Le député Abdou Mbow appelle le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à « prendre ses responsabilités » face à l’éventualité d’un rejet de la loi de finances rectificative (LFR). Invité de l’émission « L’Invité de MNF », le parlementaire a défendu le recours aux pouvoirs exceptionnels du chef de l’État, estimant qu’un blocage budgétaire pourrait compromettre le fonctionnement des institutions. Il avance notamment la possibilité de suspendre le fonctionnement de l’Assemblée nationale dans l’attente d’une éventuelle dissolution.
La perspective d’un rejet de la LFR suscite des prises de position dans le paysage politique sénégalais. Au cours de son intervention dans « L’Invité de MNF », Abdou Mbow a exprimé ses inquiétudes quant aux conséquences d’un éventuel refus du texte budgétaire par les députés. Pour lui, une telle situation risquerait de plonger le pays dans une impasse institutionnelle et nécessiterait une réaction du président de la République.
« Pour moi, le président de la République doit aujourd’hui prendre ses responsabilités », a déclaré le député, appelant ainsi Bassirou Diomaye Faye à envisager les moyens d’action qu’il estime prévus par les dispositions relatives aux pouvoirs exceptionnels.
Dans son argumentaire, Abdou Mbow établit un lien direct entre le rejet éventuel de la loi de finances rectificative et le blocage du fonctionnement de l’État. « Quand l’Assemblée nationale dit qu’elle veut rejeter la LFR, le pays est bloqué », a-t-il affirmé. Une déclaration qui traduit sa volonté de faire du différend autour du texte budgétaire une question majeure de fonctionnement des institutions.
Le parlementaire ne s’est toutefois pas limité à appeler le chef de l’État à intervenir. Il a également développé sa propre interprétation de l’étendue des prérogatives présidentielles en cas de crise institutionnelle. Selon lui, même si la dissolution de l’Assemblée nationale est interdite dans le cadre juridique qu’il évoque, une suspension de son fonctionnement pourrait néanmoins être envisagée.
« Tu ne peux pas dissoudre l’Assemblée, mais tu peux suspendre l’Assemblée nationale », a-t-il soutenu.
Pour défendre cette lecture, Abdou Mbow s’appuie sur la possibilité, selon son interprétation, pour le président de la République de prendre « toute mesure » face à une menace pesant sur les institutions. Il considère ainsi que l’interdiction explicite de dissoudre immédiatement l’Assemblée nationale ne ferait pas nécessairement obstacle à une suspension temporaire de ses activités.
Le député envisage cette mesure comme une solution transitoire, qui permettrait au chef de l’État de suspendre le fonctionnement du Parlement jusqu’à ce que les conditions d’une dissolution soient réunies. « Suspendre le fonctionnement de l’Assemblée nationale jusqu’à ce qu’il ait la possibilité de la dissoudre », a-t-il avancé pour expliquer le scénario qu’il défend.
Abdou Mbow a également évoqué le calendrier d’une éventuelle dissolution, citant notamment le mois de décembre. Il a toutefois estimé que cette décision pourrait intervenir à une autre échéance, selon les circonstances et les choix du président de la République. « Il peut la dissoudre en décembre, comme il peut la dissoudre après. Parce que ça dépend de lui », a-t-il déclaré.
À travers cette intervention, le député défend donc une réponse politique et institutionnelle forte à l’éventualité d’un rejet de la LFR. Son argumentation repose sur l’idée qu’un blocage budgétaire pourrait justifier l’activation de pouvoirs exceptionnels et, dans sa lecture, une suspension temporaire du fonctionnement de l’Assemblée nationale.






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