Le patron du Quotidien met en garde contre l’instrumentalisation de la justice et appelle à recentrer le débat sur les vraies priorités nationales.
L’arrestation du chroniqueur Badara Gadiaga, placé sous mandat de dépôt ce lundi 14 juillet 2025, continue de susciter une vive polémique au Sénégal. Parmi les voix les plus critiques, celle du journaliste Madiambal Diagne s’est fait entendre. Le patron du journal Le Quotidien a publié un message tranchant sur le réseau social X (ex-Twitter), où il exprime son désaccord avec la tournure judiciaire prise par cette affaire.
« Dommage ! Si Sonko croit que l’emprisonnement de Badara Gadiaga sera l’antidote aux problèmes économiques et sociaux du Sénégal, il se trompe lourdement. Badara en prison ne capacitera pas le PM à trouver des solutions aux problèmes de ce pays. Mais tant va la cruche à l’eau… », a-t-il écrit.
Par ces mots, Madiambal Diagne dénonce ce qu’il perçoit comme une dérive autoritaire ou, à tout le moins, une stratégie de diversion qui détournerait l’attention de la population des véritables défis auxquels le pays est confronté : chômage endémique, vie chère, accès aux soins, et dégradation du pouvoir d’achat.
Ce message ne s’adresse pas seulement aux autorités actuelles, mais aussi à l’opinion publique. En évoquant la métaphore bien connue de la « cruche qui va souvent à l’eau », le journaliste laisse entendre qu’une telle logique répressive pourrait un jour se retourner contre ses auteurs. Il met en garde contre une utilisation politique de la justice, dans un contexte déjà marqué par des tensions entre libertés individuelles et maintien de l’ordre.
Badara Gadiaga, connu pour ses prises de position critiques dans l’émission Jakaarlo sur TFM, est accusé de « réception et sollicitation de dons, de moyens, dans le dessein de troubler l’ordre public et d’attenter à la sécurité de l’État ». Des accusations lourdes qui ont choqué une partie de la société civile et des défenseurs de la liberté d’expression.
Pour ses soutiens, dont Madiambal Diagne, cette arrestation symbolise un climat de plus en plus préoccupant pour les libertés démocratiques au Sénégal. « Emprisonner un journaliste ou un chroniqueur ne fait pas avancer la gouvernance, ni ne résout les urgences sociales », a rappelé un autre confrère, sous couvert d’anonymat.
Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, la gestion des voix critiques suscite débat. Si beaucoup saluent la volonté de rupture affichée par le nouveau régime, d’autres s’inquiètent de certaines décisions perçues comme des atteintes à l’État de droit.