La décision de l’État de fermer les restaurants universitaires de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) continue de provoquer une onde de choc sur la scène politique et sociale. Alors que la tension reste vive dans le milieu universitaire, le député Abdou Mbow est sorti de sa réserve pour condamner fermement une mesure qu’il juge « injuste, illégale et profondément inhumaine », estimant qu’elle fragilise davantage une population estudiantine déjà éprouvée par la précarité.
Dans une déclaration rendue publique, le parlementaire s’est indigné du contexte dans lequel intervient cette fermeture. Selon lui, après les retards et refus observés dans le paiement des bourses, l’État franchit un nouveau palier en privant les étudiants de leur principal moyen d’accès à une alimentation quotidienne. Abdou Mbow considère que cette décision équivaut à une sanction collective infligée à des milliers d’apprenants, dont beaucoup dépendent exclusivement des restaurants universitaires pour se nourrir à moindre coût.
Pour le député, la fermeture des restaurants universitaires constitue une atteinte grave aux droits sociaux fondamentaux des étudiants. Il dénonce une politique qu’il qualifie d’irresponsable et totalement déconnectée des réalités du campus universitaire. Dans un environnement marqué par des difficultés financières, des conditions de logement souvent précaires et une pression académique constante, empêcher les étudiants de se restaurer correctement revient, selon lui, à compromettre non seulement leur santé physique, mais aussi leur dignité et leurs chances de réussite universitaire.
Abdou Mbow avertit également sur les conséquences à moyen et long terme d’une telle mesure. Il estime que la privation d’un service social aussi essentiel risque d’exacerber les tensions déjà perceptibles au sein de l’UCAD, d’alimenter la colère des étudiants et de fragiliser davantage la stabilité du climat universitaire. À ses yeux, l’État devrait plutôt privilégier le dialogue et la recherche de solutions durables, au lieu d’opter pour des décisions qu’il juge punitives et contre-productives.