Cheikh Oumar Diagne tacle Serigne Gueye Diop : « Le ministre du Commerce est incompétent »

Invité sur le plateau de la chaîne 7TV, Cheikh Oumar Diagne, ancien directeur des Moyens généraux à la présidence, n’a pas mâché ses mots. Dans un ton incisif, il a remis en question les capacités du ministre du Commerce, Serigne Gueye Diop, qu’il accuse d’inefficacité dans la gestion du dossier du sucre au Sénégal.

« Le ministre Serigne Gueye Diop est incompétent », a-t-il déclaré sans détour, en réponse à une question relative à la pénurie annoncée de sucre sur le marché national. Pour lui, la situation actuelle témoigne d’un pilotage défaillant du secteur, alors que les ménages sénégalais s’inquiètent de la montée des prix et de la rareté du produit.

Cheikh Oumar Diagne ne s’est pas limité à critiquer le ministre. Il a également pointé un doigt accusateur vers la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS), qu’il tient pour principale responsable du déséquilibre du marché. « La Compagnie sucrière sénégalaise a pris en otage les consommateurs », a-t-il martelé, dénonçant ce qu’il considère comme une position dominante exercée au détriment de l’intérêt général.

Face à cette situation qu’il qualifie de “grave”, l’ancien haut fonctionnaire appelle l’État à sortir de sa réserve et à agir avec fermeté. Il exige des mesures immédiates pour mettre fin au monopole et garantir aux populations un accès équitable et abordable au sucre.

Affaire des véhicules de l’Assemblée nationale : El Malick Ndiaye porte plainte contre Bachir Fofana et Adama Gaye pour diffamation

L’affaire très médiatisée des véhicules de l’Assemblée nationale prend une tournure judiciaire. Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a décidé de porter l’affaire devant les autorités compétentes en déposant une plainte contre deux journalistes connus de la scène publique : Bachir Fofana, chroniqueur, et Adama Gaye, ancien diplomate et journaliste. L’information a été révélée par le journal Libération, qui précise que la plainte a été introduite par l’avocat Me Bamba Cissé, agissant au nom du président de l’institution parlementaire.

Selon les détails rapportés, la plainte déposée auprès de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) vise des faits présumés de « diffusion de fausses nouvelles et diffamation ». L’initiative fait suite à une série de déclarations publiques et publications en ligne que Me Cissé juge infondées et attentatoires à l’honneur de son client.

Dans le viseur de la plainte, une déclaration publique de Bachir Fofana portant sur le marché controversé d’acquisition de véhicules pour l’Assemblée nationale. Le chroniqueur aurait affirmé que ce marché avait été attribué à un certain Cheikh Guèye, un nom déjà cité dans une autre affaire médiatisée impliquant l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, autour du tribunal de Pikine-Guédiawaye.

Pour Me Bamba Cissé, ces propos relèvent d’une intention manifeste de nuire à la réputation du président de l’Assemblée. L’avocat estime qu’aucun élément tangible ne vient étayer de telles accusations, et que leur diffusion relève d’une démarche calomnieuse.

De son côté, Adama Gaye est mis en cause pour une publication sur sa page Facebook, jugée diffamatoire. Le contenu de cette publication, bien que non reproduit en intégralité par Libération, contiendrait, selon la plainte, des allégations sans fondement vérifiable qui auraient outrepassé les limites légales de la liberté d’expression.

La Division spéciale de cybersécurité de la police nationale a été officiellement saisie du dossier. Des réquisitions seraient déjà en cours pour retracer la diffusion des propos incriminés, identifier les auteurs et leurs responsabilités, et recueillir toutes les preuves numériques nécessaires.

Selon des sources proches de l’enquête citées par Libération, la DSC pourrait convoquer les mis en cause dans les prochains jours pour les besoins de l’enquête préliminaire.

Ce nouvel épisode intervient dans un contexte de forte tension autour de la gestion des ressources publiques et de la transparence au sein de l’Assemblée nationale. Les interrogations suscitées par l’achat de véhicules pour les députés avaient déjà donné lieu à une vive polémique au sein de l’opinion publique.

Ismaïla Madior Fall face à la justice : une audition cruciale sous fond d’accusations de corruption

Sauf revirement de dernière minute, l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, sera auditionné ce mardi par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Une audience attendue, aussi bien pour sa portée judiciaire que pour ses conséquences politiques, dans une affaire de corruption présumée qui secoue les sphères de l’État.

Figure emblématique du droit constitutionnel au Sénégal, universitaire respecté et ex-Garde des Sceaux sous Macky Sall, Ismaïla Madior Fall traverse aujourd’hui la plus grave tempête de sa carrière. Inculpé et placé sous bracelet électronique, il devra s’expliquer au fond sur des faits de corruption présumée portant sur 50 millions de francs CFA. Face à lui, deux hommes : l’entrepreneur Cheikh Guèye, patron de TCS, et Mohamed Anas El Bachir Wane, ancien directeur des Constructions au ministère de la Justice. Tous deux également mis en cause dans ce dossier, ils sont devenus ses principaux accusateurs.

L’affaire, révélée par L’Observateur, trouve son origine dans un projet d’infrastructures judiciaires sur une assiette foncière attribuée au ministère de la Justice. Parmi les constructions prévues : un centre de surveillance de bracelets électroniques, estimé à 576 millions de francs CFA. En l’absence de budget disponible, un partenariat est scellé avec l’entrepreneur Cheikh Guèye, qui s’engage à financer la construction à ses frais, en contrepartie d’une dation sur une partie du terrain.

Mais l’accord tourne court. Selon les déclarations de Cheikh Guèye à la Division des investigations criminelles (DIC), Ismaïla Madior Fall aurait exigé une somme totale de 250 millions de francs CFA pour signer le protocole. Il affirme lui avoir versé une avance de 50 millions en espèces, en présence du directeur Mohamed Anas El Bachir Wane. Ce dernier, entendu à son tour, aurait corroboré les faits.

Convoqué ce jour au Palais de justice de Dakar, l’ancien ministre est attendu au troisième étage, au siège de la Commission d’instruction. Devant le président Abdoulaye Bâ et ses quatre assesseurs, il devra affronter une vérité judiciaire en gestation, où chaque parole pèsera lourd. Pour sa part, Ismaïla Madior Fall nie les accusations. Sur le plateau de la 7TV, il a affirmé que l’argent en question lui avait été proposé à titre gracieux par Cheikh Guèye, mais qu’il l’avait refusé et renvoyé à l’envoyeur.

Une version qui tranche avec les témoignages de ses accusateurs et qui sera scrutée de près lors de l’audience. Le risque est énorme pour un homme qui, jusqu’ici, bénéficiait d’une image d’intégrité bâtie sur des décennies d’engagement académique et institutionnel.

Cette audition pourrait marquer un tournant dans une affaire devenue emblématique des soupçons de collusion entre pouvoir, argent public et acteurs privés. Dans un pays où la reddition des comptes est devenue un impératif citoyen, l’issue de ce face-à-face judiciaire est attendue avec fébrilité.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°495 – 25/06/2025

🔴 DEMANDE D’OUVERTURE D’UNE ENQUÊTE PARLEMENTAIRE PAR PAPE DJIBRIL FALL : « ASER-GATE » – DES TÉNÈBRES À LA LUMIÈRE ?
🔴 « ZONES D’OMBRE » DANS LES RAPPORTS TRIMESTRIELS D’EXÉCUTION BUDGÉTAIRE : PAPE MALICK NDOUR TIQUE

🔴 CANDIDATURE À LA PRÉSIDENCE DE LA FSF : ALIOU GOLOKO MISE SUR PLUS DE 30 ANS D’EXPÉRIENCE
🔴 LUTTE / « LE CNG VOULAIT MA DÉFAITE » : ZARCO RÈGLE SES COMPTES

DEMANDE D’OUVERTURE D’UNE ENQUÊTE PARLEMENTAIRE PAR PAPE DJIBRIL FALL : « ASER-GATE » – des ténèbres à la lumière ?

Le député non-inscrit Papa Djibril Fall a saisi officiellement le Président de l’Assemblée nationale du Sénégal, ce mardi 24 juin 2025, pour exiger l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur le marché d’électrification rurale attribué à la société AEE POWER par l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER). Dans une lettre argumentée et estampillée du sceau du Parlement, le parlementaire invoque les articles 85 alinéa 4 de la Constitution et 48 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour appuyer sa requête.

Dans ce document transmis au bureau de l’Assemblée et dûment enregistré, Papa Djibril Fall justifie sa demande par la gravité des soupçons qui entourent l’attribution de ce marché, devenu en quelques mois un véritable feuilleton politico-économique. Il évoque de « vives polémiques », des « interrogations persistantes », des « accusations et contre-accusations » qui, selon lui, justifient une réponse institutionnelle forte de la part de la représentation nationale.
« Cette commission d’enquête a pour objet de mettre toute la lumière sur ce marché », écrit-il, soulignant la nécessité pour le Parlement de s’emparer de ce dossier hautement sensible, où s’entremêlent enjeux de transparence, d’éthique, de bonne gouvernance et d’intérêt public.
À travers cette initiative, le député vise à recueillir l’ensemble des éléments d’information nécessaires à la compréhension du processus ayant conduit à l’attribution du marché à AEE POWER, et à produire un rapport détaillé, impartial, et affranchi de toute forme de complaisance. Une volonté clairement affichée de lever le voile sur ce que certains appellent déjà « l’ASER-Gate », en référence aux pratiques opaques dénoncées autour du dossier.
Ce geste de Papa Djibril Fall intervient dans un contexte où les attentes citoyennes en matière de reddition de comptes sont particulièrement élevées. Le marché d’électrification en question, qui devait incarner une avancée majeure pour les zones rurales du pays, est désormais perçu par une partie de l’opinion comme un symbole d’opacité dans la gestion des marchés publics.
Le président de l’Assemblée nationale est désormais interpellé pour donner suite à cette demande qui, si elle est acceptée, pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère de responsabilité parlementaire. L’éclairage tant attendu sur ce dossier pourrait bien commencer dans l’hémicycle, sous l’impulsion d’un député déterminé à sortir les pratiques douteuses de l’ombre. Reste à savoir si cette initiative trouvera un écho favorable auprès des autres groupes parlementaires.


Trêve entre l’Iran et Israël : les marchés respirent, le pétrole s’effondre, le dollar recule

Les marchés financiers mondiaux ont retrouvé leur calme ce mardi, portés par l’annonce d’un cessez-le-feu entre l’Iran et Israël. Cette trêve, annoncée par l’ex-président américain Donald Trump après douze jours de tensions militaires, a été accueillie avec soulagement par les investisseurs, qui ont fait grimper les principales places boursières, aussi bien aux États-Unis qu’en Europe. En parallèle, les cours du pétrole ont fortement chuté, tandis que le dollar s’est affaibli face aux grandes devises.

Du côté des marchés boursiers, les indices ont clôturé en nette hausse. À Wall Street, le Dow Jones a gagné 1,19 %, le Nasdaq a progressé de 1,43 % et le S&P 500 de 1,11 %, se rapprochant de son plus haut historique. En Europe, Paris a enregistré une hausse de 1,04 %, Francfort de 1,60 % et Milan de 1,63 %. Seule la Bourse de Londres a stagné, avec une variation quasi nulle (+0,01 %). Ce rebond traduit la dissipation d’un risque géopolitique majeur, comme l’a souligné Lionel Melka, gérant de Swann Capital : « Les investisseurs reprennent leur souffle, avec ce cessez-le-feu, c’est un risque qui disparaît du marché. »

L’annonce a également déclenché une chute brutale des prix du pétrole. Le baril de Brent de la mer du Nord a perdu 6,84 %, tombant à 67,14 dollars, son niveau de début juin. Le baril de West Texas Intermediate (WTI), son équivalent américain, a reculé de 6,04 % à 64,37 dollars. Cette dégringolade est alimentée par deux facteurs : la trêve au Moyen-Orient, qui éloigne le spectre d’un choc d’approvisionnement, et un message posté par Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, affirmant que la Chine pouvait désormais s’approvisionner en pétrole iranien. Cette déclaration marque un tournant dans la politique américaine vis-à-vis de Téhéran et pourrait amplifier le retour du pétrole iranien sur le marché.

Dans le sillage de cette baisse, le gaz naturel européen a aussi reculé fortement (-12,11 %), atteignant 35,61 euros le mégawattheure (MWh). Le recul généralisé des prix de l’énergie a pénalisé les grandes compagnies pétrolières. TotalEnergies a chuté de 3,28 % à Paris, tandis que BP a plongé de 4,75 % à Londres, Shell de 3,61 %, Eni de 2,54 % à Milan, Exxon Mobil de 3,04 % et Chevron de 2,25 % à Wall Street.

Sur le marché des changes, le dollar a également perdu du terrain, affaibli par l’apaisement géopolitique et les signaux contradictoires en provenance de la Réserve fédérale américaine (Fed). Certains responsables de la Fed se sont montrés favorables à une baisse des taux dès juillet, alors même que son président Jerome Powell a réitéré qu’il n’y avait « pas d’urgence » à agir. En conséquence, le billet vert a reculé de 0,29 % face à l’euro, tombant à 1,1612 dollar. Plus tôt dans la journée, l’euro avait atteint un plus haut depuis octobre 2021 à 1,1642 dollar. Par ailleurs, les rendements obligataires américains à dix ans se sont détendus à 4,30 %, contre 4,34 % la veille.

Enfin, sur le front des entreprises, Uber s’est démarqué avec une progression spectaculaire de 7,48 %, portée par l’annonce de l’élargissement de son partenariat avec Waymo, la filiale de véhicules autonomes d’Alphabet. Après Austin, les voitures sans chauffeur de Waymo seront désormais disponibles via l’application Uber à Atlanta. En revanche, Tesla a été sanctionné en Bourse (-2,35 %), après que l’Agence américaine de sécurité routière (NHTSA) a exigé des explications suite à des incidents signalés lors du lancement de son service de taxi autonome à Austin, encore très limité à ce stade.

La trêve entre l’Iran et Israël semble donc avoir ramené un vent d’optimisme sur les marchés. Mais les évolutions futures dépendront à la fois de la stabilité de ce cessez-le-feu et des orientations à venir des grandes banques centrales, notamment de la Fed.

Dette publique et budget 2025 : Dr Babo Amadou Ba expose les vrais enjeux et la stratégie de l’État

Alors que le débat autour de la dette publique et du déficit budgétaire alimente les discussions dans les cercles politiques, économiques et citoyens, Dr Babo Amadou Ba, Directeur général du Fonds de Financement des Projets et Programmes Transversaux (3FPT) et spécialiste en finance de marché, a décidé de sortir du silence. Dans une analyse fouillée, il a apporté des clarifications essentielles sur les choix budgétaires du gouvernement pour l’année 2025, tout en inscrivant ces décisions dans le cadre communautaire de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) et dans une perspective de réforme structurelle.

Selon Dr Ba, les décisions actuelles du gouvernement sénégalais s’appuient sur deux textes fondamentaux adoptés en 2009 par l’UEMOA. Il s’agit d’abord de la Directive N°1/2009/CM/UEMOA, qui oblige les États membres à publier dans les trois mois suivant le début d’un mandat présidentiel toutes les informations relatives aux finances publiques, avec un accent particulier sur la dette et les déficits. Ensuite, la Directive N°06/2009/CM/UEMOA, qui a amorcé une réforme des lois organiques pour introduire une nouvelle culture de gestion publique. Cette réforme a fait basculer les États de la logique de moyens à une logique de résultats, mettant au cœur de l’action publique la performance. L’une des innovations majeures de cette directive est la déconcentration de l’ordonnancement. Jusque-là, seul le ministre chargé des Finances ordonnait les dépenses de l’État. Désormais, les ministres sectoriels, les présidents d’institutions et les directeurs généraux disposent de ce pouvoir, rendant chaque entité responsable de son budget.

S’agissant du budget 2025, Dr Ba a révélé que les autorités ont constaté un déficit budgétaire de 1 600 milliards de FCFA. Ce déficit représente l’écart entre les recettes mobilisées et les dépenses prévues. À cela s’ajoute un service de la dette particulièrement lourd, estimé à 2 973 milliards FCFA, dont 932 milliards pour les seuls intérêts et commissions. En tout, le besoin de financement pour l’exercice 2025 s’élève à 4 573 milliards de FCFA. Dr Ba précise que sur ce montant, 2 973 milliards correspondent à des engagements contractés sous le régime précédent. Il rappelle également que dans les règles actuelles de comptabilité publique, l’amortissement de la dette, c’est-à-dire le remboursement du principal, n’apparaît plus comme une dépense budgétaire classique, mais est classé parmi les opérations de trésorerie. Ce changement explique pourquoi l’amortissement disparaît du cadre budgétaire proprement dit, bien qu’il reste une obligation financière réelle.

L’un des volets les plus sensibles abordés par Dr Ba concerne les risques liés à l’endettement du Sénégal. Il identifie quatre menaces majeures. D’abord, le risque de change, qui survient lorsque l’endettement est libellé dans des monnaies étrangères comme le dollar ou l’euro, et que les fluctuations de ces devises aggravent mécaniquement le montant de la dette. Ensuite, le risque de taux d’intérêt, car une hausse des taux sur les marchés internationaux rend le remboursement plus coûteux. Le troisième danger est celui du refinancement, c’est-à-dire la nécessité d’emprunter à nouveau pour rembourser d’anciennes dettes, ce qui crée un effet boule de neige. Enfin, il mentionne le risque de liquidité, lorsque les marchés se ferment ou deviennent trop coûteux.

Pour faire face à ces risques, le gouvernement a choisi de changer d’approche en se tournant davantage vers le marché domestique. Cette réorientation se traduit par la mise en place d’instruments innovants comme les « patriotes bonds » et les « diaspora bonds ». Ces outils de financement visent à mobiliser les ressources des Sénégalais résidant au pays et à l’étranger, tout en réduisant la dépendance excessive aux bailleurs extérieurs. Ce virage stratégique s’inscrit dans le cadre de la Stratégie Nationale de Développement Durable (SN2D), qui fixe un objectif de rééquilibrage de la structure de la dette à l’horizon 2027. Ainsi, le Sénégal ambitionne d’atteindre une composition de la dette à 59 % de financements domestiques et 41 % de dettes extérieures, contre une situation actuelle dominée à 74 % par l’endettement extérieur.

Dr Babo Amadou Ba insiste sur le fait que les critiques adressées au budget 2025 doivent être contextualisées et dépassionnées. Il soutient que le régime actuel n’a fait que constater l’ampleur des engagements hérités, tout en posant les jalons d’une gestion plus responsable, plus transparente et plus adaptée aux enjeux économiques nationaux et sous-régionaux. À ses yeux, les débats sur le budget devraient porter sur la manière dont l’État sénégalais entend mettre en œuvre les réformes promises dans le sens d’une budgétisation plus performante et tournée vers les résultats.

Au final, l’analyse du Dr Babo Amadou Ba vient remettre en perspective la situation financière du Sénégal, en rappelant que les défis actuels, bien que réels, ne sont pas insurmontables. Ils appellent, selon lui, à des réponses structurées, fondées sur une bonne compréhension des mécanismes financiers, une rigueur accrue dans l’exécution budgétaire et une vision claire de la souveraineté économique.

Crise sociale : L’UNSAS recadre le ministre Olivier Boucal et exige la reprise immédiate du dialogue avec les syndicats de la justice

Face à la grève persistante des travailleurs de la justice, menée par le SYTJUST et l’UNTJ, l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (UNSAS) a vivement réagi aux propos du ministre de la Fonction publique et de la Réforme du service public, Olivier Boucal. Dans un communiqué transmis à la presse, l’organisation syndicale fustige la posture du ministre, qu’elle juge inappropriée et contraire à l’esprit de concertation sociale.

Le ministre Boucal avait récemment qualifié le mouvement de grève de « chantage », évoquant une « négation du pacte de stabilité sociale » entre les syndicats et l’État. Une sortie qui a provoqué l’indignation de l’UNSAS, laquelle rappelle fermement que « le pacte ne saurait en aucun cas primer sur un droit constitutionnel fondamental : le droit de grève. »

Selon le secrétariat exécutif de l’UNSAS, les travailleurs de la justice sont en droit d’engager une action de lutte dès lors qu’ils ne reçoivent pas de réponses satisfaisantes de la part des autorités compétentes. L’organisation appelle donc le ministre Boucal à « prendre les dispositions nécessaires pour renouer, sans délai, un dialogue sincère et constructif avec les syndicats concernés. »

La centrale syndicale s’est également exprimée sur la situation des enseignants-chercheurs. Elle exhorte le gouvernement à appliquer sans tarder le décret n° 2020-398 du 23 septembre 2020, qui institue une allocation spéciale de retraite pour les enseignants-chercheurs et chercheurs titulaires des universités. Elle réclame en outre le versement de la pension de réversion aux ayants droit — veuves et orphelins — des enseignants décédés.

Autre sujet de préoccupation majeur pour l’UNSAS : le sort du groupe La Poste, confronté à de graves difficultés structurelles. La centrale syndicale dénonce le retard pris dans la restructuration promise par les autorités, qualifiant la situation de « désarroi total » pour les travailleurs. Elle presse le gouvernement d’accélérer, avec diligence, le processus de redressement.

Dans un climat social déjà tendu, l’UNSAS avertit qu’elle se réserve le droit d’engager toute action qu’elle jugera utile si le gouvernement persiste dans ce qu’elle qualifie « d’immobilisme ». Elle en appelle à une gouvernance plus responsable, respectueuse des droits syndicaux et attentive aux urgences sociales.

Massacre de Thiaroye : Le fils d’un tirailleur sénégalais porte plainte contre l’État français pour recel de cadavre

Plus de 80 ans après les faits, la quête de justice continue pour les descendants des tirailleurs sénégalais victimes du massacre de Thiaroye, survenu le 1er décembre 1944 dans le camp militaire du même nom, près de Dakar. Ce mardi 24 juin 2025, Biram Senghor, fils de Mbap Senghor, l’un des soldats tués ce jour-là, a déposé une plainte contre X et contre l’État français pour « recel de cadavre » devant le tribunal judiciaire de Paris.

Âgé de 86 ans et ancien gendarme, Biram Senghor refuse de tourner la page d’un crime colonial que la France a officiellement reconnu en juin 2024, en attribuant à son père, ainsi qu’à cinq autres tirailleurs, la mention « Mort pour la France ». Une reconnaissance certes symbolique, mais insuffisante aux yeux de cet homme dont le combat, entamé il y a plusieurs décennies, vise aujourd’hui la vérité historique et la restitution du corps de son père.

Selon le quotidien Le Monde, qui rapporte l’information, l’avocat sénégalais Mbaye Dieng, chargé de défendre les intérêts de Biram Senghor à Paris, estime que des efforts délibérés ont été menés pour entretenir l’opacité sur les circonstances et les conséquences du massacre. « Depuis 80 ans, des individus travaillent à maintenir l’opacité autour des faits et à empêcher l’accès à des documents qui permettraient de localiser les corps et de connaître le nombre réel de victimes », dénonce-t-il.

Officiellement, les autorités françaises reconnaissent 35 morts à Thiaroye, mais plusieurs historiens estiment que le bilan réel est bien plus élevé, pouvant atteindre plusieurs centaines. Ce flou historique alimente les soupçons sur une volonté persistante de minimiser la gravité de la répression militaire qui s’est abattue sur ces anciens combattants de l’armée française, à qui l’on refusait le versement de leur solde.

Dans le dossier de Mbap Senghor, les archives françaises révèlent une manipulation manifeste : son acte de décès initial le désignait comme un déserteur. Un stigmate que son fils a longuement combattu avant que l’administration française ne reconnaisse finalement son exécution lors du massacre.

Mais pour Biram Senghor, la reconnaissance ne suffit pas si les corps des victimes demeurent introuvables. « Pourquoi M. Senghor devrait-il croire que personne ne sait où se trouve la dépouille de son père ? », interroge Me Dieng, qui exige que la France lève tous les obstacles à la vérité historique et à la restitution des corps.

Rapports d’exécution budgétaire : Pr Amath Ndiaye évoque un surendettement imminent

À l’occasion de la publication des rapports d’exécution budgétaire du quatrième trimestre 2024 et du premier trimestre 2025, le Pr Amath Ndiaye, économiste à la FASEG de l’UCAD, propose une analyse alarmante des finances publiques sénégalaises. Le Sénégal entame l’année 2025 avec des finances sous forte pression. Bien que les recettes fiscales affichent de bonnes performances, la situation est marquée par un déficit élevé, une exécution insuffisante des investissements et une dépendance croissante à un financement externe coûteux. « Le retour à l’équilibre budgétaire ne peut plus être différé : le redressement est devenu une urgence nationale, pour préserver la stabilité macroéconomique, soutenir l’emploi et maintenir le cap vers la Vision 2050 », avertit l’économiste.

Recettes : bon démarrage interne, blocage externe

Les recettes totales mobilisées au premier trimestre 2025 s’élèvent à 1 027,82 milliards FCFA, soit 21,44 % des prévisions annuelles, en hausse de 9,7 % par rapport au T1 2024 (937,07 milliards).

– Recettes fiscales : 960,26 milliards FCFA, en progression de 11,6 % par rapport à 860,38 milliards en 2024, avec un taux d’exécution trimestriel de 94,4 %.
– Recettes non fiscales : 59,56 milliards FCFA, en hausse de 24,4 % (47,88 milliards en T1 2024), avec un taux d’exécution de 137 %.

Les recettes internes atteignent 96,15 % de l’objectif trimestriel, démontrant une mobilisation efficace. Cependant, les ressources extérieures sont quasi inexistantes : « Les dons budgétaires au T1 2025 : 0 FCFA exécuté sur 45 milliards prévus. Dons en capital : 8 milliards FCFA réalisés sur 200 milliards prévus (soit seulement 4 %). » Au total, seuls 3,27 % des ressources extérieures attendues ont été mobilisées, limitant les financements d’investissement.

Dépenses : exécution maîtrisée mais déséquilibrée

Les dépenses totales exécutées au T1 2025 s’élèvent à 1 419,45 billions FCFA, soit 22,14 % des crédits annuels ouverts.

  – Dépenses ordinaires : 1 130,89 milliards FCFA (26,01 % des dotations), dont :

  – Charges de la dette : 225,24 milliards FCFA, en hausse de 24 % par rapport à 181,63 milliards en T1 2024 (+43,61 milliards).

  – Dépenses de personnel : 357,07 billions FCFA, en légère hausse de 1 % (353,67 milliards en T1 2024).

  – Transferts courants : 463,93 milliards FCFA, en progression de 15,2 % (402,52 milliards en T1 2024), dopés par les subventions à l’énergie (169 milliards) et à l’enseignement supérieur.

 – Dépenses en capital : 288,57 milliards FCFA, en baisse de 42,2 milliards FCFA par rapport à 330,75 milliards en T1 2024.

 – Investissements sur ressources internes : Un maigre 2,64 milliards FCFA réalisés sur 308,25 milliards, soit un taux de 0,86 %, soulignant un frein majeur.

Vers une trajectoire budgétaire difficilement tenable

Le déficit budgétaire de 2024 s’est établi à 2 500,95 milliards FCFA, soit environ 12,6 % du PIB, dépassant la prévision initiale de 11,1 %. Pour 2025, le déficit reste au-dessus de la norme communautaire de l’UEMOA. « L’objectif de réduction à 3 % du PIB en 2027 fixé par l’UEMOA semble difficilement atteignable, même avec des coupes drastiques dans les dépenses publiques », note Pr Ndiaye. Les charges d’intérêt, en hausse de 24 %, et le retour aux marchés internationaux à des taux de 10 à 12 % rendent la dette insoutenable, contrairement aux taux régionaux UEMOA de 6-7 %.

Recommandations stratégique

Le Pr Ndiaye propose des mesures urgentes : « Le gouvernement doit accélérer les décaissements pour les projets d’investissement structurant, renforcer les négociations avec le FMI, et mettre en œuvre un plan de redressement budgétaire, avec ou sans le FMI. » Ce plan doit :

– « Réduire les subventions inefficaces, »

– « Maîtriser les dépenses de fonctionnement, »

– « Réorienter les investissements vers les secteurs à fort rendement économique, »

– « Protéger les plus pauvres. »

« Les données arrêtées au 31 mars 2025 confirment que, bien que la mobilisation des recettes fiscales soit satisfaisante, la situation budgétaire du Sénégal reste fragile. » Les déséquilibres structurels persistent, et « les charges d’intérêt augmentent à un rythme inquiétant. Sans redressement budgétaire rigoureux, le pays court un risque élevé de surendettement, avec des conséquences graves sur la croissance, l’emploi des jeunes, et la réalisation de la Vision 2050. » L’économiste insiste : « Ce redressement exige un réel courage politique, car il impliquera nécessairement des décisions difficiles et parfois sensibles sur le plan social. Mais il demeure incontournable. La stabilité budgétaire constitue le socle d’un développement endogène et durable. »

Budgets publics : le FRAPP salue les performances fiscales mais alerte sur les faiblesses sociales

Le Front pour une Révolution Anti-Impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP) a réagi ce mardi 24 juin à la publication des Rapports Trimestriels d’Exécution Budgétaire (RTEB) diffusés par le ministère des Finances. Dans un communiqué transmis à la presse, le mouvement citoyen se félicite des progrès réalisés en matière de mobilisation des ressources internes, tout en mettant en garde contre les carences persistantes dans les investissements sociaux.

Le FRAPP applaudit les performances enregistrées sur le plan fiscal, notamment la hausse de +151,75 milliards FCFA des recettes internes au quatrième trimestre 2024 et celle de +111,12 milliards FCFA au premier trimestre 2025, en comparaison aux périodes correspondantes de l’année précédente. Le mouvement attribue cette dynamique à la rigueur fiscale imposée par les nouvelles autorités. « Cette performance mérite d’être consolidée, car elle traduit une volonté politique de reprendre le contrôle de nos ressources internes », souligne le communiqué.

Autre point positif mis en exergue par le FRAPP : le maintien des subventions à l’électricité, en dépit des pressions du Fonds monétaire international (FMI). Selon l’organisation, cette orientation budgétaire protège les couches les plus fragiles de la population. Le mouvement note d’ailleurs une hausse des transferts courants aux ménages : +383,57 milliards FCFA au quatrième trimestre 2024 et +61,19 milliards FCFA au premier trimestre 2025.

Mais à côté de ces signaux encourageants, le FRAPP dénonce une faible priorisation des secteurs sociaux dans la dépense publique. Il pointe notamment des allocations budgétaires qu’il juge « marginales » au premier trimestre 2025 : seulement 1,47 % du budget pour la santé, 15 % pour l’éducation et 0,6 % pour le logement. Pour le mouvement, ces chiffres traduisent une incapacité persistante à répondre aux besoins fondamentaux des populations. Il en appelle donc à « un changement de cap » pour faire de la santé, de l’éducation et du logement des axes structurants des politiques budgétaires.

Le FRAPP invite également le gouvernement à tenir ses promesses de rationalisation administrative, notamment à travers la fusion annoncée de certaines agences publiques. Il rappelle que cette réforme, attendue d’ici fin juin 2025, pourrait permettre une réduction significative de la masse salariale de l’État et des dépenses de fonctionnement.

En perspective du prochain Débat d’Orientation Budgétaire (DOB), le FRAPP réitère son soutien à l’instauration du Budget à Base Zéro (BBZ) dès 2026. Il y voit une occasion historique de réformer la gestion des finances publiques et de réorienter les ressources vers les priorités réelles des citoyens.

Enfin, le mouvement exige la publication sans délai des bulletins statistiques sur la dette pour les troisième et quatrième trimestres de 2024, ainsi que pour le premier trimestre 2025. Il rappelle que cette exigence de transparence est inscrite dans le Code de transparence dans la gestion des finances publiques et qu’elle constitue une condition essentielle d’une gouvernance responsable, équitable et ancrée dans les réalités du peuple sénégalais.

Guy Marius Sagna réagit aux accusations et lève le voile sur un épisode méconnu de la présidentielle de 2024

Le député Guy Marius Sagna, figure engagée du groupe parlementaire Yewwi Askan Wi et membre de PASTEF – Les Patriotes, est sorti de son silence après les accusations formulées par son collègue parlementaire Ismaïla Diallo, qui l’accuse d’entretenir un « agenda caché » au sein de l’hémicycle.

Invité sur les ondes de RSI, Guy Marius Sagna a choisi non seulement de répondre, mais aussi de faire une révélation inédite sur les coulisses de la présidentielle de 2024. Selon ses propos, alors que le leader de PASTEF, Ousmane Sonko, était détenu, certains cercles politiques lui auraient proposé de se porter candidat à la magistrature suprême.

Loin de balayer cette possibilité du revers de la main, l’activiste devenu parlementaire affirme avoir sérieusement envisagé cette option, mais à une condition ferme et non négociable : s’il acceptait de devenir président, ce ne serait que dans l’unique but d’assurer une transition démocratique d’un an, avant de convoquer une nouvelle élection présidentielle incluant Ousmane Sonko parmi les candidats.

« Si on veut me reprocher un agenda caché, qu’on sache que tel aurait pu être mon agenda : permettre à Ousmane Sonko d’être candidat », a-t-il lancé d’un ton ferme, balayant ainsi les accusations de duplicité.

Par cette déclaration, Guy Marius Sagna cherche à recentrer le débat sur sa loyauté indéfectible envers son camp politique et les principes démocratiques qu’il défend. Il rappelle que, dans une période trouble, il aurait pu être tenté par l’ambition personnelle, mais qu’il avait choisi de rester dans la logique d’une alternance légitime portée par le peuple.

Ce témoignage relance les spéculations sur les tractations internes qui ont précédé l’élection présidentielle de 2024, et sur les profils qui avaient été envisagés en plan B dans un contexte de forte incertitude politique.

Lotissement à Sangalkam : une opération foncière sous le feu des critiques de la jeunesse

À Sangalkam, une opération de lotissement baptisée « P. M. » alimente les débats et ravive les inquiétudes. Selon des sources locales concordantes, ce projet d’aménagement couvre une superficie d’un hectare, 86 ares et 56 centiares, pour un total de 79 parcelles inscrites sur un plan officiel déjà validé. Mais si l’avancée du projet semble concrète, sa légitimité soulève de sérieuses interrogations au sein de la population, notamment de la jeunesse.

Au cœur de la polémique : l’implication du maire actuel, Alpha Bokar Khouma, aux côtés d’un ancien adjoint du maire Omar Guèye, figure de l’ancienne équipe municipale. Une alliance jugée contre-nature par plusieurs habitants, qui y voient une forme de continuité avec des pratiques de gestion foncière autrefois dénoncées pour leur opacité.

Pour nombre de jeunes, cette collaboration illustre un reniement des engagements de rupture, de justice foncière et de transparence brandis lors des dernières élections locales. Le retour des « vieilles méthodes », dénoncent-ils, compromet les espoirs placés dans un nouveau souffle municipal, attendu pour donner la priorité aux besoins réels des citoyens.

Le protocole d’accord dévoilé dans le cadre de ce lotissement prévoit une répartition des parcelles à hauteur de 60 % pour le propriétaire du terrain, les 40 % restants étant partagés entre la municipalité et le promoteur. Une formule que plusieurs acteurs locaux jugent déséquilibrée, voire injuste, estimant que les jeunes — souvent marginalisés dans les politiques foncières — risquent encore d’en être les grands oubliés.

Dans ce climat de suspicion, des voix s’élèvent pour exiger la transparence. Des habitants demandent l’ouverture d’une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur les conditions d’attribution des parcelles. D’autres appellent à une suspension immédiate de toute initiative foncière en l’absence de garanties claires sur l’équité et l’inclusion.

Pour une frange croissante de la jeunesse, il est impensable de laisser la commune redevenir le théâtre d’arrangements politiques entre anciens et nouveaux élus, à la veille d’échéances électorales décisives. Leur slogan, désormais repris dans les quartiers et sur les réseaux sociaux, est sans ambiguïté : « Non à la continuité d’une mafia foncière à Sangalkam ! Oui à une gestion transparente et participative des terres ! »

Dans ce contexte de tension, le nom de Cheikh Sow commence à émerger comme figure de proue de la contestation. Porte-voix de cette jeunesse en quête de justice foncière, il affirme incarner une génération décidée à veiller, coûte que coûte, à ce que leur avenir ne se décide plus sans eux.

Dakar sans maire élu : un conseiller municipal somme le préfet d’organiser une nouvelle élection

La gouvernance municipale de la ville de Dakar continue de susciter des remous. Ce mardi, le conseiller municipal Pape Alioune Gning a saisi officiellement le préfet du département de Dakar pour exiger l’organisation d’une élection afin de désigner un nouveau maire de la capitale. Dans une lettre adressée à l’autorité administrative, le conseiller dénonce une situation d’intérim prolongé qu’il qualifie d’illégale et contraire à l’esprit des textes régissant les collectivités territoriales.

Dans sa correspondance, Pape Alioune Gning rappelle au préfet le rôle de contrôle que doivent exercer les autorités déconcentrées sur les collectivités locales. Il évoque notamment les articles L29, L30 et L277 du code électoral, sur la base desquels l’ancien maire de Dakar a été démis de ses fonctions à la fin de l’année 2024. Une décision qu’il qualifie de conforme à la légalité et à l’exigence républicaine de respect des normes en vigueur dans un État de droit.

Cependant, six mois après cette destitution, l’élu déplore l’absence d’évolution dans la gouvernance de la ville. Il estime que l’intérim, censé être temporaire, s’est transformé en un statut permanent, vidant la fonction de maire de toute légitimité démocratique. Pour lui, la prolongation de cette situation affaiblit les institutions municipales et crée un précédent dangereux.

« Monsieur le préfet de Dakar, vous devez mettre fin à cette situation incongrue qui sape le bon fonctionnement de la municipalité et installe la mairesse dans une illégalité permanente », écrit-il dans un ton solennel. Il soutient que cette vacance prolongée compromet la continuité de l’action publique et prive les Dakarois de leur droit à une gouvernance locale légitimée par les urnes.

Au nom de ses prérogatives de conseiller municipal, Pape Alioune Gning exige ainsi, sans détour, l’organisation immédiate d’une élection municipale pour pourvoir le poste de maire de Dakar. Une requête qui risque de raviver le débat politique autour de la gestion de la capitale, dans un contexte où les tensions entre pouvoirs central et local restent vives.

Projet de dépollution de la Baie de Hann : l’ONAS déplore les manifestations à Thiaroye et précise les contours de son action

L’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS) a exprimé sa surprise et son regret suite aux violentes manifestations survenues à Thiaroye-sur-Mer le lundi 23 juin 2025. Des jeunes ont érigé des barricades et incendié des pneus pour protester contre ce qu’ils considèrent comme l’absence de garanties de restructuration urbaine dans le cadre du Projet de dépollution de la Baie de Hann. L’ONAS juge cette revendication « incompréhensible » au regard des précisions déjà apportées sur la nature du projet.

Dans un communiqué rendu public ce mardi, l’ONAS rappelle que la restructuration des quartiers ne fait pas partie des composantes du projet de dépollution de la baie de Hann. L’institution indique avoir pourtant organisé plusieurs rencontres explicatives avec les différentes parties prenantes, notamment les autorités administratives, les élus locaux, les délégués de quartiers et les jeunes de Thiaroye-sur-Mer. Selon l’Office, ces échanges ont permis de lever les équivoques dès les premières phases du projet, et un consensus avait été trouvé à ce sujet.

L’ONAS insiste sur le fait que la conduite du projet de dépollution a suivi une approche participative et inclusive. « Tout a été fait avec les principaux bénéficiaires. Tout se fera avec eux jusqu’à bon port », lit-on dans le communiqué, qui précise que cette démarche est une première du genre en Afrique de l’Ouest.

Le communiqué apporte également une clarification importante en rappelant qu’un autre projet, distinct de celui actuellement contesté, avait déjà été mis en œuvre dans la zone. Il s’agit du « Projet d’assainissement et de restructuration urbaine de Hann et de Petit Mbao », financé par l’Union Européenne et exécuté entre mai 2017 et mai 2021 par le ministère de l’Urbanisme en partenariat avec la Fondation Droit à la Ville (FDV). Ce projet, d’un coût global de 12,8 milliards de FCFA, a permis de restructurer 90 hectares à Hann Bel-Air et 30 hectares à Petit Mbao. Les quartiers de Hann-Capa, Hann-Montagne, Hann-Marigot, Hann-Village, Hann-Pêcheur ou encore Hann-Yenne ont déjà bénéficié de cette restructuration.

Quant à Thiaroye-sur-Mer, l’ONAS précise qu’un projet spécifique de restructuration y est en cours d’étude. Le recensement de la population et l’évaluation des impenses ont déjà été effectués, à la suite de la signature du décret de cessibilité. L’unique obstacle restant est la mobilisation des financements nécessaires à la mise en œuvre du projet.

En conclusion, l’ONAS appelle à l’apaisement et réitère son engagement à poursuivre le dialogue avec toutes les parties prenantes, dans le respect strict du cahier des charges du projet de dépollution ainsi que des textes réglementaires en vigueur.

Thiès : un Américain d’origine sénégalaise arrêté dans un vaste réseau de trafic international de Skunk

Un important réseau de trafic international de drogue vient d’être démantelé à Thiès par la Division opérationnelle de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS). Cette opération de grande envergure a conduit à l’arrestation d’un citoyen américain d’origine sénégalaise, identifié sous le nom de A. Ndoye, ainsi que de son épouse, tous deux au cœur d’une organisation criminelle spécialisée dans l’importation de Skunk depuis les États-Unis.

Selon les informations obtenues par le journal L’Observateur, A. Ndoye est établi depuis plus de vingt ans en Californie, un État où la culture et la distribution de certaines drogues, comme le Skunk, sont bien connues pour être associées à des réseaux criminels structurés. Profitant de ses multiples allers-retours entre la Californie et le Sénégal, il a, à plusieurs reprises, convoyé des cargaisons de Skunk, une variété de cannabis très concentrée, vers le territoire sénégalais. Sa méthode consistait à utiliser des techniques d’emballage sophistiquées afin de déjouer les contrôles aux rayons X dans les aéroports.

La dernière cargaison, qui a précipité sa chute, a été saisie à la suite d’une perquisition menée dans sa résidence de Thiès dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 juin 2025. Les enquêteurs de l’OCRTIS ont ainsi mis la main sur une quantité importante de Skunk soigneusement dissimulée. Outre la drogue, une vingtaine de biens ont été saisis, dont plusieurs titres de propriété. Ces derniers sont suspectés d’avoir été acquis grâce à un système de blanchiment d’argent alimenté par les profits générés par le trafic de drogue.

Placée en garde à vue, la tête présumée du réseau devra répondre des chefs d’accusation de trafic international de drogue dure et de blanchiment de capitaux. Son épouse, également interpellée, est poursuivie pour complicité dans les infractions qui pèsent contre son mari.

Cette affaire relance une fois de plus la question de la porosité des frontières et des dispositifs de contrôle, mais aussi celle de l’infiltration de réseaux criminels internationaux sur le territoire sénégalais. Les autorités judiciaires devraient rapidement saisir la justice pour l’ouverture d’une information judiciaire visant à élucider les ramifications locales et internationales de ce réseau, alors que l’enquête se poursuit pour remonter à d’éventuels complices encore en cavale.

Rapports d’exécution budgétaire 2024-2025 : Pape Malick Ndour critique une gestion budgétaire « incohérente » et « peu sincère »

L’économiste Pape Malick Ndour s’est exprimé sur les rapports d’exécution budgétaire du premier trimestre 2025 et du quatrième trimestre 2024. À ses yeux, les résultats révèlent des incohérences notables. En comparant les prévisions et les recettes effectivement collectées au premier trimestre 2025, il note un manque à gagner de près de 40 milliards de francs CFA. Pour l’ancien ministre, cela démontre que « ce budget est un budget de confort, non de rupture ».

Concernant le quatrième trimestre de l’année 2024, Pape Malick Ndour soulève des interrogations sur un écart de 43 milliards de francs CFA entre les recettes attendues selon la Loi de finances rectificative (LFR) et celles effectivement perçues. Ce décalage, affirme-t-il, remet en cause la « sincérité de la LFR 2024 ».

Ledakarois.sn vous livre l’intégralité de sa publication.

1.  Moins-value budgétaire : Où sont passés nos 40 milliards ? (Rapport 2025)
 
Le gouvernement nous doit des explications à ce sujet. En effet, en comparant l’objectif et les réalisations au premier trimestre, près de 40 milliards de francs CFA de recettes manquent à l’appel au cours des trois premiers mois de l’année (Tableau 1 page 5). Et pourtant, il nous avait assuré que le budget était sincère et que les prévisions collaient à la réalité économique.
 
Ce décalage soulève une question simple : les prévisions budgétaires étaient-elles fiables ? Si oui, où sont passés nos 40 milliards?
 
2. L’État s’entretient, mais n’investit plus (Rapport 2025)
 
Alors que les investissements exécutés par l’État plafonnent à 2,64 milliards FCFA au premier trimestre 2025 (dernier paragraphe page 15) et que les transferts en capital chutent de 42,2 milliards en glissement annuel, les dépenses de fonctionnement explosent : 84,65 milliards pour l’achat de biens et services et 463,93 milliards pour les transferts courants.
 
Le prétexte des lenteurs dans les passations de marchés, brandi à la page 15 du rapport de 2025 pour justifier la faiblesse des investissements exécutés par l’État, ne tient pas. Car lorsqu’il s’agit de payer, acheter ou entretenir l’appareil bureaucratique, les procédures ne semblent pas bloquées. Mais dès qu’il s’agit d’investir pour le bien-être des populations il faut l’approbation préalable de la Primature, comme annoncé en Conseil des ministres.
 
Ce budget est un budget de confort, pas de rupture. On entretient le quotidien des nouveaux élus en oubliant de s’occuper de la précarité et des urgences des populations. En d’autres termes, toujours nourrir le système et oublier la nation. Pas de transformation systèmique, le train de vie de l’Etat explose au détriment des investissements structurants qui sont sensés tirés la croissance. Un exemple frappant : les véhicules achetés par l’Assemblée nationale pour les 165 députés de l’assemblée nationale à environ 8 milliards sont près de 4 fois supérieure à l’ensemble des investissements exécuté par l’Etat au premier trimestre 2025.
 
Résultat : une croissance asphyxiée, une jeunesse oubliée, et un pays qui tourne à vide.
 
 3.  131 milliards rattachés, 43 milliards évaporés ? (Rapport 2024)
 
Dans son rapport, la Cour des comptes évoque un montant de 131 milliards de recette recouvrés en 2024 mais comptabilisés dans l’exercice 2023 (Voir premier tableau page 11 du rapport de la Cour des comptes). Le gouvernement avait expliqué que le retard dans la publication du rapport venait justement de l’impérieuse nécessité d’intégrer ces montants.
 
Logiquement, on aurait dû voir une hausse équivalente dans les recettes. Mais ce n’est pas le cas. Seuls 87,9 milliards supplémentaires apparaissent par rapport aux prévisions de la LFR. Alors, qu’en est-il réellement ? Le gouvernement a-t-il intégré les 131 milliards en totalité ?
 
Si oui, cela signifie qu’il y’a un gap de 43,1 milliards par rapport aux recettes prévues par la LFR, ce qui rend la LFR 2024 peu sincère. Si non, celà suppose que les chiffres de la Cour ont été modifiés ou revus à la baisse.
 
Dans les deux cas, le gouvernement nous doit des explications
 
 4. Un Noël budgétaire à 90 milliards ? Explications attendues… (Rapport 2024) ?
 
La Loi de finances rectificative, votée le 24 décembre 2024, prévoyait 65,2 milliards de dons. Une semaine plus tard, c’est a dire au 31 decembre fin de l’exercice, on découvre que 155,3 milliards ont été reçus. C’est un écart de 90 milliards en quelques jours.
 
Sachant combien les procédures de mise à disposition des dons sont longues et complexes, il est difficile de croire que cet argent soit arrivé par surprise en toute fin d’année.
 
Trois scénarios sont possibles :
 
A. L’État était informé de ce versement, mais a choisi de ne pas l’inclure dans la LFR. Ce serait grave en matière de transparence.
 
B. Ou bien il s’agit d’un versement exceptionnel de dernière minute, qu’il faut alors justifier clairement.
 
C. Ou enfin, s’agit il de dons cachés par l’ancien régime et non revelés par la Cour des comptes?
 
Dans tous les cas, le gouvernement est interpellé…
 
Bon Mardi..
 
Pape Malick Ndour
Ancien ministre 

Situation budgétaire du 1er trimestre 2025 : Une dette en hausse, des investissements en baisse et plus de 1 400 milliards de dépenses

Le ministère des Finances et du Budget a publié le rapport d’exécution budgétaire du premier trimestre de l’année 2025. Ce document offre une vue d’ensemble de la situation financière du pays sur les trois premiers mois de l’année, marquée par une mobilisation importante des recettes, une hausse préoccupante de la dette publique et un recul des investissements.

Selon le rapport, les ressources mobilisées au titre du budget général s’élèvent à 1 027,82 milliards de francs CFA, ce qui représente 21,44 % de l’objectif annuel fixé à 4 794,60 milliards dans la Loi de Finances Initiale 2025. Par rapport à la même période de l’année 2024, ces recettes sont en hausse de 91,06 milliards, soit une croissance relative de 9,72 %, traduisant une performance notable en matière de mobilisation des ressources.

Du côté des dépenses, le rapport indique que le montant ordonnancé atteint 1 419,45 milliards de francs CFA, ce qui équivaut à 99,97 % des crédits liquidés. Ces dépenses sont principalement constituées de dépenses ordinaires, chiffrées à 1 130,89 milliards sur une base de 1 131,37 milliards liquidés, soit un taux d’exécution de 99,96 %. Les dépenses en capital, quant à elles, s’élèvent à 288,57 milliards, exécutées intégralement à 100 %.

Cependant, ce tableau cache une pression croissante liée au service de la dette. Les charges financières associées à la dette publique ont atteint 225,24 milliards de francs CFA sur la période, soit 24,16 % des prévisions annuelles. En comparaison avec le premier trimestre 2024, ces charges ont bondi de 43,57 milliards, traduisant une hausse significative de 23,98 %. Cette progression est portée aussi bien par la dette intérieure, dont les charges ont augmenté de 25,44 milliards, que par la dette extérieure, en hausse de 18,13 milliards.

En ce qui concerne les recettes internes, elles ont été recouvrées à hauteur de 1 019,82 milliards, représentant 96,15 % de l’objectif trimestriel fixé à 1 060,70 milliards. Ces recettes se répartissent entre 960,26 milliards de recettes fiscales et 59,56 milliards de recettes non fiscales. Comparées à l’année précédente, les recettes fiscales affichent une augmentation de 99,44 milliards, soit +11,6 %, tandis que les recettes non fiscales progressent de 11,68 milliards, soit +24,4 %. Globalement, le recouvrement des ressources internes enregistre une hausse de 111,12 milliards en valeur absolue, soit une croissance globale de 12,23 % en glissement annuel.

En dépit de ces performances encourageantes sur le plan des recettes, la forte progression de la dette et la stagnation relative des investissements interrogent sur la soutenabilité à moyen terme de la politique budgétaire, dans un contexte où les pressions sociales et les besoins en infrastructures restent importants. Le gouvernement est désormais attendu sur les arbitrages à opérer pour équilibrer rigueur budgétaire, relance économique et soutenabilité financière.

Piratage numérique, crypto et cocaïne : SUNU au cœur d’un scandale de cybercriminalité internationale

L’affaire fait l’effet d’une onde de choc dans le paysage bancaire sénégalais. À peine lancée, l’application « My Sunu Corporation », nouveau fleuron digital du groupe SUNU à travers la BICIS fraîchement acquise, est au cœur d’un scandale de piratage informatique d’ampleur inédite. Ce qui devait marquer une révolution technologique dans la gestion bancaire s’est transformé en cauchemar numérique : au moins 211 millions de FCFA ont été siphonnés des comptes de clients, parmi lesquels des pharmacies, des cabinets de notaires et d’autres structures privées respectées.

D’après les révélations du journal Libération, le point de départ de cette affaire est la phase de migration informatique entamée le 7 avril 2025, lors du basculement de l’ancien système Connexis vers la nouvelle interface digitale. C’est à ce moment critique qu’un groupe de cybercriminels a profité d’une faille de sécurité pour infiltrer le réseau de la BICIS et détourner les fonds de manière méthodique.

Les premiers éléments de l’enquête ont mis au jour une opération digne d’un thriller financier. À la tête du réseau, un Nigérian du nom de Sunday Akamibé, activement recherché, est identifié comme le cerveau de l’opération. Deux complices présumés ont d’ores et déjà été interpellés par la Section de recherches de Dakar : Khadim Khouma, gérant de la société Bamba Global Industrie Suarl, opérant dans la vente d’unités Wave et de monnaie électronique, et son agent de recouvrement, Modou Diom.

Le scénario était rodé : les fonds détournés étaient redirigés vers des comptes de prête-noms, puis rapidement convertis en cryptomonnaie USDT, plus difficile à tracer. Modou Diom a reconnu devant les enquêteurs avoir été chargé de fournir des numéros de comptes destinés à réceptionner les fonds frauduleux. Il a cité notamment celui de D. Gaye, venu spontanément coopérer avec les autorités, ainsi que deux comptes appartenant à son propre employeur, Khadim Khouma. À chaque transaction, Diom aurait perçu une commission de 300 000 FCFA, rémunération pour le service rendu et la conversion des fonds.

Interrogé à son tour, Khadim Khouma s’est défendu en expliquant qu’il croyait participer à une opération de change tout à fait classique. Il admet avoir reçu deux virements totalisant 35 millions de FCFA, convertis ensuite en cryptomonnaie, mais nie avoir connaissance du caractère frauduleux de ces opérations ou toute connexion avec Sunday Akamibé. Toutefois, un point trouble son témoignage : il ne dispose d’aucun agrément pour mener ce type d’activité, ce qui le place déjà en infraction sur le plan fiscal et réglementaire.

L’enquête a pris un tournant encore plus sombre lors de la perquisition d’un bureau identifié comme étant celui du Nigérian Sunday Akamibé. En plus d’importantes sommes en liquide, les enquêteurs ont découvert 36 boulettes de cocaïne, confirmant l’implication du réseau dans des activités de trafic de drogue. Le lien entre piratage informatique, blanchiment via cryptomonnaie et narcotrafic devient alors évident, inscrivant cette affaire dans une dimension transnationale particulièrement complexe.

Selon les autorités judiciaires, pas moins de 11 autres individus ayant bénéficié de virements frauduleux sont actuellement dans le viseur des enquêteurs. Certains sont présentés comme des commerçants, d’autres comme des gérants de points de transfert d’argent, des profils variés mais tous liés par la chaîne des flux financiers suspects.

Le parquet financier n’a pas tardé à réagir en instruisant une information judiciaire, désormais confiée au juge du troisième cabinet. Les charges sont lourdes : association de malfaiteurs, complicité de vol par introduction frauduleuse dans un système informatique, recel, blanchiment de capitaux, violation des règles de change et trafic de stupéfiants. Une tempête judiciaire est en préparation, et les protagonistes risquent de longues années de détention s’ils sont reconnus coupables.

Alors que l’étau se resserre sur les complices locaux et que les techniciens de la cybersécurité poursuivent leurs investigations sur la faille exploitée, la traque de Sunday Akamibé se poursuit. Le scandale SUNU/BICIS est désormais bien plus qu’un simple piratage : il met en lumière la porosité entre technologie financière, crime organisé et défaillances de contrôle dans le système bancaire ouest-africain.

Achat de véhicules pour les députés : la polémique enfle autour de l’attribution du marché

La controverse ne faiblit pas autour de l’achat de véhicules destinés aux députés de la 15e Législature du Sénégal. Loin de s’estomper, elle gagne en intensité, notamment à cause du flou qui entoure l’attribution du marché. Des voix s’élèvent, y compris dans l’hémicycle, pour dénoncer un manque total de transparence dans cette opération que d’aucuns jugent inopportune dans le contexte économique actuel.

Parmi les détracteurs les plus virulents, le député Abdou Mbow, membre du groupe d’opposition Takku Wallu Sénégal, n’a pas mâché ses mots. Dans les colonnes de L’Observateur, il parle sans détour de « nébuleuse totale » concernant la procédure d’attribution du marché. « On n’est au courant d’aucune forme de procédure. Ce sont des gens qui ne sont pas dans la droiture », a-t-il déclaré, visiblement outré par ce qu’il considère comme une opacité injustifiable.

L’élu annonce même la couleur : l’heure des comptes viendra. « Ils ont un moment pour gérer, mais il y aura un moment pour faire l’audit des finances publiques, pour voir la responsabilité des uns et des autres », avertit-il, dans un ton de mise en garde à peine voilé.

Abdou Mbow, par ailleurs cadre de l’Alliance pour la République (APR), s’en prend directement aux responsables de Pastef, aujourd’hui aux commandes du pouvoir exécutif. Il leur reproche un changement de discours flagrant. « Ils cherchent à déplacer le débat en avançant qu’un député a besoin d’un véhicule. Mais la question ne se trouve pas à ce niveau », estime-t-il.

Selon lui, il ne s’agit pas de remettre en question la nécessité d’un véhicule pour un parlementaire, mais de souligner la contradiction entre les positions tenues par les leaders de Pastef lorsqu’ils étaient dans l’opposition et leurs pratiques actuelles. « Ils affirmaient que l’achat de véhicules pour les députés n’était pas une priorité nationale. »

La critique d’Abdou Mbow se fait encore plus sévère lorsqu’il évoque les premières déclarations du nouveau régime, qui avait décrit une situation économique catastrophique à son arrivée au pouvoir. « Ils ont déclaré que le pays était à l’arrêt, que les ressources avaient été dilapidées, que les chiffres avaient été falsifiés, qu’on s’était endetté. Et c’est à ce moment précis qu’ils trouvent le plaisir d’acheter des véhicules pour des députés ! », s’indigne-t-il.

Pour le parlementaire, cet acte est le symbole d’une gestion aux antipodes des engagements de sobriété et de rupture prônés par le nouveau pouvoir. Il conclut en accusant les nouveaux dirigeants de vouloir « se donner des privilèges tout en appauvrissant davantage les Sénégalais. »

Au-delà de la question logistique de dotation en véhicules, la polémique soulève des interrogations plus profondes sur la gouvernance, la cohérence des engagements politiques et l’usage des deniers publics dans un contexte où la population fait face à une pression économique croissante.

Un conseiller clientèle de la Société Générale du Sénégal écroué pour un détournement de 74 millions FCFA

Un nouveau scandale financier vient secouer le secteur bancaire sénégalais. O. Bah, âgé de 51 ans, conseiller clientèle à la Société Générale du Sénégal (ex-SGBS), a été arrêté par la Division des investigations criminelles (DIC) pour détournement de fonds. L’homme a ensuite été inculpé et placé sous mandat de dépôt par le juge du troisième cabinet financier.

Selon les informations du journal Libération, les faits reprochés à O. Bah s’étendent sur une période allant de novembre 2022 à juin 2024. Durant ce laps de temps, il aurait orchestré au moins cinq opérations frauduleuses pour un montant global dépassant les 74 millions de francs CFA.

Le mode opératoire du mis en cause révèle un système élaboré, fondé sur l’exploitation de failles internes. Profitant de son accès privilégié aux comptes clients, O. Bah ciblait spécifiquement des comptes inactifs ou faisant l’objet de saisies judiciaires. Il y prélevait alors d’importantes sommes d’argent, qu’il transférait d’abord vers un compte de transit ouvert à l’étranger par son propre neveu.

La manœuvre ne s’arrêtait pas là. Grâce à l’application « SG Connect », O. Bah redirigeait ensuite les fonds vers plusieurs comptes bancaires à son nom, ouverts dans différentes institutions financières sénégalaises. Une stratégie pensée pour brouiller les pistes et tenter d’échapper à tout soupçon.

Mais les mouvements suspects n’ont pas échappé aux systèmes de contrôle interne de la banque, qui a rapidement saisi les autorités. Une enquête a alors été ouverte, aboutissant à l’interpellation puis à l’incarcération du suspect.

L’affaire met en lumière les risques toujours présents dans le secteur bancaire, notamment en matière de gestion des accès et de contrôle des opérations sur les comptes inactifs. Elle soulève également des interrogations sur les mécanismes de vérification des transferts internationaux et la sécurité des applications bancaires mobiles.

La Société Générale du Sénégal n’a, pour le moment, pas communiqué officiellement sur cette affaire, mais des sources proches du dossier indiquent que des audits internes sont en cours pour détecter d’éventuelles complicités ou d’autres opérations similaires.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°494 – 24/06/2025

🔴 RAPPORTS D’EXÉCUTION BUGDGÉTAIRE / SECTEURS DE LA DÉFENSE, DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES, DE LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT, ETC : CES INVESTISSEMENTS SONT-ILS LUCRATIFS ?
🔴 LE SYTJUST ET L’UNTJ EN GRÈVE POUR 72 HEURES : LA JUSTICE PRISE EN OTAGE

🔴 17 ARRESTATIONS ET DU CHANVRE SAISI APRÈS ZARCO / SA THIÈS : LE COMBAT FAIT RAGE, LES MALFRATS AUSSI
🔴 23 LIONNES EN ROUTE POUR L’AFROBASKET 2025 : LA PRÉPARATION PEUT COMMENCER !

Budget 2025 : des recettes en hausse, mais des dons étrangers en chute libre

Le premier trimestre 2025 marque une dynamique contrastée dans l’exécution budgétaire de l’État du Sénégal. Selon le rapport d’exécution budgétaire publié par le ministère des Finances, les recettes globales enregistrées à la fin du mois de mars s’élèvent à 1 027,82 milliards de francs CFA, soit 21,44 % des prévisions annuelles fixées dans la Loi de Finances Initiale (LFI). Cette performance représente une hausse notable de 91,06 milliards en valeur absolue par rapport à la même période de l’année précédente, soit une progression de 9,72 % en glissement annuel.

Ce bon résultat repose principalement sur les recettes internes, qui s’établissent à 1 019,82 milliards de francs CFA. Elles représentent 22,42 % des objectifs annuels. Le document du ministère souligne que ces ressources internes ont progressé de 12,23 % par rapport au premier trimestre de 2024, confirmant ainsi la montée en puissance de la mobilisation fiscale et non fiscale.

Les recettes fiscales, en particulier, se démarquent avec un total de 960,26 milliards de francs CFA. Elles enregistrent une progression de 99,44 milliards, soit une croissance de 11,6 % sur un an. Cette performance témoigne d’un meilleur rendement des impôts intérieurs, soutenu par l’élargissement de l’assiette fiscale et une amélioration de la discipline dans les services de recouvrement. Les recettes non fiscales suivent la même tendance haussière, avec un total de 59,56 milliards de francs CFA, en progression de 24,4 % par rapport au premier trimestre de 2024.

Cependant, cette dynamique intérieure masque une nette contre-performance sur le plan de la coopération extérieure. Les dons étrangers, qui constituent une source de financement essentielle pour certains projets de développement, ont enregistré une chute spectaculaire. Seuls 8 milliards de francs CFA ont été mobilisés au titre des dons à la fin mars, soit à peine 3,27 % des prévisions de l’année. Ce chiffre contraste fortement avec les 28,06 milliards collectés à la même période en 2024, traduisant une baisse alarmante de 71,49 %.

Les dons reçus sont exclusivement des dons en capital, en provenance principalement de la Banque mondiale (à hauteur de 35 %) et de la banque allemande KFW (15 %). Aucun don courant n’a été enregistré durant cette période, accentuant le recul du soutien budgétaire direct.

Cette diminution drastique des dons soulève des inquiétudes quant à la dépendance partielle du Sénégal vis-à-vis de l’aide extérieure pour financer ses projets d’investissement. Elle pourrait aussi refléter un repositionnement des partenaires techniques et financiers, ou des retards dans l’approbation et la mise en œuvre des projets.

Ainsi, malgré une hausse encourageante des recettes internes, l’équilibre budgétaire reste fragile face à la contraction de l’aide extérieure. Cette situation pourrait pousser l’État à renforcer ses efforts de mobilisation interne, mais aussi à réévaluer ses partenariats pour sécuriser les flux de financements extérieurs indispensables au développement économique du pays.

UEMOA : près de 2000 milliards FCFA mobilisés en avril 2025 sur le marché régional des titres

Dans sa dernière note de conjoncture économique publiée ce lundi, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) signale une forte mobilisation de ressources par les États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) sur le marché régional des titres publics au mois d’avril 2025. En dépit d’un léger ralentissement de l’activité boursière à la BRVM, les pays de l’Union ont levé un total impressionnant de 1 990 milliards de FCFA, un bond de 1 008,9 milliards par rapport au mois de mars.

Cette dynamique haussière est largement portée par les émissions par adjudication, qui ont généré 1 573,4 milliards de FCFA. Ce montant se répartit entre 605,5 milliards de bons du Trésor, représentant 38,5 %, et 967,9 milliards d’obligations assimilables du Trésor, soit 61,5 %. La performance mensuelle reflète une hausse significative de +60,4 %, principalement imputable à l’envolée des émissions obligataires, en hausse de +223,3 % par rapport à mars.

Sur un an, la croissance est encore plus marquée. Le volume global des émissions par adjudication a bondi de +88,9 %, soit 740,6 milliards de FCFA supplémentaires. Le marché par syndication a, quant à lui, enregistré une seule opération au cours du mois, d’un montant de 416,6 milliards de FCFA.

Le taux de couverture des émissions par adjudication reste élevé, à 123,2 %, confirmant la confiance des investisseurs régionaux dans la signature des États de l’Union. Cette robustesse témoigne d’une perception favorable du risque souverain dans l’espace UEMOA, malgré les défis économiques persistants.

Sur le plan boursier, les performances sont restées mitigées. L’indice BRVM Composite a enregistré un recul de 0,1 %, s’établissant à 287,1 points, tandis que le BRVM 30, qui regroupe les valeurs les plus échangées de la place, a baissé de 0,3 %, pour atteindre 144,1 points à fin avril 2025. Comparés à mars 2024, les deux indices affichent un recul de 2,1 % et 2,2 %, respectivement. Toutefois, en glissement annuel, la tendance demeure largement positive, avec une hausse remarquable de +31,6 %.

Parallèlement, la capitalisation boursière totale poursuit sa progression. Elle atteint désormais 21 565,8 milliards de FCFA, en hausse de 16,7 % sur un an. Dans le détail, le marché des actions représente 11 070,0 milliards de FCFA, avec une croissance annuelle de 38,0 %, tandis que le marché obligataire enregistre une progression plus modeste de 2,2 %, s’établissant à 10 495,8 milliards de FCFA.

Rapport budgétaire 2024 : Des recettes record mais une pression budgétaire croissante

Le ministère des Finances et du Budget a rendu public, ce lundi, le Rapport d’Exécution Budgétaire du quatrième trimestre 2024, en application de l’article 70 de la loi organique relative aux lois de finances et du Code de transparence dans la gestion des finances publiques. Ce document, qui anticipe l’adoption du Projet de Loi de Règlement (PLR) 2024, lève le voile sur les grandes tendances budgétaires qui ont marqué l’exercice écoulé. Entre mobilisation exceptionnelle des recettes et forte expansion des dépenses, le rapport dévoile les tensions réelles qui traversent les finances publiques sénégalaises.

À la date du 31 décembre 2024, les recettes et dons du budget général ont atteint 4 005,21 milliards de FCFA, dépassant les prévisions initiales avec un taux d’exécution de 103,91 %. Cette performance reflète une bonne dynamique dans la collecte des ressources fiscales et parafiscales. Toutefois, cette progression ne suffit pas à contenir une dépense publique galopante.

En effet, les dépenses totales de l’État se sont établies à 6 506,16 milliards de FCFA, pour un taux d’exécution de 103,70 %. Cette enveloppe est composée de 4 239,02 milliards de dépenses ordinaires, notamment les salaires, les subventions et le service de la dette, et de 2 267,14 milliards de dépenses en capital, témoignant de l’effort d’investissement de l’État.

Mais derrière ces chiffres, le rapport fait état d’arriérés de paiement préoccupants. Les factures impayées au titre de l’exercice 2024 comprennent 146,3 milliards de subventions au secteur de l’énergie, 105,20 milliards pour des travaux réalisés dans le secteur du BTP, et 249,5 milliards d’investissements non réglés, bien qu’ayant été financés sur ressources extérieures. Ces arriérés soulignent les limites de la capacité de l’État à faire face à l’ensemble de ses engagements financiers dans un contexte budgétaire contraint.

Le rapport offre également un aperçu de la situation du Fonds National de Retraite (FNR). Les recettes cumulées du FNR au 31 décembre 2024 s’élèvent à 177,01 milliards de FCFA, réparties entre 153,15 milliards pour le régime de base et 23,86 milliards pour le régime complémentaire. Les dépenses totales du FNR, y compris les remboursements, atteignent 141,395 milliards de FCFA, contre 139,282 milliards l’année précédente. Le taux d’exécution s’élève à 83,91 % par rapport aux crédits ouverts de 165,8 milliards de FCFA.

Par ailleurs, le rapport démographique du FNR affiche une légère amélioration. Le nombre de cotisants s’établit à 144 543, contre 75 134 pensionnés, soit un ratio de 1,92 cotisant pour un pensionné, contre 1,86 en 2023. Ce redressement timide reste néanmoins insuffisant pour inverser la tendance structurelle de déséquilibre qui menace la soutenabilité du régime de retraite à moyen terme.

Au final, si les performances de mobilisation des recettes sont à saluer, le rapport met en exergue les défis persistants liés à la maîtrise des dépenses, au paiement des engagements de l’État et à la soutenabilité globale de la politique budgétaire. Dans un contexte économique encore marqué par l’incertitude des marchés extérieurs et les tensions sociales internes, ces éléments appellent à une gestion rigoureuse et plus prévoyante des ressources publiques.

Budget 2024 : des recettes record mais des tensions persistantes sur les finances publiques

Le Sénégal a clôturé l’année 2024 avec une performance remarquable en matière de mobilisation des recettes publiques, dépassant même les prévisions inscrites dans la loi de finances rectificative. D’après le rapport publié par le ministère des Finances, le taux d’exécution budgétaire s’est établi à 103,91 % pour les recettes et à 103,70 % pour les dépenses du budget général. Des chiffres qui traduisent un dynamisme apparent, mais qui cachent en réalité une pression croissante sur les finances publiques.

Selon ce document officiel, les dépenses de l’État ont atteint un montant total de 6 506,16 milliards de francs CFA, contre 6 273,52 milliards initialement prévus. Cette hausse des charges est en grande partie attribuable à l’envolée des dépenses en capital, qui se sont établies à 2 267,14 milliards, mais aussi à la progression continue des dépenses ordinaires. Ces dernières, estimées à 4 239,02 milliards, comprennent 1 420,36 milliards de dépenses de personnel, illustrant l’impact des recrutements dans les forces de défense et des rappels salariaux, et 822,32 milliards affectés au service de la dette.

Le rapport du ministère met en lumière des tensions croissantes liées à l’accumulation d’arriérés de paiement, ce qui vient tempérer les bons résultats obtenus en matière de recettes. À la fin de l’année, les impayés s’élevaient à 146,3 milliards de francs CFA au titre des subventions à l’énergie, à 105,20 milliards pour les travaux réalisés dans le secteur des BTP, et à 249,5 milliards d’investissements non réglés, financés sur des ressources extérieures. Ces chiffres traduisent un retard significatif dans la chaîne des paiements, qui pourrait compromettre la viabilité de certains projets publics.

Autre signal d’alerte : la charge de la dette publique a connu une progression spectaculaire de 44,5 % par rapport à 2023, atteignant 822,32 milliards de francs CFA. Cette hausse est due à une forte augmentation aussi bien de la dette extérieure, en croissance de 36,64 %, que de la dette intérieure, qui a bondi de 93,33 %. Cette dynamique traduit un recours accru aux emprunts pour couvrir les dépenses courantes, au risque d’alourdir le poids du service de la dette sur les finances publiques à moyen terme.

L’embellie observée au niveau des recettes ne suffit donc pas à masquer les inquiétudes sur la soutenabilité budgétaire. En effet, si le Sénégal a réussi à maintenir un haut niveau de mobilisation fiscale et de financement extérieur en 2024, la persistance d’arriérés et la croissance rapide des charges contraignent la marge de manœuvre de l’État. La trajectoire budgétaire future dépendra ainsi de la capacité des autorités à contenir les dépenses, à améliorer la qualité des investissements et à renforcer la discipline dans l’exécution des engagements publics.

Thiaroye-sur-Mer en colère : violentes manifestations contre un projet imposé sans garanties foncières

La matinée du lundi 23 juin 2025 a été marquée par une vive agitation à Thiaroye-sur-Mer, où les populations locales ont exprimé leur colère face au projet de dépollution de la baie de Hann, qu’elles jugent imposé sans concertation ni garanties sur leurs droits fonciers. Des scènes de protestation ont paralysé la Route Nationale 1, provoquant des embouteillages massifs et une interruption quasi totale de la circulation.

Le point de tension s’est cristallisé aux abords du cinéma Thiaroye, où des jeunes manifestants ont érigé des barricades et mis le feu à des pneus, bloquant les deux voies de l’axe stratégique. La situation a rapidement dégénéré, transformant ce quartier de la banlieue dakaroise en un foyer incandescent de contestation. Plusieurs automobilistes ont été contraints de rebrousser chemin, pris au piège d’un chaos routier nourri par une vive exaspération populaire.

À l’origine de cette mobilisation : l’annonce de travaux liés à l’aménagement du quai de Thiaroye, dans le cadre du programme national de dépollution de la baie de Hann, soutenu par des bailleurs internationaux. Si le projet vise à améliorer l’environnement côtier, les habitants dénoncent une opération menée sans dialogue réel avec les communautés concernées.

« On ne peut pas nous imposer un projet alors que notre problème prioritaire, ce sont nos terres. On attend toujours les titres de propriété, et personne ne nous dit ce qu’il va advenir de nos maisons », déclare un jeune manifestant, visiblement frustré. La colère exprimée traduit une peur diffuse : celle d’une éviction ou d’une restructuration urbaine non maîtrisée, sans compensation équitable ni accompagnement social.

Les protestataires exigent des engagements clairs de la part des autorités, avant toute avancée du projet. Parmi leurs revendications figurent la régularisation foncière des parcelles occupées, un plan de restructuration urbaine inclusif et transparent, ainsi que l’implication formelle des populations dans chaque étape du projet. « On ne veut pas vivre un remake de ce qui s’est passé ailleurs, où des projets dits de modernisation ont fini par déloger les habitants », avertit un responsable de quartier.

Alors que la tension persiste, les autorités locales n’ont pas encore officiellement réagi aux événements. Toutefois, la nature et l’ampleur des manifestations de ce 23 juin interpellent sur la nécessité de repenser les modes de concertation entre l’État et les communautés locales, notamment dans les zones à forte pression foncière comme la banlieue dakaroise.

À Thiaroye-sur-Mer, la contestation populaire met en lumière un malaise profond : celui d’une population qui se sent ignorée dans les décisions qui affectent directement son avenir et son territoire. Le projet de dépollution, pourtant crucial pour la santé environnementale de la baie de Hann, pourrait ainsi être compromis si les préoccupations des habitants ne sont pas prises en compte avec sérieux et respect.

Lutte contre l’émigration irrégulière : 60 candidats interceptés à Popenguine

Un nouveau coup de filet dans la lutte contre l’émigration irrégulière a été réalisé ce week-end à Popenguine. Dans une opération coordonnée par la brigade territoriale de la gendarmerie nationale, soixante individus ont été interpellés alors qu’ils s’apprêtaient à embarquer clandestinement à bord d’une pirogue. L’opération, rendue possible grâce à des renseignements fiables et précis, témoigne de la vigilance accrue des forces de sécurité sur les zones côtières.

Les personnes arrêtées sont de nationalités diverses, illustrant le caractère régional de ce fléau migratoire. Parmi les candidats figuraient 29 Gambiens, dont deux femmes, ainsi qu’un Sierra-Léonais, un Bissau-Guinéen, un Guinéen et 28 Sénégalais. Cette diversité montre que les côtes sénégalaises restent un point névralgique dans les réseaux de migration irrégulière qui couvrent l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les forces de l’ordre soupçonnent l’existence d’un vaste réseau transfrontalier, structuré et actif dans plusieurs pays de la sous-région. Des enquêtes ont été ouvertes afin de démanteler les circuits d’organisation, d’identifier les passeurs impliqués et de saisir d’éventuels moyens logistiques utilisés pour ces tentatives de départ.

Cette intervention s’inscrit dans le cadre des instructions opérationnelles données par le Haut commandement de la gendarmerie nationale, qui a ordonné un renforcement du dispositif de surveillance et de dissuasion tout au long des côtes sénégalaises. L’objectif affiché est clair : couper les réseaux à la racine et prévenir les départs souvent mortels de jeunes désespérés.

Ce coup de filet à Popenguine vient rappeler l’ampleur du défi migratoire auquel fait face le Sénégal. Malgré les risques et les multiples campagnes de sensibilisation, de nombreux jeunes continuent de braver la mer, poussés par le désespoir économique, l’illusion de meilleures perspectives ailleurs, ou tout simplement par la pression sociale. Les autorités, elles, semblent déterminées à intensifier la réponse sécuritaire, tout en poursuivant les efforts diplomatiques et sociaux visant à offrir des alternatives viables aux candidats à l’exil.

Abdoulaye Tall répond à Guy Marius Sagna : « Il n’y a pas de gestion opaque à l’Assemblée »

Invité de l’émission Objection sur Sud FM le 22 juin, Me Abdoulaye Tall, président de la Commission des lois à l’Assemblée nationale et porte-parole du parti Pastef, a vigoureusement démenti les accusations lancées par Guy Marius Sagna concernant une prétendue absence de rupture dans la gestion parlementaire. L’avocat a affirmé sans ambages que « l’Assemblée nationale n’est pas gérée de manière opaque », appelant son camarade à produire des preuves tangibles de ses allégations.

Me Tall a qualifié les critiques de Guy Marius Sagna de « déconnectées des faits », affirmant que de nombreuses décisions, comme l’achat de véhicules pour les députés, avaient été débattues en toute transparence, y compris au sein du groupe parlementaire majoritaire de Pastef. Selon lui, cette concertation dément toute accusation d’obscurité dans le processus décisionnel.

S’agissant de l’indemnité mensuelle de 900 000 FCFA accordée à chaque député sous la 14ᵉ législature, Me Tall a défié Guy Marius Sagna en ces termes : « Qu’il nous explique alors pourquoi il ne l’a pas refusée s’il trouvait la pratique injuste ? » Cette question vise à mettre en lumière la cohérence entre les propos et les actes des critiques internes.

Me Tall a également apporté des précisions concernant les avances de Tabaski réglées aux députés, précisant qu’il ne s’agissait nullement d’une distribution généralisée, mais bien de « d’avances sur salaire plafonnées à 300 000 FCFA, accordées à quelques députés sur demande ». Ces précisions visent à clarifier le dispositif et à dissiper toute confusion sur un prétendu favoritisme généralisé.

Au-delà de la clarification, Me Tall a mis en garde contre ce qu’il considère comme des discours populistes capables de ternir l’image de la législature actuelle. Il a rappelé que certains députés traversent une véritable précarité et que leurs sacrifices, pour beaucoup, ne sont pas toujours reconnus à leur juste valeur.

Par ses propos, Abdoulaye Tall cherche non seulement à défendre la transparence et l’intégrité de la gestion parlementaire, mais aussi à défendre Pastef contre les attaques internes et à instaurer un débat plus factuel et moins émotionnel. Il insiste sur la nécessité d’un dialogue étayé par des faits, dans le respect de la cohérence et de l’éthique politique.

Remous dans le secteur de la justice : SYTJUST et UNTJ déclenchent une grève de 72 heures

Le secteur judiciaire sénégalais s’apprête à connaître de sérieuses perturbations cette semaine. Les deux principales organisations syndicales du domaine, le Syndicat des travailleurs de la justice (SYTJUST) et l’Union nationale des travailleurs de la justice (UNTJ), ont annoncé une grève de 72 heures, qui démarre ce lundi 23 juin 2025 sur l’ensemble du territoire national.

Dans un communiqué conjoint, les deux syndicats dénoncent ce qu’ils qualifient de « non-respect des engagements » pris par les autorités, pointant du doigt des promesses non tenues en matière d’amélioration des conditions de travail. Selon eux, malgré de nombreuses démarches et multiples alertes, le gouvernement reste sourd aux revendications posées depuis plusieurs mois. Ils réclament des mesures concrètes pour améliorer aussi bien le cadre matériel que les conditions morales des agents judiciaires.

Les syndicalistes affirment que la mobilisation est totale et que leur détermination reste intacte. Ils appellent l’ensemble des travailleurs du secteur judiciaire, toutes catégories confondues, à faire bloc autour de cette action pour accentuer la pression sur l’État. Selon leurs propos, seules une solidarité active et une pression collective soutenue peuvent contraindre les autorités à apporter des réponses concrètes.

Ce mot d’ordre de grève, s’il est massivement suivi, risque d’avoir un impact significatif sur le fonctionnement normal des juridictions et des services rattachés au ministère de la Justice. Les tribunaux pourraient voir leurs audiences suspendues, les greffes paralysés, et de nombreux actes administratifs retardés, affectant aussi bien les justiciables que les professionnels du droit.

Cette nouvelle poussée de tension dans le secteur intervient dans un contexte de forte demande de réformes et d’assainissement dans l’appareil judiciaire. Elle rappelle à quel point les dysfonctionnements structurels, l’absence de dialogue social efficace et le retard dans l’application des accords sociaux continuent d’alimenter un climat de frustration chez les agents publics.

Alors que les regards sont tournés vers les nouvelles autorités pour une refondation de l’État, les syndicats du secteur de la justice donnent le ton d’une rentrée sociale agitée, décidés à ne plus faire de concessions face au silence de l’État.

Mbaye Dione critique le régime Diomaye-Sonko : « Ils doivent être aidés, car ils ne savent pas où conduire ce pays »

À l’occasion de la célébration du 26e anniversaire de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), organisée ce samedi 21 juin 2025, le nouveau secrétaire général du parti, Mbaye Dione, a livré une lecture critique de la situation économique et politique du pays sous le régime du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko. Pour celui qui succède à Moustapha Niasse à la tête de l’AFP, le pays traverse une phase de turbulences multiformes, et le pouvoir en place semble désorienté.

Dans son allocution, Mbaye Dione n’a pas manqué de rappeler l’actualité brûlante des enseignements de Moustapha Niasse, en particulier ceux contenus dans son message du 16 juin 1998. À ses yeux, ce message reste d’une pertinence intacte face aux « signes de difficultés dans tous les secteurs » que traverse aujourd’hui le Sénégal. Le chef de l’AFP a dressé un diagnostic alarmant de la gouvernance actuelle : « Tous les secteurs sont à l’arrêt, la situation du pays est préoccupante, ces gens ont besoin d’être aidés », a-t-il affirmé, soulignant une fragilité économique et institutionnelle généralisée.

Mbaye Dione a notamment pointé du doigt les tensions économiques marquées par un tarissement des financements extérieurs. Selon lui, le débat sur la dette a dissuadé de nombreux bailleurs, dont le FMI, de poursuivre leurs engagements, ce qui a contraint l’État à recourir à des financements à court terme simplement pour couvrir ses dépenses. Ce recul budgétaire, estime-t-il, freine l’investissement public et aggrave la détresse sociale.

Dans sa critique, l’ancien maire de Ngoundiane a élargi le propos à d’autres sphères de la gouvernance. Il a évoqué une diplomatie qu’il juge affaiblie, citant les échecs répétés de candidatures sénégalaises à des postes stratégiques à l’international. Il a également soulevé ce qu’il qualifie de « confusion des rôles » entre le président de la République, chef de la diplomatie, et le Premier ministre, qu’il accuse de s’arroger certaines prérogatives.

Sur le plan économique, il a déploré l’absence de projets structurants et la paralysie de plusieurs secteurs, en particulier les BTP. Il a aussi évoqué une vague de licenciements touchant aussi bien le secteur public que le privé, signe selon lui d’un ralentissement préoccupant de l’activité.

Abordant les questions de démocratie et d’État de droit, Mbaye Dione s’est montré particulièrement inquiet. Il a dénoncé une série d’arrestations qu’il qualifie d’arbitraires, tout en condamnant ce qu’il perçoit comme une « chasse aux sorcières » contre les figures de l’ancien régime. Pour lui, ces pratiques marquent un recul démocratique et une remise en cause des libertés individuelles et collectives. Il appelle ainsi au respect des principes chers à Moustapha Niasse, notamment la justice équitable et l’indépendance des institutions.

Concluant sur une note à la fois critique et ouverte, Mbaye Dione a estimé que le régime actuel mérite d’être aidé, non par adhésion, mais parce qu’il donne des signes d’égarement : « Les nouveaux gouvernants méritent d’être aidés parce qu’ils ne savent pas où conduire ce pays. Depuis son installation, le gouvernement emprunte un rythme effréné sur le marché de l’UEMOA. L’absence aussi d’une économie cohérente aggrave la situation », a-t-il déclaré, appelant à une prise de conscience nationale au-delà des clivages politiques.

Guy Marius nous distrait. Le vrai pillage continue en silence. 22 milliards de budget. Où est passé l’argent du peuple ?

Aujourd’hui, dans le débat public, certains parlent des privilèges indus, d’autres répliquent, se justifient, se contredisent et s’affrontent sur des mots. Pendant ce temps, les vrais sujets ne sont toujours pas posés.

Guy Marius Sagna et ses camarades nous détournent du vrai débat que nous avons posé depuis longtemps. Ils veulent nous piéger dans des futilités, alors que le cœur du problème est ailleurs.

L’Assemblée nationale comme l’ensemble de l’appareil d’État a été transformée, depuis des années, en système organisé de prédation des ressources publiques. Ce que nous voulons aujourd’hui, ce n’est pas simplement ajuster la manière de piller. Ce que nous voulons, c’est en finir avec le pillage lui-même.

C’est pour cela que nous exigeons des comptes, ligne par ligne. Parce que derrière chaque poste budgétaire flou, il y a une logique systémique de prédation, installée depuis trop longtemps. Et il ne s’agit pas de l’aménager. Il s’agit d’y mettre fin. Radicalement. Définitivement.

Le budget de l’Assemblée nationale n’aurait jamais dû passer de 20 milliards à 22 milliards pour un régime qui avait promis de le diviser par deux quand il était encore à 16,8 milliards. Cette seule évolution budgétaire est une trahison. Elle contredit frontalement tous les discours de rupture et toutes les promesses faites au peuple.

On nous a promis la transparence, la redevabilité, le respect du peuple. Mais aujourd’hui, en juin 2025, il n’y a toujours aucun rapport public sur les dépenses de l’Assemblée nationale. Pas un seul chiffre. Pas un seul bilan. Pas une seule ligne budgétaire mise à disposition du peuple. Ce silence n’est pas seulement inquiétant. Il est inacceptable.

Dès les premiers déplacements du président de l’Assemblée nationale à l’étranger, nous avons interpellé publiquement. Nous avons demandé, calmement et fermement, que soient rendus publics les coûts détaillés de chaque mission : le prix du billet d’avion, les frais d’hébergement, les indemnités journalières, les dépenses logistiques, mais aussi le motif du déplacement et les résultats concrets obtenus pour le Sénégal. Jusqu’à présent, aucune réponse. Aucune publication. Aucune justification.

Nous avons également posé la question de la structure et du coût du cabinet du président de l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, il est entouré de conseillers spéciaux, de conseillers techniques, de chargés de mission, d’agents administratifs divers. Ce que nous demandons, ce ne sont pas leurs noms. Ce que nous demandons, c’est leur nombre, leur statut, leurs salaires, leurs avantages, leurs véhicules, et surtout la justification de leur présence. Que produisent-ils ? Quelles notes rédigent-ils ? Quels rapports ont-ils remis ? Le peuple ne paie pas pour des postes décoratifs. Il paie pour un service rendu. Et jusqu’à présent, ce service n’est visible nulle part.

De la même manière, des moyens sont mis à la disposition des députés pour leur permettre de faire leur travail. Certains disent qu’ils se déplacent, qu’ils font des kilomètres, qu’ils vont vers les populations. C’est très bien. Mais ce que nous demandons, c’est de savoir dans quel cadre ces déplacements sont faits. Est-ce pour aller recueillir les doléances des populations, pour faire un travail parlementaire sérieux, pour formuler des propositions ? Ou est-ce pour entretenir leur base politique, préparer leur prochaine élection, mobiliser leur parti ? Là encore, ce n’est pas un débat idéologique. C’est une question de principe républicain. L’argent public ne peut pas servir à financer des activités politiques privées.

C’est pourquoi nous exigeons que chaque déplacement de députés financé par l’Assemblée nationale soit justifié, un objectif précis et un rapport d’activité. Il faut que le peuple sache où ses représentants vont, pourquoi ils y vont, combien cela coûte et ce qu’ils ont fait sur le terrain. La représentation ne peut pas être un mot vide. Elle doit être tracée, mesurée, évaluée.

À ceux qui disent : “les anciens régimes faisaient pire”, nous répondons clairement. Oui, les anciens régimes étaient catastrophiques. Ils étaient opaques, arrogants, illégaux. Ils ont ignoré la loi et ils ont refusé de rendre des comptes. Et c’est exactement pour cela que le peuple les a chassés du pouvoir.

Alors ne venez pas nous dire que c’est déjà bien de “parler” de transparence. Non. Parler ne suffit pas. La seule vraie différence, c’est de faire. Sinon, vous êtes comme eux. Si vous pensez vraiment qu’ils ont mal agi, alors soyez cohérents jusqu’au bout. Engagez des procédures. Si les anciens présidents de l’Assemblée nationale ont refusé de publier les comptes alors que la loi les y obligeait, cela constitue une faute grave. Ce sont des faits suffisants pour ouvrir des enquêtes. Que ceux qui ont violé la loi soient poursuivis. Qu’ils s’expliquent devant la justice. Et s’ils sont coupables, qu’ils soient sanctionnés. Voilà ce que signifie être conséquent. Voilà ce que signifie respecter le peuple. On ne peut pas dénoncer l’impunité d’un côté et lui serrer la main de l’autre. On ne peut pas dire qu’on rompt avec un système tout en conservant ses complicités.

Et au cœur de tout cela, une vérité simple s’impose : la seule preuve sérieuse de transparence, c’est la publication immédiate, complète et détaillée du rapport de la Commission de la Comptabilité et du Contrôle budgétaire. Nous ne voulons pas d’un rapport global ou approximatif. Nous ne voulons pas de chiffres ronds présentés par blocs. Nous exigeons le détail. Franc par franc. Ligne par ligne. Rubrique par rubrique. Avec les dates, les montants, les bénéficiaires, les justificatifs, les objectifs. Rien de moins. Publier un rapport flou et dire que les autres ne l’avaient pas fait ne vaut rien. Ce n’est pas une course contre le passé. C’est une exigence envers le peuple d’aujourd’hui.

Et de la même manière, il faut dire clairement que les rapports d’exécution budgétaire publiés du pouvoir exécutif ne suffisent pas non plus. Oui, c’est mieux que rien. Mais ils restent trop macroscopiques. Ils parlent en milliards, en agrégats, en masses globales. On nous dit : tant de milliards pour les investissements, tant pour les ministères, tant pour le fonctionnement. Mais on ne voit jamais les vraies lignes. On ne voit pas combien a été dépensé pour tel contrat, tel marché, tel voyage, tel évènement, tel cabinet, telle mission. Ce que nous voulons, ce n’est pas une image floue de la dépense publique. Ce que nous voulons, c’est une radiographie précise.

Ce que nous voulons, ce n’est pas une comptabilité d’apparence. C’est une comptabilité citoyenne. Il est temps que l’État du Sénégal passe d’une culture de l’annonce à une culture de la preuve. Il est temps que chaque ministère, chaque direction, chaque agence rende des comptes avec des chiffres lisibles, vérifiables, ligne par ligne et idéalement en temps réel. 

Et ce que nous exigeons pour l’Assemblée nationale aujourd’hui, nous le demanderons pour les autres centres de pouvoir demain. Cette exigence ne s’arrêtera pas ici. Nous exigerons la même chose de la Présidence de la République, de la Primature, des ministères, des directions nationales, des agences publiques. Nous voulons savoir, partout, comment chaque franc public est utilisé. Durant ce mandat, nous suivrons tout. Et nous verrons si une plateforme publique, lisible, accessible à tous, sera créée pour retracer l’ensemble des dépenses de l’État, ligne par ligne, sans exception. Nous le dirons. Nous le rappellerons. Et nous le vérifierons.

Tant que cela ne sera pas fait, les discours ne suffiront pas. Les justifications ne passeront pas. Le peuple ne lâchera pas. Parce que c’est notre argent. Parce que c’est notre Assemblée. Parce que c’est notre droit.

Ameth DIALLO

Coordinateur national de Gox Yu Bees

Combat de lutte Zarco/Sa Thiès : 17 interpellations et du chanvre saisi à Grand Yoff

Le face-à-face très attendu entre Zarco et Sa Thiès, organisé ce week-end, n’a pas seulement mobilisé les amateurs de lutte. Il a également donné lieu à un important déploiement des forces de sécurité, notamment à Grand Yoff, bastion de plusieurs acteurs de l’arène, où les autorités ont procédé à des interpellations et à des saisies.

Dans un communiqué publié ce dimanche, la Police nationale a confirmé que dix-sept personnes ont été interpellées dans le cadre du dispositif de sécurisation mis en place autour de l’événement. Selon le texte, ces arrestations ont été réalisées pour des infractions allant du trafic de drogue à la tentative de vol, en passant par des rixes et des vérifications d’identité.

Le Commissariat d’arrondissement de Grand Yoff, chargé de la couverture sécuritaire de cette zone sensible, a saisi 250 grammes de chanvre indien ainsi que cinq motos non immatriculées ou circulant sans les documents requis. Ces opérations ont été menées en marge du combat de lutte qui a rassemblé une foule importante, et qui a vu la victoire de Sa Thiès sur Zarco dans un duel très attendu par les amateurs du sport national.

D’après la Police nationale, le dispositif sécuritaire mis en œuvre comprenait à la fois des mesures d’anticipation, de prévention et d’intervention, justifiées par la forte affluence attendue et la présence de supporters originaires de Grand Yoff, lieu d’attache de plusieurs lutteurs populaires. La situation a nécessité une vigilance accrue pour prévenir tout débordement.

Les personnes arrêtées ont été placées en garde à vue, tandis que les enquêtes se poursuivent pour établir toutes les responsabilités et rechercher d’éventuels complices. L’objectif, selon les autorités, est de garantir la sécurité publique et d’envoyer un signal fort contre toute forme de trouble à l’ordre durant les manifestations sportives.

Le combat de lutte, bien que très suivi et célébré, s’est donc déroulé dans un climat où la vigilance sécuritaire n’a pas été relâchée. L’État entend ainsi encadrer fermement ces événements populaires, tout en assurant leur bon déroulement pour les amateurs comme pour les professionnels.

Célébration du 23 juin : FRAPP réclame l’abrogation immédiate de l’arrêté Ousmane Ngom

Quatorze ans après le soulèvement populaire du 23 juin 2011, qui avait marqué un tournant décisif dans la défense de la démocratie sénégalaise, le mouvement FRAPP (Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine) remet au goût du jour l’un de ses combats symboliques : la suppression de l’arrêté Ousmane Ngom.

À la veille de cette commémoration historique, le Secrétariat Exécutif National du mouvement a exigé, dans un communiqué publié le 22 juin 2025, l’abrogation sans délai de l’arrêté ministériel n°00758 du 20 juillet 2011. Ce texte, signé par l’ancien ministre de l’Intérieur Ousmane Ngom, interdit toujours toute manifestation politique dans une large zone du centre-ville de Dakar, transformant des lieux stratégiques en espaces interdits à l’expression populaire.

Pour le FRAPP, cette disposition réglementaire est en contradiction flagrante avec l’esprit même du 23 juin. Le mouvement considère qu’il est incohérent de commémorer cette journée de résistance citoyenne tout en maintenant en vigueur l’un des instruments de répression contre lequel le peuple s’était insurgé. « On ne peut pas célébrer le 23 juin tout en conservant les chaînes contre lesquelles le peuple s’est battu. On ne peut pas prétendre gouverner au nom du peuple tout en réduisant ses espaces d’expression », déclare le FRAPP, dans un ton ferme et accusateur.

En revenant sur les faits, le mouvement rappelle que la journée du 23 juin 2011 fut le théâtre d’une mobilisation populaire sans précédent, une insurrection pacifique qui avait contraint le pouvoir en place à renoncer à un projet de loi controversé visant à instaurer un ticket présidentiel. Ce sursaut civique avait ouvert la voie à l’alternance politique de 2012, puis à celle de 2024. Pour le FRAPP, cette date n’est pas qu’un repère historique : elle incarne une mémoire collective, une lutte pour la souveraineté populaire, la dignité et la justice.

Au-delà de la charge symbolique, les arguments juridiques avancés sont tout aussi tranchés. Le FRAPP souligne que l’arrêté Ousmane Ngom viole de manière manifeste les libertés fondamentales garanties par la Constitution sénégalaise, ainsi que par plusieurs traités internationaux ratifiés par le Sénégal. Le mouvement dénonce une « discrimination territoriale injustifiable », qui transforme Dakar en « ville à deux vitesses », avec des quartiers réservés à l’expression politique, et d’autres où la parole publique est interdite.

Le mouvement rappelle en outre que la Cour de Justice de la CEDEAO elle-même a condamné cet arrêté, exigeant son abrogation immédiate en raison de son caractère arbitraire et liberticide. Maintenir cet arrêté, malgré une telle décision de justice régionale, est perçu par le FRAPP comme une atteinte à la souveraineté juridique du Sénégal et à la crédibilité de son engagement démocratique.

Enfin, le FRAPP interpelle directement le gouvernement en place. En conservant un dispositif conçu pour bâillonner la rue sous le régime précédent, le pouvoir actuel « tourne le dos à l’héritage du 23 juin » et trahit, selon le mouvement, les espoirs d’un changement profond exprimés à travers les dernières alternances démocratiques.

Pour mémoire, l’arrêté incriminé interdit toute manifestation entre l’avenue El Hadji Malik Sy et le Cap Manuel, incluant des lieux emblématiques comme les abords du Monument de la Renaissance, les palais de justice, les hôpitaux et plusieurs espaces publics stratégiques de la capitale.

Alors que le pays s’apprête à célébrer une journée érigée en symbole de liberté, la revendication du FRAPP relance le débat sur les réformes à mener pour que le 23 juin reste vivant dans les actes, et pas seulement dans les discours.

Tensions Iran-Israël : 50 Sénégalais évacués vers la Turquie face à la dégradation sécuritaire

Alors que le conflit entre l’Iran et Israël connaît une escalade inquiétante, les autorités sénégalaises ont activé un plan d’urgence pour assurer la protection de leurs ressortissants établis en République islamique d’Iran. La ministre des Affaires étrangères, Yassine Fall, a annoncé que 50 Sénégalais ont été évacués vers la Turquie en raison de la fermeture de l’espace aérien iranien et de l’intensification des frappes dans le pays.

En marge du sommet de la CEDEAO tenu à Abuja, la cheffe de la diplomatie sénégalaise a confirmé l’information, précisant que le Sénégal figure parmi les rares pays africains à avoir rapidement mis en place un mécanisme de rapatriement dans un contexte de guerre régionale à haut risque. « Le Sénégal est le deuxième pays africain à avoir mis en place un mécanisme de rapatriement. Nous avons identifié tous nos compatriotes désireux de rentrer au pays, en raison de la gravité de la situation et de l’intensification des frappes aériennes sur l’Iran », a-t-elle déclaré à la presse.

La Radio Futurs Médias (RFM), citant la ministre, rapporte que le contingent de ressortissants sénégalais a été évacué par voie terrestre vers la Turquie, dans une opération coordonnée avec les autorités consulaires sénégalaises de la région. Cette solution a été rendue nécessaire par la fermeture complète de l’espace aérien iranien, qui rendait toute évacuation par avion impossible.

L’évacuation s’est déroulée dans un climat tendu, alors que les hostilités militaires s’intensifient entre Israël et l’Iran, avec des frappes aériennes croissantes dans plusieurs zones stratégiques du territoire iranien. Le gouvernement sénégalais a réitéré sa vigilance et son engagement à assurer la sécurité de ses ressortissants, tout en appelant à une désescalade immédiate des tensions.

Cette initiative d’évacuation s’inscrit dans un contexte plus large de mobilisation diplomatique régionale et internationale. Le Sénégal a récemment condamné les attaques menées sur le territoire iranien, appelant à un cessez-le-feu et à une réaction urgente de la communauté internationale pour éviter une généralisation du conflit au Moyen-Orient.

En attendant un éventuel retour de ces compatriotes sur le sol sénégalais, les autorités indiquent que des dispositions d’accueil et d’assistance sont en cours de préparation, en lien avec l’ambassade du Sénégal à Ankara et les organisations humanitaires partenaires.

FEPP TAWFEKH sur le Dialogue national : des avancées saluées, mais des inquiétudes persistantes

Réuni ce dimanche 22 juin 2025 aux Maristes, sous la présidence de Dr Cheikh Dieng, le Bureau Politique de FEPP TAWFEKH a livré une lecture nuancée du processus du Dialogue national en cours. Le parti se félicite des progrès significatifs enregistrés, tout en exprimant de sérieuses préoccupations sur certains points clés de la gouvernance nationale et de l’agenda international.

Dans son communiqué, le parti a tout d’abord salué les efforts du Comité de Suivi, soulignant l’engagement de ses représentants Dominique Gueye et Mouhamadou Daff, qui ont pris part aux discussions au nom de FEPP TAWFEKH. Pour la formation politique, le Dialogue national a permis d’acter plusieurs réformes essentielles à l’approfondissement démocratique au Sénégal. Il s’agit notamment de la mise en place d’un organe électoral indépendant, de la dématérialisation du processus électoral, de l’instauration de l’inscription permanente sur les listes électorales, du contrôle partagé du fichier électoral, et de l’élargissement des compétences de la Cour constitutionnelle. Autant d’avancées que le parti considère comme des acquis historiques, portés depuis plus d’une décennie par l’opposition.

Cependant, FEPP TAWFEKH ne cache pas sa frustration face à l’absence de consensus sur plusieurs propositions jugées tout aussi cruciales pour l’équilibre institutionnel. Parmi elles, figurent la suppression de l’article 80 du Code pénal, le mode d’élection des maires et des députés départementaux, ainsi que la réforme du statut de l’opposition. Le parti estime que ces résistances traduisent une volonté de maintenir une architecture politique déséquilibrée, au détriment de la transparence et de la participation équitable de toutes les forces politiques.

Face à cette situation, FEPP TAWFEKH propose la création d’une Commission de Concertation Politique Inclusive (CCPI), une structure permanente et institutionnelle qui aurait pour mission de prolonger les discussions sur les points non tranchés, de suivre la mise en œuvre effective des réformes adoptées, et d’intervenir comme médiateur indépendant en cas de blocage politique. À travers cette proposition, le parti appelle le président de la République à donner une suite constructive aux dynamiques ouvertes par le Dialogue national, en renforçant l’inclusivité et la continuité du débat démocratique.

Sur le plan national, le Bureau Politique a exprimé son inquiétude quant au report de la publication des rapports budgétaires trimestriels, désormais attendus pour le 23 juin 2025. Si le ministère des Finances justifie ce retard par un souci de sincérité des données, le parti y voit un manquement regrettable à l’exigence de transparence. Il appelle les autorités à améliorer la régularité et la clarté de la communication sur les finances publiques.

FEPP TAWFEKH a également pris acte des critiques formulées par le Premier ministre Ousmane Sonko à l’encontre de certains hauts responsables administratifs. Le parti se montre solidaire de cette volonté de rupture avec les pratiques de gestion laxistes, et encourage l’exécutif à poursuivre les efforts de réforme dans le cadre du Programme de Transformation Nationale 2050. Pour FEPP TAWFEKH, il est impératif que l’appareil étatique soit à la hauteur des ambitions économiques, sociales et institutionnelles du pays.

Concernant l’affaire ASER, le parti a réitéré ses exigences de transparence. Constatant que les soupçons de mauvaise gestion persistent autour de l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale, le Bureau Politique demande solennellement au ministre de la Justice d’ouvrir une information judiciaire. L’objectif, selon lui, est de garantir la reddition des comptes et de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions publiques.

Sur le plan international, FEPP TAWFEKH a vivement condamné les récentes attaques israéliennes et américaines contre l’Iran. Le parti appelle à un cessez-le-feu immédiat, tout en exhortant la communauté internationale à prendre ses responsabilités pour éviter une escalade incontrôlable du conflit. Il appelle à la convocation urgente du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée générale de l’ONU pour traiter cette crise. Le parti rappelle que toute paix durable au Moyen-Orient passera par une reconnaissance pleine et entière de l’État palestinien, coexistant aux côtés d’Israël, dans un cadre de justice et de respect mutuel.

En conclusion, FEPP TAWFEKH réaffirme sa volonté de participer à la construction d’une démocratie plus robuste, plus inclusive et plus transparente. Le parti entend continuer à jouer son rôle critique, mais constructif, dans le débat national, avec pour seul cap l’intérêt général et la stabilité du Sénégal.

Marché national : Le gouvernement dément toute pénurie de sucre

Face à la circulation persistante d’informations alarmantes sur une prétendue rupture de stock de sucre dans certaines localités, le Ministère de l’Industrie et du Commerce a tenu à apporter un démenti formel. Dans un communiqué officiel signé par le ministre Dr Serigne Gueye Diop, les autorités assurent qu’aucune pénurie n’est enregistrée à ce jour sur l’ensemble du territoire.

Selon le document, les approvisionnements en sucre sont assurés de manière régulière, en étroite coordination avec les opérateurs économiques du secteur ainsi qu’avec la Compagnie sucrière sénégalaise. La disponibilité actuelle dépasse les 35 000 tonnes, un stock jugé suffisant pour couvrir les besoins du marché national jusqu’à la fin du mois de juillet.

Le ministère estime que les rumeurs faisant état de pénurie sont infondées et ne reposent sur aucun fait objectif. Il rappelle que des mécanismes de contrôle sont déjà déployés sur le terrain afin de surveiller les circuits de distribution et prévenir toute spéculation abusive sur les prix.

Dans ce cadre, les commerçants sont fermement appelés à respecter la réglementation en vigueur. Toute tentative de hausse illicite ou de stockage frauduleux du sucre sera sanctionnée, a prévenu le ministère, qui entend faire respecter les prix fixés de manière stricte.

Par ailleurs, les consommateurs sont invités à jouer un rôle de veille citoyenne en signalant tout abus ou dysfonctionnement constaté sur le terrain. Un numéro vert, le 800 00 77 77, est mis à leur disposition pour faciliter les remontées d’informations.

Le Ministère de l’Industrie et du Commerce a réitéré, à travers ce communiqué, son engagement à garantir un marché équitable, transparent et accessible, tout en veillant à la protection des droits des consommateurs sur l’ensemble du territoire national.

Akhénaton entendu par la cybercriminalité et ressort libre

L’activiste Ousseynou Seck, plus connu sous le pseudonyme « Akhénaton », a été entendu ce lundi par les enquêteurs de la Division spéciale de la cybercriminalité (DSC), avant de quitter les locaux de la police en homme libre.

Intercepté vendredi dernier à l’aéroport international Blaise Diagne de Diass alors qu’il s’apprêtait à quitter le territoire national, Akhénaton a été retenu et conduit par les autorités compétentes, en exécution d’une procédure déclenchée à la suite de plusieurs plaintes déposées contre lui.

Selon des sources proches du dossier, l’activiste est accusé d’avoir tenu et diffusé sur les réseaux sociaux des propos jugés diffamatoires, outrageants et potentiellement attentatoires à l’honneur de certaines personnes. Il lui est également reproché d’avoir usé de sa large audience numérique pour diffuser des contenus considérés comme discourtois à l’encontre de figures publiques.

L’audition, qui s’est déroulée dans le calme durant toute la matinée de ce lundi, a permis aux enquêteurs de recueillir les premières explications de l’intéressé. À l’issue de cet entretien, aucune mesure coercitive n’a été prise à son encontre. Akhénaton a pu regagner son domicile librement, même si l’enquête reste ouverte et pourrait connaître de nouveaux développements.

Ce nouvel épisode vient s’ajouter à une série de tensions entre figures de la société civile très actives sur les réseaux et les autorités, dans un contexte où les libertés numériques et la régulation des propos en ligne sont de plus en plus au centre des débats.

Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été faite par l’activiste ni par ses proches. Mais tout porte à croire que cette affaire ne s’arrêtera pas là.

Nous y reviendrons…

Guy Marius Sagna défie les privilèges parlementaires : vers une cure d’austérité à l’Assemblée nationale ?

Depuis sa prise de parole dénonçant ce qu’il qualifie de « pratiques budgétivores », le député Guy Marius Sagna, élu sous la bannière de la coalition PASTEF, continue de secouer les colonnes de l’Assemblée nationale. À travers une proposition de réforme audacieuse relayée par RFM, le parlementaire remet en cause certains avantages traditionnellement accordés aux députés sénégalais.

le « sukëru koor », une aide financière accordée aux députés à l’occasion de la Korité, les 150 000 FCFA de crédit téléphonique mensuel, les 100 000 FCFA de primes plénières, ainsi que les appuis financiers pour la Korité (300 000 FCFA) et la Tabaski (500 000 FCFA).

Pour Guy Marius Sagna, ces avantages constituent une charge injustifiée pour les finances publiques dans un contexte où l’État appelle à la rationalisation des dépenses. L’élu considère qu’une telle démarche s’inscrit dans une logique de moralisation de la vie publique et de solidarité avec les populations, souvent confrontées à de graves difficultés économiques.

Si ses propositions trouvent un certain écho auprès de l’opinion publique, elles risquent de se heurter à la résistance de ses collègues parlementaires, premiers bénéficiaires de ces privilèges. Le principal défi pour Guy Marius Sagna sera donc de rallier une majorité à l’Assemblée autour d’une réforme qui touche directement aux intérêts des députés eux-mêmes.

Car au-delà de la légitimité morale de la démarche, le combat s’annonce politique : convaincre dans un environnement où la solidarité de corps prévaut souvent sur les idéaux de rigueur budgétaire.

Ce positionnement renforce l’image d’un député fidèle à son engagement de rupture, mais pose aussi une question stratégique : jusqu’où le pouvoir exécutif et les autres groupes parlementaires — notamment ceux qui prônent eux aussi le changement — sont-ils prêts à aller pour instaurer une gestion sobre des deniers publics ?

La proposition de Guy Marius Sagna place en tout cas ses collègues devant leurs responsabilités : continuer à défendre des avantages perçus comme indus, ou accepter d’y renoncer au nom de la transparence et de la justice sociale.

Dans un pays où les inégalités sociales sont criantes, le soutien populaire à une telle réforme ne fait guère de doute. Mais en l’absence d’un véritable consensus interne, cette initiative pourrait bien rester symbolique. Elle aura néanmoins le mérite d’ouvrir un débat public sur les privilèges des représentants du peuple et sur l’exemplarité attendue d’eux.

En attaquant de front les privilèges parlementaires, Guy Marius Sagna ne se fait pas que des amis dans l’hémicycle. Mais il pose une question essentielle : les élus sont-ils prêts à se délester de certains avantages au nom de l’éthique républicaine ? La suite du débat parlementaire nous dira si la vertu peut triompher sur le confort.

Akhénaton interpellé à l’aéroport de Diass : des propos jugés offensants envers la religion au cœur de l’affaire

L’activiste et vidéaste sénégalais Ousseynou Seck, plus connu sous le pseudonyme d’Akhénaton, a été interpellé ce vendredi soir à l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD), alors qu’il s’apprêtait à quitter le territoire national à destination de la France. Son arrestation, survenue aux environs de 22 heures, a été effectuée par des éléments de la police nationale, agissant sur la base de plusieurs plaintes récemment déposées contre lui.

Selon les informations rapportées par Dakaractu, les principales plaintes émanent d’associations religieuses, notamment du collectif “Taxawu ndonooy Maqq Ñi”, qui accuse Akhénaton d’avoir tenu des propos jugés “irrespectueux et offensants envers des croyances religieuses établies”. Les vidéos en cause, largement partagées sur les réseaux sociaux, ont suscité une vague d’indignation, notamment dans les cercles confrériques et soufi du pays.

Les plaignants estiment que ces contenus, diffusés publiquement, portent atteinte à la paix sociale et à la coexistence religieuse dans un pays où les confréries jouent un rôle essentiel dans la stabilité et la régulation sociale.

L’affaire a été confiée à la division de la cybercriminalité de la police nationale, qui devra auditionner Akhénaton dans le courant de la journée du lundi. Selon une source proche du dossier, l’activiste a été notifié d’une interdiction de sortie du territoire au moment de son arrestation, en attendant l’évolution de la procédure judiciaire.

Des sources indiquent que d’autres plaintes sont en cours de préparation, notamment en provenance de chefs religieux influents de Médina Baye et de Tivaouane, deux bastions spirituels du Sénégal. Cette escalade judiciaire pourrait aggraver la situation d’Akhénaton dans les jours à venir.

Connu pour ses prises de position critiques sur les questions religieuses, sociales et politiques, Akhénaton s’est construit une audience sur les réseaux sociaux en bousculant les normes et les figures établies. Ses détracteurs dénoncent une attitude provocatrice, voire diffamatoire, tandis que ses partisans y voient un combat pour la liberté d’expression et la déconstruction des tabous.

L’affaire soulève une fois de plus la délicate question de la liberté d’expression au Sénégal, notamment lorsqu’elle entre en tension avec les sensibilités religieuses d’une population majoritairement croyante. Le parquet pourrait être amené à statuer rapidement sur d’éventuelles poursuites, alors que le climat reste tendu sur les réseaux sociaux.

Thierno Alassane Sall fustige le “camouflet diplomatique” infligé au Sénégal par la CEDEAO

La récente décision de la CEDEAO de confier sa présidence tournante au chef de l’État sierra-léonais Julius Maada Bio, écartant ainsi le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, continue de faire réagir sur la scène politique sénégalaise. Le député et leader du parti République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a vivement critiqué ce qu’il considère comme un affront diplomatique sans précédent pour le Sénégal.

Dans une série de publications sur sa page X (anciennement Twitter), l’ancien ministre a dénoncé ce qu’il qualifie de “pire camouflet diplomatique de l’histoire du Sénégal”. Selon lui, l’échec du président Diomaye Faye à accéder à la présidence de l’organisation sous-régionale ne relève ni du hasard ni d’une simple préférence protocolaire. Elle serait, au contraire, le reflet d’une méfiance des dirigeants ouest-africains à l’égard d’un chef d’État perçu comme anti-système.

“Il était quasi impossible pour un anti-système de vouloir diriger le consortium régional du Système !”, a-t-il lancé, en référence au positionnement idéologique du nouveau pouvoir sénégalais, qu’il juge en décalage avec les réalités de la diplomatie régionale.

Thierno Alassane Sall va plus loin, estimant que la CEDEAO ne pouvait accorder sa confiance à un président qui “n’arrive toujours pas à s’affirmer”. Dans une attaque directe à l’endroit de Bassirou Diomaye Faye, il questionne l’autorité et le charisme du chef de l’État, mettant en cause son propre entourage :

“N’est-ce pas aussi un défaut sidérant de perspicacité que de croire que la CEDEAO pourrait faire confiance, en un moment aussi crucial de son histoire, à Diomaye, dont l’autorité et le charisme sont mis à mal par son propre camp, à commencer par son Premier ministre ?”, a-t-il martelé.

Le député a également souligné que les propos de certains parlementaires sénégalais siégeant à la CEDEAO — qu’il assimile à des “diatribes” — auraient contribué à cette mise à l’écart, en renforçant l’image d’un pouvoir hostile ou peu conciliant vis-à-vis de l’institution régionale. Il évoque notamment une rhétorique parfois perçue comme proche de celle des pays de l’AES (Alliance des États du Sahel), actuellement en rupture de ban avec la CEDEAO.

Alors que le Premier ministre Ousmane Sonko est en déplacement en Chine, Thierno Alassane Sall tourne en dérision les images diffusées de cette visite officielle :

“Des photos du PM aux côtés d’officiels de second rang en Chine, au moment même où l’on enregistre la déconvenue du siècle à Abuja”, ironise-t-il, soulignant ce qu’il perçoit comme un contraste entre les ambitions affichées à l’international et la réalité diplomatique sur le terrain régional.

Enfin, dans une charge plus globale contre la gouvernance actuelle, Sall estime que “le populisme se heurte au mur de la réalité du monde”. Selon lui, les déplacements simultanés du président et du Premier ministre à l’étranger n’ont rien arrangé, et n’ont fait que confirmer une forme de désorganisation au sommet de l’État.

“En réalité, on est un pays dévalué”, conclut-il, dans un réquisitoire amer contre le duo exécutif Faye-Sonko.

Le Sénégal retourne sur le marché régional pour lever 380 milliards de FCFA : entre souveraineté budgétaire et pression des taux

Le Sénégal s’apprête à retourner sur le marché financier régional de l’UEMOA avec deux importantes émissions de titres publics totalisant 380 milliards de francs CFA, prévues respectivement les 27 juin et 3 juillet 2025. Dans un contexte budgétaire marqué par l’absence de financement du FMI, cette double opération vise à couvrir les besoins immédiats du Trésor sénégalais et à maintenir l’équilibre de ses engagements financiers.

La première sortie est programmée pour le jeudi 27 juin. Elle portera sur un montant de 205 milliards de FCFA à travers une émission simultanée de Bons Assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT). Ces dernières auront une maturité de 3 ans et 5 ans, assorties de taux d’intérêt de 6,30% et 6,45%. Il s’agira, selon les autorités, de « mobiliser l’épargne des personnes physiques et morales » afin de couvrir les besoins de financement du budget national.

La seconde opération interviendra une semaine plus tard, le jeudi 3 juillet, pour un montant supplémentaire de 175 milliards de FCFA. Là encore, l’État procédera à une émission simultanée de BAT à un an et d’OAT à 3 et 5 ans, avec des taux similaires à la première : 6,30% et 6,45%.

Ces levées de fonds interviennent alors que les relations entre Dakar et certains bailleurs internationaux, notamment le Fonds monétaire international (FMI), connaissent un coup d’arrêt. Suspendu depuis un an, le programme d’appui budgétaire avec le FMI n’a connu aucun décaissement récent, une situation qui oblige le gouvernement sénégalais à s’en remettre davantage au marché régional.

Mais le Premier ministre Ousmane Sonko se veut rassurant. Lors du Forum d’investissement « FII Sénégal », il a déclaré :

« Le programme avec certains bailleurs multilatéraux, notamment le FMI, est suspendu depuis un an. Aucun décaissement n’a été effectué en faveur du Sénégal, mais le Sénégal tient bon. (…) Nous avons les capacités et les moyens de compter d’abord sur nous-mêmes. »

Toutefois, cette stratégie d’autofinancement n’est pas sans coût. Comparé à des voisins comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal paie son argent plus cher. En effet, Abidjan, qui sera aussi sur le marché régional le 25 juin pour 65 milliards de FCFA, propose des taux nettement plus bas : 5,7% sur 3 ans et 6% sur 7 ans. Ce différentiel illustre une perception de risque plus élevé pour Dakar, ou du moins une prime de confiance plus favorable pour son rival ivoirien.

La démarche du Sénégal s’inscrit dans une logique affirmée d’indépendance économique, prônée par les nouvelles autorités en place depuis mars 2024. Toutefois, cette autonomie revendiquée ne peut ignorer les contraintes d’un marché où la notation, la confiance et la stabilité macroéconomique dictent les règles. Tant que le pays ne renoue pas avec des programmes d’appui budgétaire multilatéraux ou n’inspire pas une meilleure confiance aux investisseurs, il risque de continuer à lever des fonds à des taux élevés, pesant davantage sur le service de la dette.

Avec ces deux émissions successives totalisant 380 milliards FCFA, le Sénégal joue une carte délicate : celle de la résilience budgétaire face à un contexte de resserrement du crédit multilatéral. Mais cette stratégie a un prix, d’autant plus visible quand la comparaison avec ses pairs devient inévitable. Reste à savoir si les investisseurs du marché régional répondront à l’appel de Dakar, et surtout, à quel coût.

Affaire des 125 milliards : Le sort de Farba Ngom suspendu à la décision du juge malgré un avis médical défavorable à sa détention

La situation judiciaire de Farba Ngom, député et maire des Agnam, reste incertaine malgré un avis médical qui milite en faveur de sa libération. Incarcéré depuis février dernier dans le cadre de l’instruction sur le scandale financier des 125 milliards de francs CFA, le proche collaborateur de l’ancien président Macky Sall fait désormais l’objet d’une demande de mise en liberté provisoire introduite par ses avocats.

Cette requête intervient à la suite des conclusions d’un cardiologue mandaté par le juge du premier cabinet du Pool judiciaire financier (PJF). Dans son rapport, le médecin reconnaît que si le pronostic vital de Farba Ngom n’est pas engagé, son état de santé est néanmoins incompatible avec la détention carcérale. Une conclusion que la défense n’a pas tardé à saisir comme levier juridique pour solliciter la libération provisoire de leur client, arguant du risque de dégradation de sa santé en milieu pénitentiaire.

Cependant, l’issue de cette démarche reste incertaine. Le juge d’instruction n’est pas tenu de suivre les recommandations médicales, comme l’a rappelé le magistrat à la retraite Ousmane Kane, interrogé par L’Observateur. « Le rapport d’expertise est un avis technique qui ne lie pas le juge, quelle que soit la matière », a-t-il précisé.

Il ajoute que seule une mise en danger manifeste du pronostic vital du détenu constitue, en règle générale, un motif d’appréciation plus favorable à une libération. Or, dans le cas de Farba Ngom, le médecin n’a pas retenu ce niveau de gravité, même s’il a signalé une incompatibilité entre l’état de santé du prévenu et la détention.

La lenteur et la complexité des procédures judiciaires pourraient également retarder une éventuelle remise en liberté. Le juge dispose en effet de plusieurs options : il peut ordonner une contre-expertise médicale, voire solliciter une troisième expertise si des contradictions apparaissent entre les deux premières. Dans tous les cas, le dernier mot revient au magistrat instructeur, comme l’a souligné Ousmane Kane : « Quelle que soit l’issue des expertises, c’est le juge qui décide. »

L’incarcération de Farba Ngom, pilier de l’Alliance pour la République (APR) et ancien griot attitré de Macky Sall, continue d’alimenter les débats politiques. Pour ses soutiens, cette détention prolongée malgré des signaux médicaux alarmants a des allures de règlement de comptes. Du côté de la justice, on insiste sur le respect strict de la procédure et sur la nécessité d’élucider entièrement ce dossier aux lourdes implications financières.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°493 – 23/06/2025

🔴 67e SOMMET CEDEAO / TERRORISME, INFLATION RÉGIONALE, CRISE ALIMENTAIRE, ETC : JULIUS MAADA BIO SUR UN TERRAIN MINÉ
🔴 PROJET DES KIOSQUES : LA DER/FJ ACCUSÉ DE PLAGIAT

🔴 DEUXIÈME DÉFAITE CONTRE SA THIÈS : ZARKO NE DÉCHIFFRE TOUJOURS PAS L’ÉNIGME

Guy Marius Sagna revient à la charge: « j’ai fait exprès de parler de ça ici…)

‎Cela fait bientôt trois ans qu’à l’interne de la fraction parlementaire de mon parti Pastef je me bats contre certaines pratiques comme le « Sukëru koor ». Notez bien : trois ans. Bientôt trois ans cela veut donc dire depuis le groupe parlementaire Yewwi Askan Wi. J’ai défendu à l’époque l’idée selon laquelle nous ne pouvions pas aller à une élections présidentielle que nous voulions gagner en adoptant certaines des pratiques parasitaires des anciens régimes. Cela ne pourrait pas convaincre les populations que nous allions opérer la rupture car incapables de le faire moins de deux ans de l’élection présidentielle de 2024.

‎J’ai toujours été minorisé sur la question du « Sukëru koor ». « Que celui qui veut prenne et que celui qui ne veut pas ne prenne pas » me répondait-on. J’ai toujours poursuivi la lutte à l’interne contre certaines pratiques comme le « sukëru koor » car j’estimais et continue d’estimer que ce genre de pratiques ont fait que les citoyens ont détesté l’Assemblée nationale et les différentes majorités parlementaires qui se sont succédées au Sénégal.

‎J’ai même demandé l’organisation de discussions internes au groupe parlementaire pour élaborer ensemble la tactique parlementaire ou politique parlementaire de notre groupe parlementaire pour aborder plusieurs points dont celui des avantages et privilèges que je considère comme indus. De fait, tout a été fait pour empêcher des discussions internes sur cela.

‎En mars 2025, une dizaine de jours après le début du mois de Ramadan, l’information tombe dans le groupe parlementaire: « passez récupérer une enveloppe pour un appui ». Ce n’est pas parce que le « sukëru koor » est baptisé pudiquement « appui » que la réalité change. Oui, 100.000 FCFA de « sukëru koor » ont été mis à la disposition des députés de mon groupe parlementaire. Je ne parle ni de dattes, ni d’avance Korité ni d’avance Tabaski mais de « sukëru koor » baptisé pudiquement pour tromper la vigilance « appui ». Qui a pris et qui n’a pas pris n’est pas mon propos ni le plus important.

‎Ce sont des pratiques qui peuvent compromettre nos objectifs de mobilisation du peuple sénégalais autour de la bataille pour la sortie du sous-développement.

‎Le vrai débat est celui-ci : au Sénégal l’entretien d’une clientèle politique est une vieille tradition politique de la classe politique avec comme stratégie la redistribution. Certains d’entre nous pensent et théorisent qu’ils ont besoin de ce « sukëru koor » pour en faire 10 enveloppes de 10.000 FCFA par exemple pour donner à leur clientèle politique. Si je m’y oppose c’est juste que je ne veux pas que cela soit répercuté et donc porté par les deniers publics. certains ont détourné de l’argent ou créé des « sukëru koor » pour cela. Moi je veux que notre parti, notre Projet, notre gouvernement, notre groupe parlementaire…et ceux qui les animent soient et restes crédibles pour que les populations soient mobilisées plus facilement dans la lutte pour la sortie du néocolonialisme, du sous-développement…

‎Quelques bonnes nouvelles.
‎1- Une bataille de gagnée : je suis sûr qu’en 2026 on ne parlera plus de « sukëru koor » ou d’appui.
‎2-je suis heureux d’etre membre de Pastef ce parti qui impose les débats et pousse même l’opposition à chercher à surfer sur la vague.

‎Plus que d’imposer les thématiques en débat au Sénégal, battons-nous ensemble patriotes à imposer les nouveaux types de pratiques politiques au Sénégal.

‎Biensur, j’ai fait exprès de parler ici pour des soucis pédagogiques de « sukëru koor » mais en fait il s’agit ici de toutes ces pratiques rétrogrades budgetivores que nous avons trouvées ici. Certaines ont été enlevées. Il en reste encore d’autres.

‎Ensemble nous allons réussir.

‎GMS,

Saloum : 84 migrants, dont des mineurs, interceptés par la Marine nationale

Une nouvelle tentative de migration irrégulière a été déjouée au large des côtes sénégalaises. Le jeudi 19 juin 2025, aux environs de 17 heures, la Marine nationale a intercepté une embarcation transportant 84 migrants dans les eaux des îles du Saloum, précisément au large de Marlothie. Selon un communiqué officiel, toutes les personnes à bord ont été retrouvées saines et sauves.

Le groupe de migrants, désormais remis à la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT), était composé de ressortissants de plusieurs pays ouest-africains. On y dénombre 28 Sénégalais, 17 Gambiens, 14 Maliens, 13 Somaliens, 11 Guinéens et une Nigériane. Parmi ces 84 personnes figuraient 17 femmes ainsi que 3 filles mineures.

D’après les premiers éléments recueillis lors des interrogatoires préliminaires, le groupe aurait quitté la capitale gambienne, Banjul, dans la nuit du 16 juin, avec pour destination finale l’Espagne. Le voyage, comme souvent dans ce type d’expéditions clandestines, s’est organisé en dehors de tout cadre légal, au péril de la vie des candidats à l’émigration.

Le communiqué officiel indique que le principal organisateur de cette opération serait un ressortissant étranger. Le passage était facturé entre 350 000 et 600 000 FCFA par personne, un montant qui illustre le caractère lucratif de ces filières illégales. Dans le cadre de cette opération, six individus soupçonnés de complicité ont été interpellés et placés en garde à vue.

Les services de la DNLT poursuivent actuellement leurs investigations afin de retracer l’ensemble du réseau impliqué, d’identifier les complices et de localiser le passeur principal. L’objectif est de démanteler cette chaîne de trafic humain qui continue d’exploiter la vulnérabilité de jeunes Africains en quête d’un avenir meilleur.

Les autorités sénégalaises réitèrent leur détermination à lutter contre l’immigration irrégulière et appellent à la vigilance citoyenne. Elles exhortent également les populations à ne pas céder aux illusions véhiculées par les réseaux de passeurs, souvent à l’origine de drames humains en mer.

Commémoration de l’appel du 16 juin : le PDS dépêche une délégation en hommage à Moustapha Niasse

À l’occasion de la commémoration de l’appel du 16 juin 1999 lancé par le président Moustapha Niasse, une importante délégation du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) a été dépêchée pour marquer la présence et le soutien de la formation libérale à cet événement hautement symbolique.

La mission a été conduite sur instruction du Secrétaire général national du PDS, Me Abdoulaye Wade, et de Karim Meïssa Wade, candidat déclaré du parti. Ce geste témoigne, selon les observateurs, de la volonté du PDS de s’inscrire dans une démarche de reconnaissance historique et de dialogue politique dans un contexte de recomposition nationale.

La délégation était composée de plusieurs responsables politiques de premier plan. Alioune Diop, chef de cabinet du président Wade, en assurait la coordination. Il était accompagné de figures bien connues du parti, dont Abdoulaye Diop, maire de Guinaw Rails, Bachir Diawara, porte-parole du PDS, Mamadou Bopp, secrétaire général de l’Union des jeunesses travaillistes libérales (UJTL), ainsi que d’Assane Ba, secrétaire national chargé de la mobilisation.

Cette présence du PDS à la cérémonie de commémoration a été saluée par plusieurs acteurs du champ politique, qui y voient un signe de maturité et de respect pour les grandes dates qui ont marqué l’histoire politique contemporaine du Sénégal. L’appel du 16 juin 1999, lancé par Moustapha Niasse, avait en son temps contribué à redéfinir les alliances et à structurer une alternative démocratique dans le paysage politique sénégalais.

RENNDO – Le legs universel de El Hadj Oumar Foutiyou au cœur d’un symposium

L’Association RENNDO Cheikh Oumar Foutiyou Tall a tenu, ce samedi à Dakar, un symposium national, suivi d’une Assemblée Générale Extraordinaire consacrée au renouvellement de ses instances dirigeantes.

Cet événement, qui a réuni des universitaires, dignitaires religieux, experts, membres de la société civile ainsi que des représentants de la jeunesse sénégalaise et africaine, était placé sous le signe de la mémoire, de la spiritualité et de la mobilisation citoyenne.

Selon Oumar Barry, président de RENNDO, ces moments de réflexion et de concertation marquent le lancement des travaux préparatoires du Colloque international de RENNDO, prévu en mars 2026 au siège de l’UNESCO à Paris, et consacré à l’héritage universel de Cheikh El Hadj Oumar Foutiyou Tall.

« Nous nous sommes réunis pour tenir une assemblée générale et renouveler les instances dirigeantes de RENNDO. Après 26 ans d’existence, il était nécessaire de mettre en place une équipe dynamique, capable de conduire les projets de l’association sous l’égide de Thierno Nourou Tall. Cette assemblée générale a été couplée au symposium qui nous a permis de revisiter les enseignements de El Hadj Oumar Foutiyou Tall. Le thème retenu cette année est : “Actualité de la pensée et de l’œuvre de El Hadj Oumar Foutiyou : entre spiritualité, culture, universalité et panafricanisme”, » a expliqué Oumar Barry.

À cette occasion, le guide spirituel et moral de RENNDO, Thierno Nourou Tall, a confié au Professeur Mbaye Thiam la mission de piloter l’organisation du prochain colloque international prévu en 2026 à Paris.

« En préparation de cette grande rencontre, nous avons organisé ce symposium sur les multiples dimensions de la vie, de la pensée et de l’œuvre de Cheikh Oumar Foutiyou Tall. Il est une figure prédestinée, née au Sénégal pour rayonner à travers l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique noire et au-delà. Son parcours historique montre qu’il a participé à ce que je qualifie d’œuvre de transformation sociétale. Cheikh Oumar est né dans un contexte précolonial marqué par l’animisme malgré la présence de foyers religieux anciens. Il est venu raviver le message du Prophète (Paix et salut sur lui), à travers la confrérie tijaniya dont Cheikh Ahmed Tidiane l’a très tôt investi de la mission de propagation », a déclaré le professeur Mbaye Thiam, enseignant à l’École des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (EBAD) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

Les intervenants ont unanimement souligné que El Hadj Oumar Foutiyou Tall était un panafricaniste avant l’heure. Son engagement rappelle celui de Léopold Sédar Senghor et du mouvement de la négritude. À l’instar d’un Alexandre le Grand, il fut un stratège hors pair, fédérant les Foutankés depuis sa base jusqu’à Sokoto, construisant ainsi une saga transfrontalière.

Durant ses 20 années de séjour en Arabie, entre Al-Azhar au Caire, La Mecque et Médine, il n’a cessé de démontrer que la race noire pouvait accéder au savoir le plus élevé et aux pratiques religieuses et sociales les plus nobles, au même titre que les autres peuples.

Ainsi, concluent les participants, il est urgent pour le Sénégal et l’ensemble des États d’Afrique de l’Ouest de s’approprier l’héritage de El Hadj Oumar Foutiyou Tall, afin de jouer pleinement leur rôle dans un monde en perpétuelle mondialisation.

Médias : Habibou Dia annonce une nouvelle ère d’accompagnement pour un secteur plus autonome et structuré

Le directeur de la Communication au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Habibou Dia, était l’invité de l’émission « FACE AU JURY » ce dimanche sur Pressafrik TVHD. Cette intervention a été l’occasion pour lui de revenir longuement sur les décisions prises par le gouvernement à l’issue des Journées de concertation sur le secteur de la communication, tenues à la demande du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Ces assises, selon lui, ont permis de tracer une nouvelle trajectoire pour les médias sénégalais, fondée sur la transparence, la modernisation et l’autonomie financière.

Habibou Dia a réaffirmé la volonté du ministère de tutelle de construire un partenariat durable avec les professionnels de la presse, en allant bien au-delà de la seule logique de subvention. Il a annoncé la mise en place prochaine d’un nouveau modèle économique pour les médias. Ce modèle vise à réduire leur dépendance quasi-totale vis-à-vis des appuis publics en leur offrant des opportunités économiques et financières concrètes. Il s’agit notamment de revoir les critères d’attribution des fonds alloués au secteur, de définir avec précision les bénéficiaires légitimes et d’exclure ceux qui ne remplissent pas les conditions. Le gouvernement envisage également de mettre en place un système fiscal adapté, qui permettra aux entreprises de presse d’évoluer dans un environnement plus favorable à leur croissance et à leur structuration.

Sur le volet social, le ministère entend porter une attention particulière aux conditions de travail des journalistes. Habibou Dia a insisté sur la nécessité de garantir leur protection, de veiller à la régularité des salaires, de faciliter leur couverture maladie et d’assurer la prise en charge de leurs cotisations pour la retraite. Il a souligné l’importance de l’accompagnement spécifique des femmes de médias, souvent confrontées à des défis uniques liés à la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.

Le gouvernement prévoit également un appui direct aux télévisions, producteurs de contenus audiovisuels et cinéastes. Une enveloppe financière dédiée devrait leur être accordée pour faire face aux difficultés actuelles et encourager la production de contenus de qualité, conformes aux exigences des conventions signées avec les autorités de régulation. Le respect des cahiers des charges sera désormais une priorité dans l’allocation de ces soutiens.

Sur le plan réglementaire, plusieurs réformes sont annoncées. Le directeur de la Communication a indiqué que les textes encadrant le fonctionnement du CNRA seront révisés afin de les adapter aux évolutions du secteur. Il a également évoqué la nécessité d’intégrer les quotidiens d’information dans les dispositifs existants, estimant que nombre d’entre eux paraissent aujourd’hui sans contenu réel. Pour y remédier, des cahiers des charges seront imposés afin de fixer un cadre clair pour ces publications en pleine expansion.

Les réseaux sociaux sont aussi dans le viseur des réformes envisagées. Habibou Dia a reconnu leur rôle grandissant dans l’espace médiatique sénégalais, mais a souligné l’urgence d’un encadrement juridique et éthique. L’objectif est de pousser ces plateformes à se formaliser, afin de permettre aux organes de régulation de mieux contrôler leurs activités, et de s’assurer que les contenus diffusés respectent les valeurs sociales, culturelles et morales du pays.

Dans le cadre des discussions entre le ministère et le patronat de la presse, plusieurs mesures sont également en gestation concernant la publicité institutionnelle. Il est notamment question de revoir les mécanismes d’attribution des conventions publicitaires, de corriger les pratiques actuelles de facturation, de clarifier le régime fiscal applicable et d’intégrer les médias dans le nouveau code des marchés publics. Le tout se fera dans une optique de transparence, avec la volonté de rompre définitivement avec les logiques de favoritisme ou d’affinité personnelle.

Enfin, le ministère entend accorder une attention particulière aux « médias particuliers » tels que les radios communautaires, les médias en ligne, les Web TV et les jeunes reporters. Des plans d’accompagnement spécifiques sont en cours d’élaboration pour leur permettre de se structurer, de se développer et d’atteindre une autonomie économique. Un des engagements majeurs annoncés consiste à compléter le Code de la presse pour y inclure des dispositions adaptées à ces nouvelles formes de médias. Il est aussi prévu de les aider à mettre en place leur propre instance de régulation, capable d’assurer leur crédibilité et leur professionnalisme.

Pour les jeunes reporters qui aspirent à créer leur propre entreprise de presse, un programme d’incubation de deux à trois ans sera lancé. À l’issue de cette phase, une évaluation sera faite pour déterminer si les projets incubés méritent un accompagnement sur le long terme ou non. Cette initiative vise à stimuler l’entrepreneuriat médiatique et à favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de patrons de presse responsables et innovants.

À travers cet ensemble de mesures, le ministère de la Communication entend impulser une dynamique nouvelle dans le secteur des médias, en misant sur la régulation, la professionnalisation, la transparence et surtout l’autonomie. Le chantier est vaste, mais les engagements annoncés semblent poser les bases d’une refondation profonde du paysage médiatique sénégalais.

Assemblée nationale : la Commission des lois convoquée ce mercredi pour examiner la réforme du Règlement intérieur

Une étape clé du processus parlementaire se profile cette semaine à l’Assemblée nationale du Sénégal. La Commission des lois, de la décentralisation, du travail et des droits humains est officiellement convoquée ce mercredi 25 juin 2025 à 10 heures précises, dans la salle Marie Joséphine Diallo du nouveau bâtiment de l’hémicycle. La convocation, signée par le président de la commission, Abdoulaye Tall, précise que cette session sera entièrement consacrée à l’examen de la proposition de loi n°10/2025 portant Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Il s’agit d’un moment majeur dans le fonctionnement du pouvoir législatif, puisque cette proposition de loi vise à réformer l’un des textes fondamentaux qui encadrent l’organisation interne du Parlement. Le règlement intérieur détermine en effet les modalités de déroulement des débats, les droits des députés, les mécanismes de contrôle de l’exécutif, la composition des commissions, la gestion des séances plénières ainsi que le fonctionnement administratif de l’institution.

Cette séance intervient dans le cadre classique du processus législatif sénégalais. Avant qu’un texte ne soit soumis à la plénière pour adoption ou rejet, il est d’abord examiné en profondeur par la commission compétente. Cette étape permet d’enrichir, de corriger ou de préciser certaines dispositions du projet ou de la proposition de loi. Dans le cas présent, la Commission des lois, réputée pour sa technicité, aura à décortiquer un document qui pourrait redessiner les équilibres institutionnels à l’intérieur même de l’Assemblée.

L’importance de cette réforme n’est pas anodine. Elle intervient dans un contexte politique nouveau, où les dynamiques parlementaires sont marquées par une recomposition des forces et un appel de plus en plus fort à une meilleure gouvernance parlementaire. Toute modification du règlement intérieur peut avoir des répercussions profondes sur la transparence des débats, le rôle de l’opposition, les droits des groupes parlementaires ou encore le régime disciplinaire applicable aux élus.

Alors que l’opinion publique et plusieurs acteurs de la société civile s’interrogent sur les intentions derrière cette réforme, les discussions qui s’ouvriront mercredi au sein de la commission seront scrutées de près. Il s’agira de voir si la proposition de loi consacre davantage de démocratie interne ou si elle tend à renforcer le contrôle de l’exécutif sur le législatif. La suite du processus, notamment la présentation du texte en séance plénière, permettra de trancher sur les choix politiques et juridiques retenus.

Fonds d’aide à la presse, fermeture de médias, réforme du Code : Habibou Dia dédouane le ministère

Invité ce dimanche sur le plateau de l’émission « FACE AU JURY » de Pressafrik TVHD, Habibou Dia, directeur de la Communication au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, a tenu à clarifier la position du gouvernement sur les mesures qui secouent actuellement le paysage médiatique sénégalais. Entre les critiques liées à la fermeture de certains organes de presse, les inquiétudes sur les lenteurs dans la distribution des fonds d’aide, et les débats autour de la réforme du Code de la presse, le haut responsable a présenté une lecture technique, chronologique et défensive de l’action du ministère.

Il a commencé par rappeler que l’aide à la presse au Sénégal est encadrée par la loi 96-04, entrée en vigueur en 1996. Cette loi a été actualisée à partir de l’an 2000 sous l’impulsion du président Abdoulaye Wade, qui avait opté pour une libéralisation du secteur. Cette ouverture du marché, censée stimuler le pluralisme, a également entraîné une explosion du nombre de médias, souvent sans réelle structure juridique ni ligne éditoriale claire. Conscients des dérives que cette situation engendrait, les professionnels de la presse avaient eux-mêmes enclenché un processus de concertation dès 2008 afin d’assainir le secteur. Ces travaux, étalés sur près d’une décennie, ont permis de jeter les bases d’un Code de la presse, qui n’a finalement été adopté qu’en 2017. Mais selon Habibou Dia, ce Code est aujourd’hui caduc, tant les mutations technologiques et structurelles du secteur exigent de nouvelles adaptations.

C’est dans ce contexte que le ministère actuel est intervenu, avec comme priorité la mise en œuvre des conclusions issues des concertations passées. À son arrivée, le ministre de la Communication a rencontré les principaux acteurs du secteur, qui lui ont remis le fruit de leurs réflexions. Ces conclusions ont orienté les premières décisions prises par le ministère. Cependant, avant toute mise en application, une exigence technique s’imposait : savoir avec précision qui évolue réellement dans le secteur. D’où la décision de procéder à une cartographie des médias. Une plateforme a alors été mise en place pour enregistrer toutes les structures de presse, en vue de dresser une base de données fiable des entreprises opérationnelles et conformes à la législation en vigueur.

Le directeur de la Communication a précisé que ce travail de recensement s’est effectué en parfaite collaboration avec les organes de régulation et d’éthique. La Commission de la carte de presse professionnelle, instance chargée d’attribuer les cartes aux journalistes en règle, a été impliquée. Cette carte, selon la loi, est obligatoire pour pouvoir exercer le métier de journaliste au Sénégal. Or, pour pouvoir en faire la demande, il faut d’abord obtenir un quitus délivré par le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED). Ce dernier joue un rôle de filtre en évaluant le respect des normes professionnelles. Le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) a également été sollicité dans le cadre de la régulation des radios et télévisions, notamment en ce qui concerne le respect des cahiers de charges et des conventions d’exploitation.

Selon Habibou Dia, toutes les décisions relatives à la suspension ou à la fermeture de certains organes de presse jugés non conformes trouvent leur justification dans les résultats de cette cartographie et dans le cadre réglementaire mis en place par ces structures de régulation. Il a insisté sur le fait que le ministère n’a inventé aucun critère nouveau ni imposé de volonté politique. Il n’a fait, dit-il, qu’appliquer les conclusions et recommandations du patronat de la presse remis au ministre lors des assises.

C’est après ce travail de vérification et de mise en conformité qu’une première liste de médias enregistrés a été publiée, suivie d’une deuxième liste, accompagnée de la décision de suspendre ou de fermer les organes qui ne répondaient pas aux critères. Cette opération a permis, selon lui, de mieux cibler les entreprises réellement actives et respectueuses de la loi, en vue d’instaurer des concertations plus efficaces et plus représentatives.

Face aux critiques portant sur l’absence du ministre lors de certaines étapes cruciales du processus, notamment les rencontres avec les professionnels et la publication des listes, Habibou Dia a relativisé l’importance de cette présence protocolaire. Selon lui, la ligne directrice du gouvernement actuel repose sur un principe simple : les questions techniques doivent être traitées par les services techniques. La qualité et la légitimité des décisions prises ne dépendent pas de la présence ou non du ministre, mais de la compétence des professionnels impliqués. Il considère donc que ces rencontres, conduites par les directions spécialisées, étaient pleinement légitimes et efficaces.

En ce qui concerne les fonds d’aide à la presse, qui tardent à être débloqués et dont la rareté fragilise de nombreuses rédactions, Habibou Dia a reconnu l’existence de lenteurs administratives. Toutefois, il n’a pas donné de calendrier précis pour leur décaissement. Cette situation continue d’aggraver les difficultés économiques de nombreux médias, notamment ceux qui sont en règle mais peinent à survivre face aux coûts d’exploitation et à la précarité du modèle économique actuel.

À travers cette intervention, le directeur de la Communication a tenté de repositionner le débat sur une base institutionnelle et réglementaire, tout en appelant à la responsabilité des professionnels pour accompagner la mutation du secteur. Pour lui, la réforme est indispensable, mais elle ne peut réussir que si elle est portée par une volonté collective et un dialogue franc entre tous les acteurs concernés.

Crise dans les médias : Mamadou Ibra Kane charge sévèrement le ministre de la Communication, qu’il juge « incompétent »

Invité du Jury du Dimanche (JDD) ce 22 juin, le président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), Mamadou Ibra Kane, a pris la parole pour dénoncer l’état préoccupant du secteur médiatique au Sénégal. Face à une situation qu’il qualifie d’« alarmante », il n’a pas hésité à pointer directement du doigt le ministre de la Communication, qu’il accuse d’incompétence manifeste dans la gestion des affaires du secteur.

Au cœur de sa colère, la suspension récente, par la Cour suprême, d’un arrêté ministériel interdisant la diffusion et la publication de 381 médias, qu’il considère comme un abus de pouvoir injustifié. « Ce n’est pas pour rien que la Cour suprême a suspendu, le 12 juin, son arrêté. Combien d’emplois et de salaires ont été supprimés à cause de cette décision ? », s’est-il indigné sur les ondes de Iarsio.

Pour Mamadou Ibra Kane, cette décision avait non seulement fragilisé des entreprises de presse, mais elle illustre surtout un manque total de dialogue et de compréhension des enjeux économiques du secteur par les autorités. Il appelle à un sursaut collectif, estimant que le gouvernement est en train de pousser la presse indépendante vers une asphyxie programmée.

Autre sujet brûlant abordé : l’affaire EXCAF, qu’il n’a pas hésité à qualifier de crime économique. Selon lui, la nouvelle direction de la société Télédiffusion du Sénégal (TDS SA) a commis une grave erreur juridique et commerciale en signant un contrat avec une compagnie malienne, alors que les droits de distribution des décodeurs numériques reviennent, selon les conventions, à EXCAF.

« La directrice générale de TDS SA a agi en violation flagrante de la loi. Elle a engagé l’État dans un contrat illégal, au mépris des textes qui encadrent la commercialisation des équipements de diffusion », a-t-il martelé.

Pour Mamadou Ibra Kane, ce cumul de décisions arbitraires et de manquements démontre une profonde crise de gouvernance dans le secteur de la communication. Il exhorte le président de la République à intervenir pour réorienter la politique médiatique du pays, faute de quoi, prévient-il, « c’est tout l’écosystème de l’information qui risque de s’effondrer ».

Développement : Ousmane Sonko tend la main aux investisseurs chinois — Vers un nouvel élan sino-sénégalais ?

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a adressé une invitation solennelle aux investisseurs chinois pour venir s’implanter durablement au Sénégal. C’était ce dimanche, lors d’un forum économique organisé dans la capitale de la province du Zhejiang, un rendez-vous stratégique qui a réuni décideurs chinois, entrepreneurs sénégalais établis en Chine, ainsi que plusieurs délégations officielles.

S’exprimant devant un parterre d’opérateurs économiques, le chef du gouvernement sénégalais a mis en avant les opportunités qu’offre son pays, tout en insistant sur l’accueil chaleureux réservé aux partenaires étrangers. « Nous vous attendons au Sénégal, vous y serez à l’aise. C’est un pays d’hospitalité », a-t-il affirmé. Avant d’ajouter : « Nous vous invitons massivement à venir participer à l’œuvre de construction de notre développement, qui sera également celle de la Chine. »

Le forum, organisé conjointement par l’APIX (Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux de l’État) et l’ambassade du Sénégal en Chine, avait pour objectif de renforcer les liens économiques entre les deux pays et d’encourager une coopération mutuellement bénéfique. Plusieurs protocoles d’accord ont été signés, traduisant une volonté commune de concrétiser de nouveaux projets dans des secteurs stratégiques tels que les infrastructures, l’agriculture, l’industrie ou encore l’énergie.

Cette démarche s’inscrit dans une dynamique diplomatique plus large du gouvernement sénégalais, qui souhaite diversifier ses partenariats et attirer des investissements structurants. La Chine, déjà très présente en Afrique, notamment dans les grands travaux, reste un acteur incontournable dans la stratégie de développement du Sénégal, et ce forum pourrait marquer le début d’une nouvelle phase de collaboration plus équilibrée et plus durable.

Reste à voir comment ces engagements se traduiront sur le terrain, alors que les attentes des populations en matière d’emploi, de transfert de technologie et de développement local sont fortes. Le défi pour le Sénégal sera de tirer le meilleur parti de cette coopération tout en défendant ses intérêts stratégiques.

Bassirou Diomaye Faye à la tête de la Cedeao ? Un nouveau souffle pour une organisation fragilisée

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye est pressenti pour prendre les rênes de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à l’issue du sommet de l’organisation prévu ce samedi 22 juin à Abuja, au Nigeria. Selon des sources concordantes relayées par Africa Intelligence, un consensus discret aurait été trouvé entre les chefs d’État de la sous-région, lors de consultations menées le 20 juin, pour confier la présidence de l’organisation au jeune dirigeant sénégalais.

Cette désignation, si elle est confirmée, viendrait mettre un terme au mandat du président nigérian Bola Ahmed Tinubu, dont les deux années à la tête de la Cedeao ont été marquées par des critiques récurrentes, notamment de la part des pays francophones. Jugé peu rassembleur et parfois isolé dans sa gestion des crises sous-régionales, Bola Tinubu laisserait place à un profil perçu comme plus apaisant et fédérateur.

À 45 ans, Bassirou Diomaye Faye incarne une nouvelle génération de dirigeants ouest-africains. Son élection à la tête du Sénégal en mars dernier, sur la promesse de rupture avec l’ancien système, lui a valu une forte légitimité populaire. Cette dynamique semble avoir convaincu ses pairs qu’il est le mieux placé pour incarner le renouveau de la Cedeao à un moment charnière de son histoire.

Le premier défi auquel devra faire face le nouveau président de l’organisation sera la formalisation du départ des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Burkina Faso, Mali et Niger — qui ont acté leur retrait. Un événement inédit dans l’histoire de la Cedeao, révélateur de ses difficultés à préserver l’unité régionale face aux crises politiques internes et aux choix souverainistes des régimes militaires sahéliens.

Malgré plusieurs tentatives de médiation, notamment par des déplacements à Bamako et Ouagadougou dès le début de son mandat, Diomaye Faye n’a pas réussi à infléchir la position des juntes au pouvoir. Mais en accédant à la présidence tournante de la Cedeao, il pourrait bénéficier d’un levier institutionnel pour maintenir le dialogue, éviter une rupture totale et travailler à des formes de coopération pragmatique en matière de sécurité, de commerce ou de mobilité humaine.

Cette perspective d’un leadership incarné par un président élu démocratiquement, porté par une forte attente de changement, pourrait également améliorer l’image d’une organisation aujourd’hui perçue par une partie des opinions publiques comme distante, voire illégitime. Diomaye Faye aura la délicate mission de concilier l’exigence de stabilité institutionnelle avec les aspirations d’une jeunesse ouest-africaine en quête d’intégration économique et de souveraineté politique.

Coopération économique : Ousmane Sonko appelle les investisseurs chinois à s’engager davantage au Sénégal

Hangzhou (Chine), 22 juin 2025 – En visite officielle en Chine, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a adressé un vibrant appel aux opérateurs économiques chinois pour qu’ils intensifient leurs investissements au Sénégal. Il a tenu ce discours ce dimanche, lors d’un forum économique sino-sénégalais organisé à Hangzhou, capitale de la province du Zhejiang.

« Nous vous attendons au Sénégal, vous y serez à l’aise. C’est un pays d’hospitalité. Nous vous invitons massivement à venir participer à l’œuvre de construction de notre développement, qui sera également celle de la Chine », a déclaré le chef du gouvernement sénégalais devant une assistance composée d’hommes d’affaires chinois, de membres de la diaspora sénégalaise en Chine, ainsi que de représentants d’entreprises venus du Sénégal.

Le forum, organisé par l’APIX (Agence pour la Promotion des Investissements et des Grands Travaux de l’État du Sénégal) en partenariat avec l’ambassade du Sénégal en Chine, visait à renforcer les partenariats économiques et à stimuler les flux d’investissement vers Dakar, dans un contexte où le gouvernement sénégalais cherche à impulser une nouvelle dynamique à sa stratégie de développement.

En marge des discussions, plusieurs protocoles d’accord et conventions de partenariat ont été signés entre des entreprises sénégalaises et chinoises, dans des secteurs allant des infrastructures au numérique, en passant par l’agriculture, l’énergie et la logistique. Ces engagements traduisent la volonté des deux parties de donner un nouvel élan à leur coopération bilatérale, dans une logique de gagnant-gagnant.

Ce déplacement d’Ousmane Sonko en Chine s’inscrit dans une démarche proactive du gouvernement sénégalais, qui mise sur la diplomatie économique pour attirer les capitaux étrangers, transférer des technologies et créer des emplois durables. En choisissant la ville de Hangzhou, reconnue pour son dynamisme économique et son rôle de hub technologique, le Premier ministre a voulu marquer l’importance qu’il accorde à l’innovation et à l’entrepreneuriat dans sa vision du développement.

La Chine figure déjà parmi les principaux partenaires économiques du Sénégal, notamment dans les domaines des infrastructures, des télécommunications et de l’agriculture. Ce forum vise à consolider ces acquis tout en explorant de nouvelles pistes de coopération dans des secteurs porteurs.

Ce forum économique n’est que la première étape d’un agenda chargé pour la délégation sénégalaise en Chine. D’autres rencontres sont prévues avec des représentants d’institutions publiques, de groupes industriels et de pôles de recherche, avec l’objectif d’élargir le champ de la coopération sino-sénégalaise à des domaines plus innovants.

Sénégal – 26 ans de l’AFP : Mbaye Dione alerte sur une situation économique et démocratique préoccupante

À l’occasion du 26e anniversaire de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), célébré ce week-end à Dakar, le secrétaire général du parti, Mbaye Dione, a dressé un constat alarmant de l’état économique, social et institutionnel du Sénégal sous l’ère de la troisième alternance. Placée sous le thème : « Situation économique et financière actuelle du Sénégal : Responsabilités et propositions de solutions », cette journée de réflexion a été marquée par des interventions critiques et des appels à une prise de conscience nationale.

Dans son allocution d’ouverture, Mbaye Dione n’a pas mâché ses mots. Selon lui, le Sénégal traverse une période de grandes turbulences économiques, aggravées par des incertitudes financières et diplomatiques. Il a notamment souligné que le pays fait face à un « arrêt des financements de nombreux bailleurs extérieurs, dont le FMI », conséquence directe, selon lui, d’un débat mal maîtrisé sur la dette publique.

Faute de financements à long terme, l’État aurait recours à des emprunts à court terme uniquement pour couvrir les dépenses courantes, sans pouvoir lancer de projets structurants. « Aucun projet majeur d’investissement n’est lancé par ce régime », a-t-il regretté, pointant une agonie du secteur primaire et une paralysie des grands chantiers du BTP dans tout le pays.

Au-delà de l’économie, Mbaye Dione a également critiqué la gestion de la politique étrangère du Sénégal. Selon lui, « la diplomatie bat de l’aile », comme en témoignent les nombreux échecs de candidatures sénégalaises à des postes de responsabilité au sein des institutions internationales. Il a par ailleurs dénoncé « une confusion de rôles entre le Premier ministre et le Président de la République », rappelant que ce dernier reste le garant constitutionnel de la politique diplomatique.

Le responsable de l’AFP a également pointé un climat social de plus en plus tendu. Il évoque « des milliers de licenciements » liés à la suspension des travaux dans les secteurs publics et privés, et un malaise grandissant parmi les travailleurs, les syndicats et la jeunesse.

Mbaye Dione n’a pas éludé la question des droits humains. Selon lui, le pays connaît un net recul démocratique marqué par des « arrestations arbitraires » et une « chasse aux dignitaires de l’ancien régime » menée au nom de la reddition des comptes. Il a mis en garde contre la tentation de transformer cet impératif de justice en instrument de règlement de comptes politiques.

Reprenant les enseignements de Moustapha Niasse, fondateur de l’AFP, il a souligné que « la mise en garde contre la patrimonialisation de l’État et la recherche effrénée de prébendes conserve toute sa pertinence ». Il a appelé au respect des principes fondamentaux de l’État de droit et de la séparation des pouvoirs.

En conclusion, Mbaye Dione a justifié le choix du thème de la conférence en insistant sur « l’urgence de poser le débat sur les véritables préoccupations des Sénégalais, d’ici et d’ailleurs ». Il a estimé que la gravité de la situation commande un changement d’approche de la part des gouvernants. « Des solutions doivent être laissées à l’appréciation des tenants du pouvoir », a-t-il conclu, dans un appel mesuré mais ferme à plus de lucidité et de responsabilité.

Marché d’armement de 45,3 milliards : les dessous explosifs d’un scandale d’État

Alors qu’il semblait oublié depuis la fin du régime de Macky Sall, le sulfureux marché d’armement de 45,3 milliards de FCFA revient sur le devant de la scène judiciaire sénégalaise. Une enquête approfondie de la Division des investigations criminelles (DIC), sur saisine du Parquet financier, vise désormais à démêler les fils d’une affaire mêlant détournements présumés, blanchiment d’argent et corruption de haut vol.

Au cœur de ce scandale : Lavie Commercial Brokers-SUARL, une société au profil pour le moins étrange. Créée le 16 novembre 2021, elle se voit confier à peine un mois plus tard, en décembre 2021, un marché public colossal de 45,3 milliards de francs CFA par le ministère de l’Environnement. Ce marché portait sur la fourniture d’équipements militaires et logistiques.

Mais très vite, des anomalies surgissent. Le contrat avait été signé par David Benzaquen, ancien employé du controversé marchand d’armes israélien Gaby Peretz, et l’enquête révèle que le numéro de téléphone associé à Lavie appartient en réalité à Aboubacar Hima, alias « Petit Boubé », un courtier nigérien connu dans les milieux de l’armement africain. Une découverte qui jette le doute sur la véritable identité des bénéficiaires du contrat.

La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), alertée par des mouvements financiers suspects, a produit un rapport accablant. Selon ce document, 3,09 milliards de FCFA ont été virés depuis Lavie et Eurocockpit (autre société liée à Petit Boubé) vers Technologie Service International (TSI), également dirigée par ce dernier.

Les fonds ont ensuite été dispatchés dans une série de retraits en espèces, virements et transferts vers l’étranger, sans justification comptable claire. À titre d’exemple, des montants importants — 85 et 150 millions FCFA — ont été mis à disposition de D.A. A Jacques et A. Loum en février 2023, suivis d’un autre retrait de 185 millions FCFA le lendemain.

Plus spectaculaire encore : 565,5 millions FCFA ont été retirés par « Petit Boubé » lui-même sous forme de chèques, dans la foulée de la signature du marché.

Un contrat classé « Secret défense »… pour masquer la fraude ?

Interrogé sur ces opérations, « Petit Boubé » aurait tenté de les justifier par l’exécution d’un contrat classé “Secret défense” et par des frais de dédouanement pour le compte du ministère. Mais ces explications se sont avérées mensongères après vérification, selon les éléments recueillis par Libération.

La CENTIF, dans ses conclusions, n’exclut pas que ces flux financiers aient servi à verser des pots-de-vin, ce qui constituerait une infraction grave de corruption. L’institution évoque explicitement un « système de retraits en espèces non justifiés » et des transferts suspects à l’international qui confortent cette thèse.

Autre élément troublant, le versement d’une avance de 34 milliards FCFA au profit de Lavie Commercial Brokers, soi-disant pour permettre à Petit Boubé de “préfinancer” le marché. Ce montant faramineux, débloqué avant même la livraison effective des équipements, soulève des interrogations sur la complicité potentielle de certaines autorités publiques dans la mise en œuvre du contrat.

Face à l’ampleur des soupçons et à la complexité du montage financier, la DIC a été saisie par le Parquet financier pour faire toute la lumière sur ce dossier explosif. L’enquête devra déterminer les responsabilités exactes, identifier les bénéficiaires des détournements éventuels, et confirmer, ou non, l’existence d’un réseau de corruption organisé.

À l’heure où la nouvelle gouvernance prône la transparence et la reddition des comptes, ce dossier pourrait bien devenir le premier grand test judiciaire pour les autorités actuelles, et une bombe politique si des figures du régime précédent venaient à être mises en cause.

Affaire à suivre de très près.

AFFAIRE ASER / JEAN-MICHEL ZAPPE LA SOMMATION INTERPELLATIVE ET ORGANISE UN LIVE : Qu’est-ce que ça cache ?

Alors que la polémique autour du contrat d’électrification confié à AEE Power Sénégal ne cesse d’enfler, le Directeur général de l’Agence sénégalaise d’Électrification rurale (ASER), Jean Michel Sène, se retrouve au cœur d’une contradiction qui intrigue. D’un côté, il refuse obstinément de répondre à la sommation interpellative envoyée par l’administrateur d’AEE Power, M. Saidou Kane ; de l’autre, il s’exprime abondamment sur les réseaux sociaux, notamment dans un live diffusé sur sa page Facebook, pour répondre à un acteur politique, le député Thierno Alassane Sall. Une posture qui suscite incompréhension et questionnement, tant chez les juristes que chez les observateurs du monde des marchés publics.

Cette affaire, désormais connue sous le nom d’« ASER-GATE », trouve son origine dans des propos tenus le 2 septembre 2024 par Jean Michel Sène lors d’une émission sur la Radio-Télévision Walfadjri. À cette occasion, le DG de l’ASER avait formulé des accusations particulièrement graves à l’encontre de Saidou Kane, l’impliquant dans des faits de falsification dans le cadre de l’exécution d’un marché public. Face à ces déclarations publiques, AEE Power Sénégal a réagi en déposant une sommation interpellative, non seulement contre M. Sène, mais aussi contre le média et la journaliste Khady Sylla, qui avait mené l’interview.
Dans cette sommation, M. Kane, par l’intermédiaire de ses avocats, pose huit questions précises visant à établir la véracité ou non des accusations proférées. Il y est notamment question d’un contrat signé le 23 février 2024 entre l’ASER et AEE Power EPC, d’un satisfecit délivré le même jour, d’un contrat tripartite signé le 25 novembre 2023, ainsi que d’une décision rendue par l’ARCOP le 3 juillet 2024 ordonnant la suspension d’une résiliation de contrat. Les avocats souhaitent également des éclaircissements sur la nature juridique exacte de la relation contractuelle entre l’ASER et AEE Power Sénégal, et sur les implications d’une éventuelle rupture du contrat vis-à-vis de la garantie souveraine de l’État sénégalais.
Pourtant, depuis la réception de cette sommation, Jean Michel Sène n’a apporté aucune réponse concrète aux questions posées. Pire encore, selon des sources proches du dossier, les représentants de l’ASER se sont contentés de réponses vagues, promettant de « transmettre au DG » ou de « faire suivre au service compétent », sans jamais donner suite aux interpellations. Cette attitude est perçue, du côté de AEE Power Sénégal, comme un mépris manifeste pour une procédure légale pourtant claire dans ses attendus et dans son importance.
Ce mutisme devient d’autant plus problématique que, parallèlement, M. Sène a choisi de s’exprimer longuement ce 19 juin 2025 via un direct Facebook. Il y a notamment répondu aux critiques formulées par le député Thierno Alassane Sall sur la gestion du projet d’électrification. Jean Michel Sène a défendu la régularité des procédures, a détaillé les mécanismes de garantie et a vanté les innovations apportées au contrat, comme l’insertion professionnelle de jeunes Sénégalais et la relocalisation d’une partie des bénéfices économiques au Sénégal.
Mais en réaffirmant ses accusations à l’égard de Saidou Kane dans cette intervention, tout en continuant à ignorer la sommation qui lui est légalement adressée, Jean Michel Sène entretient une asymétrie préoccupante. D’un côté, il revendique la transparence et la légalité. De l’autre, il évite soigneusement d’en répondre formellement dans un cadre juridique.
Ce silence, devenu assourdissant, soulève une question cruciale : pourquoi Jean Michel Sène choisit-il de répondre aux critiques politiques sur les réseaux sociaux, tout en se dérobant aux voies légales initiées par ceux qu’il accuse ? Si ses affirmations sont fondées, pourquoi ne pas y répondre clairement, point par point, dans le cadre de la sommation, devant notaire, comme le droit l’exige ?
La situation actuelle place Jean Michel Sène face à ses responsabilités. En ne répondant pas à la sommation interpellative, il entretient le flou et alimente la méfiance autour de l’ASER et de sa gestion. Or, c’est bien la transparence, l’impartialité et le respect des procédures qui devraient guider l’action publique, surtout lorsqu’il s’agit de projets aussi sensibles que l’électrification de milliers de localités sénégalaises.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°492 – 21 ET 22/06/2025

🔴 IGNORANT LA SOMMATION INTERPELLATIVE DE SAIDOU KANE : JEAN-MICHEL FAIT UN SHOW ONLINE
🔴 ASSEMBLÉE NATIONALE : FADILOU KEÏTA AU SECOURS D’EL MALICK

🔴 RETOUR DES FÉDÉRATIONS AU STADE LSS ? : KHADY DIÈNE GAYE LAISSE LES « VICTIMES » DANS LE FLOU
🔴 U17 – BEACH HANDBALL : LES LIONCELLES VISENT LES QUARTS

Protocole de Maputo : la réplique cinglante de la plateforme “Ndeyi Askan Wi” au Pr Amsatou Sow Sidibé

À la suite des propos tenus lors d’un atelier sur les droits humains et les réformes législatives organisé à Saly du 11 au 13 juin 2025, la plateforme nationale des femmes musulmanes, Ndeyi Askan Wi (NAW), a opposé une réplique ferme et vigoureuse au Pr Amsatou Sow Sidibé, présidente de la Commission nationale des droits humains, ainsi qu’à Me Abdoulaye Tall, président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale.

Réunies ce vendredi à l’Institut Islamique de Dakar pour un face-à-face avec la presse, les responsables de NAW ont tenu à réaffirmer, dans un ton à la fois solennel et combatif, leur attachement indéfectible à la foi musulmane et à la souveraineté culturelle du Sénégal, face à ce qu’elles considèrent comme une offensive idéologique masquée.

“Les incantations d’une prêtresse en chef”

Dans une déclaration marquante, Dr Marième Mbacké, membre active de la cellule de communication de NAW, a dénoncé ce qu’elle qualifie de “discours incantatoire” tenu par Pr Amsatou Sow Sidibé, qu’elle présente comme “la prêtresse en chef d’un agenda étranger”, allusion directe à l’Agenda de Maputo, qualifié de “délirant” par la plateforme.

« Depuis 1972, votre combat n’a jamais prospéré, et ce n’est pas un hasard », a-t-elle lancé à l’endroit de la juriste et militante des droits humains. NAW rejette en bloc toute réforme du Code de la famille qui remettrait en cause ses fondements religieux. Elle conteste également le caractère consensuel de ce code, rappelant que de nombreux guides religieux s’y étaient opposés à l’époque de son adoption.

Un rejet des normes “déguisées en boubous sénégalais”

S’adressant à l’opinion nationale, Dr Mbacké a déclaré avec force : « Les traités déguisés en boubous sénégalais, signés en catimini, ne prospéreront plus. » Pour NAW, certaines normes juridiques et sociales d’inspiration internationale sont perçues comme imposées de l’extérieur, portées par des financements occultes et contraires aux valeurs nationales.

Magnifiant la figure de la mère sénégalaise – pilier de la famille, gardienne de la mémoire et source de bénédiction – elle a évoqué avec émotion le “djaak nangul”, ce rite célébrant la femme mère, symbole de patience, d’abnégation et de transmission. Dans cette perspective, toute réforme qui marginaliserait cette centralité culturelle et religieuse est jugée inacceptable.

Une pique à Me Abdoulaye Tall et au pouvoir actuel

La plateforme n’a pas épargné Me Abdoulaye Tall, président de la Commission des lois et porte-parole du parti PASTEF, lui reprochant un discours en contradiction avec les engagements du président Bassirou Diomaye Faye, censé rompre avec les « normes civilisationnelles unilatérales ».

« Vous êtes tenus d’écouter le peuple, pas de faire dans la partisannerie », a martelé NAW, rappelant que la modernité ne saurait signifier une rupture avec la législation divine. Pour ses membres, les rares dispositions islamiques contenues dans le Code de la famille sont aujourd’hui menacées par un relativisme culturel importé, auquel elles entendent s’opposer vigoureusement.

Un serment d’engagement pour la sauvegarde des valeurs

Dans une profession de foi patriotique, la plateforme affirme que “le peuple sénégalais, profondément enraciné dans sa foi, n’acceptera jamais de compromis sur son identité”. Le message est clair : la rupture tant promise ne saurait se faire au détriment des intérêts spirituels et culturels du pays.

NAW se dit plus que jamais déterminée à défendre les fondements religieux, familiaux et sociaux du Sénégal, et appelle les autorités à entendre la voix du peuple croyant.

« Dans une dynamique de rupture, il est inévitable que des réformes touchent nos codes, nos lois, notre Constitution. Mais au nom d’Allah SWT, au nom du peuple sénégalais croyant – et singulièrement des 97 % de musulmans – au nom de la famille, de la femme et de l’enfant, nous sommes prêtes à engager le combat pour que cette rupture ne se fasse pas à l’encontre des intérêts de notre peuple et de son système de valeurs », a conclu Dr Marième Mbacké.

Société Générale du Sénégal : Oumar Bah, le banquier aux comptes fantômes, accusé d’un détournement de plus de 74 millions FCFA

La Société Générale du Sénégal (ex-SGBS) est une nouvelle fois secouée par un scandale financier retentissant. Moins d’un an après l’arrestation de l’expert bancaire Amadou Dicko, soupçonné d’avoir détourné 3,4 milliards FCFA, c’est au tour d’un autre collaborateur interne de tomber pour des faits similaires. Oumar Bah, conseiller clientèle âgé de 51 ans, a été interpellé par la Division des investigations criminelles (DIC) pour un détournement numérique estimé à 74.058.966 FCFA.

Les faits reprochés à Oumar Bah s’étendent sur une période allant de novembre 2022 à juin 2024. L’enquête révèle un stratagème aussi audacieux qu’alarmant, fondé sur l’exploitation ciblée de comptes clients inactifs ou saisis, identifiés comme des niches silencieuses dans les systèmes de la banque. Le suspect aurait procédé à au moins cinq opérations frauduleuses, réorientant les fonds détournés vers des circuits parallèles soigneusement élaborés.

Le modus operandi de Bah reposait sur l’utilisation d’un compte ouvert au nom d’un proche résident à l’étranger. Une fois les fonds transférés vers ce compte relais, ils étaient ensuite dispatchés vers des comptes personnels du mis en cause, répartis entre trois établissements bancaires : la Société Générale elle-même, la Bank of Africa (BOA) et la Banque de l’Habitat du Sénégal (BHS). Le tout était orchestré via SG Connect, la plateforme de gestion à distance des comptes bancaires, que le mis en cause maîtrisait visiblement parfaitement.

C’est un audit de routine mené par le service de contrôle interne qui a permis de repérer des mouvements anormaux sur plusieurs comptes considérés comme dormants. Alertée, la banque a rapidement remonté la chaîne des opérations jusqu’à identifier Oumar Bah comme la source du détournement. Arrêté dans les locaux mêmes de la Société Générale, situés sur l’avenue Lamine Guèye à Dakar, il a été conduit à la DIC où il a fini par passer aux aveux. Il a invoqué des « difficultés financières et sociales personnelles » pour expliquer ses actes, sans pour autant convaincre les enquêteurs.

Poursuivi pour faux et usage de faux en écritures privées de banque, escroquerie et détournement de fonds par le biais d’un système informatique, Oumar Bah a été déféré devant le parquet ce jeudi. Il encourt de lourdes sanctions au regard de la gravité des charges retenues contre lui, dans un contexte de tolérance zéro face aux atteintes à la crédibilité du système bancaire sénégalais.

Cette affaire, qui survient à peine neuf mois après celle d’Amadou Dicko, soulève des questions pressantes sur la sécurité interne à la Société Générale du Sénégal. La multiplication des cas de détournement impliquant des employés semble révéler des failles systémiques dans le contrôle des opérations, notamment sur les comptes jugés inactifs ou peu suivis. La banque est désormais appelée à renforcer de toute urgence ses dispositifs de surveillance, au risque de voir son image encore plus entachée par une série noire qui semble loin d’être terminée.

Suspension des décaissements du FMI : Cheikh Diba rassure et annonce un nouveau cadre budgétaire

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a levé le voile sur la suspension temporaire des décaissements du Fonds monétaire international (FMI), intervenue dans le cadre de l’accord de prêt signé en juin 2023 sous l’ancien régime. C’est à Ziguinchor, à l’occasion de l’inauguration du nouveau siège du Contrôle régional des finances (CRF), que le ministre a choisi d’apporter des clarifications à une actualité économique qui alimente les débats.

Cheikh Diba a tenu à préciser que cette suspension ne constitue en rien un désaveu ni une sanction infligée au Sénégal. Elle s’inscrit plutôt dans une démarche de mise à jour technique entre les équipes du FMI et l’État, afin de mieux harmoniser les données budgétaires couvrant la période 2019-2024 avec les récentes conclusions de la Cour des comptes. L’objectif, selon lui, est de s’assurer de la fiabilité et de la sincérité des indicateurs servant de base au partenariat entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods.

Pour rassurer l’opinion, le ministre a souligné que l’État agit dans un esprit de responsabilité et de transparence. Il a révélé dans la foulée l’élaboration en cours d’un nouveau programme économique et financier, inspiré des grandes orientations de la vision stratégique « Sénégal 2050 ». Ce nouveau cadre devrait permettre, selon ses termes, de corriger les manquements de la gestion budgétaire précédente, de restaurer la crédibilité des finances publiques, et d’inscrire durablement la gouvernance économique dans un modèle de rigueur, de performance et d’inclusivité territoriale.

Abordant la question de la dette publique, Cheikh Diba a réfuté avec fermeté les chiffres et interprétations qu’il qualifie d’« erronés », circulant ces dernières semaines dans l’espace médiatique. Il a dénoncé notamment certaines affirmations faisant état d’une dette cumulative pour la période 2024-2025 ou d’un usage détourné des ressources publiques.

Le ministre des Finances a réaffirmé que le gouvernement mène une politique d’endettement responsable, fondée sur les principes de soutenabilité, de transparence et de conformité aux engagements internationaux. Il a précisé que les emprunts contractés sont orientés prioritairement vers des investissements productifs et structurants, à même d’accélérer le développement des infrastructures et la transformation économique du pays.

Dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales et des exigences accrues en matière de bonne gouvernance, le message du ministre sonne comme un appel à la sérénité. Il laisse entrevoir un recentrage stratégique autour d’un nouveau contrat de confiance avec les partenaires techniques et financiers, tout en plaçant la réforme des finances publiques au cœur du redressement économique national.

Crise dans la justice : le SYTJUST et l’UNTJ dénoncent le mutisme de l’État face à une grève paralysante

Le système judiciaire sénégalais traverse une zone de turbulences. Depuis plus de trois jours, les services sont à l’arrêt dans les juridictions du pays, en raison d’un mouvement de grève conjointement lancé par le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) et l’Union Nationale des Travailleurs de la Justice (UNTJ). Dans un communiqué conjoint rendu public ce vendredi, les deux organisations dénoncent une « paralysie totale » de la justice sur l’ensemble du territoire national, et pointent du doigt « l’indifférence persistante » de l’État face à leurs revendications.

Selon les responsables syndicaux, la grève est suivie de manière massive par les agents, ce qui témoigne, selon eux, de la place centrale que ces travailleurs occupent dans le fonctionnement du système judiciaire. « Cette mobilisation illustre notre rôle indispensable dans l’édifice de l’État de droit », affirment-ils. Pourtant, ajoutent-ils, les autorités, en particulier les ministères de la Justice et de la Fonction publique, sont restées sourdes à leurs multiples appels au dialogue. Aucune initiative n’a été prise pour désamorcer une crise qui dure depuis trop longtemps.

Les conséquences de cette grève sont immédiates et profondes. Les dossiers judiciaires s’accumulent dans les tribunaux, les procédures en cours sont retardées, et les justiciables se retrouvent dans une attente interminable. Pour les personnes détenues en attente de jugement, la situation vire au drame. « Leurs droits fondamentaux sont bafoués. Une justice lente est une justice injuste », avertissent les syndicats, qui parlent d’une atteinte grave aux principes d’une justice équitable et accessible.

Au cœur des revendications figurent notamment la revalorisation des conditions de travail, l’application de protocoles d’accord signés mais non mis en œuvre, et le respect des engagements financiers liés aux statuts des agents. Pour les grévistes, il ne s’agit pas d’un simple mouvement corporatiste, mais d’un combat pour la dignité professionnelle et le respect de la parole donnée.

« La justice ne peut être rendue sans justice pour ceux qui la font vivre », rappelle le communiqué. Et d’ajouter : « Si le gouvernement continue de faire la sourde oreille, la grève pourrait se prolonger et s’intensifier dans les prochains jours. » Les syndicats exigent ainsi l’ouverture immédiate de négociations sérieuses et sincères, afin d’éviter un enlisement préjudiciable non seulement aux travailleurs, mais à l’ensemble de la société sénégalaise.

Fuites d’épreuves à Thiès : les 30 élèves remis en liberté après 48 heures de garde à vue

L’affaire des présumées fuites d’épreuves qui a secoué plusieurs établissements secondaires de Thiès connaît un nouveau développement. Les 30 élèves interpellés dans le cadre de cette affaire ont été remis en liberté ce vendredi 20 juin 2025, après avoir passé 48 heures en garde à vue au commissariat du 1er arrondissement.

Composée de 11 filles et 19 garçons, la majorité de ces élèves sont inscrits en classe de Seconde et fréquentent les lycées Jules Sagna, Amary Ndack Seck et Fahu. Ils étaient soupçonnés d’avoir participé à la diffusion ou à l’utilisation illicite d’épreuves du troisième trimestre, notamment en histoire-géographie, mathématiques et anglais.

L’enquête avait été ouverte après des signalements portant sur la circulation, via les réseaux sociaux et des applications de messagerie, de sujets d’examen avant leur tenue officielle. Une situation qui a rapidement attiré l’attention des autorités scolaires et des forces de sécurité, déclenchant l’arrestation des élèves suspectés.

Après leur présentation au parquet, le procureur de la République a finalement décidé de les relâcher, dans l’attente de la suite de la procédure. Aucune mise en examen n’a pour l’instant été prononcée à leur encontre, même si les investigations se poursuivent pour établir les responsabilités réelles dans cette affaire.

Ce nouvel épisode relance le débat sur les conditions de sécurité autour des examens scolaires et sur l’utilisation des outils numériques par les élèves. Les syndicats d’enseignants, tout comme les associations de parents d’élèves, appellent à un renforcement des dispositifs de prévention pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent à l’avenir.

Refus de visas et tensions diplomatiques : Thierno Alassane Sall fustige Ousmane Sonko et dénonce « une expression de l’incompétence »

La réaction du Premier ministre Ousmane Sonko à propos des récents refus de visas par les États-Unis continue de susciter de vives critiques au sein de la classe politique sénégalaise. Parmi les voix les plus virulentes figure celle de Thierno Alassane Sall, président du parti La République des Valeurs, qui a publié ce week-end une déclaration au vitriol à l’endroit du chef du gouvernement.

Dans un message posté sur sa page Facebook, l’ancien ministre a dénoncé une prise de parole qu’il juge « populiste » et « irresponsable », accusant Ousmane Sonko de chercher à entretenir un climat de fanatisme chez ses partisans au détriment de l’image du Sénégal sur la scène internationale. « Le Premier ministre Ousmane Sonko doit savoir que ses déclarations populistes, destinées à nourrir le fanatisme de ses thuriféraires, peuvent avoir des conséquences graves pour notre pays », a-t-il écrit.

Thierno Alassane Sall pointe en particulier le risque de dégradation de la perception du Sénégal auprès des partenaires internationaux. Il évoque une perte de crédibilité susceptible d’aggraver les conditions d’accès aux financements extérieurs. « La cote du Sénégal auprès des institutions financières ne cesse de plonger à mesure de ses sorties désinvoltes. Et on le paie très cher en termes de taux d’intérêt sur nos emprunts », alerte-t-il, dans un contexte où la question de la dette et du financement du développement occupe une place centrale dans le débat public.

Ce qui semble avoir particulièrement irrité Thierno Alassane Sall, c’est la référence faite par Ousmane Sonko à l’ancien président américain Donald Trump et à l’idée d’un bras de fer diplomatique. « Comme si cela ne suffisait pas, le voilà qui appelle au gatsa-gatsa avec Donald Trump. En mesure-t-il seulement les potentielles conséquences désastreuses pour le Sénégal et les nombreux Sénégalais qui vivent aux USA ? », s’est-il interrogé avec gravité.

Au-delà du fond, c’est également la forme de la communication du Premier ministre qui est critiquée. Thierno Alassane Sall estime que la diplomatie exige une certaine retenue, de la rigueur et une parfaite maîtrise des codes internationaux. « En diplomatie, il y a une façon de se faire respecter sans exposer ses émotions au grand public et verser dans la démagogie ; le gatsa-gatsa n’y a pas sa place », a-t-il déclaré, concluant sans ambiguïté : « Aucune surprise cependant : cette sortie, dans la forme comme dans le fond, n’est qu’une expression de l’incompétence. »

Enfin, dans une formule qui traduit toute sa désillusion, l’opposant déplore l’évolution actuelle du pays sur le plan diplomatique : « Pauvre Sénégal ! Hier pays phare de la région, nous voilà parmi les parias. » Une sortie qui risque d’alimenter davantage la polarisation politique autour du style de gouvernance du Premier ministre Ousmane Sonko et de sa gestion des relations internationales.

Drame à Richard-Toll : un sexagénaire meurt noyé avec son troupeau lors de la traversée du fleuve Sénégal

Un tragique accident s’est produit ce vendredi matin sur le fleuve Sénégal, à hauteur de Richard-Toll, où un homme d’environ soixante ans a perdu la vie dans le chavirement de sa pirogue. L’incident est survenu aux environs de 9 heures, alors que la victime effectuait la traversée du fleuve pour regagner le territoire sénégalais en provenance de la Mauritanie voisine.

Selon les témoignages recueillis sur place, le défunt revenait d’une mission commerciale de routine. Éleveur et acheteur de bétail chevronné, il s’était rendu de l’autre côté de la frontière pour acquérir des bœufs, une activité qu’il exerçait depuis de nombreuses années. Malheureusement, alors qu’il tentait de traverser le fleuve avec son troupeau à bord d’une pirogue, l’embarcation a chaviré au milieu des eaux.

Alertés, les sapeurs-pompiers de la brigade de Richard-Toll sont immédiatement intervenus pour entamer les recherches. Après plusieurs heures d’opérations, le corps sans vie de l’éleveur a été repêché aux alentours de 13 heures, suscitant une vive émotion au sein de la population locale.

Le drame n’a pas seulement coûté la vie à l’homme ; une partie de son troupeau a également été engloutie par les flots. Les circonstances précises du naufrage ne sont pas encore connues, mais les autorités locales évoquent des conditions de navigation difficiles et une probable surcharge de la pirogue.

Ce nouveau drame relance le débat sur la sécurité des traversées fluviales dans cette zone frontalière, où les échanges commerciaux informels entre les deux rives sont fréquents. Faute d’infrastructures adéquates, de nombreux éleveurs et commerçants continuent d’emprunter des pirogues artisanales, souvent au péril de leur vie.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes de l’accident. En attendant, les proches de la victime pleurent un homme respecté dans la communauté, connu pour son dévouement au travail et son attachement au fleuve, qui aura finalement eu raison de lui.

Touba – Médicaments illicites : cinq grands dépositaires traduits en justice par le Syndicat des pharmaciens

Le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal (SPPS) a enclenché une action judiciaire contre cinq importants dépositaires soupçonnés de gérer des dépôts pharmaceutiques illégaux à Touba. Cette décision a été rendue publique lors d’un point de presse organisé jeudi par l’organisation syndicale, en pleine croisade contre l’exercice illicite de la pharmacie dans cette ville connue pour être un épicentre du commerce informel de médicaments.

Selon le président du SPPS, Dr Serigne Ahmadou Bamba Ndour, cette initiative survient après plusieurs tentatives infructueuses de sensibilisation des acteurs concernés. « Nous avons entrepris toutes les démarches nécessaires pour sensibiliser les populations et alerter sur les risques. Malheureusement, face à la persistance du phénomène, nous avons été contraints de traduire ces faussaires devant la justice », a-t-il affirmé.

À Touba, le phénomène des dépôts pharmaceutiques clandestins prend une ampleur inquiétante. Des structures non agréées y écoulent des médicaments en dehors du circuit réglementaire, posant un sérieux problème de santé publique. Le SPPS dénonce ainsi une situation devenue incontrôlable, où les règles sont bafouées au mépris de la vie des citoyens.

Dr Ndour a tenu à rappeler que tout médicament circulant en dehors du schéma d’approvisionnement défini par les autorités sanitaires, notamment l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP), est automatiquement considéré comme un faux médicament. Il appelle à l’application stricte des textes régissant l’exercice de la pharmacie, et sollicite un appui ferme des institutions concernées – Ordre des pharmaciens, ARP, ministère de la Santé – pour démanteler ces circuits parallèles.

Le SPPS ne cache plus sa colère face à ce qu’il qualifie de « pratiques criminelles ». Ses membres, largement mobilisés, annoncent leur volonté de livrer une bataille sans compromis contre la circulation de médicaments non contrôlés. Ils estiment qu’il en va non seulement de la survie de la profession pharmaceutique, mais surtout de la santé et de la sécurité des populations, souvent exposées à des traitements inappropriés ou dangereux.

À Touba, où le commerce informel bénéficie parfois d’une certaine tolérance, cette action judiciaire pourrait marquer un tournant décisif dans la régulation du marché pharmaceutique. Le dossier est désormais entre les mains de la justice, qui devra se prononcer sur la légalité des pratiques reprochées aux cinq dépositaires poursuivis.

Affaire Air Sénégal vs Carlyle SA : L’IATA précise sa position sur le gel de 1,8 milliard de F CFA

Dans un contexte tendu opposant la compagnie nationale Air Sénégal à son créancier Carlyle SA, l’Association du transport aérien international (IATA) a tenu à rétablir les faits concernant le gel de 1,8 milliard de F CFA. Dans un communiqué diffusé ce vendredi, l’organisation internationale a répondu aux informations jugées « inexactes » relayées récemment par certains médias, qui l’accusaient à tort de retenir illégalement des fonds appartenant à Air Sénégal.

Selon l’IATA, les fonds en question sont actuellement bloqués en vertu d’une décision judiciaire contraignante, prise en conformité avec le droit sénégalais. Plus précisément, l’organisation évoque une ordonnance émise sur la base de l’article 50 de l’Acte uniforme relatif à l’organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution, qui permet à un tribunal de saisir les actifs d’un débiteur, y compris ceux détenus par des tiers. Ce dispositif est appliqué dans l’espace OHADA auquel le Sénégal appartient.

L’IATA affirme qu’elle n’a aucun pouvoir discrétionnaire sur cette décision : « Nous n’avons pas la possibilité de passer outre ou de renégocier cette décision de justice », peut-on lire dans le communiqué. Elle précise également que les fonds concernés seront automatiquement débloqués dès que l’ordonnance judiciaire sera levée ou exécutée, insistant sur le respect strict du cadre légal applicable.

En sa qualité d’organisation régulatrice des flux financiers entre compagnies aériennes, bailleurs et prestataires, l’IATA rappelle qu’elle est tenue de se conformer aux décisions des tribunaux dans toutes les juridictions où elle intervient. Cette clarification intervient alors qu’Air Sénégal traverse une période financière difficile, marquée par plusieurs litiges avec ses créanciers et partenaires techniques, dont Carlyle SA.

L’affaire continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion, certains observateurs dénonçant une gestion opaque de la compagnie nationale, tandis que d’autres appellent à une réforme structurelle du secteur aérien sénégalais.

Ziguinchor : L’Ofnac enquête sur un présumé détournement de fonds impliquant des agents de la mairie

La ville de Ziguinchor, capitale naturelle de la région sud du Sénégal, est secouée par une affaire de présumé détournement de fonds publics au sein de sa mairie. Ce scandale naissant, qui touche directement la perception municipale, a suscité l’intérêt de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), qui a immédiatement dépêché une mission sur place pour mener l’enquête.

À l’origine de cette alerte : une dénonciation documentée qui a mis en lumière des soupçons persistants sur la gestion des recettes municipales. Si au départ, les faits rapportés semblaient relever de simples irrégularités administratives, les auditions en cours révèlent des indices de plus en plus inquiétants. Contrairement aux spéculations sur un audit global de la gestion municipale, la mission de l’Ofnac s’attache exclusivement à une enquête ciblée, portant sur un groupe d’agents de la perception municipale, en collaboration présumée avec des employés de la mairie.

D’après des informations publiées par le journal L’Observateur, les agents mis en cause sont soupçonnés d’avoir élaboré un système de falsification de documents comptables pour détourner des fonds publics. L’enquête mettrait en lumière des pratiques telles que la perception illégale de recettes municipales, l’usage de fausses écritures, de reçus trafiqués et de documents réécrits, destinés à dissimuler les sommes réellement encaissées.

Depuis l’arrivée de la mission de l’Ofnac à Ziguinchor, plusieurs auditions ont été engagées dans la plus grande discrétion. Les enquêteurs s’emploient à recouper les témoignages, à analyser les pièces comptables saisies et à identifier les flux financiers suspects. S’il n’existe encore aucune mise en cause officielle, des sources proches du dossier évoquent de « sérieuses présomptions de détournement de deniers publics », justifiant la poursuite active des investigations.

Dans un contexte national marqué par une volonté politique affichée de renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques, cette affaire pourrait marquer un tournant dans la gouvernance locale à Ziguinchor. En attendant les résultats définitifs de l’enquête, la population et les observateurs restent dans l’expectative, tandis que les autorités locales pourraient être contraintes de réagir rapidement pour préserver la crédibilité de l’institution municipale.

Polémique à l’Assemblée nationale : Fadilou Keïta vole au secours d’El Malick Ndiaye

Alors que la polémique enfle autour de l’acquisition de véhicules à l’Assemblée nationale, le parti Pastef est confronté à ses premières turbulences internes depuis son arrivée au pouvoir. Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, est au centre des critiques, notamment celles formulées publiquement par le député Guy Marius Sagna, figure connue de la lutte sociale. Face à cette vague d’accusations, Fadilou Keïta, un autre responsable politique de Pastef, a brisé le silence pour défendre son camarade, et tenter de calmer les tensions.

S’exprimant ce mercredi, Fadilou Keïta a fermement rejeté les accusations portées contre El Malick Ndiaye. Il a déclaré : « Il s’exprimera le moment venu, mais je sais qu’il est accusé à tort. Tout ce qui se dit sur lui est faux. Lorsqu’il prendra la parole, beaucoup comprendront. » En affirmant ainsi sa confiance en El Malick Ndiaye, Keïta a voulu mettre en doute la pertinence des reproches formulés par Guy Marius Sagna. Il a même été jusqu’à dire : « Je fais plus confiance à El Malick qu’à Guy Marius Sagna. C’est quelqu’un de rigoureux. Je connais certains éléments du dossier et j’invite à la prudence. »

Cette prise de parole intervient dans un contexte marqué par la publication virulente de Guy Marius Sagna sur son compte Facebook. Le député y dénonce ce qu’il considère comme des pratiques incompatibles avec les principes de rupture et de gestion éthique défendus par Pastef. Il pointe du doigt des privilèges qu’il juge indus : distribution de « sukëru koor » (cadeaux de Ramadan) aux parlementaires, octroi de billets de pèlerinage, financement opaque de groupes parlementaires, et surtout l’absence de clarté autour de l’acquisition de véhicules pour les députés.

Ces révélations ont suscité de nombreuses interrogations parmi les militants de la coalition au pouvoir, mais aussi au sein de la société civile, qui attendait une rupture nette avec les pratiques de la précédente législature. Pour certains, cette polémique met en lumière les contradictions d’un pouvoir nouvellement installé, pris entre la nécessité de respecter les règles de gestion publique et la pression d’une base électorale exigeante.

Du côté du bureau de l’Assemblée nationale, aucune communication officielle n’a encore été faite pour répondre aux accusations ou clarifier les procédures entourant l’acquisition desdits véhicules. Mais la sortie de Fadilou Keïta semble indiquer que la ligne de défense commence à se structurer, en misant sur le crédit personnel et la probité du président El Malick Ndiaye.

Ce débat soulève plus largement la question de la transparence au sein des institutions et de la capacité des nouvelles autorités à gérer les affaires publiques sans tomber dans les travers qu’elles ont longtemps dénoncés. En attendant la réaction d’El Malick Ndiaye, promise par Fadilou Keïta, la polémique continue d’animer les couloirs du Parlement comme les réseaux sociaux, où les partisans de la transparence réclament des explications claires.

Marché d’armement de 45 milliards F CFA : une enquête judiciaire ouverte, la DIC sur les traces d’un vaste scandale financier

Le marché d’armement d’un montant de 45,3 milliards de francs CFA, attribué à la société Lavie Commercial Brokers-SUARL au profit du ministère de l’Environnement, fait désormais l’objet d’une enquête judiciaire de grande envergure. Le parquet financier, dirigé par le procureur Alioune Abdoulaye Sylla, a saisi la Division des investigations criminelles (DIC) afin de faire la lumière sur des soupçons de détournement de deniers publics, de blanchiment de capitaux et de versements de pots-de-vin liés à ce contrat opaque.

Selon les révélations du journal Libération, les premières alertes ont été déclenchées à la suite d’un audit révélant des anomalies sur la qualité et la quantité du matériel livré dans le cadre de ce marché. Mais c’est un rapport accablant de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) qui a véritablement relancé le dossier. Ce rapport a mis au jour une série de transferts suspects, des retraits massifs d’espèces non justifiés, et des connexions douteuses entre les protagonistes.

Le contrat, signé le 30 décembre 2021 en cinq exemplaires, avait été attribué à Lavie Commercial Brokers-SUARL, une société créée seulement un mois et demi plus tôt à Dakar, le 16 novembre 2021. Il portait sur la fourniture d’équipements de sécurité, de véhicules d’intervention, de moyens de transmission et de logistique pour le ministère de l’Environnement. Ce contrat a été signé pour Lavie par David Benzaquen, un ancien employé du célèbre marchand d’armes israélien Gaby Peretz. Mais c’est un nom bien connu des circuits de l’armement en Afrique de l’Ouest qui est vite apparu en filigrane : Aboubacar Hima, alias « Petit Boubé », courtier nigérien réputé.

L’analyse des numéros de téléphone liés à la création de Lavie a permis de remonter jusqu’à « Petit Boubé », qui aurait également ouvert, dans une banque sénégalaise, deux comptes supplémentaires au nom de ses sociétés Technologie Service International (TSI) et Eurocockpit. Plusieurs virements – plus de 3 milliards F CFA – ont transité entre Lavie et Eurocockpit vers TSI. Ces sommes ont ensuite été repatriées à l’étranger, converties en devises, ou retirées en liquide, sans la moindre pièce justificative à l’appui.

Des mises à disposition en espèces ont également été enregistrées : 85 et 150 millions F CFA retirés par des individus identifiés comme D.A., A. Jacques et A. Loum, puis une nouvelle somme de 185 millions F CFA retirée par Loum dès le lendemain. Des retraits jugés totalement opaques par la CENTIF, qui note l’absence totale de justificatifs officiels.

En parallèle, plusieurs chèques d’un montant total de 565,5 millions F CFA ont été encaissés directement par Aboubacar Hima lui-même. Des virements vers l’étranger ont également été opérés, officiellement pour exécuter des contrats classés « secret défense » et procéder au dédouanement de conteneurs au nom du ministère. Mais selon les enquêteurs, ces explications se sont révélées fausses, renforçant l’hypothèse d’un détournement massif.

Le point le plus sensible demeure toutefois le versement d’une avance de 34 milliards de F CFA à Lavie Commercial Brokers. Cette somme colossale, débloquée avant même l’exécution effective du marché, aurait servi – selon la CENTIF – à alimenter des circuits de corruption, notamment via des commissions illicites ou pots-de-vin.

L’enquête ouverte par la DIC vise désormais à remonter la chaîne de responsabilités, déterminer si des hauts fonctionnaires ou responsables politiques ont facilité ou couvert les opérations, et établir les responsabilités pénales de tous les acteurs impliqués. Le scandale, s’il est avéré, pourrait représenter l’une des plus grosses affaires de détournement de fonds publics au Sénégal ces dernières années.

Dans un contexte où la transparence dans les marchés publics est devenue un enjeu central du nouveau pouvoir exécutif, le traitement judiciaire de cette affaire est suivi de près par les observateurs de la gouvernance et de la lutte contre la corruption.

Fermeture du bureau de Save the Children au Sénégal : une transition annoncée pour septembre 2025

Après plusieurs années d’engagement en faveur des droits de l’enfant, l’organisation non gouvernementale Save the Children a annoncé, ce vendredi, la fermeture de son bureau au Sénégal. La décision, qui sera effective à la fin du mois de septembre 2025, s’inscrit dans une réorganisation stratégique à l’échelle régionale.

Dans un communiqué parvenu à la presse, l’ONG précise que cette fermeture s’inscrit dans une dynamique de réajustement global de ses opérations en Afrique de l’Ouest et du Centre. « Cette décision s’inscrit dans une réorganisation stratégique globale visant à optimiser nos ressources et renforcer notre impact à travers l’Afrique de l’Ouest et du Centre », peut-on lire dans le document. L’organisation tient toutefois à rassurer : « Elle ne remet pas en cause notre engagement à long terme envers les enfants, ni notre collaboration avec les partenaires de la société civile et les autorités sénégalaises. »

Depuis le début de ses activités au Sénégal, Save the Children a œuvré pour l’amélioration des conditions de vie des enfants, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la protection et de la participation citoyenne. Le communiqué souligne « les avancées réalisées aux côtés des communautés, des autorités et des partenaires techniques et financiers » et se dit « fier du travail accompli sur le terrain ».

Consciente des enjeux liés à cette fermeture, l’organisation prévoit un accompagnement minutieux de cette phase de transition. Elle promet la mise en place d’un dispositif de communication dédié afin de maintenir l’échange avec les partenaires et les bénéficiaires. « Un point de contact restera accessible pour répondre aux questions ou demandes spécifiques », ajoute le communiqué.

Si la présence physique de l’ONG au Sénégal prend fin, Save the Children réaffirme son attachement aux principes qui ont guidé son action : « L’organisation continuera à contribuer à la protection des droits des enfants à travers ses bureaux régionaux et pays toujours actifs dans la région. »

Cette fermeture, bien qu’émotive pour de nombreux acteurs du développement au Sénégal, s’inscrit dans une logique de redéploiement stratégique visant à maximiser l’impact des interventions de l’organisation à l’échelle régionale.

Thierno Bocoum dénonce l’opacité à l’Assemblée nationale et appelle à la cohérence des nouveaux dirigeants

Ce vendredi, l’ancien député Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR–Les Leaders, a publié un message incisif revenant sur son expérience parlementaire. À travers une déclaration empreinte de fermeté et de regrets, il dénonce un manque criant de transparence dans la gestion interne de l’Assemblée nationale, tout en interpellant la majorité actuelle sur ses responsabilités.

Dans son message, Thierno Bocoum se remémore son passage à l’Assemblée nationale en tant que président de la Commission comptabilité et contrôle. Il affirme avoir été le premier à demander officiellement des comptes au président de l’institution ainsi qu’au questeur — une démarche qui, selon lui, lui aurait coûté son poste.

« Un acte de transparence élémentaire », déclare-t-il, « mais qui m’a valu d’être évincé. »

Pour lui, ce geste, pourtant banal dans toute institution démocratique, a été perçu comme une menace par ceux qui contrôlent les rouages de l’Assemblée. Il met ainsi en lumière les résistances internes à tout mécanisme de reddition des comptes.

Au-delà de son propre cas, Thierno Bocoum adresse un message clair à la majorité parlementaire issue des dernières élections, désormais dirigée par des figures issues de l’opposition d’hier.

« L’ironie de l’histoire, c’est que ceux-là mêmes qui, hier, réclamaient des vies pour une rupture, sont aujourd’hui majoritaires mais incapables de faire fonctionner cette commission essentielle », assène-t-il.

En filigrane, il dénonce une rupture entre les engagements pris par ces nouveaux dirigeants lorsqu’ils étaient dans l’opposition, et la réalité de leur gestion actuelle du pouvoir. Une critique qui résonne dans un contexte où la transparence et la bonne gouvernance étaient au cœur des promesses électorales.

Thierno Bocoum salue également le rôle de Guy Marius Sagna, député connu pour son franc-parler et ses positions tranchées. Il lui reconnaît le mérite d’avoir « levé un coin du voile » sur les pratiques internes de l’Assemblée nationale, notamment en matière de gestion financière et de fonctionnement institutionnel.

Ce soutien à un député de la nouvelle majorité montre que Thierno Bocoum place la cohérence et l’éthique au-dessus des clivages partisans.

À travers cette sortie, l’ancien député adresse un message sans équivoque : les pratiques de transparence ne doivent pas se limiter à des slogans de campagne. Elles doivent s’incarner dans les actes quotidiens des institutions de la République, particulièrement de la part de ceux qui ont fait de la bonne gouvernance leur cheval de bataille.

Marie Khone Faye réaffirme son engagement pour la santé et le bien-être social lors de la 7ᵉ édition de l’Initiative des Premières Dames de la Fondation Merck

La Première dame du Sénégal, Marie Khone Faye, a pris une part active à la 7ᵉ édition de l’Initiative des Premières Dames de la Fondation Merck, un événement de portée internationale qui s’est tenu dans le cadre de la célébration du 8ᵉ anniversaire de la Fondation Merck. Cette rencontre, marquant également treize années d’engagement de l’organisation en Afrique, en Asie et dans les communautés les plus vulnérables, a été l’occasion pour Madame Faye de réaffirmer son engagement en faveur de la santé publique et du bien-être des populations.

Dans son allocution, la Première dame a exprimé sa satisfaction de participer à une initiative aussi significative. Elle a tenu à souligner sa détermination à œuvrer sans relâche pour l’amélioration des conditions de vie des femmes et des enfants, tout en mettant un accent particulier sur la santé et l’éducation des jeunes filles.

« En tant qu’Ambassadrice du programme Merck Plus qu’une Mère, je crois profondément à la force de l’action collective pour transformer la vie de nos populations. Je me réjouis de poser aujourd’hui les bases d’un partenariat durable entre la Fondation Merck et le Sénégal, au bénéfice de nos concitoyens », a-t-elle déclaré.

À travers son implication dans le programme Merck Plus qu’une Mère, Marie Khone Faye s’illustre comme une voix forte en faveur des femmes confrontées à l’infertilité, une problématique encore taboue dans de nombreuses sociétés. En mettant en avant la nécessité d’un travail collaboratif et pérenne, la Première dame du Sénégal espère impulser un changement durable au sein des communautés.

La participation de Madame Faye à cet événement international confirme l’engagement du Sénégal à renforcer ses actions dans les domaines de la santé, de l’éducation et du développement social, en collaboration avec des partenaires stratégiques comme la Fondation Merck.

Ndèye Saly Diop Dieng devant la Haute Cour : une défense ferme face aux accusations de détournement

Ce jeudi 19 juin 2025, Ndèye Salimata Diop Dieng, ancienne ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants, a été entendue pour la première fois au fond par la Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice. Soupçonnée de détournement de deniers publics dans le cadre de la gestion des Fonds Force Covid, elle a catégoriquement rejeté les accusations portant sur un montant présumé de 52 millions FCFA.

Convoquée à 11 heures, l’ex-ministre a été entendue de 12h56 à un peu après 14 heures. Loin de fléchir sous la pression, Ndèye Saly Diop Dieng a maintenu la même ligne de défense que lors de ses précédentes déclarations : elle n’a jamais géré directement les fonds incriminés. Ses avocats, relayés par L’Observateur, ont insisté sur le fait que la gestion des crédits incombait exclusivement au Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE), conformément aux règles en vigueur dans l’administration publique.

Cette thèse a été appuyée par le témoignage du principal concerné, le DAGE Djiby Diakhaté, entendu quelques jours plus tôt. Il a dédouané l’ex-ministre de toute implication dans la manipulation des fonds.

Un fait retient également l’attention : le 19 mai dernier, Ndèye Saly Diop Dieng a versé 57 millions FCFA à la Caisse des Dépôts et Consignations. Ce dépôt, qui lui a permis de bénéficier d’une liberté provisoire sous contrôle judiciaire, a été présenté par ses conseils comme un acte de bonne foi et non une reconnaissance de culpabilité.

Toujours selon L’Observateur, aucun témoin à charge n’a été identifié lors de la procédure. Les agents du ministère auditionnés le même jour — Aby Sané, Mor Seck, Ndongo Mbaye, Ibrahima Ndiaye et Ndèye Ngoye Lô — ont tous témoigné en faveur de leur ancienne ministre. Certains ont même pointé du doigt de graves irrégularités dans le rapport de la Cour des comptes : fausses décharges, doublons, ou bénéficiaires déclarés qui affirment ne jamais avoir perçu d’aide.

« On leur a dit qu’un climatiseur avait été livré chez elle. Nous avons demandé les preuves. Il n’y en a pas », a déclaré un membre de la défense, dénonçant un dossier bâti sur des suppositions plutôt que sur des faits.

Malgré cette première audition jugée favorable à l’ancienne ministre, l’affaire est loin d’être classée. La Commission d’instruction peut encore ordonner des confrontations, engager des commissions rogatoires ou convoquer d’autres témoins. En attendant, Ndèye Saly Diop Dieng affiche sa sérénité et sa détermination à laver son honneur.

Affaire du marché d’armement de 45 milliards FCFA : une enquête explosive ouverte par la DIC sur fond de soupçons de détournement et blanchiment

Un nouveau scandale d’État secoue le Sénégal. Selon le journal Libération, l’affaire du marché d’armement d’un montant colossal de 45,3 milliards de FCFA, signé sous la présidence de Macky Sall, fait désormais l’objet d’une enquête approfondie confiée à la Division des investigations criminelles (DIC). Le parquet financier, dirigé par le procureur Alioune Abdoulaye Sylla, a ordonné cette enquête afin de faire la lumière sur les nombreuses zones d’ombre entourant ce contrat controversé.

L’origine de ce contrat remonte au 30 décembre 2021, date à laquelle l’État du Sénégal, à travers le ministère de l’Environnement, a conclu un marché de fourniture d’équipements sécuritaires, techniques et logistiques avec une entreprise peu connue : Lavie Commercial Brokers-SUARL. Montant total : 45,3 milliards FCFA TTC. Or, cette société n’avait été immatriculée que quelques semaines plus tôt, le 16 novembre 2021, à Dakar, ce qui soulève de graves interrogations sur les critères de sélection du prestataire.

Le contrat, signé par David Benzaquen, ancien collaborateur du marchand d’armes israélien Gaby Peretz, cacherait en réalité l’implication d’un autre homme : Aboubacar Hima, plus connu sous le nom de « Petit Boubé », courtier nigérien bien introduit dans les milieux du commerce d’armes en Afrique de l’Ouest. Son nom est indirectement apparu dans le dossier de création de Lavie, via un numéro de téléphone lui appartenant.

Selon Libération, le rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), transmis au parquet, fait état de nombreuses irrégularités. Outre la qualité douteuse des équipements livrés et des quantités incohérentes, le rapport révèle surtout d’importants mouvements de fonds entre les comptes de Lavie, Eurocockpit et Technologie Service International (TSI), trois structures contrôlées ou liées à Petit Boubé.

Au total, 3,09 milliards de FCFA ont transité entre ces entités avant d’être dispersés à l’étranger à travers des virements, des retraits en espèces et des transferts de devises, sans justificatifs clairs.

Des personnes physiques, identifiées comme D.A.A. Jacques et A. Loum, ont ainsi retiré en espèces plusieurs centaines de millions de FCFA en février 2023 :

85 millions FCFA, 150 millions FCFA, puis 185 millions FCFA le jour suivant pour A. Loum.

Des retraits massifs de chèques ont aussi été effectués par Petit Boubé lui-même, pour un total de 565,5 millions FCFA, toujours selon la Centif. Il aurait justifié ces retraits par des dépenses liées au dédouanement de conteneurs pour le ministère de l’Environnement. Mais après vérifications, ces affirmations se sont révélées fausses.

Plus troublant encore : bien qu’il prétendait « préfinancer le marché », Petit Boubé a en réalité reçu une avance de 34 milliards FCFA. Le reste des opérations suspectes s’est déroulé après ce décaissement, ce qui écarte l’hypothèse d’un investissement personnel dans l’exécution du contrat.

La mention du caractère « secret défense » du marché a jusqu’ici permis de masquer le manque de transparence, mais aujourd’hui, la justice semble bien décidée à remonter toute la chaîne des responsabilités.

L’ouverture de l’enquête par le parquet financier marque un tournant dans la lutte contre la corruption, à un moment où les autorités cherchent à rompre avec les pratiques opaques du passé. Si les faits sont avérés, ils pourraient impliquer plusieurs hauts responsables de l’ancien régime, notamment ceux ayant validé un tel contrat dans des conditions aussi floues.

À ce stade, aucune mise en cause formelle n’a encore été annoncée, mais l’implication de personnalités comme Petit Boubé, déjà cité dans d’autres affaires d’armement en Afrique, augure d’une affaire tentaculaire, à la croisée du politique, du militaire et du financier.

Affaire à suivre de très près.

Nouveau scandale financier à la Société Générale du Sénégal : un conseiller clientèle détourne plus de 74 millions FCFA

Moins d’un an après l’affaire Amadou Dicko, la Société Générale du Sénégal (ex-SGBS) est de nouveau secouée par un scandale financier d’envergure. Cette fois, c’est Oumar Bah, conseiller clientèle de 51 ans, qui est au cœur d’une fraude méthodiquement orchestrée à travers les failles du système bancaire.

Selon des sources concordantes relayées par Libération, Oumar Bah a exploité une faille bien précise : les comptes inactifs ou saisis, souvent laissés sans mouvement et rarement surveillés. Entre novembre 2022 et juin 2024, l’agent bancaire aurait ainsi réalisé cinq opérations frauduleuses, détournant au total 74.058.966 FCFA.

Le stratagème était redoutablement efficace. Après avoir repéré les comptes dormants, il transférait les fonds vers un compte tiers ouvert au nom de son neveu établi à l’étranger. De là, l’argent était redirigé vers ses propres comptes personnels domiciliés à la Société Générale, à la Banque of Africa et à la Banque de l’Habitat du Sénégal, en utilisant l’application SG Connect.

L’affaire met en lumière un problème structurel plus large : la vulnérabilité des systèmes informatisés face à des agents internes maîtrisant parfaitement les rouages techniques. Dans ce cas précis, l’usage avancé de la plateforme SG Connect a permis à Oumar Bah de transférer les fonds en toute discrétion pendant près de deux ans, sans éveiller l’attention des systèmes d’alerte habituels.

C’est finalement le service de contrôle interne de la Société Générale qui a détecté des mouvements suspects sur certains comptes dits “silencieux”, déclenchant une enquête interne qui a rapidement mené à l’interpellation de l’agent incriminé.

Interpellé au siège de la banque situé avenue Lamine Guèye à Dakar, Oumar Bah est passé aux aveux dès son premier interrogatoire. Il a reconnu avoir détourné les fonds, évoquant des « difficultés personnelles et sociales » pour justifier son acte. Des explications qui n’ont pas convaincu les enquêteurs.

Déféré ce jeudi devant le parquet, il est poursuivi pour faux et usage de faux en écritures privées de banque, escroquerie, et détournement de fonds via un système informatique. Des chefs d’accusation graves, passibles de lourdes peines.

Ce scandale survient moins d’un an après celui impliquant Amadou Dicko, un autre employé de la Société Générale, soupçonné d’avoir détourné plus de 3,4 milliards FCFA. Deux affaires, en moins de douze mois, qui interrogent sur la solidité des mécanismes de contrôle interne de la banque, pourtant considérée comme l’un des piliers du secteur bancaire sénégalais.

Face à cette répétition de fraudes internes, des voix s’élèvent pour exiger un audit profond des systèmes de gestion des comptes dormants, ainsi qu’un renforcement de la surveillance des agents ayant accès aux plateformes numériques sensibles.

Au-delà du cas de la SGBS, ce dossier relance le débat sur la sécurité des systèmes bancaires à l’ère du numérique. Les banques sénégalaises, de plus en plus digitalisées, doivent aujourd’hui faire face à une double menace : les cyberattaques externes… et les dérives internes.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°491 – 20/06/2025

🔴 THIERNO ALASSANE SALL SUR LE SCANDALE PRÉSUMÉ DE L’« ASER-GATE » : « UN SYSTÈME EN PERTE DE CRÉDIBILITÉ ! »
🔴 REFUS DE VISAS AUX « LIONNES » DE BASKET PAR LES ÉTATS-UNIS : SONKO DÉFIE TRUMP AU NOM DE LA SOUVERAINETÉ

🔴 REFUS DE VISAS AUX « LIONNES » : LA FSBB ANNULE LE CAMP D’ENTRAÎNEMENT PRÉVU AUX ÉTATS-UNIS
🔴 PRÉSIDENCE DE LA FSF : AUGUSTIN SENGHOR, CANDIDATURE POUR UN CINQUIÈME MANDAT

Marché d’électrification confié à AEE Power : Jean Michel Sène démonte les accusations de Thierno Alassane Sall

Le Directeur général de l’Agence sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), Jean Michel Sène, a tenu à répondre, ce jeudi 19 juin, aux graves accusations portées contre sa gestion par le député Thierno Alassane Sall. Ce dernier, intervenant depuis l’Afrique du Sud, avait dénoncé ce qu’il estime être des irrégularités notoires dans le cadre d’un contrat d’électrification attribué à l’entreprise espagnole AEE Power. Dans sa réplique, le DG de l’ASER parle de « campagne de désinformation » et insiste sur le fait que « toutes les procédures ont été respectées conformément au Code des marchés publics ».

Au cœur de la polémique figure la question des garanties financières exigées pour le marché concerné. Thierno Alassane Sall soutient que ces garanties ont été émises après le versement de l’avance de démarrage, ce qui contreviendrait aux règles en vigueur. Jean Michel Sène rejette catégoriquement cette version. Il rappelle que trois types de garanties sont prévues dans ce marché : la garantie d’avance (20 %), la garantie de restitution d’avance, et la garantie de bonne exécution (5 % du montant global). Toutes, selon lui, ont été émises dans les délais requis, avec des primes payées comme prévu.

Jean Michel Sène précise que les contrats stipulent clairement que les garanties prennent effet à partir du moment où AEE Power reçoit les 56 millions d’euros — soit environ 3 673 milliards de francs CFA. Il accuse Thierno Alassane Sall de faire une « confusion grossière » entre les notions de souscripteur et de bénéficiaire dans les contrats d’assurance. « Le souscripteur, c’est AEE Power, mais le bénéficiaire, c’est l’ASER, parce que c’est l’agence qui prend le risque en avançant les fonds », explique-t-il.

Pour soutenir sa position, M. Sène s’appuie sur une circulaire de la Commission régionale de contrôle des assurances (CRCA), laquelle permet un délai de 180 jours pour l’émission des garanties, conformément à l’article 7 du Code CIMA, notamment dans les cas impliquant un démembrement de l’État.

Il affirme également que c’est lui-même, à son arrivée à la tête de l’ASER, qui a suspendu les décaissements jugés irréguliers. En effet, une avance de 40 % avait été déjà versée avant même le démarrage effectif des travaux, ce qu’il qualifie de « non conforme ». La nouvelle équipe de direction a donc décidé de conditionner tout décaissement ultérieur à des seuils d’exécution clairement définis.

S’agissant de la renégociation du marché, Jean Michel Sène affirme que le nombre de villages bénéficiaires est passé de 1 540 à 1 740 grâce à une révision des conditions contractuelles. Il souligne également l’attention particulière portée à la répartition des ressources financières : 70 % pour les fournitures (matériaux, accessoires, poteaux), 30 % pour les travaux. L’objectif de la renégociation était aussi de maximiser les retombées économiques locales, avec au moins 50 % du financement devant rester au Sénégal.

Autre point fort du projet, selon le DG : la dimension pédagogique. Un volet alternance a été intégré au contrat, obligeant les entreprises impliquées à recruter de jeunes Sénégalais en formation professionnelle. « À la fin des trois ans de projet, ces jeunes auront acquis une solide expérience qui facilitera leur insertion », se félicite-t-il. Un budget dédié à cette initiative a été inscrit dans l’enveloppe globale de 91 milliards de francs CFA.

Face aux critiques, Jean Michel Sène n’a pas mâché ses mots à l’endroit de l’ancien ministre Thierno Alassane Sall. « Il ne comprend pas les mécanismes qu’il critique. Il n’y a aucune preuve d’une quelconque violation du Code des marchés publics. Il s’agit simplement d’une tentative désespérée de nuire politiquement », a-t-il conclu.

Trafic de drogue à Dakar : trois arrestations en quatre jours et 95 doses saisies

À Dakar, les services de police continuent de traquer les réseaux de trafic de drogue. Le Commissariat d’arrondissement de Grand Yoff a mené, en l’espace de quatre jours, deux opérations distinctes qui ont conduit à l’arrestation de trois individus soupçonnés d’appartenir à un réseau actif de distribution de stupéfiants dans la capitale.

La première opération s’est déroulée dans le quartier Arafat, le 14 juin 2025. Alertés par un renseignement jugé fiable, les agents de police se sont déployés discrètement dans une ruelle du quartier. Deux individus y ont été surpris en flagrant délit. La fouille de leurs effets personnels a permis de découvrir 17 cornets de chanvre indien et 22 comprimés d’ecstasy, soigneusement emballés dans un sachet en plastique. Cette saisie a conforté les enquêteurs dans l’idée qu’ils avaient affaire à des revendeurs organisés et bien informés.

Quatre jours plus tard, le 18 juin, les policiers ont mené une autre intervention à Khar Yalla, cette fois dans un contexte plus mouvementé. C’est au moment où un homme refermait la selle de sa moto de marque TMAX que les agents en patrouille sont intervenus. Une fouille rapide du véhicule a permis de mettre la main sur 34 cornets de chanvre indien dissimulés sous la selle. Le suspect, pris sur le fait, a immédiatement été interpellé et conduit au poste.

Les trois individus arrêtés ont été placés en garde à vue. Selon des sources proches du dossier, l’enquête se poursuit pour remonter les filières d’approvisionnement, identifier d’éventuels complices et déterminer l’ampleur du réseau. Les services de sécurité envisagent également d’étendre leurs investigations à d’autres zones de la capitale, soupçonnées d’être des points de transit ou de distribution.

Avec ces nouvelles interpellations, les autorités sénégalaises entendent réaffirmer leur engagement à lutter contre le trafic de stupéfiants, considéré comme une menace majeure pour la jeunesse et la stabilité sociale.

Préparation des “Lionnes” au Sénégal : la FSBB annule le camp d’entraînement prévu aux États-Unis suite à un refus de visas

La Fédération Sénégalaise de Basketball (FSBB) a annoncé l’annulation du stage de préparation de l’équipe nationale féminine, initialement prévu aux États-Unis du 22 juin au 3 juillet 2025. Cette décision fait suite au refus des autorités américaines de délivrer des visas d’entrée à plusieurs membres de la délégation sénégalaise. Le camp devait marquer une étape importante dans la préparation des “Lionnes” en vue de l’Afrobasket féminin, mais les contraintes diplomatiques ont contraint les autorités à réviser les plans.

Dans un communiqué diffusé par sa cellule de communication, la FSBB explique que cette décision a été prise à la suite d’une instruction formelle du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. Le document révèle que l’Ambassade des États-Unis au Sénégal a refusé d’accorder les visas à plusieurs composantes essentielles de la délégation. Parmi les personnes concernées figurent deux représentants de la Fédération, un médecin, un kinésithérapeute, cinq joueuses, un intendant, le manager général et le délégué ministériel. Ce refus, jugé discriminatoire et injustifié par certains observateurs, a contraint la FSBB à revoir son programme de préparation dans l’urgence.

L’université américaine qui devait accueillir les “Lionnes” a été informée officiellement de l’annulation du stage. Cette décision s’inscrit dans un contexte diplomatique tendu, d’autant plus que le gouvernement sénégalais, par la voix du Premier ministre Ousmane Sonko, avait déjà dénoncé ce refus de visas comme un acte d’humiliation diplomatique, annonçant dans la foulée que la préparation se déroulerait désormais au Sénégal.

La FSBB a indiqué que toutes les dispositions logistiques, techniques et humaines ont été prises en collaboration avec le ministère de tutelle pour organiser le camp sur le sol national. L’objectif demeure inchangé : permettre aux joueuses de se préparer dans des conditions optimales en vue de l’Afrobasket.

Ce changement de programme est aussi interprété par certains comme une réaffirmation de la souveraineté nationale dans la gestion des affaires sportives, sur fond de redéfinition des relations internationales du Sénégal. À travers cette réorganisation, la Fédération entend démontrer sa capacité à s’adapter tout en offrant à l’équipe nationale les moyens de réussir sa campagne continentale. Le défi reste désormais de faire de cette préparation locale une rampe de lancement efficace vers les ambitions affichées pour l’Afrobasket.

Affaire des visas pour les Lionnes : Yoro Dia tacle Ousmane Sonko et l’accuse de gouverner par l’émotion

La décision du Premier ministre Ousmane Sonko d’annuler le stage de préparation des Lionnes du basketball prévu aux États-Unis continue de susciter des réactions. Dans un message publié sur sa page Facebook, Yoro Dia, ancien ministre et analyste politique, a vivement critiqué la posture adoptée par le chef du gouvernement. Il juge que la réponse du Premier ministre à la non-délivrance de visas par les autorités américaines est inappropriée et révélatrice d’une gouvernance émotive.

Selon Yoro Dia, la gestion d’un dossier aussi sensible que celui des relations diplomatiques, notamment dans le contexte de délivrance de visas, devrait être traitée avec plus de recul et de méthode. « Cela devrait relever au plus du Secrétaire général des Affaires étrangères. On ne gouverne pas par l’émotion », a-t-il tranché, estimant que cette sortie de Sonko était disproportionnée et inadaptée au rang qu’il occupe.

Dans la même veine, l’ancien porte-parole de la présidence n’a pas ménagé ses mots à l’endroit du Premier ministre, l’accusant d’instrumentaliser un discours souverainiste qui, selon lui, masque un complexe plus profond. « Leur souverainisme n’est que refoulement du complexe d’infériorité, d’où cette susceptibilité pavlovienne », a-t-il asséné, dénonçant un « populisme mal maîtrisé » qui pourrait, selon lui, nuire à la posture internationale du Sénégal.

Pour rappel, Ousmane Sonko avait ordonné l’annulation du stage de préparation de l’équipe nationale féminine aux États-Unis, après que plusieurs membres n’aient pas obtenu de visa. Il avait affirmé que le stage se déroulerait désormais sur le sol sénégalais, dans un cadre « souverain » et respectueux de la dignité nationale.

Cette sortie de Yoro Dia relance donc le débat sur la diplomatie sportive et la posture de l’exécutif face aux partenaires étrangers, dans un contexte où les rapports entre Dakar et certaines chancelleries occidentales semblent connaître une phase de réajustement stratégique.

Attaques au Moyen-Orient : la Coalition Sénégal-Palestine exige l’arrêt des hostilités et la rupture des relations avec Israël

La tension ne faiblit pas dans la bande de Gaza ni dans la région du Golfe. Et à Dakar, la réaction ne s’est pas fait attendre. La Coalition Sénégal-Palestine a exprimé, dans un communiqué publié le 18 juin 2025, sa profonde indignation face à l’attaque menée par Israël contre l’Iran le 13 juin dernier, laquelle survient dans un contexte déjà explosif marqué par une série de bombardements meurtriers sur Gaza.

Dans cette déclaration, la coalition dénonce ce qu’elle qualifie de comportement « belliciste » d’Israël, qui selon elle, viole ouvertement les principes du droit international. Les membres de cette organisation accusent l’État hébreu de chercher à éradiquer le peuple palestinien à travers une campagne de violence systématique, désormais étendue à d’autres nations comme l’Iran. Ils évoquent un bilan humain alarmant, estimant à plus de 400 le nombre de morts du côté iranien à la suite des frappes israéliennes.

La coalition inscrit cette attaque dans une logique de guerre permanente menée par Israël contre ses voisins, estimant que Tel-Aviv agit « comme si l’État israélien s’arrogeait le droit de décider, selon ses humeurs, de la paix ou de la guerre au Moyen-Orient ». Elle y voit une menace grave à la stabilité de la région, dénonçant une posture qui rappelle selon ses termes « les heures les plus sombres de l’histoire contemporaine ».

Citée dans le communiqué, une déclaration attribuée au colonel américain Nathan McCormack qualifie le régime israélien de « secte de la mort » dirigée par un gouvernement jugé extrémiste, insensible à la vie humaine. Des propos forts qui traduisent la colère de la coalition face à ce qu’elle considère comme un cycle d’impunité et de crimes en série.

Mais la coalition ne veut pas que la situation en Iran occulte la tragédie persistante en Palestine. À Gaza, où les bombardements israéliens se poursuivent, la Coalition Sénégal-Palestine parle d’un « génocide » en cours, sous les yeux du monde, commis contre un peuple dont le seul « crime » serait d’avoir existé avant l’occupation.

Fidèle à ses principes, la coalition ne se contente pas de dénoncer. Elle formule deux revendications majeures à l’endroit des autorités sénégalaises : l’arrêt immédiat des attaques israéliennes contre Gaza et l’Iran, et la rupture des relations diplomatiques entre le Sénégal et l’État d’Israël. Pour ses membres, cette rupture serait un acte de cohérence avec les valeurs de justice, de paix et de respect de la souveraineté des peuples, que le Sénégal a toujours porté dans ses engagements internationaux.

Dans un contexte mondial marqué par de fortes tensions géopolitiques et des clivages profonds autour du conflit israélo-palestinien, cette sortie de la Coalition Sénégal-Palestine vient raviver le débat sur la position officielle du Sénégal face aux événements au Moyen-Orient.

Télévision numérique : EXCAF Télécoms dénonce un partenariat jugé illégal entre TDS-SA et TNTSAT AFRICA

Le Groupe EXCAF Télécoms, pionnier dans la télédiffusion au Sénégal, est monté au créneau ce jeudi pour dénoncer avec véhémence la signature d’un partenariat stratégique entre TDS-SA (Télédiffusion du Sénégal), l’opérateur national, et la société malienne TNTSAT AFRICA. Dans un communiqué au ton ferme, EXCAF exprime sa « vive indignation » face à ce qu’il considère comme une manœuvre illégale et une tentative de détournement de ses missions.

Ce partenariat, révélé par voie de presse, porterait sur la fourniture de 16 000 décodeurs hybrides, l’intégration d’un système de cryptage sécurisé, le renforcement des capacités de diffusion par de nouveaux équipements techniques, ainsi que la mise à disposition d’un dispositif mobile de type FlyAway pour la couverture d’événements. Autant de composantes que EXCAF estime être de sa responsabilité exclusive, dans le cadre d’une convention signée avec l’État du Sénégal dans le cadre de la transition vers la Télévision Numérique Terrestre (TNT).

EXCAF rappelle qu’il est l’opérateur historique de la TNT au Sénégal, ayant porté à bout de bras la modernisation du secteur audiovisuel national depuis plus de trente ans. À ce titre, il dénonce une tentative « unilatérale et hors cadre légal » de TDS-SA de l’évincer au profit d’un opérateur étranger, sans concertation, sans rupture formelle conforme aux engagements contractuels, ni appel à manifestation d’intérêt.

Le groupe dénonce également ce qu’il considère comme une rupture « abusive, unilatérale et injustifiée » de la collaboration qui liait les deux entités depuis plusieurs années. Pour EXCAF, cette décision fragilise non seulement un partenariat stratégique public-privé mis en place dans le cadre de la modernisation du paysage audiovisuel sénégalais, mais elle constitue aussi une source de préjudice économique, technique et moral considérable pour l’entreprise, ses employés, ses partenaires techniques et l’ensemble de son réseau.

En toile de fond, cette crise met en évidence une profonde tension sur la gouvernance de la TNT au Sénégal et pourrait poser des questions de légalité, de souveraineté technologique et de transparence dans l’attribution des marchés publics liés à la télédiffusion.

Alors que l’État du Sénégal prône une nouvelle ère de gestion rigoureuse et de reddition des comptes dans tous les secteurs, cette affaire pourrait relancer le débat sur la place des opérateurs nationaux dans les choix stratégiques en matière de communication et de souveraineté numérique.

Dette publique : Cheikh Diba rassure sur la politique d’endettement du Sénégal

Lors de l’inauguration du nouveau service de Contrôle Régional des Finances (CRF) à Ziguinchor, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a tenu à clarifier la situation actuelle de la dette publique du Sénégal. Face aux inquiétudes exprimées dans l’espace public ces derniers temps, il a tenu un discours ferme et rassurant.

Le ministre a d’emblée réfuté les informations circulant sur une prétendue explosion de la dette, notamment sur la période 2024-2025. Selon lui, ces chiffres sont largement exagérés, voire erronés, et ne reflètent ni la réalité des finances publiques ni la stratégie budgétaire actuelle du pays.

« Les chiffres et interprétations évoquant une dette cumulée sur 2024-2025 ou une prétendue utilisation inappropriée des ressources de l’État sont erronés », a-t-il déclaré, affirmant que ces spéculations ne tiennent pas compte des mécanismes de régulation et de transparence mis en place par l’État.

Cheikh Diba a tenu à rappeler que le Sénégal conduit actuellement ce qu’il qualifie de politique « d’endettement responsable », structurée et rigoureusement alignée avec les engagements internationaux du pays. Il a insisté sur le fait que les ressources empruntées sont destinées prioritairement à des secteurs productifs : infrastructures structurantes, transformation économique, amélioration des services sociaux de base et modernisation de l’administration.

À ses yeux, cette orientation stratégique s’inscrit dans une logique de développement durable. Elle vise à consolider les bases de la croissance tout en veillant à préserver la soutenabilité de la dette, un indicateur scruté de près par les partenaires techniques et financiers du Sénégal.

Dans son discours, Cheikh Diba a également insisté sur la transparence de l’action gouvernementale en matière de finances publiques. « Le gouvernement agit avec responsabilité et transparence pour préserver la soutenabilité de la dette et la confiance de nos partenaires », a-t-il souligné.

Enfin, le ministre a conclu en indiquant que la politique d’endettement actuelle repose sur une gestion rigoureuse des risques, conçue pour renforcer la résilience économique du pays face aux chocs extérieurs et aux incertitudes internationales.

Une déclaration qui intervient dans un contexte marqué par une remise en question du précédent cadre budgétaire, à la lumière notamment des audits en cours et de la suspension provisoire des décaissements du FMI, en attendant un nouveau programme.

Saly : Une bande de cambrioleurs démantelée grâce à la géolocalisation d’un iPhone volé

Une opération rondement menée par les forces de l’ordre à Saly a permis le démantèlement d’un réseau de cambrioleurs particulièrement actifs dans la station balnéaire. Cinq individus ont été interpellés dans le cadre d’une enquête ouverte après une plainte déposée par un ressortissant français, victime d’un cambriolage nocturne. Fait marquant : c’est la géolocalisation d’un téléphone volé, un iPhone 16 Pro Max, qui a permis de remonter la piste des malfaiteurs.

L’affaire débute dans la matinée du 13 juin 2025, vers 5 heures, lorsqu’A.J.P. Georges signale au commissariat urbain de Saly le cambriolage de sa villa. Parmi les objets dérobés : plusieurs smartphones haut de gamme, un ordinateur portable, des accessoires électroniques, et notamment deux modèles récents d’iPhone. La plainte est immédiatement prise en charge par les équipes du commissaire Oumar Mbaye.

L’exploitation rapide des fonctions de géolocalisation d’un des iPhones va s’avérer décisive. Grâce à la technologie embarquée, les policiers localisent un signal actif dans la résidence « Aldiana », non loin du lieu du cambriolage. Une descente sur place permet d’arrêter un certain M. Cissé, trouvé en possession d’un des téléphones volés. Interrogé, il reconnaît l’avoir échangé contre de la cocaïne auprès d’un individu nommé O. Gueye, alias « Ngalla ».

L’enquête s’intensifie alors. Une perquisition est menée dans une chambre louée par Cissé et deux autres suspects, C. Gueye et A.H. Sow. La fouille permet de récupérer une partie du butin : trois ordinateurs portables, six téléphones, ainsi que divers sacs contenant d’autres objets d’origine douteuse.

Face aux enquêteurs, M. Cissé passe rapidement aux aveux. Il décrit avec précision sa participation à deux cambriolages dans la nuit du 11 juin, impliquant aussi les nommés C. Gueye et L.H. Diallo. Il reconnaît avoir troqué plusieurs objets volés contre de la drogue et en avoir revendu d’autres à un certain B.A. Ba, présenté comme un receleur.

Au terme de leur garde à vue, l’ensemble des mis en cause a été déféré devant le parquet du tribunal de grande instance de Mbour. Les chefs d’accusation retenus sont lourds : association de malfaiteurs, vols nocturnes et recel.

Cette affaire, qui a mis en lumière l’efficacité des nouvelles technologies comme la géolocalisation dans les enquêtes criminelles, pose également la question de leur généralisation dans les procédures policières. Au vu des résultats obtenus ici, leur usage systématique pourrait offrir aux forces de l’ordre un levier de plus dans la lutte contre la délinquance organisée.

Relations avec le FMI : Ce que prévoit le nouveau programme avec le Sénégal

Dans un contexte de réajustement budgétaire et de clarification des finances publiques, le Sénégal et le Fonds Monétaire International (FMI) se dirigent vers un nouveau cadre de coopération. Cette évolution intervient après que des écarts importants ont été relevés entre les informations budgétaires transmises officiellement entre 2019 et 2024, et les conclusions de l’audit mené par la Cour des comptes. À la suite de ces constats, le FMI a suspendu temporairement les décaissements prévus dans le cadre de l’accord de prêt signé en juin 2023 avec le précédent gouvernement, une décision convenue d’un commun accord avec les autorités sénégalaises.

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté des éclaircissements ce jeudi 20 juin à Ziguinchor, en marge de l’inauguration du nouveau Service de Contrôle Régional des Finances. Il a expliqué que cette suspension vise à permettre une évaluation complète et rigoureuse des erreurs de communication d’informations comptables et budgétaires, qui entachent la crédibilité des comptes publics. Dans cette dynamique, les deux parties ont entamé des discussions en vue d’un nouveau programme, qui reposera sur les données réelles mises en lumière par la Cour des comptes.

Ce nouveau programme économique et financier est conçu comme un tournant stratégique. Il est articulé autour de la vision Sénégal 2050, du master plan et de la Stratégie nationale de développement (SND). Son objectif principal est de restaurer la confiance dans la gestion des finances publiques en mettant en œuvre des réformes de fond. Il s’agit notamment de corriger les dysfonctionnements systémiques identifiés dans le pilotage budgétaire et comptable, tout en établissant une trajectoire plus viable et transparente pour les finances de l’État.

Cheikh Diba a souligné que ce processus prendra pleinement en compte les risques liés à l’endettement public. Une meilleure maîtrise de la dette figure donc parmi les priorités du nouveau cadre, avec une attention particulière portée à la discipline budgétaire, à la transparence et à la gestion efficace des ressources.

En attendant la finalisation du nouveau programme, le FMI continue d’accompagner techniquement le Sénégal, notamment dans des secteurs jugés stratégiques. Parmi ceux-ci figurent la mobilisation accrue des recettes fiscales, l’optimisation de la gestion des investissements publics et la réforme structurelle du secteur de l’énergie.

Ce réalignement avec le FMI marque une volonté affichée du gouvernement sénégalais de renforcer la gouvernance économique et de consolider les bases d’un développement soutenu, fondé sur des finances publiques assainies et crédibles.

Cybersécurité : le directeur de publication du journal L’As convoqué ce vendredi

Le directeur de publication du quotidien L’As, Amadou Ba, est attendu ce vendredi 21 juin à 11h dans les locaux de la Division de la Cybersécurité, relevant de la Police nationale. L’information a été confirmée à Ledakarois par des sources proches du dossier, même si les raisons précises de cette convocation demeurent inconnues à ce stade.

Aucune indication officielle n’a pour l’instant été donnée sur les faits reprochés ou sur la nature exacte de l’enquête en cours. Mais cette convocation intervient dans un contexte où les médias sénégalais sont de plus en plus confrontés à des interpellations judiciaires en lien avec leurs publications, notamment sur les réseaux sociaux.

Rappelons que la Division de la Cybersécurité est compétente en matière d’enquêtes sur les infractions numériques, comme la diffusion de fausses informations, la cyberdiffamation ou encore les atteintes à la sûreté de l’État via des canaux numériques.

Des organisations de défense de la liberté de la presse suivront de près l’évolution de cette affaire, alors que le débat sur la régulation des médias en ligne et la protection des journalistes prend de l’ampleur au Sénégal.

Amadou Ba devrait se présenter devant les enquêteurs à l’heure indiquée, accompagné ou non de ses conseils juridiques. Ledakarois continue de suivre le dossier et reviendra avec plus d’éléments dès que disponibles.

Assemblée nationale : affrontement verbal entre Guy Marius Sagna et Ismaïla Diallo sur fond de bilan et de divergences politiques

Le ton monte entre députés à l’Assemblée nationale. À peine six mois après l’installation de la nouvelle législature, un échange virulent oppose deux membres de la majorité parlementaire, Guy Marius Sagna, député du groupe PASTEF, et Ismaïla Diallo, premier vice-président de l’institution. À l’origine du clash : un bilan percutant publié par Sagna sur sa page Facebook, où il dénonce des pratiques opaques au sein du Parlement et revendique un activisme assumé au service du peuple.

Dans une déclaration fleuve, Guy Marius Sagna dresse un tableau sans concession de son mandat depuis le 2 décembre 2024. Il y affirme avoir pris 267 initiatives parlementaires en six mois. Mais au-delà des chiffres, c’est le ton résolument critique envers l’institution et certains de ses collègues qui retient l’attention. Selon lui, l’Assemblée nationale continue de perpétuer des « pratiques d’un autre âge » telles que la distribution de privilèges déguisés : billets pour le pèlerinage à la Mecque, dons de sucre pour le ramadan, enveloppes sans justificatifs, et véhicules de luxe achetés sur fonds publics.

Il accuse certains parlementaires de céder à la tentation du confort personnel, trahissant ainsi l’esprit de rupture prôné par la nouvelle majorité. « Ce mandat, je le dédie au confort du peuple, pas au confort personnel ou aux commodités politiques », a-t-il martelé. Guy Marius Sagna va plus loin en interpellant le gouvernement sur la nécessité d’interdire ou d’encadrer les acquisitions somptuaires dans un contexte de précarité nationale.

Pour appuyer son engagement, le député évoque plusieurs actions concrètes : obtention d’une ambulance pour la commune de Gassane, interventions sur des salaires impayés, alertes sur des détournements présumés, ou encore des dénonciations d’irrégularités à la Chambre de commerce de Ziguinchor. Ce bilan, présenté comme une preuve de reddition des comptes, semble également avoir pour objectif de mettre en lumière les failles internes du Parlement.

Mais la réaction de ses collègues ne s’est pas fait attendre. Ismaïla Diallo, premier vice-président de l’Assemblée nationale, a répondu sèchement sur Facebook. Il accuse Guy Marius Sagna de rouler pour sa propre chapelle politique : « Il a son propre agenda et ce n’est pas un secret. Et rien ne me surprend de lui. Nous avons vécu ensemble la 14e législature », a-t-il lancé, laissant entendre que le député de PASTEF privilégierait la posture médiatique à l’efficacité législative.

Cette sortie, bien que brève, traduit un malaise profond au sein même de la majorité. Elle suggère que les lignes de fracture entre les tenants d’un activisme de rupture et les défenseurs d’un fonctionnement plus institutionnel commencent à se creuser, six mois à peine après le début de la nouvelle législature.

Si les désaccords internes sont souvent relégués à l’arrière-plan dans les majorités parlementaires, cette joute publique entre deux figures du camp présidentiel révèle une tension sur la manière d’exercer le pouvoir législatif dans un contexte de renouveau politique. Guy Marius Sagna entend continuer son combat « pour le peuple », tandis qu’Ismaïla Diallo semble vouloir préserver une certaine forme de discipline institutionnelle. Un duel politique qui ne fait peut-être que commencer.

Refus de visas américains : Sonko annule le stage des « Lionnes » et défend la souveraineté du Sénégal

Le Premier ministre Ousmane Sonko a fermement réagi, ce mercredi, au refus de délivrance de visas à plusieurs joueuses de l’équipe nationale féminine de basketball. Par un message publié sur sa page Facebook officielle, il a dénoncé une « humiliation diplomatique » et annoncé des mesures fortes, symbolisant un tournant dans la gestion de la coopération internationale du Sénégal.

Le chef du gouvernement a ainsi ordonné l’annulation pure et simple du stage de préparation de l’équipe nationale prévu aux États-Unis. Ce regroupement, qui devait durer dix jours, s’inscrivait dans la phase de préparation de la sélection nationale féminine. Mais face à ce qu’il considère comme un affront injustifié, Ousmane Sonko a préféré recentrer les efforts sur le sol national. « Ce stage sera désormais organisé à Dakar, dans un cadre souverain et propice à la performance de nos athlètes », a-t-il précisé, affichant une volonté d’affirmation de la souveraineté et de dignité nationale dans le domaine sportif comme ailleurs.

Cette décision intervient dans un contexte de tension feutrée entre les autorités sénégalaises et certaines représentations diplomatiques occidentales. Le Premier ministre ne cache pas son intention de redéfinir les bases de la coopération internationale. Il l’a d’ailleurs réaffirmé dans le même message, en évoquant une nouvelle doctrine diplomatique fondée sur « une coopération libre, équilibrée, fondée sur le respect mutuel et le bénéfice partagé ». Cette ligne, selon lui, s’inscrit dans la vision stratégique du président Bassirou Diomaye Faye, mais aussi dans la philosophie politique de PASTEF, le parti au pouvoir.

En parallèle, Sonko a salué la République populaire de Chine, soulignant son engagement concret en faveur du sport sénégalais, notamment à travers l’octroi de bourses de préparation pour les Jeux olympiques de la jeunesse « Dakar 2026 ». Il a exprimé sa « profonde gratitude » envers Pékin, qu’il considère comme un partenaire fiable et respectueux dans la construction d’un sport de haut niveau au Sénégal.

Ce geste fort du Premier ministre marque un précédent et pourrait influencer les futures orientations diplomatiques du pays, surtout en matière de coopération sportive. En refusant de céder à ce qu’il perçoit comme une humiliation, le gouvernement sénégalais envoie un message clair : l’époque de la diplomatie à sens unique semble révolue.

Crise dans les ISEP : le SUDES-ESR dénonce l’absence de textes réglementaires et menace de passer à l’action

Treize ans après leur création, les Instituts Supérieurs d’Enseignement Professionnel (ISEP) évoluent toujours dans un flou juridique que le Syndicat Unitaire et Démocratique des Enseignants du Sénégal (SUDES-ESR) juge intenable. Dans un communiqué rendu public ce jeudi, le syndicat tire la sonnette d’alarme et pointe un dysfonctionnement structurel qui, selon lui, compromet gravement la qualité de l’enseignement et la stabilité du système.

Selon le SUDES-ESR, les ISEP, malgré leur mission cruciale dans l’offre de formation professionnelle au Sénégal, ne disposent d’aucun texte réglementaire clair encadrant leur organisation et leur fonctionnement. « En treize années d’existence, les ISEP ne disposent ni de statuts clairs, ni de textes d’application de la loi qui les régit », déplore le syndicat, qui qualifie cette situation de « carence structurelle » aux conséquences lourdes.

Sur le terrain, cette absence de cadre normatif se traduit par un profond malaise : enseignants démotivés, incertitude sur le statut des personnels, conditions de travail précaires et gouvernance instable. Autant de facteurs qui, selon le SUDES-ESR, altèrent non seulement le rendement pédagogique, mais aussi l’image même des ISEP au sein du système d’enseignement supérieur.

Dans sa déclaration, le syndicat ne cache pas son exaspération face à ce qu’il considère comme une négligence prolongée du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Il accuse directement le ministère, mais aussi les directions des ISEP, d’avoir « failli à leur mission » en n’adoptant toujours pas les décrets d’application nécessaires à la mise en œuvre complète de la loi. Cette inertie, martèle le SUDES, « fragilise profondément le bon fonctionnement des ISEP ».

Face à ce blocage qu’il qualifie « d’injustifiable », le syndicat formule trois revendications prioritaires : l’ouverture immédiate de négociations sincères avec les autorités compétentes, la finalisation sans délai des textes réglementaires en souffrance depuis plus d’une décennie, et la reconnaissance effective du statut des personnels des ISEP.

Le SUDES-ESR prévient qu’en cas de non-réponse rapide, il se réserve le droit de recourir à « tous les moyens légaux de lutte » pour défendre les intérêts de ses membres. « Il est temps que les autorités prennent la mesure de l’urgence », conclut le communiqué, appelant à éviter des perturbations majeures qui pourraient affecter le fonctionnement des ISEP et, par ricochet, porter atteinte aux objectifs de formation professionnelle dans le pays.

Prévention des inondations : le PGIIS couvre plusieurs localités pour une gestion plus intelligente du risque (Cheikh Tidiane Dièye)

Le Sénégal se dote d’un outil structurant dans la lutte contre les inondations. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a procédé ce jeudi à la présentation officielle du Projet de Gestion Intégrée des Inondations au Sénégal (PGIIS), financé par le Fonds Vert pour le Climat et l’Agence Française de Développement à hauteur de 6 096 000 euros, soit près de 4 milliards de francs CFA. Une initiative jugée « extrêmement importante » par le ministre, tant pour sa portée que pour les données stratégiques qu’elle apporte au pays.

Le PGIIS repose sur une approche multisectorielle et structurée autour de plusieurs composantes qui permettent aujourd’hui de disposer d’une connaissance affinée du phénomène des inondations dans plusieurs localités du Sénégal. Le ministre a souligné que les travaux menés sur les sites pilotes ont permis de cartographier les zones à risques et de mieux comprendre la dynamique des crues dans 29 localités réparties sur l’ensemble du territoire. À l’en croire, cette cartographie constitue désormais une base scientifique solide pour la prise de décisions éclairées dans les politiques publiques.

Pour Cheikh Tidiane Dièye, l’essentiel ne se limite pas à la collecte de données. Le projet doit servir d’outil d’aide à la décision afin que les autorités, au-delà du ministère de l’Hydraulique, puissent anticiper les risques et prendre des mesures adaptées à l’échelle nationale. Le PGIIS couvre aujourd’hui plus de 10 000 kilomètres carrés du territoire, avec un niveau de précision inédit, notamment grâce aux images orthophotos produites pour la première fois au Sénégal.

Cette avancée technique permet désormais d’éviter des erreurs majeures d’aménagement. Le ministre a affirmé qu’il est aujourd’hui possible, grâce au PGIIS, de consulter les informations de vulnérabilité avant d’acheter une maison, d’aménager un terrain ou de lotir un site. Une révolution dans la planification urbaine et la sécurisation des investissements.

Cheikh Tidiane Dièye a également mis en avant les innovations numériques introduites dans le cadre du projet. Des outils tels que les logiciels « Moytou Mbeund » et « Fégo Mbeund » ont été développés, notamment à travers un concours lancé auprès de start-up sénégalaises. Cette dynamique vise à encourager les jeunes à s’approprier les données produites et à les transformer en solutions pratiques au service des populations.

La prévision météorologique s’en retrouve également renforcée. Le ministre a annoncé que le radar météorologique installé l’année dernière à Diamniadio sera pleinement opérationnel cette année. Ce radar permettra non seulement de fournir des bulletins d’alerte, mais surtout des bulletins dits d’impact, c’est-à-dire des prévisions très précises sur les quantités de pluie attendues, l’heure de leur arrivée, la vitesse d’écoulement des eaux, le temps de submersion des sites à risque, et même les équipements et populations susceptibles d’être affectés. Une transformation majeure dans la gestion de la protection civile.

Le ministre a insisté sur l’utilisation concertée de ces outils par tous les départements ministériels concernés, notamment l’Intérieur, la Santé et la Solidarité nationale. L’objectif est clair : faire de la prévention un levier d’action concret pour réduire les impacts des inondations.

Concernant la couverture territoriale du PGIIS, Cheikh Tidiane Dièye a précisé que la première phase du projet a ciblé plusieurs régions du pays à travers sept sites pilotes. Il s’agit notamment de Grand Dakar, Tivaouane, Joal, Kaolack, Kaffrine, Tambacounda, Kédougou, Kolda, Matam et Kanel. Dans toutes ces zones, les équipes du projet ont réalisé des travaux de terrain et produit des données géospatiales de grande précision.

À terme, le ministre ambitionne de voir le PGIIS évoluer en un cadre de référence national dans la prévention des risques d’inondations. Selon lui, « l’enjeu est désormais de rendre ces données opérationnelles, de les traduire en actions concrètes pour protéger les populations et les biens ». Une ambition réaliste face à un phénomène qui, chaque année, cause des pertes humaines, matérielles et économiques considérables au Sénégal.

Thiès – Lycée Jules Sagna : Arrestation de 15 élèves, boycott des compositions et paralysie des cours

La situation reste tendue au lycée Jules Sagna de Thiès après l’arrestation de quinze élèves soupçonnés d’être impliqués dans une affaire de fuite lors de l’épreuve d’histoire-géographie. Ce jeudi 19 juin, en signe de protestation, leurs camarades ont massivement boycotté les compositions du second semestre, bloquant ainsi le déroulement normal des évaluations.

Le mouvement, porté notamment par les élèves de seconde, a rapidement pris de l’ampleur. Devant le commissariat du 1er arrondissement de Thiès, des dizaines d’élèves se sont rassemblés pour exiger la libération de leurs camarades. Ils ont été rejoints par des parents d’élèves et des proches venus exprimer leur solidarité et leur inquiétude face à la tournure judiciaire que prend cette affaire.

Selon des témoignages recueillis par la RFM, la contestation ne s’est pas limitée au lycée Jules Sagna. D’autres établissements de la commune ont été ciblés par des manifestants venus y déloger les élèves, forçant l’arrêt des cours dans plusieurs écoles. Cette propagation du mouvement a entraîné une paralysie presque totale du système éducatif local durant la journée.

Les forces de l’ordre sont rapidement intervenues pour rétablir le calme et libérer les accès aux établissements scolaires. Des dispositifs de sécurité ont été déployés dans plusieurs points sensibles de la ville afin d’éviter des débordements et de contenir la colère des élèves.

Aucune déclaration officielle n’a encore été faite par les autorités éducatives ou académiques concernant les conditions exactes des arrestations ni sur les mesures envisagées pour désamorcer la crise. Du côté des familles, c’est l’indignation qui domine, certains dénonçant une répression excessive alors que les faits reprochés aux élèves n’ont pas encore été clarifiés.

Cette affaire ravive le débat sur la gestion des fraudes aux examens, la pression scolaire, mais aussi le recours à des procédures pénales dans un contexte éducatif. En attendant un apaisement de la situation, les compositions restent suspendues au lycée Jules Sagna, et la mobilisation pourrait se poursuivre si des réponses concrètes ne sont pas apportées rapidement.

Affaire Premier Bet : deux mandats d’amener décernés, un mandat d’arrêt international en vue

L’affaire Premier Bet connaît un nouveau tournant judiciaire. Selon les révélations du journal Libération, le juge du 3e cabinet financier a officiellement activé la Division des investigations criminelles (DIC) pour l’exécution de deux mandats d’amener émis contre Joris Dutel et Frank Attal, deux figures centrales dans ce dossier de blanchiment de capitaux présumé.

Ces derniers sont cités dans une procédure lourde de conséquences, déclenchée à la suite du rapport 2024 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif). Ce document avait mis en lumière de sérieux soupçons de fraude fiscale, de blanchiment d’argent, de conflits d’intérêts et d’abus de biens sociaux au sein de Premier Bet Sénégal, société détenue par le groupe Editec.

Déjà impliqué dans une autre affaire de fraude fiscale en cours devant le même cabinet, Joris Dutel fait l’objet d’un placement sous bracelet électronique. C’est justement ce dispositif qui l’a contraint à anticiper la mesure du juge. Il s’est donc présenté de lui-même devant le magistrat instructeur, accompagné de ses avocats, arguant de son impossibilité matérielle de fuir le territoire en raison du contrôle judiciaire strict auquel il est soumis. Son inculpation dans le dossier Premier Bet est d’ores et déjà prévue pour la semaine prochaine.

En revanche, la situation est bien différente pour Frank Attal. Les vérifications menées par la police judiciaire ont confirmé qu’il n’a plus foulé le sol sénégalais depuis octobre 2019. Cette absence prolongée pourrait précipiter l’émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre, une option désormais à l’étude dans les bureaux du juge en charge du dossier.

Le parquet financier avait saisi la justice à la suite du rapport accablant de la Centif, demandant l’ouverture d’une information judiciaire pour blanchiment de capitaux à travers des pratiques de conflits d’intérêts, de fraude fiscale et d’abus de biens sociaux. Le dossier est depuis entre les mains du juge du 3e cabinet, qui accélère visiblement la cadence des procédures.

Ce développement marque un durcissement dans la gestion de ce dossier emblématique, alors que les montages financiers et les pratiques de gestion de Premier Bet sont désormais scrutés sous l’angle de la criminalité économique organisée. Reste à savoir si la coopération judiciaire internationale permettra de mettre la main sur Frank Attal, dont le rôle semble aussi déterminant que celui de Dutel dans cette affaire aux ramifications transnationales.

Affaire AEE POWER EPC – SONAC : Thierno Alassane Sall crie au scandale et exige le retrait des marchés

Ce jeudi 19 juin 2025, le député Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs, a élevé la voix contre ce qu’il qualifie de scandale d’État. Lors d’un point de presse, il a vertement critiqué la gestion du dossier liant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) à l’entreprise AEE POWER EPC, tout en pointant du doigt la responsabilité de la compagnie d’assurance SONAC. Pour le parlementaire, l’attitude du ministère des Finances dans cette affaire frôle la complaisance, au mépris de la rigueur qui devrait encadrer les marchés publics.

Thierno Alassane Sall accuse clairement le gouvernement de maquiller des irrégularités flagrantes. Selon lui, les explications du ministère des Finances sur les garanties émises au profit d’AEE POWER EPC, et payées tardivement par SONAC, ne tiennent pas la route. Il évoque une tentative de « dissimuler une opération frauduleuse » derrière un faux vernis administratif, notamment une dérogation qu’il qualifie de fictive et juridiquement non fondée. À ses yeux, le caractère irrégulier des garanties émises par SONAC pour le compte de AEE POWER EPC entache la légalité de l’ensemble de la procédure.

Le député souligne que cette affaire n’est pas un simple dysfonctionnement administratif, mais bien un acte qu’il qualifie de « délictuel grave » affectant la sécurité juridique des marchés publics. En affirmant que les garanties déposées relèvent du faux, Thierno Alassane Sall soutient qu’elles rendent le marché nul et non avenu. Il s’interroge sur les véritables capacités financières d’AEE POWER EPC, suggérant qu’une entreprise réellement solvable n’aurait pas besoin d’un tel traitement de faveur ni de garanties litigieuses.

Face à ce qu’il considère comme une fraude manifeste, l’ancien ministre de l’Énergie appelle à des sanctions immédiates. Il exige que des actions administratives et judiciaires soient enclenchées dans les plus brefs délais par l’acheteur public, en l’occurrence l’ASER. Il réclame également l’inscription d’AEE POWER EPC sur la liste noire des entreprises exclues de tout marché public au Sénégal. Cette radiation, selon lui, devrait être actée par l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), sur la base de garanties jugées nulles et inopposables au regard du droit.

Mais les critiques de Thierno Alassane Sall ne s’arrêtent pas à l’entreprise adjudicataire. Il pointe aussi la SONAC, la compagnie d’assurance impliquée dans l’émission des garanties. Il demande sans détour le retrait immédiat de son agrément par le ministère des Finances. À ses yeux, SONAC a perdu toute crédibilité en participant à ce qu’il assimile à une entreprise de fraude organisée.

Enfin, le député interpelle le tribunal. Il exhorte les autorités contractantes, en particulier l’ASER, à saisir sans délai la justice pour faire toute la lumière sur le comportement de l’assureur et de l’entrepreneur. Il estime que les responsabilités doivent être établies et que des sanctions exemplaires doivent suivre pour préserver l’intégrité du système de passation des marchés au Sénégal.

L’affaire AEE POWER EPC – SONAC devient ainsi un véritable test pour les nouvelles autorités sénégalaises. Elle interroge la capacité des institutions à faire respecter les règles de transparence, à protéger l’argent public et à punir les abus, quels que soient leurs auteurs. Thierno Alassane Sall, en déposant ces accusations graves, place désormais la balle dans le camp du gouvernement et de la justice.

Administrations pénitentiaires : Remise de véhicules aux chefs d’établissements pour renforcer les capacités logistiques

Une cérémonie officielle de remise de clés s’est tenue ce jeudi 19 juin 2025 au Camp pénal de Liberté 6, marquant un tournant significatif pour l’administration pénitentiaire du Sénégal. Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Ousmane Diagne, a présidé l’événement au cours duquel 4 camions hydro-cureurs, 19 bus cellulaires aménagés, 5 ambulances médicalisées, 46 véhicules pick-up 4×4 et 2 camions-citernes à eau ont été remis aux directeurs des 37 établissements pénitentiaires du pays.

Cette dotation vise à renforcer les capacités opérationnelles des chefs d’établissement pénitentiaire, en leur permettant de mieux remplir leurs missions dans des conditions plus dignes et efficaces. À cette occasion, l’inspecteur Aliou Ciss, Directeur général de l’administration pénitentiaire, a exprimé sa reconnaissance envers le ministre Ousmane Diagne, soulignant que ces équipements arrivent à point nommé.

« Cette dotation marque une avancée majeure. Elle vient renforcer nos capacités et améliorer significativement la mobilité, les conditions de travail et la performance du personnel pénitentiaire », a déclaré l’inspecteur Ciss.

Il a également rappelé que cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda 2050, le référentiel national de politique publique, qui intègre la modernisation de la justice et l’amélioration des conditions de détention.

Dans son discours, le ministre Ousmane Diagne a tenu à féliciter la Direction générale de l’administration pénitentiaire pour « l’engagement constant et le travail remarquable » accompli au quotidien dans la mission de service public, de sécurité et de réinsertion sociale des détenus.

« Le gouvernement, à travers le référentiel Sénégal 2050, ambitionne de bâtir un pays souverain, juste et prospère. Cela passe notamment par des services publics renforcés, y compris dans le domaine pénitentiaire », a-t-il déclaré.

Il a insisté sur la nécessité d’un bon usage de ces moyens logistiques, dans le respect des droits des détenus et des exigences de sécurité. La dotation répond, selon lui, à un besoin urgent en matière de mobilité, de sécurité et de gestion humaine des établissements pénitentiaires.

Le ministre a reconnu les difficultés persistantes dans le système carcéral, notamment les infrastructures vétustes, le manque de ressources humaines et financières, ainsi que la surpopulation carcérale. Il a toutefois réaffirmé l’engagement de l’État à travers un vaste programme de réformes axé sur la modernisation de la justice, la réhabilitation des infrastructures pénitentiaires, et l’amélioration des conditions de travail du personnel.

« La mise en œuvre de ces réformes permettra de renforcer les capacités stratégiques et opérationnelles de l’administration pénitentiaire, désormais érigée en direction générale conformément au décret n°2023-679 du 23 mars 2020 », a précisé le ministre.

En conclusion, le ministre Ousmane Diagne a exhorté les responsables des établissements à veiller à l’entretien et à l’utilisation optimale des véhicules reçus. Il a souligné que, dorénavant, chaque directeur de prison disposera d’un véhicule de service, ce qui constitue un pas important vers une gestion plus moderne, plus humaine et plus sécurisée du système carcéral sénégalais.

Sophie Gladima contre-attaque : ses avocats réclament sa libération provisoire

Incarcérée depuis le 21 mai pour un présumé détournement de 73 millions FCFA, l’ex-ministre des Mines engage une riposte judiciaire.

L’affaire Sophie Gladima connaît un nouveau rebondissement. Les avocats de l’ex-ministre des Mines et de la Géologie ont déposé, ce mercredi 18 juin, une requête en mainlevée du mandat de dépôt et en mise en liberté provisoire de leur cliente. Une démarche entreprise au lendemain de son audition au fond par la commission d’instruction de la Haute Cour de justice.

Placée sous mandat de dépôt depuis le 21 mai dernier, la maire de Joal est poursuivie pour détournement présumé de deniers publics portant sur un montant de 73 millions de francs CFA. Une somme issue du fonds Force Covid-19 et destinée à financer la construction d’un centre gravimétrique à Kédougou, en faveur des orpailleurs affectés par la pandémie. Problème : selon la Cour des comptes, le projet n’a jamais été réalisé, bien que les fonds aient été versés à l’adjudicataire du marché.

Dans un mémoire de 11 pages cité par le journal L’Observateur, les conseils de Sophie Gladima contestent vigoureusement les accusations. Ils affirment que leur cliente n’a jamais été directement mise en cause dans le rapport de la Cour des comptes. Selon eux, son rôle s’est limité à l’approbation des contrats, bien avant tout processus de contrôle, de vérification des prestations ou de paiement.

Mieux encore, les avocats dénoncent une « grave erreur » de droit. Ils reprochent à la Cour des comptes d’avoir fondé une partie de ses accusations sur les articles 89 et 101 du décret sur la comptabilité publique — un texte abrogé depuis avril 2020. À la date du rapport, le décret en vigueur était le n°2020-987 du 23 avril 2020, selon la défense. Une faille juridique qui, si elle est avérée, pourrait fragiliser la procédure engagée contre l’ancienne ministre du gouvernement de Macky Sall.

En attendant la décision de la justice, Sophie Gladima reste incarcérée. Mais avec cette contre-offensive juridique, ses avocats espèrent obtenir un réexamen rapide de sa situation et, à terme, une liberté provisoire.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°490 – 19/06/2025

🔴 JOURNÉES DE CONCERTATION DU SECTEUR DE LA COMMUNICATION : LES PLAIES DE LA  PRESSE À NU
🔴 SÉNÉGAL / TROISIÈME PAYS LE PLUS CHER AU MONDE : ENVOYER DE L’ARGENT EST UN LUXE ICI !

🔴 COUPE DE LA LIGUE : GUÉDIAWAYE TOMBE EN QUART DE FINALE
🔴 LIGUE 1 (28e J) : USO LIMITE L’ACCÈS AUX SUPPORTERS DU JARAAF

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