Justice : Mbagnick Diop obtient une liberté provisoire mais reste sous contrôle judiciaire

Le président du Mouvement des entreprises du Sénégal (Meds), Mbagnick Diop, a retrouvé la liberté ce mardi 16 septembre 2025, après avoir passé une journée en garde à vue dans les locaux de la Division des investigations criminelles (DIC). Sa remise en liberté reste toutefois provisoire, puisqu’il demeure à la disposition de la justice dans le cadre de l’enquête en cours.

L’annonce a été confirmée par le journaliste Madiambal Diagne, qui a salué sur X cette issue partielle en parlant d’une « bonne nouvelle », tout en rappelant que l’homme d’affaires n’est pas totalement sorti d’affaire.

La garde à vue de Mbagnick Diop faisait suite à une longue audition menée lundi par les enquêteurs de la DIC. Son nom est apparu dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), lequel fait état de flux financiers suspects et a conduit à l’ouverture d’une information judiciaire confiée au Pool judiciaire financier (PJF). Ce même dossier implique également l’artiste-chanteur Wally Ballago Seck, cité dans les documents transmis aux autorités judiciaires.

Si aucune charge définitive n’a pour l’instant été retenue contre lui, la libération provisoire de Mbagnick Diop ne signifie pas la fin de ses ennuis judiciaires. L’homme d’affaires reste placé sous contrôle judiciaire, ce qui l’oblige à répondre à toute convocation et à collaborer avec les magistrats instructeurs.

Cette affaire, qui mêle figures du monde économique et personnalités du showbiz, continue de retenir l’attention de l’opinion publique, tant les enjeux liés à la transparence financière et à la lutte contre le blanchiment d’argent suscitent des débats dans le pays. Les prochains développements judiciaires permettront d’éclairer davantage la responsabilité des mis en cause et l’étendue des faits reprochés.

Ngor : dix-neuf candidats à l’émigration irrégulière interpellés, dont trois enfants

La lutte contre l’émigration irrégulière s’est encore illustrée à Ngor ce lundi 15 septembre 2025. La Brigade de proximité a procédé à l’interpellation de dix-neuf personnes, parmi lesquelles figuraient trois enfants, toutes en partance pour une traversée clandestine.

L’opération a été déclenchée après la dénonciation d’un propriétaire de maison sur l’île de Ngor. À son retour, ce dernier a découvert la présence de personnes étrangères installées chez lui et a immédiatement alerté les gendarmes. Ces derniers ont rapidement investi les lieux, procédant à une perquisition qui a permis de mettre la main sur l’ensemble des occupants.

Selon les informations fournies par la Gendarmerie nationale, les personnes interpellées étaient de nationalités diverses. On dénombre douze Guinéens, un Ivoirien, un Malien et cinq Sénégalais. Les enquêteurs ont précisé que tous étaient candidats à l’émigration irrégulière et se préparaient à rejoindre clandestinement les côtes européennes.

En plus de cette opération réussie, la Gendarmerie a tenu à rappeler son engagement constant dans la lutte contre ce phénomène qui continue de mettre en danger de nombreuses vies, en particulier celles des jeunes et des mineurs. Elle a également lancé un appel à la population, invitant chacun à collaborer davantage avec les forces de sécurité pour signaler toute activité suspecte et contribuer ainsi à endiguer ce fléau social.

Cette nouvelle arrestation met une fois de plus en lumière l’ampleur de l’émigration irrégulière au Sénégal, malgré les campagnes de sensibilisation et les dispositifs de surveillance renforcés. Elle illustre aussi les risques que prennent certaines familles entières, prêtes à s’engager dans des périples souvent mortels pour tenter de rejoindre l’Europe.

Passation de service au MESRI : El Hadji Abdourahmane Diouf cède la place au Pr Daouda Ngom

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a officiellement changé de titulaire ce lundi 15 septembre 2025. La cérémonie de passation de service, organisée dans les locaux du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique (METE), a marqué le relais entre le Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, ministre sortant, et le Pr Daouda Ngom, désormais en charge du MESRI.

Après avoir dirigé le département de l’Environnement et de la Transition écologique pendant dix-sept mois et six jours, le Pr Daouda Ngom retrouve un secteur qu’il connaît bien. Son expérience et son expertise dans l’enseignement supérieur en font un acteur familier de ce milieu stratégique pour l’avenir du pays. En prenant les rênes du MESRI, il succède au Dr Abdourahmane Diouf, appelé à occuper désormais le portefeuille de l’Environnement et de la Transition écologique.

Ce jeu de chaises ministérielles illustre la volonté du gouvernement de mettre à profit les compétences de chacun dans les domaines jugés prioritaires. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, au cœur des enjeux liés à la formation des jeunes, à l’innovation et à la compétitivité nationale, se retrouve placé sous la responsabilité d’un universitaire aguerri, tandis que l’Environnement et la Transition écologique, domaine sensible et transversal, est confié à un profil rompu aux questions de gouvernance et de stratégie.

Réseau des Parlementaires sur la Banque Mondiale et le FMI : Aïssata Tall Sall élue au Conseil d’Administration

La députée sénégalaise Aïssata Tall Sall a annoncé son élection en tant que membre du Conseil d’Administration du Réseau des Parlementaires sur la Banque Mondiale et le FMI. Une nomination qui confère à l’ancienne ministre des Affaires étrangères une nouvelle responsabilité sur la scène internationale, où elle représentera désormais la région Afrique de l’Ouest.

Dans un message adressé à l’opinion, Aïssata Tall Sall a expliqué que son rôle, aux côtés de ses collègues membres du Board, consistera à administrer le Réseau et à contribuer à sa mission d’appréciation critique et d’orientation des politiques menées par les deux institutions financières internationales. L’objectif est de veiller à ce que les décisions et stratégies mises en œuvre profitent directement aux populations, particulièrement celles des pays en développement.

« Je siégerai en ma qualité de député du Sénégal représentant la région Afrique de l’Ouest. Notre mission débutera le 13 octobre à Washington, à l’occasion des rencontres annuelles du FMI et de la Banque Mondiale », a-t-elle déclaré, confirmant ainsi sa participation à ce rendez-vous majeur de la gouvernance économique mondiale.

Cette élection marque une étape importante dans la carrière politique de la parlementaire, connue pour son engagement en faveur de la démocratie, de la justice sociale et du rayonnement du Sénégal à l’international. Elle offre également une opportunité au pays de renforcer sa voix au sein des débats stratégiques portant sur le financement du développement, la réduction de la pauvreté et les réformes économiques globales.

Santé publique : une enquête révèle de fortes disparités régionales dans les facteurs de risque au Sénégal

L’enquête nationale STEPS sur les maladies non transmissibles, rendue publique cette semaine après sa publication en juillet dernier, met en lumière une réalité préoccupante pour la santé publique sénégalaise. Les résultats révèlent des écarts considérables entre les régions, où certains comportements à risque et pathologies chroniques atteignent des niveaux alarmants.

La consommation d’alcool reste une pratique marquée dans certaines zones. À Ziguinchor, plus d’un habitant sur dix déclare en consommer, soit un taux de 11,1 %, trois fois supérieur à la moyenne nationale fixée à 3,6 %. Dakar n’est pas en reste avec un taux de 5,9 %, confirmant une tendance qui dépasse le seuil national.

Le tabac, quant à lui, est surtout présent dans le sud du pays. Sédhiou affiche un taux de 12,1 %, largement au-dessus de la moyenne nationale estimée à 6 %. Dakar se situe également en zone rouge avec un taux de 7,9 %.

Mais c’est sur le plan de la santé mentale que les chiffres interpellent le plus. Fatick enregistre un taux de suicide de 26,9 %, le plus élevé du pays, suivi par Matam avec 20,8 % et Tambacounda avec 20,2 %. La moyenne nationale est pourtant de 13 %, ce qui montre l’ampleur du malaise dans ces régions. Louga (17,1 %) et Saint-Louis (15,3 %) affichent aussi des niveaux supérieurs à la moyenne.

Les maladies chroniques telles que l’hypertension et le diabète apparaissent également comme des menaces grandissantes. Saint-Louis détient le record national de l’hypertension artérielle avec un taux de 43,3 %, suivi de près par Thiès (40,3 %) et Matam (32,6 %). La moyenne nationale est de 28,2 %, ce qui signifie que plusieurs régions dépassent de manière inquiétante ce seuil. Dakar (31,6 %) et Louga (30,4 %) ne sont pas épargnées. En ce qui concerne le diabète, Matam attire particulièrement l’attention avec une prévalence de 10,7 %, soit plus du double de la moyenne nationale fixée à 4,2 %. Dakar, Kaolack et Louga affichent respectivement 7,7 %, 6,1 % et 5,8 %.

À Kédougou, ce sont les comportements alimentaires et le mode de vie qui suscitent l’inquiétude. Près de 96,5 % des habitants utilisent systématiquement du sel, des épices et du bouillon lors de la cuisson, un niveau largement supérieur à la moyenne nationale de 75,8 %. La sédentarité est également marquée, avec 91,5 % de la population ne pratiquant pas suffisamment d’activité physique, un taux également au-dessus de la moyenne nationale estimée à 86,1 %. Saint-Louis affiche des chiffres comparables avec 91 % d’inactivité physique.

La dépigmentation volontaire, considérée comme un problème de santé publique à part entière, est très répandue dans certaines régions. Diourbel arrive en tête avec 21,3 %, suivie de près par Kaffrine avec 20,2 %. Kaolack (19,6 %), Thiès (17,4 %), Fatick (17,2 %) et Saint-Louis (16,2 %) affichent toutes des niveaux supérieurs à la moyenne nationale fixée à 15 %.

Cette enquête met en lumière une carte sanitaire contrastée où chaque région présente ses propres fragilités. Ziguinchor et Sédhiou se distinguent par la consommation d’alcool et de tabac, Fatick, Matam et Tambacounda par des indicateurs inquiétants en matière de santé mentale, Saint-Louis et Thiès par une forte prévalence de l’hypertension, Matam par une alerte rouge sur le diabète, Kédougou par des pratiques alimentaires et un manque d’activité physique, tandis que Kaffrine, Diourbel et Kaolack sont en première ligne sur la dépigmentation.

Ces résultats rappellent l’urgence d’adapter les politiques de prévention et de santé publique aux spécificités régionales, afin d’agir de manière ciblée et efficace. Faute d’une réponse rapide et coordonnée, le Sénégal risque de voir ces maladies non transmissibles peser lourdement sur son système de santé et sur l’équilibre socio-économique des communautés locales.

Affaire Lat Diop : ses avocats parlent de « scandale judiciaire » et de manipulation

L’affaire Lat Diop continue de susciter des vagues dans le paysage politico-judiciaire sénégalais. En conférence de presse tenue ce lundi 15 septembre 2025 à Dakar, le collectif d’avocats de l’ancien directeur général de la Lonase, détenu depuis le 24 septembre 2024, a dénoncé avec vigueur ce qu’il qualifie de « manipulation » et de « scandale judiciaire » entourant le dossier.

Inculpé pour détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds, sur un montant estimé à huit milliards de francs CFA, Lat Diop n’aurait en réalité jamais fait l’objet d’une plainte formelle, mais d’une simple dénonciation déposée par un certain Mohamed Dieng. Selon la défense, les accusations reposent uniquement sur des captures d’écran de conversations WhatsApp présentées par ce dernier.

Pour Me Amadou Ndiaye, cette situation illustre les nombreuses zones d’ombre qui entourent l’arrestation et la détention de son client. Il a notamment pointé du doigt la présence dans le dossier de l’infraction d’extorsion de fonds, une qualification qui, selon lui, repose uniquement sur les déclarations du plaignant.

Son confrère, Me Abou Dialy Kane, est allé plus loin, parlant d’un rapport « scandaleux » et dénonçant l’incohérence de la double qualification retenue par le juge d’instruction. « On a dit que Lat Diop a détourné dix milliards de francs CFA. Le scandale, c’est que ce même montant est considéré à la fois comme un détournement de deniers publics et comme une extorsion. Cette manipulation est indigeste », a-t-il martelé.

L’avocat a ajouté qu’il est juridiquement impossible d’attribuer en même temps une somme d’argent à la Lonase et à un particulier comme Mohamed Dieng. « Soit ces montants appartiennent à la Lonase, soit ils appartiennent à Mouhamed Dieng. Mais on ne peut pas dire qu’ils appartiennent aux deux en même temps au point de retenir deux qualifications contradictoires », a-t-il insisté.

Pour Me Kane, ce dossier est « traversé par des scandales de bout en bout », y compris dans la manière dont les infractions ont été qualifiées. Il s’est également interrogé sur l’absence totale de preuves matérielles. « Des milliards n’ont pas été trouvés dans les comptes de Lat Diop, alors qu’on l’accuse d’avoir détourné et extorqué plus de dix milliards. Où sont passés ces montants ? » a-t-il questionné, avant de rappeler que son client réclame depuis le début une confrontation directe avec Mohamed Dieng, lequel serait désormais « introuvable ».

À travers cette sortie médiatique, la défense entend mettre la pression sur la justice et attirer l’attention de l’opinion publique. Pour les avocats de Lat Diop, leur client est victime d’une affaire montée de toutes pièces, dans laquelle les incohérences et les contradictions suffisent, selon eux, à démontrer son caractère politique.

Affaire Lat Diop : la défense dénonce des « incongruités » et évoque un « otage politique »

Le collectif d’avocats de Lat Diop est monté au créneau ce lundi 15 septembre 2025 à Dakar pour dénoncer ce qu’il considère comme des irrégularités majeures dans la procédure visant l’ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase). Lors d’un point de presse, Mes Elhadji Diouf et Oumar Youm ont fustigé des incohérences qu’ils qualifient « d’incongruités » et laissé entendre que leur client est victime d’une instrumentalisation politique.

Me Elhadji Diouf a soutenu que la garde à vue de son client ne reposait sur aucun fondement valable, affirmant qu’« aucun élément ne pouvait justifier son emprisonnement ». Selon lui, l’affaire a été montée de toutes pièces et le principal plaignant, Mouhamed Dieng, ne serait qu’« une marionnette » manipulée dans un dessein inavoué.

L’avocat a rappelé que Lat Diop, au cours de son mandat à la Lonase, avait mis en place une plateforme destinée à superviser et contrôler toutes les activités des jeux de hasard. Ce système de régulation aurait permis de multiplier considérablement les recettes de l’institution. « Lat a exigé le paiement de deux milliards de francs CFA chaque mois au lieu de vingt millions comme auparavant, ce qui a permis à la Lonase de générer plusieurs milliards de bénéfices », a précisé Me Diouf, avant d’ajouter que c’est précisément cette réforme qui a contrarié certains intérêts.

De son côté, Me Oumar Youm a employé des mots particulièrement sévères en qualifiant la procédure de « lâcheté judiciaire ». Pour lui, cette affaire relève d’un « otage politique », nourri par des charges fragiles et inconsistantes. L’avocat a même annoncé envisager une saisine de la Cour de Justice de la CEDEAO pour dénoncer ce qu’il perçoit comme une violation flagrante des droits de son client. « C’est la première fois que je traite un dossier aussi inadmissible, reposant sur des accusations aussi peu crédibles », a-t-il martelé.

Les deux avocats ont également soulevé un point de droit qui, selon eux, remet en cause la régularité de toute la procédure. Ils affirment que seul l’Agent judiciaire de l’État est habilité à déposer plainte en cas de détournement présumé de deniers publics, et non un particulier. Dès lors, la plainte à l’origine de l’affaire serait, d’après eux, entachée d’illégalité.

Passation de service au ministère des Infrastructures : Déthié Fall promet rigueur et accélération des projets

Une nouvelle page s’ouvre au ministère des Infrastructures. Ce lundi, aux Sphères ministérielles de Diamniadio, Déthié Fall, leader du Parti Républicain pour le Progrès (PRP), a officiellement pris ses fonctions à la tête du département, succédant à Fatou Diouf. La cérémonie de passation de service s’est déroulée dans une atmosphère à la fois solennelle et empreinte de respect, où se sont mêlées gratitude et volonté d’accélérer les chantiers stratégiques du pays.

Dans son discours d’au revoir, Fatou Diouf, qui dirigeait jusque-là le portefeuille des Infrastructures maritimes et portuaires, a rappelé les grandes orientations de son mandat. Elle a particulièrement insisté sur la nécessité d’accorder une attention particulière à la ville de Saint-Louis, qualifiée de « grande ville de pêche » mais qui reste encore dépourvue d’infrastructures portuaires adaptées. Un projet de quai de pêche agréé y est actuellement à l’étude, de même que la construction du port en eau profonde de Ndiaye (Nikin), présenté comme un projet structurant pour le sud du pays. Elle a assuré avoir transmis à son successeur tous les éléments nécessaires pour poursuivre l’ambition de faire du Sénégal un véritable hub régional en matière de logistique et d’infrastructures maritimes et portuaires.

Prenant la parole à son tour, Déthié Fall a rendu un hommage appuyé au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et au Premier ministre, Ousmane Sonko, pour la confiance qu’ils lui ont témoignée. Il a salué le travail accompli par sa prédécesseure avant de s’engager à mobiliser « toute l’énergie nécessaire, dans la rigueur requise, dans la transparence attendue et en toute célérité » pour atteindre les objectifs fixés.

Le nouveau ministre a par ailleurs réaffirmé l’orientation donnée par le Premier ministre d’un travail sans relâche, « 24 heures sur 24 », afin de rattraper le retard du Sénégal sur certains pays plus avancés. Dans ce sens, il a lancé un avertissement ferme aux entreprises du secteur : celles qui ne partagent pas cette exigence de rigueur et de rapidité ne seront pas retenues pour collaborer avec son département. « Elles ne vont pas travailler avec nous », a-t-il tranché, promettant d’appliquer cette politique « de façon militaire ».

La cérémonie s’est achevée dans une ambiance conviviale, marquée par l’engagement partagé de faire des infrastructures sénégalaises un levier essentiel de la croissance économique. Entre continuité et rupture, la passation entre Fatou Diouf et Déthié Fall symbolise la volonté du gouvernement d’accélérer le rythme de réalisation des projets structurants pour accompagner les ambitions du pays.

Suspension des importations de bananes : l’Arm veille à la régulation et à la stabilité des prix

L’Agence de régulation des marchés (Arm) poursuit son travail de terrain après la suspension des importations de bananes. Son directeur général, Babacar Sembène, accompagné du comité de suivi et d’évaluation du protocole, a effectué une tournée dans plusieurs sites de stockage et de commercialisation. Cette mission avait pour objectif de vérifier concrètement l’état d’application du protocole signé avec les acteurs de la filière et d’en mesurer les premiers résultats.

Selon le journal Libération, qui rapporte la visite dans son édition de ce lundi, l’initiative vise avant tout à garantir aux consommateurs l’accès à des bananes de qualité, disponibles en quantité suffisante et proposées à un prix abordable. Mais elle a aussi pour ambition de soutenir les producteurs locaux et de renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur de cette filière stratégique.

Durant ses échanges sur les différents sites, Babacar Sembène a rencontré des commerçants, des distributeurs et des consommateurs afin de recueillir leurs avis sur la mise en œuvre du dispositif. Le directeur général a insisté sur l’importance d’un contrôle rigoureux de la qualité des produits mis sur le marché et sur la nécessité de maintenir des prix justes et stables. Pour lui, la réussite de cette politique passe par la collaboration de tous les acteurs, chacun devant jouer son rôle dans la préservation de l’équilibre entre l’offre et la demande.

En saluant les efforts consentis par les partenaires de la filière, Babacar Sembène a réaffirmé la détermination de l’Arm à garantir le bon fonctionnement des marchés. Il a rappelé que la mission de l’institution ne se limite pas à la régulation économique, mais inclut également la protection du pouvoir d’achat des ménages et le renforcement de la confiance entre producteurs, commerçants et consommateurs.

Cette visite s’inscrit dans une dynamique de suivi permanent qui traduit la volonté de l’Arm d’accompagner durablement la filière banane. L’agence entend ainsi prévenir les déséquilibres qui pourraient résulter de la suspension des importations, tout en consolidant les acquis en matière de qualité, de disponibilité et de stabilité des prix.

Marché des chantiers navals de Dakar : le recours de Hat-San jugé irrecevable par l’Arcop

Le processus de sélection pour l’attribution du contrat de partenariat public-privé relatif à la reprise, la réhabilitation, le financement, l’exploitation et la maintenance des Chantiers Navals de Dakar vient de franchir une nouvelle étape. L’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop) a déclaré irrecevable le recours introduit par Hat-San, l’un des candidats retenus, qui contestait certains aspects de la procédure.

D’après les révélations du journal Libération dans son édition de ce lundi, la décision a été rendue sans même qu’il soit nécessaire d’examiner le fond du dossier. L’Arcop a motivé son rejet par le non-paiement, par Hat-San, du montant fixé par l’arrêté conjoint du 3 avril 2023 relatif à la consignation exigée en matière de recours dans le cadre de la passation des contrats de partenariat public-privé. En l’absence de ce versement obligatoire, l’autorité n’avait pas d’autre choix que de déclarer la requête irrecevable.

Cette décision intervient dans un processus où la concurrence est particulièrement forte. Sur dix-sept dossiers initialement retirés, sept soumissions avaient été déposées auprès de la Société des infrastructures de réparation navale (Sirn), qui pilote ce marché stratégique. À l’issue de la phase de présélection, quatre candidats avaient été retenus : le groupement Dakarnave/Lisnave, exploitant sortant, le groupement Damen Shipyards/Matériel terrestre offshore Africa Sas, Hat-San Shipyard et l’entreprise italienne Jobson Italia Sri.

Les soumissionnaires préqualifiés ont jusqu’au 9 octobre prochain, à 11 heures, pour déposer leurs offres définitives. L’issue de cette compétition est très attendue, compte tenu des enjeux liés à l’avenir des Chantiers Navals de Dakar. Ce site industriel, véritable pilier du secteur maritime sénégalais, joue un rôle crucial dans la réparation et la maintenance des navires, mais aussi dans la dynamique économique et sociale de la capitale.

Le rejet du recours de Hat-San ne met pas fin à sa participation, mais il illustre la rigueur du cadre réglementaire qui encadre la passation de ce type de marché. La décision de l’Arcop permet en tout cas au processus de se poursuivre sans encombre, dans l’attente des propositions définitives des candidats retenus.

Inondations à Touba : Papa Djibril Fall dénonce l’inaction du gouvernement et appelle à un plan d’urgence

Le député Papa Djibril Fall s’est rendu, ce samedi 13 septembre 2025, dans plusieurs quartiers de Touba durement touchés par les récentes inondations. Constatant l’ampleur des dégâts, il a exprimé sa profonde tristesse et sa colère face au silence et à l’inaction des autorités.

Dans les zones les plus affectées – Soura, Guèdè, Darou Khoudouss, Ngiraanen, Kër Niang, Madiyana Maarya, Dianatoul Firdawsy et Garabu Serigne Ibra –, les habitants vivent une situation dramatique. Des centaines de maisons sont englouties par les eaux, des mosquées abandonnées et de nombreuses familles contraintes de quitter leur domicile. « Je suis peiné et sidéré par le mutisme et le manque d’empathie du gouvernement face à cette tragédie », a déclaré l’élu, visiblement indigné.

Face à ce drame humain, Papa Djibril Fall a lancé un appel pressant à la mobilisation des moyens publics à travers le déclenchement du Plan d’Organisation Rapide des Secours (ORSEC). Selon lui, il est urgent de mettre à contribution, sans délai, le ministère de la Santé, la Brigade nationale du service d’hygiène, la Direction de la protection civile ainsi que la Délégation à la solidarité nationale. Il préconise également la mobilisation du Fonds de solidarité nationale afin de venir en aide aux sinistrés.

Le député estime qu’il est du devoir de l’État d’apporter une réponse rapide et coordonnée à cette crise qui plonge des milliers de citoyens de la ville sainte dans la détresse. Pour lui, seule une action concertée et immédiate permettra d’atténuer les souffrances des victimes et d’éviter une aggravation de la catastrophe.

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Mali : le JNIM mène une guerre économique en s’attaquant à Kayes, selon le Timbuktu Institute

Dans le sud-ouest du Mali, la région de Kayes est devenue une zone de forte pression pour les groupes jihadistes, notamment le Jama’at Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM), qui la considère désormais comme un territoire stratégique majeur. Une étude publiée le 12 septembre par le Timbuktu Institute, basé à Dakar, met en lumière cette évolution inquiétante. Selon ce centre de recherche, les actions du JNIM s’inscrivent dans une nouvelle logique baptisée « guerre économique ».

Le rapport explique que les groupes armés cherchent à perturber délibérément l’approvisionnement du pays dans l’objectif de fragiliser l’économie nationale, d’isoler la capitale Bamako et d’augmenter la pression sur les autorités de transition. Ce changement de stratégie se manifeste notamment par des attaques répétées contre des infrastructures clés.

La région de Kayes, deuxième contributeur au PIB malien après Bamako, constitue un véritable carrefour économique. Elle est traversée par la Route Nationale 1 (RN1), qui relie Bamako à Dakar en passant par Kayes et Diboli. Cet axe représente à lui seul près de 30 % des importations terrestres du pays, avec environ 2,7 millions de tonnes de marchandises acheminées chaque année, incluant des produits essentiels tels que le carburant et les denrées alimentaires. Ce corridor est également vital à l’échelle régionale, puisque plus de 70 % des importations maliennes transitent par les ports de pays voisins, notamment celui de Dakar.

Le 1er juillet 2025, des attaques coordonnées ont visé plusieurs localités de la région, notamment Kayes et Diboli, située à seulement 1,3 km de la frontière sénégalaise. Le JNIM a mené des assauts simultanés contre cinq positions militaires, ciblant notamment des casernes, des postes de contrôle et des bâtiments administratifs. Ces opérations, dirigées par la Katiba Macina – principale branche armée du JNIM –, visaient à désorganiser le trafic transfrontalier et à démontrer la capacité du groupe à défier l’autorité de l’État malien. Bien qu’ils n’aient pas pu maintenir un contrôle durable sur les zones attaquées, les combattants ont réussi à interrompre temporairement les flux commerciaux.

L’étude souligne également que le JNIM continue de renforcer son emprise sur le centre du Mali tout en planifiant de nouvelles actions ciblées contre les axes économiques cruciaux. Le 3 septembre, un message audio diffusé en peul et en bambara par un certain Abou Houzeifa Al-Bambari a annoncé l’instauration d’un blocus sur les routes menant à Kayes et Nioro-du-Sahel, qui sont des points de passage vers le Sénégal et la Mauritanie. Ce message interdisait également le transport de carburant depuis la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal et la Mauritanie, et annonçait la suspension forcée des activités de l’entreprise Diarra Transport.

Ce durcissement stratégique a eu des conséquences directes sur l’approvisionnement en carburant et en denrées alimentaires à destination de Bamako. Les tensions sur les prix se sont accentuées, aggravant l’insécurité alimentaire dans plusieurs régions, dont Ménaka, où plus d’1,5 million de personnes sont concernées. En réaction à cette situation, l’Union des transporteurs routiers du Sénégal (UTRS) a appelé dès le 2 juillet à suspendre temporairement les trajets vers le Mali, signe que la menace est perçue au-delà des frontières maliennes.

Le Timbuktu Institute estime que cette stratégie vise à étouffer Bamako en bloquant ses principales routes d’approvisionnement, contraignant ainsi les autorités à dépendre de voies secondaires souvent contrôlées par les insurgés. Selon l’analyse, cette logique de conquête passe par un contrôle accru des flux transfrontaliers, l’imposition de taxes sur certaines routes et l’organisation de blocus ciblés, comme cela a déjà été observé dans d’autres localités maliennes, notamment à Farabougou.

Diplomatie économique : Ousmane Sonko quitte les Émirats arabes unis et poursuit sa tournée en Italie

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a quitté ce vendredi 12 septembre 2025 les Émirats arabes unis à la mi-journée, à destination de l’Italie. Plus précisément, il est attendu ce samedi à Milan où il présentera le Plan de Redressement Économique et Social (PRES) à la diaspora sénégalaise établie dans la région lombarde.

Cette étape italienne s’inscrit dans le cadre d’une tournée internationale entamée plus tôt cette semaine, axée sur la mobilisation de la diaspora et le renforcement des partenariats économiques stratégiques. Après cinq jours passés à Dubaï, où il a multiplié les rencontres avec des investisseurs et visité les installations du géant portuaire DP World, Ousmane Sonko veut désormais s’adresser aux Sénégalais d’Europe pour partager sa vision et recueillir leur soutien dans la mise en œuvre des réformes économiques engagées depuis l’arrivée du nouveau régime.

Durant son séjour aux Émirats, le chef du gouvernement sénégalais a supervisé la signature d’un avenant au partenariat stratégique entre DP World et le Port Autonome de Dakar, un projet structurant qui concerne notamment le développement du port de Ndayane. Ce nouveau hub logistique est censé renforcer la compétitivité du Sénégal sur les corridors de commerce ouest-africains et impulser un nouveau souffle à la politique d’industrialisation portée par le gouvernement.

Dans une rencontre organisée avec les membres de la communauté sénégalaise à Dubaï, Sonko a déclaré que ce déplacement aux Émirats « aura un impact réel sur le développement économique du pays », saluant l’ouverture d’esprit des investisseurs du Golfe et leur intérêt pour les opportunités qu’offre le Sénégal dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et des technologies.

À Milan, le Premier ministre poursuivra cette dynamique en mettant l’accent sur la place centrale de la diaspora dans la relance économique du pays. Il devrait notamment évoquer les dispositifs mis en place pour faciliter les investissements des Sénégalais de l’extérieur, la simplification des procédures administratives, mais aussi le renforcement des mécanismes de soutien à la création d’entreprise. Le PRES, pilier de la politique économique actuelle, prévoit un rôle accru pour la diaspora dans la création d’emplois, le transfert de compétences et la transformation des chaînes de valeur locales.

Ce voyage en Italie est le troisième déplacement hors du continent africain du chef du gouvernement depuis son entrée en fonction en avril 2024. Il témoigne d’un positionnement diplomatique résolument tourné vers l’économie, où les voyages officiels sont désormais orientés vers des résultats concrets, en lien avec les priorités nationales.

Commerce extérieur : les exportations sénégalaises en recul de 16,1 % en juillet 2025, malgré une progression annuelle de 15,9 % (ANSD)

L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) a rendu public son rapport mensuel sur le commerce extérieur du Sénégal pour juillet 2025. Ce document met en lumière une baisse significative des exportations sur un mois, contrastée par une évolution globalement positive sur une base annuelle. Il dévoile également une nette hausse des importations et une dégradation du solde commercial par rapport au mois précédent.

Selon les données compilées par l’ANSD, les exportations du Sénégal ont atteint 431,9 milliards de FCFA en juillet 2025, contre 514,6 milliards en juin, soit une baisse de 16,1 %. Ce recul est essentiellement attribué à la diminution des expéditions de certains produits stratégiques. Parmi eux figurent les produits pétroliers raffinés, dont les ventes sont passées à 88,5 milliards de FCFA, le pétrole brut (76,3 milliards), l’or non-monétaire (75,4 milliards), l’acide phosphorique (23,8 milliards) et les poissons frais de mer (14,4 milliards). Ces produits représentaient une part significative des recettes à l’exportation, et leur repli a impacté négativement les performances du mois.

Les principaux marchés d’exportation restent relativement stables, avec le Mali en tête (17,7 % des exportations), suivi des États-Unis (11,0 %), des Pays-Bas (10,8 %), de la Suisse (10,5 %) et de l’Inde (10,1 %). Toutefois, le rapport note que l’effet de la baisse mensuelle a été quelque peu atténué par la hausse des exportations de certains produits comme l’acide phosphorique, les produits pétroliers raffinés et les conserves de poisson.

En dépit du recul enregistré sur un mois, les résultats annuels sont plus encourageants. Les exportations de juillet 2025 ont en effet progressé de 15,9 % par rapport à juillet 2024. Mieux encore, le cumul des exportations sur les sept premiers mois de l’année s’élève à 3 272,1 milliards de FCFA, soit une hausse spectaculaire de 60 % comparée aux 2 045,4 milliards enregistrés à la même période l’an dernier.

En revanche, les importations ont connu une progression notable, s’établissant à 635,6 milliards de FCFA en juillet 2025, contre 545,0 milliards le mois précédent, soit une augmentation de 16,6 %. Cette croissance est principalement portée par la reprise des importations de pétrole brut, qui ont atteint 83,3 milliards de FCFA alors qu’aucun achat n’avait été enregistré en juin. D’autres produits ont également vu leurs volumes croître, notamment les sucres bruts et raffinés, les huiles et graisses animales et végétales, ainsi que les camions et camionnettes.

Cependant, cette dynamique haussière a été freinée par la baisse des importations de certains produits, notamment les autres produits pétroliers raffinés, qui sont passés de 155,9 milliards en juin à 131,3 milliards en juillet, ainsi que le riz, dont les importations ont chuté de 20,2 à 8,9 milliards de FCFA.

Par rapport à juillet 2024, les importations ont progressé de 9,4 %. En cumulé, elles atteignent 4 204,4 milliards de FCFA à fin juillet 2025, contre 3 980,1 milliards sur la même période en 2024, soit une hausse de 5,6 %. Les principaux fournisseurs du Sénégal restent la Chine (13,5 %), la France (10,2 %), la Russie (9,2 %), les Émirats Arabes Unis (8,1 %) et le Nigéria (6,7 %).

Le solde de la balance commerciale s’est, pour sa part, considérablement détérioré. Il est passé de -30,3 milliards de FCFA en juin à -203,8 milliards en juillet 2025. Cette aggravation du déficit est notamment due à une forte dégradation du solde commercial avec plusieurs partenaires : le Nicaragua (déficit de 41,3 milliards), le Nigéria (42,2 milliards), la France (60,1 milliards) et surtout la Chine, avec laquelle le déficit s’est creusé à 81,6 milliards de FCFA.

Toutefois, une amélioration a été notée dans les relations commerciales avec les États-Unis et l’Inde. Le Sénégal a enregistré un excédent de 31,8 milliards de FCFA avec les premiers et de 23,4 milliards avec les seconds. Ces gains, bien que significatifs, n’ont pas suffi à compenser le déséquilibre global.

Malgré cette situation, le cumul du déficit commercial sur les sept premiers mois de l’année affiche une amélioration notable. Il s’élève à -932,2 milliards de FCFA contre -1 934,7 milliards à la même période en 2024, ce qui témoigne d’un redressement progressif de la balance commerciale sur le moyen terme.

Le rapport de l’ANSD montre ainsi les limites de la performance mensuelle, mais confirme une dynamique positive sur l’année en cours. Il reste désormais à voir si cette tendance pourra être maintenue dans les mois à venir, notamment dans un contexte international marqué par l’instabilité des prix des matières premières et les incertitudes géopolitiques.

Dubaï : Le Sénégal renforce sa coopération stratégique avec DP World

En déplacement officiel à Dubaï ce jeudi 11 septembre, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a effectué une visite de haut niveau au siège de DP World, leader mondial de la logistique portuaire. Cette visite s’est conclue par un moment-clé : la signature d’un avenant important à l’accord de partenariat liant le Sénégal à cette multinationale émiratie.

Le document a été signé en présence du chef du gouvernement par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, et le directeur général du Port autonome de Dakar, Waly Diouf Bodian. Ce nouvel accord vient consolider la coopération existante entre les deux parties, notamment autour du Port autonome de Dakar et du projet stratégique du port de Ndayane, considéré comme l’un des chantiers logistiques les plus ambitieux d’Afrique de l’Ouest.

Selon un communiqué de la Primature, cet avenant vise à renforcer les engagements mutuels dans la modernisation des infrastructures portuaires sénégalaises et à faire du pays un hub logistique majeur dans la sous-région. L’objectif est aussi d’améliorer la compétitivité du Sénégal face à la croissance exponentielle des échanges maritimes mondiaux et régionaux.

Le projet de Ndayane, mené en partenariat avec DP World, représente un pilier central de la stratégie de développement logistique du Sénégal. Il est appelé à désengorger le port de Dakar, améliorer la fluidité du commerce maritime, attirer davantage d’investissements et stimuler l’emploi local, tout en renforçant la souveraineté économique nationale dans un secteur aussi stratégique que le transport maritime.

Cette visite à Dubaï, sur fond de diplomatie économique, symbolise ainsi la volonté du gouvernement sénégalais de sécuriser les projets d’envergure et de rassurer les partenaires sur la stabilité, la transparence et la vision long terme de l’État en matière d’infrastructures logistiques. Elle marque également un tournant dans la consolidation d’un partenariat Sud-Sud de plus en plus central dans les choix de coopération du Sénégal.

Le Collectif Rappel à l’Ordre s’oppose à la nomination de Me Bamba Cissé et alerte les instances internationales

La récente nomination de Me Bamba Cissé au poste de ministre de l’Intérieur continue de susciter des réactions vives au sein de la société civile sénégalaise. Ce jeudi 11 septembre, le Collectif Rappel à l’Ordre, mouvement citoyen connu pour son engagement dans la défense des droits fondamentaux et de l’État de droit, a fait part de sa « profonde inquiétude » face à ce choix gouvernemental.

Dans un communiqué officiel, le Collectif qualifie cette décision de « menace grave pour la démocratie et pour l’équilibre institutionnel » du pays. Selon les membres du mouvement, Me Bamba Cissé serait marqué par un « engagement partisan » et des « prises de position radicales » qui, selon eux, ne correspondent en rien à l’exigence d’impartialité requise à un poste aussi stratégique que celui du ministère de l’Intérieur.

Craignant des dérives autoritaires ou des restrictions futures des libertés individuelles et collectives, Rappel à l’Ordre a décidé de porter l’affaire au niveau international. Deux institutions ont d’ores et déjà été saisies : l’Association Panafricaine des Avocats et le Département d’État des États-Unis, plus précisément son Bureau des Droits de l’Homme. Le mouvement indique avoir alerté ces entités sur les « risques que cette nomination fait peser sur les libertés publiques, la démocratie et la protection des droits humains au Sénégal ».

Pour les membres du Collectif, cette alerte n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans un contexte politique qu’ils jugent tendu, et où certaines décisions récentes du pouvoir sont perçues comme des signaux inquiétants quant à la direction prise par les autorités. En appelant à une surveillance accrue de la communauté internationale, Rappel à l’Ordre espère prévenir d’éventuelles dérives et rappeler le Sénégal à ses engagements en matière de gouvernance démocratique.

Le Collectif conclut en réaffirmant son engagement total en faveur de la démocratie, de l’indépendance des institutions, et de la défense des libertés fondamentales. Il appelle à la vigilance de l’opinion publique, tant nationale qu’internationale, face à ce qu’il qualifie de tournant potentiellement dangereux dans la conduite des affaires de l’État.

Gamou de Ndiassane : l’État renouvelle son engagement aux côtés des familles religieuses

La 142e édition du Gamou de Ndiassane, haut lieu de la confrérie Khadriya au Sénégal, a été marquée ce jeudi par une forte présence de l’État, représenté officiellement par le ministre de l’Agriculture, Dr Mabouba Diagne. À l’occasion de cette célébration religieuse d’envergure nationale, le ministre, qui parlait au nom du président de la République Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, a réaffirmé la volonté du gouvernement de soutenir pleinement les communautés religieuses du pays.

Dans son adresse au khalife général des Khadres, Serigne Cheikh Bou Sidy Makhtar Kounta, ainsi qu’aux fidèles venus de tout le Sénégal, Dr Diagne a insisté sur le respect inaltérable de la liberté de culte, tout en réitérant l’engagement de l’État à accompagner les familles religieuses dans l’organisation de leurs activités cultuelles. Selon lui, ces manifestations spirituelles sont des moments de communion nationale qui participent à l’ancrage des valeurs républicaines, à travers la foi, la solidarité et la transmission intergénérationnelle des enseignements islamiques.

Le thème retenu pour cette édition, « Voilà ceux qu’Allah a guidés, suis donc leur direction », a été l’occasion pour le ministre d’opérer un parallèle entre les fondements spirituels de l’islam et les défis contemporains du Sénégal. Il a souligné que suivre la guidance divine aujourd’hui, c’est incarner les principes de justice, de probité, de fraternité et de travail. Dans un contexte économique et social marqué par des attentes fortes, il a insisté sur la nécessité d’un retour aux valeurs fondamentales pour bâtir une société plus équitable et résiliente.

Dr Mabouba Diagne a également mis en lumière le rôle central que jouent les confréries religieuses dans la stabilité du pays. Il a salué la contribution historique de la tariqa khadriya dans la pacification des esprits, l’éducation religieuse et la préservation du vivre-ensemble. À ses yeux, le modèle sénégalais de l’islam, tolérant, enraciné dans les réalités sociales et ouvert au dialogue interreligieux, est une exception qu’il faut protéger contre les dérives extrémistes.

Le représentant de l’État a particulièrement loué la manière dont la famille Kounta a su transmettre fidèlement l’héritage prophétique à travers les générations, en mettant l’accent sur la modération, la recherche du savoir et la quête de la paix. Pour lui, le Gamou de Ndiassane n’est pas seulement une veillée religieuse commémorant la naissance du Prophète Muhammad (PSL), mais un acte vivant de fidélité aux valeurs universelles de l’islam.

En clôturant son intervention, Dr Diagne a appelé à renforcer le partenariat entre les autorités religieuses et les pouvoirs publics, dans l’optique de construire un Sénégal plus juste, plus spirituel et plus uni. Il a exprimé la volonté du gouvernement de travailler main dans la main avec toutes les composantes de la société pour garantir la paix sociale, la cohésion nationale et le développement inclusif.

Ce discours a été chaleureusement accueilli par les dignitaires religieux et les fidèles, venus nombreux assister à cette édition du Gamou, devenue au fil des années un symbole de la vitalité spirituelle du Sénégal et de la place prépondérante des familles religieuses dans l’équilibre sociopolitique du pays.

Grève des concessionnaires du nettoiement : la mobilisation reste intacte malgré une avance de 5 milliards FCFA

La grève déclenchée par les concessionnaires du nettoiement se poursuit, en dépit de l’annonce faite par le Directeur du Budget concernant un décaissement partiel des sommes dues. Ces entreprises, qui assurent une part importante du service public de collecte et de traitement des déchets au Sénégal, réclament au total 15 milliards de francs CFA d’arriérés de paiement. Mercredi, un mandat de 5 milliards de francs CFA a été confirmé par les services budgétaires, mais cela n’a pas suffi à convaincre les concessionnaires de reprendre leurs activités.

Selon Boubacar Diallo, secrétaire général du collectif des concessionnaires du nettoiement, cette somme représente à peine un tiers des montants attendus. S’exprimant au micro de Radio Sénégal International (RSI), il a précisé que bien que le collectif ait initialement exigé entre 70 et 80 % des sommes dues, il a accepté le principe de percevoir d’abord les 5 milliards proposés, dans un esprit d’ouverture. Il a aussi indiqué qu’un engagement supplémentaire a été pris par les autorités pour le versement de 4 milliards supplémentaires « d’ici une vingtaine de jours », au début du mois d’octobre.

Cependant, cet engagement verbal ne suffit pas à lever la suspension des activités. Les concessionnaires, qui disent être à bout de souffle, insistent sur la nécessité d’un décaissement effectif. Pour eux, les promesses et annonces ne permettent plus d’assurer les services dans les conditions actuelles. « La suspension de nos activités reste en vigueur car nous n’avons plus les moyens de préfinancer le service », a souligné M. Diallo. Il a précisé que si le ministère des Finances a accompli sa part en validant les mandats, c’est désormais au Trésor public de mobiliser effectivement les fonds pour permettre aux entreprises concernées de fonctionner à nouveau.

La grève affecte visiblement la propreté dans plusieurs communes, où les ordures s’accumulent en bordure de route et aux abords des marchés. Les autorités locales, souvent prises en otage par cette situation, peinent à rassurer les populations. Ce mouvement de protestation intervient dans un contexte économique difficile, où les tensions sur la trésorerie de l’État compliquent l’exécution budgétaire dans plusieurs secteurs.

Les concessionnaires, qui avaient déjà alerté depuis plusieurs semaines sur leur précarité financière croissante, réclament plus de transparence dans le traitement de leurs créances et une régularité dans les paiements. Ils dénoncent un système dans lequel ils sont contraints d’assurer un service public essentiel sans garantie de rémunération dans les délais convenus.

Face à cette impasse, l’exécutif est désormais sous pression. Le règlement rapide de la dette due aux entreprises du secteur du nettoiement s’impose pour éviter une crise sanitaire et environnementale plus grave. Le bras de fer reste tendu, et les jours à venir seront décisifs pour savoir si la promesse de décaissement se matérialisera suffisamment vite pour convaincre les grévistes de reprendre leurs activités.

Demande de liberté provisoire de Farba Ngom : la CNDH dénonce la fuite d’un courrier confidentiel

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a vivement réagi après la fuite d’une correspondance adressée au juge d’instruction dans le cadre de la demande de liberté provisoire de Farba Ngom. Dans un communiqué officiel, l’institution dirigée par le professeur Amsatou Sow Sidibé a dénoncé la divulgation de ce document confidentiel, la qualifiant de « grave atteinte au principe de confidentialité » et de « fait passible de poursuites judiciaires ».

Selon le document consulté par Les Échos, la CNDH rappelle que toutes ses démarches institutionnelles, en particulier celles touchant à des situations individuelles ou judiciaires, sont couvertes par une confidentialité stricte. Elle souligne que cette discrétion est essentielle pour garantir le respect des droits fondamentaux des personnes concernées, qu’il s’agisse de détenus, de victimes ou de tiers impliqués dans une procédure.

La commission précise que ses interventions ne deviennent publiques que dans un cadre bien défini, notamment lors de la présentation de son rapport annuel remis au Président de la République, conformément à la loi qui régit son fonctionnement. Toute autre publication ou fuite en dehors de ce cadre est considérée comme une violation du secret de ses procédures.

Au-delà de la polémique, la CNDH a tenu à rappeler la nature de sa mission. Celle-ci est définie par l’article 4 de la loi qui l’institue : prévenir les violations, promouvoir et protéger les droits humains. À ce titre, la Commission indique qu’elle est fondée à adresser des recommandations et avis aux autorités, y compris judiciaires, dans le cadre de situations impliquant des droits fondamentaux, tout en respectant les limites de son mandat et de la séparation des pouvoirs.

L’institution s’est également appuyée sur ses récents travaux concernant la loi d’amnistie, un dossier particulièrement sensible, pour illustrer sa posture constante en faveur de la protection des droits humains dans un cadre strictement légal. Elle rappelle avoir formulé neuf recommandations dans ce cadre, dont l’une portait sur la création d’une commission d’indemnisation des victimes, preuve de son engagement envers une justice réparatrice et équitable.

Enfin, la CNDH a salué la volonté politique manifestée par les nouvelles autorités de l’État en faveur d’un renforcement de son indépendance. Elle cite notamment un projet de loi en cours, visant à élargir son mandat et à doter l’institution de nouveaux leviers d’action dans la promotion des droits humains au Sénégal.

En conclusion, la CNDH affirme qu’elle restera fidèle à ses principes fondateurs, notamment la confidentialité, l’impartialité et l’indépendance. Elle invite l’opinion publique à ne pas prêter foi aux fuites et lectures biaisées de ses correspondances internes, et rappelle que dans une démocratie, la protection des droits humains ne saurait être instrumentalisée ni exposée au tribunal de l’opinion publique.

Affaire Lat Diop : ses avocats vont s’exprimer publiquement ce lundi 15 septembre à Dakar

Le collectif des avocats assurant la défense de Lat Diop a annoncé la tenue d’un point de presse ce lundi 15 septembre 2025, à partir de 16 heures, dans la capitale sénégalaise. Cette déclaration a été rendue publique à travers un communiqué signé par Me Cheikh Ahmadou Ndiaye, l’un des avocats du mis en cause.

Selon le communiqué, l’objectif de cette rencontre avec la presse est « d’éclairer l’opinion publique sur le contenu du dossier, les procédures en cours et les droits de la défense », tout en précisant que cet exercice se fera dans le strict respect du secret de l’instruction et des règles déontologiques qui encadrent la profession d’avocat.

Pour rappel, Lat Diop, ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), est en détention depuis le 26 septembre 2024. Il fait l’objet de poursuites judiciaires pour plusieurs chefs d’accusation graves, notamment « détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds ». Les montants en jeu dans ce dossier sont estimés à près de 8 milliards de francs CFA, selon les sources judiciaires.

Cette affaire, qui implique une personnalité bien connue du paysage politique et économique national, suscite depuis plusieurs mois une forte attention médiatique et un vif intérêt au sein de l’opinion publique. Le point de presse de ses avocats devrait ainsi permettre de clarifier certains éléments du dossier, dans un contexte où les spéculations et rumeurs continuent d’alimenter le débat public.

Les maladies non transmissibles : Un enjeu majeur de santé publique au Sénégal, selon l’Enquête STEPS 2024

Au Sénégal, les maladies non transmissibles (MNT) sont désormais responsables de 53 % des décès, selon les résultats de l’enquête nationale STEPS 2024, rendus publics à Kolda lors d’un atelier régional organisé ce jeudi. Cette rencontre, réunissant des autorités sanitaires, administratives et communautaires, s’inscrit dans un cycle de partages régionaux destinés à renforcer la riposte nationale contre ces pathologies silencieuses mais dévastatrices.

Le Dr Malick Hann, chef de la Division de la lutte contre les MNT au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a présenté les principales conclusions de cette étude d’envergure. Il a rappelé que les MNT regroupent principalement quatre grandes familles de maladies : les maladies cardiovasculaires, le diabète, les cancers et les affections respiratoires chroniques. Toutes ont en commun des facteurs de risque bien identifiés, liés au mode de vie et à l’environnement. « Une alimentation déséquilibrée – trop salée, trop sucrée ou trop grasse –, la consommation excessive d’alcool, le tabagisme, la sédentarité ainsi que la pollution de l’air sont les principaux éléments déclencheurs de ces pathologies », a-t-il précisé.

Ces facteurs, modifiables pour la plupart, mettent en lumière l’importance d’une stratégie de prévention solide. D’autant que les MNT, souvent silencieuses à leurs débuts, deviennent extrêmement coûteuses à traiter une fois qu’elles s’aggravent. C’est pourquoi le ministère de la Santé, à travers cette enquête, cherche à sensibiliser l’ensemble des acteurs sur la nécessité d’agir en amont, en renforçant la communication et la mobilisation communautaire.

Prenant la parole à son tour, Bonaventure Kalamo, gouverneur adjoint de la région de Kolda, a insisté sur la responsabilité collective face à ce fléau sanitaire. Pour lui, la lutte contre les MNT ne peut se limiter au seul secteur de la santé. Elle doit impliquer les collectivités locales, les établissements scolaires, les acteurs religieux et les leaders d’opinion. « Il faut diversifier les canaux d’information pour toucher toutes les couches sociales. Les MNT sont des maladies qui ruinent les familles, mettent à mal les revenus des ménages et pèsent sur le budget de l’État », a-t-il soutenu.

L’atelier de Kolda, à l’instar de ceux organisés dans d’autres régions du pays, ambitionne d’ancrer la lutte contre les maladies non transmissibles dans une logique territoriale, en tenant compte des spécificités locales. Il est question de former des relais communautaires, de renforcer les structures sanitaires de proximité, et surtout, de promouvoir des comportements sains dès le plus jeune âge.

Les résultats de l’enquête STEPS 2024 serviront par ailleurs de base pour l’élaboration d’un nouveau plan stratégique national de lutte contre les MNT. L’actuel plan d’action couvrant la période 2023-2025 arrive à son terme, et les autorités veulent s’appuyer sur des données actualisées pour affiner leurs interventions. L’ambition est claire : faire reculer de manière significative l’impact des MNT dans les années à venir, en misant sur la prévention, la détection précoce et un accompagnement durable des patients.

Le Sénégal, à l’image de nombreux pays en développement, est aujourd’hui confronté à un double fardeau épidémiologique : la persistance des maladies infectieuses et la montée en puissance des pathologies chroniques. Dans ce contexte, la lutte contre les maladies non transmissibles s’impose comme une priorité de santé publique et un défi national qui engage l’avenir du système sanitaire et la qualité de vie des populations.

AUGMENTATION DE 2,2 % DES PRIX À LA CONSOMMATION EN UN AN : Les Sénégalais à l’épreuve de la cherté de la vie

Le quotidien des Sénégalais devient de plus en plus insoutenable. Même ceux qui parviennent encore à subvenir à leurs besoins essentiels ne trouvent plus le sommeil tranquille. Selon la note mensuelle de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) a enregistré, en août 2025, une progression de 2,2 % en glissement annuel, signe manifeste d’un renchérissement généralisé qui fragilise davantage les ménages.
Cette inflation est principalement imputable à la hausse du coût des denrées alimentaires et des boissons non alcoolisées (+3,8 %), poste de dépense central des familles. La hausse des prix des légumes, tubercules, fruits, viandes et poissons – largement tributaire d’une baisse de la production maraîchère en période hivernale – illustre l’ampleur de cette tension. D’autres secteurs stratégiques accentuent également la pression : logement, eau, électricité et combustibles (+1,3 %), transports (+1,7 %), santé (+1,8 %) et services de restauration et d’hébergement (+1,8 %). La flambée des boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants (+7,5 %) vient, quant à elle, compléter ce tableau alarmant.
Certes, quelques allègements se dessinent dans les services de communication (-3,1 %) ou certains produits de soins personnels (-1,2 %) ; toutefois ils apparaissent marginaux face à l’ampleur de la tendance haussière.
Plus inquiétant encore, l’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et les produits frais, atteint 4,5 % en rythme annuel, révélant la persistance de tensions structurelles sur les prix. Les produits locaux connaissent une hausse marquée (+4,2 %), contrastant avec le léger recul des biens importés (-1,8 %).
En variation mensuelle, les prix progressent encore de 1 %, avec une envolée spectaculaire des légumes feuillus (+32,2 %), des légumes-fruits (+13,3 %) et des tubercules (+12,7 %). À ces hausses alimentaires s’ajoutent celles du transport aérien, des services de livraison, de l’électricité et même de certaines prestations culturelles et de santé.
Par conséquent, derrière les chiffres, c’est une réalité implacable qui se dessine : la cherté de la vie grignote chaque jour davantage le pouvoir d’achat et plonge de nombreux foyers dans une angoisse croissante. L’inflation n’est plus une abstraction statistique, mais une épreuve quotidienne qui met à rude épreuve la résilience des populations.

Santé de Farba Ngom : Cheikh Oumar Bachir Tall met en garde le régime contre d’éventuelles conséquences

Cheikh Oumar Bachir Tall, guide religieux influent et descendant de la famille omarienne de Louga, a lancé un appel pressant aux autorités sénégalaises concernant l’état de santé jugé critique de Farba Ngom, maire des Agnam et ancien député, actuellement incarcéré. Dans un discours poignant, prononcé en wolof, il a exprimé de vives inquiétudes sur l’avenir de l’homme politique, appelant à une réponse responsable et humaine de la part du pouvoir en place.

Selon des rapports médicaux officiels, corroborés par un contre-rapport d’expertise, la santé de Farba Ngom est incompatible avec les conditions de détention. Des pathologies graves auraient été relevées, nécessitant des soins urgents et un suivi médical que le milieu carcéral ne peut offrir dans son état actuel.

Face à ce constat alarmant, Cheikh Oumar Bachir Tall alerte le régime : « Farba Ngom est malade, et les examens médicaux l’ont confirmé. Si jamais un événement malheureux survenait en prison, alors que les autorités ont été averties, les conséquences pourraient être très graves pour la République », a-t-il déclaré avec gravité.

Au-delà de la situation individuelle du détenu, le guide religieux interpelle les dirigeants sur leur responsabilité morale et politique, soulignant que les tensions pourraient s’intensifier si la gestion de ce dossier ne tenait pas compte de l’alerte sanitaire. Il insiste sur la nécessité de faire prévaloir la retenue et l’écoute, avant que l’irréparable ne survienne.

Dans son message, Cheikh Oumar Bachir Tall a également tenu à rappeler le rôle d’équilibre joué par les confréries religieuses dans l’histoire politique du Sénégal. Il a évoqué les relations cordiales qu’entretenaient ses prédécesseurs avec les anciens chefs d’État, de Léopold Sédar Senghor à Abdoulaye Wade, en passant par Abdou Diouf et Macky Sall. Ces régimes, selon lui, ont toujours su maintenir la stabilité du pays grâce à un dialogue ouvert avec les autorités religieuses.

Ce message, à la fois avertissement et appel à la sagesse, semble adresser une invitation claire à l’actuel gouvernement : éviter de franchir une ligne rouge en négligeant les recommandations médicales et en mettant en danger la vie d’un détenu en situation critique. Il s’inscrit dans un contexte où plusieurs voix, issues aussi bien de la société civile que de la classe politique, appellent à une humanisation du système pénitentiaire, particulièrement pour les détenus malades.

La déclaration de Cheikh Oumar Bachir Tall intervient donc comme un moment clé, qui pourrait peser sur la décision des autorités judiciaires quant à une possible évacuation sanitaire, une mise en liberté provisoire ou une autre mesure d’aménagement de peine. Dans un pays où les relations entre pouvoir politique et autorités religieuses restent sensibles, ce type de prise de parole est rarement anodin.

Tribunal de Dakar : Dame Amar condamné à un mois ferme pour détention et usage de drogue

Le verdict est tombé ce jeudi au tribunal de grande instance de Dakar dans l’affaire qui mettait en cause l’homme d’affaires Dame Amar pour détention et usage de drogue. Alors que le parquet avait requis deux ans de prison dont six mois ferme, la juridiction a opté pour une peine plus clémente, en le condamnant à un mois de prison ferme.

Selon plusieurs sources médiatiques ayant suivi l’audience, le tribunal a également ordonné la restitution des quatre véhicules de luxe ainsi que des 2 millions de francs CFA saisis lors de son arrestation, lesquels avaient été initialement présentés comme une tentative de corruption visant les agents de la brigade des stupéfiants. Le juge n’a donc pas retenu cette qualification dans sa décision finale.

Pour rappel, Dame Amar, âgé de 35 ans, avait été interpellé dans la nuit du 1er au 2 septembre 2025, à son domicile situé au Plateau, en plein centre-ville de Dakar. Cette arrestation faisait suite à une opération menée par la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar. Elle avait également conduit à l’interpellation de quatre autres personnes, dont sa compagne, de nationalité marocaine, présente sur les lieux au moment de l’intervention.

Les enquêteurs avaient mis la main sur une quantité importante de produits illicites : 100 grammes de skunk, une variété de cannabis à forte teneur en THC, 10 grammes de haschich, du matériel de consommation, neuf téléphones portables, des bijoux en or ainsi que les quatre véhicules saisis. Le chauffeur personnel de Dame Amar avait lui aussi été arrêté, poursuivi pour tentative de corruption, après avoir, selon les enquêteurs, proposé de l’argent aux policiers pour étouffer l’affaire.

Dame Amar n’en est pas à sa première condamnation. Il avait déjà été cité et jugé dans le cadre de l’affaire Hiba Thiam, une jeune femme décédée en 2020 lors d’une soirée privée à Dakar où l’usage de drogues et d’alcool avait été mis en cause. Ce précédent judiciaire avait déjà entaché sa réputation et placé son nom au cœur de plusieurs polémiques.

Cette nouvelle affaire vient donc alourdir le passif judiciaire de l’homme d’affaires, bien que la peine prononcée cette fois reste relativement légère. Elle relance également les débats sur la consommation de stupéfiants dans les milieux mondains de Dakar et la réponse judiciaire face à des figures publiques impliquées dans ce type de dossier.

Reste à savoir si le parquet fera appel de cette décision qu’il pourrait juger insuffisamment dissuasive au regard de la gravité des faits reprochés. En attendant, Dame Amar devra purger son mois de prison ferme, une peine qui, si elle semble symbolique, pourrait avoir des répercussions sur sa liberté conditionnelle dans le cadre de ses précédentes condamnations.

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 10 septembre 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 10 Septembre 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République. A l’entame de sa communication, le Président de la République a évoqué le décret n° 2025-1430 du 06 septembre 2025, qui nomme les Ministres et Secrétaires d’Etat, membres du nouveau Gouvernement de la République du Sénégal. Il a adressé ses remerciements aux Ministres sortants qui n’ont ménagé aucun effort pour mettre en œuvre la politique qu’il a déterminée, sous la conduite et la coordination du Premier Ministre Ousmane SONKO. Il a félicité et encouragé les Ministres et Secrétaires d’Etat reconduits dans le Gouvernement, ainsi que ses nouveaux membres. Il a rappelé qu’être Ministre ou Secrétaire d’Etat, est une responsabilité nationale primordiale. C’est une position spéciale, fondée sur une confiance exceptionnelle, dans l’exercice de charges publiques, au service des populations et de l’Intérêt général. D’où, l’impératif, pour tout Ministre ou Secrétaire d’Etat, d’incarner, à tout instant, la sacralité de l’Etat, le culte du service public et l’engagement patriotique, l’intégrité, l’efficacité dans la mise en œuvre de la politique de la Nation, à travers le déploiement optimal des politiques publiques.
 

Le Président de la République a invité le nouveau Gouvernement qui a tenu sa première session de Conseil des ministres ce jour, d’être une institution de la République marquée du sceau de l’action. Dans cette posture d’exception, il constitue dans la lettre et l’esprit de la Constitution, une équipe collégiale et solidaire, une force collective de propositions et de réalisations au service des attentes, aspirations et même des exigences de nos populations. Le Gouvernement, doit incarner le projet politique patriotique, plébiscité par le Peuple sénégalais. Il doit le matérialiser par la détermination, l’engagement et la maitrise de la communication, mais aussi le sens du travail dans la diligence, la qualité, l’efficacité et la proximité.
 

Le Chef de l’État a invité le nouveau gouvernement à s’attacher avec méthode à la gestion axée sur les résultats à l’intérieur de chaque département ministériel, à l’intensification de la mise en œuvre optimale du Plan de Redressement économique et social (PRES), conformément aux séquences temporelles et aux stratégies sectorielles opérationnelles de l’Agenda national de Transformation. Il a rappelé à chaque Ministre, l’urgence de mettre en œuvre, sous la supervision du Premier Ministre, les programmes, projets, réformes et textes requis dans le cadre de l’exécution des directives présidentielles. A cet égard, il a indiqué au Ministre des Finances et du Budget, l’urgence de prendre toutes les dispositions nécessaires avec le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération et les Ministres sectoriels, en vue de la finalisation adéquate avec le Premier Ministre, de tous les arbitrages concernant le projet de Loi de finances pour l’année 2026. Par ailleurs, il a signalé au Gouvernement, la nécessité d’asseoir un ancrage territorial des actions ministérielles et interministérielles, en liaison avec la politique de territorialisation des politiques publiques. Il s’agit aussi et surtout, de veiller sans relâche à la prise en charge des problématiques sécuritaires, ainsi que des questions sociales dirimantes concernant l’éducation, l’enseignement supérieur, la santé, la jeunesse et l’amélioration du pouvoir d’achat des populations par la maitrise des circuits de commercialisation et des prix des denrées et produits essentiels. Enfin, il a demandé au Gouvernement d’intensifier la relance de l’économie nationale, le développement du secteur privé, des investissements productifs et de l’entreprenariat, de même que les travaux publics à haute intensité de main d’œuvre dans tous les secteurs, fondamentalement dans ceux du logement et des constructions, afin de promouvoir l’employabilité et l’emploi des jeunes : une priorité nationale.


Abordant les questions liées à l’organisation du dernier Maouloud, le Chef de l’État s’est appesanti sur l’accompagnement de ces cérémonies religieuses. Il a adressé ses chaleureuses félicitations au Gouvernement, aux forces de défense et de sécurité, aux services de l’Etat et à l’ensemble de la communauté musulmane du Sénégal, ainsi qu’aux Khalifes généraux, pour l’excellent déroulement des célébrations du Maouloud sur l’étendue du territoire national. Il a demandé au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de veiller avec les acteurs publics et religieux impliqués, à la programmation optimale des différentes interventions de l’Etat dans les cités et lors des manifestations religieuses et même coutumières. Il a insisté sur la tenue des réunions d’évaluation de l’organisation des manifestations assorties de recommandations d’amélioration pour les prochaines éditions.
 

Sur un autre chapitre, le Président de la République a mis l’accent sur la question de la relance des programmes d’alphabétisation et de promotion des langues nationales. Il a profité de la célébration du mois de l’alphabétisation qu’il avait initié en 2024 pour féliciter les acteurs et opérateurs en alphabétisation pour leur travail remarquable à l’échelle de toutes les collectivités territoriales du Sénégal. Il a demandé au Ministre de l’Education nationale d’accentuer, à tous les niveaux, la mise en œuvre inclusive et optimale des projets et programmes d’alphabétisation, notamment dans nos langues nationales, dont la vulgarisation dans notre système éducatif et universitaire, et dans les secteurs public et privé, demeure une exigence essentielle à la réalisation du projet d’un Sénégal souverain, juste et prospère.


Dans un an, le Sénégal va accueillir les Jeux olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, un évènement international d’envergure qui a des impacts notables sur les systèmes de transport (aériens, terrestres, maritimes), d’hébergement et sur nombre de secteurs de la vie économique, sociale et culturelle. C’est pourquoi, le Chef de l’État a invité le Gouvernement, notamment le Ministre de la Jeunesse et des Sports de prendre toutes les dispositions avec le Comité d’organisation (COJOJ), les Ministères et acteurs concernés, en vue de la réalisation, à temps, des infrastructures et autres diligences requises par l’organisation. Il a souligné la nécessité d’accentuer, dès à présent, une bonne préparation de nos athlètes à cette importante compétition, qui se déroule pour la première fois en Afrique.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

  • Le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Elevage a fait une communication sur la situation des mises en place et cessions des intrants agricoles 2025, la situation prévisionnelle des semences et le point sur Africa Foods System Forum (AFSF) ;
  • Le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication sur la situation hebdomadaire de la gestion des inondations.

Le Conseil a examiné et adopté :

  • Le Projet de loi portant Code des Investissements.
  • Le Projet de loi modifiant la loi n° 2012-31 du 31 décembre 2012 portant Code général des impôts ;
  • Le Projet de loi modifiant la loi n° 2008-46 du 03 septembre 2008 instituant une redevance sur l’accès ou l’utilisation du réseau des télécommunications publiques (RUTEL), modifiée ;

Le Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,
Chargée des Relations avec les Institutions
Porte-Parole du Gouvernement.

Marie Rose Khady Fatou FAYE

Visite officielle aux Émirats arabes unis : Ousmane Sonko échange avec Cheikh Mansour Bin Zayed sur de nouveaux axes de coopération

Dans le cadre d’une visite officielle entamée lundi à Abu Dhabi, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a été reçu, ce mercredi, par Cheikh Mansour Bin Zayed Al Nahyan, vice-président des Émirats arabes unis et figure influente du gouvernement émirati. Ce tête-à-tête de haut niveau, tenu à la résidence de Cheikh Mansour, s’inscrit dans une dynamique de renforcement des relations diplomatiques et économiques entre les deux pays.

Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), les discussions entre les deux hommes ont porté sur plusieurs axes stratégiques de coopération bilatérale. Les domaines de l’énergie, des mines, des infrastructures et de l’investissement ont été au cœur des échanges. Cheikh Mansour, en plus de ses fonctions de vice-président, cumule des postes clés comme celui de ministre des Affaires présidentielles, président de la Banque centrale des Émirats et de l’Autorité d’investissement émiratie, ce qui donne un poids particulier à cette rencontre sur le plan institutionnel et économique.

La rencontre a été suivie par une série d’audiences entre Ousmane Sonko et des responsables d’institutions émiraties majeures opérant dans les secteurs stratégiques ciblés par le Sénégal pour soutenir son développement. Il s’agit notamment de partenaires dans l’énergie renouvelable, les infrastructures portuaires, les télécommunications et la transformation minière. Des contacts ont également été établis avec des fonds souverains et des groupes d’investissement désireux de s’implanter en Afrique de l’Ouest.

Cette visite officielle, qui s’étale sur six jours, constitue le troisième déplacement hors du continent africain pour Ousmane Sonko depuis sa nomination en tant que chef du gouvernement. Après la Chine et la Turquie, le choix des Émirats arabes unis témoigne d’une volonté assumée de diversifier les partenariats stratégiques du Sénégal, tout en attirant des investissements à forte valeur ajoutée.

Le Premier ministre est accompagné dans cette mission diplomatique par une délégation composée de plusieurs membres du gouvernement. Parmi eux, Ahmadou Al Aminou Lo, ministre auprès du président de la République, et Yassine Fall, ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, qui devrait également prendre les rênes du ministère de la Justice. Leur présence souligne l’envergure politique et diplomatique de cette visite.

En s’entretenant directement avec Cheikh Mansour, propriétaire du club anglais Manchester City mais surtout puissant acteur de la finance et de la diplomatie économique des Émirats, Ousmane Sonko cherche à positionner le Sénégal comme un partenaire crédible, stable et stratégique dans une région du monde en quête d’opportunités d’expansion en Afrique.

Les retombées concrètes de cette visite pourraient se manifester dans les mois à venir à travers de nouveaux projets d’investissement, des accords de coopération technique, ou encore des financements dans des secteurs prioritaires. Ce déplacement renforce également la stature internationale du Premier ministre sénégalais, qui entend redéfinir les contours de la diplomatie économique nationale à travers une approche plus proactive et ciblée.

Mairie de Dakar : Abass Fall succède à Ngoné Mbengue lors d’une passation marquée par des tensions organisationnelles

La mairie de Dakar a officiellement changé de main ce mardi à l’occasion d’une cérémonie de passation de service entre la maire intérimaire sortante, Ngoné Mbengue, et son successeur, Abass Fall. Organisé dans une ambiance à la fois solennelle et électrique, l’événement a connu un démarrage mouvementé, débutant avec près de deux heures de retard sur l’horaire initialement prévu.

Prévue à 10 heures, la cérémonie n’a effectivement commencé qu’à midi, dans une salle comble où se mêlaient conseillers municipaux, représentants d’institutions, militants, sympathisants et membres du personnel administratif. Ce retard s’explique en partie par des tensions liées à l’organisation et à la gestion des invités, notamment autour de la question de l’occupation des places assises.

Dès les premières heures de la matinée, plusieurs dizaines de militants, manifestement acquis à la cause d’Abass Fall, ont pris d’assaut la salle et occupé la majorité des sièges. Lorsque les invités officiels, dont certains dignitaires politiques et représentants des collectivités locales, sont arrivés, il ne restait que très peu de places disponibles. Les agents de sécurité et les services de la mairie ont alors tenté de réorganiser la salle en demandant à certains militants de céder leurs sièges aux invités protocolaires. Cette initiative a été mal accueillie par une partie du public, provoquant une brève montée de tension.

Refusant de quitter leurs places, plusieurs militants se sont opposés aux instructions, forçant les organisateurs à trouver une solution d’urgence. Des chaises supplémentaires ont été installées dans la salle pour pallier le manque d’espace, mais cela n’a pas suffi à satisfaire tout le monde. Ainsi, plusieurs participants, y compris des personnalités invitées, ont dû suivre la cérémonie debout.

Malgré ce début chaotique, la cérémonie a ensuite pu se dérouler dans le calme. Elle a été ouverte par des prières, demandant succès et bénédictions pour le nouveau mandat d’Abass Fall. Ce dernier, peu avant son entrée officielle dans la salle, avait tenu une réunion à huis clos avec les conseillers municipaux, dans un geste de concertation visant à poser les bases de son administration.

Cette passation de service marque un tournant dans la gestion de la mairie de Dakar. Abass Fall, figure politique bien connue sur la scène dakaroise, prend désormais les rênes de la capitale avec de nombreuses attentes. Son arrivée intervient dans un contexte de réformes et de défis urbains majeurs, où la gestion de l’espace public, les services de base et la gouvernance locale seront au cœur des priorités.

S’il a su galvaniser ses partisans, le nouveau maire devra maintenant rassembler au-delà de son cercle de fidèles pour répondre aux besoins concrets des populations et apaiser les tensions observées dès cette première étape de son mandat.

Patisen : les travailleurs menacent d’entrer en grève pour dénoncer des conditions de travail jugées dégradantes

Un climat social tendu règne actuellement au sein de Patisen, l’une des plus grandes entreprises agroalimentaires du Sénégal. Ce mardi, les employés de la société ont organisé un rassemblement devant les locaux de l’entreprise pour exprimer leur profonde colère face à ce qu’ils considèrent comme des abus persistants. Brandissant la menace d’une grève, ils réclament le respect de leurs droits fondamentaux et une nette amélioration de leurs conditions de travail.

À l’origine de cette mobilisation, le licenciement, qualifié d’« injuste », du chef du personnel. Une décision que les travailleurs perçoivent comme un signal inquiétant de la part de la direction, qui semble ignorer les inquiétudes et aspirations du personnel. Le délégué du personnel, Lamine D., a fermement dénoncé cette mesure, affirmant qu’elle a été prise sans concertation ni respect pour ceux qui œuvrent quotidiennement à la productivité de l’entreprise. « Nous sommes prêts, tous pieds fermes, pour qu’au moins les droits des travailleurs soient respectés », a-t-il déclaré devant la presse.

Mais au-delà de ce renvoi, les employés de Patisen dénoncent un malaise bien plus profond. Selon les représentants syndicaux, les salaires perçus sont jugés insuffisants et indignes de la charge de travail imposée. Certains agents gagneraient à peine entre 70 000 et 75 000 francs CFA par mois. Un montant qui, dans le contexte économique actuel, ne permettrait pas de couvrir les besoins élémentaires comme le logement, le transport ou la nourriture. « Si vous payez la location, votre transport, votre nourriture, 70 000 francs ne peuvent rien contre ça », a lancé Lamine D., visiblement excédé.

Les critiques ne s’arrêtent pas là. Les travailleurs dénoncent également l’absence totale de plan de carrière au sein de la société. Pour beaucoup, il n’existe aucune perspective d’évolution professionnelle, aucune politique de motivation ni reconnaissance des efforts. Ce manque d’horizon professionnel, combiné à des conditions de travail qu’ils jugent précaires, viendrait aggraver le malaise social déjà bien installé.

Sur le plan sanitaire, les accusations sont tout aussi préoccupantes. Le personnel pointe du doigt des conditions de sécurité et d’hygiène défaillantes dans les unités de production, exposant ainsi les employés à des risques pour leur santé. « La santé des employés est complètement menacée », a alerté le délégué du personnel, évoquant une détérioration progressive de l’environnement de travail.

Face à cette situation jugée « grave », les employés n’écartent pas l’option d’une grève générale si leurs revendications continuent d’être ignorées. Ils appellent la direction à entamer un dialogue franc et à apporter des solutions concrètes à leurs doléances, sous peine de voir le mouvement social s’intensifier dans les prochains jours.

Pour l’heure, la direction de Patisen n’a pas encore officiellement réagi aux accusations portées contre elle, mais la pression monte, et le malaise au sein du personnel est palpable. Si aucune médiation n’est engagée rapidement, l’entreprise pourrait faire face à un blocage aux lourdes conséquences sur ses activités et son image.

Tribunal de Pikine-Guédiawaye : six individus jugés pour escroquerie dans une affaire liée à Qnet

Une affaire d’escroquerie présumée liée à la société de marketing de réseau Qnet a été portée devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, en banlieue dakaroise. Jeudi dernier, six personnes ont comparu à la barre pour répondre des faits d’« association de malfaiteurs » et d’« escroquerie », après avoir été interpellées dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’une plainte déposée par une commerçante du nom de Fatou D.

Selon les informations rapportées, tout commence le 25 août 2025, lorsque la brigade de la Zone franche industrielle de Keur Massar est saisie par une plainte visant un réseau opérant depuis un bureau situé à Grand-Mbao. D’après la plaignante, les mis en cause avaient mis en place une stratégie bien ficelée, sous le couvert de Qnet, pour attirer des personnes vulnérables économiquement. Ils leur proposaient des opportunités d’investissement prétendument lucratives, basées sur la promesse de gains financiers rapides à travers la vente de produits.

Séduite par le discours, Fatou D. affirme avoir remis des biens de valeur, notamment des parures et des cheveux naturels, avec l’espoir de récupérer une commission conséquente ou de faire fructifier son investissement. Plusieurs de ses amies auraient été entraînées dans la même spirale, sans jamais percevoir de retour sur leurs apports. Le mode opératoire du groupe consistait à collecter de l’argent ou des biens précieux en contrepartie d’une promesse d’affiliation et de rendements à court terme.

À la suite de la plainte, les gendarmes ont procédé à l’arrestation de six personnes : Bara M., Moustapha G., Omar M., Pape S., Maimouna D. et Ndèye Anta W. Lors de leur audition, les prévenus ont reconnu mener une activité commerciale au nom de Qnet, en tant que distributeurs indépendants, tout en avouant ne pas détenir de documents légaux leur permettant d’ouvrir une agence ou de solliciter des fonds auprès de tiers.

Une perquisition dans les locaux utilisés par le groupe a permis de saisir plusieurs objets : quarante chaises en plastique, deux téléviseurs, deux tableaux, neuf chaînes et un salon en velours de six places. L’ensemble du matériel a été placé sous scellés dans l’attente du verdict du tribunal.

Lors de l’audience, les six accusés ont maintenu leur version des faits, affirmant qu’ils se limitaient à promouvoir des produits de santé et des bijoux dans le cadre du plan de marketing multi-niveaux de Qnet. Leur avocat a plaidé la relaxe, arguant que l’affaire relevait davantage d’un malentendu lié à l’ignorance des mécanismes du commerce en ligne que d’une volonté manifeste de tromper. Il a évoqué une activité mal structurée mais non frauduleuse selon lui, insistant sur l’absence de preuves d’intention criminelle.

Le parquet, de son côté, a soutenu que les éléments du dossier montraient clairement une organisation structurée ayant profité de la vulnérabilité de ses victimes pour tirer des bénéfices sans aucune base légale ni commerciale sérieuse.

Litige ASER–Askia Assurances : un bras de fer judiciaire autour de 1,7 milliard FCFA dans un projet d’électrification rurale avorté

Un litige financier majeur opposant l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) à la compagnie Askia Assurances SA a éclaté au grand jour, avec des implications potentiellement lourdes pour la gestion des garanties dans les projets d’infrastructure publics au Sénégal. Le différend, désormais porté devant le tribunal de commerce de Dakar, tourne autour du remboursement d’une avance contractuelle de 1,7 milliard de FCFA que l’ASER tente de recouvrer, après l’échec d’un ambitieux projet d’électrification rurale.

À l’origine du contentieux, un contrat de concession signé en 2013 entre l’État du Sénégal et le groupement Enco-Isofoton/Maroc. Ce contrat visait l’électrification de plusieurs localités des régions de Kolda et Vélingara. L’exécution du projet, confiée à la société Kolda-Energy pour le compte du groupement, devait permettre le raccordement de 20 500 abonnés à l’énergie solaire sur une période de 30 mois à compter d’avril 2015. Le financement, assuré en partie par une subvention de 5,59 milliards FCFA de l’Union européenne, incluait une avance de 1,74 milliard FCFA octroyée par l’ASER à Kolda-Energy.

Cette avance, versée en 2016, était couverte par une garantie de restitution signée entre Kolda-Energy et Askia Assurances le 18 mars 2016. Une clause cruciale de cette garantie stipulait que le montant devait être remboursé à première demande de l’ASER, sans possibilité d’objection de la part de l’assureur.

Mais en raison de la non-exécution du projet – marqué notamment par le défaut de raccordement du nombre d’abonnés prévu – le contrat a été résilié le 8 avril 2021. L’ASER, estimant que les conditions d’activation de la garantie étaient réunies, a alors officiellement demandé à Askia Assurances, dès le 19 novembre 2020, de rembourser l’avance conformément aux termes du contrat.

Malgré plusieurs mises en demeure, dont deux commandements de payer signifiés par huissier en 2021, Askia Assurances n’a, selon l’ASER, jamais honoré ses engagements. Cette inaction a provoqué une réaction immédiate du bailleur de fonds européen. Mécontente de la situation, l’Union européenne a débité directement les comptes de l’ASER pour récupérer les fonds non justifiés, aggravant ainsi les conséquences financières pour l’agence sénégalaise.

Devant ce refus persistant de paiement, l’ASER a décidé de prendre des mesures conservatoires en se tournant vers la justice. Une saisie conservatoire de 92 millions FCFA a été effectuée en juillet 2024 sur les comptes bancaires d’Askia Assurances, après autorisation de la présidence de la République. Cette mesure vise à garantir un éventuel recouvrement en cas de victoire judiciaire.

Dans le même temps, une plainte a été déposée devant le tribunal de commerce, dans laquelle l’ASER réclame le paiement intégral de la somme principale de 1 741 892 694 FCFA, ainsi que 500 millions FCFA à titre de dommages et intérêts pour procédure abusive. Elle demande également des intérêts de droit calculés à partir de la première mise en demeure, datée du 19 novembre 2020.

L’ASER fonde sa démarche sur le principe de la force obligatoire du contrat, tel que défini à l’article 96 du Code des obligations civiles et commerciales (COCC). Selon l’agence, le refus d’Askia Assurances d’exécuter une garantie autonome, claire et irrévocable constitue une violation manifeste de ses engagements contractuels. Elle estime que ce comportement remet en question la fiabilité des mécanismes de garantie sur lesquels repose la sécurité financière des projets publics.

Au-delà de ce cas précis, l’issue du procès pourrait avoir des répercussions significatives sur l’environnement juridique et financier des projets d’infrastructure au Sénégal et dans l’espace UEMOA. Elle interroge la solidité des assurances contractuelles, la rigueur des obligations légales et la capacité des institutions à faire respecter les engagements, même face à des compagnies opérant dans un secteur aussi stratégique que l’assurance.

Aïssatou Diop Fall auditionnée par la Division spéciale de Cybersécurité avant d’être relâchée

La journaliste Aïssatou Diop Fall, connue pour son franc-parler et son engagement dans les médias, a été convoquée et entendue ce mardi par la Division spéciale de Cybersécurité (DSC). Directrice de la chaîne d’information en ligne Public.sn, elle a été interrogée dans le cadre d’une plainte déposée par l’une de ses consœurs, Thioro Mandela. Après plusieurs heures d’audition, Mme Diop Fall a été autorisée à rentrer chez elle, sans qu’aucune mesure restrictive ne soit prise à son encontre pour le moment.

Cette affaire fait suite à une émission récemment diffusée sur la plateforme Public.sn, au cours de laquelle Aïssatou Diop Fall aurait tenu des propos jugés diffamatoires par Thioro Mandela. Cette dernière a rapidement saisi la justice, estimant que sa réputation avait été mise à mal de manière injustifiée. Le contenu précis des propos incriminés n’a pas encore été rendu public, mais la plainte fait état d’atteinte à l’honneur et à la considération de la plaignante.

Dans un climat où la liberté d’expression et la régulation des contenus en ligne soulèvent de nombreuses questions, cette audition a immédiatement suscité l’intérêt de l’opinion publique et des acteurs du monde médiatique. Plusieurs observateurs s’interrogent déjà sur les implications de cette affaire, à la fois sur le plan juridique et sur la liberté des journalistes d’exercer leur métier sans subir de pressions.

À ce stade, aucune inculpation n’a été prononcée, et l’enquête se poursuit sous la houlette des services compétents. Aïssatou Diop Fall, de son côté, n’a pas encore réagi officiellement, mais des sources proches de la journaliste indiquent qu’elle reste sereine et prête à se défendre face aux accusations portées contre elle.

AFFAIRE MOUHAMED DIENG : Quand l’argent cherche à acheter le silence des médias

L’affaire Mouhamad Dieng, déjà alourdie par le rapport accablant de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF), connaît désormais un prolongement des plus préoccupants. L’homme d’affaires aurait, par l’entremise d’un promoteur musical très en vue, entrepris de soudoyer plusieurs rédactions sénégalaises afin d’orienter la couverture médiatique en sa faveur. Des sommes faramineuses, se chiffrant en millions, ont été proposées pour obtenir des publications flatteuses, destinées à redorer son image et à détourner l’opinion publique des accusations documentées qui pèsent sur lui.
Le Dakarois Quotidien a lui aussi été approché dans le cadre de cette opération de charme. Une offre de plusieurs millions a été soumise à la rédaction, en échange de contenus complaisants. Toutefois, elle a été rejetée sans équivoque. Le journal demeure fidèle à son engagement d’indépendance, préférant la rigueur de l’information à la compromission ou à la capitulation face aux menaces, et la vérité à l’argent.
Cette tentative de corruption illustre une stratégie profondément préoccupante : substituer à la transparence judiciaire une mise en scène médiatique financée à coups de billets. Plutôt que de répondre devant les autorités aux faits précis relevés par la CENTIF – flux financiers suspects, acquisitions douteuses, sociétés-écrans – Mouhamad Dieng semble avoir choisi la voie d’un storytelling artificiel, construit pour séduire l’opinion et museler les voix discordantes.
Le recours à un intermédiaire issu du milieu culturel révèle, par ailleurs, la volonté de brouiller les pistes et de s’appuyer sur des relais d’influence familiers pour pénétrer le champ médiatique. Ce procédé ne fait que renforcer les interrogations sur l’étendue des moyens mobilisés pour échapper au regard de la justice.
Il convient de rappeler une évidence : l’innocence ne se proclame pas dans les colonnes achetées des journaux, mais se démontre devant les tribunaux.
Le silence du parquet, face à un dossier d’une telle gravité, interpelle et nourrit la suspicion d’un étouffement.
Au-delà du cas de Mouhamad Dieng, c’est la crédibilité de notre système démocratique et judiciaire qui est en jeu. L’argent ne devrait pas dicter la ligne des rédactions et achèter les consciences.
Le Dakarois Quotidien réaffirme son refus de toute compromission : informer, sans crainte ni faveur, demeure notre unique boussole.

Mauritanie : 119 migrants secourus au large d’Amhijrat, dont 50 Sénégalais

Les garde-côtes mauritaniens ont porté secours à 119 migrants en détresse au large d’Amhijrat, dans la région d’Inchiri. L’annonce a été faite par le ministère mauritanien de la Pêche et de l’Économie maritime à travers un communiqué publié sur sa page officielle. Parmi les rescapés figurent 50 Sénégalais, dont une femme, 54 Gambiens, dont dix femmes, ainsi que 15 Guinéens de Conakry.

Selon les premières informations, l’embarcation avait quitté la Gambie au début du mois de septembre 2025 avec pour objectif de rallier l’Europe. Mais le moteur de la pirogue est tombé en panne en pleine mer, condamnant ses passagers à une errance de près d’une semaine. Privés de moyens de propulsion et à la merci des courants, les migrants ont vécu des jours d’angoisse avant d’être localisés. Leur sauvetage a été rendu possible grâce à une coordination entre les garde-côtes mauritaniens et des navires évoluant dans la zone.

Après avoir été secourus, les migrants ont été conduits à Nouakchott où ils ont bénéficié d’une assistance et de soins médicaux conformément aux procédures en vigueur. Ce dénouement heureux a permis d’éviter un drame supplémentaire dans une région où les naufrages sont fréquents et souvent meurtriers.

L’épisode illustre une nouvelle fois les dangers extrêmes liés à la migration irrégulière par voie maritime. Chaque année, des milliers de jeunes originaires du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée et d’autres pays d’Afrique de l’Ouest tentent de rejoindre les côtes européennes à bord d’embarcations de fortune. Faute de conditions de navigation sûres, nombre d’entre eux périssent en mer ou disparaissent sans laisser de traces, transformant ces traversées en tragédies humaines répétées.

Keur Massar : démantèlement d’un vaste réseau de vol d’électricité impliquant des prestataires de la SENELEC

La brigade de recherches de Keur Massar a mis au jour, ce week-end, un vaste réseau de fraude électrique qui opérait depuis plusieurs mois au détriment de la SENELEC. L’opération, entamée dans la nuit du 6 septembre et poursuivie le lendemain, a conduit à l’arrestation de trois suspects, parmi lesquels figurent deux prestataires travaillant directement pour la société nationale d’électricité.

Selon les informations recueillies, les personnes interpellées sont A. Diame, âgé de 41 ans et prestataire affecté à Malika, S. Diallo, 40 ans, également prestataire à Keur Massar, et M. M. Diop, 35 ans, un électricien indépendant. Les enquêteurs, accompagnés d’agents de la SENELEC et d’un huissier de justice, ont découvert un système sophistiqué mais dangereux : des câbles posés à même le sol, des branchements irréguliers s’étendant sur plus de cent mètres et des dizaines de foyers connectés illégalement. Les habitants concernés payaient un forfait fixe de 7 000 francs CFA par mois, quel que soit le niveau de leur consommation.

Les pertes pour la SENELEC se chiffreraient à plusieurs millions de francs CFA. Cependant, les conséquences ne se limitent pas à l’aspect financier. Ces branchements anarchiques constituaient un danger mortel. Des cas d’électrocution ont déjà été signalés, dont la mort de deux chevaux, tandis que les riverains vivaient constamment sous la menace d’incendies et d’accidents graves liés à la mauvaise installation des câbles.

Dimanche 7 septembre, entre 11 heures et 15 heures, les gendarmes, renforcés par un escadron de la Légion de gendarmerie d’intervention, ont procédé à la neutralisation complète du dispositif frauduleux. Une cinquantaine de maisons identifiées comme bénéficiaires de ces branchements illégaux ont été débranchées. Les agents de la SENELEC ont retiré les câbles sous la supervision de l’huissier de justice afin de sécuriser la zone et de rétablir l’ordre sur le réseau.

Les trois suspects arrêtés sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vol et fraude d’électricité. Ils devraient être présentés mardi devant le tribunal de grande instance de Rufisque. L’enquête reste ouverte pour identifier d’éventuelles complicités et mesurer l’ampleur réelle de ce trafic, qui pourrait concerner d’autres quartiers de la banlieue dakaroise.

Cette affaire met en lumière les lourdes conséquences des branchements clandestins, non seulement pour la SENELEC et les finances publiques, mais surtout pour la sécurité des populations. Les autorités entendent renforcer la lutte contre ces pratiques, qui continuent de fragiliser le réseau électrique national et de mettre des vies en péril.

YASSINE FALL À LA JUSTICE, Me BAMBA CISSÉ À L’INTÉRIEUR : Le spectre d’un parti-État

La nomination de Yassine Fall au ministère de la Justice et de Me Bamba Cissé au ministère de l’Intérieur pourrait dépasser le cadre d’un simple réaménagement gouvernemental. Elle semblerait traduire une orientation politique : faire de la justice et de la sécurité des instruments au service d’un projet de contrôle accru.
Ces choix, loin d’être anodins, pourraient envoyer un signal fort sur la volonté du régime de verrouiller les institutions et d’imposer une gouvernance partisane.
Yassine Fall, militante assumée du Pastef, avait déjà attiré l’attention en octobre 2024 lorsqu’elle aurait pris publiquement fait et cause pour une passagère ayant agressé verbalement l’ancien président Macky Sall dans un avion. Ce positionnement, jugé partisan par beaucoup, pourrait aujourd’hui nourrir des interrogations sur son aptitude à incarner l’impartialité attendue de la fonction de garde des Sceaux. La justice, censée rester un rempart contre les dérives, risquerait d’être alignée et instrumentalisée.
Les déclarations du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, affirmant que « ceux qui dérangent » devraient être écartés du corps judiciaire ou encore celles attribuées au Premier ministre Ousmane Sonko selon lesquelles les ministres de la Justice et de l’Intérieur devraient exécuter sans discuter un ordre d’arrestation, pourraient conforter cette lecture d’une justice d’obéissance plutôt que d’équilibre.
De l’autre côté, l’arrivée de Me Bamba Cissé comme ministre de l’Intérieur ne semblerait pas être le fruit du hasard. Plus qu’un avocat connu, il est une vieille connaissance d’Ousmane Sonko qu’il fréquente depuis plus de vingt ans. Lui-même rappelait avoir partagé avec le leader du Pastef des années de doctorat à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). En 2024, il n’hésitait pas à qualifier Sonko de « phénomène politique » et d’« homme le plus remarquable dans l’histoire politique du Sénégal ». Sa proximité avec le Premier ministre, avérée de longue date, pourrait conforter l’idée d’un appareil sécuritaire confié à un fidèle dont l’allégeance politique ne ferait aucun doute.
Au-delà des personnes, c’est une certaine conception de l’État qui semblerait se dessiner. Les nominations de Yassine Fall et de Me Bamba Cissé pourraient confirmer la mise en place progressive d’un Parti-État où justice et sécurité deviendraient des leviers de domination. Les promesses de rupture, brandies comme des symboles d’espoir, sembleraient céder le pas à une pratique politique qui installerait la peur, fragiliserait la presse, marginaliserait les opposants et mettrait en péril l’indépendance des institutions.
Le Sénégal, longtemps cité en exemple pour son pluralisme et son équilibre démocratique, pourrait, dès lors, se retrouver dans une situation délicate. Si la justice venait à se transformer en bras armé d’un régime, elle perdrait sa fonction de rempart et entraînerait avec elle l’ensemble du système dans une zone de turbulence.

Penda THIAM

Gouvernement de compromis : entre pressions, blocages et guerre froide au sommet de l’État

Annoncé depuis le 28 juillet, le nouveau gouvernement, censé porter le plan de redressement économique, est le fruit d’âpres négociations internes. Sa composition révèle davantage de concessions politiques que de choix stratégiques, laissant planer des incertitudes sur la capacité de l’exécutif à gouverner efficacement.

La nomination des titulaires de la Justice et de l’Intérieur marque un tournant. Longtemps défendus par la présidence comme des bastions de neutralité, ces ministères ont finalement été cédés sous la pression du Premier ministre et de son camp. Ce choix confère à Ousmane Sonko et à ses proches un pouvoir inédit dans l’appareil sécuritaire et judiciaire. Pour nombre d’observateurs, cela ouvre la voie à un durcissement des pratiques répressives et à une possible instrumentalisation des procédures judiciaires dans la gestion des rivalités politiques.

Alors que le pays traverse une conjoncture difficile – hausse du coût de la vie, chômage des jeunes, fragilité de l’investissement – les attentes étaient fortes sur l’émergence d’une équipe compétente et soudée autour du plan de redressement. Or, plusieurs ministres critiqués pour leur manque de résultats ont été reconduits, par défaut d’accord entre le président et son Premier ministre. Ce statu quo traduit un arbitrage politique plutôt qu’une vision économique, laissant craindre un retard dans la mise en œuvre des réformes attendues.

Derrière les sourires officiels, la rivalité entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko reste palpable. L’un incarne la légitimité institutionnelle, l’autre revendique la légitimité politique et militante. Cette dualité installe une « guerre froide » au sommet, qui pourrait se diffuser insidieusement dans la haute administration et les institutions de la République. La stratégie présidentielle, consistant à temporiser et laisser pourrir la situation, apparaît comme un aveu de faiblesse. Mais ce choix pourrait à terme miner la stabilité du pays et la confiance des citoyens dans leurs dirigeants.

Ce gouvernement, né de compromis laborieux, illustre les limites d’un partage du pouvoir imposé par des équilibres politiques précaires. Loin d’incarner une dynamique de réforme, il s’apparente à une fragile coalition interne dont les contradictions risquent d’entraver l’action publique. Dans un contexte où la société sénégalaise attend des réponses rapides et concrètes, cette paralysie politique pourrait s’avérer lourde de conséquences.

Matam : le pont de Oréfondé fermé à la circulation à cause de la crue du fleuve Sénégal

La circulation a été provisoirement interdite sur le pont de Oréfondé, submergé par les eaux du fleuve Sénégal. L’annonce a été faite ce samedi par le gouverneur de la région de Matam, Saïd Dia.

« Le pont de Oréfondé, reliant cette commune du Dandé Mayo nord, a été submergé par les eaux du fleuve Sénégal. La circulation y est provisoirement interdite », a indiqué l’autorité administrative dans un communiqué.

Cet ouvrage constitue un axe vital pour relier la commune de Oréfondé aux villages environnants. Déjà par le passé, il avait été fermé dans des circonstances similaires, forçant les populations à se rabattre sur les pirogues motorisées pour se déplacer.

La situation reste préoccupante, puisque le niveau d’alerte du fleuve Sénégal, fixé à 8 mètres, a été dépassé depuis plusieurs jours. Les risques d’inondations persistent et perturbent fortement la mobilité dans cette zone frontalière, où les populations attendent des mesures urgentes pour sécuriser leurs déplacements.

Sangue Barhamou Ndiaye : Un destin scellé par la spiritualité

Né le 5 février 1958 à Thiakho Thiof Yôr, dans la région du Saloum, Sangue Barhamou Ndiaye est issu d’une lignée noble. Fils d’Ibrahima Ndiaye et d’Aminata Cissé, il grandit dans un environnement marqué par la foi et la tradition. Très tôt, il fut initié à l’apprentissage coranique auprès de plusieurs maîtres, dont Ibra Gueye et Cheikh Mbaye Awa, qui virent en lui les prémices d’une vocation spirituelle singulière.

Parmi les souvenirs de son enfance, un épisode demeure gravé dans sa mémoire comme le sceau de sa destinée. Un jour béni, alors qu’il n’était qu’un enfant de Thiakho, le village eut l’honneur de recevoir la visite du grand maître Shaykh Ibrahim Niass. L’événement attira une foule enthousiaste, et les enfants, débordants d’ardeur, s’éparpillèrent entre un acacia et un baobab avant de courir derrière la voiture qui transportait le guide. Sangue Bi, le plus vif, fut le premier à atteindre le véhicule. Lorsque Baye descendit, il posa sa main avec douceur sur la tête du jeune garçon. Ce simple geste provoqua en lui une émotion indicible, une vibration intérieure qu’il n’avait jamais ressentie. Il en garda le souvenir comme une marque intime, un signe silencieux scellant un destin spirituel hors du commun.
En 1978, il s’installa définitivement à Dakar, où son cheminement spirituel prit une dimension nouvelle. Sa quête de vérité l’amena à fréquenter divers cercles de savoir et de spiritualité, jusqu’à franchir les portes d’églises pour écouter des prêtres. Cette ouverture rare, loin d’être une errance, traduisait une soif ardente de Dieu. Elle s’inscrivait dans la continuité de la tradition des grands maîtres soufis, qui passèrent par de multiples écoles avant de recevoir la grâce définitive. Shaykh Ahmad at-Tijânî lui-même, bien qu’essence de sainteté dès avant sa naissance, avait suivi une douzaine de maîtres avant que le Prophète – en état de veille – ne l’investisse directement de la voie tijânie.
Cette quête inlassable trouva son accomplissement en 1996, lorsque Sangue Barhamou Ndiaye rencontra Mawlânâ Shaykh Ibrahim Niass, vers qui il fut conduit par Mawlânâ Shaykh Uld Khayr de Mauritanie. Dès lors, il devint l’un de ses disciples les plus fervents, entièrement dévoué à sa voie. Déjà, Shaykh Uld Khayr avait pressenti son destin spirituel en affirmant que « Babacar Ndiaye », comme on le nommait alors, connaîtrait une ouverture totale qui l’élèverait au-dessus de ses semblables. L’un de ses proches, Baye Abdul Qâdir Lo, avait lui aussi reconnu son envergure exceptionnelle : « Ton horizon spirituel est si vaste qu’il te faudra longtemps pour trouver un maître à ta mesure. »
Aujourd’hui, Sangue Bi s’impose comme une figure majeure de la Fayda Tijâniyya. Sa rigueur, sa générosité et sa constante disponibilité au service de la transmission de la gnose font de lui une référence incontournable de la spiritualité contemporaine. Son itinéraire, marqué par l’humilité et l’ardeur, incarne la continuité vivante d’une tradition qui dépasse les frontières du temps et de l’espace.

CHEIKH MOUHAMADOUL MAHI NIASSE : Un guide spirituel au service de l’humanité

À la fois érudit, pédagogue et médiateur, Cheikh Mouhamadoul Mahi Niasse reste fidèle à l’héritage de son père, El Hadji Ibrahima Niasse, tout en façonnant une vision contemporaine de l’Islam fidèle aux enseignements du Prophète Mouhammad (Paix et salut sur lui). De la bibliothèque de Médina Baye à la médiation des conflits à l’international, sa mission repose sur le savoir et l’amour de l’humanité.

Chaque jour, le cinquième khalife de Médina Baye, depuis 2020, s’entoure d’un cercle de fidèles et de proches. Ces rencontres quotidiennes, empreintes d’humilité et de culture générale, traduisent la proximité d’un guide spirituel qui aime échanger sur tous les aspects de la vie contemporaine. Modeste et généreux, il incarne l’image d’un érudit accessible, profondément enraciné dans la tradition tout en demeurant attentif aux défis du monde moderne.
Sa passion pour la lecture et son attachement à la jeunesse renforcent l’image d’un apôtre de la paix, soucieux de transmettre les valeurs de dialogue, de tolérance et de savoir.
En 2022, Cheikh Mahi Ibrahima Niass s’est distingué par une médiation historique dans la crise soudanaise, contribuant ainsi à rapprocher des belligérants que tout semblait opposer. Cet acte a confirmé son rôle de passeur de paix et d’acteur incontournable de la diplomatie religieuse. Héritier spirituel de son illustre père, El Hadji Ibrahima Niasse, il perpétue une tradition d’ouverture et d’engagement au service de la Oumma et de l’humanité.
En 2024, celui qui est également Président de l’Union islamique africaine, a été l’artisan de la conversion de plus d’une centaine de personnes à l’Islam.

QUÊTE ÉTERNELLE DU SAVOIR
Né en 1938, Cheikh Mahi Ibrahima Niasse est unanimement décrit comme un homme d’une humilité exemplaire, d’une disponibilité constante et d’une érudition remarquable. Alors que la plupart des enfants de sa génération commençaient l’apprentissage du Coran à l’âge de 7 ans, il en entama la mémorisation dès l’âge de 5 ans en Mauritanie, auprès de maîtres coraniques réputés auxquels son père l’avait confié. Arraché à l’affection maternelle pour être initié aux sciences religieuses, il s’est très tôt consacré à la quête de Dieu, aux côtés de ses frères également dédiés à cette mission spirituelle.
De retour au Sénégal, il poursuivit son apprentissage avant de s’exiler en Égypte. À l’Université Al Azhar du Caire, en Égypte, haut lieu du savoir islamique, il s’illustra par sa rigueur intellectuelle et obtint en 1976 une maîtrise en Histoire islamique.
Très impliqué dans les mouvements estudiantins du monde arabe, il fut tenté de prolonger son engagement militant en dehors du Sénégal. Mais son père, conscient des dérives possibles, le rappela à ses responsabilités spirituelles et le ramena à une voie plus mesurée. Ce rappel paternel marqua un tournant décisif dans son parcours : Cheikh Mahi choisit alors de mettre son érudition et son énergie au service du savoir et de la communauté.
Directeur de l’Institut franco-arabe El Hadji Abdoulaye Niasse de Médina Baye, il s’impose depuis plusieurs décennies comme un pédagogue passionné, transmettant aux nouvelles générations son amour de la connaissance. Il confia un jour que, lors d’une retraite auprès de son père, il avait prié pour une seule chose : le savoir. Cette prière fut exaucée, tant sa maîtrise des sciences islamiques et des enjeux contemporains force aujourd’hui l’admiration de ses pairs et de ses disciples.

APÔTRE DE LA PAIX
Propulsé sur le devant de la scène en tant que vice-khalife sous le magistère du quatrième khalife, Cheikh Ahmed Tidiane Niasse, Cheikh Mahi a toujours préféré la discrétion aux honneurs. Il affectionne davantage l’esplanade de la grande mosquée, où il improvise des conférences sur la géopolitique, l’histoire ou l’œuvre de son père, que les tribunes officielles. Sa résidence, abritant une bibliothèque riche et variée, est devenue un lieu de rencontres et d’échanges, où il reçoit sans protocole et où chacun peut trouver écoute et conseil.
Au-delà de son érudition et de sa proximité avec les fidèles, c’est son rôle dans la résolution de conflits qui demeure le plus marquant. L’exemple le plus frappant est sans doute celui du Darfour, où il mit fin à une guerre ethnique qui avait duré 9 ans et impliqué plus de cinquante (50) tribus. Sans mobilisation militaire ni moyens financiers, il réussit à instaurer un cessez-le-feu fondé uniquement sur l’amour d’Allah et les valeurs universelles de l’islam. Cette victoire silencieuse, obtenue par la seule force du dialogue et de la foi, illustre parfaitement sa vision d’une diplomatie spirituelle au service de la paix et de la réconciliation.
Humble, visionnaire et profondément attaché au service de l’humanité, Cheikh Mouhamadoul Mahi Niasse apparaît aujourd’hui comme l’un des grands artisans de paix de notre temps.
Fidèle à l’héritage de son père tout en affirmant sa propre voie, il demeure un serviteur infatigable de la Oumma et un guide éclairé dont l’influence dépasse largement les frontières du Sénégal.

BAYE SERIGNE ASSANE SECK : Le Khalife bâtisseur

Serigne Assane Seck, 9ᵉ Khalife général de Thiénaba, perpétue une tradition tidiane séculaire. Issu d’une lignée prestigieuse, il allie guidance spirituelle, engagement moral et actions concrètes pour renforcer l’unité, la justice et le développement de sa communauté.

Né en 1939 à Thiouty, un village situé à proximité de Thiénaba, Serigne Assane Seck est le 9ᵉ Khalife général de la confrérie tidjane de Thiénaba. Fils de Serigne Ibrahima Seck, le 6ᵉ Khalife, il a grandi dans un environnement profondément religieux, imprégné des valeurs de droiture, de générosité et de dévouement à la communauté. Très tôt, il a reçu une éducation religieuse solide, à Thiouty puis à Thiénaba, qui a forgé son attachement aux enseignements de la Tidjania et à la Sunna du Prophète Muhammad (PSL).
Avant son accession au khalifat, Serigne Assane Seck a longuement accompagné son frère, Serigne Abdou Rahim Seck, dans la gestion des affaires de la confrérie, acquérant ainsi une connaissance fine des besoins spirituels et matériels de sa communauté. Sa réputation de gardien vigilant des valeurs tidianes repose sur son intégrité, son sens de la justice et son engagement constant pour l’unité de la communauté.
Intronisé Khalife en 2021, il a immédiatement affirmé son désir de poursuivre et d’élargir les projets de ses prédécesseurs. Sous sa direction, Thiénaba a poursuivi son développement, avec notamment l’électrification de plusieurs villages et l’amélioration des infrastructures locales. Il valorise l’action concrète autant que la guidance spirituelle, convaincu que le progrès matériel et la vie religieuse doivent se renforcer mutuellement.
Serigne Assane Seck n’hésite pas à souligner l’importance historique et religieuse de Thiénaba dans le paysage national. Lors de la célébration du Gamou 2025, il a appelé à une plus grande reconnaissance de la cité par les autorités étatiques, rappelant son rôle central dans la préservation des valeurs tidianes et dans la promotion de l’éthique religieuse au Sénégal.
Sa stature morale, son dévouement à la communauté et sa capacité à incarner l’unité font de lui une figure respectée et écoutée, non seulement par ses talibés, mais aussi par l’ensemble de la société sénégalaise. Avec un équilibre rare entre tradition et modernité, Serigne Assane Seck illustre la continuité d’une lignée religieuse prestigieuse et demeure un pilier de la Tidjania, guidant sa communauté avec sagesse, fermeté et humilité.

Accident sur l’axe Linguère-Matam : cinq morts et quinze blessés, dont huit dans un état grave

Un nouvel accident mortel vient endeuiller les routes sénégalaises. Ce mercredi matin, un drame s’est produit sur l’axe Linguère-Matam, au niveau du village de Loumbelana, dans la commune de Barkédji. Le bilan est particulièrement lourd : cinq personnes ont perdu la vie et quinze autres ont été blessées, dont huit grièvement.

Selon les premières informations fournies par l’adjudant-chef Papa Élimane Ndour, commandant de la compagnie des sapeurs-pompiers de Linguère, l’accident s’est produit lorsqu’un véhicule de transport en commun, de type « Cheikhou Chérifou », reliant Kaolack à Matam, est entré en collision avec un camion en stationnement sur le bord de la route. La violence du choc a été telle que plusieurs passagers sont morts sur le coup.

Les secours ont rapidement été déployés sur place. Six ambulances et quatre véhicules d’intervention ont été mobilisés pour évacuer les victimes. Quinze blessés ont été transportés vers l’hôpital Magatte Lô de Linguère. Parmi eux, huit présentaient des blessures graves nécessitant une prise en charge urgente, tandis que sept souffraient de traumatismes plus légers. Deux des cas les plus critiques ont dû être transférés d’urgence vers l’hôpital de Matam.

Les corps sans vie des cinq victimes ont été déposés à la morgue de l’hôpital de Linguère, où familles et proches se sont rendus dans une grande consternation. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de l’accident et établir les responsabilités.

Ce nouveau drame relance le débat sur la sécurité routière au Sénégal, alors que les accidents de la circulation continuent de faire des dizaines de victimes chaque mois, en particulier sur les axes interrégionaux. Les causes souvent invoquées vont de l’excès de vitesse au stationnement dangereux des camions, en passant par l’état dégradé des routes.

Diplomatie : Ousmane Sonko renonce au BIG de Paris et annonce une visite officielle aux Émirats Arabes Unis

Le Premier ministre Ousmane Sonko a décliné l’invitation de la France à participer en tant qu’invité d’honneur à la 11ᵉ édition de Bpifrance Inno Génération (BIG), prévue le 23 septembre prochain à Paris. L’annonce a été faite dans un communiqué diffusé par la Primature sur les réseaux sociaux, précisant que ce renoncement est lié à des contraintes d’agenda.

« En raison d’un empêchement lié à son calendrier, le Premier ministre ne pourra honorer cette invitation, à laquelle il aurait souhaité prendre part personnellement », indique le texte officiel. Toutefois, le Sénégal sera représenté à l’événement par un membre du gouvernement, dont le nom n’a pas encore été communiqué.

Si Ousmane Sonko renonce à Paris, il ne ferme pas la porte au dialogue avec la France. Le communiqué précise en effet qu’il accueillera prochainement à Dakar son homologue français, à l’occasion du Séminaire intergouvernemental (SIG), une initiative conjointe annoncée par les deux Chefs d’État pour renforcer la coopération bilatérale.

En parallèle, la Primature a confirmé que le Premier ministre effectuera une visite officielle aux Émirats Arabes Unis, du 8 au 12 septembre 2025. Durant ce déplacement, il sera reçu par Son Altesse Sheikh Mohamed Bin Zayed Al Nahyan, Président des Émirats, avec qui il discutera de partenariats stratégiques dans les domaines de l’investissement, de l’énergie, des infrastructures et de la technologie. Cette mission s’inscrit dans la volonté du Sénégal de diversifier ses alliances diplomatiques et économiques, en multipliant les partenariats avec les puissances émergentes et les pays du Golfe.

Ousmane Sonko a par ailleurs tenu à adresser ses remerciements à Bpifrance et à son Directeur général, Nicolas Dufourcq, pour l’invitation officielle qui lui avait été transmise le 22 juillet 2025. Ce courrier l’invitait à représenter le Sénégal comme invité d’honneur d’un événement international réunissant chaque année des milliers d’acteurs économiques, institutionnels et innovateurs.

En déclinant Paris pour privilégier Abu Dhabi, le Premier ministre sénégalais envoie un signal fort sur ses priorités diplomatiques. Tout en maintenant une ouverture avec la France, il affiche une volonté assumée de consolider les relations avec les Émirats, partenaires de plus en plus présents sur le continent africain.

Ousmane Sonko charge l’Urbanisme, les Impôts et Domaines et le Cadastre : « Dakar est victime d’une urbanisation sauvage insoutenable ! »

Le Premier ministre Ousmane Sonko a lancé un véritable cri d’alarme sur la situation urbaine de Dakar, dénonçant une « urbanisation sauvage » qui, selon lui, menace l’avenir de la capitale sénégalaise. Prenant la parole lors de la journée de partage du projet Dakar Métropole Internationale 2050, il a pointé du doigt les responsabilités institutionnelles dans ce qu’il qualifie de désastre planifié.

« Les déséquilibres sont profonds, la croissance urbaine est devenue insoutenable », a-t-il martelé devant un parterre d’experts, d’élus et de partenaires. Les chiffres qu’il avance traduisent l’ampleur du problème : 4 millions d’habitants concentrés sur moins de 0,3 % du territoire national, et une moyenne de 100 000 nouveaux arrivants chaque année. Le Premier ministre souligne que près de 45 % de l’habitat est hors-norme, sans planification urbaine ni raccordement aux réseaux essentiels.

Cette urbanisation incontrôlée, selon lui, se traduit par des problèmes majeurs de congestion, une pénurie criante de logements adaptés, un déficit d’équipements publics et une mobilité urbaine devenue chaotique.

M. Sonko a également balayé l’argument récurrent selon lequel les inondations à Dakar seraient dues à la nature du sol. « Avant cette urbanisation sauvage, il pleuvait peut-être même plus à Dakar et il n’y avait pas ces problèmes », a-t-il rappelé, prenant l’exemple du sud du pays où les pluies atteignent parfois 2 000 mm par an, contre 400 mm seulement à Dakar, sans que les populations y connaissent des inondations majeures. Pour lui, c’est bien la mauvaise urbanisation qui est à la base de ce fléau récurrent.

Le Premier ministre n’a pas hésité à pointer directement les responsabilités des services publics. Il a critiqué la gestion actuelle des lotissements, citant nommément l’Urbanisme, les Impôts et Domaines ainsi que le Cadastre. « Autrefois, sous la colonisation, on réglait d’abord les questions d’assainissement et de voirie avant d’admettre les constructions. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui », a-t-il regretté.

Selon lui, la logique s’est inversée : les quartiers dits « sauvages » prolifèrent, et même dans certains lotissements administratifs, les services publics valident les plans sans garantir les infrastructures de base. « On laisse l’Urbanisme, les Impôts et Domaines et le Cadastre piloter, puis chacun se débrouille après pour amener l’eau, faire l’assainissement ou amener l’électricité », a-t-il dénoncé avec amertume.

En posant ce diagnostic sévère, Ousmane Sonko appelle à une refonte radicale de la gouvernance urbaine de Dakar, afin de stopper une dynamique qui, selon lui, met en péril non seulement la capitale mais aussi l’équilibre territorial et social du pays.

Gamou 2025 : un dispositif exceptionnel de sapeurs-pompiers déployé à Tivaouane et Thiénaba

À la veille du Gamou 2025, célébration de la naissance du Prophète Mohamed (PSL) prévue ce jeudi 4 septembre, la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP) a annoncé la mise en place d’un dispositif spécial pour encadrer l’événement. Cette mission, qui s’étend du 31 août au 6 septembre, couvre l’ensemble des foyers religieux, avec un accent particulier sur Tivaouane et Thiénaba, qui accueillent chaque année des centaines de milliers de fidèles.

L’objectif des soldats du feu est clair : prévenir et gérer les risques liés à la forte affluence, qu’il s’agisse des accidents de circulation, des incendies, des sinistres sanitaires ou encore des inondations qui touchent actuellement plusieurs régions du pays. Le plan prévoit également une présence renforcée autour des sites de prières, des grandes cuisines collectives et des zones de rassemblement, considérées comme des espaces sensibles.

Dans son communiqué, la BNSP a détaillé les contours de son intervention. Outre la prévention et la prévision des risques, les sapeurs-pompiers assureront l’assistance médicale et les secours d’urgence, la sécurisation des mosquées et des esplanades, ainsi que le ravitaillement en eau des pèlerins. Des équipes spécialisées seront également mobilisées pour superviser les cérémonies officielles et accompagner le dispositif sanitaire déployé par le ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Pour mener à bien cette mission, la Brigade a mobilisé 550 sapeurs-pompiers, dont 25 officiers, 155 sous-officiers et 370 militaires du rang. Le dispositif repose sur un parc de 93 véhicules comprenant 14 engins d’incendie, 24 ambulances, 8 véhicules de secours routiers, 9 camions-citernes de 30 000 litres et plusieurs engins spéciaux adaptés aux interventions en terrain difficile.

La BNSP insiste sur l’importance de la coordination interservices, notamment avec les structures de santé publique, afin d’apporter un soutien efficace aux millions de pèlerins attendus cette année. Dans un contexte marqué par les risques sanitaires et climatiques, les autorités veulent rassurer : tout est mis en œuvre pour garantir la sécurité et le bon déroulement de ce grand rendez-vous spirituel.

Le Gamou, célébré dans plusieurs villes religieuses du Sénégal, demeure l’un des événements les plus fédérateurs du pays. Le dispositif exceptionnel des sapeurs-pompiers vient ainsi renforcer l’encadrement de cette célébration, où la ferveur religieuse se conjugue à une mobilisation logistique et sécuritaire sans précédent.

Notation abaissée : le Port autonome de Dakar sous pression malgré des performances solides

Le Port autonome de Dakar (PAD) traverse une zone de turbulence financière. Le 29 août 2025, l’agence de notation GCR Ratings a abaissé la note d’émetteur de long terme du port de A-(WU) à BBB-(WU). Dans le même temps, l’emprunt obligataire de 60 milliards de FCFA émis en 2020 et arrivant à échéance en 2027 a subi la même dégradation. La note de court terme est également revue à la baisse, passant de A2(WU) à A3(WU), même si la perspective est jugée stable.

Selon GCR, cette révision traduit une aggravation des risques liés au contexte macroéconomique sénégalais. Le pays fait face à un endettement public élevé et à des déséquilibres persistants, qui fragilisent l’environnement financier dans lequel évolue le PAD. Ces contraintes structurelles pèsent lourdement, malgré les performances en nette progression du port et sa position stratégique sur la façade atlantique.

Les résultats de 2024 confirment pourtant une solide dynamique. Le PAD a enregistré une hausse de 9,3 % de ses revenus et une progression de 27 % de ses autres produits d’exploitation. Dans le même temps, les charges de personnel ont reculé de 4,4 %. Ces évolutions se traduisent par une marge d’EBITDA de 35,8 %, en hausse par rapport aux 31 % de 2023, et une marge nette de 25 %, contre 20 % un an plus tôt et seulement 5 % en 2021. La liquidité du port s’est également améliorée, avec une couverture des besoins à un an supérieure à 200 %, un niveau jugé satisfaisant par les analystes.

Toutefois, ces performances sont ternies par un endettement toujours préoccupant. Le ratio dette brute/EBITDA s’établissait encore à 8,9x fin 2024, après un pic de 12,9x en 2023. De plus, la couverture des intérêts nets reste faible, à seulement 1,3x, ce qui limite la capacité du PAD à absorber les charges financières sans fragiliser ses marges.

Les investissements massifs engagés dans la construction du Port de Ndayane expliquent en grande partie cette pression financière. S’il s’agit d’un projet stratégique destiné à renforcer l’avantage compétitif du Sénégal face à la montée en puissance des hubs portuaires de la sous-région, son financement par l’endettement alourdit la structure financière du PAD. GCR estime que cette politique demeure « agressive », malgré le caractère structurant des infrastructures en cours de réalisation.

La perspective stable accordée par l’agence repose sur des anticipations prudentes : une amélioration progressive des performances opérationnelles et une meilleure maîtrise des coûts pourraient permettre au port de conserver sa notation actuelle. Mais les risques restent élevés. Un nouvel abaissement interviendrait en cas de dégradation de la marge nette ou de la liquidité. À l’inverse, un relèvement exigerait un ratio dette/EBITDA ramené sous 5x et une couverture des intérêts supérieure à 4,5x, deux objectifs ambitieux au regard de la situation actuelle.

Introduit à la BRVM en 2020, le PAD demeure un acteur central de l’économie sénégalaise, vital pour les échanges commerciaux du pays et de la sous-région. Mais sa dépendance aux fragilités macroéconomiques du Sénégal et aux tensions budgétaires de l’État, son unique actionnaire, accentue la pression qui pèse sur sa trajectoire financière.

Préparatifs du Gamou de Ndiassane : le ministre de l’Intérieur juge les avancées « acceptables »

À quelques jours du Gamou de Ndiassane, prévu le 4 septembre prochain, les préparatifs étaient au centre d’une rencontre nationale présidée, jeudi dernier, par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, le général Jean-Baptiste Tine. La réunion s’est tenue en présence de Serigne Khalifa Abdallah Kounta, porte-parole de Cheikh Bouh Sidy Makhtar Kounta, Khalife général de la famille Ahloul Kountiyou, entouré d’une forte délégation.

Lors des échanges, le représentant du Khalife a fait part de plusieurs préoccupations majeures. Il a notamment insisté sur les insuffisances constatées dans les domaines de la santé, de l’assainissement, des routes, de l’électricité et des télécommunications. Il a particulièrement attiré l’attention des autorités sur la nécessité de mettre en place un programme spécial d’électricité pour Ndiassane, afin de garantir une couverture adéquate durant la période du Gamou. Il a par ailleurs critiqué l’Agence des routes (Ageroute), accusée de n’avoir « rien construit dans la cité religieuse depuis dix ans », en dépit de la fréquentation grandissante du site.

En réponse, le ministre Jean-Baptiste Tine a reconnu les défis à relever, tout en se félicitant du « niveau acceptable » d’exécution des travaux en cours. Il a annoncé que le secrétaire général de son département assurerait un suivi quotidien des décisions arrêtées, notamment dans les domaines sensibles de la santé, de l’électricité et de l’assainissement, et ce jusqu’à la fin de l’événement.

Le ministre de l’Intérieur a également saisi l’occasion pour solliciter les prières du Khalife général, afin d’accompagner le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre, Ousmane Sonko, dans la réussite du « projet de transformation systémique du Sénégal » porté par le nouveau gouvernement.

Considéré comme l’un des plus grands rassemblements religieux du pays, le Gamou de Ndiassane attire chaque année des milliers de fidèles venus de toutes les régions du Sénégal ainsi que de plusieurs pays de la sous-région. Les autorités entendent ainsi renforcer les mesures d’organisation et de sécurité pour assurer le bon déroulement de cette importante manifestation spirituelle.

Rentrée scolaire 2025/2026 : reprise fixée au 6 octobre pour les enseignants et au 8 octobre pour les élèves

Le gouvernement a officiellement arrêté les dates de la rentrée scolaire pour l’année académique 2025/2026. Selon un décret signé conjointement par le président de la République et son Premier ministre, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, la reprise des cours est fixée au lundi 6 octobre 2025 à 8 heures pour les enseignants et le personnel administratif.

Les élèves, quant à eux, bénéficieront de deux jours supplémentaires avant de reprendre le chemin des classes. Leur rentrée est prévue pour le mercredi 8 octobre 2025 à 8 heures. Ce décalage permet aux équipes pédagogiques de disposer du temps nécessaire pour préparer les établissements et organiser les conditions d’accueil.

Le décret précise également que la fixation du calendrier des examens scolaires relève de la compétence du ministre de l’Éducation nationale, qui devra aussi définir les modalités pratiques de l’année académique. En ce qui concerne l’enseignement technique et la formation professionnelle, la répartition des congés et vacances sera arrêtée par décision ministérielle spécifique.

Plusieurs départements ministériels sont associés à l’exécution de ce texte, notamment ceux des Forces armées, de la Formation professionnelle, des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires, en plus du ministère de l’Éducation nationale. Cette transversalité traduit la volonté des autorités de mieux coordonner les actions pour une rentrée apaisée et une année scolaire sans perturbations.

Avec ce calendrier désormais fixé, l’ensemble de la communauté éducative se prépare à entamer une nouvelle année, dans un contexte marqué par de fortes attentes en matière de qualité d’enseignement et de stabilité du système scolaire.

54ᵉ session de l’UPCI : Malick Ndiaye appelle l’OCI à s’opposer à la judaïsation d’Al Qods et à soutenir fermement la Palestine

La capitale sénégalaise a accueilli, ce lundi 1ᵉʳ septembre 2025, la 54ᵉ session du comité exécutif de l’Union parlementaire de la Conférence islamique (UPCI). Les travaux, qui réunissent parlementaires et diplomates venus de plusieurs pays membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), ont été largement dominés par la question palestinienne.

Dans son discours d’ouverture, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Malick Ndiaye, a lancé un appel solennel à l’ensemble des délégations pour « rejeter sans équivoque la tentative de judaïsation de la ville sainte d’Al Qods », qu’il a qualifiée de « patrimoine sacré des trois religions révélées ».

Le président du Parlement sénégalais a exhorté les États membres à dénoncer « avec la plus grande fermeté le génocide en cours » et à soutenir « la solution des deux États », présentée comme la seule issue crédible pour un règlement pacifique et durable du conflit israélo-palestinien. En rappelant l’incendie criminel de la mosquée El Aqsa en 1969, événement fondateur de l’OCI, il a insisté sur la dimension historique de ce combat. « La Palestine n’est pas seulement une cause, elle est notre cause commune », a-t-il martelé devant ses homologues.

Malick Ndiaye a par ailleurs invité les pays membres de l’OCI à porter « haut et fort la voix du peuple palestinien dans toutes les enceintes diplomatiques », soulignant que défendre la Palestine équivaut à « défendre la justice, protéger notre identité commune et préserver la dignité de la communauté musulmane ».

Au-delà de la question palestinienne, le président de l’Assemblée nationale a insisté sur la nécessité de bâtir une Oumma forte, respectée et influente grâce à « des décisions courageuses et une solidarité agissante ». Il a mis en avant l’urgence de renforcer la lutte contre le terrorisme, de protéger les minorités musulmanes souvent persécutées et de garantir les droits fondamentaux, notamment ceux des femmes et des enfants.

Il a également rappelé le rôle actif et constant du Sénégal au sein de l’OCI et sur la scène internationale. En tant que président du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien aux Nations unies, le Sénégal, a-t-il rappelé, « n’a cessé de défendre le droit à l’autodétermination, à la dignité et à la justice ».

Hydrologie : la DGPRE alerte sur les fluctuations du fleuve Gambie

Le fleuve Gambie connaît actuellement des variations significatives de son niveau d’eau, selon le dernier bulletin hydrologique publié ce lundi par la Direction de la Gestion et de la Planification des Ressources en Eau (DGPRE). Ce document met en évidence une évolution contrastée entre l’amont et l’aval du cours d’eau, conséquence des dynamiques complexes de la saison des pluies.

Dans la partie amont, la tendance est clairement à la baisse. À Kédougou, le niveau du fleuve est passé de 500 centimètres le 30 août à 465 centimètres le 1er septembre, soit une diminution de 35 centimètres en seulement deux jours. À Mako, la situation apparaît encore plus préoccupante, avec une baisse de 51 centimètres sur la même période. Ces reculs inquiètent fortement les populations riveraines dont les activités agricoles dépendent étroitement de la disponibilité en eau. Une chute prolongée pourrait compromettre les cultures en cours et accentuer les risques de précarité alimentaire dans des zones déjà fragiles.

En revanche, l’aval du fleuve présente une évolution encourageante. Le niveau a progressé de 45 centimètres à Simenti, atteignant 805 centimètres, et de 43 centimètres à Gouloumbou, pour s’établir à 742 centimètres. Ces hausses sont accueillies avec optimisme par les éleveurs et les pêcheurs, qui y voient la promesse d’une meilleure disponibilité en eau pour l’abreuvement du bétail, la pêche artisanale et la régénération des écosystèmes.

La DGPRE insiste sur l’importance du suivi de ces variations pour la prévention des risques liés aux crues. Les mesures hydrométriques sont relevées deux fois par jour, matin et soir, puis transmises aux autorités locales afin d’alimenter le système national d’alerte précoce. « Notre mission est d’assurer un suivi rigoureux afin de protéger les populations et leurs activités face aux aléas climatiques », a expliqué Idrissa Ka, chef de la Brigade des Ressources en Eau de Tambacounda.

Ces contrastes observés entre l’amont et l’aval rappellent à quel point les équilibres hydrologiques restent sensibles en période hivernale. Si certaines zones bénéficient d’un apport vital en eau, d’autres doivent faire face à un déficit préoccupant. Dans ce contexte, la DGPRE appelle les communautés riveraines à rester vigilantes et à suivre attentivement les prochains bulletins, considérés comme essentiels pour anticiper toute évolution défavorable et adapter les activités agricoles, pastorales ou de pêche.

Forum africain des systèmes alimentaires : le président Bassirou Diomaye Faye plaide pour une agriculture moderne et inclusive

Le Centre international de conférences Abdou Diouf (Cicad) de Diamniadio accueille depuis ce lundi l’édition 2025 du Forum africain des systèmes alimentaires (AFSF). La cérémonie d’ouverture s’est déroulée sous la présidence du chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, aux côtés du président rwandais Paul Kagame et de l’ancien Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, actuel président de l’AFSF. Les travaux, qui réunissent décideurs, experts et acteurs du secteur agricole, se poursuivront jusqu’à vendredi autour du thème central : l’innovation et la transformation des systèmes agroalimentaires.

Dans son allocution d’ouverture, le président Diomaye Faye a rappelé l’importance stratégique de l’agriculture pour le continent africain, tout en soulignant ses fragilités persistantes. « En ce moment même, des millions de femmes et d’hommes sont dans les champs, à la faveur de la saison des pluies. La plupart travaillent la terre à la force des bras ou avec des outils rudimentaires, et n’ont que quelques mois pluvieux pour espérer nourrir leur famille », a-t-il déclaré, insistant sur la dépendance du secteur agricole aux aléas climatiques.

Le chef de l’État a évoqué les conséquences directes du changement climatique, qui accentuent l’irrégularité des pluies et limitent fortement les capacités de production. À cela s’ajoutent les pertes post-récoltes, parfois estimées à près de 30 % des denrées produites, un facteur qui contribue à la persistance de la faim et de la malnutrition sur le continent.

Pour étayer ses propos, le président a rappelé les chiffres alarmants publiés par la FAO en 2024 : plus de 700 millions de personnes ont souffert de la faim dans le monde l’année dernière, dont une part importante en Afrique. Une situation qui éloigne davantage le continent de l’atteinte de l’Objectif de développement durable n°2 (ODD), qui vise l’éradication de la faim d’ici à 2030. Si la tendance actuelle persiste, a-t-il averti, plus d’un demi-milliard d’êtres humains seront en situation de sous-alimentation chronique à cette échéance, et la moitié d’entre eux se trouvera en Afrique.

Face à ce constat, Bassirou Diomaye Faye estime que l’Afrique se trouve à un tournant décisif. Pour lui, la transformation des systèmes alimentaires est désormais une urgence de première nécessité, qui exige non seulement des politiques adaptées mais aussi une mobilisation accrue des acteurs sociaux et économiques.

Le président sénégalais a particulièrement insisté sur le rôle central de la jeunesse dans cette transformation. « Nous devons mettre les jeunes au cœur de nos politiques de développement », a-t-il plaidé, avant de préconiser leur responsabilisation et leur implication directe dans la formulation des politiques agricoles. Pour atteindre cet objectif, il appelle à développer une offre de formation adaptée aux besoins d’une agriculture moderne, intensive et durable, capable de concilier productivité et respect de l’environnement.

Cette édition 2025 du Forum africain des systèmes alimentaires se veut un espace de réflexion mais aussi d’action, où les innovations technologiques et les modèles inclusifs devront être partagés pour répondre à un défi commun : assurer la sécurité alimentaire et la souveraineté agricole de l’Afrique.

Polémique autour du règlement intérieur : Amadou Ba recadre l’expert Alioune Souaré

Le débat autour de la promulgation du nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale continue d’alimenter la presse et la classe politique. Dans son édition du jour, le quotidien Les Échos a mis en avant l’analyse de l’expert en droit parlementaire, Alioune Souaré, qui estime que le Conseil constitutionnel a censuré la disposition relative à l’audition des magistrats par les commissions d’enquête. Une lecture vivement contestée par le député de Pastef, Amadou Ba, qui a tenu à clarifier les termes juridiques.

« Une réserve d’interprétation n’est pas juridiquement une censure », a martelé le parlementaire dans sa réplique. Selon lui, la nuance est fondamentale : « La disposition incriminée reste bel et bien dans le texte promulgué, mais elle prend le sens indiqué par le Conseil constitutionnel. Or, celui-ci n’a jamais interdit l’audition des magistrats par les commissions d’enquête de l’Assemblée nationale. »

Pour Amadou Ba, la décision des Sages a simplement précisé les conditions dans lesquelles cette audition est possible, à savoir sans dépendre d’une autorisation préalable du ministre de la Justice. En d’autres termes, le Conseil n’a pas supprimé la mesure, mais en a encadré l’application.

Le député a également dénoncé la manière dont l’affaire a été relayée par Les Échos. Il estime que le quotidien aurait dû vérifier ses informations auprès des services de l’Assemblée nationale, plutôt que de s’appuyer sur une analyse qu’il juge « totalement erronée ». « L’expert Alioune Souaré confond censure et réserve d’interprétation », a-t-il insisté.

Amadou Ba rappelle par ailleurs que les décisions du Conseil constitutionnel, qu’elles plaisent ou non, s’imposent à l’ensemble des pouvoirs publics. Il souligne que dans le cas présent, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a respecté scrupuleusement l’avis du Conseil en promulguant le règlement intérieur tel qu’interprété par les Sages.

Cette mise au point vient ainsi contrer la lecture faite par Alioune Souaré, qui soutenait que la disposition relative à l’audition obligatoire des magistrats avait été annulée par le Conseil, mais réintroduite par le chef de l’État lors de la promulgation. Une interprétation jugée infondée par Amadou Ba, qui conclut que l’expert « n’a pas bien lu la décision » rendue par le Conseil constitutionnel.

Mpox au Sénégal : guérison du patient importé et levée de l’alerte immédiate

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a annoncé, ce lundi 1er septembre 2025, la guérison complète du patient testé positif au Mpox il y a une dizaine de jours. Diagnostiqué le 22 août dernier, l’individu avait été immédiatement pris en charge par les équipes médicales spécialisées, avant d’être déclaré rétabli et autorisé à quitter l’hôpital ce jour.

Dans son communiqué, le ministère précise que la surveillance mise en place autour du malade a porté ses fruits. Trente personnes identifiées comme cas contacts ont été suivies de près par les services sanitaires durant toute la période d’incubation. Aucun symptôme n’a été détecté chez elles, ce qui permet de confirmer que le pays ne compte plus aucun cas actif de Mpox.

Si cette issue rassurante marque un soulagement pour les autorités sanitaires comme pour la population, le ministère appelle toutefois à ne pas baisser la garde. La vigilance reste de mise face à une maladie encore présente dans plusieurs pays. Les recommandations habituelles demeurent en vigueur : se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon ou avec une solution hydroalcoolique, éviter les contacts rapprochés avec des personnes présentant des lésions cutanées ou des symptômes suspects, et consulter rapidement un centre de santé en cas de doute.

Cette annonce intervient après plusieurs semaines d’inquiétude et confirme l’efficacité du dispositif de surveillance épidémiologique du Sénégal. Le ministère assure que ses services resteront mobilisés pour prévenir toute nouvelle introduction du virus et protéger la santé publique.

Seydi Gassama : « Le régime Sonko-Diomaye ne fait pas mieux que les précédents en matière d’environnement »

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a exprimé sa déception face à la politique environnementale du gouvernement actuel. Dans un message publié sur X, il estime que l’équipe dirigée par Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye reproduit les mêmes erreurs que les précédents régimes dans la gestion du droit à un environnement sain.

« En matière de protection du droit à un environnement sain, le régime ne fait pas mieux que les précédents », a-t-il dénoncé. Pour le défenseur des droits humains, l’implantation de cimenteries, de carrières polluantes et de décharges d’ordures à ciel ouvert près des agglomérations illustre ce manque de considération pour les populations.

Seydi Gassama accuse également les autorités de valider des études d’impact environnemental biaisées, financées par les promoteurs eux-mêmes. Il évoque des méthodes marquées par « les menaces, la répression, la division, l’exclusion et le forcing » pour faire passer des projets contestés.

Ces critiques viennent rappeler que la gouvernance écologique demeure un défi majeur au Sénégal. Alors que les attentes citoyennes sont fortes, la société civile réclame une véritable rupture en faveur d’une politique plus respectueuse de l’environnement et des communautés.

Kafountine : dix-sept candidats à l’émigration interceptés par la gendarmerie

La lutte contre l’émigration irrégulière se poursuit dans le sud du Sénégal. Dans la nuit de samedi à dimanche, la Brigade de gendarmerie de Kafountine a interpellé dix-sept personnes qui tentaient de rallier clandestinement les côtes espagnoles à partir du village d’Abéné, situé dans la région de Ziguinchor.

Selon une source sécuritaire citée par l’APS, parmi les migrants arrêtés figurent onze Sénégalais. Trois individus soupçonnés d’être des complices dans l’organisation de ce départ ont également été mis aux arrêts. Il s’agit de deux Sénégalais et d’un ressortissant étranger, dont l’identité n’a pas été révélée.

Cette nouvelle opération intervient seulement quelques jours après une précédente arrestation. Dans la nuit de mardi à mercredi, les gendarmes de Kafountine avaient déjà intercepté trente-quatre candidats à l’émigration. Ce groupe comprenait quatre femmes, dont l’une voyageait accompagnée de ses deux enfants mineurs, soulignant encore une fois la diversité des profils qui tentent de franchir la mer au péril de leur vie.

Ces interpellations successives témoignent de l’ampleur du phénomène migratoire dans la région sud du pays, où les départs clandestins se multiplient malgré les dangers. Les autorités locales insistent sur leur détermination à renforcer la surveillance des côtes et à démanteler les réseaux qui alimentent ce trafic humain.

À Kafountine comme ailleurs, la gendarmerie reste en alerte face à ce fléau qui continue d’endeuiller de nombreuses familles et d’alimenter les débats sur la recherche de solutions durables pour offrir des perspectives meilleures à la jeunesse sénégalaise.

Écroué hier par le doyen des juges : Hamidou Djiba, figure controversée du MFDC, replonge dans les ténèbres de la prison

Le feuilleton de la crise casamançaise vient de s’enrichir d’un nouvel épisode. Hamidou Djiba, 61 ans, connu pour s’être autoproclamé porte-parole de l’aile politique du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) de Mangoukoro, a été inculpé et placé sous mandat de dépôt vendredi dernier par le doyen des juges. Arrêté à Ziguinchor le 20 août 2025, il a passé sa première nuit derrière les barreaux, accusé de complot contre l’autorité de l’État et l’intégrité du territoire, de participation à un mouvement insurrectionnel et d’association de malfaiteurs criminelle.

Cette arrestation n’est pas le fruit du hasard. Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, l’opération a été soigneusement planifiée et menée conjointement par les Sections de recherches (SR) de Dakar et de Ziguinchor. Pendant plusieurs jours, les enquêteurs ont surveillé les moindres faits et gestes du suspect avant de l’intercepter, le 20 août aux alentours de 18 heures, à Bouloum, près de Boutoute, alors qu’il circulait à moto. Après son arrestation, il a été transféré sous bonne escorte à Dakar, où il a été pris en charge dès le lendemain matin par les services de la SR de la capitale pour les besoins de l’enquête. Dans le même temps, une perquisition effectuée à son domicile de Djibock, dans la périphérie de Ziguinchor, a permis de saisir plusieurs tee-shirts floqués de symboles jugés liés au mouvement indépendantiste, considérés comme pièces à conviction.

Les autorités judiciaires expliquent que cette opération a été déclenchée à la suite de propos incendiaires tenus par Hamidou Djiba lors d’une cérémonie de commémoration dédiée à l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, figure emblématique du MFDC. Ses déclarations, filmées et largement diffusées, ont été interprétées comme une menace directe contre la stabilité nationale, poussant le parquet à demander l’ouverture d’une information judiciaire.

Ce n’est pas la première fois que le nom d’Hamidou Djiba apparaît dans les chroniques judiciaires. Déjà en 1995, il avait été arrêté lors d’une vaste opération militaire avant d’être détenu pendant quatre ans à la prison de Rebeuss. Sa libération, intervenue dans le cadre des négociations de paix entre l’État du Sénégal et le MFDC, lui avait alors permis de retrouver une liberté surveillée. Mais trois décennies plus tard, le sexagénaire se retrouve de nouveau face aux mêmes accusations, confirmant ainsi son statut de figure controversée et persistante d’un conflit qui continue de hanter la Casamance.

Aujourd’hui, son incarcération marque une nouvelle étape dans ce long bras de fer entre l’État et les franges les plus radicales du MFDC. Elle rappelle aussi que, malgré les multiples tentatives de médiation et les accords de paix successifs, la question casamançaise reste une plaie ouverte dans l’histoire politique et sécuritaire du Sénégal.

Gamou 2025 : Le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye en visite auprès des foyers religieux de Thiénaba, Thiès et Dakar

À quelques jours de la célébration du Gamou, marquant la naissance du Prophète Mohammed (PSL), le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a entamé une tournée de courtoisie ce samedi 30 août auprès de plusieurs foyers religieux situés à Thiénaba, Thiès et Dakar. Une démarche qui s’inscrit dans la tradition républicaine de dialogue et de proximité avec les guides spirituels du pays.

Première étape de cette tournée : Thiénaba, haut lieu de l’islam au Sénégal. El Malick Ndiaye y a été reçu par le khalife, Baye Serigne Assane Seck, à qui il a rendu hommage pour le rôle historique et spirituel joué par cette cité dans l’enracinement et la diffusion de la religion musulmane. Dans son allocution, il a souligné que les familles religieuses constituent des piliers de stabilité, de paix et de cohésion nationale, rappelant ainsi leur place centrale dans la vie sociale et spirituelle du pays.

À Thiès, le président de l’Assemblée nationale a ensuite rendu visite au khalife Serigne Mounirou Ndiéguéne. L’occasion pour lui de magnifier l’héritage spirituel et intellectuel de la famille de Mame El Hadj Ndiéguéne, dont il a salué l’apport à l’éducation islamique et à la préservation des valeurs fondamentales de foi, de discipline et de solidarité qui forgent la société sénégalaise.

La tournée s’est achevée à Dakar, où El Malick Ndiaye a été reçu par le khalife de la famille omarienne, Serigne Thierno Madani Tall. Dans son intervention, il a exprimé toute son estime pour l’œuvre de la famille omarienne dans la diffusion du savoir religieux et la défense des valeurs islamiques, tout en sollicitant des prières pour la paix et la prospérité du Sénégal.

Dans chacune de ces étapes, le président de l’Assemblée nationale a demandé des prières pour le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que pour le Premier ministre, Ousmane Sonko, afin que Dieu les accompagne dans leur mission de service à la Nation. Les khalifes, en retour, ont formulé des prières pour la réussite de ses actions, mais aussi pour les autorités et l’ensemble du peuple sénégalais, dans un esprit de bénédiction et de solidarité nationale.

Ousmane Sonko en visite à Médina Baye : « D’ici trois ans, nous allons redresser le Sénégal »

Le Premier ministre Ousmane Sonko, à la tête d’une forte délégation gouvernementale, s’est rendu ce samedi 30 août 2025 à Médina Baye, dans la ville de Kaolack. Cette visite de courtoisie auprès du Khalife général de la Fayda Tidjanya, Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, s’inscrit dans le cadre des préparatifs du Maouloud, célébration annuelle marquant la naissance du Prophète Mohammed (PSL).

Accueilli dans une atmosphère empreinte de ferveur religieuse, le chef du gouvernement a saisi l’occasion pour dresser un état des lieux de la situation nationale et exposer les grandes lignes de son plan de redressement. Face au Khalife, Ousmane Sonko a rappelé les difficultés héritées de ses prédécesseurs, dénonçant une gouvernance marquée par l’opacité et la mauvaise gestion. « Le pays dispose d’énormes potentialités, mais il a longtemps été retardé par une mauvaise gouvernance et un manque de transparence. Nous avons hérité d’une situation catastrophique, marquée par une dette colossale. Les Sénégalais nous ont élus pour y remédier, et nous sommes résolument engagés dans ce défi national. D’ici trois ans, nous allons redresser le Sénégal », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a également insisté sur le caractère collectif de l’effort à fournir pour sortir le pays de ses difficultés. Selon lui, le développement ne peut être atteint qu’au prix de sacrifices. « Aucun pays ne s’est développé sans sacrifice. En Chine, avec la révolution culturelle, des millions de personnes ont perdu la vie. Nous n’en arriverons pas là, mais nous sommes la génération qui va consentir des efforts pour que nos enfants vivent dans un Sénégal développé », a-t-il poursuivi.

Dans cette perspective, Ousmane Sonko a annoncé que son plan de redressement, déjà présenté aux instances gouvernementales, sera bientôt partagé avec l’ensemble des guides religieux, traduit en wolof et en arabe pour une meilleure appropriation par tous.

Cancers féminins : le retard de consultation, un danger mortel pour les patientes

Le gynécologue-obstétricien Mamadou Guèye a lancé un cri d’alerte ce samedi sur la gravité des cancers féminins, notamment le cancer du sein et celui du col de l’utérus, lors d’un panel consacré aux cancers uro-génitaux organisé par l’Association Actions Sanitaires pour le Fouta (ASFO). Selon lui, la majorité des patientes arrivent à l’hôpital dans un état trop avancé, ce qui réduit considérablement leurs chances de survie.

« Sur dix femmes que nous recevons pour ces cancers, sept arrivent déjà au stade 4, le plus avancé », a déclaré le médecin à l’Agence de presse sénégalaise (APS). « À ce stade, 90 % décèdent au bout de cinq ans », a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité de renforcer la prévention, la sensibilisation et surtout le dépistage précoce.

Le spécialiste a pointé du doigt une situation particulièrement alarmante dans les zones rurales, notamment dans la région de Matam, où les femmes consultent souvent trop tard, parfois après plusieurs mois de symptômes ignorés ou tus. Les causes de ces retards sont multiples : manque d’accès aux structures de santé spécialisées, déficit d’information, mais aussi poids des tabous.

« Le cancer du col touche à l’intimité de la femme. Beaucoup hésitent à consulter malgré les saignements ou les douleurs, jusqu’à ce que la situation devienne grave. Il en est de même pour le cancer du sein », a expliqué le gynécologue, rappelant que ces silences sont lourds de conséquences.

Malgré ce constat inquiétant, le médecin a tenu à saluer les efforts de sensibilisation de l’ASFO, qui mène depuis plusieurs années des campagnes de proximité dans le Fouta et ses environs. Le président de la commission scientifique de l’association, Abdoul Aziz Gaye, a d’ailleurs annoncé la tenue de la 26ᵉ édition de ces campagnes de dépistage et de soins, prévue du 11 au 17 septembre prochain. Huit villages de la région de Matam seront concernés et plus de 110 professionnels de santé, parmi lesquels des médecins spécialistes, des sages-femmes et des nutritionnistes, seront mobilisés.

Selon l’ASFO, ces campagnes ont déjà permis de consulter près de 10 000 patients lors des précédentes éditions, contribuant ainsi à rapprocher les services de santé des populations et à briser certains tabous. Mais face à l’ampleur du défi, Mamadou Guèye estime que la lutte contre les cancers féminins nécessite encore davantage d’efforts concertés de l’État, des structures sanitaires et des organisations communautaires, afin de sauver des milliers de vies menacées par le silence et le retard de consultation.

Ousmane Sonko en visite de courtoisie à Kaolack en prélude au Gamou

À l’approche de la célébration du Gamou, prévue le 4 septembre prochain, le Premier ministre Ousmane Sonko a effectué ce samedi une visite de courtoisie auprès de plusieurs foyers religieux de Kaolack.

Cette tournée s’inscrit dans le prolongement de l’annonce faite par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, lors de sa rencontre à Tivaouane avec le khalife général des Tidianes. Le chef de l’État avait exprimé sa volonté de se rendre auprès des grandes familles religieuses du pays à l’occasion du Gamou, mais, pour des raisons d’agenda, il avait précisé que le Premier ministre et d’autres autorités d’État effectueraient certaines visites en son nom. Ainsi, pendant que Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, était à Thiès et à Thiénaba, Ousmane Sonko a été mandaté pour Kaolack.

À Médina Baye, le chef du gouvernement a été reçu par Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, khalife général de la Fayda tidianiyya. Accompagné de membres du gouvernement, dont le secrétaire d’État au Logement, Momath Talla Ndao, ainsi que des autorités administratives locales, Ousmane Sonko a salué l’érudition et l’ouverture de l’autorité religieuse sur les grands défis du continent, en particulier la souveraineté et le panafricanisme. Il a également sollicité des prières pour la paix, l’unité et la prospérité du Sénégal.

Poursuivant son séjour à Kaolack, le Premier ministre s’est ensuite rendu à Léona Niassane. Il y a été accueilli par le khalife Cheikh Ahmed Tidiane Niass et plusieurs membres de la famille de l’illustre El Hadji Abdoulaye Niass, père de Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahima Niass et de Mame Khalifa Niass. Cette étape a constitué un moment de communion spirituelle, marqué par des échanges fraternels et des prières pour le pays.

JAMMI Sénégal dénonce les “dérives” du président de l’Assemblée nationale et appelle au respect de la Constitution

Le Mouvement JAMMI Sénégal a haussé le ton ce vendredi 29 août 2025 à Paris en exprimant sa « profonde inquiétude » face aux récentes prises de position d’El Hadji Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale. Dans un communiqué signé par son président, Ibrahima Diop, le mouvement accuse le responsable parlementaire d’adopter une attitude jugée contraire aux fondements de la République, notamment par des déclarations qui remettent en cause l’équilibre institutionnel.

En s’appuyant sur la doctrine classique de la séparation des pouvoirs, JAMMI Sénégal rappelle le célèbre avertissement de Montesquieu : « Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. » Le communiqué insiste sur le fait que la Constitution sénégalaise, à travers ses articles 88 et suivants, établit clairement une distinction entre l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire, tout en garantissant l’indépendance des magistrats.

Or, selon le mouvement, le président de l’Assemblée nationale s’est engagé dans une série de prises de position jugées préoccupantes. Il lui est reproché de s’immiscer dans les prérogatives de l’Exécutif et d’adresser des menaces directes au pouvoir judiciaire. Une attitude qui, selon JAMMI Sénégal, constitue « une violation flagrante du principe sacré de séparation des pouvoirs » et expose le pays à un déséquilibre institutionnel dangereux.

Dans son communiqué, le mouvement met l’accent sur les responsabilités républicaines qui incombent au chef du Parlement. Il rappelle que le Législatif n’a pas vocation à interférer dans la conduite de l’Exécutif, que le pouvoir judiciaire doit rester indépendant et respecté dans son intégrité, et que le président de l’Assemblée nationale a l’obligation morale et politique de se conformer à la retenue républicaine afin de préserver la dignité du Parlement.

JAMMI Sénégal se montre ferme : « La République ne saurait tolérer aucune dérive autoritaire, aucune confusion des pouvoirs, ni aucune tentative de pression sur la justice. » Le mouvement appelle ainsi solennellement El Hadji Malick Ndiaye « à se ressaisir, à rester dans le périmètre de ses compétences et à cesser immédiatement ses attaques contre les magistrats ainsi que son ingérence dans l’action gouvernementale ».

En conclusion, le mouvement rappelle que la solidité de la démocratie sénégalaise repose sur trois piliers indissociables : un Parlement responsable, une justice indépendante et un Exécutif respecté dans ses prérogatives. Selon JAMMI Sénégal, seul le respect scrupuleux de cet équilibre permettra au pays de continuer à incarner « une République forte, juste et crédible ».

Gamou 2025 : les plus hautes autorités attendues auprès des familles religieuses ce samedi

À l’approche du Gamou, célébration marquant la naissance du Prophète Mohammed (PSL), l’État du Sénégal prépare sa participation à travers une forte mobilisation de ses plus hautes autorités. Ce samedi 30 août 2025, plusieurs personnalités institutionnelles seront présentes dans différentes cités religieuses du pays, témoignant de l’importance de cette fête dans la vie nationale et du lien fort entre la République et les foyers spirituels.

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est attendu à Tivaouane, épicentre du Gamou, où il se recueillera auprès de la famille de Seydi El Hadji Malick Sy. Cette visite présidentielle constitue un moment symbolique fort, confirmant la centralité de Tivaouane dans la célébration du Maouloud et le respect des traditions établies entre les autorités étatiques et les guides religieux.

Parallèlement, le Premier ministre, Ousmane Sonko, se rendra à Kaolack pour rencontrer les familles religieuses de Médina Baye et de Léona Niassène. Ces visites de courtoisie traduisent la reconnaissance de l’État envers l’influence spirituelle et sociale des foyers niassènes, qui accueillent chaque année des milliers de fidèles venus du Sénégal et de la sous-région pour célébrer le Gamou.

Le Président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, poursuivra cette dynamique de proximité en se rendant à Thiénaba, foyer spirituel fondé par Cheikh Ahmadou Ndack Seck, ainsi qu’auprès de la famille Ndiéguène de Thiès, autre grande référence religieuse du pays.

À travers ces déplacements coordonnés, l’État manifeste son ancrage dans une tradition républicaine où le respect, le dialogue et la solidarité entre les institutions et les familles religieuses demeurent essentiels. Le Gamou, au-delà de sa portée spirituelle, reste ainsi un rendez-vous national majeur, qui unit les Sénégalais autour de valeurs communes de foi, de paix et de cohésion sociale.

Gamou 2025 : Dakar Dem Dikk déploie un dispositif spécial pour Tivaouane

À l’occasion du Gamou, prévu le 4 septembre 2025, la société nationale de transport public Dakar Dem Dikk a annoncé la mise en place d’un dispositif exceptionnel pour accompagner les milliers de fidèles attendus à Tivaouane. La ville sainte, centre spirituel de la Tidjaniyya, sera une nouvelle fois le point de convergence des pèlerins venus rendre hommage à l’œuvre d’El Hadji Malick Sy et à la tradition religieuse qui s’y perpétue.

Pour faciliter les déplacements, trois journées de départs ont été programmées à partir de Dakar. Les bus quitteront la capitale les mardi 2, mercredi 3 et jeudi 4 septembre, avec un premier départ fixé à 6 heures du matin et un dernier départ prévu à 15 heures. Le prix du billet aller simple est fixé à 2 500 francs CFA, une tarification que Dakar Dem Dikk a souhaité accessible afin de permettre au plus grand nombre de rallier Tivaouane dans de bonnes conditions.

Les bus desserviront directement le site Serigne Mansour Sy Djamil, situé au quartier Ndiandakhoune, pour déposer les fidèles au plus près des lieux d’accueil et de recueillement. Les retours vers Dakar sont programmés dès le vendredi 5 septembre, à partir de 5 heures du matin, afin de fluidifier le retour des pèlerins après les célébrations religieuses.

La société rappelle toutefois qu’aucune réservation ne sera possible pour ce service spécial. « La vente de tickets se fait uniquement sur place », a précisé Dakar Dem Dikk, invitant ainsi les voyageurs à se rendre tôt aux points de départ afin de garantir leur place.

Par cette initiative, Dakar Dem Dikk confirme son rôle d’acteur central dans l’accompagnement logistique des grands événements religieux, en apportant un soutien pratique et sécurisé aux fidèles qui se déplacent chaque année en masse vers Tivaouane.

Professeur Demba Diedhiou : une trajectoire au carrefour de la médecine, de la recherche et de l’engagement citoyen

Spécialiste en médecine interne, en médecine du travail, en endocrinologie et diabétologie, le professeur Demba Diedhiou incarne une figure majeure du monde médical et universitaire sénégalais. Le 14 avril 2025, il a été nommé directeur du Centre Hospitalier Abass Ndao, une institution qu’il connaît parfaitement puisqu’il y exerce depuis près de deux décennies.

Ancien interne des hôpitaux, le Pr Diedhiou a soutenu son doctorat en médecine en 2007, avant d’obtenir un diplôme d’études spécialisées en médecine interne en 2009. Soucieux de renforcer ses compétences, il s’est orienté vers l’endocrinologie et les maladies métaboliques avec un D.E.S en 2018, auquel il a ajouté un diplôme universitaire en santé publique et promotion de la santé dès 2011. Son parcours académique est couronné par un brillant succès au concours d’agrégation du CAMES en médecine moderne en 2020, où il sort major de sa promotion, avant d’être promu professeur titulaire des universités en 2024.

Depuis 2009, il a gravi tous les échelons au sein du Centre Hospitalier Abass Ndao, passant de Chef de clinique à Professeur titulaire, en occupant entre-temps les fonctions de Maître-Assistant, Maître de Conférences agrégé et responsable du Service de Médecine du Travail depuis 2018. Il s’est également distingué par son engagement institutionnel en tant que Vice-Président de la Commission Médicale d’Établissement.

Parallèlement, son implication dans la formation des générations futures de médecins s’est étendue à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar ainsi qu’à plusieurs universités régionales, notamment Saint-Louis, Bambey, Thiès et Ziguinchor. Ses enseignements couvrent des disciplines fondamentales telles que l’endocrinologie, la diabétologie, la sémiologie médicale et la médecine interne.

Chercheur prolifique, le Pr Diedhiou est l’auteur de plus de cinquante publications scientifiques, diffusées aussi bien dans des revues nationales qu’internationales. Ses travaux portent sur des thématiques diverses : diabète sucré, maladies de la thyroïde, ostéoporose, tuberculose extrapulmonaire, pathologies hypophysaires, mais aussi les impacts de la Covid-19. Il s’est imposé comme une référence dans la réflexion sur les pathologies chroniques en Afrique subsaharienne, en contribuant à l’élaboration de guides nationaux et de protocoles standardisés pour une meilleure prise en charge des malades.

Son expertise ne se limite pas au terrain académique. Durant la pandémie de Covid-19, il a joué un rôle déterminant dans l’organisation et l’optimisation des réponses hospitalières, confirmant sa capacité à allier rigueur scientifique et sens pratique.

Acteur incontournable de la coopération scientifique, le professeur Diedhiou est membre de plusieurs sociétés savantes, dont la Société Sénégalaise de Médecine Interne, la Société Francophone Africaine de Diabétologie et Endocrinologie, ou encore le Réseau Métabolisme Diabète et Nutrition, dont il est Vice-Président. Il en est aujourd’hui le président en exercice, renforçant ainsi son influence dans l’espace francophone africain.

Son engagement citoyen se manifeste aussi à travers son implication associative. Il milite activement au sein de l’Association Sénégalaise d’Aide aux Diabétiques, du Lions Club Dakar Flamboyant, et dans divers projets communautaires visant à améliorer la santé et le bien-être des populations.

En alliant compétence clinique, excellence académique et leadership institutionnel, le professeur Demba Diedhiou s’impose comme un acteur central du développement du système de santé sénégalais. Son parcours est le reflet d’un engagement constant au service de la médecine, de la recherche et de la société.

Le collectif des ex-détenus politiques recadre Pa Ousmane Seck et appelle à l’unité dans le combat pour la justice

Le Collectif des ex-détenus politiques et victimes des événements de 2021-2024 a tenu à clarifier sa position après l’incident survenu lors d’une conférence de presse ce vendredi, interrompue par Pa Ousmane Seck. Dans un communiqué exploité par Ledakarois, l’organisation a exprimé sa « désolidarisation catégorique » de ce comportement, qualifié d’inopportun et jugé contraire à l’esprit de responsabilité qui doit guider leur lutte.

Le Collectif rappelle que son engagement repose sur des principes clairs : la dignité, la justice et la vérité. Selon lui, les attitudes impulsives et les actions individuelles qui s’écartent de cette ligne risquent non seulement de ternir l’image du mouvement, mais aussi de détourner l’opinion publique de l’essentiel, à savoir la reconnaissance et la réparation des victimes de la répression.

L’incident, qualifié de « regrettable à plus d’un titre », ne reflète en rien les valeurs portées par le Collectif. Celui-ci insiste sur la nécessité de maintenir une discipline exemplaire, d’éviter toute division et de préserver la cohésion interne, indispensable pour mener à bien ce combat engagé depuis plusieurs années.

Dans son message, l’organisation exhorte ses membres et sympathisants à garder leur sang-froid, à privilégier la sérénité et à rester unis autour de stratégies concertées. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté cette attitude, et réaffirmons notre engagement à poursuivre ce combat avec intelligence et sens des responsabilités, jusqu’à ce que justice soit rendue », a précisé le communiqué.

Le Collectif met par ailleurs en garde contre toute tentative de manipulation ou d’instrumentalisation politique qui fragiliserait son action. Il souligne que la force du mouvement réside dans son unité et sa détermination à défendre les droits des victimes dans le respect des principes démocratiques.

En se démarquant de Pa Ousmane Seck, le Collectif réaffirme son ambition de rester concentré sur l’essentiel : obtenir justice, vérité et réparation pour toutes les victimes des répressions de 2021 à 2024.

Dakar : lancement de l’Observatoire national des médias pour renforcer l’intégrité de l’information

Le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, en partenariat avec la GIZ, l’agence allemande de coopération internationale pour le développement durable, a procédé ce jeudi 28 août 2025 à Dakar au lancement de l’Observatoire national des médias sur l’intégrité de l’information. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du Sénégal de renforcer la régulation et l’accompagnement du secteur médiatique, ainsi que la lutte contre la désinformation.

Mamadou Moustapha Diouf, représentant de la Direction de la communication du ministère, a expliqué que l’Observatoire a été mis en place à la veille du déplacement d’une délégation sénégalaise à Praia, au Cap-Vert, où elle participera à la conférence régionale de l’UNESCO sur l’intégrité de l’information en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Il a souligné que l’État du Sénégal, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, entend prendre une part active dans l’accompagnement et la régulation des médias, secteur qui nécessite selon lui un soutien accru.

Pour Mamadou Moustapha Diouf, la régulation ne se limite pas à un cadre juridique, elle inclut également l’accompagnement et le soutien aux médias, souvent confrontés à des difficultés financières et organisationnelles. Il a insisté sur l’importance du fact-checking, particulièrement dans un contexte où les manipulations de l’information se multiplient avec les outils technologiques et l’intelligence artificielle. Selon lui, l’émergence de vidéos ou de contenus trompeurs qui attribuent de fausses déclarations à des personnalités publiques rend impérative la mise en place de dispositifs de contrôle de l’information pour protéger le public.

Le représentant du ministère a également détaillé les modalités d’accompagnement des médias. L’aide, structurée par le Fonds d’appui au développement de la presse (FADP), vise à soutenir des projets médiatiques structurants avec un suivi-évaluation rigoureux, et à éviter les subventions arbitraires ou détournées. Il a également présenté l’incubateur pour jeunes journalistes, conçu pour offrir un environnement sécurisé et propice au développement professionnel, afin que les journalistes puissent exercer leur métier dans de bonnes conditions.

Du côté de la GIZ, Katharina Lobeck, directrice du projet « Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest », a précisé que la conférence de Praia, prévue du 3 au 5 septembre, portera sur quatre axes principaux et donnera lieu à l’adoption de trois documents politiques. Ces axes incluent l’accès à l’information, la gouvernance des plateformes, l’éducation aux médias et la synergie entre différentes structures régionales et internationales œuvrant pour la fiabilité de l’information.

Le lancement de cet Observatoire national des médias constitue donc un pas important vers une information plus transparente et fiable au Sénégal, tout en préparant le pays à s’inscrire activement dans les échanges régionaux sur l’intégrité de l’information et la lutte contre la désinformation.

Macky Sall à Paris : l’APR dément toute rencontre avec Bassirou Diomaye Faye

Alors que plusieurs médias ont évoqué une possible rencontre entre l’ancien président sénégalais Macky Sall et le président Bassirou Diomaye Faye à Paris, l’Alliance pour la République (APR) a tenu à apporter un démenti catégorique. Dans un communiqué publié le 28 août et relayé par la rédaction de Dakaractu, le parti au pouvoir précise que ces informations sont entièrement infondées.

Selon l’APR, Macky Sall se trouve à Paris dans le cadre d’un agenda international fixé « depuis le début de l’année », et n’a eu aucun contact officiel ou informel avec le chef de l’État sénégalais en exercice. Le communiqué souligne que les rumeurs de rencontre sont « des manipulations grotesques » et des « allégations mensongères » dont le but apparent est de semer la confusion et de tromper l’opinion publique.

L’APR insiste sur le fait que la communication autour des déplacements internationaux de Macky Sall suit des protocoles stricts, avec des agendas officiels et préalablement connus, et qu’aucun événement diplomatique ou politique n’a été organisé avec Bassirou Diomaye Faye à Paris. Le parti rappelle ainsi sa vigilance face à la circulation de fausses informations, soulignant les risques que ces rumeurs représentent pour l’image de l’ancien président et pour la stabilité du débat public.

Cette mise au point intervient dans un contexte où la scène politique sénégalaise est particulièrement sensible aux spéculations médiatiques, et où la moindre interprétation d’un déplacement officiel peut donner lieu à des interprétations politiques. L’APR appelle donc les médias et le public à la prudence et à la vérification des faits avant toute diffusion d’informations concernant des personnalités politiques de premier plan.

Assistance aux victimes de la période pré-électorale : conditions de recevabilité allégées pour accélérer les paiements

Le ministère de la Famille et des Solidarités a annoncé, dans un communiqué daté du 24 août 2025, la mise en place de nouvelles mesures pour accélérer l’assistance aux victimes de la période pré-électorale. L’objectif affiché est de clôturer le dossier d’ici fin septembre 2025, avec un appel pressant aux bénéficiaires qui n’ont pas encore déposé leurs dossiers à le faire avant le 30 août.

Le processus de paiement, déjà entamé, sera intensifié dans les prochains jours grâce à la levée des principales difficultés rencontrées, notamment la fourniture tardive des pièces administratives par les familles. Sur la base des recommandations du comité interministériel en charge du suivi, le ministre de la Famille, Maimouna Dièye, a décidé d’assouplir les conditions de recevabilité des dossiers, particulièrement pour les familles des victimes décédées.

Ces dernières bénéficient désormais d’une procédure simplifiée leur permettant de percevoir immédiatement une allocation de 10 millions de francs CFA, sous réserve de compléter leur dossier dès l’obtention du jugement d’hérédité, pièce essentielle sur le plan comptable. Pour ce premier versement, les familles devront fournir un récépissé de dépôt de demande de jugement d’hérédité, une copie de pièce nationale d’identité, le certificat de décès, le certificat de genre de mort, un procès-verbal signé par les ayants droit ainsi qu’une procuration désignant trois personnes responsables de la réception de l’allocation.

Lors d’une audience tenue le 21 août avec les représentants du collectif des familles des victimes décédées, Maimouna Dièye a présenté ces nouvelles orientations. Elle a souligné que cette démarche traduit la volonté ferme du gouvernement de respecter ses engagements et de traiter les familles « avec dignité et respect ». Elle a également annoncé la mise en place d’un dispositif d’accompagnement psychologique afin d’apporter un soutien adapté aux victimes et à leurs proches.

Le communiqué du ministère rappelle que, jusqu’ici, 1 931 ex-détenus ont bénéficié chacun d’une allocation de 500 000 francs CFA, pour un montant global de 1 125 850 000 francs CFA. Par ailleurs, 127 blessés ont bénéficié d’une prise en charge médicale et six familles de victimes ont déjà reçu 10 millions de francs CFA chacune.

Santé fragile de Farba Ngom : le Forum du justiciable alerte et demande une liberté provisoire sous bracelet électronique

Le Forum du Justiciable a lancé ce jeudi 28 août 2025 un appel pressant aux autorités judiciaires concernant la situation du député-maire des Agnams, Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom. L’organisation citoyenne se dit « très préoccupée » par l’état de santé de l’édile, actuellement placé en détention, et alerte sur les risques graves auxquels il est exposé.

Dans un communiqué rendu public, le Forum rappelle que la contre-expertise médicale ordonnée par le Pôle judiciaire financier a confirmé les conclusions du premier rapport. Les spécialistes estiment que la condition physique de Farba Ngom est « incompatible avec la vie carcérale ». Son état présenterait un danger vital immédiat, avec un risque de « mort subite nocturne » si aucune mesure appropriée n’est prise.

S’appuyant sur ces éléments, le Forum du Justiciable plaide pour la mise en liberté provisoire du parlementaire, sous contrôle judiciaire, avec un bracelet électronique afin de concilier la poursuite de la procédure et la préservation de sa vie. « La vie humaine est sacrée », rappelle le Bureau exécutif de l’organisation, qui insiste sur le caractère humanitaire et non partisan de sa démarche.

Pour le Forum, il est impératif que la justice agisse rapidement afin d’éviter que l’« irréparable » ne survienne. L’organisation citoyenne en appelle à la responsabilité des autorités judiciaires et politiques, soulignant qu’il ne s’agit pas d’un privilège mais d’une nécessité dictée par des considérations médicales et humanitaires.

Ce nouvel épisode relance le débat autour de la prise en charge des détenus souffrant de pathologies graves et pose la question de l’adaptation des mesures judiciaires aux réalités médicales. Pour Farba Ngom, la balle est désormais dans le camp de la justice, sommée d’arbitrer entre rigueur procédurale et impératif de préservation de la vie.

Naufrage d’une pirogue en Mauritanie : des dizaines de migrants portés disparus, des Sénégalais parmi les victimes

Un nouveau drame migratoire a secoué la sous-région. Dans la journée du mercredi 27 août, une pirogue transportant près d’une centaine de migrants a chaviré au large de Tanit, en Mauritanie, alors qu’elle faisait route vers les îles Canaries. La scène, filmée et relayée massivement sur les réseaux sociaux, témoigne de la violence du naufrage et de la panique à bord. Seuls 17 passagers ont pu être secourus par les gardes-côtes mauritaniens, selon les premières informations disponibles.

Dans les heures qui ont suivi, la mer a rejeté de nombreux corps sur les plages voisines. Les premières identifications ont été faites par des Sénégalais établis en Mauritanie, qui ont reconnu certains des disparus grâce aux images diffusées. Parmi les victimes figure Mame Bara Ndiaye, un jeune originaire de Touba, dans la localité de Guédé Bousso. Sa carte d’identité et ses coordonnées familiales ont été retrouvées sur lui, confirmant tragiquement son décès.

Les autorités mauritaniennes ont mobilisé des équipes pour repêcher les corps et poursuivre les recherches dans la zone du naufrage. Les opérations visent à retrouver d’éventuels survivants, même si les chances s’amenuisent avec le temps. Pour l’heure, aucune estimation précise du nombre de disparus n’a été communiquée, mais tout laisse à penser que plusieurs dizaines de migrants ont perdu la vie.

Ce naufrage vient rappeler une fois de plus les dangers de l’émigration clandestine par voie maritime. Chaque année, des milliers de jeunes Africains risquent tout pour tenter de rejoindre l’Europe par l’Atlantique, une route particulièrement périlleuse. Les drames de ce genre se répètent sur les côtes de Mauritanie, du Sénégal et de la Gambie, endeuillant régulièrement des familles entières.

Alors que les témoignages affluent et que les familles des victimes s’organisent pour obtenir des informations, ce nouvel accident met en lumière l’ampleur de la tragédie migratoire en Afrique de l’Ouest. Derrière les chiffres et les bilans provisoires, ce sont des destins brisés et des espoirs noyés dans l’océan qui interpellent à nouveau l’opinion publique.

Élection du maire de Dakar : Taxawu Sénégal dénonce une « trahison » de Barthélémy Dias et maintient son ancrage dans l’opposition

La succession à la mairie de Dakar continue d’agiter le champ politique. Ce jeudi, la plateforme Taxawu Sénégal a tenu un point de presse dans son siège pour livrer sa lecture de l’élection municipale qui a vu l’installation d’Abass Fall à la tête de la capitale. Face aux journalistes, les proches de Khalifa Sall ont dénoncé ce qu’ils qualifient de manipulations et de contre-vérités, regrettant « une trahison » de Barthélémy Dias, et réaffirmant leur appartenance claire et assumée à l’opposition.

Dès l’entame, Seydina Issa Laye Samb, porte-parole du mouvement, a rappelé que l’affaire remonte au 11 décembre 2024, lorsque l’autorité administrative avait déclaré de manière unilatérale la démission de Barthélémy Dias. Une décision qualifiée d’arbitraire que Taxawu Sénégal avait aussitôt contestée, en engageant à la fois une bataille politique et judiciaire pour rétablir ce qu’ils considèrent comme la légitimité du maire de Dakar. Depuis cette date, la plateforme dit avoir multiplié les initiatives afin d’obtenir un règlement juste de ce litige.

Selon Taxawu, tout a basculé le 16 août 2025, lorsque le préfet a enjoint le maire intérimaire de convoquer le Conseil municipal avec à l’ordre du jour l’élection d’un nouveau maire, décision qu’il disait tenir du ministre des Collectivités locales. Pour le mouvement, il n’était pas question de laisser la mairie filer alors même que la Cour suprême doit rendre un arrêt sur la situation de Barthélémy Dias le 18 septembre prochain.

Le Bureau municipal, réuni dans la foulée, a fixé l’élection au 25 août 2025 tout en saisissant la Cour suprême d’une requête en sursis à exécution. En parallèle, Taxawu a mené des consultations internes et externes pour aboutir à une candidature unique, en accord avec les partenaires de l’opposition. De ce processus, décrit comme démocratique et inclusif, est ressorti le choix de Ngoné Mbengue comme porte-drapeau du mouvement.

Dans ses explications, Taxawu Sénégal a tenu à souligner que Barthélémy Dias avait lui-même, dès le départ, affiché sa préférence pour Ngoné Mbengue. Une position justifiée par son soutien de 2022 lors de son élection à la mairie de Dakar, mais aussi par la jurisprudence Soham El Wardini qui faisait de la candidature féminine un choix symbolique et politique.

Le revirement du maire de Dakar a donc créé la stupeur au sein de la plateforme. En effet, au moment où l’élection approchait, Barthélémy Dias a décidé de soutenir son adjoint Pathé Bâ, avant de finir par appeler au boycott du scrutin à la veille du vote. Taxawu s’interroge sur les raisons profondes d’un tel basculement et souligne l’absence de toute base juridique ou arithmétique crédible pour justifier ce boycott.

Selon les partisans de Khalifa Sall, les arguments avancés par Sénégal Biñu Bokk en faveur du boycott, notamment le report de la séance en attendant la décision de la Cour suprême, étaient juridiquement fragiles. La saisine du juge n’étant pas suspensive, rien ne garantissait la légalité d’un report. Taxawu a donc estimé qu’il ne pouvait cautionner une telle option.

Le déroulement du vote a d’ailleurs montré les limites de cette stratégie. Malgré l’appel au boycott, le Conseil municipal a enregistré une mobilisation record avec 88 votants, dont cinq procurations. Les 49 voix du Pastef et les 9 du PUR suffisaient à dépasser largement le quorum fixé à 51. Pour Taxawu, cet épisode révèle une leçon politique majeure : la cohérence des choix et le respect de la parole donnée doivent primer sur les calculs de circonstance.

Taxawu Sénégal dit avoir ressenti une véritable trahison dans l’attitude de Barthélémy Dias, accusé d’avoir manqué à la loyauté envers ses alliés et envers le combat collectif. Plus largement, le mouvement déplore la tendance de certains acteurs de l’opposition à se détourner de leur engagement pour se rapprocher du pouvoir, lequel, selon eux, continue de s’enfermer dans « des pratiques corruptrices ».

En conséquence, le mouvement estime que l’implosion de l’opposition au sein du Conseil municipal a offert une opportunité au Pastef de tirer profit de ces divisions. « C’est tout le socle de confiance qui se trouve ébranlé », a regretté Seydina Issa Laye Samb.

Malgré cette crise interne et les accusations croisées, la plateforme a tenu à réaffirmer son identité : Taxawu Sénégal se revendique comme force d’opposition et entend le rester. Elle invite les acteurs politiques à privilégier les débats d’idées et les explications claires aux yeux des Sénégalais, plutôt que les coups d’éclat et les divisions. « Si la politique est une guerre, c’est bien une guerre des idées dans la vérité », a conclu son porte-parole.

Quelle pertinence de maintenir des hommes d’affaires en prison

En dépit de plusieurs demandes de liberté provisoire de Tahirou Sarr, en l’occurrence, et celles d’annulation de la procédure ainsi que de mainlevée du mandat de dépôt introduites par les avocats de Khadim Ba refusée par le juge financier malgré un rapport d’expertise qui lui est favorable, leur arrestation et détention prolongée comme celles d’autres hommes d’affaires sénégalais sous la troisième alternance survenue le 24 mars 2024 à la faveur de la présidentielle la même année posent sur la table la pertinence ou non d’une question touchant à la fois au droit, à l’économie, à la morale et à la politique.

Il est évident que la pertinence de garder des dirigeants d’entreprise en prison indique pour le pouvoir en place sa détermination à préserver l’égalité devant la loi. La prison rappelant justement aux justiciables, quels que soient leur rang et grade, que la justice est la même pour tous, riches ou pauvres, et que la libération d’un homme d’affaires « trop facilement », ou perçu comme tel, envoie un signal défavorable aux électeurs et populations du fait qu’ils peuvent croire qu’avec de l’argent « on peut tout acheter ».

On comprend dès lors pourquoi le dirigeant d’entreprise « doit répondre » de ses supposés crimes : fraude, corruption, abus de biens sociaux, délits financiers, etc. Encore faudrait-il préciser qu’il appartient au procès d’en juger définitivement par une condamnation ou non, sans compter les recours.

Voilà pourquoi, la sanction et la dissuasion restent une constante déterminante pour le pouvoir, l’incarcération du ou des hommes d’affaires servant en effet d’exemple pour dissuader d’autres élites économiques de transgresser la loi.

Les prochaines semaines nous en diront davantage sur les nouvelles affaires dont parlent déjà les médias du reste moribonds.

La crédibilité de l’État et de la justice épiée, d’une part, par les partisans du pouvoir et les populations, et d’autre part, la corruption jugée par le pouvoir actuel « très forte » sous le précédent régime ne peuvent que déboucher sur le « combat contre fraude et corruption » avec pour mot d’ordre le maintien des patrons d’entreprises incriminés et en prison. Le renforcement de la confiance des électeurs et populations, par conséquent du peuple envers l’État étant à ce prix, pourrait-on défendre.

S’y ajoute un autre aspect que l’État peut brandir : la préservation de l’ordre public. Les déclarations de certains cadres du parti au pouvoir, Pastef, laissant croire que la capacité de manipulation de la justice, la politique ou l’opinion est réelle du fait du « pouvoir d’influence énorme » des opérateurs économiques emprisonnés. Pour ces cadres politiques, il convient qu’ils restent incarcérés.

Cela dit, la pertinence à les garder en prison est à relativiser, ledit homme d’affaires n’étant pas un danger physique pour la société comme l’est un criminel violent. Dès lors, il convient d’apprécier le coût et l’inutilité sociale de l’incarcération ce d’autant que la détention coûte cher au contribuable.

Ces mêmes acteurs importants de l’économie, connus pour leur implication sociale ne peuvent-ils pas contribuer davantage à l’effort commun de redressement, ne serait-ce que par les amendes, la confiscation d’avoirs, les travaux d’intérêt public, etc. et mieux encore leurs apports personnels et déterminants au dit processus de plan de relance ?

L’impact économique étant à prendre en compte, ces décideurs économiques en détention sont justement à la tête d’entreprises, d’emplois et d’investissements. Leur maintien longtemps en prison ne peut que fragiliser des salariés, voire l’économie nationale.

Cela semble plus bénéfique à la société que leur incarcération qui ne fait pas du reste forcément d’eux des coupables. Encore une fois, seul le procès peut en décider. Mais, ne dit-on pas « qu’un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès » ?.

S’il semble pertinent aux yeux de certains que le maintien de ces hommes d’affaires en prison traduise l’objectif de défendre l’égalité devant la loi, de sanctionner la faute et de montrer que la justice est impartiale, il n’est pas dit que la preuve est faite et que cet objectif protège l’économie, préserve les emplois et obtienne réparation financière pour la société.

C’est pourquoi, la peine de substitution économique semble plus pertinente que la prison surtout si l’on sait que la route vers le procès est longue et qu’il n’est pas dit que l’accusateur l’emporte à l’arrivée. Des exemples nous confortent.

Mikhael Khodorkovski, ex-magnat du pétrole russe, emprisonné de 2003 à 2013 a fait face à la primauté de l’État de droit en Russie qui l’accusait de fraude et d’évasion fiscale, montrant ainsi que même les plus riches n’étaient pas au-dessus des lois. Mais son emprisonnement a été non seulement perçu comme politique, mais encore occasionné la destruction de son empire qui a nui à des milliers d’employés.

Les raisons de le maintenir en prison n’ont pas eu l’effet escompté, au contraire.

Cela est valable pour Bernard Tapie en France, dans l’affaire de corruption Adidas. L’accusation soutenait que les délits financiers sont sanctionnés comme les délits de droit commun, renvoyant ainsi une symbolique forte contre les abus de pouvoir économique, mais Tapie a payé de lourdes amendes et l’impact économique de son incarcération n’était pas forcément proportionné au préjudice.

Il en est de même pour Carlos Ghosn, ex-PDG de Renault-Nissan arrêté au Japon en 2018. La raison de le maintenir en prison prouvait que les crimes financiers, notamment la dissimulation de revenus et abus de biens sociaux sont réprimés, même pour des dirigeants mondiaux, sauf que son incarcération a déstabilisé Nissan et Renault, deux géants industriels.

Une sanction financière massive aurait pu préserver l’entreprise,

On peut citer encore Patrick Balkany en France arrêté pour fraude fiscale, corruption. Là aussi, on a voulu montrer que les plus riches ne sont pas intouchables et que la prison est le symbole fort contre la corruption politique. Par contre sa détention a coûté cher à l’État alors que Balkany aurait pu contribuer via un remboursement intégral, les amendes ou interdiction d’exercer.

Il en est de même pour Muammar Khadafi fils et de plusieurs autres oligarques africains dont l’emprisonnement et/ou le gel de leurs avoirs ont montré une volonté politique de lutter contre la corruption endémique, il aurait été encore plus pertinent de trouver un accord de restitution d’avoirs volés à l’Etat promu. C’est toujours plus bénéfique que la détention prolongée.

Il n’est pas toujours plus pertinent de prioriser le maintien en prison, les arguments pour des alternatives à la prison semblant plus pragmatiques et porteuses à notre sens.

Encore faut-il préciser que concernant Khadim Ba, le rapport d’expertise demandé par le pool des juges financiers lui est favorable en dépit des charges douanières. Et que par ailleurs, un ancien douanier s’est montré virulent sur une chaîne de télévision (TFM) contre ses anciens collègues sur ladite affaire, Une sortie restée à ce jour sans réponse.

Ajoutons qu’après l’audition au fond de leur client, les avocats de Khadim Ba ont introduit le 16 juin dernier une demande d’annulation, arguant des vices de procédure dans le déroulement de l’enquête douanière ayant conduit à son arrestation, mettant en avant les conclusions d’un rapport d’expertise commandité par le juge lui-même.

Concernant Tahirou Sarr, dont il se dit qu’il a « mis la main à la pâte pour soutenir des politiques publiques », il est connu de la haute sphère financière ses relations avec de grands cabinets internationaux ayant pignon sur rue dans les grandes places financières.

Charles FAYE

Santé de Farba Ngom : une contre-expertise alerte sur un risque de « mort subite nocturne »

La situation sanitaire de Mouhamadou Ngom, dit Farba, attire désormais l’attention au plus haut niveau. Une contre-expertise médico-légale, réalisée par trois praticiens de renom — Dr Ousmane Dièye, Pr Papa Saliou Mbaye et Pr Serigne Maguèye Gueye — met en lumière un tableau clinique préoccupant, jugé incompatible avec une incarcération.

Selon le rapport remis au Pôle judiciaire et financier du tribunal de grande instance hors classe de Dakar, l’élu souffre d’un syndrome d’apnée obstructive sévère du sommeil, jusqu’ici non diagnostiqué. Cette affection, combinée à une cardiopathie naissante, au diabète, à l’obésité et à des antécédents cardiovasculaires, place Farba Ngom dans une zone de risque critique.

Les experts décrivent un patient sujet à des palpitations, malaises, essoufflement, fatigue chronique et somnolence diurne. L’échoDoppler cardiaque a confirmé une dilatation modérée de l’oreillette gauche et de l’aorte thoracique ascendante, aggravant la gravité du cas.

La polygraphie ventilatoire du 31 juillet a confirmé l’apnée obstructive sévère du sommeil, nécessitant une assistance respiratoire par ventilation à pression positive continue. La spirométrie du 2 août, quant à elle, a révélé un trouble ventilatoire obstructif léger, compatible avec une broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) débutante. Les antécédents tabagiques et l’excès pondéral du patient renforcent cette hypothèse.

Même si les analyses biologiques ne révèlent pas d’aggravation majeure par rapport aux bilans précédents, la combinaison de ces pathologies, notent les experts, expose Farba Ngom à des complications graves et évolutives, « dont une mort subite nocturne ».

Détenu depuis le 27 février dernier, Farba Ngom se trouve ainsi dans une situation jugée médicalement intenable. Ses avocats devraient, selon L’Observateur, introduire une nouvelle demande de liberté provisoire en s’appuyant sur ce rapport alarmant.

Cas de Mpox au Sénégal : le Pr Moussa Seydi se veut rassurant

Le premier cas de Mpox confirmé au Sénégal est en bonne voie de guérison. C’est l’assurance donnée par le Pr Moussa Seydi, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de Fann, qui a tenu à informer l’opinion sur l’évolution de l’état du patient et sur les mesures de prévention mises en place par les autorités sanitaires.

Selon le Pr Seydi, le malade, hospitalisé pour une forme sévère avec plus de 100 lésions cutanées et une surinfection, répond favorablement au traitement. « Sa guérison sera complète dans quelques jours, sauf complications de dernière minute. Il n’a plus de fièvre et la cicatrisation de ses lésions est en cours », a-t-il indiqué. Le génotype Ib, identifié chez le patient et connu pour sa gravité, n’inquiète pas outre mesure le professeur : « Avec une bonne prise en charge, la létalité est inférieure à 1 % ».

Le patient a été isolé dans une chambre à pression négative, utilisée pour les pathologies hautement contagieuses. Le traitement repose sur des antidouleurs, des antiprurigineux et des antibiotiques pour la surinfection, ainsi qu’un accompagnement nutritionnel et dermatologique. Sur le plan psychologique, une assistante sociale spécialisée a déjà entamé un suivi, et un recours aux psychiatres reste envisagé si nécessaire, l’isolement étant parfois difficile à supporter pour les patients.

Le nombre de cas contacts identifiés est passé de 25 à 29 après une enquête approfondie. Aucun ne présente pour l’instant de symptômes. Le Pr Seydi rappelle qu’un contact n’est pas nécessairement malade, mais doit rester vigilant et s’isoler à domicile en cas de symptômes.

Le ministère de la Santé a activé son plan de riposte : isolement des cas, limitation des contacts étroits sans protection, hygiène stricte, aération des espaces clos, et vaccination des personnes à risque si nécessaire. Le Sénégal s’était déjà préparé depuis plus d’un an à faire face à cette maladie, en formant son personnel et en simulant des situations d’épidémie. « La situation est sous contrôle. Les leçons tirées du COVID-19 et des autres épidémies nous servent toujours », a insisté le Pr Seydi.

Des contrôles sont renforcés dans les aéroports et ports du pays, mais, comme l’a rappelé le professeur, « une vigilance constante reste nécessaire ».

En conclusion, le spécialiste a tenu à rassurer : le Sénégal dispose d’infrastructures et d’équipes qualifiées pour contenir cette maladie, et toutes les dispositions sont prises pour éviter sa propagation.

Tribunal de Dakar : Fallou Fall acquitté après cinq ans de détention

Fin d’un long calvaire judiciaire pour Fallou Fall. Condamné en première instance à 15 ans de réclusion criminelle pour viol sur sa demi-sœur, le jeune homme vient d’être acquitté ce mercredi par la Cour d’appel de Dakar, après avoir passé cinq années derrière les barreaux.

Lors de l’audience du 30 juillet dernier, l’avocat général avait déjà ouvert la voie à cette issue en demandant l’infirmation du verdict initial. Une position qui rejoignait la plaidoirie de la défense, et qui a finalement conduit à un acquittement pur et simple.

L’affaire trouve son origine dans une plainte portée par la marâtre du jeune homme, à l’origine de l’accusation. La décision de la Cour d’appel met aujourd’hui un terme à ce dossier, redonnant la liberté à Fallou Fall, qui recouvre ses droits après plusieurs années d’incarcération.

Coopération, sécurité et mémoire : Diomaye Faye et Macron dessinent de nouveaux horizons 

En marge de sa participation à la Rencontre des Entrepreneurs de France, le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a été reçu ce mardi matin à l’Élysée par son homologue français, Emmanuel Macron, pour un petit-déjeuner de travail.

La rencontre, marquée par une atmosphère cordiale, a permis aux deux Chefs d’État de passer en revue l’état des relations bilatérales et d’examiner les perspectives de leur partenariat rénové. Les échanges ont particulièrement porté sur les axes prioritaires de coopération, parmi lesquels l’investissement, le commerce, la défense et la sécurité. Ces thématiques seront approfondies lors du prochain séminaire intergouvernemental prévu en septembre.

Au-delà des questions économiques et sécuritaires, le volet mémoriel a également occupé une place centrale dans les discussions. Le Président Bassirou Diomaye Faye a salué l’engagement de son homologue français concernant la reconnaissance des pages sombres de l’histoire coloniale, en particulier le massacre des tirailleurs sénégalais à Thiaroye en 1944. Dans cette dynamique, il a officiellement invité Emmanuel Macron à prendre part à la deuxième édition de la commémoration de cet événement, prévue le 1er décembre 2025 à Dakar.

Cette rencontre s’inscrit dans la volonté des deux dirigeants de donner un nouveau souffle à la coopération franco-sénégalaise, en l’adaptant aux enjeux contemporains et en l’ancrant dans une relation de confiance, de respect mutuel et de mémoire partagée.

Cybersécurité : Mamadou Sy Tounkara rentre chez lui après son audition

Le chroniqueur politique Mamadou Sy Tounkara a finalement regagné son domicile après avoir été entendu ce mardi par la Division spéciale de la cybersécurité (DSC). L’information a été confirmée par son avocat, Me El Hadji Diouf, qui s’est félicité de la libération de son client à l’issue de plusieurs heures d’audition.

Selon Me Diouf, cette convocation s’inscrivait dans le cadre d’une enquête ouverte sur la diffusion présumée d’une fausse nouvelle concernant la proposition de loi criminalisant l’homosexualité. Le chroniqueur, connu pour ses prises de position tranchées et ses analyses souvent polémiques sur la vie politique nationale, avait récemment commenté ce sujet sensible dans une publication qui a suscité de vifs débats sur les réseaux sociaux.

L’affaire intervient dans un contexte où la régulation de l’espace numérique reste au cœur des préoccupations des autorités sénégalaises. La Division spéciale de la cybersécurité, placée sous l’autorité de la Police nationale, est régulièrement saisie pour enquêter sur des affaires de cybercriminalité, allant des arnaques en ligne aux publications jugées attentatoires à l’ordre public. Le dossier concernant Tounkara relance ainsi le débat sur la frontière entre liberté d’expression, responsabilité des chroniqueurs publics et lutte contre la désinformation.

Pour l’heure, aucune suite judiciaire n’a été annoncée. Mais selon son avocat, Mamadou Sy Tounkara « reste disponible pour répondre à toute convocation des enquêteurs » et entend continuer son travail d’analyste politique. De leur côté, ses soutiens dénoncent une tentative d’intimidation et rappellent que la liberté d’expression est protégée par la Constitution.

Matam : le fleuve Sénégal franchit le seuil d’alerte

Le fleuve Sénégal connaît une montée préoccupante de ses eaux. Ce mardi matin, la station hydrologique de Matam, dans le nord du pays, a enregistré un niveau de 8,1 mètres, dépassant ainsi la côte d’alerte fixée à 8 mètres. Ce franchissement marque une étape critique dans l’évolution de la crue et fait craindre des débordements plus importants dans les jours à venir.

Les premières conséquences se font déjà sentir. Dans la zone du Dandé Mayo, plusieurs habitations situées le long du fleuve sont directement menacées par les eaux. Les populations riveraines, en particulier les producteurs agricoles dont les champs jouxtent le cours d’eau, se retrouvent en situation de grande vulnérabilité. Les risques de pertes matérielles et de déplacements forcés sont réels si la tendance haussière se poursuit.

Face à la gravité de la situation, les autorités locales appellent à la vigilance. Moussa Mbodji, cadre de la direction régionale de Matam, a rappelé que les services compétents avaient déjà anticipé une telle évolution. « De toute façon, je pense qu’on a été averti à temps et que là, on avait vraiment des craintes. Ce qu’on va faire, c’est une bonne sensibilisation en tout cas des producteurs et de prendre les dispositions nécessaires », a-t-il expliqué, insistant sur l’importance de la prévention et de l’accompagnement des populations.

Le gouvernement suit de près l’évolution de la crue. Le ministre de l’Intérieur, le Général Jean Baptiste Tine, est attendu ce mardi à Matam pour évaluer de visu la situation et coordonner les réponses urgentes. Sa visite devrait permettre de renforcer la coordination entre services techniques, autorités locales et comités de lutte contre les inondations.

Alors que la saison des pluies se poursuit et que de nouveaux épisodes pluvieux sont attendus, les habitants de la vallée du fleuve Sénégal redoutent une aggravation des inondations. L’attention reste focalisée sur Matam et ses environs, où chaque nouvelle variation du niveau d’eau peut avoir des conséquences immédiates sur les populations riveraines.

Justice : Ousmane Diagne annonce la création prochaine d’un Centre national du casier judiciaire

Le Sénégal s’engage résolument dans une nouvelle ère de modernisation de son système judiciaire. Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Ousmane Diagne, a annoncé ce mardi la mise en place prochaine d’un Centre national du casier judiciaire, une structure centrale qui aura pour mission de dématérialiser et de centraliser toutes les demandes de casiers judiciaires, quel que soit le lieu de naissance des requérants.

Jusqu’ici, l’obtention d’un extrait de casier judiciaire relevait souvent d’un véritable parcours du combattant pour les citoyens nés loin de leur localité actuelle. Avec ce nouveau centre, l’objectif est clair : mettre fin aux lourdeurs administratives et aux déplacements contraignants. « La dématérialisation permettra à terme de délivrer ce document en un clic, au bénéfice du citoyen », a assuré le ministre, insistant sur le caractère inclusif et simplificateur de la réforme.

Cette innovation s’inscrit dans un projet de loi actuellement examiné à l’Assemblée nationale. Elle a été évoquée par Ousmane Diagne lors du vote, à l’unanimité, de la loi sur l’accès à l’information publique. Ce texte, considéré comme un jalon important dans la construction d’une gouvernance plus transparente, fait partie d’un paquet législatif comprenant quatre projets de loi. Parmi eux figurent la réforme de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC) et le renforcement de l’obligation de déclaration de patrimoine pour les responsables publics.

Lors des débats parlementaires, plusieurs députés ont rappelé les difficultés persistantes auxquelles font face de nombreux citoyens, notamment dans les zones éloignées ou rurales, lorsqu’il s’agit d’obtenir leur casier judiciaire. La création de ce centre vient répondre directement à cette préoccupation récurrente, en offrant une solution digitale et uniformisée.

Au-delà du casier judiciaire, Ousmane Diagne a également révélé l’ambition du ministère de la Justice de mettre en place une bibliothèque numérique destinée à rassembler et à rendre accessible à tous les textes de loi ainsi que les décisions de justice. Une telle base documentaire contribuerait à démocratiser l’accès à l’information juridique et à renforcer l’État de droit.

Avec ces réformes, le gouvernement entend donner un signal fort en matière de transparence, de bonne gouvernance et de modernisation des services publics. Si elles aboutissent, les innovations annoncées devraient transformer durablement la relation entre l’administration judiciaire et les citoyens, en réduisant les lenteurs, en favorisant l’équité territoriale et en consolidant la confiance dans l’institution judiciaire.

Crue du fleuve Sénégal : vigilance orange à Matam et Toufoundé Civé

Les eaux du fleuve Sénégal continuent de monter et inquiètent les autorités. Ce mardi 26 août 2025, la vigilance orange a été déclenchée dans les zones de Matam et Toufoundé Civé, où les cotes hydrométriques franchissent désormais les seuils critiques. À Matam, la hauteur d’eau a atteint 8,01 mètres, dépassant le seuil d’alerte fixé à 8 mètres, avec une tendance toujours orientée à la hausse. La situation reste donc particulièrement préoccupante dans cette partie de la vallée.

À Bakel, les instruments de mesure indiquent une cote de 9,94 mètres, soit à seulement quelques centimètres du seuil critique de 10 mètres. La tendance est cette fois à la baisse, ce qui constitue un signe encourageant, mais qui n’écarte pas totalement le risque de débordement en cas de nouveaux épisodes pluvieux. Plus en amont, à Kayes, le niveau reste contenu à 6,04 mètres, bien en deçà du seuil d’alerte fixé à 8 mètres. Les autorités rappellent cependant que les précipitations annoncées dans les prochains jours pourraient changer rapidement la donne.

Face à cette situation, l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) maintient son plan d’alerte actif. Celui-ci repose sur une cartographie précise des zones inondables, des seuils fixés pour chaque localité et un système d’alerte impliquant les autorités administratives, les comités locaux de lutte et les médias. L’objectif est d’assurer une diffusion rapide et efficace de l’information, afin que les populations puissent prendre les dispositions nécessaires avant toute crue brutale.

En amont du fleuve, le barrage de Manantali joue un rôle déterminant. En stockant une partie de l’eau et en écrêtant la crue du Bafing, il permet de limiter l’impact de la montée des eaux dans la vallée et le delta. « Nous appelons les populations de la vallée et du delta à rester vigilantes et à prendre toutes les dispositions nécessaires », ont insisté les autorités, soulignant que la prudence reste de mise malgré les mesures de régulation en place.

Pour l’instant, les zones de Bakel et Gouraye demeurent sous vigilance jaune. Mais l’évolution des précipitations et des débits en amont pourrait modifier la situation dans les jours à venir. Dans ce contexte incertain, les riverains sont invités à suivre de près les consignes de sécurité, tandis que les comités de veille locaux se préparent à intervenir en cas de montée soudaine des eaux.

Sénégal : plus de 15 000 détenus recensés, dont 547 en longue détention

Le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a livré des chiffres préoccupants sur la situation carcérale au Sénégal. Devant les députés, ce mardi, lors de la plénière consacrée au projet de loi sur le statut et la protection des lanceurs d’alerte, le Garde des Sceaux a indiqué que le pays comptait 15 267 détenus au 18 août 2025.

Interpellé par le député Saliou Dione sur la question des longues détentions provisoires, le ministre a reconnu l’ampleur du problème. Selon les données communiquées, 547 détenus sont incarcérés depuis trois ans ou plus en attente de jugement. Cela représente 3,58 % de la population carcérale totale, un chiffre qui met en lumière la lenteur et les dysfonctionnements de la machine judiciaire. Ousmane Diagne a précisé que la durée moyenne de détention au Sénégal s’élève actuellement à une année, un délai qui dépasse largement les standards internationaux.

Face à cette situation, le ministre a souligné les efforts engagés pour inverser la tendance. Il a notamment évoqué l’introduction de la limite de six mois pour les détentions en matière correctionnelle, une réforme destinée à limiter l’accumulation des dossiers en suspens et à éviter des privations de liberté indûment prolongées. « On est en train de trouver les moyens d’y remédier », a-t-il insisté, tout en réaffirmant l’engagement de son département à poursuivre les réformes structurelles de la justice.

La problématique des longues détentions n’est pas nouvelle. Elle avait déjà été dénoncée lors des Assises de la Justice en mai 2024, où magistrats, avocats et organisations de défense des droits de l’homme avaient mis en garde contre l’engorgement des prisons et la lenteur des procédures judiciaires. Le phénomène contribue non seulement à une surpopulation carcérale chronique, mais aussi à des conditions de détention souvent jugées indignes.

Dans ce contexte, les chiffres rendus publics par Ousmane Diagne confirment l’urgence d’une réforme profonde. Si la limitation des délais de détention provisoire constitue une avancée, les observateurs estiment que des mesures complémentaires seront nécessaires : renforcement des effectifs judiciaires, amélioration de la gestion des dossiers, recours accru aux alternatives à l’incarcération. Autant de pistes sur lesquelles le gouvernement dit travailler, mais dont la mise en œuvre reste attendue avec impatience par les acteurs de la justice et les organisations de défense des droits humains.

La question des longues détentions continue ainsi d’incarner l’un des défis majeurs du système judiciaire sénégalais. Les prochains mois permettront de mesurer si les réformes annoncées par le ministre de la Justice parviennent à alléger durablement le poids de cette problématique sur les détenus et sur l’ensemble de la société.

Élection du nouveau maire de Dakar : Madiambal Diagne tacle Khalifa Sall

L’élection d’Abass Fall à la tête de la mairie de Dakar continue de faire réagir le landerneau politique et médiatique. Le journaliste et directeur du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, a livré un commentaire pour le moins piquant sur son compte X, ce lundi 25 août. « Abass Fall du Pastef élu maire de Dakar. Bravo à Khalifa Sall », a-t-il écrit, dans une formule où l’ironie ne laisse aucune place au doute.

Le message, en apparence paradoxal, trouve tout son sens dans la lecture politique des résultats. L’accession d’Abass Fall au fauteuil de maire n’est pas seulement la victoire d’un candidat du Pastef, mais aussi l’échec d’une stratégie interne à Taxawu Sénégal. Les divisions et rivalités autour de la candidature de Ngoné Mbengue, adoubée par Khalifa Sall, ont favorisé la percée du ministre du Travail, qui a su capitaliser sur ces fractures pour l’emporter.

Abass Fall a obtenu 49 voix, contre 30 pour Ngoné Mbengue. Un score net qui sonne comme un revers sévère pour le mouvement de Khalifa Sall, jusque-là maître incontesté de la capitale depuis plus d’une décennie. Cette défaite prive Taxawu Sénégal d’une institution stratégique, dirigée sans discontinuer depuis 2009.

L’histoire a, par ailleurs, des allures de revanche politique. Khalifa Sall, élu maire en 2009, avait été destitué en 2018 par le président Macky Sall, à la suite de sa condamnation dans l’affaire des caisses d’avance. Son héritage avait ensuite été porté par Barthélémy Dias, élu en 2022 sous la bannière de Yewwi Askan Wi. Mais trois ans plus tard, le fauteuil municipal échappe une nouvelle fois à l’ancien édile et à son camp, pour revenir au Pastef, un parti qui fut un temps allié de Taxawu avant de s’ériger en son principal adversaire.

Avec ce basculement, la capitale ouvre un nouveau cycle politique où se croisent ironie de l’histoire, calculs partisans et luttes d’influence, confirmant Dakar comme un terrain hautement symbolique dans la bataille nationale pour le pouvoir.

Mairie de Dakar : Abass Fall élu maire et promet d’être « au service de tous »

La capitale sénégalaise a un nouveau maire. Ce lundi 25 août, Abass Fall, membre du parti Pastef, a été élu à la tête de la Ville de Dakar avec 49 voix, contre 30 pour sa concurrente, Ngoné Mbengue, qui assurait jusque-là l’intérim. L’élection, très suivie, marque un tournant politique pour l’institution municipale, au cœur des rivalités partisanes depuis plusieurs années.

Dès son installation, Abass Fall a tenu à rassurer ses concitoyens en prenant ses distances avec toute logique partisane. « Je ne serai pas le maire d’une chapelle politique. Je serai le maire de toutes les Dakaroises et de tous les Dakarois », a-t-il affirmé dans son premier discours officiel. Celui qui occupe également le poste de ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions a insisté sur son ambition de tourner la page des clivages. « La Ville de Dakar ne sera plus politisée. Elle sera là pour tout le monde, avec l’appui des conseillers ici présents », a-t-il souligné.

Face à lui, Ngoné Mbengue, candidate malheureuse et membre de Taxawu Sénégal de Khalifa Sall, a réagi avec un esprit de fair-play. « C’est Dakar qui a gagné, non une personne », a-t-elle déclaré, tout en réaffirmant son engagement à continuer de servir les habitants de la capitale en tant que conseillère municipale. Dans son allocution, elle a exhorté la nouvelle équipe à adopter une gouvernance inclusive et participative, en mettant l’intérêt général au-dessus des logiques partisanes. Elle a conclu son intervention en adressant ses « vœux de plein succès » à son successeur.

Avec cette élection, la mairie de Dakar change de main, mais le défi reste entier : concilier les attentes pressantes des habitants avec la nécessité de dépasser les clivages politiques qui, depuis des années, rythment la gestion municipale de la capitale.

Manifestations pré-électorales : le ministre de la Justice annonce la saisine du procureur général

Le débat sur les violences qui avaient secoué le Sénégal à la veille de l’élection présidentielle de 2024 refait surface. En séance plénière ce lundi à l’Assemblée nationale, consacrée à la création de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), le ministre de la Justice, Me Ousmane Diagne, a confirmé que le procureur général près la Cour d’appel de Dakar a été saisi par correspondance en vue de l’ouverture d’une enquête. L’annonce, faite devant les députés, a marqué l’un des temps forts de la session parlementaire, en raison de la sensibilité politique et judiciaire du sujet.

C’est à la suite d’une interpellation du député Guy Marius Sagna que le Garde des Sceaux s’est longuement exprimé sur ce dossier. Me Diagne a rappelé que les événements de 2024 avaient entraîné des pertes en vies humaines et des destructions, des faits qui, selon lui, pourraient être juridiquement assimilés à des crimes d’une gravité exceptionnelle. « Ces événements sont susceptibles de revêtir des contours de crime contre l’humanité », a-t-il lancé, en précisant que cette qualification n’avait pas été choisie au hasard, mais pour garantir la solidité des procédures futures et prévenir toute annulation éventuelle pour vice de forme.

Le ministre a par ailleurs reconnu que l’État avait pris du temps avant de s’engager sur la voie judiciaire. Cette attente, a-t-il expliqué, était due à la complexité du cadre législatif. Une loi d’amnistie avait d’abord été votée, avant d’être corrigée par un texte rectificatif. Par la suite, le Conseil constitutionnel avait introduit ses propres amendements, créant une situation confuse pour les magistrats appelés à se prononcer. « La justice se devait d’attendre avant d’y voir clair », a insisté Me Diagne, évoquant un « terrain mouvant » sur le plan juridique.

La perspective d’une enquête formelle ouvre désormais une nouvelle phase. Elle pourrait relancer les débats sur la responsabilité des différents acteurs impliqués dans ces violences, alors que l’amnistie votée avait initialement été perçue comme un moyen de clore le dossier. L’annonce du ministre, en donnant un souffle nouveau à la judiciarisation de ces faits, laisse planer l’idée d’un processus long et potentiellement conflictuel, mêlant droit, politique et mémoire collective.

Ville de Dakar : Barthélémy Dias dénonce une « élection illégale » et met en garde Ngoné Mbengue et l’opposition

À la veille de l’élection prévue pour installer un nouveau maire à la tête de la Ville de Dakar, l’ancien édile Barthélémy Dias est sorti de sa réserve. Lors d’un point de presse organisé ce dimanche, il a qualifié la procédure engagée par la maire intérimaire, Ngoné Mbengue, de « mascarade illégale » et mis en garde les conseillers municipaux de l’opposition. Pour lui, cette convocation est une violation manifeste des textes qui régissent les collectivités locales.

Selon l’ancien maire, le préfet de Dakar a commis une faute en demandant à la maire intérimaire d’organiser une élection dans ce contexte. Barthélémy Dias s’appuie sur l’article 137, alinéa 2, du Code général des collectivités territoriales, qui stipule que l’installation d’un maire doit se faire exclusivement dans le cadre d’une session ordinaire du conseil municipal. Or, la réunion convoquée pour ce lundi s’inscrit dans une session extraordinaire, ce qui rend l’élection irrégulière et donc sans valeur juridique.

Au-delà des aspects légaux, l’ancien édile accuse Ngoné Mbengue de « piétiner elle-même la loi » en convoquant un conseil municipal qu’elle n’avait pas, selon lui, le droit de tenir. Il estime que cette initiative, loin de répondre à un besoin institutionnel, s’inscrit dans une manœuvre politique visant à priver les Dakarois de leur droit de choisir un maire dans les règles prévues par la loi.

Très ferme dans ses propos, Barthélémy Dias a lancé un avertissement direct aux conseillers municipaux de l’opposition, les mettant en garde contre toute participation à ce qu’il considère comme une « élection illégitime ». « Tous ceux qui mettront les pieds demain à la Ville de Dakar pour l’élection sont dans l’illégalité », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que toute décision issue de cette rencontre serait frappée de nullité.

Malgré ce ton offensif, Barthélémy Dias a affirmé son attachement à l’État de droit et dit attendre avec sérénité la décision de la justice. La Cour suprême, saisie de ce dossier, doit en effet se prononcer le 18 septembre prochain. « Je me plierai à ce que décidera la haute juridiction », a-t-il conclu, rappelant que seule cette instance est habilitée à trancher le contentieux.

Cette sortie intervient dans un climat déjà tendu depuis la démission de Barthélémy Dias de son poste de maire de Dakar. Depuis, la gestion intérimaire assurée par Ngoné Mbengue alimente des controverses, et l’élection annoncée risque de cristalliser encore davantage les tensions politiques. La capitale sénégalaise, enjeu stratégique majeur, se retrouve ainsi au centre d’un bras de fer où se mêlent droit, politique et légitimité.

Conflit Israël-Palestine : Guy Marius Sagna appelle le Sénégal à rompre ses relations avec Israël

À l’occasion d’une manifestation organisée ce dimanche à Dakar contre ce qu’il qualifie de « génocide perpétré par Israël en Palestine », le député Guy Marius Sagna a lancé un appel ferme à l’État du Sénégal pour qu’il rompe toute coopération et relation diplomatique avec Israël. Selon lui, la gravité des actes commis dans la bande de Gaza et en Cisjordanie exige une réponse radicale de la communauté internationale.

Face à la presse, le parlementaire a dénoncé sans détour « le sionisme israélien » qu’il considère comme un « crime contre l’humanité ». À ses yeux, la situation actuelle en Palestine ne saurait être décrite comme une guerre entre deux camps, mais plutôt comme un génocide orchestré contre un peuple sans défense. « Ce n’est pas une guerre, c’est un génocide. C’est l’utilisation de la faim comme arme de guerre », a martelé Guy Marius Sagna.

S’il reconnaît les prises de position de l’État du Sénégal en faveur de la Palestine, le député estime néanmoins que la posture actuelle demeure insuffisante. Il juge dépassée l’ère des simples déclarations et dénonce l’inefficacité des condamnations verbales répétées. « Plus on dénonce, plus le génocide prend de l’ampleur. Les dénonciations n’ont donc plus d’effet, les critiques non plus, les conférences de presse également », a-t-il insisté.

Pour Guy Marius Sagna, la seule issue cohérente est la rupture totale avec Israël. Selon lui, l’État sénégalais doit aller au-delà des symboles et poser un acte diplomatique fort en mettant un terme aux relations bilatérales. « Quand un individu commet un crime, on l’envoie en prison ; quand un pays commet un crime, il doit être sanctionné. Et la sanction, c’est de rompre toute diplomatie avec lui », a-t-il affirmé, tout en appelant d’autres nations à rappeler leurs ambassadeurs en signe de protestation.

Cet appel s’inscrit dans un contexte international marqué par une polarisation croissante autour du conflit israélo-palestinien. Si plusieurs pays ont choisi de renforcer leur soutien politique ou humanitaire à la Palestine, rares sont ceux qui ont opté pour une rupture diplomatique totale avec Israël. Au Sénégal, la position officielle a toujours été celle d’un appui ferme aux droits du peuple palestinien, dans le cadre des résolutions internationales, sans pour autant remettre en cause ses relations diplomatiques avec l’État hébreu.

La sortie de Guy Marius Sagna, connue pour son ton radical et son engagement panafricaniste, relance ainsi le débat sur la posture que doit adopter le Sénégal face à ce conflit persistant. Elle pose surtout la question de l’équilibre entre diplomatie traditionnelle et engagement politique fort au nom des valeurs de justice et de solidarité internationale.

Ismaïla Diallo décrypte les relations avec les institutions de Bretton Woods, l’affaire ASER et la situation à la mairie de Dakar

Le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Ismaïla Diallo, s’est exprimé ce dimanche 24 août sur plusieurs sujets brûlants de l’actualité nationale, notamment les rapports entre le Sénégal et les institutions de Bretton Woods, l’affaire ASER ainsi que la situation politique à la mairie de Dakar. Invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrik TV, le député a livré une analyse sans détour, défendant la posture du gouvernement tout en appelant à des réformes structurelles.

Concernant la suspension des prêts au Sénégal par les institutions de Bretton Woods, Ismaïla Diallo a expliqué que ce refus est paradoxalement lié à la transparence prônée par les nouvelles autorités. Selon lui, dès leur installation, le gouvernement a choisi de communiquer ouvertement sur l’état réel des finances publiques, un exercice pourtant recommandé par ces bailleurs de fonds. Toutefois, cette volonté de transparence aurait eu pour conséquence une série de notations dégradantes, qui ont poussé ces institutions financières internationales à se montrer réticentes à accorder de nouveaux financements. « Nous sommes victimes de notre transparence », a-t-il martelé, estimant que cette décision est plus politique qu’économique. Face à cette impasse, le député a rappelé que l’État a lancé un Plan national de redressement visant à démontrer la capacité du pays à se développer avec ou sans l’appui de ces partenaires traditionnels.

Interrogé sur l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), le parlementaire a précisé que le processus de nomination du prochain président sera strictement encadré afin d’éviter qu’une personne « peu orthodoxe » ne prenne la tête de cette institution clé dans la gouvernance publique.

Sur le dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Ismaïla Diallo a confirmé que des enquêtes sont bel et bien en cours, conformément aux déclarations du ministre de la Justice à l’Assemblée nationale. Toutefois, il a pris ses distances avec les accusations portées par le député Thierno Alassane Sall, estimant que les preuves avancées ne suffisent pas à justifier un soutien de son camp politique. Pour lui, il faut laisser la justice aller au bout des investigations avant de tirer des conclusions.

La situation politique à la mairie de Dakar a également été abordée. Le premier vice-président de l’Assemblée a réfuté toute tentative de son parti de s’accaparer la municipalité. Selon lui, la perte du mandat de Barthélémy Dias relève d’une stricte application de la loi. « C’est une décision de justice qui a conduit à cette situation. Il a été visé par l’article 29 du Code électoral, ce que le préfet a acté », a-t-il expliqué, balayant ainsi les accusations d’ingérence politique.

Enfin, Ismaïla Diallo s’est prononcé sur la crise que traverse actuellement le secteur de la presse sénégalaise. Reconnaissant les difficultés que rencontrent les entreprises médiatiques, il a invité les acteurs du secteur à se réinventer et à s’adapter aux nouveaux défis technologiques et économiques. Néanmoins, il a salué le rôle essentiel des médias dans la consolidation de la démocratie au Sénégal, soulignant qu’ils constituent un pilier incontournable de la vie républicaine.

Session extraordinaire à l’Assemblée nationale : Ismaïla Diallo clarifie le processus d’amendement et défend la vision de la majorité

Les travaux de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale se poursuivent autour de quatre projets de loi majeurs, qui font actuellement l’objet d’amendements. Ces modifications, proposées soit par les députés, soit par des organisations de la société civile, témoignent de la vitalité du débat parlementaire, a déclaré ce dimanche 24 août le Premier vice-président de l’Assemblée nationale, Ismaïla Diallo, invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrik TV.

Le député, membre du parti Pastef, a toutefois précisé qu’il ne pouvait entrer dans le détail de ces amendements, les textes étant toujours en phase d’examen au niveau des commissions. Il a néanmoins assuré que les réformes présentées s’inscrivent dans la logique du projet politique de la majorité présidentielle. « Ces réformes, qui traduisent notre volonté de promouvoir la bonne gouvernance et la transparence, ont été soumises aux Sénégalais lors de l’élection présidentielle et des législatives », a-t-il affirmé, soulignant leur caractère programmatique et légitime.

Interrogé sur la question sensible de la déclaration de patrimoine, notamment celle du président de la République à la fin de son mandat, Ismaïla Diallo a rappelé que la Constitution sénégalaise exempte le chef de l’État de cette obligation. Toutefois, il a ajouté que l’actuel président n’a aucun problème à s’y soumettre par souci de transparence. Il a également tenu à préciser que toutes les personnes gérant un budget public, y compris les membres du bureau de l’Assemblée nationale, sont tenues de respecter cette exigence légale.

Concernant le projet de loi relatif à l’accès à l’information, le Premier vice-président de l’Assemblée a reconnu certains manquements relevés par l’ONG Article 19. Il a néanmoins assuré que ces remarques seraient intégrées afin d’améliorer le texte avant son passage en séance plénière. Cette ouverture traduit, selon lui, la volonté de la majorité de construire des réformes inclusives et adaptées aux attentes citoyennes.

Sur le débat autour de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) et des soupçons d’une réforme visant à écarter son président, Serigne Bassirou Guèye, Ismaïla Diallo a été catégorique : « Une loi est impersonnelle, elle n’est jamais dirigée contre une personne ». Pour lui, il s’agit avant tout d’adapter les institutions aux besoins de transparence et de bonne gouvernance, sans ciblage particulier.

Enfin, le député est revenu sur les changements opérés à l’Assemblée depuis l’installation de la nouvelle législature. Il a insisté sur la rupture opérée avec certaines pratiques jugées nuisibles à l’image du Parlement. « Les comportements qui ternissaient l’image de l’institution sont désormais révolus », a-t-il affirmé, mettant en avant un processus de modernisation et de moralisation de la vie parlementaire.

Partenariat sino-sénégalais : Ousmane Sonko et l’ambassadeur Li Zhigang accélèrent la concrétisation du projet d’aciérie

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a reçu ce samedi 23 août 2025 l’ambassadeur de la République populaire de Chine, S.E. Li Zhigang, accompagné de hauts responsables de China Harbour Engineering Company (CHEC) et de BAOWU International, géant mondial de la sidérurgie. La rencontre, tenue à la Primature et rapportée par la cellule de communication officielle, s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors de la récente visite d’Ousmane Sonko en Chine.

Au cœur des discussions figurait le projet d’implantation d’une aciérie au Sénégal, considéré comme un levier stratégique pour l’industrialisation du pays et un pilier du partenariat économique sino-sénégalais. La présence conjointe de CHEC, spécialisée dans les grandes infrastructures, et de BAOWU International, leader incontesté de la production d’acier, traduit la volonté des deux parties de donner une dimension concrète et opérationnelle à ce projet industriel d’envergure.

Selon la Primature, cette rencontre visait non seulement à réaffirmer l’engagement politique des deux pays, mais aussi à accélérer le processus de mise en œuvre des projets stratégiques discutés à Pékin. L’aciérie, en particulier, apparaît comme un investissement structurant qui pourrait transformer durablement le tissu économique sénégalais. Elle permettra de réduire la dépendance aux importations d’acier, d’approvisionner le marché local et régional, et de créer des milliers d’emplois directs et indirects.

Au-delà de l’impact économique, le projet est perçu comme un catalyseur de transfert de technologies et de renforcement des capacités locales. Le Sénégal, qui ambitionne de faire de l’industrialisation un moteur de sa croissance, voit dans ce partenariat une opportunité de renforcer ses infrastructures, de moderniser son appareil productif et d’accroître sa compétitivité sur la scène internationale.

La rencontre entre Ousmane Sonko et l’ambassadeur Li Zhigang illustre également la solidité des relations diplomatiques entre Dakar et Pékin. Depuis plusieurs années, la Chine s’impose comme un partenaire économique de premier plan pour le Sénégal, en finançant et réalisant des projets majeurs dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie et de l’agriculture. L’aciérie, dont la mise en œuvre entre dans une phase décisive, s’inscrit dans cette dynamique de coopération renforcée, tournée vers le développement durable et la création de valeur ajoutée locale.

En concrétisant ce projet, le Sénégal franchirait une étape importante dans sa quête d’industrialisation et d’autonomie économique, tout en consolidant un partenariat stratégique avec la Chine, acteur incontournable de l’économie mondiale.

Cybercriminalité : Bougar Diouf placé en garde à vue pour diffusion de “fausses nouvelles”

La Division spéciale de la Cybercriminalité (DSC) a procédé, ce vendredi 22 août, à la garde à vue de Bougar Diouf, membre de la coalition Diomaye Président, suite à sa convocation. L’activiste est poursuivi pour diffusion de “fausses nouvelles” à travers les réseaux sociaux, un délit de plus en plus scruté par les autorités judiciaires dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité.

À l’origine de cette affaire, une publication faite par Bougar Diouf sur sa page Facebook dans laquelle il s’adressait directement au Premier ministre Ousmane Sonko, l’interpellant sur la situation en Casamance. Dans son message, il exhortait le chef du gouvernement à demander aux rebelles de « cesser d’acheter des armes à Paris et en Turquie », insinuant que ces acquisitions pouvaient être destinées à un usage contre l’armée nationale.

Ces propos, jugés graves par les autorités, ont conduit à son audition par les enquêteurs spécialisés dans la surveillance des contenus numériques et à sa mise en garde à vue dans l’attente de nouvelles décisions judiciaires. L’affaire met une nouvelle fois en lumière les tensions persistantes autour de la question sécuritaire en Casamance, mais aussi la vigilance accrue de l’État face à la prolifération de messages jugés attentatoires à la stabilité et à l’ordre public sur les réseaux sociaux.

La garde à vue de Bougar Diouf relance également le débat sur la liberté d’expression en ligne et ses limites légales. Ses partisans dénoncent une tentative d’intimidation politique, tandis que ses détracteurs estiment que la gravité de ses propos justifie l’intervention de la justice. L’évolution du dossier dans les prochains jours permettra de déterminer si des poursuites judiciaires formelles seront engagées contre lui.

Bonne gouvernance : la société civile outille ses membres sur les principes de la transparence de l’action publique

Dans un contexte marqué par l’examen de quatre projets de loi relatifs à la transparence, à la redevabilité et à la lutte contre la corruption à l’Assemblée nationale, la société civile sénégalaise intensifie ses efforts pour renforcer les capacités de ses membres. Le Consortium des organisations de la société civile (OSC), regroupées au sein du Comité national du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO), a ainsi tenu ce vendredi 22 août, à Dakar, un atelier consacré à la formation sur les valeurs et mécanismes du PGO, mais également sur le système de suivi-évaluation et de notation des critères d’éligibilité.

Alfred Bulakali, directeur régional d’Article 19 Sénégal et Afrique de l’Ouest, a expliqué l’importance de cette rencontre. Selon lui, l’objectif est non seulement de partager les principes et valeurs du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert, mais aussi de permettre aux acteurs de mieux comprendre les outils de suivi et d’évaluation qui conditionnent l’éligibilité du Sénégal dans cette initiative. « Nous sommes réunis ici en tant que communauté de la société civile PGO pour discuter et renforcer nos capacités sur les valeurs et principes du PGO, mais également pour comprendre comment fonctionnent les mécanismes de suivi, d’évaluation et de notation des critères d’éligibilité », a-t-il déclaré.

Lancé en 2011, le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO), ou Open Government Partnership (OGP), est une initiative multilatérale visant à promouvoir la transparence, la participation citoyenne, l’intégrité et l’usage des outils numériques dans l’action publique. Le Sénégal y a adhéré en 2018 et en est à son deuxième plan d’action nationale, qui prendra fin en décembre prochain. Ce processus engage l’État et ses partenaires à travailler ensemble pour favoriser une gouvernance plus ouverte et inclusive.

La tenue de l’atelier coïncide avec une période particulièrement cruciale pour le pays, alors que l’Assemblée nationale est en session extraordinaire pour examiner plusieurs projets de loi stratégiques liés à la gouvernance. Pour Alfred Bulakali, cette conjoncture est un signe encourageant. « Tous ces signaux me font dire que nous tenons cet atelier dans un contexte très particulier d’espoir et de satisfaction, car notre plaidoyer en tant que société civile est en train de se concrétiser », s’est-il réjoui, rappelant que la mission de la société civile ne se limite pas à la critique, mais consiste également à formuler des propositions concrètes.

Il a par ailleurs insisté sur le rôle essentiel que devront jouer les organisations citoyennes une fois les réformes adoptées. Leur mission sera de vulgariser ces lois, de veiller à leur mise en œuvre effective et d’accompagner les institutions dans l’appropriation des nouvelles règles par les citoyens. « Demain, lorsque ces lois seront votées, nous devrons jouer un rôle central pour que les institutions étatiques, les citoyens et toutes les parties prenantes puissent se les approprier, afin que l’objectif ultime de transparence, de bonne gouvernance et de participation citoyenne soit atteint », a-t-il conclu.

Inondations à Podor : lourdes pertes de bétail et dégâts matériels à Ouro Alseyni et Tatki

De violentes pluies se sont abattues dans la nuit de mercredi à jeudi sur le département de Podor, provoquant des inondations dévastatrices dans plusieurs villages, notamment à Ouro Alseyni et à Tatki. Ces intempéries ont causé de lourdes pertes, avec au moins 70 têtes de bétail emportées par les eaux, selon des habitants interrogés par l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Les populations touchées décrivent une situation dramatique. Le bétail, principale richesse des ménages, a été décimé en quelques heures, plongeant plusieurs familles dans une grande détresse. Les villageois affirment qu’une évaluation globale des pertes est toujours en cours, mais les premiers constats révèlent déjà une ampleur exceptionnelle des dégâts.

Au-delà des pertes animales, les infrastructures sociales n’ont pas été épargnées. À Tatki, plusieurs salles de classe ont vu leur toiture gravement endommagée, compromettant la reprise des cours à l’approche de la rentrée scolaire. Le mur de clôture d’une école s’est également effondré sous la pression des eaux, rendant l’établissement encore plus vulnérable.

Amadou Thiam, habitant de Fanaye – la commune dont relèvent Ouro Alseyni et Tatki – a confirmé l’ampleur des dégâts matériels et exprimé l’inquiétude des populations face aux conséquences à long terme. Ces villages, déjà fragiles sur le plan économique, voient ainsi leurs maigres ressources anéanties par les intempéries.

Les habitants lancent un appel pressant aux autorités et aux organisations humanitaires pour venir en aide aux sinistrés. Entre pertes de bétail, effondrement d’infrastructures scolaires et destruction de biens, les villages d’Ouro Alseyni et de Tatki font aujourd’hui face à une urgence humanitaire qui exige une intervention rapide et coordonnée.

Renforcement des relations bilatérales avec le Sénégal : le Japon approuve un programme agricole en Casamance

En visite officielle au Japon dans le cadre du renforcement du partenariat stratégique entre Dakar et Tokyo, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a multiplié les rencontres avec des responsables de haut niveau. Ce vendredi matin, il a reçu en audience le Professeur Tanaka Akihiko, président de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), un échange qui a permis de réaffirmer la solidité des relations bilatérales et de mettre en avant de nouveaux axes de coopération.

Au cœur des discussions, le chef de l’État sénégalais et son interlocuteur ont évoqué l’élargissement des domaines d’intervention de la JICA, notamment à travers la construction de l’annexe du Centre de Formation Sénégal–Japon à Diamniadio, un projet emblématique destiné à renforcer le développement des compétences et la formation professionnelle.

La présidence a par ailleurs annoncé, via sa page X (ex-Twitter), que le gouvernement japonais a donné son feu vert à un ambitieux programme agricole en Casamance. Cette région, qui bénéficie déjà de l’appui nippon à travers la mise à disposition de deux machines de déminage, est désormais au cœur d’une nouvelle dynamique d’investissement. L’intérêt croissant du secteur privé japonais pour le Sénégal s’étend aussi à d’autres secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’hydraulique, le numérique, la santé et l’agriculture.

Lors de cette rencontre, Bassirou Diomaye Faye a mis en avant les atouts majeurs du Sénégal : sa stabilité politique, l’attractivité de son environnement des affaires et sa position géographique stratégique, faisant du pays une porte d’entrée privilégiée vers l’Afrique de l’Ouest et l’ensemble du continent. Ces arguments visent à séduire davantage d’investisseurs japonais et à consolider un partenariat gagnant-gagnant.

En marge de son agenda diplomatique, le président sénégalais a également reçu le maire de Yokohama, l’une des plus grandes métropoles japonaises avec plus de quatre millions d’habitants et hôte de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD). Les échanges ont porté sur la coopération entre Yokohama et plusieurs villes sénégalaises, avec un accent particulier sur la gestion de l’eau, le traitement des déchets et l’aménagement urbain, autant de défis partagés entre les deux pays.

Cette visite officielle illustre la volonté des deux nations de consolider un partenariat dynamique et durable, fondé sur la formation, l’innovation et le développement inclusif, afin de répondre aux aspirations de leurs populations. Elle marque une étape importante dans l’approfondissement des relations sénégalo-japonaises, avec des retombées attendues aussi bien sur le plan économique que social.

Cour suprême : une audience fixée pour examiner la suspension de la décision du préfet de Dakar

La Cour suprême du Sénégal vient de rendre une ordonnance importante dans le cadre du contentieux opposant un conseiller municipal de la Ville de Dakar au préfet du département de Dakar.

Dans une ordonnance n°001/2025, signée par Madame Aïssatou Diallo Ba, Conseiller déléguée par le Premier Président de la Cour suprême, il est fait droit à une requête reçue le 21 août 2025 au greffe central. La demande vise la suspension de l’exécution de la décision n°3925/P/D/DK/AP du 11 décembre 2024, par laquelle le préfet du département de Dakar avait déclaré la démission du mandat d’un conseiller municipal de la Ville de Dakar.

La haute juridiction, après avoir examiné les pièces du dossier et conformément aux dispositions de la loi organique n°2017-09 du 17 janvier 2017 modifiée par la loi organique n°2022-16 du 23 mai 2022, a autorisé la signification à bref délai de la requête.

L’affaire sera débattue devant la Cour suprême le lundi 25 août 2025 à 9 heures précises. La Conseillère a également précisé qu’il lui en sera référé en cas de difficulté dans l’exécution de l’ordonnance.

Badara Gadiaga : Derrière les barreaux, l’ascension d’une voix qui dérange

Dans un pays où la parole libre se heurte souvent aux lignes rouges du pouvoir, l’affaire Badara Gadiaga est devenue un symbole. Incarcéré depuis le 9 juillet 2025 à Reubeuss sous de lourdes accusations, le chroniqueur n’a paradoxalement jamais été aussi présent dans le débat public. Plus les barreaux se referment sur lui, plus son influence s’étend hors des murs de la prison, portée par un nombre croissant de soutiens politiques, religieux et citoyens.

Certes, Reubeuss retient son corps, mais son esprit reste libre. Connu pour son verbe tranchant et ses prises de position sans concession, Gadiaga a finalement été muselé par la justice. Le doyen des juges a retenu contre lui quatre chefs d’accusation : diffusion de fausses nouvelles, discours contraires aux bonnes mœurs, atteinte à une personne exerçant les prérogatives du chef de l’État, et soupçons de financement pour troubler l’ordre public. Il a depuis été transféré à la chambre 18 de la prison de Reubeuss.

Pourtant, derrière ces murs, son aura ne cesse de croître. Chaque semaine, des responsables politiques, des leaders religieux et des figures économiques se succèdent pour lui témoigner leur solidarité. Parmi les visiteurs récents figurent les anciens maires de Dakar, Khalifa Sall et Barthélémy Dias, la députée Aïssata Sall, l’homme d’affaires Thione Niang, ainsi que le député Tahirou Sarr, Thierno Bocoum et Amidou Hanne. La liste s’allonge si rapidement qu’une question s’impose : qui n’est pas encore allé voir Badara ?

La force de Gadiaga réside dans sa parole. Révélé par ses chroniques incisives, il s’est imposé avec un ton direct, parfois irrévérencieux, n’épargnant ni le pouvoir ni l’opposition. Puisant dans la tradition oratoire wolof, il a su séduire un public avide d’authenticité. Ancien cadre du Parti Rewmi, il a claqué la porte après seize ans aux côtés d’Idrissa Seck pour tracer sa propre voie.

Aujourd’hui, son incarcération met en lumière un paradoxe : en cherchant à l’étouffer, le pouvoir semble avoir amplifié sa voix. Loin d’affaiblir son aura, la prison l’a propulsé au centre du jeu politique. Pour beaucoup, Gadiaga n’est plus seulement un chroniqueur critique : il est devenu un acteur politique en devenir, que le régime actuel ne peut plus ignorer.

Le droit douanier à l’assaut de l’économie numérique :  l’envers du dédouanement des services en gestation

Les problèmes de la fiscalité sont étroitement liés à ceux du budget, de l’emprunt et de la monnaie : l’ensemble de ces questions constituent la science financière.

La fiscalité procure à l’Etat une partie de ses ressources financières. Elle traduit aussi la politique économique et sociale de l’Etat à travers les subventions et les mesures incitatives[1].

S’appuyant sur le renouveau de la fiscalité, le Plan de relance économique pour le Sénégal (PRES) promeut un développement endogène et durable, porté par des territoires responsabilisés, viables et compétitifs.

Parmi les leviers identifiés pour générer ces ressources internes figure la taxation de niches de financement ‘’sous fiscalisées’’ comme les jeux de hasard en ligne, les réseaux sociaux, le « mobile money », la connexion internet, la monnaie virtuelle et, plus généralement, l’économie numérique.

Dans ce contexte, il est plus que nécessaire pour les douanes de changer de paradigme et de mener les réflexions idoines pour mettre en place un système performant de contrôle douanier du numérique surtout lorsque le numérique en question traverse les frontières.

Le principal problème fiscal posé par l’imposition de l’économie numérique réside dans le fait que des activités peuvent être exercées par des entreprises dans un pays sans avoir besoin d’avoir une présence physique dans ledit pays. Or, dans les principes d’imposition du bénéfice d’une entreprise en droit fiscal, la notion d’établissement stable est au centre de l’analyse. Les difficultés soulevées sont alors liées à l’exigence d’un établissement stable et d’un domicile fiscal[2].

En tout état de cause, il est toujours intéressant de discuter de la pertinence de l’assujettissement des services commerciaux au dédouanement, surtout par rapport à la nécessité d’aboutir à combler le fossé numérique entre les pays du Nord et ceux du Sud et de voir quelle est la meilleure stratégie pour arriver à cette fin[3] .

La tendance de l’Entreprise à produire des biens immatériels n’est pas nouvelle, mais elle connait dans la période contemporaine une sensible accélération. C’est l’intensité inédite du mouvement qui le rend plus perceptible que jamais. La société industrielle a profondément transformé les fortunes en les désincarnant[4]

Malgré ce dynamisme, le droit fiscal a dû mal à bien profiter de ce bouillonnement commercial autour de l’immatériel, puisque de nos jours, seule la marchandise, en tant qu’objet, remplissant les fonctions d’usage et d’échange, est prise en charge, contrôlée et taxée au cordon douanier.

Compte tenu de la place prépondérante que les services commerciaux sont en train de prendre dans le système économique mondial, il nous semble opportun d’envisager, sérieusement, une double mutation structurelle et fonctionnelle du droit fiscal et du droit douanier en vue de tirer profit de l’économie numérique.

C’est la raison pour laquelle, j’approuve fortement le plan visant à instituer un régime fiscal efficace et intelligent de l’économie numérique qui est en adéquation avec l’objectif stratégique 1.3 de la Stratégie nationale de développement 2025-2029 du plan Sénégal 2050.

Pour répondre aux problématiques fiscales introduites par cette nouvelle ère de l’immatériel qui a considérablement modifié les habitudes du consommateur, les règles fiscales doivent être repensées. Concrètement, il s’agit de concevoir une nouvelle fiscalité notamment, celle du numérique[5].

Malheureusement, le droit douanier à l’assaut de l’économie du numérique bute devant les principes qui gouvernent le fonctionnement de l’Etat de Droit qui interdisent, à l’Etat, de lever l’impôt en l’absence de texte explicite autorisant sa perception.

Il s’y ajoute que la politique des engagements visés par les cycles d’Uruguay (1986-1994) qui ont consacré l’adoption de l’Accord général sur le Commerce des services (AGCS) ne milite guère en faveur de la mise en place d’un dispositif douanier de contrôle des services commerciaux.

C’est ainsi que jusqu’à présent, les législations douanières sont restées muettes sur la possibilité de dédouaner les services commerciaux ou produits immatériels, même s’il est important de préciser qu’il en est fait allusion, subrepticement, dans le cadre du contrôle du commerce extérieur et des changes[6].

Les dispositions du Code des douanes étant d’interprétation stricte, le droit pour les douanes de contrôler les changes dans le cadre du Règlement n°06/2024/CM/UEMOA du 20 décembre 2024 relatif aux relations financières extérieures des Etats membres de l’UEMOA ne leur donne pas, pour autant le droit de les taxer lorsqu’ils franchissent les frontières immatérielles.

A l’assaut du numérique, le droit douanier évolue en vue d’inclure les services commerciaux dans les produits, objet de dédouanement. La démarche va s’inscrire dans l’analyse objective des procédures de dédouanement en vigueur, en vue de leur adaptation pour la prise en compte de l’activité numérique.

Il s’agira, donc, de lever les barrières légales, ainsi que les contraintes juridico-économiques pour assurer une régulation douanière de la circulation transfrontalière des biens immatériels en général et du numérique en particulier.

L’objectif étant d’assurer la pérennité des principes de justice et d’équité dans les relations commerciales internationales par l’application des mêmes mesures tarifaires aussi bien aux marchandises qu’aux services.

La taxation par l’Administration des douanes des services dans le cadre de la fiscalisation numérique présente des enjeux fiscaux à travers l’élargissement de l’assiette fiscale imposable, un intérêt économique par la protection des créations et innovations immatérielles, et relève d’une nécessité sécuritaire impliquant la présence du fisc aux frontières de l’immatériel[7].

Docteur Ndiaga SOUMARE,

Inspecteur principal des douanes de Classe exceptionnelle.


[1] El Hadji Dialigué BA, Droit fiscal, L’Harmattan, 2015, 200 pages

[2] Eric DEWEDI, la taxation du commerce électronique dans l’espace UEMOA : cas du Bénin et du Burkina Faso, in Le droit africain à la quéte de son identité, mélanges offerts au Professeur Isaac Yankhoba NDIAYE 

[3] Alioune DIONE, le droit douanier, le commerce électronique et la dématérialisation, Paris, L’Harmattant, 297 pages 

[4] Frédéric ZENATI, « l’immatériel et les choses », Arch. Phil. Droit ; n° 43 ; 1999, p/ 81

[5] Projet de note conceptuelle du projet de mise en place du système de taxation des transactions numériques

[6] Article 26 Code des Douanes du Sénégal (CDS) : « Indépendamment des obligations prévues par le présent code, les importateurs, les exportateurs et les voyageurs doivent se conformer à la réglementation du contrôle du commerce extérieur ainsi qu’à la législation communautaire relative aux relations financières extérieures des Etats membres. »

[7] Ndiaga SOUMARE, Le dédouanement des services, Revue des douanes sénégalaises, n° 44.

Litige foncier à Tivaouane Peul : El Hadji Dia Ousso contre-attaque et nie toute spoliation

Le contentieux foncier qui secoue Tivaouane Peul prend une nouvelle tournure. Accusé par la coopérative des enseignants d’être au cœur d’une vaste opération de spoliation, El Hadji Dia Ousso a tenu à apporter sa version des faits. Joint par PressAfrik, il a rejeté en bloc les accusations portées contre lui, allant jusqu’à accuser ses détracteurs d’être les véritables responsables de la vente irrégulière des terrains en question.

Face aux accusations de “grand voleur” de terres, El Hadji Dia Ousso se défend fermement. Selon lui, il n’a “aucun problème avec la coopérative” dans son ensemble, mais estime que certains de ses responsables, notamment M. Ba et M. Thiam, ont joué un rôle central dans la cession illégale de ses parcelles. Il affirme avoir saisi la justice, laquelle lui aurait donné raison, avec à la clé une décision lui accordant plus d’un milliard de francs CFA de dommages et intérêts.

El Hadji Dia Ousso assure par ailleurs que la préfecture de Sangalkam a confirmé la validité de ses documents fonciers, contrairement à ceux produits par la coopérative. Malgré cette reconnaissance, il soutient que les enseignants ont poursuivi leurs constructions, poussant la DESCOS à intervenir pour mettre fin aux travaux jugés illégaux. Il accuse également ses adversaires de détenir de “faux papiers” et de procéder à la vente de parcelles initialement destinées à des espaces verts, des marchés ou encore des lieux de culte.

Au-delà du volet administratif et judiciaire, El Hadji Dia Ousso évoque aussi une escalade de violence. Il déclare que sa famille a été victime d’agressions physiques et que son véhicule a été détruit dans le cadre de ce conflit foncier. Il affirme toutefois rester confiant et se dit prêt à fournir toutes les preuves nécessaires pour démontrer sa qualité de propriétaire légitime des terrains contestés. “Je laisse le soin à la justice de trancher”, a-t-il insisté.

De leur côté, les enseignants regroupés au sein de la coopérative maintiennent leur position et promettent de poursuivre le combat pour la reconnaissance de ce qu’ils considèrent comme leurs droits fonciers légitimes. La tension reste donc vive à Tivaouane Peul, où l’issue de ce litige dépend désormais de l’intervention des autorités judiciaires et administratives pour départager les deux camps.

Affaire ASER–AEE Power : Thierno Alassane Sall dénonce un scandale financier de 37 milliards de FCFA

Le dossier qui secoue l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), la Banque Santander et la société AEE Power Sénégal connaît un nouveau rebondissement. Le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a une nouvelle fois pris la parole ce mardi 19 août pour dénoncer un détournement présumé de 37 milliards de francs CFA. Face à la presse, l’ancien ministre des Infrastructures a pointé du doigt ce qu’il qualifie d’un « scandale financier majeur » impliquant des acteurs étrangers et locaux.

Dans sa déclaration, Thierno Alassane Sall a directement mis en cause le président de l’entreprise espagnole AEE Power EPC, José Angel Gonzalez Tausz, qu’il accuse d’avoir eu un rôle central dans ce qu’il considère comme des manœuvres douteuses. « Comment cet homme a-t-il pu se donner le droit de suspendre la convention avec la société sénégalaise AEE Power Sénégal, tout en poursuivant ses négociations ? », s’est interrogé le parlementaire. Selon lui, le dirigeant espagnol aurait abusé de sa position et serait potentiellement impliqué dans la disparition des fonds publics destinés à des projets d’électrification rurale.

Le député a par ailleurs affirmé que la Banque Santander, principal partenaire financier, a suspendu le financement en raison de l’opacité constatée. « Les Espagnols ont suspendu le financement pour savoir où sont passés les 37 milliards. AEE Power Sénégal a encaissé cette somme, destinée à électrifier plusieurs villages, mais aucun justificatif n’a été fourni malgré les réclamations de la Banque Santander », a dénoncé Thierno Alassane Sall, soulignant l’absence totale de transparence dans l’exécution du projet.

Estimant que ce silence et cette inertie fragilisent la gouvernance du pays, le député a interpellé directement les autorités. « Le Premier ministre Ousmane Sonko dispose de tous les leviers pour exiger des explications. Quatorze mois après, rien n’a été fait. Pourquoi ce régime protège-t-il AEE Power Sénégal alors que son implication sur ces 37 milliards est pointée du doigt ? », a-t-il martelé.

Pour le leader de la République des Valeurs, ce dossier symbolise les dérives dans la gestion des finances publiques et mérite une enquête approfondie. Il appelle ainsi le gouvernement à prendre ses responsabilités en éclairant l’opinion nationale sur les zones d’ombre de ce scandale. Dans un contexte où l’accès à l’énergie demeure une question cruciale pour les populations rurales, cette affaire, si elle venait à être confirmée, mettrait en lumière les graves conséquences de la mauvaise gestion des ressources allouées à l’électrification.

Gamou de Tivaouane 2025 : l’État réaffirme ses engagements pour une organisation réussie

À l’approche du Gamou de Tivaouane, prévu les 5 ou 6 septembre prochains, l’État du Sénégal a renouvelé son engagement à accompagner l’une des plus grandes manifestations religieuses du pays. Lors d’une réunion nationale consacrée aux préparatifs, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Jean Baptiste Tine, a exhorté l’ensemble des services de l’État impliqués à respecter scrupuleusement les engagements pris afin de garantir le bon déroulement de l’événement.

Le ministre a souligné que les engagements arrêtés lors de la réunion du comité régional de développement affichent déjà « un niveau d’exécution acceptable », tout en rappelant l’importance d’intensifier les efforts à moins de trois semaines de la célébration.

Le comité d’organisation au service du khalife Ababacar Sy (COSKAS) a, pour sa part, mis en avant plusieurs préoccupations essentielles. L’approvisionnement en eau et en électricité, la sécurité des fidèles ainsi que la gestion de l’assainissement figurent au premier rang des priorités. Ces besoins demeurent cruciaux, compte tenu de l’afflux massif attendu dans la cité religieuse de Tivaouane.

En réponse, plusieurs structures publiques et partenaires se sont engagés à renforcer leurs dispositifs. L’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) a annoncé la mobilisation de plus de 50 camions pour pomper les eaux usées et pluviales afin de prévenir tout désagrément lié à l’hygiène et à la salubrité. La Direction du matériel et du transit administratif (DMTA) mettra à disposition 4 000 chaises destinées à accueillir les fidèles venus de tout le pays et de la diaspora. De leur côté, les opérateurs de téléphonie mobile ont pris l’engagement de garantir une meilleure fluidité du réseau, souvent saturé lors des grands rassemblements religieux. Quant aux forces de défense et de sécurité, elles comptent capitaliser sur l’expérience des éditions précédentes pour renforcer davantage le dispositif sécuritaire et assurer la tranquillité des pèlerins.

Jean Baptiste Tine a enfin demandé au gouverneur de Thiès d’assurer un suivi rigoureux des décisions prises et a invité toutes les structures concernées à respecter à la lettre leurs engagements. L’objectif est clair : répondre aux attentes du COSKAS et du khalife général des Tidianes, afin de permettre aux fidèles de vivre un Gamou dans les meilleures conditions de sécurité, de confort et de sérénité.

Cette édition 2025 du Gamou s’annonce ainsi sous le signe d’une meilleure organisation et d’une mobilisation renforcée de l’État, dans un contexte où Tivaouane continue de constituer un pôle spirituel majeur et un lieu de convergence de milliers de fidèles musulmans venus du Sénégal et d’ailleurs.

Japon : Bassirou Diomaye Faye et Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani réaffirment leur volonté de renforcer la coopération

En marge de la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9), le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a eu un entretien bilatéral ce mardi avec son homologue mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. La rencontre, qualifiée de « fraternelle » par la Présidence sénégalaise, s’est déroulée dans une atmosphère empreinte de cordialité et d’engagement réciproque.

Selon le communiqué diffusé par la Présidence de la République, les deux chefs d’État ont exprimé leur volonté commune d’intensifier la concertation et de consolider la coopération entre Dakar et Nouakchott. Au-delà des relations diplomatiques classiques, le message officiel a insisté sur les liens historiques et culturels qui unissent les deux nations, renforcés par la proximité géographique et par un destin que les dirigeants considèrent comme « partagé ».

Cette rencontre au Japon illustre une fois de plus la dynamique de rapprochement entre les deux pays, qui ont en commun des enjeux stratégiques liés à la sécurité au Sahel, à la gestion des ressources naturelles et au développement économique transfrontalier. Elle intervient dans un contexte où les partenariats régionaux deviennent essentiels pour faire face aux défis contemporains, qu’ils soient économiques, sécuritaires ou environnementaux.

En affichant leur convergence de vues, Bassirou Diomaye Faye et Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani posent les jalons d’une coopération renforcée, appelée à s’élargir dans les domaines de la gouvernance, du commerce, de l’énergie et des infrastructures. Ce tête-à-tête au Japon, en marge d’une rencontre internationale de haut niveau, vient rappeler la place centrale du dialogue bilatéral dans les stratégies diplomatiques des deux pays.

FMI : une mission technique prévue à Dakar du 19 au 26 août pour renforcer la coopération avec le Sénégal

Le Sénégal accueillera du 19 au 26 août 2025 une mission technique du Fonds monétaire international (FMI), a annoncé le Ministère des Finances et du Budget dans une note d’information à la presse. Cette visite de travail, communément appelée “staff-visit”, sera conduite par les équipes du FMI et s’inscrit dans le cadre du suivi des dossiers en cours et du renforcement des échanges entre l’institution financière internationale et les autorités sénégalaises.

Selon le communiqué officiel, cette mission constituera un « cadre privilégié pour renforcer les échanges et la concertation avec les autorités sénégalaises ». Les discussions porteront sur plusieurs axes majeurs, notamment l’exécution budgétaire de l’année 2025, la préparation de la loi de finances initiale (LFI) pour 2026, ainsi que les différentes réformes envisagées par le gouvernement pour consolider la gouvernance économique du pays.

La mission du FMI permettra ainsi aux autorités sénégalaises et aux experts de l’institution internationale de passer en revue les progrès accomplis, d’évaluer les mesures en cours et d’examiner les perspectives pour le court et moyen terme. À l’issue de cette visite, une communication officielle sera publiée pour partager les conclusions et recommandations de la mission, offrant ainsi aux citoyens et aux acteurs économiques une vision claire des orientations retenues et des engagements futurs du gouvernement dans le cadre de sa coopération avec le FMI.

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