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Mort de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’UCAD : le SAES dénonce l’usage excessif de la force et interpelle le gouvernement

Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a vivement réagi à la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue le lundi 9 février 2026 à la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), à la suite d’une intervention des forces de l’ordre dans le campus social. Le syndicat qualifie ce décès de « tragique » et exige que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes du drame.

Réuni en urgence ce mardi 10 février, le Secrétariat national du SAES a exprimé sa profonde consternation face à cette perte humaine, intervenue exactement deux ans après le décès de l’étudiant Alpha Yéro Tounkara à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Le syndicat s’est incliné devant la mémoire d’Abdoulaye Ba et a adressé ses condoléances attristées à sa famille, à la communauté universitaire et à l’ensemble de la Nation sénégalaise.

Dans un communiqué rendu public, le SAES établit un lien direct entre ce nouveau décès et une longue série de morts d’étudiants survenues dans les universités sénégalaises à la suite d’interventions policières. Le syndicat cite notamment les cas de Balla Gaye en 2001, Bassirou Faye en 2014, Mouhamadou Fallou Sène en 2018, Alpha Yéro Tounkara ainsi que Prosper Clédor Senghor en 2024. Pour le SAES, cette répétition tragique traduit un problème structurel grave dans la gestion des crises universitaires.

Le syndicat condamne avec la « dernière énergie » ce qu’il considère comme un usage excessif, aveugle et disproportionné de la force par les forces de l’ordre à l’intérieur des espaces universitaires, qui devraient rester des lieux de savoir, de dialogue et de débat pacifique. Il estime que l’irruption violente des forces de sécurité dans les campus ne fait qu’aggraver les tensions et exposer inutilement les étudiants à des risques mortels.

Tenant le gouvernement pour responsable, le SAES affirme que ces drames sont le résultat direct d’une mauvaise gestion des crises universitaires, marquée par l’absence d’anticipation, le déficit de dialogue et le recours systématique à la force. Il exige l’ouverture immédiate d’une enquête approfondie, indépendante et transparente afin d’identifier toutes les responsabilités et de traduire les auteurs des faits devant la justice.

Le syndicat rappelle par ailleurs qu’il avait, dès le mois de décembre 2025, lancé des appels répétés au calme, à la retenue des forces de sécurité et à l’instauration d’un dialogue sincère avec les étudiants, notamment sur la question sensible et récurrente des bourses. Selon le SAES, l’absence de réponses durables à ces revendications légitimes contribue à entretenir un climat de frustration et de colère sur les campus.

Au-delà de l’événement tragique, le SAES pointe de lourds dysfonctionnements structurels du système universitaire sénégalais. Il évoque une massification incontrôlée des effectifs, un déficit budgétaire chronique, un manque criant d’enseignants, des retards importants dans la réalisation des infrastructures universitaires ainsi que des insuffisances notoires dans l’évaluation et l’application des réformes, notamment du système Licence-Master-Doctorat (LMD).

Face à la gravité de la situation actuelle, le SAES demande la suspension provisoire des réformes en cours afin de permettre une réflexion approfondie et apaisée. Il plaide pour l’organisation de concertations inclusives, transparentes et sincères, associant l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur, dans le but de trouver des solutions durables aux crises récurrentes.

Enfin, le syndicat réaffirme sa disponibilité à contribuer activement à un dialogue responsable et constructif, condition indispensable, selon lui, pour pacifier durablement l’espace universitaire et garantir la stabilité ainsi que l’avenir de l’enseignement supérieur au Sénégal.


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