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Kaolack – Festival International pour l’Éveil des Consciences : 25 jeunes formés à l’usage des drones pour lutter contre l’immigration irrégulière

La 6ᵉ édition du Festival International pour l’Éveil des Consciences a offert, ce jeudi 4 décembre 2025, une opportunité unique à vingt-cinq jeunes venus de plusieurs communes du Sénégal ainsi que de la diaspora. Réunis à l’Alliance Franco-Sénégalaise de Kaolack, ils ont pris part à un atelier de formation consacré à l’utilisation professionnelle des drones.

Cette initiative, portée par Ousmane Thioune — plus connu sous le nom de Jimane — à travers son GIE et soutenue par plusieurs partenaires engagés dans la création d’emplois et la lutte contre l’immigration irrégulière, vise à renforcer les compétences des jeunes afin de leur offrir des alternatives concrètes.

Former pour offrir des alternatives

« Nous sommes réunis à l’occasion de la 4ᵉ journée du festival pour une formation axée sur l’utilisation de drones, une formation qui va durer deux jours », explique Ousmane Thioune. Selon lui, ce renforcement de capacités s’inscrit pleinement dans la stratégie de prévention de l’immigration irrégulière, un phénomène qui continue de décimer la jeunesse africaine.

« Nous sommes à l’ère du numérique et de l’audiovisuel. C’est pourquoi nous avons choisi ce module », ajoute-t-il, insistant sur l’importance de doter les jeunes de compétences modernes et adaptées aux exigences du marché.

Le drone, un outil d’avenir

Longtemps perçus comme des symboles futuristes, les drones sont aujourd’hui devenus des outils de développement incontournables. À travers le monde, ils modernisent des secteurs aussi variés que l’agriculture, la santé, la sécurité, l’environnement ou encore l’éducation.

Dans les zones rurales, ils constituent un appui essentiel pour les agriculteurs. Ils permettent notamment de surveiller les champs, d’évaluer les dégâts causés par les inondations ou encore de détecter les feux de brousse. « Les drones sont les yeux du ciel », souligne Ousmane Thioune.

Cette année, le nombre de bénéficiaires a été élargi à des jeunes issus de communes voisines comme Gandiaye, Mbadakhoune ou Nioro du Rip, mais aussi à des participants venus de Ziguinchor et de France.

Lutter contre un drame silencieux

Concernant l’immigration irrégulière, un grand concert sera prochainement organisé en collaboration avec les artistes de Kaolack. Jimane rappelle l’ampleur d’un phénomène qu’il qualifie de « drame humain silencieux ». « Entre espoir et désillusion, des milliers de vies se brisent dans le désert, dans les prisons clandestines ou en mer », déplore-t-il.

Face à ce fléau, son association entend poursuivre et intensifier les actions de sensibilisation, tout en proposant de véritables alternatives économiques aux jeunes. Pour lui, c’est la seule voie possible vers un changement durable.

Un festival tourné vers l’impact social

Le Festival International pour l’Éveil des Consciences confirme ainsi sa vocation : éveiller, former et transformer. À travers cette formation à l’utilisation des drones, les organisateurs ambitionnent non seulement de renforcer l’employabilité des jeunes, mais également de contribuer à bâtir une société où l’innovation devient un levier contre la précarité et l’exode clandestin.

À l’Assemblée nationale, Tahirou Sarr dénonce de graves dysfonctionnements dans le système de santé

Lors de son intervention devant les députés, Tahirou Sarr a livré un diagnostic sévère sur le fonctionnement du système de santé, pointant du doigt ce qu’il considère comme une série de dérives affectant la prise en charge des patients. Selon lui, un déséquilibre préoccupant s’est installé entre les structures publiques et les acteurs privés du secteur pharmaceutique et des analyses médicales.

Le parlementaire a d’abord dénoncé la récurrence des ruptures de stocks dans les pharmacies internes des hôpitaux, obligeant de nombreux malades à acheter leurs médicaments dans des officines extérieures. Cette situation, qu’il juge anormale, s’accompagnerait d’une externalisation excessive des examens médicaux, réalisés en grande partie dans des laboratoires privés. Tahirou Sarr s’interroge sur l’existence d’un possible “deal” entre certains établissements publics et ces structures privées, appelant les autorités sanitaires à faire preuve de transparence et à renforcer les mécanismes de contrôle pour dissiper tout soupçon de collusion.

Le député a ensuite attiré l’attention sur la saturation croissante de plusieurs hôpitaux du pays. Il affirme que certains services, notamment de maternité, seraient débordés en raison de l’afflux de patientes provenant de pays frontaliers, venues y accoucher. Sans remettre en cause le droit fondamental de chaque personne à recevoir des soins, Tahirou Sarr estime que cette situation crée des tensions sur les capacités d’accueil et complique l’accès aux services pour certaines femmes sénégalaises. Il plaide ainsi pour une meilleure organisation, qui permettrait de répondre en priorité aux besoins nationaux, tout en respectant les engagements humanitaires et légaux du pays.

Enfin, le parlementaire a insisté sur les défis liés à la formation et au recrutement dans le secteur de la santé. Selon lui, un nombre important de professionnels formés au sein des hôpitaux publics seraient originaires de pays voisins, tandis qu’une présence croissante de médecins étrangers est constatée à Dakar. S’il reconnaît l’apport de ces praticiens à l’offre de soins, Tahirou Sarr appelle à une réflexion stratégique sur la politique de formation, afin de s’assurer que les investissements consentis par l’État profitent pleinement au système sanitaire national.

Libération de Serigne Saliou Diagne : le fils de Madiambal Diagne placé sous contrôle judiciaire

Serigne Saliou Diagne, fils du journaliste et patron de presse Madiambal Diagne, a recouvré la liberté ce jeudi après avoir été placé sous contrôle judiciaire. Sa libération intervient après plusieurs jours de procédure, marqués par une forte attention médiatique en raison de l’identité de son père, figure influente du paysage médiatique sénégalais.

Selon les informations recueillies, la décision a été prise par le juge en charge du dossier, qui a estimé que les conditions étaient réunies pour accorder cette mesure alternative à la détention. Toutefois, Serigne Saliou Diagne demeure à la disposition de la justice et devra respecter un ensemble d’obligations strictes, parmi lesquelles la limitation de ses déplacements et l’obligation de se présenter régulièrement devant les autorités judiciaires compétentes.

L’affaire, dont les contours restent pour l’heure peu détaillés publiquement, a suscité de nombreuses réactions depuis son éclatement, certains observateurs appelant à la prudence et au respect du secret de l’instruction. La famille Diagne, qui s’était jusque-là abstenue de tout commentaire, n’a pas encore communiqué officiellement sur la décision.

Badara Gadiaga : la Chambre d’accusation confirme sa liberté provisoire sous bracelet électronique

Les avocats du chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, étaient ce jeudi 4 décembre devant la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Dakar, pour examiner le recours introduit par le ministère public. Celui-ci contestait l’ordonnance du juge d’instruction ayant accordé au journaliste une liberté provisoire sous bracelet électronique.

Selon des informations rapportées par Seneweb, à l’issue des plaidoiries, la Chambre d’accusation a confirmé la décision du juge d’instruction, donnant ainsi raison à la défense de Gadiaga. Cette décision sera définitive à moins que le parquet général ne se pourvoie en cassation dans les délais légaux.

Pour rappel, après son audition au fond, le doyen des juges du Tribunal de Dakar avait ordonné, le 10 novembre dernier, la mise en liberté provisoire de Badara Gadiaga avec port du bracelet électronique. Une décision à laquelle s’était opposé le procureur de la République, qui avait immédiatement interjeté recours, transférant l’affaire à la juridiction supérieure.

La Chambre d’accusation a donc tranché : la liberté provisoire est maintenue, assortie du bracelet électronique, et le chroniqueur est autorisé à poursuivre ses activités professionnelles entre 7h et 21h, sous réserve du strict respect des obligations imposées par la justice.

Crise à l’UCAD : le Collectif des Amicales engagé dans des négociations avec les autorités

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) traverse depuis plusieurs semaines une crise qui perturbe fortement le fonctionnement de l’institution. Face à cette situation, le Collectif des Amicales de l’UCAD a entrepris des démarches pour engager un dialogue constructif avec les autorités sénégalaises et trouver une issue favorable aux revendications des étudiants.

Mercredi 3 décembre, les représentants du Collectif ont été reçus par le Président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, ainsi que par le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom. Ces rencontres s’inscrivent dans le cadre d’une tentative de médiation visant à apaiser les tensions sur le campus et à proposer des solutions concrètes aux problèmes soulevés par les étudiants, notamment ceux concernant les formations de Masters 1 et 2.

Dans son communiqué, le Collectif a également indiqué avoir eu des échanges en ligne avec le Premier ministre, Ousmane Sonko, qui a affirmé sa disponibilité à trouver une solution durable à la crise et à travailler à la stabilité de l’université. Les discussions ont porté sur plusieurs points cruciaux, notamment l’amélioration des conditions d’étude, la réforme des programmes d’enseignement, ainsi que la prise en charge des problèmes sociaux auxquels sont confrontés les étudiants.

Si une partie des revendications étudiantes a pu trouver une issue favorable, le Collectif précise que la majorité des points reste encore en discussion. Malgré cela, l’organisation estudiantine réaffirme son engagement envers la communauté universitaire et encourage les étudiants à rester mobilisés pour obtenir satisfaction à leurs demandes. Par ailleurs, le Collectif dénonce les récentes violations des franchises universitaires, rappelant la nécessité de respecter le cadre légal et institutionnel de l’université.

Crise universitaire : le ratio enseignants-chercheurs/étudiants au cœur des tensions

Par Fara Mbodji, Réseau des alumnis de l’Université Alioune Diop de Bambey (RA. UAD-B)

La crise qui secoue actuellement les universités sénégalaises continue de provoquer une vive inquiétude au sein de la communauté éducative et chez les étudiants. Alors que les mouvements d’humeur se multiplient sur les campus, de plus en plus de voix soulignent que la question des bourses, bien qu’importante, ne constitue qu’une facette d’un problème beaucoup plus profond et structurel. Au centre de cette crise se trouve le ratio enseignants-chercheurs/étudiants, jugé alarmant par de nombreux observateurs.

Selon les données disponibles, le Sénégal dispose actuellement d’un enseignant-chercheur pour environ 80 étudiants. Ce chiffre ne prend même pas en compte les vacataires et reste très éloigné des standards internationaux, où un encadrement plus rapproché est la norme pour garantir un enseignement de qualité. Cette disproportion a des conséquences directes sur la réussite académique, car elle limite les interactions entre étudiants et enseignants et compromet l’acquisition de connaissances solides.

Le gouvernement a annoncé son intention de recruter 500 nouveaux enseignants afin de réduire ce déséquilibre. Toutefois, de nombreux experts estiment que cette initiative reste largement insuffisante face à l’ampleur des besoins. « Le gouvernement fait semblant de faire des efforts, mais cela ne suffit pas pour combler le gap », déplore un responsable étudiant, mettant en lumière le sentiment général de frustration qui règne dans les universités. Pour les spécialistes de l’enseignement supérieur, seule une stratégie ambitieuse, cohérente et pérenne pourra réellement inverser cette tendance et améliorer la qualité de l’éducation.

Par ailleurs, il existe un lien direct entre la question des bourses et celle de l’encadrement académique. Les étudiants bénéficiaires de bourses, tout comme leurs camarades, ont le droit de recevoir un enseignement de qualité. Or, la garantie de cette qualité ne saurait se limiter à la seule distribution des bourses ; elle implique un renforcement massif des ressources humaines et matérielles des universités publiques.

Face à cette situation, les étudiants appellent l’État à placer la réforme du système d’encadrement académique au rang de priorité nationale. Ils demandent des mesures structurelles capables de répondre aux défis actuels et futurs d’un enseignement supérieur en pleine expansion, afin de prévenir l’aggravation de la crise.

Pour l’heure, tous les regards restent tournés vers le gouvernement, qui est attendu sur des actions concrètes pour sortir durablement les universités sénégalaises de cette impasse et garantir un enseignement supérieur de qualité pour tous.

Affaire des 5,5 milliards F CFA : Cheikh Tidiane Seck entendu par le Pool judiciaire financier

Ce jeudi, Cheikh Tidiane Seck, chauffeur de l’ancien Premier ministre Amadou Ba, a été entendu par le juge d’instruction du Pool judiciaire financier dans le cadre de l’information judiciaire portant sur l’affaire des 5,5 milliards de F CFA impliquant Amadou Sall, le fils de l’ancien chef du gouvernement de Macky Sall, ainsi que d’autres personnes.

Selon des sources de Seneweb, Cheikh Tidiane Seck a été entendu en présence du procureur Ibrahima Faye. Au cours de son audition, il a vigoureusement contesté les accusations d’association de malfaiteurs et de blanchiment de capitaux dont il fait l’objet. Assisté de ses avocats Boubacar Wade, Boucounta Diallo, Takha Cissé et Djiby Seydi, il a affirmé n’avoir commis aucun acte répréhensible.

L’inculpé a précisé ne pas connaître les autres personnes citées dans cette affaire, notamment le chanteur Waly Seck, le maire des Agnams Farba Ngom et Mamadou Racine Sy. Cheikh Tidiane Seck a déclaré ne connaître que Ibrahima Ba, le fils de son ancien employeur, avec lequel il vit sous le même toit depuis plus de vingt ans. Il a souligné que la famille Ba avait beaucoup œuvré pour lui, ce qui l’a conduit à accepter, sans réserve, sa nomination comme administrateur de la société, convaincu que Ibrahima Ba n’était pas impliqué dans des activités délictueuses.

À l’issue de l’audition, la défense a déposé une quittance de caution solidaire d’un montant de 550 millions de F CFA, émise par la Caisse des dépôts et consignations, couvrant à la fois Ibrahima Ba et Cheikh Tidiane Seck. Le président du collège des juges d’instruction avait déjà donné son accord pour cette proposition de cautionnement. Ainsi, les deux hommes pourraient recouvrer leur liberté dans les prochaines heures.

« Thérèse Faye interpelle Mabouba Diagne sur le prix de l’arachide, la salinité des sols et les infrastructures rurales »

Lors de la séance plénière tenue hier à l’Assemblée nationale, la députée Thérèse Faye a confronté le ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, avec un ton direct et incisif, soulevant plusieurs préoccupations majeures touchant le monde rural sénégalais. Ses interpellations ont porté sur des dossiers sensibles, allant de l’annonce du prix de l’arachide à la dégradation des sols, en passant par le manque d’infrastructures pour l’élevage et les risques de conflits d’intérêts liés aux activités privées du ministre.

La première question soulevée par Thérèse Faye concerne le prix du kilogramme d’arachide annoncé récemment par le ministre sur une chaîne YouTube, fixé à 305 F CFA. Selon elle, cette communication a été effectuée sans cadre officiel, aucun communiqué du Conseil des ministres, note interministérielle ou document officiel n’ayant été publié pour permettre aux services déconcentrés de prendre les dispositions nécessaires. Elle a insisté sur le risque de désorientation des producteurs, des acheteurs et des autorités locales, soulignant qu’une telle annonce publique, sans support officiel, crée une confusion préjudiciable à la campagne arachidière.

La députée a également mis en lumière la dégradation préoccupante des sols dans plusieurs localités de la région de Fatick, notamment à Diarrère, Mbella Kadiam et Niakhar. La salinité de ces terres, selon elle, compromet gravement les activités agricoles. Elle a appelé à la mise en place urgente de digues anti-sel afin de restaurer la fertilité des sols et de soutenir les agriculteurs locaux. Thérèse Faye a par ailleurs souligné les difficultés auxquelles sont confrontés les éleveurs, notamment le manque d’infrastructures essentielles telles que les parcs de vaccination et les abreuvoirs, indispensables pour améliorer la santé animale et réduire les pertes. Si elle a reconnu les efforts déployés par certaines mairies, elle a insisté sur le fait que leurs budgets restent insuffisants pour répondre aux besoins croissants du secteur.

Un autre point sensible de son intervention concerne la situation personnelle du ministre dans le secteur de la volaille. Thérèse Faye a interrogé la compatibilité entre l’exercice de ses fonctions publiques et son statut de deuxième producteur national de volaille, rappelant que même si la loi le permet, la communication sur ses activités privées pourrait générer des incompréhensions ou des soupçons de conflits d’intérêts. Elle a également mentionné que, malgré les affirmations du ministre selon lesquelles ses initiatives agro-industrielles étaient financées « sur fonds propres », son projet Gade Gui a bénéficié d’un accompagnement du FONGIP, dont il a été administrateur, ainsi que du PRODAC pour l’accès aux terres.

Tout en saluant les réussites personnelles du ministre, qu’elle a présentées comme un exemple de l’impact positif des politiques publiques mises en œuvre sous la présidence de Macky Sall, Thérèse Faye l’a invité à mettre davantage en avant les actions gouvernementales plutôt que ses réalisations personnelles, afin de garantir transparence et équité dans la conduite des politiques agricoles.

Ziguinchor : Un convoyeur arrêté pour trafic de migrants et escroquerie de 60 millions FCFA

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNTL) de Ziguinchor a déféré devant le parquet financier Djibril Seck, un individu poursuivi pour « association de malfaiteurs, tentative de trafic de migrants et escroquerie ». Ce dernier est accusé d’avoir escroqué près de 60 millions de FCFA à 110 personnes de différentes nationalités, dont des Sénégalais, des Sierra-Léonais, des Gambiens, des Bissau-Guinéens et des Guinéens.

Selon les informations recueillies, l’arrestation de Djibril Seck fait suite à une dénonciation collective enregistrée en mars 2025 auprès de l’antenne régionale de la DNTL de Ziguinchor. Les victimes ont affirmé avoir été trompées par un prétendu voyage vers l’Espagne via la Gambie. Chacune d’elles aurait versé entre 400 000 et 60 000 FCFA, pour un total avoisinant 60 millions FCFA, désignant Djibril Seck comme l’organisateur principal du voyage.

Le mis en cause avait conduit plusieurs candidats à la migration irrégulière sur la plage de Goumel, à Ziguinchor, où il leur aurait montré une pirogue qu’il présentait comme l’embarcation destinée à les conduire en Gambie, avant de les acheminer vers les côtes espagnoles. Cette mise en scène visait à renforcer sa crédibilité et à dissiper tout doute chez les candidats.

Une fois arrivés à Banjul, les migrants ont été pris en charge par un complice de Djibril Seck, chargé de leur hébergement dans le quartier résidentiel de Yaram Bamba. Après deux mois passés dans des conditions précaires, les migrants ont été interpellés par la police d’immigration gambienne, tandis que les organisateurs prenaient la fuite en emportant la totalité des fonds perçus.

Les victimes ont soutenu que l’arrestation initiale à Banjul avait été orchestrée par Djibril Seck et ses complices, de nationalités sénégalaise, gambienne et bissau-guinéenne, afin de créer un prétexte à sa disparition et de conserver frauduleusement l’argent collecté, sans jamais avoir eu l’intention d’organiser un véritable voyage vers l’Espagne.

Après six mois de cavale à Saint-Louis, Djibril Seck a été interpellé et a reconnu les faits. Il a également donné les noms de ses complices, précisant que chacun avait un rôle bien défini dans le recrutement et l’hébergement des candidats à la migration. Concernant l’utilisation des fonds, il a indiqué avoir dépensé 10 millions pour la construction d’une maison en cours de réalisation, 6 millions pour l’achat d’une pirogue et deux moteurs de marque « Yamaha », ainsi que 4 millions pour les frais d’hébergement et d’alimentation. Les 25 millions restants auraient été consacrés à diverses dépenses. Toutefois, le mis en cause n’a pas été en mesure de justifier l’écart entre les 60 millions FCFA initialement perçus et les 25 millions déclarés, ni d’identifier les victimes auxquelles il aurait prétendument remboursé une partie de l’argent.

Affaire de trafic présumé de migrants : le maire de Jaxaay Parcelles placé sous contrôle judiciaire avec bracelet électronique

Le maire de la commune de Jaxaay Parcelles, située dans la banlieue dakaroise, Abdoul Aziz Diané, a été placé sous contrôle judiciaire avec port obligatoire d’un bracelet électronique. Cette mesure est intervenue à la suite de la décision du parquet de Pikine-Guédiawaye, qui a requis l’ouverture d’une information judiciaire dans l’affaire de trafic présumé de migrants impliquant l’élu local.

Selon des sources judiciaires, le maire Abdoul Aziz Diané et son secrétaire municipal avaient été interpellés le 26 novembre 2025 par la brigade de recherche de Keur Massar. Les enquêteurs les soupçonnent d’être impliqués dans un réseau de facilitation de départs irréguliers vers l’étranger, un phénomène qui continue de prendre de l’ampleur dans la région. Les chefs d’accusation portent sur « trafic de migrants » mais également sur « falsification de documents d’état civil », un élément qui alimente les inquiétudes quant à une possible exploitation des ressources administratives de la commune à des fins illégales.

D’après des sources proches du dossier, les enquêteurs cherchent à déterminer si des actes administratifs – notamment des extraits de naissance ou d’autres documents essentiels – auraient été délivrés ou modifiés dans le but de permettre à des candidats à l’émigration irrégulière d’obtenir des papiers facilitant leur déplacement ou leur embarquement.

Le placement sous bracelet électronique constitue une première mesure de restriction, en attendant que le juge d’instruction désigné approfondisse les investigations. Cette décision traduit également la volonté des autorités judiciaires de maintenir un contrôle strict sur les déplacements de l’élu, tout en évitant une détention provisoire immédiate.

L’affaire suscite de nombreuses réactions au sein de la commune et dans l’opinion publique, où le maire est une figure connue. Certains habitants expriment leur surprise, tandis que d’autres réclament que la lumière soit pleinement faite sur le dossier, dans un contexte où la lutte contre le trafic de migrants est devenue une priorité nationale en raison des nombreux drames survenus ces dernières années.

L’information judiciaire ouverte devra désormais établir les responsabilités, vérifier la matérialité des faits et déterminer l’éventuelle existence d’un réseau ou de complicités au sein de l’administration locale. En attendant, Abdoul Aziz Diané demeure présumé innocent, conformément au principe fondamental du droit pénal.

Cyberviolences à l’égard des femmes : L’APROFES lance deux jours de formation à Kaolack

À l’occasion de la campagne internationale des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, l’APROFES a organisé ce mercredi 3 décembre 2025, à son siège de Kaolack, un atelier de deux jours dédié à la lutte contre les violences numériques envers les femmes et les filles, avec le soutien de son partenaire Enabel.

Cette session de renforcement de capacités a réuni un public diversifié, majoritairement composé de femmes et de jeunes filles, parmi lesquelles des survivantes de violences, des relais communautaires ainsi que des bajenu gox engagées dans la prévention et la prise en charge des violences basées sur le genre.

Un thème crucial dans un espace numérique devenu hostile

Intervenant lors de la rencontre, Aminata Ly Bengbeng, psychologue clinicienne et militante féministe sénégalaise, a souligné la pertinence du thème retenu cette année :

« L’espace numérique est aujourd’hui fortement pollué pour les femmes et les filles. Il s’y développe beaucoup de cyberharcèlement, de stalking, de cybersexisme, qui freinent leur participation et leur expression. »

Elle a rappelé que ces formes de violences en ligne ont un impact massif sur la santé mentale, la sécurité et l’épanouissement des femmes à travers le monde. Selon elle, il est urgent de renforcer la prévention, la protection et l’accompagnement des victimes, tout en formant les acteurs communautaires afin de créer un environnement numérique plus sûr et plus équitable.

Un centre d’accueil toujours non fonctionnel : L’APROFES interpelle l’État

Au-delà de la formation, l’atelier a également servi de cadre de plaidoyer.

Ndèye Diagne Mbengue, coordonnatrice du Centre d’écoute et d’orientation de l’APROFES, a déploré la non-fonctionnalité du centre d’accueil pour victimes de violences, construit au niveau du district sanitaire de Kasnack grâce à Enabel.

« Ce centre a été inauguré il y a deux ans, mais reste malheureusement non opérationnel. Nous interpellons les autorités étatiques afin qu’il soit enfin mis en service, pour offrir un véritable espace d’accueil et de prise en charge aux femmes et filles victimes de violences. »

L’appel vise à garantir une prise en charge holistique des survivantes, incluant soutien psychologique, assistance sociale et accompagnement juridique.

Un engagement renouvelé pour la lutte contre les violences patriarcales

À travers cet atelier, l’APROFES réaffirme son engagement à lutter contre toutes les formes de violences patriarcales, tant dans l’espace physique que numérique. L’organisation compte poursuivre ses actions de sensibilisation, de formation et de plaidoyer pour renforcer la protection des femmes et des filles et promouvoir leurs droits fondamentaux.

Macky Sall participe au premier “Beyond Profit Forum” en Arabie saoudite et plaide pour une gouvernance mondiale plus inclusive

L’ancien Président de la République du Sénégal, Macky Sall, a pris part, ce jeudi 4 décembre, à la toute première édition du “Beyond Profit Forum”, un événement international organisé à Riyad, en Arabie saoudite. Cette rencontre, pensée comme un espace d’échanges autour de l’innovation sociale et de la philanthropie, se veut un laboratoire d’idées pour transformer le secteur non lucratif à l’échelle mondiale.

Dans son intervention, Macky Sall a exprimé sa gratitude aux autorités saoudiennes pour ce qu’il a qualifié d’« aimable invitation » à une plateforme « novatrice de réflexion et de proposition sur la solidarité par la philanthropie ». L’ancien chef d’État a indiqué avoir partagé avec les participants son expérience en matière de politiques publiques d’inclusion sociale, rappelant les programmes qu’il a mis en œuvre durant son magistère pour réduire les inégalités sociales et territoriales au Sénégal.

Il a également insisté sur la zakat, un pilier essentiel de la solidarité en islam, qu’il a présentée comme un instrument structurant permettant de renforcer la cohésion sociale et d’assurer une redistribution plus équitable des ressources au sein des communautés. Pour Macky Sall, la mise en valeur de cet outil religieux dans les politiques de solidarité peut contribuer à résoudre certaines fragilités sociales tout en s’inscrivant dans une dynamique de développement durable.

Au-delà de son témoignage, l’ancien président sénégalais a renouvelé son appel en faveur d’une gouvernance mondiale plus juste et plus inclusive. Selon lui, les défis planétaires actuels — qu’il s’agisse des inégalités économiques, des crises sociales ou des déséquilibres géopolitiques — exigent des mécanismes de coopération internationale renforcés. Il a ainsi plaidé pour des plateformes de dialogue élargies, capables de donner une voix aux pays du Sud dans l’élaboration des politiques globales.

Le “Beyond Profit Forum”, qui en est à sa première édition, ambitionne de remodeler l’avenir du secteur non lucratif en stimulant l’innovation sociale, l’entrepreneuriat et la créativité. Son objectif est d’accélérer l’émergence d’un écosystème plus robuste, capable de générer des emplois, de favoriser l’inclusion et d’amplifier l’impact social à l’échelle mondiale. Dans cet esprit, la participation de personnalités comme Macky Sall contribue à nourrir le débat autour de la solidarité internationale et du rôle croissant des initiatives philanthropiques dans le développement.

Affrontements violents à l’UCAD : une journée de tension extrême entre étudiants et forces de l’ordre

La journée d’hier, mercredi, a été marquée par une explosion de violence au campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), transformé en véritable champ de bataille. Les affrontements, qui opposaient les étudiants aux forces de l’ordre, s’inscrivent dans le cadre d’un mouvement de protestation réclamant le paiement des arriérés de bourses de l’année académique 2024-2025.

Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur dans son édition de ce jeudi, le bilan de cette journée particulièrement agitée est lourd : onze policiers ont été blessés, dont deux officiers, tandis que dix étudiants ont été arrêtés. Les scènes de tension ont également entraîné la destruction de biens matériels, notamment plusieurs véhicules qui ont été incendiés au cours des heurts.

Très tôt dans la matinée, les étudiants ont fait face aux policiers, déterminés à pénétrer dans l’enceinte du campus pour contenir un mouvement qui prenait de l’ampleur. La situation s’est rapidement envenimée, obligeant les autorités à renforcer considérablement le dispositif sécuritaire. Un contingent exceptionnel de 300 éléments du Groupement mobile d’intervention (GMI), dépêché depuis Thiès, a été mobilisé. Ce renfort était accompagné de dix chars anti-émeute ainsi que d’une unité de drones de surveillance chargée d’appuyer les opérations au sol.

Malgré cette démonstration de force, les étudiants ont opposé une résistance farouche, rendant les affrontements particulièrement violents et prolongés. En fin de journée, certains des étudiants arrêtés ont été relâchés par le commissariat du Point E. Les autres ont passé la nuit dans les locaux du commissariat central, dans l’attente de la suite de la procédure policière.

Crise universitaire : l’APR dénonce une situation « explosive » et accuse le pouvoir en place

Le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance pour la République (APR) a publié, ce 4 décembre 2025, une déclaration dans laquelle il alerte sur la situation tendue qui paralyse les universités publiques du Sénégal depuis plusieurs semaines. Le parti d’opposition pointe un climat jugé « explosif », marqué par des mouvements de contestation estudiantine, des blocages pédagogiques et des heurts récurrents sur les campus.

Selon l’APR, cette atmosphère délétère contraste fortement avec les acquis enregistrés durant les années de gouvernance de l’ancien président Macky Sall. Le parti rappelle qu’au cours de cette période, plusieurs mesures avaient été prises « au bénéfice de la communauté universitaire ». Il cite notamment la revalorisation des salaires des enseignants-chercheurs et du personnel administratif et technique (PATS), l’augmentation des bourses étudiantes, la construction de nouveaux pavillons universitaires, ainsi que le maintien d’un soutien substantiel aux tickets des restaurants universitaires. À en croire l’APR, ces avancées avaient permis de réduire durablement les foyers de tensions dans le secteur de l’enseignement supérieur.

Le parti situe l’origine des troubles actuels dans la question sensible des bourses non versées, un sujet qui, selon lui, avait autrefois constitué un axe central de communication pour l’actuelle majorité lorsqu’elle était dans l’opposition. L’APR accuse le Pastef et ses alliés de s’être reniés, trahissant des promesses qui avaient contribué à rallier une partie importante de la jeunesse. Pour le parti fondé par Macky Sall, cette rupture entre discours passé et pratiques actuelles alimente la colère des étudiants, exacerbant un malaise déjà profond.

Dans sa déclaration, l’APR dénonce également ce qu’il qualifie de « répression brutale » exercée contre les étudiants mobilisés. Le parti rappelle que l’inviolabilité des espaces académiques est consacrée par la loi 94-79 relative aux franchises universitaires, et affirme que l’université devrait rester un sanctuaire de liberté intellectuelle, de recherche et de dialogue, plutôt qu’un terrain d’affrontements entre forces de sécurité et étudiants. Pour l’APR, les scènes de violences observées ces derniers jours constituent une dérive dangereuse et portent atteinte à l’esprit même de l’institution universitaire.

Le SEN de l’APR se positionne ouvertement aux côtés des étudiants et dit soutenir la légitimité de leurs revendications. Le parti exige de l’État le paiement « immédiat et sans condition » des bourses et allocations en souffrance, tout en appelant à l’arrêt des opérations sécuritaires « violentes » dans les campus. Selon ses responsables, l’urgence est de rétablir l’apaisement et de renouer avec un dialogue sincère entre autorités, étudiants et acteurs de la communauté universitaire.

Pour l’APR, la crise universitaire n’est en réalité qu’un révélateur d’une crise sociale beaucoup plus large. Le parti évoque les tensions croissantes dans les secteurs de la santé, de l’enseignement, ainsi que dans d’autres domaines de la vie nationale. Il estime que la multiplication de ces foyers de contestation illustre « la gravité de la crise » qui toucherait actuellement le pays, mettant à mal la stabilité sociale et économique.

Réforme du système de retraite et modernisation de l’État : le Premier ministre dévoile les grandes orientations

Le Premier ministre a présenté, lors de sa communication en Conseil des ministres, l’état d’avancement de la réforme du système national de retraite, l’un des chantiers majeurs engagés par le gouvernement pour renforcer la protection sociale et assurer la soutenabilité financière du dispositif. Il a mis en avant la nécessité de bâtir un modèle plus inclusif, mieux administré et capable de répondre aux défis posés par un vieillissement démographique de plus en plus marqué.

Selon le chef du gouvernement, la pérennité du système repose notamment sur une gestion plus rigoureuse des ressources et une meilleure anticipation des besoins futurs. Il a rappelé à ce titre que les importantes réserves de l’IPRES constituent un outil stratégique pour financer endogènement le Plan de redressement économique et social. Toutefois, cette contribution ne pourra être pleinement efficace que si les fonds sont réorientés vers des investissements jugés prioritaires pour la croissance et le développement national.

Le Premier ministre a ainsi annoncé l’élaboration, dans un délai de trois mois, d’une feuille de route couvrant la période 2025-2028. Celle-ci fixera les principaux axes d’intervention, parmi lesquels la sécurisation de l’ensemble du système, l’élargissement de l’assiette contributive afin d’intégrer un plus grand nombre d’actifs, ainsi que l’optimisation des placements financiers pour garantir un rendement stable et durable. L’objectif est non seulement de consolider le système de retraite, mais aussi d’améliorer sa capacité à accompagner la transformation socio-économique du pays.

Parallèlement à cette réforme structurelle du secteur des retraites, le gouvernement a engagé une refonte profonde de l’appareil étatique. Le Premier ministre a détaillé une réorganisation ministérielle destinée à rationaliser les missions, réduire les chevauchements et renforcer l’efficacité globale de l’action publique. Cette restructuration s’accompagne d’un projet de nouveau cadre de gouvernance territoriale, dont la mise en place est prévue pour 2026. Il s’agira de clarifier les rôles entre l’État central et les collectivités, de mieux coordonner les interventions locales et nationales, et d’assurer une meilleure cohérence des politiques publiques sur l’ensemble du territoire.

UEMOA : une croissance économique robuste portée par l’agriculture, les hydrocarbures et les services

L’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) confirme sa résilience économique en enregistrant un taux de croissance particulièrement dynamique au troisième trimestre 2025. Selon les déclarations du Gouverneur de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou, qui présidait ce mercredi la session du Comité de Politique Monétaire (CPM), la croissance économique de l’Union s’établit à 6,6 %, après un niveau déjà solide de 6,4 % au deuxième trimestre.

Pour l’ensemble de l’année 2025, les prévisions tablent sur une croissance de 6,7 %, un niveau nettement supérieur à la moyenne du continent africain, estimée à 4,1 %. Une performance qui confirme la dynamique positive engagée ces dernières années, malgré un contexte international encore marqué par des incertitudes.

Jean-Claude Kassi Brou a également annoncé le maintien du taux directeur de la BCEAO à 3,5 %. Ce choix, a-t-il expliqué, est guidé par la solidité des fondamentaux économiques et la stabilité des prix observée dans la région. L’inflation est maîtrisée, avec un niveau stabilisé à 2 % en 2025, situant l’Union bien en deçà des seuils d’inquiétude et confortant la politique monétaire actuelle.

Plusieurs secteurs ont contribué de manière significative à cette dynamique. L’agriculture enregistre une croissance remarquable, soutenue par une campagne agricole jugée très bonne. Le secteur des hydrocarbures s’est également illustré par une hausse notable de sa production, estimée à 25 %, renforçant ainsi sa contribution au Produit Intérieur Brut régional. Les services et le secteur manufacturier ont eux aussi affiché de solides performances, confirmant la diversification progressive des économies de l’Union.

Le gouverneur de la BCEAO a mis en avant la disponibilité de la liquidité bancaire, en progression de 1 700 milliards de francs CFA, un levier essentiel au financement de l’activité. Les crédits accordés à l’économie ont augmenté de 6 %, consolidant le rôle du secteur bancaire dans le soutien à la croissance. Cette conjoncture favorable permet, selon lui, de maintenir un environnement propice à l’investissement et à la création de valeur.

« L’économie de la région est en bonne santé, avec une croissance solide et une inflation maîtrisée. La croissance est financée de manière adéquate par le secteur bancaire », a affirmé Jean-Claude Kassi Brou, saluant la coordination des politiques monétaires et économiques dans les États membres.

RÉORGANISATION DE LA PRIMATURE : LE PRÉSIDENT BASSIROU DIOMAYE FAYE OFFICIALISE SON SOUHAIT D’AVOIR UN « PREMIER MINISTRE SUPER FORT »

Le président Bassirou Diomaye Faye franchit une nouvelle étape dans la transformation de l’appareil exécutif sénégalais. Après avoir annoncé sa volonté de renforcer le rôle et les prérogatives du Premier ministre, le chef de l’État concrétise désormais cette orientation institutionnelle à travers une vaste réorganisation de la Primature. Le projet de décret, signé par lui-même et contresigné par Ousmane Sonko, marque un tournant dans l’équilibre du pouvoir exécutif, en instaurant ce que le chef de l’État décrit comme un « Premier ministre super fort ».

Cette réforme s’inscrit pleinement dans la philosophie de gouvernance revendiquée par Diomaye Faye depuis son accession au pouvoir : déconcentrer les responsabilités, rationaliser les processus décisionnels et instaurer un fonctionnement institutionnel basé sur la complémentarité plutôt que sur la centralisation. En redéfinissant l’architecture du centre de gravité gouvernemental, la nouvelle configuration entend offrir au Premier ministre des leviers plus puissants pour coordonner l’action gouvernementale, piloter les politiques publiques et superviser la mise en œuvre des engagements de l’exécutif.

Concrètement, la réorganisation de la Primature vise à faire du Premier ministre un véritable chef d’orchestre, doté de moyens administratifs renforcés et de compétences élargies. En cela, le texte propose une structuration plus moderne du cabinet, une optimisation des organes de coordination interministérielle et une clarification des missions respectives entre la Présidence et la Primature. Le but affiché est d’éviter les redondances, de fluidifier les circuits de décision et d’assurer une efficacité accrue dans la conduite des réformes.

Ce choix politique revêt également une dimension symbolique forte. En contresignant le projet de décret, Ousmane Sonko — figure centrale du gouvernement et acteur charismatique de l’exécutif — valide la ligne de cohérence institutionnelle voulue par le Président. Cette décision témoigne d’une volonté d’affirmer un exécutif collégial, en rupture avec les modèles hyperprésidentialistes que de nombreux observateurs critiquaient depuis des années.

La réforme intervient par ailleurs dans un contexte d’attente populaire très élevé, où les citoyens espèrent une gouvernance plus lisible, plus rapide et plus rigoureuse. En dotant le Premier ministre de pouvoirs renforcés, le Président Faye entend répondre à cette demande en mettant en place un système de gestion publique moins dépendant de la Présidence et davantage orienté vers l’action opérationnelle.

Dakar : Le tribunal correctionnel condamne Zakiyoulahi Sow pour escroquerie au préjudice du directeur général d’ECOTRA SA

Le tribunal correctionnel de Dakar a rendu ce mercredi son verdict dans l’affaire d’escroquerie opposant Abdoulaye Sylla, directeur général d’ECOTRA SA, au banquier d’affaires Zakiyoulahi Sow. Après plusieurs semaines d’audiences marquées par des arguments contradictoires, le délibéré a finalement tranché en faveur de la partie civile.

Dès l’ouverture de la séance, le juge s’est prononcé sur l’exception de prescription soulevée par la défense. Cette dernière estimait que les faits poursuivis ne pouvaient plus faire l’objet de poursuites en raison du temps écoulé. Une argumentation que le tribunal a balayée d’un revers de main, considérant la demande « mal fondée ». Ce rejet a permis de poursuivre l’examen du dossier sur le fond.

À l’issue de l’étude des éléments versés au dossier, le prévenu Zakiyoulahi Sow a été reconnu coupable du délit d’escroquerie. Le magistrat a estimé que les preuves présentées par la partie civile étaient suffisamment solides pour établir la responsabilité du banquier d’affaires dans le préjudice subi par Abdoulaye Sylla.

Pour cette infraction, le tribunal a condamné Zakiyoulahi Sow à une peine d’un an d’emprisonnement assortie du sursis, évitant ainsi l’incarcération immédiate mais inscrivant dans son casier judiciaire une condamnation lourde de conséquences. Sur le plan civil, la décision est tout aussi sévère : le prévenu devra rembourser les 5 milliards de FCFA considérés comme indûment perçus. À ce montant s’ajoutent 1 milliard de FCFA octroyé à titre de dommages et intérêts à Abdoulaye Sylla, en réparation du préjudice moral et financier.

Ce verdict marque une étape importante dans un dossier qui a suscité un vif intérêt dans les milieux d’affaires. Il confirme également la volonté du tribunal de sanctionner fermement les pratiques frauduleuses, particulièrement dans un secteur aussi sensible que celui des transactions financières et des investissements.

Barthélémy Dias alerte sur la crise universitaire et appelle l’État à assumer ses responsabilités

L’ancien maire de Dakar et président du mouvement Sénégal Biñu Bokk, Barthélémy Dias, s’est vivement exprimé sur la crise qui secoue actuellement l’espace universitaire. Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, l’opposant politique a dénoncé la persistance des tensions à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et a appelé l’État à agir « de toute urgence » pour rétablir le calme.

Selon lui, la situation aurait pu être évitée si les autorités avaient pris en compte les préoccupations des étudiants. Barthélémy Dias estime que ces derniers « revendiquent un droit légitime » et que leurs doléances ne sauraient être ignorées ou reléguées au second plan. Pour l’ancien édile de Dakar, la crise actuelle n’est rien d’autre que la conséquence directe d’un manquement de l’État à ses obligations les plus élémentaires.

Il s’est particulièrement indigné du retard du paiement des bourses étudiantes, un point qu’il considère non négociable. « Un État ne doit pas être incapable de payer au minimum la bourse aux étudiants », a-t-il regretté, dénonçant un régime « faible » face à une revendication qu’il juge parfaitement justifiée. Ce retard, selon lui, aggrave la précarité des étudiants et alimente un climat de frustration propice aux tensions observées ces derniers jours.

Barthélémy Dias a toutefois invité les étudiants à faire preuve de responsabilité, tout en réaffirmant que la charge principale repose sur les autorités. Pour lui, seule une réaction rapide et concrète du gouvernement permettra d’apaiser la situation et d’éviter que les affrontements ne dégénèrent davantage.

FMI : La cheffe de mission pour la Zambie nommée à la tête du dossier Sénégal

Le Fonds monétaire international s’apprête à opérer un changement stratégique dans la gestion de son programme avec le Sénégal. Mercedes Vera Martin, jusque-là cheffe de mission du FMI pour la Zambie, prendra la tête du dossier sénégalais dès janvier prochain. Elle succède à Edward Gemayel, qui a occupé ce poste pendant quatre ans et qui, dans un jeu de rotations internes à l’institution, remplacera en retour Vera Martin à Lusaka.

Cette transition, qualifiée de « rotation habituelle » par un porte-parole du FMI, intervient dans un contexte particulièrement sensible pour Dakar. Le Sénégal traverse en effet une période de forte pression financière, marquée par la découverte récente de plusieurs milliards de francs CFA de dettes jusque-là non déclarées par l’ancien régime. Une situation qui soulève des interrogations sur la transparence budgétaire et complique les négociations en cours pour un nouveau programme de financement auprès du FMI.

L’expérience de Mercedes Vera Martin pourrait s’avérer déterminante. Depuis 2023, elle a piloté le dossier zambien, un cas emblématique de restructuration de dette souveraine. La Zambie a dû naviguer à travers un processus complexe, jusqu’à finalement obtenir un accord avec ses créanciers officiels et les détenteurs d’eurobonds pour un allègement significatif de sa dette. Cette expertise acquise dans un environnement de crise pourrait être précieuse, alors que le Sénégal doit convaincre ses partenaires financiers de la viabilité d’une stratégie budgétaire mise à rude épreuve.

Pour l’heure, Dakar exclut toute idée de restructuration de sa dette. Le gouvernement sénégalais affirme que la situation reste maîtrisable et privilégie un financement nouveau auprès du FMI plutôt qu’un rééchelonnement susceptible d’envoyer un signal négatif aux marchés. Le Fonds, de son côté, avait indiqué le mois dernier qu’il évaluait toujours la dynamique d’endettement du pays et examinait en détail la solidité de sa stratégie de financement.

La prise de fonction de Mercedes Vera Martin en janvier pourrait ainsi marquer une nouvelle phase des discussions entre Dakar et le FMI. Sa connaissance des négociations complexes et des environnements budgétaires fragiles laisse penser que les échanges pourraient gagner en technicité, mais aussi en exigence.

Reste à savoir si le Sénégal choisira de maintenir sa ligne actuelle — refus d’une restructuration et recherche d’un programme appuyé par le FMI — ou si les conclusions des analyses en cours obligeront le gouvernement à reconsidérer sa position. Dans un contexte où les finances publiques sont sous tension et où la confiance des partenaires est cruciale, chaque décision pèsera lourd dans les prochains mois.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°622 – 04/12/2025

🔴 PUBLI-RÉDACTIONNEL / GOUVERNANCE TERRITORIALE : LA VISION D’ALIOUNE SARR PREND LE LEAD
🔴 RÉSOLUTION DE LA CRISE ESTUDIANTINE : CHAPELET DE PROPOSITIONS DE GUEUM SA BOPP

🔴 CONVOCATION DES JOUEURS, REMISE DU DRAPEAU, DÉPART POUR LA CAN : LE CALENDRIER DES « LIONS » DÉVOILÉS
🔴 MONDIAL FÉMININ DE HANDBALL : DÉFAITE DES « LIONNES » FACE AU DANEMARK

L’actrice et animatrice ivoirienne Nadiya Sabeh s’est éteinte : une voix engagée contre le cancer du sein s’en va

La Côte d’Ivoire est en deuil. L’actrice et animatrice Nadiya Sabeh, figure appréciée du public ivoirien, est décédée après un long combat contre le cancer du sein. Diagnostiquée en février 2024, elle avait fait le choix courageux de rendre publique sa maladie, transformant sa lutte personnelle en un plaidoyer constant en faveur de la prévention et de la prise en charge précoce du cancer.

Dès l’annonce de son diagnostic, Nadiya Sabeh avait adopté une démarche résolument tournée vers les autres. Elle partageait régulièrement son quotidien, ses espoirs, ses moments de fragilité comme ses phases de rémission, à travers des messages empreints de sincérité et d’une force remarquable. Son objectif était clair : briser les tabous autour du cancer du sein et encourager les femmes à se faire dépister, à ne pas céder à la peur, et à rechercher un accompagnement approprié.

Sa disparition laisse un vide immense dans le paysage culturel ivoirien. Artiste talentueuse, animatrice charismatique et femme engagée, elle avait su toucher des milliers de personnes, aussi bien par son travail à l’écran que par son combat exemplaire. Les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux et au sein de la communauté artistique, où l’on salue unanimement son courage, sa générosité et son profond sens du partage.

Au-delà de la peine, beaucoup retiennent de Nadiya Sabeh l’image d’une battante qui, jusqu’au bout, a choisi la lumière plutôt que le silence. Son parcours restera un symbole d’espoir pour toutes celles et ceux confrontés à la maladie, et un rappel de l’importance de la sensibilisation continue sur les cancers féminins.

Kaolack : Les personnes handicapées plaident pour le paiement urgent des bourses de sécurité sociale

À l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, célébrée cette année sous le thème « Favoriser des sociétés inclusives pour les personnes handicapées afin de stimuler le progrès social », la Fédération des associations de personnes handicapées de Kaolack a dénoncé un retard jugé « extrêmement préoccupant » dans le paiement des bourses de sécurité sociale destinées aux personnes vivant avec un handicap.

Réunis ce mercredi, les responsables de la fédération ont interpellé l’État sur l’urgence de la situation. Selon le président par intérim, Ali Lakh, le non-versement prolongé de ces allocations plonge des milliers de foyers dans une grande précarité.

« Nous demandons des solutions rapides. Beaucoup de bénéficiaires n’arrivent plus à subvenir à leurs besoins élémentaires. Il est urgent que l’État tienne ses engagements », a déclaré Ali Lakh devant la presse.

Une précarité qui s’accentue

Pour de nombreux bénéficiaires, ces bourses représentent la seule source de revenu régulier permettant de couvrir les besoins essentiels du quotidien. La fédération alerte sur les conséquences directes de ces retards : difficultés d’accès aux soins, insuffisance alimentaire, perturbation de la scolarisation des enfants et incapacité à assurer certaines charges sociales.

Les représentants des associations rappellent que ces aides sociales sont conçues pour garantir un minimum de dignité et de stabilité aux personnes en situation de handicap, particulièrement exposées aux vulnérabilités économiques.

Un appel à des mesures durables

Au-delà de l’urgence, la fédération exhorte les autorités à mettre en place un mécanisme de gestion plus fiable afin d’éviter la répétition de telles perturbations. Elle appelle également à un dialogue plus soutenu entre l’État et les organisations de personnes handicapées, estimant que la régularité des paiements constitue un droit fondamental et non une faveur.

Dans l’attente d’une réponse des autorités, les associations de Kaolack maintiennent la pression et promettent de poursuivre leur mobilisation pour garantir le respect des engagements pris en faveur des personnes handicapées.

Cinq individus interpellés pour association de malfaiteurs et vol à Jaaxay

Le Commissariat d’Arrondissement de Jaaxay, Parcelles Assainies et Niacourab a procédé à l’arrestation de cinq individus impliqués dans une affaire d’association de malfaiteurs, de vol et de complicité. Les interpellations font suite à une plainte déposée le 28 novembre 2025 par un homme qui venait de perdre son fils et se préparait à rejoindre la maison mortuaire à Dakar.

Selon les informations recueillies, le plaignant, résidant à Louga, a appris dans la nuit du jeudi 27 novembre le décès de son fils à Tivaouane Peulh. Très tôt le lendemain, il a pris la route pour Dakar et est arrivé au rond-point Sedima aux environs de 08 heures. En chemin, il disposait de 600 000 F CFA sur son compte Wave et a retiré 100 000 F CFA dans un point de service situé sur son itinéraire. Après cette opération, il a rangé son téléphone portable dans la poche de son boubou, sans se douter qu’il allait en être victime quelques instants plus tard.

Alors qu’il tentait de trouver un véhicule pour poursuivre son déplacement, il s’est rendu compte du vol de son téléphone. Rapidement, il a également constaté que les 500 000 F CFA restants sur son compte Wave avaient été frauduleusement retirés. Sous le choc, il a saisi le Commissariat de Jaaxay qui a aussitôt déclenché une enquête.

Les investigations menées par les enquêteurs ont permis d’identifier rapidement le présumé voleur, un individu bien connu des services de police pour des affaires similaires. Grâce au recoupement des informations, les agents sont parvenus à le localiser dans un appartement qu’il avait loué à la Cité Mixta des Parcelles Assainies. Une équipe d’intervention a été dépêchée sur place et a procédé à l’interpellation du suspect ainsi que de quatre autres individus trouvés dans le logement.

Au cours de son audition, le mis en cause a reconnu avoir dérobé le téléphone du plaignant et retiré au total 550 000 F CFA du compte Wave, expliquant qu’il avait utilisé la somme pour s’offrir des soirées en boîte de nuit avec des connaissances rencontrées sur les lieux, pour payer la location de l’appartement et pour acheter de l’alcool. Il a également confié avoir revendu le téléphone volé au marché noir de Keur Massar pour 15 000 F CFA.

Les autres personnes arrêtées ont tenté de se dédouaner en affirmant qu’elles avaient été simplement invitées par le principal suspect et ignoraient l’origine frauduleuse de l’argent dépensé. Toutefois, les enquêteurs ont relevé que la plupart d’entre elles sont bien connues du milieu interlope et ont déjà été déférées dans des affaires de vols.

Les cinq individus ont été placés en détention pour les besoins de l’enquête, qui se poursuit afin de déterminer le rôle exact de chacun dans cette affaire.

Communiqué du Conseil des Ministres du mercredi 03 décembre 2025.

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 03 décembre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Devoir de mémoire et célébration de la journée des Tirailleurs sénégalais

Au début de sa communication, Monsieur le Président de la République informe le Conseil avoir présidé, le lundi 1er décembre 2025, en présence de son homologue de la République de Gambie, du Vice-Président de la République de Côte d’Ivoire, du Président de l’Assemblée nationale de la République du Togo et de plusieurs délégations étrangères, les cérémonies de commémoration du 81ème anniversaire du Massacre de Thiaroye et de célébration de la 1ère édition de la Journée des Tirailleurs sénégalais. Il félicite le Gouvernement, notamment le Premier Ministre et le Ministre des Forces Armées, ainsi que le Comité de commémoration, pour la bonne organisation et la rédaction du Livre blanc sur le Massacre de Thiaroye. Le Chef de l’Etat souligne que le devoir de mémoire et l’exigence de justice sur ce Massacre, demeurent des priorités de notre politique mémorielle. 

Après avoir réaffirmé l’engagement du Sénégal en faveur de la recherche et du rétablissement de la vérité des faits sur cet évènement historique, qui doit être vulgarisé et enseigné, le Président de la République décide, pour marquer la symbolique de cette commémoration, de la réalisation, sous la supervision du Premier Ministre, d’un Mémorial entre le Cimetière national et le Camp militaire de Thiaroye. 

Protection de la famille, des femmes et de la jeunesse

Socle de la stabilité sociale, la protection de la famille constitue, pour le Président de la République, une des missions fondamentales de l’Etat. A cet égard, il souligne que la jeunesse doit être protégée par l’Etat et les collectivités publiques contre l’exploitation, la drogue, les stupéfiants, l’abandon moral et la délinquance. Il demande de veiller à la santé physique et morale de la famille, en particulier des personnes en situation de handicap, des personnes âgées et des jeunes. Il insiste sur le droit à l’allègement des conditions de vie des femmes, notamment en milieu rural, l’amélioration de l’accès des filles à l’école et la protection des femmes et des jeunes filles contre les violences de toute nature. Dans cette optique, le Président de la République demande au Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités d’actualiser la Stratégie nationale pour l’Equité et l’Egalité de Genre et d’entreprendre la révision consensuelle du cadre relatif aux missions, à l’organisation et au fonctionnement de l’Observatoire national de la Parité (ONP).

Face à l’urgence d’un renforcement des dispositifs législatifs et réglementaires d’encadrement et de protection des droits des enfants, il instruit la mise en place d’un Observatoire national de Protection des Enfants, l’installation du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal et la fonctionnalité des projets de Maisons de la Jeunesse et de la Citoyenneté.

Action sociale et soutien de l’Etat aux personnes vivant avec un handicap

Rappelant que la communauté internationale célèbre la Journée internationale des personnes handicapées ce 03 décembre 2025, le Chef de l’Etat indique la nécessité d’évaluer l’application intégrale de la loi d’orientation sociale et le dispositif de la Carte d’égalité des chances. 

Considérant qu’il est essentiel de définir une nouvelle perspective de soutien renforcé aux personnes vivant avec un handicap, le Président de la République engage le Gouvernement à mettre en œuvre, à partir de l’année 2026, un Programme national intégré de soutien aux personnes vivant avec un handicap et à asseoir l’inclusion sociale et la solidarité nationale dans la mise en œuvre des politiques publiques. Il instruit d’accentuer le déploiement de l’ensemble des programmes et projets à incidence sociale directe sur l’amélioration des conditions de vie des populations, notamment les groupes les plus vulnérables, en particulier les personnes vivant avec un handicap. 

Stratégie nationale de Bonne Gouvernance et renforcement de la transparence dans la gestion publique 

Le Président de la République annonce l’ouverture d’une nouvelle ère de renforcement de la transparence dans la gestion publique, avec l’adoption de la loi portant création de l’Office national de Lutte contre la Corruption (OFNAC). Après avoir félicité ses nouveaux membres récemment nommés, à la suite d’un processus d’appel à candidatures sélectif, il réaffirme son engagement à soutenir cette nouvelle instance, dans l’exercice de ses missions et à accroître ses moyens d’intervention, afin d’en faire une structure nationale de référence en matière de transparence et de bonne gouvernance. En outre, il demande au Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, de finaliser le document portant Stratégie nationale de Bonne Gouvernance.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil qu’il prendra part, le lundi 08 décembre 2025 à Abidjan, à la cérémonie d’investiture du Président de la République de Côte d’Ivoire, Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Après avoir félicité le Président de la République pour son engagement en faveur de la réhabilitation de nos héros nationaux, Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur les deux points suivants :

Orientations pour une réorganisation des départements ministériels

Considérant l’Administration publique comme un pilier de la conduite du changement, le Premier Ministre a rappelé son engagement, à l’occasion de sa déclaration de politique générale, en faveur du passage d’une Administration bureaucratique à une Administration moderne et performante. Il a fait le point des constatations dans l’organisation et le fonctionnement de l’administration, qui rendent compte de ses limites et insuffisances à porter efficacement l’ambition déclinée dans l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050. Il a notamment évoqué l’instabilité institutionnelle, la redondance et l’inflation des structures, le chevauchement de missions, les conflits de compétences, la multiplication des centres de décisions, les difficultés dans la coordination de l’activité ministérielle, le manque de consistance de certaines fonctions essentielles, les différences notoires dans l’architecture organisationnelle et les conflits de compétences.

Ce faisant, il instruit le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, en rapport avec le Ministre, Secrétaire général de la Présidence de la République, les départements ministériels, le Bureau Organisation et Méthodes et le Contrôle financier, de prendre en compte les orientations qu’il a dégagées, dans l’élaboration des nouveaux décrets portant organisation des ministères. Le Premier Ministre a demandé, également, au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, en rapport avec le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique et le Ministre chargé des Collectivités territoriales, de lui proposer, d’ici la fin du mois de février 2026, un schéma d’organisation de l’administration territoriale, aligné à la Charte de la déconcentration. 

Réforme du système national de retraite

Abordant l’état d’avancement de la réflexion stratégique engagée autour de la réforme du système national de retraite, le Premier Ministre, après une analyse croisée des données, a souligné la nécessité de mettre en place un système plus inclusif, mieux administré, financièrement solide et adapté au vieillissement de la population.

Par ailleurs, il a estimé que les actifs de long terme et réserves techniques importantes de l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES) peuvent constituer un levier majeur de financement endogène du Plan de Redressement économique et social (PRES). Dans cette perspective, il a demandé au Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public et au Ministre des Finances et du Budget, en coordination avec l’ensemble des parties prenantes, de produire dans un délai de trois (03) mois une feuille de route 2025–2028, articulée autour de trois (03) axes structurants : assainissement et sécurisation du système, élargissement de l’assiette contributive et orientation graduelle des investissements de l’IPRES.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre d’Etat auprès du Président de la République, chargé du Suivi du Pilotage et de l’Evaluation de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, a fait une communication sur le pilotage des ressources. 

Le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a fait une communication sur l’amélioration du système de paiement des allocations d’études.

Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a présenté une communication sur la situation du marché et la commercialisation des denrées agricoles et alimentaires.

Le Ministre de la Jeunesse et des Sports a présenté une communication portant sur le Plan de Mobilisation et d’Engagement des Jeunes, en vue de l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), Dakar 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté : 

– le projet de décret fixant les modalités de désignation des Commissaires de la Commission nationale des Droits de l’Homme (CNDH) ;

– le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Conseil national de Lutte contre le SIDA (CNLS).

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

Crise en Guinée-Bissau : Umaro Sissoco Embaló réfugié à Brazzaville après son renversement

Renversé en milieu de semaine par un coup de force militaire, l’ancien président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló, a atterri ce week-end à Brazzaville à bord d’un jet privé affrété par les autorités congolaises. L’information a été confirmée par une source proche du pouvoir à Brazzaville, qui précise que l’ex-chef d’État a été accueilli en toute discrétion.

Arrêté mercredi par les militaires à Bissau, Embaló avait d’abord été exfiltré vers le Sénégal dès le lendemain. Mais son séjour à Dakar n’aura été qu’une étape avant son départ vers le Congo. Selon une source au sein de la présidence congolaise, il aurait choisi Brazzaville comme lieu de refuge et entend y rester pour une durée encore indéterminée.

« Le président Embaló est arrivé à Brazzaville à bord d’un jet privé affrété par les autorités », a indiqué à l’AFP une source congolaise sous couvert d’anonymat. L’ex-dirigeant entretient depuis plusieurs années des relations étroites avec Denis Sassou-Nguesso, qu’il avait visité à plusieurs reprises durant son mandat. Ces liens privilégiés expliqueraient, selon des observateurs, la rapidité avec laquelle le Congo lui a ouvert ses portes.

Pendant ce temps, à Bissau, les putschistes ont installé un nouvel homme fort à la tête de la transition. Le général Horta N’Tam, jusque-là chef d’état-major de l’armée de terre, a été désigné président de la transition pour une durée d’un an. Ce choix consacre la mainmise de l’armée sur les institutions, dans un pays déjà habitué aux crises politiques à répétition.

La scène internationale a rapidement réagi à ce renversement. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a dénoncé « une violation des principes démocratiques » et a appelé au rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel. Dans la foulée, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a suspendu la Guinée-Bissau de tous ses organes décisionnels. L’Union africaine a adopté la même position, excluant temporairement le pays de ses instances.

Face à cette double suspension et aux condamnations qui se multiplient, la pression internationale s’intensifie pour pousser la junte à organiser une transition courte et crédible. Les partenaires de la Guinée-Bissau réclament un calendrier clair pour le retour à un régime civil et la restauration des institutions démocratiques.

Kaolack accueille la 6ᵉ édition du Festival International pour l’Éveil des Consciences

La capitale du Saloum a donné, ce lundi, le coup d’envoi de la 6ᵉ édition du Festival International pour l’Éveil des Consciences, un rendez-vous culturel devenu incontournable à Kaolack. L’événement a démarré par une forte action citoyenne : une séance de don de sang organisée au Centre Régional de Transfusion Sanguine, mobilisant artistes, bénévoles et jeunes engagés.

Porté par Ousmane Thioune, alias Jimane, figure influente de la culture urbaine locale, le festival se distingue par son approche hybride mêlant culture, solidarité et engagement civique. « Notre objectif est de montrer que la culture peut être un moteur de transformation sociale », a déclaré le directeur du festival, soulignant l’importance de conjuguer créativité et responsabilité communautaire.

Cette nouvelle édition promet une programmation riche, alternant performances musicales, tables rondes interculturelles et actions sociales destinées à renforcer la cohésion entre les populations. Plusieurs artistes locaux et internationaux sont attendus pour animer les soirées, qui mettront particulièrement en lumière les jeunes talents de la région.

Cette année, la Gambie est le pays invité d’honneur, illustrant la volonté du festival de consolider les liens culturels entre les deux rives du fleuve. Un choix présenté par les organisateurs comme un « symbole de fraternité et de continuité culturelle » entre des communautés voisines partageant histoire, traditions et ambitions communes.

Au fil des années, le Festival pour l’Éveil des Consciences s’est imposé comme un événement phare, contribuant à affirmer la place de Kaolack en tant que carrefour culturel du Saloum. En associant expression artistique, réflexion sociétale et initiatives humanitaires, cette 6ᵉ édition entend poursuivre la dynamique d’éveil citoyen qui fait la singularité du festival.

Les activités se poursuivront tout au long de la semaine, avec une participation attendue de centaines de jeunes, d’artistes et de visiteurs venus d’horizons divers.

Loi d’orientation sociale : le CLAPH de Kaolack hausse le ton face aux lenteurs de l’État

La capitale du Saloum a donné, ce lundi, le coup d’envoi de la 6ᵉ édition du Festival International pour l’Éveil des Consciences, un rendez-vous culturel devenu incontournable à Kaolack. L’événement a démarré par une forte action citoyenne : une séance de don de sang organisée au Centre régional de transfusion sanguine, mobilisant artistes, bénévoles et jeunes engagés.

Porté par Ousmane Thioune, alias Jimane, figure influente de la culture urbaine locale, le festival se distingue par son approche hybride mêlant culture, solidarité et engagement civique. « Notre objectif est de montrer que la culture peut être un moteur de transformation sociale », a déclaré le directeur du festival, soulignant l’importance de conjuguer créativité et responsabilité communautaire.

Cette nouvelle édition propose une programmation riche, alternant performances musicales, tables rondes interculturelles et actions sociales destinées à renforcer la cohésion entre les populations. Plusieurs artistes locaux et internationaux sont attendus pour animer les soirées qui, selon les organisateurs, mettront particulièrement en lumière les jeunes talents de la région.

Cette année, la Gambie est le pays invité d’honneur, illustrant la volonté du festival de consolider les liens culturels entre les deux rives du fleuve. Un choix présenté comme un « symbole de fraternité et de continuité culturelle » entre des communautés voisines partageant histoire, traditions et ambitions communes.

Au fil des années, le Festival pour l’Éveil des Consciences s’est imposé comme un événement phare, contribuant à affirmer la place de Kaolack en tant que carrefour culturel du Saloum. En associant expression artistique, réflexion sociétale et initiatives humanitaires, cette 6ᵉ édition entend poursuivre la dynamique d’éveil citoyen qui fait la singularité du festival.

Les activités se poursuivront tout au long de la semaine, avec la participation attendue de centaines de jeunes, d’artistes et de visiteurs venus d’horizons divers.

Sécurisation du tanker “Mersin” : les opérations se poursuivent au large de Dakar

Le Port autonome de Dakar (PAD) a communiqué, ce mercredi, une nouvelle mise à jour sur les opérations en cours visant à sécuriser le navire tanker Mersin, immobilisé depuis plusieurs jours au large de Dakar. Malgré des conditions météorologiques défavorables, marquées notamment par un vent soutenu, l’autorité portuaire assure que le navire demeure stable et placé sous une surveillance continue.

Selon le PAD, une équipe spécialisée de plongeurs-démineurs de la société Tous Travaux Sous-Marins (TTS) a été dépêchée sur zone afin de conduire une expertise approfondie. Ces techniciens interviennent directement sur la coque du tanker pour analyser les dégâts, évaluer les risques et mener des opérations ciblées de sécurisation. Ils bénéficient du soutien opérationnel d’une vedette de la Marine nationale, mobilisée pour garantir la protection du périmètre et assurer une surveillance rapprochée des manœuvres.

La Haute Autorité chargée de la Sécurité maritime (HASSMAR) pilote la coordination générale des opérations, en collaboration étroite avec le Port autonome de Dakar et l’Agence nationale de l’Aviation Maritime (ANAM). Les autorités sénégalaises indiquent également maintenir un dialogue technique permanent avec les représentants de l’armateur turc Besiktas, propriétaire du navire.

L’objectif principal des équipes engagées reste de déterminer et d’appliquer, dans les délais les plus courts, la solution technique la plus sûre pour stabiliser définitivement le tanker et son important chargement. Le PAD insiste sur le fait que la protection de l’environnement marin demeure la priorité absolue, compte tenu des risques potentiels qu’impliquerait une fuite du carburant transporté.

Le Mersin, un pétrolier chargé d’environ 39 000 tonnes de gazole, avait été touché la semaine dernière par quatre explosions externes. Ces détonations avaient causé une infiltration d’eau dans la salle des machines, nécessitant une intervention d’urgence afin d’éviter une aggravation de la situation. Depuis lors, les opérations se déroulent à une dizaine de kilomètres au large des côtes sénégalaises, dans une zone isolée destinée à réduire tout impact éventuel sur l’écosystème marin et sur les activités portuaires.

Affaire Amadou Sall : l’inculpé Ibrahima Ba, fils de l’ex-Premier ministre Amadou Ba, entendu par le juge d’instruction

L’instruction de l’affaire impliquant Amadou Sall, fils de l’ancien chef de l’État Macky Sall, se poursuit au niveau du Pool judiciaire financier. Après l’audition très médiatisée de l’artiste-chanteur Wally Seck, c’était ce mercredi au tour d’Ibrahima Ba, fils de l’ancien Premier ministre Amadou Ba, de se présenter devant le président du collège des juges d’instruction, Idrissa Diarra. L’interrogatoire s’est déroulé en présence du procureur de la République près le parquet financier, Ibrahima Faye.

Assité par un important collège d’avocats, composé notamment de Mes Boubacar Wade, Boucounta Diallo, Demba Ciré Bathily, Amadou Aly Kane, Souleymane Ndéné Ndiaye, Pape Samba So, Takha Cissé et Djiby Seydi, l’inculpé a fermement rejeté les accusations d’association de malfaiteurs et de blanchiment de capitaux portées contre lui. Les faits qui lui sont reprochés concernent une société immobilière qu’il avait créée conjointement avec Amadou Sall.

Au cours de son audition, Ibrahima Ba a expliqué avoir apporté dans le projet un terrain estimé à 400 millions de francs CFA, un bien offert à sa mère par l’ancien président Abdoulaye Wade. Selon ses déclarations rapportées par Seneweb, Amadou Sall aurait, de son côté, effectué un apport financier en espèces d’un montant de 500 millions de francs CFA. Malgré ces investissements, les deux associés auraient rapidement été confrontés à des difficultés financières, les empêchant de mener à bien leur projet immobilier.

Face à cette impasse, ils auraient décidé de vendre le terrain à leur architecte, un certain Bodian, chargé de la maquette du projet et à qui ils étaient redevables d’importantes sommes. Toutefois, lorsqu’ils se sont rendus à la NSIA Banque pour récupérer le produit de la vente, ils ont découvert qu’une opposition avait été placée sur les fonds, bloquant ainsi toute transaction.

Se présentant comme une victime dans cette affaire, Ibrahima Ba aurait affirmé au magistrat instructeur qu’il a été manipulé et « utilisé » par Amadou Sall. Il soutient n’avoir jamais eu l’intention de se livrer à des activités illicites et affirme avoir été entraîné dans un montage dont il dit ne pas maîtriser tous les contours.

Bassirou Diomaye Faye appelle à une inclusion renforcée des personnes en situation de handicap

À l’occasion de la Journée internationale des personnes vivant avec un handicap, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu à adresser un message de soutien et d’encouragement à toutes les personnes concernées. Sur sa page Facebook, le chef de l’État a réaffirmé son engagement à répondre aux besoins de cette frange de la population et a lancé un appel à la mobilisation collective pour une inclusion véritablement effective.

Dans son message, le président Faye a exprimé toute son admiration et son respect envers les personnes vivant avec un handicap. Il a salué leur courage quotidien, leur ténacité face aux obstacles et la dignité avec laquelle elles mènent leur vie, soulignant que leur exemple constitue une véritable leçon de vie pour l’ensemble de la nation.

Le président de la République a réitéré sa vision d’un « Sénégal inclusif », dans lequel chaque citoyen, quelle que soit sa condition, bénéficie des mêmes opportunités. Selon lui, cet engagement passe par l’accès à une éducation de qualité, l’ouverture effective du marché de l’emploi, le soutien et le financement des initiatives entrepreneuriales ainsi qu’une adaptation des dispositifs sociaux aux besoins spécifiques des personnes en situation de handicap. Il a également insisté sur l’importance de l’accompagnement des familles, soulignant que leur soutien est essentiel pour favoriser l’inclusion.

Bassirou Diomaye Faye a appelé le gouvernement, les collectivités territoriales, les familles et l’ensemble de la communauté nationale à faire de l’inclusion socioéconomique des personnes handicapées une cause commune et permanente. Il a rappelé que la dignité d’une nation se mesure à sa capacité à offrir à chacun la possibilité de se réaliser pleinement.

Le président a conclu son message en affirmant qu’il restera aux côtés des personnes vivant avec un handicap pour bâtir un Sénégal plus juste, plus solidaire et profondément humain, adressant à toutes et à tous ses pensées les plus sincères à l’occasion de cette journée qui rappelle le devoir collectif de respect, d’inclusion et de dignité.

Thierno Alassane Sall dénonce la gestion de la crise dans les universités publiques

Le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a vivement critiqué la situation explosive que traversent actuellement les universités publiques du Sénégal, ainsi que l’attitude de certains membres du gouvernement face à cette crise. Dans une sortie au ton ferme, il a dénoncé ce qu’il qualifie d’« esprit belliqueux » au sein de l’exécutif, estimant que la volonté affichée d’étouffer toute contestation ne pouvait qu’engendrer des résistances. Selon lui, les méthodes « cavalières » déjà mises en œuvre par les autorités, notamment contre les marchands ambulants, avaient suscité l’émotion et l’indignation d’une grande partie des Sénégalais. L’application de la loi, a-t-il rappelé, doit se faire « avec pédagogie et empathie ».

Pour le député, les prises de position récentes de certains responsables gouvernementaux et de députés du Pastef, dans un contexte où l’ensemble des universités du pays est en ébullition, relèvent d’une profonde irresponsabilité. Il a rappelé la sortie du Premier ministre qui avait comparé la situation des bourses estudiantines au Sénégal à celle de la Côte d’Ivoire, une intervention qu’il considère comme maladroite et malvenue. Cette attitude tranche radicalement, selon lui, avec l’image d’un parti qui se voulait jadis « la voix des sans-voix ». Thierno Alassane Sall estime qu’un tel virage politique, opéré « avec une rare légèreté » et un « mépris profond » pour la détresse des étudiants, constitue une véritable provocation.

Le député va plus loin en affirmant que ce changement de posture est vécu comme une trahison par de nombreux jeunes. Il rappelle que le parti au pouvoir a longtemps érigé le culte des « martyrs » en symbole d’État et que la confrontation avec les forces de défense et de sécurité a souvent été présentée comme une norme quasi constitutionnelle. Ce contraste profond entre discours passé et pratiques actuelles contribue, selon lui, au choc psychologique ressenti aujourd’hui par les étudiants et leurs familles.

Face à l’escalade des tensions, Thierno Alassane Sall appelle le gouvernement à agir de manière urgente et déterminée pour rétablir la sérénité dans les campus. Il invite également les personnalités publiques et les « bonnes consciences » qui, sous l’ancien régime, dénonçaient fermement les violences et dérives dans les universités, à faire preuve de la même vigueur aujourd’hui. Pour clore son intervention, le président de la République des Valeurs a exhorté les étudiants à privilégier des formes de mobilisation qui les exposeraient moins aux risques de blessures et de violences, rappelant l’importance de préserver leur intégrité physique au cœur de ce mouvement contestataire.

Libération de Bachir Syll : un tournant dans une affaire hautement médiatisée

Après plusieurs jours de détention provisoire, Bachir Syll a finalement recouvré la liberté. Il a quitté le centre pénitentiaire de Saint-Louis dans un état de visible soulagement, selon ses proches qui se sont empressés de l’accueillir. Cette remise en liberté constitue une étape majeure dans un dossier qui, en l’espace de quelques jours, a cristallisé tensions politiques, débats juridiques et réactions publiques passionnées.

Originaire de Saint-Louis et domicilié à Sanar Peul, Bachir Syll se présente comme entrepreneur et est identifié comme militant du parti PASTEF. Cette appartenance politique a rapidement donné une coloration particulière à l’affaire, déjà sensible du fait du contexte national et des sujets liés à la liberté d’expression. Fin novembre 2025, une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux avait montré le jeune homme en train de déchirer la photo officielle du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, tout en lançant des propos considérés comme injurieux. La scène avait suscité un vif émoi, provoquant un tollé et l’indignation d’une partie de l’opinion publique.

Face à l’ampleur de la polémique, le procureur de Saint-Louis avait immédiatement réagi. Dès le lendemain de la diffusion de la vidéo, les services de police avaient procédé à l’arrestation de Bachir Syll au commissariat central. Le militant était alors poursuivi pour « offense au chef de l’État » et « injures publiques », deux infractions prévues par le code pénal et régulièrement invoquées dans des dossiers impliquant des critiques jugées excessives envers les institutions. Le juge du 2ᵉ cabinet du Tribunal de grande instance de Saint-Louis avait ouvert une instruction, à la suite de laquelle le ministère public avait requis son placement sous mandat de dépôt.

La libération intervenue aujourd’hui ne signifie toutefois pas la fin de la procédure. L’instruction suit son cours et les autorités judiciaires demeurent libres de poursuivre les investigations et de décider ultérieurement d’un éventuel renvoi devant le tribunal. Néanmoins, pour les proches et sympathisants de Bachir Syll, ce retour à la maison représente un moment décisif et un apaisement provisoire dans une affaire dont les répercussions politiques restent palpables.

Affaire Serigne Assane Mbacké : la Chambre criminelle de Dakar prononce cinq ans de prison ferme

La Chambre criminelle de Dakar a rendu son verdict mardi 2 décembre dans l’affaire impliquant le marabout très médiatisé Serigne Assane Mbacké et quatre autres prévenus. À l’issue d’un procès très suivi, marqué par de fortes tensions et des témoignages contradictoires, les cinq hommes ont été condamnés à cinq ans de prison ferme. Ils ont été reconnus coupables de corruption de mineurs, de traite de personnes à des fins sexuelles, de détournement de mineurs et d’actes contre nature. Chacun devra en outre s’acquitter d’une amende de 200 000 F CFA.

Le tribunal a toutefois écarté le chef d’accusation de viol, acquittant les prévenus de ce délit majeur. Les accusés, parmi lesquels figurent Serigne Assane Mbacké, 41 ans, le chanteur religieux Khadim Samb alias Dibor, Abdourahmane Lô, réceptionniste de l’hôtel Nina, le commerçant Ibrahima Badiane ainsi que Baïdy Hamady Sow, ont accueilli la décision dans un silence pesant, après plusieurs semaines d’attente.

Lors de l’audience du 5 novembre, le ministère public avait requis des peines bien plus lourdes, réclamant dix ans d’emprisonnement ferme pour chacun des prévenus. Le procureur avait soutenu que les faits, survenus en juin 2022, étaient d’une gravité exceptionnelle, impliquant une mineure et révélant, selon lui, l’existence d’un réseau structuré d’exploitation sexuelle.

La présumée victime, O. Diouf, alors âgée de 16 ans et élève en classe de Seconde au moment des faits, s’était constituée partie civile et avait sollicité 50 millions de F CFA en réparation du préjudice moral et psychologique qu’elle dit avoir subi. L’autre mis en cause dans le volet civil, T. Khamary, n’avait pour sa part formulé aucune demande.

Ce verdict marque une étape majeure dans ce dossier sensible qui a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique, notamment en raison de la notoriété de certains des prévenus. Les avocats de la défense, qui ont dénoncé un procès entaché d’irrégularités et basé sur des accusations qu’ils jugent non fondées, n’ont pas encore annoncé s’ils envisageaient de se pourvoir en appel.

Affaire Serigne Assane Mbacké : la Chambre criminelle de Dakar prononce cinq ans de prison ferme

La Chambre criminelle de Dakar a rendu son verdict mardi 2 décembre dans l’affaire impliquant le marabout très médiatisé Serigne Assane Mbacké et quatre autres prévenus. À l’issue d’un procès très suivi, marqué par de fortes tensions et des témoignages contradictoires, les cinq hommes ont été condamnés à cinq ans de prison ferme. Ils ont été reconnus coupables de corruption de mineurs, de traite de personnes à des fins sexuelles, de détournement de mineurs et d’actes contre nature. Chacun devra en outre s’acquitter d’une amende de 200 000 F CFA.

Le tribunal a toutefois écarté le chef d’accusation de viol, acquittant les prévenus de ce délit majeur. Les accusés, parmi lesquels figurent Serigne Assane Mbacké, 41 ans, le chanteur religieux Khadim Samb alias Dibor, Abdourahmane Lô, réceptionniste de l’hôtel Nina, le commerçant Ibrahima Badiane ainsi que Baïdy Hamady Sow, ont accueilli la décision dans un silence pesant, après plusieurs semaines d’attente.

Lors de l’audience du 5 novembre, le ministère public avait requis des peines bien plus lourdes, réclamant dix ans d’emprisonnement ferme pour chacun des prévenus. Le procureur avait soutenu que les faits, survenus en juin 2022, étaient d’une gravité exceptionnelle, impliquant une mineure et révélant, selon lui, l’existence d’un réseau structuré d’exploitation sexuelle.

La présumée victime, O. Diouf, alors âgée de 16 ans et élève en classe de Seconde au moment des faits, s’était constituée partie civile et avait sollicité 50 millions de F CFA en réparation du préjudice moral et psychologique qu’elle dit avoir subi. L’autre mis en cause dans le volet civil, T. Khamary, n’avait pour sa part formulé aucune demande.

Ce verdict marque une étape majeure dans ce dossier sensible qui a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique, notamment en raison de la notoriété de certains des prévenus. Les avocats de la défense, qui ont dénoncé un procès entaché d’irrégularités et basé sur des accusations qu’ils jugent non fondées, n’ont pas encore annoncé s’ils envisageaient de se pourvoir en appel.

UCAD : Le Conseil National des Imams et Oulémas appelle à l’apaisement et au dialogue

Dans un communiqué rendu public, le Conseil National des Imams et Oulémas du Sénégal (CNIOS) a exprimé sa « profonde préoccupation » face aux violents affrontements survenus ces derniers jours à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar entre les forces de défense et de sécurité et les étudiants. L’institution religieuse, connue pour son engagement en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de la stabilité nationale, appelle à la cessation immédiate de toutes formes de violence et invite chaque acteur à faire preuve de responsabilité.

Le Conseil rappelle que l’université doit demeurer un espace dédié au savoir, à la réflexion et à la construction de l’avenir des jeunes. Selon le communiqué, ce lieu symbolique ne saurait être transformé en champ de confrontation ou de tensions, au risque de compromettre la mission fondamentale de l’enseignement supérieur. Le CNIOS insiste sur la nécessité de préserver un cadre apaisé, propice au développement intellectuel, à la formation citoyenne et à la recherche de solutions porteuses pour la communauté.

Face à la gravité de la situation, le CNIOS exhorte les autorités universitaires et les représentants des étudiants à engager, sans délai, un dialogue franc et ouvert. Cette concertation, selon l’institution religieuse, constitue la seule voie permettant de parvenir à une solution pacifique et durable à la crise actuelle, et de favoriser une reprise rapide et sereine des enseignements dans les amphithéâtres.

Arrestation de Sanna Manjang : un ex-membre des « Junglers » extradé vers la Gambie

Ancien membre des tristement célèbres « Junglers », un escadron de la mort mis en place sous le régime de l’ancien président gambien Yahya Jammeh, le lieutenant-colonel Sanna Manjang a été arrêté le samedi 29 novembre en Casamance, au sud du Sénégal. L’opération, menée conjointement par les forces sénégalaises et gambiennes, a conduit à son extradition immédiate vers Banjul, où il était activement recherché.

Une opération conjointe saluée par Banjul

L’annonce officielle de son arrestation a été faite par le ministre gambien de la Communication, Lamin Jabbi, qui a exprimé la satisfaction de son gouvernement. Il a salué la « coopération constante et la solidarité » du Sénégal dans les affaires touchant à la sécurité régionale et à la justice transitionnelle.

Cette interpellation marque une nouvelle étape dans les efforts conjoints des deux pays pour lutter contre l’impunité et renforcer la stabilité sous-régionale, dans un contexte où plusieurs anciens responsables de la sécurité gambienne sont activement recherchés.

Un mandat d’arrêt international depuis février 2025

Sanna Manjang fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis en février 2025 par le Tribunal de première instance de Banjul. Ce mandat découle directement des conclusions de la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC), mise en place pour enquêter sur les violations massives des droits humains commises durant les 22 ans de régime de Yahya Jammeh.

La TRRC avait recommandé des poursuites contre plusieurs figures de l’ancien appareil sécuritaire, dont Manjang, identifié comme un acteur clé dans les opérations clandestines attribuées aux « Junglers ».

Des accusations lourdes et répétées

L’ancien lieutenant-colonel est soupçonné d’implication dans plusieurs affaires emblématiques, parmi les plus sombres de l’ère Jammeh :

• L’assassinat de Deyda Hydara (2004)

Journaliste, cofondateur du journal The Point, Hydara a été abattu en décembre 2004. La TRRC a conclu à une implication directe des Junglers, reconnus comme une unité impliquée dans les assassinats ciblés d’opposants, activistes et journalistes.

• Le massacre de plus de 60 migrants ouest-africains (2005)

Des ressortissants ghanéens, nigérians, ivoiriens et sénégalais avaient été arrêtés puis exécutés, soupçonnés à tort d’être des mercenaires. La TRRC a identifié l’unité de Manjang comme l’un des principaux exécutants de l’opération.

• La disparition de Daba Marena et de ses collègues (2006)

L’ancien directeur de l’Agence nationale de renseignement (NIA), Daba Marena, ainsi que plusieurs collaborateurs, avaient disparu après avoir été arrêtés. Là encore, les Junglers sont accusés d’avoir conduit l’opération.

Une arrestation symbolique pour la justice transitionnelle gambienne

L’interpellation de Sanna Manjang constitue une avancée majeure pour la Gambie dans son effort de reddition des comptes. Depuis les travaux de la TRRC, le gouvernement s’est engagé à traduire en justice les responsables de violations graves des droits humains, et l’arrestation d’un acteur aussi central pourrait marquer un tournant important.

Ucad : violents affrontements, 16 blessés dont 6 graves chez les étudiants et 4 policiers touchés

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a été le théâtre, hier mardi 2 décembre 2025, de l’une des journées les plus tendues de ces derniers mois. Les affrontements entre étudiants grévistes et forces de l’ordre ont éclaté tôt le matin pour se prolonger durant de longues heures, plongeant le campus et ses alentours dans un climat de chaos. Le bilan provisoire fait état de seize blessés du côté des étudiants, dont six dans un état grave, et de quatre policiers touchés, tandis que d’importants dégâts matériels ont été enregistrés.

Ces heurts surviennent dans un contexte de colère étudiante liée au non-paiement des bourses. Malgré l’annonce, le même jour, par le ministre de l’Enseignement supérieur Daouda Ngom, du début des paiements, la contestation n’a pas faibli. Les étudiants ont estimé que cette communication ne répondait pas à leurs revendications, rappelant qu’ils réclament les arriérés de l’année académique 2024-2025 comprenant douze mois impayés, alors que les paiements annoncés concernent, selon eux, l’année 2025-2026. Le président de la Commission sociale de la Faculté des Sciences et Techniques a vivement dénoncé ce qu’il considère comme une confusion entretenue par le ministère, accusant ce dernier de “manipuler l’opinion”.

La tension a rapidement gagné l’ensemble du campus, où les jets de pierres ont répondu aux tirs de grenades lacrymogènes. Plusieurs fronts se sont ouverts simultanément, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Ucad, rendant la situation difficilement contrôlable pour les forces de sécurité. Les images relayées sur les réseaux sociaux montrent notamment deux policiers blessés, évacués par leurs collègues. Selon des informations rapportées par L’Observateur, certains agents auraient été touchés par des projectiles tirés à l’aide de lance-pierres électroniques ou de pistolets à billes. Du côté des étudiants, les blessures sont plus nombreuses, avec plusieurs cas jugés très préoccupants.

La violence des affrontements a également eu un impact considérable sur la circulation autour de l’université. La Corniche Ouest, axe majeur de la capitale, a été saturée durant plusieurs heures en raison de barrages improvisés et de la progression difficile des forces de l’ordre. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que le trafic a pu être rétabli, après que les policiers ont réussi à repousser les groupes les plus déterminés vers l’intérieur du campus.

Parallèlement, d’importants dégâts matériels ont été relevés, notamment des voitures brûlées et des bâtiments partiellement endommagés. Face à cette escalade, le Conseil académique de l’Ucad s’est réuni d’urgence en visioconférence. Dans son communiqué, il a dénoncé des actes compromettant la sécurité des personnes et perturbant gravement le déroulement des enseignements. À l’issue de cette réunion, le Recteur Alioune Badara Kandji a été officiellement autorisé à requérir le concours des forces de l’ordre pour sécuriser le campus et protéger les infrastructures.

Cependant, en début de soirée, la réquisition formelle n’avait toujours pas été signée. Cette signature, si elle intervient dans les prochaines heures, pourrait permettre une intervention policière beaucoup plus large à l’intérieur de l’université. Le dispositif actuel, composé principalement d’éléments du commissariat du Point E et du Groupement Mobile d’Intervention en veille réactive, serait alors renforcé en moyens humains et matériels, en fonction de l’évolution de la situation.

En parallèle, l’Intersyndicale des personnels administratifs, techniques et de service (PATS) a vivement condamné la montée des violences. Elle a appelé le Recteur à prendre des mesures urgentes pour protéger les travailleurs, certains ayant déjà été victimes d’agressions physiques et psychologiques ces derniers jours. Pour le syndicat, la préservation de l’intégrité du personnel doit être une priorité absolue dans ce contexte de tension extrême.

Ziguinchor : un verdict surprenant dans l’affaire de la transmission volontaire présumée du VIH

Le tribunal correctionnel de Ziguinchor a rendu, ce mardi 2 décembre 2025, une décision qui continue d’alimenter les débats dans la région et au-delà. Selon les informations rapportées par L’Observateur, la jeune prostituée nigériane surnommée « Nelly », poursuivie pour transmission volontaire présumée du VIH, a été condamnée à un mois de prison ferme. Une peine qui surprend, d’autant plus que la mise en cause a aussitôt recouvré la liberté : son mois d’incarcération en détention provisoire avait déjà été purgé.

Ce verdict tranche radicalement avec la fermeté affichée par le parquet. Le Procureur de la République avait en effet requis deux ans d’emprisonnement, une amende de 5 millions de FCFA et l’expulsion immédiate du territoire national. Pour le ministère public, la gravité des accusations, aggravée par les antécédents de la prévenue, imposait une réponse judiciaire exemplaire.

Âgée de 23 ans, installée à Ziguinchor depuis un an après un passage en Gambie, « Nelly » était soupçonnée d’avoir sciemment exposé plusieurs clients au VIH en ayant des rapports sexuels non protégés. Son arrestation début novembre avait déclenché une forte émotion dans la capitale du sud, une région où la prévalence du VIH demeure plus élevée que la moyenne nationale.

La pression sociale autour du dossier était particulièrement forte. Face à la montée de l’indignation populaire, l’avocat de la prévenue avait sollicité sa remise en liberté provisoire, assortie d’un placement dans un centre spécialisé. Le parquet s’y était opposé avec vigueur, évoquant un risque réel de troubles à l’ordre public et rappelant la sensibilité extrême de l’opinion sur les questions de santé publique.

Mais, comme le souligne L’Observateur, « le temps de l’indignation collective n’est pas celui de la justice ». Au terme du procès, les juges ont retenu une peine minimale, permettant à « Nelly » de sortir de prison et, potentiellement, de reprendre ses activités dans les rues de Ziguinchor. Une décision qui étonne, voire inquiète certains habitants.

Ce verdict s’ajoute à une autre décision marquante rendue le même jour par le tribunal correctionnel. Dix-huit prostituées nigérianes et sierra-léonaises, arrêtées à Cap-Skirring à la suite d’une dénonciation anonyme, ont été relaxées. Elles étaient poursuivies pour séjour irrégulier, absence de carnet sanitaire et mise en danger de la vie d’autrui.

L’opération menée par la gendarmerie avait permis de découvrir leur lieu de résidence clandestine dans la station balnéaire. Parmi les femmes interpellées se trouvaient une mineure, confiée à l’assistance éducative, et une autre déclarée séropositive, qui avait admis prendre régulièrement un traitement antirétroviral pour éviter toute contamination de ses clients.

L’annonce de la relaxe a soulevé un cri de soulagement dans la salle d’audience : « Go to Cap-Skirring ! ». Ce chant, repris à l’unisson, symbolise le soulagement d’un groupe longtemps traqué dans la région et qui voit dans ce verdict un retour à une forme de tranquillité.

Entre le réquisitoire ferme du parquet et les décisions particulièrement clémentes du tribunal, ces affaires continuent de susciter de nombreuses interrogations. Elles mettent en lumière les enjeux complexes qui entourent la prostitution, la santé publique, la migration irrégulière et les tensions sociales dans le sud du Sénégal. Elles posent également la question de l’équilibre difficile entre la réaction populaire et les principes fondamentaux de la justice.

Seydina Fall Bougazelli rattrapé par une nouvelle affaire d’escroquerie foncière

Les déboires judiciaires de l’ancien député Seydina Fall, plus connu sous le nom de Bougazelli, semblent loin d’être terminés. Reconverti ces dernières années dans l’immobilier, l’ex-parlementaire a été interpellé à son domicile de la Cité Golf Océan par les éléments de la Sûreté urbaine de Guédiawaye pour une série d’escroqueries présumées portant sur de fausses locations d’appartements. Ce qui n’était, au départ, qu’une simple plainte déposée contre lui s’est rapidement mué en un dossier complexe aux ramifications multiples, à mesure que de nouvelles victimes se présentaient au commissariat central.

Selon les informations révélées par Seneweb, six personnes se sont déjà déclarées lésées par les agissements de Bougazelli. L’Observateur indique par ailleurs qu’au moins cinq autres plaintes sont attendues, venant alourdir un dossier déjà conséquent. Les témoignages recueillis décrivent un mode opératoire similaire : l’ancien élu aurait mis en place un système bien orchestré de « locations fantômes », caractérisé par l’encaissement d’avances, la rédaction de contrats factices et la fixation de rendez-vous sans cesse renvoyés. Certaines victimes expliquent avoir été appâtées par des visites soigneusement mises en scène, avant de se voir remettre des contrats qui, plus tard, se sont révélés complètement fictifs.

Parmi les cas recensés, figure celui de T. Camara, qui affirme avoir versé la somme de 400 000 F CFA pour un appartement qui ne lui a jamais été remis. Une autre victime, I. Timera, relate avoir déboursé le même montant après avoir été conduite dans un logement présenté comme disponible pour la location, avant de s’apercevoir qu’il s’agissait d’une supercherie montée de toutes pièces. Ces accusations sont appuyées par des messages, documents et traces de transactions qui contredisent la version de l’ancien député.

Face aux enquêteurs, Bougazelli nie toute intention d’escroquerie. Il soutient qu’un courtier-maçon, A. Dieng, identifié comme son homme de confiance mais aujourd’hui introuvable, serait le véritable responsable de ces pratiques. Cependant, les victimes assurent avoir traité directement avec lui et affirment que son implication ne souffre d’aucune ambiguïté. Les éléments matériels collectés par les enquêteurs ne jouent pas non plus en sa faveur.

Cette affaire n’est pas sans rappeler un épisode survenu en novembre dernier. L’Observateur révèle en effet qu’à cette période, Bougazelli avait dû rembourser en urgence 300 000 F CFA à deux pères de famille dans un dossier similaire, évitant ainsi de nouvelles poursuites. Cette récurrence soulève des interrogations quant à la nature réelle de ses activités dans le secteur immobilier.

Depuis son interpellation, des proches de l’ancien député auraient entrepris des tentatives de remboursement auprès de certaines victimes afin de pousser ces dernières à suspendre ou à retirer leurs plaintes. Malgré ces démarches, les autorités avancent que Bougazelli devrait être déféré au parquet ce mercredi, sauf changement de dernière minute.

COUP D ÉTAT EN GUINÉE BISSAU : LE  CHEF DE L’ ÉTAT BASSIROU DIOMAYE FAYE  DEVRAIT DÉMETTRE  SON  PREMIER MINISTRE POUR SES  PROPOS   

Le leader de Pastef  a  habitué les sénégalais de ses déclarations abracadabrantes. Malheureusement  elles     constituent  très souvent , un grave danger et une menace réelle pour la Paix et la Stabilité nationales du Sénégal. Ces actes ne sont pas dignes d’un citoyen, de surcroît un homme public , un  Premier ministre qui voudrait   présider aux destinées de ses compatriotes.  En effet, c’est avec cet homme  que l’on aura  vu pour la première fois dans l’histoire du Sénégal, un leader de parti  faire de son idéologie, son  credo, des  promesses  populistes, à base  de désinformations, de  manipulations. Nous  avions surnommé ces actions      « 5D » : « Désacralisation, Déshumanisation Déconsidération, Déconstruction  et Destruction »  des fondements  et des symboles de l’ État : les figures  institutionnelles ( l’ancien  Président de la République Macky Sall, aujourd’hui le Président Bassirou Diakhar Diomaye Faye, nos braves officiers, magistrats, ministres dg.)  « Chose promise, chose due  ». Le Premier ministre  a  ainsi  tenu sa promesse d’honorer son calendrier d’activités, de  démonstration de force  pour se mesurer à son Chef   le Président Diomaye  devant  ses militants en trois temps  : « Avant le 8, Pendant  le 8 et  l’Aprè- le 8  novembre . Le   meeting du 8 Novembre  annoncé à travers tous les médias  se voulait un rassemblement national des militants du parti pastef venus de toutes les régions du Sénégal , et même de la Diaspora   transportés gratuitement par des bus, avec un  repas  et un billet de banque à l’arrivée. En vérité  , en terme de mobilisation , de discours appropriés par rapport au contexte morose ,ce « Tera meeting »qui   s’était   tenu devant  le foirail aux abords du Stade Léopold Sédar Senghor n’avait pas répondu aux attentes des citoyens et des  partisans . Cette messe  avait  accouché plutôt d’un « Mini Meeting », comparé aux rassemblements précédents .  Après des annonces en avant- première, le Premier ministre  s’était  finalement rendu   à l’Assemblée nationale ce   vendredi 28 novembre, pour  la  séance de réponse aux   questions d’actualité des parlementaires au Gouvernement.  L’absence  des députés de l’opposition  de la Coalition  « Taku Walu » ayant fait le « boycott » l’avait  pris au dépourvu  .  « Les fruits  n’avaient pas tenu la promesse des fleurs. » En effet les sénégalais  attendaient du Chef du Gouvernement des explications et des solutions à propos des difficultés financières du Gouvernement avec la dégringolade ascendante  de jour en jour de la note du Sénégal , la posture du  Fmi ,celle des sénégalais de tous bords, le front social en ébullition , avec les enseignants , les agriculteurs laissés á eux-mêmes, leurs récoltes d’arachides  restées entre leurs mains ,faute d’avoir des  propositions de  prix justes et décentes , les pêcheurs dans la mélasse , leurs rêves évanouis après la fin des Accords de pêche tant décriés par ces gouvernants   étant dans l’opposition , la grogne des enseignants , des agents de la santé, le coût inaccessible de l’électricité, l’inondation de certaines localités du Sénégal , toujours envahies par les eaux de pluie, malgré des investissements de sept milliards pour Touba et 8 milliards pour Bakel « selon »,  la descente des marchands ambulants, mécaniciens  déguerpis, des affrontements entre les forces de l’ordre et les étudiants qui n’ont pas perçu leurs bourses depuis des mois. Ces derniers  récitaient  leurs leçons de vandalisme bien apprises lors des évènements de mars 2021 á juin 2023. En lieu et place d’une séance sereine, les sénégalais avaient  eu droit dans   l’Hémicycle  à une grotesque scène d’hystérie .  L’hôte du jour , toujours égal  à lui-même ne s’était pas du tout gêné de donner une réponse vague, superficielle  et laconique   aux   deux députés de l’opposition présents  sur son voyage fait dans le secret total, sans communiqué officiel, non sans rappeler  « qu’il ne travaillait pas pour le Président Diomaye , mais pour le Sénégal, sous les vivats des députés de son camp.   Piqué à vif par les déclarations du ministre des Finances   et celui de l’Économie qui avaient violé l’omerta sur la « dette cachée » qu’ils trouvaient insensée, le Premier ministre retourna sa redoutable mitraillette buccale en direction du député   qui avait eu  « l’outrecuidance », selon lui de  fustiger « l’incompétence et la paresse des membres du Gouvernement » lui au premier chef.  Ses balles de diatribes et de vocifération n’avaient pas épargné les députés qui avaient fait  le boycott et l’opposition extra muros. Mais cette fois  son discours enrobé de miel  ,plein de mansuétude en direction des magistrats   qu’il  avait traités jusqu’ici de tous les noms désobligeants avait  bien créé  la surprise générale et suscité surtout  des interrogations sur les motivations réelles de son auteur . Le « Président illégitime » aurait il enfin refroidi le café très chaud du « Président Légitime » avec  beaucoup de glaçons,  remettant  les choses à l’endroit en sonnant   la fin  des  séries « Nova » :« Tantes Mimi et  Aïda » ,  « Serigne Ousmane et Serigne Abdourakhmane » qui avaient tenu en haleine pendant un temps  le Peuple de Pastef  et les sénégalais ?   Malheureusement   l’intermède de cette ambiance de bonne humeur du Chef fut brève. Comme raisons  on pourrait citer  la décision de la Cour d’appel de Versailles qui présage d’une fin de non   recevoir de la demande d’extradition du journaliste Madiambal Diagne. L’homme ne s’était toujours  remis de sa déception et sa colère . Il  avait   brandi   la menace d’appliquer désormais la  réciprocité pour les citoyens français en détention ou condamnés par des juridictions sénégalaises l’avait mis en rage d’abord. Le rapport accablant du professeur de droit norvégien Mads Andenaes pour la Commission des Nations unies des droits de l’homme  requis par les avocats du député Farba Ngom toujours maintenu en prison  par le  procureur qui s’était opposé à sa mise en liberté provisoire,  et d’autres comme  Khadim Ba, l’épouse de Madiambal , Mawdo Malick Mbaye tous gravement malades.   L’habitude étant une seconde nature, le Premier ministre  renoua avec la sienne en s’attaquant cette fois à un  sujet très sensible qui   relève du domaine exclusif du Chef de l’État.  Alors , sans crier gare , il évoquait   le coup d’État survenu il y’a quelques jours en Guinée Bissau. Le Président  Umaro Sissoco  Embalo candidat à un second mandat avait été déchu par les militaires.  Alors que le Président Diomaye Faye, après discussion et accord  avec ses pairs de la  Cedeao avait accueilli à bras ouverts son homologue au moment de la proclamation des résultats des élections présidentielles qui s’étaient déroulées normalement. Le Premier ministre « sans fard » pour reprendre le journaliste ( Mansaly du journal Libération du 29 novembre 2025) avait donné sa position personnelle en faveur de son ami l’opposant et candidat à ces élections. Ce dernier  avait  élu refuge à Ziguinchor,  fief du Premier ministre. En effet ce dernier avait pris  le contrepied du Président Diomaye .  Catégorique, sans frisson, il  avait  qualifié  ce coup d’État de « mascarade , une combine. ». Il poursuit  en appelant à « l’aboutissement du processus électoral  et en exigeant la libération de Domingos Pereira »  qui n’était même pas candidat. Il n’est pas besoin d’être alors un devin pour prévoir les terribles conséquences de ces déclarations intempestives , inappropriées et  irresponsables  au niveau national, africain et au niveau des organisations internationales.  Les partenaires financiers   vont cette fois  achever notre pays économiquement en  agonie. L’Union africaine (UA) a annoncé avoir suspendu le pays de ses instances, en réaction au renversement du président Umaro Sissoco Embalo et la prise de pouvoir par des militaires..

La  Cedeao pourrait à titre de sanctions donner des instructions fermes aux États et institutions bancaires et financières de l’espace Cedaeo à l’exclusion des pays comme le Mali, le Niger,le Burkina  Faso,  de l’espace  Umoa unis par une monnaie commune   et les autres de ne plus donner suite aux prochaines demandes de levées  de fonds par le Sénégal à l’occasion  des emprunts obligataires. Le Président  Umaro Sissoco  Embalo, malgré tout, avait le soutien de la communauté internationale pour  son engagement, sa détermination à  lutter  contre la grande criminalité. Car ce dernier  avait presque mis fin  en collaboration avec les  vaillantes  forces de défense sénégalaises aux actions des bandes armées, sévissant depuis des années  dans  la vaste région du Sud en Casamance et  les trafiquants de drogue. Ces  derniers  trouvaient refuge dans la forêt frontalière  , zone rouge des cultures  de drogues  de toutes sortes , refuge des narco trafiquants de l’Amérique du Sud , notamment de la Colombie , quasi nettoyée aujourd’hui .  Le  Conseil de l’Union africaine pour  la Paix  et la  Sécurité (CPS), le Giaba, organe  de la Cedao en Afrique , l’Onudc, le Gafi, l’Ocde , organes  responsables du Programme global contre le blanchiment d’argent, les recettes du crime et le financement du terrorisme avaient tous été mis en contribution lors de ces opérations . Ils ont condamné ce coup d’État et tout pays qui l’aurait soutenu ou encouragé. En janvier, les agents de l’Agence américaine de lutte contre les stupéfiants (DEA) avaient   procédé à des milliers d’arrestations liées au fentanyl, (drogue la plus  dangereuse et mortelle qui fait des ravages au niveau des jeunes .  Des  laboratoires avaient  été transférés  dans les forêts de Casamance . Le Président  Emballo  avait  alors signé avant la dissolution de l’Assemblée nationale de son pays , promulgué et pris  un  décret  d’ application  d’une loi renforçant les peines de prison pour le trafic de cette drogue . La police bissau -guinéenne avait  saisi plus de 1,8 tonne de cocaïne en provenance de Colombie. C’est la « plus grosse » prise de l’histoire de ce pays pauvre d’Afrique de l’Ouest. Huit suspects, trois Colombiens, quatre Bissau-Guinéens et un Malien, avaient  été arrêtés à la suite de cette saisie qui s’est opérée en deux temps dans deux localités proches de la côte nord du pays, à environ 120 km de la capitale. Avec ce nouveau régime populiste de Pastef , ce qui fait plus mal aujourd’hui  en sus des arrestations  et détentions arbitraires , c’est la dé -crédibilisation du Sénégal. Notre pays respecté  partout, avait   toujours été  la  vitrine de la Connaissance, de la Science , des Arts , de  la Couture , de la Démocratie , des Droits et des Libertés.   Devant un tel affront du Premier ministre , le Président Bassirou Diomaye Faye n’a pas le choix pour préserver son autorité, ses rapports  de respect réciproque avec ses  pairs. Il devrait   se départir  de ses sentiments  d’amitié avec son compagnon. La lourde Charge de  Chef d’État ne s’aurait s’accommoder de romance angélique des légendes  et des contes magnifiant l’amitié du genre « Rolland et Olivier  ( La Chanson de Rolland), et chez nous l’histoire  de ces deux femmes, amies d’enfance « Khandiou et Yaye Ndatté » qui connut une fin tragique dans le puits.  En lieu et place , c’est la vraie histoire du Président Abdou Diouf  et de son vieux ami et Premier ministre feu Habib Thiam qui devrait prévaloir . Le  Président  Bassirou Diomaye Faye, père de famille modèle ,  qui a supporté tous  les caprices , les quolibets , humiliations, du Premier ministre , des insultes de ses partisans au vu de son père, sa mère , ses épouses et ses enfants   devant la gravité des  actes  et propos du Premier ministre à propos de ce coup d’État  devrait    le démettre ses fonctions .  Sinon le  Sénégal va alors poursuivre  sa descente non plus jusqu’au quatrième sous-sol  mais à plus de cent kilomètres du  sol : le magma.  

Maître Djibril War, ancien député ,  Coordonnateur du Mouvement National Pour la Paix , la Tolérance et la Préservation du Patrimoine Moral et Religieux, membre du PGA , observateur à la Commission des  Nations unies des Droits de l’homme à New york, et au Réseau Libéral Africain

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°621 – 03/12/2025

🔴 LES FORCES DE L’ORDRE DANS LE CAMPUS SOCIAL ET PÉDAGOGIQUE DE L’UCAD : ÇA CHAUFFE !
🔴 LANCEMENT D’UN EMPRUNT OBLIGATAIRE PAR APPEL PUBLIC À L’ÉPARGNE POUR FINANCER LA VISION SÉNÉGAL 2050 : CAP SUR 400 MILLIARDS F CFA

🔴 CAN 2025 / ACCRÉDITATIONS, HÉBERGEMENT, TRANSPORT, ETC : L’ANPS CALIBRE LE DISPOSITIF
🔴 PREMIÈRE RÉUNION DU COMITÉ D’URGENCE DE LA FSF : 10 DÉCISIONS MAJEURES RETENUES

Fonction publique : le ministre Olivier Boucal expose les réalisations 2024-2025 et fixe le cap pour 2026

Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public, Olivier Boucal, a présenté devant les Commissaires un exposé détaillé des réalisations majeures de son département pour la période 2024-2025. Il a également dévoilé des perspectives ambitieuses pour l’année 2026, insistant sur l’importance de la qualité de l’administration et de l’instauration d’un climat social apaisé comme leviers essentiels de la performance nationale.

Dans son intervention, le ministre a d’abord mis en lumière les principaux défis auxquels l’administration est confrontée, avant de décliner une série d’actions structurantes engagées par le Gouvernement. Il est notamment revenu sur les engagements destinés à réduire les disparités statutaires entre fonctionnaires et agents non fonctionnaires. À cet effet, deux textes majeurs ont été stabilisés en 2024 : le décret n° 74-347 relatif au régime des agents non fonctionnaires et le décret n° 2006-392 portant statut du Cadre de l’Enseignement. Ces réformes visent à corriger des injustices persistantes au sein de la fonction publique.

Le ministre Boucal a rappelé que le Sénégal respecte déjà les normes internationales en réservant 15 % des postes aux personnes handicapées. Même si l’anonymat des concours complique l’identification de ces candidats, les recrutements sur titre et la plateforme dédiée permettent de garantir leur prise en compte effective.

Abordant la réforme des recrutements, le ministre est revenu sur la limitation opérée ces derniers mois, concentrant les entrées dans la fonction publique sur l’éducation, avec 2 000 enseignants recrutés pour le préscolaire et l’élémentaire, 500 pour l’enseignement supérieur et 200 pour le secteur professionnel. Il a annoncé la préparation d’une loi sur l’accès à la Fonction publique ainsi qu’une loi sur les appels à candidatures, dans l’esprit du principe de transparence « Jub Jubbal Jubbanti ». Des tests d’aptitude seront également introduits pour les postes hors concours.

Pour mieux maîtriser les effectifs, un audit général de la Fonction publique est en cours afin de disposer de données fiables permettant d’orienter les politiques de recrutement. Un audit biométrique sera également lancé pour détecter d’éventuels agents fictifs.

Sur le plan social, plusieurs préoccupations ont été clarifiées. Après évaluation, le dispositif de pointage sera renforcé par l’intégration d’une fonctionnalité de géolocalisation destinée à améliorer le suivi des présences. L’État travaille également à structurer les travailleurs du secteur informel en syndicats pour faciliter leur enrôlement et leur permettre de cotiser en vue de bénéficier de prestations sociales. Le ministre a également rappelé que la pension reste due aux enfants même après le décès de la veuve, les interruptions perçues étant souvent liées à une méconnaissance des procédures.

En matière de genre, il a été souligné que les femmes représentent 24 % des agents de l’administration, mais seulement 8 % des cadres de la hiérarchie A. Pour inverser cette tendance, l’Académie « Ndatté Yalla », créée en 2024, accompagne désormais les femmes dans leur accès aux postes de haute responsabilité.

Le ministre des Finances et du Budget a ensuite apporté plusieurs éclaircissements. Il a rappelé que la révision du Code Général des Impôts, intervenue en 2021, a permis de mettre fin à l’iniquité fiscale liée à l’imposition des rappels des enseignants, désormais étalée dans le temps. Il a également annoncé que le processus de généralisation de l’indemnité de logement pour les fonctionnaires est à son terme : le projet de décret a déjà franchi toutes les étapes de validation et les budgets nécessaires sont arrêtés. Seules les dernières signatures restent à apposer avant le déclenchement effectif des paiements.

Crise des bourses : le FDR alerte sur un risque d’escalade et accuse le gouvernement

Depuis plusieurs jours, les universités publiques du Sénégal connaissent une forte agitation liée aux manifestations étudiantes réclamant le paiement immédiat de leurs bourses. Ce climat de tension, marqué par des grèves répétées et des affrontements sporadiques, continue de susciter des réactions au sein de la classe politique et de la société civile.

Dans un communiqué rendu public ce mardi, le Front pour la Défense de la Démocratie et la République (FDR) a exprimé sa profonde préoccupation face à la situation. L’organisation estime que « les étudiants sont en grève et manifestent leur colère en dénonçant le non-paiement des importants arriérés de bourses dus à certains d’entre eux, notamment ceux inscrits en Master ». Ces retards, jugés injustifiables par le FDR, constituent selon lui le cœur de la crise qui paralyse actuellement les institutions universitaires.

Le mouvement accuse par ailleurs le gouvernement PASTEF de n’avoir fourni aucune réponse satisfaisante à des revendications qu’il juge « légitimes et urgentes ». Pour le FDR, l’exécutif apparaît « incapable d’apporter une réponse à la hauteur de la situation », au point que la crise risque, selon le communiqué, « de dégénérer si une solution idoine n’est pas rapidement trouvée ». Le FDR établit en outre un lien direct entre le blocage actuel et ce qu’il appelle « la catastrophe financière provoquée par la fable irresponsable de la dette cachée », allant jusqu’à affirmer que le Premier ministre devra « répondre de cette forfaiture inqualifiable » susceptible d’entraîner des conséquences encore plus graves que celles déjà observées sur les campus.

Tout en apportant son « soutien sans condition » aux revendications des étudiants, le FDR les invite toutefois à éviter toute forme de violence. Le mouvement appelle les organisations étudiantes à privilégier des modes d’action susceptibles de rallier un large soutien populaire à leur cause, estimant que la lutte ne doit pas se transformer en confrontation destructrice.

Le FDR met également en garde contre « l’impasse de la répression policière et des annonces manipulatrices » qu’il attribue au gouvernement. Selon lui, les méthodes actuellement privilégiées par l’exécutif ne feront « qu’aggraver la crise ». L’organisation presse ainsi les autorités à ouvrir « immédiatement » des négociations sérieuses avec les étudiants et leurs représentants, dans l’espoir de rétablir l’apaisement au sein de l’espace universitaire et de permettre la reprise normale des cours.

UCAD : L’intersyndicale du PATS dénonce les violences et menace de retirer les travailleurs

L’intersyndicale du personnel administratif, technique et de service (PATS) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a élevé la voix face à la recrudescence des violences sur les différents campus. Dans un communiqué rendu public, la structure syndicale s’insurge vigoureusement contre les actes de brutalité qui ont ciblé plusieurs travailleurs au cours des récents affrontements.

Selon l’intersyndicale, de nombreux agents PATS ont été victimes de violences physiques et morales dans l’exercice de leurs fonctions, particulièrement dans les campus pédagogiques où les tensions entre forces de l’ordre et étudiants se sont intensifiées ces derniers jours. Elle estime que cette situation est devenue intenable et met gravement en péril la sécurité, la santé physique et mentale des travailleurs.

Face à cette dégradation du climat universitaire, l’intersyndicale appelle le Rectorat à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la protection du personnel. Elle insiste sur l’urgence d’assurer un environnement de travail sécurisé, condition indispensable à la poursuite normale des activités administratives et techniques à l’UCAD.

La structure syndicale invite par ailleurs ses sections implantées dans les différents établissements de l’université à apprécier la situation sur le terrain afin d’envisager les mesures appropriées. Elle souligne que si les conditions minimales de sécurité ne sont pas réunies, les travailleurs sont encouragés à quitter leur poste et à rentrer chez eux pour préserver leur intégrité physique.

Se disant particulièrement attentive à l’évolution de la crise, l’intersyndicale exhorte les autorités universitaires et gouvernementales à agir rapidement afin de ramener l’apaisement au sein de l’espace universitaire. Elle met également en garde : si aucune amélioration tangible n’est constatée dans un délai de vingt-quatre heures, des instructions fermes seront données aux travailleurs PATS pour qu’ils restent chez eux jusqu’à nouvel ordre.

Nouvelle journée de tensions à l’UCAD : plusieurs étudiants blessés lors des affrontements avec les forces de l’ordre

Les affrontements entre les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et les forces de l’ordre se sont poursuivis ce mardi après-midi, prolongeant les violences observées la veille sur le campus. Plusieurs étudiants ont été blessés, certains gravement, et ont dû être évacués vers différents hôpitaux de la capitale.

Selon Abdoul Aziz Guissé, membre du Collectif des amicales de l’UCAD, « de nombreux étudiants ont été blessés : certains ont reçu des tirs de gaz lacrymogène, d’autres ont été touchés par des balles à blanc. Le service médical du COUD accueille actuellement un grand nombre de blessés. Plusieurs ont été transférés à l’hôpital Principal de Dakar et dans d’autres structures sanitaires ». Un policier a également été touché au visage et pris en charge dans une structure médicale.

Ces violences interviennent dans le cadre d’un mouvement de protestation des étudiants réclamant le paiement des bourses de l’année académique 2024-2025, alors que les autorités ont déjà commencé les versements pour l’année académique 2025-2026. Les étudiants dénoncent cette situation et s’interrogent : « Comment peut-on débuter les paiements de l’année académique 2025-2026 sans avoir réglé ceux des étudiants de l’année 2024-2025 ? »

Le Collectif des amicales exige notamment la régularisation des versements pour les étudiants inscrits en Master 1 et Master 2, ainsi que pour ceux en licence 2 et 3 qui ont été omis lors des précédents paiements. Selon Abdoul Aziz Guissé, « à ce jour, aucune avancée n’a été enregistrée dans les discussions, et aucune solution concrète n’a été présentée. Les étudiants maintiennent leur mot d’ordre de grève jusqu’à satisfaction de leurs revendications ».

La situation sur le campus reste tendue et les affrontements risquent de se poursuivre tant que les autorités et les représentants étudiants ne trouveront pas de solution pour apaiser les tensions et répondre aux demandes des étudiants.

Kaolack : Le MFPS accuse Diomaye Faye de s’éloigner du projet Joub Joubanti

Le Mouvement Fédérateur des Patriotes du Sénégal et de la Diaspora (MFPS) a tenu, ce mardi 2 décembre 2025 à Kaolack, un point de presse au cours duquel il a présenté sa vision, réaffirmé sa volonté de renforcer sa présence dans les régions et mis en avant son engagement auprès des Sénégalais, tant du pays que de la diaspora.

Les responsables du MFPS ont profité de l’occasion pour exposer les principaux axes de leur stratégie : fédérer les initiatives patriotiques, promouvoir la participation citoyenne et renforcer les liens entre le Sénégal et ses ressortissants établis à l’étranger. Ils ont également annoncé de nouvelles actions qui seront déployées dans les semaines et mois à venir dans plusieurs régions du pays.

Cette rencontre à Kaolack constitue une étape importante dans leur démarche de proximité, le mouvement affirmant vouloir rester à l’écoute des populations et de leurs préoccupations.

S’exprimant devant la presse, Abdou Ba, alias Commandant Baye, a déclaré :

« L’objectif de cette déclaration est de nous prononcer sur la situation politique actuelle entre Ousmane Sonko et le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Le constat que nous faisons, en tant que mouvement des fédérateurs, c’est le non-respect du projet du parti Pastef par le président Bassirou Diomaye Faye. Le président Diomaye Faye ne s’inscrit plus dans ce projet. Nous, membres du Mouvement Fédérateur des Patriotes du Sénégal et de la Diaspora, annonçons la fin du compagnonnage entre ces deux personnalités. Nous ne voulons plus entendre les Sénégalais dire : “Diomaye moy Sonko”, car depuis bientôt deux ans, nous réclamons justice pour nos martyrs et nous n’avons rien vu. »

Le MFPS dénonce également l’absence d’avancées concernant les dossiers relatifs aux détournements présumés des 100 milliards, des 80 milliards ainsi que des dettes cachées.

« Depuis deux ans, aucune arrestation. Tout cela est dû au manque d’engagement de Bassirou Diomaye Faye dans la révolution et dans la dynamique du projet Joub Joubanti. En tant que président du mouvement, je dénonce la trahison de Diomaye Faye à l’endroit d’Ousmane Sonko », a conclu Abdou Ba.

Tension à Niague – Lac Rose : le DG de Casa Orascom s’explique

Suite aux manifestations sur le site d’implantation du projet « Villes vertes » de l’entreprise Casa Orascom au Lac Rose, ayant conduit à l’arrestation de onze personnes dont le docteur Amath Wade, le directeur général de la société est sorti de son silence pour apporter des éclaircissements.

Le DG réfute toutes les accusations portées contre Casa Orascom :
« Ce 20 novembre, un certain nombre d’individus se sont introduits sur le site et ont agressé Ilimane Fall, un employé de notre entreprise. Il a été violemment tabassé avec des barres de fer. C’est à la suite de cette agression qu’il a porté plainte. Et ce sont ces individus qui ont été interpellés après l’enquête de la gendarmerie. »

Il poursuit :
« La violence est inacceptable et nous devons tous la combattre. Il faut également préciser que de fausses images circulent, laissant croire à un abattage d’arbres. Nous avons respecté la physionomie du site sur le plan topographique et nous avons veillé à épouser le terrain naturel. »

Le directeur général rappelle par ailleurs l’envergure du projet et les opportunités qu’il est censé offrir aux populations, estimant qu’il ne peut être que bénéfique pour la zone.

Il conclut :
« La question environnementale, qui est centrale dans nos engagements auprès de l’État du Sénégal, a été pleinement prise en compte dans le processus et dans tous les aspects du projet. »

Tension à Niague lac rose, le DG de Casa Orascom s'explique.

Mayoro Mbaye porte plainte contre Eurofinsa S.A, Ellipse Projects, AEE Power et Madiambal Diagne pour détournement de projets

L’homme d’affaires Mayoro Mbaye a saisi le Pool judiciaire financier pour dénoncer ce qu’il qualifie de détournement massif de projets, de violations d’accords commerciaux et de préjudices financiers importants impliquant le groupe espagnol Eurofinsa S.A, ses filiales, ainsi que plusieurs acteurs locaux, dont le journaliste et homme d’affaires Madiambal Diagne.

Selon lui, des projets stratégiques qu’il avait introduits au Sénégal depuis 2010 — portant sur la construction d’hôpitaux, d’infrastructures, de systèmes d’énergie, d’électrification et d’équipements publics — auraient été récupérés, modifiés ou dévoyés après l’alternance politique de 2012, en violation des engagements contractuels et de son droit de représentation exclusive.

« La société KMA International S.A, que je dirige, est engagée depuis 2010 dans la préparation, la structuration et l’accompagnement de projets stratégiques pour l’État du Sénégal, en partenariat avec le groupe Eurofinsa S.A, SETA/SETAPI et plusieurs de leurs filiales, notamment AEE Power et Ellipse Projects. Ces projets, significatifs dans des secteurs essentiels, étaient destinés à contribuer durablement au développement socio-économique du pays. Il ressort toutefois que plusieurs d’entre eux ont été détournés de leur objectif initial, modifiés ou transférés à des tiers », a expliqué le PDG de KMA International S.A.

Il affirme que ces agissements ont causé des pertes financières considérables à sa société, mais également au Sénégal. Il réclame de ce fait une réparation intégrale.

« Ces pratiques ont généré un préjudice majeur pour notre société, tant sur les plans financier et économique que sur les plans moral et social. L’ouverture d’une information judiciaire devant le Pool judiciaire financier témoigne de la gravité des faits constatés et de la nécessité d’un suivi institutionnel renforcé », a-t-il insisté.

Face à l’ampleur des faits allégués, et compte tenu de l’importance initiale de ces projets pour l’État du Sénégal, l’homme d’affaires dit avoir adressé une correspondance aux plus hautes autorités du pays pour demander une prise en charge diligente du dossier, dans le but d’obtenir une solution juste, équitable et conforme aux intérêts nationaux.

Il précise ensuite les motivations qui l’ont poussé à porter l’affaire devant la justice :

« J’ai déposé cette procédure afin d’apporter des clarifications à un débat qui dépasse aujourd’hui nos frontières. Lorsque je négociais ces contrats et collaborais avec ces partenaires, aucun Sénégalais n’était présent. J’étais le seul interlocuteur, et c’était une période où ceux qui revendiquent aujourd’hui une paternité de ces projets n’étaient pas impliqués. Il fallait rétablir les faits, et je l’ai fait. Je vous confirme donc avoir bel et bien saisi le Pool judiciaire financier, en attendant que les juges apprécient les documents déposés », a-t-il déclaré.

Le dossier, désormais entre les mains de la justice, pourrait lever le voile sur plusieurs zones d’ombre entourant certains partenariats étrangers conclus ces dernières années.

À suivre…

A.S

Accords-cadres entre producteurs de maïs et industriels : un pas décisif vers la souveraineté alimentaire

Les producteurs locaux de maïs et les industriels sénégalais ont signé, mardi à Dakar, une série d’accords-cadres portant sur la production et la commercialisation de 25 000 tonnes pour la campagne agricole 2025-2026. La cérémonie, qui a rassemblé l’ensemble des acteurs de la filière, a été qualifiée de « moment historique » par le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne.

Dans son discours, le ministre, entouré du directeur d’ENABEL, Abdou El Mahassine Fassi-Fihri, et de représentants des organisations professionnelles, a salué un « travail patient, rigoureux et surtout collaboratif ». Il a insisté sur le fait que cette avancée illustre la capacité des acteurs nationaux à construire ensemble un modèle de développement fondé sur la confiance, le dialogue et une vision partagée. Pour lui, ce partenariat démontre clairement « ce que nous pouvons accomplir ensemble lorsque la vision commune guide l’action ».

Cet engagement intervient dans un contexte marqué par une forte dépendance du Sénégal vis-à-vis des importations de maïs, qui oscillent chaque année entre 450 000 et 500 000 tonnes. Rien qu’en 2024, ces achats extérieurs ont coûté environ 80 milliards de francs CFA à l’État. Mabouba Diagne a rappelé que la démarche s’inscrit dans l’orientation stratégique du Premier ministre, favorable à une valorisation accrue des ressources locales et à une réduction des dépenses liées aux importations.

Le ministre a également souligné l’impact social attendu de cette collaboration, en affirmant qu’elle contribuera à la réduction de la pauvreté en milieu rural grâce à la création de plus de 20 000 emplois. Il a, par ailleurs, mis en avant la dynamique positive enregistrée par la filière, dont la production nationale atteint désormais 800 000 tonnes par an, un volume en constante progression. Toutefois, il a reconnu que le secteur reste confronté à une concurrence étrangère particulièrement forte, l’un des principaux défis identifiés par les autorités.

Pour consolider cette trajectoire, Mabouba Diagne a réaffirmé l’engagement de l’État à accompagner les producteurs à travers plusieurs leviers : la maîtrise et la fourniture d’eau, la disponibilité des intrants agricoles et la mécanisation des exploitations. Selon lui, ces efforts permettront d’améliorer significativement les rendements et de renforcer une filière considérée comme stratégique pour la souveraineté alimentaire du pays.

La présidente de l’Interprofession maïs du Sénégal (IPROMAS), Gnima Diakité, ainsi que les représentants de l’ARM et du FNDASP présents à la cérémonie, ont insisté sur le caractère structurant de cet accord-cadre. Ils estiment qu’il permet de stabiliser durablement la relation entre producteurs et transformateurs, en garantissant un volume ferme de production et des débouchés sécurisés pour la campagne 2025-2026. Pour eux, cette approche contractuelle marque une étape importante vers une meilleure organisation de la filière et une valorisation plus efficace du potentiel agricole national.

UCAD : le Conseil académique autorise l’intervention des Forces de l’Ordre pour sécuriser le campus

Le Conseil académique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) s’est réuni ce mardi 2 décembre 2025 en visioconférence, sous la présidence du Recteur, le Professeur Alioune Badara Kandji. Cette session extraordinaire était dédiée à l’examen de la situation sécuritaire sur le campus, à la lumière des événements récents ayant troublé le fonctionnement normal de l’institution.

Au cours de la séance, les membres du Conseil ont relevé une série d’incidents qui, selon leur appréciation, ont gravement compromis la sécurité des personnes et causé des dommages tant aux biens publics qu’aux biens privés. Ces perturbations ont également entravé le travail de l’administration et affecté les activités d’enseignement et de recherche, pourtant essentielles au bon déroulement de la mission universitaire.

Face à l’ampleur de ces dérives, le Conseil académique a décidé d’autoriser le Recteur à solliciter le concours des Forces de l’Ordre pour rétablir et garantir la sécurité au sein du campus pédagogique. Cette mesure, qualifiée d’exceptionnelle mais nécessaire, vise à protéger les étudiants, les enseignants, les chercheurs ainsi que l’ensemble du personnel administratif, technique et de service. Le Conseil a tenu à préciser que ce recours aux Forces de l’Ordre est strictement encadré par les dispositions des articles 4, 5 et 6 de la loi n°94-79 du 24 novembre 1994, relative aux franchises et libertés universitaires.

Selon le communiqué issu de la rencontre, la présence des Forces de l’Ordre n’a d’autre objectif que de préserver l’intégrité physique des personnes et de sauvegarder le patrimoine universitaire, tout en garantissant la continuité des activités pédagogiques et scientifiques. Pour les autorités de l’UCAD, le maintien d’un climat académique serein est indispensable non seulement à la formation et à la recherche, mais également au service rendu à la communauté.

Dans le même esprit, le Conseil académique a réaffirmé son attachement indéfectible aux valeurs républicaines, au respect de la loi et au dialogue. Il a souligné l’importance de préserver un environnement universitaire sécurisé et apaisé, condition préalable au bon fonctionnement de l’institution. Enfin, il a lancé un appel à l’ensemble des acteurs de l’UCAD, les invitant à la sérénité et à la responsabilité, afin de permettre la poursuite normale des activités universitaires et administratives.

Abus de confiance : Boubacar Diallo condamné à trois mois avec sursis et 50 millions de FCFA de dommages et intérêts

Le Tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu hier, lundi, son verdict dans l’affaire d’abus de confiance qui opposait l’inspecteur des Impôts et Domaines, Boubacar Diallo, à la veuve Fatou Guèye. À l’issue de son délibéré, la juridiction a reconnu le fonctionnaire coupable des faits qui lui étaient reprochés et l’a condamné à une peine de trois mois de prison assortis du sursis. Il devra également verser à la plaignante la somme de 50 millions de FCFA à titre de réparation.

L’affaire remonte à plusieurs années, lorsque Fatou Guèye, héritière d’un terrain de deux hectares laissé par son défunt mari, avait confié à Boubacar Diallo la mission de vendre la parcelle pour un montant de 80 millions de FCFA. L’inspecteur des Impôts, chargé de la transaction, avait informé la veuve que le terrain avait été cédé à seulement 40 millions, montant qu’il lui aurait présenté comme étant le prix réellement obtenu.

Ce n’est que bien plus tard que la vérité éclate. À travers des informations recueillies auprès des membres de la coopérative impliquée dans l’achat, Fatou Guèye découvre que la parcelle a bel et bien été vendue à 80 millions de FCFA, soit le double du montant déclaré par Boubacar Diallo. Se sentant lésée, elle engage alors des poursuites judiciaires contre le fonctionnaire, l’accusant d’avoir détourné la moitié du produit de la vente.

Lors de l’audience du 24 novembre dernier, le procureur de la République avait adopté une ligne particulièrement ferme. Estimant que les faits étaient établis et caractérisés, il avait requis une peine d’un an d’emprisonnement ferme assortie d’un mandat de dépôt. Le prévenu, qui bénéficiait jusque-là d’une liberté provisoire, contestait la version de la plaignante mais n’avait pas convaincu l’accusation.

Le tribunal, après examen des éléments du dossier et des arguments des parties, a finalement choisi une sanction plus clémente que celle requise par le parquet. La peine de trois mois avec sursis évite l’incarcération immédiate de Boubacar Diallo, mais la condamnation à verser 50 millions de FCFA à Fatou Guèye constitue une reconnaissance claire du préjudice subi par cette dernière.

L’État du Sénégal ouvre un emprunt obligataire de 400 milliards FCFA pour soutenir la vision « Sénégal 2050 »

L’État du Sénégal a officiellement lancé une opération d’emprunt obligataire par appel public à l’épargne d’un montant global de 400 milliards FCFA. Ouverte à la souscription du 2 au 22 décembre 2025, cette mobilisation de ressources vise à renforcer le financement des projets structurants inscrits dans la vision stratégique « Sénégal 2050 ». Cette dernière ambitionne d’accélérer la transformation économique du pays à travers des investissements ciblés dans les infrastructures, les secteurs productifs et les services publics essentiels.

L’offre obligataire se décline en quatre maturités destinées à répondre à différents profils d’investisseurs. La première émission, d’une durée de 3 ans, porte sur un montant de 85 milliards FCFA avec un taux d’intérêt fixé à 6,40 %. La seconde concerne une maturité de 5 ans pour un montant total de 125 milliards FCFA et offre un rendement de 6,60 %. Une troisième tranche est proposée sur une durée de 7 ans, avec un volume de 105 milliards FCFA et un taux de 6,75 %. Enfin, une dernière émission d’un montant de 85 milliards FCFA est étalée sur 10 ans avec un taux d’intérêt de 6,95 %. Ces différentes maturités visent à diversifier les opportunités d’investissement, tout en garantissant à l’État une meilleure structuration de son financement à moyen et long termes.

L’opération est pilotée par le Trésor Public, qui en assure la conduite opérationnelle, avec l’accompagnement d’Invictus Capital & Finance en tant qu’arrangeur et chef de file. Ce partenariat permet de renforcer la crédibilité de l’émission et d’optimiser son placement auprès des investisseurs institutionnels comme des particuliers. Les souscriptions sont ouvertes durant toute la période annoncée, via les canaux officiels mis à disposition, notamment les plateformes numériques dédiées et les contacts des structures financières partenaires.

À travers cette initiative, le Sénégal poursuit sa stratégie de recours maîtrisé au marché financier régional afin de soutenir la dynamique de développement et de consolider la confiance des investisseurs. L’emprunt obligataire s’inscrit ainsi comme un instrument essentiel dans la mise en œuvre des projets prioritaires, tout en contribuant à la modernisation de l’économie nationale et au renforcement de ses capacités de résilience.

Budget 2026 du ministère de l’Industrie et du Commerce : une hausse exceptionnelle portée par cinq programmes stratégiques

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Guèye Diop, s’est présenté ce mardi devant les députés pour défendre le projet de budget de son département pour l’exercice 2026. Selon le rapport de la commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale, le budget du ministère est arrêté à 355 933 222 920 FCFA en autorisations d’engagement et à 150 134 635 433 FCFA en crédits de paiement. Cette enveloppe connaît une augmentation spectaculaire de 305 774 693 468 FCFA, représentant une progression de 609,62 % par rapport à l’exercice précédent. Le document présenté par la députée Marie Hélène Ndoffène Diouf attribue cette hausse exceptionnelle à la mise en œuvre de cinq programmes stratégiques.

L’essentiel des crédits est orienté vers le renforcement du tissu industriel national. Le programme consacré au développement des pôles et filières industrielles compétitives concentre à lui seul la majorité des ressources du ministère. Il est doté de 314 416 274 905 FCFA en autorisations d’engagement et de 109 019 819 918 FCFA en crédits de paiement. La part dominante de cette enveloppe est destinée aux investissements exécutés directement par l’État, évalués à 311 958 789 895 FCFA en AE et 106 562 334 908 FCFA en CP, traduisant une ambition affirmée de modernisation et d’expansion des infrastructures industrielles. Le reste de ce programme couvre les dépenses de personnel pour un montant de 131 026 000 FCFA, les acquisitions de biens et services qui s’élèvent à 41 079 010 FCFA, ainsi que les transferts courants fixés à 2 285 380 000 FCFA.

Le ministère consacre également un programme important à l’accessibilité des produits et services, à la lutte contre la vie chère et à la modernisation du commerce. Ce volet bénéficie d’un financement de 33 485 873 087 FCFA en autorisations d’engagement et de 33 143 048 087 FCFA en crédits de paiement. Il vise à améliorer la régulation des marchés, à renforcer la surveillance des prix et à adapter les circuits commerciaux aux exigences d’un environnement économique en mutation.

Les crédits du ministère prennent aussi en compte d’autres dimensions essentielles. Le programme dédié au pilotage, à la coordination et à la gestion administrative est doté de 2 447 803 661 FCFA, en AE comme en CP. Cette enveloppe assure le fonctionnement interne du ministère, avec une ventilation comprenant 1 176 434 000 FCFA pour les dépenses de personnel, 501 437 161 FCFA destinés aux acquisitions de biens et services, ainsi que 769 932 500 FCFA en transferts courants.

Dans le cadre de la protection des intérêts économiques nationaux, un financement de 2 292 915 660 FCFA en autorisations d’engagement et 2 233 608 160 FCFA en crédits de paiement est prévu pour le programme de défense commerciale et de renforcement du positionnement commercial. Celui-ci doit permettre au Sénégal d’affirmer sa compétitivité et de mieux se défendre face aux pratiques commerciales déloyales.

Enfin, le soutien aux Petites et Moyennes Entreprises et Industries, considéré comme un levier crucial pour l’emploi et la transformation économique, se traduit par une enveloppe de 3 290 355 607 FCFA. Ce programme vise à accompagner et financer les PME/PMI afin de renforcer leur résilience et leur capacité d’innovation.

Poutine affirme ne pas vouloir la guerre avec l’Europe mais se dit « prêt » en cas d’escalade

À la veille de consultations attendues à Moscou avec l’émissaire américain Steve Witkoff, le président russe Vladimir Poutine a tenu mardi des propos particulièrement tranchés sur l’état des relations entre la Russie et l’Europe. Devant des journalistes, il a assuré que Moscou ne cherchait pas la confrontation, tout en affirmant que la Russie était « prête » à répondre à toute escalade si celle-ci venait, selon lui, des Européens.

« Nous n’avons pas l’intention de faire la guerre à l’Europe, mais si l’Europe le souhaite et commence, nous sommes prêts dès maintenant », a déclaré Vladimir Poutine. Il a également accusé les dirigeants européens de vouloir « empêcher » les efforts diplomatiques américains censés ouvrir une voie vers la fin de la guerre en Ukraine. Selon lui, l’Europe ne proposerait aucune alternative pacifique et se placerait clairement « du côté de la guerre ».

Cette prise de position intervient dans un contexte diplomatique extrêmement tendu. La venue de Steve Witkoff à Moscou est perçue comme une tentative de relancer au minimum un dialogue entre Washington et le Kremlin. Bien que Washington ne confirme pas l’existence de véritables négociations de paix, la présence de l’émissaire américain alimente les spéculations sur une possible ouverture, notamment autour du conflit ukrainien.

En formulant ces déclarations, Vladimir Poutine cherche à la fois à réaffirmer la puissance militaire russe et à rejeter sur l’Europe la responsabilité d’une éventuelle escalade. Les capitales européennes, engagées depuis 2022 dans un soutien militaire, diplomatique et financier à l’Ukraine, suivent de près ce discours qui marque une nouvelle étape dans la communication offensive du Kremlin.

Papa Makhtar Touré : Un atout stratégique pour la gouvernance et le développement de Kaolack

Papa Makhtar Touré représente bien plus qu’un profil compétent : il constitue un atout stratégique multidimensionnel pour la Mairie de Kaolack. Sa valeur réside dans la combinaison unique de ses racines, de son expertise et de sa vision, des qualités directement transférables aux défis d’une municipalité moderne.

Son premier atout est sa légitimité et sa capacité de dialogue social. En tant que figure profondément enracinée dans le terroir, petit-fils de Cheikh Omar Touré et président d’une fédération communautaire, il possède une compréhension fine des dynamiques locales ainsi qu’un accès privilégié au tissu social. Pour la Mairie, cela se traduit par une aptitude à consulter, à expliquer et à susciter l’adhésion des populations autour des projets urbains, réduisant ainsi les risques de blocage et renforçant la paix sociale.

Son deuxième atout est son savoir-faire managérial éprouvé dans un contexte exigeant. À la tête d’équipes de cadres dans l’industrie pharmaceutique — un secteur concurrentiel et rigoureux — il a développé une solide expérience en prise de décision, en pilotage de la performance et en gestion des ressources humaines. Pour l’administration municipale, cela signifie l’apport d’une expertise capable de moderniser les services, d’améliorer l’efficacité des processus et d’installer une véritable culture du résultat au service du citoyen.

Son troisième atout réside dans sa maîtrise méthodologique de la gestion de projets. Titulaire d’un Master 2 dans cette discipline, il maîtrise les outils nécessaires pour structurer, planifier, budgétiser et contrôler la mise en œuvre des équipements publics et des programmes de développement. Il apporte ainsi les garanties d’une exécution rigoureuse, transparente et respectueuse des délais pour les engagements de la ville.

Enfin, son atout majeur peut être résumé par sa vision synthétique. « Soufi fils de son époque », il allie le respect des traditions à une ouverture pragmatique envers les méthodes modernes de gouvernance. Il incarne le lien idéal pour faire de Kaolack une ville capable de se projeter dans l’avenir sans renier son identité, d’attirer les investisseurs par sa crédibilité tout en veillant au bien-être et à l’équilibre de sa communauté.

En somme, Papa Makhtar Touré est l’atout qui permet de faire le pont entre héritage et progrès, entre administration et administrés, entre vision et exécution. Pour la Mairie de Kaolack, il représente l’opportunité de renforcer son pilotage stratégique grâce à un leader qui comprend le territoire, sait gérer des organisations complexes et possède l’éthique nécessaire pour servir l’intérêt général.

Produits dépigmentants et huiles artisanales : de vifs débats à l’Assemblée autour du budget du ministère du Commerce

L’examen du projet de budget 2026 du Ministère de l’Industrie et du Commerce a été marqué par un débat particulièrement animé autour de la question de la qualité des produits cosmétiques et des huiles artisanales commercialisés sur le marché sénégalais. Face aux députés réunis en plénière, le ministre Serigne Guèye Diop a été interpellé sur la prolifération de crèmes dépigmentantes dangereuses, de produits cosmétiques non conformes et d’huiles locales fabriquées sans homologation ni traçabilité.

Les parlementaires ont exprimé une profonde inquiétude face à l’ampleur du phénomène, qu’ils qualifient de véritable crise de santé publique. Ils ont cité, entre autres, les crèmes éclaircissantes à forte teneur en corticoïdes, les produits contenant du mercure ou de l’hydroquinone, ainsi que de nombreuses huiles artisanales vendues dans des flacons non étiquetés, sans mention de composition ni date de péremption. Pour plusieurs députés, l’usage de ces produits expose majoritairement les femmes et les jeunes à des risques graves tels que des brûlures, des infections, des troubles hormonaux ou encore des maladies dermatologiques irréversibles. Malgré ces dangers avérés, ces substances continuent d’être librement accessibles dans les marchés, les boutiques de quartier et surtout sur les réseaux sociaux où elles font l’objet d’un marketing agressif.

Les élus ont également dénoncé la responsabilité de certains commerçants et influenceurs qui, en quête de profit rapide, assurent la promotion de produits présentés comme miraculeux sans aucune base scientifique. Ces pratiques, selon eux, renforcent la normalisation du blanchiment de la peau et exploitent la vulnérabilité de consommateurs en quête de transformations corporelles rapides. Ils ont ainsi exhorté le ministère à intensifier le contrôle du marché, à multiplier les opérations de saisie de produits interdits et à sanctionner avec rigueur les importateurs, fabricants et revendeurs impliqués dans ce trafic. De même, ils ont appelé à une vaste campagne de sensibilisation destinée à informer la population des dangers de ces substances et à décourager leur utilisation.

Face à ces interpellations, le ministre Serigne Guèye Diop a reconnu la gravité du problème et confirmé que la lutte contre les produits dépigmentants dangereux figure parmi les priorités de son département. Il a rappelé que des opérations conjointes sont régulièrement menées avec la Douane, la Police, la Gendarmerie et le ministère de la Santé, permettant au fil des années la saisie et la destruction de tonnes de produits illicites. Toutefois, il a admis que le phénomène évolue rapidement, notamment avec l’essor de la vente en ligne et du commerce informel, ce qui complexifie la tâche des autorités.

S’agissant des huiles artisanales, le ministre a annoncé l’élaboration en cours d’un cadre réglementaire spécifique destiné à encadrer la production locale. Ce dispositif devrait rendre obligatoire la déclaration des fabricants, imposer des normes minimales de qualité, d’hygiène et de conditionnement, et garantir une traçabilité adéquate. Serigne Guèye Diop a insisté sur le fait que l’objectif n’était pas de freiner l’initiative entrepreneuriale ou d’étouffer l’artisanat, mais de protéger la santé des consommateurs et d’accompagner les producteurs sérieux vers la conformité et la formalisation. Il a également évoqué le renforcement des campagnes de communication, en collaboration avec les médias et les organisations communautaires, pour mieux informer les populations sur les dangers de la dépigmentation et des produits non homologués.

Cette interpellation parlementaire pourrait marquer un tournant dans la régulation du secteur des cosmétiques et des produits artisanaux au Sénégal. Les députés ont exigé qu’un rapport détaillé sur les actions entreprises soit transmis à la Commission des Affaires économiques, avec des données précises sur les contrôles effectués, les quantités saisies et les sanctions appliquées. Pour de nombreux observateurs, la problématique dépasse largement la dimension esthétique : elle touche à la santé publique, à la confiance en soi, à la construction de l’identité culturelle et au bien-être économique des populations. À l’heure où l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 » ambitionne de promouvoir un développement humain durable, la lutte contre les produits dépigmentants dangereux et la mise en place d’un cadre rigoureux pour les huiles artisanales apparaissent comme des enjeux cruciaux, à la croisée du sanitaire, du social et de l’économique.

« UCAD sous gaz : une crise sociale qui tourne à l’urgence sanitaire »

Depuis plusieurs jours, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar vit au rythme de tensions quasi quotidiennes. Les étudiants en master, mobilisés pour exiger le paiement de leurs bourses, initient chaque matin un mouvement de contestation qui dégénère fréquemment en affrontements avec les forces de l’ordre. Cette situation, qui s’étire dans la durée, installe un climat d’inquiétude au sein de la communauté universitaire. Si le professionnalisme des forces de sécurité déployées pour maintenir l’ordre est régulièrement souligné, un autre problème, plus insidieux, suscite une réelle alerte sanitaire : l’usage intensif des grenades lacrymogènes dans un espace aussi densément peuplé que l’UCAD.

L’université compte entre 80 000 et 100 000 étudiants, auxquels s’ajoutent environ 3 000 enseignants, 1 500 agents administratifs et un nombre quotidien difficile à évaluer de visiteurs. C’est, en réalité, une petite ville de plus de 100 000 habitants, concentrée sur une superficie très réduite. La densité humaine y est particulièrement élevée, au point que la promiscuité constitue déjà en soi un facteur de risque sanitaire. Dans ce contexte, l’exposition récurrente à des gaz lacrymogènes accroît considérablement les dangers, notamment pour les personnes souffrant de troubles respiratoires, d’asthme ou d’hypersensibilité oculaire.

Depuis une semaine, les témoignages se multiplient et décrivent des scènes préoccupantes : larmes incontrôlées, irritations sévères, difficultés respiratoires, malaises et évacuations précipitées. Au “couloir de la mort”, l’un des passages les plus fréquentés de l’université, une jeune étudiante asthmatique a été retrouvée en détresse, incapable de tenir debout sans assistance. Un camarade l’a soutenue physiquement tandis que d’autres l’aidaient à utiliser sa pompe. Ce qui frappe dans cet épisode, c’est qu’il s’est produit vers 13 heures, soit près de deux heures après la fin des affrontements du jour. Cela signifie que la fumée, ou du moins l’odeur acre qui en persiste, stagnait encore dans l’air bien longtemps après l’arrêt des manifestations. Selon plusieurs étudiants, jusque tard dans la soirée, voire le lendemain, il suffit du passage d’un véhicule ou d’un coup de vent pour que les résidus encore présents sur le sol se dispersent à nouveau dans l’atmosphère, provoquant les mêmes irritations.

Les effets ne se limitent pas aux usagers directs de l’université. Certains agents administratifs ont dû bénéficier d’arrêts maladie, tandis que d’autres, plus fragiles, restent chez eux pour éviter d’aggraver leur état. Une employée rapporte que même à l’hôpital Fann, pourtant séparé du campus, le personnel éprouve des difficultés respiratoires lorsque les gaz se propagent. Cette remarque soulève une inquiétude d’autant plus grave : si les soignants sont en difficulté, que dire des malades, souvent vulnérables, qui y sont pris en charge? Rappelons que l’UCAD abrite elle-même deux structures médicales, l’IMPS et le service médical du COUD, en plus des services de la faculté de Médecine, qui reçoivent quotidiennement des patients.

L’impact environnemental et sanitaire de l’usage répété des grenades lacrymogènes dans cet espace densément fréquenté ne peut désormais plus être négligé. Les gaz stagnent, se déposent et se réactivent au moindre mouvement, transformant le campus en un environnement difficilement respirable pour des dizaines de milliers de personnes. La question dépasse largement le simple cadre du maintien de l’ordre et touche à la santé publique, au bien-être des usagers et au fonctionnement normal des établissements de soins rattachés à l’université.

Face à cette situation, l’urgence apparaît double. Il faut, d’une part, apporter des réponses immédiates au mouvement des étudiants en master afin de réduire les tensions et éviter la répétition de confrontations inutiles. Mais il faut aussi, d’autre part, engager une réflexion sérieuse sur l’usage des grenades lacrymogènes dans un espace aussi confiné et peuplé que l’UCAD. Revoir les pratiques, choisir des moyens de dispersion moins agressifs, adapter les interventions au contexte spécifique du campus ou établir des zones tampons pourrait éviter de mettre en danger une population dont la vulnérabilité est avérée. L’université n’est pas un champ de bataille ; c’est un lieu de savoir, d’apprentissage, de recherche et de vie. Elle ne peut durablement fonctionner dans un environnement saturé de gaz irritants qui compromettent la santé de ceux qui y étudient, y enseignent, y travaillent ou s’y soignent.

À Golf-Sud, quand la quête d’un toit devient un parcours du combattant

À Golf-Sud, l’histoire de K. Coulibaly et de son voisin aurait pu être celle d’un simple déménagement. Elle s’est finalement transformée en un long calvaire mêlant promesses non tenues, délais sans fin et soupçons d’escroquerie immobilière. Tout commence le 18 octobre, lorsque les deux pères de famille se voient contraints de quitter leur maison fissurée et désormais menacée d’effondrement. Poussés par l’urgence, ils cherchent un nouveau toit et pensent l’avoir trouvé grâce à un intermédiaire qui les met en relation avec Seydina Fall « Bougazelli », ancien député de Guédiawaye.

Le logement proposé, un appartement situé au troisième étage d’un immeuble R+3 à la Cité Golf Océan, face à la plage Malibu, semble idéal. Le bailleur réclame d’abord trois mois de caution avant de ramener ses exigences à un mois de caution et un mois d’avance, soit 300 000 FCFA remis en main propre. L’appartement serait disponible sous deux semaines, promet-on, le temps d’achever « quelques menus travaux ». Pour les futurs locataires, déjà sous pression, cette perspective apparaît comme un soulagement.

Mais, le jour de la remise des clés, tout bascule. Au lieu de leur permettre d’emménager, le propriétaire invoque un drame familial : « La mère du courtier-maçon est décédée », explique-t-il. Les familles, prises au dépourvu, se voient imposer un nouveau délai d’un mois. Entre-temps, leur ancienne maison a été vendue. Elles doivent emballer leurs biens et vivre dans l’attente, oscillant entre stress et incertitude. Chaque visite au bâtiment se solde par les mêmes réponses vagues, les mêmes prétextes. Les travaux n’avancent pas et les clés restent inaccessibles.

Lorsque la patience s’épuise, K. Coulibaly et son voisin réclament le remboursement de leur argent. L’ancien député accepte verbalement mais ne passe jamais à l’acte. Selon des sources proches du dossier, ce type de situation n’est pas isolé : plusieurs plaintes similaires auraient été déposées contre Seydina Fall, portant sur des locations inexistantes ou des remboursements retardés. Dans le quartier, les langues se délient : « Seydina Fall a tout le temps des problèmes avec des locataires. Il traîne beaucoup de casseroles », confie un habitant de la Cité.

Le mercredi 26 novembre, l’ancien parlementaire est convoqué à 17 heures au poste de police de Golf-Sud. Il ne se présente qu’une heure plus tard. Une fois sur place, il procède rapidement au remboursement des 300 000 FCFA avant de quitter les lieux à la hâte, sans même attendre l’arrivée de ses plaignants. Ce remboursement express apaise, pour un temps, les victimes qui récupèrent enfin leur argent. Mais il laisse en suspens une question plus large : combien de personnes ont déjà vécu des situations similaires ? Et combien devront encore faire la navette entre l’immeuble litigieux et le commissariat avant qu’une décision judiciaire ferme ne soit prise ?

Ce mardi, Seydina Fall « Bougazelli » doit être présenté au juge du tribunal de Pikine–Guédiawaye pour répondre des faits qui lui sont reprochés. Une étape cruciale dans une affaire qui, au-delà de deux familles en détresse, met en lumière les dérives récurrentes dans certains circuits de location informelle à Dakar.

Ibrahima Waly Seck entendu par le pool judiciaire financier dans l’affaire Amadou Sall

L’artiste-chanteur Ibrahima Waly Seck a comparu ce matin devant le président du collège des juges d’instruction, Idrissa Diarra, au sein du pool judiciaire financier. La séance s’est déroulée en présence du procureur de la République, Ibrahima Faye. Convoqué pour être entendu au fond dans le cadre de l’affaire dite « Amadou Sall », le chanteur n’est resté que moins de vingt minutes dans le bureau du magistrat instructeur. Malgré la brièveté de l’audition, l’enjeu judiciaire demeure important, puisque Waly Seck est visé par des accusations d’association de malfaiteurs en bande organisée et de blanchiment de capitaux.

Selon les informations obtenues auprès de sources proches du dossier, l’artiste a axé sa défense sur sa bonne foi et la transparence de ses agissements. Devant les juges, il a expliqué avoir uniquement vendu une voiture à Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall, pour un montant de 210 millions de FCFA. Il a affirmé que la transaction avait été réalisée dans les règles, avec l’ensemble des documents administratifs conformes et nécessaires. Cette somme, rappelle-t-il, correspond d’ailleurs à la caution qu’il avait versée quelques mois plus tôt pour bénéficier d’une mise en liberté provisoire en septembre 2025.

Vêtu de noir et accompagné de son pool d’avocats — Mes Abou Dialy Kane, Dior Diagne, Alioune Badara Fall et Souleymane Soumaré — Waly Seck a quitté les locaux du pool judiciaire financier avec discrétion. Pour éviter tout attroupement ou attention médiatique excessive, il a été exfiltré par le sous-sol, à bord d’un véhicule particulier. Cette sortie feutrée contraste avec l’intérêt fervent du public et des observateurs pour cette affaire, dans laquelle plusieurs personnalités sont mentionnées et où les rebondissements ne cessent d’alimenter le débat.

Assemblée nationale : débats houleux autour du budget de l’Enseignement supérieur et appels répétés à l’audit de la gestion Abdourahmane Diouf

L’examen du budget du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a donné lieu, hier, à une séance particulièrement animée à l’Assemblée nationale. Selon les constats rapportés par Les Échos, les discussions ont été dominées par trois préoccupations majeures : l’état des infrastructures universitaires, la question des bourses étudiantes et la gestion de l’ancien ministre Abdourahmane Diouf, dont plusieurs députés exigent désormais un audit complet.

Dès l’ouverture des travaux, les débats se sont orientés vers la situation des infrastructures, souvent inachevées, et le climat social tendu dans les universités. Le député Mbaye Dione a mis en garde contre le risque de reproduire « les erreurs des anciens régimes », accusés d’avoir élargi la carte universitaire à des fins politiques sans prendre en compte les capacités réelles de l’État. Il a insisté sur la nécessité de finaliser les chantiers déjà engagés avant toute annonce de nouveaux établissements, tout en appelant à un dialogue franc et structuré avec les étudiants pour prévenir les tensions récurrentes. Le parlementaire a également rappelé l’obligation pour les forces de sécurité de respecter scrupuleusement les franchises universitaires.

Un autre volet particulièrement sensible a été la gestion de l’ancien ministre Abdourahmane Diouf, revenue avec insistance dans les interventions. Comme l’indique Les Échos, la députée Béatrice Germaine Tening Faye a officiellement demandé un audit « complet, indépendant et transparent » afin de clarifier les soupçons de surfacturations récemment évoqués par le Premier ministre. Dans le même sens, Sokhna Diarra Thiao a accusé l’ex-ministre d’avoir introduit des déséquilibres majeurs dans la répartition budgétaire entre les universités, citant en exemple les cas de Diamniadio et de Bambey. Ces interpellations, soutenues par des chiffres et éléments relayés par Les Échos, témoignent d’un durcissement net du ton autour de cette gestion.

Les députés ont également longuement évoqué la situation des étudiants sénégalais en France. Fatou Diop Cissé s’est inquiétée des inégalités persistantes sur les frais d’inscription auxquels ils sont confrontés. Elle a alerté sur une possible suppression, dès 2026, de l’aide au logement pour les étudiants non boursiers, une perspective qui pourrait fragiliser davantage une communauté déjà fortement impactée par les conditions de vie difficiles. L’information, rapportée et détaillée par Les Échos, a suscité de vives réactions dans l’hémicycle.

La question des universités privées non habilitées a également été au centre des préoccupations. Le député Abdourahmane Diouf — à ne pas confondre avec l’ancien ministre — a rappelé, en s’appuyant sur les données publiées par Les Échos, que 143 établissements du supérieur exercent aujourd’hui sans aucune autorisation officielle pour délivrer des diplômes. Il a demandé à l’État de renforcer l’Anaq-Sup afin de garantir un contrôle plus strict, d’assainir le secteur et de sanctionner les structures en infraction.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°620 – 02/12/2025

🔴 LES CAMPUS UNIVERSITAIRES EN ÉBULLITION : L’ÉTAT CALME LE JEU
🔴 DOUMBOUYA : FEUILLE DE ROUTE ET LEADERSHIP : LE REGARD D’AMADOU DIOP

🔴 MONDIAL FÉMININ DE HANDBALL / VICTOIRE CONTRE L’IRAN ET QUALIFICATION : LES « LIONNES » ASSURENT
🔴 NOUVELLES SÉLECTIONS U14, U16 ET U18 (GARÇONS, FILLES) : LA FSF INVESTIT DANS L’AVENIR

Kaolack – Pastef : tensions internes et appel à la clarté politique de Sarata Sonko

Présente actuellement à Paris pour des obligations professionnelles, l’adjointe au maire et responsable communale du Pastef, Sarata Sonko, s’est entretenue par téléphone avec notre rédaction. Elle a tenu à clarifier sa ligne politique, au moment où la section locale du parti traverse une période de fortes incertitudes.

Un contexte de crispation interne

À Kaolack, le Pastef connaît une phase de turbulences marquée par un profond malaise au sein de la base militante. Alors que le parti tente de stabiliser ses instances après plusieurs réajustements, de nombreux responsables communaux et départementaux affichent un silence jugé incompréhensible par les militants.

Selon plusieurs sympathisants rencontrés, ce mutisme prolongé — adopté par certains cadres pourtant promus grâce au leadership d’Ousmane Sonko — nourrit un sentiment de trahison et d’ambiguïté.

« On ne les connaissait pas avant Sonko. Aujourd’hui, ils se cachent et pensent préserver leurs privilèges. Ils se trompent lourdement », dénoncent des militants très remontés.

Sarata Sonko tranche : « La loyauté ne se négocie pas »

Contrairement à la posture prudente de certains responsables locaux, Sarata Sonko assume une position claire : une fidélité totale et sans équivoque au président Ousmane Sonko.

Dans un échange téléphonique depuis Paris, elle affirme :

« Personne ne peut m’éloigner de ma trajectoire politique. Ma loyauté est constante et publique. Le moment exige de la clarté, pas des calculs personnels. »

Elle estime que le silence de certains cadres ne relève ni d’une stratégie ni d’un sens des responsabilités politiques. Elle les appelle à :

assumer publiquement leurs positions, faire face à la presse, respecter les militants qui les ont portés, mettre fin aux manœuvres susceptibles de fragiliser l’unité locale.

Une base militante de plus en plus impatiente

Face à cette situation, plusieurs jeunes militants prennent leurs distances vis-à-vis de responsables jugés « trop silencieux » au moment où le parti aurait besoin d’une ligne claire.

À l’inverse, les communiqués répétés des jeunesses patriotiques de Kaolack, réaffirmant leur soutien au président du Pastef, ont été très bien accueillis. Pour beaucoup, il s’agit là d’un acte de courage politique dans une période où certains responsables préfèrent garder le silence.

Un tournant crucial pour la section Pastef de Kaolack

Entre la détermination de figures comme Sarata Sonko et l’attitude plus hésitante d’autres cadres locaux, le Pastef de Kaolack semble engagé dans une phase décisive. Le risque d’une fracture interne devient perceptible si les tensions actuelles ne sont pas rapidement apaisées.

Pour Madame Sonko, qui annonce faire face à la presse dès son retour au Sénégal, la ligne demeure inchangée :

« La loyauté ne se mesure pas aux postes obtenus, mais au courage d’assumer publiquement ses positions. »

Troisième pétrolier lié à la Russie touché par des explosions : le Mersin atteint au large de Dakar

Un nouvel incident maritime est survenu au large de Dakar. Le pétrolier Mersin, un navire transportant du gasoil et géré par la compagnie Besiktas Shipping, a été frappé par quatre explosions externes alors qu’il naviguait dans les eaux sénégalaises. L’armateur a confirmé que de l’eau de mer avait envahi la salle des machines, mais que le navire demeurait stable, sans pollution signalée et avec un équipage sain et sauf.

Cet événement intervient dans un contexte particulièrement tendu. Il s’agit en effet du troisième navire ayant transporté du pétrole russe à subir une attaque ou des dommages en seulement trois jours. Selon des sources proches du dossier, les services de sécurité ukrainiens seraient impliqués dans deux incidents récents survenus en mer Noire contre des pétroliers qui avaient précédemment transporté des hydrocarbures russes. Cependant, aucune revendication n’a été formulée concernant l’explosion survenue au large du Sénégal, et le flou persiste sur les motivations et les auteurs.

Besiktas Shipping a indiqué collaborer étroitement avec les autorités sénégalaises et les assurances pour déterminer les causes exactes des explosions. L’entreprise assure qu’elle participe pleinement aux enquêtes en cours et qu’elle met en place toutes les mesures nécessaires pour gérer l’impact technique et logistique de l’incident.

Selon les données de la firme d’analyse maritime Kpler, le Mersin transportait du gasoil et avait fréquenté plusieurs ports russes ces derniers mois. Cette information alimente les spéculations autour d’une possible série d’attaques ciblant des navires ayant participé au commerce du pétrole russe, même si aucun élément concret ne permet, à ce stade, d’établir un lien direct avec le conflit en Ukraine.

Du côté des autorités sénégalaises, le Port autonome de Dakar a confirmé que le navire avait pris « une quantité d’eau significative » avant d’être stabilisé grâce à l’intervention de remorqueurs permanents et d’équipes techniques spécialisées. Les premières opérations consistent à colmater les brèches afin de rétablir l’étanchéité de la coque. Ce n’est qu’après cette étape cruciale que le transfert de la cargaison pourra commencer, une manœuvre délicate destinée à éviter toute déstabilisation du pétrolier pendant les travaux de pompage.

Map of Mersin oil tanker

Pour l’heure, aucune menace environnementale n’a été signalée, mais les services sénégalais restent en alerte. Outre l’enquête sur les explosions, l’objectif majeur est d’éviter tout risque de pollution sur le littoral dakarois, surtout face à la nature hautement inflammable de la cargaison.

Cet incident, qui survient loin des zones habituellement touchées par les tensions liées au transport de pétrole russe, interpelle et ouvre de nouvelles questions sur l’évolution des risques maritimes internationaux. Les conclusions de l’enquête pourraient avoir des implications stratégiques, tant pour les routes commerciales que pour la sécurité maritime dans la région ouest-africaine.

Dakar : nouvelles révélations sur l’incident du pétrolier turc M/T Mersin

On en sait désormais davantage sur l’incident survenu dans la nuit du 28 novembre au large de Dakar impliquant le pétrolier turc M/T Mersin. Selon l’agence russe RIA Novosti, la société propriétaire du navire a confirmé que celui-ci a été touché par quatre explosions externes d’origine encore inconnue, provoquant des dégâts importants et une infiltration d’eau dans la salle des machines. Le pétrolier transportait près de 30 000 tonnes de carburant au moment des faits.

À bord, l’équipage se composait de vingt-deux personnes, en majorité de nationalité turque. Tous ont pu être secourus sains et saufs grâce à l’intervention rapide des équipes du Port autonome de Dakar, qui ont procédé à leur évacuation dans la nuit suivant l’explosion. Les priorités des autorités sénégalaises se sont alors concentrées sur la stabilisation du navire et la prévention d’un éventuel déversement d’hydrocarbures.

Si certaines sources évoquent la possibilité d’une attaque ciblée, les autorités sénégalaises, elles, privilégient pour l’instant une origine technique à l’incident, rappelant qu’aucun élément tangible ne confirme une action hostile. Le M/T Mersin était immobilisé depuis plusieurs mois au large du port de Dakar en raison d’un tirant d’eau supérieur aux normes acceptées, ce qui l’empêchait d’accoster.

À la suite de l’explosion, un important dispositif antipollution a été déployé autour du navire afin de contenir toute fuite éventuelle. Les services compétents s’emploient désormais à vidanger le carburant en toute sécurité, une opération délicate menée sous supervision étroite des autorités maritimes et environnementales. Une cellule de crise a par ailleurs été activée afin de coordonner les interventions techniques, logistiques et sécuritaires, et de prévenir tout risque de catastrophe écologique.

Budget de l’Enseignement supérieur : Mbaye Dione appelle à plus d’écoute envers les étudiants et à une meilleure gestion des infrastructures

Lors du débat sur le budget du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, ce lundi, le député-maire de Ngoundiane, Mbaye Dione, a saisi l’occasion pour exprimer ses préoccupations concernant la situation de l’enseignement supérieur au Sénégal. Le parlementaire non-inscrit a débuté son intervention en manifestant sa joie de retrouver son ancien camarade d’université, l’actuel ministre Daouda Ngom, rappelant les liens tissés au fil des années et la connaissance commune de la vie estudiantine.

Dans son plaidoyer, Mbaye Dione a souligné que la vie universitaire est devenue de plus en plus difficile pour les étudiants. « Nous connaissons bien ce que les étudiants vivent aujourd’hui parce que nous l’avons également vécu », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que la situation actuelle nécessite davantage d’écoute et d’empathie de la part des autorités pour apporter des solutions concrètes aux problèmes rencontrés par les étudiants. Il a critiqué la décision de priver certains étudiants en Master de leurs bourses, estimant que cela ne contribue en rien à résoudre les difficultés auxquelles ils font face.

Le député a également abordé la question des infrastructures universitaires. Selon lui, il n’est pas judicieux de créer de nouvelles Institutions Supérieures d’Enseignement Professionnel (ISEP), alors que celles existantes ne sont pas encore pleinement fonctionnelles et que leurs problèmes persistent. Il a insisté sur la nécessité de faire un état des lieux complet de l’enseignement supérieur, de finaliser les infrastructures en cours de construction et de concentrer les efforts sur la qualité plutôt que sur la quantité.

Pour Mbaye Dione, la situation requiert une réflexion approfondie et concertée. Il a proposé l’organisation d’états généraux de l’enseignement supérieur afin de permettre à toutes les parties prenantes, y compris les étudiants, les enseignants et les autorités, de discuter des priorités et des solutions pour améliorer le système éducatif.

Fraude aux visas et voyages clandestins : trois individus interpellés aux Parcelles Assainies

Le Commissariat d’Arrondissement des Parcelles Assainies U15 a procédé, ce lundi 29 novembre 2025, à l’arrestation de trois individus soupçonnés d’« association de malfaiteurs, escroquerie au visa, faux et usage de faux en documents administratifs ».

Les interpellations font suite à une plainte déposée par une victime, qui a expliqué avoir remis au mois de janvier 2025 une somme de 2 500 000 FCFA ainsi que son passeport biométrique sénégalais à l’un des mis en cause, dans le but d’obtenir un visa pour l’Italie. Selon les informations recueillies, le suspect aurait apposé un faux visa Schengen daté du 9 janvier 2025 sur le passeport de la victime, avant de disparaître et de rendre toute communication impossible.

Les investigations menées par les forces de l’ordre ont permis de retrouver et d’interpeller le principal suspect, qui, entendu par la police, a reconnu l’intégralité des faits. Il a indiqué avoir agi en complicité avec deux autres individus, dont l’un était chargé de confectionner le faux visa et l’autre jouait un rôle d’intermédiaire. Les autres membres du groupe ont été arrêtés à leur tour et ont également reconnu les faits qui leur sont reprochés.

Poursuivant leur enquête, les autorités ont découvert que ce réseau ne se limitait pas à la fabrication de faux visas Schengen. Les mis en cause proposaient également des voyages clandestins au départ du port de Dakar, faisant miroiter à leurs victimes la possibilité de voyager en Italie en se faisant passer pour des membres d’équipage de bateau. Deux autres victimes ont ainsi versé à la bande une somme totale de 2 600 000 FCFA pour bénéficier de ce service frauduleux.

Les trois individus ont été déférés devant le parquet et l’enquête se poursuit afin de déterminer l’étendue exacte des activités de ce réseau et d’identifier d’éventuelles victimes supplémentaires.

Décès d’Anicet Ekane : le président du Manidem meurt en détention au Cameroun

C’est une annonce qui a secoué le paysage politique camerounais ce lundi 1ᵉʳ décembre. Son avocat, Emmanuel Simh, a confirmé le décès d’Anicet Ekane, président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem). Les circonstances exactes de sa mort restent pour l’instant inconnues, mais l’avocat a indiqué qu’il s’agissait d’un « décès survenu en situation de privation de liberté ».

Anicet Ekane était incarcéré depuis plusieurs semaines, suite à son arrestation survenue le 24 octobre dernier, dans le contexte tendu qui a suivi l’élection présidentielle du 12 octobre. Il était détenu au secrétariat d’État à la Défense (SED), dans un environnement très surveillé et sous haute sécurité. Les autorités lui reprochaient son soutien public à l’opposant Issa Tchiroma Bakary, qui s’était proclamé vainqueur du scrutin présidentiel. Ce soutien avait été interprété par le pouvoir en place comme une incitation au soulèvement populaire, dans un climat politique déjà fortement explosif.

Figure majeure de la gauche nationaliste camerounaise, Anicet Ekane s’était distingué dès les années 1990, lors des périodes dites « de braise » qui ont marqué la scène politique du pays. À la tête du Manidem, il avait toujours prôné une approche résolument démocratique et un engagement clair pour la souveraineté nationale et la justice sociale. Sa mort survient à un moment particulièrement sensible pour le pays, alors que les tensions postélectorales restent vives et que les appels au dialogue et à la retenue se multiplient tant sur le plan national qu’international.

Décès d’Anicet Ekane : le président du Manidem meurt en détention au Cameroun

C’est une annonce qui a secoué le paysage politique camerounais ce lundi 1ᵉʳ décembre. Son avocat, Emmanuel Simh, a confirmé le décès d’Anicet Ekane, président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem). Les circonstances exactes de sa mort restent pour l’instant inconnues, mais l’avocat a indiqué qu’il s’agissait d’un « décès survenu en situation de privation de liberté ».

Anicet Ekane était incarcéré depuis plusieurs semaines, suite à son arrestation survenue le 24 octobre dernier, dans le contexte tendu qui a suivi l’élection présidentielle du 12 octobre. Il était détenu au secrétariat d’État à la Défense (SED), dans un environnement très surveillé et sous haute sécurité. Les autorités lui reprochaient son soutien public à l’opposant Issa Tchiroma Bakary, qui s’était proclamé vainqueur du scrutin présidentiel. Ce soutien avait été interprété par le pouvoir en place comme une incitation au soulèvement populaire, dans un climat politique déjà fortement explosif.

Figure majeure de la gauche nationaliste camerounaise, Anicet Ekane s’était distingué dès les années 1990, lors des périodes dites « de braise » qui ont marqué la scène politique du pays. À la tête du Manidem, il avait toujours prôné une approche résolument démocratique et un engagement clair pour la souveraineté nationale et la justice sociale. Sa mort survient à un moment particulièrement sensible pour le pays, alors que les tensions postélectorales restent vives et que les appels au dialogue et à la retenue se multiplient tant sur le plan national qu’international.

Thierno Alassane Sall dénonce le populisme au pouvoir et la gestion de la crise économique

Le député Thierno Alassane Sall a livré une critique sévère de la situation politique et économique du pays, pointant du doigt la dérive populiste du gouvernement en place. Selon le leader du parti La République des Valeurs/Réewum Ngor, « le meilleur ennemi du populisme reste l’épreuve du réel : gouverner. Notre pays en fait aujourd’hui l’amère expérience ».

L’ancien ministre de l’Énergie sous la présidence de Macky Sall observe avec inquiétude la transformation de la démagogie en méthode de gouvernance. « La démagogie, jadis vociférante dans l’opposition, s’est muée en méthode de gouvernement. Elle se nourrit de fonds politiques et mène une indécente guerre des chefs, là où elle promettait la rupture », a-t-il affirmé, dénonçant la manière dont le pouvoir détourne l’attention des citoyens des véritables enjeux.

Thierno Alassane Sall reproche notamment au gouvernement d’organiser des procès médiatiques et de désigner des boucs émissaires à travers des meetings et même à l’Assemblée nationale, afin de masquer la gravité de la crise économique et financière qui touche le pays. Cette stratégie, selon lui, vise à détourner le regard des citoyens des difficultés quotidiennes qu’ils rencontrent.

L’ancien ministre s’indigne également de l’écart croissant entre les élites politiques et la population. « Pendant que cette caste d’apparatchiks s’installe dans le confort des caisses noires et des jets privés, les étudiants, les travailleurs et, au fond, tout un peuple sont relégués tout en bas de l’échelle des priorités », a-t-il dénoncé. Pour Thierno Alassane Sall, cette situation reflète une profonde déconnexion entre les dirigeants et la réalité sociale et économique du pays, aggravant les tensions et la défiance envers les institutions.

Par ses propos, le député invite implicitement à un retour aux responsabilités et à une gouvernance axée sur les besoins essentiels des citoyens, loin des pratiques populistes et de l’enrichissement de quelques-uns aux dépens de la majorité.

Commémoration à Thiaroye : le Chef de l’État multiplie les audiences avec des représentants de pays frères

En marge de la commémoration du 81ᵉ anniversaire du massacre des Tirailleurs sénégalais de Thiaroye, le Président de la République a multiplié, ce lundi, les audiences avec plusieurs représentants de haut niveau venus assister à la cérémonie. Ces rencontres diplomatiques ont offert un cadre privilégié pour renforcer les liens entre le Sénégal et des pays frères, tout en réaffirmant l’importance du devoir de mémoire.

À l’issue de la cérémonie officielle, le Chef de l’État a d’abord reçu M. Tiémoko Meyliet Koné, Vice-Président de la République de Côte d’Ivoire. Celui-ci était porteur d’un message de son homologue ivoirien, témoignant de la solidité des relations bilatérales et de la volonté partagée de poursuivre les efforts de coopération dans divers domaines. Cet entretien a mis en lumière la place du Sénégal dans la dynamique ouest-africaine et son rôle dans la préservation des liens historiques entre les deux nations.

Le Président a ensuite accordé une audience à M. Charles Richard Mondjo, Ministre de la Défense de la République du Congo. Représentant personnel du Président congolais, il a transmis un message empreint de fraternité et d’estime, rappelant l’engagement commun des deux pays à promouvoir la stabilité, la paix et la reconnaissance historique des Tirailleurs africains. La rencontre a permis de réaffirmer l’attachement partagé à la mémoire des soldats qui ont marqué l’histoire en payant le prix ultime.

Enfin, le Chef de l’État a reçu M. Mbae Mohamed, Ministre des Affaires étrangères de l’Union des Comores. Celui-ci a exprimé, au nom du Président comorien, son admiration pour l’initiative sénégalaise de célébrer avec solennité cet épisode marquant de l’histoire africaine. Les échanges ont mis en avant la volonté des deux nations de consolider leur coopération politique, diplomatique et culturelle, dans un esprit de solidarité insulaire et continentale.

Ces audiences successives ont illustré la profondeur des liens d’amitié qui unissent le Sénégal à la Côte d’Ivoire, au Congo et aux Comores. Elles ont également souligné la considération accordée au rôle du Sénégal dans la préservation de la mémoire collective relative aux Tirailleurs africains. Au-delà de l’hommage rendu aux anciens combattants, cette journée a été l’occasion de confirmer l’engagement des pays frères à renforcer leurs relations et à œuvrer ensemble pour une coopération durable entre nations sœurs.

Kaolack : L’Inspection d’Académie célèbre la Journée des Tirailleurs sous le signe du devoir de mémoire

L’Inspection d’Académie de Kaolack a célébré ce lundi la Journée des Tirailleurs au Nouveau Lycée de Kaolack, lors d’une cérémonie solennelle placée sous le thème « La grande leçon des tirailleurs ». Cet événement, organisé à l’échelle nationale, vise à honorer la mémoire des soldats africains qui ont servi durant les deux guerres mondiales, et plus particulièrement les victimes du massacre de Thiaroye du 1er décembre 1944.

La commémoration a rassemblé élèves, enseignants, autorités administratives et forces de défense et de sécurité, présentes à travers la zone militaire n°3 sous la direction du lieutenant-colonel Guèye. Après la levée des couleurs, moment toujours chargé d’émotion, les élèves ont assisté à une séance d’éducation civique consacrée aux symboles de la Nation et aux comportements citoyens à adopter face au drapeau national.

Pour Samba Diakhaté, Inspecteur d’académie de Kaolack, cette initiative répond à une volonté ferme d’accompagner l’élan national autour de la remémoration du massacre de Thiaroye. Il souligne l’importance de rapprocher l’école des forces de défense et de sécurité pour renforcer l’éducation citoyenne. « Nous sommes très heureux d’être aujourd’hui avec les forces de défense et de sécurité pour répondre à l’élan national de célébration du massacre de Thiaroye. Cette cérémonie a permis à nos élèves de mieux comprendre la portée du drapeau national et l’importance du respect des valeurs républicaines », déclare-t-il.

Un cours magistral animé par un professeur d’histoire-géographie est venu donner davantage de profondeur à la cérémonie. Ce dernier a retracé le parcours des tirailleurs sénégalais, depuis leur engagement dans les troupes coloniales jusqu’aux événements tragiques de Thiaroye. La leçon, richement documentée, a été saluée par les élèves comme par le corps enseignant. Selon l’Inspecteur d’académie, l’objectif est non seulement de transmettre des faits historiques éclairés, mais aussi de garantir que les élèves disposent d’un enseignement fidèle à la vérité historique. « C’est le devoir de mémoire. Il s’agit de rappeler aux élèves ces moments clés de notre histoire et de leur transmettre des faits éclairés. Les autorités ont pris toutes les dispositions pour garantir un enseignement fidèle à la vérité historique », insiste-t-il.

Le proviseur du Nouveau Lycée de Kaolack, Mamadou Lamine Camara, s’est réjoui de voir son établissement choisi pour abriter cette commémoration. Il estime que cette journée constitue une opportunité unique pour renforcer l’éducation civique et citoyenne au sein des établissements scolaires. À ses yeux, la Journée des Tirailleurs permet aux élèves de réfléchir sur des valeurs essentielles telles que le devoir, le patriotisme, la solidarité, la résilience, mais aussi la paix et le respect des droits humains. Elle met également en lumière un passé souvent occulté, tout en invitant les jeunes à adopter une lecture critique et responsable de l’histoire.

Inscrite désormais dans le calendrier scolaire national, la Journée des Tirailleurs joue un rôle fondamental dans la construction de la mémoire collective. À Kaolack comme ailleurs, elle contribue à façonner des citoyens éclairés, conscients des sacrifices consentis par leurs aînés et animés d’un profond sens du devoir et des valeurs républicaines.

Kaolack : L’Inspection d’Académie célèbre la Journée des Tirailleurs sous le signe du devoir de mémoire

L’Inspection d’Académie de Kaolack a célébré ce lundi la Journée des Tirailleurs au Nouveau Lycée de Kaolack, lors d’une cérémonie solennelle placée sous le thème « La grande leçon des tirailleurs ». Cet événement, organisé à l’échelle nationale, vise à honorer la mémoire des soldats africains qui ont servi durant les deux guerres mondiales, et plus particulièrement les victimes du massacre de Thiaroye du 1er décembre 1944.

La commémoration a rassemblé élèves, enseignants, autorités administratives et forces de défense et de sécurité, présentes à travers la zone militaire n°3 sous la direction du lieutenant-colonel Guèye. Après la levée des couleurs, moment toujours chargé d’émotion, les élèves ont assisté à une séance d’éducation civique consacrée aux symboles de la Nation et aux comportements citoyens à adopter face au drapeau national.

Pour Samba Diakhaté, Inspecteur d’académie de Kaolack, cette initiative répond à une volonté ferme d’accompagner l’élan national autour de la remémoration du massacre de Thiaroye. Il souligne l’importance de rapprocher l’école des forces de défense et de sécurité pour renforcer l’éducation citoyenne. « Nous sommes très heureux d’être aujourd’hui avec les forces de défense et de sécurité pour répondre à l’élan national de célébration du massacre de Thiaroye. Cette cérémonie a permis à nos élèves de mieux comprendre la portée du drapeau national et l’importance du respect des valeurs républicaines », déclare-t-il.

Un cours magistral animé par un professeur d’histoire-géographie est venu donner davantage de profondeur à la cérémonie. Ce dernier a retracé le parcours des tirailleurs sénégalais, depuis leur engagement dans les troupes coloniales jusqu’aux événements tragiques de Thiaroye. La leçon, richement documentée, a été saluée par les élèves comme par le corps enseignant. Selon l’Inspecteur d’académie, l’objectif est non seulement de transmettre des faits historiques éclairés, mais aussi de garantir que les élèves disposent d’un enseignement fidèle à la vérité historique. « C’est le devoir de mémoire. Il s’agit de rappeler aux élèves ces moments clés de notre histoire et de leur transmettre des faits éclairés. Les autorités ont pris toutes les dispositions pour garantir un enseignement fidèle à la vérité historique », insiste-t-il.

Le proviseur du Nouveau Lycée de Kaolack, Mamadou Lamine Camara, s’est réjoui de voir son établissement choisi pour abriter cette commémoration. Il estime que cette journée constitue une opportunité unique pour renforcer l’éducation civique et citoyenne au sein des établissements scolaires. À ses yeux, la Journée des Tirailleurs permet aux élèves de réfléchir sur des valeurs essentielles telles que le devoir, le patriotisme, la solidarité, la résilience, mais aussi la paix et le respect des droits humains. Elle met également en lumière un passé souvent occulté, tout en invitant les jeunes à adopter une lecture critique et responsable de l’histoire.

Inscrite désormais dans le calendrier scolaire national, la Journée des Tirailleurs joue un rôle fondamental dans la construction de la mémoire collective. À Kaolack comme ailleurs, elle contribue à façonner des citoyens éclairés, conscients des sacrifices consentis par leurs aînés et animés d’un profond sens du devoir et des valeurs républicaines.

Inquiétude autour de la blessure d’Ismaïla Sarr : sa participation à la CAN désormais incertaine

L’inquiétude grandit au sein du football sénégalais après la blessure d’Ismaïla Sarr lors du match opposant Crystal Palace à Manchester United, perdu 2-1 par les Eagles. Sorti dès la 38ᵉ minute après un tacle appuyé de Diogo Dalot, l’ailier sénégalais a quitté la pelouse visiblement diminué, incapable de poursuivre la rencontre. Remplacé par Eddie Nketiah, il a immédiatement été pris en charge par le staff médical du club londonien.

En conférence de presse, l’entraîneur Oliver Glasner s’est voulu prudent, laissant même transparaître un certain pessimisme. Il a révélé que la cheville du joueur était fortement enflée, une situation suffisamment préoccupante pour obliger à des examens médicaux approfondis. « Peut-être ne le reverrons-nous pas avant la CAN », a-t-il déclaré, laissant planer un doute lourd sur les semaines à venir. L’enflure constatée laisse craindre une entorse sévère, voire une blessure plus complexe, ce qui pourrait nécessiter une période d’indisponibilité prolongée.

Cette blessure tombe au plus mauvais moment pour Ismaïla Sarr comme pour la sélection sénégalaise. À quelques semaines de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, l’attaquant figurait parmi les joueurs clés sur lesquels comptait Aliou Cissé pour renforcer l’animation offensive des Lions. Son absence potentielle pourrait constituer un coup dur pour le Sénégal, dans une compétition où la moindre défaillance peut peser lourd.

Pour l’heure, Crystal Palace attend les résultats des examens afin de déterminer la gravité exacte de la blessure. Les prochaines 48 heures seront décisives pour évaluer l’étendue des dégâts et fixer une estimation fiable de la durée d’indisponibilité du joueur. En attendant, le suspense demeure et la prudence s’impose, tant pour le club que pour la sélection nationale.

Budget 2026 : Cheikh Diba dissipe les inquiétudes sur une baisse des crédits de l’Enseignement supérieur

Ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté des clarifications devant les députés concernant les interrogations suscitées par une supposée diminution du budget alloué à l’Enseignement supérieur pour l’année 2026. Selon lui, la polémique repose sur une interprétation « trop arithmétique » des chiffres, qui ne tient pas compte des réaménagements récents du périmètre budgétaire.

À première vue, les crédits affectés au secteur semblent effectivement en recul, passant de 308,5 milliards de francs CFA en 2025 à 301 milliards en 2026. Cependant, Cheikh Diba a expliqué que cette baisse apparente est liée au transfert, prévu dès septembre 2026, d’une partie des investissements — notamment ceux liés aux constructions universitaires — vers le ministère des Infrastructures. Cette réaffectation budgétaire modifie la lecture globale des chiffres.

Le ministre a précisé que si l’on réintègre les montants concernés, soit 35,88 milliards issus de ressources intérieures et 16,5 milliards provenant de ressources extérieures, le budget réel consacré à l’Enseignement supérieur atteint en réalité 353,5 milliards de francs CFA. Il s’agit, insiste-t-il, d’une hausse de 45 milliards par rapport à 2025. Pour Cheikh Diba, cette progression démontre clairement « l’importance que les nouvelles autorités accordent à l’enseignement supérieur », un secteur considéré comme stratégique pour le développement national.

Sur le plan des ressources humaines, le ministre a également confirmé l’autorisation de recrutement de 500 enseignants-chercheurs en 2026. Cette opération, estimée à 9 milliards de francs CFA, vise à renforcer les effectifs d’encadrement et à améliorer la qualité pédagogique dans les universités publiques. Elle intervient dans un contexte où les retards académiques et les perturbations du calendrier universitaire restent des préoccupations majeures.

Le gouvernement entend ainsi amorcer dès 2026 la récupération progressive du temps perdu dans les établissements, en s’attaquant à l’un des « quatre mois supplémentaires » qui prolongent indûment l’année universitaire. L’objectif est de poursuivre cet effort chaque année afin de parvenir à une stabilisation complète du calendrier d’ici 2028. Ce chantier constitue, selon les autorités, un élément central de la réforme globale de l’enseignement supérieur.

Avec ces mesures combinées — revalorisation du budget effectif, recentrage des investissements, renforcement des ressources humaines et plan de stabilisation académique — l’exécutif ambitionne de redonner une dynamique durable au secteur, tout en répondant aux attentes pressantes des étudiants, enseignants et acteurs universitaires. Les débats parlementaires se poursuivent dans le cadre de l’examen du projet de budget 2026 du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI).

Le Sénégal commémore le 81ᵉ anniversaire du massacre de Thiaroye : un devoir de mémoire renouvelé

Le Sénégal a célébré, ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025, le 81ᵉ anniversaire du massacre des Tirailleurs sénégalais de Thiaroye, un épisode tragique et fondateur de l’histoire nationale et africaine. Cette journée de recueillement, chargée d’émotion et de symboles, a réuni plusieurs hautes personnalités venues honorer la mémoire des soldats africains injustement exécutés en décembre 1944.

La cérémonie officielle s’est déroulée au Cimetière militaire de Thiaroye, en présence du Président de la République du Sénégal, Chef suprême des Armées. À ses côtés, Son Excellence Adama Barrow, Président de la République sœur de Gambie, avait fait le déplacement, accompagné du Président de l’Assemblée nationale du Togo, Komi Sélom Klassou, ainsi que du Vice-Président de la République de Côte d’Ivoire, Tiémoko Meyliet Koné. La dimension régionale de cette commémoration a rappelé que les Tirailleurs de Thiaroye n’étaient pas seulement sénégalais, mais africains, issus de plusieurs territoires de l’ex-Afrique occidentale française.

À son arrivée, le Chef de l’État sénégalais a reçu les honneurs militaires avant de procéder au dépôt solennel d’une gerbe sur la tombe des martyrs. Ce geste, empreint de solennité, symbolise la reconnaissance officielle de la Nation envers ces soldats revenus du front européen après avoir combattu pour la liberté, mais victimes d’une répression implacable pour avoir revendiqué leurs droits et leurs soldes.

Au-delà de l’hommage, cette commémoration annuelle souligne l’importance de préserver la vérité historique et de transmettre aux générations futures le sens profond de ce drame. Le massacre de Thiaroye demeure un rappel des injustices subies par les Tirailleurs africains, mais aussi un repère moral qui inspire les luttes contemporaines pour la justice, la dignité et la souveraineté.

Amadou Ba rompt le silence et rend hommage aux tirailleurs de Thiaroye : un appel à un Sénégal plus juste

Après de longs mois d’absence médiatique, l’ancien Premier ministre du Sénégal, Amadou Ba, est finalement sorti de son silence ce lundi 1ᵉʳ décembre, à l’occasion de la commémoration du 81ᵉ anniversaire du Massacre de Thiaroye. Cette tragédie survenue en 1944, au cours de laquelle des tirailleurs africains revenus des deux guerres mondiales furent abattus pour avoir réclamé leurs primes de démobilisation, demeure l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire sénégalaise et africaine.

Dans une publication partagée sur sa page Facebook, l’actuel député de l’opposition a livré un message empreint d’émotion et de solennité. Amadou Ba a appelé les Sénégalais à tirer des leçons profondes de ce drame, estimant que le sacrifice des tirailleurs doit servir de fondement moral pour bâtir un Sénégal où chaque citoyen bénéficie du respect, de la protection et de la considération qu’il mérite. Selon lui, la tragédie de Thiaroye ne représente pas seulement un événement historique, mais constitue un rappel puissant des dérives de l’injustice et de l’importance d’une mémoire collective vivante.

L’ancien proche du président Macky Sall a souligné que ces soldats africains, enrôlés pour défendre une cause qui n’était pas la leur, avaient servi « avec loyauté et courage » avant d’être confrontés à une violence inouïe. Leur exécution demeure, selon lui, une plaie encore ouverte qui exige de tous un engagement envers la vérité et l’équité. Amadou Ba considère que leur histoire doit continuer d’inspirer un avenir construit sur la paix, la justice et la dignité humaine.

En conclusion de son message, Amadou Ba a insisté sur la dimension morale de la mémoire, qui, selon lui, ne peut être réduite à un rituel annuel. Elle doit guider les choix politiques et sociaux du pays, afin qu’aucune injustice comparable ne puisse se reproduire. Ce retour sur la scène publique à travers un hommage historique résonne comme un appel à l’unité, à la lucidité et à la responsabilité collective.

Siguiri : une ville sous tension après un week-end de protestations

La situation demeure particulièrement tendue à Siguiri en ce lundi 1er décembre 2025. Après une nuit marquée par d’importantes protestations, la commune urbaine s’est réveillée dans une atmosphère lourde, rythmée par de nouvelles manifestations qui ont éclaté dès les premières heures du matin dans plusieurs quartiers. La ville, déjà ébranlée par les événements des jours précédents, semble désormais plongée dans une inquiétude généralisée.

Selon les témoignages recueillis sur place, la quasi-totalité des écoles est restée fermée. Les parents, craignant pour la sécurité de leurs enfants, ont préféré les garder à la maison tandis que les perturbations de la circulation rendaient de toute façon difficile l’accès aux établissements scolaires. Dans les rues, des groupes de jeunes se sont rassemblés sur différents axes stratégiques, lançant des slogans virulents contre les autorités locales.

Au cœur de la contestation, deux revendications principales se dégagent : le départ du préfet de Siguiri, le colonel Ibrahima Douramoudou Keïta, et la libération immédiate d’Aly Thiam, un jeune leader local arrêté lors de précédentes manifestations. Les mots scandés dans les rues ne laissaient aucun doute sur la détermination des protestataires : « Départ du préfet ! Libérez Aly Thiam ! » Dans certains secteurs, des pneus ont été brûlés, assombrissant davantage l’atmosphère déjà tendue de la ville. Aucun affrontement majeur n’avait cependant été signalé en milieu de journée, malgré une colère bien palpable parmi les jeunes manifestants.

Cette nouvelle montée de tension intervient seulement deux jours après un drame ayant profondément choqué la population. Un jeune homme a trouvé la mort lors de la dispersion d’une manifestation nocturne, écrasé sous la benne d’un camion. D’après plusieurs témoins, il aurait été déséquilibré par les effets des gaz lacrymogènes avant d’être percuté. La tragédie a provoqué une vive émotion à Siguiri et renforcé le sentiment d’injustice ressenti par une jeunesse déjà en rupture avec les autorités locales.

Face à cette escalade de tensions, les responsables administratifs tentent de se montrer rassurants. Contacté par SeneWeb Guinée, le président de la délégation spéciale, Souleymane Koita, a affirmé que des dispositions étaient en cours pour ramener le calme. « Nous appelons les jeunes au calme et à la retenue. Les autorités sont à l’écoute pour trouver une solution pacifique à ces tensions », a-t-il déclaré, tout en soulignant la volonté des autorités de privilégier le dialogue.

Derrière ces manifestations répétées se dessine toutefois un malaise plus profond. À Siguiri, ville aurifère au cœur de l’économie minière guinéenne, la jeunesse exprime un ras-le-bol croissant face à ce qu’elle perçoit comme une exclusion des processus décisionnels et une gestion opaque des ressources locales. Frustrations économiques, revendications sociales et méfiance envers l’administration se conjuguent pour alimenter une crise locale désormais révélatrice d’un sentiment de lassitude bien plus large.

Nouveaux heurts à l’UCAD : la colère estudiantine s’étend à d’autres universités

De vifs affrontements ont de nouveau éclaté ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025 à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) entre les forces de l’ordre et les étudiants, plongeant le campus dans une atmosphère lourde et explosive. Selon les informations rapportées par la RFM, plusieurs blessés ont été recensés au cours de la journée. L’intensité des heurts a rapidement mis sous pression le service médical du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), qui, dépassé par le nombre croissant de blessés, a dû procéder à des évacuations vers d’autres structures de santé, notamment l’hôpital Général Idrissa Pouye de Grand-Yoff.

Sur le terrain, les étudiants se disent déterminés à poursuivre leur mobilisation, malgré la violence des affrontements. Beaucoup estiment que le mouvement ne peut plus s’arrêter, tant que les autorités ne donneront pas des réponses claires à leurs revendications. Depuis plusieurs jours, la question du retard dans le paiement des bourses cristallise la colère de la communauté estudiantine. Pour nombre d’entre eux, ces retards récurrents constituent une menace pour leur stabilité financière, mais aussi pour la poursuite sereine de leurs études.

La sortie attendue du ministre de l’Enseignement supérieur, Dr Daouda Ngom, n’a fait qu’exacerber le mécontentement. Alors que les étudiants espéraient des annonces fermes et apaisantes, les déclarations du ministre ont été perçues comme décalées par rapport à la gravité de la situation. Plusieurs témoignages indiquent que ses propos ont davantage tendu les relations, aggravant le climat de méfiance entre les autorités et les étudiants.

La contestation ne se limite désormais plus à l’UCAD. Toujours selon la RFM, elle a gagné l’université Sine-Saloum de Fatick où, ce lundi matin, des étudiants ont rejoint le mouvement en délogeant des élèves de plusieurs établissements scolaires pour réclamer, eux aussi, le paiement de leurs bourses. Ce geste marque une extension notable de la colère estudiantine, qui pourrait encore s’élargir à d’autres universités publiques si aucune solution n’est trouvée rapidement.

À Thiaroye, Diomaye Faye dévoile un ambitieux mémorial et relance la quête de vérité sur le massacre de 1944

Le 81ᵉ anniversaire des Tirailleurs sénégalais a été célébré ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025 au camp militaire de Thiaroye, dans la banlieue de Dakar, lors d’une cérémonie empreinte d’émotion et de solennité. À cette occasion, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a délivré un discours mémoriel d’une grande intensité, marqué par plusieurs annonces fortes destinées à approfondir la reconnaissance historique du massacre de Thiaroye et à en consolider la transmission aux générations futures.

Au cœur de ses déclarations, le chef de l’État a dévoilé un projet de stèle commémorative dédiée au massacre de 1944. Celle-ci sera érigée entre le camp militaire et le cimetière de Thiaroye, une localisation hautement symbolique qui vise à relier deux espaces chargés de mémoire. Le Président a insisté sur le fait qu’il ne s’agira pas d’un simple monument statique, mais plutôt du point central d’un vaste ensemble mémoriel. L’édifice sera entouré d’une esplanade destinée aux cérémonies officielles, d’espaces éducatifs et culturels orientés vers la jeunesse, ainsi que de résidences destinées aux chercheurs internationaux. Selon Bassirou Diomaye Faye, ce dispositif transformera Thiaroye en « lieu de mémoire vivant », en « phare de vérité historique » et en « citadelle de savoir » ouverte sur l’avenir.

Le Président a également insisté sur l’importance de la vérité et de la justice dans la lecture de cet épisode tragique de l’histoire sénégalaise et africaine. Il a salué la mémoire des tirailleurs, qualifiés de « héros venus de divers horizons », dont le seul tort fut de revendiquer leurs droits, leur dignité et le respect des engagements pris envers eux après leur participation à la Seconde Guerre mondiale. Bassirou Diomaye Faye a souligné que cet hommage ne concerne pas uniquement le Sénégal, mais l’ensemble du continent africain, rappelant que « le sang versé à Thiaroye est celui de l’Afrique ». Selon lui, commémorer cette tragédie revient à renforcer le socle d’une solidarité panafricaine fondée sur la reconnaissance des luttes et des sacrifices partagés.

Le chef de l’État s’est par ailleurs félicité de la publication du Livre Blanc consacré au massacre de Thiaroye, un document qualifié de référence majeure. Fruit d’un travail méthodique et scientifique, ce livre marque une étape importante dans la quête de vérité historique. Pour prolonger cette dynamique, Bassirou Diomaye Faye a ordonné la réalisation de fouilles archéologiques sur le site de Thiaroye. Ces travaux bénéficieront du soutien technique et de l’expertise proposés par la France, une coopération qui vise à approfondir la compréhension des événements de 1944.

Enfin, le Président a annoncé un renforcement de la place accordée au massacre de Thiaroye dans les programmes scolaires. L’objectif est de permettre aux jeunes Sénégalais d’acquérir une compréhension fine des mécanismes de la domination coloniale et d’appréhender la portée de la résistance menée par leurs aînés. « Cette transmission est le fondement de notre conscience nationale, de notre citoyenneté et de notre engagement panafricain », a-t-il affirmé en conclusion.

Réparations historiques : un débat esquivé au Sommet UE–UA de Luanda

La question des réparations pour les crimes commis durant l’esclavage et la colonisation demeure l’un des sujets les plus sensibles dans les relations entre l’Afrique et l’Europe. Alors que l’Union africaine a décidé d’en faire un thème central pour l’année 2025, l’Union européenne continue d’adopter une posture prudente, voire réticente, dès qu’il s’agit d’aborder la question des compensations financières. Le 7ᵉ Sommet des dirigeants européens et africains à Luanda en a fourni une illustration éclatante : malgré l’importance du sujet pour les États africains, il n’a été nullement évoqué dans les discussions officielles.

Pour de nombreux pays africains et pour l’Union africaine, les réparations ne relèvent ni d’un artifice politique ni d’un discours anti-occidental. Elles s’inscrivent dans la reconnaissance d’un passé marqué par quatre siècles d’esclavage transatlantique et de colonisation, dont les violences, les spoliations, les déplacements forcés et l’exploitation économique ont laissé des conséquences profondes, structurelles et encore visibles sur le développement du continent. Dans cette optique, les réparations sont perçues comme un impératif moral, politique et historique, nécessaire non seulement pour réparer symboliquement les torts causés, mais aussi pour établir une relation internationale plus juste et équilibrée.

En Europe, la reconnaissance des responsabilités historiques progresse, mais plus timidement. L’Union européenne admet son implication dans ces systèmes d’oppression, sans toutefois aller jusqu’à aborder la question d’une compensation financière. Certains responsables européens soutiennent néanmoins la nécessité de franchir ce pas. Le vice-président du Parlement européen, Younous Omarjee, s’est exprimé en ce sens en rappelant que l’Europe porte une « dette historique » envers l’Afrique. Selon lui, l’annulation des dettes actuelles de certains pays africains pourrait constituer un premier geste concret de réparation, d’autant que l’endettement massif demeure un obstacle majeur au développement économique. Omarjee estime que l’Europe, qui connaît elle-même les ravages de l’endettement, doit adopter une position cohérente et assumer enfin les engagements moraux annoncés par certains dirigeants, dont l’ancien président français François Mitterrand.

L’expression la plus nette de la divergence entre les deux continents est venue des discussions informelles en marge du Sommet de Luanda. Le président du Parlement panafricain, Chief Fortune Charumbira, a souligné que si le Parlement européen se montre disposé à envisager la restitution des œuvres d’art pillées en Afrique, il devient nettement plus réactif et réservé lorsqu’il est question de réparations financières. Pour lui, cette distinction trahit une gêne manifeste : restituer des objets culturels a un coût politique limité, tandis que reconnaître une dette historique de nature financière ouvrirait la voie à des demandes de compensation beaucoup plus lourdes. Malgré cette résistance, Charumbira affirme que le Parlement panafricain poursuivra les pressions diplomatiques jusqu’à obtenir une reconnaissance authentique et un compromis acceptable.

Le débat, loin d’être purement symbolique, s’inscrit dans les préoccupations institutionnelles de plusieurs organisations régionales africaines. Le président de la Commission de la CEDEAO, le Dr Omar Alieu Touray, insiste sur le fait que les réparations doivent devenir un sujet de dialogue structuré entre partenaires africains et européens. Selon lui, l’objectif n’est pas d’instrumentaliser l’histoire, mais de reconnaître que le passé a un impact direct sur la situation actuelle du continent. Les dynamiques de développement, les inégalités structurelles et la faiblesse des États africains dans le système international ne peuvent être pleinement comprises sans une lecture historique lucide.

Pour beaucoup d’intellectuels et d’élites africaines, avancer sur la question des réparations nécessite également un travail interne. L’Union africaine est invitée à renforcer la recherche historique, économique et juridique pour documenter précisément les préjudices subis tant par les pays africains que par les populations d’ascendance africaine à travers le monde. Cette démarche doit s’accompagner d’un plaidoyer stratégique cohérent, d’une action juridique internationale lorsque cela est possible, ainsi que d’un renforcement significatif des capacités économiques, diplomatiques et institutionnelles des États africains. L’objectif n’est pas de réduire la question des réparations à une simple revendication financière, mais d’en faire un outil de justice réparatrice, fondé sur la vérité historique, l’équité et la reconstruction d’un partenariat international rééquilibré.

L’absence d’avancées concrètes à Luanda montre toutefois que ce chemin sera long et semé d’obstacles. Les intérêts politiques, économiques et géostratégiques de l’Europe compliquent toute démarche de reconnaissance financière, tandis que les pays africains doivent encore renforcer leur unité et leur capacité technique pour mener des négociations d’envergure. Pourtant, pour de nombreux Africains, la question des réparations reste l’une des clefs de la dignité retrouvée, de la justice historique et de l’établissement d’un nouveau cadre relationnel entre l’Afrique et l’Europe.

Le CNRA adresse une sévère mise en demeure à WALF TV après des propos jugés irrespectueux envers le Président de la République

Le Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) a adressé, le 28 novembre 2025, une mise en demeure ferme à la chaîne privée WALF TV. Cette décision fait suite à la diffusion d’une intervention de l’analyste politique Cheikh Bara Ndiaye, dont les propos ont été considérés par le régulateur comme « irrespectueux et irrévérencieux » à l’endroit du Président de la République. Selon le CNRA, la chaîne aurait « enfreint gravement » les règles encadrant la liberté de la presse et les obligations déontologiques qui incombent aux médias audiovisuels.

Dans une correspondance officielle très ferme, le président du CNRA souligne que WALF TV a diffusé des déclarations qualifiées « d’une rare violence » contre le Chef de l’État. Le régulateur reproche ainsi à la chaîne d’avoir offert une tribune à des propos qui, selon lui, dépassent les limites fixées par la loi et portent atteinte au respect dû aux institutions de la République. Pour le CNRA, ces manquements illustrent une dérive éditoriale que les responsables de la chaîne auraient dû prévenir.

Pour étayer sa décision, l’autorité de régulation rappelle les dispositions de l’article 56 du Code de la presse, lequel encadre strictement l’exercice de la liberté de la presse dans le respect des normes éthiques, des lois et de l’ordre public. Le CNRA insiste sur le fait que la liberté d’expression, bien que fondamentale dans une démocratie, n’exonère pas les médias de leur responsabilité sociale et juridique.

Le courrier de mise en demeure se réfère également à l’article 12 du Cahier des charges des télévisions privées. Cette disposition impose aux concessionnaires de veiller à ce que leurs programmes ne contiennent aucun élément susceptible d’attenter aux institutions de la République ou de compromettre la cohésion nationale. Pour le CNRA, WALF TV a violé cette exigence en laissant diffuser des propos jugés inacceptables.

Réuni en séance le 26 novembre 2025, le Conseil a enjoint la chaîne de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter la répétition de tels incidents. WALF TV est sommée de « veiller à ce que des contenus de nature à porter atteinte au respect dû aux institutions ne soient plus diffusés ». Le régulateur prévient également que toute récidive pourrait entraîner des sanctions plus lourdes, conformément aux textes en vigueur.

Dans sa communication, le CNRA rappelle sa mission fondamentale : assurer le respect des lois et des institutions dans les contenus audiovisuels tout en préservant la liberté d’expression. L’autorité appelle l’ensemble des médias à exercer leur rôle avec responsabilité, surtout dans un contexte marqué par une forte sensibilité politique et sociale. Elle souligne enfin que la régulation ne vise pas à restreindre le débat public mais à garantir que celui-ci se déroule dans le cadre des règles démocratiques et du professionnalisme attendu des acteurs de l’audiovisuel.

CEDEAO : une délégation de haut niveau attendue à Bissau pour exiger un retour rapide à l’ordre constitutionnel

La Guinée-Bissau s’apprête à accueillir ce lundi une importante mission de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), envoyée pour tenter de dénouer la crise politique provoquée par la transition militaire en cours. Selon les informations rapportées par Radio France Internationale (RFI), la délégation sera composée de quatre Chefs d’État ou de leurs représentants, témoignant de l’importance stratégique et diplomatique accordée à la situation bissau-guinéenne.

À la tête de ce déplacement figure Julius Maada Bio, président de la Sierra Leone et président en exercice de la CEDEAO. Il sera accompagné du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, du président du Cap-Vert, ainsi que du président togolais ou de leurs émissaires respectifs. Cette composition reflète une mobilisation régionale remarquable, à un moment où plusieurs pays de l’espace ouest-africain sont secoués par des transitions militaires prolongées.

La mission a prévu de rencontrer les nouvelles autorités installées à Bissau après la prise de pouvoir par les putschistes. Des échanges sont également programmés avec des acteurs politiques, institutionnels et de la société civile. L’objectif central de la visite est d’aborder les conditions d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel, alors que la CEDEAO s’inquiète de l’instabilité persistante dans le pays.

D’après RFI, le ton de l’organisation régionale sera particulièrement ferme. Les dirigeants ouest-africains souhaitent afficher une position sans ambiguïté face à la rupture institutionnelle, dans la continuité des engagements annoncés ces dernières années pour défendre la démocratie et prévenir l’extension des putschs dans la région. Le message adressé aux autorités de transition sera clair : il est impératif de définir un calendrier crédible et contraignant pour la restauration de la légalité constitutionnelle.

Arrestation du maire de Jaxaay : un réseau de faussaires municipal mis à nu

L’arrestation du maire de Jaxaay, Abdoul Aziz Diané, et de son secrétaire municipal, I. Seydi, pour une affaire de trafic de migrants continue de provoquer un séisme au sein de la municipalité. À mesure que l’enquête avance, les témoignages se multiplient et révèlent l’existence d’un réseau organisé, solidement ancré au cœur même de l’administration locale.

Selon les révélations recueillies par L’Observateur, un agent municipal, qui a préféré garder l’anonymat, décrit un système bien rodé où des candidats désireux d’obtenir des faux documents de voyage étaient enrôlés sous une fausse identité. Cinq personnes avaient ainsi été présentées comme des conseillers municipaux censés représenter la commune lors d’un forum en Belgique. Chacune d’entre elles avait versé de l’argent au réseau en échange de documents officiels destinés à faciliter l’obtention d’un visa.

Le stratagème a toutefois tourné court lorsque les organisateurs du voyage ont exigé une contrepartie financière que la mairie était incapable de fournir. Face à cette incohérence, l’organisateur du forum a alerté sa représentation diplomatique, qui a immédiatement procédé à l’annulation des quatre visas encore en cours de traitement. Cette décision a déclenché une réaction en chaîne, jusqu’à l’arrestation de la commerçante Nd. Sène. Cette dernière, prise dans l’étau de l’enquête, a reconnu avoir versé 3,5 millions de francs CFA au secrétaire municipal en échange d’un jeu complet de documents authentiques, dont un ordre de mission, pour soutenir sa demande de visa Schengen.

Mais un détail, confirmé par l’agent municipal interrogé, donne une nouvelle dimension à l’affaire. Sur les cinq candidats concernés, l’un d’eux avait déjà retiré son passeport revêtu du visa avant l’annulation générale. Plus chanceux que les autres, il a réussi à quitter le territoire et se trouve désormais en Europe. Son identité est connue des enquêteurs, qui poursuivent leurs investigations pour comprendre l’étendue du réseau.

D’autres agents de la commune, également sous anonymat, confirment que des pratiques douteuses n’étaient pas nouvelles. Ils signalent que plusieurs voyages suspects avaient déjà attiré l’attention par le passé, notamment des départs vers le Japon ou le Chili impliquant des individus n’ayant aucun lien avec la municipalité. Ces alertes internes, restées sans suite, prennent aujourd’hui tout leur sens à la lumière des arrestations récentes.

Alioune Tine alerte sur l’état de santé critique de proches de Madiambal Diagne et du député Farba Ngom

L’avocat et défenseur des droits humains, Alioune Tine, a tiré la sonnette d’alarme au sujet de la situation sanitaire de l’épouse de Madiambal Diagne et du député Farba Ngom, tous deux actuellement en détention. Selon lui, leur état de santé serait « très grave » et incompatible avec les conditions de leur incarcération, ce qui justifierait une intervention judiciaire immédiate.

Dans une déclaration ferme, Alioune Tine a dénoncé la gravité de la situation, estimant que les deux détenus ne peuvent plus bénéficier des soins adéquats en milieu carcéral. « Le juge devait les libérer pour qu’ils puissent aller se soigner. Ils sont très malades et c’est anormal. Ils sont vraiment malades. Il faut qu’on les libère, c’est grave », a-t-il insisté, appelant les autorités judiciaires à agir avec célérité.

Cette prise de position intervient dans un contexte national marqué par des débats récurrents sur les conditions de détention au Sénégal. Les organisations de défense des droits humains soulignent depuis plusieurs années les insuffisances du système carcéral, notamment en matière d’accès aux soins pour les personnes privées de liberté. Plusieurs rapports ont déjà mis en lumière des situations où la détention prolongée de personnes malades a entraîné une dégradation sévère de leur état de santé, voire des décès évitables.

La demande de libération pour raisons médicales avancée par Alioune Tine s’appuie sur les dispositions prévues par la législation sénégalaise. Celle-ci autorise en effet la mise en liberté d’un détenu lorsque son état de santé requiert des traitements impossibles à assurer en prison. Une telle mesure, qui relève de l’appréciation du juge, peut être accordée afin de garantir le droit fondamental à la santé et de prévenir toute mise en danger de la vie du détenu.

Les autorités judiciaires sont désormais interpellées pour examiner en urgence cette requête, d’autant plus que la situation décrite par Alioune Tine laisse craindre des conséquences irréversibles. Dans une société où la question du respect des droits humains en milieu carcéral suscite régulièrement des préoccupations, cette affaire pourrait relancer les discussions sur la nécessité d’une réforme profonde du système pénitentiaire.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°619 – 01/12/2025

🔴 UNE DÉLÉGATION DE LA CEDEAO ATTENDUE EN GUINÉE-BISSAU AUJOURD’HUI : DIOMAYE DANS LA BOUCLE
🔴 INTERPELLATION D’UN ANCIEN MEMBRE DE L’ESCADRON DE LA MORT DE YAHYA JAMMEH ET DE SES ACOLYTES : ADAMA BARROW À DAKAR

🔴 LES SUPPORTERS DE GUÉDIAWAYE FC ENVAHISSENT LA PELOUSE APRÈS LE DEUXIÈME BUT DE LA SONACOS : SCÈNES DE VIOLENCES EN LIGUE 1
🔴 MEILLEURS BUTEURS AFRICAINS : SADIO MANÉ DANS LE TOP 5

Nigeria : Libération de 12 jeunes femmes enlevées une semaine plus tôt dans l’État de Borno

Une semaine après leur enlèvement par des jihadistes présumés, douze jeunes femmes ont recouvré la liberté samedi soir dans l’État de Borno, au nord-est du Nigeria. L’annonce a été faite par Abubakar Mazhinyi, président du gouvernement local d’Askira-Uba, qui a confirmé que les otages avaient été immédiatement transférées à l’hôpital pour des examens médicaux.

Cette libération survient dans un contexte où le Nigeria fait face à une recrudescence alarmante d’enlèvements de masse depuis la mi-novembre. Cette pratique, désormais courante dans plusieurs régions du pays, rappelle le traumatisme du kidnapping de près de 300 lycéennes de Chibok en 2014 par Boko Haram, un épisode devenu un symbole mondial de l’insécurité dans le nord-est.

Selon Abubakar Mazhinyi, les ravisseurs ont eux-mêmes contacté les familles pour qu’elles viennent récupérer les jeunes femmes dans la brousse. Les négociations se seraient déroulées sans versement de rançon. D’après l’élu, les jihadistes auraient décidé de libérer les captives parce qu’ils étaient en fuite face à une offensive militaire lancée dans la zone. Les douze rescapées font partie d’un groupe de treize femmes et filles, âgées de 16 à 23 ans, kidnappées le 22 novembre alors qu’elles se trouvaient près de leurs fermes. L’une d’elles avait été libérée dès le début après avoir signalé à ses ravisseurs qu’elle allaitait un nourrisson.

L’État de Borno, berceau du conflit déclenché il y a seize ans par Boko Haram, demeure l’une des régions les plus instables du Nigeria. Malgré le recul de l’organisation par rapport à son apogée il y a une décennie, le groupe reste actif, tout comme son rival, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). L’insurrection jihadiste a déjà causé plus de 40 000 morts et déplacé plus de deux millions de personnes, selon les Nations unies.

Au-delà de ce nouvel épisode, le Nigeria est depuis deux semaines frappé par une vague d’enlèvements d’une ampleur inquiétante. Dans l’État de Niger, plus de 300 élèves et enseignants d’une école catholique de Papiri ont été capturés. À Kebbi, 25 lycéennes musulmanes ont été enlevées dans un internat à Maga, tandis que 38 fidèles d’une église à Eruku et 10 habitants d’Ispa, dans l’État de Kwara, ont également disparu. À ce jour, environ 265 élèves de Papiri restent introuvables.

Ces enlèvements, non revendiqués, ne sont pas tous imputables aux groupes jihadistes. Le pays est également confronté à la violence croissante de gangs armés surnommés « bandits », qui opèrent principalement dans les zones rurales. Ces groupes pillent les villages, terrorisent les populations et procèdent à des enlèvements en échange de rançons, plongeant des communautés entières dans un climat d’insécurité permanente.

Tensions diplomatiques : l’arrestation de Sanna Manjang ravive les crispations entre Dakar et Banjul

L’arrestation en Casamance de Sanna Manjang, ancien membre redouté des Jungullars et figure emblématique de l’appareil répressif du régime de Yahya Jammeh, continue de provoquer une montée palpable des tensions entre le Sénégal et la Gambie. L’opération, menée il y a quelques jours, n’a pas seulement permis de mettre la main sur l’ex-agent réputé pour son implication dans de graves violations des droits humains : elle a également conduit à l’interpellation de plusieurs individus proches de l’ancien dictateur gambien. Leur profil hautement sensible a immédiatement suscité une vive attention au sein des deux appareils sécuritaires.

Selon plusieurs sources concordantes, ces arrestations s’inscrivent dans le cadre d’une opération conjointe des services de sécurité sénégalais et gambiens. Cependant, ce qui aurait dû être un exercice de coopération classique semble désormais se transformer en sujet de friction diplomatique. À Banjul, l’exécutif gambien affiche une inquiétude grandissante face au retard jugé inhabituel dans la remise des personnes interpellées. Des sources gouvernementales affirment que certaines de ces figures seraient impliquées dans un projet de déstabilisation du pouvoir en place, allant jusqu’à la préparation d’une tentative de coup d’État contre le président Adama Barrow.

Cette situation a conduit le chef de l’État gambien à effectuer, ce matin, un déplacement d’urgence à Dakar afin de rencontrer son homologue sénégalais. L’objectif de cette visite express serait de clarifier les circonstances du retard observé dans le transfert des suspects, dont les profils demeurent particulièrement sensibles pour la stabilité politique gambienne. Des responsables sécuritaires de Banjul évoquent même la possible existence d’une « main forte à Dakar » qui chercherait à entraver ou ralentir la procédure, alimentant ainsi les spéculations sur d’éventuelles divergences au sein des cercles décisionnels sénégalais.

Pour la Gambie, l’enjeu dépasse largement la simple extradition de personnes recherchées. Les autorités considèrent ces individus comme potentiellement impliqués dans des réseaux encore actifs, liés à l’ancien régime de Jammeh, et susceptibles de fomenter des actions visant à fragiliser l’actuel pouvoir. De la torture aux exécutions extrajudiciaires, les accusations portées contre eux sont d’une gravité extrême et renvoient aux heures sombres de la dictature gambienne.

À Dakar, aucune communication officielle n’a encore permis d’éclairer l’opinion sur les raisons du délai dans la remise des suspects. Toutefois, des sources proches des services de sécurité évoquent la nécessité d’approfondir les recoupements d’informations, notamment sur les ramifications possibles de ces arrestations en Casamance, une région déjà marquée par des enjeux sécuritaires complexes.

Cette affaire, dont les ramifications touchent autant à la sécurité intérieure qu’à la diplomatie régionale, met une nouvelle fois en lumière la fragilité de l’équilibre entre Dakar et Banjul. Alors que les autorités gambiens insistent pour une remise rapide des suspects, le Sénégal semble avancer avec précaution dans ce dossier explosif, conscient des implications politiques et sécuritaires d’une décision précipitée. L’issue de cette séquence pourrait influencer durablement les relations entre les deux pays, déjà marquées par une coopération étroite mais parfois délicate lorsqu’il s’agit des héritages sensibles du régime de Yahya Jammeh.

Santé : le SATSUS annonce une nouvelle grève les 10 et 11 décembre 2025

La tension reste vive dans le secteur de la santé. Le Syndicat autonome des techniciens supérieurs de la santé (SATSUS/And Gueusseum) a annoncé ce dimanche une nouvelle grève de 48 heures prévue les mercredi 10 et jeudi 11 décembre 2025. Une décision qui s’inscrit dans un bras de fer qui s’intensifie avec le gouvernement, accusé de maintenir un « silence illégal, lourd et stratégique » face aux revendications déposées depuis plusieurs mois.

Dans son communiqué, le SATSUS revendique une mobilisation « historique » lors de la première phase de la grève générale des 25 et 26 novembre. Selon le syndicat, entre 80 % et 98 % des structures sanitaires du pays ont cessé de fonctionner, à l’exception des urgences et du service minimum. Cette démonstration de force aurait galvanisé les troupes, le syndicat affirmant vouloir inscrire désormais sa lutte « dans la durée » pour obtenir l’application intégrale des accords signés avec l’État.

Malgré cette mobilisation, le syndicat fustige ce qu’il considère comme une entrave à son droit de manifester. Il condamne en effet « le refus poli et totalement injustifié du préfet de Dakar » qui aurait interdit la marche prévue le 26 novembre, pourtant déclarée dans les délais réglementaires. Une interdiction interprétée comme une volonté de freiner la dynamique contestataire dans un secteur déjà fragilisé par les tensions internes et les lourdeurs administratives.

Pour comprendre l’origine de cette crise, il faut remonter au 16 novembre 2025. À cette date, les syndicats de santé, après une analyse jugée « approfondie » du processus d’apurement du passif social, avaient annoncé une série de marches, grèves et sit-in pour faire pression sur le gouvernement. Les revendications portent notamment sur l’application des accords de mai 2022, qui prévoient des augmentations salariales, le versement des fonds de motivation destinés au personnel hospitalier, ainsi que le reclassement des techniciens supérieurs ayant achevé leurs formations. Selon le SATSUS, la lenteur observée dans ce processus s’apparente à un blocage délibéré, en contradiction avec les engagements pris par l’État.

Dans ce nouveau communiqué, les syndicalistes durcissent encore le ton en avertissant les autorités que « nul ne peut prétendre assurer une paix sociale durable tout en mettant un coude sur un passif social lourd ». Ils accusent également l’État de violer quotidiennement le Code du travail et de se protéger derrière « une prétendue crise économique » utilisée comme prétexte pour ne pas appliquer les mesures convenues.

Cette nouvelle grève de 48 heures risque de perturber davantage le fonctionnement des hôpitaux et centres de santé, déjà éprouvés par des mois de tensions. À l’approche de cette nouvelle date de mobilisation, le gouvernement n’a toujours pas réagi publiquement aux accusations du syndicat, alimentant l’inquiétude d’un conflit social qui pourrait s’enliser au détriment des usagers du service public de santé.

Reddition des comptes au Sénégal : Me Mame Adama Gueye pointe des insuffisances méthodologiques et appelle à un meilleur équilibre

L’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats du Sénégal, Me Mame Adama Gueye, a livré une analyse nuancée de la procédure de reddition des comptes actuellement en cours dans le pays. Invité de l’émission Objection sur Sud FM ce dimanche, l’avocat a salué le principe même de cette démarche, qui vise à renforcer la transparence et la lutte contre la corruption, tout en soulignant d’importants manquements dans la manière dont elle est menée.

Selon Me Gueye, l’adhésion au principe de la reddition des comptes ne doit pas occulter les « améliorations » nécessaires au niveau de la méthode. Dans un contexte politique tendu, où les partisans du pouvoir dénoncent la lenteur des procédures tandis que l’opposition parle de « chasse aux sorcières », il estime que l’efficacité et la crédibilité du dispositif passent par une meilleure organisation des priorités.

L’avocat a notamment noté la multiplicité des dossiers en cours, invitant les autorités à établir une hiérarchie claire et logique. « Il y a beaucoup de dossiers. Les autorités doivent prioriser les plus importants et respecter une certaine cohérence », a-t-il déclaré. Il s’est également étonné de l’absence de mesures annoncées contre certains responsables soupçonnés d’« avoir fait sortir indûment l’argent du Trésor », un silence qu’il juge difficile à comprendre.

Me Gueye a par ailleurs exprimé des réserves sur la manière dont certains aspects des procédures sont conduits. Il dit ne pas avoir « l’impression que les choses sont faites avec la meilleure méthode possible », insistant sur la nécessité de conjuguer rigueur et respect des droits fondamentaux. Pour lui, la crédibilité du processus dépend de sa capacité à concilier « détermination dans la poursuite » et garanties judiciaires accordées aux personnes mises en cause.

Interrogé sur les nombreux refus de demandes de cautionnement par la justice dans le cadre des affaires en cours, l’ancien bâtonnier s’est montré catégorique : il se dit opposé à l’idée que l’on puisse « acheter sa liberté ». Cette position de principe, selon lui, doit contribuer à renforcer l’intégrité de la procédure et la confiance des citoyens dans le système judiciaire.

En somme, Me Mame Adama Gueye plaide pour une reddition des comptes mieux structurée, plus cohérente et fondée sur un équilibre rigoureux entre efficacité institutionnelle et respect scrupuleux des droits des personnes poursuivies. Une voie qu’il juge indispensable pour garantir la légitimité et la portée réelle de cette grande entreprise nationale de transparence.

El Hadji Ibrahima Sall : « Gouverner, c’est servir dans le doute, l’humilité et l’écoute »

Invité de l’émission Jury du Dimanche sur iRadio, l’économiste, philosophe et mathématicien El Hadji Ibrahima Sall a livré une analyse profonde de l’exercice du pouvoir au Sénégal, interpellant aussi bien les dirigeants que les citoyens sur les défis du moment. Sa réflexion, centrée autour de la notion de doute comme fondement de la responsabilité politique, se veut un rappel puissant dans un contexte national marqué par des crispations sociales, des tensions identitaires et une crise de confiance envers les institutions.

Dès l’entame de son intervention, El Hadji Ibrahima Sall a posé les bases de sa pensée : « On ne peut gouverner sérieusement qu’en doutant de sa propre légitimité ». Pour lui, il ne s’agit pas d’un avertissement adressé aux gouvernants, mais d’un principe de sagesse universel. Le doute, souvent perçu comme un signe de fragilité ou d’hésitation, est au contraire la clé d’un pouvoir lucide. « Un pouvoir qui ne se remet jamais en question, qui se croit absolument légitime, court inévitablement à sa propre perte », affirme-t-il, rappelant que l’histoire politique, qu’elle soit nationale ou universelle, confirme que les régimes sûrs d’eux-mêmes finissent tôt ou tard par se briser.

Dans cette perspective, le doute devient un instrument d’humilité. Il protège contre l’arrogance, les dérives populistes et la tentation autoritaire. Il oblige le dirigeant à écouter, à consulter, à ne jamais considérer que son jugement est suffisant pour engager tout un peuple. Pour El Hadji Ibrahima Sall, gouverner ne doit jamais signifier imposer, mais toujours questionner. C’est en cela que le doute devient une force, un garde-fou indispensable à l’équilibre démocratique.

L’intellectuel a également abordé la question de l’identité sénégalaise, qu’il conçoit comme tournée vers l’ouverture. Selon lui, « le Sénégal est condamné à être dans le temps du monde ». Par sa composition ethnique, son histoire faite d’échanges, de migrations et de métissages, le pays ne peut se permettre le repli ou la fermeture. Le Sénégal appartient à l’espace du monde et doit y rester pleinement engagé. Cette ouverture, explique-t-il, constitue une richesse stratégique dans un contexte mondial où la coopération, l’innovation et la circulation des idées sont devenues essentielles au développement.

Les ressources naturelles nouvellement découvertes, notamment le pétrole et le gaz, ainsi que le capital humain en pleine maturation, représentent des opportunités majeures. Mais ces atouts ne pourront être pleinement exploités, insiste Sall, que s’ils s’inscrivent dans une vision universelle, inclusive et orientée vers le progrès. Le Sénégal doit contribuer à la civilisation universelle, non se contenter de reproduire des modèles extérieurs.

L’un des dangers les plus préoccupants, selon lui, réside dans la montée des résistances au progrès. Le populisme, l’exclusion sociale, la banalisation du discours anti-intellectuel et ce qu’il appelle le « nivellement par le bas » sont autant de menaces directes contre l’avenir du pays. Pour qu’une nation avance, elle doit pouvoir compter sur ses élites, non comme une caste vivant de privilèges, mais comme une force morale, intellectuelle et sociale capable d’élever le peuple. « La responsabilité principale de l’élite est de tirer le peuple vers le haut », rappelle-t-il, en soulignant que la perte de ce rôle ouvre forcément la voie au déclin.

Au cœur de cette réflexion se trouve l’unité nationale, qu’El Hadji Ibrahima Sall considère comme la première richesse du Sénégal. Préserver cette unité passe par l’acceptation du débat contradictoire, par le respect des différences et par la résistance aux logiques d’exclusion, qu’elles soient sociales, identitaires ou politiques. À ce titre, il plaide fermement pour un renforcement des contre-pouvoirs. La démocratie, explique-t-il, ne se réduit pas aux élections. Elle repose sur la capacité des institutions, de la société civile, des intellectuels et des citoyens à questionner et équilibrer le pouvoir. « Plus nous aurons des contre-pouvoirs, mieux le pays se portera », affirme-t-il, convaincu que le progrès naît de la contradiction et non de l’unanimité forcée.

En conclusion, El Hadji Ibrahima Sall invite à repenser la manière de gouverner. Pour lui, « gouverner n’est pas dominer, mais servir ». Et ce service ne peut s’exercer que dans le doute, l’humilité et l’écoute. Une posture exigeante, mais indispensable pour accompagner le Sénégal vers un avenir basé sur l’ouverture, le progrès et la responsabilité partagée.

Incident maritime au large de Dakar : les autorités sénégalaises mobilisées pour éviter une catastrophe environnementale

Les autorités sénégalaises ont été alertées dans la nuit du 27 au 28 novembre 2025 d’un incident technique majeur survenu à bord du tanker MERSIN, alors qu’il naviguait au large de Dakar. Selon les premières informations rapportées par l’équipage, une grave avarie a provoqué une entrée d’eau dans la salle des machines, mettant immédiatement en péril la stabilité du navire et la sécurité de ceux qui se trouvaient à bord.

Dès la réception de l’alerte, une cellule de crise a été constituée sous la supervision de la HASSMAR. Cette structure de coordination a réuni la Marine nationale, l’Agence Nationale des Affaires Maritimes ainsi que le Port autonome de Dakar, afin d’organiser une réponse rapide et adaptée à la situation. Grâce à la mobilisation immédiate des moyens nautiques du Port de Dakar, parmi lesquels des remorqueurs spécialisés et des équipes de secours entraînées pour les interventions en milieu maritime. L’intégralité de l’équipage a pu être évacuée en toute sécurité. Aucun blessé ni victime n’est à déplorer, un bilan particulièrement rassurant au vu de la gravité de l’incident.

Parallèlement, la Marine nationale a déployé un navire sur zone pour renforcer le dispositif d’assistance et procéder à une première évaluation de l’état du tanker. Les autorités ont clairement indiqué que la priorité absolue reste la prévention de tout risque environnemental, en particulier un éventuel déversement d’hydrocarbures en mer.

Pour éviter toute pollution, des experts procèdent actuellement à l’analyse des mesures techniques nécessaires pour colmater les voies d’eau et stabiliser le bâtiment. En parallèle, une étude approfondie est en cours concernant les modalités de transfert sécurisé de la cargaison de carburant, afin de réduire au maximum le danger à la source. Dans une approche strictement préventive, un barrage antipollution est également en cours d’installation autour du MERSIN, destiné à confiner d’éventuelles fuites et empêcher la propagation d’une nappe d’hydrocarbures.

Professionnalisation des livreurs : la Mairie de Kaolack lance une nouvelle formation

La Première Adjointe au Maire de Kaolack, Mme Ndiaya Mbow, a procédé hier au lancement officiel de la première session de formation dédiée à la gestion de la relation client et au professionnalisme. Cette session, organisée par FORCE-N en collaboration avec la Mairie de Kaolack, s’est tenue dans les locaux du Bureau Économique Local (BEL).

Cette initiative vise à renforcer les compétences des jakartamen et autres livreurs de la commune, un secteur en pleine expansion. La formation a été animée par la formatrice Ndeye Anta Ballo, qui a mis l’accent sur un module essentiel : la gestion de la patience, une compétence jugée indispensable pour améliorer la qualité du service rendu aux clients.

Les participants ont activement pris part aux échanges. L’un d’eux, Ady Fall, a proposé une définition du métier de livreur, le présentant comme : « un conducteur qui entretient une relation commerciale avec un client, relation que ce dernier maintient également avec le livreur ».

Dans son allocution, Mme Ndiaya Mbow a lancé un appel appuyé à la jeunesse de Kaolack. Elle a rappelé le rôle stratégique du BEL, véritable passerelle entre les jeunes, les femmes et les opportunités économiques locales. Selon elle, cette formation s’inscrit dans la volonté de la municipalité de promouvoir l’entrepreneuriat local et de soutenir les métiers émergents.

Cette première session marque ainsi le début d’un programme plus large visant à professionnaliser le secteur de la livraison dans la commune de Kaolack et à renforcer les capacités des jeunes acteurs économiques.

Finances publiques : Anta Babacar Ngom alerte sur une crise d’une « gravité exceptionnelle »

Lors de l’examen du projet de loi de finances 2026 à l’Assemblée nationale, la députée Anta Babacar Ngom a lancé une mise en garde sévère quant à l’état des finances publiques du Sénégal, évoquant une « situation d’une gravité exceptionnelle ». Selon elle, la stabilité, la crédibilité et même la dignité de l’État dépendent directement de la santé financière de la nation, ce qui impose une gestion fondée sur la responsabilité, la rigueur et la prévoyance de l’ensemble des décideurs publics.

Dans son intervention, la parlementaire a dressé un diagnostic préoccupant, soulignant un déficit qui atteindrait 13,4 % du PIB, une dette publique réévaluée à un niveau qu’elle juge « astronomique » de 119 %, alors qu’elle était estimée à 74 % auparavant, ainsi que des besoins annuels de financement dépassant les 6 000 milliards de francs CFA. Ce tableau est aggravé, selon elle, par l’accumulation d’arriérés intérieurs qui pèsent lourdement sur la trésorerie de l’État. À ces difficultés s’ajoutent une saturation du marché financier, une dégradation des finances extérieures et, surtout, une perte de crédibilité vis-à-vis des partenaires internationaux, conséquence du « misreporting » ou de la « dette cachée » évoquée par le Premier ministre. Pour la députée, il s’agit clairement d’une « vraie crise de liquidité, très sérieuse », susceptible d’entraîner le pays vers une défaillance si aucune mesure urgente n’est adoptée.

Anta Babacar Ngom a cependant salué la décision gouvernementale d’actualiser l’année de référence du PIB, désormais fixée à 2021 au lieu de 2014. Ce changement, a-t-elle expliqué, modifie mécaniquement le PIB nominal et influence plusieurs ratios essentiels comme l’endettement, la pression fiscale ou le déficit public. Elle estime que cette révision pourrait avoir des effets sur l’appréciation de la souveraineté économique du pays et sur son allocation souveraine. Néanmoins, elle a posé une question essentielle au gouvernement : les chiffres présentés dans le projet de budget 2026 ont-ils été calculés sur la base de ce nouveau PIB, notamment les prévisions de déficit à 5,3 %, de pression fiscale à 23,2 % et de niveau d’endettement ?

La députée s’est également penchée sur les dépenses publiques, contestant l’affirmation du gouvernement selon laquelle les dépenses de fonctionnement auraient reculé. Si la rubrique « biens et services plus transferts courants » enregistre effectivement une baisse de 14,5 %, soit 295 milliards de francs CFA, elle considère qu’il est indispensable d’intégrer dans l’analyse l’évolution des autres postes majeurs. La masse salariale a connu une hausse de 3,2 %, tandis que les intérêts et les commissions sur la dette ont explosé de 27,7 %. Selon elle, ces éléments réunis démontrent que les charges de fonctionnement n’ont pas diminué mais, au contraire, progressé de 25,3 milliards de francs CFA.

Pour Anta Babacar Ngom, le nœud de la crise reste la dette publique. Elle affirme qu’aucune trajectoire crédible de redressement ne pourra être envisagée tant que cette question centrale ne sera pas traitée « de façon frontale et de façon ordonnée ». Elle a plaidé ouvertement pour une restructuration maîtrisée et négociée de la dette, tout en regrettant les réticences du ministre des Finances à aborder ce sujet pourtant, selon elle, incontournable. Insistant sur l’urgence, elle a invité le gouvernement à reconsidérer cette option ou, à défaut, à fournir des explications plus convaincantes.

En conclusion, Anta Babacar Ngom a exhorté l’exécutif à faire preuve de courage, de cohérence et d’une transparence totale. Elle a souhaité au ministre « beaucoup de force et surtout beaucoup de succès », estimant que sa réussite constitue un impératif national et une condition essentielle de la souveraineté du Sénégal. Elle a enfin assuré que l’opposition demeurera vigilante, exigeante mais aussi constructive et responsable, afin de contribuer au dépassement de cette impasse financière qui menace l’économie nationale.

Gouvernance publique : Me Mame Adama Gueye dénonce un « retour aux pratiques anciennes » sous l’ère Diomaye Faye

L’ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal, Me Mame Adama Gueye, s’est montré particulièrement critique à l’égard de la gouvernance du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Invité ce dimanche 30 novembre de l’émission « Objection » sur Sud FM, l’avocat a estimé que les pratiques en matière de nomination dans la haute administration n’ont connu « aucun changement » par rapport au régime précédent.

Selon lui, malgré les engagements forts pris durant la campagne présidentielle sur la transparence et la rupture avec le clientélisme, les premiers mois du nouveau gouvernement montrent plutôt une continuité. Me Gueye accuse le pouvoir d’avoir procédé à des nominations motivées par des considérations politiques, visant à « rétribuer » certains responsables et alliés pour leur engagement dans la conquête du pouvoir.

Il soutient que « toute la charrette de nomination, jusqu’ici, repose sur l’appartenance au parti au pouvoir ou sur le fait d’être un allié ». Pour l’avocat, ce constat contredit les promesses de bonne gouvernance faites par le candidat Diomaye Faye, qui s’était engagé à instaurer un système d’appel à candidatures pour les postes stratégiques dans l’administration.

Me Mame Adama Gueye affirme également que l’arrivée du nouveau pouvoir a entraîné une série de promotions rapides de responsables issus de niveaux intermédiaires, propulsés à la tête de directions générales. S’il reconnaît que certaines des personnes nommées peuvent être compétentes, il juge néanmoins que la méthode utilisée remet en cause les principes de transparence et de méritocratie.

Pour l’ancien bâtonnier, la bonne gouvernance demeure « incompatible avec le clientélisme et les nominations politiques ». Il rappelle que le chef de l’État a l’obligation morale et institutionnelle de se conformer aux engagements qu’il avait pris devant les Sénégalais, notamment en matière de gestion publique fondée sur la compétence, l’intégrité et l’intérêt général.

Situation économique : Talla Sylla appelle à un sursaut national et propose un plan d’urgence

Entre explosion de la dette, lenteurs judiciaires et pression sur les entreprises, Talla Sylla propose un plan d’urgence pour relancer le pays.

« Chers concitoyens, chers travailleurs, membres de la diaspora, acteurs du secteur privé,

La situation financière du Sénégal, mise en lumière par le débat budgétaire 2026, ne tolère plus les atermoiements. Les Sénégalais ne peuvent plus attendre, et notre responsabilité est de proposer des solutions concrètes, réalisables immédiatement, pour atténuer la souffrance engendrée par cette crise.

L’heure n’est plus à la critique stérile, mais à la démonstration que des alternatives existent et peuvent être appliquées sans délai pour un Sénégal plus juste et plus prospère.

I. Urgence : Libérer l’Économie d’un Double Fardeau

Le gouvernement actuel a exposé l’ampleur de la crise, mais n’a pas encore proposé la solution pour immédiatement alléger le fardeau des citoyens.

L’analyse comparative de la LFI 2024 (héritée) et de la LFI 2026 (proposée) met en lumière le véritable péril :

• Le drame se concentre dans une seule ligne du budget : la charge des intérêts de la dette a pratiquement doublé en seulement deux ans, passant d’environ 578 milliards FCFA à 1 190,6 milliards FCFA. Ce coût faramineux pulvérise les 280 milliards d’économies annoncées par le Premier ministre. C’est la preuve que l’effort de rigueur sur le train de vie est vain tant que le coût de la dette n’est pas attaqué frontalement.

• L’Illusion de la Baisse du Train de Vie : Les chiffres budgétaires montrent que le train de vie de l’État n’a pas suffisamment baissé. L’enveloppe des acquisitions et transferts ne diminue que marginalement, et la masse salariale continue d’augmenter. La rigueur n’est pas structurelle ; elle est rhétorique.

1. Cessons d’Asphyxier nos Entreprises (Dette Intérieure)

Le secteur privé, incluant nos PME et leurs employés, ne peut plus attendre. L’État doit agir pour que les entreprises recommencent à respirer, à investir et à embaucher.

• Proposition d’Action Immédiate : Le Plan « Zéro Arriéré »

Nous demandons au gouvernement de créer sans délai un Fonds de Liquidation de la Dette Intérieure (FLDI). Ce fonds doit être abondé par une affectation prioritaire des économies budgétaires (réelles et futures), et son mandat doit être de verser immédiatement aux entreprises les arriérés certifiés. Cette mesure ne coûte rien à l’État, elle redonne de l’oxygène à l’économie.

2. Ciblons l’Efficacité Fiscale, Pas les Contribuables Honnêtes

Le ciblage d’une pression fiscale de 23,2 % du PIB est une menace si elle repose sur une taxation accrue du secteur formel. La solution est de traquer l’évasion, pas d’écraser ceux qui respectent la loi.

• Proposition d’Action Immédiate : Le Déploiement de l’Urgence Anti-Fraude

Le gouvernement doit mobiliser immédiatement les corps de contrôle (Douanes, Impôts, IGE) sur des objectifs chiffrés et publics de lutte contre la grande fraude. C’est en récupérant les milliards illicites que l’on finance les dépenses sociales, et non en alourdissant les impôts des classes moyennes et des entreprises.

II. Urgence : Bâtir un État de Droit Invincible Contre la Criminalité Économique

Le Premier ministre a soulevé la question des « lenteurs de la justice ». En matière de milliards détournés et de surfacturation, toute lenteur est une incitation à la récidive. L’avenir exige que nous soyons prêts à traquer et neutraliser la criminalité économique et financière.

• Proposition d’Action Immédiate : Le Plan « Justice Blindée »

Pour que l’État soit capable de récupérer les biens mal acquis et de sanctionner la surfacturation (chiffrée à 546 milliards de FCFA), le gouvernement doit débloquer les moyens nécessaires et rendre les corps de contrôle invincibles :

1. Renforcer les Enquêteurs : Augmenter le budget d’équipement, de formation et la dotation en personnel de l’OFNAC et de l’Inspection Générale d’État (IGE).

2. Spécialisation et Célérité : Établir au sein de la justice des chambres spécialisées dédiées à la criminalité économique, capables de prononcer des jugements rapides. 

L’efficacité des moyens doit être garantie dès aujourd’hui pour protéger le Sénégal de la délinquance financière future.

III. Urgence : Transformer les Problèmes en Opportunités

La rhétorique des solutions endogènes doit se concrétiser par des mesures qui soutiennent ceux qui créent la richesse : la diaspora et les producteurs locaux.

• Proposition d’Action Immédiate : Le Pacte de Confiance avec la Diaspora

Face à l’incertitude, le gouvernement doit envoyer un signal fort à la diaspora, notre première source de devises. Nous proposons la mise en place urgente d’un Guichet Unique de l’Investisseur Diaspora (GUID) avec des incitations fiscales immédiates pour les fonds investis dans la production (agriculture, énergie, numérique). Ne faisons pas de la diaspora une simple source de transferts ; faisons-en un pilier de l’investissement national.

• Proposition d’Action Immédiate : Le Principe de la Priorité Nationale

Avec 1650 milliards de FCFA de dépenses d’acquisitions de biens et services et de transferts courants prévues pour 2026, l’État détient un immense levier. Nous exigeons une directive qui conditionne l’utilisation de la majorité de ces fonds (achats directs et subventions) à l’acquisition de produits et services issus de l’économie sénégalaise. L’argent public doit irriguer l’économie nationale pour relancer l’emploi.

Le Sénégal ne Peut Plus Attendre

Chers concitoyens, les problèmes posés par la crise de la dette et les déficits de gouvernance sont immenses, mais les solutions sont à portée de main. Elles exigent une volonté politique forte et un sens de l’urgence.

Agriculture – Mbodia Niass : De la politique aux champs, un engagement total pour la souveraineté alimentaire

Djilakhar

Figure reconnue de l’engagement citoyen et politique autour des questions de souveraineté alimentaire, Mbodia Niass franchit une nouvelle étape dans son parcours. L’opératrice économique, agréée par l’État depuis plusieurs années, a décidé de se retirer de l’arène politique pour se consacrer pleinement au développement agricole dans son terroir natal.

À Djilakhar et Ndiedieng, villages profondément liés à son histoire familiale, Mbodia Niass exploite aujourd’hui de vastes superficies cultivables. Maïs, arachide, mil : ses champs participent autant à la dynamique économique locale qu’au renforcement d’une souveraineté alimentaire devenue stratégique pour le pays.

« Je me suis éloignée de la politique pour me concentrer sur des projets concrets qui impactent directement la vie des populations », confie-t-elle. Une décision en accord avec les investissements qu’elle mène depuis plusieurs années dans des programmes semenciers jugés prioritaires pour l’avenir agricole de la région.

Un ancrage communautaire et un héritage familial assumé

Proche des citoyens et fidèle à l’héritage d’accueil et de solidarité porté par sa famille, Mbodia Niass cultive des liens étroits avec les populations locales. Son engagement sur le terrain répond, dit-elle, à une vision simple : rendre à sa communauté ce qu’elle lui a offert.

Elle apparaît aujourd’hui comme une actrice majeure de la dynamisation agricole locale, au moment où les politiques publiques nationales mettent davantage l’accent sur l’autosuffisance alimentaire et la valorisation des filières rurales.

Les femmes, moteurs silencieux de la production semencière

Mbodia Niass insiste particulièrement sur le rôle déterminant des femmes dans la filière semencière.

« Les femmes productrices de semences, toutes spéculations confondues, sont extrêmement dynamiques et contribuent largement à la sécurité alimentaire. L’État devrait les accompagner davantage pour construire une politique agricole plus efficace et inclusive », plaide-t-elle.

Selon elle, l’autonomisation des femmes rurales passe nécessairement par l’accès aux intrants, à la formation et aux équipements : trois leviers essentiels pour améliorer la productivité et stabiliser les revenus.

Un modèle féminin du développement local

Dans une région où l’agriculture demeure le principal moteur économique, la fille de Serigne Mamour Niass s’affirme comme un modèle de leadership féminin ancré dans l’action concrète. Son retour à la terre et son choix d’investir massivement dans la production semencière illustrent une vision renouvelée du service communautaire, loin des tribunes politiques.

« L’agriculture est devenue ma priorité. Tout ce que je fais désormais, je le fais pour mon village et pour ma région », affirme-t-elle, déterminée à poursuivre ses initiatives malgré les défis matériels et logistiques auxquels font face de nombreux producteurs.

Un avenir tourné vers l’autosuffisance

Avec ses projets agricoles en pleine expansion, Mbodia Niass s’inscrit dans les dynamiques nationales de renforcement de la souveraineté alimentaire. Elle démontre qu’une autre forme de leadership est possible : un leadership de proximité, discret mais efficace, au service d’un développement durable et inclusif.

Son engagement pourrait inspirer une nouvelle génération d’acteurs locaux, convaincus que les transformations les plus durables naissent souvent… au cœur des champs.

Économie – Tournée départementale : le Président Moussa Fall (Aprodel) à l’écoute des femmes de Keur Socé et de Ndiaguéne

En visite dans le département ce dimanche, le Président Moussa Fall, leader du mouvement Aprodel, conduira une délégation pour une tournée de proximité dans la commune de Keur Socé et au village de Ndiaguéne. Cette mobilisation s’inscrit dans une dynamique d’échanges directs avec les acteurs locaux, particulièrement les groupements féminins engagés dans le développement communautaire.

Au cœur de cette journée, une assemblée générale réunira le Président Fall et les membres d’un GIE féminin. Les discussions porteront sur leurs initiatives économiques, les défis rencontrés et les mécanismes d’accompagnement susceptibles de renforcer leurs activités génératrices de revenus.

« Je salue le leadership, le courage et l’esprit d’innovation de ces femmes rurales. Je témoigne de leur rôle essentiel dans la vitalité économique du territoire », a déclaré Moussa Fall.

Il a réaffirmé la volonté d’Aprodel d’appuyer les projets structurants portés par les organisations féminines, notamment à travers la formation, la mutualisation des moyens et l’accès à de nouveaux partenariats, en matière d’équipements, de financement et de renforcement des capacités.

La tournée départementale se clôturera par une série de visites de terrain, illustrant l’importance que Moussa Fall accorde au dialogue direct avec les communautés et à la valorisation du leadership féminin comme levier essentiel du développement local.

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