Affaire Serigne Assane Mbacké : la Chambre criminelle de Dakar prononce cinq ans de prison ferme

La Chambre criminelle de Dakar a rendu son verdict mardi 2 décembre dans l’affaire impliquant le marabout très médiatisé Serigne Assane Mbacké et quatre autres prévenus. À l’issue d’un procès très suivi, marqué par de fortes tensions et des témoignages contradictoires, les cinq hommes ont été condamnés à cinq ans de prison ferme. Ils ont été reconnus coupables de corruption de mineurs, de traite de personnes à des fins sexuelles, de détournement de mineurs et d’actes contre nature. Chacun devra en outre s’acquitter d’une amende de 200 000 F CFA.

Le tribunal a toutefois écarté le chef d’accusation de viol, acquittant les prévenus de ce délit majeur. Les accusés, parmi lesquels figurent Serigne Assane Mbacké, 41 ans, le chanteur religieux Khadim Samb alias Dibor, Abdourahmane Lô, réceptionniste de l’hôtel Nina, le commerçant Ibrahima Badiane ainsi que Baïdy Hamady Sow, ont accueilli la décision dans un silence pesant, après plusieurs semaines d’attente.

Lors de l’audience du 5 novembre, le ministère public avait requis des peines bien plus lourdes, réclamant dix ans d’emprisonnement ferme pour chacun des prévenus. Le procureur avait soutenu que les faits, survenus en juin 2022, étaient d’une gravité exceptionnelle, impliquant une mineure et révélant, selon lui, l’existence d’un réseau structuré d’exploitation sexuelle.

La présumée victime, O. Diouf, alors âgée de 16 ans et élève en classe de Seconde au moment des faits, s’était constituée partie civile et avait sollicité 50 millions de F CFA en réparation du préjudice moral et psychologique qu’elle dit avoir subi. L’autre mis en cause dans le volet civil, T. Khamary, n’avait pour sa part formulé aucune demande.

Ce verdict marque une étape majeure dans ce dossier sensible qui a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique, notamment en raison de la notoriété de certains des prévenus. Les avocats de la défense, qui ont dénoncé un procès entaché d’irrégularités et basé sur des accusations qu’ils jugent non fondées, n’ont pas encore annoncé s’ils envisageaient de se pourvoir en appel.

Affaire Serigne Assane Mbacké : la Chambre criminelle de Dakar prononce cinq ans de prison ferme

La Chambre criminelle de Dakar a rendu son verdict mardi 2 décembre dans l’affaire impliquant le marabout très médiatisé Serigne Assane Mbacké et quatre autres prévenus. À l’issue d’un procès très suivi, marqué par de fortes tensions et des témoignages contradictoires, les cinq hommes ont été condamnés à cinq ans de prison ferme. Ils ont été reconnus coupables de corruption de mineurs, de traite de personnes à des fins sexuelles, de détournement de mineurs et d’actes contre nature. Chacun devra en outre s’acquitter d’une amende de 200 000 F CFA.

Le tribunal a toutefois écarté le chef d’accusation de viol, acquittant les prévenus de ce délit majeur. Les accusés, parmi lesquels figurent Serigne Assane Mbacké, 41 ans, le chanteur religieux Khadim Samb alias Dibor, Abdourahmane Lô, réceptionniste de l’hôtel Nina, le commerçant Ibrahima Badiane ainsi que Baïdy Hamady Sow, ont accueilli la décision dans un silence pesant, après plusieurs semaines d’attente.

Lors de l’audience du 5 novembre, le ministère public avait requis des peines bien plus lourdes, réclamant dix ans d’emprisonnement ferme pour chacun des prévenus. Le procureur avait soutenu que les faits, survenus en juin 2022, étaient d’une gravité exceptionnelle, impliquant une mineure et révélant, selon lui, l’existence d’un réseau structuré d’exploitation sexuelle.

La présumée victime, O. Diouf, alors âgée de 16 ans et élève en classe de Seconde au moment des faits, s’était constituée partie civile et avait sollicité 50 millions de F CFA en réparation du préjudice moral et psychologique qu’elle dit avoir subi. L’autre mis en cause dans le volet civil, T. Khamary, n’avait pour sa part formulé aucune demande.

Ce verdict marque une étape majeure dans ce dossier sensible qui a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique, notamment en raison de la notoriété de certains des prévenus. Les avocats de la défense, qui ont dénoncé un procès entaché d’irrégularités et basé sur des accusations qu’ils jugent non fondées, n’ont pas encore annoncé s’ils envisageaient de se pourvoir en appel.

Seydina Fall Bougazelli rattrapé par une nouvelle affaire d’escroquerie foncière

Les déboires judiciaires de l’ancien député Seydina Fall, plus connu sous le nom de Bougazelli, semblent loin d’être terminés. Reconverti ces dernières années dans l’immobilier, l’ex-parlementaire a été interpellé à son domicile de la Cité Golf Océan par les éléments de la Sûreté urbaine de Guédiawaye pour une série d’escroqueries présumées portant sur de fausses locations d’appartements. Ce qui n’était, au départ, qu’une simple plainte déposée contre lui s’est rapidement mué en un dossier complexe aux ramifications multiples, à mesure que de nouvelles victimes se présentaient au commissariat central.

Selon les informations révélées par Seneweb, six personnes se sont déjà déclarées lésées par les agissements de Bougazelli. L’Observateur indique par ailleurs qu’au moins cinq autres plaintes sont attendues, venant alourdir un dossier déjà conséquent. Les témoignages recueillis décrivent un mode opératoire similaire : l’ancien élu aurait mis en place un système bien orchestré de « locations fantômes », caractérisé par l’encaissement d’avances, la rédaction de contrats factices et la fixation de rendez-vous sans cesse renvoyés. Certaines victimes expliquent avoir été appâtées par des visites soigneusement mises en scène, avant de se voir remettre des contrats qui, plus tard, se sont révélés complètement fictifs.

Parmi les cas recensés, figure celui de T. Camara, qui affirme avoir versé la somme de 400 000 F CFA pour un appartement qui ne lui a jamais été remis. Une autre victime, I. Timera, relate avoir déboursé le même montant après avoir été conduite dans un logement présenté comme disponible pour la location, avant de s’apercevoir qu’il s’agissait d’une supercherie montée de toutes pièces. Ces accusations sont appuyées par des messages, documents et traces de transactions qui contredisent la version de l’ancien député.

Face aux enquêteurs, Bougazelli nie toute intention d’escroquerie. Il soutient qu’un courtier-maçon, A. Dieng, identifié comme son homme de confiance mais aujourd’hui introuvable, serait le véritable responsable de ces pratiques. Cependant, les victimes assurent avoir traité directement avec lui et affirment que son implication ne souffre d’aucune ambiguïté. Les éléments matériels collectés par les enquêteurs ne jouent pas non plus en sa faveur.

Cette affaire n’est pas sans rappeler un épisode survenu en novembre dernier. L’Observateur révèle en effet qu’à cette période, Bougazelli avait dû rembourser en urgence 300 000 F CFA à deux pères de famille dans un dossier similaire, évitant ainsi de nouvelles poursuites. Cette récurrence soulève des interrogations quant à la nature réelle de ses activités dans le secteur immobilier.

Depuis son interpellation, des proches de l’ancien député auraient entrepris des tentatives de remboursement auprès de certaines victimes afin de pousser ces dernières à suspendre ou à retirer leurs plaintes. Malgré ces démarches, les autorités avancent que Bougazelli devrait être déféré au parquet ce mercredi, sauf changement de dernière minute.

Mayoro Mbaye porte plainte contre Eurofinsa S.A, Ellipse Projects, AEE Power et Madiambal Diagne pour détournement de projets

L’homme d’affaires Mayoro Mbaye a saisi le Pool judiciaire financier pour dénoncer ce qu’il qualifie de détournement massif de projets, de violations d’accords commerciaux et de préjudices financiers importants impliquant le groupe espagnol Eurofinsa S.A, ses filiales, ainsi que plusieurs acteurs locaux, dont le journaliste et homme d’affaires Madiambal Diagne.

Selon lui, des projets stratégiques qu’il avait introduits au Sénégal depuis 2010 — portant sur la construction d’hôpitaux, d’infrastructures, de systèmes d’énergie, d’électrification et d’équipements publics — auraient été récupérés, modifiés ou dévoyés après l’alternance politique de 2012, en violation des engagements contractuels et de son droit de représentation exclusive.

« La société KMA International S.A, que je dirige, est engagée depuis 2010 dans la préparation, la structuration et l’accompagnement de projets stratégiques pour l’État du Sénégal, en partenariat avec le groupe Eurofinsa S.A, SETA/SETAPI et plusieurs de leurs filiales, notamment AEE Power et Ellipse Projects. Ces projets, significatifs dans des secteurs essentiels, étaient destinés à contribuer durablement au développement socio-économique du pays. Il ressort toutefois que plusieurs d’entre eux ont été détournés de leur objectif initial, modifiés ou transférés à des tiers », a expliqué le PDG de KMA International S.A.

Il affirme que ces agissements ont causé des pertes financières considérables à sa société, mais également au Sénégal. Il réclame de ce fait une réparation intégrale.

« Ces pratiques ont généré un préjudice majeur pour notre société, tant sur les plans financier et économique que sur les plans moral et social. L’ouverture d’une information judiciaire devant le Pool judiciaire financier témoigne de la gravité des faits constatés et de la nécessité d’un suivi institutionnel renforcé », a-t-il insisté.

Face à l’ampleur des faits allégués, et compte tenu de l’importance initiale de ces projets pour l’État du Sénégal, l’homme d’affaires dit avoir adressé une correspondance aux plus hautes autorités du pays pour demander une prise en charge diligente du dossier, dans le but d’obtenir une solution juste, équitable et conforme aux intérêts nationaux.

Il précise ensuite les motivations qui l’ont poussé à porter l’affaire devant la justice :

« J’ai déposé cette procédure afin d’apporter des clarifications à un débat qui dépasse aujourd’hui nos frontières. Lorsque je négociais ces contrats et collaborais avec ces partenaires, aucun Sénégalais n’était présent. J’étais le seul interlocuteur, et c’était une période où ceux qui revendiquent aujourd’hui une paternité de ces projets n’étaient pas impliqués. Il fallait rétablir les faits, et je l’ai fait. Je vous confirme donc avoir bel et bien saisi le Pool judiciaire financier, en attendant que les juges apprécient les documents déposés », a-t-il déclaré.

Le dossier, désormais entre les mains de la justice, pourrait lever le voile sur plusieurs zones d’ombre entourant certains partenariats étrangers conclus ces dernières années.

À suivre…

A.S

Abus de confiance : Boubacar Diallo condamné à trois mois avec sursis et 50 millions de FCFA de dommages et intérêts

Le Tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu hier, lundi, son verdict dans l’affaire d’abus de confiance qui opposait l’inspecteur des Impôts et Domaines, Boubacar Diallo, à la veuve Fatou Guèye. À l’issue de son délibéré, la juridiction a reconnu le fonctionnaire coupable des faits qui lui étaient reprochés et l’a condamné à une peine de trois mois de prison assortis du sursis. Il devra également verser à la plaignante la somme de 50 millions de FCFA à titre de réparation.

L’affaire remonte à plusieurs années, lorsque Fatou Guèye, héritière d’un terrain de deux hectares laissé par son défunt mari, avait confié à Boubacar Diallo la mission de vendre la parcelle pour un montant de 80 millions de FCFA. L’inspecteur des Impôts, chargé de la transaction, avait informé la veuve que le terrain avait été cédé à seulement 40 millions, montant qu’il lui aurait présenté comme étant le prix réellement obtenu.

Ce n’est que bien plus tard que la vérité éclate. À travers des informations recueillies auprès des membres de la coopérative impliquée dans l’achat, Fatou Guèye découvre que la parcelle a bel et bien été vendue à 80 millions de FCFA, soit le double du montant déclaré par Boubacar Diallo. Se sentant lésée, elle engage alors des poursuites judiciaires contre le fonctionnaire, l’accusant d’avoir détourné la moitié du produit de la vente.

Lors de l’audience du 24 novembre dernier, le procureur de la République avait adopté une ligne particulièrement ferme. Estimant que les faits étaient établis et caractérisés, il avait requis une peine d’un an d’emprisonnement ferme assortie d’un mandat de dépôt. Le prévenu, qui bénéficiait jusque-là d’une liberté provisoire, contestait la version de la plaignante mais n’avait pas convaincu l’accusation.

Le tribunal, après examen des éléments du dossier et des arguments des parties, a finalement choisi une sanction plus clémente que celle requise par le parquet. La peine de trois mois avec sursis évite l’incarcération immédiate de Boubacar Diallo, mais la condamnation à verser 50 millions de FCFA à Fatou Guèye constitue une reconnaissance claire du préjudice subi par cette dernière.

À Golf-Sud, quand la quête d’un toit devient un parcours du combattant

À Golf-Sud, l’histoire de K. Coulibaly et de son voisin aurait pu être celle d’un simple déménagement. Elle s’est finalement transformée en un long calvaire mêlant promesses non tenues, délais sans fin et soupçons d’escroquerie immobilière. Tout commence le 18 octobre, lorsque les deux pères de famille se voient contraints de quitter leur maison fissurée et désormais menacée d’effondrement. Poussés par l’urgence, ils cherchent un nouveau toit et pensent l’avoir trouvé grâce à un intermédiaire qui les met en relation avec Seydina Fall « Bougazelli », ancien député de Guédiawaye.

Le logement proposé, un appartement situé au troisième étage d’un immeuble R+3 à la Cité Golf Océan, face à la plage Malibu, semble idéal. Le bailleur réclame d’abord trois mois de caution avant de ramener ses exigences à un mois de caution et un mois d’avance, soit 300 000 FCFA remis en main propre. L’appartement serait disponible sous deux semaines, promet-on, le temps d’achever « quelques menus travaux ». Pour les futurs locataires, déjà sous pression, cette perspective apparaît comme un soulagement.

Mais, le jour de la remise des clés, tout bascule. Au lieu de leur permettre d’emménager, le propriétaire invoque un drame familial : « La mère du courtier-maçon est décédée », explique-t-il. Les familles, prises au dépourvu, se voient imposer un nouveau délai d’un mois. Entre-temps, leur ancienne maison a été vendue. Elles doivent emballer leurs biens et vivre dans l’attente, oscillant entre stress et incertitude. Chaque visite au bâtiment se solde par les mêmes réponses vagues, les mêmes prétextes. Les travaux n’avancent pas et les clés restent inaccessibles.

Lorsque la patience s’épuise, K. Coulibaly et son voisin réclament le remboursement de leur argent. L’ancien député accepte verbalement mais ne passe jamais à l’acte. Selon des sources proches du dossier, ce type de situation n’est pas isolé : plusieurs plaintes similaires auraient été déposées contre Seydina Fall, portant sur des locations inexistantes ou des remboursements retardés. Dans le quartier, les langues se délient : « Seydina Fall a tout le temps des problèmes avec des locataires. Il traîne beaucoup de casseroles », confie un habitant de la Cité.

Le mercredi 26 novembre, l’ancien parlementaire est convoqué à 17 heures au poste de police de Golf-Sud. Il ne se présente qu’une heure plus tard. Une fois sur place, il procède rapidement au remboursement des 300 000 FCFA avant de quitter les lieux à la hâte, sans même attendre l’arrivée de ses plaignants. Ce remboursement express apaise, pour un temps, les victimes qui récupèrent enfin leur argent. Mais il laisse en suspens une question plus large : combien de personnes ont déjà vécu des situations similaires ? Et combien devront encore faire la navette entre l’immeuble litigieux et le commissariat avant qu’une décision judiciaire ferme ne soit prise ?

Ce mardi, Seydina Fall « Bougazelli » doit être présenté au juge du tribunal de Pikine–Guédiawaye pour répondre des faits qui lui sont reprochés. Une étape cruciale dans une affaire qui, au-delà de deux familles en détresse, met en lumière les dérives récurrentes dans certains circuits de location informelle à Dakar.

Saint-Louis : L’enquête bouclée, l’entrepreneur Mouhamadou Bachir Sylla placé sous mandat de dépôt pour offense au chef de l’État

Le commissariat central de Saint-Louis a finalisé son enquête dans l’affaire ayant secoué ces derniers jours les réseaux sociaux : la vidéo montrant l’entrepreneur Mouhamadou Bachir Sylla en train de déchirer la photo officielle du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Les investigations menées par la police ont conduit, ce vendredi matin, au déferrement du mis en cause pour offense au chef de l’État et injures publiques.

Après la transmission du dossier, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Saint-Louis, Baye Thiam, a requis l’ouverture d’une information judiciaire. Dans son réquisitoire introductif, il a sollicité la délivrance d’un mandat de dépôt à l’encontre de l’entrepreneur, estimant que les faits nécessitaient une instruction approfondie. La demande du parquet a été suivie par le juge d’instruction du premier cabinet, qui a procédé à l’inculpation de Mouhamadou Bachir Sylla avant d’ordonner son placement sous mandat de dépôt.

Selon des sources , l’homme, présenté comme un militant du parti Pastef, passera ainsi sa première nuit en détention provisoire. La décision du magistrat intervient après la diffusion d’une séquence vidéo devenue virale, dans laquelle le mis en cause se présente comme un « patriote » et déchire l’effigie officielle du chef de l’État. La même vidéo le montre également proférant des propos jugés indécents et discourtois à l’endroit du président Bassirou Diomaye Faye.

« Affaire Moustapha Diop : le ministre totalement disculpé par ses fournisseurs dans le dossier des masques Covid »

La commission d’instruction de la Haute Cour de justice du Sénégal poursuit son enquête dans l’affaire impliquant Moustapha Diop, l’ancien ministre du Développement industriel des petites et moyennes entreprises sous le régime de Macky Sall. Ce dernier est accusé de corruption et de détournement de deniers publics, dans le cadre des fonds destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19.

Selon une information publiée ce jeudi par le quotidien Les Echos, Moustapha Diop a été totalement disculpé par l’un de ses derniers fournisseurs, Mariata Basse, lors d’une confrontation qui s’est tenue devant la Haute Cour de justice mercredi dernier. Mariata Basse a affirmé avoir reçu une commande de 50.000 masques, à raison de 400 francs par unité, et que le paiement de 20 millions de francs CFA correspondant à cette commande lui avait été intégralement versé.

Au cours de cette confrontation qui a duré environ trente minutes, Mariata Basse a également précisé avoir perçu une avance de 10 millions de francs CFA, ajoutant que le reste du paiement lui avait été réglé après la livraison complète de la commande. Ces déclarations confirment, selon le média, que le ministre n’a commis aucune irrégularité dans la passation et le paiement de cette commande publique. À l’instar d’autres fournisseurs, comme Ibrahima Macodou, Mariata Basse a totalement disculpé Moustapha Diop, renforçant ainsi sa défense dans ce dossier.

Dans l’attente de la décision du magistrat instructeur Abdoulaye Ba, les proches de l’ancien ministre estiment qu’il ne reste plus qu’à le libérer, après avoir clarifié le sort des quelques dizaines de milliers de masques qui doivent encore être pris en compte. Rappelons que Moustapha Diop avait été placé sous mandat de dépôt le 22 mai 2025, près de deux mois après la levée de son immunité parlementaire par l’Assemblée nationale, pour un montant présumé de détournement de 930 millions de francs CFA.

Cette confrontation devant la Haute Cour de justice marque un tournant dans ce dossier très suivi au Sénégal, où l’opinion publique attend désormais que la justice se prononce définitivement sur la situation de l’ancien ministre.

« Rapport international accablant : le Sénégal épinglé pour détentions arbitraires et dysfonctionnements de la Haute Cour de Justice »

Un rapport d’expertise juridique internationale, rédigé par le professeur Mads Andenæs, ancien président du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire, met en cause l’État du Sénégal pour ce qu’il qualifie de violations « graves et systématiques » des droits humains dans les procédures judiciaires visant plusieurs personnalités de l’ancien régime de Macky Sall. Ce document de 34 pages, dont Les Échos affirme avoir obtenu copie, conclut notamment à l’arbitraire des détentions de Moustapha Diop, Amadou Mansour Faye et Farba Ngom au regard des normes internationales.

Pour étayer ses conclusions, le professeur Andenæs a effectué une mission à Dakar les 5 et 6 novembre 2025. Durant son séjour, il a rencontré les avocats des mis en cause, des responsables d’organisations de défense des droits humains et des membres de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH). L’expert a également visité la prison où est détenu Farba Ngom afin d’évaluer personnellement ses conditions de détention. Parmi les personnalités consultées figuraient notamment Me Mbaye Sène, doyen de l’Ordre des avocats du Sénégal, ainsi que Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal.

Le cœur du rapport vise le fonctionnement de la Haute Cour de Justice (HCJ), juridiction d’exception chargée de juger les anciens ministres et membres du gouvernement. Le professeur Andenæs y voit de sérieuses défaillances structurelles. Selon lui, les procédures engagées devant la HCJ ne remplissent pas les critères d’indépendance, d’impartialité ni de droit à un recours, pourtant consacrés par le droit international. Il souligne que la composition du tribunal, largement dominée par la majorité parlementaire, crée un déséquilibre incompatible avec les exigences d’un procès équitable. Il rappelle par ailleurs qu’aucune dérogation n’est admise, en droit international, pour les juridictions spéciales, lesquelles doivent satisfaire aux mêmes standards que les tribunaux ordinaires.

L’expert s’intéresse également à la pratique sénégalaise en matière de détention provisoire, qu’il juge particulièrement problématique. Le recours quasi automatique à cette mesure, sans examen individualisé, serait contraire aux principes internationaux. Le rapport incrimine directement l’article 140 du Code de procédure pénale, qui rend la détention obligatoire pour certaines infractions financières, ne laissant aucune marge d’appréciation au juge. Selon Andenæs, ce dispositif législatif prive les justiciables d’une évaluation au cas par cas, exigée par les normes internationales relatives à la privation de liberté.

Parmi les cas étudiés, celui de Farba Ngom occupe une place centrale. Détenu depuis février 2025, le député-maire présenterait selon plusieurs certificats médicaux un état de santé incompatible avec l’incarcération. Malgré ces alertes, il demeure en prison. Le rapport relève également que ses échanges avec ses avocats se tiendraient à proximité immédiate des bureaux des gardiens, en violation du secret professionnel pourtant garanti par la loi sénégalaise et les standards internationaux de défense. Cette proximité compromettrait la confidentialité indispensable à la préparation de sa défense.

Un autre point majeur soulevé par l’expert concerne la nature des charges communiquées aux avocats. Ceux-ci n’auraient reçu que des qualifications juridiques générales — telles que escroquerie ou détournement — sans aucun détail factuel précis : ni dates, ni montants, ni éléments matériels. Cette opacité rendrait impossible l’élaboration d’une défense effective et constituerait, selon Andenæs, une dérive systémique où les inculpations reposent davantage sur des présomptions que sur des preuves vérifiées. L’expert met en garde contre un système judiciaire où « l’accusation précéderait l’enquête », exposant les prévenus à des détentions arbitraires dénuées de fondement concret.

Par ce rapport, le professeur Mads Andenæs invite les autorités sénégalaises à réviser en profondeur le fonctionnement de la Haute Cour de Justice et le régime de la détention provisoire, afin d’assurer la conformité des procédures avec les engagements internationaux du pays. Il appelle également à garantir aux mis en cause un accès réel au dossier et des conditions de défense respectueuses des standards universels, conditions essentielles pour restaurer la confiance dans l’appareil judiciaire.

L’« Affaire Aser » rebondit : Saer Niang auditionné comme témoin dans le dossier d’électrification rurale

La controverse autour du marché d’électrification rurale attribué par l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser) connaît un nouveau tournant. Ce dossier, souvent cité parmi les affaires sensibles de la commande publique, refait surface avec l’audition annoncée de Saer Niang, ancien directeur général de l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop). Selon des révélations du quotidien L’Observateur, il compare ce jeudi à 11 heures devant les enquêteurs, en qualité de simple témoin.

Même si son statut n’est pas celui d’un mis en cause, son témoignage est considéré comme déterminant. Il pourrait lever le voile sur plusieurs zones d’ombre qui entourent ce marché public, dont les conditions d’attribution et d’exécution demeurent au cœur d’interrogations récurrentes. Sa déposition est d’autant plus attendue que l’ancien patron de l’Arcop avait été directement impliqué dans l’une des décisions clés qui ont marqué l’affaire : la suspension du marché litigieux.

Le dossier a véritablement pris forme à la suite d’une plainte déposée auprès du Pool judiciaire financier par le député d’opposition Thierno Alassane Sall. Celui-ci estime qu’un ensemble d’irrégularités graves aurait entaché l’attribution et l’exécution du programme d’électrification rurale concernant plusieurs zones du pays, notamment les régions de Kaffrine, Saint-Louis et Kédougou. D’après le parlementaire, des violations de clauses contractuelles et des anomalies financières suspectes figurent au cœur de cette opération, dont le coût global serait estimé à 37 milliards de francs CFA.

Au centre des interrogations figure la décision n°107 rendue par l’Arcop le 20 octobre 2024. Par cet acte, l’autorité de régulation avait suspendu le marché attribué par entente directe par l’Aser à la société Ace Power Epe. Cette suspension faisait suite à une saisine du cabinet « Me Boubacar Koita et Associés », agissant pour le compte d’un concurrent, Aee Power Sénégal, qui dénonçait des irrégularités majeures dans le déroulement du processus. Les griefs portaient notamment sur la transparence, le respect des règles de concurrence et la conformité des procédures appliquées.

Devant les enquêteurs de la Gendarmerie de Colobane, Saer Niang devra clarifier les motivations de l’Arcop à l’époque, les conclusions techniques ayant conduit à la suspension du marché, ainsi que les suites données à la saisine du cabinet d’avocats. Il lui sera également demandé d’expliquer les interactions institutionnelles entre l’Arcop, l’Aser et les entreprises impliquées, dans un contexte où les accusations de favoritisme et de détournements présumés continuent d’alimenter les soupçons.

Thierno Alassane Sall, à l’origine de la plainte, a lui-même été entendu le 10 novembre 2025. Il avait réaffirmé devant les enquêteurs sa conviction que le marché en question nécessitait un examen rigoureux, évoquant des pratiques qu’il estime contraires aux principes fondamentaux de la commande publique. Pour l’opposition, cette affaire illustre un dysfonctionnement systémique dans la gestion des grands projets publics.

Idrissa Seck se rend à Rebeuss : un geste politique fort qui redonne une nouvelle dimension à l’affaire Badara Gadiaga

L’affaire Badara Gadiaga continue de susciter de vifs débats au Sénégal, mais ce mercredi, un événement inattendu est venu renforcer encore davantage sa portée politique et symbolique. Idrissa Seck, président du parti Rewmi, ancien Premier ministre et l’une des figures majeures de la scène politique nationale, s’est personnellement rendu à la prison de Rebeuss pour rencontrer le chroniqueur incarcéré. Une visite rare, lourde de sens, qui repositionne l’affaire Gadiaga au centre du débat sur les libertés publiques et le traitement réservé aux acteurs de l’espace médiatique.

Arrivé en fin de matinée, Idrissa Seck a été discret mais déterminé. Les services pénitentiaires, visiblement préparés à cette visite de haut profil, l’ont conduit vers une salle réservée aux entretiens particuliers. Selon des sources présentes sur place, la rencontre s’est déroulée dans une atmosphère sereine, mais empreinte d’une forte charge émotionnelle. Le président de Rewmi aurait exprimé à Badara Gadiaga son soutien personnel, en insistant sur son attachement aux principes démocratiques et à la liberté d’expression, qu’il considère comme au cœur de tout État de droit.

Le geste d’Idrissa Seck n’a rien d’anodin. Connu pour son sens aigu de la mesure, sa prudence politique et son refus des sorties impulsives, il se déplace très rarement en prison pour ce type de visite. En se rendant à Rebeuss, il envoie un signal fort : l’affaire Badara Gadiaga n’est plus un simple dossier pénal ou une polémique médiatique passagère. Elle touche à des enjeux institutionnels, politiques et démocratiques majeurs, au point de mobiliser des acteurs qui, jusque-là, observaient la situation avec distance.

Pour de nombreux observateurs, cette visite constitue un tournant dans l’affaire. Elle signifie que le cas Gadiaga dépasse désormais les clivages partisans pour devenir une question de principe, presque un test grandeur nature de la résilience de la démocratie sénégalaise. Certains analystes y voient une mise en garde implicite contre toute tentative d’instrumentalisation de la justice ou de restriction de la parole publique. D’autres estiment que le geste d’Idrissa Seck pourrait encourager d’autres leaders politiques ou personnalités publiques à prendre position de manière plus ouverte.

La présence du président de Rewmi à Rebeuss intervient dans un contexte où les interrogations se multiplient autour du traitement réservé aux journalistes, chroniqueurs et analystes politiques. Dans un paysage médiatique marqué par des tensions croissantes, la détention de Badara Gadiaga est devenue le symbole d’un débat plus large sur la place du discours critique et sur les limites, parfois floues, entre liberté d’expression et responsabilité pénale.

Cette visite, hautement symbolique, renforce donc l’idée que l’affaire Gadiaga est désormais inscrite dans une dynamique nationale qui interroge directement les fondements mêmes de l’État de droit. Elle remet au premier plan les enjeux liés à la protection des voix critiques et au respect des principes démocratiques, dans un pays souvent cité en exemple sur le continent pour sa tradition de liberté et de pluralisme.

Affaire Badara Gadiaga : la Cour d’appel de Dakar fixe une audience décisive pour le 4 décembre

Un nouveau tournant judiciaire s’annonce dans l’affaire opposant le ministère public à Badara Gadiaga. La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar a fixé une audience pour ce jeudi 4 décembre 2025 à 9h, selon un avis officiel transmis aux avocats concernés. Le recours porte sur l’appel introduit contre l’ordonnance ayant accordé une mise en liberté provisoire assortie d’une assignation à résidence sous surveillance électronique à l’homme d’affaires.

Dans le document adressé aux conseils de la défense — Maîtres Djiby Diallo, Malick Fall, Abou Alassane Diallo, Alioune Badara Fall, Souleymane Soumaré, El Hadji Diouf, Seydou Diagne et Oumar Youm — la juridiction indique que l’affaire « Ministère public contre Badara Gadiaga » a été régulièrement inscrite au rôle de la Chambre d’accusation pour être appelée à cette date.

Cette audience revêt une importance majeure : elle déterminera si la mise en liberté provisoire accordée à Badara Gadiaga sera confirmée, réformée ou annulée. L’enjeu est donc considérable, puisqu’un retour en détention ou un durcissement des mesures de contrôle judiciaire demeure juridiquement possible, tout comme une confirmation du dispositif actuel.

L’affaire Badara Gadiaga, qui avait déjà suscité de vives réactions dans l’opinion et dans certains milieux économiques, continue ainsi son chemin dans les arcanes judiciaires. Les débats devant la Chambre d’accusation devraient permettre de clarifier plusieurs points contestés, notamment les conditions et fondements du placement sous surveillance électronique, ainsi que la portée exacte de l’ordonnance attaquée.

Les avocats de la défense, particulièrement mobilisés, envisagent cette audience comme une étape déterminante dans la stratégie visant à obtenir l’allègement, voire la levée des mesures restrictives. De son côté, le ministère public entend défendre son appel, estimant que les mesures initiales étaient insuffisantes au regard des faits reprochés.

Affaire Madiambal Diagne : l’APDH dénonce une “ingérence” de la justice française et interpelle la ministre Yassine Fall

L’Association pour la Protection des Droits Humains (APDH) est montée au créneau après la demande de complément d’information formulée par la Cour d’Appel de Versailles dans le dossier relatif à l’extradition de Madiambal Diagne. Dans une lettre adressée à la Garde des Sceaux, Mme Yassine Fall, le président de l’organisation, Dr Mbaye Cissé, exprime ses vives préoccupations et qualifie cette requête d’“ingérence manifeste” dans une procédure qu’il estime relever exclusivement de la compétence des autorités sénégalaises.

La Cour d’Appel de Versailles a sollicité, avant le 21 janvier 2026, des éléments supplémentaires concernant le dossier du journaliste Madiambal Diagne. Pour l’APDH, cette démarche apparaît non seulement “dilatoire”, mais également susceptible d’affecter le déroulement normal de la procédure en cours au Sénégal. L’organisation affirme que cette exigence pourrait être perçue comme une tentative d’influer sur une affaire strictement interne, en contradiction, selon elle, avec les principes du droit international.

Dans sa correspondance, Dr Mbaye Cissé invoque en particulier l’article 2-7 de la Charte des Nations Unies, qui proscrit toute intervention d’un État dans les affaires relevant de la juridiction interne d’un autre. À ses yeux, la demande formulée par la juridiction française va à l’encontre de ce principe fondamental et porte atteinte à la souveraineté judiciaire du Sénégal.

L’APDH rappelle également que les conventions d’entraide judiciaire et d’extradition signées entre Dakar et Paris en septembre 2021, puis approuvées en juin 2023, ont pour vocation de faciliter la coopération entre les deux pays, sans pour autant autoriser un réexamen du fond d’un dossier par la partie requise. En matière d’extradition, souligne l’association, les critères usuels se limitent à la double incrimination, à la vérification de la nationalité de la personne visée et au respect des garanties fondamentales, notamment l’interdiction de la torture ou de tout traitement inhumain ou dégradant. À ce titre, le Sénégal étant partie à plusieurs instruments internationaux relatifs aux droits humains, dont la Convention contre la torture de 1984, il lui revient de prouver son engagement en matière de protection des libertés fondamentales sans subir de pression extérieure.

Pour Dr Cissé, l’initiative de la Cour d’Appel de Versailles pourrait non seulement être interprétée comme une remise en question de la fiabilité de la justice sénégalaise, mais également ouvrir la voie à des précédents fâcheux dans la gestion des dossiers de coopération judiciaire. Il exhorte ainsi la ministre de la Justice à ne pas donner suite à cette requête, tout en invitant les autorités à appliquer le principe de réciprocité dans toute situation similaire provenant de la France.

L’APDH appelle enfin l’État du Sénégal à rester ferme face à ce qu’elle considère comme des “pressions” et des “subterfuges” susceptibles d’entacher la crédibilité et la moralité de l’institution judiciaire. Selon l’organisation, préserver l’indépendance et la dignité de la justice sénégalaise doit rester une priorité absolue, particulièrement dans un dossier aussi sensible que celui de Madiambal Diagne.

Extradition de Madiambal Diagne : la justice française inflige un nouveau revers au Sénégal

La procédure d’extradition visant le journaliste sénégalais Madiambal Diagne vient de connaître un tournant inattendu. La Cour d’appel de Versailles, saisie par les autorités sénégalaises depuis plusieurs mois, a décidé de reporter au 3 février 2026 le délibéré sur la demande d’extradition. Cette décision, annoncée par la Chambre de l’instruction, s’accompagne d’un sursis à statuer, justifié par l’insuffisance du dossier transmis par le Sénégal.

Selon les juges français, les éléments présentés par les autorités sénégalaises ne permettent pas d’apprécier clairement les faits reprochés à Madiambal Diagne. Le dossier manquerait de précision sur la nature exacte des accusations, les périodes légales concernées ainsi que l’articulation juridique des incriminations retenues. Pour la justice française, ces lacunes sont incompatibles avec les exigences de transparence et de rigueur requises dans le cadre d’une procédure d’extradition, d’autant plus lorsqu’elle vise un journaliste connu et une affaire à portée internationale.

Les magistrats de Versailles ont également conditionné la poursuite de l’instruction à la fourniture de garanties strictes de la part de l’État sénégalais. Ils demandent notamment l’assurance formelle qu’un procès juste et équitable serait garanti à M. Diagne, conformément aux standards internationaux. Cette exigence, loin d’être anodine, reflète les préoccupations de la justice française quant au respect des droits fondamentaux dans la procédure engagée par Dakar.

Un autre point de blocage, plus technique mais tout aussi déterminant, a été relevé par la Chambre d’instruction : une irrégularité majeure dans la transmission du mandat d’arrêt international. Les magistrats s’interrogent sur le circuit emprunté par ce document, qui ne semble pas avoir suivi les voies légales habituelles. Une telle anomalie fragilise potentiellement la validité même du mandat, et par conséquent l’intégralité de la demande d’extradition.

Ce nouveau report intervient dans un contexte où plusieurs décisions précédentes ont déjà joué en faveur de Madiambal Diagne. La récente levée de ses mesures de contrôle judiciaire avait été perçue comme un signe d’affaiblissement du dossier sénégalais. Avec ce nouveau sursis à statuer, la procédure initiée par Dakar depuis septembre dernier subit un coup d’arrêt significatif.

FONGIP–Crédit mutuel du Sénégal : un bras de fer judiciaire autour d’un dépôt de garantie de 1,5 milliard F CFA

Un nouveau contentieux financier éclate au grand jour entre une institution publique stratégique et l’un des plus importants réseaux mutualistes du pays. Le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) a décidé d’assigner le Crédit mutuel du Sénégal (CMS) en justice afin d’obtenir la restitution d’un dépôt de garantie de 1,5 milliard de francs CFA. Ce montant avait été logé au CMS dans le cadre d’un partenariat signé sous la direction de l’ancienne administratrice générale, Thérèse Faye.

L’affaire plonge ses racines dans la convention signée le 20 avril 2021 entre les deux parties. Ce partenariat s’inscrivait dans la dynamique du programme gouvernemental « Xëyu Ndaw Yi », destiné à stimuler l’accès au financement pour les jeunes et les femmes, considérés comme les cibles prioritaires de la politique d’emploi et d’inclusion économique de l’État. Dans cette logique, le Fongip avait mobilisé un dépôt conséquent, censé servir de garantie aux crédits que le CMS devait accorder aux porteurs de projets éligibles.

Mais le mécanisme prévu exigeait une procédure stricte. Avant de pouvoir bénéficier de la couverture du Fongip, le Crédit mutuel devait transmettre un portefeuille complet de crédits à garantir. Ces dossiers devaient comporter plusieurs éléments essentiels : une demande signée adressée à l’Administrateur général du Fongip, un tableau détaillant l’ensemble des bénéficiaires potentiels, ainsi que le procès-verbal du comité de crédit expliquant l’approbation de chaque financement. Toutes ces pièces devaient être transmises par double canal — courrier physique et version électronique.

Or, selon le Fongip, c’est précisément à ce niveau que le CMS aurait gravement failli à ses obligations. L’institution publique affirme n’avoir jamais reçu un seul dossier complet conforme à la procédure convenue. Elle soutient que ni le tableau des bénéficiaires ni le procès-verbal du comité de crédit n’ont été fournis, rendant impossible tout traitement ou accord de garantie. Le Fongip estime ainsi que « jamais le CMS n’a respecté les procédures de saisine et d’approbation prévues dans le cadre du programme Xëyu Ndaw Yi ».

Conséquence logique, lorsqu’une demande d’indemnisation a été introduite par le Crédit mutuel, le Fongip a émis un avis défavorable. L’article 5 de la convention est clair : aucun remboursement ou déclenchement de garantie n’est possible sans la transmission préalable des dossiers complets et validés. Pour le Fongip, les manquements constatés suffisent à invalider toute demande d’indemnisation de la part du CMS.

Entre les deux institutions, des tentatives de conciliation ont bien eu lieu, mais elles se sont soldées par des échecs successifs. Face à l’impasse, le Fongip estime désormais n’avoir d’autre recours que celui des tribunaux pour récupérer le dépôt de 1,5 milliard de F CFA. Cette décision judiciarisée porte ainsi le différend sur la place publique et pose de nombreuses questions sur la gestion passée du programme, la transparence du partenariat et les responsabilités contractuelles de chaque partie.

Le CMS, de son côté, n’a pour l’instant pas officiellement réagi à cette assignation, mais le dossier promet de susciter de nouveaux débats dans un secteur financier déjà scruté de près depuis plusieurs mois. Au-delà de la bataille juridique, cette affaire met en lumière des enjeux sensibles : l’efficacité des mécanismes de soutien public au financement des jeunes, la rigueur dans l’application des conventions et la gouvernance des institutions partenaires.

Crise ouverte entre Me Moussa Bocar Thiam et l’Ums : l’avocat annonce des recours devant le CSM et la Cour de la CEDEAO

La tension continue de monter dans le bras de fer opposant Me Moussa Bocar Thiam, ancien ministre et avocat, à l’Union des magistrats du Sénégal (Ums). Après avoir essuyé une réponse cinglante de la corporation, qui a qualifié sa démarche de « isolée » et dépourvue de toute base procédurale, l’avocat a annoncé qu’il entendait poursuivre son action en saisissant la Chambre disciplinaire du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) ainsi que la Cour des droits de l’homme de la CEDEAO.

Au départ, Me Thiam avait déposé une plainte auprès de l’Inspection générale de l’administration de la justice (Igaj) visant le magistrat Idrissa Diarra, président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (Pjf). Il lui reprochait notamment d’avoir refusé la mise en liberté de Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom, malgré des expertises médicales attestant de l’incompatibilité de son état de santé avec la détention. L’avocat estimait que ce refus constituait une atteinte grave aux droits fondamentaux de son client.

Dans sa plainte, Me Thiam accusait également le magistrat de plusieurs délits, parmi lesquels l’atteinte à la liberté, la mise en danger de la vie d’autrui, la non-assistance à personne en danger, ainsi qu’une inertie volontaire dans la procédure d’instruction. Selon lui, ces agissements traduisent une déloyauté incompatible avec les exigences déontologiques de la magistrature.

La réaction de l’Ums ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué publié le 21 novembre, l’organisation corporative s’est portée au secours du juge Idrissa Diarra, dénonçant une démarche qu’elle assure n’avoir jamais été sollicitée par Farba Ngom ni par le collectif d’avocats chargé de le défendre. L’Ums a fustigé ce qu’elle qualifie de violation manifeste des règles procédurales et des principes déontologiques de la profession d’avocat, estimant que l’action entreprise par Me Thiam relève d’un « dessein inavoué ».

Piqué au vif par cette prise de position, Me Moussa Bocar Thiam a répliqué avec vigueur. Il soutient que le magistrat incriminé s’est rendu coupable de « traitements inhumains et dégradants », estimant que l’Ums ne s’est jamais donné la peine de le contacter avant de publier son communiqué. Selon lui, l’organisation ne peut se substituer aux personnes concernées pour juger de la pertinence ou non d’un recours administratif ou disciplinaire.

Dans le même élan, l’avocat a reproché à l’Ums son silence face aux propos qu’il considère comme « injurieux » tenus par Ousmane Sonko lors d’un rassemblement public en novembre 2025. Ce jour-là, le Premier ministre avait accusé certains magistrats de « saborder » le travail du Pool judiciaire financier, une déclaration qui, selon Me Thiam, aurait dû susciter une réaction ferme de l’Ums.

L’avocat est également revenu sur les conditions de détention de plusieurs personnes mises en cause par le Pjf, affirmant que le juge Idrissa Diarra maintient en prison « un homme agonisant », en référence à Farba Ngom, ainsi que « la femme du journaliste Madiambal Diagne, en chaise roulante et mourante ». Pour lui, ces situations relèvent d’un comportement « intuitu personae » portant atteinte aux devoirs de délicatesse et de dignité propres à la fonction de magistrat.

Face à ce qu’il considère comme un blocage systématique de ses démarches, Me Moussa Bocar Thiam a finalement annoncé qu’il saisirait le Conseil supérieur de la magistrature pour obtenir l’ouverture d’une procédure disciplinaire à l’encontre du magistrat Idrissa Diarra. Il a aussi indiqué avoir informé le Bâtonnier de son intention de porter l’affaire devant la Cour des droits de l’homme de la CEDEAO, afin de dénoncer ce qu’il qualifie de « traitements inhumains et dégradants infligés abusivement à des personnes présumées innocentes ».

Pikine Icotaf : un présumé trafiquant arrêté avec 21 pierres de crack

Une opération menée par la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar (BRS), unité relevant de l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS), a permis l’arrestation d’un individu suspecté d’être impliqué dans un réseau de trafic de crack à Pikine Icotaf. L’interpellation a eu lieu le 20 novembre 2025, à proximité du marché Syndicat, un point de convergence souvent surveillé en raison de la forte affluence et des activités illicites qui peuvent s’y développer.

Selon les informations publiées par la Police nationale, cette intervention fait suite à un renseignement jugé fiable, faisant état de l’existence d’un réseau actif de distribution de drogue dure dans le secteur. Les enquêteurs ont immédiatement mis en place une équipe spécialisée, chargée de vérifier l’alerte et d’observer les allées et venues suspectes dans la zone.

C’est dans ce contexte qu’un homme présentant une attitude jugée inhabituelle a attiré l’attention des agents. Il a été appréhendé et soumis à une fouille corporelle. Les policiers ont alors découvert dix-huit pierres de crack soigneusement emballées dans un sachet, dissimulé dans la poche droite de son pantalon. Conformément aux procédures, les enquêteurs ont ensuite procédé à une perquisition à son domicile, où trois autres pierres de crack ont été retrouvées.

La fouille du logement a également permis de mettre la main sur six téléphones portables, dont quatre hors d’usage, souvent utilisés dans ce type de trafic pour limiter les risques de traçabilité. Du matériel de conditionnement a été saisi, notamment une cuillère, une louche, des sachets plastiques et du scotch, confirmant l’hypothèse d’une activité de préparation et d’emballage de drogue. Une somme d’argent, dont le montant n’a pas été précisé, a également été découverte, laissant penser à des transactions en cours.

L’individu interpellé a été placé en garde à vue. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs, détention et trafic de drogue dure, en l’occurrence le crack, ainsi que pour blanchiment de capitaux. Cette arrestation constitue une nouvelle étape dans la lutte quotidienne menée par les forces de l’ordre contre les réseaux de stupéfiants, particulièrement actifs dans certaines zones urbaines de Dakar.

La Police nationale a rappelé, à travers cette opération, sa détermination à démanteler les circuits de distribution et à neutraliser les acteurs de ce trafic qui touche de nombreuses familles et alimente une criminalité préoccupante dans la capitale.

Seydi Gassama plaide pour une justice plus humaine face aux détenus malades

Invité de l’émission Champ Contre Champ sur la RTS ce jeudi, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a livré une analyse critique des tensions persistantes entre l’actuel gouvernement et l’ancien régime.

Au cœur de son intervention figurait le dossier Farba Ngom, dont l’état de santé continue de susciter de vives interrogations. Selon Gassama, les expertises médicales commandées par la justice sont sans ambiguïté : la première recommandait que l’ancien député ne soit pas maintenu en détention en raison de sa santé jugée fragile ; la seconde, sollicitée par le juge d’instruction, a abouti exactement à la même conclusion. Il a insisté sur le fait que ces rapports émanaient de médecins de l’État et non de praticiens personnels de l’intéressé, ce qui, selon lui, renforce leur crédibilité et écarte les soupçons de complaisance.

Le responsable d’Amnesty International a également évoqué le cas de l’épouse du journaliste Madiambal Diagne, lourdement handicapée et atteinte de pathologies chroniques depuis plusieurs années. Pour Gassama, l’incarcération de personnes en situation de grande vulnérabilité médicale contribue à nourrir l’idée d’un acharnement judiciaire, surtout lorsque ces individus présentent un risque de fuite extrêmement faible. Il juge essentiel que la justice adopte une approche plus humaine et conforme aux standards internationaux, en privilégiant dans ces situations des mécanismes alternatifs à la détention.

Dans cette optique, il a rappelé que le placement sous bracelet électronique constitue une solution crédible et déjà utilisée au Sénégal. Il a souligné que plusieurs responsables politiques en bonne santé en bénéficient actuellement, ce qui, selon lui, rend encore plus incompréhensible le maintien en détention de personnes gravement malades. Le bracelet électronique n’est pas, a-t-il précisé, une manière d’absoudre un justiciable, mais un moyen de garantir sa présence à tout moment, de lui permettre de rester auprès de sa famille et de recevoir les soins nécessaires, tout en demeurant sous le contrôle strict de la justice.

Seydi Gassama a conclu en appelant l’État à veiller à l’humanisation des poursuites afin d’éviter d’alimenter les soupçons d’inégalité de traitement. Pour lui, les préoccupations légitimes en matière de santé doivent être conciliées avec les impératifs judiciaires : « Dès qu’on aura besoin d’eux, ils répondront. Et s’ils doivent être condamnés, ils le seront », a-t-il affirmé, invitant les autorités à faire preuve de cohérence et d’équité dans la gestion des dossiers sensibles.

Lettre-plainte contre le juge Diarra : l’UMS fustige le comportement de Me Bocar Thiam et demande des sanctions

L’Union des Magistrats Sénégalais (UMS) a réagi ce jeudi 21 novembre à l’initiative de l’avocat Me Moussa Bocar Thiam, qui a adressé une lettre-plainte à l’Inspection générale de l’Administration de la Justice (IGAJ) visant le magistrat Idrissa Diarra, président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier. Cette démarche s’inscrivait dans le cadre du dossier impliquant Mouhamadou Ngom dit Farba et plusieurs autres parties, et a suscité un tollé au sein du corps judiciaire.

Dans un communiqué officiel, l’UMS souligne qu’après vérification, le principal concerné, M. Ngom, « n’a jamais été consulté sur une telle démarche » et que le collectif d’avocats chargé de sa défense n’a, à aucun moment, été associé à cette initiative. Pour l’organisation, la lettre de Me Bocar Thiam constitue une « action isolée, dénuée de toute base procédurale et manifestement inspirée par un dessein inavoué ». Selon l’UMS, cette initiative vise à « jeter le discrédit sur un magistrat unanimement reconnu pour son sérieux, sa compétence et sa rigueur professionnelle ».

L’Union des Magistrats accuse l’avocat d’avoir « sciemment violé les règles de procédure, ainsi que les principes d’éthique et de déontologie qui gouvernent la profession d’avocat ». Elle déplore également la diffusion massive de cette lettre dans la presse, considérant qu’elle accentue la gravité de ce qu’elle qualifie de « forfaiture ». Pour l’UMS, cette publication publique, réalisée « sans fondement et en dehors de tout cadre légal », constitue une atteinte directe à l’honneur du magistrat ciblé ainsi qu’à la crédibilité de l’institution judiciaire dans son ensemble.

L’organisation condamne fermement le comportement de Me Bocar Thiam, le qualifiant d’« irresponsable et préjudiciable non seulement à l’honneur du magistrat, mais également à la dignité et à la réputation du système judiciaire sénégalais ». Elle annonce par ailleurs qu’elle prendra, dans les meilleurs délais, toutes les mesures nécessaires afin que cet acte fasse l’objet de « sanctions exemplaires conformément aux textes en vigueur ».

Cette affaire souligne les tensions existantes autour de certains dossiers financiers sensibles et met en lumière la vigilance de l’UMS pour protéger l’intégrité de la magistrature. Le corps judiciaire sénégalais réaffirme ainsi son attachement aux principes d’éthique, de rigueur et d’indépendance dans le traitement des affaires judiciaires, face à des initiatives qui pourraient, selon lui, miner la confiance des citoyens dans la justice.

Diffamation : Cheikh Bara Ndiaye engage des poursuites contre Maïmouna Ndour Faye

La tension entre le député Cheikh Bara Ndiaye et Maïmouna Ndour Faye, directrice de la chaîne 7TV, franchit un nouveau cap judiciaire. L’élu a officiellement annoncé avoir déposé une plainte contre la journaliste et femme d’affaires pour « diffamation, diffusion de fausses nouvelles, injures publiques et menaces ». L’information a été relayée par le parlementaire lui-même sur sa page Facebook, soulignant la gravité de l’affaire et son intention de voir la justice trancher.

Cette action en justice fait suite à un épisode médiatique tendu : jeudi soir, Maïmouna Ndour Faye avait annoncé son intention de porter plainte contre Cheikh Bara Ndiaye, à la suite d’accusations publiques formulées par le député à son encontre. Dans ses déclarations, Cheikh Bara Ndiaye avait affirmé que la directrice de 7TV agissait en tant que personnalité influente dans l’ombre de Mimi Touré, coordinatrice de la coalition « Diomaye Président ». Il avait également allégué que Maïmouna Ndour Faye avait bénéficié d’un passeport diplomatique remis par le Président Bassirou Diomaye Faye, insinuant une proximité et des privilèges non justifiés au sein du cercle politique.

Face à ces accusations, Maïmouna Ndour Faye n’a pas tardé à réagir. Dans un ton très ferme, elle a qualifié Cheikh Bara Ndiaye de « menteur » et a ironisé en affirmant qu’il détenait une « licence en mensonge ». Ses propos ont été relayés sur plusieurs plateformes médiatiques, intensifiant l’attention du public et créant un climat de confrontation entre les deux personnalités.

L’affaire prend désormais une tournure judiciaire, chaque partie s’en remettant à la justice pour clarifier les faits et déterminer si les accusations portées sont fondées ou relèvent de la diffamation. Ce conflit illustre, au-delà des enjeux personnels, la délicate frontière entre liberté d’expression et responsabilité dans le traitement de l’information publique, en particulier lorsque des personnalités politiques et des acteurs médiatiques sont impliqués.

La procédure judiciaire qui s’ouvre sera donc scrutée de près, non seulement par les parties directement concernées, mais aussi par l’opinion publique, attentive à la manière dont le système judiciaire gère les différends mêlant médias, politique et réputation. Le dénouement de cette affaire pourrait également fixer un précédent sur la manière dont les accusations publiques contre des personnalités sont traitées au Sénégal.

Batiprom : le gestionnaire interpellé pour un détournement présumé de 1,2 milliard F CFA

L’affaire fait grand bruit dans le secteur du bâtiment et alimente depuis quelques jours les discussions dans les milieux économiques et judiciaires. M. Touré, enseignant-chercheur et gestionnaire de la société Batiprom, a été arrêté par la Division des investigations criminelles (DIC) avant d’être déféré au Pool judiciaire financier pour « abus de confiance présumé portant sur la somme de 1,2 milliard de francs CFA ». Après un premier retour de parquet, il devrait connaître son sort ce vendredi, au terme de nouvelles auditions.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, tout est parti d’une plainte déposée par le directeur général (DG) de Batiprom. Cette société, spécialisée dans l’achat et la vente de matériaux de construction, avait en 2022 décroché un contrat de sous-traitance avec Naffco, une entreprise basée à Dubaï. Cette dernière avait été attributaire la même année d’un important marché public du ministère de l’Intérieur, portant à la fois sur la fourniture de véhicules et la construction de hangars destinés à la Brigade nationale des sapeurs-pompiers.

Pour faciliter l’exécution du contrat, le DG de Batiprom avait confié à M. Touré la gestion complète de la société. Il lui avait même remis une procuration bancaire, faisant de lui l’interlocuteur direct et privilégié de Naffco. Une confiance totale, devenue aujourd’hui le point central de l’accusation.

Devant les enquêteurs, M. Touré a tenté de se défendre en affirmant que les montants transférés étaient destinés à l’exécution du contrat de sous-traitance. Mais ses explications n’ont pas convaincu. Les enquêteurs ont estimé que ces justifications n’étaient étayées par aucun document probant. Aucun élément matériel, selon eux, ne venait confirmer que les sommes en question avaient réellement servi au chantier ou à l’acquisition d’équipements en lien avec le marché.

Plus grave encore, l’enquête financière a mis en évidence des mouvements jugés hautement suspects. De nombreux virements auraient été effectués directement depuis le compte bancaire de Batiprom vers le compte personnel de M. Touré, sans motif professionnel clair et sans validation préalable du directeur général. Ces transactions constituent aujourd’hui la base de l’accusation de détournement, portant sur un montant total estimé à 1,2 milliard de francs CFA.

L’arrestation du gestionnaire marque une nouvelle étape dans ce dossier aux ramifications complexes, mêlant marché public international, contrat de sous-traitance et soupçons de fraude massive. Le Pool judiciaire financier poursuit actuellement l’examen du dossier pour déterminer si les faits reprochés sont constitués et quels chefs d’inculpation pourraient être retenus.

Dans l’attente de la décision de la justice, l’affaire continue de susciter inquiétude et interrogations au sein de Batiprom, tandis que des voix s’élèvent pour réclamer davantage de transparence dans l’attribution et la gestion des marchés de sous-traitance au Sénégal.

Nouvel épisode dans l’affaire Cheikh Bara Ndiaye – Maïmouna Ndour Faye : les plaintes croisées continuent

Le bras de fer entre le député Cheikh Bara Ndiaye et la journaliste Maïmouna Ndour Faye prend une nouvelle tournure avec des plaintes croisées devant le parquet. Alors que la directrice de la chaîne 7TV avait annoncé son intention de porter plainte contre le parlementaire, c’est finalement Cheikh Bara Ndiaye qui a devancé les démarches en déposant sa plainte.

Dans sa déclaration, le député a précisé avoir saisi la justice contre Maïmouna Ndour Faye pour « diffamation et diffusion de fausses nouvelles, injures publiques et menaces ». Il reproche à la journaliste d’avoir tenu des propos le mettant en cause dans des affaires supposées concernant l’attribution d’un passeport diplomatique et des liens avec des hommes politiques de la coalition Diomaye Président. Ces déclarations, selon lui, portent atteinte à son image et à sa réputation.

Maïmouna Ndour Faye n’a pas tardé à réagir et a réaffirmé son intention de poursuivre le député. « Cheikh Bara Ndiaye a repris son exercice favori et je fais partie de ses cibles. Je pense qu’il a besoin de prononcer mon nom pour être entendu », a-t-elle déclaré. Elle a précisé que son avocat, Me Baboucar Cissé, déposerait dès le lendemain une plainte auprès du procureur pour répondre aux accusations du député.

Il faut rappeler que cette affaire n’est pas une première. Entre février et mars 2025, Maïmouna Ndour Faye avait déjà saisi la justice contre Cheikh Bara Ndiaye pour une campagne de dénigrement, de manipulation et de diffusion de fausses nouvelles visant la 7TV. Ce nouvel épisode marque donc la continuité d’un conflit public qui oppose depuis plusieurs mois le parlementaire et la journaliste, avec des accusations mutuelles de diffamation et d’atteinte à la réputation.

Affaire Batiprom–Naffco : un enseignant-chercheur arrêté pour un présumé détournement de 1,2 milliard Fcfa

La société Batiprom, engagée dans un contrat de sous-traitance avec Naffco, entreprise basée à Dubaï et attributaire d’un marché du ministère sénégalais de l’Intérieur en 2022, se retrouve au cœur d’une affaire financière retentissante. Selon le journal Libération, M. Touré, enseignant-chercheur en linguistique de l’arabe classique, a été discrètement arrêté par la Division des investigations criminelles (DIC) avant d’être déféré au Pool judiciaire financier (PJF). Il est poursuivi pour un présumé abus de confiance portant sur un montant évalué à 1,2 milliard de francs CFA. Il devrait être fixé sur son sort ce vendredi lors de sa présentation au parquet.

L’affaire a éclaté à la suite d’une plainte déposée par le directeur général de Batiprom. En 2022, sa société avait signé un contrat de sous-traitance avec Naffco, laquelle avait obtenu du ministère de l’Intérieur un important marché portant notamment sur la livraison de véhicules et la construction de hangars destinés à la Brigade nationale des sapeurs-pompiers. Pour assurer la liaison entre Batiprom et Naffco, le directeur général avait placé une totale confiance en M. Touré, allant jusqu’à lui confier la gestion de la société grâce à une procuration bancaire.

Lors de son audition, M. Touré a soutenu que les fonds mis en cause avaient servi à l’exécution du contrat de sous-traitance. Cependant, les enquêteurs n’ont pas pu établir la véracité de ces déclarations. Les investigations ont notamment mis en lumière plusieurs virements effectués depuis le compte professionnel de Batiprom vers le compte personnel de M. Touré, alimentant les soupçons de détournement de fonds et d’abus de confiance. Ces découvertes ont renforcé les interrogations des enquêteurs sur l’usage réel de la somme litigieuse.

Selon des sources proches de l’enquête citées par Libération, les investigations se poursuivent pour déterminer l’ampleur exacte du préjudice subi par Batiprom mais également pour identifier d’éventuelles complicités dans la gestion des fonds. Ce dossier intervient dans un contexte national marqué par une vigilance accrue autour de l’attribution et de l’exécution des marchés publics, souvent pointés du doigt pour des irrégularités et des risques de malversations financières.

Justice : un budget 2026 en baisse, mais une ambition maintenue

Le projet de budget 2026 du ministère de la Justice a été examiné et adopté mercredi 19 novembre 2025. Présenté par la ministre Yassine Fall, il marque un retour à un niveau de financement plus classique après l’effort exceptionnel consenti l’année précédente. Pour l’exercice 2026, les crédits de paiement alloués au département sont fixés à 81 006 199 801 F CFA, soit une diminution de 16,79 milliards F CFA correspondant à une baisse d’environ 17 % par rapport aux 97 794 361 061 F CFA qui avaient été votés pour 2025.

Cette contraction du budget s’explique essentiellement par la non-reconduction des 20 milliards F CFA de transferts en capital mobilisés en 2025 pour le Programme de modernisation des infrastructures judiciaires. Malgré cette baisse mécanique, la ministre Yassine Fall a assuré que les objectifs stratégiques du ministère restent inchangés et que les réformes engagées se poursuivront. Selon elle, l’ambition demeure de garantir un service public de la justice efficace, moderne et ancré dans les principes de transparence et de respect des droits humains.

Le budget 2026 sera structuré autour de plusieurs axes majeurs. Le ministère entend d’abord renforcer la présence judiciaire dans l’ensemble du pays afin de faciliter l’accès des citoyens aux services judiciaires et d’améliorer les conditions d’accueil dans les juridictions. La performance du fonctionnement interne des tribunaux constituera également un chantier prioritaire, avec un appui renforcé aux magistrats et aux personnels judiciaires pour fluidifier les procédures.

La ministre a également insisté sur la poursuite de l’humanisation des conditions de détention, un volet jugé essentiel pour la sécurité dans les établissements pénitentiaires et le respect des normes internationales. À cela s’ajoute un engagement fort en faveur de la réduction des délais de traitement des dossiers, un défi que le ministère souhaite relever en misant sur la transformation numérique pour renforcer la traçabilité, la gouvernance et l’efficacité administrative.

Par ailleurs, la consolidation des mécanismes de prévention des abus et l’accompagnement renforcé des personnes vulnérables figurent parmi les priorités de 2026. Le ministère mettra aussi l’accent sur la formation continue des acteurs judiciaires, indispensable pour accompagner la mise en œuvre des réformes et l’évolution des cadres juridiques.

Affaire des marchés de masques : Moustapha Diop confronté aux fournisseurs, une issue favorable se dessine

L’ancien ministre du Développement Industriel, Moustapha Diop, pourrait voir l’issue de l’affaire des marchés de masques s’orienter en sa faveur. Mercredi 19 novembre, l’ancien membre du gouvernement a été entendu devant la Commission d’instruction près de la Haute Cour de justice, lors d’une confrontation qui a permis de clarifier plusieurs aspects liés à l’exécution des marchés.

Moustapha Diop a été extrait de sa cellule dans la matinée pour être confronté aux principaux fournisseurs impliqués dans les commandes de masques. L’audition, présidée par le juge Abdoulaye Bâ, s’est déroulée en présence des membres de la Commission d’instruction et a duré près de deux heures, de 10 h 30 à 12 h 30.

Selon des sources proches du dossier, citées par le quotidien Les Echos, ces confrontations ont été l’occasion de recueillir des clarifications directes sur la livraison exacte des masques et sur les modalités de paiement. Les témoignages des fournisseurs, notamment celui d’Ibrahima Macodou Fall et de ses collaborateurs, ont été jugés particulièrement édifiants. Tous ont confirmé sans ambiguïté que la totalité des marchés qui leur avait été attribuée avait été exécutée dans son intégralité.

Ibrahima Macodou Fall a précisé devant la Commission qu’il avait livré l’ensemble des masques commandés et avait été payé intégralement pour sa prestation. Le seul point soulevé durant l’audition concerne le mode de règlement. Plusieurs fournisseurs ont confirmé avoir reçu leur paiement en espèces. Toutefois, selon les informations recueillies, ce mode de paiement, bien que jugé peu orthodoxe, ne constituerait pas un délit criminel dans ce contexte. Les personnes impliquées pourraient, le cas échéant, être simplement examinées par la Cour de discipline financière (CDF) et non par la Haute Cour de justice.

Alors que la défense de Moustapha Diop envisageait une conclusion imminente de l’instruction, le président de la Commission a indiqué qu’une ultime confrontation reste nécessaire. Il s’agit d’une fournisseuse actuellement en déplacement à La Mecque pour la Oumra (petit pèlerinage). Son retour est attendu dans les prochains jours, et une confrontation avec l’ancien ministre est ainsi envisagée, potentiellement dès la semaine prochaine si l’agenda de la Commission le permet.

Libération sous contrôle judiciaire du marabout de Madiambal Diagne : le parquet dispose de six jours pour faire appel

La Chambre d’accusation financière a ordonné la libération de Serigne Omar Mbaye, présenté comme le marabout du journaliste Madiambal Diagne. Cette décision, assortie d’un placement sous contrôle judiciaire, intervient quelques semaines seulement après son arrestation et son incarcération sous mandat de dépôt, en même temps que l’épouse et deux enfants de Madiambal Diagne.

L’affaire avait éclaté peu après le départ précipité du journaliste vers la France, alors qu’il faisait l’objet d’une opposition de sortie du territoire. Selon les informations rapportées par Libération, Serigne Omar Mbaye est poursuivi pour association de malfaiteurs dans le cadre d’un dossier dont les contours restent encore opaques pour le grand public. Avant de quitter le Sénégal, Madiambal Diagne se serait rendu à Thiès pour rencontrer son marabout, ce qui aurait attiré l’attention des enquêteurs.

La décision de la Chambre d’accusation ne signifie cependant pas une liberté totale pour Serigne Omar Mbaye. Le parquet général dispose désormais d’un délai légal de six jours pour interjeter appel, ce qui pourrait retarder ou remettre en question son élargissement. Cette période constitue donc une phase d’attente décisive pour la défense.

L’arrestation simultanée du marabout, de l’épouse et de deux enfants du journaliste avait suscité de nombreuses interrogations dans l’opinion, certains y voyant un dossier sensible mêlant dimensions judiciaires, politiques et personnelles. La libération sous contrôle judiciaire marque un tournant procédural, mais l’affaire reste en cours et pourrait connaître de nouveaux développements dans les prochains jours, en fonction de la réaction du parquet général.

Séries d’auditions au PJF : Waly Seck, le fils d’Amadou Ba, les frères de Farba Ngom et plusieurs personnalités convoqués

Le Pool judiciaire financier (PJF) s’apprête à vivre une fin d’année sous haute intensité avec une nouvelle vague d’auditions au fond visant plusieurs personnalités impliquées dans des dossiers sensibles de détournement présumé, blanchiment de capitaux et malversations financières. Selon des informations rapportées par la RFM, le calendrier des convocations s’étend du 21 novembre au 4 décembre 2025 et touche aussi bien des figures politiques que des célébrités du monde culturel et économique.

La convocation la plus médiatisée concerne le chanteur Waly Seck, attendu le 2 décembre devant le premier cabinet du PJF. Cette audition s’inscrit dans le vaste dossier ouvert par la CENTIF portant sur un flux financier évalué à 5,5 milliards de FCFA. Dans cette affaire, plusieurs noms circulent, dont celui d’Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall. Waly Seck, initialement placé sous mandat de dépôt, avait retrouvé la liberté après le versement d’une caution de plus de 210 millions de FCFA. Cette audition au fond pourrait déterminer la suite judiciaire de son dossier.

Dès le lendemain, le 3 décembre, l’attention se portera sur Ibrahima Ba, fils de l’ex-Premier ministre Amadou Ba. Détenu depuis plusieurs mois dans une affaire liée à la gestion d’une société immobilière qu’il co-dirigeait avec Amadou Sall, il devra répondre aux questions du juge du premier cabinet. Son chauffeur, Cheikh Tidiane Seck, également mis en cause dans cette même affaire, sera à son tour entendu le 4 décembre. Les enquêteurs soupçonnent ce dernier d’implication dans des opérations de blanchiment de capitaux.

La pression judiciaire se poursuit également dans le dossier explosif des 125 milliards de FCFA, qui a conduit à l’incarcération du maire des Agnam, Farba Ngom. Deux frères de ce dernier, Ismaïla et Birame Ngom, sont convoqués respectivement les 21 et 24 novembre pour être interrogés au fond. Leur rôle dans ce vaste scandale financier est scruté de près, les enquêteurs cherchant à clarifier les circuits financiers et les responsabilités.

Dans le secteur privé, l’homme d’affaires Mamadou Racine Sy, figure influente du paysage économique sénégalais, est lui aussi attendu au PJF. Il devra se présenter le 28 novembre devant les enquêteurs chargés de démêler les ramifications de cette affaire tentaculaire qui touche plusieurs segments de la sphère politico-financière.

Ces convocations s’inscrivent dans un contexte où, depuis le 19 septembre 2025, plusieurs protagonistes ont déjà été placés sous mandat de dépôt pour des chefs d’accusation graves, parmi lesquels association de malfaiteurs, escroquerie financière et blanchiment de capitaux. Le PJF semble déterminé à accélérer le rythme des investigations afin de faire avancer plusieurs dossiers restés en suspens.

À mesure que ces auditions s’enchaînent, l’opinion publique suit avec attention l’évolution de ces enquêtes, qui mettent en lumière l’ampleur des dérives financières imputées à certaines personnalités influentes. Les prochaines semaines seront décisives pour comprendre les responsabilités de chacun et mesurer la portée des poursuites qui pourraient suivre.

Affaire Didier Badji et Fulbert Sambou : trois ans après, les familles réclament vérité, justice et prise en charge des orphelins

Trois ans se sont écoulés depuis la disparition tragique et inexpliquée des gendarmes Didier Badji et Fulbert Sambou, survenue en novembre 2022. Pourtant, pour leurs familles, le temps n’a rien apaisé : ni la douleur, ni les interrogations. Réunies en conférence de presse ce mardi 18 novembre 2025, elles ont une nouvelle fois appelé les autorités à faire toute la lumière sur ce dossier devenu, selon elles, « un gouffre d’incompréhensions et de souffrances ».

Dès l’ouverture de la rencontre, le Dr Alexe Nicodème Tabar, membre du comité de gestion de crise, a exprimé avec émotion le désarroi de proches qui, trois ans plus tard, se battent encore pour obtenir des réponses. Il a rappelé que l’enquête, longtemps restée au point mort, n’a avancé que récemment avec l’inculpation d’un suspect. Une évolution jugée insuffisante et même incohérente par les familles. « Cela fait trois ans que nous attendons de connaître la vérité. Trois ans que nous espérons qu’on nous explique ce qui s’est réellement passé. Aujourd’hui, on nous annonce qu’une personne a été inculpée pour le meurtre de nos frères. Nous lançons un cri de cœur au peuple sénégalais et au monde entier : cette situation n’est plus supportable », a-t-il déclaré.

Pour le Dr Tabar, cette arrestation ne peut en aucun cas solder l’affaire. Il estime qu’un seul individu ne saurait être responsable de la disparition de deux militaires aguerris, formés, ayant servi dans des missions sensibles. « On nous dit que c’est lui qui a tué. Soit. Mais avec qui ? Qui sont les complices ? Quel était le mobile ? Qui a commandité cet acte ? Ce monsieur seul ne peut pas éliminer deux gendarmes surentraînés ayant servi dans plusieurs théâtres d’opérations. C’est impossible », martèle-t-il, exigeant que l’enquête explore les pistes ignorées jusqu’ici.

L’une des demandes les plus poignantes concerne le corps de Didier Badji, jamais retrouvé. Pour sa famille, cette absence représente une douleur supplémentaire. « Cela fait trois ans que nous n’avons aucune trace de son corps. Nous voulons pouvoir lui offrir des funérailles dignes. Nous attendons que la justice clarifie enfin cette question », poursuit le Dr Tabar, soulignant que l’absence de dépouille empêche tout travail de deuil.

Le climat de frustration est également alimenté par ce que les familles qualifient d’« indifférence totale » sous le précédent régime. Alain Diédhiou, autre membre de la famille, a dénoncé une gestion qu’il juge « irresponsable » de la part des autorités de l’époque. « Didier Badji et Fulbert Sambou appartenaient à des unités stratégiques de la gendarmerie. Malgré cela, ni l’armée, ni la gendarmerie, ni même celui qui était au pouvoir, l’ancien président Macky Sall, ne se sont réellement intéressés à leur disparition. La thèse de la noyade, que nous avons écartée dès le début, a finalement été invalidée : la justice parle désormais d’assassinat », a-t-il déploré.

Toutefois, les familles se disent désormais encouragées par l’attitude du nouveau régime, qu’elles jugent plus réceptif. Elles affirment avoir été reçues à plusieurs reprises et notent une volonté de faire avancer l’enquête. « L’ancien pouvoir a ignoré l’affaire. Aujourd’hui, le régime en place nous reçoit et montre une volonté d’avancer. Nous demandons l’implication du président de la République et du Premier ministre, ainsi que la prise en charge de nos préoccupations », a insisté Alain Diédhiou.

Au-delà des questions de justice, un volet humain et social particulièrement lourd subsiste : celui des enfants laissés derrière. Les deux gendarmes étaient pères de famille, et leurs disparitions ont plongé leurs foyers dans une extrême précarité. Les proches ont décrit une situation alarmante, notamment pour les enfants de Didier Badji, qui ont également perdu leur mère depuis. « Nous devons leur envoyer de l’argent pour leurs besoins de base. Les autorités doivent impérativement prendre en charge ces orphelins qui ne bénéficient d’aucun soutien. Les deux hommes ont servi l’État avec loyauté, ils ne méritent pas que leurs enfants soient abandonnés », ont-ils plaidé.

Trois ans après les faits, l’affaire Badji-Sambou reste un dossier douloureux, symbolique et encore largement opaque. Pour les familles, la vérité n’est pas seulement un droit : elle constitue une réparation morale indispensable pour tourner la page. Elles réclament une enquête approfondie, des réponses claires, et une intervention urgente pour soutenir les orphelins laissés sans protection. Jusqu’à ce que justice soit faite, elles promettent de poursuivre le combat.

Keur Massar – L’usine Buildmart au cœur d’un scandale industriel d’une ampleur exceptionnelle

L’affaire fait grand bruit à Keur Massar et pourrait bien prendre une dimension nationale. L’usine Buildmart, propriété d’hommes d’affaires indiens et implantée dans le département, se retrouve aujourd’hui plongée dans une tourmente judiciaire d’une rare intensité. Selon le quotidien Libération, une simple opération de contrôle effectuée par les Services du Commerce a suffi à mettre au jour un système mêlant production illégale, fraude commerciale, vente clandestine et risques majeurs pour la sécurité publique. Trois personnes ont déjà été interpellées, tandis que l’enquête se poursuit et semble s’étendre de jour en jour.

Tout commence le 10 novembre, lorsque les équipes des Services du Commerce mènent une tournée de contrôle dans plusieurs zones de Keur Massar. En arrivant à la Cité Sotrac, les inspecteurs s’attardent sur une quincaillerie où un stock important de fer à béton attire leur attention. Les premières observations ne laissent rien présager d’inhabituel, mais les analyses techniques opérées sur place révèlent très vite une anomalie d’une grande gravité : le fer exposé à la vente ne respecte aucune des normes officielles en vigueur. La découverte provoque une réaction immédiate. Cinquante tonnes de fer jugé dangereux pour la construction sont saisies et laissées sous la garde du propriétaire de la quincaillerie, un certain Ab. Fall, avec un procès-verbal officiel matérialisant la saisie.

Mais l’affaire prend une tournure encore plus explosive trois jours plus tard. Lors d’un nouveau passage des contrôleurs, une partie du stock saisi a tout simplement disparu. Vingt tonnes de fer, soit près de la moitié du lot, se sont volatilisées. Les enquêteurs découvrent rapidement que la marchandise n’a pas été volée, mais bel et bien vendue en toute clandestinité par Ab. Fall lui-même, en violation directe du procès-verbal de saisie. Cette manœuvre déclenche sa mise en arrestation immédiate par la Brigade de recherches de Keur Massar.

L’enquête, désormais ouverte, cherche à identifier l’origine du fer non conforme. Les investigations mènent rapidement à l’usine Buildmart, pointée du doigt comme étant le lieu de production du matériel incriminé. Les gendarmes procèdent alors à l’interpellation de deux figures clés : Ad. Fall, représentant officiel de Buildmart, et Br. Mohan, ingénieur indien responsable de la production du fer mis en cause. Tous deux sont placés en garde à vue. Les enquêteurs tentent désormais de déterminer si la fabrication de fer non conforme relevait d’erreurs ponctuelles ou s’il s’agissait d’un système organisé visant à alimenter un circuit parallèle de vente illégale.

Dans un premier temps, rapportent les sources, les Services du Commerce avaient envisagé la possibilité d’une transaction financière, une procédure courante dans certaines infractions économiques. Mais le procureur de Pikine-Guédiawaye, informé de l’ampleur et de la nature des faits, a immédiatement rejeté cette option. Pour le parquet, aucune négociation n’est possible face à une affaire impliquant la production de matériaux susceptibles de mettre en danger la vie d’autrui, d’autant plus que les quantités concernées sont massives et destinées à des infrastructures susceptibles d’accueillir du public.

Les personnes interpellées feront donc face à des poursuites pénales, tandis que les enquêteurs continuent d’explorer les ramifications potentielles du dossier. L’affaire Buildmart ne fait peut-être que commencer. Les autorités n’excluent pas de nouvelles arrestations ni l’existence d’un réseau plus large ayant profité de la fabrication illégale de fer à béton. Dans un contexte où la sécurité des constructions est un enjeu national, ce scandale soulève de lourdes inquiétudes quant aux risques encourus par les populations ayant utilisé, sans le savoir, des matériaux dangereux pour leurs habitations.

Affaire des frères Ngom : les auditions au fond démarrent ce 21 novembre

Les choses s’accélèrent dans l’affaire impliquant les frères du député-maire des Agnam. Selon L’Observateur, les auditions au fond débuteront ce jeudi 21 novembre avec l’interrogatoire d’Ismaïla Ngom. Son frère, Birane Ngom, devra à son tour se présenter devant la justice le 24 novembre. Tous deux seront entendus par le président du Collège des juges d’instruction, Idrissa Diarra, dans le cadre d’une procédure désormais entrée dans sa phase la plus décisive.

Depuis leur placement sous bracelet électronique le 20 mai dernier, les deux frères sont au cœur d’un dossier sensible mêlant gestion publique, flux financiers et soupçons de malversations. Ils auront l’occasion, lors de ces auditions, de contester les faits qui leur sont reprochés et de fournir leur version des événements. Cette étape est particulièrement attendue, car elle doit permettre aux juges d’instruction de confronter les suspects aux éléments recueillis durant les mois d’enquête préalable.

Ismaïla et Birane Ngom font face à une série d’accusations graves : association de malfaiteurs, complicité d’escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux. Des charges lourdes qui, si elles étaient confirmées, pourraient profondément affecter leur avenir judiciaire, mais aussi avoir des répercussions politiques et sociales dans la localité des Agnam et au-delà.

L’ouverture des auditions marque une étape clé dans ce dossier qui suscite une forte attention médiatique. Elle devrait permettre d’éclaircir les zones d’ombre et de mieux comprendre les responsabilités éventuelles de chacun dans les faits présumés. À l’issue de ces interrogatoires, le Collège des juges d’instruction pourra décider de la suite à donner à la procédure, entre poursuites formelles, non-lieu ou requalification des charges.

Waly Seck face au juge : audition au fond prévue le 2 décembre

L’artiste Waly Seck sera entendu au fond le 2 décembre 2025 par le président du collège des juges d’instruction du Pôle judiciaire financier (PJF). L’information a été confirmée par l’un de ses avocats, Maître Alioune Badara Fall, qui a précisé que cette audition constitue une étape décisive dans la procédure en cours.

Inculpé dans le cadre de l’affaire dite « Amadou Sall », le chanteur est mis en cause pour une transaction portant sur l’acquisition d’un véhicule. Les enquêteurs cherchent notamment à éclaircir les conditions de cette opération et à déterminer si des irrégularités financières ont été commises. Dans ce dossier, Waly Seck avait déjà obtenu une liberté provisoire après avoir déposé une caution de 240 millions de francs CFA, somme exigée pour garantir sa disponibilité tout au long de la procédure judiciaire.

L’audition au fond marque une phase cruciale, durant laquelle le juge d’instruction reviendra en détail sur les faits, les circonstances de la transaction et les responsabilités éventuelles. Cette étape pourrait permettre d’ouvrir la voie vers une mise en accusation formelle, un non-lieu ou, à défaut, un complément d’information.

Thierno Alassane Sall convoqué par la Gendarmerie dans le cadre du dossier ASER

Le député Thierno Alassane Sall sera entendu demain, mercredi 19 novembre, à 10 heures, par la Section de recherches de la Gendarmerie nationale, dans le cadre de l’affaire relative à l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER). Cette convocation intervient après que l’élu, président du parti La République des Valeurs, a saisi le Pôle judiciaire financier en déposant une plainte contre X pour présumé détournement de fonds publics.

Selon Thierno Alassane Sall, l’ASER serait impliquée dans un détournement estimé à environ 37 milliards de FCFA, liés à un marché d’électrification rurale financé par une banque étrangère et attribué à la société AEE Power EPC. Le député évoque notamment des virements suspects effectués en juin 2024, dont la justification serait inexistante ou non transparente. Ces accusations mettent en lumière ce que Sall considère comme une gestion opaque des ressources destinées à des projets essentiels pour l’électrification des zones rurales du pays.

En réaction, l’ASER a annoncé avoir déposé une contre-plainte visant l’ancien ministre. L’agence met en avant un ancien projet d’électrification datant de 2016, d’une valeur de plus de 60 milliards de FCFA, période pendant laquelle Thierno Alassane Sall était en charge du ministère de l’Énergie. Selon l’ASER, les accusations portées par le député sont infondées et nécessitent des explications sur cette période antérieure afin de clarifier les responsabilités.

Vol violent à Ouakam : le procès de Mor Mar Guissé, Pape Amadou Diouf dit « Pape Diass » et Mariama Diallo devant la Chambre criminelle

La Chambre criminelle de Dakar a examiné, ce mardi, une affaire de vol avec violences particulièrement complexe, impliquant Mor Mar Guissé, Pape Amadou Diouf alias « Pape Diass » et sa compagne Mariama Diallo. Les trois prévenus sont poursuivis pour vol avec violences commis en réunion, de nuit, avec usage d’arme blanche et de véhicule. Les faits remontent au 11 novembre 2021, à 4 h 20 du matin, dans le quartier de Ouakam.

Ce jour-là, la victime rentrait chez elle lorsqu’une Ford Focus lui barre soudainement la route. Trois individus en descendent. Selon son témoignage, elle est menacée, étranglée avec un couteau et dépouillée de sa Mercedes ML 350. La violence de l’agression contraste avec la rapidité de l’opération, minutieusement exécutée par ses auteurs présumés.

L’enquête s’oriente rapidement grâce à l’exploitation des images de vidéosurveillance. La Ford Focus utilisée pour l’agression est identifiée. Le véhicule avait été loué sous le nom de Mor Mar Guissé, ce qui conduit les enquêteurs à l’interpeller. Face aux policiers, Guissé admet avoir effectivement loué la voiture, mais soutient l’avoir simplement prêtée à Pape Diass, présenté comme un ancien client sans réelle proximité avec lui. Il nie toute implication, affirmant être un homme « sans histoire », responsable d’un parking et père de famille.

La version de Pape Amadou Diouf diverge radicalement. À la barre comme lors de sa garde à vue, il accuse au contraire Mor Mar Guissé d’être le véritable chef d’orchestre du vol. Il affirme que ce dernier l’a mis en contact avec un certain Khadim Gueye, présenté comme un habitué « des gros coups ». Selon Diass, Guissé lui aurait loué la Ford Focus pour 70 000 FCFA, avant de rejoindre Khadim dans un plan visant à dérober un véhicule de luxe.

Toujours selon son récit, Khadim les rejoint le soir des faits et le trio prend la direction de Ouakam. Vers 2 h du matin, ils repèrent une Mercedes ML 350 qu’ils suivent jusqu’à une ruelle isolée. Là, Khadim et Mor auraient attaqué la victime avant de s’emparer du véhicule. Un plan de revente en Guinée-Bissau est alors mis en place, mais la Mercedes tombe en panne à hauteur de Gouloumbou. Pour poursuivre leur route, Khadim réclame 25 000 FCFA. Pape Diass sollicite alors sa compagne, Mariama Diallo, qui dit avoir envoyé la somme via sa mère « par naïveté ».

Le groupuscule parvient à franchir plusieurs postes de contrôle avant d’être stoppé à Mpack, à la frontière. Pour tenter de passer, les hommes demandent à Mariama de se faire passer pour Mame Anta Diop, propriétaire légitime du véhicule volé. Face à la pression exercée par les policiers et les incohérences relevées dans leurs déclarations, la jeune femme hésite, accepte, puis se rétracte. Pris de panique, ils abandonnent la tentative et prennent la fuite. Pape Diass regagne Dakar clandestinement, mais y sera finalement arrêté.

À l’audience, les versions contradictoires des coaccusés continuent d’alimenter le doute. Mor Mar Guissé rejette fermement toute responsabilité et déclare n’avoir « jamais fréquenté Amadou Diouf ». Pape Diass, lui, maintient que Guissé est l’instigateur du vol et que Khadim — toujours introuvable — était l’exécutant principal. Mariama Diallo, absente à l’audience, avait déjà reconnu devant les enquêteurs avoir envoyé l’argent et tenté de se faire passer pour la propriétaire, tout en soutenant avoir agi par « naïveté ».

Dans son réquisitoire, le procureur a laissé au tribunal le soin d’apprécier la culpabilité de Mor Mar Guissé, estimant les charges moins claires à son encontre. En revanche, il a requis une peine de dix ans de réclusion criminelle et une amende de 500 000 FCFA contre Pape Amadou Diouf. À l’encontre de Mariama Diallo, le parquet demande une peine de deux mois ferme, considérant sa participation comme accessoire mais établie.

La partie civile, représentée par Me Dabo, réclame quant à elle 20 millions de FCFA en dommages et intérêts pour la victime. Les avocats de la défense — Mes Mamadou Guèye, Souleymane Soumaré et Abdou Ndingue — ont plaidé l’acquittement pur et simple, invoquant l’absence de preuves matérielles et les contradictions entre les versions des mis en cause.

Le verdict est désormais attendu, dans un dossier où responsabilités et déclarations croisées rendent la vérité judiciaire particulièrement difficile à établir.

La directrice de Tahar Projects, Fatou Kiné Cissé, élargie après la réduction de sa peine en appel

La directrice de la société Tahar Projects, Fatou Kiné Cissé, a retrouvé la liberté à la suite d’une décision de la Cour d’appel de Dakar, qui a réduit sa peine de prison ferme. Incarcérée depuis plusieurs mois, elle avait été condamnée le 21 août dernier à deux ans de prison, dont un an ferme, pour diffusion de fausses nouvelles et discrédit jeté sur la Gendarmerie nationale.

Ses avocats avaient aussitôt interjeté appel, estimant que la sanction prononcée par le tribunal de grande instance de Dakar était excessive au regard des faits. La Cour d’appel a examiné le dossier il y a deux semaines et a finalement décidé d’alléger la peine initiale. Selon une source proche du dossier, contactée par Seneweb, la peine ferme a été ramenée à trois mois d’emprisonnement. Fatou Kiné Cissé ayant déjà purgé cette durée, elle a été élargie dès le rendu de la décision.

L’affaire avait éclaté après une série de déclarations publiques de la directrice de Tahar Projects. Elle avait affirmé qu’un haut responsable de la Gendarmerie nationale représentait une menace pour la sécurité du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko. Ses propos, jugés graves et non fondés, avaient conduit à son arrestation par la Section de Recherches de Colobane.

Cette affaire, qui avait suscité de vives réactions dans l’opinion, se dénoue donc par une réduction significative de la peine. Pour ses avocats, cette décision représente un rééquilibrage judiciaire. Quant à Fatou Kiné Cissé, son élargissement marque la fin d’une procédure qui aura duré plusieurs mois et qui avait fortement attiré l’attention médiatique.

Démantèlement d’un réseau de fausses cartes consulaires guinéennes aux Parcelles-Assainies

Selon des informations rapportées par le journal Libération, un réseau spécialisé dans la fabrication et la distribution de fausses cartes consulaires guinéennes a été démantelé aux Parcelles-Assainies, mettant en lumière une filière bien organisée et active depuis plusieurs semaines. L’affaire a éclaté lorsqu’un ressortissant guinéen, après avoir payé 11 000 F CFA pour obtenir une carte consulaire prétendument officielle, a découvert que le document était falsifié. Constatant la supercherie, il a immédiatement saisi la police, déclenchant ainsi une enquête approfondie.

Les premiers éléments recueillis ont conduit les enquêteurs vers D. Sylla, livreur de profession, qui avait servi d’intermédiaire entre la victime et les faussaires. Placé en garde à vue, Sylla a reconnu avoir transmis les informations du plaignant à un autre livreur, M. Kh. Camara. Ce dernier, appréhendé à Grand-Yoff, a été identifié comme un maillon essentiel du réseau. Lors de son interrogatoire, il a désigné le principal fabricant des faux documents : A. Sakho, chauffeur à l’ambassade de Guinée au Sénégal.

L’arrestation de Sakho à Derklé a marqué un tournant majeur dans l’enquête. Face aux policiers, il a admis avoir confectionné les cartes frauduleuses, tout en révélant la collaboration d’un complice, O. Camara, impliqué dans la production et la distribution des documents illicites. Une perquisition effectuée dans sa chambre a permis de mettre la main sur un important lot de fausses cartes consulaires, ainsi que plusieurs documents administratifs destinés à alimenter le trafic. Ces éléments matériels ont renforcé la thèse d’une organisation structurée, capable de fournir des documents d’apparence officielle à un large réseau de clients.

Au terme des investigations, les trois principaux suspects ont été déférés au parquet. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écriture publique, ainsi que faux sur des documents administratifs. Cette affaire met en lumière la vigilance des forces de l’ordre face aux tentatives de fraude documentaire et l’ampleur des réseaux capables d’opérer sous couverture d’institutions officielles. Elle ouvre également la voie à de nouvelles investigations pour déterminer l’étendue réelle du trafic et identifier d’éventuels autres complices, tant au Sénégal qu’à l’étranger.

Sénégal : Cheikh Ba alerte sur la paralysie du système judiciaire

Le système judiciaire sénégalais traverse une crise profonde, avertit Cheikh Ba, président de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS). Invité de l’émission Point de Vue sur la RTS ce dimanche 16 novembre, il a tiré la sonnette d’alarme sur les difficultés structurelles qui freinent l’accès à la justice et prolongent les délais de traitement des affaires.

Selon Cheikh Ba, les frustrations des justiciables et le manque de célérité dans le traitement des dossiers ne sont pas liés à un manque de compétence des magistrats, mais à une surcharge de travail insoutenable et à un déficit criant de personnel. « La justice n’est pas lente, elle est submergée », a-t-il affirmé avec fermeté. Le Sénégal compte actuellement 546 magistrats pour une population de 18 millions d’habitants, mais seulement 425 d’entre eux exercent effectivement en juridiction, ce qui illustre l’insuffisance de ressources humaines face à la demande croissante.

Pour rendre la situation plus concrète, Cheikh Ba a donné des exemples locaux : à Kaolack, un seul juge d’instruction est chargé de traiter 750 dossiers, tandis qu’à Ziguinchor, un magistrat doit gérer 250 dossiers. Ces chiffres reflètent l’ampleur du déséquilibre entre les besoins de la justice et ses capacités opérationnelles. À cela s’ajoute un déficit de greffiers, qui contribue à ce qu’il qualifie de « paralysie progressive » et compromet gravement le principe de célérité, pourtant fondamental pour une justice efficace.

La crise judiciaire se répercute directement sur l’administration pénitentiaire. Le Sénégal compte aujourd’hui 15 654 détenus, dont 7 077 en détention provisoire. Depuis l’indépendance, aucune nouvelle grande prison n’a été construite, entraînant un dépassement des capacités d’accueil de près de trois fois. Cette situation met selon M. Ba l’administration pénitentiaire « au bord de la rupture », aggravant la pression sur un système déjà fragile.

Sur la question sensible des mandats de dépôt, souvent critiqués pour leur usage systématique, Cheikh Ba a défendu la pratique des magistrats. Il a précisé que les décisions sont prises « au cas par cas », en tenant compte de la gravité des faits et des impératifs de sécurité publique. L’objectif est de protéger la société face à des individus violents, dangereux ou récidivistes. Il a toutefois insisté sur le rôle indépendant du juge d’instruction, qui conserve la prérogative de clore rapidement certains dossiers lorsque les conditions le permettent.

Face aux attaques contre la Justice, l’UMS riposte et annonce une série de mesures

L’Union des magistrats sénégalais (UMS) hausse le ton. Confronté à des attaques répétées visant tant les magistrats que l’institution judiciaire elle-même, le Bureau exécutif de l’organisation a décidé d’engager une série de mesures pour défendre la profession et rétablir la confiance. Dans une note rendue publique ce vendredi 14 novembre 2025, l’UMS évoque « une démarche concertée avec la hiérarchie judiciaire afin d’adopter une stratégie de communication jugée adaptée au climat actuel ».

Avant de retenir ses premières actions, l’organisation affirme avoir saisi officiellement le Président de la République à travers un courrier, signe de la gravité accordée à cette situation et de la volonté d’obtenir un soutien institutionnel au plus haut sommet de l’État. Parmi les premières initiatives annoncées figure une intervention médiatique : le Bureau exécutif participera à l’émission « Point de vue » sur RTS 1, ce dimanche 16 novembre à 14 heures. Cette apparition vise à apporter des éclairages, répondre aux interpellations du public et clarifier les enjeux qui agitent le débat national depuis plusieurs jours.

L’UMS invite également l’ensemble des magistrats à renforcer leur cohésion interne et à préserver la solidarité qui caractérise traditionnellement leur corps. Dans un contexte où la justice fait l’objet d’une pression croissante, l’organisation insiste sur la nécessité de protéger la magistrature et de défendre les valeurs fondamentales qui la fondent.

Face à la montée des critiques, cette sortie marque un tournant. L’UMS entend désormais adopter une communication plus ferme et structurée pour rappeler le rôle central de la justice dans l’État de droit, tout en appelant à un climat d’apaisement et de respect des institutions.

Nouvelle tournure dans l’affaire Bandiaky : « Sniper » inculpé pour assassinat, séquestration, menaces de mort et viol

L’affaire Jérôme Bandiaky, plus connu sous le surnom de « Sniper », a pris une dimension inattendue avec son inculpation, hier, par le juge du 3ᵉ cabinet. L’ancien agent de sécurité a été mis en examen pour assassinat dans le dossier portant sur la disparition et la mort présumée de l’adjudant-chef Didier Badji et du sergent Fulbert Sambou. À ces charges lourdes s’ajoutent des accusations de séquestration, de menaces de mort et de viol.

L’annonce a été confirmée par son avocat, Me Djiby Diallo, qui n’a pas caché sa surprise face à cette décision judiciaire. Selon lui, son client n’a jamais été entendu sur ces nouveaux faits, ni par la police ni par la gendarmerie. « C’est incompréhensible. Mon client n’a jamais été interrogé pour cette affaire. Nous allons chercher à comprendre ce qui justifie une telle inculpation », a déclaré le conseil, précisant qu’il compte rencontrer le juge dès ce lundi pour obtenir des éclaircissements.

L’avocat s’interroge également sur les raisons pour lesquelles le magistrat précédemment en charge du dossier n’avait pas retenu ces graves accusations contre Bandiaky. « Le dossier était suivi par un autre juge. Aucun élément n’avait été évoqué dans ce sens. Pourquoi maintenant ? », se demande Me Diallo, faisant planer le doute sur l’émergence soudaine de ces nouveaux chefs d’inculpation.

Avant cette évolution spectaculaire, Jérôme Bandiaky faisait déjà face à plusieurs poursuites. Il était notamment mis en cause pour détention illégale d’armes et de munitions, obtention d’avantages indus et escroquerie au service. Sur ces points, il avait toujours affirmé son innocence. Il soutenait notamment que l’appartement de fonction évoqué dans le dossier lui avait été attribué par Aminata Touré, alors Première ministre, dans le cadre de ses missions de sécurité rapprochée.

La nouvelle inculpation liée aux cas de Didier Badji et Fulbert Sambou risque de bouleverser l’ensemble du dossier et d’ouvrir une séquence judiciaire particulièrement sensible, dans une affaire qui avait déjà suscité de fortes réactions au sein de l’opinion publique. Alors que de nombreuses zones d’ombre persistent autour de la disparition des deux militaires, la mise en cause de « Sniper » pourrait relancer les investigations et offrir un tournant décisif dans ce dossier complexe.

Affaire Pape Abdoulaye Touré : les enquêteurs reconstituent les faits en présence de la supposée victime

L’affaire Pape Abdoulaye Touré, du nom de ce militant du mouvement citoyen « Sénégal Notre Priorité (SNP) » qui affirme avoir été victime de torture, connaît un nouveau tournant judiciaire. Après plusieurs mois de revendications, de témoignages et d’attente, les enquêteurs de la Section de recherches ont procédé à une reconstitution complète des faits, en présence de l’intéressé. Une étape capitale dans l’établissement de la vérité sur l’un des dossiers emblématiques des violences politiques survenues entre 2021 et 2024.

Selon les informations rapportées par le journal Les Échos, les enquêteurs ont minutieusement repris avec Pape Abdoulaye Touré le fil des événements, depuis son interpellation jusqu’au lieu où il dit avoir été torturé. La reconstitution s’est déroulée sans interruption, la victime présumée relatant chaque détail, chaque étape, chaque geste. Une source citée par le quotidien confirme : « Pape Touré n’a rien omis, il leur a tout expliqué. »

Pour le militant, cette reconstitution constitue un véritable soulagement. Depuis plus de trois ans, il déclare vivre dans l’attente d’une justice qu’il « n’a jamais cessé de réclamer ». Touré avait publiquement accusé l’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, d’être impliqué dans sa prétendue séquestration et dans les violences physiques qu’il aurait subies au plus fort des tensions politiques. Ces accusations avaient conduit la Section de recherches à auditionner Pape Malick Ndour le lundi 6 octobre, dans le cadre de la reprise des investigations.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large : celui des manifestations qui ont secoué le Sénégal entre février 2021 et mars 2024. Ces épisodes tumultueux ont fait plusieurs morts, des blessés par dizaines et d’importants dégâts matériels. À l’époque, de nombreuses familles, organisations citoyennes et ONG de défense des droits humains avaient dénoncé les violences, pointant du doigt une répression disproportionnée et des violations graves contre des manifestants, opposants politiques ou simples citoyens.

Si des procédures judiciaires avaient été ouvertes dès 2021 pour faire la lumière sur les bavures présumées, l’adoption de la loi d’amnistie couvrant la période des faits avait entraîné l’abandon de tous les dossiers. Une décision largement critiquée dans l’opinion, jugée comme une manière d’enterrer la vérité au détriment des victimes et de leurs familles.

La demande de réouverture des dossiers n’a cessé de croître, portée par les familles endeuillées, la société civile et plusieurs organisations internationales. C’est dans ce climat d’exigence de transparence et de réparation que les nouvelles autorités ont ordonné la reprise des enquêtes. L’affaire Pape Abdoulaye Touré apparaît ainsi comme l’un des premiers cas où cette volonté politique se matérialise concrètement.

La reconstitution réalisée ces derniers jours est d’autant plus significative qu’elle pourrait ouvrir la voie à d’autres avancées judiciaires dans des dossiers similaires. Elle symbolise également l’amorce d’un processus de reconnaissance des souffrances vécues par de nombreux Sénégalais durant ces années de crises.

La suite des investigations déterminera si des responsabilités pénales pourront être établies, ou si le dossier se limitera à une confirmation factuelle sans déboucher sur des poursuites. Dans tous les cas, pour Pape Abdoulaye Touré et pour beaucoup d’autres victimes présumées, il s’agit avant tout d’une quête de vérité, d’un besoin de réparation et d’un espoir de justice longtemps différée.

Madiambal Diagne obtient une première victoire procédurale en France dans la bataille contre son extradition

Madiambal Diagne, actuellement en fuite en France et visé par un mandat d’arrêt international émis par les autorités sénégalaises, vient d’obtenir un premier succès judiciaire. La justice française a en effet levé les mesures de contrôle judiciaire qui pesaient sur lui depuis plusieurs mois. Cette décision lui permet désormais de circuler librement sur le territoire français en attendant l’issue de la procédure d’extradition.

Selon son avocat, Me Ousmane Thiam, cette levée des restrictions constitue « un signe positif » quant à la manière dont les autorités judiciaires françaises apprécient le dossier. Il souligne que son client n’est plus soumis à aucune obligation particulière, alors même que la Cour d’appel de Versailles doit rendre, le 25 novembre 2025, sa décision sur la demande d’extradition formulée par l’État du Sénégal.

Lors de l’audience du 4 novembre, la défense de Madiambal Diagne a déposé un mémoire particulièrement fourni, dans lequel elle conteste la validité du mandat d’arrêt international. Les avocats ont évoqué plusieurs irrégularités procédurales qui, selon eux, remettent en cause la légalité de la demande formulée par Dakar. Ils ont également insisté sur les risques d’un procès inéquitable en cas de retour de leur client au Sénégal, estimant que le contexte politique et judiciaire actuel pourrait compromettre le respect des droits fondamentaux de la défense.

La Cour d’appel de Versailles, qui doit se prononcer sur ces arguments, joue désormais un rôle crucial dans l’avenir judiciaire de l’ancien patron de presse. Sa décision du 25 novembre est très attendue, tant par les partisans de Madiambal Diagne que par les autorités sénégalaises qui souhaitent le voir répondre devant la justice.

Maisons de Justice : les coordonnateurs non intégrés dénoncent une inégalité de traitement

Dakar – Les coordonnateurs des Maisons de Justice non intégrés dans la Fonction publique ont décidé de briser le silence. Dans une lettre ouverte adressée à la presse, le Collectif des Coordonnateurs des Maisons de Justice non intégrés dénonce une « inégalité de traitement » ainsi qu’une « absence totale de plan de carrière » au sein de l’administration judiciaire sénégalaise.

Les Maisons de Justice, créées au début des années 2000, ont pour objectif de rapprocher la justice du justiciable, de désengorger les tribunaux et de promouvoir une justice de proximité, rapide et gratuite. Ce dispositif, encadré par le décret n°2007-1254 du 23 octobre 2007, a remplacé un premier cadre légal datant de 1999. En 2013, l’État avait amorcé un processus visant à intégrer les coordonnateurs des Maisons de Justice dans la Fonction publique, reconnaissant ainsi leur rôle central dans le fonctionnement du système judiciaire. Cependant, plus d’une décennie après cette initiative, la promesse reste largement inachevée.

Sur les 33 coordonnateurs que compte le pays, seuls neuf ont été intégrés, laissant 24 autres dans une situation qualifiée de « précarité notoire ». Ces derniers, tous titulaires d’au moins une maîtrise ou d’un master 2 en droit, estiment subir un traitement contraire aux principes fondamentaux du droit social. Dans leur lettre ouverte, ils dénoncent l’inaction du ministère de la Justice, accusé de rester « opaque » sur ce dossier malgré les nombreuses interpellations. « Le ministère se glorifie de nos résultats alors que nous souffrons en silence », affirment-ils.

Les coordonnateurs non intégrés soulignent également les conditions de travail difficiles auxquelles ils sont confrontés. Ils subissent l’absence de couverture sociale, ne peuvent pas accéder aux prêts bancaires faute de contrat ou de bulletin de salaire et n’ont aucune perspective d’avancement professionnel. Pendant ce temps, leurs collègues intégrés bénéficient de la sécurité de l’emploi, d’une rémunération plus élevée ainsi que d’avantages tels que la retraite, la prise en charge médicale et le fonds commun de la justice.

Face à cette situation, le collectif appelle les autorités à corriger ce qu’il considère comme une injustice institutionnelle. Il rappelle que ces juristes jouent un rôle essentiel dans le dispositif de justice de proximité et qu’ils méritent un traitement équitable, en phase avec leurs responsabilités et leurs qualifications. Pour les coordonnateurs non intégrés, l’heure n’est plus aux promesses, mais à la reconnaissance effective de leur statut et de leur contribution au système judiciaire sénégalais.

Seydi Gassama porte plainte pour menaces de mort après une publication sur Facebook

Seydi Gassama, directeur exécutif de la Section sénégalaise d’Amnesty International, a récemment saisi la justice sénégalaise après avoir reçu des menaces jugées sérieuses à son encontre. Face à la gravité de la situation et souhaitant ne prendre aucun risque, l’activiste des droits humains a déposé une plainte officielle auprès de la Division des investigations criminelles (DIC) pour « menaces de mort et injures publiques ».

La plainte a été déposée par son avocat, Maître Amadou Diallo, qui a accompagné son client dans cette démarche visant à assurer sa sécurité. Cette affaire trouve son origine dans une publication faite par Seydi Gassama sur le réseau social Facebook, où il avait qualifié le Président Macky Sall d’« amnésique », en réaction à une récente déclaration publique du chef de l’État.

Selon les informations rapportées, l’auteur du compte mis en cause a d’abord réagi publiquement sous la publication de Seydi Gassama. Par la suite, il aurait adressé un message privé à l’activiste, dans lequel il lui aurait signifié qu’il « méritait la mort » et qu’il « s’occuperait » de lui. Ces propos ont été pris très au sérieux par Seydi Gassama, qui a immédiatement décidé de porter l’affaire devant les autorités compétentes.

La Division des investigations criminelles (DIC) a été officiellement saisie et une enquête a été ouverte afin d’identifier et d’interpeller l’auteur de ces menaces. Pour l’heure, les investigations sont en cours, alors que la communauté des défenseurs des droits humains suit de près l’évolution de cette affaire.

Affaire Farba Ngom : le député-maire des Agnams veut laver son honneur devant la justice

En détention au pavillon spécial de l’hôpital Principal de Dakar, le député-maire des Agnams, Farba Ngom, a été entendu mardi dernier par les enquêteurs de la brigade de recherches de Faidherbe relevant de la compagnie de gendarmerie de Dakar. Selon des sources citées par Seneweb, cette audition s’inscrit dans le cadre de la plainte qu’il a déposée, par l’intermédiaire de son avocat, Me Baboucar Cissé, contre le journal Walf Quotidien et l’économiste Meïssa Babou. Le procureur de la République près le tribunal de grande instance hors classe de Dakar a confié le dossier à la Brigade de recherches de Dakar, chargée de mener l’enquête.

Devant les enquêteurs, Farba Ngom a confirmé sa lettre-plainte et réaffirmé sa volonté d’obtenir justice pour, selon ses propres termes, « laver son honneur ». Les deux journalistes mis en cause ainsi que l’économiste Meïssa Babou devraient être convoqués dans les prochains jours pour être entendus à leur tour.

À l’origine de cette affaire se trouve un article publié par Walf Quotidien le 13 octobre 2025 et signé par le journaliste Salif Ka. Ce papier, jugé diffamatoire par le plaignant, faisait état de soupçons selon lesquels Farba Ngom, à travers les sociétés Woodrose Investment et SF-Farms, serait propriétaire de 251 parcelles issues de lotissements, de 29 titres fonciers situés dans la commune de Ngor-Almadies, ainsi que de terrains au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Togo.

Le même article citait des propos de l’économiste Meïssa Babou, qui affirmait que les sociétés civiles immobilières créées par des responsables politiques s’étaient multipliées à partir de 2014, sous la présidence de Macky Sall. Selon lui, ces structures constituaient un mécanisme de recel de fonds pour des ex-ministres, directeurs généraux et proches du régime précédent. « C’est une manière d’accaparer du foncier avec des facilitations accordées par l’État », soutenait-il, avant d’ajouter : « Un titre aux Almadies rapporte plus de dix fois le chiffre d’affaires d’une activité normale. Ils ont choisi la facilité, non pas dans l’éthique, mais dans la magouille et des détournements. C’est de l’enrichissement illicite. C’est un patrimoine de l’État qu’ils achètent à vil prix pour le revendre très cher. »

Ces propos ont profondément heurté le député-maire des Agnams. Dans la plainte datée du 16 octobre 2025 et adressée au procureur, son avocat invoque les articles 248 et 258 du Code pénal sénégalais. Ces dispositions définissent la diffamation comme toute allégation portant atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne, même si elle est formulée sous une forme dubitative ou indirecte. Elles sanctionnent également les injures, c’est-à-dire toute expression outrageante ou terme de mépris ne contenant pas nécessairement l’imputation d’un fait précis.

Farba Ngom estime que les accusations portées contre lui sont « rigoureusement mensongères » et qu’elles ont été publiées « avec une légèreté déconcertante et sans la moindre preuve ». Il considère dès lors que le délit de diffamation est pleinement constitué à son égard. S’agissant de Meïssa Babou, il soutient que ce dernier a dépassé le cadre de la critique en usant d’expressions injurieuses et outrageantes. « Il m’accuse de magouille et d’enrichissement illicite, ce qui constitue une atteinte grave à ma dignité », indique le plaignant dans sa lettre.

Cette procédure judiciaire, engagée alors que l’ancien proche de Macky Sall est toujours en détention préventive, vient s’ajouter à la longue liste d’affaires mêlant responsables politiques et presse. Elle pose de nouveau la question des limites entre la liberté d’informer et la protection de la réputation des personnes publiques.

Une fausse enquêtrice démasquée au tribunal de Pikine-Guédiawaye

Une affaire digne d’un scénario de série judiciaire a récemment secoué le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. Le mardi 11 novembre 2025, Mame Diarra Sow, une mareyeuse âgée de 32 ans et domiciliée à Pikine, a été reconnue coupable d’escroquerie, d’usurpation de fonction et de trafic d’influence. Le tribunal l’a condamnée à un an de prison, dont six mois ferme, assorti d’une amende de 200 000 FCFA.

Tout a commencé le 4 novembre, lorsque Ndèye Ndiaye, une lingère domiciliée à Guédiawaye, s’est rendue à la Section de Recherches (SR) de Colobane pour voir son fils Cheikh, arrêté pour des faits de viol. Désemparée et en pleurs, la mère s’isole dans un coin des locaux, espérant obtenir des nouvelles rassurantes. C’est alors que surgit Mame Diarra Sow. Se présentant faussement comme enquêtrice à la SR, elle engage la conversation et promet son aide pour tirer le jeune homme d’affaire. Usant d’un ton assuré et de faux airs d’autorité, elle réclame à la mère 150 000 FCFA pour « couvrir les frais d’avocat et du procureur ».

Le lendemain, la mise en scène se poursuit au tribunal de Pikine-Guédiawaye. Vêtue sobrement, Mame Diarra Sow déambule dans les couloirs, téléphone à la main, prétendant passer des appels aux autorités judiciaires. Elle laisse entendre à Ndèye Ndiaye qu’un « retour de parquet » est imminent et que le dossier avance favorablement. La mère, qui ne parvient à réunir que 50 000 FCFA, remet la somme à la prétendue enquêtrice par l’intermédiaire de sa sœur.

Mais le comportement suspect de Mame Diarra Sow finit par éveiller les soupçons. L’adjoint du procureur, intrigué par ses va-et-vient répétés dans les couloirs et son attitude familière avec le personnel judiciaire, décide de s’enquérir de son identité. Les vérifications révèlent rapidement qu’elle n’a aucun lien avec la gendarmerie ni avec la justice. La supercherie est ainsi mise à nu en pleine enceinte du tribunal, sous le regard impuissant d’une mère bouleversée.

À la barre, Mame Diarra Sow tente d’atténuer la gravité de ses actes. « Je n’ai jamais dit que je travaillais à la SR. J’ai juste voulu aider une femme en détresse », déclare-t-elle, tout en reconnaissant avoir reçu l’argent. Elle cite même le nom d’un avocat, Me Iba Mar Diop, qu’elle prétendait avoir contacté pour le dossier. Ce dernier, convoqué à la barre, dément formellement tout lien avec la prévenue ou l’affaire.

Le ministère public, visiblement indigné, a fustigé le comportement de la jeune femme. Le procureur a dénoncé « une exploitation honteuse de la misère humaine », estimant que la prévenue a profité du désarroi d’une mère en quête de justice pour lui soutirer de l’argent et jeter l’opprobre sur les institutions judiciaires.

Après délibération, le tribunal a retenu tous les chefs d’accusation à l’encontre de Mame Diarra Sow. Elle a été condamnée à un an de prison, dont six mois ferme, assorti d’une amende de 200 000 FCFA. Une sentence qui se veut exemplaire pour dissuader d’autres individus tentés par de telles pratiques d’escroquerie et d’usurpation de fonction.

Affaire Farba Ngom : Me Moussa Bocar Thiam dépose une plainte contre le juge Idrissa Diarra

L’affaire Farba Ngom, déjà au cœur de vives polémiques, vient de connaître un nouveau rebondissement. L’avocat Me Moussa Bocar Thiam a en effet annoncé avoir déposé une dénonciation-plainte contre le magistrat Idrissa Diarra, président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier. La plainte, adressée à l’Inspection générale de l’administration de la justice (IGAJ), vise à dénoncer ce que l’avocat qualifie de manquements graves dans la conduite de la procédure impliquant l’ancien député de l’Alliance pour la République (APR).

Dans sa déclaration, Me Thiam affirme avoir « dénoncé des infractions à l’IGAJ pour l’ouverture d’une enquête sur des faits graves » qu’il impute au magistrat Idrissa Diarra. Selon lui, ce dernier se serait rendu coupable de plusieurs délits dans la gestion du dossier Farba Ngom. Le premier reproche formulé concerne un refus de mise en liberté qu’il juge « injustifié », malgré la présentation de quatre avis médicaux alarmants attestant d’un état de santé incompatible avec la détention. Pour l’avocat, cette décision caractérise à elle seule trois infractions : un attentat à la liberté, une mise en danger de la vie d’autrui et une non-assistance à personne en danger.

Me Thiam dénonce également une inertie volontaire dans le traitement du dossier, soulignant qu’aucune audition n’a eu lieu au cours des dix derniers mois de la procédure d’information. Cette lenteur, selon lui, témoigne d’un manquement manifeste à la diligence que requiert la fonction de juge d’instruction. L’avocat parle de « déloyauté manifeste » contraire à la déontologie des magistrats, accusant le juge d’avoir violé les dispositions régissant l’éthique professionnelle dans la magistrature.

Pour appuyer ses accusations, Me Thiam rappelle que quatre experts médicaux distincts ont conclu à l’incompatibilité entre l’état de santé de Farba Ngom et les conditions de détention. Ils auraient, selon lui, établi un risque élevé de « mort subite en plein sommeil », un constat qui rend, d’après l’avocat, la détention de son client « inhumaine et arbitraire ». Il estime que le maintien en détention de l’ancien maire des Agnam s’apparente à un « acharnement » puni par l’article 106 du Code pénal, qui réprime les abus d’autorité et les comportements attentatoires à la dignité humaine.

Me Thiam va plus loin en accusant le juge Idrissa Diarra d’avoir agi sous influence politique. Il affirme que le magistrat aurait cédé à des « désirs politiques » émanant, selon lui, du Premier ministre Ousmane Sonko. Ce dernier, rappelle-t-il, avait récemment mis en cause les magistrats de la Cour suprême, les accusant de protéger le Pool judiciaire financier. L’avocat estime que cette pression politique aurait contribué à la radicalisation de la position du juge dans le dossier Farba Ngom.

Face à ces éléments, Me Thiam demande à l’Inspection générale de l’administration de la justice d’ouvrir une enquête approfondie sur les « agissements répréhensibles » du juge Idrissa Diarra. Il invite l’institution à examiner scrupuleusement les faits qu’il dénonce, considérant qu’ils constituent un manquement grave aux obligations déontologiques et éthiques imposées aux magistrats.

Affaire Maty Sarr Niang : le Tribunal de Pikine-Guédiawaye met en délibéré le procès pour diffamation au 9 décembre

Le Tribunal correctionnel de Pikine-Guédiawaye a examiné hier le dossier de la journaliste et chroniqueuse Maty Sarr Niang, poursuivie pour diffamation commise par voie de diffusion publique. L’affaire, qui implique également le journaliste Cheikhou Oumar Talla, animateur sur Feeling Dakar TV, ainsi que la chaîne elle-même, a été mise en délibéré au 9 décembre 2025, date à laquelle le verdict sera rendu.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, le procès trouve son origine dans une publication Facebook attribuée à Maty Sarr Niang. Dans ce message, il était affirmé que Lat Diop, ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), aurait remboursé cinq milliards de francs CFA à l’État du Sénégal, dans le cadre d’une affaire de détournement présumé de deniers publics, d’extorsion de fonds et de blanchiment de capitaux, tout en laissant encore deux milliards dus. Une publication jugée diffamatoire par l’intéressé, qui avait saisi la justice.

Pour rappel, Lat Diop avait été placé en détention le 26 septembre 2024 dans le cadre d’une enquête sur la gestion de la Lonase, avant d’être remis en liberté sous surveillance électronique le 6 novembre de la même année. Selon ses avocats, la publication litigieuse, attribuant des propos à son équipe de défense, aurait été largement diffusée sur les réseaux sociaux et reprise par plusieurs médias en ligne, contribuant à ternir son image alors qu’il se trouvait encore en détention.

Face au tribunal, Maty Sarr Niang, âgée de 41 ans, a reconnu être administratrice de la page Facebook concernée, mais a nié être l’auteure de la publication incriminée. Elle a expliqué avoir confié la gestion de ses comptes à deux jeunes collaborateurs, un homme et une femme, durant sa période de détention entre juin 2023 et mars 2024. Ces derniers, selon elle, disposaient de tous ses identifiants, téléphones et connexions pour assurer la continuité de son activité sur les réseaux sociaux.

« Je n’étais pas au courant de la publication avant sa suppression. Ce sont eux qui géraient la page à mon insu », a-t-elle déclaré à la barre. Elle a ajouté qu’elle versait à chacun de ces “community managers” un salaire mensuel de 100 000 francs CFA pour leur service.

Mais pour la partie civile, ces arguments ne tiennent pas. L’avocat de Lat Diop a soutenu que la publication attribuait faussement des propos à la défense de son client et visait à influencer l’opinion publique pendant que ce dernier était privé de liberté. « Ces messages ont été diffusés dans un contexte sensible, dans le but évident de salir la réputation de M. Lat Diop », a affirmé l’avocat, ajoutant que son client, dans un souci d’apaisement, ne réclame plus 200 millions de francs CFA comme dommages-intérêts, mais un franc symbolique en guise de réparation morale.

Le dossier ne concerne pas uniquement Maty Sarr Niang. Le journaliste Cheikhou Oumar Talla, animateur sur Feeling Dakar TV, est également cité à comparaître pour avoir relayé et commenté la publication lors d’une émission en direct. D’après le procès-verbal, il aurait déclaré que « la Lonase était gérée comme une vache laitière sous la direction de Lat Diop ». Malgré une citation reçue en personne, il ne s’est pas présenté à la barre. La chaîne Feeling Dakar TV, en tant que personne morale, est poursuivie pour complicité de diffusion de propos diffamatoires.

Le procureur de la République a requis une application stricte de la loi, estimant que les faits sont établis et que la publication avait pour but de nuire. « Les propos ont été diffusés, relayés et amplifiés ; ils ont eu un impact réel sur la réputation d’un individu », a-t-il martelé.

En défense, l’avocat de Maty Sarr Niang a plaidé la bonne foi et souligné l’absence de preuve technique liant directement sa cliente à la publication. « Rien ne prouve que c’est elle qui a posté le message. Il n’existe ni capture d’écran, ni lien, ni preuve numérique. Nous sommes dans une ère où les outils numériques, l’intelligence artificielle et les mécanismes de suppression automatique compliquent la traçabilité », a-t-il argumenté. Selon lui, son adversaire a simplement voulu faire de Maty Sarr Niang une cible médiatique : « Lat Diop s’est réveillé un matin en disant : “Maty Sarr Niang m’a diffamé.” »

La défense a ainsi appelé le tribunal à faire preuve de bienveillance, en rappelant la distinction fondamentale entre liberté d’informer et intention de nuire.

Le Tribunal correctionnel de Dakar libère le chroniqueur Abdou Nguer après sa condamnation à une peine déjà purgée

Le Tribunal correctionnel de Dakar a rendu, ce mercredi 12 novembre 2025, son verdict dans l’affaire opposant le chroniqueur Abdou Nguer et son co-prévenu Pape Amadou Ndiaye Diaw au ministère public. Après plusieurs semaines d’audience et de plaidoiries nourries, le juge a décidé de relaxer les deux prévenus des chefs d’accusation de diffusion de fausses nouvelles et d’apologie au crime. En revanche, Abdou Nguer a été déclaré coupable du délit d’offense au chef de l’État et condamné à six mois de prison, dont trois mois ferme, assortis d’une amende de 200 000 francs CFA.

Une décision qui, selon le tribunal, tient compte du caractère attentatoire aux institutions républicaines des propos tenus par le chroniqueur sur les réseaux sociaux. Toutefois, la peine ayant été intégralement purgée durant sa détention préventive, Abdou Nguer recouvre immédiatement la liberté.

Son co-prévenu, Pape Amadou Ndiaye Diaw, a quant à lui été entièrement blanchi de toutes les accusations portées contre lui. Le juge a estimé qu’aucun élément matériel ne permettait d’établir sa responsabilité dans les faits poursuivis.

À la sortie du tribunal, l’un des avocats de la défense, Me Alioune Badara Fall, n’a pas caché sa frustration face à ce qu’il considère comme une décision partiellement injuste. « C’est une déception. Parce qu’il aurait dû être relaxé pour tous les chefs. Mieux, le délit de diffusion de fausses nouvelles, pour lequel il a été arrêté, a été écarté par le juge, tout comme celui d’apologie au crime. Cela va sans dire que sa détention était arbitraire », a-t-il déclaré à la presse.

Cette affaire avait suscité un vif débat dans l’espace public, plusieurs organisations de défense des droits humains et acteurs de la société civile dénonçant une atteinte à la liberté d’expression. Les partisans d’Abdou Nguer avaient multiplié les appels à sa libération, estimant que son interpellation relevait davantage d’une volonté d’intimidation que d’une infraction réelle.

Affaire de viol à Thiès : six ans de réclusion pour A. G., le neveu qui abusait de sa tante sous prétexte de rituel mystique

La Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Thiès a rendu ce mardi son verdict dans une affaire qui a profondément choqué l’opinion locale. A. G., un homme âgé d’une trentaine d’années, était poursuivi pour viols répétés sur la femme de son oncle. Après trois ans de détention provisoire, la justice a finalement tranché : l’accusé a été reconnu coupable et condamné à six ans de réclusion criminelle.

Le délibéré faisait suite à l’audience du 28 octobre 2025, au cours de laquelle le ministère public avait requis une peine de quinze ans de prison. Le juge n’a cependant pas suivi intégralement les réquisitions du procureur de la République, estimant que les éléments du dossier justifiaient une condamnation moins lourde.

Les faits remontent à 2022. Selon le dossier d’instruction, A. G. aurait profité de la confiance que lui accordait sa tante, R. C., l’épouse de son oncle, pour l’abuser sexuellement à plusieurs reprises. La victime a raconté à la barre comment son neveu lui avait proposé de rencontrer un marabout censé l’aider à « consolider son ménage », qui traversait alors une période difficile. Dans ce cadre, il lui aurait parlé d’un prétendu « rituel mystique » impliquant des rapports sexuels avec un homme autre que son époux afin de chasser les mauvais esprits et renforcer les liens conjugaux.

C’est sous le couvert de ce stratagème, selon les déclarations de la plaignante, qu’A. G. aurait réussi à entretenir des rapports sexuels avec elle à trois reprises. Des relations qu’elle dit avoir subies sous l’emprise de la peur et de la manipulation mystico-religieuse.

Mais les agissements de l’accusé ne se seraient pas limités à cette seule victime. L’enquête a révélé qu’il aurait tenté d’utiliser le même procédé auprès d’une autre femme mariée, l’épouse d’un marabout établi à Thiès. Ce dernier, cité comme témoin à la barre, a affirmé avoir surpris A. G. « presque nu » dans sa chambre conjugale, prêt à passer à l’acte. Cette scène, décrite avec précision lors du procès, a renforcé les soupçons du tribunal sur les méthodes employées par l’accusé.

Face aux juges, A. G. a nié catégoriquement les faits, évoquant une « machination » montée contre lui. Ses dénégations n’ont cependant pas convaincu la Chambre criminelle, qui a estimé que les témoignages concordants de la victime et du marabout, ainsi que les circonstances du dossier, établissaient suffisamment sa culpabilité.

Le verdict est tombé : six années de réclusion criminelle, une peine qui reste bien en deçà des quinze ans requis par le parquet, mais qui marque la reconnaissance par la justice de la gravité des faits.

Liberté provisoire suspendue : Badara Gadiaga devra encore patienter

Le chroniqueur Badara Gadiaga devra encore passer quelques jours derrière les barreaux. Alors que le doyen des juges du tribunal de Dakar avait ordonné, il y a quelques jours, sa mise en liberté provisoire assortie du port d’un bracelet électronique, le parquet a décidé de faire appel de cette décision. Une démarche qui suspend automatiquement l’exécution de l’ordonnance jusqu’à l’examen de la requête par la chambre d’accusation.

Poursuivi pour des propos jugés contraires aux bonnes mœurs, Badara Gadiaga est détenu depuis le 14 juillet 2025 à la suite d’une vive polémique née sur le plateau de l’émission « Jakaarlo ». Ce soir-là, un débat houleux autour de l’affaire Adji Sarr avait opposé le chroniqueur à l’ancien député Amadou Bâ, aujourd’hui ministre de la Culture. Les échanges, particulièrement tendus, avaient provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux, conduisant finalement à son interpellation.

Depuis son incarcération, plusieurs voix se sont élevées pour réclamer sa libération, dénonçant un « acharnement » contre un journaliste connu pour ses prises de position tranchées. Ses avocats, pour leur part, continuent de plaider en faveur d’un respect strict des droits de la défense et se disent confiants quant à l’issue de la procédure d’appel.

Pape Malick Ndour placé sous surveillance électronique après sa libération provisoire

Libéré vendredi dernier à la suite d’une ordonnance de mise en liberté provisoire assortie du port d’un bracelet électronique, l’ancien coordonnateur du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac), Pape Malick Ndour, a fait sa première comparution post-libération ce lundi au pool judiciaire financier.

Devant le président du collège des juges d’instruction, la pose effective du dispositif de surveillance électronique a été effectuée, conformément à la décision judiciaire rendue en fin de semaine dernière. Cette mesure marque une nouvelle étape dans le cadre de la procédure judiciaire visant l’ancien responsable du Prodac, poursuivi pour des faits d’une particulière gravité.

Pape Malick Ndour est en effet inculpé pour association de malfaiteurs, escroquerie sur des deniers publics et blanchiment de capitaux. Des accusations liées à la gestion du Prodac, un programme public censé favoriser l’emploi des jeunes à travers le développement de domaines agricoles dans différentes régions du Sénégal.

Selon les informations disponibles, le procureur de la République financier avait, dans son réquisitoire introductif, requis le placement sous mandat de dépôt de l’ex-coordonnateur. Cependant, le juge d’instruction a finalement opté pour une libération sous contrôle électronique, estimant que cette mesure suffisait à garantir sa disponibilité pour les besoins de l’enquête, tout en respectant la présomption d’innocence.

La décision de libération provisoire a suscité diverses réactions dans les milieux judiciaires et politiques, certains y voyant un signe d’apaisement dans le traitement des dossiers financiers en cours, tandis que d’autres estiment qu’il s’agit simplement d’une mesure procédurale classique dans le cadre d’un dossier toujours en instruction.

Affaire LONASE : Lat Diop retrouve la liberté après le rejet du pourvoi du Parquet général par la Cour suprême

L’ancien Directeur général de la Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE), Lat Diop, a recouvré la liberté ce vendredi, après plusieurs mois passés en détention. Sa libération intervient à la suite du rejet du pourvoi en cassation introduit par le Parquet général auprès de la Cour suprême, confirmant ainsi la décision antérieure de mise en liberté sous bracelet électronique.

Poursuivi pour extorsion de fonds, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux, l’ancien ministre des Sports sous le régime de Macky Sall faisait face à de graves accusations portant sur un montant estimé à près de 8 milliards de francs CFA. Ces fonds, selon l’accusation, auraient été détournés dans le cadre de la gestion des ressources internes et externes de la LONASE durant sa direction.

Arrêté et placé sous mandat de dépôt le 26 septembre 2024, Lat Diop avait depuis été maintenu en détention dans le cadre d’une procédure judiciaire complexe. Ses avocats avaient introduit plusieurs demandes de liberté provisoire, rejetées à plusieurs reprises avant qu’un juge d’instruction ne décide de le placer sous bracelet électronique. Cette mesure alternative avait ensuite été contestée par le Parquet général, qui avait introduit un pourvoi devant la Cour suprême.

Mais la plus haute juridiction du pays a finalement confirmé la décision du juge d’instruction, ouvrant la voie à la remise en liberté de Lat Diop. Sa réapparition publique ce vendredi marque donc un tournant dans une affaire qui a longtemps alimenté les débats sur la gouvernance des sociétés nationales et la reddition des comptes des anciens responsables sous le régime précédent.

Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été faite par l’ancien ministre, qui reste toutefois sous contrôle judiciaire et toujours poursuivi dans le cadre de la procédure engagée par le Pool judiciaire financier. Sa défense, de son côté, se dit confiante et espère que les étapes suivantes permettront de « rétablir la vérité sur un dossier monté de toutes pièces », selon les termes d’un de ses avocats.

Sénégal – Affaire DAGE : la Cour suprême rejette le pourvoi du parquet, Ndèye Yacine Guèye reste en liberté sous contrôle judiciaire

La Cour suprême a tranché, ce jeudi 6 novembre 2025, dans le dossier très médiatisé impliquant Ndèye Yacine Guèye, ancienne directrice de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE) du ministère de l’Enseignement supérieur, ainsi que plusieurs fournisseurs, dont Mohamed Saleh et Mohamed Fall. Saisie d’un recours introduit par le procureur général, la chambre pénale de la haute juridiction a finalement rejeté le pourvoi du parquet général, confirmant ainsi la décision de mise en liberté sous contrôle judiciaire des mis en cause.

À l’origine, le juge du 5e cabinet du Pool judiciaire financier avait ordonné la mise sous contrôle judiciaire de Ndèye Yacine Guèye et de ses coaccusés, une mesure que le ministère public avait vivement contestée. Estimant que les faits reprochés – portant sur de présumés détournements de deniers publics estimés à plus d’un milliard de francs CFA – justifiaient un maintien en détention, le parquet avait interjeté appel de cette décision.

Cependant, la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar avait confirmé, le 6 août 2025, les ordonnances du juge d’instruction, estimant que les conditions légales d’une détention préventive n’étaient pas réunies. Cette confirmation n’avait pas satisfait le parquet général, qui avait décidé de se pourvoir en cassation devant la Cour suprême.

Lors de l’audience du 6 novembre, la haute juridiction a déclaré le parquet général déchu de son pourvoi, mettant ainsi un terme à sa démarche. En d’autres termes, le recours du ministère public a été jugé irrecevable, ce qui confirme définitivement la liberté provisoire accordée aux mis en cause dans cette affaire.

Défendue par un collectif d’avocats composé notamment de Maîtres Alphonse Faye et El Hadj Dièye, Ndèye Yacine Guèye demeure donc en liberté sous contrôle judiciaire, en attendant la suite de la procédure au fond.

Affaire Prodac : Pape Malick Ndour placé en garde à vue, soupçonné d’association de malfaiteurs et de détournement de deniers publics

L’ancien coordonnateur du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (Prodac), Pape Malick Ndour, a été placé en garde à vue ce jeudi, à la suite de son interpellation par les éléments de la Division des Investigations Criminelles (DIC). D’après des sources concordantes relayées par Seneweb, le coordonnateur des cadres de l’Alliance Pour la République (APR) est poursuivi pour association de malfaiteurs et complicité de détournement de deniers publics.

L’arrestation de Pape Malick Ndour s’inscrit dans le prolongement de l’enquête ouverte dans le cadre de la gestion du Prodac, un programme public censé promouvoir l’emploi des jeunes en milieu rural à travers la mise en place de fermes agricoles modernes. Cette affaire, déjà marquée par l’inculpation récente de Mamina Daffé, ancien directeur général du Prodac, connaît donc un nouveau rebondissement avec la mise en cause de l’ex-député et responsable politique de l’APR.

Selon les informations disponibles, Pape Malick Ndour passera la nuit dans les locaux de la DIC avant d’être présenté, ce vendredi, au juge d’instruction du premier cabinet du Pool Judiciaire Financier, sauf changement de programme. Il devrait être entendu sur des faits présumés de mauvaise gestion et de détournement de fonds publics liés à la mise en œuvre du programme.

Cette nouvelle arrestation ravive les débats autour de la gouvernance des anciens programmes d’investissement publics, souvent pointés du doigt pour leur manque de transparence et les soupçons de mauvaise gestion. Elle intervient également dans un contexte où les autorités judiciaires semblent déterminées à faire la lumière sur plusieurs dossiers financiers sensibles datant du précédent régime.

Pour rappel, le Prodac avait été lancé en grande pompe sous l’ancien président Macky Sall, avec l’ambition de créer des pôles agricoles intégrés capables de générer des milliers d’emplois pour les jeunes. Cependant, au fil des années, le programme a été éclaboussé par plusieurs polémiques, notamment liées à la gestion des financements et à la réalisation effective des projets annoncés.

Pape Malick Ndour interpellé par la DIC dans le cadre d’une enquête sur le PRODAC

Sous le coup d’une délégation judiciaire, Pape Malick Ndour a été arrêté ce jeudi par des éléments de la Division des Investigations Criminelles (DIC). Selon des sources proches de l’enquête citées par Seneweb, l’ancien ministre de la Jeunesse et actuel coordonnateur national des cadres de l’Alliance Pour la République (APR) est entendu sur sa gestion à la tête du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (PRODAC).

L’audition de M. Ndour, qui a débuté dans la journée, se poursuit encore en fin d’après-midi, aux environs de 15h34. D’après les premières informations, cette convocation s’inscrit dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte pour faire la lumière sur plusieurs aspects liés à la gestion financière et administrative du PRODAC, un programme phare de l’État sénégalais destiné à promouvoir l’emploi des jeunes dans le secteur agricole.

Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer d’éventuelles irrégularités dans la passation de marchés et l’exécution de projets sous sa direction. Plusieurs documents comptables et rapports de gestion auraient été requis par les autorités judiciaires pour examen.

L’ancien ministre, qui a souvent défendu la transparence de sa gestion, devra fournir des explications détaillées sur la période durant laquelle il dirigeait le programme. À l’issue de son audition, Pape Malick Ndour pourrait être placé en garde à vue ou faire l’objet d’une inculpation selon les conclusions des enquêteurs.

ASP / SOUPÇONS DE NÉPOTISME AUTRES FAITS PRÉSUMÉS : Le Capitaine Touré, entendu par la Sûreté urbaine

Quelques mois après les réformes engagées à son arrivée à la tête de l’Agence dassistance à la sécurité de proximité (ASP), le capitaine Seydina Oumar Touré fait lobjet de nouvelles allégations portant sur sa gestion. Le directeur général affirme avoir saisi la justice pour « diffusion de fausses nouvelles » et avoir été entendu par la Sûreté urbaine.

Il y a environ neuf mois, nos confrères d’emedia.sn, citant le journal Source A, rapportaient des remous internes au sein de l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité (ASP). Le directeur général, le Capitaine Seydina Oumar Touré, conduisait alors une série de réformes qualifiées de controversées par certains agents. Entre licenciements, recrutements d’anciens militaires, réorganisation de l’organigramme et gestion du parc automobile, la direction de l’agence faisait l’objet de multiples critiques.

Dès sa prise de fonctions, le Capitaine Touré aurait procédé à une refonte en profondeur de l’organigramme de l’ASP. Plusieurs directeurs auraient été rétrogradés, notamment celui de la planification, tandis que l’ancien Directeur administratif et financier (DAF) aurait été remplacé par un auditeur interne, lui-même relevé de ses fonctions quelques mois plus tard. Certains responsables auraient vu leur rémunération réduite ou auraient été affectés en dehors de Dakar, en raison, selon Emedia, d’une incompatibilité d’humeur avec le nouveau directeur général.

Face à ces griefs présumés, le Capitaine Touré assumait ses choix, estimant que « le décret instituant l’ASP parle de gouvernance sécuritaire de proximité » et que, pour remplir cette mission, « l’organigramme devait être corrigé ». Mis en cause pour avoir écarté des cadres pour des motifs supposément politiques, il déclarait : « je suis un homme politique, nommé ici. Certains dénigrent le régime en place dans leurs discours, ce n’est pas possible. J’ai étudié le profil de chacun. »

S’agissant des réaffectations, il précisait : « si un directeur accepte d’être affecté ailleurs, son salaire s’adapte au poste occupé. Ceux qui refusent peuvent démissionner ou introduire un recours. » Le directeur général justifiait par ailleurs le recrutement d’anciens militaires radiés, citant notamment le soldat Mouhamadou B. Kanté et le caporal Ousseynou Fall, au motif de renforcer la discipline au sein de l’agence : « L’ASP manquait de rigueur, il fallait y remédier. »

Interrogé sur la présence de chroniqueurs médiatiques au sein de l’agence, il avait également tranché : « J’ai demandé à ceux qui étaient devenus chroniqueurs de quitter les médias. »

La gestion du parc automobile n’échappait pas non plus aux interrogations. La possession de véhicules de type Toyota V6, Fortuner ou double cabine suscitait des critiques, tout comme la vente de treize voitures, aujourd’hui au centre d’une procédure judiciaire initiée par le capitaine Touré lui-même, qui dit vouloir faire toute la lumière sur d’éventuelles irrégularités.

Malgré les contestations, le directeur général de l’ASP est demeuré ferme, affirmant vouloir poursuivre sa réforme et consolider la mission de sécurité de proximité au Sénégal.

LA PLAINTE À LA SÛRETÉ URBAINE

Récemment, ces mêmes allégations ont refait surface, assorties cette fois-ci d’accusations de népotisme présumé, entre autres. Sollicité par Le Dakarois Quotidien, le Capitaine Touré a indiqué avoir déposé une plainte pour « diffusion de fausses nouvelles » auprès de la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar, par l’entremise de son avocat, Me Moussa Sarr. Il précise avoir été entendu ce mercredi 5 novembre dans le cadre de cette procédure visant, selon ses termes, « les organes et personnes ayant diffusé ces informations ».

Invité par notre rédaction à partager une copie de la plainte afin d’en informer l’opinion publique, le directeur général a décliné, arguant que la diffusion du document « [risquerait] de décrédibiliser l’enquête », tout en nous invitant à nous rapprocher de la Sûreté urbaine pour toute vérification.

Toutefois, la rédaction du Dakarois Quotidien a tenu à rappeler que la transmission d’une copie de plainte ne saurait en aucun cas compromettre une enquête en cours, dès lors qu’il ne s’agit pas d’en divulguer le contenu confidentiel, mais simplement d’en attester l’existence, conformément aux principes de transparence et de rigueur journalistique. Cette pratique, courante dans le métier, s’inscrit dans le strict respect des règles déontologiques.

Malgré ces précisions, le Capitaine Touré a maintenu sa position, préférant ne pas partager le document, estimant cela pourrait porter atteinte au bon déroulement de la procédure.

Quoiqu’il en soit, Le Dakarois Quotidien demeure attentif à l’évolution de ce dossier et y reviendra dès que de nouveaux éléments seront disponibles, notamment la communication d’une version officielle de l’ASP ou la mise à disposition d’une copie de la plainte déposée par le Capitaine Seydina Oumar Touré.

Penda THIAM

L’Union des Magistrats Sénégalais dénonce les attaques contre un magistrat sur les réseaux sociaux

L’Union des Magistrats Sénégalais (UMS) a exprimé, dans un communiqué daté du 5 novembre 2025, sa ferme condamnation à la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux d’une publication mettant en avant la photographie d’un magistrat de la Cour des Comptes, accompagnée de propos qualifiés de malveillants.

L’organisation professionnelle dénonce avec vigueur ces agissements, estimant qu’ils portent atteinte à la dignité de la magistrature et témoignent d’un mépris manifeste pour les principes fondamentaux qui régissent la Justice, notamment l’indépendance et l’impartialité des magistrats.

Pour l’UMS, il est inacceptable que des magistrats, soumis uniquement à l’autorité de la loi, soient publiquement exposés, identifiés et pris à partie sur les réseaux sociaux pour des actes accomplis dans l’exercice normal de leurs fonctions. Selon le communiqué, de tels comportements risquent de jeter le discrédit sur l’institution judiciaire et de fragiliser la confiance des citoyens en la Justice, ce qui ne saurait être toléré dans un État de droit.

Mission internationale sur la détention de Farba Ngom et Moustapha Diop : le cabinet Vey & Associés mandate le professeur Mads Andenæs

Le cabinet d’avocats Vey & Associés a annoncé, ce mercredi 5 novembre 2025, le lancement d’une mission indépendante d’évaluation sur la situation des détenus Farba Ngom et Moustapha Diop. Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre d’une démarche internationale de défense des droits humains, sera conduite à Dakar les 5 et 6 novembre 2025 par le professeur Mads Andenæs, juriste de renommée mondiale et expert en droit international des droits de l’homme et en matière de détention arbitraire.

Selon le communiqué publié par le cabinet, cette mission vise à « documenter la situation individuelle » des deux personnalités politiques actuellement détenues, tout en évaluant le contexte plus large des atteintes aux libertés publiques observées au Sénégal. Le professeur Andenæs, ancien rapporteur spécial des Nations unies sur la détention arbitraire, mènera plusieurs entretiens avec des acteurs institutionnels, des représentants de la société civile et des proches des détenus afin d’établir un rapport exhaustif sur les conditions de détention et le respect des garanties judiciaires.

Le document précise que « les conclusions de cette mission feront l’objet d’un rapport d’évaluation indépendant, qui sera transmis aux instances internationales compétentes », notamment au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et au Groupe de travail sur la détention arbitraire.

Le cabinet Vey & Associés rappelle également avoir adressé, le 9 octobre 2025, deux courriers officiels à la justice sénégalaise, exigeant la libération immédiate de Farba Ngom et de Moustapha Diop. Les avocats y dénonçaient une « procédure dépourvue de fondement juridique et contraire aux engagements internationaux du Sénégal », faisant référence aux conventions internationales ratifiées par le pays, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Cette mission intervient dans un climat politique tendu, marqué par de vives critiques de la part d’organisations de défense des droits humains et d’acteurs politiques dénonçant un durcissement de l’appareil judiciaire. Pour le cabinet Vey & Associés, l’objectif est de contribuer à une évaluation objective et indépendante de la conformité des procédures sénégalaises aux standards internationaux, dans l’espoir de favoriser un règlement conforme au droit et respectueux des libertés fondamentales.

Babacar Fall porte plainte contre Serigne Saliou Guèye pour diffamation

Le journaliste et directeur de la rédaction de la Radio Futurs Médias (Rfm), Babacar Fall, a décidé de porter plainte contre le directeur de publication du quotidien Yoor Yoor, Serigne Saliou Guèye. La plainte, déposée devant la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), fait suite à des déclarations jugées diffamatoires à l’encontre du journaliste de la Rfm.

Selon les éléments contenus dans la plainte, Babacar Fall reproche à Serigne Saliou Guèye d’avoir diffusé, sur la page Facebook du journal Yoor Yoor, des propos portant atteinte à son honneur et à sa réputation. Le directeur de publication y affirmait en effet que « Babacar Fall avait piqué une crise, avait été hospitalisé et serait libéré pour raison médicale ».

Dans un premier temps, le journaliste de la Rfm avait choisi de ne pas réagir, estimant qu’il valait mieux faire preuve de retenue et d’esprit de dépassement face à ce qu’il qualifie de « déclarations fallacieuses ». Cependant, il dit avoir été profondément surpris et attristé de constater que Serigne Saliou Guèye a réitéré ses propos, cette fois dans une chronique publiée le vendredi 31 octobre 2025 sur le site Sénégal7.

Dans cette chronique, Serigne Saliou Guèye aurait de nouveau déclaré : « Je persiste et signe que le sieur Babacar Fall a fait une crise et il a été libéré sur avis médical. » Une réaffirmation qui, selon le plaignant, dépasse les limites de la liberté d’expression et constitue une atteinte directe à sa dignité professionnelle et personnelle.

Face à cette répétition de propos qu’il juge mensongers et diffamatoires, Babacar Fall a donc décidé de saisir la justice pour faire valoir ses droits et obtenir réparation. La Division spéciale de la cybersécurité, compétente en matière de délits commis sur internet, est désormais chargée de l’enquête.

La coopération allemande (GIZ) équipe le Centre de formation judiciaire pour renforcer la formation à distance des greffiers

Une cérémonie officielle de remise de matériel informatique offert par la coopération allemande (GIZ) s’est tenue ce mercredi 5 novembre 2025 au Centre de formation judiciaire (CFJ). L’événement, présidé par le directeur général du CFJ, Souleymane Teliko, a vu la participation du représentant de la GIZ, docteur Mathias Mühlhans, en présence de plusieurs responsables du secteur judiciaire.

Cette remise de matériel s’inscrit dans le cadre du Programme national de requalification des greffiers et autres agents du personnel judiciaire, un projet issu des discussions entre le ministère de la Justice et le corps des greffiers. Ce programme vise à offrir une formation complémentaire aux agents concernés afin de leur permettre d’accéder à une catégorie supérieure, dans une perspective de revalorisation et de professionnalisation du corps judiciaire.

Grâce à l’appui matériel et technique de la GIZ, le Centre de formation judiciaire pourra désormais déployer des formations à distance à l’échelle nationale, ouvrant ainsi une nouvelle ère dans la modernisation du système judiciaire sénégalais. Cette innovation facilitera l’accès à la formation continue pour les greffiers et autres personnels judiciaires, même ceux exerçant dans les juridictions les plus éloignées du pays.

Lors de la cérémonie, le directeur général du CFJ, Souleymane Teliko, a salué cette initiative qu’il qualifie de « pas de plus vers la modernisation de la formation judiciaire ». Il a exprimé sa gratitude envers la GIZ pour ce soutien constant, précisant que « ce lot d’équipements important vient renforcer nos capacités techniques et matérielles, et contribue surtout à moderniser notre dispositif de formation ». Il a ajouté que cette remise concrétise la mise en œuvre de l’accord conclu entre les syndicats du personnel de la justice et le gouvernement, visant à garantir une formation continue et équitable pour l’ensemble des agents du secteur.

« Il est prévu d’assurer une formation au profit de tout le personnel judiciaire réparti sur l’ensemble du territoire. Ce matériel nous permettra de disposer d’un dispositif de formation à distance adéquat et performant », a déclaré M. Teliko, soulignant ainsi la portée stratégique de cette dotation.

Prenant la parole à son tour, le docteur Mathias Mühlhans, responsable du projet Renforcement de l’État de droit à la GIZ, a réaffirmé l’engagement de la coopération allemande aux côtés du CFJ. Selon lui, cette remise de matériel illustre « la solidité et la continuité d’un partenariat de longue date entre la GIZ et le Centre de formation judiciaire ». Il a rappelé que la GIZ considère le CFJ comme « l’un de ses partenaires les plus importants dans le secteur de la justice » et qu’elle continuera à accompagner ses efforts en matière de formation, de renforcement des capacités et de promotion de l’État de droit.

Le matériel remis comprend notamment des ordinateurs fixes, des ordinateurs portables et un scanner, pour une valeur totale estimée à 30 millions de francs CFA, dont 13 millions représentent ce premier lot officiellement livré.

Affaire Soya Diagne : le journaliste sera entendu au fond le 11 novembre

Placé sous mandat de dépôt depuis le 16 octobre 2025 pour diffusion de fausses nouvelles, le journaliste Soya Diagne, administrateur général du site LeDakarois221, sera entendu au fond le 11 novembre prochain par le juge d’instruction. Cette audition marquera une étape importante dans une affaire qui suscite de nombreux commentaires au sein du milieu médiatique et sur les réseaux sociaux.

Le doyen des juges d’instruction du tribunal de Dakar avait en effet décidé d’ouvrir une information judiciaire contre le journaliste à la suite de la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’allégations graves de viol visant une ressortissante rwandaise. Ces accusations avaient été attribuées au président d’une institution nationale du Sénégal. Selon l’enquête préliminaire, ces informations se sont révélées fausses.

À l’origine de la polémique, une publication de l’activiste Ousseynou Seck, alias “Akhenaton”, qui avait d’abord relayé lesdites accusations avant que Soya Diagne ne les partage à son tour sur sa page Facebook personnelle. Cette reprise a conduit à l’ouverture d’une procédure judiciaire contre le journaliste, considérée par le parquet comme une diffusion publique de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public et à porter atteinte à la réputation d’une institution nationale.

Dans son réquisitoire introductif, le procureur de la République a également requis un mandat d’arrêt international contre Akhenaton, actuellement hors du territoire sénégalais. Il lui est reproché « la diffusion de fausses nouvelles, des discours contraires aux bonnes mœurs, ainsi que des actes et manœuvres de nature à jeter le discrédit sur les institutions ».

L’audition au fond de Soya Diagne, prévue le 11 novembre, sera donc décisive pour la suite de la procédure. Ses avocats, qui plaident la bonne foi de leur client, estiment que ce dernier n’a fait que relayer une information déjà publique et que son intention n’était nullement de nuire. Du côté du parquet, on considère au contraire que ce partage constitue un acte de diffusion délibéré d’une fausse nouvelle, passible de sanctions prévues par le Code pénal.

Affaire Ameth Ndoye : le chroniqueur placé sous bracelet électronique après des propos jugés offensants

Le chroniqueur Ameth Ndoye, âgé de 36 ans, a été déféré ce lundi au parquet après avoir passé le week-end en garde à vue. Il est poursuivi pour « offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du Chef de l’État » et « diffusion de fausses nouvelles », des faits liés à des déclarations tenues au cours d’une émission diffusée récemment.

Selon les sources proches du dossier, les propos incriminés visaient notamment le Premier ministre Ousmane Sonko. Les enquêteurs estiment que certaines affirmations de l’analyste politique, jugées injurieuses, dépassaient le cadre de la critique politique ordinaire et relevaient d’une atteinte à la dignité d’une autorité publique. Les éléments recueillis lors de l’enquête ont conduit le parquet à considérer qu’il existait des indices sérieux de culpabilité justifiant l’ouverture d’une information judiciaire.

Ameth Ndoye a été auditionné à plusieurs reprises au cours du week-end. Devant les enquêteurs, il a tenu à préciser le sens de ses propos, soutenant qu’il s’adressait non pas au Premier ministre dans sa fonction officielle, mais au chef du parti Pastef, Ousmane Sonko, dans le cadre du débat politique. Il a dénoncé une « instrumentalisation » de ses paroles et a assuré n’avoir eu aucune intention d’offenser une institution de la République.

À l’issue de son passage devant le doyen des juges, la décision a été prise de le placer sous bracelet électronique, une mesure de contrôle judiciaire qui lui évite la détention préventive mais restreint sa liberté de mouvement. Cette décision marque une nouvelle étape dans la procédure engagée à son encontre, qui s’annonce particulièrement suivie dans le milieu médiatique.

Affaire Madiambal Diagne : un vice de procédure qui pourrait tout changer

L’affaire d’extradition visant le journaliste et homme d’affaires sénégalais Madiambal Diagne pourrait connaître un tournant majeur après une révélation faite à la sortie de son audience devant la Cour d’appel de Versailles. Devant la presse, l’ancien patron du Groupe Avenir Communication a affirmé que le mandat d’arrêt international lancé contre lui aurait été transmis aux autorités françaises dès le 25 septembre, soit un jour avant sa signature officielle par le juge d’instruction sénégalais, datée du 26 septembre. Ce décalage d’une journée, en apparence mineur, pourrait pourtant avoir des conséquences juridiques considérables sur la validité de toute la procédure.

En droit, la régularité d’un mandat d’arrêt repose sur un principe fondamental : il ne peut être émis ni exécuté qu’après avoir été signé par une autorité judiciaire compétente. Si la chronologie avancée par Madiambal Diagne s’avère exacte, le document aurait été transmis avant même d’exister légalement. Une telle situation constituerait une irrégularité manifeste, susceptible d’entraîner la nullité du mandat pour vice de procédure. Dans ce cas, la défense pourrait soutenir que le mandat d’arrêt est juridiquement inexistant, puisqu’il aurait été diffusé sans base légale ni autorisation judiciaire valable.

Sur le plan international, cette question de temporalité n’est pas anodine. Elle touche au cœur même des principes de légalité et de séparation des pouvoirs. En effet, la transmission prématurée d’un mandat émanant du pouvoir exécutif – en l’occurrence le ministère de l’Intérieur – avant la validation du pouvoir judiciaire, remettrait en cause l’indépendance de la justice et la régularité de la coopération entre États. En France, la jurisprudence de la Cour de cassation est claire : toute irrégularité substantielle dans l’émission ou la transmission d’un mandat étranger peut justifier un refus d’exécution par les juridictions nationales.

La Cour d’appel de Versailles, chargée d’examiner la demande d’extradition, devra donc apprécier si cette anomalie chronologique constitue une atteinte aux droits fondamentaux de la défense. Si les juges estiment que le mandat a effectivement été transmis avant sa signature, l’acte pourrait être annulé, rendant la procédure d’extradition caduque. Une telle décision renforcerait la thèse, déjà avancée par les avocats de Madiambal Diagne, selon laquelle cette affaire serait entachée d’irrégularités et de pressions politiques.

Pour la défense, ce possible vice de forme représente un argument décisif. Il pourrait non seulement bloquer la procédure d’extradition, mais aussi fragiliser la crédibilité de la coopération judiciaire entre la France et le Sénégal. Si la Cour confirme la nullité du mandat, Madiambal Diagne pourrait ainsi échapper à un retour forcé à Dakar et transformer ce qui semblait être une impasse judiciaire en victoire juridique.

Le “Lupin du Point E” enfin arrêté : la chute spectaculaire d’un voleur de génie

Il se faisait appeler Pape Ibrahima Dia, mais dans les commissariats de Dakar, on le surnommait déjà “le Lupin du Point E”. À 53 ans, cet homme à l’allure irréprochable, toujours bien mis, se présentait comme un simple agent commercial. En réalité, il était au centre d’une série de vols audacieux qui ont tenu en haleine plusieurs services de police et de gendarmerie. Son parcours criminel, marqué par une organisation méticuleuse et une audace rare, s’est brutalement interrompu le 22 octobre 2025, lors d’une opération menée dans une société informatique installée sur le campus universitaire.

Pendant des mois, son nom circulait sur les mains courantes de plusieurs commissariats. Les sociétés Karpowership Sénégal, Sablux Immo, Cofina et Sonatel du Point E avaient toutes signalé des vols mystérieux, commis en plein jour, sans effraction apparente. Les représentants des entreprises concernées – Aminata Gaye Tall, Mactar Touré, Hortense Ndèye Bineta Diatta et Amadou Damaravi Kane – décrivaient tous le même profil : un homme calme, sûr de lui, se présentant comme technicien ou agent de maintenance.

Le mode opératoire de Pape Ibrahima Dia relevait d’une véritable signature criminelle. Toujours à la même heure, entre 13h et 14h, au moment où les employés s’absentaient pour déjeuner ou participaient à des réunions, il se glissait dans les locaux. D’un pas assuré, il traversait les couloirs, inspectait les bureaux et repartait avec ordinateurs, téléphones et autres équipements électroniques. Sur les vidéos de surveillance, les enquêteurs découvriront un homme bien habillé, souvent muni d’une sacoche, évoluant avec une décontraction déconcertante. Aucun agent ne le connaissait, mais tous témoignaient de son sang-froid et de son élégance.

Face à la multiplication des plaintes, le commissaire Sow et ses hommes du commissariat du Point E décident de centraliser les informations. En recoupant les dossiers, ils réalisent que le même individu est activement recherché par plusieurs brigades de la région de Dakar. Une photo du suspect est alors diffusée aux sociétés et aux services de sécurité, avec la consigne d’avertir immédiatement la police en cas d’apparition. Cette coordination entre les forces de l’ordre finira par payer.

Le 22 octobre, un appel anonyme signale la présence du suspect dans une société informatique de l’université. Informé de la situation, le gérant garde son sang-froid et laisse le prétendu technicien évoluer dans les locaux, tout en alertant discrètement la police. Quelques minutes plus tard, les limiers du commissariat du Point E font irruption dans le bâtiment et interpellent le suspect en flagrant délit, alors qu’il s’apprêtait à s’emparer de plusieurs ordinateurs. Il n’oppose aucune résistance.

La perquisition de son appartement à la Cité Mixta, un logement cossu où il vivait seul, révèle l’ampleur de son activité. Les enquêteurs y découvrent une impressionnante collection d’ordinateurs portables, de téléphones, de tablettes et d’appareils électroniques, soigneusement rangés et classés. Confronté aux preuves, Pape Ibrahima Dia passe rapidement aux aveux.

« Je ciblai les sociétés, je repérais les heures de pause et j’entrais en me faisant passer pour un technicien. J’agissais seul », a-t-il déclaré froidement lors de son interrogatoire, selon les informations rapportées par L’Observateur.

Ainsi s’achève la carrière d’un homme que certains surnommaient avec ironie l’Arsène Lupin dakarois. De son élégance calculée à sa méthode quasi professionnelle, tout semblait le destiner à échapper à la justice. Mais son assurance, devenue excès de confiance, aura finalement causé sa perte.

Affaire Ahmet Ndoye : le chroniqueur déféré pour offense au Premier ministre et diffusion de fausses nouvelles

Le chroniqueur Ahmet Ndoye, âgé de 36 ans, a été déféré au parquet ce lundi après avoir passé le week-end en garde à vue. Il est poursuivi pour « offense à une personne exerçant tout ou une partie des prérogatives du Chef de l’État » et pour « diffusion de fausses nouvelles ». Le dossier a été ouvert à la suite d’une autosaisine du procureur de la République, consécutive à des déclarations faites par le journaliste le 27 octobre 2025, lors de l’émission Teranga Matinal.

Au cours de cette émission, Ahmet Ndoye s’était exprimé sur la récente sortie médiatique d’Ousmane Sonko, Premier ministre et président du parti Pastef. Selon lui, ses propos n’avaient rien d’offensant mais relevaient d’une analyse critique. « Nous parlions de la sortie du président de Pastef », a-t-il expliqué aux enquêteurs de la brigade de recherches, avant de préciser qu’il avait reproché à M. Sonko le motif qu’il avait avancé pour justifier son absence au Conseil des ministres, à savoir la fatigue. Le chroniqueur avait alors employé le terme « niak jom », une expression wolof pouvant signifier « sans vergogne » ou « dépourvu de courage », ce qui a suscité la controverse.

Face aux gendarmes, Ahmet Ndoye a tenu à nuancer ses propos : « Ce n’est pas le sens que je voulais donner. Mon intention était plutôt de lui rappeler les nombreux avantages dont il bénéficie, et qu’il ne devrait pas, compte tenu de cela, tenir de tels propos en public. En tant que citoyen, je pense qu’il ne devrait pas évoquer sa fatigue devant les Sénégalais. » Les enquêteurs lui ont cependant rappelé que de telles paroles pouvaient être perçues comme offensantes envers une autorité de l’État.

Le chroniqueur s’est défendu en expliquant qu’il ne s’adressait pas au Premier ministre en sa qualité de chef du gouvernement, mais plutôt au leader politique qui parlait à ses militants. « Premièrement, je ne m’adressais pas au Premier ministre en tant que tel, mais au chef de parti. Et s’il y a offense, elle concerne la personne d’Ousmane Sonko, qui n’est pas Président de la République. À ce titre, je ne pense pas que cela justifie une saisine du procureur. Toutefois, si monsieur Sonko estime avoir été offensé, il peut lui-même porter plainte », a-t-il soutenu, selon les informations rapportées par Libération.

L’affaire ne s’arrête pas là. Durant la même émission, Ahmet Ndoye avait également déclaré que les taxes collectées « allaient dans les poches du Premier ministre ». Une affirmation qui lui vaut l’accusation de diffusion de fausses nouvelles. Interrogé à ce sujet, il a reconnu avoir tenu ces propos mais a tenté de les contextualiser. « Ce n’est pas un secret de Dieu, dans la mesure où il dispose de fonds publics pour assurer son fonctionnement. Ses déplacements et certaines de ses activités sont effectivement financés par l’État, donc par les contribuables sénégalais. C’est dans ce sens que je parlais, et non pour dire qu’il garde personnellement l’argent dans sa poche », a-t-il précisé.

Harcèlement sexuel présumé : un industriel dakarois devant la justice

Le tribunal des flagrants délits de Dakar a examiné, ce lundi 3 novembre 2025, une affaire de harcèlement sexuel impliquant un industriel bien connu de la place, identifié sous les initiales P.M.T., directeur général d’une société installée dans la capitale. L’homme d’affaires est poursuivi pour harcèlement sexuel et voies de fait sur son ancienne employée, A.S., qui l’accuse d’avoir abusé de son autorité hiérarchique pour tenter d’obtenir des faveurs intimes.

Selon la plainte déposée par Me Abdou Dialy Kane, avocat de la plaignante, A.S. a été recrutée en avril 2024 comme responsable des opérations dans l’entreprise dirigée par P.M.T. Elle y aurait travaillé jusqu’en juillet de la même année, avant de démissionner, invoquant un climat de harcèlement moral et sexuel qu’elle ne pouvait plus supporter. D’après son récit, l’industriel aurait multiplié les avances, les propos déplacés et les gestes inappropriés, allant jusqu’à tenter de l’embrasser dans son bureau.

Près d’un an après son départ, A.S. affirme avoir été de nouveau contactée par son ancien employeur dans le cadre d’un dossier judiciaire. Ce dernier lui aurait proposé de revenir occuper ses anciennes fonctions, mais à une condition : être, selon ses mots, « plus intime » avec lui. Elle soutient également que P.M.T. l’aurait menacée de poursuites pour malversations financières si elle refusait sa proposition.

Pour étayer sa version, la plaignante a remis aux enquêteurs un enregistrement audio jugé compromettant, dans lequel on entend la voix de P.M.T. tenir des propos à connotation sexuelle. À la barre, le prévenu a reconnu être l’auteur de ces paroles, tout en niant tout harcèlement. Il a déclaré qu’il s’agissait de « plaisanteries » et qu’il cherchait, selon ses termes, à « l’humilier pour la repousser ».

P.M.T. a en outre accusé son ex-employée d’avoir détourné environ 70 millions de francs CFA au moyen de faux documents comptables. Il a soutenu qu’elle aurait tenté de le piéger en l’enregistrant à son insu lors de leur dernière rencontre.

Les avocats de la défense, Me Youssou Guéye et Me Thioub, ont plaidé la relaxe, estimant que les faits de harcèlement sexuel n’étaient pas constitués. Selon eux, aucun lien de subordination n’existait entre P.M.T. et A.S. au moment où les faits allégués se seraient produits, celle-ci n’étant plus salariée de l’entreprise.

La partie civile, représentée par Me Abdou Dialy Kane, a pour sa part insisté sur la gravité des actes reprochés à l’industriel. L’avocat estime que les menaces et chantages évoqués par sa cliente démontrent clairement une tentative d’obtenir des faveurs sexuelles en échange d’avantages professionnels. Il a demandé au tribunal d’accorder à sa cliente le franc symbolique en guise de réparation morale.

Le procureur de la République, soulignant la gravité des faits et l’atteinte à la dignité de la victime, a requis l’application stricte de la loi pénale. Selon lui, les éléments du dossier révèlent un abus d’autorité manifeste, incompatible avec les principes de respect et d’éthique attendus d’un chef d’entreprise.

Extradition de Madiambal Diagne : la Cour d’appel de Versailles reporte sa décision au 25 novembre

La Cour d’appel de Versailles a examiné, ce mardi 4 novembre 2025, la demande d’extradition visant le journaliste et homme d’affaires sénégalais Madiambal Diagne, président-directeur général du Groupe Avenir Communication. Réfugié en France depuis plusieurs mois, l’ancien directeur du quotidien Le Quotidien conteste la régularité du mandat d’arrêt international émis par la justice sénégalaise, qui l’accuse d’être impliqué dans des transferts financiers jugés suspects d’un montant avoisinant 12 milliards de F CFA. Ces opérations seraient liées à un marché de sous-traitance évalué à 21 milliards de F CFA conclu avec la société Ellipes Project.

L’affaire a pris une tournure plus dramatique lorsque son épouse et ses enfants, cités dans le dossier à travers la société civile immobilière (SCI) Pharaon, ont été arrêtés et placés sous mandat de dépôt à Dakar. Selon les autorités sénégalaises, cette structure aurait servi de couverture à une partie des transactions litigieuses.

Devant la Cour de Versailles, les avocats de Madiambal Diagne ont vigoureusement dénoncé un mandat d’arrêt « irrégulier et politiquement motivé ». Ils ont plaidé que leur client ne bénéficierait pas d’un procès équitable en cas de retour à Dakar, invoquant des violations potentielles du droit international et des principes fondamentaux de la Convention européenne des droits de l’homme. Pour appuyer leurs arguments, la défense a produit plusieurs éléments de preuve, notamment des vidéos et des captures issues des réseaux sociaux, censées démontrer les pressions exercées sur la presse sénégalaise et les conditions de travail devenues particulièrement hostiles pour les journalistes critiques du pouvoir.

Les avocats ont cité les exemples de Babacar Fall et Maimouna Ndour Faye, deux journalistes récemment arrêtés après avoir diffusé des entretiens avec Madiambal Diagne. Ces cas, selon eux, témoigneraient d’un climat d’intimidation généralisée et d’une justice instrumentalisée contre les voix dissidentes.

Face à la complexité du dossier et à la sensibilité politique de l’affaire, la Cour d’appel de Versailles a préféré surseoir à sa décision. Le verdict a été renvoyé au 25 novembre prochain, afin de permettre aux magistrats d’examiner en profondeur les arguments présentés par les deux parties et d’évaluer la conformité de la demande d’extradition aux standards européens en matière de justice et de droits de la défense.

Affaire Ameth Ndoye : le chroniqueur vers une instruction après un retour de parquet

Déféré ce lundi devant le Tribunal de grande instance de Dakar, le chroniqueur Ameth Ndoye a fait l’objet d’un retour de parquet, a-t-on appris de sources judiciaires concordantes. Selon les informations rapportées par Seneweb, le parquet a décidé de confier son dossier à un juge d’instruction, ouvrant ainsi une information judiciaire pour approfondir les faits qui lui sont reprochés.

Cette décision marque une nouvelle étape dans cette affaire qui suscite déjà un vif intérêt dans l’espace médiatique. Ameth Ndoye, connu pour ses prises de position tranchées sur les plateaux de télévision, est accusé d’avoir tenu des propos jugés irrespectueux à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko lors d’une émission diffusée récemment. Les déclarations du chroniqueur, perçues par certains comme outrageantes, ont provoqué de nombreuses réactions, alimentant le débat sur les limites de la liberté d’expression dans le paysage audiovisuel sénégalais.

Le ministère public, estimant que les faits nécessitent un examen approfondi, a donc décidé de ne pas procéder à une comparution immédiate. Le dossier sera désormais entre les mains d’un juge d’instruction, chargé d’enquêter sur la nature exacte des propos tenus et sur leur qualification pénale éventuelle.

En attendant cette instruction, Ameth Ndoye reste sous le coup de la procédure judiciaire. Selon des sources proches du dossier, il pourrait être à nouveau entendu dans les prochains jours, le temps que le juge désigné prenne connaissance du contenu des enregistrements et des éléments transmis par le parquet.

Affaire de la surfacturation du riz : le juge prononce un non-lieu, mais le parquet relance la procédure

Le feuilleton judiciaire de la prétendue surfacturation du riz connaît un nouveau rebondissement. Le juge d’instruction du premier cabinet a rendu une ordonnance de non-lieu, estimant que le dossier ne contient pas d’éléments suffisants pour justifier l’ouverture d’un procès. Selon le magistrat, l’enquête n’a pas permis d’établir la moindre infraction pénale, écartant ainsi toute responsabilité des principaux mis en cause.

Cette décision concerne notamment les importateurs Rayan Hachem, Moustapha Ndiaye et Mohamed Dieng, ainsi qu’Aliou Sow, ancien directeur de l’administration générale et de l’équipement (DAGE) au ministère du Développement communautaire, alors dirigé par Mansour Faye. Ces derniers, qui avaient été placés au cœur de l’affaire, sortent donc blanchis à ce stade de la procédure. Toutefois, cette issue provisoire ne marque pas la fin du dossier : le Parquet de la République a interjeté appel de l’ordonnance, prolongeant ainsi la bataille judiciaire autour de cette affaire très médiatisée.

L’affaire trouve son origine dans une commande de 30 000 tonnes de riz passée durant la pandémie de Covid-19, pour un montant d’environ 2,749 milliards de francs CFA. Cette opération, censée répondre à l’urgence d’approvisionnement en denrées alimentaires dans le cadre du plan de résilience économique et sociale, avait rapidement suscité la controverse. Des observateurs et acteurs de la société civile avaient dénoncé une possible surfacturation, évoquant l’absence d’appel d’offres, des écarts de prix significatifs par rapport aux standards du marché, ainsi qu’un manque de transparence dans les procédures de contrôle et d’exécution des marchés publics.

Au fil des mois, plusieurs protagonistes avaient été entendus par la justice, dont Moustapha Ndiaye, PDG de la société CCMN, fournisseur principal de la commande, et Aliou Sow, soupçonné d’avoir facilité certaines transactions au sein du ministère. Ces derniers avaient toujours clamé leur innocence, soutenant que toutes les procédures avaient été respectées dans un contexte d’urgence sanitaire.

L’ordonnance de non-lieu vient ainsi confirmer la thèse de l’absence de preuves tangibles contre les mis en cause. Néanmoins, la décision du parquet de faire appel ravive les tensions autour de cette affaire, dont les enjeux politiques et financiers demeurent considérables. En effet, le dossier a cristallisé une partie des critiques adressées à la gestion des fonds d’urgence durant la période du Covid-19, période déjà marquée par des soupçons de mauvaise gouvernance dans plusieurs programmes publics.

L’appel du parquet ouvre donc un nouveau chapitre judiciaire. Si la Cour d’appel venait à confirmer le non-lieu, les mis en cause seraient définitivement blanchis. En revanche, si la décision était infirmée, le dossier pourrait être rouvert, avec à la clé un éventuel procès. D’ici là, le débat public autour de la transparence dans la gestion des fonds d’État et des marchés publics reste plus que jamais d’actualité.

Tribunal de Dakar : Le commerçant Modou Yade condamné à trois mois de prison ferme pour propos injurieux sur TikTok

Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu, ce lundi, son verdict dans l’affaire opposant le commerçant Modou Yade à Modou Diouf, président du collectif Justice pour Lissa. Âgé de 40 ans, marié et père de neuf enfants, le prévenu était poursuivi pour discours contraire aux bonnes mœurs à la suite d’un live diffusé sur TikTok dans lequel il avait tenu des propos injurieux à l’encontre de la partie civile.

Tout est parti d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Dans ce direct, Modou Yade, connu pour être l’époux de Lissa Tine, portée disparue depuis plusieurs mois, s’en est violemment pris à Modou Diouf, qu’il a accusé d’instrumentaliser la disparition de sa femme. Il l’a traité de « tous les noms d’oiseaux », selon les termes de la partie civile.

À la barre, Modou Diouf a déclaré que ces propos avaient gravement porté atteinte à sa personne et à sa famille. Ses avocats, Maîtres El Hadj Diouf, Aboubacry Barro et Alioune Sawaré, ont estimé que de tels agissements ne sauraient rester impunis. Ils ont ainsi demandé au tribunal de déclarer Modou Yade coupable et de le condamner à verser 100 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts, tout en exigeant la suppression de la vidéo incriminée sur TikTok.

Entendu à son tour, le prévenu a reconnu les faits et présenté ses excuses publiques. Il a expliqué avoir agi « sous le coup de la colère » après avoir entendu la partie civile l’accuser, lors d’une émission, « d’avoir tué et enterré sa femme ». Une accusation qu’il a qualifiée de mensongère et profondément blessante.

Dans son réquisitoire, le procureur de la République a estimé que les faits étaient bel et bien constitués. Il a requis une peine de six mois de prison ferme assortie d’une amende de 200 000 francs CFA, soulignant la gravité du comportement du prévenu sur une plateforme suivie par des milliers d’internautes.

Pour leur part, les avocates de la défense, Maîtres Khady Sèye Diallo et Ndèye Arame Seck, ont plaidé l’excuse de la provocation. Elles ont soutenu que leur client, déjà éprouvé par la disparition de son épouse, a simplement réagi de manière impulsive à des accusations publiques extrêmement graves. Elles ont ainsi sollicité une application bienveillante de la loi pénale.

Après délibéré, le tribunal a reconnu Modou Yade coupable des faits qui lui sont reprochés. Il a été condamné à trois mois de prison ferme et à verser 10 millions de francs CFA à Modou Diouf à titre de dommages et intérêts. Le juge a toutefois réservé la demande de la partie civile relative à la suppression du live sur TikTok, indiquant qu’elle fera l’objet d’un examen ultérieur.

Mise en accusation de Macky Sall : Abdou Mbow fustige « l’ignorance » de l’opposition et défend la décision de l’Assemblée nationale

Le débat sur la tentative de mise en accusation de l’ancien président Macky Sall pour haute trahison continue de susciter des réactions au sein de la classe politique sénégalaise. Après le rejet du projet de résolution par le Bureau de l’Assemblée nationale, Abdou Mbow, député et cadre de l’Alliance pour la République (APR), a pris la parole pour défendre cette décision qu’il estime « conforme à la Constitution » et pour dénoncer, avec vigueur, l’attitude de certains députés de l’opposition qu’il accuse d’être « dans une ignorance totale du fonctionnement des institutions ».

Invité de l’émission Jury du Dimanche (JDD) du 2 novembre, le parlementaire a d’abord tenu à rappeler que, pour lui, « le débat est clos » et « ne mérite plus d’être poursuivi ». Selon Abdou Mbow, la proposition de mise en accusation introduite par certains députés, notamment ceux du camp du pouvoir actuel, n’avait aucune base juridique solide. « Nous sommes en face de députés qui sont dans une ignorance et qui s’entêtent dans leur ignorance », a-t-il lancé, non sans ironie. Il a qualifié la démarche de l’opposition d’« aberration », rappelant que la procédure engagée ne correspond à aucune disposition légale en vigueur.

Le député a insisté sur le fait que les parlementaires n’ont pas la compétence de déposer un projet de résolution visant à accuser un ancien président de la République. « Quand ils ont déposé ce projet, on avait dit que c’était une aberration. Le député n’a pas le droit de venir comme ça déposer un projet de résolution de mise en accusation pour haute trahison », a martelé Mbow, tout en soulignant que cette action relevait davantage de l’agitation politique que d’une véritable démarche institutionnelle.

Sur le fond du dossier, Abdou Mbow a soulevé une question essentielle : la définition juridique de la « haute trahison ». Selon lui, le concept reste flou dans le droit sénégalais. « Dans le code pénal sénégalais, dans le code de procédure pénale et dans la Constitution, on dit que le président de la République ne peut être jugé que pour haute trahison. Mais aujourd’hui, vous ne pouvez pas me dire c’est quoi la haute trahison dans ces textes », a-t-il déploré. Pour le député, cette absence de précision juridique rend toute tentative de mise en accusation juridiquement infondée et politiquement risquée.

L’ancien vice-président de l’Assemblée nationale a également tenu à clarifier les prérogatives du Bureau de l’institution, afin de répondre aux critiques de ceux qui estiment que ce dernier aurait dû examiner le fond du dossier avant de le rejeter. « J’ai entendu des députés, y compris de la majorité, dire que le Bureau n’est pas entré dans le fond. Mais ils ne comprennent pas ce que cela signifie. Le Bureau a seulement compétence pour examiner la recevabilité d’une proposition ou d’une résolution. C’est à la commission qu’on saisit le fond. Donc si le Bureau estime qu’un texte n’est pas recevable, il le rejette. C’est aussi simple que ça », a-t-il expliqué.

Pour Abdou Mbow, les députés de l’opposition, en s’entêtant sur cette question, démontrent une méconnaissance profonde du fonctionnement de la République et des institutions. Il les accuse d’alimenter un débat purement politicien, au détriment de la rigueur institutionnelle. « Quand on est incompétent, quand on est dans l’ignorance, quand on ne connaît pas comment fonctionne la République, l’Assemblée nationale et les lois, on se permet d’être dans des élucubrations inutiles », a-t-il fustigé.

En conclusion, le député de l’APR considère que cette tentative de mise en accusation est définitivement classée et ne mérite plus d’être évoquée. Pour lui, l’opposition « se joue du sérieux des institutions » en multipliant les polémiques sans fondement juridique. « L’affaire est close », a-t-il insisté, invitant ses collègues de l’opposition à recentrer leur action sur des questions plus constructives pour le pays, plutôt que de s’enliser dans des débats qu’il juge « stériles et politiciens ».

Affaire Ahmed Ndoye : le Forum du justiciable dénonce des propos « excessifs » mais appelle à la clémence

Le Forum du justiciable, par la voix de son président Babacar Bâ, est sorti de sa réserve pour réagir à la polémique provoquée par les déclarations du chroniqueur Ahmed Ndoye à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans une publication rendue publique ce vendredi sur sa page X (anciennement Twitter), Babacar Bâ a qualifié les propos du chroniqueur de « manifestement excessifs » et contraires à la retenue que requiert le débat démocratique, tout en appelant à un traitement mesuré de l’affaire.

Selon le président du Forum du justiciable, la liberté d’expression est un droit fondamental, mais elle ne saurait être exercée au détriment du respect dû aux institutions de la République. « La liberté d’expression est un droit constitutionnellement garanti, mais elle doit s’exercer avec responsabilité et discernement, surtout lorsqu’il s’agit d’évoquer des personnalités qui incarnent des institutions », a rappelé M. Bâ. Il a insisté sur le fait que la fonction de Premier ministre, en tant que pilier du pouvoir exécutif, commande une certaine considération, indépendamment des critiques que peut susciter l’action gouvernementale.

Dans son intervention, Babacar Bâ a également souligné l’importance du respect dans l’espace public. Il estime que le débat démocratique ne doit pas être confondu avec l’invective ou l’insulte, mais plutôt s’articuler autour d’arguments rationnels et constructifs. « Le Sénégal a besoin d’un espace public apaisé, où la confrontation des idées se fait dans la dignité, sans atteinte à l’honneur des personnes ni à celui des institutions », a-t-il indiqué.

Cependant, tout en condamnant la nature des propos tenus par Ahmed Ndoye, le président du Forum du justiciable a tenu à nuancer sa position en appelant à la clémence à l’égard du chroniqueur. « Dans un esprit d’apaisement et afin d’éviter la judiciarisation excessive de la liberté d’expression, nous appelons à la clémence pour la libération de Ahmed Ndoye », a-t-il plaidé. Babacar Bâ estime qu’une sanction sociale ou morale suffit dans ce genre de situation, afin de préserver la liberté d’expression tout en envoyant un signal fort sur la nécessité de la responsabilité médiatique.

Cette affaire intervient dans un contexte où les propos tenus sur les réseaux sociaux et les plateformes en ligne suscitent de vifs débats au Sénégal. Entre liberté d’expression et respect des institutions, la frontière demeure souvent ténue, ce qui alimente des tensions entre acteurs politiques, journalistes et chroniqueurs. L’appel du Forum du justiciable se veut ainsi un message d’équilibre : défendre la liberté d’expression tout en préservant le respect et la stabilité institutionnelle.

Babacar Bâ conclut en invitant l’ensemble des citoyens, notamment les acteurs des médias et de la société civile, à faire preuve de retenue et à adopter une posture de responsabilité dans leurs interventions publiques. Pour lui, le Sénégal ne doit pas laisser la liberté d’expression devenir un outil de division, mais plutôt un instrument de construction démocratique fondé sur la civilité et la raison.

Affaire Ameth Ndoye : le chroniqueur de Sen TV sera déféré lundi pour offense et diffusion de fausses nouvelles

Le chroniqueur de la Sen TV, Ameth Ndoye, sera présenté au procureur lundi, à l’issue de la prolongation de sa garde à vue. L’homme de médias est poursuivi pour offense à une personne exerçant les prérogatives du chef de l’État et diffusion de fausses nouvelles, selon des sources concordantes citées par Seneweb.

L’affaire fait suite à la diffusion d’une seconde vidéo dans laquelle Ameth Ndoye s’en est violemment pris au Premier ministre Ousmane Sonko, usant de propos jugés injurieux et déplacés. Convoqué et entendu en présence de son avocat, Me El Hadj Oumar Youm, le chroniqueur a reconnu être bien l’auteur des déclarations en cause après le visionnage d’une séquence d’environ 53 secondes.

Au cours de son audition, Ameth Ndoye a tenté de justifier ses propos en affirmant que l’ancien opposant Ousmane Sonko, aujourd’hui chef du gouvernement, avait lui-même, par le passé, proféré de virulentes attaques contre l’ex-président Macky Sall sans avoir été inquiété. Cette défense n’a cependant pas semblé convaincre les enquêteurs de la brigade de recherches de Faidherbe.

Lors de son premier interrogatoire, le chroniqueur avait soutenu que ses propos visaient le leader du parti Pastef, Ousmane Sonko, en tant qu’homme politique, et non le Premier ministre de la République du Sénégal. Une nuance que les autorités judiciaires n’ont manifestement pas retenue, estimant que les propos portaient atteinte à la fonction institutionnelle exercée actuellement par le chef du gouvernement.

Rebondissement dans l’affaire Tabaski Ngom : Moustapha Diop convoqué devant le Pool judiciaire financier

Un nouveau tournant s’annonce dans l’affaire dite Tabaski Ngom, du nom de l’inspectrice du Trésor poursuivie pour détournement présumé de deniers publics et blanchiment de capitaux au sein de l’Agence d’aménagement et de promotion des sites industriels (Aprosi). Selon des informations rapportées par le journal L’Observateur, Moustapha Diop, ancien ministre du Développement industriel et des PME, sera entendu par le Pool judiciaire financier (PJF) le jeudi 6 novembre prochain.

Cette audition intervient dans un contexte marqué par la persistance de soupçons autour d’un détournement estimé à près de 700 millions de francs CFA. Dès les premières révélations de cette affaire, le nom de Moustapha Diop, alors député-maire de Louga, avait été cité par l’inspectrice du Trésor, Tabaski Ngom. Cette dernière, placée sous mandat de dépôt depuis le 23 janvier 2025, est poursuivie pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux.

Au cours de ses multiples auditions, Tabaski Ngom a toujours soutenu avoir remis une partie des fonds détournés à Moustapha Diop. Selon ses déclarations, ces sommes auraient servi au financement de la campagne électorale du député-maire lors des dernières élections législatives. Elle affirme avoir agi sous l’influence et la manipulation de ce dernier, tout en réclamant son audition pour « rétablir la vérité ».

Neuf mois après le déclenchement du scandale, le PJF a donc décidé d’entendre l’ancien ministre. Déjà placé en détention depuis mai dernier dans le cadre de l’enquête sur la gestion des fonds anti-Covid-19, Moustapha Diop devra cette fois s’expliquer devant le Collège d’instruction dans le cadre d’un interrogatoire de première comparution. La convocation a été reçue par ses avocats le jeudi 30 octobre 2025.

Cette avancée judiciaire met fin à un long bras de fer entre les différentes parties. En juillet dernier, le président du Collège des juges d’instruction s’était en effet déclaré incompétent pour entendre Moustapha Diop. Une décision que la Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar a infirmée le 30 juillet 2025, ordonnant son inculpation conformément au réquisitoire du ministère public.

D’après les informations recueillies par L’Observateur, Moustapha Diop devrait être inculpé pour complicité de détournement de deniers publics. Les mêmes sources indiquent qu’un nouveau mandat de dépôt pourrait être décerné à son encontre à l’issue de son audition devant le Pool judiciaire financier.

Maïmouna Ndour Faye, après sa libération : « Le journalisme n’est pas un crime »

Libérée ce jeudi 30 octobre après plusieurs heures de garde à vue, la directrice générale de la 7TV, Maïmouna Ndour Faye, a pris la parole devant la presse réunie dans les locaux de la chaîne à l’occasion d’un rassemblement organisé par le Front pour la défense de la liberté de la presse (FDLP). Très émue, mais affichant une grande sérénité, la journaliste a tenu à remercier l’ensemble des acteurs des médias pour leur solidarité, avant de dénoncer la coupure du signal de sa chaîne et de la TFM, qu’elle juge illégale.

Dès ses premiers mots, Maïmouna Ndour Faye a tenu à exprimer sa gratitude envers ses confrères et consœurs : « Toute la presse sénégalaise qui s’est mobilisée ces dernières 48 heures pour nous apporter un soutien fraternel, je vous remercie du fond du cœur », a-t-elle déclaré. Interpellée après la diffusion d’une interview de Madiambal Diagne, visé par un mandat d’arrêt international, la directrice de la 7TV a souhaité rétablir la vérité sur sa démarche professionnelle. « Je voudrais juste rassurer ceux qui ont formulé cette accusation d’atteinte à la sûreté de l’État et d’atteinte à l’autorité de la justice. Dans ma démarche, je n’ai jamais eu l’intention de nuire à l’État ni d’affronter la justice », a-t-elle précisé.

La journaliste a expliqué que son unique objectif était de garantir le droit du public à une information complète et équilibrée. « Je suis journaliste, j’ai simplement exercé le droit à l’information pour les citoyens. Cela fait un mois qu’on parle du dossier Madiambal sans jamais entendre sa version. Comme tous les confrères, nous avons voulu lui donner la parole pour permettre aux Sénégalais d’avoir toutes les précisions nécessaires », a-t-elle ajouté.

Elle a ensuite regretté que cette démarche journalistique ait été interprétée comme un acte subversif. « Je suis désolée que ce soit considéré comme une atteinte à l’autorité de la justice », a-t-elle poursuivi. Avant d’ajouter : « Au regard des conventions internationales, du code de la presse et des lois du Sénégal, rien n’interdit à un journaliste d’interviewer une personne poursuivie par la justice. Je n’ai pas donné la parole à un terroriste, ni à un rebelle, encore moins à un déserteur. J’ai donné la parole à un homme, parce que c’est notre devoir d’informer. »

Abordant la question de la coupure du signal de la 7TV et de la TFM intervenue peu après son arrestation, Maïmouna Ndour Faye a dénoncé une violation grave de la réglementation en vigueur. « Les signaux ont été coupés sans qu’aucune procédure légale ne soit respectée. Le CNRA est le seul organe habilité à prendre une telle décision, et non le ministère de la Communication qui a donné des instructions à TDS. TDS n’a pas le droit de couper les signaux de chaînes privées. Ce qui s’est passé est contraire à la loi », a-t-elle affirmé avec fermeté.

La directrice de la 7TV a également alerté sur les conséquences économiques de cette mesure, évoquant un manque à gagner considérable pour son média. « Nous subissons des pertes importantes depuis la coupure du signal sur la TNT. J’en appelle au ministère de la Communication pour qu’il respecte le code de la presse et les règles qui encadrent le fonctionnement des médias. L’État ne peut pas être le premier à violer la loi », a-t-elle insisté.

Tout en indiquant qu’elle reste sous le coup d’une procédure judiciaire, Maïmouna Ndour Faye a affirmé qu’elle n’était pas autorisée à aborder les détails de l’affaire. « Pour le moment, il m’est interdit de parler du dossier car il est pendant devant la justice », a-t-elle déclaré. Mais elle a tenu à réaffirmer sa détermination à poursuivre son combat pour la liberté d’informer : « Je continuerai à faire mon métier, à dire la vérité, parce que le journalisme n’est pas un crime. »

L’arrestation de la journaliste et la suspension du signal de la 7TV ont provoqué une onde de choc dans le monde médiatique. Le Front pour la défense de la liberté de la presse, regroupant les principales organisations professionnelles, a annoncé une série d’actions pour exiger le respect des droits des journalistes et dénoncer les pressions exercées contre les médias privés.

En conclusion, Maïmouna Ndour Faye a lancé un message fort à l’endroit des autorités et du public : « Je demande à tous ceux qui croient en la liberté de la presse et au droit à l’information de rester vigilants et mobilisés. La presse libre est une condition essentielle de toute démocratie. Nous devons la défendre, quoi qu’il en coûte. »

Le Conseil de l’Ordre des Avocats du Sénégal dénonce une « atteinte grave » aux droits de la défense après l’incident impliquant Me El Hadj Amadou Sall

Dans la nuit du mardi au mercredi, un incident pour le moins troublant s’est produit impliquant Me El Hadj Amadou Sall, ancien ministre de la Justice et avocat au barreau du Sénégal. Alors qu’il se rendait à la gendarmerie pour assister sa cliente, la journaliste Maïmouna Ndour Faye, directrice de la chaîne 7TV, l’avocat aurait été empêché d’exercer son droit d’assistance. Pis encore, les gendarmes lui auraient demandé de se soumettre à un alcootest avant de pouvoir entrer dans les locaux.

Cette situation a suscité une vive réaction du Conseil de l’Ordre des Avocats du Sénégal, qui, dans un communiqué rendu public, a « dénoncé et condamné avec la plus grande fermeté cette atteinte grave et intolérable à la dignité de l’avocat, aux droits de la défense et, plus généralement, à la loi et à l’État de droit ».

Le Conseil rappelle dans sa note que la Constitution du Sénégal garantit, en son article 9, que « la défense est un droit absolu dans tous les états et à tous les degrés de la procédure ». Il souligne également que, conformément à l’article 5 du Règlement n°05/CM/UEMOA, les avocats ont le droit d’assister leurs clients dès leur interpellation, durant l’enquête préliminaire, que ce soit dans les locaux de la police, de la gendarmerie ou devant le parquet.

Pour l’Ordre des Avocats, le traitement réservé à Me El Hadj Amadou Sall s’inscrit dans une série d’« atteintes répétées » aux règles qui encadrent la profession et le respect des droits de la défense. Le communiqué cite notamment la récente convocation d’avocats par la Division des Investigations Criminelles (DIC), une mesure jugée contraire à l’article 6 du même règlement communautaire, qui encadre strictement les conditions dans lesquelles un avocat peut être entendu.

Face à ce qu’il qualifie de « dérives graves et inquiétantes », le Conseil de l’Ordre des Avocats du Sénégal lance un appel solennel aux autorités publiques. Il exige le respect scrupuleux des droits de la défense et la cessation immédiate de toute entrave à l’exercice de la profession d’avocat dans le pays.

Libération de Maïmouna Ndour Faye : un soulagement pour le monde des médias sénégalais

C’est une nouvelle qui apporte un vent d’apaisement dans le paysage médiatique sénégalais. Maïmouna Ndour Faye, directrice générale de la chaîne privée 7TV, a été libérée après plusieurs jours de détention. Sa remise en liberté a été accueillie avec un profond soulagement par ses proches, ses collaborateurs, ainsi que par de nombreux défenseurs de la liberté de la presse.

L’arrestation de la journaliste avait provoqué une vive émotion à travers le pays. Elle était intervenue lors d’une opération particulièrement controversée menée par les forces de l’ordre dans les locaux de 7TV, suscitant de multiples interrogations sur les conditions de son interpellation. Cette descente, jugée disproportionnée par de nombreux observateurs, avait été perçue comme une tentative d’intimidation visant un média connu pour sa ligne éditoriale indépendante et critique envers le pouvoir.

Dès l’annonce de son arrestation, une large mobilisation s’était formée. Les organisations professionnelles de la presse, telles que le SYNPICS, la Coordination des Associations de Presse (CAP), ainsi que des acteurs de la société civile, avaient exprimé leur indignation et exigé sa libération immédiate. Plusieurs partis politiques, de la majorité comme de l’opposition, avaient également condamné ce qu’ils considéraient comme une atteinte inacceptable à la liberté d’expression, un pilier fondamental de la démocratie.

Dans les rédactions et sur les réseaux sociaux, les messages de soutien à Maïmouna Ndour Faye s’étaient multipliés, rappelant l’importance du rôle des journalistes dans la défense du droit à l’information. Sa libération est ainsi perçue comme une victoire symbolique pour tous ceux qui militent pour un espace médiatique libre et pluraliste au Sénégal.

Si les circonstances exactes de son arrestation n’ont pas encore été pleinement clarifiées, cette affaire relance le débat sur la protection des journalistes et la garantie d’un environnement propice à l’exercice de leur métier sans crainte de représailles. Elle invite également les autorités à renforcer le dialogue avec les acteurs des médias, afin de consolider les acquis démocratiques et de prévenir toute dérive autoritaire.

Le chroniqueur Ameth Ndoye placé en garde à vue après sa convocation par la Brigade de recherches

Le chroniqueur et animateur Ameth Ndoye a été placé en garde à vue ce jeudi, à la suite de sa convocation par la Brigade de recherches (BR) de Faidherbe, où il s’est présenté à 10 heures. Selon plusieurs sources concordantes, cette mesure fait suite à des propos jugés offensants envers le Premier ministre Ousmane Sonko, tenus récemment dans une émission radiophonique.

Lors de son intervention, Ameth Ndoye aurait critiqué l’absence du chef du gouvernement au dernier Conseil des ministres, une remarque qui a suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux et dans les milieux politiques. Certains observateurs estiment que ses propos relevaient de la liberté d’opinion et de la critique légitime d’un responsable public, tandis que d’autres y voient un manque de respect envers une institution de la République.

La convocation du chroniqueur intervient dans un climat tendu, marqué par une attention accrue des autorités sur les discours publics et les prises de position médiatiques. Depuis plusieurs semaines, les affaires impliquant des journalistes, chroniqueurs et animateurs se multiplient, ravivant le débat sur les limites de la liberté d’expression au Sénégal.

Des organisations de défense des droits humains et de la presse ont d’ores et déjà exprimé leur préoccupation face à cette tendance. Elles rappellent que la liberté d’expression est un pilier fondamental de la démocratie et appellent à un dialogue apaisé entre les autorités et les acteurs des médias.

Arrestations de Maïmouna Ndour Faye et Babacar Fall : le PDS dénonce une dérive autoritaire et exige leur libération immédiate

Le climat politico-médiatique s’alourdit au Sénégal après les arrestations spectaculaires de Maïmouna Ndour Faye, Directrice générale de la chaîne 7TV, et de Babacar Fall, Directeur de la rédaction de la RFM, survenues dans les locaux mêmes de leurs rédactions. Une scène d’une rare gravité que le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) qualifie d’« indigne » et de « profondément attentatoire aux libertés publiques ».

Dans un communiqué rendu public, le parti dirigé par Abdoulaye Wade exprime sa vive préoccupation face à ces arrestations jugées « humiliantes et injustifiables », opérées par des éléments de la gendarmerie alors que les journalistes étaient en plein exercice de leurs fonctions. Le PDS estime qu’il s’agit d’un précédent dangereux pour la démocratie sénégalaise, car il remet en cause la sacralité des rédactions et la protection constitutionnelle accordée aux professionnels de l’information.

Selon le parti libéral, « cet usage disproportionné de la force » soulève de graves interrogations quant au respect de la liberté de la presse, garantie par la Constitution et par les engagements internationaux du Sénégal, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Le communiqué souligne que « les journalistes ne peuvent être traités comme des délinquants alors qu’ils remplissent leur mission d’informer », rappelant que la presse constitue un contre-pouvoir indispensable à la vitalité démocratique.

Le PDS s’est particulièrement indigné du traitement réservé à Maïmouna Ndour Faye, figure emblématique du paysage audiovisuel sénégalais et journaliste reconnue pour son franc-parler. Le parti évoque « la brutalité des images » diffusées sur les réseaux sociaux lors de son interpellation, qu’il juge « inacceptables dans un État qui se veut respectueux des droits fondamentaux ». L’un de ses avocats, selon la même source, aurait été empêché d’accéder à sa cliente, en violation manifeste des droits de la défense. Pour le PDS, ces agissements traduisent « un recul inquiétant de l’État de droit » et un mépris flagrant des garanties procédurales.

« Ce qui s’est passé à 7TV et à la RFM n’est pas seulement une affaire de journalistes ; c’est un test pour notre démocratie », affirme le communiqué. Le parti libéral appelle ainsi les autorités judiciaires et gouvernementales à « respecter scrupuleusement les droits et libertés garantis à tous les citoyens », tout en rappelant que la liberté de la presse est un pilier fondamental de toute République digne de ce nom.

Dans le même souffle, le PDS exprime sa solidarité totale envers Maïmouna Ndour Faye, Babacar Fall, ainsi qu’un technicien de 7TV également placé en garde à vue. Il exige leur libération immédiate et sans condition, dénonçant une justice « à double vitesse » et un pouvoir « de plus en plus enclin à intimider les voix indépendantes ».

Le parti d’Abdoulaye Wade invite enfin la société civile, les organisations de défense des droits humains et les associations professionnelles de journalistes à se mobiliser pour empêcher « la normalisation des atteintes à la liberté d’informer ». Pour le PDS, cette affaire dépasse les seules personnes concernées : elle symbolise la fragilisation progressive des espaces de liberté dans un contexte de tension croissante entre le pouvoir exécutif et les médias.

Dernière minute : Le journaliste Babacar Fall recouvre la liberté après plusieurs heures d’audition

Le journaliste Babacar Fall a été libéré ce mercredi soir, après avoir été interpellé dans la matinée. Son arrestation était intervenue peu de temps après une interview accordée à Madiambal Diagne, ce qui avait immédiatement suscité de vives réactions dans le milieu médiatique et sur les réseaux sociaux.

Selon les informations recueillies, aucune charge n’a finalement été retenue contre lui à l’issue de son audition. Son avocat a tenu à rassurer l’opinion publique sur son état de santé et les conditions de sa détention.

« Le journaliste Babacar Fall se porte bien. Il n’a piqué aucune crise, et n’a pas été placé en garde à vue », a précisé son conseil juridique.

L’interpellation du journaliste avait provoqué une vague d’inquiétude, d’autant que le contexte autour de la liberté de la presse reste sensible. Plusieurs confrères et organisations défendant la liberté d’expression avaient demandé sa libération immédiate, dénonçant une « pression injustifiée » sur les professionnels des médias.

Avec cette remise en liberté, la tension retombe, mais l’affaire pose encore une fois la question de la protection des journalistes dans l’exercice de leur métier et du droit à l’information, un enjeu central dans la consolidation de la démocratie.

Affaire Madiambal Diagne : les avocats dénoncent des arrestations “révélatrices du caractère politique” du dossier

Les avocats du journaliste et directeur du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, ont réagi avec vigueur à l’arrestation de deux figures médiatiques sénégalaises : Maïmouna Ndour Faye, directrice générale de 7TV, et Babacar Fall, directeur de la rédaction de la même chaîne. Dans un communiqué rendu public ce mercredi, ils disent avoir appris ces interpellations “avec stupéfaction”, y voyant “un nouvel et flagrant aveu du caractère politique” du dossier visant leur client.

Selon le collectif, ces arrestations confirment que l’affaire Madiambal Diagne dépasse le strict cadre judiciaire. Les avocats considèrent qu’il s’agit d’une manœuvre d’intimidation destinée à faire taire toutes les voix qui cherchent à donner la parole à leur client ou à s’exprimer sur la procédure en cours. Ils annoncent par ailleurs que ces développements seront portés à la connaissance de la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Versailles lors de l’audience prévue le 4 novembre 2025.

Les conseils de Madiambal Diagne rappellent que leur client n’a “jamais cherché à échapper à une justice indépendante”. Ils précisent qu’il avait quitté le Sénégal avant même l’émission du mandat d’arrêt lancé à son encontre. Actuellement libre en France, le journaliste n’a pas été placé en détention, la justice française n’ayant pas jugé nécessaire de le faire dans le cadre de la procédure d’extradition en cours. Présent à l’audience du mardi dernier devant la Chambre de l’instruction de Versailles, Madiambal Diagne a vu son dossier renvoyé au 4 novembre. L’obligation de pointage au commissariat, qui lui avait été imposée, n’a pas été renouvelée.

Les avocats tiennent également à rappeler qu’aucune mesure ne limite la liberté d’expression de leur client. À ce titre, ils estiment qu’il est parfaitement en droit de s’exprimer publiquement, de critiquer la procédure engagée contre lui — qu’ils jugent “inéquitable” — et d’exercer ses droits de la défense. Pour eux, la liberté d’opinion et de parole constitue un principe fondamental qui ne saurait être restreint pour des raisons politiques.

Enfin, le collectif d’avocats s’est dit profondément préoccupé par la situation de la famille de Madiambal Diagne. L’épouse du journaliste et leurs enfants demeurent en détention, une situation que les défenseurs qualifient “d’injuste et d’inhumaine”. Ils alertent sur l’état de santé “préoccupant” de la conjointe du patron du groupe Avenir Communication, qu’ils appellent les autorités à libérer sans délai.

Mbour : un réseau de faux documents administratifs démantelé par la Sûreté urbaine

La police de Mbour a frappé un grand coup contre la fraude documentaire. Les éléments de la Sûreté urbaine du commissariat central de Mbour, sur la Petite-Côte, ont démantelé un réseau de fabrication et de vente de faux documents administratifs, notamment des Certificats de mise en consommation (CMC). Deux individus ont été arrêtés dans cette affaire qui met en lumière un système organisé de falsification destiné à faciliter des démarches illégales contre paiement.

Les suspects interpellés sont Modou Rokhaya Fall, un restaurateur domicilié à Saly Carrefour, et Amad Diop, un mécanicien résidant à Guinaw-Rails. D’après les premières informations, Modou Rokhaya Fall serait le cerveau de ce réseau artisanal mais bien rodé. Il aurait mis en place un véritable trafic de faux documents administratifs, fabriqués à partir de modèles authentiques, et vendus à des particuliers souhaitant contourner les procédures légales.

L’affaire a éclaté à la suite d’un renseignement exploité par la Sûreté urbaine, selon lequel le restaurateur s’adonnait à la production de faux CMC, documents officiels utilisés notamment dans le cadre de la régularisation de véhicules importés. Contre une somme d’argent, il proposait à ses “clients” des certificats falsifiés censés provenir des autorités compétentes.

Une opération de filature et de surveillance a alors été montée par les enquêteurs. Celle-ci a permis d’intercepter Amad Diop, le complice présumé, au moment où il venait tout juste de récupérer un faux CMC fabriqué par Modou Rokhaya Fall. Les policiers ont ensuite procédé à l’arrestation du principal suspect, qui n’a pas tardé à reconnaître les faits lors de son interrogatoire.

Une perquisition effectuée à son domicile a permis aux enquêteurs de mettre la main sur un important lot de documents falsifiés, dont sept faux certificats de mise en consommation, ainsi que du matériel servant à leur confection. Ces éléments matériels viennent conforter les charges de faux et usage de faux en documents administratifs et de complicité retenues contre les deux hommes.

Les mis en cause ont été placés en garde à vue dans les locaux du commissariat de Mbour, en attendant leur présentation devant le parquet pour la suite de la procédure judiciaire. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer l’étendue réelle du réseau et à identifier d’éventuels complices ou bénéficiaires de ces faux documents.

Cette affaire relance le débat sur la prolifération des faux documents administratifs au Sénégal, un phénomène qui mine la crédibilité de l’administration et favorise diverses formes de fraude. Les autorités de Mbour, tout en saluant le professionnalisme des forces de l’ordre, ont appelé à une vigilance accrue et à un renforcement des contrôles sur la délivrance et la vérification des pièces officielles, afin de mieux protéger les citoyens et l’État contre ce type de dérives.

Affaire Lat Diop : la Cour suprême tranchera le 6 novembre sur la liberté provisoire de l’ex-DG de la LONASE

Le feuilleton judiciaire autour de l’ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (LONASE), Lat Diop, connaît un nouveau tournant. La Cour suprême du Sénégal a fixé au 6 novembre 2025 la date de son délibéré concernant le pourvoi introduit par le procureur général contre la décision de la Chambre d’accusation financière ayant accordé à l’ex-responsable une liberté provisoire sous surveillance électronique.

Cette audience s’annonce décisive pour l’ancien patron de la LONASE, incarcéré depuis septembre 2024 à la suite d’une série d’inculpations pour détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds. Des infractions d’une gravité particulière, selon le parquet, qui estime que la mise en liberté du prévenu, même conditionnelle, pourrait compromettre le bon déroulement de l’instruction.

La Chambre d’accusation financière, statuant en appel il y a quelques semaines, avait pourtant considéré que les garanties présentées par Lat Diop étaient suffisantes pour justifier une libération sous contrôle strict. L’ancien directeur général devait être assigné à résidence, muni d’un bracelet électronique et soumis à des restrictions de déplacement. Cette décision, perçue comme un premier assouplissement dans ce dossier explosif, a aussitôt été attaquée par le parquet général, qui a déposé un recours devant la Cour suprême.

Selon les informations obtenues par Ledakarois Quotidien, les magistrats du parquet estiment que la gravité des faits reprochés, combinée à l’importance du préjudice financier — évalué à près de 8 milliards de francs CFA —, ne permet pas d’envisager un aménagement de la détention à ce stade de la procédure. Ils craignent également que la liberté de Lat Diop ne fasse obstacle à la manifestation de la vérité, notamment dans la collecte de preuves ou l’audition de témoins encore actifs dans les circuits financiers impliqués.

L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée par Mouhamed Dieng, représentant de la société de paris sportifs 1XBet, qui accuse Lat Diop d’avoir usé de sa position à la tête de la LONASE pour exiger des versements indus en contrepartie d’autorisations administratives. Ces accusations, catégoriquement rejetées par la défense, ont conduit à une série d’investigations menées par la Division des investigations criminelles (DIC), qui aurait mis au jour plusieurs transactions suspectes.

Les avocats de Lat Diop, pour leur part, dénoncent une « instrumentalisation politique » du dossier. Selon eux, l’ancien directeur général fait les frais d’un règlement de comptes post-régime, dans un contexte de recomposition des alliances économiques et politiques au sein du pouvoir. « Il n’y a aucune preuve matérielle d’un enrichissement illicite, et notre client a toujours collaboré avec la justice », a déclaré l’un de ses conseils, plaidant pour le respect du principe de la présomption d’innocence.

Le 6 novembre prochain, la Cour suprême devra donc arbitrer entre deux positions diamétralement opposées : celle du parquet, qui invoque la nécessité d’assurer la rigueur judiciaire face à un dossier de corruption financière, et celle de la défense, qui réclame la clémence au nom du droit fondamental à la liberté provisoire.

Quel que soit le verdict, la décision fera jurisprudence. Elle pourrait redéfinir les contours de l’usage du bracelet électronique dans les affaires de délinquance économique au Sénégal, un outil encore récent dans le dispositif pénal national.

En attendant, Lat Diop reste détenu dans l’attente du verdict suprême. Le pays, lui, observe avec attention une affaire qui symbolise les tensions persistantes entre la justice et les anciens gestionnaires de la sphère publique, au moment où les autorités promettent une tolérance zéro contre la corruption et une moralisation de la vie économique.

Affaire Pape Malick Ndour : un deuxième rebondissement inattendu après sa nouvelle audition à la Section de recherches

L’affaire impliquant Pape Malick Ndour, responsable des cadres de l’Alliance pour la République (APR) et figure connue de l’ancien régime, continue de défrayer la chronique. Après un premier épisode marqué par sa garde à vue suivie d’une libération surprise, un second rebondissement est intervenu ce lundi, à l’issue de sa nouvelle audition à la Section de recherches (SR) de la gendarmerie.

Selon des informations rapportées par Libération, Pape Malick Ndour a été convoqué de nouveau par les enquêteurs pour des « questions complémentaires » relatives à la même affaire. Plusieurs observateurs s’attendaient à ce qu’il soit cette fois déféré au parquet, compte tenu de la gravité des accusations initiales portées contre lui. Pourtant, contre toute attente, il est reparti libre après son audition, sans qu’aucune mesure judiciaire supplémentaire ne soit prise à son encontre.

Cette issue inattendue a surpris plus d’un. Les enquêteurs, après avoir recueilli ses nouvelles déclarations, auraient tenu une concertation interne avant de lui signifier qu’il pouvait quitter les locaux de la SR. Aucun élément nouveau n’aurait, semble-t-il, justifié une mesure de contrainte supplémentaire.

Pour rappel, vendredi dernier, Pape Malick Ndour avait déjà été entendu une première fois dans le cadre de cette même affaire. À l’issue de son audition, il avait été placé en garde à vue pour des motifs particulièrement lourds : atteinte à la sûreté de l’État et discours de nature à troubler l’ordre public. Ces chefs d’accusation avaient immédiatement suscité une vive réaction dans la sphère politique, certains de ses soutiens dénonçant une tentative d’intimidation à son encontre.

Mais là encore, la tournure des événements avait étonné. Alors que son déferrement semblait imminent, la garde à vue de Pape Malick Ndour avait finalement été levée tard dans la soirée du vendredi, et le responsable de l’APR avait regagné son domicile, libre. Ce premier retournement de situation avait déjà alimenté les spéculations sur la solidité du dossier et les motivations réelles de la procédure engagée contre lui.

Avec ce second épisode, le mystère s’épaissit davantage autour de cette affaire aux contours encore flous. Les autorités judiciaires n’ont, pour l’heure, donné aucune précision officielle sur la suite de la procédure. Du côté de ses proches, l’heure est à la prudence, même si certains n’hésitent pas à y voir le signe d’un dossier vide ou d’une enquête politiquement motivée.

Badara Gadiaga face au juge : le chroniqueur de la TFM conteste fermement les accusations

Le chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, détenu depuis le 14 juillet 2025, a comparu ce lundi 27 octobre pour sa deuxième audition au fond devant le juge d’instruction du premier cabinet du tribunal de Dakar. Cette nouvelle étape judiciaire intervient dans un dossier qui continue de susciter un grand intérêt au sein de l’opinion publique.

Inculpé pour plusieurs chefs d’accusation, Badara Gadiaga est poursuivi pour discours contraires aux bonnes mœurs, diffusion de fausses nouvelles, offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du président de la République, ainsi que pour violation des articles 80 alinéa 2, 254, 255 et 257 du Code pénal. Ce dernier article, particulièrement sensible, concerne la réception de subsides en vue de propagande compromettant la sécurité publique.

L’arrestation du chroniqueur fait suite à une instruction du procureur de la République, consécutive à une vive polémique l’ayant opposé à Amadou Ba, alors député du Parti Pastef, lors de l’émission « Jakarlo Bi » diffusée le 4 juillet 2025 sur la TFM. Ce débat télévisé, marqué par un échange virulent entre les deux hommes, avait enflammé les réseaux sociaux et entraîné une large controverse.

Devant le juge d’instruction, Badara Gadiaga a nié l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Concernant le délit d’offense, il a déclaré : « Amadou Ba m’a attaqué sur un point de vue politique, j’ai répliqué politiquement. » Une défense qui, selon ses avocats, traduit la volonté du chroniqueur de replacer l’affaire dans le champ du débat démocratique plutôt que dans celui du pénal.

Sur le volet relatif aux discours contraires aux bonnes mœurs, Gadiaga a expliqué qu’il n’avait fait qu’utiliser le terme wolof « Yakatane », en lien avec une référence à l’affaire Adji Sarr, tout en affirmant n’avoir « rien dit de nouveau ».

Interrogé par le magistrat instructeur sur d’éventuelles relations avec la société GSIE, citée dans la procédure, et sur des financements présumés, le chroniqueur a nié toute implication. Il a précisé ne pas être propriétaire de la société et n’avoir reçu aucun financement, qu’il soit national ou étranger. Il a toutefois reconnu posséder deux comptes bancaires, précisant qu’ils étaient déficitaires.

Les réquisitions ordonnées par le doyen des juges afin de vérifier un éventuel lien entre Gadiaga et la société GSIE ont, selon des sources judiciaires, confirmé l’absence de toute relation. Le directeur général de la plateforme a d’ailleurs été entendu par le juge d’instruction, corroborant cette version.

Entouré d’un collectif d’avocats composé notamment de Me Djiby Diallo, Me Malick Fall, Me Alioune Badara Fall et Me Abou Allassane Diallo, Badara Gadiaga bénéficie d’une défense jugée solide. Ses conseils ont annoncé leur intention de déposer une demande de mise en liberté provisoire dans les prochaines heures, estimant que la détention de leur client n’est plus justifiée à ce stade de la procédure.

Pape Malick Ndour recouvre la liberté après sa convocation à la Section de recherches de Colobane

L’affaire Pape Malick Ndour connaît un nouveau rebondissement. Ce lundi, le responsable des cadres de l’Alliance pour la République (APR) a été entendu par les enquêteurs de la Section de recherches (SR) de Colobane avant de retrouver sa liberté. Cette convocation fait suite à un précédent épisode survenu vendredi dernier, lorsque Pape Malick Ndour avait été placé en garde à vue à 16 heures pour « atteinte à la sûreté de l’État » et « propos de nature à troubler l’ordre public ». Il avait finalement été libéré dans la soirée, sans qu’aucune explication officielle ne soit communiquée.

Dans un long message publié sur sa page Facebook après sa libération, Pape Malick Ndour a tenu à clarifier sa position sur les faits qui lui étaient reprochés. Il a expliqué que son audition portait sur les propos qu’il avait tenus lors d’un rassemblement politique organisé en soutien à son camarade, le député-maire Farba Ngom. Il a affirmé n’avoir à aucun moment appelé à l’insurrection ni au soulèvement, réitérant son attachement à la légalité et au respect des institutions du pays.

L’ancien ministre a également exprimé ses regrets pour la polémique suscitée par ses déclarations et a lancé un appel à un débat public « serein et constructif » centré sur les grandes priorités nationales telles que l’économie, l’éducation, la santé et la sécurité. Il a profité de l’occasion pour remercier le peuple sénégalais, ses avocats ainsi que les responsables et militants de l’APR pour leur soutien constant tout au long de cette épreuve.

Tribunal de Pikine-Guédiawaye : Mariama Traoré, mère de Mame Ndiaye Savon, condamnée à six mois avec sursis

Le verdict est tombé ce lundi au tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. Mariama Traoré, mère de la célèbre vendeuse de savon Mame Ndiaye Savon, a été reconnue coupable des délits de discours contraires aux bonnes mœurs et d’injures publiques.

À l’issue des débats, le tribunal l’a condamnée à six mois de prison avec sursis et à une amende de 250 000 F CFA. Une décision conforme aux réquisitions du ministère public, qui avait également demandé une peine assortie de sursis.

Durant l’audience, Mariama Traoré, défendue par les avocats Me El Hadj Diouf et Me Ousseynou Ngom, a reconnu la portée de ses propos et a présenté ses excuses publiques. Ses défenseurs ont plaidé la clémence, évoquant une femme « dépassée par les événements » et regrettant des « paroles tenues sous le coup de la colère ».

Le tribunal a pris en compte ces circonstances atténuantes, tout en rappelant la nécessité de respecter les valeurs morales et le vivre-ensemble dans l’espace public, notamment sur les réseaux sociaux, où les propos incriminés avaient circulé.

Affaire Madiambal Diagne : nouveau rebondissement avec le transfert de son épouse à l’hôpital et l’arrestation du journaliste en France

L’affaire impliquant le journaliste et homme d’affaires sénégalais Madiambal Diagne connaît un nouveau développement. Son épouse, Bineta Diaby, incarcérée depuis septembre dans le cadre de l’enquête pour escroquerie portant sur des deniers publics, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux, a été transférée ce dimanche du Camp pénal de Liberté 6 vers le Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Ce service accueille généralement les détenus nécessitant une prise en charge médicale ou une surveillance particulière.

Selon les informations rapportées par le quotidien Enquête dans son édition de ce lundi, le transfert s’est déroulé en toute discrétion, en fin de journée. Aucune communication officielle n’a, pour l’heure, précisé les raisons exactes de ce déplacement. Toutefois, des sources proches du dossier évoquent la possibilité d’un souci de santé ou de mesures de sécurité liées à son statut dans cette affaire sensible.

Bineta Diaby avait été arrêtée en même temps que deux fils du journaliste et un proche de la famille, dans le cadre d’une vaste enquête judiciaire. Elle est notamment citée dans la gestion de la Société Civile Immobilière (SCI) Pharaon, à travers laquelle des versements jugés suspects auraient été effectués. Ces transactions s’inscriraient dans un marché public d’un montant estimé à 21 milliards de francs CFA.

Le dossier, particulièrement complexe, s’articule autour de soupçons de détournements et de blanchiment de capitaux dans le cadre de contrats passés avec l’État. Madiambal Diagne, patron du groupe Avenir Communication et figure bien connue du paysage médiatique sénégalais, rejette catégoriquement ces accusations. Il soutient que les fonds en question proviennent d’activités licites et transparentes, menées dans le respect des lois en vigueur.

Pendant que son épouse est hospitalisée à Dakar, le journaliste se retrouve lui-même confronté à la justice française. Malgré une mesure d’interdiction de sortie du territoire prononcée par les autorités sénégalaises, il avait réussi à quitter le pays. Il affirme toutefois n’avoir jamais été informé officiellement de cette restriction. Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, Madiambal Diagne avait expliqué son départ par la volonté de préparer sereinement sa défense, tout en assurant qu’il se tiendrait à la disposition de la justice pour « assumer [ses] responsabilités ».

Mais son séjour en France a pris une tournure judiciaire la semaine dernière, lorsqu’il a été interpellé sur le sol français à la suite d’un mandat d’arrêt international émis par Dakar. Placé sous contrôle judiciaire, il est convoqué ce mardi 28 octobre devant la Cour d’appel de Versailles. Celle-ci devra se prononcer sur la demande d’extradition formulée par le Sénégal.

Section de recherches : Pape Malick Ndour de nouveau convoqué ce lundi

Le coordonnateur national des cadres de l’Alliance Pour la République (APR), Pape Malick Ndour, est convoqué une nouvelle fois ce lundi 27 octobre 2025 à 10 heures à la Section de recherches de la Gendarmerie de Colobane. Cette nouvelle convocation intervient seulement quelques jours après sa première interpellation, qui avait déjà suscité de vives réactions au sein de la classe politique.

L’ancien ministre de la Jeunesse sous la présidence de Macky Sall avait été arrêté le vendredi 24 octobre, avant d’être placé en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie. Il avait finalement été libéré tard dans la soirée, après plusieurs heures d’audition. Mais son dossier reste au cœur de l’actualité judiciaire et politique, et les autorités semblent vouloir approfondir les investigations.

Selon des sources proches du dossier, les charges retenues contre Pape Malick Ndour reposent sur les dispositions de l’article 80 du Code pénal sénégalais, un article souvent invoqué dans les affaires considérées comme sensibles. Les infractions évoquées incluent le trouble à l’ordre public, l’appel à l’insurrection, l’atteinte au fonctionnement régulier des institutions de la République, ainsi que l’atteinte au moral des Forces armées et des populations.

Ces accusations font suite à des déclarations publiques faites par Pape Malick Ndour lors d’un rassemblement tenu à Dakar, au cours duquel il avait dénoncé, selon lui, une « chasse aux sorcières » visant les anciens dignitaires du régime de Macky Sall. Ses propos, jugés virulents par certains, ont été interprétés par les autorités comme un appel à la révolte contre le pouvoir en place, ce qu’il a toujours nié.

Cette nouvelle convocation relance le débat sur la judiciarisation du champ politique au Sénégal. Depuis plusieurs mois, plusieurs figures de l’opposition et anciens responsables du pouvoir précédent sont poursuivis ou entendus par la justice dans des affaires diverses.
Les partisans de Pape Malick Ndour dénoncent une manœuvre visant à faire taire les voix critiques du gouvernement actuel. « Il n’a fait qu’exprimer une opinion politique, rien de plus », confie un cadre de l’APR, estimant que « l’article 80 est devenu un outil pour bâillonner les opposants ».

De son côté, le Forum du Justiciable, par la voix de son président Babacar Ba, a récemment rappelé que « la justice ne doit pas être utilisée comme un instrument de peur ou de règlement de comptes ». Il a également souligné que certaines convocations ne respectaient pas toujours les délais légaux, ce qui, selon lui, « fragilise la crédibilité du système judiciaire ».

Affaire Abdou Nguer – Badara Gadiaga : « On dénature l’instruction judiciaire », dénonce Babacar Ba

Le président du Forum du Justiciable, Babacar Ba, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive inquiétante dans la gestion des affaires judiciaires impliquant des chroniqueurs, journalistes et personnalités publiques. Invité de l’émission Face au jury sur PressAfrik TvHD, ce dimanche 26 octobre 2025, l’ancien magistrat a livré une analyse sans détour sur les arrestations récentes d’Abdou Nguer et de Badara Gadiaga, dénonçant une utilisation « dévoyée » de la procédure d’instruction judiciaire.

« On dénature l’instruction judiciaire », a martelé Babacar Ba, rappelant que cette procédure est réservée à des dossiers complexes tels que les crimes de sang, le terrorisme ou les affaires de criminalité organisée. Selon lui, « envoyer en instruction un Abdou Nguer ou un Badara Gadiaga pour des propos tenus sur un plateau de télévision, c’est trahir l’esprit de la justice ».

Le président du Forum du Justiciable estime que certaines interpellations ne reposent sur aucune base légale solide, mais répondent plutôt à une logique d’intimidation. « Il y a des arrestations qui ne reposent absolument sur rien, si ce n’est l’intention d’empêcher la personne de s’exprimer », a-t-il déploré. Pour lui, ce climat de tension judiciaire marque un dangereux retour à des pratiques d’un autre temps : « Ce sont les mêmes méthodes qu’employaient les régimes précédents. »

Babacar Ba a aussi fustigé la montée des pressions populaires sur les réseaux sociaux et dans les médias, où des appels à l’arrestation de certaines figures publiques se multiplient. « On ne peut pas rendre la justice sur la base des émotions ou des pressions de l’opinion », a-t-il averti, tout en rappelant que « seul le procureur est le maître des poursuites ».

L’ancien magistrat a lancé un appel solennel à ses confrères de la magistrature pour qu’ils refusent de céder à la pression, d’où qu’elle vienne. « Il faut refuser de subir la pression, quelle qu’en soit l’origine. Un magistrat ne doit jamais plier sous l’influence, ni politique, ni populaire », a-t-il insisté.
Il a rappelé que, bien que le parquet relève administrativement du ministère de la Justice, « le magistrat, par essence, doit rester indépendant, car la Constitution garantit la séparation des pouvoirs ».

Revenant sur le cas d’Abdou Nguer, chroniqueur connu pour ses interventions médiatiques, Babacar Ba estime que la décision de le placer sous instruction est disproportionnée et injustifiée. « La procédure d’instruction est un outil d’investigation approfondie, pas un instrument de privation arbitraire de liberté », a-t-il expliqué.
Même son de cloche pour Badara Gadiaga, lui aussi chroniqueur, dont la mise en cause dans une affaire similaire illustre, selon Ba, « la tentation du pouvoir de museler les voix critiques par le biais judiciaire ».

Évoquant enfin le cas de Pape Malick Ndour, poursuivi pour des propos tenus lors d’un rassemblement réclamant la libération de Farba Ngom, Babacar Ba a appelé à la retenue. Il a jugé que cette affaire aurait dû être close après la mise au point publique de l’intéressé, estimant que l’accusation « d’atteinte à la sûreté de l’État » était manifestement excessive.

Il en a profité pour rappeler les règles de base en matière de procédure pénale : « Dans un État de droit organisé, une convocation doit être notifiée au moins 48 heures à l’avance, pas le jour même », a-t-il martelé. Pour lui, le respect des droits de la défense n’est pas une faveur accordée à un citoyen, mais un principe constitutionnel non négociable.

En conclusion, Babacar Ba a invité les autorités judiciaires à « revenir à la raison » et à faire preuve d’équilibre dans la conduite des dossiers. « La justice doit rester le dernier rempart contre l’arbitraire. Lorsqu’elle devient un instrument de peur ou de règlement de comptes, c’est l’État de droit tout entier qui vacille », a-t-il prévenu, visiblement inquiet du climat actuel.

Affaire Pape Malick Ndour : une nouvelle convocation qui relance l’enquête

L’affaire impliquant l’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, prend une tournure inattendue. À peine une semaine après sa remise en liberté, à la suite d’une garde à vue à la Section de Recherches de Colobane, l’ex-membre du gouvernement est de nouveau convoqué ce lundi à 10 heures. Une convocation qui relance le dossier et ravive les interrogations sur la nature exacte des faits qui lui sont reprochés.

Selon des sources proches du dossier, cette nouvelle audition s’inscrit dans le cadre d’un complément d’enquête décidé par les autorités judiciaires. Les investigations portent sur des propos attribués à Pape Malick Ndour, jugés sensibles et susceptibles d’avoir des implications sur la sûreté de l’État. Ces déclarations, dont le contenu précis n’a pas été officiellement rendu public, auraient suscité l’attention des services de sécurité et conduit à son interpellation initiale.

Lors de sa première audition, l’ancien ministre avait catégoriquement nié les accusations portées contre lui. Il avait soutenu n’avoir tenu aucun discours de nature à inciter à la subversion, encore moins à la déstabilisation du pays. Ses proches et ses soutiens politiques avaient salué sa libération comme un signe d’apaisement et de respect du droit, estimant que le dossier ne reposait sur aucun fondement solide.

Cependant, la nouvelle convocation de ce lundi vient tempérer cet optimisme. Elle traduit la volonté manifeste des enquêteurs de creuser davantage certaines zones d’ombre relevées lors de la première audition. D’après les informations recueillies, plusieurs éléments restés flous doivent être clarifiés afin de permettre au parquet de mieux cerner la portée des propos attribués à Pape Malick Ndour et d’évaluer leur impact éventuel sur l’ordre public.

Ce rebondissement survient dans un contexte politique tendu, où plusieurs personnalités publiques et chroniqueurs font l’objet de procédures judiciaires pour des déclarations jugées sensibles. La répétition de ces convocations interroge sur la frontière entre liberté d’expression et atteinte à la sécurité nationale, un débat de plus en plus vif dans l’espace public sénégalais.

Pape Malick Ndour après sa libération : « Je n’ai en aucun moment appelé à l’insurrection, ni au soulèvement »

Libéré vendredi après sa garde à vue à la Section de recherches de la Gendarmerie de Colobane, l’ancien ministre Pape Malick Ndour est revenu sur sa convocation. Dans une publication sur sa page Facebook, le Coordonnateur national de la Convergence des Cadres Républicains (CCR) a précisé que son audition concernait ses propos tenus lors du rassemblement politique en soutien à Farba Ngom. Il a insisté sur le fait qu’il n’a jamais appelé à l’insurrection ni au soulèvement. Pape Malick Ndour a annoncé qu’il renonce à déposer plainte et qu’il tourne désormais la page.

Le texte in extenso : 


J’ai été informé hier à 14h30 d’une convocation à la section de recherches de 
Colobane à 16h. Malgré des contraintes objectives, j’ai tenu à déférer à la convocation par respect aux institutions de notre pays. 

Mon audition portait sur les propos que j’ai tenus lors d’un rassemblement politique organisé en soutien à notre camarade, le député-maire Farba Ngom, à qui je renouvelle mon soutien total. 

Devant les enquêteurs, dont j’ai apprécié la courtoisie, j’ai tenu à clarifier ma position : je n’ai en aucun moment appelé à l’insurrection, ni au soulèvement. Ma carrière de fonctionnaire, d’élu, de ministre et de citoyen profondément attaché à la légalité, m’a toujours conduit à agir dans le strict respect de la Constitution, des lois et des règlements qui encadrent le fonctionnement de nos institutions. 

Je suis désolé que mes propos aient suscité une polémique inutile, alimentée par certains, souvent au détriment de la mesure et du fair-play. Je tiens cependant à tourner la page : je pardonne à tous et renonce à déposer plainte, par respect envers la Justice qui, de mon point de vue, a des choses plus urgentes à gérer que des querelles entre responsables politiques. 

Notre pays, confronté à des défis majeurs, mérite un débat public serein et constructif, centré sur les véritables priorités nationales : l’économie, l’éducation, la santé et la sécurité. C’est le message que beaucoup de nos compatriotes m’ont fait parvenir, et j’en prends bonne note. 

J’exprime ma profonde gratitude au peuple sénégalais, à mes avocats ainsi qu’aux responsables et militants de l’APR pour leur soutien constant.

Dette cachée : Me Aïssata Tall Sall promet une bataille judiciaire jusqu’au bout

L’affaire de la supposée « dette cachée » continue de susciter de vives réactions au Sénégal. Lors de la conférence de presse organisée par le pool d’avocats de l’ancien président Macky Sall ce jeudi 23 octobre 2025, Me Aïssata Tall Sall a tenu un discours sans concession, affirmant que la défense ira « jusqu’au bout » pour faire la lumière sur cette affaire et contester les accusations portées par le gouvernement.

Selon Me Tall Sall, les déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, en septembre 2024, affirmant l’existence d’une dette cachée, n’étaient pas fondées sur des preuves tangibles. « Le Premier ministre est sorti pour nous dire qu’il y a une dette cachée. Il ne nous dit pas ce qu’est cette dette cachée, ni comment elle a été cachée, encore moins en quoi elle consiste », a-t-elle dénoncé. Pour elle, il est inacceptable de lancer de telles accusations sans apporter les documents ou éléments permettant de les étayer.

L’avocate a également souligné les difficultés rencontrées par la défense pour accéder aux documents essentiels dans cette affaire, notamment le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), le pré-rapport de la Cour des comptes et le rapport du cabinet Mazars. Toutes les démarches entreprises pour obtenir ces documents sont restées sans réponse, ce qu’elle qualifie de violation flagrante de la loi sur l’accès à l’information. « La Cour des comptes et le ministère des Finances ont violé la loi en refusant de nous donner les documents. Qu’ont-ils à cacher dans ce rapport ? », s’est interrogée Me Tall Sall.

L’avocate a également tenu à rappeler la présomption d’innocence de l’ancien président. « Macky Sall n’a rien à se reprocher dans cette affaire, sinon il n’aurait pas commis d’avocats », a-t-elle insisté, avant de promettre que la défense poursuivra toutes les voies légales pour obtenir les documents et clarifier la situation. Elle a affirmé que la stratégie du pool d’avocats repose sur une démarche graduée et déterminée : « On a écrit une première lettre, ils ont fait l’autruche feignant de ne rien voir. On ne lâchera pas parce qu’il est facile d’accuser les gens. »

Me Tall Sall a également évoqué les répercussions internationales de cette polémique, soulignant l’impact négatif sur l’image du Sénégal. Elle a rappelé que le pays reste au centre des discussions à l’international, notamment auprès du FMI et de la Banque mondiale, et que ces accusations non étayées ont terni la réputation du pays. « Dans les couloirs du FMI, le Sénégal est sur toutes les lèvres et cela fait mal. Même dans les temps les plus difficiles, le Sénégal n’a jamais eu de rupture avec le FMI », a-t-elle déploré.

Cette intervention de Me Aïssata Tall Sall confirme la détermination du pool d’avocats à obtenir la transparence et à défendre Macky Sall dans ce dossier, tout en mettant en lumière les questions sur la disponibilité et la diffusion des rapports officiels qui alimentent le débat sur la « dette cachée » au Sénégal.

Affaire de la « dette cachée » : Me Pierre-Olivier Sur dénonce des « rapports cachés » et prévient l’État

La défense de l’ancien président Macky Sall a pris une tournure médiatique ce jeudi à Dakar. Le coordonnateur du pool d’avocats de l’ex-chef de l’État, Me Pierre-Olivier Sur, s’est exprimé devant la presse pour dénoncer l’inaccessibilité de documents clés relatifs à l’affaire dite de la « dette cachée ». Selon lui, l’absence de ces rapports empêche la défense d’exercer pleinement ses droits et menace la transparence de la procédure.

Me Sur a expliqué que malgré de multiples demandes, trois rapports essentiels n’ont toujours pas été communiqués : le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), celui de la Cour des comptes et le rapport du cabinet Forvis Mazars. L’avocat a insisté sur le fait que l’absence de ces documents constitue un obstacle majeur pour la défense. « Il n’est pas question pour nous de faire un procès à l’État. Nous intervenons dans la continuité de l’État, mais dans le respect de ce qui a été fait avant. Et si nous n’avons pas ces documents, nous engagerons une réponse à la non-réponse de l’administration, graduée, et dont vous entendrez parler », a-t-il averti.

Lors de ce point de presse tenu au siège de l’Alliance pour la République (APR), le coordonnateur du pool a tenté de remettre en perspective les accusations portées contre son client. Selon lui, « le vrai problème, ce ne sont pas les dettes cachées, mais les rapports cachés ». Il a précisé que le rapport de l’IGF, qui avait initialement mis le feu aux poudres, n’avait jamais été remis à la défense malgré les demandes formelles. De même, le pré-rapport de la Cour des comptes, pourtant central pour évaluer les éventuelles irrégularités dans la gestion de la dette, reste inaccessible. Enfin, le rapport Mazars, censé fournir un audit indépendant de la dette publique, n’aurait pas été transmis, bien que largement évoqué dans les médias et le débat public.

Au-delà de ces considérations juridiques, Me Sur a adressé un message politique et institutionnel. Il a rappelé l’importance de respecter la continuité de l’État et de bâtir sur les acquis laissés par les prédécesseurs. « Ce que je veux dire, au nom du président Macky Sall, c’est qu’il est important de respecter les anciens. Quand on veut construire une maison ou une administration, il ne faudrait pas qu’en ajoutant un étage, on démolisse celui du dessous ou les fondations. Parce qu’alors, tout s’écroulerait », a-t-il déclaré.

L’avocat a également dénoncé ce qu’il considère comme une mauvaise interprétation de la gestion de la dette sous le mandat de Macky Sall. Pour lui, il ne s’agit pas d’une « dette cachée », mais d’une lecture erronée des documents et des chiffres. « Il n’y a pas de problème de dettes cachées au Sénégal, mais plutôt de mauvaises lunettes de lecture. Si nous pouvons nous rassembler autour de ce qui est juridiquement, factuellement et comptablement établi, le problème n’existe pas », a-t-il affirmé.

Cette prise de parole s’inscrit dans une stratégie plus large du pool d’avocats de l’ancien président, qui cherche à recentrer le débat sur la transparence et l’accès aux documents plutôt que sur la seule responsabilité de Macky Sall. Elle intervient alors que l’affaire de la « dette cachée » continue de diviser l’opinion publique et d’alimenter les tensions entre le pouvoir actuel et les anciens dirigeants, mettant en lumière les enjeux politiques et institutionnels autour de la gestion de la dette publique sénégalaise.

Le chroniqueur « Sa Wolof » convoqué à la Brigade de recherches pour « injures » contre un islamologue et la confrérie tidjane

L’affaire suscite un vif émoi dans les milieux religieux et médiatiques. Abdoulaye Cissé, plus connu sous le nom de « Sa Wolof », est convoqué ce jeudi à la Brigade de recherches (BR) de Faidherbe à Dakar. Cette convocation intervient à la suite d’une plainte déposée pour « injures » et « atteinte à la dignité » visant ses propos tenus à l’encontre de l’islamologue Dr Pape Matar Kébé et, plus largement, de la confrérie tidjane.

Tout est parti d’une intervention du chroniqueur le 3 octobre dernier, lors d’une émission diffusée sur une chaîne web sénégalaise, au cours de laquelle il aurait tenu des propos jugés offensants envers le Dr Kébé. Ces déclarations, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont provoqué une vague d’indignation au sein de la communauté tidjane. Même si le principal concerné, Dr Pape Matar Kébé, a publiquement accordé son pardon à « Sa Wolof », la procédure judiciaire a, elle, suivi son cours.

Le 7 octobre, les disciples de la Hadara Malickiya ont déposé une plainte auprès du parquet, dénonçant une « atteinte grave à l’honneur et à la dignité » non seulement du Dr Kébé, mais aussi de l’ensemble des fidèles tidjanes. Selon les plaignants, les propos du chroniqueur ont dépassé le cadre d’une simple polémique médiatique pour toucher des symboles spirituels profonds. Ils estiment que certaines de ses déclarations manquaient de respect envers la mémoire du vénéré Cheikh Seydi Hadji Malick Sy, figure fondatrice et emblématique de la confrérie.

Le journal L’Observateur, qui rapporte les faits, indique que la plainte s’appuie notamment sur des extraits vidéo considérés comme offensants, et que les disciples demandent à la justice d’agir afin de « préserver la cohésion sociale ». Dans leur courrier adressé au procureur, ils insistent sur la sensibilité du fait religieux au Sénégal, estimant que de tels propos risquent d’alimenter des tensions dans un pays où la tolérance et le respect entre confréries ont toujours été des valeurs cardinales.

Face à cette situation, la Brigade de recherches a convoqué le chroniqueur pour audition. Cette étape marque le début de l’enquête judiciaire ouverte à la suite de la plainte. « Sa Wolof » devra s’expliquer sur le contenu de ses propos et sur les circonstances dans lesquelles ils ont été tenus.

Ce n’est pas la première fois que des chroniqueurs ou influenceurs se retrouvent dans le collimateur de la justice pour des propos jugés offensants à l’endroit de figures religieuses. Ces dernières années, la multiplication des débats en ligne, souvent virulents, a conduit les autorités à rappeler l’importance du respect des croyances et des symboles religieux dans l’espace public.

En attendant les suites de son audition, cette affaire relance le débat sur les limites de la liberté d’expression au Sénégal, entre critique légitime et atteinte au sacré. Elle interroge aussi sur la responsabilité des chroniqueurs et animateurs des médias en ligne, dont la parole touche désormais un public de plus en plus large et sensible aux questions spirituelles.

Extorsion de fonds : le rappeur « 10 000 Problèmes » et l’influenceur Lamine Kangam condamnés à la prison ferme

L’affaire qui a secoué les réseaux sociaux sénégalais ces dernières semaines vient de connaître son épilogue judiciaire. Le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar a rendu, hier mercredi, son verdict dans le dossier opposant le marabout Serigne Abdoulaye Faye au rappeur Mohamed Fall, alias « 10 000 Problèmes », et à l’influenceur Lamine Kangam. Les deux hommes ont été reconnus coupables d’extorsion de fonds à la suite d’une vaste campagne de diffamation orchestrée en ligne contre le religieux.

Selon les faits établis à l’audience, tout a commencé par la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos virulentes et diffamatoires accusant le marabout d’homosexualité et de comportements indécents avec de jeunes garçons, qu’il aurait prétendument promis d’« enrichir ». Ces publications, devenues virales en quelques heures, ont gravement entaché la réputation de Serigne Abdoulaye Faye et provoqué une vague d’indignation sur internet.

Mais l’enquête menée par la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar a rapidement révélé une tout autre réalité. Derrière cette campagne se cachait, selon les enquêteurs, un stratagème d’extorsion bien orchestré. Après la diffusion des vidéos, les deux accusés ont contacté le marabout pour lui proposer de retirer les publications compromettantes contre paiement. Craignant pour son image et sa crédibilité au sein de sa communauté, la victime a finalement cédé à la pression, versant la somme de 1 300 000 F CFA aux deux hommes.

Cependant, malgré ce paiement, les vidéos n’ont jamais été supprimées, aggravant le préjudice subi par le marabout. Le parquet a alors ouvert des poursuites pour extorsion de fonds, diffamation et atteinte à l’honneur d’autrui par voie électronique. À la barre, les deux prévenus ont tenté de se dédouaner en affirmant qu’il ne s’agissait que de « simples manœuvres » pour soutirer de l’argent, sans réelle volonté de nuire à leur victime. Des explications que le tribunal a jugées peu crédibles, soulignant la gravité des faits et le caractère destructeur de leurs actes sur la réputation et la dignité du plaignant.

Au terme du procès, le tribunal a condamné Lamine Kangam à deux ans de prison, dont six mois ferme, et Mohamed Fall, alias “10 000 Problèmes”, à un an de prison, dont trois mois ferme. Les deux hommes devront également rembourser intégralement les 1,3 million de francs CFA versés par Serigne Abdoulaye Faye.

Cette affaire, largement médiatisée, met une nouvelle fois en lumière les dérives des réseaux sociaux au Sénégal, où la recherche du buzz et de la notoriété conduit souvent à des dérapages graves. En condamnant les deux influenceurs, la justice sénégalaise entend ainsi envoyer un signal fort contre la cybercriminalité et la diffamation en ligne, rappelant que la liberté d’expression ne saurait servir de prétexte à la destruction de réputations ou à l’enrichissement illégal.

Affaire Madiambal Diagne : ses avocats demandent à Interpol la suppression de la Notice rouge et l’effacement de ses données personnelles

Une nouvelle bataille judiciaire s’ouvre pour Madiambal Diagne, cette fois sur le terrain international. Alors que les procédures se poursuivent devant la justice sénégalaise, ses avocats ont choisi de porter le combat en France, où ils ont introduit une requête auprès de la Commission de contrôle des fichiers d’Interpol. Selon les informations rapportées par Le Quotidien, cette démarche vise à obtenir l’effacement des données personnelles du journaliste ainsi que la suppression de la Notice rouge émise contre lui.

La requête, déposée le 30 septembre dernier par Me William Bourdon et ses associés, dénonce ce qu’ils considèrent comme une utilisation abusive du système d’Interpol par les autorités sénégalaises. Les conseils du fondateur du Groupe Avenir Communication soutiennent que « le traitement des données personnelles » de leur client et « l’émission d’une Notice rouge à son encontre » ne répondent à aucune des finalités prévues par les textes fondamentaux de l’organisation internationale de police criminelle. Selon eux, cette procédure viole plusieurs articles de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, à laquelle renvoie l’article 2 du Statut de l’OIPC-Interpol.

Les avocats de Madiambal Diagne estiment que la publication d’une Notice rouge doit impérativement être conforme aux instruments internationaux relatifs aux droits humains, et qu’en l’espèce, cette exigence n’a pas été respectée. Dans leur argumentaire, ils attirent également l’attention sur la situation dramatique de la famille du journaliste : son épouse et leurs deux enfants ont été placés en détention dans le cadre de la même affaire. Une mesure que la défense juge arbitraire et sans fondement apparent, estimant qu’elle vise avant tout à « faire pression sur M. Diagne ».

Me Bourdon et ses confrères dénoncent ce qu’ils décrivent comme « des pratiques judiciaires contraires aux principes fondamentaux du droit international », notamment en matière de sûreté, de protection contre la détention arbitraire et de droit à un procès équitable. Ils évoquent des « méthodes partiales et inéquitables » qui, selon eux, caractérisent certains procès à dimension politique au Sénégal. Ces pratiques, affirment-ils, sont « largement documentées » et confirment la nature politique des poursuites engagées contre leur client.

Pour les avocats, le risque est manifeste : en cas d’extradition vers le Sénégal, Madiambal Diagne pourrait voir ses droits fondamentaux gravement bafoués. C’est pourquoi ils considèrent que le maintien de la Notice rouge est contraire au Statut d’Interpol. En soutenant une éventuelle extradition, cette mesure contribuerait, selon eux, à une violation directe des droits humains de leur client.

La défense va même plus loin en accusant les autorités sénégalaises « d’instrumentaliser les outils d’Interpol à des fins politiques », transformant ainsi une procédure judiciaire en « vengeance d’État ». À leurs yeux, les poursuites engagées contre le journaliste manquent de transparence et reposent sur des bases fragiles, voire inexistantes. « Les accusations portées contre Madiambal Diagne doivent être examinées avec les plus grandes précautions », soutiennent-ils, soulignant « l’absence totale de preuves communiquées » et le « risque évident d’un détournement politique de la procédure ».

Dans leur requête adressée à la Commission de contrôle des fichiers d’Interpol, les avocats demandent donc que soit déclarée recevable leur demande d’effacement des données, que la Notice rouge soit immédiatement supprimée, et que l’ensemble des informations relatives à Madiambal Diagne encore traitées par Interpol soient effacées.

En outre, ils ont sollicité le blocage temporaire de l’accès à ces données pour tous les pays membres d’Interpol, le temps que la Commission statue sur le dossier. Une mesure préventive qui, selon Le Quotidien, vise à éviter tout usage abusif ou détourné des informations personnelles du journaliste dans un contexte qu’ils estiment « manifestement politisé ».

Affaire de la « dette cachée » : Me Pierre-Olivier Sur à Dakar pour définir la riposte judiciaire de Macky Sall

L’ancien bâtonnier de Paris, Me Pierre-Olivier Sur, est arrivé ce mercredi à Dakar pour un séjour de vingt-quatre heures jugé décisif dans le cadre de la défense de l’ancien président de la République, Macky Sall, visé par des investigations dans l’affaire dite de la « dette cachée ». Selon le quotidien L’Observateur, cette visite, discrète mais hautement stratégique, s’inscrit dans la coordination du collège d’avocats et d’experts financiers chargés d’assurer la défense de l’ex-chef de l’État.

Dès son arrivée à l’aéroport international Blaise-Diagne, Me Sur a été accueilli par plusieurs proches collaborateurs de Macky Sall, parmi lesquels des membres de son entourage juridique et politique. L’avocat français, connu pour avoir défendu de nombreuses personnalités politiques à l’international, doit présider une série de réunions à huis clos avec les avocats et experts sénégalais impliqués dans le dossier. Ces échanges confidentiels visent à harmoniser la stratégie de défense et à tracer les lignes directrices d’une riposte à la fois judiciaire et politique.

L’enjeu principal de cette visite est de définir la conduite à adopter face au silence persistant du ministère des Finances et de la Cour des comptes. Ces deux institutions n’ont, à ce jour, donné aucune suite à la demande officielle adressée par Macky Sall le 7 octobre dernier. L’ancien Président sollicitait la communication du rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), un document jugé crucial pour sa défense dans cette affaire complexe.

D’après L’Observateur, Me Sur estime que l’absence de réponse des autorités sénégalaises ne saurait perdurer. L’avocat français a laissé entendre que si cette situation devait se prolonger, son équipe n’excluait pas de recourir à des voies légales plus contraignantes, notamment une mise en demeure formelle ou un référé devant les juridictions compétentes, afin d’obtenir l’accès aux pièces administratives demandées.

La réunion prévue ce jeudi entre Me Sur et les avocats de Macky Sall s’annonce donc déterminante. Elle devrait permettre d’arrêter une position claire sur la stratégie à suivre dans les prochains jours. Entre pression juridique et argumentaire politique, la défense de l’ancien président entend désormais passer à une phase plus offensive, dans un contexte où le dossier de la « dette cachée » continue de susciter de vives interrogations au sein de l’opinion publique.

PREMIER FACE-À-FACE : Badara Gadiaga devant le juge le 27 octobre

Le chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, est convoqué ce lundi 27 octobre 2025 devant le juge du premier cabinet du tribunal de grande instance de Dakar. Inculpé depuis le 14 juillet dernier, il est poursuivi pour discours contraires aux bonnes mœurs, diffusion de fausses nouvelles et offense à une personne exerçant les prérogatives du président de la République.
Il est également visé par les articles 80 alinéa 2, 254, 255 et 257 du Code pénal. Ce dernier sanctionnant la réception ou l’acceptation de dons destinés à une propagande compromettant la sécurité publique.
L’issue de cette procédure est très attendue dans un contexte où les poursuites visant des journalistes et chroniqueurs relancent le débat sur la protection des libertés publiques au Sénégal.

Affaire Badara Gadiaga : le chroniqueur de TFM enfin entendu après plus de cent jours de détention préventive

Après plus de trois mois passés derrière les barreaux, le chroniqueur de la Télévision Futurs Médias (TFM), Badara Gadiaga, voit enfin son dossier connaître une évolution significative. Selon des informations rapportées par Seneweb, le journaliste est convoqué ce lundi 27 octobre 2025 pour son audition au fond devant le juge du premier cabinet du tribunal de grande instance de Dakar. Cette étape marque un tournant décisif dans une procédure judiciaire restée longtemps en suspens depuis son inculpation en juillet dernier.

Inculpé le 14 juillet 2025 par le doyen des juges d’instruction, Badara Gadiaga fait face à une série de chefs d’accusation lourds. Il est notamment poursuivi pour discours contraires aux bonnes mœurs, diffusion de fausses nouvelles et offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du président de la République. À ces chefs s’ajoute la violation de plusieurs dispositions du Code pénal, notamment les articles 80 alinéa 2, 254, 255 et 257. Ce dernier article réprime la réception ou l’acceptation de dons destinés à mener une propagande susceptible de compromettre la sécurité publique, une infraction passible de lourdes sanctions.

L’audition de ce lundi est perçue par beaucoup comme un moment de vérité pour le chroniqueur. Elle lui permettra de présenter sa version des faits et de répondre directement aux accusations portées contre lui. Après plusieurs semaines d’attente marquées par un silence judiciaire pesant, cette convocation est accueillie comme un signe d’espoir par ses proches et ses soutiens. Certains y voient même un indicateur d’un possible déblocage de la situation, qui pourrait ouvrir la voie à une issue favorable.

Du point de vue procédural, cette audition au fond constitue une étape cruciale. À son issue, le juge d’instruction pourra décider de plusieurs options : ordonner le renvoi du dossier devant une juridiction de jugement, accorder une remise en liberté provisoire ou poursuivre l’instruction en fonction des éléments recueillis.

France – Le patron du groupe Avenir Communication placé sous contrôle judiciaire : la défense dénonce une procédure politique

Le directeur du groupe de presse Avenir Communication, propriétaire notamment du journal Le Quotidien, a été interpellé en France dans le cadre d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités judiciaires sénégalaises. Selon les informations rapportées par RFI, cette interpellation a eu lieu après la notification officielle du mandat par le parquet général de la Cour d’appel de Versailles.

L’audition du patron de presse s’est tenue devant le magistrat de la juridiction française, qui devait décider de son éventuel placement en détention provisoire. À l’issue du débat, le juge a finalement opté pour un contrôle judiciaire, écartant ainsi la demande de placement en détention.

Son avocat, Me Vincent Brengarth, membre du barreau de Paris et du collectif des avocats de la défense, a confirmé cette décision et dénoncé une procédure à connotation politique. « Un débat a eu lieu pour déterminer si mon client devait être placé en détention provisoire ou bénéficier d’un contrôle judiciaire. Nous avons fait valoir le risque inhérent à cette procédure dont l’inspiration est profondément politique », a-t-il déclaré.

La défense estime que la demande d’extradition formulée par les autorités sénégalaises repose sur des accusations infondées et injustifiées. Me Brengarth parle d’une « instrumentalisation de la justice » visant à faire taire un acteur influent du paysage médiatique sénégalais. Selon lui, les éléments du dossier ne permettent pas de justifier une telle démarche internationale à l’encontre de son client.

La prochaine étape de cette affaire se jouera devant la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Versailles, qui devra examiner la régularité et le bien-fondé de la demande d’extradition. C’est à cette instance qu’il reviendra de trancher sur la suite à donner à la procédure engagée par Dakar.

En attendant cette audience, le directeur du groupe Avenir Communication demeure en liberté, mais sous contrôle judiciaire. Il reste donc tenu de se conformer à certaines obligations fixées par la justice française, dans l’attente du jugement sur le fond du dossier.

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