Affaire ASER – Santander : Thierno Alassane Sall traque les 37 milliards jusqu’en Espagne

Le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, remet sur la table le dossier explosif du contrat d’électrification rurale signé en février 2024 entre l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) et l’entreprise espagnole AEE Power EPC. Un projet estimé à 91 milliards FCFA, censé permettre l’accès à l’électricité à près de 1 500 villages.

Dans une déclaration rendue publique ce mardi, l’opposant s’en prend au régime en place, qu’il accuse de pratiquer un double langage : « Le régime actuel use et abuse du slogan ‘Jub, Jubbal, Jubbanti’, jusqu’à l’afficher dans nos rues. Pourtant, il refuse obstinément de répondre à mes questions de député sur l’utilisation d’une première tranche de 37 milliards décaissés par la banque Santander. »

Ces fonds représentent l’avance initiale consentie dans le cadre du projet. Mais rapidement, des zones d’ombre ont surgi : absence de démarrage effectif des travaux, manque de pièces justificatives et soupçons de transferts suspects vers l’étranger. Devant ces irrégularités, la banque Santander a suspendu ses financements, tandis que l’ARCOP ordonnait, en octobre 2024, l’arrêt du marché.

Thierno Alassane Sall évoque également de possibles violations du Code CIMA. Selon lui, les garanties émises dans ce contrat n’auraient pas été accompagnées du paiement préalable des primes, ce qui les rendrait nulles et de nul effet.

Contre toute attente, la Cour suprême a annulé en février 2025 la suspension du projet, au nom de « l’intérêt public », relançant ainsi un marché plombé par de graves soupçons.

Pour Thierno Alassane Sall, le combat ne fait que commencer. L’ancien ministre des Infrastructures assure poursuivre ses investigations, y compris en Espagne, afin que la vérité éclate : « Tôt ou tard, la lumière sera faite. Les Sénégalais sauront où est passé cet argent, et qui en a réellement profité. »

Grève dans la justice : le Conseil de l’Ordre des avocats tire la sonnette d’alarme et appelle à la reprise du service public

Depuis bientôt deux mois, la justice sénégalaise est en grande partie à l’arrêt. Une situation qui inquiète au plus haut point le Conseil de l’Ordre des Avocats du Sénégal. Dans un communiqué rendu public ce lundi 4 août, l’institution dénonce les lourdes conséquences de cette grève menée par les syndicats des travailleurs de la justice, regroupés au sein de l’entente SYTJUS-UNTJ, et appelle à un sursaut collectif pour rétablir le fonctionnement normal du service public de la justice.

Selon le Conseil, cette paralysie prolongée a des répercussions graves sur les droits fondamentaux des citoyens et la stabilité de l’État de droit. Elle entraîne notamment une aggravation des détentions préventives, déjà trop longues dans certains cas, et accentue le surpeuplement carcéral, avec les risques humains et sanitaires que cela comporte. Le droit à un procès équitable est également mis à mal, tout comme l’économie, qui subit les effets de l’enlisement des procédures judiciaires et du blocage de nombreux dossiers sensibles.

Le Conseil de l’Ordre des Avocats regrette que malgré les multiples démarches entreprises pour une sortie de crise, aucun accord n’ait encore été trouvé entre les parties concernées. Il insiste sur le fait que le droit de grève, bien que constitutionnellement reconnu, ne saurait être exercé au détriment de la continuité du service public, notamment celui de la justice, qui constitue une mission essentielle de l’État.

L’institution rappelle à l’État son devoir de garantir l’accès équitable des citoyens à la justice et de faire respecter ses engagements. Elle souligne que la justice ne peut fonctionner de manière intermittente, au risque de compromettre la confiance des justiciables dans les institutions républicaines et d’alimenter un climat de frustration et d’injustice sociale.

Face à cette situation préoccupante, le Conseil réaffirme son attachement indéfectible aux droits et libertés fondamentaux. Il lance un appel au sens des responsabilités de tous les acteurs du secteur judiciaire et réitère sa disponibilité à contribuer à toute initiative susceptible de favoriser la reprise du service public de la justice dans les plus brefs délais.

Lutte contre la corruption : Ousmane Sonko prône une administration intègre et proche des citoyens

Lors de la présentation de l’Agenda national de transformation du service public, le Premier ministre Ousmane Sonko a abordé avec fermeté la question de la corruption au sein de l’administration sénégalaise. Qualifiant ce phénomène de « fléau qu’il faut combattre », il a toutefois salué l’intégrité de la majorité des agents publics, appelant à une mobilisation collective pour garantir un service public de qualité.

Dans son allocution, le chef du gouvernement a insisté sur l’importance pour l’État de prioriser les services sociaux de base, estimant que ceux-ci doivent précéder les projets de prestige. « L’administration doit se recentrer sur sa mission fondamentale qui est d’offrir des services sociaux de base. Construire des stades ou des bâtiments imposants peut être utile, mais ce sont l’éducation, la santé, la sécurité et la justice qui sont les véritables piliers du développement durable », a-t-il souligné.

S’agissant de la corruption, Ousmane Sonko a tenu à distinguer les nombreux fonctionnaires qu’il considère comme exemplaires de ceux qui, selon lui, « choisissent la facilité ». Il a mis en garde contre les conséquences graves de ce fléau sur le fonctionnement de l’administration, mais aussi sur la sécurité et l’économie du pays. « Quand un véhicule mal entretenu obtient un certificat de visite technique grâce à un pot-de-vin, ce sont 20 morts qu’on pleure ensuite sur les routes. C’est la même logique quand on détourne ou laisse disparaître 10 milliards des caisses publiques contre quelques centaines de millions de commissions illégales. La corruption est une menace directe pour la vie des citoyens, pour l’équilibre budgétaire et pour l’image de l’État », a-t-il martelé.

Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité d’une application rigoureuse des lois et règlements pour améliorer le rendement des services publics. Il a salué le travail accompli par le ministre Olivier Boucal et son équipe dans l’élaboration de cet Agenda national, qu’il a qualifié de « feuille de route ambitieuse pour une administration publique exemplaire ».

En conclusion, Ousmane Sonko a lancé un appel fort à tous les acteurs de l’administration pour s’approprier cette réforme. « Je ne saurais clore mes propos sans appeler à une appropriation forte de cette feuille de route par l’ensemble des parties prenantes, et à un engagement nourri des administrations pour faire du service public le levier de la cohésion nationale et du développement durable », a-t-il déclaré, avant de rappeler que « l’administration, si elle est bien structurée et intègre, est l’une des principales clés du succès de l’action publique ».

Ousmane Sonko chez le guide du PUR : un geste de considération et de solidarité

Après le Président de la République, le Premier Ministre Ousmane Sonko s’est rendu, ce dimanche 03 août 2025, chez le Président du Parti de l’Unité et du Rassemblement (PUR), Cheikh Seydi Mouhamadoul Moustapha SY Al Maktoum.

Cette visite avait pour objectif de présenter, à son tour, ses condoléances au guide religieux et politique, à la suite du rappel à Dieu de Sokhna Fatou Kiné SY. Dans un climat de recueillement et de respect, le Premier Ministre a témoigné de la solidarité du gouvernement et de la nation tout entière envers la famille éplorée.

Le PUR, à travers un communiqué, a salué cette démarche qu’il qualifie de marque de considération et de respect envers leur leader et la communauté.

Plan de redressement économique : Dr Seydou Bocoum évoque « une batterie de promesses avec un cadrage macroéconomique »

Le plan de redressement économique du gouvernement sénégalais, présenté récemment par le Premier ministre Ousmane Sonko, continue de faire réagir dans les cercles économiques et universitaires. Invité de l’émission Face au jury diffusée dimanche 3 août sur PressAfrikTV, l’économiste Dr Seydou Bocoum, expert en économie numérique, technologies financières et leadership, a livré une analyse critique de ce qu’il qualifie de « batterie de promesses » portée par un cadrage macroéconomique encore flou.

Vice-président du Laboratoire de Recherches Économiques et Monétaires (LAREM), Dr Bocoum a d’abord salué l’initiative de planification stratégique, tout en regrettant une absence de planification concrète. « Ce que le gouvernement a décliné n’est qu’un plan stratégique. Mais où se trouve la planification ? » s’est-il interrogé. Selon lui, un plan de redressement digne de ce nom devrait comporter des étapes clairement définies, des objectifs chiffrés (QPIA, Q index), un système de suivi et d’évaluation rigoureux. « Le Premier ministre n’a pas mentionné cela », a-t-il observé.

Dr Bocoum estime que l’exécutif aurait dû davantage parler d’ajustement plutôt que de redressement. « Redressement veut dire changement structurel », a-t-il insisté, rappelant qu’un programme a déjà été annoncé, sans avoir encore démarré. « Que va-t-il redresser ? », a-t-il interrogé, soulignant que le modèle économique actuel reste inchangé, et donc qu’il ne s’agit pas d’un tournant ou d’un renversement de trajectoire.

Il a par ailleurs critiqué la confusion entre vision à long terme et cadre budgétaire à court ou moyen terme. En effet, selon lui, « la vision 2050 », souvent citée comme une référence, sert principalement à rassurer les bailleurs de fonds et à capter les financements internationaux. « Ce n’est pas la même chose que le budget programme triennal 2025-2029 issu de la Stratégie nationale de développement (SND) », a-t-il précisé. Il a rappelé que la programmation budgétaire obéit aux règles strictes de l’UEMOA, qui impose des principes de clarté, de transparence et de prévisibilité.

Concernant la question de la dette, l’économiste a tenu à nuancer certains propos politiques récents. « Il n’y a pas de dette cachée à proprement parler. Ce à quoi certains font allusion relève du ‘misreporting’, une erreur ou un décalage dans la déclaration, mais ce n’est pas dissimulé », a-t-il clarifié. Selon lui, les dettes des États membres de l’UEMOA sont soumises à un encadrement rigoureux, ce qui rend difficile la dissimulation d’engagements financiers.

Reddition des comptes : Nicolas Ndiaye dénonce un « règlement de compte politique »

Invité de l’émission Jury du Dimanche sur Iradio ce 3 août, le secrétaire général de la Ligue Démocratique (LD), Nicolas Ndiaye, a livré une analyse tranchée de la situation politique actuelle autour de la reddition des comptes. Tout en réaffirmant son attachement au principe de transparence et à la nécessité pour les gestionnaires de fonds publics de répondre de leurs actes, il a vivement critiqué ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Nicolas Ndiaye commence par marquer son adhésion sans ambiguïté à l’idée de redevabilité dans la gestion publique. « La démarche, d’abord par principe, nous sommes pour la reddition des comptes. C’est un élément important. Quand on te confie l’argent public, il faut rendre compte, et si tu ne rends pas compte ou si on voit que les choses ne se sont pas passées normalement, qu’on t’amène en justice », a-t-il déclaré, affirmant que ce principe serait également appliqué si sa formation politique accédait au pouvoir.

Cependant, le député de la LD affirme que la logique actuelle n’a rien à voir avec un processus sincère de justice. « Ce qui se passe, ce n’est pas de la reddition des comptes, c’est un règlement de compte », tranche-t-il, citant en exemple les récentes affaires qui ont conduit à l’incarcération de plusieurs figures liées à l’ancien régime.

C’est notamment le cas de Farba Ngom, proche de l’ancien président Macky Sall, dont l’incarcération a été particulièrement critiquée par l’invité de JDD. Pour Nicolas Ndiaye, l’ancien député n’a jamais été gestionnaire de fonds publics, et sa mise en détention serait donc juridiquement contestable. « S’il a fait des choses illicites, ce n’est pas lui qui doit aller d’abord en prison. Ceux qui ont géré de l’argent public, ceux qui ont sorti l’argent public pour le remettre à Farba Ngom de manière indue, doivent être les premiers à être poursuivis », a-t-il martelé.

Le député met également en cause la hiérarchie des responsabilités, pointant du doigt les agents du Trésor ou des impôts et domaines, qu’il soupçonne d’avoir agi comme intermédiaires financiers dans ces affaires. « Qui a versé ces fonds à Tahirou Sarr et à Farba Ngom ? Ce sont des employés du Trésor ou des agents des impôts et domaines. Mais c’est eux qui auraient dû être les premiers à être inquiétés », insiste-t-il.

Nicolas Ndiaye va plus loin en évoquant un possible « réflexe corporatiste » dans l’administration, qui protégerait certains agents au détriment d’autres personnes ciblées, selon lui, pour des raisons purement politiques. « On dirait qu’il y a un réflexe corporatiste. Les agents du Trésor ou des impôts et domaines n’ont pas été mis en prison, alors qu’ils auraient dû l’être en premier. Cela jette une ombre sur la sincérité de cette opération », déplore-t-il.

Selon lui, les déclarations passées du Premier ministre Ousmane Sonko à Matam, où il avait promis des poursuites à l’encontre de Farba Ngom, renforcent cette lecture politique des événements. « Il y a des propos qui ont été tenus publiquement bien avant le déclenchement de ces procédures. Quand la justice agit ensuite dans le sens annoncé, on peut s’interroger sur son indépendance réelle », suggère-t-il.

En conclusion, Nicolas Ndiaye appelle à une reddition des comptes équitable, fondée sur des critères objectifs et non sur des considérations partisanes. « Ce n’est pas en procédant à des arrestations ciblées qu’on renforcera l’État de droit. C’est en garantissant que tous ceux qui ont géré les ressources publiques, peu importe leur affiliation, soient traités avec la même rigueur », avertit-il.

Grève dans la justice : Nicolas Ndiaye tire la sonnette d’alarme face à des ponctions salariales et une crise sociale grandissante

La tension monte dans le secteur de la justice. En pleine grève du Syndicat Unique des Travailleurs de la Justice (Sutjust), le gouvernement a procédé à des ponctions sur les salaires des agents en arrêt de travail. Une décision vivement dénoncée par Nicolas Ndiaye, secrétaire général de la Ligue Démocratique (LD) et député à l’Assemblée nationale, qui était l’invité de l’émission Jury du Dimanche (JDD) sur Iradio, ce 3 août.

« Ce n’est pas une très bonne méthode », a fustigé le député, qui déplore l’absence de dialogue entre le gouvernement et les grévistes. « Je ne peux pas condamner les travailleurs en grève. Avant toute grève, il y a toujours un préavis. C’est la responsabilité de l’État d’ouvrir des négociations sérieuses. Cette situation est déplorable », a-t-il martelé.

Au-delà des ponctions, c’est l’impact humain et judiciaire de la grève qui inquiète le parlementaire. En effet, de nombreuses audiences ont été reportées, plongeant les justiciables dans l’incertitude, y compris des détenus en attente de jugement. « C’est une injustice. Des gens restent en prison simplement parce que les greffiers sont en grève. Ce n’est pas de leur faute, et c’est inacceptable », a-t-il dénoncé.

Nicolas Ndiaye redoute une propagation de la contestation à d’autres secteurs. « Je crains que beaucoup d’autres secteurs n’entrent eux aussi en grève. Ce gouvernement ne semble pas avoir les outils ni la volonté pour gérer de manière responsable les revendications sociales », a-t-il déclaré, pointant du doigt un risque de paralysie généralisée du pays.

Le député s’en est également pris à la politique de gestion du personnel menée par l’exécutif. Selon lui, le gouvernement s’oriente vers un « grand remplacement » dans la fonction publique. « Trente mille travailleurs ont été licenciés, et ceux dont les contrats arrivent à terme ne seront pas renouvelés. Dans le même temps, des partisans du régime sont recrutés massivement. Cela crée un déséquilibre inquiétant », a-t-il alerté.

Touba : des inondations dévastatrices plongent la ville dans la détresse

La ville sainte de Touba a été lourdement frappée par des pluies torrentielles dans la nuit du samedi 2 au dimanche 3 août, provoquant des inondations d’une rare intensité. Plusieurs quartiers ont été complètement submergés, forçant de nombreuses familles à fuir leurs habitations et à passer la nuit à ciel ouvert, souvent sans abri ni assistance immédiate.

Les précipitations, particulièrement violentes, ont causé l’effondrement de murs, la destruction partielle d’habitations et l’inaccessibilité de nombreuses routes. Le sinistre a paralysé une grande partie des activités économiques locales, avec des commerces envahis par les eaux, des marchés inondés et des axes de circulation totalement impraticables. De nombreux habitants, surpris par la montée soudaine des eaux, ont dû abandonner leurs biens et chercher refuge ailleurs.

Face à cette situation d’urgence, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, s’est rendu sur place en pleine nuit pour constater les dégâts de visu. Accompagné de techniciens de son département, il a immédiatement ordonné le déploiement d’équipes d’intervention d’urgence chargées d’évaluer l’ampleur des sinistres, de venir en aide aux populations touchées et de mettre en place des solutions temporaires pour éviter l’aggravation de la crise.

Des mesures immédiates ont été annoncées, notamment l’installation d’abris provisoires pour les personnes déplacées, la distribution d’aide d’urgence (vivres, matelas, médicaments) et la mobilisation de pompes pour évacuer les eaux stagnantes. Le ministre a aussi alerté sur les risques sanitaires liés à ces inondations, notamment les maladies hydriques et les infections liées aux eaux souillées.

Cet épisode dramatique relance la question de la vulnérabilité chronique de Touba face aux intempéries, malgré les efforts d’assainissement engagés ces dernières années. La ville, en pleine croissance démographique, manque cruellement d’infrastructures de drainage adaptées, ce qui accentue l’impact des fortes pluies.

Remaniement ministériel : Sonko promet un gouvernement resserré, compétent et axé sur les priorités nationales

Lors de la présentation officielle du Plan de redressement économique et social « Jubbanti Koom », ce vendredi 1er août au Grand Théâtre de Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé un prochain remaniement ministériel. Cette décision, prise en accord avec le président de la République Bassirou Diomaye Faye, vise à adapter la structure gouvernementale aux exigences du nouveau plan et à renforcer l’efficacité de l’action publique.

Ousmane Sonko a expliqué que ce remaniement répond à une volonté claire : rationaliser le fonctionnement de l’État, optimiser les ressources disponibles, et recentrer l’action du gouvernement sur les véritables urgences nationales. Selon lui, l’exécutif a été autorisé à procéder à cette recomposition dans l’objectif de « rendre l’action du gouvernement plus efficace, davantage cohérente et mieux alignée sur les urgences du moment ».

Le futur gouvernement sera notablement resserré. Il ne s’agira plus de multiplier les portefeuilles, mais de constituer une équipe resserrée autour des ministères jugés stratégiques, ceux qui portent les piliers du plan « Jubbanti Koom » : souveraineté économique, équité sociale et rigueur dans la gestion publique. Le Premier ministre a ainsi précisé que les futurs ministres seront sélectionnés sur la base de critères stricts : compétence prouvée, discipline dans l’action, et capacité à conduire des réformes profondes et durables.

La composition actuelle du gouvernement, formé le 5 avril 2024, compte une trentaine de ministres. Cette structure sera réduite pour des raisons de cohérence budgétaire mais aussi d’efficacité politique. Le nouveau casting ministériel devrait permettre une meilleure articulation entre les projets de développement et leur mise en œuvre, avec des équipes plus réactives et plus responsabilisées.

Cette annonce intervient dans un contexte où les attentes de la population en matière de transformation économique et de moralisation de la vie publique sont particulièrement fortes. Elle marque également une volonté de rupture avec les pratiques passées, caractérisées par une fragmentation excessive des responsabilités gouvernementales et une tendance au surdimensionnement de l’appareil d’État.

En somme, le prochain remaniement ministériel voulu par Ousmane Sonko ne se limite pas à une opération de changement d’hommes, mais s’inscrit dans une démarche structurelle : celle d’un gouvernement resserré, compétent, responsable et résolument tourné vers les priorités de redressement du pays.

Plan de redressement économique : Ousmane Sonko appelle les médias à diversifier leurs sources de financement

Le vendredi 1er août, lors de la présentation officielle du Plan de redressement économique au Grand Théâtre de Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a tenu à adresser un message clair et direct aux acteurs du secteur médiatique sénégalais. Interpellé par Moustapha Cissé, Secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), sur la fragilité du modèle économique de la presse et les attentes envers l’État, le chef du gouvernement a réaffirmé une position sans équivoque : la viabilité du secteur ne peut pas reposer uniquement sur les subsides publics.

Face à des préoccupations portant sur la précarité économique et éditoriale, la Convention État-presse et le Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP), Ousmane Sonko a d’abord relativisé la place des médias dans le tissu économique et social national. « La presse est un acteur comme beaucoup d’autres, ni plus ni moins », a-t-il affirmé, tout en invitant les professionnels du secteur à explorer des modèles économiques autonomes. Il a soutenu que le financement de la presse devait reposer sur d’autres mécanismes plus solides et durables que l’aide de l’État.

Malgré cette posture tranchée, le Premier ministre s’est montré ouvert à la concertation. Il a proposé l’organisation d’assises ou de cadres de dialogue avec les professionnels de l’information pour discuter des réformes possibles. « Nous attendons les propositions du Synpics avec impatience, nous les examinerons. Mais la presse n’est pas plus importante que les éleveurs, les agriculteurs ou les pêcheurs », a-t-il martelé, pointant une certaine forme d’inégalité dans l’accès à l’aide publique entre secteurs.

Le Premier ministre a par ailleurs souligné que la presse bénéficie déjà de certains avantages que d’autres secteurs n’ont pas. Il a mentionné la tribune permanente dont disposent les médias, et les subventions dont ils peuvent bénéficier, contrairement à d’autres domaines comme le transport ou la pêche. Selon lui, il est impératif que tous les acteurs économiques trouvent leur propre équilibre sans dépendre exclusivement de l’État.

« Il nous faut aujourd’hui travailler à un modèle qui permette à tous les acteurs de faire leur travail dans la sérénité, dans le respect des cahiers de charges, dans le respect de la déontologie », a-t-il insisté, avant d’assurer que le gouvernement resterait à l’écoute et prêt à accompagner toute dynamique constructive dans le secteur.

En guise de conclusion, Ousmane Sonko a rendu un hommage appuyé aux journalistes professionnels et rigoureux : « Je rends hommage à tous ces journalistes qui font correctement leur travail, qui sont professionnels, qui respectent la déontologie. Je leur rends hommage parce qu’il y en a, et fort heureusement. »

Plan « Jubbanti Koom » : Pape Malick Ndour alerte sur une baisse du pouvoir d’achat et un « matraquage fiscal généralisé »

L’ancien ministre Pape Malick Ndour a réagi à la présentation du Plan de redressement économique et social par le Premier ministre Ousmane Sonko. Selon l’économiste, il s’agit d’une baisse du pouvoir d’achat à venir à cause du ciblage des subventions. Il prédit également la suppression progressive des exonérations fiscales dans plusieurs secteurs sensibles, ce qui affecterait les ménages qui en bénéficient actuellement, de manière directe ou indirecte.
Pape Malick Ndour évoque un « matraquage fiscal généralisé » et déplore l’absence de mesures incitatives dans le plan. Pour lui, le PM a présenté un plan de redressement de la vision 2050, sur ses aspects budgétaires sans mesures incitatives.

On nous a parlé de “redressement économique”. On espérait un “nouveau souffle” pour les ménages, les industries, les importateurs, les commerçants, les agriculteurs, Mais à la sortie de la cérémonie de présentation, les deux principaux moteurs de notre économie : les ménages et le secteur privé sont plus inquiétés que rassurés.
 
En cause : Baisse du pouvoir d’achat à venir à cause du ciblage des subventions.  Fin des exonérations fiscales dans les secteurs sensibles et pour les ménages principaux bénéficiaires directs ou indirects de ces exonérations. Matraquage fiscal généralisé, même les petites activités informelles seront traquées. Les ménages, déjà étranglés par le coût de la vie, se préparent à souffrir davantage. Hausse du prix de l’électricité, du carburant, du gaz butane pour les familles ? Les entreprises, surtout les PME et les PMI, perdront confiance et freineront leurs investissements. Voilà la recette.
 
En vérité, il nous a été présenté un plan de redressement de la vision 2050, sur ses aspects budgétaires sans mesures incitatives pour libérer la machine économique grippée par un an de tergiversations et d’amateurisme sans cap. Pour rappel, cette œuvre de destruction économique accélérée à pour cause l’arrêt irréfléchi de milliers de chantiers dans le secteur du BTP en 2024, avec les pertes d’emplois y relatives; un terrorisme fiscal sur les entreprises avec une fréquence de contrôle qui ralentit leurs activités et une morosité économique sans précédent accentué par des discours menaçant du Premier Ministre envers le secteur privé et les investisseurs internationaux qui participe à baisser à faire baisser l’attractivité du Sénégal.
 
On attendait un cap, on a eu un choc ! On espérait un souffle, on reçoit un coup de massue !
À ce rythme, ce n’est pas une relance qui nous attend, c’est une récession punitive qui cache mal un plat amer qui nous sera servi.
 
Sur le FMI, j’ai écouté le Premier ministre nous parlait. Son discours contraste avec les engagements pris. Je m’explique.
 
Depuis dix ans, le FMI n’a jamais vraiment changé de refrain. Et à chaque fois, le Sénégal avec le Président Macky Sall a su coopérer avec intelligence et discernement. Trois exigences majeures du FMI reviennent en boucle : Réduire les subventions, même si cela écrase le pouvoir d’achat des populations ; Tailler dans les exonérations fiscales, au mépris de toute logique sectorielle ou incitative à l’investissement et élargir l’assiette fiscale, en ciblant sans ménagement le secteur informel et les activités émergentes.
 
Sous Macky Sall : une résistance réfléchie
 
Sur la baisse des subventions, il a tenu bon, malgré la pression des bailleurs. Pourquoi ? Parce qu’il savait que toucher au prix de l’électricité, du carburant ou du gaz butane, c’était s’attaquer directement au quotidien des Sénégalais et à leur pouvoir d’achat. Sur les exonérations fiscales, il a réussi à travailler avec le FMI en gardant comme boussole permanente la Vision du PSE et la protection sociale des populations en faisant comprendre à nos partenaires que certaines incitations fiscales sont indispensables pour stimuler des secteurs stratégiques : l’agriculture, l’énergie, l’industrie ou l’immobilier social. Derrière chaque exonération, il y avait un projet, un emploi, une dynamique territoriale. Quant à l’élargissement de l’assiette fiscale, Macky, en rapport avec les services du Fonds, l’a mené avec subtilité. Il n’a pas livré le secteur informel ni les influenceurs en pâture. Il a su avancer sans casser, et fiscaliser sans terroriser les jeunes pousses, les petits commerces ou les entrepreneurs du numérique.
 
Sous Pastef : un Diébalou total
 
Et aujourd’hui ? Pastef, champion autoproclamé de la souveraineté, a fait ce que Macky Sall a toujours refusé de faire : céder à toutes les injonctions du FMI, sans filtre ni précaution. Sur les subventions, il annonce leur réduction. Il parle de “ciblage”, de “justice sociale”, de “rationalisation”. En réalité ? Un transfert du fardeau vers les ménages, qui verront bientôt leur facture grimper avec, à la clé, des mécanismes d’ajustement pompeusement appelés “ciblage”, mais qu’aucun pays africain n’a jamais réussi à mettre en œuvre efficacement. Sur les exonérations fiscales, c’est la “lutte sans merci” qu’il promet. Les secteurs les plus sensibles agriculture, énergie, habitat social seront mis à la diète fiscale, et les agents économiques les plus vulnérables, comme les ménages (principaux bénéficiaires directs ou indirects des exonérations fiscales), seront sacrifiés. Et sur la fiscalité directe, c’est l’attaque généralisée : tout le monde devra passer à la caisse, même les influenceurs. Le cas Canal+ est révélateur : 9 % de son chiffre d’affaires exigé par l’État, immédiatement répercutés sur les consommateurs par une hausse de 10 % des forfaits abonnement sans que l’Etat ne bronche. C’est le début d’une inflation généralisée.
 
En cédant aveuglément à toutes les injonctions du FMI, Pastef n’a pas défié le système comme il essaye de le faire croire à ses supporters : il a fait la courbette à ceux qu’il vouait hier aux gémonies. Et cela, au moment précis où les Sénégalais souffrent le martyr. Ceux qui, hier encore, dénonçaient la soumission aux institutions de Bretton Woods, sont aujourd’hui les premiers à exécuter leurs volontés. Tout ceci au nom du redressement économique qui, en réalité, n’était qu’un redressement de la vieille lune de l’agenda national de transformation. Finalement, à la place d’annonce forte PASTEF reste dans une logique de victimisation et d’irresponsabilité. Son plan diabolique reste cohérent : faire croire aux sénégalais qu’ils ont trouvé un pays en ruine, plus une dette cachée et que par conséquent il faut redresser et faire participer tout le monde au coût du redressement.

Réformes fiscales : Ousmane Sonko dévoile un vaste plan de taxation pour accroître les ressources de l’État

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a présenté, ce vendredi 1er août 2025 au Grand Théâtre de Dakar, un train de mesures fiscales d’envergure dans le cadre du Plan de redressement économique et social. Ces réformes, qui s’étendent sur la période 2025-2028, visent à augmenter significativement les recettes internes de l’État en ciblant plusieurs secteurs clés, notamment le numérique, le tabac, les jeux de hasard et l’importation de véhicules d’occasion.

Sur le secteur du numérique, le chef du gouvernement a annoncé un élargissement de l’assiette fiscale. Sont désormais concernés : les publicités en ligne, les plateformes de vidéos à la demande telles que Netflix, les services numériques en général, le commerce électronique ainsi que les revenus générés par les influenceurs. À travers cette taxation, l’État sénégalais espère engranger 16 milliards de francs CFA.

Autre innovation majeure : l’introduction d’une fiscalité sur les transactions financières numériques. Le gouvernement prépare, en collaboration avec les ministères des Finances et des Télécommunications, une taxe sur le mobile money. Ousmane Sonko a tenu à rassurer que cette mesure ne devrait pas impacter le coût des transferts pour les usagers. L’ambition est de générer 130 milliards de francs CFA sur trois ans grâce à cette réforme. En parallèle, les transactions marchandes issues du mobile money pourraient rapporter 90 milliards supplémentaires.

Le secteur des jeux de hasard figure également parmi les cibles du gouvernement. Selon le Premier ministre, les casinos et les jeux en ligne représentent 80 % de l’activité. Il a annoncé l’intention d’étendre la couverture fiscale aux 20 % restants, en instaurant notamment une taxe sur les mises. Ce choix, selon lui, ne vise pas seulement la mobilisation de recettes, mais aussi la protection des populations contre les risques d’addiction.

Le tabac n’échappe pas à cette logique. Le taux de taxation actuellement fixé à 70 % sera porté au plafond autorisé par l’UEMOA, soit 100 %. Cette révision devrait permettre de mobiliser environ 100 milliards de francs CFA.

Enfin, le gouvernement entend durcir les conditions d’importation des véhicules d’occasion. L’âge limite pour les véhicules de tourisme sera revu à la baisse, de même que celui des véhicules utilitaires et des poids lourds. Le chef du gouvernement a évoqué la généralisation des droits d’accès pour les véhicules de transport et de marchandises. Ces différentes mesures devraient générer plus de 100 milliards de francs CFA.

Avec ce plan de réformes fiscales, Ousmane Sonko et son gouvernement affichent leur volonté de bâtir une fiscalité plus juste, plus efficace, et résolument tournée vers la souveraineté économique. Le pari est clair : mieux capter les richesses existantes, diversifier les sources de revenus de l’État, et renforcer l’assise financière du Sénégal pour soutenir le développement.

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Scandale au HCCT : l’État sénégalais payait des loyers pour son propre immeuble depuis 10 ans !

Un nouveau scandale de gestion vient d’éclater au grand jour, révélant l’ampleur des dysfonctionnements dans l’administration publique sénégalaise. C’est à l’occasion du lancement du Plan de redressement économique et social que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a révélé une situation pour le moins ubuesque : l’État du Sénégal a continué, pendant près de dix ans, à payer des loyers pour un immeuble qui lui appartient déjà.

Ce bâtiment, qui abrite le Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT), est officiellement inscrit dans le patrimoine de l’État depuis 2014. Pourtant, entre cette date et 2024, le Trésor public a continué à décaisser des sommes faramineuses pour sa location, comme s’il s’agissait d’un bien appartenant à une tierce partie. Le chef de l’État a révélé que rien qu’en 2024, trois milliards de francs CFA ont été dépensés pour le loyer de ce bâtiment, alors qu’il figure bel et bien dans les registres comme propriété de l’État.

Cette révélation a provoqué la stupeur et l’indignation au sein de l’opinion publique. Elle met en lumière ce que le président Faye qualifie de « gabegie organisée » au sein de l’appareil administratif, avec des complicités manifestes entre les différents niveaux de gestion. Cette affaire soulève de nombreuses questions sur la transparence dans la gestion du parc immobilier de l’État, mais aussi sur les mécanismes de contrôle censés éviter ce genre d’aberration.

Ce scandale illustre l’ampleur des défis que veut relever le nouveau pouvoir à travers le plan “Jubbanti Koom”. Il s’agit pour les nouvelles autorités non seulement de rationaliser les dépenses publiques, mais aussi d’identifier toutes les niches de gaspillage, d’opacité ou de malversation qui plombent les finances publiques. En dénonçant publiquement cet exemple de mauvaise gestion, le président Faye envoie un signal fort : l’heure de l’impunité est révolue, et chaque acte de gestion devra désormais répondre aux exigences de redevabilité.

Désormais, tous les yeux sont tournés vers les institutions de contrôle et de poursuite. Des voix s’élèvent déjà pour exiger une enquête approfondie sur cette affaire, afin de déterminer les responsabilités et, le cas échéant, traduire les auteurs devant la justice. Car il ne s’agit pas seulement d’un dysfonctionnement administratif : c’est un préjudice financier majeur porté aux contribuables sénégalais.

En mettant à nu cette situation, le chef de l’État pose un jalon essentiel dans la bataille pour une gouvernance plus rigoureuse et transparente. Cette affaire du HCCT pourrait bien être le point de départ d’un vaste chantier d’assainissement de la gestion foncière et immobilière de l’État, longtemps marquée par des arrangements opaques et des pratiques indéfendables.

Le Bureau de l’Assemblée convoqué le 6 août : Serigne Bassirou Guèye et l’OFNAC dans le viseur de l’Exécutif

Le Bureau de l’Assemblée nationale se réunira le mercredi 6 août 2025 pour examiner un dossier explosif : le projet de loi portant sur la dissolution de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), dirigé par l’ancien procureur Serigne Bassirou Guèye. Cette réunion, convoquée à 11h00 dans la salle Marie Joséphine Mboup du nouveau siège parlementaire, intervient dans un contexte de réformes accélérées autour de la transparence et de la reddition des comptes.

Créé en 2012 dans un souci de moralisation de la vie publique, l’OFNAC est aujourd’hui au cœur d’une volonté politique de refondation des mécanismes de lutte contre la corruption. L’institution, souvent critiquée pour son inefficacité ou sa politisation selon les camps, pourrait disparaître au profit d’un nouvel organe ou d’un dispositif repensé. À l’origine de cette secousse institutionnelle : l’adoption en Conseil des ministres, le 30 juillet dernier, de quatre projets de loi relatifs à la gouvernance publique, parmi lesquels figure celui réformant ou supprimant l’OFNAC.

Le gouvernement veut aller vite. Le calendrier parlementaire initial, qui prévoyait une reprise des travaux en octobre avec l’ouverture de la session ordinaire, a été mis entre parenthèses. L’Exécutif souhaite une adoption rapide de ses textes et pousse pour la convocation d’une session extraordinaire, seule voie permettant d’examiner les projets de loi en dehors des périodes régulières.

Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a signé une note en ce sens dès le 31 juillet. Officiellement, la réunion du Bureau est convoquée « à titre d’information », mais plusieurs sources parlementaires citées par L’Observateur confirment que l’objectif est bien de déclencher formellement cette session extraordinaire. Selon le Règlement intérieur de l’Assemblée, une telle session peut être convoquée soit par le Président de la République, soit à l’initiative d’un cinquième des députés. Elle ne peut excéder quinze jours et prend fin dès que l’ordre du jour est épuisé.

La réforme de l’OFNAC ne vient pas seule. Trois autres projets de loi sont prêts à être soumis aux députés : l’un sur la déclaration de patrimoine, un autre sur l’accès à l’information publique, et un dernier sur le statut et la protection des lanceurs d’alerte. Ces textes visent, selon le gouvernement, à renforcer les bases juridiques d’une gouvernance plus transparente et plus responsable, dans un pays encore marqué par les révélations sur la mauvaise gestion des deniers publics sous le régime précédent.

Mais cette volonté de réforme soulève aussi des interrogations politiques. Le sort du magistrat Serigne Bassirou Guèye, nommé à la tête de l’OFNAC en août 2022, pourrait se jouer dans les prochains jours. Ancien procureur de la République, son passage à la tête du parquet sous Macky Sall avait suscité de nombreuses controverses, notamment sur des dossiers sensibles liés à l’opposition. Sa mise à l’écart pourrait ainsi symboliser une rupture plus nette avec les pratiques de l’ancien pouvoir.

Dans les rangs de l’opposition, certains s’interrogent sur les motivations profondes de cette réforme. Est-elle dictée par le souci réel d’efficacité institutionnelle ou s’agit-il d’une volonté d’écarter un homme perçu comme proche de l’ancien régime ? Le débat promet d’être houleux à l’Assemblée, où les équilibres politiques restent mouvants, et où chaque vote compte.

244 migrants interceptés en mer au large de Saint-Louis : une tentative de traversée vers l’Espagne avortée

Un nouveau drame de l’émigration clandestine a été évité de justesse en mer. Le 29 juillet 2025, la Marine nationale sénégalaise, en coordination avec la Division nationale de Lutte contre le Trafic de Migrants et Pratiques Assimilées (DNLT), a intercepté une pirogue à 145 milles nautiques au large des côtes de Saint-Louis, avec à son bord 244 migrants irréguliers. Ces derniers tentaient de rallier les îles Canaries, en Espagne.

Partis deux jours auparavant, à l’aube du 27 juillet, depuis une localité proche de Karang, en territoire gambien, les passagers avaient embarqué à bord d’une pirogue de fortune, dans des conditions de navigation périlleuses. Selon les informations recueillies, ils ont pris la mer vers 3 heures du matin dans l’espoir d’atteindre l’Europe. L’embarcation a été repérée puis interceptée à 17h45, mettant ainsi fin à leur odyssée risquée.

Le groupe intercepté présente une grande diversité d’origines. Il est composé de ressortissants de huit pays d’Afrique de l’Ouest, parmi lesquels une majorité de Sénégalais (114), suivis de Guinéens (51), de Gambiens (52), mais aussi de Maliens, Ivoiriens, Burkinabè, Ghanéens et Béninois. On y compte 171 hommes adultes, 45 femmes, ainsi que 28 mineurs dont 17 garçons et 11 filles. La présence importante de femmes et d’enfants témoigne du désespoir croissant de populations prêtes à risquer leur vie pour un avenir jugé meilleur ailleurs.

Les migrants ont été remis aux autorités compétentes pour identification et prise en charge, tandis qu’une enquête a été ouverte par la DNLT pour remonter les filières à l’origine de cette tentative de migration irrégulière. D’après les premiers éléments, il s’agirait d’un réseau transfrontalier structuré, actif dans la sous-région, qui exploite la précarité économique et les rêves d’exil vers l’Europe.

Dans un contexte de recrudescence des départs depuis les côtes sénégambiennes, cette opération réussie des forces de sécurité vient rappeler l’ampleur du phénomène migratoire qui continue de frapper l’Afrique de l’Ouest. Les autorités sénégalaises appellent à une plus grande vigilance, insistant sur la nécessité de sensibiliser les jeunes aux dangers des traversées clandestines. Elles réaffirment également leur engagement à lutter contre les réseaux de passeurs, tout en encourageant les projets de migration légale et sécurisée.

Menaces contre l’APR : Macky Sall et ses responsables mettent en garde contre les « propos orduriers »

L’Alliance pour la République (APR) est montée au créneau ce jeudi pour dénoncer vigoureusement des propos jugés injurieux et menaçants à l’encontre du parti et de ses responsables. Au centre de la polémique, une déclaration de Waly Diouf Bodian, acteur politique affilié à la mouvance présidentielle, qui a publiquement évoqué « la nécessité de dissoudre le parti de Macky Sall » et de « mettre à l’écart ses responsables ».

Ces déclarations n’ont pas tardé à susciter la réprobation de l’APR, dont le Secrétariat Exécutif National (SEN) s’est réuni pour y répondre de manière officielle. Dans un communiqué ferme, le parti a condamné ce qu’il qualifie de « propos orduriers » et de « méthodes outrancières », pointant une stratégie de diversion et d’intimidation qui, selon lui, trahit la fébrilité de l’actuel régime.

« Cette violence verbale n’est rien d’autre qu’un aveu de panique et de peur, face à l’incapacité manifeste de produire des résultats concrets pour les Sénégalais », affirme le communiqué. Le SEN estime que les attaques verbales contre l’APR sont une tentative de masquer l’absence de vision claire, de leadership solide et de politiques publiques efficaces.

Le parti fondé par Macky Sall met également en garde contre une dérive autoritaire qui consisterait à vouloir « criminaliser l’opposition » ou à « museler les forces politiques adverses » sous couvert de règlements de comptes politiques. Il rappelle que l’APR demeure une formation politique légale, structurée, et pleinement engagée dans le jeu démocratique.

L’APR souligne enfin que son engagement pour la vérité, la justice et le respect des principes républicains reste intact, en dépit des attaques. Tout en appelant ses militants au calme et à la retenue, le parti assure qu’il ne se laissera pas intimider par les invectives et continuera à jouer pleinement son rôle dans la vie politique nationale.

Cette prise de parole, particulièrement ferme, marque un durcissement du ton dans un contexte politique où les tensions entre l’opposition d’hier — aujourd’hui au pouvoir — et l’ancien régime se font de plus en plus vives. Elle témoigne aussi de la volonté de l’APR de défendre son héritage et de préserver l’intégrité de ses cadres, dans un environnement de plus en plus polarisé.

Papa Malick Ndour sur le plan de redressement : « C’est un acte illégal qui peut être attaqué devant la cour suprême »

Présent sur le plateau de l’émission Faram Facce sur la Tfm ce lundi soir, Papa Malick Ndour, président du Conseil départemental de Guinguinéo et coordonnateur national des cadres républicains, a vivement critiqué le nouveau programme économique du gouvernement. Selon lui, le « plan de redressement » que le Premier ministre Ousmane Sonko compte dévoiler vendredi constitue une initiative dépourvue de base légale, et donc attaquable devant la Cour suprême.

L’ancien ministre de la Jeunesse a rejeté d’emblée la pertinence de ce plan, estimant qu’il repose sur une vision erronée et non conforme au cadre juridique en vigueur. Il s’est appuyé sur la loi d’orientation 2022-10 du 19 avril 2022 relative au système national de planification, pour affirmer que « le Sénégal ne peut pas parler de plan de redressement sans un changement préalable de cette loi ».

En effet, l’article 24 de ce texte législatif précise que « le Plan Sénégal Émergent (PSE) est l’unique référentiel de la politique économique et sociale du pays ». Le PSE, adopté en 2014 sous la présidence de Macky Sall, demeure donc en vigueur, en l’absence d’un amendement législatif formel. Pour Papa Malick Ndour, tant que cette disposition n’a pas été modifiée par l’Assemblée nationale, toute alternative comme le « plan de redressement » ou « l’agenda de transformation systémique » n’a aucune valeur juridique.

« Tous les actes qui s’en écartent sont non seulement illégaux, mais relèvent d’un excès de pouvoir. Ils peuvent être attaqués devant la juridiction suprême », a-t-il insisté. Il voit dans cette tentative un risque d’insécurité juridique majeur, qui pourrait affaiblir la crédibilité de l’action gouvernementale, notamment vis-à-vis des partenaires techniques et financiers du Sénégal.

Dans un autre registre, Papa Malick Ndour a pointé du doigt un manque de cohérence entre la stratégie adoptée par le nouveau gouvernement et la loi de finances en cours. Selon lui, si le gouvernement veut véritablement rompre avec le PSE, il doit l’assumer sur le plan institutionnel et faire adopter par voie législative un nouveau cadre de référence. « Je leur conseille de changer la loi. Qu’ils arrêtent de bricoler avec des concepts comme « plan de redressement » ou « stratégie systémique », qui n’ont aucune assise légale », a-t-il déclaré.

Au-delà de l’aspect juridique, le coordonnateur des cadres de l’APR estime que l’actuelle équipe dirigeante n’a pas encore trouvé les mécanismes efficaces pour relancer l’économie nationale. Il met en garde contre des effets d’annonce qui risquent de se heurter à la réalité du terrain et à la rigidité des textes. « Ce plan va encore tomber à l’eau comme bien d’autres », a-t-il conclu.

Air Sénégal remporte son bras de fer judiciaire contre l’IATA : la justice annule les saisies et ordonne leur mainlevée immédiate

C’est un tournant décisif dans le litige qui opposait Air Sénégal à l’Association du transport aérien international (IATA) et à plusieurs sociétés de leasing aérien. Le Tribunal de Commerce de Dakar a rendu, ce 30 juillet 2025, une décision favorable à la compagnie aérienne nationale, en annulant l’ensemble des saisies conservatoires opérées sur ses fonds et en ordonnant leur mainlevée immédiate.

Ce conflit judiciaire remonte au 14 avril 2025, date à laquelle l’IATA avait procédé à des saisies conservatoires via son système de compensation appelé BSP (Billing and Settlement Plan), au profit du bailleur d’avions Carlyle Aviation. Cette action, motivée par un différend financier non résolu, a eu pour effet immédiat de priver Air Sénégal de l’accès à ses recettes issues de la vente de billets d’avion. Une situation jugée inacceptable par la direction générale de la compagnie sénégalaise, qui a vu sa trésorerie durement affectée par cette décision unilatérale.

Estimant que ces mesures étaient à la fois illégales et abusives, Air Sénégal a décidé de porter l’affaire devant la justice sénégalaise. Dans sa requête, la compagnie nationale a dénoncé des procédures contraires aux règles du droit et a sollicité l’annulation pure et simple des saisies. Le Tribunal de Commerce lui a donné raison sur toute la ligne.

Dans sa décision, la juridiction a d’abord jugé recevable l’action en contestation introduite par Air Sénégal SA, reconnaissant ainsi sa capacité à agir contre les actes de l’IATA. Elle a ensuite estimé que les saisies opérées les 14 avril et 1er juillet 2025 étaient irrégulières. Le tribunal a donc prononcé leur nullité, en soulignant notamment l’absence de fondement juridique suffisant et la précipitation avec laquelle elles ont été mises en œuvre.

Mais le tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ordonné la mainlevée immédiate des fonds saisis, assortissant cette mesure d’une astreinte de 5 millions de francs CFA par jour de retard en cas de non-exécution par l’IATA. Une manière claire de faire pression sur l’organisation internationale afin qu’elle respecte sans délai la décision de justice. Cette condamnation est également un signal fort adressé aux autres partenaires impliqués dans le dossier.

En effet, plusieurs sociétés de leasing aérien, dont Aergen Aircraft Twenty Limited, Sasof III (A2) Aviation Ireland DAC et CALF (A2), ont été citées dans la procédure. Toutes ont été condamnées aux dépens, ce qui signifie qu’elles devront prendre en charge les frais de justice occasionnés par le contentieux. Cette condamnation renforce la position d’Air Sénégal dans le bras de fer judiciaire, en confirmant la légitimité de sa contestation et en pointant la responsabilité de ces entités dans la procédure de saisie.

Dans un communiqué transmis à la presse, la direction générale d’Air Sénégal s’est réjouie de cette décision, qu’elle qualifie de « rétablissement de la vérité » et de « victoire pour le droit ». La compagnie a réaffirmé sa détermination à poursuivre ses activités dans les meilleures conditions, en mettant en avant la protection de ses passagers, la stabilité de ses opérations et la préservation de ses intérêts stratégiques.

Cette décision judiciaire pourrait marquer un précédent important dans les relations contractuelles entre compagnies africaines et institutions internationales du secteur aérien. Pour Air Sénégal, elle constitue un souffle nouveau, à un moment où la compagnie cherche à redresser ses comptes et à consolider sa place dans le ciel africain.

Vers un pacte politique ? Les dessous du geste de Karim Wade envers Badara Gadiaga

Depuis Doha, Karim Wade n’est pas resté indifférent à l’arrestation de Badara Gadiaga. Le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade a dépêché des émissaires à la prison de Rebeuss, où est détenu le chroniqueur, figure critique du régime actuel. Selon nos informations, Karim envisage de commettre des avocats pour assurer sa défense. Un geste qui dépasse largement le cadre humanitaire ou communautaire.
Il faut dire que Karim Wade et Badara Gadiaga partagent bien plus que des origines communes à Kébémer. Le père du chroniqueur, feu Bathie Gadiaga, fut un fidèle compagnon d’Abdoulaye Wade et militant de la première heure du Parti Démocratique Sénégalais (PDS). Toute la famille Gadiaga reste profondément ancrée dans l’idéologie libérale. Le geste de Karim est donc tout sauf anodin. Il renoue un fil politique.
Va-t-on vers un rapprochement stratégique entre Karim Wade et Badara Gadiaga ? L’hypothèse prend forme. Gadiaga, influent dans l’espace médiatique et populaire auprès de la jeunesse, pourrait devenir un relais de terrain précieux pour une éventuelle relance du PDS. En retour, il bénéficierait de l’appui politique et juridique d’un poids lourd comme Karim, encore en quête d’un véritable socle électoral pour préparer son retour.

Ce soutien envoyé depuis le Qatar est aussi un message politique fort : le PDS n’est pas mort et reste solidaire de ses voix dissidentes. C’est un avertissement adressé au pouvoir : toucher à l’un des nôtres, c’est provoquer toute une famille politique. Et c’est aussi un clin d’œil appuyé à ceux qui, dans l’opposition, cherchent encore une bannière crédible.
En résumé, derrière cette main tendue à Rebeuss se dessine peut-être le début d’une alliance tactique. Karim Wade, en soutenant Gadiaga, ne fait pas qu’un geste : il pose un pion sur l’échiquier de la recomposition politique.

LIVRAISON DE 21 MOISSONNEUSES-BATTEUSES À SAINT-LOUIS : L’envers trouble d’un décor glorieux

Ce qui fut présenté comme un jalon de la modernisation agricole tend aujourd’hui à révéler des pratiques pour le moins préoccupantes. Derrière la communication triomphante du ministère de l’Agriculture se profile une réalité beaucoup plus complexe : réquisition controversée et gestion contestée des engagements publics. Autant déléments qui soulèvent des interrogations majeures sur la continuité de l’État et le sort réservé aux entreprises sénégalaises engagées auprès des pouvoirs publics.

C’est dans une ambiance solennelle et sous le feu des projecteurs que le ministre de l’Agriculture, Dr Mabouba Diagne, a récemment dévoilé un convoi de vingt-et-une (21)

moissonneuses-batteuses à chenilles, destiné aux départements de Dagana et de Podor, dans la région de Saint-Louis. Présentée comme une avancée stratégique, cette livraison vise à illustrer la volonté gouvernementale d’impulser une rupture définitive avec les méthodes agricoles traditionnelles, au profit d’un dispositif mécanisé et performant.

Cependant, derrière cette démonstration d’efficacité, une série de zones d’ombre vient ternir l’opération. Selon des informations recoupées par Le Dakarois Quotidien, ces moissonneuses auraient été réquisitionnées auprès de l’entreprise sénégalaise Intermaq 2012 SA, sans qu’aucun cadre contractuel régulier ne soit en vigueur au moment de l’opération. Aucun avenant n’a été signé et aucun accord formel ne justifie juridiquement cette réquisition.

Intermaq n’est pas un acteur inconnu de l’État. Elle avait été attributaire, en 2022, d’un contrat relatif à la fourniture d’équipements agricoles et à la construction de cent vingt (120) entrepôts, dont vingt (20) à chambre froide. Une cérémonie officielle, présidée par l’ancien président de la République, Macky Sall, et l’ex-ministre Aly Ngouille Ndiaye, avait marqué le lancement du projet en avril 2023. En cours d’exécution, le ministère avait jugé nécessaire de revoir le volume des équipements, portant notamment de dix (10) à cent vingt (120) le nombre de moissonneuses, selon une lettre officielle datée du 20 mars 2023. Forte de cet engagement, l’entreprise a procédé à l’importation du matériel, mobilisant des ressources financières importantes.

L’arrivée aux affaires d’un nouveau Gouvernement a toutefois bouleversé l’équilibre. Malgré plusieurs relances écrites et orales, l’avenant permettant de formaliser la commande supplémentaire n’a jamais été signé. Pire, le contrat initial est arrivé à expiration en juillet 2025, sans qu’aucune nouvelle base contractuelle n’ait été définie. Cette situation a plongé Intermaq dans une incertitude juridique et financière profonde.

Malgré cela, la société n’a pas interrompu ses prestations. La cérémonie de pose de la première pierre d’un entrepôt réfrigéré à Darou Khabane, tenue en mai 2025 en présence des autorités locales et techniques, en témoigne. Intermaq continue également à assurer le service après-vente, à former les agriculteurs et à prendre en charge des frais logistiques liés aux missions du ministère de l’Agriculture : hébergement, carburant, per diems. Toutes ces charges sont assumées sans garantie, alors même que les frais cumulés de stockage et de surestaries avoisinent le milliard de francs CFA.

Dans ce contexte particulièrement délicat, les services du ministère auraient procédé, de manière unilatérale, à la réquisition de vingt (20) moissonneuses appartenant à Intermaq, sans accord formel. Selon nos informations, les responsables de l’entreprise, lors de leurs échanges avec le ministre Dr Mabouba Diagne, avaient simplement exigé un document d’engagement écrit, destiné à sécuriser juridiquement la livraison. Une demande restée sans suite jusqu’à ce jour.

La direction du Dakarois Quotidien, compte tenu de l’heure tardive, le dimanche 27 juillet 2025, a adressé un message WhatsApp au Dr Mabouba Diagne. Ce message n’a reçu aucune réponse. Le lendemain, un appel téléphonique direct a été tenté, sans succès. Ce lundi, notre rédaction a décidé d’entrer en contact avec le directeur de la Direction de la Modernisation de l’Équipement Rural (DMER) afin de recueillir la version du ministère. Dès le début de l’échange, M. Dièye a exigé de connaître nos sources. Ce à quoi la direction du journal a répondu qu’en vertu de l’éthique journalistique, les professionnels ne sont pas tenus de les révéler. Le directeur a alors invité le Dakarois Quotidien à transmettre un courrier physique à l’adresse du ministère à Diamniadio, condition préalable à toute prise de parole officielle. Ledit courrier sera déposé cette semaine. Si les services du Dr Mabouba Diagne donnent suite à notre requête, votre journal s’engage à publier l’intégralité de leur réponse.

Penda THIAM

Présentation du Plan de redressement économique : Ousmane Sonko donne rendez-vous au Grand Théâtre le 1er août

Le Premier ministre Ousmane Sonko a fixé la date tant attendue de la présentation officielle du Plan de redressement économique. Cette initiative gouvernementale, évoquée lors du Conseil des ministres du 23 juillet dernier, sera dévoilée au public le vendredi 1er août 2025, à partir de 9 heures, au Grand Théâtre national de Dakar.

Dans un message publié sur sa page Facebook, le chef du gouvernement a réaffirmé sa détermination à engager le pays dans une nouvelle dynamique face aux défis économiques actuels. « Le temps du redressement est venu. Face à la situation économique héritée, nous faisons le choix de l’action et des solutions », a-t-il déclaré, marquant ainsi la volonté de rompre avec les anciennes pratiques jugées inefficaces.

Ce plan, qui s’annonce ambitieux, devrait définir les grandes orientations économiques du gouvernement et proposer des mesures concrètes pour relancer l’activité, créer des emplois et réduire le train de vie de l’État. Ousmane Sonko avait déjà annoncé qu’un accent particulier serait mis sur la rationalisation des dépenses publiques et la révision des relations avec les partenaires techniques et financiers.

La présentation du 1er août devrait également permettre de détailler les axes stratégiques du redressement, dans un contexte marqué par une forte attente sociale et des critiques récurrentes sur la gouvernance économique. Le Premier ministre et son équipe devront donc convaincre, en exposant une feuille de route réaliste, chiffrée et assortie d’un calendrier d’exécution.

Conflit foncier à Soussoung : le collectif fustige des arrestations arbitraires et exige la libération des 26 interpellés

La tension reste vive à Soussoung, village situé dans la commune de Ndiaganiao, où le conflit foncier opposant les populations locales à des entreprises exploitant des ressources minières continue de faire des vagues. Le Collectif pour la défense des terres de Soussoung a vigoureusement dénoncé ce lundi ce qu’il qualifie « d’arrestations arbitraires », survenues au cours du week-end dans un contexte d’intimidation et de répression, selon ses membres.

S’exprimant devant la presse, Ndiome Thiao, porte-parole du collectif, a dressé un tableau inquiétant de la situation. « Le collectif pour la défense des terres de Soussoung exprime sa profonde préoccupation face à la situation alarmante qui prévaut depuis vendredi 25 juillet 2025. Les opérations d’enlèvement arbitraire se poursuivent parfois jusque dans les domiciles privés, dans une logique manifeste d’intimidation à l’encontre de la population locale. Ce climat de peur et de répression est totalement inacceptable », a-t-il déclaré.

Selon les informations livrées par le collectif, un véhicule assurant la liaison entre Dakar et Soussoung a été intercepté par les forces de sécurité ce lundi matin à hauteur de Notto. Les passagers, qui voyageaient pacifiquement selon les témoins, ont été brutalement arrêtés et conduits à la brigade de gendarmerie de Ndiaganiao.

Actuellement, 26 personnes seraient détenues dans cette brigade, dans des conditions jugées préoccupantes par les membres du collectif. Les interpellés sont décrits comme « des citoyens honnêtes dont le seul tort serait d’habiter sur des terres aujourd’hui convoitées par des entreprises titulaires de permis d’exploitation ».

Face à cette situation, le collectif exige la libération immédiate et sans condition des 26 personnes arrêtées. Il fustige également les méthodes qu’il qualifie de répressives, employées par les forces de sécurité pour faire taire les voix dissidentes. « Ces arrestations arbitraires et les méthodes d’intimidation utilisées rappellent des pratiques d’un autre âge. Nous appelons les autorités à respecter les droits fondamentaux des citoyens et à cesser les violences à l’encontre de populations déjà fragilisées par le mépris foncier », a insisté Ndiome Thiao.

Tensions à Soussoung : Amnesty International interpelle le ministre des Mines et exige la libération des personnes arrêtées

La situation à Soussoung, localité située dans la commune de Ndiaganiao, devient de plus en plus préoccupante. Des affrontements y ont récemment éclaté entre les forces de sécurité et des habitants opposés à l’exploitation de leurs terres par des entreprises titulaires de permis miniers. Face à l’escalade des tensions, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, appelle les autorités à privilégier le dialogue.

Intervenant sur les ondes d’iRadio, Seydi Gassama s’est dit choqué par le recours à la violence contre une population dont les droits fonciers sont manifestement piétinés. « Nous sommes très préoccupés par la situation à Soussoung avec la violence exercée par les forces de défense et de sécurité contre la population locale qui manifestement a vu ses droits bafoués par l’autorité et ces entreprises qui ont reçu des permis d’exploiter des gravats dans leur champ », a-t-il déclaré.

Selon les informations relayées par Amnesty, trois permis d’exploitation de graviers ont été délivrés, chacun couvrant environ 40 hectares. Ces autorisations s’appliqueraient à des zones proches des habitations, sans que les populations concernées aient été consultées ni indemnisées. Le contexte est d’autant plus tendu que ces opérations minières sont intervenues en pleine saison des pluies, alors que les cultures sont en pleine croissance.

« Venir en plein hivernage alors qu’ils ont déjà cultivé, les récoltes ont poussé, et leur dire de quitter les terres. Je pense que ce n’est pas acceptable », s’indigne Gassama, qui appelle à une réponse rapide et responsable du ministère des Mines.

Le directeur exécutif d’Amnesty exhorte le ministre Birame Soulèye Diop à sortir du silence et à ouvrir un dialogue sincère avec les communautés affectées. Il plaide pour des mesures compensatoires justes permettant aux populations de retrouver des sources de revenus alternatives. « Il faut que les terres soient cédées contre une indemnisation juste », insiste-t-il.

Sur le plan judiciaire, Amnesty International suit également de près la situation des personnes arrêtées lors des troubles. L’organisation a commis un avocat pour les assister. Elle exige leur libération immédiate, estimant que leur détention ne fait qu’envenimer une situation déjà explosive. « Nous demandons que toutes les personnes arrêtées et détenues à la brigade de gendarmerie de Ndiaganiao soient libérées immédiatement pour ramener le calme dans la communauté », a conclu Seydi Gassama.

Affaire « Kocc Barma » : Le mouvement de Mame Boye Diao se désolidarise de son coordinateur diaspora

Le mouvement politique AARIS (Alliance Alternative pour la Refondation Idéologique du Sénégal), dirigé par Mame Boye Diao, a pris une décision ferme dans le sillage des récents développements de l’affaire dite « Kocc Barma ». El Hadji Assane Demba, jusque-là coordinateur de la diaspora au sein du mouvement, a été relevé de ses fonctions à compter de ce lundi 28 juillet. Cette mesure intervient alors que son nom est cité comme présumé complice dans l’enquête en cours.

Dans un communiqué publié par sa cellule de communication, AARIS explique que cette décision vise à protéger l’intégrité du mouvement tout en respectant la présomption d’innocence. Le parti tient à faire preuve de rigueur et de transparence dans sa gestion interne, surtout face à des soupçons aussi graves.

Cette affaire a également conduit le président du parti, Mame Boye Diao, à être entendu par les enquêteurs, en lien avec les activités de son ex-coordinateur. Toutefois, le communiqué se veut rassurant : à ce jour, aucune charge n’a été retenue contre lui. Il est également précisé que M. Diao a pleinement coopéré avec les autorités. Il a volontairement remis son téléphone et sa tablette aux enquêteurs, afin de faciliter les investigations, sans poser la moindre résistance.

Le mouvement AARIS insiste sur le fait que son président n’a aucun lien avec les activités illégales qui sont reprochées au réseau connu sous le nom de « Kocc Barma ». Il réaffirme sa volonté de collaborer avec la justice et de préserver les principes de légalité et de transparence qui fondent son engagement politique.

Alors que l’enquête suit son cours, cette prise de distance avec El Hadji Assane Demba marque un tournant dans la gestion de cette affaire. Elle illustre aussi la volonté de Mame Boye Diao et de son mouvement de se démarquer clairement de tout acte susceptible d’entacher leur crédibilité ou leur projet politique.

Dans un climat politique tendu où chaque affaire peut avoir des conséquences durables, cette réaction rapide du parti AARIS vise sans doute à rassurer l’opinion publique et à maintenir une ligne de conduite rigoureuse, loin des dérives et des soupçons qui secouent actuellement plusieurs figures de la sphère publique.

Plan de redressement économique : Zahra Iyane Thiam ironise sur l’annonce du Premier ministre

Le Premier ministre Ousmane Sonko s’apprête à dévoiler un nouveau document stratégique, baptisé « plan de redressement économique », dans un contexte où les défis économiques du Sénégal restent nombreux et pressants. Ce plan, annoncé lors du Conseil des ministres du mercredi 23 juillet 2025, est censé présenter la vision du gouvernement face aux difficultés sociales et économiques du pays. Mais déjà, cette annonce suscite scepticisme et ironie dans les rangs de l’opposition et d’anciens responsables gouvernementaux.

Sur le réseau social X (anciennement Twitter), Zahra Iyane Thiam, ancienne ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, a vivement réagi à l’annonce du Premier ministre. Dans un ton à la fois critique et sarcastique, elle a exprimé ses doutes quant à l’efficacité de ce nouveau plan. « Jour J pour le PM : encore un plan, cette fois, de redressement économique. Après le Projet, l’Agenda Sénégal 2050, la Stratégie nationale de développement, le Master Plan du Gouvernement… En 16 mois, un plan par trimestre ! On redoute de découvrir ce que celui-ci va encore redresser », a-t-elle écrit.

Son commentaire illustre un agacement face à ce qu’elle considère comme une inflation de plans, projets et documents stratégiques produits par l’équipe actuelle sans résultats tangibles visibles à ce jour. Selon Zahra Iyane Thiam, ces initiatives semblent se succéder sans apporter les réponses concrètes attendues par les populations.

Pour sa part, Ousmane Sonko se veut rassurant. Le chef du gouvernement affirme que ce plan de redressement a été mûrement réfléchi et élaboré depuis plusieurs semaines. Il promet une présentation claire et détaillée des mesures à venir, notamment en ce qui concerne la réduction du train de vie de l’État et la réorientation des relations avec les partenaires techniques et financiers. « Dans les jours à venir, je présenterai aux Sénégalais le plan de redressement. On y travaille depuis des semaines. Nous dirons aux Sénégalais point par point comment nous allons faire pour contraindre l’État à diminuer son train de vie et quelles seront nos orientations face à nos partenaires », avait-il déclaré.

L’annonce du plan intervient à un moment crucial, où les tensions sociales se multiplient et où l’économie nationale peine à se redresser durablement. Dans les milieux économiques et politiques, beaucoup attendent de voir si ce plan constituera un véritable tournant ou s’il s’ajoutera à la longue liste des intentions gouvernementales non suivies d’effets concrets.

Crise à Tchiky : Guy Marius Sagna dénonce l’injustice des Ciments du Sahel et appelle à la mobilisation

Une vive tension couve dans la commune rurale de Diass, plus précisément à Tchiky, où les populations, les travailleurs et les retraités de l’entreprise Les Ciments du Sahel SA dénoncent des pratiques qu’ils jugent injustes et inhumaines. Ce lundi, le député Guy Marius Sagna, accompagné du Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP), s’est joint à leur combat lors d’une conférence de presse tenue sur place.

Prenant la parole, Guy Marius Sagna n’a pas mâché ses mots. Il s’est dit profondément choqué par les conditions dans lesquelles vivent les riverains de Tchiky, ainsi que par la précarité à laquelle sont confrontés les travailleurs et retraités de l’entreprise. « J’ai entendu les doléances des habitants, j’ai entendu celles des anciens employés et des retraités. Je promets d’en parler au gouvernement. J’adresserai des questions écrites aux autorités pour qu’elles répondent : est-ce qu’elles sont au courant des agissements de l’entreprise Les Ciments du Sahel envers la population sénégalaise ? Savent-elles que cette société exploite ses travailleurs et porte atteinte à la santé et à la vie des riverains ? », a lancé le parlementaire.

Selon lui, Les Ciments du Sahel et Dangote, deux grandes entreprises du secteur cimentier implantées dans la zone, agissent en toute impunité, au mépris de la dignité humaine. « Ce sont les populations qui étaient là les premières. Ce sont ces entreprises qui sont venues les trouver. Et pourtant, ce sont elles qui souffrent, qui tombent malades, qui sont exploitées », a martelé Guy Marius Sagna, visiblement indigné.

Il a également dénoncé un système de précarisation orchestré par l’entreprise à l’endroit de ses travailleurs. « Comment comprendre qu’un ouvrier travaille pendant cinq ans comme journalier, avant d’obtenir un contrat à durée déterminée de quatre ans, pour ensuite être renvoyé comme un moins que rien ? C’est inacceptable ! », s’est-il insurgé. Selon lui, cette politique de gestion du personnel ne respecte ni le droit du travail, ni la dignité humaine. Il qualifie cette méthode de « pressurisation » des employés, qu’on utilise jusqu’à l’usure avant de les jeter comme des objets.

Face à cette situation qu’il juge « insoutenable », le député appelle à la résistance et à la solidarité. Il invite les habitants de Tchiky, les anciens travailleurs, les retraités et tous les employés de l’entreprise à s’unir autour d’une plateforme commune pour organiser une grande marche de protestation dans les prochains jours. « Il est temps que cela cesse. Il est temps que la dignité humaine soit respectée. Et je vous le dis ici : moi, Guy Marius Sagna, député à l’Assemblée nationale, je serai à vos côtés, dans la rue, pour cette manifestation », a-t-il promis.

Ce cri du cœur du parlementaire pourrait ouvrir un nouveau front social contre certaines multinationales accusées de bafouer les droits des travailleurs et de dégrader l’environnement au détriment des populations locales. Le FRAPP, fidèle à sa ligne anti-impérialiste et panafricaniste, s’engage également à accompagner ce mouvement jusqu’au bout.

UCAD : Début des vacances le 31 juillet, rentrée universitaire prévue le 16 octobre 2025

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a dévoilé son calendrier académique pour l’année universitaire 2025-2026 à l’issue de la réunion du Conseil académique tenue le jeudi 24 juillet 2025, dans la salle des Actes du Rectorat. La séance a été présidée par le recteur, le professeur Alioune Badara Kandji. Plusieurs décisions importantes ont été entérinées, parmi lesquelles les dates clés des vacances, de la rentrée, ainsi que celles relatives aux inscriptions.

Selon le communiqué officiel, les vacances universitaires débuteront à partir du 31 juillet 2025. La rentrée universitaire est quant à elle fixée au 16 octobre 2025. Les phases d’inscription et de réinscription s’ouvriront le 1er septembre et se clôtureront le 31 décembre 2025, permettant aux étudiants de finaliser leur enregistrement dans les délais impartis.

Il a également été précisé que la Faculté des Lettres et Sciences humaines (FLSH), engagée dans un ambitieux programme de résorption des retards académiques, bénéficiera d’une dérogation spéciale. Cette faculté poursuivra les cours et les activités pédagogiques jusqu’au 20 août 2025.

En ce qui concerne l’organisation de l’année universitaire 2025-2026, un calendrier par groupes d’établissements a été adopté afin de mieux structurer le déroulement des enseignements et des évaluations.

Pour le groupe 1, comprenant la FLSH, le CURI, l’IDEE, l’ESEA et l’ISFAD, la finalisation de l’année en cours (2024-2025) est prévue pour le 31 décembre 2025. Le premier semestre de la nouvelle année débutera le 2 janvier 2026 et s’achèvera le 30 avril 2026. Le second semestre se déroulera du 1er mai au 31 octobre 2026.

Le groupe 2, qui regroupe la FST, la FASEG, la FSJP, l’IPP, l’IDHP, l’ITNA, l’ISMED, l’IPS et l’IMTA, entre autres, finalisera l’année académique actuelle au plus tard le 28 février 2026. Le premier semestre s’étendra du 1er mars au 30 juin 2026, tandis que le second semestre couvrira la période du 1er juillet au 31 décembre 2026.

Quant au groupe 3, composé notamment de la FMPOS, de la FASTEF, de l’ESP, de l’ENSETP, de l’INSEPS, de l’ENSETP, du CESTI, de l’IFE, de l’EISMV, de l’Institut Confucius et d’autres instituts spécialisés, la finalisation de l’année 2024-2025, incluant les résultats des concours, est fixée au 31 octobre 2025. Le premier semestre débutera le 2 novembre 2025 et prendra fin le 15 mars 2026. Le second semestre se déroulera du 16 mars au 31 juillet 2026.

Dérives numériques, contenu audiovisuel et crise des valeurs : La Ligue des Imams et Prédicateurs sonne l’alerte

Réunis à l’occasion de la clôture de leur session consultative ce samedi, les membres de la Ligue des Imams et Prédicateurs du Sénégal (LIPS) ont tenu à adresser un message fort, dans un contexte national marqué par des tensions sociales, des fractures politiques et une perte de repères culturels. À travers une déclaration solennelle, ils ont appelé les Sénégalais à se détourner des querelles partisanes qui alimentent la division, et à recentrer les priorités nationales autour de la stabilité sociale, du développement économique, de la productivité agricole, de l’industrialisation et d’un rapport serein à la religion.

Face à ce qu’ils considèrent comme une dégradation de l’espace public et numérique, les responsables religieux ont particulièrement pointé du doigt les dérives sur les réseaux sociaux. « Le climat actuel est trop marqué par l’invective, la calomnie et la violence verbale. Il est temps de réintroduire l’éthique dans nos modes de communication, en particulier chez les jeunes », a souligné un membre du bureau exécutif.

Mais c’est surtout le secteur de l’audiovisuel qui a concentré leurs critiques. Pour la Ligue, la prolifération de contenus jugés incompatibles avec les valeurs morales, religieuses et traditionnelles du Sénégal appelle une réaction urgente de l’État. Le président de la LIPS a plaidé pour un durcissement du cadre réglementaire : « Il est impératif de mettre fin à la diffusion récurrente de programmes qui banalisent la nudité, la vulgarité, ou les comportements antisociaux. Une révision sérieuse des cahiers des charges des chaînes de télévision s’impose, pour encourager des productions à haute valeur éducative, citoyenne et spirituelle ».

Autre sujet de préoccupation : la famille. Pour la LIPS, l’érosion de l’autorité parentale, les mutations sociales rapides et le manque d’encadrement religieux dans les politiques publiques liées à la famille compromettent l’équilibre social. Dans ce sens, l’organisation religieuse invite le ministère de la Famille à impliquer davantage les imams, les prédicateurs et les acteurs communautaires dans l’élaboration des politiques familiales. « La cellule familiale est le socle de la nation. Si elle vacille, c’est toute la société qui est menacée », a averti un imam intervenant lors de la session.

Crise politique autour de l’arrestation de Lat Diop : Aminata Lô interpelle directement le Président Diomaye et demande le limogeage d’Ousmane Sonko

Je suis L’arrestation de Lat Diop continue de susciter de vives réactions sur la scène politique sénégalaise. Ce samedi, à Wakhinane Nimzatt, une mobilisation s’est tenue en faveur de l’ancien Directeur général de la LONASE, incarcéré depuis plusieurs semaines. Aux avant-postes de cette manifestation, l’ancienne ministre du Tourisme sous le régime de Me Abdoulaye Wade, Aminata Lô, a lancé une charge frontale contre le pouvoir en place, accusant le Premier ministre Ousmane Sonko d’orchestrer une vendetta politique.

Devant un parterre de militants et sympathisants venus exiger la libération de Lat Diop, Aminata Lô n’a pas mâché ses mots. Pour elle, l’affaire n’a rien de judiciaire. « Le dossier de Lat Diop n’est pas judiciaire, mais purement politique. Par conséquent, son règlement ne peut être que politique », a-t-elle martelé, appelant le président Bassirou Diomaye Faye à prendre ses responsabilités.

Plus virulente encore, l’ancienne ministre a dénoncé ce qu’elle considère comme une dérive autoritaire du régime actuel, incarné selon elle par Ousmane Sonko. « Depuis 2024, nous avons un nommé Ousmane Sonko qui cherche à effacer tous les fondamentaux qui ont contribué à construire ce pays. La démocratie, la paix, les droits humains et la stabilité sont aujourd’hui en danger », a-t-elle déploré.

Dans son discours, Aminata Lô a dressé un tableau sombre de la situation du pays : dégradation du climat économique et social, paralysie des institutions, menace sur la liberté de la presse. Selon elle, le gouvernement actuel est plus préoccupé par un projet politique partisan que par la gouvernance du pays. « Le seul objectif du Pastef, c’est de faire d’Ousmane Sonko le prochain président de la République, quitte à piétiner les principes démocratiques », a-t-elle accusé.

La militante libérale affirme que Lat Diop, tout comme d’autres personnalités politiques emprisonnées, est victime d’un « complot » destiné à affaiblir l’opposition. Elle a également évoqué une instrumentalisation de la justice, pointant du doigt un certain Mouhamed Dieng, qu’elle accuse d’être « financé par le régime Sonko-Diomaye » dans le seul but de faire tomber Lat Diop. « Nous n’accepterons pas cette justice sélective », a-t-elle prévenu.

Engagée à poursuivre le combat, Aminata Lô a annoncé une campagne nationale pour la libération de ce qu’elle appelle les « otages politiques ». Elle exige une justice équitable et appelle solennellement le chef de l’État à « limoger le Premier ministre Ousmane Sonko pour ramener la paix et la stabilité au Sénégal ».

Ce discours offensif survient dans un contexte où les tensions politiques s’aggravent autour des dossiers judiciaires impliquant des figures de l’ancien régime. L’opposition semble bien décidée à mobiliser toutes ses forces pour contrer ce qu’elle perçoit comme une tentative d’épuration politique. Quant au gouvernement, il continue d’assurer que toutes les procédures judiciaires en cours respectent les règles de droit et l’indépendance de la justice.

Sonatel affiche une croissance solide au premier semestre 2025 : un chiffre d’affaires de 960,2 milliards FCFA et des ambitions renouvelées

Le Groupe Sonatel confirme sa robustesse et sa dynamique de croissance au premier semestre 2025, avec un chiffre d’affaires de 960,2 milliards FCFA, en hausse de 9,4 % par rapport à la même période en 2024. Présent dans cinq pays d’Afrique de l’Ouest (Sénégal, Mali, Guinée, Guinée-Bissau et Sierra Leone), le leader régional des télécommunications démontre une nouvelle fois sa résilience face à un environnement de plus en plus concurrentiel et à des tensions géopolitiques persistantes.

Cette performance s’explique par une stratégie commerciale agile, une gestion rigoureuse des charges et un niveau d’investissement élevé, atteignant 152,6 milliards FCFA, soit 15,9 % du chiffre d’affaires du groupe. L’EBITDAAL (résultat avant intérêts, impôts, dépréciation, amortissement, loyers et charges) atteint 458 milliards FCFA, soit une progression de 12,3 % et un taux de marge de 47,7 %. Le résultat net, quant à lui, s’établit à 208,1 milliards FCFA, en hausse de 8 %.

Les performances commerciales restent solides, avec une base clients globale de 42,5 millions d’abonnés sur les segments Fixe, Mobile et Internet. Le très haut débit poursuit sa progression avec 21,5 millions de clients, tandis que la 4G compte désormais 20,1 millions d’utilisateurs actifs. Orange Money, le service financier mobile du groupe, poursuit son expansion avec 12,6 millions de clients, dopé par une politique tarifaire attractive et une augmentation des usages.

Face à un contexte technologique en pleine mutation, Sonatel a multiplié les initiatives pour conforter sa position de leader : déploiement massif des réseaux 4G et 5G, accélération du déploiement de la fibre optique, diversification des services digitaux (paiements, services cloud, solutions ICT, etc.). À l’occasion de son 40e anniversaire, le groupe réaffirme son ambition de renforcer son leadership à travers des investissements dans la connectivité de nouvelle génération et une amélioration continue de l’expérience client.

En parallèle de ses performances économiques, Sonatel continue de mettre en œuvre un engagement sociétal fort. Le groupe a renforcé ses actions en faveur de l’inclusion numérique, de l’éducation, de la santé, de l’autonomisation des femmes et du développement durable dans tous les pays où il est implanté. Plus de 12 000 jeunes ont été formés à travers les Orange Digital Centers (ODC), avec deux nouveaux clubs ouverts à Diamniadio (Sénégal) et en Guinée-Bissau. Le programme des Écoles numériques a permis d’équiper 35 établissements scolaires au Sénégal et en Guinée, et les maisons digitales ont accompagné plusieurs milliers de femmes en Sierra Leone, en Guinée et au Mali.

Dans le domaine de la santé, Sonatel a inauguré la première « Oasis » à Ando, dans le département de Podor, combinant maternité, école et centre numérique. En Guinée, des milliers de femmes ont été prises en charge dans le cadre d’initiatives sanitaires, tandis qu’en Sierra Leone, le groupe soutient l’éducation des enfants les plus défavorisés.

Sonatel place également le développement durable au cœur de ses priorités, avec un objectif de 50 % d’énergie renouvelable d’ici fin 2025. À ce jour, plus de 100 000 ménages bénéficient de solutions solaires via Orange Énergie, 12 220 box internet ont été reconditionnés, et des campagnes de nettoyage et de recyclage ont été menées dans plusieurs pays.

Enfin, l’engagement en faveur de l’inclusion sociale reste constant, avec près de 2 000 kits alimentaires distribués aux familles vulnérables et 150 kits solaires remis à des daaras pendant le mois de Ramadan. En Guinée, près de 1 800 femmes handicapées ont bénéficié d’un accompagnement ciblé.

Pour le second semestre 2025, Sonatel entend poursuivre sur cette lancée. L’accent sera mis sur le renforcement de l’innovation technologique, l’extension du réseau, l’optimisation opérationnelle et l’amplification des actions RSE. Le groupe ambitionne ainsi de continuer à jouer un rôle central dans la transformation numérique inclusive et durable de l’Afrique de l’Ouest, en phase avec les priorités des politiques publiques de la région.

hiffres clés du Groupe Sonatel – 1er semestre 2025

Sonatel en forte croissance : un chiffre d’affaires de 960,2 milliards FCFA réalisé au premier semestre 2025

Babacar Gaye tire la sonnette d’alarme : « Le Sénégal entre dans l’ère du Parti-État »

Dans une tribune au ton grave et sans équivoque, l’ancien ministre d’État et ex-porte-parole du Parti Démocratique Sénégalais (PDS), Babacar Gaye, alerte sur ce qu’il qualifie de dérive vers un régime de Parti-État au Sénégal. Loin d’être une simple critique de circonstance, son analyse se veut un avertissement argumenté contre ce qu’il voit comme une dangereuse confusion entre les organes de l’État et le parti au pouvoir, le PASTEF.

Selon Babacar Gaye, les actes posés ces dernières semaines par les plus hautes autorités du pays trahissent une volonté de faire primer l’idéologie partisane sur les principes démocratiques de séparation des pouvoirs et de pluralisme politique. Pour illustrer son propos, l’ancien député libéral revient sur la récente visite au Sénégal du Président de l’Assemblée nationale populaire du Vietnam, Trần Thanh Mẫn, accompagné d’une importante délégation gouvernementale. Une visite qualifiée de « visite d’État » malgré son caractère purement parlementaire en apparence, avec des accords signés conjointement par l’exécutif et le législatif sénégalais.

Pour Babacar Gaye, cette réception grandiose témoigne de l’intérêt manifeste du nouveau pouvoir pour les modèles politiques à parti unique ou fortement centralisés, comme le Vietnam, la Chine, le Mali ou encore le Burkina Faso. Des régimes où les libertés fondamentales sont limitées et où le parti dirigeant concentre tous les leviers du pouvoir. Il y voit une diplomatie orientée non vers la consolidation démocratique, mais vers des alliances idéologiques avec des systèmes autoritaires, marqués par la fusion entre parti, État et institutions.

Dans son développement, Babacar Gaye rappelle que le Vietnam, cité en exemple par le camp au pouvoir, est une république socialiste dirigée exclusivement par le Parti communiste vietnamien, conformément à l’article 4 de sa Constitution. Tous les organes exécutifs et législatifs en dépendent, et c’est cette structure, selon lui, qui inspire aujourd’hui certains discours au sein du PASTEF.

L’ancien porte-parole du PDS voit dans cette orientation diplomatique une stratégie cohérente avec les récentes sorties de Ousmane Sonko, Premier ministre et leader du PASTEF, qui a évoqué sans ambiguïté l’idée d’un Parti-État, lors d’un événement de son parti au King Fahd Palace. Des propos depuis relayés par plusieurs cadres du parti présidentiel, alimentant les inquiétudes d’une frange de l’opinion sur une volonté assumée de mise sous tutelle de l’administration, de la justice et de la presse.

Babacar Gaye décrit le Parti-État comme un système où le parti au pouvoir monopolise l’espace public, confond les institutions avec son appareil partisan et exige une loyauté à ses idéaux, au détriment des principes de neutralité et de compétence dans la gestion publique. Il évoque également la tentation d’utiliser la justice et les forces de sécurité à des fins partisanes, un glissement, selon lui, déjà amorcé.

Faisant référence à Mamadou Dia, une figure historique régulièrement citée par les responsables de Pastef comme source d’inspiration, Babacar Gaye rappelle que ce dernier prônait la primauté du parti sur l’État, un concept aujourd’hui en totale contradiction avec l’idéal démocratique que le Sénégal a tenté de bâtir depuis des décennies. L’ancien ministre estime que la résurgence de cette doctrine pose un véritable danger pour l’équilibre républicain du pays.

Pour conclure, il appelle à une vigilance citoyenne accrue. À travers cette tribune, Babacar Gaye invite les Sénégalais à ne pas se laisser séduire par des rhétoriques révolutionnaires qui dissimulent, selon lui, une volonté de verrouiller l’espace politique. Sa sortie relance ainsi le débat sur la nature du projet politique porté par le duo Diomaye–Sonko, et sur les risques de dérive autoritaire dans un pays longtemps considéré comme un modèle démocratique en Afrique de l’Ouest.

Marche à Ourossogui : Responsables politiques, amis, proches et sympathisants, unis pour un seul mot d’ordre — « La libération de Farba Ngom »

Une foule impressionnante s’est mobilisée ce samedi 26 juillet 2025 dans les rues de Ourossogui pour exiger la libération du député-maire des Agnam, Farba Ngom, en détention depuis le 27 février dernier. Répondant à l’appel du Comité de résistance populaire, des milliers de personnes sont descendues dans les rues, dans une ambiance à la fois déterminée et pacifique, témoignant de l’enracinement local et régional de l’homme politique.

Le cortège s’est ébranlé depuis la Banque BOA, traversant la Poste, puis longeant la Pharmacie El Hadji Oumar Tall pour finalement s’arrêter au rond-point Carrefour, point d’orgue de la manifestation. Les marcheurs, vêtus majoritairement de t-shirts rouges à l’effigie de Farba Ngom, scandaient des slogans appelant à la fin de ce qu’ils qualifient d’injustice.

La mobilisation a été marquée par la présence de nombreuses figures politiques de premier plan. Amadou Mame Diop, ancien président de l’Assemblée nationale, Augustin Tine, ancien ministre d’État, Me Moussa Bocar Thiam, maire de Ourossogui, Racky Diallo, députée à l’Assemblée nationale, et Mamadou Mory Diaw, maire de Matam, ont tous répondu présents à l’appel. Ils étaient accompagnés de plusieurs responsables locaux et régionaux de l’Alliance pour la République (APR), venus des quatre coins du Fouta pour exprimer leur solidarité.

Dans les prises de parole qui ont suivi, les intervenants ont unanimement insisté sur l’état de santé préoccupant de Farba Ngom. « Tout le monde sait qu’il est malade. Un rapport médical est là pour le prouver. Il n’a rien à faire en prison », a martelé Me Moussa Bocar Thiam, appelant les autorités judiciaires à prendre leurs responsabilités.

Au-delà de la solidarité politique, les orateurs ont souligné une urgence humanitaire. « Il ne s’agit pas d’un privilège politique, mais d’un impératif médical et moral », a renchéri Racky Diallo, avant de lancer un appel solennel au président Bassirou Diomaye Faye et à son Premier ministre Ousmane Sonko, pour qu’ils interviennent afin d’éviter un drame.

La marche de Ourossogui, hautement symbolique, intervient dans un climat politique tendu où plusieurs figures de l’ancien régime sont sous le coup de poursuites judiciaires. Pour les manifestants, il ne s’agit pas de remettre en cause l’indépendance de la justice, mais de plaider pour une lecture humaine et équilibrée de la loi. Farba Ngom, selon eux, incarne aujourd’hui un symbole de cette bataille entre justice et compassion.

Règlement intérieur de l’AN : Seydina Malal Diallo salue la décision du Conseil constitutionnel et tacle le député Amadou Ba

Le Secrétaire général du Collectif Noo Lank, Seydina Mouhamadou Malal Diallo, s’est exprimé à la suite de la décision rendue par le Conseil constitutionnel concernant le nouveau Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Juriste de formation, il en a profité pour critiquer la réaction du député Amadou Ba.
Selon lui, ce dernier a, une fois de plus, adopté une « posture de défenseur héroïque de Pastef et de la majorité », marquée par une « condescendance intellectuelle ». Pour Seydina Malal Diallo, il est incohérent de « s’ériger en donneur de leçons tout en étant l’auteur d’entorses à la Constitution ».
Il invite ainsi le parlementaire à orienter son énergie vers le renforcement de la sécurité juridique des textes, plutôt que dans des prises de position partisanes.
PressAfrik vous livre in extenso le texte de Seydina Mouhamadou Malal Diallo.

Décision du Conseil Constitutionnel et Réaction de l’honorable député Amadou BA sur la modification du Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale
 
 Je salue la décision rendue par le Conseil constitutionnel le 24 juillet 2025 sur le nouveau Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Elle réaffirme de manière claire et solennelle les principes structurants de notre État de droit : la primauté de la Constitution, l’indépendance de la justice, et la séparation des pouvoirs.
 
J’ai lu avec attention la déclaration du député Amadou Ba, Vice-président de l’Assemblée nationale, qui affirme que seuls trois alinéas ont été censurés sur près de 140 articles et qu’il n’y aurait pas eu de volonté de porter atteinte à la magistrature. Il salue la productivité législative de l’Assemblée et voit, dans ces censures, la preuve de l’attachement à l’État de droit. Ce raisonnement mérite une mise au point.
 
D’abord, rappelons que le Conseil constitutionnel n’a fait qu’exercer les compétences que lui confère la Constitution. En vertu de l’article 74, il est obligatoirement saisi des lois organiques pour un contrôle de constitutionnalité a priori, avant leur promulgation. Il ne va donc ni au-delà de ses prérogatives, ni en dehors de son rôle : il veille à la conformité des lois à la norme suprême.
 
Ensuite, le Conseil n’a pas censuré une intention, mais des dispositions juridiquement inconstitutionnelles. Il a notamment précisé que la comparution d’un magistrat devant une commission d’enquête parlementaire ne peut être ni automatique, ni forcée, et doit respecter les exigences de confidentialité et de séparation des pouvoirs. Cette réserve est conforme non seulement à la Constitution, mais aussi à la loi organique n°2017-10 portant statut des magistrats, qui encadre strictement leurs rapports avec les autres pouvoirs.
 
Sur la radiation d’un député, le Conseil a rejeté une tentative de restreindre l’article 60 de la Constitution en la conditionnant à la perte des droits civiques. La Constitution ne prévoit pas cette condition : le Parlement ne peut l’y insérer par simple volonté politique.
 
Il est d’autant plus étonnant de voir l’honorable député Amadou Ba adopter, une fois de plus, une posture de défenseur héroïque de Pastef et de la majorité, avec une forme de condescendance intellectuelle, comme si le Conseil constitutionnel avait manqué de hauteur d’analyse. Cette posture devient d’autant plus problématique que les dispositions censurées trouvent souvent leur origine dans des formulations juridiques qu’il a lui-même proposées ou cosignées.
 
On ne peut être à la fois l’auteur des entorses à la Constitution et le donneur de leçons. Refuser d’assumer la portée des censures, tout en invoquant l’État de droit à géométrie variable, trahit un déficit de culture constitutionnelle. Il serait plus utile à la République que le député Amadou Ba consacre davantage son énergie à consolider la sécurité juridique des textes, dans le respect des normes supérieures, plutôt qu’à chercher une légitimité politique post-censure.
 
La réalité, c’est que le Parlement a besoin de rigueur, d’expertise juridique et d’humilité devant la Constitution. Vouloir tout faire voter rapidement, sans maîtriser les contraintes constitutionnelles, ne saurait devenir un argument de mérite.
 
J’appelle à une réhabilitation de l’intelligence législative, au service du peuple et du droit, pour garantir que plus jamais les fondements de notre République ne soient ainsi malmenés par ignorance ou précipitation.
 
Oui, l’Assemblée nationale peut et doit exercer pleinement son pouvoir de contrôle. Oui, les magistrats doivent rendre des comptes au peuple, comme tout autre pouvoir. Mais cela ne peut se faire qu’en respectant les balises constitutionnelles et les garanties statutaires, sans confondre contrôle et intimidation, ni responsabilité politique et indépendance juridictionnelle.
 
Nous invitons donc les parlementaires à ne pas relativiser cette décision. Elle ne constitue ni un revers politique, ni une victoire empêchée. Elle est un rappel à l’ordre juridique. Et c’est bien là le rôle du Conseil constitutionnel.
 


Seydina Mouhamadou Malal DIALLO
Juriste / Secrétaire Général du Collectif Noo Lank

Sénégal–Mauritanie : une carte de séjour obligatoire pour les séjours de plus de trois mois

Le Sénégal et la Mauritanie ont franchi une nouvelle étape dans la régulation de la mobilité entre leurs deux territoires. Un accord bilatéral récemment conclu impose désormais une carte de séjour obligatoire aux ressortissants mauritaniens qui souhaitent résider au Sénégal au-delà de trois mois. Cette mesure marque la fin d’une longue période de tolérance administrative et traduit une volonté commune de mieux encadrer les flux migratoires tout en garantissant les droits des personnes concernées.

Valable pour une durée d’un an, cette carte de séjour sera délivrée moyennant le paiement de 5 000 FCFA. Selon les informations relayées par E-media, la première délivrance du document ne nécessitera ni justificatif de revenu ni contrat de travail, ce qui permet une accessibilité plus large pour les demandeurs, en particulier ceux relevant du secteur informel ou en situation d’installation précaire. Toutefois, pour tout renouvellement, les autorités sénégalaises exigeront désormais la présentation d’un justificatif de revenu ou d’activité professionnelle, instaurant ainsi une logique de suivi et de structuration progressive du séjour des étrangers.

Ce nouveau cadre vise à sécuriser juridiquement la présence des ressortissants mauritaniens au Sénégal, tout en permettant à l’État de mieux gérer et recenser les étrangers installés sur son sol. Il répond également à un impératif d’équilibre dans les relations diplomatiques et migratoires avec la Mauritanie.

En effet, en contrepartie, la Mauritanie appliquera une mesure équivalente pour les citoyens sénégalais résidant sur son territoire. Ces derniers devront désormais se munir d’une carte de séjour fixée à 300 MRU, soit environ 4200 FCFA. Cette réciprocité renforce la logique de coopération bilatérale et inscrit les deux pays dans une dynamique de gestion concertée de la migration et du séjour, tout en respectant les souverainetés respectives.

Dans un contexte régional marqué par des enjeux de mobilité, de sécurité et de régulation économique, cette mesure conjointe s’inscrit dans un processus plus large de formalisation des relations migratoires entre pays voisins, souvent liés par des flux humains intenses mais jusqu’ici encadrés de manière informelle.

Logement au Sénégal : Balla Moussa Fofana annonce un programme ambitieux de 200 000 unités sur dix ans

En visite à Saint-Louis ce vendredi 25 juillet 2025, le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du territoire, Balla Moussa Fofana, a dévoilé l’un des projets les plus structurants du quinquennat en matière d’habitat. Il s’agit du Programme National d’Accès au Logement et de Renouveau Urbain, dont l’ambition est de construire plus de 200 000 logements dans un horizon de 5 à 10 ans sur l’ensemble du territoire sénégalais.

L’annonce a été faite au terme d’une visite de terrain sur le chantier du projet SERRP (Projet de Relogement et de Résilience à Saint-Louis), situé à Diougop. Financé par la Banque mondiale, ce projet prévoit la construction de 480 logements pour les populations sinistrées de la Langue de Barbarie, victimes de l’avancée de la mer. C’est à partir de cette expérience pilote que le gouvernement souhaite élargir le modèle à l’échelle nationale.

Pour le ministre Balla Moussa Fofana, ce programme est une priorité stratégique de l’État, portée au plus haut niveau par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. Il a insisté sur la nécessité de proposer des logements décents et accessibles, en s’appuyant sur des modèles économiques durables et inclusifs.

Sur le plan financier, les logements seront proposés selon différentes configurations avec un système de location-vente souple. Les unités de plain-pied (rez-de-chaussée) seront mises sur le marché à moins de 30 millions de FCFA, avec la possibilité pour certains acquéreurs, grâce aux subventions publiques, de les obtenir à un prix inférieur à 20 millions de FCFA. Les logements en étages (R+2) seront, quant à eux, accessibles à raison de 20 millions par palier, mais les subventions pourraient faire baisser le coût jusqu’à 15 millions FCFA.

Le plan de paiement prévoit un apport initial de 4 à 5 millions, suivi d’un remboursement échelonné sur dix ans, à raison de 1 million par an, soit environ 83 000 FCFA par mois. Un modèle que le ministre juge en phase avec les capacités financières de nombreux ménages sénégalais, particulièrement ceux de la classe moyenne émergente.

Au-delà des aspects financiers, Balla Moussa Fofana a mis en avant la nécessité de capitaliser sur les initiatives déjà en cours, en particulier celles menées par l’Agence de Développement Municipal (ADM), qui servira de référence méthodologique et opérationnelle. Il s’agit de garantir, selon lui, un accès encadré au foncier, une disponibilité des matériaux de construction à prix abordable et la présence d’infrastructures de base, comme l’eau, l’électricité et les voiries.

Ce vaste programme de logements s’inscrit dans une vision de transformation urbaine articulée autour de la justice sociale, de la résorption du déficit en logements estimé à plusieurs centaines de milliers d’unités, et d’un renouveau urbain inclusif. Le gouvernement entend ainsi répondre à l’urgence sociale tout en modernisant l’aménagement du territoire.

Ibrahima Guèye « Nay Ler » en garde à vue à la Division spéciale de la cybersécurité

L’activiste et militant du parti Pastef, Ibrahima Guèye, plus connu sous le nom de « Nay Ler », a été placé en garde à vue ce vendredi à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), après avoir été convoqué dans le cadre d’une enquête ouverte à son encontre. Cette décision fait suite à une plainte déposée par Boubacar Ndour, directeur des programmes du Groupe Futurs Médias (GFM).

Selon les premières informations, le différend est lié à une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, dans laquelle « Nay Ler » aurait tenu des propos jugés menaçants et hostiles envers le groupe médiatique GFM. La teneur de ses déclarations, perçues comme une incitation à la haine ou à des représailles contre les responsables du groupe, aurait suscité une vive réaction, poussant Boubacar Ndour à saisir la justice.

Militant très actif du Pastef et connu pour sa proximité avec le Premier ministre Ousmane Sonko, Ibrahima Guèye s’est illustré ces dernières années comme une figure médiatique de la mouvance patriotique. Ses interventions sur les réseaux sociaux, souvent percutantes et engagées, lui ont valu une large audience mais aussi de nombreuses polémiques.

La Division spéciale de la cybersécurité, en charge des enquêtes liées aux contenus numériques et aux délits commis sur internet, a procédé à son audition ce vendredi avant de prononcer la mesure de garde à vue. Il devrait être présenté au procureur dans les prochaines heures, à l’issue de l’enquête préliminaire.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de forte tension entre certains militants de la majorité actuelle et des médias privés, accusés par certains d’entre eux de partialité ou de collusion avec l’ancien régime. L’arrestation de « Nay Ler » relance le débat sur la liberté d’expression, la régulation des contenus en ligne et la responsabilité des influenceurs dans l’espace numérique sénégalais.

Règlement intérieur de l’Assemblée nationale : Le Conseil constitutionnel valide l’essentiel, 4 dispositions seulement censurées

Le Conseil constitutionnel a rendu sa décision sur le nouveau Règlement intérieur de l’Assemblée nationale (RIAN), et le verdict est globalement favorable. Sur les 136 dispositions analysées, seules quatre ont été jugées contraires à la Constitution. Le groupe parlementaire Pastef–Les Patriotes, à l’origine du projet, se félicite de cette validation quasi-totale, qu’il qualifie de « confirmation de la solidité juridique du texte adopté par l’Assemblée ».

Selon une note d’Ismaël Diallo, membre du groupe Pastef, la décision de la haute juridiction concerne trois alinéas et un article. Les 132 autres dispositions ont été jugées conformes, certaines sous réserve d’une interprétation précisée par le Conseil – une méthode juridique connue sous le nom de réserve d’interprétation.

Les quatre points censurés sont les suivants :

  • Article 56, alinéa 2 : Il autorisait le président de l’Assemblée nationale à faire appel aux forces de l’ordre lorsqu’un individu convoqué par une commission d’enquête parlementaire refusait de déférer à cette convocation. Le Conseil a jugé que cette disposition outrepasse les prérogatives définies par la Constitution.
  • Article 60, alinéa 6 : Il prévoyait la radiation automatique d’un député en cas de condamnation pénale définitive entraînant la déchéance des droits civiques. Le Conseil a estimé que cette disposition introduisait une restriction que la Constitution elle-même n’établit pas, ce qui n’est pas permis à une loi organique.
  • Article 111, alinéa 6 : Il interdisait le retrait d’une motion de censure déposée sous certaines conditions. Le Conseil a rappelé qu’aucune telle interdiction n’est prévue dans la Constitution, rendant cette clause invalide.
  • Article 134 : Concernant le renouvellement des membres de la Haute Cour de justice, cet article a été censuré pour avoir omis une condition essentielle prévue par la Constitution.

Malgré ces réserves, la portée de la décision est globalement positive pour les initiateurs du nouveau règlement. Le Conseil constitutionnel a validé la quasi-totalité du texte, autorisant sa promulgation par le président de la République, à l’exception des quatre dispositions écartées.

« Il ne s’agit que d’enlever les éléments problématiques. Le reste du texte est conforme et peut entrer en vigueur », précise Ismaël Diallo, qui rappelle que les alinéas invalidés ne remettent pas en cause l’ensemble des articles concernés.

Le groupe Pastef considère cette décision comme un feu vert à la réforme du fonctionnement parlementaire. Plusieurs dispositions ont été validées avec des éclaircissements du Conseil, ce qui garantit leur conformité tout en encadrant leur mise en œuvre.

La publication de cette décision intervient dans un climat politique tendu, où certaines voix, y compris au sein de la majorité, avaient critiqué la décision du Conseil comme étant trop sévère. Mais les chiffres apportés par les députés de Pastef viennent relativiser cette perception : moins de 3 % du texte a été censuré.

La balle est désormais dans le camp du président de la République, qui peut promulguer le Règlement intérieur, après retrait des quelques éléments invalidés. L’entrée en vigueur du nouveau texte devrait marquer un tournant dans la modernisation de l’activité parlementaire sénégalaise.

Règlement intérieur censuré : Amadou Ba promet une riposte parlementaire

La polémique autour du nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale ne faiblit pas. Après la décision du Conseil constitutionnel de censurer plusieurs dispositions du texte récemment adopté par les députés, Amadou Ba, parlementaire du parti Pastef au pouvoir, annonce la poursuite du combat législatif. Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, il critique ouvertement la décision de la haute juridiction et promet d’y revenir très prochainement.

« On reviendra sur la décision du Conseil constitutionnel Inchallah », a écrit le député, s’adressant à ses abonnés avec détermination. Ce message intervient après la validation partielle, par le Conseil constitutionnel, du nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Plusieurs articles jugés contraires à la Constitution ont été invalidés, notamment ceux relatifs à la structuration des groupes parlementaires, au fonctionnement des commissions permanentes et à l’organisation du travail législatif.

L’un des aspects notables du message d’Amadou Ba est la mise en lumière du rôle de certaines figures politiques dans l’élaboration du texte. Il cite Aïssata Tall Sall, ancienne ministre de la Justice et présidente du groupe parlementaire APR, comme cosignataire du projet de règlement, aux côtés des députés Ayib Daffé et Tafsir Thioye. Ce rappel vise sans doute à souligner l’ampleur du consensus politique ayant prévalu lors de la rédaction du document, en dépit des sensibilités partisanes.

En invalidant plusieurs dispositions du texte, le Conseil constitutionnel a, selon certaines voix au sein de la majorité parlementaire, outrepassé son rôle d’arbitre pour s’ériger en censeur politique. Ce grief semble être partagé par Amadou Ba, dont la publication laisse entrevoir une volonté de contre-attaque politique, voire juridique, pour réintroduire tout ou partie des dispositions retoquées.

La décision du Conseil, intervenue dans un climat de tensions institutionnelles persistantes, est interprétée différemment selon les camps. Pour l’opposition, elle constitue un rappel à l’ordre juridique salutaire face à ce qu’elle considère comme une tentative d’hégémonie parlementaire de la majorité. Pour les partisans du pouvoir, en revanche, il s’agit d’un frein arbitraire à une réforme ambitieuse de la gouvernance parlementaire.

Dans tous les cas, le bras de fer semble désormais engagé. La perspective d’un retour du texte devant l’hémicycle, éventuellement amendé, est plausible. Et si l’on en croit les propos d’Amadou Ba, la majorité parlementaire ne compte pas reculer. Elle pourrait chercher à contourner la censure, ou à forcer un nouveau passage en force, dans les limites du droit.

Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à reprendre ses travaux, la question du règlement intérieur pourrait s’imposer comme l’un des principaux points de friction entre majorité, opposition et juridictions constitutionnelles. Une bataille institutionnelle aux enjeux politiques manifestes, dans un contexte où chaque camp cherche à consolider ses marges de manœuvre.

Sénégal–Togo : Diomaye Faye et Faure Gnassingbé s’engagent à renforcer la coopération bilatérale

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a effectué ce vendredi une visite officielle à Lomé, où il a été accueilli par son homologue togolais, Faure Essozimna Gnassingbé. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales entre les deux pays, et marque une étape importante dans la dynamique diplomatique que Diomaye Faye entend insuffler à la politique extérieure sénégalaise.

Selon une publication de la Présidence de la République du Sénégal, les échanges entre les deux chefs d’État ont permis de renouveler les liens d’amitié et de coopération entre Dakar et Lomé. Les deux présidents ont convenu de relancer la Commission mixte, un cadre stratégique destiné à identifier les opportunités de partenariat, à intensifier les échanges commerciaux et à encourager une coopération mutuellement bénéfique.

Au-delà des questions bilatérales, les deux dirigeants ont abordé les défis sécuritaires et politiques auxquels la sous-région est confrontée, notamment la menace persistante du terrorisme dans le Sahel. Ils ont réaffirmé leur volonté commune de travailler à la préservation de la cohésion régionale et de promouvoir des réponses concertées face à ces menaces.

Conflit foncier à Soussoum : les habitants exigent l’arrêt des travaux et la libération des interpellés

Un climat de tension règne dans le village de Soussoum, situé dans la commune de Ndiaganiao, où un conflit foncier oppose les populations locales aux exploitants d’une carrière de basalte. Ce vendredi, une altercation a éclaté entre des habitants en colère et des éléments de la Gendarmerie, venus encadrer les travaux controversés. En réaction, les populations ont tenu une conférence de presse au cours de laquelle elles ont exprimé leur indignation et lancé plusieurs revendications.

Selon Ndiome Thiaw, président du collectif pour la défense des terres de Soussoum, l’implantation de cette carrière constitue une agression directe contre les terres agricoles qui assurent la survie des familles. Il affirme que les habitants ont, à plusieurs reprises, manifesté pacifiquement leur opposition au projet, sans que leurs préoccupations ne soient prises en compte. « Depuis des mois, les populations de Soussoum ont exprimé pacifiquement leur refus catégorique de voir une carrière de basalte s’implanter même au cœur de leur terre agricole », a-t-il rappelé.

Le collectif déplore le recours à la force et l’absence de dialogue. Pour Ndiome Thiaw, la présence de la Gendarmerie dans la zone n’a rien de protecteur : « Aujourd’hui, la Gendarmerie est sur place non pas pour protéger les citoyens, mais pour réprimer leur légitime protestation », a-t-il dénoncé. Il qualifie la situation de « grave atteinte aux droits humains, à l’environnement, à la paix sociale et à la justice foncière ».

Sortie de promo de 1 000 volontaires agricoles : Ousmane Sonko annonce un centre de transformation pour l’employabilité des jeunes

Le Premier ministre Ousmane Sonko a marqué de son empreinte la cérémonie de sortie de la promotion de 1 000 jeunes volontaires agricoles formés dans le cadre du Programme Agricole 2025/2026. Devant une foule composée de volontaires, de formateurs, de responsables administratifs et de partenaires, le chef du gouvernement a dévoilé un projet ambitieux : la création du plus grand centre de transformation pour l’employabilité des jeunes en Afrique.

Selon M. Sonko, ce centre sera porté par la direction générale du service civique national et du volontariat, et regroupera une large gamme de métiers pour accompagner les jeunes dans leur insertion professionnelle. « Nos équipes y travaillent. Dans un futur très proche, une assiette foncière sera déployée pour édifier ce centre, qui nous permettra de cycler ou recycler une partie de notre jeunesse, d’abord dans le cadre du volontariat, ensuite dans celui de la reconversion professionnelle », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a mis en avant le rôle central du volontariat dans la dynamique de développement national. À ses yeux, le volontariat représente un véritable moteur de transformation sociale, un instrument de participation citoyenne et un levier d’engagement utile non seulement pour les jeunes, mais aussi pour les plus âgés, porteurs d’expérience et de savoir-faire. Il a d’ailleurs salué l’engagement continu des anciens directeurs du Service civique national, qui œuvrent toujours aux côtés de l’actuelle direction pour encadrer les jeunes générations de volontaires.

Soulignant le potentiel du volontariat comme outil de reconversion pour les seniors, Ousmane Sonko a évoqué les premiers résultats encourageants enregistrés au cours de l’année écoulée. Il a invité tous les acteurs impliqués à travailler de manière rigoureuse pour faire aboutir ce vaste chantier de structuration du volontariat.

Dans un appel solennel à la diaspora sénégalaise, il a exhorté les compatriotes établis à l’étranger à se joindre à cette dynamique nationale. « Le Sénégal vous appelle. Vos compétences, vos idées, vos expertises sont précieuses pour nourrir et faire grandir ce nouvel élan national », a-t-il lancé.

Le chef du gouvernement s’est également adressé aux partenaires internationaux et amis du Sénégal, les invitant à s’investir aux côtés du pays pour construire ensemble des projets porteurs de sens, durables et bénéfiques à tous.

En conclusion, Ousmane Sonko a rappelé la portée patriotique et symbolique de l’engagement volontaire. Pour lui, « le volontariat est un acte patriotique fort, un don de soi pour la nation. C’est un choix, un acte de foi pour l’avenir, une preuve d’amour pour notre cher pays. Et aujourd’hui, en lançant cette cohorte 2025, nous faisons ce pari sur l’avenir. Et ce pari, je le fais avec une grande conscience parce que je sais que le Sénégal regorge de talents, de forces vives et de cœurs prêts à servir. »

Bouba Ndour saisit la justice face aux attaques diffamatoires contre GFM : une plainte déposée à la Division spéciale de la cybersécurité

Le directeur des programmes du Groupe Futurs Médias (GFM), Boubacar Ndour, plus connu sous le nom de Bouba Ndour, a décidé de porter l’affaire sur le terrain judiciaire. Par l’intermédiaire de son avocat, Maître Baboucar Cissé, il a officiellement déposé une plainte à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC) contre plusieurs personnes qu’il accuse de propos diffamatoires, de menaces et d’injures graves relayés via les réseaux sociaux.

Selon les informations rapportées par Seneweb, trois profils distincts sont visés par la plainte : Feuz Niang, une internaute dont le numéro de téléphone est cité dans le dossier, le militant de Pastef Ibrahima Guèye, connu dans le cercle de « Nay Ler », et des individus anonymes non encore identifiés.

Dans le cas de Feuz Niang, la plainte fait état d’un message vocal WhatsApp injurieux et diffamatoire envoyé après un appel manqué. Elle y aurait proféré des propos d’une extrême violence à l’encontre de Bouba Ndour, évoquant notamment sa mère, son défunt père, ainsi que des accusations graves d’abus sexuels sur de jeunes participantes de l’émission « Sen Petit Galé ». Elle aurait aussi menacé de rendre public son numéro de téléphone, et qualifié Youssou Ndour, frère de Bouba, de « franc-maçon ».

S’agissant d’Ibrahima Guèye de « Nay Ler », la plainte évoque une vidéo virale dans laquelle ce dernier aurait lancé des menaces explicites contre le groupe GFM. Il y aurait notamment affirmé son intention « d’attaquer et d’incendier » le média, ajoutant qu’il était prêt à assumer les conséquences judiciaires d’un tel acte.

La plainte mentionne également la diffusion d’une vidéo anonyme accusant Bouba Ndour d’actes similaires à ceux dénoncés par Feuz Niang. Le contenu de cette vidéo inclut des menaces, des injures contre sa personne et son entourage familial, ainsi que des accusations dirigées contre la télévision GFM.

Le dossier repose sur une base juridique fournie. L’avocat de Bouba Ndour cite plusieurs articles du Code pénal sénégalais : l’article 258 pour les faits de diffamation et d’injures, l’article 255 pour la diffusion de fausses nouvelles, l’article 290 pour les menaces de mort, et l’article 29 pour les menaces diverses. Chaque chef d’accusation est accompagné d’une explication juridique précise sur la nature et la gravité des infractions visées.

Selon les termes de la plainte, Bouba Ndour motive sa démarche par la gravité exceptionnelle des faits et l’impact moral et professionnel qu’ils entraînent. Il demande à ce que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur, y compris à l’encontre des auteurs encore inconnus qui seraient identifiés au cours de l’enquête.

Cette affaire intervient dans un contexte de polarisation croissante entre les médias, les acteurs politiques et certains segments de l’opinion publique sur les réseaux sociaux. Elle pose à nouveau la question de la régulation du numérique, du respect de la vie privée et des limites de la liberté d’expression dans un environnement où les diffamations et les attaques personnelles se multiplient. En portant plainte, Bouba Ndour entend faire un exemple pour rappeler que les réseaux sociaux ne sont pas des zones de non-droit.

Ousseynou Ly défend la discrétion : « Un bon chef ne règle pas ses désaccords en public »

Le porte-parole de la Présidence, Ousseynou Ly, était l’invité de l’émission « Débat de Fond » diffusée ce mercredi sur la chaîne 2STV. Dans un contexte politique marqué par des tensions perceptibles au sein du parti Pastef, M. Ly a tenu à réaffirmer sa vision de la gestion des divergences internes, prônant la discrétion et le respect des formes.

Réagissant à la récente sortie du Premier ministre Ousmane Sonko, qui évoquait publiquement certains désaccords ou malaises au sommet de l’État, Ousseynou Ly a adopté un ton posé mais ferme. Il a d’abord tenu à rappeler que M. Sonko porte deux responsabilités distinctes : « Il ne faut pas oublier qu’il a une double casquette : celle de Premier ministre et celle de président du parti. Il incarne l’un ou l’autre en fonction des circonstances. À chacun d’en faire sa propre lecture. »

Mais c’est surtout sur la forme des critiques publiques que le porte-parole présidentiel s’est voulu clair. Pour lui, les désaccords ne doivent pas être exposés sur la place publique, surtout lorsqu’ils concernent des figures de responsabilité. « Moi, j’ai un principe. Quand j’ai quelque chose à dire, je ne le fais jamais en public. Qu’il s’agisse de la gestion du parti ou de l’État, si je suis en désaccord, je passe par les canaux appropriés. Si cela concerne une personne que je connais, je l’appelle ou je vais le voir directement. On ne critique pas une autorité en public. Un bon chef ne devrait pas agir ainsi. »

Cette posture, Ousseynou Ly l’assume pleinement, quitte à être mal interprété ou attaqué dans les rangs militants. « Si certains me traitent de traître ou autre à cause de cette posture, peu importe. Mais c’est comme cela que je fonctionne. Je ne critique pas en public », a-t-il conclu.

Ses propos interviennent dans un climat où les rumeurs de divisions au sein de Pastef et d’un début de brouille entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Sonko alimentent le débat public. En se positionnant comme défenseur de la retenue, Ousseynou Ly semble vouloir calmer le jeu et rappeler l’importance de l’unité, tant dans l’exercice du pouvoir que dans les dynamiques partisanes internes.

Pastef secoué par des rumeurs de clans : Ousseynou Ly appelle à l’unité et dédramatise les tensions

Face à la montée des spéculations sur l’existence de clans au sein du parti Pastef, alimentées par des propos récents du Premier ministre Ousmane Sonko, le porte-parole de la Présidence, Ousseynou Ly, est monté au créneau pour apaiser les tensions et réaffirmer son attachement à l’unité du parti. Invité sur le plateau de la 2STV mercredi soir, il a tenu à clarifier sa position et à balayer les allégations de divisions internes.

Réagissant aux déclarations d’Ousmane Sonko qui, dans un entretien, évoquait l’émergence de camps distincts au sein du mouvement, Ousseynou Ly a tenu à relativiser les choses : « Ousmane Sonko est le leader du parti, il est au contact de tout le monde, il sait peut-être des choses que j’ignore. Mais en ce qui me concerne, je n’appartiens à aucun clan. Nous ne devons pas accepter l’existence de clans au sein de Pastef. » Une déclaration ferme, qui se veut une réponse directe aux rumeurs persistantes circulant sur les réseaux sociaux et dans certains cercles militants.

Soulignant la force de son engagement politique, Ousseynou Ly a affirmé qu’il n’a jamais cru à la logique de clans. « Depuis mon engagement dans Pastef, je n’ai jamais cru à ces histoires de clans. Personne ne pourra me faire adhérer à cette logique. Mon engagement est resté intact », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité de rester fidèles aux valeurs fondatrices du parti.

Dans un contexte marqué par des commentaires sur une supposée tension entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, née de propos sur un « problème d’autorité », Ousseynou Ly a préféré recentrer le débat sur l’essentiel : la cohésion interne. « Il y a toujours des épreuves, que l’on soit au pouvoir ou dans l’opposition. Ce sont des tests. Je prie pour que nous les surmontions ensemble. Pourquoi devrions-nous accepter cet esprit de clans ? Nous devons le rejeter », a-t-il lancé avec gravité.

Par ces propos, le porte-parole tente visiblement de désamorcer une situation qui, si elle n’est pas contenue, pourrait fragiliser l’image de cohésion du parti au pouvoir. Alors que les projecteurs sont braqués sur l’exécutif, cette sortie publique se veut un rappel à l’ordre fraternel, une invitation à l’unité et une alerte contre les risques de fractures internes.

À travers cette déclaration, Ousseynou Ly semble également vouloir rassurer les militants de Pastef et l’opinion publique : malgré les divergences, le socle militant du parti demeure soudé autour de son projet politique. Reste à savoir si cet appel à l’unité sera entendu dans les rangs du parti, à un moment où les jeux de positionnement au sein du pouvoir attisent les convoitises.

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Balance commerciale : quand le gouvernement applaudit ce qui devait l’inquiéter ( Par Thierno Bocoum )

Le gouvernement sénégalais a salué avec enthousiasme la progression des exportations, relayant les chiffres de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) en 2024 comme un signal fort d’un redressement économique en marche. 

Les exportations ont en effet bondi de 21,3 %, atteignant 3 909,1 milliards de FCFA tandis que les importations reculaient légèrement de 0,6 % à 7 161,4 milliards. Le déficit commercial s’est ainsi réduit de manière notable. 

Pourtant, derrière ce vernis statistique et cette narration triomphante se dessine une réalité plus inquiétante, bien éloignée des ambitions de transformation structurelle du pays.

Ce sont avant tout les matières premières brutes qui portent cette dynamique. Le pétrole brut, l’or non monétaire et les conserves de poisson concentrent l’essentiel des gains. Le pétrole a rapporté 464,6 milliards de FCFA, l’or 588,5 milliards et les conserves de poisson 67,1 milliards. Des chiffres en hausse, certes, mais qui ne doivent pas faire oublier leur nature profondément extractive et peu industrialisée. 

Le pays ne transforme que marginalement ce qu’il produit. Même les produits pétroliers raffinés dont les exportations se sont élevées à près de 792 milliards de FCFA, proviennent en partie d’importations ou d’un raffinage local encore trop limité. Le Sénégal exporte ce qu’il extrait plus qu’il ne transforme, exposant son économie aux chocs des marchés mondiaux et aux cycles de prix qu’il ne maîtrise pas.

Dans le même temps, la baisse des importations ne peut sérieusement être interprétée comme une montée en autonomie productive. Elle résulte d’une contraction préoccupante de la demande intérieure. Les produits finis destinés à la consommation ont chuté de 22,8 %, ceux pour l’industrie de 32,3 %. Derrière ces chiffres, il y a une pression fiscale qui étrangle les capacités d’importation, un pouvoir d’achat en berne et un climat économique morose qui bride la consommation et l’investissement. 

Moins d’importations ne veut pas dire plus de production locale mais plutôt une raréfaction des biens, une baisse de diversité sur les marchés et une économie en repli masqué.

Ce double constat ( une croissance extractive et une consommation bridée) devrait alerter. Le Sénégal ne peut durablement construire sa prospérité sur la rente pétrolière et minière, ni se satisfaire d’un commerce extérieur dominé par des matières premières. 

Le défi n’est pas de vendre plus mais de transformer mieux. 
De produire localement, de créer de la valeur, de structurer un tissu industriel capable de répondre aux besoins internes tout en s’ouvrant à l’exportation. 

La récente entrée en production pétrolière n’aura de sens que si elle s’accompagne d’une montée en puissance rapide du raffinage national, d’une politique industrielle cohérente et d’un soutien actif aux filières à haute valeur ajoutée.

Cette tribune n’est pas un plaidoyer contre les chiffres mais une invitation à en interroger le sens. Les performances de 2024 masquent des vulnérabilités profondes. Sans volonté politique forte pour rééquilibrer les priorités, le Sénégal restera prisonnier d’un modèle extractif où les ressources sortent vite mais où la richesse tarde à s’ancrer. 

La croissance statistique ne peut être une fin en soi. L’histoire économique a montré que seuls les pays capables de transformer leurs matières premières, d’investir dans l’industrie et de stimuler leur marché intérieur réussissent à se hisser durablement vers le développement. C’est à ce prix que les succès du commerce extérieur deviendront autre chose qu’un feu de paille.

Thierno Bocoum
Président AGIR-LES LEADERS

Affaire « Kocc Barma » : vers le démantèlement d’un vaste réseau de délinquance numérique

L’arrestation de El Hadji Ibrahima Dioum, plus connu sous le pseudonyme de « Kocc Barma », marque un tournant décisif dans la lutte contre la cybercriminalité au Sénégal. Ce dernier, présenté comme le cerveau d’un réseau actif dans la diffusion illégale de contenus intimes et immoraux, a été récemment écroué par le doyen des juges. Mais l’affaire est loin d’être close. Elle ne fait que commencer, selon les dernières révélations du journal Libération.

Le magistrat instructeur a en effet délivré une délégation judiciaire à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), leur confiant la mission d’identifier, arrêter et présenter toutes les personnes impliquées dans cette affaire tentaculaire. Dans le cadre de cette instruction, les enquêteurs ont déjà mis un nom sur deux complices présumés de Dioum. Ces individus seraient chargés de collecter des fonds auprès de victimes, dont les images intimes avaient été publiées ou menacées de l’être, dans un système bien huilé mêlant chantage, extorsion et harcèlement numérique.

Les chefs d’accusation retenus contre « Kocc Barma » dressent le portrait glaçant d’un cybercriminel multirécidiviste. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs, stockage et diffusion de données personnelles, publication d’images pédopornographiques, atteinte à la vie privée, extorsion de fonds, menaces, chantage, mais aussi blanchiment de capitaux et faux sur des documents administratifs. Une liste accablante qui illustre l’ampleur du préjudice causé à de nombreuses victimes, souvent jeunes et exposées à l’humiliation publique.

Hier encore, une nouvelle plainte avec constitution de partie civile a été déposée devant le doyen des juges. Cette fois, il s’agit de la chanteuse Mbathio Ndiaye, dont les images personnelles auraient été illégalement utilisées ou menacées de diffusion par le réseau. Elle rejoint ainsi d’autres figures publiques ou anonymes qui, au fil des années, ont vu leur vie privée piétinée sur les réseaux sociaux ou sur des plateformes anonymes.

Ce nouveau développement conforte les autorités judiciaires dans leur volonté de neutraliser entièrement le réseau. Il ne s’agirait pas simplement d’un individu isolé, mais d’un système structuré, avec ses relais, ses financiers et ses stratégies d’intimidation. L’enquête en cours pourrait ainsi révéler d’autres ramifications, notamment à l’étranger, et aboutir à des arrestations en chaîne dans les jours à venir.

L’affaire « Kocc Barma » réveille aussi un débat plus large sur la régulation des contenus numériques et la protection de la vie privée dans un environnement digital où l’anonymat favorise souvent l’impunité. Face à la gravité des faits et à l’onde de choc provoquée par cette affaire, les autorités semblent déterminées à frapper fort pour restaurer l’ordre et la dignité dans l’espace numérique sénégalais.

Affaire des navires fantômes : premières arrestations dans un scandale à 845 milliards de FCFA

Un nouveau tournant majeur a été pris dans l’affaire dite des “navires fantômes”, qui secoue depuis plusieurs mois les milieux portuaires et fiscaux sénégalais. La Division des investigations criminelles (DIC) a procédé ce mercredi 24 juillet aux premières interpellations dans cette vaste affaire de fraude fiscale et de non-respect des engagements douaniers impliquant la société Mc Dermott Marine Construction Ltd et plusieurs partenaires locaux.

Parmi les personnes arrêtées figurent le Mauricien Cooshna Sandeep, directeur général de Oma Logistics Sénégal SA, la Française Emilie Suzanne Nabou Dépina, directrice générale de Oma Sénégal, ainsi que deux Sénégalais : Joseph Barthélémy Diouf, directeur général de la société ETLS, et Mouhamadou Moctar Faye, conseiller juridique et fiscal. Ce dernier aurait signé un contrat de représentation avec le cabinet d’avocats Baker McKenzie, chargé de défendre les intérêts de Mc Dermott Marine Construction Ltd.

Déférés dans la même journée devant le parquet financier, les mis en cause sont poursuivis pour “fraude fiscale, exportation sans déclaration et non-respect des engagements souscrits” portant sur un montant astronomique de 845,051 milliards de FCFA. D’après le journal Libération, ils ont bénéficié d’un retour de parquet et devraient être édifiés sur leur sort ce jeudi.

L’affaire a éclaté en 2023, à la suite d’un contrôle effectué par les Douanes sénégalaises au siège de la société Conseil et gestion du transit au Sénégal (CGTS), dans le cadre de la vérification du sommier n°S0600/2022/105/50582, relatif à l’admission temporaire du navire Amazon, appartenant à Mc Dermott Marine Construction Ltd et engagé dans le projet gazier GTA. Sur place, les autorités douanières ont appris que le dossier avait été transféré à Oma Logistics Sénégal SA.

Les investigations ont ensuite conduit à l’interrogatoire de deux responsables de Oma Logistics Sénégal, Wowo Diop, logistic manager, et Adama Mbengue, chef de transit. Ils ont déclaré que le navire Amazon avait quitté les eaux sénégalaises depuis longtemps. Cependant, aucune déclaration de réexportation de type R6, assortie d’une autorisation de sortie, n’avait été enregistrée, en violation manifeste du Code des Douanes.

L’approfondissement de l’enquête a mis en lumière l’existence de neuf autres navires de Mc Dermott Marine Construction Ltd dans une situation similaire d’irrégularité. Il s’agit notamment des navires Amazon Imo 9698094, North Purpose, North Ocean 102, DLV2000, Waves, Stars, Ocean, Lay Vessel 108, Maersk Inventor et Highland Chieftain. Selon les éléments recueillis, six de ces navires ont effectivement opéré dans les eaux sénégalaises entre 2022 et 2023, avant de les quitter sans avoir respecté les procédures de réexportation. Quant aux quatre autres, ils n’ont jamais accosté au Sénégal, bien qu’ayant bénéficié d’une autorisation exceptionnelle d’admission temporaire.

Une réquisition adressée à l’État-major de la Marine nationale sénégalaise est venue confirmer les constats du Bureau des Douanes de Dakar-Port Sud. Les dix navires sont ainsi susceptibles de faire l’objet de poursuites pour exportation sans déclaration, manquement aux obligations douanières et fraude fiscale à grande échelle.

Commerce extérieur : les exportations sénégalaises en forte progression, les importations en repli en mai 2025

L’activité commerciale du Sénégal avec l’étranger a connu des dynamiques contrastées en mai 2025. Selon le dernier bulletin mensuel publié par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les exportations ont affiché une hausse significative sur un an, malgré un léger recul mensuel, tandis que les importations ont fortement diminué par rapport au mois précédent.

Les exportations se sont élevées à 469,7 milliards de FCFA en mai 2025, enregistrant une baisse marginale de 0,05 % par rapport aux 469,9 milliards de FCFA du mois d’avril. Ce fléchissement est notamment dû à la chute des ventes à l’extérieur d’huiles brutes de pétrole, de poissons frais de mer et de zirconium. Toutefois, cette tendance a été contrebalancée par une forte progression des exportations de produits pétroliers raffinés, d’acide phosphorique et d’or non monétaire, qui ont connu des hausses respectives de 46,4 %, 184 % et 26,5 % en un mois.

Comparées à mai 2024, les exportations sénégalaises ont bondi de 74,1 %, atteignant un cumul de 2 325,7 milliards de FCFA sur les cinq premiers mois de l’année, contre 1 413,8 milliards sur la même période en 2024, soit une croissance annuelle de 64,5 %. Les produits les plus exportés en mai sont les produits pétroliers raffinés (102,1 milliards de FCFA), les huiles brutes de pétrole (73,2 milliards), l’or non monétaire (65,2 milliards), l’acide phosphorique (25,0 milliards) et les poissons frais de mer (19,9 milliards de FCFA).

En parallèle, les importations ont connu un net recul, s’établissant à 557,4 milliards de FCFA en mai 2025, contre 619,7 milliards en avril, soit une baisse de 10,1 %. Ce repli s’explique par une diminution des achats de riz, de produits pétroliers raffinés, de véhicules terrestres et de blé. À l’inverse, les importations de maïs, de matériaux céramiques et verriers, ainsi que de produits chimiques ont légèrement progressé, atténuant la chute globale.

Sur une base annuelle, les importations ont reculé de 8,6 % par rapport à mai 2024. Toutefois, sur les cinq premiers mois de l’année, elles affichent une hausse de 5,2 %, atteignant un total de 3 023,8 milliards de FCFA contre 2 874,5 milliards l’an dernier. Les produits les plus importés durant cette période restent les produits pétroliers raffinés (119,9 milliards), les machines et appareils (48,6 milliards), les huiles brutes de pétrole (44,5 milliards) et le riz (35,6 milliards).

Concernant les partenaires commerciaux, le Sénégal continue de diversifier ses échanges. Le Mali demeure le premier client du pays avec 18,6 % des exportations, suivi par l’Inde (12,2 %), la Suisse (9,4 %), l’Italie (8,4 %) et les Pays-Bas (7,7 %). Du côté des importations, les principaux fournisseurs sont la Chine (12,3 %), la France (8,7 %), le Nigéria (8,1 %) et la Russie (8,0 %).

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 23 juillet 2025

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique :
•       Colonel Momar SOW, Conservateur des Parcs nationaux, matricule de solde n°614 827/D, est nommé Directeur des Aires marines communautaires protégées, en remplacement du Colonel Mamadou SIDIBE.
Au titre du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique :
•       Abdoul Aziz ZOUMAROU, Expert en gestion de projets internationaux et en innovation technologique, est nommé Président du Conseil d’Administration de Télédiffusion du Sénégal (TDS), en remplacement de Monsieur El Hadji Ibrahima Ndiaye.
Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action sociale
•       Monsieur Alassane DIALLO, expert en finances, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au ministère de la Santé et de l’Action sociale, en remplacement de Monsieur Ousseynou Ngom.
Au titre du Ministère du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions
•       Madame Ramatoulaye NIANG, Inspecteur du Travail et de la Sécurité sociale, matricule de solde n606 931/E, précédemment Directeur des Relations de Travail et des Organisations Professionnelles, est nommée Directeur général du Travail et de la Sécurité sociale, en remplacement de Monsieur Karim CISSE, appelé à d’autres fonctions.
•       Monsieur Mouhamed Mactar LOUM, Inspecteur du Travail et de la Sécurité sociale, matricule de solde n604 462/J, précédemment Coordonnateur de la Cellule de Coordination des Inspections du Travail et de la Sécurité sociale à la Direction générale du Travail et de la Sécurité sociale, est nommé Directeur des Relations de Travail et des Organisations Professionnelles, en remplacement de Madame Ramatoulaye NIANG.
Au titre du Ministère de l’Education nationale :
•       Monsieur Papa Malick NDAO, Administrateur civil principal de classe exceptionnelle, matricule de solde 516 360/M, est nommé Secrétaire général du Ministère de l’Education nationale en remplacement de Madame Khady Diop MBODJ, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

•       Monsieur Omar BA, Conseiller des Affaires étrangères, précédemment, chef de la division Moyen-Orient à la Direction Asie, Pacifique et Moyen-Orient au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères est nommé Secrétaire général de l’Institut Islamique de Dakar, poste vacant.

Au titre du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire

•       Madame Ndèye Déguène SOW, Administrateur Civil, matricule de solde 722 203/B précédemment Conseillère technique à la direction de la Programmation budgétaire, est nommé Secrétaire général du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire en remplacement de Monsieur Gorgui NDIAYE.

•       Monsieur Amadou Tidiane DIALLO, Ingénieur agronome, Diplômé de l’ENSA de Thiès, précédemment Directeur des Investissements, du Financement et du suivi des portefeuilles au FONAMIF, est nommé Directeur général du Fonds National de Microfinance (FONAMIF), en remplacement de Madame Nicole Olga Edith MANSIS appelé à d’autres fonctions.

•       Monsieur Papa Layti NDIAYE, Conseiller en Planification, matricule n° 601 494/H, est nommé Président du Conseil de Surveillance du Fonds de Développement de la Microfinance Islamique (FDMI).

Au titre du Ministère de l’Urbanisme des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires
•       Monsieur Seydou TOUNKARA, greffier, est nommée Président du Conseil de Surveillance de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC) au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Monsieur Samba SALL.
•       Monsieur Matar NDAO, ingénieur informatique, expert en management de projets, est nommé directeur général de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC) au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Monsieur Aliou Ousmane SALL.
•       Monsieur Papa Alioune DIOUF, inspecteur des impôts et domaines, matricule de solde n 696.269/B, est nommé Secrétaire général au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, poste vacant.
•       Monsieur Leyti NDIAYE, Ingénieur territorial, expert en systèmes d’information, aménagement et urbanisme, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale de l’Aménagement des Territoires (ANAT) au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Monsieur Ousmane SECK.
•       Monsieur Habib KANE, juriste, est nommé Président du Conseil d’administration du Centre National de la Fonction publique locale et de la formation au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Madame Maatham BA.

Communique du conseil des ministres du Mercredi 23 juillet 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 23 juillet 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

 A l’entame de sa communication, le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir présidé, le jeudi 17 juillet 2025, la cérémonie de lancement des travaux de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Il a adressé ses chaleureuses félicitations et ses encouragements au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, au Coordonnateur et aux membres du Comité d’appui, à l’ensemble de la communauté universitaire, dans toutes ses composantes, pour le travail inclusif de redressement entamé. Cette volonté commune et l’engagement patriotique collectif permettront de bâtir, sur la base de notre potentiel culturel. des acquis historiques et des réorientations impératives pour une Université d’Excellence, un système d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation rénové et moderne, au service de l’économie nationale, de la transformation sociale et de la souveraineté du Sénégal. C’est dans cet esprit et, en attendant la présentation des conclusions et recommandations des concertations, qu’il a demandé au Premier Ministre de veiller à la mise en œuvre. sans délai, du Plan d’urgence de finition des chantiers, de réalisation d’infrastructures universitaires et de recrutement d’enseignants-chercheurs sur les trois prochaines années, dont 500 à partir de 2025.  
 
Ce Plan exhaustif doit être assorti d’un dispositif de suivi de proximité, en adéquation avec les flux des nouveaux étudiants bacheliers entrants et des sortants. A cet égard, le Président de la République a demandé au Ministre en charge de l’Enseignement supérieur de poursuivre le développement de l’Université virtuelle du Sénégal et l’implantation des ISEP dans toutes les régions. Au demeurant, il a rappelé aux Ministres en charge de l’Enseignement supérieur et de l’Education l’importance d’engager, dans l’immédiat, après une analyse approfondie des résultats de 2025, les réflexions sur la réforme de l’examen du baccalauréat et du système LMD, en tenant compte des besoins de professionnalisation du capital humain national et de la montée en puissance du Numérique, de l’Intelligence artificielle et des Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques (STEM). Par ailleurs, il a rappelé l’urgence de finaliser, dans le cadre de partenariats public-privé, l’élaboration inclusive d’une politique nationale de recherche et d’innovation opérationnelle, cohérente et prospective, conforme aux objectifs de la vision « Sénégal 2050 », soutenue par des mécanismes de financements adaptés. A ce titre, il a souligné la place notable du secteur privé, notamment des établissements privés, dans le développement de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Le Chef de l’Etat a, dès lors, exhorté toutes les parties prenantes de la communauté universitaire à asseoir, dans un esprit de dialogue permanent, la stabilité sociale, le sens des responsabilités et la solidarité agissante, la qualité, l’équité et l’excellence du modèle pédagogique, économique et de gouvernance : ressources financières et humaines en termes de mobilité dans l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation.
 
Le Président de la République est revenu sur la problématique du suivi stratégique du développement maitrisé du secteur de l’hydraulique. La renégociation et la signature, entre l’Etat du Sénégal et le Groupe saoudien ACWA POWER, du nouveau contrat de PartenariatPublic-Privé pour la réalisation d’une usine de dessalement sur la grande côte, avec ses infrastructures électriques connexes et une prise de participation stratégique de l’Etat, marquent un tournant majeur dans notre option de consolider un Sénégal souverain, juste et prospère. Cet acte représente un moment important de la transformation du secteur de l’hydraulique. Il a félicité la partie saoudienne, le Gouvernement, notamment le Premier Ministre, responsable de la renégociation des contrats mais également de la supervision et du suivi de la coopération et des partenariats avec les pays du Golfe persique, selon la directive présidentielle n°0684/PR du 13 décembre 2024. Il a aussi magnifié le travail d’équipe gouvernementale remarquable qui a contribué à la conclusion du nouveau contrat et félicité les Ministres en charge de l’Hydraulique, de l’Economie, de l’Energie, des Finances, de l’Environnement et l’ensemble des structures impliquées (notamment la SONES et la SENELEC) pour leur efficacité exemplaire. Il a demandé au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de veiller au lancement, dans les meilleurs délais, de ce projet hydraulique de dernière génération, indispensable pour améliorer durablement l’approvisionnement en eau potable des populations dans les centres urbains et péri-urbains, notamment les habitants de la capitale. 
 
Dans le même élan, le Président de la République a indiqué au Gouvernement l’importance et l’urgence de veiller à l’approvisionnement correct en eau potable des populations en milieu rural : 
 
–       en accélérant le renouvellement des forages, châteaux d’eau et réseaux ;
–       en améliorant la gouvernance inclusive des forages et autres infrastructures hydrauliques ainsi que la continuité des services, en relation avec les différents concessionnaires dont les performances doivent être régulièrement évaluées.
Enfin, il a rappelé au Gouvernement la nécessité de faire adopter, avant la fin de l’année, le projet de loi relatif à l’Autorité de régulation du secteur de l’Eau, dans le cadre des réformes majeures liées à la Vision Sénégal 2050.
Le Chef de l’Etat a abordé la question de la sanctuarisation des emprises à caractère militaire. Le Sénégal vient de récupérer, le 17 juillet 2025, dans la sérénité et le sens des responsabilités, la totalité des emprises militaires, précédemment occupées par des forces armées étrangères, mettant fin à leur présence permanente sur le territoire national. Il a informé le Conseil avoir visité, le samedi 19 juillet 2025, une partie des sites libérés. Il a félicité le Gouvernement et les forces armées sénégalaises pour les efforts remarquables d’anticipation consentis qui ont permis de recouvrer la pleine souveraineté du Sénégal sur l’ensemble du territoire national, dans le cadre de la nouvelle politique de coopération militaire. Il a rappelé le caractère crucial de cette étape, dans la perspective de l’affectation adéquate des emprises libérées selon les impératifs : 
 
–       de défense et de sécurité nationale ; 
–       de valorisation de leur potentiel économique dans le cadre du déploiement des projets et programmes relevant de l’Agenda national de Transformation Vision Sénégal 2050. 
Le Président de la République est revenu sur la question de la modernisation des marchés et des espaces commerciaux et de la mise en œuvre des recommandations des états généraux de l’Industrie, du Commerce et des PME-PMI. L’amélioration des conditions d’organisation et d’exercice des activités commerciales doit rester une priorité du Gouvernement. Il a demandé aux Ministres en charge du Commerce et des Collectivités territoriales d’accélérer la mise en œuvre des projets et programmes de modernisation des marchés et espaces commerciaux sur l’ensemble du territoire national. Il a souligné l’urgence de la mise en service des marchés et espaces commerciaux déjà réalisés comme celui de Tilène à Ziguinchor, en veillant à la vérification systématique des prescriptions de la protection civile et à la mise aux normes des installations électriques en particulier. En outre, il a demandé au Ministre en charge du Commerce d’engager sans délai, l’application des recommandations issues des Etats généraux de l’Industrie, du Commerce et des PME-PMI, s’agissant de la modernisation des installations commerciales. Par ailleurs, il a donné des instructions pour accélérer la mise en œuvre du Programme national de réalisation d’infrastructures de stockage et de conservation, programme à développer avec le secteur privé national.
Au titre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat a informé le Conseil qu’il effectuera une visite de travail au Togo, le 25 juillet 2025, à l’invitation du Président du Conseil des Ministres, Faure EYADEMA. Le samedi 26 juillet 2025, il prendra part, à
Monrovia, à la célébration de la fête nationale du Libéria, à l’invitation du Président Joseph Boakai.
Le Premier Ministre, après avoir rappelé les constats alarmants du rapport d’audit des finances publiques par la Cour des comptes, a annoncé au Conseil le plan gouvernemental de redressement économique de notre pays qui sera présenté au grand public et aux partenaires à travers un agenda qui sera communiqué ultérieurement. Le Premier Ministre a abordé la problématique de l’équité sociale, de l’équité territoriale et l’accélération de projets structurants dans les domaines de l’agriculture, de l’eau et de l’énergie. Il a souligné le caractère important de l’équité sociale et de l’équité territoriale qui constituent un facteur essentiel de cohésion nationale et de développement durable. Il a ensuite exprimé le souci de corriger les inégalités et déséquilibres socio-spatiaux vécus par des millions de citoyens du fait notamment du chômage, de la pauvreté, de l’enclavement, de la situation de handicap ou de l’appartenance à des groupes vulnérables comme les femmes et les enfants. Il a insisté sur la nécessité de résorber ces inégalités de manière structurelle.
Le Premier Ministre a indiqué que l’équité ne doit plus être perçue comme une politique sociale parmi d’autres. Elle est désormais, à l’image de la problématique environnementale, une exigence transversale, qui interpelle les ministères, collectivités et agences publiques. L’équité doit donc obéir à la nécessité de garantir une juste répartition des opportunités, ressources et retombées des politiques publiques et l’exigence d’une participation transversale de tous les acteurs économiques et sociaux à la mise en œuvre des actions entreprises. Le Premier Ministre a enfin demandé à chaque département ministériel d’intégrer la dimension « Équité » dans sa politique sectorielle et dans le dialogue avec tous les partenaires. Il a invité le Ministre de la Famille et des Solidarités à s’atteler à la prise en charge intégrale de l’Équité à travers un Programme national d’Equité sociale (PNES) visant à réduire les inégalités et à promouvoir l’inclusion des populations vulnérables identifiées dans le Registre national unique (RNU) et un Programme national d’Equité territoriale (PNET) pour corriger les disparités.  Concernant l’accélération des projets structurants dans les domaines de l’agriculture, de l’eau et de l’énergie, le Premier Ministre a indiqué qu’il s’agit, d’une part, du Programme National des Agropoles du Sénégal (PNDAS) et, d’autre part, de deux infrastructures majeures dans les secteurs de l’eau et de l’énergie : l’unité de dessalement des Mamelles et le barrage hydroélectrique de Sambangalou. Ces projets portent une ambition partagée : renforcer notre souveraineté économique, sécuriser l’accès à des services essentiels et offrir de nouvelles perspectives d’emplois et d’industrialisation sur l’ensemble du territoire. Le Programme National des Agropoles du Sénégal (PNDAS) vise à développer des pôles agro-industriels à fort potentiel, en articulant production agricole, transformation locale et création d’emplois avec la mise en place de cinq agropoles et une couverture équilibrée du territoire national.
À ce jour, les agropoles Sud (Ziguinchor, Kolda) et Centre (Kaolack, Fatick, Kaffrine) sont en cours d’exécution, avec des financements significatifs mobilisés auprès de l’Etat, la Banque africaine de développement (BAD), la Banque islamique de développement (BID), l’Union Européenne (UE) et l’Agence belge de coopération internationale (ENABEL). Ces deux agropoles représentent déjà plus de 160 milliards FCFA d’investissement et visent la création de plus de 350 000 emplois directs et indirects.
L’Agropole Nord, dont le coût est estimé à près de 184 milliards FCFA, a bénéficié d’un premier engagement de la BAD. Toutefois, la convention complémentaire de financement avec la BID (57 milliards FCFA), soumise depuis 2024, reste non signée, ralentissant son lancement. Au-delà des questions de financement, plusieurs facteurs sont à relever, à savoir, la gouvernance du dispositif national et régional, le recrutement des partenaires stratégiques et l’approvisionnement agricole. Le Premier Ministre a demandé aux ministres en charge de l’Industrie et de l’Agriculture de faire une revue complète de l’état d’avancement et des contraintes opérationnelles et de produire un rapport détaillé au plus tard le 25 août 2025.
L’unité de dessalement des Mamelles est d’une importance capitale dans un contexte de pression croissante sur les ressources en eau potable à Dakar. Elle vise à produire jusqu’à 100
000 m³ d’eau/jour à terme. À date, le taux d’avancement est estimé à 78 % et les travaux de réseau de distribution sont déjà bien engagés dans plusieurs zones de la capitale.
Le barrage hydroélectrique de Sambangalou, projet régional porté par l’OMVG, vise la production de 128 MW pour les États membres. L’avancement des travaux est actuellement de 38 %, mais ceux du génie civil sont suspendus depuis mars 2024.
Le Premier Ministre a demandé aux ministres en charge de l’Économie et du Plan, des Finances, de l’Hydraulique, de l’Énergie, de l’Agriculture et de l’Industrie de travailler, de manière concertée, à l’identification de solutions à court terme (paiement, arbitrage budgétaire, contractualisation) à soumettre avant la date du 15 septembre et à la mise en place d’un suivi renforcé, appuyé par le BOCS. Enfin, il a insisté sur la mobilisation collective pour relancer efficacement les chantiers et répondre aux attentes légitimes des populations.
 AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :
–       Le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération a fait une communication sur le financement des projets, la budgétisation, et la stratégie d’endettement ;
–       le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique a fait une communication relative à la préparation de la campagne de reboisement 2025 et du week-end de lancement de la campagne les 02 et 03 août 2025 ;
–       le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication sur la situation hebdomadaire de la gestion des inondations ;
–       le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a fait une communication sur la stratégie numérique du Sénégal à travers le déploiement de l’outil de gestion électronique du courrier (SENGEC).
AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES, 
le Conseil a examiné et adopté : le Projet de Code du sport relatif à la Loi sur les activités physiques et sportives. 

Crise dans la Justice : les syndicats SYTJUST et UNTJ durcissent le ton face au silence du gouvernement

Le bras de fer entre les travailleurs de la justice et les autorités sénégalaises prend une nouvelle tournure. L’Entente SYTJUST–UNTJ, regroupement des deux principaux syndicats du secteur, a annoncé une grève de 48 heures pour les 24 et 25 juillet 2025. Cette décision fait suite à ce que les syndicalistes dénoncent comme un mutisme prolongé et méprisant des autorités, notamment du ministre de la Justice, Ousmane Diagne.

Depuis plusieurs semaines, les syndicats protestent contre la non-satisfaction de leurs revendications relatives à leurs conditions de travail et au respect de leurs droits professionnels. Mais selon eux, l’attitude du ministre de tutelle, qu’ils accusent de fuir ses responsabilités, a contribué à envenimer la situation. Ousmane Diagne, affirment-ils, n’a engagé aucun dialogue ni pris la moindre initiative pour désamorcer la crise, préférant transférer la gestion du conflit au ministère de la Fonction publique. Or, la seule rencontre tenue avec ce dernier interlocuteur remonte au 1er juillet, sans qu’aucune suite concrète n’ait été donnée depuis.

Dans leur déclaration, les responsables syndicaux s’indignent du « mépris institutionnalisé » dont ils se disent victimes. Ils estiment que le silence persistant du gouvernement est une stratégie délibérée visant à affaiblir leur mobilisation. Ce mépris, dénoncent-ils, est d’autant plus grave que l’État aurait également recours à des réquisitions qu’ils jugent illégales, dans le but d’entraver l’exercice du droit constitutionnel de grève. Une telle attitude, affirment-ils, constitue une menace pour les droits syndicaux et les acquis démocratiques durement obtenus.

Déterminés à ne pas céder face à ce qu’ils considèrent comme une forme d’intimidation, les syndicats appellent à une mobilisation générale sur toute l’étendue du territoire. Ils exhortent non seulement les travailleurs de la Justice, mais aussi toutes les centrales syndicales et les organisations sociales, à se joindre à leur lutte pour la sauvegarde des droits syndicaux et la défense de la dignité des agents de l’État. À travers ce mot d’ordre élargi, l’Entente SYTJUST–UNTJ veut faire de ce mouvement un combat national pour les libertés syndicales.

Cette grève de 48 heures marque une étape importante dans un mouvement qui dure depuis plus d’un mois, depuis le 18 juin. Elle symbolise une radicalisation de la lutte syndicale et un durcissement du ton face à des autorités perçues comme indifférentes aux préoccupations du secteur judiciaire. Les syndicats préviennent que la mobilisation se poursuivra et que le combat ne s’arrêtera que lorsque leurs revendications auront été entendues et prises en compte.

À travers leur mot d’ordre fort, « Justice en lutte, dignité en marche », les syndicats entendent rappeler que derrière chaque robe noire ou chaque greffier, il y a un travailleur debout, conscient de ses droits et prêt à les défendre. La balle est désormais dans le camp du gouvernement, appelé à sortir du silence pour éviter une paralysie prolongée du service public de la Justice.

Sénégal–Vietnam : accords stratégiques pour renforcer la coopération diplomatique et la souveraineté alimentaire

Le Sénégal et le Vietnam ont franchi un nouveau cap dans leurs relations bilatérales, ce mercredi 23 juillet 2025, à Dakar, avec la signature de plusieurs accords stratégiques. Présidée conjointement par le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko et le président de l’Assemblée nationale vietnamienne Trần Thanh Mẫn, la cérémonie a consacré une volonté commune d’approfondir une coopération structurante autour de trois axes clés : la diplomatie, la filière rizicole et la souveraineté alimentaire.

Ces accords visent à établir un partenariat dynamique, fondé à la fois sur le transfert de savoir-faire, le renforcement des capacités techniques et le développement économique. En matière de diplomatie, il s’agit d’intensifier les relations entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays, avec à la clé des perspectives d’échanges institutionnels réguliers, de formation diplomatique croisée et d’appui aux politiques de coopération Sud–Sud.

Sur le plan agricole, l’enjeu est de taille pour le Sénégal qui, chaque année, importe plus de 4 millions de tonnes de riz. Le Vietnam, l’un des plus grands producteurs et exportateurs mondiaux dans ce domaine, s’engage à accompagner Dakar dans sa quête d’autosuffisance, en apportant son expertise en matière de production, de transformation et de mécanisation agricole. Ce volet agricole des accords met l’accent sur la valorisation des terres cultivables, la mise en place de filières locales durables et la sécurisation de la production à travers une approche agro-industrielle.

Selon une source proche de la Primature, cet accord constitue « un partenariat structurant, dans un contexte où les enjeux de souveraineté alimentaire sont devenus centraux pour les politiques publiques africaines ». Il est aussi prévu la mise en œuvre d’échanges scientifiques et techniques, notamment dans les domaines de la gouvernance agricole, de la formation professionnelle, de la gestion de l’eau et de la transition agroécologique.

Dans un registre plus décentralisé, un protocole d’intention a été signé entre les villes de Ziguinchor et Can Tho, grande municipalité vietnamienne située dans le delta du Mékong. Ce partenariat municipal ouvre une nouvelle dynamique de coopération locale, centrée sur la gestion environnementale, le développement économique de proximité et l’amélioration des services publics urbains. Les deux collectivités entendent s’inspirer mutuellement pour répondre aux défis locaux, tout en favorisant les échanges humains et culturels.

À travers ces différentes initiatives, Dakar et Hanoï confirment leur ambition de construire une relation durable, équilibrée et mutuellement bénéfique. Dans un monde marqué par les défis du climat, de l’alimentation et de l’instabilité géopolitique, cet axe Sénégal–Vietnam pourrait bien devenir l’un des nouveaux visages de la coopération sud-sud innovante et pragmatique.

Justice paralysée au Sénégal : Alioune Tine exhorte Ousmane Sonko à intervenir pour un dialogue avec les grévistes

Le Sénégal traverse une grave crise dans le secteur de la justice, provoquée par une grève qui dure depuis plusieurs semaines. Face à l’enlisement du conflit, le défenseur des droits humains Alioune Tine appelle le Premier ministre Ousmane Sonko à engager un dialogue direct avec les travailleurs en grève pour trouver une solution juste et durable.

Dans un message publié sur X (ex-Twitter), Alioune Tine, fondateur de l’Africa Jom Center, tire la sonnette d’alarme sur les conséquences de cette paralysie de la justice pour les citoyens. Il insiste sur la nécessité d’éviter une aggravation de la situation, en plaidant pour une approche fondée sur l’écoute et la concertation. Il souligne que seul un dialogue franc entre le gouvernement et les grévistes permettra de sortir de l’impasse. Pour lui, Ousmane Sonko, en tant que chef du gouvernement, est en mesure de conduire personnellement cette médiation. Il estime que son implication directe peut ramener le calme et rétablir le fonctionnement normal des juridictions.

La grève a été déclenchée en juin 2025 par les travailleurs de la justice regroupés au sein de l’entente SYTJUST–UNTJ. Elle est motivée principalement par des revendications liées à l’alignement des greffiers à la hiérarchie A2, un point de blocage que les syndicats jugent non négociable. Depuis le début du mouvement, les audiences sont fortement perturbées, les dossiers bloqués et de nombreux justiciables, notamment les détenus en attente de jugement, se retrouvent dans une situation d’incertitude prolongée.

Face à cette crise persistante, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a tenté d’imposer un retour partiel à la normale en adressant une lettre circulaire aux chefs de juridiction et de parquet. Il leur demande de procéder à des réquisitions afin d’assurer la continuité du service public de la justice. Cette initiative a cependant été très mal accueillie par les syndicats. Dans une déclaration commune, ces derniers dénoncent une atteinte grave au droit de grève, pourtant garanti par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal. Ils estiment que la circulaire constitue une entrave illégale et inacceptable à l’exercice d’un droit fondamental et préviennent que le mouvement ne faiblira pas sans une réponse satisfaisante du gouvernement.

La situation reste tendue, et la colère monte dans les milieux judiciaires, mais aussi parmi les usagers de la justice qui subissent directement les effets de cette paralysie. C’est dans ce contexte qu’intervient l’appel d’Alioune Tine, qui cherche à éviter une dégradation plus profonde du climat social et institutionnel. Son intervention vise à sensibiliser les autorités sur l’urgence d’un retour au dialogue afin de préserver les fondements mêmes de l’État de droit.

Alors que les regards se tournent vers le Premier ministre, la balle est désormais dans le camp du gouvernement. L’issue de cette crise dépendra de sa capacité à écouter les revendications légitimes, à faire preuve de flexibilité et à privilégier la concertation sur l’autoritarisme. Le temps presse, car chaque jour de paralysie fragilise davantage l’appareil judiciaire et les droits des citoyens.

Préparatifs du Magal de Touba 2025 : l’État et les Mourides main dans la main pour un événement réussi

À quelques mois du Grand Magal de Touba, prévu pour la fin de l’année 2025, les préparatifs vont bon train. Ce mardi 22 juillet, le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a accueilli la réunion nationale du Comité Régional de Développement (CRD), présidée par le ministre de l’Intérieur en personne. Une rencontre stratégique à laquelle ont pris part Serigne Bassirou Abdou Khadr Mbacké, président du comité d’organisation et porte-parole du Khalife général des Mourides, des dignitaires de la communauté mouride, des membres du comité et des représentants de nombreux services de l’État.

Au cœur des échanges, le point sur l’état d’avancement des engagements pris par les différentes entités étatiques pour assurer le bon déroulement du Magal. Le gouverneur de la région de Diourbel a présenté un rapport détaillé faisant état de 127 engagements au total. Sur ce nombre, 32 sont déjà réalisés, 69 en cours d’exécution et 26 seront finalisés dans les tout derniers jours avant le Magal. Ce qui porte le taux global d’exécution à 80 %, un niveau jugé satisfaisant à ce stade des préparatifs.

Les discussions ont porté sur les aspects clés liés à l’organisation du Magal : santé, hygiène, assainissement, approvisionnement en eau, sécurité, et cadre de vie. Les « Mercredis du Magal », sessions hebdomadaires de concertation entre l’administration et le comité d’organisation, ont été salués comme un excellent outil de coordination et de suivi des actions.

Serigne Bassirou Abdou Khadr Mbacké a pris la parole pour adresser ses salutations et ses prières aux autorités nationales, notamment au Président de la République et au Premier ministre. Il a félicité la mobilisation des services de l’État et invité à redoubler d’efforts pour atteindre un taux d’exécution de 100 % avant la tenue du Magal. Il a insisté sur l’importance stratégique de Touba, première ville du pays en termes de population, qui nécessite une attention particulière dans l’allocation des ressources nationales.

Le porte-parole du Khalife a également rappelé deux instructions importantes du guide spirituel : l’interdiction formelle de la conduite de charrettes par les mineurs de moins de 18 ans, et l’application stricte des normes de construction dans la ville sainte. Il a exhorté le ministre de l’Intérieur à veiller à l’application de ces directives à travers un appui renforcé aux autorités locales.

En réponse, le ministre de l’Intérieur a salué le professionnalisme du comité d’organisation et la qualité de la collaboration entre les services de l’État et les responsables religieux. Il a réaffirmé l’engagement ferme du chef de l’État, du gouvernement et de toutes les institutions républicaines à soutenir pleinement le Magal dans toutes ses dimensions. Le Général Jean Baptiste Tine, également présent à la rencontre, a exprimé sa satisfaction pour le travail abattu par les acteurs impliqués dans la préparation de cet événement religieux de portée internationale.

La réunion s’est conclue sur une note de prière, formulée pour les autorités du pays, la stabilité nationale et la prospérité du Sénégal. Cette édition 2025 du Magal de Touba s’annonce ainsi sous de bons auspices, portée par une collaboration exemplaire entre l’État et la communauté mouride.

Diplomatie parlementaire : le Sénégal et le Vietnam renforcent leurs liens dans une nouvelle ère de coopération

C’est un moment historique qu’a vécu Dakar ce mercredi 23 juillet 2025. Pour la première fois depuis l’établissement des relations diplomatiques entre le Sénégal et le Vietnam en 1969, le Président de l’Assemblée nationale vietnamienne, Son Excellence Trần Thanh Mẫn, a effectué une visite officielle de trois jours dans la capitale sénégalaise. Il a été reçu avec tous les honneurs par son homologue sénégalais, El Malick Ndiaye, dans un contexte où les deux pays entendent approfondir leur coopération, non seulement au plan parlementaire, mais aussi économique et stratégique.

Le point d’orgue de cette visite a été la signature d’un accord de coopération parlementaire entre les deux institutions. À l’issue d’un entretien en tête-à-tête suivi de discussions élargies avec les délégations respectives, les deux présidents d’assemblée ont affiché une volonté commune de donner un nouveau souffle à la diplomatie parlementaire. L’accord signé jette les bases d’un partenariat structuré et durable, avec pour objectif de promouvoir le dialogue entre élus, l’échange de bonnes pratiques législatives, et le renforcement des capacités des parlements respectifs.

Un moment particulièrement symbolique a été la présentation officielle des groupes d’amitié parlementaire Sénégal–Vietnam, preuve tangible de la volonté des deux pays d’approfondir les liens de fraternité, de solidarité et de coopération. Le Président Trần Thanh Mẫn a par ailleurs signé le livre d’or de l’Assemblée nationale sénégalaise, saluant l’accueil chaleureux qui lui a été réservé et réaffirmant les valeurs de respect mutuel qui lient les deux peuples.

Mais cette visite ne s’est pas limitée aux échanges institutionnels. Elle a également donné lieu à une table ronde économique de haut niveau, organisée par l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (APIX). Cette rencontre stratégique a permis de réunir des décideurs politiques, des représentants du secteur privé et des investisseurs venus des deux pays. L’objectif était clair : explorer les opportunités de coopération commerciale, identifier des niches d’investissement, et initier des partenariats dans des secteurs clés comme l’agriculture, l’agroalimentaire ou encore l’énergie.

Parmi les projets en cours de discussion figure un accord de coopération agricole, ainsi qu’un partenariat stratégique sur l’approvisionnement en riz, une denrée essentielle pour la sécurité alimentaire du Sénégal. Ces initiatives marquent un tournant décisif dans les relations économiques bilatérales, avec un accent mis sur le développement durable, la complémentarité des économies et la valorisation des ressources locales.

Au-delà des symboles et des discours, cette visite officielle consacre une dynamique nouvelle entre le Sénégal et le Vietnam, deux pays qui partagent une vision commune du développement solidaire, du respect mutuel et du dialogue entre les peuples. En renforçant les passerelles parlementaires et en posant les jalons d’une coopération économique solide, Dakar et Hanoï ouvrent une nouvelle page de leur partenariat, tournée vers l’avenir.

Affaire Diakhaté–Fofana : le délibéré encore reporté, pour la troisième fois

L’affaire judiciaire impliquant l’ancien député Moustapha Diakhaté et le chroniqueur Bachir Fofana connaît un nouveau report. Le délibéré, initialement attendu ce mardi 23 juillet 2025, a été à nouveau renvoyé, cette fois au 30 juillet, en raison de la poursuite de la grève des greffiers.

Il s’agit du troisième report consécutif dans cette procédure. Le verdict devait être rendu pour la première fois le 16 juillet, avant d’être repoussé d’une semaine, puis à nouveau ajourné ce jour. Un scénario qui prolonge l’incertitude judiciaire et maintient les deux prévenus en détention provisoire.

Cette nouvelle échéance, bien qu’administrative, pèse lourd sur le moral des proches des mis en cause, d’autant que les motifs de l’accusation, eux, n’ont toujours pas été publiquement précisés en détail. L’avocat de la défense a exprimé sa frustration face à ces retards répétés, qui empêchent tout éclaircissement sur la suite du dossier.

Farba Ngom : bracelet électronique maintenu pour ses frères, une inculpation rejetée pour le maire des Agnams

Nouvelle évolution dans l’affaire judiciaire qui secoue Farba Ngom et son entourage. Ce mercredi, la Chambre d’accusation s’est prononcée sur plusieurs points sensibles du dossier. Elle a d’abord confirmé la décision de placement sous bracelet électronique des deux frères du député-maire des Agnams, mis en cause dans une affaire de transaction financière douteuse portant sur un montant de 4 milliards FCFA, viré depuis le Trésor public en juin 2022.

Les deux frères de Farba Ngom sont inculpés pour association de malfaiteurs en bande criminelle organisée, complicité d’escroquerie sur des deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux. Leur mise sous surveillance électronique, décidée par le juge d’instruction du premier cabinet financier, avait été contestée par le parquet, qui réclamait leur incarcération. La Chambre d’accusation a finalement tranché en faveur du maintien de la mesure initiale, rejetant ainsi l’appel du ministère public.

Dans le même dossier, la Chambre s’est également penchée sur le cas de Farba Ngom lui-même. Elle a rejeté l’une des principales charges qui pesaient contre lui, à savoir l’inculpation pour association de malfaiteurs en bande organisée. Une décision qui allège partiellement le fardeau judiciaire du maire des Agnams, sans toutefois remettre en cause les autres poursuites engagées à son encontre.

Parallèlement, un nouveau rebondissement médical est intervenu mardi 22 juillet. Le juge d’instruction Idrissa Diarra, saisi de la demande de liberté provisoire formulée par les avocats de Farba Ngom le 10 juillet dernier, a refusé d’accéder à cette requête, en dépit d’une première expertise médicale concluant que l’état de santé du prévenu était incompatible avec une détention carcérale. Le magistrat a cependant ordonné une contre-expertise médicale, en désignant un trio de médecins pluridisciplinaires chargés d’évaluer de manière indépendante la condition physique du député incarcéré depuis février 2025.

Le collège médical désigné comprend le professeur Serigne Maguèye Guèye, chef du service d’urologie de l’Hôpital Général Idrissa Pouye, le docteur Pape Saliou Mbaye, spécialiste en hépatologie et gastro-entérologie, et le docteur Ousmane Dièye, cardiologue. Leur mission est de produire un rapport circonstancié sur la capacité de Farba Ngom à supporter une incarcération prolongée.

Affaire François Mancabou : un témoin clé enfin entendu par la justice

Nouveau rebondissement dans l’affaire François Mancabou, du nom de ce membre présumé des Forces spéciales décédé en détention dans des circonstances controversées. Selon Libération, le juge du deuxième cabinet, chargé de l’instruction, a entendu ce lundi un témoin considéré comme central dans la manifestation de la vérité.

Il s’agit de Pape Mamadou Seck, lui-même arrêté dans le cadre du dossier dit des Forces spéciales de Pastef. Détenu au moment des faits, il aurait partagé une cellule avec François Mancabou et affirme avoir reçu de ce dernier des confidences directes avant sa mort. Des déclarations jugées suffisamment sérieuses pour justifier sa convocation officielle par le juge d’instruction.

Toujours selon Libération, d’autres détenus présents au commissariat central durant la même période ont également été entendus dans le cadre de cette affaire. L’objectif est clair : reconstituer avec précision les derniers jours de François Mancabou et éclairer les zones d’ombre qui persistent depuis son décès.

Magal 2025 : Autorités religieuses et gouvernement en concertation pour les derniers réglages

À quelques semaines du Grand Magal de Touba, événement religieux majeur du calendrier sénégalais, les préparatifs s’accélèrent. Ce mardi, le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a accueilli la réunion du Comité Régional de Développement (CRD) national, consacrée aux derniers ajustements avant le rassemblement. Présidée par le Ministre de l’Intérieur, la rencontre s’est tenue en présence de Serigne Bassirou Abdou Khadr Mbacké, porte-parole du Khalife général des Mourides et président du comité d’organisation du Magal, aux côtés des dignitaires religieux, des représentants de l’administration et des principaux acteurs engagés.

Lors de cette séance stratégique, le gouverneur de la région de Diourbel a présenté un état d’avancement précis des engagements pris. Sur les 127 points inscrits dans la feuille de route, 32 sont entièrement réalisés, 69 sont en cours de finalisation et 26 devraient l’être dans les prochains jours. Le taux global d’exécution est estimé à 80 %, reflet d’une mobilisation constante et coordonnée entre les différents services impliqués.

Les discussions ont porté sur plusieurs axes prioritaires, notamment la santé publique, l’hygiène, l’assainissement, l’approvisionnement en eau, la logistique, la sécurité des personnes et des biens, ainsi que l’amélioration générale du cadre de vie dans la ville sainte de Touba. Le cadre hebdomadaire des « Mercredis du Magal », instauré pour assurer un suivi régulier, permet aux équipes techniques et administratives de maintenir un haut niveau de coordination.

Prenant la parole, Serigne Bassirou Abdou Khadr a salué les efforts déployés par l’ensemble des acteurs, tout en insistant sur la nécessité de maintenir le rythme afin d’atteindre un taux d’exécution de 100 %. Il a également rappelé des points essentiels : le respect strict de l’interdiction de la conduite de charrettes par des mineurs, l’obligation de se conformer aux normes de construction, ainsi que la nécessité d’obtenir un permis de bâtir pour toute édification dans la ville sainte. Il a, en outre, souligné le rôle stratégique de Touba dans la répartition des ressources nationales.

Le Ministre de l’Intérieur a, quant à lui, salué l’efficacité et l’exemplarité du comité d’organisation. Il a réaffirmé l’engagement du Président de la République et du gouvernement à accompagner les préparatifs et à garantir les meilleures conditions de déroulement du Magal. Des prières ont été formulées pour la paix, la stabilité du pays et la réussite de cet événement spirituel de portée nationale et internationale.

Zac Mbao : Huit jeunes arrêtés en pleine séance de chanvre dans une maison en chantier

La nuit du 22 juillet 2025 a été marquée par une opération musclée de la police dans le quartier de Keur Mbaye Fall, à Zac Mbao. Alertés par une forte odeur de chanvre indien, des éléments du Commissariat d’arrondissement ont effectué une descente qui s’est soldée par l’interpellation de huit jeunes individus. Ces derniers ont été surpris en pleine session de consommation de drogue dans une maison en chantier située rue 10.

Selon les premiers éléments de l’enquête, la patrouille de sécurisation sillonnait la zone lorsqu’elle a perçu une odeur suspecte émanant d’un bâtiment en construction. En s’approchant, les agents ont découvert un groupe de jeunes rassemblés autour d’un joint, dans une pièce envahie par la fumée. La scène, digne d’un repaire clandestin, a immédiatement poussé les forces de l’ordre à procéder à une fouille en règle.

La perquisition a permis de mettre la main sur un lot d’objets inquiétants, laissant entrevoir une organisation bien plus structurée qu’un simple regroupement de fumeurs. Deux cornets de chanvre indien, dont un déjà entamé, un joint encore fumant, une machette, un couteau, un taser électrique, une paire de ciseaux, une cartouche de calibre indéterminé, une corne à bout pointu et une bouteille remplie d’un liquide rose non identifié ont été saisis sur les lieux. Autant d’éléments qui orientent les enquêteurs vers la piste d’un groupe potentiellement impliqué dans des activités criminelles.

Les huit suspects ont été placés en garde à vue et font désormais l’objet de poursuites pour association de malfaiteurs, détention illégale d’armes blanches et usage collectif de drogue. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer l’origine exacte du matériel saisi, ainsi que les intentions réelles du groupe. L’hypothèse d’un simple rassemblement de consommateurs de chanvre semble peu convaincante, au regard du profil de la saisie.

Affaire Farba Ngom : La Chambre d’accusation rejette l’inculpation pour association de malfaiteurs

Dans le dossier judiciaire visant Farba Ngom, maire d’Agnam et figure politique influente de la région de Matam, un tournant décisif vient d’être enregistré. La Chambre d’accusation financière a rejeté la demande d’inculpation pour association de malfaiteurs en bande criminelle organisée, formulée par le procureur dans le cadre d’un réquisitoire supplétif.

L’information a été confirmée par l’un des avocats de Farba Ngom, Me Baboucar Cissé, qui s’est félicité de cette décision. Selon lui, la requête du parquet manquait de fondement juridique solide et relevait davantage d’un acharnement que d’une démarche fondée sur des éléments probants.

Dans la même veine, la Chambre a confirmé le placement sous bracelet électronique des deux frères de Farba Ngom, Ismaïla et Birane Ngom. Le parquet, qui souhaitait leur incarcération, a également vu sa demande rejetée.

Pour rappel, cette affaire, aux multiples ramifications, avait connu un rebondissement avec l’élargissement des chefs d’inculpation. Mais la Chambre d’accusation semble désormais vouloir recentrer le dossier sur les faits établis, écartant les charges jugées excessives.

Cette décision, qui allège la pression judiciaire sur Farba Ngom et ses proches, pourrait relancer les spéculations politiques autour de son avenir au sein du landerneau politique national.

AFFLUENCE RECORD À REBEUSS – Badara Gadiaga : un héros entre quatre murs

À Rebeuss, Badara Gadiaga ne cesse de gagner en stature. Devenu le détenu le plus sollicité du pays, il reçoit un nombre impressionnant de visites, au point que seules les personnes de sa famille peuvent désormais le voir. Si l’objectif était de le réduire au silence, sa détention est en train de forger, à l’abri des projecteurs, une figure politique d’envergure. Souvent, la prison ne brise pas les voix libres ; elle les façonne ! Elle polit l’homme politique, le journaliste ou tout citoyen dont la liberté d’expression dérange.

À la Maison d’Arrêt et de Correction (MAC) de Rebeuss, un phénomène sans précédent est en train de se produire. Depuis son incarcération, Badara Gadiaga, chroniqueur au verbe tranchant et à la popularité grandissante, attire une foule sans commune mesure. Il est aujourd’hui, et de loin, le prisonnier le plus sollicité du Sénégal. Jamais un détenu n’a reçu autant de visites en si peu de temps. Le nom de Badara Gadiaga résonne désormais bien au-delà des murs de sa cellule. Un monstre politique est né !
Selon des informations recueillies par « Le Dakarois Quotidien », les visiteurs se pressent chaque jour aux portes de la prison de Reubeuss, venant des quatre coins du pays, mais aussi de l’étranger. Des États-Unis d’Amérique jusqu’aux régions les plus reculées du Sénégal, tous veulent apercevoir, saluer ou, simplement, témoigner leur soutien à celui qui, en quelques jours, est devenu une véritable icône. Face à l’affluence record, l’administration pénitentiaire a dû prendre des mesures drastiques. Selon notre source, seuls les membres de sa famille proche sont désormais autorisés à lui rendre visite. Une restriction rendue nécessaire tant la liste d’attente s’allonge chaque jour.
Sans doute fatigué par cette effervescence permanente, Badara Gadiaga peine même à trouver un moment de répit. Le flot continu de demandes de visites, courriers, et messages de solidarité laisse peu de place à l’intimité ou au repos. Pourtant, loin de l’affaiblir, cette situation semble le propulser encore davantage sous les projecteurs. Loin de tomber dans l’oubli comme certains l’espéraient peut-être, le chroniqueur de Jakaarlo Bi s’impose peu à peu comme l’une des figures les plus marquantes de cette période post-alternance.
En effet, les signes ne trompent pas. Lors de sa simple convocation à la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), des centaines de personnes avaient spontanément afflué pour le soutenir. Une scène qui rappelle les grandes mobilisations populaires, mais qui, depuis l’arrivée au pouvoir du tandem Diomaye–Sonko, n’a même pas été égalée par les rares marches autorisées.
Ce que l’on observe aujourd’hui à Reubeuss dépasse le cadre carcéral. C’est un fait politique majeur. L’arrestation de Badara Gadiaga, loin d’éteindre sa voix, a réveillé une dynamique inédite. Il cristallise frustrations, espoirs et admiration. Loin des partis traditionnels, doctrines et appareils politiques, c’est dans l’univers carcéral que semble s’écrire une nouvelle page de l’engagement populaire.
Badara Gadiaga, qui ose dire, sans écart de langage, ce que bon nombre de ses concitoyens pensent, n’est plus simplement un chroniqueur emprisonné. Il est devenu un symbole. Et dans ce tumulte de soutien populaire, un constat s’impose : un monstre politique est bel et bien né !

Affaire Anamo : Maodo Malick Mbaye, ex-DG, placé sous mandat de dépôt dans un dossier de 600 millions FCFA

L’affaire de détournement présumé de fonds publics à l’Agence Nationale de la Maison de l’Outil (Anamo) franchit un nouveau cap. Ce jeudi 23 juillet 2025, Maodo Malick Mbaye, ancien directeur général de l’agence, a été placé sous mandat de dépôt, selon des informations révélées par Dakaractu. Il est au cœur d’une enquête portant sur un détournement présumé de 600 millions de francs CFA, une affaire qui remonte à la période du régime de l’ancien président Macky Sall.

Tout est parti d’une plainte déposée par l’actuel directeur général de l’Anamo, Omar Ndiaye. Cette initiative a déclenché une série d’arrestations ciblant plusieurs anciens responsables de l’agence, dont l’ex-directeur administratif et financier (DAF), déjà interpellé dans le cadre de la même affaire. Le scandale concerne une gestion financière jugée opaque, avec des soupçons de détournements massifs au détriment des finances publiques.

L’enquête judiciaire s’est accélérée ces dernières semaines, mettant à nu de possibles pratiques frauduleuses ayant affecté les caisses de l’Anamo. Le montant en question – 600 millions de FCFA – fait l’objet d’un audit et d’un examen minutieux par les autorités compétentes. Plusieurs documents comptables, signatures et bons de commande seraient au centre des investigations, afin de retracer la chaîne des responsabilités.

Mis en cause par son ancien directeur administratif et financier, Maodo Malick Mbaye s’était exprimé il y a quelques semaines depuis l’étranger, niant fermement toute implication. « Je n’ai posé aucun acte délictuel dans la gestion du dossier en question. S’il y a imitation de signature, le coupable est clairement identifié », avait-il déclaré, tout en rejetant l’idée d’être utilisé comme « bouc émissaire ».

Son retour au Sénégal et sa mise en détention préventive relancent l’affaire, que beaucoup suivent avec attention, tant elle soulève des interrogations sur la gestion passée d’organismes publics sous l’ancien régime.

Cette arrestation intervient dans un contexte politique marqué par une volonté de « rupture » prônée par les nouvelles autorités. Le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko a affiché sa détermination à faire la lumière sur la gestion des ressources publiques durant les années Macky Sall. De nombreux dossiers ont été rouverts, notamment dans les domaines de la gouvernance financière et des passations de marchés publics.

Le placement sous mandat de dépôt de Maodo Malick Mbaye ouvre désormais la voie à une possible mise en accusation formelle. La justice devra déterminer les responsabilités précises de chacun des acteurs impliqués dans cette affaire. L’opinion publique, de son côté, attend des réponses claires, dans un climat où les attentes en matière de reddition des comptes sont plus fortes que jamais.

Renforcement des liens diplomatiques : Le Président de l’Assemblée nationale du Vietnam reçu en grande pompe à Dakar par El Malick Ndiaye

Le mardi 22 juillet 2025 restera une date mémorable dans l’histoire des relations diplomatiques entre le Sénégal et le Vietnam. Pour la toute première fois depuis l’établissement des liens officiels il y a 56 ans, Son Excellence Trân Thanh Mân, Président de l’Assemblée nationale vietnamienne, a été accueilli à l’aéroport international Blaise Diagne de Diass par son homologue sénégalais, El Malick Ndiaye. Cette visite officielle, accompagnée d’une délégation impressionnante de 140 membres comprenant parlementaires, ministres, maires et représentants du secteur privé, marque un tournant majeur dans la coopération bilatérale.

Cette rencontre s’inscrit dans une volonté conjointe des deux pays de renforcer la diplomatie parlementaire, un vecteur essentiel pour consolider leurs relations. En effet, la diplomatie entre institutions législatives ouvre de nouvelles perspectives pour la coopération multiforme, allant bien au-delà des relations traditionnelles. Pour le Sénégal, ce rapprochement avec le Vietnam représente une opportunité stratégique d’approfondir ses partenariats internationaux et d’élargir ses horizons économiques et politiques.

Durant son séjour, le Président Trân Thanh Mân est attendu pour des entretiens de haut niveau avec le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, puis avec le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Ces discussions promettent d’aborder des sujets clés portant sur le renforcement des échanges économiques, agricoles et législatifs entre les deux pays.

Plusieurs accords bilatéraux devraient être signés à cette occasion. Ces accords porteront sur des domaines stratégiques, notamment la coopération interparlementaire, l’économie et l’agriculture. Ils symbolisent un engagement mutuel à développer des projets communs et à favoriser un développement durable au bénéfice des deux nations. Cette étape illustre également la volonté des deux États d’adopter une démarche pragmatique et innovante dans leur collaboration.

Le communiqué officiel publié par l’Assemblée nationale du Sénégal insiste sur l’importance de cette visite pour la diplomatie parlementaire, présentée comme un levier fondamental pour la paix, la stabilité et le progrès social. En effet, en rapprochant leurs institutions législatives, le Sénégal et le Vietnam se donnent les moyens de renforcer la gouvernance démocratique tout en promouvant une coopération basée sur le respect mutuel et l’intérêt commun.

Cette visite historique, fruit d’une relation diplomatique vieille de plus d’un demi-siècle, ouvre ainsi une nouvelle ère d’échanges fructueux entre Dakar et Hanoï. Elle témoigne de la volonté des deux pays d’œuvrer ensemble pour un avenir plus prospère, en mettant la diplomatie parlementaire au centre de leur stratégie commune. Le Sénégal et le Vietnam réaffirment par cet événement leur détermination à bâtir un partenariat solide, durable et porteur d’espoir pour leurs peuples respectifs.

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CAMES 2025 : L’Université Iba Der Thiam de Thiès signe un sans-faute avec un taux de réussite de 100 %

L’Université Iba Der Thiam de Thiès (UIDT) continue de s’imposer comme un pôle académique de référence au Sénégal et dans la sous-région. À l’issue de la 47ème session des Comités Consultatifs Interafricains (CCI) du CAMES, l’institution universitaire a enregistré un taux de réussite exceptionnel de 100 %, selon un communiqué officiel de l’université.

Neuf candidats présentés, neuf candidats admis. Un bilan sans appel qui place l’UIDT au sommet des universités sénégalaises pour cette édition 2025 du prestigieux concours d’aptitude aux grades universitaires. Les résultats publiés font état de trois nouveaux professeurs titulaires, deux professeurs assimilés et quatre maîtres de conférences titulaires issus de cette université publique.

Ce succès n’est pas une première pour l’UIDT. En 2024 déjà, elle avait atteint un taux de réussite parfait, avec 13 candidats retenus sur 13 présentés. En 2023, elle avait réalisé un score de 95,65 %, avec 44 enseignants admis sur un total de 46. Une régularité dans l’excellence qui confirme la montée en puissance de l’université thiessoise dans le paysage de l’enseignement supérieur sénégalais.

Pour l’administration universitaire, ces performances traduisent non seulement la qualité de l’encadrement académique au sein de l’UIDT, mais aussi la rigueur dans la préparation des dossiers de candidature. « Ces résultats témoignent de l’excellence de la qualité de l’enseignement à l’UIDT mais aussi de l’efficacité dans le suivi des dossiers de candidature », peut-on lire dans le communiqué.

En obtenant un taux de réussite de 100 % pour la deuxième année consécutive, l’Université Iba Der Thiam de Thiès renforce sa réputation et contribue à élever le niveau de l’enseignement supérieur national, tout en affirmant sa place dans l’espace académique africain.

Sandiara : 175 kg de chanvre indien saisis en pleine nuit sur une charrette abandonnée

Dans la nuit du 20 au 21 juillet 2025, la Brigade de Proximité de Sandiara a mené une opération de lutte contre le trafic de drogue qui restera dans les annales. Grâce à un renseignement exploité avec rigueur, les gendarmes ont intercepté une importante cargaison de chanvre indien, abandonnée par son convoyeur en pleine nuit.

Tout a commencé quelques jours auparavant, lorsque les forces de sécurité ont été informées d’un mouvement suspect dans la zone. Un débarquement de produits illicites étant redouté, un dispositif de surveillance a aussitôt été mis en place dans les environs. L’objectif était clair : piéger les trafiquants en flagrant délit.

Dans l’obscurité, les gendarmes repèrent une charrette suspecte circulant discrètement. La patrouille suit l’attelage avec précaution, jusqu’au moment où le conducteur, réalisant qu’il est surveillé, décide de s’enfuir à pied, abandonnant la charrette sur place. Profitant de la nuit, il parvient à disparaître dans la nature.

Sur l’engin abandonné, les éléments de la brigade découvrent cinq colis bien emballés, contenant au total 175 kilogrammes de chanvre indien. La charrette a été saisie comme élément de preuve, et une enquête a été immédiatement ouverte pour retrouver le ou les auteurs de cette tentative de trafic.

Cette saisie spectaculaire illustre une fois de plus la détermination sans faille des autorités à lutter contre le narcotrafic, notamment dans les zones rurales souvent utilisées comme points de transit. À Sandiara, cette opération coup de poing confirme l’engagement des forces de l’ordre à sécuriser durablement le territoire.

Crise à la Poste : Tamsir Sall dénonce l’absence de stratégie et propose une réforme audacieuse pour relancer l’institution

Face aux difficultés chroniques que traverse la Poste sénégalaise, Tamsir Sall, président du Mouvement AFAF, a choisi de briser le silence. Dans une note rendue publique, il alerte sur l’état préoccupant de cette structure publique qu’il estime essentielle pour l’économie nationale, et avance une proposition aussi singulière qu’audacieuse pour sa relance.

Selon lui, la crise actuelle de la Poste est symptomatique d’un mal plus profond : l’absence de vision stratégique, de planification efficace et de lisibilité dans la gestion. « L’économie sénégalaise est actuellement plongée dans une baie de sable mouvant. Il appartient désormais à tout un chacun, de quelque bord qu’il se situe, d’apporter sa contribution pour éviter que notre cher Sénégal ne soit englouti », avertit-il en introduction.

À travers son plaidoyer, Tamsir Sall ne se contente pas d’un diagnostic. Il propose une série de mesures structurantes, qu’il qualifie de solution pratique, pour redresser cette institution en difficulté. Sa « recette » repose sur une législation inédite visant les acteurs économiques étrangers opérant sur le sol sénégalais.

L’idée centrale est d’obliger toute personne étrangère résidant au Sénégal, et dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 500 millions de francs CFA, à ouvrir un compte exclusivement à la Poste. Selon lui, cela permettrait à la structure d’élargir considérablement sa base clientèle, tout en injectant des ressources financières nouvelles dans ses circuits.

Mais il va plus loin : il appelle à l’adoption de trois lois précises par l’Assemblée nationale. La première rendrait obligatoire pour les étrangers concernés l’ouverture d’un compte à la Poste. La seconde interdirait formellement à ces mêmes personnes d’ouvrir un compte dans une autre institution bancaire. La troisième criminaliserait la thésaurisation de liquidités par les ressortissants étrangers établis au Sénégal.

Derrière cette proposition, Tamsir Sall poursuit un triple objectif : renforcer la visibilité des flux financiers générés par les étrangers, améliorer la fiscalisation de leurs revenus, et revitaliser la Poste par un afflux contrôlé de capitaux.

À ses yeux, cette mesure serait salvatrice. « Cette réforme permettra sans nul doute à la Poste de se refaire une peau neuve et de sortir de sa longue et douloureuse agonie », conclut-il, non sans insister sur le caractère urgent de la situation.

La note de Tamsir Sall intervient dans un contexte où plusieurs structures publiques souffrent d’un manque de ressources et d’une crise de confiance. Sa proposition, bien qu’ambitieuse, risque de susciter un large débat, notamment en ce qui concerne sa faisabilité juridique et son impact sur les investissements étrangers.

Cybercriminalité : El Hadj Babacar Dioum alias « Kocc Barma » écroué pour une affaire tentaculaire

Le mardi 22 juillet 2025 restera une date charnière dans l’histoire judiciaire sénégalaise. El Hadj Babacar Dioum, connu du grand public sous le pseudonyme de « Kocc Barma », a été placé sous mandat de dépôt après avoir été présenté au procureur. L’homme est poursuivi pour une série d’infractions d’une extrême gravité, parmi lesquelles la diffusion de contenus pornographiques et pédopornographiques, atteinte à la vie privée, chantage, extorsion de fonds, menaces, blanchiment de capitaux et usage de faux documents administratifs.

À l’origine de cette procédure, une enquête méticuleuse menée par les services spécialisés dans la cybersécurité. Les investigations ont permis de lever le voile sur un système structuré et hautement préjudiciable. Les enquêteurs ont découvert une quantité impressionnante de contenus illicites, parmi lesquels figurent plus de 9 000 fichiers compromettants, dont 407 sextapes et 4 191 vidéos en attente d’exploitation. Le prévenu aurait, selon les premières révélations, extorqué pas moins de 93 millions de francs CFA à ses nombreuses victimes. Dix-huit téléphones portables ont été saisis, ce qui témoigne de l’ampleur de ses activités numériques.

Derrière le pseudonyme provocateur de « Kocc Barma », se dissimule un administrateur de société né à Dakar en 1987. Pendant des années, il a animé une plateforme très controversée, se présentant comme un justicier autoproclamé, dénonçant l’immoralité à coups de publications violant la vie privée d’individus. Nombreux sont ceux qui, au fil du temps, avaient tiré la sonnette d’alarme face aux agissements de cet homme dont l’activité sur internet provoquait régulièrement indignation, humiliation publique et détresse psychologique.

L’affaire fait l’effet d’une onde de choc. Elle ravive les appels à un renforcement des lois contre la cybercriminalité et la protection des données personnelles. Pour les familles de victimes, ce placement sous mandat de dépôt est un premier pas vers la justice. Pour l’État et les autorités judiciaires, c’est aussi une alerte face à l’urgence de contrôler plus efficacement les dérives numériques et les plateformes qui échappent aux règles de l’éthique.

Alors que l’enquête se poursuit, le sort de celui qui incarnait le visage le plus sulfureux de la cyberviolence au Sénégal est désormais entre les mains de la justice. Ce dossier marque sans doute le début d’un tournant majeur dans la lutte contre les crimes numériques dans le pays.

Lutte contre le faux monnayage et le trafic illicite : les Douanes sénégalaises saisissent plus de 3,5 milliards de francs CFA en billets noirs et médicaments contrefaits

Les Douanes sénégalaises intensifient leur croisade contre la criminalité économique. Entre fin juin et mi-juillet 2025, plusieurs opérations menées dans les régions de Fatick, Kaolack, Kaffrine et Saint-Louis ont permis la saisie de billets noirs d’une valeur de plus de 3,58 milliards de francs CFA ainsi que de plus de 600 kg de faux médicaments. Des actions coordonnées et décisives qui témoignent de la vigilance accrue des unités douanières sur l’ensemble du territoire national.

La plus importante saisie a été opérée le 28 juin 2025 par la Brigade mobile des Douanes de Fatick, suite à l’exploitation d’un renseignement stratégique. Un premier suspect a été arrêté à Foundiougne, dans une maison en construction où il avait dissimulé un carton rempli de billets noirs. L’enquête a rapidement mené les agents vers un deuxième complice, appréhendé à Fatick, au quartier Ndiaye-ndiaye.

Leur butin : 679 coupures en euros dissimulées dans des cartons, représentant une contrevaleur estimée à 3.390.075.000 francs CFA. Les deux individus ont été placés à la disposition du Parquet financier, qui devra établir les ramifications de ce réseau de faux monnayeurs.

Le 17 juillet 2025, la Brigade mobile des Douanes de Nioro, relevant de la Subdivision de Kaolack, a réalisé une autre saisie importante. Agissant sur la base d’un renseignement, les douaniers ont fait irruption dans une auberge de Kaolack où un faussaire, âgé d’une quarantaine d’années, conservait 3400 coupures de 100 dollars en billets noirs. La valeur estimée de cette fausse monnaie atteint 191 millions de francs CFA. Le mis en cause a été interpellé et remis à la justice.

La lutte contre le trafic de produits pharmaceutiques illicites se poursuit également. À Kaffrine, la Brigade mobile des Douanes a mis la main sur 581 kg de faux médicaments, transportés à bord d’une Peugeot 307 break. Pris en filature sur l’axe Kaffrine-Mbar, le véhicule a été stoppé à Colobane, sur la route de Mbacké, après une course-poursuite. Le chargement, composé essentiellement de comprimés de Chlorphenamine, est estimé à 189 millions de francs CFA avec le véhicule. Un individu a été arrêté et déféré au Parquet de Kaffrine.

Au nord du pays, la Brigade mobile des Douanes de Richard-Toll a intercepté, le 07 juillet 2025 vers 3h30 du matin, une importante cargaison au débarcadère de Ndiaw. La saisie comprend 3363 boîtes de produits vétérinaires et 826 boîtes de médicaments contrefaits, pour une contrevaleur estimée à 26 millions de francs CFA.

Dans un communiqué publié par sa Division de la Communication, l’Administration des Douanes sénégalaises a réaffirmé sa détermination à lutter contre toutes les formes de criminalité économique et financière, notamment le faux monnayage, le trafic de faux médicaments et autres activités illicites mettant en péril l’économie nationale et la santé publique.

Crise de gouvernance et séquelles posttraumatiques : Elimane Kane appelle à une prise en charge psychologique du Premier ministre Ousmane Sonko

Dans une intervention dense et sans filtre, Elimane Kane, président de l’organisation Legs Africa et figure majeure de la société civile sénégalaise, a pris la parole ce dimanche 20 juillet 2025 sur le plateau de l’émission « FACE AU JURY » diffusée sur Pressafriktvhd. L’invité du jour n’a pas mâché ses mots pour décrire l’état du pays, la profondeur des blessures sociales et politiques laissées par les années de tension, et la nécessité urgente d’une justice réparatrice pour espérer panser les plaies de la nation. Il a également appelé à une approche humaine vis-à-vis du Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il juge psychologiquement marqué par les événements récents.

Pour Elimane Kane, la réconciliation nationale, régulièrement brandie comme mot d’ordre depuis l’élection du président Bassirou Diomaye Faye, ne pourra pas être effective tant que les traumatismes vécus entre 2021 et 2024 n’auront pas été reconnus et traités. Selon lui, la douleur est encore vive chez de nombreuses familles sénégalaises, marquées par la perte d’un proche, les blessures physiques ou les séquelles psychologiques consécutives aux multiples épisodes de répression.

« C’est un traumatisme psychique qui n’est pas encore réglé. Il touche même les gouvernants. La réconciliation ne pourra pas se faire aussi facilement parce que le mal est profond », a-t-il déclaré. Dans cette logique, il appelle à un processus de vérité et justice pour établir les responsabilités et rendre justice aux victimes. À ses yeux, la solution se trouve entre les mains de la justice : « Ce que le Sénégal a vécu, il faut le vider judiciairement, sinon tout peut éclater à nouveau. »

L’intervention d’Elimane Kane prend une tournure plus directe lorsqu’il évoque Ousmane Sonko, l’actuel Premier ministre et figure centrale de l’opposition sous l’ancien régime. Il affirme que ce dernier est lui-même une victime collatérale de cette instabilité, mais également un acteur central des événements ayant mené à des pertes humaines.

« Ousmane Sonko a subi des procès, des mesures administratives injustes, des restrictions de liberté. Mais il est aussi la raison principale pour laquelle beaucoup de jeunes sont sortis manifester, parfois au péril de leur vie. Le lien entre son vécu personnel et le bilan humain est fort. Il porte ce poids. Et ça, c’est un traumatisme. »

C’est dans ce sens qu’il suggère que le Premier ministre bénéficie d’un accompagnement psychologique. Il insiste sur le fait qu’un tel soutien ne relève pas de la faiblesse mais de la lucidité et du devoir d’introspection pour un homme appelé à diriger le gouvernement dans une période aussi sensible.

« Si j’étais un de ses proches, je lui dirais : Monsieur le Premier ministre, vous devez avoir une prise en charge psychologique. Il a besoin de parler, de se libérer. Tant qu’il garde tout à l’intérieur, il va s’énerver facilement, il va faire des sorties inappropriées, comme on l’a vu récemment. Et cela peut nuire au pays. »

Le président de Legs Africa a également évoqué la difficulté de passer en quelques semaines de prisonnier politique à chef de gouvernement, dans un contexte où l’État lui-même est exsangue. Pour lui, le décalage entre les attentes immenses des populations et les réalités de la gestion publique crée un second choc, difficile à absorber.

« Ousmane Sonko est passé de la cellule au Palais. On lui a confié une mission historique. Mais une fois au pouvoir, il découvre un État délabré, des moyens limités, une économie à bout de souffle, et des citoyens impatients. Cela crée une dissonance terrible entre ses convictions de campagne et la dure réalité. C’est un second traumatisme. »

Dans son intervention, Elimane Kane a martelé qu’aucune reconstruction nationale ne pourra être durable si la vérité n’est pas dite sur les responsabilités politiques et sécuritaires des dernières années. « Il faut établir une vérité historique sur la période 2021-2024. Ce n’est qu’à ce prix qu’on pourra véritablement tourner la page. » Il estime que la justice doit avoir les mains libres pour statuer, juger, et refermer les dossiers ouverts dans la douleur.

Enfin, il a lancé un appel aux nouvelles autorités, les invitant à faire preuve de plus d’ouverture et à renforcer la transparence dans la gestion des dossiers de souveraineté et de refondation de l’État. Il préconise la mise en place de commissions de spécialistes indépendants, capables d’épauler le pouvoir dans ses décisions stratégiques.

L’intervention d’Elimane Kane agit comme un rappel fort que la politique ne se résume pas aux discours et aux plans d’action, mais touche aussi à l’intime, au psychologique, au vécu profond des acteurs comme des citoyens. Pour lui, si le Sénégal veut guérir durablement, il devra commencer par reconnaître ses blessures et soigner ses traumatismes, y compris au sommet de l’État.

Crise de confiance dans la justice : Cheikh Thioro Mbacké appelle à un remaniement profond du système judiciaire

Invité ce dimanche 13 juillet sur les ondes de Radio Sénégal Internationale, dans l’émission « En Vérité », Cheikh Thioro Mbacké, vice-président de l’Assemblée nationale et figure de proue de PASTEF à Touba, a livré un diagnostic sans complaisance de l’état actuel de la justice au Sénégal. Avec des mots durs mais pesés, il a pointé du doigt un appareil judiciaire qu’il juge encore verrouillé par des logiques anciennes, loin de l’esprit de rupture prôné par le nouveau régime.

Réagissant aux récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, qui s’est publiquement insurgé contre l’inaction du système judiciaire face aux attaques répétées le visant, Cheikh Thioro Mbacké a soutenu que le malaise est profond. « C’est uniquement sous notre régime que des individus, pourtant clairement identifiés, se permettent d’insulter publiquement le Premier ministre sans encourir la moindre sanction », a-t-il déploré. Pour lui, cette impunité constitue une forme de justice sélective, symptomatique d’un appareil qui refuse de se départir de ses anciens réflexes.

À travers ce constat, le parlementaire dénonce une contradiction majeure entre le discours de rupture et les pratiques observées au sein de l’appareil judiciaire. Il regrette une forme de deux poids deux mesures qui pénalise les militants du pouvoir tout en ménageant ceux de l’opposition. « Lorsqu’un militant de PASTEF se laisse aller à des écarts, il est aussitôt interpellé. Pendant ce temps, ceux qui s’acharnent ouvertement sur Ousmane Sonko jouissent d’une totale impunité. Ce déséquilibre est inacceptable », a-t-il martelé.

Cheikh Thioro Mbacké ne s’est pas arrêté là. Il a ouvertement accusé certains magistrats d’entretenir une hostilité assumée envers PASTEF et son leader. « Il existe dans la magistrature des individus qui vouent une haine viscérale à notre formation. Cette animosité se manifeste dans les décisions ou plutôt dans les absences de décisions », a-t-il déclaré. Lui-même dit être victime d’attaques personnelles sur les réseaux sociaux, pour lesquelles il a déposé plusieurs plaintes, notamment auprès du parquet de Diourbel, restées sans suite. « Et pourtant, si je le voulais, je pourrais régler ça en 24 heures. Mais je m’en tiens aux principes de notre parti : jub, jubeul, jubanti », a-t-il confié.

Pour le vice-président de l’Assemblée nationale, le statu quo n’est plus tenable. Il appelle de ses vœux une transformation structurelle de l’institution judiciaire. « Il faut un remaniement profond, pas cosmétique. Il faut y placer des personnes qui comprennent et incarnent notre projet politique. Sans cela, nous resterons dans une situation de tension permanente où chacun finira par faire justice soi-même, avec tous les risques que cela comporte », a-t-il averti.

Dans un contexte où la justice est régulièrement critiquée, tantôt par l’opposition, tantôt par les voix issues du pouvoir lui-même, ces propos de Cheikh Thioro Mbacké viennent jeter une lumière crue sur l’un des défis majeurs de la nouvelle gouvernance : l’adéquation entre les institutions héritées du passé et les exigences de changement portées par le régime issu de l’alternance.

Le débat est désormais ouvert, et les mots du député résonnent comme une interpellation adressée non seulement au Président de la République mais aussi à tous ceux qui détiennent aujourd’hui les leviers d’un système judiciaire de plus en plus mis en accusation.

Arrestation de « Kocc Barma » : la Police dévoile les dessous d’un vaste réseau de cybercriminalité

La Police nationale est sortie de son silence pour livrer les premiers éléments officiels autour de l’arrestation d’El Hadj Babacar Dioum, plus connu sous le pseudonyme de « Kocc Barma ». Ce dernier, longtemps considéré comme un acteur central de la diffusion de contenus pornographiques sur internet au Sénégal, a été interpellé par la Division Spéciale de Lutte contre la Cybercriminalité (DSC), dans le cadre d’une opération ciblée.

C’est par la voix du Commissaire Pape Mamadou Djidiack Faye, chef de la DSC, que les faits ont été confirmés. S’exprimant au nom du Directeur Général de la Police nationale, l’Inspecteur Général Mame Seydou Ndour, le Commissaire Faye a détaillé les contours d’une enquête de longue haleine, entamée pour faire tomber un réseau dont les activités violaient gravement les lois en vigueur.

Selon le communiqué relayé par la Division de la Communication de la Police, dirigée par le Commissaire Mamadou Diouf, les autorités ont procédé à la saisie de deux sites web pilotés par le mis en cause. L’enquête révèle que les plateformes en question — notamment « seneporno », « babiporno » et « Boy Dakar » — servaient à diffuser massivement des contenus à caractère pornographique, y compris des vidéos à connotation pédocriminelle, utilisées ensuite pour extorquer de l’argent à des victimes identifiées.

Contrairement à ce que le suspect laissait croire, il n’opérait pas depuis l’étranger mais bel et bien depuis le territoire sénégalais, où il utilisait des techniques complexes pour camoufler son identité numérique. Des outils sophistiqués lui permettaient d’effacer ses traces, rendant le travail d’identification particulièrement ardu. Grâce à une réquisition minutieuse, les enquêteurs ont pu mettre la main sur un matériel crucial : ordinateurs, téléphone portable, cartes SIM, outils d’administration de sites web, et autres éléments déterminants pour le déroulement de l’enquête.

L’exploitation de ces équipements a permis d’établir la responsabilité directe du suspect dans l’animation de ces plateformes illégales. Il s’occupait non seulement de la gestion technique des sites, mais aussi de l’intégration des contenus fournis par ses complices. Son mode opératoire consistait à publier des vidéos obtenues parfois par chantage, ce qui ajoute à la gravité des infractions retenues contre lui.

Les services de la Division Spéciale de Lutte contre la Cybercriminalité poursuivent actuellement leurs investigations pour remonter les ramifications de ce réseau et identifier d’éventuels complices ou d’autres plateformes similaires encore actives. La Police nationale réaffirme sa volonté de protéger les citoyens, notamment les plus vulnérables, contre ce type de violences numériques qui prennent une ampleur inquiétante avec la banalisation de l’accès à Internet.

Cette arrestation marque un tournant dans la lutte contre la cybercriminalité au Sénégal, en ciblant l’un des visages les plus controversés de la scène numérique. Elle envoie également un message fort : l’impunité numérique n’est plus une garantie, et la loi finira toujours par rattraper les délinquants du web, où qu’ils se trouvent.

Pastef au pouvoir, l’État en colère : la langue sale d’un ministre ( Par El. KANE )

Il est des fonctions qui imposent retenue, hauteur et exemplarité. Être ministre de la République n’est pas un privilège, encore moins un strapontin d’invectives ; c’est un contrat moral avec la nation, un engagement au service de tous les citoyens, sans distinction d’obédience politique. Malheureusement, Birame Souleye Diop semble avoir complètement perdu de vue ce que signifie servir l’État dans la dignité et la responsabilité.

Depuis sa nomination au gouvernement, le ministre de l’Énergie multiplie les sorties qui fragilisent l’autorité de l’État qu’il est pourtant censé incarner. En avril 2024, il décrète que son ministère — donc l’État — ne parrainerait plus ni combat de lutte, ni match de football, ni baptême. Un mépris assumé pour les cultures populaires, les traditions sportives et les expressions sociales qui rassemblent les Sénégalais bien au-delà des clivages politiques. Que vaut un gouvernement qui tourne le dos à son peuple et à ses réalités les plus fondamentales ? Que vaut un ministre qui décide de qui mérite ou non l’attention de la République ?

Mais ce n’est pas tout. Plus récemment, le 19 juillet 2025, à l’université d’été du Pastef, Birame Souleye Diop a délibérément franchi la ligne rouge. Devant une foule de jeunes militants, il a encouragé, sans détour, l’usage de l’insulte comme arme politique : « Kou saga Sonko, saga len ko. Kou saga Président, saga len ko. Ndakh féyou dagane na. » En clair : insultez tous ceux qui critiquent nos leaders. Une telle déclaration, dans la bouche d’un homme d’État, est une honte. Elle piétine les principes fondamentaux de la démocratie, du vivre-ensemble et du respect mutuel. Elle transforme le débat politique en champ de bataille verbal, où la violence devient norme.

Ce discours est indigne d’un ministre de la République. Il n’honore ni la fonction, ni le parti au pouvoir, ni le président de la République dont l’appel à l’apaisement et au dépassement a été récemment réaffirmé. En un seul discours, Birame Souleye Diop a compromis l’image de neutralité que devrait conserver tout membre du gouvernement, et fragilisé l’équilibre déjà précaire du débat public.

Le Sénégal n’a pas besoin de ministres qui attisent la haine et l’affrontement. Le Sénégal n’a pas besoin de porte-flingues politiques déguisés en serviteurs de l’État. Le pays a besoin de bâtisseurs, de rassembleurs, de personnalités capables d’élever le ton sans salir la parole, de défendre leurs idées sans appeler à la guerre des insultes.

À ce rythme, c’est la crédibilité du gouvernement tout entier qui est mise en jeu. Il est urgent de rappeler à certains ministres qu’ils ne sont plus dans l’opposition, et que la République n’est ni une tribune partisane, ni une arène de clashs. C’est un idéal, une exigence, une responsabilité. Birame Souleye Diop ferait bien de s’en souvenir.

Visite de reconnaissance : le Président Diomaye Faye sur les emprises restituées par la France

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a effectué ce samedi une visite de reconnaissance sur les emprises militaires récemment restituées au Sénégal par la France. Cette démarche, à forte portée symbolique, marque une étape décisive dans la redéfinition des relations de défense entre Dakar et Paris. Selon un communiqué publié par la Présidence sur sa page officielle, cette visite illustre la volonté du Sénégal d’assumer pleinement sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire, y compris les sites stratégiques autrefois sous occupation militaire étrangère.

Accompagné d’une délégation composée de plusieurs ministres ainsi que du Haut Commandement militaire, le chef de l’État s’est rendu tour à tour sur les sites de Ouakam, de Bel Air et de la Marine, désormais placés sous le contrôle exclusif des forces armées sénégalaises. Sur place, le Président Diomaye Faye a pu évaluer l’état des infrastructures, allant des bâtiments d’hébergement aux installations logistiques et opérationnelles. Cette évaluation s’inscrit dans une dynamique de redéploiement et de valorisation stratégique de ces sites pour les besoins de la défense nationale.

D’après la Présidence, cette restitution est le fruit d’un dialogue bilatéral mené dans un esprit de respect mutuel. Elle ouvre, selon les termes du communiqué, une « nouvelle ère de coopération stratégique », centrée non plus sur une présence militaire étrangère, mais sur des piliers comme la formation, l’interopérabilité des forces, et le renforcement des capacités nationales.

À travers ce geste fort, le Sénégal affirme sa souveraineté avec fermeté et responsabilité. Le départ des troupes françaises, couplé à la réappropriation des emprises militaires, s’inscrit dans un contexte plus large de réforme des partenariats sécuritaires en Afrique, amorcé par plusieurs pays du continent. Le message politique est clair : le Sénégal entend désormais construire sa propre stratégie de défense, en tenant compte de ses priorités internes et de ses engagements régionaux.

La visite du chef de l’État vient ainsi consacrer une volonté assumée de tourner la page d’une forme d’assistance militaire héritée du passé pour faire place à une coopération renouvelée, équilibrée et respectueuse de la souveraineté nationale.

Visite de reconnaissance : le Président Diomaye Faye sur les emprises restituées par la France (images)
Visite de reconnaissance : le Président Diomaye Faye sur les emprises restituées par la France (images)
Visite de reconnaissance : le Président Diomaye Faye sur les emprises restituées par la France (images)

Crise dans la Justice : l’Entente SYTJUST–UNTJ récuse Mamadou Lamine Dianté et dénonce une médiation politisée

La tension monte entre les syndicats des travailleurs de la justice et le président du Haut Conseil du Dialogue Social. Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, l’Entente SYTJUST–UNTJ, qui regroupe le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) et l’Union nationale des Travailleurs de la Justice (UNTJ), a annoncé ce vendredi 18 juillet 2025 qu’elle ne reconnaît plus Mamadou Lamine Dianté comme médiateur dans le conflit qui les oppose au gouvernement. En cause : une « posture partisane » et une « instrumentalisation politique » du mouvement de grève.

Les syndicalistes pointent du doigt une intervention télévisée de M. Dianté, jugée inopportune et orientée. « L’objectif unique et manifeste de cette sortie était d’obtenir la suspension du mouvement de grève des travailleurs de la Justice. Ni plus, ni moins », déclarent-ils dans leur communiqué, estimant que le président du Haut Conseil du Dialogue Social a franchi la ligne rouge de la neutralité.

Pour eux, cette sortie médiatique n’est pas un acte isolé. Elle s’inscrit dans une série de comportements jugés partiaux. Ils affirment l’avoir déjà invité à faire preuve de réserve et à ne pas interférer publiquement dans un dossier aussi sensible. Mais selon eux, Mamadou Lamine Dianté a persisté dans une posture biaisée, donnant l’impression de chercher à tirer un avantage politique personnel de cette crise sociale.

L’Entente SYTJUST–UNTJ considère désormais que la médiation conduite par M. Dianté est entachée de « soupçons sérieux de partialité » et que sa récusation « devient non seulement légitime mais nécessaire ». Pour les syndicats, l’impartialité est une condition essentielle à toute tentative de médiation dans un conflit social de cette nature, et le comportement de l’actuel président du Haut Conseil la rend impossible.

Fermes dans leur position, les deux structures syndicales annoncent qu’elles ne le reconnaissent plus en tant que médiateur et demandent au gouvernement de prendre acte formellement de cette récusation. Cette déclaration vient alourdir un climat déjà tendu dans le secteur de la justice, où les grèves paralysent de nombreux services.

Cette affaire risque d’avoir des répercussions au-delà du conflit en cours. Elle pose la question de la place du Haut Conseil du Dialogue Social dans la gestion des crises, et plus largement, celle de la politisation des institutions censées incarner la neutralité et l’arbitrage social. Dans un contexte national où les tensions sectorielles se multiplient, la crédibilité des médiateurs est plus que jamais en jeu.

Redevance audiovisuelle : Canal+ versera désormais 4,5 milliards FCFA à l’État du Sénégal, selon Guy Marius

Un tournant majeur dans la politique audiovisuelle et fiscale du Sénégal. Ce samedi 19 juillet, le député Guy Marius Sagna a révélé une importante révision à la hausse de la redevance annuelle que le groupe Canal+ devra désormais verser à l’État. Cette contribution s’élèvera à 9 % du chiffre d’affaires réalisé dans le pays, soit environ 4,5 milliards de francs CFA pour l’année 2024.

Jusqu’ici, le géant français de l’audiovisuel s’acquittait d’un montant dérisoire au regard de son implantation et de son emprise commerciale : 20 millions de FCFA par an, puis 75 millions depuis 2021. Une somme que beaucoup jugeaient en décalage avec les bénéfices colossaux engrangés sur le marché sénégalais.

Dans une publication partagée sur sa page Facebook, Guy Marius Sagna, figure politique de la gauche panafricaniste et membre actif du mouvement FRAPP–France Dégage, a salué cette décision comme un acte fort du nouveau régime incarné par le président Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko et le ministre de la Communication Alioune Sall. Il y voit la marque d’une volonté politique claire : celle de reconquérir une part de souveraineté économique souvent cédée aux multinationales étrangères.

« Canal Plus va payer chaque année 9 % de son chiffre d’affaires annuel, donc pour 2024 la somme de 4,5 milliards de FCFA », a-t-il insisté. Un changement qui, selon lui, reflète la détermination du nouveau pouvoir à rééquilibrer les rapports de force entre l’État sénégalais et les opérateurs privés, notamment ceux venus de l’extérieur.

Le député n’a pas manqué d’adresser un message à ceux qui critiquent l’action du gouvernement. « Maintenant vous savez pourquoi ils ne peuvent aimer les patriotes, pourquoi ils vont continuer à nous combattre et pourquoi nous devons soutenir notre gouvernement », a-t-il déclaré. Par ces mots, Guy Marius Sagna replace cette mesure dans un affrontement idéologique plus large, entre une vision souverainiste de la gestion des ressources nationales et les intérêts bien établis de certaines firmes transnationales.

Si cette annonce venait à être mise en œuvre comme prévu, elle pourrait ouvrir la voie à une réévaluation plus large de la fiscalité des grandes entreprises opérant au Sénégal, notamment dans les secteurs stratégiques comme les télécommunications, les hydrocarbures ou les infrastructures. Pour l’heure, cette hausse de la redevance audiovisuelle est perçue comme un signal politique fort : le Sénégal entend désormais faire payer le juste prix à ceux qui profitent de son marché.

Protocole d’accord entre l’État et l’Intersyndicale : l’Alliance des Travailleurs des Collectivités Territoriales dénonce une exclusion injuste

L’Alliance Nationale des Syndicats des Travailleurs des Collectivités Territoriales (ANSTCT) est montée au créneau pour dénoncer vigoureusement le protocole d’accord conclu entre l’État du Sénégal et l’Intersyndicale des travailleurs des Collectivités territoriales. Dans un communiqué publié le 18 juillet, l’Alliance rejette ce document qu’elle qualifie de « protocole de compromission », dénonçant une entente jugée injuste, partiale et excluante.

Selon l’ANSTCT, ce texte, loin d’apporter une réponse globale aux revendications des travailleurs, ne profite qu’à une minorité, laissant de côté des milliers d’agents pourtant pleinement engagés dans la lutte sociale. « Après plusieurs années d’âpre lutte ponctuée de moments d’espoir et de désillusion, les travailleurs des Collectivités territoriales espéraient voir enfin le bout du tunnel », regrette l’Alliance dans son communiqué. Ces espoirs se sont effondrés avec la signature d’un accord considéré comme sélectif et discriminatoire.

L’Alliance reproche à l’Intersyndicale d’avoir négocié de manière exclusive, en s’appuyant sur les acquis arrachés au prix de longues batailles syndicales, notamment par la coalition AND-GUESSEUM, tout en écartant délibérément d’autres organisations telles que l’ANSTCT. Cette mise à l’écart, selon les signataires du communiqué, a abouti à un accord déséquilibré.

Le protocole prévoit une revalorisation salariale uniquement pour 1 115 agents fonctionnaires, dont les traitements mensuels connaîtront une hausse comprise entre 80 000 et 300 000 francs CFA. Quant aux 6 458 agents non fonctionnaires, ils ne percevront qu’une allocation baptisée « mesure transitoire », d’un montant de 80 000 francs CFA réparti sur trois ans. Ce dispositif exclut plus de 8 400 agents, notamment les contractuels, journaliers et autres personnels précaires, que l’Alliance considère comme les véritables oubliés de cet accord.

« Ce qui est humainement et moralement inacceptable », fustige l’ANSTCT, qui évoque la mémoire de feu Sidya Ndiaye, figure emblématique du mouvement syndical, pour condamner cet accord qu’il n’aurait « jamais accepté de signer ».

Autre point de discorde : l’absence de rétroactivité des mesures. L’accord entrera en vigueur en mai 2025, faisant fi des engagements antérieurs qui remontaient à mai 2022. Pour l’Alliance, cela constitue un effacement pur et simple de plusieurs années de lutte et de sacrifices.

Face à ce qu’elle perçoit comme une trahison des intérêts de la majorité des travailleurs des collectivités, l’ANSTCT appelle à la vigilance et à une mobilisation accrue. Elle exhorte le ministère en charge des Collectivités territoriales à organiser de véritables négociations inclusives afin de garantir l’équité et la justice dans le traitement de l’ensemble des agents.

Le communiqué est signé par Mbaye Sow (SUDTM), Talla Faye (SUTRACOL) et Abdou Lahat Diagne (SUTRACOLS), qui rappellent leur engagement inébranlable à défendre les droits et la dignité de tous les travailleurs des collectivités territoriales du Sénégal.

DÉLOCALISATION DE LA MAISON DES NATIONS UNIES : Est-il trop tard pour éviter un naufrage économique et diplomatique ?

Faute de volonté politique claire et de respect des engagements antérieurs, le Sénégal s’apprête à perdre l’un des projets les plus stratégiques de son histoire diplomatique : l’installation du siège régional des Nations Unies à Diamniadio. À force de tergiversations et de calculs à courte vue, Dakar pourrait voir partir agences, fonctionnaires et investissements au profit de Kigali, Abidjan ou Addis-Abeba.

À première vue, l’information a pu passer sous les radars de l’actualité nationale, reléguée au second plan par les débats politiques internes et les tensions sociales. Pourtant, si elle venait à se confirmer, elle constituerait un véritable séisme aux conséquences incalculables pour le Sénégal : les Nations Unies envisageraient sérieusement de reconsidérer leur implantation régionale à Dakar, au profit d’autres capitales africaines telles qu’Abidjan, Addis-Abeba ou même Kigali. Ce revirement, né d’un différend entre l’organisation onusienne et les nouvelles autorités, menace de ruiner des années de diplomatie patiemment construite, tout en privant notre pays d’une manne économique et d’un levier d’influence régionale sans équivalent.
Ainsi, convient-il de revenir aux origines du projet. En 2015, le Gouvernement, sous l’impulsion du président Macky Sall, initiait un ambitieux chantier destiné à renforcer la stature diplomatique du Sénégal : la construction d’un vaste complexe devant accueillir, à Diamniadio, la quasi-totalité des agences des Nations Unies présentes à Dakar. Cette Maison des Nations Unies devait regrouper pas moins de trente (30) entités du système onusien, soit environ deux mille (2 000) agents internationaux dans un premier temps, avec à terme des perspectives d’extension pouvant accueillir jusqu’à deux mille cinq cents (2 500) personnes. Pensée comme un véritable hub diplomatique, l’infrastructure moderne avait pour vocation de rationaliser les activités des Nations Unies, les rassembler en un même lieu fonctionnel et sécurisé, tout en contribuant au rayonnement international du Sénégal.
Le projet était d’autant plus structurant qu’il s’inscrivait dans la stratégie globale de développement de Diamniadio, érigée en ville nouvelle destinée à désengorger Dakar, accueillir des institutions d’envergure ainsi qu’offrir des conditions de vie et de travail adaptées aux standards internationaux. Outre la Maison des Nations Unies, cette vision urbanistique pensée dans le Plan Sénégal Émergent (PSE) comprenait le Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD), le Parc des expositions, la Dakar Arena, le stade Me Abdoulaye Wade et plusieurs sphères ministérielles. Autant d’infrastructures bâties pour positionner Diamniadio comme le nouveau cœur névralgique administratif, économique et diplomatique du Sénégal.
C’est dans ce contexte que l’administration Sall avait proposé, en contrepartie de cette installation, la mise à disposition gratuite des locaux à l’ONU, dans le cadre d’un partenariat institutionnel fondé sur la confiance, la stabilité et la visibilité à long terme. L’organisation, séduite par cette offre stratégique et logistique, avait accepté de libérer ses anciens bureaux disséminés à Dakar afin de procéder à un regroupement fonctionnel à Diamniadio. La réception technique du bâtiment a été actée en août 2024, les paiements dus aux promoteurs ont été effectués, et l’ensemble des aménagements préalables étaient finalisés.
Mais alors que tout semblait en place pour une installation effective dès 2025, un changement de cap inattendu est survenu avec l’arrivée du nouveau régime. Les autorités auraient, selon plusieurs sources concordantes, décidé de revenir sur l’accord initial, exigeant désormais que l’Organisation des Nations Unies s’acquitte d’un loyer pour occuper les lieux. Cette nouvelle condition, perçue par les instances onusiennes comme une remise en cause unilatérale des engagements de l’État, a entraîné la suspension des démarches d’installation. Faute de solution trouvée à ce jour, la quasi-totalité des agents onusiens concernés sont désormais en télétravail, dans une forme d’incertitude professionnelle délétère. Pire encore, la venue prévue de deux mille (2 000) nouveaux agents dans les mois à venir a été purement et simplement annulée.

RÉPERCUSSIONS DIPLOMATIQUES ET ÉCONOMIQUES

Les conséquences de ce blocage, si aucune solution rapide n’est trouvée, pourraient être dévastatrices. Sur le plan économique d’abord, le Sénégal se priverait d’un flux financier considérable. Chaque agent des Nations Unies basé à Dakar contribue significativement à l’économie locale, injectant chaque année plusieurs dizaines de millions de francs CFA dans les circuits de consommation. En moyenne, un fonctionnaire onusien perçoit un revenu annuel compris entre 150 000 dollars (soit environ 84,5 millions de francs CFA) et 200 000 dollars (près de 112,6 millions de francs CFA), des sommes qui profitent directement aux secteurs du logement, des services, de la restauration, des transports, du tourisme et des loisirs. Avec environ trois mille (3 000) fonctionnaires concernés, ce sont plus de 500 millions de dollars (plus de 281 milliards F CFA) annuels qui sont en jeu. À cela s’ajoutent les quelque mille (1 000) emplois directs occupés par des Sénégalais dans les agences onusiennes, sans compter les milliers d’emplois indirects générés par les activités connexes : prestataires, chauffeurs, sociétés de sécurité, traducteurs, consultants, restaurateurs, hôteliers, fournisseurs de services divers, etc.
La présence des Nations Unies constitue un écosystème à part entière, dont l’effet multiplicateur est particulièrement important dans une ville comme Dakar.
Par ailleurs, c’est l’image même du Sénégal sur la scène internationale qui serait sérieusement écornée. Car en matière diplomatique, la parole donnée engage l’État bien au-delà des alternances politiques. Rompre ou même seulement réinterpréter un engagement d’une telle ampleur sans concertation ouverte ni justification publique, revient à affaiblir la crédibilité de notre pays auprès de ses partenaires. Ceci envoie un signal d’imprévisibilité qui pourrait refroidir d’autres institutions internationales ou entreprises étrangères désireuses de s’installer ou d’investir au Sénégal.
Ce d’autant plus que d’autres capitales africaines, conscientes des enjeux stratégiques d’une telle opportunité, s’activent déjà pour récupérer ce que le Sénégal semble prêt à abandonner. Le Rwanda, dans une note officielle adressée au Secrétaire général de l’ONU, s’est montré disposé à accueillir certaines agences du système onusien. Kigali, dont la diplomatie est de plus en plus offensive, développe depuis plusieurs années une politique d’attractivité très efficace fondée sur la stabilité, l’innovation, la culture et le sport. Addis-Abeba, déjà siège de l’Union africaine, dispose de l’infrastructure et de la légitimité diplomatique pour élargir son rôle de capitale du multilatéralisme africain. Quant à Abidjan, redevenue un pôle de stabilité économique et institutionnelle, ambitionne de s’imposer comme une plateforme régionale incontournable. Ces capitales, en pleine montée en puissance, pourraient très bien rafler la mise si le Sénégal ne rectifie pas rapidement le tir.
Le plus préoccupant reste le silence assourdissant qui entoure ce dossier. Aucune communication officielle du Gouvernement. Ce mutisme, loin de rassurer, alimente les inquiétudes et laisse penser que le projet est en train de sombrer dans une impasse politique. Et pendant ce temps, à Diamniadio, un bâtiment flambant neuf, financé à hauteur de plusieurs milliards de francs CFA, reste vide, inoccupé, sans la moindre perspective claire de mise en service.
Or, ce projet n’est pas un simple héritage d’un régime précédent qu’il conviendrait de réévaluer ou de renier. Il s’agit d’un actif stratégique national conçu pour consolider la place du Sénégal au sein des instances internationales. Laisser cet édifice tomber en désuétude serait un échec collectif, révélateur d’un manque de vision à long terme. Si les raisons de la frilosité actuelle relèvent d’un positionnement idéologique ou d’une volonté de rupture politique, alors elles relèvent d’une erreur de jugement dont le coût, lui, sera bien réel.
Il est encore temps pour les autorités sénégalaises de reprendre la main en rouvrant un dialogue franc et constructif avec les Nations Unies.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, porteur d’un projet de refondation de l’État, a l’occasion de démontrer que rupture ne rime pas avec reniement. À lui de faire preuve de hauteur de vue, de sens stratégique et de patriotisme éclairé. Certaines décisions dépassent les alternances politiques, elles engagent l’avenir d’une Nation.

Penda THIAM

Fraude au BFEM à Louga : le ministère de l’Éducation nationale clarifie et rassure

Suite à l’arrestation de plusieurs candidats au Brevet de fin d’études moyennes (BFEM) 2025 en possession de corrections d’épreuves, le ministère de l’Éducation nationale a apporté, ce jeudi, des précisions importantes afin de dissiper les doutes et préserver l’intégrité du processus d’évaluation.

Selon un communiqué officiel, les faits concernent 18 candidats à Louga et 6 autres à Mbour, pris en flagrant délit avec des documents manuscrits contenant des corrections d’épreuves. Le ministère tient toutefois à souligner que ces documents ne sont pas les corrigés officiels, lesquels sont élaborés et diffusés par la Direction des Examens et Concours (DEXCO). Ces derniers portent un cachet officiel et sont transmis de manière strictement contrôlée.

Depuis la session 2024, le dispositif de sécurisation des examens a été renforcé. Désormais, les corrigés sont envoyés uniquement par voie électronique, et ce, progressivement, aux Inspecteurs d’académie (IA), mais uniquement après la fin de chaque épreuve. Ce système vise à réduire au maximum les risques de fuite ou de fraude.

Le ministère relativise également l’ampleur des cas signalés : sur les 188 151 candidats ayant effectivement composé cette année, les incidents recensés représentent à peine 0,012 % du total. De plus, les autorités éducatives assurent que ces cas isolés ont été immédiatement pris en charge conformément à la réglementation en vigueur, grâce à la réactivité des présidents de jury, en collaboration avec les Inspecteurs de l’Éducation et de la Formation (IEF) et les Inspecteurs d’académie.

L’institution dirigée par Moustapha Guirassy insiste sur le fait que ces actes n’ont eu « aucun impact sur le bon déroulement global des épreuves » du BFEM 2025. Elle appelle toutefois à plus de responsabilité dans le traitement médiatique de ce genre d’information, afin d’éviter toute désinformation susceptible de nuire à la crédibilité du système éducatif.

Enfin, le ministère réaffirme son engagement à faire toute la lumière sur les faits signalés et promet de continuer à communiquer de manière transparente, via les canaux officiels. Il en appelle à une mobilisation collective autour des valeurs d’éthique, d’intégrité et de respect des règles, pour garantir un système éducatif équitable et digne de confiance.

Crise au sommet de l’État, inondations, économie en berne, suspension des BSF : la CCR charge violemment le régime

La Convergence des Cadres Républicains (CCR) de l’Alliance Pour la République (APR), réunie ce vendredi 18 juillet, s’est penchée sur la situation nationale et internationale. Dans une déclaration rendue publique, elle fustige une crise institutionnelle majeure au sommet de l’État, illustrée par ce qu’elle qualifie d’acte de défiance sans précédent : l’ultimatum lancé par le Premier ministre Ousmane Sonko au Président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Par ailleurs, la CCR exprime sa solidarité aux populations victimes des récentes inondations, tout en dénonçant l’inaction et le mépris des autorités. Elle établit un parallèle avec la gestion jugée défaillante des inondations de 2024 ayant frappé Matam et Bakel.

Concernant la situation nationale, la CCR constate la crise au sein de l’Exécutif sur fond de rivalités personnelles. Les propos outranciers ainsi que l’ultimatum du Premier ministre à l’encontre de son chef, le président de la République, constituent un acte de défiance inédit dans l’histoire du Sénégal, confirment le désordre au sommet de l’État et risquent de plonger notre pays dans une grave crise institutionnelle.

Par la mise en scène sur la place publique de ses frustrations personnelles, Ousmane Sonko prouve aux Sénégalais que leurs préoccupations quotidiennes demeurent secondaires face à son désir pathologique d’accéder à la présidence de la République.

 Inondations à Tambacounda et Kolda

Par ailleurs, la CCR se tient aux côtés des populations victimes des inondations dans plusieurs localités des régions de Tambacounda et de Kolda et leur témoigne de sa solidarité. La CCR, après s’être émue du décès enregistré à Kolda, fustige l’indifférence voire le mépris des autorités face au drame de nos concitoyens victimes de ce sinistre de grande ampleur. Aucune action notable n’a été constatée pour se tenir aux côtés des populations de Tamba, pourtant des Sénégalais à part entière. Cette attitude méprisante des autorités est conforme à celle qu’elles avaient montrées lors des inondations de 2024 qui avaient gravement touché les départements de Matam et de Bakel.

Aussi, la CCR constate avec regret et amertume l’énième dégradation de la note souveraine du Sénégal ; cette fois par l’agence Standard and Poor’s, qui fait régresser notre note de B à B- avec perspective négative. Ce nouvel abaissement confirme l’état catastrophique dans lequel ce régime a plongé notre économie, avec un recours systématique au marché intérieur qui explose la dette, creuse le déficit et enlève toute possibilité de disposer de marges de manœuvres afin de faire face aux préoccupations des populations en matière d’éducation, de santé et d’équité sociale.

Suspension des Bourses de Sécurité Familiale (BSF)

D’ailleurs, en matière de politique sociale, la CCR dénonce la suspension du paiement des bourses de sécurité familiale, l’un des marqueurs les plus puissants de la politique sociale impulsée dès 2012 par l’ancien régime. En vue de lutter davantage contre l’exclusion et la pauvreté structurelle, les bénéficiaires de la BSF sont passés de 50 000 ménages vulnérables en 2013 à 355 626 en 2024. En outre, la bourse trimestrielle initiale de 25 000 FCFA, a été portée à 35 000 FCFA en 2023 (soit 140 000 FCFA annuels), pour un coût annuel du programme d’environ 51,4 milliards de FCFA, financés intégralement par l’État du Sénégal, avec un paiement digitalisé en cours sur l’ensemble du territoire. L’actualisation du Registre National Unique (RNU) ne saurait justifier le blocage des paiements qui plonge des milliers de familles dans une précarité extrême, d’autant plus que la mise à jour du RNU avait été initiée depuis plusieurs mois par l’administration précédente.

La CCR exige qu’à l’heure où la reprise des paiements est annoncée que les arriérés soient intégralement régularisés, par souci de justice sociale et de dignité. Il serait illusoire de présenter comme un “acte généreux” ce qui n’est qu’un retour à l’ordre républicain.

Résultats préoccupants au baccalauréat 2025

Poursuivant dans l’actualité nationale, la CCR déplore les résultats mitigés à l’examen du baccalauréat. En effet, sur les 156 000 candidats, seuls 32.961 ont réussi au premier tour, soit 21%. Après la délivrance des résultats finaux, seuls 69 474, soit 42% sont admis.

La CCR, après avoir interpellé le gouvernement sur ces chiffres inquiétants, appelle celui-ci à quitter définitivement le registre du bavardage et la déclinaison des slogans pour s’atteler à la tâche urgente de formation des esprits de la future élite de notre pays. La jeunesse ne saurait être un combustible pour des batailles politiques insurrectionnelles mais un levain d’espoir pour construire le Sénégal de tous, pour tous.

La CCR s’incline devant la mémoire des trois jeunes qui ont perdu la vie à Thiaroye et à Cambérène et exige du gouvernement toute la lumière sur les circonstances controversées de leur décès. Face à l’ébullition du front social, la CCR appelle le gouvernement à apporter des réponses urgentes aux préoccupations des populations en vue de l’amélioration significative de leurs conditions de vie. 

Libération des détenus politiques

Au chapitre de la vie du parti, la CCR exige la libération immédiate et sans condition des otages politiques Farba Ngom, Mansour Faye, Lat Diop, Moustapha Diop et Abdoulaye Ndiaye, ainsi que la fin du placement sous bracelet électronique d’Ismaïla Madior Fall et de Aïssatou Sophie Gladima et celle du placement sous contrôle judiciaire de Mme Salimata DIOP.
Ces personnalités sont victimes d’une tentative inique d’effacement du fait de leur fidélité et leur loyauté à leurs idées et à leurs convictions politiques.

Dans la même veine, la CCR exige la libération des détenus politiques Moustapha Diakhaté, Abdou Nguer, Bachir Fofana, Assane Diouf, Jérôme Bandiaky, Badara Gadiaga, Djiby Ndiaye et de l’homme d’affaires Tahirou Sarr, victimes d’une volonté d’effacement d’un régime aux penchants dictatoriaux.

Après la supercherie du Dialogue national, la CCR appelle l’opposition et toutes les forces vives de la Nation à un front pour préserver les libertés fondamentales et sauver les institutions républicaines malmenées par le populisme et la culture du désordre du Pastef.

Enfin, s’agissant de la situation internationale, la CCR déplore la situation des ressortissants sénégalais en République Islamique de Mauritanie, victimes de rafles et de traitements discriminatoires et dégradants. La CCR appelle le Ministère de l’Intégration Africaine et des Affaires étrangères à apporter le soutien et l’assistance requis à nos compatriotes dans les plus brefs délais.

15e sommet de la CPLP : Bassirou Diomaye Faye plaide pour une mobilisation collective en faveur d’une agriculture durable

À l’occasion de la 15e Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des Pays de Langue Portugaise (CPLP), tenue ce vendredi à Bissau, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a été l’invité d’honneur de son homologue bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló. Ce sommet a offert une tribune de choix au chef de l’État sénégalais pour partager sa vision du développement agricole et de la coopération Sud-Sud.

Dans son discours, le président Faye a mis en avant les liens historiques, culturels et fraternels entre le Sénégal et la Guinée-Bissau, soulignant que cette proximité constitue un levier essentiel pour le renforcement des partenariats entre les deux nations et avec l’ensemble des membres de la CPLP. Il a salué l’ouverture croissante de cette communauté à des partenariats extra-régionaux, basés sur la solidarité, la coopération et l’intérêt mutuel.

Bassirou Diomaye Faye a ensuite mis l’accent sur la nécessité d’une transformation structurelle de l’agriculture dans les pays du Sud, en particulier en Afrique de l’Ouest. Il a lancé un appel à une mobilisation collective des États membres et partenaires de la CPLP autour d’un objectif commun : assurer la souveraineté alimentaire à travers des modèles agricoles durables, inclusifs et innovants. Pour lui, cela passe par la modernisation des pratiques agricoles, la valorisation des terres, le développement des infrastructures de marché et un appui renforcé aux petits producteurs, notamment les jeunes et les femmes.

Le chef de l’État a également évoqué les grandes lignes de la Vision Sénégal 2050, stratégie nationale de long terme dans laquelle l’agriculture joue un rôle central. Il a réaffirmé l’ambition du Sénégal de contribuer à la sécurité alimentaire du continent africain et au-delà, en s’appuyant sur un partenariat international solidaire et responsable.

Sa participation remarquée à ce sommet témoigne de la volonté du Sénégal de s’intégrer davantage dans les réseaux de coopération régionale et internationale, tout en promouvant un développement endogène fondé sur ses priorités économiques et sociales.

Marche interdite à Dakar : le Mouvement « Sauvons la République » stoppé dans son élan

La préfecture de Dakar a opposé une fin de non-recevoir à la demande de manifestation du mouvement citoyen « Sauvons la République / Dogu Samme Sunum Reew », qui projetait d’organiser une marche ce vendredi 18 juillet 2025. Par un arrêté préfectoral, les autorités ont interdit cette mobilisation qui devait se tenir entre 15 heures et 18 heures, sur l’itinéraire allant du rond-point de la Poste de la Médina jusqu’au siège de la Division spéciale de lutte contre la Cybercriminalité.

Selon les services de l’État, la décision repose sur des motifs liés à la sécurité et à l’ordre public. Dans son arrêté, le préfet indique que l’enquête préalable menée par les services compétents a révélé que l’occupation de l’axe prévu à l’heure choisie risquait « d’entraver gravement la libre circulation des personnes et de leurs biens ». Une formulation classique dans le registre des interdictions administratives de manifestations publiques, surtout dans les zones urbaines sensibles.

Le mouvement « Sauvons la République », très critique envers le gouvernement, entendait faire entendre sa voix à travers cette marche. L’objectif affiché était clair : réclamer la démission du Premier ministre Ousmane Sonko, désigné par les initiateurs comme étant, selon eux, « le principal problème de tous les maux du Sénégal ». Une position radicale qui s’inscrit dans un climat politique national marqué par une forte polarisation et des tensions persistantes entre partisans et opposants du régime en place.

Cette interdiction intervient dans un contexte où la liberté de manifester fait l’objet de débats récurrents au Sénégal, entre revendications citoyennes, impératifs de sécurité et encadrement administratif des rassemblements publics. Le mouvement, de son côté, n’a pas encore officiellement réagi à la décision préfectorale, mais ses membres pourraient envisager de nouvelles stratégies de contestation dans les prochains jours.

Contrat ACWA POWER – État du Sénégal : Serigne Mbaye Thiam justifie la nécessité d’une renégociation et alerte sur les enjeux vitaux du projet de dessalement

Invité de l’émission Grand Jury sur la TFM le 6 janvier 2025, l’ancien ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Serigne Mbaye Thiam, est revenu sur la décision des nouvelles autorités sénégalaises d’annuler le contrat avec la société saoudienne ACWA POWER. Ce contrat portait sur la réalisation d’une usine de dessalement de l’eau de mer sur la Grande Côte, un projet stratégique censé renforcer la sécurité hydrique du Sénégal.

D’entrée, Serigne Mbaye Thiam a souligné que l’État sénégalais ne pouvait se permettre de se détourner définitivement du projet de dessalement, tant il est crucial dans la stratégie de couverture des besoins en eau potable à l’horizon 2030. Selon lui, le Sénégal devra faire face à un déficit d’un million de m³ par jour d’ici cette échéance, et les 400 000 m³ que devait produire l’usine constituent une composante essentielle du dispositif envisagé par les pouvoirs publics.

Au-delà de la simple augmentation de la production, l’ancien ministre a insisté sur le rôle de l’usine dans la gestion des risques. Il a rappelé l’épisode dramatique de 2013 à Keur Momar Sarr, lorsque la principale station de pompage du pays avait été hors service, plongeant une grande partie du pays dans une crise de l’eau. Pour Serigne Mbaye Thiam, le projet de dessalement aurait offert une source alternative stratégique et permanente, réduisant ainsi la dépendance au système de pompage actuel.

Mais selon lui, si les nouvelles autorités ont décidé d’annuler le contrat, elles devront tôt ou tard revenir à la table des négociations. « Les fenêtres de renégociation étaient déjà prévues dans les clauses du contrat », a-t-il rappelé. Parmi les leviers existants, il a cité la possibilité laissée à ACWA POWER de construire une centrale électrique en parallèle, ce qui aurait pu permettre une révision à la baisse du coût de l’électricité utilisée pour le dessalement. Cette centrale, en injectant 15 % de sa production dans le réseau national, pouvait offrir une marge de manœuvre financière.

Un autre levier évoqué par l’ancien ministre concernait le mode de financement du projet. En cas de recours par ACWA POWER à des financements concessionnels, une clause prévoyait que le bénéfice obtenu devait être redistribué sous forme de baisse du prix de l’eau. Des mécanismes précis étaient d’ailleurs inscrits dans le contrat : une baisse de prix inférieure à 2 % revenait entièrement à ACWA POWER, une baisse entre 2 % et 10 % devait être partagée à parts égales entre l’État du Sénégal et l’opérateur saoudien, et toute réduction supérieure à 10 % bénéficiait exclusivement à l’État sénégalais.

Pour Serigne Mbaye Thiam, ces clauses démontrent qu’un espace de renégociation existait bel et bien, et qu’il aurait été plus judicieux de l’utiliser plutôt que de rompre abruptement le contrat. Une telle décision, selon lui, expose l’État à des risques juridiques et diplomatiques, mais surtout compromet une solution technique majeure à une urgence nationale.

Dans le cadre plus large du « Grand Transfert » — projet stratégique pour la redistribution des ressources en eau — l’ancien ministre a précisé que l’eau brute issue du projet devait également servir à l’irrigation agricole. Une partie de cette ressource devait être transférée vers la région de Touba à partir de Pekess, rompant ainsi avec le schéma initial qui visait un acheminement direct vers Dakar.

Au final, Serigne Mbaye Thiam appelle à une approche pragmatique et à une relecture stratégique du contrat. Il juge que le gouvernement actuel se trouve dans l’obligation de revoir sa position pour ne pas compromettre la souveraineté hydraulique du pays, à un moment où les besoins en eau deviennent chaque jour plus pressants.

Le Magal de Touba officiellement inscrit au patrimoine culturel immatériel du Sénégal

C’est désormais officiel : le Magal de Touba, événement religieux phare du calendrier musulman sénégalais, figure sur la liste nationale du patrimoine culturel immatériel. Cette reconnaissance a été entérinée par un arrêté du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, confirmant ainsi la portée historique, spirituelle et culturelle de cette célébration emblématique du mouridisme.

Le Magal commémore le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, fondateur de la confrérie mouride, envoyé par les autorités coloniales françaises au Gabon en 1895. Cette épreuve, vécue comme un acte de foi et de résistance spirituelle, est aujourd’hui magnifiée chaque année par des millions de fidèles venus de tout le Sénégal et de la diaspora, qui convergent vers la ville sainte de Touba.

L’inscription du Magal dans le patrimoine immatériel national vise à reconnaître son rôle fondamental dans la cohésion sociale, la transmission des valeurs religieuses, l’éducation populaire et la dynamique économique. Il s’agit également d’un acte de valorisation d’un événement qui mobilise les institutions, les familles et les communautés dans un esprit d’unité, de partage et de ferveur.

Selon le document officiel publié par le ministère, cette reconnaissance s’accompagnera de l’élaboration d’un plan de sauvegarde et de mise en valeur. Ce plan sera conçu en étroite collaboration avec la communauté mouride, gardienne de cette tradition vivante. L’objectif sera de préserver les dimensions spirituelles, culturelles et sociales du Magal, tout en adaptant son organisation aux enjeux contemporains.

Cette mesure intervient dans un contexte de prise de conscience accrue de l’importance de la mémoire collective et des expressions culturelles comme vecteurs de développement et de rayonnement international. Elle pourrait également ouvrir la voie à une reconnaissance du Magal de Touba au niveau de l’UNESCO, comme cela avait été évoqué ces dernières années par certaines autorités religieuses et culturelles.

Le Magal de Touba, bien plus qu’un événement religieux, incarne une philosophie de paix, de travail et de dévotion. Son inscription au patrimoine culturel immatériel du Sénégal est une consécration symbolique et politique, qui honore à la fois l’histoire du mouridisme et le rôle fondamental des confréries dans la construction de l’identité nationale.

Ex-employés des bases françaises : les oubliés du retrait des EFS réclament leur intégration dans la fonction publique

Le départ officiel des Éléments français au Sénégal (EFS), acté le 30 juin 2025 avec la restitution des dernières installations militaires à l’État sénégalais, a laissé derrière lui plusieurs centaines de travailleurs dans l’incertitude. Ils sont environ 300 Sénégalais, employés civils des EFS, aujourd’hui sans emploi et dans l’attente d’une décision des autorités sénégalaises quant à leur avenir professionnel.

Ces anciens agents, membres du Syndicat des travailleurs du personnel civil des EFS, dénoncent un silence prolongé du gouvernement malgré les démarches engagées en amont. « Depuis 15 jours, nous sommes officiellement licenciés. Nous avons respecté une décision de souveraineté nationale. Nous espérions en retour une réaction rapide de l’État pour une reconversion », a déclaré Djibril Ndiaye, secrétaire général du syndicat, dans un entretien accordé à la Radio Futurs Médias (RFM).

Selon ses précisions, un dossier détaillé avait été préparé par les ex-travailleurs, en collaboration avec le ministère des Forces armées et celui du Travail, à la demande de la Présidence de la République. Ce document contient des données précises sur les conséquences juridiques de leur licenciement, les préjudices économiques et sociaux subis, ainsi que leurs propositions de reclassement dans la fonction publique. Le dossier a bien été transmis au Palais, mais reste depuis sans suite.

Le secrétaire général du syndicat exprime l’inquiétude croissante de ses collègues : « C’est une situation angoissante pour des pères de famille qui avaient une stabilité professionnelle, un salaire régulier, un accès à la couverture maladie et une sécurité sociale. Du jour au lendemain, tout cela a disparu sans qu’aucune mesure d’accompagnement ne soit prise. »

En ce qui concerne l’État français, Djibril Ndiaye reconnaît que les autorités tricolores ont respecté leur part du contrat. Les indemnités dues aux travailleurs ont été versées. Toutefois, ces montants sont jugés insuffisants au regard du choc brutal qu’a représenté cette rupture, d’autant plus qu’aucune solution durable n’a été proposée par l’État sénégalais.

Le contexte dans lequel intervient cette fermeture est inédit. Pour la première fois depuis l’indépendance, le Sénégal ne compte plus de base militaire française sur son territoire. Une décision hautement symbolique, saluée par une large partie de l’opinion comme un acte de souveraineté, mais qui, sur le plan social, laisse planer une ombre sur le sort de ceux qui faisaient tourner ces installations au quotidien.

Alors que le pays s’engage dans une nouvelle phase de coopération militaire « équilibrée et rénovée » avec la France, comme l’a souligné le chef d’état-major des armées, les anciens agents civils appellent à ne pas être les victimes collatérales de ce changement de paradigme. Ils rappellent qu’ils ont servi loyalement pendant des années, souvent dans l’ombre, et demandent aujourd’hui à être réorientés dans le service public sénégalais.

Usine de dessalement de la Grande Côte : le Président Diomaye valide une nouvelle ère de coopération avec l’Arabie Saoudite

Le Sénégal et l’Arabie Saoudite viennent de franchir une étape décisive dans leur partenariat stratégique avec la signature, ce jeudi 17 juillet 2025, du contrat renégocié relatif à la construction de l’usine de dessalement d’eau de mer de la Grande Côte. Le Président Bassirou Diomaye Faye a entériné ce nouvel accord conclu avec la société saoudienne Acwa Power, mettant ainsi fin à plusieurs mois d’incertitudes et de réajustements autour de ce projet d’envergure.

Sur sa page Facebook, le chef de l’État sénégalais a salué la solidité de la coopération entre Dakar et Riyad, qu’il qualifie de « stratégique et gagnant-gagnant ». Il a tenu à remercier chaleureusement le Serviteur des Deux Saintes Mosquées, le Roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, ainsi que le Prince Héritier Mohammed ben Salmane, pour leur soutien constant au développement du Sénégal. Une reconnaissance adressée également au peuple saoudien, engagé de longue date dans le soutien à des projets structurants sur le sol sénégalais.

Ce projet de dessalement, jugé prioritaire dans un contexte de stress hydrique croissant dans la région de Dakar et sa périphérie, avait été au centre d’une controverse en 2024. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, avait alors décidé d’annuler le contrat initialement signé sous la présidence de Macky Sall. Ce contrat, d’un montant évalué à 459 milliards de francs CFA sur une durée de 30 ans, avait été critiqué pour son coût jugé excessif et son inadéquation avec les capacités budgétaires de l’État.

La version renégociée du contrat, bien que ses détails précis n’aient pas encore été rendus publics, est présentée par les autorités comme mieux alignée sur les intérêts nationaux. Elle garantirait à la fois une meilleure maîtrise des coûts, une optimisation de l’impact environnemental, ainsi qu’une mise en œuvre plus rapide. L’usine de la Grande Côte, une fois opérationnelle, devrait significativement renforcer l’approvisionnement en eau potable de la région de Dakar et soutenir la croissance urbaine tout en réduisant la dépendance aux eaux souterraines.

Ce projet s’inscrit dans une vision globale du gouvernement sénégalais qui place l’accès équitable à l’eau parmi ses priorités. Il illustre aussi la volonté du président Diomaye de refonder les contrats publics en faveur de la transparence, de l’efficacité économique et de la souveraineté nationale.

Clap de fin pour les bases françaises au Sénégal : un tournant décisif dans la coopération militaire

La journée du jeudi 17 juillet 2025 restera gravée dans l’histoire militaire du Sénégal comme le symbole d’une souveraineté assumée et d’un partenariat repensé. C’est à cette date qu’a eu lieu, à Dakar, la cérémonie officielle de rétrocession des bases militaires françaises aux forces armées sénégalaises. Un acte hautement symbolique qui met fin à plusieurs décennies de présence militaire française dans le pays.

La cérémonie, tenue au camp Geille, a été marquée par la présence des autorités militaires sénégalaises et françaises. Le Général de corps d’armée Mbaye Cissé, Chef d’état-major général des armées sénégalaises, a pris la parole pour rappeler le caractère historique de cette restitution. Il a annoncé que toutes les emprises françaises, notamment les camps Saint-Exupéry et Maréchal de Hannes, l’escalier aérien de l’aéroport international Blaise Diagne, la cité résidentielle de La Pointe, les installations navales du camp Proté, le centre d’émission de Rufisque et le camp Geille, ont été officiellement transférés à l’État sénégalais.

Le général Cissé a insisté sur le fait que cette rétrocession est le fruit d’une volonté politique ferme des plus hautes autorités des deux pays. Il a salué l’atmosphère fraternelle et respectueuse qui a entouré les discussions entre les deux parties, tout en soulignant que cette évolution s’inscrit dans la nouvelle doctrine sénégalaise de coopération en matière de défense. Cette doctrine vise à renforcer l’autonomie stratégique du pays, à moderniser son dispositif militaire et à faire du Sénégal un acteur de premier plan dans le maintien de la paix en Afrique de l’Ouest et dans le monde.

Le haut commandement militaire sénégalais a également tenu à rappeler que la coopération avec la France a été, pendant de longues années, un appui majeur dans la formation des soldats, l’entraînement des troupes et la logistique. Des apports qui ont contribué à professionnaliser l’armée sénégalaise et à l’ériger comme l’une des plus respectées de la sous-région.

De son côté, le Général de division Pascal Ianni, représentant de l’armée française, a salué l’évolution naturelle de la relation entre les deux pays. Il a rappelé que le camp Geille, où se tenait la cérémonie, fut l’une des premières bases aériennes africaines créées par la France en 1920. Il a retracé les grandes étapes de la présence militaire française, depuis la période coloniale jusqu’à la mise en place, en 2011, des Éléments Français au Sénégal (EFS), après la dissolution des Forces Françaises du Cap-Vert.

Dans son allocution, le général Ianni a évoqué une « transformation structurelle » de la présence française en Afrique. Il a reconnu que le temps des bases permanentes touchait à sa fin, et qu’il était désormais plus pertinent de nouer des partenariats souples, adaptés aux besoins et à la souveraineté des pays africains. Il a affirmé que « prolonger artificiellement une présence là où elle n’est plus souhaitée serait une erreur stratégique et politique ».

Les deux officiers généraux ont convenu que cette étape ne signifiait pas la fin de la coopération militaire entre le Sénégal et la France, mais plutôt le début d’un nouveau cycle. Un cycle marqué par une collaboration sur mesure, respectueuse des intérêts et des choix stratégiques de chacun.

La restitution des bases françaises marque donc un tournant majeur dans l’histoire des relations militaires franco-sénégalaises. Elle incarne la volonté du Sénégal de maîtriser pleinement sa défense et de bâtir une armée à la hauteur de ses ambitions régionales et internationales. C’est aussi, pour la France, l’opportunité de repenser sa politique de défense en Afrique, dans un contexte où les attentes des peuples africains en matière de souveraineté sont de plus en plus fortes.

L’AMICALE DES INSPECTEURS ET OFFICIERS DE DOUANE (AIOD) AUTHENTIQUE S’OPPOSE A LA MILITARISATION DU CENTRE MEDICO-SOCIAL DE LA DOUANE

 

L’Amicale des Inspecteurs et Officiers de Douane (AIOD) Authentique dénonce, avec la dernière énergie, la volonté du directeur général des douanes, Babacar Mbaye, d’imposer des médecins militaires au centre de santé de la douane, en dépit du désaccord des membres du comité directeur, puisque des douaniers médecins occupent déjà ces fonctions. L’AIOD a saisi le gouvernement contre les velléités du directeur général deremplacer les médecins douaniers par des médecins militaires contre notre gré. 

Nous restons déterminés à défendre les intérêts des agents et de l’Administration des douanes. Nous apporterons les réponses idoines à toute tentative de vassalisation et de militarisation de notre administration de quelque bord que cela puisse venir. Il existe des médecins douaniers, il n’est pas question d’accepter des médecins militaires à leur place pour la gestion du centre médico-social des douanes. Néanmoins, ces derniers sont les bienvenus, en cas de besoin.

Par ailleurs, s’agissant du droit syndical, l’AIOD rappelle que le projet de réforme du statut des douanes devra intégrer la libertésyndicale telle que spécifiée par les recommandations numéro 384 de mars 2018 de l’OIT du comité de liberté syndicale. A défaut, l’AIOD proposera son propre projet de statut à l’Autorité et à l’Assemblée nationale. Pour rappel, ce comité a demandé au Gouvernement du Sénégal de prendre les mesures nécessaires pour modifier l’article 8 de la loi no 69-64 du 30 octobre 1969 portant statut du personnel des douanes afin de supprimer l’interdiction faite au personnel des douanes d’exercer leurs droits syndicaux. Le comité a aussi invité le Sénégal à veiller à ce que des procédures de conciliation et d’arbitrage appropriées, impartiales et expéditives soient accordées au personnel des douanes en tant que garanties compensatoires dans la mesure où son droit de grève est déniéou limité, et de le tenir informé de toutes mesures prises à cet égard. Enfin, il a invitéinstamment le gouvernement de s’assurer que les douaniers Ndiaga Soumaré et Pape Djigdjam Diop ne subiront plus de préjudice pour le simple fait de s’exprimer en faveur de la reconnaissance de leurs droits syndicaux et que les recours concernant les mesures prises par les autorités administratives seront résolus en tenant compte de ces recommandations.

Fait à Dakar, le 16 juillet 2025

ANNONCE D’UN COMITÉ SPÉCIAL POUR MATÉRIALISER LES CONCLUSIONS DU DIALOGUE NATIONAL EN PROJETS DE LOIS : Vers quelles réformes législatives s’achemine-t-on ?

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé, en Conseil des ministres, la création d’un Comité spécial chargé de formuler les textes législatifs et réglementaires issus des recommandations du Dialogue national sur le système politique. Une initiative qui ouvre la voie à d’importantes réformes institutionnelles dont les contours législatifs restent à préciser.

Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 16 juillet, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a pris la parole pour revenir sur un évènement important de la vie politique nationale : la réception, deux jours plus tôt, du Rapport général du Dialogue national sur le système politique. Ce document, fruit de plusieurs jours d’échanges entre les forces vives de la nation, trace les contours des réformes attendues pour une refondation institutionnelle et démocratique du Sénégal.
Le chef de l’État a salué, avec insistance, le travail du facilitateur général, du directoire du Dialogue, des différentes commissions ainsi que l’implication des participants, notamment ceux réunis au sein de la plateforme « Jubbanti ». Selon lui, l’esprit républicain, le sens des responsabilités et la qualité des contributions traduisent une volonté collective de bâtir un nouveau socle politique plus juste, plus équilibré et plus conforme aux aspirations démocratiques profondes du peuple sénégalais.
Diomaye Faye a surtout mis l’accent sur les recommandations consensuelles issues de ce processus, qu’il juge « exhaustives » et « thématiques », insistant sur leur pertinence dans la quête d’un État de droit renforcé, d’une justice restaurée dans sa crédibilité et d’une démocratie renouvelée dans ses pratiques et institutions. Pour le président de la République, la mise en œuvre effective de ces recommandations constitue une priorité nationale.
C’est dans ce contexte qu’il a annoncé la création prochaine d’un Comité spécial. Cette instance aura pour mission, dans un délai de trois mois, de proposer les textes législatifs et réglementaires nécessaires à la traduction concrète des conclusions du dialogue. Ainsi, le chef de l’État veut-il aller vite, mais surtout bien. Il s’agit, pour lui, de ne pas laisser le consensus retomber dans l’oubli ou être dilué dans des considérations politiques à court terme.
Dès lors, une question centrale s’impose : quelles lois seront proposées à l’Assemblée nationale ? Réforme du Conseil constitutionnel, mode de désignation des membres de la Cour des comptes, renforcement de la Haute Autorité de la transparence, révision du statut des magistrats, modification des règles électorales, encadrement des pouvoirs présidentiels, adoption d’une loi de programmation pour l’accès équitable à la justice ou autre ? En tout cas, les pistes sont nombreuses.
Par ailleurs, il faudra s’interroger sur le sort réservé à certaines pratiques jusque-là décriées, comme le parrainage citoyen, la transhumance politique ou la gestion des fonds politiques. Autant de sujets épineux que le futur comité spécial devra trancher, en lien étroit avec les institutions, les parlementaires et la société civile.
En attendant, le message du chef de l’État est clair : l’heure est à la réforme, mais pas à n’importe quel prix. Il urge de réconcilier les Sénégalais avec leur système politique, en posant les bases d’un nouveau contrat démocratique, fondé sur la transparence, l’équité, la responsabilité et la participation citoyenne.
Penda THIAM

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 16 juillet 2025

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 16 JUILLET 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 16 juillet 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République est revenu sur le Rapport général du Dialogue national sur le système politique qu’il a reçu le lundi 14 juillet 2025. Il a félicité le facilitateur général, le directoire, les commissions du dialogue national et l’ensemble des participants, notamment ceux ayant intégré la plateforme « Jubbanti », pour leur mobilisation, leur contribution de qualité et leur engagement patriotique. Il a salué la qualité et l’exhaustivité des recommandations thématiques et opérationnelles consensuelles, visant fondamentalement le renforcement de l’Etat de droit, le respect de l’autorité de l’Etat et des institutions de la République, la restauration de la confiance des Sénégalais en la justice, ainsi que l’approfondissement et le rayonnement permanent de notre démocratie. Il a réitéré son engagement à ne ménager aucun effort pour améliorer durablement le fonctionnement de notre système politique et renforcer le contrôle de l’action publique, dans un climat durable de confiance, de réconciliation, de paix et de stabilité, indispensable pour libérer les énergies nécessaires à l’accélération de la mise en œuvre inclusive de l’Agenda national de Transformation. Il a informé le Conseil de sa décision de mettre en place un Comité spécial chargé, dans un délai de trois (03) mois maximum, de proposer les textes législatifs et réglementaires, de même que les modalités devant matérialiser les recommandations consensuelles issues du Dialogue national sur le système politique.

Evoquant la problématique de la préservation et du développement durable de nos ressources forestières, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement l’impératif d’assurer sur l’étendue du territoire national la protection et la préservation de nos massifs forestiers. Il a demandé au Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique de poursuivre et d’intensifier, avec les acteurs institutionnels, les opérateurs privés et les populations concernées, les efforts de reboisement et de gestion durable des massifs forestiers par l’accélération des mécanismes d’aménagement et de classement de forêts. 

Dans cette perspective de consolidation soutenue de notre écosystème forestier, il a indiqué au

Gouvernement la nécessité d’adopter une culture nationale de promotion de l’arbre et des aménagements paysagers et forestiers par la redynamisation des services des Eaux et Forêts, des parcs nationaux et de l’Agence sénégalaise de Reforestation et de la Grande muraille verte. 

Le dimanche 03 août 2025 sera célébrée la Journée nationale de l’Arbre. Le thème retenu cette année par le Président de la République est « Reboisement, Souveraineté alimentaire et Développement territorial durable », avec comme arbres parrains « le Manguier » et « le

Baobab ». Dès lors, il a demandé au Premier Ministre et au Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique de veiller au bon déroulement de cet événement dans toutes les régions avec une forte implication des collectivités territoriales des populations à la base notamment les jeunes. 

La transparence dans la gestion des industries extractives demeure une priorité de l’action gouvernementale. A ce sujet, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement le démarrage du processus d’évaluation périodique du Sénégal dans le cadre de l’Initiative pour la Transparence des Industries extractives (ITIE) 2025. 

Il a demandé au Premier Ministre de veiller, avec les Ministres concernés, à la mise en œuvre de toutes les mesures et actions idoines en vue de renforcer les progrès notables déjà réalisés par le Sénégal dans les composantes mines et hydrocarbures de l’ITIE. Il a rappelé aux Ministres concernés, notamment ceux en charge des Finances et du Budget, du Pétrole et des Mines et des Collectivités territoriales, l’urgence de finaliser l’actualisation du cadre réglementaire relatif au registre des bénéficiaires effectifs et à la divulgation des données sur les propriétaires légaux et effectifs des entreprises intervenant dans la chaine de valeur des industries extractives, l’activation du fonds d’appui au développement local et du fonds de réhabilitation minière et la redistribution effective des revenus miniers selon les modalités administratives et réglementaires définies. 

Il a demandé au Premier Ministre d’assurer la supervision de la gestion diligente du dossier de validation ITIE 2025 du Sénégal.

S’agissant du contrôle et du développement des activités pharmaceutiques, le Président de la République a rappelé au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique et au Ministre de la Santé et de l’Action sociale, l’urgence de prendre toutes les dispositions requises, en relation avec l’Ordre des pharmaciens du Sénégal, pour prévenir et lutter contre la vente illicite de médicaments et de « produits assimilés » sur l’étendue du territoire national. La maitrise stratégique des activités commerciales et industrielles liées au médicament demeure un élément fondamental de la politique de santé publique et de réalisation de la souveraineté pharmaceutique. 

Le Chef de l’Etat a demandé au Ministre de la Santé et de l’Action sociale de faire la cartographie nationale des officines de pharmacie et dépôts autorisés mais également de travailler avec le Ministre de l’Industrie et du Commerce, à l’établissement de la liste exhaustive des entreprises relevant de l’industrie pharmaceutique. Afin d’asseoir la souveraineté pharmaceutique, il a indiqué au Ministre de la Santé et de l’Action sociale, la nécessité d’une évaluation intégrale des interventions de l’Etat dans le secteur du médicament et de la pharmacie. Il a appelé à un suivi adéquat des plans de redressement, de relance et de développement des activités des industries pharmaceutiques et de la Pharmacie nationale d’Approvisionnement, entité dont le repositionnement dans l’écosystème, demeure prioritaire. 

La diaspora sénégalaise joue un rôle très important dans les dynamiques économiques et sociales du pays. A ce titre, elle est considérée comme la quinzième région du Sénégal et est représentée à l’Assemblée nationale. En plus de son impact économique significatif à travers notamment les transferts financiers, elle est activement impliquée dans les initiatives de développement local, l’innovation, le transfert de compétences et la promotion des valeurs culturelles du Sénégal à l’Etranger. En guise de reconnaissance de la Nation sénégalaise envers sa diaspora, le Président de la République a décidé d’instituer une Journée nationale de la diaspora qui sera célébrée le 17 décembre de chaque année.

Au titre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat est revenu sur sa visite de travail, les 09 et 10 juillet 2025, à Washington, à l’invitation du Président des Etats Unis d’Amérique, Donald TRUMP et celle qu’il a effectuée, à Cotonou, au Bénin, le 15 juillet 2025, à l’invitation du Président Patrice TALON. 

Dans sa communication, le Premier Ministre Ousmane SONKO a évoqué la situation des Universités. Après avoir adressé ses félicitations aux élèves admis aux épreuves du baccalauréat pour cette année et encouragé les candidats malheureux, il a rappelé la priorité accordée à la jeunesse sénégalaise par Monsieur le Président de la République. Malgré le contexte financier difficile que traverse notre pays, leur formation et leur épanouissement demeurent une priorité absolue.

Les résultats provisoires du Baccalauréat font état d’un taux de réussite de 42,85 %, soit près de 70 000 nouveaux bacheliers à orienter, accueillir, former et, pour une partie d’entre eux, héberger. A cet égard, le Premier Ministre a insisté sur l’accélération de la finalisation, de la livraison et de l’équipement des nouvelles universités dont certains chantiers sont en souffrance depuis plus d’une décennie. Ces chantiers devront impérativement être livrés dans les meilleurs délais afin de garantir la prochaine rentrée universitaire dans des conditions optimales. Il a également demandé la réhabilitation et l’amélioration des infrastructures au sein des universités existantes.

La qualité de la formation ne se limite pas à la question des infrastructures. Le renforcement du volet pédagogique s’impose notamment à travers le recrutement de personnels d’enseignement et de recherche qualifiés pour résorber le déficit d’enseignants et accompagner l’évolution des effectifs.

Enfin, le Premier Ministre a demandé au Ministre en charge de la Formation professionnelle de veiller à la mise en œuvre rigoureuse et au suivi optimal du projet de construction de 23 centres de formation professionnelle avec pour impératif de respecter scrupuleusement les délais convenus.

Evoquant l’évaluation de la modernisation de l’administration, le Premier Ministre a magnifié l’engagement, la compétence et le sens du devoir des agents de l’administration qui constituent un atout majeur pour la réussite collective et un socle de la transformation de notre État. La principale recommandation issue de cette évaluation appelle une réorientation stratégique du Programme d’Appui et de Modernisation de l’Administration (PAMA). Dans cette perspective, le Chef du Gouvernement a décidé de lancer une restructuration ambitieuse du programme.

Pour y parvenir, plusieurs leviers d’action seront mobilisés :

1. Définir un nouveau cadre stratégique visant à asseoir des réformes et doter notre administration d’instruments et de ressources;

2. Mettre en œuvre les recommandations de l’évaluation indépendante, avec une planification réaliste et des mécanismes rigoureux de suivi et de redevabilité ;

3. Renforcer la gouvernance au sein du Comité de modernisation de l’Administration Publique qui tiendra désormais des réunions régulières et opérationnelles ;

4. Accélérer la transition numérique pour tous les services prioritaires, garantissant ainsi des démarches administratives rapides, efficaces et transparentes ;

5. Professionnaliser la gestion des ressources humaines, notamment par la finalisation du Répertoire Opérationnel des Métiers et Compétences et l’adoption d’un nouveau code d’éthique de la fonction publique ;

6. Favoriser l’innovation administrative par la formation continue et l’appropriation des outils numériques, transformant ainsi les pratiques professionnelles ;

7. Améliorer significativement l’accueil dans les services publics ;

8. Optimiser le traitement des dossiers pour une administration plus réactive et efficace.

Le Premier Ministre a enfin exprimé l’ambition de bâtir une administration puissante, moderne et exemplaire, alignée sur les orientations de la Vision Sénégal 2050.

Le Premier Ministre est revenu sur la réunion de travail gouvernementale qu’il a présidée le lundi 14 juillet 2025 et au cours de laquelle une revue approfondie de la gouvernance de l’Agenda national de Transformation a été effectuée. Pour en garantir un pilotage à la fois rigoureux, cohérent et efficace, le Premier Ministre a annoncé une directive présidentielle qui sera complétée par une circulaire de la Primature. Ces textes détailleront les orientations stratégiques, les modalités de coordination et de suivi, ainsi que les rôles, responsabilités et interactions entre les différentes parties prenantes. Ils définiront également la périodicité des revues de performance, en vue de renforcer la redevabilité, la transparence et l’alignement de l’action gouvernementale sur nos objectifs de transformation.

Le Premier Ministre a rappelé les différentes consultations nationales de grande envergure récemment organisées (Assises de la Justice, États généraux de l’Industrie, États généraux des Transports, Dialogue national sur le système politique, Conférence sociale ayant abouti au Pacte social) et a demandé de traduire les recommandations issues de ces travaux en actions concrètes, assorties d’un calendrier clair et des mécanismes de suivi-évaluation, permettant de mesurer les progrès.

Le Premier Ministre a demandé aux ministres concernés de formuler un plan opérationnel de mise en œuvre des recommandations issues de leurs assises respectives avec des échéanciers précis et de soumettre un rapport de suivi trimestriel faisant état de l’état d’avancement des actions engagées, des résultats obtenus et, le cas échéant, des difficultés rencontrées. Enfin, le Premier Ministre a demandé au Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) de déployer, dans un délai de trois mois, la digitalisation intégrale du courrier administratif. Cette réforme représente un levier stratégique majeur pour moderniser notre administration, améliorer la traçabilité des échanges, et rehausser la qualité du service public.

Abordant son récent voyage en Chine, le Premier Ministre a insisté sur l’importance de la rigueur dans le suivi des 48 actions retenues. Après avoir rappelé les diligences déjà menées

par la Primature, il a demandé à tous les ministres concernés de procéder à un suivi rigoureux de ces actions afin d’en assurer la mise en œuvre effective et de maximiser les retombées.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

– le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération a fait une communication sur la mobilisation des ressources hors bilan de l’Etat à travers le recyclage d’actifs de

l’Etat ;

– le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait le point sur la situation hebdomadaire de la gestion des inondations ;

– le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a fait une communication sur la révision des règlements particuliers des zones dotées de plans d’aménagement de la région de Dakar.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES, le

Conseil a examiné et adopté :

– le Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier le Traité d’Entraide judiciaire en matière pénale entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de la République italienne, signé à Rome le 07 décembre 2017 ;

– le Projet de décret instituant la journée nationale de la diaspora sénégalaise ;

– le Projet de décret fixant le nombre de places mises en concours pour l’admission en classe de 6ème de l’Enseignement moyen général, session 2025 ;

– le Projet de décret modifiant le décret n° 2020-791 du 19 mars 2020 relatif au registre des bénéficiaires effectifs.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, Porte-parole du Gouvernement

Amadou Moustapha Njekk SARRE

Revalorisation salariale : un accord conclu entre l’État et les travailleurs des Collectivités territoriales

Un accord historique vient d’être paraphé entre le gouvernement du Sénégal et l’Intersyndicale des travailleurs des Collectivités territoriales, dans le cadre de la signature du Pacte national de stabilité avec les partenaires sociaux. La circulaire officielle, datée du 15 juillet 2025 et signée par le ministre des Collectivités territoriales, Moussa Bala Fofana, précise les modalités de mise en œuvre de cette mesure.

Selon les termes du protocole, les agents fonctionnaires des Collectivités territoriales bénéficieront désormais d’une revalorisation salariale alignée sur celle accordée aux fonctionnaires de l’État. Les montants supplémentaires qui leur sont dus varieront entre 80 000 et 300 000 FCFA en fonction de leur hiérarchie et de leur grade.

En complément, une indemnité mensuelle transitoire a été instituée en faveur de 6 458 agents certifiés à l’issue du recensement. Cette indemnité atteindra progressivement 80 000 FCFA sur trois ans. Elle sera versée d’abord à hauteur de 60 000 FCFA dès 2025, puis augmentée de 10 000 FCFA supplémentaires en 2026 et 2027.

Conscient de la pression budgétaire que cette réforme fait peser sur certaines collectivités, le gouvernement a débloqué un fonds d’accompagnement d’un montant de 1,5 milliard FCFA. Ce soutien financier est destiné aux collectivités les plus affectées afin d’assurer la soutenabilité de la mesure et d’éviter tout déséquilibre des finances locales.

Pour accéder à ce fonds, les collectivités devront signer une convention avec le ministère des Collectivités territoriales. Elles s’engageront à respecter des principes rigoureux de bonne gestion, sous la supervision de la Direction du Service public local et de la Direction des Collectivités territoriales.

Cette revalorisation salariale constitue un pas important vers la reconnaissance du rôle et du mérite des agents des Collectivités territoriales, après plusieurs mois de négociations et de revendications. Elle s’inscrit dans la volonté du gouvernement d’apaiser le climat social et de renforcer la performance du service public de proximité.

Fin de la restitution des bases françaises au Sénégal : la dernière cérémonie officielle prévue ce jeudi à Ouakam

La page de la présence militaire française sur les principales emprises stratégiques au Sénégal est sur le point d’être définitivement tournée. La Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA) a annoncé que la cérémonie officielle consacrant la fin du processus de restitution des bases françaises se tiendra ce jeudi 17 juillet 2025 au camp Geille de Ouakam, à partir de 9 heures.

L’événement se déroulera sous la présidence du général de corps d’armée Mbaye Cissé, Chef d’état-major général des Armées sénégalaises. Selon le communiqué officiel, le programme de la cérémonie prévoit une prise d’armes symbolique, ainsi que la lecture de deux allocutions : celle du général de division Pascal IANNI, qui commande les forces françaises en Afrique, et celle du général Mbaye Cissé, marquant solennellement la clôture de cette présence historique.

Ce processus de réaménagement et de transfert progressif des sites militaires avait été entamé depuis plusieurs mois. Les emprises Maréchal, Saint-Exupéry, ainsi que le quartier Contre-Amiral Protet, situé sur le port de Dakar, ont déjà été officiellement restitués aux autorités sénégalaises. La dernière étape avec le camp Geille de Ouakam vient ainsi parachever un processus long et symbolique, portant sur plusieurs décennies de coopération militaire franco-sénégalaise.

Cette restitution s’inscrit dans une évolution plus large de la politique de défense de la France en Afrique, marquée par une réduction progressive de ses implantations permanentes au profit de partenariats ponctuels et de dispositifs plus souples. Du côté sénégalais, elle consacre un regain de souveraineté sur les installations stratégiques et ouvre la voie à de nouveaux usages de ces infrastructures, qui pourraient être réaffectées à des besoins propres aux forces armées nationales.

Cette cérémonie mettra donc un point final à un chapitre emblématique de l’histoire militaire et diplomatique entre le Sénégal et la France, tout en ouvrant une nouvelle ère de coopération fondée sur une approche partenariale repensée.

Inertie des autorités face aux revendications : L’Entente syndicale SYTJUST-UNTJ décrète 48 heures de grève

L’Entente syndicale SYTJUST-UNTJ (Syndicat des Travailleurs de la Justice – Union Nationale des Travailleurs de la Justice) a décidé de passer à la vitesse supérieure. Après plus d’un mois de mobilisation entamée le 18 juin 2025, les travailleurs de la justice ont annoncé une grève de quarante-huit heures prévue pour les jeudi 17 et vendredi 18 juillet. Cette décision intervient dans un climat de frustration croissante, les syndicats affirmant que leurs revendications restent lettre morte auprès des autorités.

Dans un communiqué, l’Entente syndicale explique que la démarche engagée depuis plusieurs semaines n’a débouché sur aucune avancée concrète. Les syndicats déplorent ce qu’ils qualifient « d’indifférence totale » de la part des décideurs politiques face aux problèmes soulevés par les travailleurs de la justice. Ils rappellent qu’une réunion avait été programmée avec l’administration, alors même que le ministre de la Fonction publique, principal interlocuteur habilité à engager le gouvernement, était en déplacement à l’étranger.

Estimant que cette absence rendait la rencontre inopérante, les représentants syndicaux avaient proposé de reporter les discussions afin de permettre la présence de responsables compétents pour prendre des engagements politiques. Pourtant, cette proposition n’a pas été retenue par l’administration, qui a insisté pour maintenir la réunion. D’après les syndicats, aucun des responsables présents n’avait la capacité de signer un quelconque accord au nom du gouvernement.

Les discussions qui se sont tenues se sont donc soldées par un constat d’échec. « Aucune solution concrète n’a été apportée aux points essentiels de nos préavis de grève », regrette l’Entente syndicale, qui ajoute que le service public de la justice souffre d’un dysfonctionnement de plus en plus alarmant sans que cela ne provoque la moindre réaction sérieuse des autorités.

Face à cette situation jugée intenable, les syndicats ont décidé de décréter cette grève de quarante-huit heures afin de maintenir la pression. Leur objectif est d’obtenir l’ouverture immédiate de négociations de haut niveau avec de véritables décideurs politiques et de parvenir à la signature d’un protocole d’accord. Les syndicats exigent que cet accord reprenne l’ensemble des points de leur plateforme revendicative, assorti d’un échéancier précis et contraignant qui engage l’État sur des délais et des moyens de mise en œuvre.

Cette nouvelle étape du bras de fer entre le gouvernement et les travailleurs de la justice fait craindre des perturbations encore plus importantes dans le fonctionnement déjà ralenti des tribunaux et des greffes sur l’ensemble du territoire national. Les regards restent tournés vers l’exécutif, appelé à agir rapidement pour désamorcer la crise et éviter un enlisement préjudiciable au service public et aux justiciables.

Résultats du BAC 2025 : une baisse notable du taux de réussite annoncée par le MESRI

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), Dr Abdourahmane Diouf, a dévoilé ce lundi les résultats provisoires du Baccalauréat pour l’année 2025, à l’occasion d’une conférence de presse dédiée à l’Agenda National de Transformation de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ANTESRI).

Selon les chiffres communiqués, le taux de réussite au BAC a connu une baisse significative par rapport à l’année précédente. En 2025, 69 474 candidats ont été déclarés admis, ce qui représente un taux de réussite de 42,85%. Ce résultat marque un recul par rapport à 2024, où le nombre d’admis s’élevait à environ 78 000, correspondant à un taux de réussite de 50,50%.

Le ministre Abdourahmane Diouf a expliqué que ces résultats doivent encore être stabilisés, mais ils reflètent une tendance à la baisse qui interpelle les autorités éducatives. Cette évolution est au cœur des réflexions dans le cadre de l’ANTESRI, qui vise à transformer et améliorer durablement le système éducatif sénégalais, en particulier l’enseignement supérieur et la recherche.

Face à cette situation, le ministère entend renforcer les mécanismes d’accompagnement des élèves, améliorer la qualité de l’enseignement et mettre en place des politiques adaptées pour inverser cette tendance. Le gouvernement reste engagé à offrir un système éducatif performant qui puisse répondre aux aspirations des jeunes sénégalais et aux exigences d’un monde en constante évolution.

Cette annonce intervient dans un contexte où le Sénégal se fixe des objectifs ambitieux pour moderniser son système éducatif et garantir une formation de qualité aux futures générations. Les prochains mois seront donc déterminants pour la mise en œuvre des mesures promises par le MESRI, afin d’assurer une meilleure réussite aux examens nationaux dans les années à venir.

Université sénégalaise : chaque étudiant coûte plus d’un million FCFA par an à l’État

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), Abdourahmane Diouf, a dévoilé, mardi, les données actualisées sur le fonctionnement de l’Université sénégalaise en 2024. Cette présentation s’est tenue lors d’un déjeuner de presse consacré aux principaux enjeux de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ANTESRI 2050).

Selon les chiffres communiqués par le ministre, le Sénégal compte actuellement 286 169 étudiants répartis entre le public et le privé. Ces apprenants sont encadrés par 2 495 enseignants-chercheurs qui interviennent dans les neuf universités publiques que compte le pays. Le réseau universitaire comprend également 73 facultés et 223 départements. Deux grandes écoles, l’École polytechnique de Thiès et l’École nationale supérieure d’agriculture (ENSA), complètent le dispositif de formation supérieur.

Abdourahmane Diouf a tenu à préciser que l’investissement consenti par l’État pour chaque étudiant s’est considérablement accru ces dernières années. En 2024, le coût annuel moyen par étudiant atteint 1 178 742 francs CFA. Ce montant comprend un coût pédagogique évalué à 542 702 FCFA et un coût social qui s’élève à 636 040 FCFA.

Ces chiffres traduisent, selon le ministre, l’effort financier conséquent consenti par l’État pour soutenir l’accès à l’enseignement supérieur et garantir l’accompagnement social des étudiants. Le ministre a par ailleurs souligné que cette mobilisation budgétaire s’inscrit dans une volonté de transformation structurelle du système universitaire, en vue d’en faire un moteur d’innovation et de développement économique durable.

L’ANTESRI 2050 vise notamment à moderniser les infrastructures universitaires, à renforcer la qualité pédagogique et scientifique, mais aussi à mieux articuler les formations avec les besoins de l’économie nationale. Abdourahmane Diouf a insisté sur l’enjeu de ce chantier : il s’agit non seulement de soutenir la massification des effectifs, mais aussi d’assurer la soutenabilité du financement public de l’enseignement supérieur, à un moment où les contraintes budgétaires se font de plus en plus pressantes.

Le ministre a conclu en appelant les acteurs de l’écosystème universitaire – enseignants, étudiants, administrations et partenaires – à se mobiliser collectivement pour réussir cette transformation et relever le défi d’une université plus performante et plus inclusive.

Dénoncer, promettre, emprisonner n’est pas gouverner ( Par Thierno Bocoum )

L’agence S&P vient d’abaisser la note souveraine du Sénégal à B-aggravant encore la défiance des partenaires face à notre trajectoire budgétaire. 

Le gouvernement à travers le ministère des finances et du budget a tenté de calmer les esprits par un communiqué qui, loin de convaincre, confirme l’essentiel. Après avoir révélé lui-même des falsifications qui auraient été opérées par le régime précédent, il se montre incapable d’en livrer aujourd’hui une évaluation consolidée, transparente et cohérente. 

Ce pouvoir a fait une révélation sur les fiances publiques qui n’a été suivie d’aucun dispositif solide pour fiabiliser les chiffres ni d’un mécanisme institutionnel autonome capable de livrer au FMI une lecture rigoureuse de la situation. 

Aujourd’hui, ce sont des consultants étrangers qui doivent dire au Sénégal ce qu’il a réellement dans ses comptes. Le Conseil d’administration du FMI attend, les bailleurs suspendent. Le pays patiente, sans visibilité, sans tableau de bord.

Les faits sont là. En moins de six mois, deux agences internationales ont sanctionné l’incapacité de l’État à présenter une situation crédible. En février 2025, Moody’s a dégradé la note du Sénégal de B1 à B3, après les révélations de la Cour des comptes. Puis S&P vient d’abaisser la note à B-.

Les deux ont placé le pays sous perspective négative, traduisant une perte de confiance généralisée. Ces dégradations ne sont pas symboliques. Elles renchérissent l’endettement, restreignent l’accès aux financements internationaux, ralentissent l’investissement et fragilisent l’économie réelle. C’est le prix de l’improvisation budgétaire.

Pendant ce temps, les promesses se multiplient : rebasing du PIB à venir, stratégie de financement en préparation, relance de la coopération en cours mais les résultats, eux, se font attendre. Le pouvoir d’achat chute, l’investissement public stagne, les recettes issues du pétrole ou de la fiscalité accrue n’ont produit aucun effet tangible. L’économie s’enfonce et le régime s’abrite derrière l’héritage pour masquer sa propre vacuité.

Et lorsque le discours s’effondre, l’intimidation prend le relais. Ces dernières semaines, les arrestations pour délit d’opinion se sont multipliées. Le cas de Badara Gadiaga en est la preuve la plus récente. Son crime c’est d’avoir mis en doute l’efficacité de ceux qui prétendent incarner la rupture. Il ne s’agit pas là d’un fait isolé : chroniqueurs, journalistes, citoyens engagés deviennent des cibles dès lors qu’ils questionnent. 

Le pouvoir cherche à briser les voix discordantes, pensant faire baisser la pression. Mais briser le thermomètre n’a jamais arrêté la fièvre. On peut enfermer des hommes mais pas des faits. On peut taire des vérités mais pas en faire disparaître les conséquences.

Nous sommes face à un régime qui dénonce ce qu’il ne maîtrise pas, promet ce qu’il ne planifie pas et réprime ce qu’il ne comprend pas. 

Le peuple sénégalais ne s’est pas battu pour un simple changement de visages. Il a exigé un changement de méthode, de cap, de pratique. Il a besoin de résultats, de vision et non pas de récits et de vengeances. 

Gouverner, c’est construire, prévoir, arbitrer, décider. Ce n’est pas dénoncer à longueur de discours ni arrêter pour masquer ses échecs.

Dénoncer, promettre, emprisonner : voilà le triptyque d’un pouvoir qui étouffe. 

Il est temps de restaurer l’essentiel : l’action juste, la compétence réelle et la responsabilité politique. Gouverner, c’est agir.

Thierno Bocoum 
Président AGIR- LES LEADERS

Bassirou Diomaye Faye fixe ses priorités : réconciliation nationale et libération de la justice comme socles d’un Sénégal apaisé et prospère

Dans une allocution dense et sans concession, le président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye a exposé sa vision des chantiers qui guideront son mandat. S’exprimant sur la stabilité, la justice et la réconciliation, le chef de l’État a souligné l’urgence de rassembler les Sénégalais autour de valeurs partagées et de restaurer la confiance dans l’institution judiciaire.

Pour le président Faye, la stabilité politique est indissociable de l’attractivité économique. Il a rappelé qu’un climat serein et prévisible est une condition essentielle pour encourager les investissements et créer des emplois. Il a déclaré qu’il comptait continuer à s’atteler à tout ce qui pouvait apporter la paix dans le pays. Selon lui, la stabilité passe par un climat politique apaisé, et il a insisté sur le fait que les Sénégalais jugeront l’action gouvernementale à l’aune de sa capacité à améliorer leur quotidien. Il a rappelé qu’il avait trouvé le pays dans une situation économique et financière difficile, ce qui rend d’autant plus impératif de cultiver la paix et la stabilité.

Au-delà de l’impératif économique, Bassirou Diomaye Faye a fait de la réconciliation nationale l’axe central de son action. Il a affirmé qu’il avait trouvé le Sénégal profondément divisé, même au sein des familles. Pour lui, le premier chantier était donc de réconcilier les Sénégalais entre eux et de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions. Il a souligné qu’il avait tenu à respecter le calendrier des assises du Dialogue national, qui se sont ouvertes le 28 mai, moins de deux mois après son investiture.

La restauration de la confiance du citoyen dans la justice constitue le deuxième pilier. Pour le président, libérer la justice ne signifie pas l’absence de règles, mais la capacité à garantir un fonctionnement équitable, impartial et respectueux de l’État de droit. Il a déclaré qu’il fallait dénoncer les dysfonctionnements et corriger les imperfections. Il a rappelé qu’il avait lui-même passé 11 mois en détention et qu’il se refusait à cautionner les anomalies qu’il avait subies. Selon lui, accepter ces dérives constituerait un échec personnel et collectif.

Abordant son récent voyage aux États-Unis, Bassirou Diomaye Faye a expliqué qu’il avait pris part à deux importantes rencontres, notamment avec la Chambre de Commerce américaine. Ces échanges avaient pour objectif d’inciter les investisseurs américains à s’engager au Sénégal, afin de participer à la résolution des problèmes et à la création d’emplois.

Enfin, le chef de l’État a tenu à lever toute équivoque sur les relations avec son Premier ministre. Il a rejeté les rumeurs de conflit avec Ousmane Sonko, affirmant qu’il n’y avait aucune divergence entre eux. Il a rappelé que le seul combat qui vaille est celui contre les difficultés que vivent les Sénégalais, soulignant qu’il partageait cette priorité avec son Premier ministre et son gouvernement.

Le président Faye a conclu en réitérant la vision de son action, fondée sur la gestion transparente, l’affirmation de la souveraineté, la vigilance sur les intérêts de l’État, la libération de la justice, la défense des libertés et la préservation des valeurs démocratiques. Pour lui, ces engagements sont la condition de la stabilité et du redressement dont le Sénégal a besoin.

Réformes issues du Dialogue national : le Président Diomaye annonce des mesures concrètes et un comité ad hoc dès cette semaine

Le rapport général du Dialogue national 2025 a été officiellement remis ce lundi au Président Bassirou Diomaye Faye par le facilitateur général, Dr Cheikh Gueye. Cette étape marque un moment crucial dans la réflexion collective engagée sur la réforme du système politique sénégalais. Les concertations nationales, qui se sont déroulées du 28 mai au 4 juin, ont permis d’aboutir à des conclusions importantes visant à renforcer les institutions et améliorer le fonctionnement démocratique du pays.

Dans son discours, le Président Faye a salué les progrès réalisés et les larges consensus dégagés autour de plusieurs questions essentielles. Parmi celles-ci, la rationalisation et la réforme des partis politiques ont été identifiées comme un levier indispensable pour une meilleure gouvernance. Par ailleurs, la dématérialisation intégrale du processus électoral, qui inclut l’inscription automatique et permanente des primo-électeurs, a été unanimement reconnue comme une avancée majeure pour garantir la transparence et la fiabilité des scrutins.

Le Président a également mis en lumière la création prochaine d’une Cour constitutionnelle, dont la mission sera de veiller au respect de la Constitution et à la régulation des institutions. L’adoption du bulletin unique et du vote électronique a également été retenue comme une mesure clé pour moderniser le système électoral. En complément, la mise en place d’un organe indépendant chargé de la gestion des élections doit assurer une supervision impartiale et renforcer la confiance des citoyens dans le processus démocratique.

Conscient de l’importance de transformer ces recommandations en actions concrètes, le chef de l’État a annoncé la création, dès cette semaine, d’un comité ad hoc. Ce comité aura pour mission de superviser la mise en œuvre rigoureuse des réformes, aussi bien au niveau constitutionnel que législatif et réglementaire. Cette étape permettra d’assurer un suivi efficace et d’éviter toute lenteur dans la concrétisation des mesures arrêtées.

Le Président Diomaye Faye a insisté sur la portée stratégique de ces réformes, en soulignant leur rôle primordial dans la préservation de la paix sociale au Sénégal. Il a aussi rappelé que ces transformations sont essentielles pour renforcer l’attractivité économique du pays et améliorer la synergie entre les différentes institutions publiques. Le Dialogue national, désormais institutionnalisé, s’affirme comme un outil central de gouvernance concertée, contribuant ainsi à la consolidation démocratique et à la construction citoyenne.

En conclusion, le Président a affirmé que ces réformes incarnent la volonté collective des Sénégalais de bâtir un pays uni, stable et tourné vers l’avenir, où la démocratie et l’État de droit sont respectés et renforcés. Ce nouveau souffle, porté par le Dialogue national, est présenté comme une étape décisive pour accompagner le Sénégal vers un développement harmonieux et inclusif.

Bassirou Diomaye Faye clarifie : « Il n’y a aucun conflit entre Ousmane Sonko et moi »

Alors que certains observateurs et commentateurs misaient sur un début de tension entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, le chef de l’État a tenu à lever toute ambiguïté ce lundi 14 juillet.

La mise au point est intervenue lors de la cérémonie de remise du rapport général sur le Dialogue national, organisée au Palais présidentiel. D’un ton ferme et apaisant, Bassirou Diomaye Faye a coupé court aux spéculations :

« Il n’y a aucune divergence entre le Premier ministre et moi. C’est mon ami. Il n’y a aucun conflit. Je continuerai à veiller au bon déroulement de la mission que le peuple sénégalais nous a confiée, à savoir faire focus et nous concentrer sur les priorités des Sénégalais », a-t-il déclaré.

Ces précisions interviennent après les propos d’Ousmane Sonko, prononcés le jeudi 10 juillet lors de l’installation du Conseil national de Pastef-Les Patriotes. Ce jour-là, le Premier ministre avait estimé que « le Sénégal n’est pas en crise », mais que le véritable problème du pays résidait dans « l’autorité de l’État », insistant sur la nécessité de lui laisser la latitude pour gouverner efficacement et apporter des résultats concrets.

Des déclarations qui ont été perçues, dans certains milieux politiques et médiatiques, comme une manière de marquer son territoire ou de signifier des désaccords au sommet de l’État.

Le Président Faye a donc choisi de clarifier publiquement la nature de ses relations avec son chef de gouvernement et camarade politique de longue date. Ce geste vise à rassurer les Sénégalais et à montrer l’unité de l’exécutif, dans un contexte de fortes attentes sociales et économiques.

Cette sortie souligne aussi la volonté du Président d’écarter toute polémique inutile et de maintenir la cohésion au sein de l’équipe dirigeante, qui porte la responsabilité d’incarner la promesse de rupture et de réformes portée par leur coalition.

Dérives autoritaires : Bougane Guèye Dany tire la sonnette d’alarme sur l’emprisonnement de Badara Gadiaga

Le climat politique sénégalais continue de s’alourdir après l’incarcération du chroniqueur Badara Gadiaga. Le président du Mouvement Gueum Sa Bopp, Bougane Guèye Dany, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme un tournant inquiétant pour la démocratie et les libertés publiques dans le pays.

Selon le leader politique, l’emprisonnement de Badara Gadiaga est un signal clair de la volonté du pouvoir actuel d’imposer le silence à toutes les voix critiques. « L’emprisonnement de Badara Gadiaga constitue une preuve supplémentaire de la dérive autoritaire qui est en marche. C’est un pas de plus vers la construction d’un parti-État qui cherche à étouffer toute contestation », a affirmé Bougane Guèye Dany dans une déclaration transmise à la presse.

Pour lui, la situation est grave. Il estime que le Sénégal s’éloigne progressivement de l’esprit démocratique qui a longtemps constitué sa force et sa singularité en Afrique de l’Ouest. « La survie de la démocratie sénégalaise est en jeu. Ce qui se passe est d’une extrême gravité, car au-delà du cas de Badara Gadiaga, c’est le principe même de la liberté d’expression qui est menacé », a-t-il alerté.

Le président de Gueum Sa Bopp accuse le pouvoir en place de multiplier les actes d’intimidation pour dissuader les citoyens, journalistes et opposants de s’exprimer librement. Il juge que la pratique consistant à « effacer les voix discordantes » met en péril les fondements de l’État de droit. « Nous assistons à une tentative d’imposer une hégémonie sans débat démocratique. C’est tout le contraire de l’esprit républicain », dénonce-t-il.

Face à ces dérives qu’il qualifie de dangereuses, Bougane Guèye Dany appelle à une prise de conscience collective et à une mobilisation générale de tous les démocrates, quelle que soit leur appartenance politique. « Les Sénégalais doivent agir pour protéger leurs droits et leurs libertés. C’est un impératif moral et civique », a-t-il insisté.

Ce nouvel appel s’ajoute aux nombreuses voix qui se lèvent depuis l’annonce du placement sous mandat de dépôt de Badara Gadiaga, dont le cas cristallise désormais l’inquiétude sur la liberté d’expression et la vitalité du débat démocratique au Sénégal.

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