincérité pour le nouveau pouvoir, qui a placé la réforme des institutions au cœur de son projet. En choisissant de donner suite à une majorité des recommandations, Bassirou Diomaye Faye tente de poser les bases d’un nouveau pacte démocratique, dans un contexte encore marqué par les séquelles de la crise électorale de 2024.

Note souveraine en chute libre : Moubarack Lo alerte sur le risque d’une double sanction pour le Sénégal

Face à la troisième dégradation de la note souveraine en sept mois, l’économiste appelle à l’intelligence collective, à la stabilité institutionnelle et à un sursaut national pour restaurer la confiance des investisseurs.

Le Sénégal traverse une passe difficile sur le front financier. En l’espace de sept mois, le pays a essuyé trois dégradations successives de sa note souveraine par les agences de notation internationales. Un signal d’alarme que l’économiste Moubarack Lo, ancien conseiller spécial et économiste en chef de la Primature, prend très au sérieux. Dans un entretien accordé au journal L’Observateur, il dresse un diagnostic préoccupant, tout en appelant à un sursaut national pour éviter une crise plus profonde.

Pour Moubarack Lo, les agences de notation n’évaluent pas uniquement les performances économiques actuelles, mais s’appuient surtout sur « des anticipations ». « C’est l’incertitude sur la trajectoire du pays, et notamment sur sa stabilité institutionnelle, qui inquiète aujourd’hui les marchés », explique-t-il. Selon lui, les discours politiques, les orientations budgétaires et les signaux émis par les plus hautes autorités comptent autant que les chiffres.

Cette défiance se traduit par une baisse de la valeur des titres sénégalais sur les marchés financiers, une hausse du coût des emprunts et une frilosité croissante des investisseurs, notamment dans les secteurs productifs. « Les financements multilatéraux sont moins affectés, mais pour le secteur privé, c’est un vrai coup dur », prévient-il.

Ce qui inquiète particulièrement l’économiste, c’est le climat politique tendu entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Si cette cohabitation conflictuelle devait s’installer durablement, le Sénégal risquerait de subir ce qu’il appelle une « double peine » : d’un côté, les déséquilibres financiers hérités ; de l’autre, une instabilité institutionnelle pénalisante. « Le peuple ne mérite pas de payer le prix d’un blocage politique », insiste-t-il.

Moubarack Lo plaide pour un retour à l’apaisement, notamment par la libération des détenus d’opinion et la fin des invectives publiques. Il souligne que la stabilité politique est une condition essentielle pour attirer des investissements durables, au-delà des seuls secteurs extractifs (pétrole, gaz).

Face à la fragilité actuelle de l’attelage gouvernemental, l’économiste propose trois options :

Renforcer les pouvoirs du Premier ministre, pour lui permettre d’assurer une meilleure coordination de l’action gouvernementale. Redistribuer les rôles au sommet de l’État, en envisageant par exemple qu’Ousmane Sonko prenne la tête de l’Assemblée nationale. Maintenir le statu quo, mais à la condition impérative d’un pacte de confiance et de collaboration sincère entre le Président et son Premier ministre.

Dans tous les cas, avertit-il, « le Chef de l’État doit permettre à son Premier ministre de jouer pleinement son rôle de chef de gouvernement ».

Pour sortir de l’ornière, Moubarack Lo appelle à une mobilisation collective autour de trois priorités : le redressement des finances publiques, la publication de données budgétaires transparentes, et le rétablissement de la confiance des partenaires techniques et financiers.

Il juge qu’un nouveau partenariat avec le Fonds monétaire international (FMI) pourrait être un levier utile pour restaurer la crédibilité du pays. « La crise financière avance lentement, mais une crise institutionnelle peut tout précipiter », prévient-il.

Tensions au sein de la coalition « Diomaye Président » : Bougar Diouf exclu pour avoir critiqué Ousmane Sonko

Après avoir dénoncé les propos jugés virulents du Premier ministre à l’encontre du président Diomaye Faye et de ses alliés, Bougar Diouf a été écarté du groupe WhatsApp interne de la coalition.

La tension monte dans les rangs de la coalition « Diomaye Président ». Selon des informations révélées par le journal Les Échos dans son édition de ce mercredi 16 juillet, Bougar Diouf, membre actif de ladite coalition, a été exclu du groupe WhatsApp interne après avoir publiquement critiqué le Premier ministre Ousmane Sonko.

Tout serait parti de la dernière sortie médiatique d’Ousmane Sonko, jugée par certains comme trop virulente à l’endroit du président de la République Bassirou Diomaye Faye, de certains alliés politiques ainsi que de la société civile. Bougar Diouf, ne cachant pas son désaccord, aurait exprimé dans le groupe WhatsApp de la coalition son indignation, qualifiant les propos du chef du gouvernement d’« inélégants ».

Mais loin de se limiter à une discussion interne, Diouf a réitéré sa position publiquement lors de l’émission RFM Matin, où il a même appelé le président Diomaye Faye à « refuser les diktats internes » et à préserver l’unité de sa majorité face à ce qu’il considère comme des « dérives autoritaires ».

Cette prise de parole, perçue comme une provocation par plusieurs figures de la coalition, a provoqué une réaction immédiate. Aïda Mbodj, personnalité influente de l’alliance, aurait aussitôt décidé de l’exclure du groupe de discussion, tout en lançant un avertissement clair : « Tout membre qui tenterait de semer la discorde ou de fragiliser l’unité de la coalition subira le même sort. »

Cet incident met en lumière les tensions croissantes qui semblent agiter la majorité présidentielle depuis quelques semaines, entre volonté d’ouverture du président Diomaye Faye et fermeté revendiquée par son Premier ministre. L’affaire Bougar Diouf pourrait bien marquer un tournant dans la gestion des divergences internes au sein de la coalition, à l’heure où la cohésion politique reste cruciale pour la réussite du projet présidentiel.

Affaire Badara Gadiaga : Pape Djibril Fall rend visite à Alioune Tine et dénonce les atteintes aux libertés publiques

Le député et leader politique Pape Djibril Fall a été reçu ce mardi 15 juillet 2025 par Alioune Tine, président fondateur d’Africajom Center, figure respectée de la société civile sénégalaise. Cette rencontre s’est déroulée dans un contexte national marqué par des tensions politiques croissantes et une multiplication des arrestations d’acteurs médiatiques et d’opinion.

À l’issue de l’audience, Pape Djibril Fall a tenu à partager les grandes lignes des échanges. Il a notamment évoqué la situation générale du pays, qu’il qualifie de préoccupante, en raison de ce qu’il considère comme des atteintes graves aux libertés publiques. Selon lui, la répression vise en priorité les journalistes, les chroniqueurs et les leaders d’opinion qui expriment des positions critiques à l’égard du pouvoir exécutif.

Parmi les cas les plus emblématiques figure celui de Badara Gadiaga, chroniqueur actuellement incarcéré. Pour Pape Djibril Fall, l’arrestation de ce dernier illustre « la volonté manifeste du régime Sonko-Diomaye de faire taire toutes les voix discordantes ». Il estime que Badara Gadiaga est devenu un véritable otage politique, détenu pour ses opinions et non pour des actes répréhensibles.

La rencontre a également été l’occasion de réaffirmer le respect et la considération dus à Alioune Tine, dont l’engagement en faveur des droits humains et de la démocratie au Sénégal est unanimement salué. Pape Djibril Fall a formulé à son endroit des vœux de paix et de prospérité, tout en appelant les autorités à un retour au dialogue et à l’apaisement.

En conclusion, le député a lancé un appel solennel à la libération immédiate des personnes qu’il qualifie d’otages politiques, au premier rang desquelles Badara Gadiaga. Il estime qu’aucune démocratie ne peut prospérer dans un climat d’intimidation et de privation des libertés fondamentales.

Groupe WhatsApp de la Coalition Diomaye Président : Bougar Diouf règle ses comptes après son exclusion

Bougar Diouf, président de l’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS) et membre de la Coalition Diomaye Président, a exprimé sa profonde amertume après avoir été exclu du groupe WhatsApp des alliés du chef de l’État. Cette décision a été prise à la suite de propos jugés offensants envers le Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il avait tenus lors de son passage dans l’émission RFM Matin.

Dans sa déclaration, Bougar Diouf est revenu sur l’historique de l’engagement de son mouvement aux côtés de Pastef et de son leader. Il a affirmé que l’appui de la coalition avait été déterminant pour la victoire à la présidentielle. « Nous soutenons Pastef depuis 2017. Son leader, Ousmane Sonko, ne prend même pas en compte notre coalition lorsqu’il s’exprime. Sans la Coalition Diomaye Président, Pastef n’aurait jamais pu remporter l’élection présidentielle, faute de moyens. Nous avons contribué à hauteur de plus de 400 millions de FCFA. Plus de 156 organisations se sont mobilisées pour porter Pastef au pouvoir. Et aujourd’hui, Sonko nous ignore complètement, comme si nous n’avions jamais existé », a-t-il dénoncé.

Bougar Diouf a également précisé qu’il avait décidé de soutenir Bassirou Diomaye Faye pour sa stature d’homme de dialogue et d’équilibre. Selon lui, c’est l’image du président qui avait motivé l’adhésion de nombreux Sénégalais et l’adhésion massive de la coalition. « Nous avons choisi le président Bassirou Diomaye Faye parce que c’est un homme de paix, de principe, un homme bien. C’est l’homme que le Sénégal attendait. Mais quand Ousmane Sonko parle de lui, il dit qu’il faut le laisser gouverner pleinement, comme si Diomaye ne tirait pas sa légitimité du peuple. C’est ce type de discours que j’ai dénoncé dans l’émission, et cela a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux », a poursuivi Bougar Diouf.

Selon ses explications, sa prise de parole n’aurait pas eu vocation à attaquer la coalition mais plutôt à alerter sur un ton qu’il juge condescendant. Cependant, cette intervention a été mal perçue au sein de l’espace de concertation des alliés du pouvoir. « C’est la cinquième fois qu’Aïda Mbodj m’exclut du groupe. Elle a invoqué l’article 4 de la charte de la coalition, qui interdit aux membres de porter atteinte à l’image de la coalition. Or, je n’ai pas dénigré la coalition. Pastef lui-même n’a jamais signé cette charte et Ousmane Sonko ne reconnaît même pas officiellement la Coalition Diomaye Président », a-t-il affirmé.

Révolution ou dérive ? Mamoudou Ibra Kane objecte à Me Ciré Clédor Ly

Dans une tribune musclée, le journaliste Mamoudou Ibra Kane répond à Me Ciré Clédor Ly, dénonçant une vision radicale de la rupture et une dérive autoritaire masquée sous les habits de la révolution.

Dans un style direct, nourri d’érudition politique et de références historiques, Mamoudou Ibra Kane a signé une tribune choc en réponse aux propos de Me Ciré Clédor Ly, éminent avocat, qui appelait récemment à la « destruction de l’ancien régime » et au « nettoiement de ses vestiges » pour asseoir la révolution sénégalaise issue de l’alternance de mars 2024.

Sous le titre « Objection, Maître ! », le journaliste et citoyen s’adresse avec respect, mais sans détour, à son aîné, qu’il accuse de céder à un discours dangereux, aux accents totalitaires. Mamoudou Ibra Kane s’élève contre l’idée d’une purge systémique dans l’administration, la sécurité ou encore la justice, assimilant ce type d’approche à un maccarthysme ou à des pratiques staliniennes incompatibles avec les principes démocratiques.

Refusant d’être catalogué dans un quelconque camp, Kane se présente comme un citoyen lucide, ni du passé ni du nouveau régime, mais « du présent, du passé et du futur du pays ». À ses yeux, la dichotomie entre « bons » et « mauvais » — selon qu’on soit du nouveau ou de l’ancien pouvoir — est aussi stérile que dangereuse. Il y voit un symptôme d’un pouvoir qui peine à naître pleinement, tout en étant incapable d’assumer ses propres contradictions.

Plus qu’une simple réplique à Me Clédor Ly, le texte de Mamoudou Ibra Kane est un réquisitoire contre ce qu’il considère comme des dérives du nouveau régime : intimidations, détentions arbitraires, gestion opaque de certains dossiers, silence sur les tensions institutionnelles entre le président Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko.

Il s’étonne du mutisme de l’avocat sur les déclarations du chef du gouvernement à l’encontre du président de la République, rappelant que dans une démocratie fonctionnelle, la primauté de l’État doit prévaloir sur tout agenda partisan. Il évoque même la crise de décembre 1962 entre Senghor et Mamadou Dia pour alerter sur le risque de fracture institutionnelle.

L’un des passages les plus saillants de la tribune est sans doute celui où le journaliste accuse ouvertement les tenants du nouveau pouvoir de chercher à instaurer un « État-Pastef », dans une logique de mainmise totale sur les institutions. Selon lui, cette orientation contredit l’idéal de rupture et de souveraineté tant chanté durant la campagne électorale.

Il interpelle Me Clédor Ly sur le silence entourant les promesses non tenues : l’abrogation de la loi d’amnistie, l’amélioration des conditions économiques, la moralisation de la vie publique. En filigrane, c’est l’image d’un peuple trahi, notamment une jeunesse désillusionnée, qui se dessine. « Le Projet », écrit-il, est devenu une chimère, et la révolution semble avoir dévoré ses enfants, pour reprendre la formule de Vergniaud, citée en conclusion.

Pour autant, Mamoudou Ibra Kane ne se positionne ni en nihiliste ni en détracteur systématique. Il rappelle son attachement au débat démocratique, à la justice pour les victimes, et à l’exigence d’un État de droit respectueux des libertés individuelles. Il invite à rendre justice, mais pas à organiser une justice des vainqueurs. Il appelle à la lucidité collective et au refus de tout fanatisme politique.

Avec cette tribune, Mamoudou Ibra Kane s’impose comme une voix critique majeure dans un paysage politique sénégalais en mutation, où l’euphorie de la rupture semble déjà céder le pas aux désillusions. Son message est clair : la révolution ne peut pas être une excuse pour piétiner la République.

Madiambal Diagne salue un tournant : « Le Président Bassirou Diomaye Faye a enfin enfilé le costume de président de la République »

Le journaliste et patron du Groupe Avenir Communication voit dans le dernier discours du chef de l’État un signe de maturité politique et de prise de responsabilité salvatrice pour le Sénégal.

Dans une publication remarquée sur le réseau social X (anciennement Twitter), le journaliste Madiambal Diagne n’a pas mâché ses mots en commentant la récente sortie du président Bassirou Diomaye Faye. À l’occasion du discours tenu ce lundi 14 juillet 2025 devant les participants du dialogue national, le chef de l’État semble, aux yeux de Diagne, avoir franchi un cap déterminant dans son rôle à la tête du pays.

« J’ai écouté et réécouté le Président Bassirou Diomaye Faye. Il a enfin enfilé le costume de Président de la République du Sénégal. Tant mieux pour ce pays qui risque d’aller à vau l’eau », a-t-il écrit. Un message à la fois critique et encourageant, qui traduit une attente forte de la part d’une frange de l’élite sénégalaise quant à la posture institutionnelle du président.

Madiambal Diagne, connu pour ses prises de position tranchées, semblait jusqu’ici sceptique quant à la capacité du président Faye à incarner pleinement les attributs et responsabilités de la magistrature suprême. Son post marque donc un changement de ton, saluant ce qu’il considère comme une prise de hauteur et une posture désormais plus affirmée du chef de l’État.

Ce revirement intervient dans un contexte politique sensible, où les attentes autour du dialogue national sont grandes, notamment en ce qui concerne la réforme des institutions, la pacification de l’espace politique et les réponses aux urgences économiques et sociales.

Le discours de Diomaye Faye, jugé rassembleur, républicain et résolument tourné vers l’avenir, semble donc avoir convaincu certains observateurs jusque-là réservés. Il reste cependant à voir si cette « prise de costume » saluée par Madiambal Diagne se traduira par des actes concrets et un leadership affirmé dans la durée.

Bassirou Diomaye Faye réaffirme ses priorités : stabilité, justice, souveraineté et réconciliation nationale

Lors de sa dernière sortie médiatique, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, s’est exprimé avec franchise sur plusieurs sujets majeurs touchant à la gouvernance, à la stabilité politique, à la justice et à la situation économique du pays. Un discours lucide, marqué par un appel à l’unité, à la paix et à la responsabilité.

Dès l’entame de son intervention, le président a tenu à rappeler que le Sénégal reste un pays stable, sans complexe face aux autres nations. Toutefois, il a souligné que la stabilité politique ne saurait être effective sans un climat politique serein, propice à l’investissement et à la confiance.

« Je compte continuer à m’atteler à tout ce qui pourrait apporter la paix dans ce pays et je tends la main à tous ceux qui travaillent en ce sens », a-t-il affirmé, rappelant le passé récent tumultueux que le pays a traversé.

Il insiste : tout écart vis-à-vis de ce cap de stabilité et de cohésion nationale risquerait d’aliéner le soutien des citoyens.

Revenant sur le climat social et politique à son arrivée au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye a évoqué un pays en proie à une division profonde, jusque dans les foyers.

« On a dit que pour le prochain président, son premier chantier, c’est de réconcilier les Sénégalais », a-t-il rappelé.

Dans cette logique, le président a tenu à maintenir le calendrier des Assises nationales dès le 28 mai, moins de deux mois après sa prestation de serment, avec comme première thématique : la justice. Pour lui, cette institution doit être réformée pour restaurer la confiance des citoyens, mais pas affranchie de tout contrôle.

« Libérer la justice ne signifie pas laisser les juges faire tout ce que bon leur semble », a-t-il précisé, insistant sur la nécessité de corriger les dysfonctionnements passés sans pour autant tomber dans l’impunité.

Il a également rappelé les 11 mois qu’il a passés en prison, affirmant qu’il ne saurait aujourd’hui cautionner les dérives qu’il a lui-même dénoncées à l’époque.

Le chef de l’État a aussi fait le point sur son récent déplacement aux États-Unis, où il a rencontré des acteurs majeurs de l’économie, notamment la Chambre de commerce américaine. L’objectif : encourager les investissements au Sénégal, créer de l’emploi et trouver des solutions concrètes aux défis économiques.

« Il faut attirer des investisseurs pour régler des problèmes et créer des emplois », a-t-il martelé, soulignant l’importance du partenariat international dans un cadre souverain.

Abordant la polémique née des récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, le président a tenu à apaiser les inquiétudes en affirmant clairement qu’il n’y a « aucun conflit » entre les deux hommes.

« Le Premier ministre est mon ami. Je vais continuer à me concentrer sur les attentes des Sénégalais. Le seul combat qui vaille, c’est celui contre les difficultés qu’ils endurent », a-t-il insisté.

Le président rappelle que son gouvernement a hérité d’une situation économique complexe, ce qui appelle à un engagement collectif fort autour des principes qui fondent le projet Jub, Jubbal, Jubanti : vérité, réparation, transformation.

En conclusion, Bassirou Diomaye Faye appelle l’ensemble de la classe politique, de l’administration et de la société civile à s’inscrire dans une dynamique de gestion transparente, de renforcement de la souveraineté, de défense des libertés et de préservation des valeurs démocratiques.

« C’est là où les Sénégalais nous attendent », a-t-il dit avec conviction, se plaçant en gardien des intérêts de l’État, mais surtout en président déterminé à incarner une nouvelle ère de rupture et de responsabilité.

Sénégal : Le président Diomaye Faye et Ousmane Sonko affichent leur unité lors d’une visite au Bénin

Alors que les rumeurs de tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko alimentaient les débats ces derniers jours, une démonstration d’unité a été faite ce mardi 15 juillet 2025. À l’occasion d’un voyage officiel à Cotonou, au Bénin, le chef de l’État sénégalais était accompagné de son chef de gouvernement, affichant une entente visible et assumée.

Dans une vidéo largement partagée par la présidence sénégalaise, les deux hommes apparaissent côte à côte, sereins et souriants, dans une ambiance qui tranche avec les rumeurs persistantes d’un malaise au sommet de l’exécutif. Au-delà des images, c’est le choix musical qui a retenu l’attention : le fond sonore de la vidéo officielle est une interprétation de la chanson « Plus Fort » de Youssou Ndour, assurée par le Bataillon de la Musique des Forces armées sénégalaises.

Ce morceau, extrait de l’album Coono du reer, est une ode à l’unité, à l’écoute mutuelle et à la paix. À travers les paroles emblématiques — « Aimons-nous et échangeons afin d’avoir une paix éternelle » — le message est clair : au-delà des divergences supposées, c’est la cohésion, la solidarité et la volonté de travailler ensemble qui priment.

Dans un contexte national marqué par des défis économiques, sociaux et institutionnels, ce geste revêt une forte portée symbolique. Il envoie un signal d’apaisement et de stabilité à l’opinion publique sénégalaise, mais aussi aux partenaires internationaux du pays.

Le président Diomaye Faye, dans ses récentes prises de parole, n’a pas manqué de souligner la complexité de la situation héritée. Mais c’est justement dans cette complexité que semble s’ancrer une volonté ferme de gouverner dans l’unité et la complémentarité avec son Premier ministre.

Bassirou Diomaye Faye clarifie : « Il n’y a aucun conflit entre Ousmane Sonko et moi »

Alors que certains observateurs et commentateurs misaient sur un début de tension entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, le chef de l’État a tenu à lever toute ambiguïté ce lundi 14 juillet.

La mise au point est intervenue lors de la cérémonie de remise du rapport général sur le Dialogue national, organisée au Palais présidentiel. D’un ton ferme et apaisant, Bassirou Diomaye Faye a coupé court aux spéculations :

« Il n’y a aucune divergence entre le Premier ministre et moi. C’est mon ami. Il n’y a aucun conflit. Je continuerai à veiller au bon déroulement de la mission que le peuple sénégalais nous a confiée, à savoir faire focus et nous concentrer sur les priorités des Sénégalais », a-t-il déclaré.

Ces précisions interviennent après les propos d’Ousmane Sonko, prononcés le jeudi 10 juillet lors de l’installation du Conseil national de Pastef-Les Patriotes. Ce jour-là, le Premier ministre avait estimé que « le Sénégal n’est pas en crise », mais que le véritable problème du pays résidait dans « l’autorité de l’État », insistant sur la nécessité de lui laisser la latitude pour gouverner efficacement et apporter des résultats concrets.

Des déclarations qui ont été perçues, dans certains milieux politiques et médiatiques, comme une manière de marquer son territoire ou de signifier des désaccords au sommet de l’État.

Le Président Faye a donc choisi de clarifier publiquement la nature de ses relations avec son chef de gouvernement et camarade politique de longue date. Ce geste vise à rassurer les Sénégalais et à montrer l’unité de l’exécutif, dans un contexte de fortes attentes sociales et économiques.

Cette sortie souligne aussi la volonté du Président d’écarter toute polémique inutile et de maintenir la cohésion au sein de l’équipe dirigeante, qui porte la responsabilité d’incarner la promesse de rupture et de réformes portée par leur coalition.

Dérives autoritaires : Bougane Guèye Dany tire la sonnette d’alarme sur l’emprisonnement de Badara Gadiaga

Le climat politique sénégalais continue de s’alourdir après l’incarcération du chroniqueur Badara Gadiaga. Le président du Mouvement Gueum Sa Bopp, Bougane Guèye Dany, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme un tournant inquiétant pour la démocratie et les libertés publiques dans le pays.

Selon le leader politique, l’emprisonnement de Badara Gadiaga est un signal clair de la volonté du pouvoir actuel d’imposer le silence à toutes les voix critiques. « L’emprisonnement de Badara Gadiaga constitue une preuve supplémentaire de la dérive autoritaire qui est en marche. C’est un pas de plus vers la construction d’un parti-État qui cherche à étouffer toute contestation », a affirmé Bougane Guèye Dany dans une déclaration transmise à la presse.

Pour lui, la situation est grave. Il estime que le Sénégal s’éloigne progressivement de l’esprit démocratique qui a longtemps constitué sa force et sa singularité en Afrique de l’Ouest. « La survie de la démocratie sénégalaise est en jeu. Ce qui se passe est d’une extrême gravité, car au-delà du cas de Badara Gadiaga, c’est le principe même de la liberté d’expression qui est menacé », a-t-il alerté.

Le président de Gueum Sa Bopp accuse le pouvoir en place de multiplier les actes d’intimidation pour dissuader les citoyens, journalistes et opposants de s’exprimer librement. Il juge que la pratique consistant à « effacer les voix discordantes » met en péril les fondements de l’État de droit. « Nous assistons à une tentative d’imposer une hégémonie sans débat démocratique. C’est tout le contraire de l’esprit républicain », dénonce-t-il.

Face à ces dérives qu’il qualifie de dangereuses, Bougane Guèye Dany appelle à une prise de conscience collective et à une mobilisation générale de tous les démocrates, quelle que soit leur appartenance politique. « Les Sénégalais doivent agir pour protéger leurs droits et leurs libertés. C’est un impératif moral et civique », a-t-il insisté.

Ce nouvel appel s’ajoute aux nombreuses voix qui se lèvent depuis l’annonce du placement sous mandat de dépôt de Badara Gadiaga, dont le cas cristallise désormais l’inquiétude sur la liberté d’expression et la vitalité du débat démocratique au Sénégal.

Réponse de Cheikh Oumar Sy à Monsieur Elimane Pouye : La société civile n’a pas peur du débat. Elle l’appelle même de tous ses vœux.

Cher Elimane Pouye,


Dans votre tribune au ton respectueux, vous avez choisi de répondre à l’interpellation du Premier ministre Ousmane Sonko sur la place et le financement de la société civile. Le débat est sain, et nul n’en conteste la légitimité. Mais à vouloir trop justifier l’injustifiable, on risque de verser dans une défense malhabile d’un propos que vous qualifiez vous-même d’ »incident clos », alors qu’il trahit une posture récurrente de dénigrement. Je vous le dis sans ambages : la société civile sénégalaise n’a jamais fui le débat. Elle l’a souvent initié, nourri, encadré et parfois même protégé au péril de ses libertés et de sa sécurité.

Rappelons quelques vérités utiles à la mémoire collective.

1. La société civile a toujours été au rendez-vous du débat républicain

La société civile sénégalaise n’a pas attendu M. Sonko pour réfléchir à sa propre place dans la gouvernance publique. Depuis des décennies, elle organise des fora, produit des rapports d’évaluation, dialogue avec les institutions et forme les citoyens aux principes de la transparence, de la participation et de la redevabilité. Elle a été au cœur des dynamiques démocratiques les plus importantes de notre pays, des assises nationales au M23, du contrôle citoyen du budget à la réforme de la fiscalité.

Vous semblez aussi l’oublier un peu vite, mais c’est la société civile qui, en 2011, au plus fort des dérives du régime de Wade, a été à l’avant-garde de la mobilisation du 23 juin. Parmi les figures emblématiques de ce sursaut républicain, Landing Mbissane Seck alias Kilifeu, membre actif du mouvement Y’en a marre, qui aujourd’hui occupe le poste de Président du Conseil d’Administration (PCA) du Grand Théâtre. Un symbole fort du passage de la société civile à l’institutionnalisation de l’engagement.

De même, Guy Marius Sagna, aujourd’hui député sous la bannière de PASTEF, fut l’un des membres fondateurs du FRAPP, une organisation de la société civile parmi les plus engagées sur les questions de souveraineté, de justice sociale et de défense des libertés. Ces deux parcours — de la société civile à l’institution — démontrent que la société civile n’est pas en guerre contre le politique, elle en est parfois le terreau.

Et vous le savez mieux que quiconque : la société civile vous a sollicité, à plusieurs reprises, dans des cycles de formation et de renforcement de capacités sur les politiques budgétaires et fiscales. Elle ne vous a jamais exclu, ni réduit à un adversaire. Elle vous a reconnu comme un intellectuel engagé au service de l’administration publique.

2. La société civile n’est pas la presse, ni un acteur politique encagoulé

Vous laissez entendre, à l’instar de M. Sonko, que la société civile jouerait un double jeu : celui d’une co-gouvernance dissimulée ou d’un pouvoir de l’ombre. C’est une confusion dangereuse. Contrairement à la presse, la société civile ne vit pas de la ligne éditoriale du sensationnel. Contrairement aux partis politiques, elle ne cherche pas le pouvoir, mais à en contrôler l’usage. La société civile propose, alerte, évalue, mais ne gouverne pas. Ce que vous appelez « co-gouvernance » n’est qu’un autre nom de la participation citoyenne — un pilier central de toute démocratie digne de ce nom.

3. C’est la société civile qui a tendu la main à Ousmane Sonko quand l’État l’a lâché

Quand M. Sonko a été radié de la fonction publique, ce sont des organisations de la société civile qui lui ont offert des contrats de consultance, lui permettant de garder la tête hors de l’eau. Ces faits, bien connus dans le milieu, devraient suffire à tempérer les discours accusateurs actuels. La société civile n’a pas à rougir de son engagement : elle a protégé ceux que l’État voulait marginaliser, elle a soutenu ceux que le système voulait briser.

4. Le financement extérieur est une conséquence, non un choix de confort

Affirmer qu’il faut « encadrer » le financement extérieur de la société civile revient à insinuer qu’elle disposerait d’alternatives internes viables. Or, l’État sénégalais n’a jamais sérieusement soutenu financièrement les organisations de la société civile, malgré leur rôle fondamental dans la consolidation de la démocratie, la justice sociale et le développement local. La vérité est simple : si la société civile reçoit des financements extérieurs, c’est parce que l’État est absent. Pire, dans de nombreuses zones du pays, c’est elle qui pallie les insuffisances budgétaires et structurelles de l’État, dans la santé, l’éducation, l’agriculture, l’environnement, l’entrepreneuriat et la gouvernance locale.

Ce n’est pas une anomalie ; c’est une contribution. Et cela crée des milliers d’emplois, mobilise des expertises locales, renforce les capacités des jeunes, des femmes, des parlementaires et des collectivités territoriales. C’est donc un acteur de développement et non une menace pour la souveraineté.

5. Il est temps de sortir du soupçon permanent

Le débat sur la régulation du financement de la société civile mérite d’être posé dans un cadre sérieux, apaisé, inclusif. Pas dans un discours partisan ou des invectives stériles. Les ONG et associations sont, en majorité, déjà tenues à des obligations de transparence vis-à-vis de leurs bailleurs et des autorités de tutelle. Vouloir les encadrer davantage sans offrir une alternative nationale de financement, c’est vouloir les museler. La souveraineté ne se décrète pas contre les partenaires, mais se construit avec des mécanismes crédibles de financement endogène.

En définitive, M. Pouye, la société civile n’est pas un ennemi de la démocratie sénégalaise. Elle en est un pilier, parfois plus stable que ceux du pouvoir. Elle continuera d’accepter le débat, même lorsqu’il est lancé avec mépris ou malveillance. Parce qu’elle croit à la République, à la vérité partagée et à la dignité du dialogue.

Avec respect mais sans concessions,
 

Cheikhou Oumar Sy

Ancien Parlementaire
Citoyen politique engagé, acteur de la société civile

Alioune Tine répond à Ousmane Sonko : « Une société civile libre ne fait pas allégeance au pouvoir »

Dans un contexte politique de plus en plus tendu entre le pouvoir et certaines voix indépendantes, le fondateur de Africa Jom Center, Alioune Tine, a réagi vigoureusement aux récentes critiques émises par le président du parti Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko. Lors d’une sortie médiatique, ce dernier s’en est pris à la société civile et à d’autres acteurs qu’il accuse d’adopter des postures critiques envers le régime.

Invité sur Radio Sénégal, Alioune Tine n’a pas mâché ses mots. Pour lui, les attaques contre la société civile traduisent une dérive inquiétante vers un modèle de Parti-État incompatible avec les principes démocratiques. « Cette perspective de Parti État ne colle pas avec la présence d’une société civile libre, qui reste une sentinelle face à un pouvoir », a-t-il martelé.

Le défenseur des droits humains a tenu à rappeler que la société civile, par essence, n’est pas un appareil d’adhésion ni d’opposition systématique, mais un levier d’équilibre démocratique. « La société civile n’a ni vocation de faire acte d’allégeance ni de soutien à un quelconque pouvoir. Elle a un rôle d’alerte et de veille devant toute injustice ou manque de transparence dans la gestion de l’État », a-t-il souligné.

Revenant sur l’histoire récente du Sénégal, Alioune Tine a insisté sur l’importance de la société civile dans les grandes transformations politiques du pays. Il a notamment évoqué son rôle décisif dans la 3e alternance démocratique qui a conduit à l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Un engagement qu’il compare à celui mené en 2011-2012 contre la tentative de modification constitutionnelle, avec le slogan resté célèbre : « Touche pas à ma Constitution ! »

Quant à la question sensible du financement de la société civile, soulevée par Sonko lors de sa dernière déclaration, Alioune Tine n’a pas esquivé. Tout en réaffirmant sa position de longue date, il plaide pour une autonomie financière des acteurs civiques : « Que les Africains financent eux-mêmes leur société civile mais en les soutenant dans la perspective d’indépendance pour mener convenablement leur mission. » Et de conclure, non sans insister : « Quand on prône la souveraineté, il faut alors financer sa société civile. »

Tensions au sommet de l’État : Des médiations discrètes entre Diomaye et Sonko pour préserver l’unité gouvernementale

Des signaux discrets mais préoccupants d’un malaise entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko agitent les cercles du pouvoir à Dakar. Selon le quotidien Les Échos, un ballet de réunions confidentielles s’est tenu ce week-end dans les plus hautes sphères de l’État, notamment au Palais présidentiel, au Cabinet du Premier ministre, et au Petit Palais, la résidence officielle d’Ousmane Sonko.

Ces rencontres, menées à huis clos, auraient mobilisé d’importants médiateurs du régime, soucieux de préserver la stabilité de la gouvernance à peine quatre mois après l’installation du nouveau pouvoir. Les divergences entre les deux piliers de l’exécutif restent pour l’instant non dévoilées, mais les tractations nocturnes laissent entrevoir l’ampleur des efforts déployés pour éviter une rupture.

Parmi les acteurs clés de cette médiation figure le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye. Selon des sources concordantes, ce dernier a écourté une mission politique en France, annulant au passage une rencontre avec les partisans du PASTEF à Paris, pour regagner Dakar dimanche. Une décision qui témoigne de l’urgence de la situation et de son implication personnelle dans la recherche d’un terrain d’entente.

Malgré l’absence de toute communication officielle, le calme apparent dans la sphère publique contraste avec l’intensité des discussions qui, selon des indiscrétions, se sont poursuivies tard dans la nuit. Le silence des deux camps alimente les spéculations, tout en révélant une volonté partagée d’éviter toute escalade visible.

Ce climat de tensions intervient dans un contexte politique où les attentes populaires restent fortes envers le duo Diomaye-Sonko, qui a incarné l’espoir d’un renouveau démocratique après les turbulences du régime précédent. Mais la cohabitation entre deux figures au charisme affirmé, chacune portée par une légitimité propre, semble désormais mise à l’épreuve par les réalités du pouvoir.

En coulisses, l’enjeu est de taille : maintenir la cohésion au sommet pour préserver l’élan du changement, rassurer les partenaires et éviter que les divisions internes ne fragilisent une gouvernance encore jeune.

Madiambal Diagne réagit à l’arrestation de Badara Gadiaga : « Ce n’est pas en emprisonnant qu’on résout les problèmes du Sénégal »

Le patron du Quotidien met en garde contre l’instrumentalisation de la justice et appelle à recentrer le débat sur les vraies priorités nationales.

L’arrestation du chroniqueur Badara Gadiaga, placé sous mandat de dépôt ce lundi 14 juillet 2025, continue de susciter une vive polémique au Sénégal. Parmi les voix les plus critiques, celle du journaliste Madiambal Diagne s’est fait entendre. Le patron du journal Le Quotidien a publié un message tranchant sur le réseau social X (ex-Twitter), où il exprime son désaccord avec la tournure judiciaire prise par cette affaire.

« Dommage ! Si Sonko croit que l’emprisonnement de Badara Gadiaga sera l’antidote aux problèmes économiques et sociaux du Sénégal, il se trompe lourdement. Badara en prison ne capacitera pas le PM à trouver des solutions aux problèmes de ce pays. Mais tant va la cruche à l’eau… », a-t-il écrit.

Par ces mots, Madiambal Diagne dénonce ce qu’il perçoit comme une dérive autoritaire ou, à tout le moins, une stratégie de diversion qui détournerait l’attention de la population des véritables défis auxquels le pays est confronté : chômage endémique, vie chère, accès aux soins, et dégradation du pouvoir d’achat.

Ce message ne s’adresse pas seulement aux autorités actuelles, mais aussi à l’opinion publique. En évoquant la métaphore bien connue de la « cruche qui va souvent à l’eau », le journaliste laisse entendre qu’une telle logique répressive pourrait un jour se retourner contre ses auteurs. Il met en garde contre une utilisation politique de la justice, dans un contexte déjà marqué par des tensions entre libertés individuelles et maintien de l’ordre.

Badara Gadiaga, connu pour ses prises de position critiques dans l’émission Jakaarlo sur TFM, est accusé de « réception et sollicitation de dons, de moyens, dans le dessein de troubler l’ordre public et d’attenter à la sécurité de l’État ». Des accusations lourdes qui ont choqué une partie de la société civile et des défenseurs de la liberté d’expression.

Pour ses soutiens, dont Madiambal Diagne, cette arrestation symbolise un climat de plus en plus préoccupant pour les libertés démocratiques au Sénégal. « Emprisonner un journaliste ou un chroniqueur ne fait pas avancer la gouvernance, ni ne résout les urgences sociales », a rappelé un autre confrère, sous couvert d’anonymat.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, la gestion des voix critiques suscite débat. Si beaucoup saluent la volonté de rupture affichée par le nouveau régime, d’autres s’inquiètent de certaines décisions perçues comme des atteintes à l’État de droit.

Retour à l’Assemblée nationale : Ousmane Sonko face à un imbroglio juridique

En évoquant la possibilité de réintégrer l’Assemblée nationale en cas de limogeage de la Primature, le Premier ministre Ousmane Sonko a relancé un débat épineux mêlant droit parlementaire, chronologie politique et situation pénale personnelle. Une déclaration faite ce week-end, lors de l’installation du Conseil national de son parti, Pastef, dans laquelle il affirme pouvoir “reprendre son siège de député” suspendu à son entrée au gouvernement.

Mais cette perspective, en apparence simple, soulève plusieurs interrogations juridiques de fond.

Adopté récemment, le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale prévoit en son article 124 que la suspension du mandat de député en cas d’entrée au gouvernement peut être levée automatiquement à la fin des fonctions ministérielles, sauf renonciation écrite irrévocable. En clair, un député devenu ministre retrouve son siège dans un délai d’un mois après avoir quitté le gouvernement.

Cependant, ce mécanisme, bien que clair dans son principe, se heurte dans le cas d’Ousmane Sonko à trois obstacles majeurs.

Le premier frein réside dans le principe juridique fondamental de non-rétroactivité de la loi. Or, Ousmane Sonko a été nommé Premier ministre avant la révision du règlement intérieur. Dès lors, son cas ne relèverait pas de cette nouvelle disposition, qui ne peut s’appliquer qu’à des situations survenues après son adoption.

Deuxième point de tension : la séquence des événements. Ousmane Sonko a été désigné Premier ministre avant son élection à l’Assemblée nationale. Il n’a donc jamais siégé en tant que député dans cette législature, ni suspendu un mandat effectivement exercé. Le texte parle pourtant de députés élus puis nommés, ce qui ne correspond pas à sa trajectoire.

Enfin, le dossier est encore plus complexe du fait de sa condamnation judiciaire pour diffamation, récemment confirmée dans l’affaire l’opposant à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang. Si cette condamnation devient définitive après le rejet du rabat d’arrêt, elle pourrait entraîner l’invalidation de son mandat parlementaire, sur la base de l’article 61 de la Constitution. Cette disposition prévoit la perte automatique du mandat pour tout député condamné à une peine privative de liberté, une mesure qui ne peut être enclenchée qu’à la demande du ministre de la Justice.

Certains partisans de Sonko évoquent la loi d’amnistie adoptée début 2024 comme une solution pour neutraliser les effets de cette condamnation. Mais selon plusieurs juristes, la Constitution prime sur une loi ordinaire. Ainsi, même amnistié, l’effet juridique de l’article 61 pourrait s’appliquer si le Parlement en est officiellement saisi par le garde des Sceaux.

Face à ce faisceau de contraintes, les interprétations divergent. Des juristes proches du pouvoir estiment que Sonko ne peut en aucun cas retrouver son siège, en raison de la combinaison des trois verrous : chronologie, réglementation non applicable rétroactivement et condamnation judiciaire.

D’autres, plus favorables à l’opposition, défendent une lecture souple du règlement intérieur. Selon eux, la simple suspension du mandat parlementaire, même sans prise de fonction à l’Assemblée, suffirait à permettre un retour, si la fonction gouvernementale prend fin.

Au-delà de la seule personne d’Ousmane Sonko, cette affaire teste la solidité des institutions sénégalaises face à un cas juridique inédit. Elle pose également la question de l’interprétation des textes dans un contexte fortement politisé, où chaque mot du règlement intérieur ou de la Constitution peut devenir l’enjeu d’un bras de fer entre pouvoir exécutif, opposition et Parlement.

Barthélemy Dias en tournée en France : soutien à Diomaye, mise en garde contre Sonko

En déplacement politique en France, Barthélemy Dias a profité de sa tournée pour tenir une série de rencontres avec la diaspora sénégalaise, marquant clairement ses positions dans le paysage politique sénégalais. Entre soutien au président Bassirou Diomaye Faye et mise en garde contre un éventuel retour d’Ousmane Sonko sur la scène parlementaire, le maire de Dakar a livré un discours sans détour, confirmant les tensions croissantes au sein de l’opposition.

De Paris à Bagnolet, en passant par Mantes-la-Jolie et Beauvais, le leader du mouvement Sénégal Bi Nu Bokk a multiplié les appels à la mobilisation politique de la diaspora. Il a invité ses compatriotes de l’extérieur à s’organiser autour d’un projet d’« alternance anticipée », estimant que l’échéance de 2029, théoriquement celle de la prochaine présidentielle, pourrait être bousculée. « Beaucoup de choses vont se passer bien avant », a-t-il prévenu, laissant entendre que l’instabilité actuelle pourrait précipiter des changements majeurs.

Mais c’est surtout sa prise de position sur le président Diomaye Faye et son ancien allié Ousmane Sonko qui a retenu l’attention. Selon des propos rapportés par Les Échos, Barthélemy Dias a réitéré son soutien au chef de l’État, qu’il présente comme « l’incarnation d’un espoir républicain ». Il a toutefois lancé un avertissement à peine voilé : « Le président actuel doit être protégé des contradictions internes de son entourage. » Une critique claire, bien que non nommée, à l’endroit d’Ousmane Sonko, actuel Premier ministre, qu’il accuse de semer le trouble au sommet de l’État.

Le point d’orgue de ses déclarations a été atteint lorsque Dias s’est exprimé sur la possibilité d’un retour de Sonko à l’Assemblée nationale, une hypothèse évoquée de manière récurrente dans le débat public. Sa réaction a été aussi directe que tranchée : « S’il revient à l’Assemblée, on ira le chercher pour l’en sortir. » Cette déclaration radicale pose une ligne rouge et révèle la profondeur des fractures au sein même du camp des anciens alliés de l’opposition.

Cette sortie médiatique de Barthélemy Dias, qui contraste avec la retenue habituelle de certains responsables politiques, confirme l’émergence d’un nouveau rapport de force. Si son discours s’inscrit dans une volonté d’éviter, selon lui, les dérives populistes, il risque également d’envenimer davantage les tensions déjà palpables entre les différentes factions qui ont soutenu l’alternance de mars 2024.

Barthélémy Dias sur le retour de Sonko à l’Assemblée : une ligne rouge qu’il refuse de franchir

En déplacement en France ce week-end, Barthélémy Dias a livré une déclaration sans détour qui risque de raviver les tensions entre figures majeures de l’opposition sénégalaise. Le président du mouvement Sénégal Biñu Bokk, reçu par les membres de son organisation dans la diaspora, a réagi à l’annonce d’Ousmane Sonko qui, récemment, a affirmé envisager de retrouver son siège de député à l’Assemblée nationale.

Pour Barthélémy Dias, un tel scénario serait inacceptable, tant sur le plan moral que juridique. Prenant la parole devant son auditoire, il a exprimé sa position sans équivoque : « Je l’ai entendu dire qu’il peut retrouver son siège à l’Assemblée nationale du Sénégal. Laissez-moi vous dire que s’il fait son retour, alors je retrouverai également ma place à l’Assemblée nationale, car il a été définitivement condamné et, par conséquent, il n’a plus sa place à l’hémicycle. »

Cette déclaration fait écho à son propre passé judiciaire. Barthélémy Dias a rappelé qu’il avait lui-même été écarté du Parlement à la suite d’une décision de justice, estimant que le principe doit être le même pour tous, sans traitement de faveur. Selon lui, la condamnation définitive d’Ousmane Sonko devrait logiquement entraîner la perte de son mandat parlementaire et empêcher toute réinstallation dans son fauteuil de député.

Au-delà de cette question institutionnelle, l’ancien maire de Dakar a profité de son intervention pour répondre frontalement aux récentes critiques du Premier ministre. Ousmane Sonko avait en effet déclaré qu’au Sénégal, l’opposition n’existait plus, la qualifiant d’inexistante et incapable de peser sur les débats politiques. Ces propos n’ont manifestement pas été digérés par Barthélémy Dias qui, d’un ton ferme, a répliqué : « Il dit qu’au Sénégal il n’y a pas d’opposition. Il saura que nous sommes des acteurs politiques qui ont toujours privilégié le combat. »

Barthélémy Dias a conclu son allocution en annonçant qu’il reprendra le flambeau de la contestation dès son retour au Sénégal, laissant entendre qu’il n’entend ni céder le terrain politique ni laisser prospérer ce qu’il considère comme une injustice démocratique. Cette sortie marque un nouveau palier dans la rivalité désormais ouverte entre deux personnalités qui, hier encore, faisaient figure d’alliés dans la lutte contre le pouvoir en place.

Le bras de fer autour de la légitimité parlementaire et la capacité de l’opposition à exister dans l’hémicycle s’invite donc une fois de plus au cœur du débat public, alors que le pays traverse une phase politique incertaine et propice aux recompositions.

Tensions dans la société civile : échange musclé entre Me Ciré Clédor Ly et Seydi Gassama

La société civile sénégalaise traverse une zone de turbulence. Un échange virulent oppose Me Ciré Clédor Ly, avocat engagé et figure médiatique des luttes démocratiques, à Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal. Au cœur de la polémique : une sortie au vitriol de Me Ly contre certaines organisations de la société civile qu’il accuse de masquer des « réseaux d’influence défendant des intérêts occultes ».

Dans un texte rendu public récemment, Me Ciré Clédor Ly s’en est pris à une partie de la société civile, qu’il estime être en décalage avec les aspirations populaires. Selon lui, certaines structures se sont transformées en « instruments d’influence » au service d’agendas étrangers ou partisans. Il dénonce « une instrumentalisation des droits humains » et pointe un double discours de la part de ces organisations lorsqu’il s’agit de dénoncer les violations, notamment pendant les périodes de répression politique.

Face à ces propos, la réaction de Seydi Gassama ne s’est pas fait attendre. Le responsable d’Amnesty International Sénégal a vigoureusement défendu l’honneur des organisations de défense des droits humains, qualifiant les accusations de Me Ly d’« injustes » et révélatrices d’une « mauvaise foi manifeste » ou, à défaut, d’une « mémoire courte ».

« Me Ciré Clédor Ly, vos propos à l’endroit des organisations des droits humains sont injustes », a-t-il écrit, rappelant l’historique de l’engagement sans faille de ces structures, y compris dans les périodes les plus sombres du régime de Macky Sall. « Il faut être de mauvaise foi ou avoir la mémoire courte pour les tenir », a-t-il insisté.

Seydi Gassama a également recadré Me Ly sur ses allusions à la Cour pénale internationale (CPI). Ce dernier avait laissé entendre que des crimes relevant de la compétence de la CPI seraient restés impunis, insinuant un deux poids deux mesures. Une lecture contestée par Gassama : « En tant qu’avocat associé à cette Cour, vous devez savoir comment elle fonctionne, et surtout quels crimes relèvent de sa compétence, crimes qui sont bien définis dans le statut par l’ensemble des États du monde », a-t-il rappelé.

Cet échange traduit une fracture profonde au sein même du camp des défenseurs des libertés et de la démocratie. Alors que le Sénégal tente de tourner la page d’une longue période de turbulences politiques, les divergences de stratégie, de méthode — et désormais de discours — deviennent de plus en plus visibles. Certains acteurs, comme Me Ciré Clédor Ly, estiment que des compromis inavoués affaiblissent la sincérité du combat citoyen. D’autres, comme Seydi Gassama, refusent les procès d’intention et appellent à plus de cohérence et de reconnaissance du travail accompli.

Me Ciré Clédor Ly : « La révolution sénégalaise ne doit pas s’arrêter à une alternance formelle »

Dans une tribune d’une rare intensité, Me Ciré Clédor Ly, avocat et figure de la lutte pour les libertés, revient avec force sur les événements ayant conduit à la rupture politique du 24 mars 2024 au Sénégal. Loin de se satisfaire de l’alternance qui a vu l’arrivée au pouvoir du tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko, il alerte sur les signes précoces d’un essoufflement révolutionnaire et appelle à une vigilance absolue pour que le combat du peuple ne soit pas trahi.

Me Ly rappelle que la révolution sénégalaise ne s’est pas opérée dans le confort d’une transition démocratique paisible, mais dans la douleur d’un peuple opprimé, sacrifiant sa jeunesse et affrontant un régime autoritaire qui n’a pas hésité à verser dans la violence. Arrestations arbitraires, tortures, disparitions forcées, instrumentalisation de la justice : autant de pratiques que l’avocat qualifie de crimes systémiques, couverts par une justice soumise et une indifférence internationale notoire.

« Ce sacrifice était à la hauteur des promesses de souveraineté, de justice sociale et de lutte contre la corruption, incarnées par le Projet », souligne-t-il.

Selon Me Ciré Clédor Ly, ce n’est pas une troisième alternance qu’a connue le Sénégal, mais une véritable révolution. Une classe opprimée s’est levée, guidée par une direction claire, imposant la rupture par les urnes là où la violence menaçait. Pourtant, il dénonce le fait que cette victoire historique est aujourd’hui menacée par les manœuvres des anciens réseaux du régime déchu, qui se repositionnent au sein de l’État.

« Le Sénégal semble avoir failli dès le commencement, en maintenant au cœur de l’appareil d’État les bras armés et les esprits du régime déchu », regrette-t-il.

Me Ly alerte sur le désenchantement d’une jeunesse longtemps mobilisée, reléguée à l’arrière-plan au profit de figures compromises du passé. Pour lui, le maintien ou la nomination à des postes stratégiques d’anciens adversaires de la révolution est un contresens historique, contraire à l’esprit de rupture porté par le peuple.

Il appelle à une purge courageuse de l’administration, de la justice, de la sécurité et du renseignement, et à la mise en place de mécanismes rigoureux pour juger les crimes économiques et politiques du passé.

« Du nouveau ne peut éclore dans la puanteur d’une eau usée », martèle-t-il.

L’avocat s’inquiète également de l’instrumentalisation de certaines organisations dites de la société civile, accusées de défendre des intérêts occultes, et de la fragilité des procédures judiciaires en cours contre les anciens dignitaires. Il redoute que ceux-ci finissent par échapper à la justice, voire se retournent contre l’État pour réclamer réparations.

« Il y a lieu de redouter que les vampires de l’économie soient simplement placés sous bracelet électronique ou relaxés pour vices de procédure. »

Face à ces menaces, Me Ciré Clédor Ly en appelle à une mobilisation unie autour du tandem Ousmane Sonko – Bassirou Diomaye Faye, qu’il considère comme l’incarnation fidèle des aspirations du peuple.

« Ce qui unit le tandem est plus fort que ce que l’esprit peut imaginer », affirme-t-il.

Il conclut en appelant les Sénégalais et les panafricanistes à défendre sans relâche les acquis révolutionnaires et à faire front commun pour que la transformation historique du pays ne soit pas détournée.

Yoro Dia plaide pour rompre la « démocratie de Sisyphe » et faire du Sénégal une exception économique

Dans une cérémonie de dédicace organisée ce 12 juillet 2025 devant un public nombreux composé d’intellectuels, de responsables politiques, d’universitaires et de journalistes, Yoro Dia a présenté ses deux nouveaux essais politiques publiés aux éditions L’Harmattan Sénégal. La rencontre, présidée par la ministre d’État Aïssata Tall Sall, a été l’occasion d’un appel solennel à repenser les fondements démocratiques du Sénégal.

Le premier ouvrage, intitulé Les intellectuels sénégalais dans la marche vers la première alternance : L’exception démocratique en question, revient sur le rôle déterminant de la société intellectuelle et médiatique dans l’instauration d’un cadre démocratique solide, couronné par la première alternance pacifique en 2000. S’appuyant sur une trentaine d’entretiens avec des penseurs et universitaires, Yoro Dia montre comment les élites ont contribué à la structuration du débat public et à la conscientisation des citoyens.

Mais c’est dans son second livre, Le Sénégal : La démocratie de Sisyphe – Sociologie politique de l’État légal à l’État de droit, que l’auteur développe une thèse plus dérangeante. En empruntant l’image du mythe grec de Sisyphe, condamné à recommencer sans fin le même effort stérile, il décrit un système politique sénégalais prisonnier d’une répétition sans issue. « Depuis 1983, le débat politique n’a pas évolué », observe-t-il, pointant la récurrence des querelles sur les règles du jeu électoral et la gestion des alternances.

Selon Yoro Dia, cette « démocratie de Sisyphe » absorbe l’énergie et l’intelligence de la classe politique sans permettre un véritable bond en avant. Le Sénégal, pourtant doté d’une stabilité rare en Afrique et d’une administration structurée, peine à transformer ces atouts en résultats économiques concrets. « La classe politique gaspille son potentiel intellectuel dans des querelles institutionnelles », regrette-t-il.

Pour sortir de ce cycle stérile, Yoro Dia appelle à passer de l’État légal, principalement préoccupé par la conquête et la conservation du pouvoir, à un État de droit véritablement orienté vers l’intérêt général et le progrès économique. « Il est temps de transformer l’exception démocratique en exception économique », insiste-t-il, invitant les décideurs à rompre avec les réflexes politiciens qui freinent le développement.

Guerre d’egos et de pouvoir : Thierno Alassane Sall étrille la rivalité Sonko-Diomaye

Dans une publication au vitriol sur son compte X, Thierno Alassane Sall, leader du parti La République des Valeurs, s’est violemment attaqué à la crise ouverte qui secoue le sommet de l’État sénégalais. Selon lui, les querelles entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko n’ont rien d’un débat politique de fond, mais tout d’une bataille d’egos nuisible à l’intérêt général.

« Un minimum de respect pour les Sénégalais aurait dû pousser les dirigeants du Pastef à prendre l’initiative de mettre un terme à la guerre froide, désormais officiellement déclarée, entre Sonko et Diomaye », affirme Thierno Alassane Sall, qui dénonce l’attitude des nouveaux responsables de la mouvance présidentielle. Il estime que « nombre de ces nouveaux apparatchiks versent de l’huile sur le feu, avec des messages d’allégeance sur les réseaux sociaux », sans même avoir le courage de justifier leur parti-pris par des divergences de programme.

L’ancien ministre ne s’arrête pas là. Il qualifie la rivalité entre le président et son chef de gouvernement de « farce tragique » et moque les références révolutionnaires qui entourent la figure d’Ousmane Sonko. « Non ! Ce n’est pas Sankara contre Blaise. C’est Blaise contre Compaoré. Une farce tragique. Un pathétique épisode de la supercherie Diomaye mooy Sonko », lance-t-il, ironique.

Pour Thierno Alassane Sall, cette lutte pour le contrôle du pouvoir révèle le vrai visage de la gouvernance actuelle. « Pendant ce temps, les Sénégalais, pris au piège dans les décombres du quatrième sous-sol, attendent impatiemment l’arrivée des secours », alerte-t-il, avant de pointer du doigt l’attitude du Premier ministre, qu’il accuse de se préoccuper uniquement de « sa part du pouvoir, qu’il trouve insuffisante ». Il reproche ainsi à Ousmane Sonko de mobiliser députés, directeurs généraux et ministres pour un nouveau bras de fer politique, pendant que les priorités du pays restent en suspens.

Alioune Tine tourne en dérision les attaques de Sonko et relance le débat sur le financement de la société civile

Dans une ambiance politique de plus en plus tendue, la société civile sénégalaise n’échappe pas aux critiques. Le Premier ministre Ousmane Sonko, connu pour ses prises de position tranchées, a récemment qualifié certains membres de la société civile de “fumiers”, suscitant une vague d’indignation. Parmi les voix qui se sont élevées pour répondre, celle d’Alioune Tine, figure respectée du militantisme des droits humains, se distingue par son ton à la fois ironique et ferme.

Interrogé par L’Observateur, le fondateur du think tank Afrika Jom Center a choisi de répliquer avec humour : « C’est trop grave. Je ne souhaite pas répondre à ses attaques en tant que doyen des fumiers (rires). » Une manière subtile de désamorcer la charge verbale tout en soulignant l’absurdité de l’insulte.

Mais au-delà de la plaisanterie, Alioune Tine n’élude pas le fond du débat. Il appelle le Premier ministre à donner suite à son intention de faire voter une loi interdisant les financements étrangers pour les organisations de la société civile. « Ce serait une bonne chose », estime-t-il, tout en balayant les soupçons d’instrumentalisation par des bailleurs internationaux : « Il pense que c’est l’argent qui nous intéresse, mais il se trompe encore. »

L’ancien président de la Raddho revendique l’indépendance financière de son organisation. « À Afrika Jom Center, on a fonctionné trois ans sans financement, sans sous. Ce n’est pas l’argent qui nous fait exister. Avec ce qu’on gagne dans la consultance, on fonctionne mieux et on est plus efficace. » Une déclaration qui se veut preuve de résilience et de crédibilité dans un contexte où les ONG sont souvent accusées de rouler pour des intérêts extérieurs.

Ce nouvel épisode dans les relations déjà tendues entre le pouvoir et la société civile souligne l’importance d’un dialogue respectueux dans un État démocratique. Si la critique est légitime, elle ne saurait justifier les attaques ad hominem, encore moins les tentatives de discrédit systématique. Alioune Tine, fidèle à son style, oppose à la nervosité politique une posture à la fois apaisée et déterminée — celle d’un militant qui, après des décennies de combat, sait que la dignité vaut bien plus que la polémique.

Mandat parlementaire de Sonko : Ndiaga Sylla précise l’incompatibilité en cas de condamnation pénale définitive

L’expert électoral Ndiaga Sylla est revenu ce vendredi sur la polémique juridique autour du statut parlementaire d’Ousmane Sonko, Premier ministre et ancien député. Cette sortie intervient alors que certains responsables de Pastef et des soutiens du chef du gouvernement évoquent sa possible réintégration à l’Assemblée nationale, si Ousmane Sonko venait à quitter ses fonctions exécutives.

Ndiaga Sylla rappelle d’abord que la loi d’amnistie récemment votée par l’Assemblée nationale a pour effet de lever certaines sanctions électorales, notamment l’inéligibilité automatique prévue à l’article L.30 du Code électoral. Mais il souligne que cette amnistie ne peut produire aucun effet sur les dispositions constitutionnelles.

Selon l’expert, la Constitution est claire : l’article 61 prévoit la radiation d’un député condamné pénalement de façon définitive. Ndiaga Sylla cite le texte sans ambiguïté : « Le membre de l’Assemblée nationale qui fait l’objet d’une condamnation pénale définitive est radié de la liste des parlementaires sur demande du Ministre de la Justice. »

Il précise que cette disposition a déjà été appliquée dans le passé, notamment dans l’affaire Barthélémy Dias, dont la condamnation définitive avait entraîné l’incompatibilité du mandat de député en cours de législature.

Dans le cas d’Ousmane Sonko, la décision de la Cour suprême relative au rabat d’arrêt, rendue récemment, a eu pour effet de rendre définitive sa condamnation pour diffamation. Cette condamnation n’ayant pas été effacée par une grâce présidentielle, elle produirait donc les conséquences prévues par la Constitution.

Ndiaga Sylla indique également que le règlement intérieur de l’Assemblée nationale prévoit la possibilité, pour un député devenu ministre, de reprendre son siège après la cessation de ses fonctions gouvernementales. Toutefois, si le député est frappé par une condamnation pénale définitive, l’incompatibilité s’impose immédiatement, et le ministre de la Justice peut demander la radiation de la liste des parlementaires.

Ces précisions juridiques interviennent dans un climat de tension, où les partisans d’Ousmane Sonko dénoncent une instrumentalisation de la justice pour l’écarter, tandis que l’opposition et certaines voix de la société civile pointent la nécessité de respecter strictement la Constitution et les règles d’incompatibilité.

Le débat risque de se prolonger, alors que la question de l’éligibilité et de la légitimité politique d’Ousmane Sonko cristallise déjà de fortes crispations au sein de la classe politique et nourrit les incertitudes sur la stabilité institutionnelle du pays.

Affaire Badara Gadiaga : Khalifa Sall dénonce une « fracture dans le socle du droit » et exige sa libération

Le président du Mouvement Taxawu Sénégal, Khalifa Sall, est monté au créneau pour condamner la détention prolongée du chroniqueur Badara Gadiaga, interpellé mercredi dernier puis placé en garde à vue par la Division spéciale de la cybersécurité. Dans un texte ferme, l’ancien maire de Dakar a exprimé son soutien total au journaliste et dénoncé ce qu’il considère comme une dérive liberticide du pouvoir en place.

Pour Khalifa Sall, l’arrestation de Badara Gadiaga constitue bien plus qu’un simple fait divers judiciaire. Selon lui, il s’agit d’une attaque frontale contre les principes essentiels de la République et de la démocratie sénégalaise. « Sa détention n’est pas une simple injustice, c’est une fracture dans le socle du droit », a-t-il écrit, soulignant qu’un État qui redoute les mots et les opinions différentes se place de lui-même dans une position de faiblesse. « Quand l’État redoute les mots, c’est qu’il craint la vérité. Et la vérité ne s’enferme pas », a-t-il ajouté.

Le leader socialiste a également insisté sur la portée symbolique de cette mesure qu’il assimile à une volonté de museler la liberté d’expression et d’installer la peur chez tous ceux qui osent critiquer l’action publique. « Museler les voix, c’est étouffer la justice. C’est aussi faire de l’État de droit une façade trompeuse », a-t-il prévenu, invitant les autorités à revenir à la raison et à cesser toute politique d’intimidation.

Khalifa Sall a finalement lancé un appel pressant pour que Badara Gadiaga recouvre immédiatement sa liberté, au même titre que tous les prisonniers d’opinion actuellement détenus. Il a exhorté le pouvoir à garantir le respect strict des droits fondamentaux, rappelant qu’aucune démocratie digne de ce nom ne peut se construire sur la répression et le silence imposé.

Ousmane Sonko, toujours député : la suspension du mandat encadrée par le nouveau Règlement intérieur

Selon l’honorable Amadou Ba, le Premier ministre n’a jamais démissionné de l’Assemblée nationale et pourra retrouver son siège après son départ du gouvernement, malgré les critiques de l’opposition.

Le Premier ministre Ousmane Sonko n’a jamais démissionné de son poste de député. Il a tout simplement « SUSPENDU » son mandat qui est incompatible avec la qualité de membre du Gouvernement.

D’ailleurs, le nouveau Règlement intérieur de l’assemblée nationale (RIAN) règle définitivement la question en précisant et encadrant juridiquement, la procédure de suspension et de réintégration du député nommé membre du Gouvernement ou à une fonction incompatible avec le mandat de député.

Par conséquent, le Premier ministre peut retrouver son mandat de député dès qu’il quittera ses responsabilités de membre du Gouvernement.

Les Opposants qui ont la haine de Ousmane Sonko en bandoulière, iront de déception en désillusion s’ils comptent sur des artifices et artefacts juridiques pour s’opposer au Premier ministre qui a déjoué tous les traquenards politico-juridiques les plus sophistiqués jamais ourdis contre un homme politique au Sénégal depuis l’indépendance.

Honorable député Amadou Ba

Kaolack / Politique : La remobilisation des militants, un défi majeur pour le mouvement Taxawu

Le mouvement Taxawu Sénégal de Khalifa Sall a lancé une vaste opération de remobilisation de ses militants à travers le pays. Objectif : ressouder les rangs à l’approche des prochaines échéances électorales et redonner un nouveau souffle à la machine militante.

À Kaolack, les militants et sympathisants de la section locale étaient face à la presse ce mercredi pour informer l’opinion nationale et internationale des stratégies mises en place en vue de leur participation aux prochaines élections municipales.

À cette occasion, Diokel Gadiaga, responsable régional du mouvement, a annoncé officiellement la candidature de Taxawu Sénégal à la mairie de Kaolack.

Pour atteindre ses objectifs, le mouvement mise sur une série d’actions concrètes : tournées de proximité, recensement des militants, réunions de quartier, visites aux membres de longue date, et surtout, un discours renouvelé, centré sur les valeurs fondatrices du parti.

« Il fallait renouer le contact humain, aller sur le terrain, écouter les frustrations et proposer des solutions concrètes », a déclaré Diokel Gadiaga.

Dans son intervention, le responsable a dressé un tableau sombre de la situation nationale. « Ces dernières années, le Sénégal, longtemps considéré comme un modèle de stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest, traverse une période difficile », a-t-il souligné. Il a évoqué une crise économique aiguë et des tensions politiques marquées par l’arrestation d’opposants, contribuant à instaurer un climat d’incertitude et de frustration généralisée.

Le mouvement alerte également sur la dégradation continue des conditions de vie. La flambée des prix des denrées de première nécessité — riz, huile, sucre — touche durement les ménages les plus modestes. Le chômage des jeunes demeure préoccupant, accentuant le sentiment d’abandon, aussi bien dans les centres urbains que dans les zones rurales.

« Les femmes, notamment dans les campagnes, peinent à écouler leurs produits agricoles, et de nombreux jeunes n’envisagent d’avenir qu’à travers l’émigration clandestine », a déploré M. Gadiaga.

À travers cette opération de remobilisation, le mouvement Taxawu Sénégal espère reconquérir sa base, élargir son électorat et s’imposer comme une alternative crédible lors des prochaines élections locales. À Kaolack, la dynamique semble enclenchée, mais le défi reste de taille dans un contexte national aussi fragile qu’incertain.

Birahim Seck tacle Ousmane Sonko : « Les Sénégalais méritent plus qu’un chef en colère »

La réaction ne s’est pas fait attendre. Au lendemain du discours musclé d’Ousmane Sonko lors de l’installation du Conseil national de Pastef, la société civile, par la voix de l’un de ses membres les plus en vue, a tenu à répondre avec fermeté. Birahim Seck, coordonnateur du Forum Civil, a sèchement recadré le Premier ministre sur sa page X (anciennement Twitter), dénonçant ses attaques contre la société civile sénégalaise.

Dans un message tranchant, Birahim Seck a accusé Ousmane Sonko de se servir de la société civile comme d’un bouc émissaire pour masquer ses difficultés à gouverner :

« Arrêtez de prendre la Société Civile pour prétexte de votre impuissance aiguë à gouverner. Elle était là avant vos cris de tribune et elle survivra à la PETITE loi que vous proposerez… »

Une déclaration cinglante, en réponse aux propos d’Ousmane Sonko qui, la veille, avait vivement critiqué certaines organisations de la société civile, les accusant d’être silencieuses, voire complices, face à ce qu’il qualifie de “manœuvres hostiles contre le pouvoir légitime”.

Dans sa publication, Birahim Seck ne s’arrête pas là. Il conclut avec une attaque frontale contre le style et la posture politique du chef du gouvernement :

« Les Sénégalais méritent plus qu’un chef en colère, sans profondeur et sans cap. »

Cette sortie traduit le malaise grandissant entre une partie de la société civile et le nouveau pouvoir. Si Ousmane Sonko et ses alliés ont longtemps bénéficié du soutien implicite ou explicite de certains activistes dans leur combat contre le régime précédent, la donne semble aujourd’hui avoir changé. Les critiques se multiplient sur la manière dont le gouvernement gère les affaires publiques depuis son installation.

Dans un contexte où les attentes sont énormes, cette passe d’armes révèle également les tensions autour des réformes institutionnelles annoncées, notamment celle visant à mieux encadrer l’action de la société civile et de certains corps intermédiaires. Pour Birahim Seck, il ne fait aucun doute que le gouvernement cherche à museler les voix critiques sous couvert de réformes.

Sénégal – Arrestation de Badara Gadiaga : le parti Rewmi dénonce une dérive autoritaire et réclame sa libération immédiate

L’arrestation du chroniqueur Badara Gadiaga continue d’alimenter un vif débat national, tant elle cristallise les tensions autour des questions de liberté d’expression au Sénégal. Depuis sa garde à vue survenue avant-hier, les réactions fusent de toutes parts, notamment dans les milieux politiques, les cercles de la société civile et parmi les défenseurs des droits humains.

Parmi les premières voix à dénoncer cette arrestation, celle du parti Rewmi, dirigé par l’ancien président du Conseil économique, social et environnemental, Idrissa Seck. Dans un communiqué publié ce jeudi, la formation politique n’a pas mâché ses mots, fustigeant ce qu’elle considère comme une “atteinte grave à la liberté d’expression”.

« Le parti Rewmi constate une récurrence des atteintes aux libertés publiques, dont la dernière en date est la convocation de Badara Gadiaga. Nous condamnons cette attitude des nouvelles autorités et demandons sa libération sans délai », peut-on lire dans le communiqué.

Rewmi s’inquiète d’un climat politique de plus en plus tendu, où les voix critiques feraient l’objet d’un harcèlement judiciaire. Selon le parti, cette dynamique fragilise les fondements d’un débat démocratique sain et pluraliste.

En apportant son soutien total à Badara Gadiaga, le parti étend également sa solidarité à toutes les personnes poursuivies ou détenues pour avoir exprimé des opinions dissidentes. Cette posture traduit, selon Rewmi, une volonté de préserver l’espace civique et de prévenir toute dérive autoritaire, même sous un régime issu d’un changement démocratique récent.

La mise en cause de Badara Gadiaga fait suite à des propos tenus dans l’émission Jakaarlo, diffusée sur la TFM. Bien que les autorités n’aient pas encore officiellement communiqué sur les motifs exacts de sa garde à vue, de nombreux observateurs estiment qu’il s’agit là d’une tentative d’intimidation, destinée à restreindre la parole publique.

Des organisations de la société civile, des journalistes et des acteurs politiques, comme Khalifa Sall et Pape Djibril Fall, ont eux aussi élevé la voix contre cette détention, parlant de “menace contre les droits fondamentaux”.

Dans son communiqué, le parti Rewmi appelle les Sénégalais à “rester vigilants face à toute tentative de remise en cause des acquis démocratiques obtenus de haute lutte”. Il exhorte également le gouvernement à faire preuve de retenue et à respecter scrupuleusement les principes de l’État de droit.

Alioune Tine appelle à la rupture : « Continuer le Gatsa-Gatsa, c’est refuser de sortir d’un monde de cauchemar »

Le climat politique sénégalais continue d’alimenter polémiques et tensions. Au cœur des débats, le défenseur des droits humains Alioune Tine a réagi aux critiques du journaliste Serigne Saliou Gueye, directeur de publication du quotidien Yor Yor, qui lui reproche de demander la libération du chroniqueur Badara Gadiaga, incarcéré pour des propos jugés « contraires aux bonnes mœurs » à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko.

Lors d’une émission, Serigne Saliou Gueye s’est étonné de la position d’Alioune Tine, rappelant que ce dernier avait écrit sur Facebook : « J’ai bloqué tout ce qui m’insultait ». « Celui qui peut bloquer pour des insultes est capable d’envoyer des gens en prison », a-t-il lancé.

Alioune Tine n’a pas tardé à répondre sur Twitter, rectifiant d’abord : « Ce n’est pas sur Facebook », avant de clarifier : « Je bloque les insulteurs, je ne les mets pas en prison, je n’en ai pas le pouvoir. Nous avons toujours prôné le respect mutuel entre adversaires politiques ».

Le militant des droits humains s’est ensuite inquiété de l’état actuel de la vie politique nationale. « Aujourd’hui, c’est le règne de la radicalisation, de l’affrontement politique, de la logique ami/ennemi, des simplifications, des fake news et des théories complotistes. Personne n’y gagne », a-t-il déploré.

Réitérant son engagement en faveur de la liberté d’expression, il a réaffirmé sa demande de libération de Badara Gadiaga et de « tous les détenus pour délit d’opinion ». Selon lui, l’apaisement et la réconciliation sont des priorités urgentes. « Les autorités doivent apaiser et réconcilier les Sénégalais. Dire que le pays va mal n’est pas un excès de langage », a-t-il insisté.

Enfin, Alioune Tine a critiqué la persistance des méthodes qu’il qualifie de dépassées, symbolisées par le « Gatsa Gatsa-Gatsa ». « Les solutions sont à portée de main : construire une nation unie, confiante et conquérante. Continuer le Gatsa Gatsa-Gatsa, c’est refuser de sortir d’un monde passé, un monde de cauchemar », a-t-il conclu.

Madiambal Diagne : « Bassirou Diomaye Faye doit démettre son Premier ministre ou se démettre lui-même »

Le journaliste Madiambal Diagne a réagi avec fermeté à la dernière sortie d’Ousmane Sonko, qui continue d’alimenter la polémique. Dans un message publié sur sa page X (ex-Twitter), il estime que le président Bassirou Diomaye Faye n’a désormais plus d’alternative : il doit trancher ou s’effacer.

« Tout le monde y est passé et en a pris pour son grade : le Président de la République, l’Opposition, la Société civile, les Magistrats, les Médias, les Alliés de Pastef. Bassirou Diomaye Faye n’a plus le choix : il doit démettre son Premier ministre ou se démettre lui-même », a écrit Madiambal Diagne.

Ces propos surviennent au lendemain d’un discours particulièrement offensif du chef du gouvernement, qui a critiqué plusieurs acteurs institutionnels et politiques. Pour le journaliste, cette situation est intenable et fragilise la crédibilité du pouvoir en place.

Barthélémy Dias charge le régime : « Le peuple a été victime d’une escroquerie politique, il mérite mieux »

Le climat politique sénégalais n’en finit pas de se tendre. Invité sur le plateau de France 24, Barthélémy Dias a livré un réquisitoire sans concession contre le pouvoir en place, qu’il accuse d’avoir trahi les espoirs populaires. Pour le leader du mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk, l’heure est venue de reconnaître un immense échec.

« Je n’ai pas le droit de me dérober. Je fais partie de ceux qui ont participé à l’accession de ce régime au pouvoir. Je pense que la déception est au rendez-vous. Pour moi et d’autres compagnons, se débarrasser de ce régime est une œuvre de salubrité publique », a déclaré l’ancien maire de Dakar.

Barthélémy Dias pointe du doigt ce qu’il décrit comme une « escroquerie politique et intellectuelle » qui a particulièrement touché la jeunesse. Selon lui, les promesses formulées pendant la campagne présidentielle n’ont pas résisté à l’épreuve du pouvoir. « Le Sénégal a besoin de vérité. Le Sénégal, particulièrement la jeunesse, a été victime de l’une des plus grosses escroqueries politique et intellectuelle du Sénégal moderne. Ils avaient promis monts et merveilles. Aujourd’hui, la jeunesse sénégalaise est dans une déception totale », a-t-il dénoncé.

Le responsable politique estime par ailleurs que la situation économique du pays est alarmante. « Le constat est là, la situation macro-économique est désastreuse. Le peuple mérite mieux que ce que l’on nous a servi », a conclu Barthélémy Dias, visiblement déterminé à faire entendre sa voix face à ce qu’il considère comme une dérive des promesses initiales.

Ousmane Sonko frappe fort au King Fahd Palace : ses proches lui renouvellent un soutien sans faille

C’est un Premier ministre au ton tranchant et résolument offensif qui a présidé, ce mercredi, la cérémonie d’installation du Conseil national de Pastef, tenue au prestigieux King Fahd Palace. Ousmane Sonko, fidèle à son style direct, n’a épargné personne : ni la société civile, ni la presse, ni même son propre gouvernement, encore moins le président de la République.

Dans un discours aux allures de réquisitoire, Sonko a dénoncé avec fermeté ce qu’il considère comme des dérives internes et des complots externes. Sa cible principale : ceux qu’il soupçonne de trahison ou d’abandon des idéaux de rupture et de transformation pour lesquels le peuple a voté. Une sortie qui a provoqué un large écho sur la scène politique et médiatique.

Peu après cette adresse musclée, plusieurs figures de Pastef et du gouvernement ont affiché publiquement leur adhésion au discours du Premier ministre, le présentant comme un acte de vérité et un rappel nécessaire à la discipline et à l’engagement.

Parmi eux, Pape Alé Niang, directeur général de la RTS, a sobrement partagé une citation de Sonko en y ajoutant : « Le devoir de servir, l’obligation de redresser », une manière de rappeler que les responsabilités institutionnelles doivent s’aligner avec les valeurs fondatrices du régime.

Guy Marius Sagna, député connu pour sa radicalité et sa fidélité aux principes de justice sociale, a été encore plus explicite : « Trahison : nous ferons face. Embourgeoisement : nous ferons face. Conspiration : nous ferons face. Soit nous respectons nos engagements, soit nous respectons nos engagements. » Une formule martelée comme un serment de combat.

Du côté des responsables exécutifs, Waly Diouf Bodiang, directeur général du Port autonome de Dakar, a salué « un Premier ministre très fort », accompagné d’un émoji cœur. Il a également relayé un slogan qui prend de l’ampleur dans les cercles sonkistes : « Le redressement en marche. »

Mais c’est sans doute Abass Fall, figure historique du parti, qui a livré le message le plus personnel et le plus enflammé. « Loyauté vis-à-vis de cet homme qui a tout donné à son pays. Tambali thi moom, yam thi moom ! Notre maître à penser ! », a-t-il lancé, avant de prévenir : « Rien ne se fera dans ce pays sans toi ! Les conspirations du système pour t’isoler ne passeront pas. »

À travers cette offensive verbale et le soutien immédiat de ses alliés, Ousmane Sonko semble envoyer un double signal. À ses partisans d’abord, qu’il appelle à la vigilance, à la loyauté et à la rigueur dans l’action. Mais aussi à l’establishment politique et aux relais institutionnels, qu’il accuse de vouloir ralentir, voire saboter, l’élan de transformation engagé depuis l’élection du président Diomaye Faye.

Khalifa Sall dénonce la détention de Badara Gadiaga : « Une fracture dans le socle du droit »

Le président du mouvement Taxawu Sénégal, Khalifa Ababacar Sall, est monté au créneau pour dénoncer avec vigueur la détention prolongée du chroniqueur Badara Gadiaga, interpellé mercredi dernier. Dans une déclaration ferme, l’ancien maire de Dakar a exprimé son soutien sans réserve au journaliste, pointant du doigt une atteinte grave aux libertés fondamentales.

« Quand l’État redoute les mots, c’est qu’il craint la vérité. Et la vérité ne s’enferme pas », a écrit Khalifa Sall dans un texte diffusé ce jeudi.

Pour le leader socialiste, la mise en garde à vue de Badara Gadiaga dépasse le simple cadre judiciaire. Elle révèle, selon lui, une dérive inquiétante du pouvoir en place qui, au lieu de garantir les droits, chercherait à museler les voix dissidentes.

« Ce n’est pas une simple injustice, mais une fracture dans le socle du droit », a-t-il martelé, dénonçant une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Khalifa Sall s’inscrit ainsi dans la lignée de nombreux acteurs politiques, membres de la société civile et journalistes, qui ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils considèrent comme une dérive autoritaire du régime. L’ancien député appelle à un respect strict des droits des personnes arrêtées, y compris ceux qu’il qualifie de prisonniers d’opinion.

« Museler les voix, c’est étouffer la justice. C’est aussi faire de l’État de droit une façade trompeuse », a-t-il ajouté.

En conclusion, Khalifa Sall exige la libération immédiate de Badara Gadiaga ainsi que de toutes les personnes détenues pour leurs opinions. Il appelle à un sursaut démocratique et à la restauration d’un climat de dialogue et de liberté, sans lequel, selon lui, aucune démocratie ne peut survivre.

Thierno Alassane Sall étrille Sonko : « La chimère Diomaye mooy Sonko n’aura duré que le temps d’un hivernage »

La dernière prise de parole d’Ousmane Sonko continue de provoquer une onde de choc dans le landerneau politique. Cette fois, c’est le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, qui a vivement critiqué la démarche du Premier ministre, qu’il accuse de vouloir précipiter le Sénégal dans une nouvelle crise.

Pour Thierno Alassane Sall, l’illusion d’un tandem solide entre le président Bassirou Diomaye Faye et son chef de gouvernement a rapidement volé en éclats. « La chimère Diomaye mooy Sonko n’aura tenu que le temps d’un hivernage », ironise-t-il, estimant que Pastef est désormais rongé de l’intérieur par ses propres contradictions.

Selon lui, le pays, déjà confronté à de multiples défis sociaux et économiques, n’avait nul besoin d’une crise politique supplémentaire. « Comme si le sombre tableau que présente le Sénégal ne suffisait pas, Ousmane Sonko veut ajouter une crise à la crise. Une crise politique de plus pour un parti qui, depuis 2021, vague après vague, ne cherche pas le répit », déplore-t-il.

Le député va plus loin en dénonçant l’obsession du leader de Pastef pour le pouvoir, non pas pour répondre aux priorités des Sénégalais, mais pour régler des comptes. « Le plus indécent dans sa déclaration, c’est qu’il réclame plus de pouvoirs, lui qui en a tant. Il demande plus de pouvoirs, non pour s’en prendre à la misère du peuple ou à l’insécurité, non ! Il réclame le pouvoir pour solder des comptes personnels », accuse Thierno Alassane Sall.

Il souligne enfin que les vraies préoccupations – le chômage, le coût de la vie, l’échec scolaire – semblent reléguées au second plan au profit d’un agenda personnel. « À l’écouter, il est clair que ce n’est ni par le taux d’échec au Bac, ni par le taux de chômage, ni par l’indice du coût de la vie que se mesure sa frustration. C’est au nombre de ses contempteurs emprisonnés. Voilà son projet et son horizon », conclut-il.

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