Politique
Université Cheikh Anta Diop de Dakar : Thierno Alassane Sall charge les autorités après la mort d’Abdoulaye Bâ
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par
Diack
La crise qui secoue l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) continue de susciter de vives réactions sur la scène politique nationale. Le député Thierno Alassane Sall est monté au créneau pour dénoncer la gestion des événements tragiques ayant conduit à la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ, fustigeant à la fois les autorités judiciaires et universitaires.
Dans une déclaration sans détour, le parlementaire a exprimé sa profonde indignation face à ce qu’il considère comme un scénario qui se répète inlassablement dans les universités sénégalaises. « C’est ridicule et bien beau de se tenir ici, de faire le procès de la police et de dire que le jeune Abdoulaye Bâ ne devait pas être tué. Rien n’a changé, on assiste au même scénario », a-t-il lancé, dénonçant un climat de tension récurrent et une incapacité des autorités à prévenir ce type de drame.
Thierno Alassane Sall a également pointé du doigt ce qu’il perçoit comme un manque de cohérence dans la communication officielle. Il s’est dit « honteux pour le procureur » après les déclarations affirmant que les issues de secours du bâtiment étaient verrouillées au moment des faits. Pour lui, une question fondamentale demeure sans réponse : pourquoi les étudiants auraient-ils choisi de sauter plutôt que d’emprunter les escaliers si ces derniers étaient accessibles ? « Sans doute parce qu’ils étaient contraints », a-t-il suggéré, laissant entendre que les circonstances exactes méritent une enquête approfondie et transparente.
Le député critique par ailleurs la gestion politique de la crise. Selon lui, la promesse d’un dialogue direct entre le Premier ministre Ousmane Sonko et les étudiants n’a pas été tenue, alimentant frustration et incompréhension au sein de la communauté universitaire. Il estime que l’absence d’échanges francs et structurés a contribué à radicaliser les positions et à détériorer davantage le climat sur le campus.
Dans le même registre, Thierno Alassane Sall dénonce une tentative de désignation de boucs émissaires parmi les étudiants. Il évoque la perspective de poursuites judiciaires et de radiations visant trois d’entre eux, une démarche qu’il juge dangereuse et susceptible d’instrumentaliser la crise à des fins politiques. Pour le député, ces mesures risquent d’aggraver les tensions plutôt que d’apporter des solutions durables.
Au-delà des circonstances immédiates du drame, l’ancien ministre rappelle que la colère étudiante s’inscrit dans un contexte plus large de contestation des réformes universitaires. Il considère que le message attribué au ministre de l’Enseignement supérieur, selon lequel « la réforme, ça passe ou ça casse », a profondément heurté les étudiants, qui se sont sentis trahis par un projet initialement présenté comme consensuel. Cette posture d’intransigeance, selon lui, a nourri un sentiment d’exclusion et renforcé la défiance à l’égard des autorités.
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