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Justice

Diffusion de fausses nouvelles : le chroniqueur Abdou Nguer déféré au parquet de Dakar

Le chroniqueur de la Sen TV, Abdou Nguer, a été déféré ce matin au tribunal de Dakar par la Section de recherches de Colobane, à l’issue de sa garde à vue. Interpellé après avoir répondu à une convocation de la gendarmerie, il est désormais entre les mains du procureur de la République, qui devra décider de la suite à donner à la procédure.

Cette affaire trouve son origine dans les déclarations publiques faites par le chroniqueur à la suite du communiqué du procureur de la République concernant le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop. Le parquet avait alors livré sa version des faits sur les circonstances de la mort de l’étudiant, dans un contexte particulièrement tendu au sein du campus universitaire.

Abdou Nguer avait ouvertement contesté le contenu de ce communiqué, mettant en doute certains éléments avancés par l’autorité judiciaire. Des propos qui, selon les autorités, pourraient relever de la diffusion de fausses nouvelles, une infraction prévue et réprimée par le Code pénal sénégalais lorsqu’elle est susceptible de troubler l’ordre public.

Dans un climat déjà marqué par de vives tensions après les événements survenus à l’UCAD, la sortie médiatique du chroniqueur a rapidement suscité des réactions. Pour certains observateurs, il s’agit d’un débat légitime sur la transparence et la communication des autorités judiciaires. Pour d’autres, la gravité des accusations formulées publiquement exigeait une clarification devant les enquêteurs.

Après son audition et sa mise en garde à vue, la Section de recherches de Colobane a procédé à son déferrement ce mardi matin. Le procureur de la République peut désormais décider soit de l’ouverture d’une information judiciaire avec saisine d’un juge d’instruction, soit d’un renvoi en flagrant délit, voire d’un classement sans suite si les charges ne sont pas jugées suffisantes.

Cette nouvelle procédure judiciaire impliquant une figure médiatique relance le débat sur la responsabilité des chroniqueurs et journalistes dans le traitement d’affaires sensibles, notamment lorsqu’elles concernent des décès survenus dans des contextes de tensions sociales. Elle pose également la question de l’équilibre entre liberté d’expression et respect des décisions et communications officielles de la justice.


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