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Starlink au Sénégal : un choix pragmatique pour combler la fracture numérique territoriale

L’annonce de l’arrivée de Starlink au Sénégal suscite depuis quelques heures débats et interrogations dans l’opinion publique comme au sein de l’écosystème des télécommunications. Certains y voient une menace potentielle pour les opérateurs nationaux, d’autres une remise en cause des équilibres du marché. Pourtant, replacée dans son contexte, cette initiative apparaît moins comme une rupture que comme une réponse pragmatique à une urgence nationale longtemps ignorée : la persistance de vastes zones du territoire sénégalais privées d’accès à Internet, plus de trente ans après la libéralisation du secteur des télécommunications.

Lorsque le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a affirmé que 2026 serait « l’année de la connectivité », il ne s’agissait pas d’un simple slogan politique. Cette déclaration posait avant tout un diagnostic lucide. Malgré des décennies d’ouverture du marché et d’investissements privés, des villages entiers, des communes rurales, des zones frontalières et enclavées demeurent dans une quasi-obscurité numérique. Cette situation n’est pas le résultat d’une fatalité géographique, mais bien d’un déficit structurel d’investissement dans des territoires jugés peu rentables par les opérateurs traditionnels.

La question centrale n’est donc plus de déterminer si la technologie satellitaire est idéale ou non, mais plutôt de s’interroger sur les alternatives réellement disponibles pour ces zones délaissées. Les opérateurs terrestres, bien qu’assujettis à des obligations de couverture, n’ont jamais trouvé économiquement viable de déployer massivement des infrastructures lourdes dans des zones à faible densité démographique. Le déploiement de la fibre optique ou même de réseaux mobiles performants dans ces régions supposerait des années de travaux, une logistique complexe et des investissements considérables, dont la rentabilité reste incertaine, voire inexistante à court et moyen terme.

Face à ce constat, le gouvernement sénégalais a opté pour une approche résolument pragmatique. L’accord conclu avec Starlink, qui prévoit la connexion gratuite d’un million de Sénégalais durant le premier semestre de l’année 2026 à travers l’acquisition de 5 000 kits à tarif préférentiel, marque une accélération significative de la stratégie d’inclusion numérique. Là où les infrastructures terrestres nécessiteraient potentiellement une décennie pour atteindre ces territoires, la technologie satellitaire permet une intervention en quelques mois seulement, sans lourds travaux au sol.

Contrairement aux inquiétudes exprimées par certains acteurs du secteur, cette initiative ne relève pas d’une logique de concurrence frontale. Elle s’inscrit plutôt dans une dynamique de complémentarité. Les opérateurs terrestres et Starlink n’évoluent pas sur les mêmes segments de marché. D’un côté, les zones urbaines et périurbaines bénéficient déjà de la fibre optique, de la 4G et de la 5G, où les opérateurs nationaux excellent et disposent d’un modèle économique solide. De l’autre, subsistent les zones blanches, où aucune infrastructure n’existe ou presque. C’est précisément dans ces espaces que le satellite trouve sa pertinence, non pas pour remplacer les réseaux existants, mais pour les prolonger là où ils ne peuvent s’étendre.

Les priorités définies par les autorités sénégalaises confirment clairement cette orientation. Il s’agit notamment de connecter les zones blanches à travers des dispositifs de wifi communautaire, de desservir les établissements scolaires en milieu rural, de relier les collectivités territoriales isolées et de sécuriser la connectivité dans les zones frontalières. Autant de territoires où les opérateurs classiques sont historiquement absents ou très faiblement présents.

L’argument selon lequel un opérateur satellitaire échapperait au cadre réglementaire national ne résiste pas à l’analyse. L’autorisation accordée à Starlink l’assujettit aux mêmes exigences que tout fournisseur d’accès à Internet opérant sur le territoire sénégalais. Régulation tarifaire, respect des normes de sécurité, obligations fiscales, protection des données personnelles : l’État dispose des mêmes leviers de contrôle et de sanction. La différence technologique ne crée aucune exception juridique. Au contraire, elle renforce la nécessité d’un cadre réglementaire clair et rigoureux, que le Sénégal est en mesure de définir et de faire appliquer.

Au-delà des considérations techniques et économiques, le choix de recourir à Starlink soulève une question fondamentale d’équité territoriale et de justice sociale. Comment justifier qu’en 2026, des citoyens sénégalais soient privés d’accès à Internet simplement parce qu’ils vivent en zone rurale ou enclavée ? Comment accepter que l’éducation numérique, l’accès aux services de santé en ligne, l’administration dématérialisée ou encore le commerce électronique demeurent des privilèges essentiellement urbains ?

Le New Deal Technologique porté par le gouvernement repose sur un principe simple mais structurant : la connectivité est un droit fondamental, et non un luxe réservé à une minorité. Lorsque les mécanismes du marché échouent à garantir ce droit, l’intervention publique devient non seulement légitime, mais nécessaire. En offrant un accès gratuit à Internet à un million de Sénégalais issus des zones les plus défavorisées, l’État ne se substitue pas aux opérateurs privés. Il assume une mission de service public là où le marché a montré ses limites.

Enfin, l’initiative sénégalaise s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation numérique du continent africain. En négociant des conditions préférentielles avec un acteur technologique mondial comme Starlink, le Sénégal se positionne comme un laboratoire d’un modèle hybride associant infrastructures terrestres et solutions satellitaires. Une approche pragmatique, dénuée d’idéologie technologique, qui pourrait inspirer d’autres pays africains confrontés aux mêmes défis de couverture et d’inclusion numérique.

Cyberattaque à la Daf : la production de documents suspendue, des données sensibles menacées

Au Sénégal, la Direction de l’automatisation des fichiers (Daf) traverse une situation critique après avoir été la cible d’une cyberattaque d’ampleur, active « depuis au moins cinq jours », selon les informations rapportées par le quotidien Libération. Cette intrusion informatique a contraint l’administration à suspendre provisoirement la production de documents officiels, une mesure conservatoire destinée à éviter toute compromission supplémentaire des systèmes et des données sensibles qu’elle héberge.

Les auteurs de l’attaque, se présentant sous l’appellation « The Green Blood Group », affirment être en possession de 139 téraoctets de données appartenant à la Daf. Un volume particulièrement conséquent, qui, s’il était avéré, soulèverait de graves inquiétudes quant à la sécurité des informations personnelles et administratives des citoyens sénégalais. À ce stade, les autorités n’ont pas confirmé l’ampleur exacte des données potentiellement exfiltrées, mais des investigations techniques sont en cours pour évaluer les dégâts et contenir toute fuite éventuelle.

Cette cyberattaque survient dans un contexte déjà tendu, marqué par un bras de fer opposant l’État du Sénégal à la société malaisienne Iris Corporation. Cette dernière, adjudicataire du marché des cartes nationales d’identité biométriques, réclame le paiement de factures qu’elle estime impayées. Ce différend contractuel, qui concerne un secteur hautement stratégique de l’administration, alimente les spéculations sur d’éventuels liens entre le contentieux en cours et la vulnérabilité des systèmes de la Daf, même si aucune preuve formelle ne permet pour l’instant d’établir une connexion directe.

Au-delà de cet épisode précis, cette nouvelle attaque met en lumière la fragilité croissante des infrastructures numériques de l’État. En moins d’un an, il s’agit en effet de la deuxième cyberattaque majeure visant un service gouvernemental, après celle qui avait frappé la Direction générale des impôts et domaines (DGID). Une répétition inquiétante qui interroge sur le niveau de préparation du pays face aux menaces cybernétiques, dans un contexte de numérisation accélérée des services publics.

Affaire des rétrocommissions présumées : la Cour suprême examine le recours du parquet financier

La Cour suprême est attendue ce jeudi 5 février pour se prononcer sur le recours en cassation introduit par le parquet général financier contre l’arrêt de la chambre d’accusation ayant accordé la liberté provisoire à Serigne Oumar Mbaye. L’information a été révélée par le quotidien Les Échos dans sa parution du jour.

Ce recours s’inscrit dans le cadre de l’affaire dite des rétrocommissions présumées, qui implique le patron du groupe de presse Avenir Communication, Madiambal Diagne, ainsi que sa société immobilière, la SCI Pharaon. Le parquet financier conteste la décision de la chambre d’accusation estimant que les conditions ayant conduit à la mise en liberté provisoire de Serigne Oumar Mbaye ne sont pas juridiquement fondées.

Présenté par les enquêteurs comme le marabout de Madiambal Diagne, Serigne Oumar Mbaye avait été interpellé puis inculpé pour « complicité » dans ce dossier aux ramifications financières complexes. Selon l’accusation, il aurait joué un rôle indirect dans le circuit présumé de rétrocommissions ayant permis l’encaissement irrégulier de fonds liés à des opérations immobilières attribuées à la SCI Pharaon.

De son côté, Madiambal Diagne est soupçonné d’avoir indûment perçu des ressources financières à travers cette société, des faits qu’il conteste fermement. L’affaire a suscité une large attention médiatique en raison du profil des personnes mises en cause et de la sensibilité des accusations portées, dans un contexte marqué par un renforcement de la lutte contre les infractions économiques et financières.

Depuis le début de la procédure, Serigne Oumar Mbaye n’a cessé de clamer son innocence. Il affirme n’avoir aucun lien opérationnel, financier ou décisionnel avec les faits qui lui sont reprochés, soutenant que son nom est injustement associé à cette affaire en raison de sa relation personnelle avec le principal mis en cause. Sa défense estime que le dossier ne repose sur aucun élément matériel probant établissant sa participation aux infractions présumées.

La décision attendue de la Cour suprême est donc particulièrement scrutée. Elle pourrait soit confirmer l’arrêt de la chambre d’accusation, maintenant ainsi Serigne Oumar Mbaye en liberté provisoire, soit casser cette décision et renvoyer l’affaire devant une autre juridiction, avec des conséquences immédiates sur la situation judiciaire de l’intéressé.

Tournée économique du Président Bassirou Diomaye Faye à Tambacounda et Kédougou : cap sur l’emploi, la production et l’inclusion territoriale

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a entamé ce jour à Tambacounda une tournée économique de grande envergure dans les régions de Tambacounda et de Kédougou, marquant une étape majeure dans la mise en œuvre de sa vision de transformation structurelle de l’économie sénégalaise. À son arrivée à l’aérodrome de Tambacounda, le Chef de l’État a été accueilli par les autorités administratives et territoriales, dans un cérémonial rehaussé par les honneurs militaires, symbole de l’importance stratégique accordée à ce déplacement présidentiel.

Cette tournée s’inscrit dans la continuité des orientations majeures définies par le Président de la République depuis son accession à la magistrature suprême, visant à bâtir une économie plus résiliente, plus productive et davantage créatrice d’emplois. En décrétant l’année 2026 « Année de l’emploi et de l’économie sociale et solidaire », le Chef de l’État a clairement affiché sa volonté de placer le travail, l’entrepreneuriat et l’initiative locale au cœur des politiques publiques. Il s’agit de répondre de manière durable au défi du chômage, en particulier celui des jeunes, tout en favorisant l’inclusion économique des femmes et des communautés locales.

Dans les régions de Tambacounda et de Kédougou, riches en potentialités agricoles, minières, énergétiques et humaines, cette tournée vise à donner une impulsion nouvelle au développement territorial. Les différentes étapes prévues permettront d’évaluer l’état des infrastructures, d’échanger avec les acteurs économiques et sociaux, et de poser les bases d’une meilleure articulation entre formation professionnelle, agriculture moderne, accès à l’énergie, transformation locale et investissements productifs. L’objectif est de créer des chaînes de valeur solides, capables de générer des emplois décents et de fixer les populations dans leurs terroirs.

Au-delà des annonces et des projets, cette démarche présidentielle traduit une conviction profondément ancrée : le développement ne se décrète pas depuis les bureaux, il se construit sur le terrain, au contact direct des réalités locales. En allant à la rencontre des producteurs, des entrepreneurs, des jeunes porteurs de projets et des femmes actives dans l’économie sociale et solidaire, le Président Bassirou Diomaye Faye entend inscrire l’action publique dans une logique d’écoute, de co-construction et d’efficacité.

Cette tournée économique dans le Sénégal oriental apparaît ainsi comme un moment fort de gouvernance de proximité, mais aussi comme un signal politique et économique clair. Elle réaffirme l’engagement de l’État à faire de chaque région un moteur de croissance, à réduire les inégalités territoriales et à bâtir un Sénégal plus inclusif, plus productif et résolument tourné vers l’avenir.

Retenues salariales à l’ARP : les syndicats dénoncent une décision unilatérale et exigent des explications

Au sein de l’administration sénégalaise, la récente décision de la Direction générale de l’Agence Sénégalaise de Réglementation Pharmaceutique (ARP) d’opérer des retenues sur les salaires de certains agents continue de susciter une vive controverse. Les syndicats affiliés à la Jonction des luttes, notamment la section SAMES et la sous-section SUTSAS, montent au créneau pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une mesure prise de manière unilatérale, sans information préalable ni transparence sur les critères ayant conduit à ces ponctions.

Selon les représentants syndicaux, les retenues appliquées varient entre 35.000 et 47.067 francs CFA par agent. Elles seraient intervenues dans un contexte de mobilisation collective au sein de l’administration, un cadre que les syndicats jugent légitime et conforme aux droits reconnus aux travailleurs de l’État. Le caractère sélectif de ces retenues, combiné à l’absence de notification individuelle motivée, alimente un sentiment d’injustice parmi les agents concernés et pose, selon eux, un sérieux problème de respect des procédures administratives.

La Jonction des luttes estime que la Direction générale n’a fourni aucune explication officielle permettant de comprendre les fondements juridiques ou réglementaires de ces décisions. Cette opacité, dénoncent les syndicats, fragilise la confiance entre l’administration et son personnel, et ouvre la voie à des interprétations pouvant laisser croire à des sanctions ciblées plutôt qu’à une mesure administrative objective et équitable.

Face à cette situation, les organisations syndicales avertissent que le maintien de ces retenues sans clarification pourrait devenir une source de tension majeure au sein de l’ARP. Elles appellent l’administration à prendre rapidement ses responsabilités en engageant un dialogue franc et inclusif avec les représentants des travailleurs, afin d’expliquer les critères retenus et de rétablir un climat social apaisé.

La Cour suprême annule l’interdiction de sortie du territoire visant Mansour Faye

La Cour suprême du Sénégal a ordonné l’annulation de l’arrêté pris par le ministère de l’Intérieur le 15 avril 2025, lequel interdisait à Mansour Faye de quitter le territoire national « jusqu’à nouvel ordre ». L’information a été révélée ce jeudi par le quotidien L’Observateur, marquant un tournant décisif dans ce dossier à forte portée politico-judiciaire.

Cette décision de la Haute juridiction intervient dans un contexte juridique déjà défavorable à l’administration. En effet, moins d’un mois avant la signature de l’arrêté contesté, le juge des référés de la Cour suprême avait sommé l’autorité administrative, le 28 mars 2025, de notifier à l’ancien ministre les motifs précis justifiant la restriction de sa liberté de circulation. À défaut de cette notification, le juge avait exigé que Mansour Faye soit rétabli dans l’intégralité de ses droits.

C’est à la suite de plusieurs interdictions d’embarquer à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) que le maire de Saint-Louis, par ailleurs beau-frère de l’ancien président Macky Sall, avait saisi la Cour suprême. Estimant que ces mesures portaient atteinte à ses droits fondamentaux, notamment la liberté d’aller et de venir, il avait engagé une procédure contentieuse contre l’État.

En prenant l’arrêté du 15 avril 2025, le ministère de l’Intérieur semblait vouloir se conformer formellement aux exigences du juge des référés tout en maintenant la restriction. L’administration croyait ainsi avoir vidé la requête de Mansour Faye de sa substance et mis un terme définitif à la procédure engagée devant la Haute juridiction.

Cependant, la chambre administrative de la Cour suprême en a décidé autrement. Après examen du dossier, elle a estimé que l’arrêté ministériel ne reposait pas sur des bases juridiques suffisantes et ne respectait pas les garanties prévues par la loi. En conséquence, la juridiction a prononcé son annulation pure et simple, rétablissant Mansour Faye dans tous ses droits.

Des anciens présidents de groupe parlementaire solidaires de Doudou Wade après son audition

Une délégation d’anciens présidents de groupe parlementaire de l’Assemblée nationale du Sénégal s’est rendue au domicile du doyen Doudou Wade pour lui exprimer son soutien, à la suite de sa récente audition par la justice. La délégation était conduite par l’honorable Abdou Mbow, responsable au sein de l’Alliance pour la République (APR), en compagnie de l’ancien ministre Omar Youm.

Cette visite s’inscrit dans une démarche collective de solidarité, portée par quinze anciens présidents de groupe parlementaire, avec l’adhésion de l’actuelle présidente du groupe parlementaire Takku Wallu, Aïssata Tall Sall. S’exprimant au nom de l’ensemble de ces responsables parlementaires, les membres de la délégation ont tenu à marquer leur accompagnement total à l’endroit de Doudou Wade, qu’ils considèrent comme une figure majeure de la vie politique et institutionnelle du pays.

Les anciens présidents de groupe ont indiqué avoir pris acte de la libération de Doudou Wade à l’issue de son audition, tout en précisant que, conformément aux informations communiquées par ses avocats, il demeure à la disposition de la justice. Selon eux, la visite à son domicile visait avant tout à lui témoigner une solidarité fraternelle, à saluer son engagement, mais également à soutenir sa famille dans ce moment qu’ils jugent éprouvant.

Au-delà du geste de soutien personnel, les membres de la délégation ont souhaité alerter l’opinion nationale et internationale sur ce qu’ils estiment être une situation préoccupante pour l’état de droit et les libertés publiques au Sénégal. À cet effet, ils ont annoncé l’élaboration d’une déclaration commune destinée à exprimer leurs inquiétudes et à appeler à la vigilance.

Dans leur message, les anciens responsables parlementaires ont rappelé que la démocratie sénégalaise est le fruit de longues luttes menées par plusieurs générations et qu’elle constitue un acquis fondamental qu’il convient de préserver à tout prix. Ils ont insisté sur la nécessité de garantir les libertés d’expression et d’opinion, estimant que les convocations de personnalités politiques ou de journalistes pour leurs prises de position publiques devraient appartenir au passé.

Mission de haut niveau du Groupe de la Banque mondiale au Sénégal : un partenariat stratégique renforcé au service de la Vision Sénégal 2050

Une délégation de haut niveau du Groupe de la Banque mondiale effectuera une mission officielle au Sénégal du 5 au 13 février 2026, marquant une étape importante dans le renforcement du partenariat stratégique entre l’institution financière internationale et l’État du Sénégal. Cette visite s’inscrit dans une dynamique de consolidation de la coopération autour des priorités nationales de développement, en parfaite cohérence avec les orientations de la Vision Sénégal 2050.

La mission sera conduite par Ousmane Diagana, Vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, accompagné de Ed Mountfield, Vice-président et Directeur financier de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). Selon un communiqué du Groupe de la Banque mondiale, cette délégation de haut rang aura pour objectif d’approfondir le dialogue stratégique avec les autorités sénégalaises et d’examiner les perspectives de renforcement de l’appui du Groupe aux réformes structurelles et aux investissements prioritaires du pays.

Au cours de leur séjour, les responsables du Groupe de la Banque mondiale rencontreront les plus hautes autorités de l’État, notamment le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le Président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, ainsi que le Premier ministre, Ousmane Sonko. Des échanges sont également prévus avec plusieurs membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, des représentants du secteur privé et des acteurs de la société civile, traduisant la volonté d’une approche inclusive et concertée du développement.

Les discussions porteront principalement sur l’alignement du nouveau Cadre de Partenariat Pays (CPF), actuellement en cours de finalisation, avec les priorités stratégiques du Sénégal. Il sera également question de l’optimisation du portefeuille de projets afin d’améliorer leur efficacité et leur impact sur les conditions de vie des populations, ainsi que des perspectives de mobilisation de ressources additionnelles pour soutenir les secteurs clés de l’économie nationale.

Parmi les temps forts annoncés de cette mission figure le lancement officiel du pacte AgriConnect Sénégal. Ce programme ambitieux vise à transformer durablement les chaînes de valeur agricoles, à renforcer la productivité et la compétitivité du secteur, tout en favorisant la création d’emplois décents, en particulier au profit des jeunes et des femmes en milieu rural. À travers cette initiative, le Groupe de la Banque mondiale entend accompagner le Sénégal dans sa quête de souveraineté alimentaire et de développement inclusif.

Cette mission sera également l’occasion d’évaluer les résultats obtenus dans le cadre du partenariat entre le Sénégal et le Groupe de la Banque mondiale, tout en identifiant de nouveaux leviers susceptibles d’en accroître l’impact socio-économique. À ce jour, le portefeuille de la Banque mondiale au Sénégal s’élève à 3,8 milliards de dollars, comprenant vingt projets nationaux pour un montant de 3,03 milliards de dollars, ainsi que huit opérations d’intégration régionale totalisant 749,5 millions de dollars. En complément, le portefeuille de la Société financière internationale (IFC) atteint 611 millions de dollars, tandis que les engagements bruts de la MIGA s’élèvent à 1,13 milliard de dollars.

À travers cette mission de haut niveau, le Groupe de la Banque mondiale réaffirme son engagement à accompagner le Sénégal dans la mise en œuvre de ses ambitions de transformation économique et sociale, en mettant l’accent sur la croissance durable, l’inclusion et la création d’opportunités pour l’ensemble des populations.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°665 – 05/02/2026

🔴 LE SECTEUR DES HYDROCARBURES DANS UNE ZONE DE TURBULENCES / L’ÉTAT ET LES PÉTROLIÈRS … : AU BORD DE LA RUPTURE
🔴 BRAS DE FER ETAT- ÉTUDIANTS – MOUSSA NIANG DE GUEUM SA BOPP DÉLIBÈRE : COUPER LES BOURSES, C’EST COUPER L’AVENIR

🔴 SUPPORTERS SÉNÉGALAIS JUGÉS AU MAROC : TENSION JUDICIAIRE ET PRESSION DIPLOMATIQUE AUTOUR DU PROCÈS

Babacar Ba nommé Secrétaire général du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à une nouvelle nomination au sein de l’administration publique, dans le cadre des mesures individuelles prises en Conseil des ministres. À cet effet, Monsieur Babacar Ba, administrateur civil, matricule de solde n°624 582/I, a été nommé Secrétaire général du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme.

Cette décision s’inscrit dans la dynamique de réorganisation et de renforcement de l’efficacité de l’action gouvernementale engagée par les nouvelles autorités. Monsieur Babacar Ba succède à Madame Seynabou Niang, qui occupait jusque-là les fonctions de Secrétaire générale du ministère.

En tant que Secrétaire général, Monsieur Ba aura pour mission principale d’assurer la coordination de l’ensemble des services du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme. Il sera également chargé de superviser la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de la culture, de l’artisanat et du tourisme, secteurs stratégiques pour la promotion de l’identité nationale, la valorisation du patrimoine et le développement économique du pays. À ce titre, il veillera au bon fonctionnement administratif et opérationnel du département, tout en assurant la cohérence et l’efficacité des actions menées par les différentes directions et structures rattachées au ministère.

Administrateur civil de formation, Babacar Ba dispose d’une expérience avérée au sein de l’administration publique, ce qui constitue un atout pour accompagner les réformes et les projets structurants attendus dans ce ministère. Sa nomination traduit la volonté des autorités de placer à des postes clés des cadres capables de porter la vision gouvernementale en matière de gouvernance, de modernisation de l’administration et de développement des secteurs culturels et touristiques.

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 4 février 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 04 février 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

DÉVELOPPEMENT DE LA NOUVELLE POLITIQUE FERROVIAIRE
Monsieur le Président de la République, débutant sa communication, souligne que le développement des chemins de fer et des transports ferroviaires constitue une priorité nationale, dans le cadre de l’aménagement et de l’attractivité du territoire. A cet effet, il demande au Ministre des Transports terrestres et aériens de faire l’évaluation de l’état d’exécution des projets et réformes concernant le secteur ferroviaire. Il indique, également, l’urgence d’accélérer la réhabilitation et la modernisation de la ligne Dakar-Tambacounda, de finaliser la Politique ferroviaire nationale à l’horizon 2050 et de dresser un état des lieux global du dialogue social et des doléances des personnels en exercice dans le secteur.

En outre, le Chef de l’Etat instruit le Ministre des Transports terrestres et aériens de veiller, en relation avec l’APIX et toutes les parties prenantes, à la mise en service de la phase II du Train Express Régional (TER) intégrant l’édification de la gare de Sébikhotane. Il engage le Premier Ministre à tenir un Conseil interministériel sur le secteur ferroviaire et à veiller à la réalisation des plans de réinstallation des personnes affectées par le projet TER.

REPOSITIONNEMENT STRATÉGIQUE DU SECTEUR DE L’EAU
Le Chef de l’Etat rappelle la place fondamentale qu’occupe le secteur de l’Eau dans le bien-être des populations et l’atteinte des objectifs de développement durable. Il salue le leadership reconnu du Sénégal en la matière et demande d’accélérer l’exécution de l’ensemble des projets relatifs à l’hydraulique et l’assainissement, en veillant au lancement du projet du « Grand Transfert d’Eau » et du nouveau Programme de prévention et de gestion des inondations. Le Président de la République insiste sur la nécessité de veiller à la mise en œuvre des recommandations des concertations nationales sur le secteur de l’Eau et de l’Assainissement, en assurant le déploiement accéléré du programme de renouvellement des forages et ouvrages hydrauliques et l’intensification des projets d’unités de dessalement.

 Il instruit le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de finaliser les réformes complémentaires des sous-secteurs de l’hydraulique urbaine et de l’hydraulique rurale, de redéfinir à l’horizon 2050, les schémas directeurs en matière d’hydraulique et d’assainissement et d’actualiser la gouvernance globale, le modèle économique et la régulation du secteur de l’Eau dans son intégralité.

Le Président de la République demande au Premier Ministre de finaliser les textes relatifs au Code de l’Eau et à l’Autorité de régulation du secteur.

Enfin, il demande au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement et au Ministre en charge de l’Energie d’assurer un suivi permanent de l’état d’exécution des engagements du Sénégal, dans le cadre des projets de l’OMVS et de l’OMVG

PRÉVENTION ET LUTTE CONTRE LE CANCER
Le Président de la République fait observer que la communauté internationale célèbre, ce 04 février 2026, la Journée mondiale contre le cancer. A cet égard, il demande de renforcer la prévention, la sensibilisation des populations et le dépistage précoce des cancers, notamment les cancers des enfants et des femmes. Le Chef de l’Etat indique l’urgence d’améliorer les modalités et facilités d’accès aux traitements et soins des patients et de finaliser la construction, l’équipement et la réception du Centre national d’Oncologie de Diamniadio. Dans ce sillage, il demande au Premier Ministre de superviser la mise en œuvre d’un Programme national décennal de Prévention et de Lutte contre les cancers.

ACCÉLÉRATION DE LA TERRITORIALISATION DES POLITIQUES PUBLIQUES
Considérant la territorialisation des politiques publiques comme un principe directeur de la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, le Chef de l’Etat demande d’accélérer les processus de territorialisation des programmes et projets publics, en liaison avec les collectivités territoriales et les services déconcentrés de l’Etat, sous la coordination des gouverneurs, préfets et sous-préfets. A cet égard, il exprime son attachement au désenclavement des territoires et terroirs, à travers l’accélération des programmes routiers, autoroutiers et de réalisation de pistes rurales et le déploiement des projets hydrauliques, numériques, d’électrification et de construction d’infrastructures communautaires et sociales de base.

Il demande également au Premier Ministre de veiller à l’accélération des programmes de résorption des abris provisoires et de modernisation des infrastructures scolaires, ainsi qu’à la réactualisation de la carte sanitaire intégrant les constructions de nouvelles structures et établissements de santé prévus dans l’ensemble des régions.

Dans le but de renforcer la montée en puissance des Pôles territoriaux de Développement et d’accentuer la doctrine d’un Etat de proximité, il annonce qu’il poursuivra ses visites économiques régulièrement dans les régions. Dans ce cadre, sa prochaine tournée aura lieu du 05 au 08 février 2026 dans les régions de Tambacounda et de Kédougou, afin d’évaluer et d’apprécier l’état de prise en charge des urgences et priorités économiques, sociales et environnementales.

VULGARISATION DE LA VIE ET DE L’ŒUVRE DE CHEIKH ANTA DIOP
En perspective de la commémoration du quarantième (40ème) anniversaire du rappel à Dieu du Professeur Cheikh Anta DIOP, le 07 février 2026, le Chef de l’Etat rend un vibrant hommage, au nom de la Nation, à cet universitaire de renom, illustre patriote et panafricain convaincu, dont les travaux scientifiques et les prises de position nationales et internationales, ont fortement contribué à l’éveil des consciences. A cet effet, il demande au Gouvernement d’accentuer le désenclavement et la valorisation de Thieytou et de travailler avec la famille du disparu et toutes les autres parties prenantes, afin de vulgariser et perpétuer, dans les programmes scolaires, universitaires et les créations artistiques, l’œuvre monumentale de Cheikh Anta DIOP.

AGENDA DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir effectué les 02 et 03 février 2026, une visite officielle en République du Congo, à l’invitation de Son Excellence le Président Denis Sassou NGUESSO.

 AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE
Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur les points suivants :

CONSEIL PRÉSIDENTIEL DE L’INVESTISSEMENT
Le Premier Ministre a d’abord rendu compte au Président de la République de l’état de préparation du prochain Conseil présidentiel de l’Investissement (CPI), prévu en fin mars 2026. Ainsi, il a présenté le cadre rénové de pilotage et d’orientation des investissements. Abordant le cadre du partenariat entre le secteur privé et l’État, il souligne que dans l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, l’investissement privé, national et étranger, est au cœur de la stratégie de transformation économique. L’investissement privé s’impose, dès lors, comme moteur essentiel de la croissance, de la compétitivité, de la création d’emplois et de la souveraineté productive. Cette ambition implique le développement d’un nouveau type de partenariat entre l’État et le secteur privé, qui concourt à l’accroissement de l’investissement privé dans l’économie sénégalaise.

Le Premier Ministre a souligné la trajectoire globalement ascendante des investissements privés au Sénégal, qui traduit un renforcement de l’attractivité économique du pays, confirmé par les performances récentes relatées par le rapport Business Ready. Dans ce contexte, le renforcement du cadre de dialogue, de décision et de pilotage des réformes en faveur de l’investissement privé apparaît comme un levier central pour consolider la confiance des investisseurs, orienter les flux vers les priorités stratégiques nationales et maximiser leur impact économique.

Pour le Premier Ministre, le CPI rénové vise à accélérer les réformes et à lever les obstacles à l’investissement. Ce nouveau format du Conseil présidentiel de l’Investissement repose sur une organisation institutionnelle resserrée et hiérarchisée, avec une Session présidentielle, un Conseil interministériel et un Comité de suivi.

Concernant les livrables attendus, il s’agit de rapports réguliers notamment le rapport général d’évaluation du dispositif d’incitation, le rapport sur les réformes favorables à l’investissement, le rapport sur les procédures digitalisées, le rapport sur la couverture territoriale et le progrès industriel, ainsi que le rapport de suivi-évaluation de l’Initiative « Sunu champion ».

Le Premier Ministre a fait noter que le projet de réforme du Conseil présidentiel de l’Investissement fera l’objet de concertations avec le secteur privé en présence des administrations impliquées et a demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, de mettre en œuvre, en relation avec l’APIX, toutes les diligences requises pour la finalisation de cet important projet.

COMPTE RENDU DE LA MISSION AU MAROC
Le Premier Ministre a rendu compte de sa mission effectuée au Royaume du Maroc dans le cadre de la quinzième (15ème) Grande Commission mixte de coopération sénégalo marocaine, au cours de laquelle dix sept (17) nouveaux accords et mémorandums d’entente couvrant les domaines industriel, minier, agricole, numérique, logistique et de la formation ont été signés. En marge de la Commission mixte, des audiences bilatérales ont été organisées avec des opérateurs économiques marocains présents ou intéressés par le Sénégal. Il a également fait part de sa visite du complexe industriel intégré de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) Group.

Le Premier Ministre a demandé à tous les ministères impliqués de transmettre à la Primature un plan d’actions détaillé de mise en œuvre des accords et engagements issus de cette mission, assorti d’un cadre de concertation régulière avec les partenaires marocains et avec des acteurs économiques nationaux.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DES MINISTRES
Le Ministre d’Etat auprès du Président de la République chargé du Suivi du Pilotage et de l’Evaluation de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, a présenté une communication portant sur la structuration et la modernisation des processus.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES
Le Conseil a examiné et adopté le projet de décret fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de la Direction générale de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol (DGSCOS).

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES
Le Président de la République a pris les décisions suivantes :
•          Monsieur Babacar BA, Administrateur civil, matricule de solde n°624 582/I, est nommé Secrétaire général du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, en remplacement de Madame Seynabou NIANG.

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 04 février 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Développement de la nouvelle politique ferroviaire

Monsieur le Président de la République, débutant sa communication, souligne que le développement des chemins de fer et des transports ferroviaires constitue une priorité nationale, dans le cadre de l’aménagement et de l’attractivité du territoire. A cet effet, il demande au Ministre des Transports terrestres et aériens de faire l’évaluation de l’état d’exécution des projets et réformes concernant le secteur ferroviaire.  Il indique, également, l’urgence d’accélérer la réhabilitation et la modernisation de la ligne Dakar-Tambacounda, de finaliser la Politique ferroviaire nationale à l’horizon 2050 et de dresser un état des lieux global du dialogue social et des doléances des personnels en exercice dans le secteur.

En outre, le Chef de l’Etat instruit le Ministre des Transports terrestres et aériens de veiller, en relation avec l’APIX et toutes les parties prenantes, à la mise en service de la phase II du Train Express Régional (TER) intégrant l’édification de la gare de Sébikhotane. Il engage le Premier Ministre à tenir un Conseil interministériel sur le secteur ferroviaire et à veiller à la réalisation des plans de réinstallation des personnes affectées par le projet TER.

Repositionnement stratégique du secteur de l’Eau

Le Chef de l’Etat rappelle la place fondamentale qu’occupe le secteur de l’Eau dans le bien-être des populations et l’atteinte des objectifs de développement durable. Il salue le leadership reconnu du Sénégal en la matière et demande d’accélérer l’exécution de l’ensemble des projets relatifs à l’hydraulique et l’assainissement, en veillant au lancement du projet du « Grand Transfert d’Eau » et du nouveau Programme de prévention et de gestion des inondations. Le Président de la République insiste sur la nécessité de veiller à la mise en œuvre des recommandations des concertations nationales sur le secteur de l’Eau et de l’Assainissement, en assurant le déploiement accéléré du programme de renouvellement des forages et ouvrages hydrauliques et l’intensification des projets d’unités de dessalement. Il instruit le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de finaliser les réformes complémentaires des sous-secteurs de l’hydraulique urbaine et de l’hydraulique rurale, de redéfinir à l’horizon 2050, les schémas directeurs en matière d’hydraulique et d’assainissement et d’actualiser la gouvernance globale, le modèle économique et la régulation du secteur de l’Eau dans son intégralité.

Le President de la République demande au Premier Ministre de finaliser les textes relatifs au Code de l’Eau et à l’Autorité de régulation du secteur.

Enfin, il demande au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement et au Ministre en charge de l’Energie d’assurer un suivi permanent de l’état d’exécution des engagements du Sénégal, dans le cadre des projets de l’OMVS et de l’OMVG.

Prévention et lutte contre le cancer

Le Président de la République fait observer que la communauté internationale célèbre, ce 04 février 2026, la Journée mondiale contre le cancer. A cet égard, il demande de renforcer la prévention, la sensibilisation des populations et le dépistage précoce des cancers, notamment les cancers des enfants et des femmes. Le Chef de l’Etat indique l’urgence d’améliorer les modalités et facilités d’accès aux traitements et soins des patients et de finaliser la construction, l’équipement et la réception du Centre national d’Oncologie de Diamniadio. Dans ce sillage, il demande au Premier Ministre de superviser la mise en œuvre d’un Programme national décennal de Prévention et de Lutte contre les cancers.  

Accélération de la territorialisation des politiques publiques

Considérant la territorialisation des politiques publiques comme un principe directeur de la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, le Chef de l’Etat demande d’accélérer les processus de territorialisation des programmes et projets publics, en liaison avec les collectivités territoriales et les services déconcentrés de l’Etat, sous la coordination des gouverneurs, préfets et sous-préfets. A cet égard, il exprime son attachement au désenclavement des territoires et terroirs, à travers l’accélération des programmes routiers, autoroutiers et de réalisation de pistes rurales et le déploiement des projets hydrauliques, numériques, d’électrification et de construction d’infrastructures communautaires et sociales de base.

Il demande également au Premier Ministre de veiller à l’accélération des programmes de résorption des abris provisoires et de modernisation des infrastructures scolaires, ainsi qu’à la réactualisation de la carte sanitaire intégrant les constructions de nouvelles structures et établissements de santé prévus dans l’ensemble des régions.

Dans le but de renforcer la montée en puissance des Pôles territoriaux de Développement et d’accentuer la doctrine d’un Etat de proximité, il annonce qu’il poursuivra ses visites économiques régulièrement dans les régions. Dans ce cadre, sa prochaine tournée aura lieu du 05 au 08 février 2026 dans les régions de Tambacounda et de Kédougou, afin d’évaluer et d’apprécier l’état de prise en charge des urgences et priorités économiques, sociales et environnementales.  

Vulgarisation de la vie et de l’œuvre de Cheikh Anta Diop

En perspective de la commémoration du quarantième (40ème) anniversaire du rappel à Dieu du Professeur Cheikh Anta DIOP, le 07 février 2026, le Chef de l’Etat rend un vibrant hommage, au nom de la Nation, à cet universitaire de renom, illustre patriote et panafricain convaincu, dont les travaux scientifiques et les prises de position nationales et internationales, ont fortement contribué à l’éveil des consciences. A cet effet, il demande au Gouvernement d’accentuer le désenclavement et la valorisation de Thieytou et de travailler avec la famille du disparu et toutes les autres parties prenantes, afin de vulgariser et perpétuer, dans les programmes scolaires, universitaires et les créations artistiques, l’œuvre monumentale de Cheikh Anta DIOP.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir effectué les 02 et 03 février 2026, une visite officielle en République du Congo, à l’invitation de Son Excellence le Président Denis Sassou NGUESSO.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur les points suivants :

Conseil présidentiel de l’Investissement

Le Premier Ministre a d’abord rendu compte au Président de la République de l’état de préparation du prochain Conseil présidentiel de l’Investissement (CPI), prévu en fin mars 2026. Ainsi, il a présenté le cadre rénové de pilotage et d’orientation des investissements. Abordant le cadre du partenariat entre le secteur privé et l’État, il souligne que dans l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, l’investissement privé, national et étranger, est au cœur de la stratégie de transformation économique. L’investissement privé s’impose, dès lors, comme moteur essentiel de la croissance, de la compétitivité, de la création d’emplois et de la souveraineté productive. Cette ambition implique le développement d’un nouveau type de partenariat entre l’État et le secteur privé, qui concourt à l’accroissement de l’investissement privé dans l’économie sénégalaise.

Le Premier Ministre a souligné la trajectoire globalement ascendante des investissements privés au Sénégal, qui traduit un renforcement de l’attractivité économique du pays, confirmé par les performances récentes relatées par le rapport Business Ready. Dans ce contexte, le renforcement du cadre de dialogue, de décision et de pilotage des réformes en faveur de l’investissement privé apparaît comme un levier central pour consolider la confiance des investisseurs, orienter les flux vers les priorités stratégiques nationales et maximiser leur impact économique.

Pour le Premier Ministre, le CPI rénové vise à accélérer les réformes et à lever les obstacles à l’investissement. Ce nouveau format du Conseil présidentiel de l’Investissement repose sur une organisation institutionnelle resserrée et hiérarchisée, avec une Session présidentielle, un Conseil interministériel et un Comité de suivi.

Concernant les livrables attendus, il s’agit de rapports réguliers notamment le rapport général d’évaluation du dispositif d’incitation, le rapport sur les réformes favorables à l’investissement, le rapport sur les procédures digitalisées, le rapport sur la couverture territoriale et le progrès industriel, ainsi que le rapport de suivi-évaluation de l’Initiative « Sunu champion ».

Le Premier Ministre a fait noter que le projet de réforme du Conseil présidentiel de l’Investissement fera l’objet de concertations avec le secteur privé en présence des administrations impliquées et a demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, de mettre en œuvre, en relation avec l’APIX, toutes les diligences requises pour la finalisation de cet important projet.

Compte rendu de la Mission au Maroc

Le Premier Ministre a rendu compte de sa mission effectuée au Royaume du Maroc dans le cadre de la quinzième (15ème) Grande Commission mixte de coopération sénégalomarocaine, au cours de laquelle dixsept (17) nouveaux accords et mémorandums d’entente couvrant les domaines industriel, minier, agricole, numérique, logistique et de la formation ont été signés. En marge de la Commission mixte, des audiences bilatérales ont été organisées avec des opérateurs économiques marocains présents ou intéressés par le Sénégal. Il a également fait part de sa visite du complexe industriel intégré de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) Group.

Le Premier Ministre a demandé à tous les ministères impliqués de transmettre à la Primature un plan d’actions détaillé de mise en œuvre des accords et engagements issus de cette mission, assorti d’un cadre de concertation régulière avec les partenaires marocains et avec des acteurs économiques nationaux.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre d’Etat auprès du Président de la République chargé du Suivi du Pilotage et de l’Evaluation de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, a présenté une communication portant sur la structuration et la modernisation des processus.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté le projet de décret fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de la Direction générale de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol (DGSCOS).

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris la décision suivante :

Monsieur Babacar BA, Administrateur civil, matricule de solde n°624 582/I, est nommé Secrétaire général du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, en remplacement de Madame Seynabou NIANG.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

Filière arachidière : le Sénégal en passe de devenir le deuxième producteur africain derrière le Nigeria

Le Sénégal s’achemine vers une performance majeure dans la filière arachidière. Selon les dernières projections du Département de l’Agriculture des États-Unis (USDA), le pays devrait se hisser, dès la campagne 2025/2026, au rang de deuxième producteur africain d’arachides, derrière le Nigeria. Une avancée notable qui permettrait au Sénégal de dépasser le Soudan, longtemps considéré comme l’un de ses principaux concurrents sur le continent.

D’après ces prévisions, la production sénégalaise d’arachides est attendue à environ 1,15 million de tonnes pour la campagne 2025/2026. Ce niveau représente un rebond significatif après une campagne 2024/2025 jugée en demi-teinte, avec un volume estimé à 800 000 tonnes. Même si ce résultat reste en deçà des records historiques du pays, il marque une progression suffisante pour bouleverser la hiérarchie africaine.

Il y a encore quelques années, notamment entre 2018 et 2020, l’écart entre le Sénégal et le Soudan dépassait le million de tonnes. Aujourd’hui, la tendance s’est inversée. Les difficultés structurelles et conjoncturelles rencontrées par le Soudan, aggravées par un contexte de crise politique et sécuritaire, ont lourdement affecté la productivité agricole. Selon les experts, le rendement soudanais est tombé autour de 0,50 tonne par hectare, un niveau particulièrement faible au regard de l’étendue de ses terres cultivables.

À l’inverse, le Sénégal affiche des perspectives encourageantes en matière de rendement. Les spécialistes estiment que le pays pourrait atteindre un rendement moyen record de 1,32 tonne par hectare lors de la prochaine campagne. Cette performance est le fruit de plusieurs facteurs combinés, notamment l’amélioration de l’accès aux semences certifiées, l’utilisation accrue d’engrais, le renforcement de l’encadrement technique des producteurs et les efforts de mécanisation engagés ces dernières années.

Dans le paysage africain, le Nigeria conserve largement sa place de leader continental et de troisième producteur mondial d’arachides. Sa production est attendue autour de 4,3 millions de tonnes pour les deux prochaines saisons. Abuja mise fortement sur la transformation locale et le développement d’industries agroalimentaires capables de créer de la valeur ajoutée et des emplois, tout en réduisant les exportations de produits bruts.

Pour le Sénégal, l’enjeu dépasse désormais la simple question du classement continental. L’objectif est de consolider durablement cette dynamique, en stabilisant les rendements au-dessus de la tonne par hectare, indépendamment des aléas climatiques. Cela implique un renforcement des politiques d’irrigation, une meilleure gestion des sols, l’accès à des intrants de qualité et la poursuite de la modernisation des pratiques agricoles.

La filière arachidière reste un pilier de l’économie rurale sénégalaise. Elle fait vivre des centaines de milliers de ménages et joue un rôle central dans la sécurité alimentaire et les revenus paysans. Une production soutenue et régulière est donc essentielle pour améliorer les conditions de vie en milieu rural et soutenir l’essor d’une industrie de transformation nationale, appelée à devenir un moteur de croissance.

Si les projections de l’USDA se confirment, le Sénégal franchira une étape symbolique dans la reconquête de son statut historique de grande puissance arachidière en Afrique. Un signal fort qui témoigne du potentiel du secteur agricole national, mais qui rappelle également l’importance de politiques cohérentes et durables pour transformer cette performance en véritable levier de développement économique et social.

Sénégal–DP World : l’État réaffirme un partenariat stratégique au service de la compétitivité portuaire

La ministre des Pêches et de l’Économie maritime, le Dr Fatou Diouf, a réaffirmé ce mardi l’engagement ferme du gouvernement du Sénégal à renforcer et pérenniser le partenariat stratégique avec l’opérateur portuaire DP World. Cette déclaration a été faite à l’occasion de la présentation du rapport d’impact socio-économique de DP World au Sénégal, un document de référence qui met en évidence les retombées économiques, sociales et structurelles de cette collaboration entamée depuis plus d’une décennie.

Transmettant les salutations du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et du Premier ministre, Ousmane Sonko, la ministre a souligné « l’attention toute particulière » que les plus hautes autorités de l’État accordent aux initiatives visant à consolider le positionnement maritime et portuaire du Sénégal. Pour le gouvernement, le secteur portuaire constitue un pilier stratégique de la transformation économique nationale, à la croisée des enjeux de compétitivité, de souveraineté et d’intégration régionale.

Depuis 2008, DP World exploite le terminal à conteneurs du port autonome de Dakar. Selon le Dr Fatou Diouf, cette collaboration a permis d’impulser des investissements structurants, de moderniser les infrastructures portuaires et de renforcer de manière significative la compétitivité du port de Dakar. Grâce à ces efforts conjoints, la plateforme portuaire dakaroise s’est imposée comme un hub logistique de premier plan en Afrique de l’Ouest et en Afrique subsaharienne.

Les performances enregistrées ces dernières années illustrent concrètement cette dynamique. En 2024, le port de Dakar a été distingué comme meilleur port à conteneurs d’Afrique subsaharienne et meilleur port en Afrique de l’Ouest par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence. Une reconnaissance internationale que la ministre a qualifiée de « source de fierté nationale » et qui, selon elle, démontre l’efficacité des partenariats stratégiques bien coordonnés entre l’État et le secteur privé.

Le rapport d’Oxford Economics, présenté lors de la séance, documente de manière détaillée l’impact économique majeur de DP World au Sénégal. Il met en lumière la contribution de l’opérateur à la création d’emplois directs et indirects, à l’augmentation du produit intérieur brut et à la dynamisation des chaînes de valeur locales, notamment dans les secteurs du transport, de la logistique et des services connexes. Ces retombées, a souligné la ministre, participent pleinement à l’inclusion économique et à la création de richesses durables.

Dr Fatou Diouf a également salué les avancées notables enregistrées en matière de digitalisation des procédures portuaires. La mise en place et le renforcement du guichet unique portuaire ont permis de simplifier les formalités administratives, de réduire les délais de traitement et de fluidifier les opérations logistiques. Cette modernisation, fruit d’une coopération étroite entre le Port autonome de Dakar, l’administration des douanes, les services de l’État et les opérateurs privés, contribue directement à l’amélioration du climat des affaires et à la compétitivité globale du port.

La ministre a par ailleurs insisté sur l’importance stratégique du projet du port multifonction de Ndayane, qu’elle a présenté comme une infrastructure de dimension internationale dont la réalisation progresse de manière satisfaisante. Ce futur port en eau profonde permettra au Sénégal d’accueillir les plus grands navires et de se conformer aux standards internationaux les plus exigeants du commerce maritime mondial. À terme, Ndayane renforcera la capacité logistique nationale et consolidera la position du Sénégal comme hub majeur du commerce africain et mondial.

L’ensemble de ces réalisations s’inscrit dans le cadre de l’Agenda national de transformation 2025-2029 et de la Vision Sénégal 2050, portés par le président Bassirou Diomaye Faye et mis en œuvre par le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko. Dans cette perspective, le secteur maritime et portuaire occupe une place centrale en tant que levier de souveraineté économique, de développement durable et de rayonnement international du Sénégal. Pour le Dr Fatou Diouf, le renforcement du partenariat avec DP World constitue ainsi un choix stratégique assumé, au service d’un Sénégal résolument tourné vers l’avenir et les échanges mondiaux.

Khalifa Sall dénonce une condamnation « arbitraire » et alerte sur un recul des libertés après la décision contre Lassana Kanté

Le président du mouvement Taxawu Senegaal, Khalifa Ababacar Sall, est vivement monté au créneau après la condamnation à un mois de prison ferme de Lassana Kanté, coordonnateur départemental de Taxawu Senegaal à Tambacounda. L’ancien maire de Dakar dénonce une décision qu’il juge arbitraire et y voit un symptôme inquiétant d’un affaissement des libertés individuelles et politiques au Sénégal.

Dans une déclaration au ton ferme, Khalifa Sall s’est d’abord interrogé sur la rapidité avec laquelle la justice a statué dans cette affaire, évoquant une « célérité troublante » qui contraste, selon lui, avec la lenteur observée dans d’autres dossiers. « Quand la justice court ici et s’attarde ailleurs, ce n’est plus l’État de droit qui avance, c’est l’arbitraire qui s’installe », a-t-il affirmé, pointant ce qu’il considère comme une application sélective de la loi.

Pour le leader de Taxawu Senegaal, cette condamnation ne saurait être perçue comme une simple décision judiciaire dénuée de portée politique. Il estime au contraire qu’elle traduit une volonté manifeste de faire taire un adversaire qui dérange. Selon lui, Lassana Kanté paierait le prix de sa liberté de ton, de la constance de son engagement et de son refus de se soumettre. « Lassana dérange par la parole libre, par la constance du combat, par le refus de plier. Et c’est précisément pour cela qu’on l’emprisonne », a-t-il fustigé.

Au-delà du cas individuel de son responsable politique à Tambacounda, Khalifa Sall dit s’inquiéter d’une tendance plus large qu’il juge dangereuse pour la démocratie sénégalaise. Il évoque un « affaissement des libertés individuelles et politiques » marqué, selon lui, par la banalisation de la sanction pénale comme réponse à l’expression d’opinions critiques. Pour l’ancien maire de Dakar, une démocratie qui punit la parole et la liberté d’opinion se renie elle-même et sape ses propres fondements.

En conclusion, Khalifa Sall a tenu à réaffirmer son soutien total et sans réserve à Lassana Kanté. Il estime que cette condamnation n’atteint pas l’homme qu’elle vise, mais révèle plutôt ceux qui l’ont prononcée. « On ne bâillonnera pas une conscience en la jugeant », a-t-il déclaré, appelant implicitement à rester mobilisé face à ce qu’il considère comme une dérive préoccupante de l’État de droit.

Réforme des bourses universitaires : le MESRI précise les enjeux et rassure les étudiants

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a tenu à apporter des éclaircissements sur les motivations ayant conduit à l’organisation d’un atelier national consacré à la préparation d’une nouvelle politique de bourses d’études et à la révision du décret n°2014-963 du 1er août 2014, qui fixe les conditions d’attribution des allocations d’études dans l’enseignement supérieur.

Dans un communiqué rendu public, le MESRI explique que cette initiative s’inscrit dans sa démarche habituelle fondée sur la concertation, le dialogue et l’inclusivité. L’atelier, organisé à Dakar, a réuni l’ensemble des acteurs clés du système d’enseignement supérieur. Ont notamment pris part aux travaux les services du MESRI, ceux du ministère chargé des Finances, des organisations de la société civile, des associations de parents d’élèves, les syndicats du personnel enseignant et administratif (PER et PATS), ainsi que les amicales d’étudiants, les apprenants des Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP) et les représentants des sites universitaires externes.

Selon le ministère, cet atelier participatif visait avant tout à jeter les bases d’une évaluation financière approfondie du système de bourses sur la période 2020-2025, assortie d’une projection à l’horizon 2030. Cette démarche devait permettre de mieux apprécier la soutenabilité du dispositif actuel, tout en identifiant les insuffisances et les limites du cadre réglementaire en vigueur. Il s’agissait également de proposer des ajustements destinés à mettre fin à certaines pratiques jugées non conformes à l’orthodoxie budgétaire, tout en renforçant l’équité et l’inclusivité sociale dans l’attribution des allocations d’études.

Le MESRI reconnaît que le déroulement de l’atelier a été marqué par le retrait d’une partie des étudiants dès la première journée. Toutefois, le ministère assure que cette situation n’a pas empêché d’atteindre les objectifs fixés. Les échanges ont permis de formuler des recommandations issues des contributions des participants encore engagés dans les travaux. Ces propositions seront, précise le communiqué, soumises à l’appréciation des autorités compétentes pour décision.

Face aux informations qui ont circulé dans l’opinion publique, le MESRI a tenu à lever toute ambiguïté. Le ministère dément formellement les rumeurs faisant état d’une remise en cause des droits acquis des étudiants. Il n’a, à aucun moment, été question de réduire les taux de bourses ni de supprimer des allocations existantes. L’objectif affiché demeure l’amélioration du système, et non sa remise en cause au détriment des bénéficiaires.

S’inscrivant dans les orientations définies par les plus hautes autorités du pays, le ministère indique qu’il est engagé dans une réflexion globale sur l’élaboration d’une nouvelle politique nationale des allocations d’études. Dans ce cadre, une attention particulière est accordée à une meilleure convergence entre les périodes de paiement des bourses et le calendrier réel des enseignements, afin de répondre plus efficacement aux besoins des étudiants.

En conclusion, le MESRI a exprimé sa gratitude à l’ensemble des acteurs ayant participé à cet atelier national. Il les invite à poursuivre les concertations lors des prochaines étapes du processus, avec pour ambition de parvenir à un large consensus autour d’un cadre réglementaire rénové et de modalités d’attribution des bourses plus adaptées aux réalités actuelles de l’enseignement supérieur.

Déploiement de Starlink au Sénégal : une accélération décisive de la transformation numérique

Le Sénégal franchit un nouveau cap dans sa stratégie de transformation numérique avec le déploiement de Starlink, fournisseur d’accès à Internet par satellite. Cette avancée majeure s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre du New Deal Technologique, une vision portée par l’État visant à démocratiser l’accès au haut et très haut débit sur l’ensemble du territoire national, en particulier dans les zones rurales, enclavées et frontalières longtemps laissées en marge de la connectivité.

Selon le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN), l’objectif du Gouvernement est sans équivoque : réduire durablement les inégalités d’accès à Internet dans les zones où le déploiement des réseaux terrestres demeure limité, en raison de contraintes économiques, géographiques ou techniques. L’autorisation accordée à Starlink s’inscrit ainsi dans une logique de solutions innovantes et complémentaires, destinées à renforcer les infrastructures existantes plutôt qu’à les concurrencer.

Le MCTN a tenu à rassurer les acteurs du secteur et l’opinion publique sur le respect strict du cadre réglementaire national. À l’instar des autres fournisseurs d’accès à Internet, tout opérateur satellitaire intervenant au Sénégal est soumis aux règles de régulation en vigueur, garantissant ainsi une concurrence équitable, la protection des consommateurs et la souveraineté numérique du pays.

Dans le cadre de ce partenariat, l’État sénégalais a négocié l’acquisition de 5 000 kits Starlink à un tarif préférentiel. Cette initiative ambitieuse vise à connecter gratuitement un million de Sénégalais au cours du premier semestre de l’année 2026. Les bénéficiaires seront principalement issus des zones blanches, où l’accès à Internet est quasi inexistant, grâce à la mise en place de dispositifs de wifi communautaire. L’éducation et la formation figurent également parmi les priorités, notamment l’enseignement supérieur, la formation professionnelle et les établissements scolaires, afin de renforcer l’accès au savoir et aux ressources pédagogiques numériques.

Les collectivités territoriales, les zones frontalières et certains programmes de développement spécifiques, comme le Plan Diomaye pour la Casamance, sont également ciblés. À travers cette approche, l’État entend utiliser le numérique comme un levier de développement territorial, de cohésion sociale et de stabilisation des zones sensibles.

Grâce à sa constellation de satellites en orbite basse, Starlink offre une couverture étendue et une connectivité performante, capable d’atteindre des localités jusque-là privées d’Internet. Cette technologie devrait permettre d’éradiquer progressivement les zones blanches tout en renforçant la résilience et la complémentarité des réseaux terrestres existants.

Au-delà de l’accès à Internet, l’impact attendu est multidimensionnel. Le déploiement de Starlink devrait accélérer l’inclusion numérique, réduire les coûts de connectivité, stimuler l’économie locale et favoriser l’émergence de nouveaux services numériques. Il contribue également à renforcer le positionnement du Sénégal comme un leader régional en matière de transformation numérique sur le continent africain.

LUTTE CONTRE LE CANCER

Les chances d’une prise en charge efficace réduite au Sénégal

Commémorée chaque année le 4 février, la Journée mondiale de lutte contre le cancer rappelle une réalité préoccupante. Le cancer est aujourd’hui la deuxième cause de décès dans le monde. Contrairement à une idée encore largement répandue, cette maladie ne concerne pas uniquement les personnes âgées. Elle touche aussi des jeunes, parfois très tôt dans leur vie.
Le cancer se distingue par son caractère complexe et imprévisible. Aucun organe du corps humain n’est totalement épargné. Sein, col de l’utérus, prostate, foie, poumon, estomac ou encore peau peuvent être atteints. Cette diversité des formes renforce le sentiment d’une maladie difficile à comprendre et à anticiper.
Au Sénégal, comme dans de nombreux pays africains, le cancer demeure insuffisamment diagnostiqué à un stade précoce. L’accès au dépistage reste limité et la maladie est souvent découverte tardivement, réduisant considérablement les chances d’une prise en charge efficace. À cela s’ajoutent des représentations sociales parfois marquées par la peur, le silence ou l’idée de fatalité.
D’un point de vue anthropologique, le cancer est encore fréquemment perçu comme une épreuve inévitable, voire comme une maladie dont les causes échappent totalement à la compréhension biomédicale. Ces perceptions peuvent retarder la consultation médicale et renforcer le recours tardif aux soins. Pourtant, de nombreux cancers peuvent être évités ou mieux traités lorsqu’ils sont détectés à temps.
La prévention constitue aujourd’hui un levier essentiel. Elle passe par une alimentation saine, une activité physique régulière, la réduction de la consommation de tabac et d’alcool, ainsi que par la vigilance face aux signes inhabituels du corps. Être attentif à sa santé et consulter dès l’apparition de symptômes persistants peut faire une réelle différence.
Au-delà de la dimension médicale, le cancer a un impact social profond. Il bouleverse des familles, sépare des mères de leurs enfants, fragilise des couples et affecte durablement les communautés. La maladie ne touche jamais un individu seul : elle s’inscrit toujours dans un tissu social, familial et affectif.
Sensibiliser, informer et prévenir restent donc des enjeux majeurs, en particulier auprès des jeunes. La lutte contre le cancer ne peut se limiter aux hôpitaux. Elle doit aussi passer par l’éducation à la santé, la diffusion d’une information accessible et la déconstruction des idées reçues.
En cette Journée mondiale de lutte contre le cancer, rappeler que cette maladie peut toucher chacun, quel que soit l’âge, est une nécessité. Mais rappeler aussi que des actions simples, individuelles et collectives, peuvent contribuer à réduire son impact est un devoir de santé publique.

Khady SAMB
JOURNALISTE ET DOCTORANTE EN ANTHROPOLOGIE MÉDICALE UNIVERSITÉ LAVAL

Serigne Mbacké Ndiaye dénonce un fossé entre Diomaye Faye et Sonko et pointe une proximité accrue avec la France

L’ancien ministre libéral Serigne Mbacké Ndiaye a livré une analyse particulièrement critique de la dynamique actuelle au sommet de l’État sénégalais. Invité ce mercredi dans l’émission « L’invité d’infos matin » sur la TFM, il s’est longuement exprimé sur les relations entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, estimant qu’un décalage profond s’est installé entre les deux hommes, tant sur le plan idéologique que diplomatique.

Selon Serigne Mbacké Ndiaye, le fossé serait avant tout politique. À l’en croire, Ousmane Sonko resterait fidèle à l’ADN idéologique de Pastef et continuerait d’incarner, sans compromis, le projet et les principes du parti au pouvoir. « Ousmane Sonko est resté Pastef. Il incarne le projet et les principes du parti-État. Et ce n’est pas le cas de Bassirou Diomaye Faye », a-t-il affirmé sans détour, des propos rapportés par Seneweb.

L’ancien ministre estime que cette divergence se manifeste de manière encore plus visible dans la conduite de la politique étrangère, notamment dans les relations du Sénégal avec la France. Sur ce point, Serigne Mbacké Ndiaye n’a pas mâché ses mots, allant jusqu’à évoquer une proximité personnelle entre le chef de l’État sénégalais et le président français. « Le président Bassirou Diomaye Faye est aujourd’hui l’ami intime de Macron. Absolument ! », a-t-il soutenu à l’antenne.

Pour étayer ses propos, il a relaté une anecdote personnelle. Selon lui, un ami français, qu’il présente comme une personnalité influente, l’aurait taquiné en ces termes : « Vous avez perdu Diomaye depuis que Macron l’a pris par les épaules en sortant de l’Élysée. » Une remarque qu’il interprète comme le symbole d’un rapprochement politique et diplomatique assumé.

Aux yeux de Serigne Mbacké Ndiaye, cette proximité ne relèverait pas seulement du registre symbolique ou protocolaire. Elle se traduirait, selon lui, par des choix concrets dans l’action présidentielle. « Dans ses actes, il est en train de défendre les positions de la France », a-t-il accusé, laissant entendre que certaines orientations diplomatiques du Sénégal s’inscriraient désormais dans une logique favorable aux intérêts français.

Poursuivant son analyse, l’ancien ministre libéral estime que Bassirou Diomaye Faye évoluerait aussi sous l’influence de certains dirigeants africains réputés proches de Paris. Il a cité nommément les présidents ivoirien et congolais. « Maintenant, ce sont Alassane Ouattara et Denis Sassou Nguesso qui coachent Diomaye », a-t-il déclaré, les présentant comme « les représentants de la France en Afrique ».

Digitalisation des exportations : la Douane sénégalaise affiche des résultats prometteurs au Port de Dakar

À l’occasion de la présentation du rapport socioéconomique de DP World, les autorités portuaires et douanières ont fait le point sur l’état d’avancement de la modernisation des procédures d’exportation. Devant le Directeur général du Port autonome de Dakar et celui de DP World, Ousmane Kane, Directeur des opérations douanières, a levé le voile sur les premiers résultats de la plateforme de dématérialisation totale des exports, mise en service en décembre dernier. Un premier bilan qu’il qualifie d’encourageant et révélateur d’un changement de paradigme en cours.

En l’espace d’un mois seulement, 5 740 conteneurs ont été traités via cette nouvelle plateforme digitale. Un chiffre significatif qui, selon Ousmane Kane, témoigne de l’efficacité du dispositif et de l’adhésion progressive des opérateurs économiques. « Nous facilitons et dématérialisons totalement l’exportation pour permettre à nos opérateurs de faire écouler leurs marchandises dans les meilleures conditions », a-t-il expliqué, soulignant la volonté de l’administration douanière d’accompagner la compétitivité du port et de fluidifier les échanges.

Cette première étape n’est toutefois qu’un début. Le Directeur des opérations douanières a annoncé que plusieurs autres modules sont en cours de développement. Il s’agit notamment du transit, des ventes aux enchères et des procédures d’enlèvement, autant de segments clés de la chaîne logistique portuaire. Les équipes techniques, a-t-il assuré, avancent « à grands pas » sur ces chantiers, avec des annonces imminentes sur le lancement de ces nouvelles solutions digitales, destinées à renforcer la transparence, réduire les délais et améliorer l’efficacité globale du système.

Mais au-delà de la technologie, Ousmane Kane a tenu à rappeler que la modernisation doit aussi s’accompagner d’une approche plus humaine. Conscient des tensions récentes liées aux saisies douanières, qui ont suscité des crispations et refroidi certains armateurs, il a annoncé une décision forte prise conjointement par les directions de la Douane et du Port : l’arrêt temporaire de ces mesures coercitives. Une mesure d’apaisement visant à restaurer la confiance des acteurs du secteur maritime et portuaire.

« Nous devons lever le pied dans l’application rigide des textes et injecter plus d’humanisme », a plaidé le responsable douanier, représentant le Directeur général des Douanes. Un message clair qui traduit la volonté des autorités de trouver un équilibre entre le respect de la réglementation et la nécessité de préserver l’attractivité du Port de Dakar, dans un contexte de concurrence accrue entre plateformes portuaires de la sous-région.

Accident mortel à la Patte d’Oie : le chauffeur du bus Tata condamné à 10 jours de prison ferme

Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son verdict ce mardi 4 février 2026 dans l’affaire de l’accident mortel survenu à la Patte d’Oie, ayant coûté la vie à un jeune conducteur de moto-Jakarta. Poursuivi pour homicide involontaire, le chauffeur du bus Tata impliqué, Mor Guèye Diop, a été reconnu coupable et condamné à dix jours de prison ferme.

Les faits remontent au vendredi précédent, sur l’autoroute, à hauteur de la Patte d’Oie. Selon les éléments du dossier, la victime, Khadim Ndiaye, circulait à moto lorsqu’il a tenté de dépasser le bus par la droite. Une manœuvre qui s’est avérée fatale. Le choc, d’une extrême violence, n’a laissé aucune chance au jeune motocycliste, décédé sur le coup. L’accident a provoqué une vive émotion parmi les conducteurs de Jakarta présents sur les lieux, certains allant jusqu’à incendier le bus en signe de représailles, plongeant le secteur dans une forte tension.

Arrêté et placé sous mandat de dépôt le 2 février 2026, Mor Guèye Diop a comparu détenu devant la juridiction. À la barre, le chauffeur a reconnu les faits, tout en livrant sa version de l’accident. Il a expliqué que la victime l’avait dépassé par la droite et ne portait pas de casque de sécurité au moment du drame. Il a également tenu à préciser que son véhicule était en règle, disposant de toutes les pièces nécessaires à la conduite. Visiblement affecté, il a présenté ses condoléances à la famille du défunt et sollicité la clémence du tribunal.

Moment fort de l’audience, l’intervention du frère de la victime, venu représenter la famille, a marqué les esprits. Ému, ce dernier a indiqué que les proches de Khadim Ndiaye ne réclamaient aucun dommage et intérêt. Il a souligné que la famille ne souhaitait pas accabler le chauffeur, estimant ne pas pouvoir affirmer qu’il avait commis une infraction, aucun membre n’ayant été témoin direct de l’accident. Le juge a d’ailleurs relevé que, selon les éléments de l’enquête préliminaire, la famille avait déjà accordé son pardon au prévenu.

Dans ses réquisitions, le procureur de la République a demandé l’application stricte de la loi pénale, rappelant la gravité des faits et la perte d’une vie humaine. De leur côté, les avocats de la défense, Maîtres Mansour Ndiongue et Ibrahima Mbengue, ont plaidé pour une application bienveillante de la loi, mettant en avant les circonstances de l’accident, l’attitude responsable du prévenu à l’audience et le pardon exprimé par la famille de la victime.

Saint-Louis confrontée à une grave pénurie de gaz domestique

La commune de Saint-Louis, au nord du pays, traverse depuis plusieurs jours une pénurie de gaz domestique qui affecte considérablement le quotidien de ses habitants. Dans cette ville historique, ce produit de première nécessité se fait de plus en plus rare, plongeant de nombreux ménages dans un profond désarroi.

Dans les rues de la vieille ville, la scène est devenue habituelle : des habitants arpentent les quartiers, bonbonne vide à la main, à la recherche désespérée de gaz. Boutiques, stations-service et dépôts sont pris d’assaut, souvent sans succès. Cette situation rend encore plus difficile la vie quotidienne, surtout en cette période où la fraîcheur persiste, obligeant les familles à recourir à ce combustible pour cuisiner et se réchauffer.

La pénurie intervient à quelques jours seulement du début du mois béni du ramadan, période pendant laquelle la demande en gaz domestique augmente traditionnellement. Face à cette situation, les habitants expriment leur inquiétude et appellent tant les autorités compétentes que les commerçants à intervenir rapidement afin de rétablir l’approvisionnement. Ils espèrent que des mesures urgentes seront prises pour soulager les ménages, particulièrement touchés par cette crise qui complique sérieusement leur quotidien.

Libye : Seif al-Islam Kadhafi tué, enquête ouverte à Tripoli

Le parquet général de Tripoli a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête sur la mort de Seif al-Islam Kadhafi, fils du dirigeant défunt Mouammar Kadhafi, survenue la veille. Selon le bureau du procureur, l’homme a été tué par balle, confirmant ainsi la gravité de l’incident.

Une équipe d’experts, comprenant des médecins légistes, s’est rendue mardi à Zenten, dans l’ouest de la Libye, pour examiner la dépouille de celui qui avait longtemps été considéré comme le successeur potentiel de son père. L’examen médico-légal a permis de constater que la victime avait été mortellement atteinte par des tirs. Dans un communiqué publié sur Facebook, le parquet a précisé avoir engagé une procédure pénale afin d’identifier et de retrouver les auteurs de ce meurtre. À ce jour, aucune information n’a été communiquée concernant les funérailles de Seif al-Islam Kadhafi.

Seif al-Islam Kadhafi était recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité. Il avait été arrêté en 2011 dans le sud libyen, puis détenu pendant plusieurs années à Zenten. En 2015, il avait été condamné à mort à l’issue d’un procès expéditif avant de bénéficier d’une amnistie. Jusqu’à l’annonce de son décès, sa localisation exacte restait inconnue.

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver stabilité et unité. Le pays reste divisé entre deux autorités rivales : le gouvernement d’unité nationale (GNU), installé à Tripoli et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, reconnu par l’ONU, et un exécutif basé à Benghazi, dans l’est, contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar et ses alliés, qui ont étendu leur influence militaire au sud du pays.

Sénégal : Farba Ngom au cœur de deux affaires judiciaires, la levée de son immunité à l’Assemblée nationale en perspective

Dakar – Le député-maire des Agnam, Farba Ngom, demeure en détention provisoire depuis le 27 février 2025, dans le cadre d’une affaire de corruption et de détournement de deniers publics estimés à 125 milliards FCFA. La gravité des accusations a mis en lumière les tensions entre le Parlement et l’exécutif, mais également les procédures judiciaires entourant la protection des élus.

Le 16 février prochain, l’Assemblée nationale sera appelée à se prononcer en séance plénière sur la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom dans une deuxième affaire, dans laquelle le ministre de la Justice, Yacine Fall, l’accuse d’avoir fait introduire dans sa cellule des téléphones portables contenant, entre autres, des contenus pornographiques. Cette initiative pourrait ouvrir la voie à de nouvelles poursuites judiciaires contre le député-maire.

Pour Me Moussa Bocar Thiam, l’un des avocats de Farba Ngom, les procédures engagées contre son client sont illégales. Dans une interview accordée au quotidien L’Observateur, il a exprimé son indignation face à ce qu’il décrit comme une instrumentalisation du Parlement : « Nous déplorons désespérément l’image de députés à la solde de l’exécutif pour assassiner un collègue parlementaire », a-t-il affirmé.

L’avocat a insisté sur le fait que la perquisition ayant conduit à la découverte des téléphones portables n’a pas respecté les exigences légales. Selon Me Thiam, une perquisition doit être réalisée en présence des avocats et avec le consentement de l’inculpé. À défaut, un mandat de perquisition doit être délivré par le juge compétent. Or, aucun mandat n’aurait été signé par le juge Idrissa Diarra, en charge du dossier, selon l’avocat. Il estime que son client « a été kidnappé et placé en garde à vue pour des auditions portant sur le contenu de ses conversations téléphoniques ».

Me Thiam a également menacé de poursuivre Yacine Fall pour dénonciation calomnieuse, estimant que le ministre a manifesté une « inculture juridique » en tenant des propos contraires au principe fondamental de séparation des pouvoirs.

Sédhiou : un présumé trafiquant de drogue interpellé avec 21 kg de chanvre indien à Santassou III

Les éléments de la brigade de recherche du service régional de Sédhiou, dans le sud du pays, ont procédé à l’arrestation d’un individu soupçonné de trafic de stupéfiants et de détention illégale de munitions. Le mis en cause, identifié comme I. Baldé, alias « Papis poulo », âgé de 48 ans et se déclarant cultivateur, a été interpellé à son domicile situé à Santassou III.

Selon les informations communiquées par la Police nationale, cette opération est le résultat de l’exploitation minutieuse d’un renseignement opérationnel jugé fiable. Après une phase de surveillance et de recoupement des informations, les enquêteurs ont décidé de passer à l’action en procédant à une perquisition au domicile du suspect.

La fouille des lieux a permis la saisie d’une quantité importante de produits illicites et de matériel logistique. Les policiers ont notamment découvert 21 kilogrammes de chanvre indien, conditionnés et prêts à la distribution, ainsi qu’une balance de précision, laissant supposer une activité de trafic bien organisée. En outre, deux couteaux, un fusil de chasse et onze cartouches ont également été retrouvés, renforçant les soupçons pesant sur l’individu.

À l’issue de cette opération, I. Baldé a été placé en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Les investigations menées par les services compétents ont permis d’établir des charges suffisantes à son encontre. Il a par la suite été déféré devant le parquet compétent avant d’être écroué.

Le mis en cause est poursuivi pour des faits de trafic de stupéfiants et de détention illégale de munitions. L’enquête se poursuit afin de déterminer l’étendue exacte de ses activités, d’identifier d’éventuels complices et de remonter, le cas échéant, les circuits d’approvisionnement et de distribution de la drogue dans la région.

Insécurité routière : ultimatum de l’État aux minicars « Cheikhou Chérifou »

Le ministre des Transports terrestres et aériens, Yancoba Dieme, a engagé mardi une vaste offensive contre les minicars de 12 à 19 places, communément appelés « Cheikhou Chérifou ». Accusés d’être au cœur de l’insécurité routière et de provoquer une hécatombe persistante sur les routes sénégalaises, ces véhicules sont désormais sommés de se conformer à des normes strictes sous peine de disparition pure et simple. Les autorités leur accordent un délai de deux mois pour se mettre en règle.

Cette décision intervient dans un contexte alarmant. Le parc national compte près de 7 000 minicars, dont l’âge moyen avoisine les 24 ans. Vétusté avancée, pannes fréquentes et équipements de sécurité défaillants font de ces véhicules un danger permanent. Selon le journal L’Observateur, ces « véhicules de la mort » sont régulièrement impliqués dans des accidents graves, souvent liés à une vitesse excessive, à la surcharge chronique et à un entretien quasi inexistant.

Pour mettre fin à cette situation, le gouvernement a opté pour une mesure radicale. Tous les minicars actuellement en circulation sont sommés de se présenter à Dakar dans un délai de deux mois afin de subir un contrôle technique approfondi et centralisé. À l’issue de cette évaluation, seuls les véhicules jugés suffisamment sûrs se verront délivrer un sauf-conduit temporaire. Les autres seront immédiatement envoyés à la fourrière ou contraints à une mise aux normes dont le coût pourrait s’avérer prohibitif, équivalant pour de nombreux propriétaires à une véritable condamnation économique.

Au-delà de l’état mécanique des véhicules, le ministère des Transports entend également s’attaquer aux comportements dangereux qui gangrènent le secteur. Les images familières de toits croulant sous des ballots instables devraient bientôt appartenir au passé. Désormais, les bagages devront être transportés exclusivement à l’intérieur des véhicules. Les arrêts anarchiques en plein trafic sont formellement interdits, tout comme le ramassage de clients au bord des routes, une pratique jugée extrêmement dangereuse et qui fera l’objet d’une surveillance accrue des forces de l’ordre.

La modernisation du contrôle routier figure également au cœur de cette stratégie. Le gouvernement prépare l’installation de balises GPS destinées à limiter électroniquement la vitesse des transports en commun. Parallèlement, la vidéo-verbalisation sera déployée afin de sanctionner automatiquement les infractions, notamment les franchissements de lignes et les excès de vitesse, réduisant ainsi la marge de manœuvre pour les passe-droits.

Cette fermeté affichée par les autorités est globalement bien accueillie par les acteurs du secteur. Gora Khouma, secrétaire général de l’Union des routiers du Sénégal (UTRS), a salué l’initiative tout en rappelant que la responsabilité humaine reste centrale. « Ce n’est pas le véhicule qui tue, c’est l’homme », a-t-il affirmé, estimant que le temps de la sensibilisation est désormais révolu.

Le leader syndical a toutefois pointé du doigt deux maux persistants : l’imprudence de certains jeunes chauffeurs et, surtout, la corruption sur les routes. Selon lui, il n’est pas rare qu’un simple billet de 1 000 ou 2 000 francs CFA suffise à fermer les yeux sur des infractions pourtant graves. « La récréation est terminée. Il faut que la cravache sorte », a-t-il martelé, appelant à une application rigoureuse et équitable des nouvelles mesures.

Incident technique à l’aéroport d’Abidjan : un avion d’Air France s’engage par erreur vers une base militaire, sans faire de victimes

Un incident technique sans conséquence humaine est survenu dans la soirée du mardi 3 février 2026 à l’Aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, impliquant le vol Air France AF 702 en provenance de Paris. L’événement, qualifié de spectaculaire mais maîtrisé par les autorités, n’a entraîné ni blessé ni perturbation durable du trafic aérien.

Selon un communiqué officiel du ministère des Transports et des Affaires maritimes, l’Airbus A350 concerné, immatriculé F-HUVM, a atterri normalement à 19h27 sur la piste 03. C’est lors de la phase de roulage, après l’atterrissage, que l’incident est survenu. L’appareil s’est engagé par erreur sur une bretelle menant à la Base aérienne militaire, une voie non adaptée aux dimensions de ce type d’aéronef.

Les autorités précisent que l’ensemble des passagers et des membres d’équipage ont été pris en charge dans des conditions de sécurité optimales. Les 283 passagers et les 12 membres d’équipage ont été débarqués sans difficulté et aucune blessure n’a été signalée. Le ministère a tenu à rassurer l’opinion publique sur l’absence totale de victimes et sur la maîtrise rapide de la situation.

Les premières constatations font état d’une erreur de navigation du pilote au moment du roulage vers le parking civil. Une enquête a été immédiatement ouverte afin de déterminer avec précision les circonstances exactes de cet incident et d’identifier les éventuelles défaillances, qu’elles soient humaines ou techniques.

En raison de l’immobilisation de l’appareil, les services techniques de l’aéroport ont été mobilisés sans délai pour procéder aux opérations nécessaires au dégagement de l’avion et à la libération de la voie concernée. Cette situation a toutefois conduit à l’annulation du vol retour vers Paris, initialement prévu dans la nuit du 3 au 4 février 2026.

Le ministère des Transports et des Affaires maritimes invite les passagers affectés par cette annulation à se rapprocher de la compagnie Air France afin de connaître les modalités de prise en charge, d’hébergement éventuel et les solutions de reprogrammation de leur voyage.

Dans un message de rassurance, le ministre a assuré que toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour garantir un retour rapide à la normale des opérations à l’aéroport d’Abidjan. Il a souligné que l’incident, bien que marquant, n’a pas eu d’impact significatif sur le trafic aérien et n’a pas compromis la sécurité des autres vols.

Redevance Crse : l’État serre la vis face aux pétroliers, le bras de fer atteint un point de rupture

La tension entre l’État du Sénégal et les sociétés pétrolières a franchi un nouveau palier. Selon L’Observateur, le différend autour du paiement de la redevance due à la Commission de régulation du secteur de l’énergie (Crse) est désormais entré dans une phase critique. Après plusieurs mois de négociations infructueuses, les autorités ont décidé de passer à l’offensive, en adressant des mises en demeure aux acteurs du secteur et en brandissant la menace d’avis à tiers détenteur (ATD), une procédure susceptible de bloquer les comptes bancaires des distributeurs de produits pétroliers.

Ce désaccord n’est pas nouveau. Il remonte à l’année dernière et porte sur le recouvrement de la redevance Crse fixée à 0,2 FCFA par litre de produit pétrolier importé, raffiné, stocké, distribué ou transporté. Malgré de nombreuses rencontres entre l’administration et les professionnels du secteur pour tenter de trouver un terrain d’entente, aucun consensus n’a pu être dégagé, notamment sur le mode de prélèvement de cette taxe.

Face au refus persistant des sociétés pétrolières de s’acquitter de la redevance dans les conditions actuellement imposées, l’État a décidé de faire usage de sa force régalienne. « Dans une volonté d’imposer sa décision, l’État, via la Crse, a envoyé des mises en demeure à toutes les sociétés pétrolières et s’apprête désormais à émettre des ATD pour bloquer les comptes bancaires des distributeurs », confie à L’Observateur Ameth Guissé, président de l’Association sénégalaise des pétroliers (Asp) et directeur général de MAACK Petroleum.

Une perspective jugée extrêmement préoccupante par les professionnels du secteur, qui estiment que cette pression intervient dans un contexte économique déjà fragile. Les prix des hydrocarbures sont encadrés par l’État, les marges sont jugées faibles par les opérateurs et de nouvelles taxes sont venues alourdir les charges des entreprises. Pour Ameth Guissé, une telle décision pourrait tout simplement asphyxier l’industrie pétrolière nationale.

Le président de l’Asp rappelle que les pétroliers n’ont jamais été dans une logique de confrontation systématique. Dès 2016, lors d’un atelier consacré aux projets de loi et de décret relatifs à la Crse, ils avaient formulé plusieurs recommandations restées sans suite. Ces propositions visaient notamment à clarifier la mission de régulation autour de la promotion de la concurrence et des mécanismes de marché, à faire de la position dominante un critère central de dysfonctionnement du marché, à intégrer la problématique électricité et hydrocarbures dans les missions de la Crse et à adosser la régulation au droit de la concurrence.

Au-delà du montant de la redevance, les sociétés pétrolières contestent également la forme institutionnelle et le mode de financement de la Crse. « Il est paradoxal qu’une Commission de régulation du secteur de l’énergie ne soit pas rattachée au ministère de l’Énergie, mais à la Présidence de la République, alors qu’elle devrait être financée par le budget de l’État », déplore Ameth Guissé. Il rappelle qu’avant la création de la Crse, certaines de ses missions étaient assurées par le Comité national des hydrocarbures (Cnh), rattaché au ministère de l’Énergie, avec plus de célérité et sans coût additionnel pour les entreprises.

Contrairement à ce que pourrait laisser croire la crispation actuelle, les pétroliers ne rejettent pas le principe même de la redevance. Ils demandent toutefois qu’elle soit intégrée dans la structure des prix, en parallèle avec une revalorisation des marges, déjà jugée nécessaire par une étude du cabinet Mazars remise aux autorités il y a plus d’un an. Les opérateurs proposent ainsi que la redevance Crse soit intégrée au Prix du pétrole importé (PPI), à l’instar du Fonds de sécurisation des importations de produits pétroliers (FSIPP) ou de l’ancienne redevance PSE. Une telle option permettrait, selon eux, de simplifier la collecte et d’éviter que les entreprises ne supportent seules la charge, au gré des fluctuations des prix internationaux.

« Nous sommes prêts à nous acquitter de cette redevance, à condition qu’elle soit intégrée dans la structure des prix. Une promesse nous avait été faite, mais depuis, rien n’a changé, malgré les révisions de prix de décembre, janvier et février », précise le président de l’Asp.

Face au forcing de l’État, les pétroliers tirent désormais la sonnette d’alarme. Ils estiment qu’un blocage des comptes bancaires des distributeurs pourrait avoir des conséquences en chaîne sur l’approvisionnement du pays en hydrocarbures et, à terme, paralyser des secteurs entiers de l’économie. Ils appellent les autorités à réexaminer en profondeur le cadre régissant la Crse, afin de l’adapter aux réalités économiques du secteur.

Affaire PRODAC : Pape Malick Ndour sous bracelet électronique, mais toujours entouré de ses soutiens

Inculpé pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics portant sur un montant estimé à plus de 2 milliards de francs CFA, ainsi que pour blanchiment de capitaux dans le cadre du dossier PRODAC, Pape Malick Ndour fait désormais face à la justice sous contrôle judiciaire. Le coordonnateur de la Convergence des cadres de l’Alliance pour la République (APR) a été placé sous bracelet électronique, une mesure qui limite fortement ses déplacements et l’éloigne de facto de l’arène politique.

Selon Les Échos, dans son édition de ce mercredi 4 février, cette situation judiciaire délicate n’a toutefois pas entamé la sérénité affichée par celui que le journal qualifie de « protégé de Macky Sall ». Malgré les contraintes liées au contrôle judiciaire, Pape Malick Ndour adopterait une attitude calme et posée, loin de toute agitation ou démonstration publique de fébrilité.

Son domicile est progressivement devenu un lieu de rassemblement pour ses proches, militants et sympathisants, soucieux de lui manifester leur soutien et de briser l’isolement imposé par la procédure judiciaire. Loin d’être marginalisé, l’ancien responsable politique continuerait ainsi de bénéficier d’un réseau de fidélités, nourri par des visites régulières et des marques de solidarité.

Le quotidien rapporte notamment qu’une délégation de militants en provenance des Parcelles Assainies s’est récemment rendue à son domicile. Cette visite, empreinte de symboles, visait à lui témoigner leur soutien moral dans cette épreuve et à réaffirmer leur attachement à sa personne, malgré les accusations lourdes qui pèsent sur lui.

Détournement présumé de pensions complémentaires : un cadre de La Poste sénégalaise interpellé

Une affaire de détournement présumé de pensions complémentaires vient ébranler La Poste sénégalaise. Au cœur du dossier figure Pape Ciré Bodian, chef de subdivision de la coordination et du suivi à la Direction des ressources humaines, arrêté par la brigade de Dakar-ville (Thionk). Le responsable est soupçonné d’avoir indûment encaissé, durant plusieurs années, des pensions complémentaires destinées à des agents retraités de l’entreprise publique.

Selon des sources proches de l’enquête, les faits reprochés portent sur des irrégularités dans la gestion et le paiement de pensions complémentaires, un dispositif censé améliorer les revenus des anciens agents après leur départ à la retraite. Les enquêteurs s’intéressent à des virements et retraits jugés suspects, qui auraient été effectués au nom de bénéficiaires légitimes mais détournés à d’autres fins. Les montants en cause n’ont pas encore été officiellement communiqués, mais les investigations laissent entrevoir un préjudice financier significatif.

L’arrestation de Pape Ciré Bodian fait suite à des audits internes et à des signalements ayant mis en lumière des anomalies récurrentes dans les comptes liés aux pensions. Ces alertes auraient conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire, confiée à la brigade de Dakar-ville, qui a procédé à l’interpellation du suspect pour les besoins de l’instruction. Placé en garde à vue, il a été entendu sur son rôle exact dans la chaîne de traitement des pensions et sur les mécanismes qui auraient permis la répétition des faits sur une longue période.

Au sein de La Poste sénégalaise, cette affaire suscite une vive émotion, d’autant plus qu’elle touche un secteur sensible lié aux droits sociaux des retraités. Plusieurs anciens agents, qui comptent sur ces pensions complémentaires pour faire face au coût de la vie, expriment leur inquiétude et réclament des éclaircissements, ainsi que des garanties quant à la sécurisation future des paiements.

De son côté, la direction générale de La Poste n’a pas encore livré de communication détaillée, mais des sources internes indiquent qu’une collaboration totale avec les autorités judiciaires a été engagée. Des mesures conservatoires et un renforcement des procédures de contrôle seraient également à l’étude afin d’éviter de nouvelles dérives.

Abass Ndao, futur rempart contre les mutilations génitales féminines au Sénégal

Au Sénégal, les mutilations génitales féminines (MGF) demeurent une réalité douloureuse, souvent dissimulée derrière le silence, la honte ou la méconnaissance. Malgré les avancées législatives et les campagnes de sensibilisation, cette pratique continue d’affecter des milliers de filles et de femmes, en particulier dans certaines zones où les traditions sociales et les dynamiques transfrontalières renforcent sa persistance. Face à ce fléau aux conséquences sanitaires, psychologiques et sociales majeures, le Centre hospitalier Abass Ndao de Dakar s’engage dans une transformation ambitieuse : devenir un centre de référence national, voire régional, pour la prise en charge globale des victimes de mutilations génitales féminines.

Soutenu par l’État du Sénégal, la Ville de Dakar et des partenaires internationaux, l’hôpital des femmes et des enfants ne se limite plus à une réponse ponctuelle ou strictement médicale. Il entend structurer une approche durable, coordonnée et humaine, capable d’accompagner les patientes sur le long terme. Pour le professeur Demba Diédhiou, directeur du Centre hospitalier Abass Ndao, l’enjeu est clair : aller bien au-delà de la réparation chirurgicale. « Beaucoup de femmes vivent avec une mutilation sans toujours en avoir conscience, ou sans oser en parler. Notre rôle est de leur offrir une porte d’entrée sécurisée, bienveillante et compétente », explique-t-il.

Cette « porte d’entrée » repose sur une organisation multidisciplinaire inédite. Chirurgiens, gynécologues, urologues, psychologues et sexologues travaillent désormais de manière concertée afin de construire de véritables parcours de soins. L’objectif est de restaurer non seulement l’intégrité physique, lorsque cela est possible et nécessaire, mais aussi la dignité, l’équilibre psychologique et l’autonomie des patientes. La prise en charge inclut l’écoute, l’accompagnement psychothérapeutique, la réappropriation du corps et de la sexualité, ainsi qu’un suivi médical adapté aux complications à long terme des MGF.

Cette dynamique s’appuie sur une coopération médicale étroite entre Dakar et Marseille. Depuis trois ans, les équipes de l’Assistance publique – Hôpitaux de Marseille accompagnent et forment le personnel sénégalais à une approche holistique des mutilations génitales féminines. Cette collaboration met l’accent sur des dimensions longtemps négligées, notamment la santé mentale et la sexualité. Pour la professeure Florence Bretelle, impliquée dans ce partenariat, la chirurgie ne constitue pas une réponse systématique. « Dans de nombreux cas, l’écoute, la psychoéducation et un accompagnement adapté permettent déjà une réparation profonde. Il faut d’abord reconnaître la souffrance et redonner la parole aux femmes », souligne-t-elle.

À terme, le Centre hospitalier Abass Ndao ambitionne de devenir un pôle de référence régional et international, capable d’accueillir, de former et de produire de la recherche sur la prise en charge des mutilations génitales féminines. Cette ambition s’inscrit dans une vision plus large de renforcement du système de santé et de promotion des droits des femmes et des filles.

Les autorités sanitaires et municipales rappellent toutefois que la prise en charge, aussi essentielle soit-elle, ne saurait remplacer la prévention. Malgré une loi criminalisant les mutilations génitales féminines depuis 1999, les chiffres restent préoccupants : plus de 12 % des filles de moins de 15 ans seraient encore concernées au Sénégal. Le ministère de la Santé, la Ville de Dakar et les partenaires communautaires misent désormais sur une stratégie renforcée de sensibilisation, d’éducation et d’implication des leaders religieux et coutumiers, dont le rôle est jugé déterminant pour faire évoluer les normes sociales.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°664 – 04/02/2026

🔴 GROSSE RÉVÉLATION DE MADIAMBAL DIAGNE SUR LA PLAINTE QUE MADAME DIBA A DÉPOSÉE CONTRE CHEIKH , ACTUEL MINISTRE DES FINANCES : «C’EST SONKO QUI L’A MANIPULÉE »
🔴 VISITE PRÉSIDENTIELLE AU CONGO : DIOMAYE RAVIVE L’AXE DAKAR- BRAZZA

🔴 CAN 2025 – « TROPHÉE TOUR » : LA COUPE D’AFRIQUE SILLONNERA LES 14 RÉGIONS DU SÉNÉGAL DU 7 AU 14 FÉVRIER 2026

Tivaouane : Gorgui Massamba Boye exprime sa compassion face à la disparition de jeunes dans le département

Gorgui Massamba Boye, responsable de PASTEF à Tivaouane, a exprimé sa profonde émotion face à la disparition de plusieurs jeunes dans le département de Tivaouane, notamment dans la localité de Darou Khoudoss. Dans un message empreint de compassion et de gravité, il a adressé ses pensées aux familles éprouvées, rappelant que leur douleur et leur inquiétude sont partagées par l’ensemble de la communauté.

« Nous nous inclinons avec une profonde douleur et une immense compassion devant l’épreuve que traversent les familles de ces jeunes portés disparus. En ces heures d’angoisse et d’incertitude, les mots semblent insuffisants », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de recueillement et de solidarité collective pour accompagner les parents et proches dans cette épreuve.

Gorgui Massamba Boye a lancé un appel pressant aux services compétents, aux autorités et à toutes les bonnes volontés pour redoubler d’efforts et unir moyens et consciences afin de retrouver ces jeunes. Il a insisté sur l’urgence et la responsabilité collective à agir, dans l’espoir de permettre, « par la grâce de Dieu », leur retour sain et sauf auprès de leurs familles.

Le responsable de PASTEF a conclu en exhortant à maintenir l’espoir et à renforcer la solidarité : « Que l’espoir demeure vivant, que la solidarité ne faiblisse pas, et que l’humanité guide chaque action entreprise. »

Kaffrine : Momath Talla Ndao entre foi et engagement communautaire

Plutôt que de se limiter au récit d’une tournée officielle, cette démarche met en lumière l’interaction entre le secrétaire d’État et les communautés religieuses, en soulignant la dimension spirituelle, la proximité avec les populations ainsi que l’impact social de son action. L’accent est ainsi mis sur la valeur symbolique et fédératrice de sa présence lors des grandes manifestations religieuses.

Le week-end dernier, la région de Kaffrine a été marquée par la présence remarquée du secrétaire d’État chargé de l’Urbanisme et du Logement, Momath Talla Ndao, qui a choisi d’allier engagement religieux et proximité communautaire.

Partout où il s’est rendu — à Diakhao Saloum pour la ziarra annuelle, à Diamal puis à Diokoul Mbelbouck —, le responsable gouvernemental a été accueilli chaleureusement par les populations et les autorités religieuses. Fils du terroir, il a su tisser un lien direct avec les communautés, rappelant le rôle central des guides religieux dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale.

Au-delà des messages institutionnels portant sur la transformation économique et la modernisation des daaras, le secrétaire d’État a sollicité les prières des fidèles, soulignant la complémentarité entre l’action gouvernementale et la spiritualité. Présent sur le terrain presque chaque week-end, Momath Talla Ndao incarne une approche où politique et foi se rejoignent pour consolider l’unité et favoriser le développement local.

Élections locales de 2027 : le FDR accuse le gouvernement de retarder le processus électoral

À mesure que le Sénégal s’approche des élections départementales et municipales prévues en principe en 2027, le climat politique commence à se tendre. L’opposition, par la voix du Front pour la Défense de la République (FDR), dénonce ce qu’elle considère comme des manœuvres dilatoires susceptibles de fragiliser la transparence du processus électoral. Dans un communiqué publié ce mardi 3 février 2026, le collectif de partis d’opposition exprime ses inquiétudes face au silence du gouvernement et de la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA).

Le FDR souligne qu’à la date du 1er février 2026, le gouvernement n’a toujours pas publié le décret fixant la date des prochaines élections municipales. Selon l’opposition, cette absence de décision officielle constitue une entorse aux règles électorales en vigueur. Le collectif rappelle en effet que le code électoral prévoit une révision ordinaire des listes électorales du 1er février au 31 juillet de chaque année, sauf cas de force majeure ou en cas de révision exceptionnelle organisée dans la perspective d’élections spécifiques. Pour le FDR, le fait de ne pas avoir enclenché ce processus à la date prévue revient à priver les citoyens de leur droit à l’information et à la participation électorale dans les délais requis.

Le regroupement politique, dirigé notamment par Oumar Sarr, estime que le respect du droit des électeurs aurait exigé que les autorités informent l’opinion publique avant l’échéance du 1er février. Le FDR évoque par ailleurs la possibilité que le gouvernement privilégie une révision exceptionnelle des listes électorales directement liée aux élections locales de 2027. Une option qui, selon ses responsables, réduirait considérablement les délais de contrôle et de vérification par les acteurs politiques et les organisations de la société civile.

Au-delà du calendrier électoral, l’opposition exprime également des préoccupations concernant la gestion des documents d’identité et du fichier électoral. Le FDR affirme disposer d’informations concordantes selon lesquelles la confection des cartes nationales d’identité, des cartes d’électeur et des passeports pourrait être confiée à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) ou à l’une de ses filiales. Le collectif y voit un risque de concentration excessive du contrôle du fichier électoral et de l’état civil entre les mains d’entités jugées proches du pouvoir en place. Selon le FDR, une telle orientation pourrait compromettre la crédibilité et la transparence des élections à venir.

Face à ce qu’il qualifie de situation confuse et préoccupante, le Front pour la Défense de la République formule plusieurs exigences. L’opposition réclame la publication sans délai du décret fixant la date des élections locales ainsi que celui organisant la révision exceptionnelle des listes électorales, si tel est le choix du gouvernement. Le collectif exige également l’accès immédiat de tous les partis politiques au fichier électoral, conformément aux dispositions légales en vigueur. Enfin, le FDR demande des garanties concernant la disponibilité, la sécurisation et la gestion indépendante des cartes d’électeur et des cartes d’identité, qu’il considère comme des conditions essentielles pour assurer la fiabilité et la transparence du scrutin de 2027.

Mali : au moins 15 chauffeurs tués dans une attaque jihadiste contre un convoi de carburant vers Kayes

La situation sécuritaire continue de se dégrader dans l’ouest du Mali. Au moins quinze chauffeurs routiers ont été tués jeudi dernier lors d’une attaque attribuée à des combattants jihadistes contre un convoi transportant du carburant sur l’axe reliant la frontière sénégalaise à la ville de Kayes. L’information a été confirmée lundi par des sources locales et sécuritaires citées par l’Agence France-Presse (AFP).

Selon une source sécuritaire ayant requis l’anonymat, les assaillants, identifiés comme appartenant au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ont intercepté le convoi avant d’exécuter les chauffeurs. D’après ce témoignage, les victimes ont été abattues à bout portant après avoir été ligotées et aveuglées. Cette source fait état d’au moins dix-huit morts.

Sur le terrain, les populations locales ont également constaté l’ampleur du drame. Un animateur d’une radio communautaire a rapporté que quinze corps ont été retrouvés abandonnés à proximité de camions-citernes entièrement calcinés. L’alerte aurait été donnée après que des odeurs de putréfaction ont attiré l’attention des habitants d’un village voisin. Faute de moyens et face aux risques sécuritaires persistants, les villageois ont procédé à l’inhumation des corps sur place.

Cette attaque marque un tournant dans la stratégie des groupes jihadistes actifs dans la zone. Jusqu’ici, les attaques contre les convois logistiques visaient principalement la destruction du matériel et le sabotage des circuits d’approvisionnement. Désormais, les chauffeurs semblent être devenus des cibles directes. En novembre dernier, le JNIM avait d’ailleurs diffusé une vidéo de propagande dans laquelle il affirmait considérer tous les conducteurs de camions-citernes comme des « cibles militaires ».

Dans un communiqué consulté par l’AFP, le groupe jihadiste a revendiqué une embuscade contre l’armée malienne sur l’axe reliant Diboli, localité frontalière avec le Sénégal, à Kayes. Toutefois, le document ne mentionne pas explicitement l’attaque contre le convoi de carburant ni l’exécution des chauffeurs.

Cette nouvelle offensive intervient dans un contexte de blocus imposé depuis septembre par le JNIM sur plusieurs villes maliennes. Les attaques répétées contre les convois logistiques perturbent fortement l’approvisionnement en carburant et en marchandises, aggravant la crise économique dans plusieurs régions du pays, y compris à Bamako.

Les chauffeurs routiers maliens ont exprimé leur inquiétude face à la recrudescence de ces violences. Lors d’une rencontre avec les autorités maliennes dimanche, leurs représentants ont demandé à l’armée d’intervenir pour récupérer les corps des victimes et sécuriser davantage les axes routiers. Un membre du Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali a affirmé que des tentatives de récupération avaient été menées, sans succès, en raison de la présence persistante des groupes armés dans la zone.

L’attaque est d’autant plus préoccupante que cet axe reliant le Mali au Sénégal était jusqu’ici relativement épargné par les violences jihadistes. Traditionnellement, la majorité des convois de carburant destinés au Mali transitaient par la Côte d’Ivoire, où les escortes militaires restent actives. Selon des sources sécuritaires, ces escortes auraient été suspendues ces derniers mois sur l’axe Sénégal-Mali, ce qui pourrait avoir favorisé l’attaque.

Kaffrine – Diamal en communion : la ziarra annuelle sur les pas spirituels de Borom Diamal

Diamal a vibré, le temps d’un week-end, au rythme des invocations, des enseignements et d’une ferveur partagée. Des milliers de fidèles ont convergé vers cette localité du département de Birkelane, dans la région de Kaffrine, pour prendre part à l’édition 2026 de la ziarra annuelle de Diamal, un rendez-vous spirituel devenu incontournable dans l’agenda religieux local.

Dès les premières heures, les lieux ont été envahis par les chants religieux, les récitations du Coran et les salutations fraternelles, traduisant l’attachement profond des disciples à l’œuvre de Borom Diamal, El Hadji Abdoulaye Cissé. Une atmosphère de recueillement et de transmission qui a donné à la rencontre une dimension à la fois mystique et éducative.

Face aux fidèles attentifs, le khalife général de Diamal, Serigne Modou Mame Cissé, a livré un message clair et sans détour. Appelant la jeunesse à se ressourcer dans les valeurs du travail, de l’éducation et de la droiture religieuse, il a insisté sur la nécessité de vivre l’islam au quotidien, dans les actes comme dans les comportements. « La foi doit éclairer nos choix et guider nos actions », a-t-il martelé, dans un ton empreint de responsabilité spirituelle.

Le khalife a également rappelé l’enseignement fondamental de Borom Diamal sur le respect des femmes, socle d’une société équilibrée et fidèle aux principes de l’islam. Un message accueilli avec ferveur par l’assistance, ponctué de prières et de signes d’approbation.

La ziarra a été ponctuée de panels religieux de haut niveau, au cours desquels érudits et conférenciers ont revisité la vie, l’œuvre et l’héritage spirituel de Borom Diamal, en les reliant aux défis actuels de la société. Ces échanges ont renforcé le caractère pédagogique de l’événement, au-delà du simple rituel.

Parrainée par l’imam de la Grande Mosquée de Médina Baye de Kaolack, Cheikh Ahmed Tidiane Aliou Cissé, représenté par Serigne Ousmane Cissé, la cérémonie a enregistré la présence de Djim Dramé, délégué général aux affaires religieuses, ainsi que de nombreuses autorités religieuses et institutionnelles, témoignant de l’importance croissante de Diamal sur la scène religieuse nationale.

Au terme de la ziarra, prières collectives et bénédictions ont scellé ce moment de communion, laissant chez les fidèles un sentiment de renouveau spirituel. À Diamal, le message de Borom Diamal continue de traverser le temps, porté par une foi vivante et une communauté résolument tournée vers l’essentiel.

WAPP : Lomé consacre l’expansion du marché électrique ouest-africain et valide ses performances financières

La capitale togolaise, Lomé, a abrité le samedi 24 janvier 2026 la 20ᵉ session de l’Assemblée générale du Système d’Échange d’Énergie Électrique Ouest-Africain (West African Power Pool – WAPP), une rencontre stratégique qui a réuni les principaux décideurs du secteur énergétique de la sous-région. Cette session a été marquée par des avancées significatives, tant sur le plan institutionnel que financier, confirmant la montée en puissance de l’organisation dans sa mission d’intégration énergétique au sein de l’espace CEDEAO.

La rencontre s’est tenue dans un hôtel de la capitale togolaise sous la supervision du Secrétaire général du WAPP, Abdoulaye Dia, et du président du Conseil exécutif, Eng. Sule Ahmed Abdulaziz. Les discussions ont permis de passer en revue les performances de l’institution, notamment à travers l’évaluation des résultats financiers et opérationnels enregistrés ces dernières années.

Les participants ont ainsi procédé à l’examen des états financiers de l’exercice 2024. À l’issue de la présentation du rapport de l’auditeur externe, ces comptes ont été officiellement approuvés par l’Assemblée générale, traduisant la confiance des États membres dans la gestion financière du WAPP. Cette validation constitue un indicateur fort de la crédibilité et de la transparence dans la gouvernance de l’organisation.

Par ailleurs, le rapport d’activités de l’année 2025 a également obtenu l’aval des membres. Ce document met en lumière les progrès réalisés dans la mise en œuvre des projets d’interconnexion électrique entre plusieurs pays de la sous-région. Ces initiatives contribuent à renforcer la stabilité des réseaux nationaux et à améliorer la disponibilité de l’énergie dans les zones confrontées à des déficits de production.

L’un des moments forts de cette 20ᵉ session reste l’annonce de l’adhésion de quatre nouveaux membres au sein du WAPP. Cette extension illustre l’attractivité croissante du système et consolide sa légitimité en tant qu’outil central d’intégration énergétique régionale. Elle s’inscrit également dans la stratégie globale visant à bâtir un marché régional de l’électricité plus compétitif, interconnecté et capable de répondre efficacement aux besoins croissants en énergie dans l’espace ouest-africain.

Représentant le ministre togolais de l’Énergie, le Dr Eng. Tchapo A. Singo a salué cette dynamique d’expansion, soulignant qu’elle reflète la volonté des États membres de mutualiser leurs ressources énergétiques afin de garantir un accès plus fiable et plus abordable à l’électricité pour les populations et les secteurs productifs. Selon lui, la coopération régionale demeure un levier essentiel pour relever les défis énergétiques auxquels fait face l’Afrique de l’Ouest.

Les travaux de l’Assemblée générale ont également permis d’adopter les recommandations issues de la 66ᵉ réunion du Conseil exécutif du WAPP. Ces orientations stratégiques fixent les priorités pour les prochaines années, avec un accent particulier sur l’achèvement des infrastructures transfrontalières d’interconnexion et l’optimisation des échanges d’électricité entre les pays disposant d’un surplus de production et ceux confrontés à des déficits.

CAN 2025 : le trophée présenté à l’Assemblée nationale, symbole d’un sacre historique pour le Sénégal

Le trophée de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, remporté par l’équipe nationale du Sénégal, a été officiellement présenté ce mardi 3 février 2026 au président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, lors d’une cérémonie empreinte de solennité et de fierté nationale. L’événement s’est déroulé en présence du président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Abdoulaye Fall, ainsi que de la ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Khady Diène Gaye, marquant ainsi un moment fort de reconnaissance institutionnelle envers les champions d’Afrique.

Cette présentation du prestigieux trophée s’inscrit dans la continuité des hommages rendus aux Lions de la Teranga depuis leur sacre continental. Elle témoigne de l’importance accordée par les institutions de la République aux performances sportives qui contribuent au rayonnement du Sénégal sur la scène internationale. Devant ses hôtes, le président de l’Assemblée nationale a tenu à saluer avec enthousiasme cette victoire qu’il qualifie d’« éclatante », soulignant qu’elle résulte d’un travail collectif fondé sur le talent, la discipline et l’engagement.

El Malick Ndiaye a magnifié les efforts consentis par les joueurs, le staff technique ainsi que l’ensemble des acteurs du football national, estimant que ce sacre continental constitue une consécration du travail de structuration et de développement du football sénégalais entrepris depuis plusieurs années. Selon lui, cette victoire dépasse le cadre purement sportif pour devenir un véritable motif de fierté nationale et un puissant levier d’inspiration pour la jeunesse sénégalaise.

Le président de l’Assemblée nationale a également tenu à rendre un hommage appuyé aux supporters sénégalais, souvent désignés comme le « 12ᵉ Gaïndé ». Il a salué leur mobilisation constante, leur ferveur et leur soutien indéfectible tout au long de la compétition, rappelant que l’engagement populaire a largement contribué à porter les Lions vers le sommet du football africain.

La présence du président de la FSF, Abdoulaye Fall, et de la ministre Khady Diène Gaye à cette cérémonie illustre la synergie entre les autorités sportives et les institutions étatiques dans la promotion et la valorisation des performances des équipes nationales. Elle traduit également la volonté des pouvoirs publics d’encourager la dynamique positive enclenchée par ce nouveau titre continental.

Sanctions après la finale de la CAN 2025 : le Maroc fait appel, le Sénégal renonce à contester les décisions de la CAF

Les répercussions de la finale houleuse de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 continuent de secouer le football africain. Après les violences et incidents jugés « inacceptables » survenus lors de la rencontre, la Confédération africaine de football (CAF) a pris des sanctions disciplinaires contre les sélections du Maroc et du Sénégal. Tandis que la Fédération royale marocaine de football (FRMF) a décidé de contester ces mesures, la Fédération sénégalaise de football (FSF) a, pour sa part, choisi de ne pas faire appel.

Dans un communiqué rendu public mardi 3 février, la FRMF a annoncé avoir introduit un recours contre les décisions du Jury disciplinaire de la CAF. L’instance marocaine estime que les sanctions prononcées ne correspondent pas à la gravité réelle des faits constatés lors de la finale. Selon la Fédération, les mesures disciplinaires prises sont jugées disproportionnées, aussi bien au regard des incidents enregistrés que de leur niveau de dangerosité. Cette démarche traduit la volonté du Maroc de faire réexaminer le dossier par les instances compétentes de la CAF.

La finale de la CAN 2025, disputée le 18 janvier, avait été marquée par une atmosphère particulièrement tendue. Des violences impliquant des supporters avaient été signalées, tandis que des contestations autour de décisions arbitrales avaient perturbé le déroulement normal de la rencontre. La situation avait atteint un niveau critique lorsque les joueurs sénégalais avaient interrompu le jeu pendant environ quinze minutes pour protester contre certaines décisions de l’arbitre. Ces incidents avaient suscité une vive réaction de la CAF, soucieuse de préserver l’image et l’intégrité de la compétition continentale.

À l’issue de l’enquête menée par son jury disciplinaire, la CAF avait infligé des sanctions sportives et financières aux deux sélections. Plusieurs joueurs avaient également été sanctionnés individuellement, notamment le défenseur marocain Achraf Hakimi. Malgré les demandes du Maroc, l’instance africaine avait toutefois décidé de maintenir le titre de champion d’Afrique attribué au Sénégal, estimant que les faits reprochés ne justifiaient pas un retrait du trophée.

Contrairement à la position marocaine, la Fédération sénégalaise de football a adopté une posture d’apaisement. Après avoir examiné les décisions prises par la CAF, elle a officiellement notifié son choix de ne pas engager de recours contre les sanctions prononcées. Cette décision concerne aussi bien les sanctions collectives que les mesures disciplinaires visant certaines personnalités de la sélection nationale.

La FSF a précisé que cette renonciation s’applique également aux sanctions individuelles visant le sélectionneur national Pape Bouna Thiaw ainsi que les joueurs Ismaïla Sarr et Iliman Cheikh Baroy Ndiaye. Par cette démarche, l’instance dirigeante du football sénégalais semble privilégier la stabilité sportive et institutionnelle, tout en marquant sa volonté de tourner la page de cette finale controversée.

Hausse significative du budget de la Police nationale : l’État renforce son dispositif sécuritaire pour 2026

Le Premier ministre Ousmane Sonko a effectué, ce mardi matin, une visite de travail consacrée à la Police nationale, en présence du ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, du ministre des Forces armées, le Général Birame Diop, du ministre des Finances, Cheikh Diba, ainsi que du Directeur général de la Police nationale, Mame Seydou Ndour. Cette rencontre a été marquée par l’annonce officielle du budget alloué à la Police nationale pour l’année 2026, qui connaît une hausse notable traduisant la volonté des autorités de renforcer la sécurité publique.

Le budget de la Police nationale pour 2026 est arrêté à 150 milliards 869 millions 415 mille 279 francs CFA, contre 127,19 milliards FCFA en 2025. Cette évolution correspond à une augmentation de 18,31 % en valeur relative. Pour le chef du gouvernement, cette progression budgétaire témoigne du caractère prioritaire accordé au renforcement des capacités de la Police nationale. Ousmane Sonko a souligné que cet effort financier a été rendu possible grâce à des réajustements opérés dans plusieurs autres départements ministériels, y compris au niveau de la Primature. Il a insisté sur le fait que, contrairement à d’autres secteurs ayant connu des restrictions budgétaires, la Police nationale a bénéficié d’une réévaluation à la hausse de ses ressources en raison de son rôle stratégique dans la stabilité du pays.

Le Premier ministre a précisé que cette augmentation budgétaire est orientée vers des projets concrets destinés à améliorer les conditions de travail des forces de sécurité et à renforcer les dispositifs opérationnels. Parmi les projets majeurs figure la finalisation de deux immeubles de type R+8 à Abdou Jalloh, pour un coût estimé à 2,5 milliards FCFA. Cette infrastructure vise à moderniser les installations et à offrir de meilleures conditions d’accueil et de travail aux agents de police.

Le programme de sûreté et de sécurité nationale bénéficie également d’un financement de 3,25 milliards FCFA. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer la prévention et la lutte contre les menaces sécuritaires, dans un contexte marqué par des défis croissants liés à la criminalité et aux enjeux régionaux de sécurité.

Une enveloppe de 2,75 milliards FCFA est par ailleurs consacrée à l’acquisition de moyens logistiques et de matériel de protection. Cet investissement doit permettre d’améliorer les capacités d’intervention et de garantir une meilleure protection des agents engagés sur le terrain. Dans la perspective de l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, le gouvernement prévoit également un financement de 10 milliards FCFA pour le renforcement des infrastructures sécuritaires afin d’assurer le bon déroulement de cet événement international majeur.

Le budget prévoit également le paiement des pécules destinés aux policiers adjoints volontaires, pour un montant de 2,3 milliards FCFA. Cette mesure vise à soutenir ces personnels engagés dans les missions de sécurité publique et à améliorer leurs conditions socio-professionnelles. Dans le domaine administratif, une enveloppe de 4,1 milliards FCFA est destinée à la production de 350 000 talons de passeport numérisés, illustrant la volonté de moderniser les services publics liés à l’identification et aux documents de voyage.

Selon les données présentées par le Premier ministre, la sécurité publique représente désormais 58,68 % du budget global du ministère de l’Intérieur. Cette proportion confirme l’orientation stratégique du gouvernement vers le renforcement des politiques de sécurité et la consolidation des moyens opérationnels des forces de défense et de sécurité.

Renforcement de l’axe Dakar–Brazzaville : une visite officielle placée sous le sceau de la coopération et de l’ambition africaine

La visite officielle du Président de la République du Sénégal en République du Congo s’est achevée à Brazzaville dans une atmosphère empreinte de confiance, de respect mutuel et d’ambitions communes. Ce déplacement diplomatique, marqué par des échanges approfondis entre les autorités des deux pays, s’inscrit dans une dynamique de consolidation des relations historiques entre Dakar et Brazzaville, tout en traçant de nouvelles perspectives de coopération stratégique.

Durant son séjour, le Chef de l’État sénégalais a été reçu par son homologue congolais Denis Sassou N’Guesso au Palais du Peuple, où les deux dirigeants ont tenu plusieurs séances de travail élargies à leurs délégations respectives. Les discussions ont permis de passer en revue les principaux domaines de coopération bilatérale, notamment dans les secteurs économique, commercial, énergétique, éducatif et sécuritaire. Les deux parties ont exprimé leur volonté de renforcer les échanges commerciaux et de favoriser les investissements croisés, en mettant l’accent sur le partage d’expertise et la valorisation des potentialités économiques de leurs pays respectifs.

Les échanges ont également porté sur des questions d’intérêt continental et international. Les deux Chefs d’État ont abordé les défis majeurs auxquels fait face l’Afrique, notamment les enjeux liés à la paix et à la sécurité, au développement économique, à l’intégration régionale ainsi qu’à la souveraineté politique et économique du continent. Dans ce cadre, ils ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une coopération africaine plus forte et d’une coordination accrue dans les grandes instances internationales, afin de mieux défendre les intérêts du continent.

Cette visite a aussi permis de souligner la convergence de vues entre Dakar et Brazzaville sur la nécessité de promouvoir une diplomatie fondée sur la solidarité africaine, le dialogue et la recherche de solutions concertées face aux défis globaux. Les deux dirigeants ont insisté sur l’importance de renforcer les mécanismes de coopération Sud-Sud et de consolider les partenariats stratégiques entre États africains, considérés comme un levier essentiel pour accélérer le développement durable.

Au moment du départ du Président sénégalais, un dernier entretien en tête-à-tête s’est tenu au Palais du Peuple, suivi des honneurs militaires, marquant symboliquement la qualité des relations entre les deux nations. Cette visite officielle apparaît ainsi comme une étape majeure dans le raffermissement de l’axe Dakar–Brazzaville, illustrant la volonté commune de bâtir un partenariat plus structuré, tourné vers l’avenir et au service des aspirations des peuples sénégalais et congolais.

À l’École nationale de Police, Ousmane Sonko lie les défis sécuritaires et économiques à « l’héritage douloureux » du passé

En se rendant à l’École nationale de Police, le Premier ministre Ousmane Sonko a choisi un cadre hautement symbolique pour délivrer un message à la fois politique, institutionnel et prospectif. Devant les cadres, les instructeurs et les élèves officiers réunis pour l’occasion, le chef du gouvernement a prononcé une allocution axée sur les responsabilités futures des forces de sécurité, tout en revenant longuement sur la situation économique et budgétaire du pays, qu’il attribue largement à la gestion du précédent régime.

Dans un discours à la tonalité ferme, Ousmane Sonko a établi un lien direct entre les défis actuels du Sénégal, notamment en matière de sécurité et de développement, et ce qu’il considère comme les conséquences d’une gouvernance antérieure marquée par des dysfonctionnements majeurs. Selon lui, les ambitions affichées par le nouveau pouvoir auraient pu se concrétiser plus rapidement si le pays n’avait pas hérité d’une situation financière fragilisée. « La matérialisation de ces ambitions aurait été plus rapide, n’eût été un héritage douloureux, conséquence d’une gestion hasardeuse et opaque des ressources publiques par le précédent régime », a-t-il déclaré, pointant implicitement la période de l’ancien président Macky Sall.

Le Premier ministre a notamment évoqué les conclusions de plusieurs rapports jugés déterminants dans l’évaluation de la situation financière du pays. Il a cité les travaux de la Cour des comptes ainsi que l’audit réalisé par le cabinet Mazars, documents qui, selon lui, ont révélé une dette publique bien plus élevée que les chiffres officiellement avancés auparavant. Ces investigations auraient mis en lumière l’existence de circuits financiers parallèles ainsi que la contraction d’emprunts sans validation parlementaire, alimentant ainsi les critiques sur la transparence de la gestion des finances publiques durant les années précédentes.

Dans son intervention, Ousmane Sonko a également évoqué les estimations alarmantes concernant le niveau d’endettement du Sénégal, certaines projections évoquant un taux pouvant atteindre 132 % du Produit intérieur brut. Pour le chef du gouvernement, ces éléments constituent la preuve d’une « gabegie » dont les répercussions continuent de peser sur les capacités d’action de l’État. Il a insisté sur le fait que cette situation limite aujourd’hui la marge de manœuvre budgétaire du gouvernement et impose des choix économiques particulièrement rigoureux.

Toutefois, le Premier ministre a veillé à ne pas limiter son discours à une dénonciation du passé. Dans une transition vers une vision plus prospective, il a opposé deux modèles de gouvernance. Il a dénoncé ce qu’il a qualifié d’anciens travers, notamment « l’égoïsme, la démagogie budgétaire et les manipulations politiciennes », qu’il considère comme incompatibles avec les exigences d’un État moderne et efficace. À l’inverse, il a appelé à l’émergence d’une gouvernance fondée sur des valeurs qu’il estime indispensables à la reconstruction nationale.

Devant les futurs officiers de police, il a ainsi insisté sur la nécessité d’incarner des principes tels que la rigueur, la discipline, la transparence et l’amour de la patrie. Pour lui, ces valeurs doivent constituer le socle d’une administration et de forces de sécurité capables de répondre aux attentes des citoyens tout en consolidant l’autorité de l’État. Il a rappelé que la mission des forces de l’ordre ne se limite pas à la préservation de la sécurité publique, mais s’inscrit également dans une dynamique globale de stabilité institutionnelle et de développement national.

En s’adressant directement aux élèves officiers, Ousmane Sonko a souligné l’importance du rôle qu’ils seront appelés à jouer dans un contexte marqué par des mutations sociales, économiques et sécuritaires profondes. Il a insisté sur la responsabilité morale et professionnelle qui incombe aux futurs cadres de la police nationale, appelés à évoluer dans un environnement où les attentes citoyennes en matière de transparence et de redevabilité sont de plus en plus fortes.

Extradition de Madiambal Diagne : la justice française reporte sa décision au 3 mars 2026

La procédure d’extradition visant le journaliste et homme d’affaires sénégalais Madiambal Diagne connaît un nouveau rebondissement. La Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Versailles a décidé de prendre davantage de temps pour examiner le dossier, en annonçant la mise en délibéré de l’affaire. Initialement attendue ce mardi 3 février 2026, la décision finale a été renvoyée au 3 mars prochain, prolongeant ainsi l’incertitude autour du sort judiciaire du patron du groupe Avenir Communication.

Cette nouvelle étape intervient à l’issue d’un processus judiciaire entamé depuis plusieurs mois devant les juridictions françaises. Lors de l’audience du 25 novembre dernier, les magistrats avaient déjà choisi de surseoir à statuer afin d’obtenir des compléments d’information jugés indispensables auprès des autorités sénégalaises. Cette demande visait à éclairer plusieurs aspects juridiques fondamentaux avant de se prononcer sur la recevabilité et la légitimité de la requête d’extradition formulée par Dakar.

Au cœur des préoccupations de la juridiction française figurait notamment la qualification pénale exacte des faits reprochés à Madiambal Diagne. Les magistrats ont exigé des précisions sur les infractions retenues contre lui, ainsi que sur les textes juridiques applicables au moment des faits présumés. Ils ont également demandé des éclaircissements sur les règles relatives à la prescription, un élément déterminant qui pourrait influencer la validité des poursuites engagées par les autorités sénégalaises.

La Cour a par ailleurs insisté sur la nécessité d’obtenir des garanties formelles concernant le respect des droits fondamentaux de l’intéressé. Les magistrats souhaitent s’assurer que Madiambal Diagne bénéficierait, en cas de transfert vers le Sénégal, de toutes les protections procédurales requises, notamment en matière de droit à la défense et de conditions équitables d’instruction et de jugement. Ces exigences s’inscrivent dans le cadre des standards internationaux régissant la coopération judiciaire entre États.

Du côté de l’État du Sénégal, les autorités affirment avoir transmis l’ensemble des éléments demandés par la juridiction française. Dakar considère que les réponses fournies satisfont aux interrogations soulevées par la Cour d’appel de Versailles et confirment la solidité juridique de la demande d’extradition. Cette position traduit la volonté des autorités sénégalaises de voir le dossier jugé devant les juridictions nationales.

La défense de Madiambal Diagne adopte toutefois une lecture différente de la situation. Les avocats du journaliste estiment que plusieurs zones d’ombre subsistent encore dans le dossier. Ils mettent en doute la clarté des accusations portées contre leur client et contestent la régularité globale de la procédure engagée. Selon eux, certaines réponses fournies par les autorités sénégalaises ne dissipent pas les incertitudes soulevées par la juridiction française, ce qui justifierait un rejet pur et simple de la demande d’extradition.

La mise en délibéré prononcée par la Chambre de l’instruction prolonge ainsi une attente lourde d’enjeux politiques, judiciaires et médiatiques. L’affaire dépasse en effet le cadre strictement judiciaire, compte tenu du profil de Madiambal Diagne, figure influente du paysage médiatique sénégalais et acteur reconnu dans le secteur de la communication.

Louga :Mberry Sylla, président du Conseil départemental, en action dans le Ndiambour

Le département de Louga a connu, ces dernières années, plusieurs interventions sous la présidence de Mberry Sylla, ancien parlementaire de la 14ᵉ législature. Sa gestion se caractérise par une présence régulière sur le terrain et des initiatives dans différents secteurs.

Pour les habitants, son action se traduit par des projets concrets visant à améliorer la vie quotidienne.

« Sur le plan des infrastructures, plusieurs réalisations majeures ont vu le jour. Des routes ont été réhabilitées, des pistes améliorées ainsi que des ouvrages de désenclavement réalisés. Cela a permis de faciliter la mobilité des populations et de dynamiser les échanges économiques à l’intérieur du département », confie un citoyen lougatois, la cinquantaine révolue, croisé dans la rue.

Notre interlocuteur, qui a préféré taire son nom, précise que « ces investissements structurants ont permis de renforcer l’attractivité de nombreuses localités longtemps confrontées à l’isolement ».

Dans le domaine de l’éducation, plusieurs écoles ont été réhabilitées ou équipées. Selon Mme Mariama Barré, « plusieurs établissements scolaires ont été réceptionnés, offrant ainsi aux élèves et aux enseignants un environnement plus propice à l’apprentissage ». Elle ajoute que « cet effort en faveur du capital humain traduit une conviction forte : le développement durable du département passe nécessairement par une jeunesse bien formée ».

Mme Barré souligne également l’attention portée aux étudiants : « Je vous signale que les étudiants n’ont pas été oubliés. À travers des soutiens multiformes, M. le président du Conseil départemental a contribué à soulager de nombreuses familles et à encourager l’excellence académique. Cet accompagnement a redonné espoir à beaucoup de jeunes, convaincus que leurs efforts seront reconnus et soutenus. »

L’action dans le domaine sanitaire a concerné la réhabilitation des districts sanitaires et des postes de santé, afin de faciliter l’accès aux soins de base et d’améliorer les conditions de prise en charge.

« Les populations bénéficient aujourd’hui de meilleures conditions d’accueil et de prise en charge, réduisant ainsi les souffrances liées à l’éloignement ou à la vétusté des infrastructures sanitaires », indique une sage-femme d’État ayant préféré conserver l’anonymat.

À noter également que le président du Conseil départemental a porté une attention particulière aux lieux de culte, notamment aux mosquées, désormais mieux éclairées. Ces actions visent à répondre aux besoins matériels tout en respectant les valeurs religieuses et culturelles des populations lougatoises.

Aly Saleh

Polémique autour des véhicules offerts à la RTS : Idrissa Fall Cissé pointe des incohérences dans les déclarations de Pape Alé Niang

Une vive controverse enfle autour du directeur général de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), Pape Alé Niang, après sa décision d’annoncer le retrait de six véhicules qu’il avait mis à la disposition de la société nationale. Sur le réseau social X, le patron de la RTS a justifié sa démarche par ce qu’il qualifie de « polémique stérile et infondée » entretenue par certains agents de la structure. Cependant, cette sortie publique a rapidement suscité de nouvelles interrogations, notamment de la part du lanceur d’alerte Idrissa Fall Cissé, qui relève plusieurs incohérences dans les propos du journaliste devenu gestionnaire public.

Selon Idrissa Fall Cissé, les déclarations de Pape Alé Niang sur l’origine et le moment de l’acquisition des véhicules ne concordent pas. Il rappelle que le directeur général de la RTS avait affirmé, lors d’une émission sur RSI en novembre 2024, avoir reçu ces véhicules comme un cadeau avant même sa nomination à la tête de l’entreprise publique. Or, dans une récente publication sur X, Pape Alé Niang explique que ces véhicules lui ont été offerts par des amis après avoir découvert l’état dégradé du parc automobile de la RTS, situation qu’il aurait constatée lors d’échanges avec les chauffeurs de la structure, donc après sa prise de fonction.

Le lanceur d’alerte souligne que les véhicules auraient été réceptionnés en août 2024, soit environ quatre mois après la nomination du directeur général. Pour lui, ces contradictions soulèvent des interrogations sur la transparence entourant cette affaire. Il ironise même sur la possibilité que Pape Alé Niang ait commencé à tenir des réunions avec le personnel avant son installation officielle à la tête de la RTS.

Au-delà des incohérences chronologiques, Idrissa Fall Cissé estime que le problème dépasse la simple question de légalité. Il juge préoccupante l’insistance du directeur général à qualifier les véhicules de « cadeaux ». Selon lui, dans la gestion des affaires publiques, la perception, la décence et l’exemplarité sont tout aussi importantes que le respect strict des règles administratives et juridiques.

Dans sa sortie, Idrissa Fall Cissé appelle également à faire toute la lumière sur la provenance des véhicules. Il rappelle la déclaration du nouveau vice-président de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), Birahim Seck, qui avait évoqué l’éventualité d’une enquête sur ce dossier. Il évoque par ailleurs un précédent dans l’administration publique sénégalaise, notamment le cas de Cheikh Dieng, ancien directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), qui avait été limogé après avoir accepté un cadeau provenant d’un partenaire de la structure qu’il dirigeait. Pour Idrissa Fall Cissé, un responsable public ayant longtemps incarné un rôle de sentinelle dans la défense de la bonne gouvernance ne devrait pas se retrouver au centre d’une telle polémique.

Le lanceur d’alerte formule également des interrogations sur de possibles accusations de népotisme visant le directeur général de la RTS. Il fait référence à l’organisation d’une fan zone lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, dont la gestion aurait été confiée au frère de Pape Alé Niang, Thierno Niang. Idrissa Fall Cissé souligne que le directeur général a affirmé qu’aucun contrat ne liait son frère à la RTS, tout en s’interrogeant sur les circonstances ayant permis à ce dernier de jouer un rôle central dans l’organisation de cet événement.

Emploi et dialogue social : Olivier Boucal dresse un bilan 2025 marqué par des performances record

Le ministre de la Fonction publique et du Travail, Olivier Boucal, a présenté un bilan détaillé des activités de son département pour l’année 2025, mettant en avant des performances qu’il qualifie de « record » tant sur le plan de la création d’emplois que de la gestion des litiges sociaux. Lors de son passage sur la RTS, il a souligné une évolution positive des indicateurs du marché du travail, traduisant, selon lui, une dynamique encourageante de l’économie nationale.

Dans le détail, le ministre a révélé que 1 928 établissements ont ouvert ou repris leurs activités sur l’ensemble du territoire national durant l’année écoulée. Cette relance économique a permis la création de 10 386 nouveaux emplois, soit une moyenne d’environ cinq postes par structure. Pour les autorités, ces chiffres traduisent un regain d’activité dans plusieurs secteurs et témoignent d’un climat des affaires relativement favorable.

Cependant, le tableau n’est pas totalement exempt d’ombres. Olivier Boucal a indiqué que 155 entreprises ont fermé leurs portes au cours de la même période, provoquant la suppression de 880 emplois. Malgré ces pertes, le ministre estime que le solde global reste largement positif, soulignant la capacité de résilience du tissu économique national face aux difficultés conjoncturelles.

L’un des faits marquants du bilan présenté concerne la sécurisation juridique de l’emploi. Le ministre a annoncé que 77 870 contrats de travail ont été visés par les inspections du travail et de la sécurité sociale en 2025, contre 61 000 en 2024. Cette progression significative, selon lui, reflète un renforcement du contrôle et de la formalisation des relations de travail. Dans cette même dynamique, 1 024 travailleurs ont été officiellement recensés sous le statut de travailleurs déplacés, c’est-à-dire exerçant leur activité hors de leur résidence habituelle.

Malgré un effectif limité, le ministère affirme avoir intensifié ses actions de contrôle sur le terrain. Avec seulement 100 inspecteurs et contrôleurs pour couvrir l’ensemble du territoire national, les services compétents ont recensé plus de 11 810 manquements aux dispositions du droit du travail. Ces constats ont conduit à 122 mises en demeure adressées aux entreprises concernées et à l’établissement de 9 procès-verbaux d’infraction.

Le ministre a tenu à préciser que ces irrégularités ne concernent pas uniquement les licenciements. Il a souligné que plusieurs entreprises manquent également à leurs obligations contractuelles ou sociales envers leurs employés. Dans les cas où les tentatives de conciliation échouent, les dossiers sont alors transmis aux juridictions compétentes pour trancher les litiges.

Le rôle de la médiation dans la résolution des conflits du travail a également été mis en avant. Grâce à l’intervention de l’inspection du travail, un montant global de 9 492 909 691 FCFA a été versé à 2 914 travailleurs dans le cadre de ruptures de contrat négociées à l’amiable. Selon le ministre, ces accords permettent d’éviter des procédures judiciaires souvent longues et coûteuses, tout en favorisant des solutions acceptables pour les deux parties.

Concernant les conflits collectifs, Olivier Boucal a indiqué que 68 différends ont été recensés en 2025. Parmi eux, la moitié a pu être résolue par la médiation, illustrant, selon lui, l’importance du dialogue social dans la prévention des tensions au sein des entreprises.

Elon Musk convoqué par la justice française : X visé par une enquête sur des algorithmes et des contenus illicites

La justice française a convoqué le milliardaire Elon Musk, propriétaire de la plateforme X (anciennement Twitter), dans le cadre d’une enquête portant sur plusieurs infractions graves liées au fonctionnement du réseau social. Selon un communiqué publié mardi par la procureure de Paris, Laure Beccuau, l’homme d’affaires est attendu le 20 avril prochain pour une audition libre. Linda Yaccarino, ancienne directrice générale de X, est également concernée par cette procédure judiciaire.

D’après le parquet de Paris, les deux responsables seront entendus en leur qualité de gérants de fait et de droit de la plateforme au moment des faits visés par l’enquête. Cette convocation intervient alors qu’une perquisition est actuellement menée dans les locaux français de X. Les opérations sont conduites avec l’appui de l’unité nationale cyber de la gendarmerie ainsi que d’Europol, signe de la dimension sensible et internationale du dossier.

L’enquête judiciaire remonte au début de l’année 2025. Elle avait été déclenchée à la suite de signalements effectués par des députés français qui s’inquiétaient du fonctionnement des algorithmes de la plateforme. Ces derniers auraient été soupçonnés de présenter des biais susceptibles d’influencer la diffusion des contenus et, potentiellement, de perturber le débat public. Depuis son ouverture, la procédure a pris une ampleur plus large, les investigations ayant été étendues à d’autres infractions particulièrement graves.

Les autorités judiciaires examinent notamment des soupçons de complicité dans la détention et la diffusion d’images pédopornographiques sur la plateforme. L’enquête porte également sur la création et la circulation de deepfakes à caractère sexuel, un phénomène qui suscite une inquiétude croissante à l’échelle mondiale en raison de son impact sur la vie privée et la réputation des victimes. Des faits liés au négationnisme figurent aussi parmi les éléments analysés par les enquêteurs.

Dans le cadre de la poursuite des investigations, plusieurs salariés de la plateforme X seront également convoqués à partir de la semaine du 24 avril. Ils seront entendus en qualité de témoins afin d’apporter des éclaircissements sur les pratiques internes de l’entreprise et sur les mécanismes de modération des contenus.

Le parquet de Paris insiste toutefois sur la nature encore préliminaire de l’enquête et sur la démarche adoptée par les autorités judiciaires. Selon la procureure Laure Beccuau, l’objectif principal est de vérifier la conformité des activités de la plateforme avec la législation française, dans la mesure où le réseau social opère sur le territoire national et est accessible aux utilisateurs français.

Affaire Softcare : FRAPP et le collectif Lumière exigent la transparence du ministère de la Santé

Le secteur de la santé au Sénégal a été marqué par une mobilisation citoyenne d’une ampleur inhabituelle ce mardi à Dakar. Le collectif « Lumière sur l’Affaire Softcare », appuyé par le Front pour une Révolution Anti-impérialiste, Populaire et Panafricaine (FRAPP), a organisé une manifestation devant les locaux du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique pour dénoncer le silence des autorités sanitaires face à des interrogations portant sur certains produits de santé.

Les manifestants, venus en nombre, ont exprimé leurs préoccupations quant au manque de communication officielle autour de cette affaire qui suscite de plus en plus d’inquiétudes dans l’opinion publique. Selon les responsables du collectif, plus de quarante jours se sont écoulés sans qu’aucune déclaration formelle ne soit faite par les autorités sanitaires, une situation qu’ils jugent préoccupante compte tenu des enjeux liés à la sécurité sanitaire.

Les organisateurs de la mobilisation ont insisté sur le fait que la santé publique constitue un domaine particulièrement sensible qui exige transparence, rigueur et responsabilité. Ils estiment que l’absence d’informations claires et documentées entretient un climat de doute et fragilise la confiance entre les citoyens et les institutions en charge de la protection sanitaire. Pour eux, il est impératif que les autorités apportent des éclaircissements sur la nature des produits incriminés, leur conformité aux normes sanitaires ainsi que les éventuels risques pour les populations.

La manifestation, annoncée comme pacifique, avait pour objectif principal d’interpeller directement les responsables du ministère afin d’obtenir des réponses précises. Les protestataires ont appelé les autorités à sortir de leur silence et à faire preuve de transparence dans la gestion de ce dossier. « Nous appelons les Sénégalaises et les Sénégalais à se mobiliser pour obtenir des informations transparentes et responsables. Il en va de la sécurité sanitaire de tous », a déclaré un porte-parole du collectif au cours du rassemblement.

Du côté des manifestants, l’affaire Softcare est perçue comme un test majeur de la capacité des autorités sanitaires à rassurer l’opinion et à garantir la protection des consommateurs. Plusieurs participants ont souligné que la confiance dans le système de santé repose en grande partie sur la circulation d’informations fiables et accessibles.

Affaire Sonko–Mame Mbaye Niang : le contentieux se poursuit devant la justice civile, audience fixée au 11 février

Le feuilleton judiciaire opposant le Premier ministre Ousmane Sonko à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang est loin de connaître son dénouement. L’affaire portant sur une présumée dissimulation frauduleuse d’un bien immobilier a été examinée lundi en audience de répartition au Tribunal de grande instance (TGI) hors classe de Dakar. À l’issue de cette étape procédurale, le dossier a été renvoyé au 11 février prochain devant la 3ᵉ Chambre civile.

L’audience ouverte le 2 février 2026 n’avait pas vocation à trancher le fond du litige. Elle visait essentiellement à répartir les dossiers entre les différentes chambres compétentes du tribunal. Après examen, l’affaire a été orientée vers la 3ᵉ Chambre civile du TGI hors classe de Dakar, juridiction chargée désormais d’en assurer le traitement. Selon un avocat de Mame Mbaye Niang cité par L’Observateur, ce renvoi doit permettre aux parties de déposer leurs écritures et de communiquer les pièces justificatives sur lesquelles elles fondent leurs arguments. Ce délai d’environ dix jours apparaît stratégique pour les deux camps, chacun devant consolider sa position juridique avant l’ouverture des débats sur le fond.

Ce nouvel épisode judiciaire s’inscrit dans la continuité d’un contentieux déjà lourd entre les deux hommes. L’affaire trouve notamment son origine dans le jugement n°176/2023 rendu le 30 mars 2023, par lequel Ousmane Sonko avait été reconnu coupable de diffamation. La juridiction l’avait condamné à deux mois d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’au paiement de 200 millions de francs CFA à Mame Mbaye Niang en réparation du préjudice subi.

Dans le cadre de l’exécution de cette condamnation financière, les avocats de l’ancien ministre ont saisi la justice civile. Ils soupçonnent une manœuvre visant à soustraire certains biens du patrimoine du débiteur. Au cœur de la procédure figure la mutation du droit au bail du lot R/17, d’une superficie de 264 mètres carrés, situé à la Cité Keur Gorgui. Selon la partie demanderesse, cette mutation constituerait une opération destinée à empêcher la saisie du bien au profit du créancier.

Cette nouvelle procédure intervient pourtant après plusieurs décisions majeures rendues par la Cour suprême. L’arrêt n°01 du 4 janvier 2024, suivi de l’arrêt n°31 du 1ᵉʳ juillet 2025 des Chambres réunies, avait définitivement tranché le volet pénal du dossier. Ces décisions avaient notamment eu pour conséquence d’empêcher Ousmane Sonko de se présenter à l’élection présidentielle de février 2024. Toutefois, loin de mettre un terme au différend entre les deux protagonistes, ces décisions ont déplacé le bras de fer sur le terrain civil et patrimonial.

La défense de Mame Mbaye Niang soutient que le Premier ministre aurait volontairement organisé son insolvabilité afin d’échapper au paiement de la condamnation prononcée contre lui. Les avocats invoquent notamment les dispositions de l’article 200 du Code des obligations civiles et commerciales, selon lesquelles un débiteur est tenu de répondre de ses dettes sur l’ensemble de ses biens présents et à venir. Ils estiment ainsi que les opérations patrimoniales reprochées à Ousmane Sonko relèveraient d’un appauvrissement volontaire destiné à faire obstacle aux droits du créancier.

De son côté, le camp du Premier ministre continue de défendre la thèse d’une révision du procès initial, une démarche qui bénéficie d’un soutien politique, notamment de la part de la ministre de la Justice, Yassine Fall. Cette position alimente davantage la dimension politique et judiciaire d’un dossier qui, depuis plusieurs années, cristallise les tensions entre les deux camps.

Diffamation à Mbour : l’ancien maire de la Somone El Hadji Boubacar Sadji réclame 250 millions F CFA à un conseiller municipal

Le tribunal correctionnel de Mbour a été le théâtre d’un face-à-face judiciaire tendu entre El Hadji Boubacar Sadji, ancien maire de la Somone, et Aliou Ciss, conseiller municipal, dans une affaire de diffamation liée à un contentieux foncier aux multiples ramifications. Le dossier, examiné lors d’une audience suivie de près par le quotidien L’Observateur, trouve son origine dans des déclarations publiques jugées attentatoires à l’honneur de l’ex-édile.

Selon les faits rapportés, le différend remonte au 13 juillet dernier, à la suite d’une émission diffusée sur la chaîne locale « Somone TV ». Lors de cette intervention, Aliou Ciss avait vertement critiqué la gestion municipale de son prédécesseur, la qualifiant de « nébuleuse ». Le conseiller municipal avait également accusé l’ancien maire d’avoir dilapidé le patrimoine foncier communal, évoquant une supposée connivence avec le directeur général de l’hôtel Baobab. Il avait en outre dénoncé la cession controversée du site de l’ancien village artisanal au profit de cet établissement hôtelier, estimant que cette opération s’était faite au détriment des populations locales.

À la barre, Aliou Ciss a reconnu être l’auteur des propos qui lui sont reprochés, tout en tentant de nuancer leur portée. Il a soutenu qu’il s’exprimait dans un cadre général, sans viser explicitement El Hadji Boubacar Sadji. Une ligne de défense immédiatement contestée par la partie civile, qui considère que les déclarations visaient clairement l’ancien maire et portaient atteinte à sa réputation et à son intégrité morale.

Se présentant comme profondément affecté par ces accusations publiques, El Hadji Boubacar Sadji a expliqué avoir consacré douze années à la tête de la municipalité de la Somone. Estimant que les propos tenus ont gravement terni son image et remis en cause son bilan, il réclame la somme de 250 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts.

Programme de modernisation des infrastructures judiciaires : bras de fer entre l’État du Sénégal et Ellipse Projects

Le Programme de modernisation des infrastructures du ministère de la Justice connaît actuellement une zone de fortes turbulences. L’État du Sénégal et la société Ellipse Projects, chargée de la réalisation de la Tranche 1 de ce vaste chantier, se trouvent dans une situation de tension marquée par des désaccords financiers et opérationnels qui menacent la poursuite normale des travaux.

Selon plusieurs sources concordantes, l’État sénégalais a déjà mobilisé un financement estimé à 75 milliards de francs CFA dans le cadre de ce programme destiné à renforcer et moderniser les infrastructures judiciaires à travers le pays. Ce projet, jugé stratégique pour l’amélioration du fonctionnement du système judiciaire, vise notamment la construction et la réhabilitation de tribunaux, de palais de justice ainsi que d’autres équipements destinés à rapprocher la justice des citoyens et à améliorer les conditions de travail des magistrats et du personnel judiciaire.

Malgré ces importants investissements, les autorités sénégalaises déplorent un ralentissement notable dans l’exécution des travaux confiés à Ellipse Projects. Face à cette situation, le gouvernement a décidé de passer à la vitesse supérieure en adressant une mise en demeure formelle à l’entreprise. À travers cette démarche, l’État exige la reprise immédiate et l’accélération des chantiers afin de respecter les délais contractuels et d’éviter un retard supplémentaire dans la livraison des infrastructures prévues.

Du côté d’Ellipse Projects, la position est tout autre. La société estime que le blocage actuel est lié à des difficultés de paiement de la part de l’État. Elle affirme être confrontée à des arriérés d’échéances qui auraient fortement impacté sa capacité à maintenir le rythme d’exécution des travaux. Selon l’entreprise, ces retards de paiement auraient entraîné des contraintes financières, notamment dans la mobilisation des ressources humaines, l’approvisionnement en matériaux et la gestion logistique des différents chantiers.

Cette divergence d’interprétation entre les deux parties fait craindre une détérioration des relations contractuelles, avec des conséquences potentielles sur l’achèvement du programme. Pour les autorités sénégalaises, la modernisation des infrastructures judiciaires constitue un pilier essentiel de la réforme du secteur de la justice, régulièrement présentée comme un levier majeur pour renforcer l’État de droit et améliorer l’efficacité du service public judiciaire.

Plusieurs observateurs soulignent que ce type de litige contractuel n’est pas rare dans les grands projets d’infrastructures, où les enjeux financiers et les contraintes techniques peuvent rapidement générer des tensions entre maîtres d’ouvrage et entreprises exécutantes. Toutefois, dans le cas présent, les enjeux sont particulièrement sensibles, compte tenu du caractère prioritaire du programme et de son impact direct sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire.

À ce stade, aucune rupture officielle du contrat n’a été annoncée. Des discussions pourraient être engagées entre les parties afin de trouver un terrain d’entente et de relancer efficacement les travaux. L’issue de ce différend sera déterminante pour la suite du programme et pour la crédibilité des politiques publiques en matière de modernisation des infrastructures judiciaires au Sénégal.

Extradition de Madiambal Diagne : la Cour d’appel de Versailles relance l’examen d’un dossier sensible

La Cour d’appel de Versailles reprend ce mardi 3 février 2026 l’examen du dossier relatif à Madiambal Diagne, relançant ainsi une procédure judiciaire suspendue après un précédent renvoi. Le patron du groupe « Avenir Communication » se retrouve au centre d’une audience décisive portant sur la demande d’extradition formulée à son encontre, une étape qui pourrait marquer un tournant majeur dans cette affaire aux implications judiciaires et médiatiques importantes.

Après plusieurs semaines d’attente, cette reprise de l’examen du dossier intervient dans un contexte marqué par une forte attention aussi bien en France qu’au Sénégal. Le renvoi antérieur avait été motivé par des considérations procédurales, laissant aux différentes parties le temps de compléter leurs arguments et leurs pièces justificatives. Désormais, les magistrats de la juridiction française devront analyser l’ensemble des éléments transmis afin de statuer sur la recevabilité et la légitimité de la demande d’extradition.

Au cœur des débats figure la question du respect des garanties juridiques entourant toute procédure d’extradition. Les juges devront notamment vérifier la conformité de la demande avec les conventions internationales liant la France et le Sénégal, ainsi que l’existence de charges suffisamment établies pour justifier un éventuel transfert de l’intéressé vers son pays d’origine. La Cour devra également apprécier si les droits fondamentaux de Madiambal Diagne seraient préservés en cas de remise aux autorités requérantes, un aspect déterminant dans ce type de procédure.

Pour la défense, cette audience représente une occasion stratégique de contester la demande d’extradition en soulevant d’éventuelles irrégularités ou en mettant en avant des arguments liés à la protection des droits de leur client. Les avocats pourraient également insister sur la nature des accusations et sur le contexte global de l’affaire, dans l’objectif de convaincre la juridiction française de rejeter la demande.

Du côté des autorités requérantes, l’enjeu consiste à démontrer la solidité du dossier judiciaire et à prouver que la procédure respecte les standards internationaux en matière de coopération pénale. La décision attendue de la Cour d’appel pourrait ainsi renforcer ou fragiliser la position de chacune des parties.

Au-delà du cas individuel de Madiambal Diagne, cette affaire s’inscrit dans un cadre plus large de coopération judiciaire entre la France et le Sénégal. Elle met en lumière les mécanismes d’entraide pénale internationale ainsi que les exigences élevées imposées par les juridictions européennes en matière de protection des libertés individuelles.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°663 – 03/02/2026

🔴 BARÇA WALA BARSAK / PLUSIEURS SEMAINES D’ANGOISSE À DAROU KHOUDOSS ( DÉPARTEMENT DE TIVAOUANE ) : PLUS DE 100 JEUNES TOUJOURS PORTÉS DISPARUS
🔴 PRIX À LA CONSOMMATION / L’ANSD AFFICHE POUR LE SÉNÉGAL EN DÉCEMBRE 2025 : UNE INFLATION ANNUELLE QUI A ATTEINT 2,8%

🔴 COUP DE THÉÂTRE POUR LA CAN FÉMININE 2026 : LE MAROC SE RETIRE, L’AFRIQUE DU SUD PREND LE RELAIS

Doudou Wade libre après son audition à la Sûreté urbaine de Dakar

Doudou Wade, ancien président du Groupe parlementaire Libéral, est rentré libre à son domicile ce lundi à l’issue de son audition à la Sûreté urbaine de Dakar. Convoqué par les enquêteurs, l’ancien député s’est présenté volontairement dans la matinée pour répondre aux questions des services de police, dans un climat décrit comme serein par son entourage.

Selon les informations confirmées par l’un de ses avocats, aucune charge n’a été retenue contre lui à l’issue de cet interrogatoire. Les échanges auraient porté sur des éléments d’éclaircissement demandés par les enquêteurs, sans qu’aucune infraction ne soit formellement relevée. À la fin de l’audition, Doudou Wade a ainsi été autorisé à regagner son domicile, sans mesure de restriction ni poursuite judiciaire engagée à son encontre.

Cette audition, qui a suscité de nombreuses réactions dans le landerneau politique, intervient dans un contexte marqué par une vigilance accrue des autorités judiciaires et sécuritaires sur plusieurs dossiers d’actualité. Pour ses conseils, la comparution volontaire de leur client témoigne de sa disponibilité à collaborer avec la justice et de sa volonté de dissiper toute zone d’ombre.

Affaire Softcare : un rassemblement annoncé le 6 février pour exiger des explications des autorités sanitaires

Plus de quarante jours après les premières révélations sur de graves manquements dans le processus de fabrication des produits de la marque Softcare, le silence persistant des autorités sanitaires continue d’alimenter la colère et l’inquiétude au sein de l’opinion publique. Face à cette situation jugée inacceptable, le collectif citoyen dénommé « Lumière », mis en place dans le sillage de ce dossier, a annoncé l’organisation d’un rassemblement ce vendredi 6 février 2026, à partir de 15 heures, devant le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

Dans son appel, le collectif invite l’ensemble des Sénégalaises et des Sénégalais à se mobiliser pour « exiger une communication claire, transparente et responsable sur les produits Softcare ». Les organisateurs estiment que les populations ont droit à une information complète sur la nature exacte des risques encourus, sur les responsabilités établies et sur les mesures prises pour protéger la santé publique.

L’affaire avait éclaté au grand jour à la suite d’un communiqué publié le 11 décembre 2025 par l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP). Dans ce document, l’agence annonçait la suspension de la commercialisation des produits Softcare « jusqu’à la mise en conformité du processus de fabrication ». Cette décision faisait suite à une inspection menée dans l’usine de la société, située à Sindia, dans la région de Thiès, au cours de laquelle les équipes de l’ARP avaient mis en évidence la présence de matières premières périmées dans le circuit de production.

Si cette mesure de suspension avait été saluée comme un premier pas, de nombreuses zones d’ombre demeurent. Aucune communication détaillée n’a, à ce jour, été faite sur l’étendue réelle des produits concernés, sur les risques potentiels pour les consommateurs, ni sur les sanctions éventuelles contre les responsables de ces manquements. Ce flou nourrit les soupçons et renforce la méfiance d’une partie de la population.

C’est dans ce contexte qu’un collectif de la société civile, soutenu notamment par le député Guy Marius Sagna et le mouvement FRAPP, s’est constitué pour exiger vérité et justice. Le groupe a déposé une pétition ainsi que des lettres de protestation auprès du ministère de la Santé, dénonçant le mutisme des autorités face aux doutes persistants entourant la « dangerosité » des produits Softcare et évoquant même de possibles faits de « corruption » au sein de l’ARP.

Parallèlement, trois députés ont officiellement demandé l’audition du directeur général de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique afin qu’il s’explique sur les dysfonctionnements relevés au sein de la structure et sur la gestion globale de ce dossier.

Pour le collectif « Lumière », le rassemblement du 6 février doit constituer un tournant. Il s’agit, selon ses membres, de contraindre les autorités à sortir de leur réserve et à prendre publiquement position, dans un esprit de redevabilité et de respect du droit des citoyens à l’information. Au-delà du cas Softcare, les organisateurs estiment que cette mobilisation pose la question plus large du contrôle des produits pharmaceutiques et cosmétiques au Sénégal et de la capacité de l’État à garantir la sécurité sanitaire des populations.

Fiscalité prohibitive des fonds d’investissement dans l’UEMOA : le cri d’alarme du FONSIS face à une urgence stratégique

Malgré l’affectation de 10 % des revenus pétroliers au fonds intergénérationnel depuis le démarrage de la production en 2024, le Sénégal se heurte à un paradoxe majeur : un cadre fiscal qui pénalise lourdement l’investissement et pousse les capitaux à s’exiler hors de la zone UEMOA. C’est le constat sans détour dressé par Babacar Gning, directeur général du Fonds souverain d’investissements stratégiques (FONSIS), lors d’un atelier organisé avec la Convention des Journalistes Économiques du Sénégal (COJES).

Cette rencontre s’inscrivait dans une démarche assumée de pédagogie économique et de mise en débat public des enjeux financiers structurants. Pour le FONSIS, créer un espace d’échanges entre les institutions qui mobilisent et allouent les financements de long terme et les journalistes spécialisés est essentiel. « Avoir un cadre d’échanges entre ceux qui financent les grands projets de transformation et ceux qui diffusent l’information économique est extrêmement important », a souligné Babacar Gning, rappelant le rôle central de l’information dans la compréhension des politiques publiques et des choix économiques.

Au cœur des préoccupations figure une fiscalité jugée « prohibitive » pour les fonds d’investissement dans l’ensemble de la zone UEMOA. Le mécanisme est aussi simple que pénalisant. D’abord, l’entreprise opérationnelle paie l’impôt sur les sociétés sur ses bénéfices. Ensuite, lorsqu’elle distribue des dividendes au fonds d’investissement qui en est actionnaire, cette distribution est à nouveau taxée. Enfin, lorsque le fonds redistribue ces mêmes dividendes à ses propres investisseurs, une troisième imposition intervient. Selon Babacar Gning, des simulations ont démontré que ce cumul de taxes érode drastiquement la rentabilité des investissements, en particulier pour les fonds qui consolident des participations dans des dizaines d’entreprises.

Les conséquences sont visibles et mesurables. Très peu de fonds d’investissement sont aujourd’hui domiciliés dans l’espace UEMOA. La majorité d’entre eux préfèrent s’installer dans des juridictions comme l’Île Maurice, le Luxembourg ou les États-Unis, où prévaut le principe de transparence fiscale. Dans ces pays, le fonds est considéré comme un simple véhicule de collecte et de redistribution des capitaux. Seule l’entreprise sous-jacente est imposée, tandis que les flux financiers entre le fonds et ses investisseurs ne subissent pas de taxation supplémentaire. « Taxer l’entreprise est normal. Mais taxer à nouveau les flux quand ils remontent vers le fonds puis vers les actionnaires, c’est de la double, voire de la triple taxation », a insisté le directeur général du FONSIS devant les journalistes du COJES.

Cette situation affecte directement l’attractivité de la région pour les investisseurs privés. La rentabilité nette, une fois les différentes couches fiscales appliquées, n’est tout simplement pas suffisante pour inciter des acteurs privés à domicilier leurs fonds dans l’UEMOA. Dans ce contexte, seuls des investisseurs publics ou souverains, comme le FONSIS, peuvent continuer à investir en intégrant des critères d’impact économique et social au-delà de la seule logique de profit. Les investisseurs privés, eux, arbitrent en faveur de territoires plus compétitifs, privant ainsi le Sénégal et la région de capitaux indispensables à la croissance, à l’innovation et à la création d’emplois.

Pourtant, le FONSIS ne se limite pas à un rôle de bailleur de fonds. L’institution consacre systématiquement entre 1 et 2 % de la taille de ses fonds à l’assistance technique des PME dans lesquelles elle investit. Cette enveloppe sert notamment à reconstituer des états financiers fiables, mettre en place des systèmes de gestion performants et former les équipes dirigeantes au management moderne. Une approche saluée pour son caractère structurant, mais qui ne peut, à elle seule, compenser les handicaps d’un cadre fiscal inadapté.

Parallèlement, l’État sénégalais respecte son engagement pris dans le cadre de l’exploitation des hydrocarbures. Depuis 2024 pour le pétrole et avec l’arrivée du gaz prévue entre 2025 et 2026, 10 % des revenus sont affectés chaque année au fonds intergénérationnel. Un lancement officiel de ce fonds est annoncé, avec l’ambition de préparer l’avenir et de transformer durablement l’économie nationale. Mais une question demeure centrale : comment investir efficacement ces ressources si l’environnement fiscal décourage les investisseurs et pousse à structurer les investissements via des véhicules offshore ?

Le paradoxe est d’autant plus frappant que, faute de réforme, une partie des capitaux sénégalais, y compris ceux issus des revenus pétroliers, risque d’être investie à travers des structures étrangères. Le pays perdrait alors non seulement des recettes fiscales potentielles, mais aussi une partie du contrôle stratégique sur l’orientation de son propre développement.

Consciente de ces enjeux, l’Agence des marchés financiers (AMF) de l’UEMOA travaille actuellement sur une réforme du cadre légal et réglementaire. Deux priorités se dégagent clairement : instaurer la transparence fiscale afin d’éliminer la double et la triple taxation des fonds d’investissement, et mettre en place un cadre incitatif pour attirer la domiciliation des fonds au Sénégal et, plus largement, dans la zone UEMOA. Mais pour le FONSIS, le temps presse. Chaque année sans réforme renforce l’écart de compétitivité avec les places financières internationales.

Babacar Gning a tenu à rappeler, en guise de conclusion, le rôle stratégique des fonds d’investissement dans le développement économique mondial. Aux États-Unis, une large majorité des géants technologiques mondiaux sont issus de l’écosystème de la Silicon Valley, porté par des fonds puissants et un cadre réglementaire favorable. Pour espérer bâtir une « Silicon Valley » sénégalaise ou ouest-africaine, la réforme fiscale n’est plus une option. Elle s’impose comme une urgence économique et stratégique, un message fort que le directeur général du FONSIS a souhaité partager avec les journalistes du COJES et, à travers eux, avec l’opinion publique.

Drame de l’émigration à Tivaouane : plus de 100 jeunes portés disparus en mer

La commune de Darou Khoudoss, située entre Diogo et Lompoul dans le département de Tivaouane, vit depuis plusieurs semaines au rythme de l’angoisse et de l’attente. Depuis le 5 décembre dernier, une pirogue transportant plus d’une centaine de jeunes, partis en direction de l’Espagne par la voie maritime, n’a donné aucun signe de vie. Une disparition massive qui plonge des dizaines de familles dans une détresse profonde et relance le débat sur les dangers persistants de l’émigration irrégulière au Sénégal.

Ce jour-là, à l’aube, les jeunes ont discrètement quitté leurs localités, laissant derrière eux parents, frères, sœurs et amis, avec pour seul bagage l’espoir d’un avenir meilleur. Pour beaucoup, le départ était mûri depuis des mois, parfois des années, nourri par le manque d’opportunités, la précarité économique et le sentiment d’impasse sociale. Comme tant d’autres avant eux, ils ont choisi de braver l’océan, conscients des risques mais convaincus que rester au pays ne leur offrait plus de perspectives.

Depuis ce départ, le silence est total. Aucun appel, aucun message, aucune information officielle ne permet de savoir ce qu’il est advenu de l’embarcation. Chaque jour qui passe sans nouvelles accentue la peur d’un drame en mer. Dans les concessions de Darou Khoudoss et des villages environnants, les parents vivent dans une attente insoutenable, partagés entre l’espoir de retrouver leurs enfants vivants et la crainte qu’ils aient été engloutis par les flots.

Selon Cyril Modusa, porte-parole des populations locales, la situation est devenue insupportable. « Dans le village, les gens sont désemparés. Ils ne peuvent plus ni manger ni dormir », confie-t-il. Les familles se rassemblent régulièrement pour prier, échanger des informations et se soutenir mutuellement, mais aucune certitude ne vient apaiser leurs souffrances.

Face à cette tragédie, les populations interpellent l’État du Sénégal et demandent une implication forte et immédiate des autorités. Elles souhaitent notamment que la Marine nationale engage des recherches en mer afin de tenter de localiser la pirogue ou d’identifier d’éventuels débris pouvant confirmer un naufrage. Pour les proches des disparus, toute piste, même minime, est essentielle pour sortir de l’incertitude.

Les familles appellent également à une coopération étroite avec les pays de transit et de destination, en particulier la Mauritanie, le Maroc et l’Espagne. Elles espèrent que des échanges d’informations avec les garde-côtes et les services de secours de ces pays permettront de savoir si l’embarcation a été repérée, interceptée ou si des survivants ont été recueillis.

Au-delà du drame humain, cette disparition collective illustre une nouvelle fois l’ampleur et la persistance du phénomène de l’émigration clandestine. Malgré les nombreux décès enregistrés ces dernières années et les campagnes de sensibilisation menées par les autorités et la société civile, la tentation du départ reste forte chez de nombreux jeunes Sénégalais. Le chômage, la vie chère, le manque de perspectives professionnelles et l’attrait des récits de réussite à l’étranger continuent d’alimenter ce choix désespéré.

Pour les habitants de Darou Khoudoss, ce drame doit servir d’électrochoc. Beaucoup estiment qu’il est urgent de mettre en place des politiques publiques plus audacieuses en faveur de l’emploi des jeunes, de la formation professionnelle et de l’entrepreneuriat local. À leurs yeux, seule une amélioration concrète des conditions de vie pourra freiner durablement cette vague de départs.

En attendant, l’inquiétude reste totale. Les familles des disparus scrutent chaque information, chaque rumeur, chaque annonce officielle, dans l’espoir d’un signe de vie. À Darou Khoudoss, l’attente est devenue une épreuve quotidienne, et la mer, immense et silencieuse, retient peut-être le secret du destin de plus d’une centaine de jeunes partis à la recherche d’un futur meilleur.

Justice : le Sénégal et le Groupe africain en première ligne pour une Convention internationale sur les crimes contre l’humanité

La communauté internationale s’est engagée dans un tournant historique avec l’ouverture, du 19 au 30 janvier 2026 au siège des Nations unies, de la première session du Comité préparatoire chargé d’élaborer une Convention mondiale sur les crimes contre l’humanité. Un chantier majeur destiné à combler un vide juridique vieux de plusieurs décennies. En effet, contrairement au génocide et aux crimes de guerre, encadrés depuis longtemps par des traités spécifiques, les crimes contre l’humanité ne bénéficient toujours pas d’un instrument conventionnel universel, malgré leur gravité extrême.

Dans ce contexte, le Sénégal s’est illustré comme l’un des acteurs les plus engagés du processus. Co-parrain de la résolution ayant permis la création du Comité préparatoire, Dakar s’inscrit fidèlement dans sa tradition diplomatique de promotion du multilatéralisme, du respect du droit international et de la lutte contre l’impunité. La délégation sénégalaise a dénoncé ce qu’elle considère comme une « anomalie juridique persistante », soulignant que les crimes contre l’humanité demeurent aujourd’hui les seules atrocités de masse dépourvues de traité international spécifique.

Pour le représentant du Sénégal, la future Convention doit avant tout permettre d’établir clairement la responsabilité pénale des auteurs de ces crimes et d’assurer leur poursuite effective, quel que soit le lieu où ils ont été commis. Dakar estime que le projet d’articles élaboré par la Commission du droit international (CDI) constitue une base solide pour les négociations, tout en appelant à un texte ambitieux, opérationnel et adapté aux réalités des États.

Le Sénégal a particulièrement insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des systèmes judiciaires nationaux. Selon lui, l’efficacité de la future Convention dépendra de sa capacité à aider les États à incriminer les crimes contre l’humanité dans leurs législations internes, à enquêter de manière indépendante et à juger les responsables. La délégation sénégalaise plaide également pour une coopération judiciaire internationale renforcée, notamment en matière d’extradition, d’entraide pénale et d’échange d’informations, afin d’éviter que les auteurs de ces crimes ne trouvent refuge dans des zones d’impunité.

Au nom du Groupe africain, le Cameroun a porté une voix forte et politique, élargissant le débat au-delà des seules considérations techniques. Yaoundé a rappelé que la future Convention, pour être véritablement inclusive et crédible, ne peut ignorer les grandes injustices historiques qui ont marqué le continent africain et le monde, telles que l’esclavage, la traite négrière, le colonialisme et l’apartheid.

Pour le Groupe africain, ces tragédies constituent des crimes contre l’humanité au regard de leur ampleur et de leurs conséquences, et leurs séquelles continuent d’influencer les rapports économiques, sociaux et politiques actuels. Le Cameroun a ainsi dénoncé les pratiques de « deux poids, deux mesures » qui, selon lui, affaiblissent la justice pénale internationale et nourrissent un sentiment d’injustice dans de nombreuses régions du monde.

Les États africains appellent, dans cette perspective, à l’intégration d’une dimension de justice réparatrice dans la future Convention. Il ne s’agit pas seulement de prévenir et de punir les crimes futurs, mais aussi de reconnaître les torts du passé et de favoriser des mécanismes de réparation, de mémoire et de réconciliation.

La session inaugurale du Comité préparatoire, qui s’est achevée le 30 janvier 2026, marque le début d’un processus long et complexe. Les négociations devraient se poursuivre au cours des prochaines années, avec en ligne de mire l’organisation d’une Conférence de plénipotentiaires en 2028 ou 2029, chargée d’adopter définitivement la Convention.

En attendant, le Sénégal et les pays du Groupe africain entendent jouer un rôle moteur pour que ce futur instrument juridique soit à la fois ambitieux, équitable et réellement efficace. Leur objectif est clair : faire de la Convention sur les crimes contre l’humanité un outil central de la lutte mondiale contre l’impunité et un pilier supplémentaire de l’architecture internationale des droits humains.

Kébémer : 100 conducteurs de Jakarta et charretiers formés et équipés pour une meilleure sécurité routière

Une initiative citoyenne a apporté une véritable bouffée d’oxygène aux conducteurs de Jakarta et aux charretiers de la commune de Kébémer. Du 31 janvier au 2 février, cent d’entre eux ont bénéficié d’une session de formation en sécurité routière, suivie d’une dotation en équipements de protection, grâce au soutien de M. Ameth Lamine Babou.

Chaque participant a reçu un gilet de haute visibilité ainsi qu’un casque de sécurité. En plus de cet équipement essentiel, une enveloppe de 100 000 francs CFA a été remise à chaque charretier afin de soutenir leurs activités économiques, souvent marquées par la précarité.

Le bienfaiteur, M. Ameth Lamine Babou, a présenté ce geste comme un acte de solidarité envers des travailleurs dont les conditions d’exercice exposent quotidiennement leur vie à de nombreux risques. « Ce n’est qu’un premier pas », a-t-il déclaré, précisant que des concertations sont en cours pour mettre en place des plans d’action plus ambitieux en vue d’améliorer durablement leur situation.

Du côté des bénéficiaires, la satisfaction est manifeste. Moussa Ngom, président des conducteurs de Jakarta de Kébémer, a salué cette initiative, estimant qu’elle « renforcera nos connaissances du code de la route et des règles de sécurité ». Il a, par ailleurs, exhorté ses collègues à faire un usage responsable des équipements reçus : « Portons les casques pour notre propre sécurité et non comme de simples accessoires. »

Affaire Sonko–Mame Mbaye Niang : le Tribunal de Dakar renvoie l’examen du nouveau volet foncier au 11 février

Le dossier judiciaire opposant l’actuel Premier ministre Ousmane Sonko à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang a connu un nouveau rebondissement ce lundi 2 février 2026 devant le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar. À l’issue de l’audience, le juge en charge de l’affaire a décidé de renvoyer l’examen du dossier au 11 février prochain, afin de permettre aux deux parties de compléter leurs écritures et de produire l’ensemble des pièces nécessaires à l’instruction.

Ce renvoi intervient dans un contexte marqué par l’ouverture d’un nouveau volet du contentieux, relatif à un terrain relevant de la propriété foncière. Cet élargissement des points soumis à l’appréciation du tribunal constitue une évolution notable dans une affaire qui oppose depuis plusieurs années les deux personnalités politiques et judiciaires. Face à cette nouvelle dimension du litige, la juridiction a estimé nécessaire d’accorder un délai supplémentaire aux conseils des parties pour consolider leurs arguments et verser au dossier tous les éléments probants sur lesquels reposent leurs prétentions respectives.

S’exprimant à la sortie de l’audience, Me Boubacar Cissé, avocat de Mame Mbaye Niang, a tenu à lever toute équivoque sur la portée de cette décision. Selon lui, le renvoi prononcé par le tribunal est d’ordre strictement procédural et ne préjuge en rien de l’issue du dossier. « Le dossier évoqué ce jour a été renvoyé au 11 février 2026. Les parties doivent prendre des écritures et communiquer les pièces sur lesquelles elles fondent leurs prétentions », a-t-il expliqué, insistant sur le caractère normal de cette étape dans le déroulement de la procédure.

À ce stade, le tribunal ne s’est donc pas prononcé sur le fond du nouveau volet foncier introduit dans l’affaire. L’audience du 2 février a essentiellement permis d’organiser la suite de la procédure contradictoire, en veillant au respect des droits de la défense et à l’égalité des armes entre les parties. Le juge a ainsi privilégié une instruction complète et rigoureuse, condition indispensable à un examen serein des arguments juridiques qui seront ultérieurement débattus.

La prochaine audience, fixée au 11 février 2026, devrait permettre au tribunal de disposer d’un dossier enrichi et structuré. Elle marquera une nouvelle étape dans l’instruction de ce contentieux sensible, très suivi par l’opinion publique, et pourrait ouvrir la voie à un examen plus approfondi des questions de fond soulevées par les deux camps. D’ici là, les avocats de part et d’autre auront la charge de peaufiner leurs écritures et de réunir les pièces jugées déterminantes pour la suite de la procédure.

Affaire EMG Universal Auto : Mbaye Guèye face à la justice pour détournement présumé de prêt garanti par l’État

Le directeur général d’EMG Universal Auto, Mbaye Guèye, a comparu ce lundi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar dans une affaire de détournement de prêt consenti ou garanti par l’État. Poursuivi à la suite d’une plainte introduite par la Société nationale de recouvrement (SNR), l’homme d’affaires se retrouve au cœur d’un dossier aux enjeux financiers importants, impliquant un terrain estimé à 43 millions de francs CFA.

Selon les informations rapportées par Seneweb, la procédure judiciaire vise des irrégularités présumées dans l’utilisation d’un financement public dont EMG Universal Auto aurait bénéficié. Les faits reprochés portent plus précisément sur un terrain qui aurait été engagé dans le cadre des garanties liées au prêt, mais dont l’usage ou la destination finale serait contesté par la SNR, chargée de la récupération des créances publiques.

Dans le cadre de ce contentieux, une enquête approfondie a été diligentée par la section de recherches de la gendarmerie nationale. Les investigations ont permis de réunir des éléments ayant conduit à la poursuite de Mbaye Guèye devant la juridiction des flagrants délits. Placé au cœur du dossier en tant que principal responsable de l’entreprise bénéficiaire du prêt, le directeur général d’EMG Universal Auto avait toutefois obtenu une mise en liberté provisoire le 15 janvier 2026, en attendant sa comparution.

Ce lundi, l’audience tant attendue n’a finalement pas permis d’entrer dans le fond du dossier. Pour des raisons de procédure, les débats n’ont pas eu lieu et le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire. Le procès a ainsi été fixé au 10 février prochain, date à laquelle les parties devraient enfin exposer leurs arguments et permettre à la juridiction de se prononcer sur les responsabilités éventuelles.

Drame à Diamniadio : un homme avoue le meurtre de sa femme malienne

Dans la soirée du jeudi 29 janvier 2026, aux environs de 22 heures, un drame a secoué la localité de Diamniadio, située à 30 km de Dakar, sur la route de Thiès. Le corps sans vie d’A. Doumbia, une ressortissante malienne âgée d’une trentaine d’années, a été découvert à proximité du cimetière local, suscitant une vive émotion dans la communauté.

Très rapidement, l’enquête judiciaire a ciblé le mari de la victime, B. Sanogo, également de nationalité malienne. Confronté aux faits, ce dernier a reconnu son implication dans le meurtre. Selon ses aveux, lui et son épouse étaient venus au Sénégal pour des raisons médicales, afin de se soigner de certaines crises dont il souffrait.

Dans le récit qu’il a fourni aux enquêteurs, l’homme affirme qu’une de ces crises l’a frappé la nuit du drame alors qu’il se promenait avec sa femme. Tentant de l’aider, A. Doumbia aurait été agrippée à la gorge par son mari, qui aurait ensuite utilisé un objet métallique pour lui trancher la gorge. Ce n’est qu’après avoir repris ses esprits que le présumé meurtrier aurait traîné le corps de son épouse jusqu’à un endroit isolé de la rue, avant de l’abandonner.

Selon les informations rapportées par le journal Libération, les enquêteurs étaient déjà à la recherche de B. Sanogo grâce à un témoignage clé lorsqu’il a finalement décidé de se rendre et de faire sa déclaration. Lors de l’enquête préliminaire, le suspect avait initialement évoqué un autre scénario, affirmant qu’un chauffeur de taxi aurait enlevé sa femme. C’est sur les conseils de son hôte qu’il s’est finalement présenté à la brigade de gendarmerie de Diamniadio pour signaler l’incident.

Cette affaire, qui met en lumière les drames conjugaux et les violences au sein du couple, reste sous enquête approfondie par les autorités judiciaires sénégalaises. B. Sanogo est désormais en garde à vue, tandis que les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin de déterminer avec précision les circonstances exactes de ce meurtre.

Contentieux successoral à Guédiawaye : une nièce condamnée pour gestion illégale des loyers de l’immeuble familial

À Guédiawaye, un contentieux successoral aux allures de règlement de comptes familial a récemment été vidé devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. L’affaire oppose les ayants droit de feu M. Dramé, décédé en mai 2024, à sa nièce A. Samaké, poursuivie pour abus de confiance après avoir continué, durant près de vingt mois, à gérer et encaisser les loyers de l’immeuble familial sans mandat légal, rapporte L’Observateur.

Du vivant de M. Dramé, émigré en Allemagne, A. Samaké bénéficiait d’une confiance totale. C’est elle qui avait supervisé la construction de l’immeuble R+2 situé à Golf, depuis l’acquisition du terrain jusqu’à la mise en location. Chaque mois, environ 520 000 FCFA de loyers étaient perçus et, en grande partie, reversés sur le compte bancaire de l’oncle. Mais après le décès du propriétaire, cette relation de confiance s’est rompue. Sans procuration ni reddition de comptes, la nièce a poursuivi la gestion de l’immeuble et encaissé seule les loyers, provoquant la colère des autres héritiers.

À la barre, le tribunal n’a laissé place à aucune ambiguïté. La partie civile était représentée par H. Dramé, tante maternelle de la prévenue, agissant pour le compte de son frère Haoussou, établi en Allemagne. Interrogée, A. Samaké a justifié l’usage des fonds par l’entretien du bâtiment, évoquant le paiement des factures d’eau et d’électricité, la vidange des fosses ainsi que le règlement des impôts et charges diverses. Elle a également précisé que les loyers avaient connu une baisse, passant de 130 000 à 110 000 FCFA par appartement. Le juge, tout en prenant note de ces arguments, a rappelé que « le mandat prend fin avec la mort du mandant », soulignant que la gestion post-mortem sans base légale était irrégulière. La prévenue a alors invoqué sa bonne foi et une méconnaissance des règles juridiques, mais ses explications n’ont pas convaincu le tribunal.

Le dossier a pris une tournure plus complexe avec la révélation de l’existence d’un fils du défunt, issu d’un mariage dissous et jusqu’alors inconnu du reste de la famille. Cette information a semé le doute sur la qualité d’héritier revendiquée par la partie civile, contestée avec vigueur par H. Dramé. L’audience a également mis en lumière d’autres contentieux familiaux, puisque deux sœurs de la prévenue auraient antérieurement vidé le compte bancaire du défunt avant une médiation pénale. Ces éléments témoignent d’une succession profondément marquée par les rivalités et tensions familiales.

Malgré une tentative de règlement amiable — un million de FCFA versé par la famille de la prévenue, jugé dérisoire par le ministère public — l’infraction a été retenue. La défense, tout en contestant le préjudice réclamé, a fait passer le montant de 10 millions de FCFA à 5,6 millions après déduction des charges. Au terme des débats, le tribunal a déclaré A. Samaké coupable d’abus de confiance et l’a condamnée à trois mois de prison avec sursis, assortis du paiement de quatre millions de FCFA de dommages et intérêts à la partie civile.

CAN Féminine 2026 : L’Afrique du Sud reprend l’organisation après le retrait du Maroc

À seulement quelques semaines du coup d’envoi, la Confédération Africaine de Football (CAF) a annoncé un changement majeur concernant la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Féminine 2026. Initialement prévue au Maroc à partir du 17 mars, la compétition se déroulera désormais en Afrique du Sud.

Cette décision a été officialisée par Peace Mabe, vice-ministre sud-africaine des Sports, qui a confirmé que l’Afrique du Sud avait accepté de reprendre l’organisation au pied levé. Pour l’instant, la CAF n’a pas communiqué les raisons exactes du retrait du Maroc, laissant planer des questions sur les circonstances qui ont conduit à ce changement de dernière minute.

Championne en titre, l’Afrique du Sud aura l’opportunité de défendre sa couronne devant son public. Forte de son expérience dans l’organisation d’événements internationaux, notamment la Coupe du Monde 2010, la nation arc-en-ciel dispose des infrastructures et des stades nécessaires pour accueillir une compétition de cette envergure, même dans des délais réduits.

Pour les équipes qualifiées, parmi lesquelles figurent le Sénégal, le Nigeria ou la Zambie, la nouvelle situation implique une véritable course contre la montre. À seulement un mois de l’échéance, les préparatifs doivent être totalement réajustés : annulation des camps de base initialement prévus au Maroc, recherche de nouveaux hôtels et coordination logistique sur le territoire sud-africain. Les supporters devront également revoir leurs plans de voyage, tandis que les fédérations nationales doivent s’adapter rapidement à ces changements.

La Police nationale intensifie la lutte contre la mise en cage abusive des oiseaux

La Police nationale a engagé une vaste opération de lutte contre la mise en cage abusive des oiseaux sur l’ensemble du territoire national, marquant un tournant significatif dans la politique de protection du bien-être animal. Après les récentes actions ciblant la maltraitance des chevaux, les autorités étendent désormais leur vigilance à une pratique longtemps tolérée, voire banalisée, mais aujourd’hui clairement assimilée à des actes de cruauté envers les animaux.

Selon des sources sécuritaires, l’opération vise principalement la capture, la détention et la commercialisation illégales d’oiseaux, fréquemment observées dans plusieurs localités du pays. Ces animaux sont souvent maintenus dans des cages étroites, exposés à la chaleur, au manque d’eau et de nourriture adéquate, dans des conditions jugées incompatibles avec les normes élémentaires de bien-être animal. Les services de sécurité estiment que ces pratiques entraînent un taux élevé de mortalité chez les oiseaux concernés.

Le phénomène est particulièrement répandu dans certains marchés, carrefours urbains et axes routiers, où des vendeurs à la sauvette proposent diverses espèces d’oiseaux à des fins multiples. Outre l’aspect commercial informel, les autorités soulignent le lien étroit entre cette activité et certains rituels mystiques, dans lesquels les oiseaux sont utilisés comme objets sacrificiels ou symboliques. Cette dimension culturelle, longtemps invoquée pour justifier la pratique, ne saurait toutefois, selon les forces de l’ordre, prévaloir sur le respect des lois et des principes de protection animale.

Désormais, ces agissements sont qualifiés par les autorités d’exploitation mercantile illicite et d’actes de cruauté envers les animaux, passibles de sanctions prévues par la réglementation en vigueur. Dans ce cadre, plusieurs opérations de contrôle ont déjà été menées à travers le pays, aboutissant à la saisie de nombreux oiseaux détenus illégalement, à la fermeture de points de vente clandestins et à l’interpellation de plusieurs individus impliqués dans ce commerce.

Les oiseaux saisis ont, dans certains cas, été confiés aux services compétents ou relâchés dans leur milieu naturel lorsque leur état le permettait. Les autorités annoncent que ces opérations se poursuivront et s’intensifieront dans les semaines à venir, avec une coordination renforcée entre la Police nationale, les services des Eaux et Forêts et les collectivités territoriales.

Thiadiaye : un Asp emprisonné pour avoir vendu la moto du centre de santé afin de soigner son épouse

Un fait divers à la fois troublant et profondément révélateur de la détresse sociale secoue la commune de Thiadiaye. Selon des informations judiciaires rapportées par L’Observateur, un agent de sécurité de proximité (Asp), en service au centre de santé local, a été placé sous mandat de dépôt après avoir volé puis revendu la moto de service de l’établissement sanitaire. Un acte grave que l’intéressé justifie par la nécessité urgente de financer les soins médicaux de son épouse gravement malade.

L’homme, identifié sous le nom de S. Diom, est marié et père de famille. Depuis le début du mois de janvier, il est incarcéré à la maison d’arrêt et de correction de Mbour. En plus d’avoir perdu son emploi, il encourt désormais une peine pouvant aller jusqu’à deux ans de prison ferme pour soustraction frauduleuse de deniers publics, une infraction sévèrement réprimée par la loi.

Les faits se sont déroulés lors d’une journée apparemment ordinaire au centre de santé de Thiadiaye. Profitant d’un moment d’inattention de ses collègues, S. Diom, qui occupait également la fonction de gestionnaire du magasin, s’est discrètement emparé de la clé des locaux. En plein service et sans éveiller immédiatement les soupçons, il a sorti la moto de service utilisée par les agents de l’établissement sanitaire.

L’opération n’était pas improvisée. Selon les éléments de l’enquête rapportés par L’Observateur, l’Asp avait déjà pris contact avec un receleur. Il s’est rendu directement chez un certain M. Sow, berger de profession, avec lequel il a négocié la vente de l’engin pour la somme de 200 000 francs CFA. Une fois la transaction conclue, S. Diom est retourné à son poste, tentant de poursuivre sa journée comme si rien ne s’était passé.

La disparition de la moto n’a toutefois pas tardé à être constatée. Alerté, le médecin-chef du centre de santé a immédiatement ordonné des vérifications internes. Très vite, les soupçons se sont portés sur S. Diom, dernier responsable connu de l’accès au magasin. Soumis à un interrogatoire approfondi, il a fini par passer aux aveux, reconnaissant avoir volé puis vendu la moto.

Saisie de l’affaire, la brigade de gendarmerie de Thiadiaye a ouvert une enquête qui a rapidement permis d’identifier et d’interpeller le receleur. Les deux hommes ont ensuite été déférés devant le parquet de Mbour avant d’être placés sous mandat de dépôt.

Mardi dernier, à la barre du Tribunal de grande instance de Mbour, S. Diom et son coprévenu ont reconnu les faits tout en tentant de faire valoir des circonstances atténuantes. L’Asp a expliqué que l’argent issu de la vente de la moto devait servir à couvrir les frais médicaux de son épouse, dont l’état de santé nécessitait, selon lui, des soins urgents et coûteux. Un plaidoyer empreint de détresse, mais qui n’a pas convaincu le ministère public.

De son côté, M. Sow a soutenu qu’il ignorait la provenance frauduleuse de l’engin, affirmant avoir cru à une vente ordinaire et régulière. Des arguments que le parquet a jugés insuffisants au regard de la gravité des faits reprochés.

Kaolack : l’OCRTIS démantèle une cargaison de 55 kg de chanvre indien dissimulée dans les marais salants

L’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) a réalisé une saisie majeure dans la région de Kaolack, confirmant une nouvelle fois la vigilance accrue des forces de sécurité face aux réseaux de trafic de drogue. Une opération nocturne menée ce week-end par la Brigade Régionale des Stupéfiants (BRS) a permis de mettre la main sur une importante quantité de chanvre indien soigneusement dissimulée dans les marais salants.

Les faits se sont déroulés le samedi 31 janvier 2026, aux environs de 19h20, dans la localité de Ngathie Naoudé. Les agents de la BRS de Kaolack, engagés dans une mission de lutte contre la criminalité transfrontalière et le trafic de stupéfiants, avaient ciblé cette zone réputée difficile d’accès et souvent exploitée par les trafiquants pour cacher leurs marchandises illicites.

Sur place, les policiers ont procédé à des fouilles minutieuses des champs salins. Leurs investigations ont permis de découvrir deux colis dissimulés avec soin dans les marais. À l’intérieur, les forces de l’ordre ont trouvé 55 blocs de chanvre indien, représentant un poids total de 55 kilogrammes. Une saisie significative qui témoigne de l’ampleur du réseau et de la valeur marchande de la drogue destinée, selon toute vraisemblance, à alimenter des circuits de distribution à l’échelle nationale ou sous-régionale.

Selon les informations communiquées par la Police nationale, un individu a été interpellé sur les lieux au moment de l’opération. Le suspect est actuellement placé en garde à vue et soumis à un interrogatoire approfondi. Les enquêteurs cherchent à déterminer l’origine exacte de la drogue, les itinéraires empruntés, ainsi que l’identité d’éventuels complices impliqués dans ce réseau de trafic.

Contentieux Sonko–Mame Mbaye Niang : le dossier de la Cité Keur Gorgui devant le tribunal ce 2 février

Une nouvelle séquence judiciaire s’ouvre ce lundi 2 février 2026 dans le différend opposant l’actuel Premier ministre, Ousmane Sonko, à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang. Le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar est appelé à examiner, lors d’une audience dite de répartition, une assignation en annulation de mutation jugée frauduleuse portant sur un bien immobilier situé à la Cité Keur Gorgui, un quartier résidentiel de la capitale.

Selon les informations disponibles, la procédure engagée vise à contester la régularité d’une mutation immobilière opérée sur ce bien, dont la propriété et les conditions de transfert font l’objet de divergences entre les parties. Les requérants estiment que la mutation incriminée aurait été effectuée en violation des règles applicables en matière foncière et immobilière, ce qui justifierait, à leurs yeux, son annulation par la juridiction compétente. De son côté, la partie mise en cause conteste toute irrégularité et soutient la légalité des actes posés.

L’audience de répartition, programmée pour ce lundi, constitue une étape procédurale déterminante. Elle ne porte pas encore sur le fond du litige, mais permet au tribunal d’organiser le dossier, d’identifier la formation appelée à en connaître et de fixer les prochaines échéances. À l’issue de cette audience, l’affaire pourrait être renvoyée devant une chambre compétente pour une instruction plus approfondie, avec la possibilité d’échanges d’écritures entre les avocats des deux camps.

Ce nouvel épisode judiciaire s’inscrit dans un contentieux plus large et ancien entre Ousmane Sonko et Mame Mbaye Niang, marqué par plusieurs procédures croisées et des prises de position publiques parfois virulentes. L’entrée en fonction d’Ousmane Sonko à la Primature confère à cette affaire une résonance particulière, même si, sur le plan juridique, les parties sont censées être traitées à égalité devant la loi.

Affaire ASER : la République des Valeurs relance le débat à Paris et interpelle l’État sénégalais sur les 37 milliards

L’affaire ASER, qui agite la scène politique et judiciaire sénégalaise depuis plusieurs mois, s’est invitée ce jour à Paris à l’occasion d’une conférence de presse organisée par la République des Valeurs (RV), le parti du député Thierno Alassane Sall. Devant la presse et des militants de la diaspora, les responsables de RV ont tenu à réaffirmer la gravité du dossier et à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une tentative de banalisation, voire d’étouffement, d’une affaire devenue, selon eux, une véritable affaire d’État.

Prenant la parole au nom de la coordination de RV en France, Aly Bathily a insisté sur le sens de cette sortie publique. Selon lui, il ne s’agit ni d’une polémique politicienne ni d’un calcul partisan, mais d’un devoir de vérité face à ce qu’il qualifie de dérives inquiétantes dans la gouvernance publique au Sénégal. Il a rappelé que l’affaire ASER ne repose ni sur des rumeurs ni sur des accusations gratuites, mais sur des faits documentés et rendus publics par le député Thierno Alassane Sall, qui a saisi les juridictions compétentes après avoir constaté le décaissement de 37 milliards de francs CFA pour des réalisations jugées largement insuffisantes sur le terrain.

La coordination de RV en France s’est particulièrement insurgée contre la communication du Directeur général de l’ASER, Jean-Michel Sène, qui a présenté la décision rendue par la Cour suprême le 22 janvier 2026 comme la clôture définitive du dossier et la levée de tous les obstacles juridiques. Pour Aly Bathily, cette lecture est trompeuse. Il précise que la Cour suprême ne s’est prononcée que sur un recours pour excès de pouvoir visant l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), et non sur le fond du marché concerné, encore moins sur l’utilisation effective des 37 milliards de francs CFA mis en cause.

Sur le plan judiciaire, RV rappelle que la procédure engagée par Thierno Alassane Sall devant le Pool judiciaire financier est toujours en cours. Des diligences sont actuellement menées par la gendarmerie, ce qui, selon le parti, démontre que le dossier est loin d’être vidé. Dans ce contexte, Aly Bathily estime que la réactivation du recours devant la Cour suprême intervient de manière opportuniste et vise essentiellement à semer la confusion dans l’opinion publique et à détourner l’attention du cœur du problème.

La République des Valeurs a également exprimé sa vive préoccupation face à l’intervention publique du Premier ministre, qui aurait, selon elle, cherché à blanchir un responsable administratif alors même que la justice est saisie du dossier. Une telle posture est jugée dangereuse par RV, car elle porterait atteinte au principe de la séparation des pouvoirs et fragiliserait l’État de droit.

En conclusion, la coordination de la République des Valeurs en France martèle que la question centrale demeure entière et sans réponse claire : où sont passés les 37 milliards de francs CFA et qui doit en répondre ? Pour les partisans de Thierno Alassane Sall, aucune manœuvre politique, aucune communication institutionnelle et aucune décision procédurale ne saura effacer cette interrogation fondamentale, appelée à rester au cœur du débat public tant que toute la lumière n’aura pas été faite.

Visite officielle du Président Bassirou Diomaye Faye en République du Congo : Dakar et Brazzaville renforcent un partenariat stratégique

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a quitté Dakar ce matin à destination de Brazzaville pour une visite officielle en République du Congo, prévue les 02 et 03 février 2026. Ce déplacement s’inscrit dans la dynamique de redynamisation de la diplomatie sénégalaise et de consolidation des relations bilatérales avec les pays frères du continent africain.

À Brazzaville, le Chef de l’État sénégalais sera accueilli par son homologue congolais pour une série d’échanges de haut niveau destinés à raffermir les liens historiques d’amitié et de fraternité qui unissent le Sénégal et la République du Congo depuis plusieurs décennies. Cette visite marque une étape importante dans la volonté commune des deux pays de donner un nouvel élan à leur coopération, fondée sur des valeurs partagées de solidarité, de respect mutuel et d’engagement panafricain.

Les discussions porteront sur le renforcement de la coopération bilatérale dans des domaines stratégiques tels que l’économie, le commerce, l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, la formation professionnelle et la culture. Les deux parties entendent également explorer de nouvelles opportunités de partenariats économiques afin de stimuler les échanges, d’encourager les investissements et de favoriser la création d’emplois au bénéfice de leurs populations respectives.

Au-delà des aspects bilatéraux, cette visite officielle sera aussi l’occasion d’approfondir la concertation entre Dakar et Brazzaville sur les grands défis africains et mondiaux. Les questions relatives à la paix et à la sécurité sur le continent, à l’intégration régionale, à la gouvernance, au développement durable ainsi qu’à la lutte contre les effets du changement climatique devraient figurer au cœur des échanges entre les deux Chefs d’État.

Convocation annoncée à la Sûreté urbaine : Doudou Wade attendu ce lundi matin

Doudou Wade, responsable du Parti démocratique sénégalais (PDS), est attendu ce lundi 2 février 2026 dans les locaux de la Sûreté urbaine de Dakar. L’information a été rendue publique par l’intéressé lui-même à travers une publication sur sa page Facebook, dans un contexte marqué par une vive polémique politico-judiciaire impliquant récemment des figures de l’opposition et des journalistes.

Dans son message, Doudou Wade indique qu’il se rendra à la Sûreté urbaine accompagné de ses avocats. Il explique sa démarche par les différentes informations relayées dans la presse et sur les réseaux sociaux à la suite de l’émission « Faram Facce » diffusée sur la TFM le mercredi 28 janvier 2026. Cette émission, animée par le journaliste Papa Ngagne Ndiaye, a déjà valu à ce dernier une audition par les services de la Sûreté urbaine, alimentant les débats autour de la liberté d’expression et du climat politique actuel.

L’origine de ce bras de fer judiciaire remonte précisément à cette émission télévisée au cours de laquelle Doudou Wade, invité sur le plateau, aurait tenu des propos jugés « offensants » à l’endroit de l’institution présidentielle. Selon certaines sources, ces déclarations sont également considérées comme potentiellement dangereuses pour le maintien de l’ordre et la sécurité publique, justifiant ainsi l’intérêt des autorités sécuritaires pour cette affaire.

Face à la tension suscitée par cette situation, le responsable du PDS a tenu à appeler ses partisans au calme. Il leur a notamment demandé de privilégier la prière et le recueillement plutôt que toute mobilisation dans la rue. Se définissant comme un démocrate convaincu et un citoyen profondément attaché aux valeurs républicaines, Doudou Wade a insisté sur son respect pour la justice sénégalaise et sur sa volonté de se conformer aux procédures en vigueur.

Toutefois, il a tenu à apporter une précision importante, affirmant n’avoir reçu aucune convocation officielle de la part des autorités. Selon lui, aucune notification ne lui a été remise, ni à titre personnel ni à son domicile. Sa décision de se présenter à la Sûreté urbaine relève donc, selon ses propres termes, d’un souci de transparence et de responsabilité citoyenne.

Découverte macabre à la Médina : un agent de sécurité retrouvé mort dans sa chambre

Le quartier de la Médina, précisément à l’angle de la Rue 8 x 19, a été secoué par une macabre découverte vendredi dernier. Le corps sans vie d’un agent de sécurité, identifié comme Youssou Diouf, âgé de 61 ans, a été retrouvé dans la chambre qu’il occupait au sein d’une concession du secteur, plongeant le voisinage dans l’émoi et la consternation.

L’alerte a été donnée aux environs de 12 h 30 au commissariat d’arrondissement par Mme M. S. Ndoye, propriétaire de la concession. Celle-ci avait été interpellée par une situation inhabituelle signalée par des riverains, inquiets de l’absence prolongée de mouvements et surtout d’une forte odeur persistante émanant de la chambre du vigile, perceptible depuis plusieurs jours.

Dépêchés sur les lieux, les policiers ont rapidement constaté que la porte de la chambre était verrouillée de l’intérieur. En observant par une fenêtre, ils ont aperçu le corps inerte de l’occupant, allongé sur un lit. Face à l’urgence, la porte a été forcée afin de permettre l’accès et les premières constatations.

À l’intérieur de la pièce, Youssou Diouf a été retrouvé vêtu d’une veste et d’un pantalon en jean. Selon les éléments relevés sur place, le décès remonterait à plusieurs jours, le corps présentant des signes compatibles avec un début de décomposition. Aucun indice de lutte ni blessure apparente n’a été observé à l’œil nu par les enquêteurs, laissant pour l’heure planer l’hypothèse d’une mort naturelle, sans toutefois l’exclure ni la confirmer.

La fouille des effets personnels du défunt a permis de retrouver un portefeuille contenant la somme de 4 000 francs CFA, sa carte nationale d’identité, ainsi que ses cartes bancaires et son compte Wave. Aucun élément suspect ni trace d’effraction n’a été relevé dans la chambre.

Le drame aurait été précédé par une absence inhabituelle remarquée dans son milieu professionnel. Employé comme agent de sécurité dans une boutique d’alimentation à Dalifort, Youssou Diouf ne s’était plus présenté à son poste et ne répondait plus aux appels téléphoniques. Après 48 heures sans nouvelles, ses collègues ont décidé de contacter son fils, I. Diouf.

Animé par un mauvais pressentiment, ce dernier s’est rendu au domicile de son père. Avec l’autorisation de la bailleresse, il a regardé par la fenêtre de la chambre et a découvert le corps sans vie de son géniteur. Né en 1965 à Reo Mao, Youssou Diouf vivait seul dans cette chambre de la Médina.

Aussitôt, le protocole sanitaire a été enclenché. Les services d’hygiène ont procédé à la désinfection des lieux avant que les sapeurs-pompiers ne prennent en charge l’enlèvement du corps, placé dans un sac mortuaire. La dépouille a ensuite été acheminée à l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff, sur réquisition.

Sidiki Kaba plaide pour une justice vertueuse, pilier d’une démocratie véritable

Lors de la présentation de son ouvrage « 101 Discours : Plaidoyer pour un monde meilleur », Me Sidiki Kaba a livré une réflexion profonde et structurée sur les fondements indispensables d’une démocratie authentique. L’ancien garde des Sceaux y réaffirme avec force que l’État de droit ne saurait exister sans un socle de valeurs cardinales, au premier rang desquelles figurent l’égalité, l’équité, la justice, l’impartialité, la non-exclusion et la non-discrimination.

Dans ce plaidoyer, Sidiki Kaba s’est appuyé sur la symbolique forte de Thémis, déesse grecque de la justice, pour illustrer le sens et la portée de ces principes. Revenant sur les attributs emblématiques de cette figure mythologique, il a expliqué que le bandeau qui couvre les yeux de Thémis incarne l’impartialité absolue. Pour le juriste, la justice ne doit distinguer ni le riche du pauvre, ni le puissant du faible, encore moins juger en fonction du statut social ou de l’influence politique des justiciables. Elle doit être aveugle à toute considération étrangère au droit.

La balance, autre symbole central, représente selon lui l’équité. Ses deux plateaux doivent rester parfaitement équilibrés afin que chaque partie soit jugée de manière juste et équitable. Quant au glaive, il symbolise la capacité de la justice à trancher clairement les litiges, avec fermeté et sans état d’âme, une fois le droit dit. Pour Sidiki Kaba, ces trois attributs forment un tout indissociable, traduisant l’exigence de rigueur morale et de droiture qui doit guider toute institution judiciaire.

L’ancien ministre de la Justice a également souligné la particularité du département qu’il a dirigé, rappelant qu’il s’agit, selon ses mots, « du seul ministère qui porte le nom d’une vertu ». Cette appellation, loin d’être symbolique ou décorative, impose une exigence morale élevée. « La justice doit être vertueuse », a-t-il insisté, avertissant que si elle cessait de l’être, elle se transformerait en un ministère de l’injustice, marqué par la dérive et la corruption.

Dans un ton grave, Me Sidiki Kaba a enfin alerté sur les multiples menaces qui pèsent sur l’indépendance de la justice. Il a rappelé que l’impartialité judiciaire suppose une rupture nette avec toute forme de domination ou d’influence. La justice, a-t-il martelé, ne doit pas être sous l’emprise du pouvoir exécutif, ni vassalisée, ni dominée par des forces obscures. Elle doit encore moins être corrompue par ce qu’il a qualifié d’« argent roi », capable de gangréner les institutions jusqu’à « la moelle des os ».

À travers ce plaidoyer, Sidiki Kaba invite ainsi à une vigilance constante pour préserver l’indépendance et la vertu de la justice, condition essentielle à la crédibilité de l’État et à la confiance des citoyens. Son ouvrage se veut à la fois un rappel des principes fondamentaux et un appel à l’engagement pour un monde plus juste, fondé sur le respect du droit et de la dignité humaine.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°662 – 02/02/2026

🔴 ABDOULAYE SYLLA, LA MAIN SUR LE CŒUR : «LE PATRIOTISME ÉCONOMIQUE NE SE DÉCRÈTE PAS »
🔴 CAPACITÉ À LEVER DES RESSOURCES SUR LE MARCHÉ RÉGIONAL DES TITRES PUBLICS DE L’UEMOA : LE SÉNÉGAL MOBILISE 125,72 MILLIARDS

🔴 SANCTIONS APRÈS LA CAN : LA FSF SORT LE CHÉQUIER ET ASSUME

Koungheul : Geew Salmakoor muscle la coalition Diomaye Président et affiche ses ambitions politiques

Le lancement départemental du mouvement Geew Salmakoor, tenu ce dimanche à Koungheul, marque un tournant politique majeur dans la structuration locale de la coalition Diomaye Président. À travers une mobilisation d’envergure, le mouvement a clairement affiché sa volonté de s’imposer comme un acteur influent du jeu politique départemental.

Initiée par Elimane Mbaye, responsable de la coalition à Koungheul, cette rencontre a servi de véritable démonstration de force. Elle a mis en évidence l’implantation progressive du mouvement ainsi que sa forte capacité de mobilisation sur le terrain. Militants, responsables locaux et sympathisants ont répondu massivement à l’appel, conférant à l’événement une portée politique qui dépasse largement le cadre d’un simple lancement symbolique.

La présence de Ndick Faye, président national de Geew Salmakoor, n’est pas fortuite. Elle confirme la place stratégique qu’occupe désormais Koungheul dans le dispositif national du mouvement, à un moment où les forces politiques alliées à la coalition Diomaye Président s’emploient à consolider leurs bases locales et à renforcer leur cohésion interne.

Dans son discours, Elimane Mbaye a inscrit l’action de Geew Salmakoor dans une dynamique de proximité avec les préoccupations des populations. En évoquant les manquements en matière d’infrastructures, le chômage des jeunes et les difficultés rencontrées par le secteur commercial, il a posé les jalons d’un discours politique axé sur la gouvernance territoriale et la justice économique.

À travers cette initiative, Geew Salmakoor entend se positionner comme un acteur politique de premier plan à Koungheul, capable de fédérer les énergies locales autour d’un projet commun. Un signal fort adressé aux autres formations politiques du département, dans un contexte marqué par une recomposition des équilibres et une intensification de la concurrence politique à l’échelle locale.

Poursuites contre Doudou Wade : d’anciens présidents de groupes parlementaires montent au créneau et dénoncent une menace contre les libertés

Un front commun se forme pour défendre Doudou Wade. D’anciens présidents de groupes parlementaires à l’Assemblée nationale du Sénégal ont rendu publique une déclaration de soutien en faveur de l’ancien président de groupe parlementaire, visé par des poursuites judiciaires, ainsi que du journaliste et animateur de l’émission « Faram Faccee », Pape Ngagne Ndiaye. Les signataires se disent profondément préoccupés par ces procédures engagées à la suite de propos tenus lors d’une émission télévisée, qu’ils considèrent comme relevant du débat démocratique.

Dans leur déclaration, ces anciennes figures parlementaires affirment suivre avec attention l’évolution de cette affaire, qu’ils jugent symptomatique d’un climat de crispation autour de la liberté d’expression. Sans remettre en cause le travail de la justice, ils rappellent que le droit à la critique, à l’analyse politique et à l’expression d’opinions divergentes constitue un pilier fondamental de l’État de droit et un acquis démocratique majeur au Sénégal.

Les anciens présidents de groupes parlementaires soulignent que ces libertés sont non seulement garanties par la Constitution sénégalaise, mais également consacrées par les engagements internationaux ratifiés par le pays. À leurs yeux, toute tentative de criminalisation de la parole critique fragiliserait le pluralisme politique et porterait atteinte à la vitalité du débat public, socle d’une démocratie vivante.

Ils estiment, par ailleurs, que le contexte national est marqué par une inquiétude croissante au sein des milieux journalistiques, politiques et intellectuels, face à ce qu’ils qualifient de tendance à la judiciarisation des opinions. Une dynamique qu’ils jugent préoccupante, car susceptible d’installer un climat de peur et d’autocensure dans l’espace public.

C’est dans ce cadre qu’ils expriment leur soutien « fraternel, solidaire et républicain » à Doudou Wade, ancien collègue et responsable parlementaire, tout en réaffirmant leur attachement indéfectible au respect des libertés publiques et des principes démocratiques.

Les signataires appellent également les autorités compétentes à faire preuve de retenue et de sens élevé de l’État, afin de préserver un climat d’apaisement, de confiance et de dialogue. Pour eux, seule une telle posture est à même de garantir la cohésion nationale et la stabilité institutionnelle, dans un contexte politique déjà sensible.

La déclaration est signée par plusieurs personnalités politiques de premier plan, parmi lesquelles Abdourahim Agne, Ousmane Ngom, Bocar Sidik Kane, Babacar Gaye, Abdou Fall, Moustapha Diakhaté, Me Elhadji Oumar Youm, Aymérou Gningue, Mamadou Lamine Thiam, Serigne Cheikh Bara Doly Mbacké, Aissatou Koulibaly, Modou Diagne Fada, Abdou Mbow et Me Aïssata Tall Sall, actuelle présidente de groupe parlementaire.

À travers cette prise de position collective, ces anciens responsables parlementaires entendent sonner l’alarme et rappeler que la démocratie sénégalaise s’est toujours construite sur la liberté de parole, la confrontation d’idées et le respect des opinions divergentes, valeurs qu’ils appellent à préserver coûte que coûte.

Détention de Malick Diop en Ukraine : Khadim Bamba Fall appelle à la retenue et rassure sur le suivi du dossier

Le coordonnateur des Bureaux d’Assistance aux Sénégalais de l’Extérieur (BAOS), Khadim Bamba Fall, a tenu à rassurer l’opinion publique sur la situation de Malick Diop, un jeune Sénégalais actuellement détenu en Ukraine. S’exprimant ce dimanche sur les ondes de Radio Sénégal Internationale (RSI), il a souligné que l’État du Sénégal suit le dossier avec une attention soutenue, tout en insistant sur les exigences et les contraintes propres à l’action diplomatique.

Selon Khadim Bamba Fall, la gestion de ce type de situation impose souvent une grande discrétion. Il a rappelé que l’efficacité diplomatique ne rime pas toujours avec la communication publique exhaustive. « La diplomatie ne consiste pas à tout dire publiquement, car certaines informations relèvent de procédures internes », a-t-il expliqué, appelant ainsi à la patience et à la compréhension des proches du détenu et de l’opinion nationale.

Le coordonnateur des BAOS a également mis en avant la complexité juridique du dossier, liée notamment au principe fondamental du respect de la souveraineté des États. Dans le cas précis de l’Ukraine, a-t-il indiqué, le Sénégal est tenu de composer avec les lois et les juridictions locales. Cette réalité impose l’activation des mécanismes consulaires et diplomatiques classiques, qui constituent le cadre légal et institutionnel d’intervention des autorités sénégalaises à l’étranger. « On ne peut pas imposer à un pays la libération d’un ressortissant par la force », a-t-il martelé, soulignant les limites objectives de l’action étatique hors de ses frontières.

Khadim Bamba Fall a toutefois tenu à réaffirmer l’engagement constant de l’État sénégalais en faveur de ses ressortissants vivant ou se trouvant à l’étranger. Il a assuré que chaque Sénégalais en difficulté bénéficie d’un suivi régulier et attentif de la part des services compétents. Concernant spécifiquement le cas de Malick Diop, il a insisté sur le sérieux avec lequel le dossier est traité, laissant entendre que des démarches sont en cours dans le strict respect des procédures diplomatiques et consulaires.

En appelant à la retenue et à la confiance, le coordonnateur des BAOS a voulu rassurer les familles et l’opinion publique, tout en rappelant que la diplomatie, souvent silencieuse, agit dans la durée et dans le cadre des règles internationales.

Bus incendiés après un accident mortel : l’AFTU et CAPTRANS tirent la sonnette d’alarme face à la montée des violences

L’Association de Financement des Professionnels du Transport Urbain (AFTU), en partenariat avec la Coopérative des Acteurs du Transport Urbain du Sénégal (CAPTRANS), est montée au créneau après les graves incidents survenus le 30 janvier 2026 entre 14 heures et 16 heures, à hauteur du croisement Patte d’Oie–Cambérène. Un bus assurant la desserte de la ligne 27 a été impliqué dans un accident mortel, un drame qui a rapidement dégénéré en une vague de violences ciblant les acteurs du transport urbain.

Dans un communiqué publié le 31 janvier, les deux structures ont exprimé leur profonde indignation face aux actes de vandalisme perpétrés à l’encontre de leur personnel, de leurs usagers et de leurs équipements. Tout en présentant leurs sincères condoléances à la famille de la victime, l’AFTU et CAPTRANS déplorent la tournure dramatique prise par les événements, qui ont largement dépassé le cadre de l’accident initial.

Selon les responsables, plusieurs actes graves ont été enregistrés sur les lieux et dans les environs. Un bus a été totalement incendié, tandis que d’autres véhicules, pourtant non impliqués dans l’accident, ont été saccagés. Des vitres ont été brisées, des agents agressés et blessés, et des cas de pillage signalés, notamment l’emport de bagages appartenant à des usagers. Des scènes de chaos qui, selon les deux organisations, témoignent d’un climat de plus en plus préoccupant autour du transport public.

L’AFTU et CAPTRANS soulignent que ce type d’attaques n’est malheureusement plus un fait isolé. Elles observent une recrudescence des agressions visant leurs travailleurs, leurs passagers et leur outil de travail, une situation qui menace directement la sécurité des personnes, la continuité du service public de transport et, plus largement, la mobilité urbaine dans l’agglomération dakaroise.

Face à cette escalade, les deux organisations condamnent avec la plus grande fermeté ces violences répétées et interpellent les autorités compétentes sur l’urgence d’agir. Elles appellent à la mise en place de mesures concrètes et durables pour assurer la protection des agents et des usagers, sécuriser les véhicules ainsi que les infrastructures de transport, et prévenir la répétition de tels actes.

Pour l’AFTU et CAPTRANS, il n’est plus acceptable que des accidents de la circulation, aussi tragiques soient-ils, débouchent systématiquement sur des représailles violentes qui exposent des travailleurs et des citoyens innocents, tout en occasionnant d’importants préjudices matériels. Elles estiment qu’une réponse ferme à l’encontre des auteurs de ces actes est indispensable pour restaurer l’autorité de l’État et dissuader de nouvelles violences.

En conclusion, les deux structures réaffirment leur disponibilité à travailler étroitement avec les autorités et l’ensemble des parties prenantes afin d’identifier et de mettre en œuvre des solutions durables. Leur objectif, disent-elles, est de préserver la paix sociale et de garantir aux populations leur droit fondamental de se déplacer en toute sécurité.

Soutien aux déplacés et réfugiés au Sénégal : la CEDEAO mobilise plus de 300 millions de FCFA pour une réponse humanitaire durable

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) vient de poser un acte fort en faveur des populations vulnérables vivant au Sénégal. Dans un élan de solidarité régionale, l’institution communautaire a officiellement lancé un programme d’assistance humanitaire d’un montant de 500 993 dollars, soit environ 305 millions de francs CFA, destiné aux réfugiés, aux personnes déplacées internes, aux apatrides ainsi qu’aux demandeurs d’asile présents sur le territoire sénégalais.

Cette initiative, mise en œuvre par l’État du Sénégal à travers la Commission nationale de réinsertion et de réhabilitation des personnes déplacées (CNRRPD), marque une nouvelle étape dans la prise en charge des défis liés aux déplacements forcés et aux crises humanitaires dans le pays. La cérémonie de lancement s’est tenue en présence de la Professeure Fatou Sow Sarr, Commissaire de la CEDEAO chargée du développement humain et des affaires sociales, entourée de plusieurs acteurs majeurs du secteur humanitaire.

Étaient notamment présents le Chef de Cabinet du Président de la République, également Président du CNRRPD, des représentants du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), ainsi que des délégués des communautés déplacées de Casamance et des réfugiés mauritaniens établis dans la vallée du fleuve Sénégal. Cette forte mobilisation institutionnelle traduit la volonté commune des autorités nationales et des partenaires régionaux et internationaux de coordonner leurs efforts pour apporter des réponses concrètes et durables aux besoins des personnes concernées.

Selon les responsables du programme, l’enveloppe allouée ne se limite pas à une assistance ponctuelle, mais s’inscrit dans une logique de solutions durables. Il s’agit, d’abord, de répondre aux besoins vitaux immédiats des bénéficiaires, notamment en matière d’alimentation, de santé, d’abris et d’accès aux services sociaux de base. Ensuite, le programme entend soutenir le développement de moyens de subsistance durables, afin de permettre aux réfugiés, déplacés et autres personnes vulnérables de retrouver une autonomie économique à travers des activités génératrices de revenus et des formations adaptées.

Un accent particulier est également mis sur la cohésion sociale. L’objectif est d’alléger la pression exercée sur les communautés d’accueil, souvent confrontées à leurs propres difficultés, et de promouvoir une coexistence pacifique entre populations hôtes et populations déplacées. Cette approche inclusive vise à prévenir les tensions sociales et à renforcer la solidarité au niveau local.

En réaffirmant son soutien au Sénégal, la CEDEAO rappelle son attachement au principe d’un développement humain inclusif, où aucune catégorie de population ne doit être laissée pour compte. Pour l’organisation sous-régionale, la gestion efficace des déplacements forcés constitue un enjeu majeur de stabilité, de paix et de développement durable dans l’espace ouest-africain.

Cette initiative vient ainsi renforcer les capacités nationales du Sénégal en matière de gestion des crises migratoires et humanitaires, tout en consolidant les liens de coopération et de fraternité entre les États membres de la CEDEAO. Elle représente, pour des milliers de personnes vivant dans des situations de grande vulnérabilité, un espoir renouvelé de retrouver dignité, sécurité et perspectives d’avenir.

Sébikhotane : les impactés du TER accentuent la pression et brandissent la menace d’actions contre les JOJ

La colère monte d’un cran à Sébikhotane. Réunis en grande mobilisation ce samedi 31 janvier 2026, les membres du Collectif des Impactés du Train Express Régional (TER) ont décidé de hausser le ton face au non-respect des engagements pris par l’État concernant leur indemnisation et leur recasement. Cette rencontre, tenue dans le département de Rufisque, a enregistré la présence de plusieurs personnalités, dont le député Guy Marius Sagna, le fondateur d’AfrikaJom Center, Alioune Tine, ainsi qu’Ahmet Ndoye.

À travers ce rassemblement, les impactés ont exprimé leur exaspération après près d’une décennie de lutte qu’ils estiment restée sans réponses concrètes. Pour eux, les promesses répétées des autorités successives n’ont jamais été suivies d’actes significatifs, plongeant de nombreuses familles dans une situation de grande précarité.

Prenant la parole devant une foule visiblement déterminée, le président du collectif, Macodou Fall, a averti que cette mobilisation n’est qu’un début. Selon lui, si l’État persiste dans ce qu’il qualifie d’« indifférence », les impactés n’hésiteront pas à intensifier leurs actions. « Cette mobilisation n’est qu’une ouverture. Si les autorités ne veulent pas qu’on ternisse l’image du Sénégal aux prochains Jeux Olympiques de la Jeunesse, elles n’ont qu’à régler ce problème. Nous allons organiser bientôt une série de manifestations, des marches et des sit-in », a-t-il martelé, sous les applaudissements.

Pour les membres du collectif, la tenue prochaine des JOJ au Sénégal constitue un levier de pression important afin d’obliger l’État à agir rapidement. Ils estiment injuste que le pays s’engage dans l’organisation d’événements internationaux de grande envergure alors que des milliers de citoyens affectés par un projet structurant comme le TER continuent de vivre dans l’incertitude.

Le coordonnateur des impactés du TER à Sébikhotane, Hamidou Diarra, est revenu sur la longueur et la pénibilité du combat. Il rappelle que les revendications datent de la première phase du projet, entamée il y a près de dix ans, et se sont poursuivies avec la deuxième phase. « Cela fait presque dix ans que nous courons derrière des promesses non tenues de l’État. Nous nous sommes aujourd’hui rassemblés ici à Sébikhotane parce que cette localité est un point focal du projet TER. La deuxième phase du tronçon Diamniadio-AIBD va bientôt démarrer, et nous voulons simplement alerter l’autorité pour qu’elle règle enfin les doléances que nous traînons depuis tout ce temps », a-t-il expliqué.

Hamidou Diarra a également dénoncé ce qu’il qualifie de mutisme des autorités. Selon lui, malgré plusieurs rencontres avec le nouveau directeur général de l’APIX, M. Bathily, les engagements pris ne sont jamais respectés. « Parfois, nous envoyons des courriers et nous n’avons aucun retour. Ce silence nous enfonce davantage dans la précarité », a-t-il déploré.

Les revendications des impactés portent notamment sur l’érection d’une gare et de passerelles à Sébikhotane, le paiement des pertes de revenus locatifs, l’indemnisation des détenteurs de titres fonciers, le relogement des propriétaires de terrains nus, l’octroi de surfaces agricoles accompagnées de mesures d’appui, les primes de vulnérabilité et d’accompagnement social, l’accélération des travaux sur les sites de recasement du Lac Rose et de Yéba, ainsi que la délivrance effective des titres de propriété.

Présent à la rencontre, le député Guy Marius Sagna a tenu à apporter son soutien aux impactés, estimant que leur combat est fondé. « Votre combat est juste et légitime. L’État doit vous indemniser. Même si d’autres autorités étaient en place au début de ce projet, l’État est une continuité. Il appartient aux nouvelles autorités d’assurer cette continuité et de régler ces problèmes. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que le gouvernement satisfasse vos revendications », a-t-il assuré.

Dans le même sens, le fondateur d’AfrikaJom Center, Alioune Tine, a soutenu que les populations impactées auraient dû être relogées et indemnisées avant même le démarrage des travaux du TER. Pour lui, le respect des droits des citoyens doit rester un principe fondamental dans la mise en œuvre de tout projet d’infrastructure.

Au total, près de 3 000 ménages auraient été impactés par le projet du TER. Plusieurs témoignages poignants ont été livrés lors de la mobilisation, illustrant l’ampleur des souffrances vécues. Awa Ndiaye, membre du collectif, affirme avoir été emprisonnée pour avoir réclamé son dû après la démolition de sa maison. Un autre impacté confie avoir été accusé à tort par sa propre famille d’avoir détourné une indemnisation qu’il n’a pourtant jamais reçue.

À Sébikhotane, la détermination des impactés est intacte. Pour eux, il ne s’agit plus seulement de promesses, mais d’actions concrètes et urgentes. Faute de quoi, préviennent-ils, leur lutte pourrait prendre une ampleur nationale et peser sur l’organisation des grands événements internationaux prévus au Sénégal.

Université Assane Seck Ziguinchor : le SAES déclenche un débrayage de 48 heures pour dénoncer retards de salaires et conditions de travail dégradées

À l’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ), le climat social se tend davantage. Le Syndicat Autonome des Enseignants du Supérieur (SAES), section locale, a annoncé un débrayage de 48 heures à compter de ce lundi 2 février 2026. Une grève d’avertissement motivée par des retards de salaires jugés récurrents, des conditions de travail précaires et le non-respect des promotions académiques obtenues par certains enseignants.

Selon le SAES, l’administration universitaire a une nouvelle fois failli à ses obligations salariales. Une situation qui, d’après les syndicalistes, n’est malheureusement pas inédite. « L’administration a encore récidivé après nous l’avoir fait en décembre dernier. À l’époque, nous avions dû attendre jusqu’au 5 janvier pour percevoir nos rémunérations », a dénoncé Moussa Diallo, membre de la section SAES de l’UASZ, au micro d’iRadio. Pour le syndicat, ces retards répétés traduisent une légèreté inacceptable face à ce qu’il considère comme un droit fondamental. « Le salaire est sacré. Aujourd’hui qu’ils remettent ça, nous aussi nous allons remettre ça. Le salaire est un dû », martèle le syndicaliste.

Au-delà de la question financière, les enseignants attirent l’attention sur la dégradation continue de leur environnement de travail. Les bureaux dits « Fessmann », constitués de conteneurs métalliques, cristallisent particulièrement le malaise. Victimes d’un vol de câbles survenu il y a près de cinq mois, ces espaces sont privés d’électricité, ce qui entraîne l’absence totale de climatisation. Une situation devenue insoutenable sous le soleil de Ziguinchor. « À partir de certaines heures de la journée, cela devient invivable », déplore Moussa Diallo.

Malgré les nombreuses alertes lancées par les enseignants, les travaux de réparation tardent à être engagés. Cette inertie administrative, selon le SAES, rend l’exercice des fonctions pédagogiques et de recherche quasiment impossible dans ces structures métalliques, et témoigne d’un manque d’urgence dans la prise en charge des conditions de travail du personnel enseignant.

Le mouvement d’humeur porte également sur la reconnaissance des carrières académiques. Plusieurs enseignants admis au concours du CAMES l’année dernière attendent toujours leur alignement administratif et financier. Ce retard, qui affecte directement leurs revenus et leur statut, pèse lourdement sur le moral des concernés. Pour le syndicat, il s’agit là d’un signal négatif envoyé à l’excellence et au mérite académique, pourtant au cœur de la mission universitaire.

Prévue pour les lundi 2 et mardi 3 février 2026, cette grève de 48 heures se veut un avertissement solennel. Le SAES parle clairement d’une « alerte » et prévient que, sans réaction rapide des autorités universitaires et de la tutelle, le mouvement pourrait s’intensifier. Salaires, infrastructures et carrières restent ainsi au centre des revendications, dans un contexte où les enseignants exigent des réponses concrètes et durables.

Le FDR dénonce des poursuites contre des journalistes et alerte sur une dérive autoritaire

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a vivement réagi aux convocations à la Sûreté urbaine de Dakar des journalistes Pape Ngagne Ndiaye et Doudou Wade, exprimant sa profonde indignation face à ce qu’il considère comme une atteinte grave aux libertés fondamentales. Dans une déclaration rendue publique, le mouvement dénonce une tendance inquiétante du pouvoir qu’il qualifie d’autoritaire et accuse les autorités de recourir à des auditions et poursuites ciblant des militants et des professionnels des médias pour de simples opinions exprimées.

Selon le FDR, ces convocations s’inscrivent dans un contexte plus large de restriction de l’espace démocratique. Le Front estime que le Sénégal est engagé sur une pente dangereuse, affirmant que le pays « chemine vers la catastrophe » si de telles pratiques venaient à se généraliser. Pour l’organisation, alerter l’opinion publique sur des dérives potentielles, qu’elles soient d’ordre religieux, sécuritaire ou sociétal, relève du devoir citoyen et journalistique et ne saurait, en aucun cas, constituer un délit.

Le communiqué insiste sur le fait que les citoyens et les journalistes qui expriment des inquiétudes ou relaient des analyses critiques agissent dans l’intérêt de la paix et de la stabilité nationales. À ce titre, le FDR considère qu’ils devraient être écoutés et pris au sérieux par les autorités, plutôt que convoqués ou inquiétés par des procédures qu’il juge intimidantes et dissuasives.

Sur le plan juridique, le Front pointe du doigt l’article 254 du Code pénal relatif aux délits d’opinion, qu’il estime incompatible avec les exigences d’une démocratie moderne et respectueuse des libertés publiques. Pour le FDR, l’application ou l’invocation de telles dispositions constitue une menace directe à la liberté d’expression et à la liberté de la presse, piliers essentiels de tout État de droit.

En conséquence, le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République exige l’arrêt immédiat de toutes les actions et procédures engagées contre Pape Ngagne Ndiaye et Doudou Wade. Il lance également un appel solennel à l’ensemble des citoyens, aux organisations de défense des droits humains et aux acteurs engagés pour les libertés publiques afin de se mobiliser contre ce qu’il considère comme une dérive autoritaire et une remise en cause des acquis démocratiques du Sénégal.

Falilou Keita, ce fils à maman dont la malpolitesse le dispute à l’incompétence!

Si son salaire de plusieurs millions de Directeur général de la CDC inversement proportionnel à son faible niveau de culture lui sont montés à la tête au point d’en faire un paragon de la malpolitesse, que Fallilou Keita comprenne que désormais ce sera du œil pour œil, dent pour dent. Tout le monde comprend la stratégie de base: masquer sa nullité, son incapacité technique et sa pauvreté intellectuelle par une vulgarité indécrottable. La Caisse des Dépôts et de Consignations que Falilou Keita dirige est un instrument stratégique important de soutien au financement des secteurs névralgiques de notre économie, depuis sa nomination parmi le personnel qui l’a vu arriver à la CDC comme stagiaire pistonné par sa mère alors Vérificateur générale de l’IGE qu’à fait Fallilou Keita, à la CDC depuis son installation? Rien, Nada, nothing! Falilou Keita est à défi de mettre son véritable curriculum vitae sur la place publique. Dans un processus d’appel à candidatures il aurait eu zéro chance! Falilou Keita tente de masquer ses limites intellectuelles qui sautent aux yeux de tout le monde par son impolitesse nauséabonde. Ce n’est qu’en politique que les logiques du mérite sont inversées, les nuls en haut et les compétents et méritants se font commander par eux! Que Falilou Keita sache que les kaolakois ne confieront jamais, nous disons bien jamais les rênes de leur mairie à un personnage de son accabit qui pense que politique rime avec vulgarité et insanités.

Les Jeunesses Mimi2024
de Kaolack

Kaolack – À Taïba Niassène, un souffle nouveau pour les structures de santé grâce à l’ONG Alfityanu

À Taïba Niassène, ce n’est pas un simple conteneur qui a été réceptionné, mais un véritable souffle d’espoir pour des structures sanitaires souvent confrontées à un déficit d’équipements essentiels. L’ONG Alfityanu Humanitaire International, fondée par Cheikh Mahi Alioune Cissé, a procédé à un important don de matériel médical destiné à renforcer les capacités de prise en charge des patients dans la région de Kaolack.

Acheminé grâce au soutien du partenaire américain Project CURE, le conteneur de 40 pieds renferme des lits d’hôpital, des bouteilles d’oxygène, des tables de consultation ainsi que des consommables médicaux indispensables. Autant d’équipements qui, sur le terrain, font la différence entre une prise en charge précaire et des soins dignes.

La cérémonie de réception s’est déroulée au centre de santé El Hadj Ibrahima Niass de Taïba Niassène, principal bénéficiaire du don, en présence des autorités sanitaires locales. Le timing revêt une portée particulière : cette action humanitaire a coïncidé avec la visite du ministre de la Santé et de l’Action sociale dans la localité, conférant à l’événement une dimension à la fois symbolique et opérationnelle.

Dans cette commune à forte affluence, notamment lors des grands rassemblements religieux, les besoins sanitaires sont permanents. « Chaque lit supplémentaire, chaque bouteille d’oxygène peut sauver une vie », confie un agent de santé, soulignant l’impact immédiat de ce geste solidaire.

Au-delà de Taïba Niassène, l’initiative a bénéficié à l’ensemble de la région. Le Centre hospitalier régional El Hadj Ibrahima Niass de Kaolack a reçu des lits et des cartons de consommables, tandis que les districts sanitaires de Kaolack et de Nioro du Rip ont vu leurs stocks renforcés. La clinique Shifa Al Ahsam de Médina Baye figure également parmi les structures bénéficiaires.

À travers cette opération, l’ONG Alfityanu s’affirme comme un maillon essentiel du système de santé local, apportant des réponses concrètes là où les besoins sont les plus urgents. Une action qui rappelle que, face aux défis sanitaires, la solidarité et l’engagement humanitaire demeurent des leviers puissants au service des populations.

Ziarra de Diakhao Saloum : El Hadji Ass Ndao félicité par le Khalife et la famille religieuse

Diakhao Saloum – À l’occasion de la ziarra annuelle de Diakhao Saloum, El Hadji Ass Ndao, opérateur économique et fils de Ndoucoumane, a été chaleureusement félicité, samedi, par le Khalife de Diakhao Saloum ainsi que par l’ensemble de la famille religieuse.

Fidèle talibé de feu El Hadji Abdoulaye Ndao, El Hadji Ass Ndao s’illustre depuis plus de trente ans par son engagement constant en faveur de la réussite de cet important événement religieux. Un dévouement unanimement salué par les autorités religieuses et les membres de la famille.

Cette année encore, il a mobilisé d’importants moyens logistiques et financiers, notamment pour l’installation des bâches, l’accompagnement du comité d’organisation, ainsi que l’encadrement et le soutien apportés à la famille religieuse.

À travers ce témoignage appuyé, El Hadji Ass Ndao a été reconnu comme un digne fils de Ndoucoumane, dont les actions ont largement contribué au rayonnement de l’éducation religieuse, en particulier à travers son soutien constant aux daaras à travers le Sénégal.

Fraude documentaire à Rosso : un individu déféré devant le parquet de Saint-Louis pour obtention indue de documents administratifs

L’Antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT), basée à Rosso, a déféré, ce vendredi 30 janvier 2026, un individu devant le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Saint-Louis. Il est poursuivi dans le cadre d’une affaire de fraude documentaire portant sur l’obtention illégale de documents administratifs sénégalais.

Le mis en cause fait face à de lourdes accusations, notamment pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux, complicité d’obtention indue de documents administratifs sénégalais, ainsi que faux en écritures publiques authentiques. Les faits ont été mis au jour à la suite d’un contrôle de routine effectué par les services de la DNLT, au cours duquel des documents administratifs jugés suspects ont été découverts.

Les premières vérifications ont conduit les enquêteurs à procéder à un recoupement avec des archives judiciaires datant de 2022. Ces investigations ont révélé que l’épouse du suspect, de nationalité étrangère, avait déjà été interpellée à l’époque pour des faits similaires. Une perquisition menée lors de cette précédente affaire avait permis la saisie de cinq actes d’état civil obtenus frauduleusement, renforçant ainsi les soupçons autour d’un réseau structuré de fraude.

Entendu par les enquêteurs, le principal suspect a reconnu avoir versé la somme de 50 000 francs CFA afin d’obtenir ces documents au profit de membres de sa famille, notamment son épouse et ses enfants. Selon ses déclarations, les démarches frauduleuses auraient été effectuées au niveau de la commune de Boké Dialloubé.

Poursuivant leurs investigations, les agents de la DNLT ont mis en évidence l’existence de plusieurs actes frauduleux inscrits dans les registres d’état civil couvrant différentes années, notamment 2000, 2015, 2018 et 2021. Interrogé à ce sujet, le secrétaire municipal concerné a reconnu avoir procédé à la transcription de ces actes sans exiger les pièces justificatives requises par la réglementation en vigueur, telles que les certificats d’accouchement ou les copies des cartes nationales d’identité des parents. Il a expliqué cette pratique par une volonté de faciliter les déclarations dans une zone où celles-ci demeurent peu fréquentes.

Toutefois, le secrétaire municipal a formellement nié avoir perçu une quelconque somme d’argent en contrepartie de ces transcriptions, une version contestée par le mis en cause, qui maintient avoir effectué le paiement. Des confrontations ont été organisées afin d’éclaircir ces divergences de déclarations.

À l’issue de ces échanges, il a été établi que l’officier d’état civil, signataire des registres concernés, n’était pas informé de la nationalité étrangère des bénéficiaires des actes frauduleux. Sur instruction du Parquet, ce dernier a été remis en liberté, aucune charge directe n’ayant été retenue contre lui à ce stade de la procédure.

Tensions Washington–Téhéran : entre signaux diplomatiques et menace militaire, le jeu trouble de Donald Trump

Alors que les tensions restent vives au Moyen-Orient, les relations entre les États-Unis et l’Iran semblent entrer dans une phase d’ambiguïté stratégique marquée par des signaux contradictoires. D’un côté, Téhéran affiche une volonté de privilégier la voie diplomatique pour éviter une escalade militaire ; de l’autre, Washington entretient volontairement le flou, laissant planer la menace d’une action armée tout en évoquant l’existence de discussions en cours.

Samedi 31 janvier, Donald Trump a affirmé sur la chaîne Fox News que des échanges étaient engagés entre les autorités iraniennes et américaines. Sans préciser la nature exacte de ces contacts ni leur cadre formel, le président américain a laissé entendre que le dialogue était réel, déclarant que « l’Iran nous parle » et ajoutant : « Nous verrons bien si nous pouvons faire quelque chose ». Il a insisté à plusieurs reprises sur le fait que des négociations étaient en cours, tout en rappelant la forte présence militaire des États-Unis dans la région, un message implicitement dissuasif à l’égard de Téhéran.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de pressions accrues autour du dossier nucléaire iranien. La veille, Donald Trump avait affirmé que l’Iran cherchait à « conclure un accord », tout en révélant avoir adressé un ultimatum aux dirigeants iraniens. Fidèle à sa stratégie de communication, le président américain a toutefois refusé d’entrer dans les détails, maintenant une posture d’incertitude calculée.

Face à cette rhétorique américaine, les autorités iraniennes ont adopté un ton plus apaisant. Samedi soir, le président Massoud Pezeshkian a estimé qu’un affrontement armé ne profiterait à aucune des parties. Selon lui, une guerre « ne serait dans l’intérêt ni de l’Iran, ni des États-Unis, ni de la région », soulignant les risques considérables qu’un conflit ferait peser sur la stabilité régionale déjà fragile. Cette prise de position s’inscrit dans une volonté affichée de désescalade, alors que l’Iran cherche à éviter une confrontation directe avec la première puissance militaire mondiale.

Malgré ces appels à la retenue, Donald Trump continue d’entretenir le flou sur les intentions réelles de Washington. Lors de son entretien avec Fox News, il a affirmé ne pas pouvoir partager ses plans, y compris avec les alliés traditionnels des États-Unis dans le Golfe. Invoquant des raisons de sécurité, il a expliqué que révéler sa stratégie serait « presque aussi grave » que de la dévoiler publiquement, voire pire. Cette déclaration alimente les inquiétudes quant à une possible décision unilatérale américaine, prise sans concertation régionale.

Depuis plusieurs jours, cette ambiguïté nourrit les spéculations diplomatiques et militaires. Entre signaux d’ouverture et démonstration de force, l’administration américaine semble jouer sur deux tableaux, cherchant à contraindre Téhéran à des concessions tout en évitant, du moins officiellement, un embrasement immédiat. Dans ce climat incertain, la région reste suspendue aux prochaines décisions de Washington et à la capacité des deux adversaires à transformer ces contacts informels en véritables négociations, susceptibles d’écarter le spectre d’un conflit aux conséquences potentiellement dévastatrices.

À Léona Niassène, le ministre Yankhoba Diémé plaide pour un accompagnement spirituel de la gouvernance

En marge de la traditionnelle Ziarra annuelle de Léona Niassène, rendez-vous religieux majeur de la confrérie niassène qui rassemble chaque année des milliers de fidèles, le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, a lancé un appel solennel aux hommes de foi afin qu’ils accompagnent, par leurs prières, les nouvelles autorités politiques dans leurs missions de gouvernance et de développement.

Au cœur de la 114ᵉ édition de la Ziarra de Léona Niassène, célébrée dans une ferveur spirituelle intense à Kaolack, le ministre s’est exprimé devant une forte délégation de dignitaires religieux et de talibés. Il a souligné le rôle central des guides religieux dans la construction d’une société harmonieuse, rappelant que leurs prières et leurs intercessions constituent des sources essentielles d’unité nationale, de cohésion sociale et de soutien moral pour les responsables politiques récemment investis.

« Nous sommes rassemblés aujourd’hui non seulement pour honorer notre tradition religieuse, mais aussi pour implorer les bénédictions du Tout-Puissant et des sages religieux pour la réussite de notre mission commune au service du peuple sénégalais », a déclaré Yankhoba Diémé. Dans un contexte où religion et engagement civique sont étroitement liés, cette démarche vise à consolider les relations entre autorités politiques et acteurs religieux, tous considérés comme des piliers de la stabilité et de la paix sociale.

Moment fort de spiritualité et de recueillement, la Ziarra annuelle a également servi de cadre symbolique pour réaffirmer l’importance des valeurs religieuses dans la vie sociale sénégalaise. Dédiée à Mame Khalifa Niass, figure emblématique de la confrérie niassène, la cérémonie a réuni des fidèles venus de différentes régions du Sénégal ainsi que de l’étranger, illustrant l’influence durable des confréries dans la vie religieuse et sociale du pays.

Des prières collectives, des invocations et des moments de méditation ont ponctué la journée, témoignant de l’attachement profond des participants à leurs traditions spirituelles. Pour de nombreux fidèles, l’appel du ministre à la prière symbolise un pont entre la foi et l’action politique, où la quête de paix, de justice et de prospérité collective trouve dans la religion un appui moral déterminant.

Si la Ziarra de Léona Niassène demeure avant tout un rassemblement spirituel, elle constitue également un espace d’échanges et de dialogue autour des défis contemporains auxquels le Sénégal est confronté. En sollicitant les bénédictions des guides religieux, les autorités politiques entendent renforcer leur légitimité morale et susciter un climat de confiance auprès des populations, dans la perspective d’une gouvernance inclusive, fondée sur les valeurs religieuses et citoyennes.

Justice militaire : 220 militaires et paramilitaires prêtent serment devant le TGI hors classe de Dakar

Une cérémonie solennelle de prestation de serment s’est tenue le vendredi 30 janvier 2026 devant le Tribunal de Grande Instance hors classe de Dakar. Au total, 220 militaires et paramilitaires ont officiellement prêté serment pour exercer en qualité d’assesseurs, de défenseurs, de greffiers et de commis-greffiers au sein de la justice militaire. L’information a été rendue publique par le colonel Ibrahima Ndiaye, chef de la Division communication et des relations publiques de la Gendarmerie nationale.

Conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur, ces personnels étaient tenus de prêter serment avant toute entrée en fonction et à l’ouverture de leur première audience, dans la forme strictement prescrite par la loi. La cérémonie s’est déroulée devant cette juridiction ordinaire à formation spéciale, compétente en matière de justice militaire.

La séance a été ouverte par le Président du Tribunal militaire, qui a rappelé l’objet et la portée de la rencontre, avant de donner la parole au Procureur de la République. Dans son réquisitoire, ce dernier a insisté sur le caractère fondamental et solennel de la prestation de serment, acte fondateur de l’engagement des futurs assesseurs et défenseurs. Il a tenu à rassurer le Président de la juridiction quant au sens élevé de l’honneur, du devoir et de la responsabilité qui anime ces militaires et paramilitaires appelés à contribuer à l’administration de la justice.

Le représentant du Bâtonnier de l’Ordre des Avocats est ensuite intervenu pour rappeler le rôle central de la juridiction militaire dans l’architecture judiciaire nationale. Il a particulièrement insisté sur l’exigence du respect scrupuleux des droits de la défense, pilier essentiel de tout procès équitable, y compris dans le cadre spécifique de la justice militaire.

Reprenant la parole, le Président de l’audience a mis l’accent sur le rôle primordial des assesseurs et jurés, appelés à statuer exclusivement conformément aux lois et en toute indépendance. Il a précisé que leurs voix sont délibératives au même titre que celles des magistrats professionnels et qu’ils sont strictement tenus au secret professionnel, tel que prévu par l’article 63 du Code pénal sénégalais.

À l’issue des différentes interventions, le tribunal a procédé à l’appel des différents corps, par ordre de préséance, pour la réception formelle du serment des personnels concernés, marquant ainsi leur entrée officielle dans leurs nouvelles fonctions judiciaires.

Le décret du 15 février 2024 : l’acte discret qui a rétabli Pastef et ouvert la voie à l’alternance

Parmi les enseignements majeurs livrés lors de la présentation du livre de Me Sidiki Kaba, vendredi dernier, une révélation est passée presque inaperçue dans le débat public, alors qu’elle constitue l’un des actes politiques les plus déterminants de l’histoire récente du Sénégal. L’ancien Premier ministre a rappelé l’existence du décret numéro 2024-830 du 15 février 2024, portant abrogation du décret 2023-1407 du 31 juillet 2023, texte par lequel le parti Pastef avait été dissous et mis hors la loi. Par cet acte réglementaire, Pastef retrouvait officiellement son existence légale, ouvrant ainsi la voie à sa participation au processus électoral de 2024.

Selon Me Sidiki Kaba, ce décret a joué un rôle central dans la dynamique politique qui a conduit à l’issue des élections. Il a permis non seulement l’organisation d’une campagne électorale inclusive, mais surtout la reconnaissance juridique et institutionnelle du parti qui allait finalement remporter le scrutin. « C’est ce décret qui a permis une campagne victorieuse, qui leur a permis d’avoir la légitimité », a-t-il souligné, insistant sur le caractère décisif de cette décision dans la restauration de la normalité démocratique.

L’ancien Garde des Sceaux inscrit cet acte dans une séquence plus large de décisions qu’il qualifie de « gestes républicains » posés par le président sortant Macky Sall durant la transition politique de 2024. Déjà, en juillet 2023, l’annonce officielle de sa renonciation à un troisième mandat avait marqué un tournant majeur, mettant fin à de longues controverses et apaisant une partie des tensions politiques et sociales. La décision de rétablir dans la légalité le principal parti d’opposition, pourtant destiné à lui succéder au pouvoir, s’inscrit dans cette même logique de responsabilité institutionnelle.

Pour Me Sidiki Kaba, ce choix n’était ni anodin ni contraint. Il répondait à une volonté assumée de garantir un cadre électoral ouvert, transparent et équitable, conformément aux principes fondamentaux de la République. En rétablissant Pastef dans ses droits, Macky Sall a, selon lui, accepté le risque politique au nom de la stabilité du pays et du respect du jeu démocratique. « C’est repartir pour laisser un pays en paix », a-t-il résumé, évoquant un souci de transmission pacifique du pouvoir et de préservation de la cohésion nationale.

Cette révélation éclaire d’un jour nouveau la transition sénégalaise de 2024. Elle rappelle que, derrière les affrontements politiques et les tensions de l’époque, des décisions institutionnelles majeures ont été prises dans l’ombre, mais ont pesé lourdement sur le cours de l’histoire. Le décret du 15 février 2024 apparaît ainsi comme un acte fondateur, discret mais décisif, qui a permis à la démocratie sénégalaise de s’exprimer pleinement et d’aboutir à une alternance reconnue par tous.

Dakar poursuit la décolonisation symbolique de son espace public : l’Avenue Jean Jaurès rebaptisée Avenue Thierno Saïd Nourou Tall

La dynamique de rebaptisation des rues et avenues de Dakar se poursuit, inscrivant davantage la capitale sénégalaise dans une volonté affirmée de réappropriation de son histoire et de son identité. Après une première vague de changements opérée en octobre 2025, une nouvelle étape sera franchie ce dimanche 1er février 2026 avec le changement de nom de l’ancienne Avenue Jean Jaurès, l’un des axes emblématiques du centre-ville.

Désormais, cette artère portera le nom d’Avenue Thierno Saïd Nourou Tall, figure éminente de la Famille Omarienne. Petit-fils de Cheikh Oumar Al Foutiyou Tall, Thierno Saïd Nourou Tall est présenté comme l’héritier de l’époque moderne de cette grande lignée spirituelle et intellectuelle qui a profondément marqué l’histoire religieuse, sociale et politique de l’Afrique de l’Ouest. Dans un communiqué officiel, la Famille Omarienne inscrit cette décision dans une logique de « décolonisation de notre Nation », soulignant la portée symbolique et mémorielle de ce changement.

La cérémonie officielle de rebaptisation est prévue ce dimanche à 14h30 au rond-point de Sandaga, un lieu hautement symbolique de la vie économique et sociale dakaroise. L’événement se déroulera sous la bénédiction du Khalife Général de la Famille Omarienne, Thierno Bachir Tall, garant de la continuité spirituelle de la confrérie, et sous l’égide de Thierno Madani Mountaga Tall, Serviteur de la Famille Omarienne. La présence de ces autorités religieuses confère à la cérémonie une dimension à la fois spirituelle, historique et nationale.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des décisions prises en septembre 2025 par le Conseil municipal de Dakar-Plateau, qui avait approuvé à l’unanimité un vaste programme de rebaptisation de rues, avenues et boulevards de la commune. L’objectif affiché était alors de rendre hommage à des personnalités emblématiques de l’histoire et de l’identité sénégalaise, issues aussi bien des sphères religieuses que politiques, militaires et communautaires, notamment au sein de la communauté léboue.

Le 5 octobre 2025, le maire de Dakar-Plateau, Alioune Ndoye, avait justifié cette démarche en soulignant la nécessité de célébrer la mémoire nationale à travers l’espace urbain. Selon lui, ces rebaptisations constituent « un hommage vibrant à la richesse de notre héritage culturel, historique et spirituel », tout en permettant aux générations actuelles et futures de mieux s’identifier aux figures qui ont façonné le Sénégal.

À Kaolack, Elhadji Malick Diallo sonne l’heure de l’unité et de la discipline politique

Coordonnateur du mouvement Mimi2024 à Kaolack et membre actif de la coalition Diomaye Président, Elhadji Malick Diallo est monté au créneau pour s’exprimer sur la dynamique interne de la coalition, mais aussi sur la situation socio-économique jugée préoccupante de la région de Kaolack.

S’exprimant lors d’une déclaration publique tenue en marge d’une rencontre politique, Elhadji Malick Diallo a insisté sur la nécessité de renforcer la cohésion et la discipline au sein de la coalition Diomaye Président, qu’il considère comme un cadre stratégique essentiel à la réussite du projet politique porté par le nouveau pouvoir. Selon lui, les divergences internes ne doivent en aucun cas affaiblir l’élan collectif ni détourner les militants des objectifs fondamentaux.

« La coalition doit rester unie, structurée et tournée vers l’essentiel : répondre aux attentes des populations »,

a-t-il déclaré, appelant les responsables politiques locaux à faire preuve de responsabilité, de maturité et de dépassement de soi.

Abordant la situation spécifique de Kaolack, Elhadji Malick Diallo a dressé un tableau sans complaisance des difficultés auxquelles sont confrontées les populations, notamment en matière d’emploi des jeunes, d’assainissement, d’infrastructures et d’accès aux services sociaux de base. Il a estimé que la région, malgré son fort potentiel économique et commercial, continue de souffrir d’un déficit d’investissements et d’un manque de politiques publiques adaptées.

Pour le coordonnateur de Mimi2024, Kaolack doit désormais être placée au cœur des priorités de l’action gouvernementale. À ce titre, il a invité les autorités issues de la coalition à accélérer la mise en œuvre de projets structurants capables d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.

En conclusion, Elhadji Malick Diallo a réaffirmé l’engagement de son mouvement à accompagner la coalition Diomaye Président dans la consolidation du pouvoir et la traduction concrète des promesses politiques, tout en restant à l’écoute des préoccupations des citoyens de Kaolack.

La FSF renonce à faire appel des sanctions de la CAF et choisit l’apaisement

La Fédération sénégalaise de football (FSF) a officiellement annoncé, ce samedi, qu’elle ne fera pas appel des sanctions sportives et financières prononcées à son encontre par la Confédération africaine de football (CAF). L’information a été rendue publique à travers un communiqué officiel, mettant un terme à la controverse née après la décision du Jury disciplinaire de l’instance continentale.

Trois jours après les sanctions infligées au sélectionneur national Pape Bouna Thiaw, ainsi qu’aux internationaux Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr, la FSF indique « prendre officiellement acte de la décision rendue le 28 janvier 2026 » par la CAF. Cette décision ne concerne pas uniquement les acteurs sportifs, mais vise également l’instance dirigeante du football sénégalais, frappée par une lourde amende financière.

Dans son communiqué, la Fédération précise avoir fait le choix délibéré de ne pas engager de procédure d’appel, estimant nécessaire de clore le volet juridique de ce dossier. « La FSF confirme qu’elle assume l’entière responsabilité financière relative aux amendes infligées à son association, à son encadrement technique ainsi qu’à ses joueurs », souligne le document. Par cette prise de position, l’instance fédérale entend éviter l’enlisement dans un contentieux disciplinaire long et potentiellement préjudiciable.

Au-delà de l’aspect financier et juridique, cette décision traduit une volonté claire d’apaisement. La FSF souhaite recentrer l’attention sur l’essentiel, à savoir la continuité des activités sportives et la préparation des prochaines échéances de l’équipe nationale. Dans un calendrier déjà chargé et à l’approche de rendez-vous majeurs pour les Lions, la Fédération privilégie la stabilité et la sérénité autour du groupe national.

Ce choix s’inscrit également dans une logique institutionnelle. En renonçant à l’appel, la FSF entend préserver des relations de travail stables avec la CAF, dans un contexte continental encore marqué par de fortes tensions à la suite de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Pour Dakar, il s’agit d’éviter une confrontation prolongée avec l’instance continentale, tout en maintenant une posture responsable et constructive.

Pour autant, la Fédération sénégalaise de football ne se résigne pas totalement. Tout en acceptant la décision disciplinaire, l’instance dirigée par Abdoulaye Fall réaffirme « sa détermination à défendre ses droits et intérêts légitimes au sein des instances dirigeantes du football ». Une manière de rappeler que le Sénégal restera vigilant quant au respect de ses droits et à l’équité des décisions, sans pour autant raviver un dossier que la FSF considère désormais clos sur le plan disciplinaire.

Éducation à Kaffrine : la COSYDEP veut documenter l’impact de l’état civil sur la qualité des apprentissages

À Kaffrine, la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP) ambitionne de renforcer la gouvernance du système éducatif en s’attaquant à une problématique souvent sous-estimée : l’impact de l’état civil sur la qualité des apprentissages.

Annonçant la prochaine mise en place d’un observatoire local de la qualité de l’éducation, le directeur exécutif de la COSYDEP, Cheikh Mbow, a souligné la nécessité de disposer de données fiables, pertinentes et contextualisées pour mieux orienter les politiques éducatives. Cet outil vise à documenter les obstacles liés à l’absence ou à l’irrégularité des actes d’état civil, des situations qui entravent l’accès à l’école, fragilisent la continuité des parcours scolaires et compromettent la réussite des apprenants.

L’observatoire se veut également un véritable instrument d’aide à la décision. Il produira des analyses exploitables par les autorités éducatives, les collectivités territoriales et les organisations de la société civile. Il constituera par ailleurs un cadre de réflexion et d’expérimentation pour proposer des solutions adaptées aux réalités locales, notamment en faveur des enfants issus des couches sociales les plus vulnérables.

Cette annonce a été faite à l’issue d’une session de renforcement de capacités consacrée à l’égalité de genre et à l’inclusion sociale (GESI), organisée par la COSYDEP en collaboration avec les acteurs du système éducatif régional. Présente à la rencontre, la coordinatrice régionale de la COSYDEP à Kaffrine, Aissatou Sanou Gaye, a insisté sur l’importance d’une compréhension partagée de ces concepts pour garantir une éducation plus équitable et inclusive.

À travers cette initiative, la COSYDEP réaffirme son engagement en faveur d’une éducation de qualité, fondée sur l’équité, l’inclusion et une meilleure prise en compte des déterminants sociaux, parmi lesquels l’état civil demeure un maillon essentiel.

Mercato : Cheikh Tidiane Sabaly, le pari américain qui divise

Vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations avec le Sénégal, Cheikh Tidiane Sabaly pourrait être à l’aube d’un tournant décisif de sa carrière. À quelques heures de la clôture du mercato hivernal, l’ailier du FC Metz est annoncé sur le départ, avec une destination pour le moins inattendue : la Major League Soccer (MLS). Une orientation qui suscite interrogations et débats, tant elle tranche avec la trajectoire européenne jusque-là suivie par l’international sénégalais.

Formé à Génération Foot, référence incontournable dans la formation des talents sénégalais, Cheikh Tidiane Sabaly a rejoint le FC Metz en 2018. Depuis son arrivée en Lorraine, il a connu une progression régulière, s’adaptant aux exigences du football français et gagnant en maturité au fil des saisons. Sans toujours être un titulaire indiscutable, il s’est imposé comme un élément fiable de l’effectif messin, souvent utilisé comme joker offensif. Sa percussion sur les ailes, sa discipline tactique et son expérience ont fait de lui un joueur apprécié par les différents staffs techniques.

La saison en cours pouvait d’ailleurs représenter une étape clé dans son parcours. Dans un championnat européen compétitif, une deuxième partie de saison réussie avec Metz aurait pu lui permettre de consolider son statut et, surtout, d’attirer l’attention de clubs plus ambitieux sur le continent. À 26 ans, âge généralement considéré comme celui de la pleine maturité pour un ailier, la continuité en Europe semblait constituer une option logique pour franchir un palier supplémentaire.

Sur le plan international, Cheikh Tidiane Sabaly sort également renforcé. Lors de la CAN 2025 disputée au Maroc, il a tenu son rang sous le maillot des Lions de la Teranga. Sans occuper un rôle de premier plan, il a apporté sa contribution en sortie de banc tout au long de la compétition, participant activement au sacre final du Sénégal. Ce titre continental constitue une ligne de plus à son palmarès et renforce sa valeur sur le marché des transferts.

C’est dans ce contexte plutôt favorable que l’information révélée par Foot Mercato a surpris plus d’un observateur. Selon le média spécialisé, Sabaly serait proche de quitter le FC Metz pour rejoindre une formation de Major League Soccer, dont l’identité n’a pas encore filtré. Un choix qui rompt avec sa trajectoire européenne, au moment même où il semblait encore capable de viser plus haut sportivement.

Certes, la MLS attire de plus en plus de joueurs internationaux, séduits par des conditions financières attractives, des infrastructures modernes et une visibilité en nette progression. Toutefois, sur le plan purement compétitif, le championnat nord-américain reste souvent perçu comme moins exigeant que les grandes ligues européennes. Pour un joueur de 26 ans, encore en plein prime, un départ d’Europe à ce stade peut apparaître comme un pari audacieux, voire risqué pour la suite de sa carrière sportive.

L’argument stratégique n’est cependant pas à écarter. Les États-Unis, le Canada et le Mexique accueilleront la Coupe du monde 2026, une compétition à laquelle le Sénégal ambitionne de prendre part. Évoluer en MLS pourrait permettre à Cheikh Tidiane Sabaly de se familiariser avec l’environnement nord-américain, les conditions climatiques, les infrastructures et le rythme du football local, à un peu plus d’un an de cette échéance majeure.

Transition en Guinée-Bissau : la CEDEAO salue des avancées vers un retour à l’ordre constitutionnel

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a publié un communiqué officiel concernant la situation politique en Guinée-Bissau, saluant les récentes mesures prises par les autorités de transition du pays. L’organisation régionale estime que ces initiatives vont dans le sens d’un climat politique plus inclusif et d’un retour progressif à l’ordre constitutionnel.

Selon la CEDEAO, ces développements ont été portés à son attention à travers une lettre du Général de division Horta INTÁ, président de la transition, adressée au président sierra-léonais Julius Maada Bio, également président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation, en date du 29 janvier 2026.

Dans cette correspondance, les autorités bissau-guinéennes ont détaillé plusieurs mesures majeures. Il s’agit notamment de la formation d’un gouvernement de transition inclusif, avec l’attribution de trois portefeuilles ministériels au PAIGC ainsi qu’au groupe politique dirigé par Fernando Dias Da Costa. Dix représentants issus de ces deux camps politiques ont également été nommés au Conseil national de transition.

Autre annonce importante : la libération de l’ensemble des prisonniers politiques. La CEDEAO note également une amélioration des conditions de détention de Domingos Simões Pereira, président du PAIGC, qui a été transféré de la prison centrale à une assignation à résidence. Les autorités ont par ailleurs retiré leur demande de départ de la Mission de soutien à la stabilisation de la CEDEAO en Guinée-Bissau (ESSMGB).

L’organisation sous-régionale exhorte l’ensemble des parties prenantes à poursuivre la collaboration afin de garantir une transition pacifique et crédible, devant aboutir à des élections démocratiques. Elle insiste également sur la nécessité d’une libération complète et effective de Domingos Simões Pereira, ainsi que sur la protection des droits et libertés fondamentaux de tous les citoyens.

Réaffirmant son soutien indéfectible au peuple de la Guinée-Bissau, la CEDEAO se positionne ainsi comme un acteur clé dans l’accompagnement du processus de stabilisation politique du pays.

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