« Ousmane Sonko annonce le départ imminent des alliés de la coalition « Diomaye Président » lors du Téra Meeting »

Lors du « Téra Meeting » tenu ce samedi à l’esplanade du Stade Léopold Sédar Senghor, le leader de PASTEF‑Les Patriotes, Ousmane Sonko, a apporté des éclaircissements sur la situation politique au sein de la coalition « Diomaye Président ». Dans un discours très attendu, Sonko a abordé avec franchise les relations entre son parti et ses alliés, révélant une évolution significative dans la configuration de la coalition.

Le président de PASTEF a indiqué que plusieurs partis et mouvements alliés au sein de « Diomaye Président » envisagent de se retirer prochainement, une décision qu’il a qualifiée d’« imminente ». Bien que Sonko n’ait pas donné de détails précis sur les raisons exactes de ce départ, il a laissé entendre que des divergences stratégiques et politiques ont creusé un fossé entre les composantes de la coalition. Selon lui, ces tensions ne sont pas de nature à compromettre les ambitions politiques de PASTEF, mais constituent plutôt un réajustement naturel dans le paysage politique sénégalais.

Le leader de PASTEF a profité de cette tribune pour rappeler les objectifs principaux de son parti et de sa formation politique, insistant sur la nécessité de rester concentré sur la mobilisation populaire et sur la préparation des échéances électorales à venir. Sonko a souligné que la fin de cette alliance n’affectera pas la vision de PASTEF ni sa détermination à poursuivre ses actions au service des populations.

Cette annonce survient dans un contexte politique marqué par une instabilité croissante des coalitions et une recomposition des alliances avant les prochaines échéances électorales. La révélation de Sonko a donc suscité de vives réactions parmi les observateurs et les militants, certains y voyant un signe de renforcement de PASTEF tandis que d’autres y perçoivent un nouveau bouleversement dans la dynamique politique nationale.

Ousmane Sonko dénonce les « défaillances persistantes » de la justice et promet un grand nettoyage du système judiciaire

Lors de son grand rassemblement populaire baptisé « Téra Meeting », tenu ce samedi à l’esplanade du stade Léopold Sédar Senghor, le président de PASTEF et Premier ministre Ousmane Sonko a consacré une large partie de son discours à la question de la justice au Sénégal. Fidèle à son ton incisif, il a de nouveau dénoncé ce qu’il qualifie de « défaillances » et de « manquements graves » dans le fonctionnement du système judiciaire, estimant que malgré le changement de régime, « le système est toujours là ».

S’adressant à une foule acquise à sa cause, Sonko a insisté sur la nécessité de réformer en profondeur la justice, qu’il considère comme le pilier d’un véritable État de droit. Selon lui, la refondation du Sénégal ne peut s’accomplir sans un assainissement total du secteur judiciaire, qu’il accuse depuis longtemps d’avoir servi d’instrument politique. « Ceux qui ont utilisé la justice pour éliminer des adversaires, pour museler l’opposition ou pour protéger leurs propres intérêts, doivent comprendre que cette époque est révolue », a-t-il martelé sous les applaudissements nourris de ses partisans.

Le chef du gouvernement a toutefois reconnu que la tâche ne sera pas simple. « Nous avons hérité d’un système profondément enraciné, qui a survécu à plusieurs régimes. Il ne suffit pas de changer les hommes ; il faut changer les pratiques, les mentalités et les mécanismes mêmes du pouvoir judiciaire », a-t-il expliqué. Pour lui, les réformes à venir devront garantir une justice indépendante, transparente et équitable, au service du peuple et non des puissants.

Sonko a par ailleurs annoncé que son gouvernement mettra en place, dans les mois à venir, des mesures concrètes pour « nettoyer » les institutions judiciaires. Ce travail de refondation, a-t-il précisé, ne vise pas à régler des comptes, mais à restaurer la confiance des citoyens dans un système trop souvent perçu comme corrompu ou manipulé.

Ousmane Sonko clarifie la question des fonds politiques lors du Téra-Meeting

Lors de son « Téra-Meeting » tenu ce samedi sur l’esplanade du stade Léopold Sédar Senghor, le Premier ministre Ousmane Sonko a tenu à mettre les choses au clair concernant les accusations de détention de fonds politiques estimés à neuf milliards de francs CFA. Devant une foule acquise à sa cause, le chef du gouvernement a répondu avec fermeté à ses détracteurs, dénonçant ce qu’il qualifie de « rumeurs infondées ».

« Qui d’entre eux a le courage, qu’il aille dire sur les plateaux télé que le Premier ministre Ousmane Sonko a des fonds politiques de neuf milliards. Ils ne le feront pas. Ils envoient des gens sur les lives et dans des déclarations à l’étranger pour le dire », a-t-il lancé, sous les applaudissements nourris du public venu en masse assister à ce grand rassemblement politique.

Face à la persistance de ces accusations, Ousmane Sonko a tenu à rappeler la position officielle de son gouvernement sur la question des fonds politiques, une promesse de campagne qui continue de susciter débats et attentes. « Nous avons toujours été clairs avec les fonds politiques. Allez regarder le programme du président Bassirou Diomaye Faye. Nous avions dit que ces fonds seront remplacés par des fonds spéciaux votés par l’Assemblée pour des opérations sensibles. La réforme se fera suivant un délai, ce sera pour ces fonds, les trois premières années du mandat », a-t-il expliqué.

Le Premier ministre a également souligné que le processus de réforme est déjà amorcé et que le gouvernement respecte les échéances fixées. « Nous n’avons pas dépassé ce délai et un comité travaille dessus. Nous ferons le nécessaire, avec des projets de loi à l’Assemblée », a-t-il précisé, réaffirmant ainsi la volonté de l’exécutif de transformer en profondeur la gestion des ressources publiques.

Par cette mise au point, Ousmane Sonko entend couper court aux spéculations et réaffirmer la cohérence du projet gouvernemental porté par le président Bassirou Diomaye Faye. En évoquant la création de « fonds spéciaux » encadrés par la représentation nationale, le chef du gouvernement cherche à concilier transparence budgétaire et efficacité institutionnelle, dans un contexte où la moralisation de la vie publique demeure une attente forte de l’opinion.

Ousmane Sonko dénonce les « défaillances persistantes » de la justice sénégalaise lors du Téra Meeting

Ce samedi 8 novembre 2025, lors du grand « Téra Meeting » organisé à l’esplanade du Stade Léopold Sédar Senghor, le président du parti PASTEF – Les Patriotes, Ousmane Sonko, a une nouvelle fois pointé du doigt les « défaillances et manquements » du système judiciaire sénégalais. Devant une foule nombreuse venue de tout le pays, le Premier ministre a réaffirmé que la justice demeure, selon lui, l’un des chantiers les plus urgents de la refondation nationale.

Dans un discours mêlant fermeté et engagement, Sonko a déclaré que « le système est toujours là », soulignant que malgré les changements intervenus au sommet de l’État, les pratiques et les réflexes hérités de l’ancien régime continuent de peser sur le fonctionnement de la justice. Il a fustigé une institution « encore inféodée », où « les décisions sont souvent dictées par des considérations politiques ou des intérêts particuliers ».

Pour le leader des Patriotes, la véritable indépendance de la justice ne saurait se décréter mais se construit à travers des réformes profondes et courageuses. « Nous devons engager, sans faiblesse ni complaisance, le travail de nettoyage nécessaire pour que la justice retrouve sa crédibilité et sa dignité », a-t-il martelé sous les acclamations de la foule. Il a ainsi appelé à une refonte structurelle du Conseil supérieur de la magistrature, à une meilleure transparence dans les nominations et à une responsabilisation accrue des magistrats.

Ousmane Sonko a également insisté sur le rôle central de la justice dans la consolidation de l’État de droit et la restauration de la confiance entre les citoyens et les institutions. Selon lui, tant que les Sénégalais percevront la justice comme un instrument de règlement de comptes, toute tentative de redressement moral et institutionnel restera vaine.

Le « Téra Meeting », marqué par une mobilisation exceptionnelle, a permis au chef du gouvernement et président de PASTEF de tracer les grandes lignes de sa vision politique, fondée sur la réforme de l’État, la moralisation de la vie publique et la refondation des institutions. Mais au cœur de ce projet, la justice reste, selon ses mots, « le socle sur lequel repose toute société juste, libre et durable ».

Tension et heurts à Sacré-Cœur : la manifestation du collectif « Ñaxtu National » violemment dispersée

La tension est montée d’un cran hier dans le quartier de Sacré-Cœur, à Dakar, où le rassemblement du collectif « Ñaxtu National » a tourné court sous la pression des Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Ce qui devait être une simple manifestation pacifique s’est mué en une scène de chaos, marquée par des tirs nourris de grenades lacrymogènes et des scènes de panique.

Dès les premières heures de l’après-midi, un imposant dispositif sécuritaire a été déployé sur la Voie de Dégagement Nord (VDN) et dans les artères avoisinantes. Les forces de l’ordre, casquées et lourdement équipées, occupaient tous les points stratégiques afin d’empêcher toute tentative de regroupement. Malgré cette présence massive, plusieurs militants ont tenté de braver l’interdiction préfectorale pour répondre à l’appel du collectif, déterminés à faire entendre leurs revendications.

La tension est rapidement montée lorsque les premiers manifestants ont commencé à se rassembler. Des échanges verbaux entre les militants et les forces de l’ordre ont dégénéré en affrontements. Les FDS ont alors fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule. En quelques minutes, la zone s’est retrouvée enveloppée d’un épais nuage irritant, provoquant des scènes de panique parmi les participants, mais aussi chez les riverains et les journalistes venus couvrir l’événement.

Deux reporters ont été particulièrement affectés par les gaz. Pris de malaise, ils se sont effondrés avant d’être pris en charge par leurs collègues et conduits en lieu sûr. Les images de ces scènes, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont suscité une vive indignation dans les milieux de la presse et relancé le débat sur la protection des journalistes lors des opérations de maintien de l’ordre.

Dans le tumulte, plusieurs interpellations ont été signalées. Parmi les personnes arrêtées figureraient Talla Sylla et plusieurs figures du collectif « Ñaxtu National », connues pour leur engagement dans les mobilisations citoyennes. Leur arrestation a aussitôt provoqué des réactions de colère au sein du mouvement, qui dénonce une répression systématique des voix dissidentes.

À la tombée de la nuit, le calme est progressivement revenu à Sacré-Cœur, mais les stigmates de cette journée mouvementée restaient visibles : chaussées jonchées de projectiles, murs noircis par la fumée et une odeur persistante de gaz lacrymogène. Au-delà des dégâts matériels, cet épisode ravive le débat sur la liberté de manifestation au Sénégal, dans un contexte politique marqué par la crispation entre les autorités et les mouvements citoyens.

Quand les moyens de l’État sont détournés au profit du culte de la personnalité.

L’Union des Panafricanistes Sénégalais UPS exprime sa vive préoccupation et sa profonde indignation face à la mobilisation excessive et injustifiée des moyens de l’État lors d’un rassemblement politique organisé sous la direction du Premier ministre.

Un tel spectacle, dans un contexte économique marqué par la pauvreté et l’endettement, est une atteinte grave à l’éthique républicaine et à la dignité de nos institutions.

Un contraste indécent avec la réalité du pays

Dans un Sénégal où plus de 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, où les jeunes peinent à trouver un emploi et où les services publics essentiels manquent de moyens, le déploiement d’un cortège de plus d’une centaine de véhicules officiels, escorté par la gendarmerie, la police et d’autres unités de sécurité, ne peut être perçu que comme un gaspillage éhonté des ressources nationales.
Ces moyens, appartenant à l’État, doivent servir la nation et ses priorités, non les ambitions partisanes d’un individu.

Les pouvoirs, missions et responsabilités du Premier ministre Ousmane SONKO selon la Constitution.

L’UPS rappelle que le Premier ministre du Sénégal n’est pas un acteur politique libre de ses mouvements, mais un haut serviteur de l’État, dont les attributions sont encadrées par la Constitution de la République du Sénégal, notamment les articles 42, 53 et suivants.

Article 53 : Le Premier ministre dirige, coordonne et impulse l’action du Gouvernement.
Il est responsable de l’exécution de la politique de la Nation, telle qu’elle est définie par le Président de la République.

Article 54 : Le Premier ministre veille à l’application des lois et assure la coordination de l’action gouvernementale.
Il dispose de l’administration et de la force publique, dans le cadre de ses missions de mise en œuvre de la politique nationale.

Article 55 : Le Premier ministre est responsable devant le Président de la République.
Il ne peut engager la puissance publique, ni utiliser les moyens de l’État à des fins personnelles ou partisanes.

Ces dispositions rappellent clairement que le Premier ministre agit sous l’autorité du Président de la République et dans le respect de l’intérêt général.

Son rôle n’est pas de diriger des foules, de se mettre en scène ou d’utiliser les institutions de l’État à des fins de propagande politique, mais de garantir la bonne gouvernance, la discipline budgétaire, la coordination gouvernementale et la continuité de l’État.

En transformant l’appareil d’État en outil de mobilisation politique, celà constitue une dérive grave, le Premier ministre s’éloigne de sa mission constitutionnelle et trahit le principe fondamental de neutralité de l’administration publique.

Les cortèges spectaculaires, les déploiements policiers et les démonstrations populistes ne traduisent aucune efficacité gouvernementale : ils ne font qu’entretenir la confusion entre l’État et le parti, entre la République et le populisme.

Pendant que les hôpitaux manquent de médicaments, que des familles vivent sans eau ni électricité, et que la jeunesse désespère, il est moralement et institutionnellement inacceptable que des millions soient dépensés pour des cérémonies d’autoglorification.

L’appel de l’UPS : pour un sursaut républicain

L’Union des Panafricains Sénégalais appelle à un sursaut national et institutionnel :

Nous demandons à la Cour des comptes et à l’Inspection générale d’État d’ouvrir une enquête sur l’utilisation des ressources publiques lors de ce déplacement.

Nous interpellons le Président de la République sur la nécessité de rappeler à son Premier ministre le sens du devoir, de la responsabilité et de la retenue républicaine.

Nous exigeons que la neutralité de l’administration et la sobriété dans la gestion publique soient rétablies au cœur de l’action gouvernementale.

Pour un État au service du peuple, non d’un homme

L’UPS réaffirme avec force que le Sénégal n’a pas besoin d’un Premier ministre en campagne, mais d’un Premier ministre au travail.

Les Sénégalais attendent des solutions concrètes, pas des cortèges démesurés.
Le peuple a besoin de dirigeants sobres, éthiques et responsables, conscients que chaque franc public est un bien sacré appartenant à la Nation.

Nous en appelons à tous les patriotes, à toutes les forces citoyennes et politiques éprises de justice, pour défendre les valeurs de probité, de discipline républicaine et de respect des institutions.

Monsieur le Président Mr Bougar DIOUF
Union des Panafricanistes Sénégalais – UPS

Car quand les symboles de l’État deviennent des instruments de propagande, c’est la République elle-même qui vacille.

Vive la République !

Vive le Sénégal uni et souverain !
Vive l’Union des Pan-Africains du Sénégal (UPS) !

Rassemblement avorté du collectif “Niakhtou National” à Sacré-Cœur 3 : une manifestation étouffée avant même de commencer

L’opposition regroupée au sein du collectif “Niakhtou National” aura finalement vu son projet de manifestation de ce samedi 8 novembre 2025 réduit à néant. Malgré la décision du préfet de Dakar interdisant le rassemblement prévu sur le terrain de Sacré-Cœur 3, sur la VDN, les organisateurs avaient maintenu leur appel à la mobilisation, affirmant leur détermination à faire entendre leur voix. Mais dès les premières heures de l’après-midi, le dispositif sécuritaire déployé sur les lieux a suffi à dissuader toute velléité de regroupement.

Avant même l’arrivée des premiers manifestants, les forces de l’ordre avaient déjà pris position. Plusieurs camions de police, pick-up et fourgons étaient visibles aux abords du terrain, quadrillant la zone pour empêcher tout attroupement. Les agents ont reçu pour consigne stricte de disperser toute tentative de rassemblement non autorisé, dans le souci, selon les autorités, de préserver l’ordre public et la quiétude des riverains.

Vers 17 heures, quelques individus, manifestement venus répondre à l’appel du collectif, ont été aperçus aux alentours. Leur présence n’a pas échappé à la vigilance des forces de sécurité. Après un bref échange avec un agent de police, la plupart ont été sommés de quitter immédiatement les lieux. Ceux qui ont refusé d’obtempérer ont été interpellés sur-le-champ et conduits à bord d’une fourgonnette de police. Leur destination n’a pas été communiquée, mais selon plusieurs témoins, ces arrestations se sont déroulées sans heurts majeurs, bien que dans un climat de forte tension.

À noter qu’aucun membre du collectif “Niakhtou National” n’a été aperçu sur le site du rassemblement, alimentant les interrogations sur la stratégie adoptée par ses leaders après l’interdiction préfectorale. Certains observateurs y voient un signe de prudence face au risque d’affrontements, tandis que d’autres estiment que cette absence pourrait affaiblir le message politique que le collectif souhaitait porter.

L’APR dénonce « l’échec du régime » et accuse le FMI d’ingérence dans les affaires internes du Sénégal

Dans un communiqué rendu public ce samedi, l’Alliance pour la République (APR) est sortie de sa réserve pour dresser un réquisitoire sévère contre le gouvernement en place. Le parti fondé par l’ancien président Macky Sall estime que le pays traverse une phase d’échec manifeste, désormais visible « aux yeux des populations, des entreprises et des partenaires ». Selon le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’APR, le régime actuel tente de « masquer son incurie » en insistant sur une prétendue dette cachée, tout en s’enfermant dans « le déni et la fuite en avant ».

L’APR rappelle que depuis le 26 septembre 2024, les accusations du gouvernement concernant la gestion des finances publiques entre 2019 et 2024 n’ont jamais été appuyées par des preuves concrètes. « Aucun document, aucun chiffre vérifiable, aucun rapport exhaustif n’a été produit jusqu’à ce jour par les accusateurs », souligne le communiqué, accusant le pouvoir de « verser dans la calomnie et la médisance, leur sport favori ».

Les déclarations d’Edward Gemayel dans le viseur

Au-delà du gouvernement, l’APR s’en prend également à Edward Gemayel, chef de mission du Fonds monétaire international (FMI), qu’elle accuse d’avoir validé « l’existence d’une dette cachée » à travers une prise de parole jugée « curieuse et préoccupante ». Pour le parti, ces déclarations n’engagent que leur auteur : « Le FMI, dont il est fonctionnaire, n’a à ce jour publié aucun document officiel à ce sujet. »

L’APR considère ainsi que « les propos d’un expert isolé n’engagent ni les États ni les institutions ». Le communiqué va plus loin, affirmant que les déclarations de M. Gemayel « visent à ternir la réputation du Sénégal et à attaquer la dignité de son peuple ». Le parti dénonce un comportement « inacceptable pour un fonctionnaire international », censé faire preuve de réserve et de neutralité vis-à-vis des débats politiques internes.

« Le SEN dénonce vigoureusement cette posture, qui rompt avec la neutralité attendue d’un chef de mission du FMI et qui laisse croire à une immixtion inédite, grave et dangereuse d’un fonctionnaire international dans les divergences internes au Sénégal », poursuit le communiqué. L’APR insiste sur le fait qu’elle a toujours évité de s’en prendre directement à l’institution de Bretton Woods, qu’elle qualifie de partenaire loyal et constant. « Depuis le début de cette polémique, nous avons toujours salué la coopération exemplaire entre le FMI et le Sénégal, une relation qui transcende les régimes », rappelle le parti, estimant que les propos de M. Gemayel ne sont qu’une « appréciation personnelle, contradictoire, grave et intolérable ».

Des réponses « techniques » et un contre-rapport adressé au FMI

Revenant sur les accusations formulées contre sa gestion, l’APR rappelle avoir opté pour « des réponses techniques au vacarme politicien ». Le parti revendique une démarche fondée sur le respect des institutions, la défense de la crédibilité de l’administration et la préservation de l’intérêt national.

Cette approche s’est traduite, selon le communiqué, par la tenue d’un point de presse le 13 février 2025 au cours duquel le parti avait mis en lumière « les failles contenues dans le rapport de la Chambre des Affaires budgétaires et financières ». L’APR affirme également avoir produit un contre-rapport exhaustif, chiffré et précis, qu’elle dit avoir transmis à la directrice générale du FMI à Washington. Le parti indique, en outre, avoir sollicité une séance de travail officielle avec le représentant résident du FMI à Dakar afin de présenter ses propres données.

Une « austérité brutale » annoncée

Au-delà de la polémique sur la dette, l’APR estime que le gouvernement prépare une « politique d’austérité violente » qui touchera de plein fouet les couches les plus vulnérables. Le communiqué prévient que les ménages pauvres, le monde rural, les jeunes, les femmes et les retraités seront les principales victimes de cette orientation économique.

Le parti accuse le régime de dissimuler cette réalité derrière des débats stériles : « La vérité est que le gouvernement joue le dilatoire pour ne pas avouer aux Sénégalais qu’il s’apprête à mettre en œuvre une politique d’austérité brutale. » L’APR considère que cette future politique remettra en cause « tous les acquis sociaux » bâtis sous ses gouvernements, en particulier les programmes destinés aux plus faibles.

Dans un ton d’avertissement, le Secrétariat exécutif national appelle les Sénégalais à la vigilance face au risque d’érosion du pouvoir d’achat, à la fragilisation de la protection sociale et à la remise en cause du modèle solidaire sénégalais. Enfin, l’APR en appelle aux forces politiques et sociales pour s’organiser et s’opposer à toute politique d’appauvrissement qui pourrait, selon elle, déstructurer le tissu social et provoquer une grave crise dans le pays.

Téra-Meeting : la démonstration de force d’Ousmane Sonko et du PASTEF à Dakar

Ce samedi 8 novembre 2025 restera sans doute comme une date marquante dans la vie politique sénégalaise. À l’esplanade du Stade Léopold Sédar Senghor, des milliers de citoyens ont afflué dès les premières heures de la matinée pour assister au « Téra-Meeting », grand rassemblement initié par le parti PASTEF – Les Patriotes et son leader, Ousmane Sonko. Très tôt, l’ambiance laissait présager un événement hors du commun : le parking du stade s’est mué en une vaste tribune populaire, les drapeaux, pancartes et chants militants colorant une foule compacte à perte de vue.

À mesure que la journée avançait, la mobilisation prenait des allures de marée humaine. À 17 heures, le pari était gagné : le lieu du rassemblement était littéralement pris d’assaut, les derniers arrivés peinant à trouver un espace pour se tenir. « Plus de bitume où se mettre », confiait un participant, émerveillé par l’ampleur du moment. Cette affluence record traduit à la fois la ferveur populaire que continue de susciter le Premier ministre et la volonté du PASTEF d’affirmer sa stature de première force politique nationale.

Depuis plusieurs jours, les signes avant-coureurs d’une grande mobilisation étaient visibles. Des convois de militants venus des quatre coins du pays avaient convergé vers la capitale. Dans les gares routières, les bus affrétés par les sections locales se suivaient à la queue leu leu, tandis que les réseaux sociaux vibraient au rythme des appels à la mobilisation. Pour beaucoup, ce meeting représentait plus qu’une simple démonstration de force : c’était un rendez-vous historique, le premier du genre depuis l’accession d’Ousmane Sonko à la primature.

Dans son discours d’annonce, le leader du PASTEF avait promis un moment « inédit ». « Il y aura un avant 8 novembre, un 8 novembre, et un après 8 novembre », avait-il déclaré, comme pour inscrire l’événement dans une temporalité symbolique. L’objectif affiché était clair : dresser le bilan de la gestion gouvernementale depuis son arrivée au pouvoir, redonner souffle et direction à la base militante, et réaffirmer la légitimité politique du parti face aux défis économiques et sociaux du moment.

Le Téra-Meeting marque ainsi une étape stratégique dans la communication du pouvoir actuel. Dans un contexte où la ferveur des débuts de mandat pouvait sembler retomber, Ousmane Sonko choisit de renouer avec la rue, son principal levier de légitimité et de mobilisation. Ce choix n’est pas anodin : il s’agit d’un retour aux fondamentaux d’un mouvement né de la contestation et de la proximité populaire.

Historiquement, le Sénégal a connu de grands rassemblements – des campagnes présidentielles des années 2000 aux meetings de l’opposition dans les années 2010 – mais rares sont ceux qui ont atteint une telle intensité en dehors d’une période électorale. L’événement de ce 8 novembre se distingue donc par sa portée politique et symbolique : un meeting de masse organisé non pas dans l’attente du pouvoir, mais dans son exercice même. Cette inversion des rôles donne au Téra-Meeting une dimension particulière – celle d’un acte de réaffirmation populaire, à mi-chemin entre célébration, mobilisation et démonstration d’autorité.

Téra Meeting : la grande mobilisation des partisans d’Ousmane Sonko à Dakar

Ce samedi 8 novembre marque un moment politique majeur pour le parti Pastef. L’esplanade du stade Léopold Sédar Senghor accueille le très attendu Téra Meeting, un rassemblement initié par le leader du parti, Ousmane Sonko, dans un contexte national marqué par de fortes tensions politiques et sociales.

Depuis la soirée de vendredi, Dakar est le point de convergence d’une marée humaine venue de tout le pays. Des bus remplis de militants ont quitté les régions pour rallier la capitale, certains ayant parcouru de longues distances afin de répondre à l’appel du chef du gouvernement. Malgré la fatigue du voyage, la ferveur et l’enthousiasme des participants ne se sont pas estompés. Beaucoup ont choisi de passer la nuit sur place, dormant à la belle étoile dans une ambiance rythmée par les chants, les slogans et les drapeaux aux couleurs du Pastef.

Au lever du jour, l’esplanade du stade Léopold Sédar Senghor présentait déjà le visage d’un site méticuleusement préparé. Des tentes blanches ont été dressées, des rangées de chaises disposées avec soin, et de vastes tapis déroulés pour accueillir les fidèles du mouvement. Les banderoles à l’effigie d’Ousmane Sonko, mêlant portraits et slogans, s’étendent sur une large partie du parking, conférant au lieu une atmosphère à la fois solennelle et militante. Un imposant présidium, décoré aux couleurs nationales, trône au centre du dispositif, prêt à accueillir les principales figures du parti et les orateurs du jour.

Ce rassemblement, annoncé depuis plusieurs semaines, s’inscrit dans la dynamique de mobilisation populaire voulue par le Pastef. Il vise à réaffirmer le leadership d’Ousmane Sonko, à consolider la cohésion du parti et à adresser un message fort au gouvernement et à l’opinion publique. Pour les organisateurs, le Téra Meeting se veut non seulement une démonstration de force politique, mais aussi une célébration du soutien populaire dont bénéficie le Premier ministre.

Les mesures de sécurité ont été renforcées aux abords du stade, avec un dispositif policier visible dès les premières heures de la matinée. Malgré ces précautions, l’ambiance demeure bon enfant, dominée par des chants patriotiques, des discours improvisés et une effervescence qui traduit l’attente d’un grand moment politique.

Rassemblement du Collectif NIAKHTOU NATIONAL : un dispositif policier bloque la tenue du meeting à Sacré-Cœur 3

Le rassemblement du Collectif NIAKHTOU NATIONAL, initialement prévu ce samedi 8 novembre 2025 au terrain de Sacré-Cœur 3, sur la VDN, semble désormais fortement compromis. Malgré les réserves exprimées par les autorités administratives, les organisateurs avaient jusqu’à la dernière minute réaffirmé leur détermination à maintenir la rencontre, prévue entre 17h et 21h, pour dénoncer la vie chère et réclamer plus de justice sociale et de transparence dans la gouvernance.

Tout est parti d’une correspondance du Préfet de Dakar, datée du 6 novembre, dans laquelle il proposait une délocalisation du meeting vers un autre site, évoquant des « raisons de sécurité et d’ordre public ». Une proposition immédiatement rejetée par les initiateurs du mouvement, qui y ont vu une manœuvre destinée à restreindre la liberté de réunion et d’expression, garanties par la Constitution.

Dans un communiqué rendu public vendredi, le Collectif NIAKHTOU NATIONAL avait ainsi fustigé ce qu’il qualifiait d’« entrave injustifiée à l’expression démocratique », insistant sur son droit de se rassembler pacifiquement. Le texte appelait les citoyens à venir nombreux « pour faire entendre la voix du peuple face à la cherté de la vie, aux injustices sociales et aux dérives de gouvernance ». Les organisateurs concluaient leur message sur un ton résolu : « Le peuple souverain ne reculera pas. Le NIAKHTOU NATIONAL aura bien lieu au terrain Sacré-Cœur 3. »

Mais ce samedi matin, le terrain choisi pour le meeting présentait un tout autre visage. Un important dispositif policier a été déployé dès les premières heures de la journée. Des barrières ont été installées et un campement de sécurité a pris position tout autour du site, rendant tout accès impossible. Selon des témoins sur place, des fourgons et camions de la police nationale stationnaient sur les principaux axes menant au terrain, empêchant la moindre tentative de rassemblement.

Pour l’heure, les responsables du Collectif n’ont pas communiqué sur la suite à donner à leur initiative, ni sur une éventuelle stratégie de repli ou de report. Toutefois, plusieurs militants rencontrés aux abords de Sacré-Cœur 3 dénoncent un durcissement de la répression des libertés publiques, estimant que les autorités cherchent à étouffer toute expression contestataire.

Badara Gadiaga reste en détention : le parquet s’oppose à sa demande de liberté provisoire

Le chroniqueur de la Télévision Futurs Médias (TFM), Badara Gadiaga, devra encore patienter derrière les barreaux. Selon les informations rapportées par le journal Libération, le parquet a émis un avis défavorable à la demande de liberté provisoire introduite par les avocats du journaliste. La balle est désormais dans le camp du Doyen des juges, seul habilité à statuer sur la requête déposée par la défense.

Cette demande de mise en liberté provisoire a été formulée après l’audition au fond de Badara Gadiaga, une étape cruciale dans la procédure judiciaire. Le chroniqueur, incarcéré depuis le mois de juillet dernier, fait face à plusieurs chefs d’accusation : diffusion de fausses nouvelles, discours contraires aux bonnes mœurs et offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du président de la République. Des infractions que le journaliste a toujours catégoriquement niées.

Lors de son interpellation par la Division spéciale de cybersécurité, Badara Gadiaga avait déjà rejeté toute intention malveillante. Face aux enquêteurs, il avait soutenu que ses propos relevaient de son travail d’analyste et de critique, sans volonté d’offenser ni de troubler l’ordre public. Cette ligne de défense a été maintenue lors de son audition devant le juge d’instruction, où il a affirmé n’avoir commis aucune infraction pénale.

Malgré ces explications, le parquet demeure inflexible et considère que les motifs de détention sont toujours valables. Les avocats du journaliste, pour leur part, espéraient obtenir une libération sous contrôle judiciaire, arguant que leur client présente toutes les garanties de représentation et qu’il ne saurait entraver le cours de la justice.

Pape Malick Ndour échappe à la prison mais reste sous bracelet électronique : plongée dans un dossier judiciaire explosif

L’ancien coordonnateur du Programme des Domaines agricoles communautaires (Prodac), Pape Malick Ndour, est au cœur d’une tourmente judiciaire mêlant accusations de détournement de fonds publics, blanchiment de capitaux et association de malfaiteurs. Après une nuit passée dans les locaux du commissariat du Port à Dakar, l’ancien ministre a finalement évité la détention préventive, obtenant une liberté provisoire assortie du port d’un bracelet électronique. Une décision du juge d’instruction Idrissa Diarra, du Pool judiciaire financier, qui a suscité un vif débat entre le parquet et la défense.

Le procureur avait, en effet, requis un mandat de dépôt ferme, estimant la gravité des faits suffisante pour justifier l’incarcération immédiate de l’accusé. Mais le Doyen des juges a préféré la prudence, considérant que le dossier ne comportait pas d’éléments justifiant une détention immédiate. Une victoire d’étape pour la défense, mais une victoire teintée de contraintes.

Face au juge, Pape Malick Ndour a livré une défense ferme et indignée. Il s’est dit « choqué, ébahi et déçu » par les poursuites dont il fait l’objet, soulignant leur incohérence. Selon lui, les accusations reposent sur des amalgames et des suppositions infondées. « Je ne peux être complice de personnes avec lesquelles je n’ai jamais travaillé. J’étais au ministère des Finances quand Mamina Daffé dirigeait le Prodac. Comment pourrais-je être son complice ? » a-t-il lancé, en contestant toute relation avec ses coaccusés présumés.

L’ancien coordonnateur a rappelé qu’il n’avait rencontré Mamina Daffé qu’au moment de la passation de service en 2019 et qu’il n’avait jamais collaboré avec Ibrahima Cissé, directeur de la société Tida, actuellement en détention dans le cadre du même dossier. Pour appuyer ses propos, ses avocats ont présenté un volumineux dossier de pièces justificatives : factures, procès-verbaux de réception et documents douaniers censés prouver la régularité des procédures.

Me El Hadji Diouf, l’un de ses conseils les plus combatifs, a dénoncé ce qu’il qualifie de « dossier vide » et de « mesure absurde ». Pour lui, la liberté provisoire sans caution accorde implicitement du crédit à la défense. « On ne peut accuser quelqu’un d’avoir détourné deux milliards et le libérer sans caution. Cela montre bien que l’accusation manque de sérieux », a-t-il martelé. Il a également fustigé un « rapport d’expertise caché », réalisé par un cabinet comptable sans que son client ne soit entendu. Selon la défense, une simple visite de terrain à Sangalkam aurait suffi à constater la présence du matériel acquis par le Prodac, contredisant ainsi les soupçons de détournement.

La mesure du bracelet électronique, qui sera effectivement mise en place le lundi 10 novembre, reste toutefois très contestée. L’avocat de Pape Malick Ndour entend plaider pour un assouplissement de cette contrainte, au motif que son client, en tant que président du Conseil départemental de Guinguinéo, doit pouvoir se déplacer dans le cadre de ses fonctions administratives. Pour la défense, cette restriction relève davantage d’une volonté d’affichage que d’une réelle nécessité judiciaire, destinée à donner l’impression d’une fermeté dans un dossier encore très fragile.

À l’origine de la relance de l’affaire se trouve un rapport d’expertise comptable du cabinet ADR, dirigé par Abdoulaye Dramé. Commandé en janvier 2025, ce rapport pointe des irrégularités financières estimées à 2,7 milliards de francs CFA, ainsi que des anomalies dans les retenues de garantie relatives au Domaine agricole communautaire de Séfa. Ces conclusions ont conduit le parquet à élargir les poursuites à Pape Malick Ndour et à Khadim Bâ, directeur général de Locafrique.

Cependant, la défense maintient que Pape Malick Ndour n’a jamais eu la main sur les fonds concernés et que sa seule implication se limite à une correspondance administrative adressée à Khadim Bâ, sans portée financière. Pour ses avocats, il s’agit d’une instrumentalisation d’un document de routine pour nourrir un dossier déjà affaibli par des approximations.

Yassine Fall assurerait l’intérim du Premier ministre Ousmane Sonko, selon Les Échos

Dakar – Selon des informations rapportées par le quotidien Les Échos, la ministre de la Justice, Yassine Fall, aurait été désignée pour assurer l’intérim du Premier ministre Ousmane Sonko, actuellement en congé. Cette décision, qui serait entérinée par un décret signé du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, marquerait une nouvelle étape dans la gestion gouvernementale en cette période de transition temporaire au sommet de l’exécutif.

D’après les sources citées par Les Échos, la durée de cet intérim n’a pas encore été précisée. Aucune communication officielle n’a, pour l’heure, confirmé cette mesure, mais plusieurs sources proches du gouvernement évoquent déjà la continuité des affaires courantes sous la supervision de la Garde des Sceaux. Yassine Fall, connue pour sa rigueur et son engagement au sein du gouvernement, devrait ainsi veiller à maintenir le cap sur les priorités de la primature pendant l’absence du chef du gouvernement.

Cette décision intervient dans un contexte où Ousmane Sonko semble simplement s’accorder une pause bien méritée après plusieurs mois d’activité intense à la tête du gouvernement. Les Échos souligne que le Premier ministre apparaît en excellente santé, comme en témoigne la récente vidéo publiée sur ses réseaux sociaux. On y voit le leader du parti Pastef s’adonner à une séance sportive, notamment à un tir puissant de football, une séquence largement partagée et commentée sur les réseaux. Pour ses soutiens, cette image traduit un message de sérénité et de vitalité, venant ainsi dissiper toute inquiétude quant à son état de santé.

En attendant une confirmation officielle du décret présidentiel, la désignation de Yassine Fall comme intérimaire à la primature est perçue par certains observateurs comme une marque de confiance du chef de l’État à l’endroit d’une collaboratrice proche du tandem exécutif. Elle pourrait également illustrer la volonté du président Bassirou Diomaye Faye d’assurer la stabilité de l’action gouvernementale en toutes circonstances.

Sénégal : l’échec provisoire des négociations avec le FMI accentue les tensions économiques

La mission du Fonds monétaire international (FMI) a quitté Dakar, jeudi 6 novembre, sans parvenir à un accord sur un nouveau programme de financement avec les autorités sénégalaises. Si les discussions devraient se poursuivre à distance dans les prochains jours, cette absence d’entente immédiate soulève de vives inquiétudes économiques et financières dans le pays.

Pour le gouvernement sénégalais, cette situation tombe à un moment particulièrement délicat. L’exécutif espérait un déblocage rapide de l’appui budgétaire du FMI afin de stabiliser les équilibres macroéconomiques, rassurer les créanciers internationaux et redonner de la crédibilité à la signature de l’État sur les marchés. Le retard dans les négociations fragilise cette stratégie.

Le FMI, dans un communiqué publié à la fin de sa mission, a tenté d’apaiser les craintes. L’institution a réaffirmé sa « détermination à venir en aide au Sénégal » et salué « les efforts en cours pour renforcer la transparence budgétaire et la discipline fiscale ». Mais ces assurances n’ont pas suffi à calmer la nervosité des marchés. Dès le lendemain, vendredi 8 novembre, les obligations souveraines sénégalaises ont enregistré une chute de 5 %, leur plus forte baisse depuis sept mois.

Cette réaction traduit la méfiance croissante des investisseurs face à la lenteur des pourparlers et à l’incertitude entourant la capacité du pays à respecter ses engagements financiers. Les eurobonds, principal instrument d’emprunt du Sénégal sur les marchés internationaux, servent d’indicateur de confiance : leur recul illustre un risque-pays en hausse et une pression accrue sur les finances publiques.

Sur le plan intérieur, les signaux d’alerte se multiplient. Plusieurs économistes sénégalais mettent en garde contre une dérive budgétaire difficilement soutenable. « Le temps presse », avertit l’un d’eux, soulignant que sans appui du FMI, l’État est contraint de recourir à des emprunts à court terme et à des taux de plus en plus élevés pour couvrir ses dépenses courantes, notamment le paiement des salaires des fonctionnaires.

La dette publique, récemment réévaluée à environ 132 % du produit intérieur brut, atteint désormais un niveau préoccupant. Cette charge pèse lourdement sur les finances nationales et limite les marges de manœuvre du gouvernement. Selon la loi de finances rectificative 2025, près de 30 % des ressources publiques devraient être consacrées au remboursement du service de la dette dès 2026 — un montant quasi équivalent à la somme des budgets de l’Éducation et de la Santé réunis.

Face à cette tension croissante, l’exécutif sénégalais aurait déjà engagé des discussions avec les banques locales pour un rééchelonnement partiel de la dette intérieure. Ces établissements, qui détiennent près de 60 % de cette dette, sont directement exposés au risque de défaut de paiement de l’État. Une telle mesure, bien qu’inévitable à court terme, pourrait fragiliser davantage le système financier national et ralentir le financement de l’économie réelle.

En attendant un éventuel compromis avec le FMI, le Sénégal reste sous forte pression. Le retard pris dans les négociations entretient un climat d’incertitude, alors que les besoins de financement demeurent élevés et que la croissance peine à retrouver son rythme d’avant-crise. Le prochain round de discussions sera donc crucial : il devra non seulement aboutir à un accord solide sur le plan technique, mais aussi restaurer la confiance des investisseurs internationaux dans la stabilité économique du pays.

Crise au sommet de l’État : Bougar Diouf de l’UPS demande le limogeage d’Ousmane Sonko et prône un gouvernement de technocrates

En ce moment décisif de l’histoire nationale, le président de l’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS), Bougar Diouf, a élevé la voix de la conscience et du devoir. Le responsable moral du parti a appelé au limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko et plaidé pour la mise en place d’un gouvernement de technocrates.

M. Diouf s’est exprimé ce vendredi 7 novembre 2025, à la veille du Téra Meeting du parti Pastef et du Njakhtou national, qu’il juge « inutile ».

« Notre pays se trouve à la croisée des chemins. Économie asphyxiée, société fragilisée, institutions ébranlées, sécurité menacée, confiance publique fissurée… les fondations mêmes de notre République tremblent. Nous faisons face à une crise multidimensionnelle — économique, sociale, morale et politique — qui appelle non pas la peur, mais un sursaut collectif. Face à cette situation critique, le silence serait une faute, et l’indifférence, une trahison de la Nation.

C’est pourquoi nous parlons aujourd’hui non pour accuser, mais pour alerter ; non pour diviser, mais pour rassembler. Le Sénégal a besoin d’un souffle nouveau, d’un esprit de responsabilité partagée et d’un engagement sincère pour le salut commun », a déclaré M. Bougar Diouf.

Une économie au bord du gouffre

Le président de l’UPS a dressé un tableau sombre de la situation économique du pays. Selon lui, la dette publique atteint 132 % du PIB, hypothéquant l’avenir des générations futures.

Il déplore également la lenteur du plan de redressement économique et l’absence de résultats concrets dans les négociations avec les institutions financières internationales.

Le chômage des jeunes, moteur essentiel du développement national, « atteint des niveaux critiques ».

Pour relancer l’économie et stimuler la productivité, l’UPS formule plusieurs propositions urgentes :

Le paiement immédiat des acteurs du BTP et le règlement de toutes les dettes intérieures pour relancer l’activité et l’emploi ; La réduction des taxes douanières excessives au port de Dakar qui étranglent les importateurs nationaux ; La suspension des enquêtes douanières abusives contre les opérateurs économiques sénégalais ; L’imposition stricte des opérateurs étrangers, notamment asiatiques, échappant au fisc national ; Le soutien prioritaire aux maraîchers et producteurs locaux afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire ; Le lancement d’un audit indépendant du secteur immobilier à Dakar pour réguler les loyers et lutter contre la spéculation foncière ; La création d’une assurance publique nationale pour les véhicules de plus de dix ans, afin de protéger les automobilistes modestes ; La mise en place d’un mécanisme de paiement des loyers via la Caisse des Dépôts et Consignations, afin de renforcer la trésorerie de l’État tout en sécurisant propriétaires et locataires.

Une dénonciation de la vie chère et des déguerpissements

Bougar Diouf a également dénoncé la flambée du coût de la vie, notamment les prix des denrées de première nécessité, du Woyofal, de l’électricité et de l’eau, « devenus insupportables ».

Il a fustigé les déguerpissements massifs ordonnés par le ministère de l’Intérieur, menés « sans assistance financière, sans plan de relogement ni accompagnement social ».

Selon lui, ces opérations ont privé des milliers de marchands ambulants et petits commerçants de leur unique source de revenus :

« Ces femmes et ces hommes, soutiens de famille, se retrouvent aujourd’hui livrés à eux-mêmes, sans indemnisation, sans abri et sans alternative économique. L’UPS condamne fermement ces méthodes brutales et inhumaines et appelle l’État à instaurer une politique de reconversion et de relocalisation équitable, fondée sur la dignité et la justice sociale », a-t-il ajouté.

Des prisons surpeuplées et une justice à réformer

Le président de l’UPS a également évoqué la situation critique des établissements pénitentiaires du pays, notamment à Rebeuss, où « plus de 4 000 détenus survivent dans des conditions inhumaines dans des cellules prévues pour 800 personnes ».

L’UPS appelle à un désengorgement immédiat, à une réforme profonde du système carcéral et à la libération des prisonniers politiques et d’opinion, parmi lesquels : Farba Ngom, Lat Diop, Badara Gadiaga, Abdou Nguer, Mahmadane Sarr, Tahirou Sarr, Samuel Sarr, Mbagnick Diop Souche, Abdou Aziz Diop et Chérif Assane Sagna.

Appel à la responsabilité nationale

Pour M. Diouf, « la responsabilité politique n’est plus une option, c’est une exigence de survie nationale ».

Il dénonce « la dérive d’une partie de la classe politique qui, au lieu de favoriser le dialogue, alimente les divisions et instrumentalise la rue ».

Dans ce contexte fragile, il juge que les appels à des manifestations massives telles que le Téra Meeting ou le Njakhtou national constituent une faute politique grave, susceptibles d’engendrer violences, pertes humaines et chaos national.

Appel au président de la République

L’UPS appelle le président Bassirou Dioumane Diakhar Faye à :

Préserver la paix nationale en interdisant tout rassemblement menaçant la sécurité publique ; Mettre fin à la confusion des rôles institutionnels, en rappelant que le ministre de l’Intérieur « ne peut ni ne doit jouer le rôle du procureur » ; Renforcer la coordination de la sécurité intérieure autour du Parquet, garant de l’action judiciaire ; Restaurer l’autorité de l’État, non par la répression, mais par la clarté du droit et la force de la justice ; Engager une réforme profonde de la gouvernance pour rapprocher les institutions du citoyen et renforcer leur responsabilité.

Conclusion : l’appel au sursaut républicain

En conclusion, Bougar Diouf a invité le président de la République et l’ensemble des acteurs politiques à « prendre leurs responsabilités pour éviter le chaos ».

« Le retour au culte de l’État et du service public est désormais indispensable pour restaurer la discipline républicaine et la confiance nationale.

Chers compatriotes, le Sénégal n’appartient pas aux politiciens : il appartient au peuple.

L’Union des Panafricanistes Sénégalais réaffirme son engagement indéfectible pour un Sénégal souverain, juste et prospère.

Que la paix, la justice et la prospérité triomphent de la division et de la violence !

Vive le Sénégal ! Vive l’Afrique unie ! Vive le panafricanisme économique ! » a conclu M. Bougar Diouf.

Youssou Ndour nommé aux Grammy Awards pour son album “Éclairer le monde”

Le roi du mbalax continue d’écrire l’histoire. Le chanteur sénégalais Youssou Ndour vient d’obtenir une nomination aux Grammy Awards, dans la prestigieuse catégorie “Best Global Music Album”, pour son dernier opus intitulé Éclairer le monde. Une distinction qui consacre une fois de plus l’un des plus grands ambassadeurs de la musique africaine sur la scène internationale.

C’est sur sa page Facebook que l’artiste a annoncé la nouvelle, non sans émotion. « Bonsoir à toutes et à tous, c’est avec une immense joie et une profonde gratitude que je vous annonce une bonne nouvelle : mon dernier album, Éclairer le monde, a été nominé aux Grammy Awards, dans la prestigieuse catégorie Best Global Music Album », a-t-il écrit.

Dans son message, Youssou Ndour exprime toute la portée de cette reconnaissance, qu’il considère comme un hommage à une œuvre collective et à une aventure humaine et artistique hors du commun. « Cette reconnaissance, qui est l’une des plus hautes dans le monde de la musique, célèbre non seulement une œuvre, mais aussi une aventure humaine et artistique exceptionnelle », a-t-il souligné.

Le chanteur n’a pas manqué de rendre hommage à ses collaborateurs qui ont contribué à la création de l’album. Il a notamment remercié Michael League et Weedie Braimah, avec qui il a façonné cette œuvre, ainsi que Nic Hard, ingénieur du son reconnu pour son travail sur des projets musicaux internationaux.

Sorti en 2024, Éclairer le monde est un projet ambitieux mêlant sonorités africaines, influences jazz et musiques du monde. Fidèle à sa vision d’une musique porteuse de sens et d’ouverture, Youssou Ndour y explore des thèmes universels comme la paix, l’unité et la lumière qui relie les peuples. L’album, qui a déjà reçu un accueil chaleureux du public et de la critique, marque une nouvelle étape dans la carrière d’un artiste qui ne cesse de se réinventer.

« Éclairer le monde est une invitation au voyage, au dialogue des cultures, à la lumière partagée. Merci à tous », a conclu l’artiste, visiblement ému et reconnaissant envers ses fans et ses collaborateurs.

Refus de la marche de Niakhtou National : Babacar Ba dénonce une “entrave grave” au droit de manifester

Le refus du préfet de Dakar d’autoriser le rassemblement du mouvement Niakhtou National, prévu ce samedi au terrain de Sacré-Cœur 3, continue de susciter des réactions dans la société civile. Parmi elles, celle de Babacar Ba, président du Forum du Justiciable, qui a vivement dénoncé une décision qu’il qualifie d’“entrave grave” au droit constitutionnel de manifester.

Dans une déclaration rendue publique ce vendredi, Babacar Ba a exprimé sa profonde inquiétude face à ce qu’il considère comme un recul inquiétant des libertés publiques. « M. le préfet, demander la délocalisation d’une manifestation à moins de 24 heures, est une entrave grave au droit constitutionnel de manifester, voire même une tentative de sabotage administratif », a-t-il fustigé, estimant que le pouvoir administratif a agi de manière précipitée et arbitraire.

Pour le juriste, le droit de manifestation est un pilier fondamental de toute démocratie, consacré par la Constitution sénégalaise et protégé par les instruments juridiques internationaux auxquels le Sénégal a souscrit. Il rappelle que les autorités ont l’obligation non seulement de garantir l’exercice de ce droit, mais aussi d’encadrer les manifestations dans un esprit d’équilibre entre liberté publique et ordre public.

« Le droit à la manifestation est un droit consacré par la charte fondamentale du pays. Ce qui se passe aujourd’hui constitue une atteinte manifeste à une liberté publique garantie par la Constitution », a poursuivi Babacar Ba, qui appelle le gouvernement à faire preuve de plus de discernement dans la gestion des autorisations de rassemblements.

Le président du Forum du Justiciable invite également les autorités à “respecter scrupuleusement le cadre légal encadrant les rassemblements pacifiques”, rappelant que les restrictions ne peuvent être justifiées que par des motifs clairement établis de sécurité ou de trouble à l’ordre public, et non par des considérations politiques.

Ce nouvel épisode autour de la marche du collectif Niakhtou National met en lumière les tensions persistantes entre les acteurs de la société civile et l’administration préfectorale de Dakar. Alors que les organisateurs maintiennent leur volonté de tenir leur rassemblement malgré l’interdiction, la position du préfet — qui invoque des risques de troubles à l’ordre public et de perturbations de la circulation — continue d’alimenter un débat national sur la portée réelle du droit de manifester au Sénégal.

Dakar – FIDEPA : Le président du Conseil départemental de Vélingara salue une rencontre fructueuse

Le président du Conseil départemental de Vélingara, Ibrahima Barry, s’est félicité de la tenue du sixième Forum international de la démocratie participative en Afrique (FIDEPA), organisé à Dakar, au King Fahd Palace.

Prenant part aux travaux de cette importante rencontre, M. Barry a tenu à remercier chaleureusement les initiateurs et les organisateurs pour la qualité de l’événement et la richesse des échanges.

« Nous sommes très heureux de participer au FIDEPA. Ce forum a été une parfaite réussite. Nous encourageons la reddition des comptes, la transparence et la recevabilité, des critères essentiels d’une bonne gouvernance », a déclaré le président du Conseil départemental de Vélingara.

Durant trois jours, le FIDEPA a réuni des acteurs majeurs de la décentralisation, des élus locaux, des experts, ainsi que des délégations venues de plusieurs pays africains. Les participants ont échangé autour de plusieurs thématiques liées à la gouvernance locale, à la participation citoyenne et à la gestion transparente des ressources publiques.

Des masters class et panels ont également permis de renforcer les capacités des représentants des collectivités territoriales sur les outils de gouvernance participative et la modernisation de la gestion publique locale.

Pour Ibrahima Barry, cette initiative constitue « une occasion précieuse pour tisser des relations, échanger des expériences et envisager des partenariats futurs entre collectivités africaines ».

Le président du Conseil départemental de Vélingara a enfin insisté sur la nécessité de moderniser la gestion des collectivités territoriales afin de mieux impliquer les citoyens dans la prise de décision et dans le suivi des politiques publiques locales.

La rencontre s’est clôturée par la remise de distinctions aux acteurs les plus engagés dans la promotion de la démocratie participative et de la gouvernance locale.

Manquement à la dignité institutionnelle et au respect du peuple sénégalais

La République est une maison de valeurs.
Une maison de principes, de responsabilité et de respect.
Lorsqu’on a l’honneur de servir la Nation, on doit en incarner la dignité, la loyauté et la discipline.

Ousmane SONKO, le sport, notamment le football, est une activité noble. Il éduque, il rassemble, il soigne le corps et apaise l’esprit. C’est un vecteur de cohésion nationale et un symbole de jeunesse. Mais lorsque le sport devient un instrument de diversion politique, lorsqu’il sert à masquer la vérité et à défier la décence publique, il cesse d’être un jeu il devient un affront.

Il est inconcevable, dans un État de droit comme le Sénégal, qu’un Premier ministre déclare une maladie pour s’absenter de ses fonctions, pour ensuite se mettre en scène dans une activité publique de divertissement.
Ce n’est pas seulement une contradiction morale : c’est un manquement grave à l’éthique républicaine, un outrage à la fonction et une atteinte à la crédibilité de l’État.

Le Premier ministre est le chef du Gouvernement. Il incarne la continuité de l’action publique.
Lorsqu’il choisit de se retirer « pour raison de santé », la nation s’inquiète. Le président de la République, garant de la Constitution, prend de son temps pour lui témoigner solidarité et compassion.

Mais quand, quelques jours plus tard, ce même Premier ministre s’affiche, tout sourire, sur un terrain de football, entouré de caméras et de partisans, le doute devient colère, et la confiance se transforme en indignation.

Ce comportement n’est pas anodin.
Il révèle une désinvolture envers les institutions, un mépris envers le peuple, et un manque de respect envers la charge qu’il occupe.

Dans le contexte actuel de notre pays, où les familles sénégalaises vivent sous le poids du loyer exorbitant, des factures d’électricité insupportables, du chômage des jeunes, des difficultés des opérateurs économiques, des dettes publiques et de la souffrance des zones inondées du Nord, il est inacceptable que le chef du Gouvernement se livre à une mise en scène sportive comme si le pays n’avait aucun problème.

Pendant que le peuple travaille, subit et espère, le Premier ministre, censé être à son chevet, s’offre un moment de distraction politique.

C’est une gifle symbolique à toutes celles et ceux qui, chaque jour, se battent pour survivre.
C’est un déni de la réalité nationale et un reniement du devoir d’exemplarité que la République exige de ses plus hauts responsables.

Nous interpellons, avec gravité et respect, le Président de la République, garant du bon fonctionnement des institutions, afin qu’il tire toutes les conséquences de ce manquement manifeste à la loyauté gouvernementale.
Le Sénégal n’est pas une scène de théâtre politique.

La fonction de Premier ministre n’est pas un espace de caprice individuel.
C’est un service permanent à la Nation, un engagement total pour le peuple et pour la République.

L’État doit se rappeler à lui-même.
Il doit affirmer que la santé nationale ne peut être simulée, que la confiance du peuple n’est pas un jeu, et que la dignité de la République ne se piétine pas sur un terrain de football.

Nous disons à la jeunesse sénégalaise :
Le respect des institutions n’est pas une faiblesse, c’est une force.

L’exigence de vérité n’est pas une hostilité, c’est un acte d’amour envers la patrie.
Et la dénonciation du faux n’est pas un combat partisan, c’est une défense du bien commun.

Le Sénégal appartient à son peuple, pas à ceux qui l’utilisent pour des ambitions personnelles.
Notre pays mérite des dirigeants dignes, humbles, honnêtes, au service du peuple, et non au service de leur image.

Pour une République de respect et de vérité, nous lançons un appel à la conscience nationale.
Nous devons, collectivement, refuser la banalisation du mensonge, du mépris et de l’improvisation au sommet de l’État.

Un Premier ministre qui se dérobe à ses responsabilités ne trahit pas seulement le président de la République il trahit le peuple sénégalais tout entier.

Le Sénégal est plus grand que les individus.
Il est plus sacré que les ambitions.
Et il doit toujours être défendu avec courage, respect et vérité.

Monsieur le Président Mr Bougar DIOUF
Union des Panafricanistes Sénégalais UPS

Drame à Touba : le corps sans vie d’une femme découvert dans un bâtiment

Une découverte macabre a eu lieu très tôt ce matin dans la ville sainte de Touba. Le corps, encore non identifié, est celui d’une femme âgée d’environ 40 ans. Il a été retrouvé dans un bâtiment situé près du marché Ocass, présentant plusieurs blessures et des traces de sang.

Selon les premiers éléments recueillis sur place, des indices et des traces de sang laissent penser que le meurtre se serait produit ailleurs, avant que le corps ne soit déposé sur les lieux pour brouiller les pistes.

Les commerçants, choqués par la scène, ont immédiatement alerté les autorités. Les éléments de la police se sont rendus sur place pour effectuer les premiers constats avant que la dépouille ne soit transportée vers une structure sanitaire pour autopsie.

Une enquête a été ouverte afin de faire toute la lumière sur cette affaire qui suscite indignation et consternation dans la capitale du mouridisme.

Ce drame relance le débat sur la recrudescence du banditisme et des actes de violence dans la ville sainte de Touba, où les habitants appellent à un renforcement des dispositifs de sécurité.

Ziguinchor : Lancement du projet FAIES, une offensive audacieuse pour un futur sans SIDA au Sénégal

Ziguinchor – La lutte contre le VIH/SIDA prend un tournant décisif dans le sud du Sénégal. La semaine dernière, la région de Ziguinchor a abrité le lancement officiel du projet FAIES (Vers un futur sans SIDA : Synergie pour des initiatives intégrées, inclusives et équitables), une initiative ambitieuse qui allie science, solidarité et action communautaire.

Présidée par le gouverneur adjoint chargé du développement, Alsény Bangoura, la cérémonie a réuni des partenaires institutionnels, universitaires et communautaires, tous mobilisés autour d’un objectif clair : vaincre le VIH dans les régions les plus touchées du Sénégal.

Un projet ciblé et stratégique

Financé par l’Agence italienne de coopération pour le développement, FAIES s’inscrit dans le cadre des politiques nationales de lutte contre le VIH et des stratégies du Fonds mondial. Le choix des régions de Ziguinchor et Sédhiou n’est pas anodin : leur taux de prévalence dépasse légèrement la moyenne nationale, justifiant une intervention plus intensive et ciblée.

Selon Nora Colombotto Rosso, coordinatrice du projet :

« Le Sénégal est proche d’atteindre les Objectifs de Développement Durable relatifs au VIH, mais certaines zones, comme Ziguinchor et Sédhiou, nécessitent un effort renforcé. FAIES répond à ce besoin avec une approche intégrée et communautaire. »

Trois axes pour un impact réel

Le projet FAIES repose sur trois piliers stratégiques :

Renforcement des services de santé : améliorer la qualité, l’accessibilité et l’intégration des services liés à la santé sexuelle, reproductive et au VIH. Recherche scientifique : assurer le suivi des patients transfrontaliers, réduire la stigmatisation et produire des données fiables pour des interventions plus efficaces. Mobilisation communautaire : impliquer directement les organisations de la société civile et les communautés pour transformer la prévention et le soin en une action collective et durable.

Le Dr Youssouph Tine, directeur régional de la santé, souligne :

« Ce projet est inclusif, ambitieux et innovant. Il permettra de renforcer nos systèmes sanitaires tout en mobilisant les communautés, notamment les jeunes de 15 à 24 ans, souvent les plus exposés aux nouvelles infections. »

Une approche intégrée et humaine

Pour le gouverneur adjoint Alsény Bangoura, FAIES dépasse les approches classiques :

« Il ne s’agit pas seulement de distribuer des médicaments ou de multiplier des campagnes. FAIES intègre l’accès aux soins pour tous, la mobilisation durable des communautés, la lutte contre les inégalités et la promotion des droits humains. C’est ainsi que nous pourrons vraiment vaincre le SIDA. »

Cette initiative s’inscrit pleinement dans le Plan stratégique national 2023-2030 et dans les Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment l’ODD 3 sur la santé et l’ODD 5 sur l’égalité des genres.

« Rares sont les projets qui allient excellence scientifique, engagement communautaire et volonté politique. FAIES le fait. Ensemble, dans la synergie, nous construirons un Sénégal sans SIDA », a affirmé le gouverneur adjoint.

Un engagement fort pour l’avenir

Alsény Bangoura a pris l’engagement solennel de mobiliser toutes les forces vives de Ziguinchor et Sédhiou, de donner la parole aux communautés et de garantir la transparence ainsi que la responsabilité dans l’usage des ressources.

Le projet FAIES n’est pas seulement un programme de santé : c’est une mobilisation nationale et transfrontalière, une lueur d’espoir pour des milliers de Sénégalais, et un modèle d’innovation sociale et scientifique pour tout le continent africain.

Avec FAIES, le Sénégal affirme son ambition : un futur sans SIDA est possible, ici et maintenant.

Alexis SAGNA

Le Sénégal et le FMI saluent des « progrès significatifs » vers un nouveau programme de coopération

À l’issue de la mission du Fonds monétaire international (FMI), qui s’est achevée hier à Dakar, le ministère des Finances et du Budget (MFB) a publié un communiqué faisant état de « progrès significatifs » dans les discussions engagées pour la mise en place d’un nouveau programme de coopération entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods.

Le ministre des Finances, Cheikh Diba, s’est félicité des « avancées notables » enregistrées au cours de cette mission, notamment sur plusieurs axes stratégiques jugés déterminants pour la relance et la stabilisation de l’économie nationale. Ces axes portent essentiellement sur le rétablissement des équilibres macroéconomiques, la modernisation de la gestion budgétaire, ainsi que sur le financement d’un développement endogène, inclusif et durable.

Les indicateurs économiques rendus publics par le MFB traduisent une trajectoire positive de l’économie sénégalaise. La croissance est estimée à environ 8 % pour l’année 2025, avant de se stabiliser autour de 5 % en 2026. Cette dynamique serait soutenue par la reprise des investissements publics, la montée en puissance des secteurs productifs et les premiers effets attendus du Plan de redressement économique et social (PRES). Parallèlement, l’inflation devrait rester maîtrisée à 3,1 %, traduisant une stabilisation des prix après plusieurs années de tension sur le coût de la vie.

Sur le plan des finances publiques, le gouvernement prévoit une amélioration significative de la pression fiscale, qui passerait de 19,3 % en 2025 à 23,2 % en 2026. Cette progression reflète les efforts de mobilisation des ressources internes et la réforme de l’administration fiscale engagée par les autorités. L’objectif est de renforcer la capacité de l’État à financer les politiques publiques sans recourir excessivement à l’endettement extérieur.

Le ministère des Finances a également réaffirmé son engagement à poursuivre un assainissement progressif des comptes publics. Le déficit budgétaire, actuellement élevé, devrait être ramené à 7,8 % du PIB en 2025, puis à 5,37 % en 2026, avant d’atteindre la norme communautaire de 3 % fixée par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) à l’horizon 2027.

Toutefois, le MFB a tenu à rassurer qu’il ne s’agit pas d’un ajustement dicté par l’austérité, mais plutôt d’une stratégie d’optimisation des ressources publiques et d’amélioration de l’efficacité de la dépense. « Cet ajustement budgétaire, sans austérité, repose sur une meilleure efficience dans la gestion des ressources publiques et sur les recettes additionnelles issues du PRES », souligne le communiqué.

Le gouvernement assure, en outre, que les dépenses sociales et les investissements prioritaires resteront au cœur de ses préoccupations. L’objectif est de préserver les acquis en matière de protection sociale, tout en consolidant la confiance des partenaires économiques et financiers.

Cette dynamique, saluée par le FMI, ouvre selon le ministère de nouvelles perspectives pour l’investissement, la production nationale et l’emploi. En renforçant la gouvernance économique et la transparence budgétaire, le Sénégal espère ainsi asseoir les bases d’une croissance durable, plus inclusive et résiliente face aux chocs internes et externes.

Pape Malick Ndour placé sous bracelet électronique après sa comparution devant le Pool judiciaire financier

L’affaire du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (Prodac) connaît un nouveau rebondissement avec la mise en cause de l’ancien coordonnateur, Pape Malick Ndour. Après sa comparution ce vendredi devant le Pool judiciaire financier (PJF), le coordonnateur de la Convergence des Cadres Républicains (CCR) a été libéré mais placé sous bracelet électronique, une mesure de contrôle judiciaire qui lui évite la détention préventive.

Selon des sources judiciaires concordantes, Pape Malick Ndour a été inculpé pour plusieurs infractions graves, notamment association de malfaiteurs, détournement de deniers publics estimés à 2 702 920 922 francs CFA, et blanchiment de capitaux. Ces chefs d’accusation découlent d’une enquête approfondie sur la gestion des fonds alloués au Prodac, un programme phare initié sous le régime de l’ancien président Macky Sall pour promouvoir l’emploi des jeunes dans le secteur agricole à travers le développement de domaines communautaires.

Le dossier Prodac, déjà au cœur d’une vive controverse depuis plusieurs années, avait conduit à des poursuites visant d’autres responsables, dont l’ancien ministre de la Jeunesse Mame Mbaye Niang. Le parquet financier, estimant que de nouveaux éléments nécessitaient un approfondissement de l’enquête, avait récemment émis un réquisitoire supplétif afin de rouvrir certaines investigations. C’est dans ce contexte que Pape Malick Ndour a été convoqué et entendu par les magistrats instructeurs du PJF.

L’ancien responsable du Prodac, devenu une figure importante de l’Alliance pour la République (APR) et proche collaborateur de Macky Sall, a toujours nié toute malversation dans la gestion du programme. Ses proches soutiennent qu’il a agi dans le strict respect des procédures administratives et financières en vigueur. Toutefois, les enquêteurs soupçonnent des irrégularités importantes dans l’utilisation des fonds destinés à la mise en œuvre des projets agricoles communautaires.

La décision du juge d’instruction de placer Pape Malick Ndour sous bracelet électronique traduit la volonté de la justice de garantir le bon déroulement de la procédure tout en lui évitant une incarcération immédiate. Il devra désormais se conformer à des restrictions strictes de déplacement et rester à la disposition des autorités judiciaires jusqu’à la clôture de l’enquête.

Ousmane Sonko appelle à une mobilisation citoyenne pour nettoyer le parking du stade Léopold Sédar Senghor

À la veille du grand rassemblement politique prévu ce samedi 8 novembre, le leader de Pastef, Ousmane Sonko, a lancé un appel à la responsabilité civique et à l’engagement communautaire. Dans un message adressé à ses partisans, il a invité les Dakarois à participer, le lendemain du meeting, à une vaste opération de nettoyage du parking du stade Léopold Sédar Senghor, lieu choisi pour abriter la rencontre.

Souhaitant allier mobilisation politique et esprit citoyen, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de préserver la propreté et l’intégrité des espaces publics. « Après le rassemblement, je demande à chacun de rentrer calmement. Mais pour préserver la salubrité, j’invite les militants de la région de Dakar à revenir dimanche pour nettoyer le site », a-t-il déclaré.

Ce geste, présenté comme un symbole de civisme et de responsabilité collective, s’inscrit dans la continuité du discours du leader de Pastef, qui prône une citoyenneté active et respectueuse des biens publics. L’appel vise aussi à démontrer que les grandes mobilisations politiques peuvent se dérouler dans l’ordre, la discipline et le respect de l’environnement.

À travers cette initiative, Ousmane Sonko cherche à insuffler une nouvelle dynamique à ses partisans, en les incitant à agir non seulement sur le terrain politique, mais aussi dans la vie sociale et communautaire. Le message a été largement relayé sur les réseaux sociaux, suscitant de nombreuses réactions positives parmi les sympathisants du parti et au-delà.

MSC suspend ses livraisons terrestres vers le Mali à cause du blocus jihadiste

L’armateur italo-suisse Mediterranean Shipping Company (MSC), leader mondial du transport maritime de conteneurs, a annoncé la suspension « jusqu’à nouvel ordre » de ses livraisons terrestres à destination du Mali. Cette décision, communiquée jeudi, intervient dans un contexte de forte insécurité et de pénurie aiguë de carburant provoquées par un blocus jihadiste qui asphyxie actuellement l’économie malienne.

Dans son communiqué, MSC évoque des « problèmes de sécurité sur les routes d’accès » ainsi qu’une « pénurie de carburant » qui affecte directement le transport terrestre de marchandises vers le pays enclavé. Le groupe précise que cette mesure s’applique à toutes les opérations de livraison terrestre en direction du Mali, tout en maintenant ses activités maritimes dans les ports régionaux, notamment à Dakar et à Abidjan.

Depuis plusieurs semaines, le Mali fait face à un blocus imposé par les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Ces groupes armés ont coupé plusieurs axes stratégiques, notamment dans le centre et le nord du pays, empêchant l’acheminement de carburant et d’autres produits essentiels vers la capitale Bamako. Cette situation a entraîné une grave crise logistique et énergétique, marquée par des pénuries dans les stations-service, une flambée des prix et un ralentissement marqué des activités économiques.

Les transporteurs, confrontés à la fois à la rareté du carburant et aux risques d’attaques sur les routes, peinent à assurer la continuité des flux commerciaux. De nombreux convois ont été ciblés ces dernières semaines, renforçant le sentiment d’insécurité dans la région et accentuant l’isolement du Mali.

La décision de MSC, acteur clé du commerce international, risque d’aggraver davantage les difficultés d’approvisionnement du pays. Les autorités maliennes n’ont pour l’instant pas réagi officiellement à cette annonce, mais plusieurs opérateurs économiques s’inquiètent déjà des répercussions sur les importations de denrées alimentaires, de matériel industriel et de produits de première nécessité.

Affaire Prodac : un nouveau rebondissement remet Mame Mbaye Niang dans le viseur de la justice

Un nouveau développement vient relancer le dossier explosif du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac). Alors que le Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF) avait ordonné la clôture de l’enquête, le Parquet financier a émis un réquisitoire supplétif, relançant les investigations et plaçant à nouveau l’ancien ministre de la Jeunesse, Mame Mbaye Niang, au cœur du dossier.

Selon les révélations du journal Libération, ce réquisitoire vise à approfondir les recherches autour d’éventuelles rétrocommissions impliquant l’ancien ministre. Le procureur financier demande au juge d’instruction d’enquêter sur des transactions jugées suspectes entre Mame Mbaye Niang et Khadim Bâ, le patron de Locafrique actuellement en détention pour une affaire distincte de fraude douanière présumée. D’autres acteurs liés à l’exécution du Prodac seraient également concernés par ces nouvelles investigations.

Cette relance judiciaire s’appuie sur les conclusions d’une expertise comptable commandée à un cabinet privé en janvier dernier. L’objectif de cette mission d’audit était de passer au crible les comptes et les opérations financières du Prodac, un programme mis en œuvre sous la tutelle du ministère de la Jeunesse dirigé à l’époque par Mame Mbaye Niang. Les premiers résultats de cette expertise auraient mis en lumière plusieurs anomalies financières et des flux suspects justifiant la reprise de l’enquête.

Les investigations en cours ont déjà conduit à l’arrestation de l’ancien coordonnateur du Prodac, Pape Malick Ndour. Ce dernier a été placé en garde à vue pour des faits présumés d’association de malfaiteurs, d’escroquerie sur les deniers publics et de blanchiment de capitaux. Parmi les points sensibles du dossier figure notamment le versement de 2,7 milliards de francs CFA à la société israélienne Green 2000, un prestataire dont les dirigeants ont disparu depuis l’éclatement de l’affaire. Ce transfert reste à ce jour au cœur des soupçons de détournements et de surfacturations.

Le réquisitoire supplétif du Parquet financier prévoit également la confrontation entre deux autres protagonistes majeurs du dossier, Mamine Daffé et Ibrahima Cissé, dont les déclarations divergent sur plusieurs aspects des opérations du Prodac. Cette confrontation devrait permettre de clarifier les liens financiers entre les différents acteurs et de déterminer les responsabilités précises dans les irrégularités constatées.

Bougane Guèye Dany dénonce l’interdiction du rassemblement du collectif “Ñaxtu National” : “Honte à vous !”

Le président du mouvement Guem Sa Bopp, Bougane Guèye Dany, est monté au créneau après la décision du préfet de Dakar d’interdire le rassemblement du collectif “Ñaxtu National”, prévu ce samedi au terrain Sacré-Cœur 3. L’autorité administrative a motivé cette interdiction par des risques de troubles à l’ordre public et de perturbations de la circulation sur la VDN, invitant les organisateurs à délocaliser leur manifestation vers un autre lieu.

Mais cette justification ne convainc pas Bougane Guèye Dany. Le leader de Guem Sa Bopp y voit une décision arbitraire et politique, visant à réduire au silence les voix dissidentes. Dans une réaction ferme publiée sur ses réseaux sociaux, il s’est indigné contre ce qu’il considère comme une nouvelle preuve de la dérive autoritaire du pouvoir.

« Le préfet de Dakar demande de délocaliser le Ñaxtu National parce que l’autre doit passer par la VDN. C’est ça la rupture ! Honte à vous ! », a-t-il lancé avec colère, dénonçant une “rupture” qui, selon lui, n’a apporté que de nouvelles formes de censure et d’injustice.

Pour Bougane Guèye Dany, cette décision traduit une volonté manifeste des autorités de museler l’opposition et de restreindre les libertés publiques, pourtant garanties par la Constitution. Il estime que le droit de manifester ne saurait être conditionné par des arguments fallacieux, surtout lorsque la demande a été introduite dans le respect des lois et délais en vigueur.

L’homme politique affirme que la mobilisation du collectif “Ñaxtu National” ne sera pas annulée, mais maintenue comme un symbole du combat pour la liberté et la démocratie. Selon lui, il s’agit d’une lutte citoyenne qui dépasse les clivages politiques et qui vise à défendre un droit fondamental : celui de s’exprimer librement dans l’espace public.

Reug Reug victime d’un accident de voiture : le champion sénégalais rassure ses fans et promet un retour en 2026

Le champion sénégalais de MMA, Oumar Kane, plus connu sous le nom de Reug Reug, a été victime d’un accident de voiture ces derniers jours. La nouvelle a suscité une vive inquiétude parmi ses nombreux fans au Sénégal et à travers le monde, d’autant plus que le lutteur devait prochainement disputer un combat très attendu.

C’est sur son compte Instagram que le colosse originaire de Thiaroye a pris la parole pour rassurer son public et donner de ses nouvelles. « Malheureusement, j’ai eu un accident qui a occasionné le report de mon combat », a-t-il annoncé, tout en présentant ses excuses aux fans et aux organisateurs de l’événement.

Reug Reug, connu pour sa puissance impressionnante et son tempérament de guerrier, a tenu à apaiser les inquiétudes autour de son état de santé. Dans un ton à la fois rassurant et déterminé, il a ajouté : « Je serai de retour l’année prochaine pour battre Anatoly. Je sais que vous vous êtes bien préparés pour ce combat et nous le ferons l’année prochaine dès que nous aurons la date. PS : JE NE SUIS PAS MORT. »

Cette déclaration pleine d’énergie témoigne de la combativité et de la résilience du lutteur sénégalais, qui entend bien reprendre sa conquête dans la cage dès 2026. Le duel très attendu contre le Russe Anatoly Malykhin, champion redouté de l’organisation ONE Championship, devrait ainsi être reprogrammé dès que Reug Reug sera totalement remis de ses blessures.

Médias au bord du gouffre : naissance du Front pour la Défense de la Liberté de la Presse (FDLP)

Face à la crise profonde qui secoue le secteur des médias sénégalais depuis plusieurs mois, les principaux acteurs du paysage médiatique national se sont retrouvés ce jeudi 6 novembre 2025 à la Maison de la Presse Babacar Touré. Cette rencontre, à l’initiative de l’Association des Éditeurs et Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL), du Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS), du Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (Synpics) et de la Coordination des Journalistes Reporters du Sénégal (CJRS), a marqué le lancement du Front pour la Défense de la Liberté de la Presse (FDLP).

Cette plateforme, née dans un contexte de tension et d’inquiétude, fait suite à l’arrestation de la patronne de 7TV, Maïmouna Ndour Faye, et du journaliste de la RFM, Babacar Fall. Mais au-delà de ces cas emblématiques, le FDLP se veut une réponse globale à une crise systémique qui menace la survie même du journalisme au Sénégal.

Dès l’ouverture des travaux, le président de l’APPEL, Ibrahima Lissa Faye, a dressé un tableau sombre de la situation actuelle. « Nous vivons depuis dix-huit mois une crise très profonde, marquée par des arriérés de salaires, des problèmes de santé, de loyer, et plus largement des difficultés existentielles », a-t-il déploré, sous les regards attentifs de ses confrères. Selon lui, la dégradation des conditions de vie et de travail des journalistes atteint désormais un niveau alarmant, au point d’affecter la dignité même du métier.

Les participants ont unanimement dénoncé la précarité grandissante dans les rédactions, sur fond de mutations technologiques rapides et d’une concurrence féroce dans le marché de l’information. Pour Lissa Faye, il ne s’agit plus seulement d’un problème de revenus : « Nous savons tous que le salaire, quel qu’en soit le montant, fait vivre une famille entière. Quand un journaliste n’est pas payé, c’est toute une chaîne qui s’effondre. »

Cette rencontre, qualifiée d’« assemblée souveraine », avait pour but de jeter les bases d’une feuille de route commune destinée à redresser la situation du secteur. Plusieurs pistes ont été évoquées, dont la création d’un comité de coordination chargé d’assurer le suivi des résolutions adoptées et de piloter les actions futures du Front.

Dans un discours empreint de fermeté, Ibrahima Lissa Faye a appelé à l’unité et à la responsabilité collective. « Je ne me bats pas pour Lissa Faye, ni pour Maïmouna Ndour Faye, ni pour qui que ce soit. Arrêtons de personnaliser le débat. Mettons l’intérêt supérieur de notre profession et de la démocratie sénégalaise au-dessus de tout », a-t-il martelé, en exhortant ses pairs à dépasser les clivages internes et à rejeter toute tentative de récupération politique.

Pour le président de l’APPEL, la crise actuelle trouve aussi ses origines dans un modèle économique obsolète, incapable de s’adapter à la nouvelle donne numérique. « Les technologies vont très vite, et nous risquons d’être dépassés. Pendant ce temps, nos contenus nourrissent les réseaux sociaux, les tiktokers et les influenceurs. Si nous cessons de produire, ils n’auront plus rien à partager », a-t-il fait remarquer, soulignant la nécessité urgente d’un réajustement structurel et d’une meilleure valorisation du travail journalistique à l’ère digitale.

Cette assemblée, qui s’est tenue dans un climat de gravité mais aussi d’espoir, a mis en lumière une conviction partagée : celle que la presse, malgré ses fragilités, demeure un pilier essentiel de l’État de droit et de la démocratie sénégalaise. « Notre profession est menacée. Nous devons nous lever, nous serrer les coudes et sortir de cette impasse », a conclu Lissa Faye.

Dakar : le préfet interdit le rassemblement du collectif « Ñaxtu National » prévu à Sacré-Cœur 3

Le préfet de Dakar a opposé une fin de non-recevoir à la demande d’autorisation introduite par le collectif « Ñaxtu National » pour la tenue d’un rassemblement prévu sur le terrain de Sacré-Cœur 3, en face de la VDN. Dans une note adressée aux organisateurs, l’autorité administrative justifie sa décision par des risques de troubles à l’ordre public et de perturbations notables de la circulation.

Selon le document, cette décision fait suite à un examen approfondi du dossier et à l’analyse du rapport d’enquête transmis par les services compétents. « Il ressort que la tenue de cette manifestation au terrain de Sacré-Cœur 3, en face de la VDN, pourrait engendrer des troubles à l’ordre public ainsi que des perturbations notables de la circulation », a indiqué le préfet.

Soucieuse de concilier le droit de manifester avec le maintien de la tranquillité publique, l’autorité préfectorale avait proposé au collectif de délocaliser son rassemblement vers un autre site jugé plus approprié. Cependant, selon les services de la préfecture, les initiateurs du mouvement, notamment Bougane Gueye Dany et ses camarades, ont exprimé leur volonté de maintenir la manifestation à l’endroit initialement prévu.

Face à cette position jugée inflexible, le préfet de Dakar estime qu’« au regard des risques identifiés, il n’est malheureusement pas possible de donner une suite favorable à la requête de Bougane et Cie ». Cette décision s’inscrit dans la continuité des mesures de prévention que les autorités administratives mettent en œuvre pour éviter tout trouble susceptible d’affecter la sécurité des personnes et la fluidité de la circulation dans la capitale.

Dakar – FIDEPA 2025

PELL : Le maire de Thiaroye-sur-Mer remporte le premier prix dans la catégorie “Inclusion, égalité et équité sociale”

Le Forum international de la démocratie participative en Afrique (FIDEPA) a baissé ses rideaux ce jeudi à Dakar, au terme de plusieurs jours d’échanges et de distinctions honorant les meilleures initiatives locales en matière de gouvernance participative.

Parmi les lauréats de cette édition, le maire de Thiaroye-sur-Mer, El Hadji Mamadou Ndiaye, s’est particulièrement distingué en remportant le premier prix dans la catégorie “Inclusion, égalité et équité sociale”.

Ce Prix d’excellence du leadership local, décerné dans le cadre du FIDEPA 2025, vient saluer les efforts et les bonnes pratiques de la commune en matière de gouvernance territoriale, de participation citoyenne et de justice sociale.

“C’est un sentiment de satisfaction. Satisfaction d’avoir compétit et remporté le premier prix, mais aussi une fierté pour toute l’équipe municipale qui n’a ménagé aucun effort pour atteindre ce résultat”, a déclaré le maire Ndiaye, visiblement ému, lors de la cérémonie de clôture.

Selon lui, cette distinction est le fruit d’un travail collectif de plusieurs mois, mené dans le cadre du Plan de Développement Communal (PDC) de Thiaroye-sur-Mer.

“Ce projet d’inclusion et d’équité sociale faisait partie des priorités identifiées par nos populations. C’est leur victoire avant tout”, a-t-il ajouté.

Le maire a également réaffirmé son ambition de poursuivre la mise en œuvre du programme “Thiaroye Ville Verte et Durable”, un chantier majeur visant à améliorer durablement le cadre de vie des habitants à travers une meilleure gestion environnementale, une inclusion économique accrue et le renforcement de la cohésion sociale.

Cette distinction vient ainsi confirmer la place de Thiaroye-sur-Mer parmi les collectivités locales les plus dynamiques du Sénégal en matière de gouvernance participative et d’innovation sociale.

Macky Sall charge violemment le nouveau régime : « La République se dérobe sous nos yeux »

L’ancien président de la République, Macky Sall, a brisé le silence. Dans un message adressé à ses camarades de parti et lu, hier, par Me Sidiki Kaba lors de la cérémonie d’installation du Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance pour la République (APR), le leader du parti s’est livré à une attaque frontale contre la gouvernance actuelle. Le ton, ferme et sans concession, traduit sa profonde désapprobation vis-à-vis du nouveau régime qu’il accuse de dérives graves et de trahison des valeurs républicaines.

Selon les propos rapportés par L’Observateur, Macky Sall a tenu un discours d’une rare virulence, dénonçant ce qu’il qualifie de « mauvaises pratiques du régime en place qui ont fini par décevoir les Sénégalais ». L’ancien chef de l’État estime que le pays vit « un temps nouveau dominé par l’avènement d’un nouveau type de pouvoir, jamais expérimenté au Sénégal, par-delà son addiction à la violence destructrice et son appétence pour les dénis des valeurs de l’État de droit et des principes de la République ». À ses yeux, le nouveau pouvoir a gravement déçu la majorité des citoyens.

Très critique, Macky Sall accuse les autorités actuelles d’agresser les libertés démocratiques fondamentales et de piétiner les acquis obtenus après des décennies de luttes politiques. « La République se dérobe sous nos yeux, et le modèle démocratique sénégalais, longtemps cité en exemple en Afrique et dans le monde, s’effrite dangereusement », a-t-il martelé. Il parle d’un « effondrement programmé par les tenants d’un parti-État, cette vieillerie politique que l’on croyait rangée dans un musée des horreurs ».

L’ancien président, manifestement affecté, dit constater « avec effarement et profonde affliction » les dérives et dérapages du pouvoir en place. Il revendique, non sans fierté, le legs laissé à la Nation à la fin de ses douze années à la tête du pays. « Le formidable héritage que j’ai légué à mon pays, à ma Nation et à mon peuple, ne saurait être détruit ni par l’amateurisme, ni par la haine revancharde, paralysante et synonyme de régression dans tous les domaines de la vie », a-t-il affirmé, tout en assurant que « la majorité des Sénégalais sont fiers de ce qu’il a offert en héritage ».

Face à ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle et morale, Macky Sall appelle à une mobilisation générale. Il invite toutes les forces politiques, au sein comme en dehors de l’APR, à s’unir pour « refermer la violente parenthèse politique ouverte le 24 mars 2024 ». Ce message, à forte connotation politique, vise à fédérer l’opposition autour d’un projet commun de restauration démocratique et de refondation républicaine.

Le président de l’APR s’est par ailleurs félicité de la résilience de sa formation malgré la perte du pouvoir. Selon lui, contrairement à d’autres partis qui se sont effondrés après leur défaite, l’APR a su maintenir sa cohésion et son dynamisme. « La perte du pouvoir n’a point ébranlé outre mesure l’APR, qui garde intacts sa jeunesse militante, ses femmes vaillantes, ses cadres compétents et sa diaspora rayonnante », a-t-il salué, rendant hommage au courage et à la fidélité de ses partisans.

Macky Sall a insisté sur la nécessité de rester fidèle aux valeurs fondatrices du parti, gage, selon lui, de sa survie politique et de ses futures victoires. « Parce que nous avons toujours cru en la grandeur de notre engagement politique, en la solidité de nos convictions et en la vitalité de notre sagesse collective, nous avons tenu bon et nous tenons encore bon », a-t-il affirmé. Il a ajouté que les défaites ne sont de véritables échecs que lorsqu’elles conduisent à l’immobilisme. « Fort heureusement, l’APR a su surmonter cet écueil et s’appuyer sur son ressort interne pour amorcer un nouveau tournant dans sa trajectoire », a-t-il conclu.

Cette cérémonie d’installation du Secrétariat exécutif national a également servi de tribune à plusieurs responsables du parti pour dénoncer l’arrestation de Pape Malick Ndour, coordonnateur national des cadres de l’APR, actuellement en garde à vue. Seydou Guèye et Abdou Mbow ont, au nom du parti, qualifié cette interpellation « d’arbitraire » et exigé sa libération immédiate et sans condition. Selon eux, « Pape Malick Ndour est pris en otage dans une tentative d’intimidation politique ».

Le FMI salue la résilience de l’économie sénégalaise et la rigueur des réformes engagées

Au terme d’une mission de deux semaines à Dakar, le Fonds monétaire international (FMI) a dressé un constat globalement positif de la situation économique du Sénégal. Conduite par Edward Gemayel, chef de mission pour le Sénégal, la délégation de l’institution de Bretton Woods a salué la robustesse de l’économie nationale ainsi que les efforts entrepris par les autorités pour restaurer la confiance après l’épisode de la dette cachée.

Selon le FMI, le Sénégal affiche en 2025 une croissance vigoureuse, portée par la première année complète de production pétrolière et gazière ainsi qu’un rebond notable du secteur agricole. La croissance du PIB réel est estimée à 7,9 %, dont 3,4 % provenant du secteur non-hydrocarbures. L’inflation, quant à elle, devrait se limiter à 1,4 %, un niveau jugé maîtrisé dans un contexte mondial encore incertain. « Malgré les défis et les tensions sur le financement international, le Sénégal demeure résilient grâce à une gestion macroéconomique prudente », a déclaré Edward Gemayel, soulignant la solidité des fondamentaux économiques du pays.

Sur le plan budgétaire, les performances à fin septembre 2025 sont jugées satisfaisantes. Les recettes se sont alignées sur les prévisions et les dépenses non prioritaires ont été maîtrisées. Le déficit global devrait passer de 13,4 % du PIB en 2024 à 7,8 % en 2025, traduisant les efforts de consolidation budgétaire engagés par le gouvernement. Le projet de loi de finances 2026 prévoit de poursuivre cette tendance, avec une réduction supplémentaire du déficit à 5,4 % du PIB. Cette amélioration repose notamment sur une meilleure mobilisation des ressources internes à travers de nouvelles taxes sur les jeux de hasard, les transferts mobiles et le foncier, ainsi qu’une suppression progressive des exonérations fiscales. Toutefois, le FMI invite à la prudence, estimant que les objectifs de rendement fiscal fixés par ces mesures pourraient s’avérer trop ambitieux.

La question de la dette publique a également occupé une place centrale dans les discussions. Celle-ci est estimée à 132 % du PIB à la fin de 2024, dont environ 4 % d’arriérés intérieurs de paiement. Le FMI a salué la volonté des autorités sénégalaises de mener à terme l’audit en cours et de renforcer la transparence dans la gestion de la dette. Des progrès notables ont été enregistrés, mais l’institution souligne la nécessité de poursuivre les réformes pour centraliser la gestion de l’endettement et améliorer la redevabilité des institutions concernées. Le FMI insiste aussi sur l’importance de finaliser les mesures correctives liées à la dette cachée, estimant que leur aboutissement permettra au pays de tourner définitivement la page de cet épisode qui avait entamé sa crédibilité financière.

Durant son séjour à Dakar, la délégation du FMI a eu des entretiens approfondis avec les plus hautes autorités de l’État, notamment le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko, plusieurs membres du gouvernement ainsi que des représentants de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Ces échanges ont porté sur la consolidation des acquis économiques, les perspectives de croissance à moyen terme et la préparation d’un nouveau programme soutenu par le FMI. « Cette mission a permis de poser des bases solides pour la suite des échanges. Nous sommes désormais proches d’un accord sur un nouveau programme de financement », a confié Edward Gemayel à l’issue des rencontres.

Enfin, le FMI a félicité les autorités sénégalaises pour leur engagement en faveur de la transparence, de la discipline budgétaire et de la bonne gouvernance financière. L’institution estime que les réformes structurelles en cours, notamment en matière de lutte contre la corruption et d’amélioration de la gestion des finances publiques, constituent un gage de confiance pour les investisseurs et un pilier essentiel d’une croissance inclusive et durable.

Université du Sine Saloum : les étudiants décrètent 48 heures sans tickets pour dénoncer la précarité dans les campus

Face à une série de problèmes persistants dans les campus universitaires, notamment ceux de Kaolack et de Fatick, les étudiants de la Coordination de l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (USSEIN) ont décidé de passer à l’action. À travers un communiqué rendu public et reçu par Dakaractu Kaolack, ils annoncent une grève symbolique des tickets de restauration, décrétant 48 heures sans tickets les vendredi 7 et samedi 8 novembre 2025. Pendant ces deux journées, les étudiants comptent manger gratuitement dans tous les restaurants universitaires, en guise de protestation contre ce qu’ils qualifient de « manquements graves » des autorités universitaires.

Les membres de la coordination étudiante justifient leur mouvement par le non-respect des engagements pris lors de leur dernière rencontre avec les responsables compétents. Selon eux, plusieurs promesses faites n’ont pas été tenues, plongeant les étudiants dans une précarité quotidienne de plus en plus insoutenable.

Parmi les griefs soulevés, figure notamment la décision unilatérale de retirer le bus de Khelcom pour l’affecter au campus de Fatick, sans concertation préalable avec les représentants étudiants. Une mesure jugée injuste et pénalisante pour les étudiants de Kaolack, qui voient ainsi leur mobilité compromise.

Les étudiants dénoncent également le non-chargement complet du Wi-Fi dans les résidences universitaires, une situation qui limite fortement l’accès à l’information et freine les activités académiques. À cela s’ajoutent des problèmes persistants de garde nocturne au niveau du service médical de Khelcom, privant les étudiants d’une assistance sanitaire adéquate la nuit.

Les conditions de vie dans les campus sont également au cœur des préoccupations. Le communiqué évoque un déficit de ventilateurs et de draps dans les résidences, compromettant le confort des étudiants, surtout en période de forte chaleur. Par ailleurs, le non-approvisionnement en médicaments dans les infirmeries universitaires et le non-remboursement des frais médicaux aggravent, selon eux, la vulnérabilité sanitaire des pensionnaires.

Les difficultés logistiques ne sont pas en reste : les étudiants pointent du doigt les problèmes liés à l’ambulance, qui entravent la prise en charge rapide des urgences médicales, ainsi que l’absence de régisseur au niveau du campus de Fatick, un manque qui perturbe le bon fonctionnement administratif.

Estimant que leurs conditions d’études et de vie se dégradent de jour en jour, les étudiants de l’USSEIN exigent des solutions urgentes et concrètes. Ils avertissent que si leurs doléances ne trouvent pas une suite favorable dans les plus brefs délais, des actions plus radicales et de plus grande envergure seront envisagées.

Sénégal – Affaire DAGE : la Cour suprême rejette le pourvoi du parquet, Ndèye Yacine Guèye reste en liberté sous contrôle judiciaire

La Cour suprême a tranché, ce jeudi 6 novembre 2025, dans le dossier très médiatisé impliquant Ndèye Yacine Guèye, ancienne directrice de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE) du ministère de l’Enseignement supérieur, ainsi que plusieurs fournisseurs, dont Mohamed Saleh et Mohamed Fall. Saisie d’un recours introduit par le procureur général, la chambre pénale de la haute juridiction a finalement rejeté le pourvoi du parquet général, confirmant ainsi la décision de mise en liberté sous contrôle judiciaire des mis en cause.

À l’origine, le juge du 5e cabinet du Pool judiciaire financier avait ordonné la mise sous contrôle judiciaire de Ndèye Yacine Guèye et de ses coaccusés, une mesure que le ministère public avait vivement contestée. Estimant que les faits reprochés – portant sur de présumés détournements de deniers publics estimés à plus d’un milliard de francs CFA – justifiaient un maintien en détention, le parquet avait interjeté appel de cette décision.

Cependant, la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar avait confirmé, le 6 août 2025, les ordonnances du juge d’instruction, estimant que les conditions légales d’une détention préventive n’étaient pas réunies. Cette confirmation n’avait pas satisfait le parquet général, qui avait décidé de se pourvoir en cassation devant la Cour suprême.

Lors de l’audience du 6 novembre, la haute juridiction a déclaré le parquet général déchu de son pourvoi, mettant ainsi un terme à sa démarche. En d’autres termes, le recours du ministère public a été jugé irrecevable, ce qui confirme définitivement la liberté provisoire accordée aux mis en cause dans cette affaire.

Défendue par un collectif d’avocats composé notamment de Maîtres Alphonse Faye et El Hadj Dièye, Ndèye Yacine Guèye demeure donc en liberté sous contrôle judiciaire, en attendant la suite de la procédure au fond.

COMMUNIQUÉ OFFICIEL DU COLLECTIF NIAKHTOU NATIONAL

Message de clarification et d’unité nationale

Le Collectif NIAKHTOU NATIONAL informe l’opinion publique que la grande manifestation du samedi 08 novembre 2025 au terrain Sacré-Cœur 3 sur la VDN est maintenue et se tiendra comme prévu de 17h00 à 21h00.

Des tentatives de désinformation et de manipulation circulent actuellement sur les réseaux sociaux et dans certains cercles politiques, laissant croire à une annulation ou à un retrait du collectif.
Nous tenons à démentir formellement ces fausses informations.

Le Collectif NIAKHTOU NATIONAL, qui regroupe plusieurs organisations de l’opposition, de la société civile et des mouvements citoyens, reste plus que jamais uni et déterminé à faire de cette journée un moment fort de mobilisation patriotique et démocratique, pour exprimer la voix du peuple sénégalais.

Nous saluons la maturité et la responsabilité de tous les acteurs qui œuvrent dans le sens de l’unité, du dialogue et du respect des engagements pris.
Aucun agenda personnel, aucune tentative de division ne saurait détourner notre collectif de son objectif : défendre les intérêts du peuple et la démocratie sénégalaise.

Par ailleurs, nous demandons à toutes les entités (partis politiques, activistes, organisations et mouvements citoyens) souhaitant rejoindre le Collectif NIAKHTOU NATIONAL, de prendre part à la réunion préparatoire prévue demain à 9h00 au Restaurant Le Relais.
Cette rencontre vise à renforcer la coordination, la mobilisation et la cohésion autour de notre objectif commun.

Nous invitons enfin tous les citoyens, militants, sympathisants et mouvements partenaires à rester mobilisés et vigilants face aux manipulations, et à répondre massivement à l’appel du peuple ce samedi 08 novembre à partir de 17h00 au terrain Sacré-Cœur 3.

Ensemble, restons unis et debout pour le Sénégal !

Fait à Dakar le 06 Novembre 2025,
Le Collectif NIAKHTOU NATIONAL

Sénégal : Jooko Sénégal – « Deutschands » milite pour une société plus participative et inclusive envers les personnes handicapées

À travers son initiative baptisée « Deutschands », l’organisation Jooko Sénégal réaffirme son engagement en faveur d’une société véritablement inclusive, où les personnes vivant avec un handicap occupent une place pleine et entière.

Le président de la structure, Vieux Guédel Mbodji, a rappelé que l’inclusion ne doit pas se limiter à des discours, mais se traduire par des actions concrètes :

amélioration de l’accès à l’éducation ; participation active aux décisions publiques ; insertion socio-professionnelle ; accessibilité des infrastructures ; soutien aux initiatives économiques portées par des personnes handicapées.

Selon les promoteurs, Deutschands ambitionne de devenir un pont entre les communautés, les institutions publiques et les acteurs du développement, afin de garantir que personne ne soit laissé en marge. L’organisation plaide pour un changement de perception du handicap, encourageant une culture fondée sur le respect, l’égalité et l’autonomie.

Pour Jooko Sénégal, une société participative et inclusive n’est pas seulement souhaitable, elle est essentielle pour un développement durable, juste et équitable. À travers le programme Deutschands, l’organisation entend multiplier les campagnes de sensibilisation, les formations et les partenariats pour faire progresser cette cause à l’échelle nationale.

Installation du Secrétariat Exécutif National de l’APR : Macky Sall met en garde le nouveau pouvoir

Ce jeudi, Me Sidiki Kaba a présidé la cérémonie d’installation du Secrétariat Exécutif National (SEN) de l’Alliance pour la République (APR), marquant une étape importante dans l’organisation du parti. Représentant le Président Macky Sall, l’ancien Premier ministre a déclaré ouverts les travaux d’installation des membres du SEN, récemment nommés par le chef de l’État.

Dans son allocution, Me Sidiki Kaba a transmis le message du président de l’APR en soulignant l’importance de ce nouveau cadre pour la vie du parti. « À l’occasion de l’installation du Secrétariat Exécutif National, j’ai convoqué le Secrétariat Exécutif National en vertu des dispositions des articles 19 et 7 de notre parti. Ce SEN sera chargé, d’une part, de préparer des dossiers politiques et, d’autre part, de traiter des questions touchant le domaine du développement socioculturel et économique, mais également de la géopolitique. Je constate que la perte du pouvoir n’a point ébranlé votre engagement », a déclaré Me Sidiki Kaba, portant la voix de Macky Sall.

Au-delà de la simple installation du SEN, le message de Macky Sall contenait également des critiques sévères à l’encontre du nouveau pouvoir. Selon lui, le régime en place menace la cohésion nationale par son recours systématique à la violence et par son mépris des valeurs démocratiques. « Nous constatons que son addiction à la violence et le déni des valeurs constituent des menaces à notre cohésion nationale. En réalité, le nouveau pouvoir a déçu une bonne partie de la population. Pire encore, il agresse les libertés démocratiques élémentaires et anéantit les avancées démocratiques conquises par le peuple sénégalais. La République se dérobe. Notre modèle démocratique, si cher dans le monde, s’est effondré notamment quand on parle d’un Parti-État », a souligné le président de l’APR, par l’intermédiaire de Me Sidiki Kaba.

L’ancien président a exprimé sa profonde affliction face aux dérives observées sous le nouveau régime. « Hélas, c’est avec une profonde affliction que nous constatons les dérapages et autres dérives en tous genres du nouveau régime. Le formidable héritage que j’ai légué à mon pays, à mon peuple, ne saurait être détruit ni par l’amateurisme, ni par la haine. Je peux dire, sans risque de me tromper, que vous êtes fiers de vous », a insisté Me Sidiki Kaba, transmettant les mots de Macky Sall.

Le FMI dresse un bilan après sa visite au Sénégal : prudence sur la dette malgré une croissance solide

Après une visite de deux semaines à Dakar, du 22 octobre au 6 novembre 2025, une mission du Fonds Monétaire International (FMI) dirigée par Edward Gemayel, Chef de mission pour le Sénégal, a présenté ses conclusions sur l’économie sénégalaise et les discussions autour d’un nouveau programme de prêt. L’objectif principal de cette mission était de faire avancer les discussions sur un soutien financier et d’évaluer les mesures correctrices mises en place à la suite de la découverte d’une dette cachée.

Malgré les défis liés à un endettement public élevé, le FMI se montre confiant quant à la résilience de l’économie sénégalaise. Edward Gemayel a souligné que le pays devrait connaître une année robuste en 2025, grâce notamment à la première année complète de production de pétrole et de gaz ainsi qu’au rebond de l’agriculture. Selon les projections du FMI, la croissance du PIB réel devrait atteindre environ 7,9 % cette année, tandis que l’inflation resterait maîtrisée, à une moyenne d’environ 1,4 %.

L’institution internationale a également salué l’engagement du gouvernement sénégalais en faveur de la discipline budgétaire, un impératif après l’épisode de la dette cachée. Le déficit global devrait se réduire significativement, passant de 13,4 % du PIB en 2024 à 7,8 % en 2025. La Loi de Finances 2026 prévoit une réduction supplémentaire du déficit à 5,4 % du PIB, soutenue par une ambition de mobilisation accrue des recettes fiscales. Toutefois, le FMI a mis en garde sur le réalisme de ces projections. Edward Gemayel a averti que le rendement fiscal supposé des nouvelles mesures—comprenant des taxes sur les jeux de hasard, les transferts mobiles, l’impôt foncier et la suppression progressive des exonérations fiscales—présente un risque important, soulignant la nécessité de projections plus prudentes.

Le Sénégal reste confronté à des pressions significatives liées à sa dette. La dette totale du secteur public est estimée à 132 % du PIB fin 2024, incluant 4 % d’arriérés de dépenses domestiques, dont le traitement dépend des résultats de l’audit mené par l’Inspection Générale des Finances. Concernant les mesures correctrices liées au « cas de fausse déclaration », la mission du FMI note que des progrès satisfaisants ont été accomplis, notamment dans l’amélioration de la publication des données sur la dette. Néanmoins, Edward Gemayel a insisté sur la nécessité de mesures supplémentaires, en particulier le renforcement des capacités de gestion de la dette et la centralisation de cette fonction au sein d’un seul ministère afin d’améliorer le contrôle, la transparence et la responsabilité.

La mission du FMI a permis de réaliser des avancées notables vers l’établissement des bases d’un nouveau programme de soutien. Les discussions ont été constructives, abordant la durabilité budgétaire, l’amélioration de la gestion de la dette et le renforcement de la gouvernance. Le FMI se dit prêt à poursuivre le dialogue avec les autorités sénégalaises dans les semaines à venir afin de finaliser un accord. L’institution a également salué l’engagement des autorités, reconnaissant leurs efforts continus en matière de transparence, de discipline budgétaire et de gestion macroéconomique saine.

La Chine remet officiellement les clés du centre d’hébergement de l’Arène nationale de lutte

La ministre des Sports, Khady Diène Gaye, a présidé ce jeudi, à l’Arène nationale, la cérémonie officielle de remise des clés du tout nouveau centre d’hébergement attenant à cette infrastructure sportive emblématique. Ce bâtiment moderne, offert par la République populaire de Chine, s’inscrit dans le cadre du projet d’assistance technique pour l’Arène nationale de lutte du Sénégal. La cérémonie s’est déroulée en présence de l’Ambassadeur de Chine, Li Zhigang, accompagné d’une importante délégation, selon une note du ministère des Sports.

L’événement a également réuni plusieurs responsables du secteur sportif, dont le Directeur général des Sports, Mamalaya Mbaye, le Directeur du Sport de Haut Niveau, Cheikh Tahirou Fall, le Directeur des Infrastructures, Cheikh Tidiane Sarr, ainsi que Babacar Ndiaye, Directeur de l’Office de Gestion des Infrastructures Sportives (OGIS), et Malick Ngom, président du Comité national de gestion de la lutte (CNG).

Construit selon les standards modernes, le nouveau centre d’hébergement couvre une superficie totale de 804 m² répartis sur deux étages. Il comprend douze dortoirs, dont deux spécialement aménagés pour les personnes à mobilité réduite, quatre bureaux administratifs et une salle de réunion. Des espaces annexes viennent compléter l’ensemble, incluant un local électrique, des toilettes publiques, des buanderies et des séchoirs.

Le centre dispose d’une capacité d’accueil de 34 lits et est entièrement équipé pour assurer le confort des athlètes et encadreurs : installations sanitaires modernes, climatiseurs, chauffe-eau, lits, tables de chevet, armoires et meubles pour téléviseurs, entre autres équipements. Ce cadre moderne vise à offrir aux sportifs sénégalais des conditions optimales d’hébergement et de préparation, contribuant ainsi à l’épanouissement et à la performance du sport national, a souligné la ministre Khady Diène Gaye dans son allocution.

De son côté, l’ambassadeur de Chine, Li Zhigang, a mis en exergue la portée symbolique de cette infrastructure. « L’Arène nationale est un édifice emblématique du Sénégal, mais aussi un symbole de la coopération pragmatique et de l’amitié traditionnelle entre la Chine et le Sénégal », a-t-il déclaré. Il a rappelé que, le 22 juillet 2018, le président chinois Xi Jinping avait symboliquement remis la clé de l’Arène nationale au Sénégal, marquant une nouvelle étape dans les relations bilatérales dans les domaines sportif et culturel.

Selon le diplomate chinois, le bâtiment remis ce jour « renforcera davantage la capacité d’accueil et la sécurité de l’Arène nationale » et permettra d’offrir aux athlètes, qu’ils participent à des compétitions nationales ou internationales, des conditions d’hébergement et de service « plus confortables et plus complètes ».

Li Zhigang a aussi salué la coopération fructueuse entre les deux pays, précisant que « ces dernières années, la Chine et le Sénégal, en tant que bons amis, bons partenaires et bons frères, ont mené une collaboration riche et réussie dans divers domaines, y compris le sport ». Il a cité, à ce titre, la rénovation de plusieurs stades emblématiques tels que Léopold Sédar Senghor à Dakar, Aline Sitoé Diatta à Ziguinchor, Ely Manel Fall à Diourbel et Lamine Guèye à Kaolack.

Prenant la parole à son tour, la ministre des Sports a exprimé, au nom du gouvernement sénégalais, sa profonde gratitude à la République populaire de Chine pour son appui constant au développement du sport au Sénégal. Khady Diène Gaye a réaffirmé la volonté des autorités sénégalaises de poursuivre et de consolider cette coopération exemplaire, notamment à travers la réalisation prochaine du Centre de formation de hautes performances sportives dans la région de Thiès.

« Par ma voix, je tiens à assurer que le Sénégal ne ménagera aucun effort pour faire bon usage de ce don, bénéfique pour notre sport national », a-t-elle déclaré, avant de conclure que ce nouveau centre d’hébergement constitue à la fois un cadre d’excellence pour les athlètes et un symbole fort de la vision d’un sport sénégalais moderne, performant et inclusif.

Affaire Prodac : Pape Malick Ndour placé en garde à vue, soupçonné d’association de malfaiteurs et de détournement de deniers publics

L’ancien coordonnateur du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (Prodac), Pape Malick Ndour, a été placé en garde à vue ce jeudi, à la suite de son interpellation par les éléments de la Division des Investigations Criminelles (DIC). D’après des sources concordantes relayées par Seneweb, le coordonnateur des cadres de l’Alliance Pour la République (APR) est poursuivi pour association de malfaiteurs et complicité de détournement de deniers publics.

L’arrestation de Pape Malick Ndour s’inscrit dans le prolongement de l’enquête ouverte dans le cadre de la gestion du Prodac, un programme public censé promouvoir l’emploi des jeunes en milieu rural à travers la mise en place de fermes agricoles modernes. Cette affaire, déjà marquée par l’inculpation récente de Mamina Daffé, ancien directeur général du Prodac, connaît donc un nouveau rebondissement avec la mise en cause de l’ex-député et responsable politique de l’APR.

Selon les informations disponibles, Pape Malick Ndour passera la nuit dans les locaux de la DIC avant d’être présenté, ce vendredi, au juge d’instruction du premier cabinet du Pool Judiciaire Financier, sauf changement de programme. Il devrait être entendu sur des faits présumés de mauvaise gestion et de détournement de fonds publics liés à la mise en œuvre du programme.

Cette nouvelle arrestation ravive les débats autour de la gouvernance des anciens programmes d’investissement publics, souvent pointés du doigt pour leur manque de transparence et les soupçons de mauvaise gestion. Elle intervient également dans un contexte où les autorités judiciaires semblent déterminées à faire la lumière sur plusieurs dossiers financiers sensibles datant du précédent régime.

Pour rappel, le Prodac avait été lancé en grande pompe sous l’ancien président Macky Sall, avec l’ambition de créer des pôles agricoles intégrés capables de générer des milliers d’emplois pour les jeunes. Cependant, au fil des années, le programme a été éclaboussé par plusieurs polémiques, notamment liées à la gestion des financements et à la réalisation effective des projets annoncés.

Dette cachée : le FMI sonne l’alerte sur la situation inédite du Sénégal

Le Fonds monétaire international (FMI) a tiré la sonnette d’alarme sur la situation financière du Sénégal, évoquant une « dette cachée » d’une ampleur jamais observée auparavant sur le continent africain. C’est ce qu’a révélé ce jeudi 6 novembre, sur les ondes de RFI, Edward Gemayel, chef de mission du FMI au Sénégal. Selon lui, cette découverte sans précédent explique l’échec des récentes discussions entre les autorités sénégalaises et l’institution de Bretton Woods autour d’un nouveau programme de prêt.

« Je n’ai jamais vu une dette cachée de cette importance en Afrique », a affirmé M. Gemayel, soulignant le caractère inédit du cas sénégalais. Cette dissimulation partielle des engagements financiers de l’État aurait été mise en lumière au cours de la mission du FMI, qui s’est déroulée pendant deux semaines à Dakar. Elle a profondément bouleversé les équilibres budgétaires présentés jusque-là par le gouvernement, rendant nécessaire une réévaluation complète de la situation macroéconomique du pays.

Le responsable du FMI a précisé que cette opacité « complique les choses » et retarde la reprise d’un programme d’aide, pourtant attendu depuis plusieurs mois. Les négociations, entamées dès le mois d’août, devaient permettre de relancer une coopération financière suspendue depuis la fin de l’ancien programme en 2024. Mais la découverte de passifs non déclarés a obligé les équipes du Fonds à revoir leurs analyses et à demander des garanties de transparence.

Pour le FMI, la priorité est désormais d’éviter qu’une telle dissimulation ne se reproduise. L’institution exige la mise en place de mesures dites « correctrices ». Parmi elles, la centralisation de la gestion de la dette publique au sein d’un seul ministère, afin d’éliminer les chevauchements institutionnels qui auraient favorisé les omissions, ainsi que la publication intégrale des résultats de l’audit sur les arriérés de paiement. Ces réformes doivent permettre de restaurer la crédibilité budgétaire du pays et de rassurer les partenaires techniques et financiers.

Parallèlement, une analyse approfondie de la viabilité de la dette sénégalaise est en cours de finalisation. Ce travail, mené conjointement par le FMI et la Banque mondiale, doit permettre de déterminer si la dette globale du pays reste soutenable dans les conditions actuelles. Cette étape est jugée cruciale avant toute reprise du financement international.

Malgré ces difficultés, Edward Gemayel se veut optimiste. Il rappelle qu’il est « rare qu’un nouvel accord soit finalisé après une première visite » et estime que les discussions pourraient aboutir « en quelques semaines ». Toutefois, aucune date précise n’a encore été fixée pour la conclusion du prochain cycle de négociations, qui se déroulera à distance.

Le Sénégal à l’honneur à l’ouverture du Sommet des Leaders à Belém

Le Sénégal a brillé sur la scène internationale lors de l’ouverture du Sommet des Leaders à Belém, au Brésil, grâce à la participation remarquée du ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf. Il y représentait le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, en tant qu’émissaire officiel du Sénégal.

Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, le ministre Abdourahmane Diouf a exprimé toute sa fierté d’avoir porté la voix du Sénégal à cet événement d’envergure mondiale : « J’ai eu l’honneur de représenter le Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, à l’ouverture du Sommet des Leaders, présidé par le Président brésilien, Monsieur Lula da Silva. »

Ce rendez-vous international, tenu les 6 et 7 novembre à Belém, constitue une étape clé avant la 30e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP30), prévue du 10 au 21 novembre prochain. Il rassemble près d’une centaine de chefs d’État et de gouvernement venus des quatre coins du globe, autour d’un objectif commun : intensifier la lutte contre le réchauffement climatique et ses conséquences dramatiques sur les écosystèmes et les populations.

Les discussions du sommet portent sur des thèmes cruciaux tels que la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la protection des forêts tropicales, la préservation de la biodiversité et la transition vers une économie verte. Pour le Sénégal, fortement exposé aux effets du changement climatique — notamment l’érosion côtière, la désertification, la salinisation des terres et la hausse des températures —, cette rencontre revêt une importance capitale.

La participation du pays traduit la volonté du président Bassirou Diomaye Faye de positionner le Sénégal comme un acteur engagé et crédible dans les négociations internationales sur le climat. Elle offre également l’opportunité de promouvoir les politiques nationales en matière de transition énergétique, de gestion durable des ressources naturelles et de résilience communautaire face aux aléas environnementaux.

Au-delà des débats, le Sommet des Leaders constitue pour le Sénégal une plateforme stratégique de coopération et de plaidoyer. Les échanges bilatéraux en marge des sessions permettent de renforcer les partenariats avec des pays amis et des institutions internationales, tout en mobilisant des financements pour soutenir les projets écologiques et climatiques initiés au niveau national.

Insertion des jeunes et soutien à l’entrepreneuriat : le gouvernement annonce un vaste programme dans le Budget 2026

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a dévoilé ce jeudi, devant la commission des Finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale, les grandes orientations du Budget 2026. Au cœur de sa présentation, une priorité claire : l’emploi des jeunes et des femmes, perçu comme un levier essentiel de développement et de stabilité économique.

Cheikh Diba a annoncé la mise en œuvre, en partenariat avec le secteur privé, d’un programme intégré d’insertion de 35 000 jeunes diplômés par an. Cette initiative, inscrite dans la stratégie gouvernementale de réduction du chômage et de valorisation du capital humain, vise à offrir de réelles opportunités professionnelles à une jeunesse souvent confrontée à la précarité et au sous-emploi. Selon le ministre, ce dispositif sera articulé autour d’une meilleure adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail, afin de garantir une insertion durable.

Mais l’action gouvernementale ne s’arrêtera pas là. Dans la même dynamique, un soutien renforcé sera accordé à la création d’entreprises par les jeunes et les femmes. L’objectif, selon Cheikh Diba, est de stimuler l’esprit d’initiative, de promouvoir l’innovation et de favoriser l’autonomie économique des couches les plus dynamiques de la population. Ce soutien prendra la forme d’un accompagnement financier, technique et institutionnel, permettant aux porteurs de projets de concrétiser leurs ambitions dans un environnement plus favorable.

Le ministre a également mis en avant l’importance des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ 2026), que le Sénégal s’apprête à accueillir. Cet événement planétaire, a-t-il indiqué, constituera un puissant moteur d’investissement, d’emploi et de rayonnement international pour le pays. Au-delà des retombées économiques directes, le gouvernement y voit une opportunité unique de renforcer les infrastructures, de dynamiser le tourisme et de consolider l’image du Sénégal comme hub sportif et économique en Afrique.

Saint-Louis : L’hôpital régional plongé dans une crise profonde

À l’hôpital régional de Saint-Louis, les plaintes des patients et de leurs accompagnants se multiplient. Ce lieu censé symboliser la guérison est devenu, pour beaucoup, un espace de souffrance et de désespoir. Manque de médecins spécialistes, lenteurs administratives, accueil défaillant et conditions de travail précaires : le malaise est généralisé et se lit sur tous les visages.

Des patients livrés à eux-mêmes

Pour de nombreux malades, se faire soigner à l’hôpital régional de Saint-Louis relève du parcours du combattant. Les attentes interminables, les absences répétées des médecins de garde et la lenteur dans la prise en charge créent un climat d’abandon.

« Pour vous dire la vérité, l’hôpital régional de Saint-Louis est le pire que j’aie connu. Ce n’est pas un hôpital, c’est un mouroir », confie une accompagnante sous couvert d’anonymat. Elle raconte comment, pendant plusieurs heures, aucun médecin n’est intervenu alors que son proche souffrait.

La dame, visiblement épuisée, évoque également un épisode survenu au service des urgences. « Mon père devait être transféré au service de chirurgie. On nous a demandé d’attendre le brancardier, mais il n’est jamais venu. Ce n’est qu’après qu’on m’a dit qu’il fallait lui donner 1000 ou 2000 francs pour qu’il se déplace rapidement. J’ai fini par le faire, et il est venu aussitôt. »

Indignée, elle s’interroge : « Comment peut-on monnayer le transfert d’un malade dans un hôpital public ? Dans un pays normal, c’est impensable ! » Elle dénonce aussi l’attitude du personnel d’accueil, souvent jugé froid et irrespectueux envers les accompagnants. « Ceux qui souffrent n’ont pas besoin d’agressivité, mais d’un peu d’humanité. »

Un déficit criant de médecins spécialistes

Au-delà des comportements individuels, le problème structurel le plus alarmant reste le manque de médecins spécialistes. Selon El-Hadji Ciré Balley Diallo, vice-président national de SOS Consommateurs chargé de la santé, le Sénégal accuse un déficit d’environ 950 spécialistes, notamment en cancérologie, neurochirurgie et anesthésie-réanimation.

À Saint-Louis, cette pénurie se fait particulièrement sentir. Plusieurs patients affirment devoir attendre des jours, parfois des semaines, qu’un spécialiste quitte Dakar pour venir consulter. « Je viens de Rosso Béthio, cela fait une semaine que j’attends un spécialiste. C’est inacceptable pour une région aussi importante que Saint-Louis », déplore un accompagnant.

Cette situation pousse certains agents à exercer parallèlement dans des cliniques privées, ce qui alimente l’absentéisme et fragilise davantage le service public.

Des nuits d’angoisse et de négligence

La situation devient encore plus critique la nuit. Plusieurs témoins évoquent des agents de garde peu réactifs face à l’urgence. « Quand on les appelle pour soulager un patient ou arrêter une perfusion, ils disent “on arrive”, mais ils mettent parfois des heures à se déplacer », raconte un habitant de Saint-Louis.

Selon lui, cette attitude trahit un manque d’humanisme. « Être médecin, c’est avant tout une vocation. Ce métier est sacré. Certains doivent se rappeler pourquoi ils ont choisi cette voie. »

Ces dysfonctionnements nourrissent un sentiment de peur dans la population. « Ici, quand on tombe malade, on hésite à venir à l’hôpital. C’est triste pour une ville comme Saint-Louis, autrefois symbole de prestige et d’hospitalité », déplore-t-il.

Des conditions de travail dégradées

Un médecin rencontré sur place, préférant garder l’anonymat, confirme les difficultés du personnel. « Nous travaillons dans des conditions très dures. Le personnel est insuffisant, le matériel manque, et le moral est au plus bas. Certains collègues ne sont toujours pas intégrés dans la fonction publique malgré plusieurs années de service. »

Selon lui, la lenteur administrative décourage les jeunes praticiens. « On parle d’un déficit de spécialistes, mais ceux qui sont là attendent encore leur recrutement. C’est absurde. Nous continuons à exercer par vocation, mais l’État doit agir avant que tout ne s’effondre. »

Des infrastructures vétustes et un environnement inadapté

L’hôpital souffre aussi de sa vétusté. Les salles sont délabrées, le matériel obsolète et les travaux de réfection en cours génèrent un vacarme permanent. « Comment un malade peut-il se reposer quand il y a des marteaux et des perceuses toute la journée ? », s’interroge un accompagnant, excédé.

Situé au cœur d’un quartier bruyant, entouré d’écoles et d’artères passantes, l’hôpital est en permanence exposé au tumulte, aggravant le stress des patients.

Un appel pressant aux autorités

Face à cette situation, les habitants de Saint-Louis réclament des réformes urgentes. Ils plaident pour la construction d’un nouvel hôpital moderne, mieux équipé et plus spacieux, capable de répondre aux besoins de la région nord. Ils demandent aussi le recrutement de médecins spécialistes, la formation continue du personnel et une meilleure gestion interne.

« Les autorités doivent venir constater par elles-mêmes. Ce n’est pas digne d’une ville comme Saint-Louis. Nous voulons juste que les malades soient soignés avec respect et professionnalisme », lance un citoyen à la sortie de l’établissement.

Le cas de l’hôpital régional de Saint-Louis illustre à lui seul les défaillances du système de santé sénégalais : manque de ressources humaines, infrastructures vieillissantes, absence de suivi et détresse des patients.

Pape Malick Ndour interpellé par la DIC dans le cadre d’une enquête sur le PRODAC

Sous le coup d’une délégation judiciaire, Pape Malick Ndour a été arrêté ce jeudi par des éléments de la Division des Investigations Criminelles (DIC). Selon des sources proches de l’enquête citées par Seneweb, l’ancien ministre de la Jeunesse et actuel coordonnateur national des cadres de l’Alliance Pour la République (APR) est entendu sur sa gestion à la tête du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (PRODAC).

L’audition de M. Ndour, qui a débuté dans la journée, se poursuit encore en fin d’après-midi, aux environs de 15h34. D’après les premières informations, cette convocation s’inscrit dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte pour faire la lumière sur plusieurs aspects liés à la gestion financière et administrative du PRODAC, un programme phare de l’État sénégalais destiné à promouvoir l’emploi des jeunes dans le secteur agricole.

Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer d’éventuelles irrégularités dans la passation de marchés et l’exécution de projets sous sa direction. Plusieurs documents comptables et rapports de gestion auraient été requis par les autorités judiciaires pour examen.

L’ancien ministre, qui a souvent défendu la transparence de sa gestion, devra fournir des explications détaillées sur la période durant laquelle il dirigeait le programme. À l’issue de son audition, Pape Malick Ndour pourrait être placé en garde à vue ou faire l’objet d’une inculpation selon les conclusions des enquêteurs.

Rétablissement des signaux de TFM et 7TV sur la TNT :

Enfin une bonne nouvelle pour les téléspectateurs sénégalais : les chaînes TFM et 7TV sont de retour sur le bouquet de la Télévision numérique terrestre (TNT). Après plusieurs heures d’interruption inexpliquée, leurs signaux ont été rétablis dans la soirée, mettant fin à une situation qui avait suscité de vives réactions dans le paysage médiatique.

Quelques heures avant ce rétablissement, le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) avait publié un communiqué pour apporter des clarifications. L’autorité de régulation y démentait toute mesure de suspension à l’encontre des deux chaînes et affirmait avoir donné instruction à TDS SA — l’opérateur technique chargé de la diffusion sur la TNT — de rétablir immédiatement les signaux de TFM et de 7TV.

Le CNRA a tenu à préciser qu’il n’avait pris aucune décision de retrait ou de sanction à l’égard des médias concernés. Il a par ailleurs rappelé que toute interruption de service sur la TNT relève exclusivement de l’opérateur technique et non d’une décision administrative de sa part.

L’appel du CNRA a visiblement été entendu, puisque les deux chaînes sont désormais à nouveau accessibles aux téléspectateurs sur le réseau TNT. Cette issue met un terme à plusieurs heures d’incertitude et de spéculations, alors que de nombreux acteurs du secteur médiatique dénonçaient une atteinte à la liberté d’informer.

Cependant, le mystère demeure sur l’origine réelle de cette coupure. Ni TDS SA, ni une autre entité n’a, pour le moment, reconnu être à l’origine de cette interruption. Une situation qui continue d’alimenter les interrogations sur la gestion technique et la transparence du service de diffusion numérique au Sénégal.

Rappel à l’ordre du peuple renonce à son rassemblement du 8 novembre pour préserver la paix publique

Le collectif citoyen Rappel à l’ordre du peuple a officiellement renoncé à la tenue de son rassemblement prévu le 8 novembre 2025 au terrain de Sacré-Cœur III, initialement organisé sous le thème « Pour un Sénégal de droits et de dignité », selon des informations rapportées par Seneweb.

Dans une lettre datée du 5 novembre 2025 et adressée au sous-préfet des Almadies, les initiateurs du mouvement — Abdou Karim Guèye (plus connu sous le pseudonyme Xarim Xrum Xax), Mamadou Cissé et Abdoulaye Masseck Mbaye — ont annoncé leur décision de désister officiellement de l’événement.

Ce retrait intervient dans un contexte de conflit de calendrier, après qu’une seconde demande a été déposée pour le même lieu, à la même date et autour du même thème. Face à ce risque de chevauchement, les responsables du collectif ont expliqué avoir pris cette décision « dans un souci d’éviter tout incident susceptible de perturber l’ordre public ».

Dans leur correspondance, les initiateurs ont souligné que leur choix procède d’une volonté de préserver le climat sociopolitique et de prévenir tout affrontement qui pourrait découler d’une situation indépendante de leur volonté. Ils affirment ainsi agir dans un esprit de responsabilité, privilégiant la paix et la stabilité au détriment de toute confrontation inutile.

Les membres du collectif ont également réaffirmé leur attachement aux valeurs de paix, de respect de l’ordre public et d’engagement citoyen, principes qui, selon eux, ont toujours guidé leurs actions depuis la création du mouvement. Malgré le report de cette initiative, Rappel à l’ordre du peuple assure rester pleinement mobilisé dans sa mission de sensibilisation, de plaidoyer et de promotion d’un Sénégal plus juste et plus digne.

Enfin, les trois initiateurs ont tenu à exprimer leur reconnaissance au sous-préfet des Almadies pour « sa compréhension et l’attention constante qu’il porte aux initiatives citoyennes respectueuses des lois et de l’ordre public ».

Cameroun : Paul Biya prête serment pour un huitième mandat présidentiel

Au Cameroun, le président Paul Biya prête serment ce jeudi 6 novembre pour son huitième mandat à la tête du pays. Une formalité pour celui qui a accédé au pouvoir il y a 43 ans, le 6 novembre 1982, et qui s’était livré à cet exercice pour la première fois à cette même date. Malgré la longévité de son pouvoir, la cérémonie s’annonce solennelle et fastueuse, dans un contexte national toujours marqué par de fortes tensions post-électorales.

À Yaoundé, la capitale se prépare intensément à accueillir l’événement. Selon le correspondant Polycarpe Essomba, la ville a revêtu ses habits de fête. Partout dans les carrefours, des effigies du chef de l’État ont été installées et des banderoles, rédigées en français et en anglais, affichent le message « merci au peuple souverain qui m’a élu », aux couleurs nationales vert, rouge et jaune. L’atmosphère est donc résolument festive, malgré le climat de contestation qui persiste depuis le scrutin du 12 octobre.

Sur le plan protocolaire, l’Assemblée nationale, organisatrice de l’événement, a déployé d’importants moyens. Pas moins de 1 500 cartons d’invitation ont été adressés aux autorités du pays ainsi qu’au corps diplomatique. Pour cette cérémonie, les ambassadeurs occidentaux, notamment ceux de l’Union européenne et de ses États membres, des États-Unis, du Royaume-Uni et du Canada, ont tous été conviés. Leur présence se distingue de celle à la proclamation des résultats au Conseil constitutionnel, où ils avaient été absents. Les candidats malheureux à l’élection présidentielle ont également reçu une invitation. Parmi eux figure Issa Tchiroma Bakary, qui continue de revendiquer sa victoire et affirme s’être mis à l’abri face à la situation actuelle.

La cérémonie débutera à midi, heure locale, avec l’arrivée du couple présidentiel au Palais de l’Assemblée nationale. Après sa prestation de serment, Paul Biya prononcera un discours très attendu, sa première intervention publique depuis le début du processus électoral. Les regards seront tournés vers lui pour connaître la direction qu’il entend donner au pays, après une élection marquée par des violences, des morts et des arrestations. De nombreux observateurs et citoyens espèrent un message d’apaisement ainsi que des annonces fortes à l’adresse de ceux qui contestent sa reconduction, qu’il s’agisse de responsables politiques ou des jeunes descendus récemment dans les rues.

Suppression du Ministère du Travail : le SATI dénonce une décision politique aux conséquences graves pour les institutions

Le Syndicat Autonome des Travailleurs de l’IPRES (SATI) a exprimé ce jeudi son profond mécontentement face à la suppression du Ministère du Travail lors du remaniement ministériel du 6 septembre 2025, et son rattachement au Ministère de la Fonction Publique et de la Réforme du Service Public. Dans un communiqué virulent, le syndicat considère cette décision comme une « parade toute trouvée par le régime actuel » visant à « noyer les problématiques essentielles liées à la gestion du secteur des institutions sociales, l’état des lieux, et les réformes indispensables à mettre en œuvre ».

Le SATI rappelle que les organisations de travailleurs ont depuis longtemps alerté sur la situation préoccupante de la gouvernance des institutions comme l’IPRES et la Caisse de Sécurité Sociale (CSS). Selon le syndicat, les organes de ces institutions sont « illégaux depuis 2016 » en raison de mandats prolongés de manière indue. Il dénonce également des investissements désastreux et des projets de modernisation jugés « catastrophiques », aggravant la précarité financière déjà préoccupante, et ce, sans que les nouvelles autorités n’agissent pour corriger ces dysfonctionnements.

Malgré les injonctions répétées du ministre du Travail depuis décembre 2024, avec des dates butoirs fixées au 31 janvier et au 1er mai 2025, le SATI constate que ses alertes sont restées lettre morte. Cette inaction a conduit à un véritable « blocage institutionnel », avec des dirigeants intérimaires ou impliqués dans des procédures judiciaires graves, ce qui fragilise davantage le fonctionnement des institutions sociales.

Pour le syndicat, la suppression du Ministère du Travail constitue une décision politique sans précédent depuis l’indépendance du pays en 1960 et reste difficilement compréhensible. Le communiqué accuse le gouvernement d’avoir élargi les attributions d’un ministère déjà surchargé, incapable de mener à bien la réforme d’une administration marquée par le « laxisme, le déficit de transparence et de modernité ».

« Sénégal : Pape Thiaw dévoile une sélection audacieuse entre expérience et jeunesse pour défier le Brésil et le Kenya »

Le sélectionneur national du Sénégal, Pape Thiaw, a officiellement dévoilé la liste des joueurs retenus pour les deux prochains matchs amicaux face au Brésil, le 15 novembre 2025, et contre le Kenya, le 18 novembre 2025. Cette sélection révèle un savant équilibre entre expérience et jeunesse, reflétant la volonté du technicien sénégalais de préparer la relève tout en maintenant un niveau de compétitivité élevé.

Dans le but, le retour d’Édouard Mendy offre une garantie de sécurité et de sérénité, tandis que la présence du capitaine Kalidou Koulibaly assure une charpente défensive solide. Ces choix permettent au Sénégal de s’appuyer sur une base expérimentée tout en laissant la place à de jeunes talents prometteurs tels qu’Ilay Camara et El Hadji Malick Diouf, qui apportent un souffle nouveau et une énergie indispensable pour insuffler du dynamisme à l’équipe.

Au milieu de terrain, Pape Thiaw a choisi de combiner puissance et créativité. Des joueurs confirmés comme Idrissa Gana Gueye, Pape Gueye et Pape Matar Sarr formeront le cœur du jeu sénégalais, capable de conjuguer rigueur défensive et projection offensive rapide. Cette zone du terrain sera déterminante pour assurer la transition entre les générations, avec des jeunes en pleine progression tels que Mamadou Lamine Camara et Rassoul Ndiaye, qui s’affirment peu à peu comme les piliers de demain des Lions de la Teranga.

L’attaque sénégalaise, quant à elle, promet d’être un véritable atout. Avec des éléments de renom comme Sadio Mané, Boulaye Dia, Ismaïla Sarr, Nicolas Jackson ou encore Iliman Ndiaye, la concurrence pour une place dans le onze de départ s’annonce particulièrement intense, signe de la richesse offensive dont dispose l’équipe. Ces deux matchs amicaux, face au géant brésilien puis au Kenya, représenteront une occasion idéale pour jauger le niveau des Lions avant les prochaines échéances officielles.

Ousmane Sonko : Mamoudou Ibra Kane dénonce des congés controversés du Premier ministre

Le Premier ministre Ousmane Sonko se retrouve au cœur d’une polémique après l’annonce de ses congés, prévus à partir du 6 novembre. Mamoudou Ibra Kane, journaliste et homme politique, n’a pas tardé à réagir, dénonçant ce qu’il considère comme une manœuvre contraire à la transparence et au respect des citoyens.

Sur sa page X, l’opposant a vivement critiqué la décision du chef du gouvernement, estimant que « la façon de faire de l’État-Pastef est un manque de respect notoire vis-à-vis du peuple sénégalais ». Il souligne que les Sénégalais semblent privés de droit à l’information et que leurs libertés sont, selon lui, « confisquées par le pouvoir ».

Dans son message, Mamoudou Ibra Kane s’interroge sur la cohérence des décisions du Premier ministre. Il s’étonne notamment qu’Ousmane Sonko prenne des congés en pleine session budgétaire de l’Assemblée nationale et pour participer à un meeting prévu le 8 novembre. Il questionne également le motif officiel des congés, dénonçant ce qu’il considère comme une « méforme » utilisée pour masquer une activité politique. Selon lui, il est légitime de se demander si ce congé ne cache pas en réalité une intention de démissionner ou de se retirer discrètement de ses fonctions.

Pour Mamoudou Ibra Kane, la situation mérite des clarifications immédiates. Il insiste sur le fait que le Premier ministre et le président de la République, qui l’a nommé, doivent fournir des explications claires, nettes et précises au peuple sénégalais. « C’est une question de droit et de gouvernance transparente », conclut-il.

Ziguinchor : le CEM Lyndiane 2 victime d’un cambriolage nocturne

Dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 novembre, le Collège d’enseignement moyen (CEM) Lyndiane 2 de Ziguinchor a été la cible d’un cambriolage qui a semé la consternation au sein du personnel enseignant et administratif. Des individus non identifiés se sont introduits dans l’établissement, emportant du matériel informatique, pédagogique et électrique pour une valeur estimée à près de 400 000 FCFA.

Selon les premières informations recueillies sur place, les malfaiteurs ont agi avec méthode et détermination. Après avoir escaladé le mur de clôture, ils se sont dirigés vers les bureaux administratifs qu’ils ont forcés à l’aide d’un marteau retrouvé plus tard sur les lieux du crime. Une fois à l’intérieur, ils ont fouillé minutieusement les pièces, emportant tout ce qui pouvait avoir de la valeur, notamment des ordinateurs, des câbles, du matériel de sonorisation et des supports pédagogiques.

Les dégâts matériels sont importants, et les traces de saccage témoignent de la violence de l’effraction. Les portes et fenêtres de plusieurs salles ont été fracturées, tandis que des documents administratifs ont été éparpillés sur le sol. Au matin, c’est un personnel abasourdi qui a découvert l’ampleur du sinistre avant d’alerter les autorités compétentes.

La police, alertée dès les premières heures, s’est rendue sur les lieux pour effectuer les premiers constats. Le marteau abandonné par les cambrioleurs pourrait servir d’indice déterminant dans l’enquête ouverte pour identifier et interpeller les auteurs de ce vol. Des relevés d’empreintes et des auditions sont en cours afin de remonter la piste des malfaiteurs.

Ce cambriolage suscite une vive inquiétude au sein de la communauté éducative de Ziguinchor. Enseignants et élèves redoutent une recrudescence de ces actes de vandalisme dans les établissements scolaires, souvent mal protégés la nuit faute de moyens de surveillance adéquats.

Nouvelle convocation de Moustapha Diop : vers une seconde inculpation dans l’affaire « Tabaski Ngom »

L’ancien ministre du Développement industriel et des Petites et Moyennes industries, Moustapha Diop, est de nouveau dans la tourmente judiciaire. Incarcéré depuis mai dernier dans le cadre du dossier sur la gestion des fonds Force Covid-19, le maire de Louga est convoqué ce jeudi par le juge d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF) pour une première comparution dans l’affaire dite « Tabaski Ngom ».

Selon le quotidien Les Échos, cette convocation ne présage rien de favorable pour l’ancien ministre de Macky Sall. Le journal avance qu’il s’agirait très probablement d’une nouvelle procédure pouvant déboucher sur une inculpation supplémentaire. La justice semble donc déterminée à ouvrir un nouveau front judiciaire contre Moustapha Diop, déjà englué dans plusieurs affaires financières.

La source citée par Les Échos précise que cette nouvelle étape judiciaire découle d’un arrêt rendu par la Chambre d’accusation financière. Cette dernière a infirmé une précédente décision du magistrat instructeur, qui avait refusé d’inculper Moustapha Diop au motif qu’il exerçait, au moment des faits, des fonctions ministérielles. La Chambre a jugé que les faits reprochés ne relevaient pas de l’exercice de ses fonctions de ministre, ouvrant ainsi la voie à une inculpation devant les juridictions ordinaires.

Ce revirement judiciaire marque un tournant dans la procédure. Il confirme la volonté des autorités judiciaires de dissocier les affaires politiques des responsabilités individuelles. Moustapha Diop devra donc répondre personnellement des faits présumés dans le cadre de ce dossier, qui porterait, selon plusieurs sources, sur des irrégularités dans la gestion de fonds destinés à la fête de la Tabaski.

Par ailleurs, l’ancien ministre fait déjà face à une batterie de chefs d’accusation dans le dossier Force Covid-19. Inculpé devant la Haute Cour de justice, il est poursuivi pour association de malfaiteurs, concussion, corruption, prise illégale d’intérêts, faux et usage de faux en écritures privées de commerce ou de banque, détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et complicité de ces infractions.

Cette nouvelle comparution risque donc de complexifier davantage la situation judiciaire de Moustapha Diop. Si la Chambre d’accusation financière confirme son interprétation et que le juge d’instruction retient de nouveaux chefs d’inculpation, l’ancien ministre pourrait se retrouver impliqué dans plusieurs procédures distinctes, symbolisant la sévérité accrue du traitement des dossiers de gestion publique par la justice sénégalaise.

L’affaire « Tabaski Ngom » vient ainsi s’ajouter à une série de scandales financiers qui éclaboussent plusieurs figures de l’ancien régime, dans un contexte où la lutte contre la corruption et la reddition des comptes sont érigées en priorités par les nouvelles autorités.

Madiambal Diagne démonte le dossier judiciaire de l’État : “Un rapport de la Centif falsifié et truffé d’incohérences”

Le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne est sorti de son silence pour livrer une charge particulièrement virulente contre le dossier judiciaire que l’État du Sénégal a présenté devant la justice française. Selon lui, les éléments transmis par les autorités sénégalaises seraient entachés d’irrégularités majeures, voire de falsifications manifestes, mettant en péril la crédibilité de toute la procédure.

Lors d’une déclaration publique, le fondateur du Groupe Avenir Communication, éditeur du Quotidien, a remis en cause la validité du rapport de la Centif (Cellule nationale de traitement des informations financières), pièce maîtresse du dossier transmis aux juges français. “Le rapport de la Centif qui figure dans le dossier a été signé le 11 juillet 2023, alors qu’il porte la signature de Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, nommé le 28 septembre 2024”, a-t-il affirmé, estimant qu’il s’agit d’une incohérence temporelle grave. Selon lui, un tel document ne peut matériellement exister avec la signature d’un responsable qui, à la date indiquée, n’était pas encore en fonction.

Pour Madiambal Diagne, cette anomalie dépasse le simple cadre administratif. Elle illustre, selon ses mots, “la précipitation et la faiblesse de l’accusation”, en plus de “révéler une tentative manifeste de manipulation de la procédure”. Le journaliste évoque également l’existence d’un “supposé rapport de 2020” mentionné dans le dossier, mais jamais communiqué à la défense. “Ce rapport de 2023 est lui-même truffé de contradictions. Et ce qui est encore plus grave, c’est que Me Ousmane Thiam détient des preuves. En Droit, il existe un délai de prescription. Constatant qu’ils pouvaient perdre, ils ont tenté de corriger le dossier”, a-t-il poursuivi.

S’exprimant avec une assurance empreinte d’amertume, Madiambal Diagne dit voir dans cette affaire une cabale politique orchestrée par “certains milieux du pouvoir à Dakar”. Il affirme être la cible d’une entreprise de dénigrement systématique menée par “des médias à la solde de l’État”. “Aujourd’hui, je suis convaincu qu’il s’agit d’une affaire purement politique. Ils disposent de radios et de télévisions dont le seul objectif est de me salir”, a-t-il déclaré.

Le journaliste révèle également qu’il avait volontairement choisi de se taire pour ne pas embarrasser les autorités françaises, avant de décider de s’adresser directement à l’opinion publique après sa première interpellation suivie d’un relâchement. “Dès que j’ai voulu parler, ils ont interpellé Maïmouna Ndour Faye (7TV) et Babacar Fall (RFM). Cela démontre qu’ils peuvent dire ce qu’ils veulent, mais que moi, l’accusé, je n’ai pas droit à la parole. Il n’y a ni démocratie, ni liberté d’expression, encore moins liberté de la presse”, a-t-il martelé.

Sur le plan strictement juridique, l’incohérence qu’il pointe du doigt pourrait, si elle est avérée, fragiliser la position de l’État du Sénégal. En effet, en droit procédural, un document antidaté ou signé par une autorité non encore en fonction constitue une irrégularité substantielle. Un tribunal peut dès lors juger le rapport invalide et l’écarter du dossier. Ce qui pourrait entraîner une annulation partielle — voire totale — de la procédure et ouvrir la voie à une réévaluation complète de l’accusation.

Grave accident de la route : Reug Reug hospitalisé, son combat contre Anatoly Malykhin reporté

Le champion sénégalais de MMA, Oumar Kane, plus connu sous le nom de Reug Reug, a été victime d’un grave accident de la route dans la nuit de mercredi à jeudi. L’information a été confirmée par l’organisation ONE Championship à travers un communiqué publié sur son compte officiel X (anciennement Twitter) .

Ce drame survient à un moment crucial de la carrière du lutteur devenu star mondiale du MMA. En effet, Reug Reug devait défendre pour la première fois son titre mondial des poids lourds le 16 novembre prochain, à l’occasion du gala ONE 173, face au redoutable champion russe Anatoly Malykhin. Ce combat figurait parmi les plus attendus de l’année, tant il opposait deux forces dominantes du circuit international : d’un côté, le symbole de la résilience et de la puissance sénégalaise ; de l’autre, un athlète reconnu pour ses trois ceintures remportées dans différentes catégories au sein de la même organisation.

Dans son communiqué, ONE Championship a confirmé le report du combat, précisant que de nouvelles informations concernant l’état de santé du champion sénégalais seront partagées dès que possible. « La priorité reste la santé et la sécurité de notre combattant Oumar Kane. Nous espérons son rétablissement complet », peut-on lire dans la déclaration de l’organisation basée à Singapour.

Pour l’heure, les circonstances exactes de l’accident n’ont pas été dévoilées. Aucune précision n’a non plus été donnée sur la gravité des blessures de Reug Reug. Toutefois, l’annonce a provoqué une vive émotion au Sénégal, où le combattant originaire de Thiaroye est considéré comme un héros national depuis sa victoire historique ayant fait de lui le premier champion du monde sénégalais de MMA.

Yeumbeul : le cinquième membre du gang arrêté… en prison

Selon les révélations de L’Observateur, la police de Yeumbeul-Comico a mis la main sur un cinquième suspect dans l’affaire du meurtre du convoyeur de fonds Modou Mbacké Ndiaye. L’homme en question, identifié sous le nom de A. Diouf, mécanicien domicilié à Guédiawaye, a été retrouvé là où personne ne s’y attendait : derrière les barreaux.

Après cinq mois de cavale, ce dernier a finalement été localisé en détention, où il purgeait une peine pour une autre affaire de vol de moto commis à Thiaroye en octobre dernier. Ce n’est qu’hier, à la faveur de nouvelles investigations, que le commissaire Ousmane Diop et ses hommes ont procédé à son extraction, avant de le déférer de nouveau devant le parquet. Cette fois, les charges sont autrement plus graves : association de malfaiteurs, meurtre, vol avec violence commis en réunion, avec usage d’arme blanche et de moyen de locomotion.

L’affaire remonte à plusieurs mois. Le  drame s’est produit dans le quartier Afia 6 de Yeumbeul, une nuit où Modou Mbacké Ndiaye, convoyeur et gérant de la quincaillerie Les Établissements Abdou Aziz Diop, rentrait chez lui après sa journée de travail. Suivi depuis plusieurs jours par une bande de sept individus, il a été pris pour cible par quatre d’entre eux, décidés à s’emparer de la sacoche qu’il transportait.

Les agresseurs, armés d’un bâton, d’un couteau et d’une barre de fer, l’ont attaqué dans une rue mal éclairée. Le jeune homme a été roué de coups avant d’être poignardé à plusieurs reprises. Mortellement blessé, il a succombé à ses blessures à l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye, laissant derrière lui une épouse et un bébé de trois mois.

Les caméras de surveillance installées dans le quartier avaient filmé une partie de la scène, permettant aux enquêteurs de disposer d’éléments clés pour identifier les agresseurs. Les premiers jours suivant le meurtre, quatre membres de la bande avaient été arrêtés. Trois autres, dont A. Diouf, avaient réussi à s’échapper.

Mais la persévérance du commissaire Ousmane Diop a fini par payer. Poursuivant son enquête, il a réussi à reconstituer le puzzle de ce crime prémédité. Les policiers ont découvert que le suspect recherché, A. Diouf, se trouvait déjà en détention à la suite d’une autre affaire. Lors de son audition, celui-ci a d’abord nié toute implication avant d’être confondu par des preuves matérielles accablantes.

Face aux enquêteurs, A. Diouf a finalement craqué. Il a reconnu avoir participé à l’opération, avouant qu’il conduisait la moto utilisée lors de l’attaque. « Nous étions quatre cette nuit-là : Thiouth, Dieng Salla, Billy Boy et moi. Je suis resté sur la moto tandis que les trois autres l’ont suivi dans la rue menant à son domicile », aurait-il déclaré selon L’Observateur.

Après le meurtre, les malfaiteurs ont arraché la sacoche du convoyeur et se sont rendus dans la bande des filaos de Guédiawaye pour partager les huit millions de francs CFA qu’elle contenait. Le groupe s’est ensuite dispersé : A. Diouf a pris la direction de la Casamance, où il s’est caché plusieurs mois avant de revenir dans la banlieue dakaroise, se terrant entre Thiaroye et Guédiawaye.

Rattrapé par ses mauvaises habitudes, il a repris ses activités criminelles et a été arrêté pour vol avec violence, sans savoir que la justice le retrouverait bientôt pour un crime bien plus grave.

Aujourd’hui, cinq des sept membres de la bande sont sous les verrous, tandis que deux complices restent activement recherchés. Le dossier, selon un expert cité par L’Observateur, devrait être renvoyé en chambre criminelle, compte tenu de la gravité des faits.

Trafic de drogue à Zac Mbao : deux faux Sénégalais piégés par l’OCRTIS

Leur couverture semblait sans faille : prénoms sénégalais, livraisons discrètes et un réseau apparemment bien huilé. Mais cette façade n’a pas résisté à la vigilance des limiers de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS). À l’issue d’une opération d’infiltration minutieusement menée à Zac Mbao, deux trafiquants présumés de Kush — une drogue de plus en plus répandue dans la banlieue dakaroise — ont été arrêtés.

Les mis en cause, A. Sow alias Amdy, un Guinéen âgé de 25 ans, et A. Diallo alias Hamza, Sierra-Léonais de 27 ans, opéraient sous de fausses identités sénégalaises pour brouiller les pistes. Leur chute a débuté à la suite d’un renseignement anonyme transmis aux enquêteurs, signalant l’existence d’un réseau actif entre Diamniadio et Rufisque.

Les agents de l’OCRTIS ont alors décidé de piéger A. Sow en lui passant une commande test de 70 000 FCFA. Le 31 octobre dernier, le jeune homme s’est présenté au garage de Zac Mbao pour effectuer la livraison. À la fouille, les policiers découvrent un sachet contenant du Kush. Acculé, Amdy finit par avouer et livre le nom de son fournisseur, un certain Hamza, décrit comme le véritable cerveau du réseau.

Une seconde opération d’infiltration est aussitôt mise sur pied. Cette fois, les enquêteurs se font passer pour de nouveaux clients et contactent A. Diallo. Le piège fonctionne à nouveau. Lors de son arrestation, les policiers saisissent plus de 30 cornets de Kush, soigneusement emballés et prêts à être écoulés. La découverte confirme l’existence d’un trafic transfrontalier bien organisé, reliant la Sierra Leone et la Guinée au marché dakarois.

Face aux juges, les deux prévenus ont tenté de se défendre tant bien que mal. A. Sow affirme qu’il ignorait le contenu des colis qu’il transportait, soutenant qu’il ne faisait que rendre service. Son coaccusé, A. Diallo, tente pour sa part de se présenter comme une simple victime des circonstances : « Un client est descendu et a oublié un sachet sur ma moto », a-t-il juré devant la barre.

Mais leurs arguments n’ont guère convaincu. Le tribunal disposait de preuves solides : des échanges WhatsApp détaillant les transactions, des vidéos de livraison filmées par un agent infiltré — un policier répondant au nom d’Amara —, ainsi que des aveux initiaux établissant leurs liens directs avec le trafic.

Le procureur, estimant les faits clairement établis, a requis cinq ans de prison ferme contre les deux hommes, soulignant « la gravité des faits et la dangerosité du Kush pour la jeunesse sénégalaise ». Les avocats de la défense, Me Niang et son confrère, ont tenté de plaider la consommation personnelle et l’absence d’association de malfaiteurs. Ils ont également dénoncé un procès-verbal « truffé de contradictions » et une procédure qu’ils jugent « bâclée ».

Dans son délibéré, le tribunal a écarté le chef d’association de malfaiteurs, mais a reconnu A. Sow et A. Diallo coupables d’offre et de détention de drogue. Tous deux ont été condamnés à deux ans de prison ferme. Le tribunal a également ordonné la confiscation du téléphone portable et de la moto utilisés pour les livraisons.

Le chantier naval de Dakar à l’aube d’une nouvelle ère : la fin de l’ère Lisnave ouvre une bataille stratégique internationale

Le chantier naval de Dakar vit un tournant décisif de son histoire. Après plus d’un quart de siècle sous la gestion du groupe portugais Lisnave à travers sa filiale Dakarnave, la concession arrive à son terme, ouvrant la voie à une nouvelle phase d’incertitudes, d’espoirs et d’ambitions économiques. Le processus de reprise, lancé par l’État du Sénégal, vient de franchir une étape majeure avec la clôture du dépôt des offres.

Selon les informations de L’Observateur, cette étape marque la fin d’une phase cruciale du dossier, symbole fort de la politique industrielle et maritime du pays. Ce chantier, pilier stratégique de l’économie nationale, représente bien plus qu’un simple site industriel : il incarne la souveraineté maritime du Sénégal et un pan essentiel de son appareil productif.

Initialement, quatre grands groupes internationaux étaient en lice pour reprendre la gestion du chantier : Dakarnave (Lisnave, Portugal), Hat-San Shipyard (Turquie), Damen Shipyards (Pays-Bas) et Jobson Italia (Italie). Mais, contre toute attente, seuls Damen et Jobson Italia ont déposé leurs offres définitives.

« En principe, on devait avoir quatre offres. Dakarnave et Hat-San n’ont pas déposé leurs dossiers. Seuls Damen et Jobson Italia ont soumissionné », confie une source proche du dossier citée par L’Observateur. La commission d’évaluation s’apprête désormais à ouvrir les plis et à analyser les propositions techniques.

Ce double désistement, notamment celui de Dakarnave, constitue une surprise de taille. Acteur historique du secteur, le groupe portugais gérait le chantier depuis plus de 25 ans. Son retrait sonne comme la fin d’une époque et ouvre la voie à une recomposition stratégique dans le paysage industriel sénégalais.

Ce nouvel appel d’offres s’inscrit dans la droite ligne de la politique de transparence et de bonne gouvernance prônée par le président Bassirou Diomaye Faye. En Conseil des ministres du 29 octobre 2025, le chef de l’État avait rappelé l’importance du respect strict du Code des marchés publics et de la vigilance absolue dans la conduite des procédures.

Une orientation saluée par les acteurs syndicaux et institutionnels. Pape Birama Diallo, responsable à l’UNSAS, estime que « les exigences de transparence ont été clairement énoncées dans la lettre de la Direction générale de la SIM du 3 novembre. Cet acte symbolique a rétabli la confiance et apaisé le climat social au sein du chantier ».

Ce processus, suivi de près par les organes de contrôle de l’État, a connu plusieurs reports, signe d’une volonté d’assurer une rigueur administrative et juridique inédite dans la gestion de ce type de concession stratégique.

Au-delà des chiffres et des procédures, c’est tout un pan de l’économie sénégalaise qui se joue dans cette opération. Le chantier naval de Dakar constitue un maillon essentiel pour la maintenance navale, le transport maritime et la logistique régionale.

Pour Abbas Fall, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs des chantiers navals (SAPNAV), cette bataille dépasse le simple cadre industriel : « Vu la position géographique stratégique de Dakar, ce chantier attire naturellement de grandes entreprises. C’est un appel d’offres international qui suscite de fortes convoitises, ce qui est bon signe pour le pays. »

Mais derrière cet intérêt croissant, les inquiétudes sociales persistent. Les travailleurs, encore marqués par l’épisode du contrat attribué à Ozata (Turquie) puis annulé par le nouveau gouvernement, redoutent un nouveau rebondissement. « Nous avons reçu des garanties écrites que les emplois et les acquis sociaux seront préservés, mais nous restons vigilants », avertit Abbas Fall. Le syndicaliste rappelle que le site fait vivre près de 1 000 personnes — permanents, journaliers, prestataires et sous-traitants. « Si les engagements ne sont pas tenus, ce serait une catastrophe sociale », insiste-t-il.

Le nouveau cahier des charges introduit une refonte profonde du modèle économique et financier du chantier. L’État du Sénégal, longtemps cantonné à un rôle marginal, entend désormais reprendre la main.

Sous l’ancien contrat, le pays ne percevait qu’environ 1 % du chiffre d’affaires annuel, une proportion jugée « léonine » par les nouvelles autorités. En 2024, le chantier avait déclaré un chiffre d’affaires de 19 milliards de F CFA, pour une redevance versée à l’État d’à peine 250 millions F CFA.

Désormais, le gouvernement vise 33 % de l’actionnariat, conformément à la loi sur les Partenariats Public-Privé (PPP), afin de garantir une meilleure redistribution des revenus et un contrôle accru sur la stratégie industrielle.

Ce rééquilibrage s’accompagne d’un programme ambitieux d’investissements techniques, de modernisation des infrastructures et de réhabilitation des équipements. Objectif : transformer le chantier naval de Dakar en un pôle industriel régional de référence, capable de rivaliser avec les plus grands centres africains et internationaux.

Au-delà des chiffres et des contrats, la reprise du chantier naval de Dakar revêt une forte dimension symbolique. Elle illustre la volonté du Sénégal de reprendre la maîtrise de ses actifs stratégiques et de renforcer sa souveraineté économique.

Grève de la faim illimitée à la prison de Mbour : les détenus dénoncent des conditions « inhumaines » et réclament la visite du ministre de la Justice

La tension est montée d’un cran à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Mbour, où les détenus ont entamé depuis hier une grève de la faim illimitée. Regroupés majoritairement dans la « Grande cour », ils exigent la venue immédiate du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, afin de lui exposer directement leurs conditions de détention qu’ils jugent indignes de la dignité humaine.

Des détentions préventives interminables

Au centre de la contestation figure la durée excessive des détentions préventives. De nombreux détenus affirment être en attente de jugement depuis plus de cinq ans, une situation qu’ils estiment contraire aux principes de justice et aux droits fondamentaux de la personne. « Nous sommes oubliés de la justice », déplore un gréviste cité par une source pénitentiaire.

Les protestataires fustigent également le faible recours aux mesures alternatives à la détention, notamment les libertés conditionnelles et provisoires, qu’ils jugent trop rares, ainsi que l’usage très limité du bracelet électronique, pourtant présenté comme une solution pour désengorger les prisons.

Des conditions de vie jugées indignes

Outre les lenteurs judiciaires, les détenus dénoncent leurs conditions de vie à l’intérieur de la Mac de Mbour. Dans une déclaration rendue publique, ils décrivent un environnement marqué par la promiscuité, l’insalubrité et l’absence de prise en charge adéquate pour les personnes vulnérables.

Les prisonniers évoquent particulièrement le sort des malades et des personnes vivant avec un handicap, dont la situation serait « critique ». « Aucune discrimination positive n’est réservée à ces personnes vulnérables, alors que les cellules ne sont pas adaptées à ceux qui ont une mobilité réduite », écrivent-ils. Certains détenus atteints de maladies chroniques se plaignent également du manque de suivi médical et de médicaments.

Des discussions entamées, mais la grève se poursuit

Face à la montée de la tension, les autorités pénitentiaires ont tenté d’apaiser la situation. Dans l’après-midi, une délégation composée du Directeur général adjoint de l’administration pénitentiaire et du chef de cour s’est rendue sur place pour entamer des négociations avec les représentants des grévistes.

Selon une source proche du dossier, le ministre de la Justice, Yassine Fall, aurait pris contact avec le Directeur général — actuellement en déplacement — et promis de se rendre à Mbour « dans les jours à venir ». Une réponse jugée insuffisante par les détenus, qui réclament désormais un engagement plus concret.

« Nous continuerons notre grève de la faim jusqu’à l’arrivée effective de la tutelle », ont-ils déclaré, maintenant ainsi la pression sur le ministère.

Une situation symptomatique du malaise carcéral

Ce mouvement de contestation relance le débat sur les conditions de détention et la lenteur du système judiciaire au Sénégal. La Mac de Mbour, comme plusieurs autres établissements pénitentiaires du pays, est confrontée à une surpopulation chronique et à un manque de ressources matérielles et humaines.

L’Union des Magistrats Sénégalais dénonce les attaques contre un magistrat sur les réseaux sociaux

L’Union des Magistrats Sénégalais (UMS) a exprimé, dans un communiqué daté du 5 novembre 2025, sa ferme condamnation à la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux d’une publication mettant en avant la photographie d’un magistrat de la Cour des Comptes, accompagnée de propos qualifiés de malveillants.

L’organisation professionnelle dénonce avec vigueur ces agissements, estimant qu’ils portent atteinte à la dignité de la magistrature et témoignent d’un mépris manifeste pour les principes fondamentaux qui régissent la Justice, notamment l’indépendance et l’impartialité des magistrats.

Pour l’UMS, il est inacceptable que des magistrats, soumis uniquement à l’autorité de la loi, soient publiquement exposés, identifiés et pris à partie sur les réseaux sociaux pour des actes accomplis dans l’exercice normal de leurs fonctions. Selon le communiqué, de tels comportements risquent de jeter le discrédit sur l’institution judiciaire et de fragiliser la confiance des citoyens en la Justice, ce qui ne saurait être toléré dans un État de droit.

« Le Premier ministre annonce un congé à quelques jours du Tera Meeting »

Le Premier ministre s’apprête à observer une courte période de congé à partir de ce jeudi 6 novembre 2025. L’annonce de cette pause a été faite à l’issue du Conseil des ministres qui s’est tenu ce mercredi 5 novembre, sous la direction du Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye.

Au cours de cette réunion gouvernementale, le chef du gouvernement a présenté un bilan des avancées réalisées dans plusieurs secteurs stratégiques pour le pays. Il a notamment mis en lumière les progrès significatifs enregistrés dans le domaine de l’hydraulique, de l’éducation et de la sécurité. Selon les informations rapportées par Emedia, il a saisi cette occasion pour féliciter les ministres responsables de ces secteurs, saluant leurs efforts et leur engagement dans la mise en œuvre des projets prioritaires.

La décision du Premier ministre de prendre ce congé intervient dans un contexte politique particulier. En effet, un important rassemblement politique, désigné sous le nom de « Tera meeting », est prévu ce samedi 8 novembre 2025. L’événement, qui se tiendra sur le parking du stade Léopold Sédar Senghor, suscite de fortes attentes parmi les partisans du Premier ministre. L’organisation de ce meeting, à quelques jours de sa pause officielle, s’inscrit dans une période de tension et d’attention accrues sur le calendrier politique national, alors que l’opinion publique suit de près les mouvements et prises de position des principales figures du gouvernement.

Le départ temporaire du Premier ministre pour cette courte période de repos n’est donc pas seulement un temps de pause personnelle, mais intervient également dans un contexte où sa présence et ses actions continuent de susciter un intérêt politique marqué.

Conseil des ministres du 5 novembre 2025 : le Président Diomaye Faye met l’accent sur les préparatifs des JOJ Dakar 2026, l’économie sociale et solidaire et l’autosuffisance en riz

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 05 novembre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

PRÉPARATION DES JEUX OLYMPIQUES DE LA JEUNESSE DAKAR 2026

Le Président de la République a débuté sa communication avec les préparatifs des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), Dakar 2026, qui se tiendront au Sénégal du 31 octobre au 13 novembre 2026. Il a annoncé avoir présidé le 31 octobre 2025, la cérémonie de présentation de la mascotte officielle « AYO » et effectué le 02 novembre 2025, une visite d’inspection de Tétat d’avancement des chantiers concernant les sites d’hébergement et les édifices sportifs devant accueillir les athlètes et autres participants. Dans ce cadre, il demande au Gouvernement, au Comité d’Organisation des JOJ, aux structures publiques et sociétés privées concernées, de prendre les dispositions préventives et mesures idoines, en vue de réaliser toutes les infrastructures à réceptionner, dans les délais et conditions les meilleures en termes de qualité, de sécurité et de durabilité.

Indiquant au Gouvernement que les JOJ Dakar 2026 constituent une vitrine unique pour le Sénégal, le Président de la République demande d’accentuer la mise en opération systématique des dispositifs relatifs à la sécurisation des manifestations et à l’amélioration des systèmes de desserte des lieux d’hébergement et de compétition. Il insiste, en outre, sur l’importance de valoriser davantage le patrimoine culturel et artisanal ainsi que le potentiel touristique du pays et de mobiliser toutes les forces vives de la Nation autour du succès de cet évènement sportif, qui projette le Sénégal au cœur de l’actualité sportive, culturelle et touristique internationale.

RENFORCEMENT ET DÉVELOPPEMENT DE L’ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE

Rappelant que la lutte contre la pauvreté, les vulnérabilités, les inégalités et l’exclusion sociale, ainsi que l’engagement volontaire envers la communauté demeurent des priorités du Gouvernement, le Chef de l’Etat demande de renforcer l’économie sociale et solidaire

et le développement communautaire, en vue de mobiliser davantage le savoir-faire, les capacités techniques, organisationnelles et financières des acteurs locaux et de leurs regroupements. A cet effet, il instruit les membres du Gouvernement d’accélérer la mise en œuvre des programmes et projets sectoriels de vulgarisation de l’approche coopérative sur l’étendue du territoire national, d’évaluer l’état d’application des dispositifs incitatifs de la loi d’orientation relative à l’économie sociale et solidaire et d’élaborer puis de mettre en œuvre la Stratégie nationale d’encouragement à la Responsabilité sociale d’Entreprise (RSE), afin d’améliorer son impact sur le progrès social et le bien-être des populations.

Dans cette optique, le Président de la République exhorte le Gouvernement à faire de l’année 2026, une année de promotion de l’emploi et de l’économie sociale et solidaire.

AUTOSUFFISANCE EN RIZ ET AMÉLIORATION DES SYSTÈMES DE TRANSFORMATION ET DE COMMERCIALISATION DE LA PRODUCTION RIZICOLE NATIONALE

Le Chef de l’Etat rappelle au Gouvernement l’urgence de renforcer les efforts financiers significatifs consentis en vue de l’expansion des aménagements hydroagricoles, d’améliorer les rendements agricoles et de soutenir les riziculteurs à travers la mise en place efficace des intrants, des matériels agricoles et la maitrise des coûts de l’énergie. Il instruit les Ministres de l’Industrie et du Commerce et de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage d’engager des concertations urgentes, avec les professionnels de la filière, afin de trouver les voies et moyens d’une transformation adéquate et d’une commercialisation rapide du riz local à travers des circuits de distribution maitrisés.

Soulignant la nécessité d’une régulation optimale des prix du riz local, soutenue par une labellisation renforcée de la filière et le renforcement durable du programme national d’autosuffisance en riz, dans la dynamique d’accélération de notre souveraineté alimentaire, le Président de la République engage le Gouvernement, sur la base d’un patriotisme économique, à développer une stratégie de valorisation et de promotion de la consommation du riz local.

AGENDA DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil qu’il a présidé, le lundi 03 novembre 2025, la cérémonie d’ouverture de la dix-neuvième (19ème) Assemblée générale de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et de la cinquième (5ème) édition de la Francophonie scientifique. Il a également présidé le mardi 04 novembre 2025, la cérémonie d’ouverture de la huitième (8ème) édition du Salon international des Mines du Sénégal «SIM SENEGAL 2025». Il annonce, en outre, qu’il présidera, le lundi 10 novembre 2025, la Journée des Forces Armées sur le thème « les Forces armées, partenaires des JOJ Dakar 2026 ».

AU TITRE DE LA COMMUNICATION

DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a, tout d’abord, indiqué la démarche de rupture entreprise par le Gouvernement, dans la mise en œuvre des politiques publiques majeures, pour mieux satisfaire les attentes des populations dans des domaines cruciaux de leur vie quotidienne. Il a souligné les progrès enregistrés en matière d’approvisionnement en eau potable, notamment la finalisation des études des autoroutes de l’eau et le lancement des travaux prévus en 2026, pour un approvisionnement en eau des centres urbains du triangle Dakar, Mbour, Thiès, de Touba ainsi que de vingt-huit (28) localités traversées, notamment au profit des populations riveraines du Lac de Guiers.

Dans le domaine de l’éducation, il s’est appesanti sur certains points comme la gestion des examens et concours, la carrière des enseignants, la résorption du déficit en personnel enseignant, le renforcement de capacités du personnel et la gouvernance du secteur avec des innovations alignées sur l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050. Il a mis en exergue la digitalisation du processus des examens du CFEE et du BFEM, la promotion de l’alphabétisation et des langues nationales, le renforcement du dialogue social avec comme impacts l’amélioration de la situation administrative et financière des enseignants ainsi que l’apaisement du climat social. Il a également rappelé la validation du plan quinquennal de recrutement pour la résorption du déficit en personnel enseignant et du plan de recrutement spécial.

Le Premier Ministre est aussi revenu sur certaines innovations du secteur comme l’introduction de l’anglais au préscolaire et à l’élémentaire, l’ouverture des Lycées Nation-Armée pour la Qualité et l’Equité (Lynaqe) de Sédhiou et Kaffrine, la Nouvelle Initiative pour la Transformation Humaniste de l’Éducation (NITHÉ), le Programme d’Urgence de Résorption des Abris provisoires persistants (PURAPp) et la Stratégie nationale des Infrastructures et Équipements scolaires (SNIES 2030).

Dans le domaine sécuritaire, il a fait observer que l’administration territoriale et les Forces de Défense et de Sécurité ont, en vertu de leurs compétences respectives, mené des actions salutaires et obtenu des résultats probants, notamment au cours des opérations de grande envergure réalisées de juillet à octobre 2025, dans le domaine de la sécurité publique, de la sécurité civile, de la sécurité transfrontalière, de la lutte contre la drogue, le vol de bétail, l’orpaillage clandestin, l’exploitation, le dépôt et le transport frauduleux de bois, les encombrements, les occupations anarchiques, la mendicité, les quartiers flottants et lémigration clandestine.

Les résultats chiffrés qui sont enregistrés portent notamment sur le nombre de personnes contrôlées, les procédures initiées, les arrestations opérées, les départs de pirogues empêchés, les réseaux démantelés, les séjours irréguliers d’étrangers, la mendicité, les opérations d’encombrement et la sécurité routière.

Monsieur le Premier Ministre a clos sa communication en félicitant les Ministres de l’Hydraulique et de l’Assainissement, de l’Éducation nationale et de l’Intérieur et de la Sécurité publique pour le travail abattu et les résultats obtenus, avant d’annoncer qu’il prendra quelques jours de congé à partir de ce jeudi 06 novembre 2025.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS

DES MINISTRES

Monsieur le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage a fait une communication sur la campagne agricole 2025-2026.

Monsieur le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication

sur le bilan intermédiaire de la gestion des inondations durant l’hivernage 2025.

Madame le Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, chargé des Relations avec les Institutions, Porte-Parole du Gouvernement a fait une communication sur l’ouverture de la session ordinaire unique 2025-2026 et l’examen par l’Assemblée nationale du projet de Loi de Finances initiale (LFI) de l’année 2026.

Marie Rose Khady Fatou FAYE

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, Chargée des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement

Podor : un violent incendie ravage plusieurs hectares entre Ouro Aly et Togan, la mobilisation communautaire évite le pire

Un incendie d’une rare intensité s’est déclaré dans l’après-midi du mardi entre les villages de Ouro Aly et Togan, dans le département de Podor, provoquant d’importants dégâts sur la végétation locale. Le sinistre, qui a débuté vers 13 heures, a pu être maîtrisé en soirée grâce à une forte mobilisation des populations, appuyées par les agents des Eaux et Forêts et l’association Dental Bamtaare Podor.

Selon Aïssata Samba Sow, chargée de la commission élevage de la commune de Guédé Village, le feu s’est rapidement propagé sous l’effet du vent, menaçant les zones habitées et les pâturages. « La solidarité communautaire a permis de circonscrire rapidement le feu et d’éviter qu’il n’atteigne les zones d’habitation et les pâturages », a-t-elle déclaré, soulignant l’engagement exemplaire des habitants.

Pendant plusieurs heures, hommes, femmes et jeunes des villages environnants se sont relayés pour créer des pare-feux et contenir les flammes. L’intervention rapide des équipes locales a permis d’éviter une catastrophe majeure, même si plusieurs hectares de végétation ont été détruits. Aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, mais les dégâts matériels et environnementaux restent à évaluer par les autorités compétentes.

Mme Sow a tenu à saluer « la réactivité des populations et des services techniques » tout en appelant à renforcer la sensibilisation sur les comportements à risque. Elle a rappelé que la majorité des feux de brousse sont souvent causés par des pratiques agricoles non maîtrisées ou par la négligence dans la manipulation du feu en milieu rural.

Cet incident survient dans un contexte de multiplication des incendies dans le département de Podor. En l’espace de deux semaines, plusieurs feux ont déjà été signalés, notamment dans les communes de Gamadji Saré et de Ndiayène Pendao, où d’importantes surfaces végétales avaient été réduites en cendres. Ces sinistres successifs mettent en évidence la vulnérabilité croissante de la zone face aux feux de brousse et soulignent la nécessité d’une réponse coordonnée entre les autorités, les services techniques et les communautés locales.

Le major Alioune Kandji rejoint l’Alliance pour la République (APR)

Après le capitaine Mamadou Dièye, une nouvelle figure issue des rangs de l’armée vient grossir les effectifs de l’Alliance pour la République (APR). Le major Alioune Kandji, adjudant-major de la gendarmerie nationale désormais à la retraite, a officialisé son adhésion au parti fondé par l’ancien président Macky Sall.

Cette nouvelle recrue illustre la volonté de l’APR de renforcer ses rangs avec des profils expérimentés, issus aussi bien du monde militaire que civil. Le major Kandji, connu pour son parcours exemplaire au sein de la gendarmerie nationale, a choisi de s’engager activement dans la vie politique en rejoignant la formation républicaine.

L’annonce de cette adhésion a été accueillie avec enthousiasme par plusieurs responsables du parti, dont Papa Malick Ndour, coordonnateur de la Cellule des Cadres Républicains. Dans un message publié sur sa page Facebook, il a salué l’arrivée du nouveau membre : « Major Kandji, bienvenue chez nous dans la République… D’autres surprises en perspective. L’APR conquérante… », a-t-il écrit, exprimant ainsi l’optimisme et la dynamique de reconquête que le parti entend insuffler à sa base.

Air France renforce sa présence au Sénégal : plus de vols, Internet gratuit à bord et nouvelles destinations long-courriers

Air France poursuit son expansion sur le marché sénégalais avec une série d’innovations destinées à améliorer l’expérience de voyage et à répondre à la demande croissante des passagers entre Dakar et Paris. La compagnie française met en œuvre un programme ambitieux pour la saison hivernale 2025-2026, marqué par un renforcement des fréquences, des services à bord modernisés et l’ouverture de nouvelles routes internationales.

Pour cette nouvelle saison, Air France intensifie sa desserte entre Dakar et Paris. Un vol quotidien direct est désormais assuré en Boeing 777-300ER, offrant aux voyageurs une plus grande régularité et un confort amélioré. En période de forte affluence, notamment entre décembre 2025 et janvier 2026, la compagnie prévoit d’ajouter plusieurs rotations supplémentaires, permettant ainsi d’assurer jusqu’à deux vols par jour à certaines dates. Ce dispositif renforcé vise à répondre à la forte demande aussi bien des voyageurs d’affaires que des familles en vacances, tout en consolidant la position de Dakar comme l’une des escales stratégiques du réseau africain d’Air France.

Parallèlement, la compagnie introduit une innovation majeure dans le ciel européen : l’accès gratuit et illimité au Wi-Fi à bord. D’ici la fin de l’année 2025, environ 30 % de la flotte Air France sera équipée de cette technologie de connectivité haut débit, avant une couverture totale prévue pour 2026. Cette initiative fait d’Air France la première grande compagnie européenne à offrir une connexion Internet gratuite dans toutes les cabines, marquant une avancée significative pour les passagers souhaitant rester connectés, que ce soit pour le travail, le divertissement ou la communication en vol.

L’expansion du réseau international d’Air France se poursuit également avec l’ouverture de deux nouvelles destinations long-courriers au départ de Paris-Charles de Gaulle. Dès le 27 novembre 2025, les voyageurs pourront rejoindre Phuket, en Thaïlande, grâce à trois vols hebdomadaires opérés en Boeing 777-300ER. Puis, à partir du 13 janvier 2026, une liaison directe sera lancée vers Punta Cana, en République dominicaine, à raison de trois vols par semaine. Ces nouvelles routes offriront aux clients sénégalais un accès élargi vers des destinations touristiques majeures, confirmant la volonté d’Air France d’accompagner les nouvelles tendances du voyage et de renforcer les connexions entre l’Afrique, l’Europe et le reste du monde.

En diversifiant son offre et en investissant dans des services toujours plus performants, Air France confirme son engagement envers le marché sénégalais, tout en consolidant sa place de leader sur l’axe Dakar–Paris, véritable trait d’union entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe.

Sénégal – L’Assemblée nationale entame l’examen du projet de loi de finances 2026

L’Assemblée nationale du Sénégal a ouvert, ce mercredi 5 novembre 2025, les travaux de la Commission des finances et du contrôle budgétaire consacrés à l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour l’année 2026. Cette étape marque le coup d’envoi du marathon budgétaire annuel, un moment essentiel du calendrier institutionnel qui détermine les orientations économiques et sociales du pays pour l’année à venir.

Durant près de trois semaines, jusqu’au 21 novembre, les membres de la commission vont passer au crible les propositions budgétaires du gouvernement. Les ministres, directeurs d’agences et responsables d’institutions publiques défileront tour à tour devant les députés pour défendre les crédits alloués à leurs départements. Ces auditions permettront non seulement d’examiner la pertinence des dépenses prévues, mais aussi d’évaluer la cohérence des politiques publiques avec les priorités fixées par le Plan d’action du gouvernement.

Les débats au sein de la commission se concentreront sur plusieurs axes majeurs : la maîtrise des finances publiques, la soutenabilité de la dette, la relance de l’économie nationale et la consolidation des acquis sociaux. Les parlementaires chercheront à vérifier si les ressources mobilisées par l’État correspondent aux besoins réels des secteurs stratégiques tels que l’éducation, la santé, l’agriculture, les infrastructures et l’emploi des jeunes.

Cette phase technique d’examen est considérée comme l’une des plus importantes du processus budgétaire. Elle permet d’identifier les ajustements nécessaires avant la présentation du texte en séance plénière. À l’issue de ces travaux, un rapport sera élaboré par la Commission des finances et soumis à la plénière pour discussion et adoption.

La phase plénière interviendra donc à la fin du mois de novembre. Les députés procéderont alors à l’examen global du projet de loi de finances en séance publique. Ce moment, souvent marqué par des débats intenses entre la majorité et l’opposition, aboutira au vote du budget 2026, document fondamental qui traduira les grandes orientations économiques de l’État pour la prochaine année.

Mission internationale sur la détention de Farba Ngom et Moustapha Diop : le cabinet Vey & Associés mandate le professeur Mads Andenæs

Le cabinet d’avocats Vey & Associés a annoncé, ce mercredi 5 novembre 2025, le lancement d’une mission indépendante d’évaluation sur la situation des détenus Farba Ngom et Moustapha Diop. Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre d’une démarche internationale de défense des droits humains, sera conduite à Dakar les 5 et 6 novembre 2025 par le professeur Mads Andenæs, juriste de renommée mondiale et expert en droit international des droits de l’homme et en matière de détention arbitraire.

Selon le communiqué publié par le cabinet, cette mission vise à « documenter la situation individuelle » des deux personnalités politiques actuellement détenues, tout en évaluant le contexte plus large des atteintes aux libertés publiques observées au Sénégal. Le professeur Andenæs, ancien rapporteur spécial des Nations unies sur la détention arbitraire, mènera plusieurs entretiens avec des acteurs institutionnels, des représentants de la société civile et des proches des détenus afin d’établir un rapport exhaustif sur les conditions de détention et le respect des garanties judiciaires.

Le document précise que « les conclusions de cette mission feront l’objet d’un rapport d’évaluation indépendant, qui sera transmis aux instances internationales compétentes », notamment au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et au Groupe de travail sur la détention arbitraire.

Le cabinet Vey & Associés rappelle également avoir adressé, le 9 octobre 2025, deux courriers officiels à la justice sénégalaise, exigeant la libération immédiate de Farba Ngom et de Moustapha Diop. Les avocats y dénonçaient une « procédure dépourvue de fondement juridique et contraire aux engagements internationaux du Sénégal », faisant référence aux conventions internationales ratifiées par le pays, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Cette mission intervient dans un climat politique tendu, marqué par de vives critiques de la part d’organisations de défense des droits humains et d’acteurs politiques dénonçant un durcissement de l’appareil judiciaire. Pour le cabinet Vey & Associés, l’objectif est de contribuer à une évaluation objective et indépendante de la conformité des procédures sénégalaises aux standards internationaux, dans l’espoir de favoriser un règlement conforme au droit et respectueux des libertés fondamentales.

Abdourahmane Diouf, symbole d’un renouveau politique fondé sur la justice et la transparence

Dans un contexte politique sénégalais marqué par des tensions persistantes et une atmosphère d’incertitude, le ministre Abdourahmane Diouf semble émerger comme une figure d’équilibre et de renouveau. Selon le journal Les Échos, il bénéficie aujourd’hui d’un soutien de poids susceptible de renforcer sa position au sommet de l’État. Ce ralliement, perçu comme une reconnaissance de sa rigueur et de sa vision politique, pourrait marquer un tournant dans la recomposition du paysage national.

Fidèle à sa ligne de conduite axée sur l’intérêt général, Abdourahmane Diouf appelle à une gouvernance débarrassée de la haine et de la vengeance. « Un pays ne peut se construire sur la haine, la vengeance et le mensonge », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité d’une action publique fondée sur la justice, l’équité et la vérité. Ce message résonne particulièrement dans un environnement politique où les règlements de comptes et les postures populistes tendent à remplacer la recherche du bien commun.

Dans le même temps, Les Échos révèle que des fonds ont récemment été débloqués pour indemniser certaines victimes d’événements survenus entre 2021 et 2024, sans qu’aucune décision de justice n’ait été rendue. Cette initiative, bien que présentée comme un geste d’apaisement, suscite de nombreuses interrogations. Plusieurs observateurs s’interrogent en effet sur le sort des citoyens dont les maisons, commerces ou véhicules ont été détruits ou pillés durant les mêmes périodes, mais qui ne figurent pas sur la liste des bénéficiaires. Une situation que le ministre Diouf semble vouloir aborder dans une optique de transparence et d’équité, fidèle à son ambition de réformer en profondeur les pratiques de gouvernance.

Sa vision, rappelle Les Échos, s’articule autour d’un mot d’ordre : la modernisation. Abdourahmane Diouf prône une rupture nette avec la patrimonialisation des ressources publiques et milite pour une administration rénovée, ouverte et performante. Son engagement contre la corruption, à tous les niveaux de l’appareil d’État, traduit une volonté de refonder la relation entre les citoyens et leurs institutions. Il s’agit, selon ses proches, d’instaurer une culture de responsabilité et d’intégrité au cœur du service public.

Dans un paysage politique souvent comparé à un « ring » où les coups bas sont monnaie courante, l’attitude du ministre tranche. Pour certains analystes interrogés par Les Échos, le Sénégal vit une période où les représailles politiques se justifient par les offenses passées. Dans ce climat, la posture de dépassement adoptée par Abdourahmane Diouf apparaît comme un appel à la maturité démocratique et à la reconstruction morale du pays.

Ce leadership, empreint de calme et de vision, inspire à beaucoup l’idée d’une renaissance politique. En plaçant la justice et la transparence au centre de son action, Abdourahmane Diouf incarne l’espoir d’un nouvel ordre politique, débarrassé des calculs personnels et des dérives opportunistes. Pour Les Échos, son ascension et le soutien qu’il reçoit traduisent la quête d’un Sénégal plus juste, plus moderne et plus cohérent avec les aspirations de son peuple.

Kaolack – Médina Baye : L’invasion des eaux usées sur la route met les populations en colère

À Médina Baye, la situation des eaux usées qui envahissent la route principale continue de susciter la colère et l’indignation des habitants. Depuis plusieurs années, les riverains doivent composer avec des mares d’eau stagnante, des odeurs nauséabondes et une circulation fortement perturbée.

Selon le porte-parole du jour, Babacar Mbow, les eaux usées débordent quotidiennement des canalisations et se déversent sur la chaussée, transformant certains tronçons en véritables marécages. Les habitants dénoncent les risques sanitaires, notamment pour les enfants, ainsi que les conséquences sur leurs activités quotidiennes et commerciales.

Face à cette situation, la population pointe du doigt l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) et les autorités étatiques, accusés de garder un silence incompréhensible. Plusieurs alertes auraient été lancées, sans réponse concrète à ce jour.

« Nous vivons dans ces conditions depuis trop longtemps. L’ONAS vient parfois constater, mais rien ne change », a déploré M. Mbow.

Il ajoute :

« On se sent abandonnés. Les autorités doivent agir. Nous interpellons le président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi que le ministre de l’Assainissement. »

Ce fléau ne constitue pas seulement une nuisance olfactive : il représente un véritable danger sécuritaire, sanitaire et économique. Le bitume, financé à coups de milliards par les contribuables, menace de s’affaisser à tout moment.

« Nous vivons dans la peur, alors que le pays fait déjà face à une crise sanitaire avec la présence de la fièvre de la vallée du Rift et du MPOX », a-t-il ajouté.

En attendant une intervention concrète, les habitants de Médina Baye appellent à une réaction urgente pour mettre fin à ce qu’ils considèrent comme une situation insoutenable, dangereuse et indigne.

Suspension de 7TV et TFM sur la TNT : le CNRA dément toute implication et ordonne la reprise immédiate des signaux

Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) a tenu à apporter des précisions ce mercredi 5 novembre 2025, à la suite de la suspension constatée ces derniers jours des signaux des chaînes 7TV et TFM sur la Télévision numérique terrestre (TNT). Dans un communiqué rendu public, l’institution de régulation a formellement démenti toute responsabilité dans cette interruption de diffusion.

Le CNRA a souligné qu’aucune mesure de suspension n’a été prise à l’encontre des deux chaînes concernées. L’organe de régulation a tenu à rappeler qu’il exerce ses missions « en toute indépendance », conformément aux dispositions de la loi n°2006-04 du 4 janvier 2006, qui définit ses prérogatives en matière de contrôle du secteur audiovisuel. Cette loi confère au CNRA la responsabilité de veiller au respect des règles juridiques et déontologiques encadrant la communication audiovisuelle au Sénégal.

Dans son communiqué, le CNRA a également réaffirmé son attachement à la liberté de la presse et au pluralisme, des principes qu’il considère comme essentiels au bon fonctionnement et à l’équilibre du paysage médiatique national. Ces valeurs, rappelle l’institution, constituent des piliers fondamentaux d’une démocratie vivante et d’une information accessible à tous.

Soucieuse de garantir la continuité du service public audiovisuel, l’autorité de régulation a, dans la foulée, ordonné à TDS SA — l’opérateur technique chargé de la diffusion des chaînes sur la TNT — de procéder à la reprise immédiate des signaux de 7TV et de TFM. Cette décision vise à rétablir sans délai la diffusion normale des programmes et à préserver les droits des téléspectateurs, injustement privés d’accès à ces chaînes depuis plusieurs jours.

Par cette mise au point, le CNRA entend dissiper toute confusion et réaffirmer sa posture d’arbitre impartial au service du respect de la législation et de la liberté d’expression dans le secteur audiovisuel sénégalais.

Audience présidentielle avec le PDG du groupe CGCOC : un suivi renforcé de la coopération sino-sénégalaise

Le Président de la République a récemment reçu en audience Monsieur Lan Meizhong, Président-directeur général du groupe CGCOC, l’une des principales entreprises chinoises impliquées dans des projets d’infrastructure et de développement au Sénégal. Cette rencontre s’est déroulée en présence de Son Excellence Monsieur Li Zhigang, ambassadeur de la République populaire de Chine au Sénégal, soulignant l’importance stratégique de la coopération bilatérale entre les deux pays.

Au cœur des échanges, le suivi des projets en cours a été au centre des discussions. Les interlocuteurs ont passé en revue l’avancement des différentes initiatives et programmes, évaluant leur mise en œuvre conformément aux orientations et instructions formulées par le Chef de l’État lors de sa récente visite officielle en Chine. L’entretien a permis de clarifier les échéances, d’examiner les contraintes éventuelles et de renforcer la coordination entre les équipes sénégalaises et chinoises impliquées dans ces projets.

Cette audience témoigne de la volonté du Sénégal de maintenir un dialogue constant avec ses partenaires internationaux, en particulier la Chine, afin d’assurer le succès et la durabilité des projets de coopération. Elle s’inscrit dans une dynamique de suivi rigoureux qui vise à garantir que les engagements pris à l’occasion de visites officielles se traduisent concrètement par des résultats tangibles sur le terrain.

En renforçant les liens avec des acteurs économiques majeurs comme le groupe CGCOC, le Sénégal réaffirme sa stratégie de partenariat gagnant-gagnant, où le développement national s’articule avec la collaboration internationale. Cette rencontre marque ainsi une étape importante dans la consolidation des relations sino-sénégalaises et dans l’avancement des projets structurants pour le pays.

Le professeur Alioune Badara Kandji nommé président de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF)

Le recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), le professeur Alioune Badara Kandji, a été officiellement porté à la présidence de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF). La proclamation de sa nomination s’est déroulée ce mercredi au Grand Théâtre, à l’occasion de la 19ᵉ édition de l’Assemblée générale de l’AUF, qui a été organisée parallèlement à la 5ᵉ édition de la Semaine mondiale de la Francophonie scientifique.

Lors de son discours de prise de fonction, le professeur Kandji a exprimé son profond honneur d’occuper cette position à la tête d’une institution qu’il qualifie d’« outil précieux » au service de la connaissance et du dialogue entre universités et cultures. « Je mesure pleinement la portée de votre confiance. Elle m’honore, mais plus encore, elle me confère un devoir. Je vous assure que je mettrai toute mon énergie, toute mon écoute et toute ma détermination au service de notre communauté, celle de la Francophonie scientifique », a-t-il affirmé, soulignant son engagement à servir l’ensemble de la communauté francophone académique et scientifique.

Le nouveau président de l’AUF n’a pas manqué de rendre hommage à son prédécesseur, le professeur roumain Sorin Mihai Cîmpeanu, qu’il a remercié pour avoir consolidé les réseaux de l’Agence, modernisé ses outils et repositionné la Francophonie scientifique sur la scène internationale. Il a également adressé ses salutations au recteur actuel de l’AUF, le professeur Slim Khalbous, à qui il a promis un engagement total et une collaboration active afin de continuer à faire prospérer l’Agence et à renforcer son rayonnement dans le monde académique francophone.

La nomination du professeur Kandji à la présidence de l’AUF est perçue comme une reconnaissance de son parcours académique et de sa vision pour la Francophonie scientifique, et ouvre une nouvelle étape pour l’Agence, qui ambitionne de renforcer les liens entre universités, chercheurs et institutions scientifiques dans l’espace francophone.

Affaire El Hadji Ousseynou Diouf : L’ex-footballeur devant le tribunal pour pension alimentaire impayée

L’affaire opposant l’ancien international sénégalais El Hadji Ousseynou Diouf à son ex-épouse, Valérie Bishop, continue de susciter l’attention au Sénégal. L’audience initialement prévue hier au Tribunal d’instance hors classe de Dakar n’a pas pu se tenir en raison de l’absence de l’ancien attaquant, repoussant l’examen du dossier au 5 décembre prochain.

Le litige porte principalement sur le non-paiement de la pension alimentaire fixée à 500 000 francs CFA par mois, que Valérie Bishop accuse El Hadji Diouf de refuser de verser depuis plus d’un an. Selon la plainte déposée par la plaignante, cette situation aurait engendré un arriéré de près de 10 millions de francs CFA. À cette somme s’ajouteraient également plus de 550 000 francs CFA de frais liés à la restauration et à l’entretien de leur fille, Keyla.

Ce qui alimente particulièrement la polémique, c’est le contraste entre les accusations de Valérie Bishop et le train de vie supposé de l’ancien footballeur. La plaignante affirme que Diouf possède des ressources suffisantes pour honorer ses obligations financières. L’avocat de la partie civile a détaillé devant le tribunal que l’ex-Liverpool disposerait encore de revenus publicitaires importants, d’un salaire régulier au sein de la Fédération sénégalaise de football et de revenus locatifs provenant de plusieurs biens immobiliers.

Les avocats de Valérie Bishop dénoncent un comportement qu’ils jugent « délibéré », évoquant un « abandon de famille flagrant ». La citation directe souligne également que l’ancien attaquant mènerait une vie confortable, alternant entre Dakar et Saly Portudal, où il résiderait avec sa nouvelle épouse.

Dans sa requête, la partie civile demande la condamnation d’El Hadji Diouf pour refus de paiement de pension alimentaire conformément à l’article 351 du Code pénal, et réclame 10 millions de francs CFA de dommages et intérêts pour le préjudice subi par leur fille mineure.

Affaire Woodrose Investment LTD : Les premières auditions au fond programmées pour Amadou Sall et les protagonistes clés 

Le dossier Woodrose Investment LTD, qui a captivé l’attention du public sénégalais depuis plusieurs mois, entre dans une phase décisive au sein du système judiciaire. Les juges d’instruction du Pool judiciaire financier ont en effet programmé les premières auditions au fond pour les 18 et 19 novembre 2025, marquant ainsi un tournant dans cette affaire complexe portant sur un montant de 10 milliards de FCFA et impliquant directement Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall.

Selon les informations publiées par L’Observateur dans son édition de ce mercredi, la première personne à être entendue devant le collège des juges d’instruction sera Ndeye Seynabou Ndiaye, gérante de Woodrose SARL. Cette société, de droit ivoirien, a été constituée le 12 octobre 2017 et disposait d’un compte à la Nsia Bank. D’après les éléments transmis par la Cellule nationale de Traitement des Informations financières (CENTIF), la société avait reçu un bon de caisse d’un montant de 10 milliards de FCFA et avait établi une procuration en faveur d’Amadou Sall.

Un autre protagoniste majeur de ce dossier, Abdou Karim Mbacké, qui est cité par la CENTIF dans le cadre d’une transaction suspecte de 10 milliards de FCFA, sera également entendu par les magistrats instructeurs. Ces auditions s’inscrivent dans un contexte particulier, puisque le Pool judiciaire financier avait déjà convoqué Amadou Sall le 7 mai dernier. Cependant, celui-ci ne s’était jamais présenté devant le collège des juges d’instruction, laissant le dossier en suspens et la justice dans l’attente.

L’ouverture de ces auditions au fond représente donc une étape cruciale dans l’instruction de cette affaire financière. Elle devrait permettre de clarifier le rôle exact de chacun des acteurs impliqués et de déterminer la légalité des transactions en cause. Les Sénégalais, très attentifs à l’évolution de ce dossier impliquant la famille de l’ancien président, attendent désormais de connaître la suite des investigations et les décisions éventuelles qui en découleront.

Traite de personnes et détournement de mineurs : le marabout Serigne Assane Mbacké et ses coaccusés fixés sur leur sort le 2 décembre

La chambre criminelle du tribunal de grande instance de Dakar a examiné, hier mardi, une affaire qui défraie la chronique depuis plusieurs mois. Au banc des accusés : le marabout Serigne Assane Mbacké, âgé de 41 ans, établi à Ndiarème Limamoulaye, dans la commune de Guédiawaye, ainsi que quatre autres prévenus. Ils sont poursuivis pour des faits particulièrement graves de « traite de personnes à des fins sexuelles », « détournement de mineurs » et « actes contre nature ».

Selon l’acte d’accusation, les faits reprochés remontent à juin 2022 et impliquent une jeune fille mineure, O. Diouf, alors âgée de 16 ans et élève en classe de Seconde. La plaignante aurait été abusée sexuellement dans un contexte que l’accusation présente comme une entreprise organisée, avec la participation de plusieurs individus.

Outre le marabout Serigne Assane Mbacké, les coaccusés sont Khadim Samb, alias Dibor, connu dans le milieu religieux pour ses chants religieux, Abdourahmane Lô, réceptionniste à l’hôtel Nina, Ibrahima Badiane, commerçant, et Baïdy Hamady Sow. Tous ont fermement nié les faits devant le tribunal, soutenant qu’ils sont victimes d’un complot et qu’aucune preuve matérielle ne vient étayer les accusations portées contre eux.

Lors de son témoignage, la présumée victime a maintenu ses déclarations initiales et réclamé la somme de 50 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts. Un autre jeune, T. Khamary, également concerné par l’affaire, n’a pour sa part formulé aucune demande sur le plan civil.

Le ministère public, estimant que les charges sont suffisamment établies, a requis une peine de dix ans d’emprisonnement ferme contre chacun des cinq prévenus. Dans sa réquisition, le procureur a insisté sur la gravité des faits et sur la nécessité de protéger les mineurs contre toute forme d’exploitation sexuelle, quelle que soit la position sociale des accusés.

Les avocats de la défense ont, de leur côté, plaidé l’acquittement pur et simple, invoquant le bénéfice du doute. Ils ont dénoncé un dossier bâti sur des déclarations fluctuantes et une enquête jugée lacunaire. Selon eux, aucun élément probant ne permet d’imputer à leurs clients les faits décrits par l’accusation.

Babacar Fall porte plainte contre Serigne Saliou Guèye pour diffamation

Le journaliste et directeur de la rédaction de la Radio Futurs Médias (Rfm), Babacar Fall, a décidé de porter plainte contre le directeur de publication du quotidien Yoor Yoor, Serigne Saliou Guèye. La plainte, déposée devant la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), fait suite à des déclarations jugées diffamatoires à l’encontre du journaliste de la Rfm.

Selon les éléments contenus dans la plainte, Babacar Fall reproche à Serigne Saliou Guèye d’avoir diffusé, sur la page Facebook du journal Yoor Yoor, des propos portant atteinte à son honneur et à sa réputation. Le directeur de publication y affirmait en effet que « Babacar Fall avait piqué une crise, avait été hospitalisé et serait libéré pour raison médicale ».

Dans un premier temps, le journaliste de la Rfm avait choisi de ne pas réagir, estimant qu’il valait mieux faire preuve de retenue et d’esprit de dépassement face à ce qu’il qualifie de « déclarations fallacieuses ». Cependant, il dit avoir été profondément surpris et attristé de constater que Serigne Saliou Guèye a réitéré ses propos, cette fois dans une chronique publiée le vendredi 31 octobre 2025 sur le site Sénégal7.

Dans cette chronique, Serigne Saliou Guèye aurait de nouveau déclaré : « Je persiste et signe que le sieur Babacar Fall a fait une crise et il a été libéré sur avis médical. » Une réaffirmation qui, selon le plaignant, dépasse les limites de la liberté d’expression et constitue une atteinte directe à sa dignité professionnelle et personnelle.

Face à cette répétition de propos qu’il juge mensongers et diffamatoires, Babacar Fall a donc décidé de saisir la justice pour faire valoir ses droits et obtenir réparation. La Division spéciale de la cybersécurité, compétente en matière de délits commis sur internet, est désormais chargée de l’enquête.

Portrait d’un suspect-clé du “casse” du Louvre : Abdoulaye N., alias “Doudou Cross Bitume”

Abdoulaye N., 39 ans, figure parmi les quatre hommes mis en examen dans l’affaire du spectaculaire “casse” du Louvre, survenu le 19 octobre dernier dans la galerie d’Apollon. Derrière son profil de sportif urbain et d’amateur de moto, se dessine un personnage au parcours singulier, loin du stéréotype des figures du grand banditisme.

Connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de “Doudou Cross Bitume”, Abdoulaye N. s’est bâti une petite notoriété en conjuguant performances physiques et passion du moto-cross. Sur TikTok, où il se présente comme “DOUDOU CROSS BITUME AUBER 93”, et sur Instagram, sous le nom “doudoucross6”, il se définit comme “LA LÉGENDE” du “CROSS BITUME 93 AUBERVILLIERS”. Son compte Instagram, qui compte 18 publications et un peu plus de 200 abonnés, ancre son personnage dans un univers résolument sportif et dans son territoire : Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis.

Ses publications tracent le portrait d’un athlète urbain passionné de “street workout”, une discipline de musculation pratiquée en plein air. Plusieurs vidéos le montrent s’entraînant dans la rue, soulevant son propre poids, exécutant des figures acrobatiques. On y voit aussi des séquences de snowboard, témoignant d’un goût prononcé pour l’effort et le dépassement de soi.

Mais une autre facette, plus motorisée, complète le tableau : celle du “cross bitume”. Ses vidéos le montrent chevauchant des engins puissants — une Yamaha 1300 FJR, une Honda CRF de cross ou encore un scooter Tmax. Ce dernier modèle, justement, est celui que les enquêteurs soupçonnent d’avoir été utilisé par les malfaiteurs pour s’enfuir après le vol des joyaux de la Couronne au Louvre. Sur TikTok, “Doudou” partage aussi des séquences plus légères, où des enfants s’installent joyeusement sur sa moto, renforçant son image de figure locale populaire et accessible.

Cette identité numérique, bâtie sur l’exhibition de la force et de la performance, contraste radicalement avec le profil du cambrioleur méthodique et discret recherché dans cette affaire. Pourtant, les enquêteurs estiment avoir retrouvé son ADN sur l’une des vitrines fracturées et sur plusieurs objets abandonnés sur place. Celui de son complice présumé a été détecté sur un des deux scooters Tmax ayant servi à la fuite. Ces éléments ont conduit à leur arrestation, le 25 octobre, à Aubervilliers. Tous deux ont été mis en examen pour “vol en bande organisée” — un crime passible de quinze ans de réclusion — et pour “association de malfaiteurs”.

Chauffeur de taxi clandestin, Abdoulaye N. était déjà connu des services de police pour des faits de vols aggravés. Il devait d’ailleurs comparaître ce mercredi devant le tribunal de Bobigny pour des dégradations commises en 2019. Ce profil, tout comme celui de son complice, un ancien livreur, ne correspond pas à l’image classique des têtes pensantes du crime organisé, comme l’a souligné la procureure de Paris, Laure Beccuau : “Ce ne sont pas des profils que l’on associe généralement au haut du spectre de la criminalité organisée.”

Depuis sa mise en cause, ses comptes sur les réseaux sociaux ont été pris d’assaut par des internautes, oscillant entre moqueries et incrédulité. Certains lui lancent des piques ironiques — “T’as fait quoi des diamants de la couronne ?” ou “Rends les bijoux !” — tandis que d’autres commentent, mi-admiratifs, mi-amusés : “Il est chaud, le braqueur !” ou “T’as dû envoyer du lourd pour le Louvre !”.

Jusqu’ici, “Doudou” s’est montré peu loquace face aux enquêteurs, livrant des déclarations jugées “minimalistes” par le parquet. Ses publications, quant à elles, dressent le portrait d’un homme aux goûts éclectiques. Sur Instagram, il mêle références à la culture populaire — figurines de Dragon Ball Z, super-héros, Winnie l’Ourson — et clins d’œil à la culture rap américaine. On y trouve des images de Tupac Shakur, dont il semble revendiquer l’héritage, arborant sur sa photo de profil un bandana à la manière du rappeur légendaire, et des références à “Death Row”, le label fondé par Tupac.

Pour l’heure, le mystère reste entier : les huit joyaux de la Couronne, estimés à 88 millions d’euros, n’ont toujours pas été retrouvés. Abdoulaye N., comme ses co-suspects, demeure présumé innocent, mais son double visage — celui du sportif de rue et du présumé cambrioleur — fascine autant qu’il intrigue.

Le Khalife de Médina Gounass envoie une délégation au chevet de Farba Ngom interné au Pavillon spécial

Interné au Pavillon spécial de l’hôpital Principal de Dakar depuis le mois de septembre, le député-maire des Agnam, Farba Ngom, a reçu, ce mardi, la visite d’une importante délégation mandatée par le Khalife de Médina Gounass, Cheikh Ahmed Tidiane Ba. Cette démarche s’inscrit dans un élan de solidarité et de soutien spirituel à l’endroit de l’élu de Matam, dont l’état de santé suscite de vives inquiétudes.

Conduite par Thierno Siradji Anna, la délégation a transmis à Farba Ngom le message de salutations, de paix et d’encouragement du Khalife. Selon les proches du guide religieux, ce déplacement témoigne de l’attachement du Khalife à ses disciples, particulièrement dans les moments d’épreuve. L’émissaire a profité de l’occasion pour s’enquérir de l’évolution de l’état de santé du député, qui, d’après les informations médicales, reste fragile.

Les différents rapports d’expertise réalisés dans le cadre du suivi de sa condition médicale ont conclu à une incompatibilité entre l’état de santé de Farba Ngom et les conditions de détention. Ses proches, tout comme ses avocats, plaident avec insistance pour qu’il puisse bénéficier d’un cadre de soins approprié, estimant que son hospitalisation prolongée démontre la gravité de la situation.

Au terme de la visite, Thierno Siradji Anna et les membres de la délégation ont organisé une séance de prières pour le rétablissement complet de Farba Ngom. Des prières ont également été formulées pour l’ensemble des détenus et pour le personnel pénitentiaire, afin que la paix et la sérénité règnent dans cet espace sensible.

Ndiagandiao – Mbour : NSIA Vie Assurances soutient l’éducation à Ndiaganio — 300 kits scolaires offerts et un hommage à une figure emblématique

Dans le cadre de sa politique de Responsabilité Sociétale d’Entreprise (RSE), NSIA Vie Assurances Sénégal a marqué la rentrée scolaire par un geste fort en faveur de l’éducation. À l’occasion de la cérémonie de remise de dons scolaires organisée par Mme le Maire de Ndiaganio, Dr Tening SENE, la compagnie a offert 300 kits complets destinés aux meilleurs élèves de l’enseignement élémentaire de la commune.

Cet engagement traduit la volonté constante de NSIA Vie Assurances de soutenir l’excellence et de promouvoir l’égalité des chances, particulièrement dans les zones rurales où les besoins en matériel scolaire demeurent importants.

« Investir dans l’éducation, c’est investir dans l’avenir. À travers ce geste, NSIA Vie Assurances souhaite encourager les efforts des élèves et accompagner le travail remarquable des enseignants », a déclaré M. Papa Seyni THIAM, Directeur Général de la compagnie, lors de la cérémonie.

En complément de ces dons, NSIA Vie Assurances a également offert une photocopieuse multifonctions de grande capacité, un outil essentiel qui contribuera à faciliter la reproduction des copies et documents pédagogiques, notamment pendant les périodes d’examens. Ce don vise à améliorer les conditions de travail des enseignants et à renforcer les moyens logistiques des établissements scolaires de la zone.

La cérémonie a par ailleurs été marquée par un moment d’émotion et de reconnaissance, avec un hommage rendu à une figure emblématique : le père de Son Excellence le Président de la République du Sénégal. Cet hommage est venu saluer son engagement et sa contribution remarquable au développement de la communauté de Ndiaganio.

À travers cette initiative, NSIA Vie Assurances Sénégal réaffirme son positionnement d’entreprise citoyenne, engagée pour le bien-être des populations et le progrès social, en soutenant des actions concrètes à fort impact humain.

Cap-Skirring : une partie de poker vire au drame, un jeune homme tué pour une mise de 1 000 F CFA

Une simple partie de poker s’est tragiquement transformée en drame à Cap-Skirring, dans la région de Ziguinchor. Dans la soirée du 30 octobre dernier, au niveau du Quai de pêche, une dispute autour d’une mise de 1 000 F CFA a dégénéré, entraînant la mort d’un jeune homme du nom d’O.D. Baldé, surnommé « Black ».

Selon les informations rapportées par L’Observateur, la bagarre a éclaté entre la victime et son ami, L. Cissé, à la suite d’un désaccord sur le paiement de la mise. O.D. Baldé aurait refusé de s’acquitter du montant convenu, provoquant la colère de son compagnon de jeu. La dispute s’est rapidement envenimée avant de virer au drame : L. Cissé, pris de rage, aurait poignardé son ami à mort.

Pris de panique après son acte, le suspect a tenté de fuir les lieux, poursuivi par plusieurs jeunes témoins de la scène. Il a finalement trouvé refuge à l’aéroport de Cap-Skirring, où il s’est livré de lui-même aux gendarmes en service. Lors de son audition, il a reconnu les faits sans détour.

Informées, les autorités judiciaires ont ordonné une autopsie sur le corps de la victime, sur réquisition du procureur de la République. Après les formalités d’enquête, L. Cissé a été placé sous mandat de dépôt et conduit à la Maison d’arrêt et de correction de Ziguinchor, où il attend d’être jugé pour homicide volontaire.

La mort d’O.D. Baldé a profondément ému les habitants de Cap-Skirring et de son village d’origine, Djirack. Célibataire, il était connu comme un jeune sans histoires, apprécié dans son entourage. Ses proches et amis l’ont accompagné à sa dernière demeure lors de son inhumation, qui s’est tenue samedi dernier au cimetière musulman de la localité.

La coopération allemande (GIZ) équipe le Centre de formation judiciaire pour renforcer la formation à distance des greffiers

Une cérémonie officielle de remise de matériel informatique offert par la coopération allemande (GIZ) s’est tenue ce mercredi 5 novembre 2025 au Centre de formation judiciaire (CFJ). L’événement, présidé par le directeur général du CFJ, Souleymane Teliko, a vu la participation du représentant de la GIZ, docteur Mathias Mühlhans, en présence de plusieurs responsables du secteur judiciaire.

Cette remise de matériel s’inscrit dans le cadre du Programme national de requalification des greffiers et autres agents du personnel judiciaire, un projet issu des discussions entre le ministère de la Justice et le corps des greffiers. Ce programme vise à offrir une formation complémentaire aux agents concernés afin de leur permettre d’accéder à une catégorie supérieure, dans une perspective de revalorisation et de professionnalisation du corps judiciaire.

Grâce à l’appui matériel et technique de la GIZ, le Centre de formation judiciaire pourra désormais déployer des formations à distance à l’échelle nationale, ouvrant ainsi une nouvelle ère dans la modernisation du système judiciaire sénégalais. Cette innovation facilitera l’accès à la formation continue pour les greffiers et autres personnels judiciaires, même ceux exerçant dans les juridictions les plus éloignées du pays.

Lors de la cérémonie, le directeur général du CFJ, Souleymane Teliko, a salué cette initiative qu’il qualifie de « pas de plus vers la modernisation de la formation judiciaire ». Il a exprimé sa gratitude envers la GIZ pour ce soutien constant, précisant que « ce lot d’équipements important vient renforcer nos capacités techniques et matérielles, et contribue surtout à moderniser notre dispositif de formation ». Il a ajouté que cette remise concrétise la mise en œuvre de l’accord conclu entre les syndicats du personnel de la justice et le gouvernement, visant à garantir une formation continue et équitable pour l’ensemble des agents du secteur.

« Il est prévu d’assurer une formation au profit de tout le personnel judiciaire réparti sur l’ensemble du territoire. Ce matériel nous permettra de disposer d’un dispositif de formation à distance adéquat et performant », a déclaré M. Teliko, soulignant ainsi la portée stratégique de cette dotation.

Prenant la parole à son tour, le docteur Mathias Mühlhans, responsable du projet Renforcement de l’État de droit à la GIZ, a réaffirmé l’engagement de la coopération allemande aux côtés du CFJ. Selon lui, cette remise de matériel illustre « la solidité et la continuité d’un partenariat de longue date entre la GIZ et le Centre de formation judiciaire ». Il a rappelé que la GIZ considère le CFJ comme « l’un de ses partenaires les plus importants dans le secteur de la justice » et qu’elle continuera à accompagner ses efforts en matière de formation, de renforcement des capacités et de promotion de l’État de droit.

Le matériel remis comprend notamment des ordinateurs fixes, des ordinateurs portables et un scanner, pour une valeur totale estimée à 30 millions de francs CFA, dont 13 millions représentent ce premier lot officiellement livré.

Affaire Soya Diagne : le journaliste sera entendu au fond le 11 novembre

Placé sous mandat de dépôt depuis le 16 octobre 2025 pour diffusion de fausses nouvelles, le journaliste Soya Diagne, administrateur général du site LeDakarois221, sera entendu au fond le 11 novembre prochain par le juge d’instruction. Cette audition marquera une étape importante dans une affaire qui suscite de nombreux commentaires au sein du milieu médiatique et sur les réseaux sociaux.

Le doyen des juges d’instruction du tribunal de Dakar avait en effet décidé d’ouvrir une information judiciaire contre le journaliste à la suite de la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’allégations graves de viol visant une ressortissante rwandaise. Ces accusations avaient été attribuées au président d’une institution nationale du Sénégal. Selon l’enquête préliminaire, ces informations se sont révélées fausses.

À l’origine de la polémique, une publication de l’activiste Ousseynou Seck, alias “Akhenaton”, qui avait d’abord relayé lesdites accusations avant que Soya Diagne ne les partage à son tour sur sa page Facebook personnelle. Cette reprise a conduit à l’ouverture d’une procédure judiciaire contre le journaliste, considérée par le parquet comme une diffusion publique de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public et à porter atteinte à la réputation d’une institution nationale.

Dans son réquisitoire introductif, le procureur de la République a également requis un mandat d’arrêt international contre Akhenaton, actuellement hors du territoire sénégalais. Il lui est reproché « la diffusion de fausses nouvelles, des discours contraires aux bonnes mœurs, ainsi que des actes et manœuvres de nature à jeter le discrédit sur les institutions ».

L’audition au fond de Soya Diagne, prévue le 11 novembre, sera donc décisive pour la suite de la procédure. Ses avocats, qui plaident la bonne foi de leur client, estiment que ce dernier n’a fait que relayer une information déjà publique et que son intention n’était nullement de nuire. Du côté du parquet, on considère au contraire que ce partage constitue un acte de diffusion délibéré d’une fausse nouvelle, passible de sanctions prévues par le Code pénal.

Affaire Badara Gadiaga et Abdou Nguer : la société civile dénonce la judiciarisation du débat public

La détention de Badara Gadiaga et d’Abdou Nguer continue d’alimenter les discussions au sein de la société civile et du monde juridique. Tous deux sont poursuivis pour des infractions liées à leurs prises de parole publiques — des faits qualifiés par leurs défenseurs de simples expressions d’opinion relevant du débat démocratique. Malgré le changement de régime, les arrestations pour diffusion de fausses nouvelles ou offense à l’autorité demeurent, suscitant de vives critiques sur la manière dont la liberté d’expression est encadrée au Sénégal.

Badara Gadiaga est poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles et offense à une personne exerçant une partie des prérogatives du président de la République », tandis qu’Abdou Nguer a été arrêté pour « offense au chef de l’État et diffusion de fausses nouvelles ». Ces poursuites, jugées disproportionnées par plusieurs observateurs, ravivent le débat sur la place du droit pénal dans la gestion de la parole publique.

Parmi les voix les plus critiques, celle d’Alioune Tine, figure emblématique de la défense des droits humains, s’élève avec force. Le fondateur du think tank Afrikajom Center estime que le maintien en détention des deux prévenus n’a aucune justification. « Il faut libérer Badara Gadiaga et Abdou Nguer, leurs dossiers sont vides. Leur cas relève du débat démocratique normal qui peut connaître un emballement avec le contexte et les contenus », plaide-t-il.

Pour M. Tine, il est urgent de repenser le traitement des affaires liées aux opinions publiques. Selon lui, ces situations devraient être gérées par les professionnels de la communication et les organes de régulation comme le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) ou le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (Cored), plutôt que par le parquet. « La police de ces questions d’espace public n’est pas de la compétence du procureur. Il est temps de s’éloigner de cette tendance et de laisser le règlement de ces questions aux mécanismes mis en place par les professionnels des médias », insiste-t-il.

Le militant estime que les dispositifs de contrôle déjà existants — animateurs, modérateurs ou tribunal des pairs — permettent d’assurer un encadrement suffisant des discours dans l’espace médiatique. Il appelle à « une réforme de la machine judiciaire » afin de garantir que la liberté d’expression, pilier de toute démocratie, ne soit plus menacée par des poursuites pénales inadaptées.

Cette affaire met ainsi en lumière un enjeu central de la gouvernance démocratique au Sénégal : la frontière délicate entre la liberté d’expression et la responsabilité publique. Pour de nombreux observateurs, la réponse à ces dérapages éventuels doit se trouver dans la régulation médiatique et l’autorégulation professionnelle, plutôt que dans la répression judiciaire.

Guy Marius Sagna relance le débat sur la gestion de l’APROSI : un nouveau front dans la bataille pour la transparence

Le député Guy Marius Sagna revient à la charge sur la gestion des structures publiques. Cette fois, c’est l’Agence d’Aménagement et de Promotion des Sites Industriels (APROSI) qui est au centre de ses préoccupations. Le parlementaire a révélé que le gouvernement, dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko, a officiellement répondu à sa question écrite du 9 juillet 2025 concernant de possibles irrégularités au sein de l’agence.

Dans la réponse transmise par le ministre de l’Industrie et du Commerce, il est indiqué qu’une mission d’enquête et de vérification a été confiée à l’inspection interne du ministère depuis le 16 juillet 2025. Les conclusions de cette mission, accompagnées de toutes les pièces justificatives, devraient être communiquées « dans les meilleurs délais », selon les termes du député.

À l’origine de cette interpellation, plusieurs zones d’ombre entourent la gestion du directeur général de l’APROSI. Dans sa question écrite, Guy Marius Sagna pointait notamment du doigt la location d’un véhicule à 4,7 millions de francs CFA par mois pendant dix mois, alors même que l’agence souffre d’un endettement important. Il a également dénoncé l’octroi de 500 litres de carburant mensuels au directeur général, bien qu’il bénéficie déjà d’indemnités couvrant ce poste. Autre fait relevé : neuf voyages professionnels effectués par le responsable de l’agence, tous marqués par un passage systématique par Paris, à l’aller comme au retour. Pour le député, ces pratiques sont non seulement coûteuses, mais surtout incompatibles avec la situation financière de l’APROSI. « J’espère que le dossier de l’APROSI ne sera pas traité comme celui de la Chambre de commerce de Ziguinchor », a-t-il mis en garde.

Ce rappel n’est pas anodin. En décembre 2024, Guy Marius Sagna avait déjà interpellé le ministère de l’Industrie sur des soupçons de détournements de fonds à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Ziguinchor ainsi qu’au port de la même ville. À l’époque, il dénonçait des paiements de plus de 150 millions de francs CFA effectués au profit de l’hôtel Kandiandoumagne, géré par le président de la Chambre lui-même. Parallèlement, une partie importante du personnel vivait dans la précarité, tandis que l’institution accumulait plus de 30 millions de dettes envers l’IPRES et la Caisse de sécurité sociale. Une mission d’inspection avait été annoncée en janvier 2025, mais, près d’un an plus tard, aucun rapport n’a été rendu public.

Cette lenteur suscite la colère du député, qui accuse le ministère de faire preuve de complaisance. « Cherchez-vous à protéger le président de la Chambre de commerce au détriment des populations de Ziguinchor, des travailleurs et des intérêts du Sénégal ? » s’est-il insurgé. Pour Guy Marius Sagna, ces retards traduisent un manque de volonté politique dans la lutte contre la mauvaise gestion et les abus au sein des institutions publiques.

Fonds d’Appui et de Développement de la Presse : l’APPEL dénonce un « retour à une plateforme défaillante » et menace de saisir la CDP

L’Association des Éditeurs et Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL) monte au créneau contre la décision du ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) d’utiliser la plateforme de Déclaration des Médias et Supports (DMS) pour la répartition du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP). Dans un communiqué rendu public, l’organisation se dit « consternée » par ce qu’elle qualifie de « retour à une plateforme problématique », rappelant que cet outil avait déjà causé, par le passé, de « nombreuses exclusions injustifiées » lors du processus de conformité des médias.

Selon l’APPEL, la réactivation de la DMS s’est accompagnée de « bugs » et de « dysfonctionnements notables » relevés par ses membres, parmi lesquels des informaticiens et des journalistes. L’association affirme que ces problèmes techniques ont entraîné « la perte de documents décisifs », provoquant l’élimination injuste de plusieurs médias, et ce malgré les alertes émises depuis février dernier. Elle souligne que la Direction de la Communication avait initialement reconnu ces « erreurs » avant de « se rétracter inexplicablement », une volte-face jugée « incompréhensible » par les professionnels de la presse.

Pour l’APPEL, il est inacceptable que le sort des entreprises de presse soit de nouveau « lié aux caprices d’une plateforme reconnue comme défaillante ». L’organisation s’aligne par ailleurs sur la position du Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS), qui a récemment dénoncé des « manquements graves » au décret 2021-178 régissant le FADP. Dans le même esprit, l’APPEL accuse le ministère d’avoir commis un « excès de pouvoir » et de violer les articles 9 et 10 du décret, lesquels définissent clairement les bénéficiaires du Fonds.

L’association estime que le ministère tente de favoriser « des entités inéligibles telles que la RTS ou la Maison de la Presse », en « totale infraction avec les dispositions légales ». Elle dénonce également un « manquement » aux obligations du Conseil de gestion du FADP, dont la composition et les prérogatives sont fixées par les articles 4 et 5 du même texte. Selon le communiqué, le ministère aurait agi sans concertation ni respect des procédures établies, sapant ainsi la crédibilité du mécanisme de gestion du fonds.

L’APPEL va plus loin en évoquant de possibles « violations de la loi sur les données personnelles » par une autorité gouvernementale, pointant du doigt le ministère pour avoir ignoré les principes de transparence et de responsabilité qu’il est censé promouvoir. L’association annonce son intention de saisir la Commission de Protection des Données Personnelles (CDP) afin de contraindre le ministère à « se conformer lui aussi aux exigences légales qu’il impose à la presse ».

Grève de 72 heures à l’Agence Sénégalaise de la Réglementation Pharmaceutique : le SAMES passe à l’action

Le climat social s’annonce tendu à l’Agence Sénégalaise de la Réglementation Pharmaceutique (ARP). Le Syndicat Autonome des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes du Sénégal (SAMES), section ARP, a annoncé une grève de 72 heures qui s’étendra du mercredi 05 au vendredi 07 novembre 2025. Cette décision intervient après le dépôt d’un préavis de grève en date du 16 septembre dernier, resté jusque-là sans réponse satisfaisante de la part des autorités concernées.

Dans un communiqué exploité par Dakaractu, la section syndicale précise que « le personnel représenté par notre section syndicale sera en grève pour une durée de soixante-douze (72) heures, les mercredi 05, jeudi 06 et vendredi 07 novembre 2025 à partir de 8 heures ». Le mouvement concernera l’ensemble des agents membres du syndicat au sein de l’ARP.

Les responsables syndicaux expliquent que cette action s’inscrit dans une dynamique de protestation face à « la non-satisfaction de revendications légitimes » formulées depuis plusieurs mois. Parmi ces revendications, figureraient, selon des sources internes, des doléances liées à l’amélioration des conditions de travail, à la reconnaissance de certains avantages statutaires et à une meilleure prise en compte du rôle essentiel de l’Agence dans la régulation du secteur pharmaceutique national.

Le SAMES, tout en réaffirmant sa détermination à faire entendre la voix de ses membres, laisse cependant la porte ouverte au dialogue. « Nous restons bien entendu disponibles pour toute discussion visant à trouver une issue favorable à ce conflit », indique le communiqué, traduisant une volonté d’apaisement et de recherche de solution concertée.

Cette grève, si elle se tient comme prévu, risque toutefois d’avoir un impact sur le fonctionnement de l’ARP, institution stratégique dans la régulation, l’autorisation et le contrôle des produits pharmaceutiques au Sénégal. Les autorités sont donc interpellées pour éviter une paralysie prolongée d’un secteur aussi sensible.

Le Capitaine Mamadou Dièye rallie officiellement l’Alliance pour la République (APR) de Macky Sall

C’est désormais officiel : le Capitaine Mamadou Dièye, président du parti Nouvelle Initiative pour la Transformation (NIT), a annoncé son ralliement à l’Alliance Pour la République (APR) de l’ancien président Macky Sall. L’annonce a été faite ce mardi 4 novembre 2025, lors d’une émission diffusée sur la chaîne 7TV, où l’ancien officier a confirmé sa décision politique devant les téléspectateurs.

« J’ai décidé de rejoindre Macky Sall et l’Alliance Pour la République », a déclaré le Capitaine Dièye, visiblement serein et assumant pleinement ce choix qu’il présente comme un acte de cohérence et de responsabilité. Ce ralliement marque un tournant notable dans le parcours de l’ancien militaire, connu pour son engagement républicain et son discours critique sur certaines pratiques du pouvoir.

Selon des sources proches du nouvel allié de l’APR, cette décision serait le fruit de longues réflexions et d’échanges approfondis avec des figures influentes du parti présidentiel. Le Capitaine Dièye estime que son adhésion à l’APR s’inscrit dans une logique de continuité nationale et de contribution à la stabilité politique du pays. Il a par ailleurs salué les réalisations du président Macky Sall, tout en appelant à une union des forces patriotiques autour des enjeux de développement et de bonne gouvernance.

Cette annonce intervient dans un contexte politique marqué par des recompositions au sein de la majorité, à la veille d’importantes échéances électorales. Le ralliement de Mamadou Dièye pourrait ainsi renforcer la base de l’APR et redonner un souffle nouveau au parti, qui s’efforce de maintenir son influence sur la scène politique nationale malgré les départs récents de certains cadres.

Pour rappel, le Capitaine Mamadou Dièye s’était fait connaître du grand public par son parcours atypique, mêlant engagement militaire, activisme citoyen et ambitions politiques. Son parti, NIT, se présentait comme une alternative patriotique axée sur la transparence, l’éthique et la refondation des institutions. Son ralliement à l’APR traduit donc un choix stratégique, mais aussi une volonté affichée de participer à une coalition qu’il considère désormais comme le meilleur cadre pour servir le Sénégal.

GFM lance un plan de restructuration avec licenciements et baisse de salaires

Face aux difficultés économiques, le Groupe Futurs Médias (GFM) a décidé de mettre en place un plan de restructuration qui touche directement son personnel. Selon Source A, ce plan prévoit le licenciement d’une partie des employés pour motif économique, ainsi qu’une réduction des salaires qui est entrée en vigueur depuis le 1er novembre. La baisse de rémunération varie selon le niveau de solde des employés, atteignant 10 % pour certains et 15 % pour d’autres.

Cette décision a provoqué une réaction immédiate au sein du syndicat des travailleurs du groupe. Contacté par le journal, Mamadou Fall, secrétaire général de la section Synpics de GFM, a dénoncé une mesure prise de manière unilatérale, sans aucune consultation préalable des partenaires sociaux. Selon lui, le syndicat n’a été ni informé ni associé à la réflexion sur ce plan de restructuration. Face à cette situation, M. Fall a annoncé la tenue d’une réunion d’urgence dès mercredi afin de définir la réponse à apporter à cette décision.

Source A souligne par ailleurs que toutes ses tentatives pour joindre la Direction des ressources humaines du Groupe Futurs Médias sont restées infructueuses, laissant planer le flou sur les motivations exactes de la direction et sur l’étendue des mesures prévues.

La mise en œuvre de ce plan de restructuration intervient dans un contexte économique difficile pour le secteur des médias, marqué par une baisse des revenus publicitaires et des pressions financières accrues. Les prochaines semaines seront donc déterminantes pour le personnel de GFM, qui se retrouve confronté à une incertitude importante concernant son avenir professionnel et ses conditions de travail.

Vienne – L’appel du Khalife de Bambilor à l’universalité : « Une foi ouverte, qui accueille, qui écoute et qui relie »

La tournée européenne du Khalife de Bambilor, Thierno Amadou Ba, s’est achevée à l’Académie diplomatique de Vienne, en Autriche, par une conférence magistrale sur le thème : « La diplomatie religieuse : un pont entre les peuples et les consciences ».

Devant un auditoire composé de diplomates, d’universitaires et d’étudiants, le guide spirituel sénégalais a lancé un appel vibrant à une foi « ouverte, qui écoute, qui accueille et qui relie ».

Un message de gratitude et de respect mutuel

Dès l’entame de son allocution, le Khalife a tenu à saluer le rôle décisif joué par Mme Ursula Fahringer, ambassadrice de l’Autriche au Sénégal, dans la préparation de cette rencontre, ainsi que celui de M. Martin Eichtinger, directeur de l’Académie diplomatique, pour son accueil et sa modération.

« Excellence, votre disponibilité, votre rigueur et votre attachement au dialogue entre les cultures et les religions ont été déterminants »,

a déclaré Thierno Amadou Ba, soulignant que l’Autriche, par sa tradition de neutralité et d’écoute, demeure « un carrefour privilégié de réflexion et de coopération entre les peuples ».

Le Khalife a ensuite livré un message empreint d’humanisme et de spiritualité :

« La foi ne doit pas diviser, mais unir. Je prends mon bâton de pèlerin pour porter le message de paix partout où le dialogue manque. »

Dans un monde marqué, selon lui, par l’incertitude, les fractures et la peur, Thierno Amadou Ba a plaidé pour une diplomatie religieuse capable de compléter la diplomatie d’État :

« Jamais notre humanité n’a eu autant de moyens techniques à sa disposition, et pourtant elle semble plus vulnérable que jamais. Les conflits armés, les migrations forcées, la montée du racisme et l’intolérance religieuse traduisent une crise qui dépasse le politique : c’est une crise spirituelle. »

La diplomatie religieuse comme boussole morale

Face à cette situation, le Khalife estime que la paix mondiale ne saurait se construire sans une dimension morale et spirituelle :

« Comment peut-on parler de paix sans évoquer l’éthique ? Comment bâtir des ponts durables sans faire appel à la conscience de l’être humain ? »

Reconnu par le Vatican comme un « modèle de diplomatie spirituelle », le guide de Bambilor a rappelé que le Sénégal incarne depuis longtemps une coexistence religieuse exemplaire, citant plusieurs épisodes historiques où la foi a servi de médiation.

« Le Prophète (PSL) établit un pacte à Médine avec les juifs et les chrétiens, garantissant leur liberté et leur sécurité. Le roi Négus d’Éthiopie, chrétien, offrit refuge aux premiers musulmans. Le traité de Hudaybiyya prouva que le dialogue peut être plus fort que la confrontation.

Ces exemples montrent que la foi, lorsqu’elle est éclairée, devient une véritable école de diplomatie et de respect »,

.a-t-il rappelé

Un plaidoyer pour une nouvelle gouvernance morale

La conférence s’est clôturée sur un échange empreint d’émotion entre le Khalife, Mme Binta Ndiaye, présidente du Réseau des Femmes Leaders autour de Thierno (REFLET), et M. Martin Eichtinger, directeur de l’Académie diplomatique.

Dans son mot de clôture, Thierno Amadou Ba a rendu hommage à tous ceux qui œuvrent pour le dialogue et la réconciliation, en particulier les femmes et les jeunes, qu’il a qualifiés de « conscience vivante de nos sociétés ».

« Que cette rencontre à Vienne marque un tournant vers une nouvelle gouvernance morale de la paix mondiale,

où la foi et la raison marchent ensemble — non pour dominer, mais pour servir l’humanité.

Nous sommes une famille. Cette maison du dialogue, il nous revient de l’entretenir.

La mission est lourde, mais ensemble, nous la réussirons »,

a-t-il conclu sous les applaudissements nourris du public.

Aly Saleh

Kaolack : Deux frères retrouvés noyés dans un bassin d’eau stagnante, la population sous le choc

Un drame d’une rare tristesse a endeuillé la ville de Kaolack. Deux jeunes frères, Moussa et Cheikh Ndiaye, âgés respectivement de 8 et 12 ans, ont perdu la vie après s’être noyés dans un bassin d’eau stagnante situé à l’entrée des Parcelles Assainies, dans le centre du pays.

Les deux enfants étaient portés disparus depuis vendredi dernier. Leurs familles, inquiètes de ne pas les voir rentrer, avaient aussitôt alerté les voisins et entamé des recherches intenses dans tout le quartier. Ce n’est qu’à l’aube du lundi que leurs corps sans vie ont été découverts par des riverains mobilisés, flottant dans un bassin de rétention destiné à drainer les eaux de pluie.

Selon les témoins, le bassin en question représente depuis longtemps une menace pour les habitants, notamment pour les enfants qui y jouent souvent par curiosité ou par insouciance. Aucun dispositif de sécurité n’y est installé : ni clôture, ni signalisation, ni surveillance. Plusieurs habitants affirment avoir à maintes reprises alerté les autorités municipales sur le danger que constitue cette infrastructure laissée à l’abandon.

Profondément émus, les riverains ont exprimé leur colère et leur sentiment d’abandon. « Ce bassin est une véritable bombe à retardement. On ne compte plus les alertes restées sans suite. Il faut attendre qu’un drame se produise pour réagir », s’est indigné un habitant du quartier.

Face à cette tragédie, Abdou Samad Diouf, coordonnateur de la plateforme des acteurs communautaires de lutte contre les inondations, a réitéré son appel pressant aux autorités locales. Il demande à la mairie de Kaolack de « sécuriser tous les bassins de rétention afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent ». Selon lui, ces ouvrages, censés protéger la population contre les inondations, se transforment trop souvent en pièges mortels en l’absence de mesures de prévention.

Les corps des deux frères ont été transportés à Dakar, où une autopsie sera pratiquée ce mardi pour déterminer les circonstances exactes de leur décès. En attendant, le quartier tout entier est plongé dans la douleur et l’incompréhension. Ce drame relance une fois de plus le débat sur la sécurité des ouvrages hydrauliques et la responsabilité des autorités locales face à la protection des populations, en particulier des enfants.

Affaire Ameth Ndoye : Thierno Bocoum salue une justice plus humaine mais dénonce une infraction “juridiquement impossible”

Le chroniqueur Ameth Ndoye, poursuivi pour « offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du chef de l’État » et « diffusion de fausses nouvelles », a été placé sous bracelet électronique par le juge du premier cabinet. Une décision qui suscite des réactions contrastées dans la classe politique et au sein de la société civile.

Pour Thierno Bocoum, président du mouvement Agir-Les Leaders, cette mesure constitue à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Sur le plan juridique, il salue une application conforme à l’esprit de la loi. En effet, la loi n° 2020-28 du 7 juillet 2020, qui modifie le Code pénal, a introduit depuis cinq ans le placement sous surveillance électronique comme mode d’aménagement des peines. Selon lui, cette disposition vise à rendre la justice plus humaine et à réduire les abus liés à la détention préventive. « Cette mesure aurait depuis longtemps dû s’appliquer à des citoyens tels que Badara Gadiaga, Abdou Nguer, Soya Diagne et bien d’autres, injustement privés de liberté sans avoir été jugés », a-t-il affirmé.

En appliquant ce mécanisme à Ameth Ndoye, le juge rappelle selon M. Bocoum un principe fondamental du droit : la détention doit être l’exception, non la règle. Il estime que cette orientation judiciaire témoigne d’une volonté de replacer l’humain au centre de la décision de justice, tout en respectant le cadre légal prévu pour les délits mineurs ou contestés.

Cependant, l’opposant considère également que cette affaire révèle une autre réalité, plus préoccupante : la persistance de l’infraction d’« offense à une personne exerçant les prérogatives du chef de l’État », qu’il juge sans fondement juridique. S’appuyant sur l’article 50 de la Constitution, il rappelle que « le président de la République peut déléguer, par décret, certains pouvoirs au Premier ministre ou aux autres membres du gouvernement ». À la lumière de cette disposition, il soutient que seule une délégation expresse peut conférer à une personne l’exercice de telles prérogatives.

Thierno Bocoum ajoute que le Code pénal, en son article 254 alinéa 2, prévoit que « les peines applicables à l’offense au chef de l’État le sont aussi à la personne exerçant tout ou partie de ses prérogatives ». Il en déduit qu’en l’absence d’un décret de délégation, aucune personne ne peut être considérée comme exerçant ces prérogatives, et par conséquent, aucune offense ne peut lui être imputée.

« Le droit administratif est clair : toute délégation doit être expresse, jamais tacite. En l’absence de décret, il n’existe ni prérogative transférée ni infraction possible », a-t-il insisté. Il invoque par ailleurs le principe fondamental du droit pénal, nullum crimen, nulla poena sine lege — il n’y a pas de crime ni de peine sans loi — pour appuyer son argumentation.

Le leader du mouvement Agir-Les Leaders souligne également que cette incohérence juridique a déjà conduit les juges à relaxer plusieurs personnes poursuivies pour des faits similaires, à l’image d’Assane Diouf, Bah Diakhaté ou Moustapha Diakhaté. Ces décisions démontrent, selon lui, que l’infraction d’offense à une personne exerçant les prérogatives du chef de l’État repose sur une base juridique inexistante.

« Poursuivre sur la base d’une infraction inexistante, c’est fabriquer le crime par la volonté politique et non par la loi. L’abus de droit n’est rien d’autre que l’arbitraire, et l’arbitraire demeure le pire adversaire de la justice », a-t-il déclaré avec fermeté.

En conclusion, Thierno Bocoum estime que la décision rendue dans le dossier Ameth Ndoye symbolise une justice capable de s’élever au-dessus des pressions lorsqu’elle applique la loi dans son esprit et non dans sa lettre. Toutefois, il met en garde contre les dérives d’un système qui continuerait à inventer des infractions pour museler les opinions et restreindre la liberté d’expression.

« Tant que l’on persistera à criminaliser la parole critique, la République restera en sursis face à l’arbitraire », a-t-il conclu, appelant à une réforme profonde du droit pénal pour garantir la liberté d’expression et la séparation effective des pouvoirs.

Loi 2006-39 du 21 novembre : 20 ans d’existence – Mme Fatima Mbengue, DG de l’Office national des Pupilles de la Nation, expose les difficultés et appelle à une réforme

Un comité de réflexion sur les conditions d’amélioration du cadre juridique de l’Office national des Pupilles de la Nation (ONPN) s’est tenu ce mardi 4 novembre 2025 au ministère de la Famille, de l’Action sociale et de la Solidarité. La rencontre, présidée par le directeur de cabinet du ministre, a réuni plusieurs acteurs du secteur.

À cette occasion, la directrice générale de l’Office, Mme Fatima Mbengue, est revenue sur le contexte de création de la loi avant d’en lister les principales difficultés. Elle a rappelé que l’Office compte actuellement 1 103 pupilles de la Nation, dont 256 mineurs, répartis sur l’ensemble du territoire national.

« L’Office national des Pupilles de la Nation a été mis en place suite au naufrage du bateau Le Joola. La loi 2006-39 du 21 novembre, adoptée dans ce contexte de douleur et d’émotion, aura bientôt 20 ans d’existence en 2026. Deux décennies durant lesquelles nous avons accompagné les pupilles de la Nation », a rappelé Mme Mbengue.

Vingt ans après, la directrice estime qu’il est temps de réviser cette loi pour l’adapter aux réalités actuelles :

« Cette loi a été rédigée dans un contexte d’urgence émotionnelle. Aujourd’hui, nous faisons face à de nombreuses difficultés pour sa mise en œuvre. Il est donc nécessaire de la revoir afin qu’elle réponde mieux aux défis du moment et aux besoins réels des bénéficiaires. »

Parmi les difficultés soulevées figure notamment la limite d’âge fixée à 18 ans pour la prise en charge des pupilles.

« Le décret prévoit qu’à partir de 18 ans, l’État arrête la subvention. Or, à cet âge, beaucoup de jeunes sont encore au lycée ou n’ont pas obtenu le baccalauréat. Il faut tenir compte de la réalité sociale et prolonger la prise en charge pour leur donner toutes les chances de réussir. »

Mme Mbengue a également évoqué le cas des enfants en situation de handicap :

« Nous recevons souvent des demandes de parents d’enfants handicapés. Malheureusement, la loi actuelle ne nous permet pas de les prendre en charge. Il existe des ambiguïtés dans le décret, notamment sur les bénéficiaires potentiels. Par exemple, les militaires invalides devraient en principe être concernés, mais la loi ne précise pas les modalités de leur inclusion. »

Le directeur de cabinet du ministre de la Famille, représentant du ministre, a salué le travail accompli par la direction et rassuré quant à la volonté de l’État d’accompagner cette réforme :

« Nous avons entamé une discussion générale pour voir s’il faut élargir les critères d’éligibilité au statut de pupille de la Nation et adapter la loi au nouveau référentiel axé sur le capital humain. Le comité de réflexion vient à peine de démarrer ses travaux. Il aura la responsabilité de formuler, d’ici fin 2025, des propositions concrètes qui seront soumises à l’Assemblée nationale. »

Pour conclure, Mme Mbengue a souligné l’importance de s’inspirer des bonnes pratiques internationales :

« Nous avons effectué plusieurs missions à l’étranger afin d’étudier les dispositifs mis en place ailleurs pour la protection des pupilles de la Nation. Cela nous permettra d’adapter notre cadre juridique et d’améliorer la prise en charge au Sénégal. »

Le CNG durcit les règles sur les blessures avant combat : de nouvelles mesures pour encadrer les engagements des lutteurs

Le Comité National de Gestion de la Lutte (CNG) a annoncé, dans une circulaire rendue publique le 3 novembre 2025, une série de nouvelles dispositions visant à mieux encadrer la gestion des blessures survenant avant la tenue d’un combat. Ces mesures, initiées par le président du CNG, Malick Ngom, concernent aussi bien les promoteurs que les lutteurs et leurs encadreurs, et visent à garantir une meilleure organisation des affiches tout en protégeant les intérêts des différentes parties prenantes.

Selon le document officiel, un lutteur qui se blesse avant la date prévue de son combat restera lié contractuellement au promoteur avec lequel il a signé. Cette disposition signifie qu’il ne pourra plus, comme cela a parfois été observé par le passé, s’engager dans un autre combat organisé par un promoteur différent tant qu’il n’aura pas honoré son engagement initial. Autrement dit, la blessure ne constitue plus un motif de rupture implicite du contrat. Le lutteur demeure donc redevable de son combat envers le promoteur concerné.

La circulaire introduit également une règle claire concernant l’adversaire du lutteur blessé. Ce dernier est désormais autorisé à contracter un autre combat auprès du même promoteur, afin de ne pas subir les conséquences du report ou de l’annulation du duel initial. Toutefois, si le combat en question ne peut être reprogrammé dans un délai de trois mois, le lutteur non blessé sera libre de signer un autre contrat avec le promoteur de son choix. Cette mesure entend ainsi préserver les intérêts sportifs et financiers de l’adversaire, souvent lésé dans de telles situations.

En justifiant ces nouvelles règles, le CNG explique vouloir renforcer la protection des promoteurs, qui investissent d’importantes sommes dans l’organisation des combats. Ces derniers se retrouvent parfois victimes de blessures opportunistes ou de désistements tardifs, entraînant des pertes financières et des perturbations dans le calendrier de la saison. Par ailleurs, le Comité affirme que ces mesures contribueront à préserver l’équité sportive et la crédibilité de la lutte sénégalaise, souvent critiquée pour le manque de rigueur dans la gestion contractuelle des affiches.

Bassirou Diomaye Faye veut faire du secteur minier un pilier de la souveraineté économique du Sénégal

Le Président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce mardi matin la cérémonie d’ouverture de la 8ᵉ édition du Salon International des Mines du Sénégal (SIM SENEGAL 2025), tenue à Dakar sous le thème : « Les ressources minérales, un levier de souveraineté économique ». Ce rendez-vous incontournable du secteur extractif réunit, trois jours durant, des acteurs institutionnels, des experts, des investisseurs, des partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants de la société civile venus d’Afrique et d’ailleurs.

Dans son allocution d’ouverture, le Chef de l’État a salué la dynamique qui fait aujourd’hui du Sénégal un pôle régional d’expertise, d’investissement et d’innovation dans le domaine minier. Il a rappelé que la valorisation des ressources naturelles doit désormais s’inscrire dans une logique de souveraineté économique, où les retombées profitent d’abord aux populations et contribuent à un développement durable et équitable.

Le Président Diomaye Faye a insisté sur la nécessité de réformer la gouvernance du secteur minier afin de le rendre plus transparent, plus compétitif et plus inclusif. Il a réaffirmé sa volonté de mettre en place un cadre de gestion fondé sur la redevabilité, la traçabilité et la participation citoyenne. « Le Sénégal dispose d’un potentiel minier considérable, mais notre ambition est de transformer localement nos ressources, d’accroître la valeur ajoutée nationale et de garantir une prospérité partagée », a-t-il déclaré devant un parterre d’acteurs nationaux et internationaux.

Cette vision s’inscrit dans la nouvelle politique économique du gouvernement, qui vise à faire du secteur extractif un moteur de transformation structurelle et de création d’emplois durables. Le Président a également souligné l’importance de la formation des jeunes et du renforcement des capacités locales, afin que les Sénégalais soient au cœur de la chaîne de valeur minière.

Le Salon International des Mines du Sénégal, devenu au fil des années une plateforme d’échanges de haut niveau, offre l’occasion de débattre des grands enjeux liés à l’exploitation responsable des ressources naturelles. Pour cette 8ᵉ édition, les discussions portent notamment sur la transition énergétique, la digitalisation des industries extractives, la gouvernance environnementale et les nouvelles opportunités d’investissement.

Affaire Ameth Ndoye : le chroniqueur placé sous bracelet électronique après des propos jugés offensants

Le chroniqueur Ameth Ndoye, âgé de 36 ans, a été déféré ce lundi au parquet après avoir passé le week-end en garde à vue. Il est poursuivi pour « offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du Chef de l’État » et « diffusion de fausses nouvelles », des faits liés à des déclarations tenues au cours d’une émission diffusée récemment.

Selon les sources proches du dossier, les propos incriminés visaient notamment le Premier ministre Ousmane Sonko. Les enquêteurs estiment que certaines affirmations de l’analyste politique, jugées injurieuses, dépassaient le cadre de la critique politique ordinaire et relevaient d’une atteinte à la dignité d’une autorité publique. Les éléments recueillis lors de l’enquête ont conduit le parquet à considérer qu’il existait des indices sérieux de culpabilité justifiant l’ouverture d’une information judiciaire.

Ameth Ndoye a été auditionné à plusieurs reprises au cours du week-end. Devant les enquêteurs, il a tenu à préciser le sens de ses propos, soutenant qu’il s’adressait non pas au Premier ministre dans sa fonction officielle, mais au chef du parti Pastef, Ousmane Sonko, dans le cadre du débat politique. Il a dénoncé une « instrumentalisation » de ses paroles et a assuré n’avoir eu aucune intention d’offenser une institution de la République.

À l’issue de son passage devant le doyen des juges, la décision a été prise de le placer sous bracelet électronique, une mesure de contrôle judiciaire qui lui évite la détention préventive mais restreint sa liberté de mouvement. Cette décision marque une nouvelle étape dans la procédure engagée à son encontre, qui s’annonce particulièrement suivie dans le milieu médiatique.

Amadou Lamine Diouf réapparaît après plusieurs jours d’inquiétude : il était dans une zone sans réseau

Le député du parti Pastef, Amadou Lamine Diouf, a finalement donné signe de vie après plusieurs jours d’inquiétude. Selon des informations rapportées par la chaîne 7TV, le parlementaire, également coordinateur du Pastef au Maroc, était injoignable et introuvable depuis le 31 octobre dernier. Cette disparition inexpliquée avait suscité de vives préoccupations au sein de sa formation politique et parmi ses proches, d’autant plus que le député est non-voyant, ce qui renforçait les craintes quant à sa sécurité.

C’est le journaliste Ablaye Athie qui a annoncé la nouvelle rassurante sur sa page Facebook. Dans sa publication, il a indiqué avoir pu entrer en contact avec Amadou Lamine Diouf, confirmant que ce dernier se trouvait simplement dans une zone dépourvue de couverture réseau. Une explication qui met fin à plusieurs jours de spéculations sur son sort.

Pour rappel, avant ce regain de contact, les dernières informations sur le député faisaient état d’un dernier signalement de son téléphone portable dans la zone Sud du pays, selon 7TV. Cette donnée technique avait été interprétée comme un indice géographique important, mais restait sans suite faute d’informations supplémentaires.

Affaire Madiambal Diagne : un vice de procédure qui pourrait tout changer

L’affaire d’extradition visant le journaliste et homme d’affaires sénégalais Madiambal Diagne pourrait connaître un tournant majeur après une révélation faite à la sortie de son audience devant la Cour d’appel de Versailles. Devant la presse, l’ancien patron du Groupe Avenir Communication a affirmé que le mandat d’arrêt international lancé contre lui aurait été transmis aux autorités françaises dès le 25 septembre, soit un jour avant sa signature officielle par le juge d’instruction sénégalais, datée du 26 septembre. Ce décalage d’une journée, en apparence mineur, pourrait pourtant avoir des conséquences juridiques considérables sur la validité de toute la procédure.

En droit, la régularité d’un mandat d’arrêt repose sur un principe fondamental : il ne peut être émis ni exécuté qu’après avoir été signé par une autorité judiciaire compétente. Si la chronologie avancée par Madiambal Diagne s’avère exacte, le document aurait été transmis avant même d’exister légalement. Une telle situation constituerait une irrégularité manifeste, susceptible d’entraîner la nullité du mandat pour vice de procédure. Dans ce cas, la défense pourrait soutenir que le mandat d’arrêt est juridiquement inexistant, puisqu’il aurait été diffusé sans base légale ni autorisation judiciaire valable.

Sur le plan international, cette question de temporalité n’est pas anodine. Elle touche au cœur même des principes de légalité et de séparation des pouvoirs. En effet, la transmission prématurée d’un mandat émanant du pouvoir exécutif – en l’occurrence le ministère de l’Intérieur – avant la validation du pouvoir judiciaire, remettrait en cause l’indépendance de la justice et la régularité de la coopération entre États. En France, la jurisprudence de la Cour de cassation est claire : toute irrégularité substantielle dans l’émission ou la transmission d’un mandat étranger peut justifier un refus d’exécution par les juridictions nationales.

La Cour d’appel de Versailles, chargée d’examiner la demande d’extradition, devra donc apprécier si cette anomalie chronologique constitue une atteinte aux droits fondamentaux de la défense. Si les juges estiment que le mandat a effectivement été transmis avant sa signature, l’acte pourrait être annulé, rendant la procédure d’extradition caduque. Une telle décision renforcerait la thèse, déjà avancée par les avocats de Madiambal Diagne, selon laquelle cette affaire serait entachée d’irrégularités et de pressions politiques.

Pour la défense, ce possible vice de forme représente un argument décisif. Il pourrait non seulement bloquer la procédure d’extradition, mais aussi fragiliser la crédibilité de la coopération judiciaire entre la France et le Sénégal. Si la Cour confirme la nullité du mandat, Madiambal Diagne pourrait ainsi échapper à un retour forcé à Dakar et transformer ce qui semblait être une impasse judiciaire en victoire juridique.

Le “Lupin du Point E” enfin arrêté : la chute spectaculaire d’un voleur de génie

Il se faisait appeler Pape Ibrahima Dia, mais dans les commissariats de Dakar, on le surnommait déjà “le Lupin du Point E”. À 53 ans, cet homme à l’allure irréprochable, toujours bien mis, se présentait comme un simple agent commercial. En réalité, il était au centre d’une série de vols audacieux qui ont tenu en haleine plusieurs services de police et de gendarmerie. Son parcours criminel, marqué par une organisation méticuleuse et une audace rare, s’est brutalement interrompu le 22 octobre 2025, lors d’une opération menée dans une société informatique installée sur le campus universitaire.

Pendant des mois, son nom circulait sur les mains courantes de plusieurs commissariats. Les sociétés Karpowership Sénégal, Sablux Immo, Cofina et Sonatel du Point E avaient toutes signalé des vols mystérieux, commis en plein jour, sans effraction apparente. Les représentants des entreprises concernées – Aminata Gaye Tall, Mactar Touré, Hortense Ndèye Bineta Diatta et Amadou Damaravi Kane – décrivaient tous le même profil : un homme calme, sûr de lui, se présentant comme technicien ou agent de maintenance.

Le mode opératoire de Pape Ibrahima Dia relevait d’une véritable signature criminelle. Toujours à la même heure, entre 13h et 14h, au moment où les employés s’absentaient pour déjeuner ou participaient à des réunions, il se glissait dans les locaux. D’un pas assuré, il traversait les couloirs, inspectait les bureaux et repartait avec ordinateurs, téléphones et autres équipements électroniques. Sur les vidéos de surveillance, les enquêteurs découvriront un homme bien habillé, souvent muni d’une sacoche, évoluant avec une décontraction déconcertante. Aucun agent ne le connaissait, mais tous témoignaient de son sang-froid et de son élégance.

Face à la multiplication des plaintes, le commissaire Sow et ses hommes du commissariat du Point E décident de centraliser les informations. En recoupant les dossiers, ils réalisent que le même individu est activement recherché par plusieurs brigades de la région de Dakar. Une photo du suspect est alors diffusée aux sociétés et aux services de sécurité, avec la consigne d’avertir immédiatement la police en cas d’apparition. Cette coordination entre les forces de l’ordre finira par payer.

Le 22 octobre, un appel anonyme signale la présence du suspect dans une société informatique de l’université. Informé de la situation, le gérant garde son sang-froid et laisse le prétendu technicien évoluer dans les locaux, tout en alertant discrètement la police. Quelques minutes plus tard, les limiers du commissariat du Point E font irruption dans le bâtiment et interpellent le suspect en flagrant délit, alors qu’il s’apprêtait à s’emparer de plusieurs ordinateurs. Il n’oppose aucune résistance.

La perquisition de son appartement à la Cité Mixta, un logement cossu où il vivait seul, révèle l’ampleur de son activité. Les enquêteurs y découvrent une impressionnante collection d’ordinateurs portables, de téléphones, de tablettes et d’appareils électroniques, soigneusement rangés et classés. Confronté aux preuves, Pape Ibrahima Dia passe rapidement aux aveux.

« Je ciblai les sociétés, je repérais les heures de pause et j’entrais en me faisant passer pour un technicien. J’agissais seul », a-t-il déclaré froidement lors de son interrogatoire, selon les informations rapportées par L’Observateur.

Ainsi s’achève la carrière d’un homme que certains surnommaient avec ironie l’Arsène Lupin dakarois. De son élégance calculée à sa méthode quasi professionnelle, tout semblait le destiner à échapper à la justice. Mais son assurance, devenue excès de confiance, aura finalement causé sa perte.

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