CEDEAO : le Sénégal désigné à la présidence de la Commission pour la période 2026-2030

Le Sénégal a été officiellement désigné pour assurer la présidence de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour la période 2026-2030. L’annonce a été faite à l’issue de la 68ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation, tenue le 14 décembre 2025 à Abuja, au Nigeria.

L’information a été rendue publique à travers un communiqué du ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur. Selon le document, cette désignation marque une étape historique pour le Sénégal, qui accède pour la première fois à la présidence de la Commission de la CEDEAO depuis la création de l’institution communautaire. Elle est l’aboutissement d’un processus de concertations approfondies mené entre les États membres de l’organisation, dans un esprit de consensus et de coopération régionale.

Les autorités sénégalaises estiment que ce choix traduit la confiance accordée au Sénégal par les pays de l’espace ouest-africain. Il reflète, selon le ministère, la crédibilité diplomatique du pays, ainsi que son engagement constant en faveur de l’intégration régionale, du dialogue politique et de la stabilité institutionnelle au sein de la CEDEAO. Le communiqué met également en exergue l’implication des autorités sénégalaises dans le portage et la défense de la candidature nationale, saluant un travail diplomatique soutenu auprès des partenaires régionaux.

Cette désignation intervient dans un contexte sous-régional particulièrement sensible, marqué par des défis politiques, sécuritaires et économiques majeurs. L’Afrique de l’Ouest fait face à des crises multiformes, notamment en matière de sécurité, de gouvernance et de développement, dans lesquelles la CEDEAO joue un rôle central. L’organisation est appelée à renforcer ses mécanismes de médiation, à consolider l’intégration économique et à coordonner plus efficacement les politiques communes des États membres afin de répondre aux attentes des populations.

Dans ce cadre, la présidence de la Commission de la CEDEAO constitue un poste stratégique. Elle est chargée de la mise en œuvre des décisions prises par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, de la coordination des politiques communautaires, ainsi que du suivi et de l’exécution des programmes régionaux. Le mandat, d’une durée de quatre ans, exige une capacité de leadership, de concertation et de gestion des équilibres régionaux, dans un environnement souvent marqué par des intérêts divergents et des situations complexes.

Budget 2026 du MEPC : 39,28 milliards FCFA adoptés à une large majorité par l’Assemblée nationale

Le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération (MEPC), Abdourahmane Sarr, a présenté ce samedi devant la représentation nationale le projet de budget de son département pour l’exercice 2026. Ce budget est arrêté à un montant global de 39 281 075 505 FCFA, aussi bien en autorisations d’engagement (AE) qu’en crédits de paiement (CP), traduisant la volonté du gouvernement de renforcer la planification stratégique, la gouvernance économique et l’appui au développement.

Le projet de budget du MEPC est structuré autour de trois programmes majeurs, chacun répondant à des priorités spécifiques. Le programme le plus important, en termes d’allocation financière, est celui consacré à la Gouvernance économique, à la planification stratégique et à la coordination statistique. Il bénéficie d’une enveloppe de 24 247 678 940 FCFA en AE et en CP. Cette dotation vise principalement à soutenir les transferts courants, qui s’élèvent à 10 986 085 161 FCFA, ainsi que les investissements exécutés par l’État, chiffrés à 9 725 816 433 FCFA. À cela s’ajoutent des transferts en capital d’un montant de 1,5 milliard de FCFA. Les dépenses de personnel pour ce programme sont fixées à 1 016 162 990 FCFA, tandis que les acquisitions de biens et services mobilisent 1 019 614 356 FCFA, illustrant l’importance accordée au renforcement des capacités institutionnelles et techniques.

Le deuxième programme, intitulé Coopération et Développement des partenariats public-privé et Appui au secteur privé, occupe une place stratégique dans ce projet de budget. Il est doté de 13 355 741 748 FCFA en AE et en CP. Ce programme met résolument l’accent sur les transferts en capital, qui absorbent l’essentiel des crédits avec une enveloppe conséquente de 12 000 000 000 FCFA. Cette orientation traduit la volonté des autorités de stimuler l’investissement, de renforcer les partenariats public-privé et de soutenir le secteur privé comme moteur de croissance économique. Les autres dépenses concernent le personnel, à hauteur de 631 075 000 FCFA, les acquisitions de biens et services pour 284 016 748 FCFA, ainsi que les transferts courants évalués à 440 650 000 FCFA.

Le troisième programme, dédié au Pilotage, à la coordination et à la gestion administrative, est doté de 1 677 654 817 FCFA en AE et en CP. Ce programme assure le fonctionnement interne du ministère et la coordination administrative de ses différentes structures. Les dépenses de personnel y représentent la part la plus importante, avec un montant de 815 870 000 FCFA. Les acquisitions de biens et services sont prévues à hauteur de 339 284 817 FCFA, tandis que les transferts courants s’élèvent à 522 500 000 FCFA.

La présentation de ce projet de budget a été l’occasion pour le ministre Abdourahmane Sarr d’apporter des réponses jugées satisfaisantes par les députés aux différentes préoccupations soulevées au cours des débats. À l’issue des échanges, l’Assemblée nationale a donné son aval au projet de budget du Ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération pour l’année 2026.

Sur un total de 165 députés inscrits, 121 ont pris part au vote, dont 21 par procuration. Le projet de budget, arrêté à 39 281 075 505 FCFA en AE et en CP, a été adopté à une large majorité, avec 115 voix pour, aucune voix contre et 6 abstentions. Cette adoption marque une étape déterminante dans la mise en œuvre des orientations économiques et stratégiques du ministère pour l’année 2026, avec un accent particulier mis sur les investissements, la coopération et la coordination stratégique au service du développement national.

Loi de finances 2026 : les Charges Non Réparties en forte hausse pour soutenir les investissements stratégiques de l’État

Le projet de loi de finances initiale pour l’exercice 2026, récemment adopté à la majorité par les députés, consacre une augmentation significative des crédits alloués aux Charges Non Réparties (CNR), un poste budgétaire stratégique placé sous la gestion du ministère des Finances et du Budget. Conformément aux dispositions de la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF), ces charges sont considérées comme essentielles au fonctionnement et à l’action globale de l’État.

Les Crédits de Paiement (CP) destinés aux charges communes enregistrent ainsi une progression de 15 953 070 665 FCFA en valeur absolue, soit une hausse de 3,4 % par rapport à l’exercice 2025. Cette évolution traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer les mécanismes transversaux de financement qui ne peuvent être imputés directement aux budgets sectoriels, mais qui jouent un rôle central dans la mise en œuvre des politiques publiques.

Pour l’année 2026, la dotation globale des Charges Non Réparties atteint 902 466 378 554 FCFA en Autorisations d’Engagement (AE) et 487 943 504 598 FCFA en Crédits de Paiement. Ces ressources constituent un budget commun destiné à accompagner l’effort de développement économique et social du pays, en soutenant à la fois le fonctionnement de l’État, les investissements structurants et l’appui aux différents départements ministériels.

Les crédits alloués au fonctionnement des charges non réparties couvrent plusieurs opérations jugées cruciales pour la bonne gouvernance des finances publiques. Il s’agit notamment de la mise en œuvre des réformes budgétaires, du paiement des agences de notation financière, de la préparation et de l’exécution du budget de l’État, ainsi que du suivi des opérations financières et comptables.

La composante investissement des charges non réparties, quant à elle, englobe des domaines à fort impact économique et social. Elle concerne notamment les participations financières de l’État, le financement du Programme Emploi des jeunes, ainsi que la prise en charge des impôts et taxes liés aux marchés publics financés sur ressources extérieures. Cette orientation traduit un choix assumé en faveur de l’investissement public comme moteur de croissance et de création d’emplois.

Le volet support aux départements ministériels constitue un autre pilier important de ces charges communes. Il intègre la réserve de gestion, aussi bien en fonctionnement qu’en investissement, le paiement des dépenses permanentes de l’administration telles que l’eau et l’électricité, ainsi que des provisions destinées à couvrir les risques budgétaires. C’est également à ce niveau que sont inscrits les financements liés à l’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ), de même que les provisions pour les garanties et avals accordés par l’État.

L’augmentation de 3,4 % des Crédits de Paiement est exclusivement portée par la catégorie des investissements exécutés par l’État, qui affiche une évolution particulièrement marquée de 251 726 352 544 FCFA. Ces ressources sont principalement destinées à des projets d’envergure nationale, notamment le paiement des impôts et taxes afférents aux marchés financés sur ressources extérieures, ainsi que la réalisation d’infrastructures majeures dans le cadre des Jeux olympiques de la Jeunesse et de la Coupe d’Afrique des Nations de football.

Toutefois, cette hausse a été partiellement compensée par une baisse des dépenses de personnel, rendue possible grâce à une meilleure programmation budgétaire, ainsi que par le non-renouvellement de certains crédits devenus moins pertinents. C’est le cas, par exemple, de certaines lignes dédiées à la modernisation de la gestion des finances publiques, désormais recentrées et mieux ciblées.

Dans un souci de transparence et de lisibilité budgétaire, le gouvernement a engagé un important effort de relocalisation des dépenses. Plusieurs entités, dont la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide (DER) et l’Agence de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP), ont ainsi vu leurs crédits transférés vers la Présidence de la République, afin de clarifier les circuits de financement et de renforcer le suivi des ressources publiques.

Face aux préoccupations exprimées par certains députés concernant les critères d’allocation des dépenses communes, le ministre des Finances et du Budget a pris l’engagement de transmettre au Parlement un document détaillé précisant la ventilation et l’utilisation des crédits des Charges Non Réparties. Cette démarche vise à améliorer le contrôle parlementaire et à consolider la transparence budgétaire.

Gestion de la dette publique : Cheikh Diba défend une démarche « transparente et légitime »

Prenant la parole devant les députés à l’occasion du vote du budget, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, est longuement revenu sur la gestion de la dette publique et les conclusions issues des différentes évaluations menées par les organes de contrôle. Face aux interrogations et aux critiques, le ministre a tenu à lever toute ambiguïté en affirmant que « personne ne peut remettre en cause la démarche initiée », soulignant le caractère rigoureux, transparent et institutionnel du processus engagé par l’État.

Cheikh Diba a d’abord rappelé que l’Inspection générale des Finances (IGF) a conduit une mission de vérification approfondie sur une période de 90 jours. Ce travail, a-t-il précisé, a permis d’examiner minutieusement la situation des finances publiques et de documenter l’état réel de la dette. À l’issue de cette mission, le rapport de l’IGF a été transmis à la Cour des comptes, seule institution habilitée à certifier les résultats et à les rendre publics. Pour le ministre, cette chaîne de contrôle démontre clairement que la démarche suivie respecte les normes de gouvernance et de redevabilité financière.

Il a également tenu à préciser que le cabinet Mazars est intervenu par la suite, non pas pour se substituer aux institutions nationales, mais pour compléter et confirmer les conclusions déjà établies. Selon Cheikh Diba, la convergence des résultats entre les différentes évaluations renforce la crédibilité des constats dressés. Ces travaux ont ainsi mis en lumière une situation financière jugée préoccupante, révélant des déséquilibres importants et des dysfonctionnements dans la gestion de la dette publique.

Malgré ce tableau qualifié de catastrophique par certains observateurs, le ministre des Finances a adopté un discours résolument optimiste. Il a assuré que « la situation des finances publiques reste récupérable », estimant que le diagnostic posé, aussi alarmant soit-il, constitue avant tout un point de départ nécessaire pour engager un redressement durable. À cet effet, Cheikh Diba a indiqué que le processus de correction est déjà enclenché, avec l’élaboration d’une matrice de mesures de réformes destinée à corriger les failles identifiées.

Selon lui, les premières étapes vers l’assainissement des finances publiques sont en cours, traduisant la volonté des autorités de rompre avec les pratiques du passé et d’instaurer une gestion plus rigoureuse. Le ministre a insisté sur le fait que le pays est désormais engagé sur la bonne voie, grâce à des actions concrètes et à une meilleure coordination entre les différentes institutions impliquées dans le suivi des finances publiques.

En conclusion, Cheikh Diba a réaffirmé l’engagement de l’État à poursuivre cette dynamique de redressement, fondée sur des réformes structurelles et une gouvernance financière renforcée. Il a assuré que l’amélioration durable des finances publiques demeure une priorité, afin de restaurer la confiance, préserver la soutenabilité de la dette et garantir la stabilité économique du pays.

Le Parti FARLU dénonce un acharnement judiciaire contre Moustapha Diop

Le Parti FARLU a exprimé son profond mécontentement face à l’attitude du Premier président de la Cour d’appel de Dakar et président de la Haute Cour de Justice, Abdoulaye Bâ, qu’il accuse de contribuer au maintien en détention du ministre–maire et député Moustapha Diop pour ce qu’il qualifie de « règlements de comptes politiques ».

Selon le communiqué du parti, la Commission de la Haute Cour de Justice, composée de cinq magistrats et présidée par Abdoulaye Bâ, s’est réunie pour examiner la demande de liberté provisoire de Moustapha Diop. D’après le FARLU, le seul magistrat à s’opposer à la libération aurait été le président Abdoulaye Bâ lui-même, ce qui serait révélateur d’un acharnement personnel. Le parti dénonce également le fonctionnement actuel de cette juridiction, qui agirait selon lui « à la discrétion exclusive du Premier président, sans délai imposé et avec des décisions non susceptibles de recours ni d’appel ».

Le communiqué met en lumière des incohérences dans le dossier, notamment concernant les montants financiers en jeu. Alors que ceux-ci ont été successivement évalués à 2,5 milliards, puis 938 millions, ensuite 12 millions et enfin zéro franc, les deux derniers fournisseurs confrontés à Moustapha Diop, Ibrahima Macodou Fall et Mariatta Basse, ont confirmé avoir été intégralement payés pour leurs prestations. Le FARLU rappelle que tous les fournisseurs concernés ont attesté avoir livré la totalité des masques commandés et avoir reçu leurs paiements, et que Moustapha Diop n’a jamais été épinglé par aucun rapport, ni par la Cour des comptes avant cette affaire.

Le parti appelle Abdoulaye Bâ à faire preuve de responsabilité et à mettre un terme à ce qu’il considère comme un acharnement injustifié, rappelant que des magistrats exemplaires comme Kéba Mbaye doivent demeurer la référence pour la justice sénégalaise.

Par ailleurs, le FARLU souligne que les militants de Moustapha Diop, au Sénégal comme dans la diaspora, ont toujours agi dans le respect des principes républicains. Toutefois, le parti avertit que si l’injustice persiste, il passera à la « vitesse supérieure » pour défendre les droits de Moustapha Diop. Il appelle également les forces vives de la Nation, la société civile et les organisations de défense des droits humains à se mobiliser pour dénoncer cet acharnement et exiger le respect de l’État de droit.

Électrification de 1 600 villages : la Diaspora Europe de la République des Valeurs alerte sur une “nébuleuse” de 37 milliards de FCFA

La section Diaspora Europe de la République des Valeurs (RV), formation politique dirigée par Thierno Alassane Sall, a organisé ce jeudi 11 décembre 2025 un rassemblement à Madrid, devant les locaux de la CESCE — l’Agence Publique Espagnole de Crédit à l’Export — et de la société AEE Power EPC. L’objectif affiché était de dénoncer un manque de transparence supposé autour des fonds destinés au vaste programme d’électrification de 1 600 villages au Sénégal.

Ce mouvement de protestation intervient dans un contexte de tensions diplomatiques et financières croissantes entre Dakar et ses partenaires techniques. Une délégation gouvernementale sénégalaise s’était récemment rendue à Madrid dans l’espoir de résoudre un blocage majeur : la suspension, par la CESCE, des décaissements prévus pour le projet. Cependant, selon la cellule de communication de la RV, malgré leur déplacement, les représentants de l’État sénégalais n’ont finalement pas été reçus, un refus d’audience que la section Diaspora Europe interprète comme un signal fort.

Pour cette dernière, le désaccord trouve son origine dans une exigence de la CESCE. L’agence espagnole réclamerait des justifications détaillées quant à l’utilisation d’une avance de 56 millions d’euros — soit environ 37 milliards de FCFA — déjà encaissée au profit de l’entreprise AEE Power EPC, chargée de piloter la mise en œuvre initiale du programme. Cette somme devait permettre le démarrage effectif des premiers travaux d’électrification, mais, selon la diaspora, aucune preuve tangible n’a été présentée par les autorités sénégalaises quant à l’affectation réelle de ces fonds.

La section de la République des Valeurs affirme que les autorités sont incapables de fournir des éléments concrets sur la destination précise des sommes perçues. Elle parle d’une « nébuleuse » et d’opacité autour d’un projet qui, pourtant, constitue un enjeu majeur pour les zones rurales du pays. Les critiques formulées s’appuient également sur les informations rapportées par le journal Les Échos, selon lesquelles près de la moitié des villages concernés aurait dû être électrifiée dès les 18 premiers mois du programme. Or, sur le terrain, la diaspora affirme qu’il est difficile d’identifier des villages réellement bénéficiaires.

D’après le calendrier initial, environ 600 villages auraient dû être branchés au réseau ou dotés de solutions électriques autonomes. Dix-huit mois après le versement de l’avance, le bilan demeure, selon les contestataires, quasi invisible. C’est cette absence de réalisations palpables qui nourrit la colère de la section Diaspora Europe de la RV, laquelle estime que les populations rurales continuent de vivre dans l’obscurité alors que des ressources financières colossales ont déjà été mobilisées.

Dans son communiqué, la section Diaspora Europe de la République des Valeurs réaffirme sa détermination à défendre les droits des 1 600 villages concernés. Elle dénonce une situation où « 37 milliards de FCFA demeurent dans les ténèbres de l’opacité », alors même que les communautés rurales attendent toujours l’accès à l’électricité, un service essentiel pour le développement économique, social et éducatif.

 marge de la 7ᵉ Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement : le Sénégal réaffirme sa vision intégrée pour un développement résilient et sobre en carbone

En participant à la 7ᵉ Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement, le Sénégal a porté une voix forte et cohérente sur les enjeux climatiques mondiaux. À cette occasion, la délégation sénégalaise a présenté la vision nationale intégrée impulsée par Son Excellence le Président de la République, Monsieur Bassirou Diomaye Faye, une vision qui place l’écologie, l’économie et le social au cœur d’un modèle de développement résolument tourné vers l’avenir.

Dans son intervention, le représentant du Sénégal a rappelé que la restauration des terres dégradées demeure l’un des défis les plus urgents du pays. Face à l’avancée du désert, à la perte de fertilité des sols et à la pression croissante exercée sur les écosystèmes, le gouvernement s’engage à renforcer les programmes de reboisement, de gestion durable des terres et de protection des ressources naturelles. Ces efforts, inscrits dans une dynamique de longue haleine, visent à redonner vie aux espaces écologiques, assurer la sécurité alimentaire et soutenir les communautés rurales.

La résilience des zones côtières occupe également une place centrale dans la stratégie nationale. Avec plus de 700 kilomètres de littoral soumis à l’érosion, aux inondations et aux impacts du changement climatique, le Sénégal entend consolider les mesures de protection, restaurer les mangroves, renforcer les infrastructures et promouvoir une gestion intégrée du trait de côte. L’enjeu est vital : préserver les habitats naturels, protéger les populations et sauvegarder l’activité économique qui se concentre majoritairement autour des villes côtières.

Parallèlement, la transition énergétique constitue un axe structurant de la politique environnementale du pays. Le Sénégal ambitionne de réduire significativement ses émissions tout en développant les énergies renouvelables, notamment l’éolien, le solaire et l’hydrogène vert. Cette transition doit permettre d’assurer une énergie propre, accessible et durable pour tous, tout en soutenant la croissance économique et en renforçant l’indépendance énergétique.

La lutte contre la pollution plastique, fléau majeur des milieux terrestres et marins, a également été mise en avant. Le pays entend intensifier les efforts déjà initiés, à travers des réglementations plus strictes, le renforcement du recyclage, la promotion d’alternatives durables et la sensibilisation des citoyens. L’objectif est de limiter drastiquement l’impact des déchets plastiques sur les écosystèmes, la santé publique et les activités économiques liées au littoral.

Au-delà des priorités nationales, l’intervention du Sénégal a insisté sur l’urgence de bâtir un cadre international plus juste et réellement efficace. Le représentant sénégalais a souligné que les ambitions des pays du Sud ne pourront se concrétiser que si la solidarité mondiale devient tangible. Il a plaidé pour un financement climatique réellement accessible, dénué de barrières administratives et orienté vers les besoins réels des pays vulnérables. Il a également insisté sur l’importance d’un transfert accéléré de technologies adaptées, permettant d’accompagner les États dans leur transition écologique sans creuser davantage les inégalités.

Enfin, il a appelé à une gouvernance environnementale mondiale capable de transformer les promesses en résultats concrets. Pour le Sénégal, l’heure n’est plus aux déclarations d’intention, mais à l’action mesurable, coordonnée et inclusive. Les défis environnementaux exigent une mobilisation collective, fondée sur la responsabilité partagée et la volonté réelle de construire un futur durable.

RUFISQUE – Le retour du “Tronc politique” : Souleymane Jules Ndoye s’apprête-t-il à replanter ses racines ?

Longtemps figé dans le paysage politique comme un pilier indéracinable de l’APR, Souleymane Jules Ndoye avait marqué de son empreinte les arènes locales et nationales avant de s’effacer progressivement des radars. Mais à Rufisque, son nom n’a jamais cessé de circuler, tel un souffle lourd annonçant un possible réveil du géant politique.

Aujourd’hui, une question brûle toutes les lèvres :
Souleymane Jules Ndoye se prépare-t-il à signer l’un des retours politiques les plus attendus du département ?

Ancien député de l’Alliance pour la République, ex-président du Conseil départemental de Rufisque et figure influente du parti, Jules Ndoye était considéré comme l’un des architectes discrets, mais redoutablement efficaces, de l’équilibre politique dans le département.
Son passage à l’Assemblée nationale comme au Parlement de la CEDEAO avait renforcé son statut de cadre solide, rompu aux batailles institutionnelles.

Un silence stratégique qui trouble

Depuis quelque temps, l’homme avait choisi la retenue. Pas de sortie tapageuse, peu de prises de position publiques. Pourtant, dans les quartiers, les bases politiques murmurent :
👉 « Ndoye bouge. Ndoye écoute. Ndoye consulte. »
Un silence qui, dans les cercles avertis, vaut souvent préparation de repositionnement.

Rufisque vit actuellement une recomposition violente de son paysage électoral.
Les leaderships s’effritent, les camps se morcellent, les ambitions s’aiguisent.
Et dans ce vide, les regards se tournent instinctivement vers ceux qui ont déjà fait leurs preuves.

Le retour de Jules Ndoye serait-il l’électrochoc que Rufisque attend ?

Un come-back qui pourrait rebattre les cartes

Dans les quartiers comme dans les salons politiques, l’analyse est unanime :
• l’homme possède un capital politique intact,
• un réseau enraciné,
• une lecture fine des rapports de forces,
• et une capacité de mobilisation que peu de leaders peuvent encore revendiquer.

S’il se relance, il pourrait :
✔ remodeler l’échiquier local,
✔ réorganiser les structures APR éparpillées,
✔ recréer une dynamique populaire,
✔ et surtout réveiller une base électorale en quête de repères.

Alors… reviendra, reviendra pas ?

Dans l’atmosphère électrique des prochaines locales, le simple retour de Souleymane Jules Ndoye serait un séisme.
Pour l’heure, l’homme observe, écoute, mesure.
Mais à Rufisque, tout le monde le sait :
le tronc politique n’a jamais été déraciné… il n’attend peut-être que le bon moment pour refleurir.

Teungueth sama yitté

Budget 2026 du ministère de la Justice : Yassine Fall répond aux députés sur les dossiers sensibles et les défis du secteur

La ministre de la Justice, Yassine Fall, a défendu ce jeudi 11 décembre 2025 son projet de budget pour l’exercice 2026 devant les députés de l’Assemblée nationale. Cette présentation, attendue dans un contexte de fortes tensions sociales et de crispations autour de plusieurs dossiers judiciaires, a donné lieu à des échanges nourris, souvent musclés, avec les parlementaires. Ces derniers ont insisté sur la nécessité de clarifications concernant plusieurs affaires en suspens, les lenteurs dans la reddition des comptes publics et les difficultés structurelles du secteur de la Justice.

Les députés ont particulièrement interrogé la ministre sur la réouverture du dossier de « diffamation » opposant Ousmane Sonko à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang, une affaire politiquement sensible. Ils ont également exprimé leur préoccupation face au retard persistant dans l’élucidation des disparitions de Fulbert Sambou, Didier Badji, Lissa Tine et Alassane Ba, autant de dossiers qui continuent de soulever des interrogations au sein de l’opinion. L’absence de suites judiciaires après les conclusions des corps de contrôle, en matière de gouvernance publique, a également alimenté le débat, les députés exigeant un traitement plus rigoureux et plus rapide de ces rapports.

En réponse, Yassine Fall a tenté de rassurer l’hémicycle en confirmant qu’une information judiciaire est désormais ouverte dans l’affaire Lissa Tine. Elle a aussi assuré que les investigations se poursuivent activement concernant la disparition de Didier Badji et Fulbert Sambou, promettant un suivi personnel de ces dossiers sensibles. La ministre a par ailleurs insisté sur les avancées enregistrées sur certains fronts, tout en reconnaissant que les attentes de la population restent fortes.

Concernant les tensions sociales qui secouent régulièrement l’appareil judiciaire, Mme Fall a indiqué qu’un accord conclu avec le Syndicat des Travailleurs de la Justice est actuellement en cours d’exécution. Elle a annoncé qu’une rencontre se tiendra dans les prochains jours avec le Syndicat des Greffiers, afin de désamorcer les conflits persistants et ramener la sérénité dans le secteur. Elle a rappelé que la stabilité sociale constitue une condition essentielle à l’efficacité des services judiciaires.

La ministre n’a pas éludé la question des arriérés dus aux avocats, reconnaissant une dette de 3 milliards de FCFA qui pèse lourdement sur le fonctionnement du système. Elle a assuré que des discussions sont engagées avec le ministère des Finances pour trouver une solution durable. Elle a également évoqué les besoins pressants en ressources humaines, affirmant vouloir travailler au renforcement des effectifs des magistrats et des éducateurs spécialisés, en partenariat avec les ministères concernés.

Abordant la question des audiences foraines, Yassine Fall a rappelé qu’elles relèvent de la compétence des juges, même si son département encourage l’organisation d’audiences spéciales, notamment pour répondre aux besoins spécifiques des élèves. Elle a aussi renouvelé son engagement à trouver une issue favorable à la situation des coordonnateurs des Maisons de justice, dont l’intégration reste en attente.

La présentation du budget 2026 s’est inscrite dans le cadre de l’Agenda National de Transformation Sénégal 2050. Cependant, la ministre a reconnu que le document financier a été élaboré dans un contexte particulièrement difficile, marqué par ce qu’elle a qualifié de « détresse de nos finances publiques », évoquant notamment un niveau d’endettement inédit. Malgré ces contraintes, elle a assuré que des « réajustements budgétaires fort ingénieux » ont été opérés pour préserver la priorité accordée à la Justice.

Le projet de budget se structure autour de plusieurs programmes, avec une concentration des ressources sur le développement du capital humain et le renforcement des infrastructures judiciaires. Yassine Fall a insisté sur la nécessité de moderniser le secteur et d’améliorer l’accès des citoyens à un service public de la Justice plus efficace, plus équitable et mieux doté.

Transmission du rapport de l’IGE : vers de possibles poursuites contre Mimi Touré

Selon des informations relayées par la page Facebook de la 7TV, l’Agent judiciaire de l’État (AJE) a transmis au Pool judiciaire financier (PJF) le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) mettant en cause la gestion de Mimi Touré à la tête du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Cette démarche ouvre potentiellement la voie à l’ouverture de poursuites contre l’ancienne Première ministre, désormais citée dans une affaire qui s’annonce sensible autant sur le plan juridique que politique.

Pour le juriste Mouhamadou Bâ, professeur agrégé des facultés de droit, la suite de la procédure ne souffre d’aucune ambiguïté. Dans un entretien paru ce jeudi dans L’Observateur, il rappelle que «lorsque le parquet est saisi, il ne peut que poursuivre». Le spécialiste du droit pénal précise que cette étape implique l’ouverture d’une enquête préliminaire destinée à recueillir un faisceau d’indices. À ce stade, des auditions sont menées et différents actes de procédure peuvent être enclenchés pour éclairer les faits reprochés. Une fois les premiers éléments rassemblés, le dossier est généralement confié à un juge d’instruction, chargé de poursuivre les investigations et de déterminer s’il existe des charges suffisantes pour engager des poursuites.

La révélation de ce rapport de l’IGE n’est pas nouvelle, mais elle a refait surface après l’intervention du Premier ministre Ousmane Sonko devant l’Assemblée nationale, vendredi dernier, lors d’une séance de Questions d’actualité. Le chef du gouvernement avait alors confirmé que le document datait de 2023, sous la présidence de Macky Sall, et qu’il avait choisi de le transmettre à la justice dans le respect de la continuité de l’État. Il a précisé ne pas se prononcer sur la culpabilité ou l’innocence de Mimi Touré, mais a insisté sur son obligation d’agir lorsqu’un rapport signale qu’un montant aurait été manipulé hors des circuits administratifs habituels.

Cette mise au point intervient dans un contexte politique tendu, marqué par des rumeurs persistantes selon lesquelles Mimi Touré serait visée en raison de sa proximité avec le président Bassirou Diomaye Faye, avec qui les rapports se seraient récemment refroidis. En se défendant de toute instrumentalisation politique, Ousmane Sonko affirme n’avoir fait que respecter la procédure républicaine, laissant ainsi la justice suivre son cours.

Assemblée nationale : Me Aïssata Tall Sall prodigue une leçon de droit et d’éthique républicaine à Me Bamba Cissé

Mercredi, l’Assemblée nationale a été le théâtre d’une intervention particulièrement marquante de Me Aïssata Tall Sall, députée et présidente du Groupe Parlementaire Takku Wallu Sénégal. S’adressant au ministre de l’Intérieur, Me Bamba Cissé, l’ancienne ministre de la Justice a livré une véritable leçon de droit public et d’éthique républicaine, rappelant les multiples responsabilités délicates et souvent contradictoires que doit assumer son confrère.

Me Aïssata Tall Sall a souligné que le ministre de l’Intérieur joue un rôle central dans le maintien de la laïcité, dans la protection des libertés publiques et dans la garantie de l’ordre et de la sécurité sur l’ensemble du territoire. « Vous êtes le ministre de la laïcité. Dans un État où la religion est sacrée et où la liberté de culte est garantie, votre rôle est de veiller à l’application du principe de neutralité religieuse de l’État, sans heurter les convictions profondes des citoyens. Vous êtes aussi le garant des libertés publiques qui doivent garantir le droit de manifester, de s’exprimer, et d’être en association. Vous êtes également le responsable de l’ordre public et devez protéger les institutions, les frontières et la sécurité des personnes et des biens, dans l’usage réglementé de la force », a-t-elle rappelé.

L’essentiel de son message a porté sur la nécessité de maintenir un équilibre subtil entre des forces parfois antagonistes. Me Aïssata Tall Sall a insisté sur l’art de concilier autorité et liberté, fermeté et dialogue, soulignant que le pouvoir d’un ministre n’est pas une fin en soi mais un instrument au service de l’équilibre démocratique et de la République. « Dialoguer avant de décider », a-t-elle insisté, recommandant au ministre de prendre le temps d’échanger avec les acteurs politiques, la société civile et les parties concernées avant de poser une décision. Selon elle, ce dialogue préalable est la condition sine qua non pour qu’une décision soit légitime et apaisée.

La parlementaire a également exhorté Me Bamba Cissé à rester impartial, à éviter tout alignement partisan et à exercer ses fonctions au service de l’État et non d’un camp politique particulier. Dans cette intervention, Me Aïssata Tall Sall a réussi à transformer une simple interpellation parlementaire en véritable leçon de gouvernance, de droit public et d’éthique républicaine, rappelant à son confrère que le pouvoir doit être manié avec prudence, sagesse et responsabilité.

Cette intervention a été saluée par de nombreux observateurs comme un exemple d’exigence morale et juridique dans l’exercice du pouvoir exécutif, mettant en lumière l’importance de la responsabilité et de la neutralité dans la conduite des affaires publiques, particulièrement dans un contexte politique parfois tendu.

À l’Assemblée nationale, Thierno Alassane Sall interpelle le ministre de l’Intérieur sur la situation de la police et les tensions universitaires

Lors de la séance plénière tenue ce mercredi à l’Assemblée nationale, le député Thierno Alassane Sall a interpellé le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, sur plusieurs sujets jugés sensibles, touchant à la fois au fonctionnement de la police nationale et à la gestion récente des tensions survenues dans les milieux universitaires.

Dès l’entame de son intervention, il a attiré l’attention de l’hémicycle sur la situation de 312 policiers de la “première corde”, libérés entre avril et mai 2025. Cette décision, encore entourée de zones d’ombre selon le parlementaire, nécessite des explications précises sur les motifs avancés, les procédures appliquées et les critères retenus pour justifier leur libération. Thierno Alassane Sall a d’ailleurs souligné l’incohérence apparente d’un processus ayant abouti à l’éviction de certains agents, tandis que d’autres issus de la même formation exercent toujours au sein de la police nationale.

Le député a ensuite évoqué les difficultés rencontrées par les agents de la 49ᵉ promotion, qui, selon lui, n’ont pas perçu de salaire depuis vingt-deux mois. Une situation d’autant plus préoccupante que ces policiers ont été mobilisés dans des dispositifs de sécurité majeurs, notamment lors de grands événements religieux. Il a dénoncé ce qu’il considère comme une injustice flagrante envers des agents engagés au service de l’État mais laissés sans rémunération pendant une période anormalement longue.

En abordant la situation sur les campus universitaires, Thierno Alassane Sall a exprimé sa préoccupation face aux “images préoccupantes d’étudiants blessés” lors des récents affrontements. Il a rappelé que par le passé, l’usage de la force dans les universités avait suscité une forte indignation de la part de nombreux responsables politiques et s’est interrogé sur ce qui, aujourd’hui, semble avoir modifié leurs réactions. Le député a appelé les étudiants à éviter toute forme d’escalade et à privilégier des mobilisations pacifiques, tout en invitant le gouvernement à clarifier sa gestion des incidents. Il a demandé si des enquêtes officielles avaient été ouvertes afin de déterminer les circonstances exactes des violences et d’identifier les responsabilités.

Thierno Alassane Sall a également dénoncé ce qu’il qualifie de climat de pression interne pesant sur les forces de police. Il a cité des cas de sanctions rapides visant certains responsables ainsi que des interventions contestées dans des organes de presse. Pour lui, ces pratiques contribuent à fragiliser l’institution policière et à semer le doute sur la cohérence de sa gestion par les autorités.

Malgré ces critiques, le député a tenu à saluer le professionnalisme de nombreux agents. Il a notamment évoqué l’exemple d’un policier agressé par une foule qui, selon lui, a fait preuve d’un sang-froid exemplaire. Ce geste symbolique illustre, à ses yeux, l’importance de soutenir les forces de sécurité, de les accompagner et de veiller à une gestion responsable qui préserve leur moral et leur mission essentielle dans la stabilité du pays.

En conclusion, Thierno Alassane Sall a insisté sur la nécessité pour l’État de rétablir la confiance à l’intérieur de l’institution policière et d’assurer une gestion transparente et équitable, afin de garantir l’efficacité et la crédibilité des forces de sécurité au service de la nation.

Abdou Mbow interpelle le ministre de l’Intérieur : « La police ne doit pas devenir un instrument de répression politique »

Lors de la récente séance de l’Assemblée nationale consacrée au vote du budget du ministère de l’Intérieur, le député Abdou Mbow a adressé une critique sévère et directe au ministre Bamba Cissé. Devant ses collègues parlementaires, le député de Takku Wallu a dénoncé ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique du ministère, rappelant au ministre que sa mission doit servir l’ensemble des Sénégalais et non les intérêts particuliers de l’exécutif.

« Vous n’êtes plus l’avocat du Premier ministre. Mais de plus de 18 millions de Sénégalais maintenant », a-t-il souligné, insistant sur le rôle essentiel du ministère comme service de l’État au service de tous les citoyens, et non comme un outil au service du gouvernement en place. Selon lui, le ministère de l’Intérieur doit rester impartial et protéger les droits et libertés de tous, sans distinction politique.

Le parlementaire a également interpellé Bamba Cissé sur des événements récents survenus dans le pays, notamment à l’université. Il a fait référence à l’intervention des forces de l’ordre sur un campus, un lieu symbolique de la liberté d’expression et de débat, rappelant que ce type d’action contribue souvent à accentuer les tensions dans les établissements universitaires. Abdou Mbow n’a pas manqué de mentionner les arrestations de Maïmouna Ndour Faye et Babacar Fall, pointant du doigt ce qu’il perçoit comme une atteinte aux libertés fondamentales des citoyens.

Dans un ton solennel, le député a lancé une alerte forte sur les risques de dérive, accusant le ministre de « trahir sa mission en transformant la police en instrument de répression politique au service du Premier ministre », tout en jouant avec les libertés publiques. Cette intervention marque un moment de tension au sein de l’Assemblée nationale, et illustre les préoccupations croissantes autour de l’équilibre entre sécurité, politique et respect des droits civiques au Sénégal.

Budget 2026 du Ministère de l’Intérieur : un investissement stratégique de 220 milliards FCFA pour la sécurité et la cohésion sociale

Le budget 2026 du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, arrêté à 222,2 milliards FCFA en autorisations d’engagement (AE) et 220 milliards FCFA en crédits de paiement (CP), est examiné ce mercredi 10 décembre 2025 en séance plénière à l’Assemblée nationale. Cette enveloppe substantielle traduit la volonté des autorités de consolider la sécurité intérieure, d’améliorer la gouvernance administrative et de renforcer la protection des populations dans un contexte marqué par de nouveaux défis sécuritaires et sociaux.

Le premier volet du budget porte sur le pilotage, la coordination et la gestion administrative. Le Programme 1003 bénéficie d’une dotation de 6,64 milliards FCFA en AE et 6,61 milliards FCFA en CP. L’essentiel de ces ressources est destiné à assurer la continuité institutionnelle du ministère, à travers des dépenses de personnel estimées à 1,52 milliard FCFA, des dépenses en biens et services de 1,88 milliard FCFA et des investissements publics de 3,21 milliards FCFA. Ce programme constitue le socle organisationnel de l’administration centrale, permettant le fonctionnement optimal des services et le pilotage stratégique des politiques publiques.

La sécurité publique demeure la priorité majeure du département, comme en témoigne la dotation record attribuée au Programme 2009. Ce dernier concentre 152,3 milliards FCFA en AE et 150,8 milliards FCFA en CP, faisant de lui le premier poste budgétaire du ministère. Cette enveloppe couvre notamment les dépenses de personnel, qui s’élèvent à 86,08 milliards FCFA, et l’achat de biens et services pour un montant de 13,4 milliards FCFA. Les transferts courants atteignent 13,68 milliards FCFA, confirmant l’ambition des autorités de renforcer les capacités humaines, techniques et logistiques des forces de sécurité. Dans un contexte marqué par des enjeux de criminalité, de gestion des risques et de prévention, cette allocation vise à garantir une présence sécuritaire renforcée sur tout le territoire.

Un troisième programme, également orienté vers la sécurité opérationnelle, bénéficie d’un financement de 27,4 milliards FCFA en AE et 15,6 milliards FCFA en CP. Ses ressources sont destinées au fonctionnement et à la modernisation des outils logistiques du ministère. Les dépenses de personnel y sont évaluées à 525,6 millions FCFA, tandis que les biens et services mobilisent 145,3 millions FCFA. Les transferts courants atteignent 1,9 milliard FCFA, alors que les investissements absorbent l’essentiel du budget avec 24,8 milliards FCFA en AE et 13,1 milliards FCFA en CP. Ce programme joue un rôle déterminant dans la rénovation des infrastructures, l’acquisition d’équipements modernes et l’amélioration de la réactivité des services de sécurité.

Au-delà de l’aspect sécuritaire, le ministère se voit confier une dimension sociale essentielle à travers le Programme 2130, consacré à la famille, à l’enfance et à la protection des groupes vulnérables. Doté de 104,28 milliards FCFA en AE et 104,18 milliards FCFA en CP, il matérialise la volonté gouvernementale de renforcer la solidarité nationale. Ce programme mobilise 2,54 milliards FCFA pour le personnel, 1,08 milliard FCFA pour les biens et services, et 41,4 milliards FCFA en transferts courants destinés au soutien des populations vulnérables. Les investissements y occupent une place importante, avec 24,04 milliards FCFA en AE et 23,95 milliards FCFA en CP, et visent notamment à améliorer les mécanismes de prise en charge sociale, moderniser les structures d’accueil et appuyer les initiatives de protection de l’enfance.

Dans son ensemble, le budget 2026 du Ministère de l’Intérieur s’inscrit dans une stratégie nationale articulée autour de deux priorités : la sécurisation du territoire et le renforcement de la cohésion sociale. Avec plus de 220 milliards FCFA mobilisés, le projet reflète la détermination des autorités à moderniser les services de l’État, professionnaliser les forces de sécurité, renforcer la résilience des populations et répondre efficacement aux défis contemporains. L’examen de ce budget par les députés revêt ainsi un enjeu majeur, tant pour la stabilité intérieure que pour le bien-être des citoyens.

Affaire des 125 milliards : Farba Ngom enfin convoqué pour une audition décisive après neuf mois de détention

Alors que le dossier paraissait enlisé depuis plusieurs mois, une nouvelle phase cruciale s’ouvre pour le député-maire d’Agnam. Selon Les Échos, Farba Ngom est convoqué le lundi 15 décembre devant le juge d’instruction du Pool judiciaire financier pour une audition au fond dans l’affaire des 125 milliards de francs CFA. Il s’agit de la première occasion, depuis son inculpation et son placement sous mandat de dépôt le 27 février, pour l’ancien proche du pouvoir de livrer sa version des faits et de se défendre face aux accusations qui pèsent sur lui. Pour ses avocats, cette étape pourrait ouvrir la voie à la possibilité d’un cautionnement suivi d’une éventuelle mainlevée du mandat de dépôt.

Cette convocation intervient après une longue période de silence procédural. Durant plus de neuf mois, le député-maire est resté en détention provisoire sans être interrogé sur le fond du dossier. Une situation qui suscitait, selon Les Échos, incompréhensions et frustrations dans son entourage, d’autant plus que l’ensemble des autres personnes citées dans cette affaire avaient déjà été entendues par le magistrat instructeur. Le juge semble avoir privilégié une stratégie consistant à clore les auditions périphériques avant d’interroger les deux principales figures du dossier : Farba Ngom et l’homme d’affaires Tahirou Sarr. Tous deux apparaissent dans le rapport de la CENTIF, qui les présente comme des acteurs centraux d’un système présumé d’escroquerie portant sur des deniers publics, avec d’éventuels faits de blanchiment d’argent. Une affaire gigantesque, portant sur un montant faramineux de 125 milliards de francs CFA, et qui continue de nourrir interrogations et débats dans les sphères judiciaires comme politiques.

À quelques jours de l’audition annoncée, une question capitale demeure : Farba Ngom sera-t-il en mesure, physiquement, d’y assister ? Les Échos rappelle que plusieurs expertises médicales, réalisées par des professeurs de médecine, ont conclu à l’« incompatibilité » de son état de santé avec la détention en milieu carcéral. Malgré ces avis médicaux jugés préoccupants, le ministère public n’a pas donné suite aux demandes de mainlevée du mandat de dépôt formulées par sa défense. La Chambre d’accusation avait pourtant ordonné une assignation à résidence, mais cette décision a été immédiatement contestée par le Parquet général devant la Cour suprême, prolongeant encore l’incertitude autour de la situation judiciaire de l’édile d’Agnam.

Ses avocats restent prudents quant à sa capacité physique à supporter une audition longue et potentiellement éprouvante. Ils limitent leurs déclarations publiques, mais dans l’entourage du maire, l’inquiétude grandit à mesure que s’approche le 15 décembre. Si l’audition se tient comme prévu, elle pourrait constituer un tournant majeur dans une affaire aussi sensible que tentaculaire, où s’entremêlent enjeux judiciaires, considérations politiques et interrogations sur la santé d’un homme au centre d’un des plus importants dossiers financiers de ces dernières années au Sénégal.

Gestion des indemnisations : Mbaye Dione interpelle vigoureusement le ministre Maïmouna Dieye à l’Assemblée nationale

Lors de l’examen du budget du ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, le député Mbaye Dione a vivement interpellé la ministre Maïmouna Dieye sur la gestion des indemnisations destinées aux victimes des événements survenus entre 2021 et 2024. Son intervention, marquée par un ton ferme, a mis en lumière de nombreuses zones d’ombre dans la répartition de ces fonds publics, estimés à près de 8 milliards de francs CFA.

Selon le parlementaire, la ministre n’aurait pas dû procéder à la distribution de ces indemnisations avant que la justice ne statue clairement sur les responsabilités liées aux violences de ces années. Pour Mbaye Dione, cette démarche pourrait exposer la ministre à des conséquences institutionnelles : « Je ne vous souhaite que du bien, mais demain, si la Cour des comptes vous demande des explications, vous n’en aurez pas… », a-t-il déclaré, soulignant un risque de gestion irrégulière des deniers publics.

Le député a également mis en cause l’efficacité du processus de distribution, en affirmant que de nombreuses victimes n’avaient toujours pas reçu les montants qui leur étaient destinés. Cette situation, selon lui, traduit un dysfonctionnement profond au sein de l’administration en charge de ces allocations. Il a ainsi exigé que la ministre fournisse des éclaircissements précis sur l’affectation et l’utilisation réelle des 8 milliards destinés aux sinistrés.

Au-delà des indemnisations liées aux violences, Mbaye Dione a dénoncé les retards prolongés dans le versement des bourses de sécurité familiale, censées soutenir les familles vulnérables. Plusieurs ménages, a-t-il rappelé, sont restés pendant des mois sans percevoir cette aide essentielle. Pour le député, ces lenteurs administratives, qu’il qualifie d’« insanités » dans la gestion des fonds publics, aggravent la précarité des populations les plus fragiles.

En conclusion, Mbaye Dione a exhorté la ministre Maïmouna Dieye à entreprendre des actions concrètes et immédiates pour mettre fin aux dysfonctionnements constatés. Il a insisté sur la nécessité de restaurer la transparence et l’équité dans la gestion des fonds sociaux, afin que les victimes des violences et les familles en difficulté puissent enfin bénéficier des aides auxquelles elles ont droit.

Bougar Diouf (UPS) répond à la convocation et annonce une contre-attaque judiciaire contre Abass Fall

Suite à une plainte déposée par le Maire de Dakar, Monsieur Abass Fall, concernant un article publié dans la presse par notre parti, j’ai reçu une convocation téléphonique de la Sûreté urbaine pour demain à 10 heures.

C’est dû à un article de notre parti UPS publié depuis le 12 novembre 2025 et partagé avec la presse, sur les réseaux sociaux et sur ma page Facebook, quand Abass Fall attaquait le Dr Abdourakhmane DIOUF.

On pris part pour défendre le frère de Awalé. C’est lui qui a attaqué A.S en premier et on réplique. S’il était brave, il allait se battre mais pas fuir le combat et aller se réfugier entre les mains de Dame justice.

Je tiens à préciser que l’article en question relève exclusivement de la communication officielle du parti politique légalement constitué Union des Panafricains Sénégalais (UPS).

En conséquence, je déposerai également plainte contre Monsieur Abass Fall pour :

action juridique abusive fondée sur un article émanant d’un parti politique légalement constitué ;

mise en cause individuelle injustifiée d’un document relevant d’une entité politique reconnue ;

imputation d’identité erronée ;

et dénonciation inexacte dirigée à mon encontre.

M. Président Mr Bougar DIOUF Officiel
Union des Panafricanistes Sénégalais UPS

Crise de confiance au sommet de l’État : la démission avortée de Cheikh Diba, révélée par Jeune Afrique

Selon des informations publiées par Jeune Afrique, le ministre sénégalais des Finances et du Budget, Cheikh Diba, aurait failli quitter le gouvernement plusieurs mois plus tôt. L’affaire, tenue jusqu’ici dans la plus grande discrétion, met en lumière des tensions internes autour de la gestion de la dette publique et de la volonté affichée du Premier ministre, Ousmane Sonko, de rendre transparente la situation réelle des finances nationales.

D’après les révélations du média panafricain, Cheikh Diba aurait présenté sa démission à Ousmane Sonko après avoir appris l’intention de ce dernier de rendre public le premier rapport de l’Inspection générale des finances (IGF). Ce document, extrêmement sensible, révèle notamment des informations sur ce que le chef du gouvernement a appelé la « dette cachée ». La mise à disposition de ce rapport au public risquait, selon Cheikh Diba, de provoquer de fortes secousses économiques et politiques, compte tenu de ses implications sur la gouvernance financière des dernières années.

La situation aurait finalement été désamorcée par l’intervention du président Bassirou Diomaye Faye. Très proche du ministre des Finances, le chef de l’État serait personnellement intervenu pour convaincre son collaborateur de rester au sein de l’équipe gouvernementale. Ousmane Sonko, de son côté, aurait catégoriquement refusé la démission de Cheikh Diba, estimant nécessaire de maintenir un équilibre au sommet de l’appareil économique de l’État.

Cette controverse intervient dans un contexte où le passé professionnel de Cheikh Diba revient au centre des débats. L’homme, bien qu’aujourd’hui membre de Pastef, a longtemps occupé des fonctions stratégiques sous l’administration de Macky Sall. Il fut notamment conseiller technique chargé du suivi des grands projets du Plan Sénégal Émergent (PSE) en 2015, sous la tutelle du ministre des Finances de l’époque, Amadou Ba. Par la suite, il a été nommé coordonnateur du programme économique et financier conclu avec le FMI, avant d’être promu directeur du Budget, toujours sous l’ancien régime.

Pour certains observateurs, ce parcours au cœur des rouages de l’État pourrait expliquer certaines réticences face à une mise à nu de la gestion financière passée. Jeune Afrique rapporte que plusieurs sources accusent aujourd’hui Cheikh Diba, ainsi que d’autres acteurs en poste sous Macky Sall, de freiner délibérément les négociations en cours avec le FMI. Ces blocages seraient liés, selon eux, aux révélations sur la dette cachée, un sujet particulièrement sensible qui mettrait en cause des responsables encore présents au sein de l’administration actuelle.

Une source sénégalaise citée par le journal confie que la dette cachée révélée récemment par Ousmane Sonko était déjà connue de certains cadres du régime précédent, dont Cheikh Diba. Ce dernier, en tant que haut fonctionnaire ayant participé à la conception et au pilotage de plusieurs mécanismes budgétaires sous Macky Sall, se retrouverait ainsi au cœur d’un dossier où passé et présent se chevauchent dangereusement.

Cette affaire soulève de nombreuses interrogations sur la profondeur des réformes financières entreprises par les nouvelles autorités, ainsi que sur la capacité du gouvernement à mener une politique de transparence totale sans provoquer des résistances internes. Elle révèle également les tensions inhérentes à la coexistence, dans l’appareil d’État, de personnalités issues d’horizons politiques différents et porteurs d’intérêts parfois divergents.

L’APR affiche sa résilience à Kolda : Moussa Baldé et Abdoulaye Diop appellent à l’unité et à la mobilisation

Devant un parterre de responsables politiques, de militants et de sympathisants venus de plusieurs localités du Fouladou, le Pr Moussa Baldé a réaffirmé la vitalité de l’Alliance pour la République (APR), malgré les départs qui ont récemment touché la formation politique de l’ancien président Macky Sall. Dans une salle acquise à sa cause, l’ancien ministre a tenu à rassurer les militants sur la stabilité et la capacité du parti à se relever. « L’APR est là et reste là. Nous allons continuer le travail », a-t-il martelé, saluant la forte mobilisation notée lors de la rencontre. Il a estimé que cette affluence était la preuve que l’APR conserve encore une base solide dans le Fouladou, en dépit du ralliement de certains maires et responsables locaux au camp présidentiel.

Abdoulaye Diop, mandaté par le Secrétariat exécutif national du parti, a lui aussi insisté sur la nécessité de préserver la cohésion interne. Dans son allocution, il a rappelé l’importance de la solidarité, de la discipline et de la mobilisation permanente pour garantir l’efficacité de la stratégie de reconquête du pouvoir. Selon lui, « l’unité et le travail sont les seules voies pour maintenir l’APR forte dans le Fouladou et au niveau national ». Ce message se veut un appel à resserrer les rangs et à éviter les divisions susceptibles d’entraver la dynamique du parti.

La rencontre, qui s’inscrit dans une démarche de remobilisation générale, marque une étape décisive pour l’APR à Kolda. Les responsables locaux ont profité de l’occasion pour réaffirmer leur engagement à renforcer l’implantation du parti sur le terrain. Ils se sont engagés à redynamiser les structures de base, à intensifier la proximité avec les populations et à préparer sereinement les prochaines échéances politiques. Pour eux, l’objectif est clair : faire du Fouladou un bastion solide dans la perspective des futures batailles électorales.

Thierno Alassane Sall charge le régime PASTEF : « La loi d’amnistie demeure le principal obstacle à la justice »

Au lendemain de la journée de commémoration dédiée aux « martyrs » des manifestations violentes ayant secoué le Sénégal entre 2021 et 2024, le député Thierno Alassane Sall a une nouvelle fois relancé le débat sur la loi d’amnistie, qu’il considère comme le verrou majeur empêchant l’éclatement de la vérité et la manifestation de la justice. L’ancien ministre estime que tant que ce texte reste en vigueur, aucune procédure judiciaire sérieuse ne pourra aboutir concernant les victimes, les responsabilités ou les dérives survenues durant cette période.

Pour Thierno Alassane Sall, le blocage est clair : le régime actuel, dirigé par PASTEF, « a délibérément refusé d’abroger » la loi d’amnistie. Une attitude qu’il qualifie de parfaitement assumée par les gouvernants, même si elle est rarement reconnue publiquement. Selon lui, personne n’est dupe : la persistance de cette loi n’est pas un oubli, mais un choix politique.

Il souligne que l’État du Sénégal, tout comme les familles des victimes, n’a besoin que d’une seule mesure pour permettre l’ouverture de procédures judiciaires : la suppression de cet obstacle juridique. En maintenant l’amnistie, affirme-t-il, le procureur, les magistrats et les citoyens souhaitant saisir la justice se retrouvent enfermés dans « un brouillard légal soigneusement entretenu ». Cette situation paradoxale crée une incohérence institutionnelle où l’on exhorte à agir tout en empêchant toute action. Pour le député, la solution est donc sans ambiguïté : la loi doit être abrogée purement et simplement.

Thierno Alassane Sall accuse par ailleurs le régime de vouloir imposer une lecture biaisée de la situation. Selon lui, présenter le président de la République comme l’unique responsable du blocage relève d’une « mise en scène grossière ». Il estime que cette stratégie s’inscrit dans une méthode politique déjà connue chez le leader de PASTEF : celle de la manipulation destinée à déplacer systématiquement la responsabilité et à détourner l’attention des Sénégalais.

L’ex-ministre n’a pas manqué d’interpeller directement le Premier ministre Ousmane Sonko. Il lui rappelle qu’il n’a plus l’adversaire qui lui servait jusque-là de repoussoir politique : « Macky Sall n’est plus là », dit-il, avant de l’accuser d’avoir désormais désigné le président Bassirou Diomaye Faye comme nouvelle cible dans son discours politique. Selon Thierno Alassane Sall, cette nécessité constante de se construire un ennemi serait un « besoin » pour Sonko afin de continuer à exister sur la scène politique.

Présidentielle 2029 : Ousmane Sonko réaffirme sa candidature et défie toute tentative d’exclusion

Ousmane Sonko a profité, ce dimanche, de la cérémonie de commémoration en hommage aux « martyrs » des manifestations survenues entre 2021 et 2024 pour envoyer un message politique clair : il sera candidat à la présidentielle de 2029. Le leader du Pastef-Les Patriotes, désormais figure centrale de la scène politique sénégalaise, a tenu un discours offensif, mêlant mémoire, justice et perspectives électorales.

Face aux familles des victimes, à ses militants et aux responsables du parti réunis au Grand Théâtre, Ousmane Sonko a rappelé les obstacles politiques et judiciaires qui ont jalonné son parcours depuis 2021. C’est dans ce contexte chargé qu’il a lancé une déclaration forte : « Après 2024, personne ne pourra m’empêcher de participer à une élection… ». Une affirmation qui sonne comme une mise en garde directe à toute tentative future de contestation de son éligibilité.

Sa sortie intervient alors que la question de sa participation au scrutin de 2029 continue d’alimenter le débat public. Sa condamnation pour diffamation dans l’affaire Prodac, qui l’opposait à Mame Mbaye Niang, avait suscité une longue bataille judiciaire et politique autour de son statut électoral. L’affaire avait été au cœur des tensions préélectorales de 2024, conduisant notamment à son exclusion provisoire des listes électorales avant son retour sur la scène institutionnelle.

En évoquant son avenir politique, Ousmane Sonko a voulu dissiper tout doute : pour lui, 2029 est désormais un horizon incontournable. Il a assuré que plus aucune manœuvre judiciaire ou administrative ne pourra entraver sa candidature. Cette déclaration marque le début d’une nouvelle séquence politique, alors même que son gouvernement poursuit des réformes majeures dans plusieurs secteurs et que Pastef tente de consolider son assise nationale.

Devant une assistance acquise à sa cause, le Premier ministre a également replacé cette annonce dans une vision plus large : celle de poursuivre le combat entamé depuis plus d’une décennie pour, selon lui, transformer les institutions et garantir une véritable justice sociale au Sénégal. Son discours, empreint de détermination, laisse présager une campagne future qui s’annonce déjà musclée.

Cette prise de position, qui intervient quatre ans avant le scrutin, est perçue comme une volonté d’installer très tôt les lignes du débat politique national. Elle devrait faire réagir la classe politique, en particulier ses adversaires qui voient dans cette affirmation anticipée une manière d’occuper le terrain médiatique et de resserrer les rangs de ses partisans autour d’un objectif clair.

Assemblée nationale : Alioune Sall recadre Cheikh Bara Ndiaye et clarifie les prérogatives de son ministère

Le ministre de la Communication, Alioune Sall, n’a pas mâché ses mots lors de son passage à l’Assemblée nationale. Interpellé par le député Cheikh Bara Ndiaye sur des questions liées à la régulation des médias et aux comportements sur les réseaux sociaux, le ministre a vivement dénoncé une série de confusions qu’il juge graves et préjudiciables au débat public. Selon lui, l’élu s’est trompé de cible en attribuant à son département ministériel des responsabilités qui relèvent en réalité du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA).

« Il y a des confusions de rôle entre les prérogatives du ministère que je dirige et celles du CNRA », a-t-il d’abord déclaré, tout en regrettant que de telles approximations puissent émaner d’un représentant du peuple. Visiblement agacé, Alioune Sall a rappelé que les accusations formulées procèdent, selon lui, d’un manque de maîtrise des textes en vigueur, voire d’une volonté manifeste de désinformer. « L’honorabilité ne se présume point. Quand on porte la parole du peuple, on se renseigne avant de s’exprimer. Ce n’est pas la première fois. Les députés qui votent les lois ne doivent pas les ignorer », a-t-il lancé en direction de Cheikh Bara Ndiaye.

Le ministre a insisté sur un point essentiel : le CNRA est un organe indépendant, rattaché directement à la Présidence de la République, et ne dépend en aucun cas du ministère de la Communication. Il n’existe donc aucun lien hiérarchique, administratif ou fonctionnel entre les deux entités. En conséquence, les critiques visant le ministre pour une prétendue inaction face à des insultes ou manquements dans les médias seraient totalement infondées. « Dire qu’on insulte un tel et que le ministre ne fait rien, c’est de la désinformation. J’espère que ce sera la dernière fois. Je pensais que c’était juste des propos de réseaux sociaux, mais quand ça arrive dans l’hémicycle, c’est grave », a-t-il martelé.

Alioune Sall a également profité de cette mise au point pour clarifier le champ de compétence exact du CNRA. L’organe régule exclusivement la radio et la télévision. Il n’a aucune prérogative sur les réseaux sociaux, un espace où, reconnaît le ministre, subsistent encore de nombreuses zones d’ombre. Il a rappelé que même si le Code pénal comprend certaines dispositions concernant les abus commis en ligne, le cadre légal reste insuffisant pour répondre efficacement aux dérives observées dans l’univers numérique. Pour lui, la mise à jour des textes devient indispensable afin de mieux encadrer la communication digitale, devenue centrale dans la vie sociale et politique.

En conclusion, le ministre de la Communication a invité les députés à faire preuve de rigueur, de responsabilité et de maîtrise des lois qu’ils adoptent. Il estime que les amalgames et assertions non fondées nuisent non seulement à la crédibilité des institutions, mais aussi à la bonne compréhension des citoyens. Alioune Sall appelle ainsi à un débat mieux informé, respectueux des rôles de chacun et conforme aux réalités juridiques du pays.

Campagne arachidière : Mabouba Diagne rassure les producteurs et défend la vision agricole du gouvernement

En pleine séance budgétaire à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, s’est longuement exprimé sur les enjeux de la prochaine campagne de commercialisation de l’arachide. Il a rappelé que le Comité national interprofessionnel de l’Arachide (CNIA) reste l’unique instance habilitée à fixer le prix au producteur ainsi qu’à proposer la date d’ouverture de la campagne. Selon le quotidien L’As, le ministre a tenu à rassurer les producteurs et les parlementaires quant au suivi rigoureux des opérations et à la préservation des intérêts de tous les acteurs.

Face aux députés, lors de la présentation du projet de budget de son département, adopté hier, Mabouba Diagne a exposé les orientations stratégiques de son ministère, soulignant les avancées enregistrées en 18 mois mais aussi les défis persistants vers l’objectif de souveraineté alimentaire. Il a salué la vision du gouvernement, qui place l’agriculture et l’élevage parmi les leviers essentiels du développement national.

Le ministre a assuré que toutes les dispositions seraient prises pour éviter toute baisse du prix au kilogramme d’arachide, notamment grâce au conseil interministériel prévu sur la question. Avec une production annoncée à plus de 900 000 tonnes cette année, les prévisions font état d’une dotation de 250 000 tonnes à la SONACOS et de 70 000 tonnes réservées aux semences, permettant d’envisager l’exportation d’une partie de la production nationale. Mabouba Diagne a insisté sur l’importance pour les producteurs de développer leurs propres semences, un mécanisme qui générerait des ressources supplémentaires pouvant être réinvesties dans l’irrigation, l’engrais et la modernisation des exploitations.

Concernant la gouvernance de la campagne, il a annoncé une révision de la composition des commissions de distribution, avec une implication plus forte des députés et une orientation vers des commissions majoritairement dirigées par des femmes, dans une logique de transparence et d’équité.

Évoquant les efforts de modernisation du secteur agricole, le ministre a mis en avant les actions engagées pour permettre aux agriculteurs de produire sur toute l’année. Cela passe par un meilleur accès au matériel agricole, aux aliments de bétail et aux unités de transformation, notamment pour la filière lait. Il a rappelé que la maîtrise de l’eau, la mécanisation et l’amélioration génétique constituent des conditions indispensables pour atteindre la souveraineté alimentaire. Les résultats enregistrés sur les 18 derniers mois témoignent de ces efforts : 250 000 tonnes de pomme de terre, 450 000 tonnes d’oignons, 112 000 tonnes de banane et 25 000 tonnes de coton.

Interrogé sur le soutien aux entrepreneurs de l’agrobusiness, Mabouba Diagne a précisé que ceux-ci ne bénéficient que de 5 % des intrants, la priorité étant accordée aux petits producteurs qui représentent le cœur de la politique agricole nationale. Il a également salué les performances de la Direction de la Protection des Végétaux (DPV) dans la lutte contre la mouche blanche, qui a particulièrement affecté la filière mangue ces dernières années.

Le ministre a ensuite abordé la mobilisation de ressources supplémentaires destinées aux projets industriels régionaux, notamment les unités de production de Ziguinchor et Sédhiou. Il a insisté sur la nécessité de prioriser la qualité des sols, soutenue par une nouvelle cartographie nationale de fertilité. À la fin des récoltes dans le Nord, des tracteurs et moissonneuses ont été redéployés vers le Sud pour soutenir les producteurs. Il a aussi confirmé l’extension du programme « Allo Tracteur » à toutes les communes du pays, afin de démocratiser l’accès à la mécanisation.

La SODAGRI a obtenu une rallonge de 700 millions de francs CFA. Pour faire face au coût élevé de l’électricité, le ministre a annoncé des négociations avec le ministère de l’Énergie en vue de mettre en place un tarif vert, plus accessible et fondé sur un partenariat public-privé. Il a également évoqué l’amélioration de la gestion des domaines agricoles communautaires (DAC) et l’équipement des points de collecte en cribles agricoles, ainsi que la mise à disposition d’équipements pour soutenir la riziculture dans le centre du pays.

Assemblée nationale : Mbaye Dione dénonce “l’inaccessibilité sélective” du ministre de la Santé

L’Assemblée nationale a été le théâtre d’une vive interpellation ce jeudi lorsque le député-maire Mbaye Dione a dénoncé l’attitude du ministre de la Santé, qu’il accuse d’“inaccessibilité sélective”. Lors de sa prise de parole, l’édile n’a pas mâché ses mots, estimant qu’un ministre de la République ne peut choisir à qui répondre parmi les représentants du peuple.

Selon Mbaye Dione, malgré de nombreuses tentatives de contact, le ministre n’a jamais donné suite à ses appels ni aux SMS qu’il lui a envoyés. Il affirme que le ministre lui avait pourtant promis à plusieurs reprises de le rappeler, promesses qui sont restées sans suite. “En ma qualité de maire, j’ai sollicité une audience pour discuter de dossiers extrêmement importants concernant ma commune. En tant que secrétaire général de l’Association des maires également, j’ai demandé à vous rencontrer. Même le représentant du peuple que je suis vous a sollicité… toutes les fois, vous avez refusé”, a-t-il regretté devant l’hémicycle.

L’élu a tenu à rappeler que la santé est une compétence transférée, ce qui lui confère, selon lui, un droit institutionnel à rencontrer le ministre pour un suivi régulier des besoins de sa commune. Il a souligné que sa municipalité a construit, avec l’aide de partenaires, sept postes de santé, des infrastructures qui nécessitent aujourd’hui un accompagnement de l’État, notamment en équipements et en personnel qualifié. “L’État doit pouvoir nous accompagner, ne serait-ce que pour inaugurer un poste. Je vous ai appelé pour cela, vous n’avez pas répondu. La République n’a pas de clan ni de couleur : vous êtes là pour la population”, a insisté le député-maire.

Mbaye Dione a également évoqué un dossier concernant des partenaires belges spécialisés dans la digitalisation des données médicales. Ces derniers, déjà reçus par le professeur Moussa Seydi, souhaitaient rencontrer les autorités sanitaires pour présenter leur projet. Là encore, assure le député, ses sollicitations adressées au ministre sont restées vaines. “Je vous ai appelé dans l’intérêt du Sénégal, par l’intermédiaire de l’Association des maires. Nous sommes des démembrements de l’État, nous devons travailler en parfaite harmonie”, s’est-il désolé.

À l’Assemblée nationale, Tahirou Sarr dénonce de graves dysfonctionnements dans le système de santé

Lors de son intervention devant les députés, Tahirou Sarr a livré un diagnostic sévère sur le fonctionnement du système de santé, pointant du doigt ce qu’il considère comme une série de dérives affectant la prise en charge des patients. Selon lui, un déséquilibre préoccupant s’est installé entre les structures publiques et les acteurs privés du secteur pharmaceutique et des analyses médicales.

Le parlementaire a d’abord dénoncé la récurrence des ruptures de stocks dans les pharmacies internes des hôpitaux, obligeant de nombreux malades à acheter leurs médicaments dans des officines extérieures. Cette situation, qu’il juge anormale, s’accompagnerait d’une externalisation excessive des examens médicaux, réalisés en grande partie dans des laboratoires privés. Tahirou Sarr s’interroge sur l’existence d’un possible “deal” entre certains établissements publics et ces structures privées, appelant les autorités sanitaires à faire preuve de transparence et à renforcer les mécanismes de contrôle pour dissiper tout soupçon de collusion.

Le député a ensuite attiré l’attention sur la saturation croissante de plusieurs hôpitaux du pays. Il affirme que certains services, notamment de maternité, seraient débordés en raison de l’afflux de patientes provenant de pays frontaliers, venues y accoucher. Sans remettre en cause le droit fondamental de chaque personne à recevoir des soins, Tahirou Sarr estime que cette situation crée des tensions sur les capacités d’accueil et complique l’accès aux services pour certaines femmes sénégalaises. Il plaide ainsi pour une meilleure organisation, qui permettrait de répondre en priorité aux besoins nationaux, tout en respectant les engagements humanitaires et légaux du pays.

Enfin, le parlementaire a insisté sur les défis liés à la formation et au recrutement dans le secteur de la santé. Selon lui, un nombre important de professionnels formés au sein des hôpitaux publics seraient originaires de pays voisins, tandis qu’une présence croissante de médecins étrangers est constatée à Dakar. S’il reconnaît l’apport de ces praticiens à l’offre de soins, Tahirou Sarr appelle à une réflexion stratégique sur la politique de formation, afin de s’assurer que les investissements consentis par l’État profitent pleinement au système sanitaire national.

« Thérèse Faye interpelle Mabouba Diagne sur le prix de l’arachide, la salinité des sols et les infrastructures rurales »

Lors de la séance plénière tenue hier à l’Assemblée nationale, la députée Thérèse Faye a confronté le ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, avec un ton direct et incisif, soulevant plusieurs préoccupations majeures touchant le monde rural sénégalais. Ses interpellations ont porté sur des dossiers sensibles, allant de l’annonce du prix de l’arachide à la dégradation des sols, en passant par le manque d’infrastructures pour l’élevage et les risques de conflits d’intérêts liés aux activités privées du ministre.

La première question soulevée par Thérèse Faye concerne le prix du kilogramme d’arachide annoncé récemment par le ministre sur une chaîne YouTube, fixé à 305 F CFA. Selon elle, cette communication a été effectuée sans cadre officiel, aucun communiqué du Conseil des ministres, note interministérielle ou document officiel n’ayant été publié pour permettre aux services déconcentrés de prendre les dispositions nécessaires. Elle a insisté sur le risque de désorientation des producteurs, des acheteurs et des autorités locales, soulignant qu’une telle annonce publique, sans support officiel, crée une confusion préjudiciable à la campagne arachidière.

La députée a également mis en lumière la dégradation préoccupante des sols dans plusieurs localités de la région de Fatick, notamment à Diarrère, Mbella Kadiam et Niakhar. La salinité de ces terres, selon elle, compromet gravement les activités agricoles. Elle a appelé à la mise en place urgente de digues anti-sel afin de restaurer la fertilité des sols et de soutenir les agriculteurs locaux. Thérèse Faye a par ailleurs souligné les difficultés auxquelles sont confrontés les éleveurs, notamment le manque d’infrastructures essentielles telles que les parcs de vaccination et les abreuvoirs, indispensables pour améliorer la santé animale et réduire les pertes. Si elle a reconnu les efforts déployés par certaines mairies, elle a insisté sur le fait que leurs budgets restent insuffisants pour répondre aux besoins croissants du secteur.

Un autre point sensible de son intervention concerne la situation personnelle du ministre dans le secteur de la volaille. Thérèse Faye a interrogé la compatibilité entre l’exercice de ses fonctions publiques et son statut de deuxième producteur national de volaille, rappelant que même si la loi le permet, la communication sur ses activités privées pourrait générer des incompréhensions ou des soupçons de conflits d’intérêts. Elle a également mentionné que, malgré les affirmations du ministre selon lesquelles ses initiatives agro-industrielles étaient financées « sur fonds propres », son projet Gade Gui a bénéficié d’un accompagnement du FONGIP, dont il a été administrateur, ainsi que du PRODAC pour l’accès aux terres.

Tout en saluant les réussites personnelles du ministre, qu’elle a présentées comme un exemple de l’impact positif des politiques publiques mises en œuvre sous la présidence de Macky Sall, Thérèse Faye l’a invité à mettre davantage en avant les actions gouvernementales plutôt que ses réalisations personnelles, afin de garantir transparence et équité dans la conduite des politiques agricoles.

Réforme du système de retraite et modernisation de l’État : le Premier ministre dévoile les grandes orientations

Le Premier ministre a présenté, lors de sa communication en Conseil des ministres, l’état d’avancement de la réforme du système national de retraite, l’un des chantiers majeurs engagés par le gouvernement pour renforcer la protection sociale et assurer la soutenabilité financière du dispositif. Il a mis en avant la nécessité de bâtir un modèle plus inclusif, mieux administré et capable de répondre aux défis posés par un vieillissement démographique de plus en plus marqué.

Selon le chef du gouvernement, la pérennité du système repose notamment sur une gestion plus rigoureuse des ressources et une meilleure anticipation des besoins futurs. Il a rappelé à ce titre que les importantes réserves de l’IPRES constituent un outil stratégique pour financer endogènement le Plan de redressement économique et social. Toutefois, cette contribution ne pourra être pleinement efficace que si les fonds sont réorientés vers des investissements jugés prioritaires pour la croissance et le développement national.

Le Premier ministre a ainsi annoncé l’élaboration, dans un délai de trois mois, d’une feuille de route couvrant la période 2025-2028. Celle-ci fixera les principaux axes d’intervention, parmi lesquels la sécurisation de l’ensemble du système, l’élargissement de l’assiette contributive afin d’intégrer un plus grand nombre d’actifs, ainsi que l’optimisation des placements financiers pour garantir un rendement stable et durable. L’objectif est non seulement de consolider le système de retraite, mais aussi d’améliorer sa capacité à accompagner la transformation socio-économique du pays.

Parallèlement à cette réforme structurelle du secteur des retraites, le gouvernement a engagé une refonte profonde de l’appareil étatique. Le Premier ministre a détaillé une réorganisation ministérielle destinée à rationaliser les missions, réduire les chevauchements et renforcer l’efficacité globale de l’action publique. Cette restructuration s’accompagne d’un projet de nouveau cadre de gouvernance territoriale, dont la mise en place est prévue pour 2026. Il s’agira de clarifier les rôles entre l’État central et les collectivités, de mieux coordonner les interventions locales et nationales, et d’assurer une meilleure cohérence des politiques publiques sur l’ensemble du territoire.

RÉORGANISATION DE LA PRIMATURE : LE PRÉSIDENT BASSIROU DIOMAYE FAYE OFFICIALISE SON SOUHAIT D’AVOIR UN « PREMIER MINISTRE SUPER FORT »

Le président Bassirou Diomaye Faye franchit une nouvelle étape dans la transformation de l’appareil exécutif sénégalais. Après avoir annoncé sa volonté de renforcer le rôle et les prérogatives du Premier ministre, le chef de l’État concrétise désormais cette orientation institutionnelle à travers une vaste réorganisation de la Primature. Le projet de décret, signé par lui-même et contresigné par Ousmane Sonko, marque un tournant dans l’équilibre du pouvoir exécutif, en instaurant ce que le chef de l’État décrit comme un « Premier ministre super fort ».

Cette réforme s’inscrit pleinement dans la philosophie de gouvernance revendiquée par Diomaye Faye depuis son accession au pouvoir : déconcentrer les responsabilités, rationaliser les processus décisionnels et instaurer un fonctionnement institutionnel basé sur la complémentarité plutôt que sur la centralisation. En redéfinissant l’architecture du centre de gravité gouvernemental, la nouvelle configuration entend offrir au Premier ministre des leviers plus puissants pour coordonner l’action gouvernementale, piloter les politiques publiques et superviser la mise en œuvre des engagements de l’exécutif.

Concrètement, la réorganisation de la Primature vise à faire du Premier ministre un véritable chef d’orchestre, doté de moyens administratifs renforcés et de compétences élargies. En cela, le texte propose une structuration plus moderne du cabinet, une optimisation des organes de coordination interministérielle et une clarification des missions respectives entre la Présidence et la Primature. Le but affiché est d’éviter les redondances, de fluidifier les circuits de décision et d’assurer une efficacité accrue dans la conduite des réformes.

Ce choix politique revêt également une dimension symbolique forte. En contresignant le projet de décret, Ousmane Sonko — figure centrale du gouvernement et acteur charismatique de l’exécutif — valide la ligne de cohérence institutionnelle voulue par le Président. Cette décision témoigne d’une volonté d’affirmer un exécutif collégial, en rupture avec les modèles hyperprésidentialistes que de nombreux observateurs critiquaient depuis des années.

La réforme intervient par ailleurs dans un contexte d’attente populaire très élevé, où les citoyens espèrent une gouvernance plus lisible, plus rapide et plus rigoureuse. En dotant le Premier ministre de pouvoirs renforcés, le Président Faye entend répondre à cette demande en mettant en place un système de gestion publique moins dépendant de la Présidence et davantage orienté vers l’action opérationnelle.

Communiqué du Conseil des Ministres du mercredi 03 décembre 2025.

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 03 décembre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Devoir de mémoire et célébration de la journée des Tirailleurs sénégalais

Au début de sa communication, Monsieur le Président de la République informe le Conseil avoir présidé, le lundi 1er décembre 2025, en présence de son homologue de la République de Gambie, du Vice-Président de la République de Côte d’Ivoire, du Président de l’Assemblée nationale de la République du Togo et de plusieurs délégations étrangères, les cérémonies de commémoration du 81ème anniversaire du Massacre de Thiaroye et de célébration de la 1ère édition de la Journée des Tirailleurs sénégalais. Il félicite le Gouvernement, notamment le Premier Ministre et le Ministre des Forces Armées, ainsi que le Comité de commémoration, pour la bonne organisation et la rédaction du Livre blanc sur le Massacre de Thiaroye. Le Chef de l’Etat souligne que le devoir de mémoire et l’exigence de justice sur ce Massacre, demeurent des priorités de notre politique mémorielle. 

Après avoir réaffirmé l’engagement du Sénégal en faveur de la recherche et du rétablissement de la vérité des faits sur cet évènement historique, qui doit être vulgarisé et enseigné, le Président de la République décide, pour marquer la symbolique de cette commémoration, de la réalisation, sous la supervision du Premier Ministre, d’un Mémorial entre le Cimetière national et le Camp militaire de Thiaroye. 

Protection de la famille, des femmes et de la jeunesse

Socle de la stabilité sociale, la protection de la famille constitue, pour le Président de la République, une des missions fondamentales de l’Etat. A cet égard, il souligne que la jeunesse doit être protégée par l’Etat et les collectivités publiques contre l’exploitation, la drogue, les stupéfiants, l’abandon moral et la délinquance. Il demande de veiller à la santé physique et morale de la famille, en particulier des personnes en situation de handicap, des personnes âgées et des jeunes. Il insiste sur le droit à l’allègement des conditions de vie des femmes, notamment en milieu rural, l’amélioration de l’accès des filles à l’école et la protection des femmes et des jeunes filles contre les violences de toute nature. Dans cette optique, le Président de la République demande au Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités d’actualiser la Stratégie nationale pour l’Equité et l’Egalité de Genre et d’entreprendre la révision consensuelle du cadre relatif aux missions, à l’organisation et au fonctionnement de l’Observatoire national de la Parité (ONP).

Face à l’urgence d’un renforcement des dispositifs législatifs et réglementaires d’encadrement et de protection des droits des enfants, il instruit la mise en place d’un Observatoire national de Protection des Enfants, l’installation du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal et la fonctionnalité des projets de Maisons de la Jeunesse et de la Citoyenneté.

Action sociale et soutien de l’Etat aux personnes vivant avec un handicap

Rappelant que la communauté internationale célèbre la Journée internationale des personnes handicapées ce 03 décembre 2025, le Chef de l’Etat indique la nécessité d’évaluer l’application intégrale de la loi d’orientation sociale et le dispositif de la Carte d’égalité des chances. 

Considérant qu’il est essentiel de définir une nouvelle perspective de soutien renforcé aux personnes vivant avec un handicap, le Président de la République engage le Gouvernement à mettre en œuvre, à partir de l’année 2026, un Programme national intégré de soutien aux personnes vivant avec un handicap et à asseoir l’inclusion sociale et la solidarité nationale dans la mise en œuvre des politiques publiques. Il instruit d’accentuer le déploiement de l’ensemble des programmes et projets à incidence sociale directe sur l’amélioration des conditions de vie des populations, notamment les groupes les plus vulnérables, en particulier les personnes vivant avec un handicap. 

Stratégie nationale de Bonne Gouvernance et renforcement de la transparence dans la gestion publique 

Le Président de la République annonce l’ouverture d’une nouvelle ère de renforcement de la transparence dans la gestion publique, avec l’adoption de la loi portant création de l’Office national de Lutte contre la Corruption (OFNAC). Après avoir félicité ses nouveaux membres récemment nommés, à la suite d’un processus d’appel à candidatures sélectif, il réaffirme son engagement à soutenir cette nouvelle instance, dans l’exercice de ses missions et à accroître ses moyens d’intervention, afin d’en faire une structure nationale de référence en matière de transparence et de bonne gouvernance. En outre, il demande au Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, de finaliser le document portant Stratégie nationale de Bonne Gouvernance.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil qu’il prendra part, le lundi 08 décembre 2025 à Abidjan, à la cérémonie d’investiture du Président de la République de Côte d’Ivoire, Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Après avoir félicité le Président de la République pour son engagement en faveur de la réhabilitation de nos héros nationaux, Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur les deux points suivants :

Orientations pour une réorganisation des départements ministériels

Considérant l’Administration publique comme un pilier de la conduite du changement, le Premier Ministre a rappelé son engagement, à l’occasion de sa déclaration de politique générale, en faveur du passage d’une Administration bureaucratique à une Administration moderne et performante. Il a fait le point des constatations dans l’organisation et le fonctionnement de l’administration, qui rendent compte de ses limites et insuffisances à porter efficacement l’ambition déclinée dans l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050. Il a notamment évoqué l’instabilité institutionnelle, la redondance et l’inflation des structures, le chevauchement de missions, les conflits de compétences, la multiplication des centres de décisions, les difficultés dans la coordination de l’activité ministérielle, le manque de consistance de certaines fonctions essentielles, les différences notoires dans l’architecture organisationnelle et les conflits de compétences.

Ce faisant, il instruit le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, en rapport avec le Ministre, Secrétaire général de la Présidence de la République, les départements ministériels, le Bureau Organisation et Méthodes et le Contrôle financier, de prendre en compte les orientations qu’il a dégagées, dans l’élaboration des nouveaux décrets portant organisation des ministères. Le Premier Ministre a demandé, également, au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, en rapport avec le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique et le Ministre chargé des Collectivités territoriales, de lui proposer, d’ici la fin du mois de février 2026, un schéma d’organisation de l’administration territoriale, aligné à la Charte de la déconcentration. 

Réforme du système national de retraite

Abordant l’état d’avancement de la réflexion stratégique engagée autour de la réforme du système national de retraite, le Premier Ministre, après une analyse croisée des données, a souligné la nécessité de mettre en place un système plus inclusif, mieux administré, financièrement solide et adapté au vieillissement de la population.

Par ailleurs, il a estimé que les actifs de long terme et réserves techniques importantes de l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES) peuvent constituer un levier majeur de financement endogène du Plan de Redressement économique et social (PRES). Dans cette perspective, il a demandé au Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public et au Ministre des Finances et du Budget, en coordination avec l’ensemble des parties prenantes, de produire dans un délai de trois (03) mois une feuille de route 2025–2028, articulée autour de trois (03) axes structurants : assainissement et sécurisation du système, élargissement de l’assiette contributive et orientation graduelle des investissements de l’IPRES.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre d’Etat auprès du Président de la République, chargé du Suivi du Pilotage et de l’Evaluation de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, a fait une communication sur le pilotage des ressources. 

Le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a fait une communication sur l’amélioration du système de paiement des allocations d’études.

Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a présenté une communication sur la situation du marché et la commercialisation des denrées agricoles et alimentaires.

Le Ministre de la Jeunesse et des Sports a présenté une communication portant sur le Plan de Mobilisation et d’Engagement des Jeunes, en vue de l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), Dakar 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté : 

– le projet de décret fixant les modalités de désignation des Commissaires de la Commission nationale des Droits de l’Homme (CNDH) ;

– le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Conseil national de Lutte contre le SIDA (CNLS).

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

Bassirou Diomaye Faye appelle à une inclusion renforcée des personnes en situation de handicap

À l’occasion de la Journée internationale des personnes vivant avec un handicap, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu à adresser un message de soutien et d’encouragement à toutes les personnes concernées. Sur sa page Facebook, le chef de l’État a réaffirmé son engagement à répondre aux besoins de cette frange de la population et a lancé un appel à la mobilisation collective pour une inclusion véritablement effective.

Dans son message, le président Faye a exprimé toute son admiration et son respect envers les personnes vivant avec un handicap. Il a salué leur courage quotidien, leur ténacité face aux obstacles et la dignité avec laquelle elles mènent leur vie, soulignant que leur exemple constitue une véritable leçon de vie pour l’ensemble de la nation.

Le président de la République a réitéré sa vision d’un « Sénégal inclusif », dans lequel chaque citoyen, quelle que soit sa condition, bénéficie des mêmes opportunités. Selon lui, cet engagement passe par l’accès à une éducation de qualité, l’ouverture effective du marché de l’emploi, le soutien et le financement des initiatives entrepreneuriales ainsi qu’une adaptation des dispositifs sociaux aux besoins spécifiques des personnes en situation de handicap. Il a également insisté sur l’importance de l’accompagnement des familles, soulignant que leur soutien est essentiel pour favoriser l’inclusion.

Bassirou Diomaye Faye a appelé le gouvernement, les collectivités territoriales, les familles et l’ensemble de la communauté nationale à faire de l’inclusion socioéconomique des personnes handicapées une cause commune et permanente. Il a rappelé que la dignité d’une nation se mesure à sa capacité à offrir à chacun la possibilité de se réaliser pleinement.

Le président a conclu son message en affirmant qu’il restera aux côtés des personnes vivant avec un handicap pour bâtir un Sénégal plus juste, plus solidaire et profondément humain, adressant à toutes et à tous ses pensées les plus sincères à l’occasion de cette journée qui rappelle le devoir collectif de respect, d’inclusion et de dignité.

Thierno Alassane Sall dénonce la gestion de la crise dans les universités publiques

Le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a vivement critiqué la situation explosive que traversent actuellement les universités publiques du Sénégal, ainsi que l’attitude de certains membres du gouvernement face à cette crise. Dans une sortie au ton ferme, il a dénoncé ce qu’il qualifie d’« esprit belliqueux » au sein de l’exécutif, estimant que la volonté affichée d’étouffer toute contestation ne pouvait qu’engendrer des résistances. Selon lui, les méthodes « cavalières » déjà mises en œuvre par les autorités, notamment contre les marchands ambulants, avaient suscité l’émotion et l’indignation d’une grande partie des Sénégalais. L’application de la loi, a-t-il rappelé, doit se faire « avec pédagogie et empathie ».

Pour le député, les prises de position récentes de certains responsables gouvernementaux et de députés du Pastef, dans un contexte où l’ensemble des universités du pays est en ébullition, relèvent d’une profonde irresponsabilité. Il a rappelé la sortie du Premier ministre qui avait comparé la situation des bourses estudiantines au Sénégal à celle de la Côte d’Ivoire, une intervention qu’il considère comme maladroite et malvenue. Cette attitude tranche radicalement, selon lui, avec l’image d’un parti qui se voulait jadis « la voix des sans-voix ». Thierno Alassane Sall estime qu’un tel virage politique, opéré « avec une rare légèreté » et un « mépris profond » pour la détresse des étudiants, constitue une véritable provocation.

Le député va plus loin en affirmant que ce changement de posture est vécu comme une trahison par de nombreux jeunes. Il rappelle que le parti au pouvoir a longtemps érigé le culte des « martyrs » en symbole d’État et que la confrontation avec les forces de défense et de sécurité a souvent été présentée comme une norme quasi constitutionnelle. Ce contraste profond entre discours passé et pratiques actuelles contribue, selon lui, au choc psychologique ressenti aujourd’hui par les étudiants et leurs familles.

Face à l’escalade des tensions, Thierno Alassane Sall appelle le gouvernement à agir de manière urgente et déterminée pour rétablir la sérénité dans les campus. Il invite également les personnalités publiques et les « bonnes consciences » qui, sous l’ancien régime, dénonçaient fermement les violences et dérives dans les universités, à faire preuve de la même vigueur aujourd’hui. Pour clore son intervention, le président de la République des Valeurs a exhorté les étudiants à privilégier des formes de mobilisation qui les exposeraient moins aux risques de blessures et de violences, rappelant l’importance de préserver leur intégrité physique au cœur de ce mouvement contestataire.

Fonction publique : le ministre Olivier Boucal expose les réalisations 2024-2025 et fixe le cap pour 2026

Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public, Olivier Boucal, a présenté devant les Commissaires un exposé détaillé des réalisations majeures de son département pour la période 2024-2025. Il a également dévoilé des perspectives ambitieuses pour l’année 2026, insistant sur l’importance de la qualité de l’administration et de l’instauration d’un climat social apaisé comme leviers essentiels de la performance nationale.

Dans son intervention, le ministre a d’abord mis en lumière les principaux défis auxquels l’administration est confrontée, avant de décliner une série d’actions structurantes engagées par le Gouvernement. Il est notamment revenu sur les engagements destinés à réduire les disparités statutaires entre fonctionnaires et agents non fonctionnaires. À cet effet, deux textes majeurs ont été stabilisés en 2024 : le décret n° 74-347 relatif au régime des agents non fonctionnaires et le décret n° 2006-392 portant statut du Cadre de l’Enseignement. Ces réformes visent à corriger des injustices persistantes au sein de la fonction publique.

Le ministre Boucal a rappelé que le Sénégal respecte déjà les normes internationales en réservant 15 % des postes aux personnes handicapées. Même si l’anonymat des concours complique l’identification de ces candidats, les recrutements sur titre et la plateforme dédiée permettent de garantir leur prise en compte effective.

Abordant la réforme des recrutements, le ministre est revenu sur la limitation opérée ces derniers mois, concentrant les entrées dans la fonction publique sur l’éducation, avec 2 000 enseignants recrutés pour le préscolaire et l’élémentaire, 500 pour l’enseignement supérieur et 200 pour le secteur professionnel. Il a annoncé la préparation d’une loi sur l’accès à la Fonction publique ainsi qu’une loi sur les appels à candidatures, dans l’esprit du principe de transparence « Jub Jubbal Jubbanti ». Des tests d’aptitude seront également introduits pour les postes hors concours.

Pour mieux maîtriser les effectifs, un audit général de la Fonction publique est en cours afin de disposer de données fiables permettant d’orienter les politiques de recrutement. Un audit biométrique sera également lancé pour détecter d’éventuels agents fictifs.

Sur le plan social, plusieurs préoccupations ont été clarifiées. Après évaluation, le dispositif de pointage sera renforcé par l’intégration d’une fonctionnalité de géolocalisation destinée à améliorer le suivi des présences. L’État travaille également à structurer les travailleurs du secteur informel en syndicats pour faciliter leur enrôlement et leur permettre de cotiser en vue de bénéficier de prestations sociales. Le ministre a également rappelé que la pension reste due aux enfants même après le décès de la veuve, les interruptions perçues étant souvent liées à une méconnaissance des procédures.

En matière de genre, il a été souligné que les femmes représentent 24 % des agents de l’administration, mais seulement 8 % des cadres de la hiérarchie A. Pour inverser cette tendance, l’Académie « Ndatté Yalla », créée en 2024, accompagne désormais les femmes dans leur accès aux postes de haute responsabilité.

Le ministre des Finances et du Budget a ensuite apporté plusieurs éclaircissements. Il a rappelé que la révision du Code Général des Impôts, intervenue en 2021, a permis de mettre fin à l’iniquité fiscale liée à l’imposition des rappels des enseignants, désormais étalée dans le temps. Il a également annoncé que le processus de généralisation de l’indemnité de logement pour les fonctionnaires est à son terme : le projet de décret a déjà franchi toutes les étapes de validation et les budgets nécessaires sont arrêtés. Seules les dernières signatures restent à apposer avant le déclenchement effectif des paiements.

Kaolack : Le MFPS accuse Diomaye Faye de s’éloigner du projet Joub Joubanti

Le Mouvement Fédérateur des Patriotes du Sénégal et de la Diaspora (MFPS) a tenu, ce mardi 2 décembre 2025 à Kaolack, un point de presse au cours duquel il a présenté sa vision, réaffirmé sa volonté de renforcer sa présence dans les régions et mis en avant son engagement auprès des Sénégalais, tant du pays que de la diaspora.

Les responsables du MFPS ont profité de l’occasion pour exposer les principaux axes de leur stratégie : fédérer les initiatives patriotiques, promouvoir la participation citoyenne et renforcer les liens entre le Sénégal et ses ressortissants établis à l’étranger. Ils ont également annoncé de nouvelles actions qui seront déployées dans les semaines et mois à venir dans plusieurs régions du pays.

Cette rencontre à Kaolack constitue une étape importante dans leur démarche de proximité, le mouvement affirmant vouloir rester à l’écoute des populations et de leurs préoccupations.

S’exprimant devant la presse, Abdou Ba, alias Commandant Baye, a déclaré :

« L’objectif de cette déclaration est de nous prononcer sur la situation politique actuelle entre Ousmane Sonko et le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Le constat que nous faisons, en tant que mouvement des fédérateurs, c’est le non-respect du projet du parti Pastef par le président Bassirou Diomaye Faye. Le président Diomaye Faye ne s’inscrit plus dans ce projet. Nous, membres du Mouvement Fédérateur des Patriotes du Sénégal et de la Diaspora, annonçons la fin du compagnonnage entre ces deux personnalités. Nous ne voulons plus entendre les Sénégalais dire : “Diomaye moy Sonko”, car depuis bientôt deux ans, nous réclamons justice pour nos martyrs et nous n’avons rien vu. »

Le MFPS dénonce également l’absence d’avancées concernant les dossiers relatifs aux détournements présumés des 100 milliards, des 80 milliards ainsi que des dettes cachées.

« Depuis deux ans, aucune arrestation. Tout cela est dû au manque d’engagement de Bassirou Diomaye Faye dans la révolution et dans la dynamique du projet Joub Joubanti. En tant que président du mouvement, je dénonce la trahison de Diomaye Faye à l’endroit d’Ousmane Sonko », a conclu Abdou Ba.

Budget 2026 du ministère de l’Industrie et du Commerce : une hausse exceptionnelle portée par cinq programmes stratégiques

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Guèye Diop, s’est présenté ce mardi devant les députés pour défendre le projet de budget de son département pour l’exercice 2026. Selon le rapport de la commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale, le budget du ministère est arrêté à 355 933 222 920 FCFA en autorisations d’engagement et à 150 134 635 433 FCFA en crédits de paiement. Cette enveloppe connaît une augmentation spectaculaire de 305 774 693 468 FCFA, représentant une progression de 609,62 % par rapport à l’exercice précédent. Le document présenté par la députée Marie Hélène Ndoffène Diouf attribue cette hausse exceptionnelle à la mise en œuvre de cinq programmes stratégiques.

L’essentiel des crédits est orienté vers le renforcement du tissu industriel national. Le programme consacré au développement des pôles et filières industrielles compétitives concentre à lui seul la majorité des ressources du ministère. Il est doté de 314 416 274 905 FCFA en autorisations d’engagement et de 109 019 819 918 FCFA en crédits de paiement. La part dominante de cette enveloppe est destinée aux investissements exécutés directement par l’État, évalués à 311 958 789 895 FCFA en AE et 106 562 334 908 FCFA en CP, traduisant une ambition affirmée de modernisation et d’expansion des infrastructures industrielles. Le reste de ce programme couvre les dépenses de personnel pour un montant de 131 026 000 FCFA, les acquisitions de biens et services qui s’élèvent à 41 079 010 FCFA, ainsi que les transferts courants fixés à 2 285 380 000 FCFA.

Le ministère consacre également un programme important à l’accessibilité des produits et services, à la lutte contre la vie chère et à la modernisation du commerce. Ce volet bénéficie d’un financement de 33 485 873 087 FCFA en autorisations d’engagement et de 33 143 048 087 FCFA en crédits de paiement. Il vise à améliorer la régulation des marchés, à renforcer la surveillance des prix et à adapter les circuits commerciaux aux exigences d’un environnement économique en mutation.

Les crédits du ministère prennent aussi en compte d’autres dimensions essentielles. Le programme dédié au pilotage, à la coordination et à la gestion administrative est doté de 2 447 803 661 FCFA, en AE comme en CP. Cette enveloppe assure le fonctionnement interne du ministère, avec une ventilation comprenant 1 176 434 000 FCFA pour les dépenses de personnel, 501 437 161 FCFA destinés aux acquisitions de biens et services, ainsi que 769 932 500 FCFA en transferts courants.

Dans le cadre de la protection des intérêts économiques nationaux, un financement de 2 292 915 660 FCFA en autorisations d’engagement et 2 233 608 160 FCFA en crédits de paiement est prévu pour le programme de défense commerciale et de renforcement du positionnement commercial. Celui-ci doit permettre au Sénégal d’affirmer sa compétitivité et de mieux se défendre face aux pratiques commerciales déloyales.

Enfin, le soutien aux Petites et Moyennes Entreprises et Industries, considéré comme un levier crucial pour l’emploi et la transformation économique, se traduit par une enveloppe de 3 290 355 607 FCFA. Ce programme vise à accompagner et financer les PME/PMI afin de renforcer leur résilience et leur capacité d’innovation.

Papa Makhtar Touré : Un atout stratégique pour la gouvernance et le développement de Kaolack

Papa Makhtar Touré représente bien plus qu’un profil compétent : il constitue un atout stratégique multidimensionnel pour la Mairie de Kaolack. Sa valeur réside dans la combinaison unique de ses racines, de son expertise et de sa vision, des qualités directement transférables aux défis d’une municipalité moderne.

Son premier atout est sa légitimité et sa capacité de dialogue social. En tant que figure profondément enracinée dans le terroir, petit-fils de Cheikh Omar Touré et président d’une fédération communautaire, il possède une compréhension fine des dynamiques locales ainsi qu’un accès privilégié au tissu social. Pour la Mairie, cela se traduit par une aptitude à consulter, à expliquer et à susciter l’adhésion des populations autour des projets urbains, réduisant ainsi les risques de blocage et renforçant la paix sociale.

Son deuxième atout est son savoir-faire managérial éprouvé dans un contexte exigeant. À la tête d’équipes de cadres dans l’industrie pharmaceutique — un secteur concurrentiel et rigoureux — il a développé une solide expérience en prise de décision, en pilotage de la performance et en gestion des ressources humaines. Pour l’administration municipale, cela signifie l’apport d’une expertise capable de moderniser les services, d’améliorer l’efficacité des processus et d’installer une véritable culture du résultat au service du citoyen.

Son troisième atout réside dans sa maîtrise méthodologique de la gestion de projets. Titulaire d’un Master 2 dans cette discipline, il maîtrise les outils nécessaires pour structurer, planifier, budgétiser et contrôler la mise en œuvre des équipements publics et des programmes de développement. Il apporte ainsi les garanties d’une exécution rigoureuse, transparente et respectueuse des délais pour les engagements de la ville.

Enfin, son atout majeur peut être résumé par sa vision synthétique. « Soufi fils de son époque », il allie le respect des traditions à une ouverture pragmatique envers les méthodes modernes de gouvernance. Il incarne le lien idéal pour faire de Kaolack une ville capable de se projeter dans l’avenir sans renier son identité, d’attirer les investisseurs par sa crédibilité tout en veillant au bien-être et à l’équilibre de sa communauté.

En somme, Papa Makhtar Touré est l’atout qui permet de faire le pont entre héritage et progrès, entre administration et administrés, entre vision et exécution. Pour la Mairie de Kaolack, il représente l’opportunité de renforcer son pilotage stratégique grâce à un leader qui comprend le territoire, sait gérer des organisations complexes et possède l’éthique nécessaire pour servir l’intérêt général.

Produits dépigmentants et huiles artisanales : de vifs débats à l’Assemblée autour du budget du ministère du Commerce

L’examen du projet de budget 2026 du Ministère de l’Industrie et du Commerce a été marqué par un débat particulièrement animé autour de la question de la qualité des produits cosmétiques et des huiles artisanales commercialisés sur le marché sénégalais. Face aux députés réunis en plénière, le ministre Serigne Guèye Diop a été interpellé sur la prolifération de crèmes dépigmentantes dangereuses, de produits cosmétiques non conformes et d’huiles locales fabriquées sans homologation ni traçabilité.

Les parlementaires ont exprimé une profonde inquiétude face à l’ampleur du phénomène, qu’ils qualifient de véritable crise de santé publique. Ils ont cité, entre autres, les crèmes éclaircissantes à forte teneur en corticoïdes, les produits contenant du mercure ou de l’hydroquinone, ainsi que de nombreuses huiles artisanales vendues dans des flacons non étiquetés, sans mention de composition ni date de péremption. Pour plusieurs députés, l’usage de ces produits expose majoritairement les femmes et les jeunes à des risques graves tels que des brûlures, des infections, des troubles hormonaux ou encore des maladies dermatologiques irréversibles. Malgré ces dangers avérés, ces substances continuent d’être librement accessibles dans les marchés, les boutiques de quartier et surtout sur les réseaux sociaux où elles font l’objet d’un marketing agressif.

Les élus ont également dénoncé la responsabilité de certains commerçants et influenceurs qui, en quête de profit rapide, assurent la promotion de produits présentés comme miraculeux sans aucune base scientifique. Ces pratiques, selon eux, renforcent la normalisation du blanchiment de la peau et exploitent la vulnérabilité de consommateurs en quête de transformations corporelles rapides. Ils ont ainsi exhorté le ministère à intensifier le contrôle du marché, à multiplier les opérations de saisie de produits interdits et à sanctionner avec rigueur les importateurs, fabricants et revendeurs impliqués dans ce trafic. De même, ils ont appelé à une vaste campagne de sensibilisation destinée à informer la population des dangers de ces substances et à décourager leur utilisation.

Face à ces interpellations, le ministre Serigne Guèye Diop a reconnu la gravité du problème et confirmé que la lutte contre les produits dépigmentants dangereux figure parmi les priorités de son département. Il a rappelé que des opérations conjointes sont régulièrement menées avec la Douane, la Police, la Gendarmerie et le ministère de la Santé, permettant au fil des années la saisie et la destruction de tonnes de produits illicites. Toutefois, il a admis que le phénomène évolue rapidement, notamment avec l’essor de la vente en ligne et du commerce informel, ce qui complexifie la tâche des autorités.

S’agissant des huiles artisanales, le ministre a annoncé l’élaboration en cours d’un cadre réglementaire spécifique destiné à encadrer la production locale. Ce dispositif devrait rendre obligatoire la déclaration des fabricants, imposer des normes minimales de qualité, d’hygiène et de conditionnement, et garantir une traçabilité adéquate. Serigne Guèye Diop a insisté sur le fait que l’objectif n’était pas de freiner l’initiative entrepreneuriale ou d’étouffer l’artisanat, mais de protéger la santé des consommateurs et d’accompagner les producteurs sérieux vers la conformité et la formalisation. Il a également évoqué le renforcement des campagnes de communication, en collaboration avec les médias et les organisations communautaires, pour mieux informer les populations sur les dangers de la dépigmentation et des produits non homologués.

Cette interpellation parlementaire pourrait marquer un tournant dans la régulation du secteur des cosmétiques et des produits artisanaux au Sénégal. Les députés ont exigé qu’un rapport détaillé sur les actions entreprises soit transmis à la Commission des Affaires économiques, avec des données précises sur les contrôles effectués, les quantités saisies et les sanctions appliquées. Pour de nombreux observateurs, la problématique dépasse largement la dimension esthétique : elle touche à la santé publique, à la confiance en soi, à la construction de l’identité culturelle et au bien-être économique des populations. À l’heure où l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 » ambitionne de promouvoir un développement humain durable, la lutte contre les produits dépigmentants dangereux et la mise en place d’un cadre rigoureux pour les huiles artisanales apparaissent comme des enjeux cruciaux, à la croisée du sanitaire, du social et de l’économique.

Assemblée nationale : débats houleux autour du budget de l’Enseignement supérieur et appels répétés à l’audit de la gestion Abdourahmane Diouf

L’examen du budget du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a donné lieu, hier, à une séance particulièrement animée à l’Assemblée nationale. Selon les constats rapportés par Les Échos, les discussions ont été dominées par trois préoccupations majeures : l’état des infrastructures universitaires, la question des bourses étudiantes et la gestion de l’ancien ministre Abdourahmane Diouf, dont plusieurs députés exigent désormais un audit complet.

Dès l’ouverture des travaux, les débats se sont orientés vers la situation des infrastructures, souvent inachevées, et le climat social tendu dans les universités. Le député Mbaye Dione a mis en garde contre le risque de reproduire « les erreurs des anciens régimes », accusés d’avoir élargi la carte universitaire à des fins politiques sans prendre en compte les capacités réelles de l’État. Il a insisté sur la nécessité de finaliser les chantiers déjà engagés avant toute annonce de nouveaux établissements, tout en appelant à un dialogue franc et structuré avec les étudiants pour prévenir les tensions récurrentes. Le parlementaire a également rappelé l’obligation pour les forces de sécurité de respecter scrupuleusement les franchises universitaires.

Un autre volet particulièrement sensible a été la gestion de l’ancien ministre Abdourahmane Diouf, revenue avec insistance dans les interventions. Comme l’indique Les Échos, la députée Béatrice Germaine Tening Faye a officiellement demandé un audit « complet, indépendant et transparent » afin de clarifier les soupçons de surfacturations récemment évoqués par le Premier ministre. Dans le même sens, Sokhna Diarra Thiao a accusé l’ex-ministre d’avoir introduit des déséquilibres majeurs dans la répartition budgétaire entre les universités, citant en exemple les cas de Diamniadio et de Bambey. Ces interpellations, soutenues par des chiffres et éléments relayés par Les Échos, témoignent d’un durcissement net du ton autour de cette gestion.

Les députés ont également longuement évoqué la situation des étudiants sénégalais en France. Fatou Diop Cissé s’est inquiétée des inégalités persistantes sur les frais d’inscription auxquels ils sont confrontés. Elle a alerté sur une possible suppression, dès 2026, de l’aide au logement pour les étudiants non boursiers, une perspective qui pourrait fragiliser davantage une communauté déjà fortement impactée par les conditions de vie difficiles. L’information, rapportée et détaillée par Les Échos, a suscité de vives réactions dans l’hémicycle.

La question des universités privées non habilitées a également été au centre des préoccupations. Le député Abdourahmane Diouf — à ne pas confondre avec l’ancien ministre — a rappelé, en s’appuyant sur les données publiées par Les Échos, que 143 établissements du supérieur exercent aujourd’hui sans aucune autorisation officielle pour délivrer des diplômes. Il a demandé à l’État de renforcer l’Anaq-Sup afin de garantir un contrôle plus strict, d’assainir le secteur et de sanctionner les structures en infraction.

Kaolack – Pastef : tensions internes et appel à la clarté politique de Sarata Sonko

Présente actuellement à Paris pour des obligations professionnelles, l’adjointe au maire et responsable communale du Pastef, Sarata Sonko, s’est entretenue par téléphone avec notre rédaction. Elle a tenu à clarifier sa ligne politique, au moment où la section locale du parti traverse une période de fortes incertitudes.

Un contexte de crispation interne

À Kaolack, le Pastef connaît une phase de turbulences marquée par un profond malaise au sein de la base militante. Alors que le parti tente de stabiliser ses instances après plusieurs réajustements, de nombreux responsables communaux et départementaux affichent un silence jugé incompréhensible par les militants.

Selon plusieurs sympathisants rencontrés, ce mutisme prolongé — adopté par certains cadres pourtant promus grâce au leadership d’Ousmane Sonko — nourrit un sentiment de trahison et d’ambiguïté.

« On ne les connaissait pas avant Sonko. Aujourd’hui, ils se cachent et pensent préserver leurs privilèges. Ils se trompent lourdement », dénoncent des militants très remontés.

Sarata Sonko tranche : « La loyauté ne se négocie pas »

Contrairement à la posture prudente de certains responsables locaux, Sarata Sonko assume une position claire : une fidélité totale et sans équivoque au président Ousmane Sonko.

Dans un échange téléphonique depuis Paris, elle affirme :

« Personne ne peut m’éloigner de ma trajectoire politique. Ma loyauté est constante et publique. Le moment exige de la clarté, pas des calculs personnels. »

Elle estime que le silence de certains cadres ne relève ni d’une stratégie ni d’un sens des responsabilités politiques. Elle les appelle à :

assumer publiquement leurs positions, faire face à la presse, respecter les militants qui les ont portés, mettre fin aux manœuvres susceptibles de fragiliser l’unité locale.

Une base militante de plus en plus impatiente

Face à cette situation, plusieurs jeunes militants prennent leurs distances vis-à-vis de responsables jugés « trop silencieux » au moment où le parti aurait besoin d’une ligne claire.

À l’inverse, les communiqués répétés des jeunesses patriotiques de Kaolack, réaffirmant leur soutien au président du Pastef, ont été très bien accueillis. Pour beaucoup, il s’agit là d’un acte de courage politique dans une période où certains responsables préfèrent garder le silence.

Un tournant crucial pour la section Pastef de Kaolack

Entre la détermination de figures comme Sarata Sonko et l’attitude plus hésitante d’autres cadres locaux, le Pastef de Kaolack semble engagé dans une phase décisive. Le risque d’une fracture interne devient perceptible si les tensions actuelles ne sont pas rapidement apaisées.

Pour Madame Sonko, qui annonce faire face à la presse dès son retour au Sénégal, la ligne demeure inchangée :

« La loyauté ne se mesure pas aux postes obtenus, mais au courage d’assumer publiquement ses positions. »

Budget de l’Enseignement supérieur : Mbaye Dione appelle à plus d’écoute envers les étudiants et à une meilleure gestion des infrastructures

Lors du débat sur le budget du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, ce lundi, le député-maire de Ngoundiane, Mbaye Dione, a saisi l’occasion pour exprimer ses préoccupations concernant la situation de l’enseignement supérieur au Sénégal. Le parlementaire non-inscrit a débuté son intervention en manifestant sa joie de retrouver son ancien camarade d’université, l’actuel ministre Daouda Ngom, rappelant les liens tissés au fil des années et la connaissance commune de la vie estudiantine.

Dans son plaidoyer, Mbaye Dione a souligné que la vie universitaire est devenue de plus en plus difficile pour les étudiants. « Nous connaissons bien ce que les étudiants vivent aujourd’hui parce que nous l’avons également vécu », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que la situation actuelle nécessite davantage d’écoute et d’empathie de la part des autorités pour apporter des solutions concrètes aux problèmes rencontrés par les étudiants. Il a critiqué la décision de priver certains étudiants en Master de leurs bourses, estimant que cela ne contribue en rien à résoudre les difficultés auxquelles ils font face.

Le député a également abordé la question des infrastructures universitaires. Selon lui, il n’est pas judicieux de créer de nouvelles Institutions Supérieures d’Enseignement Professionnel (ISEP), alors que celles existantes ne sont pas encore pleinement fonctionnelles et que leurs problèmes persistent. Il a insisté sur la nécessité de faire un état des lieux complet de l’enseignement supérieur, de finaliser les infrastructures en cours de construction et de concentrer les efforts sur la qualité plutôt que sur la quantité.

Pour Mbaye Dione, la situation requiert une réflexion approfondie et concertée. Il a proposé l’organisation d’états généraux de l’enseignement supérieur afin de permettre à toutes les parties prenantes, y compris les étudiants, les enseignants et les autorités, de discuter des priorités et des solutions pour améliorer le système éducatif.

Thierno Alassane Sall dénonce le populisme au pouvoir et la gestion de la crise économique

Le député Thierno Alassane Sall a livré une critique sévère de la situation politique et économique du pays, pointant du doigt la dérive populiste du gouvernement en place. Selon le leader du parti La République des Valeurs/Réewum Ngor, « le meilleur ennemi du populisme reste l’épreuve du réel : gouverner. Notre pays en fait aujourd’hui l’amère expérience ».

L’ancien ministre de l’Énergie sous la présidence de Macky Sall observe avec inquiétude la transformation de la démagogie en méthode de gouvernance. « La démagogie, jadis vociférante dans l’opposition, s’est muée en méthode de gouvernement. Elle se nourrit de fonds politiques et mène une indécente guerre des chefs, là où elle promettait la rupture », a-t-il affirmé, dénonçant la manière dont le pouvoir détourne l’attention des citoyens des véritables enjeux.

Thierno Alassane Sall reproche notamment au gouvernement d’organiser des procès médiatiques et de désigner des boucs émissaires à travers des meetings et même à l’Assemblée nationale, afin de masquer la gravité de la crise économique et financière qui touche le pays. Cette stratégie, selon lui, vise à détourner le regard des citoyens des difficultés quotidiennes qu’ils rencontrent.

L’ancien ministre s’indigne également de l’écart croissant entre les élites politiques et la population. « Pendant que cette caste d’apparatchiks s’installe dans le confort des caisses noires et des jets privés, les étudiants, les travailleurs et, au fond, tout un peuple sont relégués tout en bas de l’échelle des priorités », a-t-il dénoncé. Pour Thierno Alassane Sall, cette situation reflète une profonde déconnexion entre les dirigeants et la réalité sociale et économique du pays, aggravant les tensions et la défiance envers les institutions.

Par ses propos, le député invite implicitement à un retour aux responsabilités et à une gouvernance axée sur les besoins essentiels des citoyens, loin des pratiques populistes et de l’enrichissement de quelques-uns aux dépens de la majorité.

Budget 2026 : Cheikh Diba dissipe les inquiétudes sur une baisse des crédits de l’Enseignement supérieur

Ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté des clarifications devant les députés concernant les interrogations suscitées par une supposée diminution du budget alloué à l’Enseignement supérieur pour l’année 2026. Selon lui, la polémique repose sur une interprétation « trop arithmétique » des chiffres, qui ne tient pas compte des réaménagements récents du périmètre budgétaire.

À première vue, les crédits affectés au secteur semblent effectivement en recul, passant de 308,5 milliards de francs CFA en 2025 à 301 milliards en 2026. Cependant, Cheikh Diba a expliqué que cette baisse apparente est liée au transfert, prévu dès septembre 2026, d’une partie des investissements — notamment ceux liés aux constructions universitaires — vers le ministère des Infrastructures. Cette réaffectation budgétaire modifie la lecture globale des chiffres.

Le ministre a précisé que si l’on réintègre les montants concernés, soit 35,88 milliards issus de ressources intérieures et 16,5 milliards provenant de ressources extérieures, le budget réel consacré à l’Enseignement supérieur atteint en réalité 353,5 milliards de francs CFA. Il s’agit, insiste-t-il, d’une hausse de 45 milliards par rapport à 2025. Pour Cheikh Diba, cette progression démontre clairement « l’importance que les nouvelles autorités accordent à l’enseignement supérieur », un secteur considéré comme stratégique pour le développement national.

Sur le plan des ressources humaines, le ministre a également confirmé l’autorisation de recrutement de 500 enseignants-chercheurs en 2026. Cette opération, estimée à 9 milliards de francs CFA, vise à renforcer les effectifs d’encadrement et à améliorer la qualité pédagogique dans les universités publiques. Elle intervient dans un contexte où les retards académiques et les perturbations du calendrier universitaire restent des préoccupations majeures.

Le gouvernement entend ainsi amorcer dès 2026 la récupération progressive du temps perdu dans les établissements, en s’attaquant à l’un des « quatre mois supplémentaires » qui prolongent indûment l’année universitaire. L’objectif est de poursuivre cet effort chaque année afin de parvenir à une stabilisation complète du calendrier d’ici 2028. Ce chantier constitue, selon les autorités, un élément central de la réforme globale de l’enseignement supérieur.

Avec ces mesures combinées — revalorisation du budget effectif, recentrage des investissements, renforcement des ressources humaines et plan de stabilisation académique — l’exécutif ambitionne de redonner une dynamique durable au secteur, tout en répondant aux attentes pressantes des étudiants, enseignants et acteurs universitaires. Les débats parlementaires se poursuivent dans le cadre de l’examen du projet de budget 2026 du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI).

Reddition des comptes au Sénégal : Me Mame Adama Gueye pointe des insuffisances méthodologiques et appelle à un meilleur équilibre

L’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats du Sénégal, Me Mame Adama Gueye, a livré une analyse nuancée de la procédure de reddition des comptes actuellement en cours dans le pays. Invité de l’émission Objection sur Sud FM ce dimanche, l’avocat a salué le principe même de cette démarche, qui vise à renforcer la transparence et la lutte contre la corruption, tout en soulignant d’importants manquements dans la manière dont elle est menée.

Selon Me Gueye, l’adhésion au principe de la reddition des comptes ne doit pas occulter les « améliorations » nécessaires au niveau de la méthode. Dans un contexte politique tendu, où les partisans du pouvoir dénoncent la lenteur des procédures tandis que l’opposition parle de « chasse aux sorcières », il estime que l’efficacité et la crédibilité du dispositif passent par une meilleure organisation des priorités.

L’avocat a notamment noté la multiplicité des dossiers en cours, invitant les autorités à établir une hiérarchie claire et logique. « Il y a beaucoup de dossiers. Les autorités doivent prioriser les plus importants et respecter une certaine cohérence », a-t-il déclaré. Il s’est également étonné de l’absence de mesures annoncées contre certains responsables soupçonnés d’« avoir fait sortir indûment l’argent du Trésor », un silence qu’il juge difficile à comprendre.

Me Gueye a par ailleurs exprimé des réserves sur la manière dont certains aspects des procédures sont conduits. Il dit ne pas avoir « l’impression que les choses sont faites avec la meilleure méthode possible », insistant sur la nécessité de conjuguer rigueur et respect des droits fondamentaux. Pour lui, la crédibilité du processus dépend de sa capacité à concilier « détermination dans la poursuite » et garanties judiciaires accordées aux personnes mises en cause.

Interrogé sur les nombreux refus de demandes de cautionnement par la justice dans le cadre des affaires en cours, l’ancien bâtonnier s’est montré catégorique : il se dit opposé à l’idée que l’on puisse « acheter sa liberté ». Cette position de principe, selon lui, doit contribuer à renforcer l’intégrité de la procédure et la confiance des citoyens dans le système judiciaire.

En somme, Me Mame Adama Gueye plaide pour une reddition des comptes mieux structurée, plus cohérente et fondée sur un équilibre rigoureux entre efficacité institutionnelle et respect scrupuleux des droits des personnes poursuivies. Une voie qu’il juge indispensable pour garantir la légitimité et la portée réelle de cette grande entreprise nationale de transparence.

El Hadji Ibrahima Sall : « Gouverner, c’est servir dans le doute, l’humilité et l’écoute »

Invité de l’émission Jury du Dimanche sur iRadio, l’économiste, philosophe et mathématicien El Hadji Ibrahima Sall a livré une analyse profonde de l’exercice du pouvoir au Sénégal, interpellant aussi bien les dirigeants que les citoyens sur les défis du moment. Sa réflexion, centrée autour de la notion de doute comme fondement de la responsabilité politique, se veut un rappel puissant dans un contexte national marqué par des crispations sociales, des tensions identitaires et une crise de confiance envers les institutions.

Dès l’entame de son intervention, El Hadji Ibrahima Sall a posé les bases de sa pensée : « On ne peut gouverner sérieusement qu’en doutant de sa propre légitimité ». Pour lui, il ne s’agit pas d’un avertissement adressé aux gouvernants, mais d’un principe de sagesse universel. Le doute, souvent perçu comme un signe de fragilité ou d’hésitation, est au contraire la clé d’un pouvoir lucide. « Un pouvoir qui ne se remet jamais en question, qui se croit absolument légitime, court inévitablement à sa propre perte », affirme-t-il, rappelant que l’histoire politique, qu’elle soit nationale ou universelle, confirme que les régimes sûrs d’eux-mêmes finissent tôt ou tard par se briser.

Dans cette perspective, le doute devient un instrument d’humilité. Il protège contre l’arrogance, les dérives populistes et la tentation autoritaire. Il oblige le dirigeant à écouter, à consulter, à ne jamais considérer que son jugement est suffisant pour engager tout un peuple. Pour El Hadji Ibrahima Sall, gouverner ne doit jamais signifier imposer, mais toujours questionner. C’est en cela que le doute devient une force, un garde-fou indispensable à l’équilibre démocratique.

L’intellectuel a également abordé la question de l’identité sénégalaise, qu’il conçoit comme tournée vers l’ouverture. Selon lui, « le Sénégal est condamné à être dans le temps du monde ». Par sa composition ethnique, son histoire faite d’échanges, de migrations et de métissages, le pays ne peut se permettre le repli ou la fermeture. Le Sénégal appartient à l’espace du monde et doit y rester pleinement engagé. Cette ouverture, explique-t-il, constitue une richesse stratégique dans un contexte mondial où la coopération, l’innovation et la circulation des idées sont devenues essentielles au développement.

Les ressources naturelles nouvellement découvertes, notamment le pétrole et le gaz, ainsi que le capital humain en pleine maturation, représentent des opportunités majeures. Mais ces atouts ne pourront être pleinement exploités, insiste Sall, que s’ils s’inscrivent dans une vision universelle, inclusive et orientée vers le progrès. Le Sénégal doit contribuer à la civilisation universelle, non se contenter de reproduire des modèles extérieurs.

L’un des dangers les plus préoccupants, selon lui, réside dans la montée des résistances au progrès. Le populisme, l’exclusion sociale, la banalisation du discours anti-intellectuel et ce qu’il appelle le « nivellement par le bas » sont autant de menaces directes contre l’avenir du pays. Pour qu’une nation avance, elle doit pouvoir compter sur ses élites, non comme une caste vivant de privilèges, mais comme une force morale, intellectuelle et sociale capable d’élever le peuple. « La responsabilité principale de l’élite est de tirer le peuple vers le haut », rappelle-t-il, en soulignant que la perte de ce rôle ouvre forcément la voie au déclin.

Au cœur de cette réflexion se trouve l’unité nationale, qu’El Hadji Ibrahima Sall considère comme la première richesse du Sénégal. Préserver cette unité passe par l’acceptation du débat contradictoire, par le respect des différences et par la résistance aux logiques d’exclusion, qu’elles soient sociales, identitaires ou politiques. À ce titre, il plaide fermement pour un renforcement des contre-pouvoirs. La démocratie, explique-t-il, ne se réduit pas aux élections. Elle repose sur la capacité des institutions, de la société civile, des intellectuels et des citoyens à questionner et équilibrer le pouvoir. « Plus nous aurons des contre-pouvoirs, mieux le pays se portera », affirme-t-il, convaincu que le progrès naît de la contradiction et non de l’unanimité forcée.

En conclusion, El Hadji Ibrahima Sall invite à repenser la manière de gouverner. Pour lui, « gouverner n’est pas dominer, mais servir ». Et ce service ne peut s’exercer que dans le doute, l’humilité et l’écoute. Une posture exigeante, mais indispensable pour accompagner le Sénégal vers un avenir basé sur l’ouverture, le progrès et la responsabilité partagée.

Finances publiques : Anta Babacar Ngom alerte sur une crise d’une « gravité exceptionnelle »

Lors de l’examen du projet de loi de finances 2026 à l’Assemblée nationale, la députée Anta Babacar Ngom a lancé une mise en garde sévère quant à l’état des finances publiques du Sénégal, évoquant une « situation d’une gravité exceptionnelle ». Selon elle, la stabilité, la crédibilité et même la dignité de l’État dépendent directement de la santé financière de la nation, ce qui impose une gestion fondée sur la responsabilité, la rigueur et la prévoyance de l’ensemble des décideurs publics.

Dans son intervention, la parlementaire a dressé un diagnostic préoccupant, soulignant un déficit qui atteindrait 13,4 % du PIB, une dette publique réévaluée à un niveau qu’elle juge « astronomique » de 119 %, alors qu’elle était estimée à 74 % auparavant, ainsi que des besoins annuels de financement dépassant les 6 000 milliards de francs CFA. Ce tableau est aggravé, selon elle, par l’accumulation d’arriérés intérieurs qui pèsent lourdement sur la trésorerie de l’État. À ces difficultés s’ajoutent une saturation du marché financier, une dégradation des finances extérieures et, surtout, une perte de crédibilité vis-à-vis des partenaires internationaux, conséquence du « misreporting » ou de la « dette cachée » évoquée par le Premier ministre. Pour la députée, il s’agit clairement d’une « vraie crise de liquidité, très sérieuse », susceptible d’entraîner le pays vers une défaillance si aucune mesure urgente n’est adoptée.

Anta Babacar Ngom a cependant salué la décision gouvernementale d’actualiser l’année de référence du PIB, désormais fixée à 2021 au lieu de 2014. Ce changement, a-t-elle expliqué, modifie mécaniquement le PIB nominal et influence plusieurs ratios essentiels comme l’endettement, la pression fiscale ou le déficit public. Elle estime que cette révision pourrait avoir des effets sur l’appréciation de la souveraineté économique du pays et sur son allocation souveraine. Néanmoins, elle a posé une question essentielle au gouvernement : les chiffres présentés dans le projet de budget 2026 ont-ils été calculés sur la base de ce nouveau PIB, notamment les prévisions de déficit à 5,3 %, de pression fiscale à 23,2 % et de niveau d’endettement ?

La députée s’est également penchée sur les dépenses publiques, contestant l’affirmation du gouvernement selon laquelle les dépenses de fonctionnement auraient reculé. Si la rubrique « biens et services plus transferts courants » enregistre effectivement une baisse de 14,5 %, soit 295 milliards de francs CFA, elle considère qu’il est indispensable d’intégrer dans l’analyse l’évolution des autres postes majeurs. La masse salariale a connu une hausse de 3,2 %, tandis que les intérêts et les commissions sur la dette ont explosé de 27,7 %. Selon elle, ces éléments réunis démontrent que les charges de fonctionnement n’ont pas diminué mais, au contraire, progressé de 25,3 milliards de francs CFA.

Pour Anta Babacar Ngom, le nœud de la crise reste la dette publique. Elle affirme qu’aucune trajectoire crédible de redressement ne pourra être envisagée tant que cette question centrale ne sera pas traitée « de façon frontale et de façon ordonnée ». Elle a plaidé ouvertement pour une restructuration maîtrisée et négociée de la dette, tout en regrettant les réticences du ministre des Finances à aborder ce sujet pourtant, selon elle, incontournable. Insistant sur l’urgence, elle a invité le gouvernement à reconsidérer cette option ou, à défaut, à fournir des explications plus convaincantes.

En conclusion, Anta Babacar Ngom a exhorté l’exécutif à faire preuve de courage, de cohérence et d’une transparence totale. Elle a souhaité au ministre « beaucoup de force et surtout beaucoup de succès », estimant que sa réussite constitue un impératif national et une condition essentielle de la souveraineté du Sénégal. Elle a enfin assuré que l’opposition demeurera vigilante, exigeante mais aussi constructive et responsable, afin de contribuer au dépassement de cette impasse financière qui menace l’économie nationale.

Gouvernance publique : Me Mame Adama Gueye dénonce un « retour aux pratiques anciennes » sous l’ère Diomaye Faye

L’ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal, Me Mame Adama Gueye, s’est montré particulièrement critique à l’égard de la gouvernance du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Invité ce dimanche 30 novembre de l’émission « Objection » sur Sud FM, l’avocat a estimé que les pratiques en matière de nomination dans la haute administration n’ont connu « aucun changement » par rapport au régime précédent.

Selon lui, malgré les engagements forts pris durant la campagne présidentielle sur la transparence et la rupture avec le clientélisme, les premiers mois du nouveau gouvernement montrent plutôt une continuité. Me Gueye accuse le pouvoir d’avoir procédé à des nominations motivées par des considérations politiques, visant à « rétribuer » certains responsables et alliés pour leur engagement dans la conquête du pouvoir.

Il soutient que « toute la charrette de nomination, jusqu’ici, repose sur l’appartenance au parti au pouvoir ou sur le fait d’être un allié ». Pour l’avocat, ce constat contredit les promesses de bonne gouvernance faites par le candidat Diomaye Faye, qui s’était engagé à instaurer un système d’appel à candidatures pour les postes stratégiques dans l’administration.

Me Mame Adama Gueye affirme également que l’arrivée du nouveau pouvoir a entraîné une série de promotions rapides de responsables issus de niveaux intermédiaires, propulsés à la tête de directions générales. S’il reconnaît que certaines des personnes nommées peuvent être compétentes, il juge néanmoins que la méthode utilisée remet en cause les principes de transparence et de méritocratie.

Pour l’ancien bâtonnier, la bonne gouvernance demeure « incompatible avec le clientélisme et les nominations politiques ». Il rappelle que le chef de l’État a l’obligation morale et institutionnelle de se conformer aux engagements qu’il avait pris devant les Sénégalais, notamment en matière de gestion publique fondée sur la compétence, l’intégrité et l’intérêt général.

Situation économique : Talla Sylla appelle à un sursaut national et propose un plan d’urgence

Entre explosion de la dette, lenteurs judiciaires et pression sur les entreprises, Talla Sylla propose un plan d’urgence pour relancer le pays.

« Chers concitoyens, chers travailleurs, membres de la diaspora, acteurs du secteur privé,

La situation financière du Sénégal, mise en lumière par le débat budgétaire 2026, ne tolère plus les atermoiements. Les Sénégalais ne peuvent plus attendre, et notre responsabilité est de proposer des solutions concrètes, réalisables immédiatement, pour atténuer la souffrance engendrée par cette crise.

L’heure n’est plus à la critique stérile, mais à la démonstration que des alternatives existent et peuvent être appliquées sans délai pour un Sénégal plus juste et plus prospère.

I. Urgence : Libérer l’Économie d’un Double Fardeau

Le gouvernement actuel a exposé l’ampleur de la crise, mais n’a pas encore proposé la solution pour immédiatement alléger le fardeau des citoyens.

L’analyse comparative de la LFI 2024 (héritée) et de la LFI 2026 (proposée) met en lumière le véritable péril :

• Le drame se concentre dans une seule ligne du budget : la charge des intérêts de la dette a pratiquement doublé en seulement deux ans, passant d’environ 578 milliards FCFA à 1 190,6 milliards FCFA. Ce coût faramineux pulvérise les 280 milliards d’économies annoncées par le Premier ministre. C’est la preuve que l’effort de rigueur sur le train de vie est vain tant que le coût de la dette n’est pas attaqué frontalement.

• L’Illusion de la Baisse du Train de Vie : Les chiffres budgétaires montrent que le train de vie de l’État n’a pas suffisamment baissé. L’enveloppe des acquisitions et transferts ne diminue que marginalement, et la masse salariale continue d’augmenter. La rigueur n’est pas structurelle ; elle est rhétorique.

1. Cessons d’Asphyxier nos Entreprises (Dette Intérieure)

Le secteur privé, incluant nos PME et leurs employés, ne peut plus attendre. L’État doit agir pour que les entreprises recommencent à respirer, à investir et à embaucher.

• Proposition d’Action Immédiate : Le Plan « Zéro Arriéré »

Nous demandons au gouvernement de créer sans délai un Fonds de Liquidation de la Dette Intérieure (FLDI). Ce fonds doit être abondé par une affectation prioritaire des économies budgétaires (réelles et futures), et son mandat doit être de verser immédiatement aux entreprises les arriérés certifiés. Cette mesure ne coûte rien à l’État, elle redonne de l’oxygène à l’économie.

2. Ciblons l’Efficacité Fiscale, Pas les Contribuables Honnêtes

Le ciblage d’une pression fiscale de 23,2 % du PIB est une menace si elle repose sur une taxation accrue du secteur formel. La solution est de traquer l’évasion, pas d’écraser ceux qui respectent la loi.

• Proposition d’Action Immédiate : Le Déploiement de l’Urgence Anti-Fraude

Le gouvernement doit mobiliser immédiatement les corps de contrôle (Douanes, Impôts, IGE) sur des objectifs chiffrés et publics de lutte contre la grande fraude. C’est en récupérant les milliards illicites que l’on finance les dépenses sociales, et non en alourdissant les impôts des classes moyennes et des entreprises.

II. Urgence : Bâtir un État de Droit Invincible Contre la Criminalité Économique

Le Premier ministre a soulevé la question des « lenteurs de la justice ». En matière de milliards détournés et de surfacturation, toute lenteur est une incitation à la récidive. L’avenir exige que nous soyons prêts à traquer et neutraliser la criminalité économique et financière.

• Proposition d’Action Immédiate : Le Plan « Justice Blindée »

Pour que l’État soit capable de récupérer les biens mal acquis et de sanctionner la surfacturation (chiffrée à 546 milliards de FCFA), le gouvernement doit débloquer les moyens nécessaires et rendre les corps de contrôle invincibles :

1. Renforcer les Enquêteurs : Augmenter le budget d’équipement, de formation et la dotation en personnel de l’OFNAC et de l’Inspection Générale d’État (IGE).

2. Spécialisation et Célérité : Établir au sein de la justice des chambres spécialisées dédiées à la criminalité économique, capables de prononcer des jugements rapides. 

L’efficacité des moyens doit être garantie dès aujourd’hui pour protéger le Sénégal de la délinquance financière future.

III. Urgence : Transformer les Problèmes en Opportunités

La rhétorique des solutions endogènes doit se concrétiser par des mesures qui soutiennent ceux qui créent la richesse : la diaspora et les producteurs locaux.

• Proposition d’Action Immédiate : Le Pacte de Confiance avec la Diaspora

Face à l’incertitude, le gouvernement doit envoyer un signal fort à la diaspora, notre première source de devises. Nous proposons la mise en place urgente d’un Guichet Unique de l’Investisseur Diaspora (GUID) avec des incitations fiscales immédiates pour les fonds investis dans la production (agriculture, énergie, numérique). Ne faisons pas de la diaspora une simple source de transferts ; faisons-en un pilier de l’investissement national.

• Proposition d’Action Immédiate : Le Principe de la Priorité Nationale

Avec 1650 milliards de FCFA de dépenses d’acquisitions de biens et services et de transferts courants prévues pour 2026, l’État détient un immense levier. Nous exigeons une directive qui conditionne l’utilisation de la majorité de ces fonds (achats directs et subventions) à l’acquisition de produits et services issus de l’économie sénégalaise. L’argent public doit irriguer l’économie nationale pour relancer l’emploi.

Le Sénégal ne Peut Plus Attendre

Chers concitoyens, les problèmes posés par la crise de la dette et les déficits de gouvernance sont immenses, mais les solutions sont à portée de main. Elles exigent une volonté politique forte et un sens de l’urgence.

Sénégal : l’Assemblée nationale adopte un Budget 2026 ambitieux marqué par une forte hausse des recettes et des dépenses

L’Assemblée nationale a adopté ce samedi le projet de Budget 2026 du Sénégal, un exercice marqué par une expansion notable aussi bien des recettes que des dépenses publiques. Selon la Loi de Finances initiale (LFI) 2026, les recettes sont arrêtées à 6188,8 milliards de francs CFA, contre 5014,3 milliards en 2025. Cette progression de 1174,5 milliards, soit +23,4 %, reflète l’engagement du gouvernement à renforcer la relance économique dans un contexte d’exigences sociales croissantes et de pressions liées à la soutenabilité budgétaire. Les dépenses suivent une tendance similaire, atteignant 7433,9 milliards de francs CFA, contre 6614,8 milliards en 2025, soit une hausse de 819,1 milliards.

Le cadre macroéconomique du Budget 2026 repose sur une prévision de croissance fixée à 5 %, portée par des performances attendues dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et de l’agriculture. Malgré les efforts d’ajustement, le déficit budgétaire est projeté à 5,37 % du PIB, un niveau encore supérieur à la norme communautaire mais en recul par rapport aux années précédentes. Le gouvernement mise également sur un accroissement significatif de la pression fiscale, appelée à atteindre 23,2 % du PIB, contre 19,3 % en 2025. Cette évolution découle en grande partie du Plan de redressement fiscal, dont les retombées sont évaluées à 703,6 milliards de recettes supplémentaires. Au total, les recettes du budget général s’élèvent à 5932,2 milliards, incluant 5384,8 milliards de recettes fiscales, 355,9 milliards de recettes non fiscales et assimilées, ainsi que 145,2 milliards provenant des tirages sur dons-projets, en baisse de 54,8 milliards par rapport à 2025. Les dons budgétaires, quant à eux, représentent 46,3 milliards de francs CFA.

Du côté des dépenses, l’État entend maintenir une dynamique d’investissement tout en gérant les rigidités croissantes qui pèsent sur le budget. Le budget général prévoit une enveloppe globale de 7177,2 milliards de francs CFA. Le service de la dette y occupe une place importante, avec 1190,6 milliards consacrés aux intérêts et commissions, confirmant la pression continue exercée par le remboursement de la dette publique. La masse salariale poursuit sa progression et atteint 1532,8 milliards, illustrant le poids des dépenses de personnel dans les finances publiques. Les dépenses de fonctionnement, qui regroupent les acquisitions de biens et services ainsi que les transferts courants, totalisent 1650 milliards. Quant aux dépenses d’investissement, elles se répartissent entre 1448,9 milliards financés sur ressources internes et 1355 milliards provenant de financements extérieurs, traduisant la volonté de préserver un niveau élevé d’investissements structurants malgré un espace budgétaire contraint.

Les Comptes spéciaux du Trésor (CST) enregistrent également une nette augmentation, passant de 219,7 milliards dans la LFI 2025 à 256,7 milliards en 2026. Cette évolution traduit une mobilisation accrue de ces outils budgétaires particuliers, souvent destinés à couvrir des interventions spécifiques ou des opérations exceptionnelles.

Au terme des débats parlementaires, l’adoption de la LFI 2026 valide ainsi un cadre financier ambitieux, conçu pour soutenir la croissance, approfondir les réformes fiscales et maîtriser progressivement les grands équilibres macroéconomiques. Le gouvernement mise sur cet exercice pour consolider la relance, répondre aux besoins sociaux pressants et maintenir la trajectoire de redressement des finances publiques dans un environnement économique encore marqué par des défis majeurs.

« Diomaye Président » : le PJD rallie la coalition et promet de mobiliser Médina Baye et le Saloum

La coalition présidentielle Diomaye Président poursuit son ascension avec l’adhésion officielle du Parti Justice et Développement (PJD). L’annonce a été faite ce samedi par son secrétaire général, Cheikh Ibrahima Diallo, lors d’une conférence de presse. Ce ralliement dépasse le simple cadre politique : il s’accompagne d’un engagement fort en faveur d’une mobilisation massive dans deux zones électorales stratégiques, Médina Baye et le Saloum.

L’éminent guide religieux et homme politique a expliqué cette décision comme une réponse à « l’appel sincère » de la présidente de la coalition, Aminata Touré, dont il a salué « l’expérience étatique, la résistance politique et une vision entièrement dédiée à la réussite du président Bassirou Diomaye Faye ». Cheikh Ibrahima Diallo a rappelé la légitimité incontestable du chef de l’État, élu démocratiquement avec 54 % des voix, disposant ainsi « de la légitimité et de la légalité politique conférées par les urnes ».

Une promesse d’enracinement territorial

Le point le plus marquant de ce ralliement est la promesse de mobiliser « toutes les forces vives de Médina Baye et du Saloum » derrière le président Faye. Une déclaration lourde de sens, qui vise à renforcer la présence de la coalition présidentielle dans des zones où l’influence religieuse et sociale structure profondément les dynamiques électorales. Elle offre ainsi à la majorité une base populaire élargie et un relais local essentiel pour porter la vision du chef de l’État au cœur des territoires.

Les piliers d’une légitimité renforcée

Le leader du PJD a articulé son soutien autour de trois piliers majeurs. Il a d’abord invoqué la légitimité populaire, « un capital de confiance essentiel » pour conduire des réformes complexes avec l’adhésion des citoyens. Ensuite, il a mis en avant l’autorité renforcée que l’unité politique apporte à l’exécutif, lui permettant d’effectuer des arbitrages difficiles avec assurance. Enfin, il a salué un mandat clair pour la rupture, validant le projet de transformation structurelle prôné par le président et lui offrant la marge nécessaire pour sa mise en œuvre.

Avec l’appui actif du PJD et de son vaste réseau d’influence dans des régions stratégiques, la coalition Diomaye Président ne se contente pas d’accueillir un parti supplémentaire. Elle consolide son ancrage territorial et se dote d’un levier crucial pour transformer sa légitimité électorale en une capacité d’action durable et profonde sur l’ensemble du territoire national.

Débats budgétaires 2026 : Abdoulaye Tall tance vivement l’opposition et alerte sur plusieurs urgences nationales

Lors de l’examen du projet de loi de finances 2026 à l’Assemblée nationale, le député de la majorité, Abdoulaye Tall, a créé l’un des moments forts de la séance plénière en adressant de virulentes critiques à l’opposition parlementaire. Le parlementaire a dénoncé ce qu’il qualifie de « comportement irresponsable et irrespectueux » de la part de certains élus, accusés d’avoir brillé par leur absence lors des travaux en commission.

Abdoulaye Tall a ouvert son intervention en fustigeant l’attitude de ces députés qui, selon lui, privilégient la visibilité médiatique plutôt que la participation active aux travaux législatifs. « Vous me permettrez de m’offusquer du comportement d’une certaine opposition qui fuit les travaux en commission. Parce que je trouve cela irrespectueux. Il est inadmissible, inacceptable. Cette attitude de fuir les travaux quand c’est l’essentiel et de venir ici devant les caméras chercher le buzz, pour après essayer de faire la une des journaux. Ça, c’est irresponsable », a-t-il martelé devant l’hémicycle.

Poursuivant sur le même ton, le député a tenu l’opposition pour responsable de « la situation actuelle du pays », estimant qu’elle manque de courage pour répondre aux questions d’actualité. Il a accusé certains élus d’ignorer les enjeux fondamentaux au profit de débats superficiels. « C’est parce que vous avez plongé ce pays dans ces difficultés que vous ne pouvez pas avoir le courage de venir répondre aux questions d’intérêt général. Il est assez courageux de venir devant le peuple et devant l’histoire après avoir plongé ce pays dans ce gouffre. Au 4e sous-sol, revenir ici chercher devant les caméras à faire le buzz, c’est inadmissible », a-t-il lancé, assumant « pleinement » ses propos.

Abdoulaye Tall a également reproché à l’ancienne majorité d’avoir autrefois légiféré de manière précipitée, en réaction à de simples faits divers. « Une opposition qui confond une question d’actualité et un fait divers… Lorsqu’ils étaient là, ils avaient l’habitude d’élaborer des lois au moindre fait divers. C’est parce que vous l’avez fait que vous ne pouvez pas venir ici répondre devant l’histoire et devant le peuple. Souffrez en silence et laissez-moi parler », a-t-il ajouté, dans une ambiance électrique.

Au-delà de cet échange tendu, le député de la majorité a mis en lumière plusieurs préoccupations nationales majeures. Il a d’abord interpellé le ministre sur le blocage d’une initiative privée concernant la construction d’une centrale solaire à Sinthou Malem. Selon lui, il est urgent que le gouvernement intervienne pour clarifier et accélérer le processus, d’autant qu’il s’agit d’une « offre spontanée » et non d’un financement sollicité par l’État.

Abdoulaye Tall a ensuite plaidé pour un renforcement du budget alloué à la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), rappelant que le Sénégal a perdu son statut “A” pour être rétrogradé au statut “B”, un signal qu’il juge particulièrement alarmant pour l’image du pays. « On ne peut pas, pour une question aussi importante que la protection et la promotion des droits humains, accepter que le Sénégal soit relégué au statut B alors qu’il était A. C’est une urgence. Ce que nous faisons en matière d’investissements matériels ne compensera jamais un échec sur les droits humains. Le bilan immatériel finit toujours par nous rattraper », a-t-il soutenu.

Le député a enfin attiré l’attention du ministre sur la situation environnementale préoccupante, notamment l’érosion côtière qui menace certains quartiers de la commune de Mbour. Il a insisté sur la nécessité d’une action rapide et coordonnée afin d’éviter que des zones habitées ne soient englouties par l’avancée de la mer.

Finances publiques : Cheikh Diba assume la rigueur et annonce une année 2026 de consolidation

Face à un niveau d’endettement jugé préoccupant et à des besoins de financement estimés à plus de 6 000 milliards de francs CFA, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a tenu à clarifier la situation du Sénégal lors de l’ouverture des séances plénières à l’Assemblée nationale consacrées à l’examen du projet de loi de finances initiale pour l’année 2026. Pour lui, le pays traverse une zone de fortes tensions budgétaires, mais dispose encore de marges de manœuvre suffisantes pour redresser la trajectoire.

Cheikh Diba a rappelé que le diagnostic de départ, établi sur la base de la situation de référence des finances publiques, montre la nécessité urgente d’un retour à la discipline. Selon lui, l’année 2026 sera une année de consolidation, avec un accent mis sur la rationalisation budgétaire et l’amélioration des performances des recettes. Il soutient que les difficultés actuelles, bien que sérieuses, ne doivent pas obscurcir les capacités de résilience de l’économie sénégalaise. « Nous sommes dans une situation difficile mais nous avons les moyens de gérer cela », a-t-il déclaré, tout en appelant à une réflexion approfondie sur les stratégies à déployer pour respecter les normes communautaires de l’UEMOA en matière de déficit et d’endettement.

Interpellé sur la question sensible de la dette, le ministre s’est voulu rassurant. Alors que certains observateurs évoquent la possibilité d’une restructuration, il affirme que cette hypothèse n’est pas d’actualité. « Pour le Sénégal, la restructuration n’est pas encore à l’ordre du jour », a-t-il insisté, soulignant que le gouvernement travaille plutôt sur des mécanismes de refinancement et d’optimisation du service de la dette. Selon lui, il s’agit moins de renoncer à honorer les engagements du pays que de revisiter les options disponibles, d’évaluer les coûts d’opportunité et d’identifier les meilleures séquences pour alléger la pression à court terme.

Le ministre a expliqué que cette stratégie repose notamment sur une revue fine des indicateurs, un effort soutenu de mobilisation des recettes et la déclinaison de mesures cohérentes dans la durée. À ce titre, il a rappelé l’importance du Programme de Redressement Économique et Social (PRES), présenté comme un cadre ambitieux de rétablissement des équilibres. Le gouvernement a également décidé d’augmenter certaines taxations ciblées, une mesure qui vise à renforcer les ressources internes tout en évitant de fragiliser les secteurs essentiels de l’économie.

Me Aïssata Tall Sall exige des clarifications sur la « dette cachée » devant le ministre des Finances

Le débat sur la transparence budgétaire et la gestion de l’endettement public a de nouveau occupé le devant de la scène lors de l’examen du Projet de loi de finances initiale 2026. Face au ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, Me Aïssata Tall Sall, présidente du Groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, a porté une interpellation directe sur la notion de « dette cachée », un sujet devenu central depuis les révélations du gouvernement en septembre 2024 sur de prétendues irrégularités héritées du régime précédent.

Depuis plus d’un an, l’expression « dette cachée » nourrit interrogations, analyses et polémiques dans l’espace public. Le gouvernement actuel avait dénoncé en 2024 l’existence de passifs non documentés, d’engagements dissimulés et de pratiques budgétaires jugées opaques, allant jusqu’à affirmer que l’ancien pouvoir aurait « joué avec les finances publiques ». Ces accusations, accompagnées depuis par des audits et inventaires de la dette, continuent d’alimenter les tensions politiques et la demande de reddition des comptes.

Au Parlement, Me Aïssata Tall Sall a exprimé la nécessité d’apporter une clarification rigoureuse sur ce concept devenu un symbole de la crise de confiance entre les institutions et les citoyens. Elle a interrogé Cheikh Diba en des termes précis, rappelant que les parlementaires doivent disposer d’une compréhension exacte de la situation pour exercer pleinement leur mission de contrôle. L’élue a ainsi demandé ce qu’il convient de retenir comme définition de la « dette cachée », interpellant le ministre sur la nature exacte des engagements concernés, sur leur mode de constitution et, surtout, sur les mécanismes permettant de dissimuler de tels passifs dans un système public théoriquement encadré par des règles de transparence et d’audit interne.

Son intervention, mêlant rigueur juridique et préoccupation politique, reflète une attente plus large au sein de l’opinion : comprendre comment des dettes peuvent être contractées ou accumulées sans être retracées dans les documents officiels, sans être portées à la connaissance de l’Assemblée nationale et sans apparaître dans les statistiques publiées par les autorités de régulation budgétaire. Elle pose également la question de la responsabilité politique et administrative, dans un contexte où la transition entre anciens et nouveaux dirigeants s’effectue sous le regard attentif des bailleurs, des institutions financières internationales et des marchés.

Le ministre Cheikh Diba, déjà en première ligne depuis les audits menés en 2025, est attendu sur des réponses précises. L’enjeu dépasse largement le cadre technique : il touche à la gouvernance, à la crédibilité de l’État et à la confiance des investisseurs. La question de Me Aïssata Tall Sall ouvre donc une nouvelle séquence dans la quête de transparence qui accompagne la réforme des finances publiques. Elle rappelle que la compréhension de la dette n’est pas seulement une affaire d’experts, mais un impératif démocratique auquel l’exécutif doit répondre avec clarté et exhaustivité.

Thierno Alassane Sall alerte sur une « situation critique » et interpelle le gouvernement sur la gestion de la dette et la transparence budgétaire

Lors de l’examen du projet de loi de finances initiale, le député de l’opposition Thierno Alassane Sall a livré, ce matin, une intervention particulièrement critique à l’égard de la gestion économique actuelle du pays. Face au ministre des Finances et du Budget, il a dressé un tableau sombre de la situation budgétaire et de ses répercussions sur les différents secteurs.

Dès les premières minutes de son allocution, le parlementaire a tenu à alerter sur l’ampleur des inquiétudes qui traversent la société. « Il ne faut pas se voiler la face. Les étudiants, les entreprises et d’autres secteurs dans ce pays sont inquiets », a-t-il lancé, soulignant que le climat général est marqué par une perte de confiance croissante. Thierno Alassane Sall a ensuite pointé du doigt la structure du budget national, qu’il juge excessivement dépendant du service de la dette. Selon lui, la part consacrée à celle-ci, qu’il évalue à 40 % du budget, témoigne d’un déséquilibre préoccupant et d’une vulnérabilité accrue de l’économie.

À cette inquiétude financière s’ajoute, selon le député, une instabilité politique persistante, qui alimente les doutes des investisseurs et freine la dynamique économique. « Nous sommes concentrés dans une crise politique et permettons inconsciemment aux investisseurs d’être inquiets », a-t-il martelé.

Face à cette situation qu’il qualifie de « critique », Thierno Alassane Sall estime que les autorités portent une « lourde responsabilité ». Il a exhorté le gouvernement à prendre la pleine mesure de l’urgence économique et à engager sans délai des actes de gouvernance plus transparents et rigoureux.

Abordant ensuite le dialogue politique, le député a reconnu la volonté d’échanges affichée par l’exécutif, tout en réaffirmant la nécessité d’une transparence totale. À cet effet, il a posé une série de questions directes au ministre des Finances, notamment sur d’éventuels défauts de paiement au mois d’octobre, un sujet sensible dans le contexte actuel. Il s’est également interrogé sur la pertinence d’un projet d’acquisition de neuf Airbus, compte tenu des tensions budgétaires et du contexte économique difficile.

Pour conclure, Thierno Alassane Sall a lancé un appel solennel à l’Assemblée nationale. Il a exhorté les députés à « assumer leur rôle de contrôle » et à se défaire des logiques partisanes qui, selon lui, affaiblissent la rigueur parlementaire. Il a insisté sur l’importance, pour la représentation nationale, d’exercer une vigilance accrue face à la situation financière du pays et aux engagements pris par le gouvernement.

Cheikh Diba détaille la stratégie pour ramener le déficit du Sénégal à 3 % d’ici 2027

Face aux députés ce samedi, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté de larges éclaircissements sur la stratégie de consolidation budgétaire inscrite dans le Projet de Loi de Finances initiale pour 2026. Selon lui, le gouvernement s’est engagé dans un processus rigoureux visant à rétablir l’équilibre des finances publiques, après un déficit particulièrement élevé en 2024, estimé autour de 12,8 %.

Le ministre a rappelé que l’objectif est de ramener ce déficit à 7,8 % dès 2025, puis à 5,37 % en 2026, avant d’atteindre la norme communautaire de 3 % en 2027. Cette trajectoire constitue, d’après Cheikh Diba, le socle de la politique budgétaire de l’exécutif et sert de cadre d’intégration pour des réformes majeures, notamment celles liées à la mobilisation des ressources du Plan de Redressement Économique et Social (PRÈS).

Abordant spécifiquement le PRÈS, Cheikh Diba a souligné que les attentes en matière de recettes pour l’année 2026 sont « très importantes », dépassant 760 milliards de francs CFA. Ces ressources proviendront de plusieurs leviers fiscaux et parafiscaux, parmi lesquels les jeux de hasard, la régularisation foncière, la taxation du mobile money, ainsi que l’alcool et le tabac. Le ministre a toutefois insisté sur le fait que ces prévisions ont été volontairement établies sur des bases « minimalistes ».

Il a révélé que les études menées sous la coordination de la Primature avaient abouti à une estimation supérieure à 900 milliards de francs CFA. Par prudence et pour éviter tout risque de dérapage budgétaire, le gouvernement a néanmoins retenu un montant plus conservateur de 760 milliards, ce qui reflète, selon lui, une gestion responsable et réaliste des recettes attendues.

Dans le même esprit de discipline budgétaire, Cheikh Diba a annoncé que l’option retenue pour 2026 consiste à geler toutes les recettes considérées comme optimistes. Concrètement, cela signifie que les administrations concernées ne pourront engager ou exécuter les dépenses correspondantes que lorsque les ressources auront été effectivement mobilisées. Cette mesure vise à éviter l’accumulation d’arriérés et à garantir que l’exécution budgétaire reste en phase avec les encaissements réels.

Le ministre a conclu en affirmant que cette démarche prudente, combinant réformes structurelles, mobilisation accrue des recettes et discipline dans l’exécution des dépenses, constitue l’unique voie pour remettre durablement le Sénégal sur une trajectoire de stabilité financière et de croissance maîtrisée.

Gestion de l’hôtel Radisson : un contrat controversé limite l’intervention de l’État

La gestion de l’hôtel Radisson à Dakar suscite actuellement de vives interrogations au sein du parlement sénégalais. Interpellé par l’honorable député Pape Djibril Fall sur la situation des travailleurs de cet établissement hôtelier, le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Ba, a qualifié la situation de « grand scandale ». Selon lui, le problème trouve son origine dans le contrat de gestion signé avec une société turque, d’une durée de 15 ans, qui régit aujourd’hui le fonctionnement de l’hôtel.

Le ministre a précisé que ce contrat comporte des clauses spécifiques qui limitent considérablement l’intervention du gouvernement. « Les clauses inscrites dans le contrat empêchent le gouvernement d’intervenir », a-t-il indiqué, soulignant que l’État ne dispose d’aucun levier légal pour modifier la gestion ou les pratiques internes de l’établissement.

Par ailleurs, Amadou Ba a ajouté que le contrat confère à l’hôtel une autonomie complète pour déterminer ses propres conditions de travail. Cette disposition, selon lui, restreint la capacité de l’État à protéger les droits des travailleurs ou à intervenir en cas de litiges internes. Le ministre n’a toutefois pas manqué de rappeler que cette situation ne signifie pas un abandon des employés, mais qu’elle illustre plutôt les limites imposées par des accords internationaux complexes.

Le Président Bassirou Diomaye Faye échange avec l’Union des Magistrats du Sénégal sur la modernisation de la justice

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu cet après-midi au Palais présidentiel une délégation de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS), conduite par son président, Cheikh Bâ. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des échanges réguliers entre les pouvoirs publics et les acteurs du système judiciaire, en vue de renforcer l’efficacité et la modernisation de la justice au Sénégal.

Au cours de cet entretien, les discussions ont porté sur le fonctionnement global de la justice et sur les réformes en cours, destinées à adapter le système judiciaire aux défis contemporains. Les magistrats ont présenté au Chef de l’État leurs préoccupations et propositions, notamment en matière de renforcement des capacités institutionnelles, d’amélioration des conditions de travail et d’accès plus rapide à la justice pour les citoyens.

Le Président Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé son engagement ferme en faveur d’une justice indépendante, efficace et accessible à tous. Il a insisté sur le rôle crucial de la justice comme garant de l’État de droit et sur la nécessité de bâtir un système judiciaire pleinement tourné vers les citoyens, capable de répondre aux exigences d’un environnement social et économique en constante évolution.

Baisse annoncée des tarifs de l’électricité au Sénégal à partir du 1er janvier 2025

Le ministre sénégalais de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, a annoncé ce vendredi une réduction significative du coût de l’électricité pour les ménages et les professionnels en basse tension. Cette décision, qui devrait entrer en vigueur au plus tard le 1er janvier 2025, a été communiquée lors d’une séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale.

Selon le ministre, la première tranche de consommation destinée aux ménages, couvrant la plage de 0 à 150 kWh, connaîtra une baisse notable. Le prix, actuellement fixé à 91,17 F CFA par kWh, sera ramené à 82 F CFA. Cette diminution de 10 % profitera directement à plus d’un million de foyers à travers le pays. Birame Souleye Diop a souligné que cette mesure s’inscrit dans une volonté de réduire la pression financière sur les familles, dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie et par la nécessité de rendre l’énergie plus accessible.

Du côté des professionnels en basse tension, une réduction similaire est prévue. La première tranche de consommation, qui couvre 0 à 50 kWh, passera de 163,81 F CFA à 147,43 F CFA par kWh, soit également une baisse de 10 %. Cette mesure touchera environ 319 000 abonnés, représentant 82 % de la clientèle professionnelle du pays. Le ministre a indiqué que cette décision vise à soutenir les petites entreprises, artisans et commerçants, dont les charges énergétiques constituent un frein à la compétitivité et à la rentabilité.

Birame Souleye Diop a par ailleurs rappelé que ces ajustements tarifaires s’inscrivent dans une politique plus large de réforme et de stabilisation du secteur énergétique. Le gouvernement ambitionne d’améliorer la gestion de la distribution, d’accroître l’efficacité du réseau et de favoriser l’accès universel à une énergie de qualité. Il a assuré que cette baisse des tarifs ne compromettra pas les investissements prévus dans le secteur, mais participera plutôt à une dynamique de relance économique et de renforcement du pouvoir d’achat.

Avec cette annonce, le Sénégal entame une nouvelle étape dans sa démarche de maîtrise des coûts énergétiques et de soutien aux populations. Les usagers attendent désormais la mise en œuvre effective de ces mesures dès le début de l’année 2025.

Crise en Guinée-Bissau : Thierno Bocoum salue l’initiative présidentielle et tance Ousmane Sonko

Thierno Bocoum est revenu, ce vendredi, sur la gestion sénégalaise de la crise politique en Guinée-Bissau. Selon lui, le Président de la République a posé « un acte majeur », rappelant avec force que, dans le domaine de la politique étrangère, « l’initiative et l’autorité reviennent pleinement au chef de l’État ». Pour l’ancien député, la réactivité du président face à la dégradation de la situation chez le voisin bissau-guinéen a démontré « une compréhension lucide des enjeux sécuritaires à nos frontières et surtout une volonté d’agir avant que la situation ne dégénère ».

Bocoum juge ainsi que, pour une fois, le président a pris les devants, rompant avec une dynamique où le Sénégal apparaît parfois entraîné par « des déclarations brouillonnes et des orientations improvisées » émanant du Premier ministre. Il accuse en effet Ousmane Sonko de chercher depuis plusieurs mois à imposer une « diplomatie personnelle », alignée selon lui sur des régimes « où la démocratie n’est qu’un parent pauvre » et où l’autoritarisme est présenté comme modèle.

L’ancien parlementaire reproche également à Ousmane Sonko certaines déclarations faites à l’Assemblée nationale, notamment lorsqu’il a évoqué l’existence d’une « combine » dans la gestion diplomatique de la crise. Une sortie que Thierno Bocoum estime dangereuse, dans un moment où « tout le Sénégal se mobilisait derrière ses institutions » pour prévenir les risques sécuritaires et politiques liés à l’instabilité en Guinée-Bissau. Il y voit une accusation gratuite, laissant sous-entendre une possible collusion entre le président déchu de Guinée-Bissau et les putschistes, ce qu’il juge « à contretemps, à contre-raison et à contre-intérêt national ».

Selon lui, Ousmane Sonko ravive par ailleurs ses anciennes critiques contre la CEDEAO, une organisation qu’il avait déjà attaquée par le passé. En s’exprimant ainsi, soutient Bocoum, le Premier ministre « s’exonère de la solidarité gouvernementale » et « fragilise la position internationale du Sénégal », au moment même où le président de la République conduit un processus diplomatique avec cette même CEDEAO pour contribuer à la stabilisation de la sous-région.

Thierno Bocoum rappelle d’ailleurs que le communiqué officiel publié le 27 novembre 2025 par le ministère de l’Intégration africaine a clairement affiché la position du Sénégal : condamnation de la prise de pouvoir par la force, exigence du rétablissement de l’ordre constitutionnel et appel à la libération immédiate des personnes arrêtées en Guinée-Bissau. Une « ligne claire, républicaine et responsable », souligne-t-il, que les propos du Premier ministre viennent inutilement brouiller.

Pour l’opposant, Ousmane Sonko s’éloigne du « cap national », s’isole « dans un entre-soi de flatteurs » et place son « ego là où devrait se trouver le sens de l’État ». Dans une crise aussi sensible, affirme-t-il, le Sénégal ne peut se permettre une « cacophonie au sommet », mais doit au contraire afficher une cohérence et une unité de doctrine.

Thierno Bocoum conclut en appelant à une posture plus institutionnelle et plus disciplinée au sein de l’exécutif, estimant que l’intérêt national doit primer sur les divergences politiques ou les ambitions personnelles.

Opération de désencombrement : le ministre de l’Intérieur rappelle la loi et défend la fermeté de l’État

Lors de la séance des questions d’actualité de ce vendredi à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur, Me Bamba Cissé, est revenu en détail sur l’opération de dégagement de l’espace public déclenchée à Dakar depuis la fin septembre 2024. Face aux préoccupations exprimées par le député Pape Djibril Fall, le ministre a tenu à clarifier la philosophie et les objectifs de cette initiative, qu’il refuse de qualifier de simple « déguerpissement ».

Selon Me Bamba Cissé, il s’agit avant tout d’une vaste « opération de réorganisation de l’espace public », une démarche inscrite dans un cadre légal et administratif précis. Le ministre a invité les parlementaires à faire preuve de cohérence dans leurs prises de position, rappelant que les élus ont eux-mêmes voté les textes qui encadrent l’usage de la voie publique. « Ceux qui défendent certaines activités doivent se référer aux lois qu’ils votent avant de les défendre. Tu ne peux pas voter une loi et, quand on l’applique, t’opposer à son application », a-t-il lancé, en réponse aux critiques sur les impacts sociaux du désencombrement.

Pour illustrer ses propos, Me Bamba Cissé a cité la Loi n° 67-50 de novembre 1967, un texte toujours en vigueur, qui réglemente les activités sur la voie publique. Cette loi prévoit des sanctions pouvant atteindre jusqu’à deux ans d’emprisonnement pour ceux qui occupent illégalement les espaces réservés aux piétons, à la circulation ou aux infrastructures communales. Le ministre a insisté sur le fait que le gouvernement se limitait à appliquer cette législation, longtemps restée lettre morte.

Revenant sur la philosophie qui sous-tend l’opération, le ministre de l’Intérieur a souligné que l’ordre et la discipline constituent les fondements du développement de toute nation. À l’appui de son argumentaire, il a évoqué les trajectoires du Rwanda et de l’Éthiopie, qui, selon lui, ont connu ces dernières années un véritable rebond économique grâce à la rigueur instaurée dans la gestion de l’espace public et de la vie collective. « Ces pays étaient derrière nous ; aujourd’hui ils sont cités en exemple. C’est ça que nous voulons amener au Sénégal, et nous allons le réussir », a affirmé Me Bamba Cissé, réitérant la volonté du gouvernement de poursuivre l’opération de désencombrement jusqu’à son terme.

Le ministre a également dévoilé des détails sur la préparation technique de l’initiative, menée en coordination avec les gouverneurs des différentes régions. Une circulaire leur a été adressée pour identifier les zones les plus fortement encombrées et planifier leur dégagement. Cette démarche, explique-t-il, vise à lutter contre l’insalubrité, l’insécurité et l’occupation anarchique des sols, qui perturbent la circulation, dégradent le cadre de vie et favorisent parfois des activités illicites.

Me Bamba Cissé a tenu à rassurer les acteurs économiques concernés. L’objectif n’est pas d’empêcher les populations de travailler, mais de faire respecter les codes d’occupation de l’espace afin de garantir un environnement urbain fonctionnel. « Il n’est interdit à personne de travailler, mais il faut de l’ordre et de la salubrité dans leur commerce. Le trottoir est pour les piétons, la route pour la circulation, et le marché pour les marchands. C’est ainsi qu’un pays fonctionne », a-t-il martelé.

Ousmane Sonko presse la justice d’accélérer le traitement des dossiers en souffrance

Dans un contexte national marqué par une multiplication des critiques sur la lenteur des procédures judiciaires liées à la reddition des comptes, le Premier ministre Ousmane Sonko a haussé le ton ce vendredi matin devant les parlementaires. Face à ce qu’il considère comme un dysfonctionnement persistant, le chef du gouvernement a appelé la justice à « empresser le pas » afin de traiter l’ensemble des dossiers en cours dans des délais « raisonnables », avec « célérité et rigueur ».

S’exprimant lors d’une séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité d’un « travail sérieux » en amont de toute mesure coercitive telle qu’une arrestation ou une mise en accusation. Selon lui, il s’agit d’une exigence fondamentale pour garantir l’équité et la crédibilité du système judiciaire. Le Premier ministre a réaffirmé que son gouvernement n’était « pas dans les règlements de compte », une manière de dissiper les soupçons de poursuites sélectives souvent évoquées dans le débat public.

Tout en reconnaissant l’argument avancé par certains juristes, selon lequel « le temps de la justice ne peut pas être le temps des hommes », Ousmane Sonko a estimé que cette réalité ne pouvait justifier indéfiniment la détention prolongée de prévenus. Il a ainsi invité les autorités judiciaires à « soit juger, soit libérer » toutes les personnes incarcérées dans le cadre de procédures en attente. Cette prise de position s’inscrit dans une volonté affichée d’instaurer un État de droit plus ferme, mais également plus équitable.

Ces déclarations interviennent après une série de critiques déjà formulées par le Premier ministre à l’égard de l’appareil judiciaire. Dans ses précédentes interventions, Sonko n’avait pas hésité à évoquer la nécessité d’un « nettoyage » au sein de l’institution, accusant certains acteurs de ne pas dire le droit de manière impartiale.

Parallèlement, le débat autour des conditions de travail des magistrats refait surface. Le président de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS), Cheick Ba, a récemment interpellé le gouvernement sur le manque criant de moyens humains et matériels au sein de la justice. Il a notamment révélé que le pays ne comptait que 546 magistrats pour environ 18 millions d’habitants, un ratio largement insuffisant pour assurer un fonctionnement efficace des juridictions. Selon lui, l’amélioration des performances de la justice passe nécessairement par un investissement plus important de l’État, condition sine qua non pour résorber les lenteurs dénoncées de toutes parts.

Coup d’Etat en Guinée : « C’est une combine… le processus électoral doit se poursuivre! », déclare Ousmane Sonko

Lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale ce vendredi, le Premier ministre Ousmane Sonko s’est exprimé sur la situation explosive en Guinée-Bissau, où un coup d’État est intervenu après la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle. Bien qu’il ait tenu à rappeler les limites de son champ d’intervention, le chef du gouvernement n’a pas hésité à livrer une analyse tranchée des événements.

Dès l’entame de sa réponse, Ousmane Sonko a adopté un ton mesuré, soulignant que, selon les principes institutionnels, « ce qui se passe en Guinée est une prérogative du gouvernement ». Il a précisé ne pas vouloir « trop [s’]aventurer » dans un dossier relevant principalement de la diplomatie et de la présidence de la République. Cette mise en garde visait à situer son propos dans le respect du partage des responsabilités entre les différentes institutions de l’État.

Mais malgré cette prudence initiale, le Premier ministre a clairement exprimé son point de vue sur la nature de la crise. Il a qualifié les événements de « complot qui n’a aucune base légale », dénonçant ainsi une prise de pouvoir qu’il estime dépourvue de fondement juridique ou constitutionnel. Par cette déclaration, Ousmane Sonko s’inscrit dans une ligne de condamnation ferme des changements de régime par la force, en cohérence avec les principes défendus par le Sénégal et la CEDEAO.

Le chef du gouvernement a ensuite insisté sur la nécessité de privilégier une sortie de crise démocratique. Il a appelé à « la poursuite du processus électoral » interrompu par les troubles, estimant indispensable que « la Commission proclame les résultats définitifs ». Selon lui, seule la transparence totale du processus électoral permettra d’apaiser les tensions et de restaurer un cadre institutionnel légitime en Guinée-Bissau.

Enfin, Ousmane Sonko a exigé la libération des personnes arrêtées dans la foulée du coup de force, jugeant que leur détention constitue un obstacle supplémentaire au retour à la normalité institutionnelle. Pour le Premier ministre, aucune stabilité durable ne peut être envisagée en dehors du respect des droits et libertés fondamentales.

Sonko dément toute “dette cachée” : Abdourahmane Sarr recadre le débat à l’Assemblée nationale

L’hémicycle a été le théâtre, ce vendredi, d’un échange particulièrement tendu autour de la question de la dette publique. Interpellé sur l’existence supposée d’une « dette cachée », le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a fermement rejeté cette qualification, estimant qu’elle était dénuée de tout fondement. Face au Premier ministre Ousmane Sonko et aux députés, le ministre a tenu à dissiper toute ambiguïté sur les corrections apportées aux statistiques de la dette publique.

Dans une intervention sans détour, Abdourahmane Sarr a expliqué qu’une dette ne peut être considérée comme « cachée » que si l’État lui-même en ignore l’existence. Or, a-t-il souligné, les engagements concernés étaient bel et bien remboursés régulièrement par les autorités publiques. Le problème ne relevait donc pas de dissimulation volontaire, mais plutôt d’imperfections dans la consolidation des informations au niveau statistique. « Si vous savez qu’une dette existe et que vous la payez, elle n’est pas cachée », a-t-il déclaré avec insistance. Selon le ministre, l’écart entre les 75 % de dette initialement annoncés et les 119 % révélés par l’audit résulte d’erreurs de remontée de données corrigées dans le cadre d’un processus d’assainissement normal.

Abdourahmane Sarr a également pris le temps de clarifier le rôle du Fonds monétaire international, souvent présenté comme un acteur contraignant dans les périodes d’ajustement économiques. Il a défini le FMI comme un « prêteur en dernier ressort », une institution sollicitée lorsqu’un pays n’arrive plus à se financer sur les marchés dans des conditions normales. Dans ces situations, les autorités doivent présenter un plan économique crédible pour combler le manque de financement, appelé « gap », et restaurer la confiance des partenaires. Cette démarche n’est pas une exigence imposée de l’extérieur, a-t-il précisé, mais une nécessité pour garantir la continuité du financement public.

Le ministre a par ailleurs rappelé l’ampleur des besoins de financement du Sénégal, estimés à environ 6 000 milliards FCFA par an. Sur ce montant, 1 250 milliards correspondent au déficit budgétaire annuel, tandis que 4 750 milliards représentent les dettes arrivant à échéance et devant être refinancées. À ses yeux, l’enjeu majeur n’est plus uniquement le niveau absolu de la dette, mais la capacité du pays à accéder durablement au refinancement dans un climat de confiance et de transparence renforcée.

Il a enfin évoqué le « changement de catégorie » du Sénégal, désormais classé parmi les pays présentant des besoins de financement particulièrement élevés. Ce repositionnement, fruit d’un processus long encore en cours, implique une exigence accrue en matière de sincérité et de rigueur dans la présentation des données publiques. Pour Abdourahmane Sarr, cette transition impose au gouvernement de maintenir un haut niveau de discipline financière afin de préserver la crédibilité de l’État sur les marchés internationaux.

Discussions Sénégal–FMI : Cheikh Diba dévoile l’état des négociations devant les députés

Lors de la séance de questions d’actualité tenue ce vendredi à l’Assemblée nationale, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté des éclaircissements sur l’évolution des discussions en cours entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Face aux députés, il a assuré que les échanges « se passent très bien », tout en rappelant les différentes étapes déjà franchies dans le cadre du processus.

Cheikh Diba est revenu sur la publication de l’audit initial, intervenue le 26 septembre, un document qui a permis de mettre en lumière la situation exacte des finances publiques. À la suite de cet audit, un rapport certifié a été validé le 12 février, levant ainsi les derniers prérequis pour l’ouverture formelle des négociations avec le FMI. Selon le ministre, ce cadre de transparence et de clarification était indispensable pour asseoir des discussions constructives.

Dans son intervention, le ministre a également dressé un tableau sans complaisance de la situation budgétaire héritée. Il a révélé que le taux d’endettement du Sénégal est passé de 74 % à 119 %, un niveau considéré comme très élevé et susceptible de fragiliser la stabilité macroéconomique du pays. À cela s’ajoute un déficit budgétaire estimé à 13,4 %, un chiffre bien au-dessus des normes communautaires et des seuils habituellement admis par les partenaires techniques et financiers.

Cheikh Diba a expliqué que ces indicateurs justifient la prudence dont fait preuve actuellement le FMI. L’institution, selon lui, souhaite s’assurer que les déséquilibres financiers observés par le passé ne se reproduiront plus. Elle adopte ainsi une démarche fondée sur « l’assurance et la sûreté », l’objectif étant de sécuriser la trajectoire budgétaire du Sénégal pour les années à venir.

Ousmane Sonko relance le débat sur le rapport de l’IGE : entre zones d’ombre, continuité de l’État et bataille politique

Ce vendredi 28 novembre 2025, Ousmane Sonko a profité de son passage devant l’Assemblée nationale pour revenir sur l’affaire du rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) relatif au Conseil économique, social et environnemental (CESE), un dossier qui continue de susciter des remous politiques plusieurs années après les faits. Le Premier ministre a tenu à clarifier sa position et à rappeler le déroulement exact du traitement du rapport sous l’ancien régime.

Selon lui, le document avait bel et bien été « lu et approuvé » par l’ancien président Macky Sall, qui n’aurait émis qu’une seule réserve portant sur la deuxième recommandation de l’IGE, celle liée au statut du président d’honneur du CESE et aux avantages qui y étaient associés. Pour Sonko, cette précision est essentielle car elle montre que l’ex-chef de l’État avait validé la quasi-totalité des conclusions des inspecteurs.

Il a également souligné le rôle d’Amadou Ba, alors Premier ministre, qu’il a présenté comme l’autorité ayant exécuté les recommandations issues du rapport. D’après les explications du chef du gouvernement, Amadou Ba avait sollicité le ministre des Finances de l’époque, Mamadou Moustapha Ba, ainsi que le président du CESE, Abdoulaye Daouda Diallo. Le rapport avait même été transmis à la présidente sortante de l’institution, Aminata Touré. Toujours selon Sonko, une correspondance avait ensuite été adressée à la justice le 3 juillet 2023.

« Le rapport existe et je ne connais que la continuité de l’État. J’ai fait ce que j’avais à faire. Un rapport ne se retient pas. Le coupable ou non est déterminé par la justice », a martelé Ousmane Sonko, insistant sur le fait que le traitement du dossier dépasse les considérations politiques et relève exclusivement de la responsabilité judiciaire.

Au cœur de cette affaire se trouve une somme évaluée à près de deux milliards de FCFA dont la destination demeure incertaine, selon le Premier ministre. Cette zone d’ombre a ravivé les tensions politiques, d’autant plus que l’affaire coïncide avec la récente nomination d’Aminata Touré à un poste stratégique au sein de la coalition au pouvoir. Certains y voient un paradoxe ou un malaise, compte tenu du fait que le rapport de l’IGE évoque indirectement la gestion du CESE à l’époque où elle en assurait la présidence.

Aminata Touré, pour sa part, a rejeté de façon catégorique toute accusation de mauvaise gestion. Elle a même proposé une audition publique de l’Inspection générale d’État, convaincue qu’une telle démarche permettrait de lever définitivement les doutes et de clore les polémiques.

Le dossier reste toutefois suspendu à une décision du chef de l’État, seul habilité à décider de la suite à donner au rapport et à sa transmission formelle à la justice. Cette attente entretient un climat d’incertitude, sur fond d’enjeux judiciaires mais surtout politiques, alors que la classe politique s’interroge sur les véritables conséquences qu’un tel dossier pourrait entraîner dans le contexte actuel.

Le Président Bassirou Diomaye Faye lance un processus inédit de nomination à l’OFNAC

Le nouveau régime dirigé par le président de la République Bassirou Diomaye Faye a marqué un tournant dans la gouvernance publique en mettant l’accent sur la refondation des institutions et la consolidation de la transparence. Dans ce cadre, la désignation des membres de l’Office National de Lutte contre la Corruption (OFNAC) a été réalisée pour la première fois à travers un processus d’appel à candidatures ouvert, public et concurrentiel, marquant ainsi une rupture avec les pratiques antérieures.

Conformément aux dispositions de l’article 8 de la loi n° 2025-12 du 3 septembre 2025 portant création de l’OFNAC, les membres de cet organisme « sont nommés par décret, à l’issue d’une procédure d’appel à candidatures dont les modalités sont fixées par arrêté du Ministre de la Justice ». Dans ce cadre, un avis d’appel à candidatures a été publié le 6 octobre 2025 par le Comité de sélection institué par l’arrêté n° 032697 du 2 octobre 2025 du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux.

Au terme de ce processus rigoureux, le Président de la République a nommé 12 nouveaux membres pour composer l’OFNAC. À leur tête, Moustapha KA, magistrat, occupe la fonction de président de l’institution, tandis que Birahime SECK, membre de la société civile, en assure le rôle de vice-président. La composition de l’OFNAC réunit des profils variés et hautement qualifiés, incluant des magistrats, des experts en suivi-évaluation, des administrateurs civils et des professeurs agrégés des facultés de droit, parmi lesquels Khadidiatou BA, Samba BARRY, Ibrahima FALL, Mafal FALL, Mademba GUEYE, Abdou Aziz Daba KEBE, Babacar NIANG, Birane NIANG, Mohamed Bachir NIANG et Charles Didier Gane Ngathy SENGHOR.

Le Chef de l’État a souligné que cette démarche, fondée sur les principes d’intégrité, de mérite et de transparence, témoigne de la volonté de son gouvernement d’instaurer une gouvernance exemplaire. L’initiative a rencontré un vif intérêt de la part du public et du secteur professionnel, totalisant 233 candidatures issues de profils divers, représentatifs des différents segments clés de la société.

Le FDR dénonce une “comédie politique” et accuse le gouvernement de manipuler l’Assemblée nationale

À la veille de la séance de questions d’actualité prévue ce vendredi 28 novembre 2025, la tension monte entre le gouvernement et l’opposition. Le Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR) a rendu public, ce jeudi, un communiqué au ton particulièrement virulent, dénonçant ce qu’il qualifie de « nouvelle dérive institutionnelle » imputée à l’exécutif.

Le mouvement d’opposition apporte son « soutien total » aux députés ayant décidé de boycotter la séance parlementaire, qu’ils assimilent à une « comédie politique ». Selon le FDR, la convocation en urgence de cette session ne respecte pas les « usages républicains ». Le texte reproche notamment au gouvernement d’avoir omis d’en débattre en Conseil des ministres, contrairement à la tradition qui veut que les grandes orientations parlementaires y soient préalablement discutées.

Pour le FDR, cette omission n’a rien d’un détail : elle traduirait une volonté du pouvoir de transformer l’Assemblée nationale en « tribune d’un clan ». Le mouvement accuse même le Premier ministre de multiplier les « forfaitures », mettant à mal, selon lui, la crédibilité et la stabilité des institutions garantes de l’équilibre démocratique.

Le communiqué aborde également un second point de friction : la publication du rapport de l’ANSD sur le Rebasing Base 2021. Le FDR se dit « étonné » du silence du gouvernement lors du dernier Conseil des ministres, qui n’a donné aucune explication sur ce document présenté comme stratégique pour l’analyse de la conjoncture économique.

Pour l’opposition, ce rapport aurait dû faire l’objet d’une communication officielle, compte tenu de ses implications majeures sur la planification économique, l’appréciation de la dette, la crédibilité budgétaire et les projections de croissance. Le FDR appelle ainsi l’exécutif à lever le voile sur ce qu’il qualifie de « discrétion surprenante », estimant que les Sénégalais sont en droit d’être pleinement informés, surtout dans une période jugée « économiquement et financièrement délicate ».

En conclusion, le mouvement met en garde contre « l’affaiblissement progressif des contre-pouvoirs » et assure rester mobilisé pour dénoncer toute tentative d’instrumentalisation des institutions. À la veille d’une séance parlementaire annoncée sous haute tension, l’opposition continue de maintenir la pression sur le gouvernement.

« Défendre l’image du Président, c’est protéger la République »

Depuis plusieurs jours, nous observons avec une profonde inquiétude la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’images et de contenus portant gravement atteinte à la dignité du Président de la République. Ces actes, souvent posés avec légèreté ou provocation, témoignent d’une dérive dangereuse qui menace les fondements mêmes de notre vivre-ensemble républicain.

Le Président de la République n’est pas seulement un individu : il incarne l’État, la continuité des institutions et la stabilité de la Nation. Gardien suprême de la Constitution, premier défenseur de notre souveraineté et garant du bon fonctionnement des pouvoirs publics, il occupe une fonction dont l’image et la représentation revêtent un caractère profondément symbolique. Toute atteinte à sa personne dépasse donc le cadre d’une simple attaque individuelle ; elle constitue une mise en cause directe de la République elle-même.

Il convient de rappeler que les pères fondateurs de notre Nation ont toujours veillé à préserver la sacralité des institutions et le respect dû aux symboles incarnant l’autorité de l’État. Le respect envers le Président n’est pas une faveur, mais une obligation civique et républicaine. Aucun désaccord politique, aucune frustration passagère, aucune dérive sur les réseaux sociaux ne saurait justifier la profanation de l’image du Chef de l’État.

Face à cette situation préoccupante, j’en appelle solennellement au sens élevé de responsabilité de chaque citoyen. Les réseaux sociaux ne doivent pas devenir des espaces de diffamation, d’irrespect ou de dénigrement. La liberté d’expression ne doit jamais être confondue avec la liberté d’insulter ou d’humilier. Une démocratie solide se construit autour du débat d’idées, non autour de la dégradation des symboles nationaux.

J’interpelle également le Procureur de la République pour qu’il prenne, dans le strict respect de la loi, toutes les mesures nécessaires afin d’identifier, poursuivre et sanctionner ceux qui s’emploient à bafouer la sacralité de la fonction présidentielle. L’État doit agir avec fermeté, non pour protéger un homme, mais pour préserver l’institution qu’il représente.

En défendant l’image du Président de la République, c’est la République elle-même que nous défendons : son ordre, sa stabilité, sa dignité et les valeurs qui nous unissent. Aucun citoyen, quel que soit son bord, ne doit s’opposer à cet impératif essentiel.

Papa Ibrahima Senghor

Président du Mouvement Kaolack Bi Guene

Madiambal Diagne relance la polémique autour du voyage d’Ousmane Sonko à Abu Dhabi

Le voyage du Premier ministre Ousmane Sonko à Abu Dhabi continue d’alimenter les interrogations, faute d’explications officielles. Parmi ceux qui maintiennent la pression figure le journaliste Madiambal Diagne, connu pour ses prises de position critiques et ses sorties publiques incisives. Dans une nouvelle publication, il s’est de nouveau attaqué au Chef du gouvernement, évoquant l’hypothèse d’un mystérieux « deal » lié à cette visite.

Dans un message largement relayé sur les réseaux sociaux, Madiambal Diagne interroge ouvertement : « Le secret de la virée à Abu Dhabi se trouve-t-il dans un deal avec des Singapouriens sur les terres de l’ex-base militaire française de Ouakam ? 114 millions de dollars en cash et un jet privé ? Rendez-vous le 29 décembre 2025. Juste un mois après le 28 novembre ! Pas de démission avant l’issue du deal ! » Une formulation volontairement provocatrice, qui a aussitôt relancé les spéculations autour des motivations réelles du déplacement du Premier ministre.

Pour l’heure, aucune communication officielle n’est venue éclairer l’opinion. Ceux qui espéraient obtenir des clarifications lors du dernier Conseil des ministres ont été déçus : le voyage à Abu Dhabi n’a fait l’objet d’aucune information, ni en ouverture ni en marge de la réunion gouvernementale. Ce silence nourrit davantage les soupçons et offre un terrain propice aux insinuations, analyses et commentaires politiques.

Dans les milieux politiques comme au sein du grand public, la curiosité reste intacte. Certains y voient un simple déplacement officiel dont les détails diplomatiques restent confidentiels, tandis que d’autres, comme Madiambal Diagne, suggèrent l’existence d’enjeux économiques ou fonciers sensibles entourant l’ex-base militaire de Ouakam. Rien n’a cependant permis, jusqu’ici, de corroborer les insinuations relayées par le journaliste.

Déthié Fall met en garde les directeurs généraux : « Ceux qui fermeront leurs portes aux élus seront révoqués »

En commission à l’Assemblée nationale, lors de l’examen du budget 2026 de son département, le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, a tenu un discours d’une fermeté inhabituelle à l’endroit des directeurs généraux placés sous sa tutelle. Face aux députés, l’ancien allié politique devenu acteur majeur du gouvernement a clairement affiché sa volonté d’instaurer une gouvernance rigoureuse et davantage tournée vers la transparence.

Selon des informations rapportées par le journal L’AS, le ministre n’a pas mâché ses mots : « Les DG qui fermeront leurs portes aux élus seront tout simplement révoqués », a-t-il averti, rappelant que les dirigeants des structures publiques n’ont pas de compte à rendre uniquement à leur hiérarchie administrative, mais également aux représentants du peuple. Pour lui, la disponibilité et l’ouverture au dialogue constituent des obligations indissociables de la mission de service public.

Déthié Fall a ainsi insisté sur le rôle central des élus dans le suivi, l’évaluation et le contrôle de l’action publique. Refuser de collaborer ou d’échanger avec eux équivaut, selon lui, à saper les fondements mêmes de la gouvernance démocratique. Ce comportement, a-t-il indiqué, ne saurait être toléré dans un État qui se veut transparent et soucieux de rendre des comptes.

À travers cette sortie, le ministre des Infrastructures cherche visiblement à donner un signal fort. L’AS souligne d’ailleurs que cette mise en garde marque l’affirmation d’une gouvernance axée sur le dialogue, la transparence et la responsabilité. Déthié Fall entend ainsi rappeler que les postes de direction confèrent des responsabilités qui doivent être pleinement assumées, notamment en matière de disponibilité administrative.

Toutefois, une interrogation demeure : comment ces avertissements seront-ils appliqués concrètement ? Le journal s’interroge sur les mécanismes de contrôle et les mesures disciplinaires qui seront mises en œuvre pour sanctionner les éventuels directeurs généraux récalcitrants. S’agira-t-il de simples rappels à l’ordre, de procédures administratives ou de révocations immédiates comme annoncé ?

COMMUNIQUÉ DE PRESSE MIMI 2024 DAKAR« Condamnation des attaques dirigées contre Mme la Présidente Aminata Touré »

MIMI Dakar condamne avec fermeté les attaques répétées, propos diffamatoires et tentatives d’intimidation visant Mme la Présidente Aminata Touré. Ces comportements constituent une dérive préoccupante, contraire aux exigences du débat démocratique et au respect dû aux responsables publics.

Il est inacceptable de chercher à atteindre l’intégrité morale et la crédibilité d’une personnalité dont le parcours est marqué par la rigueur, l’éthique et un engagement constant au service de la République. Aucune organisation ou mouvance politique ne doit se transformer en instrument de pression contre ceux qui défendent leur liberté d’opinion.

Mme la Présidente Aminata Touré a toujours fait preuve d’indépendance d’esprit, de constance et d’un attachement profond aux valeurs républicaines. Les tentatives de la discréditer traduisent un refus du débat d’idées et un affaiblissement regrettable de la vie politique.

Nous appelons l’ensemble des acteurs à mettre fin aux campagnes de dénigrement et aux invectives. La démocratie se construit dans la confrontation argumentée et le respect mutuel, non dans la provocation ou la manipulation.

MIMI Dakar réaffirme son soutien total à Mme la Présidente Aminata Touré, coordinatrice de la coalition Diomaye Président, qui bénéficie de la confiance du Président de la République Bassirou Diomaye Faye.

Son parcours, du service international aux responsabilités nationales les plus élevées, témoigne d’une compétence et d’une intégrité reconnues. Les attaques dont elle fait l’objet ne sauraient entamer sa détermination ni sa contribution aux missions qui lui ont été confiées.

Fait à Dakar, le 25 novembre 2025.

MIMI 2024 DAKAR

Sécurité alimentaire et sanitaire : le Premier ministre fixe de nouvelles orientations lors du Conseil des ministres

Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 26 novembre 2025, le Premier ministre a consacré l’essentiel de sa communication aux nouvelles orientations du Gouvernement en matière de sécurité alimentaire, nutritionnelle et sanitaire. Il a souligné que le Sénégal, à l’instar de nombreux pays, fait face à des crises sanitaires multisectorielles et à des chocs répétés exigeant un dispositif national plus robuste pour protéger les populations et garantir la stabilité sociale. Selon lui, la situation actuelle impose un renforcement des mécanismes de prévention, de gestion des crises et de coordination entre les différents acteurs institutionnels.

Le Premier ministre a ainsi défini les priorités visant à améliorer l’efficacité de l’action gouvernementale dans un cadre global et intégré. Il a mis en avant l’importance de disposer d’un système d’alerte précoce performant, d’assurer une vigilance continue et de renforcer les capacités d’intervention rapide des services publics. La coordination intersectorielle, a-t-il rappelé, est essentielle pour répondre de manière harmonisée aux risques sanitaires, nutritionnels et alimentaires qui traversent le pays.

Dans cette perspective, il a annoncé la réactualisation de la Stratégie nationale de Sécurité alimentaire et de Résilience (SNSAR). Cette mise à jour permettra d’aligner les priorités nationales sur l’Agenda de Transformation, Sénégal 2050, une vision à long terme portée par le Gouvernement. La nouvelle stratégie sera mise en œuvre à travers le Programme national d’Appui à la Sécurité alimentaire et à la Résilience (PNASAR), un dispositif destiné à améliorer la gestion des crises alimentaires, à renforcer les capacités de prévention et à développer des mécanismes plus structurants de résilience communautaire et institutionnelle.

Le Premier ministre a également rappelé que l’ancrage institutionnel des programmes de coordination au niveau de la Primature répond à un impératif de cohérence. La multiplicité des acteurs engagés dans la sécurité alimentaire, sanitaire et nutritionnelle impose une synergie d’actions pour éviter les redondances et assurer une meilleure visibilité des interventions publiques. Il a insisté sur la nécessité de promouvoir une approche territoriale, coordonnée par les autorités déconcentrées et décentralisées, afin de garantir l’efficacité des mesures à l’échelle locale.

Dans le même élan, il a instruit le ministre, Secrétaire général du Gouvernement, de travailler en étroite collaboration avec les ministères sectoriels afin d’assurer une cohérence totale entre les politiques publiques existantes et la stratégie portée par le Secrétariat technique du Conseil national de Sécurité alimentaire (CNSA). Selon le Premier ministre, seule une harmonisation complète des instruments de planification permettra d’atteindre les objectifs fixés.

En conclusion de son intervention, le Premier ministre a présenté l’état d’avancement de trois projets structurants jugés prioritaires : la sécurisation de la liaison maritime Dakar-Gorée, l’autoroute Dakar-Tivaouane-Saint-Louis et l’Agropole Sud. Il a relevé plusieurs contraintes techniques, administratives et financières qui ralentissent leur mise en œuvre. Tout en appelant à une résolution rapide de ces difficultés, il a donné des instructions fermes pour accélérer l’exécution de ces projets stratégiques. Selon lui, ces chantiers traduisent l’ambition du Plan de Redressement économique et social et de l’Agenda Sénégal 2050, et appellent une adaptation rapide des procédures administratives au rythme de transformation souhaité par le Gouvernement.

Diomaye Faye opère de nouvelles nominations à la tête d’institutions stratégiques de l’État

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé mercredi à une nouvelle vague de nominations intervenant dans plusieurs institutions clés de l’État, dans le cadre des “mesures individuelles” annoncées par le pouvoir. Ces changements, concentrés sur trois ministères stratégiques — l’Énergie, le Pétrole et les Mines ; la Famille, l’Action sociale et les Solidarités ; et l’Industrie et le Commerce — visent à renforcer l’efficacité de certaines structures essentielles, dans un contexte de transitions importantes pour le pays.

Au ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, c’est Alioune Seck, ingénieur géologue, qui a été nommé à la tête de PETROSEN Exploration & Production (E&P), la branche en charge de l’amont pétrolier et gazier. Il succède à Talla Gueye. Ce remplacement intervient à un moment charnière pour la gestion des ressources pétrolières et gazières du Sénégal, alors que le pays s’engage dans une dynamique de production nationale et de renégociation des contrats. PETROSEN E&P, structure publique majeure, a pour mission la coordination des activités de prospection, de forage, d’exploitation et de production des hydrocarbures sur les différents bassins sédimentaires sénégalais. Elle joue un rôle central pour assurer l’approvisionnement énergétique national, tout en contribuant à la souveraineté énergétique du pays. 

Dans le même temps, au ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, le président Faye a nommé Souleymane Diallo, inspecteur de l’Enseignement élémentaire, au poste de Secrétaire général de Office national des Pupilles de la Nation (ONPN). Ce poste, resté vacant jusqu’à présent, confère à M. Diallo la responsabilité de relancer l’office chargé de la protection des enfants de la Nation. La nomination d’un profil issu de l’éducation de base, comme inspecteur d’enseignement, semble refléter une volonté de redonner à l’ONPN un ancrage institutionnel solide, en vue de mieux remplir son rôle social.

Enfin, au ministère de l’Industrie et du Commerce, c’est Cheikh Moussa Kane, ingénieur en statistique informatique appliquée et titulaire d’un master en suivi-évaluation, qui prend la présidence du conseil d’administration de Laboratoire national d’Analyse et de Contrôle (LANAC). Il remplace Abdoul Sy, appelé à d’autres fonctions. Cette nomination intervient à un moment où le renforcement des structures de contrôle, de qualité et de normalisation semble prioritaire, au regard des enjeux de commerce, d’industrie et de protection du consommateur dans un pays en pleine mutation économique.

Par ces décisions, le Chef de l’État démontre une volonté de remanier certaines têtes, non seulement pour renouveler les cadres, mais aussi pour redynamiser des institutions stratégiques — qu’elles soient liées à l’exploitation des ressources naturelles, à la protection sociale ou au contrôle industriel. Dans le cas de PETROSEN E&P, la nomination d’un nouvel ingénieur géologue à sa tête intervient dans une période cruciale, alors que le pays cherche à accroître son autonomie énergétique et à valoriser pleinement ses gisements pétroliers et gaziers. Pour l’ONPN, le retour d’un secrétaire général pourrait marquer le début d’une réorganisation interne et d’un regain d’attention pour les enfants vulnérables. Quant à LANAC, le renforcement de ses organes de gouvernance pourrait améliorer la transparence et l’efficacité des contrôles, éléments essentiels dans un contexte de dynamisme commercial et industriel.

Ces nominations — symboles d’un réajustement gouvernmental — s’inscrivent dans la logique du nouveau projet de gestion des secteurs stratégiques porté par le président Diomaye Faye : une gestion plus rigoureuse, une orientation vers la performance, et une volonté affichée d’adapter les institutions aux défis économiques, sociaux et industriels actuels du Sénégal.

Le communiqué du Conseil des ministres de ce 26 novembre 2025

Le Conseil des ministres s’est réuni le mercredi 26 novembre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République.

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Renforcement du patriotisme économique et lancement effectif de l’initiative « Sunu Champion »

Abordant sa communication, Monsieur le Président de la République rappelle au Gouvernement la place primordiale qu’il accorde au développement du secteur privé national dans la mise en œuvre de la Vision « Sénégal 2050 ». Dans ce cadre, il demande au Premier Ministre de replacer davantage les acteurs du secteur privé national et les entreprises locales au cœur de la mise en œuvre des programmes et projets publics et d’accélérer la rénovation opérationnelle du cadre de pilotage et de suivi-évaluation des investissements privés au Sénégal.
Il annonce aussi qu’il présidera la première réunion du Conseil présidentiel de l’Investissement rénové, dans la deuxième quinzaine du mois de mars 2026 et demande au Premier Ministre de préparer, avec l’ensemble des acteurs impliqués, cette importante réunion qui entre dans le cadre du redressement et de la relance de l’économie nationale.

En outre, le Président de la République invite à veiller à l’exécution optimale des plans d’actions issus de la Stratégie nationale de Promotion de l’Investissement et de Développement du Secteur privé.
Il informe le Conseil de l’initiative présidentielle dénommée « Sunu Champion », qui sera effectivement déployée à partir du mois de décembre 2025, pour promouvoir l’émergence de champions nationaux, en vue de renforcer le rôle primordial des acteurs économiques nationaux et des entreprises locales dans la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050.

Redynamisation du secteur des pêches et de l’aquaculture

Soulignant la place fondamentale du secteur des Pêches, dans l’activité économique et la stabilité sociale, le Chef de l’Etat rappelle que la préservation et la gestion durable de nos ressources halieutiques constituent deux principes directeurs majeurs pour la relance du secteur des pêches.

En conséquence, il instruit le Ministre des Pêches et de l’Economie maritime d’assurer le renforcement de la lutte contre la pêche illicite, la systématisation du repos biologique, ainsi que la surveillance et le contrôle accrus des activités et zones de pêche. Le Président de la République demande également de procéder à l’évaluation de l’impact des audits et mesures de gel des accords et de régulation des licences de pêche sur notre zone économique exclusive (ZEE).

Indiquant au Gouvernement l’urgence d’accélérer la mise en œuvre d’une nouvelle politique des pêches, le Chef de l’Etat insiste sur l’exploitation durable et optimale des ressources, l’adaptation de la pêche artisanale, l’approvisionnement correct du marché local en produits halieutiques accessibles, l’actualisation inclusive du Code des Pêches et l’application soutenue du Code de l’Aquaculture.
Il exhorte le Gouvernement à accroitre les aménagements, équipements et lignes de financement du sous-secteur de l’Aquaculture, à accélérer la matérialisation des actions de modernisation des quais, pirogues et équipements de pêche, à initier un Plan de rénovation du Marché national au Poisson de Pikine et à bâtir un nouveau modèle de gouvernance du secteur des pêches plus inclusif et plus transparent.

Accélération du développement du transport aérien

Après avoir félicité le Ministre des Transports terrestres et aériens pour le bon déroulement, à Dakar, du Comité des Ministres de l’ASECNA, le Chef de l’Etat rappelle au Gouvernement l’importance du développement du secteur aérien dans la Vision « Sénégal 2050 » et demande d’accentuer la revue prospective de la stratégie « Hub aérien » dans toutes ses composantes et financements.

Il instruit également d’accélérer la finalisation et la sécurisation des travaux de construction et de modernisation des aéroports régionaux et d’engager la modernisation soutenue des services et l’extension des infrastructures de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD).
Soulignant la nécessité d’une maitrise stratégique de la flotte, des investissements, de l’exploitation, de la qualité des services et du Plan de transformation de la Compagnie nationale Air Sénégal SA, le Président de la République engage le Premier Ministre à assurer une veille stratégique sur cette compagnie et à mettre en œuvre un Programme spécial de modernisation de l’Aéroport militaire « Léopold Sédar SENGHOR ».

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil qu’il a pris part au septième (7ème) sommet Union Africaine/Union Européenne, tenu du 23 au 25 novembre 2025, à Luanda en Angola, sur le thème « Promouvoir la paix et la prospérité à travers un multilatéralisme efficace ». Il a souligné sa participation à la plénière sur le thème « une coopération renouvelée et renforcée pour la paix et la sécurité et un engagement envers le multilatéralisme », au cours duquel il a mis l’accent sur l’environnement géopolitique mondial préoccupant et formulé des propositions pour promouvoir la paix et la sécurité en Afrique.

En marge des travaux, il a tenu des rencontres bilatérales avec le Président de la République Démocratique du Congo, le Président de la République gabonaise, le Chancelier allemand, le Président de la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Présidente de la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement (BERD).

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a débuté sa communication sur les orientations du Gouvernement en matière de sécurité alimentaire, nutritionnelle et sanitaire. Il a fait observer que le Sénégal, à l’instar des autres pays du monde, est confronté à des crises sanitaires multisectorielles et à divers chocs. Ces fléaux interpellent l’État sur le dispositif mis en place pour protéger les populations contre les aléas de la vie, assurer la stabilité sociale, la paix et la santé publique, qui constituent une préoccupation constante du Gouvernement.

Le Premier Ministre a ainsi fixé des orientations précises pour l’action gouvernementale dans ce domaine, dans le cadre d’une stratégie globale et intégrée de prise en charge des missions et d’une rigoureuse harmonisation des interventions sectorielles, notamment à travers un système d’alerte précoce, une vigilance renforcée et des interventions appropriées et bien coordonnées.

Dans ce sens, il a abordé la réactualisation de la Stratégie nationale de Sécurité alimentaire et de Résilience (SNSAR) pour l’arrimer aux orientations de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050. Cette stratégie révisée sera opérationnalisée par le Programme d’Appui à la Sécurité alimentaire et à la Résilience (PNASAR), permettant de renforcer l’efficacité des réponses aux crises alimentaires et de refonder les approches de prévention et de gestion des crises de manière structurelle.

Le Premier Ministre a rappelé que l’ancrage institutionnel, au niveau de la Primature, de programmes et de structures de coordination vise à créer de véritables synergies pour renforcer l’impact global des politiques publiques et prévenir les chevauchements, compte tenu du caractère multidisciplinaire et multisectoriel des interventions.

Il a souligné, également, qu’au regard de la multiplicité des acteurs et de la nécessité de veiller à l’harmonisation des interventions, il convient de mettre en avant l’approche territoriale coordonnée par les autorités décentralisées et déconcentrées.
A cet effet, le Premier Ministre a adressé des instructions au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, en relation avec les ministères sectoriels, pour assurer une mise en cohérence effective des politiques sectorielles avec la stratégie du Secrétariat technique du Conseil national de Sécurité alimentaire (CNSA).

Il a clos sa communication sur trois projets : la sécurisation de la liaison maritime Dakar–Gorée, l’autoroute Dakar–Tivaouane–Saint-Louis et l’Agropole Sud. Il a présenté leur état d’avancement et les contraintes constatées, avant de donner des instructions pour diligenter leur accélération. Ces projets illustrent, selon lui, la nécessité impérieuse d’aligner les procédures administratives sur le rythme et l’ambition du Plan de Redressement économique et social et de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de l’Energie, du Pétrole et des Mines a fait une communication sur l’élaboration de la Stratégie d’Achèvement de l’Accès universel à l’Electricité à l’horizon 2029 et l’approvisionnement du pays en produits pétroliers.

Le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage a présenté une communication sur la préparation de la campagne de commercialisation 2025/2026.

Le Ministre de la Microfinance, de l’Economie sociale et solidaire a fait une communication sur la Stratégie d’Accès des Organisations de l’Economie sociale et solidaire à la Commande publique.

Le Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a fait une communication sur l’organisation de la première (1ère) édition du Festival Ouest africain des Arts et de la Culture (ECOFEST).

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET RÉGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :
– le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Convention relative à l’extradition entre la République du Sénégal et la République de Gambie, signée à Dakar, le 12 mars 2020 ;
– le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de la Commission des Achats de l’Etat.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :
• Au titre du Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines
Monsieur Alioune SECK, Ingénieur Géologue, est nommé Directeur général de PETROSEN Exploitation et Production, en remplacement de Monsieur Talla GUEYE.
• Au titre du Ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités
Monsieur Souleymane DIALLO, Inspecteur de l’Enseignement élémentaire, est nommé Secrétaire général de l’Office national des Pupilles de la Nation (ONPN), poste vacant.
• Au titre du Ministère de l’Industrie et du Commerce
Monsieur Cheikh Moussa KANE, Titulaire d’un diplôme d’Ingénieur en Statistique Informatique appliquée et d’un Master en Suivi-Evaluation des Projets, est nommé Président du Conseil d’Administration du Laboratoire national d’Analyse et Contrôle (LANAC), en remplacement de Monsieur Abdoul SY, appelé à d’autres fonctions.

DIFFÉREND SONKO/DIOMAYE

Le Message poignant du Khalife de Bambilor: « Le Sénégal n’a pas besoin de vainqueurs, mais d’hommes d’État »

Au nom de Dieu, le TOUT-MISÉRICORDIEUX, le TRÈS-MISÉRICORDIEUX.

En ces jours où notre nation traverse des incertitudes, j’observe attentivement les mouvements du pays, les inquiétudes qui montent, les paroles qui s’entrechoquent, les esprits qui s’interrogent. Les débats s’enflamment, les analyses se multiplient, et la tension se ressent jusque dans les foyers.

Le Sénégal, notre bien commun, vit un moment délicat, et c’est avec un cœur rempli de prière et de responsabilité que je prends la parole.

Je m’adresse aujourd’hui à chaque fille et à chaque fils de ce pays, sans distinction d’appartenance politique, sociale ou religieuse.
Mon intention n’est ni de juger ni de condamner, mais d’appeler avec douceur et vérité à un sursaut de conscience et de fraternité.

En observant la situation actuelle, j’ai pris mon bâton de pèlerin.
Le tandem Diomaye – Sonko, qui a porté tant d’espérance, traverse aujourd’hui l’épreuve des interrogations publiques et des inquiétudes croissantes. Je ne suis ni arbitre ni juge de ces dynamiques, mais je suis témoin d’un climat où les cœurs risquent de se durcir et les esprits de se diviser.

À ce moment précis, je rappelle ceci : l’essentiel n’est pas la victoire d’un camp sur un autre. L’essentiel, c’est le Sénégal.

ALLAH dit :
« Et attachez-vous tous ensemble au câble d’Allah, et ne vous divisez pas. »
Et encore :
« Certes, Allah aime ceux qui agissent avec équité. »

Je demande donc à chacun dirigeants, opposants, citoyens, guides religieux de revenir à la noblesse des intentions.
Les calculs politiques, les rancœurs, les ambitions personnelles n’ont jamais bâti une société stable.

Je m’adresse à l’opposition: votre rôle est nécessaire. Mais que votre critique soit une lumière, pas un incendie.
Je m’adresse aux responsables en exercice : l’épreuve est aussi une invitation à la sincérité. Que l’unité qui vous a portés ne se perde pas dans les influences et les doutes.
Je m’adresse aux citoyens: gardez votre vigilance, mais préservez votre cœur. Refusez la haine, refusez les divisions.
Je m’adresse aux guides religieux : notre responsabilité est immense. Nous devons être des ponts, jamais des murs.

J’en appelle enfin à la responsabilité collective face au rôle des réseaux sociaux.
Une parole mal intentionnée, un montage, une rumeur ou une colère publique peuvent désormais embraser un pays en quelques heures. La liberté d’expression ne doit jamais devenir un carburant pour la discorde.

Demain, nous rendrons tous compte
Non sur nos appartenances, mais sur nos intentions, notre droiture et notre contribution à la paix.

Mais que cette parole soit aussi une parole d’espérance.
Le Sénégal a toujours trouvé la lumière au bout du tunnel. Notre histoire le prouve, notre foi le confirme, et notre unité peut encore l’écrire.

Conclusion

En refermant cette réflexion, je veux adresser un message du cœur.

À vous, Président Bassirou Diomaye Faye,
À vous, Premier ministre Ousmane Sonko,
À vous, responsables politiques de tous bords,
À vous, guides religieux et citoyens…

Je vous parle en frère, avec respect, et avec gravité.

Le destin du Sénégal n’appartient à aucun homme, à aucun duo, à aucun camp.
Il appartient à un peuple qui espère, qui travaille, qui doute parfois, mais qui ne renonce jamais.

Et aujourd’hui, ce peuple vous regarde.
Il n’attend pas la perfection : il attend la hauteur.

L’histoire retiendra non pas vos divergences, mais votre capacité à les dépasser.
Le Sénégal n’a pas besoin de bras qui se crispent, mais de mains qui se tendent.
Il n’a pas besoin de voix qui s’élèvent les unes contre les autres, mais d’esprits qui s’accordent sur l’essentiel.

Je vous demande, avec humilité mais fermeté :
revoyez vos positions.
Réécoutez vos cœurs.
Regardez ce pays qui vous a tout donné.
Et faites ce geste même le plus petit qui peut ramener la sérénité.

Un pays ne tombe jamais d’un seul coup.
Il tombe lorsque ceux qui peuvent l’apaiser choisissent de se taire.

Aujourd’hui, vous avez le pouvoir rare d’éviter les blessures de demain.

Que Dieu adoucisse les cœurs, éclaire nos pas, et fasse de chaque leader un artisan de paix.

Le Sénégal vous regarde.
Le Sénégal compte sur vous.

Thierno Amadou BA
Khalife Général de Bambilor

Proposition de loi : Le député Tahirou Sarr agite l’idée d’une carte de séjour obligatoire pour les migrants, à l’exception des Gambiens

Le leader du parti “Jël liñu moom / Les Nationalistes”, le député Tahirou Sarr, a déposé ce mardi à l’Assemblée nationale un projet de loi visant à réformer en profondeur le régime de séjour des étrangers au Sénégal.

Face à la presse ce mercredi, le parlementaire a apporté des éclaircissements sur cette proposition, notamment sur l’introduction de cartes de séjour obligatoires pour les étrangers vivant au Sénégal.

PROPOSITION DE LOI PORTANT CARTE DE SÉJOUR POUR LES ÉTRANGERS AU SÉNÉGAL

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Chers compatriotes,

Je suis devant vous aujourd’hui pour présenter officiellement une proposition de loi portant réforme en profondeur du régime de séjour des étrangers au Sénégal.

Il ne s’agit pas d’un discours contre qui que ce soit.

Il s’agit d’un discours pour le Sénégal, pour notre souveraineté, pour la protection de notre économie, de notre sécurité et de notre cohésion nationale.

La dernière loi relative au séjour des étrangers date de 1971. Cinquante-quatre ans se sont écoulés.

Depuis, le monde a changé, l’Afrique a changé, la sous-région a changé, et le Sénégal également.

La loi actuelle avait été pensée pour un pays de 4 millions d’habitants.

Aujourd’hui, nous sommes 18 millions, avec des flux migratoires massifs, rapides et difficiles à contrôler.

Mon ambition n’est ni d’opposer notre pays à d’autres, ni d’opposer notre peuple à qui que ce soit.

Mon ambition est de garantir l’ordre, la justice et la souveraineté nationale.

II – LA LÉGISLATION ACTUELLE : LOI 71-10 & DÉCRET 71-860

Pour permettre à tous les Sénégalais de comprendre la démarche, voici un résumé de ce que prévoient actuellement la loi et son décret d’application.

1. La loi 71-10 du 25 janvier 1971

Cette loi :

ne crée pas de carte de séjour, n’organise pas de fichier moderne des étrangers, ne prévoit pas de mécanisme de suivi individuel, n’établit pas de responsabilité financière, n’encadre pas les activités lucratives des étrangers, reconnaît elle-même qu’elle n’a pas d’objectif financier.

Elle ne prévoit qu’un livret spécial ou une carte d’identité d’étranger, des dispositifs obsolètes face aux réalités actuelles.

Conclusion : une loi ancienne, faible, non protectrice, et inadaptée au contexte actuel.

2. Le décret 71-860 du 28 juillet 1971

Le décret :

définit trois statuts (transit, séjour, établissement), impose l’obligation de visa, fixe les conditions d’entrée et d’autorisation d’établissement, prévoit quelques sanctions.

Mais il demeure extrêmement limité sur :

le contrôle des étrangers, la traçabilité, les activités économiques, la lutte contre la mendicité organisée, les obligations financières, la fiscalité des étrangers, les données biométriques, l’expulsion, les obligations de déclaration.

Conclusion : un texte largement dépassé.

III – POURQUOI UNE RÉFORME ?

Voici les constats que font aujourd’hui la plupart des Sénégalais :

a. Une immigration massive et non maîtrisée

Des milliers d’étrangers arrivent, s’installent, travaillent ou mendient sans aucune traçabilité.

b. Absence de carte de séjour moderne

Le Sénégal est l’un des rares pays où un étranger peut vivre des années sans carte de séjour, sans enregistrement et sans contribution.

c. Impact sur la sécurité

Sans identification, il devient difficile de lutter contre les trafics, les réseaux criminels ou la criminalité transfrontalière.

d. Impact économique et social

Certains étrangers occupent des secteurs entiers — commerce, mendicité, santé, transport artisanal, informel — souvent sans contrôle ni fiscalité.

e. Réciprocité internationale

Partout dans le monde, les Sénégalais doivent présenter des documents.

Pourquoi notre pays ne demanderait-il pas la même chose ?

IV – CE QUE CHANGE LA PROPOSITION DE LOI

1. Introduction officielle de la carte de séjour obligatoire

C’est la principale innovation.

Tout étranger résidant au Sénégal devra disposer d’une carte de séjour. Les Gambiens seront exemptés, dans le cadre d’un traité bilatéral.

2. Deux catégories de carte de séjour

Non-immigrants : séjour de 0 à 3 mois (tourisme, transit). Immigrants : toute personne souhaitant résider ou travailler.

3. Conditions strictes pour résider au Sénégal

L’étranger devra fournir :

un casier judiciaire récent, un passeport valide, des preuves de ressources, un justificatif de domicile, un contrôle administratif complet, l’absence de liens avec la prostitution, la mendicité organisée ou le charlatanisme, une caution équivalente au prix du billet d’avion de retour pour les immigrants.

4. Tarification de la carte de séjour

Pour la première fois, un tarif est fixé :

entre 300 000 et 500 000 FCFA par an, selon le pays d’origine, sur le principe de réciprocité internationale.

Contrairement à la loi de 1971, la dimension financière est assumée.

5. Permis de travail obligatoire et distinct

La carte de séjour ne donne pas automatiquement le droit de travailler.

Le permis de travail, délivré par l’Inspection du Travail, devient obligatoire.

6. Secteurs interdits aux étrangers

Certaines professions pourront être réservées aux nationaux, comme c’est le cas dans de nombreux pays.

7. Création d’un Fichier National des Étrangers

Un outil moderne comprenant :

biométrie, adresse exacte, activité exercée, renouvellement périodique, contrôle et traçabilité.

8. Sanctions renforcées

En cas de séjour irrégulier, fausses déclarations ou infractions graves :

amendes + expulsion.

9. Caution de rapatriement obligatoire

Chaque demandeur devra verser une caution équivalente au prix d’un billet d’avion pour son pays d’origine.

Objectifs :

faciliter un éventuel rapatriement, prévenir les situations de détresse financière, responsabiliser l’arrivée d’étrangers.

Thierno Bocoum démonte l’annonce gouvernementale sur les 633 milliards du PRES : “Un storytelling qui masque les errances du Premier ministre”

Le débat autour du financement du Plan de redressement économique et social (PRES) connaît un nouveau rebondissement. Alors que le gouvernement a annoncé 44 projets censés être financés à hauteur de 633 milliards FCFA dans la Loi de finances initiale (LFI) 2026, Thierno Bocoum dénonce une communication trompeuse reposant, selon lui, davantage sur la mise en scène que sur la réalité budgétaire.

Pour l’ancien député, cette annonce relève d’une « propagande des chiffres » destinée à masquer, dit-il, les insuffisances et les « errances d’un Premier ministre plus enclin aux rassemblements politiques qu’à la gestion quotidienne de l’État ». Derrière cette critique frontale, Thierno Bocoum pointe des incohérences profondes dans la présentation gouvernementale.

Selon lui, « l’annonce s’effondre dès qu’on confronte les mots aux mécanismes réels du budget ». Il rappelle que dans un système régi par l’unité de caisse, les projets publics ne sont pas financés par un programme en particulier, mais par les recettes fiscales, la dette et la trésorerie. De ce fait, présenter les 633 milliards comme provenant directement du PRES relèverait, à ses yeux, du « storytelling politique plutôt que de la rigueur budgétaire ».

Thierno Bocoum affirme également que les montants annoncés ne constituent pas des fonds disponibles. Il explique que les 633 milliards invoqués sont en réalité des Autorisations d’Engagement (AE), c’est-à-dire des intentions de dépenses. Les ressources effectivement mobilisables, appelées Crédits de Paiement (CP), ne s’élèveraient qu’à 499 milliards FCFA. « Le reste, soit 134 milliards, ne figure nulle part », soutient-il. Et même ces 499 milliards, ajoute-t-il, ne sont pas garantis : « Depuis des années, l’investissement public est la variable d’ajustement de la trésorerie. Retards administratifs, arbitrages internes, tensions de liquidité et dépendance aux bailleurs engloutissent les promesses avant qu’elles ne deviennent réelles. »

Pour l’ancien parlementaire, la LFI ne reflète jamais ce qui est réalisé, mais ce que le gouvernement prévoit de faire. « Les résultats véritables se trouvent dans les rapports d’exécution budgétaire et les lois de règlement », rappelle-t-il, estimant que ces documents « implacables et froids » mettent constamment en évidence un « écart abyssal » entre les annonces publiques et les réalisations concrètes. « Ce qui scintille dans les communiqués disparaît ensuite dans les comptes », affirme-t-il.

Thierno Bocoum établit par ailleurs un parallèle entre cette situation et celle du FII Sénégal. En octobre 2025, le gouvernement avait annoncé 13 211 milliards FCFA d’engagements et 51 projets signés lors de cet événement. Mais depuis, constate-t-il, « silence total ». Aucun tableau officiel, aucun bailleur identifié publiquement, aucun calendrier ni modèle de financement n’a été présenté. Pour lui, ces milliards se sont transformés « en souvenir de conférence » au lieu de devenir des leviers d’investissement.

Au-delà des chiffres, l’ancien député met également en cause le comportement du chef du gouvernement. Il accuse le Premier ministre d’être davantage préoccupé par des « meetings en pleine crise » et des « escapades au moment des urgences », et de délaisser les sessions du Conseil des ministres. « Le pays n’a pas un problème de chiffres, il a un problème de présence », insiste-t-il, estimant que le leadership se mesure à la capacité à être là où se prennent les décisions importantes, et non au nombre de kilomètres parcourus dans des rassemblements politiques.

Dans un contexte de progression de la dette publique, de tensions sur la trésorerie et de réduction des marges budgétaires, Thierno Bocoum juge « irresponsable » la multiplication d’annonces spectaculaires sans fondement réel. « Annoncer 633 milliards au PRES ou 13 211 milliards au FII ne coûte rien. Exécuter ces montants exige des ressources, une méthode, une direction et un leadership », dit-il, des éléments qui, selon lui, « font défaut au sommet de l’État ».

Il conclut en appelant à un retour aux pratiques fondamentales de la gouvernance publique : « dire ce que l’on fait, faire ce que l’on dit et apparaître là où la République se décide réellement ». Pour Thierno Bocoum, tant que la communication primera sur l’action, « les annonces remplaceront l’exécution, les estrades remplaceront l’État et le Sénégal restera prisonnier de promesses ».

Elhadji Malick Diallo, coordonnateur de MIMI2024 à Kaolack

Les propos tenus récemment par Waly Diouf Bodian sur son mur de lamentation pour ne pas dire sa page Facebook l’encontre de Madame Aminata Touré, Présidente de la coalition Diomaye Président, sont non seulement regrettables, mais profondément inacceptables. L’usage répétitif d’un vocabulaire mortuaire, évoquant des “tombes politiques” et des “enterrements”, n’a pas sa place dans un débat public responsable. Une telle dérive sape la dignité qui doit caractériser toute prise de parole politique, surtout lorsqu’elle vise une personnalité investie d’une mission centrale dans l’architecture politique actuelle.

Il est important de rappeler que Madame Aminata Touré bénéficie de la confiance pleine et entière du Président Bassirou Diomaye Faye, qui lui a confié la responsabilité stratégique de conduire la nouvelle coalition présidentielle restructurée et élargie à tous les citoyens désireux de l’intégrer. À ce titre, toute tentative de la fragiliser publiquement constitue, de fait, une mise en cause de l’autorité du Chef de l’État, son excellence Bassirou Diomaye Diakhar. Il serait donc souhaitable que M. Bodian mesure la portée de ses déclarations et la ligne institutionnelle qu’il franchit lorsqu’il s’attaque à elle avec autant de légèreté.

Par ailleurs, au-delà de la personne ciblée, ce sont les méthodes employées qui interpellent. Privilégier l’invective, l’attaque personnelle et les métaphores funèbres au détriment de l’argumentation démontre une absence de hauteur et un manque de respect pour les citoyens qui attendent un débat politique fondé sur les idées. De telles outrances ne peuvent prospérer dans un espace public qui aspire à plus de sérénité, de maturité et de sens des responsabilités.

En toutes circonstances, Madame Aminata Touré demeure engagée, déterminée et fidèle à la mission que lui a confiée le Président de la République. Aucune menace verbale, aucune insinuation et aucune dérive langagière ne saurait altérer ni sa crédibilité, ni son rôle, ni la confiance placée en elle. Ceux qui s’emploient à la dénigrer par des excès de langage se discréditent eux-mêmes, bien avant d’espérer fragiliser la coalition ou son leadership.

Elhadji Malick Diallo, coordonnateur de MIMI2024 à Kaolack.

Questions d’actualité : Ousmane Sonko et son gouvernement attendus à l’Assemblée nationale ce vendredi

Le Premier ministre Ousmane Sonko et l’ensemble des membres du gouvernement seront face aux députés après-demain, vendredi 28 novembre, dans le cadre de la traditionnelle séance de « Questions d’actualité ». Ce rendez-vous parlementaire, très attendu, constitue l’un des moments forts du contrôle de l’action gouvernementale et offre aux représentants du peuple l’occasion d’interroger directement l’exécutif sur les sujets qui dominent l’actualité nationale.

Selon le journal Les Échos, quatorze questions seront adressées au Premier ministre et aux ministres présents. La répartition du temps de parole, fixée selon le poids de chaque groupe au sein de l’hémicycle, accorde une large place au groupe parlementaire Pastef, majoritaire à l’Assemblée. Ses députés auront ainsi la possibilité de poser dix questions. Le groupe Takku-Wallu, quant à lui, pourra en poser deux, tout comme les députés non-inscrits.

Ce format mettra en lumière les préoccupations politiques, sociales et économiques actuelles, ainsi que les positions de chaque camp parlementaire. Pour l’exécutif, il s’agira d’une nouvelle occasion d’expliquer ses orientations et de répondre aux critiques formulées par l’opposition et les indépendants. Pour les députés, cette séance représente un espace d’expression privilégié, souvent marqué par des échanges vifs et par des interpellations directes sur la gestion gouvernementale.

Retour de Diomaye Faye : l’absence totale du gouvernement sur le tarmac ravive les spéculations au sommet de l’État

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a regagné Dakar hier, mardi, après un déplacement officiel à Luanda, en Angola. À son atterrissage à l’aéroport Léopold Sédar Senghor, le chef de l’État a bénéficié du cérémonial militaire habituel réservé aux retours officiels, notamment l’accueil assuré par le protocole militaire. Toutefois, un détail a particulièrement frappé les observateurs et n’a pas manqué de susciter commentaires et interrogations.

En effet, aucun membre du gouvernement n’était présent sur le tarmac pour accueillir le Président. Ni le Premier ministre, Ousmane Sonko, pourtant numéro deux de l’exécutif, ni le Directeur de cabinet du chef de l’État, Mary Teuw Niane, n’ont fait le déplacement, selon les informations rapportées par le journal Les Échos. Une absence collective qui tranche fortement avec les usages protocolaires auxquels le public sénégalais est habitué, surtout lors des retours d’un déplacement international du chef de l’État.

Cette scène inhabituelle intervient dans un contexte où les relations au sommet de l’État font l’objet de nombreuses spéculations. Depuis plusieurs semaines, la presse comme l’opinion s’interrogent sur l’état de la cohésion entre Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, Ousmane Sonko, notamment après une série d’épisodes politiques qui ont alimenté la perception d’un malaise au sein de l’exécutif. L’absence remarquée des principales figures gouvernementales renforce ainsi les interrogations sur la solidité du tandem exécutif, pourtant présenté comme l’un des piliers du projet politique issu des dernières élections.

Même si aucune explication officielle n’a pour l’instant été donnée, cet épisode pourrait nourrir davantage les commentaires sur la dynamique interne du pouvoir. Les conséquences politiques de cette situation restent pour l’instant incertaines, mais elle illustre le climat d’observation attentive qui entoure chaque geste, chaque apparition et chaque absence au sommet de l’État. Dans l’attente d’éclaircissements, cette arrivée présidentielle sans représentation gouvernementale demeure un signal symboliquement lourd dans un contexte déjà marqué par une forte sensibilité politique.

Les avocats de Cellou Dalein Diallo saisissent la Cour de justice de la CEDEAO pour spoliation et poursuites jugées abusives

Les avocats de l’ancien Premier ministre guinéen, Cellou Dalein Diallo, ont annoncé, ce mardi 25 novembre, avoir déposé une requête devant la Cour de justice de la CEDEAO. Cette démarche, présentée comme l’aboutissement de plusieurs années de réflexion, s’articule autour de deux volets majeurs : la contestation de la destruction du domicile de leur client à Dixinn et la dénonciation du caractère jugé abusif des poursuites judiciaires engagées contre lui dans l’affaire dite « Air Guinée ».

Dans leur communiqué transmis à la presse, les conseils du leader politique — Me Amadou Diallo, Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth — expliquent qu’ils demandent à la juridiction régionale de constater la spoliation d’un bien immobilier appartenant à M. Diallo. Son domicile avait en effet été rasé en 2022, une décision prise par les autorités militaires au pouvoir en Guinée, et que la défense qualifie de violation flagrante du droit de propriété.

Le second volet de la requête concerne les poursuites menées par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) dans le dossier « Air Guinée ». Les avocats affirment que ces procédures sont dépourvues de fondement juridique et s’inscrivent selon eux dans une logique de « harcèlement politico-judiciaire ». Ils soutiennent que les décisions prises jusqu’ici à l’encontre de leur client témoignent d’un « mal jugé manifeste », assimilable à un véritable déni de justice.

Pour justifier leur recours à la CEDEAO, les avocats évoquent l’absence de garanties juridictionnelles en Guinée. Selon eux, les voies internes de recours sont vouées à l’échec en raison du contexte politique et judiciaire actuel. Ils soulignent que M. Diallo, après avoir longtemps espéré un changement d’attitude des autorités, a été contraint de se tourner vers une instance régionale afin de faire valoir ses droits.

Les défenseurs de l’ancien Premier ministre l’accusent ainsi d’avoir été privé de plusieurs droits fondamentaux, protégés à la fois par la législation guinéenne et par les instruments internationaux auxquels le pays est partie. Ils exhortent désormais la Cour de justice de la CEDEAO à reconnaître l’ensemble des violations qu’ils imputent à l’État guinéen et à en tirer toutes les conséquences juridiques.

Gueum Sa Bopp charge la gouvernance : entre accusations de dérives, soupçons de manœuvres politiques et appel à une mobilisation nationale

Le mouvement Gueum Sa Bopp, par la voix de ses cadres réunis au sein de la plateforme « Les Jambaars », a livré ce 25 novembre 2025 une déclaration liminaire particulièrement offensive, dressant un réquisitoire sévère contre le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko. Entre critiques institutionnelles, interrogations sur la transparence publique, dénonciation d’un agenda politique dissimulé et propositions économiques, la sortie du mouvement a marqué un tournant dans le débat politique national à la veille du face-à-face entre le Premier ministre et les députés prévu ce vendredi 28 novembre à l’Assemblée nationale.

Dès l’entame de la déclaration, les responsables de Gueum Sa Bopp expriment leur inquiétude face à ce qu’ils qualifient de « rupture totale entre les engagements pris devant le peuple et la réalité de la gestion actuelle du pays ». Pour eux, moins de deux années après l’arrivée au pouvoir de l’actuel gouvernement, les signes d’un affaiblissement institutionnel, d’une récession économique et d’un chômage en hausse seraient aujourd’hui visibles et alarmants. Le mouvement accuse l’exécutif d’avoir substitué au programme initial des priorités politiques et électoralistes, décrivant une gouvernance bâtie sur « l’incompétence, l’inexpertise et l’irresponsabilité ».

Dans leur diagnostic, les cadres du mouvement pointent particulièrement les choix de nomination qu’ils jugent hasardeux. Selon eux, les nominations au sein des administrations, des directions nationales ou des conseils d’administration ne répondent plus aux critères de compétence ou d’expérience. Ils évoquent l’arrivée de directeurs « inexpérimentés, parfois anciens stagiaires », de présidents de conseil d’administration « sans qualification reconnue » et de députés « incapables de légiférer ». Pour Gueum Sa Bopp, cette situation a contribué à une bureaucratie coûteuse et inefficace, absorbant une grande partie des finances publiques sans produire de résultats tangibles.

Ce manque d’efficacité serait aggravé, selon eux, par l’absence de transparence. Le mouvement accuse le pouvoir de dissimuler des informations essentielles au public et d’étouffer les demandes légitimes de reddition des comptes. L’affaire liée à la « note de renseignement concernant Madiambal » est citée comme exemple emblématique. Gueum Sa Bopp reproche au gouvernement de ne pas rendre publique cette note évoquée dans le débat national, estimant que « l’information appartient au peuple » et que rien ne justifie une telle opacité dans une démocratie.

Les questions posées par le mouvement touchent plusieurs domaines jugés stratégiques. Sur les ressources naturelles, ils affirment que les Sénégalais ne disposent toujours pas d’informations détaillées et régulières sur les recettes issues du pétrole et du gaz. Sur le train de vie de l’État, ils exigent la publication des dépenses liées à l’usage du jet privé pour les déplacements du Premier ministre, ainsi que la mise à disposition des factures, des missions et des dépenses ministérielles financées par le contribuable.

Pour les cadres du mouvement, le pays se trouve dans une situation économique préoccupante, caractérisée par une dette publique qui compromet la capacité de l’État à investir. Ils affirment que les secteurs clés – agriculture, élevage, pêche – manquent d’intrants, de mécanisation et d’infrastructures, malgré les annonces répétées de réformes. Les réformes administratives présentées par le gouvernement seraient restées, selon eux, au stade du discours, tandis que la masse salariale et les dépenses de fonctionnement explosent au détriment des investissements productifs.

Gueum Sa Bopp accuse également l’exécutif de préparer en coulisses un agenda politique dissimulé visant à restructurer le paysage électoral à son avantage. Ils évoquent une possible dissolution programmée de l’Assemblée nationale en décembre 2026 pour coupler les élections locales de 2027 aux législatives, une stratégie qu’ils qualifient de « conspiration d’État » destinée à verrouiller les échéances électorales de 2027 et 2029. Pour eux, cette approche détournerait le gouvernement de ses responsabilités premières : répondre aux urgences sociales, lutter contre la vie chère, garantir l’emploi et assurer la sécurité nationale.

Face à ce qu’ils décrivent comme un échec de la gouvernance, les responsables du mouvement avancent plusieurs pistes de redressement. Ils estiment que le Sénégal pourrait économiser entre 180 et 240 milliards grâce à une rationalisation administrative réelle, permettant de rediriger ces fonds vers les secteurs productifs. Ils plaident pour une gestion rigoureuse des recettes pétrolières et gazières, un financement renforcé des intrants agricoles, une modernisation de l’élevage et des infrastructures halieutiques, ainsi qu’un soutien massif aux petites entreprises et artisans afin de relancer l’économie.

Le mouvement propose également l’adoption de nouveaux cadres légaux pour renforcer la transparence financière, un contrôle renforcé des marchés publics, une diplomatie économique plus active et la mise en place d’un cadre de suivi public des réformes accompagné d’une commission indépendante d’évaluation de l’action gouvernementale.

Au-delà de la critique, Gueum Sa Bopp appelle ses militants, sympathisants et l’ensemble des forces de l’opposition à se mobiliser. Du 1ᵉʳ décembre 2025 au 30 avril 2026, le mouvement prévoit une vaste campagne nationale, avec la création de « clubs Jambaars » dans les villages, les quartiers et dans la diaspora. Ces structures auront pour rôle d’animer le mouvement, de sensibiliser la population et de diffuser sa ligne politique. Le slogan choisi, « Dello Sénégal ci kaw » (« Relevons le Sénégal »), ambitionne d’incarner cette dynamique.

Le mouvement annonce également qu’après la séance de vendredi à l’Assemblée nationale, au cours de laquelle le Premier ministre sera interpellé par les députés, il présentera aux Sénégalais « la vérité des chiffres, la vérité des manœuvres et la vérité des solutions ». Pour Gueum Sa Bopp, la mobilisation citoyenne est désormais indispensable afin de restaurer la confiance dans les institutions et de remettre le pays sur les rails du progrès économique et social.

La déclaration se conclut par un appel solennel à la responsabilité du Président de la République et du Premier ministre, jugée indispensable dans un contexte où la note souveraine du pays se dégrade et où les investissements étrangers connaissent une baisse sensible. Selon Gueum Sa Bopp, le Sénégal traverse un moment charnière où seule une action corrective rapide et transparente pourrait éviter un basculement vers une crise plus profonde.

Crise au sommet de l’État

Le Khalife de Bambilor : « La stabilité du Sénégal dépend de Sonko et de Diomaye »

La crise entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, continue d’alimenter les débats. Depuis le tera-meeting du 8 novembre 2025 et la nomination d’Aminata Touré à la tête de la coalition Diomaye Président — décision qui a installé un malaise au sein du gouvernement — les réactions se multiplient.

Si certains concitoyens pointent du doigt le Pastef et invitent le chef de l’État à prendre ses responsabilités, d’autres appellent à un sursaut national et exhortent les deux dirigeants à dépasser les querelles partisanes.

C’est dans ce sens que s’est exprimé le Khalife général de Bambilor, appelant les deux responsables à mettre de côté leurs différends et à penser aux populations qui les ont portés au pouvoir.

« Le peuple sénégalais est fatigué et tous les regards sont tournés vers le tandem Sonko–Diomaye, attendu sur les promesses faites hier comme aujourd’hui. Il ne doit y avoir ni tiraillements ni querelles entre eux », a déclaré Thierno Amadou Ba, lors de la cérémonie de signature du jumelage entre les communes de Bambilor et Verdelino, dans la province de Bergame, en Italie.

Poursuivant, le guide religieux a ajouté :

« M. le maire nous a demandé de prier pour les autorités gouvernementales, et nous continuerons de le faire. Le TOUT-PUISSANT a exaucé leurs prières. C’est pourquoi ils n’ont plus droit à l’erreur. Leur priorité doit être de s’occuper des urgences du moment, mais surtout des préoccupations des populations : c’est là que le peuple les attend.

Le message que je leur lance, c’est de garder à l’esprit ce qu’ils disaient au peuple lorsqu’ils étaient dans l’opposition, quand ils sollicitaient les suffrages des Sénégalais et formulaient toutes ces critiques. La stabilité du Sénégal dépend aujourd’hui d’Ousmane Sonko et de Diomaye Faye. Il est donc grand temps pour eux de mettre de côté leurs états d’âme et de préserver le Sénégal. Nous allons continuer à prier pour le pays et pour eux, mais ils doivent aussi y mettre du leur. »

Cette déclaration a été faite ce mardi en marge de la signature de l’accord de jumelage entre le maire de Bambilor, Ndiagne Diop, et le maire de Verdelino, Zanoli Silvano, ainsi qu’entre la commune de Bambilor et l’ONG Fawzi Wa Nadiaty, dirigée par Thierno Amadou Ba. Cette organisation assurera le volet technique du programme de jumelage, axé sur la culture, le tourisme, la formation, la santé et l’emploi des jeunes, entre autres.

Aly Saleh

« Affaire des 125 milliards : Birane Ngom nie toute implication lors de sa première audition »

Birane Ngom, frère de Farba Ngom, a été entendu hier, lundi 23 novembre, dans le cadre de l’affaire dite des « 125 milliards », un dossier qui avait déjà conduit à son inculpation et à son placement sous bracelet électronique. Pour cette première audition sur le fond du dossier, le co-inculpé a adopté une ligne de défense basée sur un déni total. Selon le journal « Les Echos », ses réponses se résumaient à une répétition constante : « Je ne suis au courant de rien ! »

Lors de son audition devant le magistrat du Pool judiciaire financier, Birane Ngom a assuré n’avoir tiré aucun avantage des 10 % de parts qui lui avaient été attribués dans les sociétés familiales et affirmé n’avoir jamais encaissé le moindre centime. Face aux questions du juge concernant le montage des sociétés, la nature de ses actions et les fonds perçus, il n’a fourni aucune réponse concrète. Sur le montage des sociétés, il a soutenu ne pas avoir été associé mais simplement informé. Concernant ses parts, il a affirmé n’en avoir retiré aucun bénéfice personnel. Pour ce qui est des transactions financières, il a de nouveau juré n’avoir jamais été au courant et n’avoir jamais retiré d’argent provenant de ces entités.

Tout au long de l’audience, Birane Ngom a maintenu sa stratégie de défense, ce qui a rendu l’audition relativement courte. À l’issue de celle-ci, il a regagné son domicile en attendant les prochaines étapes de la procédure judiciaire.

Il convient de rappeler que l’implication de Birane Ngom dans cette affaire repose sur un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), qui a mis en lumière des détournements s’élevant à 125 milliards de francs. Si Tahirou Sarr et Farba Ngom sont considérés comme les principaux auteurs, d’autres personnalités sont également visées, notamment les deux frères du maire des Agnam, Ismaïla et Birane Ngom.

Le PPA-CI annonce des mesures disciplinaires suite à des « violations » internes

Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a annoncé plusieurs mesures disciplinaires à la suite de ce qu’il qualifie de « violation manifeste » d’une décision du Comité central datée du 6 novembre 2025. Selon la direction du parti, ces sanctions ont été prises dans le strict respect des statuts internes et visent à garantir la discipline et l’unité au sein de la formation politique.

Le président du PPA-CI, Laurent Gbagbo, a ouvert la procédure le 19 novembre en procédant à la révocation de plusieurs cadres qu’il avait lui-même nommés, leur reprochant de ne pas avoir respecté la ligne définie par le parti. Parallèlement, le Conseil de discipline, saisi par le Président-Exécutif, a engagé des poursuites contre des militants, élus ou de base, conformément à l’article 101 des statuts du parti.

À l’issue de ces procédures, dix-neuf personnes ont été suspendues à titre conservatoire. Parmi elles figurent Séri Louma Hortense, présidente de la Ligue des Femmes, plusieurs militants de base ainsi que des membres de bureaux fédéraux et de coordinations régionales. Cette décision entraîne la dissolution automatique du Bureau exécutif de la Ligue des Femmes, conformément aux règles internes du parti.

Le Forum du Justiciable demande la liberté provisoire pour les détenus hospitalisés

Le Forum du Justiciable (FDJ) a pris position ce lundi à travers un communiqué dans lequel il appelle le juge d’instruction financier à accorder une liberté provisoire aux détenus actuellement hospitalisés au Pavillon spécial. Selon l’organisation, la détention dans un centre hospitalier, même lorsqu’elle bénéficie de moyens ponctuels, ne garantit pas la continuité ni la qualité des soins médicaux essentiels à la survie et au rétablissement des personnes malades.

Babacar Bâ et ses collaborateurs estiment que l’état de santé des détenus nécessite un suivi médical constant, un suivi incompatible avec le cadre carcéral. Dans son communiqué, le FDJ souligne que « l’état de santé nécessite un suivi médical constant, incompatible avec la détention. »

Le Forum du Justiciable rappelle également que le droit fondamental à la santé, inscrit dans la Constitution sénégalaise et protégé par diverses conventions internationales, impose que toute personne malade puisse bénéficier de soins appropriés. L’organisation précise que cette exigence n’est pas seulement juridique, mais aussi humanitaire, affirmant que le respect de la dignité humaine doit primer, même dans le cadre de la justice pénale.

Enfin, le FDJ insiste sur le fait que l’exigence de rendre justice peut et doit être conciliée avec le respect des droits fondamentaux. L’organisation souligne que les détenus concernés, à savoir Khadim Ba, Farba Ngom, Maodo Malick Mbaye et Mabintou Diaby, disposent de toutes les garanties de représentation en justice. Dans ce contexte, le Forum du Justiciable estime que leur libération provisoire constituerait une mesure conforme aux principes humanitaires et aux obligations légales en matière de santé.

Dette cachée : les avocats de Macky Sall interpellent le FMI et contestent la méthodologie de la Cour des comptes

L’ancien président Macky Sall poursuit sa riposte judiciaire dans le dossier sensible de la dette publique sénégalaise. Au cœur de cette offensive : une correspondance adressée au Fonds monétaire international (FMI), révélée en exclusivité par RFI, dans laquelle ses avocats réclament des éclaircissements sur la manière dont l’institution a validé l’existence d’une « dette cachée » estimée à 7 milliards de dollars.

Selon les informations obtenues par RFI, le cabinet français FTMS, qui défend l’ancien chef de l’État, questionne directement le FMI sur les bases techniques et méthodologiques ayant conduit à cette estimation. Les avocats demandent notamment si l’institution financière s’est appuyée sur une évaluation interne – un audit de ses propres services – ou si elle a simplement entériné des données communiquées par l’administration sénégalaise.

Cette dette dite « cachée », que la Cour des comptes situe entre 2019 et 2024, est farouchement contestée par Macky Sall. L’ancien président réfute l’existence même d’un tel passif et accuse les organes de contrôle sénégalais d’avoir produit un rapport entaché d’erreurs. Me Pierre-Olivier Sur, l’un de ses conseils, joint par RFI, affirme ainsi que son cabinet a relevé plusieurs « erreurs de méthodologie » dans les conclusions de la Cour des comptes. Selon lui, les magistrats n’auraient procédé à aucune vérification de la véracité des données utilisées, ce qui fragiliserait l’ensemble du calcul.

Dans leur courrier, les avocats de Macky Sall vont plus loin : ils demandent au FMI de détailler précisément la méthodologie employée pour confirmer les chiffres avancés par l’administration sénégalaise, et sollicitent la transmission des documents utilisés pour établir ce montant de 7 milliards de dollars. Ils souhaitent également obtenir une rencontre officielle avec un représentant de l’institution afin d’éclaircir ce dossier devenu hautement politique.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où le débat public autour de la dette et de la gestion financière de la dernière décennie reste particulièrement tendu. En contestant la validité des chiffres avancés par la Cour des comptes et en interpellant directement le FMI, Macky Sall et ses avocats cherchent à démontrer que l’accusation de « dette cachée » relève, selon eux, d’une construction approximative ou d’une interprétation erronée.

Affaire Madiambal Diagne : la Cour d’appel de Versailles juge le dossier sénégalais “très léger”

La Cour d’appel de Versailles a décidé de suspendre provisoirement la procédure d’extradition visant le journaliste sénégalais Madiambal Diagne, marquant ainsi un nouveau tournant dans une affaire suivie de près des deux côtés de la Méditerranée. La Chambre d’instruction a renvoyé l’examen du dossier au 3 février 2026, le temps de recevoir des compléments d’information exigés de l’État du Sénégal. Les autorités sénégalaises doivent transmettre ces éléments avant le 21 janvier, faute de quoi l’examen de la demande d’extradition pourrait être définitivement compromis.

Selon la juridiction française, les documents fournis jusqu’ici par Dakar sont jugés insuffisants. Les magistrats évoquent des dossiers « très légers », ne permettant pas d’établir clairement les faits reprochés au journaliste, ni la base légale sur laquelle repose la demande. Cette décision constitue un relief important pour la défense de Madiambal Diagne, qui soutient depuis le début que les démarches sénégalaises manquent de rigueur et soulèvent des interrogations sur le respect des principes judiciaires fondamentaux.

Peu après l’annonce de ce sursis à statuer, Madiambal Diagne a réagi sur le réseau social X. Dans un message empreint de satisfaction, il affirme que « la Cour d’Appel de Versailles a donné une belle leçon de Justice au Sénégal ». Il précise que les juges français exigent notamment des garanties quant à la tenue d’un procès juste et équitable, une clarification des accusations retenues contre lui, ainsi que la précision de leur fondement juridique et de leur période de commission. Il souligne également que les magistrats souhaitent comprendre le circuit du mandat d’arrêt à l’origine de son interpellation en France. Pour le journaliste, ces demandes renforcent l’idée que ses droits fondamentaux doivent être pleinement respectés dans le cadre d’une éventuelle procédure d’extradition.

Proche de l’ancien président Macky Sall et de l’ex-Premier ministre Amadou Ba, Madiambal Diagne avait été arrêté le 21 octobre 2025 à son domicile du Pecq, dans les Yvelines. Cette interpellation faisait suite à un mandat d’arrêt international émis par Dakar. Après avoir été placé en détention provisoire, il avait finalement bénéficié d’une remise en liberté sous contrôle judiciaire. Ce régime imposé par la justice française comprend plusieurs obligations strictes, dont le non-respect pourrait entraîner son retour en détention.

Retour discret d’Ousmane Sonko : un voyage à Abu Dhabi qui continue d’alimenter la polémique

Selon des informations recueillies par Les Échos, le Premier ministre Ousmane Sonko est rentré hier soir à Dakar après un déplacement à Abu Dhabi qui a suscité une vive controverse en raison de son caractère particulièrement discret. Son avion privé a atterri à 22 h 29 GMT à l’aéroport Léopold-Sédar-Senghor de Yoff, au terme d’un vol direct de 10 heures et 16 minutes. Le Premier ministre et sa délégation avaient quitté les Émirats arabes unis à 16 h 13 heure locale, soit 12 h 13 GMT, mettant fin à un séjour dont les contours restent encore flous.

Ce voyage, mené dans une quasi-clandestinité, a surpris et alimenté de nombreuses spéculations. Contrairement aux usages protocolaires habituels, aucun communiqué n’avait annoncé le déplacement du chef du gouvernement. Ousmane Sonko avait quitté Dakar depuis l’aéroport militaire, un détail qui a accentué les interrogations. Dans un contexte politique déjà tendu, cette absence de communication officielle a ouvert la voie à des rumeurs allant d’une prétendue « fuite politique » à une mission diplomatique hautement sensible conduite en marge des circuits institutionnels traditionnels.

D’après Les Échos, la délégation qui accompagnait le Premier ministre comprenait notamment le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, ainsi que son garde du corps. Cependant, les sources du quotidien n’ont pas pu confirmer la présence d’autres personnalités à bord du jet privé, un appareil de dernière génération dont l’utilisation elle-même a été l’objet de critiques. L’opacité entourant la composition exacte de la délégation et les objectifs précis du voyage a renforcé l’impression d’un déplacement entouré de zones d’ombre.

Face aux interrogations, certains responsables gouvernementaux ont tenté d’apporter des clarifications, affirmant que le déplacement visait principalement à rechercher des financements et à renforcer la coopération stratégique avec les Émirats arabes unis. Selon eux, la nature sensible des discussions envisagées justifiait la discrétion observée autour du voyage. Ces explications n’ont toutefois pas suffi à apaiser les critiques, d’autant que l’absence totale de communication préalable a été perçue par une partie de l’opinion comme une entorse à la transparence à laquelle s’est engagé le nouveau gouvernement.

Crise politique : Les femmes du MIMI 2024 volent au secours d’Aminata Touré

La Coordination nationale des femmes du Mouvement MIMI 2024 est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle considère comme « des attaques ciblées » contre l’ancienne Première ministre et actuelle Haut Représentante du Président de la République, Madame Aminata Touré, récemment nommée dans le cadre de la restructuration de la Coalition Diomaye Président.

Dans un communiqué rendu public ce lundi, la plateforme féminine du mouvement a exprimé son indignation face aux critiques formulées à l’encontre de Mme Touré. Elles rappellent que cette dernière n’a « ni sollicité ni imposé » sa fonction dans la nouvelle architecture politique. Selon elles, « c’est le Président de la République lui-même qui l’a désignée » pour l’accompagner dans la réorganisation stratégique de sa coalition.

Un engagement “exclusivement au service du pays”

Les femmes du MIMI 2024 soulignent le rôle institutionnel d’Aminata Touré, affirmant qu’elle demeure avant tout engagée au service de la nation et du chef de l’État, Bassirou Diomaye Diakhar Faye. « Qui connaît Madame Aminata Touré sait qu’elle est exclusivement au service du pays », indique le communiqué, insistant sur sa loyauté envers le Président.

L’organisation met également en lumière le parcours de l’ex-ministre de la Justice, décrite comme « un ténor de l’arène politique » dont l’expertise, forgée après une riche carrière internationale, a toujours été mise au profit du Sénégal. « Elle dispose d’une expérience qui peut être capitalisée par n’importe quel leader », précise la Coordination.

Une mobilisation féminine en guise d’avertissement

En dénonçant les critiques visant Mme Touré, les femmes du MIMI 2024 affirment rester « vigilantes » face à l’évolution de la situation politique nationale. Le communiqué se conclut par un appel à l’unité, rappelant l’enracinement de Mme Touré au sein du mouvement : « Mimi Rewmi mo ko gnor mu nek ci ag Le Président, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye. »

Cette prise de position pourrait annoncer un climat politique de plus en plus tendu, au moment où la coalition au pouvoir traverse une phase de recomposition interne. Reste à savoir si cette mobilisation féminine contribuera à apaiser les tensions ou si elle ouvrira un nouveau chapitre dans les débats autour de l’influence d’Aminata Touré au sein du dispositif gouvernemental.

Ousmane Sonko attendu à l’Assemblée nationale pour une séance de questions d’actualité dans un contexte politique tendu

Le Premier ministre Ousmane Sonko fera son retour à l’Assemblée nationale ce vendredi 28 novembre 2025. L’annonce a été faite ce lundi par l’institution parlementaire, à travers un communiqué de presse confirmant la tenue d’une séance de questions d’actualité consacrée au contrôle de l’action gouvernementale. Conformément aux dispositions de l’article 104 du Règlement intérieur, le chef du Gouvernement sera interpellé en séance publique à partir de 09 heures, en présence de l’ensemble des membres de son cabinet.

Cette apparition intervient dans un moment particulièrement délicat pour l’exécutif. Depuis plusieurs semaines, les relations entre le Premier ministre et le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, traversent une phase de crispation ouverte, alimentée par des divergences sur la conduite de l’action gouvernementale et les orientations à privilégier dans les réformes en cours. Cette tension, largement commentée sur la scène politique, confère à la séance de vendredi une portée particulière, certains observateurs estimant qu’elle pourrait servir de baromètre pour mesurer l’état réel de la cohésion au sommet de l’État.

À l’Assemblée nationale, les députés devraient axer leurs questions sur la gouvernance, l’état d’avancement des réformes prioritaires, ainsi que sur les crises sectorielles qui rythment l’actualité récente. Le passage du Premier ministre sera également scruté pour la manière dont il articulera ses réponses et réaffirmera — ou non — sa ligne politique dans un climat où chaque prise de position est interprétée comme un signal adressé au palais.

Crise au sein de la coalition « Diomaye Président » : Fadilou Keïta appelle à l’apaisement et à la retenue

La coalition « Diomaye Président », qui avait jusqu’ici affiché une unité relative autour du président Bassirou Diomaye Faye, traverse actuellement une crise ouverte opposant ce dernier au Premier ministre Ousmane Sonko. Cette situation fragile a été accentuée par des décisions internes jugées unilatérales, provoquant une série de tensions au sein du mouvement.

Le déclencheur de cette crise est le limogeage d’Aïssatou Mbodj, proche de Ousmane Sonko, de la tête de la coalition. Elle a été remplacée par Aminata Touré, considérée comme une fidèle du président Faye. Ce changement à la tête de la coalition a été vivement contesté par Pastef, qui y voit un « abus de pouvoir ». Le parti dirigé par Sonko a clairement affirmé que le président n’avait pas la compétence pour agir seul dans une décision aussi stratégique, renforçant ainsi la perception d’un bras de fer au sommet de la coalition.

Malgré cette tension, certains acteurs politiques au sein du mouvement tentent de maintenir un dialogue constructif. C’est le cas de Fadilou Keïta, Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui a lancé un message d’apaisement et d’espoir. Dans une déclaration relayée sur Facebook, il a rappelé qu’au cours d’une conversation téléphonique récente, le Premier ministre Ousmane Sonko lui avait exprimé sa volonté de voir la situation évoluer positivement. « Donnons-nous de la marge pour résorber nos divergences », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de retenue et de dialogue pour éviter une rupture qui pourrait profondément redéfinir le paysage politique sénégalais.

Assemblée nationale : une convocation atypique du bureau soulève interrogations

Une réunion inhabituelle du bureau de l’Assemblée nationale a été convoquée ce lundi, suscitant étonnement et curiosité dans les couloirs du Parlement. Selon des informations rapportées par le journal Les Échos, cette rencontre intervient seulement quelques jours après la clôture de l’examen des budgets ministériels, achevé vendredi dernier. Cette temporalité particulière intrigue, car elle ne correspond pas au déroulement traditionnel du calendrier parlementaire.

En règle générale, une fois les travaux budgétaires finalisés, c’est la conférence des présidents qui se charge de la programmation des séances plénières, sans qu’une réunion préalable du bureau ne soit jugée nécessaire. Le fait que les membres du bureau soient exceptionnellement conviés avant même la tenue de cette conférence apparaît donc comme un écart notable par rapport aux usages habituels de l’institution.

À ce stade, aucune communication officielle n’a été faite pour éclairer les raisons exactes de cette initiative. Ce silence laisse place aux spéculations. Pour certains observateurs, il pourrait tout simplement s’agir de mettre en ordre l’agenda des plénières, dont l’ouverture est prévue pour le 27 novembre. Le bureau jouerait ainsi un rôle d’harmonisation afin de fluidifier les derniers ajustements administratifs ou organisationnels.

D’autres, cependant, estiment que cette réunion pourrait viser à clarifier ou anticiper certains points sensibles de l’ordre du jour, en dehors du circuit protocolaire traditionnel. Dans un contexte politique souvent chargé, une telle démarche pourrait traduire la volonté d’anticiper d’éventuels débats ou de fixer une ligne directrice avant l’entrée en séance publique.

Si ce type de convocation n’est pas totalement inédit, il demeure relativement rare dans la pratique parlementaire régulière. Il s’inscrit donc dans un registre exceptionnel qui attire l’attention, même si rien ne permet, pour l’instant, de confirmer l’existence d’un enjeu particulier caché derrière cette démarche.

Un voyage discret et une communication absente : le déplacement d’Ousmane Sonko à Abu Dhabi interroge

Le déplacement du Premier ministre Ousmane Sonko à Abu Dhabi continue de susciter une vive curiosité, tant la gestion de l’information par la Primature apparaît inhabituelle. Contrairement aux pratiques établies, aucune communication officielle n’a été diffusée pour annoncer ce voyage, ni communiqué, ni images, ni même une brève note aux médias. Cette absence totale de transparence tranche avec la routine institutionnelle, où chaque sortie du chef du gouvernement fait l’objet d’un minimum de couverture médiatique, ne serait-ce que pour informer l’opinion sur l’agenda international du Sénégal.

La situation a pris une tournure encore plus étrange lorsque le premier élément public concernant ce déplacement est venu non pas des autorités sénégalaises, mais d’un tweet publié à Paris par le journaliste Madiambal Diagne. Dans ce message, il détaille l’heure de départ du Premier ministre et mentionne même le type d’appareil utilisé : un jet privé Dassault Falcon 8X, un avion long-courrier de luxe capable de parcourir près de 12 000 kilomètres sans escale. Ces précisions, livrées de manière informelle et extérieure à toute communication d’État, ont immédiatement alimenté le mystère entourant le voyage.

Les informations supplémentaires évoquées par Madiambal Diagne ont renforcé les interrogations. Il fait notamment état d’un déménagement des affaires du Petit Palais vers le domicile du Premier ministre, un détail qui, dans ce contexte déjà trouble, a été interprété par certains comme un signe d’anomalie, voire d’inquiétude. Par ailleurs, l’utilisation d’un jet privé de très haut standing dans une période de restrictions budgétaires soulève de légitimes questions sur l’opportunité du choix logistique et sur la cohérence politique globale. En l’absence d’explications officielles, l’opinion s’interroge sur la nature exacte de la mission : économique, diplomatique, ou autre.

Le quotidien L’As relève que cette discrétion, totalement inhabituelle pour un déplacement de cette importance, a laissé libre cours aux rumeurs, plongeant l’espace public dans une spirale de commentaires et de spéculations. Dans un contexte où chaque visite internationale peut être associée à des enjeux financiers, stratégiques ou diplomatiques majeurs, le silence de la Primature apparaît d’autant plus surprenant. La gestion de la communication institutionnelle semble avoir laissé un vide, désormais comblé par des interprétations diverses, parfois contradictoires.

Face à cette opacité, même les membres de la majorité ont dû improviser des explications pour calmer l’emballement médiatique. El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, a tenté de clarifier la situation en déclarant qu’Ousmane Sonko n’avait pas fui, mais qu’il était parti « chercher de l’argent » pour le pays. Cette justification, livrée sur le ton de la défense, n’a toutefois pas suffi à dissiper les doutes, d’autant qu’elle suggère une mission financière importante sans fournir de précision sur ses objectifs ou ses interlocuteurs.

Le MSD clarifie sa position : aucune intégration possible dans la coalition « Diomaye Président » tant qu’Ousmane Sonko demeure Premier ministre

Le Mouvement des Sénégalais Démocrates (MSD) a rompu le silence ce dimanche en publiant un communiqué destiné à clarifier sa position, après plusieurs informations faisant état d’un rapprochement avec la coalition « Diomaye Président ». Par la voix de son coordonnateur général, Ardo Gningue, le MSD reconnaît avoir participé à des discussions préliminaires, mais affirme que toute perspective d’intégration reste impossible tant qu’Ousmane Sonko continue d’occuper le poste de Premier ministre.

Selon le communiqué, une délégation composée de coordonnateurs départementaux et de membres du comité de pilotage avait été officiellement mandatée pour rencontrer Aminata Touré, Haute Autorité représentant le Chef de l’État et superviseure générale de la coalition. Une rencontre était prévue pour le samedi 22 novembre, organisée par le secrétaire administratif de la coalition, Samba Gueye. Toutefois, à la veille de l’audience, un changement de format a été proposé par la coalition, qui a demandé à limiter la réunion au seul coordonnateur général, accompagné de deux membres. Ardo Gningue explique avoir catégoriquement refusé cette exigence, évoquant la nécessité de transparence et le respect dû à toute la délégation désignée pour représenter le mouvement.

Ce désaccord a conduit la coalition « Diomaye Président » à informer le MSD qu’elle poursuivrait son chemin sans l’associer davantage au processus de concertation. Le mouvement dit avoir pris acte de cette décision, tout en affirmant qu’il n’a jamais sollicité une intégration et que sa présence à la rencontre relevait uniquement d’une démarche consultative.

Le communiqué insiste particulièrement sur la position politique du mouvement vis-à-vis de l’architecture actuelle du pouvoir exécutif. Pour le MSD, la présence d’Ousmane Sonko à la Primature constitue un verrou infranchissable. Ardo Gningue décrit le Premier ministre comme « un danger pour la République » et un facteur d’instabilité pour le pays. Il estime que l’éviction ou la démission de M. Sonko demeure un préalable incontournable à toute discussion sérieuse en vue d’un éventuel engagement du MSD aux côtés de la majorité présidentielle.

Tout en rejetant l’idée d’une intégration dans la coalition au pouvoir, le mouvement se dit ouvert au dialogue avec toutes les forces politiques ou sociales qui partagent son ambition de défendre la République et de préserver les intérêts du peuple sénégalais. Le comité de pilotage affirme rester mobilisé et engagé auprès des citoyens, avec l’objectif de contribuer à l’édification d’un Sénégal fondé sur la paix, la justice et la vérité.

Cette mise au point intervient alors que le climat politique national demeure tendu, marqué par une crise ouverte entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Dans ce contexte, la prise de position du MSD vient ajouter un nouveau relief au débat public et conforte l’idée que les tensions internes au pouvoir continuent de susciter des repositionnements stratégiques au sein de la scène politique sénégalaise.

Coalition Diomaye Président : Aminata Touré met fin aux rumeurs et refuse l’intégration du mouvement « Sonko Dégage »

La superviseure générale de la coalition « Diomaye Président », Aminata Touré, a tenu à clarifier publiquement une polémique qui enflait depuis plusieurs jours autour d’un supposé rapprochement entre la coalition présidentielle et le mouvement « Sonko Dégage ». Dans un communiqué transmis ce dimanche 23 novembre 2025, l’ancienne Première ministre a catégoriquement démenti toute intégration de ce groupe connu pour ses prises de position virulentes sur les réseaux sociaux, rappelant que la coalition reste fermement attachée à des comportements républicains et à des prises de parole responsables.

Selon les informations circulant depuis plusieurs jours, le mouvement « Sonko Dégage », dont l’un des responsables les plus visibles est Ardo Gningue, aurait tenté d’intégrer les rangs de la coalition. Ce dernier s’est, à maintes reprises, illustré par des critiques acerbes et des attaques personnelles contre le Premier ministre Ousmane Sonko, contribuant à alimenter un climat de tension au sein de l’espace numérique. Face à ces allégations, Aminata Touré a confirmé qu’une démarche en ce sens avait effectivement été initiée. Cependant, après les vérifications habituelles et une identification claire des acteurs concernés, la coalition a opposé un refus ferme et définitif, estimant que les comportements et propos de certains membres de ce mouvement ne sont pas compatibles avec les valeurs qu’elle entend défendre.

L’ancienne cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité, pour toute formation politique sérieuse, de préserver un cadre de travail fondé sur le respect mutuel, la responsabilité publique et la défense des institutions de la République. Elle a rappelé que la coalition « Diomaye Président » ne saurait en aucun cas s’associer à des acteurs qui ont fait de l’invective et de la confrontation permanente leur principal mode d’expression, d’autant plus dans une période politique marquée par des tensions internes et des attentes fortes de la population.

Aminata Touré a également tenu à rassurer les militants et sympathisants en affirmant que la coalition reste un espace structuré, soucieux de la cohésion interne et de la stabilité politique. Elle a précisé que l’objectif demeure de travailler dans la sérénité, autour d’un projet national porté par le Président Bassirou Diomaye Faye, et non de céder aux pressions ou influences extérieures susceptibles de nuire à l’équilibre de la coalition. En réitérant son refus catégorique de toute collaboration avec des mouvements engagés dans des combats personnels ou des campagnes d’insultes, elle a rappelé que la politique doit se mener dans le respect de l’éthique, des personnes et des institutions.

Cette sortie d’Aminata Touré intervient dans un contexte où les tensions internes au sein de la mouvance présidentielle, notamment entre proches du Président et partisans du Premier ministre, nourrissent spéculations et interprétations. En posant clairement les limites de la coalition et en fermant la porte à toute tentative d’instrumentalisation, elle cherche visiblement à éviter que cette affaire ne vienne ajouter une nouvelle source de confusion ou d’instabilité.

Attaques contre le Président Diomaye : Aliou Tine appelle à un arrêt immédiat des hostilités internes

Le climat politique déjà tendu vient de connaître un nouvel épisode, cette fois-ci marqué par l’intervention appuyée d’Aliou Tine. Le défenseur des droits humains s’est exprimé avec fermeté pour dénoncer les attaques croissantes dirigées contre le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, appelant à une trêve immédiate au sein même de la mouvance présidentielle.

Dans un message publié sur X (ex-Twitter), Aliou Tine a exhorté les acteurs politiques proches du pouvoir à cesser les hostilités internes qui, selon lui, affaiblissent non seulement la cohésion au sein de Pastef, mais aussi l’autorité de l’État. Il rappelle que Bassirou Diomaye Faye, aujourd’hui président de tous les Sénégalais, a considérablement contribué à l’ascension et à la structuration du Pastef, notamment par les nominations stratégiques qu’il a accordées au parti depuis son accession au pouvoir. Ministères clés, directions générales et présidences de conseils d’administration : Tine souligne que Diomaye a, en quelque sorte, “tout donné à Pastef”.

Le défenseur des droits humains insiste également sur la nécessité fondamentale de distinguer deux réalités : celle du « Diomaye cadre de Pastef » et celle du « Diomaye Chef d’État ». Une confusion entre ces deux postures, dit-il, entretient des tensions artificielles au sommet de l’État. Dans toute démocratie, rappelle Aliou Tine, le Président doit bénéficier du soutien total de sa mouvance, d’autant plus lorsque celle-ci détient le leadership politique, organisationnel et gouvernemental. Cette mouvance, en l’occurrence, est dirigée par Pastef, avec en première ligne le Premier ministre Ousmane Sonko.

Aliou Tine met en garde contre les risques d’une division interne qui commence, selon lui, à prendre forme sous la dynamique périlleuse d’un « Pastef contre Pastef ». Il qualifie ce scénario de contre-productif, nuisible et potentiellement dévastateur. « Il faut désormais savoir jouer avec le temps. Sinon c’est Pastef contre Pastef, c’est contre-productif. C’est négatif et ça pourrait être catastrophique pour le pays qui vit un déclin sur tous les plans en ce moment », a-t-il averti, soulignant que l’urgence du contexte national exige au contraire une solidarité renforcée.

Cette prise de position survient à un moment où les défis économiques, sociaux et institutionnels sont multiples, et où l’unité gouvernementale apparaît plus que jamais indispensable. Alors que les tensions internes semblent gagner en intensité, l’appel d’Aliou Tine se veut un rappel clair : la stabilité du pays passe d’abord par la stabilité du pouvoir.

Coalition « Diomaye Président » : mise au point ferme sur une prétendue intégration de polémistes

La Coalition « Diomaye Président » a tenu à apporter des clarifications à la suite d’informations circulant sur les réseaux sociaux, laissant entendre que des mouvements ou personnalités réputés pour leurs propos injurieux auraient rejoint ses rangs. Dans un communiqué transmis à la rédaction, la coalition dément catégoriquement cette allégation et parle d’une confusion entretenue autour d’une tentative d’adhésion qui n’a jamais abouti.

Selon les précisions apportées, une demande d’intégration a effectivement été formulée par des acteurs identifiés comme coutumiers d’attaques virulentes en ligne et de discours jugés irrespectueux à l’égard des institutions. Mais après vérification de leur profil et analyse de leur comportement public, la Superviseure générale de la coalition, Aminata Touré, a opposé une fin de non-recevoir. La coalition explique que cette décision a été prise pour préserver la cohérence de son projet politique, fondé sur une communication responsable et une participation citoyenne exemplaire.

Dans son communiqué, la Coalition « Diomaye Président » réitère son attachement à un débat public sain, débarrassé de toute forme d’invectives, de diffamation ou de provocation. Elle souligne que son engagement politique s’inscrit dans le respect strict de toutes les institutions de la République, des personnalités investies de missions publiques ainsi que de tout citoyen, indépendamment de ses convictions ou de son affiliation.

Thierno Lo alerte sur la fragilité démocratique et les dérives institutionnelles au Sénégal

Invité du “Jury du dimanche” sur iRadio, l’ancien ministre Thierno Lo s’est exprimé sur la situation politique et institutionnelle du Sénégal, dressant un constat alarmant sur l’état de la démocratie dans le pays. Selon lui, le Sénégal, longtemps considéré comme un modèle en Afrique de l’Ouest, traverse une période marquée par un malaise institutionnel et des tensions inédites entre les plus hautes autorités de l’État.

Pour Thierno Lo, le pays semble avoir relégué au second plan des valeurs fondamentales qui constituaient le socle de sa cohésion et de sa stabilité. Il exhorte à reconstruire ce socle fondateur, qu’il décrit comme essentiel pour guider les comportements dans la société et au sein des institutions. « Sans cela, nous apporterons les pires habitudes du monde moderne sans préserver les valeurs qui faisaient notre force », prévient-il.

L’ancien ministre ne cache pas sa déception face aux tensions visibles entre le président de la République et le Premier ministre. Il qualifie cette situation de « inédite et regrettable », indigne d’un pays qui se voulait une référence en matière de gouvernance et de stabilité démocratique. Selon lui, cette crise trouve son origine dans « un flou originel dans l’offre politique », marqué par un duo dirigeant qui a semé la confusion et par une incompréhension de ce qu’implique le service de l’État. Pour Thierno Lo, le pouvoir exige discipline, sens de l’État et vision. « L’État n’est ni une société anonyme ni un butin de guerre », martèle-t-il, rappelant qu’il s’agit d’un bien commun qui demande humilité et continuité.

L’ancien ministre refuse toutefois tout fatalisme et insiste sur les conséquences collectives des erreurs de gouvernance : « Ils dirigent la pirogue où nous sommes tous embarqués. S’ils se cognent contre le récif, c’est nous tous qui coulons. » Dans un contexte sous-régional fragilisé par les coups d’État, les transitions prolongées et l’érosion progressive des institutions civiles, Thierno Lo souligne que le Sénégal n’a pas le droit à l’erreur. Même l’argument qui consisterait à « laisser les jeunes au pouvoir faire leurs preuves » ne peut justifier un désordre institutionnel. « On ne joue pas avec les équilibres de la République. Jamais », insiste-t-il.

Pour Thierno Lo, la fragilité de la démocratie réside dans les comportements des acteurs politiques qui confondent droits et devoirs, libertés et responsabilités, pouvoir et privilèges. Il rappelle que le Sénégal a longtemps fait preuve de maturité, grâce à une administration compétente, des élections rigoureusement organisées et une population dotée de discernement.

Sur le plan sous-régional, il analyse la multiplication des putschs comme une conséquence structurelle : « Les armées surgissent quand le fossé entre dirigeants et populations devient insoutenable. » Il se montre toutefois rassurant sur l’armée sénégalaise, qu’il décrit comme profondément républicaine, disciplinée et dépourvue de toute ambition de gouverner.

L’ancien ministre dénonce également les enjeux géopolitiques liés aux ressources minières, où les zones exploitées par les multinationales échappent souvent aux bénéfices pour les populations locales, et où les conflits internes servent fréquemment des intérêts extérieurs.

Enfin, Thierno Lo insiste sur le rôle central du peuple dans la démocratie, estimant que les vrais acteurs démocratiques ne sont ni les partis ni les institutions, mais une population éclairée et éduquée. Il plaide pour la constitution d’une élite responsable et vertueuse, qui serve le pays au lieu de se servir, et qui élève la nation plutôt que de la diviser.

Cheikh Yerim Seck alerte sur une crise politique inédite : “Jamais un chef d’État sénégalais n’a été autant fragilisé”

Dans un entretien accordé à la journaliste Maimouna Ndour Faye, le journaliste et analyste politique Cheikh Yerim Seck a dressé un tableau sombre de la situation politique actuelle du Sénégal. Selon lui, le pays traverse l’un des épisodes les plus délicats de son histoire récente, marqué par une instabilité au sommet de l’État et des tensions qui ne cessent de grandir au sein du pouvoir.

Cheikh Yerim Seck n’a pas mâché ses mots. Il estime que jamais un président sénégalais n’a été autant fragilisé dans l’exercice de ses fonctions que Bassirou Diomaye Diakhar Faye depuis son accession à la magistrature suprême. Cette fragilité, selon lui, résulte d’une combinaison de facteurs politiques, institutionnels et humains qui affaiblissent l’autorité présidentielle et rendent l’action gouvernementale moins lisible.

Au cœur de cette crise se trouve la brouille grandissante entre le chef de l’État et son premier ministre, Ousmane Sonko. Depuis plusieurs semaines, les divergences, autrefois feutrées, s’exposent désormais au grand jour, créant un climat de confusion et d’incertitude. Les deux figures majeures de la coalition au pouvoir, initialement portées par un même élan de rupture et de renouveau, semblent aujourd’hui engagées dans une confrontation silencieuse mais palpable, observée attentivement par l’opinion publique.

Cheikh Yerim Seck souligne que cette situation fragilise non seulement le fonctionnement de l’exécutif, mais aussi l’équilibre institutionnel du pays. Pour lui, l’image d’un pouvoir divisé envoie des signaux négatifs aux partenaires internationaux, aux acteurs économiques et aux citoyens, déjà éprouvés par les turbulences politiques des dernières années. Il rappelle que l’histoire politique du Sénégal, pourtant riche en alternances pacifiques, n’a que rarement connu une telle exposition des dissensions internes au sommet de l’État.

L’analyste voit dans cette crise une période critique où le pays joue une partie essentielle de sa stabilité future. Il appelle les responsables concernés à mesurer pleinement la gravité du moment et à privilégier l’intérêt supérieur de la nation. Selon lui, seule une clarification institutionnelle et un rétablissement de la confiance au sein de l’exécutif permettront d’éviter que cette tension ne se transforme en crise ouverte.

Aliou Tine met en garde contre les attaques internes visant le Président Diomaye Faye

Le défenseur des droits humains, Aliou Tine, est monté au créneau pour dénoncer avec vigueur les critiques et attaques dirigées contre le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Dans une déclaration publiée sur la plateforme X (anciennement Twitter), le fondateur d’Afrikajom Center a appelé à un arrêt immédiat des querelles internes qui agitent la mouvance présidentielle.

Aliou Tine rappelle que le Président Faye, aujourd’hui chef de l’État et garant de l’unité nationale, a largement œuvré en faveur de son parti d’origine, Pastef. Selon lui, le chef de l’État a « tout donné à Pastef » en accordant à ses cadres des nominations stratégiques, que ce soit au niveau des ministères, des directions générales ou des présidences de conseils d’administration. Ces choix, insiste-t-il, démontrent que le Président n’a jamais tourné le dos à sa formation politique, malgré les exigences de sa fonction.

L’analyste estime toutefois essentiel de distinguer le « Diomaye cadre de Pastef » du « Diomaye Chef d’État ». Cette nuance, selon lui, est fondamentale dans toute démocratie fonctionnelle. Une fois élu, le Président devient celui de tous les Sénégalais et doit être appuyé sans ambiguïté par sa mouvance, dont le leadership demeure incontestablement entre les mains de Pastef, notamment à travers la forte influence du Premier ministre Ousmane Sonko.

Aliou Tine met en garde contre les risques d’un affrontement interne, qu’il qualifie de véritable scénario de « Pastef contre Pastef ». Une telle situation serait, à ses yeux, non seulement contre-productive, mais également dangereuse pour un pays qui traverse actuellement un contexte difficile. Il avertit qu’en l’absence d’une gestion mesurée et d’une vision à long terme, cette division pourrait être « catastrophique » pour le Sénégal, déjà fragilisé par un déclin sur plusieurs plans.

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