L’émission Jakarlo-bi, diffusée vendredi soir sur la chaîne TFM, a été le théâtre d’un échange électrique entre le député Amadou Ba, membre du parti Pastef, et le chroniqueur Badara Gadiaga. Ce qui devait être un débat d’idées s’est transformé en affrontement verbal, marqué par des propos jugés offensants et provocateurs, qui ont rapidement fait réagir la sphère politique et médiatique sénégalaise.
Face à un Amadou Ba très engagé, Badara Gadiaga, habitué des débats musclés sur les plateaux de télévision, aurait tenu des propos que plusieurs personnalités qualifient d’injurieux et d’indignes à l’endroit d’un élu du peuple. Le ton est monté au point de susciter une vague de condamnations, notamment de la part de proches du pouvoir.
Waly Diouf Bodian, directeur général du Port autonome de Dakar et figure proche du Premier ministre Ousmane Sonko, a été l’un des premiers à réagir avec fermeté. Sur ses réseaux sociaux, il a interpellé la justice :
« Les propos de Badara Gadiaga méritent une autosaisine du procureur de la République. »
Un appel direct à une réaction judiciaire pour encadrer ce qu’il perçoit comme un dépassement grave des limites de la liberté d’expression.
Mor Talla Guéye, alias Nitt Doff, président du Fonds de Développement des Cultures Urbaines (FDCU), a également sonné l’alarme. Dans une publication percutante, il avertit :
« Si la justice laisse passer tout ça, qu’elle ne s’étonne pas que ça dégénère un jour. »
Ce propos, empreint de gravité, reflète une inquiétude grandissante quant à la banalisation de certaines dérives verbales dans l’espace public.
La députée Mame Bousso Béye n’est pas restée en marge du débat. Sans appeler explicitement à des sanctions, elle a cependant plaidé pour une prise de responsabilité de la justice :
« Je ne demande pas à la justice d’être instrumentalisée, mais plutôt de faire son travail pour protéger les citoyens contre les insultes et les propos déplacés. »
Un positionnement qui vise à défendre les principes de respect et de dignité, tout en soulignant la nécessité d’un cadre réglementaire clair dans le traitement des infractions verbales publiques.
Alors que les critiques fusent contre Badara Gadiaga, certains, comme Fadilou Keita, directeur de la Caisse des Dépôts et Consignations, ont orienté leurs reproches vers la chaîne TFM elle-même.
« Les dirigeants de la TFM n’auraient pas accepté que la forfaiture Gadiaga perdure si les attaques intempestives étaient destinées à Youssou Ndour », a-t-il dénoncé.
Une pique directe au propriétaire de la chaîne, accusé d’appliquer un traitement à géométrie variable dans la gestion des écarts de ses chroniqueurs.
Cet épisode relance le débat sur les limites de la liberté d’expression dans les médias et la responsabilité des chaînes de télévision dans la modération des propos diffusés. Alors que certains réclament des sanctions judiciaires, d’autres plaident pour un encadrement plus rigoureux des émissions à fort potentiel polémique.