Loi de finances 2026 : les Charges Non Réparties en forte hausse pour soutenir les investissements stratégiques de l’État

Le projet de loi de finances initiale pour l’exercice 2026, récemment adopté à la majorité par les députés, consacre une augmentation significative des crédits alloués aux Charges Non Réparties (CNR), un poste budgétaire stratégique placé sous la gestion du ministère des Finances et du Budget. Conformément aux dispositions de la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF), ces charges sont considérées comme essentielles au fonctionnement et à l’action globale de l’État.

Les Crédits de Paiement (CP) destinés aux charges communes enregistrent ainsi une progression de 15 953 070 665 FCFA en valeur absolue, soit une hausse de 3,4 % par rapport à l’exercice 2025. Cette évolution traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer les mécanismes transversaux de financement qui ne peuvent être imputés directement aux budgets sectoriels, mais qui jouent un rôle central dans la mise en œuvre des politiques publiques.

Pour l’année 2026, la dotation globale des Charges Non Réparties atteint 902 466 378 554 FCFA en Autorisations d’Engagement (AE) et 487 943 504 598 FCFA en Crédits de Paiement. Ces ressources constituent un budget commun destiné à accompagner l’effort de développement économique et social du pays, en soutenant à la fois le fonctionnement de l’État, les investissements structurants et l’appui aux différents départements ministériels.

Les crédits alloués au fonctionnement des charges non réparties couvrent plusieurs opérations jugées cruciales pour la bonne gouvernance des finances publiques. Il s’agit notamment de la mise en œuvre des réformes budgétaires, du paiement des agences de notation financière, de la préparation et de l’exécution du budget de l’État, ainsi que du suivi des opérations financières et comptables.

La composante investissement des charges non réparties, quant à elle, englobe des domaines à fort impact économique et social. Elle concerne notamment les participations financières de l’État, le financement du Programme Emploi des jeunes, ainsi que la prise en charge des impôts et taxes liés aux marchés publics financés sur ressources extérieures. Cette orientation traduit un choix assumé en faveur de l’investissement public comme moteur de croissance et de création d’emplois.

Le volet support aux départements ministériels constitue un autre pilier important de ces charges communes. Il intègre la réserve de gestion, aussi bien en fonctionnement qu’en investissement, le paiement des dépenses permanentes de l’administration telles que l’eau et l’électricité, ainsi que des provisions destinées à couvrir les risques budgétaires. C’est également à ce niveau que sont inscrits les financements liés à l’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ), de même que les provisions pour les garanties et avals accordés par l’État.

L’augmentation de 3,4 % des Crédits de Paiement est exclusivement portée par la catégorie des investissements exécutés par l’État, qui affiche une évolution particulièrement marquée de 251 726 352 544 FCFA. Ces ressources sont principalement destinées à des projets d’envergure nationale, notamment le paiement des impôts et taxes afférents aux marchés financés sur ressources extérieures, ainsi que la réalisation d’infrastructures majeures dans le cadre des Jeux olympiques de la Jeunesse et de la Coupe d’Afrique des Nations de football.

Toutefois, cette hausse a été partiellement compensée par une baisse des dépenses de personnel, rendue possible grâce à une meilleure programmation budgétaire, ainsi que par le non-renouvellement de certains crédits devenus moins pertinents. C’est le cas, par exemple, de certaines lignes dédiées à la modernisation de la gestion des finances publiques, désormais recentrées et mieux ciblées.

Dans un souci de transparence et de lisibilité budgétaire, le gouvernement a engagé un important effort de relocalisation des dépenses. Plusieurs entités, dont la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide (DER) et l’Agence de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP), ont ainsi vu leurs crédits transférés vers la Présidence de la République, afin de clarifier les circuits de financement et de renforcer le suivi des ressources publiques.

Face aux préoccupations exprimées par certains députés concernant les critères d’allocation des dépenses communes, le ministre des Finances et du Budget a pris l’engagement de transmettre au Parlement un document détaillé précisant la ventilation et l’utilisation des crédits des Charges Non Réparties. Cette démarche vise à améliorer le contrôle parlementaire et à consolider la transparence budgétaire.

Guet Ndar : les deux pirogues portées disparues retrouvées, une communauté soulagée

Après plus de dix jours d’angoisse et d’incertitude, la population de Guet Ndar peut enfin respirer. Les deux pirogues portées disparues en mer ont été retrouvées et, fait essentiel, tous les membres d’équipage sont sains et saufs. L’information, rapportée par Seneweb, a mis fin à une période de profonde inquiétude dans ce quartier emblématique de pêcheurs de la ville de Saint-Louis.

La découverte a été faite par de jeunes pêcheurs qui n’avaient pas cessé les recherches en mer, animés par l’espoir de retrouver leurs camarades. Contre toute attente, leurs efforts ont été couronnés de succès. La nouvelle s’est rapidement répandue dans les ruelles de Guet Ndar, déclenchant des scènes de soulagement et d’émotion parmi les familles, qui vivaient depuis plusieurs jours dans l’angoisse totale, sans la moindre nouvelle de leurs proches.

À Guet Ndar, la mer est à la fois une source de vie et une menace permanente. La pêche artisanale, qui constitue l’activité principale de la population, expose quotidiennement les hommes à de nombreux dangers. Chaque disparition en mer réveille ainsi des peurs profondes, ravive des souvenirs douloureux et plonge toute la communauté dans l’attente et la prière. La disparition simultanée de deux pirogues avait d’autant plus accentué l’inquiétude, tant le risque d’un drame était redouté.

L’issue heureuse de cette épreuve a été accueillie avec une ferveur particulière. Des moments de prière, de recueillement et de remerciement ont été observés dans le quartier, traduisant la gratitude d’une communauté soudée face à l’adversité. Parents, voisins et amis ont exprimé leur soulagement, conscients d’avoir échappé au pire.

Si les circonstances exactes de la disparition des deux embarcations restent encore à élucider, cette bonne nouvelle apporte un immense réconfort à Guet Ndar. Elle rappelle toutefois la vulnérabilité persistante des pêcheurs face aux aléas de la mer et l’urgence de renforcer les mesures de sécurité pour préserver des vies humaines. Pour l’heure, l’essentiel est là : les pêcheurs sont de retour, vivants, et toute une communauté retrouve le sourire après de longues journées de peur et d’attente.

Gestion de la dette publique : Cheikh Diba défend une démarche « transparente et légitime »

Prenant la parole devant les députés à l’occasion du vote du budget, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, est longuement revenu sur la gestion de la dette publique et les conclusions issues des différentes évaluations menées par les organes de contrôle. Face aux interrogations et aux critiques, le ministre a tenu à lever toute ambiguïté en affirmant que « personne ne peut remettre en cause la démarche initiée », soulignant le caractère rigoureux, transparent et institutionnel du processus engagé par l’État.

Cheikh Diba a d’abord rappelé que l’Inspection générale des Finances (IGF) a conduit une mission de vérification approfondie sur une période de 90 jours. Ce travail, a-t-il précisé, a permis d’examiner minutieusement la situation des finances publiques et de documenter l’état réel de la dette. À l’issue de cette mission, le rapport de l’IGF a été transmis à la Cour des comptes, seule institution habilitée à certifier les résultats et à les rendre publics. Pour le ministre, cette chaîne de contrôle démontre clairement que la démarche suivie respecte les normes de gouvernance et de redevabilité financière.

Il a également tenu à préciser que le cabinet Mazars est intervenu par la suite, non pas pour se substituer aux institutions nationales, mais pour compléter et confirmer les conclusions déjà établies. Selon Cheikh Diba, la convergence des résultats entre les différentes évaluations renforce la crédibilité des constats dressés. Ces travaux ont ainsi mis en lumière une situation financière jugée préoccupante, révélant des déséquilibres importants et des dysfonctionnements dans la gestion de la dette publique.

Malgré ce tableau qualifié de catastrophique par certains observateurs, le ministre des Finances a adopté un discours résolument optimiste. Il a assuré que « la situation des finances publiques reste récupérable », estimant que le diagnostic posé, aussi alarmant soit-il, constitue avant tout un point de départ nécessaire pour engager un redressement durable. À cet effet, Cheikh Diba a indiqué que le processus de correction est déjà enclenché, avec l’élaboration d’une matrice de mesures de réformes destinée à corriger les failles identifiées.

Selon lui, les premières étapes vers l’assainissement des finances publiques sont en cours, traduisant la volonté des autorités de rompre avec les pratiques du passé et d’instaurer une gestion plus rigoureuse. Le ministre a insisté sur le fait que le pays est désormais engagé sur la bonne voie, grâce à des actions concrètes et à une meilleure coordination entre les différentes institutions impliquées dans le suivi des finances publiques.

En conclusion, Cheikh Diba a réaffirmé l’engagement de l’État à poursuivre cette dynamique de redressement, fondée sur des réformes structurelles et une gouvernance financière renforcée. Il a assuré que l’amélioration durable des finances publiques demeure une priorité, afin de restaurer la confiance, préserver la soutenabilité de la dette et garantir la stabilité économique du pays.

Réforme des finances publiques : l’AACS et l’ENA réfléchissent au rôle stratégique des SG et des DAGE

L’Amicale des Administrateurs civils du Sénégal (AACS), en collaboration avec l’École nationale d’administration (ENA), a organisé ce samedi un atelier de réflexion et d’échanges consacré aux rôles et responsabilités des Secrétaires généraux (SG) et des Directeurs de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE). Cette rencontre s’inscrit dans un contexte marqué par la réforme des finances publiques et la refondation de l’Administration, conformément aux orientations du référentiel stratégique Vision Sénégal 2050.

Placée sous le thème « Le Secrétaire général et le Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement du ministère, acteurs clés des réformes budgétaires », la rencontre a été présidée par le directeur général de l’ENA, Mor Fall. Elle s’est tenue en présence du président de l’AACS, Cheikh Sadibou Diop, ainsi que du gouverneur Alioune Badara Samb, témoignant de l’intérêt accordé à cette problématique par les autorités administratives et les cadres de l’État.

Cet atelier s’inscrit dans la continuité d’échanges récents entre l’ENA et l’AACS. Il traduit l’attachement constant des administrateurs civils à leur institution de formation, mais aussi leur volonté affirmée d’accompagner l’ENA dans sa mission de renforcement des capacités en matière de management et de gestion publics. À travers cette initiative, l’AACS entend contribuer à l’amélioration de la gouvernance administrative et financière, en mettant l’accent sur le rôle central des hauts responsables administratifs au sein des ministères.

Dans son allocution, le directeur général de l’ENA a rappelé que la réforme des finances publiques repose sur un cadre juridique et réglementaire précis. Il a notamment cité la loi organique n°2020-07 du 26 février 2020 relative aux lois de finances, le décret n°2020-1020 du 6 mai 2020 portant règlement général sur la gestion budgétaire de l’État, ainsi que le décret n°2020-978 du 23 avril 2020 relatif à la comptabilité publique. Selon Mor Fall, ces textes redéfinissent profondément les pratiques budgétaires et financières de l’administration publique sénégalaise.

Il a souligné que, dans ce nouveau contexte, les Secrétaires généraux et les responsables de la fonction financière, notamment les DAGE, occupent une place déterminante. Ils interviennent aussi bien dans l’élaboration des budgets ministériels que dans leur exécution et le reporting, éléments essentiels pour garantir la transparence, l’efficacité et la performance de l’action publique. Leur rôle est d’autant plus crucial que la réforme vise une gestion axée sur les résultats, en cohérence avec les ambitions de développement portées par Vision Sénégal 2050.

Les échanges ont permis de mettre en lumière les défis auxquels sont confrontés les SG et les DAGE, notamment en matière de maîtrise des nouveaux outils budgétaires, de coordination administrative et de pilotage stratégique des ressources. Les participants ont également insisté sur la nécessité de renforcer la formation continue et le partage d’expériences afin de mieux accompagner la mise en œuvre des réformes en cours.

Affaire « Kocc Barma » : la traque s’intensifie et un premier correspondant du réseau interpellé

La traque menée par la Division spéciale de la cybersécurité (Dsc) se poursuit avec une intensité croissante dans ce qui est désormais présenté comme la plus vaste affaire de chantage numérique et de collecte illicite de données jamais mise au jour au Sénégal. Après l’arrestation et l’incarcération d’El Hadji Babacar Dioum, connu sous le pseudonyme de « Kocc Barma », ainsi que de son présumé complice El Hadji Assane Demba alias « Leuk Daour », les enquêteurs poursuivent leurs investigations dans la plus grande discrétion afin de démanteler l’ensemble du réseau.

Selon les révélations du quotidien Libération, les agents de la Dsc ont franchi une étape décisive dans ce dossier sensible en prenant le contrôle de l’adresse numérique par laquelle transitaient les contenus compromettants envoyés à « Kocc Barma ». Ces éléments, essentiellement des vidéos et des images à caractère intime, constituaient la matière première d’un vaste système de chantage numérique. D’après les enquêteurs, ces contenus étaient utilisés pour faire pression sur les victimes, parfois dans un but financier, parfois par simple vengeance personnelle, avec pour objectif assumé de les nuire gravement sur le plan social et moral.

C’est dans ce contexte que les enquêteurs ont procédé à l’interpellation d’un premier « correspondant » identifié comme faisant partie du réseau. Il s’agit de E.D. Seck, âgé de 35 ans, arrêté par les agents de la Dsc dans un restaurant très fréquenté de la Corniche dakaroise. Une arrestation menée avec discrétion, mais qui marque un tournant important dans l’enquête, en ouvrant la voie à l’identification de relais actifs ayant alimenté la machine du chantage.

Lors de ses premiers interrogatoires, le mis en cause aurait tenté de nier toute relation avec « Kocc Barma ». Toutefois, cette ligne de défense n’a pas résisté longtemps face aux preuves matérielles accumulées par les enquêteurs, notamment des échanges numériques précis et documentés. Confronté à ces éléments, E.D. Seck a fini par être confondu.

Les investigations ont notamment permis d’établir qu’il avait transmis une sextape impliquant son ex-compagne, un contenu qu’il conservait toujours dans son téléphone portable au moment de son arrestation. Un élément accablant qui renforce les soupçons de participation active à ce réseau de collecte et de diffusion illicite de données à caractère intime.

Présenté vendredi dernier devant le doyen des juges, E.D. Seck a été inculpé puis placé sous contrôle judiciaire. Cette décision judiciaire traduit la gravité des faits reprochés, tout en laissant aux enquêteurs la possibilité de poursuivre leurs investigations sans recourir, à ce stade, à une détention immédiate.

Le Parti FARLU dénonce un acharnement judiciaire contre Moustapha Diop

Le Parti FARLU a exprimé son profond mécontentement face à l’attitude du Premier président de la Cour d’appel de Dakar et président de la Haute Cour de Justice, Abdoulaye Bâ, qu’il accuse de contribuer au maintien en détention du ministre–maire et député Moustapha Diop pour ce qu’il qualifie de « règlements de comptes politiques ».

Selon le communiqué du parti, la Commission de la Haute Cour de Justice, composée de cinq magistrats et présidée par Abdoulaye Bâ, s’est réunie pour examiner la demande de liberté provisoire de Moustapha Diop. D’après le FARLU, le seul magistrat à s’opposer à la libération aurait été le président Abdoulaye Bâ lui-même, ce qui serait révélateur d’un acharnement personnel. Le parti dénonce également le fonctionnement actuel de cette juridiction, qui agirait selon lui « à la discrétion exclusive du Premier président, sans délai imposé et avec des décisions non susceptibles de recours ni d’appel ».

Le communiqué met en lumière des incohérences dans le dossier, notamment concernant les montants financiers en jeu. Alors que ceux-ci ont été successivement évalués à 2,5 milliards, puis 938 millions, ensuite 12 millions et enfin zéro franc, les deux derniers fournisseurs confrontés à Moustapha Diop, Ibrahima Macodou Fall et Mariatta Basse, ont confirmé avoir été intégralement payés pour leurs prestations. Le FARLU rappelle que tous les fournisseurs concernés ont attesté avoir livré la totalité des masques commandés et avoir reçu leurs paiements, et que Moustapha Diop n’a jamais été épinglé par aucun rapport, ni par la Cour des comptes avant cette affaire.

Le parti appelle Abdoulaye Bâ à faire preuve de responsabilité et à mettre un terme à ce qu’il considère comme un acharnement injustifié, rappelant que des magistrats exemplaires comme Kéba Mbaye doivent demeurer la référence pour la justice sénégalaise.

Par ailleurs, le FARLU souligne que les militants de Moustapha Diop, au Sénégal comme dans la diaspora, ont toujours agi dans le respect des principes républicains. Toutefois, le parti avertit que si l’injustice persiste, il passera à la « vitesse supérieure » pour défendre les droits de Moustapha Diop. Il appelle également les forces vives de la Nation, la société civile et les organisations de défense des droits humains à se mobiliser pour dénoncer cet acharnement et exiger le respect de l’État de droit.

Électrification de 1 600 villages : la Diaspora Europe de la République des Valeurs alerte sur une “nébuleuse” de 37 milliards de FCFA

La section Diaspora Europe de la République des Valeurs (RV), formation politique dirigée par Thierno Alassane Sall, a organisé ce jeudi 11 décembre 2025 un rassemblement à Madrid, devant les locaux de la CESCE — l’Agence Publique Espagnole de Crédit à l’Export — et de la société AEE Power EPC. L’objectif affiché était de dénoncer un manque de transparence supposé autour des fonds destinés au vaste programme d’électrification de 1 600 villages au Sénégal.

Ce mouvement de protestation intervient dans un contexte de tensions diplomatiques et financières croissantes entre Dakar et ses partenaires techniques. Une délégation gouvernementale sénégalaise s’était récemment rendue à Madrid dans l’espoir de résoudre un blocage majeur : la suspension, par la CESCE, des décaissements prévus pour le projet. Cependant, selon la cellule de communication de la RV, malgré leur déplacement, les représentants de l’État sénégalais n’ont finalement pas été reçus, un refus d’audience que la section Diaspora Europe interprète comme un signal fort.

Pour cette dernière, le désaccord trouve son origine dans une exigence de la CESCE. L’agence espagnole réclamerait des justifications détaillées quant à l’utilisation d’une avance de 56 millions d’euros — soit environ 37 milliards de FCFA — déjà encaissée au profit de l’entreprise AEE Power EPC, chargée de piloter la mise en œuvre initiale du programme. Cette somme devait permettre le démarrage effectif des premiers travaux d’électrification, mais, selon la diaspora, aucune preuve tangible n’a été présentée par les autorités sénégalaises quant à l’affectation réelle de ces fonds.

La section de la République des Valeurs affirme que les autorités sont incapables de fournir des éléments concrets sur la destination précise des sommes perçues. Elle parle d’une « nébuleuse » et d’opacité autour d’un projet qui, pourtant, constitue un enjeu majeur pour les zones rurales du pays. Les critiques formulées s’appuient également sur les informations rapportées par le journal Les Échos, selon lesquelles près de la moitié des villages concernés aurait dû être électrifiée dès les 18 premiers mois du programme. Or, sur le terrain, la diaspora affirme qu’il est difficile d’identifier des villages réellement bénéficiaires.

D’après le calendrier initial, environ 600 villages auraient dû être branchés au réseau ou dotés de solutions électriques autonomes. Dix-huit mois après le versement de l’avance, le bilan demeure, selon les contestataires, quasi invisible. C’est cette absence de réalisations palpables qui nourrit la colère de la section Diaspora Europe de la RV, laquelle estime que les populations rurales continuent de vivre dans l’obscurité alors que des ressources financières colossales ont déjà été mobilisées.

Dans son communiqué, la section Diaspora Europe de la République des Valeurs réaffirme sa détermination à défendre les droits des 1 600 villages concernés. Elle dénonce une situation où « 37 milliards de FCFA demeurent dans les ténèbres de l’opacité », alors même que les communautés rurales attendent toujours l’accès à l’électricité, un service essentiel pour le développement économique, social et éducatif.

Guet Ndar : huit pêcheurs portés disparus en mer, la population lance un appel urgent aux autorités

La communauté de Guet Ndar, le célèbre quartier de pêcheurs de Saint-Louis, vit depuis treize jours dans l’angoisse et l’inquiétude. Deux pirogues parties en mer n’ont toujours pas donné signe de vie, laissant huit pêcheurs portés disparus. Les familles et proches de ces marins redoutent le pire et interpellent les autorités pour qu’elles prennent toutes les mesures nécessaires afin de retrouver leurs êtres chers.

Depuis le début de cette disparition, plusieurs initiatives locales ont été entreprises pour tenter de retrouver les embarcations. Certains pêcheurs, déterminés à secourir leurs camarades, se sont aventurés en mer, mais leurs efforts sont restés vains. Selon des informations relayées par le journal Rfm, les deux pirogues seraient situées dans une zone jugée inaccessible, rendant les recherches particulièrement difficiles. Les pêcheurs eux-mêmes reconnaissent qu’ils ne peuvent poursuivre leurs efforts au-delà de certaines limites et estiment que seules des interventions aériennes, via hélicoptères ou avions, permettraient d’atteindre ces zones reculées.

Face à cette situation dramatique, la population de Guet Ndar se tourne vers les plus hautes autorités du pays. Dans leurs appels désespérés, ils sollicitent l’aide du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et du Premier ministre Ousmane Sonko, soulignant que cette localité avait largement soutenu leur élection. « Nous avons besoin de votre soutien pour sauver nos frères. L’État du Sénégal doit nous aider. Nous ne pouvons plus dormir. La population de Guet Ndar souffre actuellement », s’expriment-ils avec émotion.

L’inquiétude est palpable dans ce quartier historique de pêcheurs, où chaque départ en mer est à la fois une promesse de subsistance et un risque constant. La disparition de ces huit hommes rappelle la vulnérabilité des pêcheurs sénégalais face aux aléas de l’océan et met en lumière l’urgence d’une mobilisation nationale pour sécuriser ces opérations de sauvetage.

La FSF fixe le cap : derniers réglages pour la CAN 2025 et lancement des chantiers du Mondial 2026

Le Comité exécutif de la Fédération sénégalaise de football (FSF) s’est réuni ce vendredi 12 décembre 2025 pour examiner plusieurs questions essentielles liées à la préparation de l’Équipe nationale pour la CAN 2025, à l’organisation interne de l’institution fédérale, ainsi qu’au déroulement des compétitions nationales. Cette séance a permis de clarifier les priorités opérationnelles et stratégiques pour les mois à venir.

Préparation de l’Équipe nationale pour la CAN 2025

La Fédération a annoncé que le regroupement officiel des Lions démarrera le lundi 15 décembre 2025, marquant ainsi le début de la dernière phase de préparation avant la Coupe d’Afrique des Nations. La traditionnelle cérémonie de remise du drapeau national aura lieu deux jours plus tard, le mercredi 17 décembre, à 17 heures, à la Salle des Banquets du Palais Présidentiel.

La délégation sénégalaise s’envolera pour Tanger, au Maroc, le 19 décembre à bord d’un vol spécial affrété pour l’occasion. Dans le cadre de l’organisation pratique du séjour des supporters sénégalais, un bureau dédié à l’obtention des Fan ID a été installé au siège de la Ligue Sénégalaise de Football Professionnel. Par ailleurs, une mission avancée, dépêchée récemment à Tanger, a finalisé tous les aspects techniques et logistiques liés à la compétition.

La FSF a insisté sur la nécessité d’une communication interne fluide afin d’éviter toute asymétrie d’information au sein de ses différents organes et partenaires. Elle a également salué la qualité de la collaboration avec la Fédération Royale Marocaine de Football et a exprimé sa reconnaissance envers l’État du Sénégal, qui a déjà pris en charge les frais d’hébergement de toute la délégation. Pour optimiser la coordination générale, quatre comités ont été créés : administratif, technique, coordination, information et communication. Le président de la FSF a reçu mandat pour désigner les membres de ces instances.

Préparation de la Coupe du Monde 2026

Le Comité exécutif est également revenu sur le récent tirage au sort de la Coupe du Monde FIFA 2026 ainsi que sur le choix du futur camp de base des Lions aux États-Unis. Une agence spécialisée a été engagée pour accompagner la Fédération, en étroite collaboration avec l’Ambassade du Sénégal à Washington. Une mission se rendra prochainement sur les différents sites proposés pour sélectionner le camp de base le plus adapté.

L’Ambassadeur du Sénégal à Washington a confirmé que le chef de l’État, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, assistera au premier match des Lions prévu dans l’État du New Jersey. Dans le cadre des matchs de préparation, un contrat a déjà été signé pour une rencontre amicale entre les États-Unis et le Sénégal, programmée le 31 mai 2026. D’autres rencontres, proposées par l’Arabie saoudite et l’Argentine, sont en cours de finalisation pour la fenêtre FIFA de mars 2026.

Administration du football national

Sur le plan administratif, la FSF a annoncé le lancement d’une mise à jour exhaustive du fichier général des clubs. Les termes de référence et outils nécessaires ont été transmis aux différentes structures concernées. La date limite de dépôt des dossiers a été fixée au 15 décembre 2025, à 17 heures.

Les préliminaires de la Coupe du Sénégal débuteront le 17 décembre 2025, tandis que la finale est prévue le 15 mai 2026. Le président de la Fédération a réaffirmé sa volonté de poursuivre les réformes structurelles engagées pour moderniser la gestion du football national.

Le démarrage des championnats régionaux est attendu à partir du 20 décembre 2025. En parallèle, la procédure d’acquisition des sièges des Ligues, interrompue depuis les élections fédérales, reprendra prochainement. La prochaine Assemblée générale ordinaire de bilan se tiendra le samedi 11 avril 2026.

Infrastructures et homologation

La commission nationale d’homologation a récemment inspecté plusieurs infrastructures sportives, notamment les stades Djibril Diagne, Fodé Wade et Général Idrissa Fall. Les stades Fodé Wade de Saly et Général Idrissa Fall du Camp Leclerc ont été jugés conformes et remplissent toutes les conditions d’éligibilité pour accueillir des compétitions.

Des réserves ont toutefois été émises concernant le stade Djibril Diagne. Ce dernier pourra être utilisé dès que les ajustements demandés auront été effectués. Par ailleurs, la Fédération a annoncé que le club Thiossane Passy est désormais autorisé à reprendre les compétitions au niveau de la division régionale à Fatick.

Badara Gadiaga : une première prise de parole émouvante après 150 jours de détention

Le chroniqueur sénégalais Badara Gadiaga a brisé le silence pour la première fois depuis sa libération, survenue après cent cinquante jours passés derrière les barreaux. Une période marquée par l’incertitude, la tension et un large élan de solidarité dont il a tenu à rendre compte dans une déclaration sobre mais profondément empreinte d’émotion.

Dès les premiers mots, Gadiaga a exprimé sa profonde gratitude envers toutes celles et ceux qui, de près ou de loin, ont apporté leur soutien durant son incarcération. Il a salué l’engagement de la société civile, le rôle apaisant et moral des chefs religieux, la mobilisation des artistes ainsi que celle de la presse sénégalaise, dont il a dit avoir ressenti la présence et la solidarité à chaque instant.

Revenant sur ses convictions, le chroniqueur a réaffirmé sa position concernant la place centrale de la justice dans la vie d’une nation. « Comme je l’ai toujours dit, je le réassume, il n’y a pas d’alternative à la justice. Mais il y a beaucoup de réformes à faire sur notre système judiciaire », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité d’une réflexion profonde sur le fonctionnement des institutions judiciaires du pays. Son propos, teinté d’espoir et de maturité, laisse transparaître sa volonté de transformer l’épreuve traversée en un combat constructif pour un État de droit plus solide.

Libéré sous contrôle judiciaire et désormais équipé d’un bracelet électronique, une mesure décidée par le juge, Gadiaga semble déterminé à reprendre sa place dans le débat public. Loin de se résigner, il affirme vouloir poursuivre son engagement en faveur de la justice et de la liberté d’expression, deux causes qui, selon lui, doivent demeurer au cœur des préoccupations nationales.

Dans sa déclaration, il a également tenu à remercier l’ensemble des Sénégalais qui l’ont soutenu moralement durant cette période sombre. Il a dit garder l’espoir d’un Sénégal meilleur, plus juste et plus ouvert au dialogue, un pays où les divergences d’opinions ne sauraient jamais être un motif d’injustice ou d’acharnement.

La Cour suprême annule la plateforme numérique d’enregistrement des entreprises de presse : un tournant majeur pour le secteur médiatique sénégalais

La Première chambre administrative de la Cour suprême a rendu, ce jeudi 11 décembre 2025, une décision majeure qui marque un tournant dans la régulation du secteur médiatique au Sénégal. Saisie par plusieurs groupes de presse, la haute juridiction a annulé les arrêtés ministériels n°017412 du 29 juillet 2024 et n°024462 du 1er octobre 2024, qui instituaient une nouvelle plateforme numérique destinée à l’enregistrement et à l’identification des entreprises de presse.

Cette décision découle d’une plainte collective déposée le 4 décembre 2024 par un regroupement de grands acteurs du paysage médiatique national. Le collectif était constitué de D Média, Zik FM, Sen TV, 3M Universel, E-Média Invest, AFRICOM S.A, Groupe Sud Communication, EXCAF Télécom et Groupe Futurs Médias, représentés par l’avocat Me Cheikh Ahmadou Ndiaye. Les requérants contestaient l’obligation imposée par le ministère de la Communication de s’inscrire sur une plateforme numérique inédite afin de continuer à bénéficier des avantages liés au statut d’entreprise de presse. À leurs yeux, cette démarche imposée par voie réglementaire constituait une entrave injustifiée et illégale à l’exercice de leurs droits.

Dans sa motivation, la Cour suprême rappelle que le Code de la presse encadre de manière précise les conditions d’existence et de reconnaissance des entreprises de presse. Les articles 68, 134 et 135 fixent déjà les critères d’identification des entreprises du secteur et déterminent l’ensemble des obligations et avantages qui leur sont applicables. La juridiction souligne ainsi que le ministre de la Communication ne dispose d’aucun pouvoir lui permettant de créer une procédure supplémentaire d’enregistrement ou d’imposer une formalité nouvelle qui ne découle pas de la loi. En agissant de la sorte, le ministre a, selon le juge, outrepassé ses prérogatives et risqué de priver certaines entreprises de leur statut légal.

Le juge administratif a été particulièrement clair en estimant que l’obligation d’enregistrement imposée à toutes les entreprises, sans distinction, ne repose sur aucun fondement légal. La Cour a, de plus, rappelé que les avantages et régimes particuliers dont bénéficient les entreprises de presse sont déjà définis et encadrés par le décret n°2021-171 du 27 janvier 2022. Aucune mesure réglementaire supplémentaire ne peut donc être introduite sans une modification préalable de la loi.

En conséquence, la plateforme numérique d’enregistrement mise en place par les arrêtés ministériels est déclarée illégale. La Commission d’examen et de validation créée pour accompagner ce dispositif est elle aussi annulée. Par ailleurs, toutes les sanctions envisagées à l’encontre des entreprises qui refuseraient ou omettraient de s’enregistrer sont désormais considérées comme dépourvues de base légale. La Cour a joint les affaires n°J/435/RG/24 et n°J/436/RG/24 avant de prononcer l’annulation pure et simple des deux arrêtés.

Cette décision constitue une victoire juridique retentissante pour les groupes de médias, qui voyaient dans ces arrêtés une tentative d’ingérence administrative non conforme au droit. Elle rappelle également que la liberté de la presse, garantie par la Constitution, ne peut être limitée ou conditionnée par de simples actes administratifs sans fondement légal. La Cour suprême réaffirme ainsi le principe selon lequel toute réglementation nouvelle touchant à ce secteur sensible doit impérativement s’appuyer sur la loi.

Gestion des infrastructures : deux directeurs limogés après les défaillances sur le tronçon Birkilane–Mabo

Le secteur des infrastructures routières vient de connaître un tournant décisif après les décisions prises au plus haut niveau de l’État. Dimanche dernier, lors d’une visite de terrain particulièrement attendue, le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, avait tiré la sonnette d’alarme en constatant de nombreuses irrégularités sur le chantier du tronçon Birkilane–Mabo. Face à des retards jugés inexplicables, des insuffisances techniques et une exécution des travaux en deçà des normes, le ministre avait promis que des sanctions tomberaient rapidement.

Ces avertissements n’auront pas tardé à se concrétiser. Réuni ce jeudi en Conseil des ministres, le gouvernement a annoncé la révocation du directeur général de l’Ageroute, Mamadou Ndao, ainsi que celle de Mamadou Alassane Camara, jusque-là directeur général des Infrastructures et du Développement routier (DGIDR). Cette décision forte traduit la volonté de l’exécutif de réaffirmer l’exigence de rigueur et de transparence dans la conduite des grands travaux publics, en particulier au moment où plusieurs chantiers stratégiques traversent des zones d’ombre.

La visite ministérielle à Birkilane avait mis en lumière une situation préoccupante : équipements insuffisants, rythme d’avancement trop lent, non-respect des délais contractuels et carences dans le suivi technique. Pour le ministre Déthié Fall, ces manquements ne pouvaient rester sans conséquence, d’autant plus que l’État a fait de l’amélioration du réseau routier un pilier essentiel de sa politique de développement territorial.

La décision du Conseil des ministres s’inscrit donc dans une démarche assumée de redressement. Elle vise à envoyer un message clair aux acteurs du secteur : la qualité des infrastructures, la bonne gestion des fonds publics et le respect des engagements contractuels ne seront plus négociables. Les révocations de Mamadou Ndao et de Mamadou Alassane Camara marquent ainsi le début d’une nouvelle séquence, où l’accent sera mis sur une gouvernance plus exigeante et un contrôle accru de l’exécution des chantiers.

Cette orientation devrait également renforcer la crédibilité de l’État auprès des populations, souvent exaspérées par les retards et les défaillances qui freinent les projets routiers pourtant cruciaux pour la mobilité et le développement économique. En prenant des décisions rapides et fermes, le gouvernement cherche à instaurer une culture de résultats et à exiger des standards élevés dans un secteur où les enjeux financiers et sociaux sont particulièrement importants.

 marge de la 7ᵉ Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement : le Sénégal réaffirme sa vision intégrée pour un développement résilient et sobre en carbone

En participant à la 7ᵉ Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement, le Sénégal a porté une voix forte et cohérente sur les enjeux climatiques mondiaux. À cette occasion, la délégation sénégalaise a présenté la vision nationale intégrée impulsée par Son Excellence le Président de la République, Monsieur Bassirou Diomaye Faye, une vision qui place l’écologie, l’économie et le social au cœur d’un modèle de développement résolument tourné vers l’avenir.

Dans son intervention, le représentant du Sénégal a rappelé que la restauration des terres dégradées demeure l’un des défis les plus urgents du pays. Face à l’avancée du désert, à la perte de fertilité des sols et à la pression croissante exercée sur les écosystèmes, le gouvernement s’engage à renforcer les programmes de reboisement, de gestion durable des terres et de protection des ressources naturelles. Ces efforts, inscrits dans une dynamique de longue haleine, visent à redonner vie aux espaces écologiques, assurer la sécurité alimentaire et soutenir les communautés rurales.

La résilience des zones côtières occupe également une place centrale dans la stratégie nationale. Avec plus de 700 kilomètres de littoral soumis à l’érosion, aux inondations et aux impacts du changement climatique, le Sénégal entend consolider les mesures de protection, restaurer les mangroves, renforcer les infrastructures et promouvoir une gestion intégrée du trait de côte. L’enjeu est vital : préserver les habitats naturels, protéger les populations et sauvegarder l’activité économique qui se concentre majoritairement autour des villes côtières.

Parallèlement, la transition énergétique constitue un axe structurant de la politique environnementale du pays. Le Sénégal ambitionne de réduire significativement ses émissions tout en développant les énergies renouvelables, notamment l’éolien, le solaire et l’hydrogène vert. Cette transition doit permettre d’assurer une énergie propre, accessible et durable pour tous, tout en soutenant la croissance économique et en renforçant l’indépendance énergétique.

La lutte contre la pollution plastique, fléau majeur des milieux terrestres et marins, a également été mise en avant. Le pays entend intensifier les efforts déjà initiés, à travers des réglementations plus strictes, le renforcement du recyclage, la promotion d’alternatives durables et la sensibilisation des citoyens. L’objectif est de limiter drastiquement l’impact des déchets plastiques sur les écosystèmes, la santé publique et les activités économiques liées au littoral.

Au-delà des priorités nationales, l’intervention du Sénégal a insisté sur l’urgence de bâtir un cadre international plus juste et réellement efficace. Le représentant sénégalais a souligné que les ambitions des pays du Sud ne pourront se concrétiser que si la solidarité mondiale devient tangible. Il a plaidé pour un financement climatique réellement accessible, dénué de barrières administratives et orienté vers les besoins réels des pays vulnérables. Il a également insisté sur l’importance d’un transfert accéléré de technologies adaptées, permettant d’accompagner les États dans leur transition écologique sans creuser davantage les inégalités.

Enfin, il a appelé à une gouvernance environnementale mondiale capable de transformer les promesses en résultats concrets. Pour le Sénégal, l’heure n’est plus aux déclarations d’intention, mais à l’action mesurable, coordonnée et inclusive. Les défis environnementaux exigent une mobilisation collective, fondée sur la responsabilité partagée et la volonté réelle de construire un futur durable.

Mairie de Rufisque : un réseau de fraude documentaire démantelé par la BR de Keur Massar

Dans le cadre de ses opérations de lutte contre l’immigration irrégulière et la falsification de documents administratifs, la brigade de recherches de la gendarmerie de Keur Massar a procédé, le 9 décembre 2025, au démantèlement d’un réseau spécialisé dans la délivrance frauduleuse d’actes d’état civil. L’affaire a éclaté après l’interpellation d’un ressortissant guinéen en possession d’un extrait de naissance obtenu de manière irrégulière à la mairie de Rufisque.

Les gendarmes ont d’abord arrêté I. Diallo, un Sénégalais retraité résidant à Sangalkam, ainsi que le Guinéen en question, qui tentait de se faire passer pour un citoyen sénégalais grâce à des documents falsifiés. L’enquête a rapidement révélé que ce dernier, dont la véritable identité est M. Diallo, avait acquis un extrait de naissance frauduleux pour la somme de 15 000 F CFA, facilité par l’intermédiaire d’I. Diallo. Cette démarche avait été effectuée sans jugement supplétif, une procédure obligatoire pour toute personne n’ayant pas été enregistrée à l’état civil à la naissance.

Grâce à ce document irrégulier, le ressortissant guinéen avait ensuite réussi à obtenir un récépissé de dépôt de carte nationale d’identité sénégalaise, enregistré au nom d’un certain M. Sall, né le 11 octobre 1990. Confronté aux enquêteurs, I. Diallo n’a pas nié les faits. Il a reconnu que l’acte de naissance au nom de M. Sall était bel et bien frauduleux et a expliqué qu’il avait été facilité par un individu du nom de S. Tall, aujourd’hui décédé. Ce dernier l’aurait mis en rapport avec un agent de l’état civil de la mairie de Rufisque, ouvrant ainsi la voie à la production du faux document. I. Diallo a également admis avoir encaissé l’argent versé par le ressortissant guinéen, selon les informations relayées par Seneweb.

Une perquisition menée au domicile d’I. Diallo, à Sangalkam, a permis aux enquêteurs de découvrir une quantité importante de documents administratifs compromettants : des actes de naissance, des certificats de résidence, des certificats de nationalité sénégalaise ainsi que plusieurs récépissés de demande de carte nationale d’identité. Ces éléments laissent supposer l’existence d’un réseau structuré et actif dans la falsification de documents officiels.

À l’issue de l’enquête préliminaire, les deux suspects ont été déférés au tribunal de grande instance de Rufisque. Ils devront répondre de faits de fraude documentaire, de complicité et d’immigration irrégulière. Cette affaire met de nouveau en lumière les failles persistantes dans le système d’état civil et l’importance de renforcer les mécanismes de contrôle pour lutter contre les réseaux de falsification.

Le collectif d’avocats de Madiambal Diagne dénonce une « manœuvre diplomatique » après la suspension des extraditions vers la France

Le collectif d’avocats de Madiambal Diagne a vivement réagi, ce 12 décembre 2025, à la décision du gouvernement sénégalais de suspendre toutes les extraditions vers la France. Dans un communiqué au ton ferme, les défenseurs du journaliste estiment que cette mesure constitue « un véritable chantage diplomatique » qui interfère directement avec la procédure judiciaire actuellement en cours devant les juridictions françaises.

Madiambal Diagne fait l’objet d’une demande d’extradition transmise par l’État du Sénégal et examinée par la justice française. Le dossier a connu un tournant le 25 novembre 2025 lorsque la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles a rendu un arrêt mettant en évidence plusieurs manquements majeurs dans les pièces fournies par Dakar. Les magistrats français avaient relevé l’absence d’indications précises sur les lieux et les périodes des faits reprochés, l’insuffisance d’éléments permettant de comprendre la nature exacte des infractions invoquées, ainsi que le manque de documents essentiels qui doivent légalement accompagner toute demande d’extradition. Face à ces insuffisances, la cour avait fixé au 23 janvier 2026 la date limite pour que le Sénégal complète le dossier et fournisse les éléments manquants.

Selon le collectif d’avocats, rien ne s’opposait pourtant à ce que la chambre de l’instruction rende dès à présent un avis défavorable, au vu de la faiblesse du dossier transmis. Ils estiment que la demande sénégalaise souffre d’une « extrême légèreté » et qu’elle repose sur des accusations « infondées ». Les avocats vont plus loin en affirmant que des pressions auraient été exercées par les autorités françaises elles-mêmes sur la justice, ce qui, selon eux, mettrait en péril l’indépendance de la procédure. Ils dénoncent ainsi un climat d’ingérence et de tension diplomatique susceptible d’influencer le cours normal du droit.

Pour les défenseurs de Madiambal Diagne, l’État du Sénégal serait désormais dans l’incapacité de fournir les pièces demandées par la justice française. Ils expliquent cette impossibilité par ce qu’ils considèrent comme la nature éminemment politique des poursuites engagées contre leur client. Selon eux, les autorités sénégalaises sont conscientes que les insuffisances du dossier pourraient conduire à son rejet pur et simple par la chambre de l’instruction, ce qui expliquerait la décision de suspendre momentanément toute coopération en matière d’extradition avec la France.

Le collectif voit dans cette suspension une stratégie diplomatique destinée à exercer une pression sur la justice française. Pour les avocats, une telle décision « reflète l’artificialité » des accusations portées contre Madiambal Diagne et constitue une tentative manifeste d’influencer une procédure que les défenseurs qualifient de rigoureusement indépendante et strictement fondée sur le droit. Ils appellent ainsi à laisser la justice française poursuivre son travail sans entrave et dans le respect des règles internationales encadrant les extraditions.

Le communiqué a été signé par un large panel d’avocats impliqués dans la défense du journaliste : Me El Hadj Amadou Sall, Me Baboucar Cissé, Me William Bourdon, Me Dior Diagne, Me Antoine Mbengue, Me Papa Sène, Me Ousmane Thiam, Me Ramatoulaye Ba, Me Arona Basse et Me Vincent Brengarth. Par cette prise de position unanime, ils entendent rappeler la nécessité de garantir l’indépendance des procédures judiciaires et de préserver leur client de toute instrumentalisation politique.

Kaolack accueille la première édition de “Pencum Innovation”, vitrine des Living Labs du FDSUT

Le Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT) a organisé, ce jeudi 11 décembre 2025, une journée portes ouvertes baptisée “Pencum Innovation”, un rendez-vous consacré à la valorisation des solutions numériques dédiées au secteur primaire dans les zones rurales.

Tenue à la Chambre de commerce de Kaolack, cette première édition avait pour thème : « L’impact du numérique dans le secteur primaire ». L’objectif était de créer un espace de découverte, de démonstration et d’échanges autour des innovations développées dans les Living Labs de Ndiaganiao et de Kaolack, deux dispositifs pilotes mis en place par le FDSUT pour stimuler l’entrepreneuriat numérique et l’incubation de projets agricoles et agro-pastoraux.

Renforcer l’innovation au cœur du monde rural

Selon Ndèye Fatou Ndiaye, Mme Diop Blondin, coordonnatrice du FDSUT, la démarche vise à encourager la création de solutions locales répondant aux défis économiques des communautés rurales. Les Living Labs offrent ainsi un cadre d’expérimentation où producteurs, jeunes entrepreneurs, femmes transformatrices et acteurs du digital collaborent autour d’outils innovants.

Les projets présentés lors de la journée ont mis en lumière des applications numériques dédiées à l’amélioration des rendements agricoles, à la gestion de l’eau, à la commercialisation des produits locaux ou encore à la traçabilité agroalimentaire. Plusieurs stands ont permis au public de découvrir des prototypes développés par les incubés.

Un espace d’échanges et de partenariats

Au-delà de la présentation des solutions, Pencum Innovation a été pensé comme un cadre de dialogue réunissant porteurs de projets, opérateurs économiques, partenaires techniques et institutions locales. Les discussions ont porté sur les opportunités offertes par le numérique pour moderniser le secteur primaire et assurer la pérennisation des initiatives en cours.

Pour le FDSUT, cet événement s’inscrit dans une dynamique plus large visant à renforcer la visibilité de ses actions et à mobiliser de nouveaux partenaires afin d’étendre l’impact des Living Labs à d’autres zones rurales.

Une initiative appelée à se pérenniser

À l’issue de la rencontre, les organisateurs ont exprimé leur volonté de faire de Pencum Innovation un rendez-vous annuel, afin de suivre l’évolution des projets et de stimuler davantage l’innovation au service du développement rural.

Budget 2026 du ministère de la Justice : Yassine Fall répond aux députés sur les dossiers sensibles et les défis du secteur

La ministre de la Justice, Yassine Fall, a défendu ce jeudi 11 décembre 2025 son projet de budget pour l’exercice 2026 devant les députés de l’Assemblée nationale. Cette présentation, attendue dans un contexte de fortes tensions sociales et de crispations autour de plusieurs dossiers judiciaires, a donné lieu à des échanges nourris, souvent musclés, avec les parlementaires. Ces derniers ont insisté sur la nécessité de clarifications concernant plusieurs affaires en suspens, les lenteurs dans la reddition des comptes publics et les difficultés structurelles du secteur de la Justice.

Les députés ont particulièrement interrogé la ministre sur la réouverture du dossier de « diffamation » opposant Ousmane Sonko à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang, une affaire politiquement sensible. Ils ont également exprimé leur préoccupation face au retard persistant dans l’élucidation des disparitions de Fulbert Sambou, Didier Badji, Lissa Tine et Alassane Ba, autant de dossiers qui continuent de soulever des interrogations au sein de l’opinion. L’absence de suites judiciaires après les conclusions des corps de contrôle, en matière de gouvernance publique, a également alimenté le débat, les députés exigeant un traitement plus rigoureux et plus rapide de ces rapports.

En réponse, Yassine Fall a tenté de rassurer l’hémicycle en confirmant qu’une information judiciaire est désormais ouverte dans l’affaire Lissa Tine. Elle a aussi assuré que les investigations se poursuivent activement concernant la disparition de Didier Badji et Fulbert Sambou, promettant un suivi personnel de ces dossiers sensibles. La ministre a par ailleurs insisté sur les avancées enregistrées sur certains fronts, tout en reconnaissant que les attentes de la population restent fortes.

Concernant les tensions sociales qui secouent régulièrement l’appareil judiciaire, Mme Fall a indiqué qu’un accord conclu avec le Syndicat des Travailleurs de la Justice est actuellement en cours d’exécution. Elle a annoncé qu’une rencontre se tiendra dans les prochains jours avec le Syndicat des Greffiers, afin de désamorcer les conflits persistants et ramener la sérénité dans le secteur. Elle a rappelé que la stabilité sociale constitue une condition essentielle à l’efficacité des services judiciaires.

La ministre n’a pas éludé la question des arriérés dus aux avocats, reconnaissant une dette de 3 milliards de FCFA qui pèse lourdement sur le fonctionnement du système. Elle a assuré que des discussions sont engagées avec le ministère des Finances pour trouver une solution durable. Elle a également évoqué les besoins pressants en ressources humaines, affirmant vouloir travailler au renforcement des effectifs des magistrats et des éducateurs spécialisés, en partenariat avec les ministères concernés.

Abordant la question des audiences foraines, Yassine Fall a rappelé qu’elles relèvent de la compétence des juges, même si son département encourage l’organisation d’audiences spéciales, notamment pour répondre aux besoins spécifiques des élèves. Elle a aussi renouvelé son engagement à trouver une issue favorable à la situation des coordonnateurs des Maisons de justice, dont l’intégration reste en attente.

La présentation du budget 2026 s’est inscrite dans le cadre de l’Agenda National de Transformation Sénégal 2050. Cependant, la ministre a reconnu que le document financier a été élaboré dans un contexte particulièrement difficile, marqué par ce qu’elle a qualifié de « détresse de nos finances publiques », évoquant notamment un niveau d’endettement inédit. Malgré ces contraintes, elle a assuré que des « réajustements budgétaires fort ingénieux » ont été opérés pour préserver la priorité accordée à la Justice.

Le projet de budget se structure autour de plusieurs programmes, avec une concentration des ressources sur le développement du capital humain et le renforcement des infrastructures judiciaires. Yassine Fall a insisté sur la nécessité de moderniser le secteur et d’améliorer l’accès des citoyens à un service public de la Justice plus efficace, plus équitable et mieux doté.

Transmission du rapport de l’IGE : vers de possibles poursuites contre Mimi Touré

Selon des informations relayées par la page Facebook de la 7TV, l’Agent judiciaire de l’État (AJE) a transmis au Pool judiciaire financier (PJF) le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) mettant en cause la gestion de Mimi Touré à la tête du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Cette démarche ouvre potentiellement la voie à l’ouverture de poursuites contre l’ancienne Première ministre, désormais citée dans une affaire qui s’annonce sensible autant sur le plan juridique que politique.

Pour le juriste Mouhamadou Bâ, professeur agrégé des facultés de droit, la suite de la procédure ne souffre d’aucune ambiguïté. Dans un entretien paru ce jeudi dans L’Observateur, il rappelle que «lorsque le parquet est saisi, il ne peut que poursuivre». Le spécialiste du droit pénal précise que cette étape implique l’ouverture d’une enquête préliminaire destinée à recueillir un faisceau d’indices. À ce stade, des auditions sont menées et différents actes de procédure peuvent être enclenchés pour éclairer les faits reprochés. Une fois les premiers éléments rassemblés, le dossier est généralement confié à un juge d’instruction, chargé de poursuivre les investigations et de déterminer s’il existe des charges suffisantes pour engager des poursuites.

La révélation de ce rapport de l’IGE n’est pas nouvelle, mais elle a refait surface après l’intervention du Premier ministre Ousmane Sonko devant l’Assemblée nationale, vendredi dernier, lors d’une séance de Questions d’actualité. Le chef du gouvernement avait alors confirmé que le document datait de 2023, sous la présidence de Macky Sall, et qu’il avait choisi de le transmettre à la justice dans le respect de la continuité de l’État. Il a précisé ne pas se prononcer sur la culpabilité ou l’innocence de Mimi Touré, mais a insisté sur son obligation d’agir lorsqu’un rapport signale qu’un montant aurait été manipulé hors des circuits administratifs habituels.

Cette mise au point intervient dans un contexte politique tendu, marqué par des rumeurs persistantes selon lesquelles Mimi Touré serait visée en raison de sa proximité avec le président Bassirou Diomaye Faye, avec qui les rapports se seraient récemment refroidis. En se défendant de toute instrumentalisation politique, Ousmane Sonko affirme n’avoir fait que respecter la procédure républicaine, laissant ainsi la justice suivre son cours.

À l’Assemblée nationale, Thierno Alassane Sall interpelle le ministre de l’Intérieur sur la situation de la police et les tensions universitaires

Lors de la séance plénière tenue ce mercredi à l’Assemblée nationale, le député Thierno Alassane Sall a interpellé le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, sur plusieurs sujets jugés sensibles, touchant à la fois au fonctionnement de la police nationale et à la gestion récente des tensions survenues dans les milieux universitaires.

Dès l’entame de son intervention, il a attiré l’attention de l’hémicycle sur la situation de 312 policiers de la “première corde”, libérés entre avril et mai 2025. Cette décision, encore entourée de zones d’ombre selon le parlementaire, nécessite des explications précises sur les motifs avancés, les procédures appliquées et les critères retenus pour justifier leur libération. Thierno Alassane Sall a d’ailleurs souligné l’incohérence apparente d’un processus ayant abouti à l’éviction de certains agents, tandis que d’autres issus de la même formation exercent toujours au sein de la police nationale.

Le député a ensuite évoqué les difficultés rencontrées par les agents de la 49ᵉ promotion, qui, selon lui, n’ont pas perçu de salaire depuis vingt-deux mois. Une situation d’autant plus préoccupante que ces policiers ont été mobilisés dans des dispositifs de sécurité majeurs, notamment lors de grands événements religieux. Il a dénoncé ce qu’il considère comme une injustice flagrante envers des agents engagés au service de l’État mais laissés sans rémunération pendant une période anormalement longue.

En abordant la situation sur les campus universitaires, Thierno Alassane Sall a exprimé sa préoccupation face aux “images préoccupantes d’étudiants blessés” lors des récents affrontements. Il a rappelé que par le passé, l’usage de la force dans les universités avait suscité une forte indignation de la part de nombreux responsables politiques et s’est interrogé sur ce qui, aujourd’hui, semble avoir modifié leurs réactions. Le député a appelé les étudiants à éviter toute forme d’escalade et à privilégier des mobilisations pacifiques, tout en invitant le gouvernement à clarifier sa gestion des incidents. Il a demandé si des enquêtes officielles avaient été ouvertes afin de déterminer les circonstances exactes des violences et d’identifier les responsabilités.

Thierno Alassane Sall a également dénoncé ce qu’il qualifie de climat de pression interne pesant sur les forces de police. Il a cité des cas de sanctions rapides visant certains responsables ainsi que des interventions contestées dans des organes de presse. Pour lui, ces pratiques contribuent à fragiliser l’institution policière et à semer le doute sur la cohérence de sa gestion par les autorités.

Malgré ces critiques, le député a tenu à saluer le professionnalisme de nombreux agents. Il a notamment évoqué l’exemple d’un policier agressé par une foule qui, selon lui, a fait preuve d’un sang-froid exemplaire. Ce geste symbolique illustre, à ses yeux, l’importance de soutenir les forces de sécurité, de les accompagner et de veiller à une gestion responsable qui préserve leur moral et leur mission essentielle dans la stabilité du pays.

En conclusion, Thierno Alassane Sall a insisté sur la nécessité pour l’État de rétablir la confiance à l’intérieur de l’institution policière et d’assurer une gestion transparente et équitable, afin de garantir l’efficacité et la crédibilité des forces de sécurité au service de la nation.

Macky Sall plaide pour une gouvernance inclusive de l’intelligence artificielle au BRIDGE Summit d’Abu Dhabi

L’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, a pris part ce lundi à la journée de clôture du BRIDGE Summit à Abu Dhabi, un rendez-vous mondial rassemblant chaque année des dirigeants, des experts en technologie et des acteurs institutionnels autour des enjeux de l’innovation et du développement. Invité à intervenir lors d’un panel consacré à l’impact croissant des plateformes numériques, l’ancien chef de l’État a livré une réflexion approfondie sur les mutations en cours et les responsabilités qu’elles impliquent.

S’exprimant devant un public composé de décideurs et de spécialistes des technologies émergentes, Macky Sall a souligné la nécessité d’établir une gouvernance consensuelle et inclusive de l’intelligence artificielle (IA). Selon lui, les progrès fulgurants enregistrés dans ce domaine ne doivent pas occulter l’importance de préserver les valeurs culturelles et civilisationnelles propres à chaque peuple. Il a insisté sur la vigilance indispensable pour éviter que les innovations technologiques ne fragilisent les identités ou les équilibres sociaux déjà existants.

L’ancien président a également mis l’accent sur la protection de la jeunesse, particulièrement exposée aux risques liés aux usages déviants ou non maîtrisés des plateformes numériques. Face à la rapidité des transformations digitales, il estime essentiel d’encadrer davantage ces espaces afin de garantir un environnement numérique sécurisé, éthique et respectueux des droits des jeunes utilisateurs.

Abordant ensuite la place du continent africain dans les grandes transitions technologiques, Macky Sall a plaidé pour une participation plus active de l’Afrique aux débats internationaux relatifs à l’IA. Pour lui, il est impératif que les pays africains soient pleinement associés à la définition des normes, des politiques publiques et des stratégies mondiales qui façonneront l’avenir numérique. Il a rappelé que l’intelligence artificielle constitue l’un des enjeux majeurs de ce siècle et qu’il serait préjudiciable que l’Afrique en reste spectatrice.

Journée mondiale des droits de l’Homme : la CNDH appelle à un renforcement des droits fondamentaux au Sénégal

À l’occasion de la Journée mondiale des droits de l’Homme, célébrée chaque 10 décembre pour commémorer l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) du Sénégal a lancé un appel solennel en faveur du renforcement des principes fondamentaux dans le pays.

Dans un message rendu public, la Présidente de la CNDH a réaffirmé l’engagement « indéfectible » de l’institution à promouvoir, protéger et défendre les droits de toutes et de tous, sans distinction. Selon le communiqué, le Sénégal doit redoubler d’efforts pour consolider l’État de droit, garantir la justice, l’égalité et la dignité humaine, tout en renforçant la participation citoyenne. La Commission insiste sur le fait que la prévention et la protection des droits humains constituent une responsabilité à la fois individuelle et collective.

Cette déclaration s’inscrit dans un contexte national où la consolidation des acquis démocratiques et la question des libertés publiques demeurent au cœur des débats sociaux et politiques. La CNDH rappelle que chaque acteur de la société a un rôle à jouer pour assurer l’effectivité des droits humains et pour contribuer à l’instauration d’un environnement respectueux des principes fondamentaux.

Dans le cadre de sa stratégie visant à encourager la dynamique nationale, la CNDH a annoncé le lancement d’une innovation majeure : le « Prix national des droits de l’Homme ». Cette distinction, qui sera décernée pour la première fois le 15 décembre prochain au King Fahd Palace, a pour objectif de valoriser et de reconnaître les initiatives et les acteurs qui œuvrent concrètement pour la promotion de la dignité humaine à travers le pays.

Randonnée civique : Kaolack donne le ton pour une année sportive dédiée aux valeurs républicaines

L’Inspection d’académie de Kaolack a procédé, ce mercredi 10 décembre 2025, au lancement officiel des activités du sport scolaire pour l’année 2025-2026 à travers une grande randonnée pédestre ayant réuni élèves, enseignants, parents d’élèves et acteurs institutionnels. L’événement, marqué par une forte mobilisation, s’inscrit dans la dynamique nationale visant à renforcer les valeurs civiques chez les jeunes.

Encadrée par les forces de défense et de sécurité, la randonnée s’est déroulée en présence du commandant de la zone militaire n°3, chaleureusement salué par les organisateurs pour son appui constant au système éducatif sénégalais.

S’exprimant à l’issue de l’activité, l’Inspecteur d’académie de Kaolack, Samba Diakhaté, a rappelé l’importance du thème retenu cette année : « Nouvelle Initiative pour la Transformation Humaniste de l’Éducation à travers le sport pour mieux promouvoir les valeurs civiques ». Un thème qui, selon lui, met en évidence le rôle essentiel du sport comme outil de formation citoyenne.

« Nous avons échangé avec les élèves pour leur rappeler l’importance de construire et de développer les valeurs civiques et morales à travers l’éducation, mais aussi à travers le sport. Nous croyons que le message est bien passé », a déclaré M. Diakhaté.

L’Inspecteur d’académie a également salué le travail des professeurs d’éducation physique et sportive, des équipes pédagogiques, des inspecteurs de l’éducation et de la formation ainsi que l’ensemble des personnels mobilisés pour la réussite de cette journée.

Il a souligné que le civisme doit être un comportement quotidien, fondé sur le respect des institutions, des symboles de la République, ainsi que sur la préservation d’un environnement scolaire sain et propice à l’apprentissage.

Cette randonnée marque ainsi le coup d’envoi d’une année sportive placée sous le signe de la citoyenneté, de la discipline et de l’engagement communautaire au sein des établissements scolaires de Kaolack.

Abdou Mbow interpelle le ministre de l’Intérieur : « La police ne doit pas devenir un instrument de répression politique »

Lors de la récente séance de l’Assemblée nationale consacrée au vote du budget du ministère de l’Intérieur, le député Abdou Mbow a adressé une critique sévère et directe au ministre Bamba Cissé. Devant ses collègues parlementaires, le député de Takku Wallu a dénoncé ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique du ministère, rappelant au ministre que sa mission doit servir l’ensemble des Sénégalais et non les intérêts particuliers de l’exécutif.

« Vous n’êtes plus l’avocat du Premier ministre. Mais de plus de 18 millions de Sénégalais maintenant », a-t-il souligné, insistant sur le rôle essentiel du ministère comme service de l’État au service de tous les citoyens, et non comme un outil au service du gouvernement en place. Selon lui, le ministère de l’Intérieur doit rester impartial et protéger les droits et libertés de tous, sans distinction politique.

Le parlementaire a également interpellé Bamba Cissé sur des événements récents survenus dans le pays, notamment à l’université. Il a fait référence à l’intervention des forces de l’ordre sur un campus, un lieu symbolique de la liberté d’expression et de débat, rappelant que ce type d’action contribue souvent à accentuer les tensions dans les établissements universitaires. Abdou Mbow n’a pas manqué de mentionner les arrestations de Maïmouna Ndour Faye et Babacar Fall, pointant du doigt ce qu’il perçoit comme une atteinte aux libertés fondamentales des citoyens.

Dans un ton solennel, le député a lancé une alerte forte sur les risques de dérive, accusant le ministre de « trahir sa mission en transformant la police en instrument de répression politique au service du Premier ministre », tout en jouant avec les libertés publiques. Cette intervention marque un moment de tension au sein de l’Assemblée nationale, et illustre les préoccupations croissantes autour de l’équilibre entre sécurité, politique et respect des droits civiques au Sénégal.

UCAD : Le Collectif des Amicales suspend la grève mais menace de la reprendre si l’État n’agît pas

Le Collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a annoncé, ce mercredi, la suspension de son mot d’ordre de grève, tout en appelant les étudiants à reprendre le chemin des amphithéâtres dès jeudi. Cette décision, toutefois, reste conditionnée au retrait effectif des forces de l’ordre déployées ces derniers jours sur le campus universitaire. Sans cette mesure préalable, la suspension ne saurait entrer en vigueur, prévient le Collectif.

Dans un communiqué rendu public, les représentants des amicales expliquent avoir longuement consulté leur base avant de convenir d’une trêve provisoire destinée à favoriser une sortie de crise. Ils ont également formulé deux propositions pour le règlement de la question des rappels de bourses, évalués à 515 000 francs CFA par étudiant. La première consiste en un versement initial de 300 000 francs CFA prévu pour février 2026, suivi d’un second paiement de 215 000 francs CFA en avril de la même année. La seconde proposition maintient également un premier décaissement de 300 000 francs CFA en février 2026, mais prévoit que le reliquat soit réparti progressivement dans les paiements mensuels jusqu’en septembre 2026.

Face à ce qu’il juge être une situation préoccupante, le Collectif annonce avoir déposé une déclaration pour organiser une marche pacifique ce vendredi. L’itinéraire envisagé reliera la grande porte de l’UCAD au Palais de la République, une manière pour les étudiants d’exprimer publiquement leur mécontentement et d’interpeller directement les autorités. En amont de cette mobilisation, une déclaration publique est programmée ce jeudi à partir de 10 heures, à laquelle l’ensemble de la presse est convié.

Affaire des véhicules détournés : Mo Gates placé en garde à vue à la DIC

L’homme d’affaires Mohamet Bakara Diallo, connu sous le pseudonyme de Mo Gates, a été placé en garde à vue à la Brigade des affaires générales (BAG) de la Division des investigations criminelles (DIC). Âgé de 36 ans, il est visé par de lourdes accusations, notamment d’association de malfaiteurs et de détournement d’objets saisis, dans une affaire mêlant commerce automobile international et soupçons de fraude organisée.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération dans son édition de ce mercredi, l’affaire trouve son origine dans une plainte déposée par un individu nommé Papa Mbaye. Celui-ci accuse Mo Gates et un autre associé, Mamadou Lamine Sèye — actuellement en fuite et supposé se trouver au Maroc — d’avoir monté une opération commerciale frauduleuse.

Les enquêteurs ont découvert qu’un « business » avait été mis en place par le trio, consistant à acheter des véhicules aux États-Unis pour les revendre sur le marché sénégalais. Papa Mbaye, qui aurait investi plus de 66 millions de francs CFA dans l’opération, affirme n’avoir jamais récupéré son argent. La situation s’est aggravée lorsqu’un malentendu portant sur sept véhicules importés a éclaté. Face à ce différend, Papa Mbaye avait saisi le tribunal de commerce, qui avait ordonné une saisie conservatoire des véhicules, une décision dûment notifiée par un huissier.

Cependant, malgré l’ordonnance judiciaire, Mamadou Lamine Sèye et Mohamet Bakara Diallo auraient réussi à vendre les véhicules concernés, sans reverser aucune somme au plaignant. Pour les enquêteurs, cet acte constitue une entrave claire à une décision de justice et un détournement d’objets saisis, ce qui alourdit considérablement les charges retenues contre les mis en cause.

Convoqué et interrogé, Mo Gates a tenté de se dédouaner en affirmant que les véhicules visés par la saisie n’avaient pas été vendus. Toutefois, il n’a pas été en mesure d’indiquer où se trouvaient ces voitures, ce qui a renforcé les soupçons des enquêteurs et nourri les inquiétudes quant à une possible opération frauduleuse menée en toute connaissance des risques juridiques.

La garde à vue de Mo Gates se poursuit dans le cadre de l’enquête menée par la DIC, tandis que les autorités cherchent toujours à localiser Mamadou Lamine Sèye, considéré comme un acteur central du dossier. L’affaire, qui mêle argent, commerce international et fuite présumée à l’étranger, continue de susciter un vif intérêt, tant par l’ampleur des sommes en jeu que par la personnalité médiatisée de Mo Gates, déjà connu dans certains cercles d’affaires au Sénégal.

Arrestation d’une domestique à Diamaguène Sicap Mbao pour un vol de trois millions FCFA : son amant activement recherché

Le poste de police de Diamaguène Sicap Mbao a procédé à l’arrestation d’une jeune femme employée comme domestique, soupçonnée d’avoir dérobé la somme de trois millions (3 000 000) de francs CFA au préjudice de son employeur. Elle a été placée en garde à vue tandis que les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour retrouver son amant, actuellement en fuite.

Selon les informations recueillies, l’affaire a éclaté à la suite d’une plainte déposée par la propriétaire de la maison, qui a déclaré avoir constaté la disparition de l’importante somme d’argent qu’elle avait soigneusement dissimulée sous ses habits dans sa chambre. La plaignante, qui emploie la mise en cause depuis presque un an pour l’entretien de sa chambre, a affirmé avoir remarqué à plusieurs reprises de petits vols, qu’elle avait jusque-là choisi de laisser passer faute de preuves tangibles. Toutefois, la disparition de cette somme conséquente l’a poussée à alerter l’ensemble des occupants de la maison et à saisir immédiatement les forces de l’ordre.

Les premiers interrogatoires menés par les policiers ont permis de resserrer les soupçons autour de la domestique. Rapidement, les enquêteurs ont orienté leurs recherches vers les transactions financières de la mise en cause. L’exploitation de son « wallet » a révélé des mouvements d’argent inhabituels, comprenant des transferts portant sur de fortes sommes effectuées peu de temps après la disparition du montant signalé.

Les investigations ont montré qu’une partie significative de l’argent volé a été remise au petit ami de la mise en cause. Selon les éléments recueillis, ce dernier aurait utilisé ces fonds pour la confection d’une chambre à coucher et pour initier d’autres projets personnels. D’autres montants importants ont également été envoyés par la suspecte à sa grande sœur installée à Thioubène. Le reste de l’argent aurait servi à l’achat d’habits et de divers objets de luxe destinés à son usage personnel.

Face aux éléments accablants, les policiers ont procédé à son arrestation. Quant à son amant, il est actuellement en fuite et fait l’objet de recherches actives. Les enquêteurs poursuivent leur travail afin de faire toute la lumière sur cette affaire et d’identifier d’éventuelles complicités.

L’enquête suit son cours.

11 Nigérianes et un Sénégalais arrêtés à Karang : la SR de Kaolack démantèle une mafia du sexe

Une vaste opération de la Section de recherches de Kaolack a permis de mettre fin à un réseau de proxénétisme qui sévissait depuis plusieurs mois à Karang, localité frontalière du Sénégal et de la Gambie. L’affaire a été déclenchée à la suite d’un renseignement exploité par les enquêteurs, signalant l’existence d’une organisation criminelle spécialisée dans l’exploitation sexuelle de jeunes femmes nigérianes. Selon des sources de Seneweb proches du parquet, cette mafia était dirigée par une ressortissante nigériane appuyée par un complice sénégalais.

Dès réception du renseignement, la SR a déployé un dispositif de surveillance pour cerner les contours du réseau et identifier les lieux utilisés par les trafiquants. Les premiers éléments recueillis ont révélé un mode opératoire redoutablement structuré. Les proxénètes faisaient venir leurs victimes par voie terrestre depuis le Nigeria, sous prétexte de leur offrir un emploi stable au Sénégal. Mais une fois arrivées à Karang, les jeunes femmes, entrées irrégulièrement sur le territoire, se retrouvaient piégées. Leur voyage, présenté comme une opportunité, se transformait en cauchemar. Trompées et isolées, elles étaient contraintes de se prostituer et de verser quotidiennement une somme à la recruteuse qui les maintenait sous son emprise.

Les conditions de vie de ces victimes témoignaient de l’exploitation qu’elles subissaient. Elles étaient entassées dans des cabanes insalubres, installées sur un terrain loué pour 25 000 F CFA par mois. Les trafiquants y avaient construit cinq abris de seulement 2,25 m² chacun, qui servaient à la fois de logements et de lieux de prostitution. Dans cet environnement précaire, les dix jeunes Nigérianes vivaient dans une totale détresse, dépendant entièrement de leurs bourreaux qui se partageaient les recettes tirées de leur exploitation.

Le vendredi 5 décembre, aux environs de 7 heures, la SR de Kaolack, appuyée par l’escadron de surveillance et d’intervention de Sokone, a lancé une descente musclée sur les lieux. L’opération a permis l’interpellation de douze personnes : un Sénégalais et onze Nigérianes. La perquisition a mis au jour des éléments matériels accablants, dont un seau rempli de préservatifs et plusieurs carnets sanitaires, confirmant l’existence d’une activité de prostitution organisée.

L’enquête a établi que les deux principaux mis en cause avaient monté une véritable entreprise criminelle reposant sur la traite, le trafic de migrants et le proxénétisme. Au terme des investigations, tous les suspects ont été inculpés pour association de malfaiteurs, traite et trafic de personnes, séjour irrégulier, proxénétisme et racolage sur la voie publique.

Budget 2026 du Ministère de l’Intérieur : un investissement stratégique de 220 milliards FCFA pour la sécurité et la cohésion sociale

Le budget 2026 du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, arrêté à 222,2 milliards FCFA en autorisations d’engagement (AE) et 220 milliards FCFA en crédits de paiement (CP), est examiné ce mercredi 10 décembre 2025 en séance plénière à l’Assemblée nationale. Cette enveloppe substantielle traduit la volonté des autorités de consolider la sécurité intérieure, d’améliorer la gouvernance administrative et de renforcer la protection des populations dans un contexte marqué par de nouveaux défis sécuritaires et sociaux.

Le premier volet du budget porte sur le pilotage, la coordination et la gestion administrative. Le Programme 1003 bénéficie d’une dotation de 6,64 milliards FCFA en AE et 6,61 milliards FCFA en CP. L’essentiel de ces ressources est destiné à assurer la continuité institutionnelle du ministère, à travers des dépenses de personnel estimées à 1,52 milliard FCFA, des dépenses en biens et services de 1,88 milliard FCFA et des investissements publics de 3,21 milliards FCFA. Ce programme constitue le socle organisationnel de l’administration centrale, permettant le fonctionnement optimal des services et le pilotage stratégique des politiques publiques.

La sécurité publique demeure la priorité majeure du département, comme en témoigne la dotation record attribuée au Programme 2009. Ce dernier concentre 152,3 milliards FCFA en AE et 150,8 milliards FCFA en CP, faisant de lui le premier poste budgétaire du ministère. Cette enveloppe couvre notamment les dépenses de personnel, qui s’élèvent à 86,08 milliards FCFA, et l’achat de biens et services pour un montant de 13,4 milliards FCFA. Les transferts courants atteignent 13,68 milliards FCFA, confirmant l’ambition des autorités de renforcer les capacités humaines, techniques et logistiques des forces de sécurité. Dans un contexte marqué par des enjeux de criminalité, de gestion des risques et de prévention, cette allocation vise à garantir une présence sécuritaire renforcée sur tout le territoire.

Un troisième programme, également orienté vers la sécurité opérationnelle, bénéficie d’un financement de 27,4 milliards FCFA en AE et 15,6 milliards FCFA en CP. Ses ressources sont destinées au fonctionnement et à la modernisation des outils logistiques du ministère. Les dépenses de personnel y sont évaluées à 525,6 millions FCFA, tandis que les biens et services mobilisent 145,3 millions FCFA. Les transferts courants atteignent 1,9 milliard FCFA, alors que les investissements absorbent l’essentiel du budget avec 24,8 milliards FCFA en AE et 13,1 milliards FCFA en CP. Ce programme joue un rôle déterminant dans la rénovation des infrastructures, l’acquisition d’équipements modernes et l’amélioration de la réactivité des services de sécurité.

Au-delà de l’aspect sécuritaire, le ministère se voit confier une dimension sociale essentielle à travers le Programme 2130, consacré à la famille, à l’enfance et à la protection des groupes vulnérables. Doté de 104,28 milliards FCFA en AE et 104,18 milliards FCFA en CP, il matérialise la volonté gouvernementale de renforcer la solidarité nationale. Ce programme mobilise 2,54 milliards FCFA pour le personnel, 1,08 milliard FCFA pour les biens et services, et 41,4 milliards FCFA en transferts courants destinés au soutien des populations vulnérables. Les investissements y occupent une place importante, avec 24,04 milliards FCFA en AE et 23,95 milliards FCFA en CP, et visent notamment à améliorer les mécanismes de prise en charge sociale, moderniser les structures d’accueil et appuyer les initiatives de protection de l’enfance.

Dans son ensemble, le budget 2026 du Ministère de l’Intérieur s’inscrit dans une stratégie nationale articulée autour de deux priorités : la sécurisation du territoire et le renforcement de la cohésion sociale. Avec plus de 220 milliards FCFA mobilisés, le projet reflète la détermination des autorités à moderniser les services de l’État, professionnaliser les forces de sécurité, renforcer la résilience des populations et répondre efficacement aux défis contemporains. L’examen de ce budget par les députés revêt ainsi un enjeu majeur, tant pour la stabilité intérieure que pour le bien-être des citoyens.

Vol massif chez Aziz Business Company : une trahison interne qui secoue l’empire d’Aziz Ndiaye

Un scandale d’une ampleur exceptionnelle secoue Aziz Business Company (ABC), la société appartenant à l’homme d’affaires Aziz Ndiaye. D’après les révélations explosives du quotidien Libération, publiées ce mercredi, un détournement massif orchestré depuis l’intérieur même de l’entreprise a été mis au jour. Pas moins de 6 310 bouteilles d’huile « J’adore » de 20 litres ont disparu de l’entrepôt principal de Cambérène, causant un préjudice évalué à 101 425 000 francs CFA. L’affaire défraie la chronique, tant par le volume des pertes que par l’identité des présumés auteurs.

Selon Libération, les principaux suspects sont deux magasiniers, A. Cissé et K. Mbaye, épaulés par un homme dont le rôle suscite stupeur et indignation : M. Lô, ancien directeur commercial d’ABC, décrit comme un « ami de longue date » d’Aziz Ndiaye. Cette dimension personnelle donne à l’affaire un relief particulier, celui d’une trahison surgissant du cœur même du cercle de confiance du patron d’ABC.

Tout commence lorsque Aziz Ndiaye remarque des incohérences dans la gestion des stocks. Soupçonneux, il ordonne immédiatement un inventaire complet. Ce contrôle révèle alors un système de détournement méticuleusement conçu, répétitif et parfaitement structuré, au point d’être qualifié de « mafia interne » par Libération. Face à l’ampleur du manque constaté, l’homme d’affaires saisit la Section de recherches de Dakar, déclenchant une enquête qui ne tardera pas à faire tomber les masques.

Le premier à être interpellé est A. Cissé. Confronté aux preuves, il finit par passer aux aveux. Il explique avoir régulièrement remis les quantités détournées à M. Lô, présenté comme le véritable cerveau de l’opération. Selon le journal, ce dernier aurait profité de la période du Gamou de Tivaouane — une période durant laquelle Aziz Ndiaye était fortement mobilisé pour les besoins religieux de cet événement — pour exécuter son plan à grande échelle. Lorsque les enquêteurs arrêtent ensuite le second magasinier, K. Mbaye, celui-ci confirme à son tour les faits, reconnaissant l’existence du trafic de grande ampleur.

L’étau se resserre finalement autour de M. Lô, qui est arrêté peu après. Lors de son interrogatoire, rapporte Libération, il reconnaît l’existence du détournement mais tente de minimiser son rôle, affirmant avoir volé « seulement » 6 050 bouteilles, un chiffre légèrement inférieur à celui avancé par l’inventaire officiel. Malgré cette tentative d’atténuation, son implication ne fait aucun doute pour les enquêteurs.

Face aux dégâts financiers subis, une médiation pénale est finalement mise en place, avec l’accord d’Aziz Ndiaye. Toujours selon Libération, M. Lô a déjà restitué 40 millions de francs CFA en liquide, auxquels s’ajoute une voiture estimée à 18 millions. Ce remboursement de 58 millions représente un peu plus de la moitié du préjudice total causé à l’entreprise. Si cette restitution allège partiellement les pertes, elle n’efface ni la violence morale de la trahison, ni la sophistication du système de détournement qui a permis de siphonner l’un des produits les plus stratégiques d’ABC.

Affaire des 125 milliards : Farba Ngom enfin convoqué pour une audition décisive après neuf mois de détention

Alors que le dossier paraissait enlisé depuis plusieurs mois, une nouvelle phase cruciale s’ouvre pour le député-maire d’Agnam. Selon Les Échos, Farba Ngom est convoqué le lundi 15 décembre devant le juge d’instruction du Pool judiciaire financier pour une audition au fond dans l’affaire des 125 milliards de francs CFA. Il s’agit de la première occasion, depuis son inculpation et son placement sous mandat de dépôt le 27 février, pour l’ancien proche du pouvoir de livrer sa version des faits et de se défendre face aux accusations qui pèsent sur lui. Pour ses avocats, cette étape pourrait ouvrir la voie à la possibilité d’un cautionnement suivi d’une éventuelle mainlevée du mandat de dépôt.

Cette convocation intervient après une longue période de silence procédural. Durant plus de neuf mois, le député-maire est resté en détention provisoire sans être interrogé sur le fond du dossier. Une situation qui suscitait, selon Les Échos, incompréhensions et frustrations dans son entourage, d’autant plus que l’ensemble des autres personnes citées dans cette affaire avaient déjà été entendues par le magistrat instructeur. Le juge semble avoir privilégié une stratégie consistant à clore les auditions périphériques avant d’interroger les deux principales figures du dossier : Farba Ngom et l’homme d’affaires Tahirou Sarr. Tous deux apparaissent dans le rapport de la CENTIF, qui les présente comme des acteurs centraux d’un système présumé d’escroquerie portant sur des deniers publics, avec d’éventuels faits de blanchiment d’argent. Une affaire gigantesque, portant sur un montant faramineux de 125 milliards de francs CFA, et qui continue de nourrir interrogations et débats dans les sphères judiciaires comme politiques.

À quelques jours de l’audition annoncée, une question capitale demeure : Farba Ngom sera-t-il en mesure, physiquement, d’y assister ? Les Échos rappelle que plusieurs expertises médicales, réalisées par des professeurs de médecine, ont conclu à l’« incompatibilité » de son état de santé avec la détention en milieu carcéral. Malgré ces avis médicaux jugés préoccupants, le ministère public n’a pas donné suite aux demandes de mainlevée du mandat de dépôt formulées par sa défense. La Chambre d’accusation avait pourtant ordonné une assignation à résidence, mais cette décision a été immédiatement contestée par le Parquet général devant la Cour suprême, prolongeant encore l’incertitude autour de la situation judiciaire de l’édile d’Agnam.

Ses avocats restent prudents quant à sa capacité physique à supporter une audition longue et potentiellement éprouvante. Ils limitent leurs déclarations publiques, mais dans l’entourage du maire, l’inquiétude grandit à mesure que s’approche le 15 décembre. Si l’audition se tient comme prévu, elle pourrait constituer un tournant majeur dans une affaire aussi sensible que tentaculaire, où s’entremêlent enjeux judiciaires, considérations politiques et interrogations sur la santé d’un homme au centre d’un des plus importants dossiers financiers de ces dernières années au Sénégal.

Gestion des indemnisations : Mbaye Dione interpelle vigoureusement le ministre Maïmouna Dieye à l’Assemblée nationale

Lors de l’examen du budget du ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, le député Mbaye Dione a vivement interpellé la ministre Maïmouna Dieye sur la gestion des indemnisations destinées aux victimes des événements survenus entre 2021 et 2024. Son intervention, marquée par un ton ferme, a mis en lumière de nombreuses zones d’ombre dans la répartition de ces fonds publics, estimés à près de 8 milliards de francs CFA.

Selon le parlementaire, la ministre n’aurait pas dû procéder à la distribution de ces indemnisations avant que la justice ne statue clairement sur les responsabilités liées aux violences de ces années. Pour Mbaye Dione, cette démarche pourrait exposer la ministre à des conséquences institutionnelles : « Je ne vous souhaite que du bien, mais demain, si la Cour des comptes vous demande des explications, vous n’en aurez pas… », a-t-il déclaré, soulignant un risque de gestion irrégulière des deniers publics.

Le député a également mis en cause l’efficacité du processus de distribution, en affirmant que de nombreuses victimes n’avaient toujours pas reçu les montants qui leur étaient destinés. Cette situation, selon lui, traduit un dysfonctionnement profond au sein de l’administration en charge de ces allocations. Il a ainsi exigé que la ministre fournisse des éclaircissements précis sur l’affectation et l’utilisation réelle des 8 milliards destinés aux sinistrés.

Au-delà des indemnisations liées aux violences, Mbaye Dione a dénoncé les retards prolongés dans le versement des bourses de sécurité familiale, censées soutenir les familles vulnérables. Plusieurs ménages, a-t-il rappelé, sont restés pendant des mois sans percevoir cette aide essentielle. Pour le député, ces lenteurs administratives, qu’il qualifie d’« insanités » dans la gestion des fonds publics, aggravent la précarité des populations les plus fragiles.

En conclusion, Mbaye Dione a exhorté la ministre Maïmouna Dieye à entreprendre des actions concrètes et immédiates pour mettre fin aux dysfonctionnements constatés. Il a insisté sur la nécessité de restaurer la transparence et l’équité dans la gestion des fonds sociaux, afin que les victimes des violences et les familles en difficulté puissent enfin bénéficier des aides auxquelles elles ont droit.

Thierno Alassane Sall alerte sur la montée des tensions : « La paix sociale ne se construit pas à coups de matraque »

La crise sociale qui secoue une partie du milieu étudiant continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique. Thierno Alassane Sall, député et ancien ministre, a tiré la sonnette d’alarme après avoir rencontré, selon ses propres termes, plusieurs étudiants « à bout », profondément marqués par les récentes répressions policières.

Dans un témoignage particulièrement grave, l’ancien candidat à la présidentielle raconte avoir reçu, pendant deux jours consécutifs, des étudiants venus partager leurs expériences et leur détresse. Il affirme avoir constaté de visu la gravité des violences auxquelles ils disent avoir été confrontés. L’un d’entre eux, confie-t-il, portait encore les traces d’une blessure au ventre, causée par un tir à blanc qui aurait été effectué à bout portant. L’étudiant, encore sous le choc, aurait été atteint alors qu’il quittait simplement sa chambre, sans participer à aucune manifestation.

Un autre jeune rencontré par Thierno Alassane Sall se retrouvait avec le bras immobilisé dans un plâtre, conséquence, selon ses propos, d’une intervention brutale des forces de l’ordre. Ces scènes, qui se répéteraient depuis plusieurs jours, nourrissent un climat d’angoisse et de révolte dans les campus universitaires.

Face à ces événements, le député dénonce fermement l’attitude du régime en place. Pour lui, les violences policières ne peuvent en aucun cas constituer une réponse légitime aux revendications des étudiants. Il insiste sur la nécessité de promouvoir des modes de contestation pacifiques, tout en reconnaissant que les jeunes qu’il a rencontrés se trouvent dans un état de lassitude et d’exaspération avancé.

Thierno Alassane Sall appelle ainsi les autorités à une prise de conscience urgente. À ses yeux, le rôle d’un gouvernement ne se limite pas à maintenir l’ordre par la force, mais consiste surtout à garantir le respect des droits, à écouter les préoccupations et à instaurer un véritable dialogue. « La paix sociale ne se construit pas à coups de matraque », affirme-t-il avec gravité, rappelant que la stabilité durable repose avant tout sur la justice et sur la préservation des acquis démocratiques.

Bougar Diouf (UPS) répond à la convocation et annonce une contre-attaque judiciaire contre Abass Fall

Suite à une plainte déposée par le Maire de Dakar, Monsieur Abass Fall, concernant un article publié dans la presse par notre parti, j’ai reçu une convocation téléphonique de la Sûreté urbaine pour demain à 10 heures.

C’est dû à un article de notre parti UPS publié depuis le 12 novembre 2025 et partagé avec la presse, sur les réseaux sociaux et sur ma page Facebook, quand Abass Fall attaquait le Dr Abdourakhmane DIOUF.

On pris part pour défendre le frère de Awalé. C’est lui qui a attaqué A.S en premier et on réplique. S’il était brave, il allait se battre mais pas fuir le combat et aller se réfugier entre les mains de Dame justice.

Je tiens à préciser que l’article en question relève exclusivement de la communication officielle du parti politique légalement constitué Union des Panafricains Sénégalais (UPS).

En conséquence, je déposerai également plainte contre Monsieur Abass Fall pour :

action juridique abusive fondée sur un article émanant d’un parti politique légalement constitué ;

mise en cause individuelle injustifiée d’un document relevant d’une entité politique reconnue ;

imputation d’identité erronée ;

et dénonciation inexacte dirigée à mon encontre.

M. Président Mr Bougar DIOUF Officiel
Union des Panafricanistes Sénégalais UPS

Protestation à la RTS : les agents du Synpics prévoient un brassard rouge ce mercredi

Ce mercredi 10 décembre, un vent de contestation soufflera sur les couloirs de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS). Les agents, regroupés au sein du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), ont annoncé qu’ils porteront un brassard rouge pour exprimer leur mécontentement face à la gestion actuelle de la direction générale. Ce geste symbolique marque une étape supplémentaire dans une mobilisation qui, selon eux, découle d’un long silence de la hiérarchie face à des préoccupations pourtant jugées urgentes et légitimes.

Au cœur de leur colère se trouve la question de la revalorisation salariale. Les travailleurs dénoncent la lenteur dans la finalisation et la signature de l’accord d’entreprise, censé encadrer une nouvelle grille de rémunération plus conforme aux exigences de leur métier et au coût de la vie. Pour les membres du Synpics, l’attente a trop duré, et l’absence d’avancées concrètes traduit un manque de considération pour les efforts fournis quotidiennement par les agents de la RTS.

Un autre point de tension concerne la situation des agents récemment suspendus. Le syndicat réclame leur réintégration immédiate, estimant que les procédures ayant conduit à ces suspensions manquent de transparence et d’équité. La direction, de son côté, n’a pour l’instant donné aucun signal d’ouverture sur ce dossier, ce qui contribue à alimenter les frustrations internes.

Les conditions de travail figurent également parmi les doléances prioritaires. La fermeture des restaurants internes, qui constitue pour de nombreux agents un manque à gagner logistique et financier, est désormais un symbole de la détérioration du climat social au sein de l’entreprise. Les employés demandent la réouverture immédiate de ces espaces afin de rétablir un minimum de confort dans leur quotidien professionnel.

À ces revendications s’ajoute une exigence de transparence concernant la gestion des ressources foncières. Les agents réclament la publication intégrale des listes de bénéficiaires des parcelles situées à Diamniadio et à Mbour 4, attribuées dans le cadre de programmes d’accès au logement. Pour le Synpics, rendre publiques ces informations est un devoir de bonne gouvernance, nécessaire pour dissiper tout soupçon de favoritisme ou de traitement inéquitable.

Crise de confiance au sommet de l’État : la démission avortée de Cheikh Diba, révélée par Jeune Afrique

Selon des informations publiées par Jeune Afrique, le ministre sénégalais des Finances et du Budget, Cheikh Diba, aurait failli quitter le gouvernement plusieurs mois plus tôt. L’affaire, tenue jusqu’ici dans la plus grande discrétion, met en lumière des tensions internes autour de la gestion de la dette publique et de la volonté affichée du Premier ministre, Ousmane Sonko, de rendre transparente la situation réelle des finances nationales.

D’après les révélations du média panafricain, Cheikh Diba aurait présenté sa démission à Ousmane Sonko après avoir appris l’intention de ce dernier de rendre public le premier rapport de l’Inspection générale des finances (IGF). Ce document, extrêmement sensible, révèle notamment des informations sur ce que le chef du gouvernement a appelé la « dette cachée ». La mise à disposition de ce rapport au public risquait, selon Cheikh Diba, de provoquer de fortes secousses économiques et politiques, compte tenu de ses implications sur la gouvernance financière des dernières années.

La situation aurait finalement été désamorcée par l’intervention du président Bassirou Diomaye Faye. Très proche du ministre des Finances, le chef de l’État serait personnellement intervenu pour convaincre son collaborateur de rester au sein de l’équipe gouvernementale. Ousmane Sonko, de son côté, aurait catégoriquement refusé la démission de Cheikh Diba, estimant nécessaire de maintenir un équilibre au sommet de l’appareil économique de l’État.

Cette controverse intervient dans un contexte où le passé professionnel de Cheikh Diba revient au centre des débats. L’homme, bien qu’aujourd’hui membre de Pastef, a longtemps occupé des fonctions stratégiques sous l’administration de Macky Sall. Il fut notamment conseiller technique chargé du suivi des grands projets du Plan Sénégal Émergent (PSE) en 2015, sous la tutelle du ministre des Finances de l’époque, Amadou Ba. Par la suite, il a été nommé coordonnateur du programme économique et financier conclu avec le FMI, avant d’être promu directeur du Budget, toujours sous l’ancien régime.

Pour certains observateurs, ce parcours au cœur des rouages de l’État pourrait expliquer certaines réticences face à une mise à nu de la gestion financière passée. Jeune Afrique rapporte que plusieurs sources accusent aujourd’hui Cheikh Diba, ainsi que d’autres acteurs en poste sous Macky Sall, de freiner délibérément les négociations en cours avec le FMI. Ces blocages seraient liés, selon eux, aux révélations sur la dette cachée, un sujet particulièrement sensible qui mettrait en cause des responsables encore présents au sein de l’administration actuelle.

Une source sénégalaise citée par le journal confie que la dette cachée révélée récemment par Ousmane Sonko était déjà connue de certains cadres du régime précédent, dont Cheikh Diba. Ce dernier, en tant que haut fonctionnaire ayant participé à la conception et au pilotage de plusieurs mécanismes budgétaires sous Macky Sall, se retrouverait ainsi au cœur d’un dossier où passé et présent se chevauchent dangereusement.

Cette affaire soulève de nombreuses interrogations sur la profondeur des réformes financières entreprises par les nouvelles autorités, ainsi que sur la capacité du gouvernement à mener une politique de transparence totale sans provoquer des résistances internes. Elle révèle également les tensions inhérentes à la coexistence, dans l’appareil d’État, de personnalités issues d’horizons politiques différents et porteurs d’intérêts parfois divergents.

139 blessés après la violente bataille liée à la grève des étudiants en Master

La journée de mercredi dernier a été marquée par de violents affrontements entre étudiants en Master, mobilisés pour réclamer le paiement de leurs bourses, et les forces de l’ordre déployées pour contenir la manifestation. Le bilan, particulièrement lourd, fait état de 139 blessés, parmi lesquels figurent 56 femmes et 83 hommes. Malgré l’intensité des heurts, aucune perte en vie humaine n’a été signalée, selon les informations recueillies auprès de sources médicales et hospitalières mobilisées durant la crise.

Ce chiffre élevé témoigne de l’ampleur des violences qui ont éclaté sur le campus et ses environs. Les blessés présentent une grande diversité de traumatismes, reflétant la brutalité des échanges. Une partie significative des étudiants a souffert de manifestations anxieuses entraînant des crises de panique, des malaises et d’autres symptômes liés au stress provoqué par la situation tendue et la peur généralisée. À cela s’ajoutent de nombreuses plaies cutanées allant des simples éraflures et égratignures aux brûlures superficielles, en passant par des plaies plus profondes nécessitant des sutures.

Les structures d’urgence ont également pris en charge plusieurs cas de traumatismes des membres, conséquence directe des bousculades, des projectiles et parfois des charges policières. Contusions multiples, entorses, fractures — notamment au niveau des mains — ainsi que des luxations d’épaule ont été recensées parmi les blessés. Les médecins de garde ont dû multiplier les interventions afin de stabiliser les cas les plus sérieux avant un éventuel transfert vers des services spécialisés.

Les gaz lacrymogènes massivement utilisés par les forces de l’ordre ont, eux aussi, laissé leurs traces. Plusieurs étudiants ont souffert d’irritations cutanées, d’importantes brûlures au niveau des yeux et d’irritations respiratoires. Les cas de dyspnée — difficulté à respirer — ont été nombreux, tout comme les crises d’asthme déclenchées par l’exposition prolongée aux émanations chimiques. Les équipes médicales ont dû administrer de l’oxygène et des traitements d’urgence afin de soulager les plus sévèrement touchés.

Enfin, des traumatismes crâniens ont également été enregistrés. La majorité d’entre eux ont été classés sans signe de gravité immédiate, mais certains blessés ont dû être dirigés vers des services de radiologie ou orientés pour un suivi spécialisé, par mesure de précaution.

Projet de budget 2026 du MUCTAT : enjeux, priorités et débats autour d’une réforme territoriale ambitieuse

Le projet de budget 2026 du Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires (MUCTAT) a été soumis à un examen approfondi lors de la séance du 17 novembre 2025. Présenté devant la Commission des Finances et les commissions élargies de l’Assemblée nationale, ce budget s’élève à 270,8 milliards FCFA en autorisations d’engagement et 250,8 milliards FCFA en crédits de paiement. Cette enveloppe importante doit permettre de répondre à des défis majeurs touchant aussi bien l’aménagement urbain et rural que la gouvernance territoriale, le logement et le développement local.

Le budget se déploie autour de cinq programmes stratégiques qui structurent l’action du ministère durant l’année 2026. Le pilotage et la gestion administrative bénéficient d’une dotation de 4,7 milliards FCFA, tandis que l’aménagement et le développement des zones urbaines et rurales se voient allouer 107,9 milliards FCFA. La gouvernance territoriale est dotée de 4,5 milliards FCFA, un montant jugé modeste au regard des enjeux. Le financement du développement territorial constitue le plus important poste budgétaire avec près de 124,8 milliards FCFA, traduisant la volonté de l’État de renforcer l’autonomie et les capacités des collectivités locales. Enfin, le domaine du logement, de la construction et du cadre de vie reçoit 28,7 milliards FCFA pour soutenir les politiques d’habitat et les interventions liées à l’amélioration des conditions de vie.

Lors des débats, les députés ont exprimé une série de préoccupations majeures, souvent liées aux difficultés observées dans les territoires. La question de l’urbanisme a particulièrement retenu l’attention. Plusieurs élus ont dénoncé les lenteurs récurrentes dans la délivrance des autorisations de construire, les morcellements irréguliers parfois orchestrés avec la complicité d’élus ou d’agents de l’État, ainsi que les effondrements répétés d’immeubles à Dakar et à Touba. Des occupations anarchiques de terrains, notamment dans la zone de Keur Massar, ont également été soulignées. Les parlementaires ont plaidé pour un renforcement significatif de la Direction générale du Contrôle des Sols (DGSCOS) et de l’Inspection générale des Bâtiments, afin d’éviter de nouveaux drames et de restaurer une meilleure discipline urbaine.

La question du logement social a également suscité de nombreuses interrogations. Les députés ont demandé davantage de transparence dans les critères d’attribution et manifesté le souhait de voir appliqué un quota de 50 % des terrains au profit de la SN-HLM et de la SICAP SA. Ils ont aussi insisté sur la nécessité de rendre opérationnel un Numéro Vert dédié aux préoccupations citoyennes et de mieux prendre en compte la demande en logements dans les zones rurales. Certains dossiers sensibles ont été remis sur la table, comme les souscriptions non satisfaites depuis 2005 ou encore les retards accumulés dans le projet des 100 000 logements. Les difficultés rencontrées par les Sénégalais de la diaspora, souvent mal informés ou insuffisamment accompagnés, ont été soulignées avec insistance.

Les litiges fonciers, problématiques persistantes dans de nombreuses localités, ont occupé une part importante des échanges. Des conflits de délimitation ont été mentionnés dans des zones comme Diama, Thiénaba, Fandène ou Ndiaffate. La situation de Ndingler, régulièrement citée comme symbole des spoliations foncières, a été évoquée, tout comme la gestion parfois chaotique des réserves foncières à Mpal–Médina Nguinte. Des pratiques frauduleuses constatées dans certains lotissements ont convaincu les députés de rappeler l’urgence d’une réforme foncière profonde, annoncée dans le cadre de l’Acte 4 de la décentralisation.

La gouvernance territoriale a donné lieu à un autre bloc de discussions nourries. Les élus ont interpellé le Ministre sur l’avenir des Pôles-Territoires, sur la viabilité de certaines communes issues de découpages qu’ils jugent politisés, ainsi que sur la nécessité d’un véritable statut de l’élu local pour mieux encadrer les responsabilités et obligations des acteurs territoriaux. Ils ont également dénoncé les lenteurs constatées dans l’exercice du contrôle de légalité et demandé une accélération de la modernisation de l’état civil. En réponse, le ministre Moussa Bala Fofana a annoncé qu’un projet de loi dédié aux Pôles-Territoires sera présenté prochainement, parallèlement à une réforme globale de l’Acte 4 visant à corriger les incohérences territoriales héritées des précédents découpages administratifs.

Les problématiques liées au cadre de vie et à l’aménagement du territoire ont aussi occupé une place importante dans les échanges. Les députés ont alerté sur les difficultés persistantes de gestion des déchets dans des zones telles que Touba Toul, Niaguis ou Oussouye, et sur l’urgence de réhabiliter certaines routes secondaires. Ils ont demandé des clarifications concernant les limites territoriales de Keur Massar et souligné les risques environnementaux liés à l’évolution de l’embouchure dans certaines zones de pêche. Les inondations récurrentes, liées selon eux à des plans d’urbanisme insuffisamment maîtrisés, ont suscité de vives préoccupations. Certains élus ont également évoqué la création supposée d’une nouvelle décharge entre Somone et Ngaparou, réclamant davantage de transparence et de concertation.

La modernisation des cités religieuses a également été débattue. Tout en saluant les efforts engagés par l’État, les députés ont jugé insuffisante la dotation de 987 millions FCFA affectée au Programme National d’Aménagement des Villes Religieuses. Ils ont appelé à un soutien renforcé pour des localités historiques telles que Mpal, Darou Salam, Ndande, Bounkiling et plusieurs villes religieuses de la Casamance.

Face à l’ensemble de ces interpellations, le ministre Moussa Bala Fofana a apporté plusieurs clarifications. Il a assuré que les incohérences territoriales héritées des anciennes réformes seront résolues dans le cadre de l’Acte 4. Les Pôles-Territoires seront, selon lui, dotés de schémas territoriaux contraignants pour mieux encadrer les dynamiques de développement. Il a également annoncé la mise en place d’une plateforme nationale d’accès au logement (PNALRU), conçue pour être accessible à tous les Sénégalais, y compris ceux établis à l’étranger. Concernant l’état civil, il a révélé que plus de 20 millions de pièces ont déjà été indexées dans le cadre du programme NEKKAL, attestant d’une avancée significative. Il a par ailleurs indiqué que l’audit du programme des 100 000 logements était en cours sous la supervision de la Cour des comptes. Enfin, il a signalé une réorganisation prochaine des fonds transférés aux collectivités afin d’améliorer leur efficacité et leur transparence.

Le Ministre des Finances, Cheikh Diba, est quant à lui intervenu pour clarifier la situation budgétaire. Contrairement à une impression de baisse, le périmètre élargi du ministère en 2026 correspond en réalité à une augmentation réelle de 34,3 milliards FCFA par rapport à l’exercice 2025.

Felwine Sarr débouté de sa plainte pour diffamation contre l’écrivaine Fatoumata Sissi Ngom

Au 10 novembre 2025, le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict dans l’affaire opposant l’écrivain et économiste Felwine Sarr à l’écrivaine Fatoumata Sissi Ngom. La juridiction a acquitté l’autrice du roman Le Silence du totem des accusations de diffamation liées au plagiat présumé de son manuscrit et à l’usurpation de son travail sur la restitution des œuvres d’art africain.

Le tribunal a estimé que les accusations formulées par Fatoumata Sissi Ngom étaient suffisamment étayées ou relevaient de la bonne foi. Cette décision intervient dans un contexte marqué par des interrogations persistantes autour de l’intégrité et de la propriété intellectuelle de l’autrice.

En décembre 2017, Fatoumata Sissi Ngom avait transmis son manuscrit Le Silence du totem à Felwine Sarr pour lecture, en sa qualité d’éditeur. L’ouvrage traite de la restitution des œuvres d’art africain. Par la suite, plusieurs événements troublants et documentés ont été relevés :

auto-désignation de Felwine Sarr comme représentant de l’Afrique auprès de l’Élysée dans ce débat ; brève citation du roman dans le rapport Sarr-Savoy (novembre 2018) ; intervention de l’association Alter Natives au lycée de Mboro début 2019 — l’ancien établissement de l’autrice — dans le cadre d’un projet appuyant le rapport Sarr-Savoy, l’empêchant de réaliser son propre programme ; adaptation détournée et non créditée du roman par des collégiens français dans le film Les statues vivent aussi (2021-2022), supervisé par Emmanuelle Cadet, et projeté au FESPACO sans le consentement ni la mention de l’autrice.

Le tribunal a donc débouté Felwine Sarr de ses accusations de diffamation concernant le plagiat et l’usurpation, reconnaissant ainsi la légitimité des préoccupations exprimées par Fatoumata Sissi Ngom.

Pour rappel, Le Silence du totem avait été sélectionné en juillet 2025, en pleine procédure judiciaire, par le Ministère de l’Éducation nationale du Sénégal pour la dictée de l’examen national du BFEM.

Rappel des faits

En avril 2023, Fatoumata Sissi Ngom avait envoyé un courrier électronique à l’élite intellectuelle africaine, à des autorités et à des journalistes, dans lequel elle accusait Felwine Sarr :

d’avoir plagié le manuscrit de Le Silence du totem transmis en décembre 2017 et d’avoir commis un « viol » intellectuel ; de s’être auto-désigné comme représentant de l’Afrique auprès de l’Élysée — contrairement à la version officielle qui évoque un appel d’Emmanuel Macron. Felwine Sarr lui-même déclarait : « Je me suis auto-désigné représentant de l’Afrique en me disant que mon rôle était de faire valoir nos points de vue. » d’avoir orchestré, avec Emmanuelle Cadet, présidente de l’association Alter Natives, un projet dans son ancien lycée à Mboro dans le but de l’invisibiliser.

Ce projet, financé par Open Society Foundations et par des fonds publics français, portait sur la « resocialisation des objets », un thème central du roman de Fatoumata Sissi Ngom.

En mai 2023, Felwine Sarr avait déposé plainte pour diffamation (sur les volets plagiat et viol) et pour injures, affirmant que ses échanges avec l’autrice avaient été brefs, strictement professionnels, et qu’il s’était engagé à l’aider pour son second roman.

Une condamnation mineure pour injures avec sursis

Fatoumata Sissi Ngom a été reconnue coupable d’injures pour certains qualificatifs ayant dépassé leur intention initiale. Cette infraction, distincte de la diffamation, sanctionne uniquement la forme employée sans remettre en cause le fond des accusations.

Un débat éthique au-delà de la justice

Au-delà du volet judiciaire, cette affaire soulève des enjeux plus larges :

la propriété intellectuelle ; la légitimité de la représentation de l’Afrique dans les débats internationaux ; la place et la voix des femmes africaines dans la production intellectuelle ; la persistance de la monopolisation des espaces liés aux problématiques africaines par des personnes blanches ; les pratiques spirituelles et chamaniques dans certains milieux intellectuels africains — un sujet peu discuté.

Felwine Sarr avait lui-même évoqué publiquement des pratiques de « décorporation » dans une émission sur RFI en mars 2022.

L’acquittement de Fatoumata Sissi Ngom sur la diffamation lave ainsi son honneur et confirme son droit, comme celui de tout auteur ou autrice, à la reconnaissance de la paternité de son œuvre.

Une page qui se tourne

Fatoumata Sissi Ngom referme ce chapitre avec sérénité, en remerciant ses lecteurs, partenaires et amis pour leur soutien constant durant ces années de dénonciation et de procédure.

Elle conclut :

« Je continuerai d’écrire, de défendre la dignité des œuvres africaines et la souveraineté culturelle de notre continent… »

Tensions à l’UCAD : un dîner décisif entre étudiants et rectorat chez le Khalife de Bambilor

Face aux tensions persistantes dans l’espace universitaire, le khalife général de Bambilor a réuni, lundi soir, dans sa résidence de Dakar, des représentants des étudiants et du rectorat de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) autour d’un dîner de dialogue destiné à apaiser le climat social.

Lors de son intervention, le guide religieux est largement revenu sur le contexte marqué par les grèves qui paralysent plusieurs universités du pays, dont l’UCAD. Il a salué la décision des étudiants de suspendre leurs actions pendant 48 heures, y voyant un signe d’ouverture et de responsabilité. Il a rappelé les efforts de médiation déjà engagés, tout en exhortant les différents acteurs à poursuivre les discussions.

Soulignant l’importance de cette rencontre qui a rassemblé étudiants, représentants du rectorat, dignitaires religieux musulmans et chrétiens, ainsi que des députés impliqués dans la question des bourses, Thierno Amadou Ba a appelé à « avancer ensemble dans le dialogue » afin de préserver les intérêts de l’université et de ses apprenants.

« Je voudrais féliciter les étudiants pour leur attitude responsable et encourager la condamnation systématique de tout acte de violence. La non-violence protège l’université, l’État et surtout les étudiants », a déclaré le khalife, insistant sur les risques d’infiltrations susceptibles de provoquer des débordements. Il a également rappelé que les lenteurs administratives figurent parmi les principales revendications des étudiants, notamment l’impossibilité de tenir les examens de rattrapage.

Évoquant une possible réorganisation du calendrier académique, il a proposé un report des examens jusqu’en 2026 pour valider l’année 2024-2025. « Il serait souhaitable de permettre la tenue des rattrapages, même si les cours restent suspendus. Bloquer ces examens irait à l’encontre des revendications étudiantes », a-t-il souligné.

Reconnaissant les préjudices subis de part et d’autre, le guide religieux a demandé aux étudiants de préserver certaines infrastructures afin d’éviter de pénaliser les populations non concernées par le conflit. Il a également insisté sur la nécessité d’une médiation durable, au-delà de cette rencontre.

« Je vous considère comme mes enfants. Vous avez l’occasion de marquer l’histoire par votre sens de la responsabilité et la préservation du bien commun. Nous allons poursuivre les échanges pour avancer vers des solutions durables », a-t-il conclu.

Les représentants des différentes confréries religieuses ont, tour à tour, remercié le khalife pour cette initiative, tout en appelant les autorités à satisfaire les doléances des étudiants.

Au nom du rectorat, le professeur Moustapha Sall a salué une démarche « ingénieuse », estimant que ce type de cadre favorise un dialogue plus ouvert que les réunions classiques.

« L’UCAD traverse une période charnière. Nous devons rattraper ce qui peut l’être et normaliser le calendrier universitaire. La médiation du khalife arrive au bon moment. Comme nous l’avons dit, lors des négociations classiques, chaque partie reste un peu figée dans ses positions. Ce type de cadre est idéal pour faire avancer les choses. Et nous, en tant qu’Université Cheikh Anta Diop, la plus affectée par la crise, ne pouvons que nous réjouir de cette initiative. L’UCAD, dans son essence, c’est l’enseignement et la recherche dans la paix. Toute médiation est donc la bienvenue pour permettre le retour au calme, le retour des étudiants dans les amphithéâtres et le rattrapage de ce qui peut l’être », a-t-il déclaré.

Les représentants des étudiants, pour leur part, ont exprimé leur gratitude et demandé à l’administration de faire preuve de compréhension et de flexibilité. Convaincus que l’intervention du chef de l’État est indispensable pour dénouer la crise, ils ont sollicité son arbitrage. Ils se sont dits prêts à poursuivre le dialogue et à consentir des concessions pour sauver l’année universitaire.

Aly Saleh

Tensions à l’UCAD : un dîner décisif entre étudiants et rectorat chez le Khalife de Bambilor

Face aux tensions persistantes dans l’espace universitaire, le khalife général de Bambilor a réuni, lundi soir, dans sa résidence de Dakar, des représentants des étudiants et du rectorat de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) autour d’un dîner de dialogue destiné à apaiser le climat social.

Lors de son intervention, le guide religieux est largement revenu sur le contexte marqué par les grèves qui paralysent plusieurs universités du pays, dont l’UCAD. Il a salué la décision des étudiants de suspendre leurs actions pendant 48 heures, y voyant un signe d’ouverture et de responsabilité. Il a rappelé les efforts de médiation déjà engagés, tout en exhortant les différents acteurs à poursuivre les discussions.

Soulignant l’importance de cette rencontre qui a rassemblé étudiants, représentants du rectorat, dignitaires religieux musulmans et chrétiens, ainsi que des députés impliqués dans la question des bourses, Thierno Amadou Ba a appelé à « avancer ensemble dans le dialogue » afin de préserver les intérêts de l’université et de ses apprenants.

« Je voudrais féliciter les étudiants pour leur attitude responsable et encourager la condamnation systématique de tout acte de violence. La non-violence protège l’université, l’État et surtout les étudiants », a déclaré le khalife, insistant sur les risques d’infiltrations susceptibles de provoquer des débordements. Il a également rappelé que les lenteurs administratives figurent parmi les principales revendications des étudiants, notamment l’impossibilité de tenir les examens de rattrapage.

Évoquant une possible réorganisation du calendrier académique, il a proposé un report des examens jusqu’en 2026 pour valider l’année 2024-2025. « Il serait souhaitable de permettre la tenue des rattrapages, même si les cours restent suspendus. Bloquer ces examens irait à l’encontre des revendications étudiantes », a-t-il souligné.

Reconnaissant les préjudices subis de part et d’autre, le guide religieux a demandé aux étudiants de préserver certaines infrastructures afin d’éviter de pénaliser les populations non concernées par le conflit. Il a également insisté sur la nécessité d’une médiation durable, au-delà de cette rencontre.

« Je vous considère comme mes enfants. Vous avez l’occasion de marquer l’histoire par votre sens de la responsabilité et la préservation du bien commun. Nous allons poursuivre les échanges pour avancer vers des solutions durables », a-t-il conclu.

Les représentants des différentes confréries religieuses ont, tour à tour, remercié le khalife pour cette initiative, tout en appelant les autorités à satisfaire les doléances des étudiants.

Au nom du rectorat, le professeur Moustapha Sall a salué une démarche « ingénieuse », estimant que ce type de cadre favorise un dialogue plus ouvert que les réunions classiques.

« L’UCAD traverse une période charnière. Nous devons rattraper ce qui peut l’être et normaliser le calendrier universitaire. La médiation du khalife arrive au bon moment. Comme nous l’avons dit, lors des négociations classiques, chaque partie reste un peu figée dans ses positions. Ce type de cadre est idéal pour faire avancer les choses. Et nous, en tant qu’Université Cheikh Anta Diop, la plus affectée par la crise, ne pouvons que nous réjouir de cette initiative. L’UCAD, dans son essence, c’est l’enseignement et la recherche dans la paix. Toute médiation est donc la bienvenue pour permettre le retour au calme, le retour des étudiants dans les amphithéâtres et le rattrapage de ce qui peut l’être », a-t-il déclaré.

Les représentants des étudiants, pour leur part, ont exprimé leur gratitude et demandé à l’administration de faire preuve de compréhension et de flexibilité. Convaincus que l’intervention du chef de l’État est indispensable pour dénouer la crise, ils ont sollicité son arbitrage. Ils se sont dits prêts à poursuivre le dialogue et à consentir des concessions pour sauver l’année universitaire.

Aly Saleh

Le monde de la lutte sénégalaise en deuil : disparition de Coumba Baldé, mère du lutteur Pokola

Le monde de la lutte sénégalaise est frappé par une triste nouvelle. Coumba Baldé, mère du lutteur Pokola, est décédée ce matin, selon des sources proches de la famille. L’annonce de sa disparition a aussitôt provoqué une vive émotion dans l’arène, où la défunte était reconnue pour sa simplicité, sa discrétion et son soutien indéfectible envers son fils, figure montante de la lutte.

Au-delà de son rôle de mère, Coumba Baldé était considérée comme une véritable conseillère et un repère moral pour Pokola. Son influence, bien que discrète, a largement contribué à façonner le parcours du champion, qui perd aujourd’hui l’un de ses piliers les plus précieux. Ce lien profond entre mère et fils était souvent évoqué dans l’entourage du lutteur, tant il témoignait d’un attachement sincère fondé sur les valeurs familiales et le respect.

Depuis l’annonce de son décès, de nombreux messages de compassion affluent sur les réseaux sociaux et au sein du monde sportif. Lutteurs, encadreurs, promoteurs et supporters expriment leur tristesse et saluent la mémoire d’une femme qui, sans être sous les projecteurs, avait su marquer les esprits par son humilité et sa générosité. Ces témoignages unanimes traduisent l’estime et l’affection que lui portaient ceux qui ont eu la chance de la côtoyer.

Campagne de massification : le président national de la Jamhiyatou Ansarud-Din à la rencontre des fidèles du Sud et du Sud-Est

Le président national de la Jamhiyatou Ansarud-Din, Seydina Alioune Cissé Niang, accompagné de son chef de cabinet et du secrétaire général de la Jamiya, a entamé une tournée dans les régions du Sud et du Sud-Est du Sénégal. Cette visite s’inscrit dans le cadre de la campagne de massification de la structure et des préparatifs du Gamou de Taïba, un événement religieux majeur prévu dans les prochaines semaines.

Dès les premières étapes, la délégation a été accueillie par une mobilisation remarquable des fidèles et des responsables locaux de la confrérie. Selon les organisateurs, cette tournée vise non seulement à renforcer la présence d’Ansarud-Din dans ces zones, mais aussi à sensibiliser les membres sur l’importance de leur participation active aux activités spirituelles et sociales du mouvement.

Prenant la parole devant les différentes communautés, Seydina Alioune Cissé Niang a insisté sur « la nécessité de consolider l’unité, de renforcer la discipline et d’accroître la mobilisation autour du Gamou de Taïba », un rendez-vous considéré comme l’un des temps forts de la vie spirituelle d’Ansarud-Din. Il a appelé les fidèles à s’impliquer pleinement dans l’organisation afin d’assurer un déroulement réussi et digne de la tradition du mouvement.

La délégation a également mis à profit cette tournée pour échanger avec les responsables locaux sur les défis rencontrés dans leurs activités quotidiennes et pour encourager les initiatives visant à rapprocher davantage les structures de base du bureau national.

Les prochaines étapes mènerent la mission vers d’autres localités du Sud-Est, où d’importants rassemblements sont déjà prévus. Les responsables d’Ansarud-Din se disent confiants quant à l’impact de cette tournée sur la dynamique de mobilisation et sur la participation massive attendue lors du prochain Gamou de Taïba.

Marché de sel à 40 milliards : deux ans d’attente, zéro livraison, une relaxe in extremis

Un gigantesque marché de sel annoncé à 40 milliards de FCFA, une avance de 20 millions… et, au final, pas un seul gramme livré. C’est le feuilleton commercial et judiciaire qui s’est dénoué hier devant le tribunal des flagrants délits de Pikine–Guédiawaye, où comparaissait Aïssatou Forster, entrepreneure sénégalaise accusée d’abus de confiance par l’homme d’affaires ivoirien Yao L. Ouattara.

L’affaire, révélée par L’Observateur, avait tout d’un partenariat ambitieux entre Dakar, Kaolack et Abidjan. Elle s’est finalement transformée en deux ans d’attente, de rendez-vous manqués, de méfiance croissante et de soupçons, jusqu’à sa conclusion inattendue : une relaxe accordée à la prévenue grâce à un compromis financier trouvé in extremis.

Un partenariat transfrontalier né en 2023, mais vite enlisé

L’origine du différend remonte à octobre 2023. Depuis Abidjan, Yao L. Ouattara est mis en relation avec Aïssatou Forster, établie à Diamaguène. Le projet présenté est séduisant : acheminer du sel depuis Kaolack vers la Côte d’Ivoire dans le cadre d’un vaste marché estimé à près de 40 milliards de FCFA. Pour lancer les opérations logistiques, une avance de 20 millions de FCFA est demandée. Convaincu, Yao paie la somme sans se méfier.

Mais, de 2023 à 2025, le projet reste à l’arrêt total. Malgré des déplacements répétés, des discussions et des visites prévues sur les sites de production, rien ne bouge. Deux années passent sans qu’un seul sac de sel ne soit mis à disposition, ni même qu’une évolution concrète ne soit constatée.

De multiples visites à Kaolack… pour constater le vide

À la barre, le plaignant raconte ce qu’il qualifie de « calvaire administratif et logistique ». À plusieurs reprises, il se rend à Kaolack accompagné de son équipe afin de vérifier l’existence du stock promis ou l’avancement des opérations. Chaque fois, il fait face au même constat : aucun stock disponible, aucun matériel préparé, aucune logistique mise en place.

Parfois, les rendez-vous fixés depuis des semaines sont annulés quelques heures avant qu’il n’arrive sur place. Les réponses données par Aïssatou Forster sont alors jugées floues ou insuffisantes. À d’autres occasions, il dit avoir constaté que d’autres clients étaient reçus avant lui, malgré ses réservations confirmées.

Excédé, il résume la situation dans une phrase sans appel : « D’octobre 2023 à novembre 2025, je n’ai pas reçu un seul gramme de sel. »

Face à cette inertie, il finit par exiger le remboursement des 20 millions versés. Il affirme cependant que la prévenue n’a jamais manifesté la volonté de restituer l’argent.

À la barre, une jeune mère que la défense décrit comme débordée mais de bonne foi

Déférée le 4 décembre, Aïssatou Forster comparaît alors qu’elle vient tout juste d’accoucher d’un bébé âgé d’un mois. À la barre, elle reconnaît les retards accumulés, les malentendus, les difficultés techniques et l’absence de formalisation du partenariat. Elle conteste toutefois toute volonté de tromper son partenaire ivoirien.

Ses avocats insistent sur le caractère informel de l’accord conclu entre les deux parties, qui n’était encadré ni par un contrat structuré ni par une entreprise officiellement engagée. Ils évoquent également les lourdes charges familiales de leur cliente et sa fragilité psychologique liée à son accouchement récent, soulignant que son intention n’a jamais été de s’enrichir illégalement.

Un compromis financier obtenu à la dernière minute

Alors que le dossier semblait s’orienter vers une condamnation, un rebondissement survient : les avocats de la prévenue annoncent qu’un compromis a enfin été trouvé avec le plaignant. Aïssatou Forster s’engage à rembourser les 20 millions de FCFA d’ici mars 2026.

Le juge interroge le plaignant afin de savoir s’il pense possible d’obtenir un règlement plus rapide. Sa réponse, prudente, résume la relation chaotique entre les deux protagonistes : « À ce stade, je n’ai aucun élément qui me permet de l’affirmer. »

Une relaxe accordée en raison du contexte et de l’accord trouvé

Au regard de l’accord financier conclu, des circonstances personnelles particulières de la prévenue et du caractère informel du partenariat, le tribunal décide finalement de relaxer Aïssatou Forster. Cette relaxe n’est cependant pas totale : elle est conditionnée au remboursement intégral du préjudice subi.

Kaolack : Cinq individus interpellés pour vol qualifié et séquestration lors d’une opération nocturne

Le Commissariat central de Kaolack a procédé, dans la nuit du 6 au 7 décembre 2025, à l’interpellation de cinq individus impliqués dans une affaire de vol qualifié avec usage de violence et séquestration. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un important dispositif de sécurisation déployé sur l’ensemble de la commune.

Selon les informations recueillies, l’affaire a éclaté lorsque la Brigade de Recherches du Commissariat central a été alertée par une source anonyme faisant état d’un vol en préparation. Le lieu ciblé était un appartement privé situé au Marché Central de Kaolack, jouxtant un magasin de prêt-à-porter connu sous l’enseigne « UNO ». Les suspects auraient mis en place un stratagème pour attirer des victimes identifiées comme des professionnelles du sexe, ainsi qu’un conducteur de moto, dans le but de les dépouiller de leurs biens, notamment de l’argent et des téléphones portables.

Aussitôt informés, les éléments de la Brigade de Recherches se sont rendus sur les lieux pour une intervention rapide et coordonnée. Leur promptitude a permis l’arrestation des cinq individus recherchés. Deux d’entre eux ont été appréhendés près de l’ancien « Bar Napoléon », tandis que deux autres ont été retrouvés à l’intérieur même de l’appartement servant de lieu d’exécution du plan. Le dernier suspect, qui tentait de prendre la fuite à bord d’un véhicule, a été intercepté au niveau du Point Noiro. La fouille du véhicule a permis de découvrir une pièce d’identité pouvant contribuer à l’enquête, tandis que les fouilles corporelles ont conduit à la récupération de trois téléphones portables appartenant aux victimes.

Au moment de l’intervention, les policiers ont constaté que le conducteur de moto présentait un état de choc ainsi que des égratignures au visage, signes de violences subies lors de l’agression. L’audition des victimes, incluant le chauffeur des professionnelles du sexe, a confirmé l’ensemble des faits et permis de corroborer le préjudice matériel et moral dont elles ont été victimes.

L’APR affiche sa résilience à Kolda : Moussa Baldé et Abdoulaye Diop appellent à l’unité et à la mobilisation

Devant un parterre de responsables politiques, de militants et de sympathisants venus de plusieurs localités du Fouladou, le Pr Moussa Baldé a réaffirmé la vitalité de l’Alliance pour la République (APR), malgré les départs qui ont récemment touché la formation politique de l’ancien président Macky Sall. Dans une salle acquise à sa cause, l’ancien ministre a tenu à rassurer les militants sur la stabilité et la capacité du parti à se relever. « L’APR est là et reste là. Nous allons continuer le travail », a-t-il martelé, saluant la forte mobilisation notée lors de la rencontre. Il a estimé que cette affluence était la preuve que l’APR conserve encore une base solide dans le Fouladou, en dépit du ralliement de certains maires et responsables locaux au camp présidentiel.

Abdoulaye Diop, mandaté par le Secrétariat exécutif national du parti, a lui aussi insisté sur la nécessité de préserver la cohésion interne. Dans son allocution, il a rappelé l’importance de la solidarité, de la discipline et de la mobilisation permanente pour garantir l’efficacité de la stratégie de reconquête du pouvoir. Selon lui, « l’unité et le travail sont les seules voies pour maintenir l’APR forte dans le Fouladou et au niveau national ». Ce message se veut un appel à resserrer les rangs et à éviter les divisions susceptibles d’entraver la dynamique du parti.

La rencontre, qui s’inscrit dans une démarche de remobilisation générale, marque une étape décisive pour l’APR à Kolda. Les responsables locaux ont profité de l’occasion pour réaffirmer leur engagement à renforcer l’implantation du parti sur le terrain. Ils se sont engagés à redynamiser les structures de base, à intensifier la proximité avec les populations et à préparer sereinement les prochaines échéances politiques. Pour eux, l’objectif est clair : faire du Fouladou un bastion solide dans la perspective des futures batailles électorales.

Tournée musicale et projet humanitaire en santé : “Le reggae au service de la santé au Sénégal au Reggae Sen Tour » – Natty Jean

En cette fin d’année, l’artiste sénégalais Natty Jean s’associe au Reggae Sen Tour, une tournée musicale et solidaire menée par l’association NYF aux côtés des artistes Malikal et Lidiop. Ensemble, ils s’engagent et croient au pouvoir de la musique pour éveiller les consciences et soigner les maux. Dès le 23 décembre, l’association NYF débute sa tournée inédite à travers le Sénégal, mêlant concerts et actions humanitaires dans le domaine de la santé.

Un projet culturel et social

À l’initiative de cette démarche, Oumar Fall, fondateur de l’association, mène depuis plusieurs années des collectes de matériel médical en France destinées aux centres de soins sénégalais. Organisateur d’événements musicaux qui valorisent les scènes reggae et afro-sénégalaises, il décide d’organiser une série de concerts afin d’acheminer le matériel en début d’année 2026.
Chaque date sera l’occasion de mettre en lumière la cause défendue et les actions concrètes menées par l’association pour renforcer les structures de santé du pays, notamment grâce aux dons suivants : lits médicalisés, fauteuils roulants, béquilles, attelles, etc.

« La musique est un canal puissant. Les gens écoutent, ils ressentent. Alors pourquoi ne pas en faire un outil de prévention et de solidarité ? », explique Natty Jean.

Les défis du reggae africain

Interrogé par Le Dakarois Quotidien, l’artiste revient sur les obstacles auxquels le reggae africain se heurte encore : manque de moyens, rareté du matériel musical, absence de structures professionnelles ou encore pénurie de managers et de coachs.
Selon lui, ces fragilités freinent l’essor du genre sur le continent.
« En Afrique, nous avons un problème de structuration, de matériel, d’organisation. […] Nous manquons de moyens, de structures événementielles, de labels modernes, de formations, de management et de coaching. Au Sénégal, la restructuration est une nécessité absolue », souligne-t-il.

Le Reggae Sen Tour entend ainsi rassembler des artistes venant de scènes diverses — reggae, hip-hop, afro, pop ou soul — autour d’un même message de solidarité.

Entre engagement musical et action concrète

Figure du reggae africain, ancien membre du groupe Positive Black Soul et voix du groupe Danakil depuis 2011, Natty Jean poursuit un parcours marqué par l’engagement social.
Cette nouvelle initiative s’inscrit dans la continuité de son travail, avec une volonté affichée de conjuguer musique et action directe.

« Je ne veux pas seulement chanter la souffrance, je veux aussi agir. Et faire découvrir aux Sénégalais le reggae pur et dur », affirme-t-il.

Sensibiliser à la réalité sanitaire

Au-delà du rapatriement, la tournée souhaite également sensibiliser le public aux défis sanitaires auxquels font face de nombreuses communautés locales. Chaque concert se veut un espace de dialogue, d’écoute et de prise de conscience.

L’événement, prévu pour débuter en décembre 2025, se présente comme une rencontre entre création artistique et engagement social.
Dates annoncées
•⁠ ⁠23 décembre 2025 : Centre Culturel Régional Blaise Senghor – Dakar
•⁠ ⁠26 décembre 2025 : Katmandou – Saly
•⁠ ⁠1er janvier 2026 : Just For You – Dakar

Parcours et repères

Après des débuts dans le hip-hop, Natty Jean s’est tourné vers le reggae, développant une identité musicale mêlant influences afro-urbaines, engagements humanistes et écriture sociale.
Ses albums Santa Yalla (2012) et Imagine (2018), ainsi que ses collaborations avec Danakil, Fab I&I, Diary Sacko, Volodia ou Max Livio, témoignent de ce cheminement artistique.

Remaniement majeur à la tête de l’armée sénégalaise : le Vice-Amiral d’escadre Oumar Wade nommé Chef d’État-major général des Armées

L’armée sénégalaise s’engage dans une nouvelle phase de son commandement avec la nomination du Vice-Amiral d’escadre Oumar Wade au poste de Chef d’État-major général des Armées (CEMGA). Cette décision, officialisée par un décret présidentiel signé le 1er décembre 2025 par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, marque un tournant stratégique dans la haute hiérarchie militaire. Le nouveau CEMGA prendra officiellement ses fonctions à compter du 12 février 2026.

Jusqu’ici Chef de l’État-major Particulier du Président de la République, Oumar Wade fait partie des hauts gradés les plus respectés de la marine nationale. Sa nomination vient couronner un parcours marqué par une solide expertise stratégique et une carrière éclatante au sein des forces navales. En lui confiant le commandement de l’ensemble des Forces armées, les autorités sénégalaises entendent renforcer la cohérence opérationnelle, moderniser les capacités de défense et consolider la posture sécuritaire face aux défis régionaux croissants.

Ce changement intervient dans un contexte de réaménagement global de la hiérarchie militaire, amorcé depuis plusieurs mois. Le général d’armée Mbaye Cissé, qu’il remplace, sera admis dans la 2ᵉ section des cadres de l’État-major général, correspondant à la réserve. Après avoir guidé les Armées dans une période marquée par des mutations sécuritaires et technologiques, le général Cissé quitte ses fonctions en laissant derrière lui un héritage salué pour sa rigueur, son sens du devoir et son engagement envers la nation.

L’arrivée du Vice-Amiral d’escadre Oumar Wade à la tête de l’armée traduit également une volonté de rééquilibrage institutionnel au sein des différents corps, la marine nationale prenant de plus en plus de place dans l’architecture sécuritaire du pays. Alors que le Sénégal fait face à des enjeux de surveillance maritime, de lutte contre la pêche illégale, contre le trafic transfrontalier et de protection de ses ressources offshore, la nomination d’un officier issu de la marine est perçue comme un signal fort.

Réajustements au sommet de l’armée : le Colonel Amadou Moussa Ndir promu Général de brigade et nommé Conseiller Défense du Premier ministre

La haute hiérarchie militaire sénégalaise connaît de nouveaux mouvements significatifs, confirmant une phase de réorganisation stratégique impulsée par les autorités. Dans ce contexte, le Colonel Amadou Moussa Ndir accède au grade de Général de brigade après son inscription dans la 1ère section — celle des officiers généraux en activité — au sein des cadres de l’État-Major général. Cette promotion marque une étape importante dans la carrière de cet officier réputé pour son expertise et son expérience au cœur des dispositifs de commandement.

Cette avancée intervient alors que l’armée sénégalaise est engagée dans une dynamique de renouvellement. Quelques jours plus tôt, l’annonce de la nomination du Vice-Amiral d’escadre Oumar Wade à la tête de l’État-Major général des Armées a illustré cette volonté de réajustement. Le nouvel homme fort de l’institution militaire prendra officiellement ses fonctions le 12 février 2026, ouvrant ainsi une nouvelle page dans la conduite stratégique des forces armées.

Dans la même veine, un décret présidentiel daté du 1er décembre 2025 apporte une nouvelle précision sur l’évolution de la structure militaire. Selon ce document signé par le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le Général de brigade Amadou Moussa Ndir est nommé Conseiller Défense du Premier ministre, un poste hautement stratégique au cœur de la coordination sécuritaire de l’exécutif. Sa prise de fonction est fixée au 2 février 2026.

Jusqu’ici, le nouvel officier général occupait les fonctions d’Adjoint Coordination Défense et Études Générales à l’État-Major Particulier du Président de la République, une position qui lui a permis de développer une vision transversale des enjeux de défense et des mécanismes de planification stratégique. Sa nomination au niveau de la Primature confirme non seulement la confiance placée en lui, mais également son rôle central dans l’architecture sécuritaire de l’État.

Il succède à ce poste au Général de brigade Cheikh Mouhamadou Lamine Boucounta Camara, appelé à d’autres responsabilités après plusieurs années durant lesquelles il a contribué à l’élaboration et au suivi des grandes orientations en matière de défense nationale.

Alassane Ouattara réaffirme son engagement envers la Constitution et la Nation ivoirienne

Le président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, a renouvelé ce lundi son engagement solennel envers le peuple et les institutions du pays. Dans un message publié sur son compte Twitter officiel, le chef de l’État a rappelé avec force les principes qui guident son action à la tête de la Nation.

« Devant le peuple souverain de Côte d’Ivoire, je jure solennellement et sur l’honneur de respecter et de défendre fidèlement la Constitution, de protéger les Droits et Libertés des citoyens, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans l’intérêt supérieur de la Nation. Que le peuple me retire sa confiance et que je subisse la rigueur des lois, si je trahis mon serment », a déclaré Alassane Ouattara dans ce message à haute portée symbolique.

Cette déclaration intervient dans un contexte où la question du respect des institutions et de l’État de droit demeure au cœur des débats politiques nationaux. En réaffirmant publiquement son serment, le président Ouattara entend rappeler que la Constitution reste la boussole de son action. Le chef de l’État place au centre de ses priorités la défense des droits fondamentaux des citoyens, la préservation des libertés publiques et la consolidation de la cohésion nationale.

Au-delà du caractère solennel de la formule, ce serment revêt une dimension profondément politique. Il réitère la responsabilité du président envers ses concitoyens et souligne le principe selon lequel la légitimité d’un dirigeant repose sur la confiance du peuple. En évoquant la possibilité que cette confiance lui soit retirée en cas de manquement, Alassane Ouattara rappelle la primauté du peuple souverain dans la vie démocratique du pays.

Ce message, largement partagé et commenté sur les réseaux sociaux, s’inscrit dans la volonté affichée du président de gouverner dans la transparence, le respect des lois et la recherche constante de l’intérêt général. Pour de nombreux observateurs, il témoigne également de son souci de renforcer l’adhésion des Ivoiriens autour des institutions républicaines et de confirmer son engagement à poursuivre un mandat fondé sur la stabilité, la paix et le progrès.

Thierno Alassane Sall charge le régime PASTEF : « La loi d’amnistie demeure le principal obstacle à la justice »

Au lendemain de la journée de commémoration dédiée aux « martyrs » des manifestations violentes ayant secoué le Sénégal entre 2021 et 2024, le député Thierno Alassane Sall a une nouvelle fois relancé le débat sur la loi d’amnistie, qu’il considère comme le verrou majeur empêchant l’éclatement de la vérité et la manifestation de la justice. L’ancien ministre estime que tant que ce texte reste en vigueur, aucune procédure judiciaire sérieuse ne pourra aboutir concernant les victimes, les responsabilités ou les dérives survenues durant cette période.

Pour Thierno Alassane Sall, le blocage est clair : le régime actuel, dirigé par PASTEF, « a délibérément refusé d’abroger » la loi d’amnistie. Une attitude qu’il qualifie de parfaitement assumée par les gouvernants, même si elle est rarement reconnue publiquement. Selon lui, personne n’est dupe : la persistance de cette loi n’est pas un oubli, mais un choix politique.

Il souligne que l’État du Sénégal, tout comme les familles des victimes, n’a besoin que d’une seule mesure pour permettre l’ouverture de procédures judiciaires : la suppression de cet obstacle juridique. En maintenant l’amnistie, affirme-t-il, le procureur, les magistrats et les citoyens souhaitant saisir la justice se retrouvent enfermés dans « un brouillard légal soigneusement entretenu ». Cette situation paradoxale crée une incohérence institutionnelle où l’on exhorte à agir tout en empêchant toute action. Pour le député, la solution est donc sans ambiguïté : la loi doit être abrogée purement et simplement.

Thierno Alassane Sall accuse par ailleurs le régime de vouloir imposer une lecture biaisée de la situation. Selon lui, présenter le président de la République comme l’unique responsable du blocage relève d’une « mise en scène grossière ». Il estime que cette stratégie s’inscrit dans une méthode politique déjà connue chez le leader de PASTEF : celle de la manipulation destinée à déplacer systématiquement la responsabilité et à détourner l’attention des Sénégalais.

L’ex-ministre n’a pas manqué d’interpeller directement le Premier ministre Ousmane Sonko. Il lui rappelle qu’il n’a plus l’adversaire qui lui servait jusque-là de repoussoir politique : « Macky Sall n’est plus là », dit-il, avant de l’accuser d’avoir désormais désigné le président Bassirou Diomaye Faye comme nouvelle cible dans son discours politique. Selon Thierno Alassane Sall, cette nécessité constante de se construire un ennemi serait un « besoin » pour Sonko afin de continuer à exister sur la scène politique.

Cheikh Omar Diagne alerte sur les conséquences de la suppression des bourses familiales et l’asphyxie du secteur privé

L’ancien directeur des moyens généraux de la Présidence de la République, Cheikh Omar Diagne, a vivement critiqué la suppression des bourses familiales dans un entretien accordé au journal Les Échos. Pour lui, cette décision porte un coup sévère à des centaines de milliers de ménages déjà fragilisés par la conjoncture économique. « On a enlevé l’oxygène de 400.000 familles », a-t-il dénoncé, estimant que ces aides sociales représentaient un soutien vital pour de nombreux foyers vulnérables.

Cheikh Omar Diagne s’est également attardé sur la situation du secteur du BTP, qu’il qualifie de « sacrifié et laissé à l’abandon ». Selon lui, l’arrêt ou le gel de plusieurs chantiers publics, combiné à la raréfaction des investissements, a plongé les entreprises de construction dans une situation particulièrement difficile. Ce secteur, considéré comme l’un des moteurs économiques du pays, souffrirait désormais d’un manque de visibilité et de perspectives, ce qui mettrait en péril des milliers d’emplois.

Dans la foulée, l’ancien responsable a fustigé la politique fiscale actuelle, qu’il juge étouffante pour les ménages comme pour les entreprises. Il affirme que les surtaxes imposées par l’État « étranglent les entreprises déjà fragilisées » tout en aggravant la pression sur les familles. À l’en croire, cette orientation économique risque d’accentuer les inégalités et de réduire le pouvoir d’achat, au moment même où les Sénégalais affrontent une hausse généralisée du coût de la vie.

Interpellation de l’homme d’affaires Thierno Ba : un week-end mouvementé à l’AIBD sur fond d’enquête financière

L’homme d’affaires Thierno Ba a vécu un week-end particulièrement agité à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD). Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, il s’apprêtait à embarquer samedi soir lorsqu’il a été brusquement retenu par les services de sécurité lors des formalités de voyage. Les autorités agissaient sur la base d’une interdiction de sortie du territoire émise par le parquet financier, une mesure qui s’inscrit dans le cadre d’un dossier actuellement sous enquête.

D’après Libération, l’interdiction serait liée à un rapport transmis par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Au cœur de ce rapport figure un marché public estimé à 64 milliards de FCFA, attribué à l’homme d’affaires sous l’ancien régime. La nature et les conditions d’octroi de ce marché suscitent de nombreuses interrogations, poussant les autorités judiciaires à ouvrir des investigations de grande envergure.

Après son interception, Thierno Ba a été conduit au commissariat spécial de l’aéroport, où il a passé la nuit de samedi à dimanche. Ce placement en rétention administrative visait à permettre les premières vérifications dans un dossier considéré comme sensible par les enquêteurs. Le lendemain, il a été transféré à la Division des Investigations Criminelles (DIC), structure centralisant les procédures liées aux infractions financières complexes.

Malgré ce passage par les services de police et les interrogatoires initiaux, l’homme d’affaires a été finalement libéré sous convocation. Cette décision indique que l’enquête reste pour l’instant en phase préliminaire, même si les éléments collectés semblent suffisamment sérieux pour justifier la restriction de ses déplacements et le suivi judiciaire rapproché dont il fait désormais l’objet.

Le marché de 64 milliards de FCFA placé au centre des investigations demeure entouré de zones d’ombre. Libération rapporte que la CENTIF aurait détecté des flux financiers ou des anomalies susceptibles de constituer des indices de pratiques illicites ou de blanchiment. Pour l’instant, aucune communication officielle ne précise la nature exacte du contrat concerné, les procédures mises en cause ni les éventuelles responsabilités pénales qui pourraient émerger au cours de l’enquête.

Abidjan accueille un parterre de dirigeants africains pour l’investiture d’Alassane Ouattara

Une effervescence diplomatique inhabituelle a animé Abidjan ce lundi, alors qu’une dizaine de chefs d’État africains, trois anciens présidents et de nombreux représentants de puissances internationales ont convergé vers la capitale économique ivoirienne pour assister à l’investiture d’Alassane Ouattara. Cette présence massive illustre la place stratégique qu’occupe désormais la Côte d’Ivoire sur l’échiquier continental et international, tout en marquant l’ouverture d’un nouveau chapitre politique pour le pays.

La cérémonie s’est déroulée au Palais présidentiel du Plateau, où le chef de l’État a prêté serment devant le Conseil constitutionnel. Par cet acte solennel, Alassane Ouattara entame son quatrième mandat à la tête de la nation, après avoir été réélu le 25 octobre dernier avec près de 90 % des suffrages exprimés. Devant les juges, l’ancien directeur général adjoint du FMI s’est engagé à « respecter et défendre la Constitution », à « incarner l’unité nationale » et à « veiller aux intérêts supérieurs de la Nation », réaffirmant ainsi sa volonté de poursuivre la ligne directrice qui a marqué l’ensemble de ses mandats précédents.

La mobilisation internationale autour de cet événement a été exceptionnelle. Plusieurs dirigeants africains ont fait le déplacement, parmi lesquels Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani de Mauritanie, John Dramani Mahama du Ghana, Bassirou Diomaye Faye du Sénégal, Julius Maada Bio de Sierra Leone, Joseph Nyuma Boakaï du Liberia, Azali Assoumani des Comores, Brice Clotaire Oligui Nguema du Gabon, João Lourenço d’Angola et Adama Barrow de Gambie. Faure Gnassingbé, président du Togo, et Ismaël Omar Guelleh, chef de l’État djiboutien, étaient également annoncés.

La présence de trois anciens dirigeants, Goodluck Jonathan du Nigeria, Nana Akufo-Addo du Ghana et Mahamadou Issoufou du Niger, a apporté une dimension symbolique supplémentaire. Leur participation témoigne de la capacité d’Alassane Ouattara à maintenir, au fil de ses mandats, un vaste réseau de relations diplomatiques et régionales.

Au-delà du continent africain, les grandes puissances ont également montré leur intérêt pour la stabilité politique et économique de la Côte d’Ivoire. Les États-Unis étaient représentés par Jacob Helberg, secrétaire d’État américain aux Affaires économiques, tandis que la France avait dépêché Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie et des partenariats internationaux. La Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie figurait elle aussi parmi les personnalités invitées.

Cette investiture marque la conclusion d’un processus électoral particulier, au cours duquel Alassane Ouattara a opéré un retour décisif sur le devant de la scène politique. En 2020, le président avait pourtant évoqué son intention de céder la place à une nouvelle génération. Il avait alors expliqué, lors de l’annonce de sa candidature, que « le devoir peut parfois transcender la parole donnée de bonne foi », invoquant les défis sécuritaires et économiques persistants dans la sous-région.

Au lendemain de sa réélection, le chef de l’État avait souligné que ce nouveau mandat serait placé sous le signe de la continuité, de la stabilité et du renforcement démocratique. « Cette victoire est avant tout celle du peuple, qui a choisi la démocratie, la paix et la stabilité », avait-il affirmé devant son gouvernement.

À 83 ans, Alassane Ouattara entame ce mandat dans un contexte régional contrasté. Si la Côte d’Ivoire bénéficie d’une croissance économique soutenue et d’une stabilité politique relative, l’opposition continue de contester la légitimité de ce quatrième mandat, le qualifiant « d’anticonstitutionnel » et dénonçant l’exclusion de plusieurs de ses figures majeures lors du processus électoral.

Randonnée pédestre de l’Amicale Médina Sa Kanam : une marche au rythme de la convivialité

Le dimanche 7 décembre 2025, sous un ciel clément et une brise légère, l’Amicale de Médina Sa Kanam a organisé la 3ᵉ édition de sa traditionnelle randonnée pédestre. Plus d’une quarantaine de participants de tous âges y ont pris part, ainsi que d’autres organisations comme le club de randonnée de Tivaouane Peulh, venues partager un moment de détente, de sport et de fraternité.

Cette édition a également été dédiée à la mémoire du défunt El Hadji Mody Diagne, membre fondateur de l’Amicale.

Le départ a été donné à 8 h 45 depuis le centre Douta Seck, au cœur de la Médina. Le parcours, d’environ 10 kilomètres, a conduit les marcheurs à travers les ruelles pittoresques du vieux quartier, avant de s’ouvrir sur les collines environnantes, offrant une vue imprenable sur la ville et ses remparts chargés d’histoire.

Tout au long du trajet, les participants ont pu apprécier la richesse du patrimoine local : fontaines anciennes, oliveraies et sentiers bordés de figuiers. Des témoignages émouvants ont également été rendus à El Hadji Mody Diagne. Selon le président de l’Amicale, il était « une personne d’une dimension exceptionnelle ».

« Ce n’est qu’après sa disparition que beaucoup ont pleinement mesuré l’homme qu’il était, à travers son engagement auprès des familles en difficulté, son sens du social, sa générosité et sa gentillesse », a-t-il déclaré.

Au-delà de l’effort physique, cette randonnée fut l’occasion de rappeler les valeurs chères à l’Amicale : respect de la nature, esprit d’entraide et civisme. Un message a été lu en fin de marche, invitant chacun à préserver les lieux traversés, à encourager les plus jeunes et à faire de cette sortie un véritable moment de solidarité.

De retour à la Médina en fin de matinée, les visages étaient rayonnants, les jambes peut-être un peu lourdes, mais les cœurs légers. Une collation a permis de clôturer cette belle matinée dans une ambiance chaleureuse et amicale.

Bénin : le gouvernement annonce l’échec d’une tentative de coup d’État contre le président Patrice Talon

Le calme revient progressivement au Bénin après une matinée marquée par une tentative de coup d’État rapidement avortée. Ce dimanche 7 décembre 2025, le ministre de l’Intérieur, Alassane Séidou, est apparu à la télévision nationale pour confirmer « l’échec » d’une manœuvre menée à l’aube par un groupe de militaires ayant brièvement affirmé avoir pris le contrôle du pays.

Selon le ministre, tout a commencé « au petit matin », lorsqu’un « groupuscule de soldats » a engagé une mutinerie dans le but déclaré de « déstabiliser l’État et ses Institutions ». Aucun détail supplémentaire n’a été donné sur l’ampleur du mouvement, le nombre de soldats impliqués ou les sites visés, mais les autorités parlent d’une opération limitée qui a rapidement été contenue.

Plus tôt dans la matinée, des informations circulaient sur des militaires ayant proclamé prendre le contrôle de certaines positions stratégiques. Le gouvernement n’a pas confirmé ces allégations mais a insisté sur la réactivité des forces régulières.

Dans son allocution télévisée, Alassane Séidou a salué « la fidélité » et « la discipline républicaine » des Forces Armées béninoises. « Leur riposte a permis de garder le contrôle de la situation et de faire échec à la manœuvre », a-t-il déclaré, assurant que l’ordre constitutionnel n’a jamais véritablement vacillé.

Le ministre n’a toutefois donné aucune précision sur le sort des soldats impliqués dans la tentative de putsch, laissant en suspens la question d’éventuelles arrestations, neutralisations ou opérations encore en cours.

Malgré la tension des premières heures, le gouvernement souhaite rapidement rétablir un climat de normalité. « Les populations sont invitées à vaquer normalement à leurs occupations », a annoncé Alassane Séidou, affirmant que la situation est désormais « totalement sous contrôle ».

Aucun couvre-feu n’a été décrété et aucune mesure exceptionnelle n’a été annoncée, signe que les autorités veulent éviter de nourrir l’inquiétude de la population.

Cette tentative de déstabilisation intervient dans un contexte politique régional marqué par une multiplication des crises et coups d’État en Afrique de l’Ouest au cours des dernières années. Le Bénin, jusque-là épargné par ce type de rupture institutionnelle récente, rejoint ainsi la liste des pays confrontés à des velléités putschistes.

Hommage à Kaolack : les figures du handicap honorées pour leur leadership

La ville de Kaolack a célébré, ce samedi 6 décembre 2025, une journée exceptionnelle placée sous le signe de la reconnaissance et de l’inclusion. La Fédération des Associations des Personnes Handicapées de Kaolack a organisé une Journée de Sargal en hommage aux leaders départementaux œuvrant pour la cause des personnes handicapées. La cérémonie, empreinte d’émotion, s’est tenue en marge de la Journée mondiale des personnes handicapées, célébrée cette année sous le thème : « Amplifier le leadership des personnes handicapées pour un avenir inclusif et durable ».

L’événement a également mis à l’honneur plusieurs personnalités engagées, dont Me Daouda Barro, Sidy Fall et Pape Natango Mbaye, pour leur contribution remarquable à la promotion des droits des personnes vivant avec un handicap.

Une mobilisation forte autour de l’inclusion

Membres d’associations, autorités locales, partenaires techniques et sympathisants ont pris part à cette rencontre, illustrant une véritable mobilisation communautaire. Témoignages, discours et distinctions ont ponctué la journée, mettant en lumière le rôle essentiel joué par Madame Isseu Gaye Darry, Me Daouda Barro, Pape Natango Mbaye et Sidy Fall dans la défense des droits et la visibilité des personnes handicapées.

Pour la Fédération des Associations des Personnes Handicapées de Kaolack, cette journée ne se voulait pas uniquement un hommage. Elle visait aussi à renforcer la cohésion du mouvement et à réaffirmer plusieurs priorités majeures, notamment :

l’amélioration de l’accessibilité, le développement de l’éducation inclusive, l’accès équitable aux opportunités économiques, la promotion de la participation citoyenne des personnes handicapées.

Un appel à des actions plus structurantes

Dans son intervention, Aly Lakh a interpellé les autorités publiques ainsi que les organisations de la société civile sur la nécessité d’adopter des politiques réellement adaptées aux réalités des personnes vivant avec un handicap. Il a souligné l’urgence d’investir dans des infrastructures véritablement accessibles.

L’un des points phares soulevés au cours de la cérémonie est la nécessité de construire une Maison des Personnes Handicapées pour la région de Kaolack : un espace dédié à l’accompagnement, à la formation, au plaidoyer et au renforcement des capacités.

Donner de la voix à ceux que l’on entend trop peu

Au-delà de la célébration du parcours exemplaire d’Isseu Gaye Darry et de ses pairs, cette Journée de Sargal a permis de mettre en lumière les revendications d’une communauté encore trop souvent marginalisée. Elle a rappelé l’impératif d’un engagement concret, structurant et durable pour améliorer les conditions de vie des personnes handicapées au Sénégal.

Avec cette initiative, la Fédération des Associations des Personnes Handicapées de Kaolack marque une nouvelle étape dans la valorisation du leadership inclusif et dans la construction d’une société où chacun, indépendamment de sa situation, peut contribuer pleinement au développement du pays.

Bénin : le gouvernement annonce l’échec d’une tentative de coup d’État contre le président Patrice Talon

Le calme revient progressivement au Bénin après une matinée marquée par une tentative de coup d’État rapidement avortée. Ce dimanche 7 décembre 2025, le ministre de l’Intérieur, Alassane Séidou, est apparu à la télévision nationale pour confirmer « l’échec » d’une manœuvre menée à l’aube par un groupe de militaires ayant brièvement affirmé avoir pris le contrôle du pays.

Selon le ministre, tout a commencé « au petit matin », lorsqu’un « groupuscule de soldats » a engagé une mutinerie dans le but déclaré de « déstabiliser l’État et ses Institutions ». Aucun détail supplémentaire n’a été donné sur l’ampleur du mouvement, le nombre de soldats impliqués ou les sites visés, mais les autorités parlent d’une opération limitée qui a rapidement été contenue.

Plus tôt dans la matinée, des informations circulaient sur des militaires ayant proclamé prendre le contrôle de certaines positions stratégiques. Le gouvernement n’a pas confirmé ces allégations mais a insisté sur la réactivité des forces régulières.

Dans son allocution télévisée, Alassane Séidou a salué « la fidélité » et « la discipline républicaine » des Forces Armées béninoises. « Leur riposte a permis de garder le contrôle de la situation et de faire échec à la manœuvre », a-t-il déclaré, assurant que l’ordre constitutionnel n’a jamais véritablement vacillé.

Le ministre n’a toutefois donné aucune précision sur le sort des soldats impliqués dans la tentative de putsch, laissant en suspens la question d’éventuelles arrestations, neutralisations ou opérations encore en cours.

Malgré la tension des premières heures, le gouvernement souhaite rapidement rétablir un climat de normalité. « Les populations sont invitées à vaquer normalement à leurs occupations », a annoncé Alassane Séidou, affirmant que la situation est désormais « totalement sous contrôle ».

Aucun couvre-feu n’a été décrété et aucune mesure exceptionnelle n’a été annoncée, signe que les autorités veulent éviter de nourrir l’inquiétude de la population.

Cette tentative de déstabilisation intervient dans un contexte politique régional marqué par une multiplication des crises et coups d’État en Afrique de l’Ouest au cours des dernières années. Le Bénin, jusque-là épargné par ce type de rupture institutionnelle récente, rejoint ainsi la liste des pays confrontés à des velléités putschistes.

UCAD : les étudiants mettent la pression et avertissent le gouvernement après la suspension de leur grève

Après avoir suspendu leur mot d’ordre de grève pour permettre l’ouverture de discussions avec les autorités, les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) haussent le ton. Dans un communiqué rendu public ce dimanche, le collectif des étudiants a averti que « tout ce qui se passera dans les jours à venir sera sous la seule responsabilité du gouvernement », estimant que les signaux envoyés par l’État ne vont pas dans le sens d’un apaisement.

Selon le collectif, la principale revendication demeure inchangée : le paiement intégral des rappels dus aux étudiants de Master 1 ainsi que ceux des étudiants inscrits en licence 2, des montants qui, dénoncent-ils, tardent encore à être versés malgré les engagements pris lors des rencontres préliminaires. Les étudiants affirment rester fermes sur cette exigence qu’ils jugent « légitime, urgente et non négociable ».

Dans leur communiqué, ils ont également dénoncé la présence continue des forces de l’ordre à l’intérieur des espaces universitaires. Pour eux, ce dispositif sécuritaire, maintenu malgré la suspension de la grève, « traduit une volonté manifeste de l’État du Sénégal d’entrer dans une logique de confrontation ». Le collectif y voit un facteur de tension supplémentaire susceptible de rallumer la crise à tout moment.

Les étudiants ont par ailleurs interpellé les organisations nationales et internationales de défense des droits humains, les invitant à enquêter sur les « actes de torture » que certains grévistes auraient subis lors des récents affrontements avec les forces de l’ordre. Ils évoquent des violences qu’ils jugent « inacceptables dans un État de droit » et réclament une prise en charge rapide de ces dossiers afin que les responsabilités soient situées.

Dans cette dynamique de mobilisation, le collectif des amicales de l’UCAD a annoncé qu’il prévoit de rencontrer, au cours du week-end, l’ensemble des syndicats du secteur éducatif afin d’élargir le front de revendication. Il s’est particulièrement félicité du soutien réaffirmé du Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire (SAEMS), qui a, selon eux, « promis un appui maximal à la communauté estudiantine » dans sa quête de justice et de respect des engagements financiers de l’État.

Cheikh Babacar Niang, lauréat du Prix de la Recherche, honoré lors de la 7ᵉ session de la Fondation Mohammed VI des Ouléma à Fès

Sous la Haute Approbation de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al-Mouminine, la ville de Fès accueille, du 4 au 6 décembre 2025, la septième session ordinaire du Conseil supérieur de la Fondation Mohammed VI des Ouléma Africains. L’un des moments forts de cette rencontre sera la mise à l’honneur de Cheikh Babacar Niang, petit-fils de Cheikh Ibrahima Niass, désigné lauréat de la deuxième édition du Prix de la recherche sur les constantes religieuses communes.

Également connu sous le nom d’Oustaz Babacar Niang, le chercheur a été récompensé pour son ouvrage intitulé « L’Imamat des Croyants : fondation et prolongement ». La cérémonie officielle de remise du prix est prévue le samedi 6 octobre 2025, à l’hôtel Marriott de Fès.

Cette session annuelle réunit les présidents et membres des sections de la Fondation issus de 48 pays africains, soit un total de 300 participants, dont 60 femmes oulémas. À leurs côtés, 17 oulémas marocains, membres du Conseil supérieur — dont trois femmes — prennent également part aux travaux.

Placée sous la présidence de Sa Majesté le Roi, cette rencontre de haut niveau vise à renforcer les liens spirituels à l’échelle du continent et à promouvoir les valeurs d’un Islam du juste milieu, de paix et de coexistence. La distinction décernée à Cheikh Babacar Niang témoigne de la volonté de la Fondation d’encourager une recherche scientifique rigoureuse et éclairée autour des constantes religieuses communes qui unissent les musulmans d’Afrique.

Kaolack valide les résultats de l’EIES pour les vallées stratégiques de Kaymor et Djiguimar

Le Comité régional de développement (CRD) de Kaolack a tenu, ce jeudi, une réunion de partage et de pré-validation des résultats de l’Étude d’Impact Environnemental et Social (EIES) portant sur les vallées de Kaymor et de Djiguimar. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de Développement de la Chaîne de Valeur du Riz au Sénégal (PDCVR), composante nationale du Programme régional de développement des chaînes de valeur du riz, cofinancé par la Banque Islamique de Développement (BID).

Un projet structurant pour l’autosuffisance en riz

Placée sous la tutelle technique du Programme National d’Autosuffisance en Riz (PNAR), rattaché au ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (MASAE), le PDCVR vise à renforcer durablement la production, la transformation et la commercialisation du riz local.

L’objectif principal est de contribuer à la réduction des importations, au développement économique et à l’amélioration des revenus des petits exploitants, grâce à une approche intégrée de la chaîne de valeur pilotée avec l’appui du secteur privé.

Dans ce cadre, le projet prévoit l’aménagement de 15 vallées dans les zones Sud et Centre, couvrant une superficie prévisionnelle de 9 958 hectares, avec un objectif final de 7 600 hectares aménagés. Les vallées de Djiguimar (2 523 ha) et Kaymor (213 ha), situées dans la région de Kaolack, figurent parmi les sites prioritaires.

Une étude d’impact essentielle pour garantir des aménagements durables

Confiée au bureau West Ingénieur, l’EIES vise à identifier les impacts potentiels des aménagements hydroagricoles, à évaluer leurs effets sur les écosystèmes et les communautés, et à proposer des mesures d’atténuation adaptées.

La rencontre de Kaolack a permis de présenter les principaux résultats de l’étude et de recueillir les observations du CRD en vue de sa validation officielle.

Une mission élargie : visites de chantiers et évaluation de la campagne rizicole 2025

En marge de la réunion, la mission du PDCVR procédera notamment à :

la visite des chantiers d’aménagement en cours dans la zone Centre ; l’évaluation des superficies emblavées en riz paddy et en semences ; l’estimation des rendements moyens et de la production nationale ; la mise à jour de la base de données des opérateurs semenciers ; l’identification des contraintes rencontrées par les producteurs, en vue d’une meilleure planification de la prochaine campagne.

Résultats attendus

Cette mission devrait permettre :

la validation officielle de l’EIES des vallées de Djiguimar et Kaymor ; un état des lieux précis de l’avancement des travaux d’aménagement ; une estimation actualisée des emblavures, rendements et volumes produits ; la mise à jour de la base de données des acteurs semenciers ; une meilleure compréhension des défis opérationnels sur le terrain.

Détournement à l’agence CBAO de Bakel : un nouveau suspect arrêté à Dakar

L’enquête sur le vaste scandale de détournement de fonds à l’agence CBAO de Bakel poursuit son cours et vient de connaître un tournant majeur. La Direction spéciale de cybersécurité (DSC) a procédé à l’arrestation de A. Sow à Dakar, un ancien superviseur de l’agence, cité dans l’affaire aux côtés de son ex-collègue A. Diébakhaté, déjà incarcéré à Tambacounda. Les deux employés sont désormais au cœur d’un dossier qui secoue l’établissement bancaire et suscite de nombreuses interrogations sur les failles internes.

Déféré au parquet, A. Sow fait face à une série de chefs d’accusation particulièrement lourds : association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écriture privée de banque, accès frauduleux à un système informatique et détournement de fonds. L’homme, qui avait travaillé comme superviseur avant d’être muté, rejoint ainsi son ancien collègue A. Diébakhaté, chargé de compte au moment des faits, dont l’arrestation avait marqué le premier acte de ce dossier sensible.

L’affaire avait éclaté le 20 novembre dernier lorsque les premiers éléments de l’enquête ont révélé que Diébakhaté avait détourné environ 130,9 millions de francs CFA. Des investigations approfondies menées par les services compétents ont ensuite permis d’identifier d’autres opérations frauduleuses portant sur 28,8 millions de francs CFA supplémentaires. Ces montants colossaux ont immédiatement attiré l’attention des enquêteurs, qui ont élargi leurs investigations pour déterminer l’ampleur réelle du réseau et l’implication éventuelle d’autres agents.

Selon les informations rapportées par Libération, les enquêteurs estiment que A. Sow aurait utilisé son code d’accès professionnel pour effectuer des retraits sur le compte d’une cliente décédée. Cette hypothèse, considérée comme sérieuse par les enquêteurs, repose sur plusieurs traces informatiques et opérations suspectes. Toutefois, face aux accusations, Sow conteste fermement toute implication. Il affirme que son code aurait été piraté par Diébakhaté, qu’il présente comme l’unique responsable des détournements. Malgré ses dénégations, il aurait proposé un moratoire pour rembourser la banque, une démarche interprétée par certains comme une tentative d’atténuer la responsabilité présumée.

Assemblée nationale : Alioune Sall recadre Cheikh Bara Ndiaye et clarifie les prérogatives de son ministère

Le ministre de la Communication, Alioune Sall, n’a pas mâché ses mots lors de son passage à l’Assemblée nationale. Interpellé par le député Cheikh Bara Ndiaye sur des questions liées à la régulation des médias et aux comportements sur les réseaux sociaux, le ministre a vivement dénoncé une série de confusions qu’il juge graves et préjudiciables au débat public. Selon lui, l’élu s’est trompé de cible en attribuant à son département ministériel des responsabilités qui relèvent en réalité du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA).

« Il y a des confusions de rôle entre les prérogatives du ministère que je dirige et celles du CNRA », a-t-il d’abord déclaré, tout en regrettant que de telles approximations puissent émaner d’un représentant du peuple. Visiblement agacé, Alioune Sall a rappelé que les accusations formulées procèdent, selon lui, d’un manque de maîtrise des textes en vigueur, voire d’une volonté manifeste de désinformer. « L’honorabilité ne se présume point. Quand on porte la parole du peuple, on se renseigne avant de s’exprimer. Ce n’est pas la première fois. Les députés qui votent les lois ne doivent pas les ignorer », a-t-il lancé en direction de Cheikh Bara Ndiaye.

Le ministre a insisté sur un point essentiel : le CNRA est un organe indépendant, rattaché directement à la Présidence de la République, et ne dépend en aucun cas du ministère de la Communication. Il n’existe donc aucun lien hiérarchique, administratif ou fonctionnel entre les deux entités. En conséquence, les critiques visant le ministre pour une prétendue inaction face à des insultes ou manquements dans les médias seraient totalement infondées. « Dire qu’on insulte un tel et que le ministre ne fait rien, c’est de la désinformation. J’espère que ce sera la dernière fois. Je pensais que c’était juste des propos de réseaux sociaux, mais quand ça arrive dans l’hémicycle, c’est grave », a-t-il martelé.

Alioune Sall a également profité de cette mise au point pour clarifier le champ de compétence exact du CNRA. L’organe régule exclusivement la radio et la télévision. Il n’a aucune prérogative sur les réseaux sociaux, un espace où, reconnaît le ministre, subsistent encore de nombreuses zones d’ombre. Il a rappelé que même si le Code pénal comprend certaines dispositions concernant les abus commis en ligne, le cadre légal reste insuffisant pour répondre efficacement aux dérives observées dans l’univers numérique. Pour lui, la mise à jour des textes devient indispensable afin de mieux encadrer la communication digitale, devenue centrale dans la vie sociale et politique.

En conclusion, le ministre de la Communication a invité les députés à faire preuve de rigueur, de responsabilité et de maîtrise des lois qu’ils adoptent. Il estime que les amalgames et assertions non fondées nuisent non seulement à la crédibilité des institutions, mais aussi à la bonne compréhension des citoyens. Alioune Sall appelle ainsi à un débat mieux informé, respectueux des rôles de chacun et conforme aux réalités juridiques du pays.

Campagne arachidière : Mabouba Diagne rassure les producteurs et défend la vision agricole du gouvernement

En pleine séance budgétaire à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, s’est longuement exprimé sur les enjeux de la prochaine campagne de commercialisation de l’arachide. Il a rappelé que le Comité national interprofessionnel de l’Arachide (CNIA) reste l’unique instance habilitée à fixer le prix au producteur ainsi qu’à proposer la date d’ouverture de la campagne. Selon le quotidien L’As, le ministre a tenu à rassurer les producteurs et les parlementaires quant au suivi rigoureux des opérations et à la préservation des intérêts de tous les acteurs.

Face aux députés, lors de la présentation du projet de budget de son département, adopté hier, Mabouba Diagne a exposé les orientations stratégiques de son ministère, soulignant les avancées enregistrées en 18 mois mais aussi les défis persistants vers l’objectif de souveraineté alimentaire. Il a salué la vision du gouvernement, qui place l’agriculture et l’élevage parmi les leviers essentiels du développement national.

Le ministre a assuré que toutes les dispositions seraient prises pour éviter toute baisse du prix au kilogramme d’arachide, notamment grâce au conseil interministériel prévu sur la question. Avec une production annoncée à plus de 900 000 tonnes cette année, les prévisions font état d’une dotation de 250 000 tonnes à la SONACOS et de 70 000 tonnes réservées aux semences, permettant d’envisager l’exportation d’une partie de la production nationale. Mabouba Diagne a insisté sur l’importance pour les producteurs de développer leurs propres semences, un mécanisme qui générerait des ressources supplémentaires pouvant être réinvesties dans l’irrigation, l’engrais et la modernisation des exploitations.

Concernant la gouvernance de la campagne, il a annoncé une révision de la composition des commissions de distribution, avec une implication plus forte des députés et une orientation vers des commissions majoritairement dirigées par des femmes, dans une logique de transparence et d’équité.

Évoquant les efforts de modernisation du secteur agricole, le ministre a mis en avant les actions engagées pour permettre aux agriculteurs de produire sur toute l’année. Cela passe par un meilleur accès au matériel agricole, aux aliments de bétail et aux unités de transformation, notamment pour la filière lait. Il a rappelé que la maîtrise de l’eau, la mécanisation et l’amélioration génétique constituent des conditions indispensables pour atteindre la souveraineté alimentaire. Les résultats enregistrés sur les 18 derniers mois témoignent de ces efforts : 250 000 tonnes de pomme de terre, 450 000 tonnes d’oignons, 112 000 tonnes de banane et 25 000 tonnes de coton.

Interrogé sur le soutien aux entrepreneurs de l’agrobusiness, Mabouba Diagne a précisé que ceux-ci ne bénéficient que de 5 % des intrants, la priorité étant accordée aux petits producteurs qui représentent le cœur de la politique agricole nationale. Il a également salué les performances de la Direction de la Protection des Végétaux (DPV) dans la lutte contre la mouche blanche, qui a particulièrement affecté la filière mangue ces dernières années.

Le ministre a ensuite abordé la mobilisation de ressources supplémentaires destinées aux projets industriels régionaux, notamment les unités de production de Ziguinchor et Sédhiou. Il a insisté sur la nécessité de prioriser la qualité des sols, soutenue par une nouvelle cartographie nationale de fertilité. À la fin des récoltes dans le Nord, des tracteurs et moissonneuses ont été redéployés vers le Sud pour soutenir les producteurs. Il a aussi confirmé l’extension du programme « Allo Tracteur » à toutes les communes du pays, afin de démocratiser l’accès à la mécanisation.

La SODAGRI a obtenu une rallonge de 700 millions de francs CFA. Pour faire face au coût élevé de l’électricité, le ministre a annoncé des négociations avec le ministère de l’Énergie en vue de mettre en place un tarif vert, plus accessible et fondé sur un partenariat public-privé. Il a également évoqué l’amélioration de la gestion des domaines agricoles communautaires (DAC) et l’équipement des points de collecte en cribles agricoles, ainsi que la mise à disposition d’équipements pour soutenir la riziculture dans le centre du pays.

Assemblée nationale : Mbaye Dione dénonce “l’inaccessibilité sélective” du ministre de la Santé

L’Assemblée nationale a été le théâtre d’une vive interpellation ce jeudi lorsque le député-maire Mbaye Dione a dénoncé l’attitude du ministre de la Santé, qu’il accuse d’“inaccessibilité sélective”. Lors de sa prise de parole, l’édile n’a pas mâché ses mots, estimant qu’un ministre de la République ne peut choisir à qui répondre parmi les représentants du peuple.

Selon Mbaye Dione, malgré de nombreuses tentatives de contact, le ministre n’a jamais donné suite à ses appels ni aux SMS qu’il lui a envoyés. Il affirme que le ministre lui avait pourtant promis à plusieurs reprises de le rappeler, promesses qui sont restées sans suite. “En ma qualité de maire, j’ai sollicité une audience pour discuter de dossiers extrêmement importants concernant ma commune. En tant que secrétaire général de l’Association des maires également, j’ai demandé à vous rencontrer. Même le représentant du peuple que je suis vous a sollicité… toutes les fois, vous avez refusé”, a-t-il regretté devant l’hémicycle.

L’élu a tenu à rappeler que la santé est une compétence transférée, ce qui lui confère, selon lui, un droit institutionnel à rencontrer le ministre pour un suivi régulier des besoins de sa commune. Il a souligné que sa municipalité a construit, avec l’aide de partenaires, sept postes de santé, des infrastructures qui nécessitent aujourd’hui un accompagnement de l’État, notamment en équipements et en personnel qualifié. “L’État doit pouvoir nous accompagner, ne serait-ce que pour inaugurer un poste. Je vous ai appelé pour cela, vous n’avez pas répondu. La République n’a pas de clan ni de couleur : vous êtes là pour la population”, a insisté le député-maire.

Mbaye Dione a également évoqué un dossier concernant des partenaires belges spécialisés dans la digitalisation des données médicales. Ces derniers, déjà reçus par le professeur Moussa Seydi, souhaitaient rencontrer les autorités sanitaires pour présenter leur projet. Là encore, assure le député, ses sollicitations adressées au ministre sont restées vaines. “Je vous ai appelé dans l’intérêt du Sénégal, par l’intermédiaire de l’Association des maires. Nous sommes des démembrements de l’État, nous devons travailler en parfaite harmonie”, s’est-il désolé.

Sénégal : le FMI maintient le dialogue et ouvre une enquête interne sur la “dette cachée”

Le Fonds monétaire international (FMI) a réaffirmé, ce jeudi, sa volonté de poursuivre les discussions avec les autorités sénégalaises en vue de la mise en place d’un nouveau programme destiné à répondre aux vulnérabilités croissantes liées à la dette du pays. L’information a été donnée par Julie Kozack, directrice de la communication de l’institution, citée par l’agence Reuters.

Alors que le Sénégal bénéficie encore d’un prêt de 1,8 milliard de dollars accordé dans le cadre d’un programme triennal, le FMI cherche désormais à comprendre les origines des dettes non déclarées qui avaient provoqué le gel des décaissements en 2024. Ce dossier sensible continue de susciter des interrogations quant à la transparence budgétaire et aux mécanismes de contrôle au sein de l’État.

Julie Kozack a indiqué que les équipes du FMI travaillent étroitement avec le gouvernement sénégalais pour déterminer les réformes et mesures à mettre en place afin d’assainir les finances publiques. Elle a précisé que la décision éventuelle de restructurer une partie de la dette relève exclusivement des autorités sénégalaises, le Fonds se positionnant en accompagnateur technique et financier. Selon elle, le futur programme devrait être davantage “adapté” pour prévenir toute répétition de telles anomalies.

Dans le même temps, le FMI a lancé une enquête interne pour comprendre comment ces dettes non déclarées ont pu échapper à ses propres mécanismes de vérification. Cette décision traduit, selon Kozack, une volonté d’introspection visant à renforcer la fiabilité de ses processus. “Nous menons actuellement une enquête interne afin de comprendre comment ces anomalies ont pu passer inaperçues, et également afin de renforcer les mesures de sécurité dans nos propres processus”, a-t-elle déclaré.

L’institution prévoit ainsi de renforcer ses cadres de sécurité, d’améliorer ses procédures d’examen et de perfectionner la formation de son personnel sur la détection des irrégularités financières. Le FMI souhaite, à travers cette démarche, restaurer pleinement la confiance entre ses équipes et les États partenaires, tout en garantissant une gestion rigoureuse des futurs programmes de financement.

Kaolack – Festival International pour l’Éveil des Consciences : 25 jeunes formés à l’usage des drones pour lutter contre l’immigration irrégulière

La 6ᵉ édition du Festival International pour l’Éveil des Consciences a offert, ce jeudi 4 décembre 2025, une opportunité unique à vingt-cinq jeunes venus de plusieurs communes du Sénégal ainsi que de la diaspora. Réunis à l’Alliance Franco-Sénégalaise de Kaolack, ils ont pris part à un atelier de formation consacré à l’utilisation professionnelle des drones.

Cette initiative, portée par Ousmane Thioune — plus connu sous le nom de Jimane — à travers son GIE et soutenue par plusieurs partenaires engagés dans la création d’emplois et la lutte contre l’immigration irrégulière, vise à renforcer les compétences des jeunes afin de leur offrir des alternatives concrètes.

Former pour offrir des alternatives

« Nous sommes réunis à l’occasion de la 4ᵉ journée du festival pour une formation axée sur l’utilisation de drones, une formation qui va durer deux jours », explique Ousmane Thioune. Selon lui, ce renforcement de capacités s’inscrit pleinement dans la stratégie de prévention de l’immigration irrégulière, un phénomène qui continue de décimer la jeunesse africaine.

« Nous sommes à l’ère du numérique et de l’audiovisuel. C’est pourquoi nous avons choisi ce module », ajoute-t-il, insistant sur l’importance de doter les jeunes de compétences modernes et adaptées aux exigences du marché.

Le drone, un outil d’avenir

Longtemps perçus comme des symboles futuristes, les drones sont aujourd’hui devenus des outils de développement incontournables. À travers le monde, ils modernisent des secteurs aussi variés que l’agriculture, la santé, la sécurité, l’environnement ou encore l’éducation.

Dans les zones rurales, ils constituent un appui essentiel pour les agriculteurs. Ils permettent notamment de surveiller les champs, d’évaluer les dégâts causés par les inondations ou encore de détecter les feux de brousse. « Les drones sont les yeux du ciel », souligne Ousmane Thioune.

Cette année, le nombre de bénéficiaires a été élargi à des jeunes issus de communes voisines comme Gandiaye, Mbadakhoune ou Nioro du Rip, mais aussi à des participants venus de Ziguinchor et de France.

Lutter contre un drame silencieux

Concernant l’immigration irrégulière, un grand concert sera prochainement organisé en collaboration avec les artistes de Kaolack. Jimane rappelle l’ampleur d’un phénomène qu’il qualifie de « drame humain silencieux ». « Entre espoir et désillusion, des milliers de vies se brisent dans le désert, dans les prisons clandestines ou en mer », déplore-t-il.

Face à ce fléau, son association entend poursuivre et intensifier les actions de sensibilisation, tout en proposant de véritables alternatives économiques aux jeunes. Pour lui, c’est la seule voie possible vers un changement durable.

Un festival tourné vers l’impact social

Le Festival International pour l’Éveil des Consciences confirme ainsi sa vocation : éveiller, former et transformer. À travers cette formation à l’utilisation des drones, les organisateurs ambitionnent non seulement de renforcer l’employabilité des jeunes, mais également de contribuer à bâtir une société où l’innovation devient un levier contre la précarité et l’exode clandestin.

À l’Assemblée nationale, Tahirou Sarr dénonce de graves dysfonctionnements dans le système de santé

Lors de son intervention devant les députés, Tahirou Sarr a livré un diagnostic sévère sur le fonctionnement du système de santé, pointant du doigt ce qu’il considère comme une série de dérives affectant la prise en charge des patients. Selon lui, un déséquilibre préoccupant s’est installé entre les structures publiques et les acteurs privés du secteur pharmaceutique et des analyses médicales.

Le parlementaire a d’abord dénoncé la récurrence des ruptures de stocks dans les pharmacies internes des hôpitaux, obligeant de nombreux malades à acheter leurs médicaments dans des officines extérieures. Cette situation, qu’il juge anormale, s’accompagnerait d’une externalisation excessive des examens médicaux, réalisés en grande partie dans des laboratoires privés. Tahirou Sarr s’interroge sur l’existence d’un possible “deal” entre certains établissements publics et ces structures privées, appelant les autorités sanitaires à faire preuve de transparence et à renforcer les mécanismes de contrôle pour dissiper tout soupçon de collusion.

Le député a ensuite attiré l’attention sur la saturation croissante de plusieurs hôpitaux du pays. Il affirme que certains services, notamment de maternité, seraient débordés en raison de l’afflux de patientes provenant de pays frontaliers, venues y accoucher. Sans remettre en cause le droit fondamental de chaque personne à recevoir des soins, Tahirou Sarr estime que cette situation crée des tensions sur les capacités d’accueil et complique l’accès aux services pour certaines femmes sénégalaises. Il plaide ainsi pour une meilleure organisation, qui permettrait de répondre en priorité aux besoins nationaux, tout en respectant les engagements humanitaires et légaux du pays.

Enfin, le parlementaire a insisté sur les défis liés à la formation et au recrutement dans le secteur de la santé. Selon lui, un nombre important de professionnels formés au sein des hôpitaux publics seraient originaires de pays voisins, tandis qu’une présence croissante de médecins étrangers est constatée à Dakar. S’il reconnaît l’apport de ces praticiens à l’offre de soins, Tahirou Sarr appelle à une réflexion stratégique sur la politique de formation, afin de s’assurer que les investissements consentis par l’État profitent pleinement au système sanitaire national.

Libération de Serigne Saliou Diagne : le fils de Madiambal Diagne placé sous contrôle judiciaire

Serigne Saliou Diagne, fils du journaliste et patron de presse Madiambal Diagne, a recouvré la liberté ce jeudi après avoir été placé sous contrôle judiciaire. Sa libération intervient après plusieurs jours de procédure, marqués par une forte attention médiatique en raison de l’identité de son père, figure influente du paysage médiatique sénégalais.

Selon les informations recueillies, la décision a été prise par le juge en charge du dossier, qui a estimé que les conditions étaient réunies pour accorder cette mesure alternative à la détention. Toutefois, Serigne Saliou Diagne demeure à la disposition de la justice et devra respecter un ensemble d’obligations strictes, parmi lesquelles la limitation de ses déplacements et l’obligation de se présenter régulièrement devant les autorités judiciaires compétentes.

L’affaire, dont les contours restent pour l’heure peu détaillés publiquement, a suscité de nombreuses réactions depuis son éclatement, certains observateurs appelant à la prudence et au respect du secret de l’instruction. La famille Diagne, qui s’était jusque-là abstenue de tout commentaire, n’a pas encore communiqué officiellement sur la décision.

Crise à l’UCAD : le Collectif des Amicales engagé dans des négociations avec les autorités

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) traverse depuis plusieurs semaines une crise qui perturbe fortement le fonctionnement de l’institution. Face à cette situation, le Collectif des Amicales de l’UCAD a entrepris des démarches pour engager un dialogue constructif avec les autorités sénégalaises et trouver une issue favorable aux revendications des étudiants.

Mercredi 3 décembre, les représentants du Collectif ont été reçus par le Président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, ainsi que par le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom. Ces rencontres s’inscrivent dans le cadre d’une tentative de médiation visant à apaiser les tensions sur le campus et à proposer des solutions concrètes aux problèmes soulevés par les étudiants, notamment ceux concernant les formations de Masters 1 et 2.

Dans son communiqué, le Collectif a également indiqué avoir eu des échanges en ligne avec le Premier ministre, Ousmane Sonko, qui a affirmé sa disponibilité à trouver une solution durable à la crise et à travailler à la stabilité de l’université. Les discussions ont porté sur plusieurs points cruciaux, notamment l’amélioration des conditions d’étude, la réforme des programmes d’enseignement, ainsi que la prise en charge des problèmes sociaux auxquels sont confrontés les étudiants.

Si une partie des revendications étudiantes a pu trouver une issue favorable, le Collectif précise que la majorité des points reste encore en discussion. Malgré cela, l’organisation estudiantine réaffirme son engagement envers la communauté universitaire et encourage les étudiants à rester mobilisés pour obtenir satisfaction à leurs demandes. Par ailleurs, le Collectif dénonce les récentes violations des franchises universitaires, rappelant la nécessité de respecter le cadre légal et institutionnel de l’université.

Crise universitaire : le ratio enseignants-chercheurs/étudiants au cœur des tensions

Par Fara Mbodji, Réseau des alumnis de l’Université Alioune Diop de Bambey (RA. UAD-B)

La crise qui secoue actuellement les universités sénégalaises continue de provoquer une vive inquiétude au sein de la communauté éducative et chez les étudiants. Alors que les mouvements d’humeur se multiplient sur les campus, de plus en plus de voix soulignent que la question des bourses, bien qu’importante, ne constitue qu’une facette d’un problème beaucoup plus profond et structurel. Au centre de cette crise se trouve le ratio enseignants-chercheurs/étudiants, jugé alarmant par de nombreux observateurs.

Selon les données disponibles, le Sénégal dispose actuellement d’un enseignant-chercheur pour environ 80 étudiants. Ce chiffre ne prend même pas en compte les vacataires et reste très éloigné des standards internationaux, où un encadrement plus rapproché est la norme pour garantir un enseignement de qualité. Cette disproportion a des conséquences directes sur la réussite académique, car elle limite les interactions entre étudiants et enseignants et compromet l’acquisition de connaissances solides.

Le gouvernement a annoncé son intention de recruter 500 nouveaux enseignants afin de réduire ce déséquilibre. Toutefois, de nombreux experts estiment que cette initiative reste largement insuffisante face à l’ampleur des besoins. « Le gouvernement fait semblant de faire des efforts, mais cela ne suffit pas pour combler le gap », déplore un responsable étudiant, mettant en lumière le sentiment général de frustration qui règne dans les universités. Pour les spécialistes de l’enseignement supérieur, seule une stratégie ambitieuse, cohérente et pérenne pourra réellement inverser cette tendance et améliorer la qualité de l’éducation.

Par ailleurs, il existe un lien direct entre la question des bourses et celle de l’encadrement académique. Les étudiants bénéficiaires de bourses, tout comme leurs camarades, ont le droit de recevoir un enseignement de qualité. Or, la garantie de cette qualité ne saurait se limiter à la seule distribution des bourses ; elle implique un renforcement massif des ressources humaines et matérielles des universités publiques.

Face à cette situation, les étudiants appellent l’État à placer la réforme du système d’encadrement académique au rang de priorité nationale. Ils demandent des mesures structurelles capables de répondre aux défis actuels et futurs d’un enseignement supérieur en pleine expansion, afin de prévenir l’aggravation de la crise.

Pour l’heure, tous les regards restent tournés vers le gouvernement, qui est attendu sur des actions concrètes pour sortir durablement les universités sénégalaises de cette impasse et garantir un enseignement supérieur de qualité pour tous.

Affaire des 5,5 milliards F CFA : Cheikh Tidiane Seck entendu par le Pool judiciaire financier

Ce jeudi, Cheikh Tidiane Seck, chauffeur de l’ancien Premier ministre Amadou Ba, a été entendu par le juge d’instruction du Pool judiciaire financier dans le cadre de l’information judiciaire portant sur l’affaire des 5,5 milliards de F CFA impliquant Amadou Sall, le fils de l’ancien chef du gouvernement de Macky Sall, ainsi que d’autres personnes.

Selon des sources de Seneweb, Cheikh Tidiane Seck a été entendu en présence du procureur Ibrahima Faye. Au cours de son audition, il a vigoureusement contesté les accusations d’association de malfaiteurs et de blanchiment de capitaux dont il fait l’objet. Assisté de ses avocats Boubacar Wade, Boucounta Diallo, Takha Cissé et Djiby Seydi, il a affirmé n’avoir commis aucun acte répréhensible.

L’inculpé a précisé ne pas connaître les autres personnes citées dans cette affaire, notamment le chanteur Waly Seck, le maire des Agnams Farba Ngom et Mamadou Racine Sy. Cheikh Tidiane Seck a déclaré ne connaître que Ibrahima Ba, le fils de son ancien employeur, avec lequel il vit sous le même toit depuis plus de vingt ans. Il a souligné que la famille Ba avait beaucoup œuvré pour lui, ce qui l’a conduit à accepter, sans réserve, sa nomination comme administrateur de la société, convaincu que Ibrahima Ba n’était pas impliqué dans des activités délictueuses.

À l’issue de l’audition, la défense a déposé une quittance de caution solidaire d’un montant de 550 millions de F CFA, émise par la Caisse des dépôts et consignations, couvrant à la fois Ibrahima Ba et Cheikh Tidiane Seck. Le président du collège des juges d’instruction avait déjà donné son accord pour cette proposition de cautionnement. Ainsi, les deux hommes pourraient recouvrer leur liberté dans les prochaines heures.

« Thérèse Faye interpelle Mabouba Diagne sur le prix de l’arachide, la salinité des sols et les infrastructures rurales »

Lors de la séance plénière tenue hier à l’Assemblée nationale, la députée Thérèse Faye a confronté le ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, avec un ton direct et incisif, soulevant plusieurs préoccupations majeures touchant le monde rural sénégalais. Ses interpellations ont porté sur des dossiers sensibles, allant de l’annonce du prix de l’arachide à la dégradation des sols, en passant par le manque d’infrastructures pour l’élevage et les risques de conflits d’intérêts liés aux activités privées du ministre.

La première question soulevée par Thérèse Faye concerne le prix du kilogramme d’arachide annoncé récemment par le ministre sur une chaîne YouTube, fixé à 305 F CFA. Selon elle, cette communication a été effectuée sans cadre officiel, aucun communiqué du Conseil des ministres, note interministérielle ou document officiel n’ayant été publié pour permettre aux services déconcentrés de prendre les dispositions nécessaires. Elle a insisté sur le risque de désorientation des producteurs, des acheteurs et des autorités locales, soulignant qu’une telle annonce publique, sans support officiel, crée une confusion préjudiciable à la campagne arachidière.

La députée a également mis en lumière la dégradation préoccupante des sols dans plusieurs localités de la région de Fatick, notamment à Diarrère, Mbella Kadiam et Niakhar. La salinité de ces terres, selon elle, compromet gravement les activités agricoles. Elle a appelé à la mise en place urgente de digues anti-sel afin de restaurer la fertilité des sols et de soutenir les agriculteurs locaux. Thérèse Faye a par ailleurs souligné les difficultés auxquelles sont confrontés les éleveurs, notamment le manque d’infrastructures essentielles telles que les parcs de vaccination et les abreuvoirs, indispensables pour améliorer la santé animale et réduire les pertes. Si elle a reconnu les efforts déployés par certaines mairies, elle a insisté sur le fait que leurs budgets restent insuffisants pour répondre aux besoins croissants du secteur.

Un autre point sensible de son intervention concerne la situation personnelle du ministre dans le secteur de la volaille. Thérèse Faye a interrogé la compatibilité entre l’exercice de ses fonctions publiques et son statut de deuxième producteur national de volaille, rappelant que même si la loi le permet, la communication sur ses activités privées pourrait générer des incompréhensions ou des soupçons de conflits d’intérêts. Elle a également mentionné que, malgré les affirmations du ministre selon lesquelles ses initiatives agro-industrielles étaient financées « sur fonds propres », son projet Gade Gui a bénéficié d’un accompagnement du FONGIP, dont il a été administrateur, ainsi que du PRODAC pour l’accès aux terres.

Tout en saluant les réussites personnelles du ministre, qu’elle a présentées comme un exemple de l’impact positif des politiques publiques mises en œuvre sous la présidence de Macky Sall, Thérèse Faye l’a invité à mettre davantage en avant les actions gouvernementales plutôt que ses réalisations personnelles, afin de garantir transparence et équité dans la conduite des politiques agricoles.

Ziguinchor : Un convoyeur arrêté pour trafic de migrants et escroquerie de 60 millions FCFA

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNTL) de Ziguinchor a déféré devant le parquet financier Djibril Seck, un individu poursuivi pour « association de malfaiteurs, tentative de trafic de migrants et escroquerie ». Ce dernier est accusé d’avoir escroqué près de 60 millions de FCFA à 110 personnes de différentes nationalités, dont des Sénégalais, des Sierra-Léonais, des Gambiens, des Bissau-Guinéens et des Guinéens.

Selon les informations recueillies, l’arrestation de Djibril Seck fait suite à une dénonciation collective enregistrée en mars 2025 auprès de l’antenne régionale de la DNTL de Ziguinchor. Les victimes ont affirmé avoir été trompées par un prétendu voyage vers l’Espagne via la Gambie. Chacune d’elles aurait versé entre 400 000 et 60 000 FCFA, pour un total avoisinant 60 millions FCFA, désignant Djibril Seck comme l’organisateur principal du voyage.

Le mis en cause avait conduit plusieurs candidats à la migration irrégulière sur la plage de Goumel, à Ziguinchor, où il leur aurait montré une pirogue qu’il présentait comme l’embarcation destinée à les conduire en Gambie, avant de les acheminer vers les côtes espagnoles. Cette mise en scène visait à renforcer sa crédibilité et à dissiper tout doute chez les candidats.

Une fois arrivés à Banjul, les migrants ont été pris en charge par un complice de Djibril Seck, chargé de leur hébergement dans le quartier résidentiel de Yaram Bamba. Après deux mois passés dans des conditions précaires, les migrants ont été interpellés par la police d’immigration gambienne, tandis que les organisateurs prenaient la fuite en emportant la totalité des fonds perçus.

Les victimes ont soutenu que l’arrestation initiale à Banjul avait été orchestrée par Djibril Seck et ses complices, de nationalités sénégalaise, gambienne et bissau-guinéenne, afin de créer un prétexte à sa disparition et de conserver frauduleusement l’argent collecté, sans jamais avoir eu l’intention d’organiser un véritable voyage vers l’Espagne.

Après six mois de cavale à Saint-Louis, Djibril Seck a été interpellé et a reconnu les faits. Il a également donné les noms de ses complices, précisant que chacun avait un rôle bien défini dans le recrutement et l’hébergement des candidats à la migration. Concernant l’utilisation des fonds, il a indiqué avoir dépensé 10 millions pour la construction d’une maison en cours de réalisation, 6 millions pour l’achat d’une pirogue et deux moteurs de marque « Yamaha », ainsi que 4 millions pour les frais d’hébergement et d’alimentation. Les 25 millions restants auraient été consacrés à diverses dépenses. Toutefois, le mis en cause n’a pas été en mesure de justifier l’écart entre les 60 millions FCFA initialement perçus et les 25 millions déclarés, ni d’identifier les victimes auxquelles il aurait prétendument remboursé une partie de l’argent.

Affaire de trafic présumé de migrants : le maire de Jaxaay Parcelles placé sous contrôle judiciaire avec bracelet électronique

Le maire de la commune de Jaxaay Parcelles, située dans la banlieue dakaroise, Abdoul Aziz Diané, a été placé sous contrôle judiciaire avec port obligatoire d’un bracelet électronique. Cette mesure est intervenue à la suite de la décision du parquet de Pikine-Guédiawaye, qui a requis l’ouverture d’une information judiciaire dans l’affaire de trafic présumé de migrants impliquant l’élu local.

Selon des sources judiciaires, le maire Abdoul Aziz Diané et son secrétaire municipal avaient été interpellés le 26 novembre 2025 par la brigade de recherche de Keur Massar. Les enquêteurs les soupçonnent d’être impliqués dans un réseau de facilitation de départs irréguliers vers l’étranger, un phénomène qui continue de prendre de l’ampleur dans la région. Les chefs d’accusation portent sur « trafic de migrants » mais également sur « falsification de documents d’état civil », un élément qui alimente les inquiétudes quant à une possible exploitation des ressources administratives de la commune à des fins illégales.

D’après des sources proches du dossier, les enquêteurs cherchent à déterminer si des actes administratifs – notamment des extraits de naissance ou d’autres documents essentiels – auraient été délivrés ou modifiés dans le but de permettre à des candidats à l’émigration irrégulière d’obtenir des papiers facilitant leur déplacement ou leur embarquement.

Le placement sous bracelet électronique constitue une première mesure de restriction, en attendant que le juge d’instruction désigné approfondisse les investigations. Cette décision traduit également la volonté des autorités judiciaires de maintenir un contrôle strict sur les déplacements de l’élu, tout en évitant une détention provisoire immédiate.

L’affaire suscite de nombreuses réactions au sein de la commune et dans l’opinion publique, où le maire est une figure connue. Certains habitants expriment leur surprise, tandis que d’autres réclament que la lumière soit pleinement faite sur le dossier, dans un contexte où la lutte contre le trafic de migrants est devenue une priorité nationale en raison des nombreux drames survenus ces dernières années.

L’information judiciaire ouverte devra désormais établir les responsabilités, vérifier la matérialité des faits et déterminer l’éventuelle existence d’un réseau ou de complicités au sein de l’administration locale. En attendant, Abdoul Aziz Diané demeure présumé innocent, conformément au principe fondamental du droit pénal.

Cyberviolences à l’égard des femmes : L’APROFES lance deux jours de formation à Kaolack

À l’occasion de la campagne internationale des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, l’APROFES a organisé ce mercredi 3 décembre 2025, à son siège de Kaolack, un atelier de deux jours dédié à la lutte contre les violences numériques envers les femmes et les filles, avec le soutien de son partenaire Enabel.

Cette session de renforcement de capacités a réuni un public diversifié, majoritairement composé de femmes et de jeunes filles, parmi lesquelles des survivantes de violences, des relais communautaires ainsi que des bajenu gox engagées dans la prévention et la prise en charge des violences basées sur le genre.

Un thème crucial dans un espace numérique devenu hostile

Intervenant lors de la rencontre, Aminata Ly Bengbeng, psychologue clinicienne et militante féministe sénégalaise, a souligné la pertinence du thème retenu cette année :

« L’espace numérique est aujourd’hui fortement pollué pour les femmes et les filles. Il s’y développe beaucoup de cyberharcèlement, de stalking, de cybersexisme, qui freinent leur participation et leur expression. »

Elle a rappelé que ces formes de violences en ligne ont un impact massif sur la santé mentale, la sécurité et l’épanouissement des femmes à travers le monde. Selon elle, il est urgent de renforcer la prévention, la protection et l’accompagnement des victimes, tout en formant les acteurs communautaires afin de créer un environnement numérique plus sûr et plus équitable.

Un centre d’accueil toujours non fonctionnel : L’APROFES interpelle l’État

Au-delà de la formation, l’atelier a également servi de cadre de plaidoyer.

Ndèye Diagne Mbengue, coordonnatrice du Centre d’écoute et d’orientation de l’APROFES, a déploré la non-fonctionnalité du centre d’accueil pour victimes de violences, construit au niveau du district sanitaire de Kasnack grâce à Enabel.

« Ce centre a été inauguré il y a deux ans, mais reste malheureusement non opérationnel. Nous interpellons les autorités étatiques afin qu’il soit enfin mis en service, pour offrir un véritable espace d’accueil et de prise en charge aux femmes et filles victimes de violences. »

L’appel vise à garantir une prise en charge holistique des survivantes, incluant soutien psychologique, assistance sociale et accompagnement juridique.

Un engagement renouvelé pour la lutte contre les violences patriarcales

À travers cet atelier, l’APROFES réaffirme son engagement à lutter contre toutes les formes de violences patriarcales, tant dans l’espace physique que numérique. L’organisation compte poursuivre ses actions de sensibilisation, de formation et de plaidoyer pour renforcer la protection des femmes et des filles et promouvoir leurs droits fondamentaux.

Macky Sall participe au premier “Beyond Profit Forum” en Arabie saoudite et plaide pour une gouvernance mondiale plus inclusive

L’ancien Président de la République du Sénégal, Macky Sall, a pris part, ce jeudi 4 décembre, à la toute première édition du “Beyond Profit Forum”, un événement international organisé à Riyad, en Arabie saoudite. Cette rencontre, pensée comme un espace d’échanges autour de l’innovation sociale et de la philanthropie, se veut un laboratoire d’idées pour transformer le secteur non lucratif à l’échelle mondiale.

Dans son intervention, Macky Sall a exprimé sa gratitude aux autorités saoudiennes pour ce qu’il a qualifié d’« aimable invitation » à une plateforme « novatrice de réflexion et de proposition sur la solidarité par la philanthropie ». L’ancien chef d’État a indiqué avoir partagé avec les participants son expérience en matière de politiques publiques d’inclusion sociale, rappelant les programmes qu’il a mis en œuvre durant son magistère pour réduire les inégalités sociales et territoriales au Sénégal.

Il a également insisté sur la zakat, un pilier essentiel de la solidarité en islam, qu’il a présentée comme un instrument structurant permettant de renforcer la cohésion sociale et d’assurer une redistribution plus équitable des ressources au sein des communautés. Pour Macky Sall, la mise en valeur de cet outil religieux dans les politiques de solidarité peut contribuer à résoudre certaines fragilités sociales tout en s’inscrivant dans une dynamique de développement durable.

Au-delà de son témoignage, l’ancien président sénégalais a renouvelé son appel en faveur d’une gouvernance mondiale plus juste et plus inclusive. Selon lui, les défis planétaires actuels — qu’il s’agisse des inégalités économiques, des crises sociales ou des déséquilibres géopolitiques — exigent des mécanismes de coopération internationale renforcés. Il a ainsi plaidé pour des plateformes de dialogue élargies, capables de donner une voix aux pays du Sud dans l’élaboration des politiques globales.

Le “Beyond Profit Forum”, qui en est à sa première édition, ambitionne de remodeler l’avenir du secteur non lucratif en stimulant l’innovation sociale, l’entrepreneuriat et la créativité. Son objectif est d’accélérer l’émergence d’un écosystème plus robuste, capable de générer des emplois, de favoriser l’inclusion et d’amplifier l’impact social à l’échelle mondiale. Dans cet esprit, la participation de personnalités comme Macky Sall contribue à nourrir le débat autour de la solidarité internationale et du rôle croissant des initiatives philanthropiques dans le développement.

Affrontements violents à l’UCAD : une journée de tension extrême entre étudiants et forces de l’ordre

La journée d’hier, mercredi, a été marquée par une explosion de violence au campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), transformé en véritable champ de bataille. Les affrontements, qui opposaient les étudiants aux forces de l’ordre, s’inscrivent dans le cadre d’un mouvement de protestation réclamant le paiement des arriérés de bourses de l’année académique 2024-2025.

Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur dans son édition de ce jeudi, le bilan de cette journée particulièrement agitée est lourd : onze policiers ont été blessés, dont deux officiers, tandis que dix étudiants ont été arrêtés. Les scènes de tension ont également entraîné la destruction de biens matériels, notamment plusieurs véhicules qui ont été incendiés au cours des heurts.

Très tôt dans la matinée, les étudiants ont fait face aux policiers, déterminés à pénétrer dans l’enceinte du campus pour contenir un mouvement qui prenait de l’ampleur. La situation s’est rapidement envenimée, obligeant les autorités à renforcer considérablement le dispositif sécuritaire. Un contingent exceptionnel de 300 éléments du Groupement mobile d’intervention (GMI), dépêché depuis Thiès, a été mobilisé. Ce renfort était accompagné de dix chars anti-émeute ainsi que d’une unité de drones de surveillance chargée d’appuyer les opérations au sol.

Malgré cette démonstration de force, les étudiants ont opposé une résistance farouche, rendant les affrontements particulièrement violents et prolongés. En fin de journée, certains des étudiants arrêtés ont été relâchés par le commissariat du Point E. Les autres ont passé la nuit dans les locaux du commissariat central, dans l’attente de la suite de la procédure policière.

Crise universitaire : l’APR dénonce une situation « explosive » et accuse le pouvoir en place

Le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance pour la République (APR) a publié, ce 4 décembre 2025, une déclaration dans laquelle il alerte sur la situation tendue qui paralyse les universités publiques du Sénégal depuis plusieurs semaines. Le parti d’opposition pointe un climat jugé « explosif », marqué par des mouvements de contestation estudiantine, des blocages pédagogiques et des heurts récurrents sur les campus.

Selon l’APR, cette atmosphère délétère contraste fortement avec les acquis enregistrés durant les années de gouvernance de l’ancien président Macky Sall. Le parti rappelle qu’au cours de cette période, plusieurs mesures avaient été prises « au bénéfice de la communauté universitaire ». Il cite notamment la revalorisation des salaires des enseignants-chercheurs et du personnel administratif et technique (PATS), l’augmentation des bourses étudiantes, la construction de nouveaux pavillons universitaires, ainsi que le maintien d’un soutien substantiel aux tickets des restaurants universitaires. À en croire l’APR, ces avancées avaient permis de réduire durablement les foyers de tensions dans le secteur de l’enseignement supérieur.

Le parti situe l’origine des troubles actuels dans la question sensible des bourses non versées, un sujet qui, selon lui, avait autrefois constitué un axe central de communication pour l’actuelle majorité lorsqu’elle était dans l’opposition. L’APR accuse le Pastef et ses alliés de s’être reniés, trahissant des promesses qui avaient contribué à rallier une partie importante de la jeunesse. Pour le parti fondé par Macky Sall, cette rupture entre discours passé et pratiques actuelles alimente la colère des étudiants, exacerbant un malaise déjà profond.

Dans sa déclaration, l’APR dénonce également ce qu’il qualifie de « répression brutale » exercée contre les étudiants mobilisés. Le parti rappelle que l’inviolabilité des espaces académiques est consacrée par la loi 94-79 relative aux franchises universitaires, et affirme que l’université devrait rester un sanctuaire de liberté intellectuelle, de recherche et de dialogue, plutôt qu’un terrain d’affrontements entre forces de sécurité et étudiants. Pour l’APR, les scènes de violences observées ces derniers jours constituent une dérive dangereuse et portent atteinte à l’esprit même de l’institution universitaire.

Le SEN de l’APR se positionne ouvertement aux côtés des étudiants et dit soutenir la légitimité de leurs revendications. Le parti exige de l’État le paiement « immédiat et sans condition » des bourses et allocations en souffrance, tout en appelant à l’arrêt des opérations sécuritaires « violentes » dans les campus. Selon ses responsables, l’urgence est de rétablir l’apaisement et de renouer avec un dialogue sincère entre autorités, étudiants et acteurs de la communauté universitaire.

Pour l’APR, la crise universitaire n’est en réalité qu’un révélateur d’une crise sociale beaucoup plus large. Le parti évoque les tensions croissantes dans les secteurs de la santé, de l’enseignement, ainsi que dans d’autres domaines de la vie nationale. Il estime que la multiplication de ces foyers de contestation illustre « la gravité de la crise » qui toucherait actuellement le pays, mettant à mal la stabilité sociale et économique.

Réforme du système de retraite et modernisation de l’État : le Premier ministre dévoile les grandes orientations

Le Premier ministre a présenté, lors de sa communication en Conseil des ministres, l’état d’avancement de la réforme du système national de retraite, l’un des chantiers majeurs engagés par le gouvernement pour renforcer la protection sociale et assurer la soutenabilité financière du dispositif. Il a mis en avant la nécessité de bâtir un modèle plus inclusif, mieux administré et capable de répondre aux défis posés par un vieillissement démographique de plus en plus marqué.

Selon le chef du gouvernement, la pérennité du système repose notamment sur une gestion plus rigoureuse des ressources et une meilleure anticipation des besoins futurs. Il a rappelé à ce titre que les importantes réserves de l’IPRES constituent un outil stratégique pour financer endogènement le Plan de redressement économique et social. Toutefois, cette contribution ne pourra être pleinement efficace que si les fonds sont réorientés vers des investissements jugés prioritaires pour la croissance et le développement national.

Le Premier ministre a ainsi annoncé l’élaboration, dans un délai de trois mois, d’une feuille de route couvrant la période 2025-2028. Celle-ci fixera les principaux axes d’intervention, parmi lesquels la sécurisation de l’ensemble du système, l’élargissement de l’assiette contributive afin d’intégrer un plus grand nombre d’actifs, ainsi que l’optimisation des placements financiers pour garantir un rendement stable et durable. L’objectif est non seulement de consolider le système de retraite, mais aussi d’améliorer sa capacité à accompagner la transformation socio-économique du pays.

Parallèlement à cette réforme structurelle du secteur des retraites, le gouvernement a engagé une refonte profonde de l’appareil étatique. Le Premier ministre a détaillé une réorganisation ministérielle destinée à rationaliser les missions, réduire les chevauchements et renforcer l’efficacité globale de l’action publique. Cette restructuration s’accompagne d’un projet de nouveau cadre de gouvernance territoriale, dont la mise en place est prévue pour 2026. Il s’agira de clarifier les rôles entre l’État central et les collectivités, de mieux coordonner les interventions locales et nationales, et d’assurer une meilleure cohérence des politiques publiques sur l’ensemble du territoire.

UEMOA : une croissance économique robuste portée par l’agriculture, les hydrocarbures et les services

L’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) confirme sa résilience économique en enregistrant un taux de croissance particulièrement dynamique au troisième trimestre 2025. Selon les déclarations du Gouverneur de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou, qui présidait ce mercredi la session du Comité de Politique Monétaire (CPM), la croissance économique de l’Union s’établit à 6,6 %, après un niveau déjà solide de 6,4 % au deuxième trimestre.

Pour l’ensemble de l’année 2025, les prévisions tablent sur une croissance de 6,7 %, un niveau nettement supérieur à la moyenne du continent africain, estimée à 4,1 %. Une performance qui confirme la dynamique positive engagée ces dernières années, malgré un contexte international encore marqué par des incertitudes.

Jean-Claude Kassi Brou a également annoncé le maintien du taux directeur de la BCEAO à 3,5 %. Ce choix, a-t-il expliqué, est guidé par la solidité des fondamentaux économiques et la stabilité des prix observée dans la région. L’inflation est maîtrisée, avec un niveau stabilisé à 2 % en 2025, situant l’Union bien en deçà des seuils d’inquiétude et confortant la politique monétaire actuelle.

Plusieurs secteurs ont contribué de manière significative à cette dynamique. L’agriculture enregistre une croissance remarquable, soutenue par une campagne agricole jugée très bonne. Le secteur des hydrocarbures s’est également illustré par une hausse notable de sa production, estimée à 25 %, renforçant ainsi sa contribution au Produit Intérieur Brut régional. Les services et le secteur manufacturier ont eux aussi affiché de solides performances, confirmant la diversification progressive des économies de l’Union.

Le gouverneur de la BCEAO a mis en avant la disponibilité de la liquidité bancaire, en progression de 1 700 milliards de francs CFA, un levier essentiel au financement de l’activité. Les crédits accordés à l’économie ont augmenté de 6 %, consolidant le rôle du secteur bancaire dans le soutien à la croissance. Cette conjoncture favorable permet, selon lui, de maintenir un environnement propice à l’investissement et à la création de valeur.

« L’économie de la région est en bonne santé, avec une croissance solide et une inflation maîtrisée. La croissance est financée de manière adéquate par le secteur bancaire », a affirmé Jean-Claude Kassi Brou, saluant la coordination des politiques monétaires et économiques dans les États membres.

RÉORGANISATION DE LA PRIMATURE : LE PRÉSIDENT BASSIROU DIOMAYE FAYE OFFICIALISE SON SOUHAIT D’AVOIR UN « PREMIER MINISTRE SUPER FORT »

Le président Bassirou Diomaye Faye franchit une nouvelle étape dans la transformation de l’appareil exécutif sénégalais. Après avoir annoncé sa volonté de renforcer le rôle et les prérogatives du Premier ministre, le chef de l’État concrétise désormais cette orientation institutionnelle à travers une vaste réorganisation de la Primature. Le projet de décret, signé par lui-même et contresigné par Ousmane Sonko, marque un tournant dans l’équilibre du pouvoir exécutif, en instaurant ce que le chef de l’État décrit comme un « Premier ministre super fort ».

Cette réforme s’inscrit pleinement dans la philosophie de gouvernance revendiquée par Diomaye Faye depuis son accession au pouvoir : déconcentrer les responsabilités, rationaliser les processus décisionnels et instaurer un fonctionnement institutionnel basé sur la complémentarité plutôt que sur la centralisation. En redéfinissant l’architecture du centre de gravité gouvernemental, la nouvelle configuration entend offrir au Premier ministre des leviers plus puissants pour coordonner l’action gouvernementale, piloter les politiques publiques et superviser la mise en œuvre des engagements de l’exécutif.

Concrètement, la réorganisation de la Primature vise à faire du Premier ministre un véritable chef d’orchestre, doté de moyens administratifs renforcés et de compétences élargies. En cela, le texte propose une structuration plus moderne du cabinet, une optimisation des organes de coordination interministérielle et une clarification des missions respectives entre la Présidence et la Primature. Le but affiché est d’éviter les redondances, de fluidifier les circuits de décision et d’assurer une efficacité accrue dans la conduite des réformes.

Ce choix politique revêt également une dimension symbolique forte. En contresignant le projet de décret, Ousmane Sonko — figure centrale du gouvernement et acteur charismatique de l’exécutif — valide la ligne de cohérence institutionnelle voulue par le Président. Cette décision témoigne d’une volonté d’affirmer un exécutif collégial, en rupture avec les modèles hyperprésidentialistes que de nombreux observateurs critiquaient depuis des années.

La réforme intervient par ailleurs dans un contexte d’attente populaire très élevé, où les citoyens espèrent une gouvernance plus lisible, plus rapide et plus rigoureuse. En dotant le Premier ministre de pouvoirs renforcés, le Président Faye entend répondre à cette demande en mettant en place un système de gestion publique moins dépendant de la Présidence et davantage orienté vers l’action opérationnelle.

Dakar : Le tribunal correctionnel condamne Zakiyoulahi Sow pour escroquerie au préjudice du directeur général d’ECOTRA SA

Le tribunal correctionnel de Dakar a rendu ce mercredi son verdict dans l’affaire d’escroquerie opposant Abdoulaye Sylla, directeur général d’ECOTRA SA, au banquier d’affaires Zakiyoulahi Sow. Après plusieurs semaines d’audiences marquées par des arguments contradictoires, le délibéré a finalement tranché en faveur de la partie civile.

Dès l’ouverture de la séance, le juge s’est prononcé sur l’exception de prescription soulevée par la défense. Cette dernière estimait que les faits poursuivis ne pouvaient plus faire l’objet de poursuites en raison du temps écoulé. Une argumentation que le tribunal a balayée d’un revers de main, considérant la demande « mal fondée ». Ce rejet a permis de poursuivre l’examen du dossier sur le fond.

À l’issue de l’étude des éléments versés au dossier, le prévenu Zakiyoulahi Sow a été reconnu coupable du délit d’escroquerie. Le magistrat a estimé que les preuves présentées par la partie civile étaient suffisamment solides pour établir la responsabilité du banquier d’affaires dans le préjudice subi par Abdoulaye Sylla.

Pour cette infraction, le tribunal a condamné Zakiyoulahi Sow à une peine d’un an d’emprisonnement assortie du sursis, évitant ainsi l’incarcération immédiate mais inscrivant dans son casier judiciaire une condamnation lourde de conséquences. Sur le plan civil, la décision est tout aussi sévère : le prévenu devra rembourser les 5 milliards de FCFA considérés comme indûment perçus. À ce montant s’ajoutent 1 milliard de FCFA octroyé à titre de dommages et intérêts à Abdoulaye Sylla, en réparation du préjudice moral et financier.

Ce verdict marque une étape importante dans un dossier qui a suscité un vif intérêt dans les milieux d’affaires. Il confirme également la volonté du tribunal de sanctionner fermement les pratiques frauduleuses, particulièrement dans un secteur aussi sensible que celui des transactions financières et des investissements.

Barthélémy Dias alerte sur la crise universitaire et appelle l’État à assumer ses responsabilités

L’ancien maire de Dakar et président du mouvement Sénégal Biñu Bokk, Barthélémy Dias, s’est vivement exprimé sur la crise qui secoue actuellement l’espace universitaire. Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, l’opposant politique a dénoncé la persistance des tensions à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et a appelé l’État à agir « de toute urgence » pour rétablir le calme.

Selon lui, la situation aurait pu être évitée si les autorités avaient pris en compte les préoccupations des étudiants. Barthélémy Dias estime que ces derniers « revendiquent un droit légitime » et que leurs doléances ne sauraient être ignorées ou reléguées au second plan. Pour l’ancien édile de Dakar, la crise actuelle n’est rien d’autre que la conséquence directe d’un manquement de l’État à ses obligations les plus élémentaires.

Il s’est particulièrement indigné du retard du paiement des bourses étudiantes, un point qu’il considère non négociable. « Un État ne doit pas être incapable de payer au minimum la bourse aux étudiants », a-t-il regretté, dénonçant un régime « faible » face à une revendication qu’il juge parfaitement justifiée. Ce retard, selon lui, aggrave la précarité des étudiants et alimente un climat de frustration propice aux tensions observées ces derniers jours.

Barthélémy Dias a toutefois invité les étudiants à faire preuve de responsabilité, tout en réaffirmant que la charge principale repose sur les autorités. Pour lui, seule une réaction rapide et concrète du gouvernement permettra d’apaiser la situation et d’éviter que les affrontements ne dégénèrent davantage.

L’actrice et animatrice ivoirienne Nadiya Sabeh s’est éteinte : une voix engagée contre le cancer du sein s’en va

La Côte d’Ivoire est en deuil. L’actrice et animatrice Nadiya Sabeh, figure appréciée du public ivoirien, est décédée après un long combat contre le cancer du sein. Diagnostiquée en février 2024, elle avait fait le choix courageux de rendre publique sa maladie, transformant sa lutte personnelle en un plaidoyer constant en faveur de la prévention et de la prise en charge précoce du cancer.

Dès l’annonce de son diagnostic, Nadiya Sabeh avait adopté une démarche résolument tournée vers les autres. Elle partageait régulièrement son quotidien, ses espoirs, ses moments de fragilité comme ses phases de rémission, à travers des messages empreints de sincérité et d’une force remarquable. Son objectif était clair : briser les tabous autour du cancer du sein et encourager les femmes à se faire dépister, à ne pas céder à la peur, et à rechercher un accompagnement approprié.

Sa disparition laisse un vide immense dans le paysage culturel ivoirien. Artiste talentueuse, animatrice charismatique et femme engagée, elle avait su toucher des milliers de personnes, aussi bien par son travail à l’écran que par son combat exemplaire. Les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux et au sein de la communauté artistique, où l’on salue unanimement son courage, sa générosité et son profond sens du partage.

Au-delà de la peine, beaucoup retiennent de Nadiya Sabeh l’image d’une battante qui, jusqu’au bout, a choisi la lumière plutôt que le silence. Son parcours restera un symbole d’espoir pour toutes celles et ceux confrontés à la maladie, et un rappel de l’importance de la sensibilisation continue sur les cancers féminins.

Kaolack : Les personnes handicapées plaident pour le paiement urgent des bourses de sécurité sociale

À l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, célébrée cette année sous le thème « Favoriser des sociétés inclusives pour les personnes handicapées afin de stimuler le progrès social », la Fédération des associations de personnes handicapées de Kaolack a dénoncé un retard jugé « extrêmement préoccupant » dans le paiement des bourses de sécurité sociale destinées aux personnes vivant avec un handicap.

Réunis ce mercredi, les responsables de la fédération ont interpellé l’État sur l’urgence de la situation. Selon le président par intérim, Ali Lakh, le non-versement prolongé de ces allocations plonge des milliers de foyers dans une grande précarité.

« Nous demandons des solutions rapides. Beaucoup de bénéficiaires n’arrivent plus à subvenir à leurs besoins élémentaires. Il est urgent que l’État tienne ses engagements », a déclaré Ali Lakh devant la presse.

Une précarité qui s’accentue

Pour de nombreux bénéficiaires, ces bourses représentent la seule source de revenu régulier permettant de couvrir les besoins essentiels du quotidien. La fédération alerte sur les conséquences directes de ces retards : difficultés d’accès aux soins, insuffisance alimentaire, perturbation de la scolarisation des enfants et incapacité à assurer certaines charges sociales.

Les représentants des associations rappellent que ces aides sociales sont conçues pour garantir un minimum de dignité et de stabilité aux personnes en situation de handicap, particulièrement exposées aux vulnérabilités économiques.

Un appel à des mesures durables

Au-delà de l’urgence, la fédération exhorte les autorités à mettre en place un mécanisme de gestion plus fiable afin d’éviter la répétition de telles perturbations. Elle appelle également à un dialogue plus soutenu entre l’État et les organisations de personnes handicapées, estimant que la régularité des paiements constitue un droit fondamental et non une faveur.

Dans l’attente d’une réponse des autorités, les associations de Kaolack maintiennent la pression et promettent de poursuivre leur mobilisation pour garantir le respect des engagements pris en faveur des personnes handicapées.

Cinq individus interpellés pour association de malfaiteurs et vol à Jaaxay

Le Commissariat d’Arrondissement de Jaaxay, Parcelles Assainies et Niacourab a procédé à l’arrestation de cinq individus impliqués dans une affaire d’association de malfaiteurs, de vol et de complicité. Les interpellations font suite à une plainte déposée le 28 novembre 2025 par un homme qui venait de perdre son fils et se préparait à rejoindre la maison mortuaire à Dakar.

Selon les informations recueillies, le plaignant, résidant à Louga, a appris dans la nuit du jeudi 27 novembre le décès de son fils à Tivaouane Peulh. Très tôt le lendemain, il a pris la route pour Dakar et est arrivé au rond-point Sedima aux environs de 08 heures. En chemin, il disposait de 600 000 F CFA sur son compte Wave et a retiré 100 000 F CFA dans un point de service situé sur son itinéraire. Après cette opération, il a rangé son téléphone portable dans la poche de son boubou, sans se douter qu’il allait en être victime quelques instants plus tard.

Alors qu’il tentait de trouver un véhicule pour poursuivre son déplacement, il s’est rendu compte du vol de son téléphone. Rapidement, il a également constaté que les 500 000 F CFA restants sur son compte Wave avaient été frauduleusement retirés. Sous le choc, il a saisi le Commissariat de Jaaxay qui a aussitôt déclenché une enquête.

Les investigations menées par les enquêteurs ont permis d’identifier rapidement le présumé voleur, un individu bien connu des services de police pour des affaires similaires. Grâce au recoupement des informations, les agents sont parvenus à le localiser dans un appartement qu’il avait loué à la Cité Mixta des Parcelles Assainies. Une équipe d’intervention a été dépêchée sur place et a procédé à l’interpellation du suspect ainsi que de quatre autres individus trouvés dans le logement.

Au cours de son audition, le mis en cause a reconnu avoir dérobé le téléphone du plaignant et retiré au total 550 000 F CFA du compte Wave, expliquant qu’il avait utilisé la somme pour s’offrir des soirées en boîte de nuit avec des connaissances rencontrées sur les lieux, pour payer la location de l’appartement et pour acheter de l’alcool. Il a également confié avoir revendu le téléphone volé au marché noir de Keur Massar pour 15 000 F CFA.

Les autres personnes arrêtées ont tenté de se dédouaner en affirmant qu’elles avaient été simplement invitées par le principal suspect et ignoraient l’origine frauduleuse de l’argent dépensé. Toutefois, les enquêteurs ont relevé que la plupart d’entre elles sont bien connues du milieu interlope et ont déjà été déférées dans des affaires de vols.

Les cinq individus ont été placés en détention pour les besoins de l’enquête, qui se poursuit afin de déterminer le rôle exact de chacun dans cette affaire.

Communiqué du Conseil des Ministres du mercredi 03 décembre 2025.

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 03 décembre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Devoir de mémoire et célébration de la journée des Tirailleurs sénégalais

Au début de sa communication, Monsieur le Président de la République informe le Conseil avoir présidé, le lundi 1er décembre 2025, en présence de son homologue de la République de Gambie, du Vice-Président de la République de Côte d’Ivoire, du Président de l’Assemblée nationale de la République du Togo et de plusieurs délégations étrangères, les cérémonies de commémoration du 81ème anniversaire du Massacre de Thiaroye et de célébration de la 1ère édition de la Journée des Tirailleurs sénégalais. Il félicite le Gouvernement, notamment le Premier Ministre et le Ministre des Forces Armées, ainsi que le Comité de commémoration, pour la bonne organisation et la rédaction du Livre blanc sur le Massacre de Thiaroye. Le Chef de l’Etat souligne que le devoir de mémoire et l’exigence de justice sur ce Massacre, demeurent des priorités de notre politique mémorielle. 

Après avoir réaffirmé l’engagement du Sénégal en faveur de la recherche et du rétablissement de la vérité des faits sur cet évènement historique, qui doit être vulgarisé et enseigné, le Président de la République décide, pour marquer la symbolique de cette commémoration, de la réalisation, sous la supervision du Premier Ministre, d’un Mémorial entre le Cimetière national et le Camp militaire de Thiaroye. 

Protection de la famille, des femmes et de la jeunesse

Socle de la stabilité sociale, la protection de la famille constitue, pour le Président de la République, une des missions fondamentales de l’Etat. A cet égard, il souligne que la jeunesse doit être protégée par l’Etat et les collectivités publiques contre l’exploitation, la drogue, les stupéfiants, l’abandon moral et la délinquance. Il demande de veiller à la santé physique et morale de la famille, en particulier des personnes en situation de handicap, des personnes âgées et des jeunes. Il insiste sur le droit à l’allègement des conditions de vie des femmes, notamment en milieu rural, l’amélioration de l’accès des filles à l’école et la protection des femmes et des jeunes filles contre les violences de toute nature. Dans cette optique, le Président de la République demande au Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités d’actualiser la Stratégie nationale pour l’Equité et l’Egalité de Genre et d’entreprendre la révision consensuelle du cadre relatif aux missions, à l’organisation et au fonctionnement de l’Observatoire national de la Parité (ONP).

Face à l’urgence d’un renforcement des dispositifs législatifs et réglementaires d’encadrement et de protection des droits des enfants, il instruit la mise en place d’un Observatoire national de Protection des Enfants, l’installation du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal et la fonctionnalité des projets de Maisons de la Jeunesse et de la Citoyenneté.

Action sociale et soutien de l’Etat aux personnes vivant avec un handicap

Rappelant que la communauté internationale célèbre la Journée internationale des personnes handicapées ce 03 décembre 2025, le Chef de l’Etat indique la nécessité d’évaluer l’application intégrale de la loi d’orientation sociale et le dispositif de la Carte d’égalité des chances. 

Considérant qu’il est essentiel de définir une nouvelle perspective de soutien renforcé aux personnes vivant avec un handicap, le Président de la République engage le Gouvernement à mettre en œuvre, à partir de l’année 2026, un Programme national intégré de soutien aux personnes vivant avec un handicap et à asseoir l’inclusion sociale et la solidarité nationale dans la mise en œuvre des politiques publiques. Il instruit d’accentuer le déploiement de l’ensemble des programmes et projets à incidence sociale directe sur l’amélioration des conditions de vie des populations, notamment les groupes les plus vulnérables, en particulier les personnes vivant avec un handicap. 

Stratégie nationale de Bonne Gouvernance et renforcement de la transparence dans la gestion publique 

Le Président de la République annonce l’ouverture d’une nouvelle ère de renforcement de la transparence dans la gestion publique, avec l’adoption de la loi portant création de l’Office national de Lutte contre la Corruption (OFNAC). Après avoir félicité ses nouveaux membres récemment nommés, à la suite d’un processus d’appel à candidatures sélectif, il réaffirme son engagement à soutenir cette nouvelle instance, dans l’exercice de ses missions et à accroître ses moyens d’intervention, afin d’en faire une structure nationale de référence en matière de transparence et de bonne gouvernance. En outre, il demande au Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, de finaliser le document portant Stratégie nationale de Bonne Gouvernance.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil qu’il prendra part, le lundi 08 décembre 2025 à Abidjan, à la cérémonie d’investiture du Président de la République de Côte d’Ivoire, Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Après avoir félicité le Président de la République pour son engagement en faveur de la réhabilitation de nos héros nationaux, Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur les deux points suivants :

Orientations pour une réorganisation des départements ministériels

Considérant l’Administration publique comme un pilier de la conduite du changement, le Premier Ministre a rappelé son engagement, à l’occasion de sa déclaration de politique générale, en faveur du passage d’une Administration bureaucratique à une Administration moderne et performante. Il a fait le point des constatations dans l’organisation et le fonctionnement de l’administration, qui rendent compte de ses limites et insuffisances à porter efficacement l’ambition déclinée dans l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050. Il a notamment évoqué l’instabilité institutionnelle, la redondance et l’inflation des structures, le chevauchement de missions, les conflits de compétences, la multiplication des centres de décisions, les difficultés dans la coordination de l’activité ministérielle, le manque de consistance de certaines fonctions essentielles, les différences notoires dans l’architecture organisationnelle et les conflits de compétences.

Ce faisant, il instruit le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, en rapport avec le Ministre, Secrétaire général de la Présidence de la République, les départements ministériels, le Bureau Organisation et Méthodes et le Contrôle financier, de prendre en compte les orientations qu’il a dégagées, dans l’élaboration des nouveaux décrets portant organisation des ministères. Le Premier Ministre a demandé, également, au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, en rapport avec le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique et le Ministre chargé des Collectivités territoriales, de lui proposer, d’ici la fin du mois de février 2026, un schéma d’organisation de l’administration territoriale, aligné à la Charte de la déconcentration. 

Réforme du système national de retraite

Abordant l’état d’avancement de la réflexion stratégique engagée autour de la réforme du système national de retraite, le Premier Ministre, après une analyse croisée des données, a souligné la nécessité de mettre en place un système plus inclusif, mieux administré, financièrement solide et adapté au vieillissement de la population.

Par ailleurs, il a estimé que les actifs de long terme et réserves techniques importantes de l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES) peuvent constituer un levier majeur de financement endogène du Plan de Redressement économique et social (PRES). Dans cette perspective, il a demandé au Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public et au Ministre des Finances et du Budget, en coordination avec l’ensemble des parties prenantes, de produire dans un délai de trois (03) mois une feuille de route 2025–2028, articulée autour de trois (03) axes structurants : assainissement et sécurisation du système, élargissement de l’assiette contributive et orientation graduelle des investissements de l’IPRES.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre d’Etat auprès du Président de la République, chargé du Suivi du Pilotage et de l’Evaluation de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, a fait une communication sur le pilotage des ressources. 

Le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a fait une communication sur l’amélioration du système de paiement des allocations d’études.

Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a présenté une communication sur la situation du marché et la commercialisation des denrées agricoles et alimentaires.

Le Ministre de la Jeunesse et des Sports a présenté une communication portant sur le Plan de Mobilisation et d’Engagement des Jeunes, en vue de l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), Dakar 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté : 

– le projet de décret fixant les modalités de désignation des Commissaires de la Commission nationale des Droits de l’Homme (CNDH) ;

– le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Conseil national de Lutte contre le SIDA (CNLS).

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

Crise en Guinée-Bissau : Umaro Sissoco Embaló réfugié à Brazzaville après son renversement

Renversé en milieu de semaine par un coup de force militaire, l’ancien président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló, a atterri ce week-end à Brazzaville à bord d’un jet privé affrété par les autorités congolaises. L’information a été confirmée par une source proche du pouvoir à Brazzaville, qui précise que l’ex-chef d’État a été accueilli en toute discrétion.

Arrêté mercredi par les militaires à Bissau, Embaló avait d’abord été exfiltré vers le Sénégal dès le lendemain. Mais son séjour à Dakar n’aura été qu’une étape avant son départ vers le Congo. Selon une source au sein de la présidence congolaise, il aurait choisi Brazzaville comme lieu de refuge et entend y rester pour une durée encore indéterminée.

« Le président Embaló est arrivé à Brazzaville à bord d’un jet privé affrété par les autorités », a indiqué à l’AFP une source congolaise sous couvert d’anonymat. L’ex-dirigeant entretient depuis plusieurs années des relations étroites avec Denis Sassou-Nguesso, qu’il avait visité à plusieurs reprises durant son mandat. Ces liens privilégiés expliqueraient, selon des observateurs, la rapidité avec laquelle le Congo lui a ouvert ses portes.

Pendant ce temps, à Bissau, les putschistes ont installé un nouvel homme fort à la tête de la transition. Le général Horta N’Tam, jusque-là chef d’état-major de l’armée de terre, a été désigné président de la transition pour une durée d’un an. Ce choix consacre la mainmise de l’armée sur les institutions, dans un pays déjà habitué aux crises politiques à répétition.

La scène internationale a rapidement réagi à ce renversement. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a dénoncé « une violation des principes démocratiques » et a appelé au rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel. Dans la foulée, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a suspendu la Guinée-Bissau de tous ses organes décisionnels. L’Union africaine a adopté la même position, excluant temporairement le pays de ses instances.

Face à cette double suspension et aux condamnations qui se multiplient, la pression internationale s’intensifie pour pousser la junte à organiser une transition courte et crédible. Les partenaires de la Guinée-Bissau réclament un calendrier clair pour le retour à un régime civil et la restauration des institutions démocratiques.

Kaolack accueille la 6ᵉ édition du Festival International pour l’Éveil des Consciences

La capitale du Saloum a donné, ce lundi, le coup d’envoi de la 6ᵉ édition du Festival International pour l’Éveil des Consciences, un rendez-vous culturel devenu incontournable à Kaolack. L’événement a démarré par une forte action citoyenne : une séance de don de sang organisée au Centre Régional de Transfusion Sanguine, mobilisant artistes, bénévoles et jeunes engagés.

Porté par Ousmane Thioune, alias Jimane, figure influente de la culture urbaine locale, le festival se distingue par son approche hybride mêlant culture, solidarité et engagement civique. « Notre objectif est de montrer que la culture peut être un moteur de transformation sociale », a déclaré le directeur du festival, soulignant l’importance de conjuguer créativité et responsabilité communautaire.

Cette nouvelle édition promet une programmation riche, alternant performances musicales, tables rondes interculturelles et actions sociales destinées à renforcer la cohésion entre les populations. Plusieurs artistes locaux et internationaux sont attendus pour animer les soirées, qui mettront particulièrement en lumière les jeunes talents de la région.

Cette année, la Gambie est le pays invité d’honneur, illustrant la volonté du festival de consolider les liens culturels entre les deux rives du fleuve. Un choix présenté par les organisateurs comme un « symbole de fraternité et de continuité culturelle » entre des communautés voisines partageant histoire, traditions et ambitions communes.

Au fil des années, le Festival pour l’Éveil des Consciences s’est imposé comme un événement phare, contribuant à affirmer la place de Kaolack en tant que carrefour culturel du Saloum. En associant expression artistique, réflexion sociétale et initiatives humanitaires, cette 6ᵉ édition entend poursuivre la dynamique d’éveil citoyen qui fait la singularité du festival.

Les activités se poursuivront tout au long de la semaine, avec une participation attendue de centaines de jeunes, d’artistes et de visiteurs venus d’horizons divers.

Loi d’orientation sociale : le CLAPH de Kaolack hausse le ton face aux lenteurs de l’État

La capitale du Saloum a donné, ce lundi, le coup d’envoi de la 6ᵉ édition du Festival International pour l’Éveil des Consciences, un rendez-vous culturel devenu incontournable à Kaolack. L’événement a démarré par une forte action citoyenne : une séance de don de sang organisée au Centre régional de transfusion sanguine, mobilisant artistes, bénévoles et jeunes engagés.

Porté par Ousmane Thioune, alias Jimane, figure influente de la culture urbaine locale, le festival se distingue par son approche hybride mêlant culture, solidarité et engagement civique. « Notre objectif est de montrer que la culture peut être un moteur de transformation sociale », a déclaré le directeur du festival, soulignant l’importance de conjuguer créativité et responsabilité communautaire.

Cette nouvelle édition propose une programmation riche, alternant performances musicales, tables rondes interculturelles et actions sociales destinées à renforcer la cohésion entre les populations. Plusieurs artistes locaux et internationaux sont attendus pour animer les soirées qui, selon les organisateurs, mettront particulièrement en lumière les jeunes talents de la région.

Cette année, la Gambie est le pays invité d’honneur, illustrant la volonté du festival de consolider les liens culturels entre les deux rives du fleuve. Un choix présenté comme un « symbole de fraternité et de continuité culturelle » entre des communautés voisines partageant histoire, traditions et ambitions communes.

Au fil des années, le Festival pour l’Éveil des Consciences s’est imposé comme un événement phare, contribuant à affirmer la place de Kaolack en tant que carrefour culturel du Saloum. En associant expression artistique, réflexion sociétale et initiatives humanitaires, cette 6ᵉ édition entend poursuivre la dynamique d’éveil citoyen qui fait la singularité du festival.

Les activités se poursuivront tout au long de la semaine, avec la participation attendue de centaines de jeunes, d’artistes et de visiteurs venus d’horizons divers.

Sécurisation du tanker “Mersin” : les opérations se poursuivent au large de Dakar

Le Port autonome de Dakar (PAD) a communiqué, ce mercredi, une nouvelle mise à jour sur les opérations en cours visant à sécuriser le navire tanker Mersin, immobilisé depuis plusieurs jours au large de Dakar. Malgré des conditions météorologiques défavorables, marquées notamment par un vent soutenu, l’autorité portuaire assure que le navire demeure stable et placé sous une surveillance continue.

Selon le PAD, une équipe spécialisée de plongeurs-démineurs de la société Tous Travaux Sous-Marins (TTS) a été dépêchée sur zone afin de conduire une expertise approfondie. Ces techniciens interviennent directement sur la coque du tanker pour analyser les dégâts, évaluer les risques et mener des opérations ciblées de sécurisation. Ils bénéficient du soutien opérationnel d’une vedette de la Marine nationale, mobilisée pour garantir la protection du périmètre et assurer une surveillance rapprochée des manœuvres.

La Haute Autorité chargée de la Sécurité maritime (HASSMAR) pilote la coordination générale des opérations, en collaboration étroite avec le Port autonome de Dakar et l’Agence nationale de l’Aviation Maritime (ANAM). Les autorités sénégalaises indiquent également maintenir un dialogue technique permanent avec les représentants de l’armateur turc Besiktas, propriétaire du navire.

L’objectif principal des équipes engagées reste de déterminer et d’appliquer, dans les délais les plus courts, la solution technique la plus sûre pour stabiliser définitivement le tanker et son important chargement. Le PAD insiste sur le fait que la protection de l’environnement marin demeure la priorité absolue, compte tenu des risques potentiels qu’impliquerait une fuite du carburant transporté.

Le Mersin, un pétrolier chargé d’environ 39 000 tonnes de gazole, avait été touché la semaine dernière par quatre explosions externes. Ces détonations avaient causé une infiltration d’eau dans la salle des machines, nécessitant une intervention d’urgence afin d’éviter une aggravation de la situation. Depuis lors, les opérations se déroulent à une dizaine de kilomètres au large des côtes sénégalaises, dans une zone isolée destinée à réduire tout impact éventuel sur l’écosystème marin et sur les activités portuaires.

Affaire Amadou Sall : l’inculpé Ibrahima Ba, fils de l’ex-Premier ministre Amadou Ba, entendu par le juge d’instruction

L’instruction de l’affaire impliquant Amadou Sall, fils de l’ancien chef de l’État Macky Sall, se poursuit au niveau du Pool judiciaire financier. Après l’audition très médiatisée de l’artiste-chanteur Wally Seck, c’était ce mercredi au tour d’Ibrahima Ba, fils de l’ancien Premier ministre Amadou Ba, de se présenter devant le président du collège des juges d’instruction, Idrissa Diarra. L’interrogatoire s’est déroulé en présence du procureur de la République près le parquet financier, Ibrahima Faye.

Assité par un important collège d’avocats, composé notamment de Mes Boubacar Wade, Boucounta Diallo, Demba Ciré Bathily, Amadou Aly Kane, Souleymane Ndéné Ndiaye, Pape Samba So, Takha Cissé et Djiby Seydi, l’inculpé a fermement rejeté les accusations d’association de malfaiteurs et de blanchiment de capitaux portées contre lui. Les faits qui lui sont reprochés concernent une société immobilière qu’il avait créée conjointement avec Amadou Sall.

Au cours de son audition, Ibrahima Ba a expliqué avoir apporté dans le projet un terrain estimé à 400 millions de francs CFA, un bien offert à sa mère par l’ancien président Abdoulaye Wade. Selon ses déclarations rapportées par Seneweb, Amadou Sall aurait, de son côté, effectué un apport financier en espèces d’un montant de 500 millions de francs CFA. Malgré ces investissements, les deux associés auraient rapidement été confrontés à des difficultés financières, les empêchant de mener à bien leur projet immobilier.

Face à cette impasse, ils auraient décidé de vendre le terrain à leur architecte, un certain Bodian, chargé de la maquette du projet et à qui ils étaient redevables d’importantes sommes. Toutefois, lorsqu’ils se sont rendus à la NSIA Banque pour récupérer le produit de la vente, ils ont découvert qu’une opposition avait été placée sur les fonds, bloquant ainsi toute transaction.

Se présentant comme une victime dans cette affaire, Ibrahima Ba aurait affirmé au magistrat instructeur qu’il a été manipulé et « utilisé » par Amadou Sall. Il soutient n’avoir jamais eu l’intention de se livrer à des activités illicites et affirme avoir été entraîné dans un montage dont il dit ne pas maîtriser tous les contours.

Bassirou Diomaye Faye appelle à une inclusion renforcée des personnes en situation de handicap

À l’occasion de la Journée internationale des personnes vivant avec un handicap, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu à adresser un message de soutien et d’encouragement à toutes les personnes concernées. Sur sa page Facebook, le chef de l’État a réaffirmé son engagement à répondre aux besoins de cette frange de la population et a lancé un appel à la mobilisation collective pour une inclusion véritablement effective.

Dans son message, le président Faye a exprimé toute son admiration et son respect envers les personnes vivant avec un handicap. Il a salué leur courage quotidien, leur ténacité face aux obstacles et la dignité avec laquelle elles mènent leur vie, soulignant que leur exemple constitue une véritable leçon de vie pour l’ensemble de la nation.

Le président de la République a réitéré sa vision d’un « Sénégal inclusif », dans lequel chaque citoyen, quelle que soit sa condition, bénéficie des mêmes opportunités. Selon lui, cet engagement passe par l’accès à une éducation de qualité, l’ouverture effective du marché de l’emploi, le soutien et le financement des initiatives entrepreneuriales ainsi qu’une adaptation des dispositifs sociaux aux besoins spécifiques des personnes en situation de handicap. Il a également insisté sur l’importance de l’accompagnement des familles, soulignant que leur soutien est essentiel pour favoriser l’inclusion.

Bassirou Diomaye Faye a appelé le gouvernement, les collectivités territoriales, les familles et l’ensemble de la communauté nationale à faire de l’inclusion socioéconomique des personnes handicapées une cause commune et permanente. Il a rappelé que la dignité d’une nation se mesure à sa capacité à offrir à chacun la possibilité de se réaliser pleinement.

Le président a conclu son message en affirmant qu’il restera aux côtés des personnes vivant avec un handicap pour bâtir un Sénégal plus juste, plus solidaire et profondément humain, adressant à toutes et à tous ses pensées les plus sincères à l’occasion de cette journée qui rappelle le devoir collectif de respect, d’inclusion et de dignité.

Thierno Alassane Sall dénonce la gestion de la crise dans les universités publiques

Le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a vivement critiqué la situation explosive que traversent actuellement les universités publiques du Sénégal, ainsi que l’attitude de certains membres du gouvernement face à cette crise. Dans une sortie au ton ferme, il a dénoncé ce qu’il qualifie d’« esprit belliqueux » au sein de l’exécutif, estimant que la volonté affichée d’étouffer toute contestation ne pouvait qu’engendrer des résistances. Selon lui, les méthodes « cavalières » déjà mises en œuvre par les autorités, notamment contre les marchands ambulants, avaient suscité l’émotion et l’indignation d’une grande partie des Sénégalais. L’application de la loi, a-t-il rappelé, doit se faire « avec pédagogie et empathie ».

Pour le député, les prises de position récentes de certains responsables gouvernementaux et de députés du Pastef, dans un contexte où l’ensemble des universités du pays est en ébullition, relèvent d’une profonde irresponsabilité. Il a rappelé la sortie du Premier ministre qui avait comparé la situation des bourses estudiantines au Sénégal à celle de la Côte d’Ivoire, une intervention qu’il considère comme maladroite et malvenue. Cette attitude tranche radicalement, selon lui, avec l’image d’un parti qui se voulait jadis « la voix des sans-voix ». Thierno Alassane Sall estime qu’un tel virage politique, opéré « avec une rare légèreté » et un « mépris profond » pour la détresse des étudiants, constitue une véritable provocation.

Le député va plus loin en affirmant que ce changement de posture est vécu comme une trahison par de nombreux jeunes. Il rappelle que le parti au pouvoir a longtemps érigé le culte des « martyrs » en symbole d’État et que la confrontation avec les forces de défense et de sécurité a souvent été présentée comme une norme quasi constitutionnelle. Ce contraste profond entre discours passé et pratiques actuelles contribue, selon lui, au choc psychologique ressenti aujourd’hui par les étudiants et leurs familles.

Face à l’escalade des tensions, Thierno Alassane Sall appelle le gouvernement à agir de manière urgente et déterminée pour rétablir la sérénité dans les campus. Il invite également les personnalités publiques et les « bonnes consciences » qui, sous l’ancien régime, dénonçaient fermement les violences et dérives dans les universités, à faire preuve de la même vigueur aujourd’hui. Pour clore son intervention, le président de la République des Valeurs a exhorté les étudiants à privilégier des formes de mobilisation qui les exposeraient moins aux risques de blessures et de violences, rappelant l’importance de préserver leur intégrité physique au cœur de ce mouvement contestataire.

Libération de Bachir Syll : un tournant dans une affaire hautement médiatisée

Après plusieurs jours de détention provisoire, Bachir Syll a finalement recouvré la liberté. Il a quitté le centre pénitentiaire de Saint-Louis dans un état de visible soulagement, selon ses proches qui se sont empressés de l’accueillir. Cette remise en liberté constitue une étape majeure dans un dossier qui, en l’espace de quelques jours, a cristallisé tensions politiques, débats juridiques et réactions publiques passionnées.

Originaire de Saint-Louis et domicilié à Sanar Peul, Bachir Syll se présente comme entrepreneur et est identifié comme militant du parti PASTEF. Cette appartenance politique a rapidement donné une coloration particulière à l’affaire, déjà sensible du fait du contexte national et des sujets liés à la liberté d’expression. Fin novembre 2025, une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux avait montré le jeune homme en train de déchirer la photo officielle du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, tout en lançant des propos considérés comme injurieux. La scène avait suscité un vif émoi, provoquant un tollé et l’indignation d’une partie de l’opinion publique.

Face à l’ampleur de la polémique, le procureur de Saint-Louis avait immédiatement réagi. Dès le lendemain de la diffusion de la vidéo, les services de police avaient procédé à l’arrestation de Bachir Syll au commissariat central. Le militant était alors poursuivi pour « offense au chef de l’État » et « injures publiques », deux infractions prévues par le code pénal et régulièrement invoquées dans des dossiers impliquant des critiques jugées excessives envers les institutions. Le juge du 2ᵉ cabinet du Tribunal de grande instance de Saint-Louis avait ouvert une instruction, à la suite de laquelle le ministère public avait requis son placement sous mandat de dépôt.

La libération intervenue aujourd’hui ne signifie toutefois pas la fin de la procédure. L’instruction suit son cours et les autorités judiciaires demeurent libres de poursuivre les investigations et de décider ultérieurement d’un éventuel renvoi devant le tribunal. Néanmoins, pour les proches et sympathisants de Bachir Syll, ce retour à la maison représente un moment décisif et un apaisement provisoire dans une affaire dont les répercussions politiques restent palpables.

Affaire Serigne Assane Mbacké : la Chambre criminelle de Dakar prononce cinq ans de prison ferme

La Chambre criminelle de Dakar a rendu son verdict mardi 2 décembre dans l’affaire impliquant le marabout très médiatisé Serigne Assane Mbacké et quatre autres prévenus. À l’issue d’un procès très suivi, marqué par de fortes tensions et des témoignages contradictoires, les cinq hommes ont été condamnés à cinq ans de prison ferme. Ils ont été reconnus coupables de corruption de mineurs, de traite de personnes à des fins sexuelles, de détournement de mineurs et d’actes contre nature. Chacun devra en outre s’acquitter d’une amende de 200 000 F CFA.

Le tribunal a toutefois écarté le chef d’accusation de viol, acquittant les prévenus de ce délit majeur. Les accusés, parmi lesquels figurent Serigne Assane Mbacké, 41 ans, le chanteur religieux Khadim Samb alias Dibor, Abdourahmane Lô, réceptionniste de l’hôtel Nina, le commerçant Ibrahima Badiane ainsi que Baïdy Hamady Sow, ont accueilli la décision dans un silence pesant, après plusieurs semaines d’attente.

Lors de l’audience du 5 novembre, le ministère public avait requis des peines bien plus lourdes, réclamant dix ans d’emprisonnement ferme pour chacun des prévenus. Le procureur avait soutenu que les faits, survenus en juin 2022, étaient d’une gravité exceptionnelle, impliquant une mineure et révélant, selon lui, l’existence d’un réseau structuré d’exploitation sexuelle.

La présumée victime, O. Diouf, alors âgée de 16 ans et élève en classe de Seconde au moment des faits, s’était constituée partie civile et avait sollicité 50 millions de F CFA en réparation du préjudice moral et psychologique qu’elle dit avoir subi. L’autre mis en cause dans le volet civil, T. Khamary, n’avait pour sa part formulé aucune demande.

Ce verdict marque une étape majeure dans ce dossier sensible qui a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique, notamment en raison de la notoriété de certains des prévenus. Les avocats de la défense, qui ont dénoncé un procès entaché d’irrégularités et basé sur des accusations qu’ils jugent non fondées, n’ont pas encore annoncé s’ils envisageaient de se pourvoir en appel.

Affaire Serigne Assane Mbacké : la Chambre criminelle de Dakar prononce cinq ans de prison ferme

La Chambre criminelle de Dakar a rendu son verdict mardi 2 décembre dans l’affaire impliquant le marabout très médiatisé Serigne Assane Mbacké et quatre autres prévenus. À l’issue d’un procès très suivi, marqué par de fortes tensions et des témoignages contradictoires, les cinq hommes ont été condamnés à cinq ans de prison ferme. Ils ont été reconnus coupables de corruption de mineurs, de traite de personnes à des fins sexuelles, de détournement de mineurs et d’actes contre nature. Chacun devra en outre s’acquitter d’une amende de 200 000 F CFA.

Le tribunal a toutefois écarté le chef d’accusation de viol, acquittant les prévenus de ce délit majeur. Les accusés, parmi lesquels figurent Serigne Assane Mbacké, 41 ans, le chanteur religieux Khadim Samb alias Dibor, Abdourahmane Lô, réceptionniste de l’hôtel Nina, le commerçant Ibrahima Badiane ainsi que Baïdy Hamady Sow, ont accueilli la décision dans un silence pesant, après plusieurs semaines d’attente.

Lors de l’audience du 5 novembre, le ministère public avait requis des peines bien plus lourdes, réclamant dix ans d’emprisonnement ferme pour chacun des prévenus. Le procureur avait soutenu que les faits, survenus en juin 2022, étaient d’une gravité exceptionnelle, impliquant une mineure et révélant, selon lui, l’existence d’un réseau structuré d’exploitation sexuelle.

La présumée victime, O. Diouf, alors âgée de 16 ans et élève en classe de Seconde au moment des faits, s’était constituée partie civile et avait sollicité 50 millions de F CFA en réparation du préjudice moral et psychologique qu’elle dit avoir subi. L’autre mis en cause dans le volet civil, T. Khamary, n’avait pour sa part formulé aucune demande.

Ce verdict marque une étape majeure dans ce dossier sensible qui a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique, notamment en raison de la notoriété de certains des prévenus. Les avocats de la défense, qui ont dénoncé un procès entaché d’irrégularités et basé sur des accusations qu’ils jugent non fondées, n’ont pas encore annoncé s’ils envisageaient de se pourvoir en appel.

UCAD : Le Conseil National des Imams et Oulémas appelle à l’apaisement et au dialogue

Dans un communiqué rendu public, le Conseil National des Imams et Oulémas du Sénégal (CNIOS) a exprimé sa « profonde préoccupation » face aux violents affrontements survenus ces derniers jours à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar entre les forces de défense et de sécurité et les étudiants. L’institution religieuse, connue pour son engagement en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de la stabilité nationale, appelle à la cessation immédiate de toutes formes de violence et invite chaque acteur à faire preuve de responsabilité.

Le Conseil rappelle que l’université doit demeurer un espace dédié au savoir, à la réflexion et à la construction de l’avenir des jeunes. Selon le communiqué, ce lieu symbolique ne saurait être transformé en champ de confrontation ou de tensions, au risque de compromettre la mission fondamentale de l’enseignement supérieur. Le CNIOS insiste sur la nécessité de préserver un cadre apaisé, propice au développement intellectuel, à la formation citoyenne et à la recherche de solutions porteuses pour la communauté.

Face à la gravité de la situation, le CNIOS exhorte les autorités universitaires et les représentants des étudiants à engager, sans délai, un dialogue franc et ouvert. Cette concertation, selon l’institution religieuse, constitue la seule voie permettant de parvenir à une solution pacifique et durable à la crise actuelle, et de favoriser une reprise rapide et sereine des enseignements dans les amphithéâtres.

Arrestation de Sanna Manjang : un ex-membre des « Junglers » extradé vers la Gambie

Ancien membre des tristement célèbres « Junglers », un escadron de la mort mis en place sous le régime de l’ancien président gambien Yahya Jammeh, le lieutenant-colonel Sanna Manjang a été arrêté le samedi 29 novembre en Casamance, au sud du Sénégal. L’opération, menée conjointement par les forces sénégalaises et gambiennes, a conduit à son extradition immédiate vers Banjul, où il était activement recherché.

Une opération conjointe saluée par Banjul

L’annonce officielle de son arrestation a été faite par le ministre gambien de la Communication, Lamin Jabbi, qui a exprimé la satisfaction de son gouvernement. Il a salué la « coopération constante et la solidarité » du Sénégal dans les affaires touchant à la sécurité régionale et à la justice transitionnelle.

Cette interpellation marque une nouvelle étape dans les efforts conjoints des deux pays pour lutter contre l’impunité et renforcer la stabilité sous-régionale, dans un contexte où plusieurs anciens responsables de la sécurité gambienne sont activement recherchés.

Un mandat d’arrêt international depuis février 2025

Sanna Manjang fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis en février 2025 par le Tribunal de première instance de Banjul. Ce mandat découle directement des conclusions de la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC), mise en place pour enquêter sur les violations massives des droits humains commises durant les 22 ans de régime de Yahya Jammeh.

La TRRC avait recommandé des poursuites contre plusieurs figures de l’ancien appareil sécuritaire, dont Manjang, identifié comme un acteur clé dans les opérations clandestines attribuées aux « Junglers ».

Des accusations lourdes et répétées

L’ancien lieutenant-colonel est soupçonné d’implication dans plusieurs affaires emblématiques, parmi les plus sombres de l’ère Jammeh :

• L’assassinat de Deyda Hydara (2004)

Journaliste, cofondateur du journal The Point, Hydara a été abattu en décembre 2004. La TRRC a conclu à une implication directe des Junglers, reconnus comme une unité impliquée dans les assassinats ciblés d’opposants, activistes et journalistes.

• Le massacre de plus de 60 migrants ouest-africains (2005)

Des ressortissants ghanéens, nigérians, ivoiriens et sénégalais avaient été arrêtés puis exécutés, soupçonnés à tort d’être des mercenaires. La TRRC a identifié l’unité de Manjang comme l’un des principaux exécutants de l’opération.

• La disparition de Daba Marena et de ses collègues (2006)

L’ancien directeur de l’Agence nationale de renseignement (NIA), Daba Marena, ainsi que plusieurs collaborateurs, avaient disparu après avoir été arrêtés. Là encore, les Junglers sont accusés d’avoir conduit l’opération.

Une arrestation symbolique pour la justice transitionnelle gambienne

L’interpellation de Sanna Manjang constitue une avancée majeure pour la Gambie dans son effort de reddition des comptes. Depuis les travaux de la TRRC, le gouvernement s’est engagé à traduire en justice les responsables de violations graves des droits humains, et l’arrestation d’un acteur aussi central pourrait marquer un tournant important.

Ucad : violents affrontements, 16 blessés dont 6 graves chez les étudiants et 4 policiers touchés

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a été le théâtre, hier mardi 2 décembre 2025, de l’une des journées les plus tendues de ces derniers mois. Les affrontements entre étudiants grévistes et forces de l’ordre ont éclaté tôt le matin pour se prolonger durant de longues heures, plongeant le campus et ses alentours dans un climat de chaos. Le bilan provisoire fait état de seize blessés du côté des étudiants, dont six dans un état grave, et de quatre policiers touchés, tandis que d’importants dégâts matériels ont été enregistrés.

Ces heurts surviennent dans un contexte de colère étudiante liée au non-paiement des bourses. Malgré l’annonce, le même jour, par le ministre de l’Enseignement supérieur Daouda Ngom, du début des paiements, la contestation n’a pas faibli. Les étudiants ont estimé que cette communication ne répondait pas à leurs revendications, rappelant qu’ils réclament les arriérés de l’année académique 2024-2025 comprenant douze mois impayés, alors que les paiements annoncés concernent, selon eux, l’année 2025-2026. Le président de la Commission sociale de la Faculté des Sciences et Techniques a vivement dénoncé ce qu’il considère comme une confusion entretenue par le ministère, accusant ce dernier de “manipuler l’opinion”.

La tension a rapidement gagné l’ensemble du campus, où les jets de pierres ont répondu aux tirs de grenades lacrymogènes. Plusieurs fronts se sont ouverts simultanément, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Ucad, rendant la situation difficilement contrôlable pour les forces de sécurité. Les images relayées sur les réseaux sociaux montrent notamment deux policiers blessés, évacués par leurs collègues. Selon des informations rapportées par L’Observateur, certains agents auraient été touchés par des projectiles tirés à l’aide de lance-pierres électroniques ou de pistolets à billes. Du côté des étudiants, les blessures sont plus nombreuses, avec plusieurs cas jugés très préoccupants.

La violence des affrontements a également eu un impact considérable sur la circulation autour de l’université. La Corniche Ouest, axe majeur de la capitale, a été saturée durant plusieurs heures en raison de barrages improvisés et de la progression difficile des forces de l’ordre. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que le trafic a pu être rétabli, après que les policiers ont réussi à repousser les groupes les plus déterminés vers l’intérieur du campus.

Parallèlement, d’importants dégâts matériels ont été relevés, notamment des voitures brûlées et des bâtiments partiellement endommagés. Face à cette escalade, le Conseil académique de l’Ucad s’est réuni d’urgence en visioconférence. Dans son communiqué, il a dénoncé des actes compromettant la sécurité des personnes et perturbant gravement le déroulement des enseignements. À l’issue de cette réunion, le Recteur Alioune Badara Kandji a été officiellement autorisé à requérir le concours des forces de l’ordre pour sécuriser le campus et protéger les infrastructures.

Cependant, en début de soirée, la réquisition formelle n’avait toujours pas été signée. Cette signature, si elle intervient dans les prochaines heures, pourrait permettre une intervention policière beaucoup plus large à l’intérieur de l’université. Le dispositif actuel, composé principalement d’éléments du commissariat du Point E et du Groupement Mobile d’Intervention en veille réactive, serait alors renforcé en moyens humains et matériels, en fonction de l’évolution de la situation.

En parallèle, l’Intersyndicale des personnels administratifs, techniques et de service (PATS) a vivement condamné la montée des violences. Elle a appelé le Recteur à prendre des mesures urgentes pour protéger les travailleurs, certains ayant déjà été victimes d’agressions physiques et psychologiques ces derniers jours. Pour le syndicat, la préservation de l’intégrité du personnel doit être une priorité absolue dans ce contexte de tension extrême.

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