Le FMI affine son évaluation sur la soutenabilité de la dette du Sénégal : un examen décisif pour l’avenir économique du pays

Le Fonds monétaire international (FMI) poursuit une analyse approfondie de la situation financière du Sénégal, un exercice décisif pour la relance d’une coopération financière suspendue depuis plus d’un an. À Washington, la porte-parole du Fonds, Julie Kozack, a confirmé que les équipes du FMI et celles de la Banque mondiale travaillent conjointement à la finalisation d’une analyse actualisée de la viabilité de la dette sénégalaise.

Cet examen technique, connu sous le nom de Debt Sustainability Analysis (DSA), vise à mesurer la capacité du pays à honorer ses engagements financiers sans compromettre sa stabilité budgétaire. Selon Mme Kozack, les discussions en cours portent notamment sur « la dynamique de la dette » et sur « la crédibilité de la stratégie de financement » adoptée par les autorités sénégalaises depuis l’arrivée du nouveau gouvernement. Autrement dit, le FMI veut s’assurer que le Sénégal est en mesure de rembourser sa dette tout en maintenant une trajectoire de croissance soutenable.

Cette évaluation intervient dans un contexte économique et politique particulier. En 2024, le précédent programme d’aide du FMI, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, avait été suspendu à la suite de la découverte d’une dette cachée de 7 milliards de dollars. Ces engagements financiers, contractés sous l’ancien régime, avaient gravement entamé la confiance des partenaires techniques et financiers, tout en exposant les fragilités de la gestion budgétaire du pays. Depuis lors, le Sénégal s’efforce de restaurer sa crédibilité sur la scène économique internationale, tout en maintenant un équilibre entre discipline financière et ambitions sociales.

Une mission du FMI s’est récemment rendue à Dakar afin d’approfondir les discussions avec les autorités. Cependant, selon plusieurs sources proches du dossier, aucun accord n’a encore été trouvé, la mission s’étant achevée sur des divergences concernant certaines projections macroéconomiques et le rythme d’ajustement budgétaire envisagé. Le retour à un programme formel avec le FMI dépendra donc des conclusions de cette analyse, qui devraient être présentées au conseil d’administration du Fonds dans les prochaines semaines.

Pour sa part, le Premier ministre Ousmane Sonko a adopté une position sans équivoque sur la question. Refusant toute perspective de restructuration ou de renégociation, il a déclaré que le Sénégal « honorerait ses engagements sans renoncer à sa souveraineté économique ». Cette posture, qui s’inscrit dans une logique de fermeté et d’indépendance financière, a suscité des réactions contrastées. Si elle est perçue par une partie de l’opinion comme un acte de dignité nationale, certains experts y voient une stratégie risquée dans un contexte de tension sur les marchés financiers internationaux.

En effet, les investisseurs ont réagi avec prudence à ces déclarations. Les rendements des obligations sénégalaises à long terme ont connu une hausse, traduisant une montée du risque perçu, tandis que ceux des titres à plus court terme ont légèrement baissé. Cette réaction mitigée témoigne d’une certaine nervosité des marchés, qui attendent avec attention les conclusions de l’analyse du FMI avant de se repositionner sur les titres souverains du Sénégal.

Malgré les incertitudes, le FMI a tenu à rassurer les autorités sénégalaises. Julie Kozack a affirmé que « le personnel et la direction du Fonds ne demanderont pas de remboursement anticipé » dans le cadre du programme suspendu, une déclaration destinée à éviter toute spéculation sur une éventuelle crise de liquidité.

Dans l’attente de la décision finale du conseil d’administration, le gouvernement sénégalais continue de mettre en œuvre des mesures d’assainissement budgétaire. Les efforts portent sur la rationalisation des dépenses publiques, la priorisation des investissements productifs et la réduction du déficit budgétaire, afin de rétablir un équilibre durable entre croissance et soutenabilité financière.

Si le FMI conclut à une dette viable, le Sénégal pourrait bénéficier d’un nouveau programme d’appui, ouvrant la voie à un financement plus souple et à une meilleure crédibilité auprès des marchés internationaux. En revanche, si l’analyse met en évidence des vulnérabilités persistantes, le pays sera contraint d’adopter des réformes structurelles plus contraignantes pour corriger sa trajectoire budgétaire.

Thierno Alassane Sall : « Diviser le pays entre pro Diomaye et pro Sonko, c’est trahir le Sénégal »

Le député et président du parti République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a vivement réagi à la situation politique et économique actuelle du Sénégal. Dans une déclaration transmise à la presse, l’ancien ministre de l’Énergie a fustigé ce qu’il qualifie de « guerre des chefs » au sommet de l’État, entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, dénonçant une dérive politique dangereuse pour le pays.

Thierno Alassane Sall affirme que, dans un contexte économique déjà fragile, les querelles internes au sein du pouvoir sont une trahison envers le peuple sénégalais. « Évoquer un Président de transition, bouder les conseils des ministres ou diviser le pays entre partisans de Diomaye et de Sonko n’est pas seulement puéril, c’est trahir le Sénégal », a-t-il écrit dans une note au ton particulièrement sévère.

L’ancien ministre explique qu’il avait déjà, lors d’une séance de la commission des finances à l’Assemblée nationale le jeudi 6 novembre, alerté sur la charge écrasante du service de la dette et les conséquences économiques d’une instabilité politique au sommet de l’État. « Je m’adressais au ministre des Finances et à son collègue de l’Économie pour attirer leur attention sur les effets directs de la dette, notamment à travers les intérêts, et sur la capacité du Sénégal à recourir au marché financier en cas de guerre ouverte entre Diomaye et Sonko », a-t-il rappelé.

Selon lui, ces avertissements n’ont pas été pris au sérieux par les députés proches du Pastef, qui auraient tourné ses propos en dérision. « Moins d’une semaine après, le Sénégal s’enfonce aux derniers cercles des enfers financiers, suite aux développements de la guerre au sommet », déplore-t-il.

Thierno Alassane Sall estime que les acteurs de la coalition au pouvoir ont « perdu tout sens de l’éthique et de la responsabilité », au moment où le pays traverse une situation socioéconomique critique. « Le Sénégal fait face à une dette colossale qui rend quasiment impossibles les investissements urgents. La pauvreté et la faim gagnent du terrain, tandis que le JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) est à nos frontières », s’inquiète-t-il.

Pour le leader de la République des Valeurs, les responsables politiques devraient concentrer leurs efforts sur la résolution des difficultés économiques et sociales plutôt que sur des luttes de positionnement. Il met en garde contre toute tentative de fragiliser les institutions par des rivalités internes. « La vraie haute trahison serait de laisser cette chienlit prospérer », conclut-il avec gravité.

Cette sortie intervient dans un contexte de rumeurs persistantes autour d’un climat tendu entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, alimentées par certaines divergences au sein de la coalition au pouvoir. Thierno Alassane Sall, connu pour ses prises de position sans détour, appelle ainsi à la responsabilité et à l’unité pour préserver la stabilité du pays.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°606 – 13/11/2025

🔴 LE SÉNÉGAL DANS LE TRIO AFRICAIN DES ÉCONOMIES EN DANGER APRÈS LES DÉCLARATIONS DE SONKO : TÉRA-FAILLITE EN VUE
🔴 TRAQUE DES CHRONIQUEURS : ABDOU NGUER LIBRE, BADARA GADIAGA TIENT BON

🔴 TROISIÈME MÉDAILLE AUX JEUX ISLAMIQUES 2025 : OUMY DIOP INARRÊTABLE !
🔴 FOOT LOCAL : JARAAF ET GUÉDIAWAYE FC RETROUVENT LEURS PELOUSES

Dette publique : le FMI renvoie le Sénégal à ses choix souverains

Le Fonds monétaire international (FMI) a affirmé, dans un communiqué relayé par Bloomberg, avoir discuté avec les autorités sénégalaises de plusieurs pistes pour faire face aux « importantes vulnérabilités liées à la dette » du pays. Toutefois, l’institution internationale précise qu’il revient au gouvernement sénégalais de décider souverainement de la manière dont il souhaite gérer cette situation.

Cette position intervient dans un contexte tendu sur les marchés financiers. Les déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, la semaine dernière, rejetant toute idée de restructuration de la dette publique, ont déclenché une nouvelle vague de ventes massives d’obligations sénégalaises, aggravant la pression sur les taux d’intérêt. Les rendements des eurobonds sénégalais ont fortement fluctué : celui des obligations à échéance 2031, qui avait connu lundi la plus forte chute jamais enregistrée, est retombé de cinq points de base à 15,32 % mardi matin à Londres, tandis que celui des titres à échéance 2048 a légèrement progressé à 11,97 %.

L’actuelle crispation entre Dakar et les bailleurs internationaux trouve ses origines dans la découverte, en 2024, de plus de 7 milliards de dollars de dettes non déclarées, accumulées sous le précédent régime. Cette révélation avait conduit à la suspension du précédent programme du FMI, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, gelé dans l’attente d’un audit complet et d’un assainissement budgétaire.

Une mission du FMI s’est rendue à Dakar la semaine dernière pour évaluer la situation macroéconomique et explorer la possibilité d’un nouvel accord de financement, mais les discussions se sont achevées sans conclusion. Le FMI a toutefois précisé que toute décision concernant une éventuelle restructuration de la dette dépendra d’une analyse de soutenabilité, dont les résultats sont attendus dans les prochaines semaines.

« Le choix et la nature spécifique des opérations sur la dette, y compris la décision de procéder ou non à une restructuration, relèvent d’une décision souveraine », a déclaré un porte-parole du FMI dans une réponse par courriel adressée à Bloomberg.

Pour le Premier ministre Ousmane Sonko, il n’est pas question de céder à une pression extérieure. Dans une déclaration publique, il a estimé que la dette du Sénégal restait soutenable et qu’une restructuration — perçue comme un aveu de faiblesse ou de défaut — n’était pas envisageable. Cette position s’inscrit dans une logique de souveraineté économique chère au tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko, qui prône une gouvernance plus indépendante des institutions financières internationales.

Mais cette intransigeance a un coût : selon Leeuwner Esterhuysen, analyste chez Oxford Economics, le refus de restructurer la dette « limite considérablement les marges de manœuvre du Sénégal si l’appui extérieur venait à être retardé ou réduit ». Sans restructuration, « le pays devra se tourner vers un financement intérieur plus coûteux ou opérer d’importantes coupes budgétaires, au risque de provoquer des tensions économiques et sociales », avertit-il.

Le FMI, de son côté, insiste sur son rôle d’assistance technique et analytique, non de contrainte politique. « L’analyse des politiques économiques et la formulation de recommandations font partie du mandat du FMI, mais les décisions finales appartiennent toujours aux autorités nationales », a rappelé son porte-parole.

Cette formulation diplomatique illustre bien la complexité de la situation : entre la volonté d’affirmer une souveraineté économique retrouvée et la nécessité de rassurer les investisseurs, le Sénégal avance sur une ligne de crête. Si le gouvernement campe sur sa position, il devra impérativement convaincre par des réformes internes crédibles, sous peine de voir les marchés se fermer davantage à lui.

Crise de la dette : le Sénégal rejoint le Gabon et le Mozambique dans le trio africain au bord de la faillite financière

Selon une analyse publiée ce mercredi par Bloomberg, les obligations souveraines du Sénégal ont atteint un niveau historiquement bas, plaçant le pays dans une situation de détresse financière aiguë et l’excluant de facto des marchés internationaux de capitaux. Une situation qui alarme les investisseurs et rappelle les récentes difficultés du Gabon et du Mozambique, deux autres États africains fragilisés par le poids de leur dette.

Les données de l’indice de JPMorgan Chase & Co., citées par Bloomberg, montrent que l’écart de rendement entre les obligations sénégalaises et les bons du Trésor américain s’est élargi à 1 077 points de base mercredi. Ce seuil, considéré comme la limite critique au-delà de laquelle un pays ne peut plus emprunter sur les marchés internationaux, signale une perte quasi totale de confiance des investisseurs. À titre de comparaison, le Mozambique affiche actuellement un écart de 965 points de base, tandis que la dette gabonaise a récemment franchi cette même barre symbolique.

Cette dégradation brutale de la signature du Sénégal intervient après la fin, sans accord, de la mission du Fonds monétaire international (FMI) à Dakar. Le FMI, qui négociait avec les autorités sénégalaises un nouveau programme d’appui financier, a quitté le pays sans conclusion, laissant planer de sérieux doutes sur la trajectoire budgétaire du gouvernement. Le précédent programme, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, avait été suspendu en 2024 après la révélation de dettes cachées estimées à plus de 7 milliards de dollars, un scandale qui continue d’éroder la crédibilité financière de l’État.

Dans un contexte de forte tension sur les marchés, les propos du Premier ministre Ousmane Sonko n’ont pas contribué à apaiser la situation. Ce dernier a clairement écarté, lors d’une déclaration le week-end dernier, toute possibilité de restructuration de la dette, préférant défendre la position d’un État souverain qui refuse d’être soumis à des conditions imposées par les bailleurs. Cette posture, jugée intransigeante par les investisseurs, a aussitôt provoqué une vente massive des obligations sénégalaises en dollars, entraînant une flambée des rendements. Les titres à échéance 2031 ont bondi de 122 points de base pour atteindre 16,87 %, selon Bloomberg, soit une hausse de près de 300 points de base en trois jours seulement.

Pour Mark Bohlund, analyste principal chez REDD Intelligence cité par Bloomberg, « le marché intègre désormais une probabilité significative de restructuration de la dette du Sénégal, et cette perception s’est renforcée depuis la déclaration du FMI du 6 novembre ». Selon lui, « cela signifie clairement que le Sénégal est aujourd’hui coupé de l’accès au marché des eurobonds ».

Le FMI, de son côté, reconnaît la gravité de la situation. Dans une note publiée mardi, l’institution financière a indiqué avoir « exploré plusieurs options avec les autorités sénégalaises » mais a laissé entendre que le gouvernement devait désormais décider comment gérer ses importantes vulnérabilités financières. Une manière diplomatique de signifier que la balle est désormais dans le camp de Dakar.

D’après Yvonne Mhango, économiste principale chez Bloomberg Economics, la viabilité de la dette sénégalaise passe désormais par une combinaison de rigueur budgétaire et de concessions des créanciers. Elle estime que pour stabiliser ses finances, le Sénégal devra dégager un excédent primaire équivalent à 2 % de son produit intérieur brut (PIB), tout en obtenant des “haircuts” (coupes dans le remboursement du principal) de la part des détenteurs d’eurobonds et d’autres prêteurs. « Même avec un ajustement budgétaire sévère, la charge de la dette restera insoutenable sans une réduction des créances », écrit-elle dans son rapport.

Certains analystes, toutefois, appellent à relativiser cette crise. Pour Simon Simond, spécialiste des marchés africains interrogé par Bloomberg, « le Sénégal ne constitue pas un risque systémique ». Il note que « la plupart des pays africains présentent aujourd’hui des perspectives économiques encourageantes, une amélioration de leurs réserves de change et une réduction progressive de leurs ratios d’endettement ». Cependant, reconnaît-il, la défiance des marchés à l’égard du Sénégal pourrait rapidement se propager à d’autres économies si le gouvernement ne parvient pas à rassurer ses partenaires financiers.

En dépit de ce climat d’incertitude, les autorités sénégalaises maintiennent leur position : pas de restructuration, pas de compromis sur la souveraineté économique. Une ligne politique assumée par Ousmane Sonko et par le président Bassirou Diomaye Faye, qui considèrent que la crise actuelle doit être surmontée par des réformes internes et une meilleure gouvernance, plutôt que par un nouvel endettement auprès des institutions internationales.

Mais pour les investisseurs, le constat est plus brutal : les obligations sénégalaises sont désormais classées dans la catégorie “distressed”, autrement dit, au bord du défaut de paiement. Si le gouvernement ne parvient pas à présenter rapidement un plan crédible de redressement, le risque est grand de voir le Sénégal perdre définitivement l’accès aux marchés financiers internationaux, un scénario qui rappellerait les crises de la dette des années 1980.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°605 – 12/11/2025

🔴 ÉVICTION D’AÏDA MBODJ DE LA TÊTE DE LA COALITION DIOMAYE PRÉSIDENT : DÉBUT DU GRAND MÉNAGE ?
🔴 HAUSSE DE PLUS DE 67 MILLIARDS FRANCS CFA DU BUDGET DU MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT : ASS AUX ANGES

🔴 JEUX ISLAMIQUES 2025 : OUMY DIOP OFFRE UNE NOUVELLE MÉDAILLE AU SÉNÉGAL

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°604 – 11/11/2025

🔴 CONSÉQUENCES DU TÉRA-MEETING : BAISSE DES EUROBONDS SÉNÉGALAIS
🔴 OPPOSITION À LA LIBÉRATION DE BADARA GADIAGA COMME DANS LE CAS DE LAT DIOP : LE PARQUET ENCORE CONTROVERSÉ

🔴 « ITRI », BALLON OFFICIEL DE LA CAN 2025 : UN HOMMAGE AU ZELLIGE MAROCAIN
🔴 INCIDENTS USO–JARAAF : LA LSFP ET OUVRE UNE ENQUÊTE

Lamine Gueye, président du mouvement Xall Yoon : « Ousmane Sonko doit présenter ses excuses au peuple sénégalais »

Le président du mouvement Xall Yoon, Lamine Gueye, a animé ce lundi un point de presse au cours duquel il a livré une analyse sans concession de la situation nationale. Quelques jours après le « Téra Meeting » tenu à Dakar par le Premier ministre Ousmane Sonko, le leader politique a exprimé ses inquiétudes quant à la gouvernance économique, institutionnelle et politique actuelle du Sénégal.

Selon Lamine Gueye, le pays traverse une période critique, marquée par un endettement alarmant et une perte de confiance de la part des partenaires financiers internationaux. « Nous vivons une crise qui se mesure sur plusieurs plans : économique, institutionnel et démocratique. Aujourd’hui, l’endettement dépasse 100 % du PIB et les guichets financiers internationaux se ferment. Rien ne justifie une telle situation dans un pays riche en ressources naturelles », a-t-il dénoncé.

Pour le leader de Xall Yoon, cette dégradation n’est pas le fruit du hasard, mais résulte de choix politiques « irresponsables » et de « discours populistes » qui nuisent à la stabilité économique. Il a directement mis en cause Ousmane Sonko, qu’il accuse de fragiliser les institutions et de ternir l’image du pays sur la scène internationale. « Nous pensons que tout est tard. Ousmane Sonko doit présenter ses excuses au peuple sénégalais », a martelé Lamine Gueye, appelant à plus de retenue et de responsabilité dans la communication gouvernementale.

Évoquant le grand meeting du 8 novembre dernier, Lamine Gueye estime qu’il n’a pas contribué à rassurer les citoyens. Bien au contraire, selon lui, cette mobilisation a accentué les divisions et « décrédibilisé certaines institutions de l’État ». Il cite notamment les réaffectations ministérielles et les conclusions de rapports administratifs récents, qu’il juge « sources de confusion et de perte de repères pour les Sénégalais ».

S’adressant directement au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le leader du mouvement Xall Yoon a tenu à rappeler que les anciens chefs d’État, comme Abdoulaye Wade et Macky Sall, avaient mis en œuvre des plans économiques ambitieux — le NEPAD et le Plan Sénégal Émergent (PSE) — pour soutenir la croissance et moderniser le pays. Il critique à ce titre le plan de redressement économique actuel, qu’il juge peu cohérent et trop dépendant de recettes fiscales issues de « l’alcool, du tabac et des jeux de hasard ».

« Le Sénégal mérite une vision plus ambitieuse. Les régions comme Kaffrine, Diourbel, Kédougou ou Ziguinchor doivent bénéficier d’infrastructures modernes capables d’attirer les investisseurs et de soutenir un véritable développement territorial », a-t-il plaidé, appelant à une réorientation des priorités économiques vers la production et la formation.

Lamine Gueye a tenu à préciser qu’il ne cherche pas à intégrer la coalition au pouvoir, mais qu’il s’exprime « en citoyen préoccupé » par l’avenir du pays. « Nous sommes tous Sénégalais. Nous avons tous droit à un pays stable, organisé et orienté vers l’avenir. Le président Bassirou Diomaye Faye doit prendre ses responsabilités. Il ne peut pas laisser l’image du Sénégal se dégrader davantage », a-t-il lancé.

En conclusion, le président de Xall Yoon a appelé à un sursaut collectif et à la préservation de la cohésion nationale : « Nous devons faire preuve de responsabilité politique, de dépassement et d’unité. C’est le seul moyen de sortir le Sénégal de la crise actuelle et de reconstruire la confiance entre les citoyens et leurs dirigeants. »

Amadou Mame Diop charge Ousmane Sonko : « Un homme constamment en contradiction avec lui-même »

L’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, est monté au créneau ce lundi pour répondre aux dernières déclarations du leader du parti Pastef – Les Patriotes, Ousmane Sonko. Lors d’un point de presse tenu au siège de l’Alliance pour la République (APR), il a livré une réplique ferme et sans détour à l’endroit du Premier ministre.

Selon Amadou Mame Diop, Ousmane Sonko est un homme « qui est tout le temps en contradiction avec lui-même ». Pour le responsable apériste, le discours du chef du gouvernement, souvent empreint de populisme et d’attaques contre ses adversaires, ne repose sur aucune cohérence politique. « Il dit une chose aujourd’hui et son contraire le lendemain. C’est cette instabilité de position qui fait qu’il perd en crédibilité, même auprès de certains de ses partisans », a-t-il martelé.

L’ancien président de l’Assemblée nationale a également dénoncé ce qu’il considère comme une stratégie de diversion du Premier ministre. « Chaque fois qu’il est acculé sur la gestion du pays, il essaie de déplacer le débat en s’attaquant à l’ancien régime. Cela ne peut plus tromper personne », a-t-il soutenu, estimant que « les Sénégalais attendent aujourd’hui des résultats, pas des discours ».

Amadou Mame Diop a, par ailleurs, défendu le bilan de Macky Sall et de l’APR, rappelant que « les grandes réalisations du Sénégal, qu’il s’agisse des infrastructures, de l’énergie ou de l’éducation, sont le fruit d’un travail de longue haleine entamé bien avant l’arrivée de Sonko au pouvoir ». Il a invité le Premier ministre à « sortir de la logique de la confrontation permanente » et à « se concentrer sur les défis réels du pays ».

Cette sortie d’Amadou Mame Diop intervient dans un contexte marqué par une série de prises de parole du chef du gouvernement, souvent critiques à l’égard de l’ancien régime. Elle illustre la persistance d’un climat politique tendu entre le camp présidentiel actuel et les figures de l’ancienne majorité.

En conclusion, le responsable apériste a appelé à « un débat politique responsable », tout en avertissant que « l’APR ne laissera plus passer les attaques gratuites contre ses dirigeants ». Ses propos laissent présager une intensification de la confrontation politique à l’approche des grands rendez-vous électoraux à venir.

Crise de la dette : Les Eurobonds sénégalais s’effondrent après la position ferme d’Ousmane Sonko

Les marchés financiers ont fortement réagi aux déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, qui a rejeté toute idée de restructuration de la dette publique extérieure du Sénégal. Cette position, exprimée à l’issue de discussions avec le Fonds monétaire international (FMI), a entraîné une chute notable des euro-obligations du pays, accentuant les incertitudes autour de la trajectoire budgétaire nationale. L’information a été rapportée dans un article de l’agence économique internationale Bloomberg.

À Londres, ce lundi, les obligations souveraines en dollars du Sénégal arrivant à échéance en 2031 ont reculé de 3,8 cents pour s’établir à 73,08 cents par dollar, soit la plus forte baisse jamais enregistrée sur une journée de clôture. Les titres arrivant à échéance en 2048 ont eux aussi diminué de 2,4 cents, atteignant 60,28 cents, leur plus forte chute depuis avril. Ces variations marquent la troisième séance consécutive de repli, confirmant la nervosité croissante des investisseurs.

Cette réaction du marché s’explique par la fermeté du Premier ministre, qui a affirmé, lors d’une rencontre politique, avoir rejeté une proposition de restructuration de la dette. Selon Ousmane Sonko, une telle démarche pourrait donner l’image d’un pays proche de la faillite, compliquer l’attraction des investissements étrangers et exposer l’État à des actions judiciaires de certains créanciers réclamant le paiement intégral des sommes dissimulées.

Depuis l’arrivée de la nouvelle administration en 2024, le Sénégal est confronté à une situation financière tendue. La découverte de 7 milliards de dollars de dette non déclarée, héritée du précédent régime, a provoqué une onde de choc sur les marchés internationaux, entraînant la suspension d’un programme de 1,8 milliard de dollars avec le FMI et plusieurs dégradations de notation souveraine.

Une délégation du Fonds a récemment séjourné pendant deux semaines à Dakar dans l’espoir de conclure un nouvel accord, mais la mission s’est terminée sans finalisation, bien que le FMI ait réaffirmé son engagement à poursuivre les discussions dans les plus brefs délais. L’institution souligne néanmoins que « des efforts significatifs » seront nécessaires pour assurer la soutenabilité de la dette.

Sans restructuration, le Sénégal devra s’appuyer davantage sur le financement intérieur et une discipline budgétaire renforcée. Le gouvernement a déjà engagé une réduction des dépenses publiques, notamment dans les budgets de fonctionnement, et introduit de nouvelles taxes sur le tabac, l’alcool, les jeux d’argent et les transactions via mobile money. Ousmane Sonko assure toutefois que ces mesures ne toucheront pas les services et produits de base tels que l’eau, l’électricité, le riz et le sucre, dans un contexte où le pouvoir d’achat des ménages reste fragile.

Certains analystes estiment que la position du Premier ministre peut être perçue comme un signal de souveraineté économique, tandis que d’autres alertent sur la nécessité urgente de restaurer la confiance des investisseurs étrangers. Pour l’heure, l’avenir reste suspendu aux conclusions de l’analyse de viabilité de la dette que le FMI doit finaliser dans les prochaines semaines. Cette étape sera cruciale pour déterminer la suite du programme d’ajustement et la capacité du pays à maintenir sa stabilité financière.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°603 – 10/11/2025

🔴 MALGRÉ LA RÉPRESSION : LE « NIAKHTOU NATIONAL » RÉSONNE !
🔴 « UN TERA FLOP ET UN DISCOURS RÉCHAUFFÉ » : LA COJER RAILLE SONKO

🔴 COUPE DU MONDE U17 / VICTOIRE ÉCRASANTE CONTRE LES ÉMIRATS ARABES UNIS : LES « LIONCEAUX » EN HUITIÈMES DE FINALE
🔴 LIGUE 1 : TEUNGUETH FC ET L’US OUAKAM TRIOMPHENT

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°602 –08 ET 09/11/2025

🔴 INTERDICTION DE RASSEMBLEMENT AU TERRAIN SACRÉ-CŒUR : LE « NIAKHTOU NATIONAL » RÉSISTE !
🔴 NAISSANCE DU « FRONT POUR LA DÉFENSE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE » : LA RÉSISTANCE FACE AU MONSTRE

🔴 EVERTON / QUE RÉSERVE L’AVENIR À ILIMAN NDIAYE ? : MOYES RÉPOND
🔴 JEUX DE LA SOLIDARITÉ ISLAMIQUE 2025 : LE SÉNÉGAL PRÊT À BRILLER À RIYADH

Affaire LONASE : Lat Diop retrouve la liberté après le rejet du pourvoi du Parquet général par la Cour suprême

L’ancien Directeur général de la Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE), Lat Diop, a recouvré la liberté ce vendredi, après plusieurs mois passés en détention. Sa libération intervient à la suite du rejet du pourvoi en cassation introduit par le Parquet général auprès de la Cour suprême, confirmant ainsi la décision antérieure de mise en liberté sous bracelet électronique.

Poursuivi pour extorsion de fonds, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux, l’ancien ministre des Sports sous le régime de Macky Sall faisait face à de graves accusations portant sur un montant estimé à près de 8 milliards de francs CFA. Ces fonds, selon l’accusation, auraient été détournés dans le cadre de la gestion des ressources internes et externes de la LONASE durant sa direction.

Arrêté et placé sous mandat de dépôt le 26 septembre 2024, Lat Diop avait depuis été maintenu en détention dans le cadre d’une procédure judiciaire complexe. Ses avocats avaient introduit plusieurs demandes de liberté provisoire, rejetées à plusieurs reprises avant qu’un juge d’instruction ne décide de le placer sous bracelet électronique. Cette mesure alternative avait ensuite été contestée par le Parquet général, qui avait introduit un pourvoi devant la Cour suprême.

Mais la plus haute juridiction du pays a finalement confirmé la décision du juge d’instruction, ouvrant la voie à la remise en liberté de Lat Diop. Sa réapparition publique ce vendredi marque donc un tournant dans une affaire qui a longtemps alimenté les débats sur la gouvernance des sociétés nationales et la reddition des comptes des anciens responsables sous le régime précédent.

Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été faite par l’ancien ministre, qui reste toutefois sous contrôle judiciaire et toujours poursuivi dans le cadre de la procédure engagée par le Pool judiciaire financier. Sa défense, de son côté, se dit confiante et espère que les étapes suivantes permettront de « rétablir la vérité sur un dossier monté de toutes pièces », selon les termes d’un de ses avocats.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°601 – 07/11/2025

🔴 DÉSISTEMENT STRATÉGIQUE DE « RAPPEL À L’ORDRE DU PEUPLE » : TOUS AU « NIAKHTOU NATIONAL »
🔴 LAT DIOP SOUS BRACELET ÉLECTRONIQUE ET ARRESTATION MUSCLÉE DE PAPE MALICK NDOUR : LE SORT S’ACHARNE SUR L’APR

🔴 COUPE DU MONDE U17 : LES « LIONCEAUX » S’IMPOSENT FACE AU COSTA RICA
🔴 PRÉ-CAN 2025 / MATCHS CONTRE LE BRÉSIL ET LE KENYA : LA LISTE AUDACIEUSE DE PAPE THIAW

ASP / SOUPÇONS DE NÉPOTISME AUTRES FAITS PRÉSUMÉS : Le Capitaine Touré, entendu par la Sûreté urbaine

Quelques mois après les réformes engagées à son arrivée à la tête de l’Agence dassistance à la sécurité de proximité (ASP), le capitaine Seydina Oumar Touré fait lobjet de nouvelles allégations portant sur sa gestion. Le directeur général affirme avoir saisi la justice pour « diffusion de fausses nouvelles » et avoir été entendu par la Sûreté urbaine.

Il y a environ neuf mois, nos confrères d’emedia.sn, citant le journal Source A, rapportaient des remous internes au sein de l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité (ASP). Le directeur général, le Capitaine Seydina Oumar Touré, conduisait alors une série de réformes qualifiées de controversées par certains agents. Entre licenciements, recrutements d’anciens militaires, réorganisation de l’organigramme et gestion du parc automobile, la direction de l’agence faisait l’objet de multiples critiques.

Dès sa prise de fonctions, le Capitaine Touré aurait procédé à une refonte en profondeur de l’organigramme de l’ASP. Plusieurs directeurs auraient été rétrogradés, notamment celui de la planification, tandis que l’ancien Directeur administratif et financier (DAF) aurait été remplacé par un auditeur interne, lui-même relevé de ses fonctions quelques mois plus tard. Certains responsables auraient vu leur rémunération réduite ou auraient été affectés en dehors de Dakar, en raison, selon Emedia, d’une incompatibilité d’humeur avec le nouveau directeur général.

Face à ces griefs présumés, le Capitaine Touré assumait ses choix, estimant que « le décret instituant l’ASP parle de gouvernance sécuritaire de proximité » et que, pour remplir cette mission, « l’organigramme devait être corrigé ». Mis en cause pour avoir écarté des cadres pour des motifs supposément politiques, il déclarait : « je suis un homme politique, nommé ici. Certains dénigrent le régime en place dans leurs discours, ce n’est pas possible. J’ai étudié le profil de chacun. »

S’agissant des réaffectations, il précisait : « si un directeur accepte d’être affecté ailleurs, son salaire s’adapte au poste occupé. Ceux qui refusent peuvent démissionner ou introduire un recours. » Le directeur général justifiait par ailleurs le recrutement d’anciens militaires radiés, citant notamment le soldat Mouhamadou B. Kanté et le caporal Ousseynou Fall, au motif de renforcer la discipline au sein de l’agence : « L’ASP manquait de rigueur, il fallait y remédier. »

Interrogé sur la présence de chroniqueurs médiatiques au sein de l’agence, il avait également tranché : « J’ai demandé à ceux qui étaient devenus chroniqueurs de quitter les médias. »

La gestion du parc automobile n’échappait pas non plus aux interrogations. La possession de véhicules de type Toyota V6, Fortuner ou double cabine suscitait des critiques, tout comme la vente de treize voitures, aujourd’hui au centre d’une procédure judiciaire initiée par le capitaine Touré lui-même, qui dit vouloir faire toute la lumière sur d’éventuelles irrégularités.

Malgré les contestations, le directeur général de l’ASP est demeuré ferme, affirmant vouloir poursuivre sa réforme et consolider la mission de sécurité de proximité au Sénégal.

LA PLAINTE À LA SÛRETÉ URBAINE

Récemment, ces mêmes allégations ont refait surface, assorties cette fois-ci d’accusations de népotisme présumé, entre autres. Sollicité par Le Dakarois Quotidien, le Capitaine Touré a indiqué avoir déposé une plainte pour « diffusion de fausses nouvelles » auprès de la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar, par l’entremise de son avocat, Me Moussa Sarr. Il précise avoir été entendu ce mercredi 5 novembre dans le cadre de cette procédure visant, selon ses termes, « les organes et personnes ayant diffusé ces informations ».

Invité par notre rédaction à partager une copie de la plainte afin d’en informer l’opinion publique, le directeur général a décliné, arguant que la diffusion du document « [risquerait] de décrédibiliser l’enquête », tout en nous invitant à nous rapprocher de la Sûreté urbaine pour toute vérification.

Toutefois, la rédaction du Dakarois Quotidien a tenu à rappeler que la transmission d’une copie de plainte ne saurait en aucun cas compromettre une enquête en cours, dès lors qu’il ne s’agit pas d’en divulguer le contenu confidentiel, mais simplement d’en attester l’existence, conformément aux principes de transparence et de rigueur journalistique. Cette pratique, courante dans le métier, s’inscrit dans le strict respect des règles déontologiques.

Malgré ces précisions, le Capitaine Touré a maintenu sa position, préférant ne pas partager le document, estimant cela pourrait porter atteinte au bon déroulement de la procédure.

Quoiqu’il en soit, Le Dakarois Quotidien demeure attentif à l’évolution de ce dossier et y reviendra dès que de nouveaux éléments seront disponibles, notamment la communication d’une version officielle de l’ASP ou la mise à disposition d’une copie de la plainte déposée par le Capitaine Seydina Oumar Touré.

Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°600 –06/11/2025

🔴 SOUPÇONS DE NÉPOTISME ET AUTRES FAITS PRÉSUMÉS : LE CAPITAINE TOURÉ PORTE PLAINTE
🔴 SUSPENSION DE LA 7TV ET DE LA TFM SUR LA TNT : LE CNRA S’EN LAVE LES MAINS

🔴 MEILLEURS SPORTIFS ANPS 2024-2025 : LES CINQ SPORTIFS QUI FONT LA UNE
🔴 TURQUIE / MATCH AMICAL : LE SÉNÉGAL FACE AU KENYA LE 18 NOVEMBRE

Santé : And Gueusseum rejette le décret 2025-670 jugé « inéquitable » et annonce un plan d’action à Ziguinchor

Le secteur de la santé au Sénégal est à nouveau traversé par des remous. À Ziguinchor, la section régionale du syndicat And Gueusseum hausse le ton contre le décret n°2025-670 du 29 avril 2025, qu’elle qualifie « d’inéquitable » et « de profondément injuste ». Ce texte, signé par les autorités, fixe les règles de fonctionnement des organes délibérants dans les entités du secteur parapublic, notamment les hôpitaux publics. Mais ce sont surtout les dispositions relatives à la représentation du personnel qui cristallisent la colère des travailleurs.

En effet, le décret réserve désormais l’éligibilité des représentants du personnel aux seuls agents appartenant à la hiérarchie A. Pour And Gueusseum, cette restriction crée une fracture au sein du système hospitalier, en excluant de nombreux acteurs essentiels du fonctionnement des établissements de santé. « C’est une mesure discriminatoire et contraire à l’esprit d’équité qui doit prévaloir dans nos hôpitaux », déplore Ousmane Mbaye, coordinateur régional du syndicat à Ziguinchor.

Selon lui, le texte prive une majorité d’agents — notamment les infirmiers, sages-femmes, aides-soignants, techniciens et autres personnels de soutien — de leur droit à participer à la gouvernance de leur structure. « Dans un hôpital, l’efficacité repose sur la complémentarité des métiers. Ce n’est pas un diplôme qui fait le dévouement ni la compétence dans la défense des intérêts collectifs », a-t-il souligné, estimant que « la représentation du personnel devrait être ouverte à tous ceux qui travaillent sur le terrain au service des malades ».

Les membres d’And Gueusseum estiment également que le décret souffre d’une incohérence majeure. Le coordinateur régional rappelle en effet que « le président du conseil d’administration d’un hôpital, qui exerce un pouvoir stratégique bien plus important, n’est soumis à aucune exigence de hiérarchie particulière. Il est nommé par décret présidentiel, quel que soit son profil. Pourquoi, dans ce cas, imposer une restriction de grade uniquement aux représentants du personnel ? ». Pour les syndicalistes, cette asymétrie traduit un manque d’équilibre et renforce le sentiment d’injustice parmi les agents concernés.

Face à cette situation, And Gueusseum a entamé une série de démarches. Des rencontres ont déjà eu lieu avec les directions de l’hôpital de la Paix et de l’hôpital régional de Ziguinchor afin de présenter les doléances du personnel et de solliciter un dialogue avec les autorités de tutelle. Ces discussions n’ayant, pour l’heure, abouti à aucun compromis, le syndicat a décidé de passer à l’action.

Un sit-in est prévu le 21 novembre prochain à Ziguinchor, dans le cadre de la mise en œuvre du cinquième plan d’action syndicale. Si aucune suite favorable n’est donnée à leurs revendications, And Gueusseum prévoit d’élargir la mobilisation à d’autres structures sanitaires du pays, avec la possibilité d’une grève de 72 heures. « Ce plan d’action est un avertissement. Nous sommes ouverts au dialogue, mais nous n’accepterons pas que les droits des travailleurs soient sacrifiés », a prévenu Ousmane Mbaye.

Par ailleurs, le syndicat rejette le pacte de stabilité sociale proposé par le gouvernement, qui vise à instaurer une trêve des grèves pour une période de trois ans. Selon And Gueusseum, ce pacte est « inacceptable » dans la mesure où il a été élaboré sans la consultation de tous les acteurs représentatifs. « Nous n’avons pas été conviés à la signature de ce document, et même si nous l’avions été, nous ne l’aurions pas signé. L’État ne peut pas parler de stabilité alors qu’il n’a pas encore honoré ses engagements vis-à-vis des travailleurs », a déclaré le coordinateur.

And Gueusseum revendique depuis plusieurs années une autonomie syndicale vis-à-vis des centrales traditionnelles, se présentant comme une « troisième voie syndicale » : indépendante, critique et résolument tournée vers la défense des droits et de la dignité du personnel de santé. À Ziguinchor, comme ailleurs, la coordination régionale assure qu’elle restera mobilisée jusqu’à la révision ou la suspension du décret 2025-670, estimant qu’il remet en cause des acquis sociaux durement obtenus après des années de lutte.

Lettre ouverte / TERA MEETING vs TERA NIAKHTOU NATIONAL : au nom du peuple, du but et de la foi que nous partageons

Chers organisateurs du TERA Meeting, chers organisateurs du TERA Niakhtou National,
Chers acteurs politiques, membres de la société civile, activistes, journalistes, artistes et citoyens du Sénégal,

Ce samedi 08 novembre s’annoncent deux grands rendez-vous politiques, deux tribunes où se cristallisent les passions, les espoirs et les colères d’un peuple fatigué, inquiet, mais toujours debout. Ces moments auraient pu être de simples étapes du calendrier démocratique. Ils sont, en réalité, des miroirs dans lesquels se reflète l’état moral, social et politique de notre chère nation : un Sénégal traversé par les doutes, meurtri par les divisions, mais encore habité par cette lumière fragile et précieuse de la foi commune — foi en Dieu, foi en la patrie, foi en notre destin collectif.

Car aujourd’hui, il faut oser le dire : notre pays est  très divisé.
La colère, la haine et la méfiance se lisent sur les visages de nos compatriotes que nous croisons chaque matin. Ce jeune vendeur à la sauvette qui guette un acheteur hypothétique, ce mécanicien «ambulant» essoufflé après un sprint de 100 mètres derrière une voiture dans les parages du Centre de contrôle Technique, à Hann, cette femme âgée bousculée dans le car rapide avec son panier de légumes, ce laveur de pare-brises dans les interminables embouteillages de l’autoroute ou de l’ancienne piste,  ce technicien de surface, simulant un coup de balai, pour tendre la main aux passants ou aux automobilistes, espérant une pièce pour s’offrir un peu d’eau, un café, ou simplement de quoi tenir jusqu’à la fin de la journée, ces enfants errant sans horizon, ces images qui ont fait le tour de la toile, le lundi 03 novembre, où on voit des centaines de jeunes rassemblés devant l’immeuble Glow Skin pour déposer leur CV, répondant à un appel  d’une entrepreneure ayant réussi dans le domaine de la cosmétique. Ces faits anodins, en apparence, illustrent avec force la détresse silencieuse d’une jeunesse en quête de travail, d’espoir et de reconnaissance.Tous témoignent, à leur manière, d’une même angoisse existentielle. Leurs regards interrogent silencieusement notre conscience collective : où va le Sénégal ?

Entre 2021 et 2024, les secousses politiques ont laissé des traces profondes. Les blessures n’ont pas été pansées ; elles ont été maquillées. Les mots durs, dans un climat kafkaïen, de jeunes impréparés faisant irruption avec fracas sur la scène politique, ont remplacé les arguments et les propositions programmatiques. Les appartenances partisanes ont fracturé les familles, les quartiers, les confréries, les amitiés, les syndicats, les institutions, et même les cœurs. Le débat public, jadis empreint de mesure, de retenue, d’élégance et d’intelligence sociale et émotionnelle, s’est transformé en un théâtre d’invectives et de diatribes infestes. Trop souvent, certains sages, intellectuels, porteurs de voix, régulateurs sociaux, dont les discours étaient attendus en de pareilles circonstances, se taisent pendant que les cris de la haine emplissent l’espace public physique, médiatique et virtuel.

Pourtant, la politique n’est pas une arène de gladiateurs, mais une école de responsabilité. Être homme ou femme politique, c’est d’abord aimer profondément son pays, le servir dans la retenue, la mesure et la dignité. Ce n’est pas diviser pour régner, mais unir pour construire. Le Sénégal d’aujourd’hui n’a pas besoin de “kulunas”, ni de “gougnafiers”, ni même de “faux neutres” : il a besoin d’esprits éclairés, de cœurs sincères, d’âmes réconciliées.

Nous devons retrouver ce Sénégal qui nous ressemble et que nous aimons :
un Sénégal de paix, de dialogue, de respect et de fraternité; un Sénégal où le cousinage à plaisanterie unit les cœurs, désamorce les tensions et transforme les différences en éclats de rire, symbole vivant d’une paix enracinée dans la fraternité et le respect mutuel; un Sénégal où la diversité est une richesse, non une menace ; où la différence d’opinion ne conduit pas à la haine, mais à la réflexion; un Sénégal où la main tendue vaut plus que le poing levé.

À vous, organisateurs du TERA Meeting et du TERA Niakhtou National,
votre responsabilité dépasse celle d’un parti ou d’un mouvement. Vous êtes aujourd’hui les gardiens d’une mémoire et les artisans d’un futur commun. Faites de ce 08 novembre un jour d’unité et de réconciliation et non de division. Que vos discours ne soient pas des armes, mais des ponts. Que vos mots raniment l’espérance, non la rancune. Que vos foules deviennent les témoins d’un peuple mature, conscient que la grandeur d’une nation ne se mesure pas à la force des slogans, mais à la sagesse et l’engagement de ses enfants bien formés pour épouser notre ère ; l’ère de la société de savoir où l’intelligence artificielle est en train de redéfinir les paradigmes de la géopolitique mondiale. 

Le Sénégal s’apprête à accueillir en 2026 les Jeux Olympiques de la Jeunesse, première édition organisée en terre africaine. Cet événement sportif planétaire, tout comme notre premier trophée continental à la CAN de football, pourrait être notre plus belle vitrine, notre plus noble revanche sur la fatalité. Mais sa réussite reposera sur notre capacité à faire bloc, à raviver le sens de l’union sacrée, au-delà des appartenances politiques et des querelles passagères.

Taisons nos rancunes.
Apaisons nos cœurs.
Retrouvons notre joie de vivre et notre fierté d’être sénégalais — dans nos maisons, nos marchés, nos bureaux, nos rues, nos mosquées, nos églises, nos places publiques.

Car au-delà des partis et des postures, nous n’avons qu’un seul pays : le Sénégal.
Et au nom du Peuple, du But et de la Foi que nous partageons, faisons de ce 08 novembre non pas une confrontation, mais une communion nationale dans laquelle les deux camps rivaliseront d’ardeur dans la proposition constructrice d’un pays réconcilié, dans le discours annonciateur d’un nouveau vrai départ charriant une prospérité partagée équitablement entre tous les citoyens quelles que soient leurs conditions socio-économiques.

Puisse Allah, le Tout-Puissant, raffermir nos cœurs, éclairer nos esprits, et inspirer nos dirigeants pour que le Sénégal demeure ce havre de paix, de fraternité et de dignité que le monde entier nous a toujours envié.

Vive le Sénégal uni, fort et réconcilié.

Vive la République

Pour le Peuple. Pour le But. Pour la Foi.

Oumar Mamadou BASSOUM

Citoyen sénégalais

Suspension de 7TV et TFM sur la TNT : le CNRA dément toute implication et ordonne la reprise immédiate des signaux

Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) a tenu à apporter des précisions ce mercredi 5 novembre 2025, à la suite de la suspension constatée ces derniers jours des signaux des chaînes 7TV et TFM sur la Télévision numérique terrestre (TNT). Dans un communiqué rendu public, l’institution de régulation a formellement démenti toute responsabilité dans cette interruption de diffusion.

Le CNRA a souligné qu’aucune mesure de suspension n’a été prise à l’encontre des deux chaînes concernées. L’organe de régulation a tenu à rappeler qu’il exerce ses missions « en toute indépendance », conformément aux dispositions de la loi n°2006-04 du 4 janvier 2006, qui définit ses prérogatives en matière de contrôle du secteur audiovisuel. Cette loi confère au CNRA la responsabilité de veiller au respect des règles juridiques et déontologiques encadrant la communication audiovisuelle au Sénégal.

Dans son communiqué, le CNRA a également réaffirmé son attachement à la liberté de la presse et au pluralisme, des principes qu’il considère comme essentiels au bon fonctionnement et à l’équilibre du paysage médiatique national. Ces valeurs, rappelle l’institution, constituent des piliers fondamentaux d’une démocratie vivante et d’une information accessible à tous.

Soucieuse de garantir la continuité du service public audiovisuel, l’autorité de régulation a, dans la foulée, ordonné à TDS SA — l’opérateur technique chargé de la diffusion des chaînes sur la TNT — de procéder à la reprise immédiate des signaux de 7TV et de TFM. Cette décision vise à rétablir sans délai la diffusion normale des programmes et à préserver les droits des téléspectateurs, injustement privés d’accès à ces chaînes depuis plusieurs jours.

Par cette mise au point, le CNRA entend dissiper toute confusion et réaffirmer sa posture d’arbitre impartial au service du respect de la législation et de la liberté d’expression dans le secteur audiovisuel sénégalais.

AFFAIRE DE LA RÉQUISITION DES MOISSONNEUSES-BATTEUSES D’INTERMAQ : Mabouba Diagne « vend la guerre » au ministère de la Communication

Ce qui devait être un simple exercice de transparence semble se transformer en refus de communication et interférence administrative. Dans le sillage de laffaire des moissonneuses-batteuses dIntermaq, Le Dakarois Quotidien na pas seulement fait face au silence du ministère de lAgriculture, mais il a également vu surgir de nulle part le ministère de la Communication, invoquant des arguments de non-conformité pour éluder des questions légitimes sur la gestion des deniers publics.

Dans sa parution du 29 juillet 2025, Le Dakarois Quotidien avait annoncé son intention de revenir sur l’affaire des vingt (20) moissonneuses-batteuses réquisitionnées auprès de l’entreprise sénégalaise Intermaq 2012 SA, en l’absence d’avenant contractuel au moment de l’opération malgré la multitude de correspondances adressées au Dr Mabouba Diagne, ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Elevage.

Tout est parti d’une série de démarches entreprises par la rédaction pour recueillir la version officielle du ministère de l’Agriculture (MAERSA). Le dimanche 27 juillet 2025, à une heure avancée de la soirée, la direction du journal a adressé un message WhatsApp au Dr Mabouba Diagne, sans obtenir de réponse. Le lendemain, un appel téléphonique direct est resté sans suite. Le lundi 28 juillet, Le Dakarois Quotidien a pris attache avec M. Dièye, directeur de la Direction de la Modernisation de l’Équipement Rural (DMER), afin d’obtenir la position du ministère. Dès l’entame de l’échange, ce dernier a exigé de connaître l’origine de nos informations. La rédaction a alors rappelé qu’en vertu de l’éthique journalistique, la protection des sources constitue un principe intangible.

Le directeur a, par la suite, invité notre rédaction à transmettre un courrier physique au ministère de l’Agriculture à Diamniadio, condition préalable à toute prise de parole officielle. Le courrier, accompagné d’une série de questions visant à éclairer l’opinion publique, a été effectivement déposé et déchargé par les services du ministère le 30 juillet 2025. Le 8 août 2025, une réponse signée par Ousmane Mbaye, secrétaire général du ministère de l’Agriculture, nous est parvenue par courrier électronique. Dans sa correspondance, M. Mbaye indiquait « [regretter] de ne pouvoir donner une suite favorable à [notre] requête à ce stade », invoquant « la sensibilité des informations sollicitées et la nécessité de respecter certaines obligations de confidentialité ».

Le journal a accusé réception de cette réponse et, à la demande du ministère, a transmis une décharge le 21 août 2025.

Mais, contre toute attente, le 10 septembre 2025, Le Dakarois Quotidien a reçu une lettre émanant cette fois-là du ministère de la Communication, relevant que notre organe de presse « n’est pas, à ce jour, en conformité avec les dispositions du Code de la Presse » et qu’à ce titre, « il n’existe aucune obligation légale de [lui] fournir les informations sollicitées ».

Cet argument soulève plusieurs contradictions. En effet, le 6 février 2025, le Groupe Le Dakarois, dont toutes les plateformes sont numériques, figurait bel et bien sur la liste officielle des médias « reconnus » par le ministère de la Communication. De plus, le 12 juin 2025, la Cour suprême du Sénégal a ordonné la suspension de la notification de cessation de parution du média Public SN, propriété de la journaliste Aïssatou Diop Fall, estimant que l’arrêté ministériel contesté portait atteinte au droit. En conséquence, les actes pris par le ministère dans ce dossier, y compris les listes dites « officielles » des médias reconnus par l’État, ne sauraient produire d’effets tant que le dossier n’est pas définitivement vidée.

Le paradoxe est d’autant plus flagrant que, le 22 septembre 2025, le même ministère de la Communication a convié la direction du Dakarois Quotidien à un atelier de partage et de sensibilisation consacré à la Plateforme DMS et au nouveau formulaire de soumission au Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP). Cette rencontre s’est effectivement tenue le 26 septembre 2025 à Dakar. Dans sa note de cadrage, le ministère précisait que cette initiative s’inscrivait dans « la volonté inclusive de travailler, en étroite collaboration avec toutes les parties prenantes, à la réforme et à la redynamisation du secteur des médias dans toutes ses dimensions ».

Par conséquent, une contradiction manifeste demeure : comment un média prétendument « non reconnu » peut-il être invité à une rencontre officielle organisée par le ministère de tutelle ?

Par ailleurs, s’il n’y a pas de rectification de dernière minute, le Groupe Le Dakarois est reconnu dans la catégorie « presse en ligne » sur la plateforme du ministère (nous avons une capture d’écran à notre disposition).

Au-delà de ce paradoxe administratif, des questions de fond méritent d’être posées. Pourquoi le ministère de la Communication intervient-il dans une affaire relevant du ministère de l’Agriculture ? Pourquoi se substituer à la cellule de communication de ce dernier, comme pour « plaider » sa cause ou verrouiller la diffusion d’informations ? Qu’est-ce qui, dans ce dossier des 20 moissonneuses-batteuses réquisitionnées auprès d’Intermaq, dérange à ce point le gouvernement pour susciter une telle opacité ?

Cette attitude contraste avec les principes de transparence et de reddition des comptes que le régime actuel ne cesse de proclamer, notamment à travers le slogan « jub, jubbal, jubbanti ». D’autant plus que la loi sur l’accès à l’information consacre désormais le droit de tout citoyen – journaliste ou non – d’obtenir communication des informations relatives à la gestion des affaires publiques.

En cherchant à comprendre les conditions de la réquisition des moissonneuses-batteuses, Le Dakarois Quotidien s’est heurté à une muraille de silence. Ce dossier paraît, en définitive, représenter un malaise profond pour les services du ministre Mabouba Diagne.

Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°599 –05/11/2025

🔴 DOSSIER ÉPINEUX DES 20 MOISSONNEUSES-BATTEUSES D’INTERMAQ : MABOUBA « VEND LA GUERRE » AU MINISTÈRE DE LA COMMUNICATION
🔴 SANTÉ / GRÈVE DE 72 HEURES À PARTIR DE CE JOUR : LE SAMES/ARP BRANDIT LE SCALPEL

🔴 BLESSURES DES LUTTEURS AVANT COMBAT : LE CNG MET FIN À LA PAGAILLE DANS L’ARÈNE

Négociation d’un nouveau programme : le FMI prolonge sa mission au Sénégal

La mission du Fonds monétaire international (FMI) au Sénégal, initialement prévue pour s’achever le mardi 4 novembre 2025, se poursuivra finalement quelques jours de plus. Cette prolongation, annoncée par Le Soleil, s’inscrit dans le cadre des discussions entamées entre les représentants de l’institution financière internationale et les autorités sénégalaises en vue de la conclusion d’un nouveau programme de coopération économique.

Selon un porte-parole du FMI, les échanges menés depuis l’arrivée de la délégation à Dakar, le 22 octobre, ont été « fructueux » et se poursuivent dans un esprit constructif. « L’équipe du FMI poursuit ses discussions à Dakar avec les autorités sénégalaises. Notre visite a été productive jusqu’à présent, et nous poursuivons les discussions sur les politiques et les réformes qui pourraient étayer la demande des autorités concernant un programme soutenu par le FMI », a-t-il déclaré, tout en précisant qu’une déclaration finale sera rendue publique à la fin de la mission.

Cette prolongation traduit la volonté commune des deux parties de parvenir à un accord équilibré, adapté aux réalités économiques actuelles du Sénégal. Le pays, confronté à un contexte budgétaire tendu, cherche à renforcer sa stabilité macroéconomique tout en poursuivant des réformes structurelles destinées à stimuler la croissance, maîtriser la dette et améliorer la gouvernance des finances publiques.

Les discussions portent notamment sur la trajectoire budgétaire du Sénégal, la gestion de la dette publique, la politique monétaire, ainsi que les mesures destinées à encourager l’investissement productif et la création d’emplois. Le FMI, de son côté, met l’accent sur la nécessité d’une discipline budgétaire accrue, d’une meilleure transparence dans la gestion des fonds publics et d’un environnement économique propice à la confiance des investisseurs.

Ce nouveau cadre de coopération, qui succéderait au précédent programme conclu sous l’ancien régime, est perçu comme une étape déterminante dans la consolidation de la stabilité économique du pays. Les autorités sénégalaises espèrent obtenir un appui financier permettant de soutenir les grands projets de développement et de répondre aux besoins sociaux prioritaires, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’énergie.

La conclusion de ce programme est également stratégique pour renforcer la crédibilité financière du Sénégal auprès de ses partenaires techniques et financiers. En effet, les négociations ont été amorcées officiellement lors des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, tenues en octobre dernier, où le Sénégal avait réaffirmé sa volonté d’inscrire sa politique économique dans une trajectoire de rigueur et de transparence.

En attendant la publication de la déclaration finale, les observateurs suivent de près les conclusions de cette mission prolongée, qui pourrait jeter les bases d’un nouveau partenariat entre le Sénégal et le FMI. Un partenariat qui, selon les autorités, devra être fondé sur une vision équilibrée entre stabilité financière, justice sociale et développement durable.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°598 –04/11/2025

🔴 SURFACTURATION PRÉSUMÉE DU RIZ VIA LE FONDS FORCE COVID-19 : LE PARQUET CONTESTE LE NON-LIEU
🔴 GRANDE OFFENSIVE CONTRE L’ARBITRAIRE, LES NÉBULEUSES ET L’ALTÉRATION (GOANA) : LA BOMBE CONTRE LE TÉRA-MEETING

🔴 MONDIAL U17 / ENTRÉE EN LICE : LE SÉNÉGAL ACCROCHÉ PAR LA CROATIE
🔴 EVERTON : JAMIE CARRAGHER ENCENSE ILIMAN NDIAYE

Émigration irrégulière : 60 migrants interceptés sur la plage du Club Med après l’échouage d’une pirogue partie de Gambie

La lutte contre l’émigration clandestine s’intensifie au Sénégal. Ce samedi 1er novembre 2025, les forces de l’ordre ont déjoué une nouvelle tentative de migration irrégulière sur les côtes dakaroises. La brigade de proximité de Ngor, appuyée par un escadron de la Légion de Gendarmerie d’Intervention (LGI), a interpellé soixante migrants, dont cinquante-deux garçons et huit filles, sur la plage du Club Med, selon un communiqué de la Gendarmerie nationale.

C’est un dispositif de veille, mis en place dans le cadre des opérations de surveillance côtière, qui a permis de repérer la présence d’une embarcation suspecte approchant la côte. Alertées, les unités de la gendarmerie sont immédiatement intervenues pour empêcher toute tentative de fuite et sécuriser les lieux.

Les premiers éléments de l’enquête indiquent que la pirogue en question aurait quitté les côtes gambiennes dans la nuit du dimanche 26 octobre 2025, à destination des îles Canaries, en Espagne. À son départ, l’embarcation transportait environ cent cinquante-quatre passagers, selon les témoignages recueillis auprès des migrants interpellés. Mais après plusieurs jours d’errance en mer, confrontée à des conditions météorologiques difficiles et à une panne de moteur, la pirogue aurait fini par s’échouer sur la plage du Club Med, à Dakar.

Lors de l’intervention, les forces de sécurité ont saisi un moteur hors-bord de 40 chevaux, plusieurs bidons de carburant ainsi que deux pirogues utilisées pour la traversée. Ces saisies devraient permettre d’étayer l’enquête en cours, qui cherche à identifier les organisateurs de cette traversée clandestine.

Selon les informations disponibles, les migrants interceptés ont été conduits dans les locaux de la gendarmerie pour vérification d’identité et auditions. Des procédures administratives sont également en cours pour leur prise en charge, conformément aux dispositions en vigueur.

Cette nouvelle opération illustre la persistance du phénomène de l’émigration irrégulière malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation menées par les autorités et les organisations humanitaires. Les jeunes, souvent en quête d’un avenir meilleur, continuent de prendre des risques énormes pour tenter de rejoindre l’Europe par la mer.

La Gendarmerie nationale a réaffirmé, dans son communiqué, sa détermination à renforcer les dispositifs de surveillance sur le littoral sénégalais afin de freiner ce fléau qui coûte chaque année la vie à de nombreux candidats à l’exil. L’enquête se poursuit pour déterminer l’origine exacte du voyage, les réseaux impliqués dans l’organisation de la traversée et les circonstances précises ayant conduit à l’échouage de la pirogue sur la plage du Club Med.

Ziguinchor : une prostituée nigériane arrêtée pour suspicion de propagation volontaire du VIH

Une affaire à la fois troublante et sensible agite la ville de Ziguinchor depuis quelques jours. Une jeune prostituée d’origine nigériane, porteuse du VIH, a été arrêtée par les éléments du Commissariat central après des accusations selon lesquelles elle aurait exprimé son intention de propager volontairement le virus à ses clients. Les faits, rapportés par le journal Libération, ont suscité une vive inquiétude au sein de la population locale, notamment en raison de la gravité des soupçons portés contre la mise en cause.

Selon les informations disponibles, tout est parti d’une dénonciation anonyme parvenue à la police le 30 octobre dernier. Le plaignant aurait remis aux enquêteurs des captures d’écran de conversations WhatsApp dans lesquelles la jeune femme, identifiée sous le nom de B.D. Elohor, alias Nelly, aurait tenu des propos inquiétants, affirmant vouloir « contaminer le maximum de Sénégalais ». Des déclarations d’une extrême gravité, qui ont immédiatement poussé les forces de l’ordre à ouvrir une enquête.

Sur la base de ces éléments, les policiers se sont rendus au bar “Alternative”, un lieu bien connu du centre-ville de Ziguinchor et régulièrement fréquenté par la mise en cause. Âgée de 23 ans, Nelly a été interpellée sur place et conduite dans les locaux du commissariat pour être entendue.

Lors de son audition, la jeune femme a reconnu être séropositive et exercer la prostitution, tout en rejetant fermement les accusations de propagation volontaire du virus. Selon ses déclarations, elle vivrait avec le VIH depuis sa naissance et suivrait un traitement médical régulier. Pour prouver sa bonne foi, elle a présenté aux enquêteurs sa carte consulaire, sa carte d’identité ainsi qu’un carnet de santé à jour, attestant de son suivi au Centre de référence des infections sexuellement transmissibles (IST) de Ziguinchor.

B.D. Elohor a affirmé qu’elle exige systématiquement le port du préservatif avec tous ses clients afin de ne pas les exposer à la contamination. Elle a également précisé qu’elle n’avait pas pu honorer son dernier rendez-vous médical prévu le 26 octobre à cause de ses menstrues, assurant qu’elle n’a jamais manqué volontairement une visite de contrôle.

Les autorités médicales de Ziguinchor ont confirmé que la jeune femme figure bien sur la liste des patients suivis et traités pour le VIH dans la région. Toutefois, les enquêteurs souhaitent vérifier la véracité des échanges électroniques transmis par le dénonciateur afin de déterminer s’ils sont authentiques ou s’il s’agit d’une manipulation.

L’affaire, encore à l’instruction, pose de nombreuses questions éthiques, sociales et sanitaires. D’un côté, les habitants de Ziguinchor expriment leur inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme une menace pour la santé publique. De l’autre, certains acteurs de la société civile appellent à la prudence et à la préservation de la présomption d’innocence, soulignant qu’il serait injuste de condamner la jeune femme avant la fin de l’enquête.

Cette affaire met une fois de plus en lumière la fragilité du suivi sanitaire des travailleuses du sexe, en particulier celles venues de l’étranger, mais aussi les risques de stigmatisation des personnes vivant avec le VIH. Elle interpelle les autorités sanitaires et judiciaires sur la nécessité de renforcer les dispositifs de prévention, de contrôle et d’accompagnement, tout en garantissant le respect des droits humains fondamentaux.

Pour l’heure, B.D. Elohor reste sous enquête, et les résultats des expertises informatiques et médicales permettront de déterminer si les accusations portées contre elle sont fondées ou non. En attendant, la population de Ziguinchor reste suspendue à l’évolution de ce dossier sensible, où se mêlent santé publique, justice et éthique.

« Le ministère de la Communication lance le guichet unique DMS pour l’accès au FADP »

Le ministère de la Communication a officiellement lancé ce lundi le guichet unique destiné à la gestion des demandes liées au Fonds d’appui à la presse (FADP). Annoncée par le directeur de la Communication, Habibou Dia, sur les ondes de la RTS, cette plateforme digitale, dénommée DMS, est désormais le canal obligatoire pour tous les médias souhaitant bénéficier de ce fonds. La plateforme est accessible depuis 8 heures ce matin, marquant le début d’une nouvelle ère dans la gestion administrative des demandes de soutien à la presse.

Selon Habibou Dia, le DMS constitue « le seul guichet où passeront toutes les démarches concernant les médias », permettant ainsi au ministère de centraliser et de recenser l’ensemble des structures médiatiques conformes. Ce projet, qui a nécessité quatre mois de développement, intègre de nouvelles fonctionnalités visant à simplifier l’accès des médias aux services proposés par l’administration. Grâce à cette plateforme, les médias en règle n’auront qu’à cliquer sur l’option « formulaire » pour soumettre leur demande de financement au titre du FADP.

Le directeur de la Communication a par ailleurs tenu à rappeler que seuls les médias conformes aux règles en vigueur auront accès à la plateforme cette année. Les structures non conformes devront patienter jusqu’à l’année prochaine pour déposer leurs demandes. « Seuls les médias conformes peuvent voir l’option formulaire. Les non-conformes doivent prendre leur mal en patience et attendre l’année prochaine », a insisté M. Dia, soulignant l’importance de la conformité aux textes régissant le secteur de la presse.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°597 –03/11/2025

🔴 MARCHE PACIFIQUE CONTRE LA VIE CHÈRE ET LA CONFISCATION DES LIBERTÉS : LE FDR RASSEMBLE LES VOIX
🔴 MISE EN ACCUSATION DE MACKY SALL / « NOUS SOMMES EN FACE DE DÉPUTÉS QUI S’ENTÊTENT DANS LEUR IGNORANCE » : ABDOU MBOW S’EN PREND À SES COLLÈGUES

🔴 DOHA / MONDIAL U17 : LES « LIONCEAUX » INVESTIS D’UNE MISSION NATIONALE
🔴 LIGUE 1 / JOURNÉE 1 : CASA SPORTS ET DAKAR SACRÉ-CŒUR SURPUISSANTS !

Saint-Louis : plus de 700 détenus à la Maison d’arrêt, la ministre de la Justice alerte sur la surpopulation carcérale

La ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, a effectué ce vendredi une visite de travail à Saint-Louis, dans le cadre d’une tournée d’inspection des infrastructures judiciaires et pénitentiaires. Cette visite, marquée par plusieurs rencontres avec les autorités locales et le personnel judiciaire, a surtout permis de mettre en lumière la situation préoccupante de la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Saint-Louis, qui compte aujourd’hui plus de 700 détenus, faisant d’elle la prison la plus peuplée du pays après celle de Rebeuss, à Dakar.

« Nous sommes venus ici pour nous enquérir des conditions de détention mais aussi écouter les personnes en détention », a déclaré la ministre, avant de souligner que la prison de Saint-Louis « est celle qui a le plus de détenus après Rebeuss, avec plus de 700 personnes ». Cette révélation illustre la pression croissante sur le système carcéral sénégalais, déjà confronté à un phénomène de surpopulation chronique.

Accueillie au Palais de justice par le gouverneur de la région, Al Hassan Sall, ainsi que par les autorités judiciaires locales, Yassine Fall a entamé sa mission par une série de réunions de travail avec les magistrats et le personnel judiciaire. « Nous avons visité le tribunal de grande instance où nous avons tenu plusieurs réunions avec le parquet et les juges, sous la direction du président de la Cour d’appel de Saint-Louis », a-t-elle précisé.

La Garde des Sceaux s’est ensuite rendue à la Maison d’arrêt et de correction de Saint-Louis pour constater de visu les conditions de détention. Elle y a rencontré des détenus, des responsables pénitentiaires et des agents de surveillance, afin d’échanger sur les réalités quotidiennes du milieu carcéral. La ministre a exprimé son émotion face à la présence de nombreux jeunes parmi les prisonniers.

« Nous avons rencontré beaucoup de jeunes dans les liens de la détention, ainsi que des personnes âgées. Mais ce qui nous fend le cœur, c’est de voir des mineurs en détention », a-t-elle confié, non sans émotion, selon des propos relayés par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS).

Malgré ce constat préoccupant, Yassine Fall a tenu à saluer le dévouement du personnel pénitentiaire, qu’elle a remercié pour son engagement dans un contexte de travail difficile. « Je remercie toute l’équipe pénitentiaire qui s’occupe des personnes en détention et qui essaie, malgré les contraintes, d’assurer leur sécurité et leur bien-être », a-t-elle ajouté.

Cette visite s’inscrit dans la volonté du ministère de la Justice de renforcer la politique de modernisation et d’humanisation du système carcéral sénégalais. La question de la surpopulation des prisons reste l’un des défis majeurs à relever, avec des infrastructures souvent vétustes et un manque criant de moyens.

Pour rappel, la Maison d’arrêt et de correction de Saint-Louis, construite en 1863, est l’une des plus anciennes du pays. Située dans la partie nord de l’île, elle devait initialement accueillir un nombre restreint de détenus. Aujourd’hui, avec plus de 700 personnes incarcérées, elle illustre à elle seule les limites structurelles du système pénitentiaire sénégalais et la nécessité urgente de réformes profondes.

Mise en accusation de Macky Sall : Abdou Mbow fustige « l’ignorance » de l’opposition et défend la décision de l’Assemblée nationale

Le débat sur la tentative de mise en accusation de l’ancien président Macky Sall pour haute trahison continue de susciter des réactions au sein de la classe politique sénégalaise. Après le rejet du projet de résolution par le Bureau de l’Assemblée nationale, Abdou Mbow, député et cadre de l’Alliance pour la République (APR), a pris la parole pour défendre cette décision qu’il estime « conforme à la Constitution » et pour dénoncer, avec vigueur, l’attitude de certains députés de l’opposition qu’il accuse d’être « dans une ignorance totale du fonctionnement des institutions ».

Invité de l’émission Jury du Dimanche (JDD) du 2 novembre, le parlementaire a d’abord tenu à rappeler que, pour lui, « le débat est clos » et « ne mérite plus d’être poursuivi ». Selon Abdou Mbow, la proposition de mise en accusation introduite par certains députés, notamment ceux du camp du pouvoir actuel, n’avait aucune base juridique solide. « Nous sommes en face de députés qui sont dans une ignorance et qui s’entêtent dans leur ignorance », a-t-il lancé, non sans ironie. Il a qualifié la démarche de l’opposition d’« aberration », rappelant que la procédure engagée ne correspond à aucune disposition légale en vigueur.

Le député a insisté sur le fait que les parlementaires n’ont pas la compétence de déposer un projet de résolution visant à accuser un ancien président de la République. « Quand ils ont déposé ce projet, on avait dit que c’était une aberration. Le député n’a pas le droit de venir comme ça déposer un projet de résolution de mise en accusation pour haute trahison », a martelé Mbow, tout en soulignant que cette action relevait davantage de l’agitation politique que d’une véritable démarche institutionnelle.

Sur le fond du dossier, Abdou Mbow a soulevé une question essentielle : la définition juridique de la « haute trahison ». Selon lui, le concept reste flou dans le droit sénégalais. « Dans le code pénal sénégalais, dans le code de procédure pénale et dans la Constitution, on dit que le président de la République ne peut être jugé que pour haute trahison. Mais aujourd’hui, vous ne pouvez pas me dire c’est quoi la haute trahison dans ces textes », a-t-il déploré. Pour le député, cette absence de précision juridique rend toute tentative de mise en accusation juridiquement infondée et politiquement risquée.

L’ancien vice-président de l’Assemblée nationale a également tenu à clarifier les prérogatives du Bureau de l’institution, afin de répondre aux critiques de ceux qui estiment que ce dernier aurait dû examiner le fond du dossier avant de le rejeter. « J’ai entendu des députés, y compris de la majorité, dire que le Bureau n’est pas entré dans le fond. Mais ils ne comprennent pas ce que cela signifie. Le Bureau a seulement compétence pour examiner la recevabilité d’une proposition ou d’une résolution. C’est à la commission qu’on saisit le fond. Donc si le Bureau estime qu’un texte n’est pas recevable, il le rejette. C’est aussi simple que ça », a-t-il expliqué.

Pour Abdou Mbow, les députés de l’opposition, en s’entêtant sur cette question, démontrent une méconnaissance profonde du fonctionnement de la République et des institutions. Il les accuse d’alimenter un débat purement politicien, au détriment de la rigueur institutionnelle. « Quand on est incompétent, quand on est dans l’ignorance, quand on ne connaît pas comment fonctionne la République, l’Assemblée nationale et les lois, on se permet d’être dans des élucubrations inutiles », a-t-il fustigé.

En conclusion, le député de l’APR considère que cette tentative de mise en accusation est définitivement classée et ne mérite plus d’être évoquée. Pour lui, l’opposition « se joue du sérieux des institutions » en multipliant les polémiques sans fondement juridique. « L’affaire est close », a-t-il insisté, invitant ses collègues de l’opposition à recentrer leur action sur des questions plus constructives pour le pays, plutôt que de s’enliser dans des débats qu’il juge « stériles et politiciens ».

Téra-meeting du 8 novembre : Abdou Mbow fustige Ousmane Sonko et appelle à des actions concrètes pour les Sénégalais

Le député Abdou Mbow, membre de l’Alliance pour la République (APR) et figure de l’opposition, s’est vivement exprimé sur le « Téra-meeting » annoncé par le Premier ministre Ousmane Sonko pour le 8 novembre prochain. Invité de l’émission Jury du Dimanche (JDD) sur Iradio, ce dimanche 2 novembre, l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale a jugé inopportune l’organisation d’un tel rassemblement, estimant que le gouvernement devrait se concentrer sur la résolution des problèmes quotidiens des Sénégalais plutôt que sur des initiatives à caractère politique.

Dans son intervention, Abdou Mbow a rappelé que le rôle premier d’un gouvernement est d’apporter des solutions concrètes aux préoccupations de la population. « La mission du pouvoir en place, c’est de trouver des solutions pour le Sénégal, c’est de trouver des solutions pour les Sénégalais », a-t-il affirmé avec insistance. Selon lui, les priorités du pays sont ailleurs : la lutte contre la vie chère, la création d’emplois pour les jeunes et la baisse des prix de l’électricité et de l’eau. L’élu a reproché au gouvernement actuel d’avoir maintenu, voire aggravé, certaines mesures fiscales qui alourdissent le coût de la vie. « L’eau a augmenté à cause des taxes issues de leurs propres lois. Ils doivent travailler à tout faire pour que la vie chère soit un mauvais souvenir », a-t-il déclaré.

Abdou Mbow n’a pas caché son agacement face à ce qu’il considère comme un détournement de l’attention publique. Pour lui, l’organisation d’un meeting à un moment où de nombreuses familles peinent à joindre les deux bouts relève d’une mauvaise appréciation des priorités nationales. « Ils n’ont pas à organiser de marches, ni de meetings. Pourquoi ? Pour prendre l’argent des Sénégalais et faire du n’importe quoi », a-t-il martelé. Ces propos traduisent une critique frontale d’une gouvernance qu’il juge plus préoccupée par la communication politique que par la gestion des urgences économiques et sociales.

Le député a également mis en lumière la dualité de fonctions d’Ousmane Sonko, à la fois Premier ministre et président de son parti, le PASTEF. Pour lui, cette double casquette comporte des risques de confusion entre les responsabilités gouvernementales et les ambitions partisanes. « Le Premier ministre est président d’un parti politique, mais il reste avant tout le chef du gouvernement. Son parti doit l’aider à régler les problèmes des Sénégalais, pas à organiser des meetings pour insulter les gens », a-t-il lancé.

Abdou Mbow a par ailleurs évoqué le rôle que doit jouer l’opposition dans le contexte actuel. Il estime que le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), coalition issue de l’ancienne majorité présidentielle, doit s’impliquer davantage dans la recherche de solutions aux difficultés que traverse le pays. « Le FDR ne peut pas ne pas participer à tout ce qui peut abréger les souffrances des populations », a-t-il soutenu. Pour lui, cette implication s’inscrit dans une logique de construction d’une alternative crédible en vue de l’échéance électorale de 2029, qu’il considère comme une opportunité de redonner espoir aux citoyens.

En conclusion, Abdou Mbow a appelé le gouvernement à privilégier les politiques publiques concrètes et mesurables plutôt que les démonstrations de force sur la place publique. À ses yeux, le « Téra-meeting » annoncé par Ousmane Sonko est loin de répondre aux attentes d’une population qui aspire avant tout à une amélioration de ses conditions de vie. Le 8 novembre s’annonce ainsi comme un moment de vérité politique, où la capacité du Premier ministre à concilier engagement partisan et responsabilité étatique sera mise à l’épreuve face à des citoyens de plus en plus exigeants.

Affaire Ahmed Ndoye : le Forum du justiciable dénonce des propos « excessifs » mais appelle à la clémence

Le Forum du justiciable, par la voix de son président Babacar Bâ, est sorti de sa réserve pour réagir à la polémique provoquée par les déclarations du chroniqueur Ahmed Ndoye à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans une publication rendue publique ce vendredi sur sa page X (anciennement Twitter), Babacar Bâ a qualifié les propos du chroniqueur de « manifestement excessifs » et contraires à la retenue que requiert le débat démocratique, tout en appelant à un traitement mesuré de l’affaire.

Selon le président du Forum du justiciable, la liberté d’expression est un droit fondamental, mais elle ne saurait être exercée au détriment du respect dû aux institutions de la République. « La liberté d’expression est un droit constitutionnellement garanti, mais elle doit s’exercer avec responsabilité et discernement, surtout lorsqu’il s’agit d’évoquer des personnalités qui incarnent des institutions », a rappelé M. Bâ. Il a insisté sur le fait que la fonction de Premier ministre, en tant que pilier du pouvoir exécutif, commande une certaine considération, indépendamment des critiques que peut susciter l’action gouvernementale.

Dans son intervention, Babacar Bâ a également souligné l’importance du respect dans l’espace public. Il estime que le débat démocratique ne doit pas être confondu avec l’invective ou l’insulte, mais plutôt s’articuler autour d’arguments rationnels et constructifs. « Le Sénégal a besoin d’un espace public apaisé, où la confrontation des idées se fait dans la dignité, sans atteinte à l’honneur des personnes ni à celui des institutions », a-t-il indiqué.

Cependant, tout en condamnant la nature des propos tenus par Ahmed Ndoye, le président du Forum du justiciable a tenu à nuancer sa position en appelant à la clémence à l’égard du chroniqueur. « Dans un esprit d’apaisement et afin d’éviter la judiciarisation excessive de la liberté d’expression, nous appelons à la clémence pour la libération de Ahmed Ndoye », a-t-il plaidé. Babacar Bâ estime qu’une sanction sociale ou morale suffit dans ce genre de situation, afin de préserver la liberté d’expression tout en envoyant un signal fort sur la nécessité de la responsabilité médiatique.

Cette affaire intervient dans un contexte où les propos tenus sur les réseaux sociaux et les plateformes en ligne suscitent de vifs débats au Sénégal. Entre liberté d’expression et respect des institutions, la frontière demeure souvent ténue, ce qui alimente des tensions entre acteurs politiques, journalistes et chroniqueurs. L’appel du Forum du justiciable se veut ainsi un message d’équilibre : défendre la liberté d’expression tout en préservant le respect et la stabilité institutionnelle.

Babacar Bâ conclut en invitant l’ensemble des citoyens, notamment les acteurs des médias et de la société civile, à faire preuve de retenue et à adopter une posture de responsabilité dans leurs interventions publiques. Pour lui, le Sénégal ne doit pas laisser la liberté d’expression devenir un outil de division, mais plutôt un instrument de construction démocratique fondé sur la civilité et la raison.

Sénégal : L’ARP et la Police nationale démantèlent un réseau de distribution illégale de médicaments à Pikine-Saint-Louis

L’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP), à travers sa Direction de l’Inspection Pharmaceutique, de la Surveillance du Marché et des Vigilances, a mené, en collaboration avec la Brigade nationale de lutte contre la piraterie et la contrefaçon (BNLPC) de la Police nationale, une opération d’envergure ayant abouti au démantèlement d’un réseau de distribution illégale de produits médicaux. Cette action, menée le 30 octobre 2025, visait un dépôt appartenant à la société HAOQI, implantée à Pikine-Saint-Louis, dans le nord du Sénégal.

Selon un communiqué publié le 31 octobre par la cellule de communication de l’ARP, cette opération s’inscrit dans le cadre des activités du pôle Nord, qui regroupe les régions de Saint-Louis, Louga et Matam. Ce dispositif a pour objectif de renforcer la surveillance du marché pharmaceutique local, de freiner le trafic transfrontalier de médicaments non autorisés et de protéger les populations contre les dangers liés à la contrefaçon et à la vente illicite de produits médicinaux.

Les équipes de l’ARP et de la Police nationale ont découvert sur place 27 types de produits différents, parmi lesquels figuraient des thés, des gélules, des comprimés et des poudres présentés comme des remèdes thérapeutiques. La valeur totale de la marchandise saisie est estimée à 3 millions de francs CFA. D’après le communiqué, ces produits, distribués à grande échelle, ne disposaient ni d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) ni d’une autorisation de commercialisation délivrée par les autorités sanitaires sénégalaises.

L’ARP met en garde contre la consommation de ces substances, soulignant qu’elles peuvent entraîner de graves conséquences sanitaires. « Leur utilisation expose la population à des risques majeurs, notamment des insuffisances rénales, des hépatites et d’autres pathologies chroniques », alerte l’Agence. De tels produits, souvent fabriqués dans des conditions non conformes aux normes pharmaceutiques, constituent une véritable menace pour la santé publique et fragilisent les efforts nationaux en matière de sécurité sanitaire.

Le choix de mener cette opération dans le pôle Nord traduit la volonté du gouvernement de territorialiser les politiques pharmaceutiques et de lutter efficacement contre les réseaux parallèles qui alimentent le marché noir du médicament. Cette approche s’inscrit dans les orientations arrêtées lors du 13e Conseil des ministres, qui avait fait de la lutte contre le trafic de médicaments une priorité nationale.

En conclusion, l’ARP a réaffirmé son engagement total aux côtés de la Police nationale pour endiguer la prolifération des circuits illégaux de distribution pharmaceutique. L’agence appelle les populations à redoubler de vigilance et à s’approvisionner exclusivement dans les officines agréées, les seuls points de vente autorisés et sécurisés. Par cette action, les autorités envoient un signal fort aux trafiquants et réaffirment leur détermination à protéger la santé publique contre toute forme de commerce illicite de produits médicaux.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°596 –31/10/2025

🔴 ANNONCE DE SONKO SUR LA BAISSE DU PRIX DE L’ÉLECTRICITÉ : GROSSE FRAYEUR DANS LES MARCHÉS
🔴 « LE POUVOIR VEUT LIQUIDER LA PRESSE PRIVÉE » : LE CRI D’ALARME DE MAMADOU IBRA KANE

🔴 FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE : LE CNG RESTE EN PLACE JUSQU’À NOUVEL ORDRE
🔴 L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE LA FÉDÉRATION DE LUTTE FIXÉE LE JOUR DU SÉNÉGAL VS RD CONGO : DOUBLE COMBAT !

Maïmouna Ndour Faye, après sa libération : « Le journalisme n’est pas un crime »

Libérée ce jeudi 30 octobre après plusieurs heures de garde à vue, la directrice générale de la 7TV, Maïmouna Ndour Faye, a pris la parole devant la presse réunie dans les locaux de la chaîne à l’occasion d’un rassemblement organisé par le Front pour la défense de la liberté de la presse (FDLP). Très émue, mais affichant une grande sérénité, la journaliste a tenu à remercier l’ensemble des acteurs des médias pour leur solidarité, avant de dénoncer la coupure du signal de sa chaîne et de la TFM, qu’elle juge illégale.

Dès ses premiers mots, Maïmouna Ndour Faye a tenu à exprimer sa gratitude envers ses confrères et consœurs : « Toute la presse sénégalaise qui s’est mobilisée ces dernières 48 heures pour nous apporter un soutien fraternel, je vous remercie du fond du cœur », a-t-elle déclaré. Interpellée après la diffusion d’une interview de Madiambal Diagne, visé par un mandat d’arrêt international, la directrice de la 7TV a souhaité rétablir la vérité sur sa démarche professionnelle. « Je voudrais juste rassurer ceux qui ont formulé cette accusation d’atteinte à la sûreté de l’État et d’atteinte à l’autorité de la justice. Dans ma démarche, je n’ai jamais eu l’intention de nuire à l’État ni d’affronter la justice », a-t-elle précisé.

La journaliste a expliqué que son unique objectif était de garantir le droit du public à une information complète et équilibrée. « Je suis journaliste, j’ai simplement exercé le droit à l’information pour les citoyens. Cela fait un mois qu’on parle du dossier Madiambal sans jamais entendre sa version. Comme tous les confrères, nous avons voulu lui donner la parole pour permettre aux Sénégalais d’avoir toutes les précisions nécessaires », a-t-elle ajouté.

Elle a ensuite regretté que cette démarche journalistique ait été interprétée comme un acte subversif. « Je suis désolée que ce soit considéré comme une atteinte à l’autorité de la justice », a-t-elle poursuivi. Avant d’ajouter : « Au regard des conventions internationales, du code de la presse et des lois du Sénégal, rien n’interdit à un journaliste d’interviewer une personne poursuivie par la justice. Je n’ai pas donné la parole à un terroriste, ni à un rebelle, encore moins à un déserteur. J’ai donné la parole à un homme, parce que c’est notre devoir d’informer. »

Abordant la question de la coupure du signal de la 7TV et de la TFM intervenue peu après son arrestation, Maïmouna Ndour Faye a dénoncé une violation grave de la réglementation en vigueur. « Les signaux ont été coupés sans qu’aucune procédure légale ne soit respectée. Le CNRA est le seul organe habilité à prendre une telle décision, et non le ministère de la Communication qui a donné des instructions à TDS. TDS n’a pas le droit de couper les signaux de chaînes privées. Ce qui s’est passé est contraire à la loi », a-t-elle affirmé avec fermeté.

La directrice de la 7TV a également alerté sur les conséquences économiques de cette mesure, évoquant un manque à gagner considérable pour son média. « Nous subissons des pertes importantes depuis la coupure du signal sur la TNT. J’en appelle au ministère de la Communication pour qu’il respecte le code de la presse et les règles qui encadrent le fonctionnement des médias. L’État ne peut pas être le premier à violer la loi », a-t-elle insisté.

Tout en indiquant qu’elle reste sous le coup d’une procédure judiciaire, Maïmouna Ndour Faye a affirmé qu’elle n’était pas autorisée à aborder les détails de l’affaire. « Pour le moment, il m’est interdit de parler du dossier car il est pendant devant la justice », a-t-elle déclaré. Mais elle a tenu à réaffirmer sa détermination à poursuivre son combat pour la liberté d’informer : « Je continuerai à faire mon métier, à dire la vérité, parce que le journalisme n’est pas un crime. »

L’arrestation de la journaliste et la suspension du signal de la 7TV ont provoqué une onde de choc dans le monde médiatique. Le Front pour la défense de la liberté de la presse, regroupant les principales organisations professionnelles, a annoncé une série d’actions pour exiger le respect des droits des journalistes et dénoncer les pressions exercées contre les médias privés.

En conclusion, Maïmouna Ndour Faye a lancé un message fort à l’endroit des autorités et du public : « Je demande à tous ceux qui croient en la liberté de la presse et au droit à l’information de rester vigilants et mobilisés. La presse libre est une condition essentielle de toute démocratie. Nous devons la défendre, quoi qu’il en coûte. »

Le pouvoir veut liquider la presse privée, selon Mamadou Ibra Kane

Le climat est de plus en plus tendu entre le pouvoir en place et les professionnels des médias. Ce jeudi 30 octobre, le Front pour la défense de la liberté de la presse (FDLP) a organisé un grand rassemblement devant les locaux de la chaîne 7TV, à Dakar. Cette manifestation intervient au lendemain de l’arrestation puis de la libération des journalistes Maïmouna Ndour Faye et Babacar Fall, tous deux interpellés à la suite de la diffusion d’une interview de Madiambal Diagne, visé par un mandat d’arrêt international.

Cette affaire, qui a provoqué une onde de choc dans le milieu médiatique, a servi de catalyseur à la naissance du FDLP, une coalition regroupant plusieurs acteurs de la presse sénégalaise. Pour ses initiateurs, il s’agit de défendre la liberté d’informer et de s’opposer à ce qu’ils considèrent comme une dérive autoritaire du régime.

Devant les journalistes, Mamadou Ibra Kane, figure respectée du monde des médias et président du groupe Emedia, a pris la parole pour dénoncer avec vigueur les atteintes répétées à la liberté de la presse. « Aujourd’hui, c’est un moment fort, car nous avons su faire reculer l’arbitraire. Babacar Fall a été arrêté, menotté, avant d’être libéré sans aucune charge. Et Maïmouna Ndour Faye, à son tour, a recouvré la liberté. Ces arrestations étaient purement politiques, parce qu’aucune loi au Sénégal n’interdit de donner la parole à une personne poursuivie », a-t-il déclaré.

Selon lui, ces événements ne sont pas des cas isolés mais s’inscrivent dans une stratégie globale d’intimidation. « Leur arrestation était un acte politique pour isoler la presse, pour faire peur. Nous avons simplement fait notre travail : donner la parole à quelqu’un que les Sénégalais voulaient entendre. C’est cela, le journalisme. »

Dans son intervention, Mamadou Ibra Kane a tenu à rappeler un précédent datant de 2023, lorsque l’actuel Premier ministre Ousmane Sonko, alors opposant, avait été interviewé alors qu’il était en fuite. « À l’époque, Pierre Édouard Faye, un confrère, l’avait rencontré et interviewé. Cela ne voulait pas dire qu’il partageait ses opinions, mais simplement qu’il exerçait son métier. Aujourd’hui, ce même exercice professionnel devient un prétexte pour arrêter des journalistes », a-t-il regretté.

Mais au-delà des arrestations, le président du FDLP dénonce une autre menace, plus sournoise selon lui : l’asphyxie économique de la presse privée. « Le nouveau régime veut tout simplement liquider la presse indépendante. L’État du Sénégal doit de l’argent à plusieurs entreprises de presse, mais refuse de payer. Et pour aggraver les choses, les subventions votées par l’Assemblée nationale sont bloquées par le ministère de la Communication pour des raisons politiques », a-t-il expliqué.

D’après Mamadou Ibra Kane, cette politique de restriction budgétaire s’accompagne d’une volonté claire de contrôle du paysage médiatique. « Le Premier ministre a demandé à toutes les structures publiques — ministères, agences, sociétés nationales — de résilier leurs contrats de publicité avec la presse privée. C’est un signal fort : le pouvoir veut contrôler l’information en affamant économiquement les médias indépendants », a-t-il affirmé.

Le journaliste a également évoqué la tendance inquiétante d’un retour vers un parti-État, inspiré, selon lui, par certains modèles étrangers. « Le Premier ministre lui-même, lors de son voyage en Chine, a laissé entendre qu’il voulait construire un système où tout passe par l’État. C’est une logique totalitaire, incompatible avec notre histoire démocratique », a-t-il averti.

Pour Mamadou Ibra Kane, la situation actuelle impose une vigilance de tous les instants. Il appelle les professionnels des médias, mais aussi la société civile et les citoyens, à se mobiliser pour défendre la liberté de la presse. « Un parti-État ne passera pas au Sénégal. Nous n’allons pas revenir sur des conquêtes démocratiques que nos anciens ont obtenues au prix de lourds sacrifices. La liberté d’expression et la liberté de la presse, inscrites dans la Constitution, doivent être défendues quelles que soient les alternances politiques », a-t-il martelé sous les applaudissements nourris de la foule.

Ce rassemblement devant 7TV marque ainsi une nouvelle étape dans la résistance du secteur médiatique face à un pouvoir accusé de vouloir museler les voix discordantes. Dans un contexte où les tensions entre le gouvernement et les médias ne cessent de croître, le FDLP s’affirme désormais comme un acteur central du combat pour la préservation des libertés fondamentales au Sénégal.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°595 –30/10/2025

🔴 MAÏMOUNA NDOUR FAYE, BABACAR FALL ET CIE : SYMBOLES D’UNE PRESSE BÂILLONNÉE

🔴 JOJ DAKAR 2026 / MOMENT HISTORIQUE : DIOMAYE FAYE RÉVÈLE LA MASCOTTE CE VENDREDI !

Arrestations de Maïmouna Ndour Faye et Babacar Fall : le PDS dénonce une dérive autoritaire et exige leur libération immédiate

Le climat politico-médiatique s’alourdit au Sénégal après les arrestations spectaculaires de Maïmouna Ndour Faye, Directrice générale de la chaîne 7TV, et de Babacar Fall, Directeur de la rédaction de la RFM, survenues dans les locaux mêmes de leurs rédactions. Une scène d’une rare gravité que le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) qualifie d’« indigne » et de « profondément attentatoire aux libertés publiques ».

Dans un communiqué rendu public, le parti dirigé par Abdoulaye Wade exprime sa vive préoccupation face à ces arrestations jugées « humiliantes et injustifiables », opérées par des éléments de la gendarmerie alors que les journalistes étaient en plein exercice de leurs fonctions. Le PDS estime qu’il s’agit d’un précédent dangereux pour la démocratie sénégalaise, car il remet en cause la sacralité des rédactions et la protection constitutionnelle accordée aux professionnels de l’information.

Selon le parti libéral, « cet usage disproportionné de la force » soulève de graves interrogations quant au respect de la liberté de la presse, garantie par la Constitution et par les engagements internationaux du Sénégal, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Le communiqué souligne que « les journalistes ne peuvent être traités comme des délinquants alors qu’ils remplissent leur mission d’informer », rappelant que la presse constitue un contre-pouvoir indispensable à la vitalité démocratique.

Le PDS s’est particulièrement indigné du traitement réservé à Maïmouna Ndour Faye, figure emblématique du paysage audiovisuel sénégalais et journaliste reconnue pour son franc-parler. Le parti évoque « la brutalité des images » diffusées sur les réseaux sociaux lors de son interpellation, qu’il juge « inacceptables dans un État qui se veut respectueux des droits fondamentaux ». L’un de ses avocats, selon la même source, aurait été empêché d’accéder à sa cliente, en violation manifeste des droits de la défense. Pour le PDS, ces agissements traduisent « un recul inquiétant de l’État de droit » et un mépris flagrant des garanties procédurales.

« Ce qui s’est passé à 7TV et à la RFM n’est pas seulement une affaire de journalistes ; c’est un test pour notre démocratie », affirme le communiqué. Le parti libéral appelle ainsi les autorités judiciaires et gouvernementales à « respecter scrupuleusement les droits et libertés garantis à tous les citoyens », tout en rappelant que la liberté de la presse est un pilier fondamental de toute République digne de ce nom.

Dans le même souffle, le PDS exprime sa solidarité totale envers Maïmouna Ndour Faye, Babacar Fall, ainsi qu’un technicien de 7TV également placé en garde à vue. Il exige leur libération immédiate et sans condition, dénonçant une justice « à double vitesse » et un pouvoir « de plus en plus enclin à intimider les voix indépendantes ».

Le parti d’Abdoulaye Wade invite enfin la société civile, les organisations de défense des droits humains et les associations professionnelles de journalistes à se mobiliser pour empêcher « la normalisation des atteintes à la liberté d’informer ». Pour le PDS, cette affaire dépasse les seules personnes concernées : elle symbolise la fragilisation progressive des espaces de liberté dans un contexte de tension croissante entre le pouvoir exécutif et les médias.

Dernière minute : Le journaliste Babacar Fall recouvre la liberté après plusieurs heures d’audition

Le journaliste Babacar Fall a été libéré ce mercredi soir, après avoir été interpellé dans la matinée. Son arrestation était intervenue peu de temps après une interview accordée à Madiambal Diagne, ce qui avait immédiatement suscité de vives réactions dans le milieu médiatique et sur les réseaux sociaux.

Selon les informations recueillies, aucune charge n’a finalement été retenue contre lui à l’issue de son audition. Son avocat a tenu à rassurer l’opinion publique sur son état de santé et les conditions de sa détention.

« Le journaliste Babacar Fall se porte bien. Il n’a piqué aucune crise, et n’a pas été placé en garde à vue », a précisé son conseil juridique.

L’interpellation du journaliste avait provoqué une vague d’inquiétude, d’autant que le contexte autour de la liberté de la presse reste sensible. Plusieurs confrères et organisations défendant la liberté d’expression avaient demandé sa libération immédiate, dénonçant une « pression injustifiée » sur les professionnels des médias.

Avec cette remise en liberté, la tension retombe, mais l’affaire pose encore une fois la question de la protection des journalistes dans l’exercice de leur métier et du droit à l’information, un enjeu central dans la consolidation de la démocratie.

Communiqué du conseil des ministres du mercredi 29 octobre

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 29 octobre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Hommage de la Nation au Professeur Amadou Mahtar MBOW

Le Président de la République a introduit sa communication en saluant la mémoire de feu Amadou Mahtar MBOW, ancien Ministre et ancien Directeur général de l’UNESCO, qui a servi le Sénégal, l’Afrique et le monde. Référence dont l’œuvre et les enseignements doivent être vulgarisés, la Nation lui a rendu un vibrant hommage. A cet effet, le Président de la République félicite le Gouvernement, notamment les Ministres en charge de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, de la Formation professionnelle et technique et de la Culture, pour la bonne organisation de la cérémonie d’hommage, dans une parfaite communion avec la famille du défunt et la fondation sur les savoirs endogènes, qui porte son nom.

Transformation systémique des secteurs agricole, Pastoral et halieutique

Relativement à la tenue de la première réunion du Conseil national d’Orientation agrosylvopastoral et halieutique, le Président de la République félicite le Gouvernement et l’ensemble des parties prenantes pour leur mobilisation collective dans le cadre des concertations et la finalisation, vingt (20) ans après, dans une approche intégrée et prospective, des recommandations et propositions consensuelles sur un nouveau projet de loi agrosylvopastorale et halieutique consolidé.

Il demande au Premier Ministre de faire prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’adoption prochaine, en Conseil des Ministres, de ce texte transformateur et de ses décrets d’application. Le Président de la République demande, également, de renforcer la coordination intersectorielle et le renouveau des organisations professionnelles d’agriculteurs, d’éleveurs, de pêcheurs et d’exploitants forestiers. Il indique, en outre, l’importance de professionnaliser les métiers, de renforcer les compétences des jeunes impliqués, d’assurer la montée en puissance de la protection sociale des acteurs du secteur primaire et d’accélérer les réformes indiquées du foncier afin d’assurer un financement soutenu du système agrosylvopastoral. A cet égard, il instruit le Ministre des Finances et du Budget, en relation avec les ministres concernés, de lui faire parvenir des propositions pragmatiques, relatives à la mise en place d’un Fonds de Recherche et de Développement agrosylvopastoral, forestier et halieutique.

Au demeurant, il préconise, pour le secteur primaire, la réforme du modèle de crédit agricole, la maitrise des statistiques, le renforcement de l’accompagnement des femmes actives, l’accélération de la généralisation de la digitalisation et la facilitation des formalités administratives. Il rappelle enfin l’impératif, pour le Gouvernement, de définir une stratégie intégrée de transformation et de valorisation des produits locaux et une doctrine consensuelle et efficace de promotion du «Consommer local».

Maitrise stratégique de la commande publique

Considérant que l’exécution de la commande publique, dans l’efficacité, l’efficience et la transparence, constitue une opportunité majeure d’accélérer le redressement et la relance économiques, le Président de la République demande au Premier Ministre, aux membres du Gouvernement et au Ministre, Secrétaire général de la Présidence de la République, de prendre toutes les mesures idoines, afin d’assurer l’exécution, dans toutes les structures publiques et parapubliques, des Plans de passation des marchés, conformément aux procédures impératives indiquées par le Code des marchés publics.

Se félicitant du lancement du processus de dématérialisation des dossiers d’appel d’offres par l’Autorité de Régulation de la Commande publique (ARCOP), il demande aux autorités contractantes de faciliter la mise en œuvre de cette stratégie d’optimisation du calendrier d’exécution des marchés et, à chaque ministre, de tenir, avant la fin de l’année 2025, une Conférence sur l’exécution des marchés de 2025 et sur la planification de ceux prévus en 2026.

Renforcement de l’autonomisation économique des femmes

Le Chef de l’Etat exprime son attachement au renforcement permanent de l’autonomisation économique des femmes. Malgré le fait qu’elles représentent l’un des groupes les plus vulnérables, les femmes contribuent significativement au développement et à la stabilité sociale. Il félicite, à ce titre, le Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités pour le déploiement rapide et efficace du programme des filets sociaux accordés aux groupes vulnérables, notamment les femmes, de plusieurs localités du pays. Dès lors, il instruit le Gouvernement d’intensifier la mise à disposition des financements destinés à accompagner leurs activités génératrices de revenus et leurs groupements et de lui soumettre, avant la fin de l’année 2025, un projet de loi d’orientation relative à l’autonomisation économique des femmes.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat informe le Conseil qu’il présidera, le vendredi 31 octobre 2025, la cérémonie de dévoilement de la mascotte des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026 et la cérémonie de remise du 5ème Prix Galien Afrique. En outre, il visitera, le dimanche 02 novembre 2025, les chantiers relatifs aux JOJ Dakar 2026 avec les ministres et les responsables des structures publiques et privées concernées.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a présenté une communication sur les points suivants :

Suivi des conventions et accords présidentiels

Le Premier Ministre a félicité Monsieur le Président de la République pour la portée stratégique et la qualité des visites récemment effectuées au Rwanda et au Kenya, qui traduisent la maturité de notre diplomatie et la place que le Sénégal occupe, désormais, dans l’espace africain et international. A cette occasion, des accords portant sur le renforcement des chaînes de valeur africaine, la promotion de la mobilité des compétences et la consolidation des échanges entre États souverains et égaux, ont été signés. Le Premier Ministre a rappelé qu’il est attendu de chaque ministère concerné la prise en charge, de manière opérationnelle, de la mise en œuvre des engagements issus de ces accords. La Primature assurera, à cet égard, le suivi de l’exécution des actions entreprises, sur la base de rapports réguliers permettant d’évaluer les progrès, d’identifier les contraintes et de garantir la cohérence d’ensemble. Ces accords doivent se traduire en projets concrets, porteurs d’impacts visibles pour les populations.

Le Premier Ministre a fait part au Conseil de la visite d’amitié et de travail que son homologue de la République Islamique de Mauritanie effectuera à Dakar, du 16 au 18 novembre 2025. De même, une délégation technique du pays frère de la Sierra Leone, conduite par le Ministre de l’Energie, sera reçue à partir du 20 novembre 2025, pour la finalisation des négociations sur la coopération dans le domaine des mines et de l’énergie.

Consolidation de la crédibilité du Sénégal

Le Premier Ministre a salué la représentation du Sénégal aux assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, tenues à Washington, ainsi que la qualité de la participation et la pertinence des contributions de la délégation sénégalaise. Cela a réaffirmé la crédibilité du Sénégal sur la scène économique internationale et a consolidé la confiance des partenaires dans la rigueur de la gouvernance publique du Sénégal. Les échanges ont ouvert la voie à un nouveau cadre de coopération avec le FMI et la Banque mondiale, fondé sur la transparence, la soutenabilité et la responsabilité partagée.

Le Premier Ministre a rappelé son attachement à l’exigence de discipline budgétaire, de transparence et de responsabilité qui doit demeurer au cœur de l’action collective du Gouvernement et qui constitue la condition de la stabilité macroéconomique, du renforcement de la confiance des partenaires et de la préservation de notre souveraineté financière et politique.

Promotion du secteur privé national

Le Premier Ministre a indiqué la volonté du Président de la République de faire du secteur privé national un levier central du développement économique et social du Sénégal, exprimée dans son premier message à la Nation, le 3 avril 2024 et réitérée à l’occasion du Conseil des Ministres du 3 septembre 2025, avec notamment le lancement prochain de l’initiative « SUNU CHAMPIONS ». Le Premier Ministre a souligné que, dans la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 et du Plan de Redressement économique et social (PRES), le secteur privé a été pleinement impliqué à toutes les étapes du processus. Il a salué la disponibilité et l’engagement du secteur privé national à relever les défis liés à la création de richesses et d’emplois ainsi qu’à la formation professionnelle de la jeunesse et à contribuer à l’instauration d’un climat de paix et de stabilité dans le pays. Le secteur privé est disposé à être le principal allié de l’Etat pour les investissements dans les secteurs prioritaires et la promotion des pôles industriels territoriaux et des filières et chaines de valeurs prioritaires, axes déterminants de la politique gouvernementale.

Pour le Premier Ministre, il convient de bâtir une alliance forte entre l’Etat et le secteur privé national, dans le but de faire émerger de véritables champions économiques, capables de contribuer à la transformation du Sénégal, au bénéfice des entreprises et des ménages. Pour ce faire, le secteur privé national doit davantage se structurer, au moment où l’Etat a déjà entamé des réformes permettant d’aménager un environnement juridique et institutionnel adéquat pour l’investissement. Ce faisant, le Pacte national de stabilité sociale constitue un instrument précieux pour la préservation de la paix sociale, adossé à des mesures d’accompagnement incitatives et de facilitation pour l’accès au foncier et à la commande publique, avec des clauses de préférence nationale.

Le Premier Ministre a clos sa communication en demandant aux ministres et secrétaires d’Etat de s’atteler à la promotion d’un nouvel état d’esprit dans l’administration, consistant à mettre l’accent sur le soutien aux investisseurs, en particulier le secteur privé national, à veiller à la transparence publique et à recourir largement à la digitalisation dans les processus décisionnels critiques dans l’administration. 

AU TITRE DES AUTRES COMMUNICATIONS

Madame le Ministre de la Jeunesse et des Sports a fait une communication sur les stages de préparation des athlètes, en vue des Jeux Olympiques de la Jeunesse-Dakar 2026 et le projet de mise en place d’un Centre de Haute Performance sportive ;

-Monsieur le Directeur général de l’ARCOP a fait un exposé sur les procédures de passation des marchés publics.

AU TITRE DES TEXTES LÉGISLATIFS ET RÈGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :

-le projet de décret relatif aux modalités d’application de la loi n°2025-12 du 03 septembre 2025 portant création de l’Office national de Lutte contre la Corruption (OFNAC) ;

-le projet de décret portant application de la loi n°2025-13 du 03 septembre 2025 relative à la déclaration de patrimoine ;

-le projet de décret portant application de la loi n°2025-14 du 04 septembre 2025 portant statut et protection des lanceurs d’alerte ;

– le projet de décret fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de la Commission nationale d’Accès à l’Information (CONAI).

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :
• Monsieur Demba TR AORE, Magistrat en service à la Cour suprême, matricule de solde n°601 590/K, est nommé Directeur général de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol, en remplacement du Colonel Amadou Ousmane BA.

Marie Rose Khady Fatou FAYE
Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,
Chargée des Relations avec les Institutions,
Porte-parole du Gouvernement

Bougane Guèye Dany dénonce « une atteinte à la liberté de la presse » après les interpellations de Maimouna Ndour Faye et Babacar Fall

L’interpellation des journalistes Maimouna Ndour Faye (7TV) et Babacar Fall (RFM), dans le contexte de leur récente interview avec Madiambal Diagne, continue de susciter de vives réactions dans le paysage politique et médiatique sénégalais. Parmi les voix les plus critiques, celle de Bougane Guèye Dany, leader du mouvement Gueum Sa Bopp, qui a dénoncé ce qu’il qualifie de « menace directe contre la liberté d’expression ».

Dans une déclaration rendue publique ce mercredi, Bougane estime que ces interpellations s’inscrivent dans une démarche visant à « faire taire la presse ». Selon lui, le régime dirigé par Bassirou Diomaye Faye, avec Ousmane Sonko comme Premier ministre, chercherait à « imposer un récit politique en marginalisant toute voix critique ».

« Le régime de Diomaye–Sonko cherche à faire taire la presse pour mieux imposer la manipulation et le mensonge », affirme-t-il dans son communiqué.

Pour Bougane, la liberté de la presse constitue un pilier essentiel du débat démocratique. Il soutient que toute tentative de restreindre l’expression journalistique porte atteinte à la démocratie elle-même. « La démocratie ne se construit pas dans le silence imposé, mais dans le débat libre et contradictoire », insiste-t-il.

Dans la même déclaration, le leader politique appelle l’opposition ainsi que les organisations de la société civile à se mobiliser. Il donne rendez-vous le 8 novembre prochain au Niaqhtou National, une rencontre qu’il présente comme un espace de regroupement des « forces vives » du pays.

Madiambal Diagne accuse : « Sonko était en colère contre Bamba Cissé lorsqu’il a appris que j’avais quitté le pays »

Le journaliste et patron du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, était l’invité de RFM Matin ce mercredi, au lendemain d’un entretien interrompu sur 7TV. Profitant de cette tribune, il est revenu sans détour sur son dossier judiciaire et les réactions qu’il affirme avoir provoquées au sommet de l’État.

Selon lui, Ousmane Sonko aurait exprimé une vive colère contre Bamba Cissé au moment où il a quitté le territoire. « Lors d’une réunion avec ses hommes, il s’en est vivement pris à Bamba Cissé, lui demandant comment Madiambal Diagne a pu échapper », a déclaré le journaliste. À en croire Madiambal Diagne, cette réaction serait liée à la crainte d’éventuelles révélations qu’il pourrait faire une fois à l’étranger.

Là où les propos deviennent plus lourds, c’est lorsque le journaliste évoque un lien supposé entre le dossier Sweet Beauté, impliquant Ndeye Khady Ndiaye, et un marché d’armement. « Sweet Beauté et un marché d’armement ? Vous n’êtes pas étonnés ? » interroge-t-il, suggérant que des éléments encore non dévoilés pourraient modifier la compréhension du dossier.

Madiambal Diagne affirme par ailleurs avoir rassuré Birame Diop, tout en laissant planer une menace claire. « J’ai dit à Birame Diop qu’il l’assure que ce dont ils ont peur n’est pas le plus important pour moi. Je n’en parlerai pas. Sauf si je me retrouve dans une situation où je n’aurais plus le choix », a-t-il déclaré, insinuant qu’un « déballage total » reste possible.

Revenant sur l’incident de la veille, lorsque son entretien sur 7TV avec Maïmouna Ndour Faye a été brusquement interrompu, le journaliste parle de censure assumée. « Dossier bi damako niémé parce que dama am ay arguments, am ay preuves », a-t-il martelé sur les ondes de la RFM, affirmant ne craindre aucun débat public.

Pour lui, la volonté de freiner sa prise de parole traduit une seule chose : la peur que la vérité éclate. « Ils refusent que je parle. Mais je parlerai, ici, sur les médias internationaux, et ailleurs. La vérité sera connue », a-t-il insisté.

Ces déclarations interviennent dans un contexte politique tendu, où chaque parole publique alimente un climat déjà hautement inflammable. Les prochains jours pourraient être déterminants, surtout si Madiambal Diagne met sa menace d’« ouvrir les dossiers » à exécution.

Interpellation de Maimouna Ndour Faye de la 7TV : Le CDEPS dénonce une atteinte grave et appelle à la mobilisation

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) condamne avec la plus grande fermeté et une profonde indignation l’interpellation de Mme Maimouna Ndour Faye, Directrice générale de 7TV, par des éléments de la Gendarmerie nationale. Cette interpellation a eu lieu dans les locaux de la chaîne, en pleine émission avec M. Madiambal Diagne.

Le CDEPS considère cette intrusion musclée dans l’enceinte d’un média comme une violation manifeste et inacceptable de la liberté de la presse et du droit fondamental à l’information du public. De tels actes portent atteinte aux principes sacro-saints garantis par la Constitution du Sénégal, notamment ses articles 8 et 10, qui consacrent la liberté d’opinion, d’expression et de la presse comme des droits fondamentaux.

Cette opération, menée sans motif légal apparent et visant une journaliste dans l’exercice normal de son activité, contrevient également aux engagements internationaux du Sénégal. Elle est en contradiction avec l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et l’article 9 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui protègent le droit à l’information et à la libre expression.

Le CDEPS tient à rappeler avec force qu’en l’état actuel du droit sénégalais et des conventions internationales ratifiées par le Sénégal, le fait de donner la parole à une personne, quelle que soit sa situation juridique, n’a jamais constitué un délit. Aucune disposition légale ou conventionnelle ne justifie une telle entrave au travail journalistique.

Le CDEPS réaffirme solennellement que le journalisme n’est pas un délit et que l’État de droit impose le respect absolu de l’indépendance des médias.

Face à la multiplication des agressions et des tentatives de musellement du secteur des médias privés, le CDEPS exige des autorités la garantie immédiate de la protection des journalistes et le respect strict des principes constitutionnels qui sont le socle de la démocratie sénégalaise. Il s’insurge contre cette tentative continue de mettre sous l’éteignoir toute la presse privée et appelle l’ensemble des citoyens, conscients du rôle vital de la liberté de la presse dans le fonctionnement démocratique, à faire barrage à ces manœuvres.

Le CDEPS va réunir de façon urgente ses instances dirigeantes pour étudier les suites appropriées à donner dans les plus brefs délais à ces atteintes inacceptables à la liberté de la presse. Il est impératif que ces agressions cessent immédiatement.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°594 – 29/10/2025

🔴 INTERPELLATION DE LA DIRECTRICE DE LA 7TV : LE JOURNALISME EN DANGER
🔴 COUR SUPRÊME / LE 6 NOVEMBRE 2025 : L’HEURE DE VÉRITÉ POUR LAT DIOP

🔴 LE SÉNÉGAL SE QUALIFIE POUR LA CAN 2026 : HÉROÏQUES « LIONNES » !
🔴 FIN DU PAY PER VIEW : LA LSFP CHANGE DE CAP MÉDIATIQUE !

Sédhiou : un cultivateur amputé après avoir sauté sur une mine antipersonnel à Niaga

Un grave accident a bouleversé la quiétude du village de Niaga, dans la région de Sédhiou, dimanche soir. Un cultivateur âgé de 35 ans a été grièvement blessé après avoir marché sur une mine antipersonnel, alors qu’il revenait de son champ d’arachide. Ce drame, survenu dans une zone encore marquée par les séquelles du conflit en Casamance, ravive les inquiétudes autour de la présence persistante d’engins explosifs dans certaines zones rurales du sud du Sénégal.

Selon des informations rapportées par la Radio Futurs Médias (Rfm), l’accident s’est produit dans un secteur forestier que l’homme avait emprunté pour cueillir des fruits sauvages. Sans le savoir, il aurait mis le pied sur un engin explosif enfoui depuis plusieurs années. L’explosion a été d’une violence telle qu’elle a provoqué de graves blessures au niveau des jambes et du bassin, provoquant une panique immédiate parmi les habitants alertés par la détonation.

Rapidement secouru par des villageois, la victime a été évacuée d’urgence vers l’hôpital régional de Kolda, où il a reçu les premiers soins. Toutefois, les médecins, face à la gravité des lésions, ont dû procéder à une amputation de la jambe pour lui sauver la vie. Son pronostic vital serait désormais stabilisé, mais son état demeure préoccupant selon une source hospitalière.

Cet incident tragique met une fois de plus en lumière la dangerosité persistante des mines antipersonnel dans certaines zones frontalières du sud du Sénégal, notamment entre les régions de Sédhiou et de Ziguinchor. Bien que la paix soit officiellement revenue en Casamance depuis plusieurs années, les résidus d’explosifs laissés par le conflit continuent de menacer la sécurité des populations rurales, en particulier les agriculteurs, les éleveurs et les enfants.

Des organisations humanitaires et des structures spécialisées, comme le Centre national d’action antimines du Sénégal (CNAMS), poursuivent depuis des années des opérations de déminage dans la région. Cependant, certaines zones boisées et reculées restent encore difficiles d’accès, rendant les opérations plus complexes et laissant planer un danger permanent.

Les autorités locales, informées du drame, ont réitéré leurs appels à la prudence, invitant les habitants à éviter les zones non sécurisées et à signaler tout objet suspect aux forces de défense et de sécurité. Plusieurs voix s’élèvent par ailleurs pour demander l’accélération des programmes de déminage et un renforcement de la sensibilisation dans les villages frontaliers, où la pauvreté pousse souvent les populations à s’aventurer dans des zones à risque.

Ce nouveau drame à Niaga rappelle, s’il en était besoin, que la menace des mines antipersonnel demeure une réalité tangible pour les communautés rurales du sud du Sénégal, malgré les efforts constants des autorités et des partenaires internationaux pour éradiquer définitivement ce fléau silencieux.

Désencombrement à Dakar : le gouverneur Ousmane Kane fixe un ultimatum aux propriétaires d’épaves et d’engins abandonnés

Le gouverneur de la région de Dakar, Ousmane Kane, a annoncé le lancement d’une vaste opération de désencombrement visant à libérer les artères principales et les espaces publics de la capitale des épaves, des véhicules abandonnés et des engins laissés à l’abandon. Cette mesure, présentée comme une nécessité pour rétablir la fluidité de la circulation et préserver l’ordre public, marque une nouvelle étape dans la lutte contre l’occupation anarchique de l’espace urbain dakarois.

Dans un communiqué officiel publié ce lundi, le gouverneur a exprimé son inquiétude face à la prolifération des véhicules en stationnement prolongé sur les trottoirs, les accotements et même parfois les voies principales, transformées en parkings sauvages ou en dépotoirs mécaniques. Ces épaves, souvent laissées à l’abandon depuis plusieurs mois, constituent selon lui une menace pour la sécurité routière, la salubrité et la mobilité urbaine.

« Ces obstructions anarchiques perturbent gravement la circulation, créent des embouteillages chroniques et dégradent le cadre de vie. Elles présentent également des risques sanitaires et sécuritaires importants », a averti M. Kane, appelant à une réaction rapide et concertée.

Face à cette situation devenue intenable, un ultimatum a été fixé : tous les propriétaires de véhicules ou d’engins abandonnés dans l’espace public disposent jusqu’au mardi 11 novembre 2025 pour procéder à leur enlèvement. Passé ce délai, les autorités procéderont à des opérations de déguerpissement forcé, sans autre préavis.

Le communiqué précise que ces mesures ne se limitent pas aux seuls centres urbains de Dakar, mais concernent également les banlieues et les zones périurbaines, où la présence d’épaves et de véhicules en panne entrave souvent l’accès aux marchés, aux écoles et aux services publics.

Le gouverneur Ousmane Kane justifie cette décision par la « croissance préoccupante de l’entrave à la libre circulation des biens et des personnes », aggravée par une mauvaise gestion de l’espace public et une absence de discipline citoyenne. Il évoque aussi les conséquences directes sur « la salubrité publique, la sécurité collective et l’image de la capitale », insistant sur la nécessité d’une action ferme et durable.

Dans cette perspective, le gouverneur a appelé à une mobilisation générale des différentes parties prenantes : les autorités municipales, les préfets, les sous-préfets, les services de sécurité et les forces de l’ordre sont invités à veiller à la stricte application de cette mesure. Les communes devront, selon lui, identifier les zones les plus touchées et participer activement à la mise en œuvre du plan de désencombrement.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts entrepris par l’État pour restaurer l’ordre et la propreté dans l’espace public de la région de Dakar, confrontée depuis plusieurs années à un désordre urbain grandissant. Le gouverneur a tenu à rappeler que cette opération n’est pas une sanction, mais un acte de responsabilité et de civisme, visant à garantir la sécurité, la fluidité et la qualité de vie des Dakarois.

« Il est temps que chacun prenne conscience de sa part de responsabilité. L’espace public appartient à tous, et sa préservation relève du devoir collectif », a conclu Ousmane Kane, avant de réaffirmer la détermination de l’administration à faire appliquer cette mesure « sans complaisance ni discrimination ».

Rejet de la requête de Guy Marius Sagna : Assane Samb pointe un manque de soutien interne et évoque un calcul politique du Pastef

Le Bureau de l’Assemblée nationale a rejeté la proposition de résolution déposée par le député Guy Marius Sagna, qui visait la mise en accusation de l’ancien président Macky Sall devant la Haute Cour de Justice. Motif avancé : le non-respect du Règlement intérieur de l’institution, notamment de son article 103, qui encadre strictement les conditions de recevabilité de ce type d’initiatives parlementaires.

Cette décision, tombée à l’issue d’une réunion du Bureau, suscite déjà de nombreuses réactions dans l’espace politique et médiatique. Parmi elles, celle de l’analyste politique Assane Samb, qui estime que le mode d’action de Guy Marius Sagna révèle un isolement politique au sein même de son camp. Selon lui, le fait que le député ait agi seul, sans le soutien formel de son groupe parlementaire Pastef, traduit un manque d’adhésion collective à cette démarche.

« Le mode de saisine solitaire de Guy Marius Sagna pose question. Est-ce à dire que ses camarades ne partagent pas la même idée, ou bien considèrent-ils que la procédure est vouée à l’échec ? », s’est interrogé Assane Samb, estimant que cette attitude trahit une certaine prudence, voire une réserve politique au sein de la majorité parlementaire.

L’analyste explique que, même si cette proposition a peu de chances d’aboutir sur le plan juridique — en raison notamment de l’immunité présidentielle dont bénéficie Macky Sall pour les actes posés durant son mandat —, elle demeure une arme politique stratégique pour le pouvoir en place.

« Cette volonté de mise en accusation n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une logique politique. Pour le Pastef, elle pourrait servir à dissuader Macky Sall de revenir au Sénégal et à fragiliser son parti. Car, qu’on le veuille ou non, Macky Sall reste un adversaire redoutable pour la majorité actuelle », analyse Assane Samb.

Selon lui, une telle démarche permettrait au camp au pouvoir d’entretenir un climat d’incertitude autour de l’ancien chef de l’État, de maintenir la pression sur son entourage politique et d’occuper le terrain symbolique de la reddition des comptes.

« Même si Macky Sall n’est jamais inquiété par la justice, le simple fait de brandir la menace d’une procédure constitue déjà un gain politique. Cela envoie un signal fort à l’opinion et affaiblit moralement le camp de l’ancien président », ajoute l’analyste.

Toutefois, Assane Samb invite à la prudence politique, estimant qu’une telle logique pourrait s’avérer dangereuse à long terme. Il met en garde contre « l’esprit de vengeance » qui, selon lui, risquerait d’installer un précédent préjudiciable à la stabilité institutionnelle du pays.

« Si chaque majorité cherche à poursuivre les anciens présidents, le Sénégal perdra de sa crédibilité démocratique. Ce serait une pente glissante, susceptible d’affaiblir l’ensemble des institutions et de ternir l’image du pays à l’international », avertit-il.

Pour rappel, le Bureau de l’Assemblée nationale a examiné huit initiatives parlementaires, dont celle de Guy Marius Sagna. Sept d’entre elles ont été jugées irrecevables, pour des motifs similaires liés à la non-conformité avec les articles 51, 69 et 103 du Règlement intérieur. Ce dernier dispose qu’une résolution ne peut être soumise à l’examen que si elle émane d’une commission parlementaire, d’un groupe constitué, ou d’un nombre de députés non-inscrits représentant au moins un dixième des membres de l’Assemblée.

De son côté, Guy Marius Sagna a pris acte de cette décision, tout en contestant son bien-fondé. Selon les informations rapportées par L’Observateur, le député soutient que sa proposition avait été formulée sous l’ancien Règlement intérieur, et non sous le nouveau cadre utilisé pour justifier son irrecevabilité. Il a également affirmé son intention de corriger et de réintroduire sa proposition, réitérant sa détermination à voir la justice se pencher sur la gestion de l’ancien régime.

Mbour : un réseau de faux documents administratifs démantelé par la Sûreté urbaine

La police de Mbour a frappé un grand coup contre la fraude documentaire. Les éléments de la Sûreté urbaine du commissariat central de Mbour, sur la Petite-Côte, ont démantelé un réseau de fabrication et de vente de faux documents administratifs, notamment des Certificats de mise en consommation (CMC). Deux individus ont été arrêtés dans cette affaire qui met en lumière un système organisé de falsification destiné à faciliter des démarches illégales contre paiement.

Les suspects interpellés sont Modou Rokhaya Fall, un restaurateur domicilié à Saly Carrefour, et Amad Diop, un mécanicien résidant à Guinaw-Rails. D’après les premières informations, Modou Rokhaya Fall serait le cerveau de ce réseau artisanal mais bien rodé. Il aurait mis en place un véritable trafic de faux documents administratifs, fabriqués à partir de modèles authentiques, et vendus à des particuliers souhaitant contourner les procédures légales.

L’affaire a éclaté à la suite d’un renseignement exploité par la Sûreté urbaine, selon lequel le restaurateur s’adonnait à la production de faux CMC, documents officiels utilisés notamment dans le cadre de la régularisation de véhicules importés. Contre une somme d’argent, il proposait à ses “clients” des certificats falsifiés censés provenir des autorités compétentes.

Une opération de filature et de surveillance a alors été montée par les enquêteurs. Celle-ci a permis d’intercepter Amad Diop, le complice présumé, au moment où il venait tout juste de récupérer un faux CMC fabriqué par Modou Rokhaya Fall. Les policiers ont ensuite procédé à l’arrestation du principal suspect, qui n’a pas tardé à reconnaître les faits lors de son interrogatoire.

Une perquisition effectuée à son domicile a permis aux enquêteurs de mettre la main sur un important lot de documents falsifiés, dont sept faux certificats de mise en consommation, ainsi que du matériel servant à leur confection. Ces éléments matériels viennent conforter les charges de faux et usage de faux en documents administratifs et de complicité retenues contre les deux hommes.

Les mis en cause ont été placés en garde à vue dans les locaux du commissariat de Mbour, en attendant leur présentation devant le parquet pour la suite de la procédure judiciaire. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer l’étendue réelle du réseau et à identifier d’éventuels complices ou bénéficiaires de ces faux documents.

Cette affaire relance le débat sur la prolifération des faux documents administratifs au Sénégal, un phénomène qui mine la crédibilité de l’administration et favorise diverses formes de fraude. Les autorités de Mbour, tout en saluant le professionnalisme des forces de l’ordre, ont appelé à une vigilance accrue et à un renforcement des contrôles sur la délivrance et la vérification des pièces officielles, afin de mieux protéger les citoyens et l’État contre ce type de dérives.

Santé mentale à Kolda : une crise silencieuse avec 43,2 % de dépression et plus de 16 % d’envies suicidaires

La région de Kolda, au sud du Sénégal, fait face à une situation alarmante sur le plan de la santé mentale. Selon les résultats de l’enquête STEPS 2024 sur les maladies non transmissibles, 43,2 % des habitants souffrent de dépression, tandis que plus de 16 % reconnaissent avoir eu des pensées suicidaires. Ces chiffres, déjà préoccupants, dépassent largement les moyennes nationales qui s’établissent respectivement à 36,6 % et 13 %.

Ces données ont été rendues publiques le 26 octobre, lors d’un Comité régional de développement (CRD) tenu à Kolda et consacré exclusivement à la problématique de la santé mentale. Présidant la rencontre, le gouverneur adjoint de la région a exprimé son inquiétude face à ces statistiques qui traduisent, selon lui, « une crise silencieuse qui frappe les foyers koldois ». Il a invité les autorités administratives, les collectivités territoriales, les professionnels de santé et les organisations communautaires à « unir leurs forces pour combattre ce fléau qui détruit les individus dans le silence et la honte ».

Les causes de cette détresse psychologique sont multiples et bien ancrées dans le quotidien des populations. Kolda, bien qu’elle soit une région à fort potentiel agricole, fait face à un chômage endémique, une pauvreté persistante, un accès limité aux services de base et un manque criant d’opportunités pour les jeunes. Beaucoup d’entre eux se retrouvent sans emploi, sans formation, et sans perspectives, ce qui favorise l’isolement, la perte d’estime de soi et, dans certains cas, les troubles mentaux graves.

Les problèmes familiaux, les violences domestiques, le stress lié à la précarité économique, ainsi que la migration clandestine sont également cités parmi les facteurs aggravants. Plusieurs participants au CRD ont souligné que le phénomène touche désormais toutes les couches sociales, y compris les femmes, les adolescents et les élèves.

Pour faire face à cette situation, le Réseau Jeunesse Population et Développement (RJPD) s’est engagé à jouer un rôle de premier plan. Son directeur exécutif, Maguette Thiandoum, a annoncé le lancement d’un vaste programme de sensibilisation intitulé « Sama Yoon, Sama Kaddu », qui vise à encourager la parole, la prévention et la solidarité communautaire.
« Nous voulons rompre le silence autour des troubles mentaux. À travers des campagnes de proximité, des plateformes numériques et des médias communautaires, nous allons diffuser des messages de prévention, de plaidoyer et de soutien psychologique. Il faut que les gens sachent que la dépression est une maladie, et qu’elle se soigne », a-t-il déclaré.

Mais au-delà de la sensibilisation, la question de la prise en charge médicale demeure un défi majeur. La région de Kolda ne dispose pas d’un centre psychiatrique digne de ce nom. Les patients doivent souvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres, jusqu’à Ziguinchor ou Dakar, pour bénéficier d’un suivi spécialisé. Cette situation contribue à la marginalisation et à l’abandon des personnes souffrant de troubles mentaux, souvent laissées à elles-mêmes ou enchaînées dans leurs foyers, faute d’alternatives.

Des acteurs de la société civile et des professionnels de santé ont plaidé pour la création d’un hôpital psychiatrique régional, équipé en personnel qualifié et en matériel adapté. Ils estiment qu’une telle structure permettrait de traiter efficacement les cas, de réduire les souffrances et de renforcer la prévention. « Tant qu’il n’y aura pas une politique publique forte et décentralisée sur la santé mentale, nous continuerons à voir des vies brisées par la dépression et le désespoir », a alerté un médecin psychiatre présent à la rencontre.

La crise de la santé mentale à Kolda met en lumière un problème national souvent négligé : la faible prise en compte du bien-être psychologique dans les politiques publiques. À l’heure où le Sénégal s’efforce de renforcer son système de santé, cette alerte venue du Sud rappelle l’urgence d’intégrer la santé mentale dans les priorités du développement humain, afin de donner à chaque citoyen les moyens de vivre dans la dignité, la sérénité et l’équilibre.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°593 – 28/10/2025

🔴 PREMIER FACE-À-FACE AVEC LE JUGE D’INSTRUCTION ABDOUL AZIZ DIALLO : BADARA GADIAGA IMPERTURBABLE
🔴 IRRECEVABILITÉ DE LA MISE EN ACCUSATION DE MACKY SALL ET LIBÉRATION DE PAPE MALICK NDOUR : DOUBLE REVERS POUR LES « PASTÉFIENS »

🔴 PAPE IBRAHIMA FAYE PORTE SON CHOIX SUR 21 « LIONCEAUX » : EN ROUTE POUR LE MONDIAL U17
🔴 LIGUE 1 : HABIB BEYE RESTE SUR LE BANC DU STADE RENNAIS

Badara Gadiaga face au juge : le chroniqueur de la TFM conteste fermement les accusations

Le chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, détenu depuis le 14 juillet 2025, a comparu ce lundi 27 octobre pour sa deuxième audition au fond devant le juge d’instruction du premier cabinet du tribunal de Dakar. Cette nouvelle étape judiciaire intervient dans un dossier qui continue de susciter un grand intérêt au sein de l’opinion publique.

Inculpé pour plusieurs chefs d’accusation, Badara Gadiaga est poursuivi pour discours contraires aux bonnes mœurs, diffusion de fausses nouvelles, offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du président de la République, ainsi que pour violation des articles 80 alinéa 2, 254, 255 et 257 du Code pénal. Ce dernier article, particulièrement sensible, concerne la réception de subsides en vue de propagande compromettant la sécurité publique.

L’arrestation du chroniqueur fait suite à une instruction du procureur de la République, consécutive à une vive polémique l’ayant opposé à Amadou Ba, alors député du Parti Pastef, lors de l’émission « Jakarlo Bi » diffusée le 4 juillet 2025 sur la TFM. Ce débat télévisé, marqué par un échange virulent entre les deux hommes, avait enflammé les réseaux sociaux et entraîné une large controverse.

Devant le juge d’instruction, Badara Gadiaga a nié l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Concernant le délit d’offense, il a déclaré : « Amadou Ba m’a attaqué sur un point de vue politique, j’ai répliqué politiquement. » Une défense qui, selon ses avocats, traduit la volonté du chroniqueur de replacer l’affaire dans le champ du débat démocratique plutôt que dans celui du pénal.

Sur le volet relatif aux discours contraires aux bonnes mœurs, Gadiaga a expliqué qu’il n’avait fait qu’utiliser le terme wolof « Yakatane », en lien avec une référence à l’affaire Adji Sarr, tout en affirmant n’avoir « rien dit de nouveau ».

Interrogé par le magistrat instructeur sur d’éventuelles relations avec la société GSIE, citée dans la procédure, et sur des financements présumés, le chroniqueur a nié toute implication. Il a précisé ne pas être propriétaire de la société et n’avoir reçu aucun financement, qu’il soit national ou étranger. Il a toutefois reconnu posséder deux comptes bancaires, précisant qu’ils étaient déficitaires.

Les réquisitions ordonnées par le doyen des juges afin de vérifier un éventuel lien entre Gadiaga et la société GSIE ont, selon des sources judiciaires, confirmé l’absence de toute relation. Le directeur général de la plateforme a d’ailleurs été entendu par le juge d’instruction, corroborant cette version.

Entouré d’un collectif d’avocats composé notamment de Me Djiby Diallo, Me Malick Fall, Me Alioune Badara Fall et Me Abou Allassane Diallo, Badara Gadiaga bénéficie d’une défense jugée solide. Ses conseils ont annoncé leur intention de déposer une demande de mise en liberté provisoire dans les prochaines heures, estimant que la détention de leur client n’est plus justifiée à ce stade de la procédure.

Affaire Madiambal Diagne : nouveau rebondissement avec le transfert de son épouse à l’hôpital et l’arrestation du journaliste en France

L’affaire impliquant le journaliste et homme d’affaires sénégalais Madiambal Diagne connaît un nouveau développement. Son épouse, Bineta Diaby, incarcérée depuis septembre dans le cadre de l’enquête pour escroquerie portant sur des deniers publics, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux, a été transférée ce dimanche du Camp pénal de Liberté 6 vers le Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Ce service accueille généralement les détenus nécessitant une prise en charge médicale ou une surveillance particulière.

Selon les informations rapportées par le quotidien Enquête dans son édition de ce lundi, le transfert s’est déroulé en toute discrétion, en fin de journée. Aucune communication officielle n’a, pour l’heure, précisé les raisons exactes de ce déplacement. Toutefois, des sources proches du dossier évoquent la possibilité d’un souci de santé ou de mesures de sécurité liées à son statut dans cette affaire sensible.

Bineta Diaby avait été arrêtée en même temps que deux fils du journaliste et un proche de la famille, dans le cadre d’une vaste enquête judiciaire. Elle est notamment citée dans la gestion de la Société Civile Immobilière (SCI) Pharaon, à travers laquelle des versements jugés suspects auraient été effectués. Ces transactions s’inscriraient dans un marché public d’un montant estimé à 21 milliards de francs CFA.

Le dossier, particulièrement complexe, s’articule autour de soupçons de détournements et de blanchiment de capitaux dans le cadre de contrats passés avec l’État. Madiambal Diagne, patron du groupe Avenir Communication et figure bien connue du paysage médiatique sénégalais, rejette catégoriquement ces accusations. Il soutient que les fonds en question proviennent d’activités licites et transparentes, menées dans le respect des lois en vigueur.

Pendant que son épouse est hospitalisée à Dakar, le journaliste se retrouve lui-même confronté à la justice française. Malgré une mesure d’interdiction de sortie du territoire prononcée par les autorités sénégalaises, il avait réussi à quitter le pays. Il affirme toutefois n’avoir jamais été informé officiellement de cette restriction. Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, Madiambal Diagne avait expliqué son départ par la volonté de préparer sereinement sa défense, tout en assurant qu’il se tiendrait à la disposition de la justice pour « assumer [ses] responsabilités ».

Mais son séjour en France a pris une tournure judiciaire la semaine dernière, lorsqu’il a été interpellé sur le sol français à la suite d’un mandat d’arrêt international émis par Dakar. Placé sous contrôle judiciaire, il est convoqué ce mardi 28 octobre devant la Cour d’appel de Versailles. Celle-ci devra se prononcer sur la demande d’extradition formulée par le Sénégal.

COMMUNIQUÉ DU NFFA : Le Chaos au Sommet de l’État

Querelles de Famille : Pendant qu’ils font du cinéma, le Sénégal attend qu’on gouverne.

Le Nouveau Front Force Alternative (NFFA) observe avec consternation la crise de régime qui secoue le sommet de l’État. Le Premier Ministre Ousmane Sonko a choisi de troquer son costume de Chef du Gouvernement pour celui de chef de la fronde en appelant à une mobilisation politique.

C’est un aveu d’échec retentissant : la coalition au pouvoir ne s’entend plus que pour se diviser en public.

Ousmane Sonko révèle au monde que, pour lui, la fonction de Premier Ministre n’est qu’une plateforme de revendication et non une charge d’État.

NOTRE QUESTION EST SIMPLE :

Le Premier Ministre est-il payé par l’argent public pour faire son travail ou pour organiser des shadow-gouvernements de rue ?

Ces « divergences » portent-elles sur le prix de l’huile et du riz, ou sur le partage du butin politique ?

À QUEL MOMENT LE PRÉSIDENT VA-T-IL DÉSIGNER UN PREMIER MINISTRE QUI GOUVERNE AU LIEU DE MANIFESTER ?

Le NFFA demande au peuple de ne pas se laisser distraire par ce théâtre de vanité. Pendant que le pouvoir se déchire sur le partage des postes, le Sénégal fait face à une crise économique qui, elle, ne connaît pas de divergence.

Le NFFA est la seule force stable, unie et prête à prendre les rênes pour remettre le pays au travail.

Fin du cirque ! Place à l’action !

 Le Nouveau Front Force Alternative (NFFA)

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°592 – 27/10/2025

🔴 APPEL AU RASSEMBLEMENT D’OUSMANE SONKO MALGRÉ UN CLIMAT SOCIO-ÉCONOMIQUE TENDU : TÉRA-MEETING EN PLEINE TÉRA-TENSION
🔴 AFFAIRE PAPE MALICK NDOUR / « HONTE BÂCLÉE » ET « DÉRIVE AUTORITAIRE » : Me EL HADJI AMADOU SALL DÉNONCE UN « RÉGIME LIBERTICIDE »

🔴 NOMINATION D’UN NOUVEAU DIRECTEUR TECHNIQUE NATIONAL : DÉMENTI DE LA FSF
🔴 DÉCÈS SURVENU AU BÉNIN : TAWA FALL, DERNIÈRE ÉTAPE DU VOYAGE DE SIDY DIAKHATÉ

Expropriation foncière à Toubab Dialaw : le collectif dénonce un nouveau scandale de 600 hectares attribués à DP World

La quiétude de Toubab Dialaw, ce charmant village de la Petite Côte sénégalaise, est de nouveau menacée par une affaire d’expropriation foncière d’envergure. Trois ans après la polémique autour de la cession de 1 200 hectares pour la construction du Port de Ndayane, le Collectif pour la défense des intérêts de Yène-Dialaw — communément appelé Collectif Dialaw — alerte sur une nouvelle spoliation foncière estimée à 600 hectares supplémentaires, qui auraient été attribués à Dubai Port World (DP World), le géant portuaire en charge du projet. Cette annonce a provoqué un véritable tollé parmi les habitants, qui dénoncent une « injustice foncière » et une « violation flagrante de leurs droits constitutionnels ».

Dans un communiqué de presse publié ce dimanche, le collectif a exprimé sa profonde indignation face à ce qu’il qualifie de « nouvelle tentative d’accaparement illégal » des terres du village. Selon ses membres, ces expropriations sont menées sous la supervision directe de l’APIX, l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux, et s’inscrivent dans le cadre d’un projet désormais présenté comme une Zone Économique Spéciale (ZES). Le collectif estime que cette appellation ne serait qu’un stratagème administratif visant à faire passer une opération foncière aux contours flous et juridiquement contestables.

Les responsables du Collectif Dialaw affirment détenir des informations indiquant que ces 600 hectares additionnels auraient été cédés à DP World dans le cadre d’un arrangement secret conclu sous l’ancien président Macky Sall. Selon eux, cette opération aurait permis à l’État du Sénégal de régler une dette contractée auprès de l’entreprise émiratie, une pratique qui, si elle était avérée, soulèverait de sérieuses questions de légalité et d’éthique dans la gestion du patrimoine foncier national. « Cette décision a été prise sans concertation, sans étude d’impact et sans respect des procédures légales prévues par le Code du domaine de l’État », fustige le communiqué, avant d’ajouter : « Nous assistons à une expropriation illégale, arbitraire et contraire aux intérêts des populations locales. »

Les habitants de Toubab Dialaw et des villages environnants, notamment ceux de Yène, Guéréo et Ndayane, se disent profondément affectés par cette situation. La zone concernée, selon le collectif, n’est pas une réserve vierge, mais un territoire habité, comprenant des habitations, des écoles, des mosquées et des terres agricoles exploitées depuis plusieurs générations. Le collectif dénonce une approche « inhumaine et brutale » de la part des autorités, qui, selon lui, privilégient les intérêts économiques d’une multinationale étrangère au détriment des citoyens sénégalais. « Ce projet est une véritable bombe sociale. Les populations ne seront pas délogées sans réagir. Elles sont prêtes à se battre pour préserver leurs terres, leur histoire et leur dignité », confie un membre du collectif, visiblement ému.

Depuis plus de trois ans, les habitants ont multiplié les démarches administratives pour obtenir des explications et tenter de stopper les procédures d’expropriation. Des lettres ont été adressées aux ministères concernés, notamment ceux des Finances, de l’Urbanisme, et de la Justice, ainsi qu’aux directions générales du Port autonome de Dakar (PAD) et de DP World Sénégal. Le collectif affirme avoir sollicité à plusieurs reprises des audiences officielles, sans succès. « Nous avons rencontré des directeurs, des chefs de service, des conseillers techniques, mais jamais les véritables décideurs. C’est comme si nous parlions à un mur », déplore le communiqué.

Le rôle de l’APIX est particulièrement pointé du doigt. L’agence, censée assurer la transparence et la régularité des grands projets d’investissement, est accusée de fonctionner comme un simple exécutant administratif d’intérêts privés, sans réelle considération pour les populations. « L’APIX s’est transformée en instrument d’exécution opaque, violant les principes d’équité et de transparence qui devraient gouverner la gestion foncière », accuse le collectif, qui réclame un audit complet des opérations foncières menées depuis 2020 sur la zone.

Au-delà de l’impact local, cette affaire a également des répercussions sur la Diaspora sénégalaise. De nombreux ressortissants établis à l’étranger ont investi dans des projets immobiliers à Toubab Dialaw, espérant contribuer au développement local et préparer leur retour au pays. Or, ces expropriations menacent directement leurs biens. Le collectif évoque des cas concrets de Sénégalais de la Diaspora ayant vu leurs terrains détruits ou reclassés sans préavis. « Ces actes sapent la confiance de la Diaspora dans l’État. Comment continuer à appeler les Sénégalais de l’extérieur à investir, si leurs biens peuvent être confisqués du jour au lendemain ? », s’interroge le communiqué.

Tout en réaffirmant son attachement au développement économique du pays, le Collectif Dialaw insiste sur la nécessité de repenser le modèle de croissance du Sénégal. Pour ses membres, le progrès ne peut se construire « ni sur l’injustice ni sur la dépossession des citoyens ». Ils affirment soutenir les initiatives portuaires et industrielles, mais exigent qu’elles soient menées dans le respect du droit, de la transparence et de la dignité humaine. « Nous ne sommes pas contre le développement. Nous sommes contre un développement sans âme, sans justice et sans humanité », martèle un des leaders du mouvement.

Face à l’ampleur de la crise, le collectif en appelle directement au Président de la République Bassirou Diomaye Faye et au Premier ministre Ousmane Sonko, afin qu’ils interviennent pour suspendre immédiatement toute nouvelle procédure d’expropriation, ordonner un audit transparent sur les 1 200 hectares déjà cédés et les 600 hectares visés, et ouvrir un cadre de concertation nationale réunissant l’État, les collectivités locales, les institutions publiques (PAD, APIX), DP World et les représentants des populations.

Dans sa déclaration, le collectif conclut sur un ton grave mais déterminé : « Le développement du Sénégal ne doit pas être synonyme d’injustice. Il ne peut s’enraciner que dans la justice sociale, la transparence et le respect de la dignité humaine. Nous n’accepterons plus que les terres de nos ancêtres soient bradées au profit d’intérêts obscurs. »

Théodore Chérif Monteill alerte : « On va vers une crise majeure si rien n’est fait »

L’ancien parlementaire et analyste politique Théodore Chérif Monteill a lancé un avertissement solennel sur la situation politique actuelle du Sénégal, qu’il juge extrêmement préoccupante. Invité de l’émission Grand Jury sur la RFM ce dimanche 26 octobre 2025, il a mis en garde contre une crise institutionnelle majeure susceptible d’éclater si les tensions persistantes entre le président de la République Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko ne sont pas rapidement apaisées.

Dès le début de son intervention, l’ancien député a dressé un constat alarmant : « Nous sommes dans une situation institutionnelle fragile. Le Sénégal vit une dualité de pouvoir inédite, avec un président légitime et un Premier ministre qui, aujourd’hui, conteste l’autorité de ce dernier sur certains dossiers. Cette situation, si elle perdure, pourrait engendrer une crise politique d’une ampleur inédite. »

Pour Théodore Chérif Monteill, la cohabitation actuelle entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ne repose plus sur une complémentarité politique, mais sur une rivalité ouverte qui brouille la lisibilité de l’action gouvernementale. Il estime que cette tension est perceptible dans les récentes absences du Premier ministre lors des Conseils des ministres, ses déclarations publiques jugées offensives par certains partisans du président, ainsi que dans la multiplication des rencontres partisanes initiées en dehors du cadre institutionnel.

« Le Premier ministre Ousmane Sonko a une forte légitimité politique et populaire, mais il doit faire preuve de sens de l’État. Quant au président Bassirou Diomaye Faye, il doit incarner l’unité nationale et assumer pleinement son rôle d’arbitre suprême. Si chacun reste campé sur sa position, c’est le pays tout entier qui en pâtira », a-t-il averti.

L’ancien député de la 13e législature a rappelé que le Sénégal, bien qu’étant une démocratie consolidée, n’est pas à l’abri d’une crise institutionnelle. Il a souligné que la Constitution ne prévoit pas clairement les modalités de règlement d’un désaccord majeur entre le président et son Premier ministre dans le cadre du régime semi-présidentiel en vigueur. « Dans les faits, c’est le président qui détient l’autorité, mais la pratique politique actuelle montre une rivalité de leadership qui fragilise la cohésion gouvernementale », a-t-il expliqué.

Selon Théodore Monteill, cette rivalité au sommet du pouvoir pourrait avoir des conséquences économiques et sociales désastreuses. « Le Sénégal traverse déjà une période économiquement délicate, marquée par la flambée des prix, les tensions sociales et la perte de confiance de nombreux investisseurs. Si à cela s’ajoute une crise politique entre les deux hommes forts du pays, nous risquons d’entrer dans une zone d’instabilité profonde », a-t-il prévenu, soulignant que « la stabilité politique reste le premier pilier de toute croissance durable ».

Revenant sur l’histoire politique du pays, Monteill a rappelé que le Sénégal a connu des crises institutionnelles dans le passé, mais jamais à ce niveau d’exposition médiatique. « Ce qui est inquiétant aujourd’hui, c’est la politisation extrême de chaque acte gouvernemental, la surenchère verbale et la fracture croissante entre les camps Sonko et Diomaye, y compris au sein de la majorité présidentielle », a-t-il observé.

Pour éviter que la situation ne dégénère, il a exhorté les deux dirigeants à renouer le dialogue et à mettre fin aux luttes d’influence internes : « Il faut que le président et son Premier ministre se parlent franchement. La responsabilité de la stabilité nationale leur incombe à tous les deux. Ils ont été élus ensemble sur un projet de rupture et de refondation. Le peuple ne comprendrait pas qu’ils se divisent avant même d’avoir accompli leur mission. »

En conclusion, Théodore Chérif Monteill a appelé l’ensemble de la classe politique, de la société civile et des leaders religieux à jouer un rôle de médiation avant qu’il ne soit trop tard. « Nous devons tout faire pour éviter un blocage institutionnel. Le Sénégal n’a pas besoin d’une guerre d’ego au sommet, mais d’un gouvernement cohérent et d’une direction claire. Sinon, nous allons tout droit vers une crise majeure, et cette fois-ci, elle pourrait être plus grave que toutes celles que nous avons connues auparavant. »

Justice sociale : les éducateurs spécialisés annoncent une série de grèves pour dénoncer leurs conditions de travail

Le malaise grandit au sein du secteur de la justice sociale. Le Syndicat National des Travailleurs en Éducation Spécialisée (SYNTES/Justice) a tenu, samedi 25 octobre 2025, une conférence de presse au siège de la CNTS pour alerter sur la dégradation de leurs conditions de travail et le manque de reconnaissance de leur rôle au sein du système judiciaire et social. Les éducateurs spécialisés, qui interviennent auprès des enfants en situation difficile — qu’ils soient en danger, victimes, témoins ou en conflit avec la loi —, dénoncent une marginalisation persistante et une absence d’équité dans le traitement de leur corps professionnel.

Au centre de la discorde, le décret n°2024-792, modifiant l’organisation du ministère de la Justice. Le SYNTES/Justice en exige la révision immédiate, estimant que ce texte a été élaboré sans concertation avec les principaux acteurs du secteur et qu’il crée « beaucoup d’inquiétudes et de frustrations ». L’article 52 du décret, qui réserve la direction de la Délégation générale de la Protection judiciaire et sociale (DGPJS) aux magistrats hors hiérarchie, cristallise particulièrement la colère des éducateurs. Pour eux, cette disposition constitue une rupture d’égalité des chances et un frein à la reconnaissance de leur expertise. Le syndicat propose que ce poste soit ouvert à tous les fonctionnaires de la hiérarchie A, ou, à défaut, réservé aux inspecteurs de l’Éducation surveillée et de la Protection sociale.

Autre point de tension : la disparité des indemnités. Alors que certains agents du ministère de la Justice perçoivent une indemnité de participation à la judicature de 140 000 FCFA, les éducateurs spécialisés n’en reçoivent que 70 000 FCFA. Une inégalité que le syndicat qualifie de « problème d’équité » et pour laquelle il réclame une revalorisation immédiate. Le SYNTES/Justice plaide également pour un rehaussement du niveau de recrutement à la licence, accompagné d’un reclassement des agents actuels à la hiérarchie A2, afin d’harmoniser les statuts et de reconnaître la technicité de leur métier.

Dans le même esprit, le syndicat exige l’intégration des agents de la DGPJS dans la prime de performance de 2,4 milliards de FCFA allouée à l’administration centrale. Selon eux, il est incompréhensible que ceux qui travaillent quotidiennement avec des enfants vulnérables soient exclus de cette enveloppe.

Le manque de reconnaissance administrative aggrave davantage leur frustration. Baba Lyssa Tine, secrétaire générale du syndicat, a dénoncé « l’absence de carte professionnelle pour les nouvelles recrues », une négligence qu’il juge « inacceptable ». Certains agents, selon lui, exercent depuis plus de cinq ans sans carte professionnelle, ce qui complique leur identification sur le terrain et fragilise leur légitimité face aux autorités judiciaires et policières.

Face à ce qu’ils qualifient de mépris institutionnel, les éducateurs spécialisés ont décidé de durcir le ton avec un calendrier de protestations bien défini. Dès le lundi 27 octobre 2025, ils entameront un boycott des audiences pour les AEMO et des activités socioéducatives. Un sit-in est prévu devant la DGPJS le 10 novembre, suivi d’un débrayage les 13 et 14 novembre, avant une grève générale de 72 heures chaque semaine à partir du 19 novembre.

Toutefois, le syndicat ne ferme pas la porte au dialogue. Adji Daffé, secrétaire générale adjointe du SYNTES/Justice, a tenu à préciser que ce plan d’action n’était « pas irréversible ». Elle a indiqué que les éducateurs étaient ouverts à des discussions sincères avec la tutelle, et que les mouvements pourraient être suspendus si des engagements clairs étaient pris pour améliorer leurs conditions de travail.

Babacar Ba alerte : « Un divorce entre Diomaye et Sonko plongerait le pays dans une crise très profonde »

Le président du Forum du Justiciable, Babacar Ba, s’est exprimé ce dimanche 26 octobre sur les tensions présumées entre le président de la République Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, dans un contexte politique marqué par des signaux contradictoires au sommet de l’État. Invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrik Tv, M. Ba a livré une analyse sans détour sur les conséquences possibles d’un éventuel désaccord entre les deux principales figures de l’exécutif.

Selon lui, plusieurs éléments récents ont alimenté les spéculations autour d’un malaise au sein du pouvoir. Il cite notamment l’absence remarquée d’Ousmane Sonko lors du Conseil des ministres du 22 octobre, ses rencontres successives avec les députés du Pastef, son prochain face-à-face prévu avec les anciens détenus politiques, ainsi que l’annonce d’un téra-meeting national, initiative perçue par certains comme une démonstration d’indépendance vis-à-vis du président Diomaye Faye.

Interrogé sur la pertinence de la récente prise de parole du Premier ministre, Babacar Ba a estimé que le moment choisi et le message délivré suscitaient des interrogations :

« Je ne vois pas l’opportunité de cette intervention du Premier ministre. S’il y avait un message important à transmettre à la Nation, le président Bassirou Diomaye Faye était la personne la mieux indiquée pour le faire. »

Le juriste reconnaît toutefois qu’en tant que chef de parti, Ousmane Sonko conserve toute légitimité à s’adresser à ses militants. Mais il estime que le contexte actuel, marqué par des rumeurs persistantes de désaccords, notamment autour de la remise du “Livre blanc sur le massacre des Tirailleurs sénégalais à Thiaroye”, aurait exigé davantage de prudence et de cohésion dans la communication gouvernementale.

Babacar Ba n’a pas mâché ses mots quant aux conséquences d’un éventuel divorce politique entre le président et son chef de gouvernement :

« Un divorce entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il nous plaise ou non, plongerait le pays dans une crise très profonde. D’abord une crise politique, ensuite une crise économique. Or, le Sénégal traverse déjà une situation économique difficile. »

Le président du Forum du Justiciable estime qu’une telle rupture serait un véritable séisme institutionnel, remettant en cause la dynamique d’unité et d’espoir qui avait marqué l’alternance du 24 mars 2024. Selon lui, la stabilité du pays repose en grande partie sur l’alliance solide entre Sonko et Diomaye, symboles d’un projet politique commun fondé sur la refondation de l’État et la justice sociale.

« Le peuple sénégalais a placé beaucoup d’espoir dans cette équipe. Si les deux têtes de l’exécutif se désunissent, cela risquerait de créer un choc politique majeur, une perte de confiance et une paralysie institutionnelle », a-t-il ajouté.

Pour Babacar Ba, il est essentiel que les deux hommes clarifient rapidement la nature de leurs relations afin de mettre fin aux spéculations et de rassurer l’opinion publique. Il invite également la presse et les acteurs politiques à éviter la surenchère et à privilégier le dialogue républicain :

« Le Sénégal n’a pas besoin d’un affrontement au sommet de l’État. Nous avons besoin de sérénité, de travail et de cohésion pour relever les défis économiques et sociaux. »

Alors que le Premier ministre prépare son grand meeting national, et que le président poursuit ses déplacements diplomatiques et économiques, la question de leur unité reste au centre de toutes les attentions. Pour l’instant, aucune déclaration officielle n’a confirmé l’existence d’un désaccord ouvert entre les deux dirigeants, mais le climat politique s’en trouve déjà fragilisé, tant les équilibres internes de la coalition au pouvoir semblent sensibles.

Selon Babacar Ba, l’histoire récente du Sénégal montre que les querelles au sommet peuvent avoir des répercussions profondes sur la stabilité du pays. D’où son appel à la prudence et à la responsabilité :

« Nous ne pouvons pas nous permettre un nouveau bras de fer institutionnel. Le Sénégal doit avancer, pas replonger dans des crises qui compromettent son avenir. »

Section de recherches : Pape Malick Ndour de nouveau convoqué ce lundi

Le coordonnateur national des cadres de l’Alliance Pour la République (APR), Pape Malick Ndour, est convoqué une nouvelle fois ce lundi 27 octobre 2025 à 10 heures à la Section de recherches de la Gendarmerie de Colobane. Cette nouvelle convocation intervient seulement quelques jours après sa première interpellation, qui avait déjà suscité de vives réactions au sein de la classe politique.

L’ancien ministre de la Jeunesse sous la présidence de Macky Sall avait été arrêté le vendredi 24 octobre, avant d’être placé en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie. Il avait finalement été libéré tard dans la soirée, après plusieurs heures d’audition. Mais son dossier reste au cœur de l’actualité judiciaire et politique, et les autorités semblent vouloir approfondir les investigations.

Selon des sources proches du dossier, les charges retenues contre Pape Malick Ndour reposent sur les dispositions de l’article 80 du Code pénal sénégalais, un article souvent invoqué dans les affaires considérées comme sensibles. Les infractions évoquées incluent le trouble à l’ordre public, l’appel à l’insurrection, l’atteinte au fonctionnement régulier des institutions de la République, ainsi que l’atteinte au moral des Forces armées et des populations.

Ces accusations font suite à des déclarations publiques faites par Pape Malick Ndour lors d’un rassemblement tenu à Dakar, au cours duquel il avait dénoncé, selon lui, une « chasse aux sorcières » visant les anciens dignitaires du régime de Macky Sall. Ses propos, jugés virulents par certains, ont été interprétés par les autorités comme un appel à la révolte contre le pouvoir en place, ce qu’il a toujours nié.

Cette nouvelle convocation relance le débat sur la judiciarisation du champ politique au Sénégal. Depuis plusieurs mois, plusieurs figures de l’opposition et anciens responsables du pouvoir précédent sont poursuivis ou entendus par la justice dans des affaires diverses.
Les partisans de Pape Malick Ndour dénoncent une manœuvre visant à faire taire les voix critiques du gouvernement actuel. « Il n’a fait qu’exprimer une opinion politique, rien de plus », confie un cadre de l’APR, estimant que « l’article 80 est devenu un outil pour bâillonner les opposants ».

De son côté, le Forum du Justiciable, par la voix de son président Babacar Ba, a récemment rappelé que « la justice ne doit pas être utilisée comme un instrument de peur ou de règlement de comptes ». Il a également souligné que certaines convocations ne respectaient pas toujours les délais légaux, ce qui, selon lui, « fragilise la crédibilité du système judiciaire ».

Affaire Abdou Nguer – Badara Gadiaga : « On dénature l’instruction judiciaire », dénonce Babacar Ba

Le président du Forum du Justiciable, Babacar Ba, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive inquiétante dans la gestion des affaires judiciaires impliquant des chroniqueurs, journalistes et personnalités publiques. Invité de l’émission Face au jury sur PressAfrik TvHD, ce dimanche 26 octobre 2025, l’ancien magistrat a livré une analyse sans détour sur les arrestations récentes d’Abdou Nguer et de Badara Gadiaga, dénonçant une utilisation « dévoyée » de la procédure d’instruction judiciaire.

« On dénature l’instruction judiciaire », a martelé Babacar Ba, rappelant que cette procédure est réservée à des dossiers complexes tels que les crimes de sang, le terrorisme ou les affaires de criminalité organisée. Selon lui, « envoyer en instruction un Abdou Nguer ou un Badara Gadiaga pour des propos tenus sur un plateau de télévision, c’est trahir l’esprit de la justice ».

Le président du Forum du Justiciable estime que certaines interpellations ne reposent sur aucune base légale solide, mais répondent plutôt à une logique d’intimidation. « Il y a des arrestations qui ne reposent absolument sur rien, si ce n’est l’intention d’empêcher la personne de s’exprimer », a-t-il déploré. Pour lui, ce climat de tension judiciaire marque un dangereux retour à des pratiques d’un autre temps : « Ce sont les mêmes méthodes qu’employaient les régimes précédents. »

Babacar Ba a aussi fustigé la montée des pressions populaires sur les réseaux sociaux et dans les médias, où des appels à l’arrestation de certaines figures publiques se multiplient. « On ne peut pas rendre la justice sur la base des émotions ou des pressions de l’opinion », a-t-il averti, tout en rappelant que « seul le procureur est le maître des poursuites ».

L’ancien magistrat a lancé un appel solennel à ses confrères de la magistrature pour qu’ils refusent de céder à la pression, d’où qu’elle vienne. « Il faut refuser de subir la pression, quelle qu’en soit l’origine. Un magistrat ne doit jamais plier sous l’influence, ni politique, ni populaire », a-t-il insisté.
Il a rappelé que, bien que le parquet relève administrativement du ministère de la Justice, « le magistrat, par essence, doit rester indépendant, car la Constitution garantit la séparation des pouvoirs ».

Revenant sur le cas d’Abdou Nguer, chroniqueur connu pour ses interventions médiatiques, Babacar Ba estime que la décision de le placer sous instruction est disproportionnée et injustifiée. « La procédure d’instruction est un outil d’investigation approfondie, pas un instrument de privation arbitraire de liberté », a-t-il expliqué.
Même son de cloche pour Badara Gadiaga, lui aussi chroniqueur, dont la mise en cause dans une affaire similaire illustre, selon Ba, « la tentation du pouvoir de museler les voix critiques par le biais judiciaire ».

Évoquant enfin le cas de Pape Malick Ndour, poursuivi pour des propos tenus lors d’un rassemblement réclamant la libération de Farba Ngom, Babacar Ba a appelé à la retenue. Il a jugé que cette affaire aurait dû être close après la mise au point publique de l’intéressé, estimant que l’accusation « d’atteinte à la sûreté de l’État » était manifestement excessive.

Il en a profité pour rappeler les règles de base en matière de procédure pénale : « Dans un État de droit organisé, une convocation doit être notifiée au moins 48 heures à l’avance, pas le jour même », a-t-il martelé. Pour lui, le respect des droits de la défense n’est pas une faveur accordée à un citoyen, mais un principe constitutionnel non négociable.

En conclusion, Babacar Ba a invité les autorités judiciaires à « revenir à la raison » et à faire preuve d’équilibre dans la conduite des dossiers. « La justice doit rester le dernier rempart contre l’arbitraire. Lorsqu’elle devient un instrument de peur ou de règlement de comptes, c’est l’État de droit tout entier qui vacille », a-t-il prévenu, visiblement inquiet du climat actuel.

Meeting du 8 novembre : Bougane Gueye Dany appelle à un « Niakhtou National » contre la vie chère

À quelques jours du grand meeting national annoncé par le Premier ministre Ousmane Sonko et le parti Pastef, Bougane Gueye Dany, leader du mouvement Gueum Sa Bopp, a pris la parole pour lancer un autre appel : celui d’un « Niakhtou National », prévu le samedi 8 novembre 2025 à l’École Normale, terminus Liberté 5. Ce rassemblement, présenté comme une mobilisation citoyenne, vise à dénoncer la vie chère, les inégalités sociales et à réclamer davantage de justice pour les populations sénégalaises.

« J’appelle à un Niakhtou National le samedi 8 novembre 2025 à l’École Normale, terminus Liberté 5. Ensemble, toute l’opposition, les syndicats, les activistes et les forces vives doivent se lever pour dénoncer la vie chère qui étouffe les ménages », a déclaré Bougane Gueye Dany, appelant à une convergence de toutes les forces sociales autour d’une cause commune.

Le leader de Gueum Sa Bopp, connu pour ses prises de position critiques envers le gouvernement, a dénoncé une situation économique « devenue insupportable » pour les familles sénégalaises. Il accuse le pouvoir en place d’avoir multiplié les mesures fiscales et les décisions impopulaires sans tenir compte des réalités du quotidien. Selon lui, le peuple sénégalais traverse une période difficile marquée par l’inflation, la hausse du coût de l’énergie et les difficultés d’accès aux produits de première nécessité.

Dans son intervention, Bougane Gueye Dany a cité plusieurs griefs qu’il compte mettre au cœur de ce Niakhtou National. Il entend d’abord rejeter la taxation abusive de 1 % imposée sur plusieurs services, qu’il considère comme « une ponction injustifiée sur les revenus déjà fragiles des citoyens ». Il a également dénoncé les coupures d’électricité récurrentes, qu’il qualifie de « symbole d’une mauvaise gouvernance énergétique », et les déguerpissements des vendeurs ambulants, perçus comme une mesure antisociale qui prive de nombreuses familles de leur unique source de revenu.

Autre point fort de son appel : la cherté du Woyofal, devenue selon lui insoutenable pour la majorité des ménages, accentuée par l’absence de subventions ciblées. Bougane Gueye Dany a aussi plaidé pour la libération immédiate des détenus politiques et d’opinion, rappelant que « la démocratie ne peut s’épanouir dans un climat de répression ».

Pour le patron de D-Média, ce rassemblement n’est pas un meeting partisan mais un acte de résistance citoyenne. « Ce Niakhtou National est une voix collective contre l’injustice et la précarité. C’est un cri du peuple pour exiger le respect de sa dignité et la défense de ses droits fondamentaux », a-t-il affirmé avec fermeté.

En lançant cet appel, Bougane Gueye Dany cherche à rassembler au-delà des clivages politiques, invitant les partis d’opposition, les syndicats, les mouvements citoyens et toutes les forces sociales à unir leurs voix dans un même élan de protestation.

Ce Niakhtou National du 8 novembre s’annonce donc comme un moment fort de mobilisation, dans un contexte social tendu où la question du coût de la vie reste au cœur des préoccupations des Sénégalais. Reste à savoir si cet appel rencontrera un écho à la hauteur des attentes du leader de Gueum Sa Bopp, déterminé à faire entendre la voix d’un peuple qu’il estime « fatigué, mais toujours debout ».

Pape Malick Ndour après sa libération : « Je n’ai en aucun moment appelé à l’insurrection, ni au soulèvement »

Libéré vendredi après sa garde à vue à la Section de recherches de la Gendarmerie de Colobane, l’ancien ministre Pape Malick Ndour est revenu sur sa convocation. Dans une publication sur sa page Facebook, le Coordonnateur national de la Convergence des Cadres Républicains (CCR) a précisé que son audition concernait ses propos tenus lors du rassemblement politique en soutien à Farba Ngom. Il a insisté sur le fait qu’il n’a jamais appelé à l’insurrection ni au soulèvement. Pape Malick Ndour a annoncé qu’il renonce à déposer plainte et qu’il tourne désormais la page.

Le texte in extenso : 


J’ai été informé hier à 14h30 d’une convocation à la section de recherches de 
Colobane à 16h. Malgré des contraintes objectives, j’ai tenu à déférer à la convocation par respect aux institutions de notre pays. 

Mon audition portait sur les propos que j’ai tenus lors d’un rassemblement politique organisé en soutien à notre camarade, le député-maire Farba Ngom, à qui je renouvelle mon soutien total. 

Devant les enquêteurs, dont j’ai apprécié la courtoisie, j’ai tenu à clarifier ma position : je n’ai en aucun moment appelé à l’insurrection, ni au soulèvement. Ma carrière de fonctionnaire, d’élu, de ministre et de citoyen profondément attaché à la légalité, m’a toujours conduit à agir dans le strict respect de la Constitution, des lois et des règlements qui encadrent le fonctionnement de nos institutions. 

Je suis désolé que mes propos aient suscité une polémique inutile, alimentée par certains, souvent au détriment de la mesure et du fair-play. Je tiens cependant à tourner la page : je pardonne à tous et renonce à déposer plainte, par respect envers la Justice qui, de mon point de vue, a des choses plus urgentes à gérer que des querelles entre responsables politiques. 

Notre pays, confronté à des défis majeurs, mérite un débat public serein et constructif, centré sur les véritables priorités nationales : l’économie, l’éducation, la santé et la sécurité. C’est le message que beaucoup de nos compatriotes m’ont fait parvenir, et j’en prends bonne note. 

J’exprime ma profonde gratitude au peuple sénégalais, à mes avocats ainsi qu’aux responsables et militants de l’APR pour leur soutien constant.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°591 – 24/10/2025

🔴 « NOUS NE SOMMES PAS DANS LE CADRE DE DETTE CACHÉE, MAIS DE RAPPORTS CACHÉS » : LA RIPOSTE SUR-MESURE
🔴 DISCUSSIONS AUTOUR D’UN NOUVEAU PROGRAMME AVEC LE FMI : À QUEL PRIX ?

🔴 MEILLEUR JEUNE AFRICAIN 2025 : LE SÉNÉGAL HORS COURSE
🔴 CAF 2025 : 5 ARBITRES SÉNÉGALAIS EN FORMATION PRÉPARATOIRE

Le FDR prépare sa marche du 31 octobre contre la politique du gouvernement

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) se prépare à faire entendre sa voix dans les rues de Dakar. Le mouvement a annoncé la tenue d’une conférence de presse ce lundi 27 octobre 2025 afin de détailler le déroulé de sa marche pacifique prévue pour le vendredi 31 octobre. L’itinéraire choisi s’étendra le long de l’avenue Ababacar Sy, partant du Jet d’eau de la Sicap jusqu’au terminus de Liberté 5.

À travers cette mobilisation, le FDR entend dénoncer ce qu’il qualifie de « politique antinationale » du pouvoir en place, dirigé par PASTEF, et réclamer un ensemble de mesures sociales, économiques et judiciaires. Sur le plan social et économique, le mouvement exige notamment le retrait des mesures jugées antisociales, telles que l’augmentation du coût de l’énergie, la taxation du mobile money et la hausse des prix des produits de première nécessité. Les manifestants réclament également le maintien des subventions sur l’énergie et les denrées de consommation courante, le paiement des bourses familiales, le soutien aux couches vulnérables, ainsi que l’exécution immédiate des 8 milliards FCfa promis aux victimes des inondations de 2024 dans la Vallée et l’assistance aux sinistrés de cette année.

Sur le plan judiciaire et des droits, le FDR appelle au rétablissement des 30 000 licenciés dans leurs droits, au respect des accords avec les organisations syndicales, ainsi qu’au strict respect des décisions de justice, notamment celles du Conseil constitutionnel et des condamnations définitives. Le mouvement exige la fin du harcèlement judiciaire contre les opposants, les journalistes et toute voix critique, ainsi que l’arrêt de la politique du « deux poids deux mesures » et le respect de l’égalité de tous devant la loi. Parmi les points forts de leur programme figure également la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers politiques et d’opinion, ainsi que l’annulation des poursuites politiques relatives aux événements survenus entre 2021 et 2024, rappelant que la loi 2024-09 portant amnistie reste en vigueur.

En préparation de cette marche, le FDR organisera par ailleurs une série de réunions d’information ouvertes à la population, du 23 au 28 octobre, dans les principales localités de la région de Dakar, notamment Rufisque, Guédiawaye, Keur Massar, Dakar et Pikine. Ces rencontres visent à mobiliser et informer les citoyens sur les objectifs et modalités de la marche, tout en renforçant l’engagement des structures décentralisées du mouvement.

Dette cachée : Me Aïssata Tall Sall promet une bataille judiciaire jusqu’au bout

L’affaire de la supposée « dette cachée » continue de susciter de vives réactions au Sénégal. Lors de la conférence de presse organisée par le pool d’avocats de l’ancien président Macky Sall ce jeudi 23 octobre 2025, Me Aïssata Tall Sall a tenu un discours sans concession, affirmant que la défense ira « jusqu’au bout » pour faire la lumière sur cette affaire et contester les accusations portées par le gouvernement.

Selon Me Tall Sall, les déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, en septembre 2024, affirmant l’existence d’une dette cachée, n’étaient pas fondées sur des preuves tangibles. « Le Premier ministre est sorti pour nous dire qu’il y a une dette cachée. Il ne nous dit pas ce qu’est cette dette cachée, ni comment elle a été cachée, encore moins en quoi elle consiste », a-t-elle dénoncé. Pour elle, il est inacceptable de lancer de telles accusations sans apporter les documents ou éléments permettant de les étayer.

L’avocate a également souligné les difficultés rencontrées par la défense pour accéder aux documents essentiels dans cette affaire, notamment le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), le pré-rapport de la Cour des comptes et le rapport du cabinet Mazars. Toutes les démarches entreprises pour obtenir ces documents sont restées sans réponse, ce qu’elle qualifie de violation flagrante de la loi sur l’accès à l’information. « La Cour des comptes et le ministère des Finances ont violé la loi en refusant de nous donner les documents. Qu’ont-ils à cacher dans ce rapport ? », s’est interrogée Me Tall Sall.

L’avocate a également tenu à rappeler la présomption d’innocence de l’ancien président. « Macky Sall n’a rien à se reprocher dans cette affaire, sinon il n’aurait pas commis d’avocats », a-t-elle insisté, avant de promettre que la défense poursuivra toutes les voies légales pour obtenir les documents et clarifier la situation. Elle a affirmé que la stratégie du pool d’avocats repose sur une démarche graduée et déterminée : « On a écrit une première lettre, ils ont fait l’autruche feignant de ne rien voir. On ne lâchera pas parce qu’il est facile d’accuser les gens. »

Me Tall Sall a également évoqué les répercussions internationales de cette polémique, soulignant l’impact négatif sur l’image du Sénégal. Elle a rappelé que le pays reste au centre des discussions à l’international, notamment auprès du FMI et de la Banque mondiale, et que ces accusations non étayées ont terni la réputation du pays. « Dans les couloirs du FMI, le Sénégal est sur toutes les lèvres et cela fait mal. Même dans les temps les plus difficiles, le Sénégal n’a jamais eu de rupture avec le FMI », a-t-elle déploré.

Cette intervention de Me Aïssata Tall Sall confirme la détermination du pool d’avocats à obtenir la transparence et à défendre Macky Sall dans ce dossier, tout en mettant en lumière les questions sur la disponibilité et la diffusion des rapports officiels qui alimentent le débat sur la « dette cachée » au Sénégal.

Affaire de la « dette cachée » : Me Pierre-Olivier Sur dénonce des « rapports cachés » et prévient l’État

La défense de l’ancien président Macky Sall a pris une tournure médiatique ce jeudi à Dakar. Le coordonnateur du pool d’avocats de l’ex-chef de l’État, Me Pierre-Olivier Sur, s’est exprimé devant la presse pour dénoncer l’inaccessibilité de documents clés relatifs à l’affaire dite de la « dette cachée ». Selon lui, l’absence de ces rapports empêche la défense d’exercer pleinement ses droits et menace la transparence de la procédure.

Me Sur a expliqué que malgré de multiples demandes, trois rapports essentiels n’ont toujours pas été communiqués : le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), celui de la Cour des comptes et le rapport du cabinet Forvis Mazars. L’avocat a insisté sur le fait que l’absence de ces documents constitue un obstacle majeur pour la défense. « Il n’est pas question pour nous de faire un procès à l’État. Nous intervenons dans la continuité de l’État, mais dans le respect de ce qui a été fait avant. Et si nous n’avons pas ces documents, nous engagerons une réponse à la non-réponse de l’administration, graduée, et dont vous entendrez parler », a-t-il averti.

Lors de ce point de presse tenu au siège de l’Alliance pour la République (APR), le coordonnateur du pool a tenté de remettre en perspective les accusations portées contre son client. Selon lui, « le vrai problème, ce ne sont pas les dettes cachées, mais les rapports cachés ». Il a précisé que le rapport de l’IGF, qui avait initialement mis le feu aux poudres, n’avait jamais été remis à la défense malgré les demandes formelles. De même, le pré-rapport de la Cour des comptes, pourtant central pour évaluer les éventuelles irrégularités dans la gestion de la dette, reste inaccessible. Enfin, le rapport Mazars, censé fournir un audit indépendant de la dette publique, n’aurait pas été transmis, bien que largement évoqué dans les médias et le débat public.

Au-delà de ces considérations juridiques, Me Sur a adressé un message politique et institutionnel. Il a rappelé l’importance de respecter la continuité de l’État et de bâtir sur les acquis laissés par les prédécesseurs. « Ce que je veux dire, au nom du président Macky Sall, c’est qu’il est important de respecter les anciens. Quand on veut construire une maison ou une administration, il ne faudrait pas qu’en ajoutant un étage, on démolisse celui du dessous ou les fondations. Parce qu’alors, tout s’écroulerait », a-t-il déclaré.

L’avocat a également dénoncé ce qu’il considère comme une mauvaise interprétation de la gestion de la dette sous le mandat de Macky Sall. Pour lui, il ne s’agit pas d’une « dette cachée », mais d’une lecture erronée des documents et des chiffres. « Il n’y a pas de problème de dettes cachées au Sénégal, mais plutôt de mauvaises lunettes de lecture. Si nous pouvons nous rassembler autour de ce qui est juridiquement, factuellement et comptablement établi, le problème n’existe pas », a-t-il affirmé.

Cette prise de parole s’inscrit dans une stratégie plus large du pool d’avocats de l’ancien président, qui cherche à recentrer le débat sur la transparence et l’accès aux documents plutôt que sur la seule responsabilité de Macky Sall. Elle intervient alors que l’affaire de la « dette cachée » continue de diviser l’opinion publique et d’alimenter les tensions entre le pouvoir actuel et les anciens dirigeants, mettant en lumière les enjeux politiques et institutionnels autour de la gestion de la dette publique sénégalaise.

Le chroniqueur « Sa Wolof » convoqué à la Brigade de recherches pour « injures » contre un islamologue et la confrérie tidjane

L’affaire suscite un vif émoi dans les milieux religieux et médiatiques. Abdoulaye Cissé, plus connu sous le nom de « Sa Wolof », est convoqué ce jeudi à la Brigade de recherches (BR) de Faidherbe à Dakar. Cette convocation intervient à la suite d’une plainte déposée pour « injures » et « atteinte à la dignité » visant ses propos tenus à l’encontre de l’islamologue Dr Pape Matar Kébé et, plus largement, de la confrérie tidjane.

Tout est parti d’une intervention du chroniqueur le 3 octobre dernier, lors d’une émission diffusée sur une chaîne web sénégalaise, au cours de laquelle il aurait tenu des propos jugés offensants envers le Dr Kébé. Ces déclarations, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont provoqué une vague d’indignation au sein de la communauté tidjane. Même si le principal concerné, Dr Pape Matar Kébé, a publiquement accordé son pardon à « Sa Wolof », la procédure judiciaire a, elle, suivi son cours.

Le 7 octobre, les disciples de la Hadara Malickiya ont déposé une plainte auprès du parquet, dénonçant une « atteinte grave à l’honneur et à la dignité » non seulement du Dr Kébé, mais aussi de l’ensemble des fidèles tidjanes. Selon les plaignants, les propos du chroniqueur ont dépassé le cadre d’une simple polémique médiatique pour toucher des symboles spirituels profonds. Ils estiment que certaines de ses déclarations manquaient de respect envers la mémoire du vénéré Cheikh Seydi Hadji Malick Sy, figure fondatrice et emblématique de la confrérie.

Le journal L’Observateur, qui rapporte les faits, indique que la plainte s’appuie notamment sur des extraits vidéo considérés comme offensants, et que les disciples demandent à la justice d’agir afin de « préserver la cohésion sociale ». Dans leur courrier adressé au procureur, ils insistent sur la sensibilité du fait religieux au Sénégal, estimant que de tels propos risquent d’alimenter des tensions dans un pays où la tolérance et le respect entre confréries ont toujours été des valeurs cardinales.

Face à cette situation, la Brigade de recherches a convoqué le chroniqueur pour audition. Cette étape marque le début de l’enquête judiciaire ouverte à la suite de la plainte. « Sa Wolof » devra s’expliquer sur le contenu de ses propos et sur les circonstances dans lesquelles ils ont été tenus.

Ce n’est pas la première fois que des chroniqueurs ou influenceurs se retrouvent dans le collimateur de la justice pour des propos jugés offensants à l’endroit de figures religieuses. Ces dernières années, la multiplication des débats en ligne, souvent virulents, a conduit les autorités à rappeler l’importance du respect des croyances et des symboles religieux dans l’espace public.

En attendant les suites de son audition, cette affaire relance le débat sur les limites de la liberté d’expression au Sénégal, entre critique légitime et atteinte au sacré. Elle interroge aussi sur la responsabilité des chroniqueurs et animateurs des médias en ligne, dont la parole touche désormais un public de plus en plus large et sensible aux questions spirituelles.

Le Sénégal et le FMI en discussions avancées pour un nouveau programme économique

Le Sénégal poursuit ses négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue de la mise en place d’un nouveau programme économique visant à renforcer la stabilité macroéconomique, à assurer la soutenabilité de la dette publique et à soutenir la relance post-crise. Ce jeudi 23 octobre 2025, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a reçu à Dakar une délégation du FMI conduite par Edward Gemayel, chef de mission pour le Sénégal.

La rencontre, tenue dans un climat jugé constructif, a permis d’aborder plusieurs sujets cruciaux, notamment les contours du futur partenariat entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods, le cadre macroéconomique actuel du pays, ainsi que les perspectives de croissance à moyen terme. Selon les informations communiquées à l’issue de la réunion, les deux parties s’accordent sur la nécessité d’un programme plus adapté aux priorités économiques nationales, axé sur la bonne gouvernance financière et l’efficacité des dépenses publiques.

Le ministre Abdourahmane Sarr a profité de cette occasion pour réaffirmer la solidité et la soutenabilité de la dette publique du Sénégal. Il a tenu à rassurer le FMI sur la capacité du pays à honorer ses engagements, précisant que les paramètres économiques et financiers restent sous contrôle. Il a rappelé que la politique budgétaire engagée depuis avril 2024, sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye, a permis d’amorcer une stabilisation durable des finances publiques. Ces efforts se traduisent notamment par une réduction progressive du déficit budgétaire, une meilleure mobilisation des recettes internes et une rationalisation des dépenses.

Dans son exposé, le ministre a également mis en avant les perspectives économiques positives soutenues par le Plan de redressement économique et social (PRES), un programme de relance lancé pour dynamiser le secteur privé, moderniser l’administration et promouvoir l’investissement productif. Le PRES, selon Abdourahmane Sarr, constitue aujourd’hui la boussole de la politique économique nationale. Il permet de redonner confiance aux investisseurs, d’améliorer la compétitivité des entreprises locales et de renforcer la souveraineté économique du pays.

Les discussions avec le FMI ont également porté sur l’amélioration de la qualité de la dépense publique, un point essentiel selon le ministre, qui estime qu’il ne suffit plus d’investir massivement, mais qu’il faut désormais investir mieux. Il a ainsi insisté sur la nécessité d’une meilleure planification, d’un suivi rigoureux et d’une évaluation systématique des projets publics, afin de maximiser leur impact sur la croissance, l’emploi et la réduction des inégalités sociales.

Concernant la gestion de la dette, le ministre Abdourahmane Sarr a rappelé la stratégie d’endettement à moyen terme adoptée par le gouvernement, qui met l’accent sur les emprunts en monnaie locale. Cette orientation vise à réduire la dépendance aux devises étrangères et à protéger l’économie nationale des variations du marché international. Il a également salué le rôle de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont le cadre institutionnel et financier permet au Sénégal de bénéficier d’un accès régulier et sécurisé au marché régional pour le refinancement de sa dette.

Au terme des échanges, le ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement sénégalais de finaliser rapidement un nouvel accord avec le FMI. Il a assuré que le Sénégal honore tous ses engagements financiers et qu’il entend renforcer la confiance de ses partenaires techniques et financiers, après une période d’incertitude liée au débat sur la dette publique et la gestion budgétaire du précédent régime.

Ce futur programme, dont les discussions techniques se poursuivent, devrait permettre de consolider les acquis économiques et de soutenir les priorités du gouvernement, notamment la souveraineté alimentaire, la réforme du système fiscal, la promotion de l’emploi des jeunes et la réduction de la pauvreté.

Une mission officielle du FMI est attendue à Dakar en décembre 2025 pour approfondir les négociations et évaluer les conditions d’un nouvel accord de financement. Si les conclusions sont favorables, le Sénégal pourrait bénéficier dès le premier trimestre 2026 d’un appui financier destiné à renforcer ses réserves, soutenir ses réformes structurelles et assurer la continuité de ses programmes de développement.

Absence de Premier ministre au Conseil des ministres : une nouvelle tension entre Diomaye et Sonko ?

Le communiqué du Conseil des ministres du mercredi 22 octobre 2025 a intrigué plus d’un observateur : aucune communication du Premier ministre Ousmane Sonko n’y est mentionnée. Ce détail, qui pourrait passer inaperçu dans un autre contexte, a cette fois-ci attiré l’attention, tant les relations entre le Chef de l’État Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre semblent, selon plusieurs sources, traverser une période de crispation.

Selon des informations relayées par PressAfrik, une source gouvernementale a confirmé que le Premier ministre n’a pas pris part au Conseil des ministres tenu ce mercredi au Palais de la République. Cette absence, dans une instance considérée comme le cœur du fonctionnement gouvernemental, soulève des interrogations sur la nature des rapports actuels entre les deux hommes, jadis alliés indissociables du projet politique issu de Pastef.

L’absence d’Ousmane Sonko intervient dans un contexte déjà chargé en signes de tension. Ces dernières semaines, plusieurs observateurs ont noté un froid apparent entre le président et son chef de gouvernement. Si certains y voient un simple désaccord stratégique ou un incident passager, d’autres évoquent une divergence plus profonde dans la gestion du pouvoir et l’interprétation du projet politique qu’ils portent ensemble.

Le silence officiel des deux parties entretient d’ailleurs le mystère. Aucun communiqué de la Primature ni du Palais n’est venu expliquer l’absence du Premier ministre à cette réunion hebdomadaire, où sont discutées les grandes orientations de la politique nationale.

Un autre fait, survenu quelques jours plus tôt, semble conforter la thèse d’un malaise latent. Le vendredi 17 octobre, lors d’un déplacement officiel du président Diomaye Faye, ce dernier était accompagné de son Directeur de cabinet, Mary Teuw Niane, et non du Premier ministre. Une situation inhabituelle, relevée par le journaliste Adama Gaye, qui y a vu une entorse au protocole habituel : « Le Premier ministre est souvent celui qui accompagne le Chef de l’État ou, à défaut, lui souhaite bon voyage au pied de l’avion », a-t-il rappelé dans une publication sur Facebook.

Cette scène, anodine en apparence, a été perçue par certains comme le symbole d’une mise à l’écart progressive du Premier ministre dans certaines activités présidentielles.

Malgré ces signes de distanciation, plusieurs analystes estiment que le duo Diomaye–Sonko reste encore fonctionnel sur l’essentiel. Leur projet commun de refondation de l’État, basé sur la rupture, la transparence et la souveraineté, continue d’être décliné à travers les politiques publiques, notamment dans les secteurs de la justice, de la fiscalité et de la gouvernance économique.

Cependant, il n’est un secret pour personne que la cohabitation au sommet de l’exécutif n’est pas exempte de frictions. Ousmane Sonko, chef de parti et figure politique charismatique, conserve une forte base militante et une liberté de ton parfois dérangeante pour les équilibres institutionnels. De son côté, Bassirou Diomaye Faye, en sa qualité de président, entend affirmer son autorité et garantir la cohérence de l’action gouvernementale.

Si l’absence du Premier ministre à un Conseil des ministres peut s’expliquer par un empêchement personnel ou une divergence ponctuelle, elle prend une dimension politique symbolique dans le contexte actuel. Certains observateurs redoutent qu’elle ne traduise un réajustement silencieux des équilibres au sein du pouvoir exécutif.

Carte d’égalité des chances : le Sénégal vise 50 % d’enrôlement des personnes handicapées d’ici 2027

Le gouvernement sénégalais entend franchir un cap décisif dans la politique d’inclusion sociale et numérique des personnes vivant avec un handicap. À travers le Projet d’accélération de l’économie numérique du Sénégal (PAENS), l’État ambitionne de permettre à 50 % des personnes handicapées d’obtenir la carte d’égalité des chances d’ici à 2027. Cette annonce a été faite par Mamadou Lamine Faty, directeur de la promotion et de la protection des personnes handicapées, lors d’un atelier de formation sur les outils du recensement spécial organisé cette semaine à Dakar.

Selon M. Faty, cet objectif constitue l’un des indicateurs majeurs du PAENS, un programme structurant du gouvernement visant à réduire la fracture numérique et sociale dans le pays. Il a rappelé que cette initiative s’inscrit dans le cadre des directives présidentielles appelant à une refonte de la stratégie nationale du handicap, afin de mieux répondre aux besoins spécifiques de cette frange vulnérable de la population.

Les données issues du dernier recensement général font état de 1 210 726 personnes handicapées au Sénégal, soit environ 7,3 % de la population nationale. Pour M. Faty, ces statistiques mettent en évidence l’ampleur du défi : « On ne peut pas mener une politique efficace sans disposer de données fiables et pertinentes », a-t-il déclaré. C’est dans cette optique que le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités a lancé une étude nationale visant à redéfinir les priorités de la stratégie d’inclusion et à adapter les interventions sociales aux réalités du terrain.

Depuis le lancement de la carte d’égalité des chances, 100 021 cartes ont été délivrées à ce jour, soit environ 9 % des personnes éligibles. Ce document, rappelons-le, permet à ses titulaires d’accéder à une série d’avantages tels que la gratuité de certains soins médicaux, l’accès facilité à l’emploi public et privé, ou encore des appuis financiers et logistiques. Pour atteindre l’objectif fixé d’ici 2027, le ministère devra encore enrôler plus de 605 000 bénéficiaires supplémentaires.

Le recensement spécial prévu dans les mois à venir, avec l’appui de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), sera déterminant pour identifier les bénéficiaires et accélérer la délivrance des cartes. Ce travail de terrain permettra également de mieux géolocaliser les populations handicapées, d’évaluer leurs besoins spécifiques et de faciliter la mise en œuvre des programmes d’accompagnement.

Le projet s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’action sociale et de numérisation des services publics, conformément à la vision du président Bassirou Diomaye Faye, axée sur l’équité et la participation inclusive. Le gouvernement souhaite, à travers cette démarche, faire de la carte d’égalité des chances un outil central de justice sociale, garantissant à chaque citoyen, quelle que soit sa condition, un accès équitable aux droits et aux opportunités.

Extorsion de fonds : le rappeur « 10 000 Problèmes » et l’influenceur Lamine Kangam condamnés à la prison ferme

L’affaire qui a secoué les réseaux sociaux sénégalais ces dernières semaines vient de connaître son épilogue judiciaire. Le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar a rendu, hier mercredi, son verdict dans le dossier opposant le marabout Serigne Abdoulaye Faye au rappeur Mohamed Fall, alias « 10 000 Problèmes », et à l’influenceur Lamine Kangam. Les deux hommes ont été reconnus coupables d’extorsion de fonds à la suite d’une vaste campagne de diffamation orchestrée en ligne contre le religieux.

Selon les faits établis à l’audience, tout a commencé par la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos virulentes et diffamatoires accusant le marabout d’homosexualité et de comportements indécents avec de jeunes garçons, qu’il aurait prétendument promis d’« enrichir ». Ces publications, devenues virales en quelques heures, ont gravement entaché la réputation de Serigne Abdoulaye Faye et provoqué une vague d’indignation sur internet.

Mais l’enquête menée par la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar a rapidement révélé une tout autre réalité. Derrière cette campagne se cachait, selon les enquêteurs, un stratagème d’extorsion bien orchestré. Après la diffusion des vidéos, les deux accusés ont contacté le marabout pour lui proposer de retirer les publications compromettantes contre paiement. Craignant pour son image et sa crédibilité au sein de sa communauté, la victime a finalement cédé à la pression, versant la somme de 1 300 000 F CFA aux deux hommes.

Cependant, malgré ce paiement, les vidéos n’ont jamais été supprimées, aggravant le préjudice subi par le marabout. Le parquet a alors ouvert des poursuites pour extorsion de fonds, diffamation et atteinte à l’honneur d’autrui par voie électronique. À la barre, les deux prévenus ont tenté de se dédouaner en affirmant qu’il ne s’agissait que de « simples manœuvres » pour soutirer de l’argent, sans réelle volonté de nuire à leur victime. Des explications que le tribunal a jugées peu crédibles, soulignant la gravité des faits et le caractère destructeur de leurs actes sur la réputation et la dignité du plaignant.

Au terme du procès, le tribunal a condamné Lamine Kangam à deux ans de prison, dont six mois ferme, et Mohamed Fall, alias “10 000 Problèmes”, à un an de prison, dont trois mois ferme. Les deux hommes devront également rembourser intégralement les 1,3 million de francs CFA versés par Serigne Abdoulaye Faye.

Cette affaire, largement médiatisée, met une nouvelle fois en lumière les dérives des réseaux sociaux au Sénégal, où la recherche du buzz et de la notoriété conduit souvent à des dérapages graves. En condamnant les deux influenceurs, la justice sénégalaise entend ainsi envoyer un signal fort contre la cybercriminalité et la diffamation en ligne, rappelant que la liberté d’expression ne saurait servir de prétexte à la destruction de réputations ou à l’enrichissement illégal.

Affaire de la « dette cachée » : Mamadou Lamine Diallo somme Macky Sall de publier le décret sur le PDIES

L’affaire dite de la « dette cachée » continue d’alimenter le débat politique et judiciaire au Sénégal. Après la contre-offensive lancée par l’ancien président Macky Sall, qui réclame la publication intégrale du rapport de la Cour des comptes, plusieurs voix s’élèvent pour exiger davantage de clarté sur la gestion financière de son régime. Parmi elles, celle du député Mamadou Lamine Diallo, président du mouvement Tekki, qui interpelle directement l’ex-Chef de l’État sur un document clé : le décret 2017-74 du 12 janvier 2017, relatif au Programme de Défense des Intérêts Économiques et Sécuritaires du Sénégal (PDIES).

Dans une déclaration rendue publique ce jeudi, l’économiste et parlementaire a invité Macky Sall à faire preuve de transparence en rendant public ce décret présidentiel, qu’il considère comme un élément central pour comprendre l’origine et la nature des engagements financiers non déclarés de l’ancien régime. « Plutôt que de réclamer les rapports de la Cour des comptes, il serait plus utile qu’il publie le décret PDIES afin que les Sénégalais sachent comment ont été gérées certaines dépenses », a-t-il martelé.

Pour Mamadou Lamine Diallo, la divulgation de ce texte permettrait de « faire la lumière sur les liens entre les comptes de dépôt intitulés « Cap/Gouvernement » et le PDIES, à l’origine de dettes estimées à 167 milliards de francs CFA qui n’ont jamais été présentées à l’Assemblée nationale ». Le député dénonce ainsi ce qu’il qualifie de « montage budgétaire opaque », qui aurait permis d’engager des dépenses importantes en dehors des circuits officiels du contrôle parlementaire.

L’affaire du PDIES, souvent évoquée dans les rapports d’audit internes et certaines notes du ministère des Finances, concerne un mécanisme de financement parallèle créé en 2017, officiellement pour soutenir des programmes stratégiques liés à la sécurité et à la souveraineté économique. Mais selon plusieurs observateurs, ce dispositif aurait servi à couvrir des opérations financières non justifiées, alimentant ce que certains appellent désormais la « dette cachée » du Sénégal.

Le président du mouvement Tekki, connu pour son franc-parler et ses prises de position sur la gouvernance économique, estime qu’il est temps de rompre avec la culture du secret budgétaire. « Les Sénégalais ont droit à la vérité sur l’utilisation de leurs ressources. Macky Sall doit des explications au peuple », a-t-il insisté, avant d’appeler la Cour des comptes et le ministère des Finances à jouer pleinement leur rôle dans la transparence et la reddition des comptes.

Cette interpellation intervient alors que la nouvelle administration a engagé une revue approfondie de la dette publique, notamment celle contractée entre 2012 et 2023, afin d’en identifier les contours, les bénéficiaires et les impacts sur les finances nationales. Le gouvernement actuel, dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye, a d’ailleurs affirmé sa volonté d’assainir les pratiques budgétaires héritées du passé et de publier les résultats des audits en cours.

En attendant, l’ancien chef de l’État n’a pas encore réagi publiquement à cette demande de Mamadou Lamine Diallo, qui fait désormais de la publication du décret PDIES une condition préalable à toute clarification sur la gestion de la « dette cachée ». Une affaire appelée à rebondir, tant les enjeux financiers et politiques qu’elle soulève semblent considérables.

Lutte contre le cancer : une subvention annuelle de 300 millions FCFA pour renforcer la prise en charge et alléger les coûts des traitements

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la lutte contre le cancer. Le Directeur général de la Santé, Ousmane Cissé, a annoncé une importante mesure de soutien financier destinée à améliorer la prise en charge des malades et à renforcer les capacités des structures hospitalières spécialisées. Désormais, une subvention annuelle de 300 millions de FCFA sera allouée aux hôpitaux pratiquant la radiothérapie, un traitement essentiel pour de nombreux patients atteints de cancer.

Cette initiative vise à réduire considérablement les coûts liés aux soins, particulièrement ceux du kit de radiothérapie, dont le prix passera de 700 000 FCFA à 150 000 FCFA, rendant ainsi le traitement plus accessible à une large frange de la population. Le ministère de la Santé souhaite, à travers cette mesure, lever les obstacles financiers qui freinent souvent la continuité des soins et aggravent la situation des patients issus de milieux modestes.

En parallèle, le gouvernement a pris une décision majeure pour deux types de cancer particulièrement fréquents au Sénégal. La chimiothérapie est désormais gratuite pour les cancers du sein et du col de l’utérus, deux pathologies qui représentent un défi de santé publique. Pour les autres formes de cancer, les traitements sont subventionnés entre 40 et 60 %, une avancée significative dans la politique d’équité sanitaire. Par ailleurs, la morphine, médicament essentiel pour soulager les douleurs liées à la maladie, est désormais disponible gratuitement dans les structures hospitalières publiques.

Le Directeur général de la Santé a également annoncé la création d’un Centre d’Oncologie multidisciplinaire à Diamniadio, une infrastructure moderne qui regroupera sur un même site les services de Chirurgie, Chimiothérapie et Radiothérapie. Ce centre, conçu pour offrir une prise en charge intégrée et coordonnée des malades, s’inscrit pleinement dans la vision du président Bassirou Diomaye Faye, qui met l’accent sur la prévention sanitaire, la décentralisation des soins et la modernisation du plateau médical national.

Dans cette dynamique, le ministère prévoit aussi l’extension des services de radiothérapie vers les zones centre et nord du pays, afin d’éviter les déplacements coûteux et éprouvants des patients vers Dakar. Cette décentralisation des soins spécialisés permettra une couverture médicale plus équilibrée sur le territoire national et contribuera à réduire les délais de traitement.

De son côté, le professeur Demba Diédhiou, Directeur de l’hôpital Abass Ndao, a informé de la réhabilitation en cours de plusieurs services hospitaliers, notamment la maternité, dans le but de renforcer la capacité d’accueil et d’améliorer la prise en charge des urgences sanitaires. Ces travaux devraient être achevés d’ici 2026, marquant une étape importante dans la modernisation de l’un des plus anciens établissements hospitaliers du pays.

Cette série de mesures traduit une volonté politique claire : placer la lutte contre le cancer parmi les priorités nationales de santé publique. En rendant les traitements plus accessibles et en renforçant les infrastructures médicales, les autorités sénégalaises entendent offrir aux patients une meilleure qualité de soins et une réelle chance de guérison, tout en consolidant le système sanitaire dans son ensemble.

Fièvre de la Vallée du Rift : deux cas confirmés à Daara, dont un décès

Une alerte sanitaire est en cours à Daara, dans le nord-ouest du Sénégal, où deux cas de fièvre de la Vallée du Rift ont été confirmés par les autorités sanitaires, dont un décès enregistré. L’annonce a été faite ce jeudi par le docteur Abdou Ndiaye, médecin-chef du district sanitaire de Daara, confirmant la présence active de la maladie depuis une semaine dans la localité.

Selon Dr Ndiaye, la maladie touche principalement les éleveurs, considérés comme la population la plus exposée. « Comme vous l’avez vu dans le communiqué du ministère de la Santé et de l’Action sociale, le district de Daara, en épidémie depuis une semaine, a enregistré son deuxième cas de fièvre de la Vallée du Rift, et malheureusement, ce dernier est décédé. D’après nos constats, tous nos cas concernent des éleveurs, ce qui montre qu’ils sont les plus exposés, car ils sont constamment en contact avec les animaux », a-t-il déclaré au micro du Groupe Futur Média (TFM).

La fièvre de la Vallée du Rift, une maladie virale transmise à l’homme par la piqûre de moustiques infectés ou par le contact avec le sang et les organes d’animaux contaminés, représente une menace à la fois pour la santé publique et pour le cheptel. Elle provoque des fièvres aiguës, des saignements et, dans certains cas, la mort, comme cela a été observé à Daara.

Face à cette situation, le district sanitaire a renforcé ses actions de riposte. « Il faut impliquer la sous-brigade des jeunes, les vétérinaires et les collectivités territoriales pour soigner les animaux malades ou présentant des symptômes », a plaidé Dr Ndiaye, insistant sur la dimension communautaire et intersectorielle de la lutte. Les autorités locales misent sur une approche coordonnée entre la santé humaine, animale et environnementale, conformément à la stratégie “Une seule santé”.

Des équipes mobiles de sensibilisation sillonnent déjà les marchés à bétail et les zones d’élevage pour informer les populations sur les gestes de prévention. Des moustiquaires imprégnées ont été distribuées aux ménages, notamment aux éleveurs, afin de réduire les risques de transmission. « Lorsque le moustique pique un animal ou une personne infectée, il peut transmettre la maladie. C’est pourquoi nous insistons sur la prévention, la communication et la sensibilisation », a ajouté le médecin-chef.

Le docteur Ndiaye a tenu à rassurer les populations : la fièvre de la Vallée du Rift ne se transmet pas d’homme à homme. Cela signifie que la maîtrise de la propagation reste possible si les mesures de protection et d’hygiène sont scrupuleusement respectées. Les autorités sanitaires appellent donc à la vigilance et à la collaboration de tous les acteurs locaux pour endiguer la progression de cette maladie, qui menace non seulement la santé humaine, mais aussi l’économie pastorale de la région.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°590 – 23/10/2025

🔴 AFFAIRES DES 8 MILLIARDS F CFA DE BAKEL ET DE LA TAXE DE 1% SUR LES PAIEMENTS EN ESPÈCES : GUEUM SA BOPP SUR DEUX FRONTS
🔴 BADARA GADIAGA FACE AU DOYEN DES JUGES D’INSTRUCTION CE 27 OCTOBRE : PREMIER TÊTE-À-TÊTE AVEC ABDOUL AZIZ DIALLO

🔴 SÉNÉGAL VS MAURITANIE / LES REVENUS DE LA FSF GRIMPENT DE 27% : LA RÉVOLUTION DIGITALE PAIE !
🔴 CAF AWARDS 2025 : SALAH ET HAKIMI, GRANDS FAVORIS

Guem Sa Bopp, Papa Djibril Fall et Mbaye Dione unis pour la vérité sur les 8 milliards de Bakel et contre la taxe de 1 % sur les paiements en espèces

Le mouvement Guem Sa Bopp, dirigé par Bougane Guèye Dany, intensifie son offensive politique et citoyenne face à deux sujets brûlants qui agitent l’actualité nationale : l’affaire des 8 milliards de francs CFA destinés aux sinistrés de Bakel et la nouvelle taxe de 1 % sur les paiements en espèces. À travers un communiqué rendu public ce mercredi 22 octobre 2025, le mouvement annonce une série d’initiatives politiques, judiciaires et citoyennes pour exiger la transparence et défendre le pouvoir d’achat des Sénégalais.

Au cœur de cette mobilisation, des rencontres de haut niveau ont eu lieu à Dakar entre une délégation du mouvement conduite par Moussa Niang, Délégué national à la vie politique, et plusieurs acteurs de l’opposition parlementaire. Le mardi 21 octobre, la délégation a échangé avec le député Papa Djibril Fall, membre de la coalition Sam Sa Kaddu, avant de rencontrer le lendemain le député Mbaye Dione, figure respectée de l’opposition. Ces discussions ont principalement porté sur la gestion controversée des 8 milliards de francs CFA alloués aux populations en détresse du département de Bakel et des zones affectées par le débordement du fleuve Sénégal.

Selon Guem Sa Bopp, ce dossier illustre parfaitement les dérives d’une administration publique minée par la mauvaise gouvernance, le favoritisme et les suspicions de détournement de fonds destinés aux victimes. Le mouvement rappelle qu’une plainte a été déposée devant le Pôle judiciaire et financier, marquant une étape importante dans la recherche de la vérité et la lutte contre l’impunité. Pour Bougane Guèye Dany et ses collaborateurs, il ne s’agit pas d’un combat politique, mais d’un devoir républicain et moral, visant à protéger les deniers publics et à défendre les intérêts des populations marginalisées.

Dans cette dynamique, Guem Sa Bopp, soutenu par les députés Papa Djibril Fall et Mbaye Dione, réclame la création d’une commission d’enquête parlementaire. Cette instance, selon eux, devra faire toute la lumière sur la gestion des fonds, identifier les responsables des malversations et restaurer la confiance, aujourd’hui ébranlée, entre l’État et les citoyens. Le mouvement insiste sur la nécessité d’un contrôle parlementaire rigoureux, seule garantie d’une gouvernance éthique et responsable.

Au-delà de cette affaire, Guem Sa Bopp s’attaque également à la nouvelle taxe de 1 % sur les paiements en espèces dans les grandes surfaces, récemment annoncée par le gouvernement. Dans son communiqué, le mouvement juge cette mesure injuste, illégale et économiquement incohérente, arguant qu’elle constitue une double imposition. En effet, les transactions commerciales sont déjà soumises à la TVA, et cette nouvelle taxe revient à pénaliser deux fois le consommateur.

« Une taxe sur une taxe, c’est une double peine pour le peuple », dénonce le communiqué, qui fustige une décision « déconnectée de la réalité sociale » et « motivée par la seule volonté de renflouer les caisses de l’État ». Pour le mouvement, cette politique fiscale renforce la précarité des ménages sénégalais, déjà accablés par la flambée des prix des denrées de première nécessité et la stagnation des revenus.

Face à ce qu’il qualifie d’injustice fiscale, Guem Sa Bopp prévoit une riposte multiforme. Le mouvement entend engager des concertations avec les organisations de consommateurs, saisir les plateformes citoyennes comme Nio Lank et Rappel à l’Ordre, et constituer un collectif d’avocats chargé de déposer dès le jeudi 23 octobre un recours devant la Cour suprême. Cette action en justice vise à faire annuler une taxe jugée anticonstitutionnelle, contraire aux principes fondamentaux de la fiscalité et aux droits économiques des citoyens.

Dans un ton ferme et résolument combatif, Guem Sa Bopp prévient que toute mesure qui pèse injustement sur le citoyen fera face à la mobilisation et à l’action judiciaire. Le mouvement se positionne ainsi comme un contre-pouvoir vigilant, déterminé à défendre la justice sociale et la bonne gouvernance.

« Le peuple n’est pas une vache à lait », conclut le communiqué, avant de rappeler que la rupture ne doit pas être un simple slogan politique, mais une exigence morale et républicaine. À travers ces initiatives, Guem Sa Bopp confirme sa volonté d’incarner une opposition crédible et constructive, au service de la vérité, de la transparence et du bien-être des Sénégalais.

Communiqué du conseil des ministres du mercredi 22 octobre

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 22 octobre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Commémoration du 81ème anniversaire du Massacre de Thiaroye et célébration de la journée des tirailleurs sénégalais

Le Président de la République a informé le Conseil avoir reçu, le jeudi 16 octobre 2025, le livre blanc sur le Massacre des Tirailleurs sénégalais à Thiaroye, le 1er décembre 1944. Il adresse ses félicitations au Premier Ministre qui a supervisé ce travail de mémoire et de vérité, d’une portée symbolique et historique exceptionnelle. Il rend également un vibrant hommage au Professeur Mamadou DIOUF qui a coordonné les travaux du Comité de commémoration ayant enregistré la contribution d’éminents historiens ainsi qu’à son équipe.

Rappelant que la restauration de la mémoire des résistants et héros africains demeure un axe majeur du Projet panafricain du Sénégal, le Chef de l’Etat a exprimé sa gratitude à son homologue du Kenya, Son Excellence Monsieur William RUTO, à la suite de sa participation, en qualité d’invité d’honneur, aux célébrations officielles de la Journée des Héros de son pays, le 20 octobre 2025. Poursuivant sa communication, le Président de la République demande au Gouvernement d’exploiter les constats, enseignements, conclusions et recommandations du livre blanc sur le Massacre de Thiaroye et de prendre toutes les dispositions pour l’implantation, dans les meilleurs délais, du Centre spécial de documentation au sein du Cimetière de Thiaroye. Il invite, enfin, le Premier Ministre à coordonner l’organisation et le déroulement des activités indiquées dans le cadre de la commémoration du 81ème anniversaire du Massacre de Thiaroye, prévue le 1er décembre 2025.

Déroulement de la session budgétaire et gestion préventive des urgences économiques et sociales

Rappelant le dépôt du projet de Loi de Finances de l’année 2026 à l’Assemblée nationale, le 15 octobre 2025, jour de l’ouverture de la session ordinaire unique du Parlement, le Président de la République félicite le Premier Ministre, le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, le Ministre des Finances et du Budget et l’ensemble des membres du Gouvernement pour le travail effectué, en vue de bâtir un budget pour la Nation conforme aux orientations du Plan de Redressement en cours d’exécution et de l’Agenda national de Transformation porté par la Vision Sénégal 2050.

  Dans ce cadre, le Président de la République, après avoir fait observer que la session budgétaire est un moment fort de dialogue démocratique, de vérité et de transparence, demande aux membres du Gouvernement de prendre toutes les dispositions requises, afin de présenter devant la Représentation nationale, au mieux et en vue d’asseoir la performance de la gestion sectorielle, les politiques, programmes, projets et actions pour accélérer : (i) la relance de l’investissement productif et l’emploi ; (ii) le développement du secteur privé ; (iii) l’amélioration du bien-être des populations sur l’étendue du territoire national.

Par ailleurs, le Président de la République indique au Premier Ministre, au Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération et au Ministre des Finances et du Budget l’urgence de procéder à l’évaluation des mesures et impacts du Plan de redressement économique et social (PRES) et de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de Développement (SND). Dans l’exécution du PRES, il invite le Premier Ministre à veiller à : (i) la maitrise des prix des denrées alimentaires et services de consommation courante et la préservation du pouvoir d’achat des ménages ; (ii) la justice sociale et la protection des groupes vulnérables.

Amélioration concertée de l’aménagement urbain et du cadre de vie des populations

Le Président de la République souligne que la gestion inclusive et responsable du cadre de vie des populations demeure un élément fondamental de la modernisation des villes et communes. Il instruit le Gouvernement, à cet égard, de prendre toutes les dispositions et mesures afin de favoriser le développement d’un urbanisme commercial maitrisé, qui préserve les espaces aménagés, la sécurité et la salubrité publiques ainsi que le cadre de vie des populations. En outre, le Président de la République rappelle son attachement à l’accélération de la mise en œuvre du programme de modernisation des marchés et espaces commerciaux.

Le Chef de l’Etat demande, par ailleurs, au Ministre en charge de l’Environnement et de la Transition écologique, au Ministre de l’Urbanisme et des Collectivités territoriales, et au Ministre de l’Assainissement de travailler à l’amélioration continue et durable du système de gestion des déchets solides et liquides, à travers des concertations soutenues et des cadres opérationnels d’intervention entre les sociétés, services, projets et acteurs.

Enfin, le Chef de l’Etat souligne l’importance d’un aménagement paysager adéquat des villes et communes qui doivent davantage faire de la propreté, de la modernisation des espaces publics et de la qualité du cadre de vie, des priorités dans leurs programmes urbains de transformation.

Agenda du Président de la République, suivi de l’intégration, de la coopération et des partenariats

Le Chef de l’Etat a exprimé sa gratitude et ses félicitations à son homologue rwandais, Son Excellence Monsieur Paul KAGAME, pour l’accueil exceptionnel et le succès notable de sa visite d’Etat et de travail du 17 au 19 octobre 2025, tournant majeur dans les relations d’amitié et de coopération entre le Sénégal et le Rwanda. Il a, en outre, exprimé sa reconnaissance à son homologue, Son Excellence Monsieur William RUTO, pour la parfaite réussite de sa visite officielle au Kenya du 19 au 21 octobre 2025.

Pour clore sa communication, le Président de la République annonce qu’il présidera, le jeudi 23 octobre 2025, la première réunion du Conseil supérieur d’Orientation Agrosylvopastoral.

 AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES
– Monsieur le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a présenté une communication sur l’accélération de l’inclusion numérique au Sénégal.

– Monsieur le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait le point sur la situation hebdomadaire de la gestion des inondations.

– Monsieur le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a fait une communication sur les vérifications administratives et financières des collectivités territoriales.

AU TITRE DES TEXTES LÉGISLATIFS ET RÈGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :
– le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Comité national de Coordination de la Lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive;

– le projet de décret relatif au contrôle et à la supervision des personnes assujetties du secteur non financier en matière de Lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT/FP) ;

– le projet de décret fixant les redevances issues de la régulation du secteur pharmaceutique et leurs modalités de perception.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

AU TITRE DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE :

• Monsieur Djibril NDOYE, Auditeur interne, titulaire d’un Master en Direction Financière-Contrôle de Gestion-Audit interne, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au Ministère de la Justice, en remplacement de Monsieur Aliou NDIAYE.

AU TITRE DU MINISTÈRE DE L’EMPLOI ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET TECHNIQUE :

• Madame Djireye Clotilde COLY, Expert-comptable, est nommée Directeur de l’Emploi au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, en remplacement de Monsieur Babacar SY.
• Madame Khady MBODJ, Psychologue conseiller, matricule de solde n° 725 803/A, est nommée Directeur de l’Orientation professionnelle au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, poste vacant.

AU TITRE DU MINISTÈRE DE L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE

• Monsieur Massamba NDIAYE, Ingénieur en Développement Economique local, est nommé Directeur général de l’Association Sénégalaise de Normalisation au Ministère de l’Industrie et du Commerce, en remplacement de Monsieur Abdourahmane NDIONE, appelé à d’autres fonctions.

AU TITRE DU MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR ET DE LA SÉCURITÉ PUBLIQUE :

• Monsieur Amadoune DIOP, Administrateur civil, matricule de solde n° 606 107/D, précédemment Préfet du Département de Gossas, est nommé Préfet du Département de Podor, en remplacement de Monsieur Mactar DIOP, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

• Monsieur Georges Samba FAYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 722 161/K, précédemment Adjoint au Gouverneur de la Région de Thiès chargé des Affaires administratives, est nommé Préfet du Département de Gossas, en remplacement de Monsieur Amadoune DIOP, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Omar Sarr DIOP, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 638 488/G, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Kolda, est nommé Adjoint au Prefet du Département de Thiès, poste vacant.

• Monsieur Alioune Badara Sibiri GASSAMA, Instituteur, matricule de solde n° 600 304/A, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Niaming, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Goudomp, en remplacement de Monsieur Baba WILLANE, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Mohameth El Amine NDOYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 681 470/B, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Bignona, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Rufisque, en remplacement de Monsieur Modou SAMB, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Modou SAMB, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 696 217/E, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Rufisque, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Ziguinchor, poste vacant.

• Monsieur Ibrahima POUYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 731 835/F,  précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Malika, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Bignona, en remplacement de Monsieur Mohameth El Amine NDOYE, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Babacar DIOUF, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 192/M, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Rufisque Est, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Salémata, poste vacant.

• Monsieur Mamadou Farba SY, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 661 449/H, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Saraya, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Mbour, poste vacant.

• Monsieur Serigne FALL, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 696 210/B, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Nioro du Rip, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Dakar, poste vacant.

• Monsieur Landing DIATTA, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 635 228/Z, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Sam Notaire, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Dagana, en remplacement de Monsieur Hubert Lazare Birame FAYE, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Henry Ndiagne GUEYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 681 461/Z, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Koumpentoum, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Fatick, en remplacement de Monsieur Bou KAMARA, appelé à d’autres fonctions.

• Madame Jacqueline dite Khadidiatou DIOP, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 239/A précédemment Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement des Parcelles assainies, est nommée Adjointe au Préfet du Département de Pikine, poste vacant.

• Monsieur Boubacar BA, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 225/B, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Wakhinane Nimzatt, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Kaffrine, en remplacement de Monsieur Modou THIAO, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Moussa BA, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 223/D, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Bambey, en remplacement de Monsieur Mamadou FAYE, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Etienne Antoine LOPY, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 645 476/D, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Yeumbeul, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Kaolack, en remplacement de Monsieur Ousseynou KABA, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Ousmane THIOUB, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 190/0, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Thiaroye, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Louga, en remplacement de Monsieur Sékhou SEYDI, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Ciré BA, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 246/C, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Notto, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Mbacké, en remplacement de Monsieur Amadou SOW, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Ababacar Sadikhe GUEYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 244/E, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Grand Dakar, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Goudiry, en remplacement de Monsieur Thierno Hamidou SOW, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Abdoul SOW, Instituteur, matricule de solde n° 622 919/K, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Gossas, est nommé Adjoint au Préfet du Département d’Oussouye, en remplacement de Monsieur Georges Gabriel DIARRA, appelé à d’autres fonctions.

• Madame Néné DIOMBANA, Inspectrice de l’Animation et du Développement, matricule de solde n° 619 133/M, précédemment Adjointe au Préfet du Département de Matam, est nommée Adjointe au Préfet du Département de Gossas, en remplacement de Monsieur Abdoul SOW, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Abiboulaye DIALLO, Instituteur, matricule de solde n° 514 624/L, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissaient de Ouadiour, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Nioro du Rip, en remplacement de Monsieur Serigne FALL, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Youssoupha SEYE, Instituteur, matricule de solde n° 632 336/A, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndindy, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Matam, en remplacement de Madame Néné DIOMBANA, appelée à d’autres fonctions.

• Monsieur Hubert Lazare Birame FAYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 681 460/A, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Dagana, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Diendé, Département de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Sébastien SENGHOR, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

• Monsieur Baba WILLANE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 681 472/Z, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Goudomp, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Djirédji, Département de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Moussa SY, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

• Monsieur Mouhamadou Lamine THIAM, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 609 859/C, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement des Almadies, Département de Dakar, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Keur Mousseu, Département de Thiès, en remplacement de Monsieur Oumar DIA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

• Monsieur Ousmane THIAO, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 621 196/G, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Mbédiène, Département de Louga, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement des Almadies, Département de Dakar, en remplacement de Monsieur Mouhamadou Lamine THIAM, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Amadou SARR, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 661 448/G, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Bala, Département de Goudiry, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Mbédiène, Département de Louga, en remplacement de Monsieur Ousmane THIAO, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Modou THIAO, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 601 271/K, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Kaffrine, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Bala, Département de Goudiry, en remplacement de Monsieur Amadou SARR, appelé à d’autres fonctions.
• Madame Khady Basse NDIAYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 779/D, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement des Parcelles assainies, Département de Dakar, en remplacement de Madame Jacqueline dite Khadidiatou DIOP, appelée à d’autres fonctions.

• Monsieur Ababacar DIEYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 666 319/E, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Grand Dakar, Département de Dakar, en remplacement de Monsieur Ababacar Sadikhe GUEYE, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Tafsir Mouhamed THIAW, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 883/D, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Dakar Plateau, Département de Dakar, en remplacement de Monsieur Masse BOUSSO, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Masse BOUSSO, Instituteur, matricule de solde n° 626 748/A, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Dakar Plateau, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement Saré Coly Sallé, Département de Vélingara, en remplacement de Monsieur Younousse DIOP, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Mamadou Diallo WADE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 629 496/L, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Rufisque Est, Département de Rufisque, en remplacement de Monsieur Babacar DIOUF, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Ibrahima MBENGUE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 002/G, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Gamadji Saré, Département de Podor, en remplacement de Monsieur Fary NDAO, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Tafsir Oumar SALL, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 019/A, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Dioulacolon, Département de Kolda, en remplacement de Monsieur El Hadji Djibril FALL, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Coliba DIATTA, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 280/0, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Paoskoto, Département de Nioro du Rip, en remplacement de Monsieur Lamine KABA, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Moustapha SECK, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 732 308/E, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Missira Wadène, Département de Koungheul, en remplacement de Monsieur Kéba SALL, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Pierre Nestor Noêl COLY, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 923/C, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Notto, Département de Thiès, en remplacement de Monsieur Ciré BA, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Adama PAYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 645 826/E, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Sam Notaire, Département de Guédiawaye, en remplacement de Monsieur Landing DIATTA, appelé à d’autres fonctions.

• Madame Sébastiana BADJI, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 012/H, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Malika, Département de Keur Massar, en remplacement de Monsieur Ibrahima POUYE, appelé à d’autres fonctions.

• Madame Fatou Diaw NIANG, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 002/G, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Thiès Sud, Département de Thiès, en remplacement de Monsieur Ibrahima DRAME, appelé à d’autres fonctions.

• Madame Mané DIAW, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 947/C, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Diamniado, Département de Rufisque, en remplacement de Madame Marième Sylvia KANE, appelée à d’autres fonctions.

• Madame Marième Sylvia KANE, institutrice, matricule de solde n° 676 530/C, précédemment adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Diamniadio, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Wack Ngouna, Département de Nioro du Rip, en remplacement de Monsieur Ciré DIALLO, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Cheikh DIAGNE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 905/G, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Niakhar, Département de Fatick, en remplacement de Monsieur Amadou BA, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Daouda MBOW, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 688 521/B, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndame, Département de Mbacké, en remplacement de Monsieur Mamadou Mansour NIANG, appelé à d’autres fonctions.

• Madame Mariama DIAW, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 996/A, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement des Almadies, Département de Dakar, en remplacement de Monsieur Madiéye NDIAYE, appelé à d’autres fonctions

• Monsieur Madièye NDIAYE, Instituteur, matricule de solde n° 611 323/B, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement des Almadies, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Koumbal, Département de Kaolack, en remplacement de Monsieur Birahime Fall, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Abdourahmane KEBE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 701 583/H, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Fimela, Département de Fatick, en remplacement de Monsieur Oumar KABA, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Mouhamed Malick NGOM, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 919/J, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Fissel, Département de Mbour, en remplacement de Monsieur Léopold Yangane DIOP, appelé à d’autres fonctions.

• Madame Adji Mame Diarra Bousso MBAYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 945/G, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Wakhinane Nimzatt, Département de Guédiawaye, en remplacement de Monsieur Boubacar BA, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur El Hadji Balla CAMAR A, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 651 696/A, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Pikine Dagoudane, Département de Pikine, en remplacement de Monsieur Hamady TOURE, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Amadou Garmy WADE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 017/G, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Méouane, Département de Tivaoune, en remplacement de Monsieur Cheikh Tidiane SOW, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Cheikh Tidiane SOW, Instituteur, matricule de solde n° 513 210/F, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Méouane, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Vélingara Ferlo, Département de Ranérou Ferlo, poste vacant.

• Madame Soda Mariama CISSE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 877/A, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Thiaroye, Département de Pikine, en remplacement de Monsieur Ousmane THIOUB, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Amadou NDIAYE, Instituteur, matricule de solde n° 632 612/B, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Dakatély, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Tattaguine, Département de Fatick, en remplacement de Madame Guéda DOUCOURE, appelée à d’autres fonctions.

• Madame Guéda DOUCOURE, Institutrice, matricule de solde n° 683 357/D, précédemment Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Tattaguine, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Lour Escale, Département de Koungheul, en remplacement de Monsieur Mamadou DIENG, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Birahime FALL, Professeur de Collèges d’Enseignement moyen, matricule de solde n° 515 486/H, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Koumbal, est nommé Adjoint au Sous-préfet de Arrondissement de Pakour, Département de Vélingara, en remplacement de Monsieur Cheikh Sarr THIOUNE, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Oumar DIENG, Instituteur, matricule de solde n° 629 978/C, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Fongolimbi, Département de Kédougou, en remplacement de Monsieur Yoro SY, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Hamady NIANG, Instituteur, matricule de solde n° 713 594/I, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Niaming, Département de Médina Yoro Foulah, en remplacement de Monsieur Alioune Badara Sibiri GASSAMA, appelé à d’autres fonctions.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,
Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,
Chargée des Relations avec les Institutions,
Porte-parole du Gouvernement

PREMIER FACE-À-FACE : Badara Gadiaga devant le juge le 27 octobre

Le chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, est convoqué ce lundi 27 octobre 2025 devant le juge du premier cabinet du tribunal de grande instance de Dakar. Inculpé depuis le 14 juillet dernier, il est poursuivi pour discours contraires aux bonnes mœurs, diffusion de fausses nouvelles et offense à une personne exerçant les prérogatives du président de la République.
Il est également visé par les articles 80 alinéa 2, 254, 255 et 257 du Code pénal. Ce dernier sanctionnant la réception ou l’acceptation de dons destinés à une propagande compromettant la sécurité publique.
L’issue de cette procédure est très attendue dans un contexte où les poursuites visant des journalistes et chroniqueurs relancent le débat sur la protection des libertés publiques au Sénégal.

Paiements en liquide : SEN’EAU applique une taxe de 1 % conformément à la nouvelle loi fiscale

La société SEN’EAU a annoncé ce mardi l’application d’un droit de timbre de 1 % sur tous les paiements effectués en espèces, une mesure rendue obligatoire par la loi n°2025 du 27 septembre 2025. Dans un communiqué transmis à la presse, l’entreprise précise que cette disposition, entrée en vigueur depuis le 4 octobre 2025, s’applique à l’ensemble des règlements en liquide réalisés auprès de ses guichets.

« En application de la loi n°2025 du 27 septembre 2025, un droit de timbre de 1 % est à payer en sus sur tous les règlements en espèces, quel qu’en soit le montant », indique SEN’EAU. Cette décision découle de la volonté des autorités fiscales de réduire les transactions en cash et d’encourager l’utilisation de moyens de paiement électroniques, jugés plus sûrs et plus traçables.

Ce nouveau prélèvement concerne uniquement les paiements en espèces. Les clients qui règlent leurs factures par chèque, virement bancaire ou via les plateformes de mobile money ne sont donc pas concernés par cette taxe. SEN’EAU souligne que le montant du droit de timbre sera calculé sur la base du montant total réglé, avant d’être ajouté au paiement dû.

L’entreprise précise qu’elle se conforme strictement aux nouvelles dispositions fiscales adoptées par l’État et assure qu’aucun prélèvement supplémentaire ne sera appliqué en dehors du cadre légal.

Cette mesure, bien qu’elle suscite déjà des interrogations parmi certains usagers, s’inscrit dans une politique plus large de modernisation du système de recouvrement des taxes et de promotion de la digitalisation des paiements au Sénégal.

Pour les consommateurs, cette réforme représente un léger surcoût sur les paiements en liquide, mais elle vise, selon le ministère des Finances, à renforcer la transparence fiscale et à favoriser les transactions électroniques, considérées comme un levier de modernisation de l’économie nationale.

Inclusion financière : plus de 6,8 milliards FCFA injectés dans la microfinance pour dynamiser l’économie sociale au Sénégal

Le ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire (MMESS) a franchi une étape majeure dans la promotion de l’inclusion financière au Sénégal. Mardi, à Dakar, le ministre Alioune Dione a présidé la signature de conventions d’un montant global de 6,826 milliards FCFA avec plusieurs institutions de microfinance partenaires. Cet engagement marque le lancement effectif du Pacte pour l’inclusion financière universelle (PACTIFU), un programme stratégique visant à renforcer l’accès aux services financiers pour les populations les plus vulnérables.

Selon le ministre, le PACTIFU « formalise le cadre de collaboration entre le ministère et l’Association professionnelle des institutions de microfinance du Sénégal (APIM-Sénégal) », conformément à la stratégie de finance ciblée adoptée en Conseil des ministres du 18 décembre 2024. L’initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement de faire de la microfinance un levier central de la lutte contre la pauvreté et de la relance économique inclusive.

Au total, 18 conventions individuelles ont été signées pour un montant de 5,267 milliards FCFA, tandis que six institutions de microfinance ont reçu des chèques symboliques représentant 1,559 milliard FCFA, portant ainsi le total à plus de 6,8 milliards FCFA. Ces financements seront principalement orientés vers les acteurs de l’Économie sociale et solidaire (ESS), notamment dans les secteurs clés que sont l’agriculture, la pêche, l’élevage et la transformation des produits locaux. L’objectif est clair : encourager la substitution aux importations, stimuler la production locale et favoriser la création d’emplois durables à travers un modèle économique équitable et participatif.

Alioune Dione a exhorté les institutions bénéficiaires à concevoir des produits financiers innovants, inclusifs et adaptés aux besoins des populations cibles, tout en respectant des normes rigoureuses de gouvernance, de transparence et de performance sociale. Il a également insisté sur l’importance de lier la rentabilité économique à des finalités sociales concrètes, notamment la réduction de la pauvreté et l’autonomisation des femmes et des jeunes, deux priorités de la politique nationale d’inclusion.

En conclusion, le ministre a rappelé que la finance islamique devait jouer un rôle de plus en plus déterminant dans ce dispositif. À travers le développement des coopératives productives solidaires (CPS), ce modèle alternatif constitue, selon lui, « un pilier essentiel du développement national », capable d’offrir des solutions éthiques et durables à la finance traditionnelle.

PLUS DE 60% DES AGRICULTEURS / ÉLEVEURS ET PRÈS DE 40% DES PÊCHEURS TOUCHÉS : Les changements climatiques menacent la sécurité alimentaire

Le Sénégal subit de plein fouet les effets du changement climatique et les populations rurales en ressentent les conséquences les plus directes. Selon la première Enquête nationale sur les risques environnementaux et la vulnérabilité de la population selon le genre (ENREVG), réalisée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes), plus de 60% des agriculteurs et éleveurs ont enregistré une baisse de rendement en raison des aléas climatiques.
Les femmes sont particulièrement touchées : 62,2% d’entre elles déclarent une diminution de leur production contre 59,5% chez les hommes.
En milieu rural, la situation est encore plus préoccupante puisque 68,2% des producteurs ont vu leurs rendements chuter contre 42,4% en milieu urbain. Les régions de Kolda (81,3%), Sédhiou (79,8%), Kaffrine (74,7%) et Fatick (74,6%) figurent parmi les plus affectées.
Les écarts de genre persistent à travers tout le territoire. À Dakar, par exemple, 40,5% des femmes rapportent une baisse de rendement contre seulement 14% des hommes. Des disparités similaires s’observent dans des zones agricoles clés comme Diourbel (52,3% contre 36%), Kaolack (69,8% contre 57,9%), Kaffrine (74,7% contre 74,6%) et Fatick (74,7% contre
74,6%). En effet, l’accès limité des femmes à la terre, aux intrants et aux équipements agricoles accentue leur vulnérabilité.
D’après les agriculteurs et éleveurs, cette situation est principalement due aux vagues de chaleur récurrentes (81,7%), l’augmentation des températures (66,9%), la diminution des précipitations (59,4%), la dégradation des terres (44%) et la désertification (35,8%).
Parallèlement, la pêche n’est pas épargnée. Près de 40% des pêcheurs ont dû augmenter leur temps de travail pour faire face à la raréfaction des ressources halieutiques et à la dégradation de l’environnement marin. Les pêcheurs des zones urbaines sont davantage affectés (57%) que ceux des zones rurales (12,9%). Cependant dans ce secteur, les hommes restent les plus nombreux à prolonger leurs heures de pêche (47,1% contre 1,6% de femmes).
Cette intensification du travail en mer est surtout liée aux vagues de chaleur récurrentes (88,8%), à la perte de biodiversité aquatique (84%), à l’augmentation des températures (67,6%) et aux épisodes de froid extrême (64,8%).
Les résultats de l’étude mettent également en évidence que sur les dix premiers évènements/phéno-mènes climatiques, les femmes enregistrent des proportions plus élevées que celles des hommes en cas de perte de biodiversité aquatique / raréfaction des espèces (100% contre 83,9%), d’épisodes de froid extrême récurrents (100,0% contre 64,5) et de perte de la biodiversité terrestre et aérienne / raréfaction des espèces (81,6% contre 61,6%).
Entre sécheresses, inondations, érosion côtière et perte de biodiversité, le Sénégal est confronté à une série de crises climatiques qui fragilisent les moyens de subsistance et aggravent les inégalités. Ces bouleversements menacent la sécurité alimentaire et accentuent la précarité, notamment chez les femmes.
Face à ces défis, les résultats de l’enquête de l’ANSD et d’ONU Femmes rappellent l’urgence d’une adaptation inclusive, qui devrait tenir compte du rôle et des besoins spécifiques des femmes dans la résilience climatique. Qu’elles cultivent la terre ou jettent leurs filets en mer, ce sont elles qui, souvent, subissent le plus durement les caprices d’une nature en perpétuelle mutation.


Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°589 – 22/10/2025

🔴 PLUS DE 60% DES AGRICULTEURS / ÉLEVEURS ET PRÈS DE 40% DES PÊCHEURS FRAPPÉS PAR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE MENACÉE
🔴 « ASER-GATE » / VÉRIFICATION DU TAUX D’EXÉCUTION D’ÉLECTRIFICATION RURALE : TAS EN TOURNÉE

🔴 SAISON 2025/2026 : LA LSFP FIXE LE COUP D’ENVOI AUX 1er ET 2 NOVEMBRE

Octobre Rose au Centre Hospitalier Abass Ndao : une mobilisation totale pour la prévention et le dépistage des cancers féminins

Le Centre Hospitalier Abass Ndao (CHAN) s’illustre une nouvelle fois comme un acteur majeur de la santé féminine au Sénégal à l’occasion des Journées d’Octobre Rose 2025, qui se déroulent sur deux jours, du 21 au 22 octobre. La cérémonie officielle, prévue le 22 octobre, se tiendra sous la présidence effective du Directeur Général du CHAN, le Pr Demba Diedhiou, entouré de figures clés du centre hospitalier telles que Pr Halimatou Diop, chef de service de biologie moléculaire, et le Dr Raymond Alipio, chef de service de la maternité. Cette initiative vise à renforcer la lutte contre le cancer du sein et le cancer du col de l’utérus, maladies qui continuent de représenter un lourd fardeau pour la santé des femmes au Sénégal.

Dès l’ouverture de la campagne, les équipes du CHAN ont mis en place des salles de consultation spécialisées, permettant aux patientes de bénéficier d’un dépistage et d’une prise en charge médicale gratuite et personnalisée. La direction de l’hôpital a effectué une visite de contrôle pour s’assurer de la bonne organisation des activités et de la disponibilité des équipements nécessaires à la prise en charge optimale des patientes. Cette attention particulière reflète l’importance accordée par le CHAN à la qualité et à la rigueur des services offerts.

La mobilisation du personnel est totale, tous les services étant engagés dans un effort collectif pour assurer le dépistage, la sensibilisation et le suivi médical des femmes. Au-delà de la prise en charge clinique, l’accent est mis sur l’éducation et l’information, afin de permettre aux femmes de mieux comprendre l’importance de la prévention, des examens réguliers et d’une détection précoce des cancers féminins. Selon le Pr Demba Diedhiou, « votre santé est notre priorité », rappelant ainsi l’engagement indéfectible du CHAN envers la santé publique et la promotion de la santé féminine.

Cette initiative n’est pas seulement médicale mais également sociale. Elle constitue une plateforme de sensibilisation pour l’ensemble de la communauté, invitant les familles et le grand public à participer activement à la lutte contre les cancers féminins. Les autorités sanitaires espèrent ainsi renforcer la conscience collective sur l’importance de la prévention et de l’accès à des services de santé de qualité, surtout pour les populations les plus vulnérables.

En somme, les Journées d’Octobre Rose au CHAN témoignent d’une volonté de conjuguer efforts médicaux, sensibilisation communautaire et engagement institutionnel pour réduire l’impact des cancers féminins au Sénégal. Cette campagne s’inscrit dans la continuité des actions de santé publique visant à protéger, informer et accompagner chaque femme, dans une approche intégrée où prévention, dépistage et traitement sont étroitement liés.

Électrification rurale : Thierno Alassane Sall entame une tournée de contrôle du projet ASER-AEE Power EPC dans le nord du pays

Le député Thierno Alassane Sall a annoncé le lancement d’une mission de terrain dans les départements de Kébémer et de Louga à partir du jeudi 23 octobre 2025, pour une durée de quatre jours. Cette tournée s’inscrit dans le cadre du suivi du projet d’électrification rurale ASER-AEE Power EPC, une initiative d’envergure nationale destinée à accélérer l’accès à l’électricité dans les zones rurales du Sénégal.

L’ancien ministre de l’Énergie a précisé que cette visite vise avant tout à « vérifier concrètement les taux de réalisation », à évaluer la matérialité des chantiers en cours et à constater sur place la disponibilité des équipements installés. Pour Thierno Alassane Sall, cette démarche s’inscrit dans une logique de redevabilité et de transparence sur l’utilisation des fonds publics alloués à l’électrification rurale.

Le projet ASER-AEE Power EPC, confié à la société AEE Power, ambitionne de connecter des centaines de villages aux réseaux électriques nationaux ou isolés. L’avance de démarrage, fixée à 37 milliards de francs CFA, devait permettre à terme l’électrification de plus de 500 localités réparties principalement entre les régions de Louga et de Saint-Louis. Ces zones figurent parmi les plus concernées par le déficit énergétique rural, avec de nombreux villages encore privés d’électricité malgré les engagements pris dans le cadre du Plan Sénégal Émergent (PSE).

En choisissant de commencer sa tournée dans ces départements du nord, Thierno Alassane Sall entend poser un regard critique sur la gestion et le rythme d’exécution du programme. Selon lui, « il est impératif de s’assurer que les chantiers avancent réellement, que les ressources investies servent à ce pour quoi elles ont été débloquées, et que les populations rurales bénéficient effectivement du droit fondamental à l’énergie. »

Le parlementaire a également invité la presse nationale à accompagner cette mission afin de garantir une couverture médiatique transparente de la situation sur le terrain. Pour lui, la lumière publique constitue un levier essentiel de la bonne gouvernance : « Plus les citoyens sont informés, plus les acteurs sont redevables et efficaces. »

Le projet d’électrification rurale ASER-AEE Power EPC, s’il est conduit à terme dans les conditions prévues, pourrait contribuer à réduire significativement les inégalités énergétiques entre les zones urbaines et rurales, tout en stimulant l’activité économique locale à travers l’éclairage public, l’accès à l’eau potable et la dynamisation des petites entreprises.

Cette tournée de contrôle marque ainsi une étape importante dans la volonté de Thierno Alassane Sall d’imposer un suivi rigoureux des projets publics et de s’assurer que les promesses de développement ne restent pas lettre morte dans les zones les plus reculées du pays.

Rufisque : le maire Omar Cissé tire la sonnette d’alarme face à l’érosion côtière et appelle à une intervention urgente de l’État

La ville de Rufisque fait face à une situation environnementale de plus en plus alarmante. Confrontée à une érosion côtière accélérée, la vieille cité, l’une des plus anciennes du Sénégal, voit son littoral reculer chaque année sous l’effet de la montée des eaux et des vagues dévastatrices. Devant cette menace qui met en péril des quartiers entiers, le maire Omar Cissé a lancé un appel solennel à l’État du Sénégal pour qu’il engage des actions concrètes et rapides.

Le maire s’exprimait mardi à Dakar lors d’un atelier de l’Initiative pour la résilience en Afrique, un programme conjoint de la GIZ, de la CEDEAO et de l’Union africaine, consacré à la recherche de solutions durables face aux impacts du changement climatique. « Le prochain défi, pour lequel je sollicite l’accompagnement de l’État, c’est la lutte contre l’érosion côtière », a déclaré Omar Cissé, soulignant que le phénomène constitue aujourd’hui un véritable « problème » et un « défi majeur » pour sa municipalité.

À Rufisque, l’avancée de la mer a déjà provoqué la disparition de pans entiers du littoral, détruisant des habitations et menaçant des zones densément peuplées. Certaines parties historiques de la ville, autrefois animées, sont aujourd’hui envahies par les vagues. Pour le maire, la situation est d’autant plus préoccupante qu’elle risque d’empirer si rien n’est fait : « La mairie n’est pas encore parvenue à protéger la ville », a-t-il reconnu, tout en saluant les efforts accomplis dans la lutte contre les inondations, un autre fléau récurrent dans la commune.

Omar Cissé a indiqué que le conseil municipal de Rufisque a engagé plusieurs initiatives pour faire face à la dégradation du littoral, notamment par la sensibilisation des populations et l’identification des zones les plus menacées. Cependant, il admet que les moyens locaux sont limités : « Nous faisons ce que nous pouvons avec nos ressources, mais la nature du problème dépasse les capacités d’une collectivité locale. Nous avons besoin de l’appui de l’État et de ses partenaires techniques et financiers. »

L’édile espère que la rencontre tenue dans le cadre de l’Initiative pour la résilience en Afrique permettra de mobiliser des financements et d’aboutir à des projets concrets, capables de renforcer la résilience de Rufisque face aux impacts du changement climatique. Selon lui, il est temps de passer des études et diagnostics aux actions réelles sur le terrain.

Outre l’érosion, Omar Cissé a également attiré l’attention sur le déficit d’infrastructures de la commune, qui aggrave sa vulnérabilité. Routes dégradées, réseaux d’assainissement insuffisants, absence d’ouvrages de protection côtière : autant de facteurs qui fragilisent encore davantage la ville face aux aléas naturels.

Le cas de Rufisque est loin d’être isolé. De Saint-Louis à Saly, en passant par Joal, Kayar ou Dakar, plusieurs localités du littoral sénégalais subissent de plein fouet les effets de l’érosion marine. Des centaines de familles ont déjà été déplacées, des écoles et des commerces détruits, et des pans d’activités économiques menacés. Selon les experts, près de 70 % du littoral sénégalais présente aujourd’hui un risque élevé d’érosion.

Pour de nombreux observateurs, la réponse doit être nationale et intégrée. Les collectivités locales ne peuvent agir seules face à ce défi environnemental d’une telle ampleur. L’appel du maire de Rufisque résonne donc comme un cri d’alarme pour la sauvegarde d’un patrimoine historique et d’un espace vital, symbole de l’identité urbaine et maritime du Sénégal.

Affaire Madiambal Diagne : Bachir Fofana rectifie et assure que le journaliste s’est présenté volontairement à la police française

La situation entourant le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne continue de faire couler beaucoup d’encre. Alors que plusieurs médias, aussi bien au Sénégal qu’en France, avaient annoncé son interpellation à Paris dans le cadre d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités sénégalaises, de nouvelles précisions viennent apporter un éclairage différent sur cette affaire.

C’est Bachir Fofana, un proche collaborateur de Madiambal Diagne, qui a pris la parole pour corriger ce qu’il qualifie de “désinformation”. Dans un communiqué diffusé sur sa page Facebook, il a fermement démenti la version faisant état d’une arrestation forcée du journaliste par la police française. Selon lui, Madiambal Diagne n’a jamais été arrêté ni interpellé, mais s’est volontairement présenté aux autorités françaises afin de faire preuve de transparence et de collaborer pleinement avec la justice.

« Madiambal Diagne n’a jamais été cueilli ni arrêté. Il n’a pas été interpellé par les éléments du commissariat des Yvelines. Et ce n’est pas une arrestation pour l’exécution du mandat d’arrêt international lancé contre lui », a précisé Bachir Fofana, insistant sur le fait que le journaliste a voulu, par cette démarche volontaire, démontrer son respect du cadre légal et son refus de se soustraire à la justice.

Le proche du journaliste explique que Madiambal Diagne a pris l’initiative de se présenter accompagné de ses avocats aux services de police, afin de signaler sa présence sur le sol français. « La vérité est que Madiambal a pris les devants et s’est rendu de lui-même, accompagné de ses avocats, à la police pour les informer de sa présence sur le sol français. Il a été auditionné, puis il est rentré chez lui », a-t-il ajouté, soulignant ainsi le caractère volontaire de sa démarche.

Cette précision vient contredire les informations initiales selon lesquelles le journaliste aurait été interpellé à Paris sur ordre du parquet de Versailles. En réalité, il a été entendu par la Cour d’appel de Versailles, qui a décidé de le laisser libre sous contrôle judiciaire, en attendant la suite de la procédure d’extradition demandée par le Sénégal.

Pour rappel, Madiambal Diagne, directeur du Groupe Avenir Communication et propriétaire du journal Le Quotidien, fait l’objet d’une demande d’extradition émise par les autorités sénégalaises dans le cadre d’une condamnation pour diffamation. Ses avocats, parmi lesquels figurent Me El Hadj Amadou Sall, Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth, ont dénoncé une procédure “irrégulière et infondée”, estimant que cette demande repose sur des motivations politiques plus que juridiques.

Cette affaire, très suivie par les milieux de la presse sénégalaise, suscite de nombreuses réactions sur la liberté d’expression, le rôle de la justice et la protection des journalistes. Le collectif de défense du journaliste a rappelé que Madiambal Diagne a toujours respecté la loi et qu’il “n’a jamais cherché à fuir ses responsabilités”.

En attendant la prochaine audience devant la Cour d’appel de Versailles, la tension reste vive entre partisans et détracteurs du journaliste. D’un côté, certains dénoncent une instrumentalisation politique de la justice, tandis que d’autres estiment que nul ne doit être au-dessus de la loi.

Quoi qu’il en soit, la sortie de Bachir Fofana vient apporter une nuance importante dans la compréhension des faits : Madiambal Diagne n’a pas été arrêté, mais s’est volontairement présenté aux autorités françaises, un geste que ses soutiens interprètent comme la preuve de sa bonne foi et de sa volonté d’affronter la justice à visage découvert.

Saint-Louis : le préfet annonce une vaste opération de retrait des épaves de véhicules à partir du 25 octobre

La ville de Saint-Louis s’apprête à vivre une importante opération de désencombrement de la voie publique. À partir du samedi 25 octobre 2025, la préfecture du département lancera une campagne de retrait systématique des épaves de véhicules abandonnés ou en stationnement irrégulier dans l’ensemble du périmètre communal.

Dans un communiqué signé par Abdoukhadre Dieylani Bâ, adjoint au préfet, les autorités administratives précisent que cette mesure s’inscrit dans une politique de réorganisation urbaine visant à rendre à la circulation et aux riverains les espaces publics longtemps occupés par des carcasses de véhicules et autres obstacles.

Selon le communiqué, l’opération a plusieurs objectifs : assurer la libre circulation des personnes et des biens, améliorer le cadre de vie des habitants, mais aussi renforcer la sécurité et la salubrité publiques. En effet, les épaves de véhicules, souvent abandonnées sur les trottoirs, dans les parkings ou le long des artères principales, constituent à la fois une gêne à la mobilité urbaine et un risque sanitaire. Elles favorisent l’insalubrité et servent parfois de repaires à des activités illicites.

La préfecture invite d’ores et déjà les propriétaires concernés à procéder volontairement à l’enlèvement de leurs véhicules avant le début de l’opération. À défaut, les services techniques compétents interviendront pour le retrait forcé des épaves, aux frais des contrevenants. « Cette mesure n’a pas pour but de punir, mais de restaurer l’ordre et la propreté dans nos espaces publics », souligne une source administrative.

Le préfet du département de Saint-Louis en appelle au sens de civisme et de responsabilité des citoyens pour la réussite de cette initiative d’intérêt général. Il rappelle que la propreté et la fluidité urbaine dépendent aussi de l’implication de chaque habitant dans la préservation de son environnement immédiat.

Cette campagne s’inscrit dans la dynamique nationale de désencombrement des voies publiques, initiée depuis plusieurs mois par le ministère de l’Intérieur et les collectivités territoriales. Après Saint-Louis, d’autres régions du pays devraient suivre dans les semaines à venir, afin d’harmoniser les efforts de modernisation urbaine et d’amélioration du cadre de vie dans toutes les grandes agglomérations du Sénégal.

Avec cette initiative, les autorités locales entendent donner un nouvel élan à la politique d’assainissement et d’embellissement de la ville tricentenaire, fidèle à sa vocation de capitale régionale historique, touristique et culturelle.

Transition énergétique : le Sénégal franchit le cap des 1 903,8 MW de puissance installée, dont près de 30 % issus des énergies renouvelables

Le Sénégal continue de renforcer sa position de modèle africain en matière de transition énergétique. Selon les chiffres officiels communiqués mardi par Cheikh Niane, secrétaire général du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, le pays a atteint une puissance installée totale de 1 903,8 mégawatts (MW), dont 29,1 % proviennent désormais des énergies renouvelables.

Cette performance marque une étape importante dans la stratégie nationale de diversification du mix énergétique, lancée depuis plusieurs années pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles et favoriser une production d’énergie plus propre et durable.

Lors de l’atelier de validation de l’Enquête nationale sur les énergies renouvelables, Cheikh Niane a insisté sur l’importance d’une approche basée sur des données fiables. « Je réaffirme notre engagement à faire de la donnée statistique et de l’analyse rigoureuse les fondements d’un secteur énergétique performant et résilient », a-t-il déclaré. Cette enquête constitue, selon lui, « la première photographie statistique complète du secteur énergétique sénégalais », intégrant aussi bien les usages des entreprises que ceux des ménages.

Les résultats révèlent toutefois des disparités marquées entre les zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre les différents segments économiques. Le directeur général de l’Agence nationale des énergies renouvelables (ANER), Diouma Kobor, a précisé que 93,3 % de la production d’énergie utilisée par les entreprises proviennent encore des sources fossiles, contre 6,7 % d’origine renouvelable. À l’inverse, le monde rural recourt davantage aux énergies vertes grâce à la multiplication des kits solaires individuels et des mini-réseaux électriques autonomes, qui permettent de pallier le déficit de raccordement au réseau national.

Pour Abdou Diouf, directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), cette enquête offre désormais aux décideurs un outil stratégique pour calibrer les politiques publiques. « Nous avons pu mesurer la puissance installée des systèmes solaires domestiques, le volume réel de production, mais aussi la perception des ménages face aux énergies vertes », a-t-il expliqué. Ces informations serviront à mieux orienter les incitations fiscales, les programmes d’investissement et les projets de modernisation du secteur.

Les partenaires techniques et financiers saluent cette initiative. Catherine Phuong, représentante du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a souligné que cette base de données « parle le langage des banques de développement, des fonds climat et des investisseurs privés ». Elle pourrait ainsi faciliter l’accès du Sénégal aux financements verts et permettre de mettre à jour les indicateurs d’accès universel à l’énergie, notamment la part du solaire dans le mix énergétique.

Pour le secrétaire général Cheikh Niane, cette démarche s’inscrit pleinement dans la vision d’un Sénégal énergétiquement autonome, fondée sur la transparence statistique, la planification rationnelle et la souveraineté énergétique. « Nous voulons bâtir un secteur solide, durable et souverain, où chaque décision repose sur la preuve », a-t-il conclu.

Dakar – Un pompiste de la station Shell condamné à six mois avec sursis pour abus de confiance

Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son verdict dans une affaire d’abus de confiance impliquant un employé de longue date d’une station-service Shell. Vieux Cissé, pompiste depuis 1997, a été reconnu coupable d’avoir détourné des fonds de la caisse et condamné à six mois de prison avec sursis assortis d’une amende de 50 000 FCFA, lors de l’audience tenue le jeudi 16 octobre 2025.

L’affaire trouve son origine dans un déficit constaté à la fin du service du prévenu. Selon ses propres déclarations, il aurait découvert un manque de 194 000 FCFA dans la caisse après sa prise de fonction. « J’ai attendu le gérant sans le voir. J’ai noté le montant manquant sur le carnet », a tenté de se justifier Vieux Cissé à la barre. Le pompiste a également évoqué un second déficit, apparu en octobre, après deux ventes de carburant à des camions. Il a soutenu que cet argent aurait été égaré lors de ses déplacements et a assuré avoir proposé au gérant, Mbaye Mbow, de compenser la perte sur son salaire.

Mais ces explications n’ont pas convaincu le ministère public. Le procureur a pointé des contradictions dans le récit du prévenu : « Il parle tantôt d’une perte, tantôt d’un dépôt quelque part », a-t-il relevé avant de requérir six mois de prison assortis du sursis et une amende de 100 000 FCFA.

L’avocat de la partie civile, représentant la direction de la station, a de son côté dénoncé une récidive. « Ce n’était pas une erreur. Il avait déjà commis un premier manquement pour lequel la direction avait été conciliante. Mais il a recommencé », a-t-il soutenu. Le conseil a réclamé 800 000 FCFA de dommages et intérêts, tout en reconnaissant que Vieux Cissé, père de six enfants, avait déjà remboursé 400 000 FCFA avant le procès.

La défense, plaidant la bonne foi et la précarité du prévenu, a sollicité la clémence du tribunal. À l’issue des débats, la juridiction a décidé de retenir la culpabilité du pompiste tout en lui accordant les circonstances atténuantes. En plus de l’amende, Vieux Cissé devra verser 700 000 FCFA à la partie civile à titre de réparation des préjudices subis, selon les informations rapportées par le journal Le Soleil.

Ce verdict, qui met un terme à près de trois décennies de collaboration entachées par cette affaire, rappelle la rigueur du droit du travail face aux manquements à la probité professionnelle, même dans les secteurs où la confiance reste la pierre angulaire des relations entre employeurs et employés.

Négociations avec le FMI : la dette du Sénégal explose à 132 % du PIB selon le Fonds

Le Sénégal entame cette semaine des négociations décisives avec le Fonds Monétaire International (FMI), dans un contexte économique tendu marqué par une forte pression budgétaire et une crise de confiance des investisseurs. Ces discussions visent à finaliser un nouvel accord de financement, un an après la suspension du précédent programme d’un montant de 1,8 milliard de dollars, interrompu à la suite de divergences sur la gestion budgétaire et la transparence des comptes publics.

L’urgence de ces pourparlers s’explique par la révélation, jugée explosive, faite récemment par l’administration du président Bassirou Diomaye Faye. Selon les autorités actuelles, l’ancien gouvernement aurait dissimulé près de 7 milliards de dollars d’emprunts non déclarés, gonflant considérablement le niveau réel de la dette publique. Cette annonce a eu l’effet d’une bombe sur les marchés financiers et a conduit les agences de notation S&P et Moody’s à abaisser la note souveraine du Sénégal, invoquant un « manque de fiabilité des données budgétaires ».

La tension a encore monté d’un cran la semaine dernière, lorsque le FMI a publié ses propres évaluations. D’après les données relayées par Bloomberg, l’institution financière internationale estime désormais que la dette publique du Sénégal représente 132 % du Produit Intérieur Brut (PIB), bien au-delà des 119 % avancés par le gouvernement sénégalais. Cet écart de treize points de pourcentage a semé le doute parmi les partenaires financiers du pays et déclenché un net repli de la confiance sur les marchés obligataires régionaux.

Pour les observateurs économiques, cette divergence traduit un différend méthodologique, mais surtout un manque de transparence hérité de la précédente gestion. Plusieurs experts estiment que certains emprunts, notamment souscrits par des entreprises publiques ou garantis par l’État, n’auraient pas été intégrés dans les statistiques officielles, ce qui fausse la lecture réelle de l’endettement.

Dans ce contexte, les discussions avec le FMI s’annoncent particulièrement ardues. Le gouvernement cherche à restaurer la crédibilité du pays sur les marchés internationaux tout en évitant une cure d’austérité trop sévère. « Le Sénégal veut un accord équilibré qui protège les équilibres macroéconomiques sans compromettre les investissements sociaux », a confié une source proche du ministère des Finances.

Le président Bassirou Diomaye Faye et son équipe économique misent sur une approche de transparence et de vérité des comptes, censée convaincre le FMI et les bailleurs de la sincérité de la nouvelle gouvernance. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de rupture avec les pratiques antérieures, accusées d’avoir masqué la réalité des chiffres.

Cependant, la tâche s’annonce difficile. Avec une dette équivalente à plus de 130 % du PIB, le Sénégal se trouve désormais au-dessus du seuil critique fixé par les institutions financières internationales pour les pays à revenu intermédiaire. Une telle situation pourrait limiter sa capacité à emprunter sur les marchés extérieurs et alourdir le coût du financement de sa dette.

Les négociations devraient se poursuivre tout au long de la semaine à Dakar, en présence d’une mission du FMI dirigée par Edward Gemayel, chef de division pour l’Afrique de l’Ouest. Les discussions porteront sur la consolidation budgétaire, la réforme du secteur public et la rationalisation des dépenses, mais aussi sur la manière d’assurer une croissance inclusive dans un contexte de contraintes financières accrues.

Affaire Madiambal Diagne : la défense dénonce une demande d’extradition « infondée et entachée d’irrégularités »

L’affaire Madiambal Diagne connaît un nouveau rebondissement. Les avocats du journaliste et patron de presse ont vivement réagi, ce mardi 21 octobre 2025, à la demande d’extradition formulée par les autorités sénégalaises à l’encontre de leur client. Selon eux, cette procédure est « dénuée de fondement et entachée d’irrégularités graves ».

Interpellé à Paris sur la base d’un mandat d’arrêt international transmis par le parquet général de Versailles, Madiambal Diagne a été entendu dans la journée par la Cour d’appel de Versailles. Après examen du dossier, la juridiction française a décidé de le laisser libre sous contrôle judiciaire, écartant ainsi toute détention provisoire, le temps de statuer sur la demande d’extradition.

Dans un communiqué conjoint, un collectif d’avocats composé notamment de Me El Hadj Amadou Sall, Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth, a dénoncé « une tentative d’instrumentalisation de la justice internationale à des fins politiques ». Les conseils de M. Diagne soulignent que « la décision du premier président de la Cour d’appel de Versailles tient compte du statut de Madiambal Diagne, personnalité publique, journaliste connu, propriétaire d’un titre de presse et figure respectée dans le paysage médiatique sénégalais ».

Le collectif rappelle également qu’« aucun élément du dossier ne permettait de supposer que M. Diagne tenterait de se soustraire à la procédure judiciaire », et que cette absence de risque de fuite a logiquement conduit la justice française à privilégier la liberté sous contrôle judiciaire.

Sur le fond, la défense s’est montrée particulièrement critique à l’égard des autorités sénégalaises, estimant que « la procédure d’extradition souffre d’irrégularités manifestes et d’un manque flagrant de base juridique ». Les avocats soutiennent que les accusations portées contre leur client « relèvent davantage d’une volonté de représailles politiques que d’un véritable dossier pénal ».

D’après leurs déclarations, la demande d’extradition ne reposerait sur aucune infraction clairement définie dans les conventions bilatérales en vigueur entre la France et le Sénégal. Ils évoquent également un non-respect des procédures prévues par le Code de procédure pénale sénégalais, notamment en matière de notification et de transmission de documents.

Cette affaire, qui suscite une large attention dans les milieux médiatiques et juridiques, intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre certains acteurs de la presse et le pouvoir en place à Dakar. Plusieurs observateurs y voient une tentative de museler les voix critiques, tandis que d’autres appellent à la prudence, rappelant que la procédure doit suivre son cours devant les juridictions françaises.

En attendant la prochaine audience, le journaliste reste sous contrôle judiciaire à Paris. Ses avocats se disent confiants quant à l’issue de la procédure et assurent que leur client « fera face à la justice avec sérénité et détermination ».

Le collectif a également tenu à rappeler le rôle essentiel de la liberté de la presse dans un État de droit, soulignant que « la criminalisation des opinions et des publications journalistiques constitue une menace directe pour la démocratie ».

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°588 – 21/10/2025

🔴 REVUE À LA BAISSE DE LA CROISSANCE DANS L’UEMOA PAR LE FMI : LE SÉNÉGAL PASSE DE 8,4% À 6%
🔴 HUIT HABITANTS SUR DIX EXPOSÉS À DES RISQUES ENVIRONNEMENTAUX : LE SÉNÉGAL FACE À L’URGENCE ÉCOLOGIQUE

🔴 MORT DE CHEIKH TOURÉ À KUMASI : LES AUTORITÉS GHANÉENNES OUVRENT UNE ENQUÊTE
🔴 N2 / ENTENTE SPORTIVE GRAND YOFF : DAME NDOYE AUX COMMANDES !

Huit Sénégalais sur dix exposés à des risques environnementaux : l’alerte de l’ANSD sur une vulnérabilité croissante

La vulnérabilité environnementale des populations sénégalaises atteint un niveau préoccupant. Selon les résultats de l’Enquête nationale sur les risques environnementaux et la vulnérabilité des populations selon le genre (ENREVG), présentés ce lundi 20 octobre à Dakar, huit Sénégalais sur dix ont déjà été victimes ou témoins d’une catastrophe ou d’un risque environnemental. Cette étude, rendue publique par le directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), Abdou Diouf, coïncide avec la célébration de la Journée mondiale de la statistique, placée cette année sous le thème : « Favoriser le changement grâce à des statistiques et des données de qualité disponibles pour tous. »

Selon Abdou Diouf, l’écrasante majorité de la population vit dans un environnement exposé à des menaces multiples. L’étude a répertorié pas moins de 43 types de risques, parmi lesquels figurent la proximité des décharges publiques, la salinisation des terres, la sécheresse, la pollution de l’air ou encore les tempêtes de poussière. Les risques liés à la chaleur et à la poussière sont les plus courants, touchant respectivement six à sept Sénégalais sur dix, ce qui témoigne d’une exposition quasi généralisée à des conditions climatiques extrêmes.

Le rapport indique que 43 % des personnes interrogées ont eu accès à un système d’alerte précoce, notamment lors des vagues de chaleur et des tempêtes de sable. Toutefois, près de la moitié de la population déclare ne pas être informée à temps. Cette situation, selon le directeur général de l’ANSD, révèle « la nécessité de renforcer les dispositifs d’alerte et les capacités d’adaptation communautaire ». Le manque d’information rapide et fiable sur les phénomènes météorologiques accentue la vulnérabilité des populations rurales et périurbaines.

Les conséquences de cette exposition aux risques environnementaux sont lourdes pour de nombreux ménages. Environ 15 % des foyers interrogés ont signalé des dégâts matériels, tandis que 26 % affirment que leurs moyens de subsistance ont été affectés. Les secteurs de la pêche, de l’agriculture et de la foresterie sont particulièrement touchés, mettant en péril la sécurité alimentaire et les revenus de milliers de familles. Abdou Diouf a aussi insisté sur le fait que « les femmes, les enfants et les personnes vivant avec un handicap sont les groupes les plus exposés », en raison de leur plus grande dépendance aux ressources naturelles et de leur faible accès à l’information et aux moyens de protection.

Pour remédier à cette situation, le directeur général de l’ANSD a plaidé pour une promotion accrue des emplois verts et un renforcement de l’éducation environnementale dans les communautés. Il a également souligné l’importance de la collecte et de l’exploitation des données issues de nouvelles sources, telles que la téléphonie mobile et les données numériques, dans un contexte d’ouverture et de transparence statistique. Ces données, a-t-il affirmé, permettront d’éclairer les politiques publiques de manière plus efficace et de mieux anticiper les catastrophes environnementales.

De son côté, Abdourahmane Ndiaye, de la Direction de la planification et de la veille environnementale, a salué cette enquête qu’il considère comme « une traduction concrète de la volonté du Sénégal de fonder ses politiques publiques sur des données fiables et scientifiquement établies ».

La directrice régionale adjointe d’ONU Femmes, Mireille Kamitatou, a pour sa part félicité le « partenariat exemplaire entre l’ANSD et les institutions internationales », soulignant que le Sénégal fait figure de pionnier dans la production de statistiques intégrant la dimension genre.

Cette étude vient ainsi rappeler l’urgence d’une action concertée pour faire face aux menaces environnementales croissantes. Dans un contexte marqué par les changements climatiques et la pression démographique, la planification fondée sur des données scientifiques devient un impératif national pour protéger les populations les plus vulnérables.

LONASE : la vérité derrière le marché de 813 millions de FCFA attribué à ASS malgré une offre inférieure de Fambène Sécurité

La Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE) est depuis quelques jours au cœur d’une vive polémique concernant l’attribution de son marché de gardiennage évalué à plus de 813 millions de francs CFA. Des rumeurs, propagées sur les réseaux sociaux, évoquent un « deal » suspect entre la direction de l’entreprise publique et la société attributaire, l’Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS). Les internautes et plusieurs observateurs y voient un cas de favoritisme, arguant qu’une autre entreprise, Fambène Sécurité, avait proposé une offre financière inférieure de 13 millions de francs CFA. Face à la controverse, la Cellule de Passation des Marchés de la LONASE a rompu le silence, brandissant le Code des Marchés Publics et donnant des explications détaillées pour justifier sa décision.

Selon le communiqué de la LONASE, quatre sociétés avaient soumissionné à l’appel d’offres ouvert pour le marché de gardiennage de ses locaux. Il s’agit notamment de Sypress Sécurité, Fambène Sécurité, Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS) et Vigassistance Sénégal. Les offres déposées variaient considérablement, mais les deux plus compétitives étaient celles de Fambène et d’ASS, séparées par un écart de 13 millions de francs CFA. Cette différence de prix, jugée minime, a suffi à déclencher une vague de suspicion. Mais, selon la LONASE, ce n’est pas le prix seul qui détermine le choix final d’un adjudicataire dans un marché public, car les critères techniques et financiers priment sur le montant proposé lorsqu’il s’agit d’assurer l’exécution correcte du contrat.

L’institution précise que le Dossier d’Appel d’Offres (DAO) comportait un critère de qualification financière obligatoire, qualifié de « non négociable ». Chaque société devait fournir une attestation de ligne de crédit délivrée par une banque, prouvant sa capacité à couvrir ses charges de fonctionnement pendant l’exécution du contrat, sans dépendre des paiements de la LONASE. C’est sur ce point précis que la société Fambène Sécurité a été recalée.

La LONASE souligne que l’attestation bancaire présentée par Fambène Sécurité n’offrait aucune garantie ferme sur la disponibilité des fonds nécessaires. Le document fourni par la banque indiquait simplement qu’elle serait « disposée, si toutes les conditions sont réunies, à étudier toute demande de crédit jusqu’à hauteur de 50 millions de francs CFA », tout en précisant qu’elle restait « libre d’accepter ou de rejeter ladite demande ». Pour la commission d’évaluation, cette formulation conditionnelle est incompatible avec les exigences du DAO, car elle ne constitue pas une ligne de crédit effective, mais une simple promesse soumise à appréciation future.

En revanche, la société Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS) a, selon la LONASE, rempli toutes les conditions exigées, aussi bien sur le plan technique que financier. Son offre, bien que légèrement plus élevée, a été jugée complète et conforme aux critères du marché. La Commission des Marchés a donc recommandé son attribution, décision qui a par la suite reçu l’aval de la Direction Centrale des Marchés Publics (DCMP). Celle-ci a donné son avis de non-objection le 24 septembre 2025, validant la régularité du processus d’évaluation et d’attribution.

La LONASE précise que l’avis d’attribution provisoire a été publié le 2 octobre 2025 dans le journal Sud Quotidien, conformément aux dispositions du décret n° 2022-2295 portant Code des Marchés Publics. Ce texte encadre les procédures de passation de marchés et impose un strict respect des règles de transparence et de concurrence. En se conformant à ce décret, la direction générale estime avoir agi dans la légalité la plus absolue.

Face aux accusations de favoritisme, la LONASE insiste sur le fait que le choix de l’ASS repose exclusivement sur des critères techniques et administratifs, et non sur des considérations politiques ou personnelles. L’entreprise rappelle qu’elle a mené tout le processus sous la supervision de la DCMP, garant institutionnel du respect des règles en matière de marchés publics.

Cependant, malgré ces clarifications, la polémique continue d’enfler sur les réseaux sociaux, où certains observateurs estiment que l’écart de 13 millions entre les deux offres aurait pu être négligé au profit d’une société locale réputée sérieuse. D’autres, en revanche, saluent la rigueur administrative de la LONASE, qui a préféré privilégier la conformité technique à la tentation du moindre coût.

Ce nouvel épisode met en lumière la fragilité de la confiance du public dans les procédures de passation des marchés publics au Sénégal, souvent perçues comme opaques, même lorsqu’elles respectent la lettre de la loi. Pour la LONASE, cette affaire illustre surtout la complexité de concilier transparence, performance financière et rigueur administrative dans un contexte de forte suspicion généralisée.

En conclusion, si la LONASE se félicite d’avoir respecté les normes juridiques et techniques qui encadrent les appels d’offres, cette affaire révèle une fois de plus la nécessité pour les entreprises publiques de renforcer leur communication et leur pédagogie sur les décisions de gestion, afin d’éviter que les zones d’ombre administratives ne se transforment en scandales médiatiques.

Blocages du déminage en Casamance et gestion des licences d’importation de riz : le gouvernement répond à Guy Marius Sagna

Le député Guy Marius Sagna a rendu publiques les réponses du gouvernement à plusieurs de ses interpellations écrites portant sur des sujets sensibles, notamment le déminage humanitaire en Casamance et la gestion des Déclarations d’Importation de Produits Alimentaires (DIPA). Ces réponses, transmises par les ministères concernés, apportent un éclairage sur les difficultés administratives, budgétaires et structurelles qui freinent certains programmes publics.

Dans sa question écrite intitulée « Casamance : le déminage humanitaire bloqué par une absence de base légale », introduite le 21 juillet 2025, le député de la coalition Yewwi Askan Wi avait attiré l’attention sur la situation critique du Centre National d’Action Antimines du Sénégal (CNAMS) et de son Projet d’Assistance à la Lutte Antimine en Casamance (PALAC). Il avait évoqué une série de dysfonctionnements internes, citant des retards de paiement de salaires, des coupures d’Internet, des factures d’eau et d’électricité impayées, et surtout, la suspension des missions de supervision sur le terrain.

Selon la réponse du ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, le problème n’est pas lié à un manque de financement, mais à une anomalie administrative héritée de la création du PALAC. Le gouvernement a précisé que, même si le budget du CNAMS pour 2025 a été augmenté à 465 millions de francs CFA, soit 165 millions de plus que la subvention habituelle, les fonds ne peuvent pas être légalement versés au personnel. En effet, « les contrats des travailleurs du PALAC étaient initialement prévus pour la période 2007-2009, et aucune décision administrative n’a formellement prolongé ce projet », a indiqué la tutelle. Cette absence de texte officiel constituerait donc une « absence de base légale » empêchant le paiement des salaires.

Toutefois, le gouvernement a assuré qu’un travail de réforme et de régularisation du statut du CNAMS/PALAC est en cours, afin de résoudre durablement cette impasse juridique et budgétaire. Guy Marius Sagna, tout en prenant acte de cette réponse, a déclaré qu’il entendait se rapprocher des travailleurs pour mieux comprendre leurs conditions et exiger plus de célérité dans la régularisation du projet. Selon lui, les difficultés actuelles « ne relèvent pas de la responsabilité des travailleurs », mais d’un dysfonctionnement administratif persistant.

S’agissant du dossier des DIPA (Déclarations d’Importation de Produits Alimentaires), le député a rappelé que ce système, longtemps critiqué pour son opacité et son caractère clientéliste, devait faire l’objet d’une refonte complète après le changement de régime en avril 2024. Dans sa question adressée au ministre de l’Industrie et du Commerce, il a demandé des clarifications sur la gestion actuelle des DIPA, notamment dans le cadre de la distribution du sucre et du riz, deux produits stratégiques pour la souveraineté alimentaire du pays.

Guy Marius Sagna a posé une série de questions précises : un audit des DIPA délivrés depuis avril 2024 a-t-il été effectué ? Le schéma de répartition du sucre (50 % aux commerçants, 25 % à la Compagnie Sucrière Sénégalaise, 25 % aux stocks de sécurité) a-t-il mis en lumière des pratiques de favoritisme ? Le ministre est-il informé de reventes de DIPA entre 20 000 et 25 000 F CFA la tonne ? Les critères d’attribution des licences ont-ils été revus, et existe-t-il un comité collégial pour valider ces déclarations, ou une seule personne détient-elle le pouvoir de décision ? Enfin, des non-commerçants ont-ils pu bénéficier de DIPA ?

Pour l’heure, a indiqué le parlementaire, le ministre de l’Industrie et du Commerce n’a pas encore communiqué sa réponse officielle sur cette question sensible. Guy Marius Sagna promet de rendre publiques les réponses dès qu’elles seront disponibles, afin de garantir la transparence et de vérifier la rupture promise par le nouveau pouvoir dans la gestion de ces autorisations d’importation.

Enfin, le député a mentionné que le ministère des Affaires étrangères a également répondu à une autre de ses interpellations, concernant les dysfonctionnements du serveur 206010 du Bureau État Civil (BEC). Le ministère a assuré avoir pris des mesures correctives pour résoudre les difficultés rencontrées par les usagers dans la délivrance de documents administratifs.

À travers ces réponses, le gouvernement tente d’apporter des éléments de clarification sur des dossiers complexes hérités du passé. Cependant, les réponses incomplètes ou en attente, notamment sur les DIPA, laissent planer de nouvelles interrogations sur la réelle portée des réformes promises par l’administration. Guy Marius Sagna, fidèle à sa posture de député du peuple, assure qu’il poursuivra ses interpellations jusqu’à ce que les zones d’ombre soient totalement levées.

Dakar Dem Dikk : les travailleurs en colère exigent la signature de l’accord d’établissement et de meilleures conditions de travail

Un vent de contestation souffle sur la société nationale de transport public, Dakar Dem Dikk (DDD). Ce lundi, les travailleurs ont manifesté leur mécontentement en arborant des brassards rouges pour exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de « manque de considération » de la Direction générale. Réunis autour de la coordination des syndicats, ils exigent des améliorations urgentes de leurs conditions de travail et surtout la signature d’un accord d’établissement qu’ils qualifient d’« historique ».

Le mouvement social, initié depuis plusieurs semaines, s’est transformé en véritable bras de fer entre les représentants du personnel et la direction dirigée par Assane Mbengue. Selon Masseck Ndiaye, coordinateur de la coordination des syndicats de DDD, plusieurs points de revendication avaient été soumis lors d’une réunion tenue le 3 juillet dernier avec le Directeur général, mais « rien n’a bougé depuis ». « Nous avons l’impression que la direction générale de Dakar Dem Dikk joue au dilatoire. L’accord d’établissement devait être signé depuis le mois de mai, et nous n’avons toujours aucune avancée concrète », a-t-il déploré.

Au cœur des revendications, la signature de cet accord d’établissement apparaît comme une question de dignité pour les travailleurs. Ce document, attendu depuis des années, devait harmoniser les droits et avantages du personnel et instaurer un cadre clair pour les relations professionnelles au sein de la société. « Cet accord est essentiel pour nous. Il fixe nos conditions de travail, nos primes, nos droits à la retraite et les avantages sociaux. Sans lui, nous restons dans une précarité administrative », a expliqué Masseck Ndiaye.

Les conditions de travail jugées « extrêmement difficiles » sont également au centre des plaintes. Les employés dénoncent un environnement dégradé, notamment la vétusté des bus et le manque de sécurité dans l’exercice de leurs fonctions. « Les receveurs tombent en période de canicule à cause de la chaleur insupportable dans les bus non climatisés », a alerté M. Ndiaye. Il a également fait une comparaison avec le personnel du Bus Rapid Transit (BRT), récemment mis en service : « Regardez les conditions de travail du BRT. Dakar Dem Dikk existe depuis plus de vingt ans et pourtant, les travailleurs sont traités comme s’ils n’étaient pas dans une entreprise publique. »

Les travailleurs réclament aussi l’octroi d’une indemnité de logement, l’augmentation des salaires et le paiement des primes non encore versées. Ces revendications, selon eux, sont légitimes face à la hausse du coût de la vie et aux sacrifices quotidiens consentis pour assurer le transport des populations de la capitale.

Pour Mor Wade, délégué du personnel, la rupture du dialogue social est l’une des causes principales du conflit. « Au début, le Directeur général avait affiché une volonté d’écoute et de collaboration. Mais depuis quelque temps, il ne reçoit plus directement les représentants des travailleurs. Il nous renvoie systématiquement au DRH et les procès-verbaux ne reflètent jamais fidèlement nos échanges », a-t-il regretté.

Face à cette situation, les syndicats ont décidé d’adopter un plan d’action progressif. Le port des brassards rouges, premier signal de contestation, a été observé « à 100 % » par les travailleurs, selon leurs responsables. Une requête a déjà été adressée à la Direction du Travail, et une lettre d’ultimatum sera envoyée à la Direction générale pour exiger la signature de l’accord d’établissement dans un délai de quinze jours. « Si rien n’est fait, nous n’allons pas baisser les bras. Nous irons jusqu’à bloquer le réseau », a prévenu Mor Wade, tout en précisant que l’objectif immédiat n’est pas de paralyser les activités, mais d’alerter l’opinion publique.

Les syndicats ont d’ores et déjà prévu d’organiser une grande conférence de presse le vendredi 24 octobre afin d’exposer en détail les difficultés rencontrées par les employés et de sensibiliser les autorités sur l’urgence d’agir. Déterminés à obtenir gain de cause, les travailleurs de Dakar Dem Dikk affirment qu’ils poursuivront leur mobilisation « jusqu’à la satisfaction totale » de leurs revendications.

Ce mouvement, s’il venait à s’intensifier, pourrait impacter lourdement le transport urbain dakarois, déjà marqué par une forte pression liée à la fréquentation quotidienne des usagers. Entre frustrations syndicales et crispation managériale, Dakar Dem Dikk traverse une période de turbulences sociales dont l’issue dépendra largement de la volonté de la direction à renouer le dialogue.

​Dakar Dem Dikk : les travailleurs exigent de meilleures conditions de travail et la signature de l'accord d'établissement
​Dakar Dem Dikk : les travailleurs exigent de meilleures conditions de travail et la signature de l'accord d'établissement
​Dakar Dem Dikk : les travailleurs exigent de meilleures conditions de travail et la signature de l'accord d'établissement

« Dette cachée » : l’avocat de Macky Sall dénonce une manipulation politique et prépare la riposte judiciaire

La controverse autour de la supposée « dette cachée » du Sénégal prend une ampleur inédite, désormais au cœur d’une bataille à la fois politique, économique et judiciaire. Depuis Paris, Me Pierre-Olivier Sur, coordonnateur du collège d’avocats et d’experts financiers de l’ancien président Macky Sall, est sorti de son silence pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manipulation politique » orchestrée contre son client. Dans un entretien accordé à L’Observateur ce dimanche 19 octobre 2025, l’avocat français a annoncé une série d’actions judiciaires et administratives destinées à faire toute la lumière sur ce dossier explosif qui secoue la scène publique sénégalaise.

Selon Me Sur, l’affaire de la « dette cachée » est entretenue par des acteurs politiques cherchant à réécrire l’histoire économique du Sénégal. « La vérité ne sert pas un camp, elle sert le Sénégal », a-t-il affirmé d’un ton ferme. Le juriste, connu pour avoir défendu plusieurs figures politiques africaines et européennes, a indiqué qu’il demanderait officiellement au Premier président de la Cour des comptes et au ministre du Budget la communication de l’ensemble des documents comptables relatifs à la dette publique sénégalaise. Il s’agit, selon lui, de créer une base de travail « équitable et contradictoire » pour permettre à toutes les parties, y compris les institutions internationales comme le FMI, de juger sur pièces.

Me Sur, qui doit se rendre à Dakar dans les prochains jours, a précisé qu’il rencontrera la presse locale et les autorités judiciaires afin de lancer les premières procédures. « Nous voulons des faits, pas des rumeurs. Il faut que la lumière soit faite sur les chiffres, sur les mécanismes et sur les responsabilités », a-t-il martelé, regrettant le climat d’amalgames qui, selon lui, alimente la confusion et la suspicion autour du dossier.

Revenant sur le bilan économique de Macky Sall, l’avocat a rappelé que « sous sa présidence, le PIB du Sénégal a été multiplié par deux ». Il a mis en avant les réalisations majeures du régime précédent : l’accès accru à l’eau potable et à l’électricité, le développement des infrastructures, l’émergence de nouvelles zones économiques et la modernisation des transports. Pour Me Sur, la dette contractée sous Macky Sall ne saurait être qualifiée de dissimulée ni d’illégitime, car elle s’inscrivait dans une logique de financement du développement. « Il s’agit d’une dette vertueuse, qui a servi à bâtir des routes, des hôpitaux, des écoles et à soutenir la croissance. Les chiffres parlent d’eux-mêmes », a-t-il insisté.

Le coordinateur du collège d’avocats a en outre dénoncé un manque de transparence institutionnelle, estimant que l’absence de communication officielle entretient les suspicions. Il a demandé expressément que soient transmis au pool de défense les lois de règlement qui clôturent chaque exercice budgétaire, les rapports de l’Inspection générale des finances ainsi que le pré-rapport de la Cour des comptes. « À ce jour, nous n’avons reçu aucune réponse ni du ministère du Budget, ni de la Cour des comptes », a-t-il déploré, tout en annonçant qu’en cas de silence prolongé, une mise en demeure formelle serait adressée aux institutions concernées.

L’avocat entend replacer le débat sur un terrain purement juridique et technique, loin des interprétations partisanes. Il affirme vouloir travailler avec un réseau d’experts internationaux en finances publiques afin d’analyser en profondeur la structure de la dette du Sénégal. « Ce débat n’est pas une bataille d’opinion, c’est une question de méthode et de vérité comptable. Il faut clarifier ce qui relève réellement de la dette publique et ce qui ne l’est pas », a-t-il expliqué.

Me Sur a listé plusieurs points d’interrogation à examiner : faut-il inclure ou non les dettes des établissements publics garanties par l’État dans le calcul global ? Comment traiter les avances de trésorerie, les facilités de paiement et les dettes hors bilan ? À quel moment une garantie devient-elle un engagement budgétaire ? Autant de questions que l’avocat souhaite soumettre à un audit contradictoire, ouvert aux observateurs nationaux et internationaux.

En conclusion, il a rejeté avec vigueur les chiffres avancés dans les médias, évoquant une prétendue dissimulation de 7 à 10 milliards de dollars de dette. « Il est impossible pour un État aussi structuré que le Sénégal de masquer une telle somme sans que le FMI, la BCEAO ou les marchés financiers ne s’en aperçoivent. C’est absurde », a-t-il tranché.

La sortie de Me Pierre-Olivier Sur marque une nouvelle étape dans cette affaire qui divise l’opinion. Elle annonce surtout une contre-offensive juridique destinée à défendre l’image de Macky Sall et à tenter de restaurer la crédibilité d’une gouvernance économique dont les chiffres font aujourd’hui l’objet d’une âpre bataille d’interprétations. Le débat sur la dette sénégalaise, désormais porté devant la justice, s’annonce long, technique et hautement politique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°587 – 20/10/2025

🔴 « DETTE CACHÉE » / « C’EST UNE MANIPULATION POLITIQUE. CE N’EST PAS UN SCANDALE ÉCONOMIQUE » : LES « AMIS DE MACKY SALL » EN BOUCLIER
🔴 MARCHE POUR LA LIBÉRATION DE FARBA NGOM : LE COMBAT SE POURSUIT

🔴 DÉCÈS TRAGIQUE DE CHEIKH TOURÉ AU GHANA : L’ALERTE DU MINISTÈRE DES SPORTS
🔴 MODOU LO VS SA THIÈS : LE COMBAT DE L’ANNÉE

Nouveau programme avec le FMI : comment négocier en position de faiblesse Par Mamadou Sy Tounkara

Le Fonds monétaire international (FMI) a attendu en vain les preuves promises par le gouvernement sénégalais sur la supposée « dette cachée ». Un an après, aucune pièce tangible n’a été produite. Rien ne nous a été donné non plus, à nous citoyens, même pas le bulletin statistique de la dette, encore moins le rapport du cabinet Forvis-Mazars. De guerre lasse, le Fonds a fini par classer cette affaire dans la catégorie « politique-fiction ». Ce tournant est lourd de conséquences : désormais, les discussions entre le Sénégal et le FMI s’ouvrent dans un contexte de crédibilité affaiblie.


La fin d’un récit politique
Pendant des mois, le débat public s’est focalisé sur la « dette cachée », avec des accusations spectaculaires, des déclarations enflammées et une bataille de communication aux résonances politiques. Mais le temps a joué contre ceux qui ont brandi ces accusations sans preuves. Le FMI, qui a une mémoire longue, n’oublie pas qu’il a été publiquement accusé d’avoir été floué ou fermé les yeux sur des pratiques comptables frauduleuses.
Aujourd’hui, le vocabulaire a changé. Le gouvernement comme le FMI parlent désormais de « misreporting », c’est-à-dire de déclarations erronées — une formulation bien moins explosive que dette cachée, « hidden debt ». Mais la trace de la polémique demeure, et elle pèsera sur la table des négociations.


Une position de faiblesse assumée… ou subie
Négocier avec le FMI est déjà difficile en temps normal. Le faire après une telle séquence revient à entrer dans la pièce avec un désavantage stratégique.
Le Sénégal a besoin de financement, le FMI détient une partie des clés de cet accès, et la confiance a été entamée. Dans ces conditions, le rapport de force penche naturellement en faveur du Fonds, qui saura imposer ses conditions — sous couvert de rigueur macroéconomique.
Le FMI ne négocie pas comme un partenaire politique
Le FMI n’est pas une organisation humanitaire. C’est une institution financière, dont la mission est de garantir la stabilité macroéconomique et de sécuriser les flux de remboursement. Dans son logiciel, il n’y a qu’un levier principal : l’ajustement.


Cela signifie concrètement :
• des réductions de subventions sur les produits de base, l’énergie et les carburants,
• un resserrement des filets sociaux, souvent considérés comme des dépenses « inefficaces »,
• une accélération des réformes structurelles avec des coûts sociaux à court terme.
Ce n’est ni une surprise ni une injustice : c’est simplement la logique de l’institution.
Reprendre l’initiative
Être en position de faiblesse ne signifie pas être sans leviers. Pour ne pas subir un programme « prêt-à-porter » taillé par Washington, le Sénégal doit reprendre l’initiative. Cela suppose :
• une communication claire et transparente sur l’état réel des finances publiques,
• une stratégie de négociation articulée autour de priorités sociales intangibles,
• une mobilisation diplomatique auprès des bailleurs non-FMI pour élargir la marge de manœuvre,
• et surtout, une posture politique ferme et crédible.
Car l’austérité imposée d’en haut n’a jamais permis de construire une économie durable. Elle génère frustrations et conflits sociaux.


Le choix de la dignité économique
Le Sénégal n’a pas intérêt à s’enfermer dans une posture de confrontation, mais il n’a pas non plus intérêt à céder sur l’essentiel. Le remboursement de la dette restera une obligation, mais il ne doit pas devenir une obsession qui écrase la souveraineté économique.
Il est temps que le pays négocie en adulte, avec lucidité, discipline et vision stratégique. La dignité économique ne se proclame pas : elle se défend à la table des négociations.
La dette cachée n’a jamais existé. La confiance, elle, s’est bel et bien effritée.
La bataille qui s’ouvre avec le FMI ne sera pas idéologique, mais technique et politique. Et c’est là que se jouera une partie de la souveraineté économique du Sénégal pour la génération à venir.


Mamadou Sy Tounkara

Dette publique au Sénégal : Cheikh Oumar Diagne remet les pendules à l’heure et dénonce les manipulations

À Ouagadougou, le 18 octobre 2025, Cheikh Oumar Diagne a pris la parole pour clarifier ce qu’il qualifie de malentendu et de manipulations autour de la soi-disant « dette cachée » du Sénégal. À travers un long communiqué publié sur les réseaux sociaux, le secrétaire général du Rassemblement pour la Vérité / ACD a dénoncé la diffusion de propos déformés et a rappelé les véritables enjeux du débat public sur l’endettement national.

Pour Cheikh Oumar Diagne, la polémique sur la « dette cachée » résulte avant tout d’une confusion entre des notions financières et d’une mauvaise interprétation des chiffres avancés. Selon lui, aucune dette n’a été véritablement cachée au Fonds monétaire international (FMI), à la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ou aux ministères compétents. Les écarts observés entre les chiffres de la Direction de la Dette Publique (DDP) et ceux de la Direction de l’Ordonnancement et du Dépense Publique (DODP) sont, pour lui, la source principale des critiques.

Il explique que certains commentateurs ont amplifié l’affaire en s’arrêtant sur des termes comme « cachée », « dissimulée » ou « erronée », alors que le problème fondamental réside dans la politique d’endettement et la gestion des finances publiques, qu’il juge « peu intelligente ». Il rappelle qu’il a été le premier à évoquer un ratio dette/PIB supérieur aux chiffres officiels, évaluant sa propre estimation à 116 % alors que l’opinion générale était à 99 %, et qu’il a récemment précisé que la vraie dette avoisine 130 %, chiffre désormais confirmé par le FMI qui table sur 132 %.

Cheikh Oumar Diagne souligne également des pratiques de financement public courantes dans le monde entier et au Sénégal, notamment les projets financés via des sociétés de gestion avec garantie d’État, comme l’aéroport de Diass, ou les dépenses extrabudgétaires liées aux grands chantiers. Pour lui, ces montages financiers ne constituent pas des dettes cachées, car elles sont connues des services compétents et font partie des mécanismes normaux de gestion budgétaire.

Enfin, il élargit le débat aux critères de convergence régionaux et à la pertinence de la politique d’endettement actuelle. Il plaide pour une approche plus stratégique, incluant le concept de « smart debt » et un rôle actif de la banque centrale dans le développement, plutôt que dans l’intérêt exclusif des établissements financiers majoritairement étrangers.

Pour Cheikh Oumar Diagne, il est urgent de replacer le débat sur des bases rationnelles et techniques afin d’éviter que la désinformation ne continue de détourner l’attention de la population sénégalaise de la réalité de la dette et de ses enjeux pour le développement du pays.

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