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Centre du Mali : plus de 30 morts dans des attaques jihadistes revendiquées par le JNIM

Le centre du Mali a de nouveau été frappé par une vague de violences meurtrières. Plus de trente personnes ont été tuées mercredi lors de deux attaques simultanées menées contre les localités de Korikori et Gomossogou, dans une zone déjà fragilisée par l’insécurité persistante et les affrontements entre groupes armés. Les assauts ont été revendiqués par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), organisation jihadiste affiliée à Al-Qaïda.

Selon plusieurs sources locales, sécuritaires et administratives citées par l’AFP, les attaques ont provoqué un lourd bilan humain parmi les habitants des deux villages. Un responsable local de la jeunesse a affirmé qu’au moins 35 personnes avaient perdu la vie au cours de ces opérations menées presque simultanément. D’autres sources évoquent un bilan encore plus lourd.

Le collectif Wamaps, spécialisé dans le suivi des questions sécuritaires au Sahel, parle pour sa part d’un bilan provisoire dépassant les cinquante morts. Plusieurs habitants seraient également portés disparus. D’après cette organisation de journalistes ouest-africains, des villages ont été pillés par les assaillants et plusieurs concessions incendiées, plongeant les populations dans la panique.

Le JNIM affirme avoir ciblé des miliciens progouvernementaux présents dans cette partie du centre du Mali, région régulièrement secouée par des violences entre groupes jihadistes, forces armées et groupes d’autodéfense locaux. Les habitants dénoncent toutefois des attaques ayant touché directement des civils.

Face à cette nouvelle escalade, l’armée malienne a annoncé jeudi avoir conduit une opération ciblée contre des groupes armés terroristes dans la zone concernée. Dans un communiqué, l’état-major affirme que cette intervention a permis de neutraliser une dizaine de combattants jihadistes, sans donner davantage de précisions sur les circonstances de l’opération.

Ces nouvelles violences surviennent dans un contexte particulièrement tendu au Mali. Les 25 et 26 avril derniers, le JNIM et les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA), à dominante touareg, avaient mené des attaques coordonnées d’envergure contre plusieurs positions stratégiques de l’armée malienne dans différentes localités du pays, y compris aux abords de Bamako.

Ces offensives avaient marqué un tournant sécuritaire majeur, notamment avec l’attentat-suicide perpétré à Kati, principal bastion militaire proche de la capitale. Cette attaque avait coûté la vie au ministre malien de la Défense, Sadio Camara, considéré comme l’un des principaux piliers de la junte au pouvoir depuis les coups d’État de 2020 et 2021. Selon des sources hospitalières, ces attaques avaient fait au moins 23 morts.

La situation sécuritaire continue ainsi de se dégrader dans plusieurs régions du Mali, particulièrement dans le Nord et le Centre, où certaines localités seraient désormais sous l’influence ou le contrôle de groupes jihadistes alliés à des mouvements rebelles armés.

Depuis 2012, le Mali fait face à une crise multidimensionnelle marquée par l’expansion des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, les rébellions indépendantistes touarègues et la prolifération de groupes criminels communautaires. Malgré les opérations militaires menées par les autorités et leurs partenaires, les attaques continuent de viser aussi bien les forces de défense que les populations civiles.


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