Renouvellement et Expertise : Le Président de la République Opère une Vaste Vague de Nominations dans les Secteurs Stratégiques

Ce mercredi, le Président de la République a procédé à une série de nominations touchant plusieurs secteurs clés de l’administration et des entreprises publiques, marquant une volonté manifeste de renforcer l’expertise technique et le leadership au sein des instances stratégiques du pays. Ces mesures individuelles interviennent dans des domaines allant de la sécurité aéroportuaire à la gestion de l’habitat social, en passant par le secteur de l’énergie et l’éducation.

Dans le domaine de la sécurité et des affaires étrangères, le Conseil de Surveillance de la Haute Autorité des Aéroports du Sénégal connaît un changement à sa tête. Le Colonel à la retraite Tabasky Diouf succède ainsi à Babacar Diagne, apportant son expérience militaire et stratégique à la gouvernance aéroportuaire. Parallèlement, le Centre National d’Action Antimines au Sénégal change également de direction avec l’arrivée de Salomon Diedhiou, expert reconnu en audit et contrôle de gestion, qui prend la place de Papa Maguèye Diop. Ces mouvements reflètent la volonté de l’exécutif d’associer rigueur et expertise technique dans la gestion des infrastructures critiques.

Le secteur de l’énergie, pilier du développement économique national, voit également son Conseil d’administration renouvelé. Mamané Djitte, magistrat de formation, est nommé président, tandis qu’Assane Ndir, inspecteur principal du Trésor, occupe désormais le poste d’administrateur. Ils remplacent respectivement Meïssa Diakhate et Théophile Edouard Amine, avec l’objectif de renforcer la gouvernance et le suivi des projets énergétiques stratégiques.

Les transports et l’urbanisme connaissent eux aussi un réaménagement important. Abdoul Aziz Mbodji, enseignant-chercheur, prend la présidence du Conseil d’Administration de la société AIBD SA, succédant à Pape Abdourahmane Dabo, qui est, quant à lui, promu à la Direction générale de la SN HLM pour remplacer Bassirou Kebe. Ces mouvements témoignent d’une volonté de renouveler les équipes dirigeantes tout en assurant la continuité dans les grands projets d’infrastructure et d’urbanisme. Au sein du ministère de l’Urbanisme, le poste de Directeur de l’Architecture est désormais occupé par l’architecte El Hadji Mamadou Gueye, en remplacement de Catherine Marie Thérèse Faye partie à la retraite, renforçant ainsi le volet technique des projets urbains et architecturaux.

Enfin, le secteur de l’éducation nationale voit le renforcement de ses services techniques avec la nomination de Pape Abdou Dia au poste de Directeur de la Maintenance des Constructions scolaires. Cet ingénieur en génie civil prend en charge une fonction jusqu’ici vacante, témoignant de la priorité accordée par l’État à la qualité et à la pérennité des infrastructures éducatives.

Ces nominations révèlent une volonté claire de l’exécutif de conjuguer expertise technique et leadership stratégique dans la conduite des grands chantiers de l’État, plaçant les compétences professionnelles au cœur de la gouvernance publique.

Ousmane Sonko mise sur la filière Peaux et Cuirs pour renforcer la souveraineté industrielle du Sénégal

Le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment placé la souveraineté industrielle au cœur de ses priorités lors du dernier Conseil des ministres, en présentant en détail le Plan spécial d’Investissement et de Financement (2026-2028). Le chef du gouvernement a identifié la filière Peaux et Cuirs comme un levier stratégique de l’Agenda national de Transformation, soulignant l’importance de valoriser les ressources locales pour stimuler l’économie nationale.

Le Sénégal dispose d’un cheptel national important, mais la transformation des peaux reste encore marginale. Selon les données communiquées, plus de 70 % des peaux sénégalaises sont exportées à l’état brut, tandis que le taux de transformation locale ne dépasse pas les 5 %. Pour Ousmane Sonko, cette situation représente une fuite considérable de valeur ajoutée et l’existence de circuits informels d’exportation constitue un frein à l’émergence d’une véritable industrie nationale.

Le Premier ministre ambitionne de révolutionner la filière à l’horizon 2034, avec la création de plus de 130 000 emplois formels et un chiffre d’affaires projeté de 1 549 milliards de FCFA. La vision gouvernementale s’étend au développement d’industries de pointe dans des secteurs variés, tels que la maroquinerie, l’ameublement et même l’habillage intérieur automobile, mettant l’accent sur la création d’un tissu industriel intégré et compétitif.

Pour concrétiser cette ambition, les régions du Centre et de l’Ouest ont été désignées comme les pôles industriels du cuir. Ousmane Sonko a donné des instructions précises aux ministres concernés pour mobiliser les partenariats public-privé et implanter des Zones économiques spéciales dédiées, afin de bâtir d’ici 2050 un écosystème industriel complet, allant du tannage à la commercialisation internationale des produits finis.

Cette stratégie illustre la volonté du gouvernement de transformer une filière longtemps marginalisée en un secteur économique structurant, capable de générer des emplois, de retenir la valeur ajoutée au Sénégal et de positionner le pays comme un acteur compétitif sur le marché international du cuir.

Libération de l’influenceur Niang Kharagne Lo après le désistement de la plaignante

L’influenceur et snappeur Niang Kharagne Lo, également connu sous le nom d’Alioune Niang, est désormais libre. Sa remise en liberté intervient après le dépôt d’une lettre de désistement par la plaignante, Aminata Diallo, mettant fin à une affaire qui avait retenu l’attention médiatique ces derniers jours.

Selon des sources de Seneweb, Niang Kharagne Lo a pu regagner son domicile peu après cette décision. L’influenceur était sous le coup d’une interdiction de sortie du territoire national, émise par la Brigade de recherches (BR) de Faidherbe, mesure qui avait été mise en place dans le cadre de l’enquête ouverte pour diffusion d’images intimes.

Pour rappel, l’influenceur avait été arrêté ce mercredi à l’aéroport international Blaise Diagne de Diass alors qu’il revenait d’un voyage à l’étranger. Il avait ensuite été conduit à la BR de Faidherbe pour les besoins de l’enquête. Toutefois, la démarche de désistement de la plaignante a entraîné sa libération immédiate, mettant fin à la procédure judiciaire le concernant.

Cet épisode souligne à nouveau la sensibilité des affaires liées à la diffusion d’images intimes et l’impact déterminant que peut avoir le désistement d’une partie plaignante sur la suite judiciaire. Niang Kharagne Lo retrouve désormais sa liberté et pourra reprendre ses activités, après plusieurs jours de tension médiatique et judiciaire.

Habib Beye prend les rênes de l’Olympique de Marseille : un retour chargé de symboles

C’est désormais officiel : Habib Beye débarque à Marseille ce soir, marquant un tournant décisif dans la saison de l’Olympique de Marseille. Selon les informations de RMC Sport, l’ancien international sénégalais sera présenté officiellement demain avant de prendre immédiatement les commandes de l’équipe première.

À peine arrivé, le technicien ne perdra pas de temps. Après sa présentation, il dirigera sa première séance d’entraînement, histoire d’imposer rapidement sa patte et de mobiliser un vestiaire en quête de repères. Le timing est serré : dès vendredi soir, il sera déjà sur le banc pour sa grande première face au Stade Brestois 29. Ce baptême du feu s’annonce intense pour celui qui connaît parfaitement la maison marseillaise. Ancien défenseur de l’OM, Beye revient dans un contexte exigeant, avec la mission claire de redonner souffle et ambition au club phocéen.

Le choix d’Habib Beye n’est pas anodin. Ancien capitaine respecté, consultant médiatique reconnu ces dernières années, il incarne à la fois la rigueur, le leadership et une connaissance fine de l’environnement marseillais. Son arrivée suscite déjà une vague d’enthousiasme chez les supporters, attachés à l’identité et à la grinta.

Au-delà de l’émotion, c’est un véritable pari sportif que tente l’OM. Avec Habib Beye, le club espère insuffler une nouvelle dynamique et retrouver une stabilité sur le banc, dans l’espoir de relancer une saison qui avait commencé sous tension et de retrouver des performances à la hauteur des ambitions du club.

Chavirement d’une vedette de la Marine nationale : les trois marins disparus retrouvés sans vie à l’embouchure du fleuve Sénégal

L’émotion reste vive au sein des Forces armées sénégalaises après le chavirement d’une vedette de la Marine nationale survenu le 12 février 2026 à l’embouchure du fleuve Sénégal. Dans un communiqué rendu public, la Direction de l’information et des relations publiques des Armées (DIRPA) a annoncé que les opérations de recherches ont permis de retrouver les corps sans vie des trois marins portés disparus depuis le drame.

Selon les précisions apportées par la DIRPA, la vedette effectuait une mission de liaison lorsqu’elle a été surprise par une forte houle à l’embouchure du fleuve Sénégal. Les conditions maritimes difficiles auraient provoqué le chavirement de l’embarcation, entraînant la disparition de trois membres d’équipage. Dix autres marins ont pu être secourus et sont comptés parmi les rescapés de l’accident.

Dès les premières heures suivant le sinistre, d’importants moyens de recherches ont été mobilisés en coordination avec les services compétents. Les opérations, menées en mer et le long du littoral, ont finalement abouti à la localisation puis à la récupération des trois corps. Les autorités militaires indiquent que toutes les dispositions idoines ont été prises, conformément aux procédures légales et réglementaires en vigueur, afin d’assurer la prise en charge des victimes et l’accompagnement de leurs familles.

Ce drame rappelle la dangerosité des missions maritimes, particulièrement dans une zone aussi sensible que l’embouchure du fleuve Sénégal, où les courants et la houle peuvent rapidement devenir imprévisibles. La Marine nationale, engagée quotidiennement dans des missions de surveillance, de sécurisation et de liaison, opère souvent dans des conditions exigeantes.

Les Armées sénégalaises ont salué la mémoire des marins disparus et exprimé leur profonde compassion aux familles, aux proches et à l’ensemble de leurs frères d’armes. Un dernier hommage officiel leur sera rendu le jeudi 19 février à 10 heures à la Base navale Nord Capitaine de vaisseau Hamedine Fall de Saint-Louis, en présence des autorités militaires et administratives.

Kaolack mise sur la sécurité sanitaire pour des périodes de jeûne sans risque

À l’approche du mois béni de Ramadan et du Carême chrétien, périodes marquées par une forte consommation de produits alimentaires, le Service régional du commerce de Kaolack intensifie ses opérations de contrôle dans les marchés et lieux de distribution. Objectif : protéger les consommateurs contre la circulation de denrées impropres à la consommation et lutter contre les pratiques commerciales frauduleuses.

Face à l’augmentation de la demande en produits alimentaires durant ces périodes religieuses, certains commerçants peu scrupuleux tentent d’écouler des produits périmés ou mal conservés. Une situation que les autorités commerciales entendent combattre avec fermeté.

Des opérations de contrôle renforcées

Selon Adama Mohamed Mbaye, chef du Service régional du commerce de Kaolack, des équipes mixtes sont déjà déployées dans plusieurs marchés de la région. Ces opérations ciblent notamment les boutiques, magasins de stockage, cantines et grandes surfaces afin de vérifier :

les dates de péremption des produits alimentaires ; les conditions de conservation et d’hygiène ; l’affichage des prix réglementaires ; la conformité des produits importés et locaux.

Les agents procèdent également à la saisie immédiate des produits jugés dangereux pour la santé publique, a souligné M. Mbaye.

Tolérance zéro contre les commerçants véreux

Les autorités préviennent : aucune complaisance ne sera accordée aux commerçants pris en flagrant délit de fraude. Des sanctions administratives et judiciaires sont prévues, allant de lourdes amendes à la fermeture temporaire, voire définitive, des commerces concernés.

« La protection du consommateur reste une priorité absolue, surtout en période de forte consommation comme le Ramadan et le Carême », a indiqué Adama Mohamed Mbaye, soulignant que ces contrôles visent également à instaurer une concurrence saine entre commerçants.

Préserver la santé des populations

Au-delà de la répression, les services du commerce appellent les commerçants à adopter des pratiques responsables et respectueuses des normes sanitaires. Les consommateurs sont également invités à la vigilance, notamment en vérifiant les dates de péremption et l’état des emballages avant tout achat.

Cette campagne de contrôle s’inscrit dans une stratégie nationale de sécurisation du marché, afin de permettre aux populations musulmanes et chrétiennes de vivre leurs périodes de jeûne dans des conditions sanitaires sûres.

Un dispositif appelé à se poursuivre

Le chef du Service régional du commerce de Kaolack souligne que ces opérations se poursuivront durant toute la période du Ramadan et du Carême, avec des descentes inopinées dans les marchés urbains comme ruraux.

Un message clair est ainsi lancé : aucun espace ne sera laissé aux pratiques frauduleuses mettant en danger la santé publique.

Assemblée nationale : Abdou Mbow interpelle frontalement Bamba Cissé sur ses positions passées et la responsabilité de l’État

L’atmosphère était particulièrement électrique, cet après-midi, à l’Assemblée nationale. Lors d’une séance marquée par de vives passes d’armes, le député Abdou Mbow a pris à partie le ministre de l’Intérieur, Bamba Cisse, en lui renvoyant ses propres déclarations d’il y a onze ans dans l’affaire non élucidée de la mort de l’étudiant Bassirou Faye.

Dès l’entame de son intervention, Abdou Mbow a planté le décor en rappelant qu’il avait, à l’époque, suivi avec attention les prises de position de l’avocat Bamba Cissé. « Il y a 11 ans, j’ai suivi en toute vérité un avocat, un brillant avocat », a-t-il déclaré en fixant le ministre. Le député a ensuite exhumé des propos tenus par ce dernier lorsqu’il plaidait sur le dossier Bassirou Faye. Selon lui, l’avocat soutenait alors que la police ne devait pas conduire l’enquête et que celle-ci aurait dû être confiée à la gendarmerie, estimant que cette dernière aurait pu garantir une « distanciation critique par rapport aux faits ».

En rappelant cette position, Abdou Mbow a cherché à souligner ce qu’il considère comme une contradiction entre les principes défendus hier et les responsabilités exercées aujourd’hui. Marquant une pause lourde de sens, il a insisté sur la chaîne de commandement et la responsabilité politique. « Aujourd’hui, vous êtes ministre de l’Intérieur. Enquête police, enquête gendarmerie… la responsabilité, monsieur le ministre, c’est la vôtre. Vous êtes responsable, votre Premier ministre est responsable », a-t-il martelé devant un hémicycle attentif.

Tout en reconnaissant les qualités personnelles et professionnelles de Bamba Cissé, le député a tenu à préciser qu’il ne remettait pas en cause son intégrité. « Vous êtes un homme de loi, vous êtes un homme attaché aux valeurs humaines. Je n’en doute pas », a-t-il concédé, rappelant des propos tenus en commission. Mais, a-t-il ajouté, « pour cette fois-ci, je pense que vous devez prendre vos responsabilités et ne pas chercher de bons commissaires », laissant entendre que l’heure n’était plus aux justifications techniques mais à une clarification politique.

Le débat s’est ensuite élargi au lourd bilan humain des troubles survenus ces dernières années. Évoquant « 80 morts », Abdou Mbow a ravivé une plaie encore vive dans l’opinion publique. Il est revenu sur des déclarations antérieures qu’il attribue au ministre, notamment des propos qualifiant certains étudiants de « brigands ». S’il a affirmé ne pas mettre en doute les déclarations du procureur de la République sur certains faits, il a néanmoins insisté sur la nécessité d’une lecture globale des événements survenus entre 2021 et 2024.

Sans les citer nommément, le député a également visé d’autres membres de l’exécutif, pointant ce qu’il considère comme des incohérences entre les discours d’hier et les responsabilités d’aujourd’hui. Il a fait allusion à des prises de position passées de certains responsables désormais aux commandes de l’État, les accusant d’avoir, à une période donnée, encouragé une forme d’escalade.

Dans un contexte marqué par l’adoption d’une loi d’amnistie et les récentes décisions du Conseil constitutionnel, Abdou Mbow a conclu son intervention par un appel solennel. « Monsieur le ministre, il faut que la justice aille jusqu’au bout », a-t-il lancé, estimant que seule une clarification judiciaire complète pourrait apaiser les tensions et restaurer la confiance.

SN-HLM : Bassirou Kébé limogé, Abdourahmane Dabo nommé à la tête d’une structure stratégique du logement social

Le Conseil des ministres réuni ce mercredi 18 février 2026 a entériné un changement majeur à la direction générale de la Société Nationale des Habitations à Loyer Modéré (SN-HLM). Bassirou Kébé a été démis de ses fonctions, cédant son fauteuil à Abdourahmane Dabo, désormais chargé de piloter l’une des principales institutions publiques en charge du logement social au Sénégal.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par une forte pression sur le secteur de l’habitat. La demande en logements abordables ne cesse de croître, notamment dans les grandes agglomérations comme Dakar et sa banlieue, où l’urbanisation rapide et l’augmentation démographique accentuent le déficit en habitations accessibles aux ménages à revenus modestes. La SN-HLM occupe à ce titre une place centrale dans la politique publique du logement, avec pour mission la conception, la réalisation et la gestion de programmes immobiliers destinés à faciliter l’accès à la propriété ou à la location à coût maîtrisé.

Les raisons précises du limogeage de Bassirou Kébé n’ont pas été détaillées à l’issue du Conseil des ministres. Aucun bilan officiel de sa gestion n’a pour l’heure été communiqué. Son passage à la tête de la structure s’inscrivait toutefois dans une période de défis importants, marquée par la nécessité d’accélérer la production de logements, d’améliorer les mécanismes de financement et de renforcer la transparence dans l’attribution des parcelles et des habitations.

La nomination d’Abdourahmane Dabo ouvre ainsi une nouvelle séquence pour la SN-HLM. Le nouveau directeur général hérite d’une institution stratégique, appelée à jouer un rôle déterminant dans la mise en œuvre des ambitions gouvernementales en matière d’habitat social. Au-delà de la simple construction de logements, la SN-HLM est également attendue sur la qualité des infrastructures, l’aménagement des espaces collectifs et l’intégration des nouveaux pôles urbains dans une logique de développement durable.

Projet de loi sur la sécurité privée : Guy Marius Sagna charge la police et interpelle Bamba Cissé à l’Assemblée

L’examen du projet de loi n°03/2026 relatif aux activités de sécurité privée a donné lieu à des échanges particulièrement tendus à l’Assemblée nationale. Profitant de la tribune parlementaire, le député Guy Marius Sagna a vivement interpellé le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cisse , sur ce qu’il considère comme de graves dérives au sein des forces de l’ordre.

Prenant la parole avec une rare véhémence, l’élu a dénoncé la présence, dans les rangs de la police nationale, d’éléments qu’il a qualifiés de « bandits, nervis et voyous ». Selon lui, ces comportements sont en totale contradiction avec la mission fondamentale de maintien de l’ordre et de protection des citoyens. « Nous ne pouvons pas accepter que dans nos forces de police, il y ait des individus qui font tout sauf du maintien de l’ordre », a-t-il lancé devant l’hémicycle, dans une intervention qui a suscité murmures et réactions parmi ses collègues députés.

Dans son argumentaire, Guy Marius Sagna a établi un lien direct entre le projet de loi encadrant les activités de sécurité privée et la nécessité d’un encadrement rigoureux des forces publiques elles-mêmes. Pour lui, il serait incohérent de renforcer le contrôle et la réglementation des sociétés de sécurité privée sans, dans le même temps, exiger une exemplarité irréprochable au sein des forces de défense et de sécurité. Il a insisté sur le fait que la crédibilité de l’État repose d’abord sur le comportement de ses propres agents.

Le député a également fustigé ce qu’il décrit comme des actes de violence marqués par la « cruauté » et la « haine ». Sans citer de cas précis au cours de son intervention, il a estimé que certains agissements observés ces derniers temps traduisent une dérive inquiétante. À ses yeux, ce « déferlement de violences » est non seulement inacceptable, mais il ne saurait être toléré par la représentation nationale, qui a pour mission de défendre les droits et la dignité des citoyens.

Face au ministre de l’Intérieur, Guy Marius Sagna a appelé à des mesures concrètes pour identifier et sanctionner les agents fautifs. Il a plaidé pour une réforme profonde des mécanismes de contrôle interne, estimant que la confiance entre la population et les forces de l’ordre est gravement mise à mal par ces comportements déviants. Il a soutenu que l’impunité, réelle ou perçue, nourrit la défiance et fragilise l’autorité de l’État.

Le projet de loi n°03/2026, qui vise à mieux encadrer les activités de sécurité privée, intervient dans un contexte de débats récurrents sur la sécurité et les libertés publiques. L’intervention du député a ainsi élargi le champ de la discussion, en ramenant au cœur des échanges la question sensible de la responsabilité et de l’éthique au sein des forces publiques.

COMMUNIQUÉ DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 18 FÉVRIER 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 18 février 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Avènement du Ramadan et du Carême

Le Président de la République adresse tout d’abord ses félicitations et vœux à la Oumah islamique ainsi qu’à la Communauté chrétienne, à l’occasion du début du mois béni de Ramadan et du Carême, avant de prier, avec l’ensemble de la Nation, pour un Sénégal de paix, de prospérité et de solidarité. A cet égard, il salue le dialogue interreligieux au Sénégal, renforcé par le soutien permanent de l’Etat au culte, à travers notamment la Délégation générale aux Affaires religieuses (DEGAR). Rappelant au Gouvernement la nécessité d’accompagner les communautés durant cette période exceptionnelle de ferveur religieuse, le Chef de l’Etat demande de renforcer les ressources consacrées au culte.

Evaluation et renforcement de l’action territoriale de l’État

Le Président de la République informe le Conseil avoir tenu, le 12 février 2026, un séminaire avec les gouverneurs de région, en présence du Premier Ministre et de plusieurs membres du Gouvernement. Il félicite le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique et les gouverneurs de région pour la qualité de la représentation, du travail accompli sur le terrain et des rapports, recommandations et projets présentés lors de la rencontre.

Le Chef de l’État insiste sur la subsidiarité et la gouvernance de proximité, avec l’implication effective des autorités administratives, des services déconcentrés de l’Etat et des collectivités territoriales dans la conception, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des politiques publiques, en tenant compte des préoccupations et aspirations des populations. 

A cet égard, il demande au Premier Ministre de veiller à la prise en charge des priorités régionales présentées par chaque gouverneur et arrimées à l’Agenda national de Transformation. En outre, il demande au Gouvernement d’accompagner l’Etat territorial dans ses dynamiques de modernisation, en définissant une nouvelle doctrine de déconcentration. Le Chef de l’Etat engage le Gouvernement à accorder une importance prioritaire :(i) au foncier et au développement urbain des localités ;(ii) à l’amélioration de l’accès à l’eau potable des populations et à une gouvernance consensuelle du sous-secteur de l’hydraulique rurale ; (iii) à l’accélération des programmes d’électrification rurale et au désenclavement routier et numérique ;(iv) au renforcement de la sécurisation et des infrastructures sociales de base des zones et localités frontalières ;(v) au développement de l’Agriculture, de l’Elevage, des Pêches et à la maitrise de l’exploitation forestière.   

Dans le cadre de la refondation de la présence territoriale de l’Etat, le Président de la République demande au Premier Ministre et au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de veiller à la mise en œuvre du Plan de Modernisation de l’Administration territoriale, volet fondamental de la transformation systémique de l’Administration publique.

Il instruit également le Premier Ministre de superviser la mise en œuvre, à partir de 2026, d’un Programme spécial de construction de bâtiments et d’édifices publics destinés à l’Administration territoriale, afin de consolider la proximité et l’efficacité de l’Etat et des services publics à l’intérieur du pays.

Après avoir engagé le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique à veiller à la tenue régulière des conférences régionales d’évaluation de la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation, le Chef de l’Etat demande au Premier Ministre de tenir, chaque semestre, une réunion interministérielle de suivi de l’action de l’Etat dans les régions. 

Nouvelle dynamique de politique nationale de la jeunesse

Partant de la célébration de la fête nationale du 04 avril, occasion de rendre hommage à l’Armée et à la jeunesse, le Président de la République indique le rôle primordial de la jeunesse dans le rayonnement du Sénégal et la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050. A cet effet, il demande au Gouvernement de renforcer les actions en faveur des jeunes, d’améliorer l’environnement économique et social de la jeunesse, de finaliser la nouvelle Politique de la jeunesse, de veiller à l’installation, avant la fin du premier semestre de l’année 2026, du nouveau Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal et de prendre les dispositions appropriées pour la tenue de la Semaine nationale de la Jeunesse. 

Renforcement du rôle des femmes dans l’Agenda national de Transformation

En perspective de la célébration, le 08 mars, de la Journée internationale des droits des femmes, le Chef de l’Etat rappelle au Gouvernement la nécessité d’asseoir le soutien et la valorisation de l’action des femmes dans l’Agenda national de Transformation. Il demande, à cet effet, la finalisation du projet de loi relative à l’autonomisation économique des femmes, de la nouvelle Stratégie nationale pour l’Equité et l’Egalité de Genre, et de la réforme de consolidation de l’Observatoire national de la Parité.

Le Président de la République demande, enfin, au Premier Ministre, au Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités et au Ministre de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire, de renforcer les dispositifs de coopération, de formation, d’encadrement et de financement des femmes.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat informe le Conseil qu’il a présidé, le 17 février 2026, à Diamniadio, la cérémonie de pose de la première pierre de la Maison des Avocats.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a entamé sa communication avec la filière Peaux et Cuirs. Il a ainsi souligné que, dans le cadre de la mise en œuvre du Plan spécial d’Investissement et de Financement (2026-2028), la filière Peaux et Cuirs constitue l’une des composantes à fort effet d’entrainement pour l’économie nationale et un des leviers d’accélération de l’Agenda national de Transformation. Le choix stratégique de l’écosystème Peaux et Cuirs vise à renforcer la souveraineté, à densifier le tissu industriel et à améliorer les conditions de vie des populations. Il permet une meilleure articulation entre les politiques sectorielles, l’aménagement du territoire et la stratégie industrielle.

Pour le Premier Ministre, le Sénégal bénéficie d’un potentiel important en matière de production de peaux, principalement issue de l’élevage des bovins, ovins et caprins. Toutefois, les capacités de transformation sont limitées. Ainsi, plus de 70 % des peaux sénégalaises sont exportées brutes, entraînant une perte de valeur ajoutée significative conjuguée à l’existence d’un circuit parallèle informel d’exportation sans transformation locale. Malgré un cheptel important et un savoir-faire artisanal reconnu, le taux de transformation locale des cuirs et peaux est inférieur à 5 %, limitant ainsi la valorisation de cette matière première. 

Le Premier Ministre a fait remarquer que le développement stratégique de cette filière représente une opportunité majeure pour renforcer l’industrie nationale, améliorer la balance commerciale, stimuler les économies locales et favoriser l’émergence d’industries à forte valeur ajoutée, notamment dans les secteurs de la maroquinerie, de l’habillage intérieur automobile et du mobilier. À l’horizon 2034, cette filière présente un potentiel de plus de 130 000 emplois formels et un chiffre d’affaires de plus de 1 549 milliards de FCFA. Ainsi, elle peut devenir un levier majeur d’inclusion économique, en favorisant l’insertion des jeunes et des femmes, en consolidant la formalisation des acteurs et en améliorant durablement les revenus dans les territoires. Le Premier Ministre a souligné que le potentiel de cette filière érigera les Pôles-Territoires Centre et Ouest en cœur industriel du cuir sénégalais, appelés à devenir l’espace prioritaire de structuration de la filière, de modernisation de la production et de montée en gamme industrielle.

Le Premier Ministre a rappelé que l’objectif est de bâtir à l’horizon 2050 un écosystème territorial intégré autour des Peaux et Cuirs, qui couvre l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production modernisée, y compris le conditionnement, aux services d’appui en passant par la transformation industrielle en produits finis et la commercialisation locale et internationale. En ce sens, les initiatives de modernisation doivent permettre l’érection d’une véritable zone industrielle et artisanale centrée sur les cuirs, peaux et phanères ainsi que le développement de l’industrie du tannage. Pour ce faire, le Premier Ministre a demandé au Ministre des Finances et du Budget, au Ministre de l’Industrie et du Commerce, au Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Souveraineté alimentaire et au Ministre des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du Territoire, de prendre toutes les dispositions nécessaires au développement de partenariats public-privé pour rendre opérationnelles les orientations qu’il a dégagées, notamment dans le cadre des Zones économiques spéciales à implanter dans les Pôles-Territoires concernés. Dès lors, le Premier Ministre a engagé les ministres concernés à prendre toutes les mesures pour la conception et la mise en œuvre d’un projet intégrateur de développement artisanal et industriel de la filière Peaux et Cuirs, conforme aux orientations liées à la territorialisation des politiques publiques et à la Stratégie nationale d’Investissement favorisant les investissements privés. 

Abordant la nouvelle Politique agricole, à finaliser au plus tard au mois de mai 2026, il a rappelé les grandes orientations relatives notamment au financement, aux subventions, au foncier, à la production, à l’industrie, aux appuis et infrastructures, ainsi qu’aux partenariats.

Concernant la surpopulation carcérale, le Premier Ministre a partagé quelques éléments d’informations, avant de demander au Ministre de la Justice de lui faire un rapport détaillé sur la question.

Enfin, le Premier Ministre a rendu compte de sa participation à la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine, tenue à Addis-Abeba les 14 et 15 février 2026, avant d’informer le Conseil qu’il se rendra avec l’ensemble du Gouvernement, le 24 février prochain à l’Assemblée nationale pour la session trimestrielle de questions d’actualité.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre des Transports terrestres et aériens a fait une communication sur la sécurité routière.

Le Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique a fait une communication sur le thème : « Pour une mobilisation nationale en faveur de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique ».

Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a fait une communication sur la situation du marché et la commercialisation de l’arachide.

Le Secrétaire d’Etat chargé du Développement des Petites et Moyennes Entreprises et des Petites et Moyennes Industries a fait une communication sur la Stratégie nationale de Promotion et de Développement des PME/PMI.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :

• le projet de loi modifiant la loi n°65-60 du 21 juillet 1965 portant Code pénal ;

• le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de la Commission de Contrôle des Marchés publics et des Projets de PPP classés secret-défense.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre de la Présidence de la République 

• Monsieur Tabasky DIOUF, Colonel (er), est nommé Président du Conseil de Surveillance de la Haute Autorité des Aéroports du Sénégal (HAAS), en remplacement de Monsieur Babacar Diagne.

Au titre du Ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur

• Monsieur Salomon DIEDHIOU, titulaire d’un master en Audit et Contrôle de Gestion, est nommé Directeur du Centre National d’Action Antimines au Sénégal (CNAMS), en remplacement de Monsieur Papa Maguèye DIOP.

Au titre du Ministère des Finances et du Budget

• Monsieur Assane NDIR, Inspecteur principal du Trésor, est nommé Administrateur du Fonds spécial de soutien au secteur de l’Énergie, en remplacement de Monsieur Théophile Edouard AMINE.

• Monsieur Mamané DJITTE, Magistrat, matricule de solde n°636 288/G, est nommé Président du Conseil d’Administration du Fonds spécial de soutien au secteur de l’Énergie, en remplacement de Monsieur Meïssa DIAKHATE.

Au titre du Ministère de l’Education nationale 

• Monsieur Pape Abdou DIA, Ingénieur en Génie civil et Infrastructures, est nommé Directeur de la Maintenance des Constructions scolaires au Ministère de l’Education nationale, poste vacant.

Au titre du Ministère des Transports terrestres et aériens

• Monsieur Abdoul Aziz MBODJI, Enseignant-Chercheur, est nommé Président du Conseil d’Administration de la Société AIBD SA, en remplacement de Monsieur Pape Abdourahmane DABO, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires

• Monsieur Pape Abdourahmane DABO, Ingénieur des Travaux publics, est nommé Directeur général de la Société nationale des Habitations à Loyer modéré (SN HLM), en remplacement de Monsieur Bassirou KEBE.

• Monsieur El Hadji Mamadou GUEYE, Architecte, est nommé Directeur de l’Architecture au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Madame Catherine Marie Thérèse FAYE, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

Kaffrine en deuil : l’adjointe au maire Astou Ba succombe à ses blessures après trois mois de coma

La commune de Kaffrine est frappée par une profonde tristesse. L’adjointe au maire, Astou Ba, est décédée des suites des graves blessures qu’elle avait subies à la tête lors d’une cérémonie officielle organisée fin décembre 2025. Depuis plus de trois mois, elle était plongée dans le coma, luttant pour sa survie après un violent incident survenu en marge d’une remise de clés de salles de classe réhabilitées.

Les faits s’étaient déroulés dans un climat particulièrement tendu, lors d’une cérémonie consacrée à la réception de salles de classe rénovées dans les écoles 3 et 4 de la commune de Kaffrine. Ce qui devait être un moment de célébration pour la communauté éducative s’est rapidement transformé en scène de chaos. Selon plusieurs témoignages, une dispute a éclaté à l’école 4 avant de s’envenimer et de se déplacer vers l’école 3.

Des jeunes appartenant à des camps politiques opposés, notamment des partisans du maire Abdoulaye Seydou Sow et des militants du parti Pastef, se sont violemment affrontés. Jets de projectiles, bousculades et scènes de panique ont marqué ces échauffourées. C’est au cours de ces violences qu’Astou Ba a été atteinte à la tête par un morceau de brique de pavé, provoquant une blessure grave.

Grièvement touchée, elle a été évacuée en urgence à l’Hopital Thierno Birahim Ndao, où elle a reçu les premiers soins. Face à la gravité de son état, les médecins ont décidé de son transfert vers une structure plus spécialisée à Touba afin de maximiser ses chances de survie. Malgré les efforts déployés par le personnel médical et les prières de ses proches et de nombreux habitants, elle est restée plongée dans le coma durant plus de trois mois, avant de succomber à ses blessures.

Sa disparition suscite une vive émotion à Kaffrine et au-delà. De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer la violence politique et appeler au calme, estimant que ce drame illustre les dérives auxquelles peuvent conduire les tensions partisanes. La mort d’Astou Ba ravive également le débat sur la sécurité lors des manifestations et cérémonies publiques, particulièrement dans des contextes politiques sensibles.

Université Cheikh Anta Diop de Dakar : Thierno Alassane Sall charge les autorités après la mort d’Abdoulaye Bâ

La crise qui secoue l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) continue de susciter de vives réactions sur la scène politique nationale. Le député Thierno Alassane Sall est monté au créneau pour dénoncer la gestion des événements tragiques ayant conduit à la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ, fustigeant à la fois les autorités judiciaires et universitaires.

Dans une déclaration sans détour, le parlementaire a exprimé sa profonde indignation face à ce qu’il considère comme un scénario qui se répète inlassablement dans les universités sénégalaises. « C’est ridicule et bien beau de se tenir ici, de faire le procès de la police et de dire que le jeune Abdoulaye Bâ ne devait pas être tué. Rien n’a changé, on assiste au même scénario », a-t-il lancé, dénonçant un climat de tension récurrent et une incapacité des autorités à prévenir ce type de drame.

Thierno Alassane Sall a également pointé du doigt ce qu’il perçoit comme un manque de cohérence dans la communication officielle. Il s’est dit « honteux pour le procureur » après les déclarations affirmant que les issues de secours du bâtiment étaient verrouillées au moment des faits. Pour lui, une question fondamentale demeure sans réponse : pourquoi les étudiants auraient-ils choisi de sauter plutôt que d’emprunter les escaliers si ces derniers étaient accessibles ? « Sans doute parce qu’ils étaient contraints », a-t-il suggéré, laissant entendre que les circonstances exactes méritent une enquête approfondie et transparente.

Le député critique par ailleurs la gestion politique de la crise. Selon lui, la promesse d’un dialogue direct entre le Premier ministre Ousmane Sonko et les étudiants n’a pas été tenue, alimentant frustration et incompréhension au sein de la communauté universitaire. Il estime que l’absence d’échanges francs et structurés a contribué à radicaliser les positions et à détériorer davantage le climat sur le campus.

Dans le même registre, Thierno Alassane Sall dénonce une tentative de désignation de boucs émissaires parmi les étudiants. Il évoque la perspective de poursuites judiciaires et de radiations visant trois d’entre eux, une démarche qu’il juge dangereuse et susceptible d’instrumentaliser la crise à des fins politiques. Pour le député, ces mesures risquent d’aggraver les tensions plutôt que d’apporter des solutions durables.

Au-delà des circonstances immédiates du drame, l’ancien ministre rappelle que la colère étudiante s’inscrit dans un contexte plus large de contestation des réformes universitaires. Il considère que le message attribué au ministre de l’Enseignement supérieur, selon lequel « la réforme, ça passe ou ça casse », a profondément heurté les étudiants, qui se sont sentis trahis par un projet initialement présenté comme consensuel. Cette posture d’intransigeance, selon lui, a nourri un sentiment d’exclusion et renforcé la défiance à l’égard des autorités.

L’influenceur Niang Kharagne Lo interpellé à l’AIBD et conduit à la Brigade de recherches de Faidherbe

L’influenceur sénégalais Niang Kharagne Lo se trouve actuellement dans les locaux de la Brigade de recherches (BR) de Faidherbe, relevant de la compagnie de gendarmerie de Dakar, selon des informations exclusives rapportées par Senewep. Le snappeur a été interpellé à son arrivée à l’Aéroport , alors qu’il revenait d’un séjour à l’étranger.

D’après les premiers éléments, Niang Kharagne Lo faisait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire national émise par la BR de Faidherbe. Cette mesure restrictive aurait été prise dans le cadre d’une enquête portant sur une affaire présumée de diffusion d’images intimes, un dossier particulièrement sensible qui suscite déjà de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.

L’interpellation de l’influenceur est intervenue dès son passage aux contrôles frontaliers de l’aéroport. Les services compétents, alertés par le signalement, ont procédé à son arrestation avant de le conduire dans les locaux de la Brigade de recherches pour les besoins de l’enquête. À ce stade, aucune communication officielle n’a encore été faite par la gendarmerie sur la qualification exacte des faits ni sur l’éventuelle mise en garde à vue du concerné.

L’affaire intervient dans un contexte de vigilance accrue des autorités face aux dérives liées à l’usage des réseaux sociaux. La diffusion non consentie d’images à caractère intime est sévèrement réprimée par la législation sénégalaise, notamment au titre des atteintes à la vie privée et des infractions liées aux technologies de l’information et de la communication.

Figure bien connue de la sphère numérique sénégalaise, Niang Kharagne Lo compte des centaines de milliers d’abonnés sur Snapchat et d’autres plateformes sociales, où il partage régulièrement des contenus liés à son quotidien et à l’actualité people. Son interpellation risque d’alimenter le débat sur la responsabilité des influenceurs et la régulation des contenus diffusés en ligne.

Ramadan 2026 : le croissant lunaire observé à Touba, le jeûne débute ce jeudi pour une partie des fidèles sénégalais

Le croissant lunaire annonçant le début du mois béni de Ramadan 2026 a été observé ce mercredi 18 février au Sénégal, précisément à Touba. L’annonce a été faite par Serigne Mor Asta Touré, confirmant ainsi l’entrée dans le mois sacré pour une partie de la communauté musulmane du pays.

À la suite de cette observation, le jeudi 19 février 2026 est retenu comme premier jour de Ramadan pour de nombreux fidèles sénégalais. Comme le veut la tradition islamique, le début du neuvième mois du calendrier hégirien est déterminé par l’apparition du croissant lunaire, marquant le commencement du jeûne obligatoire pour les musulmans.

Cette confirmation intervient après que la Coordination des musulman du Senegal pour l’observation du croissant lunaire a signalé, dès mardi soir, l’apparition du croissant lunaire. L’instance avait alors indiqué que les conditions d’observation étaient réunies et que le mois de Ramadan pouvait débuter, une annonce qui a été suivie par une partie des fidèles à travers le territoire national.

À Touba, haut lieu spirituel du mouridisme et centre religieux majeur au Sénégal, l’observation du croissant revêt une portée symbolique particulière. Touba attire chaque année une attention particulière lors des grandes annonces religieuses, notamment celles liées au Ramadan et aux fêtes islamiques. L’annonce faite ce mercredi renforce ainsi l’élan spirituel qui accompagne traditionnellement l’entrée dans ce mois de piété, de solidarité et de recueillement.

Le Ramadan constitue un moment central dans la vie des musulmans. Du lever au coucher du soleil, les fidèles s’abstiennent de manger, de boire et de tout comportement considéré comme contraire aux prescriptions religieuses. Au-delà du jeûne, cette période est marquée par une intensification des prières, des lectures du Coran, des actes de charité et du renforcement des liens familiaux et communautaires.

Dans les mosquées comme dans les foyers, les préparatifs ont déjà commencé. Les marchés connaissent une affluence accrue à l’approche du premier jour de jeûne, tandis que les familles s’organisent pour les repas de rupture du jeûne, appelés « ndogou » au Sénégal. Les veillées nocturnes, ponctuées par les prières surérogatoires appelées « tarawih », rythmeront également les soirées des croyants tout au long du mois.

Comme souvent au Sénégal, des différences d’appréciation peuvent exister entre commissions d’observation et autorités religieuses, entraînant parfois des débuts de Ramadan échelonnés selon les sensibilités. Néanmoins, l’essentiel demeure l’unité dans la foi et la ferveur qui caractérisent cette période spirituelle.

Keur Massar : deux policiers grièvement blessés à la machette lors d’une opération antidrogue à Darou Missette

Une patrouille de routine a viré au drame dans la nuit du samedi 14 février 2026 à Darou Missette, un quartier jouxtant l’Unité 11 des Parcelles Assainies, dans la commune de Keur Massar. Des éléments de la Brigade de recherches ont été violemment attaqués alors qu’ils menaient une opération ciblée contre un présumé réseau de trafic de drogue, selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur.

D’après les premiers éléments de l’enquête, les forces de l’ordre intervenaient dans une maison suspectée d’abriter des activités illicites liées à la vente et à la distribution de stupéfiants. L’opération, qui s’inscrivait dans le cadre d’une surveillance discrète et d’investigations en cours depuis plusieurs jours, aurait rapidement dégénéré au moment de l’assaut.

Alors que les policiers tentaient d’investir les lieux, ils auraient été pris à partie par plusieurs individus. Ces derniers, appuyés par des proches et certains riverains, auraient opposé une résistance violente, utilisant des machettes et divers objets contondants pour repousser les agents. La scène s’est transformée en affrontement, plongeant le quartier dans une vive tension au cœur de la nuit.

Le bilan fait état de deux fonctionnaires de police blessés à la machette. L’un d’eux aurait été grièvement atteint à la tête, suscitant une vive inquiétude quant à son état de santé. Les deux agents ont été évacués en urgence vers une structure hospitalière de la place pour recevoir les soins appropriés. Des sources sécuritaires indiquent que leur pronostic vital n’était pas engagé au moment de leur prise en charge, bien que l’un d’eux demeure sous surveillance médicale.

Face à la gravité de la situation et à l’hostilité rencontrée sur le terrain, des renforts ont été mobilisés pour sécuriser la zone et rétablir l’ordre. L’intervention des unités supplémentaires a permis de disperser les assaillants et de reprendre le contrôle des lieux après plusieurs minutes de tension.

À l’issue de l’opération, sept personnes ont été interpellées, dont deux femmes. Les suspects ont été placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête ouverte notamment pour violences et voies de fait sur agents des forces de défense et de sécurité, ainsi que pour des faits présumés liés au trafic de drogue. Les enquêteurs cherchent à déterminer le rôle précis de chacun dans l’attaque et dans le fonctionnement supposé du réseau visé.

Selon les premières informations, certains membres présumés du réseau seraient toujours en fuite. Les investigations se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des personnes impliquées, de démanteler totalement la filière et de situer les responsabilités dans cette attaque d’une rare violence contre des agents en mission.

Diffusion de fausses nouvelles : le chroniqueur Abdou Nguer déféré au parquet de Dakar

Le chroniqueur de la Sen TV, Abdou Nguer, a été déféré ce matin au tribunal de Dakar par la Section de recherches de Colobane, à l’issue de sa garde à vue. Interpellé après avoir répondu à une convocation de la gendarmerie, il est désormais entre les mains du procureur de la République, qui devra décider de la suite à donner à la procédure.

Cette affaire trouve son origine dans les déclarations publiques faites par le chroniqueur à la suite du communiqué du procureur de la République concernant le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop. Le parquet avait alors livré sa version des faits sur les circonstances de la mort de l’étudiant, dans un contexte particulièrement tendu au sein du campus universitaire.

Abdou Nguer avait ouvertement contesté le contenu de ce communiqué, mettant en doute certains éléments avancés par l’autorité judiciaire. Des propos qui, selon les autorités, pourraient relever de la diffusion de fausses nouvelles, une infraction prévue et réprimée par le Code pénal sénégalais lorsqu’elle est susceptible de troubler l’ordre public.

Dans un climat déjà marqué par de vives tensions après les événements survenus à l’UCAD, la sortie médiatique du chroniqueur a rapidement suscité des réactions. Pour certains observateurs, il s’agit d’un débat légitime sur la transparence et la communication des autorités judiciaires. Pour d’autres, la gravité des accusations formulées publiquement exigeait une clarification devant les enquêteurs.

Après son audition et sa mise en garde à vue, la Section de recherches de Colobane a procédé à son déferrement ce mardi matin. Le procureur de la République peut désormais décider soit de l’ouverture d’une information judiciaire avec saisine d’un juge d’instruction, soit d’un renvoi en flagrant délit, voire d’un classement sans suite si les charges ne sont pas jugées suffisantes.

Cette nouvelle procédure judiciaire impliquant une figure médiatique relance le débat sur la responsabilité des chroniqueurs et journalistes dans le traitement d’affaires sensibles, notamment lorsqu’elles concernent des décès survenus dans des contextes de tensions sociales. Elle pose également la question de l’équilibre entre liberté d’expression et respect des décisions et communications officielles de la justice.

Mort d’Abdoulaye Bâ à l’UCAD : une semaine après, la colère étudiante ne faiblit pas

Une semaine après les événements tragiques du 9 février sur le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), la mort d’Abdoulaye Bâ continue de provoquer une onde de choc dans l’opinion publique sénégalaise. L’émotion, loin de retomber, s’est muée en indignation ouverte après la conférence de presse tenue le mardi 17 février par le procureur de la République, Ibrahima Ndoye. Ce qui devait éclairer les circonstances du drame a, au contraire, ravivé les tensions et renforcé la défiance d’une partie de la communauté universitaire.

Dans un communiqué rendu public mercredi, le Collectif des amicales de l’université a vivement contesté la version officielle présentée par le parquet. Les autorités judiciaires privilégient la thèse d’une chute du quatrième étage comme cause du décès de l’étudiant. Une explication que le Collectif juge incohérente, voire insoutenable. Comment, interrogent ses membres, un jeune homme pourrait-il tomber d’une telle hauteur sans présenter de fractures apparentes ? Cette question, posée avec insistance, est devenue le symbole des zones d’ombre qui entourent encore le drame.

Au-delà de la controverse médico-légale, c’est l’ensemble de la gestion sécuritaire des événements du 9 février qui est pointé du doigt. Le Collectif exige de savoir qui a donné l’ordre aux forces de défense et de sécurité de pénétrer dans le campus social ce jour-là. Des interrogations visent également la chaîne de commandement : le ministre de l’Intérieur supervisait-il personnellement les opérations ? Pourquoi, alors que la tension montait et que des affrontements étaient signalés, aucun ordre de retrait n’aurait été donné ? Ces questions traduisent une profonde méfiance à l’égard de la version institutionnelle.

Un autre point demeure particulièrement sensible : l’incendie de la chambre 85F. Selon des témoignages évoqués par des étudiants, ce sinistre aurait contraint des occupants de la chambre 83F à sauter dans le vide pour échapper aux flammes et aux fumées. Le Collectif demande que toute la lumière soit faite sur l’origine de cet incendie, perçu comme un élément central pour comprendre l’enchaînement des faits ayant conduit à la mort d’Abdoulaye Bâ.

Dans son communiqué, le Collectif ne se limite pas à soulever des incohérences factuelles. Il dénonce une stratégie de communication destinée, selon lui, à dédouaner l’État de toute responsabilité. Les étudiants interpellés à la suite des affrontements seraient, d’après le texte, présentés comme des fauteurs de troubles plutôt que comme des victimes d’une intervention disproportionnée. Cette « criminalisation » est jugée inacceptable par les signataires, qui exigent la libération immédiate de tous les étudiants placés en détention dans la foulée des événements.

Face à ce qu’il qualifie de mur du silence institutionnel, le Collectif a décidé de maintenir le mot d’ordre de grève décrété en début de semaine. Les cours restent suspendus jusqu’au jeudi 19 février au moins. La mobilisation, décrite comme nationale, dépasse désormais le seul cadre de l’UCAD. Des voix issues d’autres établissements d’enseignement supérieur, mais aussi de la société civile, se joignent aux appels à une enquête indépendante et transparente.

La mort d’un étudiant dans un contexte d’intervention des forces de l’ordre sur un campus universitaire ravive des souvenirs douloureux et réactive un débat ancien sur la gestion des crises estudiantines au Sénégal. Pour de nombreuses familles et organisations, seule une enquête impartiale, menée à l’abri des pressions politiques, pourra apaiser les tensions et restaurer la confiance.

Dans la dernière partie de son communiqué, dont l’intégralité n’a pas été rendue publique, le Collectif des amicales réaffirme son engagement « indéfectible » envers la communauté étudiante et promet de poursuivre la mobilisation jusqu’à ce que toute la vérité soit établie. À mesure que les jours passent, l’affaire Abdoulaye Bâ s’impose comme un test majeur pour les autorités, appelées à répondre aux interrogations d’une jeunesse qui refuse de se taire.

Tensions à la RTS : des responsables syndicaux convoqués à la Brigade de Recherches après une plainte de Pape Alé

La tension reste vive au sein de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS). Selon des informations relayées par Confidentiel Afrique, plusieurs journalistes et responsables de l’intersyndicale SYNPICS–SYNPAP ont été convoqués ce mercredi à 10 heures à la Brigade de Recherche de Colobane , à la suite d’une plainte déposée par le Directeur général de la RTS, Pape Aly Niang.

Parmi les personnes concernées figurent Mama Moussa Niang, El Hadji Thierno Dramé, Abibou Mbaye, Alioune Badara Kane et Youssouf Kaba, tous membres actifs de l’intersyndicale regroupant le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS) et le Syndicat national des professionnels de l’audiovisuel public (SYNPAP). Leur audition intervient dans un contexte de crispation persistante entre la direction générale et les représentants du personnel.

Ces convocations surviennent au lendemain d’une marche organisée mardi par les travailleurs de la RTS. Cette mobilisation, largement suivie, visait à dénoncer ce que les syndicats qualifient de dérives managériales, de pressions sur les agents et d’atteintes aux libertés syndicales. Les manifestants ont exprimé leurs inquiétudes face à la détérioration du climat social et ont appelé à l’ouverture d’un dialogue franc et inclusif avec la direction.

La plainte introduite par le Directeur général, dont les contours exacts n’ont pas encore été officiellement détaillés, semble marquer une nouvelle étape dans l’escalade des tensions. Du côté des syndicats, cette initiative est perçue comme une tentative d’intimidation à l’encontre des responsables ayant pris la parole ces dernières semaines pour critiquer la gestion de l’entreprise publique. Certains évoquent une judiciarisation du conflit social, susceptible d’envenimer davantage la situation.

Depuis plusieurs mois, la RTS traverse une période de turbulences internes, marquée par des divergences profondes sur les orientations stratégiques, les conditions de travail et la gouvernance. Les syndicats réclament davantage de transparence dans la gestion administrative et financière, ainsi qu’un respect scrupuleux des textes régissant le fonctionnement de l’entreprise. De son côté, la direction défend une démarche de réformes qu’elle juge nécessaire pour moderniser l’outil de travail et renforcer la compétitivité du média public.

La convocation des responsables syndicaux à la Brigade de Recherches de Colobane donne une dimension judiciaire à un conflit jusque-là cantonné au terrain social. Elle pourrait également raviver le débat plus large sur la liberté syndicale et l’indépendance des médias publics au Sénégal, dans un contexte national où les rapports entre institutions, médias et acteurs sociaux demeurent particulièrement scrutés.

Macky Sall pressenti à l’ONU : soutiens affirmés, réserves politiques et équation diplomatique complexe

La perspective d’une candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) alimente, depuis plusieurs mois, les débats politiques et diplomatiques à Dakar comme sur le continent africain. Si l’intéressé s’est contenté d’affirmer qu’il n’« écarte aucune option », plusieurs voix s’élèvent désormais pour défendre l’idée d’une candidature jugée « naturelle » dans le contexte international actuel.

Un soutien politique assumé

Le vice-président du groupe parlementaire Takku Wallu (opposition), Djimo Souaré, a publiquement plaidé en faveur de l’ancien chef de l’État dans une interview accordée au quotidien L’Observateur ce mercredi 18 février. Selon lui, la démarche ne relèverait ni d’une ambition personnelle ni d’un calcul politique, mais d’une « exigence » dictée par l’intérêt supérieur de l’Afrique et du monde.

Dans un environnement mondial marqué par des tensions géopolitiques persistantes, des crises économiques successives et de profondes incertitudes stratégiques, Djimo Souaré estime que le profil de Macky Sall répondrait aux attentes d’une organisation en quête de stabilité et de capacité de médiation. Il avance que « son nom s’impose naturellement » et souligne l’existence de « convergences rares » autour de cette éventualité.

Pour le parlementaire, plusieurs chefs d’État africains ainsi que des partenaires internationaux majeurs verraient en l’ancien président sénégalais un dirigeant capable de transcender les clivages idéologiques, culturels et géopolitiques. Il met en avant son expérience au sommet de l’État, sa connaissance des enjeux multilatéraux et sa « maturité d’État », qu’il juge compatibles avec l’envergure d’une telle fonction.

Un contexte institutionnel en pleine mutation

La question de la succession à la tête de l’ONU intervient dans un contexte où l’Afrique aspire à jouer un rôle plus affirmé dans la gouvernance mondiale. Plusieurs analystes rappellent que le continent n’a jamais dirigé l’organisation, ce qui alimente, de manière cyclique, le débat sur une candidature africaine consensuelle.

Parallèlement, au niveau continental, les chefs d’État de l’Union Africaine(UA) auraient prévu de se concerter virtuellement dans les prochains jours afin d’évoquer la question. L’enjeu serait d’aboutir à une position commune susceptible de renforcer le poids diplomatique africain dans les discussions internationales.

Silence officiel et tensions internes à Dakar

À ce stade, les autorités sénégalaises n’ont pas formellement annoncé leur soutien à une éventuelle candidature. Le président en exercice, Diomaye Faye, évolue dans un contexte politique sensible. Une partie significative de sa base militante, notamment au sein du parti Pastef, s’oppose fermement à toute forme d’appui à l’ancien chef de l’État.

Les critiques s’appuient notamment sur le bilan des années 2021 à 2024, marquées par des épisodes de violences politiques ayant causé au moins 85 morts selon les chiffres régulièrement avancés par l’opposition actuelle. Pour certains responsables, soutenir Macky Sall dans une telle ambition internationale « serait pire qu’une trahison », à l’image de la position exprimée par le député Guy Marius Sagna.

Cette polarisation interne place l’exécutif sénégalais face à un dilemme diplomatique et politique : privilégier une logique de rayonnement international et de solidarité africaine, ou tenir compte des attentes d’une base électorale attachée à une rupture nette avec l’ancien régime.

Une équation diplomatique à multiples variables

Au-delà des débats nationaux, la désignation du Secrétaire général de l’ONU relève d’un processus complexe impliquant le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale. Toute candidature nécessite des soutiens solides, notamment parmi les membres permanents du Conseil de sécurité, dont les équilibres géopolitiques influencent fortement l’issue du vote.

Dans ce contexte, la question n’est pas seulement celle de la légitimité ou du parcours d’un candidat, mais aussi celle de la capacité à rassembler des appuis transrégionaux et à s’inscrire dans les dynamiques diplomatiques du moment.

Mort d’un étudiant à l’UCAD : Bamba Cissé sanctionne des chefs policiers après les violences sur le campus

L’émotion reste vive à Université Cheikh Anta Diop (UCAD) après les violents affrontements qui ont secoué le campus et coûté la vie à un étudiant. Face à l’ampleur de l’indignation et aux nombreuses interrogations sur les circonstances de l’intervention des forces de l’ordre, le ministre de l’Intérieur, Bamba Cisse , a décidé de frapper fort en prenant des sanctions disciplinaires d’envergure.

Selon des informations rapportées par L’Observateur, tous les responsables du commandement des unités déployées sur le terrain lors des manifestations ont été relevés de leurs fonctions. Cette décision vise directement les chefs opérationnels chargés de la gestion du maintien de l’ordre au moment où la situation a dégénéré au sein de l’université.

Dans le détail, les mesures concernent trois commandants de compagnie, un commissaire, un lieutenant ainsi qu’un adjudant de police. Ces responsables étaient en première ligne dans la coordination des dispositifs sécuritaires mis en place pour contenir les mouvements de contestation estudiantins. Leur mise à l’écart intervient dans un contexte de forte pression de l’opinion publique, marquée par des appels à la vérité et à la justice.

Les violences avaient éclaté sur fond de tensions persistantes entre étudiants et autorités administratives. Des heurts ont opposé manifestants et forces de sécurité, avec usage de gaz lacrymogènes et interventions musclées pour disperser les attroupements. C’est dans ce climat particulièrement tendu qu’un étudiant a trouvé la mort, un drame qui a profondément choqué la communauté universitaire et au-delà.

Depuis l’annonce du décès, les réactions se multiplient. Organisations estudiantines, acteurs de la société civile et responsables politiques réclament toute la lumière sur les circonstances exactes de la mort du jeune homme. Des voix s’élèvent également pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme un usage disproportionné de la force dans un espace universitaire, historiquement considéré comme un lieu de débat et d’expression.

En relevant de leurs fonctions les chefs policiers impliqués dans la gestion des opérations, le ministre de l’Intérieur envoie un signal fort. Cette décision traduit la volonté affichée des autorités de situer clairement les responsabilités et de prévenir toute tentative d’impunité. Elle ouvre également la voie à d’éventuelles enquêtes administratives et judiciaires plus approfondies afin d’établir les faits avec précision.

Troisième vague d’arrestations à Keur Massar : un journaliste de la RTS interpellé dans une affaire aux lourdes accusations

La Brigade de recherches (BR) de Keur Massar a lancé ce que le quotidien Libération présente comme une « troisième vague d’arrestations » dans une affaire aux ramifications complexes et particulièrement sensibles. Au cœur de cette procédure judiciaire figurent des accusations d’association de malfaiteurs, de transmission volontaire du VIH et d’actes contre nature, sur fond d’exploitation de données téléphoniques et de révélations jugées explosives par les enquêteurs.

Selon les informations rapportées par Libération, un journaliste de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), Pape Birame Bigué Ndiaye, a été interpellé par les éléments de la BR de Keur Massar. Son domicile aurait fait l’objet d’une perquisition en sa présence. Les enquêteurs se seraient appuyés sur des échanges de messages qualifiés de « messages d’amour », interceptés dans le cadre de l’exploitation des téléphones saisis lors de l’arrestation d’Ibrahima Magib Seck et de ses présumés complices.

D’après le journal, l’analyse approfondie des contenus numériques récupérés aurait permis de mettre au jour un réseau aux contours bien plus étendus qu’initialement supposé. Les données téléphoniques examinées feraient apparaître des échanges impliquant des personnes issues de différents milieux socioprofessionnels. Certains profils mentionnés dans les conversations seraient connus du grand public, ce qui confère à l’affaire une dimension médiatique supplémentaire. Les enquêteurs de la BR de Keur Massar poursuivent leurs investigations afin d’établir les liens exacts entre les différents protagonistes et de déterminer le degré d’implication de chacun.

Un autre élément clé du dossier concerne un détenu extrait de prison pour les besoins de l’enquête. Porteur du VIH depuis 2021, il aurait, selon Libération, fait des aveux qualifiés de « détonants » devant les gendarmes. Il aurait notamment livré les identités de plusieurs partenaires, parmi lesquels figureraient certaines personnalités connues. Ces déclarations pourraient accélérer le cours de la procédure et déboucher sur de nouvelles interpellations dans les prochains jours, à mesure que les vérifications se poursuivent.

Sur le plan judiciaire, les qualifications retenues sont particulièrement lourdes. L’association de malfaiteurs, si elle est établie, suppose l’existence d’une entente en vue de commettre des infractions. La transmission volontaire du VIH constitue, en cas de preuve d’intentionnalité, une infraction grave pouvant entraîner des peines significatives. Quant aux autres chefs visés dans le dossier, ils renforcent la portée pénale de l’affaire et exposent les personnes mises en cause à des sanctions sévères, si les faits venaient à être confirmés par l’instruction.

Entre procédures et réalités de terrain : le défi de la coordination de la lutte antidrogue

L’actualité récente a mis en lumière un épisode singulier impliquant deux agents de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS). Initialement interpellés par les services de gendarmerie pour une supposée détention de produits illicites, ces fonctionnaires ont finalement bénéficié d’un blanchiment total devant le parquet de Dakar.

Le procureur a, en effet, ordonné un classement sans suite après examen du dossier, celui-ci ayant révélé une absence de charges et des accusations dénuées de toute consistance.

Le risque d’instrumentalisation criminelle

Au cœur de cet imbroglio se dessine une réalité que les observateurs du milieu sécuritaire redoutent fréquemment : la capacité de nuisance des réseaux criminels.

Selon plusieurs sources, l’interpellation des agents trouverait son origine dans les déclarations d’un individu bien connu des services, identifié sous les initiales B.D. Ce dernier, qui avait par le passé eu affaire à la Sûreté urbaine (SU) et à l’OCRTIS pour des faits de trafic dans le secteur de la Médina, aurait tenté de déstabiliser ceux qui l’avaient mis hors d’état de nuire.

Cet incident, bien que regrettable, illustre la difficulté pour les forces de l’ordre d’opérer sans être exposées à des tentatives de « vendetta » de la part de réseaux cherchant à exploiter les procédures pour ternir l’image des institutions.

Une question de procédure et de transparence interne

Sur le plan opérationnel, la défense des agents s’est appuyée sur une traçabilité rigoureuse. Leurs mouvements étaient, semble-t-il, dûment consignés dans le registre de la main courante (mentions 180 et 181), attestant de leur présence sur le terrain dans le cadre d’une mission de service.

Si le directeur de l’OCRTIS dispose, conformément aux articles 127 à 129 du Code de procédure pénale, de la latitude nécessaire pour superviser des opérations sensibles, notamment les livraisons surveillées, la tournure qu’a prise cette affaire pose néanmoins la question de la fluidité de la communication entre les différents corps de l’État.

Le déferrement de ces agents, malgré les éléments de clarification disponibles, met en lumière un possible déficit de coordination qui pourrait, à terme, fragiliser l’efficacité globale de la lutte contre les stupéfiants.

Vers une nécessaire cohésion

Pour nombre d’observateurs, cet épisode devrait servir de leçon afin de renforcer la solidarité entre les unités d’élite. Si la justice a su faire preuve de discernement en écartant toute manœuvre de diversion, l’opinion publique comme les acteurs de la sécurité s’accordent sur un point : la sérénité du pays repose sur une collaboration étroite et constante entre les institutions.

La mission de protection de la jeunesse face au fléau de la drogue demeure une tâche de longue haleine. Elle requiert non seulement des moyens accrus, mais aussi une volonté partagée d’éviter que des incompréhensions institutionnelles ne fassent le jeu de ceux que la loi cherche précisément à combattre.

Filière arachidière : Elhadji Bou Goumballa propose une organisation plus transparente

Face aux défis économiques, sociaux et migratoires auxquels le Sénégal est aujourd’hui confronté, l’agriculture revient au cœur du débat national comme levier stratégique de développement. Dans une contribution intitulée « Pour une politique agricole vivante, rentable et inclusive », l’opérateur économique Elhadji Bou Goumballa propose une refondation du modèle agricole sénégalais afin d’en faire un moteur durable de croissance, d’emploi et de souveraineté alimentaire.

Une agriculture au centre des réponses économiques et sociales

Acteur engagé dans la production et la commercialisation agricoles, Elhadji Bou Goumballa défend une vision pragmatique fondée sur l’expérience de terrain. Selon lui, l’agriculture doit dépasser son rôle traditionnel pour devenir un véritable secteur économique structurant, capable de réduire le chômage rural et de freiner l’émigration clandestine.

Dans son analyse, plusieurs contraintes continuent de freiner le potentiel agricole national : la faible rentabilité de certaines filières, les difficultés d’écoulement des productions, le manque d’infrastructures de stockage et l’insuffisance de transformation locale. À cela s’ajoute une dépendance alimentaire extérieure encore importante, malgré les vastes ressources agricoles dont dispose le pays.

Pour l’opérateur économique, ces difficultés contrastent toutefois avec des opportunités majeures : la disponibilité de terres cultivables, une jeunesse dynamique, une demande croissante en produits locaux et un fort potentiel agro-industriel.

Une vision structurée autour de cinq piliers

La contribution s’articule autour d’une stratégie reposant sur cinq axes majeurs visant à moderniser durablement le secteur agricole.

Le premier pilier prône une agriculture vivante, fondée sur la modernisation des techniques culturales, une mécanisation adaptée et la formation continue des producteurs, tout en intégrant les enjeux climatiques.

Le deuxième met l’accent sur une agriculture rentable, reposant sur la réduction des coûts de production, un meilleur accès aux intrants et l’instauration de prix rémunérateurs afin de sécuriser les revenus des paysans.

Le troisième pilier défend une agriculture inclusive, favorisant l’implication des jeunes et des femmes rurales à travers les coopératives agricoles et un accès plus équitable au financement.

La vision insiste également sur une agriculture économique et industrielle, axée sur la transformation locale des productions et le développement de chaînes de valeur nationales capables de stimuler le « Consommer local ».

Enfin, Elhadji Bou Goumballa présente l’agriculture comme une réponse structurelle à l’émigration clandestine, grâce à la création d’emplois ruraux durables et à la valorisation de l’entrepreneuriat agricole.

La filière arachidière au cœur des propositions

Pilier historique de l’économie sénégalaise, la filière arachidière occupe une place centrale dans cette contribution. L’auteur propose une meilleure anticipation des campagnes agricoles, une fixation transparente du prix au producteur ainsi que la mise en place de points d’achat accessibles et équitablement répartis.

Il recommande également la digitalisation du suivi des collectes, l’amélioration des capacités de stockage et un soutien logistique accru au transport rural afin de réduire les pertes post-récolte et de limiter la spéculation des intermédiaires.

L’objectif affiché est clair : sécuriser les revenus des producteurs, stabiliser le marché national et renforcer la transformation locale de l’arachide.

Vers des assises nationales de l’agriculture

Parmi les propositions phares figure l’organisation d’assises nationales sur l’agriculture, réunissant producteurs, opérateurs économiques, autorités publiques et chercheurs. Ces rencontres permettraient, selon lui, d’identifier les blocages structurels du secteur et de définir une stratégie agricole durable et applicable.

Plusieurs thématiques prioritaires sont avancées : le financement agricole, la mécanisation, la commercialisation, la transformation agro-industrielle, l’emploi des jeunes et le lien entre agriculture et lutte contre l’émigration irrégulière.

Des impacts attendus sur l’économie nationale

À travers cette approche, Elhadji Bou Goumballa anticipe une augmentation significative des revenus agricoles, la création massive d’emplois ruraux et une réduction de l’exode vers les centres urbains ou vers l’étranger.

La mise en œuvre d’une telle politique contribuerait également, selon lui, au renforcement de la souveraineté alimentaire et à la dynamisation globale de l’économie nationale.

Un appel à un partenariat renforcé

En conclusion, l’opérateur économique appelle à un partenariat renforcé entre l’État et le secteur privé agricole. Il préconise la mise en place de mécanismes de financement adaptés, le développement de zones agricoles intégrées et un soutien accru à la transformation locale.

Pour Elhadji Bou Goumballa, l’avenir économique du Sénégal passe inévitablement par une agriculture modernisée, inclusive et économiquement viable, capable d’offrir des perspectives concrètes à la jeunesse et de repositionner durablement le pays sur la voie de l’autosuffisance alimentaire.

Affaire Pape Cheikh Diallo : une troisième phase d’enquête marquée par de nouvelles arrestations imminentes

La procédure judiciaire impliquant Pape Cheikh Diallo, Djiby Drame et plusieurs autres mis en cause est entrée dans une nouvelle étape décisive. Selon des informations rapportées par le quotidien Libération , l’enquête connaît un tournant majeur avec l’annonce de nouvelles arrestations imminentes, dans ce qui est désormais présenté comme la troisième phase du dossier.

Depuis les premières interpellations, l’affaire a pris une ampleur considérable, tant sur le plan judiciaire que médiatique. Les investigations, menées par la brigade territoriale de Keur Massar, portent sur des faits présumés d’association de malfaiteurs, d’actes contre nature et de transmission volontaire du VIH/Sida, conformément aux dispositions du Code pénal sénégalais en vigueur. Plusieurs suspects ont déjà été placés en garde à vue, tandis que d’autres ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt à l’issue de leur présentation devant le juge d’instruction.

Un élément déterminant serait venu accélérer la progression de l’enquête. D’après les sources citées, un détenu extrait de prison dans le cadre du dossier aurait livré aux enquêteurs des déclarations jugées cruciales. Porteur du VIH depuis 2021, il aurait reconnu certains faits et fourni l’identité de partenaires présumés, parmi lesquels figureraient des personnalités connues du grand public. Ces révélations auraient permis aux gendarmes d’élargir significativement le périmètre des investigations et d’identifier de nouvelles cibles potentielles.

Les enquêteurs s’emploient actuellement à vérifier et recouper ces déclarations avec les éléments matériels déjà collectés. Les communications électroniques, les échanges téléphoniques et les témoignages recueillis lors des précédentes vagues d’interpellations font l’objet d’analyses approfondies. L’objectif est d’établir avec précision les responsabilités individuelles et de consolider le dossier avant toute nouvelle vague d’arrestations.

Cette troisième phase devrait ainsi se traduire par une série d’auditions supplémentaires dans les prochains jours. Des convocations ciblées seraient en préparation, tandis que certaines arrestations pourraient intervenir à brève échéance, si les éléments réunis sont jugés suffisants par les autorités judiciaires. Le climat reste donc particulièrement tendu autour de ce dossier, qui continue de susciter une vive attention au sein de l’opinion publique.

Au-delà des aspects judiciaires, l’affaire soulève également des interrogations sur la gestion des questions de santé publique et sur la responsabilité pénale en matière de transmission volontaire de maladies infectieuses. Les développements à venir seront déterminants pour la suite de la procédure, dans un contexte où la présomption d’innocence demeure un principe fondamental tant que les faits ne sont pas définitivement établis par la justice.

Pourvoi en cassation dans l’affaire Farba Ngom : la remise en liberté de nouveau suspendue

Nouveau coup de théâtre dans le dossier judiciaire impliquant Farba Ngom. Le Procureur général près la Cour d’appel de Dakar a annoncé, ce mardi, avoir introduit un pourvoi en cassation contre l’arrêt de la Chambre d’accusation financière ayant confirmé la mise en liberté provisoire du député-maire des Agnam. Ce recours, exercé dans le délai légal de six jours, a pour effet immédiat de suspendre l’exécution de la décision contestée, maintenant ainsi l’élu en détention.

Incarcéré depuis près d’un an, Farba Ngom est poursuivi pour association de malfaiteurs en vue de blanchiment de capitaux, blanchiment et escroquerie portant sur des deniers publics. Son dossier s’inscrit dans une série d’enquêtes financières ouvertes dans le sillage du changement de régime au Sénégal, marqué par une volonté affichée des nouvelles autorités de faire la lumière sur la gestion passée des ressources publiques.

La Chambre d’accusation financière avait récemment confirmé l’ordonnance de mise en liberté provisoire accordée au parlementaire, désavouant ainsi la position du parquet qui s’y était opposé. Cette décision avait été perçue comme un revers pour le ministère public, d’autant plus que ce dernier avait également été critiqué pour son attitude jugée contrastée dans le traitement du dossier. En effet, la liberté provisoire accordée à son co-mis en cause, Tahirou Sarr, n’avait pas fait l’objet d’un recours similaire, alimentant les interrogations sur une éventuelle disparité de traitement.

Le nouveau pourvoi en cassation ravive ainsi la controverse. Pour les soutiens de Farba Ngom et plusieurs observateurs, cette démarche du parquet s’apparente à un acharnement judiciaire. Ils estiment que la multiplication des recours contribue à installer dans l’opinion l’idée d’une justice à deux vitesses, dans un contexte politique encore marqué par les tensions post-électorales et les réajustements institutionnels.

Du côté du ministère public, cette décision est présentée comme l’exercice normal des voies de recours prévues par la loi. Le pourvoi en cassation vise à faire examiner par la juridiction suprême la conformité de l’arrêt attaqué aux règles de droit. Il ne s’agit donc pas de rejuger les faits, mais de vérifier la correcte application des textes et des procédures.

Le Président lance la construction de l’École de Formation du Barreau : un nouveau jalon pour la Justice sénégalaise

Le Président de la République a procédé, cet après-midi, à la pose de la première pierre de l’École de Formation du Barreau du Sénégal, marquant une étape décisive dans la modernisation du système judiciaire national. À travers cette initiative structurante, l’État réaffirme sa volonté de placer la Justice au cœur de la transformation institutionnelle et sociale du pays, conformément aux ambitions de la Vision Sénégal 2050.

La future infrastructure se veut à la hauteur des défis contemporains. Le projet prévoit la construction d’un complexe moderne comprenant seize salles de classe, un auditorium d’une capacité de 400 places, ainsi que des espaces administratifs et des installations d’hébergement adaptés aux besoins des élèves-avocats et des formateurs. Conçue comme un véritable pôle d’excellence, l’école ambitionne d’offrir un cadre d’apprentissage optimal, répondant aux standards internationaux en matière de formation juridique.

Au-delà de l’aspect infrastructurel, cette école s’inscrit dans une orientation stratégique majeure. Dans un contexte marqué par des difficultés d’accès équitable au droit, une répartition territoriale inégale des avocats et la nécessité de renforcer les ressources humaines du secteur judiciaire, l’établissement apparaît comme une réponse structurante et durable. Il s’agit non seulement d’augmenter le nombre de professionnels qualifiés, mais surtout de former une nouvelle génération d’avocats capables d’accompagner les mutations économiques et sociales du Sénégal.

Le Chef de l’État a souligné que la mission de l’avocat dépasse la seule défense des intérêts en justice. Il a insisté sur le rôle fondamental que doivent jouer les futurs professionnels du droit dans la prévention des conflits, la promotion de la médiation et la consolidation de la paix sociale. Dans un environnement où les tensions sociales et les contentieux peuvent fragiliser la cohésion nationale, la formation d’acteurs juridiques compétents et engagés constitue un investissement stratégique pour la stabilité du pays.

Rappelant que la grandeur d’un État se mesure à sa capacité à protéger le plus vulnérable face au plus puissant, le Président a réaffirmé son attachement à une Justice garante des libertés fondamentales et pilier de l’État de droit. Il a souligné que la crédibilité des institutions repose en grande partie sur l’indépendance, la compétence et l’éthique des acteurs judiciaires.

Affaire Pape Cheikh Diallo : Ibrahima Magib Seck et trois autres inculpés et placés sous mandat de dépôt à Pikine-Guédiawaye

Un nouveau tournant judiciaire a été franchi dans l’affaire dite Pape Cheikh Diallo. Conduits ce mardi devant le juge d’instruction du premier cabinet du tribunal de Pikine-Guédiawaye par les éléments de la brigade de recherches de Guédiawaye, Ibrahima Magib Seck et trois autres personnes mises en cause ont été fixés sur leur sort.

Selon des informations rapportées par Seneweb, le magistrat instructeur a procédé à leur inculpation avant de les placer sous mandat de dépôt. Les chefs d’accusation retenus à leur encontre sont lourds : association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux, actes contre nature, transmission volontaire du VIH et mise en danger de la vie d’autrui. À l’issue de leur audition et de la notification des charges, ils ont été écroués en attendant la poursuite de l’instruction.

Ces nouvelles inculpations s’inscrivent dans le cadre de l’affaire Pape Cheikh Diallo, un dossier aux ramifications multiples qui continue de révéler des développements successifs. L’enquête, menée par la brigade de recherches de Guédiawaye, avait déjà conduit à l’arrestation de plusieurs suspects. À ce jour, douze personnes ont été envoyées en prison pour des faits similaires dans cette même procédure.

D’après les premiers éléments de l’enquête, les mis en cause seraient impliqués dans un réseau présumé structuré, ce qui expliquerait la qualification d’association de malfaiteurs retenue par le parquet. Les accusations de blanchiment de capitaux laissent également supposer l’existence de flux financiers jugés suspects par les enquêteurs. Les autres chefs, notamment ceux liés à la transmission volontaire du VIH et à la mise en danger de la vie d’autrui, confèrent à l’affaire une gravité particulière, tant sur le plan pénal que sanitaire.

L’instruction devra désormais déterminer le degré d’implication de chacun des prévenus et établir les responsabilités individuelles dans ce dossier sensible. Les avocats de la défense pourraient, dans les prochains jours, introduire des demandes de mise en liberté provisoire ou contester certaines qualifications pénales.

Interpellation de Pape Birame Bigué Ndiaye : du direct sur la RTS à la garde à vue à Keur Massar

Quelques heures seulement avant son interpellation, le journaliste Pape Birame Bigué Ndiaye apparaissait à l’antenne de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), face caméra, pour introduire la conférence de presse du procureur Ibrahima Ndoye. Cette communication officielle était consacrée à l’enquête sur le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, une affaire distincte qui continue de susciter une vive émotion au sein de l’opinion publique.

Dans son intervention, diffusée le jour même, le journaliste contextualisait la prise de parole du parquet. Il revenait sur les faits déjà établis concernant les circonstances du drame et mettait en lumière les attentes entourant les conclusions des autorités judiciaires. Le reportage, réalisé dans un cadre strictement institutionnel, s’est déroulé dans les locaux abritant la conférence, en présence de nombreux journalistes et représentants de la presse nationale, venus couvrir ce point de presse très attendu.

Le procureur devait notamment faire le point sur l’état d’avancement des investigations relatives au décès de l’étudiant en deuxième année de médecine à l’UCAD, survenu après des affrontements ayant impliqué des apprenants et les forces de l’ordre. Cette affaire, suivie de près par une grande partie de la population, a alimenté débats et interrogations sur les responsabilités et les circonstances exactes des faits.

Cependant, à l’issue de cette couverture médiatique et alors que la conférence venait de s’achever, un autre épisode est venu marquer la journée du journaliste. Selon des informations concordantes, Pape Birame Bigué Ndiaye a été interpellé par des éléments de la gendarmerie en civil. L’arrestation est intervenue sur place, peu après la fin de l’événement, suscitant surprise et interrogations parmi les professionnels des médias présents.

Cette interpellation ne serait pas liée à l’affaire du décès d’Abdoulaye Ba, mais s’inscrirait dans le cadre de l’exécution d’une délégation judiciaire relative au dossier dit Pape Cheikh Diallo – Djiby Dramé. Une affaire distincte qui fait également l’objet d’investigations judiciaires et dont les ramifications impliquent plusieurs personnes.

À la suite de son arrestation, le journaliste a été conduit à la Section de recherches de Keur Massar. Il y a été placé en garde à vue pour les besoins de l’enquête en cours. À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’a encore précisé les chefs exacts retenus contre lui ni la nature précise des faits qui lui seraient reprochés dans le cadre de cette procédure.

Cette succession d’événements, survenue en l’espace de quelques heures, place Pape Birame Bigué Ndiaye au cœur de l’actualité, dans un contexte déjà marqué par une forte tension autour de plusieurs dossiers judiciaires sensibles. L’évolution de la situation devrait dépendre des conclusions des investigations menées par les autorités compétentes, tandis que le monde médiatique et l’opinion publique suivent attentivement les développements de cette affaire.

Abdou Nguer placé en garde à vue après son audition à la Section de Recherches de Colobane

Convoqué ce mardi 17 février 2026 à la Section de Recherches de Colobane, Abdou Nguer a été placé en garde à vue à l’issue de son audition par les enquêteurs. Cette mesure intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par une vive émotion au sein de l’opinion publique à la suite du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba.

Selon des sources proches du dossier, la convocation d’Abdou Nguer fait suite à sa récente intervention sur la chaîne Dakar 18. Lors de cette prise de parole, il s’était exprimé au sujet du communiqué rendu public par le Procureur de la République concernant les circonstances du décès de l’étudiant, survenu après des affrontements entre apprenants et forces de l’ordre. Ses déclarations auraient suscité l’attention des autorités judiciaires, qui ont décidé de l’entendre afin d’éclaircir certains propos tenus à l’antenne.

L’audition s’est déroulée dans les locaux de la Section de Recherches de Colobane, une unité spécialisée chargée des enquêtes sensibles et des dossiers à fort retentissement. À l’issue de plusieurs heures d’échanges avec les enquêteurs, il a été notifié à Abdou Nguer son placement en garde à vue. Pour l’heure, les faits précis qui lui sont reprochés n’ont pas été officiellement détaillés.

Cette nouvelle étape judiciaire intervient alors que le décès d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, continue de susciter interrogations et demandes de clarification. Une large partie de l’opinion réclame que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de sa mort, tandis que le Procureur de la République avait annoncé un point de presse afin d’apporter des éléments d’information à la population.

Le placement en garde à vue d’Abdou Nguer pourrait relancer le débat sur la liberté d’expression et la responsabilité des acteurs médiatiques dans le traitement de dossiers judiciaires en cours. Sur les réseaux sociaux, les réactions se multiplient déjà, entre appels à la prudence et dénonciations d’une mesure jugée excessive par certains soutiens.

Le Vice-Amiral d’Escadre Oumar Wade installé à la tête des Armées : une page historique s’ouvre

Le Vice-Amiral d’Escadre Oumar Wade a été officiellement installé, ce mardi 17 février 2026, dans ses fonctions de Chef d’État-Major Général des Armées (CEMGA), marquant un tournant majeur dans l’histoire militaire du Sénégal. La cérémonie solennelle s’est tenue sous la présidence du ministre des Forces armées, le Général Birame Diop, en présence du ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cisse , de hauts gradés des Forces de défense et de sécurité ainsi que de nombreuses personnalités de l’État.

Cette installation revêt un caractère historique. Le Vice-Amiral d’Escadre Oumar Wade devient en effet le premier officier issu de la Marine nationale à accéder à la tête de l’État-Major général des Armées. Il est également le 17e CEMGA de l’histoire des Forces armées sénégalaises, une institution reconnue pour sa stabilité, sa discipline et son professionnalisme depuis l’indépendance.

Dans son allocution, le ministre des Forces armées a souligné la portée institutionnelle et symbolique de cette nomination. Selon lui, la cérémonie ne consacre pas seulement l’avènement d’un nouveau commandement, mais constitue également l’expression de la vitalité des Armées sénégalaises. Il a insisté sur le fait que cette institution demeure solide et pérenne, continuellement enrichie par l’engagement et l’héritage des générations successives qui la servent avec loyauté et sens du devoir.

Le Général Birame Diop a rappelé que cette nomination traduit avant tout la confiance du Président de la République, Chef suprême des Armées. Il a indiqué que l’installation du nouveau CEMGA est l’expression de cette confiance, fondée sur son expertise, sa loyauté et son sens élevé de l’État. À travers ces mots, le ministre a mis en exergue la dimension stratégique de la fonction et la responsabilité particulière qui incombe désormais au Vice-Amiral d’Escadre Oumar Wade.

Le rôle du Chef d’État-Major Général des Armées, a-t-il poursuivi, s’inscrit au cœur du dialogue permanent entre l’autorité militaire et le pouvoir politique. Le nouveau CEMGA devra éclairer la décision politique avec rigueur et objectivité, exposer sans complaisance les menaces ainsi que l’état réel des capacités des Armées, et traduire fidèlement les orientations stratégiques en directives militaires claires, en plans cohérents et en actions efficaces sur le terrain. Cette articulation entre vision politique et exécution opérationnelle constitue, selon le ministre, l’un des piliers de la cohérence stratégique nationale.

Le ministre des Forces armées a par ailleurs exprimé sa volonté d’inscrire sa collaboration avec le nouveau Chef d’État-Major Général des Armées dans une relation de confiance exigeante et constructive. L’objectif affiché est de garantir une parfaite cohérence dans la conduite des affaires militaires, de renforcer la solidité de l’outil de défense national et de maintenir les Armées à un haut niveau de préparation face aux défis sécuritaires actuels et futurs.

Ziguinchor paralysée par une grève de 72 heures en soutien à l’étudiant Abdoulaye Ba

Ce mardi 17 février, la quasi-totalité des établissements publics de Ziguinchor ont été désertés par leurs élèves, à la suite d’un mot d’ordre de grève de 72 heures lancé en soutien aux étudiants après la mort tragique d’Abdoulaye Ba. Dans plusieurs quartiers de la commune, les salles de classe sont restées vides, témoignant de l’ampleur du mouvement.

Dès les premières heures de la matinée, des élèves des lycées de la ville ont investi certains collèges pour faire sortir leurs camarades plus jeunes, appelant à une mobilisation générale. L’objectif affiché est de manifester leur solidarité avec les étudiants et d’exiger que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès du jeune étudiant en deuxième année de médecine à Université Cheikh Anta Diop.

Cette grève a fortement perturbé le calendrier scolaire, notamment dans des établissements comme le lycée Kénia, où des élèves de terminale devaient entamer leurs compositions dès ce mardi matin. Les évaluations ont été compromises, plongeant l’administration et les enseignants dans l’incertitude quant à la réorganisation des examens. Dans d’autres lycées et collèges publics de la commune, les cours ont été purement et simplement suspendus.

Le mouvement trouve son origine dans les événements survenus le 9 février dernier à Dakar. Ce jour-là, Abdoulaye Ba, âgé de 21 ans, a perdu la vie lors d’affrontements entre étudiants et forces de l’ordre au sein du campus social de l’Université Cheikh Anta Diop. Depuis, une vive émotion traverse le pays, particulièrement dans le milieu scolaire et universitaire. À Ziguinchor, comme dans d’autres localités, la jeunesse exprime son indignation et réclame vérité et justice.

Au-delà de la solidarité, cette mobilisation traduit un profond malaise et une volonté des élèves de se faire entendre. Les organisateurs du mouvement insistent sur le caractère pacifique de la grève, tout en appelant les autorités à apporter des réponses claires et transparentes sur les circonstances du drame.

Drame à l’UCAD : le Procureur Ibrahima Ndoye face à la presse après la mort d’Abdoulaye Ba

L’émotion et la colère ne retombent pas après le décès brutal d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar. Âgé de 21 ans, le jeune homme a perdu la vie le 9 février 2026, à la suite d’affrontements survenus entre apprenants et forces de l’ordre. Depuis, l’affaire suscite une vive polémique et alimente un débat national sur les circonstances exactes de sa mort.

Face à l’ampleur de l’émotion et à l’exigence de vérité exprimée par une large frange de l’opinion publique, le Procureur de la République près le tribunal de grande instance de Dakar, Ibrahima Ndoye, prévoit de tenir un point de presse dans l’après-midi de ce mardi 17 février 2026 au Palais de justice de Dakar. Cette sortie médiatique est particulièrement attendue, tant les déclarations précédentes du parquet ont été contestées.

Dans un communiqué rendu public quelques jours après le drame, le Procureur avait affirmé que « les éléments disponibles ne corroborent pas les rumeurs faisant état de violences physiques exercées sur la victime ». Une position qui a immédiatement provoqué l’indignation d’acteurs de la société civile, d’organisations estudiantines et de nombreux citoyens. Pour ces derniers, cette communication officielle semblait minimiser la gravité des faits, voire chercher à orienter l’opinion avant la fin complète des investigations.

La controverse s’est intensifiée après la divulgation d’informations relatives à l’autopsie d’Abdoulaye Ba. Selon des sources proches du dossier, le rapport médico-légal ferait état de plusieurs fractures et traumatismes physiques. Ces éléments, largement relayés sur les réseaux sociaux, ont renforcé les soupçons d’un recours disproportionné à la force lors des heurts. Dans ce contexte, beaucoup réclament une enquête indépendante et transparente afin d’établir clairement les responsabilités.

L’affaire a également fait réagir au plus haut sommet de l’État. Devant les parlementaires, lors d’une séance tenue le lundi 16 février, la Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Yacine Fall, a assuré que « tous ceux qui ont enfreint les règles, la loi s’appliquera sur eux ». Une déclaration perçue comme un engagement à faire toute la lumière sur cette affaire, sans protection ni impunité pour d’éventuels responsables.

Sur le campus de l’UCAD, la tension reste palpable. Des étudiants continuent d’exiger justice pour leur camarade, tandis que des appels au calme sont lancés pour éviter de nouveaux débordements. La mort d’Abdoulaye Ba est ainsi devenue un symbole des relations parfois tendues entre forces de l’ordre et jeunes manifestants, mais aussi un test majeur pour la crédibilité des institutions judiciaires.

Sécurité renforcée autour de Mame Makhtar Guèye après l’annonce d’une publication controversée de Jamra

Des éléments de la Brigade d’intervention polyvalente (Bip) ont été déployés pour assurer la sécurité du vice-président de l’Ong islamique Jamra, Mame Makhtar Guèye. L’annonce a été faite par l’organisation elle-même sur sa page Facebook officielle, dans un contexte particulièrement sensible marqué par la controverse autour d’une liste que l’Ong affirme détenir et dont la publication est annoncée.

Dans un message publié en ligne, Jamra, à travers son président exécutif Imam Massamba Diop, a exprimé sa reconnaissance au directeur général de la Police nationale, Mame Seydou Ndour, pour avoir « bien voulu détacher des éléments de la Bip pour la garde rapprochée » de M. Guèye. Cette mesure de protection intervient alors que l’organisation fait face à une vive attention médiatique et à de nombreuses réactions après l’évocation d’une liste comportant des noms de personnes que l’Ong présente comme homosexuelles.

Quelques jours plus tôt, Jamra avait indiqué avoir été saisie par l’un de ses conseils, Seydou Diagne, actuellement en déplacement à Paris, afin de différer la publication de cette liste. Selon les responsables de l’organisation, l’avocat leur aurait demandé « d’attendre son retour de voyage avant de publier la liste des 650 homosexuels », précisant que cette démarche s’inscrirait dans la continuité d’une action antérieure menée par l’Ong.

Mame Makhtar Guèye et ses collaborateurs ont en effet rappelé un précédent remontant à 1985. À cette époque, soutiennent-ils, l’organisation avait, « avec Me Babacar Niang, procédé de la même manière pour la liste des 25 francs-maçons, avant de la rendre publique ». En évoquant cet épisode, Jamra semble vouloir justifier sa méthode et inscrire son initiative actuelle dans une logique qu’elle considère conforme à ses actions passées.

L’annonce de la publication prochaine d’une telle liste suscite cependant de nombreuses interrogations et inquiétudes, tant sur le plan juridique que sur celui des droits et libertés individuelles. Dans ce climat tendu, le renforcement du dispositif sécuritaire autour du vice-président de l’Ong apparaît comme une mesure préventive visant à parer à toute éventualité.

Sénégal : le projet CNDES accélère l’intégration du numérique et de l’intelligence artificielle à l’école

Alors que le Sénégal engage une transformation ambitieuse de son système éducatif à travers le New Deal Technologique 2024-2034 et la Stratégie du Numérique pour l’Éducation (SNE 2025-2029), une initiative concrète vient traduire ces orientations stratégiques en actions de terrain. Le projet « Compétences Numériques des Élèves et Développement de l’Esprit Scientifique » (CNDES), porté par la Coalition des Organisations en Synergie pour la Défens de l’Education Publique (COSYDEP) en partenariat avec la coopération allemande, organise les 15 et 16 février une session de travail au Centre Régional de Formation des Personnels de l’Education de Dakar.

Cette rencontre stratégique réunit une trentaine de participants, dont vingt animateurs issus des régions d’intervention du projet, trois spécialistes et plusieurs partenaires techniques. Elle marque une étape décisive dans la mise en œuvre d’un programme qui ambitionne de réduire la fracture numérique éducative et de promouvoir une utilisation pédagogique effective des technologies.

Un paradoxe persistant caractérise en effet le paysage éducatif sénégalais. Avec un taux de pénétration d’internet avoisinant 67 %, le pays affiche des progrès notables en matière d’accès au numérique. Pourtant, l’intégration des technologies dans les apprentissages reste marginale. D’après le Rapport national sur la situation de l’éducation (2023), seules 19,7 % des écoles élémentaires publiques disposent d’une connexion internet. Les disparités territoriales sont particulièrement marquées : 41,4 % des établissements urbains sont connectés, contre seulement 15,4 % en milieu rural. Au cycle moyen général, si 57,9 % des établissements bénéficient d’une connexion, celle-ci est majoritairement utilisée à des fins administratives, avec un impact encore limité sur les pratiques pédagogiques et l’apprentissage des élèves.

C’est pour répondre à ces insuffisances que le projet CNDES déploie une approche structurée autour de trois axes dans cinq régions du pays : Dakar, Saint Louis, Kedougou, Ziguinchor et Diourbel. L’initiative prévoit la mise en place de « Boutiques Numériques Éducatives » (BNE), conçues comme des espaces de ressources ouverts aux élèves, aux enseignants et aux parents. Ces centres visent à démocratiser l’accès aux outils numériques et à accompagner leur appropriation dans un cadre structuré.

En parallèle, des « Mini-Laboratoires de Recherche » seront installés afin d’initier les apprenants à la programmation, à l’algorithmique et aux bases de la pensée computationnelle. L’objectif est de stimuler la curiosité scientifique et de développer des compétences adaptées aux exigences du XXIe siècle, tout en favorisant l’innovation locale.

La session de Dakar s’articule autour de plusieurs temps forts, notamment le partage des résultats d’une étude diagnostique sur l’état des compétences numériques, des formations en ingénierie pédagogique et des ateliers pratiques de conception de vidéos mobiles. Les participants travailleront également à la production collaborative de ressources numériques contextualisées, adaptées aux réalités socioculturelles des différentes régions. Ces contenus, qu’il s’agisse de textes, de capsules vidéo ou de fiches pédagogiques, seront ensuite diffusés via les plateformes du projet afin d’en assurer une large accessibilité.

Une attention particulière sera accordée à l’éducation à l’intelligence artificielle et au développement de l’esprit critique. Dans un contexte où les outils d’IA deviennent omniprésents, il ne s’agit pas seulement de former les élèves à l’usage technique des technologies, mais de les amener à comprendre leurs mécanismes, leurs limites et leurs implications éthiques. Cette orientation vise à préparer une génération capable d’analyser l’information, de questionner les contenus numériques et d’utiliser les technologies de manière responsable et créative.

Le projet CNDES s’inscrit dans le programme GenerationDigital! de la coopération allemande, qui soutient la transformation numérique en Afrique à travers le renforcement d’écosystèmes éducatifs inclusifs et durables. Une troisième phase est d’ores et déjà envisagée afin de capitaliser les bonnes pratiques issues des expérimentations régionales et de plaider en faveur de leur généralisation à l’échelle nationale.

Affaire Pape Cheikh Diallo : Ibrahima Magib Seck passe aux aveux, de nouvelles arrestations en vue

L’enquête dans l’affaire dite « Pape Cheikh Diallo et Cie » connaît un nouveau tournant. Arrêté en compagnie de trois autres personnes, dont un citoyen français, Ibrahima Magib Seck, plus connu sous le surnom de « Iba », est passé aux aveux devant les enquêteurs de la Brigade de recherches (BR) de Keur Massar.

Selon des informations rapportées par le journal Libération, des vidéos compromettantes ont été retrouvées dans le téléphone du mis en cause, contribuant à l’accélération des investigations. Le dossier, qui présente déjà de multiples ramifications, est loin d’avoir livré tous ses secrets. La délégation judiciaire confiée par le juge du premier cabinet de Pikine-Guédiawaye à la Brigade de recherches de Keur Massar se poursuit activement et pourrait déboucher sur de nouvelles révélations.

D’après les éléments relayés, Ibrahima Magib Seck a reconnu l’organisation d’une soirée à caractère sexuel aux Mamelles, au domicile de Pape Cheikh Diallo. Lors de son audition, il serait revenu en détail sur le déroulement de cette rencontre, indiquant que plusieurs participants y avaient pris part. Les enquêteurs s’intéressent désormais à l’identification de toutes les personnes impliquées.

Les investigations se sont également étendues à plusieurs groupes WhatsApp présentés comme des espaces de rencontres. Les gendarmes exploitent différents numéros de téléphone apparus dans ces groupes afin de retracer d’éventuelles connexions avec les faits reprochés. Une nouvelle vague d’interpellations ne serait pas à exclure, selon des sources proches du dossier.

Dans un communiqué officiel publié récemment, la Gendarmerie nationale a indiqué que les quatre principaux mis en cause, dont un détenu extrait de prison pour les besoins de l’enquête, sont porteurs du VIH et auraient entretenu volontairement des rapports sexuels non protégés avec divers partenaires. Le communiqué précise par ailleurs que, sur les seize personnes arrêtées à ce stade de la procédure, douze seraient porteuses du VIH.

Ces révélations donnent une nouvelle dimension à l’affaire, qui suscite déjà une vive attention de l’opinion publique. L’enquête se poursuit sous l’autorité du parquet compétent afin d’établir les responsabilités et de déterminer l’ampleur exacte des faits.

Alerte autour des écoles : un homme distribue des billets de 5 000 FCFA à des élèves, les parents appelés à la vigilance

Une vive inquiétude gagne les réseaux sociaux depuis la publication d’un message d’alerte par la page Facebook « École du Sénégal ». Dans cette note largement relayée, il est fait état de la présence d’un individu aux abords de certains établissements scolaires, soupçonné de distribuer des billets de 5 000 francs CFA à des enfants.

Selon les informations partagées, un homme aurait été aperçu en train de remettre de l’argent à des élèves, sans que son identité, la provenance des fonds ni ses motivations ne soient, à ce stade, clairement établies. La publication souligne que ces faits, encore entourés de nombreuses zones d’ombre, suscitent une réelle préoccupation au sein de la communauté éducative et des parents d’élèves.

La situation a pris une ampleur particulière après la diffusion d’une vidéo montrant l’homme en question en train de distribuer des billets de 5 000 FCFA à l’intérieur même de salles de classe. Plusieurs internautes ont relayé ces images, parmi lesquels la journaliste Maty Sarr, contribuant ainsi à amplifier l’alerte et à attirer l’attention de l’opinion publique.

Face à ce qu’elle considère comme un risque potentiel pour la sécurité des enfants, la page « École du Sénégal » appelle les parents à redoubler de vigilance. Elle recommande de sensibiliser les élèves à ne rien accepter d’inconnus, qu’il s’agisse d’argent, de cadeaux ou de friandises, et d’engager un dialogue franc avec eux afin qu’ils signalent toute approche suspecte.

Il est également demandé aux familles de faire preuve d’une attention accrue aux heures d’entrée et de sortie des classes, moments souvent jugés plus sensibles. En cas de comportement suspect, les parents sont invités à en informer sans délai les responsables d’établissements scolaires ainsi que les autorités compétentes.

Dans sa note, « École du Sénégal » insiste sur la nécessité d’une mobilisation collective pour garantir la sécurité des élèves. Elle encourage les internautes à partager massivement le message, dans un esprit de prévention et de protection, en attendant que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

Affaire Pape Cheikh Diallo et Cie : des aveux accablants, une enquête élargie et de lourds enjeux sanitaires

L’affaire dite Pape Cheikh Diallo et Cie connaît un nouveau tournant avec les révélations issues de l’enquête menée par la Brigade de recherches de Keur Massar. Selon des informations rapportées par le quotidien Libération dans son édition du mardi 17 février, Ibrahima Magib Seck, interpellé en même temps que trois autres personnes dont un ressortissant français, est passé aux aveux lors de son audition par les enquêteurs.

D’après ses déclarations, il aurait participé à l’organisation d’une « soirée partouze » qui se serait tenue aux Mamelles, au domicile de Pape Cheikh Diallo. Toujours selon la même source, cette rencontre aurait impliqué plusieurs participants dans un cadre privé, avec des pratiques sexuelles qualifiées d’« actes contre nature » par les enquêteurs, et décrites par le mis en cause comme une soirée où « tout était permis ».

Ces révélations ont conduit les enquêteurs à élargir le champ de leurs investigations. L’exploitation des téléphones portables saisis et des communications électroniques, notamment via des groupes WhatsApp, aurait permis d’identifier d’autres personnes susceptibles d’avoir pris part à ces rencontres. Une nouvelle vague d’interpellations serait imminente, les gendarmes cherchant à reconstituer l’ensemble du réseau et à établir les responsabilités individuelles.

Au-delà de l’aspect pénal lié aux mœurs, le dossier comporte un important volet sanitaire qui suscite de vives inquiétudes. Selon un communiqué de la gendarmerie exploité par Seneweb, sur les seize personnes interpellées à ce stade de la procédure, douze seraient porteuses du VIH. Les mis en cause auraient, d’après les éléments de l’enquête, entretenu des rapports sexuels non protégés en connaissance de leur statut sérologique, exposant ainsi volontairement leurs partenaires au virus.

Si ces faits étaient établis, ils pourraient entraîner des qualifications pénales lourdes, notamment pour actes contre nature, mais également pour transmission volontaire du VIH ou mise en danger délibérée de la vie d’autrui. Les autorités judiciaires s’emploient désormais à déterminer le degré d’implication de chacun, ainsi que les circonstances exactes des faits.

L’enquête se poursuit sous la direction du parquet compétent, avec pour objectif d’identifier l’ensemble des participants et de faire toute la lumière sur cette affaire aux ramifications multiples, mêlant infractions pénales présumées et préoccupations majeures de santé publique.

Senelec : le marché des compteurs intelligents de 4,8 milliards FCFA enlisé dans des recours en cascade

Le projet d’acquisition de compteurs intelligents porté par la Senelec, d’un montant estimé à 4,8 milliards de francs CFA, traverse une zone de fortes turbulences administratives et judiciaires. Ce marché stratégique, inscrit dans le cadre du Projet d’amélioration de l’accès à l’électricité au Sénégal (PADAES) financé par la Banque mondiale, est aujourd’hui paralysé par une succession de recours qui retardent sa mise en œuvre et menacent les ambitions nationales en matière d’électrification.

L’affaire trouve son point de bascule en juin dernier lorsque l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) annule l’attribution provisoire du marché à la société chinoise Hexing. Le régulateur des marchés publics estime alors que l’entreprise se trouve dans une situation de conflit d’intérêts manifeste. Déjà fournisseur du système technique existant de gestion des données de comptage (MDMS) de la Senelec, Hexing était contractuellement chargée d’accompagner l’intégration des compteurs proposés par d’autres soumissionnaires. Une configuration jugée problématique par l’ARCOP, dans la mesure où les concurrents étaient contraints de collaborer techniquement avec un acteur également en lice pour le marché, allant jusqu’à lui verser des frais d’études. Pour l’autorité de régulation, cette dualité plaçait l’entreprise en position de « juge et partie », en contradiction avec les principes d’équité et d’égalité de traitement des candidats.

Malgré cette décision, la Senelec ne procède à une réévaluation du marché que six mois plus tard. Lors de cette nouvelle phase, l’entreprise publique écarte non seulement Hexing, mais aussi Kaifa. Elle disqualifie également Inhemeter, pourtant moins-disante financièrement, invoquant des antécédents techniques jugés insatisfaisants. Au terme de cette réévaluation, le choix de la Senelec se porte sur la société chinoise Clou, initialement classée troisième.

Ce nouveau scénario ne met cependant pas un terme aux contestations. Saisie d’un recours introduit par Inhemeter, l’ARCOP décide, le 20 janvier dernier, de suspendre à nouveau la procédure dans l’attente d’une décision définitive sur le fond. En parallèle, Hexing annonce son intention de porter l’affaire devant la Cour suprême afin de contester son éviction, ouvrant ainsi un nouveau front judiciaire susceptible de prolonger l’impasse.

Au-delà de la bataille procédurale, les enjeux sont considérables. Le projet des compteurs intelligents constitue un levier central pour améliorer la performance du réseau, fiabiliser la facturation et réduire les pertes techniques et commerciales. Son blocage prolongé compromet le calendrier du PADAES et fragilise l’objectif d’accès universel à l’électricité fixé par les autorités à l’horizon 2027.

Ce dossier met également en lumière une réalité préoccupante : la compétition pour ce marché de plusieurs milliards oppose exclusivement des entreprises chinoises, à savoir Hexing, Inhemeter, Kaifa et Clou, illustrant la faible présence d’acteurs nationaux sur des segments technologiques aussi stratégiques. Alors que l’État ambitionne de renforcer le tissu industriel local, cette dépendance aux fournisseurs étrangers interroge sur la capacité du secteur privé national à se positionner sur des marchés à forte valeur ajoutée.

Dans l’attente des décisions finales de l’ARCOP et, éventuellement, de la Cour suprême, le projet demeure suspendu, laissant en suspens un chantier clé pour la modernisation du système électrique sénégalais.

Koungheul : Médina Lahène pose les bases d’un nouveau lieu spirituel

À Médina Lahène, localité située dans le département de Koungheul, la pose de la première pierre d’une nouvelle mosquée a été effectuée ce dimanche par le guide religieux El Hadji Babacar Cissé, en présence de plusieurs chefs religieux, notables et fidèles venus de différentes localités.

La cérémonie, empreinte de ferveur spirituelle et de recueillement, a rassemblé une forte mobilisation des populations, témoignant de l’importance du projet pour la communauté. Dans son intervention, El Hadji Babacar Cissé a rappelé le rôle central de la mosquée dans l’éducation religieuse, la cohésion sociale et la transmission des valeurs islamiques aux jeunes générations.

Considéré comme un guide religieux modèle par ses disciples, il a invité les fidèles à cultiver l’unité, la solidarité et l’attachement aux enseignements de l’islam, tout en saluant les efforts collectifs ayant permis le lancement de ce chantier. Plusieurs prières ont été formulées pour la réussite des travaux et pour la paix dans le pays, avant que les autorités religieuses présentes ne bénissent l’initiative.

La future mosquée devrait constituer un lieu de culte majeur pour Médina Lahène et les villages environnants, contribuant ainsi au renforcement de la vie spirituelle dans la zone.

Grève de 72 heures à l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique : le climat social s’envenime

Le climat social au sein de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP) connaît une détérioration brutale. La jonction syndicale regroupant le Syndicat Autonome des Membres du Secteur pharmaceutique (SAMES) et le Syndicat des Travailleurs de la Santé et de l’Action Sociale (SUTSAS) a annoncé, à travers un communiqué officiel adressé aux membres de la sous-section de l’institution, le déclenchement d’un mouvement d’humeur.

Face à l’impasse dans les discussions avec la direction et dans l’attente d’une médiation sollicitée auprès du Président du Conseil de Réglementation (PCR), les syndicats ont décidé à l’unanimité de cesser toute activité. Le mot d’ordre de grève est fixé sur une période de 72 heures, allant du lundi 16 février au mercredi 18 février 2026 inclus.

Cette décision résulte d’un examen approfondi des revendications portées par la jonction syndicale, qui dénonce une situation de crise persistante au sein de l’agence régulatrice. Les syndicats mettent en avant des points de friction majeurs concernant les conditions de travail, la reconnaissance professionnelle et la transparence dans la gestion administrative.

Dans ce contexte, les instances dirigeantes de l’Union Régionale de Dakar (URD) et du Bureau Exécutif National (BEN) ont appelé les agents à observer une discipline stricte et à faire preuve d’une solidarité sans faille. « Notre unité constitue notre principale force. Restons unis et déterminés : la victoire est à portée de main », ont insisté les responsables syndicaux, soulignant l’importance d’un front commun face aux tensions persistantes.

Parallèlement, les représentants syndicaux ont indiqué qu’une rencontre avec la Direction Générale de l’ARP reste envisagée sous l’égide du Conseil de Réglementation, afin de tenter de trouver une solution à la crise. En attendant, un communiqué de presse officiel détaillant les points de friction et les attentes des travailleurs sera diffusé prochainement, pour informer l’opinion publique et les partenaires de la situation.

Cette grève de 72 heures marque une étape importante dans le conflit social au sein de l’ARP, soulignant les tensions croissantes entre la direction et les agents, et la nécessité d’un dialogue constructif pour rétablir un climat de travail apaisé.

Convocation d’Abdou Nguer par la Section de Recherches : suite à ses propos sur le décès d’Abdoulaye Ba

Le chroniqueur Abdou Nguer a annoncé sur ses réseaux sociaux qu’il a été convoqué ce mardi à 15 heures à la Section de Recherches de la gendarmerie nationale. Cette convocation intervient sur instruction du Procureur de la République, confirmant ainsi la gravité de la situation et l’attention portée à ses récentes interventions médiatiques.

Selon les informations communiquées par le principal concerné, cette convocation est directement liée à son passage sur la chaîne Dakar 18, où il s’est exprimé au sujet du communiqué publié par le Procureur de la République concernant le décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba. Durant cette intervention, Abdou Nguer aurait commenté et analysé les circonstances entourant le décès, suscitant des réactions et attirant l’attention des autorités judiciaires.

L’annonce de cette convocation a rapidement été relayée par les internautes, soulignant l’impact et la visibilité des propos du chroniqueur sur les réseaux sociaux. Pour l’heure, aucune information officielle n’a été publiée par la gendarmerie ou le Parquet sur le contenu précis des investigations qui seront menées à l’encontre d’Abdou Nguer, ni sur les suites possibles de cette convocation.

Arrestations à l’UCAD : le Collectif des amicales dénonce des détentions « arbitraires »

Demba Ka, Waly Faye et Bathie Fall sont réclamés libres immédiatement par le collectif étudiant, dénonçant des mesures « infondées ».

Le Collectif des Amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, seule structure suprême chargée de la défense des intérêts de la communauté estudiantine, porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale que les trois représentants des étudiants, M. Demba Ka, M. Waly Faye et M. Bathie Fall, ont bénéficié d’un retour de parquet.

Depuis le début de cette affaire, le Collectif considère ces arrestations comme arbitraires et injustifiées. Il tient à rappeler qu’il demeure la seule structure légitime habilitée à dialoguer avec les autorités afin de trouver des solutions durables pour une sortie de crise.

Cependant, nous constatons avec regret que l’autorité semble exclure toute voie de négociation, privilégiant plutôt le rapport de force. Plus grave encore, à la sortie de l’audience de nos trois représentants, un autre camarade, Mor Diouf, venu leur apporter son soutien, a été arrêté au niveau du Tribunal de Grande Instance par les forces de l’ordre.

Le Collectif dénonce avec la plus grande fermeté ces actes de poursuites et de traque visant des étudiants dont le seul tort est d’avoir défendu dignement la cause estudiantine.

En conséquence, le Collectif exige la libération immédiate et sans condition de tous les étudiants détenus. Il informe par ailleurs l’ensemble des étudiants et élèves qu’un mot d’ordre sera publié à 20 heures sur ses canaux officiels d’information.

Le Collectif réitère son engagement et sa détermination à défendre les intérêts des étudiants et appelle à la solidarité et à la mobilisation de toute la communauté estudiantine.

Collectif des amicales de l’UCAD

Fait à Dakar, le 16/02/26

Attaque au secteur privé national à l’agonie : les contradictions du « nationaliste » Tahirou Sarr

À l’heure où le secteur privé national traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire, la posture de certains élus interroge. Parmi eux, Tahirou Sarr, qui se réclame du nationalisme économique, adopte une ligne de plus en plus paradoxale, en multipliant les attaques contre ce même secteur privé qu’il devrait pourtant défendre et accompagner.

Le contexte est pourtant limpide. Les entreprises sénégalaises, notamment dans le Bâtiment et les Travaux publics, suffoquent sous le poids d’une dette intérieure non apurée, de chantiers à l’arrêt et d’un environnement économique devenu hostile. Des milliers d’emplois sont menacés, des PME et grandes entreprises nationales luttent pour leur survie, pendant que l’État tarde à honorer ses engagements financiers.

Dans un tel environnement, le rôle d’un député se réclamant du nationalisme devrait être clair : plaider avec force pour le paiement de la dette intérieure afin de redonner de l’oxygène aux entreprises locales ; défendre l’effectivité des préférences nationales, souvent proclamées mais rarement appliquées avec rigueur ; et exiger la reprise des chantiers du BTP, véritable moteur de croissance, d’emplois et de stabilité sociale.

Or, c’est précisément sur ces terrains essentiels que Tahirou Sarr est attendu… et qu’il brille par son silence. Pire, au lieu de s’ériger en avocat du secteur privé national, il choisit la confrontation publique, l’accusation et la stigmatisation d’acteurs économiques déjà fragilisés. Une attitude qui détonne et qui brouille le message nationaliste qu’il revendique.

S’attaquer au secteur privé national dans un contexte de crise aiguë revient à fragiliser davantage un pilier fondamental de l’économie. Ce n’est ni en jetant l’opprobre sur les entrepreneurs locaux, ni en alimentant la suspicion permanente, que l’on bâtit une économie souveraine et résiliente. Le nationalisme économique, s’il est sincère, suppose cohérence, responsabilité et sens des priorités.

Aujourd’hui, la contradiction est flagrante : comment prétendre défendre l’intérêt national tout en affaiblissant ceux qui créent de la richesse, paient des impôts et emploient des milliers de Sénégalais ? Comment se poser en défenseur du peuple sans porter, avec constance, les combats urgents du secteur privé national ?

À l’heure où l’économie sénégalaise a besoin d’alliés lucides et constructifs, le secteur privé attend moins de procès médiatiques et davantage d’actions politiques concrètes. Le nationalisme ne se mesure pas à la virulence des attaques, mais à la capacité de protéger, soutenir et relancer les forces vives de la nation.

Mapathé Kébé, exportateur et vendeur de matériaux de construction

Affaire Pape Cheikh Diallo : quatre nouveaux interpellés déclarés séropositifs, l’enquête s’intensifie

L’affaire dite « Pape Cheikh Diallo et Cie » connaît un nouveau développement avec l’arrestation de quatre individus dont la situation sanitaire et les déclarations viennent alourdir le dossier judiciaire. Selon des informations communiquées par le colonel Ibrahima Ndiaye, chef de la Division communication et des relations publiques de la Gendarmerie nationale, la brigade de recherches de Keur Massar a procédé, le samedi 14 février 2026, à l’extraction d’un détenu de la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss dans le cadre d’investigations complémentaires ordonnées par l’autorité judiciaire.

Cette opération s’inscrit dans la continuité des instructions judiciaires visant à faire toute la lumière sur l’implication présumée de cet individu dans une affaire aux ramifications multiples. D’après la gendarmerie, les investigations menées après son extraction ont permis de réunir des éléments jugés probants, confirmant sa participation aux faits qui lui sont reprochés.

Au cours de son audition, le mis en cause aurait reconnu avoir entretenu, depuis 2021, des relations sexuelles non protégées avec plusieurs partenaires. Une réquisition adressée au médecin-chef du centre de santé de Keur Massar a permis de confirmer son statut séropositif, selon les autorités. Cette confirmation médicale a constitué un élément déterminant dans l’évolution de la procédure.

Dans le prolongement de l’enquête, les gendarmes ont interpellé trois autres individus. Ces derniers sont poursuivis pour association de malfaiteurs, transmission volontaire du VIH/sida, mise en danger de la vie d’autrui, blanchiment de capitaux ainsi que complicité d’offre ou de cession de drogue. Toujours selon le communiqué de la gendarmerie, les personnes arrêtées ont reconnu être porteuses du VIH et avoir eu des rapports sexuels non protégés avec plusieurs partenaires.

Les enquêteurs cherchent désormais à établir l’étendue exacte du réseau présumé, ainsi que le nombre potentiel de victimes ou de personnes exposées. Des vérifications supplémentaires sont en cours afin d’identifier d’éventuels complices et de déterminer les responsabilités pénales de chacun.

Cette affaire, qui suscite une vive émotion, met en lumière des enjeux sanitaires et judiciaires sensibles. Les autorités assurent que l’enquête se poursuit activement sous la supervision du parquet compétent, avec pour objectif de situer toutes les responsabilités et d’apporter des réponses judiciaires conformes au droit en vigueur.

Kaolack – Coalition Diomaye Président : Mame Khalifa Niass appelle à l’objectivité et à la cohésion politique

Lors d’une activité politique marquée par des prises de parole à forte portée stratégique, Mame Khalifa Niass, président du mouvement Kaolack Droit Devant et membre de la coalition Diomaye Président à Kaolack, est revenu sur la nécessité de préserver l’objectivité et la cohésion au sein de la majorité. Il a également salué le rôle joué par sa superviseure, Aminata Touré, dans la structuration et la consolidation de l’alliance politique au pouvoir.

Face aux militants et sympathisants réunis pour l’occasion, M. Niass a insisté sur l’importance d’un engagement politique fondé sur la discipline collective et la fidélité aux orientations définies par la coalition présidentielle. Selon lui, l’objectivité dans l’analyse politique constitue aujourd’hui un impératif pour renforcer la crédibilité de la majorité et éviter les divisions internes.

Hommage au leadership organisationnel d’Aminata Touré

Une large partie de son intervention a été consacrée à la reconnaissance du travail de la superviseure de la coalition, Aminata Touré, dont le rôle est considéré comme déterminant dans la réorganisation et la dynamique actuelle du mouvement présidentiel.

Nommée pour conduire la restructuration de la coalition, l’ancienne Première ministre s’est vu confier la mission de renforcer la coordination entre les différentes composantes politiques et d’assurer une meilleure efficacité organisationnelle.

Depuis sa désignation, elle s’emploie notamment à structurer les instances internes et à mobiliser les forces politiques autour du projet présidentiel, dans un contexte marqué par des ajustements et des tensions au sein de la majorité.

Les intervenants ont ainsi salué « une démarche de rigueur et de rassemblement », estimant que son action contribue à stabiliser la coalition et à clarifier les positions politiques dans un environnement partisan en constante évolution.

Un discours tourné vers les échéances futures

Au-delà de l’actualité organisationnelle, l’activité a également pris une dimension prospective. Le responsable politique a évoqué la perspective de la réélection du président Bassirou Diomaye Faye en 2029, présentée comme un objectif politique nécessitant, dès à présent, une mobilisation continue des militants.

Selon lui, la consolidation de la coalition et l’unité autour du chef de l’État constituent des conditions essentielles pour pérenniser les réformes engagées et garantir la stabilité institutionnelle. Cette projection vers 2029 s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer l’ancrage territorial de la majorité et à préparer les futures batailles électorales.

Entre consolidation interne et défis politiques

Cette sortie intervient dans un contexte où la coalition présidentielle poursuit sa restructuration afin de renforcer sa cohérence et sa discipline interne, après plusieurs épisodes de tensions politiques ayant mis en lumière les enjeux d’unité au sein de la majorité.

Éducation – Calendrier scolaire menacé : une grève de 48 heures annoncée

Le Syndicat Autonome pour le Développement de l’Éducation et de la Formation (SADEF) a rendu public son sixième plan d’action, marquant une nouvelle étape dans sa lutte pour l’amélioration des conditions de travail des enseignants et la prise en charge de leurs revendications professionnelles. À travers un communiqué largement diffusé, l’organisation syndicale annonce une série de mouvements d’humeur prévus cette semaine.

Selon le calendrier établi, un débrayage est programmé le mercredi 18 février à partir de 10 heures, suivi d’une grève totale les jeudi 19 et vendredi 20 février. Cette mobilisation vise à interpeller les autorités gouvernementales sur plusieurs points jugés prioritaires par le syndicat.

Des revendications axées sur le statut et la retraite des enseignants

Au cœur des exigences du SADEF figure l’application rapide des décrets n°2026-65 et n°2026-66 du 27 janvier 2026, relatifs au statut des enseignants décisionnaires. Le syndicat réclame également le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans, ainsi que la révision et l’augmentation des pensions afin d’améliorer les conditions de vie des enseignants après leur carrière active.

Par ailleurs, l’organisation syndicale demande une meilleure prise en charge budgétaire des enseignants décisionnaires admis à la retraite et dénonce la surimposition appliquée aux rappels et aux salaires, qu’elle souhaite voir supprimée de manière systématique.

Questions administratives et évolution de carrière

Le SADEF insiste aussi sur la publication des arrêtés d’admission définitive au CEAP et au CAP, considérée comme une étape essentielle pour la régularisation administrative de nombreux enseignants. La réouverture du concours de NI figure également parmi les revendications majeures.

Le syndicat appelle en outre à mettre fin aux lenteurs administratives qui, selon lui, freinent l’évolution professionnelle du personnel éducatif. Il réclame enfin l’octroi d’indemnités aux EFA, estimant que ces acteurs jouent un rôle important dans le système éducatif.

Un appel au dialogue

À travers ce plan d’action, le SADEF affirme vouloir défendre « un syndicalisme autrement et mieux », tout en invitant les autorités à ouvrir des discussions urgentes afin d’éviter une perturbation prolongée du calendrier scolaire.

Cette nouvelle mobilisation intervient dans un contexte où les questions liées au statut, à la carrière et à la protection sociale des enseignants demeurent au centre des préoccupations du secteur éducatif.

Levée d’immunité parlementaire : l’Assemblée nationale face au dossier Mouhamadou Ngom dit « Farba »

L’Assemblée nationale du Sénégal s’apprête à franchir une étape décisive dans le dossier judiciaire visant le député Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de « Farba ». Réunie en session ordinaire, la Commission ad hoc chargée d’examiner la demande de levée de son immunité parlementaire a rendu ses conclusions, recommandant que le parlementaire soit mis à la disposition de la justice. Une décision lourde de conséquences qui place désormais l’ensemble des députés face à leurs responsabilités.

Au terme des délibérations, le vote des membres de la Commission a été sans équivoque. Huit voix se sont prononcées en faveur de la levée de l’immunité parlementaire, contre deux voix défavorables et une abstention. Ce résultat traduit, selon plusieurs observateurs, une volonté affirmée de ne pas faire obstacle à l’action judiciaire, tout en respectant les prérogatives constitutionnelles liées au statut de député.

Le rapporteur de la Commission, Youngare Dione, a tenu à clarifier la portée de la démarche. Il a rappelé que la Commission ad hoc n’est pas une juridiction de jugement, mais un organe chargé de vérifier que la demande formulée par l’autorité judiciaire repose sur des bases sérieuses et loyales. Selon lui, il s’agit d’éviter que le privilège de l’immunité parlementaire, conçu pour protéger l’exercice du mandat, ne se transforme en instrument d’impunité. À ses yeux, les éléments transmis par le parquet présentent un caractère suffisamment grave pour justifier la poursuite de la procédure.

Entendu par ses collègues députés avec l’assistance de sa collègue Aïssata Tall, Mouhamadou Ngom a reconnu les faits matériels qui lui sont reprochés, notamment la détention de téléphones portables en milieu carcéral. Il a expliqué avoir conservé ces appareils afin de maintenir le contact avec sa famille. Toutefois, sa défense a vigoureusement contesté la régularité de la procédure engagée contre lui. Les avocats dénoncent un placement en garde à vue et des interrogatoires menés par la Section de recherches avant toute levée officielle de son immunité, estimant que ces actes constitueraient une violation des garanties attachées à son statut de parlementaire.

Les conseils du député ont également soulevé des manquements présumés au respect des droits de la défense. Ils reprochent aux enquêteurs d’avoir procédé à l’exploitation des téléphones en l’absence de ses avocats, ce qui, selon eux, entacherait la validité des éléments recueillis. Par ailleurs, Mouhamadou Ngom a mis en avant son état de santé, affirmant souffrir de pathologies incompatibles avec la détention. Deux expertises médicales auraient conclu en ce sens. Il déplore en outre le rejet répété de ses demandes de liberté provisoire, qu’il juge injustifié au regard de sa situation.

L’affaire trouve son origine dans une fouille inopinée menée dans la nuit du 29 au 30 décembre 2025 à la Maison d’arrêt du Pavillon spécial. Les agents pénitentiaires y ont découvert deux téléphones portables et cinq clés USB en possession du député, objets formellement interdits en milieu carcéral. Cette découverte a déclenché une série d’investigations techniques approfondies.

Selon le parquet, l’analyse des supports saisis aurait révélé des indices qualifiés de graves. Il est notamment question d’échanges téléphoniques multiples, de documents judiciaires couverts par le secret de l’instruction, de transactions financières et immobilières, ainsi que de contenus vidéo jugés impudiques. Ces éléments pourraient ouvrir la voie à des poursuites pour corruption, introduction frauduleuse d’objets prohibés en détention et diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs.

Avec la recommandation désormais actée par la Commission ad hoc, la décision finale revient à la séance plénière de l’Assemblée nationale. Les députés devront se prononcer prochainement pour valider ou rejeter la levée de l’immunité parlementaire de leur collègue. Un vote qui permettra, en cas d’approbation, à la justice de poursuivre ses investigations sans entrave et d’établir les responsabilités éventuelles dans ce dossier aux multiples ramifications.

Au-delà du cas individuel de Mouhamadou Ngom, cette affaire relance le débat sur l’équilibre délicat entre protection de la fonction parlementaire et exigence de reddition des comptes. La plénière à venir s’annonce ainsi comme un moment déterminant, tant pour le député concerné que pour l’image de l’institution parlementaire.

Nouvelle demande de levée d’immunité : Farba Ngom se défend à l’Assemblée nationale

Le député-maire des Agnam, Farba Ngom, a pris part ce lundi 16 février à la séance plénière de l’Assemblée nationale du Senegal consacrée à l’examen d’une nouvelle demande de levée de son immunité parlementaire. Cette procédure s’inscrit dans le cadre de l’affaire liée à l’introduction présumée de deux téléphones portables dans sa cellule alors qu’il était en détention.

À l’Hémicycle, le responsable de l’Alliance pour la Republique(APR) a adopté un ton ferme pour réfuter les accusations portées contre lui. Coran à la main, il a solennellement contesté les faits qui lui sont reprochés, dénonçant une procédure qu’il juge injuste et irrégulière. Dans une intervention marquée par des références religieuses et des critiques à l’endroit des autorités judiciaires, il a affirmé son innocence et rejeté toute implication dans les faits évoqués.

S’adressant directement à la ministre de la Justice, Yassine Fall, Farba Ngom a évoqué des déclarations faites en conférence de presse à son sujet. « En conférence de presse, vous avez évoqué beaucoup de choses me concernant, même mon état de santé. Je laisse passer parce que vous êtes une femme et, de surcroît, ministre de la République. Je rends grâce à Dieu, je ne suis pas mourant », a-t-il lancé, visiblement déterminé à répondre publiquement aux allégations.

Le député a également dénoncé le timing de cette nouvelle demande de levée de son immunité parlementaire. Selon lui, les poursuites engagées contre sa personne étaient déjà en cours au moment de la programmation de cette procédure. Il affirme être la cible d’accusations répétées depuis l’installation du nouveau régime, notamment concernant un supposé détournement de 125 milliards de francs CFA. « Depuis son installation, ce régime m’accuse à tort d’un supposé détournement de 125 milliards. Les perquisitions menées à mes domiciles et dans mes fermes n’ont absolument rien donné », a-t-il soutenu devant ses collègues députés.

Revenant sur son parcours judiciaire, Farba Ngom a retracé les différentes étapes de la procédure dont il fait l’objet. Il explique que son immunité avait déjà été levée par le passé, ce qui lui avait permis de comparaître devant le juge. Selon son récit, il serait resté dix mois en détention sans audition avant d’être finalement entendu sur le fond en compagnie de son co-inculpé, Tahirou Sarr. À l’issue de cette audition, le juge aurait décidé de les libérer tous les deux. Toutefois, d’après lui, seul Tahirou Sarr a recouvré la liberté, le ministère public ayant interjeté appel pour empêcher sa propre libération.

Toujours le Coran à la main, le député-maire des Agnam a juré n’avoir détourné aucun fonds public. « Je jure qu’aucun franc provenant du Trésor public n’a été versé sur les comptes de mes sociétés. Des enquêtes ont été menées dans le cadre d’une délégation judiciaire. La justice m’a blanchi », a-t-il affirmé avec insistance.

Cette nouvelle séquence parlementaire relance ainsi le débat autour de la situation judiciaire de Farba Ngom, dans un contexte politique marqué par de fortes tensions entre le pouvoir et certains responsables de l’opposition. L’issue de la procédure de levée d’immunité pourrait ouvrir une nouvelle phase dans ce dossier déjà sensible.

And Samm Jikko Yi dénonce un scandale d’abus sexuels et somme l’État de criminaliser l’homosexualité avant le 8 avril

Le mouvement And Samm Jikko Yi est monté au créneau ce lundi lors d’un point de presse marqué par de vives déclarations et un ultimatum adressé aux autorités sénégalaises. L’organisation affirme qu’une enquête conjointe entre les polices sénégalaise et française aurait permis de démanteler un réseau criminel transnational impliqué dans des abus sexuels sur mineurs et dans la transmission volontaire du VIH/SIDA. Selon ses responsables, le principal suspect serait un ressortissant français nommé Pierre Robert, présenté comme le cerveau du réseau.

D’après les éléments exposés devant la presse, ce réseau aurait recruté de jeunes désœuvrés afin de les impliquer dans la production de vidéos à caractère pornographique. Les victimes, décrites comme des mineurs, auraient été droguées, puis violées, les actes étant filmés et diffusés en direct. L’organisation soutient également que certaines victimes auraient été volontairement contaminées au VIH lors de ces violences. Des accusations d’une extrême gravité qui, si elles étaient confirmées par les autorités judiciaires, constitueraient l’un des plus importants scandales criminels récents liés à l’exploitation sexuelle au Sénégal.

Au cours de son intervention, And Samm Jikko Yi a établi un parallèle historique controversé, qualifiant le suspect présumé de « nostalgique de la traite négrière ». Une comparaison qui illustre le ton particulièrement ferme adopté par le mouvement, déterminé à inscrire cette affaire dans un registre moral et politique plus large.

Au-delà de la dénonciation du réseau criminel, le point de presse a surtout servi de tribune pour relancer le débat sur la législation relative à l’homosexualité au Sénégal. Les responsables du mouvement ont remis en question le cadre constitutionnel et juridique en vigueur, estimant que celui-ci ne permettrait pas, selon eux, une répression suffisante de l’homosexualité. Ils ont notamment évoqué l’article 319, alinéa 3 du Code pénal, qu’ils jugent inadapté, ainsi que certaines conventions internationales ratifiées par le Sénégal, dont le Protocole de Maputo, qu’ils considèrent comme des obstacles à une criminalisation plus explicite.

Les dirigeants d’And Samm Jikko Yi ont également interrogé la nature laïque de l’État sénégalais, estimant qu’elle serait en décalage avec la sociologie religieuse du pays. Ils ont soutenu que les textes fondamentaux actuels s’inspireraient largement du modèle français et qu’ils devraient être révisés pour refléter davantage, selon eux, les valeurs culturelles et religieuses nationales.

Le mouvement a par ailleurs rappelé les démarches entreprises auprès des nouvelles autorités depuis leur accession au pouvoir en mars 2024. Une première correspondance aurait été adressée le 24 mai 2024, suivie d’une seconde lettre le 13 janvier 2025 au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi qu’au Premier ministre Ousmane Sonko. Des audiences auraient ensuite été accordées, notamment avec le président de l’Assemblée nationale en février 2025 et avec le groupe parlementaire Pastef en mai de la même année. And Samm Jikko Yi affirme également avoir organisé plusieurs rassemblements publics, dont la « Journée Raibon » tenue à Kolda en janvier 2026.

Malgré ces initiatives, le mouvement se dit insatisfait des réponses obtenues jusqu’ici, qu’il qualifie de promesses non suivies d’effets. Il rappelle que l’actuel gouvernement a été élu sur des engagements de rupture et de souveraineté nationale, y compris face aux pressions internationales sur les questions liées au genre et aux droits humains. Dans cette optique, And Samm Jikko Yi affirme que la criminalisation de l’homosexualité constituerait, selon lui, un engagement central de campagne qui devrait être honoré.

En conclusion, l’organisation fixe une date butoir au 8 avril, au-delà de laquelle elle se réserve le droit de définir la suite à donner à sa démarche, sans préciser la nature des actions envisagées. Ce nouvel ultimatum intervient dans un contexte déjà sensible, où les questions liées aux droits, aux libertés individuelles et à la protection des mineurs suscitent de vifs débats au sein de la société sénégalaise.

Guy Marius Sagna relie le dossier des « martyrs » au drame de l’UCAD et interpelle le gouvernement sur l’urgence de justice

Lors de l’examen du projet de loi n°09/2025 portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de l’Observatoire national des Lieux de Privation de Liberté (ONLPL), débattu en séance plénière ce lundi 16 février à l’Assemblée nationale du Sénégal, le député Guy Marius Sagna a livré une intervention particulièrement remarquée. Profitant de la tribune parlementaire, il a établi un lien direct entre le traitement du dossier des « martyrs » des manifestations politiques passées et les violences récemment survenues à Université Cheikh Anta Diop, qui ont conduit au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba.

Dans son propos, le parlementaire a dénoncé ce qu’il considère comme un ralentissement dans le traitement des dossiers relatifs aux victimes des troubles politiques antérieurs. Selon lui, l’absence de justice rapide et visible dans ces affaires a pu contribuer à installer un sentiment d’impunité. « Ceux qui ont ralenti le dossier des martyrs, qui attendent toujours que justice soit faite, sont comptables de ce qui s’est passé à l’UCAD », a-t-il déclaré devant l’hémicycle, estimant que les retards accumulés ont envoyé un signal préoccupant quant à la responsabilité et à la reddition des comptes.

Pour Guy Marius Sagna, les événements tragiques enregistrés à l’UCAD ne peuvent être analysés isolément. Il considère qu’ils s’inscrivent dans un contexte plus large marqué par des attentes fortes en matière de vérité et de justice. À ses yeux, l’absence de conclusions claires et de décisions judiciaires dans les dossiers des victimes des manifestations passées pourrait avoir contribué à la répétition de pratiques controversées lors des interventions des forces de l’ordre.

S’adressant directement à la ministre de la Justice, le député a demandé qu’un message soit transmis au président Bassirou Diomaye Faye. Il a affirmé que « celui qui a mis le coude sur ce dossier nous porte préjudice et est comptable de ce qui s’est passé à l’UCAD », appelant explicitement à une accélération des procédures en cours concernant les victimes des manifestations politiques. Cette déclaration traduit la volonté du parlementaire de voir les engagements de justice se concrétiser dans des délais raisonnables.

Au-delà de la polémique, Guy Marius Sagna a défendu l’idée qu’une justice rendue de manière diligente pourrait avoir un effet dissuasif et favoriser une évolution des pratiques en matière de maintien de l’ordre. Selon lui, faire toute la lumière sur les dossiers en suspens permettrait non seulement d’honorer la mémoire des victimes, mais aussi de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions de la République.

Le débat autour du projet de loi portant création de l’ONLPL s’est ainsi inscrit dans un climat marqué par des préoccupations plus larges relatives aux droits humains, à la responsabilité de l’État et à la nécessité d’un suivi indépendant des lieux de privation de liberté. Pour le député, la mise en place de nouveaux mécanismes institutionnels ne saurait être pleinement crédible sans un engagement ferme et visible en faveur de la justice pour les victimes des violences passées.

Crise universitaire : Amsatou Sow Sidibé plaide pour une refonte souveraine du système éducatif sénégalais

Invitée ce dimanche sur le plateau de « Point de Vue » à la RTS, la présidente de la Commission Nationale des Drois de l’Homme (CNDH), la Professeure Amsatou Sow Sidibe , a livré une analyse sans détour de la crise qui secoue l’université sénégalaise. Pour cette figure majeure du monde académique et juridique, les tensions récurrentes liées aux bourses, aux retards académiques et aux perturbations du calendrier ne sont que les manifestations visibles d’un mal plus profond qui affecte structurellement le système d’enseignement supérieur.

Au cœur de son diagnostic, la juriste pointe le système LMD (Licence-Master-Doctorat), qu’elle estime aujourd’hui inadapté aux réalités sénégalaises. « Le système LMD, il faut le revoir. C’est un gros problème », a-t-elle déclaré avec gravité. Selon elle, ce modèle, inspiré et importé de pays occidentaux, a été transposé au Sénégal sans une adaptation suffisante aux spécificités locales. Elle rappelle que ce dispositif a été conçu dans des contextes disposant de ressources, d’infrastructures et de capacités d’encadrement bien plus importantes.

Pour Amsatou Sow Sidibé, la question dépasse la simple organisation des cycles universitaires. Elle soulève un enjeu de souveraineté éducative. À ses yeux, un pays ne peut bâtir un système performant en reproduisant mécaniquement des schémas conçus ailleurs. « L’idée de souveraineté dans le domaine de l’éducation doit prévaloir », a-t-elle affirmé, appelant à une prise de conscience collective. Elle précise ne pas parler d’un échec formel du LMD, mais plutôt d’une « non-réussite », soulignant ainsi la nécessité d’un examen lucide et objectif de ses résultats au Sénégal.

La présidente de la CNDH met également en lumière les failles structurelles qui entravent le bon fonctionnement du système. Elle évoque un déficit criant d’infrastructures universitaires, un manque de ressources financières et une insuffisance notable d’enseignants-chercheurs qualifiés. Selon elle, le LMD exige des moyens conséquents pour garantir un suivi pédagogique rigoureux, des évaluations continues efficaces et un encadrement adapté des étudiants. Or, ces conditions ne sont pas réunies de manière satisfaisante.

Dans ce contexte, elle estime que les crises récurrentes dans les universités ne peuvent être résolues par des mesures ponctuelles ou des réponses conjoncturelles. Les revendications liées aux bourses ou à la restauration universitaire, bien qu’importantes, ne constituent qu’une partie du problème. Le véritable défi réside dans la conception même du modèle éducatif et dans la capacité de l’État à l’adapter aux réalités socio-économiques du pays.

Amsatou Sow Sidibé ouvre ainsi le débat sur l’avenir de l’enseignement supérieur au Sénégal. Faut-il corriger et adapter le système LMD en profondeur ou envisager l’élaboration d’un modèle alternatif, conçu sur mesure pour répondre aux besoins nationaux ? Pour elle, la réflexion doit être inclusive, associant les autorités, les universitaires, les étudiants et l’ensemble des acteurs concernés.

À travers cette prise de position, la présidente de la CNDH invite à dépasser les réponses d’urgence pour engager une réforme structurelle ambitieuse. Une réforme qui placerait la souveraineté éducative, la qualité de l’encadrement et l’adéquation aux réalités nationales au cœur des priorités, afin de redonner à l’université sénégalaise stabilité, crédibilité et efficacité.

Affaire « Pape Cheikh Diallo et Cie » : arrestation spectaculaire d’Ibrahima Magib Seck à Saly lors d’une finale à l’Institut Diambars

Le dossier dit « Pape Cheikh Diallo et Cie » a connu un nouveau tournant ce week-end avec l’arrestation d’Ibrahima Magib Seck, présenté comme le treizième suspect activement recherché par les enquêteurs. Selon les informations publiées par L’Observateur, l’homme a été interpellé samedi soir à Saly Portudal, en pleine finale de football organisée à l’Institut Diambars, un centre de formation réputé du football sénégalais.

Tout se serait joué en moins de vingt-quatre heures. Alors que douze personnes, parmi lesquelles Pape Cheikh Diallo et Djiby Dramé, avaient déjà été placées sous mandat de dépôt à la suite d’une opération menée par la Brigade de recherches de Keur Massar, les enquêteurs se sont rendu compte qu’un suspect manquait à l’appel. Les investigations ont rapidement permis d’identifier Ibrahima Magib Seck, commerçant établi à Dakar, comme étant en fuite.

D’après les éléments rapportés, le mis en cause aurait quitté la capitale au moment du coup de filet pour se rendre sur la Petite-Côte, précisément à Saly Portudal. Pensant sans doute échapper à la vigilance des forces de l’ordre, il aurait sous-estimé la coordination entre les différentes brigades territoriales ainsi que l’exploitation des outils technologiques mis à la disposition des gendarmes, notamment en matière de géolocalisation.

Une fois la piste confirmée, un message clair aurait été transmis aux unités déployées dans la zone : localiser et interpeller le suspect sans délai. Samedi aux environs de 20h20, les gendarmes auraient finalement repéré Ibrahima Magib Seck au milieu des spectateurs assistant à un tournoi de football à l’Institut Diambars. L’arrestation s’est déroulée de manière discrète, afin d’éviter tout mouvement de panique dans la foule concentrée sur la rencontre. En quelques instants, le commerçant a été maîtrisé puis extrait du site sous les regards surpris de plusieurs témoins.

Après son interpellation, il a été conduit à la Brigade de recherches de Saly Portudal pour les premières formalités, avant d’être transféré dans la nuit à Keur Massar où il devait être entendu par les enquêteurs en charge du dossier principal. Les auditions visent notamment à établir son rôle exact et ses liens présumés avec les autres personnes déjà inculpées.

Toujours selon les révélations de L’Observateur, un élément clé aurait accéléré la procédure. Lors de la fouille de ses effets personnels, les enquêteurs auraient procédé à l’exploitation de son téléphone portable. Des vidéos considérées comme compromettantes auraient été découvertes dans la mémoire de l’appareil. Ces contenus numériques placeraient le suspect en compagnie d’autres partenaires présumés, ce qui renforcerait les soupçons pesant sur lui et consoliderait le dossier transmis au procureur. Confronté à ces éléments, Ibrahima Magib Seck aurait été amené à fournir des explications aux enquêteurs.

L’affaire semble par ailleurs prendre une ampleur croissante. Selon les dernières informations rapportées, trois autres personnes auraient été interpellées dans la foulée, portant à seize le nombre total d’individus placés en garde à vue dans ce dossier. Les mis en cause sont poursuivis pour des faits qualifiés d’« actes contre nature » et de transmission volontaire présumée du VIH/Sida. Des accusations particulièrement graves qui confèrent à cette procédure une dimension pénale sensible et un fort retentissement sociétal.

UGB : la CESL décrète 72 heures de “Journées sans ticket” pour exiger vérité, justice et le paiement des bourses

La tension monte à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. La Coordination des étudiants de Saint-Louis (CESL) a annoncé, ce lundi 16 février, le lancement de « 72 heures de Journées sans ticket », une initiative marquée par la gratuité des services de restauration au sein du campus social. Le mot d’ordre, précisent les responsables étudiants dans un communiqué, est renouvelable en fonction de l’évolution de la situation.

À travers cette action, la CESL entend dénoncer les violences policières ayant entraîné la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba. Les étudiants exigent que toute la lumière soit faite sur les circonstances du drame et réclament que les responsabilités soient situées. « Vérité et justice » constituent, selon eux, le principal fondement de cette mobilisation, qui s’inscrit dans un climat de vive émotion au sein de la communauté universitaire.

La coordination estudiantine ne limite pas ses revendications à cette affaire. Elle demande également la « libération immédiate et sans condition » des étudiants arrêtés à l’Universite Cheikh Anta Diop de Dakar lors des récentes manifestations. Pour la CESL, ces arrestations participent d’un climat de crispation qui ne favorise ni le dialogue ni l’apaisement dans les universités publiques du pays.

Au-delà des questions sécuritaires, les étudiants placent au cœur de leurs préoccupations la réforme du système de bourses. Ils dénoncent des retards et exigent le paiement intégral des rappels dus aux ayants droit. Selon eux, la situation financière précaire de nombreux étudiants rend ces paiements indispensables à la poursuite normale de leurs études.

La CESL réclame par ailleurs le maintien des acquis sociaux jusqu’à une révision concertée du décret de 2014 relatif aux allocations d’études. Les étudiants estiment que toute réforme touchant aux bourses universitaires doit faire l’objet d’un dialogue inclusif impliquant les différentes parties prenantes, afin d’éviter des mesures qu’ils jugent unilatérales et pénalisantes.

Ces « Journées sans ticket » interviennent dans un contexte général de tensions dans les universités sénégalaises, où les mouvements de protestation se multiplient. À Saint-Louis comme à Dakar, la question des conditions sociales des étudiants, combinée aux revendications liées aux libertés et à la justice, continue d’alimenter une mobilisation qui pourrait s’inscrire dans la durée si aucune réponse concrète n’est apportée par les autorités compétentes.

Incendie au Ministère des Finances et du Budget : le feu maîtrisé, aucune perte en vie humaine

Un incendie s’est déclaré dans la nuit du 15 au 16 février 2026 dans les locaux du Ministèrede des Finances et du Budgets (MFB), situés en plein centre-ville de Dakar, précisément à l’angle de la rue René Ndiaye et de l’avenue Carde. L’information a été rendue publique à travers un communiqué officiel diffusé par le département ministériel, qui a tenu à rassurer l’opinion sur la maîtrise rapide de la situation.

Selon les précisions apportées par le Ministère, le sinistre a touché une partie des locaux administratifs sans toutefois provoquer de dégâts humains. Alertés à temps, les sapeurs-pompiers sont intervenus avec célérité et professionnalisme. Leur action coordonnée a permis de circonscrire les flammes et d’empêcher la propagation du feu à d’autres services du bâtiment. Le MFB a salué la réactivité et l’efficacité des équipes de secours, soulignant que leur intervention rapide a été déterminante pour limiter les dégâts matériels.

Aucune victime n’a été enregistrée au cours de l’incident, un élément que le Ministère considère comme prioritaire et rassurant. Malgré l’ampleur de l’émotion suscitée par cet événement au cœur de la capitale, les autorités assurent que les activités administratives se poursuivent normalement. Des mesures organisationnelles temporaires ont néanmoins été prises afin de garantir la sécurité du personnel et des usagers, le temps d’évaluer précisément l’étendue des dommages et de procéder aux vérifications techniques nécessaires.

Dans son communiqué, le Ministère des Finances et du Budget a invité les citoyens, les partenaires et les médias à se référer exclusivement aux sources officielles pour toute information relative à cet incident. Cette mise au point vise à prévenir la propagation de rumeurs ou d’informations inexactes susceptibles de créer une confusion inutile.

Par ailleurs, des investigations internes seront diligentées afin de déterminer l’origine exacte de l’incendie. Les autorités compétentes devront établir les circonstances du sinistre et formuler, le cas échéant, des recommandations pour renforcer davantage les dispositifs de sécurité. En attendant les conclusions de ces enquêtes, le Ministère affirme que la situation est totalement sous contrôle et réitère son engagement à assurer la continuité du service public dans les meilleures conditions de sécurité.

Levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom : huit voix pour, une abstention remarquée d’Alioune Ndao

La Commission ad hoc de l’Assemblée nationale chargée de statuer sur la levée de l’immunité parlementaire du député-maire d’Agnam, Farba Ngom , s’est réunie pour examiner la demande introduite dans le cadre d’une seconde procédure le visant. À l’issue des délibérations, huit députés ont voté en faveur de la levée de son immunité, deux s’y sont opposés, tandis qu’un membre de la majorité a choisi de s’abstenir, selon des sources concordantes.

Cette abstention n’est pas passée inaperçue. Elle émane de Alioune Ndao, ancien procureur spécial et membre de la majorité parlementaire. Connu pour sa maîtrise des procédures judiciaires, il a préféré ne pas prendre part au vote, un choix interprété par certains observateurs comme un signal fort dans un dossier à la fois sensible et hautement politique.

D’après les informations rapportées par L’Observateur, Farba Ngom a été extrait du Pavillon spécial, à sa propre demande, afin d’être entendu par la commission dirigée par Ayib Dafe . Cette audition s’inscrit dans le cadre d’une deuxième procédure visant à obtenir la levée de son immunité parlementaire. Le parlementaire a été interrogé sur les griefs formulés par la justice, notamment en lien avec l’introduction présumée d’objets au sein du Pavillon spécial.

Selon les mêmes sources, le député s’est montré particulièrement calme tout au long de son audition. Il a répondu à l’ensemble des questions qui lui ont été posées et a catégoriquement nié toute responsabilité dans l’introduction d’objets prohibés dans l’enceinte pénitentiaire. Farba Ngom a expliqué qu’il est en détention depuis le 27 février 2025 et que le téléphone qui aurait contenu des images litigieuses serait resté entre d’autres mains durant une dizaine de jours. À ses yeux, cet élément suffirait à écarter toute implication personnelle dans les faits qui lui sont reprochés.

Au-delà du fond du dossier, le député-maire d’Agnam a également soulevé ce qu’il considère comme plusieurs irrégularités procédurales. Il a notamment affirmé avoir été extrait à deux reprises du Pavillon spécial pour être auditionné sur ces faits, alors même que son immunité parlementaire n’avait pas encore été levée. Il soutient également avoir été conduit à la cave pendant une demi-journée en vue d’un défèrement, toujours sans qu’une levée formelle de son immunité n’ait été actée. Pour lui, ces démarches constituent un non-respect manifeste de ses droits en tant que parlementaire.

Incendie au ministère des Finances et du Budget : les sapeurs-pompiers mobilisés en plein centre-ville de Dakar

Un incendie s’est déclaré dans la matinée de ce lundi 16 février au sein de l’immeuble du Ministre des finances et du budget du Senegal, situé en plein centre-ville de Dakar. Le sinistre, dont l’origine demeure pour l’instant inconnue, a rapidement mobilisé les services de secours, déployés sur les lieux pour maîtriser les flammes et sécuriser les occupants ainsi que les bâtiments environnants.

Selon les premières informations recueillies, l’alerte a été donnée peu après le déclenchement du feu, provoquant une vive inquiétude dans ce quartier administratif particulièrement fréquenté aux heures de service. Des agents et usagers présents dans l’édifice ont été évacués par mesure de précaution, tandis qu’un important dispositif de sécurité a été mis en place afin de faciliter l’intervention des secours et d’éviter tout mouvement de panique.

Les sapeurs-pompiers, arrivés rapidement sur les lieux, ont engagé des moyens conséquents pour circonscrire l’incendie et empêcher sa propagation à d’autres parties du bâtiment ou aux immeubles voisins. Les opérations de secours se poursuivaient encore en fin de matinée, sous la supervision des autorités compétentes. La circulation dans les artères adjacentes a été momentanément perturbée, le temps de sécuriser le périmètre et de permettre aux équipes d’intervention d’agir efficacement.

À ce stade, aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, selon les informations disponibles. Toutefois, l’ampleur des dégâts matériels reste à évaluer. Une enquête devrait être ouverte afin de déterminer les causes exactes de l’incendie et d’établir les circonstances précises de sa survenue.

Cet incident relance les préoccupations liées à la sécurité des bâtiments administratifs et à la prévention des risques d’incendie dans les structures publiques. Les autorités devraient communiquer davantage dans les prochaines heures pour faire le point sur la situation et rassurer l’opinion publique.

Plainte contre Ousmane Sonko, Yacine Fall et Cheikh Diba : Mame Mbaye Niang saisit le Procureur Ibrahima Ndoye

L’ancien ministre du Tourisme, Mame Mbaye Niang, a franchi un nouveau cap dans le bras de fer judiciaire qui l’oppose à l’actuel Premier ministre. Après avoir annoncé son intention de porter plainte, il est passé à l’acte. Selon le quotidien Les Échos , la plainte a été officiellement déposée ce lundi 16 février auprès du Procureur de la République, Ibrahima Ndoye.

Dans cette procédure, trois membres du gouvernement sont visés. Il s’agit du Premier ministre Ousmane Sonko, de la ministre de la Justice Yacine Fall et du ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba . Les qualifications retenues sont particulièrement lourdes. Cheikh Diba est poursuivi pour faux, tandis qu’Ousmane Sonko et Yacine Fall sont suspectés d’usage de faux, d’association de malfaiteurs, de tentative d’escroquerie à jugement et de complicité contre X.

Dans le contenu de la plainte, les avocats de Mame Mbaye Niang soutiennent que Cheikh Diba aurait matériellement commis le faux. Ils estiment par ailleurs qu’Ousmane Sonko et Yacine Fall auraient fait usage de ce document supposé falsifié, dans le but de tromper les magistrats de la Cour suprême. Selon leurs arguments rapportés par la presse, il s’agirait d’une tentative d’influencer l’issue d’une procédure judiciaire en cours.

À l’origine de cette nouvelle confrontation, la demande de révision introduite par Ousmane Sonko dans le procès en diffamation qui l’avait opposé à l’ancien ministre du Tourisme. Dans cette affaire, le Premier ministre avait été condamné pour diffamation. Sa défense fonde aujourd’hui sa requête sur un rapport de l’Inspection générale des finances, auquel il affirme avoir eu accès après son installation à la Primature. Bien que ce document n’ait pas été rendu public, il établirait, selon ses soutiens, l’implication de Mame Mbaye Niang dans des dépenses publiques jugées irrégulières. Cet élément serait de nature, selon eux, à démontrer que les accusations portées à l’époque ne relevaient pas de la diffamation.

Les avocats de Mame Mbaye Niang contestent vigoureusement cette démarche. Ils dénoncent une procédure qu’ils jugent illégale, mettant en avant le statut institutionnel d’Ousmane Sonko et son accès privilégié à certaines informations administratives. Me Youm a notamment averti des conséquences qu’une telle initiative pourrait avoir sur la stabilité des décisions judiciaires, estimant que si une telle requête devait prospérer, elle ouvrirait la voie à une remise en cause des jugements par toute personne occupant une position de pouvoir.

La Cour suprême est désormais attendue sur cette affaire sensible. Elle devra se prononcer sur la validité de la demande de révision et déterminer s’il y a lieu ou non d’ouvrir un nouveau procès. En parallèle, la plainte déposée devant le parquet pourrait donner lieu à l’ouverture d’une enquête afin d’établir la matérialité des faits allégués. Cette nouvelle séquence judiciaire intervient dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions et pourrait avoir des répercussions majeures sur la scène nationale.

Arrestation d’un étudiant de la FASEG : la Sûreté urbaine serre la vis après les manifestations à l’UCAD

La tension reste vive autour des manifestations survenues à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Dans le cadre de l’enquête ouverte à la suite des troubles enregistrés sur le campus, la Sûreté urbaine (SU) a procédé, ce dimanche, à l’arrestation d’un étudiant en Master à la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion (FASEG), identifié sous les initiales C. O. Diallo.

Selon les informations rapportées par le journal L’Observateur, le jeune homme a été interpellé à hauteur de la Brioche Dorée de Mermoz, dans la capitale sénégalaise. D’après des sources concordantes citées par le quotidien, trois policiers en civil ont procédé à son arrestation avant de le conduire dans les locaux des services d’enquête.

Toujours selon les mêmes sources, C. O. Diallo a été placé en garde à vue. Il fait face à une série de chefs d’accusation liés aux incidents ayant émaillé les récentes manifestations estudiantines. Les faits qui lui sont reprochés incluent des violences commises sur des agents de la force publique dans l’exercice de leurs fonctions, des actes de rébellion ainsi que des destructions de biens publics et privés.

À ces accusations s’ajoutent la participation à une manifestation non déclarée, des troubles à l’ordre public, un attroupement et des actes ou manœuvres susceptibles de compromettre la sécurité publique ou d’occasionner des troubles politiques graves. Des charges lourdes qui témoignent de la volonté des autorités de faire toute la lumière sur les événements récents et de situer les responsabilités.

Cette arrestation intervient dans un contexte de crispation persistante au sein de l’UCAD, où plusieurs mouvements de protestation ont été enregistrés ces dernières semaines. Les revendications étudiantes, dont les contours exacts varient selon les facultés et les organisations impliquées, ont parfois dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, occasionnant des dégâts matériels et des blessés.

Du côté des autorités sécuritaires, l’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels autres protagonistes. La Sûreté urbaine, en charge du dossier, entend exploiter les éléments recueillis sur le terrain, notamment les images et témoignages disponibles, pour établir les responsabilités individuelles.

Sommet de l’Union africaine : la candidature de Macky Sall à l’ONU reportée, Yoro Dia confiant sur un soutien continental

Le sommet de l’Union Africaine(UA), qui s’est achevé ce week-end à Addis-Abeba, n’a finalement pas tranché la question de la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Alors que de nombreux observateurs s’attendaient à une prise de position claire des chefs d’État africains, la décision a été renvoyée à une conférence virtuelle ultérieure. L’information a été rendue publique par Yoro Dia, ancien coordonnateur de la communication de la présidence sénégalaise, lors de son passage sur le plateau de Walfadrji.

Selon Yoro Dia, les chefs d’État et de gouvernement réunis dans la capitale éthiopienne ont choisi de reporter l’examen de cette candidature stratégique. Il a précisé que la question sera étudiée dans le cadre d’une visioconférence, et non lors d’une rencontre physique. Cette décision émane du C10, un groupe d’une dizaine de pays africains placé sous l’égide de la Sierre Leone, chargé de piloter la réforme du système des Nations unies. Cette instance joue un rôle central dans la coordination des positions africaines sur les enjeux institutionnels internationaux, notamment la réforme du Conseil de sécurité.

Si aucune date n’a été communiquée pour cette réunion virtuelle, Yoro Dia s’est montré optimiste quant à l’issue du processus. Pour lui, ce report ne constitue en rien un désaveu, mais plutôt une étape procédurale. « La bonne nouvelle arrivera », a-t-il assuré, estimant qu’il est « du bon sens » que l’Afrique se range derrière la candidature de l’ancien président sénégalais. Il a affirmé que l’Union africaine finira « fatalement » par apporter son soutien officiel à Macky Sall pour briguer le poste de Secrétaire général de l’Organisations des nations unies .

L’ancien conseiller présidentiel a également insisté sur l’ampleur des soutiens dont bénéficierait Macky Sall sur la scène internationale. Face à sa principale concurrente, Michelle Bachelet, soutenue par plusieurs pays d’Amérique latine, l’ancien chef de l’État sénégalais pourrait compter, selon lui, sur l’appui du continent africain, mais aussi sur celui des 57 pays membres de l’Organisation de la coopération islamique, ainsi que sur des soutiens en Europe et sur le continent américain. Yoro Dia a souligné qu’une éventuelle élection de Macky Sall marquerait une première historique, puisqu’il deviendrait le premier dirigeant issu du monde musulman à prendre la tête de l’ONU.

Au-delà de la question du report, Yoro Dia a vivement critiqué la posture adoptée par le Sénégal lors de ce sommet continental. Il a déploré l’absence du président Bassirou Diomaye Faye à Addis-Abeba, estimant que sa présence aurait été politiquement significative dans un contexte où la candidature d’un ancien chef d’État sénégalais était en discussion. Le choix d’envoyer le Premier ministre Ousmane Sonko à sa place a été perçu, selon lui, comme un signal de « position très timorée ».

Pour Yoro Dia, cette attitude suscite incompréhension et étonnement au sein des autres capitales africaines. Il considère que le Sénégal, historiquement actif dans les instances diplomatiques et multilatérales, risque d’écorner son image sur le continent en adoptant une posture jugée peu affirmée sur un dossier d’une telle portée stratégique. À ses yeux, l’enjeu dépasse la personne de Macky Sall et touche au rayonnement international du Sénégal ainsi qu’à la capacité de l’Afrique à parler d’une seule voix dans les grandes compétitions institutionnelles mondiales.

Le rendez-vous virtuel du C10 sera donc déterminant pour clarifier la position officielle du continent africain. En attendant cette échéance, les spéculations demeurent, et la candidature de Macky Sall reste suspendue à une décision collective qui pourrait redéfinir les équilibres diplomatiques autour de la succession à la tête des Nations unies.

Kaolack – Urgences médicales : la CAES mise sur le don volontaire pour sauver des vies

Face à la récurrence des ruptures de poches de sang, particulièrement durant le mois béni de Ramadan, l’Association Conscience Agissante pour l’Entraide Sociale (CAES), basée à travers le pays et dirigée par Madame Ndèye Madjiguène Diouf Ndiaye, a organisé ce dimanche 15 février 2026 une importante journée de don de sang au quartier Thioffack, dans la commune de Kaolack, au profit de la banque de sang de l’Hôpital El Hadji Ibrahima Niass de Kaolack.

Cette initiative citoyenne et humanitaire s’inscrit dans une dynamique de solidarité et d’anticipation des besoins sanitaires, alors que les structures hospitalières enregistrent chaque année une forte demande en produits sanguins. Entre urgences médicales, interventions chirurgicales, patients souffrant de maladies chroniques et victimes d’accidents de la circulation, la nécessité de disposer d’un stock suffisant devient cruciale, surtout à l’approche du mois de Ramadan.

« L’objectif principal de cette campagne est clair : collecter au moins 100 poches de sang afin de renforcer les réserves de la banque de sang et prévenir toute pénurie susceptible de compromettre la prise en charge des patients. Le don de sang constitue un acte simple mais vital », a expliqué Madame Ndèye Madjiguène Diouf Ndiaye.

Elle a insisté sur l’importance de la mobilisation communautaire pour soutenir le système de santé local, rappelant que « donner son sang, c’est offrir une seconde chance à une personne en situation d’urgence ».

L’activité a enregistré la participation de nombreux volontaires — jeunes, adultes et membres de la société civile — venus répondre à l’appel dans un esprit de solidarité et d’engagement citoyen. Le personnel médical mobilisé pour l’occasion a assuré l’accueil, la sensibilisation ainsi que les prélèvements, dans le strict respect des normes sanitaires.

À travers cette action, l’association CAES entend installer une culture durable du don volontaire de sang, considérée comme un pilier essentiel du système de santé publique.

« Nous avons décidé de mettre sur pied le réseau O négatif, un maillon vital pour sauver des vies. Le groupe sanguin O négatif occupe une place stratégique en raison de son rôle déterminant dans les situations d’urgence médicale. Considéré comme le donneur universel de globules rouges, le sang O négatif peut être transfusé à des patients de tous les groupes sanguins », a-t-elle martelé.

Cette particularité biologique en fait une ressource indispensable dans les hôpitaux, notamment lors des accidents graves, des interventions chirurgicales urgentes ou des hémorragies nécessitant une transfusion immédiate.

Les membres de l’association CAES lancent ainsi un appel à la population afin de faire du don de sang un réflexe citoyen régulier.

Kaolack : l’Institut Polytechnique des Affaires du Commerce (IPAC) remet ses diplômes aux promotions 2022 à 2025

L’Institut Polytechnique des Affaires du Commerce (IPAC) a vécu, ce dimanche, un moment historique marqué par la cérémonie officielle de graduation des promotions 2022, 2023, 2024 et 2025. Un événement riche en émotions qui consacre plusieurs années d’efforts académiques et de formation professionnelle pour une cinquantaine d’étudiants désormais prêts à intégrer le monde du travail.

Organisée dans une atmosphère à la fois solennelle et festive, la cérémonie a réuni responsables pédagogiques, autorités administratives, formateurs, parents d’étudiants, personnalités politiques ainsi que de nombreux invités venus partager ce moment symbolique. Drapés dans leurs toges et coiffés de leurs mortiers, les diplômés ont célébré l’aboutissement d’un parcours marqué par la persévérance, le sacrifice et l’engagement.

Une étape décisive dans le parcours des étudiants

Prenant la parole, Chérif Sow, directeur général de l’IPAC, a salué la détermination des récipiendaires, rappelant que ces différentes promotions constituent les pionniers d’une institution engagée dans la formation de compétences adaptées aux exigences du marché professionnel.

Selon lui, cette graduation ne représente pas seulement la fin d’un cycle académique, mais surtout le début d’une nouvelle responsabilité : celle de contribuer activement au développement économique et social grâce aux savoirs acquis.

« Aujourd’hui, vous devenez des ambassadeurs de l’excellence et du professionnalisme. Le diplôme que vous recevez est le fruit de votre travail, mais aussi un engagement envers la société », a souligné M. Sow sous les applaudissements de l’assistance.

Des témoignages empreints d’émotion

Moment particulièrement marquant de la cérémonie, les parents des lauréats ont exprimé leur reconnaissance envers le corps professoral pour son accompagnement constant. Entre souvenirs de formation, défis surmontés et ambitions futures, les témoignages ont traduit l’émotion collective qui régnait dans la salle.

Pour plusieurs diplômés, cette graduation symbolise une véritable transformation personnelle et professionnelle, ouvrant la voie à l’emploi, à l’entrepreneuriat ou à la poursuite d’études supérieures.

Un engagement pour l’employabilité et l’excellence

À travers cette cérémonie, le directeur de l’IPAC, Chérif Sow, a réaffirmé « notre volonté de former une jeunesse qualifiée, capable de répondre aux besoins du marché et de participer activement au développement national ».

Les responsables ont insisté sur l’importance de l’innovation, de la rigueur professionnelle et de l’éthique dans les futures carrières des diplômés.

La remise officielle des diplômes, ponctuée de photos de famille et de distinctions honorifiques, a constitué le point culminant de l’événement, dans une ambiance mêlant joie, fierté et espoir.

Kaolack – Formation et espoir pour la jeunesse : Sarata Sonko associée à la graduation de 21 agents du GISP-Protection

Kaolack a accueilli, ce dimanche, à la salle de délibération de la mairie, la cérémonie officielle de remise de diplômes à 21 agents de la première promotion (POMO) du Groupe d’Intervention de la Sécurité Professionnelle (GISP-Protection). Une activité marquant une étape importante dans le renforcement des compétences en matière de sécurité privée et de protection rapprochée dans la région.

Organisée en présence des responsables de la structure, des encadreurs, des partenaires ainsi que des familles des récipiendaires, la cérémonie s’est déroulée dans un esprit de reconnaissance du mérite et de valorisation du professionnalisme dans le secteur sécuritaire.

Un enjeu majeur pour la sécurité de proximité

Dans un contexte où les défis liés à la sécurité urbaine, à la protection des personnes et des biens, ainsi qu’à la prévention des risques deviennent de plus en plus complexes, la formation d’agents qualifiés apparaît comme une nécessité stratégique. À travers cette initiative, GISP-Protection ambitionne de contribuer à la professionnalisation du secteur de la sécurité privée au Sénégal.

Les responsables de la structure ont rappelé que la formation dispensée aux apprenants a porté sur plusieurs modules essentiels, notamment la gestion des risques, les techniques d’intervention, la protection rapprochée, la discipline professionnelle, ainsi que les principes d’éthique et de responsabilité dans l’exercice du métier d’agent de sécurité.

Former pour prévenir et sécuriser

Responsable politique du parti PASTEF et adjointe au maire de la commune de Kaolack chargée de la petite enfance, Sarata Sonko était la marraine de l’événement. Empêchée, elle s’est fait représenter par Khalifa Sané, porteur de son message d’encouragement et d’espoir.

Prenant la parole devant une assistance attentive, Khalifa Sané a expliqué que le choix porté sur Sarata Sonko n’est pas fortuit. Selon lui, cette distinction traduit la reconnaissance de « son engagement constant pour le développement de la ville de Kaolack et son combat permanent contre le chômage des jeunes ».

Il a rappelé que l’adjointe au maire se distingue par sa proximité avec les populations et sa volonté affirmée de promouvoir des initiatives inclusives capables d’offrir de nouvelles perspectives à la jeunesse locale.

Dans un discours à forte charge émotionnelle, le représentant de la marraine a insisté sur l’importance de l’éducation et de la formation comme leviers de transformation sociale. « Chaque diplôme remis aujourd’hui est une victoire contre le découragement et un pas vers un avenir meilleur », a-t-il déclaré, suscitant des applaudissements nourris dans la salle.

Khalifa Sané a également exprimé sa conviction qu’une gouvernance locale portée par des élus engagés pourrait impulser un changement inclusif à Kaolack. Il a ainsi appelé les populations à soutenir les initiatives incarnées par Sarata Sonko, qu’il considère comme une actrice majeure du renouveau local.

Université : Thierno Alassane Sall dénonce un « revirement fondamental » du gouvernement sur les bourses

Le député et leader de la République des valeurs ,Thierno Alassane Sall est monté au créneau ce dimanche pour fustiger ce qu’il qualifie de « revirement fondamental » du Premier ministre et de son gouvernement sur la question des bourses universitaires. Face à la presse, il a estimé que le malaise actuel dans l’enseignement supérieur trouve son origine dans une opposition profonde entre « deux visions de l’université ».

Selon lui, la ligne désormais défendue par le chef du gouvernement, Ousmane Sonko, marque une rupture nette avec les engagements antérieurs. TAS pointe notamment les déclarations affirmant que « le Sénégal est un pays pauvre », avancées pour justifier le refus d’accorder des bourses à l’ensemble des étudiants. Pour le parlementaire, cet argumentaire constitue un changement de cap majeur, perçu comme brutal par une frange importante de la jeunesse.

Le député rappelle qu’auparavant, le discours porté par le leader de Pastef était tout autre. Il évoque les prises de parole faites dans les universités, où la promesse d’un accès élargi aux bourses était présentée comme un engagement fort en faveur de l’égalité des chances. « C’était la vision annoncée dans le projet », a-t-il insisté, soulignant que les étudiants avaient été assurés qu’ils avaient tous droit à une bourse.

Ce changement de posture est aujourd’hui vécu, selon Thierno Alassane Sall, comme une « trahison intolérable » par de nombreux jeunes. Il estime que la confiance entre le pouvoir exécutif et le monde universitaire s’est fortement érodée, alimentant frustrations et tensions dans les campus.

Au-delà de la question budgétaire, TAS dénonce également la méthode employée par le gouvernement. Il critique un manque de concertation et de dialogue, accusant les autorités de privilégier une approche autoritaire au détriment de la pédagogie et de la négociation. Il cite à cet effet les propos du ministre de l’Enseignement supérieur à l’Assemblée nationale, affirmant que la réforme envisagée « passera ou cassera ». Pour le leader de la République des Valeurs, une telle posture ne peut qu’exacerber les crispations dans un secteur aussi sensible que l’université.

Dans un contexte marqué par des tensions sociales récurrentes dans l’enseignement supérieur, Thierno Alassane Sall appelle ainsi à un retour au dialogue et à la cohérence politique, estimant qu’une réforme durable ne peut se faire sans l’adhésion des principaux concernés, à savoir les étudiants et la communauté universitaire.

Tensions dans le supérieur : Thierno Alassane Sall dénonce un « revirement fondamental » du gouvernement

Face aux tensions persistantes qui secouent l’enseignement supérieur, Thierno Alassane Sall est sorti de sa réserve pour critiquer ouvertement la posture du gouvernement. En conférence de presse ce dimanche, le député et leader de la République des Valeurs a évoqué un « revirement fondamental » du Premier ministre Ousmane Sonko et de son équipe, estimant que les choix opérés ces derniers mois trahissent les engagements initiaux pris devant les étudiants.

Selon lui, la crise actuelle ne se limite pas à une simple question budgétaire. Elle traduit, à ses yeux, une confrontation profonde entre deux visions de l’université sénégalaise. D’un côté, une conception fondée sur l’élargissement de l’accès, le soutien social accru aux étudiants et l’investissement massif dans le capital humain. De l’autre, une approche qu’il juge restrictive, marquée par la réduction des dépenses publiques et la rationalisation des allocations, au nom des contraintes financières.

Thierno Alassane Sall s’est particulièrement insurgé contre l’argument désormais avancé par l’exécutif, selon lequel « le Sénégal est un pays pauvre », pour justifier la limitation ou la révision des bourses étudiantes. Pour le parlementaire, cet argument ne saurait suffire à expliquer un changement de cap aussi significatif. Il rappelle que, durant la phase d’opposition et au cours de la campagne, une orientation différente avait été clairement défendue devant les étudiants, avec la promesse d’un accès élargi aux allocations et d’un accompagnement renforcé des jeunes issus de milieux modestes.

Ce contraste entre les engagements passés et les décisions actuelles alimente, selon lui, un profond sentiment de désillusion dans les campus. Il affirme que de nombreux étudiants perçoivent cette inflexion comme une « trahison intolérable », dans un contexte déjà marqué par des difficultés sociales croissantes, des retards académiques et des conditions d’étude souvent précaires. À ses yeux, la question des bourses ne relève pas uniquement d’un arbitrage budgétaire, mais d’un choix politique structurant sur la place accordée à la jeunesse et à la formation supérieure dans le projet national.

Le leader de la République des Valeurs a également dénoncé un déficit de concertation dans la conduite de la réforme. Il reproche à l’exécutif de privilégier l’épreuve de force à la pédagogie, estimant que toute réforme durable de l’enseignement supérieur devrait s’appuyer sur un dialogue inclusif associant étudiants, enseignants, syndicats et autorités universitaires. L’absence de discussions approfondies, selon lui, contribue à exacerber les tensions et à radicaliser les positions.

Maladies rares au Sénégal : en fauteuil roulant dans les rues de Dakar, les oubliés interpellent l’État et réclament dignité, soins et reconnaissance

Dakar a été le théâtre d’une scène aussi bouleversante que symbolique. En prélude à la Journée mondiale des maladies rares, l’association Taxawouma a organisé une randonnée pédestre de sensibilisation à travers les artères de la capitale. En fauteuil roulant, des personnes en situation de handicap, victimes de maladies rares, ont défilé sous le regard des passants, portant un message clair, exister, être vues et reconnues.

Aux côtés des participants, le président de l’association, Birahim Aidara, et la marraine de cette édition, Dr Issa Tall Diop, Directrice de l’hôpital Albert Royer (CHNEAR), ont marché pour briser le silence qui entoure ces pathologies trop souvent ignorées.
Cette mobilisation citoyenne visait à alerter l’opinion publique et les décideurs sur les difficultés quotidiennes auxquelles font face les personnes atteintes de maladies rares, errance diagnostique, manque de structures adaptées, précarité sociale et absence de prise en charge suffisante. La randonnée a également été un appel fort pour la reconnaissance officielle du Centre Talibou Dabo, afin qu’il réunisse les conditions nécessaires à un meilleur accompagnement médical, social et éducatif des enfants et adultes concernés.

Le rendez vous est désormais pris pour le 28 février à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, où la Journée mondiale des maladies rares sera officiellement célébrée. Les échanges porteront sur les enjeux scientifiques, sanitaires et sociaux liés à ces maladies, avec la participation du Professeur Rokhaya Ndiaye Diallo de la Société Sénégalaise de Génétique Humaine (S2GH).

À Munich, Aminata Touré plaide pour une coopération régionale face aux défis géopolitiques de l’eau

L’ancienne Première ministre du Sénégal, Aminata Toure, a pris part ce vendredi à un panel consacré à la géopolitique de l’eau, organisé dans le cadre de la Conférence de Munch sur la sécurité . S’exprimant à la Public Square du MSC, elle a livré un plaidoyer appuyé en faveur d’une coopération régionale renforcée pour faire face aux défis croissants liés à la gestion des ressources hydriques.

Intervenant en sa qualité de Haut représentant du Chef de l’État, Aminata Touré a alerté sur « l’intensification universelle des conflits locaux ou géopolitiques liés à la raréfaction et au partage de l’eau douce ». Elle a souligné que la question de l’eau n’est plus uniquement environnementale ou technique, mais constitue désormais un enjeu stratégique majeur, au croisement de la sécurité, du développement et de la stabilité politique.

Dans un contexte marqué par les effets accélérés des changements climatiques et une pression démographique soutenue, la rareté de l’eau douce devient un facteur aggravant des tensions. Sécheresses répétées, désertification, recul des nappes phréatiques et inégalités d’accès alimentent des rivalités parfois latentes entre communautés et États, notamment dans les régions dépendantes de bassins fluviaux transfrontaliers. Pour l’ancienne cheffe du gouvernement, ces dynamiques imposent une gouvernance concertée et solidaire, fondée sur le dialogue et la planification commune.

Pour illustrer la pertinence d’une telle approche, Aminata Touré a mis en avant l’exemple de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Senegal, créée en 1972 par le Senegal, la Mauritanie, la Guinée et le Mali. Cette organisation intergouvernementale est dédiée à la gestion intégrée et durable du bassin du fleuve Sénégal, dans une logique de partage équitable des ressources et de bénéfices communs.

Selon elle, l’OMVS constitue un modèle de coopération réussie en Afrique de l’Ouest. À travers des infrastructures structurantes, telles que les barrages et les aménagements hydroagricoles, les États membres ont su transformer une ressource potentiellement conflictuelle en levier de développement partagé. Production d’énergie, irrigation, navigation et sécurité alimentaire sont autant de domaines où l’action collective a permis d’obtenir des résultats tangibles.

Aminata Touré a ainsi affirmé que « lorsque l’Afrique se regroupe pour la défense de ses propres intérêts, elle gagne ». Elle a insisté sur le fait que l’unité africaine demeure le meilleur levier pour éradiquer durablement la pauvreté et garantir la sécurité des populations. Pour elle, les défis hydriques, comme d’autres enjeux stratégiques, exigent une solidarité continentale accrue, capable de dépasser les logiques nationales étroites.

Son intervention à Munich intervient dans un contexte international où la question de l’eau prend une place croissante dans les débats sur la sécurité globale. Plusieurs régions du monde font face à des stress hydriques sévères, et la gouvernance des ressources transfrontalières devient un élément déterminant des équilibres géopolitiques. En portant la voix de l’Afrique sur cette scène internationale, Aminata Touré a rappelé que le continent, bien qu’exposé à de fortes vulnérabilités, dispose aussi d’expériences innovantes et de solutions inspirantes en matière de coopération régionale.

À travers ce plaidoyer, elle a invité les décideurs internationaux à considérer l’eau non pas comme une source inévitable de rivalités, mais comme une opportunité de partenariat et de construction d’une sécurité partagée, fondée sur la gestion concertée et durable des ressources naturelles.

Affaire Abdoulaye Bâ : Alioune Tine alerte sur une crise de confiance entre justice et experts médicaux

Le fondateur d’Afrikajom Center, Alioune Tine , a livré une analyse sans concession sur la situation actuelle de la justice dans l’affaire liée à la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Dans une intervention publiée sur sa page X, le défenseur des droits humains s’inquiète ouvertement des tensions croissantes entre les experts médicaux et le procureur de la République, estimant que cette confrontation publique porte un sérieux préjudice à l’image de l’institution judiciaire.

Selon lui, le démenti apporté par des médecins au communiqué du procureur constitue « une catastrophe pour l’image de la justice ». Alioune Tine déplore une succession de désaccords récents entre magistrats et professionnels de santé qui, à ses yeux, fragilisent davantage la crédibilité de l’appareil judiciaire. Il évoque notamment l’affaire Farba Ngom, au cours de laquelle, affirme-t-il, les juges auraient ignoré l’avis des médecins. Aujourd’hui, c’est le contenu du communiqué du procureur relatif à l’autopsie de l’étudiant Abdoulaye Bâ qui est remis en cause par le corps médical, accentuant le malaise.

Pour le militant des droits humains, ces frictions répétées traduisent une gestion maladroite de dossiers sensibles et révèlent une incompréhension plus profonde des transformations sociétales en cours. Il insiste sur la complexité particulière du cas Abdoulaye Bâ, qui touche à la fois le milieu universitaire et le corps médical, deux sphères fortement structurées et capables de mobiliser l’opinion publique. À cela s’ajoute un contexte technologique inédit où l’information circule instantanément.

Dans ce qu’il qualifie de « monde nouveau », les vidéos et témoignages liés aux événements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop sont diffusés en temps réel, commentés et relayés à grande échelle sur les réseaux sociaux et dans les médias internationaux. La documentation des faits présumés de violations des droits humains ne reste plus confinée à des cercles restreints : elle est désormais accessible, archivée et analysée par une opinion publique connectée et vigilante.

Alioune Tine rappelle également que cette jeunesse universitaire est politisée et qu’une partie significative d’entre elle a soutenu le parti PASTEF. Dans ce contexte, toute communication institutionnelle jugée opaque ou contradictoire peut rapidement susciter défiance et contestation. Il observe que l’opinion se forme aujourd’hui autant sur les plateformes numériques que dans les médias traditionnels, les influenceurs et chroniqueurs jouant un rôle croissant dans l’orientation des débats publics.

Face à cette nouvelle donne, le fondateur d’Afrikajom Center appelle à la prudence et à la responsabilité. Il estime qu’il est difficile d’aller à contre-courant de l’évolution du monde et des attentes accrues en matière de transparence. Évoquant les récents remous ayant touché le ministre de l’Intérieur, il suggère qu’il est nécessaire de préserver l’institution judiciaire et de protéger le procureur, afin d’éviter que la crise ne s’aggrave davantage.

Alioune Tine replace enfin les violences universitaires dans une perspective plus large, les qualifiant de « maladie chronique » antérieure aux dynamiques politiques actuelles et qui, selon lui, s’est aggravée au fil des années. Il invite les autorités à reconnaître la complexité du problème et à engager une réflexion approfondie sur ses causes structurelles.

En conclusion, le défenseur des droits humains plaide pour l’ouverture d’un dialogue inclusif et apaisé. Il appelle les différents acteurs – pouvoirs publics, corps médical, justice, étudiants et société civile – à débattre collectivement dans le calme et la sérénité afin de dégager des solutions consensuelles, susceptibles de restaurer la confiance et de préserver la stabilité institutionnelle.

Drame sur l’axe Louga–Dielerlou : deux morts après un violent accident, le conducteur en fuite

Un tragique accident de la circulation s’est produit ce samedi sur l’axe reliant Louga à Dielerlou, plongeant les populations locales dans l’émoi. Le choc, d’une rare violence, a coûté la vie à deux personnes, dont une femme enceinte, selon des informations rapportées par GMS TV.

D’après les premiers éléments recueillis, un véhicule a violemment percuté deux piétons qui se trouvaient au bord de la route. La première victime, une femme enceinte, est décédée sur le coup en raison de la gravité des blessures subies lors de l’impact. La seconde victime, grièvement touchée, avait été retrouvée dans un état critique à l’arrivée des secours.

Alertés rapidement, les sapeurs-pompiers sont intervenus pour prodiguer les premiers soins avant d’évacuer le blessé vers l’Hopital Amadou Sakhir Mbaye. Malgré la prise en charge médicale, la victime n’a malheureusement pas survécu à ses blessures et a succombé peu après son admission à l’établissement hospitalier.

Le conducteur du véhicule impliqué aurait pris la fuite immédiatement après l’accident, abandonnant les victimes sur les lieux du drame. Ce comportement a suscité une vive indignation au sein des populations riveraines, qui dénoncent une recrudescence des accidents sur cet axe routier et appellent à davantage de vigilance et de contrôle.

La gendarmerie a ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de l’accident. Les investigations devront notamment établir les responsabilités, préciser les conditions dans lesquelles le choc s’est produit et permettre l’identification puis l’interpellation du conducteur en fuite.

Sénégal : un important épisode de poussière attendu du 14 au 17 février, l’ANACIM appelle à la vigilance

L’Agence nationale de l’Aviation civile et de la Météorologie (ANACIM) a annoncé l’arrivée imminente d’un important épisode de poussière sur l’ensemble du territoire sénégalais. Selon les prévisions météorologiques, le phénomène débutera dans la soirée du samedi 14 février 2026 avec l’invasion progressive d’une couche dense de particules en provenance du désert. Cette situation devrait persister jusqu’au mardi 17 février 2026 à 12 heures, avant une amélioration graduelle des conditions atmosphériques.

D’après l’ANACIM, les premières zones touchées seront les régions nord du pays, notamment Matam, Podor et Saint-Louis, ainsi que la capitale Dakar. La poussière s’étendra ensuite progressivement vers le centre, l’est et l’ouest du Sénégal, affectant plusieurs localités dont Diourbel, Kaolack, Tambacounda, Thiès et Louga. Ce déplacement progressif du nuage de poussière pourrait entraîner une baisse significative de la visibilité dans de nombreuses zones, avec des impacts notables sur la circulation routière et, potentiellement, sur le trafic aérien.

Les services météorologiques préviennent également d’une dégradation marquée de la qualité de l’air durant toute la période concernée. La concentration élevée de particules fines dans l’atmosphère représente un risque particulier pour les personnes vulnérables. Les asthmatiques, les enfants, les personnes âgées ainsi que celles souffrant de maladies respiratoires chroniques sont les plus exposées aux complications sanitaires liées à cet épisode. Des irritations des voies respiratoires, des yeux et de la gorge pourraient être observées, de même qu’une aggravation des symptômes chez les personnes déjà fragilisées.

Face à cette situation, l’ANACIM recommande de limiter les déplacements non essentiels, surtout aux heures où la concentration de poussière sera la plus forte. Le port de masque est conseillé pour réduire l’inhalation des particules, notamment pour les personnes sensibles. Il est également recommandé de maintenir les enfants et les personnes âgées dans des espaces fermés autant que possible et de veiller à bien aérer les habitations aux moments où la concentration de poussière diminue temporairement.

Les autorités invitent par ailleurs les usagers de la route à faire preuve d’une grande prudence en raison de la visibilité réduite. Les conducteurs sont appelés à adapter leur vitesse et à respecter scrupuleusement les règles de sécurité afin d’éviter les accidents.

Selon les prévisions, une amélioration progressive des conditions météorologiques est attendue à partir du mardi 17 février à midi. La dissipation graduelle de la poussière devrait permettre un retour à une meilleure qualité de l’air et à des conditions de visibilité plus favorables sur l’ensemble du territoire national. En attendant, les populations sont invitées à rester attentives aux bulletins météorologiques et aux recommandations officielles.

Finale CAN : des « consignes » secrètes de la CAF relancent la polémique autour du sacre du Sénégal

La polémique autour de la dernière finale de la Coupe d’Afrique des Nations est loin de s’éteindre. Réuni vendredi à Dar es Salaam, en Tanzanie, le Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) a ravivé un dossier déjà explosif. Selon des révélations du média qatari Winwin, reprises par RMC, Olivier Safari, président du comité des arbitres de l’instance, aurait reconnu que des instructions particulières avaient été données aux arbitres pour éviter de sanctionner les joueurs sénégalais lors de l’interruption du match.

Un mois après la finale disputée à Rabat, le climat reste électrique. Le Sénégal avait alors décroché sa deuxième étoile continentale en s’imposant face au Maroc (1-0 après prolongation). Mais au-delà du résultat sportif, c’est le déroulement chaotique de la rencontre qui continue d’alimenter les débats. À quelques instants de la fin du temps réglementaire, alors que la tension était à son comble, un penalty accordé au Maroc après un but refusé aux Lions de la Teranga avait déclenché la colère du camp sénégalais. Sous l’impulsion du sélectionneur Pape Thiaw, plusieurs joueurs avaient quitté la pelouse pour regagner les vestiaires, provoquant une interruption de seize minutes.

La scène, inédite à ce niveau de compétition, avait plongé le stade dans la confusion, tandis que des débordements étaient également signalés en tribunes. À l’issue de la rencontre, la CAF avait prononcé de lourdes sanctions. La Fédération sénégalaise de football avait écopé d’une amende de 615 000 dollars. Pape Thiaw avait été suspendu pour cinq matchs assortis d’une amende de 100 000 dollars. Les internationaux Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr avaient, eux, été suspendus pour deux rencontres.

Ces décisions disciplinaires n’avaient toutefois pas mis fin aux contestations. Le Maroc avait jugé les sanctions insuffisantes et introduit un recours. Mais les récentes déclarations attribuées à Olivier Safari changent la donne. Lors de la réunion du Comex, il aurait admis que le règlement n’avait pas été appliqué dans toute sa rigueur au moment de la reprise du jeu. « Chaque joueur sénégalais qui s’est retiré aurait dû être averti immédiatement à son retour sur le terrain, mais nous avons donné des instructions pour ne pas le faire, afin de préserver le match et de ne pas y mettre fin prématurément », aurait-il déclaré.

Ces propos, s’ils sont confirmés, suggèrent que la CAF aurait volontairement demandé aux arbitres d’éviter une distribution systématique de cartons jaunes. Une telle décision aurait pu conduire à des exclusions multiples et, par effet domino, à l’arrêt définitif de la finale. L’instance aurait ainsi privilégié la poursuite du match au respect strict du règlement, dans le but d’éviter un scénario catastrophe et une conclusion sur tapis vert.

Cette révélation ouvre un nouveau front dans une affaire déjà sensible. Elle pose la question de l’indépendance et de la transparence de l’arbitrage continental. Elle fragilise également la position du président de la CAF, Patrice Motsepe, confronté à des critiques internes appelant à une réforme en profondeur du système arbitral africain.

Au-delà du cas sénégalais, c’est la crédibilité des compétitions africaines qui se retrouve une nouvelle fois au centre des interrogations. Entre impératif d’autorité réglementaire et volonté de préserver l’intégrité sportive d’une finale historique, la CAF semble avoir choisi un équilibre délicat. Reste à savoir si cette gestion pragmatique, désormais exposée au grand jour, ne coûtera pas plus cher à l’institution que les sanctions initialement prononcées.

CAN 2026 : Cheikh Mahi Niass appelle au calme et à la préservation des liens spirituels entre le Sénégal et le Maroc

Face aux tensions apparues en marge de la finale de la CAN 2026 au Maroc, Cheikh Mahi Niass Khalife général de la Fayda Tijaniya et président de l’Union islamique africaine, est sorti de sa réserve pour lancer un appel solennel à l’apaisement. Dans un communiqué officiel daté du 9 février, le guide religieux invite les supporters à la retenue et plaide pour la libération des ressortissants sénégalais interpellés à la suite des incidents survenus en marge de la rencontre.

Dans son message, le Khalife met en avant la profondeur des relations historiques et spirituelles qui unissent le Sénégal et le Maroc. Selon lui, ces liens dépassent largement le cadre des relations diplomatiques contemporaines. Ils s’enracinent dans une histoire religieuse partagée, structurée autour de la confrérie tidjane, dont l’influence relie depuis des générations les grandes capitales spirituelles et culturelles des deux pays, de Dakar à Fès en passant par Rabat. Cette communauté de foi, consolidée par des siècles d’échanges religieux et intellectuels, constitue un socle solide que des tensions circonstancielles ne sauraient fragiliser.

La Fayda Tijaniya, héritière de l’enseignement de Cheikh Onrahima Niass, a joué un rôle central dans le raffermissement des relations religieuses et culturelles entre Dakar et Rabat. À travers les visites régulières de délégations religieuses, les ziaras et les séjours de formation dans les grandes institutions islamiques marocaines, une proximité constante s’est maintenue entre les communautés tidjanes des deux rives. Cette dynamique spirituelle a contribué à forger un espace sénégalo-marocain marqué par la fraternité, le respect et la coopération.

Dans son communiqué, Cheikh Mahi Niass rappelle que « la qualité de cette relation ne saurait être entachée par la passion pour le sport ». Il souligne que si le football suscite un enthousiasme légitime, il ne doit en aucun cas devenir un facteur de division ou d’hostilité entre des peuples liés par une histoire commune. Il appelle ainsi les supporters des deux nations à faire preuve de responsabilité, de maturité et de discipline, afin que l’esprit sportif ne soit pas dévoyé par des comportements regrettables.

Au-delà de l’appel symbolique, le Khalife salue la réactivité des autorités sénégalaises et marocaines, qui ont rapidement engagé des démarches politiques et diplomatiques pour désamorcer les tensions. Il note également l’implication des autorités religieuses dans la recherche d’une issue apaisée. Cette convergence d’initiatives, à la fois étatiques et spirituelles, illustre selon lui la pertinence d’une diplomatie complémentaire, où les guides religieux peuvent jouer un rôle d’interface et de médiation dans les moments de crispation.

L’intervention de Cheikh Mahi Niass confirme, une fois de plus, la place structurante des autorités confrériques dans la stabilité sociale au Sénégal et dans la préservation des relations bilatérales avec des partenaires historiques comme le Maroc. Dans un contexte régional marqué par des sensibilités accrues autour des grandes compétitions sportives, son appel rappelle que la fraternité spirituelle et la solidarité entre peuples doivent primer sur les émotions passagères.

Kaolack : La Coalition Diomaye Président renforce son appareil politique à l’échelle départementale

La Coalition Diomaye Président a tenu, ce samedi 14 février 2026, une importante rencontre d’échanges, de réflexion et de travail réunissant l’ensemble de ses leaders ainsi que les militants de base du département de Kaolack. Cette réunion, l’une des premières officiellement organisées à ce niveau, s’inscrit dans une dynamique de structuration et de renforcement de la coalition à l’échelle locale.

Au cours des discussions, les participants ont dégagé plusieurs pistes stratégiques visant à faire de la coalition un véritable cadre fédérateur, capable de consolider les forces politiques et citoyennes dans les différentes communes du département. L’objectif affiché est notamment de renforcer l’implantation et l’organisation de la coalition dans l’ensemble des collectivités territoriales de Kaolack.

La rencontre a également été marquée par une forte représentativité de responsables politiques issus de plusieurs localités, notamment Ndiaffate, Dya, Latmingué, Kaolack et Kahone. Les leaders présents ont unanimement réaffirmé leur engagement et leur mobilisation autour des idéaux et des orientations de la Coalition Diomaye Président.

Prenant la parole à l’issue de la rencontre, Aly Tounkara, coordonnateur départemental de la coalition à Kaolack, a lancé un appel à l’unité des populations locales. Il a invité l’ensemble des Kaolackois à se mobiliser aux côtés de Madame Aminata Touré, superviseure de la coalition, afin de renforcer la dynamique politique engagée et de soutenir la réélection du président Bassirou Diomaye Faye pour un second mandat.

Cette rencontre marque ainsi une nouvelle étape dans la structuration politique de la coalition dans le département, avec l’ambition de consolider son ancrage territorial et de renforcer la mobilisation des militants à la base.

Prenant également la parole, Amy Marra, responsable politique du parti PASTEF à Kaolack, a indiqué :

« La Coalition Diomaye Président est une coalition qui existe depuis fort longtemps. Pour ce qui nous concerne, nous, membres de la coalition, avons pour ambition d’accompagner le président Bassirou Diomaye Faye dans la mise en œuvre de sa vision inscrite dans l’Agenda national de transformation, particulièrement pour le développement de la région de Kaolack. »

Selon elle, cette région qui, depuis 1960 jusqu’à nos jours, a vu émerger huit Premiers ministres et plus d’une cinquantaine de ministres, n’a malheureusement pas connu un véritable changement en profondeur.

« Aujourd’hui, cette région est en zone rouge en matière de développement inclusif, notamment en ce qui concerne l’assainissement, ainsi que l’état de délabrement très avancé des infrastructures scolaires, sanitaires et d’autres équipements publics. »

Au-delà de ces difficultés, elle a rappelé que cette région carrefour, jadis dynamique sur le plan industriel, a vu ses usines fermer leurs portes, aggravant ainsi la situation socio-économique des populations.

« À cela s’ajoute le non-dragage du port de Kaolack, qui aurait pourtant pu constituer un levier important pour booster le développement local, lutter contre le chômage — notamment celui des femmes — et favoriser leur autonomisation à travers des activités génératrices de revenus », a-t-elle conclu.

Présent lors de cette rencontre, El Hadji Maodo Diallo, coordonnateur national de Mimi 2024 et membre de la Coalition Diomaye Président au niveau national, a exprimé sa satisfaction face à l’engagement des leaders ayant porté cette initiative. Il a salué une démarche qu’il considère comme essentielle pour consolider la cohésion interne et maintenir la mobilisation autour des objectifs politiques de la coalition.

Selon lui, cette initiative traduit une volonté collective de structurer davantage les actions politiques et d’encourager une participation active des militants à la base. Il a insisté sur l’importance de telles rencontres, qui permettent non seulement d’échanger sur les orientations stratégiques, mais aussi de renforcer l’esprit d’unité au sein des différentes composantes de la coalition.

El Hadji Maodo Diallo a également indiqué qu’un compte rendu détaillé de cette activité sera transmis à la superviseure nationale de la Coalition Diomaye Président, afin d’assurer un suivi institutionnel et une meilleure coordination des actions à l’échelle nationale.

Décès d’Abdoulaye Ba : le COMES rejette la thèse d’un traumatisme auto-infligé et réclame la vérité

Le Collectif des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes en spécialisation du Sénégal (COMES) est sorti de son silence ce 14 février 2026 pour réagir au communiqué du Procureur de la République relatif au décès d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de formation en chirurgie dentaire. Dans une déclaration empreinte de gravité, le collectif affirme suivre avec « une attention soutenue » l’évolution de ce dossier qui suscite une vive émotion au sein de la communauté universitaire et du corps médical.

Le COMES replace d’emblée ce drame dans un contexte national marqué par un déficit important de spécialistes de santé. Pour les signataires, la disparition d’un étudiant engagé dans un cursus aussi exigeant représente une perte lourde de sens, tant pour sa famille que pour le système de santé sénégalais. Ils soulignent que chaque futur spécialiste constitue un espoir dans un pays confronté à des besoins croissants en matière de soins et d’expertise médicale.

Le collectif indique avoir pris connaissance du communiqué du Procureur de la République, selon lequel les éléments disponibles ne corroborent pas les rumeurs évoquant des violences physiques exercées sur la victime. Toutefois, le COMES attire l’attention sur un point qu’il juge central : les conclusions de l’autopsie ont permis d’écarter l’hypothèse d’une cause naturelle isolée et orientent clairement vers l’existence d’un mécanisme traumatique majeur.

À partir de ce constat médico-légal, le collectif pose une question qu’il considère déterminante pour la manifestation de la vérité : quelle est l’origine de ce traumatisme ? Pour ses membres, cette interrogation ne peut rester sans réponse. Ils estiment qu’elle constitue le cœur même de l’enquête en cours et qu’elle doit être traitée avec toute la rigueur scientifique et judiciaire requise.

Dans son communiqué, le COMES rejette catégoriquement toute hypothèse laissant entendre que la victime aurait pu s’infliger elle-même un traumatisme physique mortel. Le texte décrit Abdoulaye Ba comme un jeune homme de 20 ans, plein de vie, porteur de l’espoir de toute une famille et engagé dans un parcours académique exigeant en chirurgie dentaire. Cette présentation vise à souligner l’invraisemblance, selon le collectif, d’un acte auto-infligé d’une telle gravité.

Au-delà de la réaction, le COMES formule un appel clair aux autorités judiciaires. Il les exhorte à poursuivre l’enquête avec rigueur, justesse et impartialité, afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes du décès. L’objectif, selon le collectif, est d’établir les faits avec précision et d’identifier, le cas échéant, d’éventuelles responsabilités.

Sonko à Addis-Abeba : le Sénégal engagé pour l’eau et l’assainissement en Afrique

Le Premier ministre Ousmane Sonko a pris part, ce samedi 14 février 2026, à Addis-Abeba, à la cérémonie d’ouverture de la 39e session ordinaire de l’Union africaine, un rendez-vous majeur qui réunit les chefs d’État et de gouvernement du continent autour des grandes priorités africaines. Cette édition est placée sous le thème « Assurer la disponibilité de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 », un axe stratégique qui met en lumière l’urgence d’améliorer l’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement pour des millions d’Africains.

Organisée au siège de l’Union africaine dans la capitale éthiopienne, cette rencontre de haut niveau intervient dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la pression démographique et les défis liés à l’urbanisation rapide. Pour de nombreux États, la gestion durable des ressources en eau constitue un levier essentiel de développement économique, de santé publique et de stabilité sociale. L’Agenda 2063, feuille de route stratégique adoptée par l’Union africaine, ambitionne de transformer le continent en misant notamment sur des infrastructures résilientes, l’industrialisation et le bien-être des populations.

La participation du chef du gouvernement sénégalais traduit l’engagement du Sénégal à contribuer activement aux politiques continentales en matière de gestion de l’eau et d’assainissement. Ces enjeux sont d’autant plus cruciaux que l’accès universel à l’eau potable demeure un défi dans plusieurs zones rurales et périurbaines du continent. Les discussions ont porté sur la nécessité de renforcer la coopération entre États membres, de mobiliser des financements innovants et de promouvoir des solutions adaptées aux réalités locales.

En marge des travaux, Ousmane Sonko s’est entretenu avec son homologue éthiopien, Abiy Ahmed Ali. Cette rencontre bilatérale a permis d’aborder des questions d’intérêt commun, notamment le renforcement de la coopération économique, les échanges commerciaux et les partenariats techniques dans des secteurs stratégiques. Les deux responsables ont évoqué les perspectives d’une collaboration accrue entre Dakar et Addis-Abeba, dans un esprit de solidarité africaine et de développement partagé.

Cette présence diplomatique du Premier ministre à Addis-Abeba s’inscrit dans une dynamique de repositionnement stratégique du Sénégal sur la scène africaine. En prenant part activement aux grandes concertations continentales, les autorités sénégalaises entendent jouer un rôle moteur dans la mise en œuvre des priorités de l’Union africaine, tout en consolidant les relations bilatérales avec des partenaires clés du continent.

La 39e session ordinaire de l’Union africaine devrait aboutir à des recommandations et engagements concrets pour accélérer l’atteinte des objectifs de l’Agenda 2063, notamment en matière d’accès équitable à l’eau potable et à des systèmes d’assainissement sûrs, conditions indispensables pour un développement durable et inclusif en Afrique.

Kaolack : à Keur Gane, PASTEF mise sur le débat citoyen pour reconquérir le terrain politique

À la maison des hôtes de Médina Baye, dans la commune de Kaolack, la politique a quitté les tribunes classiques pour s’installer au cœur des citoyens. Ce samedi, la Zone 8 de PASTEF Kaolack a transformé un simple panel en véritable espace de dialogue populaire, réunissant militants, acteurs sociaux et habitants autour des grandes questions qui traversent le Sénégal d’aujourd’hui.

Plus qu’une rencontre politique ordinaire, l’initiative s’est voulue une démonstration de proximité et d’écoute, dans un contexte où les populations réclament davantage d’implication dans les décisions publiques. À travers des échanges directs, des analyses et des interpellations citoyennes, les participants ont tenté de redonner au débat politique une dimension participative souvent jugée absente des dynamiques institutionnelles.

Quand la politique descend au niveau des quartiers

Dans une atmosphère marquée par une forte interaction avec le public, les discussions ont mis en lumière des préoccupations concrètes : assainissement, développement économique local, gouvernance territoriale et rôle de la société civile. Loin des discours théoriques, les intervenants ont privilégié des approches pragmatiques, ancrées dans les réalités quotidiennes des habitants de Kaolack.

La question de l’assainissement, régulièrement évoquée par les populations, a cristallisé une grande partie des débats. Les intervenants ont insisté sur l’urgence d’actions coordonnées entre les autorités publiques et les initiatives citoyennes, soulignant que le développement urbain passe aussi par la responsabilisation communautaire.

Massification politique et bataille des idées

Autre temps fort : la réflexion autour de la massification de PASTEF, présentée comme un enjeu stratégique dans la consolidation du débat démocratique. Pour les organisateurs, il ne s’agit pas uniquement d’élargir la base militante, mais de structurer une conscience politique capable d’influencer les politiques publiques à partir des territoires.

Cette orientation traduit une volonté assumée de renforcer la présence politique à la base, en misant sur la formation citoyenne et l’appropriation des enjeux nationaux par les populations locales.

Kaolack, entre ambitions économiques et rayonnement spirituel

Les échanges ont également projeté la ville dans une perspective plus large : celle d’un futur pôle économique régional. Grâce à sa position stratégique et à son dynamisme commercial historique, Kaolack pourrait devenir un moteur de croissance, à condition d’accompagner ce potentiel par des politiques publiques adaptées.

Parallèlement, la diplomatie religieuse et le tourisme spirituel ont été évoqués comme des leviers susceptibles de renforcer la cohésion sociale tout en stimulant l’économie locale, illustrant la place particulière du fait religieux dans le développement territorial sénégalais.

Une stratégie politique centrée sur la citoyenneté active

Au-delà des thématiques abordées, le panel apparaît comme un signal politique : celui d’un retour aux espaces de discussion de proximité pour mobiliser et sensibiliser les citoyens. Les organisateurs ont insisté sur la nécessité d’une participation active des jeunes et des communautés dans la construction des politiques publiques.

En misant sur le dialogue direct et la pédagogie politique, la Zone 8 de PASTEF Kaolack cherche ainsi à installer une nouvelle dynamique d’engagement citoyen, où la politique se construit d’abord au niveau local, au plus près des préoccupations sociales.

Dossier Abdoulaye Ba : Babacar Ba plaide pour une enquête confiée à la gendarmerie

L’affaire du décès d’Abdoulaye Ba continue de susciter interrogations et tensions au sein de l’opinion publique. Étudiant en médecine, le jeune homme a perdu la vie le 9 février dernier à l’Université Cheikh Anta Diop, en marge d’affrontements entre étudiants et forces de l’ordre. Alors que l’enquête judiciaire suit son cours, une nouvelle voix s’est élevée pour réclamer des garanties supplémentaires quant à l’impartialité des investigations.

Babacar Ba, du Forum du Justiciable, a officiellement interpellé le Procureur de la République afin que l’instruction ne soit pas confiée à la police nationale, mais plutôt à la gendarmerie. Pour lui, la question dépasse le simple cadre administratif et touche au principe fondamental d’objectivité. La police ayant été présente sur les lieux au moment des faits, sa participation à l’enquête pourrait, selon cette analyse, susciter des doutes sur la neutralité des conclusions.

Cette demande met en lumière une problématique récurrente dans les dossiers sensibles impliquant des forces de sécurité : comment garantir la transparence lorsque l’institution chargée de faire la lumière sur les faits pourrait être indirectement concernée par les événements ? Même en l’absence de preuve d’implication individuelle, la perception d’un possible conflit d’intérêts peut fragiliser la confiance du public dans la procédure judiciaire.

En sollicitant le dessaisissement de la police au profit de la gendarmerie nationale, Babacar Ba semble vouloir prévenir toute contestation future des résultats de l’enquête. Il s’agit, selon cette logique, d’installer un climat de confiance et d’assurer que toutes les responsabilités, si elles sont établies, le soient au terme d’un processus jugé indépendant et crédible.

Le décès d’Abdoulaye Ba intervient dans un contexte déjà tendu sur le campus universitaire, marqué par des affrontements violents ayant occasionné d’importants dégâts matériels et plusieurs blessés. Les circonstances exactes de sa mort restent au cœur des préoccupations, tant pour sa famille que pour la communauté universitaire et l’opinion nationale.

Nioro du Rip : un gang de voleurs de bétail démantelé, huit béliers récupérés

Le Commissariat urbain de Nioro du Rip a mis fin aux agissements d’un gang spécialisé dans le vol de bétail, à la suite d’une opération menée dans la nuit du 12 février 2026. Cette intervention fait suite à une recrudescence inquiétante des déclarations de vols enregistrées ces dernières semaines dans la commune, suscitant l’inquiétude des éleveurs et des autorités locales.

Face à cette situation, une mission d’intensification des patrouilles a été confiée à la Brigade de Recherches. L’exploitation d’un renseignement opérationnel a permis de localiser une base arrière présumée des malfaiteurs au village de Keur Mala, dans la commune de Thiaré, département de Kaolack. Selon la Police nationale, les membres du réseau effectuaient des incursions nocturnes à Nioro du Rip pour dérober du bétail avant de le transporter vers des enclos servant de lieux de dissimulation.

L’intervention menée par les éléments de la Brigade de Recherches a permis l’interpellation de trois individus suspectés d’appartenir à ce réseau organisé. Huit béliers de robe blanche, récemment volés à Nioro, ont été retrouvés dans des enclos à Keur Mala. Les animaux ont été récupérés et devraient être restitués à leurs propriétaires après les formalités d’usage.

Les premières auditions ont mis en lumière une organisation structurée et bien coordonnée. L’un des mis en cause a reconnu avoir été approché par un complice basé à Nioro, chargé d’identifier les cibles potentielles et de préparer le terrain. Initialement réticent à participer aux opérations, notamment parce qu’il faisait déjà l’objet de recherches par la Brigade de Gendarmerie de Nioro pour un vol similaire commis à Porokhane, le suspect a finalement mandaté un tiers pour exécuter le forfait.

Ce dernier, muni d’indications précises sur la localisation des enclos ciblés, s’est rendu à Nioro dans la nuit du mercredi afin de commettre le vol, avant de convoyer les bêtes vers la base arrière à Keur Mala. Les enquêteurs estiment que le mode opératoire démontre un niveau de planification avancé, avec une répartition claire des rôles entre les différents membres du groupe.

Au regard des indices graves et concordants réunis au cours de l’enquête, les trois suspects ont été placés en garde à vue. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vol de bétail commis de nuit avec usage de moyens de transport et détention d’armes blanches. L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices et de déterminer si le réseau est impliqué dans d’autres cas de vols signalés dans la zone.

Mort d’Abdoulaye Ba à l’UCAD : le parquet ordonne une enquête exhaustive pour situer les responsabilités

Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar a annoncé l’ouverture d’une enquête exhaustive à la suite des violents affrontements survenus le 9 février 2026 sur le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Ces heurts ont opposé des étudiants à des éléments de la Police nationale du Sénégal, occasionnant d’importants dégâts matériels ainsi que de nombreux blessés.

Dans un communiqué signé ce samedi 14 février, le maître des poursuites, Ibrahima Ndoye, indique que la gravité des faits a motivé la décision d’ouvrir immédiatement une information afin de situer les responsabilités. L’objectif, précise-t-il, est de faire toute la lumière sur les circonstances exactes des incidents et sur les conditions ayant conduit au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba.

La Sûreté urbaine a été saisie pour élucider les événements liés aux affrontements sur le campus, tandis que la Division des investigations criminelles a été chargée d’établir les causes et les circonstances précises de la mort d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année à la Faculté de Médecine. Cette double saisine vise à garantir une approche complète et rigoureuse du dossier.

Selon le parquet, plusieurs actes d’enquête ont déjà été accomplis. Des auditions ont été menées, un transport sur les lieux a été effectué par les enquêteurs et une autopsie a été pratiquée sur le corps de la victime. Ces diligences s’inscrivent dans le cadre des investigations destinées à établir les faits avec exactitude.

À ce stade de la procédure, le procureur souligne que les éléments disponibles ne corroborent pas les rumeurs faisant état de violences physiques exercées sur la victime. Il invite toutefois à la prudence, rappelant que les investigations sont toujours en cours et que seules les conclusions définitives permettront d’apporter des réponses claires et fondées.

ONU : la possible candidature de Macky Sall électrise la diplomatie africaine

La scène diplomatique africaine bruisse d’un nom : Macky Sall. Selon les révélations du journal L’Observateur, l’éventuelle candidature de l’ancien président sénégalais au poste de Secrétaire général des Nations Unies s’est imposée comme un sujet diplomatique majeur, jusqu’à s’inviter dans les discussions annoncées au 39e Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba.

De confidence prudente à enjeu continental, la perspective d’une course à l’ONU révèle un jeu d’influences sous haute tension entre Dakar, Brazzaville et plusieurs capitales africaines, sur fond de rivalités politiques internes et de calculs géostratégiques.

Une ambition exprimée sans déclaration formelle

Longtemps évoquée à demi-mot, l’idée d’une candidature de Macky Sall semblait relever de la rumeur persistante. Pourtant, en septembre 2025, lors d’un entretien accordé à la chaîne YouTube H5 Motivation, l’ancien chef de l’État, qui a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, avait laissé la porte entrouverte. « Je ne suis pas encore candidat, mais je ne l’écarte pas. Beaucoup estiment que mon expérience du local au global pourrait aider à refonder l’organisation face aux crises actuelles », déclarait-il.

Sans constituer une annonce officielle, cette déclaration avait suffi à nourrir les spéculations dans les cercles diplomatiques. L’ancien président, fort de son expérience au sein d’instances internationales et de son rôle dans plusieurs médiations régionales, apparaissait déjà pour certains comme un profil crédible dans la perspective d’une alternance géographique à la tête de l’ONU.

Brazzaville, point d’inflexion

Le dossier a pris une nouvelle dimension le 3 février dernier, lors d’un déplacement officiel du président Bassirou Diomaye Faye à Brazzaville. Reçu par son homologue Denis sassou Nguesso, les échanges auraient porté, selon la télévision congolaise relayée par L’Observateur, sur le soutien de l’Union Africaine à une éventuelle candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.

Cette révélation, intervenue à quelques jours du 39e Sommet de l’Union africaine prévu les 14 et 15 février à Addis-Abeba, a eu l’effet d’une déflagration diplomatique. Elle a officialisé, au moins dans les discussions régionales, une hypothèse jusque-là cantonnée aux spéculations.

Le silence stratégique de Dakar

À Dakar, aucune déclaration formelle n’est venue confirmer ou infirmer une position officielle. Ce silence tranche avec l’intensité des débats politiques internes. Les réactions divergent profondément entre partisans et opposants de l’ancien régime.

Le député Guy Marius Sagna a dénoncé une éventuelle candidature, évoquant une « trahison envers nos martyrs », dans une allusion aux tensions politiques passées. À l’inverse, Babacar Ba, coordonnateur du Forum du Justiciable, a estimé que la défense des droits humains ne saurait se fonder sur des accusations sans décision judiciaire préalable, jugeant excessif de présenter l’ancien président comme responsable de crimes politiques sans base judiciaire établie.

Un autre signal fort est intervenu le 11 février 2026. Un communiqué du Conseil des ministres a confirmé que ce n’est pas le chef de l’État, mais le Premier ministre Ousmane Sonko qui représentera le Sénégal au 39e Sommet de l’Union africaine. Cette décision, révélée auparavant par le journaliste Madiambal Diagne, a été largement interprétée comme un choix politique chargé de sens. L’envoi d’Ousmane Sonko à Addis-Abeba pourrait traduire une volonté de contrôle direct du dossier par la Primature ou, au contraire, une prise de distance stratégique de la Présidence.

Fractures internes et repositionnements

La controverse a également mis en lumière des fractures au sein de la majorité. L’exclusion de Bougar Diouf, président de l’Union des panafricanistes sénégalais, de la Coalition Diomaye Président, illustre les tensions autour de cette question. En cause, une conférence de presse au cours de laquelle il appelait à soutenir la candidature de Macky Sall à l’ONU.

Depuis Munich, Aminata Toure a annoncé son auto-exclusion de la coalition, estimant que Bougar Diouf avait agi malgré une mise en garde préalable. Si cette décision ne constitue pas une déclaration officielle contre la candidature de l’ancien président, elle s’inscrit dans une succession de gestes politiques qui dessinent progressivement les contours d’une ligne encore prudente, mais scrutée de près par les chancelleries africaines.

Un enjeu continental aux équilibres complexes

Au-delà des querelles nationales, l’enjeu dépasse largement les frontières du Sénégal. La désignation du Secrétaire général de l’ONU obéit à des équilibres géopolitiques complexes, impliquant le Conseil de sécurité et ses membres permanents, ainsi que des logiques de rotation régionale.

Une candidature de Macky Sall placerait le Sénégal au cœur d’une recomposition diplomatique africaine, dans un contexte où plusieurs États du continent aspirent à renforcer leur influence sur la scène internationale. Le soutien explicite ou la neutralité stratégique de Dakar pourrait peser dans les arbitrages à venir.

Décès d’Abdoulaye Bâ : Guy Marius Sagna conteste le communiqué du procureur et réclame justice

Le député Guy Marius Sagna est monté au créneau à la suite du communiqué du procureur de la République relatif au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Dans une déclaration au ton ferme, l’élu a vivement critiqué la communication du parquet, estimant qu’elle ne répond pas aux attentes de vérité exprimées par l’opinion publique et la communauté universitaire.

« Le procureur de la République ne doit pas insulter notre intelligence », a-t-il lancé, remettant en cause la version avancée par les autorités judiciaires. Selon lui, les éléments présentés dans le communiqué soulèvent davantage de questions qu’ils n’apportent de réponses claires sur les circonstances exactes du drame. Il a notamment insisté sur le fait que « la victime Abdoulaye Bâ n’a pas exercé sur elle-même des violences », rejetant toute interprétation qui laisserait entendre une responsabilité personnelle de l’étudiant dans les faits ayant conduit à son décès.

Pour le parlementaire, cette affaire exige une enquête indépendante, transparente et approfondie afin d’établir les responsabilités. Il considère que seule la manifestation complète de la vérité permettra d’apaiser les tensions qui persistent au sein de l’espace universitaire et dans l’opinion publique. Le décès d’Abdoulaye Bâ, survenu dans un contexte d’affrontements, continue en effet de susciter une vive émotion et d’alimenter le débat national sur la gestion des manifestations estudiantines.

Dans le même élan, Guy Marius Sagna a réclamé la libération immédiate des trois étudiants actuellement détenus, à savoir Bathie Fall, Demba Ka et Waly Faye. Il estime que cette mesure constituerait un geste fort « dans un souci d’apaisement de l’espace universitaire », marqué ces derniers jours par des tensions croissantes. Selon lui, la détention de ces étudiants ne contribue pas à ramener la sérénité sur les campus.

Le député a enfin élargi son propos en évoquant « justice pour Abdoulaye Bâ et pour les martyrs », soulignant que cette affaire dépasse le seul cas individuel pour poser la question plus large de la protection des libertés et de la responsabilité des autorités dans la gestion de l’ordre public. À travers cette sortie, Guy Marius Sagna entend maintenir la pression afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès et que les responsabilités soient situées, quelles qu’elles soient.

Forum de Foundiougne : le rap engagé de Kaw Kaw célèbre le monde rural

À l’occasion du Forum de développement économique et social de Foundiougne, le rappeur Kaw Kaw de Soline a offert une prestation mémorable, saluée par un public conquis.

Engagé et fidèle à son style, l’artiste a dédié ses morceaux aux paysans, mettant en lumière leurs efforts quotidiens et leur rôle essentiel dans le développement local. À travers des textes puissants et porteurs de messages, il a su allier conscience sociale et rythmes entraînants.

Porté par une énergie débordante et une présence scénique remarquable, Kaw Kaw a littéralement électrisé l’assistance, transformant l’esplanade du forum en une véritable scène de communion populaire. Entre ovations, chants repris en chœur et ambiance survoltée, le public a vibré au rythme de ses paroles engagées.

Une prestation qui restera sans doute comme l’un des temps forts culturels de cette édition du forum.

Décès d’Abdoulaye Ba à l’UCAD : Omar Sarr exige la démission du ministre de l’Intérieur et interpelle les autorités

Le coordonnateur du mouvement NITTU DEGG, Omar Sarr, est monté au créneau à la suite du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans une déclaration empreinte d’émotion et de colère, il appelle les autorités à assumer pleinement leurs responsabilités politiques et à poser des actes forts, au-delà des discours officiels.

Pour Omar Sarr, la première mesure attendue pour marquer la gravité de la situation est la démission immédiate du ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé. Il estime qu’il s’agit d’un geste nécessaire face à ce qu’il qualifie de « mort atroce ». Selon lui, une autorité mise en cause doit savoir tirer les conséquences politiques d’un tel drame, au lieu de chercher à se dédouaner en imputant la responsabilité à d’autres acteurs.

Le responsable de NITTU DEGG pointe particulièrement la décision d’introduire les forces de défense et de sécurité sur le campus universitaire. À ses yeux, ce choix politique n’est pas anodin et s’inscrit dans une histoire marquée par des épisodes tragiques. Il rappelle les précédents de Bassirou Faye, Fallou Sene et Balla Gaye, tous décédés lors d’événements impliquant les forces de l’ordre à l’université. Pour lui, ces drames auraient dû servir d’avertissement. Il insiste sur le fait que la vie humaine est sacrée et que les autorités doivent reconnaître une éventuelle erreur politique et en assumer les conséquences.

La déclaration revient également sur la douleur de la famille du défunt, qui présentait Abdoulaye Ba comme un « porteur d’espoir ». Omar Sarr évoque les paroles attribuées à l’étudiant peu avant son décès : « Boy sama yaay, mane rek la yakar », des mots rapportés par sa mère et qui traduisent toute la détresse et l’espoir placés en lui. S’appuyant sur le rapport d’autopsie, il parle d’une mort « lente, douloureuse et barbare », accentuant l’indignation suscitée par cette disparition.

Au-delà du drame individuel, le coordonnateur de NITTU DEGG s’interroge sur le sens du combat politique mené ces dernières années sous le slogan « Soncko rek la niuy tope ». Il souligne le paradoxe d’une jeunesse qui s’est constituée en « bouclier humain » pour porter au pouvoir une équipe prônant la rupture et le don de soi pour la patrie, et qui se retrouve aujourd’hui confrontée à une perte qu’il estime imputable à ces mêmes dirigeants.

En conclusion, Omar Sarr appelle à une profonde remise en question des choix politiques et des méthodes d’engagement de la jeunesse sénégalaise et de la diaspora. Pour lui, au-delà de l’émotion et de la colère, l’heure est à une réflexion nationale sur la gouvernance, la responsabilité et la gestion des crises en milieu universitaire.

L’Engagement des Jeunes Africains dans le Conflit Russie-Ukraine : Une Analyse Alarmante

Depuis le 24 février 2022, la guerre qui oppose la Russie à l’Ukraine a fait au moins 1,2 million de blessés parmi les soldats et les civils, et causé la mort de 325.000 personnes. Au-delà de ces pertes massives, un phénomène moins médiatisé attire l’attention : la participation de combattants africains dans ce conflit. Selon une enquête approfondie menée par l’Organisation Impact et rapportée par L’Observateur ce jeudi 12 février, plus de 1.400 Africains ont été envoyés au front pour le compte de la Russie, dont 316 ont trouvé la mort. Parmi les 14 Sénégalais qui se sont engagés, six ont été tués.

L’étude met en lumière l’ampleur et la progression de ce recrutement. En 2023, 177 recrues africaines ont été enregistrées, contre 592 en 2024 et 647 en 2025, portant le total à au moins 1.416 ressortissants africains ayant signé un contrat militaire avec la Russie. Il convient de noter que ces chiffres n’incluent pas ceux envoyés dans la zone industrielle d’Alabuya, spécialisée dans la fabrication de drones iraniens et disposant de son propre programme de recrutement ciblant particulièrement les jeunes et les femmes issus du Sud Global.

L’enquête révèle également la répartition géographique de ces recrues. Trente-cinq nationalités africaines sont représentées, avec l’Égypte en tête, comptant 361 combattants, suivie du Cameroun avec 335 et du Ghana avec 234. La Gambie et le Mali comptent respectivement 56 et 51 recrues. L’âge moyen de ces soldats est de 31 ans, mais la tranche 18-25 ans est particulièrement représentée avec 150 individus, ce qui souligne la jeunesse des volontaires.

L’attrait de ce conflit pour les jeunes Africains repose essentiellement sur des motivations financières et des perspectives d’avenir séduisantes. À la signature du contrat, une prime pouvant atteindre 30.000 dollars (soit plus de 16 millions FCFA) est promise. À cela s’ajoute un salaire mensuel compris entre 2.200 et 2.500 dollars. Les survivants bénéficient, à leur retour en Russie, d’une assurance maladie, d’une formation militaire d’élite et d’une procédure de naturalisation accélérée pouvant durer de trois à six mois.

Si ces chiffres et avantages attirent les jeunes Africains, l’enquête de l’Organisation Impact met en évidence les risques dramatiques auxquels ils s’exposent : blessures graves, mort au combat et participation à un conflit international dont les conséquences humanitaires sont catastrophiques. Le phénomène soulève également des questions éthiques et diplomatiques sur l’implication de ressortissants africains dans une guerre étrangère et sur la manière dont certains États exploitent la vulnérabilité économique de leur jeunesse.

Coupure générale d’électricité à Dakar ce dimanche 15 février 2026 : la Senelec informe sa clientèle

La Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) informe sa clientèle qu’une coupure générale d’électricité est prévue ce dimanche 15 février 2026, de 8h à 16h, en raison de travaux programmés au poste électrique de Hann. Ces interventions s’inscrivent dans le cadre du renforcement et de l’amélioration de la qualité de service du réseau électrique, afin de répondre aux besoins croissants des consommateurs et de réduire les risques de perturbations futures.

Selon le communiqué de la Direction de la Distribution daté du 10 février 2026, les perturbations affecteront plusieurs zones de la capitale et de sa périphérie. Sont concernées les localités du Golf Nord, Hamo, Dalifort, ainsi qu’une partie des Maristes. Les industries situées sur la route de Rufisque, notamment celles établies à Pikine et Dalifort, subiront également des interruptions temporaires de l’alimentation électrique.

La Senelec tient à rassurer sa clientèle que ses équipes techniques seront pleinement mobilisées pour assurer la bonne exécution des travaux et un rétablissement rapide de l’électricité dès la fin de l’intervention. La société présente ses excuses aux clients impactés par ces coupures et souligne que ces travaux sont essentiels pour améliorer la fiabilité et la performance du réseau électrique sur l’ensemble du territoire desservi.

Zac Mbao : un réseau de fabrication de faux documents démantelé, cinq personnes arrêtées

Les éléments du commissariat de Zac Mbao ont mené, ce jeudi, une opération d’envergure ayant abouti à l’arrestation de cinq individus soupçonnés d’appartenir à un réseau criminel spécialisé dans la production de documents d’identité frauduleux. Cette intervention fait suite à des renseignements jugés fiables faisant état de la présence, dans le quartier de la Cité Nar à Zac Mbao, d’un individu déjà connu des services de police pour des activités liées à la falsification de documents officiels.

Selon le journal Libération, les investigations ont permis de localiser le domicile du principal suspect. Lors de la descente effectuée par les forces de l’ordre, les enquêteurs ont surpris cinq personnes en pleine activité de contrefaçon. Sur place, ils ont découvert des passeports sénégalais falsifiés ainsi qu’un important dispositif matériel destiné à la fabrication de faux papiers administratifs.

La perquisition a permis la saisie d’un arsenal complet comprenant dix-sept photographies d’identité assorties d’informations personnelles relatives à des ressortissants arabes et européens, un passeport vierge avec talon inexploité, cinq cartouches d’encre pour impression, sept dispositifs de datage et sept cachets multicolores. Les policiers ont également mis la main sur des feuilles blanches au format A4 destinées à la confection des documents, deux ordinateurs portables, trois clés USB, deux tubes de colle à papier ainsi que deux imprimantes, dont l’une adaptée à l’impression photographique. Un appareil de détection de faux documents a également été saisi, de même que deux talons vierges de cartes nationales d’identité sénégalaises ne comportant ni photo ni inscription.

Les personnes interpellées ont été identifiées comme deux ressortissants nigérians, Idriss Lékan et Arouna Amadou, ainsi que trois Sénégalais répondant aux noms de Moustapha Diop, Ibrahima Diop et Fio Dabo. Au cours de leur interrogatoire, les mis en cause ont reconnu que le matériel découvert servait effectivement à la production de documents contrefaits.

Les investigations se sont poursuivies avec une fouille complémentaire au local commercial d’Ibrahima Diop, surnommé Boy Diop, situé au centre commercial El Malik à Dakar. Cette opération a conduit à la découverte d’un ordinateur portable supplémentaire, d’une page arrachée d’un faux passeport comportant un visa Schengen, de deux carnets de vaccination internationaux vierges ainsi que de plusieurs autres documents jugés suspects.

Lors de son audition, Ibrahima Diop a déclaré résider à Saint-Louis, précisant qu’il utilisait son bureau de Dakar comme lieu de repos lors de ses déplacements dans la capitale. Les enquêteurs ont par ailleurs établi qu’il faisait déjà l’objet d’un avis de recherche émis par le commissariat de Pikine dans une affaire impliquant un certain Pape Cissé, poursuivi pour fabrication et usage de faux documents administratifs. Dans ce dossier, Pape Cissé, en possession de talons de passeport vierges et de feuilles de lamination, aurait désigné Ibrahima Diop, dit Boy Diop, comme son complice.

UCAD : le SAES juge « non réunies » les conditions d’une reprise académique après la mort d’Abdoulaye Ba

La coordination du Syndicat autonome de l’Enseignement supérieur (SAES) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) estime que les conditions d’une reprise académique « ne sont pas réunies », dans un contexte de fortes tensions consécutives au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba lors de violences sur le campus. Dans un communiqué rendu public ce vendredi 13 février, les enseignants dénoncent un environnement instable qui, selon eux, ne permet pas d’assurer un enseignement effectif et serein.

Pour la coordination du SAES, le campus pédagogique et le campus social forment une « unité fonctionnelle indissociable ». Les enseignants soulignent que l’absence de restauration, d’hébergement et le dysfonctionnement des services sociaux compromettent gravement la reprise normale des activités académiques. Ils insistent sur le fait qu’il ne peut y avoir d’enseignement effectif dans un espace universitaire fragmenté, marqué par des fermetures et des restrictions liées au climat de tension.

Cette sortie du syndicat intervient au lendemain d’une décision du Conseil académique de l’UCAD. Réuni dans la matinée du jeudi 12 février, celui-ci a annoncé la suspension, à titre conservatoire et jusqu’à nouvel ordre, des amicales d’étudiants. Dans le même temps, l’instance a affirmé sa volonté d’assurer la continuité des activités pédagogiques et scientifiques, dans le respect du processus de normalisation du calendrier universitaire. Une position qui tranche avec celle des enseignants, pour qui toute tentative de reprise sans apaisement préalable demeure structurellement fragile.

Le campus social, fermé en raison du climat de tensions, cristallise les inquiétudes. Pour le SAES, la normalisation du calendrier universitaire ne saurait précéder celle de l’espace universitaire dans toutes ses dimensions. Les enseignants estiment qu’on ne peut exiger la sérénité des acteurs académiques tout en maintenant un environnement marqué par la crispation et la méfiance. Ils mettent en garde contre une reprise précipitée qui risquerait d’aggraver les frustrations et d’exposer la communauté universitaire à de nouvelles perturbations.

Au-delà de la question logistique, la coordination du SAES semble poser un débat plus large sur les conditions de gouvernance et de sécurité au sein de l’université. Le décès d’Abdoulaye Ba a profondément marqué la communauté estudiantine et ravivé les interrogations sur la gestion des tensions sur le campus. Dans ce contexte, les enseignants appellent implicitement à un retour au calme et à la restauration complète du fonctionnement des services universitaires avant toute reprise effective des cours.

Affaire Pape Cheikh Diallo : une plainte pour chantage déposée en 2019 refait surface sur fond de scandale présumé

L’affaire impliquant l’animateur Pape Cheikh Diallo, présentée ces derniers jours comme un présumé scandale homosexuel, connaît un nouveau rebondissement avec la résurgence d’une ancienne plainte déposée en 2019. À l’époque, l’animateur avait saisi la Division spéciale de cybersécurité pour des faits présumés de « collecte illicite de données » et de chantage visant un certain Cheikh Diop.

Les faits remontent au mois de mars 2019. Selon les éléments rapportés, Pape Cheikh Diallo accusait Cheikh Diop d’avoir transmis des images privées le concernant à deux de ses proches, dont un membre de son entourage immédiat ainsi qu’une amie actrice. L’animateur soutenait également que son accusé le menaçait de diffuser ces images sur internet. D’après le journal Libération, les clichés en question montreraient clairement l’animateur exhibant ses fesses.

Entendu par les enquêteurs, Pape Cheikh Diallo avait reconnu être à l’origine de l’envoi des images, expliquant les avoir partagées « sous le coup de la rigolade », dans un contexte qu’il qualifiait de léger, alors que Cheikh Diop était souffrant. Toutefois, il affirmait que ces images avaient ensuite été utilisées contre lui à des fins de chantage.

De son côté, Cheikh Diop aurait admis les faits lors de son audition. Il aurait déclaré que l’animateur était « sa copine » et que ce dernier prenait en charge le loyer de son appartement situé aux Almadies. Il aurait également affirmé que Pape Cheikh Diallo lui aurait transmis le VIH/sida avant de le délaisser alors qu’il était malade. Selon ses propres déclarations, c’est un sentiment de trahison et de jalousie qui l’aurait poussé à envoyer les images à des proches de l’animateur.

Lors de la confrontation organisée entre les deux hommes, Cheikh Diop aurait maintenu ses accusations et reconnu avoir exercé un chantage afin de contraindre l’animateur à « revenir » auprès de lui. À l’issue de cette confrontation, il avait été placé en garde à vue pour « collecte illicite de données », dans l’attente de la poursuite des investigations.

Saint-Louis : la DNLT démantèle un réseau de trafic de migrants en partance pour l’Espagne

Un nouveau coup de filet a été mené contre les filières d’émigration clandestine dans le nord du pays. L’antenne régionale de Division Nationale de lutte Contre le Trafic de Migrants (DNLT) à Saint-Louis a procédé au démantèlement d’un réseau spécialisé dans l’organisation de voyages clandestins vers l’Espagne. Deux individus ont été déférés, le 9 février 2026, devant le Procureur de la République financier près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, tentative de trafic de migrants et escroquerie.

L’affaire remonte au 4 février 2026. Informés par un renseignement opérationnel faisant état de préparatifs imminents pour un départ clandestin vers les côtes espagnoles, les éléments de la DNLT ont rapidement mis en place un dispositif de surveillance à la gare routière de Saint-Louis. Les enquêteurs soupçonnaient qu’un organisateur devait y rencontrer des candidats au voyage pour percevoir les frais de participation. Leur vigilance a permis l’interpellation du principal suspect alors qu’il s’apprêtait effectivement à encaisser de l’argent auprès de futurs migrants.

Les investigations menées dans la foulée ont conduit les forces de l’ordre au quartier Pikine 700, à Saint-Louis. Dans un domicile appartenant à l’un des mis en cause, huit candidats à l’émigration ont été découverts. Délogés puis entendus à titre de témoins, ces derniers ont confirmé avoir versé des sommes comprises entre 200 000 et 400 000 FCFA chacun pour rejoindre l’Espagne par voie maritime. Selon leurs déclarations, le départ était imminent et les modalités logistiques déjà en cours de finalisation.

Au cours de son audition, présenté comme le cerveau du réseau, le principal mis en cause a reconnu avoir personnellement recruté et hébergé les candidats. Il a également admis être en pleine négociation pour l’acquisition d’une pirogue et d’un moteur hors-bord de 60 chevaux, éléments indispensables à la traversée clandestine. Ces aveux ont conforté les enquêteurs dans la qualification des faits retenus.

Son complice présumé, interpellé dans la même opération, a déclaré qu’il devait assurer le rôle de capitaine de l’embarcation. Une perquisition effectuée dans sa chambre a permis la saisie d’un cahier de comptes détaillant les identités des candidats ainsi que les montants déjà perçus. Ce document constitue, selon les enquêteurs, une pièce à conviction majeure dans le dossier.

Les deux suspects ne sont pas inconnus des services de la DNLT. Déjà impliqués dans des affaires similaires de trafic de migrants par voie maritime, ils sont considérés comme des récidivistes. Cette nouvelle arrestation met en lumière la persistance des réseaux organisés dans la région de Saint-Louis, zone régulièrement citée comme point de départ vers l’Europe.

Affaire Modou Fall : le chroniqueur maintient sa version devant les enquêteurs et reconnaît l’absence de preuves

Le chroniqueur Modou Fall a été entendu par les enquêteurs de la Brigade de recherches dans le cadre de l’affaire liée à sa sortie médiatique controversée, qui lui a valu un placement sous mandat de dépôt pour diffusion de fausses nouvelles. Face aux questions des enquêteurs, il a tenu à clarifier ses propos et à repréciser sa pensée.

Selon des informations rapportées par le journal Libération, Modou Fall a affirmé n’avoir jamais soutenu que l’État ou des membres de la mouvance présidentielle auraient remis de l’argent à des étudiants. Il soutient avoir simplement voulu « lancer une alerte », sans accuser formellement une autorité ou un camp politique précis. Il a insisté sur le fait que ses déclarations ne visaient pas directement le pouvoir en place.

Interrogé sur l’identité des supposés financeurs évoqués dans sa sortie, le chroniqueur n’a avancé aucun nom. Il aurait parlé de « personnes malintentionnées », sans fournir davantage de précisions. Confronté à l’insistance des enquêteurs, il a reconnu ne disposer d’aucune preuve tangible pour étayer ses affirmations, admettant qu’il s’agissait en réalité d’une rumeur.

Modou Fall a également contesté avoir directement accusé les autorités d’avoir rétribué des étudiants dans le but d’incriminer certaines figures de l’opposition, notamment Bougane Guèye Dany, Barthélemy Dias et Thierno Alassane Sall. Il soutient que ses propos ont été mal interprétés ou sortis de leur contexte.

Sindia : un élève de 12 ans meurt après des troubles liés à des étudiants grévistes

Le lycée de Sindia, dans le département de Mbour, est sous le choc après la disparition tragique d’un élève de 12 ans, S. Camara, en classe de 6e. Le drame s’est produit à la suite de troubles survenus dans l’enceinte de l’établissement, où un jet de pierre a mortellement atteint l’enfant à la tête.

Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, des étudiants de l’Universite Cheikh Anta Diop (UCAD), récemment retournés dans leur localité après la fermeture du campus à Dakar, auraient tenté de perturber les cours au sein du lycée. Ils entendaient protester contre la suspension des enseignements universitaires. Leur irruption dans l’établissement aurait provoqué une vive tension, les élèves étant délogés de leurs salles de classe dans un climat de confusion et de panique.

La situation a rapidement dégénéré dans la cour du lycée. C’est au cours de cette cohue que le jeune S. Camara a été violemment atteint à la tête par une pierre. Grièvement blessé, il a été pris en charge en urgence et évacué vers le district sanitaire de Popenguine. Admis en soins intensifs, l’élève n’a malheureusement pas survécu à ses blessures. Son décès a été constaté le lendemain matin, plongeant sa famille, ses camarades et l’ensemble de la communauté éducative dans une profonde consternation.

À Sindia, l’émotion est vive. Parents d’élèves, enseignants et habitants de la commune peinent à comprendre comment un mouvement de protestation a pu conduire à un tel drame impliquant un enfant. Le corps du défunt a été remis à sa famille et inhumé le même jour au cimetière musulman de la localité, dans une atmosphère lourde de tristesse.

Contentieux foncier à Ngaparou : Awa Baldé réclame 475 millions FCFA à Aziz Alé Ndiaye devant le tribunal correctionnel de Dakar

Le différend financier opposant la jet-setteuse Awa Baldé au promoteur immobilierAziz Ndiaye connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Après plusieurs mois de tensions et de tentatives infructueuses pour trouver un terrain d’entente, l’affaire sera finalement examinée par le tribunal correctionnel de Dakar le 26 février prochain.

Au cœur de ce contentieux : une transaction immobilière portant sur un terrain situé à Ngaparou, station balnéaire prisée de la Petite Côte. Selon Awa Baldé, le promoteur se serait engagé à acquérir ce bien, qui appartenait à son ex-mari, pour un montant global de 50 millions de FCFA. Toutefois, elle affirme que seuls 20 millions de FCFA auraient été effectivement versés, laissant un reliquat de 30 millions de FCFA impayé.

La plaignante soutient avoir multiplié les démarches pour obtenir le règlement du solde, sans succès. Après plusieurs plaintes restées sans suite, elle avait publiquement laissé entendre qu’elle se remettait « entre les mains de Dieu », semblant ainsi renoncer à toute poursuite. Mais contre toute attente, elle a décidé de relancer la procédure judiciaire, cette fois par le biais d’une citation directe.

Dans cet acte introductif d’instance, Awa Baldé ne se limite plus à réclamer le paiement du solde présumé de la vente. Elle demande désormais la somme de 475 millions de FCFA au titre de préjudices qu’elle estime avoir subis. Ce montant inclurait, selon ses proches, des dommages liés à la perte d’opportunités, au préjudice moral ainsi qu’à l’impact financier global de ce litige prolongé.

De son côté, aucune déclaration officielle n’a encore été rendue publique par Aziz Alé Ndiaye concernant cette nouvelle offensive judiciaire. L’homme d’affaires, bien connu dans le secteur immobilier et dans le milieu médiatique sénégalais, devrait faire valoir ses arguments devant la juridiction correctionnelle afin de contester ou clarifier les termes de la transaction incriminée.

L’audience prévue le 26 février s’annonce déterminante. Elle pourrait permettre de faire la lumière sur les conditions exactes de la cession du terrain, la nature des engagements contractuels pris par les parties et les éventuelles responsabilités pénales ou civiles engagées.

Jamra interpelle l’opinion sur le statut d’AIDES-Sénégal et relance le débat juridique

L’ONG Jamra a récemment publié un communiqué sur ses plateformes numériques dans lequel elle attire l’attention sur l’association AIDES-Senegal, qu’elle présente comme la plus représentative des 16 associations d’homosexuels reconnues par l’État du Sénégal. Selon le message diffusé, l’organisation compterait environ 650 membres et bénéficierait d’une reconnaissance administrative officielle.

Dans sa publication, Jamra affirme qu’AIDES-Sénégal aurait été enregistrée le 5 mars 2012 et disposerait d’un agrément délivré par le Ministère de l’Intérieur sous le numéro de récépissé 15444/MINT/DAGAT/DEL/AS. L’ONG soutient que cet enregistrement poserait un problème juridique au regard de l’article 319 du Code pénal sénégalais, qui réprime les actes qualifiés de « contre nature », ainsi que des dispositions du Code des obligations civiles et commerciales. Elle estime que la reconnaissance administrative d’une telle structure serait en contradiction avec ces textes.

Le communiqué précise également que le siège de l’association se situerait dans le quartier des Parcelles Assainies, à Dakar. Jamra cite par ailleurs Diadji Diouf, présenté comme dirigeant d’AIDES-Sénégal et porte-parole d’AFRICA-GAY, une coalition continentale regroupant des organisations engagées sur les questions liées aux droits des minorités sexuelles en Afrique.

Dans un ton ferme, l’ONG inscrit sa sortie médiatique dans une posture de vigilance et de dénonciation. Elle considère que « l’agenda LGBT légué par l’ancien régime est donc resté intact », laissant entendre que les changements politiques intervenus récemment n’auraient pas modifié, selon elle, l’approche institutionnelle sur ces questions. Jamra conclut son message en réaffirmant sa détermination, déclarant que « le combat continue ».

La Police nationale lance une plateforme numérique de signalement des cyberinfractions

La Police nationale a officiellement lancé, ce mercredi 12 février 2026, une plateforme numérique dédiée au signalement en ligne des infractions cybercriminelles. Développé par la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité , cet outil marque une nouvelle étape dans la modernisation des dispositifs de lutte contre la criminalité numérique au Sénégal.

La cérémonie de lancement de la phase pilote s’est tenue à la Direction de la formation, anciennement École nationale de police , à Dakar. Elle a été présidée par le commissaire divisionnaire Moustapha Diouf, directeur adjoint de la police judiciaire, qui a salué une avancée majeure dans l’adaptation des forces de sécurité aux défis posés par le numérique.

Dans son allocution, le commissaire divisionnaire a souligné que la montée en puissance des usages d’internet et des réseaux sociaux s’accompagne d’une recrudescence des actes de cybercriminalité, allant de l’escroquerie en ligne à l’usurpation d’identité, en passant par le chantage, le harcèlement numérique et l’exploitation des mineurs. Il a expliqué que cette plateforme vise à faciliter le dépôt de plaintes et de signalements par les citoyens, tout en garantissant la confidentialité des informations transmises.

Accessible en ligne, l’outil permettra aux victimes ou témoins d’infractions commises via les technologies de l’information et de la communication de transmettre rapidement des éléments aux enquêteurs spécialisés. Les données collectées seront traitées par les services compétents afin d’engager, le cas échéant, les procédures judiciaires appropriées. Cette phase de test devra permettre d’évaluer l’efficacité du dispositif, d’identifier d’éventuels ajustements techniques et d’optimiser le parcours utilisateur avant un déploiement à plus grande échelle.

L’événement a également enregistré la présence de plusieurs partenaires institutionnels et techniques. Mme Evelyne Guèye, Child Protection Specialist à UNICEF, a salué une initiative qui renforce la protection des enfants face aux dangers en ligne. Elle a insisté sur l’importance d’une collaboration étroite entre les forces de sécurité, les acteurs sociaux et les organisations internationales pour prévenir et combattre les violences numériques ciblant les mineurs.

De son côté, Mme Madjiguène Diop, coordonnatrice de la Cellule d’appui à la protection de l’enfance (CAPE), représentant le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, a mis en avant la nécessité d’un dispositif intégré de protection. Elle a rappelé que la cybercriminalité touche particulièrement les enfants et les adolescents, souvent exposés à des contenus inappropriés, à des tentatives de manipulation ou à des abus en ligne.

Bassirou Diomaye Faye réunit les Gouverneurs et fixe le cap d’une administration territoriale plus performante

Quelques jours après sa tournée dans le Sénégal oriental, le Président de la République,Bassirou Diomaye Faye, a présidé au Palais de la République une réunion stratégique avec l’ensemble des Gouverneurs de région. Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la présence de l’État dans les territoires et de consolidation de la gouvernance territoriale.

Face aux représentants de l’administration déconcentrée, le Chef de l’État a rappelé un principe qu’il considère fondamental : l’autorité de l’État ne se décrète pas, elle se mesure concrètement dans les territoires. Elle se traduit par la qualité du service rendu aux citoyens, par la capacité des autorités administratives à répondre efficacement aux préoccupations des populations et par leur aptitude à anticiper les tensions sociales, économiques et sécuritaires.

Dans son intervention, le Président a insisté sur la nécessité de moderniser l’administration territoriale en la tournant résolument vers une culture de résultats. Il a exhorté les Gouverneurs à renforcer l’efficacité de l’action publique, à améliorer les délais de traitement des dossiers et à promouvoir une gestion plus rigoureuse et plus transparente des affaires locales. L’objectif affiché est de rapprocher davantage l’administration des citoyens et de restaurer la confiance dans l’institution étatique.

La question foncière et les signaux sociaux ont également occupé une place centrale dans les échanges. Le Chef de l’État a appelé à une vigilance accrue face aux conflits liés au foncier, souvent sources de tensions communautaires, ainsi qu’à une meilleure lecture des dynamiques sociales pouvant annoncer des crispations. Pour lui, la prévention demeure un levier essentiel de stabilité et de cohésion nationale. Les Gouverneurs sont ainsi invités à jouer pleinement leur rôle d’alerte et de régulation dans leurs circonscriptions respectives.

Par ailleurs, le Président a souligné l’importance d’une coordination rigoureuse entre les différents services déconcentrés de l’État. Il a plaidé pour une action publique plus lisible, mieux articulée et plus cohérente, afin d’éviter les chevauchements de compétences et d’assurer une meilleure synergie entre les acteurs institutionnels sur le terrain.

Au cours de la réunion, le Plan stratégique 2025-2029 de la Direction générale de l’Administration territoriale a été présenté comme le cadre de référence de l’action dans les régions. Ce document structurant devra guider l’intervention des autorités administratives dans les prochaines années, en cohérence avec l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, qui fixe les grandes orientations de développement du pays à long terme.

En validant les recommandations issues des travaux, le Président de la République engage ainsi l’État dans une nouvelle phase de consolidation de sa présence territoriale. Cette orientation vise à garantir la stabilité, à renforcer la cohésion nationale et à consolider la confiance des populations envers les institutions. À travers cette démarche, l’Exécutif entend faire des régions de véritables pôles d’efficacité administrative et de performance publique, au service du développement et du bien-être des citoyens.

Fatick – Économie locale et marketing territorial : Foundiougne se positionne comme pôle émergent

Le Forum de développement économique et social du département de Foundiougne s’est ouvert ce jeudi sous de bons auspices, en présence d’autorités administratives, d’élus territoriaux, de partenaires techniques et financiers ainsi que de nombreux acteurs du développement local.

La cérémonie officielle a été présidée par le préfet du département, Jean Paul Malick Faye, aux côtés des autorités locales et de plusieurs personnalités venues marquer leur soutien à cette initiative stratégique.

Initié par le Conseil départemental de Foundiougne, sous l’impulsion de son président Moustapha Mbaye, ce forum se veut un tournant décisif pour impulser une nouvelle dynamique économique dans l’ensemble des secteurs d’activité du département.

Parmi les personnalités présentes figuraient également Mouhamed Youssouf Bengeloune, président de l’Association des départements du Sénégal, l’ancien ministre conseiller Adama Diouf, ainsi que le secrétaire général adjoint du gouvernement, Lamine Sarr, entre autres invités de marque.

Une plateforme de réflexion et d’opportunités

L’événement se présente comme une véritable plateforme de réflexion, de concertation et de promotion des opportunités économiques du département, a expliqué Issa Ba, président de la commission communication du forum.

Selon les organisateurs, le forum vise principalement à renforcer le marketing territorial de Foundiougne en mettant en lumière ses ressources naturelles, économiques, sociales et culturelles.

Plus spécifiquement, il s’agira de :

Identifier et valoriser les filières porteuses telles que la pêche, l’agriculture, l’élevage, le tourisme et l’artisanat ; Attirer des investisseurs publics et privés, nationaux et internationaux ; Créer un cadre de dialogue entre collectivités territoriales, secteur privé, jeunes, femmes et partenaires techniques et financiers ; Promouvoir l’emploi local, l’entrepreneuriat et l’auto-emploi, notamment en faveur des jeunes ; Aligner les initiatives locales sur les politiques nationales de développement et les nouvelles dynamiques économiques.

Des projets structurants au cœur des ambitions

Ce forum est perçu comme une opportunité majeure pour repositionner Foundiougne dans les dynamiques de développement national et régional, notamment à travers le pôle Centre.

Les intervenants ont particulièrement insisté sur les retombées économiques attendues du projet pétrolier de Sangomar, du port de Ndakhonga, ainsi que sur le rôle structurant du pont Nelson Mandela, des infrastructures clés appelées à faciliter la mobilité, à renforcer les échanges commerciaux et à accélérer l’intégration économique du département.

Un programme riche et inclusif

Le programme du forum prévoit :

Des panels thématiques sur le développement économique local ; Des communications techniques sur les opportunités d’investissement ; Des expositions de produits locaux et du savoir-faire des acteurs économiques ; Des rencontres B2B entre porteurs de projets et investisseurs ; Une revalorisation des activités culturelles destinées à promouvoir l’identité, le patrimoine et la richesse culturelle du département.

À travers cette initiative, Foundiougne ambitionne de se positionner comme un pôle économique émergent, capable de tirer pleinement profit de ses atouts naturels et des grands projets structurants en cours, dans une dynamique de développement inclusif et durable.

Santé – Fatou Nguirane, une figure montante du plaidoyer sanitaire en Afrique de l’Ouest

Le combat contre les hépatites virales prend une nouvelle dimension sous l’impulsion de Fatou Nguirane, présidente du Réseau des Associations de Lutte contre les Hépatites. Figure engagée de la société civile sanitaire, elle œuvre désormais à inscrire cette bataille dans une dynamique sous-régionale et internationale, en misant sur des partenariats stratégiques et un maillage territorial renforcé.

Dans une démarche concertée, Fatou Nguirane collabore étroitement avec l’Alliance nationale pour les communautés de santé (ANCS), ainsi qu’avec d’autres partenaires techniques et financiers, tels que le SMIT, le CNLS, le CRCF, Plan International et le ministère de la Santé et de l’Action sociale. Ces structures soutiennent la politique de la présidente du Réseau à travers plusieurs initiatives, notamment l’installation de l’association Jappoo Kheex Hépatites à Kaffrine.

L’objectif est de mutualiser les ressources, d’harmoniser les stratégies de plaidoyer et de renforcer les actions de prévention, de dépistage et de prise en charge. L’ambition est claire : sortir l’hépatite de l’ombre et briser le silence autour de cette maladie encore trop méconnue, souvent diagnostiquée tardivement.

Un maillage territorial ambitieux

Au cœur de sa vision figure un projet structurant : doter chaque région, département, arrondissement et commune du Sénégal d’une association active de lutte contre l’hépatite. Cette approche décentralisée vise à rapprocher les services d’information et d’accompagnement des populations, notamment dans les zones reculées où l’accès aux soins demeure limité.

« La lutte contre l’hépatite ne doit pas être centralisée. Elle doit être communautaire, inclusive et présente à tous les niveaux », défend la présidente du Réseau, convaincue que la mobilisation locale constitue un levier essentiel pour améliorer le dépistage précoce et l’observance thérapeutique.

Plaidoyer pour un meilleur accès aux soins

Au-delà de la sensibilisation, Fatou Nguirane inscrit son action dans un plaidoyer soutenu auprès des autorités sénégalaises. Parmi les priorités figurent la réduction des coûts liés à la prise en charge des hépatites virales, qui représentent un frein majeur pour de nombreux patients. Bien que disponibles, les traitements demeurent onéreux pour une large frange de la population.

Autre défi de taille : les ruptures récurrentes de médicaments. Le Réseau entend travailler en synergie avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale, les centrales d’achats et les partenaires internationaux afin de sécuriser l’approvisionnement et de garantir une continuité thérapeutique aux personnes vivant avec l’hépatite.

Une approche intégrée et partenariale

En s’alliant à l’ANCS et à d’autres acteurs engagés dans la riposte contre les maladies transmissibles, le Réseau des Associations de Lutte contre les Hépatites adopte une approche intégrée, prenant en compte les co-infections, notamment VIH/hépatites, ainsi que les enjeux globaux de santé publique.

Cette collaboration permet également de capitaliser sur l’expertise développée dans la lutte contre le VIH, notamment en matière de mobilisation communautaire, de plaidoyer politique et de gestion de programmes financés par des bailleurs internationaux.

Vers une riposte sans frontières

Le leadership de Fatou Nguirane dépasse désormais le cadre national. En nouant des partenariats avec des organisations sœurs dans d’autres pays, elle ambitionne de porter un plaidoyer régional en faveur d’une meilleure reconnaissance des hépatites comme priorité de santé publique en Afrique de l’Ouest.

À travers cette dynamique, le Réseau entend contribuer aux objectifs internationaux d’élimination des hépatites virales à l’horizon 2030, conformément aux engagements de l’Organisation mondiale de la santé.

Entre engagement communautaire, plaidoyer institutionnel et coopération stratégique, Fatou Nguirane incarne ainsi une nouvelle génération de leadership sanitaire en Afrique de l’Ouest.

Décès d’Abdoulaye Ba à l’UCAD : autopsie, enquête confiée à la Dic et promesse de vérité

L’émotion demeure vive à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) après la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue à la suite des violents affrontements enregistrés lundi sur le campus social. Le jeune homme a été inhumé hier à Yoff, dans une atmosphère de profonde consternation, après que sa famille a obtenu un permis d’inhumer délivré par les autorités judiciaires.

Dans un souci de transparence et afin d’établir les circonstances exactes du décès, le parquet avait ordonné une autopsie. Les conclusions de cet examen médico-légal, très attendues, devront permettre de déterminer les causes précises de la mort et, le cas échéant, d’orienter les responsabilités. Pour de nombreux étudiants et membres de la communauté universitaire, ces résultats constituent une étape cruciale vers la manifestation de la vérité.

Sur le plan judiciaire, le dossier a connu un tournant significatif. Initialement saisie en raison de sa compétence territoriale, la police du commissariat du Point E a été dessaisie de l’affaire. L’enquête a été confiée à la Division des investigations criminelles (Dic), une entité spécialisée réputée pour son expertise dans le traitement des dossiers complexes et sensibles. Ce transfert traduit la volonté des autorités de mobiliser des moyens humains et techniques plus importants afin de faire toute la lumière sur ce drame.

Selon des sources proches du dossier, les auditions ont démarré dès mardi. Les enquêteurs s’emploient à reconstituer avec précision le déroulé des événements ayant conduit au décès d’Abdoulaye Ba, dans un contexte marqué par des affrontements entre étudiants et forces de l’ordre. Témoignages, images et éléments matériels devraient être analysés afin d’établir les faits et de situer les responsabilités éventuelles.

Mardi, lors d’un point de presse, le gouvernement a assuré que « toute la lumière sera faite » sur cette tragédie. Les autorités ont promis une enquête approfondie, impartiale et conduite dans le strict respect des procédures judiciaires. Cette déclaration vise à apaiser une communauté universitaire encore sous le choc et à répondre aux nombreuses interrogations suscitées par les circonstances du décès.

Affaire Pape Cheikh Diallo et Cie : perquisitions aux Maristes, à Nord Foire et aux Mamelles, de nouvelles arrestations en vue

L’enquête progresse dans le dossier dit « Pape Cheikh Diallo et Cie ». Les gendarmes de la Brigade de recherches (BR) de Keur Massar poursuivent activement leurs investigations sur délégation du juge du premier cabinet d’instruction du tribunal de Pikine-Guédiawaye.

Ce mercredi, les enquêteurs ont procédé à l’extraction de prison de trois des principaux mis en cause : Pape Cheikh Diallo, Djibril Dramé et Doudou Lamine Dieng. Placés sous mandat de dépôt et détenus à la maison d’arrêt de Rebeuss, les trois hommes ont été conduits tour à tour dans leurs domiciles respectifs pour les besoins de perquisitions.

Les gendarmes se sont d’abord rendus aux Maristes, au domicile de Djibril Dramé, avant de faire cap sur Nord Foire chez Doudou Lamine Dieng. La dernière étape a conduit les limiers aux Mamelles, résidence de Pape Cheikh Diallo. Ces opérations s’inscrivent dans la recherche d’éléments matériels susceptibles d’étayer les charges retenues dans le cadre de l’information judiciaire ouverte.

Selon des sources proches du dossier, les enquêteurs étaient notamment à la recherche de téléphones portables et de tout objet pouvant servir de preuve dans cette affaire aux ramifications multiples. À l’issue des perquisitions, des téléphones ainsi que du lubrifiant auraient été retrouvés au domicile de Doudou Lamine Dieng. Les autres opérations se poursuivent dans la plus grande discrétion.

Après ces actes d’enquête, les trois mis en cause ont été reconduits à la prison de Rebeuss dans la matinée d’hier, où ils ont été réintégrés en détention provisoire.

L’affaire, qui a déjà connu plusieurs rebondissements, pourrait connaître de nouveaux développements. Une source autorisée indique en effet que d’autres arrestations sont attendues dans les prochains jours, au fur et à mesure de l’exploitation des éléments saisis et des auditions en cours.

Outre Pape Cheikh Diallo, Djibril Dramé et Doudou Lamine Dieng, plusieurs autres personnes sont visées dans cette procédure. Il s’agit notamment de Thiam, Ibrahima Camara, Adama Diallo, Mansour Bassirou Baldé, Mamadou Gning, Sana Ba, Bachir Ka et Békaye Faye. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature avec transmission du VIH/Sida par voie sexuelle, proxénétisme aggravé, mise en danger de la vie d’autrui et blanchiment de capitaux.

Affaire Farba Ngom : la Chambre d’accusation confirme la liberté provisoire, le Parquet face au choix du pourvoi

Nouveau tournant dans le dossier judiciaire impliquant le député Farba Ngom. La Chambre d’accusation a rendu sa décision ce jour en rejetant l’appel formé par le Parquet général contre l’ordonnance de mise en liberté provisoire précédemment accordée au parlementaire. Par cet arrêt, la juridiction confirme donc la décision initiale et ouvre la voie à une possible remise en liberté effective de l’élu, sous réserve d’un éventuel pourvoi en cassation.

Cette décision constitue un revers pour le ministère public, qui avait contesté la mesure de liberté provisoire devant la Chambre d’accusation. En confirmant l’ordonnance attaquée, les juges d’appel estiment que les conditions légales justifiant le maintien en détention ne sont pas réunies ou ne prévalent pas sur les garanties présentées par la défense. Il s’agit d’une étape procédurale déterminante dans une affaire suivie de près, tant pour ses implications judiciaires que politiques.

Du côté de la défense et des proches du député, la décision est interprétée comme une victoire judiciaire majeure. Une source proche du dossier y voit « un signal fort en faveur du principe de l’égalité des citoyens devant la loi », soulignant que le statut de parlementaire ne saurait constituer ni un privilège, ni un facteur d’aggravation dans l’appréciation des droits fondamentaux. Cette même source espère désormais que « le Parquet fera preuve de lucidité en s’abstenant de se pourvoir en cassation », afin d’éviter une prolongation de la procédure.

Sur le plan strictement procédural, le ministère public dispose d’un délai de six jours pour introduire un pourvoi en cassation devant la Cour suprême. Ce recours, s’il est exercé, ne porterait pas sur les faits eux-mêmes mais sur la conformité de la décision aux règles de droit. En revanche, si aucun pourvoi n’est formé dans le délai légal, l’ordonnance de mise en liberté deviendra définitive et Farba Ngom sera alors libre de tous ses mouvements, dans le respect des éventuelles obligations fixées par la justice.

Drame à l’UCAD : le Conseil académique suspend toutes les amicales d’étudiants et annonce un comité ad hoc

Le Conseil académique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a pris une décision forte à la suite des violents incidents survenus cette semaine sur le campus social. Réuni en urgence ce mercredi sous la présidence du Recteur, le Pr Alioune Badara Kandji, l’organe délibérant a annoncé la suspension, à titre conservatoire et jusqu’à nouvel ordre, de l’ensemble des amicales d’étudiants de l’institution.

Cette mesure intervient au lendemain des affrontements violents enregistrés lundi dernier au sein du campus social de l’UCAD. Ces incidents ont tragiquement coûté la vie à Abdoulaye Ba, étudiant inscrit en deuxième année de Licence en Médecine. Le drame a suscité une vive émotion au sein de la communauté universitaire et au-delà, relançant le débat sur la sécurité et le fonctionnement des structures étudiantes dans les universités publiques.

Dans son communiqué, le Conseil académique justifie sa décision par la gravité de la situation sécuritaire. Face aux tensions constatées et aux dérives observées, les autorités universitaires estiment nécessaire de prendre des mesures conservatoires afin de prévenir toute nouvelle escalade. La suspension des amicales vise ainsi à instaurer un climat d’apaisement et à permettre une évaluation approfondie de leur organisation et de leurs modes d’intervention sur le campus.

Le Conseil indique que cette suspension restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre. Durant cette période, une réflexion de fond sera engagée sur les modalités de fonctionnement des amicales, régulièrement au cœur des dynamiques de mobilisation étudiante, mais aussi, selon certains observateurs, de tensions récurrentes.

Parallèlement à cette décision, l’Université Cheikh Anta Diop a annoncé la mise en place d’un comité ad hoc. Cette instance aura pour mission de formuler des propositions concrètes concernant les modalités de représentation des étudiants au sein des différentes instances universitaires. L’objectif affiché est de repenser le cadre institutionnel de la représentation estudiantine, afin de concilier participation démocratique, responsabilité et stabilité au sein du campus.

Quitter la version mobile