Université Cheikh Anta Diop de Dakar : vives tensions autour de la réouverture partielle des campus sociaux

L’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) se retrouve une nouvelle fois au centre d’un bras de fer entre autorités universitaires et représentants des étudiants. Dans un communiqué rendu public le 25 février 2026, le Collectif des Amicales de l’UCAD a vivement réagi à la décision du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) de procéder à la réouverture des campus sociaux, tout en maintenant fermés les pavillons B et F.

Selon le Collectif, cette mesure affecte directement plus de 2 000 étudiants qui occupaient ces pavillons avant leur fermeture. Ces derniers se retrouveraient aujourd’hui sans solution de relogement clairement définie, dans un contexte déjà marqué par des difficultés économiques persistantes et une forte pression sur les infrastructures universitaires. Les représentants étudiants dénoncent ce qu’ils qualifient de « manque criant de responsabilité » et de « mépris flagrant » à l’égard des étudiants concernés, estimant que la décision expose des centaines de jeunes à une situation de grande précarité.

Pour le Collectif des Amicales, la réouverture partielle des campus sociaux, sans mesures d’accompagnement pour les résidents des pavillons fermés, crée une inégalité de traitement et risque d’aggraver les tensions sur le campus. Plusieurs étudiants concernés seraient contraints de se tourner vers des solutions alternatives souvent onéreuses, dans un marché locatif dakarois déjà saturé. Cette situation pourrait également avoir des répercussions sur leur assiduité et leur performance académique.

Toutefois, dans une posture qu’il qualifie de responsable, le Collectif appelle les étudiants à rejoindre les campus dès le jeudi 26 février. Cette décision vise, selon le communiqué, à éviter un allongement du retard académique accumulé depuis les événements politiques de 2023, qui avaient fortement perturbé le calendrier universitaire. L’organe de représentation étudiante affirme vouloir concilier la défense des droits des étudiants et la nécessité de préserver la continuité pédagogique.

Dans cette dynamique, un point de presse est prévu le vendredi 27 février afin d’apporter davantage d’éclaircissements sur la position du Collectif et les actions envisagées. Par ailleurs, une Assemblée générale est convoquée pour le lundi 2 mars à 10 heures devant la direction du COUD. Cette rencontre devrait permettre aux étudiants de débattre de la situation et de définir une stratégie commune face aux décisions des autorités.

Touba : la Police de Ndamatou démantèle un réseau de faussaires spécialisé dans les documents de véhicules

Le Commissariat d’arrondissement de Ndamatou, à Touba, an mis un terme aux agissements d’un réseau de faussaires particulièrement structuré, spécialisé dans la confection de faux documents administratifs liés aux véhicules. L’opération a conduit à l’interpellation de six (06) individus pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en documents administratifs.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du 23 au 24 février 2026, aux environs de 03h00. Lors d’une patrouille nocturne sur la corniche « Serigne Modou », les éléments de la police ont intercepté une moto de type Jakarta circulant sans éclairage ni plaque d’immatriculation.

Invité à présenter les pièces du véhicule, le conducteur a exhibé un Certificat de Mise en Consommation (CMC) jugé non conforme par les agents. Face aux vérifications approfondies engagées par les policiers, les suspects ont tenté une manœuvre audacieuse pour régulariser frauduleusement la situation.

Selon les premiers éléments de l’enquête, un complice s’est introduit clandestinement dans les locaux du commissariat afin de photographier le numéro de châssis de la moto immobilisée. L’information a ensuite été transmise via l’application WhatsApp à un mécanicien, puis à un vendeur, avant d’atterrir entre les mains d’un confectionneur chargé de produire un faux certificat correspondant aux caractéristiques exactes de l’engin.

Cependant, la vigilance des policiers et l’analyse technique des documents ont permis de déceler la supercherie. L’exploitation des données numériques recueillies a conduit les enquêteurs à remonter toute la chaîne criminelle, du conducteur interpellé jusqu’au faussaire principal.

Saint-Louis : la Section de recherches démantèle un nouveau réseau présumé d’homosexuels, trois suspects arrêtés

La Section de recherches (SR) de Saint-Louis a procédé à l’arrestation de trois individus âgés de 42 à 52 ans, dans le cadre du démantèlement d’un nouveau réseau de présumés homosexuels dans la région nord du pays. L’opération, menée avec discrétion mais efficacité, s’inscrit dans une dynamique de surveillance accrue engagée par les services de sécurité face à ce qu’ils qualifient de « dépravation des mœurs ».

D’après des informations rapportées par le journal Libération, les personnes interpellées présentent des profils socioprofessionnels variés. Il s’agit d’un peintre, d’un commerçant et d’un cuisinier. Deux des mis en cause sont mariés, tandis que le troisième est divorcé. Des éléments qui, selon les sources proches de l’enquête, auraient particulièrement retenu l’attention des enquêteurs au regard de leur situation familiale et de leur intégration apparente dans leurs communautés respectives.

Les arrestations ont été effectuées dans plusieurs localités stratégiques de la zone, notamment à Croisement Bango, à Pikine ainsi qu’à Rao. Ces secteurs, situés dans le département de Saint-Louis, ont fait l’objet d’investigations approfondies à la suite de renseignements recueillis par les services compétents. Les opérations se seraient déroulées de manière coordonnée afin d’éviter toute fuite ou tentative de dissimulation d’éléments de preuve.

Selon des sources sécuritaires, l’enquête serait partie d’informations faisant état de rencontres organisées et de communications suspectes entre plusieurs individus. Les investigations techniques et les filatures auraient permis d’identifier progressivement les suspects avant leur interpellation.

Les trois hommes arrêtés sont actuellement en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Les autorités cherchent à déterminer l’ampleur réelle du réseau et à identifier d’éventuelles ramifications dans d’autres quartiers de Saint-Louis, voire dans des localités voisines. Des auditions sont en cours et du matériel saisi pourrait faire l’objet d’analyses complémentaires.

Cette opération s’inscrit dans une traque plus large menée par la gendarmerie nationale, qui affirme vouloir intensifier la lutte contre les pratiques jugées contraires aux valeurs sociales et aux dispositions légales en vigueur. Les enquêteurs n’excluent pas de nouvelles interpellations dans les prochains jours, au fur et à mesure de l’exploitation des informations recueillies.

Démantèlement d’un réseau d’escroquerie au visa : la DNLT défère un récidiviste au parquet

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT), rattachée à la Direction de la Police aux Frontières, a déféré ce 23 février 2026 un individu devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar.

Le mis en cause est poursuivi pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux sur document de voyage, escroquerie au visa et complicité.

L’affaire remonte au 30 juin 2025, lorsqu’une victime a déposé plainte après avoir été escroquée d’un montant de 7 070 000 FCFA. Le suspect lui avait promis l’obtention d’un visa pour les États-Unis.

Selon les éléments de l’enquête, la mise en relation entre les deux parties s’est faite lors d’un forum organisé au village artisanal de Soumbédioune. Par la suite, le mis en cause recevait la victime à son domicile à Ngor, où il percevait les paiements par tranches.

Pour rassurer sa victime, il lui a transmis la photo d’un visa Schengen falsifié. Il a ensuite exigé des frais supplémentaires pour l’achat d’un billet d’avion avant de devenir injoignable.

Grâce à un avis de recherche aux frontières émis par la DNLT, le suspect a finalement été intercepté à l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD).

Au cours de son interrogatoire, il a reconnu avoir encaissé les fonds et les avoir utilisés à des fins personnelles, prétextant une annulation de la demande sur la plateforme de l’ambassade. Il a également admis que l’image du visa envoyée à la victime était un faux confectionné par un complice.

Grand Yoff : deux individus arrêtés pour vol de motocyclette après une course-poursuite nocturne

Le Commissariat d’arrondissement de Grand Yoff a procédé, dans la nuit du 24 février 2026 aux environs de 4 heures du matin, à l’interpellation de deux individus impliqués dans un vol de motocyclette, à l’issue d’une course-poursuite.

Dans le cadre de ses patrouilles de sécurisation, la Brigade de Recherches a surpris, à hauteur du Centre Talibou DABO, une bande de quatre individus circulant à bord de deux motocyclettes, dont l’une était tractée. À la vue des forces de l’ordre, les suspects ont immédiatement pris la fuite, abandonnant l’engin tracté sur la chaussée.

Une course-poursuite a été aussitôt engagée et a permis d’interpeller deux des malfaiteurs à hauteur de l’Hôpital Idrissa POUYE. Les deux autres complices ont réussi à s’échapper et sont activement recherchés.

La motocyclette récupérée, de marque Piaggio, appartient à un résident de Liberté VI Extension. Entendus par les enquêteurs, les mis en cause sont passés aux aveux. Ils ont reconnu avoir escaladé le mur du domicile de la victime avant de forcer le dispositif de direction pour s’emparer de l’engin.

Selon les fichiers de police, l’un des deux interpellés est un récidiviste déjà déféré pour vol aggravé. Les suspects ont été placés en garde à vue en attendant leur déferrement devant le parquet compétent.

Accès au logement : CAUTIONA Sénégal mise sur l’innovation digitale et le partenariat public-privé pour révolutionner la caution locative

Face aux difficultés persistantes d’accès au logement, Cautiona Sénégal a organisé, ce lundi 23 février 2025, à l’hôtel Noom (ex-Radisson), le Forum du Logement, une rencontre de haut niveau consacrée au thème : « Accès au logement : enjeux, innovations et solutions durables pour les populations ».

L’objectif était d’identifier des réponses concrètes aux défis structurels du secteur. L’événement a réuni des experts de l’habitat, des professionnels de l’immobilier, des acteurs des nouvelles technologies ainsi que des représentants de l’État.

Cautiona Sénégal, fintech sénégalaise engagée dans la facilitation de l’accès au logement à travers des solutions digitales innovantes, entend ainsi moderniser le marché locatif.

« Il y a le site Internet qui est déjà disponible. L’application sera présentée tout à l’heure et sera lancée en début de semaine. Elle s’appelle “Cautiona”, comme le nom de l’entreprise », a déclaré Mouhamed Faye, PDG de Cautiona Sénégal, filiale du groupe MN Capital, basé à Dakar.

Au Sénégal, et particulièrement à Dakar, l’accès au logement demeure un défi majeur. Hausse des loyers, montants élevés des cautions, déficit de logements sociaux, pression foncière : les obstacles sont multiples.

« Nous avons choisi d’initier ce forum pour discuter de toutes les difficultés liées au logement et proposer des solutions innovantes susceptibles de soulager la population sénégalaise », a expliqué M. Faye.

Selon lui, l’objectif principal de l’entreprise est d’introduire davantage d’innovation dans le secteur, notamment à travers l’utilisation des nouvelles technologies afin de corriger les dysfonctionnements constatés sur le marché locatif.

Le Président-directeur général de Cautiona Sénégal a souligné l’urgence d’apporter des solutions technologiques aux déséquilibres observés.

« Aujourd’hui, le principal problème réside dans les montants de caution exigés, qui atteignent souvent trois à quatre mois de loyer. Cela pèse lourdement sur les ménages », a-t-il expliqué.

L’entreprise propose un modèle de cautionnement locatif digitalisé, accessible via une application mobile baptisée Cautiona. Grâce à cette solution, un locataire peut effectuer une demande en ligne et obtenir une validation sous 24 heures, sans mobiliser immédiatement plusieurs mois de loyer.

Ce mécanisme permettra d’alléger la charge financière des ménages et d’introduire davantage de traçabilité dans un secteur jugé insuffisamment régulé.

« Avant de gagner de l’argent, il faut résoudre un problème », a insisté M. Faye, qui entend positionner son entreprise comme un acteur majeur de la modernisation du marché locatif sénégalais.

Par ailleurs, le gouvernement, sous l’impulsion du ministre Moussa Abdel Fofana, a lancé un programme national d’accès au logement et de renouveau urbain, avec une forte orientation vers le partenariat public-privé.

Monsieur Momar Ndiaye, directeur de l’aménagement urbain et de la restructuration au ministère de l’Urbanisme, a salué l’initiative.

Selon lui, près de 9 000 hectares de bidonvilles, abritant environ 3 millions d’habitants, nécessitent des interventions structurelles. Par ailleurs, plus de 20 000 hectares ont déjà été mobilisés au niveau national dans le cadre d’une stratégie de sécurisation et de valorisation foncière.

« Il est fondamental de s’appuyer sur le secteur privé pour développer une offre massive de logements », a-t-il affirmé, précisant qu’une partie du foncier sera confiée aux promoteurs privés pour développer des projets viables, tandis qu’une autre sera destinée aux logements sociaux et à l’autoconstruction.

La question de la régulation des loyers a également occupé une place centrale dans les débats. À Dakar, où la densité dépasse 5 800 habitants par km², la pression locative reste particulièrement forte.

Pour conclure, le PDG de Cautiona Sénégal estime que l’absence de traçabilité constitue un frein majeur à la régulation du secteur.

« Avec la digitalisation et la gestion des données, il y aura beaucoup plus de transparence, ce qui permettra de mieux structurer le marché », a-t-il assuré.

Les activités de Cautiona sont envisagées à l’échelle nationale, puis internationale, l’entreprise estimant que son modèle est reproductible dans d’autres pays.

« Nous ferons le maximum pour contribuer à la régulation du secteur, avec l’appui de l’État », a conclu M. Faye.

Mame Makhtar Guèye réplique à Sonko : le débat sur les mœurs et la légalité au cœur des tensions

Les échanges autour de la question des mœurs au Sénégal continuent d’alimenter un vif débat politique et sociétal. Le vice-président de l’ONG islamique Jamra, Mame Makhtar Guèye, a réagi aux déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko tenues à l’Assemblée nationale, en apportant des précisions sur ses positions et en réclamant des actions plus fermes de la part de l’État dans la gestion des questions liées à l’homosexualité. Cette sortie médiatique s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions entre certaines organisations religieuses conservatrices et les autorités publiques sur la manière d’aborder les questions de société sensibles.

Intervenant sur les ondes d’une radio nationale, Mame Makhtar Guèye a catégoriquement rejeté l’idée selon laquelle il aurait envisagé de publier une liste de personnes ou d’associations supposées homosexuelles. Selon lui, les propos attribués au chef du gouvernement ne reposent sur aucun élément concret. Il a insisté sur le fait que la gestion de ce type de dossier relève exclusivement des prérogatives régaliennes de l’État, notamment du ministère de l’Intérieur et des services judiciaires. Tout en répondant aux critiques, il a estimé que le Premier ministre arrivait tardivement dans la gestion de cette problématique, considérant que le débat public aurait pu être mieux encadré depuis plusieurs années.

Le responsable de Jamra a également évoqué les fortes pressions sociales et médiatiques qu’il affirme avoir subies ces dernières semaines, notamment sur les réseaux sociaux, où certains internautes l’auraient encouragé à divulguer des listes de personnes suspectées d’appartenir à la communauté homosexuelle. Il a rappelé qu’une telle démarche pourrait créer des situations de stigmatisation et de violences sociales. À ce titre, il a fait référence à un précédent historique survenu dans les années 1980, lorsqu’une liste de francs-maçons avait été rendue publique, évoquant les conséquences sociales et politiques qu’un tel acte pourrait engendrer dans la société sénégalaise. Pour lui, la publication d’informations sensibles ne doit pas être laissée aux réseaux sociaux, mais doit plutôt être transmise directement aux autorités compétentes afin qu’elles puissent mener les investigations nécessaires dans un cadre légal.

Sur le plan politique et législatif, Mame Makhtar Guèye a appelé le gouvernement à adopter des mesures concrètes allant au-delà des discours publics. Il a notamment plaidé pour le retrait des récépissés accordés à certaines associations dont les activités seraient jugées contraires aux dispositions légales en vigueur. Selon lui, ces structures devraient faire l’objet de procédures administratives de dissolution par arrêté ministériel si leurs actions entrent en contradiction avec les lois nationales. Il considère que ces mesures constitueraient une réponse institutionnelle forte aux attentes d’une partie de l’opinion publique sénégalaise.

Concernant la question du retrait de sa protection rapprochée par les services de sécurité de l’État, le vice-président de Jamra a choisi de relativiser l’importance de cette décision, la qualifiant de « non-débat ». Selon lui, l’essentiel reste la protection des valeurs sociales et morales qu’il défend, plutôt que les considérations personnelles liées à sa sécurité. Cette prise de position confirme la persistance des lignes de fracture dans le débat public sénégalais autour des questions de société, de religion et de liberté individuelle.

Finance publique : Réforme fiscale et rappels de salaire – Cheikh Diba défend une « justice fiscale »

Le ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba a apporté des éclaircissements importants sur la récente réforme fiscale concernant le traitement des rappels de salaire dans la fonction publique, un sujet qui suscite de vives discussions au sein du corps enseignant et de la représentation parlementaire. Face aux critiques, le ministre a choisi d’inscrire son argumentaire dans une logique de pédagogie fiscale et de rétablissement de ce qu’il considère comme une équité dans le système d’imposition des revenus exceptionnels.

Pendant plusieurs années, les rappels de salaire versés aux enseignants constituaient une source de frustration pour de nombreux agents de l’État. Lorsqu’un rappel était versé en une seule fois après plusieurs années d’arriérés, l’intégralité de la somme était imposée sur l’année de perception, ce qui provoquait un saut brutal dans les tranches d’imposition. De nombreux enseignants considéraient cette pratique comme une pénalité indirecte, certains parlant même d’un système fiscal défavorable aux agents publics dont les rémunérations étaient régularisées tardivement. Selon Cheikh Diba, cette situation constituait une véritable injustice sociale et fiscale qu’il était nécessaire de corriger afin de préserver le pouvoir d’achat des travailleurs de l’administration publique.

La réforme introduite par le gouvernement permet désormais d’étaler l’imposition des revenus exceptionnels sur une période pouvant atteindre quatre années fiscales. Ce mécanisme de lissage permet d’éviter que les bénéficiaires de rappels de salaire ne soient brusquement soumis à des taux d’imposition élevés qui ne reflètent pas leur niveau réel de revenus annuels. Pour le gouvernement, cette mesure constitue une avancée dans la modernisation du système fiscal sénégalais et dans l’amélioration de la relation entre l’État et ses agents publics. L’objectif affiché est de rendre la fiscalité plus progressive et plus juste, en tenant compte des situations salariales particulières des travailleurs dont les revenus sont régularisés après plusieurs années d’attente.

L’un des points ayant suscité le plus de débats concerne la perception d’une baisse du montant net perçu par certains agents lors de la régularisation de leur situation salariale. Sur ce point, le ministre a tenu à clarifier qu’il ne s’agit pas d’une augmentation de la pression fiscale, mais plutôt d’une réorganisation des contributions sociales. Il a distingué deux mécanismes principaux dans la structure des prélèvements. D’une part, l’Impôt sur le Revenu (IR), qui est désormais calculé de manière progressive grâce à la nouvelle méthode de lissage des revenus exceptionnels. D’autre part, le Fonds National de Retraite (FNR), dont les cotisations peuvent augmenter lors de l’intégration des agents contractuels dans la fonction publique, car ces contributions constituent un investissement pour la protection sociale future des travailleurs.

Le ministre a insisté sur le fait que ces prélèvements ne doivent pas être interprétés comme une pression fiscale supplémentaire, mais comme un mécanisme de sécurisation des revenus futurs des agents de l’État. Selon lui, les cotisations sociales représentent des garanties financières permettant d’assurer la stabilité économique des fonctionnaires après leur départ à la retraite. Cette approche s’inscrit dans une logique de réforme globale du système de rémunération et de protection sociale dans la fonction publique sénégalaise.

Afin de défendre la cohérence de ces réformes, Cheikh Diba a affirmé être prêt à répondre à toutes les interrogations des syndicats et des parlementaires. Il a même lancé un défi public en proposant d’examiner, de manière détaillée, les bulletins de salaire de n’importe quel enseignant afin de démontrer l’absence de surimposition. Cette déclaration traduit la volonté du ministère de défendre publiquement la réforme fiscale tout en poursuivant le dialogue avec les acteurs sociaux concernés.

Dans un contexte marqué par les revendications sociales, le gouvernement présente cette réforme comme un outil d’équilibre entre justice fiscale, stabilité budgétaire et amélioration des conditions de vie des agents publics. Le débat sur l’efficacité réelle de ces mesures devrait toutefois se poursuivre dans les mois à venir, notamment à travers les discussions entre l’exécutif, les syndicats et les représentants du secteur éducatif.

Contrôle des prix : Serigne Guèye Diop dévoile un dispositif inédit de surveillance du marché intérieur

Le gouvernement sénégalais intensifie sa stratégie de lutte contre la cherté de la vie à travers un nouveau dispositif de contrôle des prix des denrées de première nécessité. Lors d’une séance plénière consacrée aux questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Industrie et du Commerce Serigne Guèye Diop a détaillé un vaste plan de déploiement destiné à renforcer l’effectivité des mesures sociales annoncées par les autorités.

Au cœur de cette réforme figure la mise en place d’un corps inédit appelé « volontaires de la consommation ». Ce dispositif prévoit le recrutement et le déploiement de 1 000 jeunes bacheliers âgés d’environ 25 ans, sélectionnés selon des critères de compétence et de rigueur intellectuelle. Selon le ministre, cette approche vise à allier surveillance économique et expertise citoyenne dans un contexte marqué par des tensions récurrentes sur le coût des produits alimentaires. L’objectif principal est de garantir l’application réelle des décisions gouvernementales relatives à la fixation des prix des produits de première nécessité.

Contrairement aux méthodes traditionnelles de contrôle, ces volontaires évolueront sans uniforme afin d’adopter une stratégie d’immersion dans le tissu économique local. Cette méthode de surveillance discrète doit permettre d’observer directement les pratiques commerciales sur le terrain, notamment les cas de spéculation, de rétention de stocks ou de non-respect des prix plafonds fixés par l’État. Le ministre a affirmé que tout opérateur économique pris en flagrant délit de non-respect des réglementations s’exposera à des sanctions administratives et financières immédiates. Cette mesure vise à instaurer un climat de discipline dans les circuits de distribution et à protéger le pouvoir d’achat des ménages sénégalais, particulièrement touchés par l’inflation mondiale des produits importés.

Au-delà du contrôle direct des marchés, le plan gouvernemental inclut également un volet territorial important. Le ministre a déploré l’existence de disparités historiques dans la présence des structures publiques de régulation économique, évoquant des zones du territoire national qui n’ont pas bénéficié d’implantations administratives depuis plusieurs décennies. Il a notamment cité les départements de Malem Hodar et Guinguinéo comme exemples de localités ayant souffert d’un déficit structurel en matière de contrôle économique et d’encadrement administratif.

Pour corriger ces déséquilibres, le budget de l’exercice en cours prévoit la création de 13 nouveaux sièges de services de contrôle économique. Cette première phase s’inscrit dans un programme plus large visant, à terme, à doter l’ensemble des 45 départements du Sénégal de structures permanentes chargées de la surveillance des marchés et de la protection des consommateurs. Selon Serigne Guèye Diop, cette réforme constitue une avancée majeure dans la modernisation des outils de gouvernance économique.

Le gouvernement justifie cette réforme par la nécessité de mieux protéger les populations face aux fluctuations des prix des produits alimentaires. La lutte contre la spéculation est présentée comme un levier stratégique pour assurer la stabilité sociale et économique du pays. Les autorités espèrent également renforcer la confiance entre les acteurs économiques et les institutions publiques. Cette approche hybride, combinant intervention étatique et mobilisation citoyenne, marque selon le ministre une rupture dans les politiques de régulation économique appliquées jusqu’ici.

En conclusion, le ministère de l’Industrie et du Commerce affirme que cette nouvelle stratégie de contrôle des prix constitue une étape importante dans la politique de souveraineté économique et de protection du consommateur. Le succès de cette initiative dépendra toutefois de la capacité des autorités à assurer un suivi rigoureux du dispositif sur le terrain et à garantir la transparence dans le fonctionnement des nouveaux mécanismes de surveillance du marché.

Affaire des 18 supporters détenus au Maroc : Ousmane Sonko annonce une aide financière aux familles

La situation des dix-huit supporters sénégalais condamnés et détenus au Maroc à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 continue d’alimenter le débat politique, diplomatique et social au Sénégal. Face à l’émotion suscitée par cette affaire au sein de l’opinion publique, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé devant l’Assemblée nationale une mesure d’accompagnement social destinée aux familles des détenus, en complément des démarches diplomatiques engagées par l’État pour tenter de résoudre la crise.

Dans son intervention, le chef du gouvernement a voulu replacer le dossier dans une dimension à la fois humaine et nationale. Il a souligné que derrière les tensions diplomatiques et les procédures judiciaires, se trouvent des familles sénégalaises confrontées à des difficultés économiques et psychologiques importantes depuis l’arrestation de leurs proches. Selon lui, plusieurs des condamnés sont des soutiens de famille qui contribuaient directement aux dépenses quotidiennes de leurs ménages. Cette situation a été particulièrement difficile à gérer pour les proches, notamment en cette période de ramadan, période durant laquelle la solidarité sociale et familiale occupe une place centrale dans la société sénégalaise.

Ainsi, Ousmane Sonko a annoncé qu’une aide financière gouvernementale sera prochainement versée aux familles concernées. Il a insisté sur le caractère humanitaire de cette décision, affirmant que l’État ne pouvait rester indifférent face à la souffrance sociale engendrée par cette affaire. Cette aide s’inscrit dans une logique de solidarité nationale visant à soutenir les épouses, les enfants et les parents des détenus, en attendant l’évolution du dossier sur le plan judiciaire et diplomatique. Le Premier ministre n’a toutefois pas encore précisé le montant exact de cette assistance ni les modalités pratiques de sa distribution, indiquant que les détails seront communiqués ultérieurement par les services compétents.

Sur le plan diplomatique, le gouvernement a confirmé que plusieurs démarches officielles sont en cours. Sur instruction du président de la République Bassirou Diomaye Faye, le ministère des Affaires étrangères a été chargé d’engager une procédure de demande de grâce auprès des autorités marocaines. Cette démarche vise à obtenir la libération des supporters ou, à défaut, à négocier un cadre juridique permettant leur transfèrement vers le Sénégal afin qu’ils purgent leur peine dans leur pays d’origine, conformément aux accords bilatéraux existants entre Dakar et Rabat. Le gouvernement espère ainsi trouver une solution diplomatique apaisée à une affaire qui a suscité une forte indignation populaire au Sénégal.

L’affaire remonte au 18 janvier 2026, lors de la finale de la CAN 2025 opposant le Sénégal au Maroc à Rabat. Le match avait été marqué par des tensions dans les tribunes après l’attribution d’un penalty controversé en faveur du Maroc dans les dernières minutes de la rencontre, peu après un but sénégalais annulé. Dans la confusion qui a suivi, des incidents ont éclaté entre supporters et forces de l’ordre, les autorités marocaines accusant certains supporters sénégalais d’actes de violence et de dégradations matérielles. À l’issue du procès tenu le 19 février 2026, le tribunal de Rabat a condamné dix-huit supporters pour hooliganisme à des peines de prison ferme allant de trois mois à un an, assorties d’amendes financières. Cette décision judiciaire a été vivement contestée par la défense, qui estime que les droits de la défense n’ont pas été pleinement respectés et que les sanctions prononcées sont disproportionnées au regard des faits reprochés.

Au-delà du volet judiciaire, cette affaire soulève également des enjeux politiques et diplomatiques plus larges entre le Sénégal et le Maroc, deux pays liés par des relations historiques solides. Le gouvernement sénégalais souhaite éviter toute escalade tout en affirmant sa responsabilité de protéger ses ressortissants à l’étranger. Dans ce contexte, Ousmane Sonko a appelé la population à la retenue, rappelant que les crises de ce type doivent être gérées avec sang-froid et responsabilité diplomatique. L’aide annoncée aux familles constitue ainsi un signal politique fort combinant solidarité sociale, gestion diplomatique et réponse aux attentes de l’opinion publique.

Action humanitaire : Türkiye Diyanet Vakfı et Alfityanou Humanitaire International soutiennent 700 ménages à Kaolack

Dans le cadre du programme Ramadan 2026 placé sous le thème « Certes, les croyants sont des frères », la Türkiye Diyanet Vakfı (Fondation Diyanet de Türkiye), en partenariat avec Alfityanou Humanitaire International, a procédé à une importante opération de solidarité au profit des populations vulnérables de Kaolack, ce mardi 24 février 2026. Au total, 700 kits alimentaires ont été distribués à des familles dans le besoin à l’occasion de ce mois béni de Ramadan.

Cette initiative humanitaire s’inscrit dans une dynamique de soutien social visant à accompagner les ménages les plus modestes durant cette période de spiritualité, de partage et de solidarité. Composés de denrées de première nécessité — notamment du riz, de l’huile, du sucre, des pâtes alimentaires et d’autres produits essentiels — les kits permettront aux bénéficiaires de mieux faire face aux charges alimentaires liées au jeûne, a expliqué M. Nurtekin, chef de la délégation turque pour la zone centre, couvrant Kaolack et Kaffrine.

Lors de la cérémonie de distribution, le chef de la délégation turque a rappelé que cette action traduit les valeurs universelles de fraternité, d’entraide et de compassion prônées par l’islam. « Le Ramadan est un moment privilégié pour renforcer les liens de solidarité entre les communautés et soutenir les familles en situation de précarité », a ajouté M. Nurtekin.

Dans un contexte marqué par des défis sociaux persistants et des besoins humanitaires croissants, certaines initiatives citoyennes se distinguent par leur constance et leur impact concret sur le terrain. C’est le cas de l’action menée par Cheikh Mahy Aliou Cissé à travers la Fondation Alfityanou Humanitaire International, devenue au fil des années un acteur reconnu de la solidarité communautaire, a rappelé Ismaïla Sy au nom de la fondation.

À travers cet engagement continu, Cheikh Mahy Aliou Cissé et la Fondation Alfityanou Humanitaire International illustrent une forme de solidarité ancrée dans l’action concrète, où la générosité devient un levier de cohésion sociale et d’espoir pour les plus vulnérables, a noté M. Sy.

Les bénéficiaires, venus de différents quartiers de la capitale du Saloum, ont exprimé leur gratitude envers les donateurs. Plusieurs chefs de famille ont salué une initiative qui, selon eux, intervient à un moment crucial marqué par la hausse du coût de la vie et les difficultés économiques persistantes.

Évoquant les tensions au Moyen-Orient, le chef de la délégation turque, M. Nurtekin, a lancé un appel solennel aux fidèles musulmans du Sénégal afin d’intensifier les prières en faveur de la paix en Palestine, particulièrement durant cette période spirituelle du mois de Ramadan.

À travers ce programme Ramadan 2026, la Türkiye Diyanet Vakfı et la Fondation Alfityanou Humanitaire International réaffirment ainsi leur engagement à poursuivre des actions sociales durables au Sénégal, en mettant l’accent sur la solidarité, la dignité humaine et le vivre-ensemble.

Affaire des homosexuels : Ousmane Sonko recadre Mame Makhtar Gueye et met fin à sa protection rapprochée

La séance de Questions d’actualité à l’Assemblée nationale a donné lieu à une déclaration particulièrement ferme du Premier ministre Ousmane Sonko, qui a publiquement recadré l’ONG Jamra et son vice-président, Mame Makhtar Gueye, au sujet de leurs initiatives dans la lutte contre l’homosexualité. Dans un contexte national marqué par une forte tension autour de ces questions, le chef du gouvernement a tenu à rappeler avec insistance que la gestion des problématiques liées aux mœurs et à l’ordre public relève exclusivement de l’État.

Devant les députés, Ousmane Sonko a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive dangereuse consistant, pour certains acteurs de la société civile, à se substituer aux institutions républicaines. Il a visé explicitement les menaces de publication de listes de personnes présumées homosexuelles, estimant que de telles pratiques constituent une atteinte grave aux principes fondamentaux de l’État de droit. Selon lui, nul ne peut s’arroger le droit de désigner publiquement des citoyens, de les exposer à la vindicte populaire ou de se faire juge en dehors des procédures légales prévues par la loi.

Le Premier ministre a insisté sur le caractère régalien de ces questions, rappelant que seule la puissance publique est habilitée à constater une infraction, à engager des poursuites et à rendre justice à travers les juridictions compétentes. En s’érigeant en dénonciateurs publics et en brandissant la menace de révélations nominatives, certains responsables associatifs franchiraient, selon lui, une ligne rouge susceptible d’alimenter la stigmatisation, les règlements de comptes et les violences sociales. Pour Ousmane Sonko, même dans un débat sensible où les convictions morales et religieuses occupent une place importante, le respect des droits individuels et des procédures judiciaires demeure non négociable.

La réaction du chef du gouvernement ne s’est pas limitée à une condamnation de principe. Il a annoncé avoir instruit le ministre de l’Intérieur de retirer la protection rapprochée dont bénéficiait jusque-là Mame Makhtar Gueye. Cette mesure de sécurité, assurée par les services de l’État, avait été mise en place en raison de menaces alléguées. Toutefois, Ousmane Sonko a estimé que les actions entreprises par le responsable de Jamra, notamment la diffusion ou la menace de diffusion de listes de noms, n’étaient couvertes par aucun mandat officiel. En conséquence, l’État ne saurait continuer à garantir une protection à une personne engagée dans des initiatives qu’il n’a ni ordonnées ni validées.

Cette décision marque un signal politique fort. Elle traduit la volonté du gouvernement de réaffirmer son autorité sur les questions de sécurité et de justice, tout en encadrant strictement l’action des organisations de la société civile. Elle intervient également dans un contexte plus large de débat sur le durcissement de la législation relative à l’homosexualité, un dossier dans lequel l’exécutif affirme vouloir agir dans un cadre institutionnel clair et respectueux des procédures.

En prenant publiquement position, Ousmane Sonko cherche à tracer une frontière nette entre engagement militant et exercice de l’autorité républicaine. Si le débat sur les valeurs et les mœurs demeure vif au Sénégal, le Premier ministre entend rappeler que l’État conserve le monopole de la contrainte légitime et que toute initiative s’écartant de ce cadre s’expose à des conséquences politiques et administratives.

Ousmane Sonko sur l’affaire des personnes arrêtées pour homosexualité : « La diffusion du statut sérologique est inadmissible »

Interpellé lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement ce mardi 24 février, le Premier ministre Ousmane Sonko est sorti de son silence sur l’affaire des personnes arrêtées dans un dossier lié à l’homosexualité, un sujet qui alimente depuis plusieurs semaines un vif débat au Sénégal. Face aux députés, le chef du gouvernement a tenu à dénoncer certaines dérives médiatiques et à préciser l’orientation du projet de réforme législative en préparation.

Dans un premier temps, Ousmane Sonko a fermement condamné la diffusion, dans certains médias et sur les réseaux sociaux, d’informations relatives au statut sérologique des personnes mises en cause. Il a qualifié ces pratiques d’« inadmissibles », estimant qu’elles constituent une atteinte grave à la vie privée et à la dignité humaine. Selon lui, la divulgation de données médicales sensibles ne saurait être tolérée dans un État de droit, quelles que soient la nature des accusations ou la sensibilité du dossier. Le Premier ministre a également souligné les conséquences sociales de telles révélations, affirmant qu’elles contribuent à exposer inutilement les familles à la stigmatisation et à la pression sociale.

Au-delà de la question du respect de la vie privée, le chef du gouvernement a abordé le volet législatif du dossier. Il a confirmé qu’un projet de loi est en préparation afin de durcir la répression des actes homosexuels, tout en précisant que le gouvernement n’entend pas transformer l’infraction en crime. « Le texte que je propose maintient l’infraction au niveau du délit », a-t-il déclaré, ajoutant que les différentes parties prenantes consultées s’accordent sur la nécessité de rester dans ce cadre juridique. Selon lui, les objectifs poursuivis par la réforme peuvent être atteints sans procéder à une criminalisation, qui aurait impliqué un changement plus radical dans la qualification pénale.

Dans un souci de clarification juridique, le Premier ministre a indiqué que le futur texte introduira une définition plus précise de la notion d’« acte contre nature », afin de lever les ambiguïtés interprétatives qui entourent actuellement l’article 319 du Code pénal. Cette réforme viserait, selon ses propos, à renforcer la sécurité juridique et à encadrer plus strictement l’application de la loi.

Par ailleurs, le projet de réforme ne se limiterait pas aux seuls actes eux-mêmes. Ousmane Sonko a annoncé que le dispositif législatif entend également sanctionner l’apologie et le financement de telles pratiques, élargissant ainsi le champ des infractions concernées. Cette orientation marque une volonté de renforcer l’arsenal juridique existant tout en conservant la qualification délictuelle.

Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement sensible, où les questions liées aux libertés individuelles, à la protection de la vie privée et aux valeurs sociétales suscitent de vives discussions au sein de l’opinion publique. En dénonçant la divulgation des statuts sérologiques tout en défendant un durcissement du cadre légal, le Premier ministre tente d’articuler une ligne politique qui conjugue fermeté juridique et respect des droits fondamentaux.

Crise à l’UCAD : Seydi Ndiaye appelle à la démission de Ousmane Sonko et de Daouda Ngom

La crise qui secoue l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar ne faiblit pas. Plus de deux semaines après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu à la suite de violences policières lors d’affrontements sur le campus, les réactions continuent de se multiplier au sein de la communauté universitaire. Parmi les voix les plus critiques figure celle de Seydi Ababacar Ndiaye, maître de conférences au département de Génie chimique et ancien secrétaire général du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes), qui réclame ouvertement la démission de plusieurs autorités gouvernementales.

Dans un entretien accordé au journal L’Observateur, l’universitaire n’a pas mâché ses mots. Il estime que le Premier ministre Ousmane Sonko porte une responsabilité politique dans la gestion de la crise actuelle. Selon lui, les déclarations du chef du gouvernement, affirmant qu’il ne céderait pas à ce qu’il qualifie de « chantage » des étudiants, traduisent une posture inappropriée face à une situation aussi grave. Seydi Ndiaye rappelle que, par le passé, l’actuel Premier ministre avait bénéficié du soutien des étudiants lors de ses propres démêlés judiciaires sous le régime de Macky Sall, notamment lorsque des mobilisations universitaires avaient contribué à exercer une pression politique. Pour l’enseignant-chercheur, cette contradiction justifierait aujourd’hui une remise en cause de la légitimité du Premier ministre à conduire un dialogue apaisé avec la communauté estudiantine.

La critique vise également le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom. Seydi Ndiaye lui reproche un discours jugé inapproprié, tenu moins de vingt-quatre heures après les événements tragiques ayant conduit au décès de l’étudiant. Selon lui, ces prises de parole ont fragilisé les bases d’un dialogue déjà délicat et ont contribué à crisper davantage le climat au sein des universités publiques. Il considère que, dans un contexte marqué par l’émotion et la colère, les autorités auraient dû privilégier l’écoute, la retenue et l’ouverture de concertations inclusives avec l’ensemble des acteurs universitaires.

Au-delà des responsabilités individuelles, l’ancien responsable syndical dresse un constat plus large et plus sévère sur l’état du système universitaire sénégalais. Il estime que la situation actuelle reflète une faillite généralisée d’un modèle qui peine à se réformer en profondeur. Selon lui, les crises répétitives, les tensions sociales récurrentes et la surcharge chronique des infrastructures traduisent l’incapacité des décideurs à engager une véritable réflexion structurelle sur l’avenir de l’enseignement supérieur.

Seydi Ndiaye pointe notamment du doigt la situation de l’UCAD, qu’il décrit comme étant sous le poids d’un effectif dépassant largement les normes académiques connues. L’augmentation continue du nombre d’étudiants, combinée à des capacités d’accueil et d’encadrement insuffisantes, crée un terrain propice aux frustrations et aux conflits. Pour l’universitaire, la tragédie récente doit servir d’électrochoc et conduire à une refondation en profondeur du système, fondée sur la planification, l’investissement et un dialogue sincère entre l’État, les enseignants et les étudiants.

Ousmane Sonko veut mettre fin à « l’exceptionnalité » sécuritaire du campus social et annonce l’installation d’un commissariat

Le gouvernement sénégalais s’apprête à opérer un tournant majeur dans la gestion sécuritaire des espaces universitaires. Intervenant lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a clairement exprimé sa volonté de mettre fin à ce qu’il considère comme une « exceptionnalité » sécuritaire dont bénéficierait le campus social de l’université. Face aux récents affrontements et actes de vandalisme enregistrés dans cet espace, il a demandé au ministre de l’Intérieur de traiter cette zone « comme n’importe quel quartier de Dakar », ouvrant ainsi la voie à l’installation d’un commissariat permanent afin d’y assurer la sécurité des personnes et des biens.

Cette déclaration marque un changement de doctrine significatif. Jusqu’ici, les interventions des forces de défense et de sécurité dans les espaces universitaires étaient entourées de précautions liées aux franchises universitaires, héritées d’une tradition visant à protéger la liberté académique et l’autonomie des institutions d’enseignement supérieur. Toutefois, le Premier ministre a tenu à clarifier un point juridique central : le campus social, qui regroupe les résidences étudiantes, restaurants et infrastructures de vie quotidienne, ne relève pas du même régime que les amphithéâtres et salles de cours. Selon lui, ces espaces académiques bénéficient d’une protection spécifique, mais les lieux d’hébergement ne peuvent constituer des zones échappant durablement à l’exercice des prérogatives régaliennes de l’État.

Pour justifier cette inflexion, le chef du gouvernement a évoqué des « rapports de renseignement alarmants » faisant état d’un projet de sabotage d’envergure. Ces informations auraient révélé l’existence d’un plan visant notamment l’incendie de la bibliothèque universitaire et le pillage de restaurants, ce qui aurait constitué une menace grave pour la sécurité des étudiants et pour le patrimoine public. Selon Ousmane Sonko, c’est ce « péril imminent » qui a motivé l’intervention des forces de l’ordre lors des événements récents. L’objectif affiché est désormais d’empêcher que des groupes restreints puissent organiser ou planifier des troubles dans un espace considéré comme insuffisamment encadré sur le plan sécuritaire.

Cependant, la fermeté affichée par le gouvernement s’accompagne d’une reconnaissance explicite de défaillances dans la gestion des opérations. Dans un exercice d’autocritique rare à ce niveau de responsabilité, le Premier ministre a dénoncé des « manquements manifestes » au sein des Forces de Défense et de Sécurité. Il a notamment évoqué une latence opérationnelle, estimant que l’intervention est intervenue tardivement, après qu’un premier restaurant universitaire eut déjà été mis à sac. Plus grave encore, il a pointé un usage excessif de la force, rappelant que le maintien de l’ordre doit impérativement se faire dans le respect de l’intégrité physique des citoyens. Selon lui, certaines dérives observées ne sauraient être tolérées par son gouvernement.

Face à ces constats, une enquête a été ouverte afin de déterminer les responsabilités. Le Premier ministre a indiqué que des mesures conservatoires ont déjà été prises sur la base d’un pré-rapport et que des sanctions exemplaires seront appliquées si les fautes sont confirmées. Tout en appelant à ne pas discréditer l’ensemble des forces de sécurité, il a insisté sur la nécessité d’une exigence de responsabilité et de professionnalisme dans les interventions futures.

L’annonce de l’installation d’un commissariat au campus social suscite déjà des débats au sein de la communauté universitaire et de l’opinion publique. Pour le gouvernement, il s’agit d’une mesure de sécurisation durable visant à protéger les étudiants et les infrastructures. Pour d’autres, la décision pose la question sensible de l’équilibre entre sécurité et autonomie universitaire. Ce projet, s’il se concrétise, pourrait redéfinir en profondeur la relation entre l’État et l’espace universitaire, en consacrant une présence policière permanente là où prévalait jusque-là une gestion plus ponctuelle des crises.

Affaire des véhicules de la RTS1 : Idrissa Fall Cissé saisit l’OFNAC et appelle à la transparence dans la gestion publique

Suite aux interrogations soulevées par l’affaire des six véhicules liés à la RTS1, le lanceur d’alerte Idrissa Fall Cissé a annoncé avoir officiellement saisi l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) afin d’éclaircir les zones d’ombre entourant ce dossier. Dans une déclaration rendue publique, il a indiqué que sa démarche s’inscrit dans une volonté de promouvoir la transparence et la bonne gouvernance dans la gestion des ressources publiques, notamment dans les structures étatiques ayant des missions stratégiques comme la radiodiffusion nationale.

Selon lui, cette saisine a été accompagnée d’un dossier composé d’une note explicative détaillant les faits présumés ainsi que de quinze pièces justificatives. L’objectif de cette documentation est de permettre aux enquêteurs de l’OFNAC d’examiner les éléments en toute indépendance et de procéder, si nécessaire, à des investigations approfondies. Idrissa Fall Cissé insiste sur le fait que sa démarche ne vise ni à accuser ni à condamner des personnes avant la fin des vérifications, mais à contribuer à l’établissement de la vérité dans un cadre légal et institutionnel.

Le lanceur d’alerte a également tenu à préciser que son action relève d’un engagement citoyen fondé sur le respect des institutions de la République et la préservation de l’exemplarité dans la gestion publique. Pour lui, la dénonciation d’éventuelles irrégularités constitue un devoir civique lorsqu’elle est fondée sur des informations crédibles et transmise aux structures compétentes chargées du contrôle de l’utilisation des fonds publics. Il a exprimé sa confiance envers l’OFNAC pour mener les vérifications nécessaires et apporter les éclaircissements attendus par l’opinion publique sur cette affaire qui suscite de nombreuses interrogations.

Par ailleurs, Idrissa Fall Cissé a indiqué qu’il travaille également sur d’autres saisines qui seront prochainement transmises à l’OFNAC. Ces nouvelles démarches seraient liées à des informations provenant de travailleurs évoluant au sein de certaines agences et directions publiques, qui auraient signalé des présumées irrégularités dans la gestion administrative et financière. Il a toutefois précisé que ces futures plaintes seront déposées dans le strict respect des procédures légales, du principe de présomption d’innocence et des règles juridiques encadrant les mécanismes d’alerte et de dénonciation des faits de corruption présumée.

À travers cette initiative, Idrissa Fall Cissé souhaite inscrire son action dans une dynamique de renforcement de la gouvernance publique et de consolidation de la confiance entre les citoyens et les institutions chargées du contrôle des finances publiques. Il estime que la transparence et la reddition des comptes demeurent des piliers essentiels pour assurer une gestion saine et responsable des ressources de l’État.

Supporters sénégalais condamnés à Rabat : indignation nationale et appel à une mobilisation à Dakar

L’onde de choc provoquée par la condamnation de dix-huit supporters sénégalais par le tribunal de première instance de Rabat continue de susciter une vive émotion au Sénégal. Au-delà de la décision judiciaire, c’est toute une polémique mêlant accusations de maltraitance, critiques diplomatiques et mobilisation citoyenne qui prend de l’ampleur. Une marche nationale est d’ores et déjà annoncée pour le samedi 28 février à Dakar.

Au cœur de la controverse, les conditions de détention des supporters incarcérés au Maroc. Bacary Cissé, président de la commission communication de la Fédération Sénégalaise de Football, a exprimé publiquement son « émotion » et son « amertume » face à ce qu’il considère comme une situation grave. S’exprimant sur la Rfm, il a évoqué un rapport transmis aux autorités sportives et politiques sénégalaises, faisant état de conditions de détention jugées alarmantes. Selon lui, des témoignages font état de supporters contraints de jeûner sans assistance adéquate, la délégation sénégalaise ayant dû intervenir pour leur fournir de quoi rompre le jeûne, face à ce qui est présenté comme une obstruction des services de police locaux.

Du côté des comités de supporters, la colère est tout aussi palpable. À l’AS Les Bouguies, Blaise Niane, responsable juridique du collectif, rejette catégoriquement les accusations de violence ayant conduit à la condamnation. Il affirme que des images démontreraient que les jeunes tentaient plutôt d’apaiser les tensions avant d’être eux-mêmes victimes de brutalités. Pour le collectif, la sentence judiciaire ne saurait occulter ce qu’il considère comme un dysfonctionnement plus large, notamment en matière de protection consulaire.

Les critiques se tournent également vers les autorités sénégalaises. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer un « manque criant de protection consulaire » et s’interrogent sur la gestion diplomatique du dossier. Le retour triomphal de l’équipe nationale au pays, alors que des supporters restaient détenus au Maroc, est perçu par certains comme un symbole d’abandon. Cette situation alimente un sentiment d’injustice et renforce les appels à une réaction ferme de l’État.

Face à cette montée de tension, une marche nationale a été officiellement fixée au samedi 28 février à Dakar. Les organisateurs entendent mobiliser largement la société civile, les mouvements associatifs et les comités de supporters à travers le pays. L’objectif affiché est d’exercer une pression sur les autorités afin qu’elles prennent toutes les dispositions nécessaires pour défendre les intérêts des détenus et obtenir leur libération.

Sur le plan juridique, le Sénégal dispose d’un délai de dix jours pour interjeter appel de la décision rendue par la juridiction marocaine. Cette voie procédurale constitue la première option formelle pour contester la condamnation. Toutefois, compte tenu des délais potentiels et des incertitudes liées aux procédures judiciaires, l’hypothèse d’une demande de grâce royale adressée directement au souverain marocain est également évoquée comme une issue possible à la crise.

Cheikh Baba Diallo honoré par un geste culturel fort venu d’Indonésie

Dans un geste empreint de courtoisie diplomatique et de dialogue interculturel, Cheikh Baba Diallo a été honoré par un présent distingué offert par Son Excellence Ardian Wicaksono, marquant ainsi un moment fort de rapprochement entre les peuples sénégalais et indonésien.

Au cœur de cette cérémonie symbolique figurait un objet chargé d’histoire et de spiritualité maritime : le célèbre navire Phinisi, emblème du patrimoine culturel de l’Indonésie.

Un symbole maritime chargé d’histoire

Le Phinisi est un voilier traditionnel originaire du Sulawesi du Sud, dans la partie orientale de l’Indonésie. Pendant des siècles, il a servi au peuple bugis pour traverser les mers de l’archipel indonésien et établir des routes commerciales reliant différentes régions du monde.

Plus qu’un simple moyen de transport, ce navire représente l’esprit d’aventure, la maîtrise maritime et la transmission d’un savoir ancestral.

Malgré son caractère traditionnel, le Phinisi impressionne par son élégance et son architecture majestueuse. Sa silhouette élancée et ses voiles imposantes incarnent une harmonie entre ingénierie navale et héritage culturel.

Entre légende et mémoire historique

Selon le manuscrit épique La Galigo, l’un des plus longs récits littéraires au monde, le premier Phinisi aurait été construit au XIVᵉ siècle par le prince héritier du royaume de Luwu, Sawerigading.

La tradition raconte que les fragments du navire originel furent ensuite rassemblés par les populations locales, donnant naissance à ce modèle emblématique devenu aujourd’hui un symbole national.

Cette dimension mythologique confère au Phinisi une portée spirituelle particulière, associant navigation, destin et transmission intergénérationnelle.

Une reconnaissance internationale du patrimoine indonésien

En décembre 2017, le savoir-faire artisanal lié à la construction des voiliers traditionnels du Sulawesi du Sud a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Cette reconnaissance internationale consacre l’expertise des artisans indonésiens et souligne l’importance de préserver les traditions maritimes face à la modernité.

Aujourd’hui, les Phinisi modernes continuent de naviguer, réadaptés pour les croisières touristiques, la plongée et les activités de loisirs, tout en conservant leur identité culturelle originelle.

Un geste diplomatique porteur de sens

Au-delà de sa valeur esthétique, le présent offert à Cheikh Baba Diallo s’inscrit dans une dynamique de diplomatie culturelle. En offrant un symbole aussi fort de son patrimoine, la représentation indonésienne met en avant les valeurs de partage, de respect mutuel et de coopération entre nations.

Ce geste illustre également le rôle croissant de la culture comme outil diplomatique, capable de rapprocher les peuples au-delà des frontières politiques et géographiques. À travers le Phinisi, c’est toute une histoire de voyages, d’échanges et de fraternité maritime qui vient renforcer les liens entre l’Afrique de l’Ouest et l’Asie du Sud-Est.

Ainsi, cette distinction dépasse le cadre protocolaire pour devenir un message universel : celui d’un dialogue entre civilisations, porté par la mémoire des océans et la richesse des traditions humaines.

Crise scolaire : le G7 des syndicats décrète un cinquième plan d’action et durcit le ton face à l’État

Réuni ce lundi 23 février 2026 au siège du SAEMSS, le G7 des syndicats de l’éducation a dressé un nouveau diagnostic préoccupant du système éducatif sénégalais. À l’issue de cette rencontre, les organisations syndicales ont annoncé un cinquième plan d’action marqué par une série de débrayages et de grèves totales, tout en réaffirmant leur détermination à obtenir le respect des engagements pris par les autorités.

Dans son communiqué, le cadre unitaire décrit une situation qu’il juge « difficile » dans les secteurs de l’éducation et de la formation. Les syndicats dénoncent notamment la lenteur dans l’application des accords signés avec le gouvernement ainsi que ce qu’ils considèrent comme un retour unilatéral sur certains acquis issus de négociations antérieures. Selon eux, plusieurs points essentiels restent en suspens, alimentant un climat de frustration et de méfiance au sein du corps enseignant.

Le G7 regrette par ailleurs l’absence de réunion de suivi avec le gouvernement, pourtant annoncée, et qui devait permettre d’apporter des réponses rapides aux préoccupations des enseignants. Cette absence de cadre formel de concertation est perçue comme un signal négatif par les responsables syndicaux, qui estiment que le dialogue social peine à se traduire en mesures concrètes.

Malgré ces tensions, les syndicats saluent les initiatives entreprises par la COSYDEP et par la Commission éducation, jeunesse, sports et loisirs de l’Assemblée nationale du Senegal , engagées dans une dynamique de relance du dialogue entre les différents acteurs du système éducatif. Pour le G7, ces démarches constituent des pistes encourageantes, même si elles restent insuffisantes pour résoudre le passif social accumulé.

Les organisations syndicales mettent également en avant la forte adhésion des enseignants aux précédents mots d’ordre. Selon elles, cette mobilisation soutenue traduit l’ampleur du malaise dans le secteur et renforce la légitimité de leur combat. Elles y voient un signal clair adressé aux autorités sur l’urgence d’apporter des solutions structurelles et durables.

Après avoir évalué le quatrième plan d’action, le G7 a ainsi décidé de passer à une nouvelle phase de mobilisation. Le calendrier arrêté prévoit un débrayage le mercredi 25 février 2026 à partir de 9 heures, suivi d’assemblées générales départementales. Le lendemain, jeudi 26 février, une grève totale est annoncée sur l’ensemble du territoire. Le mouvement se poursuivra le lundi 2 mars avec un nouveau débrayage à partir de 9 heures, puis le mardi 3 mars, également à partir de 9 heures, accompagné de rassemblements devant les inspections d’académie. Enfin, une nouvelle grève totale est programmée pour le vendredi 6 mars 2026.

En parallèle, le G7 maintient le boycott des évaluations, des cellules d’animation pédagogique, de la formation des élèves-maîtres ainsi que des activités sportives scolaires. Cette stratégie vise, selon les syndicats, à accentuer la pression tout en démontrant leur capacité de mobilisation sur l’ensemble des leviers du système éducatif.

Arrestation spectaculaire d’une tiktokeuse à Yeumbeul-Comico : crack et réseau de drogue dure démantelés

Yeumbeul-Comico – L’arrestation d’Imane, une tiktokeuse très suivie sur les réseaux sociaux, a provoqué un véritable émoi à Yeumbeul-Comico. Identifiée sous les initiales F. Traoré, la jeune femme a été interpellée en pleine consommation de crack dans un appartement transformé en fumoir, situé à la cité Comico 4, révèle L’Observateur. Cette opération, minutieusement préparée par la Brigade de recherches du commissariat de Yeumbeul-Comico sous la supervision du commissaire Ousmane Diop, a permis de mettre au jour un présumé réseau de détention et de trafic de drogue dure.

Selon les informations recueillies, les forces de l’ordre avaient suivi la tiktokeuse depuis plusieurs semaines. Ses déplacements et fréquentations faisaient l’objet d’une surveillance étroite, dans le cadre d’une filature de longue haleine. Dans la nuit du vendredi 21 février au samedi 22 février 2026, Imane s’est retranchée dans l’appartement avec son amie coiffeuse, Dieyba Sow. Le lieu, selon les enquêteurs, était devenu un véritable fumoir, ce qui a précipité l’intervention des policiers.

Positionnés discrètement au rez-de-chaussée, les éléments de la Brigade de recherches attendaient le moment opportun. Quelques instants plus tard, un homme identifié comme A. Diouf arrive à moto, un sachet à la main. Soupçonné de se rendre sur place pour récupérer de la drogue, il monte les escaliers sans se douter du dispositif en place. Les policiers investissent alors l’appartement. La scène est décrite comme chaotique : Imane, « quelque peu dans les vaps », est surprise en pleine consommation de crack et neutralisée, tout comme Dieyba et A. Diouf. Sur les lieux, les enquêteurs découvrent trois pierres de crack — dont une à moitié consommée — ainsi que du papier aluminium et du matériel destiné au conditionnement et à la consommation de cette drogue.

L’affaire prend une nouvelle tournure lorsque les mis en cause décident de collaborer avec les enquêteurs. Ils révèlent l’identité de leur fournisseur présumé, I. Bâ, également connu sous le nom d’Yves, présenté comme un étudiant à la tête d’un réseau de vente de drogue dure. Sur instruction de la police, une commande test est organisée et le lieu de livraison fixé aux abords du célèbre « Tournal Yeumbeul ». Prudence oblige, l’étudiant envoie d’abord un livreur, P. Diouf, qui est rapidement interpellé et qui révèle le nom de son commanditaire. Mis en confiance, l’étudiant se présente lui-même sur les lieux avec deux grosses pierres de crack. Lors de la fouille, les policiers découvrent huit grammes de drogue dans ses poches.

Placés en garde à vue, Imane, son amie coiffeuse, leur protecteur présumé, le livreur et l’étudiant fournisseur devraient être déférés ce lundi 23 février 2026 pour détention, usage et trafic de drogue dure, conclut L’Observateur. Cette opération souligne la vigilance des forces de l’ordre et leur capacité à démanteler des réseaux sophistiqués, même lorsqu’ils impliquent des personnalités médiatisées.

Azoura Fall met fin à sa cavale et se rend à la gendarmerie de Colobane

Après plusieurs jours de fuite et de spéculations sur sa situation, Azoura Fall est sur le point de se présenter à la Section de Recherches de Colobane pour répondre à une convocation de la gendarmerie. Cette décision marque la fin d’une course contre la montre déclenchée par des propos jugés outrageants à l’encontre du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Ces déclarations avaient été tenues peu après le limogeage de Bassirou Kébé, ancien directeur général de la SN-HLM, et avaient rapidement circulé sur les réseaux sociaux, suscitant indignation et réactions multiples.

Face à la viralité des propos, le procureur de la République avait ordonné l’audition d’Azoura Fall par la Section de Recherches. Mais dans les heures qui ont suivi, l’intéressé était introuvable, déclenchant une traque d’envergure orchestrée par la gendarmerie nationale. Les forces de l’ordre, appuyées par la Division spéciale de cybercriminalité, ont multiplié les actions pour localiser le prévenu. Un avis de recherche a été diffusé par message radio, une descente a été effectuée à Paoskoto chez un proche présumé après que son téléphone ait été localisé dans la zone, et une opposition de sortie du territoire a été transmise à la Direction de la police de l’air et des frontières.

Sous cette pression judiciaire et médiatique, Azoura Fall a choisi d’adopter une stratégie d’apaisement. Dans une déclaration publique, il a présenté ses excuses, affirmant qu’il n’avait jamais eu l’intention de porter atteinte à l’institution présidentielle. Il assure désormais mesurer la portée de ses propos et semble vouloir clore cette affaire sans confrontation supplémentaire avec la justice.

Universités sénégalaises : le collectif des amicales dénonce une situation « alarmante » et exige un dialogue inclusif

La tension reste vive dans les universités sénégalaises. Dans une déclaration rendue publique, le collectif des amicales, présenté comme la structure faîtière de représentation des étudiants, tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de situation « alarmante » au sein des campus. Selon ses responsables, l’heure est à des discussions profondes, sincères et inclusives entre l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur afin d’éviter une aggravation de la crise.

Au cœur des critiques figure la méthode adoptée par les autorités universitaires et étatiques. Le collectif affirme que plusieurs rencontres auraient été organisées et des décisions prises sans la participation effective des représentants des étudiants. Une mise à l’écart que les organisations estudiantines jugent préoccupante, estimant qu’aucune réforme durable ne peut être envisagée sans l’implication directe des principaux concernés.

La réouverture progressive des campus cristallise particulièrement les frustrations. Si les activités académiques reprennent graduellement, deux pavillons de résidence demeurent fermés, affectant plus de 2 000 étudiants. Pour le collectif, cette mesure partielle crée une inégalité de traitement entre les étudiants et compromet le principe d’équité dans l’accès aux infrastructures universitaires. Les responsables estudiantins considèrent qu’une reprise sélective ne peut garantir un climat serein ni répondre efficacement aux attentes sociales.

Face à cette situation, le collectif des amicales formule une série d’exigences. Il réclame d’abord la levée des suspensions visant certaines amicales, une décision qu’il qualifie d’« illégale » et qu’il n’exclut pas de contester devant la Cour suprême du Senegal . Pour les étudiants, ces suspensions constituent une entrave à la liberté d’organisation et au droit à la représentation.

Les organisations estudiantines demandent également la tenue d’assises inclusives consacrées aux réformes universitaires. Selon elles, seule une concertation élargie, réunissant autorités académiques, pouvoirs publics et représentants étudiants, permettra d’aborder en profondeur les questions liées à la gouvernance, aux conditions sociales et au fonctionnement global des universités.

Autre point sensible : la prise en charge des étudiants blessés lors des récents événements survenus dans certains campus. Le collectif insiste sur la nécessité d’un accompagnement médical et psychologique adéquat pour les victimes, considérant qu’il s’agit d’une responsabilité morale et institutionnelle.

Par ailleurs, les représentants étudiants affirment suivre avec attention les enquêtes en cours concernant le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, une affaire qui continue de susciter une vive émotion au sein de la communauté universitaire. Ils appellent à la transparence et à l’établissement des responsabilités afin d’apaiser les tensions et de restaurer la confiance.

Malgré la fermeté de leur position, les organisations estudiantines invitent les étudiants à faire preuve de retenue. Elles les exhortent à attendre les prochaines orientations officielles avant tout retour massif dans les campus, dans un souci d’éviter de nouveaux incidents. Le collectif se dit ouvert au dialogue, mais prévient qu’il n’acceptera pas « l’imposition d’une pensée unique » et réaffirme sa détermination à défendre les intérêts matériels et moraux des étudiants.

Kaolack – Monde paysan : des récoltes qui pourrissent, des espoirs qui s’éteignent dans les villages

Trois mois après le lancement officiel de la campagne arachidière et la réouverture des frontières, censée faciliter la commercialisation, le monde rural sénégalais continue de sombrer dans une crise silencieuse. Sur le terrain, les promesses des autorités peinent à se traduire en solutions concrètes, laissant des milliers de producteurs dans le désarroi.

Dans plusieurs zones de production, les greniers sont pleins, mais les poches restent vides. Les paysans, qui espéraient enfin tirer profit d’une année de dur labeur, se retrouvent aujourd’hui prisonniers d’un marché désorganisé et d’un système qu’ils jugent défaillant. L’arachide, principale source de revenus de nombreuses familles rurales, ne trouve pas preneur à un prix décent.

« Les producteurs ne savent plus où aller vendre leurs récoltes », dénonce Bassirou Ba, président de la plateforme Aar Sunu Momel. Selon lui, l’État du Sénégal a failli à sa mission d’encadrement et de protection du monde paysan. Sur les marchés, les prix chutent dangereusement, oscillant entre 250 et 300 francs CFA le kilogramme, à peine au niveau du prix plancher, insuffisant pour couvrir les coûts de production.

Des récoltes qui pourrissent, symbole d’un échec

Dans les villages, le spectacle est amer : des tonnes d’arachides entassées, exposées au soleil et à l’humidité, commencent à pourrir faute d’acheteurs. Chaque jour qui passe transforme l’espoir des producteurs en pertes irréversibles. À cette situation déjà critique s’ajoute la multiplication des incendies, qui réduisent en cendres des stocks entiers, fruits de plusieurs mois de travail.

La situation devient encore plus dramatique lorsque la SONACOS refuse d’acheter les graines détériorées, laissant les paysans seuls face à leurs pertes. Pour beaucoup, cela signifie une année entière de sacrifices anéantie.

Ramadan sous pression dans le monde rural

En pleine période de Ramadan, traditionnellement marquée par la solidarité et le partage, de nombreuses familles rurales vivent une réalité bien différente. Incapables d’écouler leur production, certains paysans peinent désormais à assurer les dépenses quotidiennes les plus élémentaires, a souligné M. Ba.

Dans les concessions, l’inquiétude remplace peu à peu l’espoir. Les dettes s’accumulent, les crédits agricoles deviennent difficiles à rembourser et la peur de la prochaine saison agricole s’installe.

Une soudure déjà installée

Pour la plateforme Aar Sunu Momel, la situation dépasse désormais le simple cadre d’une campagne agricole mal organisée. « La soudure est déjà installée dans plusieurs zones rurales », alerte Bassirou Ba, pointant du doigt l’inaction des autorités face à une crise pourtant prévisible.

Selon lui, l’absence de mesures efficaces pour réguler le marché, organiser l’achat des productions et protéger les producteurs illustre une profonde défaillance dans la gestion du secteur agricole.

Un monde rural en quête de réponses

Alors que l’agriculture demeure l’un des piliers économiques du Sénégal, les paysans réclament aujourd’hui plus que des annonces : des actions concrètes, immédiates et structurantes. Sans intervention rapide, préviennent les acteurs ruraux, la crise actuelle pourrait laisser des conséquences durables sur l’économie familiale et la stabilité sociale dans les campagnes.

Kédougou : vaste opération de la Gendarmerie contre l’orpaillage clandestin et le trafic de migrants

La lutte contre l’exploitation illégale des ressources minières et le trafic de migrants se poursuit avec fermeté dans la région de Kédougou. Dans le cadre de ses missions de sécurisation des citoyens et de préservation des ressources nationales, la Légion de Gendarmerie de Kédougou a mené, le samedi 21 février 2026, une série d’opérations d’envergure ayant abouti au démantèlement de plusieurs sites d’orpaillage clandestin et à l’interpellation d’un individu impliqué dans un réseau présumé de trafic de migrants.

Trois sites clandestins démantelés par le GARSI-2

Entre 10h00 et 17h00, les éléments du GARSI-2 (Groupe d’Action Rapide de Surveillance et d’Intervention), déployés dans les postes avancés de Gamba-Gamba et de Saeinsoutou, ont conduit une opération ciblée dans plusieurs localités de la région. Les interventions ont permis de démanteler trois sites d’exploitation aurifère illégale situés dans les villages de Bantanko, Bondala et Mouran.

Sur ces différents sites, les forces de défense et de sécurité ont procédé à la saisie d’un important lot de matériels utilisés dans l’exploitation clandestine de l’or. Quatorze groupes électrogènes, six marteaux-piqueurs, huit motopompes, cinq machines-pompes, deux panneaux solaires ainsi qu’une pompe à eau ont été récupérés. Ce matériel, essentiel au fonctionnement des installations illégales, témoigne de l’ampleur et du degré d’organisation de ces activités frauduleuses.

Par ailleurs, plusieurs équipements ont été détruits sur place afin d’empêcher toute reprise immédiate des opérations illicites. Il s’agit notamment de vingt-cinq machines dites « cracheuses », de cinq dispositifs de forage électrique, de sept moto-pompes ainsi que de nombreux abris de fortune servant de campements aux exploitants clandestins.

Ces actions s’inscrivent dans une stratégie globale visant à protéger l’environnement, lutter contre la fraude minière et sécuriser les zones aurifères, souvent exposées à des risques sécuritaires et sanitaires importants.

Un réseau présumé de trafic de migrants mis au jour

Dans le même élan, la Section de Recherches de Kédougou a mené une enquête ayant conduit à l’interpellation d’un individu soupçonné de trafic de migrants et de traite de personnes. Cinq mineurs ont également été entendus dans le cadre de la procédure, pour les besoins de l’enquête.

Selon les premiers éléments recueillis, les mineurs, entrés sur le territoire sénégalais en provenance du Mali, avaient pour objectif de travailler sur des sites d’orpaillage en échange d’une rémunération. D’après leurs déclarations concordantes, ils seraient issus de la même famille. Leurs parents auraient organisé leur voyage depuis le Burkina Faso, en coordination avec le mis en cause, chargé de les récupérer à la frontière sénégalo-malienne avant leur acheminement vers les zones aurifères.

Entendu par les enquêteurs, le suspect aurait reconnu sans ambiguïté les faits qui lui sont reprochés, confirmant ainsi les soupçons pesant sur lui.

Une vigilance renforcée dans la région

La région de Kédougou, riche en ressources aurifères, est régulièrement confrontée aux défis liés à l’orpaillage clandestin et aux flux migratoires irréguliers. Ces phénomènes, souvent interconnectés, exposent particulièrement les mineurs à des formes d’exploitation économique et à des conditions de travail dangereuses.

Les autorités judiciaires poursuivent actuellement les investigations afin d’identifier d’éventuels complices et de démanteler tout réseau structuré derrière ces activités. La Gendarmerie nationale réaffirme, pour sa part, sa détermination à intensifier les opérations de contrôle et de sécurisation afin de préserver l’ordre public et de protéger les populations, notamment les plus vulnérables.

L’enquête suit son cours.

Ndogou au Palais : démonstration d’unité ou révélateur de tensions au sommet de l’État ?

Le « Ndogou » organisé récemment au Palais de la République par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, continue d’alimenter les débats au sein de la majorité présidentielle et dans l’opinion publique. Présentée officiellement comme une rencontre fraternelle et spirituelle à l’occasion du mois de Ramadan, la cérémonie a rapidement pris une tournure politique, notamment en raison de la participation remarquée du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans un contexte marqué par des rumeurs persistantes de tensions internes, l’événement apparaît comme un moment clé pour décrypter la dynamique réelle au sommet de l’exécutif.

Organisé au cœur du Palais de la République , ce Ndogou a réuni les coordonnateurs départementaux du Pastef, formation politique au pouvoir. Au-delà du cadre religieux et convivial, la rencontre avait des allures de rendez-vous stratégique. Elle intervenait à un moment où des signaux de crispation circulaient dans certains cercles politiques, alimentés par des divergences supposées sur la conduite des réformes, la gestion de l’appareil d’État et la structuration du parti après l’accession au pouvoir.

La présence d’Ousmane Sonko, figure centrale du Pastef et leader historique du mouvement, a naturellement focalisé l’attention. Si les deux hommes affichent publiquement une relation fondée sur la confiance et la complémentarité, certains observateurs évoquent des lignes de fracture liées à la répartition des rôles et à la gestion des priorités gouvernementales. Le président incarne l’autorité institutionnelle et la continuité de l’État, tandis que le Premier ministre demeure le référent politique d’une base militante exigeante, attachée à la rupture promise lors de la campagne.

Lors de cette rencontre, les discours prononcés ont insisté sur la cohésion, la discipline et la nécessité de préserver l’unité du projet. Bassirou Diomaye Faye aurait rappelé l’importance de la solidarité au sein de la majorité et la responsabilité historique qui incombe à l’équipe dirigeante. Ousmane Sonko, de son côté, aurait mis l’accent sur la fidélité aux engagements pris devant le peuple, soulignant que la transformation systémique du pays exige cohérence et détermination.

Pour les coordonnateurs départementaux présents, ce Ndogou était aussi l’occasion de recevoir des orientations politiques claires. Après plusieurs mois d’exercice du pouvoir, le Pastef doit désormais concilier l’enthousiasme militant et les contraintes de la gestion étatique. La transition du rôle d’opposant à celui de gouvernant impose des arbitrages parfois difficiles, susceptibles de créer des incompréhensions au sein des structures locales.

Dans l’opinion publique, les interprétations divergent. Certains voient dans cette rencontre une démonstration d’unité soigneusement orchestrée pour couper court aux spéculations sur une rivalité entre le président et son Premier ministre. D’autres estiment au contraire que la nécessité même d’afficher cette proximité traduit l’existence de tensions latentes. Dans un système institutionnel où le chef de l’État et le chef du gouvernement partagent l’exécutif, l’équilibre repose autant sur la clarté des responsabilités que sur la confiance personnelle.

Au-delà des perceptions, cet épisode met en lumière un enjeu fondamental pour le pouvoir en place : maintenir la cohésion interne tout en poursuivant les réformes promises. La réussite du tandem exécutif dépendra de sa capacité à gérer les ambitions, à canaliser les attentes militantes et à produire des résultats concrets face aux urgences économiques et sociales.

Saliou Mbaye dit Zale face à l’après-prison : entre tempête judiciaire et stigmate social

L’arrestation de Saliou Mbaye, plus connu du grand public sous le sobriquet de Zale, continue de susciter de vives réactions sur les réseaux sociaux et dans l’opinion. Figure médiatique au parcours fortement exposé, il se retrouve aujourd’hui au cœur d’une tourmente judiciaire et personnelle qui dépasse largement le cadre d’une simple procédure pénale. Au-delà des faits qui lui sont reprochés et de l’évolution du dossier devant les juridictions compétentes, une autre question, plus silencieuse mais tout aussi cruciale, se pose : quelle existence l’attend une fois cette séquence carcérale refermée ?

La prison, dans toute société, est conçue comme un espace de sanction, mais aussi, en principe, de réinsertion. Pourtant, dans la réalité, le retour à la vie civile s’apparente souvent à un chemin escarpé, particulièrement pour les personnalités publiques. Pour Zale, dont l’image s’est construite et diffusée essentiellement à travers les plateformes numériques, la chute est d’autant plus brutale que l’ascension avait été rapide. Les réseaux sociaux, qui ont contribué à sa notoriété, se transforment désormais en caisse de résonance des critiques, des jugements hâtifs et parfois des condamnations morales définitives.

À cette pression médiatique s’ajoute la dimension intime de l’affaire, marquée par la révélation des résultats de son test VIH. Dans un contexte où la sensibilisation progresse mais où les préjugés persistent, l’annonce d’une séropositivité peut engendrer un double fardeau : celui de la maladie et celui du regard social. Le VIH demeure, au Sénégal comme ailleurs, entouré de tabous, d’idées reçues et de peurs irrationnelles. Pour une personnalité publique, l’exposition de cette information accentue le risque de stigmatisation, d’isolement et de marginalisation.

Le véritable défi commence souvent après la sortie de prison. Retrouver un emploi, rebâtir une réputation, renouer des liens sociaux fragilisés ou rompus : autant d’étapes qui exigent résilience et accompagnement. Or, les mécanismes de réinsertion restent encore insuffisamment structurés, surtout pour les figures médiatiques dont la vie professionnelle dépend étroitement de l’image et de la confiance du public. La société numérique n’a pas de mémoire courte. Les captures d’écran, les vidéos archivées et les commentaires viraux figent les événements dans le temps, rendant l’oubli presque impossible.

Cependant, toute trajectoire humaine reste ouverte. L’histoire récente montre que certaines personnalités publiques ont su transformer l’épreuve judiciaire en opportunité de reconstruction, en s’engageant dans des actions de sensibilisation, en plaidant pour des causes sociales ou en adoptant une posture de responsabilité assumée. Dans le cas de Zale, la manière dont il choisira de communiquer, de reconnaître ou de contester les faits, et surtout de se projeter dans l’avenir, jouera un rôle déterminant dans la perception collective.

Au-delà du cas individuel, cette affaire interroge la société sénégalaise sur sa capacité à concilier justice et seconde chance. La sanction pénale a une durée définie par la loi. La sanction sociale, elle, peut s’étendre indéfiniment si elle n’est pas tempérée par un effort collectif de compréhension et de réintégration. Entre exigence de responsabilité et droit à la reconstruction, l’équilibre est délicat.

Deux-roues : Yankhoba Diémé annonce la fin de la tolérance et un plan d’urgence pour liquider 35 000 cartes grises

Le ministre des Transports terrestres, Yankhoba Dieme, a clairement affiché la nouvelle ligne de l’État à l’égard des usagers de deux-roues. Invité de l’émission « En Vérité », le membre du gouvernement a annoncé un plan d’urgence destiné à résorber le stock important de cartes grises non distribuées, tout en prévenant qu’un durcissement des contrôles routiers interviendra dès le mois de mars 2026.

Selon le ministre, 35 000 cartes grises restent actuellement à délivrer sur l’ensemble du territoire national. Une situation qu’il juge préoccupante, tant pour la sécurité routière que pour la régularité administrative du parc de motos, en particulier celles utilisées à des fins commerciales. Pour faire face à cette accumulation, les services du ministère ont mis en place un dispositif exceptionnel. Une grande salle a été spécialement aménagée au Centre international du commerce extérieur du Sénégal ( CICES ), à Dakar, afin d’accueillir des équipes de saisie renforcées chargées d’accélérer le traitement des dossiers en souffrance.

Ce mécanisme de crise doit permettre d’apurer l’intégralité du stock résiduel entre la fin du mois de février et le courant du mois de mars 2026. L’objectif affiché est clair : offrir une dernière fenêtre de régularisation aux propriétaires de deux-roues avant le passage à une phase plus coercitive.

Le ministre a ainsi évoqué une « période de grâce » courant durant le mois de mars. Durant cette séquence, les autorités continueront à privilégier la sensibilisation et l’accompagnement des usagers. Mais au-delà de cette échéance, le ton changera radicalement. « Une fois la période de grâce écoulée, la phase de sensibilisation laissera place à une répression systématique », a-t-il prévenu. Les contrôles routiers deviendront fermes et les sanctions seront appliquées avec rigueur sur l’ensemble du territoire à l’encontre de tout conducteur en défaut de régularisation.

Dans son intervention, Yankhoba Diémé a particulièrement interpellé les conducteurs de motos dites « Jakarta », très présents dans le transport urbain et périurbain. Il les a exhortés à se rapprocher sans délai des services compétents pour récupérer leurs documents administratifs et se mettre en conformité avec la réglementation. Pour les autorités, la régularisation massive de ces véhicules constitue un enjeu central en matière de traçabilité, de sécurité et de responsabilité en cas d’accident.

Au-delà de l’urgence administrative, le ministère entend également inscrire son action dans une réforme plus globale du secteur. Yankhoba Diémé a indiqué que des pistes structurantes sont à l’étude, notamment l’aménagement de voies spéciales réservées aux deux-roues ou l’instauration de restrictions par zones géographiques. Ces propositions s’inscrivent dans le prolongement des conclusions issues des états généraux des transports.

Toutefois, le ministre a tenu à préciser que ces transformations ne seront pas appliquées de manière brutale. Elles feront l’objet de concertations approfondies afin d’évaluer leur impact social et économique, notamment pour les milliers de jeunes qui tirent leurs revenus de l’activité de transport à moto.

Senelec : 48,5 milliards FCFA de factures impayées – le gouvernement annonce des mesures anti-fraude et recouvrement

La situation financière de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) suscite une vigilance accrue des autorités. Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a récemment alerté sur l’ampleur des dettes publiques et des pertes liées à la fraude électrique, deux phénomènes qui fragilisent la performance du secteur énergétique national.

Selon les chiffres avancés, les factures d’électricité impayées par plusieurs institutions publiques atteignent environ 48,5 milliards de francs CFA. Cette dette constitue, selon le ministre, un frein majeur aux ambitions gouvernementales d’atteindre l’accès universel à l’électricité sur l’ensemble du territoire sénégalais. Il souligne que ces impayés créent une pression supplémentaire sur la trésorerie de la Société nationale d’électricité du Sénégal, qui doit déjà faire face à des défis structurels liés à la production, à la distribution et à l’investissement dans les infrastructures énergétiques.

Au-delà des impayés, le ministre a également dénoncé le phénomène des « pertes non techniques », un terme utilisé pour désigner principalement la fraude, le vol et les branchements illégaux sur le réseau électrique. Bien que les montants précis n’aient pas été publiquement détaillés, ces pertes sont considérées comme extrêmement élevées et représentent un manque à gagner important pour l’entreprise publique. Selon le ministre, la combinaison des impayés institutionnels et des détournements d’énergie constitue un obstacle majeur à la réduction du coût de l’électricité pour les populations sénégalaises, estimées à plus de 18 millions d’habitants.

Face à cette situation, Birame Soulèye Diop a annoncé la mise en œuvre d’un plan d’actions « coup de poing » prévu sur la période 2026-2027. Ces mesures viseront principalement à renforcer le recouvrement des créances publiques, à intensifier la lutte contre la fraude énergétique et à améliorer l’efficacité globale du système électrique national. Le gouvernement entend également s’appuyer sur un mix énergétique plus performant afin de stabiliser la production et de sécuriser l’approvisionnement en énergie.

Malgré ces difficultés, le ministre a tenu à saluer les efforts du personnel et de la direction de la Senelec, soulignant la résilience globale de l’entreprise dans un environnement économique complexe. Il a toutefois insisté sur le fait que l’impunité en matière de non-paiement des factures et de fraude énergétique ne sera plus tolérée, laissant entendre que des sanctions administratives, financières ou judiciaires pourraient accompagner les prochaines opérations de contrôle.

Démantèlement d’un réseau présumé à Pikine-Guédiawaye : deux nouvelles arrestations portent le total à 24 suspects

L’enquête menée dans le cadre d’une délégation judiciaire ordonnée par le juge d’instruction du premier cabinet près le Tribunal de Grande Instance de Pikine-Guédiawaye connaît un nouveau développement. Les gendarmes de la Brigade de Recherches de Keur Massar ont procédé à l’arrestation de deux nouveaux suspects, renforçant ainsi le dispositif judiciaire enclenché depuis plusieurs semaines.

Selon des sources proches du dossier, il s’agit d’un individu répondant au nom de Dabakh, présenté comme employé de Mame Ndiaye Savon, ainsi que du tailleur Zo Baldé. Les deux hommes ont été placés en détention dans les locaux de la Brigade de Recherches de Keur Massar, après avis du procureur Saliou Dicko. Leur interpellation s’inscrit dans la continuité des investigations visant à faire toute la lumière sur les ramifications de ce réseau présumé.

Les autorités judiciaires semblent déterminées à approfondir les investigations afin d’identifier l’ensemble des personnes impliquées. D’après les mêmes sources, d’autres arrestations pourraient intervenir dans les prochains jours, au fur et à mesure de l’exploitation des éléments recueillis par les enquêteurs.

Depuis le démantèlement de ce réseau présumé, un total de vingt-quatre suspects ont déjà été interpellés. Les auditions se poursuivent afin de préciser les rôles et niveaux d’implication de chacun. L’affaire, qui suscite une vive attention, est désormais entre les mains de la justice, chargée de qualifier les faits et de déterminer les éventuelles poursuites.

Alerte à Diogo : violent incendie sur le site minier de Grande Côte Opération

Un incendie d’une ampleur préoccupante s’est déclaré cet après-midi sur le site de Grande Côte Opérations (GCO), à Diogo, dans la région de Thiès. Le sinistre touche particulièrement l’usine dite « WCP » (Wet Concentration Plant), considérée comme l’une des installations stratégiques du complexe industriel dédié à l’exploitation du zircon.

Selon les premières informations recueillies sur place, les flammes se sont rapidement propagées à l’intérieur de cette unité névralgique, provoquant d’importants dégâts matériels. D’épais panaches de fumée noire sont visibles à plusieurs kilomètres à la ronde, notamment depuis la commune de Mboro, alimentant l’inquiétude des populations riveraines. La violence du brasier et la nature industrielle des installations compliquent considérablement les opérations de secours.

Les équipes de sécurité interne de l’entreprise, appuyées par les sapeurs-pompiers, sont mobilisées depuis le déclenchement de l’alerte. Toutefois, la configuration du site et les matériaux présents dans le processus de traitement minier rendent l’intervention particulièrement délicate. Les secours s’emploient à contenir la propagation des flammes afin d’éviter que l’incendie ne gagne d’autres unités de production.

L’alerte a notamment été relayée par le journaliste Ayoba Faye, basé à Mboro, qui a confirmé la gravité de la situation dans une publication sur les réseaux sociaux. Il évoque des difficultés rencontrées par les secours pour maîtriser le feu, soulignant que l’usine WCP concentre une part importante de la production du site.

À ce stade, aucune perte en vie humaine n’a été officiellement signalée. Cependant, l’ampleur des dégâts matériels pourrait être significative. L’arrêt prolongé de l’usine WCP risquerait d’affecter le rendement annuel de la filière zircon, un secteur clé pour l’économie régionale et nationale. La production de zircon constitue en effet l’un des piliers des exportations minières du Sénégal, particulièrement dans la zone de Thiès.

La direction de Grande Côte Opérations ne s’est pas encore exprimée publiquement sur les causes exactes du sinistre ni sur l’évaluation précise des dommages. Une enquête devra déterminer l’origine de l’incendie et établir les responsabilités éventuelles.

En attendant des communications officielles, les autorités locales et les services de sécurité restent mobilisés pour contenir le feu et sécuriser le périmètre. La situation demeure évolutive et suscite une vive attention au sein des communautés riveraines et des acteurs économiques concernés.

Kaolack – Gestion défaillante de l’eau à Thiomby : OFOR et Flex Eau pointées du doigt

La commune de Thiomby traverse une situation devenue intenable. Depuis maintenant trois jours, plusieurs quartiers sont privés d’eau potable, plongeant les populations dans une crise quotidienne particulièrement éprouvante en pleine période de Ramadan. Entre indignation, fatigue et incompréhension, les habitants dénoncent une gestion jugée opaque et inefficace du service public de l’eau.

Dans les concessions, le constat est le même : des robinets désespérément secs. Femmes, personnes âgées et jeunes parcourent de longues distances à la recherche de quelques bidons d’eau, souvent sous une chaleur accablante et dans des conditions rendues encore plus difficiles par le jeûne.

« Nous sommes abandonnés à nous-mêmes. L’eau est vitale pour cuisiner, se laver, faire les ablutions et maintenir un minimum d’hygiène. Depuis trois jours, c’est une souffrance quotidienne », déplore Diatta Ndao, habitant de la commune.

Un Ramadan sous tension

Cette pénurie intervient au pire moment. En période de Ramadan, la consommation d’eau augmente naturellement pour la préparation des repas de rupture du jeûne, les besoins domestiques et les pratiques religieuses. Privées de cette ressource essentielle, de nombreuses familles se voient contraintes d’acheter de l’eau auprès de vendeurs informels, ce qui alourdit considérablement des dépenses déjà difficiles à supporter.

OFOR et Flex Eau au cœur des critiques

Face à cette crise, la colère populaire vise directement les structures en charge de la gestion de l’eau, notamment l’OFOR et Flex Eau, accusées par les habitants de mauvaise organisation et d’un manque flagrant d’anticipation.

Pour de nombreux résidents, cette pénurie n’est pas un incident isolé, mais le symptôme d’un dysfonctionnement plus profond du système d’approvisionnement. Les populations dénoncent une gestion qualifiée de « nébuleuse », marquée par l’absence d’informations claires, le silence des responsables et un manque de réactivité face à l’urgence.

« Aucune communication officielle, aucune explication. Nous découvrons la crise en subissant ses conséquences », s’indigne Diatta Ndao.

L’État interpellé en urgence

Devant l’ampleur de la situation, les populations de Thiomby interpellent directement l’État du Sénégal afin qu’il prenne ses responsabilités et impose des solutions rapides et durables. Pour beaucoup, l’accès à l’eau potable relève d’un droit fondamental qui ne saurait dépendre de défaillances techniques répétées ou d’une gestion jugée déconnectée des réalités locales.

« Nous ne demandons pas un luxe, seulement de l’eau », martèle M. Ndao.

Alors que le Ramadan se poursuit, la pression monte à Thiomby. Sans rétablissement rapide du service, cette crise de l’eau pourrait rapidement se transformer en véritable crise sociale.

Dette publique : 746 milliards FCFA à payer d’ici mars 2026, l’économiste Ousmane Beye alerte sur un risque de choc social

Le Sénégal s’apprête à franchir un cap financier particulièrement délicat. À l’horizon mars 2026, l’État devra honorer une échéance colossale estimée à 746 milliards de francs CFA. Un montant qui suscite de vives inquiétudes chez plusieurs experts, dont l’économiste Dr Ousmane Beye, qui estime que la restructuration de la dette n’est désormais plus une option, mais une nécessité urgente pour préserver la stabilité économique et sociale du pays.

Le compte à rebours est lancé. Dans l’agenda du Trésor public, le mois de mars 2026 s’annonce comme une période de fortes turbulences budgétaires. Sur les 746 milliards de FCFA à décaisser, près de 221 milliards concernent le remboursement des eurobonds, ces emprunts contractés par l’État sur les marchés financiers internationaux. Cette concentration d’échéances sur une période aussi courte exerce une pression considérable sur les finances publiques.

Intervenant sur les ondes de IRadio, Dr Ousmane Beye a tenu à rappeler que cette situation n’a rien d’imprévisible. Selon lui, les autorités comme les analystes étaient pleinement conscients de l’arrivée de cette échéance. « L’échéance de mars 2026, tout le monde l’attendait. Aussi bien les pouvoirs publics que les experts. On savait que l’État devrait payer cette somme », a-t-il souligné, insistant sur le fait que des alertes avaient été lancées bien en amont.

Pour l’économiste, absorber un tel montant en une seule fois représente un choc potentiellement « extrêmement coûteux » pour le tissu économique sénégalais. Le risque ne se limite pas à une simple tension budgétaire : il pourrait se traduire par des répercussions directes sur la croissance, l’investissement public et, in fine, le pouvoir d’achat des ménages.

Face à cette situation, plusieurs scénarios se dessinent. Le premier consisterait à contracter de nouveaux emprunts afin de rembourser les dettes arrivant à échéance. Cette stratégie de refinancement, souvent qualifiée de « cavalerie financière », reste toutefois tributaire des conditions du marché international. Si les taux d’intérêt sont élevés ou si la confiance des investisseurs s’effrite, l’opération pourrait alourdir davantage le service de la dette et fragiliser encore plus les comptes publics.

Un autre scénario, plus préoccupant pour les populations, serait la répercussion indirecte du coût de la dette sur les prix à la consommation. Si l’État ne parvient pas à mobiliser suffisamment de ressources ou à refinancer à des conditions favorables, il pourrait être contraint d’augmenter certains impôts, taxes ou tarifs publics. « Si l’État ne peut pas emprunter pour refinancer, il sera obligé de répercuter tout cela sur les populations. Le prix à la consommation risque d’en pâtir », a averti Dr Beye. Une telle évolution interviendrait dans un contexte déjà marqué par des tensions sur le coût de la vie, faisant craindre un mécontentement social.

Pour éviter une impasse budgétaire et un éventuel choc social majeur, l’économiste préconise une restructuration encadrée de la dette, avec l’accompagnement du Fonds monétaire international . Une telle démarche permettrait de rééchelonner les paiements, d’étaler les échéances dans le temps et de restaurer la crédibilité financière du pays auprès des partenaires internationaux.

Selon lui, agir en amont est essentiel pour prévenir une « mauvaise surprise » qui pourrait déstabiliser l’économie nationale. La restructuration, bien que souvent perçue comme un aveu de faiblesse, pourrait au contraire constituer un instrument de gestion responsable, permettant d’amortir le choc et de préserver les équilibres macroéconomiques.

Supporters sénégalais détenus au Maroc : APRODEL pointe les limites de l’intégration africaine

La détention de supporters sénégalais au Maroc continue de susciter de vives réactions au Sénégal. Dans une déclaration rendue publique, le président du mouvement APRODEL, Moussa Fall, a exprimé sa profonde inquiétude face à une situation qu’il qualifie de « véritable faillite de la diplomatie africaine », appelant à une mobilisation urgente des institutions régionales et des acteurs nationaux.

Selon lui, cet épisode risque d’installer un malaise durable dans les relations historiquement fraternelles entre les peuples sénégalais et marocain, malgré des liens jusque-là jugés harmonieux. Il rappelle que le Sénégal demeure « un peuple courtois et résilient », tout en mettant en garde contre les conséquences qu’une gestion inadéquate de cette affaire pourrait engendrer.

Une intégration africaine mise à l’épreuve

Pour Moussa Fall, cette situation met en lumière les limites des mécanismes actuels d’intégration africaine. Il estime que les institutions sous-régionales apparaissent souvent « plus politiques que sociales », alors même que leur vocation première reste la promotion du rapprochement entre les peuples africains.

L’acteur politique souligne un contraste frappant : selon lui, une réaction rapide aurait été observée s’il s’était agi d’une crise politique majeure, comme un coup d’État, avec la convocation immédiate de sommets et le déploiement de missions de médiation. « Cet exemple démontre que la promotion effective de l’intégration des peuples reste encore un long chemin à parcourir », affirme-t-il.

Des mécanismes régionaux interpellés

Dans son analyse, le président d’APRODEL s’interroge également sur l’efficacité des dispositifs juridiques et diplomatiques adoptés au sein des organisations africaines. Il questionne notamment l’utilité des lois et règlements ratifiés par les États membres pour la prévention et la gestion des crises impliquant des citoyens africains à l’étranger.

Il rappelle que les compétitions sportives continentales ont pour objectif principal de renforcer la cohésion sociale, de lutter contre la xénophobie et de consolider l’intégration africaine. À ses yeux, les événements actuels constituent un précédent préoccupant dans l’organisation des manifestations sportives internationales.

Appel au dialogue et à la mobilisation nationale

Moussa Fall appelle ainsi les dirigeants africains à privilégier la diplomatie préventive et à engager rapidement un dialogue afin d’éviter une escalade des tensions. Il estime que les idéaux défendus par les pères fondateurs des institutions africaines reposaient précisément sur la prévention des crises et la solidarité entre nations.

Au niveau national, il invite la société civile, les partis politiques, les organisations patronales et les ONG à se mobiliser pour dénoncer ce qu’il qualifie de « semblant de justice ». Selon lui, cette affaire dépasse le cadre sportif et constitue « un affront infligé à toute la nation sénégalaise ».

Saisine des représentations diplomatiques

Enfin, le responsable politique préconise la saisine des représentations diplomatiques accréditées au Sénégal afin de prévenir toute détérioration des relations entre les populations et d’encourager une résolution rapide de la situation.

Réouverture progressive des campus sociaux : le COUD fixe les conditions du retour à l’UCAD

La direction du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) a annoncé la réouverture progressive des six campus sociaux, à compter du jeudi 26 février 2026 à partir de 9 heures. Dans un communiqué officiel, l’institution précise que cette décision vise à accompagner la reprise des activités pédagogiques au sein de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), après plusieurs semaines de fermeture consécutives aux violents événements survenus le 9 février dernier.

Toutefois, le COUD indique que, pour des raisons de sécurité, les pavillons B et F ne seront pas accessibles aux étudiants dans l’immédiat. Cette mesure intervient dans un contexte encore marqué par l’émotion et la tension, suite au décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba. Le 9 février, lors d’affrontements impliquant les forces de l’ordre, ce dernier a succombé à ses blessures après une chute du pavillon F du campus social, selon les déclarations du Procureur de la République, Ibrahima Ndoye.

Face à cette situation, les autorités universitaires entendent encadrer strictement la réouverture des résidences. Dans sa note, le COUD rappelle que toutes les activités politiques ainsi que les manifestations culturelles à connotation ethnique ou régionaliste sont formellement interdites dans l’enceinte des campus sociaux. L’administration invite par ailleurs l’ensemble des résidents au respect scrupuleux du règlement intérieur, appelant à la compréhension, à la discipline et au sens des responsabilités afin de préserver un climat de solidarité et de paix durable.

Pour rappel, les campus sociaux avaient été fermés dans la foulée du drame du 9 février, dans un contexte de fortes tensions entre étudiants, autorités universitaires et forces de sécurité. Cette fermeture avait suscité une vive contestation au sein de la communauté universitaire. Enseignants et étudiants, en désaccord avec la décision du Conseil académique de l’UCAD, avaient conditionné la reprise des cours à la réouverture des campus, à la libération des étudiants arrêtés lors des manifestations et à l’établissement de toute la lumière sur les circonstances du décès d’Abdoulaye Ba.

Yeumbeul : le COMICO démantèle un réseau présumé de trafic de crack, une tiktokeuse citée parmi les interpellés

Le Commissariat d’arrondissement de Yeumbeul, communément appelé COMICO, a annoncé avoir mis fin aux activités d’un réseau présumé spécialisé dans le trafic et la consommation de crack. L’opération policière, menée à la suite d’un renseignement opérationnel, a conduit à l’interpellation de cinq individus, dont deux femmes. Parmi les personnes arrêtées figure la tiktokeuse Imane Traoré, selon des sources sécuritaires.

D’après les explications fournies par la Police nationale, l’enquête a débuté après le signalement d’un appartement situé à la Cité Yves Niang, présenté comme un point de repli servant au trafic et à l’usage de drogue dure. Les forces de l’ordre ont alors mis en place un dispositif de surveillance et de filature aux abords de l’immeuble afin de vérifier les informations reçues et d’identifier les personnes impliquées.

Après une phase d’observation jugée concluante, les agents sont passés à l’action. Un conducteur de moto-jakarta transportant un colis suspect a été intercepté au moment où il accédait à l’immeuble ciblé. Cette interpellation a servi de déclencheur à l’intervention des policiers, qui ont immédiatement investi l’appartement suspect.

À l’intérieur des lieux, trois individus ont été surpris en pleine consommation de stupéfiants, selon les services de sécurité. La perquisition effectuée dans l’appartement a permis la saisie de trois pierres de crack ainsi que du matériel servant au conditionnement de la drogue, notamment des bouteilles plastiques et du papier aluminium. Les agents ont également mis la main sur trois téléphones portables et un scooter de marque Honda. Un suspect aurait toutefois réussi à prendre la fuite avant l’irruption des forces de l’ordre.

Les investigations menées sur place ont rapidement permis d’identifier un fournisseur présumé. Celui-ci a été interpellé peu après à la station de Yeumbeul alors qu’il circulait à bord d’un scooter. La poursuite des recherches a ensuite conduit à l’arrestation d’un cinquième individu, appréhendé en flagrant délit de livraison. Lors de sa fouille, les policiers auraient découvert deux pierres de crack d’un poids total de 8,6 grammes ainsi que six téléphones portables.

Conduits au commissariat et entendus par les enquêteurs, les mis en cause auraient reconnu les faits qui leur sont reprochés. Ils ont été placés en garde à vue pour détention, trafic et consommation de drogue dure. Les stupéfiants saisis, le matériel de conditionnement, les téléphones ainsi que les deux-roues ont été placés sous scellés pour les besoins de l’enquête.

Affaire Zale Mbaye alias « Gueweul bou Guatt » : révélation sur son statut sérologique et nouvelles précisions médicales

L’affaire impliquant Zale Mbaye, plus connu sous le pseudonyme « Gueweul bou Guatt », connaît un nouveau tournant marqué par la révélation de son statut sérologique. Selon des informations confirmées par des sources médicales concordantes, les analyses auxquelles il a été soumis ont établi qu’il est porteur du virus du VIH.

Cette annonce, qui suscite de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique, intervient dans un contexte déjà fortement médiatisé. Toutefois, il ressort également que cette situation médicale n’est pas récente. Zale Mbaye était en effet déjà pris en charge par des structures sanitaires spécialisées et suivait un traitement antirétroviral depuis un certain temps avant que l’information ne soit rendue publique.

Des sources proches du dossier indiquent qu’il bénéficiait d’un suivi régulier conforme aux protocoles en vigueur, ce qui suppose une prise en charge médicale encadrée. Le traitement antirétroviral, rappelons-le, permet aux personnes vivant avec le VIH de réduire considérablement la charge virale dans leur organisme, d’améliorer leur espérance et leur qualité de vie, et surtout de limiter drastiquement les risques de transmission lorsque le traitement est bien suivi.

La divulgation de cette information soulève toutefois plusieurs interrogations, notamment en ce qui concerne le respect du secret médical et la protection de la vie privée. Le statut sérologique d’une personne relève en principe du strict domaine confidentiel et ne peut être rendu public sans son consentement. Cette dimension juridique et éthique pourrait d’ailleurs constituer un autre volet de l’affaire.

Dans l’opinion, les réactions oscillent entre inquiétude, compassion et débats sur la responsabilité individuelle et collective. Des acteurs de la société civile appellent d’ores et déjà à éviter toute stigmatisation, rappelant que le VIH demeure une question de santé publique qui nécessite avant tout information, prévention et solidarité.

Au Sénégal comme ailleurs, la lutte contre le VIH repose sur le dépistage volontaire, l’accès gratuit ou subventionné aux traitements antirétroviraux et la sensibilisation continue des populations. Les spécialistes insistent sur le fait qu’une personne sous traitement efficace, avec une charge virale indétectable, ne transmet pas le virus par voie sexuelle, conformément au principe désormais bien établi « Indétectable = Intransmissible ».

Kaolack – Protection de l’enfance : Association pour la Promotion de la Femme Sénégalaise tire la sonnette d’alarme après le drame de Kahone

La tragédie survenue à Kanda Fodé Bayo, dans la commune de Kahone, continue de susciter une vive émotion au sein de l’opinion publique. Après le décès tragique d’une fillette âgée de cinq ans, arrachée brutalement à l’affection des siens dans la nuit du mardi au mercredi, plusieurs organisations de défense des droits humains sont montées au créneau pour dénoncer la recrudescence des violences visant les enfants.

Parmi elles, l’Association pour la Promotion de la Femme Sénégalaise (APROFES) a exprimé une profonde indignation face à ce drame qui, selon ses responsables, interpelle toute la société sur la nécessité urgente de renforcer les mécanismes de prévention et de protection.

Dans une déclaration officielle, la coordinatrice du Centre d’Écoute et d’Orientation pour la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) a condamné avec fermeté cet acte qualifié d’« inacceptable et révoltant », tout en adressant ses condoléances à la famille endeuillée ainsi qu’à l’ensemble de la communauté de Kahone, durement affectée.

Un signal d’alerte pour la société

Au-delà de l’émotion suscitée, APROFES considère ce drame comme un signal d’alerte révélateur des défis persistants en matière de protection de l’enfance. L’organisation insiste sur la nécessité de renforcer la vigilance communautaire, de multiplier les campagnes de sensibilisation et de briser le silence autour des violences souvent commises dans la sphère familiale ou de proximité.

Selon l’association, la prévention passe également par la mise en place de mécanismes d’alerte précoce, une meilleure coordination entre les acteurs sociaux, les autorités locales et les leaders religieux, ainsi qu’un accompagnement psychosocial renforcé pour les victimes et leurs familles.

Un appel à la justice et à la responsabilité collective

APROFES appelle par ailleurs les autorités judiciaires et sécuritaires à mener des investigations approfondies afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire. L’organisation plaide pour une application rigoureuse de la loi, estimant que la lutte contre l’impunité constitue un levier essentiel pour prévenir la répétition de tels crimes.

Réaffirmant son engagement, le centre d’écoute de l’association se dit prêt à intensifier ses actions d’accompagnement, d’écoute et de prévention, en collaboration avec les communautés locales.

Face à ce drame, APROFES rappelle que la protection des enfants ne relève pas uniquement des institutions, mais constitue une responsabilité collective impliquant les familles, les communautés et les pouvoirs publics.

Un message fort dans un contexte où la sécurité et le bien-être des enfants apparaissent plus que jamais comme des enjeux majeurs pour la société sénégalaise.

Kaolack : le Conseil départemental mise sur la formation et la RSE pour l’emploi des jeunes

Le Conseil départemental de Kaolack a accueilli, ce samedi, une importante journée dédiée à la promotion de la formation des jeunes et au renforcement des partenariats institutionnels en faveur de l’emploi. Entre la cérémonie de remise d’attestations du programme « Taggat ndaw ñi » et la signature d’une convention de collaboration avec des instituts de formation professionnelle dans le cadre de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), les autorités locales ont réaffirmé leur volonté de placer le capital humain au cœur du développement territorial.

Une cérémonie pour valoriser les compétences des jeunes

La salle de délibération du Conseil départemental a servi de cadre à la remise officielle d’attestations aux 50 bénéficiaires ayant suivi des formations en gestion de caisse, infographie, informatique et audiovisuel à travers le programme « Taggat ndaw ñi », une initiative dont l’intitulé en langue nationale signifie « former les jeunes ».

Organisée en présence d’acteurs éducatifs, de responsables institutionnels, de partenaires techniques ainsi que de nombreux invités, la cérémonie a constitué un moment fort de reconnaissance des efforts fournis par les apprenants. Les bénéficiaires ont reçu leurs attestations dans une ambiance empreinte de fierté et d’espoir, symbole de leur engagement vers une insertion sociale et professionnelle durable.

Un programme axé sur l’autonomisation et la citoyenneté

Le programme « Taggat ndaw ñi » vise à renforcer les capacités des jeunes à travers des modules variés portant notamment sur le développement personnel, le leadership et la prise d’initiative, l’engagement citoyen ainsi que l’acquisition de compétences pratiques adaptées aux réalités socio-économiques.

Selon le président du Conseil départemental de Kaolack, Ahmeth Youssouf Benzallou, cette approche répond à un besoin croissant d’éducation non formelle capable de compléter le système éducatif classique en dotant les jeunes d’outils concrets pour leur employabilité.

Il a insisté sur le rôle déterminant de la formation dans la prévention du chômage et dans la construction d’une jeunesse responsable, capable de participer activement au développement communautaire, particulièrement au niveau du département.

Des témoignages porteurs d’espoir ont également marqué la cérémonie. Certains bénéficiaires ont partagé leurs expériences, soulignant l’impact positif du programme sur leur confiance en eux et leur vision professionnelle. Beaucoup ont exprimé leur volonté de mettre en pratique les compétences acquises au service de leurs communautés.

« Nous allons élargir cette initiative afin de toucher davantage de jeunes dans le département, considérant la formation comme un levier essentiel de transformation sociale », a ajouté le président.

Une convention pour rapprocher formation et emploi

Dans la continuité de cette dynamique éducative, une convention de collaboration a été officiellement signée entre le Conseil départemental de Kaolack et plusieurs instituts de formation professionnelle. Cette initiative s’inscrit dans la promotion de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), avec pour objectif de renforcer l’impact social des structures éducatives et économiques.

La cérémonie de signature, tenue en présence des autorités territoriales et d’acteurs socio-économiques, marque une nouvelle étape dans la construction d’un partenariat orienté vers l’insertion professionnelle des jeunes.

À travers cet accord, les parties signataires s’engagent notamment à faciliter l’accès aux stages pratiques, accompagner l’insertion socio-professionnelle des apprenants, promouvoir l’entrepreneuriat local, soutenir les jeunes en situation de vulnérabilité et développer des formations qualifiantes adaptées aux métiers porteurs.

La responsabilité sociétale comme levier de développement

Les responsables des instituts partenaires ont souligné leur volonté d’intégrer pleinement les principes de la RSE dans leurs programmes pédagogiques, en mettant l’accent sur l’inclusion sociale, l’égalité des chances, la protection de l’environnement et l’engagement citoyen.

Les autorités territoriales, venues de différentes communes du département, ont indiqué que cette démarche traduit une évolution majeure : la responsabilité sociétale ne concerne plus uniquement les grandes entreprises, mais devient un outil transversal impliquant collectivités territoriales, structures éducatives et acteurs économiques.

Vers un modèle de développement territorial durable

Le Conseil départemental de Kaolack a salué cette initiative qui renforce la synergie entre formation, emploi et développement local. Selon son président, ce partenariat constitue un modèle de gouvernance collaborative susceptible d’inspirer d’autres collectivités au Sénégal.

En combinant formation des jeunes, engagement citoyen et coopération institutionnelle, cette double activité illustre la volonté des acteurs locaux de bâtir un écosystème durable où éducation, responsabilité sociale et croissance économique évoluent de manière complémentaire.

À travers ces initiatives, Kaolack confirme ainsi son ambition de préparer une jeunesse mieux armée face aux défis socio-économiques, tout en consolidant les bases d’un développement inclusif et durable au service des populations.

Dakar : la marche du Collectif contre les Bavures Policières autorisée ce samedi par le préfet

Le préfet de Dakar a donné son feu vert à la marche pacifique du Collectif contre les Bavures Policières prévue ce samedi 21 février 2026, de 15h à 17h, dans les rues de la capitale. L’autorisation officielle met fin aux incertitudes qui entouraient la tenue de cette manifestation citoyenne annoncée depuis plusieurs jours.

Selon les informations communiquées par les organisateurs, le point de départ est fixé au niveau du Casino Liberté. Les manifestants emprunteront ensuite le boulevard du Président Habib Bourguiba avant de rallier le rond-point Jet d’Eau, lieu retenu pour la dislocation du cortège. Cet itinéraire, validé par l’autorité administrative, devra être strictement respecté conformément aux dispositions encadrant les manifestations sur la voie publique.

À travers cette mobilisation, le Collectif contre les Bavures Policières entend dénoncer les violences présumées imputées à certains agents des forces de l’ordre et réclamer davantage de transparence ainsi que l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les cas signalés. Les initiateurs de la marche affirment vouloir porter un message de justice, de responsabilité et de respect des droits humains, dans un esprit républicain et apaisé.

Dans leur déclaration, ils ont insisté sur le caractère pacifique de la manifestation et appelé les participants à adopter un comportement exemplaire. Ils invitent également les autorités à assurer un encadrement sécuritaire professionnel afin de garantir le bon déroulement de l’événement.

Cette autorisation intervient dans un contexte où les questions liées aux pratiques policières et au respect des libertés publiques alimentent régulièrement le débat national. En validant la tenue de la marche, l’autorité préfectorale rappelle le principe constitutionnel de la liberté de manifestation, tout en veillant au maintien de l’ordre public.

Kaolack – Langues nationales : un expert appelle à une formation approfondie des enseignants

La réforme portant sur l’introduction des langues nationales dans le système éducatif au Sénégal continue de susciter débats et contributions au sein du monde éducatif. Spécialiste des langues nationales et auteur en langue mandinka, Nouha Biaye appelle les autorités à renforcer l’implication des experts afin de garantir la réussite de ce programme ambitieux.

Selon lui, la question centrale demeure la qualité de la formation des enseignants appelés à dispenser des cours en langues nationales. « La maîtrise de la transcription d’une langue ne peut pas s’acquérir en deux semaines pour une personne qui doit ensuite former des élèves », estime-t-il, soulignant les exigences scientifiques et pédagogiques liées à l’enseignement linguistique.

Pour le spécialiste, la transcription et la codification des langues nationales reposent sur des règles précises qui nécessitent un apprentissage approfondi. Une formation accélérée risquerait, selon lui, de produire des enseignants insuffisamment préparés, ce qui pourrait compromettre les objectifs pédagogiques de la réforme.

Dans sa contribution, Nouha Biaye invite le ministre de l’Éducation nationale à associer davantage les spécialistes des différentes langues codifiées du pays — linguistes, chercheurs et auteurs — à toutes les étapes du processus. Il estime que leur expertise constitue un levier essentiel pour bâtir une éducation véritablement inclusive et adaptée aux réalités sociolinguistiques sénégalaises.

L’auteur insiste également sur la nécessité d’allonger la durée de formation des enseignants afin de leur permettre d’acquérir non seulement les compétences linguistiques requises, mais aussi les méthodes didactiques appropriées à l’enseignement en langue nationale.

L’introduction des langues nationales est perçue par de nombreux acteurs éducatifs comme un moyen de faciliter les apprentissages, notamment chez les jeunes élèves, en valorisant leur langue maternelle. Toutefois, plusieurs spécialistes rappellent que la réussite d’une telle réforme dépend avant tout de la rigueur scientifique, de la qualité de la formation des enseignants et de l’élaboration d’outils pédagogiques adaptés.

Pour Nouha Biaye, l’objectif doit aller au-delà de la simple introduction des langues nationales. Il s’agit de construire un système éducatif capable de former des apprenants compétents, enracinés dans leur culture et ouverts au savoir universel. Une ambition qui, selon lui, passe nécessairement par une collaboration étroite entre décideurs publics et experts linguistiques.

Procès d’Abdou Nguer : le renvoi au 20 mars au cœur d’une controverse juridique

Le procès d’Abdou Nguer, poursuivi en flagrant délit, a été renvoyé au 20 mars 2026 par le Tribunal de Dakar. Une décision qui suscite de vives interrogations dans les milieux judiciaires et au sein de la société civile. Alors que la procédure du flagrant délit est réputée pour sa célérité, ce report de plusieurs semaines soulève un débat sur le respect des règles procédurales et les garanties accordées au prévenu.

Pour Babacar Ba, président du Forum du justiciable, ce renvoi pose un véritable problème de légalité. Il s’appuie sur l’article 385 du Code de procédure pénale sénégalais, qui encadre strictement les conditions de report d’une affaire en flagrant délit. Selon ce texte, lorsque le dossier n’est pas en état d’être jugé, le tribunal doit renvoyer l’affaire à « l’une des plus prochaines audiences ». La loi prévoit également que, dans une telle hypothèse, le prévenu soit remis en liberté provisoire, avec ou sans caution, ou placé sous assignation à résidence sous surveillance électronique.

Or, dans le cas d’Abdou Nguer, aucune de ces mesures alternatives à la détention n’a été accordée. Le prévenu demeure incarcéré dans l’attente d’un procès désormais fixé à une date jugée relativement éloignée. Pour Babacar Ba, cette situation contrevient à l’esprit et à la lettre de la loi. À ses yeux, dès lors que la juridiction a estimé l’affaire non prête à être jugée, elle était tenue de programmer l’examen du dossier à l’audience la plus proche disponible, tout en garantissant au prévenu le bénéfice des dispositions prévues en matière de liberté provisoire.

Cette décision soulève ainsi une question centrale : celle de l’équilibre entre l’efficacité de la justice et le respect des droits fondamentaux du justiciable. La procédure de flagrant délit est conçue pour traiter rapidement des faits considérés comme établis, afin d’éviter des détentions prolongées sans jugement. En maintenant Abdou Nguer en détention malgré le renvoi, la juridiction donne le sentiment, selon certains observateurs, d’anticiper sur une éventuelle condamnation en lui infligeant de facto une privation de liberté avant toute décision au fond.

Au-delà du cas individuel du prévenu, cette affaire relance le débat sur la rigueur procédurale dans le fonctionnement des juridictions. « Le droit, c’est d’abord la forme avant le fond. Le respect des règles procédurales conditionne la légitimité de toute décision judiciaire », rappelle Babacar Ba. Une déclaration qui met en lumière l’importance des garanties procédurales, perçues non comme de simples formalités, mais comme le socle même de l’État de droit.

Après la libération des représentants de l’UCAD et de l’USSEIN, la grève nationale de 72 heures suspendue

Le collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) a annoncé, ce vendredi, la suspension du mot d’ordre de grève de 72 heures décrété à l’échelle nationale. Cette décision intervient à la suite de la libération des représentants étudiants de l’UCAD et de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (USSEIN), dont l’interpellation avait suscité une vive mobilisation au sein de la communauté estudiantine.

Dans un communiqué rendu public ce vendredi 20 février 2026, le collectif a salué l’élan de solidarité qui s’est manifesté à travers tout le pays. Les membres ont exprimé leur profonde gratitude à l’endroit des étudiants du Sénégal, des différentes amicales locales ainsi que des élèves, mobilisés notamment par le biais des présidents de gouvernements scolaires. Selon le texte, cette unité d’action et cette convergence des soutiens ont joué un rôle déterminant dans l’aboutissement favorable de la situation.

La grève de 72 heures, initialement décrétée pour protester contre l’arrestation des représentants étudiants, avait été largement suivie dans plusieurs universités publiques du pays. Elle traduisait, selon ses initiateurs, une volonté ferme de défendre les droits et libertés des étudiants, tout en réaffirmant l’importance du respect des cadres de dialogue au sein des institutions universitaires.

Avec la suspension du mouvement, le collectif des amicales de l’UCAD appelle désormais à l’apaisement, tout en restant vigilant. Les responsables étudiants réitèrent leur engagement et leur détermination à servir la communauté estudiantine avec responsabilité et loyauté. Ils assurent que cette mobilisation restera un symbole fort de la capacité des étudiants à s’unir face aux défis communs.

À Accra, la CEDEAO veut graver la parité dans le marbre institutionnel

Réunis dans la capitale ghanéenne, les ministres en charge du Genre et des Affaires sociales des États membres de la Communauté économique des États de l’Afriqu de l’Ouest (CEDEAO) ont tenu une consultation régionale de haut niveau consacrée à la participation politique des femmes et des jeunes. Cette rencontre stratégique, qui s’inscrit dans la continuité des travaux préparatoires menés par des experts, marque une étape décisive vers l’adoption d’un cadre communautaire renforcé en faveur de la parité.

L’enjeu central de ce sommet ministériel est la validation d’une stratégie de plaidoyer ambitieuse autour de la future « Déclaration politique de la CEDEAO sur la parité de genre ». L’objectif affiché est clair : briser durablement les plafonds de verre qui entravent l’accès des femmes et des jeunes aux instances de décision et harmoniser les législations nationales afin de garantir une représentation plus équitable dans les parlements, les gouvernements et les institutions publiques de l’espace communautaire.

Les conclusions de cette rencontre devraient déboucher sur des réformes concrètes qui seront soumises à l’arbitrage et à l’adoption des chefs d’État et de gouvernement lors du sommet prévu en juin 2026. À travers ce processus, la CEDEAO entend passer d’un cadre déclaratif à un dispositif normatif plus contraignant, capable d’impulser de véritables transformations structurelles au sein des systèmes politiques nationaux.

La cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs figures de proue du leadership féminin ouest-africain. La Commissaire en charge du Développement humain et des Affaires sociales, Fatou Sow Sarr, ainsi que la vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, Damtien Tchintchibidja, ont insisté sur l’urgence d’engager des réformes structurelles pour transformer en profondeur les mécanismes de gouvernance régionale. Elles ont rappelé que la stabilité politique et le développement durable de l’Afrique de l’Ouest passent nécessairement par une inclusion plus forte des femmes et des jeunes dans les sphères décisionnelles.

Prenant la parole au nom des parlementaires, Chantal Fanny, présidente de l’ECOFEPA, a souligné que le leadership féminin et juvénile constitue une condition sine qua non pour consolider la démocratie et renforcer la résilience des institutions ouest-africaines. Elle a plaidé pour des mécanismes contraignants et des quotas efficaces, capables d’assurer une représentation significative et non symbolique.

L’accueil de la ministre ghanéenne du Genre, de l’Enfant et de la Protection sociale, Agnès NAA Momo,Lartey , a donné le ton d’une mobilisation politique affirmée. La présence remarquée de son homologue sierra-léonaise, Isaiah Makhou, a également illustré la convergence des volontés au sein des États membres. Ensemble, les délégations ont travaillé à l’élaboration d’un cadre d’action qui ne se limite plus aux intentions, mais qui impose des réformes législatives et institutionnelles concrètes.

Affaire « Pape Cheikh Diallo et Cie » : le journaliste Pape Birame Bigué Ndiaye autorisé à rentrer chez lui

L’étau judiciaire semble se desserrer pour Pape Birame Bigué Ndiaye dans le cadre de l’instruction ouverte au tribunal de Pikine-Guédiawaye. Le journaliste de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) a été autorisé à regagner son domicile ce vendredi 20 février, à l’issue de son audition par le magistrat instructeur en charge du dossier. Une décision accueillie avec soulagement par ses proches, même si plusieurs zones d’ombre persistent autour des motivations exactes de cette mesure.

Selon les informations recueillies sur place auprès de son entourage, notamment par l’intermédiaire de son frère, cette évolution judiciaire intervient à la suite d’une délégation ordonnée dans le cadre de la tentaculaire affaire dite « Pape Cheikh Diallo et Cie ». Ce dossier, qui continue d’alimenter les débats médiatiques et judiciaires au Sénégal, implique plusieurs personnalités et a pris une ampleur inattendue au fil des interpellations.

L’arrestation de Pape Birame Bigué Ndiaye remonte au mardi 17 février. Les enquêteurs se sont intéressés à son profil après l’exploitation de données numériques extraites du téléphone d’Ibrahima Magib Seck, présenté comme l’une des figures centrales de l’affaire et interpellé quelques jours auparavant. D’après les éléments ayant fuité, les investigations auraient mis en lumière des échanges de messages à caractère amoureux et sexuel entre les deux hommes. Ces contenus présumés ont conduit les autorités à soupçonner le journaliste de faits qualifiés d’actes contre nature par le Code pénal sénégalais.

Face aux enquêteurs puis devant le juge d’instruction, le journaliste a adopté une ligne de défense constante. Il a fermement contesté l’ensemble des accusations portées contre lui, rejetant toute implication dans les faits qui lui sont reprochés. Son audition aurait permis au magistrat d’apprécier les éléments du dossier avant de décider de l’autoriser à rentrer chez lui, sans que les termes juridiques précis de cette mesure ne soient pour l’instant officiellement détaillés.

Cette décision ne signifie toutefois pas la fin des poursuites ni un abandon des charges éventuelles. L’instruction se poursuit afin de déterminer les responsabilités de chaque personne mise en cause dans cette affaire complexe, qui mêle figures médiatiques, personnalités publiques et éléments sensibles relevant de la vie privée.

Au-delà du volet strictement judiciaire, cette affaire ravive au Sénégal le débat sur la frontière entre respect de la vie privée, liberté individuelle et application des dispositions pénales relatives aux mœurs. Elle pose également la question de la gestion et de l’exploitation des données numériques dans les enquêtes judiciaires, à l’heure où les téléphones portables deviennent des sources majeures d’investigation.

Saraya : le GARSI 2 démantèle un site d’orpaillage clandestin à Mouran

Dans le cadre de leur mission de lutte contre l’exploitation illégale des ressources minières, les éléments du Groupe d’Action Rapide de Surveillance et d’Intervention (GARSI 2) basés à Saraya ont mené, le 18 février 2026, une opération d’envergure dans la localité de Mouran, située dans la commune de Missira Sirimana, département de Saraya.

Déployées à Saeinsoutou, les forces de sécurité ont procédé au démantèlement complet d’un site d’orpaillage clandestin qui fonctionnait en marge de toute autorisation administrative. Cette intervention s’inscrit dans une dynamique renforcée de sécurisation des zones aurifères du sud-est du pays, confrontées depuis plusieurs années à une exploitation anarchique de l’or, souvent source d’insécurité, de dégradation environnementale et de pertes économiques pour l’État.

Le bilan de l’opération est jugé significatif. Sur les lieux, les éléments du GARSI 2 ont détruit quatre groupes électrogènes servant à alimenter les installations, cinq motopompes utilisées pour l’extraction, ainsi que deux panneaux solaires destinés à fournir de l’énergie aux équipements. Vingt-trois machines de type « cracheurs », communément employées dans le traitement du minerai, ont également été neutralisées. Deux motopompes supplémentaires ont été mises hors d’usage, de même que plusieurs abris de fortune érigés par les exploitants clandestins pour leurs activités.

Selon des sources sécuritaires, cette opération vise non seulement à freiner l’exploitation illégale de l’or, mais aussi à prévenir les risques liés à l’utilisation de produits chimiques dangereux et aux conflits récurrents entre orpailleurs. Les autorités rappellent que l’orpaillage clandestin constitue une infraction passible de poursuites judiciaires et appellent les populations à collaborer avec les forces de défense et de sécurité pour signaler toute activité suspecte.

Horreur à Kahone : le présumé meurtrier de la fillette D. Sow change de version face aux enquêteurs

L’émotion reste vive à Kahone, dans la région de Kaolack, où les populations du quartier Kanda Fodé Bayo peinent encore à se remettre du meurtre atroce de la petite D. Sow, âgée de cinq ans. Les gendarmes de la brigade territoriale de Kaolack poursuivent activement leurs investigations afin de faire toute la lumière sur les circonstances et le mobile exact de ce crime qui a plongé toute la commune dans la stupeur.

Selon des informations rapportées par le journal Libération, le principal suspect, Lamine S., âgé de 30 ans, a livré des versions successives et contradictoires aux enquêteurs. Dans un premier temps, il aurait affirmé avoir tué la fillette pour se venger de ses parents, avec lesquels il aurait eu un différend. Une explication qui, déjà, avait suscité incompréhension et indignation au sein de la communauté.

Mais face aux enquêteurs, le suspect a ensuite modifié son récit. Il aurait déclaré s’être soudainement mis en colère en pleine nuit en pensant à son ex-compagne, qui porterait le même prénom que la victime. Selon ses propres propos, cette pensée aurait déclenché une rage incontrôlée qui l’aurait conduit à s’en prendre à la fillette. Dans la même déposition, il aurait également confié avoir auparavant poignardé cette ancienne petite amie, domiciliée à Dakar, avant de prendre la fuite pour se réfugier à Kahone. Une déclaration qui ouvre un nouveau pan d’enquête et pourrait entraîner des investigations complémentaires dans la capitale.

Toujours d’après Libération, Lamine S. aurait par ailleurs tenté de rejeter la responsabilité de ses actes sur son père, estimant ne pas avoir été « bien éduqué ». Une ligne de défense qui laisse perplexes les enquêteurs, d’autant plus que les premiers éléments de l’enquête tendent à écarter l’hypothèse d’un acte commis sous l’emprise d’une perte totale de contrôle.

En effet, certains indices relevés sur les lieux ont conduit les enquêteurs à envisager la thèse du crime rituel. Dans la nuit des faits, la petite D. Sow dormait aux côtés de ses trois sœurs lorsqu’elle aurait été enlevée par le suspect. Ce dernier l’aurait conduite dans un bâtiment inachevé avant de la déshabiller puis de la décapiter. Les constats effectués par les enquêteurs et les services compétents auraient établi qu’aucune agression sexuelle n’a été commise sur l’enfant. Par ailleurs, les éléments recueillis laisseraient penser que le suspect était pleinement lucide au moment de son passage à l’acte.

Face à la gravité des faits et aux nombreuses zones d’ombre qui subsistent, la garde à vue de Lamine S. devrait être prolongée jusqu’à lundi prochain. Les enquêteurs entendent approfondir les auditions, confronter les différentes versions livrées par le mis en cause et exploiter l’ensemble des éléments techniques et médico-légaux afin de déterminer avec précision les motivations de cet acte d’une rare violence.

Affaire des arrestations liées à la Brigade de recherches : Cheikh Ahmadou Guèye interpellé à Thiès malgré une tentative de diversion

L’enquête en cours menée par les éléments de la Brigade de recherches connaît un nouveau développement avec l’interpellation de Cheikh Ahmadou Guèye à Thiès. Selon des informations rapportées par le journal Libération, le suspect figurait parmi les personnes activement recherchées par les enquêteurs dans le cadre de cette affaire qui continue de faire grand bruit.

D’après les éléments révélés, Cheikh Ahmadou Guèye aurait été informé qu’il était dans le viseur des enquêteurs. Se sachant traqué, il aurait alors tenté une manœuvre pour échapper aux soupçons ou, du moins, compliquer le travail des autorités. Le quotidien indique qu’il aurait contracté un mariage la semaine précédant son arrestation. Cette initiative aurait eu pour objectif de se constituer un alibi ou de donner une image susceptible d’atténuer les charges pesant contre lui.

Cependant, cette stratégie n’a pas suffi à détourner l’attention des enquêteurs. Les éléments de la Brigade de recherches ont poursuivi leurs investigations et procédé à son arrestation à Thiès, confirmant ainsi leur détermination à faire toute la lumière sur cette affaire.

Plus préoccupant encore, selon les informations publiées par Libération, Cheikh Ahmadou Guèye ferait partie des suspects dont les tests médicaux se sont révélés positifs. Cette révélation alourdit considérablement son dossier et renforce la gravité des faits examinés par la justice. Elle intervient dans un contexte où plusieurs interpellations ont déjà été effectuées et où les résultats médicaux constituent un élément central de l’enquête.

Affaire « Pape Cheikh Diallo et Cie » : 14 personnes déclarées positives au VIH sur 19 interpellées, l’enquête s’intensifie

L’enquête dans l’affaire dite « Pape Cheikh Diallo et Cie » connaît une nouvelle évolution marquée par l’augmentation du nombre de personnes déclarées positives au VIH parmi les individus arrêtés. Selon des sources proches du dossier, quatorze des dix-neuf personnes interpellées à ce stade de la procédure ont été testées séropositives, à la suite d’examens médicaux ordonnés dans le cadre des investigations.

Les opérations sont menées par la Brigade de recherches de Keur Massar, qui poursuit activement ses investigations pour faire toute la lumière sur cette affaire aux ramifications multiples. Deux nouvelles interpellations ont récemment été effectuées, l’une à Dakar et l’autre à Thiès. Les suspects arrêtés ont été soumis à des tests médicaux dont les résultats ont confirmé leur séropositivité, portant ainsi à quatorze le nombre total de cas positifs recensés parmi les mis en cause.

Parmi les personnes récemment arrêtées figure un homme identifié sous le nom de Cheikh Ahmadou Guèye. D’après les informations recueillies, il savait être recherché par les enquêteurs. Il aurait, selon les mêmes sources, contracté mariage quelques jours seulement avant son arrestation, un élément qui pourrait intéresser davantage les enquêteurs dans la compréhension du contexte et des éventuelles implications sanitaires et judiciaires de cette affaire.

Dans un volet parallèle, le journaliste Pape Birame Ndiaye, également interpellé par la Brigade de recherches de Keur Massar, doit être présenté au juge du premier cabinet du tribunal de Pikine-Guédiawaye. Son arrestation ferait suite à l’exploitation du téléphone portable d’un autre suspect appréhendé à Saly. Les enquêteurs auraient découvert, à travers l’analyse des données, des éléments jugés pertinents pour la manifestation de la vérité.

Au total, dix-neuf personnes ont été arrêtées depuis le déclenchement de cette procédure judiciaire. Les autorités cherchent désormais à établir les responsabilités individuelles, à déterminer les circonstances exactes des faits reprochés et à évaluer l’ampleur réelle de l’affaire. Les investigations se poursuivent sous la direction des autorités judiciaires compétentes, dans un climat de forte attention médiatique et d’inquiétude au sein de l’opinion publique.

Chavirement meurtrier à Djinack Bara : l’organisateur présumé du voyage clandestin arrêté par la DNLT

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a procédé à l’interpellation de l’individu présenté comme l’organisateur principal du voyage clandestin ayant conduit au dramatique chavirement d’une pirogue au large de Djinack Bara, le 1er janvier 2026. Cette arrestation marque une avancée significative dans l’enquête ouverte à la suite de l’un des drames migratoires les plus meurtriers enregistrés en ce début d’année.

Dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, une embarcation partie de Djinack Kajata, en Gambie, avec à son bord plus de 250 candidats à l’émigration irrégulière à destination de l’Espagne, a chaviré dans les eaux territoriales sénégalaises. Le bilan provisoire fait état d’une vingtaine de morts, tandis que plus d’une centaine de personnes restent portées disparues. Plusieurs rescapés avaient pu être secourus dans des conditions particulièrement éprouvantes, relançant le débat sur les dangers persistants de la migration clandestine par voie maritime.

À la suite de ce drame, les services de la DNLT ont ouvert une enquête approfondie afin de démanteler le réseau à l’origine de cette traversée. Les investigations, menées sur la base de témoignages de survivants et de recoupements d’informations, ont permis d’identifier et de localiser le présumé instigateur de l’opération. Interpellé puis placé en garde à vue, le suspect est rapidement passé aux aveux, selon des sources policières.

D’après les éléments communiqués par les enquêteurs, l’homme agissait en étroite collaboration avec deux ressortissants étrangers établis dans un pays frontalier. Il était chargé de recruter les candidats sur le territoire sénégalais et d’organiser leur acheminement vers Karang, point de transit stratégique, avant leur transfert vers la zone de départ. Ses complices, quant à eux, se seraient occupés de la logistique, notamment l’acquisition de la pirogue, des moteurs, du carburant ainsi que des vivres nécessaires à la traversée.

Le suspect percevait une commission pour chaque candidat recruté, illustrant le caractère structuré et lucratif de ce réseau de trafic de migrants. Les autorités estiment que l’opération était soigneusement planifiée, malgré les risques évidents liés à la surcharge de l’embarcation et aux conditions maritimes.

Placée en garde à vue, la personne mise en cause devrait être présentée dans les prochains jours aux autorités judiciaires compétentes. Elle pourrait faire face à de lourdes charges liées au trafic de migrants et à la mise en danger de la vie d’autrui. Parallèlement, la DNLT poursuit activement ses recherches afin d’identifier, localiser et interpeller les complices présumés toujours en fuite.

Sous contrôle judiciaire, Waly Faye sort de détention et réaffirme son engagement

Après neuf jours passés en détention, Waly Faye a recouvré la liberté. Une liberté toutefois encadrée par un contrôle judiciaire, condition qu’il dit accepter sans réserve afin de permettre à la justice de faire toute la lumière sur les événements du 9 février. Loin d’adopter un ton triomphaliste, l’intéressé a choisi, dès sa sortie, de s’exprimer publiquement pour clarifier sa position et réaffirmer son innocence.

Dans un message publié sur sa page Facebook, il affirme : « Nous acceptons les démarches juridiques nécessaires afin de faire toute la lumière sur les événements du 9 février. Une chose est sûre : jamais ils n’auront raison sur moi. » Par ces mots, Waly Faye présente cette étape judiciaire comme une simple formalité procédurale, tout en dénonçant ce qu’il considère comme des accusations infondées à son encontre. Il insiste sur sa détermination à faire éclater la vérité et à démontrer son innocence devant les juridictions compétentes.

Son intervention publique ne s’est pas limitée à la défense de son cas personnel. En inscrivant son discours dans une dimension à la fois spirituelle et patriotique, il a évoqué sa foi et sa résilience face à l’adversité. Selon lui, ses détracteurs « ne prendront jamais l’ascendant sur sa détermination ». Il a également élargi son propos à l’avenir du pays, estimant que l’essor du Sénégal, tant dans le présent que dans le futur, dépend d’une jeunesse consciente, engagée et dynamique. Il se positionne ainsi comme un porte-voix des aspirations de cette frange de la population, déterminé à poursuivre son engagement malgré les épreuves.

La sortie de cellule de Waly Faye a aussi été marquée par des manifestations de soutien. Il a adressé des remerciements appuyés aux populations de Diourbel et de Fatick, sa terre natale, saluant leur solidarité durant cette période délicate. Le monde académique a également été cité parmi les soutiens majeurs. Le corps professoral et administratif de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), tout comme la communauté estudiantine et le mouvement mouhidiste, ont été présentés comme des piliers d’un appui moral constant. Cette reconnaissance met en lumière l’ancrage de Waly Faye dans des cercles intellectuels et religieux influents.

Thiès – Sous la conduite de Mme Dary Isseu Gaye, la FSAPH impulse une nouvelle dynamique à mi-parcours

Revue à mi-parcours du projet Sightsavers / Fédération Sénégalaise des Associations de Personnes Handicapées : les partenaires évaluent les avancées et tracent de nouvelles perspectives à Thiès

Thiès, 18 février 2026 — Les acteurs engagés dans la promotion de l’inclusion sociale et des droits des personnes handicapées se sont réunis du 17 au 18 février 2026 au Grand Hôtel de Thiès, dans la région de Thiès, à l’occasion de la revue à mi-parcours du programme conjoint porté par Sightsavers et la Fédération Sénégalaise des Associations de Personnes Handicapées (FSAPH).

Cette rencontre stratégique a rassemblé plusieurs partenaires institutionnels, des organisations de la société civile ainsi que des acteurs communautaires afin d’évaluer les résultats déjà obtenus, d’identifier les défis persistants et de réajuster les orientations pour la seconde phase du projet.

Une étape clé d’évaluation et d’orientation

Présidant la cérémonie d’ouverture, Mme Dary Isseu Gaye, présidente du CF/FSAPH, a salué l’engagement constant des partenaires techniques et financiers en faveur d’une société plus inclusive. Elle a souligné que cette revue constitue « un moment essentiel de redevabilité et de réflexion collective », permettant de mesurer l’impact réel des actions menées sur le terrain.

Selon elle, les initiatives mises en œuvre depuis le lancement du programme ont contribué à renforcer la participation des personnes handicapées aux processus de développement local, notamment à travers des actions de sensibilisation, de formation et de plaidoyer auprès des autorités publiques.

Des avancées notables, mais des défis à relever

Au cours des travaux, les participants ont passé en revue les réalisations enregistrées à mi-parcours : amélioration de l’accès aux services sociaux de base, renforcement des capacités des organisations membres et promotion de l’éducation inclusive ainsi que de l’autonomisation économique des bénéficiaires.

Toutefois, les échanges ont également mis en lumière plusieurs défis, parmi lesquels la nécessité d’un meilleur accompagnement institutionnel, le renforcement du financement des initiatives locales et la poursuite des actions de sensibilisation pour lutter contre les discriminations.

Les partenaires ont insisté sur l’importance d’une coordination accrue entre les acteurs afin d’assurer la durabilité des acquis et une meilleure intégration des personnes handicapées dans les politiques publiques.

Vers une seconde phase axée sur l’impact durable

Au terme des deux journées de travaux, les participants ont formulé des recommandations visant à consolider les acquis du programme. Parmi les priorités retenues figurent l’intensification du plaidoyer pour l’application effective des textes relatifs aux droits des personnes handicapées, ainsi que l’élargissement des interventions à un plus grand nombre de collectivités territoriales.

Cette revue à mi-parcours marque ainsi une étape déterminante dans le partenariat entre Sightsavers et la FSAPH, qui entendent poursuivre leurs efforts pour bâtir une société sénégalaise plus équitable, inclusive et respectueuse des droits de tous.

Liberté provisoire – Waly Faye brise le silence : « Jamais ils n’auront raison sur moi »

Après neuf jours de détention, Waly Faye a été libéré sous contrôle judiciaire, une décision qui marque une étape importante dans l’affaire le concernant, mais qui, selon lui, n’altère en rien sa conviction d’innocence. Dès sa sortie, l’intéressé s’est exprimé publiquement, soulignant que cette libération ne constitue qu’une formalité judiciaire nécessaire pour faire la lumière sur les événements du 9 février. « Une chose est sûre : jamais ils n’auront raison sur moi », a-t-il écrit sur sa page Facebook, affirmant ainsi sa détermination intacte face aux accusations qui pèsent sur lui.

Waly Faye a lié sa démarche à une dimension spirituelle et morale, rejetant fermement les accusations et affirmant que ses détracteurs ne pourraient jamais prendre l’ascendant sur sa volonté. Il a également profité de cette première sortie pour s’adresser à la nation, rappelant que l’avenir du Sénégal repose sur une jeunesse consciente et dynamique, dont il entend porter les aspirations et la voix. Cette déclaration témoigne de sa volonté de transformer une épreuve personnelle en une tribune pour défendre des enjeux plus larges touchant à l’éducation, à la citoyenneté et au rôle des jeunes dans la société.

La sortie de cellule de Waly Faye a également mis en lumière l’ampleur du soutien dont il bénéficie. Il a exprimé sa gratitude envers les populations de Diourbel et de Fatick, ses terres natales, ainsi qu’au corps professoral et aux étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Il a également salué l’appui des communautés religieuses, notamment le mouvement mouhidiste, soulignant que ce soutien moral constitue un pilier central dans sa résistance face à la pression judiciaire.

Malgré les contraintes imposées par la justice, Waly Faye entend rester actif sur la scène publique. Il a annoncé qu’il reviendra prochainement pour détailler ses perspectives et les orientations de son engagement, promettant de défendre le peuple sénégalais « quel qu’en soit le prix ». Cette sortie marque ainsi un moment de refondation de son engagement politique et social, et laisse entrevoir une poursuite de son parcours caractérisée par une confrontation directe avec les défis actuels du Sénégal, dans les domaines politique, social et éducatif.

Son message, mêlant détermination, remerciements et vision d’avenir, traduit une stratégie de communication claire : transformer une situation judiciaire délicate en une occasion de renforcer son influence et de consolider sa base de soutien auprès des citoyens, des intellectuels et des acteurs religieux. La nation observe désormais comment cette étape juridique pourra façonner le rôle de Waly Faye dans le débat public et dans les prochaines échéances politiques.

Crise sanitaire et sociale : le SUTSAS dénonce l’inaction du ministère

Le climat social demeure particulièrement tendu au Sénégal, sur fond de scandale sanitaire et de révélations troublantes liées à une affaire présumée de pédophilie impliquant la transmission volontaire du VIH. Dans ce contexte lourd d’émotion et d’indignation, le Syndicat Unique des Travailleurs de la Santé et de l’Action Sociale (SUTSAS) est sorti de sa réserve pour dénoncer ce qu’il qualifie d’inaction du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique face aux urgences sanitaires et sociales.

Réuni en Secrétariat Exécutif Permanent, le syndicat a dressé un constat sévère de la gestion actuelle du secteur. Au centre de ses critiques figure le traitement de l’affaire dite « Softcare », ainsi que la prise en charge des victimes et des familles affectées par les récents scandales de mœurs. Pour le SUTSAS, la réponse des autorités ne saurait se limiter à l’ouverture d’enquêtes judiciaires ou à des interpellations spectaculaires. Elle doit également intégrer une dimension humaine, sociale et psychologique.

Birahim Dieng, chargé des revendications du syndicat, insiste sur l’urgence d’une prise en charge holistique des victimes, en particulier des mineurs et des familles exposées médiatiquement. Selon lui, la révélation publique du statut sérologique de certains parents risque d’entraîner une stigmatisation durable, notamment pour les enfants concernés. Le syndicat appelle ainsi à la mise en place immédiate d’un accompagnement psychosocial structuré afin d’éviter des traumatismes supplémentaires et une marginalisation sociale accrue.

Au-delà de la gestion de cette crise spécifique, le SUTSAS met en lumière un problème structurel qu’il juge déterminant : le détachement du département de l’Action sociale du ministère de la Santé. Cette réorganisation administrative est perçue par les syndicalistes comme un affaiblissement des capacités d’intervention sur le terrain. Selon eux, ce « divorce » institutionnel a privé les services sociaux de ressources essentielles, au moment même où les besoins augmentent.

Les Centres de Promotion et de Réinsertion Sociale (CPRS), notamment, seraient confrontés à un manque criant de moyens humains et matériels. Cette situation serait d’autant plus préoccupante que le pays enregistre une hausse des accidents de la route, avec pour conséquence une augmentation du nombre de personnes en situation de handicap nécessitant un accompagnement spécialisé et de longue durée.

Le syndicat attire également l’attention sur la dégradation des conditions de travail dans plusieurs établissements publics de santé, en particulier dans le nord du pays. À Saint-Louis et à Richard-Toll, les infrastructures et les ressources seraient insuffisantes pour répondre efficacement aux besoins des populations. Le SUTSAS évoque une situation critique dans ces structures, marquée par un déficit de personnel, des tensions organisationnelles et des difficultés logistiques persistantes.

Par ailleurs, l’organisation syndicale rappelle que plusieurs revendications anciennes restent sans réponse. Elle cite notamment l’épurement du passif social concernant les agents contractuels et ceux des collectivités territoriales, la révision des plans de carrière des professionnels de santé et la résolution de la crise au sein de l’Agence de Réglementation Pharmaceutique. Pour le syndicat, ces dossiers en suspens traduisent un manque de dialogue et de volonté politique.

Face à ce qu’il considère comme une absence de réaction adéquate aux « urgences de l’heure », le SUTSAS prévient qu’il pourrait durcir le ton si des mesures concrètes ne sont pas rapidement adoptées. La protection des victimes, la restauration des moyens de l’action sociale et l’amélioration des conditions de travail des agents de santé apparaissent désormais comme des priorités que le syndicat entend placer au cœur du débat public.

Touba–Mbacké : cinq hommes placés sous mandat de dépôt dans une affaire sensible liée à la séropositivité

Un nouveau développement est intervenu dans l’affaire du groupe interpellé par la brigade de recherches de Touba, entre la ville sainte de Touba et Mbacké . Selon des informations rapportées par Seneweb, les cinq individus présentés lundi dernier au tribunal de grande instance de Diourbel ont été placés sous mandat de dépôt avant-hier par le juge d’instruction du premier cabinet, Massamba Bathily.

Parmi les mis en cause figurent A. Diop, tailleur domicilié à Touba et présenté comme le principal suspect, ainsi que quatre résidents de Mbacké : M. Lèye, menuisier métallique, K. Ndiaye, également tailleur, B. Diaw, commerçant, et B. S. Gaye. D’après les éléments de l’enquête menée par la gendarmerie, deux d’entre eux seraient porteurs du VIH, une information qui a particulièrement retenu l’attention des enquêteurs dans ce dossier à forte sensibilité sociale et sanitaire.

L’affaire remonte au samedi 7 février 2026. Ce jour-là, la brigade de recherches de Touba avait été alertée après l’interpellation d’un homme séropositif par une structure chargée de veiller à la sacralité de la cité religieuse. L’individu avait toutefois été remis en liberté dans un premier temps. Les soupçons des enquêteurs portent sur le fait qu’il aurait continué à entretenir des relations sexuelles avec plusieurs partenaires alors qu’il était informé de sa séropositivité.

Âgé de 36 ans, A. Diop aurait reconnu lors de son audition avoir des relations avec des partenaires masculins depuis plusieurs années. Il aurait également admis être au courant de son statut sérologique. Selon des sources proches de l’enquête, il aurait communiqué aux gendarmes les identités de plusieurs de ses contacts, ce qui a conduit à l’interpellation des quatre autres suspects établis à Mbacké.

Des perquisitions effectuées aux domiciles des mis en cause ont permis la saisie de préservatifs et de lubrifiants. Ces éléments matériels, versés au dossier, viennent appuyer les investigations en cours, même si la nature exacte des infractions retenues contre les suspects n’a pas encore été officiellement détaillée.

Placés sous mandat de dépôt, les cinq hommes restent désormais à la disposition de la justice dans l’attente de la poursuite de l’instruction. Cette affaire, qui mêle considérations judiciaires, sanitaires et religieuses, suscite de vives réactions dans l’opinion, notamment en raison du contexte particulier de Touba, cité religieuse marquée par des normes sociales strictes.

À Accra, la CEDEAO renforce sa coordination navale face aux défis sécuritaires du Golfe de Guinée

Les chefs d’état-major des marines de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sont réunis depuis le 18 février à Accra, au Ghana, dans le cadre de leur cinquième réunion ordinaire. Cette rencontre stratégique de trois jours, qui s’achève le 20 février, constitue une étape décisive dans le renforcement de la coopération militaire régionale, particulièrement dans le domaine maritime.

L’ouverture des travaux a été marquée par l’intervention de l’Ambassadeur Abdel-Fatau Musah, Commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité de la Commission de la CEDEAO. S’exprimant au nom du Président de la Commission, le Dr Omar Alieu Touray, il a souligné l’impérieuse nécessité de sécuriser davantage l’espace maritime ouest-africain, devenu un théâtre de menaces multiples et évolutives.

Dans son allocution, l’Ambassadeur Musah a insisté sur l’importance d’une réponse collective face à la recrudescence de la piraterie, du trafic illicite, de la pêche illégale et d’autres formes de criminalité transnationale qui fragilisent la stabilité des États côtiers. Selon lui, la complexité croissante de ces défis impose une coordination accrue entre les marines nationales, mais aussi une harmonisation des cadres juridiques et opérationnels.

Ce sommet vise notamment à harmoniser le statut juridique des militaires déployés dans des missions conjointes, un point crucial pour faciliter les opérations transfrontalières et lever les obstacles administratifs qui freinent l’efficacité des interventions navales. Les discussions portent également sur l’accélération du déploiement de la Force maritime combinée, un dispositif régional destiné à mutualiser les capacités navales et à renforcer la présence dissuasive dans les eaux du Golfe de Guinée.

Pour les États membres, la stabilité du Golfe de Guinée est un enjeu stratégique majeur. Cette zone maritime concentre d’importantes routes commerciales internationales et des ressources énergétiques vitales pour les économies de la région. Toute dégradation sécuritaire dans cet espace a des répercussions directes sur le commerce, l’investissement et la sécurité des populations.

L’accent mis sur la « collaboration continue », selon les termes de l’Ambassadeur Musah, traduit la volonté de la CEDEAO de consolider une architecture de sécurité maritime intégrée. Au-delà des déclarations de principe, cette cinquième réunion ordinaire des chefs d’état-major des marines apparaît comme un moment clé pour transformer les engagements politiques en mécanismes opérationnels concrets.

Accident entre Kartiack et Thiobon : un véhicule « horaire » termine sa course dans les rizières, deux blessés graves

Un accident de la circulation s’est produit ce mardi sur l’axe reliant Kartiack à Thiobon, dans le sud du pays. Selon les premières informations rapportées par Diegoune Infos TV, un véhicule de transport en commun de type « horaire », en provenance de Dakar, a quitté la chaussée avant de finir sa course dans des rizières situées entre les deux localités.

D’après les éléments recueillis sur place, une partie importante des passagers était déjà descendue du véhicule avant l’accident. Cette circonstance aurait permis d’éviter un bilan plus lourd, dans une zone où les routes sont parfois étroites et bordées de bas-côtés instables, notamment en période d’humidité.

Le chauffeur du véhicule ainsi que son apprenti ont été grièvement blessés dans le choc. Rapidement secourus, ils ont été évacués vers une structure sanitaire pour y recevoir des soins appropriés. À ce stade, aucune information officielle n’a filtré sur leur état de santé exact, mais des sources locales évoquent des blessures sérieuses nécessitant une prise en charge médicale urgente.

Les circonstances précises de l’accident demeurent pour l’heure inconnues. Les causes pourraient être liées à une défaillance mécanique, à une perte de contrôle ou à l’état de la chaussée, mais aucune hypothèse n’a encore été confirmée. Une enquête devrait être ouverte afin de déterminer les responsabilités et d’établir les faits avec exactitude.

RAMADAN 2026

Direct Aid Society tend la main à 700 familles démunies

À l’occasion du mois béni de Ramadan, l’ONG Direct Aid Society a procédé, ce jeudi, à une distribution de kits alimentaires au profit de plus de 700 familles vulnérables à Dakar. Une initiative qui s’inscrit dans son programme annuel d’assistance sociale.

Mohamed Lemine Hamadi, représentant résident de l’organisation au Sénégal, a expliqué que cette opération vise à soulager les couches les plus démunies durant cette période marquée par un fort élan de solidarité.

« Dans chaque kit, il y a du lait, de l’huile et du sucre. Nous avons essayé de diversifier les ayants droit afin de toucher les couches les plus vulnérables. Nous contactons les quartiers et les communes pour répertorier les personnes dans le besoin et procéder au choix des bénéficiaires », a-t-il indiqué, avant de rappeler que Direct Aid Society intervient au Sénégal depuis 1991 et en Afrique depuis 1981.

Ses actions couvrent plusieurs secteurs, notamment la santé, la prise en charge des orphelins, l’hydraulique et le développement communautaire.

Parmi les bénéficiaires figurent des personnes en situation de handicap. Nar Faye, président départemental des personnes handicapées de Rufisque, a salué un geste « noble » et salutaire.

« Depuis plusieurs années, Direct Aid ne cesse de poser des actes en faveur des personnes en situation de handicap, qui font partie des couches les plus vulnérables sur le plan financier dans ce pays », a-t-il déclaré.

Poursuivant, il a souligné qu’en ce mois de Ramadan, les sollicitations d’ordre social se multiplient.

« Beaucoup de nos membres sont des pères et mères de famille avec des responsabilités. L’employabilité des personnes à mobilité réduite pose problème au Sénégal. Sans travail, il est difficile d’assurer les dépenses quotidiennes, surtout durant le Ramadan. Ce don est arrivé au bon moment et va beaucoup soulager nos membres », a-t-il ajouté.

Présent lors de la cérémonie, Dr Abdoulaye Diakhaté, responsable de la cellule juridique et du partenariat à la Haute Autorité du Waqf et représentant du Directeur général, a également salué une initiative qu’il juge « très noble ».

Selon lui, cette action s’inscrit dans le cadre du programme annuel de Direct Aid visant à permettre aux familles bénéficiaires de vivre dignement le mois de Ramadan. Il a par ailleurs rappelé que la Haute Autorité du Waqf est une autorité administrative indépendante, désormais rattachée à la Primature.

À travers cette opération, Direct Aid Society confirme ainsi son engagement en faveur des populations vulnérables et renforce l’élan de solidarité qui caractérise le mois de Ramadan.

Aly Saleh

Missira Coly raccordé à l’électricité : une nouvelle ère s’ouvre dans le département de Médina Yoro Foula

Le village de Missira Coly, situé dans la commune de Bignarabé, département de Médina Yoro Foula, dans la région de Kolda, est officiellement entré dans l’ère de l’électricité. La mise en service du réseau électrique, intervenue ce mercredi 18 février, a été effectuée par l’Agence Sénégalaise d’Electrification Rural (ASER), en présence des autorités locales, des populations et de son directeur général, Jean Michel Sene.

Longtemps considérée comme une vieille doléance des habitants, l’accès à l’électricité devient désormais une réalité pour cette localité enclavée de la région de Kolda. L’événement a été accueilli avec enthousiasme par les populations, qui voient dans cette avancée un tournant décisif pour leur quotidien. À la veille du mois de Ramadan, cette mise en service revêt une dimension particulière. Les habitants se réjouissent déjà de pouvoir conserver des denrées au frais et produire de la glace localement pour la rupture du jeûne, alors que la boule de glace pouvait coûter plus de 300 francs CFA en raison des difficultés d’approvisionnement.

Prenant la parole, le directeur général de l’ASER a rappelé l’ampleur du défi national en matière d’électrification rurale. Sur les 22 145 localités recensées au Sénégal, environ 13 000 ne sont pas encore électrifiées. Toutefois, il a réaffirmé la détermination de son institution à accélérer le rythme des raccordements afin d’atteindre l’objectif fixé à l’horizon 2029, qui vise un accès universel à l’électricité pour tous les Sénégalais. Il a précisé que la mise en service de Missira Coly s’inscrit dans le cadre du projet ASER-AEPOWER EPC et annoncé que d’autres localités du département de Médina Yoro Foula bénéficieront prochainement de la même dynamique.

Le maire de la commune de Bignarabé, Kaba Diao, a salué cette avancée tout en soulignant que trois villages sont actuellement en chantier. Il a tendu la main à l’ASER afin de renforcer la collaboration et résoudre définitivement la question de l’électricité dans l’ensemble de la commune, dans un souci d’équité territoriale et de justice sociale.

Du côté des femmes, l’émotion était palpable. Hothia Kandé, présidente des femmes du village, a qualifié cette journée de mémorable. Selon elle, l’arrivée de l’électricité permettra non seulement de mieux conserver les produits alimentaires et d’améliorer les conditions de vie domestiques, mais aussi de renforcer le niveau des élèves grâce à un meilleur éclairage et à l’accès à des outils modernes. Elle estime également que cette avancée contribuera à réduire les abandons scolaires et à dynamiser les activités génératrices de revenus des femmes.

Chavirement d’une vedette de la Marine nationale : les trois marins disparus retrouvés sans vie à l’embouchure du fleuve Sénégal

L’émotion reste vive au sein des Forces armées sénégalaises après le chavirement d’une vedette de la Marine nationale survenu le 12 février 2026 à l’embouchure du fleuve Sénégal. Dans un communiqué rendu public, la Direction de l’information et des relations publiques des Armées (DIRPA) a annoncé que les opérations de recherches ont permis de retrouver les corps sans vie des trois marins portés disparus depuis le drame.

Selon les précisions apportées par la DIRPA, la vedette effectuait une mission de liaison lorsqu’elle a été surprise par une forte houle à l’embouchure du fleuve Sénégal. Les conditions maritimes difficiles auraient provoqué le chavirement de l’embarcation, entraînant la disparition de trois membres d’équipage. Dix autres marins ont pu être secourus et sont comptés parmi les rescapés de l’accident.

Dès les premières heures suivant le sinistre, d’importants moyens de recherches ont été mobilisés en coordination avec les services compétents. Les opérations, menées en mer et le long du littoral, ont finalement abouti à la localisation puis à la récupération des trois corps. Les autorités militaires indiquent que toutes les dispositions idoines ont été prises, conformément aux procédures légales et réglementaires en vigueur, afin d’assurer la prise en charge des victimes et l’accompagnement de leurs familles.

Ce drame rappelle la dangerosité des missions maritimes, particulièrement dans une zone aussi sensible que l’embouchure du fleuve Sénégal, où les courants et la houle peuvent rapidement devenir imprévisibles. La Marine nationale, engagée quotidiennement dans des missions de surveillance, de sécurisation et de liaison, opère souvent dans des conditions exigeantes.

Les Armées sénégalaises ont salué la mémoire des marins disparus et exprimé leur profonde compassion aux familles, aux proches et à l’ensemble de leurs frères d’armes. Un dernier hommage officiel leur sera rendu le jeudi 19 février à 10 heures à la Base navale Nord Capitaine de vaisseau Hamedine Fall de Saint-Louis, en présence des autorités militaires et administratives.

Kaolack mise sur la sécurité sanitaire pour des périodes de jeûne sans risque

À l’approche du mois béni de Ramadan et du Carême chrétien, périodes marquées par une forte consommation de produits alimentaires, le Service régional du commerce de Kaolack intensifie ses opérations de contrôle dans les marchés et lieux de distribution. Objectif : protéger les consommateurs contre la circulation de denrées impropres à la consommation et lutter contre les pratiques commerciales frauduleuses.

Face à l’augmentation de la demande en produits alimentaires durant ces périodes religieuses, certains commerçants peu scrupuleux tentent d’écouler des produits périmés ou mal conservés. Une situation que les autorités commerciales entendent combattre avec fermeté.

Des opérations de contrôle renforcées

Selon Adama Mohamed Mbaye, chef du Service régional du commerce de Kaolack, des équipes mixtes sont déjà déployées dans plusieurs marchés de la région. Ces opérations ciblent notamment les boutiques, magasins de stockage, cantines et grandes surfaces afin de vérifier :

les dates de péremption des produits alimentaires ; les conditions de conservation et d’hygiène ; l’affichage des prix réglementaires ; la conformité des produits importés et locaux.

Les agents procèdent également à la saisie immédiate des produits jugés dangereux pour la santé publique, a souligné M. Mbaye.

Tolérance zéro contre les commerçants véreux

Les autorités préviennent : aucune complaisance ne sera accordée aux commerçants pris en flagrant délit de fraude. Des sanctions administratives et judiciaires sont prévues, allant de lourdes amendes à la fermeture temporaire, voire définitive, des commerces concernés.

« La protection du consommateur reste une priorité absolue, surtout en période de forte consommation comme le Ramadan et le Carême », a indiqué Adama Mohamed Mbaye, soulignant que ces contrôles visent également à instaurer une concurrence saine entre commerçants.

Préserver la santé des populations

Au-delà de la répression, les services du commerce appellent les commerçants à adopter des pratiques responsables et respectueuses des normes sanitaires. Les consommateurs sont également invités à la vigilance, notamment en vérifiant les dates de péremption et l’état des emballages avant tout achat.

Cette campagne de contrôle s’inscrit dans une stratégie nationale de sécurisation du marché, afin de permettre aux populations musulmanes et chrétiennes de vivre leurs périodes de jeûne dans des conditions sanitaires sûres.

Un dispositif appelé à se poursuivre

Le chef du Service régional du commerce de Kaolack souligne que ces opérations se poursuivront durant toute la période du Ramadan et du Carême, avec des descentes inopinées dans les marchés urbains comme ruraux.

Un message clair est ainsi lancé : aucun espace ne sera laissé aux pratiques frauduleuses mettant en danger la santé publique.

Kaffrine en deuil : l’adjointe au maire Astou Ba succombe à ses blessures après trois mois de coma

La commune de Kaffrine est frappée par une profonde tristesse. L’adjointe au maire, Astou Ba, est décédée des suites des graves blessures qu’elle avait subies à la tête lors d’une cérémonie officielle organisée fin décembre 2025. Depuis plus de trois mois, elle était plongée dans le coma, luttant pour sa survie après un violent incident survenu en marge d’une remise de clés de salles de classe réhabilitées.

Les faits s’étaient déroulés dans un climat particulièrement tendu, lors d’une cérémonie consacrée à la réception de salles de classe rénovées dans les écoles 3 et 4 de la commune de Kaffrine. Ce qui devait être un moment de célébration pour la communauté éducative s’est rapidement transformé en scène de chaos. Selon plusieurs témoignages, une dispute a éclaté à l’école 4 avant de s’envenimer et de se déplacer vers l’école 3.

Des jeunes appartenant à des camps politiques opposés, notamment des partisans du maire Abdoulaye Seydou Sow et des militants du parti Pastef, se sont violemment affrontés. Jets de projectiles, bousculades et scènes de panique ont marqué ces échauffourées. C’est au cours de ces violences qu’Astou Ba a été atteinte à la tête par un morceau de brique de pavé, provoquant une blessure grave.

Grièvement touchée, elle a été évacuée en urgence à l’Hopital Thierno Birahim Ndao, où elle a reçu les premiers soins. Face à la gravité de son état, les médecins ont décidé de son transfert vers une structure plus spécialisée à Touba afin de maximiser ses chances de survie. Malgré les efforts déployés par le personnel médical et les prières de ses proches et de nombreux habitants, elle est restée plongée dans le coma durant plus de trois mois, avant de succomber à ses blessures.

Sa disparition suscite une vive émotion à Kaffrine et au-delà. De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer la violence politique et appeler au calme, estimant que ce drame illustre les dérives auxquelles peuvent conduire les tensions partisanes. La mort d’Astou Ba ravive également le débat sur la sécurité lors des manifestations et cérémonies publiques, particulièrement dans des contextes politiques sensibles.

Université Cheikh Anta Diop : de lourdes charges retenues contre les représentants du Collectif des Amicales

L’affaire liée aux affrontements du 9 février 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) prend une tournure judiciaire lourde pour les représentants du Collectif des Amicales des étudiants. Placés sous contrôle judiciaire ce mercredi, les principaux responsables étudiants font face à une série d’infractions qualifiées de graves par le parquet.

Selon leur avocat, Me Aboubacry Barro, les poursuites engagées contre ses clients couvrent plusieurs chefs d’accusation. Il s’agit notamment de participation à une manifestation non déclarée, d’actions diverses assimilées à des troubles à l’ordre public, de dégradation de biens publics et de manœuvres susceptibles de compromettre la sécurité publique. À cela s’ajoutent des accusations particulièrement sensibles telles que la réception de fonds en vue de compromettre la sécurité publique, la violence à agent dans l’exercice de ses fonctions, ainsi que la détention illégale d’armes et de munitions.

Ces qualifications pénales exposent les mis en cause à des risques judiciaires importants si elles venaient à être confirmées à l’issue de l’instruction. Me Barro a précisé que, dans son réquisitoire, le Procureur de la République avait requis le placement sous mandat de dépôt des étudiants concernés, ce qui aurait conduit à leur incarcération en attendant le jugement.

Toutefois, le juge d’instruction a finalement décidé d’opter pour un placement sous contrôle judiciaire, une mesure moins contraignante que la détention préventive. Les étudiants restent donc en liberté, mais soumis à des obligations strictes. Ils devront notamment se présenter à la fin de chaque mois devant le Doyen des juges d’instruction pour émarger, en attendant l’évolution de la procédure.

L’avocat de la défense a salué cette décision, estimant qu’elle traduit « un sens élevé de la politique pénale et une intelligence conciliante ». Pour lui, le choix du contrôle judiciaire permet de préserver la liberté des étudiants tout en garantissant leur disponibilité pour les besoins de l’enquête.

Les étudiants concernés sont Demba Ka, président de l’Amicale de la Faculté des Lettres, Bathie Fall, président de la commission sociale de l’Amicale de la Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP), Wally Faye, président de l’Amicale de la FSJP, ainsi que deux autres étudiants interpellés dans le cadre de la même affaire.

Cette procédure judiciaire s’inscrit dans un contexte de forte tension au sein de l’enseignement supérieur sénégalais, marqué par des revendications sociales et académiques persistantes. L’évolution du dossier sera suivie de près par la communauté universitaire, alors que la question de la gestion des mouvements estudiantins et du maintien de l’ordre sur les campus continue de susciter un vif débat.

Ramadan 2026 : le croissant lunaire observé à Touba, le jeûne débute ce jeudi pour une partie des fidèles sénégalais

Le croissant lunaire annonçant le début du mois béni de Ramadan 2026 a été observé ce mercredi 18 février au Sénégal, précisément à Touba. L’annonce a été faite par Serigne Mor Asta Touré, confirmant ainsi l’entrée dans le mois sacré pour une partie de la communauté musulmane du pays.

À la suite de cette observation, le jeudi 19 février 2026 est retenu comme premier jour de Ramadan pour de nombreux fidèles sénégalais. Comme le veut la tradition islamique, le début du neuvième mois du calendrier hégirien est déterminé par l’apparition du croissant lunaire, marquant le commencement du jeûne obligatoire pour les musulmans.

Cette confirmation intervient après que la Coordination des musulman du Senegal pour l’observation du croissant lunaire a signalé, dès mardi soir, l’apparition du croissant lunaire. L’instance avait alors indiqué que les conditions d’observation étaient réunies et que le mois de Ramadan pouvait débuter, une annonce qui a été suivie par une partie des fidèles à travers le territoire national.

À Touba, haut lieu spirituel du mouridisme et centre religieux majeur au Sénégal, l’observation du croissant revêt une portée symbolique particulière. Touba attire chaque année une attention particulière lors des grandes annonces religieuses, notamment celles liées au Ramadan et aux fêtes islamiques. L’annonce faite ce mercredi renforce ainsi l’élan spirituel qui accompagne traditionnellement l’entrée dans ce mois de piété, de solidarité et de recueillement.

Le Ramadan constitue un moment central dans la vie des musulmans. Du lever au coucher du soleil, les fidèles s’abstiennent de manger, de boire et de tout comportement considéré comme contraire aux prescriptions religieuses. Au-delà du jeûne, cette période est marquée par une intensification des prières, des lectures du Coran, des actes de charité et du renforcement des liens familiaux et communautaires.

Dans les mosquées comme dans les foyers, les préparatifs ont déjà commencé. Les marchés connaissent une affluence accrue à l’approche du premier jour de jeûne, tandis que les familles s’organisent pour les repas de rupture du jeûne, appelés « ndogou » au Sénégal. Les veillées nocturnes, ponctuées par les prières surérogatoires appelées « tarawih », rythmeront également les soirées des croyants tout au long du mois.

Comme souvent au Sénégal, des différences d’appréciation peuvent exister entre commissions d’observation et autorités religieuses, entraînant parfois des débuts de Ramadan échelonnés selon les sensibilités. Néanmoins, l’essentiel demeure l’unité dans la foi et la ferveur qui caractérisent cette période spirituelle.

Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass : à Kaffrine, les étudiants réclament des infrastructures et le paiement des bourses

La tension monte au campus social de Kaffrine, rattaché à l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (USSEIN). Ce mercredi, les étudiants ont tenu une conférence de presse pour alerter l’opinion publique sur la dégradation continue de leurs conditions d’études et pour affirmer leur solidarité avec le mouvement national qui secoue l’enseignement supérieur sénégalais.

Au nom de ses camarades, Zacharia Bakary, secrétaire général de l’amicale de l’UFR Sciences sociales et environnementales, a dressé un constat préoccupant. Selon lui, l’absence d’infrastructures universitaires propres contraint les étudiants à suivre leurs cours dans des abris provisoires installés au sein du Centre régional de formation du personnel éducatif. Un espace initialement destiné aux élèves-maîtres et aujourd’hui partagé, dans des conditions jugées inadaptées à un enseignement supérieur digne de ce nom.

Cette cohabitation forcée, combinée au manque de salles de cours, de bibliothèques fonctionnelles et d’espaces administratifs, freinerait considérablement l’épanouissement académique des étudiants et poserait la question même de l’identité universitaire à Kaffrine. Pour les responsables des amicales, il est urgent que des infrastructures permanentes soient érigées afin de garantir un environnement d’apprentissage stable et conforme aux standards universitaires.

Au-delà de la question des infrastructures, les étudiants dénoncent un encadrement pédagogique insuffisant, marqué par un déficit d’enseignants et des difficultés d’organisation académique. À cela s’ajoutent, selon eux, des retards récurrents dans le paiement des bourses, qui plongent de nombreux étudiants dans une précarité sociale préoccupante. Les lourdeurs administratives sont également pointées du doigt, accusées de ralentir les démarches académiques et de compliquer inutilement leur parcours universitaire.

Dans ce contexte déjà tendu, les étudiants de Kaffrine ont également exigé la libération de leurs camarades actuellement en détention dans le cadre des mouvements universitaires récents. Ils estiment que cette mesure constitue une condition essentielle pour restaurer un climat d’apaisement et favoriser la reprise sereine des activités académiques.

La conférence de presse a également été marquée par un hommage appuyé à Abdoulaye Ba, étudiant décédé le 9 janvier dernier lors d’affrontements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop. Pour les étudiants de Kaffrine, ce drame symbolise la profondeur de la crise que traverse l’enseignement supérieur sénégalais. Ils appellent ainsi les autorités à apporter une réponse structurelle et durable aux revendications étudiantes, notamment sur la réforme des bourses, la réouverture des restaurants universitaires et l’amélioration globale des conditions d’études.

Université Cheikh Anta Diop : les représentants des amicales remis en liberté, mais sous contrôle judiciaire

Les trois représentants du Collectif des Amicales des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), interpellés à la suite des affrontements du 9 février 2026 entre forces de l’ordre et étudiants, ont été remis en liberté. Ils demeurent toutefois placés sous contrôle judiciaire. L’annonce a été faite par leur avocat, Me Aboubacry Barro, lors d’une intervention sur les ondes de Sud FM.

Les étudiants concernés sont Demba Ka, président de l’Amicale de la Faculté des Lettres, Bathie Fall, président de la commission sociale de l’Amicale de la Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP), ainsi que Wally Faye, président de l’Amicale de la FSJP. Leur interpellation faisait suite aux violences survenues sur le campus social et pédagogique, dans un contexte de tensions persistantes entre étudiants et autorités universitaires.

Selon Me Barro, la procédure a également concerné deux autres étudiants, qui se sont ajoutés aux trois responsables d’amicales. Tous ont finalement bénéficié d’une remise en liberté. Toutefois, cette libération s’accompagne de mesures restrictives. Les étudiants sont placés sous contrôle judiciaire et devront se présenter à la fin de chaque mois devant le Doyen des juges d’instruction pour émarger, conformément aux obligations fixées par l’autorité judiciaire.

Cette décision judiciaire intervient dans un climat universitaire encore marqué par les tensions. Les affrontements du 9 février avaient ravivé le débat sur les conditions d’études, les retards académiques et la gestion des revendications sociales sur le campus. La libération des représentants des amicales pourrait contribuer à apaiser la situation, même si la procédure judiciaire suit son cours.

Du côté des étudiants, la mesure est perçue comme un soulagement partiel, dans l’attente d’un dénouement définitif du dossier. Pour leurs conseils, le respect strict des obligations liées au contrôle judiciaire sera déterminant pour la suite de la procédure. L’évolution de cette affaire reste donc suivie de près, tant par la communauté universitaire que par l’opinion publique.

Exportations : le Sénégal enregistre une progression spectaculaire de 155,0 % en décembre 2025

Le commerce extérieur sénégalais a clôturé l’année 2025 sur une note particulièrement remarquable. D’après le Bulletin mensuel des statistiques du commerce extérieur publié le 18 février 2026 par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les exportations du mois de décembre ont atteint 825,3 milliards de FCFA, contre 323,6 milliards en novembre, soit une progression impressionnante de 155,0 % en l’espace d’un mois.

Cette performance exceptionnelle confirme la montée en puissance du Sénégal sur les marchés internationaux, notamment dans les secteurs extractif et énergétique, qui constituent désormais des piliers structurants de la balance commerciale nationale. En glissement annuel, la hausse est tout aussi significative, les exportations de décembre 2025 affichant une progression de plus de 100 % par rapport à décembre 2024.

L’or non monétaire s’impose comme le principal moteur de cette dynamique. Avec des ventes évaluées à 206,8 milliards de FCFA en décembre, ce produit a largement doublé ses performances par rapport au mois précédent. Cette envolée traduit la forte demande internationale pour le métal précieux, mais également le rôle stratégique croissant du secteur minier dans l’économie sénégalaise.

Le secteur des hydrocarbures confirme également son rôle central dans cette croissance. Les exportations d’huiles brutes de pétrole se sont élevées à 106,3 milliards de FCFA, tandis que celles des produits pétroliers raffinés ont atteint 90,4 milliards de FCFA. Ces chiffres illustrent l’impact direct de la nouvelle configuration énergétique du pays, marquée par l’entrée en production et la valorisation accrue des ressources nationales. La transformation du Sénégal en exportateur d’hydrocarbures commence ainsi à produire des effets tangibles sur les comptes extérieurs.

Malgré cette dynamique globale très favorable, certains segments ont connu des performances plus modestes. Les expéditions de phosphates ont enregistré une chute de moitié en un mois, tandis que les produits de la mer, notamment les mollusques et crustacés, ont affiché un léger recul. Ces baisses sectorielles n’ont toutefois pas suffi à inverser la tendance générale, largement portée par les produits miniers et énergétiques.

Au-delà de la performance mensuelle, le bilan annuel consolidé confirme la solidité de cette trajectoire ascendante. À la fin du mois de décembre 2025, le cumul des exportations sénégalaises s’établit à 5 935,2 milliards de FCFA, contre 3 909,1 milliards en 2024, soit une augmentation globale de 51,8 % sur un an. Cette progression marque un tournant stratégique pour l’économie nationale et témoigne d’une insertion de plus en plus affirmée du Sénégal dans les échanges mondiaux.

Commerce extérieur : le Sénégal enregistre une baisse de 23,6 % de ses importations en décembre 2025

Le commerce extérieur sénégalais a connu un net ralentissement en fin d’année 2025. Selon les données publiées dans le Bulletin mensuel des statistiques du commerce extérieur de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les importations du mois de décembre 2025 se sont établies à 544,8 milliards de FCFA, contre 713,3 milliards enregistrés en novembre, soit une baisse significative de 23,6 % en l’espace d’un mois.

La contraction apparaît encore plus marquée en glissement annuel. Comparées à décembre 2024, les importations affichent un recul de 24,6 %, traduisant un ajustement notable des échanges commerciaux du pays à la clôture de l’exercice. Cette évolution met en lumière une dynamique contrastée, entre ralentissement conjoncturel et maintien d’une certaine stabilité sur l’ensemble de l’année.

Dans le détail, cette baisse mensuelle s’explique principalement par l’effondrement des acquisitions de matériels de transport. Celles-ci sont passées d’environ 196 milliards de FCFA en novembre à seulement 7,3 milliards en décembre, représentant l’essentiel de la diminution globale. Une telle chute suggère un effet ponctuel lié à d’importantes commandes enregistrées le mois précédent, ou à un report d’achats structurants.

D’autres segments ont également contribué à la baisse, notamment les produits pharmaceutiques ainsi que le sucre, dont les importations ont connu un repli sensible au cours du mois de décembre. Ces variations traduisent des ajustements sectoriels qui peuvent être liés aux niveaux de stocks, aux politiques d’approvisionnement ou à des fluctuations des prix internationaux.

Toutefois, certains postes ont évolué à contre-courant et ont permis d’amortir la chute globale. La facture énergétique est demeurée élevée, avec une hausse des importations de produits pétroliers raffinés. Celles-ci ont atteint 105,5 milliards de FCFA en décembre, contre 77 milliards en novembre, confirmant la dépendance persistante du pays aux approvisionnements énergétiques extérieurs.

Dans le même temps, les importations de métaux communs ont enregistré une forte progression, triplant quasiment pour s’établir à 45 milliards de FCFA. Cette augmentation peut être interprétée comme le reflet d’une activité soutenue dans les secteurs du bâtiment, des travaux publics ou de l’industrie, malgré le ralentissement observé sur d’autres segments.

Malgré cette baisse marquée en décembre, le bilan annuel demeure relativement stable. Le cumul des importations sur l’ensemble de l’année 2025 s’élève à 7 279,1 milliards de FCFA, contre 7 161,4 milliards en 2024, soit une progression modérée de 1,6 %. Cette légère hausse annuelle témoigne d’une certaine résilience de la demande intérieure et d’un maintien du niveau global des échanges, en dépit des fluctuations observées en fin d’année.

Ces chiffres illustrent ainsi un commerce extérieur en phase d’ajustement conjoncturel, mais dont les fondamentaux restent relativement solides à l’échelle annuelle. Les prochains mois permettront de déterminer si la baisse enregistrée en décembre constitue un simple phénomène ponctuel ou le début d’une tendance plus durable dans la dynamique des importations sénégalaises.

Keur Massar : deux policiers grièvement blessés à la machette lors d’une opération antidrogue à Darou Missette

Une patrouille de routine a viré au drame dans la nuit du samedi 14 février 2026 à Darou Missette, un quartier jouxtant l’Unité 11 des Parcelles Assainies, dans la commune de Keur Massar. Des éléments de la Brigade de recherches ont été violemment attaqués alors qu’ils menaient une opération ciblée contre un présumé réseau de trafic de drogue, selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur.

D’après les premiers éléments de l’enquête, les forces de l’ordre intervenaient dans une maison suspectée d’abriter des activités illicites liées à la vente et à la distribution de stupéfiants. L’opération, qui s’inscrivait dans le cadre d’une surveillance discrète et d’investigations en cours depuis plusieurs jours, aurait rapidement dégénéré au moment de l’assaut.

Alors que les policiers tentaient d’investir les lieux, ils auraient été pris à partie par plusieurs individus. Ces derniers, appuyés par des proches et certains riverains, auraient opposé une résistance violente, utilisant des machettes et divers objets contondants pour repousser les agents. La scène s’est transformée en affrontement, plongeant le quartier dans une vive tension au cœur de la nuit.

Le bilan fait état de deux fonctionnaires de police blessés à la machette. L’un d’eux aurait été grièvement atteint à la tête, suscitant une vive inquiétude quant à son état de santé. Les deux agents ont été évacués en urgence vers une structure hospitalière de la place pour recevoir les soins appropriés. Des sources sécuritaires indiquent que leur pronostic vital n’était pas engagé au moment de leur prise en charge, bien que l’un d’eux demeure sous surveillance médicale.

Face à la gravité de la situation et à l’hostilité rencontrée sur le terrain, des renforts ont été mobilisés pour sécuriser la zone et rétablir l’ordre. L’intervention des unités supplémentaires a permis de disperser les assaillants et de reprendre le contrôle des lieux après plusieurs minutes de tension.

À l’issue de l’opération, sept personnes ont été interpellées, dont deux femmes. Les suspects ont été placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête ouverte notamment pour violences et voies de fait sur agents des forces de défense et de sécurité, ainsi que pour des faits présumés liés au trafic de drogue. Les enquêteurs cherchent à déterminer le rôle précis de chacun dans l’attaque et dans le fonctionnement supposé du réseau visé.

Selon les premières informations, certains membres présumés du réseau seraient toujours en fuite. Les investigations se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des personnes impliquées, de démanteler totalement la filière et de situer les responsabilités dans cette attaque d’une rare violence contre des agents en mission.

Mort d’Abdoulaye Bâ à l’UCAD : une semaine après, la colère étudiante ne faiblit pas

Une semaine après les événements tragiques du 9 février sur le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), la mort d’Abdoulaye Bâ continue de provoquer une onde de choc dans l’opinion publique sénégalaise. L’émotion, loin de retomber, s’est muée en indignation ouverte après la conférence de presse tenue le mardi 17 février par le procureur de la République, Ibrahima Ndoye. Ce qui devait éclairer les circonstances du drame a, au contraire, ravivé les tensions et renforcé la défiance d’une partie de la communauté universitaire.

Dans un communiqué rendu public mercredi, le Collectif des amicales de l’université a vivement contesté la version officielle présentée par le parquet. Les autorités judiciaires privilégient la thèse d’une chute du quatrième étage comme cause du décès de l’étudiant. Une explication que le Collectif juge incohérente, voire insoutenable. Comment, interrogent ses membres, un jeune homme pourrait-il tomber d’une telle hauteur sans présenter de fractures apparentes ? Cette question, posée avec insistance, est devenue le symbole des zones d’ombre qui entourent encore le drame.

Au-delà de la controverse médico-légale, c’est l’ensemble de la gestion sécuritaire des événements du 9 février qui est pointé du doigt. Le Collectif exige de savoir qui a donné l’ordre aux forces de défense et de sécurité de pénétrer dans le campus social ce jour-là. Des interrogations visent également la chaîne de commandement : le ministre de l’Intérieur supervisait-il personnellement les opérations ? Pourquoi, alors que la tension montait et que des affrontements étaient signalés, aucun ordre de retrait n’aurait été donné ? Ces questions traduisent une profonde méfiance à l’égard de la version institutionnelle.

Un autre point demeure particulièrement sensible : l’incendie de la chambre 85F. Selon des témoignages évoqués par des étudiants, ce sinistre aurait contraint des occupants de la chambre 83F à sauter dans le vide pour échapper aux flammes et aux fumées. Le Collectif demande que toute la lumière soit faite sur l’origine de cet incendie, perçu comme un élément central pour comprendre l’enchaînement des faits ayant conduit à la mort d’Abdoulaye Bâ.

Dans son communiqué, le Collectif ne se limite pas à soulever des incohérences factuelles. Il dénonce une stratégie de communication destinée, selon lui, à dédouaner l’État de toute responsabilité. Les étudiants interpellés à la suite des affrontements seraient, d’après le texte, présentés comme des fauteurs de troubles plutôt que comme des victimes d’une intervention disproportionnée. Cette « criminalisation » est jugée inacceptable par les signataires, qui exigent la libération immédiate de tous les étudiants placés en détention dans la foulée des événements.

Face à ce qu’il qualifie de mur du silence institutionnel, le Collectif a décidé de maintenir le mot d’ordre de grève décrété en début de semaine. Les cours restent suspendus jusqu’au jeudi 19 février au moins. La mobilisation, décrite comme nationale, dépasse désormais le seul cadre de l’UCAD. Des voix issues d’autres établissements d’enseignement supérieur, mais aussi de la société civile, se joignent aux appels à une enquête indépendante et transparente.

La mort d’un étudiant dans un contexte d’intervention des forces de l’ordre sur un campus universitaire ravive des souvenirs douloureux et réactive un débat ancien sur la gestion des crises estudiantines au Sénégal. Pour de nombreuses familles et organisations, seule une enquête impartiale, menée à l’abri des pressions politiques, pourra apaiser les tensions et restaurer la confiance.

Dans la dernière partie de son communiqué, dont l’intégralité n’a pas été rendue publique, le Collectif des amicales réaffirme son engagement « indéfectible » envers la communauté étudiante et promet de poursuivre la mobilisation jusqu’à ce que toute la vérité soit établie. À mesure que les jours passent, l’affaire Abdoulaye Bâ s’impose comme un test majeur pour les autorités, appelées à répondre aux interrogations d’une jeunesse qui refuse de se taire.

Tensions à la RTS : des responsables syndicaux convoqués à la Brigade de Recherches après une plainte de Pape Alé

La tension reste vive au sein de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS). Selon des informations relayées par Confidentiel Afrique, plusieurs journalistes et responsables de l’intersyndicale SYNPICS–SYNPAP ont été convoqués ce mercredi à 10 heures à la Brigade de Recherche de Colobane , à la suite d’une plainte déposée par le Directeur général de la RTS, Pape Aly Niang.

Parmi les personnes concernées figurent Mama Moussa Niang, El Hadji Thierno Dramé, Abibou Mbaye, Alioune Badara Kane et Youssouf Kaba, tous membres actifs de l’intersyndicale regroupant le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS) et le Syndicat national des professionnels de l’audiovisuel public (SYNPAP). Leur audition intervient dans un contexte de crispation persistante entre la direction générale et les représentants du personnel.

Ces convocations surviennent au lendemain d’une marche organisée mardi par les travailleurs de la RTS. Cette mobilisation, largement suivie, visait à dénoncer ce que les syndicats qualifient de dérives managériales, de pressions sur les agents et d’atteintes aux libertés syndicales. Les manifestants ont exprimé leurs inquiétudes face à la détérioration du climat social et ont appelé à l’ouverture d’un dialogue franc et inclusif avec la direction.

La plainte introduite par le Directeur général, dont les contours exacts n’ont pas encore été officiellement détaillés, semble marquer une nouvelle étape dans l’escalade des tensions. Du côté des syndicats, cette initiative est perçue comme une tentative d’intimidation à l’encontre des responsables ayant pris la parole ces dernières semaines pour critiquer la gestion de l’entreprise publique. Certains évoquent une judiciarisation du conflit social, susceptible d’envenimer davantage la situation.

Depuis plusieurs mois, la RTS traverse une période de turbulences internes, marquée par des divergences profondes sur les orientations stratégiques, les conditions de travail et la gouvernance. Les syndicats réclament davantage de transparence dans la gestion administrative et financière, ainsi qu’un respect scrupuleux des textes régissant le fonctionnement de l’entreprise. De son côté, la direction défend une démarche de réformes qu’elle juge nécessaire pour moderniser l’outil de travail et renforcer la compétitivité du média public.

La convocation des responsables syndicaux à la Brigade de Recherches de Colobane donne une dimension judiciaire à un conflit jusque-là cantonné au terrain social. Elle pourrait également raviver le débat plus large sur la liberté syndicale et l’indépendance des médias publics au Sénégal, dans un contexte national où les rapports entre institutions, médias et acteurs sociaux demeurent particulièrement scrutés.

Mort d’un étudiant à l’UCAD : Bamba Cissé sanctionne des chefs policiers après les violences sur le campus

L’émotion reste vive à Université Cheikh Anta Diop (UCAD) après les violents affrontements qui ont secoué le campus et coûté la vie à un étudiant. Face à l’ampleur de l’indignation et aux nombreuses interrogations sur les circonstances de l’intervention des forces de l’ordre, le ministre de l’Intérieur, Bamba Cisse , a décidé de frapper fort en prenant des sanctions disciplinaires d’envergure.

Selon des informations rapportées par L’Observateur, tous les responsables du commandement des unités déployées sur le terrain lors des manifestations ont été relevés de leurs fonctions. Cette décision vise directement les chefs opérationnels chargés de la gestion du maintien de l’ordre au moment où la situation a dégénéré au sein de l’université.

Dans le détail, les mesures concernent trois commandants de compagnie, un commissaire, un lieutenant ainsi qu’un adjudant de police. Ces responsables étaient en première ligne dans la coordination des dispositifs sécuritaires mis en place pour contenir les mouvements de contestation estudiantins. Leur mise à l’écart intervient dans un contexte de forte pression de l’opinion publique, marquée par des appels à la vérité et à la justice.

Les violences avaient éclaté sur fond de tensions persistantes entre étudiants et autorités administratives. Des heurts ont opposé manifestants et forces de sécurité, avec usage de gaz lacrymogènes et interventions musclées pour disperser les attroupements. C’est dans ce climat particulièrement tendu qu’un étudiant a trouvé la mort, un drame qui a profondément choqué la communauté universitaire et au-delà.

Depuis l’annonce du décès, les réactions se multiplient. Organisations estudiantines, acteurs de la société civile et responsables politiques réclament toute la lumière sur les circonstances exactes de la mort du jeune homme. Des voix s’élèvent également pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme un usage disproportionné de la force dans un espace universitaire, historiquement considéré comme un lieu de débat et d’expression.

En relevant de leurs fonctions les chefs policiers impliqués dans la gestion des opérations, le ministre de l’Intérieur envoie un signal fort. Cette décision traduit la volonté affichée des autorités de situer clairement les responsabilités et de prévenir toute tentative d’impunité. Elle ouvre également la voie à d’éventuelles enquêtes administratives et judiciaires plus approfondies afin d’établir les faits avec précision.

Troisième vague d’arrestations à Keur Massar : un journaliste de la RTS interpellé dans une affaire aux lourdes accusations

La Brigade de recherches (BR) de Keur Massar a lancé ce que le quotidien Libération présente comme une « troisième vague d’arrestations » dans une affaire aux ramifications complexes et particulièrement sensibles. Au cœur de cette procédure judiciaire figurent des accusations d’association de malfaiteurs, de transmission volontaire du VIH et d’actes contre nature, sur fond d’exploitation de données téléphoniques et de révélations jugées explosives par les enquêteurs.

Selon les informations rapportées par Libération, un journaliste de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), Pape Birame Bigué Ndiaye, a été interpellé par les éléments de la BR de Keur Massar. Son domicile aurait fait l’objet d’une perquisition en sa présence. Les enquêteurs se seraient appuyés sur des échanges de messages qualifiés de « messages d’amour », interceptés dans le cadre de l’exploitation des téléphones saisis lors de l’arrestation d’Ibrahima Magib Seck et de ses présumés complices.

D’après le journal, l’analyse approfondie des contenus numériques récupérés aurait permis de mettre au jour un réseau aux contours bien plus étendus qu’initialement supposé. Les données téléphoniques examinées feraient apparaître des échanges impliquant des personnes issues de différents milieux socioprofessionnels. Certains profils mentionnés dans les conversations seraient connus du grand public, ce qui confère à l’affaire une dimension médiatique supplémentaire. Les enquêteurs de la BR de Keur Massar poursuivent leurs investigations afin d’établir les liens exacts entre les différents protagonistes et de déterminer le degré d’implication de chacun.

Un autre élément clé du dossier concerne un détenu extrait de prison pour les besoins de l’enquête. Porteur du VIH depuis 2021, il aurait, selon Libération, fait des aveux qualifiés de « détonants » devant les gendarmes. Il aurait notamment livré les identités de plusieurs partenaires, parmi lesquels figureraient certaines personnalités connues. Ces déclarations pourraient accélérer le cours de la procédure et déboucher sur de nouvelles interpellations dans les prochains jours, à mesure que les vérifications se poursuivent.

Sur le plan judiciaire, les qualifications retenues sont particulièrement lourdes. L’association de malfaiteurs, si elle est établie, suppose l’existence d’une entente en vue de commettre des infractions. La transmission volontaire du VIH constitue, en cas de preuve d’intentionnalité, une infraction grave pouvant entraîner des peines significatives. Quant aux autres chefs visés dans le dossier, ils renforcent la portée pénale de l’affaire et exposent les personnes mises en cause à des sanctions sévères, si les faits venaient à être confirmés par l’instruction.

Entre procédures et réalités de terrain : le défi de la coordination de la lutte antidrogue

L’actualité récente a mis en lumière un épisode singulier impliquant deux agents de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS). Initialement interpellés par les services de gendarmerie pour une supposée détention de produits illicites, ces fonctionnaires ont finalement bénéficié d’un blanchiment total devant le parquet de Dakar.

Le procureur a, en effet, ordonné un classement sans suite après examen du dossier, celui-ci ayant révélé une absence de charges et des accusations dénuées de toute consistance.

Le risque d’instrumentalisation criminelle

Au cœur de cet imbroglio se dessine une réalité que les observateurs du milieu sécuritaire redoutent fréquemment : la capacité de nuisance des réseaux criminels.

Selon plusieurs sources, l’interpellation des agents trouverait son origine dans les déclarations d’un individu bien connu des services, identifié sous les initiales B.D. Ce dernier, qui avait par le passé eu affaire à la Sûreté urbaine (SU) et à l’OCRTIS pour des faits de trafic dans le secteur de la Médina, aurait tenté de déstabiliser ceux qui l’avaient mis hors d’état de nuire.

Cet incident, bien que regrettable, illustre la difficulté pour les forces de l’ordre d’opérer sans être exposées à des tentatives de « vendetta » de la part de réseaux cherchant à exploiter les procédures pour ternir l’image des institutions.

Une question de procédure et de transparence interne

Sur le plan opérationnel, la défense des agents s’est appuyée sur une traçabilité rigoureuse. Leurs mouvements étaient, semble-t-il, dûment consignés dans le registre de la main courante (mentions 180 et 181), attestant de leur présence sur le terrain dans le cadre d’une mission de service.

Si le directeur de l’OCRTIS dispose, conformément aux articles 127 à 129 du Code de procédure pénale, de la latitude nécessaire pour superviser des opérations sensibles, notamment les livraisons surveillées, la tournure qu’a prise cette affaire pose néanmoins la question de la fluidité de la communication entre les différents corps de l’État.

Le déferrement de ces agents, malgré les éléments de clarification disponibles, met en lumière un possible déficit de coordination qui pourrait, à terme, fragiliser l’efficacité globale de la lutte contre les stupéfiants.

Vers une nécessaire cohésion

Pour nombre d’observateurs, cet épisode devrait servir de leçon afin de renforcer la solidarité entre les unités d’élite. Si la justice a su faire preuve de discernement en écartant toute manœuvre de diversion, l’opinion publique comme les acteurs de la sécurité s’accordent sur un point : la sérénité du pays repose sur une collaboration étroite et constante entre les institutions.

La mission de protection de la jeunesse face au fléau de la drogue demeure une tâche de longue haleine. Elle requiert non seulement des moyens accrus, mais aussi une volonté partagée d’éviter que des incompréhensions institutionnelles ne fassent le jeu de ceux que la loi cherche précisément à combattre.

Filière arachidière : Elhadji Bou Goumballa propose une organisation plus transparente

Face aux défis économiques, sociaux et migratoires auxquels le Sénégal est aujourd’hui confronté, l’agriculture revient au cœur du débat national comme levier stratégique de développement. Dans une contribution intitulée « Pour une politique agricole vivante, rentable et inclusive », l’opérateur économique Elhadji Bou Goumballa propose une refondation du modèle agricole sénégalais afin d’en faire un moteur durable de croissance, d’emploi et de souveraineté alimentaire.

Une agriculture au centre des réponses économiques et sociales

Acteur engagé dans la production et la commercialisation agricoles, Elhadji Bou Goumballa défend une vision pragmatique fondée sur l’expérience de terrain. Selon lui, l’agriculture doit dépasser son rôle traditionnel pour devenir un véritable secteur économique structurant, capable de réduire le chômage rural et de freiner l’émigration clandestine.

Dans son analyse, plusieurs contraintes continuent de freiner le potentiel agricole national : la faible rentabilité de certaines filières, les difficultés d’écoulement des productions, le manque d’infrastructures de stockage et l’insuffisance de transformation locale. À cela s’ajoute une dépendance alimentaire extérieure encore importante, malgré les vastes ressources agricoles dont dispose le pays.

Pour l’opérateur économique, ces difficultés contrastent toutefois avec des opportunités majeures : la disponibilité de terres cultivables, une jeunesse dynamique, une demande croissante en produits locaux et un fort potentiel agro-industriel.

Une vision structurée autour de cinq piliers

La contribution s’articule autour d’une stratégie reposant sur cinq axes majeurs visant à moderniser durablement le secteur agricole.

Le premier pilier prône une agriculture vivante, fondée sur la modernisation des techniques culturales, une mécanisation adaptée et la formation continue des producteurs, tout en intégrant les enjeux climatiques.

Le deuxième met l’accent sur une agriculture rentable, reposant sur la réduction des coûts de production, un meilleur accès aux intrants et l’instauration de prix rémunérateurs afin de sécuriser les revenus des paysans.

Le troisième pilier défend une agriculture inclusive, favorisant l’implication des jeunes et des femmes rurales à travers les coopératives agricoles et un accès plus équitable au financement.

La vision insiste également sur une agriculture économique et industrielle, axée sur la transformation locale des productions et le développement de chaînes de valeur nationales capables de stimuler le « Consommer local ».

Enfin, Elhadji Bou Goumballa présente l’agriculture comme une réponse structurelle à l’émigration clandestine, grâce à la création d’emplois ruraux durables et à la valorisation de l’entrepreneuriat agricole.

La filière arachidière au cœur des propositions

Pilier historique de l’économie sénégalaise, la filière arachidière occupe une place centrale dans cette contribution. L’auteur propose une meilleure anticipation des campagnes agricoles, une fixation transparente du prix au producteur ainsi que la mise en place de points d’achat accessibles et équitablement répartis.

Il recommande également la digitalisation du suivi des collectes, l’amélioration des capacités de stockage et un soutien logistique accru au transport rural afin de réduire les pertes post-récolte et de limiter la spéculation des intermédiaires.

L’objectif affiché est clair : sécuriser les revenus des producteurs, stabiliser le marché national et renforcer la transformation locale de l’arachide.

Vers des assises nationales de l’agriculture

Parmi les propositions phares figure l’organisation d’assises nationales sur l’agriculture, réunissant producteurs, opérateurs économiques, autorités publiques et chercheurs. Ces rencontres permettraient, selon lui, d’identifier les blocages structurels du secteur et de définir une stratégie agricole durable et applicable.

Plusieurs thématiques prioritaires sont avancées : le financement agricole, la mécanisation, la commercialisation, la transformation agro-industrielle, l’emploi des jeunes et le lien entre agriculture et lutte contre l’émigration irrégulière.

Des impacts attendus sur l’économie nationale

À travers cette approche, Elhadji Bou Goumballa anticipe une augmentation significative des revenus agricoles, la création massive d’emplois ruraux et une réduction de l’exode vers les centres urbains ou vers l’étranger.

La mise en œuvre d’une telle politique contribuerait également, selon lui, au renforcement de la souveraineté alimentaire et à la dynamisation globale de l’économie nationale.

Un appel à un partenariat renforcé

En conclusion, l’opérateur économique appelle à un partenariat renforcé entre l’État et le secteur privé agricole. Il préconise la mise en place de mécanismes de financement adaptés, le développement de zones agricoles intégrées et un soutien accru à la transformation locale.

Pour Elhadji Bou Goumballa, l’avenir économique du Sénégal passe inévitablement par une agriculture modernisée, inclusive et économiquement viable, capable d’offrir des perspectives concrètes à la jeunesse et de repositionner durablement le pays sur la voie de l’autosuffisance alimentaire.

Affaire Pape Cheikh Diallo : une troisième phase d’enquête marquée par de nouvelles arrestations imminentes

La procédure judiciaire impliquant Pape Cheikh Diallo, Djiby Drame et plusieurs autres mis en cause est entrée dans une nouvelle étape décisive. Selon des informations rapportées par le quotidien Libération , l’enquête connaît un tournant majeur avec l’annonce de nouvelles arrestations imminentes, dans ce qui est désormais présenté comme la troisième phase du dossier.

Depuis les premières interpellations, l’affaire a pris une ampleur considérable, tant sur le plan judiciaire que médiatique. Les investigations, menées par la brigade territoriale de Keur Massar, portent sur des faits présumés d’association de malfaiteurs, d’actes contre nature et de transmission volontaire du VIH/Sida, conformément aux dispositions du Code pénal sénégalais en vigueur. Plusieurs suspects ont déjà été placés en garde à vue, tandis que d’autres ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt à l’issue de leur présentation devant le juge d’instruction.

Un élément déterminant serait venu accélérer la progression de l’enquête. D’après les sources citées, un détenu extrait de prison dans le cadre du dossier aurait livré aux enquêteurs des déclarations jugées cruciales. Porteur du VIH depuis 2021, il aurait reconnu certains faits et fourni l’identité de partenaires présumés, parmi lesquels figureraient des personnalités connues du grand public. Ces révélations auraient permis aux gendarmes d’élargir significativement le périmètre des investigations et d’identifier de nouvelles cibles potentielles.

Les enquêteurs s’emploient actuellement à vérifier et recouper ces déclarations avec les éléments matériels déjà collectés. Les communications électroniques, les échanges téléphoniques et les témoignages recueillis lors des précédentes vagues d’interpellations font l’objet d’analyses approfondies. L’objectif est d’établir avec précision les responsabilités individuelles et de consolider le dossier avant toute nouvelle vague d’arrestations.

Cette troisième phase devrait ainsi se traduire par une série d’auditions supplémentaires dans les prochains jours. Des convocations ciblées seraient en préparation, tandis que certaines arrestations pourraient intervenir à brève échéance, si les éléments réunis sont jugés suffisants par les autorités judiciaires. Le climat reste donc particulièrement tendu autour de ce dossier, qui continue de susciter une vive attention au sein de l’opinion publique.

Au-delà des aspects judiciaires, l’affaire soulève également des interrogations sur la gestion des questions de santé publique et sur la responsabilité pénale en matière de transmission volontaire de maladies infectieuses. Les développements à venir seront déterminants pour la suite de la procédure, dans un contexte où la présomption d’innocence demeure un principe fondamental tant que les faits ne sont pas définitivement établis par la justice.

Décès d’Abdoulaye Bâ : l’Amicale des étudiants de l’UCAD réclame toute la vérité après le point de presse du Procureur

La réaction ne s’est pas fait attendre après le point de presse du Procureur de la République, Ibrahima Ndoye, consacré aux circonstances du décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Un membre de l’Amicale des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Serigne Saliou Fall, a exprimé son désaccord avec la communication du parquet et appelé à une clarification complète des faits.

S’exprimant sur les ondes de la RFM, le représentant estudiantin a affirmé que les étudiants ont suivi avec attention les déclarations du Procureur, mais qu’ils restent sur leur faim. « Nous avons suivi le Procureur de la République durant son point de presse, mais ce que nous attendons avant tout, ce sont les explications sur les circonstances exactes du décès d’Abdoulaye Bâ, et non seulement le fait qu’il aurait chuté du quatrième étage », a-t-il déclaré. Pour lui, affirmer qu’il y a eu une chute ne suffit pas à éclairer l’opinion sur les causes réelles du drame.

Serigne Saliou Fall insiste sur le fait qu’une chute depuis le quatrième étage implique nécessairement un enchaînement d’événements précis qu’il convient d’examiner avec rigueur. Selon les explications du Procureur, la présence de fumée dans la chambre aurait poussé l’étudiant à tenter de s’échapper par la fenêtre. Mais le membre de l’Amicale s’interroge sur l’origine de cette fumée. Provient-elle d’un incendie déclenché à l’intérieur du campus ou des gaz lacrymogènes tirés par les forces de l’ordre lors des opérations de maintien de l’ordre ? « Tout cela reste à vérifier », soutient-il, évoquant notamment des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux qui, selon lui, montrent des éléments nécessitant une analyse approfondie.

Au-delà des circonstances immédiates du décès, la question des arrestations et de l’ouverture d’une information judiciaire alimente également les tensions. Pour Serigne Saliou Fall, la situation actuelle traduit une crise plus profonde au sein de l’université et dans la gestion des revendications étudiantes. Il estime que la réponse sécuritaire et judiciaire ne saurait constituer une solution durable. « Pour sortir de cette crise, il faut instaurer un vrai dialogue. Enfermer les gens ne mène à rien », a-t-il affirmé.

Dans un propos particulièrement critique, il a également dénoncé ce qu’il perçoit comme une volonté de l’État d’imposer des réformes sans concertation. « Aujourd’hui, on a l’impression que l’État veut imposer les réformes coûte que coûte, ce qui ressemble à une dictature. Cela ne doit pas se passer ainsi », a-t-il conclu, appelant à un apaisement fondé sur la transparence et la concertation.

Climat social sous tension : la CSA interpelle l’État sur les libertés, la justice sociale et la crise universitaire

La Confédération des Syndicats Autonomes du Sénégal (CSA) a publié, ce 17 février 2026, une déclaration au ton ferme dans laquelle elle exprime sa « vive inquiétude » face à ce qu’elle considère comme des dérives susceptibles de fragiliser la stabilité sociale et la cohésion nationale. Dans un contexte marqué par des tensions persistantes dans le monde du travail et au sein des universités, la centrale syndicale interpelle directement les autorités étatiques et appelle à un sursaut en faveur des libertés et de la justice sociale.

Au cœur de son communiqué, la CSA condamne ce qu’elle qualifie de vague de licenciements reposant sur des considérations politiques. Selon l’organisation, ces décisions contreviendraient aux dispositions du Code du travail ainsi qu’aux principes fondamentaux de liberté d’opinion et de sécurité juridique. La confédération estime que ces pratiques portent atteinte au Pacte de stabilité sociale et risquent d’installer un climat de méfiance durable entre les travailleurs, les employeurs et l’État. Elle exige, en conséquence, la révision immédiate des décisions contestées, la réintégration des travailleurs concernés dans leurs droits et l’ouverture d’un audit indépendant afin d’identifier les responsabilités et d’établir la transparence.

La déclaration de la CSA aborde également la situation préoccupante à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, suite au décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Présentant ses condoléances à la communauté universitaire, la centrale syndicale estime que ce drame met en lumière une crise structurelle profonde, caractérisée par des retards dans le paiement des bourses, la précarité croissante des étudiants et le déficit d’infrastructures adaptées. Pour la CSA, une approche exclusivement sécuritaire des tensions estudiantines ne saurait constituer une réponse durable. Elle plaide pour l’ouverture d’une enquête transparente sur les circonstances du drame, ainsi qu’un audit public du système de gestion des bourses et l’élaboration d’un plan d’urgence visant à améliorer les conditions de vie sur les campus.

Au-delà des frontières nationales, la confédération s’est également prononcée sur la situation des Sénégalais emprisonnés au Maroc. Elle invite l’État à activer sans délai les mécanismes diplomatiques appropriés afin de garantir le respect des droits fondamentaux de ces compatriotes à l’étranger, soulignant l’importance de la protection consulaire et du suivi judiciaire.

Sur le plan sanitaire et sociétal, la CSA s’est alarmée des récentes révélations concernant des cas de transmission volontaire du VIH. Elle appelle à un renforcement des campagnes de sensibilisation et de dépistage, ainsi qu’à une protection accrue de la jeunesse face aux dérives liées à la recherche du gain facile. Pour le syndicat, la prévention passe par l’éducation, la promotion des valeurs de mérite et un accompagnement social adapté aux réalités contemporaines.

En conclusion, le Secrétariat Exécutif Permanent de la CSA rappelle que la paix sociale repose avant tout sur la justice, l’équité et la qualité du dialogue entre les partenaires sociaux. Tout en réaffirmant sa solidarité avec les travailleurs en lutte, la confédération invite le Gouvernement à mettre en œuvre les engagements contenus dans le Pacte de stabilité sociale à travers les organes déjà installés. Elle assure enfin qu’elle restera mobilisée et vigilante pour la défense de l’intérêt national et la protection des droits des travailleurs.

Violences à l’UCAD : le Procureur Ibrahima Ndoye annonce la présentation des étudiants arrêtés à un juge d’instruction

Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Dakar, Ibrahima Ndoye, a apporté de nouvelles précisions sur la procédure engagée à la suite des violences survenues le 9 février 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Lors d’une déclaration publique, le chef du parquet a confirmé que les étudiants interpellés lors des manifestations seront présentés, dès ce mercredi, à un magistrat instructeur.

Revenant sur les événements, le Procureur a indiqué que plusieurs personnes ont été arrêtées pour leur implication présumée dans les troubles enregistrés sur le campus universitaire. Selon lui, certains étudiants sont soupçonnés d’avoir joué un rôle actif dans la conception et l’organisation des actions violentes. « Certains d’entre eux, pour avoir conceptualisé, planifié, organisé, saccagé et fait saccager à tout va, ont été arrêtés, gardés à vue, conduits au parquet de Dakar et seront certainement confiés à un juge d’instruction qui se chargera d’approfondir les investigations », a déclaré Ibrahima Ndoye.

Le magistrat a insisté sur le respect des procédures judiciaires en vigueur. Il a précisé que les personnes interpellées ont d’abord été placées en garde à vue avant d’être déférées au parquet. La prochaine étape consistera en leur présentation devant un juge d’instruction, conformément aux mécanismes légaux de saisine. « Dès demain, ils seront présentés à ce magistrat instructeur suivant les mécanismes classiques et procéduraux de saisine », a-t-il ajouté.

L’ouverture d’une information judiciaire marque ainsi une nouvelle phase dans le traitement de ce dossier sensible. Le juge d’instruction, une fois saisi, aura pour mission d’examiner les charges, d’entendre les mis en cause et d’ordonner, le cas échéant, des actes d’enquête complémentaires afin d’établir les responsabilités individuelles. Cette procédure pourrait déboucher sur des mises en examen si les éléments réunis sont jugés suffisants.

Ces développements interviennent dans un contexte de tension persistante au sein de l’UCAD, où les événements du 9 février ont suscité une vive émotion au sein de la communauté universitaire. Les autorités judiciaires, de leur côté, affirment vouloir conduire la procédure avec rigueur et impartialité, dans le respect des droits de la défense et des principes de l’État de droit.

Décès d’Abdoulaye Bâ : le Procureur Ibrahima Ndoye confirme la thèse d’une chute du 4e étage

Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Dakar, Ibrahima Ndoye, a apporté ce mardi 17 février 2026 des précisions majeures sur les circonstances du décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Lors d’un point de presse tenu au Palais de justice de Dakar, le magistrat a affirmé que les éléments de l’enquête confirment que le jeune homme est « bel et bien l’étudiant qui a sauté du 4e étage du pavillon F », mettant ainsi fin, selon lui, aux spéculations entourant les causes du drame.

Face aux journalistes, le Procureur a détaillé la chronologie des faits telle qu’elle ressort des investigations. Selon ses explications, Abdoulaye Bâ se serait retrouvé dans une situation de panique liée à un contexte de tension marqué par de la fumée et des flammes. « Derrière un écran de feu et un miroir de fumée, ne parvenant pas à sortir de cette menace réelle à laquelle il était exposé avec ses camarades de chambre, il a cherché son salut en passant par la fenêtre », a déclaré Ibrahima Ndoye.

Le magistrat a insisté sur le fait que la chute depuis le quatrième étage du pavillon F serait la cause directe du décès. « Abdoulaye Bâ est bel et bien l’étudiant qui a sauté du 4e étage du pavillon F et qui, malheureusement, a atterri sur l’asphalte. Ce qui explique les dommages et autres dégâts constatés par le médecin légiste », a-t-il précisé. Les conclusions médico-légales, selon le parquet, corroboreraient cette version des faits, les blessures observées étant compatibles avec un impact violent consécutif à une chute de grande hauteur.

Le Procureur de la République a également tenu à répondre aux rumeurs faisant état d’éventuelles violences ou de torture. Il a affirmé qu’aucun élément du dossier, y compris les expertises médicales, ne permet d’établir que l’étudiant aurait été battu. « Abdoulaye Bâ n’a pas été torturé, il n’a pas été battu parce qu’il n’a jamais eu de contact entre lui et les forces de l’ordre. Sa mort résulte d’une chute du 4e étage et il a atterri sur l’asphalte », a-t-il soutenu avec fermeté.

Ces déclarations interviennent dans un climat particulièrement tendu à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, où la communauté estudiantine réclame depuis plusieurs jours toute la lumière sur ce décès. Les autorités judiciaires assurent que l’enquête se poursuit afin de clarifier l’ensemble des circonstances ayant conduit à ce drame.

Alors que les réactions restent vives sur le campus et dans l’opinion publique, la sortie du Procureur vise à apporter des éléments factuels et à apaiser les tensions. Reste à savoir si ces explications suffiront à calmer les inquiétudes et les revendications d’une partie des étudiants qui demandent davantage de transparence et de garanties sur les conditions ayant conduit à la mort d’Abdoulaye Bâ.

Interpellation de Pape Birame Bigué Ndiaye : du direct sur la RTS à la garde à vue à Keur Massar

Quelques heures seulement avant son interpellation, le journaliste Pape Birame Bigué Ndiaye apparaissait à l’antenne de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), face caméra, pour introduire la conférence de presse du procureur Ibrahima Ndoye. Cette communication officielle était consacrée à l’enquête sur le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, une affaire distincte qui continue de susciter une vive émotion au sein de l’opinion publique.

Dans son intervention, diffusée le jour même, le journaliste contextualisait la prise de parole du parquet. Il revenait sur les faits déjà établis concernant les circonstances du drame et mettait en lumière les attentes entourant les conclusions des autorités judiciaires. Le reportage, réalisé dans un cadre strictement institutionnel, s’est déroulé dans les locaux abritant la conférence, en présence de nombreux journalistes et représentants de la presse nationale, venus couvrir ce point de presse très attendu.

Le procureur devait notamment faire le point sur l’état d’avancement des investigations relatives au décès de l’étudiant en deuxième année de médecine à l’UCAD, survenu après des affrontements ayant impliqué des apprenants et les forces de l’ordre. Cette affaire, suivie de près par une grande partie de la population, a alimenté débats et interrogations sur les responsabilités et les circonstances exactes des faits.

Cependant, à l’issue de cette couverture médiatique et alors que la conférence venait de s’achever, un autre épisode est venu marquer la journée du journaliste. Selon des informations concordantes, Pape Birame Bigué Ndiaye a été interpellé par des éléments de la gendarmerie en civil. L’arrestation est intervenue sur place, peu après la fin de l’événement, suscitant surprise et interrogations parmi les professionnels des médias présents.

Cette interpellation ne serait pas liée à l’affaire du décès d’Abdoulaye Ba, mais s’inscrirait dans le cadre de l’exécution d’une délégation judiciaire relative au dossier dit Pape Cheikh Diallo – Djiby Dramé. Une affaire distincte qui fait également l’objet d’investigations judiciaires et dont les ramifications impliquent plusieurs personnes.

À la suite de son arrestation, le journaliste a été conduit à la Section de recherches de Keur Massar. Il y a été placé en garde à vue pour les besoins de l’enquête en cours. À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’a encore précisé les chefs exacts retenus contre lui ni la nature précise des faits qui lui seraient reprochés dans le cadre de cette procédure.

Cette succession d’événements, survenue en l’espace de quelques heures, place Pape Birame Bigué Ndiaye au cœur de l’actualité, dans un contexte déjà marqué par une forte tension autour de plusieurs dossiers judiciaires sensibles. L’évolution de la situation devrait dépendre des conclusions des investigations menées par les autorités compétentes, tandis que le monde médiatique et l’opinion publique suivent attentivement les développements de cette affaire.

Abdou Nguer placé en garde à vue après son audition à la Section de Recherches de Colobane

Convoqué ce mardi 17 février 2026 à la Section de Recherches de Colobane, Abdou Nguer a été placé en garde à vue à l’issue de son audition par les enquêteurs. Cette mesure intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par une vive émotion au sein de l’opinion publique à la suite du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba.

Selon des sources proches du dossier, la convocation d’Abdou Nguer fait suite à sa récente intervention sur la chaîne Dakar 18. Lors de cette prise de parole, il s’était exprimé au sujet du communiqué rendu public par le Procureur de la République concernant les circonstances du décès de l’étudiant, survenu après des affrontements entre apprenants et forces de l’ordre. Ses déclarations auraient suscité l’attention des autorités judiciaires, qui ont décidé de l’entendre afin d’éclaircir certains propos tenus à l’antenne.

L’audition s’est déroulée dans les locaux de la Section de Recherches de Colobane, une unité spécialisée chargée des enquêtes sensibles et des dossiers à fort retentissement. À l’issue de plusieurs heures d’échanges avec les enquêteurs, il a été notifié à Abdou Nguer son placement en garde à vue. Pour l’heure, les faits précis qui lui sont reprochés n’ont pas été officiellement détaillés.

Cette nouvelle étape judiciaire intervient alors que le décès d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, continue de susciter interrogations et demandes de clarification. Une large partie de l’opinion réclame que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de sa mort, tandis que le Procureur de la République avait annoncé un point de presse afin d’apporter des éléments d’information à la population.

Le placement en garde à vue d’Abdou Nguer pourrait relancer le débat sur la liberté d’expression et la responsabilité des acteurs médiatiques dans le traitement de dossiers judiciaires en cours. Sur les réseaux sociaux, les réactions se multiplient déjà, entre appels à la prudence et dénonciations d’une mesure jugée excessive par certains soutiens.

Le Vice-Amiral d’Escadre Oumar Wade installé à la tête des Armées : une page historique s’ouvre

Le Vice-Amiral d’Escadre Oumar Wade a été officiellement installé, ce mardi 17 février 2026, dans ses fonctions de Chef d’État-Major Général des Armées (CEMGA), marquant un tournant majeur dans l’histoire militaire du Sénégal. La cérémonie solennelle s’est tenue sous la présidence du ministre des Forces armées, le Général Birame Diop, en présence du ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cisse , de hauts gradés des Forces de défense et de sécurité ainsi que de nombreuses personnalités de l’État.

Cette installation revêt un caractère historique. Le Vice-Amiral d’Escadre Oumar Wade devient en effet le premier officier issu de la Marine nationale à accéder à la tête de l’État-Major général des Armées. Il est également le 17e CEMGA de l’histoire des Forces armées sénégalaises, une institution reconnue pour sa stabilité, sa discipline et son professionnalisme depuis l’indépendance.

Dans son allocution, le ministre des Forces armées a souligné la portée institutionnelle et symbolique de cette nomination. Selon lui, la cérémonie ne consacre pas seulement l’avènement d’un nouveau commandement, mais constitue également l’expression de la vitalité des Armées sénégalaises. Il a insisté sur le fait que cette institution demeure solide et pérenne, continuellement enrichie par l’engagement et l’héritage des générations successives qui la servent avec loyauté et sens du devoir.

Le Général Birame Diop a rappelé que cette nomination traduit avant tout la confiance du Président de la République, Chef suprême des Armées. Il a indiqué que l’installation du nouveau CEMGA est l’expression de cette confiance, fondée sur son expertise, sa loyauté et son sens élevé de l’État. À travers ces mots, le ministre a mis en exergue la dimension stratégique de la fonction et la responsabilité particulière qui incombe désormais au Vice-Amiral d’Escadre Oumar Wade.

Le rôle du Chef d’État-Major Général des Armées, a-t-il poursuivi, s’inscrit au cœur du dialogue permanent entre l’autorité militaire et le pouvoir politique. Le nouveau CEMGA devra éclairer la décision politique avec rigueur et objectivité, exposer sans complaisance les menaces ainsi que l’état réel des capacités des Armées, et traduire fidèlement les orientations stratégiques en directives militaires claires, en plans cohérents et en actions efficaces sur le terrain. Cette articulation entre vision politique et exécution opérationnelle constitue, selon le ministre, l’un des piliers de la cohérence stratégique nationale.

Le ministre des Forces armées a par ailleurs exprimé sa volonté d’inscrire sa collaboration avec le nouveau Chef d’État-Major Général des Armées dans une relation de confiance exigeante et constructive. L’objectif affiché est de garantir une parfaite cohérence dans la conduite des affaires militaires, de renforcer la solidité de l’outil de défense national et de maintenir les Armées à un haut niveau de préparation face aux défis sécuritaires actuels et futurs.

Ziguinchor paralysée par une grève de 72 heures en soutien à l’étudiant Abdoulaye Ba

Ce mardi 17 février, la quasi-totalité des établissements publics de Ziguinchor ont été désertés par leurs élèves, à la suite d’un mot d’ordre de grève de 72 heures lancé en soutien aux étudiants après la mort tragique d’Abdoulaye Ba. Dans plusieurs quartiers de la commune, les salles de classe sont restées vides, témoignant de l’ampleur du mouvement.

Dès les premières heures de la matinée, des élèves des lycées de la ville ont investi certains collèges pour faire sortir leurs camarades plus jeunes, appelant à une mobilisation générale. L’objectif affiché est de manifester leur solidarité avec les étudiants et d’exiger que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès du jeune étudiant en deuxième année de médecine à Université Cheikh Anta Diop.

Cette grève a fortement perturbé le calendrier scolaire, notamment dans des établissements comme le lycée Kénia, où des élèves de terminale devaient entamer leurs compositions dès ce mardi matin. Les évaluations ont été compromises, plongeant l’administration et les enseignants dans l’incertitude quant à la réorganisation des examens. Dans d’autres lycées et collèges publics de la commune, les cours ont été purement et simplement suspendus.

Le mouvement trouve son origine dans les événements survenus le 9 février dernier à Dakar. Ce jour-là, Abdoulaye Ba, âgé de 21 ans, a perdu la vie lors d’affrontements entre étudiants et forces de l’ordre au sein du campus social de l’Université Cheikh Anta Diop. Depuis, une vive émotion traverse le pays, particulièrement dans le milieu scolaire et universitaire. À Ziguinchor, comme dans d’autres localités, la jeunesse exprime son indignation et réclame vérité et justice.

Au-delà de la solidarité, cette mobilisation traduit un profond malaise et une volonté des élèves de se faire entendre. Les organisateurs du mouvement insistent sur le caractère pacifique de la grève, tout en appelant les autorités à apporter des réponses claires et transparentes sur les circonstances du drame.

Drame à l’UCAD : le Procureur Ibrahima Ndoye face à la presse après la mort d’Abdoulaye Ba

L’émotion et la colère ne retombent pas après le décès brutal d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar. Âgé de 21 ans, le jeune homme a perdu la vie le 9 février 2026, à la suite d’affrontements survenus entre apprenants et forces de l’ordre. Depuis, l’affaire suscite une vive polémique et alimente un débat national sur les circonstances exactes de sa mort.

Face à l’ampleur de l’émotion et à l’exigence de vérité exprimée par une large frange de l’opinion publique, le Procureur de la République près le tribunal de grande instance de Dakar, Ibrahima Ndoye, prévoit de tenir un point de presse dans l’après-midi de ce mardi 17 février 2026 au Palais de justice de Dakar. Cette sortie médiatique est particulièrement attendue, tant les déclarations précédentes du parquet ont été contestées.

Dans un communiqué rendu public quelques jours après le drame, le Procureur avait affirmé que « les éléments disponibles ne corroborent pas les rumeurs faisant état de violences physiques exercées sur la victime ». Une position qui a immédiatement provoqué l’indignation d’acteurs de la société civile, d’organisations estudiantines et de nombreux citoyens. Pour ces derniers, cette communication officielle semblait minimiser la gravité des faits, voire chercher à orienter l’opinion avant la fin complète des investigations.

La controverse s’est intensifiée après la divulgation d’informations relatives à l’autopsie d’Abdoulaye Ba. Selon des sources proches du dossier, le rapport médico-légal ferait état de plusieurs fractures et traumatismes physiques. Ces éléments, largement relayés sur les réseaux sociaux, ont renforcé les soupçons d’un recours disproportionné à la force lors des heurts. Dans ce contexte, beaucoup réclament une enquête indépendante et transparente afin d’établir clairement les responsabilités.

L’affaire a également fait réagir au plus haut sommet de l’État. Devant les parlementaires, lors d’une séance tenue le lundi 16 février, la Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Yacine Fall, a assuré que « tous ceux qui ont enfreint les règles, la loi s’appliquera sur eux ». Une déclaration perçue comme un engagement à faire toute la lumière sur cette affaire, sans protection ni impunité pour d’éventuels responsables.

Sur le campus de l’UCAD, la tension reste palpable. Des étudiants continuent d’exiger justice pour leur camarade, tandis que des appels au calme sont lancés pour éviter de nouveaux débordements. La mort d’Abdoulaye Ba est ainsi devenue un symbole des relations parfois tendues entre forces de l’ordre et jeunes manifestants, mais aussi un test majeur pour la crédibilité des institutions judiciaires.

Sécurité renforcée autour de Mame Makhtar Guèye après l’annonce d’une publication controversée de Jamra

Des éléments de la Brigade d’intervention polyvalente (Bip) ont été déployés pour assurer la sécurité du vice-président de l’Ong islamique Jamra, Mame Makhtar Guèye. L’annonce a été faite par l’organisation elle-même sur sa page Facebook officielle, dans un contexte particulièrement sensible marqué par la controverse autour d’une liste que l’Ong affirme détenir et dont la publication est annoncée.

Dans un message publié en ligne, Jamra, à travers son président exécutif Imam Massamba Diop, a exprimé sa reconnaissance au directeur général de la Police nationale, Mame Seydou Ndour, pour avoir « bien voulu détacher des éléments de la Bip pour la garde rapprochée » de M. Guèye. Cette mesure de protection intervient alors que l’organisation fait face à une vive attention médiatique et à de nombreuses réactions après l’évocation d’une liste comportant des noms de personnes que l’Ong présente comme homosexuelles.

Quelques jours plus tôt, Jamra avait indiqué avoir été saisie par l’un de ses conseils, Seydou Diagne, actuellement en déplacement à Paris, afin de différer la publication de cette liste. Selon les responsables de l’organisation, l’avocat leur aurait demandé « d’attendre son retour de voyage avant de publier la liste des 650 homosexuels », précisant que cette démarche s’inscrirait dans la continuité d’une action antérieure menée par l’Ong.

Mame Makhtar Guèye et ses collaborateurs ont en effet rappelé un précédent remontant à 1985. À cette époque, soutiennent-ils, l’organisation avait, « avec Me Babacar Niang, procédé de la même manière pour la liste des 25 francs-maçons, avant de la rendre publique ». En évoquant cet épisode, Jamra semble vouloir justifier sa méthode et inscrire son initiative actuelle dans une logique qu’elle considère conforme à ses actions passées.

L’annonce de la publication prochaine d’une telle liste suscite cependant de nombreuses interrogations et inquiétudes, tant sur le plan juridique que sur celui des droits et libertés individuelles. Dans ce climat tendu, le renforcement du dispositif sécuritaire autour du vice-président de l’Ong apparaît comme une mesure préventive visant à parer à toute éventualité.

Sénégal : le projet CNDES accélère l’intégration du numérique et de l’intelligence artificielle à l’école

Alors que le Sénégal engage une transformation ambitieuse de son système éducatif à travers le New Deal Technologique 2024-2034 et la Stratégie du Numérique pour l’Éducation (SNE 2025-2029), une initiative concrète vient traduire ces orientations stratégiques en actions de terrain. Le projet « Compétences Numériques des Élèves et Développement de l’Esprit Scientifique » (CNDES), porté par la Coalition des Organisations en Synergie pour la Défens de l’Education Publique (COSYDEP) en partenariat avec la coopération allemande, organise les 15 et 16 février une session de travail au Centre Régional de Formation des Personnels de l’Education de Dakar.

Cette rencontre stratégique réunit une trentaine de participants, dont vingt animateurs issus des régions d’intervention du projet, trois spécialistes et plusieurs partenaires techniques. Elle marque une étape décisive dans la mise en œuvre d’un programme qui ambitionne de réduire la fracture numérique éducative et de promouvoir une utilisation pédagogique effective des technologies.

Un paradoxe persistant caractérise en effet le paysage éducatif sénégalais. Avec un taux de pénétration d’internet avoisinant 67 %, le pays affiche des progrès notables en matière d’accès au numérique. Pourtant, l’intégration des technologies dans les apprentissages reste marginale. D’après le Rapport national sur la situation de l’éducation (2023), seules 19,7 % des écoles élémentaires publiques disposent d’une connexion internet. Les disparités territoriales sont particulièrement marquées : 41,4 % des établissements urbains sont connectés, contre seulement 15,4 % en milieu rural. Au cycle moyen général, si 57,9 % des établissements bénéficient d’une connexion, celle-ci est majoritairement utilisée à des fins administratives, avec un impact encore limité sur les pratiques pédagogiques et l’apprentissage des élèves.

C’est pour répondre à ces insuffisances que le projet CNDES déploie une approche structurée autour de trois axes dans cinq régions du pays : Dakar, Saint Louis, Kedougou, Ziguinchor et Diourbel. L’initiative prévoit la mise en place de « Boutiques Numériques Éducatives » (BNE), conçues comme des espaces de ressources ouverts aux élèves, aux enseignants et aux parents. Ces centres visent à démocratiser l’accès aux outils numériques et à accompagner leur appropriation dans un cadre structuré.

En parallèle, des « Mini-Laboratoires de Recherche » seront installés afin d’initier les apprenants à la programmation, à l’algorithmique et aux bases de la pensée computationnelle. L’objectif est de stimuler la curiosité scientifique et de développer des compétences adaptées aux exigences du XXIe siècle, tout en favorisant l’innovation locale.

La session de Dakar s’articule autour de plusieurs temps forts, notamment le partage des résultats d’une étude diagnostique sur l’état des compétences numériques, des formations en ingénierie pédagogique et des ateliers pratiques de conception de vidéos mobiles. Les participants travailleront également à la production collaborative de ressources numériques contextualisées, adaptées aux réalités socioculturelles des différentes régions. Ces contenus, qu’il s’agisse de textes, de capsules vidéo ou de fiches pédagogiques, seront ensuite diffusés via les plateformes du projet afin d’en assurer une large accessibilité.

Une attention particulière sera accordée à l’éducation à l’intelligence artificielle et au développement de l’esprit critique. Dans un contexte où les outils d’IA deviennent omniprésents, il ne s’agit pas seulement de former les élèves à l’usage technique des technologies, mais de les amener à comprendre leurs mécanismes, leurs limites et leurs implications éthiques. Cette orientation vise à préparer une génération capable d’analyser l’information, de questionner les contenus numériques et d’utiliser les technologies de manière responsable et créative.

Le projet CNDES s’inscrit dans le programme GenerationDigital! de la coopération allemande, qui soutient la transformation numérique en Afrique à travers le renforcement d’écosystèmes éducatifs inclusifs et durables. Une troisième phase est d’ores et déjà envisagée afin de capitaliser les bonnes pratiques issues des expérimentations régionales et de plaider en faveur de leur généralisation à l’échelle nationale.

Affaire Pape Cheikh Diallo : Ibrahima Magib Seck passe aux aveux, de nouvelles arrestations en vue

L’enquête dans l’affaire dite « Pape Cheikh Diallo et Cie » connaît un nouveau tournant. Arrêté en compagnie de trois autres personnes, dont un citoyen français, Ibrahima Magib Seck, plus connu sous le surnom de « Iba », est passé aux aveux devant les enquêteurs de la Brigade de recherches (BR) de Keur Massar.

Selon des informations rapportées par le journal Libération, des vidéos compromettantes ont été retrouvées dans le téléphone du mis en cause, contribuant à l’accélération des investigations. Le dossier, qui présente déjà de multiples ramifications, est loin d’avoir livré tous ses secrets. La délégation judiciaire confiée par le juge du premier cabinet de Pikine-Guédiawaye à la Brigade de recherches de Keur Massar se poursuit activement et pourrait déboucher sur de nouvelles révélations.

D’après les éléments relayés, Ibrahima Magib Seck a reconnu l’organisation d’une soirée à caractère sexuel aux Mamelles, au domicile de Pape Cheikh Diallo. Lors de son audition, il serait revenu en détail sur le déroulement de cette rencontre, indiquant que plusieurs participants y avaient pris part. Les enquêteurs s’intéressent désormais à l’identification de toutes les personnes impliquées.

Les investigations se sont également étendues à plusieurs groupes WhatsApp présentés comme des espaces de rencontres. Les gendarmes exploitent différents numéros de téléphone apparus dans ces groupes afin de retracer d’éventuelles connexions avec les faits reprochés. Une nouvelle vague d’interpellations ne serait pas à exclure, selon des sources proches du dossier.

Dans un communiqué officiel publié récemment, la Gendarmerie nationale a indiqué que les quatre principaux mis en cause, dont un détenu extrait de prison pour les besoins de l’enquête, sont porteurs du VIH et auraient entretenu volontairement des rapports sexuels non protégés avec divers partenaires. Le communiqué précise par ailleurs que, sur les seize personnes arrêtées à ce stade de la procédure, douze seraient porteuses du VIH.

Ces révélations donnent une nouvelle dimension à l’affaire, qui suscite déjà une vive attention de l’opinion publique. L’enquête se poursuit sous l’autorité du parquet compétent afin d’établir les responsabilités et de déterminer l’ampleur exacte des faits.

Alerte autour des écoles : un homme distribue des billets de 5 000 FCFA à des élèves, les parents appelés à la vigilance

Une vive inquiétude gagne les réseaux sociaux depuis la publication d’un message d’alerte par la page Facebook « École du Sénégal ». Dans cette note largement relayée, il est fait état de la présence d’un individu aux abords de certains établissements scolaires, soupçonné de distribuer des billets de 5 000 francs CFA à des enfants.

Selon les informations partagées, un homme aurait été aperçu en train de remettre de l’argent à des élèves, sans que son identité, la provenance des fonds ni ses motivations ne soient, à ce stade, clairement établies. La publication souligne que ces faits, encore entourés de nombreuses zones d’ombre, suscitent une réelle préoccupation au sein de la communauté éducative et des parents d’élèves.

La situation a pris une ampleur particulière après la diffusion d’une vidéo montrant l’homme en question en train de distribuer des billets de 5 000 FCFA à l’intérieur même de salles de classe. Plusieurs internautes ont relayé ces images, parmi lesquels la journaliste Maty Sarr, contribuant ainsi à amplifier l’alerte et à attirer l’attention de l’opinion publique.

Face à ce qu’elle considère comme un risque potentiel pour la sécurité des enfants, la page « École du Sénégal » appelle les parents à redoubler de vigilance. Elle recommande de sensibiliser les élèves à ne rien accepter d’inconnus, qu’il s’agisse d’argent, de cadeaux ou de friandises, et d’engager un dialogue franc avec eux afin qu’ils signalent toute approche suspecte.

Il est également demandé aux familles de faire preuve d’une attention accrue aux heures d’entrée et de sortie des classes, moments souvent jugés plus sensibles. En cas de comportement suspect, les parents sont invités à en informer sans délai les responsables d’établissements scolaires ainsi que les autorités compétentes.

Dans sa note, « École du Sénégal » insiste sur la nécessité d’une mobilisation collective pour garantir la sécurité des élèves. Elle encourage les internautes à partager massivement le message, dans un esprit de prévention et de protection, en attendant que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

Affaire Pape Cheikh Diallo et Cie : des aveux accablants, une enquête élargie et de lourds enjeux sanitaires

L’affaire dite Pape Cheikh Diallo et Cie connaît un nouveau tournant avec les révélations issues de l’enquête menée par la Brigade de recherches de Keur Massar. Selon des informations rapportées par le quotidien Libération dans son édition du mardi 17 février, Ibrahima Magib Seck, interpellé en même temps que trois autres personnes dont un ressortissant français, est passé aux aveux lors de son audition par les enquêteurs.

D’après ses déclarations, il aurait participé à l’organisation d’une « soirée partouze » qui se serait tenue aux Mamelles, au domicile de Pape Cheikh Diallo. Toujours selon la même source, cette rencontre aurait impliqué plusieurs participants dans un cadre privé, avec des pratiques sexuelles qualifiées d’« actes contre nature » par les enquêteurs, et décrites par le mis en cause comme une soirée où « tout était permis ».

Ces révélations ont conduit les enquêteurs à élargir le champ de leurs investigations. L’exploitation des téléphones portables saisis et des communications électroniques, notamment via des groupes WhatsApp, aurait permis d’identifier d’autres personnes susceptibles d’avoir pris part à ces rencontres. Une nouvelle vague d’interpellations serait imminente, les gendarmes cherchant à reconstituer l’ensemble du réseau et à établir les responsabilités individuelles.

Au-delà de l’aspect pénal lié aux mœurs, le dossier comporte un important volet sanitaire qui suscite de vives inquiétudes. Selon un communiqué de la gendarmerie exploité par Seneweb, sur les seize personnes interpellées à ce stade de la procédure, douze seraient porteuses du VIH. Les mis en cause auraient, d’après les éléments de l’enquête, entretenu des rapports sexuels non protégés en connaissance de leur statut sérologique, exposant ainsi volontairement leurs partenaires au virus.

Si ces faits étaient établis, ils pourraient entraîner des qualifications pénales lourdes, notamment pour actes contre nature, mais également pour transmission volontaire du VIH ou mise en danger délibérée de la vie d’autrui. Les autorités judiciaires s’emploient désormais à déterminer le degré d’implication de chacun, ainsi que les circonstances exactes des faits.

L’enquête se poursuit sous la direction du parquet compétent, avec pour objectif d’identifier l’ensemble des participants et de faire toute la lumière sur cette affaire aux ramifications multiples, mêlant infractions pénales présumées et préoccupations majeures de santé publique.

Senelec : le marché des compteurs intelligents de 4,8 milliards FCFA enlisé dans des recours en cascade

Le projet d’acquisition de compteurs intelligents porté par la Senelec, d’un montant estimé à 4,8 milliards de francs CFA, traverse une zone de fortes turbulences administratives et judiciaires. Ce marché stratégique, inscrit dans le cadre du Projet d’amélioration de l’accès à l’électricité au Sénégal (PADAES) financé par la Banque mondiale, est aujourd’hui paralysé par une succession de recours qui retardent sa mise en œuvre et menacent les ambitions nationales en matière d’électrification.

L’affaire trouve son point de bascule en juin dernier lorsque l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) annule l’attribution provisoire du marché à la société chinoise Hexing. Le régulateur des marchés publics estime alors que l’entreprise se trouve dans une situation de conflit d’intérêts manifeste. Déjà fournisseur du système technique existant de gestion des données de comptage (MDMS) de la Senelec, Hexing était contractuellement chargée d’accompagner l’intégration des compteurs proposés par d’autres soumissionnaires. Une configuration jugée problématique par l’ARCOP, dans la mesure où les concurrents étaient contraints de collaborer techniquement avec un acteur également en lice pour le marché, allant jusqu’à lui verser des frais d’études. Pour l’autorité de régulation, cette dualité plaçait l’entreprise en position de « juge et partie », en contradiction avec les principes d’équité et d’égalité de traitement des candidats.

Malgré cette décision, la Senelec ne procède à une réévaluation du marché que six mois plus tard. Lors de cette nouvelle phase, l’entreprise publique écarte non seulement Hexing, mais aussi Kaifa. Elle disqualifie également Inhemeter, pourtant moins-disante financièrement, invoquant des antécédents techniques jugés insatisfaisants. Au terme de cette réévaluation, le choix de la Senelec se porte sur la société chinoise Clou, initialement classée troisième.

Ce nouveau scénario ne met cependant pas un terme aux contestations. Saisie d’un recours introduit par Inhemeter, l’ARCOP décide, le 20 janvier dernier, de suspendre à nouveau la procédure dans l’attente d’une décision définitive sur le fond. En parallèle, Hexing annonce son intention de porter l’affaire devant la Cour suprême afin de contester son éviction, ouvrant ainsi un nouveau front judiciaire susceptible de prolonger l’impasse.

Au-delà de la bataille procédurale, les enjeux sont considérables. Le projet des compteurs intelligents constitue un levier central pour améliorer la performance du réseau, fiabiliser la facturation et réduire les pertes techniques et commerciales. Son blocage prolongé compromet le calendrier du PADAES et fragilise l’objectif d’accès universel à l’électricité fixé par les autorités à l’horizon 2027.

Ce dossier met également en lumière une réalité préoccupante : la compétition pour ce marché de plusieurs milliards oppose exclusivement des entreprises chinoises, à savoir Hexing, Inhemeter, Kaifa et Clou, illustrant la faible présence d’acteurs nationaux sur des segments technologiques aussi stratégiques. Alors que l’État ambitionne de renforcer le tissu industriel local, cette dépendance aux fournisseurs étrangers interroge sur la capacité du secteur privé national à se positionner sur des marchés à forte valeur ajoutée.

Dans l’attente des décisions finales de l’ARCOP et, éventuellement, de la Cour suprême, le projet demeure suspendu, laissant en suspens un chantier clé pour la modernisation du système électrique sénégalais.

Koungheul : Médina Lahène pose les bases d’un nouveau lieu spirituel

À Médina Lahène, localité située dans le département de Koungheul, la pose de la première pierre d’une nouvelle mosquée a été effectuée ce dimanche par le guide religieux El Hadji Babacar Cissé, en présence de plusieurs chefs religieux, notables et fidèles venus de différentes localités.

La cérémonie, empreinte de ferveur spirituelle et de recueillement, a rassemblé une forte mobilisation des populations, témoignant de l’importance du projet pour la communauté. Dans son intervention, El Hadji Babacar Cissé a rappelé le rôle central de la mosquée dans l’éducation religieuse, la cohésion sociale et la transmission des valeurs islamiques aux jeunes générations.

Considéré comme un guide religieux modèle par ses disciples, il a invité les fidèles à cultiver l’unité, la solidarité et l’attachement aux enseignements de l’islam, tout en saluant les efforts collectifs ayant permis le lancement de ce chantier. Plusieurs prières ont été formulées pour la réussite des travaux et pour la paix dans le pays, avant que les autorités religieuses présentes ne bénissent l’initiative.

La future mosquée devrait constituer un lieu de culte majeur pour Médina Lahène et les villages environnants, contribuant ainsi au renforcement de la vie spirituelle dans la zone.

Convocation d’Abdou Nguer par la Section de Recherches : suite à ses propos sur le décès d’Abdoulaye Ba

Le chroniqueur Abdou Nguer a annoncé sur ses réseaux sociaux qu’il a été convoqué ce mardi à 15 heures à la Section de Recherches de la gendarmerie nationale. Cette convocation intervient sur instruction du Procureur de la République, confirmant ainsi la gravité de la situation et l’attention portée à ses récentes interventions médiatiques.

Selon les informations communiquées par le principal concerné, cette convocation est directement liée à son passage sur la chaîne Dakar 18, où il s’est exprimé au sujet du communiqué publié par le Procureur de la République concernant le décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba. Durant cette intervention, Abdou Nguer aurait commenté et analysé les circonstances entourant le décès, suscitant des réactions et attirant l’attention des autorités judiciaires.

L’annonce de cette convocation a rapidement été relayée par les internautes, soulignant l’impact et la visibilité des propos du chroniqueur sur les réseaux sociaux. Pour l’heure, aucune information officielle n’a été publiée par la gendarmerie ou le Parquet sur le contenu précis des investigations qui seront menées à l’encontre d’Abdou Nguer, ni sur les suites possibles de cette convocation.

Arrestations à l’UCAD : le Collectif des amicales dénonce des détentions « arbitraires »

Demba Ka, Waly Faye et Bathie Fall sont réclamés libres immédiatement par le collectif étudiant, dénonçant des mesures « infondées ».

Le Collectif des Amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, seule structure suprême chargée de la défense des intérêts de la communauté estudiantine, porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale que les trois représentants des étudiants, M. Demba Ka, M. Waly Faye et M. Bathie Fall, ont bénéficié d’un retour de parquet.

Depuis le début de cette affaire, le Collectif considère ces arrestations comme arbitraires et injustifiées. Il tient à rappeler qu’il demeure la seule structure légitime habilitée à dialoguer avec les autorités afin de trouver des solutions durables pour une sortie de crise.

Cependant, nous constatons avec regret que l’autorité semble exclure toute voie de négociation, privilégiant plutôt le rapport de force. Plus grave encore, à la sortie de l’audience de nos trois représentants, un autre camarade, Mor Diouf, venu leur apporter son soutien, a été arrêté au niveau du Tribunal de Grande Instance par les forces de l’ordre.

Le Collectif dénonce avec la plus grande fermeté ces actes de poursuites et de traque visant des étudiants dont le seul tort est d’avoir défendu dignement la cause estudiantine.

En conséquence, le Collectif exige la libération immédiate et sans condition de tous les étudiants détenus. Il informe par ailleurs l’ensemble des étudiants et élèves qu’un mot d’ordre sera publié à 20 heures sur ses canaux officiels d’information.

Le Collectif réitère son engagement et sa détermination à défendre les intérêts des étudiants et appelle à la solidarité et à la mobilisation de toute la communauté estudiantine.

Collectif des amicales de l’UCAD

Fait à Dakar, le 16/02/26

Décès d’Abdoulaye Ba : Yassine Fall promet que « la loi s’appliquera à tous »

L’émotion et la gravité étaient palpables à l’Assemblée nationale du Sénégal ce lundi 16 février 2026, lors de l’examen du projet de loi n°09/2025 portant création et organisation de l’Observatoire National des Lieux de Privation de Liberté. En marge des débats, la ministre de la Justice, Yassine Fall, est revenue sur le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, un drame survenu sous son magistère et qui suscite une vive indignation dans l’opinion publique.

Face aux députés, la Garde des Sceaux a exprimé son regret et sa compassion, affirmant qu’aucune autorité ne peut se réjouir d’« une mort d’homme » dans un contexte relevant de la responsabilité de l’État. Elle a reconnu la gravité de la situation, tout en prenant un engagement solennel : faire toute la lumière sur les circonstances du décès et situer clairement les responsabilités.

Dans une déclaration ferme, Yassine Fall a assuré qu’elle n’accorderait aucune protection à quiconque aurait enfreint la loi. « En tant que ministre de la Justice, je n’accorderai aucune protection à ceux qui ne se conforment pas à la loi, qu’ils soient membres du gouvernement ou du ministère de la Justice », a-t-elle martelé devant la représentation nationale. Rappelant les positions qu’elle défendait lorsqu’elle siégeait dans l’opposition, elle a insisté sur la nécessité de rompre avec toute forme d’impunité. Selon elle, la crédibilité des institutions repose sur l’égalité de tous devant la loi.

Concernant l’enquête en cours, la ministre a promis transparence et rigueur. Elle a affirmé que toutes les personnes impliquées dans cette affaire devront répondre de leurs actes devant la justice, sans distinction de statut ni de fonction. « Personne au Sénégal ne sera au-dessus de la loi, et la loi sera appliquée dans toute sa rigueur », a-t-elle déclaré, réitérant son attachement au principe d’État de droit.

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une forte sensibilité autour des conditions de détention et du respect des droits humains. L’examen du projet de loi créant l’ONLPL, organe chargé de veiller au respect des droits fondamentaux dans les lieux de privation de liberté, donne une résonance particulière à cette affaire. Pour de nombreux observateurs, les engagements pris par la ministre seront scrutés de près, tant par la représentation nationale que par l’opinion publique, dans l’attente des conclusions de l’enquête sur la mort d’Abdoulaye Ba.

Détenus séropositifs : « Toutes les dispositions ont été prises », assure Yassine Fall à l’Assemblée

La question de la prise en charge des détenus vivant avec le VIH dans les établissements pénitentiaires sénégalais s’est invitée au cœur des débats à l’Assemblée nationale du Sénégal, ce lundi 16 février 2026. Interpellée sur les conditions sanitaires en milieu carcéral, la ministre de la Justice, Yassine Fall, a tenu à rassurer les députés et l’opinion publique. « Toutes les dispositions sont prises pour protéger les autres prisonniers », a-t-elle déclaré, affirmant que l’administration pénitentiaire agit avec vigilance et responsabilité.

Selon les explications fournies par la Garde des Sceaux, les personnes arrêtées dans le cadre de l’affaire impliquant Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé et leurs co-inculpés sont au nombre de 26. Parmi elles, 19 sont incarcérées à la Prison de Rebeuss, tandis que les sept autres sont détenues à la Prison du Cap Manuel.

La ministre a précisé que les détenus séropositifs ont été identifiés conformément aux protocoles médicaux en vigueur. Elle a assuré que toutes les mesures nécessaires ont été mises en place afin d’éviter tout risque pour la santé des autres pensionnaires, sans toutefois entrer dans les détails des dispositifs spécifiques adoptés, invoquant la sensibilité des données médicales et le respect du secret professionnel.

La question des conditions matérielles de détention a également été soulevée, notamment celle de la climatisation des cellules dans certains pavillons spéciaux. Yassine Fall a indiqué que des climatiseurs mobiles ont été installés pour des raisons sanitaires, précisant que ces équipements ont été acquis aux frais des pensionnaires concernés. Elle a ajouté avoir été informée de cette mesure le jour même de son intervention, soit le 16 février 2026.

Ces déclarations interviennent dans un contexte où les conditions de détention et la gestion sanitaire en milieu carcéral font régulièrement l’objet de débats. En réponse aux inquiétudes exprimées, la ministre de la Justice a réaffirmé l’engagement de l’État à garantir la sécurité, la santé et la dignité de tous les détenus, dans le respect des normes nationales et internationales.

Affaire Pape Cheikh Diallo : quatre nouveaux interpellés déclarés séropositifs, l’enquête s’intensifie

L’affaire dite « Pape Cheikh Diallo et Cie » connaît un nouveau développement avec l’arrestation de quatre individus dont la situation sanitaire et les déclarations viennent alourdir le dossier judiciaire. Selon des informations communiquées par le colonel Ibrahima Ndiaye, chef de la Division communication et des relations publiques de la Gendarmerie nationale, la brigade de recherches de Keur Massar a procédé, le samedi 14 février 2026, à l’extraction d’un détenu de la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss dans le cadre d’investigations complémentaires ordonnées par l’autorité judiciaire.

Cette opération s’inscrit dans la continuité des instructions judiciaires visant à faire toute la lumière sur l’implication présumée de cet individu dans une affaire aux ramifications multiples. D’après la gendarmerie, les investigations menées après son extraction ont permis de réunir des éléments jugés probants, confirmant sa participation aux faits qui lui sont reprochés.

Au cours de son audition, le mis en cause aurait reconnu avoir entretenu, depuis 2021, des relations sexuelles non protégées avec plusieurs partenaires. Une réquisition adressée au médecin-chef du centre de santé de Keur Massar a permis de confirmer son statut séropositif, selon les autorités. Cette confirmation médicale a constitué un élément déterminant dans l’évolution de la procédure.

Dans le prolongement de l’enquête, les gendarmes ont interpellé trois autres individus. Ces derniers sont poursuivis pour association de malfaiteurs, transmission volontaire du VIH/sida, mise en danger de la vie d’autrui, blanchiment de capitaux ainsi que complicité d’offre ou de cession de drogue. Toujours selon le communiqué de la gendarmerie, les personnes arrêtées ont reconnu être porteuses du VIH et avoir eu des rapports sexuels non protégés avec plusieurs partenaires.

Les enquêteurs cherchent désormais à établir l’étendue exacte du réseau présumé, ainsi que le nombre potentiel de victimes ou de personnes exposées. Des vérifications supplémentaires sont en cours afin d’identifier d’éventuels complices et de déterminer les responsabilités pénales de chacun.

Cette affaire, qui suscite une vive émotion, met en lumière des enjeux sanitaires et judiciaires sensibles. Les autorités assurent que l’enquête se poursuit activement sous la supervision du parquet compétent, avec pour objectif de situer toutes les responsabilités et d’apporter des réponses judiciaires conformes au droit en vigueur.

Éducation – Calendrier scolaire menacé : une grève de 48 heures annoncée

Le Syndicat Autonome pour le Développement de l’Éducation et de la Formation (SADEF) a rendu public son sixième plan d’action, marquant une nouvelle étape dans sa lutte pour l’amélioration des conditions de travail des enseignants et la prise en charge de leurs revendications professionnelles. À travers un communiqué largement diffusé, l’organisation syndicale annonce une série de mouvements d’humeur prévus cette semaine.

Selon le calendrier établi, un débrayage est programmé le mercredi 18 février à partir de 10 heures, suivi d’une grève totale les jeudi 19 et vendredi 20 février. Cette mobilisation vise à interpeller les autorités gouvernementales sur plusieurs points jugés prioritaires par le syndicat.

Des revendications axées sur le statut et la retraite des enseignants

Au cœur des exigences du SADEF figure l’application rapide des décrets n°2026-65 et n°2026-66 du 27 janvier 2026, relatifs au statut des enseignants décisionnaires. Le syndicat réclame également le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans, ainsi que la révision et l’augmentation des pensions afin d’améliorer les conditions de vie des enseignants après leur carrière active.

Par ailleurs, l’organisation syndicale demande une meilleure prise en charge budgétaire des enseignants décisionnaires admis à la retraite et dénonce la surimposition appliquée aux rappels et aux salaires, qu’elle souhaite voir supprimée de manière systématique.

Questions administratives et évolution de carrière

Le SADEF insiste aussi sur la publication des arrêtés d’admission définitive au CEAP et au CAP, considérée comme une étape essentielle pour la régularisation administrative de nombreux enseignants. La réouverture du concours de NI figure également parmi les revendications majeures.

Le syndicat appelle en outre à mettre fin aux lenteurs administratives qui, selon lui, freinent l’évolution professionnelle du personnel éducatif. Il réclame enfin l’octroi d’indemnités aux EFA, estimant que ces acteurs jouent un rôle important dans le système éducatif.

Un appel au dialogue

À travers ce plan d’action, le SADEF affirme vouloir défendre « un syndicalisme autrement et mieux », tout en invitant les autorités à ouvrir des discussions urgentes afin d’éviter une perturbation prolongée du calendrier scolaire.

Cette nouvelle mobilisation intervient dans un contexte où les questions liées au statut, à la carrière et à la protection sociale des enseignants demeurent au centre des préoccupations du secteur éducatif.

And Samm Jikko Yi dénonce un scandale d’abus sexuels et somme l’État de criminaliser l’homosexualité avant le 8 avril

Le mouvement And Samm Jikko Yi est monté au créneau ce lundi lors d’un point de presse marqué par de vives déclarations et un ultimatum adressé aux autorités sénégalaises. L’organisation affirme qu’une enquête conjointe entre les polices sénégalaise et française aurait permis de démanteler un réseau criminel transnational impliqué dans des abus sexuels sur mineurs et dans la transmission volontaire du VIH/SIDA. Selon ses responsables, le principal suspect serait un ressortissant français nommé Pierre Robert, présenté comme le cerveau du réseau.

D’après les éléments exposés devant la presse, ce réseau aurait recruté de jeunes désœuvrés afin de les impliquer dans la production de vidéos à caractère pornographique. Les victimes, décrites comme des mineurs, auraient été droguées, puis violées, les actes étant filmés et diffusés en direct. L’organisation soutient également que certaines victimes auraient été volontairement contaminées au VIH lors de ces violences. Des accusations d’une extrême gravité qui, si elles étaient confirmées par les autorités judiciaires, constitueraient l’un des plus importants scandales criminels récents liés à l’exploitation sexuelle au Sénégal.

Au cours de son intervention, And Samm Jikko Yi a établi un parallèle historique controversé, qualifiant le suspect présumé de « nostalgique de la traite négrière ». Une comparaison qui illustre le ton particulièrement ferme adopté par le mouvement, déterminé à inscrire cette affaire dans un registre moral et politique plus large.

Au-delà de la dénonciation du réseau criminel, le point de presse a surtout servi de tribune pour relancer le débat sur la législation relative à l’homosexualité au Sénégal. Les responsables du mouvement ont remis en question le cadre constitutionnel et juridique en vigueur, estimant que celui-ci ne permettrait pas, selon eux, une répression suffisante de l’homosexualité. Ils ont notamment évoqué l’article 319, alinéa 3 du Code pénal, qu’ils jugent inadapté, ainsi que certaines conventions internationales ratifiées par le Sénégal, dont le Protocole de Maputo, qu’ils considèrent comme des obstacles à une criminalisation plus explicite.

Les dirigeants d’And Samm Jikko Yi ont également interrogé la nature laïque de l’État sénégalais, estimant qu’elle serait en décalage avec la sociologie religieuse du pays. Ils ont soutenu que les textes fondamentaux actuels s’inspireraient largement du modèle français et qu’ils devraient être révisés pour refléter davantage, selon eux, les valeurs culturelles et religieuses nationales.

Le mouvement a par ailleurs rappelé les démarches entreprises auprès des nouvelles autorités depuis leur accession au pouvoir en mars 2024. Une première correspondance aurait été adressée le 24 mai 2024, suivie d’une seconde lettre le 13 janvier 2025 au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi qu’au Premier ministre Ousmane Sonko. Des audiences auraient ensuite été accordées, notamment avec le président de l’Assemblée nationale en février 2025 et avec le groupe parlementaire Pastef en mai de la même année. And Samm Jikko Yi affirme également avoir organisé plusieurs rassemblements publics, dont la « Journée Raibon » tenue à Kolda en janvier 2026.

Malgré ces initiatives, le mouvement se dit insatisfait des réponses obtenues jusqu’ici, qu’il qualifie de promesses non suivies d’effets. Il rappelle que l’actuel gouvernement a été élu sur des engagements de rupture et de souveraineté nationale, y compris face aux pressions internationales sur les questions liées au genre et aux droits humains. Dans cette optique, And Samm Jikko Yi affirme que la criminalisation de l’homosexualité constituerait, selon lui, un engagement central de campagne qui devrait être honoré.

En conclusion, l’organisation fixe une date butoir au 8 avril, au-delà de laquelle elle se réserve le droit de définir la suite à donner à sa démarche, sans préciser la nature des actions envisagées. Ce nouvel ultimatum intervient dans un contexte déjà sensible, où les questions liées aux droits, aux libertés individuelles et à la protection des mineurs suscitent de vifs débats au sein de la société sénégalaise.

Crise universitaire : Amsatou Sow Sidibé plaide pour une refonte souveraine du système éducatif sénégalais

Invitée ce dimanche sur le plateau de « Point de Vue » à la RTS, la présidente de la Commission Nationale des Drois de l’Homme (CNDH), la Professeure Amsatou Sow Sidibe , a livré une analyse sans détour de la crise qui secoue l’université sénégalaise. Pour cette figure majeure du monde académique et juridique, les tensions récurrentes liées aux bourses, aux retards académiques et aux perturbations du calendrier ne sont que les manifestations visibles d’un mal plus profond qui affecte structurellement le système d’enseignement supérieur.

Au cœur de son diagnostic, la juriste pointe le système LMD (Licence-Master-Doctorat), qu’elle estime aujourd’hui inadapté aux réalités sénégalaises. « Le système LMD, il faut le revoir. C’est un gros problème », a-t-elle déclaré avec gravité. Selon elle, ce modèle, inspiré et importé de pays occidentaux, a été transposé au Sénégal sans une adaptation suffisante aux spécificités locales. Elle rappelle que ce dispositif a été conçu dans des contextes disposant de ressources, d’infrastructures et de capacités d’encadrement bien plus importantes.

Pour Amsatou Sow Sidibé, la question dépasse la simple organisation des cycles universitaires. Elle soulève un enjeu de souveraineté éducative. À ses yeux, un pays ne peut bâtir un système performant en reproduisant mécaniquement des schémas conçus ailleurs. « L’idée de souveraineté dans le domaine de l’éducation doit prévaloir », a-t-elle affirmé, appelant à une prise de conscience collective. Elle précise ne pas parler d’un échec formel du LMD, mais plutôt d’une « non-réussite », soulignant ainsi la nécessité d’un examen lucide et objectif de ses résultats au Sénégal.

La présidente de la CNDH met également en lumière les failles structurelles qui entravent le bon fonctionnement du système. Elle évoque un déficit criant d’infrastructures universitaires, un manque de ressources financières et une insuffisance notable d’enseignants-chercheurs qualifiés. Selon elle, le LMD exige des moyens conséquents pour garantir un suivi pédagogique rigoureux, des évaluations continues efficaces et un encadrement adapté des étudiants. Or, ces conditions ne sont pas réunies de manière satisfaisante.

Dans ce contexte, elle estime que les crises récurrentes dans les universités ne peuvent être résolues par des mesures ponctuelles ou des réponses conjoncturelles. Les revendications liées aux bourses ou à la restauration universitaire, bien qu’importantes, ne constituent qu’une partie du problème. Le véritable défi réside dans la conception même du modèle éducatif et dans la capacité de l’État à l’adapter aux réalités socio-économiques du pays.

Amsatou Sow Sidibé ouvre ainsi le débat sur l’avenir de l’enseignement supérieur au Sénégal. Faut-il corriger et adapter le système LMD en profondeur ou envisager l’élaboration d’un modèle alternatif, conçu sur mesure pour répondre aux besoins nationaux ? Pour elle, la réflexion doit être inclusive, associant les autorités, les universitaires, les étudiants et l’ensemble des acteurs concernés.

À travers cette prise de position, la présidente de la CNDH invite à dépasser les réponses d’urgence pour engager une réforme structurelle ambitieuse. Une réforme qui placerait la souveraineté éducative, la qualité de l’encadrement et l’adéquation aux réalités nationales au cœur des priorités, afin de redonner à l’université sénégalaise stabilité, crédibilité et efficacité.

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