Affaire de blanchiment : Waly Seck visé par une information judiciaire

On en sait désormais davantage sur les « tracasseries » évoquées par Waly Ballago Seck lorsqu’il annonçait, dans une vidéo tournée depuis l’étranger, la suspension de sa carrière musicale. Le chanteur affirmait vouloir être entendu par la justice et clamait son innocence dans l’affaire de la vente d’un véhicule à Amadou Sall, fils de l’ancien Président Macky Sall, cité dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

Selon le quotidien Libération, le parquet financier a récemment requis l’ouverture d’une information judiciaire contre l’artiste, confiée au juge du premier cabinet financier. Cette procédure fait suite à un rapport complémentaire de la CENTIF, publié après celui de mars dernier qui avait déjà mis en cause Amadou Sall, l’ancien député Farba Ngom et l’homme d’affaires Tahirou Sarr.

Les investigations ont mis en lumière « plusieurs opérations suspectes » impliquant notamment les sociétés SCI Newport, SCP ASA Vinvest, Sénégal Transport Service SARL ou encore ETS Saliou Sylla. Ces flux financiers sont assortis d’un « retrait de 5,597 milliards de francs CFA non justifié », précise le rapport. La CENTIF cite Waly Seck parmi les bénéficiaires présumés de ces transactions douteuses, en même temps que Mahmadane Sarr dit « Dane », vendeur de véhicules.

Mais le fils de Thione Seck n’est pas le seul dans le collimateur de la justice. Six autres personnes sont visées par la même procédure. Tous font l’objet de poursuites pour association de malfaiteurs en groupe criminel organisé et blanchiment de capitaux commis par un groupe criminel organisé.

Aliou Sall visé par une information judiciaire

L’ancien maire de Guédiawaye, Aliou Sall, est désormais dans le collimateur de la justice. Selon des informations rapportées par le journal Libération, une information judiciaire a été ouverte à son encontre début août par le parquet financier.

Cette procédure fait suite à une enquête diligentée par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Pour l’heure, le contenu exact des griefs retenus contre le frère de l’ancien président Macky Sall demeure inconnu.

Le dossier a été confié au juge du troisième cabinet financier, indique la même source. Aucune communication officielle n’a encore été faite par les autorités judiciaires sur les suites de cette affaire.

Affaire François Mancabou : la veuve attendue devant le juge instructeur

Le dossier relatif à la mort de François Mancabou, ancien détenu arrêté dans le cadre du dossier dit des « Forces spéciales de Pastef », continue de connaître de nouveaux développements. Selon le journal Libération, le juge du deuxième cabinet d’instruction semble résolu à recueillir l’ensemble des témoignages pouvant éclairer les circonstances du décès.

Ce lundi, Clémentine Coly, veuve de François Mancabou, sera entendue par le magistrat instructeur. Son audition est jugée déterminante, dans la mesure où elle était en contact régulier avec son mari durant son hospitalisation. Son témoignage pourrait ainsi apporter des éléments essentiels sur les derniers jours du défunt.

Tribunal de Dakar : Un chauffeur condamné pour usurpation d’identité numérique après un chantage sur TikTok

Une affaire de mœurs impliquant l’usage abusif des réseaux sociaux a été tranchée ce vendredi par le tribunal des flagrants délits de Dakar. Le prévenu, C. Dione, chauffeur de camion âgé de 32 ans, marié et père d’un enfant, était poursuivi pour usurpation d’identité numérique, diffusion illicite de données à caractère personnel et atteinte à la vie privée.

Selon l’accusation, après sa rupture avec son ex-maîtresse, l’étudiante D. Faye, le mis en cause a ouvert un compte TikTok en son nom et y a publié ses images, dans l’unique but de la contraindre à reprendre des rapports sexuels avec lui.

À la barre, C. Dione a reconnu avoir créé le compte, tout en minimisant les faits. « Elle était ma petite amie. Chaque fois que je publiais la photo de mon épouse sur mon statut WhatsApp, elle me demandait aussi de poster les siennes », a-t-il déclaré, affirmant n’avoir partagé que des photos « correctes ».

La plaignante, qui s’était initialement constituée partie civile, a finalement retiré sa plainte, mais a tenu à livrer sa version. Elle a expliqué avoir mis fin à leur relation, jugeant l’homme « trop intéressé par le sexe ». Refusant la séparation, C. Dione aurait alors usé de menaces, allant jusqu’à brandir l’envoi de ses vidéos intimes à sa mère s’il n’obtenait pas gain de cause.

Le procureur a qualifié les faits de « graves » et requis six mois ferme et une amende de 300 000 F CFA. En défense, Me Michel Ndione a plaidé la clémence, insistant sur le repentir affiché par son client.

Litige LONASE–PAYMETRUST : la Cour suprême rejette le recours d’AFITECH et valide la position de la LONASE

La Cour suprême du Sénégal a tranché. Lors de son audience tenue le 11 septembre 2025, la plus haute juridiction administrative du pays a rejeté le référé introduit par la société AFITECH contre le contrat qui lie la Loterie nationale sénégalaise (LONASE) à la société PAYMETRUST. En se déclarant incompétente pour statuer sur ce recours, la Cour a ainsi consolidé la position défendue par la LONASE, qui assure avoir agi dans le respect strict de ses prérogatives contractuelles.

Ce revers judiciaire pour AFITECH intervient dans un climat de tensions juridiques persistantes autour de la création d’une seconde plateforme de centralisation des jeux, mise en place par PAYMETRUST. Depuis plusieurs mois, AFITECH, partenaire historique de la LONASE, dénonce ce qu’elle considère comme une violation de la clause d’exclusivité figurant dans son propre contrat.

Avant cette décision de la Cour suprême, l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) avait été saisie à deux reprises par AFITECH. Le 1er juillet 2025, l’ARCOP avait déclaré le premier recours irrecevable, estimant que le litige en question ne relevait pas de la réglementation applicable aux marchés publics. Plus récemment, le 1er septembre, l’ARCOP a apporté des clarifications substantielles : elle a confirmé que la nature juridique de la convention entre la LONASE et AFITECH correspond à une délégation de service public, tandis que le contrat avec PAYMETRUST s’apparente à un partenariat public-privé (PPP).

Dans cette même décision, l’ARCOP a indiqué que toute contestation liée à la clause d’exclusivité devait être tranchée par le juge compétent, soulignant implicitement que ce type de litige dépasse le champ d’intervention de l’autorité de régulation. L’organisme a néanmoins formulé une recommandation forte à l’endroit de la LONASE : celle de lancer, dans un délai de six mois, une procédure conforme aux normes encadrant les partenariats public-privé. Une exigence qui vise à sécuriser juridiquement les futurs contrats et à garantir une meilleure transparence dans la gestion des ressources publiques.

Pour la LONASE, ces décisions successives sont perçues comme un appui clair à sa démarche. L’entreprise publique se dit confortée dans sa volonté d’explorer de nouveaux modèles de gestion, à travers notamment la mise en place de plusieurs plateformes technologiques. Une diversification que l’ARCOP elle-même n’exclut pas, à condition que les conventions respectent les procédures appropriées.

La société affirme également sa volonté de revoir et, si nécessaire, de réajuster les conventions en cours avec ses partenaires AFITECH et PAYMETRUST, afin de les aligner sur les exigences légales et réglementaires. Elle réitère son engagement à défendre l’intérêt national et à corriger tout contrat qu’elle jugerait désavantageux pour l’État du Sénégal.

L’affaire, bien qu’ayant connu un tournant juridique majeur avec le rejet du recours d’AFITECH, laisse entrevoir une recomposition des partenariats technologiques autour de la LONASE. Elle pose aussi plus largement la question de la gouvernance et de la transparence dans la gestion des délégations de service public au Sénégal, dans un contexte où la réglementation sur les PPP devient un levier incontournable pour assurer la crédibilité des engagements contractuels.

Litige entre Bocar Samba Dièye et la CBAO : 17 ans de bataille judiciaire, et toujours pas d’épilogue

Depuis plus de dix-sept ans, le célèbre commerçant et importateur sénégalais Bocar Samba Dièye se bat contre la Compagnie bancaire de l’Afrique de l’Ouest (CBAO), désormais filiale du groupe marocain Attijariwafa Bank, dans un contentieux complexe mêlant saisie de biens, documents contestés et lenteurs judiciaires. Cette affaire, qui prend désormais une tournure publique, a été au centre d’un point de presse organisé cette semaine par l’homme d’affaires, qui réclame l’intervention urgente de l’État, notamment du président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

L’origine du conflit remonte à une saisie bancaire que Bocar Samba Dièye conteste avec vigueur. Il affirme que ses biens ont été confisqués sur la base d’une fausse lettre de crédit et d’une traite bancaire qui, selon lui, n’ont jamais existé. Ces documents, censés justifier la créance de la CBAO, n’ont à ce jour jamais été présentés, selon les déclarations de l’homme d’affaires, qui accuse la banque d’avoir monté une opération frauduleuse pour s’emparer de son patrimoine.

Ce que Bocar Samba Dièye vit comme une injustice judiciaire prend une dimension plus profonde à ses yeux : il estime que les décisions rendues jusque-là donnent systématiquement raison à la banque, malgré de nombreux éléments à décharge. Il soutient notamment avoir obtenu gain de cause à douze reprises dans diverses procédures judiciaires, mais sans que cela ne change l’issue pratique du litige.

Dans son récit, l’homme d’affaires revient aussi sur son engagement initial auprès de la CBAO, au moment de sa fusion avec la BAO. Il affirme avoir été approché par l’économiste Abdoul Mbaye, ancien directeur général de la CBAO, pour entrer au capital d’une nouvelle banque. Il avait alors déboursé sept millions de francs CFA pour financer une étude de faisabilité, et acheté 3 000 actions, puis 3 000 autres à la demande d’Aliou Sow, avant de convertir ses dividendes en actions. À terme, il était devenu actionnaire à hauteur de 13 049 actions.

Mais selon lui, tout a basculé après la cession de la CBAO au groupe marocain Attijariwafa Bank. Lors d’une Assemblée générale au cours de laquelle il avait pris la parole pour critiquer certaines pratiques, il aurait été mis sur liste noire. Il affirme que c’est à partir de ce moment-là que le directeur général de l’époque, Raghni, aurait entrepris de le « briser ».

Le cœur du litige repose toutefois sur une dette que la banque estime qu’il doit, mais que lui conteste catégoriquement. À l’appui de sa défense, Bocar Samba Dièye s’appuie sur les conclusions d’un expert judiciaire désigné par le tribunal, qui a affirmé que la banque lui devait de l’argent. Ce rapport, jugé accablant pour la CBAO par les soutiens du plaignant, met en évidence des montants importants liés à des agios et intérêts supposément prélevés de manière irrégulière.

Famara Ibrahima Cissé, président de l’Association des commerçants et importateurs du Sénégal et de la diaspora (ACSIF), qui a assisté à la conférence de presse, a dénoncé ce qu’il qualifie d’abus manifeste. Selon lui, la banque a appliqué 2,6 milliards de francs CFA d’agios sur le compte de Bocar Samba Dièye, agios qui ont ensuite généré 388 millions de francs CFA d’intérêts. Pour lui, cela constitue une ponction abusive, injustifiée et contraire aux règles bancaires. Il a également affirmé que la fameuse traite de 5,6 milliards, présentée comme pièce centrale du litige par la CBAO, est « introuvable » et n’a jamais été présentée au tribunal.

Famara Ibrahima Cissé estime, sur la base du rapport d’expertise, que la banque devrait reverser plus de 7,6 milliards de francs CFA à Bocar Samba Dièye, correspondant aux montants prélevés de manière indue, à la traite fictive et aux intérêts associés.

Malgré toutes ces affirmations, les décisions de justice semblent aujourd’hui tourner en faveur de la CBAO, ce qui pousse les soutiens de Bocar Samba Dièye à crier à l’injustice. L’homme d’affaires affirme avoir saisi les plus hautes autorités du pays, y compris le président de la République et le Premier ministre, mais n’avoir reçu aucune réponse officielle. Il demande désormais publiquement une médiation politique, dans ce qu’il considère comme un combat pour l’équité et la justice économique.

Ce dossier sensible soulève des interrogations profondes sur la place des investisseurs nationaux dans un environnement bancaire dominé par des groupes étrangers, ainsi que sur la capacité du système judiciaire à trancher les conflits commerciaux avec impartialité. Pour Bocar Samba Dièye et ses soutiens, l’enjeu dépasse désormais le cadre individuel : il s’agit, selon eux, de rétablir un climat de confiance entre la justice, les institutions financières et les opérateurs économiques nationaux.

Alors que le Sénégal cherche à renforcer l’État de droit et à promouvoir un environnement des affaires stable et équitable, cette affaire pourrait bien devenir un test pour les nouvelles autorités. En attendant une issue judiciaire définitive ou une médiation politique, Bocar Samba Dièye campe sur ses positions : il dit ne réclamer que ce qui lui revient de droit et refuse de baisser les bras.

Non-reversement de fonds : Intech Group dans la tourmente judiciaire après des plaintes d’Air Sénégal et des Grands Moulins de Dakar

La société Intech Group SAS, spécialisée dans les services de paiement et de collecte numérique, est actuellement au cœur d’un scandale financier de grande ampleur. Deux des plus importantes entreprises du Sénégal, Air Sénégal SA et les Grands Moulins de Dakar (GMD), ont engagé des poursuites judiciaires distinctes contre la fintech pour des non-reversements de fonds collectés dans le cadre de contrats commerciaux.

L’affaire la plus avancée est celle opposant Air Sénégal SA à Intech Group, en instance devant le tribunal de commerce de Dakar. Selon des documents judiciaires consultés, la compagnie aérienne nationale réclame à Intech Group un montant principal de 1 221 236 141 francs CFA, ainsi que 50 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts. Cette somme représenterait le total des ventes collectées par la fintech sur les services de réservation d’Air Sénégal, après déduction de ses commissions contractuelles.

Le contrat initial entre les deux entités remonte au 26 février 2022. À travers ce partenariat, Intech Group avait pour mission de gérer les paiements des clients d’Air Sénégal à travers sa plateforme numérique, puis de reverser les fonds collectés à la compagnie dans les délais impartis. Mais selon Air Sénégal, la fintech n’a pas respecté ses engagements, malgré plusieurs relances et la mise en place d’un plan de remboursement sur sept mois accepté à titre exceptionnel.

Une mise en demeure formelle a finalement été adressée à Intech Group le 26 février 2025, après plusieurs tentatives infructueuses de règlement à l’amiable. Dans sa défense, Intech Group évoque une suspension temporaire de ses flux de paiement par la BCEAO, arguant de difficultés techniques indépendantes de sa volonté. Une explication balayée par les avocats d’Air Sénégal, qui parlent d’un préjudice commercial grave pour une entreprise nationale en pleine restructuration financière.

Mais la compagnie aérienne n’est pas la seule à subir les conséquences de ce dysfonctionnement. Les Grands Moulins de Dakar (GMD) ont, pour leur part, déposé une plainte au pénal contre Intech Group pour abus de confiance. D’après les éléments recueillis par Libération, la fintech aurait encaissé environ 550 millions de francs CFA issus de paiements effectués par les clients des GMD, sans procéder au reversement convenu.

Malgré deux lettres d’engagement signées par le président du conseil d’administration d’Intech Group, promettant un remboursement dans les meilleurs délais, aucun paiement n’aurait été effectué à ce jour. Les GMD, qui disent avoir « épuisé tous les recours amiables », ont finalement saisi la justice pour que les responsabilités soient établies et que les fonds soient recouvrés.

Ces deux dossiers viennent écorner sérieusement la réputation d’Intech Group, jusque-là considérée comme un acteur innovant dans l’écosystème fintech de l’UEMOA. Cette affaire met en lumière les risques de gouvernance et de fiabilité qui pèsent sur certaines entreprises du secteur, pourtant cruciales pour la transformation numérique de l’économie.

Le procès civil intenté par Air Sénégal sera examiné le 16 septembre 2025. Il pourrait être suivi d’autres actions, d’autant que des sources proches du dossier évoquent d’autres entreprises victimes de pratiques similaires, qui envisageraient également de porter plainte.

Dans un contexte de renforcement de la régulation des activités financières numériques en Afrique de l’Ouest, ce scandale pourrait marquer un tournant dans la surveillance des opérateurs de services financiers digitaux, dont le rôle dans les chaînes de valeur économiques ne cesse de croître.

Demande de liberté provisoire de Farba Ngom : la CNDH dénonce la fuite d’un courrier confidentiel

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a vivement réagi après la fuite d’une correspondance adressée au juge d’instruction dans le cadre de la demande de liberté provisoire de Farba Ngom. Dans un communiqué officiel, l’institution dirigée par le professeur Amsatou Sow Sidibé a dénoncé la divulgation de ce document confidentiel, la qualifiant de « grave atteinte au principe de confidentialité » et de « fait passible de poursuites judiciaires ».

Selon le document consulté par Les Échos, la CNDH rappelle que toutes ses démarches institutionnelles, en particulier celles touchant à des situations individuelles ou judiciaires, sont couvertes par une confidentialité stricte. Elle souligne que cette discrétion est essentielle pour garantir le respect des droits fondamentaux des personnes concernées, qu’il s’agisse de détenus, de victimes ou de tiers impliqués dans une procédure.

La commission précise que ses interventions ne deviennent publiques que dans un cadre bien défini, notamment lors de la présentation de son rapport annuel remis au Président de la République, conformément à la loi qui régit son fonctionnement. Toute autre publication ou fuite en dehors de ce cadre est considérée comme une violation du secret de ses procédures.

Au-delà de la polémique, la CNDH a tenu à rappeler la nature de sa mission. Celle-ci est définie par l’article 4 de la loi qui l’institue : prévenir les violations, promouvoir et protéger les droits humains. À ce titre, la Commission indique qu’elle est fondée à adresser des recommandations et avis aux autorités, y compris judiciaires, dans le cadre de situations impliquant des droits fondamentaux, tout en respectant les limites de son mandat et de la séparation des pouvoirs.

L’institution s’est également appuyée sur ses récents travaux concernant la loi d’amnistie, un dossier particulièrement sensible, pour illustrer sa posture constante en faveur de la protection des droits humains dans un cadre strictement légal. Elle rappelle avoir formulé neuf recommandations dans ce cadre, dont l’une portait sur la création d’une commission d’indemnisation des victimes, preuve de son engagement envers une justice réparatrice et équitable.

Enfin, la CNDH a salué la volonté politique manifestée par les nouvelles autorités de l’État en faveur d’un renforcement de son indépendance. Elle cite notamment un projet de loi en cours, visant à élargir son mandat et à doter l’institution de nouveaux leviers d’action dans la promotion des droits humains au Sénégal.

En conclusion, la CNDH affirme qu’elle restera fidèle à ses principes fondateurs, notamment la confidentialité, l’impartialité et l’indépendance. Elle invite l’opinion publique à ne pas prêter foi aux fuites et lectures biaisées de ses correspondances internes, et rappelle que dans une démocratie, la protection des droits humains ne saurait être instrumentalisée ni exposée au tribunal de l’opinion publique.

Affaire Lat Diop : ses avocats vont s’exprimer publiquement ce lundi 15 septembre à Dakar

Le collectif des avocats assurant la défense de Lat Diop a annoncé la tenue d’un point de presse ce lundi 15 septembre 2025, à partir de 16 heures, dans la capitale sénégalaise. Cette déclaration a été rendue publique à travers un communiqué signé par Me Cheikh Ahmadou Ndiaye, l’un des avocats du mis en cause.

Selon le communiqué, l’objectif de cette rencontre avec la presse est « d’éclairer l’opinion publique sur le contenu du dossier, les procédures en cours et les droits de la défense », tout en précisant que cet exercice se fera dans le strict respect du secret de l’instruction et des règles déontologiques qui encadrent la profession d’avocat.

Pour rappel, Lat Diop, ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), est en détention depuis le 26 septembre 2024. Il fait l’objet de poursuites judiciaires pour plusieurs chefs d’accusation graves, notamment « détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds ». Les montants en jeu dans ce dossier sont estimés à près de 8 milliards de francs CFA, selon les sources judiciaires.

Cette affaire, qui implique une personnalité bien connue du paysage politique et économique national, suscite depuis plusieurs mois une forte attention médiatique et un vif intérêt au sein de l’opinion publique. Le point de presse de ses avocats devrait ainsi permettre de clarifier certains éléments du dossier, dans un contexte où les spéculations et rumeurs continuent d’alimenter le débat public.

Affaire WAE : Samuel Sarr plaide pour l’annulation de la procédure

L’ancien ministre de l’Énergie, Samuel Sarr, bénéficie depuis quelques semaines d’une liberté provisoire. Assigné à résidence et placé sous bracelet électronique, il reste néanmoins au cœur de la procédure judiciaire dans l’affaire West African Energy (WAE), qui lui a valu plusieurs mois de détention préventive.

Ses avocats entendent désormais obtenir l’annulation pure et simple de la procédure. Selon des informations rapportées par L’Observateur, deux requêtes ont été introduites devant la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar et seront examinées ce jeudi, après deux reports successifs.

La première requête vise à contester l’ordonnance de soit-communiqué rendue le 16 mai 2025, jugée irrégulière par la défense. La seconde s’attaque à l’ordonnance de renvoi en police correctionnelle et de mise en résidence surveillée, datée du 2 juin 2025, que les conseils de Samuel Sarr estiment entachée de « graves violations des droits de la défense ».

Litige financier : l’ASER assigne ASKIA Assurances en justice

Un contentieux majeur oppose l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) à la compagnie ASKIA Assurances au sujet d’un projet d’électrification dans les régions de Kolda et Vélingara.

Signé en 2013, le contrat prévoyait le raccordement de plus de 20 000 abonnés à l’électricité. Pour garantir l’exécution des travaux, l’ASER avait versé une avance de 1,74 milliard de francs CFA au concessionnaire, une somme sécurisée par une caution délivrée par ASKIA Assurances.

Cependant, face à des retards et manquements répétés dans l’exécution des travaux, le contrat a été résilié en 2021.

Malgré plusieurs mises en demeure adressées à ASKIA Assurances, la compagnie n’a jamais procédé au remboursement de l’avance. Cette situation a conduit l’Union européenne, qui cofinançait le projet, à se faire directement rembourser en prélevant les fonds sur le compte de l’ASER, aggravant ainsi les tensions entre les deux parties.

Estimant que ses droits ont été bafoués, l’ASER a décidé d’assigner ASKIA Assurances devant la justice. L’agence réclame non seulement le remboursement de la somme initiale de 1,74 milliard de F CFA, mais également 500 millions de F CFA de dommages et intérêts pour le préjudice subi.

Santé de Farba Ngom : Cheikh Oumar Bachir Tall met en garde le régime contre d’éventuelles conséquences

Cheikh Oumar Bachir Tall, guide religieux influent et descendant de la famille omarienne de Louga, a lancé un appel pressant aux autorités sénégalaises concernant l’état de santé jugé critique de Farba Ngom, maire des Agnam et ancien député, actuellement incarcéré. Dans un discours poignant, prononcé en wolof, il a exprimé de vives inquiétudes sur l’avenir de l’homme politique, appelant à une réponse responsable et humaine de la part du pouvoir en place.

Selon des rapports médicaux officiels, corroborés par un contre-rapport d’expertise, la santé de Farba Ngom est incompatible avec les conditions de détention. Des pathologies graves auraient été relevées, nécessitant des soins urgents et un suivi médical que le milieu carcéral ne peut offrir dans son état actuel.

Face à ce constat alarmant, Cheikh Oumar Bachir Tall alerte le régime : « Farba Ngom est malade, et les examens médicaux l’ont confirmé. Si jamais un événement malheureux survenait en prison, alors que les autorités ont été averties, les conséquences pourraient être très graves pour la République », a-t-il déclaré avec gravité.

Au-delà de la situation individuelle du détenu, le guide religieux interpelle les dirigeants sur leur responsabilité morale et politique, soulignant que les tensions pourraient s’intensifier si la gestion de ce dossier ne tenait pas compte de l’alerte sanitaire. Il insiste sur la nécessité de faire prévaloir la retenue et l’écoute, avant que l’irréparable ne survienne.

Dans son message, Cheikh Oumar Bachir Tall a également tenu à rappeler le rôle d’équilibre joué par les confréries religieuses dans l’histoire politique du Sénégal. Il a évoqué les relations cordiales qu’entretenaient ses prédécesseurs avec les anciens chefs d’État, de Léopold Sédar Senghor à Abdoulaye Wade, en passant par Abdou Diouf et Macky Sall. Ces régimes, selon lui, ont toujours su maintenir la stabilité du pays grâce à un dialogue ouvert avec les autorités religieuses.

Ce message, à la fois avertissement et appel à la sagesse, semble adresser une invitation claire à l’actuel gouvernement : éviter de franchir une ligne rouge en négligeant les recommandations médicales et en mettant en danger la vie d’un détenu en situation critique. Il s’inscrit dans un contexte où plusieurs voix, issues aussi bien de la société civile que de la classe politique, appellent à une humanisation du système pénitentiaire, particulièrement pour les détenus malades.

La déclaration de Cheikh Oumar Bachir Tall intervient donc comme un moment clé, qui pourrait peser sur la décision des autorités judiciaires quant à une possible évacuation sanitaire, une mise en liberté provisoire ou une autre mesure d’aménagement de peine. Dans un pays où les relations entre pouvoir politique et autorités religieuses restent sensibles, ce type de prise de parole est rarement anodin.

Tribunal de Dakar : Dame Amar condamné à un mois ferme pour détention et usage de drogue

Le verdict est tombé ce jeudi au tribunal de grande instance de Dakar dans l’affaire qui mettait en cause l’homme d’affaires Dame Amar pour détention et usage de drogue. Alors que le parquet avait requis deux ans de prison dont six mois ferme, la juridiction a opté pour une peine plus clémente, en le condamnant à un mois de prison ferme.

Selon plusieurs sources médiatiques ayant suivi l’audience, le tribunal a également ordonné la restitution des quatre véhicules de luxe ainsi que des 2 millions de francs CFA saisis lors de son arrestation, lesquels avaient été initialement présentés comme une tentative de corruption visant les agents de la brigade des stupéfiants. Le juge n’a donc pas retenu cette qualification dans sa décision finale.

Pour rappel, Dame Amar, âgé de 35 ans, avait été interpellé dans la nuit du 1er au 2 septembre 2025, à son domicile situé au Plateau, en plein centre-ville de Dakar. Cette arrestation faisait suite à une opération menée par la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar. Elle avait également conduit à l’interpellation de quatre autres personnes, dont sa compagne, de nationalité marocaine, présente sur les lieux au moment de l’intervention.

Les enquêteurs avaient mis la main sur une quantité importante de produits illicites : 100 grammes de skunk, une variété de cannabis à forte teneur en THC, 10 grammes de haschich, du matériel de consommation, neuf téléphones portables, des bijoux en or ainsi que les quatre véhicules saisis. Le chauffeur personnel de Dame Amar avait lui aussi été arrêté, poursuivi pour tentative de corruption, après avoir, selon les enquêteurs, proposé de l’argent aux policiers pour étouffer l’affaire.

Dame Amar n’en est pas à sa première condamnation. Il avait déjà été cité et jugé dans le cadre de l’affaire Hiba Thiam, une jeune femme décédée en 2020 lors d’une soirée privée à Dakar où l’usage de drogues et d’alcool avait été mis en cause. Ce précédent judiciaire avait déjà entaché sa réputation et placé son nom au cœur de plusieurs polémiques.

Cette nouvelle affaire vient donc alourdir le passif judiciaire de l’homme d’affaires, bien que la peine prononcée cette fois reste relativement légère. Elle relance également les débats sur la consommation de stupéfiants dans les milieux mondains de Dakar et la réponse judiciaire face à des figures publiques impliquées dans ce type de dossier.

Reste à savoir si le parquet fera appel de cette décision qu’il pourrait juger insuffisamment dissuasive au regard de la gravité des faits reprochés. En attendant, Dame Amar devra purger son mois de prison ferme, une peine qui, si elle semble symbolique, pourrait avoir des répercussions sur sa liberté conditionnelle dans le cadre de ses précédentes condamnations.

Litige au Marché national : l’ARM condamnée à verser 88,6 millions FCFA à la SEMIG par le Tribunal de commerce de Dakar

Le Tribunal de commerce de Dakar a tranché dans un contentieux opposant deux acteurs publics du secteur agroalimentaire sénégalais. Dans son jugement récemment rendu, la juridiction a condamné l’Agence de Régulation du Marché (ARM) à verser la somme de 88,6 millions de francs CFA à la Société d’Exploitation du Marché national de la Gare des gros porteurs (SEMIG SA), tout en rejetant la demande d’expulsion formulée par cette dernière.

À l’origine de ce litige, un contrat de partenariat signé le 9 novembre 2021 entre l’ARM et la SEMIG. Dans le cadre de cet accord d’une durée de cinq ans, l’ARM obtenait l’autorisation d’ériger et d’exploiter un hangar de stockage d’oignons – baptisé « Centre U » – sur le terre-plein du Marché d’intérêt national. Ce projet, à forte valeur stratégique, s’inscrivait dans la dynamique de réduction des pertes post-récolte, alors estimées entre 20 % et 30 %, et dans le renforcement de la sécurité alimentaire du pays.

Ce partenariat, salué à son lancement comme un modèle de coopération interinstitutionnelle pour le développement de chaînes de valeur agricoles, n’a toutefois pas tenu ses promesses. Moins de deux ans après sa mise en œuvre, les relations entre les deux entités se sont tendues. Des accusations mutuelles ont émergé : retards dans l’exécution du contrat, mauvaise gestion financière, non-respect de certaines clauses contractuelles, et absence de coordination dans la gestion des espaces du marché.

Estimant que l’ARM n’avait pas respecté ses engagements, la SEMIG a décidé de porter l’affaire devant la justice. Représentée par l’avocat Me Soumaré, elle a saisi le Tribunal de commerce de Dakar pour demander l’expulsion de l’Agence du site du Marché national, ainsi que le paiement de créances financières contractées dans le cadre du partenariat.

Le tribunal a partiellement accédé à la demande. Si la demande d’expulsion a été rejetée – sans doute pour préserver un minimum de continuité dans l’exploitation du hangar et éviter une perturbation brutale des activités liées au stockage d’oignons – la justice a toutefois reconnu la validité des arguments financiers avancés par la SEMIG. L’ARM a ainsi été condamnée à verser un montant de 88,6 millions FCFA à la société plaignante, somme qui correspondrait à des arriérés ou à des frais impayés liés à l’utilisation du site et à l’exécution du projet.

Le journal Les Échos, qui a rapporté l’information, précise que l’Agence de Régulation du Marché conserve encore la possibilité de faire appel de cette décision. Il reste à voir si elle décidera d’exercer cette voie de recours ou si elle choisira de s’acquitter du montant fixé pour solder ce différend.

Cette affaire met en lumière les défis que rencontrent même les projets les mieux intentionnés lorsqu’ils manquent d’une gouvernance rigoureuse, d’un suivi contractuel clair et d’une transparence dans la gestion. Elle soulève également la question de la solidité des partenariats entre entités publiques, souvent minés par des divergences d’approche ou des conflits d’intérêts mal encadrés.

Tribunal de Pikine-Guédiawaye : six individus jugés pour escroquerie dans une affaire liée à Qnet

Une affaire d’escroquerie présumée liée à la société de marketing de réseau Qnet a été portée devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, en banlieue dakaroise. Jeudi dernier, six personnes ont comparu à la barre pour répondre des faits d’« association de malfaiteurs » et d’« escroquerie », après avoir été interpellées dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’une plainte déposée par une commerçante du nom de Fatou D.

Selon les informations rapportées, tout commence le 25 août 2025, lorsque la brigade de la Zone franche industrielle de Keur Massar est saisie par une plainte visant un réseau opérant depuis un bureau situé à Grand-Mbao. D’après la plaignante, les mis en cause avaient mis en place une stratégie bien ficelée, sous le couvert de Qnet, pour attirer des personnes vulnérables économiquement. Ils leur proposaient des opportunités d’investissement prétendument lucratives, basées sur la promesse de gains financiers rapides à travers la vente de produits.

Séduite par le discours, Fatou D. affirme avoir remis des biens de valeur, notamment des parures et des cheveux naturels, avec l’espoir de récupérer une commission conséquente ou de faire fructifier son investissement. Plusieurs de ses amies auraient été entraînées dans la même spirale, sans jamais percevoir de retour sur leurs apports. Le mode opératoire du groupe consistait à collecter de l’argent ou des biens précieux en contrepartie d’une promesse d’affiliation et de rendements à court terme.

À la suite de la plainte, les gendarmes ont procédé à l’arrestation de six personnes : Bara M., Moustapha G., Omar M., Pape S., Maimouna D. et Ndèye Anta W. Lors de leur audition, les prévenus ont reconnu mener une activité commerciale au nom de Qnet, en tant que distributeurs indépendants, tout en avouant ne pas détenir de documents légaux leur permettant d’ouvrir une agence ou de solliciter des fonds auprès de tiers.

Une perquisition dans les locaux utilisés par le groupe a permis de saisir plusieurs objets : quarante chaises en plastique, deux téléviseurs, deux tableaux, neuf chaînes et un salon en velours de six places. L’ensemble du matériel a été placé sous scellés dans l’attente du verdict du tribunal.

Lors de l’audience, les six accusés ont maintenu leur version des faits, affirmant qu’ils se limitaient à promouvoir des produits de santé et des bijoux dans le cadre du plan de marketing multi-niveaux de Qnet. Leur avocat a plaidé la relaxe, arguant que l’affaire relevait davantage d’un malentendu lié à l’ignorance des mécanismes du commerce en ligne que d’une volonté manifeste de tromper. Il a évoqué une activité mal structurée mais non frauduleuse selon lui, insistant sur l’absence de preuves d’intention criminelle.

Le parquet, de son côté, a soutenu que les éléments du dossier montraient clairement une organisation structurée ayant profité de la vulnérabilité de ses victimes pour tirer des bénéfices sans aucune base légale ni commerciale sérieuse.

Litige ASER–Askia Assurances : un bras de fer judiciaire autour de 1,7 milliard FCFA dans un projet d’électrification rurale avorté

Un litige financier majeur opposant l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) à la compagnie Askia Assurances SA a éclaté au grand jour, avec des implications potentiellement lourdes pour la gestion des garanties dans les projets d’infrastructure publics au Sénégal. Le différend, désormais porté devant le tribunal de commerce de Dakar, tourne autour du remboursement d’une avance contractuelle de 1,7 milliard de FCFA que l’ASER tente de recouvrer, après l’échec d’un ambitieux projet d’électrification rurale.

À l’origine du contentieux, un contrat de concession signé en 2013 entre l’État du Sénégal et le groupement Enco-Isofoton/Maroc. Ce contrat visait l’électrification de plusieurs localités des régions de Kolda et Vélingara. L’exécution du projet, confiée à la société Kolda-Energy pour le compte du groupement, devait permettre le raccordement de 20 500 abonnés à l’énergie solaire sur une période de 30 mois à compter d’avril 2015. Le financement, assuré en partie par une subvention de 5,59 milliards FCFA de l’Union européenne, incluait une avance de 1,74 milliard FCFA octroyée par l’ASER à Kolda-Energy.

Cette avance, versée en 2016, était couverte par une garantie de restitution signée entre Kolda-Energy et Askia Assurances le 18 mars 2016. Une clause cruciale de cette garantie stipulait que le montant devait être remboursé à première demande de l’ASER, sans possibilité d’objection de la part de l’assureur.

Mais en raison de la non-exécution du projet – marqué notamment par le défaut de raccordement du nombre d’abonnés prévu – le contrat a été résilié le 8 avril 2021. L’ASER, estimant que les conditions d’activation de la garantie étaient réunies, a alors officiellement demandé à Askia Assurances, dès le 19 novembre 2020, de rembourser l’avance conformément aux termes du contrat.

Malgré plusieurs mises en demeure, dont deux commandements de payer signifiés par huissier en 2021, Askia Assurances n’a, selon l’ASER, jamais honoré ses engagements. Cette inaction a provoqué une réaction immédiate du bailleur de fonds européen. Mécontente de la situation, l’Union européenne a débité directement les comptes de l’ASER pour récupérer les fonds non justifiés, aggravant ainsi les conséquences financières pour l’agence sénégalaise.

Devant ce refus persistant de paiement, l’ASER a décidé de prendre des mesures conservatoires en se tournant vers la justice. Une saisie conservatoire de 92 millions FCFA a été effectuée en juillet 2024 sur les comptes bancaires d’Askia Assurances, après autorisation de la présidence de la République. Cette mesure vise à garantir un éventuel recouvrement en cas de victoire judiciaire.

Dans le même temps, une plainte a été déposée devant le tribunal de commerce, dans laquelle l’ASER réclame le paiement intégral de la somme principale de 1 741 892 694 FCFA, ainsi que 500 millions FCFA à titre de dommages et intérêts pour procédure abusive. Elle demande également des intérêts de droit calculés à partir de la première mise en demeure, datée du 19 novembre 2020.

L’ASER fonde sa démarche sur le principe de la force obligatoire du contrat, tel que défini à l’article 96 du Code des obligations civiles et commerciales (COCC). Selon l’agence, le refus d’Askia Assurances d’exécuter une garantie autonome, claire et irrévocable constitue une violation manifeste de ses engagements contractuels. Elle estime que ce comportement remet en question la fiabilité des mécanismes de garantie sur lesquels repose la sécurité financière des projets publics.

Au-delà de ce cas précis, l’issue du procès pourrait avoir des répercussions significatives sur l’environnement juridique et financier des projets d’infrastructure au Sénégal et dans l’espace UEMOA. Elle interroge la solidité des assurances contractuelles, la rigueur des obligations légales et la capacité des institutions à faire respecter les engagements, même face à des compagnies opérant dans un secteur aussi stratégique que l’assurance.

Escroquerie foncière « Omart City » : le parquet requiert de lourdes peines

Le dossier dit « Omart City » continue de défrayer la chronique judiciaire. Mardi, devant le tribunal, le parquet a requis trois ans de prison ferme contre Abdoulaye Mamadou Guissé, présenté comme le principal instigateur de cette vaste escroquerie foncière, rapporte Libération dans son édition du mercredi 10 septembre.

Dans le même réquisitoire, le procureur a demandé deux ans de prison ferme à l’encontre de Pape Bouba Camara, supposé « directeur de cabinet » de l’accusé, ainsi que contre Khady Faye, identifiée comme la fausse tante du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Le verdict est attendu le 14 octobre prochain.

Les chiffres révélés à la barre donnent la mesure du scandale : plus de 3 000 victimes ont été recensées à ce jour, et près de 200 nouvelles parties civiles se sont récemment constituées devant la justice. Séduits par la promesse de logements et de terrains à des prix attractifs, des milliers de citoyens ont vu leurs économies s’envoler dans ce qui s’apparente à l’une des plus grandes escroqueries foncières qu’ait connues le pays.

Au-delà des pertes financières, cette affaire a profondément ébranlé la confiance des Sénégalais dans certains projets immobiliers privés, souvent présentés comme des solutions miracles face à la crise du logement. Le procès en cours devrait déterminer les responsabilités et fixer les sanctions, mais il soulève déjà de vifs débats sur la régulation du secteur et la protection des consommateurs.

Aïssatou Diop Fall auditionnée par la Division spéciale de Cybersécurité avant d’être relâchée

La journaliste Aïssatou Diop Fall, connue pour son franc-parler et son engagement dans les médias, a été convoquée et entendue ce mardi par la Division spéciale de Cybersécurité (DSC). Directrice de la chaîne d’information en ligne Public.sn, elle a été interrogée dans le cadre d’une plainte déposée par l’une de ses consœurs, Thioro Mandela. Après plusieurs heures d’audition, Mme Diop Fall a été autorisée à rentrer chez elle, sans qu’aucune mesure restrictive ne soit prise à son encontre pour le moment.

Cette affaire fait suite à une émission récemment diffusée sur la plateforme Public.sn, au cours de laquelle Aïssatou Diop Fall aurait tenu des propos jugés diffamatoires par Thioro Mandela. Cette dernière a rapidement saisi la justice, estimant que sa réputation avait été mise à mal de manière injustifiée. Le contenu précis des propos incriminés n’a pas encore été rendu public, mais la plainte fait état d’atteinte à l’honneur et à la considération de la plaignante.

Dans un climat où la liberté d’expression et la régulation des contenus en ligne soulèvent de nombreuses questions, cette audition a immédiatement suscité l’intérêt de l’opinion publique et des acteurs du monde médiatique. Plusieurs observateurs s’interrogent déjà sur les implications de cette affaire, à la fois sur le plan juridique et sur la liberté des journalistes d’exercer leur métier sans subir de pressions.

À ce stade, aucune inculpation n’a été prononcée, et l’enquête se poursuit sous la houlette des services compétents. Aïssatou Diop Fall, de son côté, n’a pas encore réagi officiellement, mais des sources proches de la journaliste indiquent qu’elle reste sereine et prête à se défendre face aux accusations portées contre elle.

Affaire Farba Ngom : La CNDH plaide pour une libération provisoire pour raisons médicales

Un nouveau tournant vient d’être pris dans le dossier de Farba Ngom, député-maire des Agnam et figure de l’Alliance pour la République (APR, ex-parti au pouvoir). Alors que la décision du juge d’instruction est attendue cette semaine, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) est entrée en scène avec une demande officielle.

L’institution dirigée par Amsatou Sow Sidibé a adressé, le 2 septembre, un courrier au président du Collège des juges d’instruction, sollicitant la libération provisoire de l’élu pour des raisons médicales. Cette initiative fait suite à une enquête interne menée par la CNDH sur l’état de santé du parlementaire.

Pour rappel, deux expertises médicales – l’une initiale et l’autre en contre-expertise – avaient déjà conclu à l’incompatibilité de la détention avec son état de santé.

Aïssatou Diop Fall convoquée à la Direction spéciale de la cybersécurité

La journaliste Aïssatou Diop Fall est attendue ce mardi 9 septembre dans les locaux de la Direction spéciale de la cybersécurité (DSC). L’information a été révélée par le quotidien L’AS, qui précise que cette convocation fait suite à une plainte déposée par sa consœur Thioro Mandela.

Cette dernière accuse Aïssatou Diop Fall de propos diffamatoires tenus à son encontre. Pour l’heure, aucun détail supplémentaire n’a filtré sur le contenu exact des déclarations incriminées ni sur le contexte dans lequel elles ont été formulées.

Convocation pour diffamation : la journaliste Aissatou Diop Fall attendue à la Division spéciale de cybercriminalité

La journaliste Aissatou Diop Fall est attendue ce mardi à 10 heures dans les locaux de la Division spéciale de cybercriminalité.

Cette convocation intervient à la suite d’une plainte déposée par la journaliste Thioro Mandela, qui accuse Aissatou Diop Fall de diffamation lors d’une émission diffusée sur Publicsn TV. Selon la plaignante, les propos tenus porteraient atteinte à son honneur et à sa réputation.

Un litige foncier aux Almadies : Ecotra et Vacap SA devant le tribunal de commerce de Dakar

Le tribunal de commerce de Dakar s’apprête à trancher un différend opposant l’entreprise Ecotra, dirigée par l’homme d’affaires Abdoulaye Sylla, à la société Vacap SA, autour d’un imposant bien immobilier situé aux Almadies, l’un des quartiers les plus prisés de la capitale sénégalaise.

Dans le cadre de cette procédure judiciaire, Ecotra réclame la vente forcée de l’immeuble appartenant à Vacap SA, déjà saisi à titre conservatoire. La propriété, d’une superficie de 18 534 m², fait l’objet d’une mise à prix fixée à 6 388 570 797 F CFA. Ce montant correspond également à la caution exigée pour participer à la vente, conformément aux dispositions légales encadrant les procédures de saisie immobilière.

L’affaire a été inscrite au rôle du juge des Criées, magistrat en charge des ventes judiciaires, qui devra superviser les opérations. La prochaine audience, prévue pour le 7 octobre 2025, sera décisive : elle pourrait sceller l’avenir du bien immobilier et, par ricochet, mettre un terme à ce contentieux commercial qui oppose les deux parties depuis plusieurs mois.

Extradition de Doro Gaye : la justice française exige des garanties avant de trancher

La procédure d’extradition visant l’homme d’affaires sénégalais Doro Gaye vient de connaître un nouveau développement. La chambre d’accusation de la Cour d’appel de Paris, saisie par la justice sénégalaise, a décidé de reporter sa décision et de surseoir à l’examen de la requête. Elle exige des compléments d’informations avant toute décision définitive.

Selon des sources judiciaires, huit points restent encore en suspens, notamment la garantie d’un procès équitable au Sénégal et la prise en compte de l’état de santé de Doro Gaye, décrit comme fragile. La juridiction française a fixé une nouvelle audience au 10 décembre prochain, à l’issue de laquelle Dakar devra fournir des réponses précises aux interrogations soulevées.

Doro Gaye est poursuivi dans le cadre d’un différend avec Zakiroulah Sow, qui l’accuse de lui avoir extorqué 1,2 milliard de francs CFA dans une transaction foncière controversée. À la suite de cette affaire, un mandat d’arrêt international a été délivré par le juge du troisième cabinet d’instruction du tribunal de Dakar.

Après une détention préventive au Sénégal, l’homme d’affaires avait bénéficié d’une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire, avant de quitter clandestinement le pays pour la France. Interpellé à Paris sur la base du mandat transmis à Interpol, il avait été incarcéré, puis libéré contre une caution de 160 000 euros (environ 104 millions de francs CFA).

Le dossier, déjà marqué par plusieurs renvois, reste donc en suspens jusqu’à la prochaine audience en décembre, qui sera décisive pour l’avenir de l’homme d’affaires sénégalais.

Affaire Lonase : Mouhamad Dieng dénonce une « campagne de diabolisation » après le rapport de la CENTIF

Le rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), daté de juillet 2025 et transmis au parquet financier, met en cause l’homme d’affaires Mouhamad Dieng, PDG de MIR HOLDING SAS, dans le cadre de l’affaire Lonase. Le document fait état de soupçons de blanchiment de capitaux portant sur plus de 3 milliards de francs CFA.

Dans un communiqué transmis à la presse et consulté par L’AS, Mouhamad Dieng a vivement réagi, dénonçant une « entreprise de diabolisation mûrement orchestrée ». Il affirme n’avoir jamais été associé à l’élaboration du rapport et conteste la véracité de plusieurs informations.

son revenu principal, qui proviendrait de dividendes et non d’un salaire mensuel de 1,5 million de francs CFA, comme indiqué par la CENTIF ; l’immeuble R+5 situé aux Mamelles, qu’il attribue à Bet Online et non à son patrimoine personnel ; sa villa de Saly, d’une superficie de 3 500 m² et non d’un hectare, comme mentionné dans le rapport ; le coût du matériel de sonorisation, qu’il évalue à 75 millions avec facture à l’appui, contre 250 millions avancés par le document.

Concernant les 45 véhicules cités, il précise qu’ils appartiennent à sa société de transport MD Global Business Services et ne devraient pas être associés à ses biens personnels.

Mouhamad Dieng insiste également sur la légalité de ses activités, rappelant que MIR HOLDING SAS est organisée conformément aux normes du SYSCOHADA et regroupe plusieurs filiales actives dans différents secteurs. Il dénonce l’attribution « à tort » de sociétés comme PayMeTrust, ainsi que toute relation supposée entre Pay Dunya et Service Online International, qu’il qualifie de « fabrications de toutes pièces ».

« Un succès présenté comme un délit »

Pour le PDG, son parcours d’entrepreneur est injustement assimilé à une infraction. « Mon succès est transformé en délit », regrette-t-il, avant d’assurer être disposé à prouver l’origine licite de ses biens. Il promet par ailleurs que les « véritables commanditaires » de ce qu’il considère comme une campagne de déstabilisation seront identifiés.

Affaire Arcelor Mittal : l’ancien ministre Birima Mangara entendu par le doyen des juges

Dans une atmosphère discrète, loin des caméras, l’ancien ministre délégué chargé du Budget, Birima Mangara, a été auditionné le 21 août dernier par le doyen des juges du tribunal de Dakar. Selon le quotidien Libération, cette convocation s’inscrit dans le cadre de l’affaire Arcelor Mittal, un dossier à la fois sensible et complexe qui mobilise depuis plusieurs mois la justice sénégalaise.

Cette audition intervient seulement vingt-quatre heures après celle d’Aly Ngouille Ndiaye, ex-ministre de l’Industrie et des Mines. Une succession qui confirme l’avancée progressive mais résolue de l’enquête.

Le parquet de Dakar a ouvert une information judiciaire visant des faits graves : association de malfaiteurs, corruption, recel, blanchiment de capitaux, escroquerie et complicité. L’État du Sénégal, partie civile dans cette affaire, a formulé sa plainte contre plusieurs entités du géant sidérurgique : Arcelor Mittal Holdings AG (anciennement Mittal Steel Holdings AG), Arcelor Mittal Limited, Arcelor Mittal Holland II BV, Arcelor Mittal Mining Sénégal SA et Arcelor Mittal Infrastructures Sénégal SA.

Cette multiplication des chefs d’accusation traduit le caractère tentaculaire du dossier et la volonté des autorités judiciaires de faire toute la lumière sur les conditions dans lesquelles certaines décisions ont été prises.

Un épisode de 2014 revient avec insistance dans l’enquête. Le 30 mai de cette année-là, alors qu’il était en poste, Birima Mangara avait saisi le tribunal arbitral pour demander le retrait de la procédure engagée contre Mittal.

Cette démarche suscite aujourd’hui de nombreuses interrogations : elle relevait en principe des prérogatives de l’agent judiciaire de l’État, pourtant écarté de la procédure. Une anomalie qui intrigue les enquêteurs et alimente les soupçons sur de possibles interférences dans la gestion du contentieux.

Santé fragile de Farba Ngom : ses avocats dégainent la contre-attaque judiciaire

Après plusieurs mois de bras de fer mêlant procédures judiciaires et expertise médicale, la défense de Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba, a décidé de changer de cap. Selon des informations rapportées par L’Observateur, ses avocats ont introduit une nouvelle requête demandant la main levée du mandat de dépôt ainsi qu’une mise en liberté provisoire pour leur client. Cette démarche, appuyée par un rapport médical jugé accablant, est présentée comme une riposte juridique ferme face à la position jugée inflexible du parquet financier.

Le document sur lequel s’appuie la défense est une contre-expertise médico-légale réalisée par trois spécialistes de renom : le cardiologue Ousmane Dièye, le professeur Papa Saliou Mbaye et le professeur Serigne Maguèye Gueye. Le rapport, qualifié d’alarmant, décrit un état de santé critique, évoquant une cardiopathie débutante, un diabète ancien, une obésité et un syndrome d’apnée obstructive du sommeil sévère. Selon les experts, l’ensemble de ces pathologies expose l’homme politique à un risque réel de mort subite nocturne. Pour ses avocats, ces conclusions dépassent la simple analyse médicale et deviennent un véritable bouclier juridique, rendant injustifiable le maintien en détention de leur client.

Cette contre-offensive judiciaire intervient dans un contexte marqué par un précédent rejet. Le parquet financier avait en effet balayé une première demande de liberté provisoire, remettant en cause la crédibilité du rapport du professeur Alassane Mbaye, désigné par l’Ordre des Médecins. Soupçonnant un document complaisant, le ministère public avait alors exigé qu’une contre-expertise soit confiée à un collège médical indépendant. Mais loin d’infirmer les conclusions initiales, ce second rapport les a non seulement confirmées mais encore renforcées, donnant ainsi un poids supplémentaire aux arguments de la défense.

Les conseils de Farba Ngom s’appuient désormais sur cette double validation scientifique pour exiger que le juge ordonne la main levée du mandat de dépôt. Et si cette requête venait à être rejetée, ils invoquent les dispositions du Code de procédure pénale qui permettent d’obtenir au moins une liberté provisoire sous contrôle judiciaire. Dans leur stratégie, le médical devient un levier juridique, et leurs propos traduisent une détermination sans faille : « Ce rapport clôt définitivement le débat », assurent-ils, estimant que l’autorité judiciaire n’a plus aucune base légale pour maintenir leur client derrière les barreaux.

Écroué hier par le doyen des juges : Hamidou Djiba, figure controversée du MFDC, replonge dans les ténèbres de la prison

Le feuilleton de la crise casamançaise vient de s’enrichir d’un nouvel épisode. Hamidou Djiba, 61 ans, connu pour s’être autoproclamé porte-parole de l’aile politique du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) de Mangoukoro, a été inculpé et placé sous mandat de dépôt vendredi dernier par le doyen des juges. Arrêté à Ziguinchor le 20 août 2025, il a passé sa première nuit derrière les barreaux, accusé de complot contre l’autorité de l’État et l’intégrité du territoire, de participation à un mouvement insurrectionnel et d’association de malfaiteurs criminelle.

Cette arrestation n’est pas le fruit du hasard. Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, l’opération a été soigneusement planifiée et menée conjointement par les Sections de recherches (SR) de Dakar et de Ziguinchor. Pendant plusieurs jours, les enquêteurs ont surveillé les moindres faits et gestes du suspect avant de l’intercepter, le 20 août aux alentours de 18 heures, à Bouloum, près de Boutoute, alors qu’il circulait à moto. Après son arrestation, il a été transféré sous bonne escorte à Dakar, où il a été pris en charge dès le lendemain matin par les services de la SR de la capitale pour les besoins de l’enquête. Dans le même temps, une perquisition effectuée à son domicile de Djibock, dans la périphérie de Ziguinchor, a permis de saisir plusieurs tee-shirts floqués de symboles jugés liés au mouvement indépendantiste, considérés comme pièces à conviction.

Les autorités judiciaires expliquent que cette opération a été déclenchée à la suite de propos incendiaires tenus par Hamidou Djiba lors d’une cérémonie de commémoration dédiée à l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, figure emblématique du MFDC. Ses déclarations, filmées et largement diffusées, ont été interprétées comme une menace directe contre la stabilité nationale, poussant le parquet à demander l’ouverture d’une information judiciaire.

Ce n’est pas la première fois que le nom d’Hamidou Djiba apparaît dans les chroniques judiciaires. Déjà en 1995, il avait été arrêté lors d’une vaste opération militaire avant d’être détenu pendant quatre ans à la prison de Rebeuss. Sa libération, intervenue dans le cadre des négociations de paix entre l’État du Sénégal et le MFDC, lui avait alors permis de retrouver une liberté surveillée. Mais trois décennies plus tard, le sexagénaire se retrouve de nouveau face aux mêmes accusations, confirmant ainsi son statut de figure controversée et persistante d’un conflit qui continue de hanter la Casamance.

Aujourd’hui, son incarcération marque une nouvelle étape dans ce long bras de fer entre l’État et les franges les plus radicales du MFDC. Elle rappelle aussi que, malgré les multiples tentatives de médiation et les accords de paix successifs, la question casamançaise reste une plaie ouverte dans l’histoire politique et sécuritaire du Sénégal.

Affaire Sukuk Sogepa : 63 comptes bancaires dans le viseur des enquêteurs

L’affaire du « Sukuk Sogepa », déjà pointée du doigt par la Cour des comptes, connaît de nouveaux développements. Selon les informations de Libération, les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (Dic) ont élargi leurs investigations à 63 comptes bancaires soupçonnés d’avoir servi à des dépenses extra-budgétaires.

La convocation et l’audition de l’ancien directeur général de La Poste, Abdoulaye Bibi Baldé, trouvent leur origine dans un virement de 10 milliards de Fcfa que l’entreprise publique aurait reçu des fonds issus du Sukuk. Ces flux financiers, jugés opaques, avaient déjà été relevés par la Cour des comptes dans son dernier rapport sur la gestion des finances publiques.

Outre ce cas, les enquêteurs cherchent désormais à retracer le cheminement des sommes transitant par des comptes commerciaux ouverts dans plusieurs banques de la place. D’après Libération, des responsables d’établissements bancaires — directeurs généraux ou adjoints — ont été entendus discrètement par la Dic. Parmi les institutions citées figurent notamment : BSIC, BRM, Bridge Bank, NSIA, Ecobank, BDK, BOA, Banque Atlantique, Crédit du Sénégal, FNB Bank, Société Générale, entre autres.

La mission confiée aux enquêteurs est claire : identifier les opérations effectuées sur ces 63 comptes, retracer leurs bénéficiaires finaux et établir les responsabilités dans la gestion controversée de ces fonds. L’enjeu est de déterminer l’ampleur exacte des dépenses extra-budgétaires exécutées via ce circuit parallèle et de clarifier la destination réelle des ressources du Sukuk.

Santé fragile de Farba Ngom : le Forum du justiciable alerte et demande une liberté provisoire sous bracelet électronique

Le Forum du Justiciable a lancé ce jeudi 28 août 2025 un appel pressant aux autorités judiciaires concernant la situation du député-maire des Agnams, Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom. L’organisation citoyenne se dit « très préoccupée » par l’état de santé de l’édile, actuellement placé en détention, et alerte sur les risques graves auxquels il est exposé.

Dans un communiqué rendu public, le Forum rappelle que la contre-expertise médicale ordonnée par le Pôle judiciaire financier a confirmé les conclusions du premier rapport. Les spécialistes estiment que la condition physique de Farba Ngom est « incompatible avec la vie carcérale ». Son état présenterait un danger vital immédiat, avec un risque de « mort subite nocturne » si aucune mesure appropriée n’est prise.

S’appuyant sur ces éléments, le Forum du Justiciable plaide pour la mise en liberté provisoire du parlementaire, sous contrôle judiciaire, avec un bracelet électronique afin de concilier la poursuite de la procédure et la préservation de sa vie. « La vie humaine est sacrée », rappelle le Bureau exécutif de l’organisation, qui insiste sur le caractère humanitaire et non partisan de sa démarche.

Pour le Forum, il est impératif que la justice agisse rapidement afin d’éviter que l’« irréparable » ne survienne. L’organisation citoyenne en appelle à la responsabilité des autorités judiciaires et politiques, soulignant qu’il ne s’agit pas d’un privilège mais d’une nécessité dictée par des considérations médicales et humanitaires.

Ce nouvel épisode relance le débat autour de la prise en charge des détenus souffrant de pathologies graves et pose la question de l’adaptation des mesures judiciaires aux réalités médicales. Pour Farba Ngom, la balle est désormais dans le camp de la justice, sommée d’arbitrer entre rigueur procédurale et impératif de préservation de la vie.

Santé de Farba Ngom : une contre-expertise alerte sur un risque de « mort subite nocturne »

La situation sanitaire de Mouhamadou Ngom, dit Farba, attire désormais l’attention au plus haut niveau. Une contre-expertise médico-légale, réalisée par trois praticiens de renom — Dr Ousmane Dièye, Pr Papa Saliou Mbaye et Pr Serigne Maguèye Gueye — met en lumière un tableau clinique préoccupant, jugé incompatible avec une incarcération.

Selon le rapport remis au Pôle judiciaire et financier du tribunal de grande instance hors classe de Dakar, l’élu souffre d’un syndrome d’apnée obstructive sévère du sommeil, jusqu’ici non diagnostiqué. Cette affection, combinée à une cardiopathie naissante, au diabète, à l’obésité et à des antécédents cardiovasculaires, place Farba Ngom dans une zone de risque critique.

Les experts décrivent un patient sujet à des palpitations, malaises, essoufflement, fatigue chronique et somnolence diurne. L’échoDoppler cardiaque a confirmé une dilatation modérée de l’oreillette gauche et de l’aorte thoracique ascendante, aggravant la gravité du cas.

La polygraphie ventilatoire du 31 juillet a confirmé l’apnée obstructive sévère du sommeil, nécessitant une assistance respiratoire par ventilation à pression positive continue. La spirométrie du 2 août, quant à elle, a révélé un trouble ventilatoire obstructif léger, compatible avec une broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) débutante. Les antécédents tabagiques et l’excès pondéral du patient renforcent cette hypothèse.

Même si les analyses biologiques ne révèlent pas d’aggravation majeure par rapport aux bilans précédents, la combinaison de ces pathologies, notent les experts, expose Farba Ngom à des complications graves et évolutives, « dont une mort subite nocturne ».

Détenu depuis le 27 février dernier, Farba Ngom se trouve ainsi dans une situation jugée médicalement intenable. Ses avocats devraient, selon L’Observateur, introduire une nouvelle demande de liberté provisoire en s’appuyant sur ce rapport alarmant.

Diffusion de fausses nouvelles : Bougar Diouf condamné à un mois ferme

Le leader de l’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS), Bougar Diouf, a comparu ce mercredi 27 août 2025 devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, l’opposant politique a été reconnu coupable et condamné à un mois de prison ferme.

Selon les éléments du dossier, le parquet reprochait à Bougar Diouf d’avoir relayé sur les réseaux sociaux des informations jugées mensongères, susceptibles de troubler l’ordre public. Des publications qui, d’après l’accusation, « étaient de nature à créer la panique et à semer la confusion dans l’opinion publique ».

Au cours de l’audience, la défense a plaidé la bonne foi de son client, soutenant qu’il n’avait fait que « partager une opinion politique dans un contexte démocratique ». Elle a également dénoncé ce qu’elle considère comme une atteinte à la liberté d’expression.

Le tribunal, après délibéré, a toutefois retenu la responsabilité pénale de Bougar Diouf et prononcé une peine d’un mois de prison ferme. Une décision qui a suscité de vives réactions parmi ses partisans présents dans la salle d’audience, certains dénonçant une « instrumentalisation de la justice ».

Ousmane Diagne clarifie : “849 personnes portent un bracelet électronique, les cas médiatisés restent minoritaires”

Devant l’Assemblée nationale, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Ousmane Diagne, a apporté des précisions sur l’utilisation du bracelet électronique au Sénégal. Selon lui, cette mesure alternative à l’incarcération ne concerne pas exclusivement des personnalités publiques impliquées dans des affaires judiciaires.

« Les bracelets électroniques ne concernent pas uniquement des personnalités connues. Si la presse met souvent en avant les cas médiatisés, ceux-ci restent minoritaires. Au 3 août dernier, 849 personnes étaient suivies par ce dispositif, dont la majorité sont des citoyens condamnés pour des délits mineurs », a-t-il déclaré.

Le ministre a rappelé que cette solution vise à désengorger les prisons tout en offrant une possibilité de réinsertion progressive pour les condamnés. Il a insisté sur le fait que ce mécanisme bénéficie à un large panel de justiciables, bien au-delà des responsables politiques ou anciens dignitaires.

Tribunal de Dakar : Fallou Fall acquitté après cinq ans de détention

Fin d’un long calvaire judiciaire pour Fallou Fall. Condamné en première instance à 15 ans de réclusion criminelle pour viol sur sa demi-sœur, le jeune homme vient d’être acquitté ce mercredi par la Cour d’appel de Dakar, après avoir passé cinq années derrière les barreaux.

Lors de l’audience du 30 juillet dernier, l’avocat général avait déjà ouvert la voie à cette issue en demandant l’infirmation du verdict initial. Une position qui rejoignait la plaidoirie de la défense, et qui a finalement conduit à un acquittement pur et simple.

L’affaire trouve son origine dans une plainte portée par la marâtre du jeune homme, à l’origine de l’accusation. La décision de la Cour d’appel met aujourd’hui un terme à ce dossier, redonnant la liberté à Fallou Fall, qui recouvre ses droits après plusieurs années d’incarcération.

Cybersécurité : Mamadou Sy Tounkara rentre chez lui après son audition

Le chroniqueur politique Mamadou Sy Tounkara a finalement regagné son domicile après avoir été entendu ce mardi par la Division spéciale de la cybersécurité (DSC). L’information a été confirmée par son avocat, Me El Hadji Diouf, qui s’est félicité de la libération de son client à l’issue de plusieurs heures d’audition.

Selon Me Diouf, cette convocation s’inscrivait dans le cadre d’une enquête ouverte sur la diffusion présumée d’une fausse nouvelle concernant la proposition de loi criminalisant l’homosexualité. Le chroniqueur, connu pour ses prises de position tranchées et ses analyses souvent polémiques sur la vie politique nationale, avait récemment commenté ce sujet sensible dans une publication qui a suscité de vifs débats sur les réseaux sociaux.

L’affaire intervient dans un contexte où la régulation de l’espace numérique reste au cœur des préoccupations des autorités sénégalaises. La Division spéciale de la cybersécurité, placée sous l’autorité de la Police nationale, est régulièrement saisie pour enquêter sur des affaires de cybercriminalité, allant des arnaques en ligne aux publications jugées attentatoires à l’ordre public. Le dossier concernant Tounkara relance ainsi le débat sur la frontière entre liberté d’expression, responsabilité des chroniqueurs publics et lutte contre la désinformation.

Pour l’heure, aucune suite judiciaire n’a été annoncée. Mais selon son avocat, Mamadou Sy Tounkara « reste disponible pour répondre à toute convocation des enquêteurs » et entend continuer son travail d’analyste politique. De leur côté, ses soutiens dénoncent une tentative d’intimidation et rappellent que la liberté d’expression est protégée par la Constitution.

Justice : Ousmane Diagne annonce la création prochaine d’un Centre national du casier judiciaire

Le Sénégal s’engage résolument dans une nouvelle ère de modernisation de son système judiciaire. Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Ousmane Diagne, a annoncé ce mardi la mise en place prochaine d’un Centre national du casier judiciaire, une structure centrale qui aura pour mission de dématérialiser et de centraliser toutes les demandes de casiers judiciaires, quel que soit le lieu de naissance des requérants.

Jusqu’ici, l’obtention d’un extrait de casier judiciaire relevait souvent d’un véritable parcours du combattant pour les citoyens nés loin de leur localité actuelle. Avec ce nouveau centre, l’objectif est clair : mettre fin aux lourdeurs administratives et aux déplacements contraignants. « La dématérialisation permettra à terme de délivrer ce document en un clic, au bénéfice du citoyen », a assuré le ministre, insistant sur le caractère inclusif et simplificateur de la réforme.

Cette innovation s’inscrit dans un projet de loi actuellement examiné à l’Assemblée nationale. Elle a été évoquée par Ousmane Diagne lors du vote, à l’unanimité, de la loi sur l’accès à l’information publique. Ce texte, considéré comme un jalon important dans la construction d’une gouvernance plus transparente, fait partie d’un paquet législatif comprenant quatre projets de loi. Parmi eux figurent la réforme de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC) et le renforcement de l’obligation de déclaration de patrimoine pour les responsables publics.

Lors des débats parlementaires, plusieurs députés ont rappelé les difficultés persistantes auxquelles font face de nombreux citoyens, notamment dans les zones éloignées ou rurales, lorsqu’il s’agit d’obtenir leur casier judiciaire. La création de ce centre vient répondre directement à cette préoccupation récurrente, en offrant une solution digitale et uniformisée.

Au-delà du casier judiciaire, Ousmane Diagne a également révélé l’ambition du ministère de la Justice de mettre en place une bibliothèque numérique destinée à rassembler et à rendre accessible à tous les textes de loi ainsi que les décisions de justice. Une telle base documentaire contribuerait à démocratiser l’accès à l’information juridique et à renforcer l’État de droit.

Avec ces réformes, le gouvernement entend donner un signal fort en matière de transparence, de bonne gouvernance et de modernisation des services publics. Si elles aboutissent, les innovations annoncées devraient transformer durablement la relation entre l’administration judiciaire et les citoyens, en réduisant les lenteurs, en favorisant l’équité territoriale et en consolidant la confiance dans l’institution judiciaire.

Sénégal – Justice : Bougar Diouf, président de l’UPS, placé sous mandat de dépôt pour diffusion de fausses nouvelles

Déféré ce lundi devant le parquet par la Division spéciale de cybersécurité (DSC), Bougar Diouf, président de l’Union des panafricanistes sénégalais (UPS) et membre de la coalition DiomayePrésident, a été placé sous mandat de dépôt par le procureur de la République, a appris Seneweb de sources judiciaires. Son procès en flagrant délit est prévu pour mercredi prochain.

L’arrestation de Bougar Diouf fait suite à des déclarations jugées controversées qu’il a récemment tenues au sujet du Premier ministre Ousmane Sonko et de la situation sécuritaire en Casamance. Selon les enquêteurs, ses propos, diffusés sur les réseaux sociaux, relèveraient de la « diffusion de fausses nouvelles » susceptible de porter atteinte à l’ordre public.

Militant panafricaniste connu pour ses prises de position radicales, Bougar Diouf est également un allié de la coalition au pouvoir. Son arrestation et son incarcération interviennent dans un contexte où la liberté d’expression sur internet et la régulation de la communication numérique suscitent un vif débat au Sénégal.

Bougar Diouf sera jugé en flagrant délit mercredi. Si la justice confirme les accusations, il pourrait encourir des sanctions pénales allant de lourdes amendes à une peine d’emprisonnement, conformément aux dispositions du code pénal et de la loi sur la cybersécurité.

Manifestations pré-électorales : le ministre de la Justice annonce la saisine du procureur général

Le débat sur les violences qui avaient secoué le Sénégal à la veille de l’élection présidentielle de 2024 refait surface. En séance plénière ce lundi à l’Assemblée nationale, consacrée à la création de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), le ministre de la Justice, Me Ousmane Diagne, a confirmé que le procureur général près la Cour d’appel de Dakar a été saisi par correspondance en vue de l’ouverture d’une enquête. L’annonce, faite devant les députés, a marqué l’un des temps forts de la session parlementaire, en raison de la sensibilité politique et judiciaire du sujet.

C’est à la suite d’une interpellation du député Guy Marius Sagna que le Garde des Sceaux s’est longuement exprimé sur ce dossier. Me Diagne a rappelé que les événements de 2024 avaient entraîné des pertes en vies humaines et des destructions, des faits qui, selon lui, pourraient être juridiquement assimilés à des crimes d’une gravité exceptionnelle. « Ces événements sont susceptibles de revêtir des contours de crime contre l’humanité », a-t-il lancé, en précisant que cette qualification n’avait pas été choisie au hasard, mais pour garantir la solidité des procédures futures et prévenir toute annulation éventuelle pour vice de forme.

Le ministre a par ailleurs reconnu que l’État avait pris du temps avant de s’engager sur la voie judiciaire. Cette attente, a-t-il expliqué, était due à la complexité du cadre législatif. Une loi d’amnistie avait d’abord été votée, avant d’être corrigée par un texte rectificatif. Par la suite, le Conseil constitutionnel avait introduit ses propres amendements, créant une situation confuse pour les magistrats appelés à se prononcer. « La justice se devait d’attendre avant d’y voir clair », a insisté Me Diagne, évoquant un « terrain mouvant » sur le plan juridique.

La perspective d’une enquête formelle ouvre désormais une nouvelle phase. Elle pourrait relancer les débats sur la responsabilité des différents acteurs impliqués dans ces violences, alors que l’amnistie votée avait initialement été perçue comme un moyen de clore le dossier. L’annonce du ministre, en donnant un souffle nouveau à la judiciarisation de ces faits, laisse planer l’idée d’un processus long et potentiellement conflictuel, mêlant droit, politique et mémoire collective.

Ville de Dakar : Barthélémy Dias dénonce une « élection illégale » et met en garde Ngoné Mbengue et l’opposition

À la veille de l’élection prévue pour installer un nouveau maire à la tête de la Ville de Dakar, l’ancien édile Barthélémy Dias est sorti de sa réserve. Lors d’un point de presse organisé ce dimanche, il a qualifié la procédure engagée par la maire intérimaire, Ngoné Mbengue, de « mascarade illégale » et mis en garde les conseillers municipaux de l’opposition. Pour lui, cette convocation est une violation manifeste des textes qui régissent les collectivités locales.

Selon l’ancien maire, le préfet de Dakar a commis une faute en demandant à la maire intérimaire d’organiser une élection dans ce contexte. Barthélémy Dias s’appuie sur l’article 137, alinéa 2, du Code général des collectivités territoriales, qui stipule que l’installation d’un maire doit se faire exclusivement dans le cadre d’une session ordinaire du conseil municipal. Or, la réunion convoquée pour ce lundi s’inscrit dans une session extraordinaire, ce qui rend l’élection irrégulière et donc sans valeur juridique.

Au-delà des aspects légaux, l’ancien édile accuse Ngoné Mbengue de « piétiner elle-même la loi » en convoquant un conseil municipal qu’elle n’avait pas, selon lui, le droit de tenir. Il estime que cette initiative, loin de répondre à un besoin institutionnel, s’inscrit dans une manœuvre politique visant à priver les Dakarois de leur droit de choisir un maire dans les règles prévues par la loi.

Très ferme dans ses propos, Barthélémy Dias a lancé un avertissement direct aux conseillers municipaux de l’opposition, les mettant en garde contre toute participation à ce qu’il considère comme une « élection illégitime ». « Tous ceux qui mettront les pieds demain à la Ville de Dakar pour l’élection sont dans l’illégalité », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que toute décision issue de cette rencontre serait frappée de nullité.

Malgré ce ton offensif, Barthélémy Dias a affirmé son attachement à l’État de droit et dit attendre avec sérénité la décision de la justice. La Cour suprême, saisie de ce dossier, doit en effet se prononcer le 18 septembre prochain. « Je me plierai à ce que décidera la haute juridiction », a-t-il conclu, rappelant que seule cette instance est habilitée à trancher le contentieux.

Cette sortie intervient dans un climat déjà tendu depuis la démission de Barthélémy Dias de son poste de maire de Dakar. Depuis, la gestion intérimaire assurée par Ngoné Mbengue alimente des controverses, et l’élection annoncée risque de cristalliser encore davantage les tensions politiques. La capitale sénégalaise, enjeu stratégique majeur, se retrouve ainsi au centre d’un bras de fer où se mêlent droit, politique et légitimité.

Cybercriminalité : Bougar Diouf placé en garde à vue pour diffusion de “fausses nouvelles”

La Division spéciale de la Cybercriminalité (DSC) a procédé, ce vendredi 22 août, à la garde à vue de Bougar Diouf, membre de la coalition Diomaye Président, suite à sa convocation. L’activiste est poursuivi pour diffusion de “fausses nouvelles” à travers les réseaux sociaux, un délit de plus en plus scruté par les autorités judiciaires dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité.

À l’origine de cette affaire, une publication faite par Bougar Diouf sur sa page Facebook dans laquelle il s’adressait directement au Premier ministre Ousmane Sonko, l’interpellant sur la situation en Casamance. Dans son message, il exhortait le chef du gouvernement à demander aux rebelles de « cesser d’acheter des armes à Paris et en Turquie », insinuant que ces acquisitions pouvaient être destinées à un usage contre l’armée nationale.

Ces propos, jugés graves par les autorités, ont conduit à son audition par les enquêteurs spécialisés dans la surveillance des contenus numériques et à sa mise en garde à vue dans l’attente de nouvelles décisions judiciaires. L’affaire met une nouvelle fois en lumière les tensions persistantes autour de la question sécuritaire en Casamance, mais aussi la vigilance accrue de l’État face à la prolifération de messages jugés attentatoires à la stabilité et à l’ordre public sur les réseaux sociaux.

La garde à vue de Bougar Diouf relance également le débat sur la liberté d’expression en ligne et ses limites légales. Ses partisans dénoncent une tentative d’intimidation politique, tandis que ses détracteurs estiment que la gravité de ses propos justifie l’intervention de la justice. L’évolution du dossier dans les prochains jours permettra de déterminer si des poursuites judiciaires formelles seront engagées contre lui.

Sénégal : la RADDHO condamne les sanctions américaines contre des magistrats de la CPI

La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) a vivement dénoncé la décision des États-Unis d’imposer des sanctions contre quatre magistrats de la Cour pénale internationale (CPI), parmi lesquels figure la Sénégalaise Mame Mandjiaye Niang, procureur adjoint. Washington accuse ces juges et procureurs d’avoir mené des enquêtes ciblant des ressortissants américains et israéliens, considérant que la CPI « politise la justice » et menace la souveraineté et la sécurité nationale des États-Unis.

Les mesures annoncées par l’administration américaine incluent le gel des avoirs des magistrats visés, l’interdiction d’entrée sur le territoire américain et le blocage de toute transaction financière en leur nom. Une décision jugée « arbitraire et injustifiée » par de nombreuses organisations de défense des droits humains.

Dans un communiqué publié le 22 août 2025 à Dakar, la RADDHO a condamné « avec fermeté » cette décision, estimant qu’elle viole l’article 40 du Statut de Rome, qui garantit l’indépendance et l’impartialité des magistrats de la CPI. L’organisation affirme que ces sanctions portent atteinte non seulement à la crédibilité de la justice pénale internationale, mais aussi aux droits des victimes qui attendent vérité et réparation.

La RADDHO a salué la réaction du gouvernement sénégalais, qui a rejeté ces sanctions en solidarité avec sa ressortissante et avec l’ensemble des magistrats concernés. Elle a également rappelé que plusieurs pays signataires du Statut de Rome ont exprimé leur désaccord avec la position américaine, réaffirmant leur soutien à la Cour.

Selon l’organisation, cette tentative de soustraire des responsables américains et israéliens à la justice internationale représente « une attaque frontale contre l’État de droit » et risque de fragiliser les fondements mêmes de la coopération judiciaire internationale.

La RADDHO a réaffirmé son « soutien indéfectible » à la CPI, saluant « le travail important » qu’elle mène dans la lutte contre l’impunité des crimes les plus graves. Elle a exhorté les organisations internationales et les défenseurs des droits humains à hausser le ton pour dénoncer ces sanctions, qu’elle juge « injustes et dangereuses ».

Enfin, l’organisation a demandé aux États-Unis de « retirer immédiatement ces mesures » et de laisser la CPI accomplir sa mission « en toute indépendance, neutralité et objectivité », conformément aux principes de justice universelle.

Almadies : l’immeuble d’Amadou Loum Diagne mis en vente judiciaire à 1,4 milliard FCFA

Un immeuble de standing situé aux Almadies 4, sur le prestigieux boulevard de la Corniche à Dakar, sera vendu aux enchères publiques le 9 septembre 2025. Ce bien immobilier, saisi sur l’homme d’affaires Amadou Loum Diagne et Fatimata Daga Cissé, est évalué à 1,4 milliard de francs CFA.

Selon les informations rapportées par Les Échos, la procédure a été initiée par AFRIKA Banque Sénégal (anciennement BDK), représentée par l’huissier Me Babacar Ndiaye. L’immeuble, inscrit au titre foncier n° 2.098/NGA (ex 22.922/DG), constitue un actif important appartenant à l’homme d’affaires et à son associée, désormais au centre de cette action judiciaire.

La mise à prix a été fixée à 1,4 milliard de francs CFA, soit environ 2,13 millions d’euros, avec un pas d’enchère établi à 1 million de francs CFA. Les potentiels acquéreurs devront déposer une caution équivalente, un montant particulièrement élevé qui devrait limiter la participation aux investisseurs disposant d’une solide assise financière.

Situé dans un secteur résidentiel huppé de la capitale, l’immeuble bénéficie d’un emplacement exceptionnel. Le quartier des Almadies 4 est connu pour abriter des ambassades, des hôtels de luxe et des villas d’exception, faisant de cette zone l’une des plus convoitées et les plus chères du marché immobilier dakarois. Dans ce contexte, la mise en vente judiciaire de ce bien attire déjà l’attention des acteurs du secteur, d’autant que les prix de l’immobilier dans cette partie de la ville atteignent régulièrement des sommets.

L’audience d’adjudication prévue pour le 9 septembre 2025 devrait se tenir sans incident, sauf rebondissement procédural de dernière minute. Les observateurs du marché s’interrogent toutefois sur l’issue de cette vente : le bien trouvera-t-il preneur au prix plancher ou suscitera-t-il une surenchère alimentée par l’emplacement stratégique et la rareté des offres disponibles dans ce quartier prisé de Dakar ?

Cour suprême : une audience fixée pour examiner la suspension de la décision du préfet de Dakar

La Cour suprême du Sénégal vient de rendre une ordonnance importante dans le cadre du contentieux opposant un conseiller municipal de la Ville de Dakar au préfet du département de Dakar.

Dans une ordonnance n°001/2025, signée par Madame Aïssatou Diallo Ba, Conseiller déléguée par le Premier Président de la Cour suprême, il est fait droit à une requête reçue le 21 août 2025 au greffe central. La demande vise la suspension de l’exécution de la décision n°3925/P/D/DK/AP du 11 décembre 2024, par laquelle le préfet du département de Dakar avait déclaré la démission du mandat d’un conseiller municipal de la Ville de Dakar.

La haute juridiction, après avoir examiné les pièces du dossier et conformément aux dispositions de la loi organique n°2017-09 du 17 janvier 2017 modifiée par la loi organique n°2022-16 du 23 mai 2022, a autorisé la signification à bref délai de la requête.

L’affaire sera débattue devant la Cour suprême le lundi 25 août 2025 à 9 heures précises. La Conseillère a également précisé qu’il lui en sera référé en cas de difficulté dans l’exécution de l’ordonnance.

Le journaliste Doudou Coulibaly placé sous mandat de dépôt

Le chroniqueur de la chaîne Public.sn, Doudou Coulibaly, a été placé jeudi sous mandat de dépôt par le procureur de la République, après son défèrement par la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Il est poursuivi pour outrage à un chef d’État étranger, injures et outrage à une personne exerçant les prérogatives du chef de l’État.

L’affaire trouve son origine dans une publication en ligne où le journaliste aurait tenu des propos polémiques – « bandit, bandit mo koy dalal » – à la suite de la diffusion d’une photo montrant le président turc Recep Tayyip Erdogan aux côtés du Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko.

Devant les enquêteurs, Doudou Coulibaly a rejeté toute intention de viser une personnalité précise. Selon des informations rapportées par Libération, il a affirmé que ses propos ne s’adressaient « à personne en particulier » et a refusé de les retirer. Toutefois, il a tenu à souligner qu’il ne qualifierait « jamais Erdogan ni Sonko de bandits, par respect pour les institutions ».

Le journaliste a par ailleurs fait état de son état de santé fragile, évoquant un diabète ainsi que des problèmes cardiaques et rénaux.

Doudou Coulibaly devrait comparaître lundi prochain en flagrant délit.

Sanctionné par les États-Unis, le magistrat sénégalais Mame Mandiaye Niang brise le silence

Le magistrat sénégalais Mame Mandiaye Niang, procureur adjoint à la Cour pénale internationale (CPI), s’est exprimé pour la première fois depuis l’annonce des sanctions américaines à son encontre. Dans un entretien exclusif accordé à Emedia, il a tenu à réaffirmer sa détermination et son attachement à sa mission de magistrat international.

« Je reste serein avec le sentiment que je ne fais que mon travail », a déclaré M. Niang depuis La Haye, soulignant qu’il ressent « le soutien fort » aussi bien des autorités sénégalaises que de ses compatriotes.

Conscient des enjeux de son rôle au sein de la CPI, le procureur adjoint a rappelé la nature contraignante de sa fonction : « En tant que magistrat, je sais qu’il est dans l’essence de ma fonction de contrarier des gens, surtout des puissants. J’ai appris à faire face à cela. »

Si le magistrat relativise l’aspect politique de cette décision, il n’a pas manqué de pointer les impacts concrets des mesures américaines. Parmi elles : le gel de ses avoirs aux États-Unis, l’annulation de ses visas et la suspension de ses cartes bancaires internationales (Visa, Mastercard, American Express).

« Toute institution qui effectue des transactions en dollars ou avec les États-Unis est sommée d’arrêter de vous offrir des services sous peine de sanctions. Ceci peut être terrible », a-t-il expliqué. Le magistrat a également évoqué des menaces émanant de certains services secrets, illustrant la pression qui pèse désormais sur lui.

Malgré ces obstacles, Mame Mandiaye Niang affirme rester droit dans ses convictions. « Nous resterons debout et servirons la justice pénale internationale comme nous l’avons fait pour la justice de notre pays. »

Et de conclure par un message fort : « Si on ne fait pas face malgré les difficultés, ce sera le règne absolu de la tyrannie. Et ça, ce n’est pas acceptable. »

Le journaliste Doudou Coulibaly placé sous mandat de dépôt, son procès prévu lundi

Le journaliste et chroniqueur de la chaîne Public.sn, Doudou Coulibaly, vient d’être placé sous mandat de dépôt ce jeudi matin par le procureur de la République, à la suite de sa déferrement par la Division spéciale de cybersécurité. Il passera ainsi sa première nuit en prison en attendant son procès.

Selon des informations obtenues par Seneweb, son jugement aura lieu le lundi prochain en flagrant délit.

Doudou Coulibaly avait été interpellé hier et placé en garde à vue. Il est poursuivi pour offense à un chef d’État étranger et à une personne disposant des prérogatives du chef de l’État du Sénégal, ainsi que pour injures. Les propos tenus par le journaliste dans le cadre de ses chroniques médiatiques seraient à l’origine de ces poursuites judiciaires.

Affaire Lat Diop : un nouveau tournant judiciaire avec l’arrestation attendue du DG d’Afritech

L’enquête autour de la gestion de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase) sous la direction de Lat Diop connaît une nouvelle accélération. Selon des informations révélées par le quotidien Libération, le parquet financier a adressé un supplétif au président du Collège des juges d’instruction, ordonnant l’arrestation du directeur général de la société Afritech, ainsi que d’autres personnes citées dans le dossier.

Un rapport d’expertise comptable, versé récemment à la procédure, a mis au jour de graves anomalies dans le contrat liant la Lonase à Afritech. La société, choisie sans appel d’offres pour superviser les opérations des plateformes de paris en ligne, aurait reçu de la Lonase une avance de 100 millions de FCFA avant même le démarrage effectif de sa mission.

Mais l’élément le plus troublant demeure le conflit d’intérêts manifeste : Afritech, censée auditer le secteur du jeu, exploiterait elle-même une plateforme de jeux en ligne. Une situation jugée incompatible avec son rôle de régulateur externe.

En application du supplétif, le président du Collège des juges d’instruction a saisi la Division des investigations criminelles (Dic), chargée d’exécuter les interpellations. Ces arrestations, si elles se confirment, marqueront une étape clé dans la manifestation de la vérité autour de la gestion des marchés publics et de la régulation du secteur des jeux en ligne.

L’affaire Lat Diop dépasse désormais le seul cadre de la Lonase pour mettre en lumière les dérives potentielles dans l’attribution de marchés publics sensibles. Elle pose également la question de la transparence et de la gouvernance dans un secteur aussi stratégique que celui des jeux et paris en ligne, où les enjeux financiers sont colossaux.

Dakar – Le journaliste Doudou Coulibaly placé en garde à vue par la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité

Le journaliste Doudou Coulibaly, directeur des programmes de la Radio Municipale de Dakar (RMD), a été placé en garde à vue ce mercredi 20 août 2025, à la suite de sa convocation par la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (DSC).

L’annonce de sa convocation avait été faite par le principal intéressé lui-même sur ses réseaux sociaux, suscitant déjà de vives réactions dans les milieux médiatiques et politiques.

Selon des sources proches du dossier, le parquet a saisi la DSC après avoir relevé certains propos du journaliste jugés attentatoires aux autorités nationales et étrangères. Trois chefs d’accusation ont ainsi été retenus contre lui :

Offense à un chef d’État étranger, Offense à une personne exerçant les prérogatives du chef de l’État du Sénégal, Injures.

C’est à l’issue de son audition par les enquêteurs que la décision de le placer en garde à vue a été prise.

Pour l’heure, aucune communication officielle n’a encore été faite par la DSC ni par le parquet sur la durée de cette mesure. Toutefois, cette affaire relance le débat sur la liberté d’expression, la responsabilité des journalistes et l’usage des réseaux sociaux par les acteurs des médias.

Les avocats de Lat Diop sollicitent l’autorisation d’une conférence de presse pour dénoncer un « acharnement judiciaire »

Les conseils de Lat Diop, ancien ministre et ex-directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (LONASE), veulent porter la voix de leur client devant l’opinion publique. Ils ont saisi le bâtonnier de l’Ordre des avocats, Me Aly Fall, afin d’obtenir l’autorisation d’organiser une conférence de presse. Objectif : dénoncer ce qu’ils qualifient d’« acharnement judiciaire » et rétablir l’équilibre dans un traitement médiatique jugé à charge.

Depuis septembre dernier, Lat Diop est placé en détention préventive. Pourtant, la Chambre d’accusation du Pool judiciaire financier a, à deux reprises, prononcé sa mise en liberté provisoire. Mais ces décisions n’ont jamais été exécutées, le Parquet général ayant systématiquement interjeté appel, ce qui a prolongé l’incarcération de l’ancien directeur de la LONASE.

Ses avocats dénoncent une situation qu’ils estiment injuste et arbitraire. Selon eux, leur client subit un « lynchage médiatique », marqué par une présentation unilatérale des faits qui, disent-ils, ne laisse aucune place à sa version.

Une communication « mesurée et responsable » annoncée

Dans un contexte où l’affaire cristallise l’attention publique et politique, les conseils de Lat Diop affirment vouloir communiquer de façon encadrée.

« Nous voulons informer l’opinion publique tout en garantissant une communication mesurée et responsable », a déclaré l’un des avocats. La conférence de presse envisagée devrait donc permettre, selon eux, de replacer les débats dans un cadre juridique et de corriger certaines « contre-vérités » relayées dans les médias.

L’affaire se joue désormais sur plusieurs fronts. La Cour suprême pourrait prochainement se prononcer sur la légalité de la détention prolongée de Lat Diop, tandis que les discussions autour d’une éventuelle mise en liberté provisoire se poursuivent au sein du Pool judiciaire financier.

Réforme de l’OFNAC : Abdoulaye Tall insiste sur l’engagement de transparence et d’efficacité institutionnelle

L’Assemblée nationale du Sénégal a ouvert récemment une session extraordinaire consacrée à l’examen de plusieurs projets de loi essentiels pour la gouvernance du pays, parmi lesquels figure la réforme de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Cette session s’intéresse également à la protection des lanceurs d’alerte, à la déclaration de patrimoine et à l’accès à l’information, des thématiques centrales pour renforcer la transparence et la redevabilité des institutions publiques.

En marge de ces travaux parlementaires, le député Abdoulaye Tall, président de la Commission des lois, a tenu à rappeler l’importance de la réforme de l’OFNAC et à replacer cette initiative dans le cadre des engagements pris par le gouvernement lors de la campagne électorale. Selon lui, cette réforme constitue une promesse faite aux Sénégalais pour renforcer l’efficacité et la neutralité des institutions chargées de la lutte contre la corruption. Il a insisté sur le fait qu’il ne s’agit en aucun cas d’une démarche ciblant des personnalités particulières, notamment Serigne Bassirou Guèye, actuel président de l’OFNAC. « Nous ne sommes pas dans des débats personnalisés. Nous sommes au-dessus de la mêlée et nous travaillons pour le peuple sénégalais », a-t-il souligné, affirmant que l’objectif de cette réforme est strictement institutionnel.

Abdoulaye Tall a également précisé que la réforme de l’OFNAC s’inscrit dans une logique similaire à celle de l’Inspection générale d’État (IGE) et de la Cour des comptes. Ces réformes visent à garantir que ces institutions puissent fonctionner en toute impartialité et avec une réelle indépendance, afin de jouer un rôle central dans la gestion économique du pays et dans le contrôle des pratiques administratives et financières. Le député a insisté sur le fait que disposer d’institutions fortes et crédibles est indispensable pour instaurer un dialogue constructif entre l’État et ses institutions, tout en renforçant la lutte contre la corruption à tous les niveaux.

Pour Abdoulaye Tall, la réforme de l’OFNAC ne relève pas seulement d’une démarche technique, mais traduit une volonté politique claire de consolidation de la gouvernance et de la transparence au Sénégal. Selon lui, ces mesures permettront de créer un cadre institutionnel robuste, capable d’accompagner durablement le développement économique et social du pays.

Justice : Farba Ngom dément toute proposition financière à Me Ciré Clédor Ly

Farba Ngom a récemment réagi avec vigueur aux rumeurs qui circulaient sur les réseaux sociaux, selon lesquelles il aurait proposé cent millions de francs CFA à l’avocat Me Ciré Clédor Ly afin que ce dernier prenne en charge sa défense. Ces allégations, qui ont rapidement alimenté les discussions en ligne, ont été qualifiées par Ngom de « grotesques » et « totalement fausses ». Selon lui, il s’agirait d’une manœuvre délibérée visant à ternir son image et à semer le doute dans l’opinion publique.

Dans sa déclaration, Farba Ngom a insisté sur le fait qu’il n’a jamais eu de contact direct avec Me Ciré Clédor Ly et qu’il ignore totalement l’adresse de son cabinet ainsi que ses coordonnées téléphoniques. Il dénonce ainsi la rumeur comme une tentative de manipulation qui ne repose sur aucun fondement concret. Le concerné a tenu à clarifier que sa défense est pleinement assurée par un collectif d’avocats compétents et engagés, auquel il réitère sa totale confiance.

Farba Ngom a par ailleurs exprimé sa gratitude envers ce collectif, soulignant leur professionnalisme, leur générosité et leur engagement dans la conduite de sa défense. Cette mise au point vise à dissiper toute confusion et à rappeler à l’opinion publique que les informations circulant sur les réseaux sociaux ne reflètent en rien la réalité de sa situation judiciaire. À travers cette déclaration, il affirme sa détermination à se défendre dans un cadre légal et transparent, tout en rejetant catégoriquement toute tentative de manipulation ou de désinformation.

Réseau de faux visas : deux agences de voyage dans le collimateur, six arrestations déjà enregistrées

Un vaste réseau de fabrication et de distribution de faux documents destinés aux demandes de visa Schengen vient d’être démantelé à Dakar. L’affaire trouve son origine dans une alerte lancée par l’ambassade de France au mois de mai, signalant la présence de pièces frauduleuses dans plusieurs dossiers soumis à ses services. L’information a aussitôt mobilisé la Division nationale de lutte contre le trafic des migrants et des pratiques assimilées (DNLT), qui a ouvert une enquête ayant déjà abouti à l’arrestation de six personnes et à la mise sous surveillance de deux agences de voyage.

Selon les premiers éléments révélés par Libération, les structures incriminées sont « Europe Voyage » et « Keur Serigne Abdou Anne ». Les enquêteurs les soupçonnent d’avoir bénéficié de la complicité d’un fournisseur central de faux documents connu sous le pseudonyme de « Docteur Sambou », activement recherché à ce jour.

La première interpellation a visé M. C. Keïta, arrêtée devant le siège de VSF Global Voyage à Dakar. Son audition a révélé qu’elle avait entamé une procédure de demande de visa depuis la Guinée avant que son dossier n’atterrisse au Sénégal via l’agence « Europe Voyage ». Sa gérante, K. Aïdara, lui aurait remis des relevés bancaires falsifiés ainsi que de fausses attestations de travail et de congé.

Placée en garde à vue, K. Aïdara a affirmé n’avoir fait qu’exécuter les ordres de ses supérieurs, identifiés comme Ma. Mbengue et Mo. Fall. Elle a par ailleurs cité d’autres membres présumés du réseau : Cissokho, présenté comme le comptable de l’agence, et K. Bah, soupçonné de recevoir la majorité des paiements via son compte Wave.

Dans le même temps, le commissariat spécial de l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) a intercepté trois voyageurs – F. Bâ, A. Bèye et El H. B. Diop – qui tentaient de rejoindre la Turquie avec de faux documents. Interrogés, ils ont affirmé avoir obtenu leur dossier frauduleux auprès d’A. Guèye, responsable de l’agence « Keur Serigne Abdou Anne ». Cette dernière, actuellement sous mandat de dépôt, a reconnu avoir travaillé sur instruction d’un certain Baldé, présenté comme son employeur résidant aux États-Unis.

L’affaire met en lumière un réseau tentaculaire, impliquant plusieurs acteurs, dont certains se trouveraient encore à l’étranger. La DNLT poursuit son enquête afin d’identifier et de localiser « Docteur Sambou » ainsi que les autres complices en fuite, alors que le phénomène des faux visas demeure un enjeu majeur dans la lutte contre la migration irrégulière au Sénégal.

Tribunal de Pikine-Guédiawaye : l’acteur de « Baabel », Khalil Thiam, écope de 15 jours de prison ferme

Le verdict est tombé ce lundi 18 août au Tribunal de Pikine-Guédiawaye dans l’affaire impliquant l’acteur Moda Thioune, plus connu sous le nom de Khalil Thiam dans la série télévisée « Baabel ». Le comédien a été condamné à trois mois de prison assortis de sursis, dont 15 jours fermes, ainsi qu’au paiement d’une amende de 300 000 FCFA.

L’affaire remonte au dimanche 10 août, lorsque l’acteur a été interpellé par les forces de l’ordre après un incident survenu dans la banlieue dakaroise. Selon les informations rapportées par L’Observateur, il lui est reproché d’avoir commis un « délit de fuite », de s’être rendu coupable de « refus d’obtempérer » et d’avoir « mis en danger la vie d’autrui ». Placé sous mandat de dépôt dès le lundi 11 août, Moda Thioune a donc comparu une semaine plus tard devant le tribunal.

La sentence, mêlant sursis et prison ferme, traduit la volonté de la justice de sanctionner l’acteur tout en tenant compte des circonstances. La décision devrait amener l’artiste, très suivi par le public à travers son rôle dans « Baabel », à faire face à une nouvelle image médiatique, loin de son aura télévisée.

Ce dénouement judiciaire met en lumière une fois encore la sensibilité des dossiers liés à la sécurité routière et au respect de la loi, dans un contexte où de tels faits sont régulièrement pointés du doigt dans la capitale et sa périphérie.

Affaire Farba Ngom : ses avocats démentent une tentative de « recrutement » de Me Ciré Clédor Ly

Le collectif d’avocats de Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom, est monté au créneau ce dimanche 17 août 2025 pour réagir à des informations largement relayées sur les réseaux sociaux. Celles-ci laissaient entendre que leur client aurait tenté d’approcher l’avocat Me Ciré Clédor Ly, en lui proposant une somme de 100 millions F CFA afin qu’il rejoigne sa défense.

Dans un communiqué rendu public, le pool d’avocats qualifie ces allégations de « grotesques » et de « totalement fausses ». Selon eux, il s’agit d’« une énième manipulation pour salir la réputation de Monsieur Farba Ngom auprès d’une certaine opinion publique ».

Les avocats précisent que leur client n’a jamais eu de contact avec Me Ciré Clédor Ly, rappelant qu’il n’en connaît ni l’adresse du cabinet, ni les coordonnées téléphoniques.

Pour mémoire, l’ancien député de l’APR a été inculpé et placé sous mandat de dépôt le 27 février 2025 dans le cadre d’une affaire d’escroquerie portant sur des fonds publics et de blanchiment de capitaux estimés à 31 milliards F CFA.

Face à ce qu’il considère comme de simples « rumeurs », Farba Ngom a tenu à apporter un démenti formel à « cette grossière allégation ». Dans la même déclaration, il a tenu à remercier son collectif d’avocats, qu’il dit apprécier pour son « engagement, sa générosité et son professionnalisme » dans l’exercice de sa défense.

Le communiqué conclut en réaffirmant que Farba Ngom renouvelle sa confiance aussi bien en ses conseils qu’en la justice sénégalaise.

Situation des droits de l’homme au Sénégal : Entre avancées démocratiques et violations persistantes

Le rapport 2024 du Bureau de la démocratie, des droits de l’homme et du travail du département d’État américain dresse un tableau nuancé de la situation des droits humains au Sénégal. S’il salue des progrès notables, notamment lors de l’élection présidentielle de mars jugée équitable et exempte d’abus ou d’irrégularités, il souligne également la persistance de violations graves.

Selon le document, des informations crédibles font état de traitements ou peines cruels, inhumains ou dégradants, d’arrestations et détentions arbitraires, ainsi que de restrictions sévères à la liberté d’expression et à la liberté des médias. Malgré les mesures prises par les autorités pour identifier et sanctionner les responsables de ces abus, l’impunité reste un problème récurrent.

Dans la région méridionale de la Casamance, où une insurrection de faible intensité oppose les forces de sécurité à des séparatistes armés, les violences ont été rares cette année. Cependant, la tension reste palpable dans ce territoire situé entre la Gambie et la Guinée-Bissau.

Le rapport évoque également des exécutions extrajudiciaires. Amnesty International a signalé la mort de trois personnes lors des manifestations du 5 février, consécutives à la décision du Parlement de reporter l’élection présidentielle. Ni la société civile ni les médias n’ont pu déterminer si ces décès étaient imputables aux forces de sécurité, aux manifestants ou à d’autres circonstances.

Ainsi, malgré les efforts déployés et les progrès démocratiques constatés, le Sénégal demeure confronté à des défis majeurs en matière de respect des droits humains, dans un contexte où la stabilité politique doit encore se conjuguer avec la protection des libertés fondamentales.

Affaire Lat Diop : le parquet général bloque la liberté provisoire et saisit la Cour suprême

Le feuilleton judiciaire autour de Lat Diop connaît un nouveau rebondissement. Selon Libération, le parquet général a opposé son veto à la décision de la Chambre d’accusation financière qui avait accordé à l’ancien ministre des Sports une liberté provisoire, assortie d’une assignation à résidence avec port du bracelet électronique.

Le parquet prévoit de déposer, ce jeudi, un pourvoi en cassation afin de contester cette mesure. En attendant, Lat Diop demeure derrière les barreaux, son avenir judiciaire étant désormais suspendu au verdict de la Cour suprême, qui devra trancher sur le recours.

Incarcéré depuis le 26 septembre 2024 sous mandat de dépôt, l’ex-directeur général de la LONASE est poursuivi pour détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds. Les faits portent sur un montant estimé à 8 milliards de francs CFA.

Ziguinchor : le maire Djibril Sonko convoqué dans une affaire de destruction de biens

Le maire de Ziguinchor, Djibril Sonko, est convoqué ce jeudi 14 août 2025 à 9 heures au commissariat de Yamatogne, a appris Dakaractu. Cette audition intervient dans le cadre d’une enquête sur la destruction présumée de biens appartenant à autrui.

L’affaire concerne l’arrestation de dix agents municipaux, accusés d’avoir procédé à la démolition d’un bâtiment supposément érigé sur un domaine public. Les mis en cause ont été placés en garde à vue au commissariat de Yamatogne.

Senum SA : un acteur de séries sénégalaises au cœur d’un scandale de détournement de plus de 46 millions F CFA

Serigne Saliou Ndiaye, 40 ans, visage familier du petit écran et « social media manager » à Sénégal Numérique (Senum SA), a été déféré hier au parquet pour accès frauduleux à un système informatique, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux. L’affaire, révélée par le quotidien Libération, éclate après un audit interne lancé par le nouveau directeur général de l’entreprise, Isidore Diouf.

Avec le directeur administratif et financier, Bécaye Touré, ce dernier constate une inflation anormale des dépenses sur la ligne budgétaire « communication digitale ». Les vérifications montrent que la carte bancaire professionnelle aurait servi à des paiements personnels.

Face aux soupçons, Serigne Saliou Ndiaye se présente à sa hiérarchie le 25 juin 2025. Dans une déclaration manuscrite, il avoue avoir utilisé la carte depuis novembre 2024 pour un montant estimé à 21,1 millions F CFA, justifiant ses actes par des difficultés financières et un salaire jugé insuffisant (440 000 F CFA mensuels).

Mais l’audit externe mené avec la CBAO révèle une réalité plus lourde : les transactions frauduleuses remontent à janvier 2024, soit dix mois avant ses aveux, pour un préjudice réel de 46,39 millions F CFA. Les dépenses ciblées vont des abonnements à Netflix, YouTube Premium, Google Ads ou Canva, jusqu’à des achats de vêtements, cosmétiques et gadgets électroniques sur Alibaba et Shein, revendus via ses sites e-commerce Casciaono.shop et Zb-men.com.

Particulièrement, les paiements sur Yango représentent à eux seuls près de 16 millions F CFA, l’accusé affirmant qu’ils servaient à rémunérer des chauffeurs partenaires.

Devant les enquêteurs de la Dic, il reconnaît l’ensemble des faits et propose un remboursement intégral, allant jusqu’à suggérer un prêt bancaire pour solder la dette, tout en sollicitant le maintien de son poste. Mais au vu des accusations, l’issue judiciaire pourrait être bien moins clémente que les scénarios de fiction auxquels il est habitué.

Liberté provisoire de Lat Diop : Babacar Ba appelle le parquet à respecter la décision judiciaire

La décision de la Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar d’accorder une liberté provisoire sous bracelet électronique à l’ancien directeur général de la Lonase, Lat Diop, continue de susciter des réactions. Parmi elles, celle du coordonnateur du Forum du Justiciable, Babacar Ba, qui a publiquement invité le parquet à ne pas s’opposer à cette mesure.

Dans un message publié sur X (ex-Twitter), Babacar Ba a rappelé que le code de procédure pénale sénégalais prévoit des peines alternatives à l’emprisonnement, parmi lesquelles figure le port d’un bracelet électronique. Selon lui, cette option offre une voie équilibrée entre la privation de liberté et le maintien d’un contrôle judiciaire strict. « J’invite solennellement le procureur à ne pas s’opposer à la décision des juges du fond », a-t-il déclaré, estimant que ce type de mesure doit être encouragé dans le cadre de la modernisation du système judiciaire.

Cette prise de position intervient dans un contexte où le Sénégal réfléchit de plus en plus à des solutions pour désengorger ses prisons, souvent confrontées à une surpopulation carcérale. Le bracelet électronique, utilisé dans plusieurs pays comme alternative à la détention préventive ou à certaines peines de prison, permet un suivi en temps réel des personnes concernées tout en leur offrant la possibilité de rester insérées dans leur environnement familial et professionnel.

Pour rappel, Lat Diop, poursuivi dans le cadre d’une affaire de gestion financière, avait vu sa demande de mise en liberté provisoire rejetée en première instance par le juge d’instruction avant que la Chambre d’accusation financière ne revienne sur cette décision le mardi 12 août 2025. Reste à savoir si le parquet respectera l’appel au calme lancé par Babacar Ba ou s’il tentera de contester cette mesure devant les juridictions compétentes.

Affaire Lat Diop : La Chambre d’accusation financière ordonne une liberté provisoire sous bracelet électronique

La Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar a tranché ce mardi 12 août 2025 : Lat Diop, ancien directeur général de la Lonase, recouvre sa liberté provisoire… sous étroite surveillance électronique.

Cette décision infirme l’ordonnance du juge d’instruction financier, qui avait initialement refusé la demande de mise en liberté provisoire. Les avocats de l’ex-patron de la Lonase, Me Seydou Diagne, Me Alioune Badara Fall et leurs confrères, ont interjeté appel et obtenu gain de cause devant la juridiction supérieure.

Une affaire qui se fragilise

Après 11 mois d’instruction, coup de théâtre : l’accusation a présenté devant la Chambre un nouveau rapport d’expertise, établi de manière non contradictoire, réclamant désormais 1 milliard de FCFA au lieu des 8 milliards initialement avancés. Une volte-face qui interroge sur la solidité du dossier et la cohérence de l’enquête.

Rappelons que Lat Diop est détenu depuis septembre 2024 pour détournement de deniers publics, extorsion et blanchiment de capitaux. La liberté provisoire accordée reste toutefois conditionnelle : si le parquet général décide de se pourvoir en cassation, l’issue pourrait encore basculer.

Ziguinchor : Trois responsables municipaux déférés au parquet après la démolition d’un bâtiment à Boucotte Sindian

La tension est montée d’un cran à Ziguinchor suite à la démolition d’un bâtiment situé dans le quartier Boucotte Sindian. Ce mardi matin, trois responsables de la mairie ont été convoqués au commissariat de Yamatogne avant d’être déférés au parquet de Ziguinchor.

Selon des sources proches du dossier, ces agents municipaux affirment n’avoir fait qu’exécuter des instructions émanant du maire de la commune, Djibril Sonko. Cette affaire met en lumière une opération qui suscite de vives interrogations sur ses motivations et sa légalité.

Par ailleurs, sept autres agents municipaux restent toujours en garde à vue au commissariat de Yamatogne. Ils seraient entendus dans le cadre de la même affaire, mais aucun avocat n’était présent pour assurer leur défense au moment des interrogatoires.

L’affaire, qui mêle responsabilité administrative et respect des procédures légales, risque d’alimenter le débat local sur la gestion municipale et les droits des agents. Les familles et proches des personnes interpellées appellent à leur libération et dénoncent ce qu’ils qualifient de « procédure injuste ».

Seydi Gassama plaide pour une réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature afin de renforcer l’indépendance judiciaire

Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a récemment lancé un appel fort en faveur d’une réforme profonde du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM). Selon lui, cette réforme est essentielle pour garantir l’indépendance réelle de la justice sénégalaise et préserver la séparation des pouvoirs, socle fondamental de toute démocratie.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, M. Gassama souligne que la présence du Président de la République et du ministre de la Justice au sein du CSM compromet cette indépendance. Il plaide donc pour leur exclusion du Conseil, estimant que ces deux figures de l’exécutif ne devraient pas siéger dans cette instance qui joue un rôle clé dans la gouvernance de la justice.

Pour renforcer la légitimité et la transparence du CSM, Seydi Gassama propose également d’ouvrir cette institution à des représentants extérieurs à la magistrature. Il évoque notamment l’intégration de personnalités issues des corps d’avocats, des professeurs de droit des universités ainsi que de la société civile. Cette ouverture permettrait, selon lui, de mieux refléter la réalité selon laquelle « la justice est rendue au nom du peuple sénégalais » et ainsi d’inscrire la gouvernance judiciaire dans une logique démocratique plus large.

Cette proposition vise également à dissiper les craintes persistantes liées au corporatisme au sein de la magistrature, et à éviter ce que certains appellent la « république des juges », expression qui dénonce une justice perçue comme fermée et auto-référentielle. En intégrant des acteurs externes, le CSM pourrait accroître sa transparence, renforcer la confiance du public dans le système judiciaire et garantir une meilleure impartialité dans ses décisions.

Cette initiative de Seydi Gassama s’inscrit dans un débat plus large, toujours très actuel au Sénégal, sur la réforme des institutions judiciaires et sur la nécessité d’assurer une justice indépendante, transparente et équitable pour tous. La question de la composition et du fonctionnement du Conseil Supérieur de la Magistrature reste ainsi au cœur des discussions visant à moderniser et à renforcer la justice sénégalaise.

Saint-Louis : arrestation d’un trafiquant de fausse monnaie après une course-poursuite dans le fleuve

Le Commissariat central de Saint-Louis a mis la main, le 8 août 2025, sur un individu soupçonné de détention, falsification, contrefaçon et mise en circulation de fausse monnaie.

L’opération est partie d’un renseignement opérationnel signalant la présence d’un homme en possession de faux billets à la gare routière de Saint-Louis. Une équipe de police s’est immédiatement rendue sur les lieux. À la vue des agents, le suspect a tenté de prendre la fuite, déclenchant une course-poursuite qui s’est terminée dans le fleuve Sénégal, où il a plongé pour tenter de se débarrasser d’un sac.

Les policiers ont finalement réussi à l’interpeller. Dans le sac récupéré, ils ont découvert une somme de 420 000 FCFA en faux billets, correspondant à 42 coupures de 10 000 FCFA.

Lors de son interrogatoire, le mis en cause a affirmé que ces billets lui avaient été remis par un certain Mor Mbaye, ressortissant gambien. Selon ses déclarations, la transaction s’est faite la veille, 7 août 2025 à 19h30, à Kaolack. Il y aurait versé 200 000 FCFA en espèces authentiques en échange de 500 000 FCFA en fausse monnaie.

Le suspect a été arrêté alors qu’il se dirigeait vers Rosso, à la frontière mauritanienne. Il a été placé en garde à vue dans l’attente de la suite de la procédure.

Amadou Ba tacle Ousmane Chimère Diouf : « Ce sont des propos inopérants »

Le député de l’opposition Amadou Ba a réagi avec fermeté aux récentes déclarations d’Ousmane Chimère Diouf, président sortant de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS). Dans un message publié sur sa page Facebook, l’élu a qualifié de « contre-productif et totalement inopérant » le fait pour un magistrat de considérer certaines initiatives législatives comme relevant du « populisme ».

Pour Amadou Ba, il est impératif que le dialogue entre les institutions de la République se fasse dans un climat de respect mutuel et dans le strict cadre des principes de séparation des pouvoirs. « Le dialogue entre les institutions devra se faire dans le respect des principes de la séparation des pouvoirs et de l’exercice par chaque pouvoir, de la plénitude de ses compétences constitutionnelles », a-t-il affirmé, rappelant que chaque institution doit agir dans la limite de ses attributions sans empiéter sur celles des autres.

Cette réaction intervient après la sortie médiatique d’Ousmane Chimère Diouf en marge de l’Assemblée générale de l’UMS. Le magistrat avait alors dénoncé ce qu’il qualifiait de « populisme parlementaire », en référence à une disposition du règlement intérieur de l’Assemblée nationale qui prévoyait la possibilité pour le Parlement de convoquer des magistrats. Ses propos avaient été perçus comme une critique directe du travail des députés, provoquant un vif débat sur la nature et les limites des prérogatives respectives du pouvoir législatif et du pouvoir judiciaire.

La controverse illustre les tensions persistantes autour de l’interprétation de la séparation des pouvoirs au Sénégal, un principe fondamental de l’État de droit, mais dont l’application concrète continue de susciter débats et divergences.

Le président sortant de l’UMS, Ousmane Chimère Diouf, dénonce le « populisme parlementaire » et défend l’indépendance de la justice

Lors de l’Assemblée générale de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS), le président sortant, Ousmane Chimère Diouf, s’est fermement exprimé contre ce qu’il qualifie de « populisme parlementaire ». Le magistrat a notamment dénoncé la volonté de l’Assemblée nationale d’intégrer dans son règlement intérieur la possibilité de convoquer des magistrats, une initiative qu’il juge contraire aux principes fondamentaux de la profession.

Pour Ousmane Chimère Diouf, la parole publique d’un magistrat, qu’elle soit écrite ou orale, doit s’exercer dans le strict respect des règles déontologiques et statutaires. Ces principes, martèle-t-il, ne sont en aucun cas compatibles avec une logique populiste ou politicienne. Il a rappelé que le bureau de l’UMS avait volontairement choisi de garder le silence après l’adoption de cette disposition par l’Assemblée, préférant attendre la décision du Conseil constitutionnel pour se prononcer.

Cette décision est intervenue le 24 juillet 2025, sous la forme de l’arrêt n° 2/C-2025, dans lequel la haute juridiction a censuré plusieurs alinéas de l’article 56 du règlement intérieur du Parlement. Dans ses considérants 49, 50 et 51, le Conseil constitutionnel a rappelé avec force les principes intangibles de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance du pouvoir judiciaire, estimant qu’aucune disposition de la Constitution ne permet au Parlement d’entendre des magistrats dans l’exercice de leurs fonctions.

Le magistrat a insisté sur le fait que si le règlement intérieur d’une institution a bien valeur législative, il ne peut en aucun cas se substituer à la Constitution ni y ajouter des procédures contraires à son esprit. Pour lui, le texte doit se limiter à préciser les exigences constitutionnelles et non à imposer de nouvelles contraintes susceptibles d’entraver la mission des juges, garants des libertés individuelles.

En prenant appui sur la décision du Conseil constitutionnel, Ousmane Chimère Diouf a réaffirmé que cette clarification n’est pas seulement une victoire juridique pour la magistrature, mais aussi un rappel fondamental du rôle et des limites des institutions dans un État de droit. Il a conclu en soulignant que l’indépendance de la justice n’est pas une faveur accordée aux magistrats, mais une garantie démocratique pour l’ensemble des citoyens.

UMS : Cheikh Ba prend la tête de l’Union des Magistrats du Sénégal

L’Union des Magistrats du Sénégal (UMS) a tourné une nouvelle page de son histoire en élisant Cheikh Ba à la présidence de l’organisation. Président de chambre à la Cour d’appel de Dakar, il succède à Ousmane Chimère Diouf, qui occupait ce poste depuis plusieurs années et qui a marqué ses mandats par une défense constante de l’indépendance de la justice face aux critiques et aux pressions.

L’élection s’est déroulée ce samedi à Dakar, à l’occasion de l’Assemblée générale de l’UMS. Cheikh Ba s’est imposé avec 146 voix, un résultat qui traduit un soutien affirmé de ses pairs. Le scrutin, organisé dans un climat serein, a réuni un grand nombre de magistrats venus de tout le pays pour prendre part au choix de leur nouveau représentant.

Ce changement à la tête de l’UMS intervient dans un contexte institutionnel sensible, marqué par de récents débats sur la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la magistrature et les relations entre le pouvoir judiciaire et les autres institutions de l’État. Cheikh Ba hérite d’un mandat où les défis ne manqueront pas, entre la défense des droits et prérogatives des magistrats, l’amélioration du fonctionnement du service public de la justice et la nécessité de préserver la confiance des citoyens envers l’institution judiciaire.

En succédant à Ousmane Chimère Diouf, le nouveau président devra également s’inscrire dans la continuité des actions entreprises par son prédécesseur, tout en apportant sa propre vision pour renforcer le rayonnement de la justice sénégalaise sur le plan national et international. Sa prise de fonction ouvre une nouvelle séquence pour l’UMS, qui joue un rôle clé dans la défense des principes de l’État de droit au Sénégal.

Assemblée générale de l’UMS : Ousmane Chimère Diouf monte au créneau pour défendre la justice

L’Union des Magistrats du Sénégal (UMS) a tenu ce samedi son Assemblée générale, marquée par l’intervention du président sortant, le juge Ousmane Chimère Diouf, qui a pris la parole pour défendre la magistrature face aux critiques et attaques qui la visent. Tout en réaffirmant son ouverture à des remarques constructives, il a mis en garde contre les discours politiques susceptibles de discréditer l’institution judiciaire.

Revenant sur les deux mandats qu’il a passés à la tête de l’UMS, Ousmane Chimère Diouf a rappelé que son premier exercice avait été marqué par la pandémie de Covid-19, avant que l’environnement politico-judiciaire ne devienne de plus en plus tendu. Selon lui, ces dernières années ont été ponctuées de vives critiques, justifiées ou non, à l’encontre de la justice. Il a souligné que chaque fois que la situation l’exigeait, l’UMS avait rappelé aux acteurs politiques et sociaux le respect dû à l’institution, laquelle reste, malgré ses imperfections, le dernier rempart incontournable et la garante de l’État de droit.

Le magistrat a indiqué qu’il avait déjà, lors du discours d’ouverture d’août 2022, attiré l’attention sur les attaques répétées contre la justice. Il s’était alors dit preneur de toute critique objective, étayée par une argumentation juridique et susceptible de faire progresser le droit ainsi que le bon fonctionnement du service public. Cette position, selon lui, a été réaffirmée en 2023 et 2024, notamment après des attaques visant directement certains magistrats dans l’exercice de leurs fonctions, un phénomène qui reste toujours d’actualité.

Reconnaissant que la justice est rendue au nom du peuple, il a rappelé que les citoyens ont le droit d’en évaluer le fonctionnement, d’autant plus qu’ils sont les premiers à subir les conséquences de l’application des lois. Pour autant, il a insisté sur le fait que la critique ne doit pas se transformer en discrédit, une distinction essentielle à préserver. Il a rappelé que le système judiciaire repose lui-même sur la critique constructive, incarnée par les voies de recours qui permettent à toute partie non satisfaite d’une décision de saisir une juridiction supérieure. Mais, a-t-il ajouté, « la justice tient sa force de la loi » et la Constitution a clairement défini la répartition des pouvoirs, ce qui ne laisse place à aucune ambiguïté.

Le président sortant de l’UMS a également salué le rayonnement de la justice sénégalaise sur la scène africaine et internationale. Il a cité en exemple la réunion du groupe africain de l’Union internationale de la Magistrature, organisée en avril dernier à Casablanca, où plusieurs juristes étrangers ont loué les performances et le professionnalisme de la justice au Sénégal. Cette reconnaissance s’est traduite par une proposition des participants de tenir la prochaine réunion de 2026 au Sénégal, sous réserve de l’accord et du soutien des autorités publiques.

En conclusion, Ousmane Chimère Diouf a réaffirmé son attachement à une justice respectée et respectable, ouverte au débat juridique mais fermement opposée à toute tentative de la fragiliser par des propos politisés. Son discours, prononcé devant ses pairs, s’inscrit comme un plaidoyer pour une magistrature indépendante, garante des valeurs de l’État de droit, dans un contexte où l’institution judiciaire est régulièrement au cœur des débats nationaux.

Attaques contre la justice : Ousmane Diagne répond au président de l’UMS

Lors de l’Assemblée générale de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS), le président sortant, le juge Ousmane Chimère Diouf, a réaffirmé son ouverture à la critique, tout en mettant en garde contre les propos politiques susceptibles de discréditer la justice.

En réponse, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a tenu à préciser la position du gouvernement.
« Notre système judiciaire a fait l’objet de vives critiques ces dernières années. Mais il ne faut pas confondre critique et discrédit », a-t-il déclaré.

Reconnaissant que l’activité judiciaire, comme toute œuvre humaine, n’est pas parfaite, le garde des Sceaux a rappelé l’existence de voies de recours prévues par la loi. Il a exhorté les citoyens à éviter les actions pouvant fragiliser une institution qu’il qualifie de « pilier fondamental » de l’État.

Ousmane Diagne a salué l’équipe sortante de l’UMS pour avoir su recadrer les débats « sans verser dans l’agitation » et a encouragé la nouvelle équipe à s’appuyer sur cette expérience pour poursuivre la mission avec sérénité.

Affaire El Hadji Babacar Dioum : le juge s’intéresse à ses sociétés et à un possible réseau de blanchiment

L’enquête visant El Hadji Babacar Dioum prend une nouvelle tournure. Inculpé et placé en détention pour une série de graves infractions — association de malfaiteurs, diffusion d’images pédopornographiques, atteinte à la vie privée, chantage, extorsion de fonds, blanchiment d’argent et faux sur documents administratifs —, le mis en cause voit désormais ses activités commerciales passées au crible par la justice.

Selon Libération, le juge d’instruction cible particulièrement deux entreprises qui lui sont liées : My Burger Sarl, rebaptisée Eddy’s Restaurant, et Mba Authority, spécialisée dans l’importation et la vente de véhicules. Les enquêteurs soupçonnent que ces sociétés ne soient que des écrans destinés à blanchir les fonds issus d’opérations de sextorsion.

Lors d’une perquisition à Liberté 3, plusieurs véhicules de luxe ont été saisis : un Mitsubishi Outlander, un Jeep Wrangler et deux BMW X5. Si Dioum avait assuré que ces voitures ne lui appartenaient pas, sa demande de restitution a été rejetée par la justice.

Pour élargir le spectre des investigations, le magistrat a ordonné la réquisition de toutes les banques afin d’identifier les comptes détenus par Dioum, ses proches et ses sociétés. Une vérification a également été demandée auprès des services fiscaux, de la SICAP et de la SN HLM pour recenser les biens immobiliers enregistrés à leurs noms.

Assemblée générale de l’UMS : Ousmane Chimère Diouf recadre le débat sur la convocation des magistrats par le Parlement

À l’occasion de l’Assemblée générale ordinaire de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS), le président sortant, Ousmane Chimère Diouf, a apporté des éclaircissements sur la récente décision du Conseil constitutionnel concernant la convocation des magistrats devant l’Assemblée nationale.

Ousmane Chimère Diouf a rappelé que la Constitution sénégalaise confère au Parlement un rôle de contrôle de l’action gouvernementale, mais ne lui reconnaît pas le pouvoir d’auditionner les magistrats dans l’exercice de leurs fonctions.

« Aucune disposition de la loi fondamentale ne confère expressément au Parlement la compétence d’entendre les magistrats », a-t-il souligné, précisant que le Règlement intérieur de l’Assemblée, bien qu’ayant valeur de loi organique, ne peut ni modifier ni contredire la Constitution. Il a mis en garde contre toute procédure assimilable à une contrainte sur ceux qu’il qualifie de « gardiens des libertés individuelles ».

Le président sortant de l’UMS a également tenu à lever une confusion persistante : celle d’une supposée impunité totale des magistrats. Il a rappelé que la loi organique de 2017 sur le statut des magistrats encadre strictement leur responsabilité. Celle-ci prévoit la possibilité de traduire un magistrat en conseil de discipline pour manquement professionnel, ou de le poursuivre pénalement en cas de commission d’une infraction.

CBAO vs délégués du personnel : la Cour suprême rendra sa décision le 27 novembre

La Cour suprême a fixé au 27 novembre 2025 la mise en délibéré dans l’affaire opposant la CBAO aux délégués du personnel, rapporte Les Échos dans son édition de ce samedi 9 août. Ce dossier, aux enjeux sociaux et juridiques importants, met aux prises la banque marocaine et trois de ses représentants syndicaux licenciés.

Tout est parti d’une décision de l’Inspection du travail, le 14 mars 2024, autorisant la CBAO à procéder au licenciement des trois délégués du personnel. Mais le ministre du Travail, Yankhoba Diémé, est intervenu par la suite pour annuler cette autorisation, estimant que la décision initiale devait être cassée.

Contestant cette annulation, la direction de la CBAO a saisi la Cour suprême en introduisant un recours pour excès de pouvoir contre la décision ministérielle.

Affaire « Kocc Barma » : les échanges entre Mame Boye Diao et « Leuk Daour » au cœur de l’enquête

L’enquête sur l’affaire impliquant El Hadji Babacar Dioum, plus connu sous le pseudonyme de « Kocc Barma », a pris une nouvelle tournure avec l’exploitation par les enquêteurs du téléphone portable d’El Hadji Assane Demba, alias « Leuk Daour », présenté comme un complice présumé. Parmi les données extraites, plusieurs échanges WhatsApp ont retenu l’attention, notamment avec un contact enregistré sous le nom « Mbd Privé », que Demba a identifié comme étant Mame Boye Diao, ancien directeur des Domaines et actuel maire de Kolda.

Selon les informations rapportées par Libération, l’un des échanges les plus marquants a eu lieu après l’arrestation de « Kocc ». Mame Boye Diao aurait alors demandé à Demba : « Il te connaît formellement ? », ce à quoi ce dernier aurait répondu : « Oui, je lui ai vendu le site il y a 3 ans. » Confronté à ces messages en présence de son avocat, Demba n’a pas nié leur existence mais a précisé que la conversation était éphémère et que plusieurs éléments avaient disparu.

Entendu par les enquêteurs, Demba a expliqué qu’il connaissait Mame Boye Diao depuis 2018 ou 2019, au début de la carrière politique de ce dernier, et qu’une relation amicale et presque fraternelle s’était installée entre eux. Les messages WhatsApp échangés contiennent également des propos jugés ambigus, comme lorsqu’il écrivait : « Mb, avant de partir, il faut savoir par où partir. Le seul truc qui peut m’inquiéter, c’est qu’il parle de moi (…) Je contrôle la situation. » Demba a reconnu être l’auteur de ce message et affirmé qu’il craignait d’être de nouveau mêlé à un scandale, comme par le passé.

Il a également évoqué l’idée que « la vraie histoire ne soit connue que par trois personnes », affirmant aux enquêteurs qu’il faisait allusion à des accusations infondées ayant, selon lui, terni sa réputation depuis plusieurs années. L’analyse des données a aussi révélé une demande d’aide financière de Demba à Mame Boye Diao. Ce dernier a confirmé lui avoir fait remettre 200 000 FCFA par l’intermédiaire de son vigile. Demba a précisé que cette somme avait servi à payer les pénalités liées au report de son vol, initialement prévu le 22 juillet mais repoussé au 24, et non à financer un billet d’avion en urgence.

Convoqué à la Division des investigations criminelles (DIC), Mame Boye Diao est reparti libre, aucune charge n’ayant été retenue contre lui. Dans sa déclaration, il a expliqué avoir connu Demba dans le cadre du parrainage pour la présidentielle de 2023, celui-ci s’étant proposé pour l’aider auprès de la diaspora. Il affirme avoir été surpris, un matin, de recevoir de Demba la Une du journal Libération annonçant l’arrestation de « Kocc Barma » et avoir, dans la foulée, conseillé à son interlocuteur de rentrer au Sénégal en raison de ses antécédents judiciaires.

S’agissant du site qu’Assane Demba dit avoir vendu à « Kocc Barma », Mame Boye Diao assure ne pas savoir de quel site il s’agissait, bien que le message lui ait été adressé. Il a enfin précisé que Me Anta Mbaye, citée dans les échanges, est son avocate dans un autre dossier, relatif à l’aménagement du tribunal de Guédiawaye.

Cité Fayçal : la Cour suprême suspend le délai d’expulsion et donne un répit aux 52 familles

La Cour suprême a rendu, hier jeudi, une décision importante dans le litige opposant les habitants de la cité Fayçal à la Société de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (Sogepa), représentant l’État du Sénégal. La haute juridiction a annulé le délai d’expulsion qui avait été fixé par la Sogepa, offrant ainsi un sursis aux familles menacées de quitter les lieux.

L’affaire avait éclaté lorsque la Sogepa avait adressé aux occupants de la cité des avis de résiliation de leurs baux, leur accordant un délai de six mois avant d’engager une procédure d’expulsion. Face à cette mesure, les cinquante-deux familles concernées, composées pour la plupart de hauts fonctionnaires de l’État, avaient décidé d’agir individuellement en introduisant un recours pour excès de pouvoir devant la Cour suprême.

Alors que ce recours n’avait pas encore été examiné, le délai fixé par la Sogepa arrivait à expiration dans seulement huit jours. Craignant une expulsion imminente, les habitants ont saisi la Cour suprême d’une procédure en référé, sollicitant la suspension des effets de l’avis de résiliation. Cette demande a été accueillie favorablement, et la juridiction a annulé le délai d’expulsion initialement imposé par la Sogepa.

Si cette décision représente une victoire provisoire pour les familles, elle ne met pas un terme au différend. Le jugement définitif sur le recours pour excès de pouvoir est encore attendu et déterminera l’issue du dossier. En attendant, les habitants de la cité Fayçal peuvent souffler, même si leur avenir dans ces logements reste incertain.

Violences politiques 2021-2024 : le ministère de la Justice saisit le Procureur après la lettre de Pape Abdoulaye Touré

Le ministère de la Justice a réagi officiellement à la lettre ouverte adressée par Pape Abdoulaye Touré au président de la République, dans laquelle il interpelle les autorités sur les crimes commis lors des manifestations politiques survenues entre 2021 et 2024. Dans une correspondance datée du 1er août 2025, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, annonce avoir saisi le Procureur général près la Cour d’Appel de Dakar pour l’inviter à engager des poursuites relatives à ces faits.

Cette réaction fait suite à un courrier envoyé le 18 juillet 2025 par Pape Abdoulaye Touré, membre fondateur de l’Initiative Zéro Impunité (IZI) et victime de torture. Ce document, transmis par le ministre Directeur de Cabinet du Président Bassirou Diomaye Faye aux services compétents du ministère de la Justice, porte la voix des victimes de meurtres, de tortures, de disparitions forcées et d’autres traitements inhumains survenus lors des troubles sociopolitiques qui ont marqué le Sénégal durant cette période.

Dans sa réponse, Ousmane Diagne indique avoir pris des dispositions en adressant un courrier officiel au Procureur général près la Cour d’Appel de Dakar, afin qu’il ouvre des poursuites concernant les faits signalés. Ce geste marque un premier pas institutionnel vers un traitement judiciaire de ces événements, qui continuent de susciter de fortes attentes au sein de l’opinion publique et des familles des victimes.

Pour mémoire, l’Initiative Zéro Impunité, portée par Pape Abdoulaye Touré, a engagé depuis plusieurs mois un travail de sensibilisation et de plaidoyer, en multipliant les rencontres avec des organisations de la société civile telles que le think tank Afrik Jom Center et Amnesty International Sénégal. Ces échanges ont pour objectif de faire la lumière sur les crimes graves commis entre mars 2021 et mars 2024, période marquée par des tensions politiques intenses ayant entraîné des pertes humaines, des actes de torture et des disparitions forcées.

L’initiative vise à lutter contre l’oubli et à obtenir justice pour les victimes, dans un contexte où les questions de responsabilité et de réparation restent au cœur du débat public. L’implication directe du ministère de la Justice, par la saisine du Procureur général, constitue désormais un élément clé dans la perspective d’éventuelles poursuites judiciaires et pourrait ouvrir la voie à un processus de vérité et de réconciliation, attendu par de nombreuses familles et organisations de défense des droits humains.

Thiaroye : Deux individus arrêtés pour trafic de drogue et contrebande

Le Commissariat d’arrondissement de Thiaroye a frappé un grand coup dans la lutte contre le trafic de drogue. Le 7 août 2025, deux individus ont été interpellés pour association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants, à la suite d’une opération minutieusement préparée.

Tout est parti d’un renseignement opérationnel faisant état d’un réseau actif à la sortie du pont menant au marché de Thiaroye. Les policiers ont mis en place une opération qui a permis de surprendre le premier suspect, tenant une poussette à café. La fouille de celle-ci a permis la découverte de quatre comprimés d’ecstasy. Interrogé, l’homme a affirmé que la poussette appartenait à son frère, rapidement localisé et arrêté à son tour.

Une perquisition menée à leur domicile a permis de mettre la main sur un important lot de produits illicites et de contrebande, notamment :

50 comprimés de Tapendatol (répartis en 5 paquets) 6 paquets de Tramaking 80 paquets de cigarettes Roson 28 paquets de cigarettes vides 3 paquets de cigarettes Excellence 2 paquets de cigarettes Marlboro 54 250 francs CFA en liquide

Les deux mis en cause ont été placés en garde à vue. L’enquête se poursuit pour déterminer l’ampleur du réseau et identifier d’éventuels complices.

Fin de la crise dans la Justice : le Gouvernement sénégalais signe un protocole d’accord avec les syndicats

Après 45 jours de tensions marquées par des mobilisations syndicales dans le secteur de la justice, un protocole d’accord a été signé ce mercredi entre le Gouvernement du Sénégal et les syndicats SYSJUST et UNTJ. La cérémonie officielle s’est tenue à la Primature, en présence de plusieurs autorités dont le ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, et le président du Haut Conseil du Dialogue Social, Mamadou Lamine Dianté.

Ce protocole d’accord met un terme à une période de vives revendications portées par les agents de la justice. Facilités par Mamadou Lamine Dianté, les pourparlers ont permis d’aboutir à des concessions mutuelles. Le retour à la table du dialogue témoigne d’un apaisement progressif dans un secteur fortement affecté par les perturbations de ces dernières semaines.

Lors de son intervention, le ministre Olivier Boucal a salué la posture responsable des syndicats et réitéré l’engagement du Gouvernement à favoriser un dialogue constructif. Il a souligné que cet accord est « un signal fort en faveur de la stabilité et du bon fonctionnement des services publics », insistant sur la nécessité d’un climat socioprofessionnel serein.

De son côté, Abdoulaye Mboup, Secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs de la justice (UNTJ), a exprimé la satisfaction des syndicats tout en appelant à une mise en œuvre fidèle du protocole signé. « Le respect des engagements pris est crucial pour éviter une reprise des tensions », a-t-il averti. Il a également encouragé les autorités à maintenir une dynamique de concertation continue.

Dans cette même logique, le ministre de l’Intérieur avait déclaré, lors de la clôture du dialogue national le 4 juin dernier, que « le Gouvernement promet la mise en œuvre des réformes et un dialogue continu ». Cette déclaration, rapportée par Senego, s’inscrit pleinement dans la dynamique actuelle.

Cet accord est perçu comme une victoire pour le dialogue social et une avancée pour la gouvernance participative. Selon Jean Pierre Malou, spécialiste des questions syndicales, « il s’agit d’un tournant qui pourrait inspirer d’autres secteurs confrontés à des tensions similaires ».

La Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) avait d’ailleurs alerté, le 24 juin dernier, sur les lenteurs de certains ministères dans la mise en œuvre des engagements issus du dialogue social, appelant à une vigilance accrue.

Affaire Kocc Barma : révélations explosives autour d’un réseau tentaculaire

Messages compromettants, sommes d’argent en liquide, amitiés politiques : le téléphone de El Hadji Assane Demba, alias « Leuk Daour », révèle les coulisses d’un scandale où les frontières entre vie privée, politique et affaires douteuses deviennent floues.

Dans son édition du 8 août 2025, le quotidien Libération publie de nouveaux éléments accablants dans l’affaire Kocc Barma, du nom de El Hadji Babacar Dioum, mis en cause dans une série de publications en ligne controversées. Au centre de cette affaire désormais tentaculaire : El Hadji Assane Demba, alias « Leuk Daour », dont le téléphone saisi par la Division spéciale de la cybercriminalité (DSC) regorge de messages WhatsApp compromettants. L’analyse de ces données numériques jette une lumière crue sur un réseau de relations suspectes, où se croisent figures politiques et complicités présumées.

Une phrase qui change tout

Le début des ennuis pour Demba ? Un simple message adressé à un certain « Mbd Privé » via WhatsApp :

« Oui, je lui ai vendu le site il y a 3 ans ».

Cette phrase anodine en apparence est rapidement devenue un élément central de l’enquête. Car derrière le pseudonyme « Mbd Privé » se cacherait, selon les dires de Demba lui-même, Mamadou Diao – plus connu sous le nom de Mame Boye Diao, ancien Directeur général des Domaines et actuel maire de Kolda. Une révélation lourde de sens, même si Demba tente de minimiser l’impact de l’échange, évoquant une conversation éphémère dont une partie aurait disparu.

Des liens personnels assumés… et une aide en espèces

Face aux enquêteurs, El Hadji Assane Demba reconnaît entretenir des relations « fraternelles » avec Mame Boye Diao, nouées entre 2018 et 2019 lors de son engagement politique. Il admet également avoir reçu une enveloppe de 200.000 FCFA, remise par le vigile de Diao, prétendument pour financer ses déplacements à Dakar. Mais il insiste : cette aide n’était pas destinée à organiser une fuite, seulement à prolonger son séjour dans la capitale.

Des messages pour verrouiller les fuites

Parmi les échanges les plus troublants, un message retient particulièrement l’attention des enquêteurs :

« Mb avant de partir il faut savoir par où partir !!! Le seul truc qui peut m’inquiéter c’est qu’il parle de moi !! Sinon jusqu’à l’extinction du soleil on ne remontera pas à moi. S’il parle de moi à la mn, je le saurai… Je contrôle la situation. »

Pour Demba, cette déclaration ne traduit rien d’autre que sa propre inquiétude. Déjà mêlé à tort à une affaire judiciaire par le passé, il assure avoir voulu éviter de nouvelles fausses accusations. Mais l’assurance du ton laisse perplexe.

Une vérité connue de trois personnes ?

Dans un autre échange intercepté, Demba affirme que « la vraie histoire n’est connue que par trois personnes ». Une formule énigmatique que l’intéressé tente de désamorcer, expliquant qu’il parlait simplement de son sentiment d’injustice face aux accusations portées contre lui. Mais les enquêteurs ne semblent pas convaincus.

Le cas Mame Boye Diao : dans la tourmente, mais pas inquiété

De son côté, Mame Boye Diao, déjà sous contrôle judiciaire dans un autre dossier, a été entendu. Il reconnaît avoir connu Demba durant la campagne présidentielle de septembre 2023, notamment dans le cadre du parrainage. Il confirme lui avoir remis 200.000 FCFA mais nie catégoriquement toute implication dans une quelconque transaction de site. Concernant la mention de Me Anta Mbaye dans les échanges, il précise qu’il s’agit simplement de son avocate dans une procédure sans rapport avec cette affaire.

Saly Portudal : 18 cambrioleurs recherchés, des visages identifiés grâce à la vidéosurveillance

La traque se poursuit à Saly Portudal après l’effroyable attaque survenue dans la nuit du 5 au 6 août dernier à la résidence « Les Diamantines ». La brigade de recherches de la gendarmerie locale est aux trousses d’un groupe de 18 cambrioleurs, dont certains visages ont été formellement identifiés grâce à l’exploitation des images de vidéosurveillance, rapporte L’Observateur dans son édition de ce vendredi 8 août.

Au-delà du cambriolage, le drame a été marqué par une extrême violence : viols collectifs, agressions physiques, traumatisme psychologique et vol de biens de valeur. La fille adoptive de l’architecte, violemment agressée au cours de l’attaque, a été victime d’un viol collectif, selon les éléments recueillis par les enquêteurs.

Des examens médicaux légaux ont été effectués, incluant une constitution médicale avec prélèvements réalisés par des médecins légistes. Une prophylaxie post-exposition (PPE-PEP) a également été administrée à la victime, pour prévenir tout risque de contamination au VIH ou autres infections sexuellement transmissibles (IST/MST).

Dans le cadre de l’enquête, les cinq vigiles chargés de la sécurité de la résidence au moment des faits ont été interpellés et auditionnés, tout comme les deux autres filles présentes dans la maison, toutes proches de la victime.

L’émotion reste vive dans cette zone touristique de la Petite Côte, longtemps considérée comme paisible. La brutalité de cette attaque a ravivé les préoccupations liées à l’insécurité croissante dans la région, en particulier dans les résidences prisées par des expatriés ou membres de la diaspora.

Affaire Kocc Barma : El Hadji Babacar Dioum brise le silence et accuse El Hadji Assane Demba

Resté longtemps mutique face aux enquêteurs, El Hadji Babacar Dioum, présenté comme le présumé administrateur du sulfureux site Kocc Barma, a finalement décidé de parler devant le doyen des juges. Ce revirement marque un tournant majeur dans cette affaire à rebondissements.

Selon des informations relayées par le journal Libération, Dioum a radicalement changé de version au cours de son audition devant le magistrat instructeur. Désormais, il rejette l’entière responsabilité sur un autre mis en cause : El Hadji Assane Demba.

Un surnom évocateur : “El Professor”

D’après les déclarations de Dioum, Demba serait le véritable cerveau de l’opération. Il aurait non seulement orchestré les activités derrière le site controversé, mais aussi imposé une mise en scène inspirée de la série à succès La Casa de Papel. Dioum révèle en effet que Demba lui aurait demandé de se faire appeler “El Professor”, en référence au stratège du célèbre braquage fictif, et de le désigner, lui, comme “Action-Réaction”, un surnom révélateur de leur supposée dynamique opérationnelle.

Enquête en cours et indices techniques

Ce changement de version intervient alors que les enquêteurs poursuivent leurs investigations techniques. Libération indique que Dioum a de nouveau été extrait de sa cellule pour permettre l’exploitation de son téléphone portable, dans l’espoir d’identifier les éventuels complices, les réseaux utilisés, ou encore les preuves tangibles des accusations portées contre lui et Demba.

Les éléments extraits de l’appareil pourraient s’avérer décisifs pour confirmer ou infirmer les nouvelles déclarations de Dioum. En attendant, cette ligne de défense semble indiquer une tentative claire de se désolidariser du dossier et de recentrer les soupçons sur un autre protagoniste.

Eumeu Sène porte plainte contre Niang Xaragne Lo pour diffamation : la tension monte dans l’arène

Le lutteur Eumeu Sène a officiellement déposé une plainte pour diffamation contre l’influenceur Niang Xaragne Lo, à la suite de propos jugés offensants, tenus peu avant son combat très attendu contre Franc. Une affaire qui fait grand bruit dans l’univers de la lutte sénégalaise, où les rivalités sportives débordent parfois les limites de l’arène.

Les faits remontent à la période précédant le duel entre Eumeu Sène et Franc. À cette époque, Niang Xaragne Lo, figure influente des réseaux sociaux, aurait tenu des propos publics à l’encontre du lutteur de Pikine. Bien que la nature exacte de ces déclarations n’ait pas été précisée, elles ont été perçues par Eumeu Sène et son entourage comme des attaques personnelles portant atteinte à son honneur et à son image.

Ce combat représentait une échéance importante pour Eumeu Sène, considéré par beaucoup comme une occasion de redorer le blason de Pikine après une série de contre-performances. La sortie de l’influenceur aurait donc été particulièrement mal accueillie, dans un contexte déjà tendu.

Selon les informations rapportées par le média Fadam, plusieurs tentatives de médiation ont été initiées dans le but d’apaiser les tensions. Des personnalités influentes du monde de la lutte auraient tenté d’entrer en contact avec le camp d’Eumeu Sène. Mais ces efforts seraient restés sans suite, la partie plaignante demeurant injoignable ou peu réceptive aux appels au dialogue.

La situation a pris une nouvelle tournure après la défaite d’Eumeu Sène face à Franc. Ce revers, face à un adversaire plus jeune et considéré comme prometteur, a visiblement renforcé la volonté du lutteur d’aller jusqu’au bout de sa démarche judiciaire. C’est dans ce contexte de frustration et de déception qu’il a décidé de porter l’affaire devant les tribunaux.

L’affaire oppose désormais deux figures publiques : un champion de lutte au palmarès reconnu, et un influenceur suivi par des milliers d’internautes. Elle soulève une question récurrente dans l’espace public sénégalais : jusqu’où peut aller la liberté d’expression, notamment sur les réseaux sociaux, sans empiéter sur la dignité et la réputation des personnes ciblées ?

Justice : Assane Diouf condamné à quatre mois ferme, ses avocats vont faire appel

L’activiste Assane Diouf a été condamné, ce jeudi 7 août, à quatre mois de prison ferme par le tribunal de grande instance de Dakar. Il a été reconnu coupable des chefs de diffusion de fausses nouvelles et de discours contraire aux bonnes mœurs, une peine qu’il a d’ores et déjà purgée.

Dans ce dossier très suivi, le tribunal a toutefois relaxé Assane Diouf du chef d’accusation d’offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du président de la République, écartant ainsi l’un des griefs les plus lourds portés contre lui.

À la sortie de l’audience, l’un de ses avocats, Me Aboubakry Barro, a salué une décision « satisfaisante » du tribunal, mettant en avant la sagesse de la juridiction qui, selon lui, a démontré une bonne compréhension du droit pénal et de la procédure.

« Le tribunal n’a pas eu à fixer une amende. Mon client ne paiera donc aucune somme à l’État », a précisé Me Barro sur les ondes de la RFM.

Toutefois, la défense ne compte pas s’arrêter là. Les avocats d’Assane Diouf ont annoncé leur intention d’interjeter appel, estimant que leur client ne devait pas être reconnu coupable sur les deux chefs retenus.

« Nous considérons, en droit, qu’il n’y a eu ni diffusion de fausses nouvelles ni discours contraire aux bonnes mœurs », a martelé Me Barro.

Libération de l’activiste Assane Diouf : condamné mais déjà libre

Assane Diouf, figure bien connue de la scène activiste sénégalaise, a recouvré la liberté après une décision rendue ce mercredi par le tribunal correctionnel de Dakar. Poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, il a été relaxé pour l’offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du président de la République, mais reconnu coupable de deux autres infractions : diffusion de fausses nouvelles et propos contraires aux bonnes mœurs.

Le juge a prononcé une peine de quatre mois de prison ferme, correspondant au temps déjà passé en détention préventive. Assane Diouf a ainsi quitté la salle d’audience libre, au grand soulagement de ses proches et partisans présents sur place.

Durant le procès, l’activiste a nié avoir eu l’intention de porter atteinte à la morale publique, se réfugiant derrière sa liberté d’expression. Toutefois, le tribunal a estimé que certains de ses propos relayés sur les réseaux sociaux constituaient une infraction à la législation en vigueur, notamment en matière de diffusion d’informations susceptibles de troubler l’ordre public.

Cette nouvelle affaire vient s’ajouter à une longue série de démêlés judiciaires pour celui que certains surnomment « l’insolent du web sénégalais ». Révélé au grand public par ses vidéos virulentes diffusées depuis les États-Unis avant son extradition en 2017, Assane Diouf a depuis multiplié les séjours en détention.

Nouveau revers judiciaire pour le ministère de la Santé : la Cour suprême annule une nomination au Centre Talibou Dabo

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale du Sénégal vient d’essuyer un nouveau camouflet judiciaire. Dans une décision rendue publique récemment, la Cour suprême a annulé l’arrêté ministériel portant nomination du directeur du Centre Talibou Dabo, une structure de référence dédiée à la prise en charge des enfants vivant avec un handicap.

L’information a été révélée par le journaliste Bachir Fofana et suscite déjà de vives réactions dans les milieux administratifs et juridiques. En annulant l’acte ministériel, la haute juridiction s’est appuyée sur le principe du parallélisme des formes, une règle cardinale du droit administratif. Ce principe impose que toute décision prise par une autorité déterminée ne peut être modifiée, abrogée ou remplacée que par un acte de même nature émanant de la même autorité ou d’un pouvoir équivalent.

Dans le cas d’espèce, la nomination initiale du directeur du Centre Talibou Dabo avait été entérinée par décret présidentiel, conférant à cette décision une valeur réglementaire élevée. Or, l’arrêté signé par le ministre de la Santé ne pouvait, juridiquement, se substituer à une décision du président de la République. « Il y a eu vice de forme manifeste », souligne la Cour suprême, estimant que le ministère a outrepassé ses compétences dans cette affaire.

Cette décision relance le débat sur le respect des procédures légales dans la gestion des nominations au sein de l’administration publique sénégalaise, notamment dans des institutions sensibles comme celles dédiées à la santé ou à l’action sociale.

Pour l’instant, aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté du ministère de la Santé. Toutefois, cette annulation pourrait avoir des implications directes sur la gouvernance du Centre Talibou Dabo, ainsi que sur d’éventuelles autres nominations opérées sans respecter les formes requises.

Un nouvel OFNAC en gestation : vers une autorité plus indépendante et puissante

Le gouvernement sénégalais prépare une réforme majeure de son dispositif de lutte contre la corruption, avec la création annoncée d’un nouvel Office national de lutte contre la corruption (OFNAC). Ce projet de loi, déjà transmis à l’Assemblée nationale, vise à doter le pays d’un organe renforcé, autonome et en phase avec les normes internationales.

Le texte propose de remplacer la structure actuelle, instituée par la loi n°2012-30 du 28 décembre 2012, par une nouvelle autorité dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. Selon l’exposé des motifs, le but est de créer un OFNAC “efficace, indépendant et crédible”, capable de mieux prévenir, détecter et poursuivre les actes de corruption sur l’ensemble du territoire national.

Le futur OFNAC sera une autorité administrative indépendante, avec des prérogatives élargies. Il sera habilité à sensibiliser et éduquer sur les enjeux de la corruption, mais également à saisir directement les juridictions compétentes lorsqu’il détecte des infractions. Il aura pour mission de mener des enquêtes, de procéder à des vérifications, et de transmettre les dossiers au procureur de la République ou à l’Autorité nationale de poursuite.

L’Office pourra également engager des audits sur les pratiques de gouvernance publique, surveiller les déclarations de patrimoine et exercer un contrôle sur les marchés publics. Cette approche vise à renforcer la transparence dans la gestion des affaires publiques et à réduire les risques de malversations.

Le président de l’OFNAC sera nommé par décret pour un mandat de cinq ans non renouvelable. Il travaillera avec un conseil d’orientation regroupant des représentants de l’État, de la société civile, des organisations professionnelles et du secteur privé. Ce conseil aura pour mission de garantir que l’action de l’OFNAC reste cohérente avec les objectifs nationaux en matière de bonne gouvernance.

Autre nouveauté majeure, les agents de l’OFNAC disposeront du statut d’officiers de police judiciaire, leur permettant de mener des enquêtes de manière autonome. Les modalités d’exercice de ces prérogatives seront précisées par décret.

La transparence est également au cœur de ce projet de loi. L’OFNAC devra publier chaque année un rapport public sur l’état de la corruption au Sénégal, accompagné de recommandations concrètes pour améliorer la situation.

Enfin, le projet introduit un mécanisme de protection des lanceurs d’alerte. Les personnes qui signalent de bonne foi des faits de corruption bénéficieront d’une protection contre les représailles. Un fonds d’assistance sera mis en place pour leur offrir un soutien juridique et social, afin de garantir qu’elles puissent jouer leur rôle sans subir de pression.

Ce projet de loi, s’il est adopté, abrogera la loi de 2012 et instaurera un nouveau cadre institutionnel pour la lutte contre la corruption au Sénégal. Il marque une volonté politique de rompre avec les insuffisances du passé, mais sa mise en œuvre et son efficacité dépendront des garanties réelles d’indépendance et de moyens qui lui seront effectivement accordés par l’État.

Justice : SYTJUST-UNTJ suspend son mot d’ordre de grève pour favoriser les négociations

Après quarante-cinq jours de paralysie dans les services judiciaires, l’Entente SYTJUST–UNTJ a annoncé, ce mercredi 6 août, la suspension de son mot d’ordre de grève. Une décision majeure qui intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les syndicats de la Justice et l’État, mais qui marque surtout une volonté d’ouverture en vue d’une sortie de crise.

Lancée le 18 juin 2025, la grève des travailleurs de la Justice avait fortement perturbé le fonctionnement des juridictions sur l’ensemble du territoire national. Face à cette situation de blocage prolongé, l’Entente a choisi de suspendre provisoirement le mouvement pour permettre aux discussions avec les autorités de progresser. Dans un communiqué transmis à la presse, les responsables syndicaux ont expliqué que cette trêve vise à « donner une chance réelle aux négociations entamées avec le gouvernement ».

La décision fait suite à deux rencontres jugées encourageantes avec le ministre de la Fonction publique, tenues respectivement les 1er et 5 août. Ces échanges, selon les syndicats, ont été marqués par un climat d’écoute et d’apaisement. Une première trêve avait d’ailleurs été observée les 4 et 5 août, permettant aux citoyens d’accéder temporairement aux services judiciaires, bloqués depuis plusieurs semaines.

L’Entente a tenu à saluer l’attitude responsable des travailleurs de la Justice, qui, malgré les difficultés et frustrations accumulées, ont accepté de mettre fin à leur grève dans l’intérêt des populations. Elle souligne que « cette écoute solidaire des souffrances de leurs concitoyens » a pesé lourd dans la balance au moment de prendre cette décision. La suspension du mouvement est ainsi présentée comme un geste fort de bonne foi et de patriotisme social.

Toutefois, la trêve est loin d’être un chèque en blanc au gouvernement. Dans leur communiqué, les syndicats rappellent les conditions difficiles dans lesquelles travaillent les agents judiciaires, et dénoncent les nombreuses injustices qu’ils subissent. Ils exhortent l’État à tenir ses engagements et à apporter des réponses concrètes aux revendications, qui concernent aussi bien les conditions de travail que la reconnaissance du rôle central des travailleurs de la Justice dans la mise en œuvre des réformes du secteur.

L’Entente SYTJUST–UNTJ avertit : la trêve pourrait être de courte durée si les autorités ne respectent pas leurs promesses. La balle est désormais dans le camp du gouvernement, qui devra prouver sa volonté de résoudre la crise en profondeur et de restaurer durablement le bon fonctionnement du service public de la Justice.

Fraude électrique : Senelec épingle Fotall Services pour un détournement de plus de 682 millions de FCFA

Un scandale retentissant secoue le secteur de l’énergie au Sénégal. La société Fotall Services Sarl, dirigée par Mamadou Sarr, est au centre d’une vaste affaire de branchements électriques clandestins qui aurait coûté à la Senelec plus de 682 millions de francs CFA. Les révélations, publiées par le journal Libération, mettent en lumière un réseau bien structuré de fraude à l’électricité, organisé autour d’une entreprise pourtant officiellement enregistrée.

Tout a commencé à la Cité BCEAO 1, où un contrôle de routine de la Senelec, dans le cadre de ses opérations de « peignage », a permis de détecter un branchement illicite alimentant des installations de lavage automatique exploitées par Fotall Services. Face à cette découverte, la Senelec a décidé de pousser plus loin ses investigations.

Les résultats de l’audit ont été édifiants. Neuf autres sites, disséminés à travers Dakar et même jusqu’à Saint-Louis, ont été identifiés comme étant connectés illégalement au réseau électrique. Parmi ces lieux figurent Ouakam, Zac Mbao, Cité Alioune Sow, les Maristes, Yoff Apecsy 1, Sacré-Cœur, le Point E, Fass Delorme, et la capitale du Nord. À chaque fois, le même modus operandi : des branchements sauvages contournant les compteurs, permettant une consommation d’électricité sans facturation ni paiement.

Le préjudice financier est colossal. Senelec a chiffré la perte à 682.578.549 FCFA, une somme susceptible d’augmenter au fur et à mesure de l’avancement de l’enquête. L’entreprise publique, chargée de la distribution d’électricité, entend visiblement aller jusqu’au bout pour faire la lumière sur ce réseau de fraude.

Interpellé par la brigade de gendarmerie de la Foire, Mamadou Sarr a reconnu les faits. Il a été placé sous mandat de dépôt. Toutefois, l’affaire a pris une tournure encore plus grave lorsqu’après son incarcération, d’autres branchements frauduleux ont été découverts. La Division des investigations criminelles (DIC) a été saisie et a procédé à l’extraction du mis en cause de sa cellule pour une nouvelle présentation au parquet.

Cette affaire relance le débat sur la lutte contre les branchements clandestins, véritable fléau pour la Senelec, qui voit ses efforts de rentabilité et de couverture nationale minés par des actes frauduleux de cette ampleur. L’enquête en cours pourrait révéler d’autres ramifications et aboutir à de nouvelles arrestations.

Moustapha Diakhaté dénonce une « guerre juridique » contre la liberté d’expression et accuse le procureur Ibrahima Ndoye de dérive autoritaire

À peine libéré après cinquante jours de détention à la prison de Rebeuss pour offense au chef de l’État, Moustapha Diakhaté a repris la parole avec une virulence qui marque une rupture nette avec le silence carcéral. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 5 août à Dakar, l’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar a vivement accusé le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, et plus largement le Tribunal de grande instance de Dakar, de livrer une « guerre juridique » contre la liberté d’expression.

Dans une déclaration au ton frontal, Moustapha Diakhaté n’a pas mâché ses mots : « Le procureur Ibrahima Ndoye, c’est un parquet à double standard. Il est intransigeant avec l’opposition et indulgent avec le parti Pastef. Quand on voit ce genre d’action, c’est que ces magistrats-là trahissent la loi », a-t-il fustigé. Pour l’ancien parlementaire, le parquet agit comme un instrument politique, au mépris des droits fondamentaux garantis par la Constitution.

Poursuivi pour offense au chef de l’État, Diakhaté rejette l’accusation avec véhémence. « Moi qui défends la République et le président, on m’accuse de l’avoir offensé ? C’est honteux, c’est ridicule », a-t-il lancé. Il estime être la cible d’un acharnement personnel : « Le procureur a un problème avec moi, il se cache derrière le parquet pour le combattre. C’est indigne de sa fonction de magistrat. »

Évoquant son expérience carcérale, Moustapha Diakhaté n’a pas hésité à défier de nouveau le système judiciaire : « Si ma vie doit y rester, elle y restera. Je suis prêt à retourner en prison. J’ai été emprisonné deux fois. Ibrahima Ndoye doit savoir qu’il lui reste 998 mandats de dépôt s’il veut me faire taire, parce que jusqu’à 1000, je ne me tairai pas. » Des propos forts qui traduisent une volonté assumée de continuer son combat politique, malgré les risques.

Mais au-delà de sa situation personnelle, Diakhaté a élargi sa critique à la situation de la justice sénégalaise. Selon lui, poursuivre des citoyens pour avoir critiqué le président ou des magistrats est une dérive grave pour un État qui se veut démocratique. « Dans une démocratie, il ne peut pas y avoir de limite au droit des citoyens à critiquer ceux qui les gouvernent », a-t-il souligné, affirmant que la liberté d’expression doit s’exercer pleinement, même contre les plus hautes autorités.

L’ancien député n’a pas épargné non plus le parti présidentiel, le Pastef, qu’il accuse d’avoir trahi ses engagements. « Le Pastef avait promis aux Sénégalais qu’une fois au pouvoir, ils supprimeraient l’article 80, l’article 254… Ils ne l’ont pas fait. Ils ont menti aux Sénégalais. C’est parce qu’ils ont menti qu’on continue d’arrêter des gens pour offense au chef de l’État, ou pour des délits d’opinion », a-t-il déclaré, en appelant à une réforme urgente du droit pénal en matière de libertés publiques.

Cette sortie de Moustapha Diakhaté intervient dans un contexte politique marqué par de multiples arrestations de journalistes, militants et opposants, souvent poursuivis pour offense ou diffusion de fausses nouvelles. Elle relance le débat sur l’indépendance de la justice, la tolérance politique et l’effectivité des libertés fondamentales au Sénégal. Pour Diakhaté, une chose est claire : « Le Sénégal ne doit pas devenir un État où penser autrement conduit systématiquement en prison. »

Litige foncier à la Cité Touba Almadies : Cheikh Amar l’emporte devant la justice contre l’Association des Résidents

Le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar a rendu son verdict dans le différend opposant l’Association des Résidents de la Cité Touba Almadies au promoteur immobilier Cheikh Amar. Dans une ordonnance rendue en référé, la justice a rejeté la requête des plaignants, donnant ainsi gain de cause à Cheikh Amar, point final – du moins provisoire – à un bras de fer judiciaire autour de la gestion des espaces publics de cette cité résidentielle située dans l’arrondissement des Almadies.

L’Association, présidée par Deguene Mbaye, avait saisi la justice le 13 février 2025 pour obtenir en urgence la suspension de toutes les activités de morcellement, de vente ou de construction sur les espaces jugés initialement publics selon le plan d’aménagement de la cité. Il s’agissait notamment de parcelles prévues pour abriter une école, une mosquée, un poste de santé, un daara, des jardins et autres places publiques. Les membres de l’Association reprochaient à Cheikh Amar de ne pas respecter les engagements liés à l’Arrêté ministériel n°8673 du 7 octobre 2008 qui, selon eux, consacrait ces espaces à un usage communautaire.

Poussant plus loin leur argumentation, les plaignants ont accusé le promoteur de « tentatives de spoliation », notamment après la supposée cession du terrain initialement réservé au Daara à un particulier du nom de Moustapha Diouf Lambaye. Ils réclamaient, en plus de la suspension immédiate des travaux, une astreinte journalière de 5 millions de francs CFA en cas d’inexécution.

Pour étayer leur demande, les membres de l’Association avaient versé au dossier plusieurs documents : plans cadastraux, contrats, décisions administratives ainsi qu’un récépissé attestant leur reconnaissance officielle par l’Agence Régionale d’Aménagement du Territoire (ARTA). Mais ces éléments n’ont pas convaincu le juge des référés.

Dans sa décision, le magistrat a estimé que les pièces fournies ne permettaient pas d’établir un trouble manifeste ni un préjudice imminent qui justifieraient une intervention urgente du tribunal. En conséquence, toutes les demandes ont été rejetées, le juge considérant que le fond du litige, s’il existe, relève d’une procédure au fond, et non du cadre spécifique et restrictif du référé.

Ce revers judiciaire constitue une victoire stratégique pour Cheikh Amar, qui conserve pour l’instant la pleine latitude de continuer ses activités sur les terrains contestés. Toutefois, rien n’indique que cette affaire soit terminée. L’Association des Résidents pourrait choisir de porter l’affaire sur le terrain du fond, où la justice aura à se prononcer plus largement sur les droits et engagements contractuels des parties.

Centrale de Sendou : Nordic Power Ab dénonce une dette fictive de plus de 30 milliards FCFA dans le redressement judiciaire de la CES

Le feuilleton judiciaire autour de la centrale électrique de Sendou continue de secouer le secteur de l’énergie au Sénégal. Ce lundi 4 août 2025, le Tribunal de commerce de Dakar a examiné une requête de la société suédoise Nordic Power Ab, actionnaire majoritaire de la Compagnie d’électricité du Sénégal (CES), qui accuse son partenaire SNPL/Barak d’avoir introduit dans le concordat judiciaire une créance fictive de 30,09 milliards FCFA. Cette procédure soulève de lourdes interrogations sur la gouvernance de la CES, la gestion de sa restructuration et la véracité des montants reconnus dans le cadre du redressement judiciaire.

La centrale de Sendou, située à Bargny, est un projet majeur lancé à la suite d’un appel d’offres international conduit par la Senelec dans le cadre du plan de renforcement de la production électrique du pays. Le projet, structuré sous le modèle BOO (Build, Own, Operate), a été confié en 2007 à la société suédoise Nykomb Synergetics Development Ab, via sa filiale sénégalaise CES. L’objectif initial était de construire une centrale thermique au charbon d’une capacité de 250 MW, en deux phases. La première phase, de 125 MW, a été réalisée avec un financement de 206,4 millions d’euros, dont 61,9 millions en fonds propres et 144,5 millions sous forme de dettes contractées auprès de la BOAD, de la FMO (banque de développement néerlandaise) et d’autres partenaires financiers.

Mais depuis que la Cour d’appel de Dakar a admis la CES en redressement judiciaire le 19 avril 2021, la situation s’est envenimée. Selon Nordic Power Ab, le processus judiciaire a été instrumentalisé au détriment de l’intérêt social de l’entreprise. La société suédoise conteste vigoureusement l’introduction dans le concordat d’une créance de plus de 30 milliards FCFA, déclarée par SNPL/Barak comme étant une dette de la CES. Or, selon elle, cette dette n’a jamais été contractée au bénéfice de la société, et les montants concernés ne correspondent à aucun flux financier effectivement reçu par la CES.

Nordic Power Ab explique que l’essentiel des fonds avancés par SNPL/Barak avaient été prêtés à des entités tierces, notamment Quantum Power International Holdings et Nordic Power elle-même, et non à la CES. Elle soutient que seulement 16,83 milliards FCFA avaient effectivement été virés à la CES, dont 2 milliards qui n’auraient pas été retrouvés dans les comptes de l’entreprise. De plus, un prêt de 7 millions d’euros consenti par Nordic Power à la CES, et annulé par la suite avec l’accord des créanciers, aurait été artificiellement réintégré dans la dette globale, faussant ainsi les chiffres présentés dans le cadre du redressement.

La société suédoise met également en cause la régularité de la nomination de Malick Seck comme administrateur général de la CES, désigné à la suite d’une assemblée générale qu’elle considère comme irrégulière. Cette nomination aurait, selon elle, ouvert la voie à une mainmise de SNPL/Barak sur les décisions de la société, au mépris de la légitimité des actionnaires majoritaires. Nordic Power Ab, qui détient plus de 94 % du capital de la CES, considère ces manœuvres comme une tentative de prise de contrôle illégale de l’entreprise.

Face à ce qu’elle qualifie de dérive, Nordic Power Ab a saisi la justice pour obtenir une expertise indépendante sur les flux financiers du projet et déterminer les responsabilités dans la gestion du redressement judiciaire. Elle souhaite que la lumière soit faite sur les origines réelles de la créance admise dans le concordat, et exige que toute dette fictive soit écartée du processus.

Au-delà du contentieux entre actionnaires, l’affaire soulève des enjeux stratégiques majeurs. La centrale de Sendou représente une part importante de la capacité énergétique du pays et sa stabilité financière est cruciale pour la continuité du service public de l’électricité. Si les allégations de Nordic Power sont confirmées, elles pourraient remettre en cause la validité du concordat et entraîner un réexamen complet du redressement judiciaire de la CES.

Le tribunal de commerce de Dakar, saisi de cette affaire sensible, devra trancher entre les différentes versions présentées, sur fond de documents financiers complexes et de luttes d’influence. Une décision est attendue dans les prochaines semaines. Elle pourrait marquer un tournant décisif dans la gouvernance de la centrale de Sendou et dans la transparence des procédures de redressement judiciaire au Sénégal.

Propos injurieux envers des chefs religieux : l’étudiante Ndèye Ndakhata Dione risque deux ans de prison ferme

L’affaire fait grand bruit dans l’espace public sénégalais, notamment sur les réseaux sociaux. Poursuivie pour avoir tenu des propos jugés blasphématoires à l’encontre de figures religieuses, l’étudiante Ndèye Ndakhata Dione, âgée de 28 ans, a comparu ce lundi devant le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. Une affaire sensible, qui a conduit le juge à ordonner le huis clos, à la demande de la défense.

Connue sous le pseudonyme « madame-fall029 » sur TikTok, la prévenue est étudiante en Master 2 de mathématiques appliquées à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Elle est poursuivie pour plusieurs chefs d’inculpation : diffusion de fausses nouvelles, injures publiques, insultes à l’encontre d’un groupe religieux, et discours contraire aux bonnes mœurs.

Les propos qui lui sont reprochés ont été diffusés lors de sessions en direct sur TikTok. Dans ses interventions, largement relayées et commentées, elle aurait attaqué verbalement des figures emblématiques de plusieurs confréries sénégalaises, dont les Tidianes, les Mourides et les Niassènes. Elle aurait notamment déclaré que Cheikh Ahmed Tidiane Chérif « n’a rien reçu du Prophète », remettant en cause l’origine divine du Salatoul Fatiha, et tenu des propos violents à l’encontre de Baye Niass.

À la barre, Ndèye Ndakhata Dione a reconnu les faits, mais a tenté de les contextualiser. Elle a expliqué avoir réagi sous l’effet de la colère lors d’un débat houleux avec une internaute d’obédience niassène qui, selon elle, aurait « injurié Dieu en direct ». Elle dit avoir « perdu le contrôle » à cet instant. Une explication qui n’a pas convaincu le président du tribunal, lequel l’a rappelée à la retenue : « Le Prophète lui-même pardonnait ses ennemis », lui a-t-il lancé.

Le procureur, plus virulent, a mis en garde contre les conséquences potentielles de tels propos dans un pays aussi sensible aux questions religieuses que le Sénégal. « Tu peux être tuée pour cela ! », a-t-il déclaré à la prévenue. Il a requis contre elle deux ans de prison ferme et une amende de 500 000 francs CFA.

De son côté, la défense a plaidé la clémence. Son avocat a décrit sa cliente comme une « brillante étudiante », mère célibataire de deux jeunes enfants, récemment divorcée et fragilisée psychologiquement. « Elle regrette sincèrement. Elle s’est repentie. Elle mérite une seconde chance », a-t-il plaidé, insistant sur l’environnement numérique malsain qui aurait contribué à son dérapage.

Affaire Kocc Barma : Devant le juge, El Hadji Babacar Dioum nie toute implication

La confrontation tant attendue dans l’affaire dite « Kocc Barma » a finalement eu lieu ce lundi au Tribunal de grande instance de Dakar. El Hadji Babacar Dioum, présenté comme étant l’homme derrière le pseudonyme « Kocc Barma », a été entendu par le doyen des juges dans le cadre des nombreuses plaintes déposées contre lui par plusieurs présumées victimes. À cette étape sensible de la procédure, les réponses de l’accusé étaient particulièrement scrutées.

Face au magistrat instructeur, El Hadji Babacar Dioum, assisté de ses avocats, a fermement nié être « Kocc Barma », selon les informations rapportées par L’Observateur. D’un ton catégorique, il a rejeté l’ensemble des accusations portées contre lui. « Je ne suis pas Kocc Barma », a-t-il martelé dès l’ouverture de l’interrogatoire.

Il s’est décrit comme un simple hébergeur de sites web, déclarant que sa responsabilité ne saurait être engagée sur les contenus diffusés par les plateformes qu’il hébergeait. Une ligne de défense qui pourrait être au cœur de la stratégie de ses conseils, dans une affaire où les enjeux judiciaires et éthiques sont majeurs.

Pour rappel, plusieurs plaignants affirment avoir vu leurs images et vidéos diffusées sans leur consentement sur des sites notoirement associés à « Kocc Barma », connu pour ses contenus à caractère intime et sensationnaliste. L’affaire, qui a longtemps alimenté les réseaux sociaux et provoqué un tollé dans l’opinion publique, prend aujourd’hui un tournant judiciaire déterminant.

Par ailleurs, dans le cadre de la même instruction, une autre figure clé du dossier, El Hadji Assane Demba, interpellé récemment à l’aéroport international Blaise Diagne, doit également être auditionné dans les prochains jours. Une confrontation entre les deux hommes est prévue et pourrait s’avérer cruciale pour déterminer les responsabilités dans cette affaire tentaculaire.

Le doyen des juges devra désormais faire la lumière sur les connexions techniques, administratives et financières entre les deux individus, les sites incriminés et les contenus en cause. À ce stade, la justice semble vouloir avancer avec prudence mais détermination, dans un dossier qui soulève de nombreuses interrogations sur la protection de la vie privée, l’éthique numérique et les limites de la liberté d’expression en ligne.

Justice foncière : le promoteur Cheikh Amar obtient gain de cause face à l’Association des Résidents de la Cité Touba Almadies

Le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar a tranché en faveur du promoteur immobilier Cheikh Amar dans le différend l’opposant à l’Association des Résidents de la Cité Touba Almadies, dirigée par Deguene Mbaye. Très médiatisée, l’affaire portait sur des accusations de spoliation foncière et de détournement d’espaces publics au sein de la cité située dans la zone des Almadies.

Saisie en référé le 13 février 2025, l’Association réclamait en urgence la suspension de toute opération de morcellement, de vente ou de construction sur des parcelles initialement destinées à des infrastructures communautaires : école, poste de santé, mosquée, Daara, jardins et autres places publiques. Selon les plaignants, ces espaces, protégés par l’arrêté ministériel n°8673 du 7 octobre 2008, étaient menacés par des projets immobiliers privés initiés par Cheikh Amar. Ils ont notamment dénoncé la vente présumée du terrain réservé au Daara à un tiers, identifié comme Moustapha Diouf Lambaye.

Craignant des tensions sociales et des troubles à l’ordre public, l’Association avait formulé une requête assortie d’une astreinte de 5 millions de FCFA par jour en cas d’inexécution. Leur dossier s’appuyait sur plusieurs pièces : plans cadastraux, correspondances officielles, contrats et récépissé de l’ARTA.

Cependant, après examen des arguments, le tribunal a estimé que les preuves avancées ne permettaient pas d’établir l’urgence ni de justifier les irrégularités invoquées. Par conséquent, la juridiction a rejeté la requête, confortant ainsi le promoteur dans ses droits.

El Hadji Babacar Dioum nie toute implication dans l’affaire « Kocc Barma »

Dans une affaire qui suscite depuis plusieurs années l’indignation de l’opinion publique sénégalaise, El Hadji Babacar Dioum, accusé d’être l’instigateur des activités illicites du mystérieux « Kocc Barma », a fermement rejeté toutes les accusations portées contre lui. Selon les informations relayées par L’Observateur dans son édition du mardi 5 août, l’homme, placé dans le viseur de la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), a nié en bloc son implication.

« Je ne suis pas Kocc Barma », aurait-il déclaré lors de son audition, en présence de ses avocats. Se défendant avec vigueur, El Hadji Babacar Dioum s’est présenté comme un simple hébergeur de sites Internet, estimant qu’il n’est nullement responsable du contenu diffusé sur les plateformes qu’il héberge. Une ligne de défense classique dans les affaires impliquant des acteurs du numérique, mais qui ne convainc pas encore les enquêteurs.

Depuis 2018, la DSC est submergée de plaintes émanant de près de 5 000 victimes, majoritairement de jeunes femmes, dont les vidéos intimes ont été publiées sur Internet sans leur consentement. Ces publications, souvent accompagnées de tentatives d’extorsion, ont bouleversé des vies entières et jeté la lumière sur les dérives graves de la cybercriminalité au Sénégal.

Deux sites, très visités à travers le pays, sont au centre du scandale. Ils publient régulièrement des contenus sensibles, parfois à caractère pédopornographique, attribués à un individu connu uniquement sous le pseudonyme de « Kocc Barma ». Ce dernier, après avoir exposé les victimes, les contactait directement pour leur réclamer de l’argent en échange du retrait des vidéos.

Pour les autorités, le démantèlement de ce réseau est une priorité. Mais jusqu’ici, l’identité réelle de Kocc Barma demeure floue, alimentant les spéculations et renforçant la pression sur les services de cybersécurité.

Ziguinchor : Deux étrangers arrêtés avec de la drogue lors d’un contrôle de sécurisation

Le Commissariat central de Ziguinchor a récemment procédé à l’interpellation de deux individus de nationalité étrangère, surpris en possession de substances psychotropes illicites. Les faits se sont déroulés au cours d’une opération de sécurisation menée sur l’axe Bignona-Ziguinchor, une zone régulièrement surveillée par les forces de sécurité en raison de son importance stratégique.

Selon les informations communiquées par les autorités policières, les mis en cause ont été appréhendés avec 29 “kepa” de Kush, une drogue dérivée du cannabis particulièrement prisée pour ses effets puissants, ainsi que 20 grammes d’une substance suspectée d’être du cristal menthe, un produit aux effets stimulants souvent associé à la méthamphétamine.

Cette double arrestation témoigne de la vigilance constante des forces de l’ordre dans la lutte contre le trafic et la consommation de drogues dans la région sud du Sénégal. Les substances saisies ont été mises sous scellé, et une enquête a été ouverte pour déterminer les circuits d’approvisionnement ainsi que les éventuelles ramifications locales ou transfrontalières.

Grève dans la justice : le Conseil de l’Ordre des avocats tire la sonnette d’alarme et appelle à la reprise du service public

Depuis bientôt deux mois, la justice sénégalaise est en grande partie à l’arrêt. Une situation qui inquiète au plus haut point le Conseil de l’Ordre des Avocats du Sénégal. Dans un communiqué rendu public ce lundi 4 août, l’institution dénonce les lourdes conséquences de cette grève menée par les syndicats des travailleurs de la justice, regroupés au sein de l’entente SYTJUS-UNTJ, et appelle à un sursaut collectif pour rétablir le fonctionnement normal du service public de la justice.

Selon le Conseil, cette paralysie prolongée a des répercussions graves sur les droits fondamentaux des citoyens et la stabilité de l’État de droit. Elle entraîne notamment une aggravation des détentions préventives, déjà trop longues dans certains cas, et accentue le surpeuplement carcéral, avec les risques humains et sanitaires que cela comporte. Le droit à un procès équitable est également mis à mal, tout comme l’économie, qui subit les effets de l’enlisement des procédures judiciaires et du blocage de nombreux dossiers sensibles.

Le Conseil de l’Ordre des Avocats regrette que malgré les multiples démarches entreprises pour une sortie de crise, aucun accord n’ait encore été trouvé entre les parties concernées. Il insiste sur le fait que le droit de grève, bien que constitutionnellement reconnu, ne saurait être exercé au détriment de la continuité du service public, notamment celui de la justice, qui constitue une mission essentielle de l’État.

L’institution rappelle à l’État son devoir de garantir l’accès équitable des citoyens à la justice et de faire respecter ses engagements. Elle souligne que la justice ne peut fonctionner de manière intermittente, au risque de compromettre la confiance des justiciables dans les institutions républicaines et d’alimenter un climat de frustration et d’injustice sociale.

Face à cette situation préoccupante, le Conseil réaffirme son attachement indéfectible aux droits et libertés fondamentaux. Il lance un appel au sens des responsabilités de tous les acteurs du secteur judiciaire et réitère sa disponibilité à contribuer à toute initiative susceptible de favoriser la reprise du service public de la justice dans les plus brefs délais.

Reddition des comptes : Nicolas Ndiaye dénonce un « règlement de compte politique »

Invité de l’émission Jury du Dimanche sur Iradio ce 3 août, le secrétaire général de la Ligue Démocratique (LD), Nicolas Ndiaye, a livré une analyse tranchée de la situation politique actuelle autour de la reddition des comptes. Tout en réaffirmant son attachement au principe de transparence et à la nécessité pour les gestionnaires de fonds publics de répondre de leurs actes, il a vivement critiqué ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Nicolas Ndiaye commence par marquer son adhésion sans ambiguïté à l’idée de redevabilité dans la gestion publique. « La démarche, d’abord par principe, nous sommes pour la reddition des comptes. C’est un élément important. Quand on te confie l’argent public, il faut rendre compte, et si tu ne rends pas compte ou si on voit que les choses ne se sont pas passées normalement, qu’on t’amène en justice », a-t-il déclaré, affirmant que ce principe serait également appliqué si sa formation politique accédait au pouvoir.

Cependant, le député de la LD affirme que la logique actuelle n’a rien à voir avec un processus sincère de justice. « Ce qui se passe, ce n’est pas de la reddition des comptes, c’est un règlement de compte », tranche-t-il, citant en exemple les récentes affaires qui ont conduit à l’incarcération de plusieurs figures liées à l’ancien régime.

C’est notamment le cas de Farba Ngom, proche de l’ancien président Macky Sall, dont l’incarcération a été particulièrement critiquée par l’invité de JDD. Pour Nicolas Ndiaye, l’ancien député n’a jamais été gestionnaire de fonds publics, et sa mise en détention serait donc juridiquement contestable. « S’il a fait des choses illicites, ce n’est pas lui qui doit aller d’abord en prison. Ceux qui ont géré de l’argent public, ceux qui ont sorti l’argent public pour le remettre à Farba Ngom de manière indue, doivent être les premiers à être poursuivis », a-t-il martelé.

Le député met également en cause la hiérarchie des responsabilités, pointant du doigt les agents du Trésor ou des impôts et domaines, qu’il soupçonne d’avoir agi comme intermédiaires financiers dans ces affaires. « Qui a versé ces fonds à Tahirou Sarr et à Farba Ngom ? Ce sont des employés du Trésor ou des agents des impôts et domaines. Mais c’est eux qui auraient dû être les premiers à être inquiétés », insiste-t-il.

Nicolas Ndiaye va plus loin en évoquant un possible « réflexe corporatiste » dans l’administration, qui protégerait certains agents au détriment d’autres personnes ciblées, selon lui, pour des raisons purement politiques. « On dirait qu’il y a un réflexe corporatiste. Les agents du Trésor ou des impôts et domaines n’ont pas été mis en prison, alors qu’ils auraient dû l’être en premier. Cela jette une ombre sur la sincérité de cette opération », déplore-t-il.

Selon lui, les déclarations passées du Premier ministre Ousmane Sonko à Matam, où il avait promis des poursuites à l’encontre de Farba Ngom, renforcent cette lecture politique des événements. « Il y a des propos qui ont été tenus publiquement bien avant le déclenchement de ces procédures. Quand la justice agit ensuite dans le sens annoncé, on peut s’interroger sur son indépendance réelle », suggère-t-il.

En conclusion, Nicolas Ndiaye appelle à une reddition des comptes équitable, fondée sur des critères objectifs et non sur des considérations partisanes. « Ce n’est pas en procédant à des arrestations ciblées qu’on renforcera l’État de droit. C’est en garantissant que tous ceux qui ont géré les ressources publiques, peu importe leur affiliation, soient traités avec la même rigueur », avertit-il.

Grève dans la justice : Nicolas Ndiaye tire la sonnette d’alarme face à des ponctions salariales et une crise sociale grandissante

La tension monte dans le secteur de la justice. En pleine grève du Syndicat Unique des Travailleurs de la Justice (Sutjust), le gouvernement a procédé à des ponctions sur les salaires des agents en arrêt de travail. Une décision vivement dénoncée par Nicolas Ndiaye, secrétaire général de la Ligue Démocratique (LD) et député à l’Assemblée nationale, qui était l’invité de l’émission Jury du Dimanche (JDD) sur Iradio, ce 3 août.

« Ce n’est pas une très bonne méthode », a fustigé le député, qui déplore l’absence de dialogue entre le gouvernement et les grévistes. « Je ne peux pas condamner les travailleurs en grève. Avant toute grève, il y a toujours un préavis. C’est la responsabilité de l’État d’ouvrir des négociations sérieuses. Cette situation est déplorable », a-t-il martelé.

Au-delà des ponctions, c’est l’impact humain et judiciaire de la grève qui inquiète le parlementaire. En effet, de nombreuses audiences ont été reportées, plongeant les justiciables dans l’incertitude, y compris des détenus en attente de jugement. « C’est une injustice. Des gens restent en prison simplement parce que les greffiers sont en grève. Ce n’est pas de leur faute, et c’est inacceptable », a-t-il dénoncé.

Nicolas Ndiaye redoute une propagation de la contestation à d’autres secteurs. « Je crains que beaucoup d’autres secteurs n’entrent eux aussi en grève. Ce gouvernement ne semble pas avoir les outils ni la volonté pour gérer de manière responsable les revendications sociales », a-t-il déclaré, pointant du doigt un risque de paralysie généralisée du pays.

Le député s’en est également pris à la politique de gestion du personnel menée par l’exécutif. Selon lui, le gouvernement s’oriente vers un « grand remplacement » dans la fonction publique. « Trente mille travailleurs ont été licenciés, et ceux dont les contrats arrivent à terme ne seront pas renouvelés. Dans le même temps, des partisans du régime sont recrutés massivement. Cela crée un déséquilibre inquiétant », a-t-il alerté.

Sénégal – Scandale judiciaire : Adama Faye, beau-frère de Macky Sall, activement recherché pour escroquerie

Adama Faye, frère de l’ex-Première dame Marième Faye Sall et beau-frère de l’ancien président Macky Sall, est dans le viseur de la justice sénégalaise. Selon des sources sécuritaires concordantes, il fait l’objet d’un avis de recherche lancé par la Section de recherches de la gendarmerie de Colobane dans une affaire d’escroquerie présumée portant sur plus de 400 millions de francs CFA.

Les accusations qui pèsent sur Adama Faye concernent des transactions financières jugées frauduleuses, dans lesquelles plusieurs personnes se déclarent victimes. Ces dernières auraient été appâtées par des promesses d’investissements ou de facilitation d’accès à des marchés, dans un contexte où la proximité de l’homme avec les plus hautes sphères du pouvoir de l’époque lui conférait une certaine crédibilité.

Des documents et témoignages recueillis par les enquêteurs feraient état de montages financiers douteux et d’abus de confiance. À ce stade de l’enquête, les autorités judiciaires n’ont pas encore confirmé la nature exacte des contrats ou accords impliqués, mais les montants en jeu et le profil du mis en cause attirent une attention médiatique considérable.

L’affaire a pris un nouveau tournant lorsque Adama Faye ne s’est pas présenté à une convocation officielle des enquêteurs de la Section de recherches. Ce refus d’obtempérer est interprété comme une tentative de fuite ou de dissimulation, ce qui pourrait aggraver son cas devant la justice.

Selon le Code pénal sénégalais, un individu qui refuse délibérément de répondre à une convocation judiciaire dans le cadre d’une enquête pour délit financier peut être poursuivi pour entrave à la justice. En cas de fuite caractérisée, des peines complémentaires, dont la détention préventive, peuvent être ordonnées.

Le nom d’Adama Faye est loin d’être inconnu dans les cercles du pouvoir. Sa proximité familiale avec l’ex-couple présidentiel en fait une figure sensible du paysage politico-affairiste sénégalais. Bien qu’aucun lien direct n’ait été établi entre ses agissements présumés et l’exercice du pouvoir par Macky Sall, ce dossier ravive les critiques sur les pratiques de certains membres de l’ancien entourage présidentiel.

Pour rappel, le régime actuel, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, a fait de la lutte contre la corruption et l’impunité un axe prioritaire de sa gouvernance. Des enquêtes ont été relancées ou intensifiées sur plusieurs figures de l’ancien régime, dans une volonté affichée de “reddition des comptes”.

En cas de confirmation des faits, Adama Faye pourrait être poursuivi pour escroquerie, abus de confiance et blanchiment de capitaux, des infractions qui peuvent entraîner jusqu’à 10 ans de prison ferme selon les textes en vigueur. L’éventuelle fuite du mis en cause, si elle est confirmée, serait un facteur aggravant dans l’appréciation des juges.

Dakar : Trois ressortissants guinéens condamnés à un an de prison ferme pour outrage à la pudeur

Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu, ce jeudi 31 juillet 2025, son verdict dans une affaire ayant suscité de vives réactions au sein de l’opinion. Trois ressortissants guinéens ont été condamnés à un an de prison ferme pour outrage public à la pudeur et acte contre nature, à la suite d’un incident survenu lors d’une cérémonie de mariage à Grand-Médine.

Les mis en cause, Souleymane Ba, Ablaye Camara et Ousmane Bah, étaient membres d’un orchestre engagé pour animer la fête organisée par un compatriote. D’après les informations rapportées par Dakaractu, les faits reprochés sont liés à une scène de danse jugée obscène, ayant choqué plusieurs participants à la célébration.

À la barre, les trois prévenus ont reconnu la nature déplacée de leurs comportements, tout en précisant qu’ils avaient agi sous l’effet de l’euphorie festive. Ils ont présenté des excuses publiques et exprimé leurs regrets devant le tribunal.

Malgré leurs déclarations de remords, le juge a estimé que les faits étaient suffisamment graves pour prononcer une peine exemplaire, soulignant le caractère public de l’acte et la nécessité de préserver les valeurs sociales.

Air Sénégal remporte son bras de fer judiciaire contre l’IATA : la justice annule les saisies et ordonne leur mainlevée immédiate

C’est un tournant décisif dans le litige qui opposait Air Sénégal à l’Association du transport aérien international (IATA) et à plusieurs sociétés de leasing aérien. Le Tribunal de Commerce de Dakar a rendu, ce 30 juillet 2025, une décision favorable à la compagnie aérienne nationale, en annulant l’ensemble des saisies conservatoires opérées sur ses fonds et en ordonnant leur mainlevée immédiate.

Ce conflit judiciaire remonte au 14 avril 2025, date à laquelle l’IATA avait procédé à des saisies conservatoires via son système de compensation appelé BSP (Billing and Settlement Plan), au profit du bailleur d’avions Carlyle Aviation. Cette action, motivée par un différend financier non résolu, a eu pour effet immédiat de priver Air Sénégal de l’accès à ses recettes issues de la vente de billets d’avion. Une situation jugée inacceptable par la direction générale de la compagnie sénégalaise, qui a vu sa trésorerie durement affectée par cette décision unilatérale.

Estimant que ces mesures étaient à la fois illégales et abusives, Air Sénégal a décidé de porter l’affaire devant la justice sénégalaise. Dans sa requête, la compagnie nationale a dénoncé des procédures contraires aux règles du droit et a sollicité l’annulation pure et simple des saisies. Le Tribunal de Commerce lui a donné raison sur toute la ligne.

Dans sa décision, la juridiction a d’abord jugé recevable l’action en contestation introduite par Air Sénégal SA, reconnaissant ainsi sa capacité à agir contre les actes de l’IATA. Elle a ensuite estimé que les saisies opérées les 14 avril et 1er juillet 2025 étaient irrégulières. Le tribunal a donc prononcé leur nullité, en soulignant notamment l’absence de fondement juridique suffisant et la précipitation avec laquelle elles ont été mises en œuvre.

Mais le tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ordonné la mainlevée immédiate des fonds saisis, assortissant cette mesure d’une astreinte de 5 millions de francs CFA par jour de retard en cas de non-exécution par l’IATA. Une manière claire de faire pression sur l’organisation internationale afin qu’elle respecte sans délai la décision de justice. Cette condamnation est également un signal fort adressé aux autres partenaires impliqués dans le dossier.

En effet, plusieurs sociétés de leasing aérien, dont Aergen Aircraft Twenty Limited, Sasof III (A2) Aviation Ireland DAC et CALF (A2), ont été citées dans la procédure. Toutes ont été condamnées aux dépens, ce qui signifie qu’elles devront prendre en charge les frais de justice occasionnés par le contentieux. Cette condamnation renforce la position d’Air Sénégal dans le bras de fer judiciaire, en confirmant la légitimité de sa contestation et en pointant la responsabilité de ces entités dans la procédure de saisie.

Dans un communiqué transmis à la presse, la direction générale d’Air Sénégal s’est réjouie de cette décision, qu’elle qualifie de « rétablissement de la vérité » et de « victoire pour le droit ». La compagnie a réaffirmé sa détermination à poursuivre ses activités dans les meilleures conditions, en mettant en avant la protection de ses passagers, la stabilité de ses opérations et la préservation de ses intérêts stratégiques.

Cette décision judiciaire pourrait marquer un précédent important dans les relations contractuelles entre compagnies africaines et institutions internationales du secteur aérien. Pour Air Sénégal, elle constitue un souffle nouveau, à un moment où la compagnie cherche à redresser ses comptes et à consolider sa place dans le ciel africain.

Moustapha Diop rattrapé par la justice : une double inculpation qui fait vaciller l’ancien ministre

Le couperet est tombé. L’ancien ministre de l’Industrie et député-maire de Louga, Moustapha Diop, est désormais officiellement inculpé pour complicité de détournement de deniers publics, dans un dossier tentaculaire qui mêle argent public, immunités politiques et une comptable au cœur du scandale. Le journal L’Observateur a levé le voile sur cette affaire explosive qui pourrait signer la fin d’un parcours politique jusque-là jalonné d’influence.

À l’origine de l’enquête, un trou béant de 766 millions de francs CFA dans les comptes publics. L’enquête a mené à Tabaski Ngom, ancienne comptable de l’Agence de promotion des sites industriels (Aprosi) puis de la Commission de régulation du secteur de l’électricité (CRSE). Inculpée en janvier 2025 pour une impressionnante série de délits — association de malfaiteurs, détournement, blanchiment, piratage informatique et entrave à un système de données — elle est aujourd’hui la principale pièce à conviction dans cette affaire.

Selon L’Observateur, Ngom aurait formellement désigné Moustapha Diop comme bénéficiaire d’une partie des fonds détournés, affirmant lui avoir remis des espèces en main propre. Une accusation qui a changé la donne judiciaire.

Jusqu’à récemment, les poursuites étaient bloquées. Moustapha Diop bénéficiait d’une double immunité : ministérielle, pour les faits commis en tant que membre du gouvernement, et parlementaire, en tant que député à l’Assemblée nationale. Le collège des juges d’instruction financiers avait donc jugé irrecevable toute inculpation en l’état.

Mais la Chambre d’accusation du Pool judiciaire financier a balayé cette lecture juridique. Dans une décision rendue ce mercredi, elle a infirmé l’ordonnance des juges instructeurs et estimé que Moustapha Diop n’avait pas agi dans le cadre strict de ses fonctions ministérielles. Il peut donc être poursuivi comme un justiciable ordinaire.

Moustapha Diop n’est pas seul à être éclaboussé. L’enquête révèle un réseau de bénéficiaires présumés, parmi lesquels :

Mor Guèye, opérateur économique, actuellement en détention. Il aurait perçu des fonds détournés via deux de ses sociétés. Djim Momath Ba, ancien directeur général de l’Aprosi et maire de Nioro. Cité par Tabaski Ngom, il a évité la détention préventive en consignant 90 millions FCFA.

Cette inculpation pour complicité de détournement vient s’ajouter à une autre affaire : celle des fonds Forces Covid-19, pour laquelle Moustapha Diop est déjà dans le viseur de la Haute cour de justice. Il fait donc désormais face à une double inculpation, ce qui menace lourdement son avenir politique et l’expose à de potentielles peines pénales.

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