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Garde à vue de Cheikh Oumar Diagne : Mame Makhtar Guèye lui rend visite et rassure sur son état

Placée sous le regard attentif de l’opinion publique, la situation de Cheikh Oumar Diagne continue de susciter réactions et commentaires. Actuellement en garde à vue à la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar, il a reçu la visite de Mame Makhtar Guèye, responsable de l’association JAMRA, à l’occasion de la rupture du jeûne ce samedi 7 mars 2026.

À travers un message publié sur les réseaux sociaux, Mame Makhtar Guèye a tenu à rassurer ceux qui s’inquiètent de l’état de Cheikh Oumar Diagne. Selon lui, ce dernier se porte bien malgré les circonstances. « Rassurez-vous, le Grand Mujahid, Cheikh Oumar Diagne, se porte très bien », a-t-il écrit, soulignant l’état d’esprit combatif et la sérénité de l’homme qu’il est allé rencontrer.

Dans son témoignage, le responsable de JAMRA décrit un Cheikh Oumar Diagne fidèle à lui-même, affichant une attitude digne et confiante. Il affirme avoir retrouvé un homme debout, souriant et animé d’un moral qu’il qualifie d’« acier ». Cette posture, selon lui, reflète la personnalité du militant qui, même dans l’épreuve, conserverait sa détermination et sa force de caractère.

Mame Makhtar Guèye a également établi un parallèle avec une précédente visite rendue à Cheikh Oumar Diagne, ainsi qu’à Abdou Karim Gueye, plus connu sous le surnom de Nittu Degg, lorsqu’ils étaient détenus à la prison de Sébikotane durant la dernière période du pouvoir de l’ancien président Macky Sall. À ses yeux, l’homme qu’il a rencontré aujourd’hui est resté le même que celui qu’il avait découvert à cette époque, toujours animé par la même constance et la même détermination.

Selon le responsable de JAMRA, Cheikh Oumar Diagne continue d’endurer les rigueurs de la garde à vue en pleine période de Ramadan. Malgré les contraintes liées à sa situation, il ferait preuve de patience et de résilience en attendant la suite de la procédure judiciaire.

Cheikh Oumar Diagne devrait être présenté au procureur de la République ce lundi 9 mars 2026. Cette audition s’annonce comme une étape décisive dans cette affaire qui attire déjà l’attention de nombreux observateurs.

Émigration irrégulière : 164 candidats interceptés au large de Djifer après une panne de moteur

Une opération menée par la Brigade territoriale de Fimela, avec l’appui de l’Escadron de Surveillance et d’Intervention (ESI) de Fatick, a permis d’intercepter une pirogue transportant 164 candidats à l’émigration irrégulière au large du village de Djifer, dans la commune de Palmarin Facao, au sud du Sénégal.

L’intervention des forces de sécurité s’est déroulée le vendredi 06 mars 2026 dans le cadre des actions renforcées de lutte contre les départs clandestins vers l’Europe, un phénomène qui continue de mobiliser les autorités sénégalaises, notamment dans les zones côtières.

Selon les informations recueillies auprès des passagers, l’embarcation avait quitté la localité de Katong, en République de Gambie, dans la soirée du lundi 02 mars 2026, aux environs de 23 heures. À bord de la pirogue se trouvaient des migrants déterminés à rejoindre les côtes espagnoles, une destination fréquemment visée par les candidats à l’émigration irrégulière qui tentent la traversée périlleuse de l’océan Atlantique.

Toutefois, le voyage a rapidement connu des difficultés en pleine mer. L’un des moteurs hors-bord de la pirogue est tombé en panne, compromettant la poursuite de la traversée. Face à cette situation critique, l’équipage a été contraint de faire demi-tour dans l’espoir de regagner la côte. L’embarcation a finalement échoué à proximité de Djifer, où elle a été repérée avant l’intervention des gendarmes.

L’opération menée par la Brigade territoriale de Fimela, appuyée par les éléments de l’ESI de Fatick, a permis d’interpeller l’ensemble des passagers présents à bord. Au total, 164 personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles 140 hommes et 24 femmes.

Les migrants interceptés sont de différentes nationalités. On compte 129 ressortissants sénégalais, 23 gambiens et 12 maliens, illustrant une nouvelle fois la dimension sous-régionale du phénomène migratoire clandestin dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest.

Après leur interpellation, les candidats à l’émigration ont été pris en charge par les forces de sécurité pour les besoins de l’enquête. Les autorités cherchent notamment à identifier les organisateurs de ce voyage clandestin et à démanteler les réseaux de passeurs impliqués dans ce type d’opérations.

Cette interception s’inscrit dans un contexte où les services de sécurité multiplient les patrouilles et les opérations de surveillance le long des côtes sénégalaises afin de prévenir les départs irréguliers. Malgré les risques liés à la traversée de l’Atlantique, de nombreux jeunes continuent de tenter l’aventure migratoire, souvent poussés par des difficultés économiques et l’espoir d’un avenir meilleur en Europe.

Kaolack : Dr Ndéné Mbodji plaide pour l’unité et le développement à travers une Fédération des fils de la ville

À Kaolack, la ville carrefour du Saloum, les défis se multiplient : fermeture d’unités industrielles, routes dégradées, absence d’espaces publics structurants… C’est dans ce contexte préoccupant que Dr Ndéné Mbodji, Directeur du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD), a pris la parole lors d’un Ndogou organisé ce samedi 7 mars à Mbossé Coumba Djiguène, à l’occasion du mois de Ramadan.

Devant des responsables politiques locaux, militants et sympathisants du parti PASTEF, Dr Mbodji a dressé un constat sans concession sur l’état de sa ville natale. Selon lui, Kaolack, autrefois moteur économique de la région, a perdu une grande partie de son dynamisme et de son rayonnement.

Face à ces enjeux, il a proposé une solution ambitieuse : la création d’une Fédération des fils de Kaolack, inspirée de l’initiative « Touba Ca Kanam ». Cette structure viserait à mobiliser les compétences et les ressources locales, à transcender les clivages politiques et à construire une vision commune pour le développement de la ville.

« Il est temps que les fils et filles de Kaolack s’unissent autour de l’essentiel : le développement de leur ville », a-t-il lancé, appelant à une solidarité active afin de redonner à Kaolack son prestige d’antan.

Parmi les pistes concrètes évoquées, Dr Mbodji a insisté sur la valorisation d’espaces stratégiques. Il a notamment proposé que le site de l’ancienne Douane, situé au niveau du Pont Noiro, soit transformé en espace commercial moderne, capable de dynamiser l’économie locale et d’attirer des investissements ainsi que des activités génératrices d’emplois.

Sur le plan institutionnel, il a également souligné le rôle du COUD dans la promotion d’une gestion efficace et transparente, mettant en avant les progrès réalisés dans le fonctionnement des restaurants universitaires et dans les services offerts aux étudiants.

Enfin, sur le plan politique, Dr Mbodji a rappelé l’importance des prochaines élections municipales, affirmant son engagement à œuvrer pour que le parti PASTEF s’impose dans toute la région, tout en liant développement local et mobilisation citoyenne.

En mettant l’accent sur les problématiques de Kaolack et sur des solutions concrètes, cette rencontre de Ndogou s’est présentée comme une tribune stratégique pour impulser un nouvel élan de solidarité et de développement dans la capitale du Saloum.

Affaire ASER : le député Mbaye Dione appelle la justice à faire la lumière sur les 37 milliards évoqués

Lors de l’émission IFTAR diffusée ce dimanche 8 mars sur la chaîne ITV Sénégal, le député Mbaye Dione s’est exprimé sur le dossier de l’Agence sénégalaise de l’électrification rurale (ASER), appelant la justice sénégalaise à faire toute la lumière sur les accusations entourant ce programme destiné à améliorer l’accès à l’électricité dans les zones rurales.

Le parlementaire, par ailleurs maire de Ngoundiane, a évoqué des incohérences constatées sur le terrain dans certaines localités supposées avoir bénéficié du programme d’électrification rurale. Selon lui, certaines déclarations officielles ne correspondent pas toujours à la réalité observée dans les villages concernés.

À titre d’exemple, Mbaye Dione a cité le cas du village de Bidjioury, situé dans la commune de Darou Salam, dans le département de Nioro du Rip. Il affirme s’y être rendu dans le cadre de ses tournées politiques et dit n’y avoir trouvé aucune trace d’installation électrique. « Le village de Bidjioury n’a pas de courant. Il n’y a même pas de fils ou de traces d’installation électrique », a-t-il déclaré, estimant que ce type de situation mérite des vérifications approfondies.

Le député a également salué l’initiative de son collègue Thierno Alassane Sall qui a saisi le pôle judiciaire et financier afin qu’une enquête soit ouverte sur cette affaire. Pour Mbaye Dione, les éléments évoqués dans le dossier, notamment le montant de 37 milliards de francs CFA, justifient pleinement que la justice examine la question avec rigueur.

Selon lui, il est essentiel que les autorités judiciaires procèdent à des vérifications concrètes sur le terrain afin de déterminer la véracité des informations avancées. Il estime que lorsqu’un village est officiellement présenté comme ayant été électrifié, mais qu’aucune installation n’est visible sur place, cela soulève forcément des interrogations.

« Je pense que l’affaire ASER et les 37 milliards doivent être élucidés. La justice doit se prononcer sur cette question, d’autant plus que Thierno Alassane Sall a déjà déposé une plainte au niveau du pôle judiciaire et financier », a-t-il déclaré. Le député a également ajouté qu’à ses yeux, « il y a une part de vérité » dans les accusations portées par son collègue.

De son côté, le directeur général de l’ASER, Jean-Michel Sène, a toujours rejeté les accusations formulées contre l’agence. À plusieurs reprises, il a invité Thierno Alassane Sall à participer à un débat télévisé afin de confronter les points de vue et d’apporter des éclaircissements publics sur le dossier.

Mbaddakhoune : une conférence religieuse pour consolider le vivre-ensemble

La localité de Mbaddakhoune a accueilli, ce samedi 7 mars 2026, une importante conférence religieuse organisée par l’Association « Nous Tous pour le Savoir et le Partage », en collaboration avec l’Association « Jam’iyyatul Khuddamil Hausawiyyati » et la MINKA Youth Fondation. Une rencontre spirituelle qui s’est distinguée par son engagement en faveur du vivre-ensemble, de la solidarité et de la diffusion du savoir islamique.

Placée sous le thème « Unité et coopération en Dieu », cette conférence a réuni des guides religieux, des fidèles ainsi que de nombreuses populations venues prendre part à cet événement devenu un moment privilégié de partage spirituel.

La rencontre a démarré par une séance de récital du Saint Coran, instaurant une atmosphère de recueillement et de spiritualité. Ce moment a permis de rappeler l’importance de la parole divine dans la vie du musulman, particulièrement en cette période du mois béni de Ramadan, marquée par la piété, la générosité et la recherche de la miséricorde divine.

Le guide religieux Cheikh Adou Bahi Assane Dème, conférencier de la journée, a développé une réflexion approfondie sur les valeurs d’unité, de fraternité et de coopération entre les croyants. Dans son intervention, il a souligné que la cohésion sociale et l’entraide constituent des piliers fondamentaux de l’enseignement islamique et des facteurs essentiels pour bâtir des communautés solides et solidaires.

Au-delà de l’aspect spirituel, cette conférence a également revêtu une dimension sociale à travers la distribution de dons alimentaires destinés aux familles démunies. Ce geste de générosité s’inscrit dans l’esprit de partage et d’assistance mutuelle fortement recommandé par l’islam, surtout durant le mois de Ramadan.

L’événement a bénéficié du soutien de plusieurs personnalités engagées dans la promotion des valeurs religieuses et sociales, dont M. Ibrahima Bâ, parrain de la rencontre. La manifestation a également enregistré la présence remarquée d’une délégation de sept Saltigués, représentants de la communauté lébou de Dakar, témoignant ainsi du caractère inclusif et fédérateur de cette initiative.

À travers cette conférence, les organisateurs ambitionnent non seulement de promouvoir le savoir religieux, mais aussi de consolider les liens entre les communautés et d’encourager les actions de solidarité au service des populations.

Cette rencontre spirituelle confirme ainsi le rôle central des initiatives religieuses dans la promotion de la paix sociale, de la fraternité et du vivre-ensemble au sein des communautés.

Dakar : 200 familles soutenues grâce à l’élan de solidarité de la Fondation Mohammed VI pendant le Ramadan

Dans le cadre des actions de solidarité marquant le mois béni de Ramadan 1447 H / 2026, la Fondation Mohammed VI des Oulémas Africains – Section Sénégal a procédé, ce dimanche 8 mars 2026 à Dakar, à une cérémonie de distribution de 200 kits alimentaires destinés aux populations les plus vulnérables.

La rencontre a été présidée par Cheikh Mouhamadoul Khouraichy Niass, président de la section sénégalaise de la Fondation. Elle s’est déroulée en présence de Son Excellence l’ambassadeur du Royaume du Maroc au Sénégal, ainsi que de deux représentants du siège de la Fondation basé à Fès. Leur participation témoigne de l’intérêt accordé par l’institution aux actions sociales menées par ses différentes sections à travers le continent africain.

Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de solidarité et de partage qui caractérise le mois de Ramadan, période consacrée à la piété, à la générosité et à l’entraide entre les communautés. Les kits alimentaires distribués, composés notamment de sacs de riz, de sucre, d’huile et de dattes, visent à soutenir les familles bénéficiaires afin de leur permettre d’observer le jeûne dans des conditions plus dignes et sereines.

À travers cette action, la Fondation Mohammed VI des Oulémas Africains réaffirme sa mission de promotion des valeurs authentiques de l’islam, notamment la solidarité, la compassion et la fraternité. Chaque année, l’institution multiplie les initiatives sociales et humanitaires en faveur des populations vulnérables dans plusieurs pays africains, contribuant ainsi au renforcement de la cohésion sociale et des liens de fraternité entre les peuples.

La section sénégalaise de la Fondation a également saisi cette occasion pour exprimer sa profonde reconnaissance pour ces actions à forte portée sociale et spirituelle, inspirées et soutenues par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, président de la Fondation. Son engagement constant en faveur de la coopération africaine et de la solidarité entre les peuples est largement salué.

La cérémonie s’est achevée dans un climat de recueillement spirituel, marqué par des prières formulées pour Sa Majesté le Roi Mohammed VI, afin que Dieu Tout-Puissant lui accorde santé, longévité et réussite dans ses nobles missions, et bénisse ses actions en faveur de la paix, de la fraternité et du développement des peuples africains.

À travers ce geste de solidarité, la Fondation rappelle que le Ramadan demeure un moment privilégié de partage et d’assistance aux plus démunis, conformément aux enseignements de l’islam qui placent la générosité et la compassion au cœur de la vie sociale.

Journée internationale des droits des femmes : les femmes frigoristes du Sénégal au service de la communauté

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le Réseau national des femmes frigoristes du Sénégal a marqué les esprits en célébrant cette journée par une action citoyenne et solidaire, ce 8 mars au centre de référence à Liberté 6.

Réunies autour de leur savoir-faire technique, ces professionnelles ont offert gratuitement à la population des services de diagnostic et de réparation de systèmes de climatisation automobile, incluant la recharge en gaz.

Dans plusieurs quartiers de Dakar, des files de voitures se sont formées dès les premières heures de la matinée. Les conducteurs, à la fois surpris et ravis, ont accueilli avec enthousiasme cette initiative qui allie compétence technique et engagement social.

« C’est une manière pour nous de montrer que les femmes peuvent exceller dans des métiers longtemps considérés comme masculins, tout en contribuant au bien-être de la population », explique Mme Sokhna Fall Diawara, présidente du Réseau national des femmes frigoristes du Sénégal.

Au-delà du geste pratique, cette action symbolise la volonté des femmes frigoristes de briser les stéréotypes et de promouvoir l’égalité des chances dans les métiers techniques. Elle illustre également l’importance de la solidarité et du service communautaire, des valeurs au cœur de cette journée mondiale.

Dans la même dynamique, la présidente du réseau souligne que ces activités ont pu être réalisées grâce à l’accompagnement de la Direction de l’Environnement, qui a mis à leur disposition le matériel nécessaire pour assurer efficacement la maintenance des véhicules.

Parmi les bénéficiaires, plusieurs personnalités ont salué l’initiative. L’acteur connu sous le nom de Commissaire Keïta, célèbre pour son rôle dans la série Mœurs, a notamment félicité les participantes. Il estime que les femmes frigoristes du Sénégal doivent servir de référence dans ce domaine et que leur engagement constitue un exemple inspirant pour marquer cette journée.

La célébration s’est achevée dans une ambiance conviviale, ponctuée d’échanges, de témoignages et de démonstrations techniques, rappelant que l’émancipation des femmes passe aussi par la reconnaissance de leurs compétences dans tous les secteurs.

Pour terminer, la présidente du réseau, Mme Sokhna Fall Diawara, a lancé un appel solennel aux autorités compétentes afin de soutenir davantage les femmes évoluant dans le domaine du froid. Elle a également encouragé les jeunes filles à s’intéresser à ce métier.

« Je conseille aux jeunes filles de venir apprendre et pratiquer ce métier passionnant et porteur d’opportunités », a-t-elle conclu.

Journée internationale des droits des femmes : Mouhamed Faye, PDG de Cautiona Sénégal, offre une caution locative entièrement prise en charge

Dakar, 8 mars – À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Cautiona Sénégal a choisi de poser un geste fort en faveur de l’égalité et de l’autonomisation féminine. L’entreprise a annoncé qu’elle offrirait exceptionnellement à une femme la possibilité de bénéficier d’une caution locative entièrement prise en charge, sans frais de mise en service.

Cette initiative vise à soulager les contraintes financières auxquelles de nombreuses femmes sont confrontées lorsqu’elles recherchent un logement, et à promouvoir leur indépendance économique.

« Nous croyons que chaque femme mérite de vivre dans la dignité et la sécurité. En supprimant cet obstacle, nous espérons contribuer à ouvrir davantage de portes », a déclaré Mouhamed Faye, PDG de Cautiona Sénégal.

La bénéficiaire sera sélectionnée parmi plusieurs candidatures, en tenant compte de son parcours et de ses besoins. Pour Cautiona Sénégal, ce geste symbolique s’inscrit dans une démarche plus large de soutien aux femmes, en cohérence avec les valeurs de solidarité et de justice sociale portées par la Journée internationale des droits des femmes.

Au-delà de l’aspect financier, cette action rappelle l’importance de créer des opportunités concrètes pour les femmes, afin qu’elles puissent s’épanouir pleinement dans la société sénégalaise.

Souveraineté alimentaire : Ousmane Sonko en immersion dans les champs de Mabouba Diagne

Au lendemain de l’assemblée générale de la coalition Diomaye Président, la journée de samedi s’est prolongée pour le Premier ministre Ousmane Sonko dans un cadre bien différent des salles de réunion politiques. Le chef du gouvernement s’est rendu dans des exploitations agricoles appartenant au ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, pour une immersion sur le terrain, au plus près des réalités du monde rural.

C’est à l’issue de cette visite que le leader de Pastef a partagé un message sur le réseau social X, évoquant une expérience marquante au contact de la terre. « J’ai passé une excellente journée dans les champs. Il n’y a rien de plus vrai que l’agriculture. Retournons-y tous ! Le pari de la souveraineté est d’abord un pari individuel », a-t-il écrit, soulignant l’importance de l’engagement personnel dans la construction de l’indépendance alimentaire du pays.

Cette sortie du Premier ministre s’inscrit dans un contexte où la question de la souveraineté alimentaire occupe une place centrale dans les priorités du gouvernement. Pour Ousmane Sonko, l’agriculture représente bien plus qu’un simple secteur économique : elle constitue l’un des piliers essentiels de la souveraineté nationale et du développement durable du Sénégal.

Présent lors de cette visite, le ministre de l’Agriculture Mabouba Diagne a tenu à apporter des précisions sur le sens de cette journée passée dans les champs. Selon lui, la venue du Premier ministre dans ses exploitations agricoles a permis de partager un moment privilégié d’échanges et de réflexion autour des défis majeurs auxquels fait face l’agriculture sénégalaise.

« Ce samedi, j’ai eu le plaisir et l’honneur d’accueillir le Premier ministre, Ousmane Sonko, dans mes exploitations agricoles pour une immersion au cœur du travail de la terre. Cette visite dans les champs a été un moment d’échanges francs et inspirants autour des défis et des opportunités de notre agriculture », a déclaré le ministre.

Pour Mabouba Diagne, cette rencontre sur le terrain a surtout été l’occasion de rappeler une conviction forte : la souveraineté alimentaire du Sénégal ne pourra être atteinte sans l’engagement concret de tous les citoyens. Au-delà des politiques publiques et des programmes gouvernementaux, il estime que la mobilisation individuelle et collective demeure indispensable pour transformer durablement le secteur agricole.

Le ministre souligne également que le message publié par le Premier ministre reflète parfaitement l’esprit de la vision qu’ils entendent porter au sommet de l’État. Cette vision consiste à faire de l’agriculture un secteur stratégique capable de soutenir la croissance économique du pays, tout en devenant un véritable projet citoyen tourné vers l’autosuffisance alimentaire.

Dans cette perspective, Mabouba Diagne assure que le ministère de l’Agriculture poursuivra ses initiatives visant à moderniser le secteur et à améliorer la productivité des exploitations agricoles. L’objectif affiché est de bâtir une agriculture performante, innovante et capable de créer des emplois durables, notamment pour la jeunesse sénégalaise.

À travers les efforts conjoints du gouvernement et des producteurs présents dans toutes les régions du pays, les autorités espèrent accélérer la transformation du modèle agricole national. Pour le ministre, il s’agit d’encourager une dynamique où chaque citoyen se sent concerné par l’enjeu de la souveraineté alimentaire.

Soukerou Koor : Serigne Momar Sokhna apporte un soutien concret aux familles de Latmingué

À l’occasion du mois béni du Ramadan, une importante activité de solidarité s’est tenue ce samedi 7 mars 2026 à Latmingué. À l’initiative de l’opérateur économique et président du mouvement GMDS, Serigne Momar Sokhna, une distribution de « Soukerou Koor » a été organisée au profit de nombreuses familles de la localité.

Cette initiative s’inscrit dans l’esprit de partage et d’entraide qui caractérise le mois de Ramadan dans la tradition musulmane. Pour l’occasion, des paniers composés de denrées alimentaires essentielles ont été remis à plusieurs ménages afin de les accompagner dans la rupture du jeûne.

« Cette initiative s’inscrit dans l’esprit de solidarité propre au mois de Ramadan. Nous avons remis des paniers contenant des denrées alimentaires de première nécessité pour aider les familles à mieux vivre la rupture du jeûne », a expliqué Serigne Momar Sokhna.

Dans son intervention, il a rappelé que le Ramadan constitue un moment privilégié pour renforcer les valeurs de solidarité, de fraternité et de générosité envers les personnes les plus vulnérables. Selon lui, soutenir les familles durant cette période est à la fois un devoir moral et religieux pour tout musulman qui en a les moyens.

« Le mois de Ramadan nous enseigne la patience, le partage et la compassion. Il est de notre responsabilité d’aider nos frères et sœurs afin que chacun puisse vivre ce mois dans la dignité », a-t-il souligné.

Au-delà de l’aspect religieux, cette action sociale vise également à renforcer les liens de proximité avec les populations de Latmingué. Les bénéficiaires ont salué une initiative qu’ils jugent opportune dans un contexte où les dépenses familiales augmentent souvent durant le mois de Ramadan.

Par cette distribution de « Soukerou Koor », Serigne Momar Sokhna réaffirme ainsi son engagement social et communautaire, tout en contribuant à perpétuer les valeurs de solidarité prônées par l’islam durant ce mois sacré.

Profitant de cette rencontre, Serigne Momar Sokhna a également abordé plusieurs questions d’actualité touchant directement les populations locales. Devant des responsables communautaires, des acteurs politiques ainsi que des chefs religieux invités pour la circonstance, il s’est exprimé sur la situation de la campagne arachidière, les préparatifs de la prochaine saison des pluies — notamment la question des intrants agricoles — ainsi que sur certains débats sociétaux qui agitent l’opinion.

Évoquant la campagne arachidière écoulée, il a souligné les difficultés rencontrées par les producteurs, notamment en matière de commercialisation et d’accompagnement du secteur agricole. Il a insisté sur la nécessité pour les autorités et les acteurs locaux d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations des agriculteurs, qu’il considère comme un pilier essentiel de l’économie locale.

Dans la perspective de la prochaine saison des pluies, il a également mis l’accent sur l’importance de la disponibilité et de l’accessibilité des intrants agricoles. Selon lui, une bonne préparation de l’hivernage passe par une distribution efficace des semences, des engrais et du matériel agricole afin de permettre aux producteurs d’améliorer leurs rendements.

La rencontre a également été marquée par l’évocation de certaines questions sociétales, notamment le débat sur la criminalisation de l’homosexualité. Sur ce point, Serigne Momar Sokhna a plaidé pour l’implication des chefs religieux dans la réflexion et la sensibilisation autour des valeurs sociales et culturelles.

Sur le plan politique local, il a enfin profité de cette tribune pour adresser un message clair aux populations en perspective des prochaines élections locales.

« Latmingué ne sera plus dirigée par un maire incompétent », a-t-il déclaré, appelant les citoyens à faire preuve de responsabilité dans le choix de leurs futurs dirigeants.

Coalition Diomaye Président : Bassirou Diomaye Faye appelle ses alliés à l’humilité et à la retenue dans l’exercice du pouvoir

Lors de l’assemblée générale consacrée à la validation des textes fondateurs de la Coalition Diomaye Président, le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye a adressé un message empreint de sobriété et de responsabilité à l’ensemble de ses alliés politiques. Devant les responsables et militants réunis pour l’occasion, le président de la République a insisté sur la nécessité d’adopter une posture empreinte d’humilité dans la gestion du pouvoir, tout en appelant à préserver l’esprit de mesure dans l’action politique.

Rappelant la ligne de conduite qu’il s’est fixée depuis son accession à la magistrature suprême, Bassirou Diomaye Faye a affirmé avoir fait le choix d’une gouvernance fondée sur la modestie et la conscience des responsabilités. « À mon élection, j’ai décidé de gouverner avec humilité », a-t-il déclaré, soulignant que l’exercice du pouvoir ne saurait se départir d’une certaine retenue, surtout dans un contexte politique marqué par de fortes attentes citoyennes.

Le président de la République a également tenu à replacer l’action des dirigeants dans une perspective historique et institutionnelle plus large. Selon lui, les responsables politiques doivent constamment garder à l’esprit le caractère transitoire de leur passage à la tête de l’État. « Il faut garder en tête que le Sénégal n’a pas commencé et ne finira pas avec nous. Il faut transmettre le flambeau toujours en meilleur état », a-t-il affirmé. Par ces propos, le chef de l’État a insisté sur la dimension fiduciaire du pouvoir, estimant que gouverner revient avant tout à administrer un héritage national qui préexiste aux dirigeants et qui leur survivra.

S’adressant directement aux membres de la Coalition Diomaye Président, Bassirou Diomaye Faye a réitéré son engagement à poursuivre cette démarche marquée par l’humilité et la lucidité. « J’entends continuer avec cette humilité et cette lucidité. Nous savons d’où nous venons », a-t-il déclaré. Ce rappel, formulé sur un ton mesuré, apparaît comme un signal adressé à certains acteurs politiques tentés par les excès que peut engendrer la proximité avec le pouvoir.

Le chef de l’État a également évoqué la portée symbolique de son propre parcours, estimant que son accession à la présidence peut constituer une source d’inspiration pour de nombreux citoyens. « Mon destin doit inspirer », a-t-il indiqué, tout en précisant que l’ambition personnelle, bien que légitime dans toute trajectoire politique, doit s’inscrire dans le respect des méthodes et des principes. « Chacun peut avoir son ambition personnelle, mais il faut la manière pour parvenir à ses fins », a-t-il ajouté.

Dans la même veine, Bassirou Diomaye Faye a plaidé pour davantage de retenue dans l’espace public, appelant les acteurs politiques à privilégier la discrétion et la responsabilité dans leurs prises de parole. Selon lui, le silence peut parfois constituer une forme de sagesse politique. « Le silence a beaucoup de vertus, surtout dans un pays comme le Sénégal », a-t-il affirmé, dans ce qui s’apparente à une mise en garde contre les déclarations intempestives et les rivalités de positionnement qui peuvent fragiliser la cohésion au sein même du camp présidentiel.

Enfin, le président de la République a élargi son propos à la qualité du débat public au Sénégal, estimant que la tonalité actuelle des échanges politiques mérite d’être repensée. Sans nier la légitimité des confrontations d’idées, il a déploré le niveau d’animosité qui caractérise parfois les discussions politiques. « On peut débattre dans une certaine violence… cette animosité dans l’espace politique est à revoir », a-t-il conclu.

Restructuration de la coalition Diomaye Président : Aminata Touré annonce l’adhésion de 278 maires

Le paysage politique sénégalais reste marqué par une forte dynamique au sein de la mouvance présidentielle. Dans le cadre du processus de restructuration de la coalition Diomaye Président, entamé à la fin de l’année 2025, Aminata Touré a annoncé l’adhésion de 278 maires à cette plateforme politique qui soutient l’action du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Cette annonce intervient dans un contexte de recomposition et de consolidation des forces politiques autour du pouvoir, alors que la coalition cherche à se doter d’une organisation plus structurée et durable.

Cette phase de restructuration constitue une étape stratégique dans la vie de la coalition. Née de la dynamique électorale ayant porté Bassirou Diomaye Faye à la présidence de la République en 2024, la coalition Diomaye Président a d’abord fonctionné comme un rassemblement électoral large, réunissant plusieurs formations politiques, mouvements citoyens et personnalités indépendantes. Après la victoire présidentielle et l’installation des nouvelles autorités, l’enjeu est désormais de transformer cette alliance circonstancielle en une organisation politique stable, capable d’accompagner durablement l’action gouvernementale.

La mission de conduire cette transformation a été confiée à Aminata Touré, ancienne Première ministre et figure politique expérimentée. Désignée pour piloter la restructuration, elle est chargée de mettre en place les nouveaux textes fondateurs, d’organiser les mécanismes de fonctionnement interne et de renforcer la cohésion entre les différentes composantes de la coalition. Son rôle consiste également à élargir la base politique du mouvement en consolidant les soutiens au niveau territorial.

L’annonce du ralliement de 278 maires est ainsi présentée comme un signal fort de l’ancrage local de la coalition. Les collectivités territoriales jouent en effet un rôle essentiel dans la structuration des forces politiques au Sénégal. Les maires, en tant qu’acteurs de proximité disposant d’une légitimité élective, constituent des relais importants pour la diffusion des orientations politiques et la mobilisation des populations. Leur adhésion à la coalition Diomaye Président est interprétée par les responsables de la mouvance présidentielle comme un indicateur de confiance et de consolidation du projet politique porté par le chef de l’État.

Au-delà des chiffres, cette dynamique s’inscrit dans une volonté affichée de sortir la coalition de ce qui a été décrit par certains de ses responsables comme une forme de léthargie organisationnelle. Après l’euphorie de la victoire électorale, plusieurs observateurs avaient souligné l’absence d’une structure clairement définie, susceptible de coordonner les actions et d’assurer une cohérence politique entre les différentes composantes de la majorité. La restructuration en cours vise donc à corriger ces faiblesses et à instaurer une organisation plus disciplinée et plus efficace.

Le processus engagé comprend notamment la validation de nouveaux textes fondateurs, la mise en place d’organes de direction et l’élaboration d’un cadre de concertation entre les différents partenaires politiques. L’objectif est de doter la coalition d’un fonctionnement institutionnalisé qui permette de gérer les divergences internes tout en renforçant la solidarité autour du programme présidentiel.

Dans ce contexte, l’action d’Aminata Touré est observée avec attention par les acteurs politiques et les analystes. La réussite de cette mission pourrait renforcer la stabilité de la majorité présidentielle et faciliter la mise en œuvre des réformes annoncées par le gouvernement. À l’inverse, toute difficulté ou contestation interne pourrait fragiliser la cohésion de la coalition et alimenter les débats politiques à l’approche des prochaines échéances électorales.

Pour l’heure, l’annonce de l’adhésion de plusieurs centaines de maires est présentée par les responsables de la coalition comme une avancée significative dans le processus de consolidation de la mouvance présidentielle. Elle témoigne, selon eux, d’une dynamique d’adhésion autour du projet politique incarné par le président Bassirou Diomaye Faye et d’une volonté de structurer durablement la majorité qui soutient son action.

Coalition Diomaye Président : une assemblée générale stratégique au King Fahd Palace pour valider les textes fondateurs

L’assemblée générale consacrée à la validation des textes fondateurs de la Coalition Diomaye Président se tient actuellement au King Fahd Palace, à Dakar, dans une atmosphère à la fois studieuse et engagée. Cette rencontre d’envergure marque une étape importante dans le processus de structuration et de consolidation du mouvement qui soutient l’action du président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

Plusieurs responsables politiques, élus locaux, cadres du mouvement ainsi que de nombreux sympathisants ont répondu présents à cette réunion stratégique. Leur mobilisation traduit la volonté affichée de renforcer l’organisation interne de la coalition et de poser les bases d’un fonctionnement plus structuré autour d’orientations politiques clairement définies.

Prenant la parole devant les participants, Aminata Touré, chargée de superviser la restructuration de la coalition, a rappelé les directives qui lui ont été confiées par le chef de l’État. Elle a expliqué que sa mission consiste notamment à élargir la coalition afin d’y intégrer de nouvelles forces politiques et citoyennes susceptibles d’accompagner durablement le projet porté par le président de la République.

Selon elle, cette dynamique d’ouverture doit toutefois s’accompagner d’une exigence de discipline et de sérénité au sein des rangs du mouvement. « Lors de ma nomination, le président Bassirou Diomaye Faye m’a instruit d’élargir la coalition. Nous voulons des collaborateurs sereins, disciplinés surtout », a-t-elle déclaré devant l’assemblée.

Dans son intervention, l’ancienne Première ministre a également insisté sur la nécessité de privilégier le travail politique de fond plutôt que les confrontations ou les polémiques. Elle a appelé les militants et responsables de la coalition à concentrer leurs efforts sur l’accompagnement des réformes engagées par les autorités et sur la mobilisation autour des objectifs fixés par le président de la République.

Pour Aminata Touré, le contexte actuel exige davantage de cohésion et de sens des responsabilités. Elle estime que la priorité doit être accordée au renforcement de l’unité interne et à la consolidation des bases politiques du mouvement, afin de soutenir efficacement les politiques publiques engagées depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye.

La rencontre a également été marquée par une organisation saluée par de nombreux participants. Plusieurs responsables présents ont souligné la forte implication d’Aminata Touré dans la préparation et la coordination de l’événement. Son sens de l’organisation et sa capacité à fédérer les différentes sensibilités de la coalition ont contribué au bon déroulement de cette assemblée générale.

Les échanges entre les participants ont notamment porté sur les orientations stratégiques du mouvement, les principes contenus dans les textes fondateurs ainsi que les perspectives de renforcement de la coalition dans les différentes régions du pays. L’objectif affiché est de doter la coalition d’une architecture politique solide capable d’accompagner durablement l’action présidentielle.

À l’issue des discussions, plusieurs participants ont salué le leadership et l’efficacité organisationnelle d’Aminata Touré. Pour eux, cette assemblée générale constitue une étape décisive dans la consolidation du mouvement Diomaye Président et dans la mise en place d’un cadre politique structuré autour du chef de l’État.

Affaire Pierre Robert : les révélations d’un suspect sur une relation intime et un système de contrôle renforcent les soupçons d’un vaste réseau

L’enquête tentaculaire impliquant le ressortissant français Pierre Robert continue de livrer de nouveaux éléments troublants. Selon des révélations du quotidien Libération, l’un des quatorze suspects actuellement placés sous mandat de dépôt à Dakar a reconnu entretenir une relation intime avec le principal mis en cause, apportant un éclairage supplémentaire sur ce dossier criminel d’une ampleur exceptionnelle mêlant exploitation sexuelle, réseaux numériques et mécanismes de manipulation.

L’affaire a été déclenchée à la suite de l’exécution au Sénégal d’une commission rogatoire internationale émise par les autorités judiciaires françaises. Dans ce cadre, les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (Dic) ont mené plusieurs opérations ayant conduit à l’arrestation de quatorze personnes. Ces dernières ont été écrouées pour des chefs d’accusation particulièrement graves, notamment association de malfaiteurs, traite d’êtres humains en bande organisée, proxénétisme en bande organisée, transmission volontaire du VIH/Sida, viols sur mineurs, actes de pédophilie, actes contre nature, ainsi que détention et usage de drogue, rapporte Libération.

Parmi les personnes incarcérées figure Amath Lô, âgé de 21 ans. Le jeune homme a été interpellé dans un appartement situé aux Almadies, un logement que Pierre Robert continuait, selon les éléments de l’enquête, de financer malgré son placement en détention.

Les investigations ont pris une nouvelle dimension lorsque les enquêteurs ont exploité plusieurs messages électroniques interceptés au cours de la procédure. Dans ces échanges, Pierre Robert appelait Amath Lô par le surnom affectif « Bb », ce qui a conduit les policiers à interroger le jeune homme sur la nature de leur relation.

Confronté à ces messages lors de son audition, Amath Lô n’a pas contesté les faits. D’après Libération, il a reconnu être « fiancé à Pierre Robert depuis février 2024 ». Le suspect a expliqué avoir fait la connaissance du ressortissant français sur Facebook en novembre 2023, alors qu’il n’était âgé que de 18 ans. Selon son récit, leur premier échange sur Messenger aurait débuté par un message dans lequel Pierre Robert se présentait ainsi : « Salut, je suis un blanc qui habite au Sénégal à Saly ».

Au fil des mois, la relation entre les deux hommes aurait évolué. Toujours selon les déclarations rapportées par Libération, Pierre Robert aurait rapidement pris en charge certains aspects matériels de la vie du jeune homme. Le 17 janvier 2024, il lui aurait trouvé une chambre à Keur Massar. Quelques semaines plus tard, le 7 février 2024, le ressortissant français serait arrivé au Sénégal.

Peu après son arrivée, il aurait conduit Amath Lô à Yoff afin de lui présenter une personne qu’il aurait décrite comme son « mari ». Dans la foulée, il lui aurait également loué un appartement dans ce quartier.

Lors de son audition, Amath Lô s’est décrit comme un « formateur au sexe » et a affirmé ne pratiquer aucune religion. Il a également déclaré que Pierre Robert organisait certaines rencontres avec d’autres hommes recrutés sur l’application Grindr. Ces derniers auraient été rémunérés pour participer à ces rendez-vous.

Toujours selon ses déclarations, ces relations étaient étroitement encadrées par le ressortissant français, qui aurait fixé plusieurs règles concernant les partenaires et la manière dont les rencontres devaient se dérouler.

L’un des aspects les plus préoccupants mis au jour par les enquêteurs concerne un système de surveillance qui aurait été mis en place dans l’appartement occupé par Amath Lô. Les policiers ont en effet découvert qu’une caméra dissimulée aurait été installée dans le logement, permettant à Pierre Robert de suivre à distance ce qui s’y déroulait.

Parmi les éléments versés au dossier figure également un message intercepté par les enquêteurs dans lequel le suspect français se plaint d’un dysfonctionnement technique, écrivant simplement : « La caméra ne fonctionne pas ».

Ces découvertes viennent renforcer l’hypothèse des enquêteurs selon laquelle un système structuré d’exploitation et de contrôle aurait été mis en place. Les investigations se poursuivent désormais autour de l’exploitation des preuves numériques, des témoignages et des nombreux éléments matériels saisis au cours de l’enquête.

Coalition Diomaye Président : Aminata Touré supervise la validation des textes fondateurs après quatre mois de restructuration

La coalition Diomaye Président a franchi une nouvelle étape dans sa structuration politique en tenant son assemblée générale consacrée à la validation de ses textes fondateurs. Cette rencontre marque l’aboutissement d’un processus de restructuration entamé il y a quatre mois et conduit sous la supervision de l’ancienne Première ministre Aminata Touré, désignée superviseur général par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

Devant les délégués réunis pour l’occasion, Aminata Touré est revenue sur le mandat qui lui a été confié par le chef de l’État pour mener ce chantier organisationnel. Elle a expliqué avoir reçu la responsabilité de piloter la refondation interne de la coalition afin de doter celle-ci de règles claires de fonctionnement et d’un cadre institutionnel solide. Selon elle, cette mission témoigne de l’importance que le président de la République accorde à l’avenir et à la cohésion de la coalition politique qui a porté sa candidature à l’élection présidentielle.

Dans son intervention, l’ancienne cheffe du gouvernement a indiqué que Bassirou Diomaye Faye a personnellement manifesté son attachement à cette coalition et son souhait de la voir se consolider dans la durée. Elle a rapporté que le chef de l’État lui avait fait part de sa volonté de s’impliquer dans la structuration de cet outil politique, estimant que la coalition doit continuer à jouer un rôle central dans l’accompagnement du projet de gouvernance engagé depuis l’accession au pouvoir.

Aminata Touré a également détaillé les orientations fixées par le président de la République pour guider les travaux de restructuration. Ces orientations reposent notamment sur l’ouverture de la coalition autour de principes jugés fondamentaux pour la construction d’un espace politique crédible et durable. Parmi ces principes figurent en priorité la bonne gouvernance et l’unité, deux valeurs que la superviseure générale a présentées comme essentielles pour assurer la cohérence et la solidité de la coalition.

Elle a insisté sur le fait que ces principes ne doivent pas seulement être des références théoriques, mais constituer le socle d’une pratique politique responsable et exemplaire. Pour Aminata Touré, la restructuration engagée vise précisément à instaurer une culture politique fondée sur l’exigence éthique, la transparence et la solidarité entre les différentes composantes de la coalition.

L’assemblée générale organisée pour la validation des textes fondateurs représente ainsi l’ultime étape d’un processus de concertation interne qui s’est déroulé durant plusieurs mois. Au cours de cette période, les responsables et représentants des différentes entités membres ont travaillé à l’élaboration des documents destinés à régir l’organisation et le fonctionnement de la coalition.

Ces textes, désormais soumis à l’approbation des membres, doivent permettre de formaliser les règles internes, de préciser les mécanismes de gouvernance et de renforcer la coordination entre les différentes forces politiques et citoyennes qui composent la coalition. Ils sont appelés à constituer le socle institutionnel d’une structure qui ambitionne de se consolider et de s’inscrire durablement dans le paysage politique sénégalais.

Au-delà de la simple validation administrative, cette étape est perçue par les responsables de la coalition comme un moment stratégique pour transformer une alliance électorale en une organisation politique structurée. L’objectif affiché est de doter la coalition Diomaye Président d’une architecture stable capable d’accompagner l’action publique du chef de l’État tout en maintenant la dynamique d’unité qui a permis son accession au pouvoir.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°690 – 07 ET 08/03/2026

🔴 JUSTICE / POURSUIVI POUR «  DIFFUSION DE FAUSSES NOUVELLES ET CALOMNIE  » : CHEIKH O. DIAGNE DANS DE BEAUX DRAPS
🔴 COUR D’APPEL DE DAKAR / LEVÉE DU MANDAT DE DÉPÔT DE FARBA NGOM : LA CHAMBRE D’ACCUSATION FINANCIÈRE CONFIRME

🔴 ÉLECTION CONTESTÉE À LA FSF : LE TAS TRANCHERA LE 10 MARS

Course à la mairie de Kaolack : Moussa Fall défend une politique de proximité

À l’approche des prochaines élections municipales, la scène politique de Kaolack s’anime progressivement avec l’émergence de nouvelles ambitions et propositions de gouvernance locale. Parmi les figures qui cherchent à se positionner dans ce débat, Moussa Fall, président de l’Alliance pour la Promotion du Développement Local (APRODEL), se distingue par un discours axé sur la participation citoyenne, l’autonomisation des femmes et la promotion du développement local.

Dans un contexte où les collectivités territoriales sont de plus en plus appelées à jouer un rôle moteur dans la transformation économique et sociale des territoires, Moussa Fall plaide pour une gouvernance municipale plus proche des populations.

« Dans un contexte où les collectivités territoriales sont appelées à jouer un rôle moteur dans la transformation économique et sociale des territoires, je défends l’idée d’une gouvernance municipale plus proche des populations. La gestion d’une ville comme Kaolack doit s’appuyer sur les ressources locales et sur l’implication active des communautés dans les processus de décision », a déclaré le président de l’APRODEL.

Une approche politique fondée sur la proximité

À travers les activités menées par l’APRODEL et les différentes rencontres organisées avec les populations, le leader politique tente d’installer une démarche de proximité. Son objectif est de renforcer le dialogue entre les autorités locales, les associations communautaires, les jeunes et les groupements féminins afin de mieux prendre en compte les préoccupations quotidiennes des citoyens.

Selon lui, cette stratégie s’inscrit dans une volonté de promouvoir une gouvernance locale participative, où les habitants deviennent de véritables acteurs du développement de leur territoire.

Dans ses interventions, Moussa Fall insiste notamment sur la nécessité de redonner aux citoyens un rôle central dans la gestion des affaires locales.

Les femmes, un levier du développement local

Dans le projet politique de l’APRODEL, la question de l’autonomisation des femmes occupe une place importante. Moussa Fall considère que les groupements féminins constituent un pilier essentiel de l’économie locale et qu’ils doivent bénéficier d’un accompagnement plus structuré.

« Nous comptons mettre en place des mécanismes facilitant l’accès des femmes au financement, aux formations et aux opportunités économiques afin de renforcer leur autonomie financière et leur participation au développement territorial », a-t-il expliqué.

La jeunesse et l’économie locale au cœur des enjeux

Au-delà de l’autonomisation féminine, Moussa Fall met également l’accent sur l’emploi des jeunes et la dynamisation de l’économie locale. Dans une ville comme Kaolack, carrefour commercial historique du centre du Sénégal, il estime que les politiques municipales doivent davantage soutenir l’entrepreneuriat local, les initiatives communautaires et les activités génératrices de revenus.

L’objectif, selon lui, est de faire de la municipalité un véritable levier de développement économique capable de créer des opportunités pour les jeunes tout en renforçant la cohésion sociale.

Une candidature inscrite dans le débat municipal

En se positionnant pour la mairie de Kaolack, Moussa Fall entend proposer une alternative politique centrée sur le développement territorial et la gouvernance inclusive. Son discours s’inscrit dans un contexte de renouvellement des attentes des populations vis-à-vis des collectivités locales, notamment en matière de transparence, d’efficacité administrative et de participation citoyenne.

Sénégal : la première Journée mondiale du lymphœdème met en lumière une maladie encore méconnue

Pour la première fois au Sénégal, la Journée mondiale du lymphœdème a été célébrée ce vendredi 6 mars 2026 à la salle de conférence de l’Hôpital Idrissa Pouye de Grand Yoff. Placée sous le thème « Le passé, le présent et le futur de la prise en charge du lymphœdème », cette rencontre a réuni médecins, autorités sanitaires et patients autour d’une maladie chronique encore largement méconnue du grand public, mais qui touche pourtant des milliers de Sénégalais.

Organisée dans le cadre du Programme national des maladies tropicales négligées du ministère de la Santé et de l’Action sociale, cette première édition au Sénégal a permis d’ouvrir un espace de sensibilisation, d’échanges scientifiques et de plaidoyer en faveur d’une meilleure prise en charge des personnes atteintes.

Le lymphœdème est une affection vasculaire provoquée par un dysfonctionnement du système lymphatique. Il entraîne un gonflement progressif et souvent douloureux des membres, pouvant fortement altérer la qualité de vie des patients. À l’échelle mondiale, plus de 250 millions de personnes seraient touchées par cette maladie, qui se présente sous deux formes principales. La forme primaire est d’origine génétique, tandis que la forme secondaire peut résulter d’infections parasitaires, notamment la filariose lymphatique, classée parmi les maladies tropicales négligées, mais aussi de certains cancers ou de traitements chirurgicaux.

Au Sénégal, la situation reste préoccupante. Selon le docteur Mawdo Diop, angiologue et cardiologue à l’Hôpital Idrissa Pouye, le pays fait face à ce qu’il qualifie de « double fardeau ». D’une part, les cas liés aux infections parasitaires persistent dans certaines zones. D’autre part, les lymphœdèmes secondaires à des cancers, notamment le cancer du sein, deviennent de plus en plus fréquents.

Les données issues du programme national des maladies tropicales négligées indiquent qu’entre 2021 et 2025, plus de 2 500 cas de lymphœdème ont été recensés, confirmés et pris en charge dans le cadre des activités de lutte contre ces maladies. Toutefois, les cas associés aux cancers restent encore insuffisamment documentés, ce qui complique l’évaluation réelle de l’ampleur du problème dans le pays.

La question du coût du traitement constitue l’un des principaux obstacles à la prise en charge. Selon les spécialistes, un traitement de dix jours peut dépasser 700 000 francs CFA, un montant largement hors de portée pour la majorité des patients. Le docteur Mawdo Diop rappelle que le lymphœdème est une maladie chronique pour laquelle il n’existe pas encore de traitement curatif. Cependant, une prise en charge adaptée permet d’en contrôler l’évolution et d’améliorer significativement la qualité de vie des malades. Il souligne également le manque de disponibilité du matériel de bandage spécialisé, indispensable dans les soins quotidiens des patients.

Malgré ces difficultés, les autorités sanitaires affichent une volonté d’améliorer l’accès aux soins. Représentant le ministre de la Santé, Mamadou Diop, directeur de la Lutte contre la maladie, a annoncé que des discussions sont en cours entre le programme national des maladies tropicales négligées et l’Agence nationale de la Couverture maladie universelle afin d’intégrer le lymphœdème dans le paquet de gratuité des soins.

Selon lui, cette initiative pourrait constituer une avancée majeure pour les patients. Il a rappelé que plusieurs actions ont déjà été menées par l’État du Sénégal, notamment des campagnes de sensibilisation dans les zones à risque, la distribution massive de médicaments antiparasitaires pour lutter contre la filariose lymphatique et le développement progressif de solutions chirurgicales pour certains cas.

Au-delà des aspects médicaux et institutionnels, la cérémonie a été marquée par un témoignage particulièrement émouvant. Aïssatou Mbodj, présidente de l’Association des personnes vivant avec le lymphœdème au Sénégal, a partagé son expérience personnelle de la maladie. Atteinte depuis 2009, elle a décrit les difficultés physiques, psychologiques et sociales auxquelles sont confrontés les patients.

Elle a insisté sur le fait que le lymphœdème ne touche pas uniquement le corps, mais qu’il affecte également les familles et l’entourage des malades. À travers son intervention, elle a lancé un appel à une mobilisation collective autour de la sensibilisation, de l’information et de la solidarité envers les personnes atteintes.

Pour la responsable associative, chaque geste compte et chaque initiative peut contribuer à transformer la vie des patients. Son plaidoyer a résonné comme un rappel de l’importance de l’accompagnement social et humain dans la lutte contre cette maladie chronique.

Cette première célébration de la Journée mondiale du lymphœdème au Sénégal marque ainsi une étape importante dans la reconnaissance de cette pathologie longtemps ignorée. En réunissant patients, professionnels de santé et autorités publiques, l’événement a permis de poser les bases d’une mobilisation nationale plus forte en faveur de la prévention, du diagnostic précoce et de l’amélioration de la prise en charge.

Affaire SOFTCARE : le député Papa Tahirou Sarr dénonce de graves dysfonctionnements au sein de l’Agence de Réglementation pharmaceutique

Dans une note parlementaire adressée à la population sénégalaise, le député Papa Tahirou Sarr, membre de la Commission Santé de l’Assemblée nationale, a exprimé de vives préoccupations au sujet des dysfonctionnements constatés au sein de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP) dans le cadre de l’affaire SOFTCARE. Entre contradictions institutionnelles, manque de transparence dans les procédures et pressions présumées sur des agents assermentés, l’élu dresse un tableau préoccupant du système national de régulation pharmaceutique.

Selon le député, les premiers éléments de cette affaire reposent sur des constats établis par des pharmaciens inspecteurs assermentés agissant conformément à la loi n°2023-06 du 13 juin 2023. Lors d’une inspection menée sur le site de production de l’entreprise SOFTCARE, en présence de la Gendarmerie nationale, ces agents ont découvert environ 1300 kilogrammes de matières premières périmées. Cette découverte avait conduit à la rédaction de rapports officiels signés et à la prise d’une mesure de suspension initiale de la commercialisation des produits concernés.

Cependant, la situation a pris une tournure controversée lorsque la cellule de communication de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique a publié un communiqué semblant contredire les conclusions de cette inspection. Pour Papa Tahirou Sarr, cette prise de position soulève de nombreuses interrogations, d’autant plus qu’aucune contre-expertise scientifique publique n’a été présentée pour justifier cette remise en cause des constats établis par les inspecteurs.

Le député évoque ainsi plusieurs incohérences dans la gestion du dossier. Il affirme notamment que le comité ad hoc chargé d’évaluer la situation ne comprenait aucun inspecteur pharmaceutique, alors qu’il aurait été constitué uniquement de trois représentants du ministre de la Santé. Cette configuration soulève, selon lui, des doutes quant à l’impartialité et à la rigueur de l’évaluation réalisée.

Plus troublant encore, l’élu indique que le Directeur général de l’ARP aurait lui-même signé la levée des mesures suspensives frappant l’entreprise, alors qu’il avait auparavant contresigné la décision de suspension initiale. Cette décision serait intervenue sans qu’un rapport scientifique complet et accessible au public n’ait été produit entre-temps. Dans le même temps, des fiches de stock attestant de l’utilisation de matières premières après leur date d’expiration auraient été écartées lors de la réévaluation du dossier, ce qui renforce, selon le député, les zones d’ombre entourant cette affaire.

Le ministre de la Santé se retrouve également au cœur des critiques formulées par Papa Tahirou Sarr. Convoqué par la Mission d’information parlementaire mise en place pour faire la lumière sur l’affaire SOFTCARE, le ministre aurait choisi de s’exprimer dans les médias plutôt que de comparaître devant les députés. Pour le parlementaire, cette attitude constitue un manquement au devoir de redevabilité envers la représentation nationale et une atteinte au rôle de contrôle que l’Assemblée nationale est censée exercer sur l’action gouvernementale.

Dans sa note, Papa Tahirou Sarr s’interroge également sur les raisons pour lesquelles le ministre aurait évité de répondre aux questions relatives à d’éventuels faits de corruption dans la gestion de ce dossier sensible. Ces interrogations alimentent, selon lui, un climat de suspicion qui ne peut être dissipé que par une transparence totale sur les procédures et les décisions prises.

Le député remet par ailleurs en cause les analyses que le ministre affirme avoir été réalisées en Allemagne pour justifier la réhabilitation de l’entreprise SOFTCARE. Il déplore qu’aucun rapport officiel de ces analyses n’ait été rendu public et que la traçabilité des échantillons envoyés n’ait pas été clairement établie. Papa Tahirou Sarr souligne en outre que ces tests auraient porté sur des produits finis et non sur les matières premières périmées qui avaient initialement motivé la suspension. Il estime également que l’entreprise concernée ne saurait être considérée comme un acteur impartial dans la conduite ou l’orientation de telles analyses.

S’appuyant sur l’article 225 de la loi du 13 juin 2023, qui sanctionne la simple détention de matières pharmaceutiques périmées même en l’absence d’usage avéré, le député formule plusieurs exigences afin de faire toute la lumière sur cette affaire. Il réclame notamment la comparution immédiate du ministre de la Santé devant la Mission d’information parlementaire, la publication intégrale des rapports techniques ainsi que des analyses réalisées à l’étranger, la réalisation d’un audit indépendant sur la gestion de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique et la protection des inspecteurs dans l’exercice de leurs fonctions.

POUR LA MANIFESTATION DE LA VÉRITÉ.

Il ne peut y avoir de justice véritable sans la manifestation pleine et entière de la vérité. C’est pourquoi, si les circonstances l’exigent, la mise en place d’une Commission nationale de vérité pour la Justice pourrait constituer une étape nécessaire pour éclairer l’opinion et consolider l’État de droit.

Une telle commission devrait être composée de personnalités indépendantes et crédibles issues de la magistrature, du barreau, des forces de défense et de sécurité, de la société civile, des organisations syndicales ainsi que d’autres composantes représentatives de la nation. Sa mission serait de contribuer, en toute impartialité, à l’établissement de la vérité sur les faits graves survenus au Sénégal entre le 1er mars 2021 et le 2 avril 2024.

Pour garantir sa légitimité et son autorité morale, cette commission devrait être instituée par un acte juridique de portée suffisante — idéalement une loi adoptée par l’Assemblée nationale, ou à défaut un décret — définissant clairement son mandat, ses pouvoirs et ses modalités de fonctionnement.

Dans un État de droit, il ne saurait être acceptable que la responsabilité de citoyens sénégalais ayant participé, à divers niveaux, à la gestion du pays durant cette période soit décrétée ou imputée de manière unilatérale, sans que la vérité des faits ne soit établie de manière rigoureuse, transparente et contradictoire.

La justice ne peut se construire sur des présomptions ou des récits partisans. Elle exige, avant toute chose, la recherche méthodique et sereine de la vérité.

Me El Hadji Ayé Boun Malick DIOP,
Secrétaire général national du Syndicat
des travailleurs de la Justice.

Candidature de Macky Sall à l’ONU : Thierno Bocoum appelle à un soutien patriotique

Le président d’AGIR-Les Leaders souhaite voir l’ancien chef de l’État devenir le premier Sénégalais à diriger l’ONU et espère que cette ambition inspire les futures générations de dirigeants.

Sur la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU, j’ai formulé deux vœux.

Le premier : qu’il devienne le premier Sénégalais à accéder à cette responsabilité suprême au sein des Organisation des Nations unies. Ce serait une fierté nationale et un signal fort pour notre diplomatie.

Le second : que son éventuelle accession à ce niveau inspire ses successeurs, afin que puisse naître, dans l’imaginaire collectif, l’idée qu’ils pourront prétendre aux plus hautes fonctions mondiales.

Soutenir un compatriote engagé dans une compétition internationale devrait être le réflexe naturel de tout patriote.

Thierno Bocoum
Président AGIR-LES LEADERS

Cour d’appel de Dakar : la Chambre d’accusation financière confirme la levée du mandat de dépôt de Farba Ngom

La Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar a confirmé la décision du juge d’instruction ordonnant la levée du mandat de dépôt visant Mouhamadou Ngom, dans le cadre de l’affaire présumée de blanchiment de capitaux. La juridiction d’appel a ainsi rejeté le recours introduit par le procureur de la République financier qui contestait cette décision et demandait le maintien en détention provisoire du mis en cause.

Dans son arrêt rendu le 12 février 2026, la Chambre d’accusation financière a également refusé la requête de sursis à statuer formulée par le ministère public. Les juges ont estimé que les arguments développés par la défense soulèvent des doutes sérieux dans ce dossier, justifiant la décision du juge d’instruction de placer Farba Ngom sous contrôle judiciaire plutôt que de le maintenir en détention.

Le parquet financier avait saisi la juridiction d’appel en s’appuyant sur une décision de la Cour suprême du Sénégal rendue le 6 novembre 2025 dans une procédure distincte impliquant Ndeye Seynabou Ndiaye. Dans cette affaire, la haute juridiction avait cassé une décision antérieure et ordonné la saisine du Conseil constitutionnel du Sénégal afin d’examiner une exception d’inconstitutionnalité portant sur certaines dispositions de la loi de 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux.

Sur cette base, le ministère public estimait qu’il convenait de suspendre l’examen du dossier concernant Farba Ngom dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel. Toutefois, selon les informations rapportées par le journal Libération, la Chambre d’accusation financière n’a pas suivi cette argumentation.

Les juges ont considéré que la procédure ayant conduit à la saisine du Conseil constitutionnel concerne exclusivement Ndeye Seynabou Ndiaye et ne saurait avoir pour effet de suspendre les droits procéduraux des autres personnes poursuivies dans des dossiers distincts. La juridiction a notamment rappelé que le droit de solliciter une liberté provisoire peut être exercé à tout moment durant l’instruction, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale.

La Cour a également relevé que le ministère public n’a pas formulé de griefs précis contre les ordonnances rendues par le juge d’instruction, se limitant à demander un sursis à statuer dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel. Pour les magistrats, cet argument ne constitue pas un motif suffisant pour remettre en cause la décision de mise en liberté sous contrôle judiciaire.

Pour rappel, le procureur de la République financier, Abdoulaye Sylla, avait interjeté appel contre deux ordonnances rendues le 7 janvier 2026 par le président du collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier. Ces décisions avaient ordonné la mainlevée du mandat de dépôt visant Farba Ngom et son placement sous contrôle judiciaire, une mesure à laquelle s’opposait le parquet qui demandait son maintien en détention provisoire.

Suppression de 19 structures parapubliques : plus de 920 emplois menacés, les syndicats tirent la sonnette d’alarme

La décision du gouvernement sénégalais de supprimer 19 structures parapubliques suscite de vives inquiétudes au sein de l’administration. Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, cette réforme pourrait avoir des conséquences directes sur l’emploi de centaines d’agents publics et contractuels. Les organisations syndicales alertent déjà sur le sort de plus de 920 travailleurs dont l’avenir professionnel demeure incertain.

Le coordonnateur du Collectif interministériel des agents de l’Administration, Omar Dramé, a exprimé les préoccupations des travailleurs face à cette décision. S’il reconnaît la nécessité pour l’État de rationaliser ses dépenses et de mieux organiser ses structures administratives, le syndicaliste regrette toutefois l’absence de concertation préalable avec les agents concernés. Selon lui, une réforme d’une telle ampleur aurait dû s’accompagner d’un dialogue approfondi avec les représentants des travailleurs afin d’anticiper les conséquences sociales.

D’après Omar Dramé, l’annonce de la suppression de ces structures a provoqué une véritable psychose parmi les agents qui y travaillent. Beaucoup s’interrogent sur leur avenir professionnel, faute d’informations claires sur les mesures d’accompagnement envisagées par les autorités. Les travailleurs redoutent notamment des licenciements massifs ou des situations d’abandon administratif similaires à celles observées lors de précédentes restructurations.

Les syndicats pointent également le manque de précisions concernant les mécanismes de redéploiement ou de départ négocié. À ce stade, les agents ignorent encore si des dispositifs d’intégration dans d’autres services de l’État, des plans de départ volontaire ou des indemnités compensatoires seront mis en place. Cette incertitude alimente l’inquiétude et renforce le sentiment d’insécurité sociale au sein des structures concernées.

Le Collectif interministériel des agents de l’Administration rappelle par ailleurs que certaines suppressions d’agences intervenues dans le passé n’ont toujours pas été totalement réglées. Dans plusieurs cas, des agents se seraient retrouvés sans indemnités ou sans solution de reclassement durable, ce qui nourrit aujourd’hui la méfiance des travailleurs face à la nouvelle réforme.

Pour éviter que cette décision ne se transforme en crise sociale, les syndicats demandent au gouvernement de faire preuve de transparence et de responsabilité. Ils réclament notamment la publication de la liste précise des structures concernées, ainsi que la mise en place d’un cadre de dialogue avec les partenaires sociaux afin de garantir la protection des emplois et les droits des travailleurs.

Dans un contexte marqué par les efforts de rationalisation des finances publiques, les organisations syndicales insistent sur la nécessité de concilier réformes administratives et préservation de la stabilité sociale. Pour elles, toute restructuration de l’appareil d’État doit impérativement tenir compte de l’impact humain et social qu’elle peut engendrer.

Justice : Cheikh Oumar Diagne placé en garde à vue pour « diffusion de fausses nouvelles »

L’universitaire et chroniqueur politique Cheikh Oumar Diagne a été placé en garde à vue ce vendredi 6 mars 2026 à l’issue de son audition par la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar. Il est poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles et calomnie », selon des informations rapportées par la presse nationale. Sauf changement de dernière minute, il devrait être présenté devant le parquet de Dakar le lundi 9 mars prochain afin de répondre des accusations retenues contre lui.

L’audition s’est déroulée sous la direction du commissaire divisionnaire Mamadou Tendeng. Les enquêteurs ont concentré leurs questions sur les déclarations récentes de Cheikh Oumar Diagne concernant le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, un drame qui a profondément marqué la communauté universitaire et relancé le débat sur la gestion des manifestations estudiantines au Sénégal.

Lors de son audition, et en présence de son avocat, le professeur Diagne a maintenu ses propos. Il a notamment imputé la « responsabilité politique » du décès de l’étudiant au Premier ministre Ousmane Sonko. Selon lui, le chef du gouvernement aurait donné des instructions ayant conduit à l’intervention des forces de l’ordre lors des troubles survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, intervention qui aurait abouti au drame.

Du côté des enquêteurs, ces accusations sont jugées particulièrement graves. Les services de police estiment que les propos tenus à l’encontre du Premier ministre n’ont été étayés par aucun élément de preuve tangible lors de l’audition. Dans ces conditions, ils pourraient être qualifiés juridiquement de diffusion de fausses nouvelles et de calomnie, des infractions prévues et sanctionnées par le code pénal sénégalais.

La défense de Cheikh Oumar Diagne semble pour sa part vouloir donner à cette procédure une dimension plus large. Selon ses soutiens, l’affaire dépasse le simple cadre judiciaire et s’inscrit dans un débat politique sur la chaîne de responsabilité lors des opérations de maintien de l’ordre, notamment dans le contexte des tensions qui ont secoué l’université ces dernières semaines.

L’affaire intervient dans un climat déjà marqué par de fortes tensions autour de la gestion de la crise universitaire, consécutive notamment au décès d’Abdoulaye Ba. Plusieurs organisations estudiantines, syndicats et acteurs de la société civile continuent de réclamer des éclaircissements sur les circonstances exactes de ce drame.

En attendant son éventuel déferrement devant le parquet lundi, la garde à vue de Cheikh Oumar Diagne alimente déjà de vifs débats dans l’opinion publique, entre défense de la liberté d’expression et nécessité de sanctionner la diffusion d’accusations jugées infondées contre des responsables publics.

Diplomatie sénégalaise : Yoro Dia alerte sur des « signaux contradictoires » entre Diomaye Faye et Sonko

Le politologue et ancien conseiller Yoro Dia a exprimé ses inquiétudes face aux messages jugés contradictoires envoyés par le Sénégal sur la scène internationale. Dans une analyse publiée sur le réseau social X, il évoque une tension de plus en plus perceptible entre les positions du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et celles du Premier ministre, Ousmane Sonko, en matière de politique étrangère.

Selon lui, cette divergence de ton, qui pouvait jusque-là apparaître comme une simple coexistence institutionnelle à l’intérieur du pays, prend une dimension plus problématique lorsqu’elle se manifeste dans le domaine diplomatique. Yoro Dia estime que les récentes prises de position des deux responsables sénégalais donnent l’impression d’une absence de ligne claire dans la conduite des relations internationales du pays.

Pour illustrer son propos, il s’appuie sur deux faits récents liés à la crise au Moyen-Orient. D’un côté, le Premier ministre Ousmane Sonko a exprimé publiquement sa solidarité avec le peuple iranien. De l’autre, le président Bassirou Diomaye Faye a affiché son soutien à l’Arabie saoudite dans ce même contexte de tensions régionales. Pour le politologue, ces déclarations, bien que relevant chacune d’une sensibilité politique ou diplomatique, peuvent être perçues à l’étranger comme des positions opposées venant d’un même État.

Yoro Dia rappelle que dans les systèmes constitutionnels de type semi-présidentiel, comme celui du Sénégal, la politique étrangère constitue traditionnellement le domaine réservé du chef de l’État. À ce titre, elle doit être portée par une voix unique afin de préserver la cohérence et la crédibilité du pays dans ses relations avec les autres États et les organisations internationales.

Il souligne que la diplomatie exige de la clarté et de l’unité, car toute ambiguïté dans la position d’un État peut être interprétée comme un signe de division interne. Selon lui, l’enjeu dépasse le simple débat politique national et concerne directement l’image et la crédibilité du Sénégal à l’étranger.

Dans son message, Yoro Dia met également en garde contre le risque de voir les divergences politiques internes se transformer en rivalité ouverte entre les deux têtes de l’exécutif. Pour illustrer ce danger, il recourt à une métaphore historique en évoquant les rivalités entre Perses et Arabes, symbole selon lui d’affrontements prolongés et stériles.

À travers cette image, le politologue appelle implicitement à une meilleure coordination au sommet de l’État afin d’éviter que la gestion des affaires internationales ne devienne le terrain d’une compétition politique. Pour lui, la stabilité et l’efficacité de la diplomatie sénégalaise reposent avant tout sur la cohérence des messages envoyés au reste du monde.

Coopération internationale : l’ADA présente ses projets au ministre de l’Intégration africaine

Monsieur Cheikh Niang, ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, a accordé une audience à Monsieur Benoît S. Ngom, président fondateur de l’Académie diplomatique africaine (ADA).

À cette occasion, le président de l’ADA a rappelé que l’organisation, liée au gouvernement du Sénégal par un accord de siège signé en 1999, œuvre au développement d’une diplomatie économique et culturelle au service du Sénégal et de l’Afrique.

Il a présenté au ministre les principales initiatives de l’Académie visant à mobiliser des partenariats internationaux, attirer des investissements et renforcer les échanges culturels, dans la perspective de contribuer au développement durable du Sénégal et du continent africain, ainsi qu’à la consolidation de la paix entre les pays africains.

Le ministre a notamment salué le lancement prochain du « Club diplomatique », destiné à renforcer les espaces de dialogue et de coopération diplomatique. Ce réseau sera progressivement déployé dans plusieurs pays africains ainsi que dans les grands centres d’influence du monde, notamment aux États-Unis et en Chine, où sera basé un Club diplomatique sino-africain des BRICS. En Europe, ses activités s’étendront à la France, à l’Allemagne, au Royaume-Uni et à la Turquie.

En partenariat avec l’Université d’État d’Alabama et l’Eastern Mediterranean University de Chypre, l’ADA met en place cette année deux institutions de recherche sur les relations internationales et stratégiques.

Cette année également, plusieurs projets destinés à l’Afrique seront réalisés en coopération avec de grandes universités chinoises, notamment Tsinghua University, Beijing Normal University et Zhejiang University.

À travers cette présence internationale, l’ADA entend servir de passerelle stratégique entre l’Afrique et les grands centres d’influence mondiaux, afin de promouvoir l’image du continent, soutenir les projets de développement et renforcer les coopérations académiques, économiques et culturelles.

L’Académie a également réaffirmé sa volonté de contribuer à la mise en œuvre de la résolution de l’Union africaine reconnaissant la diaspora comme la sixième région de l’Afrique, notamment à travers des initiatives en préparation concernant Haïti.

Cette audience a permis de réaffirmer la convergence de vues entre l’ADA et les autorités sénégalaises sur la nécessité de renforcer les initiatives diplomatiques, économiques et culturelles capables de valoriser le rôle du Sénégal et de l’Afrique dans la gouvernance du monde contemporain.

Faux emplois au Port autonome de Dakar : un homme arrêté pour escroquerie et propositions sexuelles

La Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (DSC) a procédé à l’interpellation d’un individu identifié sous les initiales B.D., soupçonné d’être impliqué dans une affaire d’escroquerie reposant sur de fausses promesses d’emploi au Port autonome de Dakar (PAD). L’enquête a été ouverte à la suite d’une plainte déposée par deux jeunes femmes, M.M. et sa cousine A.P., qui affirment avoir été approchées par le suspect dans des circonstances trompeuses.

Selon les éléments de l’enquête, la rencontre entre les plaignantes et B.D. remonte à la cérémonie d’accueil des « Lions » de la Téranga organisée à Dakar après leur sacre au Maroc. À cette occasion, M.M. et sa cousine ont fait la connaissance de l’homme qui se serait présenté comme un agent travaillant au Port autonome de Dakar. Profitant de cette proximité, il aurait rapidement évoqué la possibilité de leur obtenir un emploi au sein de l’institution portuaire.

Après cette première prise de contact, les échanges se sont poursuivis par téléphone et via l’application WhatsApp. D’après les déclarations de M.M., le suspect aurait progressivement conditionné l’obtention du poste à des faveurs sexuelles. Il lui aurait notamment proposé des relations sexuelles en échange d’un recrutement au Port autonome de Dakar. Pour convaincre sa victime du sérieux de sa proposition, il lui aurait transmis un document présenté comme un contrat de travail portant le logo du PAD et l’aurait invitée à se rendre à son domicile afin d’en finaliser la signature.

Dans le même temps, le suspect aurait approché A.P. avec une autre promesse. Il lui aurait proposé de faciliter son départ vers l’Europe en affirmant pouvoir la mettre en relation avec un prétendu capitaine de la Marine nationale. Ce dernier, selon ses dires, serait en mesure d’organiser des voyages clandestins vers le continent européen. Pour concrétiser cette opération, il aurait exigé le paiement d’une somme de 1 500 000 francs CFA.

Les investigations menées par les enquêteurs de la DSC ont permis de mettre au jour plusieurs éléments accablants. Selon le journal L’Observateur, l’exploitation du téléphone du suspect a révélé la présence de nombreux documents falsifiés. Parmi ceux-ci figuraient une autorisation de voyage portant le sceau de la République ainsi qu’une carte professionnelle le présentant comme « ingénieur énergie » au Port autonome de Dakar. Les enquêteurs estiment que ces documents ont été conçus à l’aide d’une application de conception graphique afin de donner du crédit à ses prétentions.

Interrogé par les enquêteurs, B.D. aurait fini par reconnaître une partie des faits qui lui sont reprochés. Il aurait admis avoir fabriqué un faux contrat de travail et proposé un emploi en échange de relations sexuelles. Cette affaire relance une nouvelle fois la question des escroqueries liées aux promesses d’emploi, un phénomène qui cible particulièrement les jeunes en quête d’insertion professionnelle.

Inclusion numérique : Kaolack outille sa jeunesse pour les défis du digital

La commune de Kaolack renforce son engagement en faveur de l’employabilité des jeunes et de la modernisation des services à travers une initiative de formation professionnelle axée sur le numérique. Portée par la municipalité dirigée par le maire Serigne Mboup, cette activité vise à doter les citoyens de compétences pratiques indispensables dans un monde de plus en plus digitalisé.

Prévue du 9 au 14 mars 2026, cette session de formation s’inscrit dans une dynamique de renforcement des capacités locales et d’accompagnement des populations vers les métiers du numérique. L’initiative bénéficie de l’appui du programme Sénégal Volontariat, engagé dans la promotion du volontariat et du développement communautaire.

Une formation tournée vers les compétences pratiques

Contrairement aux simples initiations théoriques, la formation proposée à Kaolack met l’accent sur l’apprentissage pratique et la professionnalisation. Les participants auront l’opportunité de se former à plusieurs modules essentiels :

Utilisation des téléphones intelligents et des outils numériques Initiation à l’informatique et à l’usage des ordinateurs Numérisation de documents et gestion digitale Maintenance informatique de base

Ces compétences représentent aujourd’hui un levier important d’insertion professionnelle, notamment pour les jeunes, les volontaires et les acteurs communautaires appelés à accompagner les populations dans l’utilisation des services numériques.

« Un pas vers la modernisation des services locaux », a souligné Yaye Astou Sarr, adjointe au maire chargée de la formation professionnelle.

Un pas vers la modernisation des services locaux

À travers ce programme, la municipalité ambitionne également de faciliter la digitalisation des services administratifs et communautaires. L’objectif est de permettre aux citoyens de mieux utiliser les technologies pour accéder à l’information, gérer des documents et utiliser les services en ligne.

Cette initiative s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large visant à réduire la fracture numérique et à préparer les populations aux exigences du marché du travail et de l’administration moderne, a-t-elle rappelé.

Inscriptions ouvertes aux volontaires

Les personnes intéressées par cette opportunité de formation sont invitées à se rapprocher de la mairie de Kaolack pour les formalités d’inscription. Des renseignements complémentaires peuvent être obtenus auprès de M. Alioune Diagne, responsable de l’informatique de la municipalité.

À travers cette démarche, Kaolack confirme sa volonté de former une génération de citoyens compétents dans le numérique, capables de participer activement au développement local et à la transformation digitale du territoire, a informé Mme Yaye Astou Sarr, adjointe au maire chargée de la formation professionnelle.

ONU : le parti Osez l’Avenir soutient la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général

Le parti Osez l’Avenir a officiellement exprimé, jeudi 5 mars 2026, son soutien à la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies. Dans un communiqué signé par sa présidente, Me Aïssata Tall Sall, la formation politique estime que le contexte international actuel exige un leadership solide, capable de favoriser le dialogue et de répondre aux nombreux défis auxquels le monde est confronté.

Selon le parti, la période actuelle est marquée par une accumulation de crises majeures. Entre les tensions géopolitiques persistantes dans plusieurs régions du monde, l’aggravation des effets du changement climatique et les profondes fractures économiques qui fragilisent de nombreux pays, la communauté internationale aurait besoin d’une personnalité expérimentée pour renforcer le rôle des Nations unies dans la gestion de ces défis globaux.

Dans ce contexte, Osez l’Avenir considère que le profil de Macky Sall répond aux exigences d’un tel poste. Le parti met en avant le parcours de l’ancien chef de l’État sénégalais, qui a dirigé le Sénégal pendant douze années, de 2012 à 2024. Durant cette période, il s’est notamment illustré par son engagement dans plusieurs dossiers internationaux, en particulier sur les questions liées au développement de l’Afrique, à la paix et à la coopération internationale.

La formation politique rappelle également que Macky Sall a occupé la présidence de l’Union africaine, une fonction qui lui a permis de jouer un rôle actif dans la défense des intérêts du continent sur la scène mondiale. À ce titre, il a souvent plaidé pour une réforme de la gouvernance internationale et pour une meilleure prise en compte des préoccupations africaines dans les grandes décisions globales.

Pour Osez l’Avenir, cette expérience diplomatique constitue un atout majeur dans la perspective de diriger l’Organisation des Nations unies. Le parti estime que Macky Sall dispose d’une connaissance approfondie des mécanismes du multilatéralisme et des enjeux liés à la coopération entre États. Il est ainsi présenté comme une voix respectée dans plusieurs cercles diplomatiques internationaux.

Le communiqué souligne également que sa candidature pourrait représenter une opportunité importante pour le continent africain. Alors que l’Afrique demeure sous-représentée dans les plus hautes sphères de la gouvernance mondiale, l’accession d’un ancien dirigeant africain à la tête de l’ONU serait perçue comme un signal fort en faveur d’un système international plus équilibré et plus inclusif.

Dans cette optique, le parti dirigé par Me Aïssata Tall Sall estime que l’expérience politique et diplomatique de Macky Sall, combinée à sa capacité à dialoguer avec différents acteurs internationaux, pourrait contribuer à renforcer la crédibilité et l’efficacité de l’organisation dans un monde en pleine mutation.

Enfin, Osez l’Avenir appelle la communauté internationale à examiner avec attention cette candidature, qu’il présente comme une occasion de consolider le rôle des Nations unies dans la promotion de la paix, du développement et de la coopération entre les peuples. Convaincu que Macky Sall possède la vision et les compétences nécessaires pour assumer cette responsabilité, le parti invite les États membres de l’organisation à se rallier à sa candidature afin d’accompagner l’ONU dans une nouvelle étape de son évolution.

Drame en mer : 139 migrants secourus au large de Dakar, un nourrisson retrouvé sans vie

Une nouvelle tragédie liée à l’émigration irrégulière s’est produite au large des côtes sénégalaises. Une pirogue transportant 139 candidats au départ vers l’Europe a été secourue par la Marine nationale sénégalaise le 4 mars 2026, après plusieurs jours de dérive en mer dans des conditions extrêmement précaires.

Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur, l’embarcation avait quitté les côtes gambiennes avec pour objectif de rejoindre les îles Canaries, destination devenue ces dernières années l’une des principales routes migratoires vers l’Europe. Mais la traversée a rapidement tourné au drame. En pleine mer, la pirogue s’est retrouvée à court de carburant, de vivres et d’eau potable, laissant les passagers livrés à eux-mêmes au milieu de l’océan.

Pendant onze jours, les migrants ont dérivé sans assistance, exposés à la faim, à la soif et aux conditions difficiles de la mer. Face à la situation critique, certains passagers auraient réussi à contacter leurs proches restés à terre pour demander de l’aide. Ces derniers ont alors alerté les autorités sénégalaises, permettant le déclenchement d’une opération de recherche et de secours.

Une unité de la Marine nationale sénégalaise, qui patrouillait dans le cadre de la surveillance des eaux territoriales, a finalement repéré l’embarcation en détresse. Les militaires ont immédiatement procédé à l’évacuation des passagers et à leur prise en charge à bord, mettant ainsi fin à une dérive qui aurait pu se solder par un bilan beaucoup plus lourd.

Les rescapés ont ensuite été acheminés vers la Base navale Amiral Faye Gassama, à Dakar. À leur arrivée, les équipes de secours ont établi un premier bilan faisant état de 139 migrants à bord de la pirogue. Parmi eux figuraient des hommes, des femmes mais aussi des enfants, témoignant une nouvelle fois du caractère familial que prennent parfois ces traversées à haut risque.

Au milieu des survivants, les secours ont cependant fait une découverte tragique. Le corps sans vie d’un nourrisson a été retrouvé à bord de l’embarcation. L’enfant serait décédé pendant la traversée dans des circonstances qui restent encore à déterminer. Son corps a été immédiatement pris en charge par les services compétents afin de procéder aux constatations d’usage et d’ouvrir les investigations nécessaires pour éclaircir les causes du décès.

Quant aux migrants secourus, ils ont été confiés aux autorités sanitaires et sociales pour bénéficier d’une prise en charge médicale d’urgence. Plusieurs d’entre eux présentaient des signes d’épuisement, de déshydratation et de grande fatigue après ces longues journées passées en mer sans ressources. Les services compétents ont également entamé les procédures d’identification des passagers afin de déterminer leur nationalité et leur situation administrative.

Agriculture et promesses non tenues : Thierno Alassane Sall critique les priorités du pouvoir

Le député Thierno Alassane Sall a exprimé de vives critiques à l’encontre de la gouvernance actuelle, estimant que plusieurs promesses faites au peuple tardent encore à se concrétiser, en particulier dans le secteur agricole. Selon lui, les attentes des populations, notamment celles des petits producteurs, restent largement insatisfaites malgré les engagements pris par les nouvelles autorités.

L’ancien ministre considère que les dirigeants avaient annoncé une véritable rupture en faveur du peuple travailleur. Toutefois, il affirme que la réalité sur le terrain ne reflète pas ces promesses. Pour Thierno Alassane Sall, les difficultés auxquelles sont confrontés les petits producteurs, notamment pour écouler leurs récoltes dans de bonnes conditions, continuent d’être ignorées ou insuffisamment prises en charge par les autorités.

Dans son analyse, le parlementaire insiste sur l’importance stratégique de l’agriculture dans l’économie nationale. Il rappelle que ce secteur constitue la principale source de subsistance pour de nombreuses familles sénégalaises et qu’il devrait, à ce titre, occuper une place centrale dans les priorités gouvernementales. Assurer aux producteurs un accès correct et équitable aux marchés, soutient-il, devrait être un objectif majeur pour l’État afin de garantir des revenus décents aux agriculteurs et de renforcer la sécurité alimentaire.

« Ils avaient promis au peuple laborieux une révolution. Force est de constater que garantir aux petits producteurs une commercialisation correcte de leurs récoltes reste le cadet de leurs soucis », déplore le député, pointant un décalage entre les engagements politiques et les actions concrètes menées sur le terrain.

Au-delà de la question agricole, Thierno Alassane Sall estime que les préoccupations du pouvoir se situent désormais ailleurs. Selon lui, l’attention des dirigeants semble se concentrer davantage sur les prochaines échéances électorales que sur les difficultés quotidiennes des citoyens.

Il affirme que la perspective de l’élection présidentielle de 2029 occupe déjà une place importante dans les stratégies politiques du régime. À ses yeux, cette focalisation sur les calculs électoraux et les rivalités internes au sein du pouvoir détourne l’action publique des véritables urgences sociales et économiques.

Journée des droits des femmes : le Chef de l’État salue l’engagement des femmes de la Présidence

À la veille de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, prévue le 8 mars, le Président de la République a reçu ce vendredi l’Amicale des femmes de la Présidence de la République. Cette rencontre, désormais inscrite dans une tradition institutionnelle, constitue chaque année un moment privilégié d’échanges et de reconnaissance envers les femmes qui travaillent au sein de la plus haute institution de l’État.

Dans une atmosphère empreinte de convivialité et de respect, le Chef de l’État a tenu à saluer l’engagement constant de ces femmes qui participent, chacune à leur niveau, au fonctionnement quotidien de la Présidence. Qu’elles exercent dans les services administratifs, les bureaux techniques, les équipes d’appui ou dans l’organisation logistique, leur travail est considéré comme un maillon essentiel dans la bonne marche de l’institution présidentielle.

Le Président a exprimé sa profonde reconnaissance à l’endroit de ces collaboratrices qui, souvent avec discrétion mais toujours avec professionnalisme, assurent leurs missions avec rigueur et sens du devoir. Il a souligné que leur contribution dépasse largement le cadre administratif et participe, de manière concrète, à la stabilité et à l’efficacité des institutions publiques.

Au cours de cette rencontre, le Chef de l’État a également insisté sur la place centrale qu’occupent les femmes dans la société sénégalaise. Selon lui, leur rôle est déterminant dans plusieurs domaines clés, notamment l’économie, l’éducation, la cohésion sociale et la transmission des valeurs qui fondent l’identité et la solidité de la Nation.

Il a rappelé que le développement du Sénégal ne saurait être envisagé sans la pleine participation des femmes. Leur intelligence, leur créativité, leur engagement et leur capacité d’initiative représentent, selon ses propos, des atouts majeurs pour relever les défis économiques, sociaux et institutionnels auxquels le pays est confronté.

Le Président a ainsi réaffirmé l’importance de promouvoir davantage l’autonomisation des femmes et de créer les conditions favorables à leur épanouissement dans tous les secteurs de la vie nationale. Il a insisté sur la nécessité de valoriser leurs compétences et de renforcer leur présence dans les espaces de décision, afin qu’elles puissent pleinement contribuer à la transformation et au progrès du pays.

En clôturant la rencontre, le Chef de l’État a adressé ses vœux les plus chaleureux à l’ensemble des femmes travaillant à la Présidence de la République. Il a également étendu ses salutations et son message de reconnaissance à toutes les femmes sénégalaises, dont l’engagement quotidien, dans les familles, les entreprises, les administrations et les communautés, contribue à bâtir un Sénégal plus juste, plus fort et plus solidaire.

FSF : Abdoulaye Fall fragilisé entre recours au TAS et procédure disciplinaire de la CAF

Élu en août 2025 à la tête de la Fédération sénégalaise de football (FSF) pour succéder à Augustin Senghor, Abdoulaye Fall traverse aujourd’hui une période particulièrement délicate. Celui qui était arrivé aux commandes avec la promesse d’insuffler un nouveau souffle au football sénégalais se retrouve désormais confronté à deux dossiers sensibles qui fragilisent son début de mandat : la contestation de son élection devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) et une procédure disciplinaire engagée par la Confédération africaine de football (CAF) après ses déclarations sur la finale de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025.

Au moment de son élection, Abdoulaye Fall incarnait une forme de rupture après plusieurs années de gouvernance sous Augustin Senghor. Son arrivée à la tête de la FSF avait suscité beaucoup d’espoir parmi les acteurs du football national, notamment sur les questions de gouvernance, de développement des compétitions locales et d’amélioration des infrastructures sportives. Mais très rapidement, le climat autour de sa présidence s’est tendu, notamment à la suite de contestations émanant de certains acteurs du football sénégalais qui remettent en cause la régularité du processus électoral.

Ces contestations ont finalement été portées devant le Tribunal Arbitral du Sport, juridiction internationale compétente pour trancher les litiges liés au sport. Le recours introduit vise à examiner les conditions dans lesquelles l’élection s’est déroulée, certains plaignants évoquant des irrégularités dans la procédure. Cette démarche judiciaire maintient une incertitude sur la stabilité institutionnelle de la Fédération sénégalaise de football. Même si aucune décision définitive n’a encore été rendue, l’existence même de cette procédure entretient un climat d’instabilité au sein de l’instance dirigeante du football national.

Parallèlement à ce dossier, Abdoulaye Fall fait également face à une autre affaire qui dépasse le cadre national. La Confédération africaine de football a ouvert une procédure disciplinaire à son encontre à la suite de propos qu’il aurait tenus concernant l’organisation et l’arbitrage de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025. Ces déclarations, jugées sensibles par l’instance continentale, auraient suscité l’attention de la commission disciplinaire de la CAF, qui pourrait décider de sanctions si elle estime que les règles de communication et de respect des institutions ont été enfreintes.

Cette situation place le président de la FSF dans une position particulièrement inconfortable. D’un côté, il doit gérer les tensions internes au sein du football sénégalais et rassurer les acteurs locaux sur la solidité de sa légitimité. De l’autre, il doit répondre aux exigences des instances continentales, dont les décisions peuvent avoir des conséquences importantes sur sa crédibilité et sur la position du Sénégal au sein du football africain.

Dans les coulisses, plusieurs observateurs du football sénégalais s’inquiètent de l’impact que ces turbulences pourraient avoir sur la gestion des compétitions nationales et sur les relations entre la Fédération et les différents clubs. Certains appellent à l’apaisement et à une clarification rapide des procédures en cours afin d’éviter que ces affaires ne perturbent davantage le fonctionnement du football sénégalais.

Accusations contre Ousmane Sonko : Moussa Diop et Cheikh Oumar Diagne convoqués à la Sûreté urbaine

La tension politique et judiciaire monte autour des récentes déclarations visant le Premier ministre Ousmane Sonko. Autrefois alliés du parti Pastef, Moussa Diop, leader du parti Alternative Générationnelle (AG/Jotna), et Cheikh Oumar Diagne, secrétaire général du Rassemblement pour la Vérité – And Ci Degg (Rv-Acd), sont attendus ce vendredi à la Sûreté urbaine de Dakar. Leur convocation intervient à la suite d’accusations publiques portées contre le chef du gouvernement, lesquelles ont suscité une auto-saisine du procureur de la République.

Les deux hommes se sont récemment illustrés par des sorties médiatiques très critiques à l’endroit d’Ousmane Sonko. Moussa Diop a affirmé que le leader de Pastef aurait des « amis homosexuels », une déclaration qui a rapidement suscité de vives réactions dans l’opinion publique et au sein de la classe politique. De son côté, Cheikh Oumar Diagne a accusé le Premier ministre d’être responsable de la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ, décédé lors des manifestations survenues à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Ces accusations, jugées particulièrement graves, ont entraîné l’ouverture d’une procédure judiciaire. Selon les informations rapportées par L’Observateur, la justice pourrait retenir contre les deux personnalités le délit de diffusion de fausses nouvelles. Interrogé par le quotidien, l’avocat Ousseynou Gaye souligne que cette qualification pénale est souvent privilégiée par les autorités judiciaires dans ce type de dossier. Elle expose ses auteurs à des sanctions particulièrement lourdes, pouvant aller de cinq à dix ans d’emprisonnement.

L’homme de loi précise que la diffamation pourrait également être évoquée dans ce dossier. Toutefois, dans la pratique judiciaire, la diffusion de fausses nouvelles est parfois retenue afin d’éviter l’application du délai légal de dix jours accordé aux personnes poursuivies pour apporter les preuves de leurs accusations, ce que l’on appelle l’exception de vérité. Ce choix juridique permettrait alors aux autorités de procéder plus rapidement à des mesures coercitives, notamment un éventuel placement sous mandat de dépôt.

Au-delà de l’aspect judiciaire, cette affaire soulève également des enjeux politiques. L’enseignant-chercheur Demba Guèye estime que les conséquences pourraient être très différentes pour les deux hommes. Selon lui, Cheikh Oumar Diagne ne court pratiquement aucun risque sur le plan politique. Il considère que les propos du leader du Rassemblement pour la Vérité – And Ci Degg s’inscrivent dans un débat plus large autour de la question des franchises universitaires et des responsabilités lors des manifestations à l’Université Cheikh Anta Diop.

En revanche, la situation pourrait être plus délicate pour Moussa Diop. Toujours selon l’analyse de Demba Guèye, les accusations portant sur les mœurs du Premier ministre pourraient fragiliser l’image de l’ancien directeur général de Dakar Dem Dikk. L’enseignant-chercheur estime que ces propos apparaissent disproportionnés et peu opportuns pour une personnalité politique de son envergure, au risque d’entamer sérieusement sa crédibilité sur la scène publique.

Cette convocation à la Sûreté urbaine intervient dans un climat politique déjà marqué par de fortes tensions entre le pouvoir et certaines figures de l’opposition ou d’anciens alliés du mouvement Pastef. Elle pourrait constituer une nouvelle étape dans la gestion judiciaire des discours politiques jugés attentatoires à l’honneur ou à la stabilité publique.

L’audition des deux responsables politiques est donc très attendue, tant par les observateurs de la vie politique que par l’opinion publique. Elle devrait permettre de déterminer si les accusations portées relèvent de la liberté d’expression dans le débat politique ou si elles franchissent la ligne rouge du droit pénal sénégalais.

Affaire Farba Ngom : la Chambre d’accusation financière confirme la levée du mandat de dépôt

La Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar a confirmé la décision du juge d’instruction ayant ordonné la levée du mandat de dépôt de Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom. Cette décision intervient à la suite de l’appel introduit par le procureur de la République financière, qui contestait l’ordonnance de mise en liberté assortie d’un contrôle judiciaire.

Dans son jugement rendu le 12 février 2026, la juridiction a également rejeté la requête du ministère public visant à obtenir un sursis à statuer dans ce dossier. La Chambre d’accusation financière a estimé que les arguments présentés par la défense soulèvent des doutes sérieux dans cette affaire présumée de blanchiment de capitaux, justifiant ainsi le maintien de la décision initiale du juge d’instruction.

Le parquet financier avait pourtant demandé à la juridiction de suspendre l’examen du dossier dans l’attente d’une décision du Conseil constitutionnel. Pour appuyer sa requête, le ministère public s’était fondé sur un arrêt rendu le 6 novembre 2025 par la Cour suprême dans une procédure distincte impliquant Ndèye Seynabou Ndiaye. Dans cette affaire, la haute juridiction avait cassé une décision antérieure et ordonné la saisine du Conseil constitutionnel afin d’examiner une exception d’inconstitutionnalité portant sur certaines dispositions de la loi de 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux.

Selon le parquet, cette situation justifiait un sursis à statuer sur l’ensemble du dossier en attendant que le Conseil constitutionnel se prononce sur la conformité de ces dispositions légales. Toutefois, d’après le journal Libération, la Chambre d’accusation financière n’a pas suivi cette argumentation.

La juridiction a considéré que la procédure ayant conduit à la saisine du Conseil constitutionnel concerne exclusivement Ndèye Seynabou Ndiaye et ne peut en aucun cas suspendre les droits procéduraux des autres inculpés. Elle a rappelé que le droit de solliciter une liberté provisoire peut être exercé à tout moment au cours de l’instruction, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale.

La Cour a également souligné que le ministère public n’a formulé aucun grief précis contre les ordonnances rendues par le juge d’instruction. Elle relève que le parquet s’est limité à demander un sursis à statuer, sans apporter d’éléments juridiques remettant directement en cause les décisions contestées.

Pour rappel, le procureur de la République financière, Abdoulaye Sylla, avait saisi la Chambre d’accusation financière en interjetant appel contre deux ordonnances rendues le 7 janvier 2026 par le président du collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier. Ces décisions avaient prononcé la mainlevée du mandat de dépôt de Farba Ngom et ordonné son placement sous contrôle judiciaire.

Polémique autour des propos de Cheikh Oumar Diagne : son avocat dénonce une atteinte à la liberté d’expression

La polémique enfle autour des déclarations de Cheikh Oumar Diagne concernant la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Alors que des informations faisant état de possibles poursuites judiciaires ou d’une arrestation imminente circulent depuis ses propos tenus lors d’une émission télévisée, son avocat, Me Hosni Maati, est sorti de son silence pour défendre fermement son client.

Dans un communiqué daté du 6 mars, l’avocat au barreau de Paris met en garde contre toute tentative de poursuite visant Cheikh Oumar Diagne. Selon lui, une telle démarche pourrait porter atteinte à la liberté du débat public, particulièrement sur une affaire aussi grave et sensible que la mort d’un étudiant lors d’une intervention des forces de sécurité.

Me Hosni Maati estime que les déclarations de son client doivent être replacées dans le cadre du débat démocratique. À ses yeux, les propos incriminés ne relèvent ni de la diffamation ni de l’incitation à la violence. Ils s’inscrivent plutôt dans l’exercice légitime de la liberté d’expression autour d’une question d’intérêt national.

L’avocat souligne en effet que les déclarations de Cheikh Oumar Diagne portent sur les circonstances du décès d’Abdoulaye Ba, survenu lors d’une intervention des forces de sécurité sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Pour la défense, il s’agit d’un sujet qui concerne directement l’opinion publique et qui appelle à un débat ouvert sur la gestion des opérations de maintien de l’ordre.

Me Hosni Maati rappelle également que son client s’est appuyé sur un élément politique déjà assumé publiquement par les autorités. Il évoque notamment une déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko devant l’Assemblée nationale, dans laquelle ce dernier affirmait assumer l’ordre d’intervention des forces de sécurité sur le campus.

Dans ce contexte, l’avocat estime que Cheikh Oumar Diagne n’a fait qu’exprimer une opinion politique et citoyenne. Selon lui, son client a simplement soutenu que la responsabilité politique d’une opération de maintien de l’ordre doit être examinée à tous les niveaux de la chaîne de décision lorsqu’une intervention ordonnée par l’autorité publique aboutit à la mort d’un étudiant.

La défense insiste également sur le fait que les propos de Cheikh Oumar Diagne reprennent une interrogation largement partagée dans l’opinion publique. Cette interrogation porte sur la légitimité et la proportionnalité de l’intervention des forces de sécurité face à des étudiants qui protestaient contre leurs conditions de vie, notamment le non-paiement des bourses et le manque de ressources sur le campus.

Pour Me Hosni Maati, la mort d’Abdoulaye Ba constitue avant tout un drame humain qui exige vérité, transparence et responsabilité. Il estime que dans un État de droit, la recherche de responsabilités ne peut être dissociée de la liberté de commenter l’action des autorités publiques, surtout lorsqu’il s’agit de l’usage de la force par l’État.

Le droit douanier à l’assaut de l’économie numérique :  l’amont du dédouanement des services en gestation

La politique de sécurité nationale, cette branche de la science politique, intéresse le droit douanier qui, au fur et à mesure de son évolution, englobe les initiatives et normes adoptées pour améliorer la sécurité des marchandises. 

Les gouvernements ont l’opportunité d’utiliser l’Administration des douanes comme une ressource clé dans la sécurité frontalière car elle a une grande expertise dans la gestion du risque et le commerce international, deux éléments importants quand le thème de la sécurité nationale est abordé. 

En effet, le développement et la mise en œuvre de normes de sécurité aux frontières, qu’elles soient matérielles ou immatérielles, sont essentielles pour sauvegarder l’intégrité de la chaine logistique internationale.

Frontiéres immatérielles puisque, tout comme les marchandises circulent de manière illicite, les services y rattachés ou non, prohibés ou pas font malheureusement aussi, l’objet de transactions illégales, via des contrats commerciaux et des réseaux matériels ou virtuels.

Il est dès lors, nécessaire de sécuriser le dispositif douanier de surveillance des services transfrontaliers, tout comme il est impératif de fluidifier le commerce électronique et de garantir l’intégrité des services financiers surtout avec le remplacement des chèques du trésor par des méthodes de paiement numériques « e-monnaie » telles que les cartes bancaires et le Mobile Money. 

Alors que le débat autour du moratoire sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques s’intensifie à l’approche de la 14ièmeConférence ministérielle (CM14) de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) qui se tiendra du 26 au 29 mars 2026 à Yaoundé (Cameroun), la question duale de la sécurité et de la fluidité de la chaine logistique numérique interpelle sérieusement l’Administration des Douanes. 

Alors que le dédouanement des services est en gestation, la surveillance douanière, son compère de la summa-divisio juridique, est donc bien à pied d’œuvre, pour garantir l’intégrité, la disponibilité et la confidentialité des données de son dispositif.

Dans cet imbroglio virtuel, se pose la question de savoir si le dispositif douanier de contrôle dunumérique garantit suffisamment la performance de l’action douanière face aux risques de manipulations, de cyberattaques, d’espionnages, de piratages, d’infractions par des virus ou de fraude.

D’ores et déjà, il convient de se féliciter du schéma directeur informatique de l’Administration desDouanes, instrument de mise en cohérence de laStratégie Sénégal numérique incarnée, présentement,par le new deal technologique.

Ce schéma sécurisé, je touche du bois, se veut un accélérateur du processus de transformation digitale de l’Administration à travers la connectivité de toutes les unités douanières au système de Gestion Automatisée des Informations douanières et des Echanges (GAINDE), la digitalisation du Système interne de Suivi des Enquêtes douanières (SISED), la gouvernance des données et la sécurité des systèmes d’information.

D’une manière générale, l’intégrité des données ou d’un système peut être affectée de trois façons : d’abord par la perte des données, ensuite par l’accès refusé aux données et enfin par la compromission des données. 

Pour résoudre ces anomalies aggravées par l’aterritorialité d’Internet, le système de sécurité des douanes est assuré par deux grandes options de sécurité.

La sécurité physique concerne essentiellement la protection des centres de données, des locaux des serveurs, du matériel réseau, des dispositifs de tolérance de panne intégrés aux serveurs, des postes de travail etc…

La sécurité logique fait référence à la protection des données et à la réalisation de mécanismes de sécurité par logiciel. Elle est fondée sur la philosophie de protection par routeur et pare-feu (firewall ) et s’appuie sur la cryptographie et des procédures de contrôle d’accès et d’authentification. 

Malgré ces mesures de sécurité, le système de dédouanement dématérialisé demeure exposé puisqu’il existe un continuum cyber-physique entre les activités qui se déroulent dans le cyberespace et celles qui se déroulent dans le monde physique classique. 

Aussi, des utilisateurs malveillants parviennent,toujours, à usurper l’identité douanière quand bien même codée, de sociétés industrielles et, pire réussissent à prendre carrément le contrôle de systèmes informatiques étatiques par le recours à lacomplicité interne, l’ingénierie sociale, l’exploitation des failles de sécurité, le détournement des ressourcesetc…

Fort heureusement, d’une part, le contrôle après dédouanement permet de rectifier certaines erreurs que le numérique aurait pu occulter ou à contrario favoriser, d’autre part, le nouveau dispositif douanier intègre des unités douanières spécialisées dans la cybersécurité telles que la Cellule de Recueil de la Preuve informatique (CRPI) et le service dénommé Cyberdouanes. 

La CRPI réalise la saisie, la copie et l’analyse de supports informatiques et électroniques, y compris les téléphones portables, et tout type de données distantes, notamment par télé perquisition, le service Cyberdouanes quant à lui, recueille et enrichit des informations sur le commerce électronique.

A l’assaut du numérique, le droit douanier subit des transformations digitales relativisant ainsi son autonomie par rapport au droit de la sécurité nationale.

Le choc des droits répressifs se manifestent pourtant,dans les deux sens car autant la politique de sécurité nationale intègre, dans son architecture, la surveillance des services objet de dédouanement, autant le contentieux du dédouanement des services en gestation interpelle la criminologie numérique. 

Cette dualité interactive est prise en compte par l’Organisation mondiale des Douanes (OMD) en collaboration avec la police internationale Interpol dans le cadre de la déclinaison d’une stratégie de sécurité du cyberespace.

Dans ce contexte, la référence à la démarche d’intelligence juridique, la gestion numérique du recouvrement par des comptables des douanes organisés en réseaux, l’échange d’informations en temps réel entre les douanes et les autres régies financières (Impôts, Trésor), contribuent à la mise en place d’un dispositif douanier performant et sécuriséde taxation de l’économie numérique.

 

Docteur Ndiaga SOUMARE,

Inspecteur principal des douanes de Classe exceptionnelle.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°689 – 06/03/2026

🔴 ÉMIGRATION IRRÉGULIÈRE- 139 MIGRANTS INTERCEPTÉS PAR LA MARINE NATIONALE EN PLUS D’UN BÉBÉ RETROUVÉ MORT : LES LARMES DE NOS FILS ARROSENT ENCORE L’OCÉAN
🔴 DÉDOUANEMENT DES SERVICES EN GESTATION À LA LOUPE DU DOCTEUR NDIAGA SOUMARÉ : LE DROIT DOUANIER À L’ASSAUT DE L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE

🔴 SOUTIEN AU SPORT : L’ÉTAT DÉBLOQUE PLUS DE 4 MILLIARDS FCFA POUR 111 COMPÉTITIONS

Les 30-31-01 à venir, grève générale des transporteurs routiers du Sénégal.

‎Tout est parti du désaccord entre l’Etat du Sénégal et les syndicats des acteurs du transport sur leur revendications concernant l’arrêt à la circulation des véhicules nommé »cheikhou serifou ».

‎Pour redynamiser leur actions, les syndicats des transporteurs au nombre de 15 ce sont regrouper autour d’une Fédération nationale afin de mener des actions coordonnées sous une seul voix.

‎Chose qui ne sera pas facile d’engager un bras de fer pour l’Etat du Sénégal avec une telle fédération.
‎A travers un point de presse, les syndicalistes ont annoncer une grève de 3(trois) jours sur l’ensemble du territoire nationale a compter du 30 Mars.

Les 30-31-01 à venir, grève générale des transporteurs routiers du Sénégal.

Supporters sénégalais détenus au Maroc : la CNDH saisit son homologue marocaine pour un suivi de leur situation

La Commission nationale des droits de l’Homme du Sénégal (CNDH) a annoncé avoir engagé des démarches auprès de son homologue marocaine afin d’assurer un suivi de la situation des supporters sénégalais arrêtés au Maroc à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 disputée à Rabat.

Dans un communiqué, l’institution sénégalaise indique avoir officiellement saisi Amina Bouayach, présidente du Conseil national des droits de l’Homme du Royaume du Maroc, afin d’obtenir des informations précises sur les conditions de détention des supporters concernés et de veiller au respect de leurs droits fondamentaux.

La CNDH du Sénégal explique que cette démarche s’inscrit dans le cadre de son mandat de protection et de promotion des droits humains. Elle précise vouloir s’assurer que les Sénégalais interpellés bénéficient d’un traitement conforme aux normes internationales relatives aux droits de l’homme, notamment en matière d’accès à une assistance juridique, de conditions de détention dignes et du respect des garanties d’un procès équitable.

Les incidents à l’origine de ces arrestations se sont produits lors de la finale de la CAN 2025, organisée à Rabat. Des tensions auraient éclaté dans et aux abords du stade entre certains groupes de supporters, provoquant des débordements qui ont nécessité l’intervention des forces de sécurité marocaines. Plusieurs supporters sénégalais ont alors été interpellés et placés en détention dans le cadre d’une procédure judiciaire ouverte par les autorités locales.

Face à cette situation, la Commission nationale des droits de l’Homme du Sénégal affirme suivre l’évolution du dossier avec une attention particulière. Elle indique également rester en contact avec les autorités diplomatiques sénégalaises ainsi qu’avec les organisations de défense des droits humains afin de recueillir toutes les informations utiles et de faciliter, si nécessaire, les démarches d’assistance aux personnes concernées.

La saisine de l’institution marocaine vise aussi à renforcer la coopération entre les deux structures nationales de droits humains. Selon la CNDH, cette collaboration permettra d’obtenir des éléments fiables sur la situation des détenus sénégalais et de garantir que leurs droits soient pleinement respectés tout au long de la procédure judiciaire en cours.

Colère des maraîchers : des tonnes de légumes déversées sur la route au Km 50

La colère gronde dans la zone des Niayes. Ce jeudi matin, à hauteur du kilomètre 50, dans la commune de Keur Mousso, des maraîchers ont bloqué la circulation en déversant sur la chaussée des tonnes de légumes invendus. Une action spectaculaire destinée à dénoncer les difficultés croissantes auxquelles ils sont confrontés dans la commercialisation de leurs productions.

Venus de plusieurs localités agricoles de la zone des Niayes, notamment Lompoul, Diogo et des villages environnants, les producteurs ont pris d’assaut la route nationale pour exprimer leur ras-le-bol. Pommes de terre, oignons, choux, aubergines et tomates ont été déversés sur la chaussée, paralysant temporairement la circulation sur cet axe très fréquenté.

Selon les maraîchers, cette mobilisation vise à attirer l’attention des autorités sur la situation jugée « critique » du secteur. Ils dénoncent notamment la mévente de leurs produits, la chute des prix sur les marchés et la concurrence qu’ils estiment déloyale de certains acteurs de l’agrobusiness et des produits importés.

« Nous travaillons dur pendant des mois pour produire, mais au moment de vendre, nous n’arrivons pas à écouler nos récoltes. Nos produits pourrissent dans les champs ou dans les magasins », déplore un producteur rencontré sur place.

Les manifestants réclament ainsi l’intervention urgente de l’État pour réguler le marché, soutenir la commercialisation des productions locales et protéger les producteurs contre les pertes économiques qui menacent leurs activités.

Cette action de protestation a entraîné d’importants ralentissements sur la route nationale, avant l’intervention des forces de l’ordre pour rétablir la circulation.

Dans la zone des Niayes, principal bassin maraîcher du Sénégal, la tension reste vive. Les producteurs avertissent que si aucune solution durable n’est trouvée, d’autres mouvements de contestation pourraient suivre dans les prochains jours.

Subvention sur le riz local : le gouvernement sénégalais accorde 50 FCFA par kilogramme pour soutenir la production nationale

Le gouvernement du Sénégal renforce sa politique de promotion de la production nationale. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Sérigne Guèye Diop, a annoncé ce jeudi 05 mars l’instauration d’une subvention de 50 FCFA par kilogramme pour l’achat de riz produit localement. La mesure, rendue publique à travers un communiqué adressé notamment aux importateurs de riz, vise à faciliter l’intégration du riz sénégalais dans les circuits commerciaux et à soutenir davantage les producteurs nationaux.

Selon le ministre, cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale visant à renforcer la souveraineté alimentaire du pays. Elle entend également encourager la consommation et la distribution du riz local, dans un contexte où la production nationale connaît une progression significative mais reste confrontée à des difficultés d’écoulement sur le marché.

Depuis plusieurs années, les autorités sénégalaises multiplient les initiatives pour réduire la dépendance du pays aux importations de riz, un produit de base dans l’alimentation des ménages. Malgré les efforts consentis pour augmenter la production locale, notamment dans la vallée du fleuve Sénégal et dans certaines zones de l’Anambé, les producteurs font souvent face à un problème de commercialisation. Les stocks de riz local s’accumulent parfois dans les magasins faute de débouchés suffisants, alors même que les importations continuent d’occuper une part importante du marché national.

La subvention annoncée par le ministère de l’Industrie et du Commerce vise précisément à corriger ce déséquilibre. En accordant une aide financière de 50 FCFA par kilogramme acheté, l’État espère inciter les importateurs et les opérateurs économiques à intégrer davantage le riz local dans leurs circuits de distribution. L’objectif est de rendre ce produit plus compétitif face au riz importé, souvent mieux positionné sur le marché en raison de ses coûts et de ses habitudes de consommation.

Cette décision intervient également dans un contexte marqué par une forte orientation politique en faveur de la production nationale. Dans une circulaire adressée aux membres du gouvernement le 27 février dernier, le Premier ministre Ousmane Sonko avait demandé à l’ensemble des ministres de privilégier l’approvisionnement des structures publiques en riz d’origine sénégalaise. Cette directive vise à créer un débouché stable pour les producteurs locaux à travers les commandes de l’administration publique, notamment pour les cantines, les hôpitaux, les forces de défense et de sécurité ou encore certains programmes sociaux.

Pour les autorités, l’enjeu dépasse la simple question commerciale. Il s’agit d’un levier stratégique pour renforcer la souveraineté alimentaire du Sénégal et réduire la dépendance structurelle aux importations de denrées de base. En soutenant davantage la production et la commercialisation du riz local, le gouvernement espère consolider les revenus des producteurs, stimuler l’investissement dans la filière et améliorer la résilience du système alimentaire national face aux fluctuations des marchés internationaux.

Renaissance du Groupe La Poste : 311 agents déjà licenciés pour un coût de 3 milliards 71 millions FCFA

Ce 5 mars 2026, au siège du Synaposte, les organisations syndicales Synaposte, Sytposte et SNTP ont tenu une conférence de presse afin de faire la lumière sur le protocole d’accord relatif au plan de restructuration du Groupe La Poste.

Selon elles, la journée du 2 septembre 2025 restera une date majeure dans l’histoire du Groupe La Poste. Ce jour-là, le gouvernement du Sénégal avait tenu un Conseil interministériel consacré à la relance stratégique de l’entreprise nationale. À l’issue de cette rencontre, quinze (15) mesures structurantes ont été arrêtées afin d’engager la Poste sur la voie du redressement et de la modernisation.

Parmi ces mesures, le Plan de Départ Négocié Volontaire (PDNV) a été identifié comme un préalable indispensable à la mise en œuvre du plan global de restructuration.

Conscientes des enjeux majeurs pour l’avenir de l’entreprise et la préservation de sa pérennité, les organisations syndicales SYTPOSTE, SYNAPOSTE et SNTP affirment avoir pleinement assumé leurs responsabilités.

Après plusieurs semaines de concertations soutenues, parfois intenses mais toujours guidées par l’intérêt supérieur de l’entreprise, sous l’égide du ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique et en étroite collaboration avec la Direction générale du Groupe La Poste, les différentes parties sont parvenues à un accord jugé équilibré et responsable.

Cet accord prévoit notamment :

une prime équivalente à 30 mois de salaire brut moyen mensuel, entièrement non imposable ; le versement d’une indemnité de fin de carrière ; le règlement de l’indemnité compensatrice de congés.

« Le processus a été conduit dans un esprit de transparence, d’équité et d’inclusion. Suite à l’appel à candidatures lancé par la Direction générale, les travailleurs ont manifesté leur intérêt conformément aux critères d’éligibilité définis et validés de manière consensuelle », a expliqué Ahmed Diouf, secrétaire général du SNTP.

À ce jour, trois cent onze (311) agents ont été retenus à l’issue de séances de travail entre la Direction générale et les partenaires sociaux, pour un montant global de 3 milliards 71 millions FCFA.

Les agents concernés ont reçu entre 7,5 millions et 50 millions de FCFA, selon leur hiérarchie et leur ancienneté. Ils ont signé leurs contrats en toute liberté et en parfaite connaissance des termes de l’accord, notamment en ce qui concerne les primes de départ et la prise en compte de leur endettement. Le droit de désistement a été respecté jusqu’à la dernière minute, même si la quasi-totalité des candidats a confirmé son engagement.

M. Diouf a également souligné que l’aboutissement de ce volet social n’aurait pas été possible sans une forte volonté politique au sommet de l’État.

À cet égard, les organisations syndicales ont exprimé leur reconnaissance :

au Président de la République du Sénégal ; au Premier ministre, Ousmane Sonko, pour sa vision stratégique ; au ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique et à son cabinet ; au Directeur général du Groupe La Poste et à ses collaborateurs.

Les syndicats ont également adressé une mention spéciale à l’ensemble des travailleurs du Groupe La Poste, saluant leur résilience et la confiance accordée à leurs représentants syndicaux durant ces mois d’incertitude.

« La signature de ce protocole d’accord ne constitue pas une fin en soi. Elle marque plutôt le point de départ d’une nouvelle dynamique : celle de la renaissance du Groupe La Poste », a affirmé Ahmed Diouf.

Pour sa part, Ibou Faye, secrétaire général du Synaposte, est revenu sur la situation du Groupe La Poste et ses relations avec les partenaires sociaux. Il a interpellé le député Guy Marius Sagna à propos de ses déclarations sur la situation de l’entreprise.

« Je demande au député Guy Marius Sagna d’arrêter ses allégations. Les informations qu’il donne sur la situation du Groupe La Poste sont, pour la plupart, fausses. Je lui conseille de bien s’informer avant d’en parler au public », a-t-il déclaré.

En conclusion, le secrétaire général du SNTP a appelé le gouvernement à mettre en œuvre rapidement les quatorze (14) autres mesures du plan de relance, estimant que la pérennité de l’entreprise en dépend.

« Nous informons également l’opinion nationale qu’une seconde vague de départs volontaires est envisagée dans les prochains mois afin de finaliser ce processus de redressement », a conclu Ahmed Diouf.

Softcare sort du silence et assure la conformité sanitaire de ses produits

Quelques heures seulement après les déclarations du ministre de la Santé, le Dr Ibrahima Sy, affirmant que les produits de la marque Softcare ne présentent aucun danger pour les consommateurs, l’entreprise Softcare SN Company Limited est sortie de sa réserve. Dans un communiqué officiel intitulé « Avis d’information de Sofcare au public sénégalais », la direction générale de la société, basée à Sindia, indique avoir pris acte des conclusions de l’enquête et affirme respecter pleinement les résultats rendus publics par les autorités.

Dans ce document, l’entreprise tient d’abord à revenir sur l’un des points les plus sensibles de la polémique qui a alimenté le débat public ces derniers mois. Selon Softcare, les conclusions de l’enquête conjointe menée par les services du ministère de la Santé, du ministère du Commerce et par une commission de l’Assemblée nationale sont sans équivoque. La société affirme que les produits d’hygiène qu’elle fabrique n’ont jamais été élaborés à partir de matières premières périmées, rejetant ainsi l’une des accusations les plus relayées dans l’espace public.

La direction de Softcare assure également que les produits actuellement commercialisés sur le marché sénégalais ne présentent aucun risque sanitaire pour les consommateurs. Elle précise que ces produits respectent les normes européennes de sécurité, tout en se conformant aux exigences réglementaires en vigueur au Sénégal en matière d’hygiène et de sécurité des produits destinés au grand public.

Afin de dissiper toute suspicion sur la qualité de sa production, l’entreprise indique avoir fait appel à des laboratoires indépendants de renommée internationale avant même la publication officielle des conclusions de l’enquête. Les produits de la marque ont ainsi été soumis à des analyses approfondies réalisées par les laboratoires SGS et GALAB. D’après le communiqué, ces tests ont porté aussi bien sur les paramètres microbiologiques que sur le contrôle des contaminants.

Les résultats obtenus, selon l’entreprise, confirment que les couches pour bébés et les serviettes hygiéniques fabriquées par Softcare respectent les standards de sécurité appliqués au sein de l’Union européenne. La société estime même que l’utilisation de ces produits contribue à la protection de la santé publique, en offrant aux consommateurs des solutions d’hygiène répondant aux normes internationales.

Après plusieurs mois marqués par une forte exposition médiatique et des interrogations au sein de l’opinion publique, l’industriel installé à Sindia semble vouloir ouvrir une nouvelle phase. Dans son communiqué, Softcare affirme sa volonté de travailler en étroite collaboration avec les autorités sénégalaises afin de renforcer la transparence et la régulation du secteur.

L’entreprise réaffirme également son engagement en faveur du développement de l’industrie locale, soulignant l’importance de promouvoir une production nationale respectueuse des normes et des exigences de qualité. Pour la direction, l’avenir du secteur passe par une régulation fondée sur le droit, la normalisation et la durabilité.

En conclusion, Softcare se dit disposée à collaborer avec l’ensemble des acteurs du secteur qui placent la qualité au cœur de leurs priorités. La société appelle à une mobilisation collective afin de préserver la santé des consommateurs sénégalais et de renforcer la confiance du public dans les produits d’hygiène fabriqués localement, tout en affirmant vouloir assumer pleinement ses responsabilités sociétales.

Affaire Abdoulaye Bâ : Barthélémy Dias rend visite aux chroniqueurs de Sen TV détenus à Rebeuss

L’ancien maire de Dakar, Barthélémy Dias, s’est rendu ce mercredi à la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss pour rencontrer deux chroniqueurs de Sen TV actuellement en détention. Une visite discrète mais hautement symbolique, révélée par le journal Les Échos, qui intervient dans un contexte où l’affaire liée à la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ continue de susciter une vive controverse dans l’espace public sénégalais.

Selon la même source, l’ancien édile de la capitale s’est entretenu avec Abdou Nguer et Modou Fall, deux figures médiatiques de la chaîne Sen TV placées sous mandat de dépôt par la justice. Les deux chroniqueurs sont poursuivis pour diffusion de fausses nouvelles dans le cadre de commentaires et d’informations relayées autour du décès d’Abdoulaye Bâ, une affaire qui a rapidement pris une dimension politique et médiatique.

La visite de Barthélémy Dias n’a fait l’objet d’aucune déclaration publique de sa part. Fidèle à son style direct mais souvent imprévisible sur le terrain politique, l’ancien maire a choisi la discrétion pour cette démarche. Toutefois, ce déplacement à la prison de Rebeuss n’est pas anodin. L’homme politique connaît bien les lieux, pour y avoir lui-même été détenu par le passé dans le cadre de ses démêlés judiciaires liés à l’affaire Ndiaga Diouf.

Dans les milieux politiques et médiatiques, cette visite est perçue comme un geste de soutien à l’endroit des deux chroniqueurs incarcérés. Elle intervient alors que le débat sur la liberté d’expression, la responsabilité des médias et la lutte contre la désinformation occupe une place centrale dans l’actualité nationale.

Abdou Nguer et Modou Fall ont été placés sous mandat de dépôt à la suite d’une enquête ouverte par les autorités judiciaires après la diffusion d’informations jugées erronées concernant les circonstances de la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Cette affaire a rapidement provoqué de vives réactions au sein de l’opinion publique, alimentant de nombreux débats sur les réseaux sociaux et dans les médias.

La mort de l’étudiant, survenue dans des circonstances encore largement commentées, a suscité une forte émotion dans le pays. Dans ce climat particulièrement sensible, la diffusion d’informations non vérifiées a été considérée par la justice comme susceptible de troubler l’ordre public, d’où l’ouverture d’une procédure judiciaire visant les chroniqueurs.

Depuis leur incarcération, plusieurs voix se sont élevées pour demander leur libération ou, à tout le moins, une procédure respectant davantage les principes de la liberté de la presse. D’autres, en revanche, estiment que la rigueur judiciaire est nécessaire pour lutter contre la propagation de fausses informations, surtout dans des dossiers aussi sensibles.

Soutien à la candidature de Macky Sall à l’ONU : le PSD Njariñ d’Aly Ngouille Ndiaye appelle l’État à se mobiliser

Le Parti pour la Souveraineté et le Développement (PSD Njariñ) a officiellement exprimé son soutien à la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Dans un communiqué publié le mercredi 4 mars 2026, la formation politique dirigée par l’ancien ministre Aly Ngouille Ndiaye estime que cette ambition internationale constitue une suite logique au parcours de l’ancien chef de l’État sénégalais, dont l’expérience et le rayonnement diplomatique sont mis en avant.

Selon le parti, le leadership de Macky Sall sur la scène africaine et internationale plaide en faveur de sa candidature à la tête de l’Organisation des Nations Unies. Le PSD Njariñ rappelle notamment que l’ancien président du Sénégal a non seulement dirigé le pays pendant douze ans, mais qu’il a également porté la voix du continent africain lorsqu’il était à la tête de l’Union africaine. Cette trajectoire, souligne le communiqué, témoigne d’une solide expérience dans la gestion des affaires publiques et dans la conduite des relations internationales.

Pour la formation politique, le profil de Macky Sall correspond aux exigences d’une fonction aussi stratégique que celle de Secrétaire général de l’ONU. Le texte signé par Aly Ngouille Ndiaye met en avant ses qualités d’homme d’État, sa capacité de dialogue ainsi que son engagement en faveur de la stabilité et du développement. Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et de profondes transformations, le PSD Njariñ estime que l’ancien président sénégalais possède la vision et l’expérience nécessaires pour contribuer à une gouvernance mondiale plus équilibrée.

Le parti affirme également que l’éventuelle élection d’un Sénégalais à la tête des Nations Unies constituerait un moment historique pour le pays et pour l’Afrique. Selon lui, une telle perspective représenterait un tournant vers une gouvernance internationale davantage fondée sur le dialogue entre les nations, le respect des droits fondamentaux et la promotion d’un ordre mondial plus juste.

Au-delà de ce soutien politique, le PSD Njariñ appelle les autorités sénégalaises à s’impliquer activement dans la promotion de cette candidature. Le parti invite le gouvernement à mobiliser l’ensemble des leviers diplomatiques dont dispose l’État afin de soutenir efficacement Macky Sall dans cette ambition internationale. Pour Aly Ngouille Ndiaye, cette démarche dépasse les clivages politiques internes et s’inscrit dans une logique d’intérêt national et continental.

Le PSD Njariñ considère en effet que la présence d’un dirigeant africain à la tête de l’ONU renforcerait la voix du continent dans les grandes décisions internationales. Dans son communiqué, la formation politique souligne que cette candidature pourrait contribuer à accroître l’influence diplomatique de l’Afrique et à améliorer sa représentation dans les instances de gouvernance mondiale.

Régulation des médias : le Synpics dénonce une loi adoptée sans concertation et alerte sur des risques pour la liberté de la presse

L’adoption par l’Assemblée nationale, le 3 mars 2026, du projet de loi instituant le Conseil national de régulation des médias marque un tournant dans l’organisation du paysage médiatique sénégalais. Mais cette réforme, censée encadrer et moderniser la régulation du secteur, suscite déjà une vive controverse. Le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication exprime une profonde inquiétude et dénonce un texte élaboré sans consultation des acteurs directement concernés.

Dans une réaction ferme, le syndicat affirme n’avoir jamais été associé à la préparation du projet de loi n°4/2026, pourtant destiné à régir le fonctionnement et les pratiques des entreprises de presse et des professionnels de l’information. Pour l’organisation syndicale, cette absence de dialogue constitue une entorse grave aux principes de concertation qui devraient prévaloir dans l’élaboration d’une réforme touchant au cœur de l’exercice du journalisme.

Selon le syndicat, cette mise à l’écart est d’autant plus incompréhensible que l’organisation revendique depuis plusieurs décennies un rôle central dans la défense des droits des journalistes et dans l’amélioration des conditions d’exercice du métier. L’exclusion du processus législatif est perçue comme un signal préoccupant quant à la place accordée aux professionnels dans les réformes qui les concernent directement.

Le principal point de crispation se situe autour de l’article 31 du texte adopté. Cette disposition confère au futur Conseil national de régulation des médias des pouvoirs d’investigation jugés particulièrement étendus. Le texte prévoit notamment un accès illimité aux documents internes des entreprises de presse, ainsi que l’impossibilité pour les journalistes d’opposer le secret professionnel au régulateur dans le cadre de ses enquêtes.

Pour le syndicat, cette disposition remet en cause l’un des fondements essentiels du métier de journaliste, à savoir la protection des sources et l’indépendance éditoriale. L’organisation estime que ces pouvoirs pourraient ouvrir la voie à des formes d’ingérence dans le fonctionnement des rédactions et fragiliser la relation de confiance entre journalistes et sources d’information.

Le projet de loi prévoit également que le régulateur puisse prendre des mesures administratives allant jusqu’à la suspension de diffusion d’un média ou au blocage de contenus en ligne. Ces prérogatives inquiètent particulièrement les professionnels du secteur qui redoutent des décisions susceptibles d’affecter non seulement la liberté éditoriale, mais aussi la viabilité économique des entreprises de presse.

Au-delà des enjeux juridiques et démocratiques, le syndicat attire l’attention sur les conséquences sociales potentielles de telles mesures. Des suspensions ou des fermetures temporaires de médias pourraient entraîner des pertes d’emplois dans un secteur déjà fragilisé par les difficultés économiques et la transformation rapide de l’écosystème médiatique.

Agression d’un policier dans un bus de la ligne 227 : le contrôleur placé sous mandat de dépôt

Un agent de police en service au poste de Wakhinane-Nimzatt a été violemment agressé le mercredi 25 février à bord d’un bus de la ligne 227 reliant les Parcelles Assainies à Guédiawaye, dans la banlieue de Dakar. Le contrôleur mis en cause a été interpellé, déféré au parquet puis placé sous mandat de dépôt après les faits.

Selon les informations rapportées par le journal L’Observateur, l’incident s’est produit alors que le policier, identifié comme M. L. Badji et surnommé « Ben », se rendait à son lieu de service. Habillé en civil, il avait pris place dans le bus après avoir acheté son ticket comme les autres passagers. Un premier contrôle de titres de transport s’était déroulé sans difficulté.

La situation a toutefois basculé à l’entrée du département de Guédiawaye lorsqu’un second contrôleur, nommé M. Seck, est monté à bord du véhicule pour procéder à une nouvelle vérification. Il a alors exigé du passager la présentation de son ticket. Selon les éléments de l’enquête, un échange verbal tendu s’est rapidement engagé entre les deux hommes, chacun maintenant sa version des faits.

Face aux enquêteurs, le contrôleur n’a pas contesté l’altercation. Il a expliqué que le passager lui aurait indiqué avoir égaré son ticket avant d’adopter, selon lui, une attitude méprisante. Le policier aurait ensuite exhibé sa carte professionnelle, ce qui aurait contribué à envenimer la discussion. Dans la confusion, le contrôleur aurait finalement asséné un violent coup de poing au visage du policier.

Le coup a atteint l’agent à l’arcade sourcilière, provoquant une blessure importante et un œil fortement tuméfié. La scène a immédiatement suscité l’indignation des passagers présents dans le bus. Plusieurs d’entre eux ont demandé au chauffeur de se rendre sans délai au commissariat central de Guédiawaye afin de clarifier la situation.

De son côté, le policier blessé a contacté ses collègues pour signaler l’agression. À l’arrivée du bus au commissariat, le contrôleur a été interpellé par les forces de l’ordre puis placé en garde à vue pour les besoins de l’enquête.

La victime a ensuite été évacuée à l’hôpital Dalal Jam pour y recevoir des soins. Les médecins lui ont délivré un certificat médical mentionnant une incapacité temporaire de travail dont la durée reste à déterminer, compte tenu de la gravité des blessures constatées.

Au terme de sa garde à vue, le contrôleur a été présenté au parquet du tribunal de Pikine-Guédiawaye. Le procureur a décidé de son placement sous mandat de dépôt en attendant la suite de la procédure judiciaire.

RTS : de nouvelles convocations de syndicalistes après une plainte liée à l’organisation des fanzones de la CAN

Le climat social reste particulièrement tendu à la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise. Plusieurs responsables syndicaux sont à nouveau convoqués ce jeudi 5 mars 2026 à 11 heures à la sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar. Cette convocation fait suite à une plainte déposée par Thierno Niang, frère cadet de Pape Alé Niang, actuel directeur général de l’institution.

Dans un communiqué, l’intersyndicale regroupant le Synpics et le Synpap informe que des syndicalistes devront se présenter devant les enquêteurs dans le cadre de cette procédure. Les organisations syndicales affirment que la plainte émane de Thierno Niang, présenté dans leur communiqué comme étant « le messi de l’événementiel » par son grand frère Pape Alé Niang.

Selon les syndicalistes, cette convocation serait liée à la polémique autour de l’organisation des fanzones lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations. Ils affirment que la direction de la RTS aurait confié la gestion de ces espaces festifs à Thierno Niang, une décision qu’ils dénoncent vigoureusement. Pour eux, cette situation constitue un conflit d’intérêts flagrant qui, selon leurs propos, ne saurait être justifié.

Les représentants des travailleurs estiment que les procédures judiciaires engagées à leur encontre s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes entre la direction générale et une partie du personnel. Ils affirment également que les pressions et les menaces ne pourront pas entamer leur détermination à défendre leurs droits et leur dignité au sein de l’entreprise publique.

Cette nouvelle convocation intervient dans un climat déjà marqué par plusieurs épisodes de confrontation entre les syndicats et la direction. Le 17 février dernier, à la suite d’une marche de protestation organisée pour dénoncer la gouvernance de la direction générale, plusieurs figures de l’intersyndicale avaient été entendues par les enquêteurs.

À cette occasion, les journalistes et responsables syndicaux Mama Moussa Niang, El Hadji Thierno Dramé, Abibou Mbaye, Alioune Badara Kane et Youssouf Kaba avaient été convoqués à la Brigade de Recherches de Colobane pour une audition. Après leur interrogatoire, ils avaient été autorisés à rentrer libres.

Depuis plusieurs mois, la RTS traverse une crise sociale persistante. Une partie des syndicalistes conteste ouvertement le leadership du directeur général Pape Alé Niang. Ils l’accusent notamment de bénéficier d’avantages qu’ils jugent indus et de remettre en cause certains acquis sociaux qui avaient été accordés aux travailleurs sous l’ancien régime.

Affaire Softcare : le ministre de la Santé Ibrahima Sy affirme qu’aucun risque sanitaire n’est établi

Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, est sorti de sa réserve pour apporter des clarifications sur l’affaire Softcare, une controverse qui a suscité ces derniers jours une vive émotion au sein de l’opinion publique sénégalaise. Face à la presse, il a tenu à rassurer les consommateurs tout en rappelant les limites actuelles du cadre réglementaire national en matière de produits cosmétiques et d’hygiène.

Selon le ministre, à ce stade, aucun élément scientifique ne permet d’affirmer que les produits de la marque Softcare présentent un risque pour la santé des consommateurs. Il a insisté sur l’absence de données probantes permettant d’établir un lien entre ces produits et un quelconque danger sanitaire.

Ibrahima Sy a expliqué que, malgré l’ampleur de la polémique, les investigations menées jusqu’ici n’ont révélé aucune preuve attestant d’un risque lié à la consommation ou à l’utilisation des produits incriminés. Il a toutefois souligné que les autorités sanitaires restent attentives à toute nouvelle information pouvant émerger dans ce dossier.

Le ministre a également indiqué que l’entreprise concernée avait, dès l’éclatement de la controverse, pris l’initiative de faire analyser ses produits dans des laboratoires en Allemagne. D’après les résultats de ces analyses, les produits Softcare seraient conformes aux normes et standards internationaux en vigueur. Ces conclusions, selon lui, constituent à ce stade les seules expertises scientifiques disponibles sur la question.

L’un des points centraux des accusations portait sur l’utilisation supposée d’une matière première périmée dans la fabrication des produits. Sur cet aspect précis, Ibrahima Sy a apporté un démenti catégorique. Il a affirmé que la matière première évoquée dans les accusations n’a pas été utilisée dans le cycle de production de l’année 2025. Pour le ministre, cette précision est essentielle afin d’éviter toute confusion dans l’opinion publique et de ne pas tirer de conclusions hâtives.

Au-delà de la polémique autour de la marque, le ministre de la Santé a surtout mis en lumière une faiblesse structurelle du dispositif réglementaire sénégalais. Il a révélé qu’il n’existe actuellement aucun cadre juridique spécifique régissant les produits cosmétiques et d’hygiène au Sénégal.

Cette situation limite considérablement les marges d’action des autorités. Ibrahima Sy a notamment expliqué que l’Autorité de Réglementation Pharmaceutique ne dispose pas encore des bases juridiques nécessaires pour intervenir pleinement dans ce domaine. En effet, un décret est requis pour lui conférer explicitement le pouvoir d’inspection et de contrôle des produits cosmétiques et d’hygiène. Or, ce texte réglementaire n’a pas encore été adopté.

Cette lacune juridique, selon le ministre, explique en partie les difficultés rencontrées par les autorités pour agir rapidement dans l’affaire Softcare. Elle met également en évidence la nécessité d’une réforme du cadre réglementaire afin de mieux encadrer ce secteur et renforcer les mécanismes de contrôle.

Ibrahima Sy a ainsi laissé entendre qu’une évolution de la réglementation pourrait être envisagée afin de doter le pays d’outils juridiques adaptés pour assurer une surveillance plus rigoureuse des produits cosmétiques et d’hygiène mis sur le marché.

Missiles et explosions dans le Golfe : le Qatar visé, plusieurs pays placés en alerte

La tension militaire s’est brusquement intensifiée dans le Golfe après une attaque de missiles visant le Qatar. Le ministère de la Défense qatarien a annoncé que ses systèmes de défense aérienne étaient mobilisés pour intercepter plusieurs projectiles dirigés vers le territoire national, peu après que de fortes explosions ont été entendues dans la capitale Doha.

Sur place, des journalistes de l’Agence France-Presse ont rapporté avoir entendu une série de détonations particulièrement puissantes. Selon eux, il s’agit des explosions les plus violentes entendues depuis le début de la campagne de représailles attribuée à Téhéran contre plusieurs pays du Golfe. Cette escalade intervient dans un contexte déjà extrêmement tendu après l’attaque israélo-américaine menée samedi contre l’Iran, qui a ravivé les craintes d’un embrasement régional.

Peu après les explosions, une épaisse colonne de fumée noire a été aperçue à l’horizon depuis plusieurs quartiers de Doha, signe probable d’un impact ou d’une interception en altitude. Les autorités qatariennes avaient d’ailleurs pris des mesures de précaution quelques heures plus tôt en annonçant l’évacuation des habitants vivant à proximité de l’ambassade des États-Unis dans la capitale, par crainte d’éventuelles représailles visant des installations liées à Washington.

La situation ne s’est pas limitée au seul territoire qatari. Des explosions ont également été signalées à Manama, la capitale de Bahreïn. Les autorités locales n’ont pas immédiatement précisé l’origine de ces détonations, mais plusieurs observateurs évoquent la possibilité d’interceptions de missiles ou de drones dans l’espace aérien du royaume.

En Arabie saoudite, le ministère de la Défense a indiqué que ses forces avaient réussi à intercepter trois missiles ainsi que plusieurs drones qui se dirigeaient vers le territoire saoudien. L’annonce a été faite sur le réseau social X, confirmant que les systèmes de défense aérienne du royaume étaient activement engagés face à des menaces multiples.

Dans le même temps, un incident maritime a été signalé dans les eaux du Koweït. Selon l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO, un pétrolier a été touché par une forte explosion. L’incident aurait provoqué une fuite de pétrole, suscitant de nouvelles inquiétudes quant à la sécurité des routes énergétiques dans la région, cruciales pour l’approvisionnement mondial.

Marché financier régional : la BCEAO se veut confiante malgré la forte hausse des besoins de financement des États

Lors du point de presse clôturant la réunion du Comité de politique monétaire de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), tenue ce mercredi, le Gouverneur Jean-Claude Kassi Brou s’est exprimé sur une question centrale pour les économies de l’Union économique et monétaire ouest-africaine : la capacité du marché financier régional à absorber l’augmentation continue des besoins de financement des États membres.

Cette interrogation intervient dans un contexte marqué par une forte mobilisation des ressources sur le marché des titres publics. Pour la seule année 2026, les émissions publiques prévues par les États de l’Union devraient atteindre environ 12.700 milliards de francs CFA. Parallèlement, certains pays envisagent également de lever des fonds sur le marché boursier régional. Le Sénégal, par exemple, prépare un appel public à l’épargne estimé à 200 milliards de francs CFA sur la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM).

Pour expliquer la situation actuelle, le Gouverneur de la BCEAO a rappelé le contexte international qui a poussé les États de la région à se tourner davantage vers le marché financier régional. Entre 2022 et 2024, les conditions d’accès aux marchés internationaux se sont fortement durcies, notamment en raison du resserrement des politiques monétaires dans les grandes économies et de la hausse globale des taux d’intérêt. Face à ces contraintes, les États de l’Union ont été contraints de se replier massivement sur le marché intérieur afin de financer leurs déficits budgétaires, qui atteignaient alors des niveaux particulièrement élevés, oscillant entre 8 et 9 % du produit intérieur brut.

Ce n’est qu’à partir de la fin de l’année 2024 que certains pays ont progressivement retrouvé l’accès aux marchés internationaux, notamment à travers des émissions d’eurobonds. Toutefois, tous les États n’ont pas pu effectuer ce retour dans les mêmes conditions. Pour plusieurs d’entre eux, des contraintes spécifiques ont continué de limiter l’accès aux financements extérieurs, les obligeant à maintenir une forte dépendance vis-à-vis du marché régional.

Cette évolution a entraîné une augmentation significative des volumes d’émissions de titres publics dans l’Union. En 2025, les émissions brutes des États, incluant les adjudications et les opérations de syndication, ont atteint près de 15.000 milliards de francs CFA. Ce montant représente une progression d’environ 60 % par rapport à l’année 2024, où les émissions s’élevaient à environ 9.400 milliards de francs CFA.

Malgré cette hausse spectaculaire des besoins de financement, le marché financier régional semble avoir démontré une capacité de résistance notable. Selon Jean-Claude Kassi Brou, les dernières opérations d’émission ont enregistré un niveau de souscription supérieur aux montants recherchés. Les taux de couverture observés se situent généralement entre 120 et 130 %, ce qui signifie que les investisseurs ont proposé davantage de ressources que les États n’en demandaient.

Cette dynamique s’explique en grande partie par l’abondance de liquidités dans le système bancaire régional. L’amélioration de la position extérieure de l’Union a contribué à renforcer les disponibilités financières des banques, qui demeurent les principaux investisseurs sur le marché des titres publics. Ces institutions financières jouent ainsi un rôle déterminant dans le financement des États.

Cependant, le Gouverneur de la BCEAO a tenu à tempérer cet optimisme en rappelant les risques liés au niveau global d’endettement dans la région. Même si la trajectoire budgétaire des États semble s’améliorer, avec un déficit régional désormais ramené en dessous de 4 % du produit intérieur brut contre 8,5 % il y a quelques années, l’endettement public reste élevé.

Le ratio dette sur PIB dans l’Union dépasse aujourd’hui 63 %, un niveau qui demeure préoccupant pour la soutenabilité des finances publiques. Par ailleurs, le service de la dette continue de peser lourdement sur les budgets nationaux. Dans ce contexte, Jean-Claude Kassi Brou a averti que des tensions pourraient apparaître si la dette ne diminue pas et si les besoins de financement continuent d’augmenter au même rythme.

La question de la place du secteur privé dans ce marché financier dominé par les émissions publiques a également été abordée lors du point de presse. Le Gouverneur a rappelé que la consolidation budgétaire engagée par les États constitue un élément clé pour rééquilibrer progressivement le marché. En réduisant leurs déficits et leurs besoins de financement, les gouvernements pourraient libérer davantage d’espace pour les entreprises et les autres acteurs économiques souhaitant lever des fonds sur le marché régional.

Attaque contre Babacar Ngom : le silence du patronat sénégalais au cœur de la polémique

Les déclarations tenues à l’Assemblée nationale à l’encontre de Babacar Ngom continuent d’alimenter le débat public au Sénégal. Au-delà de la personne de l’homme d’affaires, c’est une certaine représentation de la réussite entrepreneuriale sénégalaise qui semble avoir été publiquement mise en cause : celle d’un dirigeant présenté comme un self-made man, ayant construit son parcours par l’investissement, la prise de risque et l’audace.

Mais plus que les propos eux-mêmes, c’est l’absence de réaction des organisations patronales qui suscite l’incompréhension de nombreux observateurs. Ni le Conseil national du patronat du Sénégal (CNP), ni la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), ni encore le Club des investisseurs sénégalais (CIS) n’ont, à ce stade, publié de communiqué officiel. Aucun rappel de principe sur le respect dû aux acteurs économiques, aucune déclaration sur la contribution de Babacar Ngom à l’essor du secteur privé national et à l’économie du pays.

Cette réserve contraste avec les réflexes observés dans d’autres corps organisés. Dans le monde syndical, universitaire ou médical, la solidarité professionnelle se manifeste souvent dès qu’un membre est publiquement attaqué. Il ne s’agit pas nécessairement d’une approbation inconditionnelle, mais d’une défense collective de l’image et de la dignité d’une profession. Cette attitude traduit une conscience partagée d’intérêts communs et d’un destin collectif.

Dans cette affaire, seule la voix d’Abdoulaye Sylla, à la fois député et chef d’entreprise, s’est élevée pour dénoncer ce qu’il considère comme une attaque injuste. Une prise de position individuelle qui, bien que saluée par certains, ne peut selon d’autres se substituer à une réaction institutionnelle structurée.

La controverse soulève une interrogation plus large sur le rôle des organisations patronales. Leur mission se limite-t-elle à la défense des intérêts économiques à travers les négociations fiscales, les concertations sociales ou les rencontres protocolaires avec l’État ? Ou inclut-elle également une dimension morale et symbolique consistant à protéger leurs membres lorsque leur réputation est publiquement mise en cause ?

L’absence de solidarité officielle peut être interprétée de diverses manières. Certains y voient une prudence stratégique visant à éviter toute politisation excessive des structures patronales. D’autres y perçoivent un manque de cohésion interne et un affaiblissement de la capacité du secteur privé à parler d’une seule voix.

Pour les investisseurs, les PME et les jeunes entrepreneurs, le signal envoyé peut paraître ambigu. Si un capitaine d’industrie peut être publiquement attaqué sans réaction collective de ses pairs organisés, cela peut nourrir l’idée d’un patronat fragmenté, peu enclin à faire bloc dans l’adversité.

Au fond, cette séquence met en lumière un enjeu central : la crédibilité des organisations patronales repose non seulement sur leur capacité à défendre des intérêts matériels, mais aussi sur leur aptitude à incarner une solidarité institutionnelle. Une organisation qui ne protège pas ses membres lorsqu’ils traversent une tempête médiatique ou politique s’expose à voir sa légitimité questionnée. Le CNP, la CNES et le CIS se retrouvent ainsi au cœur d’un débat sur la nature et la portée de leur engagement au service du secteur privé sénégalais.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°688 – 05/03/2026

🔴 ENTRE ATTAQUES RÉPÉTITIVES ET INJUSTIFIÉES PROFÉRÉES CONTRE BABACAR NGOM ET … : APHONIE COUPABLE DU PATRONAT
🔴 POLITIQUE MONÉTAIRE/ BAISSE DE SON TAUX DIRECTEUR JUSQU’À 3% : LA BCEAO DESSERRE

🔴 COUP DUR POUR L’ATHLÉTISME SÉNÉGALAIS : LE MEETING DE DAKAR RAYÉ PAR WORLD ATHLETICS

Drame à Santhiaba : un jeune apprenti retrouvé mort dans une gargote à Ziguinchor

Un drame bouleversant s’est produit dans la matinée du mercredi 4 mars 2026 au quartier Santhiaba, dans la commune de Ziguinchor. Un jeune apprenti, âgé d’une vingtaine d’années, a été retrouvé sans vie dans la gargote où il travaillait, suscitant émoi et consternation au sein de la population locale.

Selon les premiers éléments recueillis sur place, le patron de l’établissement, une gargote communément appelée « Maïga » ou « Tangana », s’était absenté très tôt le matin pour accomplir la prière de Fadjr, laissant sur les lieux deux apprentis chargés d’assurer la continuité du service. D’après les informations rapportées, l’un des apprentis aurait quitté momentanément les lieux pour se rendre dans une boutique située à proximité.

C’est à son retour qu’il aurait fait la macabre découverte, trouvant son collègue inanimé à l’intérieur de la gargote. Alertés, des riverains se sont rapidement rendus sur les lieux. Un témoin affirme avoir été parmi les premiers à constater le décès du jeune homme, dont le corps ne présentait, selon les premiers témoignages, aucun signe apparent permettant d’expliquer immédiatement les causes de la mort.

La victime, née aux alentours de 2005 selon le patron de l’établissement interrogé par un journaliste de GMS, serait originaire du Mali. Elle était venue au Sénégal pour des raisons professionnelles, comme de nombreux jeunes migrants en quête de meilleures opportunités. Le second apprenti présent au moment des faits serait également de nationalité malienne, d’après les informations disponibles.

Les forces de sécurité se sont rapidement déployées sur les lieux afin de procéder aux constatations d’usage et de sécuriser le périmètre. Le corps du défunt a été pris en charge pour les besoins de l’enquête. À ce stade, aucune piste n’est privilégiée et les circonstances exactes du décès restent à déterminer.

ONU : Thierno Alassane Sall apporte son « soutien total » à la candidature de Macky Sall et interpelle Diomaye Faye

Le député Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs, a réagi à l’officialisation de la candidature de l’ancien chef de l’État Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Dans une déclaration rendue publique, sa formation politique se félicite du dépôt officiel de cette candidature et lui apporte « son soutien total ».

Selon Thierno Alassane Sall, cette démarche dépasse les clivages politiques nationaux. Il estime qu’il s’agit d’une candidature portée par l’Afrique et, pour la première fois, par un Sénégalais à une fonction internationale d’une telle envergure. À ses yeux, une telle ambition devrait susciter un soutien clair et assumé de l’ensemble des forces vives du pays, quelles que soient leurs appartenances partisanes.

Le parlementaire souligne que le Sénégal aurait été associé aux discussions menées au niveau africain autour de cette désignation. Il considère dès lors que les autorités nationales avaient la possibilité de défendre leur position de manière argumentée dans les instances appropriées. Il exprime toutefois sa préoccupation quant au fait que la candidature a été officiellement déposée par le président du Burundi, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, une situation qui, selon lui, soulève des interrogations sur la posture diplomatique du Sénégal.

Dans sa déclaration, Thierno Alassane Sall en appelle directement au président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Il l’invite à adopter une position qu’il juge conforme aux intérêts supérieurs de la Nation. Pour le leader de la République des Valeurs, le chef de l’État doit se situer au-dessus des considérations partisanes et mesurer pleinement les implications diplomatiques d’une telle décision, tant à l’échelle continentale qu’internationale.

Évoquant la devise nationale « Un Peuple – Un But – Une Foi », le député soutient que les enjeux liés à cette candidature dépassent les divergences politiques internes. Il avertit qu’un défaut de soutien explicite du Sénégal pourrait, dans le contexte actuel de compétition internationale, profiter à d’autres candidatures issues d’autres régions du monde, au détriment de l’Afrique.

Karang : 49 kg de chanvre indien saisis par l’OCRTIS, un suspect arrêté et trois complices en fuite

Dans la nuit du 2 mars 2026, aux environs de 22h30, les éléments de la Brigade régionale des stupéfiants de Fatick, relevant de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), ont procédé à une importante saisie de chanvre indien dans la forêt du village de Karang-Ba, dans la commune de Karang, zone frontalière réputée sensible en matière de trafic transfrontalier.

L’opération a été déclenchée à la suite d’un signalement faisant état d’un groupe de porteurs ayant quitté un pays voisin avec une quantité importante de drogue destinée à être introduite au Sénégal par des voies non officielles. Informés de l’itinéraire habituellement emprunté par ces trafiquants, les policiers ont mis en place un dispositif de surveillance discret dans la zone forestière.

C’est ainsi qu’ils ont pu repérer le groupe composé de quatre individus transportant des colis suspects. À la vue des forces de l’ordre, trois d’entre eux ont pris la fuite, abandonnant leurs charges sur place. Un seul membre du groupe a pu être interpellé au terme de l’intervention.

Le mis en cause, identifié sous les initiales S. Dia, âgé de 25 ans, berger de profession et domicilié à Dahra Djoloff, a été appréhendé en possession d’un sac contenant 9 kilogrammes de chanvre indien. Lors de son audition, il a expliqué avoir été recruté, au même titre qu’un certain Ibrahima alias Loukakou, par un individu présenté comme le chef du groupe, Amadou Bessel, actuellement en fuite. Selon ses déclarations, leur mission consistait à transporter la marchandise en échange d’une rémunération fixée à 5 000 francs CFA par kilogramme.

Toujours selon ses propos, la drogue appartiendrait à un homme du nom de Mamadou, résidant à Kaffrine. Il a également précisé que les trois autres colis abandonnés sur les lieux, d’un poids respectif de 16 kg, 13 kg et 11 kg, auraient été portés par Amadou Bessel, Ibrahima alias Loukakou et un autre individu prénommé Ibrahima, dont l’identité complète reste à déterminer.

La fouille du suspect a permis aux enquêteurs de découvrir qu’il était muni d’une machette ainsi que d’un téléphone portable de marque Itel. Au total, les quatre sacs récupérés sur place représentent une saisie globale de 49 kilogrammes de chanvre indien, une prise jugée significative par les services de l’OCRTIS dans cette zone frontalière stratégique.

Diplomatie : Papa Mada Ndour nommé Ambassadeur et Secrétaire exécutif du Secrétariat permanent Sénégalo-Gambien

Moins d’un an après son éviction de la Présidence de la République, Papa Mada Ndour signe un retour remarqué sur la scène diplomatique sénégalaise. Le Chancelier des Affaires étrangères vient d’être nommé Ambassadeur, Secrétaire exécutif du Secrétariat permanent Sénégalo-Gambien par le président Bassirou Diomaye Faye, marquant ainsi un nouveau tournant dans son parcours au sommet de l’État.

Cette nomination consacre le repositionnement d’un haut fonctionnaire expérimenté dans un cadre stratégique pour les relations bilatérales entre le Sénégal et la Gambie. Le Secrétariat permanent Sénégalo-Gambien constitue en effet un mécanisme clé de coopération entre les deux pays voisins, liés par l’histoire, la géographie et de nombreux intérêts communs. Sa mission est de veiller au suivi et à la mise en œuvre des accords conclus entre Dakar et Banjul, notamment dans les domaines du commerce, de la sécurité, de la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que des infrastructures transfrontalières.

Papa Mada Ndour succède à El Hadji Ibou Boye, appelé à faire valoir ses droits à une pension de retraite après plusieurs années de service. Le départ de ce dernier ouvre ainsi une nouvelle séquence pour l’institution, appelée à poursuivre la consolidation des acquis de la coopération sénégalo-gambienne dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et économiques persistants.

Ce retour aux affaires intervient dans un contexte particulier. Il y a quelques mois seulement, Papa Mada Ndour avait été limogé de son poste de Chef de cabinet à la Présidence de la République. Cette éviction avait suscité de nombreuses interrogations dans les milieux politiques et administratifs, certains y voyant un réajustement stratégique interne, d’autres une sanction politique. Depuis lors, l’intéressé était resté discret sur la scène publique.

Sa nomination à ce poste diplomatique de premier plan apparaît donc comme une marque de confiance renouvelée de la part du chef de l’État. Elle pourrait également être interprétée comme une volonté de capitaliser sur son expérience administrative et sa connaissance des rouages institutionnels pour renforcer un axe Dakar-Banjul jugé prioritaire.

COMMUNIQUÉ DU CONSEIL DES MINISTRES DU 4 MARS 2026.

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 04 mars 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Stabilité du système éducatif national

Le Président de la République débute sa communication en soulignant le caractère impératif du bon fonctionnement de l’Ecole, pilier du pacte républicain. A cet effet, il rappelle au Gouvernement et aux acteurs de la communauté éducative, l’importance de renforcer la culture d’excellence et du mérite, ainsi que la crédibilité du système éducatif. Il engage le Gouvernement et les personnels enseignants à asseoir la stabilité du climat social, afin d’assurer la continuité des activités pédagogiques et le bon déroulement des évaluations, examens et concours, à travers un sursaut républicain et patriotique.

Par ailleurs, le Chef de l’Etat demande au Gouvernement de veiller à l’amélioration du cadre de vie, dans les établissements scolaires publics, par l’accélération de la mise en œuvre du Programme national de Construction et de Réhabilitation d’écoles, de lycées et collèges, en intégrant les aménagements paysagers adaptés. Enfin, il instruit le Ministre de l’Education nationale et le Ministre de la Formation professionnelle et technique d’intensifier le rythme de révision des curricula pour les adapter davantage aux besoins de l’économie nationale et au renforcement de l’intégration du numérique dans les enseignements et apprentissages. 

Politique d’amélioration de la condition de la femme

Le Président de la République salue l’organisation de la Semaine nationale de la Femme, dans le contexte de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, ce 08 mars 2026, sous le thème « Droits, Justice, Action pour toutes les femmes et les filles ».

Magnifiant les efforts consentis par le Gouvernement et l’ensemble des partenaires pour l’amélioration de la condition féminine, notamment en faveur des femmes résidant en milieu rural, le Chef de l’Etat souligne l’importance qu’il accorde à l’éducation des jeunes filles et à la préservation de l’égalité des genres et des droits des femmes. A cet effet, il indique au Gouvernement la nécessité d’accentuer la sensibilisation et la lutte contre les discriminations et les violences faites aux femmes et aux jeunes filles, et d’impliquer davantage les organisations féminines dans la mise en œuvre des politiques publiques, à travers le déploiement des projets et programmes de renforcement de l’autonomisation économique des femmes.

Le Président de la République demande, enfin, au Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités d’accélérer les réformes nécessaires à la promotion économique et à la protection sociale des femmes et d’organiser, avant la fin de l’année 2026, des concertations nationales inclusives sur la contribution des femmes à la réalisation de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050.

Renforcement du rôle de l’élevage et des productions animales dans la souveraineté alimentaire

Le Président de la République fait observer que le sous-secteur de l’élevage et des productions animales joue un rôle majeur dans l’économie nationale et la souveraineté alimentaire. A cet égard, il demande au Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage et au Secrétaire d’Etat chargé des Coopératives et de l’Encadrement paysan d’intensifier, en liaison avec les différentes organisations d’éleveurs, les actions de modernisation de l’Elevage et d’amélioration des productions animales. 

Le Chef de l’Etat indique au Gouvernement l’urgence d’accentuer les efforts de promotion de l’autosuffisance en viande, de mettre en place des coopératives communautaires et de travailler, avec les parties impliquées, à l’opérationnalisation d’un Fonds national de Développement de l’Elevage, instrument public de financement robuste, devant mobiliser des ressources endogènes issues de l’exploitation des filières du secteur. Il demande, également, d’engager les concertations en vue d’une modernisation du système de gestion des abattoirs, foirails, marchés de bétail et infrastructures pastorales. 

Dans ce sillage, le Chef de l’Etat invite le Ministre chargé de l’Elevage et le Secrétaire d’Etat aux Coopératives à faire une évaluation de l’application du Code pastoral, à accentuer la mise en œuvre du plan de transformation du Ranch de Dolly et à renforcer les ressources du Haras national de Kébémer. Il demande aussi de développer les écoles nationales, instituts et centres de formation et de recherche dans les domaines liés à l’élevage et aux productions animales, d’impulser une stratégie avancée de lutte contre le vol de bétail et de préparer la prochaine édition de la Journée nationale de l’Elevage. Il rappelle, enfin, l’urgence de faire adopter, dans les meilleurs délais, le projet de loi d’orientation agrosylvopastorale et halieutique.

Suivi de la réception effective des infrastructures relatives aux JOJ Dakar 2026

Le Président de la République informe le Conseil de sa visite d’inspection de l’état d’avancement des chantiers et infrastructures d’accueil des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, effectuée le 1er mars 2026. Il demande au Ministre des Infrastructures de faire une évaluation du niveau d’exécution des différents travaux et de prise en charge des problématiques urgentes liées à leur réception effective à date.  Enfin, le Chef de l’Etat souligne le prix qu’il attache à l’amélioration du cadre de vie dans les localités d’accueil, notamment l’accélération des aménagements et la réalisation des voiries d’accès aux sites de compétition et d’hébergement, sis dans les communes de Diamniadio et de Saly Portudal, en particulier.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a présenté sa communication sur les points suivants : 

Rationalisation du secteur parapublic

Le Premier Ministre a rappelé que lors de son passage à l’Assemblée nationale à propos de la séance relative à la question d’actualité le 21 février 2026, il avait dégagé les mesures conservatoires et correctives que le Gouvernement entend prendre pour renforcer la transparence dans la conduite et la gestion des affaires publiques. Parmi celles-ci, figure la rationalisation du secteur parapublic, dans une logique de modernisation de l’Administration, de réduction du train de vie de l’Etat et de rationalisation des dépenses publiques.   Dans ce cadre, un Groupe de travail a été mis en place pour proposer un Plan de rationalisation du secteur parapublic, en mettant en lumière les chevauchements des missions, les meilleures synergies, l’exercice d’attributions similaires par l’Administration ainsi que les repositionnements pertinents. Ce Groupe a procédé à l’analyse de toutes les entités concernées et a proposé, à l’issue des travaux : 

– la suppression de dix-neuf (19) entités, cumulant des dotations budgétaires de 28,051 milliards FCFA en 2025, une masse salariale annuelle estimée à 9,227 milliards FCFA, pour un effectif de 982 agents et une dette globale arrêtée à 2,6 milliards FCFA au 31 décembre 2024 ;

– le repositionnement de dix (10) entités, qui se traduirait notamment par la redéfinition des modèles d’intervention, une meilleure réaffirmation de leurs missions, par la révision ou l’actualisation de leur cadre juridique ainsi que de leur doctrine d’investissement.

Le Premier Ministre a fait noter que ce Groupe a souligné que dans certains secteurs, l’adoption d’une politique viable constitue un préalable à toute opération de rationalisation. Globalement, l’opération se traduirait par une optimisation de l’organisation du secteur parapublic et une économie budgétaire nette cumulée estimée, au moins, à 55 milliards FCFA sur les trois (03) prochaines années. Le Premier Ministre a abordé la dévolution du patrimoine ainsi que les mesures d’accompagnement sur le plan social, notamment le redéploiement des personnels et la gestion des contentieux. Dans cette perspective, il a engagé tous les ministres à se mobiliser pour une bonne mise en œuvre du Plan de rationalisation qui sera piloté par le comité interministériel qu’il mettra en place prochainement. 

Le Premier Ministre a rappelé que ce Plan de rationalisation doit être accompagné par une dynamique d’amélioration de la gouvernance du secteur parapublic, axée en particulier sur la maitrise des salaires et des effectifs, l’harmonisation des grilles de rémunération, l’utilisation optimale des crédits budgétaires, l’actualisation du classement des structures, le respect des normes de création, le renforcement du contrôle et de l’évaluation ainsi que la capacitation des acteurs. 

Dans cet esprit, il a demandé au Ministre des Finances et du Budget de veiller, en rapport avec le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, au strict respect des attributions de la Commission d’Evaluation des Agences d’exécution et du Comité de Suivi du Secteur parapublic. Il a instruit le Ministre des Finances et du Budget de les doter de ressources budgétaires appropriées, afin d’assurer leur fonctionnement optimal. 

Nécessité de reformulation d’une nouvelle politique agricole et agro-industrielle

Le Premier Ministre a rappelé que les campagnes de production agricole 2024/2025 et 2025/2026 se sont déroulées dans le cadre d’un effort budgétaire renforcé, avec des subventions initiales respectives de 120 milliards et 130 milliards FCFA. Ces campagnes sont marquées par des innovations et réformes majeures dans la gestion des intrants, la digitalisation et la gouvernance des filières, auxquels il convient d’ajouter les conditions agro-climatiques favorables. Ainsi, la production a enregistré des résultats globalement satisfaisants, avec des hausses significatives sur les principales spéculations, malgré la persistance de certaines difficultés.

Le Premier Ministre a annoncé la finalisation d’un document qui, se conformant à la loi d’orientation agrosylvopastorale, constituera le référentiel de la nouvelle Politique agricole, alignée sur l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050. Il a également abordé la Note d’orientation sur les mesures et réformes pour accélérer la transformation des systèmes agroalimentaires, initiée par le ministère en charge de l’Agriculture.

Ainsi, il a demandé au Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, en rapport avec le Ministre de l’Industrie et du Commerce, le Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, le Ministre des Finances et du Budget et toutes les parties prenantes, de finaliser et de lui soumettre, d’ici le 30 avril 2026, la Nouvelle Politique agricole et agro-industrielle, axée sur la modernisation agricole, le développement durable et la souveraineté alimentaire.

Sécurisation de la souveraineté alimentaire par la résorption des pertes post-agricoles sur les filières oignon et pomme de terre

Le Premier Ministre a attiré l’attention du Gouvernement sur les pertes post-récoltes et les difficultés de commercialisation des produits agricoles liées au manque d’infrastructures adaptées. Il a exprimé son regret face aux pertes post-récoltes élevées, qui oscillent entre 30 et 40 %. Il a exposé les faiblesses de l’écosystème post-récoltes et a instruit le Ministre en charge du Commerce, en relation avec les Ministres en charge de l’Agriculture, des Collectivités territoriales, des Finances et de l’Economie, de lui soumettre, dans les meilleurs délais, une Stratégie d’absorption des besoins de stockages à travers les huit (08) pôles territoires. 

Mesures préventives de protection macroéconomique, énergétique, logistique et sociale

Face à l’escalade militaire constatée sur la scène internationale, le Premier Ministre a exposé les risques de perturbations au niveau du Détroit d’Ormuz qui, au-delà de la fermeture physique, peuvent être combinés à un choc de prix, un renchérissement du fret et de l’assurance, et une tension sur les approvisionnements critiques. 

Face à notre vulnérabilité, la doctrine pour le Sénégal consiste à protéger les flux essentiels, cibler le soutien public, prévenir la spéculation et centraliser les arbitrages. C’est pourquoi, le Premier Ministre a décidé de mettre en place, sous la supervision de la Primature, un dispositif de pilotage de cette crise. Une matrice hiérarchisée de décisions a été élaborée et des situations consolidées seront dressées à l’attention du Chef de l’État. 

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de l’Energie, du Pétrole et des Mines a fait une communication sur l’harmonisation des prix des bouteilles de gaz butane et la gestion de l’orpaillage.

Le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a fait une communication sur l’état d’avancement du New Deal technologique, après un an de mise en œuvre.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier l’accord se rapportant à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et portant sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (Accord BBNJ), adopté le 19 juin 2023 à New York.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur

• Monsieur Papa Mada NDOUR, Chancelier des Affaires étrangères, est nommé Ambassadeur, Secrétaire exécutif du Secrétariat permanent Sénégalo-Gambien, en remplacement de Monsieur El Hadji Ibou BOYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Au titre du Ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines

• Monsieur Joseph Sambesene DIATTA, précédemment Président du Conseil d’Administration de la Société des Pétroles du Sénégal (PETROSEN HOLDING), est nommé Président du Conseil d’Administration du Réseau gazier du Sénégal SA (RGS SA), en remplacement de Monsieur Alexandre NGOM ;

• Monsieur Tidjani NIASS, Ingénieur pétrolier, est nommé Président du Conseil d’administration de la Société des Pétroles du Sénégal (PETROSEN HOLDING) en remplacement de Monsieur Joseph Sambesene DIATTA.

Au titre du Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique

• Monsieur Emmanuel DIEDHIOU, Administrateur civil principal, matricule de solde n° 611 535/A, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANPEJ) au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, poste vacant ;

• Monsieur Cheikhna Saad-Bouh SECK, Instituteur principal de 1er échelon, matricule de solde n° 633 364/E, est nommé Président du Conseil d’Orientation du Programme de Formation Ecole-Entreprise (PF2E) au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, en remplacement de Monsieur Mamadou MBATHIE, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère des Infrastructures

• Monsieur Pape Gora CAMARA, titulaire d’un Master en Planification et Gestion de projets, matricule de solde n° 658 273/K, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement au Ministère des Infrastructures.

Au titre du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme

• Monsieur Ndéné NDAO, Administrateur civil, matricule de solde n° 696 212/Z, est nommé Directeur de la Réglementation touristique, en remplacement de Madame Ndèye Awa BADJI.

Au titre du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique

• Monsieur Amadou Djibril DIALLO, Président du Conseil Départemental de Matam, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier Abdoul Cissé Kane des Agnams, poste vacant ;

• Monsieur Elhadji Mbagnick NGOM, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Management des Établissements de la Santé, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier national Aristide Le DANTEC, en remplacement de Monsieur Cheikh Tidiane DIOP ;

• Monsieur Alé Badara BA, titulaire d’un Diplôme d’Infirmier d’Etat, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier national de Pikine, en remplacement de Monsieur Falilou DIOP ;

• Monsieur Mohamed Tété DIEDHIOU, titulaire d’un Doctorat en Médecine, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Hôpital général Idrissa POUYE de Grand-Yoff, poste vacant ;

• Monsieur Cheikh Tacko DIOP, Professeur des Universités en Economie de la Santé et Administrateur de services de santé, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier national Matlaboul Fawzaïni de Touba, en remplacement de Monsieur Khadim Awa Balla MBACKE ;

• Monsieur Amadou Gallo DIOP, Professeur des Universités en Médecine à la retraite, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier national de FANN, en remplacement de Monsieur Mame Abdoulaye GUEYE ;

• Monsieur Joseph Mané, Technicien supérieur en Santé à la retraite, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier d’Enfants Albert ROYER, en remplacement de Monsieur Lamine Cissé SARR ;

• Monsieur Mamadou DIOUF, titulaire d’un Doctorat en Pharmacie et d’un Master en Bio-toxicologie appliqué à l’Industrie, à l’Environnement et à la Santé, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier national d’Enfants de Diamniadio, en remplacement de Monsieur Madické NDAO ;

• Monsieur Boundia DJIBA, Professeur des Universités en Médecine, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier national Dalal Jamm, en remplacement de Monsieur Mamadou NDIAYE ;

• Monsieur Algaye NGOM, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Santé Publique, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier national Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba, poste vacant ;

• Monsieur Arouna DIOP, Technicien Supérieur en Santé, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre national d’Appareillage Orthopédique (CNAO), en remplacement de Monsieur Pape Moussé TOURE ; 

• Monsieur Mamadou BEYE, Professeur des Universités en Médecine, est nommé Président du Conseil d’Administration du Service d’Assistance Médicale d’Urgence (SAMU), en remplacement de Monsieur Jean François DIENE ;

• Monsieur Serigne Abdoul BA, Professeur des Universités en Médecine à la retraite, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier national Seydi Elhadji Malick Sy de Tivaoune, poste vacant.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

Quatre individus arrêtés pour trafic de faux billets d’une contre-valeur de 2 milliards FCFA

Dans le cadre de la lutte contre la criminalité économique au Sénégal, la Section de Recherches de la Brigade de Gendarmerie de Keur Massar a procédé, le 2 mars 2026, à l’arrestation de quatre personnes à la Cité Tacko, à Rufisque, dans une affaire présumée d’association de malfaiteurs et de tentative de trafic de faux billets.

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’opération fait suite à un renseignement ayant permis d’identifier un homme d’environ 70 ans, présenté comme un maillon central du réseau. Ce dernier projetait de « laver » des billets noirs d’une contre-valeur estimée à près de deux milliards de francs CFA. Les coupures auraient été introduites sur le territoire sénégalais par voie maritime depuis la Gambie.

Les investigations menées par les gendarmes ont permis de surprendre le principal suspect en flagrant délit, en compagnie de trois de ses complices, dans un immeuble en chantier situé à la Cité Tacko. Les quatre individus ont été interpellés puis conduits dans les locaux de la brigade pour les besoins de l’enquête.

La Gendarmerie nationale rappelle l’importance de la collaboration citoyenne et invite les populations à signaler toute activité suspecte via son centre d’appel, accessible gratuitement aux numéros verts 800 00 20 20 ou 123.

A.S

Fonds d’appui à la presse : Babacar Ba exige la publication de la liste des médias bénéficiaires

Le débat sur la transparence dans la gestion des ressources publiques refait surface. Le président du Forum du justiciable, Babacar Ba, a publiquement interpellé le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, au sujet du Fonds d’appui au développement de la presse.

Invité du journal de 12 heures de Rodio Futurs Médias , Babacar Ba a plaidé pour une publication intégrale de la liste des bénéficiaires de ce fonds public. Selon lui, une telle démarche relève d’un impératif de bonne gouvernance et de transparence budgétaire, en conformité avec le Code de transparence dans la gestion des finances publiques.

Face aux interrogations croissantes sur la répartition de ces ressources, le président du Forum du justiciable estime que les citoyens doivent être informés de l’utilisation des deniers publics. Il a rappelé que le Fonds d’appui au développement de la presse est alimenté par l’argent du contribuable sénégalais, ce qui confère, selon lui, un droit légitime d’accès à l’information sur son affectation.

Dans son intervention, Babacar Ba a insisté sur la nécessité pour le ministère de publier les noms des médias, des organes de presse et des structures ayant bénéficié de ce mécanisme de soutien. Il considère que la transparence ne saurait être partielle ou sélective, surtout lorsqu’il s’agit de fonds publics destinés à soutenir un secteur aussi stratégique que celui des médias.

Cette sortie intervient dans un contexte marqué par des réformes importantes dans le paysage médiatique sénégalais, notamment la mise en place du Conseil national de régulation des médias, qui élargit le champ de la régulation aux plateformes numériques et aux nouveaux acteurs de l’information. Pour Babacar Ba, la crédibilité des politiques publiques en faveur de la presse passe nécessairement par une gestion claire, documentée et accessible à tous.

Sénégal : Yacine Fall appelle à une justice plus humaine et tournée vers la réinsertion

À l’occasion d’une rupture collective du jeûne organisée au camp pénal de Liberté 6 à Dakar, la Garde des Sceaux et ministre de la Justice du Sénégal, Yacine Fall, a livré un message fort sur le sens et la finalité de la peine privative de liberté. Devant des détenus réunis pour ce moment de partage, elle a insisté sur la nécessité d’une justice à la fois ferme, équitable et profondément humaine.

Selon la note de son service de communication, la ministre a rappelé que « la privation de liberté ne doit jamais signifier la perte de dignité ». Si la sanction demeure une composante essentielle de l’ordre judiciaire, elle ne saurait, selon elle, se réduire à une logique punitive. La justice, a-t-elle souligné, doit également accompagner, réparer et ouvrir des perspectives réelles de réinsertion aux personnes condamnées.

Ce moment de rupture du jeûne s’inscrit, d’après la chancellerie, dans une volonté des pouvoirs publics de maintenir un dialogue constant avec les personnes en détention. Il s’agit, selon la ministre, de réaffirmer l’engagement de l’État en faveur d’un système pénitentiaire respectueux des droits humains, tout en garantissant la sécurité publique. La présence de la Garde des Sceaux au sein de l’établissement pénitentiaire vise également à envoyer un signal d’écoute dans un contexte carcéral particulièrement tendu.

En effet, les prisons sénégalaises font face à une situation de surpopulation préoccupante. D’après les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les établissements pénitentiaires disposaient en 2023 d’une capacité théorique de 4 833 places pour près de 13 000 détenus, soit un taux d’occupation avoisinant 267 %, largement supérieur aux standards admis. Certaines régions, comme Kédougou, ont enregistré des taux particulièrement élevés, atteignant jusqu’à 501 %, illustrant une pression extrême sur les infrastructures existantes.

À cette surpopulation s’ajoute un déficit notable en personnel pénitentiaire. Les chiffres disponibles évoquent un ratio d’un surveillant pour onze détenus, alors que les normes internationales recommandent un encadrement beaucoup plus rapproché, souvent estimé à un agent pour deux détenus. Cette situation complique non seulement la gestion quotidienne des établissements, mais limite également la mise en œuvre effective de programmes de formation, d’accompagnement psychologique et de préparation à la réinsertion.

Dans ce contexte, les propos de la ministre prennent une dimension particulière. Plaider pour une justice qui « accompagne » suppose de renforcer les mécanismes alternatifs à l’incarcération pour certaines infractions, d’accélérer le traitement des dossiers judiciaires afin de réduire la détention préventive et d’investir dans des dispositifs de réinsertion professionnelle.

La déclaration de Yacine Fall ouvre ainsi un débat plus large sur la réforme du système pénitentiaire sénégalais. Entre impératif de sécurité, respect de la dignité humaine et nécessité de lutter contre la récidive, l’équilibre reste délicat. Mais le message porté lors de cette visite rappelle que la prison, au-delà de la sanction, doit aussi être un espace de reconstruction et de préparation au retour dans la société.

Sénégal : Mise au point officielle sur la candidature de Macky Sall à l’ONU

Le gouvernement sénégalais a officiellement clarifié sa position concernant la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Interrogé par Baye Oumar Gueye, Directeur général de Sudfm, le ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a affirmé sans ambiguïté que l’État du Sénégal n’a pas été associé à la démarche engagée en vue de cette candidature.

L’information a émergé le lundi 2 mars, lorsque la presse a appris, puis confirmé, la transmission à l’Organisation des Nations Unies d’une lettre émanant de la Mission permanente du Burundi auprès des Nations Unies. Le document, adressé au Secrétaire général de l’ONU, parrainait formellement la candidature de Macky Sall. Le fait marquant de cette initiative réside dans son origine : la proposition n’a pas été introduite par Dakar, mais par Bujumbura.

Face aux interrogations suscitées par cette démarche, Cheikh Niang a tenu à dissiper toute ambiguïté. Selon lui, « le gouvernement du Sénégal n’a pas été associé à cette démarche telle que présentée dans la lettre adressée au Secrétaire général de l’ONU ». Il a également précisé que la question n’a fait l’objet d’aucune discussion officielle lors du récent sommet de l’Union africaine tenu en février. Aucun consensus ni endossement collectif n’y aurait été exprimé en faveur de cette candidature.

Cette prise de position marque une volonté claire de distinction entre l’initiative personnelle de l’ancien chef de l’État et la position officielle du gouvernement actuel. Toutefois, le chef de la diplomatie sénégalaise a veillé à apporter une nuance importante. Il a rappelé que, conformément aux règles en vigueur au sein des Nations Unies, tout État membre dispose du droit souverain de proposer un candidat aux fonctions internationales. De même, tout ancien chef d’État estimant réunir les compétences et l’expérience requises peut librement faire acte de candidature.

La réserve exprimée par Dakar ne porte donc pas sur la légalité de la procédure, mais sur l’absence de concertation préalable avec les autorités sénégalaises. En filigrane, le message est clair : si la démarche est juridiquement recevable, elle aurait gagné en légitimité politique par une coordination avec l’État dont l’ancien président est issu.

Dans ce contexte, Cheikh Niang a révélé un élément supplémentaire qui éclaire les développements en cours. Une lettre de Macky Sall aurait été adressée directement au président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, afin de solliciter son soutien officiel. À ce stade, cette correspondance serait toujours en attente de réponse. Le ministre a précisé que le délai de soumission des candidatures n’étant pas encore arrivé à son terme, la position définitive du Sénégal ne sera connue qu’à l’expiration de cette échéance.

Cette affaire intervient dans un contexte diplomatique sensible, où les équilibres régionaux et les ambitions africaines sur la scène multilatérale demeurent des enjeux majeurs. La succession à la tête des Nations Unies constitue traditionnellement un processus hautement stratégique, mêlant considérations géopolitiques, équilibres continentaux et rapports de force au sein du Conseil de sécurité.

Funérailles d’Ali Khamenei : l’Iran en deuil sous haute tension militaire

Les funérailles de l’ancien Guide suprême iranien, Ali Khamenei, ont officiellement débuté le 4 mars à Téhéran, dans un contexte d’extrême tension régionale. Décédé le 28 février à l’âge de 86 ans, après des frappes attribuées à Israël et aux États-Unis, celui qui dirigeait la République islamique depuis 1989 laisse derrière lui un pays profondément marqué par plus de trois décennies d’un pouvoir centralisé et d’une influence religieuse et politique considérable.

La dépouille de l’ayatollah est exposée à la grande mosquée Imam Khomeini, dans la capitale iranienne, où des milliers de fidèles, responsables religieux et personnalités politiques se succèdent pour lui rendre un dernier hommage. Les autorités ont appelé à une mobilisation massive, présentant ces obsèques nationales comme un moment d’unité et de résistance face aux épreuves traversées par le pays. Dans les discours officiels, le défunt est décrit comme le « Guide de la nation » et le garant de la stabilité institutionnelle depuis la mort de l’imam Rouhollah Khomeini en 1989.

Le point culminant des cérémonies doit se tenir au Mosalla de Téhéran, vaste esplanade religieuse capable d’accueillir des centaines de milliers de personnes. Ce site emblématique a souvent servi de cadre aux grandes prières collectives dirigées par le Guide suprême lors des principales célébrations du calendrier islamique. Les autorités espèrent y démontrer une forte mobilisation populaire, symbole de cohésion nationale dans un moment de grande incertitude.

Ces funérailles interviennent alors que la situation militaire demeure particulièrement tendue. Le 4 mars au matin, l’armée israélienne a évoqué des dizaines de frappes visant notamment des centres de commandement dans la capitale iranienne. De son côté, un responsable militaire américain a affirmé que près de 2 000 frappes avaient été menées par les États-Unis depuis le lancement des opérations, le 28 février. Cette escalade militaire, inédite par son ampleur, alimente les craintes d’un embrasement régional plus large.

Sur le plan institutionnel, la disparition d’Ali Khamenei ouvre une séquence politique cruciale. Les instances dirigeantes iraniennes se préparent à enclencher le processus de désignation d’un nouveau Guide suprême, fonction clé qui concentre l’essentiel des pouvoirs religieux, militaires et stratégiques du pays. Si aucun calendrier précis n’a été communiqué, la transition devrait être engagée rapidement afin d’assurer la continuité de l’État et de préserver l’équilibre des institutions.

Selon l’agence iranienne Fars, l’ayatollah sera inhumé dans la ville sainte de Mashhad, dont il est originaire. Ce choix revêt une forte portée symbolique, Mashhad étant l’un des principaux centres religieux du chiisme. La date exacte de l’enterrement n’a toutefois pas encore été annoncée officiellement.

Yacine Fall plaide pour une justice humaine lors d’une rupture de jeûne au camp pénal de Liberté 6

La Garde des Sceaux et ministre sénégalaise de la Justice, Yacine Fall, a partagé mardi 03 mars un moment de rupture de jeûne avec les détenus du camp pénal de Liberté 6, à Dakar. À travers ce geste symbolique, la ministre a voulu porter un message fort en faveur d’une justice plus humaine, capable de concilier sanction, dignité et réinsertion.

Dans une déclaration relayée par son service de communication, Yacine Fall a rappelé que la privation de liberté ne devait en aucun cas entraîner une perte de dignité. Selon elle, la justice doit certes sanctionner lorsque cela est nécessaire, mais elle doit également accompagner, réparer et ouvrir de réelles perspectives de réinsertion. Ce message, prononcé dans un contexte marqué par le mois de Ramadan, revêt une portée particulière, soulignant la dimension humaine et spirituelle de l’acte posé par la ministre.

Le repas partagé avec les personnes détenues traduit, selon elle, la volonté des pouvoirs publics de maintenir un dialogue constant avec les détenus et de réaffirmer l’engagement de l’État pour une justice à la fois ferme, équitable et humaine. Cette démarche vise à rappeler que l’incarcération n’efface pas les droits fondamentaux des personnes concernées et que la mission de l’administration pénitentiaire ne se limite pas à la garde, mais s’étend à la préparation du retour à la vie sociale.

Cette déclaration intervient dans un contexte particulièrement préoccupant pour le système carcéral sénégalais. Les établissements pénitentiaires du pays font face à une situation chronique de surpopulation. D’après les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, les prisons sénégalaises, dont la capacité d’accueil est estimée à 4 833 places, ont hébergé près de 13 000 détenus en 2023, soit un taux d’occupation de 267 %, largement au-dessus du seuil critique. Dans certaines régions, comme Kédougou, le taux d’occupation a atteint 501 %, traduisant une pression extrême sur les infrastructures existantes.

À cette surpopulation s’ajoute un déficit important en personnel pénitentiaire. Le ratio observé d’un surveillant pour onze détenus reste bien éloigné des standards internationaux, qui recommandent un encadrement d’un agent pour deux détenus. Cette situation soulève des défis majeurs en matière de sécurité, de conditions de détention et d’accompagnement à la réinsertion.

Face à ces réalités, la sortie de la ministre de la Justice apparaît comme un appel à repenser les politiques pénales et pénitentiaires. La question de la réduction de la détention préventive, du développement des peines alternatives et du renforcement des moyens humains et matériels se pose avec acuité. En mettant l’accent sur la dignité et la réinsertion, Yacine Fall semble inscrire son action dans une dynamique de réforme visant à humaniser davantage le système carcéral sénégalais.

Affaire « Pape Cheikh Diallo et Cie » : 37 interpellations, 32 mandats de dépôt et une enquête qui s’étend

L’enquête d’envergure conduite par la Brigade de recherches (BR) de Keur Massar dans l’affaire dite « Pape Cheikh Diallo et Cie » connaît un tournant décisif. Ce dossier sensible, qui porte sur des faits présumés d’association de malfaiteurs, d’actes contre nature et de transmission volontaire du VIH, continue de s’alourdir au fil des investigations, révélant l’ampleur d’un réseau que les enquêteurs s’emploient à démanteler méthodiquement.

Depuis l’éclatement de ce scandale, le nombre d’interpellations n’a cessé de croître. Selon les dernières informations rapportées par le quotidien Libération dans son édition du mercredi 4 mars, 37 personnes ont été arrêtées à ce stade de la procédure. Parmi elles, 32 suspects ont déjà été placés sous mandat de dépôt, traduisant la gravité des charges retenues et la détermination des autorités judiciaires à faire toute la lumière sur cette affaire. Rien que pour la journée de lundi, trois nouveaux mis en cause ont été écroués, signe que les arrestations se poursuivent à un rythme soutenu.

D’après les éléments disponibles, les investigations menées par la BR de Keur Massar s’appuient sur des auditions croisées, des analyses techniques et des recoupements d’informations visant à établir les responsabilités individuelles dans ce dossier tentaculaire. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer l’existence d’une organisation structurée, les rôles précis des différents protagonistes ainsi que les circonstances exactes des faits reprochés.

L’affaire suscite une vive émotion dans l’opinion publique en raison de la nature des accusations, notamment celles liées à la transmission volontaire du VIH, qui constituent des faits d’une extrême gravité. Les autorités judiciaires semblent vouloir éviter toute précipitation, privilégiant une instruction approfondie afin de consolider les charges avant d’éventuelles comparutions devant les juridictions compétentes.

La même source indique que l’enquête est loin d’être close. D’autres interpellations ne sont pas exclues, au regard des ramifications que les investigations continuent de mettre au jour. Les prochains jours pourraient ainsi être déterminants dans l’évolution de cette affaire, qui s’impose déjà comme l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles du moment dans la banlieue dakaroise.

Mondial 2026 : l’Iran vers un retrait historique sur fond de tensions avec les États-Unis

L’incertitude plane autour de la participation de l’Iran à la Coupe du monde 2026. Qualifiée sur le terrain, la sélection iranienne, surnommée la Team Melli, pourrait pourtant renoncer à la compétition en raison du contexte géopolitique explosif entre Téhéran et Washington. Une situation inédite qui mêle sport, diplomatie et tensions militaires, à quelques mois d’un rendez-vous planétaire organisé en Amérique du Nord.

La compétition, prévue du 11 juin au 19 juillet 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique, s’annonce déjà comme la plus vaste de l’histoire du football mondial. Mais pour l’Iran, l’équation dépasse largement le cadre sportif. Les récents développements militaires, notamment l’opération Epic Fury menée conjointement par les États-Unis et Israël et ayant conduit à la mort du Guide suprême Ali Khamenei, ont profondément bouleversé l’équilibre politique régional. Dans ce climat de confrontation directe, la perspective de disputer un tournoi majeur sur le sol américain suscite de vives interrogations au sein des autorités iraniennes.

Selon plusieurs sources médiatiques, la Fédération iranienne de football réfléchissait encore ces derniers jours à un éventuel forfait. Mehdi Taj, président de l’instance, aurait confié qu’au regard des événements récents, il semblait difficile d’envisager sereinement une participation à la compétition. L’absence de déclaration officielle entretient toutefois le flou, tandis que certaines rumeurs, relayées notamment par le média israélien N12, ont même évoqué une décision déjà actée. À ce stade, aucune confirmation n’a été publiée, ni par la fédération iranienne ni par la FIFA.

Un autre élément vient renforcer les spéculations : l’Iran n’a pas pris part au sommet de planification organisé par la FIFA à Atlanta en début de semaine. Cette absence remarquée alimente les doutes sur la capacité ou la volonté de la Team Melli de maintenir son engagement, alors que les frappes israélo-américaines se poursuivent et que l’Iran multiplie les tirs de représailles dans le Golfe Persique.

Du côté de Washington, la question sportive ne semble pas être une priorité. Le président américain Donald Trump a déclaré ne pas accorder d’importance à une éventuelle défection iranienne, estimant que l’Iran est aujourd’hui un pays affaibli. Une prise de position qui souligne à quel point le dossier est d’abord perçu sous un angle politique plutôt que sportif par l’administration américaine.

Sur le plan strictement footballistique, l’Iran avait hérité du groupe G lors du tirage au sort du Coupe du monde de football 2026. La sélection devait affronter la Nouvelle-Zélande le 15 juin, la Belgique le 21 juin et l’Égypte le 26 juin, avec des rencontres programmées notamment à Los Angeles et à Seattle. Un groupe relevé mais abordable pour une équipe iranienne habituée aux phases finales et désireuse de franchir un cap après plusieurs participations consécutives.

En cas de forfait, le règlement prévoit un remplacement par une nation issue des barrages intercontinentaux. Les Émirats arabes unis ou l’Irak pourraient ainsi être repêchés selon les résultats de ces confrontations décisives. Une telle décision constituerait néanmoins un séisme sportif et diplomatique, tant la Coupe du monde reste un espace symbolique de dialogue entre les nations, même en période de tensions extrêmes.

Pour les supporters iraniens, l’attente est lourde d’angoisse. Entre fierté nationale et incertitude politique, la perspective de voir la Team Melli renoncer à la plus grande scène du football mondial représenterait une immense déception. À mesure que la date du tournoi approche, la pression s’intensifie sur les instances dirigeantes iraniennes, sommées de trancher entre sécurité, diplomatie et passion populaire.

Ousmane Sonko clarifie la ligne de Pastef et recadre les débats sur l’exercice du pouvoir

Le leader du Pastef, Ousmane Sonko, a tenu à lever toute équivoque sur la nature des relations entre son parti et l’exercice du pouvoir exécutif, dans un contexte marqué par des spéculations et des débats internes. S’adressant aux militants, il a rappelé avec fermeté que le Pastef fonctionne selon des règles précises, avec ses propres chartes et mécanismes de régulation, et que toute divergence doit impérativement être traitée au sein des instances prévues à cet effet.

Dans son intervention, le chef de l’État a opéré une distinction nette entre ses deux casquettes. Il a expliqué qu’au niveau partisan, il demeure l’autorité politique de référence, garant de la ligne et de la cohérence du mouvement. En revanche, dans le cadre institutionnel, il exerce pleinement ses prérogatives de président de la République, conformément à la Constitution et aux exigences de la fonction. Cette clarification, selon lui, vise à éviter toute confusion entre l’appareil d’État et l’organisation partisane, surtout à un moment où le Pastef détient les rênes de l’exécutif.

Ousmane Sonko a tenu à écarter toute idée de confrontation entre le parti et les institutions. Il a plutôt parlé d’un impératif de cohérence et de discipline. Pour lui, il ne s’agit pas d’un bras de fer, mais d’un appel à mettre fin à ce qu’il a qualifié de « double jeu ». Dans son esprit, l’unité et la clarté de la ligne politique constituent des conditions essentielles pour consolider l’action gouvernementale et préserver la crédibilité du projet porté par le Pastef.

Le président de la République a insisté sur la nécessité de renforcer simultanément un parti structuré, discipliné et fidèle à ses principes, et un État fonctionnant dans le strict respect des institutions. Il a invité les militants, parfois décrits comme « frileux » face aux rumeurs et aux polémiques, à faire preuve de sérénité et de confiance. Assurant être informé de tout ce qui se passe en interne comme à l’extérieur, il les a exhortés à se concentrer sur les priorités stratégiques plutôt que sur les spéculations.

Sur le plan politique, Ousmane Sonko a rappelé qu’il n’existe pas de miracle en politique, soulignant que les avancées reposent sur le travail, la cohérence et la constance. Il a conclu sur une note offensive, affirmant que le Pastef est plus que jamais fort, fort de la légitimité acquise lors des élections de 2024 et de la confiance populaire.

Abordant la question sensible des alliances, le leader du Pastef a précisé que son parti n’est nullement opposé aux coalitions. Toutefois, il a insisté sur le respect du poids politique et de la légitimité du Pastef. Selon lui, il est inacceptable qu’un partenaire cherche à s’imposer à la tête du parti ou à en influencer la direction alors même que le Pastef constitue la principale force issue des urnes. Il a dénoncé certaines démarches qu’il juge divisives, estimant que l’objectif de certaines manœuvres ne serait pas de renforcer l’unité, mais de créer des fractures internes afin de mieux peser dans les rapports de force.

Sécurité routière : l’État lance une vaste opération de rappel des minicars à Dakar et Diamniadio

Le gouvernement sénégalais a enclenché une offensive majeure contre l’insécurité routière. Depuis le Centre de contrôle technique des véhicules automobiles (CCTVA) de Dakar, le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, a officiellement lancé, ce lundi 3 mars, l’opération nationale de rappel des minicars de 12 à 19 places. Une mesure forte, motivée par l’augmentation préoccupante des accidents mortels impliquant cette catégorie de véhicules.

Face à la recrudescence des drames sur les routes, l’exécutif a choisi d’agir sans délai. Validée en Conseil des ministres, l’opération a été présentée par le ministre au président de la République ainsi qu’au Premier ministre, traduisant l’importance stratégique accordée à cette initiative. Elle a également été portée devant l’Assemblée nationale à la suite des interpellations de plusieurs députés inquiets de la situation. Pour Yankhoba Diémé, l’enjeu dépasse le simple cadre administratif. Il s’agit d’une question de sécurité nationale. Il a rappelé avec gravité que les premières victimes des accidents impliquant les minicars sont souvent les chauffeurs eux-mêmes, soulignant ainsi la dimension humaine et sociale du problème.

L’opération repose sur un dispositif concerté avec les syndicats de transporteurs, afin de garantir son acceptabilité et son efficacité. Deux centres ont été mobilisés pour mener à bien les contrôles : le CCTVA de Dakar et le centre de Diamniadio, situés sur des axes stratégiques empruntés par la majorité des minicars. La capacité de traitement a été significativement renforcée. À Dakar, plus de 1 600 véhicules peuvent être contrôlés chaque jour, avec deux lignes exclusivement dédiées aux minicars. À Diamniadio, les premiers retours sont jugés particulièrement encourageants, selon le ministre, qui a annoncé s’y rendre personnellement afin de constater l’état d’avancement des opérations.

Les transporteurs disposent d’un délai ferme de deux mois, du 3 mars au 2 mai à minuit, pour se conformer à cette obligation. Le ministre a tenu à rassurer les professionnels du secteur en précisant que cette opération ne génère pas de frais supplémentaires anormaux. En effet, chaque véhicule est déjà soumis à une visite technique semestrielle obligatoire, indépendamment de son âge. Il s’agit donc d’un rappel renforcé dans un contexte d’urgence, et non d’une nouvelle taxe déguisée.

Pour garantir l’application rigoureuse de la mesure sur l’ensemble du territoire, une note officielle a été adressée à tous les gouverneurs. Yankhoba Diémé a affiché une détermination sans équivoque, affirmant qu’il ne reculera pas d’un millimètre dans la mise en œuvre de cette décision, prise sur instruction expresse du Premier ministre. Le message est clair : la sécurité des usagers de la route prime sur toute autre considération.

Les véhicules déclarés conformes à l’issue du contrôle recevront des signes distinctifs visibles, notamment un hologramme et une mention spécifique sur la carte grise. Ces éléments permettront aux forces de défense et de sécurité d’identifier rapidement les véhicules en règle lors des patrouilles, évitant ainsi des immobilisations inutiles et fluidifiant les contrôles routiers.

À l’inverse, les véhicules présentant des anomalies devront impérativement se mettre en conformité avant toute reprise d’activité. Les propriétaires qui refuseraient de se soumettre à l’opération s’exposent à des mesures coercitives arrêtées en coordination avec le ministère de l’Intérieur et celui des Forces armées. Aucune dérogation ne sera accordée, a averti le ministre.

Sécurité routière : le gouvernement lance le rappel obligatoire des minicars de 12 à 19 places

C’est depuis le Centre de contrôle technique des véhicules automatiques (CCTVA) de Dakar que le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, a officiellement donné le coup d’envoi, ce lundi 3 mars, de l’opération nationale de rappel des minicars de 12 à 19 places. Une décision forte qui intervient dans un contexte marqué par une recrudescence inquiétante des accidents de la circulation impliquant ces véhicules de transport en commun, souvent à l’origine de drames humains sur les routes sénégalaises.

Face à ce constat alarmant, le gouvernement a choisi d’agir avec fermeté. Validée en Conseil des ministres, l’initiative a été personnellement présentée par le ministre au président de la République ainsi qu’au Premier ministre, traduisant le caractère prioritaire et stratégique du dossier. Elle a également été exposée à l’Assemblée nationale, à la suite de l’interpellation de plusieurs députés préoccupés par la multiplication des accidents mortels.

Pour Yankhoba Diémé, il s’agit d’un véritable enjeu de sécurité nationale. Il a insisté sur le fait que cette opération dépasse le cadre d’une simple mesure administrative. Elle constitue, selon lui, une réponse directe à une urgence humaine. Le ministre a rappelé avec gravité que les premières victimes de ces accidents sont bien souvent les chauffeurs eux-mêmes, exposés quotidiennement aux risques liés à l’état parfois défectueux de leurs véhicules.

L’opération de rappel vise à soumettre l’ensemble des minicars concernés à une visite technique approfondie. Tous devront se présenter dans les centres agréés afin de faire l’objet d’un contrôle rigoureux destiné à vérifier leur conformité aux normes de sécurité en vigueur. Deux sites stratégiques ont été mobilisés pour mener à bien cette mission : le CCTVA de Dakar et le centre de Diamniadio, situés sur des axes majeurs empruntés par la grande majorité de ces véhicules.

Afin de répondre à l’ampleur de la tâche, les capacités de contrôle ont été significativement renforcées. À Dakar, plus de 1 600 véhicules peuvent désormais être traités chaque jour, grâce notamment à deux lignes exclusivement dédiées aux minicars. Du côté de Diamniadio, les premiers retours sont jugés encourageants par les autorités, qui saluent la mobilisation des transporteurs et l’organisation mise en place. Le ministre a d’ailleurs annoncé qu’il se rendrait sur place pour constater de visu l’évolution des opérations.

Les transporteurs disposent d’un délai ferme de deux mois pour se conformer à cette obligation, soit du 3 mars au 2 mai à minuit. Passé ce délai, toute circulation d’un véhicule non contrôlé ou non conforme sera considérée comme une infraction. Yankhoba Diémé a tenu à rassurer la profession sur l’aspect financier de la mesure, précisant que ce rappel n’engendre aucun coût supplémentaire anormal, les minicars étant déjà soumis à une visite technique obligatoire tous les six mois, quel que soit leur âge.

Pour garantir l’application stricte de la décision sur l’ensemble du territoire, une note officielle a été adressée à tous les gouverneurs du pays. Le ministre a affiché une détermination sans ambiguïté, affirmant qu’il ne reculera pas dans la mise en œuvre de cette réforme, qu’il dit appliquer sur instruction expresse du Premier ministre.

À l’issue du contrôle, les véhicules jugés conformes se verront apposer des signes distinctifs visibles, notamment un hologramme et une mention spécifique sur la carte grise. Ces éléments permettront aux forces de défense et de sécurité d’identifier rapidement les minicars en règle lors des contrôles routiers, évitant ainsi des immobilisations inutiles et des pertes de temps pour les chauffeurs respectueux des normes.

En revanche, les véhicules présentant des anomalies techniques devront impérativement procéder aux réparations nécessaires avant de pouvoir reprendre la route. Quant aux transporteurs récalcitrants qui refuseraient de se soumettre à l’opération, des mesures coercitives ont été arrêtées en coordination avec le ministère de l’Intérieur et celui des Forces armées. Aucune dérogation ne sera tolérée, ont martelé les autorités.

Avis de décès

Moustaphe Malick NDIAYE grand frère du défunt, El hadj Demba NDIAYE petit frère du défunt , Mbissine NDIAYE soeur du défunt, Ndeye Coumba CAMARA épouse du défunt, Eumeu NDIAYE fils du défunt .

‎Toute la famille de Baye aly NDIAYE (Aldiba) de St louis ont le regret de vous annoncer le déces de Makhtar NDIAYE (Agent de la senelec à la retraite.)

‎Décès survenu ce Mardi 03 Mars à Dakar.

‎Enterrement prévu ce mercredi à 17 h à Sicap Liberté 5 (domicile du défunt.

‎Vos prières l’accompagne dans sa demeure éternel.

Non-lieu total : Ndeye Saly Diop Dieng remercie ses soutiens et réaffirme son engagement républicain

Au lendemain de la décision de non-lieu total rendue par la Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice, Ndaye Saly Diop Dieng est sortie de son silence pour exprimer sa gratitude et réaffirmer son attachement aux institutions de la République. Dans une déclaration rendue publique, l’ancienne ministre a salué avec émotion les nombreux soutiens qui l’ont accompagnée tout au long de la procédure judiciaire qu’elle qualifie d’« épreuve ».

Visiblement soulagée par l’issue de la procédure, elle a tenu à remercier celles et ceux qui lui ont manifesté leur solidarité durant cette période délicate. Des témoignages venus des quatre coins du pays, de Dakar au Ndiambour en passant par le Cayor, lui ont, selon ses propres mots, apporté « la force et la sérénité nécessaires pour traverser cette période ». Elle a insisté sur l’importance de cet élan national, qu’elle considère comme un réconfort moral déterminant face aux accusations portées contre elle.

L’ancienne membre du gouvernement de Macky Sall a rappelé qu’elle n’a jamais douté de son innocence depuis l’ouverture de la procédure judiciaire. La décision de non-lieu total vient, à ses yeux, confirmer une position qu’elle affirme avoir toujours défendue avec constance et dignité. « Je n’ai jamais cessé d’affirmer mon innocence », a-t-elle martelé, estimant que la justice a désormais établi la vérité des faits.

Se définissant comme une « républicaine convaincue », Ndeye Saly Diop Dieng a saisi l’occasion pour réitérer son attachement au respect des institutions et à l’indépendance de la justice. Elle a souligné que la solidité d’un État repose sur la confiance dans ses mécanismes institutionnels et sur la capacité des autorités judiciaires à statuer en toute impartialité. Selon elle, cette décision illustre le fonctionnement normal des institutions et renforce la crédibilité de l’État de droit au Sénégal.

Adoptant un ton apaisé, elle a affirmé ne nourrir aucun esprit de revanche. Au contraire, elle a adressé un message particulier aux femmes du Sénégal, à la jeunesse et aux anciens, leur promettant de continuer à les servir « avec dignité, responsabilité et fidélité aux valeurs de la République ». Elle a réaffirmé sa volonté de rester engagée au service du pays, portée par les principes qui ont toujours guidé son action publique.

En conclusion, l’ancienne ministre a exprimé une profonde reconnaissance envers tous ceux qui l’ont soutenue, estimant que cet appui « honore et renforce » son engagement. À travers cette déclaration, Ndeye Saly Diop Dieng entend tourner la page de cette séquence judiciaire et se projeter vers l’avenir, avec la détermination de poursuivre son action au service du Sénégal.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°687 – 04/03/2026

🔴 AVIS DU CDEPS SUR LA CRÉATION D’UN « CONSEIL NATIONAL DE RÉGULATION DES MÉDIAS » EN REMPLACEMENT DU CONSEIL DE RÉGULATION DE L’AUDIOVISUEL : UN COUP D’ÉTAT CONTRE LES MÉDIAS !
🔴 EXTRADITION PARTIELLE DE MADIAMBAL PRONONCÉE PAR LE JUGE FRANÇAIS : LE STATU QUO

🔴 DÉTENTION DES 18 SUPPORTERS : DAKAR PRIVILÉGIE LA CARTE DIPLOMATIQUE AVEC RABAT

Crise dans l’éducation: trop c’est trop et cela suffit !

(Par Pr Alioune Diery Niane)

Le système éducatif  Sénégalais est profondément paralysé et personne ne s’en émeut vraiment. Des enseignants insatisfaits, et estimant être dans leur bon droit  s’accordent toute liberté de perturber les enseignements-apprentissages pour motif de non-respect des accords signés par l’Etat du Sénégal. Les  autorités  étatiques en charge du  secteur comme les acteurs de celui-ci sont d’ailleurs tous des pilleurs de notre école publique et non ses bâtisseurs. Les parents d’élèves pareillement sont tous des complices silencieux d’une faillite de notre école qu’il faut désormais et en toute urgence sauver d’un naufrage certain dont notre peuple va en payer le prix d’ici dix, vingt voire même plus de trente ans.

Acteur engagé dans l’école publique, j’en arrive au constat  suivant marqué par la mauvaise foi de toutes les parties prenantes, faisant comme s’il n’y avait pas péril en la demeure ; « Le système éducatif sénégalais est un leurre institutionnel assis sur une hypocrisie socioculturelle et une imposture intellectuelle inqualifiable ».

Les autorités s’intéressent au pourcentage surévalués considérant la quantité plutôt que la qualité, les chiffres indicatifs référés aux séries appréciées prenant uniquement en compte les résultats  globaux sans analyser combien dans une série ont dès le premier tour engrangé des notes conséquentes calculées selon les dominantes pour dégager une masse critique faisant correspondre le profil de compétence de la série et  les  performances réalisées  par les apprenants dans les dominantes, l’expérience du Baccalauréat indiquant qu’exceptionnellement en S1 le premier tour  a l’avantage d’un taux de réussite massif.

L’école devenant une mode plutôt qu’un mode de vie, les parents ou la société, tous acceptent qu’en tant que rite de passage il faut que les apprenants s’y rendent. Toute  opportunité de réussite pouvant en être  espérée, quelque  échec ouvre des  possibilités hors de son champ. Cela a pour conséquence des classes pléthoriques dont le désastre ambiant est loin de produire des résultats probants.

Enfin, la crise de l’emploi justifiant le rush vers un corps jadis exigeant  en rigueur et en vertu, les acteurs de l’école, la plupart pour des raisons de survie, comme des automates déroulent leurs programmes trouvant l’occasion de se dédouaner de l’échec de leurs apprenants, frappés comme ils disent de nullité endémique. Les enseignants de vocation se remettent en cause quand l’échec de leurs apprenants est massif. Les  enseignants de circonstance au lieu d’en pleurer en rient et se  défaussent sur les  parents et l’Etat. A première vue les apprenants sont les  victimes. A  long terme c’est le Sénégal le grand perdant, puisque le temps du travail rompu nous situe hors du circuit de compétition qui engage les pays en quête  d’émergence.

Pr Alioune Diery Niane

Produits pétroliers : Ousmane Sonko met en place un dispositif d’anticipation face aux tensions internationales

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé, ce mardi 3 mars 2026, une réunion spéciale consacrée à la situation des produits pétroliers au Sénégal, dans un contexte international marqué par la persistance de la guerre au Moyen-Orient et ses répercussions sur les marchés mondiaux de l’énergie. Cette rencontre stratégique a réuni les ministres concernés ainsi que les responsables des structures techniques en charge du secteur énergétique et des finances publiques.

Au cœur des échanges figurait la nécessité d’anticiper les effets d’éventuelles perturbations sur l’approvisionnement national en carburants et en gaz butane. Les tensions géopolitiques actuelles exercent une pression accrue sur les prix du baril et sur les chaînes logistiques internationales, exposant les pays importateurs comme le Sénégal à des risques de hausse des coûts et de rupture d’approvisionnement. Face à cette conjoncture incertaine, le gouvernement entend adopter une posture proactive afin de préserver la stabilité du marché intérieur.

Le Premier ministre a insisté sur l’impératif de sécuriser les stocks stratégiques et de renforcer les mécanismes de veille et d’alerte. Il a également souligné l’importance d’une coordination étroite entre les différents départements ministériels impliqués, notamment ceux en charge de l’Énergie, des Finances, du Commerce et des Transports. L’objectif est d’assurer une gestion rigoureuse des importations, de maîtriser l’impact budgétaire des subventions et d’éviter toute spéculation susceptible de pénaliser les consommateurs.

La protection des ménages vulnérables constitue un axe central des orientations définies lors de cette réunion. Dans un contexte où les produits pétroliers influencent directement le coût du transport, des denrées alimentaires et des services de base, l’Exécutif veut prévenir toute flambée des prix qui pourrait affecter le pouvoir d’achat des populations. Des mesures ciblées sont à l’étude afin d’atténuer les effets d’éventuelles hausses sur les couches sociales les plus exposées.

Pour assurer un suivi régulier et rigoureux de la situation, un comité interministériel a été mis en place. Cette instance sera chargée d’analyser l’évolution des marchés internationaux, d’évaluer les niveaux de stock disponibles et de proposer, en temps réel, les ajustements nécessaires. Elle devra également formuler des recommandations en matière de politique tarifaire et de gestion des subventions, en tenant compte des équilibres macroéconomiques du pays.

Crise scolaire : l’Intersyndicale hausse le ton face aux « ponctions sauvages » sur les salaires

La tension monte d’un cran dans le secteur de l’éducation au Sénégal. Ce mardi 3 mars 2026, l’Intersyndicale des enseignants a organisé des sit-in devant les inspections d’académie, notamment à Mbacké et Kaffrine, pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « ponctions sauvages » opérées sur les salaires du mois. Le mouvement, largement suivi selon les responsables syndicaux, marque une nouvelle étape dans un bras de fer qui oppose depuis plusieurs semaines les syndicats au gouvernement.

Au cœur de la contestation figurent des prélèvements financiers jugés injustifiés, dont les montants varieraient entre 60 000 et plus de 200 000 francs CFA selon les cas. Les syndicats, parmi lesquels le G7 et le Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire du Sénégal (SAEMS), parlent d’un « vol organisé » et dénoncent une « surimposition sauvage » appliquée aux rappels liés à l’intégration et à l’avancement des enseignants.

Les représentants syndicaux affirment que ces retenues ont été effectuées sans explication préalable claire et sans concertation avec les partenaires sociaux. Ils soutiennent que certains enseignants en congé de maternité ou en arrêt maladie, qui n’auraient pas participé aux mouvements de grève, ont malgré tout subi des prélèvements. Cette situation est jugée particulièrement choquante par les syndicats, qui y voient une application aveugle et injuste de sanctions financières.

Au-delà des retenues salariales, les syndicats évoquent d’autres dysfonctionnements structurels. Ils pointent la situation des « décisionnaires », ces enseignants dont la carrière administrative n’aurait pas été régularisée à temps, entraînant des conséquences sur leurs droits à la retraite. Ils dénoncent également le non-respect du protocole d’accord signé en 2022, qui devait, selon eux, stabiliser les relations entre l’État et le corps enseignant.

Face à ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave aux droits des travailleurs, les responsables syndicaux ont annoncé leur intention de saisir l’Organisation internationale du Travail afin de dénoncer ces pratiques. Une telle démarche viserait à internationaliser le conflit et à exercer une pression supplémentaire sur les autorités nationales.

Les syndicats critiquent par ailleurs les récentes déclarations du Premier ministre, estimant qu’elles tendent à « diaboliser » les enseignants en évoquant de prétendues « questions nouvelles » pour justifier la situation actuelle. Selon l’Intersyndicale, ces discours masqueraient une iniquité salariale persistante et une gestion administrative jugée défaillante.

Le cinquième plan d’action est en cours et doit se poursuivre jusqu’à vendredi avec une grève générale. Mais les syndicats annoncent déjà un sixième plan pour la semaine suivante, comprenant des journées dites « écoles mortes » et le dépôt d’une plainte collective afin d’obtenir le remboursement intégral des sommes prélevées.

Dans un contexte déjà marqué par des perturbations répétées du calendrier scolaire, cette radicalisation du mouvement laisse présager de nouvelles semaines de tensions dans le système éducatif. L’issue du conflit dépendra désormais de la capacité des deux parties à renouer le dialogue et à trouver un compromis sur la question sensible des rémunérations et du respect des engagements antérieurs.

Thiès : quatre nouveaux suspects arrêtés dans le cadre d’une délégation judiciaire du TGI de Pikine-Guédiawaye

L’enquête ouverte sur commission rogatoire du juge d’instruction du premier cabinet près le Tribunal de Grande Instance de Pikine-Guédiawaye connaît un nouveau développement. Selon des informations rapportées par Seneweb, la Gendarmerie nationale, placée sous le commandement du Général Martin Faye, a procédé lundi à l’interpellation de quatre nouveaux suspects dans la commune de Thiès.

Ces arrestations s’inscrivent dans le cadre de l’exécution d’une délégation judiciaire visant à faire avancer les investigations sur une affaire dont les contours exacts n’ont pas encore été rendus publics. Les personnes appréhendées sont identifiées sous les initiales N. Diop, étudiant domicilié à la Cité Senghor, A. Diallo, étudiant arabisant âgé de 24 ans, H. Massaly, commerçant de 31 ans, ainsi que D. Mbaye, 29 ans. Ce dernier est présenté par les enquêteurs comme un intermédiaire entre une structure sanitaire et des personnes vivant avec le VIH.

Les opérations ont été menées par la Brigade de recherches de Thiès, relevant de la compagnie locale. D’après les éléments disponibles, les suspects ont été interpellés à l’issue d’investigations approfondies conduites sur le terrain. Dans la nuit de lundi, ils ont été transférés sous haute escorte vers Dakar par la Brigade de recherches de Keur Massar afin de poursuivre leur audition et les actes d’enquête nécessaires à la manifestation de la vérité.

Les autorités indiquent que ces arrestations ont été rendues possibles grâce à l’utilisation de techniques d’investigation modernes, notamment l’exploitation et l’analyse des téléphones portables des personnes mises en cause. Les données numériques collectées auraient permis de consolider certains indices et de remonter des pistes jugées déterminantes par les enquêteurs.

L’affaire est suivie de près par le parquet de Pikine-Guédiawaye. Le procureur Saliou Dicko, chef du parquet, a été informé de l’évolution du dossier. L’enquête se poursuit afin d’établir les responsabilités éventuelles et de situer précisément le rôle de chacun des suspects dans cette affaire qui suscite déjà une vive attention.

Conseil national de régulation des médias : le CDEPS alerte sur « une menace directe » contre l’indépendance de la presse

Alors que l’Assemblée nationale du Sénégal examine ce mardi 3 mars le projet de loi portant création du Conseil national de régulation des médias, la contestation s’organise dans les rangs des professionnels de la presse. Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), qui regroupe les principales entreprises privées du secteur, a publié un communiqué particulièrement critique à l’égard du futur organe de régulation.

Le texte gouvernemental vise à instituer le Conseil national de régulation des médias (CNRM), appelé à remplacer l’actuel Conseil national de régulation de l’audiovisuel et à étendre son champ d’action à l’ensemble de l’écosystème médiatique, y compris la presse en ligne et les contenus numériques. Pour les autorités, cette réforme répond à la nécessité d’adapter le cadre légal aux mutations technologiques et aux défis posés par la désinformation et les plateformes numériques.

Mais pour le CDEPS, les prérogatives prévues par le projet de loi dépassent largement le cadre d’une régulation équilibrée. Son président, Mamadou Ibra Kane, évoque « une menace directe sur l’indépendance des médias, leur viabilité économique et, au-delà, sur l’équilibre démocratique ». L’organisation estime que certaines dispositions ouvrent la voie à des mesures administratives lourdes pouvant affecter profondément le fonctionnement des entreprises de presse.

Le communiqué pointe notamment la possibilité de fermeture administrative d’organes de presse, de suspension immédiate de médias, de blocage de contenus ou encore de coupure d’accès à des plateformes numériques. L’exécution instantanée des décisions du futur CNRM suscite également de vives inquiétudes. Pour le CDEPS, ces mécanismes pourraient fragiliser la liberté d’informer et créer un climat d’incertitude juridique pour les acteurs du secteur.

Au-delà du contenu même du texte, les professionnels dénoncent un déficit de concertation. Ils regrettent l’absence, selon eux, d’un cadre formel de discussion sur la version finale du projet de loi et le manque de partage préalable du document avant son examen parlementaire. Cette méthode alimente le sentiment d’exclusion des principaux concernés d’un processus qui touche directement à l’exercice de leur activité.

L’examen du projet intervient dans un contexte juridique sensible. Par un arrêt rendu le 11 décembre 2025, la Cour suprême du Sénégal avait rappelé que la création d’un organe de presse n’est soumise à aucune autorisation préalable et que l’activité de presse constitue une liberté fondamentale. Cette décision faisait suite à une série de mesures gouvernementales jugées contraignantes par certains acteurs du secteur.

Dans ce climat, le débat autour du CNRM dépasse la simple question technique de la régulation. Il touche aux équilibres institutionnels entre régulation administrative et protection constitutionnelle des libertés publiques. Tandis que le gouvernement défend un cadre destiné à responsabiliser l’espace médiatique face aux dérives numériques, les entreprises de presse redoutent un dispositif susceptible d’entraver leur autonomie éditoriale et leur stabilité économique.

Mondial 2026 : l’ANPS anticipe la question des visas pour les journalistes sénégalais

À l’approche de la Coupe du monde 2026 prévue aux États-Unis, au Canada et au Mexique, le président de l’Association nationale de la presse sportive (ANPS), Abdoulaye Thiam, a levé le voile sur les démarches entreprises pour faciliter la participation des journalistes sénégalais à cet événement planétaire. Conscient des difficultés souvent liées aux procédures consulaires américaines, il a engagé des discussions en amont avec l’ambassade des États-Unis à Dakar afin d’éviter toute mauvaise surprise à l’approche de la compétition.

Une délégation de l’ANPS a ainsi été reçue par les services diplomatiques américains pour échanger sur les modalités pratiques d’obtention de visa pour les professionnels des médias. À l’issue de cette rencontre, Abdoulaye Thiam a partagé une information jugée rassurante : les journalistes accrédités relèvent de la catégorie « visa I », spécifiquement dédiée aux représentants de la presse étrangère. Ce statut les dispense des cautions financières de 5 à 10 millions de FCFA parfois exigées pour certains voyageurs, une contrainte qui suscitait des inquiétudes au sein de la corporation.

Toutefois, le président de l’ANPS a précisé que l’obtention du visa reste strictement conditionnée par une accréditation préalable délivrée par la FIFA. Sans cette validation officielle, aucune demande ne pourra aboutir. Cette exigence renforce la nécessité pour les médias sénégalais d’anticiper leurs démarches administratives et de se conformer scrupuleusement aux critères fixés par l’instance mondiale du football.

Abdoulaye Thiam a également attiré l’attention sur certaines contraintes nouvelles. Les visas de long séjour, d’une durée d’un an ou de dix ans, sont devenus rares et sont souvent assortis d’une seule entrée sur le territoire américain. Une situation qui pourrait compliquer les déplacements entre les trois pays hôtes du tournoi. Dans cette optique, l’ANPS envisage de déposer une première demande test afin d’évaluer les délais et la fluidité du processus. « Je préfère sauter moi-même », a déclaré Abdoulaye Thiam, assumant sa volonté d’ouvrir la voie pour mesurer concrètement les réalités administratives avant l’engagement massif des autres journalistes.

Le président de l’ANPS a par ailleurs insisté sur la rigueur exigée par les autorités américaines. Les demandes de visa s’effectuent intégralement en ligne, avec paiement préalable des frais et prise d’empreintes digitales lors du rendez-vous consulaire. Les informations fournies doivent être exactes, complètes et cohérentes. Les services consulaires disposent d’outils de vérification avancés, notamment en ce qui concerne l’historique des déplacements internationaux des demandeurs. Toute omission ou incohérence pourrait entraîner un refus.

Enfin, Abdoulaye Thiam a lancé un appel à la responsabilité numérique des journalistes. Dans le cadre des procédures actuelles, les candidats peuvent être amenés à communiquer leurs identifiants de réseaux sociaux. Les contenus publiés en ligne, même supprimés, peuvent être consultés et analysés par les autorités compétentes. Il a ainsi invité les professionnels des médias à faire preuve de retenue, de professionnalisme et de vigilance dans leurs publications.

Réforme des médias : le Sénégal crée le CNRM pour encadrer le numérique et l’intelligence artificielle

Le Sénégal engage une transformation majeure de son dispositif de régulation médiatique. Ce mardi 3 mars 2026, devant l’Assemblée nationale du Sénégal, le ministre de la Communication Alioune Sall a défendu un projet de loi instituant le Conseil National de Régulation des Médias, appelé à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel.

Ce changement marque un tournant structurel. Jusqu’ici centré sur la régulation du secteur audiovisuel classique, le cadre légal s’élargit désormais à l’ensemble de l’écosystème informationnel. Le futur Conseil National de Régulation des Médias, ou CNRM, aura compétence sur la presse en ligne, les plateformes numériques, les réseaux sociaux, les créateurs de contenus et même les médias étrangers accessibles sur le territoire sénégalais. La réforme traduit la volonté des autorités d’adapter la régulation aux mutations profondes du paysage médiatique, dominé par la circulation instantanée de l’information et l’essor de l’intelligence artificielle.

Selon le ministre, cette évolution répond à une nécessité devenue urgente. Les phénomènes de désinformation, de manipulation algorithmique et de diffusion de contenus générés par intelligence artificielle, notamment les deep fakes, représentent de nouveaux défis pour la cohésion sociale et la stabilité institutionnelle. Le CNRM sera doté d’outils technologiques avancés pour identifier les campagnes coordonnées de désinformation, détecter les contenus falsifiés et exiger le retrait rapide de publications jugées illicites.

Le texte prévoit également que l’autorité de régulation puisse adresser des injonctions aux grandes plateformes numériques, y compris celles dont le siège est établi hors du Sénégal, dès lors que leurs contenus sont accessibles au public sénégalais. Les sanctions annoncées se veulent graduées et proportionnées, allant de mises en demeure à des sanctions financières, tout en laissant ouvertes des voies de recours devant les juridictions compétentes afin de garantir les droits de la défense et le respect du contradictoire.

La réforme s’inscrit dans un contexte de préoccupations croissantes concernant la protection des mineurs et la préservation de l’ordre public numérique. Le gouvernement évoque la nécessité de faire face à ce qu’il qualifie de « liberté de nuire », en distinguant la liberté d’expression, protégée par la Constitution, des pratiques de diffusion de fausses informations susceptibles de porter atteinte à la réputation, à la sécurité ou à la paix sociale.

Pour prévenir toute suspicion d’instrumentalisation politique, le projet de loi met l’accent sur l’indépendance institutionnelle du CNRM. Les membres de l’organe seront désignés à l’issue d’un appel à candidatures et nommés pour un mandat de trois ans, renouvelable une seule fois. Ils devront prêter serment et exercer leurs fonctions en toute impartialité. Le ministre a insisté sur le fait que le nouvel organe ne constitue ni un instrument de censure ni une loi dirigée contre les plateformes numériques, mais un cadre destiné à responsabiliser l’ensemble des acteurs de l’espace public digital.

Ce basculement réglementaire place le Sénégal parmi les pays africains cherchant à anticiper les enjeux de la régulation de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux. Reste désormais à savoir comment le futur CNRM appliquera concrètement ses prérogatives et comment l’équilibre sera maintenu entre la lutte contre les dérives numériques et la protection des libertés fondamentales.

Secrétariat général de l’ONU : Sall–Bachelet, duel stratégique pour l’après-Guterres

À l’approche de la fin du mandat d’António Guterres, prévue le 31 décembre 2026, la succession à la tête de l’Organisation des Nations Unies s’annonce particulièrement disputée. Deux figures dominent déjà les projections diplomatiques : l’ancien président sénégalais Macky Sall et l’ancienne cheffe d’État chilienne Michelle Bachelet.

Derrière cette compétition se dessine un affrontement de styles, de réseaux et de stratégies continentales. Michelle Bachelet incarne une tradition multilatérale marquée par son expérience à la tête du Chili et son passage dans les instances internationales. Son profil est associé à la défense des droits humains et à une approche institutionnelle fondée sur le consensus. Macky Sall, quant à lui, mise sur une image de pragmatisme politique, de médiateur et de dirigeant issu d’un continent qui revendique une place accrue dans la gouvernance mondiale.

La candidature de Macky Sall, officiellement déposée le 2 mars 2026 par le Burundi, constitue un tournant stratégique. Ce parrainage, porté par un État africain, permet de contourner les hésitations internes à Dakar tout en inscrivant la candidature dans une logique continentale. Selon plusieurs sources diplomatiques, l’ancien président sénégalais aurait engagé depuis plusieurs mois une campagne discrète auprès de membres influents du Conseil de sécurité. L’enjeu central reste l’obtention d’un soutien déterminant parmi les cinq membres permanents, dont l’aval est indispensable pour toute nomination.

L’un des principaux arguments avancés par ses partisans repose sur son expérience à la tête de l’Union africaine en 2022–2023. Durant cette période, Macky Sall s’était illustré par des démarches diplomatiques de haut niveau, notamment dans le contexte du conflit russo-ukrainien, en multipliant les contacts avec Moscou et Kiev. Cette capacité à dialoguer avec des puissances aux intérêts divergents est présentée comme un atout majeur pour diriger une organisation souvent paralysée par les rivalités géopolitiques.

Au-delà de son profil personnel, l’argument démographique et politique du continent africain pèse dans l’équation. Avec 54 États membres, l’Afrique constitue le plus grand bloc régional au sein de l’Assemblée générale. Pour de nombreux dirigeants africains, l’accession d’un ressortissant du continent au poste de Secrétaire général représenterait un rééquilibrage symbolique et politique d’un système historiquement dominé par l’Europe et d’autres régions du monde.

Face à cette dynamique, Michelle Bachelet dispose d’arguments solides. L’Amérique latine n’a plus occupé le poste depuis 1991, ce qui alimente l’argument de la rotation régionale. Par ailleurs, la question du genre constitue un levier important dans le débat international. En plus de huit décennies d’existence, l’ONU n’a jamais été dirigée par une femme, et plusieurs organisations militent pour que cette réalité change. La candidature de Bachelet s’inscrit ainsi dans une double revendication : représentation régionale et leadership féminin.

Cependant, la fragmentation potentielle du vote latino-américain pourrait constituer un défi pour elle. Contrairement au bloc africain, souvent capable de s’accorder sur des positions communes, l’Amérique latine présente une diversité d’orientations diplomatiques qui pourrait compliquer l’unité derrière une seule candidature.

Ce duel prend également une dimension politique à Dakar. Le fait que l’État sénégalais n’ait pas officiellement porté la candidature de son ancien président soulève des interrogations sur les calculs internes et les équilibres diplomatiques régionaux. Néanmoins, la dynamique engagée semble désormais dépasser les considérations nationales pour s’inscrire dans une stratégie continentale plus large.

La décision finale reviendra au Conseil de sécurité, dont la recommandation sera soumise à l’Assemblée générale. Si Michelle Bachelet bénéficie pour l’heure d’une visibilité médiatique importante et d’un discours centré sur les droits humains et l’égalité, Macky Sall paraît s’appuyer sur un réseau diplomatique dense, un soutien africain structuré et une stratégie tournée vers les équilibres de puissance.

Ramadan : le MESRI et le COUD rappellent les règles de sécurité et d’organisation dans les campus universitaires

À l’approche et durant la période du mois béni de Ramadan, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, en collaboration avec le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD), a publié une note d’information à l’intention des étudiants résidant dans les campus universitaires. Les autorités entendent ainsi prévenir tout incident et garantir un cadre de vie sûr, ordonné et salubre au sein des résidences universitaires.

Dans ce document, les responsables universitaires insistent sur la nécessité de respecter strictement un certain nombre de dispositions, motivées par des impératifs de sécurité des personnes et de protection des biens. Il est notamment annoncé l’arrêt immédiat de l’introduction, de la détention, du stockage et de l’utilisation de bonbonnes de gaz à l’intérieur des pavillons universitaires. Cette mesure vise à réduire les risques d’incendie et d’explosion, particulièrement en cette période où la préparation des repas de rupture du jeûne, communément appelés « ndogou », est plus fréquente.

Dans la même dynamique, l’administration rappelle l’interdiction formelle de cuisiner ou d’effectuer toute préparation de repas à l’intérieur des chambres et des pavillons d’hébergement. Selon la note, ces pratiques constituent une source potentielle de dangers, mais aussi de nuisances liées à l’insalubrité, aux odeurs et aux encombrements des espaces communs. Les autorités universitaires appellent ainsi les étudiants à faire preuve de responsabilité et de discipline afin de préserver la tranquillité et le bien-être collectif.

Par ailleurs, la question des dons de « ndogou » ou de repas provenant de l’extérieur du campus fait également l’objet d’un encadrement spécifique. Désormais, toute initiative de distribution devra obligatoirement faire l’objet d’une autorisation préalable délivrée par l’administration du COUD. Le ministère précise qu’aucune distribution ne sera tolérée sans cette validation administrative, soulignant que cette exigence vise à assurer une meilleure organisation, à éviter les attroupements incontrôlés et à garantir le respect des règles d’hygiène et de sécurité.

Thiès : les syndicats d’enseignants haussent le ton et dénoncent des « ponctions injustes » sur les salaires

À Thiès, la tension reste vive dans le secteur de l’éducation. Dans le cadre de la mise en œuvre du cinquième plan d’action du G7, les syndicats d’enseignants, après avoir observé un débrayage ce mardi matin, se sont réunis en assemblée générale au CEM Mamadou Diaw pour faire le point sur la situation et définir la suite de leur mouvement.

À l’issue de la rencontre, les responsables syndicaux ont exprimé de vives préoccupations face à ce qu’ils qualifient de climat délétère. Ils dénoncent un contexte marqué par des « menaces voilées », des tentatives d’intimidation, des manipulations de l’opinion publique et, surtout, des retenues jugées injustes sur les salaires des enseignants engagés dans la lutte.

Prenant la parole devant ses camarades, le secrétaire général du Saems à Thiès, Sirakhata Guèye, a tenu un discours ferme et mobilisateur. Selon lui, les enseignants ne sont « ni faibles, ni isolés, ni désorganisés ». Il a rappelé leur rôle central dans la société, les présentant comme des éducateurs, des bâtisseurs de conscience et des piliers indispensables de la Nation. Face aux menaces et aux pressions, il a appelé ses collègues à garder « la tête haute » et à ne pas céder à la peur.

Il a déploré ce qu’il considère comme une stratégie visant à intimider les enseignants par la menace de sanctions et de retenues sur salaire, tout en cherchant à les opposer aux parents d’élèves et à les présenter comme des perturbateurs du système éducatif. Pour lui, il est essentiel de rester lucide et de rappeler que revendiquer dans le respect des lois n’a rien d’un crime. Exiger l’application d’accords signés avec l’État ne saurait être assimilé à un acte de rébellion, tout comme défendre sa dignité professionnelle ne constitue en rien une faute.

Revenant sur les ponctions opérées sur les salaires, Sirakhata Guèye a reconnu l’impact douloureux de ces mesures sur les enseignants et leurs familles. Toutefois, il a insisté sur le fait qu’un salaire amputé ne doit jamais signifier une dignité amputée. Il a affirmé que le combat mené par les syndicats n’a pas pour objectif le désordre, mais la justice et le respect des engagements pris. Selon lui, un État fort ne se définit pas par sa capacité à sanctionner ses enseignants, mais par son aptitude à dialoguer, à honorer ses promesses et à protéger l’école publique.

Le cinquième plan d’action du G7 doit se conclure le vendredi 6 mars 2026 par une grève totale. D’ici là, les syndicats maintiennent la pression et poursuivent le boycott des évaluations ainsi que des cellules d’animation pédagogique.

Les revendications restent inchangées. Les syndicats exigent notamment la matérialisation des deux décrets signés en faveur des enseignants décisionnaires, la valorisation de leurs pensions de retraite, l’augmentation de l’âge de départ à la retraite à 65 ans, l’arrêt de la surimposition, l’imputation budgétaire pour les enseignants décisionnaires à la retraite ainsi que la fin des lenteurs administratives.

Extradition de Madiambal Diagne : la Cour d’appel de Versailles rend un avis partiellement favorable, l’intéressé évoque une « demi-victoire »

La Cour d’appel de Versailles a rendu sa décision concernant la demande d’extradition introduite par l’État du Sénégal à l’encontre du journaliste et homme d’affaires Madiambal Diagne. Les magistrats ont émis un avis partiellement favorable, une issue que l’intéressé qualifie lui-même de « demi-victoire » et qu’il estime inédite dans la pratique judiciaire en matière d’extradition.

À la sortie de l’audience, Madiambal Diagne s’est exprimé avec prudence mais sérénité. Selon lui, la décision de la juridiction française tranche de manière inhabituelle avec les schémas classiques observés dans ce type de procédure. « C’est quelque chose que je peux considérer, plus ou moins, comme inédit. Parce qu’une demande d’extradition, on y satisfait ou on n’y satisfait pas. Mais dire que nous coupons la poire en deux, en disant qu’on est partiellement pour un avis favorable, ça pose un problème, peut-être de droit ou de pratique judiciaire », a-t-il déclaré, soulignant que ses avocats entendent examiner les voies de recours possibles.

Dans les procédures d’extradition, la juridiction saisie ne statue pas sur la culpabilité de la personne concernée, mais vérifie la conformité de la demande avec les règles de droit interne et les engagements internationaux, notamment en matière de respect des droits fondamentaux. L’avis rendu par la cour d’appel constitue une étape déterminante, mais il ne met pas nécessairement un terme au processus, puisqu’un pourvoi en cassation peut être formé pour contester la légalité ou l’interprétation juridique de la décision.

C’est précisément cette voie que l’équipe de défense de Madiambal Diagne envisage d’emprunter. Pour ses conseils, le caractère partiellement favorable de l’avis soulève des interrogations juridiques importantes. Une extradition « partielle » signifie en général que certains faits retenus dans la demande sont jugés recevables au regard du droit applicable, tandis que d’autres ne remplissent pas les conditions requises. Cette approche, bien que prévue par les textes dans certaines hypothèses, reste relativement rare et peut donner lieu à des débats techniques sur son fondement et sa portée.

En se déclarant confiant, Madiambal Diagne considère néanmoins que cette décision constitue un premier signal positif. Le rejet implicite d’une partie des griefs formulés par les autorités sénégalaises est perçu par lui comme une reconnaissance partielle des arguments développés par sa défense. Il insiste toutefois sur la nécessité d’obtenir une clarification définitive à travers un éventuel recours en cassation, afin de sécuriser juridiquement sa situation.

Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière la complexité croissante des mécanismes de coopération judiciaire internationale. Entre respect de la souveraineté des États demandeurs et protection des droits fondamentaux des personnes visées, les juridictions sont souvent amenées à opérer des arbitrages délicats. La décision rendue à Versailles illustre ces équilibres subtils et pourrait, selon certains observateurs, nourrir la réflexion doctrinale sur l’évolution de la pratique en matière d’extradition.

La LONASE débloque 18 millions FCFA pour soutenir 18 supporters sénégalais détenus au Maroc

La Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE) a annoncé, à travers un communiqué publié le 2 mars 2026, le décaissement d’une enveloppe exceptionnelle de 18 millions de francs CFA en faveur de 18 supporters sénégalais actuellement détenus au Maroc. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’appel à la solidarité nationale lancé par les autorités sénégalaises pour venir en aide à ces compatriotes en difficulté hors du territoire national.

L’appui financier, coordonné par la Fondation Lonase, prévoit l’octroi d’un montant d’un million de francs CFA par supporter. Selon l’institution, cette contribution vise à couvrir des besoins urgents, notamment liés à l’assistance juridique, aux conditions de détention et au soutien aux familles restées au pays. Au-delà du simple geste financier, la LONASE entend ainsi manifester la solidarité nationale envers des citoyens confrontés à une situation délicate à l’étranger.

Cette action intervient dans un contexte spirituel particulier marqué par la concomitance du mois de Ramadan et du Carême. Pour la direction générale, cette période de recueillement et de partage renforce la portée symbolique de l’initiative. Elle traduit une volonté de conjuguer responsabilité institutionnelle et valeurs de solidarité profondément ancrées dans la société sénégalaise.

Sous la conduite de son Directeur général, le Dr Toussaint Manga, la LONASE réaffirme à travers cet acte son slogan : « La fortune aux souscripteurs, les bénéfices à la Nation ». L’entreprise publique met en avant sa vocation sociale, rappelant que ses performances financières doivent également servir l’intérêt collectif. Ces dernières années, l’institution a intensifié ses actions de responsabilité sociétale, multipliant les initiatives dans les domaines de la santé, de l’éducation, du sport et de l’assistance aux couches vulnérables.

Extradition de Madiambal Diagne : la Cour d’appel de Versailles attendue au tournant

Le feuilleton judiciaire opposant l’État du Sénégal au journaliste et homme d’affaires Madiambal Diagne connaît une étape décisive ce mardi 3 mars. Sauf renvoi de dernière minute, la Cour d’appel de Versailles doit rendre son délibéré sur la demande d’extradition introduite par les autorités sénégalaises, selon des informations rapportées par le quotidien Libération. Cette décision est particulièrement attendue, tant elle pourrait influer sur la suite d’une procédure qui s’étend désormais sur plusieurs mois et qui a suscité de vives réactions, aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger.

Lors de l’audience tenue le 2 février dernier, les débats ont mis en lumière deux lectures radicalement opposées du dossier. La défense de Madiambal Diagne a plaidé le rejet pur et simple de la demande d’extradition. Ses avocats ont soutenu que la procédure engagée contre leur client serait entachée de considérations politiques, arguant que le journaliste ferait l’objet de poursuites en raison de ses prises de position publiques et de ses activités professionnelles. Ils ont également évoqué des risques liés au respect de ses droits fondamentaux en cas de retour au Sénégal, estimant que les garanties offertes ne seraient pas suffisantes pour assurer un procès équitable.

En face, l’État du Sénégal a défendu la solidité de son dossier et assuré avoir satisfait aux exigences procédurales posées par la juridiction française. Les représentants de Dakar ont affirmé que toutes les garanties judiciaires nécessaires avaient été fournies, insistant sur l’indépendance des juridictions sénégalaises et sur le respect des normes internationales en matière de droits de la défense. Pour les autorités sénégalaises, il s’agit d’une procédure judiciaire ordinaire fondée sur des éléments précis, et non d’une démarche à caractère politique.

Cette affaire trouve son origine dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), qui avait déclenché une série de poursuites et conduit à l’incarcération de plusieurs proches du journaliste. L’enquête portait notamment sur des soupçons d’infractions financières, dans un contexte de forte tension politico-judiciaire. Au fil des mois, cependant, la situation judiciaire des personnes mises en cause a évolué de manière significative.

L’épouse de Madiambal Diagne, Mabintou Diagne, ainsi que ses fils Mohamed et Sérigne Saliou, initialement placés en détention, ont bénéficié d’une liberté provisoire. Leur remise en liberté a été perçue par certains observateurs comme un signe d’apaisement dans un dossier qui avait alimenté de nombreuses controverses. Plus récemment, Serigne Omar Mbaye, poursuivi pour association de malfaiteurs et dernier suspect encore détenu dans cette affaire, a été remis en liberté par la Cour suprême du Sénégal. À ce stade, plus aucun mis en cause n’est maintenu en détention dans le cadre de ce dossier sur le territoire sénégalais.

La décision attendue à Versailles intervient ainsi dans un climat décrit comme plus décrispé sur le plan judiciaire au Sénégal. Toutefois, l’enjeu demeure majeur pour Madiambal Diagne. Si la cour venait à donner un avis favorable à l’extradition, la procédure pourrait encore se poursuivre à travers d’éventuels recours, notamment devant les juridictions administratives françaises. En revanche, un refus d’extradition constituerait un revers significatif pour l’État sénégalais et relancerait le débat sur la dimension politique alléguée de l’affaire.

Macky Sall officiellement candidat au poste de Secrétaire général de l’ONU

La candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies est désormais officielle. Son dossier a été enregistré par l’Assemblee général des Nations unies , marquant une étape formelle et significative dans le processus de sélection du prochain chef de l’institution onusienne.

Présentée par le Burundi dans le cadre du mécanisme de désignation pour l’échéance de 2026, cette candidature figure désormais parmi les prétendants déclarés à la succession de l’actuel Secrétaire général, António Guterres. Ce dernier arrive au terme de son second mandat, ouvrant la voie à une nouvelle phase de consultations diplomatiques intenses entre États membres.

L’enregistrement par l’Assemblée générale ne signifie pas une élection automatique, mais confirme que la candidature remplit les conditions formelles requises. Le processus de sélection du Secrétaire général des Nations unies repose sur une recommandation du Conseil de sécurité, suivie d’une nomination validée par l’Assemblée générale. Traditionnellement, plusieurs cycles de consultations informelles sont organisés afin d’évaluer les profils en lice, leurs visions et leur capacité à rassembler un large consensus international.

La présentation du dossier de Macky Sall par le Burundi s’inscrit dans la logique de rotation géographique non écrite qui guide souvent le choix du Secrétaire général. Après des mandats exercés par des personnalités européennes, asiatiques, africaines et latino-américaines au fil de l’histoire de l’organisation, certains observateurs estiment que l’Afrique pourrait légitimement revendiquer le poste en 2026. Cette dynamique pourrait renforcer les chances d’un candidat issu du continent, à condition qu’il obtienne l’appui des grandes puissances membres du Conseil de sécurité.

Durant ses douze années à la tête du Sénégal, Macky Sall a occupé plusieurs fonctions sur la scène internationale, notamment la présidence de l’Union africaine. Son expérience diplomatique, sa participation aux grands forums multilatéraux et son implication dans les dossiers de sécurité, de développement et de climat constituent des éléments susceptibles d’alimenter son argumentaire face aux autres candidats.

La compétition s’annonce toutefois ouverte et exigeante. Le futur Secrétaire général devra faire face à des défis mondiaux majeurs, notamment les tensions géopolitiques croissantes, les crises sécuritaires, les urgences climatiques et les inégalités de développement. Le profil recherché devra conjuguer capacité de médiation, leadership moral et aptitude à maintenir l’équilibre entre les intérêts parfois divergents des grandes puissances.

Présidentielle 2029 : Marième Diakhaté Mbacké déplore les réponses « floues » de Bassirou Diomaye Faye lors d’un ndogou au Palais

La députée Marième Diakhaté Mbacké dit être restée sur sa faim à l’issue du ndogou organisé vendredi dernier au Palais de la République, à l’initiative du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Conviée à cette rencontre aux côtés d’une centaine de parlementaires et de maires du parti Pastef, l’élue espérait obtenir des clarifications sur les intentions du Président en vue de l’élection présidentielle de 2029. Selon elle, les réponses apportées par leur hôte n’ont pas permis de dissiper les interrogations qui agitent déjà les rangs du camp présidentiel.

Dans un entretien accordé au quotidien L’Observateur et paru ce lundi, Marième Diakhaté Mbacké révèle que deux questions majeures ont été posées au chef de l’État au cours des échanges. La première portait sur une éventuelle candidature de Bassirou Diomaye Faye à sa propre succession en 2029, alors que certaines voix prêtent au Président l’intention de briguer un nouveau mandat. La seconde concernait l’hypothèse d’une candidature d’Ousmane Sonko, figure centrale de Pastef et actuel Premier ministre.

D’après la députée, sur la question relative à Ousmane Sonko, le Président aurait pris ses distances. « Il a signalé que cela ne dépendait pas de lui », rapporte-t-elle, précisant qu’il aurait affirmé ne pas gérer la candidature de Sonko. Pour Marième Diakhaté Mbacké, cette posture équivaut à un désengagement. Elle estime que le chef de l’État a ainsi « dégagé toutes ses responsabilités », laissant entendre que la décision relèverait d’une autre instance ou d’un processus interne au parti.

S’agissant de sa propre éventuelle candidature, la parlementaire évoque une réponse qu’elle juge évasive. Selon elle, Bassirou Diomaye Faye n’a pas clairement indiqué s’il serait candidat ou non en 2029. « Sa réponse m’a semblé floue », confie-t-elle, ajoutant que cette absence de position tranchée a ravivé les interrogations au sein des responsables présents. Pour l’élue, le Président ne les a « vraiment pas édifiés » sur ses intentions.

Marième Diakhaté Mbacké établit même un parallèle avec une séquence politique récente encore vive dans les mémoires. Elle compare l’attitude du chef de l’État à celle de Macky Sall lorsqu’il entretenait le doute autour d’une éventuelle troisième candidature, résumée à l’époque par un « ni oui ni non » resté célèbre. Cette référence illustre, selon elle, le malaise suscité par des réponses jugées ambiguës sur une question aussi sensible.

DIGNITÉ DU DÉBAT PUBLIC, RESPECT DES BÂTISSEURS, HONNEUR AUX DÉPUTÉS , DÉFÉRENCE AUX INVESTISSEURS : ABDOULAYE SYLLA APPELLE AU SURSAUT

Je lève ma voix pour défendre la dignité du débat public, le respect des bâtisseurs, l’attention due aux investisseurs et l’honneur de la représentation nationale. Disons le haut et fort, quand la parole publique abdique, il y a une faute morale, une indignité républicaine et donc devoir de sursaut

Il est des moments où le silence deviendrait une complicité. Il est des paroles qui, parce qu’elles sont prononcées dans l’enceinte même de la représentation nationale, engagent bien au-delà de leurs auteurs et appellent une condamnation morale ferme, nette et sans équivoque.

Ce qui s’est produit à l’Assemblée nationale ne relève ni du débat démocratique, ni de la vivacité parlementaire, ni même d’un excès de langage malheureux. Il s’agit tout simplement d’un manquement grave à l’éthique publique, d’une déchéance morale incompatible avec la dignité du mandat parlementaire. Lorsqu’un élu, incapable de répondre à une collègue sur le terrain des idées, choisit sciemment d’attaquer son père, il ne commet pas une maladresse : il franchit une frontière morale que nul représentant du peuple n’a le droit d’ignorer. Je refuse de l’ignorer donc j’élève ma voix.

Aucune divergence politique, aucune tension idéologique, aucune posture militante ne saurait justifier l’instrumentalisation de la filiation, l’atteinte à l’honneur familial ou l’humiliation personnelle. Un tel comportement constitue une rupture avec les fondements mêmes de la République, fondements qui exigent retenue, respect et sens aigu de la responsabilité — a fortiori dans un lieu censé incarner l’exemplarité.

Le dossier de Ndingler, agité de manière obsessionnelle par certains, ne peut servir d’alibi à cet effondrement moral. Les faits sont connus, établis et vérifiables. Une terre  attribuée au terme d’un processus administratif, mise en valeur par un investisseur sénégalais, transformée en un pôle de production exemplaire au service de l’autosuffisance alimentaire. Voilà la réalité, loin du vacarme.

Cet investisseur est Babacar Ngom, fondateur de Sedima, figure majeure du secteur privé national et référence sous-régionale.  Je ne défends pas une personne pour le plaisir de la défendre. Je campe un principe d’autant plus que je ne connais pas personnellement Babacar Ngom et je ne crois pas l’avoir déjà rencontré. Mais je sais ce que son parcours représente : le travail contre la démagogie, la production contre l’agitation, la durée contre l’improvisation.

Babacar Ngom est un homme qui a choisi le labeur, l’investissement et la dignité. Il a investi dans le pays et pour le pays, dans plusieurs secteurs stratégiques. Son engagement agricole n’est ni une aventure opportuniste ni un calcul politicien : il procède d’une vision, d’un patriotisme économique assumé

Et à son sujet, Il faut ici rappeler un fait humainement lourd, que toute conscience honnête devrait méditer. Accablé par la répétition des attaques, Babacar Ngom avait pris la décision douloureuse d’arrêter ses activités et d’aller jusqu’à restituer les terres que les autorités lui avait régulièrement octroyées.

Voilà jusqu’où peut conduire l’irresponsabilité verbale : non à l’échec économique, mais à l’usure morale d’un bâtisseur national.

Et pendant que ce député de la majorité s’adonne à l’invective, la République, elle, a parlé avec gravité. En effet, le samedi 27 décembre 2025, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a élevé Babacar Ngom à la dignité de Grand-Croix de l’Ordre national du Lion, la plus haute distinction honorifique du Sénégal.

Par cet acte solennel, la Nation a salué une trajectoire et rendu hommage à un homme dont l’engagement au service du pays est reconnu au sommet de l’État. Dès lors, la faute morale commise par ce député n’en est que plus criante.

Il pouvait répondre politiquement à sa collègue Anta Babacar Ngom,  il pouvait le faire fermement, sans concession mais il n’avait aucun droit moral d’insulter son père, encore moins un père que la République venait d’honorer. Cette dérive n’est pas un égarement éthique, c’est beaucoup plus. Quand on insulte Babacar Ngom, on insulte un père mais on insulte aussi le secteur privé national.

A ce député égaré, il faut redire avec force que le secteur privé national est une colonne vertébrale de la souveraineté économique. Il mérite protection, écoute et considération. Ceux qui siègent à l’Assemblée nationale auraient dû en être les défenseurs naturels, s’ils avaient pleinement compris et surtout incarné la mystique de leur mission au service de la Nation.

Je veux ici assumer une parole personnelle.

Je passe une part importante de mon temps hors du pays, non par désinvolture, mais pour maintenir à flot des entreprises sénégalaises frappées par une crise sans précédent, dans un contexte d’adversité parfois ouverte et flagrante. On m’accuse d’absentéisme sur les bancs de l’Assemblée. Mais pense-t-on un seul instant à mes lourdes responsabilités d’investisseur dans l’obligation de préserver un outil de travail, de payer des salaires, de garantir l’avenir de milliers d’employés au Sénégal et à l’étranger, eux aussi responsables du quotidien de milliers de familles durement éprouvées par la crise ?

À ces attaques, je n’ai jamais répondu par la parole blessante.

Je n’y répondrai jamais autrement que par l’action, par la sauvegarde de la dignité de mes entreprises, de mes employés et de tous ceux et celles qui dépendent d’eux. C’est cela, la responsabilité. C’est cela, le patriotisme réel.

Pour ma part, je me suis toujours battu pour l’émergence d’un secteur privé national fort, structuré et uni. Aujourd’hui, face aux attaques répétées, aux incompréhensions et à ce climat délétère de crise, je lance un appel solennel pour la mise en place d’un cadre unitaire du secteur privé national : un espace de cohésion, de solidarité et de responsabilité collective, capable de renforcer notre voix, de protéger nos entreprises et de nous rendre à la hauteur de notre mission historique.

Les crises, dit-on, révèlent les faiblesses. Si elles ne montrent pas d’elles-mêmes le chemin de l’urgence, montrons que nous ne sommes pas de ceux qui détournent le regard. Unissons nos forces dispersées, élevons notre parole, consolidons notre action. Car la souveraineté ne se proclame pas : elle se construit, ensemble, dans la durée, par le travail et par la dignité.

Ce qui s’est produit doit être condamné sans réserve, non pour humilier, mais pour rappeler les bornes, restaurer la dignité du débat public et préserver l’honneur de la République.

Abdoulaye Sylla
Investisseur
Député à l’Assemblée nationale

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°686 – 03/03/2026

🔴 SECRÉTARIAT GENERAL DES NATIONS – UNIES ET INDÉCISION DU SÉNÉGAL : LE BURUNDI PORTE MACKY
🔴 DIVERGENCES PROFONDES ENTRE DIOMAYE ET SONKO : UN FOSSÉ BÉANT

🔴 BASKET – QUALIFICATIONS MONDIAL : LE SÉNÉGAL CONFIRME SON STATUT

Cité Tacko de Rufisque

Le Khalife de Bambilor pose la première pierre d’une Daara moderne

A l’initiative des femmes de la Daara Sop Nabi de la Cité Tacko de Rufisque, le Khalife général de Bambilor a procédé ce dimanche 1er mars 2026, à la pose de la première pierre d’une Daara moderne en présence des autorités locales et religieuses mais aussi, des notables de la vieille ville.

Réunies autour de l’Imam Ratib, Oustaz Abdoul Aziz Diop qui leur a enseigné la parole de Dieu (Coran) et la « Suna » du Prophète (Psl), ces braves femmes ont, au paravant, organisé une conférence religieuse à l’intention des populations des quartiers environnants à l’occasion du mois béni de Ramadan.

Le khalife a formulé des prières pour l’érection rapide de ce daara qui devra accueillir toute personne intéressée par l’apprentissage et la mémorisation du Saint Coran. Thierno Amadou Ba a également magnifié la démarche de ces femmes qui n’ont pas manqué de séduire l’assistance par des récitals du Coran.

A.S

APR : Macky Sall lance une nouvelle phase de réorganisation interne et fixe l’échéance au 15 mars

Le président de l’Alliance pour la République, Macky Sall, a rendu publique, ce 2 mars 2026 à Dakar, une note circulaire consacrée à la réorganisation interne de son parti. À travers ce document, le leader de l’APR entend accélérer la restructuration des instances et renforcer l’efficacité organisationnelle de la formation politique dans un contexte marqué par d’importants enjeux nationaux.

Dans la circulaire, il est indiqué que plusieurs étapes significatives ont déjà été franchies dans le processus de réaménagement des structures du parti. Parmi celles-ci figurent la mise en place des Secrétariats exécutifs départementaux (SED) et des Secrétariats exécutifs communaux (SEC) dans certaines localités, ainsi que l’installation du Comité de liaison et de suivi des activités du Secrétariat exécutif national (SEN). Ces dispositifs sont présentés comme des leviers essentiels pour assurer une meilleure coordination entre les différents échelons du parti et garantir une plus grande cohérence dans l’action politique.

Toutefois, la note souligne que l’objectif à ce stade est de rendre pleinement opérationnelles les structures dont les responsables ont déjà été désignés. Il ne s’agit plus seulement de procéder à des nominations, mais d’engager concrètement les équipes dans une dynamique de travail structurée, avec des missions clairement définies et des résultats attendus dans des délais précis.

À cet effet, une échéance ferme a été fixée au 15 mars 2026. Le président de l’APR instruit le Comité de liaison et de suivi du SEN de veiller scrupuleusement à l’application des directives auprès de toutes les entités concernées. Chaque structure devra, au plus tard à cette date, accomplir deux tâches majeures. La première consiste à constituer une équipe de coordination composée de vingt membres au maximum, dont la liste nominative devra être transmise au comité compétent. La seconde obligation porte sur l’élaboration et la soumission d’un plan d’actions général assorti d’un programme d’activités trimestriel, afin d’inscrire l’action du parti dans une perspective organisée et planifiée.

À travers ces mesures, Macky Sall entend consolider la dynamique de remobilisation des militants et des responsables à tous les niveaux. La circulaire fait d’ailleurs référence au contexte politique actuel, qualifié d’exigeant, et appelle à une mobilisation soutenue pour préserver la cohésion interne et renforcer la présence du parti sur le terrain.

La coalition Diomaye Président convoque une Assemblée générale décisive pour valider ses textes fondateurs

La coalition Diomaye Président a annoncé la tenue de son Assemblée générale ce samedi 7 mars à l’Hôtel King Fahd à Dakar, à partir de 10 heures. Cette rencontre est présentée comme une étape déterminante dans la structuration et la consolidation de l’alliance politique, avec à l’ordre du jour la validation officielle de ses textes fondateurs.

Jugée cruciale par les responsables de la coalition, cette Assemblée générale vise à doter la plateforme d’un cadre formel régissant son fonctionnement interne, ses mécanismes de prise de décision ainsi que ses orientations stratégiques. À travers cette démarche, la coalition entend franchir un cap dans son organisation, en passant d’une dynamique de mobilisation à une structuration institutionnelle claire et partagée par l’ensemble de ses composantes.

Dans un communiqué, le superviseur général de la coalition, Aminata Touré, a précisé qu’un représentant par parti ou mouvement membre prendra part à la session. Cette disposition vise à garantir une représentation équilibrée des différentes entités qui composent la coalition, laquelle revendique plus de 400 membres. Les responsables soulignent que cette approche permettra d’assurer la légitimité et la transparence du processus de validation des textes, tout en favorisant l’adhésion collective aux règles qui encadreront désormais le fonctionnement de l’alliance.

L’organisation logistique de l’événement fait également l’objet d’une attention particulière. Les participants sont invités à confirmer leur présence auprès de Samba Gueye, chargé de l’établissement des badges d’accès. Cette mesure, selon la direction, a pour objectif de fluidifier l’entrée dans la salle et d’éviter tout désordre le jour de l’Assemblée générale. La coalition insiste sur la nécessité pour chaque représentant désigné de se conformer à cette procédure afin de faciliter le bon déroulement des travaux.

Des dispositions sécuritaires strictes seront mises en place à l’entrée de la salle. Les organisateurs annoncent un contrôle rigoureux, appelant les membres à faire preuve de patience et de coopération. Ces mesures interviennent dans un contexte où les rassemblements politiques exigent une vigilance accrue, tant pour garantir la sécurité des participants que pour préserver le caractère serein et ordonné des débats.

Macky Sall candidat au poste de secrétaire général de l’ONU : Abdou Mbow confirme un dépôt officiel par l’Union africaine

Le député Abdou Mbow a affirmé que la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations Unies a été officiellement déposée au siège de l’ONU par le président du Burundi, actuel président en exercice de l’Union africaine (UA). Selon lui, cette démarche traduit un soutien institutionnel clair de l’organisation continentale en faveur de l’ancien chef de l’État sénégalais.

D’après le parlementaire, le fait que le président en exercice de l’UA ait procédé au dépôt du dossier signifie que la candidature est portée par l’ensemble de l’Union africaine. Il y voit la reconnaissance d’un leadership africain affirmé, estimant que Macky Sall dispose d’une stature internationale et d’une capacité de dialogue avec différents blocs géopolitiques. « Je le confirme, c’est la réalité », a-t-il déclaré, insistant sur le caractère officiel de l’initiative.

Pour Abdou Mbow, cette candidature représente une opportunité historique, non seulement pour le Sénégal, mais aussi pour l’Afrique francophone et le monde musulman. Il a souligné qu’une éventuelle élection de Macky Sall constituerait une première majeure : celle d’un francophone musulman à la tête de l’Organisation des Nations Unies. À ses yeux, une telle consécration renforcerait considérablement le rayonnement diplomatique du Sénégal et consoliderait la place du continent africain dans la gouvernance mondiale.

Le député a également mis en avant le bilan diplomatique de l’ancien président, affirmant que Macky Sall a contribué à accroître la visibilité internationale du Sénégal et à dynamiser sa diplomatie, notamment sur le plan économique. Il estime que son accession à la tête de l’ONU serait « une aubaine » pour le pays, pour l’Afrique et pour les peuples qui se reconnaissent dans son parcours et son leadership.

Abdou Mbow a par ailleurs interpellé les autorités sénégalaises actuelles sur la nécessité d’apporter un soutien clair à cette candidature. Selon lui, le Sénégal ne saurait rester en retrait face à une initiative portée par l’Union africaine. Il a conseillé aux dirigeants en place de ne pas « être à la traîne », considérant qu’un appui national cohérent serait déterminant pour maximiser les chances de succès d’une candidature qui, affirme-t-il, bénéficie déjà d’un soutien continental.

Dette publique : le Sénégal emprunte plus cher que le Burkina Faso malgré une forte mobilisation sur UMOA-Titres

Le Sénégal a mobilisé 108,79 milliards de francs CFA, soit environ 195 millions de dollars, lors de l’adjudication du vendredi 27 février sur la plateforme de l’UMOA-Titres. L’opération, qui visait initialement 100 milliards de francs CFA, a enregistré un taux de couverture de 161 %, traduisant un intérêt marqué des investisseurs. En apparence, cette sursouscription témoigne d’une capacité intacte du Trésor sénégalais à lever des fonds sur le marché régional. Mais derrière cette performance quantitative se cache une évolution plus préoccupante : le coût de la dette à court terme poursuit sa progression et dépasse désormais celui du Burkina Faso, pourtant confronté à une grave crise sécuritaire.

Sur les bons du Trésor à 364 jours, le Sénégal a servi un rendement moyen de 6,79 %, en hausse de 17 points de base par rapport à la séance précédente du 20 février. Cette augmentation, prise isolément, pourrait s’inscrire dans un contexte plus large de tensions sur les marchés de taux au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), où plusieurs États font face à des besoins de financement croissants dans un environnement monétaire plus exigeant. Toutefois, la comparaison avec le Burkina Faso confère à cette évolution une portée particulière.

Le 25 février, soit deux jours avant l’émission sénégalaise, le Burkina Faso a levé des ressources sur des maturités similaires à un rendement moyen de 6,16 %, soit 63 points de base de moins que le Sénégal. Ce différentiel interpelle. Le Burkina Faso traverse une crise sécuritaire majeure, avec une partie significative de son territoire affectée par l’insécurité liée aux groupes armés. En théorie financière, un tel contexte devrait se traduire par une prime de risque plus élevée et donc par des taux d’intérêt supérieurs pour Ouagadougou. Or, la situation observée sur le marché régional indique désormais l’inverse.

Cette inversion relative des perceptions de risque semble liée aux développements intervenus au Sénégal en 2024, notamment la révélation d’environ 7 milliards de dollars d’engagements non déclarés contractés sous l’administration précédente. Cette mise au jour d’obligations budgétaires hors bilan a constitué un choc pour les investisseurs et partenaires financiers. Même si elle a été présentée comme un exercice de transparence visant à clarifier la situation réelle des finances publiques, elle a aussi suscité des interrogations sur la fiabilité passée des données budgétaires et sur la soutenabilité de la trajectoire d’endettement.

Dans les marchés obligataires, la confiance est un déterminant central. Lorsque la crédibilité budgétaire est fragilisée, les investisseurs exigent mécaniquement une rémunération plus élevée pour compenser l’incertitude perçue. Cette prime de méfiance se traduit directement dans les taux d’adjudication. Ainsi, malgré une demande globalement robuste, le Sénégal doit consentir des rendements plus importants pour attirer les capitaux nécessaires à son financement.

La hausse des taux à court terme n’est pas neutre pour les finances publiques. Chaque point de base supplémentaire accroît le coût du service de la dette, particulièrement dans un contexte où les besoins de refinancement sont importants et où la part des instruments à maturité courte reste significative. À moyen terme, cette dynamique peut réduire les marges budgétaires disponibles pour financer les investissements publics, les politiques sociales ou les projets structurants inscrits dans les priorités nationales.

Pour inverser cette tendance, les autorités sénégalaises devront rassurer les marchés sur plusieurs fronts. Il s’agira d’abord de consolider la transparence budgétaire en garantissant une communication régulière, exhaustive et crédible sur l’état des finances publiques. Ensuite, la mise en œuvre d’une stratégie claire d’assainissement, combinant maîtrise des dépenses, élargissement de l’assiette fiscale et optimisation de la gestion de la dette, sera déterminante pour restaurer la confiance. Enfin, la capacité à maintenir la stabilité macroéconomique dans un environnement régional et international incertain constituera un élément clé de la perception des investisseurs.

La sursouscription observée lors de la dernière adjudication montre que le Sénégal conserve un accès fonctionnel au marché régional des capitaux. Toutefois, le niveau des rendements exigés rappelle que la confiance se mesure moins à la quantité de fonds mobilisés qu’au prix auquel l’État parvient à les lever. Dans ce contexte, la priorité pour Dakar sera de réduire progressivement la prime de risque qui pèse aujourd’hui sur sa signature souveraine afin de préserver sa soutenabilité budgétaire et ses ambitions de développement.

Le correspondant de France 24 au Sénégal porte plainte pour diffamation sur les réseaux sociaux

Le correspondant de France 24 au Sénégal, Elimane Ndao, a déposé une plainte auprès de la Division spéciale de cybersécurité (DSC), entité relevant de la Direction de la Police judiciaire, suite à la diffusion de rumeurs et de propos injurieux le visant sur les réseaux sociaux.

Dans une déclaration publique, le journaliste indique avoir saisi la DSC contre « au moins quatre personnes formellement identifiées » qu’il accuse d’avoir relayé des « informations fausses, grossières et graves » ainsi que des « injures infamantes » à son encontre. Selon lui, la plainte, désormais enregistrée, concerne des faits de diffusion de contenus qu’il estime diffamatoires.

Elimane Ndao précise qu’il est prêt à retourner devant les enquêteurs « dès demain » pour déposer de nouvelles plaintes si d’autres individus s’aventuraient à relayer ces rumeurs. Il assure que les personnes ciblées par sa démarche ont déjà été identifiées par les autorités.

Cette affaire intervient après la publication d’informations par Seneweb, qui évoquait l’implication présumée d’un journaliste d’une chaîne internationale, actuellement hors du pays, dans un réseau de présumés homosexuels démantelé par la brigade de recherches de Faidherbe. Suite à ces révélations, certains internautes ont mentionné Elimane Ndao dans le cadre de ce dossier sensible, ce qui a motivé sa réaction et sa décision de porter plainte.

Contacté par Seneweb, le correspondant de France 24 a confirmé avoir engagé cette procédure, sans toutefois entrer dans les détails de l’enquête en cours. Il souligne que cette action vise à protéger son honneur et sa réputation face à la propagation de fausses informations à son sujet.

Deux drones iraniens visent des installations énergétiques stratégiques au Qatar

Le Qatar a annoncé lundi avoir été la cible de deux attaques de drones attribuées à l’Iran, visant des infrastructures énergétiques majeures du pays. Selon un communiqué du ministère qatari de la Défense, les engins ont frappé une centrale électrique à Mesaieed ainsi qu’un complexe terrestre de traitement du gaz dans la cité industrielle de Ras Laffan, deux sites névralgiques pour l’économie de l’émirat.

La première attaque a visé un réservoir d’eau appartenant à une centrale électrique située à Mesaieed, à environ 40 kilomètres au sud de Doha. Cette zone industrielle stratégique abrite plusieurs installations essentielles à la production et à la transformation des hydrocarbures. Mesaieed constitue un maillon central dans la chaîne énergétique qatarie, notamment en matière de traitement et d’exportation du gaz naturel. Les autorités n’ont pas précisé dans l’immédiat l’ampleur des dégâts ni fait état de victimes, mais ont indiqué que les services compétents étaient mobilisés pour sécuriser le périmètre et évaluer les impacts techniques.

La seconde attaque a ciblé une installation énergétique située dans la cité industrielle de Ras Laffan, à environ 80 kilomètres au nord de la capitale. Cette infrastructure appartient à QatarEnergy, la compagnie publique chargée de l’exploitation et du développement des ressources énergétiques du pays. Ras Laffan est considérée comme l’un des plus grands centres mondiaux de traitement et d’exportation de gaz naturel liquéfié. Elle regroupe plusieurs trains de liquéfaction, des installations portuaires et des complexes pétrochimiques stratégiques.

Le Qatar figure parmi les principaux producteurs mondiaux de gaz naturel liquéfié, aux côtés des États-Unis, de l’Australie et de la Russie. L’économie de l’émirat repose largement sur ses exportations de GNL, qui alimentent aussi bien les marchés européens qu’asiatiques. Toute perturbation de ses infrastructures énergétiques revêt donc une dimension internationale, susceptible d’influencer les marchés mondiaux de l’énergie déjà fragilisés par les tensions géopolitiques.

Doha partage avec Téhéran le plus grand gisement de gaz naturel au monde, connu sous le nom de North Field côté qatari et South Pars côté iranien. Selon les estimations de QatarEnergy, la partie qatarie du champ gazier contiendrait environ 10 % des réserves mondiales prouvées de gaz naturel. Ce réservoir offshore constitue le pilier stratégique du développement énergétique du pays et alimente les vastes installations de liquéfaction situées notamment à Ras Laffan.

Ces frappes interviennent dans un contexte régional particulièrement tendu, marqué par des rivalités persistantes et des affrontements indirects entre puissances du Moyen-Orient. Bien que le Qatar entretienne des relations diplomatiques avec l’Iran, ces attaques pourraient accentuer les tensions et entraîner des répercussions diplomatiques et sécuritaires dans la région du Golfe. Les autorités qataries n’ont pas encore détaillé les mesures de riposte envisagées, mais ont affirmé suivre la situation de près et renforcer la protection de leurs infrastructures stratégiques.

Le Mouvement Nittou Degg Valeurs réclame le démantèlement des réseaux homosexuels au Sénégal

Dakar, 2 mars 2026 – Le mouvement sénégalais Nittou Degg Valeurs a tenu ce lundi une conférence de presse à Dakar pour exprimer sa position sur la question de l’homosexualité dans le pays. Selon ses responsables, il s’agit d’une « position non négociable » qui s’inscrit dans une logique de protection des valeurs religieuses et ancestrales sénégalaises.

Le mouvement a annoncé qu’il exigeait « le démantèlement de tous les réseaux homosexuels et lesbiennes » et la condamnation des personnes impliquées. Pour ses porte-paroles, cette exigence ne relève pas de la haine envers autrui, mais de la défense du socle religieux et moral du Sénégal, qu’il s’agisse des principes islamiques ou chrétiens, ainsi que des valeurs traditionnelles transmises de génération en génération.

Nittou Degg Valeurs a justifié sa démarche en affirmant qu’il s’agit d’une « question de salubrité publique » face aux « tentatives insidieuses de normalisation » de l’homosexualité dans le pays. Le mouvement a également annoncé l’organisation d’une manifestation pacifique le même jour pour protester contre ce qu’il considère comme « l’effritement des mœurs et de l’identité sénégalaises » et pour demander la criminalisation effective de l’homosexualité.

Cette prise de position survient dans un contexte particulièrement tendu au Sénégal. Ces derniers jours, une trentaine de personnes, y compris certaines personnalités publiques, ont été interpellées dans le cadre d’un présumé scandale homosexuel et d’une transmission volontaire du VIH/Sida. Par ailleurs, le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté à l’Assemblée nationale un projet de loi visant à durcir les sanctions pénales contre les homosexuels, marquant un revirement par rapport à ses promesses de campagne. Lors de celles-ci, il avait en effet indiqué son intention de criminaliser la pratique, mais sans détailler la portée des sanctions.

Cette nouvelle initiative met le Sénégal au centre d’un débat national sensible sur les droits humains, la morale publique et l’équilibre entre traditions religieuses et libertés individuelles, un sujet qui divise profondément l’opinion publique.

Le pays se retrouve ainsi confronté à une polarisation accrue entre partisans d’une stricte application des valeurs religieuses et traditionnelles, et ceux qui plaident pour le respect des droits et libertés fondamentales, dans un contexte où la question de l’homosexualité reste fortement stigmatisée.

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