Actualités

Décès d’Abdoulaye Ba : le Procureur ouvre une enquête et écarte, à ce stade, les rumeurs de violences physiques

À la suite des violents affrontements survenus le 9 février 2026 sur le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar a ordonné l’ouverture immédiate d’une enquête exhaustive. Ces heurts, qui ont opposé des étudiants à des éléments de la Police nationale du Sénégal, ont occasionné d’importants dégâts matériels ainsi que de nombreux blessés, plongeant la communauté universitaire dans une vive émotion.

Dans un communiqué officiel, le Parquet indique avoir saisi la Sûreté urbaine afin de déterminer les responsabilités liées aux incidents. Parallèlement, la Division des investigations criminelles a été chargée d’établir les causes et les circonstances du décès de Monsieur Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année à la Faculté de Médecine. Cette double saisine vise à faire toute la lumière, d’une part sur les violences enregistrées sur le campus, et d’autre part sur les conditions exactes ayant conduit au décès du jeune étudiant.

Le communiqué précise que plusieurs actes d’enquête ont déjà été accomplis. Des auditions ont été menées, un transport sur les lieux a été effectué et une autopsie a été pratiquée afin de déterminer les causes médicales du décès. Ces diligences s’inscrivent dans le cadre d’une procédure visant à établir les faits avec rigueur et impartialité, dans un contexte marqué par la circulation rapide de rumeurs sur les réseaux sociaux.

À ce stade des investigations, le Procureur indique que les éléments disponibles ne corroborent pas les allégations faisant état de violences physiques exercées sur la victime. Cette précision intervient alors que des informations non vérifiées ont largement circulé, alimentant les tensions au sein de l’opinion publique et de la communauté estudiantine.

Le Procureur de la République appelle ainsi à la retenue et au respect du cours normal de la justice, soulignant que seules les conclusions définitives de l’enquête permettront d’établir avec certitude les responsabilités éventuelles. Dans l’attente des résultats complets des investigations, les autorités judiciaires insistent sur la nécessité d’éviter toute spéculation susceptible de troubler l’ordre public ou d’entraver la manifestation de la vérité.

Inflation au Sénégal : les prix à la consommation en hausse de 0,5 % au quatrième trimestre 2025

L’inflation poursuit sa progression au Sénégal en cette fin d’année 2025. D’après le dernier rapport publié le 13 février 2026 par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 0,5 % au quatrième trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent. Cette évolution traduit une hausse quasi généralisée des prix dans la majorité des postes de dépenses des ménages, confirmant une pression persistante sur le coût de la vie.

La principale source de cette augmentation provient des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées, dont les prix ont progressé de 0,6 %. Cette catégorie, qui représente une part importante du budget des ménages sénégalais, exerce un impact direct sur le pouvoir d’achat, en particulier pour les foyers à revenus modestes. La hausse des prix alimentaires demeure un facteur sensible dans un contexte où les dépenses de consommation courante occupent une place prépondérante dans les charges familiales.

D’autres segments ont connu des variations plus marquées. Les boissons alcoolisées, les tabacs et les stupéfiants enregistrent une forte augmentation de 6,5 %, traduisant des ajustements significatifs sur ces produits spécifiques. Le secteur de l’enseignement affiche également une progression de 1,0 %, tandis que les services de restauration et d’hébergement augmentent de 0,9 %. Ces hausses reflètent une dynamique plus large touchant les services, souvent liée à l’augmentation des coûts d’exploitation et aux ajustements tarifaires.

Les dépenses liées aux besoins essentiels ne sont pas en reste. Les prix des soins personnels et des services de protection sociale, ceux de la santé, ainsi que ceux de l’ameublement et de l’équipement ménager ont également progressé. Les charges de logement, comprenant l’eau, l’électricité et le gaz, enregistrent une hausse de 0,5 %. À cela s’ajoute une légère augmentation dans le secteur des transports, ce qui contribue à alourdir les dépenses quotidiennes des ménages.

Toutefois, cette tendance inflationniste a été partiellement atténuée par la stabilité des prix de l’habillement et des chaussures. Le secteur de l’information et de la communication se distingue même par un recul de 0,2 %, offrant un léger répit dans un environnement globalement marqué par la hausse des prix. Cette baisse contribue modestement à amortir l’effet général de l’inflation sur les consommateurs.

Dans l’ensemble, cette progression trimestrielle de 0,5 % confirme une pression modérée mais continue sur les prix à la consommation. Si elle ne traduit pas une flambée brutale, elle souligne néanmoins la nécessité de suivre attentivement l’évolution des coûts des biens et services essentiels. Pour les ménages sénégalais, la gestion du budget demeure un exercice d’équilibre dans un contexte où la plupart des postes de dépenses enregistrent des ajustements à la hausse.

PIB et emploi : une croissance portée par Dakar, des inégalités persistantes pour les jeunes ruraux

Le Sénégal confirme sa résilience économique après le choc provoqué par la pandémie de 2020. Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, la croissance du produit intérieur brut (PIB), qui avait chuté à +1,3 % au plus fort de la crise sanitaire, a rebondi pour atteindre +4,3 % en 2023. Cette reprise est portée par la vitalité combinée des secteurs primaire, secondaire et tertiaire, traduisant un redémarrage progressif de l’activité nationale. La hausse du PIB par habitant indique par ailleurs que la création de richesse progresse désormais à un rythme supérieur à celui de la croissance démographique.

Cependant, cette dynamique macroéconomique masque d’importantes disparités territoriales. Dakar concentre à elle seule 46,2 % du PIB national. En additionnant les performances de Thiès, Diourbel, Saint-Louis et Kaolack, cet ensemble régional génère plus de 70 % de la richesse du pays. Les neuf autres régions doivent ainsi se partager moins de 30 % de la production économique nationale. Cette concentration s’explique par la polarisation historique des services, des activités financières et industrielles autour de l’axe Dakar-Thiès, qui constitue le cœur économique du pays.

Le secteur primaire, davantage réparti sur le territoire, repose principalement sur les contributions de régions comme Thiès, Kolda et Kaffrine. Néanmoins, la valeur ajoutée générée par l’agriculture et l’élevage demeure inférieure à celle des activités tertiaires et industrielles concentrées dans la capitale et sa périphérie. Cette configuration renforce les déséquilibres territoriaux et limite les opportunités économiques dans les zones rurales.

Sur le marché de l’emploi, les indicateurs montrent des avancées notables mais encore fragiles. Le taux de chômage élargi est passé de 26,2 % au premier trimestre 2022 à 21,5 % à la même période en 2023. Cette baisse témoigne d’une amélioration progressive du climat économique et d’une reprise des activités productives. Toutefois, cette embellie ne bénéficie pas uniformément à l’ensemble de la population. Le chômage demeure plus élevé en milieu rural et touche particulièrement les femmes, révélant des inégalités persistantes dans l’accès aux opportunités professionnelles.

La situation des jeunes constitue le défi le plus préoccupant. Près de la moitié des 15-35 ans, soit 49,8 %, se trouvent dans la catégorie des NEET, c’est-à-dire ni en emploi, ni en études, ni en formation. Ce taux atteint 59,2 % en zone rurale, illustrant une marginalisation accrue des jeunes vivant hors des grands centres urbains. Cette vulnérabilité compromet non seulement l’insertion socio-économique d’une génération entière, mais aussi la capacité du pays à tirer pleinement parti de son dividende démographique.

Au regard de l’Objectif de développement durable 8, consacré au travail décent et à la croissance économique, la performance nationale s’établit à 49,2 % en 2023 par rapport aux cibles fixées pour 2030. Ce score traduit des progrès réels, mais souligne également l’ampleur des efforts nécessaires pour promouvoir une croissance inclusive et équitable.

La consolidation de la dynamique économique devra ainsi s’accompagner de politiques publiques ciblées en faveur des jeunes et des territoires les plus vulnérables. Le renforcement de la formation professionnelle, le soutien à l’entrepreneuriat rural, la diversification économique régionale et l’amélioration des infrastructures apparaissent comme des leviers essentiels pour réduire les fractures territoriales et sociales.

Kaolack : La Coalition Diomaye Président renforce son appareil politique à l’échelle départementale

La Coalition Diomaye Président a tenu, ce samedi 14 février 2026, une importante rencontre d’échanges, de réflexion et de travail réunissant l’ensemble de ses leaders ainsi que les militants de base du département de Kaolack. Cette réunion, l’une des premières officiellement organisées à ce niveau, s’inscrit dans une dynamique de structuration et de renforcement de la coalition à l’échelle locale.

Au cours des discussions, les participants ont dégagé plusieurs pistes stratégiques visant à faire de la coalition un véritable cadre fédérateur, capable de consolider les forces politiques et citoyennes dans les différentes communes du département. L’objectif affiché est notamment de renforcer l’implantation et l’organisation de la coalition dans l’ensemble des collectivités territoriales de Kaolack.

La rencontre a également été marquée par une forte représentativité de responsables politiques issus de plusieurs localités, notamment Ndiaffate, Dya, Latmingué, Kaolack et Kahone. Les leaders présents ont unanimement réaffirmé leur engagement et leur mobilisation autour des idéaux et des orientations de la Coalition Diomaye Président.

Prenant la parole à l’issue de la rencontre, Aly Tounkara, coordonnateur départemental de la coalition à Kaolack, a lancé un appel à l’unité des populations locales. Il a invité l’ensemble des Kaolackois à se mobiliser aux côtés de Madame Aminata Touré, superviseure de la coalition, afin de renforcer la dynamique politique engagée et de soutenir la réélection du président Bassirou Diomaye Faye pour un second mandat.

Cette rencontre marque ainsi une nouvelle étape dans la structuration politique de la coalition dans le département, avec l’ambition de consolider son ancrage territorial et de renforcer la mobilisation des militants à la base.

Prenant également la parole, Amy Marra, responsable politique du parti PASTEF à Kaolack, a indiqué :

« La Coalition Diomaye Président est une coalition qui existe depuis fort longtemps. Pour ce qui nous concerne, nous, membres de la coalition, avons pour ambition d’accompagner le président Bassirou Diomaye Faye dans la mise en œuvre de sa vision inscrite dans l’Agenda national de transformation, particulièrement pour le développement de la région de Kaolack. »

Selon elle, cette région qui, depuis 1960 jusqu’à nos jours, a vu émerger huit Premiers ministres et plus d’une cinquantaine de ministres, n’a malheureusement pas connu un véritable changement en profondeur.

« Aujourd’hui, cette région est en zone rouge en matière de développement inclusif, notamment en ce qui concerne l’assainissement, ainsi que l’état de délabrement très avancé des infrastructures scolaires, sanitaires et d’autres équipements publics. »

Au-delà de ces difficultés, elle a rappelé que cette région carrefour, jadis dynamique sur le plan industriel, a vu ses usines fermer leurs portes, aggravant ainsi la situation socio-économique des populations.

« À cela s’ajoute le non-dragage du port de Kaolack, qui aurait pourtant pu constituer un levier important pour booster le développement local, lutter contre le chômage — notamment celui des femmes — et favoriser leur autonomisation à travers des activités génératrices de revenus », a-t-elle conclu.

Présent lors de cette rencontre, El Hadji Maodo Diallo, coordonnateur national de Mimi 2024 et membre de la Coalition Diomaye Président au niveau national, a exprimé sa satisfaction face à l’engagement des leaders ayant porté cette initiative. Il a salué une démarche qu’il considère comme essentielle pour consolider la cohésion interne et maintenir la mobilisation autour des objectifs politiques de la coalition.

Selon lui, cette initiative traduit une volonté collective de structurer davantage les actions politiques et d’encourager une participation active des militants à la base. Il a insisté sur l’importance de telles rencontres, qui permettent non seulement d’échanger sur les orientations stratégiques, mais aussi de renforcer l’esprit d’unité au sein des différentes composantes de la coalition.

El Hadji Maodo Diallo a également indiqué qu’un compte rendu détaillé de cette activité sera transmis à la superviseure nationale de la Coalition Diomaye Président, afin d’assurer un suivi institutionnel et une meilleure coordination des actions à l’échelle nationale.

Malnutrition infantile : le Sénégal face au défi persistant du retard de croissance

Le Sénégal poursuit une lutte ambitieuse contre la faim et la malnutrition à travers une approche multisectorielle articulée autour de politiques agricoles, sociales et sanitaires. Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, le pays a engagé plusieurs leviers stratégiques majeurs, notamment la Stratégie nationale de sécurité alimentaire et de résilience (SNSAR 2015-2035), le Programme national d’Autosuffisance en Riz (PnAR) ainsi que le développement des agropoles, afin de renforcer durablement la production locale et améliorer l’accès à une alimentation suffisante et diversifiée.

Dans un contexte marqué par l’inflation mondiale et les chocs économiques successifs, l’État a également mis en place des subventions importantes pour préserver le pouvoir d’achat des ménages. Ces mesures visent à limiter l’impact de la hausse des prix des denrées alimentaires sur les populations les plus vulnérables. Toutefois, malgré ces efforts soutenus, la situation nutritionnelle des enfants reste préoccupante, révélant des fragilités structurelles profondes.

Le retard de croissance, principal indicateur de la malnutrition chronique, a certes reculé, passant de 20,5 % en 2015 à 17,5 % en 2023. Cette baisse traduit des progrès, mais demeure insuffisante au regard des engagements internationaux. Les projections indiquent qu’en 2025, le taux pourrait atteindre 15,4 %, un niveau encore supérieur à la cible de 11,5 % fixée par l’Assemblée mondiale de la Santé. Cette tendance suggère que les efforts engagés, bien qu’efficaces dans une certaine mesure, ne permettent pas encore d’atteindre le rythme requis pour éliminer durablement la malnutrition chronique.

Plus inquiétante encore est l’évolution de la malnutrition aiguë, caractérisée par l’émaciation. Celle-ci a progressé, touchant 10 % des enfants en 2023 contre 8 % en 2015. Cette augmentation met en évidence la vulnérabilité persistante des ménages face aux chocs climatiques, économiques et sanitaires. Les périodes de soudure, la variabilité des récoltes et la fragilité des revenus ruraux accentuent les risques nutritionnels, en particulier dans les zones les plus enclavées.

Parallèlement aux stratégies de sécurité alimentaire, le Sénégal s’appuie sur des programmes sanitaires historiques qui constituent le socle de la lutte contre les principales causes de mortalité infantile. Le Programme Élargi de Vaccination, actif depuis 1974, demeure un pilier central dans la prévention des maladies évitables. Le Programme National de Lutte contre le Paludisme, opérationnel depuis 1995, contribue à réduire significativement l’impact du paludisme, tandis que le Programme National de Lutte contre la Tuberculose, en place depuis 1985, renforce la riposte contre les maladies transmissibles.

Ces dispositifs traduisent un engagement constant de l’État en faveur de la santé publique et de la réduction de la mortalité infantile. Néanmoins, la persistance du retard de croissance et la hausse de la malnutrition aiguë montrent que la réponse doit être davantage intégrée, combinant sécurité alimentaire, accès à l’eau potable, éducation nutritionnelle des mères, protection sociale et résilience climatique.

À l’approche de 2030, le défi pour le Sénégal ne consiste plus seulement à maintenir les acquis, mais à accélérer les progrès pour garantir à chaque enfant un développement physique et cognitif optimal. La lutte contre la malnutrition infantile reste ainsi l’un des tests majeurs de la capacité du pays à transformer ses politiques publiques en résultats durables et équitables.

Lutte contre la pauvreté au Sénégal : des progrès réels, mais un défi structurel toujours présent

Le Sénégal a enregistré une baisse mesurée mais significative de la pauvreté au cours de la dernière décennie. Selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, le taux de pauvreté est passé de 42,8 % en 2011 à 37,5 % en 2022. Cette évolution traduit une amélioration du niveau de vie pour une partie de la population et témoigne d’une certaine résilience face aux chocs successifs, notamment la pandémie de Covid-19 et les perturbations économiques mondiales. Toutefois, derrière cette progression se cachent des fragilités structurelles persistantes et de fortes disparités territoriales.

La réduction du taux de pauvreté s’explique en grande partie par la montée en puissance des programmes sociaux. Le Programme National de Bourse de Sécurité Familiale (PNBSF) a soutenu en 2023 plus de 355 000 ménages vulnérables, grâce à des transferts monétaires réguliers. Parallèlement, la Couverture Maladie Universelle (CMU) et la Carte d’Égalité des Chances, qui compte plus de 75 000 bénéficiaires, ont contribué à renforcer le filet de protection sociale. L’État consacre des ressources importantes à ces dispositifs, avec notamment 32,6 milliards de francs CFA mobilisés annuellement pour les bourses familiales.

Cependant, cette dynamique positive reste fragile. Entre 2019 et 2022, la pauvreté n’a reculé que de 0,3 point, signe d’un ralentissement dans la capacité des politiques publiques à produire un changement structurel durable. Les retards de paiement, les difficultés de ciblage des bénéficiaires et la couverture encore incomplète des programmes limitent l’efficacité de la Stratégie nationale de Protection Sociale. Pour accélérer la tendance, un renforcement budgétaire et une modernisation de la gestion des données sociales apparaissent indispensables, afin d’améliorer la transparence et l’efficacité des interventions.

L’analyse de l’Objectif de développement durable 1 met également en évidence une fracture territoriale marquée. Les pôles de Dakar et de Thiès se distinguent nettement, avec des taux d’atteinte respectifs de 68,9 % et 67,8 %. Ces régions bénéficient d’une forte concentration d’infrastructures, d’une meilleure intégration aux circuits économiques et d’un accès élargi aux services sociaux de base. Elles ont déjà parcouru les deux tiers du chemin vers les cibles fixées à l’horizon 2030.

À l’inverse, les pôles Sud-Est et Sud accusent un retard considérable, avec des scores respectifs de 27,8 % et 34,1 %. Ces territoires souffrent d’un enclavement structurel, d’un déficit d’infrastructures et d’une faible densité de services publics. Entre ces deux extrêmes, des zones comme Diourbel-Louga et le pôle Centre affichent des performances intermédiaires, où les filets sociaux atténuent la précarité sans parvenir à briser le cycle de pauvreté.

La lecture régionale confirme cette dichotomie. Dakar, Thiès et Diourbel forment un noyau relativement dynamique, tandis que Kédougou, Kolda et Sédhiou concentrent les urgences sociales, avec des écarts dépassant parfois 40 points par rapport aux régions leaders. Dans ces zones périphériques, l’isolement géographique et la faible diversification économique freinent les perspectives d’ascension sociale.

Au regard de ces constats, la réduction durable de la pauvreté au Sénégal nécessite une approche différenciée. Au-delà des transferts sociaux, il s’agit d’investir massivement dans les infrastructures, l’éducation, l’agriculture moderne et les activités génératrices de revenus, en ciblant prioritairement les territoires les plus en retard. La consolidation des acquis passe également par une meilleure coordination entre les politiques sociales et les stratégies de développement économique local.

Le Sénégal a donc franchi une étape importante dans la lutte contre la pauvreté, mais le chemin vers une transformation structurelle inclusive reste long. À l’approche de l’échéance 2030, l’enjeu majeur sera de transformer les progrès quantitatifs en changements durables et équitables, afin qu’aucune région ni aucun citoyen ne soit laissé en marge du développement.

Objectifs de Développement Durable : le Sénégal à mi-parcours avec un taux de 53 % en 2023

Le Sénégal poursuit sa marche vers l’Agenda 2030, mais le chemin reste encore long. Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, le pays affiche en 2023 un taux moyen de réalisation de 53 % des Objectifs de Développement Durable (ODD). Un score de 0,53 qui traduit un niveau de performance intermédiaire, à mi-parcours de l’échéance fixée par l’Organisation des Nations Unies pour 2030.

Dans le détail, certains objectifs affichent des performances encourageantes. La réduction des inégalités, correspondant à l’Objectif de développement durable 10, arrive en tête avec un taux d’atteinte de 82,7 %. Ce résultat témoigne des efforts consentis pour renforcer l’inclusion sociale et réduire les disparités économiques. La préservation des écosystèmes terrestres, mesurée par l’Objectif de développement durable 15, enregistre également un score solide de 77,6 %, traduisant une certaine efficacité des politiques environnementales.

Les partenariats pour la réalisation des objectifs, à travers l’Objectif de développement durable 17, atteignent 75,7 %, confirmant l’importance des collaborations avec les partenaires techniques et financiers. Le secteur de la santé et du bien-être, correspondant à l’Objectif de développement durable 3, affiche quant à lui un taux de 67,2 %, signe de progrès dans l’accès aux soins et les politiques sanitaires, même si des inégalités persistent selon les zones géographiques.

Toutefois, ce tableau global cache des fragilités importantes. L’Objectif de développement durable 14, consacré à la protection des ressources marines, demeure en difficulté, dans un contexte marqué par la surexploitation halieutique et les défis liés à la pollution. De même, l’Objectif de développement durable 16, qui concerne la paix, la justice et l’efficacité des institutions, appelle à des efforts supplémentaires pour renforcer la gouvernance et consolider l’État de droit.

À sept ans de l’échéance de 2030, ces résultats mettent en évidence la nécessité d’un rééquilibrage stratégique des investissements publics et d’une accélération des réformes dans les secteurs les plus en retard. Si le Sénégal affiche des avancées notables dans plusieurs domaines, la dynamique devra être intensifiée pour garantir un développement inclusif et durable.

Le bilan 2023 dressé par l’ANSD constitue ainsi un signal à la fois encourageant et exigeant : encourageant parce qu’il montre que des progrès réels ont été accomplis, exigeant parce qu’il rappelle que l’atteinte complète des Objectifs de Développement Durable nécessite une mobilisation accrue de l’État, du secteur privé et de la société civile.

Décès d’Abdoulaye Ba : le COMES rejette la thèse d’un traumatisme auto-infligé et réclame la vérité

Le Collectif des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes en spécialisation du Sénégal (COMES) est sorti de son silence ce 14 février 2026 pour réagir au communiqué du Procureur de la République relatif au décès d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de formation en chirurgie dentaire. Dans une déclaration empreinte de gravité, le collectif affirme suivre avec « une attention soutenue » l’évolution de ce dossier qui suscite une vive émotion au sein de la communauté universitaire et du corps médical.

Le COMES replace d’emblée ce drame dans un contexte national marqué par un déficit important de spécialistes de santé. Pour les signataires, la disparition d’un étudiant engagé dans un cursus aussi exigeant représente une perte lourde de sens, tant pour sa famille que pour le système de santé sénégalais. Ils soulignent que chaque futur spécialiste constitue un espoir dans un pays confronté à des besoins croissants en matière de soins et d’expertise médicale.

Le collectif indique avoir pris connaissance du communiqué du Procureur de la République, selon lequel les éléments disponibles ne corroborent pas les rumeurs évoquant des violences physiques exercées sur la victime. Toutefois, le COMES attire l’attention sur un point qu’il juge central : les conclusions de l’autopsie ont permis d’écarter l’hypothèse d’une cause naturelle isolée et orientent clairement vers l’existence d’un mécanisme traumatique majeur.

À partir de ce constat médico-légal, le collectif pose une question qu’il considère déterminante pour la manifestation de la vérité : quelle est l’origine de ce traumatisme ? Pour ses membres, cette interrogation ne peut rester sans réponse. Ils estiment qu’elle constitue le cœur même de l’enquête en cours et qu’elle doit être traitée avec toute la rigueur scientifique et judiciaire requise.

Dans son communiqué, le COMES rejette catégoriquement toute hypothèse laissant entendre que la victime aurait pu s’infliger elle-même un traumatisme physique mortel. Le texte décrit Abdoulaye Ba comme un jeune homme de 20 ans, plein de vie, porteur de l’espoir de toute une famille et engagé dans un parcours académique exigeant en chirurgie dentaire. Cette présentation vise à souligner l’invraisemblance, selon le collectif, d’un acte auto-infligé d’une telle gravité.

Au-delà de la réaction, le COMES formule un appel clair aux autorités judiciaires. Il les exhorte à poursuivre l’enquête avec rigueur, justesse et impartialité, afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes du décès. L’objectif, selon le collectif, est d’établir les faits avec précision et d’identifier, le cas échéant, d’éventuelles responsabilités.

Sonko à Addis-Abeba : le Sénégal engagé pour l’eau et l’assainissement en Afrique

Le Premier ministre Ousmane Sonko a pris part, ce samedi 14 février 2026, à Addis-Abeba, à la cérémonie d’ouverture de la 39e session ordinaire de l’Union africaine, un rendez-vous majeur qui réunit les chefs d’État et de gouvernement du continent autour des grandes priorités africaines. Cette édition est placée sous le thème « Assurer la disponibilité de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 », un axe stratégique qui met en lumière l’urgence d’améliorer l’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement pour des millions d’Africains.

Organisée au siège de l’Union africaine dans la capitale éthiopienne, cette rencontre de haut niveau intervient dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la pression démographique et les défis liés à l’urbanisation rapide. Pour de nombreux États, la gestion durable des ressources en eau constitue un levier essentiel de développement économique, de santé publique et de stabilité sociale. L’Agenda 2063, feuille de route stratégique adoptée par l’Union africaine, ambitionne de transformer le continent en misant notamment sur des infrastructures résilientes, l’industrialisation et le bien-être des populations.

La participation du chef du gouvernement sénégalais traduit l’engagement du Sénégal à contribuer activement aux politiques continentales en matière de gestion de l’eau et d’assainissement. Ces enjeux sont d’autant plus cruciaux que l’accès universel à l’eau potable demeure un défi dans plusieurs zones rurales et périurbaines du continent. Les discussions ont porté sur la nécessité de renforcer la coopération entre États membres, de mobiliser des financements innovants et de promouvoir des solutions adaptées aux réalités locales.

En marge des travaux, Ousmane Sonko s’est entretenu avec son homologue éthiopien, Abiy Ahmed Ali. Cette rencontre bilatérale a permis d’aborder des questions d’intérêt commun, notamment le renforcement de la coopération économique, les échanges commerciaux et les partenariats techniques dans des secteurs stratégiques. Les deux responsables ont évoqué les perspectives d’une collaboration accrue entre Dakar et Addis-Abeba, dans un esprit de solidarité africaine et de développement partagé.

Cette présence diplomatique du Premier ministre à Addis-Abeba s’inscrit dans une dynamique de repositionnement stratégique du Sénégal sur la scène africaine. En prenant part activement aux grandes concertations continentales, les autorités sénégalaises entendent jouer un rôle moteur dans la mise en œuvre des priorités de l’Union africaine, tout en consolidant les relations bilatérales avec des partenaires clés du continent.

La 39e session ordinaire de l’Union africaine devrait aboutir à des recommandations et engagements concrets pour accélérer l’atteinte des objectifs de l’Agenda 2063, notamment en matière d’accès équitable à l’eau potable et à des systèmes d’assainissement sûrs, conditions indispensables pour un développement durable et inclusif en Afrique.

Kaolack : à Keur Gane, PASTEF mise sur le débat citoyen pour reconquérir le terrain politique

À la maison des hôtes de Médina Baye, dans la commune de Kaolack, la politique a quitté les tribunes classiques pour s’installer au cœur des citoyens. Ce samedi, la Zone 8 de PASTEF Kaolack a transformé un simple panel en véritable espace de dialogue populaire, réunissant militants, acteurs sociaux et habitants autour des grandes questions qui traversent le Sénégal d’aujourd’hui.

Plus qu’une rencontre politique ordinaire, l’initiative s’est voulue une démonstration de proximité et d’écoute, dans un contexte où les populations réclament davantage d’implication dans les décisions publiques. À travers des échanges directs, des analyses et des interpellations citoyennes, les participants ont tenté de redonner au débat politique une dimension participative souvent jugée absente des dynamiques institutionnelles.

Quand la politique descend au niveau des quartiers

Dans une atmosphère marquée par une forte interaction avec le public, les discussions ont mis en lumière des préoccupations concrètes : assainissement, développement économique local, gouvernance territoriale et rôle de la société civile. Loin des discours théoriques, les intervenants ont privilégié des approches pragmatiques, ancrées dans les réalités quotidiennes des habitants de Kaolack.

La question de l’assainissement, régulièrement évoquée par les populations, a cristallisé une grande partie des débats. Les intervenants ont insisté sur l’urgence d’actions coordonnées entre les autorités publiques et les initiatives citoyennes, soulignant que le développement urbain passe aussi par la responsabilisation communautaire.

Massification politique et bataille des idées

Autre temps fort : la réflexion autour de la massification de PASTEF, présentée comme un enjeu stratégique dans la consolidation du débat démocratique. Pour les organisateurs, il ne s’agit pas uniquement d’élargir la base militante, mais de structurer une conscience politique capable d’influencer les politiques publiques à partir des territoires.

Cette orientation traduit une volonté assumée de renforcer la présence politique à la base, en misant sur la formation citoyenne et l’appropriation des enjeux nationaux par les populations locales.

Kaolack, entre ambitions économiques et rayonnement spirituel

Les échanges ont également projeté la ville dans une perspective plus large : celle d’un futur pôle économique régional. Grâce à sa position stratégique et à son dynamisme commercial historique, Kaolack pourrait devenir un moteur de croissance, à condition d’accompagner ce potentiel par des politiques publiques adaptées.

Parallèlement, la diplomatie religieuse et le tourisme spirituel ont été évoqués comme des leviers susceptibles de renforcer la cohésion sociale tout en stimulant l’économie locale, illustrant la place particulière du fait religieux dans le développement territorial sénégalais.

Une stratégie politique centrée sur la citoyenneté active

Au-delà des thématiques abordées, le panel apparaît comme un signal politique : celui d’un retour aux espaces de discussion de proximité pour mobiliser et sensibiliser les citoyens. Les organisateurs ont insisté sur la nécessité d’une participation active des jeunes et des communautés dans la construction des politiques publiques.

En misant sur le dialogue direct et la pédagogie politique, la Zone 8 de PASTEF Kaolack cherche ainsi à installer une nouvelle dynamique d’engagement citoyen, où la politique se construit d’abord au niveau local, au plus près des préoccupations sociales.

Dossier Abdoulaye Ba : Babacar Ba plaide pour une enquête confiée à la gendarmerie

L’affaire du décès d’Abdoulaye Ba continue de susciter interrogations et tensions au sein de l’opinion publique. Étudiant en médecine, le jeune homme a perdu la vie le 9 février dernier à l’Université Cheikh Anta Diop, en marge d’affrontements entre étudiants et forces de l’ordre. Alors que l’enquête judiciaire suit son cours, une nouvelle voix s’est élevée pour réclamer des garanties supplémentaires quant à l’impartialité des investigations.

Babacar Ba, du Forum du Justiciable, a officiellement interpellé le Procureur de la République afin que l’instruction ne soit pas confiée à la police nationale, mais plutôt à la gendarmerie. Pour lui, la question dépasse le simple cadre administratif et touche au principe fondamental d’objectivité. La police ayant été présente sur les lieux au moment des faits, sa participation à l’enquête pourrait, selon cette analyse, susciter des doutes sur la neutralité des conclusions.

Cette demande met en lumière une problématique récurrente dans les dossiers sensibles impliquant des forces de sécurité : comment garantir la transparence lorsque l’institution chargée de faire la lumière sur les faits pourrait être indirectement concernée par les événements ? Même en l’absence de preuve d’implication individuelle, la perception d’un possible conflit d’intérêts peut fragiliser la confiance du public dans la procédure judiciaire.

En sollicitant le dessaisissement de la police au profit de la gendarmerie nationale, Babacar Ba semble vouloir prévenir toute contestation future des résultats de l’enquête. Il s’agit, selon cette logique, d’installer un climat de confiance et d’assurer que toutes les responsabilités, si elles sont établies, le soient au terme d’un processus jugé indépendant et crédible.

Le décès d’Abdoulaye Ba intervient dans un contexte déjà tendu sur le campus universitaire, marqué par des affrontements violents ayant occasionné d’importants dégâts matériels et plusieurs blessés. Les circonstances exactes de sa mort restent au cœur des préoccupations, tant pour sa famille que pour la communauté universitaire et l’opinion nationale.

Nioro du Rip : un gang de voleurs de bétail démantelé, huit béliers récupérés

Le Commissariat urbain de Nioro du Rip a mis fin aux agissements d’un gang spécialisé dans le vol de bétail, à la suite d’une opération menée dans la nuit du 12 février 2026. Cette intervention fait suite à une recrudescence inquiétante des déclarations de vols enregistrées ces dernières semaines dans la commune, suscitant l’inquiétude des éleveurs et des autorités locales.

Face à cette situation, une mission d’intensification des patrouilles a été confiée à la Brigade de Recherches. L’exploitation d’un renseignement opérationnel a permis de localiser une base arrière présumée des malfaiteurs au village de Keur Mala, dans la commune de Thiaré, département de Kaolack. Selon la Police nationale, les membres du réseau effectuaient des incursions nocturnes à Nioro du Rip pour dérober du bétail avant de le transporter vers des enclos servant de lieux de dissimulation.

L’intervention menée par les éléments de la Brigade de Recherches a permis l’interpellation de trois individus suspectés d’appartenir à ce réseau organisé. Huit béliers de robe blanche, récemment volés à Nioro, ont été retrouvés dans des enclos à Keur Mala. Les animaux ont été récupérés et devraient être restitués à leurs propriétaires après les formalités d’usage.

Les premières auditions ont mis en lumière une organisation structurée et bien coordonnée. L’un des mis en cause a reconnu avoir été approché par un complice basé à Nioro, chargé d’identifier les cibles potentielles et de préparer le terrain. Initialement réticent à participer aux opérations, notamment parce qu’il faisait déjà l’objet de recherches par la Brigade de Gendarmerie de Nioro pour un vol similaire commis à Porokhane, le suspect a finalement mandaté un tiers pour exécuter le forfait.

Ce dernier, muni d’indications précises sur la localisation des enclos ciblés, s’est rendu à Nioro dans la nuit du mercredi afin de commettre le vol, avant de convoyer les bêtes vers la base arrière à Keur Mala. Les enquêteurs estiment que le mode opératoire démontre un niveau de planification avancé, avec une répartition claire des rôles entre les différents membres du groupe.

Au regard des indices graves et concordants réunis au cours de l’enquête, les trois suspects ont été placés en garde à vue. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vol de bétail commis de nuit avec usage de moyens de transport et détention d’armes blanches. L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices et de déterminer si le réseau est impliqué dans d’autres cas de vols signalés dans la zone.

Mort d’Abdoulaye Ba à l’UCAD : le parquet ordonne une enquête exhaustive pour situer les responsabilités

Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar a annoncé l’ouverture d’une enquête exhaustive à la suite des violents affrontements survenus le 9 février 2026 sur le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Ces heurts ont opposé des étudiants à des éléments de la Police nationale du Sénégal, occasionnant d’importants dégâts matériels ainsi que de nombreux blessés.

Dans un communiqué signé ce samedi 14 février, le maître des poursuites, Ibrahima Ndoye, indique que la gravité des faits a motivé la décision d’ouvrir immédiatement une information afin de situer les responsabilités. L’objectif, précise-t-il, est de faire toute la lumière sur les circonstances exactes des incidents et sur les conditions ayant conduit au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba.

La Sûreté urbaine a été saisie pour élucider les événements liés aux affrontements sur le campus, tandis que la Division des investigations criminelles a été chargée d’établir les causes et les circonstances précises de la mort d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année à la Faculté de Médecine. Cette double saisine vise à garantir une approche complète et rigoureuse du dossier.

Selon le parquet, plusieurs actes d’enquête ont déjà été accomplis. Des auditions ont été menées, un transport sur les lieux a été effectué par les enquêteurs et une autopsie a été pratiquée sur le corps de la victime. Ces diligences s’inscrivent dans le cadre des investigations destinées à établir les faits avec exactitude.

À ce stade de la procédure, le procureur souligne que les éléments disponibles ne corroborent pas les rumeurs faisant état de violences physiques exercées sur la victime. Il invite toutefois à la prudence, rappelant que les investigations sont toujours en cours et que seules les conclusions définitives permettront d’apporter des réponses claires et fondées.

ONU : la possible candidature de Macky Sall électrise la diplomatie africaine

La scène diplomatique africaine bruisse d’un nom : Macky Sall. Selon les révélations du journal L’Observateur, l’éventuelle candidature de l’ancien président sénégalais au poste de Secrétaire général des Nations Unies s’est imposée comme un sujet diplomatique majeur, jusqu’à s’inviter dans les discussions annoncées au 39e Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba.

De confidence prudente à enjeu continental, la perspective d’une course à l’ONU révèle un jeu d’influences sous haute tension entre Dakar, Brazzaville et plusieurs capitales africaines, sur fond de rivalités politiques internes et de calculs géostratégiques.

Une ambition exprimée sans déclaration formelle

Longtemps évoquée à demi-mot, l’idée d’une candidature de Macky Sall semblait relever de la rumeur persistante. Pourtant, en septembre 2025, lors d’un entretien accordé à la chaîne YouTube H5 Motivation, l’ancien chef de l’État, qui a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, avait laissé la porte entrouverte. « Je ne suis pas encore candidat, mais je ne l’écarte pas. Beaucoup estiment que mon expérience du local au global pourrait aider à refonder l’organisation face aux crises actuelles », déclarait-il.

Sans constituer une annonce officielle, cette déclaration avait suffi à nourrir les spéculations dans les cercles diplomatiques. L’ancien président, fort de son expérience au sein d’instances internationales et de son rôle dans plusieurs médiations régionales, apparaissait déjà pour certains comme un profil crédible dans la perspective d’une alternance géographique à la tête de l’ONU.

Brazzaville, point d’inflexion

Le dossier a pris une nouvelle dimension le 3 février dernier, lors d’un déplacement officiel du président Bassirou Diomaye Faye à Brazzaville. Reçu par son homologue Denis sassou Nguesso, les échanges auraient porté, selon la télévision congolaise relayée par L’Observateur, sur le soutien de l’Union Africaine à une éventuelle candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.

Cette révélation, intervenue à quelques jours du 39e Sommet de l’Union africaine prévu les 14 et 15 février à Addis-Abeba, a eu l’effet d’une déflagration diplomatique. Elle a officialisé, au moins dans les discussions régionales, une hypothèse jusque-là cantonnée aux spéculations.

Le silence stratégique de Dakar

À Dakar, aucune déclaration formelle n’est venue confirmer ou infirmer une position officielle. Ce silence tranche avec l’intensité des débats politiques internes. Les réactions divergent profondément entre partisans et opposants de l’ancien régime.

Le député Guy Marius Sagna a dénoncé une éventuelle candidature, évoquant une « trahison envers nos martyrs », dans une allusion aux tensions politiques passées. À l’inverse, Babacar Ba, coordonnateur du Forum du Justiciable, a estimé que la défense des droits humains ne saurait se fonder sur des accusations sans décision judiciaire préalable, jugeant excessif de présenter l’ancien président comme responsable de crimes politiques sans base judiciaire établie.

Un autre signal fort est intervenu le 11 février 2026. Un communiqué du Conseil des ministres a confirmé que ce n’est pas le chef de l’État, mais le Premier ministre Ousmane Sonko qui représentera le Sénégal au 39e Sommet de l’Union africaine. Cette décision, révélée auparavant par le journaliste Madiambal Diagne, a été largement interprétée comme un choix politique chargé de sens. L’envoi d’Ousmane Sonko à Addis-Abeba pourrait traduire une volonté de contrôle direct du dossier par la Primature ou, au contraire, une prise de distance stratégique de la Présidence.

Fractures internes et repositionnements

La controverse a également mis en lumière des fractures au sein de la majorité. L’exclusion de Bougar Diouf, président de l’Union des panafricanistes sénégalais, de la Coalition Diomaye Président, illustre les tensions autour de cette question. En cause, une conférence de presse au cours de laquelle il appelait à soutenir la candidature de Macky Sall à l’ONU.

Depuis Munich, Aminata Toure a annoncé son auto-exclusion de la coalition, estimant que Bougar Diouf avait agi malgré une mise en garde préalable. Si cette décision ne constitue pas une déclaration officielle contre la candidature de l’ancien président, elle s’inscrit dans une succession de gestes politiques qui dessinent progressivement les contours d’une ligne encore prudente, mais scrutée de près par les chancelleries africaines.

Un enjeu continental aux équilibres complexes

Au-delà des querelles nationales, l’enjeu dépasse largement les frontières du Sénégal. La désignation du Secrétaire général de l’ONU obéit à des équilibres géopolitiques complexes, impliquant le Conseil de sécurité et ses membres permanents, ainsi que des logiques de rotation régionale.

Une candidature de Macky Sall placerait le Sénégal au cœur d’une recomposition diplomatique africaine, dans un contexte où plusieurs États du continent aspirent à renforcer leur influence sur la scène internationale. Le soutien explicite ou la neutralité stratégique de Dakar pourrait peser dans les arbitrages à venir.

Décès d’Abdoulaye Bâ : Guy Marius Sagna conteste le communiqué du procureur et réclame justice

Le député Guy Marius Sagna est monté au créneau à la suite du communiqué du procureur de la République relatif au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Dans une déclaration au ton ferme, l’élu a vivement critiqué la communication du parquet, estimant qu’elle ne répond pas aux attentes de vérité exprimées par l’opinion publique et la communauté universitaire.

« Le procureur de la République ne doit pas insulter notre intelligence », a-t-il lancé, remettant en cause la version avancée par les autorités judiciaires. Selon lui, les éléments présentés dans le communiqué soulèvent davantage de questions qu’ils n’apportent de réponses claires sur les circonstances exactes du drame. Il a notamment insisté sur le fait que « la victime Abdoulaye Bâ n’a pas exercé sur elle-même des violences », rejetant toute interprétation qui laisserait entendre une responsabilité personnelle de l’étudiant dans les faits ayant conduit à son décès.

Pour le parlementaire, cette affaire exige une enquête indépendante, transparente et approfondie afin d’établir les responsabilités. Il considère que seule la manifestation complète de la vérité permettra d’apaiser les tensions qui persistent au sein de l’espace universitaire et dans l’opinion publique. Le décès d’Abdoulaye Bâ, survenu dans un contexte d’affrontements, continue en effet de susciter une vive émotion et d’alimenter le débat national sur la gestion des manifestations estudiantines.

Dans le même élan, Guy Marius Sagna a réclamé la libération immédiate des trois étudiants actuellement détenus, à savoir Bathie Fall, Demba Ka et Waly Faye. Il estime que cette mesure constituerait un geste fort « dans un souci d’apaisement de l’espace universitaire », marqué ces derniers jours par des tensions croissantes. Selon lui, la détention de ces étudiants ne contribue pas à ramener la sérénité sur les campus.

Le député a enfin élargi son propos en évoquant « justice pour Abdoulaye Bâ et pour les martyrs », soulignant que cette affaire dépasse le seul cas individuel pour poser la question plus large de la protection des libertés et de la responsabilité des autorités dans la gestion de l’ordre public. À travers cette sortie, Guy Marius Sagna entend maintenir la pression afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès et que les responsabilités soient situées, quelles qu’elles soient.

Forum de Foundiougne : le rap engagé de Kaw Kaw célèbre le monde rural

À l’occasion du Forum de développement économique et social de Foundiougne, le rappeur Kaw Kaw de Soline a offert une prestation mémorable, saluée par un public conquis.

Engagé et fidèle à son style, l’artiste a dédié ses morceaux aux paysans, mettant en lumière leurs efforts quotidiens et leur rôle essentiel dans le développement local. À travers des textes puissants et porteurs de messages, il a su allier conscience sociale et rythmes entraînants.

Porté par une énergie débordante et une présence scénique remarquable, Kaw Kaw a littéralement électrisé l’assistance, transformant l’esplanade du forum en une véritable scène de communion populaire. Entre ovations, chants repris en chœur et ambiance survoltée, le public a vibré au rythme de ses paroles engagées.

Une prestation qui restera sans doute comme l’un des temps forts culturels de cette édition du forum.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°672 – 14 ET 15/02/2026

🔴 DIFFUSÉE PAR LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR MONTRANT UN JEUNE EN TRAIN DE LANCER UN COCKTAIL MOLOTOV : LA VIDÉO ANACHRONIQUE DE BAMBA CISSÉ
🔴 MANIFESTATION PACIFIQUE DU « COLLECTIF DU PEUPLE » OU «  L’APPEL À LA JUSTICE, AUX DROITS FONDAMENTAUX ET À L’ÉTAT DE DROIT » : UN SAMEDI DE SiT-IN

🔴 CAN 2027 : LA COMPÉTITION CONFIRMÉE AU KENYA, EN TANZANIE ET EN OUGANDA

Décès d’Abdoulaye Ba à l’UCAD : Omar Sarr exige la démission du ministre de l’Intérieur et interpelle les autorités

Le coordonnateur du mouvement NITTU DEGG, Omar Sarr, est monté au créneau à la suite du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans une déclaration empreinte d’émotion et de colère, il appelle les autorités à assumer pleinement leurs responsabilités politiques et à poser des actes forts, au-delà des discours officiels.

Pour Omar Sarr, la première mesure attendue pour marquer la gravité de la situation est la démission immédiate du ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé. Il estime qu’il s’agit d’un geste nécessaire face à ce qu’il qualifie de « mort atroce ». Selon lui, une autorité mise en cause doit savoir tirer les conséquences politiques d’un tel drame, au lieu de chercher à se dédouaner en imputant la responsabilité à d’autres acteurs.

Le responsable de NITTU DEGG pointe particulièrement la décision d’introduire les forces de défense et de sécurité sur le campus universitaire. À ses yeux, ce choix politique n’est pas anodin et s’inscrit dans une histoire marquée par des épisodes tragiques. Il rappelle les précédents de Bassirou Faye, Fallou Sene et Balla Gaye, tous décédés lors d’événements impliquant les forces de l’ordre à l’université. Pour lui, ces drames auraient dû servir d’avertissement. Il insiste sur le fait que la vie humaine est sacrée et que les autorités doivent reconnaître une éventuelle erreur politique et en assumer les conséquences.

La déclaration revient également sur la douleur de la famille du défunt, qui présentait Abdoulaye Ba comme un « porteur d’espoir ». Omar Sarr évoque les paroles attribuées à l’étudiant peu avant son décès : « Boy sama yaay, mane rek la yakar », des mots rapportés par sa mère et qui traduisent toute la détresse et l’espoir placés en lui. S’appuyant sur le rapport d’autopsie, il parle d’une mort « lente, douloureuse et barbare », accentuant l’indignation suscitée par cette disparition.

Au-delà du drame individuel, le coordonnateur de NITTU DEGG s’interroge sur le sens du combat politique mené ces dernières années sous le slogan « Soncko rek la niuy tope ». Il souligne le paradoxe d’une jeunesse qui s’est constituée en « bouclier humain » pour porter au pouvoir une équipe prônant la rupture et le don de soi pour la patrie, et qui se retrouve aujourd’hui confrontée à une perte qu’il estime imputable à ces mêmes dirigeants.

En conclusion, Omar Sarr appelle à une profonde remise en question des choix politiques et des méthodes d’engagement de la jeunesse sénégalaise et de la diaspora. Pour lui, au-delà de l’émotion et de la colère, l’heure est à une réflexion nationale sur la gouvernance, la responsabilité et la gestion des crises en milieu universitaire.

L’Engagement des Jeunes Africains dans le Conflit Russie-Ukraine : Une Analyse Alarmante

Depuis le 24 février 2022, la guerre qui oppose la Russie à l’Ukraine a fait au moins 1,2 million de blessés parmi les soldats et les civils, et causé la mort de 325.000 personnes. Au-delà de ces pertes massives, un phénomène moins médiatisé attire l’attention : la participation de combattants africains dans ce conflit. Selon une enquête approfondie menée par l’Organisation Impact et rapportée par L’Observateur ce jeudi 12 février, plus de 1.400 Africains ont été envoyés au front pour le compte de la Russie, dont 316 ont trouvé la mort. Parmi les 14 Sénégalais qui se sont engagés, six ont été tués.

L’étude met en lumière l’ampleur et la progression de ce recrutement. En 2023, 177 recrues africaines ont été enregistrées, contre 592 en 2024 et 647 en 2025, portant le total à au moins 1.416 ressortissants africains ayant signé un contrat militaire avec la Russie. Il convient de noter que ces chiffres n’incluent pas ceux envoyés dans la zone industrielle d’Alabuya, spécialisée dans la fabrication de drones iraniens et disposant de son propre programme de recrutement ciblant particulièrement les jeunes et les femmes issus du Sud Global.

L’enquête révèle également la répartition géographique de ces recrues. Trente-cinq nationalités africaines sont représentées, avec l’Égypte en tête, comptant 361 combattants, suivie du Cameroun avec 335 et du Ghana avec 234. La Gambie et le Mali comptent respectivement 56 et 51 recrues. L’âge moyen de ces soldats est de 31 ans, mais la tranche 18-25 ans est particulièrement représentée avec 150 individus, ce qui souligne la jeunesse des volontaires.

L’attrait de ce conflit pour les jeunes Africains repose essentiellement sur des motivations financières et des perspectives d’avenir séduisantes. À la signature du contrat, une prime pouvant atteindre 30.000 dollars (soit plus de 16 millions FCFA) est promise. À cela s’ajoute un salaire mensuel compris entre 2.200 et 2.500 dollars. Les survivants bénéficient, à leur retour en Russie, d’une assurance maladie, d’une formation militaire d’élite et d’une procédure de naturalisation accélérée pouvant durer de trois à six mois.

Si ces chiffres et avantages attirent les jeunes Africains, l’enquête de l’Organisation Impact met en évidence les risques dramatiques auxquels ils s’exposent : blessures graves, mort au combat et participation à un conflit international dont les conséquences humanitaires sont catastrophiques. Le phénomène soulève également des questions éthiques et diplomatiques sur l’implication de ressortissants africains dans une guerre étrangère et sur la manière dont certains États exploitent la vulnérabilité économique de leur jeunesse.

Coupure générale d’électricité à Dakar ce dimanche 15 février 2026 : la Senelec informe sa clientèle

La Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) informe sa clientèle qu’une coupure générale d’électricité est prévue ce dimanche 15 février 2026, de 8h à 16h, en raison de travaux programmés au poste électrique de Hann. Ces interventions s’inscrivent dans le cadre du renforcement et de l’amélioration de la qualité de service du réseau électrique, afin de répondre aux besoins croissants des consommateurs et de réduire les risques de perturbations futures.

Selon le communiqué de la Direction de la Distribution daté du 10 février 2026, les perturbations affecteront plusieurs zones de la capitale et de sa périphérie. Sont concernées les localités du Golf Nord, Hamo, Dalifort, ainsi qu’une partie des Maristes. Les industries situées sur la route de Rufisque, notamment celles établies à Pikine et Dalifort, subiront également des interruptions temporaires de l’alimentation électrique.

La Senelec tient à rassurer sa clientèle que ses équipes techniques seront pleinement mobilisées pour assurer la bonne exécution des travaux et un rétablissement rapide de l’électricité dès la fin de l’intervention. La société présente ses excuses aux clients impactés par ces coupures et souligne que ces travaux sont essentiels pour améliorer la fiabilité et la performance du réseau électrique sur l’ensemble du territoire desservi.

Zac Mbao : un réseau de fabrication de faux documents démantelé, cinq personnes arrêtées

Les éléments du commissariat de Zac Mbao ont mené, ce jeudi, une opération d’envergure ayant abouti à l’arrestation de cinq individus soupçonnés d’appartenir à un réseau criminel spécialisé dans la production de documents d’identité frauduleux. Cette intervention fait suite à des renseignements jugés fiables faisant état de la présence, dans le quartier de la Cité Nar à Zac Mbao, d’un individu déjà connu des services de police pour des activités liées à la falsification de documents officiels.

Selon le journal Libération, les investigations ont permis de localiser le domicile du principal suspect. Lors de la descente effectuée par les forces de l’ordre, les enquêteurs ont surpris cinq personnes en pleine activité de contrefaçon. Sur place, ils ont découvert des passeports sénégalais falsifiés ainsi qu’un important dispositif matériel destiné à la fabrication de faux papiers administratifs.

La perquisition a permis la saisie d’un arsenal complet comprenant dix-sept photographies d’identité assorties d’informations personnelles relatives à des ressortissants arabes et européens, un passeport vierge avec talon inexploité, cinq cartouches d’encre pour impression, sept dispositifs de datage et sept cachets multicolores. Les policiers ont également mis la main sur des feuilles blanches au format A4 destinées à la confection des documents, deux ordinateurs portables, trois clés USB, deux tubes de colle à papier ainsi que deux imprimantes, dont l’une adaptée à l’impression photographique. Un appareil de détection de faux documents a également été saisi, de même que deux talons vierges de cartes nationales d’identité sénégalaises ne comportant ni photo ni inscription.

Les personnes interpellées ont été identifiées comme deux ressortissants nigérians, Idriss Lékan et Arouna Amadou, ainsi que trois Sénégalais répondant aux noms de Moustapha Diop, Ibrahima Diop et Fio Dabo. Au cours de leur interrogatoire, les mis en cause ont reconnu que le matériel découvert servait effectivement à la production de documents contrefaits.

Les investigations se sont poursuivies avec une fouille complémentaire au local commercial d’Ibrahima Diop, surnommé Boy Diop, situé au centre commercial El Malik à Dakar. Cette opération a conduit à la découverte d’un ordinateur portable supplémentaire, d’une page arrachée d’un faux passeport comportant un visa Schengen, de deux carnets de vaccination internationaux vierges ainsi que de plusieurs autres documents jugés suspects.

Lors de son audition, Ibrahima Diop a déclaré résider à Saint-Louis, précisant qu’il utilisait son bureau de Dakar comme lieu de repos lors de ses déplacements dans la capitale. Les enquêteurs ont par ailleurs établi qu’il faisait déjà l’objet d’un avis de recherche émis par le commissariat de Pikine dans une affaire impliquant un certain Pape Cissé, poursuivi pour fabrication et usage de faux documents administratifs. Dans ce dossier, Pape Cissé, en possession de talons de passeport vierges et de feuilles de lamination, aurait désigné Ibrahima Diop, dit Boy Diop, comme son complice.

UCAD : le SAES juge « non réunies » les conditions d’une reprise académique après la mort d’Abdoulaye Ba

La coordination du Syndicat autonome de l’Enseignement supérieur (SAES) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) estime que les conditions d’une reprise académique « ne sont pas réunies », dans un contexte de fortes tensions consécutives au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba lors de violences sur le campus. Dans un communiqué rendu public ce vendredi 13 février, les enseignants dénoncent un environnement instable qui, selon eux, ne permet pas d’assurer un enseignement effectif et serein.

Pour la coordination du SAES, le campus pédagogique et le campus social forment une « unité fonctionnelle indissociable ». Les enseignants soulignent que l’absence de restauration, d’hébergement et le dysfonctionnement des services sociaux compromettent gravement la reprise normale des activités académiques. Ils insistent sur le fait qu’il ne peut y avoir d’enseignement effectif dans un espace universitaire fragmenté, marqué par des fermetures et des restrictions liées au climat de tension.

Cette sortie du syndicat intervient au lendemain d’une décision du Conseil académique de l’UCAD. Réuni dans la matinée du jeudi 12 février, celui-ci a annoncé la suspension, à titre conservatoire et jusqu’à nouvel ordre, des amicales d’étudiants. Dans le même temps, l’instance a affirmé sa volonté d’assurer la continuité des activités pédagogiques et scientifiques, dans le respect du processus de normalisation du calendrier universitaire. Une position qui tranche avec celle des enseignants, pour qui toute tentative de reprise sans apaisement préalable demeure structurellement fragile.

Le campus social, fermé en raison du climat de tensions, cristallise les inquiétudes. Pour le SAES, la normalisation du calendrier universitaire ne saurait précéder celle de l’espace universitaire dans toutes ses dimensions. Les enseignants estiment qu’on ne peut exiger la sérénité des acteurs académiques tout en maintenant un environnement marqué par la crispation et la méfiance. Ils mettent en garde contre une reprise précipitée qui risquerait d’aggraver les frustrations et d’exposer la communauté universitaire à de nouvelles perturbations.

Au-delà de la question logistique, la coordination du SAES semble poser un débat plus large sur les conditions de gouvernance et de sécurité au sein de l’université. Le décès d’Abdoulaye Ba a profondément marqué la communauté estudiantine et ravivé les interrogations sur la gestion des tensions sur le campus. Dans ce contexte, les enseignants appellent implicitement à un retour au calme et à la restauration complète du fonctionnement des services universitaires avant toute reprise effective des cours.

Affaire Pape Cheikh Diallo : une plainte pour chantage déposée en 2019 refait surface sur fond de scandale présumé

L’affaire impliquant l’animateur Pape Cheikh Diallo, présentée ces derniers jours comme un présumé scandale homosexuel, connaît un nouveau rebondissement avec la résurgence d’une ancienne plainte déposée en 2019. À l’époque, l’animateur avait saisi la Division spéciale de cybersécurité pour des faits présumés de « collecte illicite de données » et de chantage visant un certain Cheikh Diop.

Les faits remontent au mois de mars 2019. Selon les éléments rapportés, Pape Cheikh Diallo accusait Cheikh Diop d’avoir transmis des images privées le concernant à deux de ses proches, dont un membre de son entourage immédiat ainsi qu’une amie actrice. L’animateur soutenait également que son accusé le menaçait de diffuser ces images sur internet. D’après le journal Libération, les clichés en question montreraient clairement l’animateur exhibant ses fesses.

Entendu par les enquêteurs, Pape Cheikh Diallo avait reconnu être à l’origine de l’envoi des images, expliquant les avoir partagées « sous le coup de la rigolade », dans un contexte qu’il qualifiait de léger, alors que Cheikh Diop était souffrant. Toutefois, il affirmait que ces images avaient ensuite été utilisées contre lui à des fins de chantage.

De son côté, Cheikh Diop aurait admis les faits lors de son audition. Il aurait déclaré que l’animateur était « sa copine » et que ce dernier prenait en charge le loyer de son appartement situé aux Almadies. Il aurait également affirmé que Pape Cheikh Diallo lui aurait transmis le VIH/sida avant de le délaisser alors qu’il était malade. Selon ses propres déclarations, c’est un sentiment de trahison et de jalousie qui l’aurait poussé à envoyer les images à des proches de l’animateur.

Lors de la confrontation organisée entre les deux hommes, Cheikh Diop aurait maintenu ses accusations et reconnu avoir exercé un chantage afin de contraindre l’animateur à « revenir » auprès de lui. À l’issue de cette confrontation, il avait été placé en garde à vue pour « collecte illicite de données », dans l’attente de la poursuite des investigations.

Saint-Louis : la DNLT démantèle un réseau de trafic de migrants en partance pour l’Espagne

Un nouveau coup de filet a été mené contre les filières d’émigration clandestine dans le nord du pays. L’antenne régionale de Division Nationale de lutte Contre le Trafic de Migrants (DNLT) à Saint-Louis a procédé au démantèlement d’un réseau spécialisé dans l’organisation de voyages clandestins vers l’Espagne. Deux individus ont été déférés, le 9 février 2026, devant le Procureur de la République financier près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, tentative de trafic de migrants et escroquerie.

L’affaire remonte au 4 février 2026. Informés par un renseignement opérationnel faisant état de préparatifs imminents pour un départ clandestin vers les côtes espagnoles, les éléments de la DNLT ont rapidement mis en place un dispositif de surveillance à la gare routière de Saint-Louis. Les enquêteurs soupçonnaient qu’un organisateur devait y rencontrer des candidats au voyage pour percevoir les frais de participation. Leur vigilance a permis l’interpellation du principal suspect alors qu’il s’apprêtait effectivement à encaisser de l’argent auprès de futurs migrants.

Les investigations menées dans la foulée ont conduit les forces de l’ordre au quartier Pikine 700, à Saint-Louis. Dans un domicile appartenant à l’un des mis en cause, huit candidats à l’émigration ont été découverts. Délogés puis entendus à titre de témoins, ces derniers ont confirmé avoir versé des sommes comprises entre 200 000 et 400 000 FCFA chacun pour rejoindre l’Espagne par voie maritime. Selon leurs déclarations, le départ était imminent et les modalités logistiques déjà en cours de finalisation.

Au cours de son audition, présenté comme le cerveau du réseau, le principal mis en cause a reconnu avoir personnellement recruté et hébergé les candidats. Il a également admis être en pleine négociation pour l’acquisition d’une pirogue et d’un moteur hors-bord de 60 chevaux, éléments indispensables à la traversée clandestine. Ces aveux ont conforté les enquêteurs dans la qualification des faits retenus.

Son complice présumé, interpellé dans la même opération, a déclaré qu’il devait assurer le rôle de capitaine de l’embarcation. Une perquisition effectuée dans sa chambre a permis la saisie d’un cahier de comptes détaillant les identités des candidats ainsi que les montants déjà perçus. Ce document constitue, selon les enquêteurs, une pièce à conviction majeure dans le dossier.

Les deux suspects ne sont pas inconnus des services de la DNLT. Déjà impliqués dans des affaires similaires de trafic de migrants par voie maritime, ils sont considérés comme des récidivistes. Cette nouvelle arrestation met en lumière la persistance des réseaux organisés dans la région de Saint-Louis, zone régulièrement citée comme point de départ vers l’Europe.

Affaire Modou Fall : le chroniqueur maintient sa version devant les enquêteurs et reconnaît l’absence de preuves

Le chroniqueur Modou Fall a été entendu par les enquêteurs de la Brigade de recherches dans le cadre de l’affaire liée à sa sortie médiatique controversée, qui lui a valu un placement sous mandat de dépôt pour diffusion de fausses nouvelles. Face aux questions des enquêteurs, il a tenu à clarifier ses propos et à repréciser sa pensée.

Selon des informations rapportées par le journal Libération, Modou Fall a affirmé n’avoir jamais soutenu que l’État ou des membres de la mouvance présidentielle auraient remis de l’argent à des étudiants. Il soutient avoir simplement voulu « lancer une alerte », sans accuser formellement une autorité ou un camp politique précis. Il a insisté sur le fait que ses déclarations ne visaient pas directement le pouvoir en place.

Interrogé sur l’identité des supposés financeurs évoqués dans sa sortie, le chroniqueur n’a avancé aucun nom. Il aurait parlé de « personnes malintentionnées », sans fournir davantage de précisions. Confronté à l’insistance des enquêteurs, il a reconnu ne disposer d’aucune preuve tangible pour étayer ses affirmations, admettant qu’il s’agissait en réalité d’une rumeur.

Modou Fall a également contesté avoir directement accusé les autorités d’avoir rétribué des étudiants dans le but d’incriminer certaines figures de l’opposition, notamment Bougane Guèye Dany, Barthélemy Dias et Thierno Alassane Sall. Il soutient que ses propos ont été mal interprétés ou sortis de leur contexte.

Sindia : un élève de 12 ans meurt après des troubles liés à des étudiants grévistes

Le lycée de Sindia, dans le département de Mbour, est sous le choc après la disparition tragique d’un élève de 12 ans, S. Camara, en classe de 6e. Le drame s’est produit à la suite de troubles survenus dans l’enceinte de l’établissement, où un jet de pierre a mortellement atteint l’enfant à la tête.

Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, des étudiants de l’Universite Cheikh Anta Diop (UCAD), récemment retournés dans leur localité après la fermeture du campus à Dakar, auraient tenté de perturber les cours au sein du lycée. Ils entendaient protester contre la suspension des enseignements universitaires. Leur irruption dans l’établissement aurait provoqué une vive tension, les élèves étant délogés de leurs salles de classe dans un climat de confusion et de panique.

La situation a rapidement dégénéré dans la cour du lycée. C’est au cours de cette cohue que le jeune S. Camara a été violemment atteint à la tête par une pierre. Grièvement blessé, il a été pris en charge en urgence et évacué vers le district sanitaire de Popenguine. Admis en soins intensifs, l’élève n’a malheureusement pas survécu à ses blessures. Son décès a été constaté le lendemain matin, plongeant sa famille, ses camarades et l’ensemble de la communauté éducative dans une profonde consternation.

À Sindia, l’émotion est vive. Parents d’élèves, enseignants et habitants de la commune peinent à comprendre comment un mouvement de protestation a pu conduire à un tel drame impliquant un enfant. Le corps du défunt a été remis à sa famille et inhumé le même jour au cimetière musulman de la localité, dans une atmosphère lourde de tristesse.

Contentieux foncier à Ngaparou : Awa Baldé réclame 475 millions FCFA à Aziz Alé Ndiaye devant le tribunal correctionnel de Dakar

Le différend financier opposant la jet-setteuse Awa Baldé au promoteur immobilierAziz Ndiaye connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Après plusieurs mois de tensions et de tentatives infructueuses pour trouver un terrain d’entente, l’affaire sera finalement examinée par le tribunal correctionnel de Dakar le 26 février prochain.

Au cœur de ce contentieux : une transaction immobilière portant sur un terrain situé à Ngaparou, station balnéaire prisée de la Petite Côte. Selon Awa Baldé, le promoteur se serait engagé à acquérir ce bien, qui appartenait à son ex-mari, pour un montant global de 50 millions de FCFA. Toutefois, elle affirme que seuls 20 millions de FCFA auraient été effectivement versés, laissant un reliquat de 30 millions de FCFA impayé.

La plaignante soutient avoir multiplié les démarches pour obtenir le règlement du solde, sans succès. Après plusieurs plaintes restées sans suite, elle avait publiquement laissé entendre qu’elle se remettait « entre les mains de Dieu », semblant ainsi renoncer à toute poursuite. Mais contre toute attente, elle a décidé de relancer la procédure judiciaire, cette fois par le biais d’une citation directe.

Dans cet acte introductif d’instance, Awa Baldé ne se limite plus à réclamer le paiement du solde présumé de la vente. Elle demande désormais la somme de 475 millions de FCFA au titre de préjudices qu’elle estime avoir subis. Ce montant inclurait, selon ses proches, des dommages liés à la perte d’opportunités, au préjudice moral ainsi qu’à l’impact financier global de ce litige prolongé.

De son côté, aucune déclaration officielle n’a encore été rendue publique par Aziz Alé Ndiaye concernant cette nouvelle offensive judiciaire. L’homme d’affaires, bien connu dans le secteur immobilier et dans le milieu médiatique sénégalais, devrait faire valoir ses arguments devant la juridiction correctionnelle afin de contester ou clarifier les termes de la transaction incriminée.

L’audience prévue le 26 février s’annonce déterminante. Elle pourrait permettre de faire la lumière sur les conditions exactes de la cession du terrain, la nature des engagements contractuels pris par les parties et les éventuelles responsabilités pénales ou civiles engagées.

Jamra interpelle l’opinion sur le statut d’AIDES-Sénégal et relance le débat juridique

L’ONG Jamra a récemment publié un communiqué sur ses plateformes numériques dans lequel elle attire l’attention sur l’association AIDES-Senegal, qu’elle présente comme la plus représentative des 16 associations d’homosexuels reconnues par l’État du Sénégal. Selon le message diffusé, l’organisation compterait environ 650 membres et bénéficierait d’une reconnaissance administrative officielle.

Dans sa publication, Jamra affirme qu’AIDES-Sénégal aurait été enregistrée le 5 mars 2012 et disposerait d’un agrément délivré par le Ministère de l’Intérieur sous le numéro de récépissé 15444/MINT/DAGAT/DEL/AS. L’ONG soutient que cet enregistrement poserait un problème juridique au regard de l’article 319 du Code pénal sénégalais, qui réprime les actes qualifiés de « contre nature », ainsi que des dispositions du Code des obligations civiles et commerciales. Elle estime que la reconnaissance administrative d’une telle structure serait en contradiction avec ces textes.

Le communiqué précise également que le siège de l’association se situerait dans le quartier des Parcelles Assainies, à Dakar. Jamra cite par ailleurs Diadji Diouf, présenté comme dirigeant d’AIDES-Sénégal et porte-parole d’AFRICA-GAY, une coalition continentale regroupant des organisations engagées sur les questions liées aux droits des minorités sexuelles en Afrique.

Dans un ton ferme, l’ONG inscrit sa sortie médiatique dans une posture de vigilance et de dénonciation. Elle considère que « l’agenda LGBT légué par l’ancien régime est donc resté intact », laissant entendre que les changements politiques intervenus récemment n’auraient pas modifié, selon elle, l’approche institutionnelle sur ces questions. Jamra conclut son message en réaffirmant sa détermination, déclarant que « le combat continue ».

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°671 – 13/02/2026

🔴 RAPPORT D’AUTOPSIE ÉTABLI PAR LE LABORATOIRE D’ANATOMIE ET DE CYTOLOGIE PATHOLOGIQUE DE L’HÔPITAL GÉNÉRAL IDRISSA POUYE SUR L’ÉTUDIANT… LE CORPS PRÉSENTE DES TRAUMATISMES D’UNE EXTRÊME GRAVITÉ : ABDOULAYE BÀ A SOUFFERT
🔴 DÉCISION DE LA CHAMBRE D’ACCUSATION DU TRIBUNAL FINANCIER : LP CONFIRMÉE POUR FARBA

🔴 SUPPORTERS DÉTENUS AU MAROC : LE PROCÈS GLISSE AU 19 FÉVRIER

La Police nationale lance une plateforme numérique de signalement des cyberinfractions

La Police nationale a officiellement lancé, ce mercredi 12 février 2026, une plateforme numérique dédiée au signalement en ligne des infractions cybercriminelles. Développé par la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité , cet outil marque une nouvelle étape dans la modernisation des dispositifs de lutte contre la criminalité numérique au Sénégal.

La cérémonie de lancement de la phase pilote s’est tenue à la Direction de la formation, anciennement École nationale de police , à Dakar. Elle a été présidée par le commissaire divisionnaire Moustapha Diouf, directeur adjoint de la police judiciaire, qui a salué une avancée majeure dans l’adaptation des forces de sécurité aux défis posés par le numérique.

Dans son allocution, le commissaire divisionnaire a souligné que la montée en puissance des usages d’internet et des réseaux sociaux s’accompagne d’une recrudescence des actes de cybercriminalité, allant de l’escroquerie en ligne à l’usurpation d’identité, en passant par le chantage, le harcèlement numérique et l’exploitation des mineurs. Il a expliqué que cette plateforme vise à faciliter le dépôt de plaintes et de signalements par les citoyens, tout en garantissant la confidentialité des informations transmises.

Accessible en ligne, l’outil permettra aux victimes ou témoins d’infractions commises via les technologies de l’information et de la communication de transmettre rapidement des éléments aux enquêteurs spécialisés. Les données collectées seront traitées par les services compétents afin d’engager, le cas échéant, les procédures judiciaires appropriées. Cette phase de test devra permettre d’évaluer l’efficacité du dispositif, d’identifier d’éventuels ajustements techniques et d’optimiser le parcours utilisateur avant un déploiement à plus grande échelle.

L’événement a également enregistré la présence de plusieurs partenaires institutionnels et techniques. Mme Evelyne Guèye, Child Protection Specialist à UNICEF, a salué une initiative qui renforce la protection des enfants face aux dangers en ligne. Elle a insisté sur l’importance d’une collaboration étroite entre les forces de sécurité, les acteurs sociaux et les organisations internationales pour prévenir et combattre les violences numériques ciblant les mineurs.

De son côté, Mme Madjiguène Diop, coordonnatrice de la Cellule d’appui à la protection de l’enfance (CAPE), représentant le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, a mis en avant la nécessité d’un dispositif intégré de protection. Elle a rappelé que la cybercriminalité touche particulièrement les enfants et les adolescents, souvent exposés à des contenus inappropriés, à des tentatives de manipulation ou à des abus en ligne.

Bassirou Diomaye Faye réunit les Gouverneurs et fixe le cap d’une administration territoriale plus performante

Quelques jours après sa tournée dans le Sénégal oriental, le Président de la République,Bassirou Diomaye Faye, a présidé au Palais de la République une réunion stratégique avec l’ensemble des Gouverneurs de région. Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la présence de l’État dans les territoires et de consolidation de la gouvernance territoriale.

Face aux représentants de l’administration déconcentrée, le Chef de l’État a rappelé un principe qu’il considère fondamental : l’autorité de l’État ne se décrète pas, elle se mesure concrètement dans les territoires. Elle se traduit par la qualité du service rendu aux citoyens, par la capacité des autorités administratives à répondre efficacement aux préoccupations des populations et par leur aptitude à anticiper les tensions sociales, économiques et sécuritaires.

Dans son intervention, le Président a insisté sur la nécessité de moderniser l’administration territoriale en la tournant résolument vers une culture de résultats. Il a exhorté les Gouverneurs à renforcer l’efficacité de l’action publique, à améliorer les délais de traitement des dossiers et à promouvoir une gestion plus rigoureuse et plus transparente des affaires locales. L’objectif affiché est de rapprocher davantage l’administration des citoyens et de restaurer la confiance dans l’institution étatique.

La question foncière et les signaux sociaux ont également occupé une place centrale dans les échanges. Le Chef de l’État a appelé à une vigilance accrue face aux conflits liés au foncier, souvent sources de tensions communautaires, ainsi qu’à une meilleure lecture des dynamiques sociales pouvant annoncer des crispations. Pour lui, la prévention demeure un levier essentiel de stabilité et de cohésion nationale. Les Gouverneurs sont ainsi invités à jouer pleinement leur rôle d’alerte et de régulation dans leurs circonscriptions respectives.

Par ailleurs, le Président a souligné l’importance d’une coordination rigoureuse entre les différents services déconcentrés de l’État. Il a plaidé pour une action publique plus lisible, mieux articulée et plus cohérente, afin d’éviter les chevauchements de compétences et d’assurer une meilleure synergie entre les acteurs institutionnels sur le terrain.

Au cours de la réunion, le Plan stratégique 2025-2029 de la Direction générale de l’Administration territoriale a été présenté comme le cadre de référence de l’action dans les régions. Ce document structurant devra guider l’intervention des autorités administratives dans les prochaines années, en cohérence avec l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, qui fixe les grandes orientations de développement du pays à long terme.

En validant les recommandations issues des travaux, le Président de la République engage ainsi l’État dans une nouvelle phase de consolidation de sa présence territoriale. Cette orientation vise à garantir la stabilité, à renforcer la cohésion nationale et à consolider la confiance des populations envers les institutions. À travers cette démarche, l’Exécutif entend faire des régions de véritables pôles d’efficacité administrative et de performance publique, au service du développement et du bien-être des citoyens.

Fatick – Économie locale et marketing territorial : Foundiougne se positionne comme pôle émergent

Le Forum de développement économique et social du département de Foundiougne s’est ouvert ce jeudi sous de bons auspices, en présence d’autorités administratives, d’élus territoriaux, de partenaires techniques et financiers ainsi que de nombreux acteurs du développement local.

La cérémonie officielle a été présidée par le préfet du département, Jean Paul Malick Faye, aux côtés des autorités locales et de plusieurs personnalités venues marquer leur soutien à cette initiative stratégique.

Initié par le Conseil départemental de Foundiougne, sous l’impulsion de son président Moustapha Mbaye, ce forum se veut un tournant décisif pour impulser une nouvelle dynamique économique dans l’ensemble des secteurs d’activité du département.

Parmi les personnalités présentes figuraient également Mouhamed Youssouf Bengeloune, président de l’Association des départements du Sénégal, l’ancien ministre conseiller Adama Diouf, ainsi que le secrétaire général adjoint du gouvernement, Lamine Sarr, entre autres invités de marque.

Une plateforme de réflexion et d’opportunités

L’événement se présente comme une véritable plateforme de réflexion, de concertation et de promotion des opportunités économiques du département, a expliqué Issa Ba, président de la commission communication du forum.

Selon les organisateurs, le forum vise principalement à renforcer le marketing territorial de Foundiougne en mettant en lumière ses ressources naturelles, économiques, sociales et culturelles.

Plus spécifiquement, il s’agira de :

Identifier et valoriser les filières porteuses telles que la pêche, l’agriculture, l’élevage, le tourisme et l’artisanat ; Attirer des investisseurs publics et privés, nationaux et internationaux ; Créer un cadre de dialogue entre collectivités territoriales, secteur privé, jeunes, femmes et partenaires techniques et financiers ; Promouvoir l’emploi local, l’entrepreneuriat et l’auto-emploi, notamment en faveur des jeunes ; Aligner les initiatives locales sur les politiques nationales de développement et les nouvelles dynamiques économiques.

Des projets structurants au cœur des ambitions

Ce forum est perçu comme une opportunité majeure pour repositionner Foundiougne dans les dynamiques de développement national et régional, notamment à travers le pôle Centre.

Les intervenants ont particulièrement insisté sur les retombées économiques attendues du projet pétrolier de Sangomar, du port de Ndakhonga, ainsi que sur le rôle structurant du pont Nelson Mandela, des infrastructures clés appelées à faciliter la mobilité, à renforcer les échanges commerciaux et à accélérer l’intégration économique du département.

Un programme riche et inclusif

Le programme du forum prévoit :

Des panels thématiques sur le développement économique local ; Des communications techniques sur les opportunités d’investissement ; Des expositions de produits locaux et du savoir-faire des acteurs économiques ; Des rencontres B2B entre porteurs de projets et investisseurs ; Une revalorisation des activités culturelles destinées à promouvoir l’identité, le patrimoine et la richesse culturelle du département.

À travers cette initiative, Foundiougne ambitionne de se positionner comme un pôle économique émergent, capable de tirer pleinement profit de ses atouts naturels et des grands projets structurants en cours, dans une dynamique de développement inclusif et durable.

Santé – Fatou Nguirane, une figure montante du plaidoyer sanitaire en Afrique de l’Ouest

Le combat contre les hépatites virales prend une nouvelle dimension sous l’impulsion de Fatou Nguirane, présidente du Réseau des Associations de Lutte contre les Hépatites. Figure engagée de la société civile sanitaire, elle œuvre désormais à inscrire cette bataille dans une dynamique sous-régionale et internationale, en misant sur des partenariats stratégiques et un maillage territorial renforcé.

Dans une démarche concertée, Fatou Nguirane collabore étroitement avec l’Alliance nationale pour les communautés de santé (ANCS), ainsi qu’avec d’autres partenaires techniques et financiers, tels que le SMIT, le CNLS, le CRCF, Plan International et le ministère de la Santé et de l’Action sociale. Ces structures soutiennent la politique de la présidente du Réseau à travers plusieurs initiatives, notamment l’installation de l’association Jappoo Kheex Hépatites à Kaffrine.

L’objectif est de mutualiser les ressources, d’harmoniser les stratégies de plaidoyer et de renforcer les actions de prévention, de dépistage et de prise en charge. L’ambition est claire : sortir l’hépatite de l’ombre et briser le silence autour de cette maladie encore trop méconnue, souvent diagnostiquée tardivement.

Un maillage territorial ambitieux

Au cœur de sa vision figure un projet structurant : doter chaque région, département, arrondissement et commune du Sénégal d’une association active de lutte contre l’hépatite. Cette approche décentralisée vise à rapprocher les services d’information et d’accompagnement des populations, notamment dans les zones reculées où l’accès aux soins demeure limité.

« La lutte contre l’hépatite ne doit pas être centralisée. Elle doit être communautaire, inclusive et présente à tous les niveaux », défend la présidente du Réseau, convaincue que la mobilisation locale constitue un levier essentiel pour améliorer le dépistage précoce et l’observance thérapeutique.

Plaidoyer pour un meilleur accès aux soins

Au-delà de la sensibilisation, Fatou Nguirane inscrit son action dans un plaidoyer soutenu auprès des autorités sénégalaises. Parmi les priorités figurent la réduction des coûts liés à la prise en charge des hépatites virales, qui représentent un frein majeur pour de nombreux patients. Bien que disponibles, les traitements demeurent onéreux pour une large frange de la population.

Autre défi de taille : les ruptures récurrentes de médicaments. Le Réseau entend travailler en synergie avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale, les centrales d’achats et les partenaires internationaux afin de sécuriser l’approvisionnement et de garantir une continuité thérapeutique aux personnes vivant avec l’hépatite.

Une approche intégrée et partenariale

En s’alliant à l’ANCS et à d’autres acteurs engagés dans la riposte contre les maladies transmissibles, le Réseau des Associations de Lutte contre les Hépatites adopte une approche intégrée, prenant en compte les co-infections, notamment VIH/hépatites, ainsi que les enjeux globaux de santé publique.

Cette collaboration permet également de capitaliser sur l’expertise développée dans la lutte contre le VIH, notamment en matière de mobilisation communautaire, de plaidoyer politique et de gestion de programmes financés par des bailleurs internationaux.

Vers une riposte sans frontières

Le leadership de Fatou Nguirane dépasse désormais le cadre national. En nouant des partenariats avec des organisations sœurs dans d’autres pays, elle ambitionne de porter un plaidoyer régional en faveur d’une meilleure reconnaissance des hépatites comme priorité de santé publique en Afrique de l’Ouest.

À travers cette dynamique, le Réseau entend contribuer aux objectifs internationaux d’élimination des hépatites virales à l’horizon 2030, conformément aux engagements de l’Organisation mondiale de la santé.

Entre engagement communautaire, plaidoyer institutionnel et coopération stratégique, Fatou Nguirane incarne ainsi une nouvelle génération de leadership sanitaire en Afrique de l’Ouest.

Crise universitaire : la CAP de l’APR réclame la démission du ministre de l’Intérieur et appelle à un dialogue urgent sur les campus

Dakar – La mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a plongé les universités sénégalaises dans une crise sans précédent, mobilisant non seulement la communauté académique mais aussi les partis politiques. Ce mercredi 11 février 2026, la Cellule Analyses et Prospective (CAP) de l’Alliance Pour la République (APR) a publié une déclaration ferme, exigeant la démission du ministre de l’Intérieur et appelant à un dialogue immédiat et constructif pour restaurer la paix et la sérénité sur les campus.

Dans son communiqué, la CAP s’incline d’abord devant la mémoire d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odonto-Stomatologie, rappelant la brutalité des violences qui ont conduit à son décès, telles que révélées par l’autopsie relayée par la presse. La cellule a exprimé ses condoléances les plus sincères à sa famille, à ses camarades et à l’ensemble de la communauté universitaire, soulignant que la tragédie touche non seulement les proches mais aussi l’ensemble de la jeunesse et du corps estudiantin du pays.

La CAP a vivement condamné la répression exercée par les forces de sécurité sur le campus de l’UCAD, qu’elle considère comme une violation manifeste de la Loi n°94-79 du 24 novembre 1994 relative aux franchises universitaires. La cellule estime que le ministre de l’Intérieur, en sa qualité de premier responsable de la sécurité intérieure, doit répondre de la gestion de cette crise et en tirer toutes les conséquences, allant jusqu’à exiger sa démission immédiate pour manquement à ses responsabilités. La CAP demande par ailleurs que les enquêtes sur le décès d’Abdoulaye Ba soient menées avec toute la diligence, la transparence et l’impartialité nécessaires, sans protection ni complaisance, afin que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient établies et sanctionnées conformément à la loi.

La CAP critique également la communication gouvernementale, jugée inadaptée à la gravité des faits et déconnectée du drame humain. Selon la cellule, cette communication manque de compassion envers les familles des victimes et ne contribue pas à apaiser le climat de tension qui règne sur les campus. La CAP déplore que, deux ans après l’arrivée au pouvoir du régime PASTEF, aucune réponse structurelle n’ait été apportée aux difficultés persistantes de l’enseignement supérieur, et que les revendications légitimes des étudiants, notamment sur les bourses et les conditions de vie, soient traitées par la force plutôt que par le dialogue.

Parallèlement, la CAP réitère son soutien au Collectif des Amicales, qu’elle considère comme le défenseur des intérêts matériels et moraux des étudiants, et condamne la suspension de ces structures par le Conseil académique de l’UCAD. La cellule appelle à privilégier le dialogue et à renoncer à toute forme de violence, rappelant que la répression ne peut être un outil de gestion des conflits dans un État de droit.

Enfin, la CAP interpelle le Collectif des Universitaires pour la Démocratie, regroupant des signataires de pétitions universitaires entre 2021 et 2024, afin qu’il prenne position sur la situation actuelle et contribue au rétablissement de la sérénité et de la paix sur les campus. Selon la cellule, la responsabilité des intellectuels et universitaires est de guider le débat public, de soutenir le peuple et de favoriser un climat de stabilité dans les universités, qui constituent un pilier fondamental de la Nation.

La prise de position de la CAP de l’APR souligne que la crise dépasse désormais le simple cadre universitaire. Elle met en lumière des enjeux nationaux de sécurité, de respect des droits des étudiants et de responsabilité de l’État, et rappelle à tous les acteurs concernés que le dialogue et la transparence sont indispensables pour prévenir l’escalade de la violence et rétablir la confiance entre étudiants, autorités universitaires et gouvernement.

Chavirage d’une embarcation de la Marine nationale : trois marins portés disparus

Une vedette de la Marine nationale a chaviré ce matin aux environs de 9 heures à l’embouchure du fleuve Sénégal, provoquant la disparition de trois militaires. L’information a été rendue publique par le directeur de l’Information et des relations publiques des Armées (Dirpa) à travers un communiqué officiel.

Selon le capitaine de vaisseau Ibrahima Sow, l’embarcation effectuait une mission de liaison lorsqu’elle aurait été confrontée à une forte houle, consécutive à une brusque dégradation des conditions météorologiques. Les circonstances exactes de l’accident restent à préciser, mais les premières indications évoquent un environnement maritime particulièrement agité au moment des faits.

Le bilan provisoire fait état de dix rescapés, secourus peu après le chavirage. Trois marins sont cependant toujours portés disparus. L’épave de la vedette a pu être localisée et récupérée, ce qui pourrait contribuer à éclairer les causes exactes de l’incident.

Dès l’alerte donnée, d’importants moyens de recherche et de sauvetage ont été déployés. Des unités maritimes, appuyées par des moyens aériens et terrestres, poursuivent activement les opérations afin de retrouver les militaires disparus. Les autorités militaires assurent que les recherches se poursuivent sans relâche.

Cet accident intervient dans une zone connue pour ses conditions parfois difficiles, notamment à l’embouchure du fleuve Sénégal, où la rencontre entre les eaux fluviales et maritimes peut générer des courants puissants et une houle imprévisible, surtout en cas de perturbation météorologique.

Décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ : la famille réclame toute la lumière sur les circonstances du drame

La famille d’Abdoulaye Bâ est sortie de son silence ce jeudi pour s’exprimer publiquement sur le décès tragique du jeune étudiant, survenu le 9 février dernier à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Si les proches affichent une résignation empreinte de foi et de dignité, ils n’en demeurent pas moins déterminés à obtenir des réponses claires sur les circonstances exactes de cette disparition qui continue de bouleverser la communauté universitaire et l’opinion nationale.

Réunie autour de la mère du défunt, la famille a désigné l’oncle de l’étudiant, Mamadou Diouldé Bâ, pour porter la parole familiale. D’une voix posée, celui-ci a d’abord appelé les étudiants et l’ensemble de la population au calme et à la retenue, invitant chacun à privilégier la prière et le recueillement en cette période de deuil.

« La décision d’Allah est irréversible », a-t-il rappelé, soulignant que la famille accepte, avec foi, la volonté divine et prie pour que le défunt accède au paradis. Dans le même élan, il a exhorté les Sénégalais à adopter une posture de sérénité et de responsabilité, afin d’éviter toute escalade ou récupération autour de ce drame.

Mais au-delà de cette résilience spirituelle, la famille attend des éclaircissements précis de la part des autorités judiciaires. Mamadou Diouldé Bâ a insisté sur la nécessité d’être édifié sur les événements réels ayant conduit au décès du jeune homme à l’intérieur même du campus universitaire. Pour les proches, la quête de vérité est essentielle, non seulement pour faire le deuil dans la dignité, mais aussi pour dissiper les nombreuses spéculations qui ont circulé depuis l’annonce du drame.

La famille a également tenu à exprimer sa profonde gratitude face à l’élan de solidarité nationale. Le porte-parole a évoqué une mobilisation « exceptionnelle » lors des obsèques, marquées par la présence d’une foule nombreuse venue accompagner l’étudiant vers sa dernière demeure. « Un monde extraordinaire », a-t-il souligné, visiblement ému par cette marque de compassion collective.

Ce soutien s’est aussi manifesté à travers des visites officielles de hautes autorités académiques. Le doyen de la Faculté de Médecine, des responsables du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), ainsi que des délégations de médecins-dentistes, se sont rendus auprès de la famille pour présenter leurs condoléances et apporter leur réconfort. Des gestes salués par les proches, qui y voient une reconnaissance de la gravité de la perte subie.

Pour Mamadou Diouldé Bâ, ce deuil dépasse désormais le cadre familial. Il est devenu celui de toute une communauté universitaire et, au-delà, celui de la nation sénégalaise tout entière. Il a formulé le vœu que le pays soit épargné, à l’avenir, de telles tragédies.

Cette demande de vérité intervient alors que les conclusions médicales issues du laboratoire d’anatomie de l’Hôpital général Idrissa Pouye (HOGIP) commencent à circuler dans l’espace public. Ces éléments techniques semblent écarter les premières rumeurs qui oscillaient entre la thèse d’un meurtre et celle d’une crise d’asthme. Toutefois, si l’autopsie apporte des précisions sur les causes médicales du décès, elle ne saurait, à elle seule, établir les circonstances exactes des faits.

Décès de l’étudiant Abdoulaye Ba : l’autopsie révèle des traumatismes d’une extrême gravité

Le voile commence à se lever sur les circonstances du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu le 9 février 2026. Après plusieurs jours marqués par l’émotion, les interrogations et les rumeurs sur le campus, le rapport d’autopsie établi par le laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologique de l’Hôpital général Idrissa Pouye (HOGIP) apporte des précisions déterminantes. Les conclusions médicales décrivent un enchaînement de lésions graves, résultant de traumatismes multiples d’une violence exceptionnelle.

Selon les constatations des médecins légistes, le corps présentait d’importantes atteintes concentrées majoritairement sur le côté gauche. Le thorax et l’abdomen ont subi un choc massif, provoquant une contusion profonde à la fois au niveau de la poitrine et du ventre. Ce type de traumatisme traduit un impact d’une grande intensité, capable d’affecter simultanément plusieurs organes internes.

La tête portait également les stigmates d’un choc violent. Les examens ont révélé une commotion cérébrale accompagnée d’une hémorragie sous-durale du côté gauche, c’est-à-dire un saignement localisé entre le cerveau et le crâne. Bien qu’aucune fracture du crâne n’ait été observée, une lésion cutanée à l’arrière du cuir chevelu témoigne d’un impact significatif. Une hémorragie sous-durale est une atteinte grave, susceptible d’entraîner une détérioration rapide des fonctions vitales en l’absence d’une intervention médicale immédiate.

Les lésions thoraciques apparaissent parmi les plus sévères. La dixième côte gauche était fracturée en deux points distincts. Un fragment osseux s’est enfoncé dans le poumon gauche, provoquant des plaies profondes et une hémorragie interne massive. Cette perforation a entraîné un hémothorax, c’est-à-dire une accumulation importante de sang dans la cavité thoracique, comprimant les poumons et perturbant gravement la respiration. La onzième côte gauche était également fracturée à l’arrière, confirmant la violence de l’impact subi au niveau du flanc.

Le muscle cardiaque présentait lui aussi une contusion, signe qu’un choc direct ou indirect a atteint la région thoracique avec suffisamment de force pour affecter le cœur. Les médecins ont relevé la présence d’un hématome situé derrière cet organe vital. Une telle lésion, combinée aux autres traumatismes, aggrave considérablement le risque de défaillance circulatoire.

L’examen abdominal a mis en évidence des atteintes tout aussi alarmantes. Le rein gauche était gravement lésé au niveau de son hile, zone par laquelle transitent les principaux vaisseaux sanguins. Cette atteinte a provoqué une importante accumulation de sang autour de l’organe. La rate, quant à elle, présentait deux plaies distinctes responsables d’un saignement interne abondant dans la cavité abdominale. Or, la rate est un organe richement vascularisé : sa rupture entraîne rapidement une hémorragie massive pouvant conduire à un choc hémorragique fatal.

À ces blessures internes s’ajoutaient des dermabrasions, notamment sur le bras gauche, ainsi qu’une plaie ouverte mesurant environ 3,5 centimètres sur le flanc droit. Ces lésions externes, bien que moins déterminantes que les atteintes internes, confirment la brutalité des faits.

Dans leur ensemble, les constatations médico-légales décrivent un tableau de polytraumatismes sévères. Les organes vitaux — cerveau, poumon, cœur, rein et rate — ont été simultanément touchés, chacun présentant des lésions susceptibles, à elles seules, d’engager le pronostic vital. La combinaison de fractures costales, de perforations pulmonaires, d’atteintes viscérales et d’hémorragies internes massives rendait la survie extrêmement improbable sans une prise en charge chirurgicale immédiate et lourde.

Le rapport conclut ainsi que le décès résulte de ces traumatismes multiples et des hémorragies internes qu’ils ont provoquées. Si l’autopsie éclaire désormais les causes médicales de la mort, elle ne se prononce pas sur les circonstances exactes des faits. Il appartient désormais à l’enquête judiciaire d’établir les responsabilités et de déterminer les conditions dans lesquelles un tel enchaînement de violences a pu se produire.

Au-delà des termes scientifiques, le document met en évidence l’ampleur des blessures subies. Les lésions décrites sont médicalement incompatibles avec la vie en l’absence d’une intervention rapide et massive. Ce constat, aussi froid que précis, souligne la gravité extrême des traumatismes ayant conduit au décès d’Abdoulaye Ba.

Décès d’Abdoulaye Ba à l’UCAD : autopsie, enquête confiée à la Dic et promesse de vérité

L’émotion demeure vive à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) après la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue à la suite des violents affrontements enregistrés lundi sur le campus social. Le jeune homme a été inhumé hier à Yoff, dans une atmosphère de profonde consternation, après que sa famille a obtenu un permis d’inhumer délivré par les autorités judiciaires.

Dans un souci de transparence et afin d’établir les circonstances exactes du décès, le parquet avait ordonné une autopsie. Les conclusions de cet examen médico-légal, très attendues, devront permettre de déterminer les causes précises de la mort et, le cas échéant, d’orienter les responsabilités. Pour de nombreux étudiants et membres de la communauté universitaire, ces résultats constituent une étape cruciale vers la manifestation de la vérité.

Sur le plan judiciaire, le dossier a connu un tournant significatif. Initialement saisie en raison de sa compétence territoriale, la police du commissariat du Point E a été dessaisie de l’affaire. L’enquête a été confiée à la Division des investigations criminelles (Dic), une entité spécialisée réputée pour son expertise dans le traitement des dossiers complexes et sensibles. Ce transfert traduit la volonté des autorités de mobiliser des moyens humains et techniques plus importants afin de faire toute la lumière sur ce drame.

Selon des sources proches du dossier, les auditions ont démarré dès mardi. Les enquêteurs s’emploient à reconstituer avec précision le déroulé des événements ayant conduit au décès d’Abdoulaye Ba, dans un contexte marqué par des affrontements entre étudiants et forces de l’ordre. Témoignages, images et éléments matériels devraient être analysés afin d’établir les faits et de situer les responsabilités éventuelles.

Mardi, lors d’un point de presse, le gouvernement a assuré que « toute la lumière sera faite » sur cette tragédie. Les autorités ont promis une enquête approfondie, impartiale et conduite dans le strict respect des procédures judiciaires. Cette déclaration vise à apaiser une communauté universitaire encore sous le choc et à répondre aux nombreuses interrogations suscitées par les circonstances du décès.

Affaire Pape Cheikh Diallo et Cie : perquisitions aux Maristes, à Nord Foire et aux Mamelles, de nouvelles arrestations en vue

L’enquête progresse dans le dossier dit « Pape Cheikh Diallo et Cie ». Les gendarmes de la Brigade de recherches (BR) de Keur Massar poursuivent activement leurs investigations sur délégation du juge du premier cabinet d’instruction du tribunal de Pikine-Guédiawaye.

Ce mercredi, les enquêteurs ont procédé à l’extraction de prison de trois des principaux mis en cause : Pape Cheikh Diallo, Djibril Dramé et Doudou Lamine Dieng. Placés sous mandat de dépôt et détenus à la maison d’arrêt de Rebeuss, les trois hommes ont été conduits tour à tour dans leurs domiciles respectifs pour les besoins de perquisitions.

Les gendarmes se sont d’abord rendus aux Maristes, au domicile de Djibril Dramé, avant de faire cap sur Nord Foire chez Doudou Lamine Dieng. La dernière étape a conduit les limiers aux Mamelles, résidence de Pape Cheikh Diallo. Ces opérations s’inscrivent dans la recherche d’éléments matériels susceptibles d’étayer les charges retenues dans le cadre de l’information judiciaire ouverte.

Selon des sources proches du dossier, les enquêteurs étaient notamment à la recherche de téléphones portables et de tout objet pouvant servir de preuve dans cette affaire aux ramifications multiples. À l’issue des perquisitions, des téléphones ainsi que du lubrifiant auraient été retrouvés au domicile de Doudou Lamine Dieng. Les autres opérations se poursuivent dans la plus grande discrétion.

Après ces actes d’enquête, les trois mis en cause ont été reconduits à la prison de Rebeuss dans la matinée d’hier, où ils ont été réintégrés en détention provisoire.

L’affaire, qui a déjà connu plusieurs rebondissements, pourrait connaître de nouveaux développements. Une source autorisée indique en effet que d’autres arrestations sont attendues dans les prochains jours, au fur et à mesure de l’exploitation des éléments saisis et des auditions en cours.

Outre Pape Cheikh Diallo, Djibril Dramé et Doudou Lamine Dieng, plusieurs autres personnes sont visées dans cette procédure. Il s’agit notamment de Thiam, Ibrahima Camara, Adama Diallo, Mansour Bassirou Baldé, Mamadou Gning, Sana Ba, Bachir Ka et Békaye Faye. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature avec transmission du VIH/Sida par voie sexuelle, proxénétisme aggravé, mise en danger de la vie d’autrui et blanchiment de capitaux.

Affaire Farba Ngom : la Chambre d’accusation confirme la liberté provisoire, le Parquet face au choix du pourvoi

Nouveau tournant dans le dossier judiciaire impliquant le député Farba Ngom. La Chambre d’accusation a rendu sa décision ce jour en rejetant l’appel formé par le Parquet général contre l’ordonnance de mise en liberté provisoire précédemment accordée au parlementaire. Par cet arrêt, la juridiction confirme donc la décision initiale et ouvre la voie à une possible remise en liberté effective de l’élu, sous réserve d’un éventuel pourvoi en cassation.

Cette décision constitue un revers pour le ministère public, qui avait contesté la mesure de liberté provisoire devant la Chambre d’accusation. En confirmant l’ordonnance attaquée, les juges d’appel estiment que les conditions légales justifiant le maintien en détention ne sont pas réunies ou ne prévalent pas sur les garanties présentées par la défense. Il s’agit d’une étape procédurale déterminante dans une affaire suivie de près, tant pour ses implications judiciaires que politiques.

Du côté de la défense et des proches du député, la décision est interprétée comme une victoire judiciaire majeure. Une source proche du dossier y voit « un signal fort en faveur du principe de l’égalité des citoyens devant la loi », soulignant que le statut de parlementaire ne saurait constituer ni un privilège, ni un facteur d’aggravation dans l’appréciation des droits fondamentaux. Cette même source espère désormais que « le Parquet fera preuve de lucidité en s’abstenant de se pourvoir en cassation », afin d’éviter une prolongation de la procédure.

Sur le plan strictement procédural, le ministère public dispose d’un délai de six jours pour introduire un pourvoi en cassation devant la Cour suprême. Ce recours, s’il est exercé, ne porterait pas sur les faits eux-mêmes mais sur la conformité de la décision aux règles de droit. En revanche, si aucun pourvoi n’est formé dans le délai légal, l’ordonnance de mise en liberté deviendra définitive et Farba Ngom sera alors libre de tous ses mouvements, dans le respect des éventuelles obligations fixées par la justice.

Drame à l’UCAD : le Conseil académique suspend toutes les amicales d’étudiants et annonce un comité ad hoc

Le Conseil académique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a pris une décision forte à la suite des violents incidents survenus cette semaine sur le campus social. Réuni en urgence ce mercredi sous la présidence du Recteur, le Pr Alioune Badara Kandji, l’organe délibérant a annoncé la suspension, à titre conservatoire et jusqu’à nouvel ordre, de l’ensemble des amicales d’étudiants de l’institution.

Cette mesure intervient au lendemain des affrontements violents enregistrés lundi dernier au sein du campus social de l’UCAD. Ces incidents ont tragiquement coûté la vie à Abdoulaye Ba, étudiant inscrit en deuxième année de Licence en Médecine. Le drame a suscité une vive émotion au sein de la communauté universitaire et au-delà, relançant le débat sur la sécurité et le fonctionnement des structures étudiantes dans les universités publiques.

Dans son communiqué, le Conseil académique justifie sa décision par la gravité de la situation sécuritaire. Face aux tensions constatées et aux dérives observées, les autorités universitaires estiment nécessaire de prendre des mesures conservatoires afin de prévenir toute nouvelle escalade. La suspension des amicales vise ainsi à instaurer un climat d’apaisement et à permettre une évaluation approfondie de leur organisation et de leurs modes d’intervention sur le campus.

Le Conseil indique que cette suspension restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre. Durant cette période, une réflexion de fond sera engagée sur les modalités de fonctionnement des amicales, régulièrement au cœur des dynamiques de mobilisation étudiante, mais aussi, selon certains observateurs, de tensions récurrentes.

Parallèlement à cette décision, l’Université Cheikh Anta Diop a annoncé la mise en place d’un comité ad hoc. Cette instance aura pour mission de formuler des propositions concrètes concernant les modalités de représentation des étudiants au sein des différentes instances universitaires. L’objectif affiché est de repenser le cadre institutionnel de la représentation estudiantine, afin de concilier participation démocratique, responsabilité et stabilité au sein du campus.

Procès des 18 supporters sénégalais au Maroc : vers un nouveau report sur fond de grève des avocats

Le procès des 18 supporters sénégalais arrêtés au Maroc en marge de la finale de la CAN 2025, initialement programmé ce jeudi, pourrait être une nouvelle fois renvoyé. En cause, le risque de prolongation de la grève des avocats marocains, qui paralyse une partie de l’appareil judiciaire et retarde le traitement de plusieurs dossiers sensibles.

Selon le quotidien Les Échos, ce possible report prolongerait davantage l’épreuve que traversent les mis en cause depuis leur interpellation. Les fans des Lions de la Teranga, détenus à Rabat, seraient soumis à des conditions strictes. Ils sont répartis dans deux établissements pénitentiaires distincts, ce qui complique davantage les échanges et la coordination entre eux.

Toujours d’après la même source, les détenus ne sont autorisés à passer des appels téléphoniques que deux jours par semaine, les lundis et vendredis, pour une durée maximale de trois minutes chacun. Une restriction qui limite fortement leurs contacts avec leurs proches et leurs soutiens. Plus encore, il leur serait interdit de s’exprimer dans une langue autre que le français lors de ces communications, une contrainte supplémentaire qui suscite incompréhension et inquiétude au sein de leurs familles.

L’accès aux détenus demeure également encadré de manière rigoureuse. Seules les autorités diplomatiques et consulaires sénégalaises ainsi que les membres de leur famille sont autorisés à leur rendre visite, et ce, dans des conditions strictement réglementées. Les visites seraient elles aussi soumises à des restrictions, dont les modalités précises n’ont pas été détaillées.

Face à cette situation, des responsables sénégalais ont choisi de rester au Maroc pour leur apporter soutien et assistance. Il s’agit notamment du président du « 12e Gaïndé », Issa Laye Diop, ainsi que du responsable de la communication de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Bakary Cissé. Leur présence vise à suivre de près l’évolution du dossier et à maintenir un lien entre les supporters détenus et les autorités sportives et institutionnelles du Sénégal.

Alors que les familles espéraient une avancée judiciaire à l’occasion de l’audience prévue ce jeudi, l’éventualité d’un nouveau renvoi alimente l’angoisse et prolonge l’attente. Dans un contexte marqué par la mobilisation des avocats marocains, l’issue du dossier demeure incertaine, laissant les 18 supporters sénégalais dans une situation judiciaire et humaine particulièrement éprouvante.

UCAD : des libérations massives d’étudiants sur fond de révélations accablantes sur la mort d’Abdoulaye Ba

La tension commence-t-elle enfin à retomber à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) ? Après plusieurs jours d’affrontements violents, d’arrestations massives et d’une vive mobilisation estudiantine, une importante vague de libérations est intervenue dans la soirée du mercredi. Un geste perçu par certains comme un signal d’apaisement. Mais au même moment, les conclusions médico-légales relatives à la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba viennent assombrir davantage une crise déjà profonde et lourde d’interrogations.

Selon des informations rapportées par L’Observateur, plus d’une centaine d’étudiants ont été remis en liberté parmi les 107 interpellés et placés en garde à vue à la suite des violents incidents survenus sur le campus. Depuis lundi, l’université vivait au rythme des affrontements entre forces de l’ordre et étudiants, dans un climat de tension extrême marqué par des blessés, des interpellations et une paralysie quasi totale des activités académiques.

D’après des sources concordantes, la majorité des étudiants arrêtés ont retrouvé leurs familles mercredi soir, suscitant un soulagement palpable chez leurs camarades mobilisés depuis plusieurs jours pour exiger leur libération. Sur le campus, cette décision est vécue comme une première avancée dans le bras de fer engagé avec les autorités.

Toutefois, cette mesure ne concerne pas l’ensemble des personnes interpellées. Des responsables d’amicales estudiantines resteraient en détention. Selon des sources proches du dossier, ils feraient face à un large éventail de charges jugées graves, en lien avec les violences enregistrées à l’UCAD. Leur maintien en détention pourrait constituer un nouveau point de crispation dans une situation déjà fragile.

Si certains voient dans ces libérations partielles un signe d’ouverture susceptible de favoriser le dialogue, d’autres estiment que l’apaisement durable ne pourra intervenir sans que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de la mort d’Abdoulaye Ba. Car au-delà des arrestations et des affrontements, c’est bien ce drame qui cristallise aujourd’hui les tensions.

Depuis l’annonce du décès de l’étudiant en deuxième année de médecine, les versions se sont multipliées, alimentant rumeurs et incompréhensions. Certains étudiants ont affirmé qu’il aurait été tué dans sa chambre, tandis que d’autres évoquaient une crise d’asthme qui lui aurait été fatale. Ces hypothèses contradictoires ont nourri une vive indignation au sein de la communauté universitaire et au-delà.

Les conclusions de l’autopsie, réalisées par le laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologique de l’Hôpital général Idrissa Pouye de Grand Yoff, apportent toutefois des éléments factuels particulièrement lourds. Le rapport, signé par le Dr M. A. Diallo, met en évidence de multiples lésions graves constatées lors de l’examen du corps effectué après le décès survenu le 9 février 2026.

L’expertise médico-légale fait état de traumatismes thoraco-abdominaux sévères, d’une hémorragie sous-durale gauche diffuse, de fractures costales multiples avec lésions internes, notamment au niveau du poumon gauche, ayant entraîné un volumineux hémothorax. Le rapport mentionne également des atteintes au niveau du cœur, du rein gauche et de la rate, accompagnées d’hématomes internes significatifs, ainsi que diverses plaies et dermabrasions externes.

L’ensemble de ces constatations décrit un tableau de violences physiques multiples et intenses, difficilement conciliable avec la thèse d’un simple malaise respiratoire. Ces révélations soulèvent de nombreuses interrogations sur les circonstances exactes dans lesquelles Abdoulaye Ba a subi de telles lésions.

Dans ce contexte, la question centrale demeure entière : comment l’étudiant a-t-il été exposé à un tel niveau de traumatismes ? Les résultats de l’enquête judiciaire annoncée par les autorités seront déterminants pour établir les responsabilités et tenter de restaurer la confiance.

Trafic de drogue et VIH : l’affaire des « 12 présumés homosexuels » prend une tournure criminelle

Nouvelle secousse judiciaire dans l’affaire dite des « 12 présumés homosexuels ». À peine 48 heures après leur placement sous mandat de dépôt, le dossier connaît un rebondissement majeur avec l’introduction officielle du crime de trafic de drogue dans la procédure. Cette évolution, révélée par le quotidien L’Observateur, modifie en profondeur la nature et la portée de l’instruction en cours devant le tribunal de Pikine-Guédiawaye.

Selon les informations rapportées, le procureur de la République près le tribunal de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, a élargi son réquisitoire introductif adressé au juge d’instruction du premier cabinet. Initialement ouverte pour des faits d’association de malfaiteurs, d’actes contre nature, de transmission volontaire du VIH et de blanchiment de capitaux, l’information judiciaire devra désormais également explorer le crime de trafic de drogue, visé contre X. Ce choix procédural est loin d’être anodin. En matière criminelle, l’instruction n’est enfermée dans aucun délai strict, ce qui permet aux magistrats d’approfondir les investigations, d’élargir le champ des responsabilités et, le cas échéant, de procéder à de nouvelles mises en cause.

D’après des sources citées par L’Observateur, les investigations menées par la Brigade de recherches de la gendarmerie territoriale de Keur-Massar ont mis au jour des éléments jugés accablants. Plusieurs des personnes mises en cause auraient consommé différentes variétés de stupéfiants, y compris des drogues dures, lors de relations sexuelles, qu’il s’agisse de couples homosexuels ou hétérosexuels. Les enquêteurs s’intéressent désormais de près au présumé fournisseur de ces substances, qui serait dans leur ligne de mire. Quant aux douze personnes déjà écrouées, elles pourraient également être poursuivies pour usage de drogue, en sus des infractions initialement retenues.

Sur le terrain judiciaire, l’affaire a connu des développements spectaculaires. Toujours selon le quotidien, le Doyen des juges a rapidement délivré une délégation judiciaire à la Brigade de recherches de Keur-Massar afin d’exécuter les réquisitions du parquet. Dans ce cadre, l’animateur Pape Cheikh Diallo, l’artiste-chanteur Djiby Dramé et le banquier Doudou Lamine Dieng ont été extraits mercredi de la prison de Rebeuss pour des perquisitions à leurs domiciles respectifs. Au cours de ces opérations, divers objets ont été saisis par les enquêteurs. À l’issue des fouilles, les trois hommes ont été reconduits en détention, tandis que les actes d’instruction se poursuivent. D’autres arrestations ne sont pas exclues.

À l’origine du dossier, une alerte sanitaire. Les faits remonteraient à l’exploitation d’un renseignement signalant les agissements présumés d’un jeune homme porteur du VIH qui aurait continué à entretenir des relations sexuelles non protégées avec plusieurs partenaires. Interpellé le 4 février 2026 par la Brigade de recherches de Keur-Massar, il a été soumis à un test de dépistage sur réquisition judiciaire. Le certificat médical aurait confirmé sa séropositivité. Lors de son audition, il aurait reconnu être conscient de son statut sérologique et avoir eu des relations sexuelles non protégées, notamment avec des partenaires rencontrés via des groupes de discussion sur les réseaux sociaux.

Dans la foulée, deux partenaires ont été arrêtés. Ils auraient, eux aussi, admis connaître leur statut sérologique tout en poursuivant des rapports non protégés. L’enquête s’est alors accélérée avec cinq nouvelles interpellations le 5 février, puis quatre autres le 6 février, portant à douze le nombre total de personnes placées en garde à vue avant leur inculpation et leur placement sous mandat de dépôt. Parmi elles figurent des personnalités connues telles que Pape Cheikh Diallo, Doudou Lamine Dieng et Djiby Dramé. À l’issue des tests de dépistage, huit personnes auraient été déclarées séropositives et quatre séronégatives, selon les informations publiées par L’Observateur.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°670 – 12/02/2026

🔴 CRISE UNIVERSITAIRE ET DÉCÈS DE L’ÉTUDIANT ABDOULAYE BÂ : DIOMAYE VEUT DES SOLUTIONS SERIEUSES
🔴 ME AMADOU SALL DANS TOUS SES ÉTATS : LE TÉLÉPHONE DE FARBA PIRATÉ

🔴 PRÉPARATION MONDIAL 2026 : LES LIONS VEULENT AFFRONTER L’IRAN ET LA RUSSIE EN MARS

Waly Diouf Bodian appelle le régime à assumer sa responsabilité après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’UCAD

Le décès tragique de l’étudiant en deuxième année de Médecine, Abdoulaye Ba, survenu à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), continue de susciter des réactions au sein de la classe politique sénégalaise. Waly Diouf Bodian, Directeur général du Port autonome de Dakar et figure du parti Pastef, a exprimé sa position sur cette affaire à travers une publication sur sa page Facebook.

Dans son message, le DG du Port estime que le régime en place doit pleinement assumer sa part de responsabilité dans ce drame. « En tant que régime, nous devons assumer entièrement la responsabilité de la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba. Cette responsabilité est consubstantielle à l’exercice du pouvoir, qui fait peser sur nous la charge de sécuriser tous les Sénégalais, a fortiori dans le cadre de l’intervention des forces de police », a-t-il écrit.

Toutefois, Waly Diouf Bodian précise que la reconnaissance de cette responsabilité n’exclut pas la nécessité de faire toute la lumière sur les circonstances exactes du décès et d’appliquer la loi avec rigueur. « Elle ne préjudicie pas à l’impératif de tirer au clair cet événement condamnable et d’appliquer la justice dans toute sa rigueur », a-t-il souligné.

Au-delà de l’émotion suscitée par ce drame, le responsable politique appelle également à la mise en place de mesures concrètes afin d’éviter la répétition de tels événements au sein de l’espace universitaire. « Conformément à nos engagements de rupture, il faut veiller à ce que cela ne puisse plus survenir dans l’espace universitaire, temple du savoir et de la liberté », a-t-il insisté.

Waly Diouf Bodian conclut sa publication en présentant ses condoléances à la famille du défunt ainsi qu’à l’ensemble de la nation, rappelant l’importance de préserver la sécurité et la liberté dans les établissements d’enseignement supérieur.

Décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ à l’UCAD : le Premier Ministre exprime sa tristesse et appelle à la justice et à la pacification des universités

Le Premier Ministre a exprimé sa profonde tristesse suite au décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ, survenu à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans un message empreint de gravité, il a présenté ses condoléances à la famille de la victime, à la communauté universitaire ainsi qu’au peuple sénégalais tout entier, marquant ainsi l’émotion nationale suscitée par cet événement.

Le chef du gouvernement a déploré le recours à la violence dans le cadre des récents incidents survenus au sein du campus et a souligné la nécessité d’une réponse judiciaire diligente. À cet effet, il a instruit le Ministre de la Justice de suivre de près l’évolution de l’enquête afin de déterminer toutes les responsabilités et de clarifier les circonstances exactes ayant conduit à ce drame.

Parallèlement, le Premier Ministre a réaffirmé l’importance de poursuivre les réformes déjà engagées dans les universités sénégalaises. Il a encouragé le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation à maintenir le cap sur cette dynamique de modernisation et d’amélioration des conditions d’enseignement, en soulignant que le développement des institutions universitaires est un enjeu majeur pour le pays.

En matière de sécurité, il a demandé au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de veiller à la sécurisation et à la pacification complète des espaces universitaires, afin de prévenir toute escalade de violence et de garantir un cadre d’étude serein pour tous les étudiants.

Crise sociale et violences à l’UCAD : PENCUM ASKAN WI appelle à l’apaisement national

Face à un climat social préoccupant et aux violences meurtrières à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, la Voix citoyenne interpelle le Chef de l’État, appelle au dialogue et exige des mesures concertées pour préserver la paix et la stabilité du Sénégal.

COMMUNIQUÉ DU CONSEIL DES MINISTRES DU 11 FEV. 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 11 février 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Modernisation consensuelle de la gouvernance universitaire

Le Président de la République entame sa communication par la modernisation et la stabilité du secteur de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, facteurs clés de l’excellence universitaire et de succès de la mise en œuvre de la Vision « Sénégal 2050 ». Rappelant le caractère névralgique du secteur de l’Enseignement Supérieur, il souligne la récurrence des crises systémiques et la complexité des problématiques et des solutions. Après s’être incliné devant la mémoire de Abdoulaye BA, l’étudiant décédé, il présente ses condoléances à la famille éplorée, à la Communauté universitaire et à tout le Peuple sénégalais. 

Le Chef de l’Etat demande d’aligner le système d’Enseignement supérieur et de Recherche au niveau des meilleurs standards internationaux. Il instruit le Gouvernement d’asseoir un dialogue permanent avec toutes les composantes de la communauté universitaire, afin de respecter les calendriers académiques et les prescriptions du système LMD ainsi que les règles de gouvernance administrative, budgétaire et financière des universités publiques et centres des œuvres sociales. Enfin, il insiste sur la nécessité d’accélérer le processus de validation consensuelle des recommandations issues des concertations portant sur l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Tournée économique dans les régions de Tambacounda et de Kédougou

Le Chef de l’Etat informe le Conseil avoir effectué du 05 au 08 février 2026, une tournée économique dans les régions de Tambacounda et de Kédougou, avant de remercier les populations, les autorités administratives déconcentrées, les élus et acteurs territoriaux pour leur accueil, leur mobilisation et le bon déroulement des visites dans les localités et sites programmés.

Magnifiant le vaste potentiel économique du Sénégal oriental, érigé en Pôle de Développement prioritaire dans l’Agenda national de Transformation, le Président de la République demande au Gouvernement d’accélérer l’exécution des projets relatifs à la construction d’écoles, de lycées, de l’Université du Sénégal Oriental, des ISEP, de l’hôpital de Bakel, de bâtiments administratifs et d’autres édifices publics. Il indique l’importance de l’accélération de l’électrification des villages et de l’accès à l’eau potable des populations, du renforcement de la couverture sécuritaire ainsi que du désenclavement routier, aérien et numérique de la Zone Est du pays, notamment la Région de Kédougou. A cet effet, il demande au Premier Ministre de veiller à la relance des chemins de fer sur l’axe Dakar-Kidira et à l’aménagement fonctionnel du Port sec à Tambacounda.

Dans le même sillage, il insiste sur l’encadrement du développement urbain, le soutien au secteur privé local, la maitrise stratégique et la surveillance systématique de l’exploitation minière, aurifère en particulier, ainsi que la valorisation du Parc national Niokolo-Koba, dans le cadre de la relance de la Destination touristique Sénégal. Enfin, le Président de la République demande au Premier Ministre de travailler, avec tous les acteurs, sur l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme spécial d’investissement dénommé « Plan Diomaye pour le Sénégal oriental », afin de résorber le déficit infrastructurel et assurer une présence plus marquée de l’Etat dans la Zone – Est du pays. 

Préparatifs du mois de Ramadan et du Carême

Le Président de la République fait observer que le mois de Ramadan et le Carême constituent des moments forts de ferveur religieuse, de communion et de solidarité. A cet effet, il instruit le Gouvernement de prendre les mesures appropriées en vue d’assurer un approvisionnement correct des marchés ainsi que la stabilité des prix des denrées et produits de première nécessité et de déployer les dispositifs publics dédiés de soutien aux ménages et aux groupes les plus vulnérables. 

Pour finir, il demande au Premier Ministre et au Ministre chargé des Affaires étrangères de veiller à l’accomplissement de toutes les diligences requises des acteurs publics et des opérateurs privés, afin d’assurer l’organisation, dans les meilleures conditions, de l’édition 2026 du Pèlerinage aux Lieux saints. 

Renforcement de la prévention et de la lutte contre l’érosion côtière

Devant la menace que constitue l’érosion côtière pour les localités situées sur le littoral, en particulier les îles, le Chef de l’Etat demande de finaliser la cartographie des zones frappées ou menacées et d’évaluer l’impact économique, environnemental et social des différents projets d’adaptation et de résilience.

Il indique l’urgence d’une actualisation concertée des stratégies, plans, projets et actions de prévention et de lutte contre l’érosion côtière et demande au Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique de proposer une nouvelle politique de prévention et de lutte contre l’érosion côtière, assortie de projets structurants innovants, adaptés et durables.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat informe le Conseil qu’il tiendra, le 12 février 2026, une réunion avec les gouverneurs de région, sous forme de séminaire d’évaluation et de revue des projets et priorités sécuritaires, économiques, sociales et environnementales de chaque région, en présence du Premier Ministre et de certains membres du Gouvernement.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur les points suivants :

Filière sel

Le Premier Ministre a d’abord souligné le potentiel stratégique de la filière sel. Il a rappelé la place du Sénégal qui figure parmi les principaux producteurs africains de sel et qui demeure le premier producteur et exportateur significatif d’Afrique de l’Ouest, avec une production annuelle estimée à plus de 500 000 tonnes. Toutefois, il note que la contribution économique du secteur reste limitée. La valeur de la production de sel représente environ 0,3% du PIB national, alors qu’une part importante de la production est encore exportée sous forme brute ou faiblement transformée.  Pour le Premier Ministre, cette situation réduit la valeur captée par l’économie nationale et entretient une dépendance à l’importation pour certains produits raffinés et dérivés chimiques. Or, le développement stratégique de cette filière représente une opportunité majeure pour renforcer la base industrielle nationale, améliorer la balance commerciale, stimuler les économies locales et favoriser l’émergence d’industries à forte valeur ajoutée. A l’horizon 2034, la filière sel présente un potentiel de plus de 30 000 emplois formels et un chiffre d’affaires de 350 milliards de FCFA.

Par ailleurs, pour le Premier Ministre, le choix de la filière sel permet de faire du Pôle-Territoire Centre le cœur industriel du sel sénégalais. Cela permettra de bâtir d’ici à 2050 un écosystème territorial intégré autour du sel, qui couvre l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production modernisée y compris le conditionnement aux services d’appui en passant par la transformation industrielle, la logistique de transport notamment et le stockage. 

Enfin, le Premier Ministre rappelle l’ambition portée par l’État qui est de faire du « Sel du Sénégal » un label de qualité, leader du marché régional et compétitif sur les marchés internationaux.

Situation Air Sénégal 

Le Premier Ministre a présenté les difficultés auxquelles est confronté Air Sénégal. Celles-ci dépassant le bilan d’une compagnie aérienne, mettent en jeu l’image du Sénégal dans le monde, sa connectivité stratégique, son attractivité touristique et économique, le lien vital avec la diaspora et la confiance des partenaires. En conséquence, il a donné un délai de 30 jours au Ministre des Transports terrestre et aérien, pour la matérialisation des mesures phares du Conseil interministériel consacré au secteur, notamment de veiller à la finalisation et à la mise en œuvre accélérée du plan de redressement opérationnel complet, au lancement effectif de l’opération de refinancement, à la présentation d’une proposition détaillée de recapitalisation définitive et à la réalisation de l’audit de rationalisation, assortie de l’adoption du plan correctif. Le Premier Ministre demande également au Ministre des Finances de travailler à la mobilisation urgente des ressources nécessaires à Air Sénégal pour l’apurement, par un redéploiement budgétaire exceptionnel et justifié,des engagements exigibles et incontournables envers des fournisseurs essentiels à son fonctionnement, afin de garantir la continuité du service public aérien.

Situation des Universités

Evoquant la situation dans les universités et particulièrement celle de Dakar, le Premier Ministre a d’abord exprimé sa profonde tristesse à la suite de la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye BA et présenté ses condoléances à sa famille, à la communauté universitaire et au peuple tout entier. Il a déploré l’usage de la violence et invité le Ministre de la Justice à veiller aux suites judiciaires y afférentes, en établissant toutes les responsabilités en général et, les circonstances de ce décès, en particulier. Le Premier Ministre a noté la nécessité de poursuivre les réformes engagées des universités et a encouragé le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation dans ce sens. Il a également demandé au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de continuer à veiller à la sécurisation et à la pacification complète des espaces universitaires.

Le Premier Ministre a clos sa communication en annonçant qu’il se rendra à Addis-Abeba, les 14 et 15 février 2026, pour y représenter le Président de la République à la 39e session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine. 

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre des Pêches et de l’Economie maritime a fait une communication sur la Stratégie nationale portuaire du Sénégal.

Le Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public a fait une communication sur la situation du climat social national et l’état d’avancement du traitement des cahiers de doléances syndicales.

Le Ministre de la Jeunesse et des Sports a fait une communication sur la gouvernance et l’organisation du service de sécurité des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar, 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :

  • le projet de loi relative à l’activité d’affacturage ;
  • le projet de loi relative au crédit-bail.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

UCAD : El Hadji Ibrahima Diop ( Allure ) propose une délocalisation à Sébikhotane et un plan de 50 milliards

Alors que les tensions persistent à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), ponctuées de perturbations chroniques et de revendications estudiantines, une voix singulière monte du camp présidentiel. El Hadji Ibrahima Diop, Secrétaire national chargé des foyers religieux du parti Alliance pour les Urgences de la République (Allure), membre de la mouvance Diomaye Président, refuse de se contenter de « gérer les détails ». Il appelle à un électrochoc systémique.

Son remède de cheval : délocaliser l’UCAD à Sebikhotane. « Le président de la République, sans démagogie, doit prendre des mesures fortes. La première mesure pour moi est de délocaliser l’UCAD à Sebikhotane. Il faut sortir un budget de 50 milliards pour construire une université toute neuve et dans des délais records (1 an maximum) », déclare-t-il. Loin d’un abandon des lieux, il imagine l’actuel campus reconverti en « Cité de la médecine et des technologies », une sorte de Silicon Valley destinée à attirer les investisseurs privés.

Ce « big bang » universitaire ne s’arrête pas au béton. M. Diop prône un virage pédagogique radical. « Dès la rentrée 2026/2027, il faudra privilégier les orientations dans les filières agricoles, technologiques et minières », insiste-t-il, appelant à un adieu aux formations sans débouchés.

La troisième mesure concerne le monde professionnel. Le leader d’Allure propose d’imposer, dès cette année, à tout attributaire de marché public de plus de 50 millions, le recrutement d’au moins un étudiant en stage rémunéré. Une disposition qui viserait à « créer un choc d’employabilité ».

Enfin, le réformateur insiste sur l’impératif d’un changement de logiciel culturel. « La 4e mesure, et qui me semble la plus importante, est de développer une vaste campagne de communication afin que l’étudiant ne soit plus un problème pour la société, un éternel assisté, mais une solution », assène-t-il.

Pour El Hadji Ibrahima Diop, l’heure n’est plus à l’atermoiement. Il adjure le gouvernement de rompre avec une posture de simple gestionnaire de crises. « C’est le moment d’attaquer la racine du mal. La CAN est encore récente pour nous convaincre que l’abandon et la peur ne doivent pas être sénégalais. » Un appel au volontarisme présidentiel qui, à défaut de faire l’unanimité, a le mérite de poser crûment les termes d’un débat national devenu inévitable.

Violences à l’UCAD : arrestations contestées, plus de 300 blessés et colère après le décès d’Abdoulaye Ba

Les violents affrontements survenus le 9 février 2026 à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) continuent de susciter une vive émotion au sein de la communauté universitaire. Selon les informations recueillies, plus de 300 étudiants ont été blessés au cours des heurts et plusieurs interpellations ont été effectuées, parmi lesquelles figurent quatre responsables d’amicales.

Cheikh Ngom, membre du collectif des amicales de l’UCAD, a dénoncé des arrestations qu’il qualifie d’« arbitraires ». Il s’agit de Cheikh Atab Sagna, président de l’Amicale des étudiants de la Faculté de médecine, Wally Faye, président de l’Amicale des étudiants de la Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP), Demba Ka, président de l’Amicale de la Faculté des lettres, ainsi que Bathie Fall, président de la commission sociale des étudiants de la FSJP. Selon lui, ces représentants « n’ont rien fait » d’autre que de porter des revendications qu’ils estiment légitimes au nom des étudiants.

Intervenant sur les ondes de la RFM, lors du journal de 12 heures, Cheikh Ngom a également évoqué la situation préoccupante de certains étudiants interpellés, affirmant que « certains sont dans des conditions très tristes ». Il a par ailleurs précisé que parmi les blessés, plusieurs cas graves ont été enregistrés. Certains étudiants ont été hospitalisés à l’Hôpital Principal de Dakar, tandis que d’autres ont été admis au Centre de traumatologie et d’orthopédie (CTEO).

Au-delà des arrestations et du lourd bilan humain, la tension reste vive après le décès d’un étudiant, Abdoulaye Ba, qui sera inhumé ce mercredi 11 février 2026. Le collectif des amicales déplore un manque de transparence autour des circonstances de sa mort. « L’autopsie a été faite, mais les autorités refusent jusqu’à présent de la publier », a dénoncé Cheikh Ngom, pointant une opacité qui alimente la frustration et la colère au sein du campus.

À la suite de ces événements tragiques, le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) a annoncé la fermeture du campus social à partir du mardi 10 février 2026 à 12 heures, et ce jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure vise, selon les autorités universitaires, à prévenir de nouveaux débordements, alors que la situation demeure tendue à l’UCAD, où étudiants et responsables universitaires semblent désormais engagés dans un bras de fer aux conséquences lourdes.

La CESL dénonce une « campagne de désinformation » et exige la libération des étudiants arrêtés

La Coordination des Étudiants de Saint-Louis (CESL) est montée au créneau à la suite du point de presse conjoint animé par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le ministre de l’Intérieur et le ministre de la Justice. Dans un communiqué rendu public, la structure estudiantine fustige les déclarations faites par les autorités, qu’elle qualifie de « campagne de désinformation et de manipulation de l’opinion nationale ».

Selon la CESL, les propos tenus lors de cette rencontre avec la presse dénaturent les faits et participent à une présentation biaisée de la situation dans les universités. Les étudiants dénoncent un « lexique abusif » qui, à leurs yeux, contribue à travestir la réalité et à banaliser des « actes de barbarie exercés sur les étudiants ». Face à ce qu’ils considèrent comme une tentative de décrédibilisation de leur mouvement, ils disent prendre à témoin les chefs religieux du pays ainsi que l’ensemble des parents d’étudiants.

La Coordination rejette également ce qu’elle appelle des « paroles diffamatoires » à l’encontre des syndicats d’étudiants. Elle insiste sur la légitimité de leur combat, estimant que la crise actuelle découle d’un « manque de respect venant des autorités » et d’une « application unilatérale de mesures en contradiction avec les réglementations en vigueur relatives aux allocations de bourse ». Pour la CESL, ces décisions prises sans concertation ont exacerbé les tensions et nourri le climat de défiance observé ces derniers jours.

Dans son communiqué, l’organisation estudiantine affirme que les intimidations et les mesures jugées drastiques adoptées par les autorités ne sauraient mettre un terme à leurs actions syndicales. Elle soutient que leur mobilisation vise à restaurer « la dignité, l’intégrité, la justice et le respect des droits des étudiants », qu’elle considère comme non négociables.

La CESL tient par ailleurs à préciser qu’elle demeure une « structure purement apolitique », rejetant toute tentative d’assimilation à un agenda partisan. Enfin, elle exige la libération immédiate et sans condition de tous les étudiants arrêtés, en particulier de ses camarades ainsi que des représentants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), appelant à un retour au dialogue pour une sortie de crise apaisée.

Affaire Farba Ngom : ses avocats dénoncent une saisie et un « piratage » irréguliers de son téléphone portable

Les avocats de Farba Ngom ont tenu, ce mercredi, une conférence de presse pour dénoncer les conditions dans lesquelles le téléphone portable de leur client a été saisi puis exploité. Par la voix de Me Amadou Sall, membre du pool de défense, ils ont qualifié la procédure d’irrégulière et soulevé de graves interrogations sur le respect des droits fondamentaux du parlementaire.

Selon les explications fournies, les faits remontent au mois de décembre dernier. À la suite d’une fouille inopinée, Farba Ngom aurait été trouvé en possession d’un téléphone portable. Un élément que la défense juge anodin mais qui aurait pourtant conduit le ministère de la Justice à solliciter la levée de son immunité parlementaire. « Vous allez me dire, rien que pour ça, pour un téléphone portable, le ministère de la Justice a demandé la levée de son immunité parlementaire. Juste un portable », s’est indigné Me Amadou Sall devant la presse.

Au-delà de la saisie elle-même, c’est le traitement réservé à l’appareil qui cristallise la contestation des avocats. Me Sall affirme que le téléphone a été confisqué puis conservé pendant une dizaine de jours avant que son client ne soit entendu à ce sujet. « C’est seulement après 10 jours qu’il a été entendu », a-t-il précisé. Lors de cette audition, Farba Ngom aurait été invité à communiquer le code de déverrouillage de son téléphone, ce qu’il a refusé. Une décision que la défense considère comme parfaitement légale, au nom du droit au respect de la vie privée et du secret des correspondances, notamment celles échangées avec ses conseils.

Face à ce refus, Me Amadou Sall affirme que le téléphone aurait été « cracké » dans des circonstances demeurant floues. Selon lui, l’opération de piratage et l’exploitation des données contenues dans l’appareil se seraient déroulées sans la présence de Farba Ngom ni celle de ses avocats. « Plus de 10 jours après qu’ils ont pris ce portable, qu’est-ce qu’ils en ont fait ? Qu’est-ce qu’ils ont mis ? Qu’est-ce qu’ils ont retranché ? Nul ne le sait », a-t-il lancé, mettant en doute l’intégrité des données et la transparence de la procédure.

Pour la défense, l’exploitation du contenu d’un téléphone portable s’apparente à une perquisition numérique, soumise à des règles strictes prévues par la loi. Me Sall rappelle qu’une perquisition peut certes être ordonnée par décision de justice sans l’accord du propriétaire, mais qu’elle doit impérativement se dérouler en sa présence, ou en présence de personnes qu’il désigne, voire de ses avocats. En l’absence de ces garanties, les avocats estiment que les droits de leur client ont été violés.

À travers cette sortie médiatique, le pool d’avocats entend contester la régularité de la procédure et ouvrir un débat sur le respect des principes fondamentaux en matière de saisie et d’exploitation des données numériques, dans un contexte où les enjeux judiciaires et politiques demeurent particulièrement sensibles.

Lutte sénégalaise : le gouverneur de Dakar et Siteu optent pour le dialogue et la pacification de l’arène

Le gouverneur de Dakar et le lutteur Siteu ont tenu une rencontre placée sous le signe de l’apaisement, dans le but de dissiper les incompréhensions et de réaffirmer un engagement commun en faveur d’une arène de lutte pacifiée. Cette audience intervient à la suite d’une séquence de débats nourris, consécutifs à certaines déclarations publiques du champion, jugées par une partie de l’opinion en décalage avec le message sécuritaire porté par les autorités de la République.

Dans un contexte marqué par une sensibilité accrue autour des questions de violence dans et aux abords des arènes, les deux parties ont fait le choix du dialogue afin d’éviter toute escalade susceptible de ternir l’image de la lutte sénégalaise. Autour de la table figuraient plusieurs personnalités du monde de la lutte, qui ont joué un rôle clé dans la médiation et favorisé un climat d’échanges sereins et constructifs.

Les discussions ont porté en profondeur sur la situation actuelle de la lutte, discipline emblématique du patrimoine sportif et culturel sénégalais, mais confrontée à des défis récurrents liés à la violence et aux débordements observés lors de certains événements. Les échanges ont permis d’identifier des pistes concrètes visant à renforcer les mécanismes de prévention, à améliorer l’encadrement des supporters et à responsabiliser davantage les différents acteurs du milieu, qu’il s’agisse des lutteurs, des promoteurs ou des managers.

La question spécifique de la banlieue dakaroise a occupé une place centrale dans les débats. Les interlocuteurs ont insisté sur la nécessité d’intensifier les actions de sensibilisation en direction des jeunes, particulièrement exposés aux risques de dérives. Ils ont également évoqué l’importance de multiplier les initiatives d’encadrement social et sportif, tout en créant des opportunités susceptibles d’offrir des alternatives positives aux jeunes les plus vulnérables.

Au terme de la rencontre, Siteu s’est inscrit dans une dynamique de collaboration avec les autorités administratives. Le lutteur a exprimé sa volonté de contribuer activement aux actions de terrain et de promouvoir un climat apaisé autour de la lutte. Cette démarche conjointe traduit une volonté partagée de préserver l’image et les valeurs de cette discipline, pilier de l’identité sportive et culturelle du Sénégal.

Affaire Farba Ngom : la défense dénonce de “graves violations” des droits constitutionnels du député

Les avocats du député et maire des Agnam, Mouhamadou Farba Ngom, sont montés au créneau ce jour lors d’une conférence de presse pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’irrégularités majeures dans la procédure engagée contre leur client. Face aux journalistes, le collectif de défense, par la voix de Me El Hadji Amadou Sall, a évoqué des « violations graves et manifestes » des droits constitutionnels du parlementaire.

Au cœur de leurs griefs figure la saisie et l’exploitation du téléphone portable du député. Selon Me Amadou Sall, l’appareil aurait été découvert en décembre dernier lors d’une fouille inopinée. C’est à la suite de cette découverte que le ministère de la Justice aurait sollicité la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom. Une démarche que la défense juge disproportionnée et juridiquement contestable. « Juste pour un portable », a insisté l’avocat, estimant que la procédure repose sur des bases fragiles.

Les conseils du député soutiennent que le téléphone a été conservé pendant une dizaine de jours avant que leur client ne soit auditionné. Ils affirment également que, après le refus de Farba Ngom de communiquer son code d’accès, l’appareil aurait été « craqué » afin d’en exploiter le contenu. Pour la défense, une telle démarche constituerait une entorse grave aux droits de la défense et au respect de la vie privée.

Les avocats dénoncent en outre une perquisition qui aurait été menée en l’absence du député et de ses conseils, ce qu’ils considèrent comme une violation des règles encadrant ce type d’acte. Ils pointent également une atteinte au secret professionnel, évoquant la divulgation présumée d’échanges entre Farba Ngom et ses avocats. « La communication entre un justiciable et ses conseils est couverte par le secret professionnel. Nul n’a le droit d’y accéder », a martelé Me Amadou Sall, estimant que ce principe fondamental aurait été bafoué.

Sur le plan judiciaire, la défense rappelle que le juge du premier cabinet a accordé à leur client une liberté provisoire pour « contestation sérieuse » des faits, et non pour des raisons médicales. Une précision que les avocats jugent importante, considérant qu’elle affaiblit la thèse de l’accusation. Le parquet a toutefois interjeté appel de cette décision, relançant la procédure devant une juridiction supérieure.

Enfin, les conseils de Farba Ngom soulignent que leur client demeure député en exercice et bénéficie, à ce titre, d’une immunité parlementaire. Ils rappellent que la levée de cette immunité ne peut intervenir que pour des faits précis et dans un cadre strictement défini par la loi. Selon eux, cette protection vise à garantir l’exercice libre et indépendant du mandat parlementaire, et non à protéger une personne en tant que telle.

Basket féminin : Cheikh Sarr de retour à la tête des Lionnes

La Fédération sénégalaise de basketball (FSBB) a officialisé, ce mercredi 11 février 2026, la nomination de Cheikh Sarr au poste de sélectionneur de l’équipe nationale féminine du Sénégal. Une décision qui marque le retour d’un technicien bien connu du basket sénégalais à la tête des Lionnes, après un premier passage entre 2017 et 2019.

Avec cette nomination, l’instance dirigeante du basketball sénégalais fait le choix de l’expérience et de la continuité. Cheikh Sarr n’est pas un inconnu dans l’environnement de la sélection nationale. Lors de son précédent mandat, il avait su imprimer sa marque, notamment en conduisant les Lionnes à la Coupe du monde féminine FIBA 2018, confirmant ainsi la place du Sénégal parmi les nations majeures du basketball africain.

Le technicien sénégalais peut également se prévaloir d’un parcours solide avec l’équipe nationale masculine. Sous sa direction, les Lions avaient atteint le deuxième tour de la Coupe du monde FIBA 2014, une performance significative sur la scène internationale. Cette double expérience à la tête des sélections masculine et féminine constitue un atout majeur dans la gestion d’un groupe appelé à retrouver les sommets continentaux.

Après son départ de la sélection sénégalaise, Cheikh Sarr avait pris les rênes des équipes nationales du Rwanda à partir de 2021, encadrant à la fois les sélections masculine et féminine. Cette aventure à l’étranger lui a permis d’enrichir davantage son vécu sur le plan africain et de se confronter à d’autres réalités du basketball de haut niveau.

Il succède à l’Américain Otis Hughley Jr., qui avait dirigé les Lionnes lors du dernier Afrobasket féminin. La compétition s’était soldée par une quatrième place, le Sénégal terminant au pied du podium, un résultat jugé en deçà des ambitions d’un pays habitué aux premières places continentales.

À travers ce choix, la FSBB affiche clairement son ambition de relancer la dynamique de l’équipe nationale féminine et de viser un retour durable sur le podium africain. Le défi est de taille pour Cheikh Sarr, dans un contexte de concurrence accrue sur le continent, mais son expérience et sa connaissance du basketball sénégalais pourraient constituer des leviers déterminants pour redonner aux Lionnes leur lustre d’antan.

Modou Fall, chroniqueur à la SenTV, placé en garde à vue après sa convocation à la Brigade Faidherbe

Le chroniqueur de la SenTV, Modou Fall, a été placé en garde à vue ce mardi, après avoir répondu à une convocation de la Brigade Faidherbe prévue à 15 heures, selon des informations rapportées par ses proches.

Les raisons précises de cette convocation ainsi que les faits qui lui seraient reprochés n’ont pas encore été officiellement communiqués par les autorités compétentes. Cette mesure de garde à vue intervient dans un contexte marqué par une forte sensibilité autour des prises de parole publiques et des débats médiatiques.

Des réactions commencent déjà à émerger dans les milieux journalistiques et sur les réseaux sociaux, où certains évoquent des préoccupations liées à la liberté d’expression, tandis que d’autres appellent à attendre les éléments officiels avant toute conclusion.

Décès du journaliste Georges Déthié Diop

Le journaliste Georges Déthié Diop est décédé ce mercredi matin à la suite d’un malaise, selon des sources proches de la RFM.

Il avait assuré la présentation du journal de 7 heures avant de coanimer, à 7h40, l’émission RFM Matin aux côtés de Babacar Fall. C’est peu après cette tranche matinale qu’il aurait été victime d’un malaise.

Rapidement pris en charge et évacué vers une structure hospitalière, il n’a malheureusement pas survécu.

La disparition de Georges Déthié Diop constitue une grande perte pour le paysage médiatique sénégalais.

Kaolack : l’UDEN mise sur la continuité avec Abdoulaye Dia

La section départementale de l’Union démocratique des enseignants (UDEN) de Kaolack a procédé, lundi 10 février 2026, au renouvellement de son bureau syndical à l’issue d’une assemblée générale tenue récemment dans la capitale du Saloum. À l’issue des travaux, le secrétaire général sortant, Abdoulaye Dia, a été reconduit à l’unanimité pour un mandat de trois ans.

Cette reconduction, saluée par une forte mobilisation des militants, témoigne de la confiance renouvelée des membres envers leur dirigeant. Selon plusieurs intervenants, le bilan du mandat écoulé, marqué par un engagement soutenu pour la défense des intérêts matériels et moraux des enseignants, a largement motivé ce choix consensuel.

Prenant la parole après sa réélection, Abdoulaye Dia a exprimé sa gratitude à l’endroit des syndicalistes pour « la confiance renouvelée » et a réaffirmé sa détermination à poursuivre le combat pour l’amélioration des conditions de travail des enseignants dans le département de Kaolack. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer l’unité syndicale, le dialogue social et la concertation avec les autorités académiques et administratives.

Durant son nouveau mandat, le bureau reconduit entend mettre l’accent sur le suivi des accords signés avec l’État, la gestion des carrières, la formation continue des enseignants et la défense d’une école publique de qualité.

Cette assemblée générale a également été l’occasion pour les membres de réaffirmer leur engagement à œuvrer dans la solidarité et la discipline syndicale, dans un contexte où les défis liés au système éducatif restent nombreux.

Avec cette reconduction à l’unanimité, la section départementale de l’UDEN de Kaolack semble miser sur la continuité et la stabilité pour relever les défis à venir au service de l’école sénégalaise.

CSS : Un stock suffisant de sucre pour le Ramadan et le Carême, Guillaume Ranson rassure le marché national

À l’approche du Ramadan et du Carême chrétien, la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) se dit prête à répondre à la demande nationale en sucre. Le directeur général de l’entreprise, Guillaume Ranson, a annoncé la disponibilité immédiate d’un stock de 74 000 tonnes de sucre, réparti entre 58 000 tonnes à Richard-Toll, dans le nord-ouest du pays, et 16 000 tonnes à Dakar. Selon lui, cette quantité est largement suffisante pour approvisionner le marché sénégalais durant ces deux événements religieux majeurs.

M. Ranson a indiqué que ce stock sera renforcé dans les semaines à venir. « 75 000 tonnes supplémentaires s’ajouteront à ce volume d’ici la fin de la campagne sucrière prévue en mai », a-t-il précisé, estimant que la CSS disposera alors d’une capacité largement suffisante pour couvrir la consommation nationale.

Le directeur général a également rappelé que l’entreprise met en œuvre le plan de développement KT220, un projet stratégique visant à porter la production annuelle de sucre à 220 000 tonnes, ce qui correspond exactement à la consommation nationale des ménages sénégalais. Ce plan ambitionne ainsi d’assurer l’autosuffisance du pays en sucre et de stabiliser l’approvisionnement tout au long de l’année.

Cette déclaration a été faite à l’occasion d’une « journée portes ouvertes » organisée à l’intention des commerçants partenaires de la CSS. La rencontre s’est tenue le mardi 10 février 2026 et a enregistré la présence du préfet du département de Dagana, Ibrahima Ismaïl Ndiaye, ainsi que du directeur du Commerce intérieur, Ahmadou Bamba Ndaw.

Grâce à ces mesures et à la mise en œuvre du plan KT220, la CSS entend rassurer le marché et les consommateurs sénégalais, en garantissant un approvisionnement régulier et suffisant en sucre, particulièrement pendant les périodes de forte demande liées aux fêtes religieuses.

Habib Bèye pressenti pour diriger l’Olympique de Marseille après son départ du Stade Rennais

Quelques jours seulement après son départ du Stade Rennais, Habib Bèye pourrait rapidement retrouver un banc de Ligue 1, et pas n’importe lequel. Selon les informations de RMC Sports, les dirigeants de l’Olympique de Marseille apprécient beaucoup le travail de l’entraîneur sénégalais et l’ont contacté pour prendre la succession de Roberto De Zerbi, dont le départ a été officialisé dans la nuit de mardi à mercredi. Le plan initial de l’OM serait de confier la fin de saison à Bèye, avant de décider de son avenir à plus long terme à la tête du club.

Pour Habib Bèye, retrouver Marseille en tant qu’entraîneur représente un rêve qui pourrait se réaliser. Lors d’un entretien accordé à L’Équipe il y a deux ans, l’ancien défenseur central avait exprimé son amour pour le club phocéen, où il a évolué pendant quatre saisons, de 2003 à 2007. « Si des gens pensent que je me place à l’OM, allez-y, dites-le. (Rires.) Ça ne me dérange pas du tout. Mais heureusement que si demain l’OM se manifeste, j’irais. C’est le club qui m’a le plus donné d’émotions, depuis mon enfance. J’en ai été le capitaine. Si l’OM m’appelle, j’y vais en courant ! Je n’ai aucun problème à le dire », avait-il confié.

UCAD : Aminata Touré appelle à la pacification et à des solutions durables après le décès d’Abdoulaye Ba

La coalition Diomaye Président, à travers sa coordonnatrice Aminata Touré, a lancé un appel au gouvernement et aux acteurs de l’espace universitaire « à travailler à la pacification définitive de l’espace universitaire », ce mercredi 11 février, deux jours après la mort tragique d’Abdoulaye Ba, étudiant en médecine, lors des violences survenues à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, dont les commentaires ont été restreints, Aminata Touré a insisté sur la nécessité de mettre en place « des solutions pérennes afin que les universités redeviennent des lieux d’épanouissement intellectuel et de bien-être pour toute la communauté universitaire ». Elle a ainsi appelé à un dialogue constructif entre les autorités universitaires, le gouvernement et les étudiants afin de prévenir de nouveaux incidents.

Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine, a trouvé la mort dans la soirée du lundi 9 février, à la suite de violents affrontements entre les forces de l’ordre et des étudiants opposés à la réforme du système de bourses. Ce drame a suscité une vive émotion au sein de la communauté universitaire et au-delà, ravivant les débats sur la gestion de l’ordre public sur les campus.

Les ministères de l’Intérieur, de la Justice et de l’Enseignement supérieur se sont exprimés lors d’une conférence de presse tenue le 10 février, assurant que « justice sera faite » et que « les responsabilités seront situées ». Ils ont également indiqué que des enquêtes sont en cours pour déterminer les circonstances exactes du décès et identifier les acteurs impliqués dans ces violences.

Face à cette situation, la coalition Diomaye Président réaffirme son engagement pour un climat universitaire apaisé et encourage la mise en œuvre de mesures durables qui garantissent la sécurité, l’épanouissement et le bien-être de tous les étudiants.

Affaire Pape Cheikh Diallo et Cie : l’enquête s’étend à treize nouveaux suspects, dont deux figures du showbiz

L’enquête judiciaire dans l’affaire dite « Pape Cheikh Diallo et Cie » connaît un nouveau tournant. Alors que plusieurs mis en cause ont déjà été placés sous mandat de dépôt, les investigations se poursuivent et pourraient conduire à de nouvelles interpellations dans les prochains jours.

Selon les informations rapportées par le journal Les Échos, les enquêteurs ont transmis une liste de treize personnes à la Brigade de recherches de la gendarmerie de Keur Massar, dans la banlieue dakaroise. Ces individus seraient susceptibles d’être entendus dans le cadre de la procédure en cours. Parmi eux figureraient deux personnalités connues du monde du showbiz, ce qui confère à l’affaire une dimension médiatique supplémentaire.

Toujours d’après la même source, les éléments de la Brigade de recherches devraient procéder très prochainement à l’interpellation des personnes citées, afin de les auditionner et de déterminer leur éventuel degré d’implication. Cette nouvelle phase marque un élargissement significatif du dossier, laissant présager d’autres développements judiciaires.

Pour rappel, Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé, Doudou Lamine Dieng ainsi que plusieurs autres personnes ont été placés sous mandat de dépôt le 9 février 2026. La décision a été prise par le juge d’instruction du Premier cabinet du Tribunal de Grande Instance de Pikine-Guédiawaye, à la suite du réquisitoire introductif du procureur de la République.

Les mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du VIH/sida par rapports sexuels non protégés, mise en danger de la vie d’autrui et blanchiment de capitaux. Des chefs d’accusation lourds qui traduisent la gravité des faits allégués et la complexité du dossier.

Kaolack – Dya renforce son dispositif sanitaire avec un logement pour la sage-femme et une ambulance médicalisée

La commune de Dya, dans le département de Kaolack, vient de poser un acte fort en faveur de l’amélioration de l’accès aux soins, notamment en matière de santé maternelle et de prise en charge des urgences médicales. Le maire, Tamsir Guèye, a procédé à l’inauguration officielle du logement de la sage-femme du poste de santé de Dya et à la remise des clés d’une ambulance médicalisée d’une valeur estimée à plus de 50 millions de FCFA.

Cette double initiative répond à des défis structurels majeurs auxquels sont confrontées de nombreuses collectivités rurales : la disponibilité permanente du personnel qualifié et la rapidité des évacuations sanitaires. En dotant la sage-femme d’un logement fonctionnel à proximité immédiate du poste de santé, la municipalité garantit désormais une présence continue du personnel obstétrical. Une mesure qui devrait considérablement améliorer le suivi des grossesses, la qualité des accouchements assistés et la gestion des urgences obstétricales, particulièrement critiques en milieu rural.

La cérémonie d’inauguration s’est déroulée en présence des autorités municipales, des chefs de villages de la commune, des autorités religieuses et coutumières, ainsi que de l’Infirmière-chef de poste (ICP), Aminata Kane. Les acteurs locaux de la santé et les représentants communautaires ont unanimement salué cette initiative, soulignant son importance dans la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale, qui demeure préoccupante dans certaines zones du pays.

L’acquisition de l’ambulance médicalisée constitue un autre jalon important dans le renforcement du plateau technique du poste de santé de Dya. Obtenue en partenariat avec Anabel, elle permettra d’assurer des évacuations rapides et sécurisées vers les structures sanitaires de référence, notamment à Kaolack, en cas de complications nécessitant une prise en charge spécialisée. Pour les populations, souvent confrontées à des difficultés de transport en situation d’urgence, cet équipement représente un véritable soulagement et un gage de sécurité supplémentaire.

Au-delà de ces réalisations dans le domaine sanitaire, le maire Tamsir Guèye a annoncé la poursuite de cette dynamique de développement local. Dans les prochains mois, la commune prévoit l’inauguration du marché communal de Dya ainsi que celle du poste de santé de Gomone. Ces projets s’inscrivent dans une vision intégrée du développement, articulant santé, dynamisation économique et renforcement de la cohésion sociale.

Profitant de cette tribune, l’édile a également lancé un appel à l’unité de l’ensemble des responsables politiques et des forces vives de la commune afin de fédérer les énergies autour des priorités de développement. À travers ces investissements structurants, la commune de Dya réaffirme sa volonté de placer la santé et le bien-être des populations au cœur de son action publique, en privilégiant des solutions concrètes et durables au bénéfice des communautés locales.

Affaire des 12 mis en cause à Keur Massar : nouvelle extraction pour approfondissement de l’enquête

Placés sous mandat de dépôt lundi dernier pour association de malfaiteurs, actes contre nature, mise en danger de la vie d’autrui et blanchiment de capitaux, les 12 mis en cause dans cette affaire sensible ont été extraits de leur lieu de détention mardi par les gendarmes. Parmi eux figurent notamment Pape Cheikh Diallo et Djiby Dramé, cités dans la procédure en cours.

Selon des informations rapportées par Seneweb, cette extraction s’inscrit dans le cadre de la poursuite des investigations menées par la Brigade de Recherches de la Compagnie de gendarmerie de Keur Massar. Les enquêteurs ont en effet reçu une délégation judiciaire leur permettant d’approfondir certains aspects du dossier, notamment en procédant à de nouvelles auditions et confrontations.

D’après les éléments disponibles, les investigations portent à la fois sur les faits initiaux ayant conduit à l’interpellation des suspects et sur des ramifications financières présumées. Les charges de blanchiment de capitaux laissent supposer l’existence de flux financiers suspects que les enquêteurs cherchent à retracer avec précision, en collaboration avec les services compétents. L’objectif est d’établir l’origine des fonds incriminés, leur circuit ainsi que d’éventuelles complicités.

La qualification d’association de malfaiteurs, retenue par le parquet, laisse entendre que les faits reprochés auraient été commis dans un cadre organisé. Les autorités judiciaires s’attachent ainsi à déterminer les rôles respectifs de chaque mis en cause, leur degré d’implication et l’éventuelle hiérarchie au sein du groupe présumé.

Le mandat de dépôt prononcé lundi par le magistrat instructeur marque une étape importante dans la procédure. Il traduit la volonté de la justice de garantir la disponibilité des suspects durant l’instruction et d’éviter toute entrave à la manifestation de la vérité.

Pour l’heure, aucune communication officielle détaillée n’a été faite sur les résultats des nouvelles auditions. L’enquête suit son cours et pourrait connaître de nouveaux développements dans les prochains jours, au fur et à mesure de l’exploitation des éléments recueillis par les enquêteurs de la gendarmerie de Keur Massar.

Reddition des comptes : deux anciens ministres bientôt devant la Haute Cour de justice, un calendrier parlementaire chargé

La dynamique de reddition des comptes engagée par les nouvelles autorités connaît une nouvelle accélération. Une procédure visant deux anciens membres du gouvernement, Me Moussa Bocar Thiam et Abdoulaye Diouf Sarr, est désormais enclenchée à l’Assemblée nationale, dans le prolongement des poursuites déjà engagées contre plusieurs figures de l’ancien régime.

Cette nouvelle étape s’inscrit dans la continuité de la politique de transparence et de responsabilité impulsée par le pouvoir en place. Elle intervient après la première vague de mises en accusation de cinq anciens ministres – Moustapha Diop, Mansour Faye, Ismaïla Madior Fall, Aïssatou Sophie Gladima et Salimata Diop – traduits devant la Haute Cour de justice, officiellement installée en décembre 2024. Cette juridiction d’exception, compétente pour juger les anciens membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions, est désormais au cœur du processus de clarification des responsabilités politiques et financières.

Le calendrier des travaux parlementaires a été fixé par la Conférence des présidents. Le projet de mise en accusation visant Me Moussa Bocar Thiam et Abdoulaye Diouf Sarr sera examiné en commission le 19 février 2026 à 11 heures. Il sera ensuite soumis à l’examen en séance plénière le 24 février 2026 à 10 heures. Si les députés adoptent la procédure, les deux anciens ministres seront officiellement traduits devant la Haute Cour de justice, ouvrant ainsi une nouvelle phase judiciaire aux implications politiques majeures.

Les charges retenues contre Me Moussa Bocar Thiam portent notamment sur le projet d’aménagement du Parc des technologies numériques, rebaptisé Senegal Connect Park. Ce dossier avait déjà suscité de vives controverses et conduit à l’emprisonnement de certains de ses collaborateurs sous l’ancien régime. Les investigations actuelles visent à établir les responsabilités dans la gestion et l’attribution des marchés liés à ce projet structurant.

Concernant Abdoulaye Diouf Sarr, l’instruction s’appuie principalement sur le rapport de la Cour des comptes publié en 2022 relatif à la gestion des fonds destinés à la riposte contre la pandémie de Covid-19. Ce rapport, qui avait mis en lumière plusieurs irrégularités, avait déjà servi de base en mai 2025 pour la mise en accusation d’autres anciens ministres. Les éléments réunis dans ce dossier devraient nourrir les débats parlementaires avant une éventuelle saisine de la Haute Cour.

La date du 24 février s’annonce d’ailleurs particulièrement stratégique sur le plan institutionnel. Le même jour, l’Assemblée nationale recevra le Premier ministre Ousmane Sonko et les membres de son gouvernement dans le cadre des traditionnelles questions d’actualité. Ce rendez-vous parlementaire pourrait donner lieu à des échanges nourris, dans un contexte marqué par les procédures judiciaires en cours et les réformes annoncées.

Le calendrier législatif prévoit également l’examen du projet de loi portant sur le Conseil national de régulation des médias (Cnrm). Le texte sera étudié en commission le 26 février avant d’être soumis au vote en séance plénière le 3 mars 2026. Cette réforme, attendue par les acteurs du secteur, vise à redéfinir le cadre de régulation des médias dans un environnement marqué par l’essor du numérique et la montée des enjeux liés à la désinformation.

Dakar : deux individus interpellés pour cybercriminalité, vol et actes contre nature

La Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar a procédé à l’interpellation de deux individus dans une affaire mêlant vol, accès frauduleux à un système informatique, obtention indue d’un avantage financier et actes contre nature. Les deux mis en cause ont été placés en garde à vue, tandis que l’enquête se poursuit afin d’identifier un troisième suspect présumé impliqué dans le dossier.

L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée par l’un des protagonistes, qui déclarait avoir été victime d’un vol à l’arraché de son téléphone portable. Selon sa déposition, les faits se seraient produits après une rencontre avec le second individu lors d’un voyage à Louga. Le plaignant affirmait également que, peu après la disparition de son téléphone, la somme de 2 250 000 FCFA avait été frauduleusement retirée de son compte Mobile money.

À la suite de cette plainte, les enquêteurs ont ouvert des investigations qui ont permis de localiser et d’interpeller le suspect principal au quartier des Maristes. Conduit dans les locaux de la Sûreté urbaine pour audition, ce dernier a catégoriquement nié les accusations de vol. Il a soutenu avoir conservé le téléphone en guise de garantie pour le remboursement d’une créance estimée à deux millions de FCFA.

D’après ses déclarations, cette somme correspondrait à un paiement que le plaignant lui aurait promis en échange de rapports sexuels consentis entre les deux hommes. Le suspect affirme que deux rapports auraient effectivement eu lieu, mais que la contrepartie financière convenue ne lui aurait jamais été versée. Il aurait alors décidé de garder le téléphone comme moyen de pression pour obtenir le règlement de la somme due.

Le plaignant, pour sa part, a formellement nié ces allégations. Toutefois, au cours de l’enquête, le mis en cause a fourni une description détaillée de la chambre où les faits supposés se seraient déroulés. Un transport sur les lieux a été effectué par les enquêteurs. Sur place, la configuration de la chambre correspondait aux indications fournies par le suspect. Les policiers ont procédé à la saisie de plusieurs éléments considérés comme pièces à conviction, notamment un flacon de gel lubrifiant, de l’huile lubrifiante et trois préservatifs.

Poursuivant les auditions, le suspect a finalement reconnu avoir vidé le compte Mobile money du plaignant avec l’aide d’un tiers, dans le but, selon lui, de recouvrer la somme qu’il estime lui être due. Ce complice présumé est actuellement recherché par les services d’enquête.

Ousmane Sonko attendu à l’Assemblée nationale le 24 février : l’opposition participera-t-elle à la séance de questions d’actualité ?

Le Premier ministre Ousmane Sonko est attendu à l’Assemblée nationale le 24 février prochain dans le cadre d’une séance de questions d’actualité au gouvernement. Ce rendez-vous parlementaire, inscrit dans le calendrier institutionnel, s’inscrit dans le fonctionnement normal du contrôle de l’action gouvernementale par les députés.

Cette comparution à l’hémicycle offrira aux parlementaires l’occasion d’interpeller directement le chef du gouvernement sur des sujets d’intérêt national, dans un contexte politique marqué par plusieurs dossiers sensibles. Les questions d’actualité constituent en effet un moment clé de la vie démocratique, permettant aux représentants du peuple d’exiger des éclaircissements sur la conduite des politiques publiques, les réformes en cours ou encore la gestion de situations jugées préoccupantes.

L’annonce de cette séance a été relayée par le quotidien Les Échos, qui met en exergue une interrogation majeure : celle de la participation effective de l’opposition parlementaire. Le journal s’interroge notamment sur l’attitude que celle-ci adoptera lors de cette session, dans un climat politique encore traversé par des tensions.

Lors de la précédente séance de questions d’actualité, le groupe parlementaire Takku-Wallu — qui regroupe l’Alliance pour la République (APR) et ses alliés — avait choisi de boycotter les travaux. Dirigé par Me Aïssata Tall Sall, ce groupe avait décidé de ne pas siéger, exprimant ainsi sa désapprobation dans un contexte politique jugé tendu. Cette absence remarquée avait alimenté le débat sur la vitalité du dialogue institutionnel et sur les rapports entre majorité et opposition au sein de l’Assemblée.

La séance du 24 février revêt ainsi un enjeu particulier. Au-delà des questions qui seront adressées au Premier ministre, elle constituera un test sur la capacité des différentes forces politiques à privilégier le débat parlementaire comme cadre d’expression et de confrontation démocratique. La participation ou non de l’opposition pourrait en effet être interprétée comme un signal fort quant à sa stratégie vis-à-vis du gouvernement.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°669 – 11/02/2026

🔴 UNIVERSITÉ CHEIKH ANTA DIOP / MORT DE L’ÉTUDIANT ABDOULAYE BÂ ET PROPOS JUGÉS DIFFAMATOIRES DU PREMIER MINISTRE : LES AMICALES DÉFIENT SONKO EN JUSTICE
🔴 MANDAT DE DÉPÔT CONTRE PAPE CHEIKH DIALLO , DJIBY DRAMÉ ET LES PRÉSUMÉS HOMOSEXUELS : REUBEUS MÉPRISE

🔴 SUPPORTERS SÉNÉGALAIS DÉTENUS AU MAROC : ME PATRICK KABOU ALERTE SUR LE DROIT À LA DÉFENSE

Affaire CBAO : Bocar Samba Dièye renonce aux milliards et réclame la réhabilitation de son honneur

Épuisé par près de vingt années de procédures judiciaires contre la CBAO, filiale du groupe Attijariwafa Bank, Bocar Samba Dièye a pris une décision aussi radicale que symbolique. À plus de 90 ans, l’ancien magnat de l’importation de riz affirme ne plus courir après l’argent. Face à la presse, ce dimanche 8 février 2026, il a annoncé renoncer aux sommes colossales qu’il estime lui être dues, conditionnant ce renoncement à une exigence unique : la réhabilitation de son nom.

Le doyen campe toutefois sur sa position quant au fond du dossier. Il rejette catégoriquement toute dette envers la banque et dit s’appuyer sur des rapports d’expertise qui lui donnent raison. « Le cabinet d’expertise a tranché en ma faveur en disant que la CBAO doit me verser 11 milliards 500 millions. Je précise que je ne dois rien à cette banque. Tout ce qu’ils disent est archi faux et j’ai toutes les preuves avec moi », a-t-il martelé. Malgré le blocage de ses comptes, l’homme d’affaires assure poursuivre ses activités et appelle désormais l’État à jouer un rôle d’arbitre, en organisant une table ronde afin de confronter les parties et dénouer le contentieux.

Avec le poids des années, la lassitude semble avoir pris le pas sur la quête de réparation financière. Dans un témoignage empreint d’émotion, Bocar Samba Dièye a dit vouloir refermer ce chapitre avant la fin de sa vie. « Je ne demande même plus à la CBAO de me payer les 11 milliards. Je veux juste tourner la page. Cette histoire a trop duré, elle a ruiné ma vie et m’a énormément retardé. Mais avant de m’en aller, je veux que mon honneur soit lavé », a-t-il insisté, évoquant une paix de l’âme devenue prioritaire.

Le dossier, qualifié de marathon judiciaire, remonte à 2008. Famara Ibrahima Cissé, président de l’Association des clients et sociétaires des institutions financières (ACSIF), y voit un déni de justice persistant. Selon lui, alors que des rapports homologués ordonnent la restitution des biens de l’homme d’affaires et le remboursement d’agios jugés indus, la procédure demeure enlisé. « À plus de 92 ans, il doit pouvoir recouvrer ce qui lui revient ou, à défaut, obtenir justice morale », plaide-t-il, redoutant une stratégie d’usure de la part de la banque.

Né d’une créance contestée par Bocar Samba Dièye, qui dénonce des pratiques bancaires abusives, ce contentieux dure depuis dix-huit ans. Malgré des décisions de justice évoquant 11 milliards de francs CFA de dommages et intérêts et la saisie de ses immeubles, aucune issue concrète n’a, à ce jour, été trouvée.

Aujourd’hui, le combat de Bocar Samba Dièye n’est plus celui d’un créancier en quête de réparation financière, mais celui d’un homme qui aspire à partir en paix, après avoir consacré sa vie à l’économie de son pays et à la construction d’un héritage qu’il souhaite voir honoré.

Affaire Pierre Robert : les 14 suspects inculpés et placés sous mandat de dépôt à Dakar

Les quatorze personnes interpellées vendredi dernier à Dakar dans le cadre de l’enquête visant le réseau de Pierre Robert sont désormais fixées sur leur sort judiciaire. Selon des informations rapportées par Seneweb, le doyen des juges d’instruction les a toutes inculpées ce mardi avant de les placer sous mandat de dépôt.

Les mis en cause sont présentés par l’enquête comme des complices de Pierre Robert, actuellement incarcéré en France. Ce dernier est soupçonné d’avoir mis en place un réseau structuré dont l’objectif aurait été de contaminer volontairement de jeunes personnes par le VIH/sida à travers des rapports sexuels. Les investigations font également état de la réalisation de plusieurs vidéos à caractère pornographique sur le territoire sénégalais, où Pierre Robert disposerait de biens immobiliers.

Dans le cadre de cette procédure transnationale, la justice française a émis une commission rogatoire internationale afin de permettre des investigations complémentaires au Sénégal. Cette démarche judiciaire a conduit au déploiement d’opérations à Dakar, menées avec l’appui de la Division des investigations criminelles (DIC). Au terme de ces opérations, quatorze personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles figure un individu présenté comme un « formateur sexuel ».

Après leur garde à vue, les suspects ont été conduits devant le parquet de Dakar. Ils sont poursuivis pour des faits lourds, notamment traite d’êtres humains, transmission volontaire du VIH/sida à des mineurs, actes contre nature, proxénétisme en bande organisée et pédophilie en bande organisée. La gravité et la pluralité des chefs d’accusation ont motivé leur inculpation et leur placement en détention provisoire, le temps que l’instruction se poursuive.

Tensions à l’UCAD : Birame Diop appelle au dialogue et réaffirme l’engagement des forces de sécurité

Dans la continuité du point de presse consacré aux récents événements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), le ministre des Forces armées, le général Birame Diop, a pris la parole pour revenir sur le rôle et la posture des forces de défense et de sécurité lors des tensions enregistrées le lundi 9 février. Son intervention a été marquée par un appel appuyé au dialogue, à la responsabilité collective et au respect des principes républicains.

D’emblée, le ministre a tenu à partager la perception des forces engagées sur le terrain face à ces événements. Selon lui, les agents de sécurité vivent difficilement les conséquences humaines liées à leurs interventions. « Je puis vous assurer que les forces de l’ordre sont les premières à être peinées, attestées, lorsque lors de leurs interventions, il y a des blessés ou une perte de vie humaine », a-t-il déclaré, soulignant l’impact moral de telles situations sur les personnels déployés.

Birame Diop a ensuite insisté sur les efforts constants déployés par les forces de l’ordre pour garantir la sécurité des opérations, tout en agissant avec l’humanité requise dans l’exécution de leurs missions. Il a rappelé que les autorités de la République, au nom du peuple sénégalais, adressent leurs félicitations et leurs remerciements aux forces de défense et de sécurité pour le service rendu à la nation. Dans le même esprit, il a indiqué que ces autorités encouragent les forces à poursuivre leurs efforts dans la voie de l’excellence, malgré un contexte souvent complexe et sensible.

Le ministre a également réaffirmé l’engagement de l’État à accompagner les forces de sécurité dans l’accomplissement de leurs missions. Cet accompagnement, a-t-il précisé, s’inscrit dans une exigence claire de professionnalisme et de responsabilité, avec un respect strict des principes de proportionnalité et des droits des citoyens. Évoquant la situation globale dans les universités, Birame Diop a reconnu l’existence de défis importants à relever dans ce secteur stratégique pour l’avenir du pays.

Face à ces défis, le général Birame Diop a plaidé pour la mise en place d’une concertation franche, sincère, constructive et respectueuse entre toutes les parties prenantes. « Il est donc important que toutes les parties prenantes s’écoutent et se parlent, en mettant toujours en avant l’intérêt supérieur du Sénégal », a-t-il soutenu. Il a rappelé que le Sénégal s’est historiquement construit comme un pays de dialogue, de solidarité et de concertation, un héritage qu’il juge essentiel de préserver pour garantir la stabilité et la paix sociale.

En conclusion, le ministre des Forces armées a mis l’accent sur l’unité nationale et la responsabilité collective vis-à-vis des générations futures. « Le Sénégal est une famille au sein de laquelle les membres, malgré leurs différences, malgré leurs antagonismes, ont toujours su faire preuve de dépassement pour continuer à vivre en toute harmonie », a-t-il affirmé. Il a ainsi appelé l’ensemble des acteurs à préserver cet héritage commun et à le transmettre dans de bonnes conditions, afin de consolider durablement la cohésion nationale.

UCAD : Bamba Cissé condamne les violences policières et alerte sur des projets de saccage du campus

Le ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, s’est exprimé mardi lors du point de presse du gouvernement pour livrer la version officielle des événements violents qui ont secoué l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Tout en condamnant sans détour les violences commises par les forces de défense et de sécurité, le ministre a également révélé l’existence de renseignements jugés préoccupants sur une radicalisation de certains étudiants et des projets de destruction d’infrastructures universitaires.

D’entrée de jeu, Bamba Cissé a tenu à adopter un ton qu’il a voulu franc et direct. « Ce n’est pas conforme à notre éducation ni à notre parcours », a-t-il déclaré, affirmant vouloir parler « franchement, avec un langage décodé, sur fond de sincérité et d’honnêteté ». Avocat de formation, le ministre a reconnu avoir été personnellement « heurté » par certaines images et faits observés lors des affrontements survenus lundi sur le campus.

Selon lui, le déploiement des forces de défense et de sécurité sur le campus social de l’UCAD n’était pas le fruit du hasard. Le ministre de l’Intérieur a révélé que ses services avaient reçu « des renseignements précis » faisant état de menaces sérieuses contre les infrastructures universitaires. « Certaines personnes allaient s’en prendre aux infrastructures du campus social », a-t-il indiqué, évoquant notamment un début de destruction du restaurant self et du restaurant central constaté aux environs de 7 heures du matin.

Bamba Cissé a précisé que, d’après ces informations, des individus prévoyaient de passer à l’action très tôt, entre 6 h et 6 h 30. Il a rappelé que l’administration universitaire avait pourtant communiqué que les étudiants pouvaient accéder aux restaurants universitaires à condition de présenter un ticket, conformément aux règles en vigueur. « Dans la nuit, ils se sont réunis pour dire qu’ils refusaient ce format et qu’ils allaient de force pénétrer les restaurants pour s’emparer de la nourriture. À défaut, les restaurants seraient détruits et les infrastructures universitaires saccagées », a-t-il expliqué.

Pour autant, le ministre n’a pas cherché à minimiser ni à justifier les violences imputées aux forces de l’ordre. Reconnaissant que des dérapages ont eu lieu, il a affirmé que des actes de violence avaient été constatés « de part et d’autre », y compris du côté des forces de défense et de sécurité. « En tant qu’autorité supérieure, ce sont des actes que je ne peux pas cautionner », a-t-il martelé, se voulant ferme sur le respect des principes de l’État de droit.

Bamba Cissé a rappelé sa position de principe sur l’usage de la force par l’État. S’il reconnaît que l’État est dépositaire de la violence légitime, il a insisté sur le fait que celle-ci doit rester « calculée, équilibrée et nécessaire » pour faire cesser une situation donnée. « On ne peut pas aller au-delà pour commettre des choses qui relèvent, à la limite, d’infractions pénales », a-t-il averti.

Tensions à l’UCAD : Me Mouhamadou Bamba Cissé condamne les bavures policières et lance un appel à l’apaisement

À la suite des violents affrontements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), ayant entraîné la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ, inscrit en deuxième année de Médecine, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé, est sorti de sa réserve pour réagir officiellement. Dans un contexte marqué par une vive émotion et une forte pression sociale, le ministre a tenu à condamner sans ambiguïté les violences policières tout en appelant au calme et à la responsabilité collective.

S’exprimant sur ces événements tragiques, Me Bamba Cissé a reconnu que des bavures avaient été commises lors des opérations de maintien de l’ordre sur le campus universitaire. Il a fermement dénoncé ces pratiques, soulignant qu’elles ne sauraient en aucun cas être tolérées dans un État de droit. Selon lui, la situation a dégénéré de manière regrettable, conduisant à la perte d’une vie humaine, un drame qui a profondément marqué la communauté universitaire et l’opinion publique nationale. Le ministre a adressé ses prières à la mémoire de l’étudiant décédé et présenté ses condoléances à sa famille, tout en précisant que les Forces de défense et de sécurité n’avaient nullement l’intention de provoquer un tel dénouement. Il a toutefois insisté sur la nécessité de situer les responsabilités afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes du décès.

Dans ses déclarations, le ministre de l’Intérieur a tenu à rappeler le cadre de l’intervention des forces de l’ordre, qu’il a décrite comme une mission visant essentiellement à protéger les biens publics et à rétablir l’ordre face à des troubles qu’il qualifie de préoccupants. Il a affirmé que la doctrine du maintien de l’ordre prônée par son département repose sur la retenue et le professionnalisme, et qu’un maintien de l’ordre sans bavure demeure un principe non négociable. À ce titre, Me Bamba Cissé a révélé avoir donné des instructions fermes interdisant l’usage des armes à feu lors des opérations de maintien et de rétablissement de l’ordre, une mesure qu’il présente comme une garantie supplémentaire pour la protection des vies humaines.

Le ministre a également évoqué des éléments découverts lors de fouilles effectuées dans certaines chambres d’étudiants. Selon lui, ces opérations auraient permis de mettre la main sur des objets, notamment des grenades lacrymogènes, sans toutefois préciser leur origine ni les conditions exactes de leur présence sur le campus. Cette révélation soulève de nombreuses interrogations et alimente le débat sur le climat de tension qui régnait à l’UCAD au moment des affrontements.

En conclusion, Me Mouhamadou Bamba Cissé a tenu à adresser un message d’apaisement à l’ensemble de la communauté universitaire. Il a affirmé comprendre et soutenir les revendications étudiantes lorsqu’elles sont légitimes, tout en rappelant que l’université doit rester un espace de savoir, de dialogue et de paix, et non un théâtre de violences. Convaincu que la grande majorité des étudiants aspire avant tout à apprendre et à réussir leur parcours académique, le ministre a insisté sur la nécessité de les encadrer, de les écouter et de les accompagner.

Alors que les enquêtes se poursuivent et que les appels à la justice se multiplient, cette prise de parole officielle vise à calmer les esprits et à réaffirmer l’engagement des autorités en faveur d’un retour à la sérénité à l’UCAD, tout en promettant que les responsabilités seront établies dans le respect des lois et des institutions de la République.

Sous l’héritage de Baye Niass, la Jamiyatou Ansaroudine fédère les cœurs en Côte d’Ivoire

En séjour en Côte d’Ivoire depuis le 8 février 2026, le président national de la Jamiyatou Ansaroudine, Seydina Alioune Cissé Niang, multiplie les échanges directs avec les talibés établis à travers le monde. Depuis son arrivée, il s’emploie à impulser de nouvelles dynamiques d’orientation du travail religieux et organisationnel, tout en œuvrant au renforcement de la fédération des fidèles autour des idéaux de la Fayda Tidjania.

Au cours de ses différentes rencontres, il a rappelé que la Jamiyatou Ansaroudine, fondée par Cheikh Al Islam, demeure un modèle de paix, de cohésion et de pacification, fidèle à l’héritage spirituel de Baye Niass. À ce titre, il a insisté sur l’importance du recensement des talibés à travers des outils numériques modernes, en vue de renforcer l’organisation, la communication et la coordination des actions à l’échelle internationale.

Un message de reconnaissance et d’engagement spirituel

Le président Seydina Alioune Cissé Niang s’est réjoui de l’accueil chaleureux qui lui a été réservé en Côte d’Ivoire. Il a transmis aux fidèles les salutations et recommandations du Khalife général de la Fayda, Cheikh Mouhamadou Mahi Ibrahima Niass, de l’imam de la grande mosquée de Médina Baye, Imam Cheikh Tidiane Aliou Cissé, ainsi que de Seyda Rokhya Niass, fille de Baye Niass et sa mère spirituelle, qui lui a adressé une recommandation par voie épistolaire.

Dans son allocution, il a rappelé les enseignements et l’héritage spirituel de Baye Niass, exhortant les talibés à s’engager davantage dans les activités et la mission de la Jamiyatou Ansaroudine, dans un esprit de renforcement de la foi, d’unité et de solidarité.

Un Gamou sous le signe de la communion spirituelle

Le Gamou annuel en Côte d’Ivoire est organisé sous la coordination de Cheikh Khalidou Cissé, grand moukhadam de Baye Niass, établi entre le Niger, la Côte d’Ivoire et le Nigeria. Cet événement religieux majeur constitue un temps fort de communion spirituelle, de transmission des enseignements et de consolidation des valeurs de la Fayda Tidjania dans l’ensemble de la sous-région ouest-africaine.

Arrestation du président de l’Amicale de la FMPO : les étudiants réclament sa libération immédiate

L’Amicale des étudiants de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie (FMPO) est montée au créneau pour dénoncer l’arrestation de son président, Cheikh Atab Sagna. Selon un membre de la structure estudiantine, ce dernier a été interpellé à l’issue de la conférence de presse tenue ce mardi.

Dans un communiqué, l’Amicale exige la libération immédiate de son président ainsi que celle de tous les autres membres qu’elle affirme être actuellement détenus. L’organisation condamne fermement ce qu’elle qualifie « d’actes de barbarie et d’abus de pouvoir exercés à l’encontre de la jeunesse, avenir de ce pays ».

Les étudiants de la FMPO réaffirment toutefois leur attachement à une lutte qu’ils décrivent comme pacifique, responsable et légitime. Ils insistent sur la nécessité de garantir le respect des libertés syndicales et associatives dans l’espace universitaire, estimant que ces droits constituent un socle essentiel de la vie académique.

Dans le même élan, l’Amicale assure qu’elle ne reculera pas face à ce qu’elle considère comme une injustice et qu’elle ne cédera pas à l’intimidation. Elle réitère sa détermination à poursuivre son combat, tout en appelant à la mobilisation autour de la défense des droits des étudiants.

Tensions dans les universités : Daouda Ngom évoque des influences extérieures sur certains étudiants

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Daouda Ngom, a pointé ce mardi l’existence d’influences extérieures dans les tensions récemment enregistrées au sein des universités publiques sénégalaises.

S’exprimant lors de la conférence de presse du gouvernement, il a déclaré que « certains étudiants subissent des influences extérieures ». Selon lui, des acteurs politiques opposés au pouvoir exerceraient des pressions sur certains responsables d’amicales étudiantes, contribuant ainsi à exacerber le climat dans les campus. « Il y a des opposants qui influencent des dirigeants d’amicales », a-t-il affirmé, tout en déplorant la présence de ces acteurs au sein des structures représentatives des étudiants.

Le ministre a regretté une situation qu’il juge préoccupante pour la stabilité du milieu universitaire, estimant que l’espace académique ne devrait pas être un terrain de confrontation politique indirecte.

Dans le même élan, Pr Daouda Ngom a lancé un appel au calme et à la retenue à l’endroit des étudiants. Il les a invités à faire preuve de responsabilité et de maturité, notamment dans le contexte marqué par le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Le ministre a insisté sur la nécessité d’apaiser les tensions et de préserver l’université comme un cadre d’études, de dialogue et de construction intellectuelle.

Mort de l’étudiant Abdoulaye Ba : le collectif des amicales de l’UCAD saisit la justice contre l’État

Le collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) annonce le dépôt de plaintes contre les autorités sénégalaises à la suite du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Dans un communiqué rendu public ce 10 février, les étudiants disent tenir pour responsable l’État du Sénégal, à travers le Président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ainsi que le ministre de l’Intérieur.

Le collectif déclare son intention de poursuivre ces « responsables devant les instances judiciaires nationales et internationales ». Les amicales annoncent également une plainte visant spécifiquement le Premier ministre pour « diffamation », sans en préciser pour l’instant les éléments détaillés.

Dans leur déclaration, les étudiants insistent sur leur indépendance et rejettent toute tentative de récupération ou de manipulation politique, « quelle que soit l’obédience ». Ils appellent par ailleurs les organisations de défense des droits humains à intervenir afin de constater ce qu’ils qualifient « d’actes de tortures et de barbaries perpétrés par des policiers sur ordre d’un gouvernement suffisant et autoritaire ».

Le collectif présente aussi ses condoléances à la famille de l’étudiant décédé, qu’il décrit comme un « martyr de la cause estudiantine ». Les amicales affirment qu’Abdoulaye Ba « sera immortalisé dans nos cœurs et dans notre campus ». Selon leur version des faits, le jeune étudiant « n’avait même pas participé aux affrontements », affirmant qu’il aurait été retrouvé dans sa chambre avant d’être battu à mort.

À ce stade, les autorités compétentes ne se sont pas encore exprimées publiquement sur ces accusations. Cette affaire relance le débat sur la gestion des tensions en milieu universitaire et sur l’usage de la force lors des opérations de maintien de l’ordre dans les campus.

Mort de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’UCAD : le SAES dénonce l’usage excessif de la force et interpelle le gouvernement

Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a vivement réagi à la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue le lundi 9 février 2026 à la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), à la suite d’une intervention des forces de l’ordre dans le campus social. Le syndicat qualifie ce décès de « tragique » et exige que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes du drame.

Réuni en urgence ce mardi 10 février, le Secrétariat national du SAES a exprimé sa profonde consternation face à cette perte humaine, intervenue exactement deux ans après le décès de l’étudiant Alpha Yéro Tounkara à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Le syndicat s’est incliné devant la mémoire d’Abdoulaye Ba et a adressé ses condoléances attristées à sa famille, à la communauté universitaire et à l’ensemble de la Nation sénégalaise.

Dans un communiqué rendu public, le SAES établit un lien direct entre ce nouveau décès et une longue série de morts d’étudiants survenues dans les universités sénégalaises à la suite d’interventions policières. Le syndicat cite notamment les cas de Balla Gaye en 2001, Bassirou Faye en 2014, Mouhamadou Fallou Sène en 2018, Alpha Yéro Tounkara ainsi que Prosper Clédor Senghor en 2024. Pour le SAES, cette répétition tragique traduit un problème structurel grave dans la gestion des crises universitaires.

Le syndicat condamne avec la « dernière énergie » ce qu’il considère comme un usage excessif, aveugle et disproportionné de la force par les forces de l’ordre à l’intérieur des espaces universitaires, qui devraient rester des lieux de savoir, de dialogue et de débat pacifique. Il estime que l’irruption violente des forces de sécurité dans les campus ne fait qu’aggraver les tensions et exposer inutilement les étudiants à des risques mortels.

Tenant le gouvernement pour responsable, le SAES affirme que ces drames sont le résultat direct d’une mauvaise gestion des crises universitaires, marquée par l’absence d’anticipation, le déficit de dialogue et le recours systématique à la force. Il exige l’ouverture immédiate d’une enquête approfondie, indépendante et transparente afin d’identifier toutes les responsabilités et de traduire les auteurs des faits devant la justice.

Le syndicat rappelle par ailleurs qu’il avait, dès le mois de décembre 2025, lancé des appels répétés au calme, à la retenue des forces de sécurité et à l’instauration d’un dialogue sincère avec les étudiants, notamment sur la question sensible et récurrente des bourses. Selon le SAES, l’absence de réponses durables à ces revendications légitimes contribue à entretenir un climat de frustration et de colère sur les campus.

Au-delà de l’événement tragique, le SAES pointe de lourds dysfonctionnements structurels du système universitaire sénégalais. Il évoque une massification incontrôlée des effectifs, un déficit budgétaire chronique, un manque criant d’enseignants, des retards importants dans la réalisation des infrastructures universitaires ainsi que des insuffisances notoires dans l’évaluation et l’application des réformes, notamment du système Licence-Master-Doctorat (LMD).

Face à la gravité de la situation actuelle, le SAES demande la suspension provisoire des réformes en cours afin de permettre une réflexion approfondie et apaisée. Il plaide pour l’organisation de concertations inclusives, transparentes et sincères, associant l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur, dans le but de trouver des solutions durables aux crises récurrentes.

Enfin, le syndicat réaffirme sa disponibilité à contribuer activement à un dialogue responsable et constructif, condition indispensable, selon lui, pour pacifier durablement l’espace universitaire et garantir la stabilité ainsi que l’avenir de l’enseignement supérieur au Sénégal.

Violences à l’UCAD : Les ONG de défense des droits humains exigent justice et réforme

Les violences dans les universités publiques sénégalaises continuent de susciter une vive inquiétude. Dans un communiqué publié ce mardi, cinq organisations de défense des droits humains, à savoir Article 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest, la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO), AfrikaJom Center, la Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH) et Amnesty International Sénégal, ont exprimé leur profonde préoccupation face à la persistance de ces violences depuis plusieurs mois.

Les ONG dénoncent particulièrement l’usage disproportionné de la force par les forces de l’ordre sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). L’intervention policière du lundi 9 février 2026 a entraîné la mort d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine, et fait de nombreux blessés parmi les étudiants. Ce drame a ravivé les inquiétudes quant au climat sécuritaire sur les campus et à la protection des droits fondamentaux des étudiants.

Face à cette situation, les cinq organisations appellent à l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale afin de déterminer les circonstances exactes du décès d’Abdoulaye Ba et de traduire les responsables en justice dans le cadre d’un procès équitable. Elles insistent sur la nécessité de garantir le retrait immédiat des forces de sécurité des universités, la libération de tous les étudiants actuellement détenus, et le respect strict des franchises universitaires telles que définies par la loi N° 94-79 du 24 novembre 1994.

Par ailleurs, les ONG invitent l’État à engager des concertations inclusives sur la réforme envisagée concernant l’attribution et le paiement des bourses universitaires, identifiées comme l’une des principales sources de tensions au sein du milieu universitaire. Selon elles, une approche transparente et participative est indispensable pour prévenir de nouveaux incidents et restaurer un climat de confiance entre les autorités universitaires, les forces de sécurité et les étudiants.

En somme, ce communiqué traduit la fermeté des acteurs de la société civile face à la violence sur les campus et leur volonté de voir les droits des étudiants respectés, tout en appelant à des réformes structurelles pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.

Kaolack : Le Dr Maïssa Ndao démissionne de toutes ses responsabilités au sein de PASTEF-Les Patriotes

Le département de Kaolack assiste à un tournant politique majeur avec l’annonce, ce lundi 9 février 2026, de la démission du Dr Maïssa Ndao de toutes ses responsabilités au sein de PASTEF-Les Patriotes. Figure emblématique de la jeunesse du parti dans la région, le Dr Ndao met ainsi un terme à huit années d’engagement politique qu’il qualifie de « sincère et désintéressé ».

Militant de la première heure depuis la création du parti en 2018, le Dr Maïssa Ndao a gravi les échelons au sein de la formation dirigée par Ousmane Sonko. Membre fondateur de PASTEF Ndoffane, il a ensuite occupé le poste de coordonnateur communal de la Jeunesse Patriotique du Sénégal (JPS) avant de devenir Secrétaire général adjoint de la JPS départementale de Kaolack, position qu’il a tenue jusqu’à ce jour. Son influence et son engagement ont fait de lui un acteur incontournable de la scène politique locale, particulièrement auprès de la jeunesse.

Dans sa déclaration, le Dr Ndao explique que cette décision découle d’une accumulation d’événements récents, citant notamment le contexte tragique ayant conduit à la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Il précise que, tout en restant attaché aux idéaux qui ont guidé son militantisme, il a agi « en toute responsabilité », motivé par des raisons de conscience morale et le désir de rester fidèle à ses convictions personnelles.

Ce départ inattendu représente un coup dur pour la JPS dans le département de Kaolack, où le Dr Ndao jouissait d’une influence notable et d’une popularité certaine auprès des jeunes militants. Sa décision ouvre désormais un nouveau chapitre pour la jeunesse patriotique dans la région, qui devra composer avec cette vacance au sein de ses cadres dirigeants.

Le Dr Maïssa Ndao laisse derrière lui l’image d’un militant engagé et respecté, dont l’action politique a marqué la jeunesse locale et contribué à renforcer la présence de PASTEF-Les Patriotes dans le département de Kaolack.

Affaire Ndella Madior Diouf : Le procès renvoyé au 24 mars 2026 dans un scandale de négligence et de trafic de nourrissons

Le dossier judiciaire concernant Ndella Madior Diouf a été évoqué ce mardi 10 février 2026 devant la chambre criminelle de Dakar, mais le procès a été renvoyé au 24 mars 2026. Ce report fait suite à l’absence de plusieurs accusés, actuellement en liberté provisoire, dont la comparution est désormais attendue pour la suite de l’instruction.

Ndella Madior Diouf, Awa Mbaye, Fanta Cissokho, Fatou Sène, Sadio Keita, Anta Sarr, Yacine Sow, Cheikh Tidiane Ndiaye, Djiby Sow, Koumah Diaham et El Hadj Sène sont poursuivis pour une série de chefs d’accusation graves, allant de la traite de personnes à l’exercice illégal de la fonction de médecin, en passant par la privation d’aliments ou de soins ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Les accusés doivent également répondre de mises en danger de la vie d’autrui, de non-assistance à personne en danger, d’obtention indue de certificats aux fins d’inhumation, d’infractions aux lois sur les inhumations, d’homicide involontaire, de non-déclaration de naissance et de complicité.

L’affaire remonte au 28 décembre 2023, date à laquelle Ndella Madior Diouf a été arrêtée et placée sous mandat de dépôt. Quelques jours auparavant, une vidéo choquante avait fait le tour des réseaux sociaux et déclenché une vive émotion nationale. Dans cette vidéo devenue virale, des images montraient des nourrissons agonisants et des corps visiblement amaigris. Ces images insoutenables avaient provoqué une onde de choc, accompagnée d’une pétition demandant la fermeture immédiate de la pouponnière Keur Yeurmandé.

Selon les informations recueillies, plus de cinq bébés sont décédés dans cette structure, et certains auraient été enterrés clandestinement, aggravant encore l’indignation populaire et la gravité des accusations portées contre les responsables. L’affaire a profondément ému l’opinion publique et mis en lumière des pratiques illégales et dangereuses au sein de certaines structures de prise en charge des enfants vulnérables au Sénégal.

La prochaine audience, prévue le 24 mars 2026, sera décisive pour la suite de la procédure et devrait permettre d’entendre les autres accusés en liberté provisoire. Entre-temps, les familles et la société civile attendent que justice soit rendue pour les victimes et que les responsabilités soient clairement établies.

Tensions à l’Université Assane-Seck de Ziguinchor après la fermeture du restaurant universitaire

La situation s’est brusquement tendue, ce lundi, sur le campus de l’Université Assane-Seck de Ziguinchor (UASZ), à la suite de la décision du Centre régional des œuvres universitaires et sociales (CROUS/Z) de fermer le restaurant universitaire jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure, annoncée dans un contexte de contestation estudiantine, a rapidement dégénéré en affrontements entre étudiants et forces de l’ordre déployées pour sécuriser les lieux.

Dans un communiqué rendu public, le directeur du CROUS/Z, Salif Baldé, a expliqué que la fermeture faisait suite à des perturbations graves du fonctionnement du service de restauration. Selon lui, plusieurs étudiants sont entrés dans l’enceinte du restaurant universitaire pour appeler leurs camarades à se restaurer sans s’acquitter du ticket habituel. Ce mot d’ordre, qualifié de « journée sans ticket », aurait compromis l’organisation normale du service ainsi que les efforts matériels, financiers et humains consentis pour assurer une restauration accessible et de qualité aux étudiants.

Le directeur précise que les étudiants avaient été formellement avertis dès la matinée contre cette initiative jugée contraire aux règles en vigueur. Face au non-respect des consignes et conformément aux instructions du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, la direction du CROUS/Z a pris la décision de suspendre temporairement les activités du restaurant universitaire. Salif Baldé en appelle au sens de la responsabilité des étudiants et au respect des textes qui encadrent la gestion des services sociaux universitaires.

Cependant, cette mesure n’a fait qu’exacerber la colère sur le campus. Des heurts ont éclaté entre étudiants et forces de l’ordre, traduisant un climat de tension déjà latent au sein de la communauté universitaire. Pour les étudiants, la fermeture du restaurant constitue une sanction collective qu’ils jugent disproportionnée au regard de leurs revendications.

Joint par nos soins, Ibrahim Ngom, porte-parole des étudiants de l’Université Assane-Seck de Ziguinchor, a tenu à replacer le mouvement de « journée sans ticket » dans un cadre plus large. Selon lui, cette action s’inscrit dans une dynamique nationale de contestation de la réforme des bourses d’études initiée par le ministère de tutelle. Les étudiants estiment que cette réforme va à l’encontre du décret du 12 août 2014, lequel garantit l’octroi de bourses aux étudiants de la licence jusqu’au doctorat.

Pour les étudiants de l’UASZ, la mobilisation autour du restaurant universitaire ne constitue donc qu’un volet visible d’un malaise plus profond lié aux conditions de vie et d’études sur les campus sénégalais. Ils appellent les autorités universitaires et ministérielles à privilégier le dialogue afin d’éviter une escalade de la violence et de trouver des solutions durables aux revendications sociales et académiques.

En attendant une éventuelle reprise des discussions, le campus de Ziguinchor demeure sous haute surveillance, dans un climat marqué par l’incertitude et la crispation, alors que les étudiants redoutent une dégradation supplémentaire de leurs conditions de vie.

Décès d’Abdoulaye Ba à l’UCAD : l’ADHA exige une enquête indépendante et des sanctions pénales

L’Organisation Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) est montée au créneau ce mardi 10 février 2026 après le décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu lors d’interventions policières sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans un communiqué rendu public par son Bureau exécutif, l’ONG dénonce de graves violations des droits humains et réclame l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, ainsi que des sanctions pénales contre les responsables présumés.

Selon l’ADHA, Abdoulaye Ba aurait été victime de « brutalités exercées à l’intérieur même de sa chambre universitaire », un espace que l’organisation rappelle comme étant inviolable au regard des principes fondamentaux du droit. L’ONG insiste sur le fait que le jeune étudiant n’était nullement impliqué dans les actes de violence ayant précédé l’intervention des forces de l’ordre, ce qui rend, selon elle, les faits d’autant plus graves et inacceptables.

L’organisation de défense des droits humains dénonce un usage « disproportionné et excessif de la force » contre la communauté estudiantine, estimant que l’intervention policière a franchi des lignes rouges en matière de respect des libertés individuelles et de protection des civils. Pour l’ADHA, l’irruption des forces de sécurité dans les chambres universitaires constitue une violation manifeste de l’inviolabilité des espaces privés et participe à une logique de répression incompatible avec le cadre universitaire.

Face à la gravité des accusations, l’ADHA sollicite l’intervention de la Gendarmerie nationale afin de conduire des investigations qu’elle souhaite impartiales et indépendantes. L’objectif affiché est d’établir avec précision les circonstances exactes du décès d’Abdoulaye Ba et de situer clairement les responsabilités, non seulement au niveau des agents intervenants, mais également à tous les échelons de la chaîne de commandement ayant autorisé ou encadré l’opération.

Au-delà de l’enquête judiciaire, l’ONG exige que des sanctions administratives et pénales soient appliquées « de manière ferme » contre les auteurs directs des violences, mais aussi contre les éventuels commanditaires. Elle estime que l’impunité dans ce type d’affaires fragilise davantage la confiance entre les citoyens et les institutions chargées de leur sécurité.

L’ADHA va plus loin en appelant à des démissions au sein des autorités responsables de cette opération qu’elle juge défaillante. Rappelant que la protection des étudiants relève de la responsabilité première de l’État, l’organisation met en garde contre la militarisation progressive des campus universitaires et la criminalisation des revendications sociales. Des pratiques qu’elle considère comme contraires aux principes fondamentaux d’un État de droit et dangereuses pour la stabilité sociale et académique du pays.

Enfin, l’ONG affirme rester mobilisée pour que toute la lumière soit faite sur ce drame et pour que justice soit rendue à la famille d’Abdoulaye Ba, à la communauté universitaire et, plus largement, à l’ensemble des citoyens attachés au respect des droits humains au Sénégal.

UCAD : un campus endeuillé, entre stupeur, colère et vague d’arrestations après les violences de lundi

Le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) s’est réveillé ce mardi dans une atmosphère lourde de douleur et d’incompréhension. Au lendemain d’une journée marquée par de violents affrontements entre forces de l’ordre et étudiants, la communauté universitaire est plongée dans le deuil après la mort d’un étudiant, tandis que le bilan judiciaire des événements ne cesse de s’alourdir.

La journée du lundi 9 février 2026 restera gravée comme l’une des plus sombres de l’histoire récente de l’enseignement supérieur sénégalais. Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de chirurgie dentaire, originaire de la région de Matam, a perdu la vie dans un contexte de fortes tensions sur le campus. Les circonstances exactes de son décès ne sont pas encore clairement établies et font l’objet d’investigations, mais sa disparition a provoqué une vive émotion au sein de la communauté universitaire et bien au-delà.

Dès l’annonce de sa mort, un climat de stupeur et de consternation s’est installé à l’UCAD. De nombreux étudiants, choqués et craignant une aggravation de la situation sécuritaire, ont préféré quitter précipitamment le campus, pliant bagages pour rejoindre leurs familles ou des lieux jugés plus sûrs. Les cités universitaires, habituellement animées, ont ainsi connu une relative accalmie, contrastant avec la violence des heures précédentes.

Les affrontements, qui ont duré une grande partie de la journée et se sont prolongés tard dans la soirée de lundi, ont donné lieu à une vaste opération de maintien de l’ordre. Selon des sources sécuritaires concordantes, plus de 105 étudiants ont été interpellés et conduits dans différents commissariats de Dakar. Ils sont poursuivis pour des chefs d’accusation tels que « participation à une manifestation non autorisée », « trouble à l’ordre public » et « destruction de biens publics ».

Toutefois, ces arrestations suscitent une vive polémique. Plusieurs témoignages font état de conditions d’interpellation brutales. La plupart des étudiants arrêtés présenteraient des blessures visibles, des marques de coups et des traces de sévices, alimentant les accusations de violences policières. Des images et récits circulant dans les réseaux estudiantins renforcent le sentiment d’injustice et de répression aveugle.

Face à cette situation, le collectif des délégués d’étudiants est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie d’arrestations « arbitraires ». Les responsables syndicaux exigent la libération immédiate de leurs camarades et appellent les autorités à faire preuve de retenue et de responsabilité dans un contexte aussi sensible. « Nous sommes en deuil, et au lieu de nous laisser pleurer Abdoulaye, on nous traque jusque dans nos chambres », a confié, sous couvert de l’anonymat, un représentant syndical, résumant le sentiment général de colère et de détresse qui anime une grande partie des étudiants.

Alors que l’UCAD tente de panser ses plaies, cette tragédie relance le débat sur la gestion des crises universitaires, le dialogue entre autorités et étudiants, ainsi que sur l’usage de la force dans les espaces académiques. En attendant les résultats des enquêtes annoncées, le campus reste suspendu entre le deuil, la peur et l’exigence de vérité et de justice pour Abdoulaye Ba.

Eau et assainissement : l’Afrique appelée à changer de rythme pour atteindre l’accès universel

La nécessité de redéfinir une nouvelle trajectoire d’accélération de l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement a dominé les interventions lors de la cérémonie d’ouverture du 23e Congrès international et Exposition de l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA). Ce grand rendez-vous continental a réuni décideurs politiques, experts techniques et partenaires du secteur autour d’une ambition commune : rompre avec les discours de principe pour engager des actions concrètes, mesurables et durables au bénéfice des populations africaines.

Placée sous le thème « Eau et Assainissement pour Tous : des actions fortes pour l’Afrique », cette édition se veut résolument tournée vers l’opérationnalisation des engagements. Le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, a donné le ton en insistant sur l’urgence d’agir. Selon lui, au-delà de la fierté de porter une dynamique de rupture, l’Afrique a désormais le devoir de transformer les intentions en solutions concrètes. « L’action est la raison d’être de ce 23e Congrès », a-t-il affirmé, soulignant que le continent ne peut plus se permettre de retards face aux enjeux vitaux liés à l’eau et à l’assainissement.

Le ministre a alerté sur la situation préoccupante du continent à l’horizon 2030 si le rythme actuel n’est pas significativement accéléré. Il a rappelé que le chemin vers l’accès universel reste semé de nombreux obstacles, allant des contraintes financières aux défis institutionnels et techniques, qui ralentissent les progrès et compromettent les résultats. Cette situation, a-t-il souligné, nourrit le désarroi des communautés privées des bénéfices sanitaires, sociaux et économiques liés à la disponibilité des services d’eau potable et d’assainissement.

Les données présentées lors du congrès illustrent l’ampleur du défi. En Afrique, plus de 400 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable, tandis que près de 800 millions sont privées de services d’assainissement adéquats. Des chiffres alarmants qui traduisent une vulnérabilité structurelle aux conséquences multiples. Pour le ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, l’enjeu dépasse largement le cadre technique. Il a insisté sur le fait que l’accès à l’eau est devenu un enjeu sanitaire, social et économique majeur, conditionnant la stabilité et la cohésion des sociétés africaines.

Au-delà des problématiques d’accès, le congrès marque également un tournant stratégique pour l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement elle-même. Confrontée au retrait progressif de certains partenaires au développement, l’AAEA s’engage dans une dynamique de réinvention afin de poursuivre efficacement ses missions. Son président, Blaise Moussa, a salué la résilience du continent face à ces défis et appelé les dirigeants africains à un engagement plus fort. Il a exprimé le souhait de voir l’AAEA devenir le bras technique de l’Union africaine et intégrer ses organisations observatrices, afin de renforcer l’ancrage institutionnel et l’impact des politiques publiques dans le secteur.

La dimension politique et sociale de l’eau a également été au cœur des échanges. Le secrétaire exécutif de l’AAEA, Olivier Goussou, a rappelé que l’eau constitue un facteur essentiel de prévention des tensions et un levier central de résilience face aux effets des changements climatiques. Selon lui, là où la ressource est mal gérée, les tensions émergent inévitablement. Il a martelé que l’accès à l’eau ne saurait être considéré comme un luxe, mais bien comme un droit fondamental, dont la garantie conditionne le développement durable et la paix sociale sur le continent.

Décès d’Abdoulaye Bâ : les étudiants de l’UIDT décrètent une cessation d’activités et dénoncent l’intervention des FDS à l’UCAD

La Conférence des amicales d’étudiants de l’Université Iba Der Thiam de Thiès (UIDT) a vivement réagi à la situation jugée dramatique qui prévaut à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans un communiqué rendu public, l’organisation estudiantine a condamné avec la plus grande fermeté ce qu’elle qualifie d’ingérence des Forces de défense et de sécurité (FDS) dans le campus social de l’UCAD, une intervention qui aurait conduit à la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ.

La CAE de l’UIDT a d’abord exprimé sa profonde compassion et présenté ses sincères condoléances à la famille éplorée d’Abdoulaye Bâ, étudiant en licence 2 à la Faculté de médecine de l’UCAD. Elle a également adressé ses pensées à l’ensemble de la communauté universitaire, durement éprouvée par ce décès qui ravive le débat sur la gestion sécuritaire des espaces universitaires.

Face à la gravité des faits, la Conférence des amicales d’étudiants de l’UIDT estime que les campus universitaires doivent demeurer des lieux de savoir, de dialogue et de débat, et non des zones de confrontation. Elle considère que la présence et l’intervention des forces de sécurité à l’intérieur des campus constituent une menace pour la sécurité physique et psychologique des étudiants, et portent atteinte aux libertés académiques.

En signe de solidarité avec les étudiants de l’UCAD et pour marquer son indignation, la CAE de l’UIDT a décidé de décréter une cessation de toute activité pédagogique ce mardi 10 février 2026. Cette mesure vise, selon elle, à interpeller les autorités sur l’urgence de revoir leur approche dans la gestion des crises universitaires et à exiger que justice soit faite dans cette affaire.

Dans la foulée, l’organisation estudiantine a appelé le gouvernement à assumer pleinement ses responsabilités. Elle exige le retrait immédiat et sans condition des Forces de défense et de sécurité de l’ensemble des campus universitaires du pays. Pour la CAE de l’UIDT, seule une réponse politique responsable, fondée sur le dialogue avec les étudiants et les acteurs universitaires, permettra d’éviter que de tels drames ne se reproduisent.

La Conférence des amicales d’étudiants de l’UIDT conclut en réaffirmant son engagement à défendre les droits et la dignité des étudiants, tout en appelant à une mobilisation pacifique et responsable de la communauté universitaire pour la préservation de la vie humaine et du caractère sacré des espaces académiques.

Détention de supporters sénégalais à Rabat : l’angoisse grandit, les familles crient à l’injustice

L’inquiétude ne cesse de monter au Sénégal, en particulier à Dangou, dans le département de Rufisque, d’où sont originaires quatre des dix-huit supporters sénégalais détenus à Rabat depuis maintenant vingt-deux jours. Une situation jugée alarmante par Blaise Niang, président de la commission juridique de l’ASC Lébougui, qui s’est confié au journal sportif Record pour dénoncer ce qu’il considère comme un traitement inhumain et contraire aux principes d’un procès équitable.

Selon lui, les droits fondamentaux des détenus sont sérieusement bafoués. Il affirme que l’avocat chargé de leur défense ne bénéficie pas d’un accès normal à ses clients, une entrave grave aux droits de la défense. « Sur les dix-huit personnes détenues, l’avocat n’est autorisé à en rencontrer que cinq. Les autres restent sans assistance juridique régulière. C’est une situation profondément injuste », déplore-t-il. Cette restriction, perçue comme arbitraire, alimente les soupçons d’opacité autour de la procédure judiciaire en cours.

Face à ce qu’ils estiment être un déni de justice, les supporters sénégalais ont décidé de durcir leur mouvement de protestation en entamant une grève de la faim. Par cet acte extrême, ils réclament avant tout la tenue d’un procès équitable, dans des conditions respectant leurs droits et en présence effective de leur conseil. Pour Blaise Niang, cette affaire dépasse désormais le simple cadre judiciaire et prend une dimension politique inquiétante. Il évoque même la crainte que ces compatriotes soient instrumentalisés, assimilés à des « trophées de guerre », dans un contexte de rivalité sportive persistante. Il suggère que la défaite du Maroc face au Sénégal lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations n’aurait toujours pas été digérée par certaines sphères, laissant planer le doute sur l’impartialité du traitement réservé aux détenus.

La situation est d’autant plus angoissante que la communication entre les supporters incarcérés et leurs familles s’est récemment rompue. Depuis plusieurs jours, aucun appel n’a été reçu, plongeant les proches dans une inquiétude profonde. « Même quand ils réussissaient à nous joindre et qu’ils disaient aller bien, on savait que ce n’était pas facile d’être détenu là-bas. Aujourd’hui, le silence est total », confie Blaise Niang, traduisant le désarroi des familles restées sans nouvelles.

Amer et pessimiste, le responsable de l’ASC Lébougui dit ne nourrir que peu d’espoir quant à une issue favorable. Il estime que les autorités judiciaires marocaines, tant au niveau du parquet que du siège, ne semblent pas disposées à garantir aux détenus sénégalais un procès équitable et transparent. Une conviction qui renforce le sentiment d’abandon ressenti par les familles et les soutiens des supporters.

Enfin, Blaise Niang fustige l’attitude des autorités sénégalaises face à cette crise. Il regrette vivement ce qu’il considère comme une inertie coupable de l’État, soulignant que seule la Fédération sénégalaise de football s’est réellement mobilisée jusqu’ici. Le silence du ministère des Sports est particulièrement pointé du doigt, perçu comme un manque de soutien institutionnel à des citoyens sénégalais en difficulté à l’étranger. Dans les foyers de Dangou et au-delà, l’attente se fait de plus en plus lourde, tandis que l’espoir d’une intervention diplomatique forte demeure fragile.

Décès de l’étudiant Abdoulaye Ba : Bougane Guèye dénonce une gestion défaillante des préoccupations estudiantines

Le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba a profondément bouleversé la communauté universitaire sénégalaise ainsi que la classe politique. Ce drame, survenu dans un contexte de fortes tensions au sein des universités, continue de susciter une vague d’émotion, de tristesse et d’indignation à travers le pays. Parmi les réactions les plus marquantes figure celle de Bougane Guèye, leader du mouvement Gueum Sa Bopp « Les Jambaars », qui a tenu à rendre un hommage appuyé au défunt tout en lançant un signal d’alarme sur la situation préoccupante du milieu universitaire.

Dans une déclaration empreinte d’émotion, Bougane Guèye a exprimé sa profonde tristesse face à la disparition d’Abdoulaye Ba, qu’il qualifie de perte immense non seulement pour sa famille et ses camarades, mais également pour la Nation tout entière. « La République perd l’un de ses enfants et l’Université l’une de ses lumières », a-t-il déclaré, soulignant ainsi la valeur humaine et intellectuelle de l’étudiant disparu. Il s’est incliné avec respect devant la douleur de la famille éplorée, tout en adressant sa solidarité aux étudiants et à l’ensemble de la communauté universitaire endeuillée.

Au-delà de l’hommage, le leader de Gueum Sa Bopp a tenu à replacer ce décès dans un contexte plus large, marqué selon lui par une accumulation de dysfonctionnements et de négligences dans la gestion des préoccupations estudiantines. Pour Bougane Guèye, ce drame tragique n’est pas un fait isolé, mais le symptôme d’un malaise profond qui gangrène le système universitaire depuis plusieurs mois. Il rappelle avoir, à maintes reprises, alerté les autorités sur la fragilité du climat universitaire et sur les risques liés à une mauvaise prise en charge des revendications légitimes des étudiants.

Selon lui, la situation actuelle résulte d’une gestion qu’il qualifie de périlleuse de dossiers sensibles touchant directement la jeunesse, en particulier les étudiants, souvent confrontés à des conditions de vie et d’étude difficiles. « Ce drame tragique vient malheureusement confirmer la pertinence des alertes que nous avions lancées. Nous avions attiré l’attention sur la fragilité de la situation et sur la gestion périlleuse de dossiers sensibles touchant notre jeunesse, en particulier les étudiants. Hélas, la réalité nous rattrape aujourd’hui de la manière la plus douloureuse », a-t-il regretté.

Bougane Guèye appelle ainsi à une prise de conscience urgente des autorités, estimant que la mort d’Abdoulaye Ba doit constituer un électrochoc. Il plaide pour un dialogue sincère et responsable avec les étudiants, ainsi que pour des réponses concrètes et durables à leurs préoccupations, afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent. Pour lui, l’avenir du pays passe nécessairement par la protection, l’écoute et la valorisation de sa jeunesse, dont les universités devraient être des espaces de savoir, de sécurité et d’épanouissement, et non des lieux de souffrance et de désespoir.

Affaire Pape Cheikh Diallo : l’avocat dément toute confession et le parquet alourdit les charges

L’affaire judiciaire impliquant l’animateur de télévision Pape Cheikh Diallo continue de susciter une vive attention de l’opinion publique. Joint par téléphone par le journaliste Ahmed Aidara, l’avocat de l’animateur a tenu à apporter des clarifications face aux nombreuses rumeurs circulant autour du dossier, notamment celles faisant état de prétendus aveux de son client.

Le conseil de Pape Cheikh Diallo a été catégorique. Selon lui, aucune confession n’a été faite par l’animateur. Il affirme que son client reste serein, bien que profondément affecté par l’ampleur médiatique et humaine de cette affaire. « Mon client est serein, même s’il est profondément affecté par ce qui est en train de se passer. Il est accusé à tort. Nous sommes en concertation et, lorsque nous serons prêts, nous dirons toute la vérité à l’opinion publique », a déclaré l’avocat, rejetant ainsi fermement les rumeurs persistantes d’aveux.

Toutefois, le conseil a également insisté sur le fait que le dossier se trouve encore au stade de l’enquête. À ce titre, il a indiqué être tenu par le secret de l’instruction et ne pas être en mesure de livrer davantage de détails sur la stratégie de défense ou sur les éléments du fond. « Il s’agit d’une enquête en cours », a-t-il rappelé, appelant à la prudence dans les commentaires et interprétations publiques.

Sur le plan judiciaire, l’affaire a connu une évolution rapide et significative au niveau du parquet. Le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, s’est saisi du dossier sans tarder. Selon des sources judiciaires concordantes, le chef du parquet a décidé de durcir considérablement la procédure en retenant de nouvelles infractions dans son réquisitoire introductif.

En plus des chefs d’accusation initialement visés par l’enquête, le procureur a ajouté celui de blanchiment de capitaux, une infraction lourde qui expose les mis en cause à des sanctions pénales particulièrement sévères. Cette requalification partielle du dossier marque un tournant important dans la procédure et témoigne de la volonté du parquet d’aller au fond des faits reprochés aux personnes impliquées.

À l’issue de cette phase, le procureur a requis le placement sous mandat de dépôt de l’ensemble des mis en cause. Sont concernés par cette mesure Pape Salif Rall Thiam, Ibrahima Camara, Adama Diallo, Mansour Bassirou Baldé, Mamadou Gning, Sana Ba, Bachir Ka, Bekaye Faye, Djiby Dramé, Bekaye Ndiaye, Doudou Lamine Dieng, ainsi que Cheikh Ahmadou Tidiane Diallo, plus connu du grand public sous le nom de Pape Cheikh Diallo.

Alors que l’instruction se poursuit, cette affaire hautement médiatisée continue de diviser et d’alimenter les débats. En attendant les conclusions de la justice, la défense, de son côté, se dit déterminée à démontrer l’innocence de l’animateur et promet de faire éclater sa version des faits « au moment opportun ».

Les soutiens de Farba Ngom dénoncent un « acharnement judiciaire » et annoncent une mobilisation nationale

Face à ce qu’ils qualifient d’« acharnement judiciaire », les partisans de Farba Ngom haussent le ton et dénoncent une situation qu’ils jugent de plus en plus préoccupante. Réunis ce lundi lors d’une conférence de presse, les membres du Comité pour la Résistance Populaire ont exprimé leur vive inquiétude quant aux conditions de détention du maire d’Agnam et député de l’opposition, incarcéré depuis le 27 février dernier dans le cadre d’une affaire de détournement présumé de deniers publics.

Au centre de leurs revendications figure ce qu’ils estiment être une inégalité flagrante de traitement judiciaire. Abdoul Aziz Diop, adjoint au maire d’Agnam et porte-parole du mouvement de soutien, s’est publiquement interrogé sur la décision ayant conduit à la libération de Tahirou Sarr, pourtant co-accusé dans le même dossier, tandis que Farba Ngom demeure derrière les barreaux. Pour les soutiens du député-maire, cette différence de traitement alimente le sentiment d’une justice à deux vitesses.

Lors de son intervention, Abdoul Aziz Diop a également insisté sur l’état de santé jugé préoccupant de Farba Ngom. Selon lui, les conditions physiques du responsable politique seraient incompatibles avec une détention prolongée. « Son état de santé est incompatible avec l’incarcération, pourtant on le maintient en prison », a-t-il déclaré, dénonçant ce qu’il considère comme une violation des droits fondamentaux de leur leader. Il précise toutefois que leur combat ne vise pas à obtenir un quelconque privilège, mais à faire respecter le droit. « Nous ne demandons pas un privilège, nous exigeons le droit », martèle-t-il.

Déterminés à ne pas rester passifs, les partisans de Farba Ngom annoncent une montée en puissance de la contestation. Une marche pacifique est prévue le 14 février prochain, suivie d’un rassemblement devant l’Assemblée nationale deux jours plus tard. À travers ces actions, le Comité pour la Résistance Populaire entend attirer l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur ce qu’il considère comme une dérive judiciaire.

L’objectif affiché est clair : faire pression sur une justice que les soutiens du député-maire jugent partiale et instrumentalisée. « Nous ne laisserons pas l’injustice triompher », avertit Abdoul Aziz Diop, promettant une mobilisation continue et sans relâche. Selon lui, le bras de fer engagé avec les autorités judiciaires ne fait que commencer.

Entre revendication du respect des droits, dénonciation d’un traitement jugé inéquitable et démonstration de force populaire annoncée, l’affaire Farba Ngom s’installe durablement au cœur du débat politique et judiciaire, laissant présager une période de fortes tensions dans les jours à venir.

UCAD : fermeture exceptionnelle du campus social après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba

La direction du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) a annoncé la fermeture exceptionnelle du campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) ce mardi 10 février 2026 à partir de 12 heures, et ce jusqu’à nouvel ordre. Cette décision intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par les événements survenus le lundi 9 février 2026, qui ont conduit au décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, inscrit en deuxième année de Médecine.

Dans un communiqué officiel, le COUD précise que cette mesure a été prise pour des raisons de sécurité, alors que le climat sur le campus reste empreint d’émotion, de choc et de tensions. La direction estime nécessaire de suspendre temporairement l’accès au campus social afin de prévenir tout risque supplémentaire et de permettre un retour progressif au calme.

La direction du COUD a également demandé aux étudiants de ne laisser aucun bagage dans les chambres des résidences universitaires, une consigne qui s’inscrit dans le cadre de la fermeture totale du campus social. Les modalités pratiques liées à cette évacuation temporaire seront précisées au fur et à mesure de l’évolution de la situation.

Consciente de l’impact psychologique de ce drame sur la communauté universitaire, la direction a annoncé la mise en place d’un dispositif d’accompagnement et d’écoute psychologique à l’endroit des étudiants. Ce mécanisme vise à offrir un soutien moral et psychologique à ceux qui en ressentent le besoin, dans un contexte de deuil et de traumatisme collectif. Les détails pratiques concernant ce dispositif seront communiqués ultérieurement.

Dans son message, le COUD a par ailleurs présenté ses sincères condoléances à la famille de l’étudiant décédé, ainsi qu’à l’ensemble des étudiants et à la communauté universitaire de l’UCAD. La direction a tenu à rappeler son attachement aux valeurs de dialogue et de concertation, tout en lançant un appel à la collaboration, à la sérénité et au retour au calme.

Alors que les autorités universitaires et administratives poursuivent leurs évaluations, la fermeture du campus social apparaît comme une mesure préventive destinée à préserver la sécurité des étudiants et à créer les conditions nécessaires à l’apaisement, dans l’attente de nouvelles décisions.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°668 – 08/02/2026

🔴 DRAME À L’UNIVERSITÉ CHEIKH ANTA DIOP / INTIFADA ENTRE ÉTUDIANTS ET FORCES DE L’ORDRE SANCTIONNÉE PAR LE DÉCÈS D’ABLAYE BÂ : LA MORT FRAPPE ENCORE CHEZ LES ÉTUDIANTS
🔴 GROSSES ACCUSATIONS NIANT L’EXISTENCE MÊME DE TRAVAUX D’ASSAINISSEMENT À DIAMNIADIO : ECOTRA DIT “FAUX” AUX DÉCLARATIONS DE TAHIROU SARR

🔴 EL HADJI MALICK DIOUF : LE LATÉRAL QUI FAIT BASCULER LES MATCHS

TENSIONS À L’UCAD

Le khalife de Bambilor interpelle les plus hautes autorités

Dans une lettre rendue publique, le khalife de Bambilor a pris la parole pour évoquer la situation des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) en grève. S’adressant à la fois aux autorités compétentes et aux étudiants eux-mêmes, ce message se veut un appel à la responsabilité collective, au dialogue et à la recherche urgente de solutions durables face à une crise qui dépasse le cadre universitaire et interpelle l’ensemble de la société.

« La situation que traverse l’Université Cheikh Anta Diop continue de susciter des inquiétudes
légitimes. Elle appelle, de la part de tous, sens de responsabilité, écoute et humanité.
Après plusieurs tentatives de médiation, notamment l’organisation d’une rencontre entre les
étudiants, les autorités religieuses et les acteurs concernés, une période d’accalmie avait été observée », a écrit Thierno Amadou Ba, qui reste convaincu que « le dialogue reste possible et nécessaire ». Toutefois, estime-t-il, « des éléments nouveaux, comme la
fermeture des restaurants universitaires et certains événements récents, ont ravivé les tensions ».

Par cette lettre ouverte, le khalife général de Bambilor invite l’État à prendre toutes les dispositions nécessaires, en
tenant compte de la réalité du terrain.
« Les textes et les principes sont importants, mais il arrive que leur
application gagne à être humanisée, afin de préserver la paix sociale et la dignité humaine », a-t-il suggéré.
Thierno Amadou Ba ne manque pas de saluer, « avec une profonde émotion », « la dignité, le sens élevé de responsabilité et le respect
dont les étudiants ont fait preuve jusqu’ici, notamment à travers leurs représentants et les amicales ».

« Malgré les attentes, les difficultés et l’ouverture au dialogue qu’ils ont consentie, ils ont su préserver
leur dignité, leur lucidité et leur engagement responsable. Leur attitude respectueuse envers les autorités
religieuses et morales ne saurait en aucun cas être interprétée comme un renoncement ou une
compromission, mais bien comme une preuve de maturité et de conscience citoyenne », a-t-il estimé.
« Je veux aussi leur
dire clairement que, quelles que soient les circonstances, ils ne sont pas seuls », a-t-il fait savoir.

Poursuivant, il a indiqué que l’accompagnement des
autorités morales, religieuses et sociales leur est acquis.
« Les portes du dialogue restent ouvertes. Il n’est dans l’intérêt de personne de laisser s’installer la
méfiance ou la confrontation. Les étudiants ont joué un rôle important dans l’histoire récente de notre
pays ; il est essentiel aujourd’hui de préserver la confiance et l’esprit de concertation », a-t-il argumenté.

Dans cet esprit, il en appelle également au Président de la République ainsi qu’au Premier ministre.
« La situation actuelle exige des sacrifices et un engagement personnel au plus haut niveau de l’État. Le
règlement durable de cette crise passe par une écoute directe et sincère des étudiants.
J’invite ainsi les plus hautes autorités à ouvrir leurs portes aux étudiants, à travers une rencontre
franche et inclusive, sans intermédiaires, afin d’échanger et de trouver ensemble des solutions », a-t-il indiqué, estimant qu’un tel
geste de dialogue et de responsabilité contribuerait grandement à apaiser les tensions et à restaurer la
confiance.
« Je réitère mon soutien et mon engagement à accompagner toutes les parties dans la recherche de
solutions apaisées, justes et durables.
Que le bon Dieu nous garde nous protège et nous assiste », a-t-il conclu.

Aly Saleh

Université Cheikh Anta Diop : un étudiant en médecine décède dans un contexte de violents affrontements sur le campus

Un drame s’est produit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), où un étudiant en deuxième année à la faculté de médecine a perdu la vie à la suite des violents affrontements survenus récemment sur le campus universitaire. Selon les informations recueillies, le corps sans vie de la victime a été acheminé et se trouve actuellement à l’hôpital Principal de Dakar, plongeant la communauté universitaire dans une profonde consternation.

Le décès de cet étudiant intervient dans un contexte de fortes tensions marquées par des manifestations estudiantines, des interventions répétées des forces de défense et de sécurité, ainsi que des heurts ayant dégénéré en scènes de violence. Depuis plusieurs jours, l’UCAD est le théâtre d’échanges de projectiles, d’usage de gaz lacrymogènes et d’incidents graves ayant affecté la vie académique et la sécurité des étudiants.

Pour l’heure, les circonstances exactes de la mort de l’étudiant n’ont pas encore été officiellement établies. Les autorités n’ont pas communiqué sur les causes précises du décès, ni sur le moment exact où le drame s’est produit. Cette absence d’informations alimente l’émotion et les interrogations au sein du campus, où étudiants, enseignants et personnels administratifs réclament des éclaircissements rapides et transparents.

Une enquête devrait être ouverte afin de faire toute la lumière sur ce décès tragique, déterminer les causes réelles de la mort et situer les responsabilités dans ces violences qui ont pris une tournure dramatique. Plusieurs voix s’élèvent déjà pour demander une investigation indépendante et rigoureuse, afin que les faits soient établis et que justice soit rendue si des manquements ou des abus sont avérés.

Ce décès ravive le débat sur la gestion sécuritaire des crises universitaires et sur la nécessité de privilégier le dialogue plutôt que la confrontation. De nombreux acteurs du monde universitaire estiment que l’université doit rester un espace de savoir, de débat et de formation, et non un théâtre de violences mettant en danger la vie des étudiants.

Alors que l’émotion reste vive à l’UCAD, la communauté universitaire est en deuil et appelle à l’apaisement. Les autorités sont désormais attendues sur des mesures urgentes pour garantir la sécurité des étudiants, rétablir un climat serein sur le campus et éviter que de tels drames ne se reproduisent. Nous y reviendrons au fur et à mesure de l’évolution de cette affaire.

Kaolack : Abdallah Ndao et Samm Jikkoo exigent une cohérence entre discours politique et valeurs sociales

L’affaire de mœurs présumées qui secoue actuellement la ville de Kaolack dépasse largement le cadre judiciaire. Elle remet au centre de l’actualité un débat sensible et profondément clivant au Sénégal : celui de l’homosexualité, perçue par une large majorité de la population comme incompatible avec les valeurs religieuses, culturelles et sociales du pays.

Dans une déclaration rendue publique ce lundi 9 février 2026, Abdallah Ndao, frère de feu l’imam Alioune Badara Ndao, a ravivé cette controverse nationale. Au-delà de l’évocation de la mémoire d’une figure religieuse marquante, sa prise de parole s’est surtout apparentée à une interpellation directe du pouvoir politique, accusé de silence et d’inaction face à un phénomène jugé préoccupant par une frange importante de l’opinion publique.

Selon lui, « cette affaire agit comme un révélateur d’un malaise plus profond. Elle alimente le sentiment d’un décalage croissant entre les valeurs sociales dominantes, fortement influencées par l’islam, et ce qui est perçu comme une tolérance institutionnelle progressive à l’égard de pratiques considérées comme contraires à l’identité morale du pays », a souligné Abdallah Ndao.

Bien que le Sénégal soit constitutionnellement un État laïc, il demeure socialement enraciné dans de fortes références religieuses. C’est dans cet équilibre délicat que s’inscrit aujourd’hui la controverse. L’interpellation vise directement le régime issu de la récente alternance politique, laquelle s’était construite sur des promesses de rupture, de restauration de l’autorité de l’État et de respect des valeurs sociétales, a-t-il ajouté.

« Parmi ces engagements, certains électeurs estiment que la criminalisation explicite de l’homosexualité faisait partie des attentes implicites, perçue comme un moyen de protéger la jeunesse et de préserver le tissu moral national. Or, l’absence de mesures concrètes à ce jour nourrit frustrations, incompréhensions et soupçons de reniement », a rappelé Abdallah Ndao.

Le guide religieux appelle désormais à une clarification officielle de la position de l’État, à une cohérence entre discours électoral et action gouvernementale, ainsi qu’à l’ouverture d’un débat assumé au niveau législatif.

De son côté, Abdoulaye Ndao affirme que le mouvement Samm Jikkoo poursuivra son combat contre ce qu’il qualifie de dérive sociétale, tout en exhortant les autorités à respecter leurs engagements envers une population majoritairement attachée aux valeurs religieuses et morales.

Quitter la version mobile