Affaire ASER–AEE POWER : Jean Michel Sène convoqué par la Section de recherches, un tournant dans le dossier

Le dossier sensible opposant l’ASER à AEE POWER connaît une nouvelle évolution au Sénégal. Jean Michel Sène a annoncé avoir été officiellement contacté par la Section de recherches, marquant ainsi une étape importante dans le traitement de cette affaire qui alimente le débat public depuis plusieurs semaines.

Cette convocation intervient quelques jours après sa sortie médiatique du 1er avril 2026, au cours de laquelle il avait exposé ce qu’il avait présenté comme des « éléments factuels » liés à ce dossier. Une prise de parole qui avait suscité de nombreuses réactions, tant dans l’opinion que dans les milieux politiques et institutionnels.

Dans une déclaration rendue publique, Jean Michel Sène a accueilli favorablement cette initiative des enquêteurs. Selon lui, cette démarche correspond à une exigence qu’il n’a cessé de formuler depuis le début de l’affaire : celle de faire toute la lumière sur les faits. « C’est précisément ce que nous avons toujours appelé de nos vœux », a-t-il affirmé, estimant que cette convocation constitue une opportunité pour éclairer définitivement l’opinion publique.

L’intéressé assure, par ailleurs, avoir immédiatement répondu à cette sollicitation en affichant sa pleine disponibilité. Il se dit prêt à collaborer sans réserve avec les autorités judiciaires et à fournir tous les éléments en sa possession. « Je mettrai à disposition toutes les preuves nécessaires à la manifestation de la vérité », a-t-il déclaré, insistant sur sa volonté de voir l’enquête aboutir dans la transparence.

Au-delà de l’aspect judiciaire, cette nouvelle étape s’accompagne d’un discours plus offensif sur le terrain politique. Jean Michel Sène a en effet dénoncé ce qu’il considère comme des tentatives de récupération de l’affaire par certains acteurs. Sans citer de noms, il a critiqué « des politiciens sans véritable discours » qui, selon lui, chercheraient à instrumentaliser ce dossier à des fins opportunistes. Il estime toutefois que « ce temps touche bientôt à sa fin », laissant entendre que l’évolution de la procédure pourrait redistribuer les cartes.

Alors que l’enquête entre dans une phase plus active, cette convocation par la Section de recherches pourrait marquer un tournant décisif. Elle ouvre la voie à des auditions approfondies et, potentiellement, à de nouvelles révélations dans un dossier dont les implications restent encore à clarifier.

Dans un contexte où les questions de gouvernance, de transparence et de gestion des ressources publiques occupent une place centrale dans le débat national, l’issue de cette affaire est désormais attendue avec une attention particulière, tant par les citoyens que par les acteurs institutionnels.

Projet GTA : 58 % des engagements territoriaux réalisés, l’État exige une accélération sur les points en retard

Le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (Grand Tortue Ahmeyim) poursuit sa mise en œuvre avec des résultats jugés globalement satisfaisants par les autorités sénégalaises. Réuni ce vendredi 10 avril 2026 à Saint-Louis dans le cadre du Comité Régional de Concertation (CRC), le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines a annoncé un taux de réalisation de 58 % des engagements sociaux et environnementaux liés au projet.

Ce bilan, qui couvre les engagements pris depuis octobre 2025, met en évidence des avancées significatives, tout en révélant des marges de progression importantes. En effet, 30 % des actions sont toujours en cours d’exécution, tandis que 12 % accusent des retards. Une situation qui a conduit les autorités à hausser le ton, appelant à des « corrections nécessaires » pour garantir le respect des engagements pris envers les populations locales.

Dans un message ferme, le ministre a exhorté les principaux acteurs du projet, notamment Petrosen et BP, ainsi que les services de l’État, à renforcer leur coordination. L’objectif affiché est clair : lever rapidement les blocages et accélérer la mise en œuvre des actions en souffrance, dans un contexte où les attentes des communautés impactées restent particulièrement fortes.

La rencontre de Saint-Louis a réuni un large éventail d’acteurs locaux, traduisant la volonté d’instaurer une gouvernance inclusive autour du projet. Des représentants des pêcheurs, des mareyeurs et des femmes transformatrices ont pris part aux échanges, mettant en lumière les préoccupations des populations directement concernées par l’exploitation gazière. Cette démarche participative vise à prévenir les tensions sociales et à favoriser une appropriation collective du projet.

Au cœur des discussions, quatre axes stratégiques ont été définis pour guider la suite de la mise en œuvre. Il s’agit du renforcement du dialogue permanent avec les communautés, de l’appropriation inclusive des retombées du projet, de la gestion rigoureuse des impacts environnementaux et de la promotion d’un développement social durable dans la zone d’intervention.

Face aux défis identifiés, les autorités ont également annoncé une actualisation du dispositif de pilotage du projet. Cette réforme vise à instaurer un suivi plus dynamique et plus rigoureux des engagements, afin d’éviter tout décalage entre les promesses et leur concrétisation sur le terrain.

Au terme de cette rencontre, un consensus s’est dégagé autour d’un principe fondamental : la réussite du projet Grand Tortue Ahmeyim ne saurait être uniquement mesurée à l’aune de ses performances industrielles. Elle dépendra également de sa capacité à garantir transparence, équité et justice sociale pour les populations de Saint-Louis, directement impactées par cette exploitation stratégique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°713 – 13/04/2026

🔴 COÛT DE LA VIE / L’INFLATION À 1,4% EN MARS 2026, TIRÉE PAR L’ALIMENTATION ET LES SERVICES : ATTENTION, FLAMBÉE !
🔴 INCIDENT PROTOCOLAIRE SURVENU CE 12 AVRIL 2026 LORS DU FESTIVAL PENCUM NIANY À KOUMPENTOUM : LA LEÇON DE LA PRÉFÈTE AUX DÉPUTÉS DE PASTEF

🔴 MMA / ARES 40 : DIAKHATÉ OFFRE AU SÉNÉGAL UN SACRE MONDIAL

Crise énergétique au Sénégal : Mouhamadou Bamba Cissé alerte sur une possible hausse imminente des prix

Le Sénégal pourrait faire face, dans les prochains jours, à une hausse des prix de l’énergie. C’est l’alerte lancée par Mouhamadou Bamba Cissé, qui s’exprimait en marge de la 96e édition de la Ziarra de Tivaouane, où il représentait le président de la République. Dans un discours empreint de gravité, le ministre a évoqué sans détour les tensions énergétiques qui pèsent actuellement sur le pays, en lien avec un contexte international de plus en plus instable.

Après avoir rendu hommage aux enseignements de Serigne Babacar Sy et salué l’organisation de cet important rendez-vous religieux, le ministre de l’Intérieur a dressé un tableau préoccupant de la situation énergétique mondiale et régionale. Selon lui, plusieurs signaux indiquent une pression croissante sur les marchés de l’énergie. Il a notamment cité le cas de la Mauritanie, où les prix de l’essence, du gasoil et de l’électricité ont récemment été revus à la hausse, ainsi que la situation en France, marquée par des perturbations dans l’approvisionnement avec près de 15 % des stations-service fermées.

Dans ce contexte, Mouhamadou Bamba Cissé a souligné que le Sénégal, pour l’instant, a réussi à maintenir une certaine stabilité des prix à la pompe. Une situation qu’il attribue aux efforts importants consentis par l’État pour amortir le choc et protéger le pouvoir d’achat des populations. Toutefois, il a tenu à préciser que cette stabilité a un coût et qu’elle ne saurait être maintenue indéfiniment face aux pressions extérieures.

Le ministre a ainsi révélé que les prix de l’énergie auraient dû être réajustés à la hausse depuis près de deux semaines, mais que le gouvernement a choisi, jusque-là, d’en différer l’application. « Les Sénégalais n’ont pas encore senti de difficultés, mais cela peut arriver dans quelques jours », a-t-il averti, laissant entendre qu’une révision des tarifs pourrait intervenir à court terme.

Ce message se veut à la fois un appel à la vigilance et une tentative de préparer l’opinion publique à une éventuelle hausse des prix des carburants et de l’électricité. Il met en lumière la fragilité des équilibres énergétiques dans un contexte global marqué par des tensions sur les approvisionnements et des fluctuations des coûts à l’international.

À travers cette sortie, Mouhamadou Bamba Cissé insiste sur la nécessité d’anticiper les difficultés à venir et de faire preuve de responsabilité collective. Si aucune décision officielle n’a encore été annoncée, les propos du ministre traduisent clairement une inquiétude au sommet de l’État face à une crise énergétique qui pourrait bientôt se répercuter sur le quotidien des Sénégalais.

Ziarra générale : Serigne Moustapha Sy Al Amine met en garde contre les attaques visant les confréries

À l’occasion de la cérémonie officielle de la Ziarra générale, Serigne Moustapha Sy Al Amine a livré un message ferme à l’endroit de ceux qu’il accuse de s’attaquer publiquement aux confréries (tarikha) au Sénégal. Dans un contexte marqué par des débats de plus en plus vifs sur les pratiques religieuses, le guide religieux a tenu à rappeler le rôle central des confréries dans la structuration de l’islam sénégalais et dans la stabilité sociale du pays.

Dans son intervention, Serigne Moustapha Sy Al Amine a évoqué une émission diffusée récemment sur une chaîne de télévision de la place, au cours de laquelle un invité se serait permis de remettre en cause les fondements des tarikhas. Sans citer directement de nom, il a dénoncé ce qu’il considère comme des dérives inquiétantes, appelant à plus de responsabilité dans les prises de parole publiques, notamment sur des sujets aussi sensibles que la religion.

Le marabout s’est longuement attardé sur la signification des confréries dans le contexte sénégalais. Il a rappelé que celles-ci ne sont pas de simples organisations religieuses, mais des institutions profondément ancrées dans l’histoire et la culture du pays. Selon lui, les tarikhas jouent un rôle essentiel dans la transmission des valeurs spirituelles, la cohésion sociale et l’encadrement des fidèles. À ce titre, toute tentative de les discréditer reviendrait, selon ses propos, à fragiliser des repères fondamentaux de la société.

Dans un ton particulièrement ferme, Serigne Moustapha Sy Al Amine a mis en garde ceux qu’il qualifie de « farfelus », qui, selon lui, s’autorisent à porter atteinte aux fondements de l’islam. Il a insisté sur la nécessité de préserver l’orthodoxie religieuse et de respecter les héritages spirituels légués par les grandes figures religieuses du pays. Pour lui, la liberté d’expression ne saurait justifier des propos de nature à semer la confusion ou à créer des tensions au sein de la communauté musulmane.

Au-delà de la question religieuse, le guide religieux a également abordé l’actualité sociale, notamment la récente grève des transporteurs. Il a salué la décision de lever le mot d’ordre, soulignant l’importance des concertations qui ont permis d’aboutir à une issue favorable. Il a rappelé, à cette occasion, le rôle des médiations et des discussions dans la résolution des crises, appelant à privilégier le dialogue comme outil principal de régulation sociale.

Dans la même dynamique, Serigne Moustapha Sy Al Amine a exhorté les autorités publiques à renforcer les cadres de concertation avec les différents acteurs sociaux. Selon lui, une gouvernance apaisée passe nécessairement par l’écoute, la prise en compte des préoccupations des citoyens et la recherche de solutions consensuelles aux problèmes qui se posent.

À travers cette intervention, le guide religieux a ainsi voulu rappeler à la fois l’importance du respect des valeurs religieuses et la nécessité de préserver la cohésion sociale. Entre mise en garde contre les dérives discursives et appel au dialogue dans la gestion des affaires publiques, son message s’inscrit dans une volonté de maintenir l’équilibre entre tradition, foi et stabilité nationale.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°713 – 11 ET 12/04/2026

🔴 LEVÉE DU MOT D’ORDRE DE GRÈVE DES TRANSPORTEURS SUITE À L’INTERVENTION DU PRESIDENT BASSIROU DIOMAYE FAYE : LA FIN DU CALVAIRE
🔴 PASSAGE À LA RTS DE HABIBOU DIA AVEC À LA CLEF DES PROPOS JUGÉS DIFFAMATOIRES PAR LE SYNPAP ET LE SYNPICS : L’INTERSYNDICALE EXIGE DES EXCUSES

🔴 EXPLOIT DES JEUNES « LIONS » : LE SÉNÉGAL CHAMPION D’AFRIQUE SCOLAIRE 2026

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°712 – 09/04/2026

🔴 RÉGULATION DES MÉDIAS / CENSURE DE CERTAINES DISPOSITIONS ET SANCTIONS JUGÉES DISPROPORTIONNÉES : LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL BRISE LE CNRM
🔴 RÉQUISITOIRE DU DIRECTOIRE STRATÉGIQUE DES CADRES JAMBAARS CONTRE LE RÉGIME DIOMAYE- SONKO : « L’ABÎME AU SOMMET DE L’ETAT »

🔴 MOTSEPE À DAKAR : « ZÉRO CORRUPTION ET UNITÉ », LA CAF DURCIT LE TON

Censure de certaines dispositions du CNRM : Aïssata Tall Sall évoque une « victoire pour la démocratie sénégalaise »

La décision du Conseil constitutionnel de censurer plusieurs dispositions de la loi encadrant le Conseil national de régulation des médias (CNRM) continue de susciter des réactions au sein de la classe politique. Parmi les premières voix à se faire entendre, celle de la députée Aïssata Tall Sall, qui n’a pas caché sa satisfaction, qualifiant cette décision de « victoire pour la démocratie sénégalaise ».

Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, la présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a salué la position de la haute juridiction. Selon elle, cette décision vient rappeler avec force au gouvernement que la liberté de la presse constitue un principe fondamental, protégé par la Constitution sénégalaise et au cœur du fonctionnement démocratique.

L’ancienne ministre de la Justice estime que, en censurant les dispositions qu’elle juge « attentatoires aux droits des journalistes et des acteurs des médias », notamment celles liées aux sanctions, le Conseil constitutionnel a joué pleinement son rôle de garant des libertés publiques. Elle considère que cette intervention permet de préserver « l’exercice souverain » de la liberté d’informer et de communiquer, face à ce qu’elle perçoit comme des risques de dérives dans le dispositif initial.

Pour Aïssata Tall Sall, cette décision dépasse le simple cadre juridique. Elle s’inscrit, selon elle, dans une dynamique plus large de consolidation de l’État de droit au Sénégal, où les institutions doivent continuellement veiller à l’équilibre entre régulation et respect des libertés fondamentales.

La députée a également tenu à rendre hommage à ses collègues parlementaires ayant soutenu la saisine du Conseil constitutionnel. Elle a salué l’engagement des membres de son groupe, mais aussi celui des députés non inscrits, ainsi que de Cheikh Ahmadou Ndiaye, qu’elle remercie pour leur implication dans ce qu’elle qualifie de « combat démocratique ».

Selon elle, cette mobilisation collective a permis d’aboutir à une « victoire décisive », non seulement pour les acteurs des médias, mais aussi pour l’ensemble des citoyens sénégalais attachés aux libertés publiques.

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par de vifs débats autour de la régulation du secteur médiatique. La décision du Conseil constitutionnel, en censurant certaines mesures jugées disproportionnées, notamment celles relatives aux sanctions administratives, redéfinit les contours du pouvoir du CNRM et réaffirme le rôle central du juge dans la protection des droits et libertés.

À travers cette réaction, Aïssata Tall Sall s’inscrit ainsi dans une lecture politique forte de la décision, en y voyant un signal clair en faveur du respect des principes démocratiques et de la liberté de la presse au Sénégal.

Répartition du FADP : le CDEPS et l’APPEL annoncent une plainte à l’OFNAC pour « détournements » et dénoncent une gestion opaque

La controverse autour de la répartition du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP) prend une nouvelle tournure. Au lendemain de la conférence de presse du ministère de la Communication, le Conseil des diffuseurs et éditeurs de la presse du Sénégal (CDEPS) ainsi que l’APPEL ont annoncé leur décision de saisir Office national de lutte contre la fraude et la corruption pour des faits présumés de détournement.

Réunis ce mercredi 8 avril à la Maison de la presse, les responsables des deux organisations ont vivement critiqué les conditions dans lesquelles le fonds a été réparti. Ils dénoncent une gestion qu’ils jugent opaque et affirment ne pas disposer d’informations suffisantes sur les critères ayant guidé l’attribution des ressources.

Prenant la parole devant la presse, Mamadou Wone a annoncé le dépôt imminent d’une plainte auprès de l’OFNAC. Selon lui, cette démarche vise à faire toute la lumière sur ce dossier. Il évoque notamment des soupçons de détournement de deniers publics et de détournement d’objectif, tout en pointant du doigt le manque de transparence qui entoure la gestion du FADP.

Cette position a été appuyée par Maïmouna Ndour Faye, qui s’est exprimée en wolof pour relayer le message auprès d’un large public. Elle a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et équitable des ressources publiques destinées à soutenir les médias, dans un contexte marqué par de fortes difficultés économiques pour de nombreuses entreprises de presse.

Au cœur des revendications du CDEPS et de l’APPEL figure la question de la transparence. Les deux organisations réclament des explications claires sur les critères d’éligibilité et les modalités de répartition du fonds. Elles demandent également la publication de la liste complète des bénéficiaires ainsi que des montants alloués à chacun.

Le recours annoncé à l’OFNAC traduit une volonté de porter le débat sur le terrain judiciaire afin d’obtenir des réponses précises et, le cas échéant, des sanctions. L’organe de lutte contre la fraude et la corruption pourrait ainsi être amené à ouvrir une enquête pour vérifier la régularité de la gestion du FADP.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les autorités et une partie des acteurs du secteur des médias. Le FADP, censé renforcer la viabilité et le développement des entreprises de presse, se retrouve aujourd’hui au centre d’une polémique qui relance le débat sur la gouvernance des ressources publiques.

En attendant une réaction officielle du ministère de la Communication, cette sortie du CDEPS et de l’APPEL met en lumière les attentes des professionnels du secteur en matière de transparence et de bonne gestion. Elle souligne également l’importance de restaurer la confiance entre les autorités publiques et les acteurs des médias, dans un environnement où la crédibilité des institutions demeure un enjeu majeur.

Régulation des médias : le Conseil constitutionnel recadre le CNRM et invalide des sanctions jugées disproportionnées

Le Conseil constitutionnel du Sénégal a rendu, le 7 avril 2026, une décision très attendue sur la loi encadrant le Conseil national de Régulation des Médias (CNRM). Saisi par la députée Aïssata Tall Sall et 22 de ses collègues, l’organe juridictionnel a procédé à un examen approfondi du texte, validant certains aspects tout en censurant plusieurs dispositions qu’il juge contraires à la Constitution.

Dans sa décision, la haute juridiction reconnaît la légitimité du CNRM en tant qu’organe de régulation du secteur des médias. Toutefois, elle a clairement fixé des limites à ses prérogatives, notamment en matière de sanctions. Les « sages » ont ainsi invalidé plusieurs mesures jugées excessives, notamment la fermeture des locaux de presse, la suspension de journaux ou de sites d’information, ainsi que la résiliation des conventions de diffusion.

Ces sanctions ont été qualifiées de « disproportionnées » par le Conseil constitutionnel, qui rappelle que toute restriction aux libertés fondamentales doit être strictement encadrée. En s’appuyant sur les principes consacrés par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, la juridiction souligne que « la loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires ». Une référence qui vient renforcer l’exigence de proportionnalité dans l’application des sanctions administratives.

Au-delà de la question des sanctions, le Conseil constitutionnel a également remis en cause les pouvoirs de coercition directe accordés au CNRM. Il précise que cette autorité administrative ne peut recourir à la force publique sans l’autorisation préalable d’un juge. En d’autres termes, toute intervention contraignante doit être encadrée par un mandat délivré par l’autorité judiciaire, réaffirmant ainsi le rôle central du juge comme garant des droits et libertés.

Cette position marque une volonté claire de préserver l’équilibre entre la régulation du secteur médiatique et la protection des libertés fondamentales, notamment la liberté de la presse et la liberté d’expression. Le Conseil constitutionnel rappelle que ces libertés constituent des piliers essentiels de l’État de droit et ne sauraient être restreintes de manière arbitraire.

Toutefois, l’institution n’a pas totalement désavoué le dispositif prévu par la loi. Certaines mesures de régulation ont été maintenues, mais sous de strictes réserves d’interprétation. Le CNRM conserve ainsi la possibilité de suspendre des programmes ou d’imposer l’insertion de communiqués, à condition que ces décisions répondent à des objectifs précis, tels que la sauvegarde de l’ordre public ou la protection de l’honneur.

Le Conseil insiste cependant sur le fait que ces interventions doivent être encadrées et proportionnées, afin de ne pas porter atteinte à la réputation ni aux intérêts matériels et moraux des entreprises de presse. Cette précision vise à éviter toute dérive pouvant fragiliser les médias ou entraver leur fonctionnement.

À travers cette décision, le Conseil constitutionnel envoie un signal fort en direction des autorités et des acteurs du secteur. Il réaffirme la nécessité d’une régulation équilibrée, respectueuse des principes démocratiques, tout en rappelant que la liberté de communiquer demeure une valeur fondamentale qu’aucune réforme ne saurait compromettre.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°711 – 08/04/2026

🔴 FONDS D’APPUI À LA PRESSE / 1,9 MILLIARD DISTRIBUÉ / PUBLICATION D’UN RAPPORT QUI MET À NU LES TARES D’UNE MAUVAISE CLEF DE RÉPARTITION : LE CDEPS RUE DANS LES BRANCARDS
🔴 LE FRONT SYNDICAL DANS LES RUES CE MERCREDI 08 AVRIL POUR EXIGER LE RESPECT DU PACTE SOCIAL : DAKAR EN SURSIS

🔴 VISITE DU PRÉSIDENT DE LA CAF À DAKAR : UN DÉPLACEMENT SOUS TENSION EN PLEINE CRISE DE LA CAN 2025

Financement de la presse : près de 1,9 milliard FCFA mobilisés

Le Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) a rendu public, ce mardi 7 avril 2026, son rapport de gestion annuel, mettant en lumière une mobilisation quasi intégrale des ressources allouées au secteur des médias au Sénégal. À travers cette publication, les autorités entendent illustrer leur engagement à soutenir durablement un écosystème médiatique en mutation, confronté à des défis économiques, technologiques et structurels.

Prenant la parole lors de la présentation, Habibou Dia a rappelé que le FADP constitue un levier stratégique pour accompagner l’ensemble des sous-secteurs de l’information, qu’il s’agisse de la presse écrite, de l’audiovisuel ou des médias communautaires. Il a insisté sur la vocation du fonds à renforcer la viabilité économique des entreprises de presse tout en promouvant le professionnalisme et la qualité de l’information.

Sur une enveloppe budgétaire globale arrêtée à 1 900 000 000 FCFA, le montant effectivement décaissé s’élève à 1 899 990 007 FCFA, soit un taux d’exécution quasi parfait. Le reliquat, estimé à 9 993 FCFA, a été reversé au Trésor public, traduisant, selon les responsables, une gestion rigoureuse des deniers alloués au secteur.

Dans le détail, la répartition des financements révèle une nette priorité accordée au secteur privé. Les entreprises de presse privées ainsi que les radios communautaires ont capté la part la plus importante des ressources, avec un montant global de 1 098 750 000 FCFA, représentant 57,8 % de l’enveloppe totale. Ce choix traduit une volonté manifeste de soutenir les acteurs les plus exposés aux contraintes du marché et aux mutations du paysage médiatique.

Les médias publics n’ont pas été en reste. Des structures comme Agence de Presse Sénégalaise, Radiodiffusion Télévision Sénégalaise et Agence de Distribution de la Presse ont bénéficié d’un financement global de 609 341 031 FCFA, soit 32,1 % du budget. Cette allocation vise à consolider le rôle de service public de ces organes, tout en améliorant leurs capacités opérationnelles.

Un accent particulier a également été mis sur la formation, considérée comme un pilier essentiel pour l’avenir du secteur. À ce titre, le Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information a reçu 125 750 000 FCFA, soit 6,6 % des ressources, afin de renforcer les compétences des professionnels des médias et d’adapter leur savoir-faire aux exigences du numérique et de l’information moderne.

Par ailleurs, les organes de régulation et de gouvernance ont bénéficié d’un appui financier non négligeable. Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie et la Commission de la Carte Nationale de Presse se sont vu attribuer un montant cumulé de 86 298 976 FCFA, représentant 4,5 % de l’enveloppe. Cette dotation vise à renforcer les mécanismes de régulation, de contrôle et de professionnalisation du secteur.

Enfin, les dépenses de fonctionnement du FADP ont été contenues à 28 200 000 FCFA, soit 1,5 % du budget global. Une maîtrise saluée par les autorités, qui y voient le signe d’une gestion sobre et orientée vers l’efficacité.

Échec des négociations : le G7 saisit le BIT et durcit le ton face au gouvernement

La crise qui secoue le secteur de l’éducation au Sénégal franchit un nouveau palier. Réunis le 2 avril 2026 au siège du SNELAS-FC, les syndicats membres du G7 ont constaté l’échec des discussions engagées avec les autorités et annoncé une série de mesures de riposte, dont la saisine du Bureau international du travail (BIT) et la menace d’une intensification du mouvement de grève dans les prochains jours.

Dans un communiqué signé par la plénière des secrétaires généraux, le G7 dénonce une impasse persistante malgré les tentatives de médiation entreprises depuis plusieurs semaines. Les syndicats reviennent notamment sur la rencontre du 23 mars 2026 convoquée par le ministère de la Fonction publique, censée ouvrir la voie à une sortie de crise. Selon eux, cette initiative n’a pas produit les résultats escomptés, bien au contraire. Ils affirment avoir observé, dans la foulée, des « actes maladroits » posés par l’État, qui ont contribué à envenimer davantage la situation.

Au cœur des critiques figure le ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, accusé par les syndicats d’adopter une posture méprisante et un discours jugé condescendant à l’endroit des enseignants. Le G7 lui reproche notamment ses sorties médiatiques, qu’il considère comme des tentatives de discréditer la corporation enseignante et ses représentants. Le ton du communiqué se durcit davantage lorsque les syndicats évoquent une stratégie de « sabotage » de la part du gouvernement, qu’ils accusent de procéder à un « saucissonnage disproportionné » des salaires, compromettant ainsi le suivi de leurs plans d’action.

Les organisations syndicales dénoncent une violation grave des droits des travailleurs et estiment que ces pratiques, loin de les affaiblir, ne font que renforcer leur détermination. C’est dans ce contexte qu’elles annoncent leur décision de porter plainte devant le Bureau international du travail, afin d’exiger l’arrêt de ces mesures jugées illégales et la réparation des préjudices subis par les enseignants.

Malgré la fermeté de leur position, les syndicats n’excluent pas totalement une issue négociée. Ils rappellent avoir soumis, depuis le 25 mars 2026, des propositions d’amendements au projet de protocole d’accord transmis par le gouvernement. Ils attendent désormais une réponse claire des autorités, qu’ils appellent à « assumer leur responsabilité historique » pour l’avenir de l’école sénégalaise. À défaut de gestes concrets, le G7 prévient qu’il poursuivra et intensifiera la lutte, tenant l’État pour seul responsable des conséquences à venir.

Dans cette dynamique de mobilisation, le G7 confirme également sa participation à la grande marche nationale prévue le 8 avril 2026. Cette manifestation, qui réunira plusieurs centrales syndicales, vise à exiger l’apurement du passif social et à exprimer la solidarité entre les différents secteurs en lutte, notamment l’éducation, la santé et les transports.

Les syndicats lancent ainsi un appel à l’unité et à la mobilisation de l’ensemble des travailleurs, estimant que seule une convergence des forces permettra de faire plier les autorités. Dans un climat social de plus en plus tendu, cette nouvelle escalade laisse présager des perturbations prolongées dans le système éducatif, alors que des milliers d’élèves et d’enseignants restent suspendus à l’issue de ce bras de fer entre le gouvernement et les syndicats.

JOJ Dakar 2026 : Diomaye Faye rassure sur une mobilisation totale pour la sécurité de l’événement

À un peu plus de sept mois de l’ouverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, prévus du 31 octobre au 13 novembre, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu à rassurer l’opinion nationale et internationale sur la sécurité de cet événement d’envergure mondiale. Dans son discours à la Nation prononcé ce vendredi 3 avril, à la veille de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance du Sénégal, le chef de l’État a affirmé que « la mobilisation des forces de défense et de sécurité est totale » afin de garantir « la sérénité » des Jeux.

Le Président a détaillé les grandes lignes du dispositif sécuritaire en cours de préparation, mettant en avant une coordination renforcée entre la gendarmerie et la police nationale. Selon lui, un plan global est en train d’être finalisé pour couvrir les principaux sites qui accueilleront les compétitions, notamment Dakar, Diamniadio et Saly. Des milliers d’agents seront mobilisés et appuyés par un important déploiement de moyens terrestres, maritimes et aériens. Cette organisation vise à anticiper tous les risques potentiels et à assurer un environnement sécurisé pour les athlètes, les officiels et les spectateurs attendus du monde entier.

Au-delà de l’aspect sécuritaire, le Président de la République a insisté sur la portée symbolique et stratégique de ces Jeux, qui constituent une première historique pour le continent africain. Il a souligné que Dakar 2026 représente une opportunité majeure de rayonnement pour le Sénégal, mais également pour toute l’Afrique, en mettant en avant les capacités organisationnelles du pays et son engagement en faveur du sport et de la jeunesse.

Dans son allocution, Bassirou Diomaye Faye a également rendu un hommage appuyé aux forces de défense et de sécurité, qu’il a qualifiées de « bouclier silencieux de la stabilité ». Il a salué leur engagement constant dans un contexte international marqué par de nombreuses crises et instabilités, rappelant que le Sénégal demeure un îlot de paix dans une région confrontée à divers défis sécuritaires. Pour le chef de l’État, cette stabilité est un atout majeur dans la réussite d’un événement de cette envergure.

Le thème retenu pour ces Jeux, « les Forces de défense et de sécurité : partenaires des Jeux Olympiques de la Jeunesse, Dakar 2026 », illustre, selon lui, une vision claire de l’État. Il traduit la volonté de faire des forces de sécurité des acteurs pleinement intégrés au projet national, et non de simples intervenants en marge des grandes initiatives. Cette approche met en lumière leur rôle central dans la préservation de la cohésion sociale et dans l’accompagnement des grandes ambitions du Sénégal.

À mesure que l’échéance approche, les assurances données par les autorités sénégalaises visent à renforcer la confiance des partenaires internationaux, du Comité international olympique et des délégations étrangères. Dakar 2026 s’annonce ainsi comme un rendez-vous historique, dont la réussite reposera autant sur la qualité de l’organisation que sur la capacité du pays à garantir un climat de paix et de sécurité durable.

66e anniversaire de l’Indépendance : l’intégralité du message à la Nation du Président Diomaye Faye

Mes chers compatriotes,

Notre pays s’apprête à célébrer le soixante-sixième anniversaire de son accession à l’indépendance. Ce rendez-vous du 4 avril est plus qu’une simple commémoration. Il est un moment de rassemblement, un moment de fierté, un moment où la Nation mesure le chemin parcouru et se remet en marche, plus consciente de ce qui l’unit.

L’indépendance fut un acte fondateur. Elle a donné au Sénégal le droit de choisir, le devoir de décider et la responsabilité d’assumer son destin.

À l’heure où tant de peuples vivent l’épreuve de l’instabilité, où des conflits déchirent des régions entières et où les équilibres du monde se déplacent avec fracas, nous devons mesurer ce que nous avons de plus précieux : la République.

La République n’est pas seulement un acquis. Elle est le fruit d’un effort collectif permanent, d’une discipline civique et d’une fidélité profonde à l’État.

Dans ce contexte international particulièrement instable, marqué notamment par l’escalade des tensions au Moyen-Orient et la guerre en Iran, les équilibres économiques mondiaux demeurent exposés à des chocs imprévisibles.

 Ces évolutions exercent déjà des pressions sur les chaînes d’approvisionnement, les coûts de transport et les prix de l’énergie, avec des effets qui peuvent se répercuter sur les économies, y compris la nôtre. Les efforts importants consentis ces derniers mois pour alléger le coût de la vie et améliorer les conditions des ménages doivent donc être consolidés avec vigilance.

C’est pourquoi nous devons rester lucides, anticiper ces évolutions et poursuivre, avec méthode et responsabilité, les réformes engagées afin de préserver durablement notre économie et le pouvoir d’achat des Sénégalais.

Mes chers compatriotes,

La stabilité que nous avons su préserver s’appuie, avant tout, sur l’engagement de nos Forces de Défense et de Sécurité. Elles sont le bouclier silencieux de notre stabilité. Elles veillent sur nos frontières, sur nos villes comme sur nos campagnes.

Elles protègent nos populations et leurs biens. Elles répondent aux menaces. Elles portent haut le drapeau du Sénégal, ici, et partout où le devoir les appelle.
La modernisation de nos Forces de Défense et de Sécurité, engagée ces dernières années, a permis de renforcer leurs capacités et d’adapter leur organisation aux défis contemporains.

Le déploiement stratégique à l’Est, l’implantation de nouvelles unités et la création d’une industrie de défense, traduisent une préparation minutieuse et lucide.

Cette année, la Fête nationale, dont le défilé se tiendra demain à Thiès, met à l’honneur la contribution des Forces de Défense et de Sécurité aux Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026.
Ce choix exprime une vision claire de l’État.

En effet, nos Forces e Défense et de Sécurité ne se tiennent pas en retrait de la Nation. Elles en sont une composante vivante. À travers le concept Armée- Nation, elles transmettent aux jeunes les valeurs de civisme, de discipline et d’engagement. Elles démontrent ainsi que servir la patrie ne se limite pas seulement à la défense du territoire : c’est aussi construire, protéger et bâtir son avenir.

Mes chers compatriotes,

Dans la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse, la mobilisation des forces de Défense et de Sécurité est totale. La Gendarmerie et la Police nationales préparent un dispositif de sécurisation complet pour Dakar, Diamniadio et Saly.

 Des milliers de personnels, appuyés par des moyens terrestres, maritimes et aériens, seront engagés afin de garantir la sérénité de cet événement historique.

Certes les JOJ Dakar 2026 seront un moment de rayonnement pour le Sénégal et pour l’Afrique. Mais au-delà, ces Jeux laisseront un héritage durable en matière d’infrastructures, d’équipements, d’organisation, de compétences et de confiance collective.

A six mois de leur ouverture, notre pays compte, en plus des Forces de Défense et de Sécurité, sur la mobilisation de sa jeunesse, du monde des arts et de la culture, ainsi que de nos partenaires extérieurs pour relever ce défi national et ce pari continental.

Outre les infrastructures de compétition en cours de finalisation, d’autres ouvrages sont en chantier dans plusieurs communes dans le cadre du programme quinquennal des Infrastructures Sportives de Proximité (ISP).

Le sport contribue à l’épanouissement des populations, au renforcement de l’unité national et au rayonnement international de notre pays. La Coupe d’Afrique des Nations remportée par l’équipe nationale de football, sa prochaine participation à la Coupe du Monde, les nombreux trophées gagnés par les différentes disciplines individuelles ainsi que celles par équipe, démontrent que le Sénégal est un pays de champions.

Mes chers compatriotes,

Un de nos grands défis est de former une jeunesse nourrie de discipline, d’excellence, d’amour de la patrie et profondément enracinée dans nos valeurs.

Les centres de formation de Thiempeng, Sébikotane et Ndouloumadji sont opérationnels. D’autres sont en cours d’achèvement à Touba, Diourbel et Linguère. Vingt-trois (23) centres départementaux supplémentaires sont programmés afin de rapprocher les opportunités de formation des terroirs.

La formation professionnelle et technique supérieure, de son côté, va connaître une impulsion inédite à travers la construction de huit (8) nouveaux Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP) d’une capacité globale de vingt- quatre mille (24 000) apprenants à l’horizon 2029.
Mes chers compatriotes,

Les récents évènements douloureux survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et marqués par le décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, paix à son âme, renseignent sur les vulnérabilités de notre système d’enseignement supérieur.

L’université sénégalaise, malgré sa grande résilience démontrée à maintes reprises, doit être repensée.

Face aux fragilités du système d’enseignement supérieur du fait de la massification  des  effectifs  d’étudiants,  de  l’insuffisance  du  nombre d’enseignants-chercheurs et des infrastructures, des corrections s’imposent pour un redressement de la situation.

Il est impératif de procéder à une refondation de l’enseignement supérieur.

C’est cette exigence qui m’avait amené à instruire la tenue d’assises dans le sous- secteur de l’enseignement supérieur et l’élaboration de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ANTESRI) dont l’adoption donnera une feuille de route pour une université pacifiée, compétitive et alignée sur les orientations de la vision Sénégal 2050.

La crise universitaire actuelle sur la question des allocations d’études, liée en partie au dérèglement du calendrier académique, a conduit l’État du Sénégal à conclure des contrats de performance avec toutes les universités publiques en vue d’un retour définitif à une année universitaire normale.

Au demeurant, les réformes systémiques engagées, dans le cadre de la refondation curriculaire, visent à repenser, dans son ensemble, notre modèle éducatif et de formation, afin qu’il soit d’une part, fondamentalement enraciné dans nos langues, notre culture, nos traditions et nos valeurs et d’autre part, qu’il prépare notre jeunesse à la maîtrise de compétences et de connaissances scientifiques et techniques notamment le numérique et l’intelligence artificielle.

Mes chers compatriotes,

 La Vision Sénégal 2050 nous enseigne que le progrès véritable ne se mesure pas seulement à la croissance économique, mais aussi à la capacité d’un pays à prendre soin des plus vulnérables et à garantir à chacun sa dignité et sa place dans la communauté nationale.

C’est pourquoi, j’ai placé l’inclusion des personnes handicapées au cœur de l’action publique.
Plus de quinze mille (15 000) titulaires de la Carte d’Égalité des Chances sont déjà enrôlés dans le régime d’assurance maladie universelle, avec un objectif d’extension significatif en 2026.

L’accès à l’emploi et à l’entrepreneuriat est renforcé : mille quatorze (1 014) projets portés par des personnes handicapées ont été financés, avec l’appui du FONGIP et de la DER/FJ pour un montant global de 1,37 milliards. Dans le cadre du PAVI II, au moins 5 % de l’enveloppe globale de 107 milliards sera réservé à leurs projets.

Le Programme national de Bourses de Sécurité familiale a été relancé et renforcé. Il est articulé avec la carte d’assurance maladie universelle et d’autres filets sociaux au profit des bénéficiaires. Les dispositifs de protection sociale adaptative soutiendront les familles affectées par les chocs économiques et climatiques.

Mes chers compatriotes,

Soixante-six ans après l’indépendance, le Sénégal demeure fidèle à son cap.

 Le Sénégal est plus que jamais stable dans ses institutions, portées par une dynamique de réformes qui vise à consolider, dans la durée, les fondements de notre Pacte républicain.
Notre pays demeure confiant en sa jeunesse et profondément attaché à ses valeurs. Notre responsabilité c’est de préserver cet héritage, l’enrichir et le transmettre.

Demain, lorsque notre Drapeau s’élèvera, qu’il nous rappelle que l’indépendance est à la fois une mémoire et une exigence pour chaque Sénégalaise et chaque Sénégalais. Celle d’inscrire son action dans une dynamique collective où chaque geste, chaque engagement, contribue à renforcer la cohésion nationale et à ouvrir des perspectives nouvelles pour les générations futures.

C’est une fierté et un devoir.

C’est ensemble, dans l’unité, le travail et la discipline républicaine, que nous continuerons à écrire l’histoire du Sénégal.

Vive la République ! Vive le Sénégal !

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°710 – 03/04/2026

🔴 CROISSANCE DE 6,7 % EN 2025 : ENTRE PERFORMANCE ET VULNÉRABILITÉS
🔴 AFFAIRE « ASERGATE » – ZONES D’OMBRE SUR LES FONDS DÉGAGÉS POUR L’ÉLECTRIFICATION RURALE : ABDOU NGUER S’EN MÊLE

🔴 COMBAT ROYAL : MODOU LÔ AFFIRME SA CONFIANCE ET PROMET DE TERRASSER SA THIÈS

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°709 – 02/04/2026

🔴 ATTENDU SUR LA QUESTION DES 37 MILLIARDS , SUR LA SURFACTURATION DES POTEAUX ET SUR LE NOMBRE DE VILLAGES ÉCLAIRÉS ET SUR D’AUTRES PROBLÈMATIQUES SOULEVÉES : JEAN MICHEL SÈNE RATE SA SORTIE
🔴 INNOVATION SÉNÉGALAISE/ PRIMÉ AU SALON INTERNATIONAL DES INVENTIONS DE GENÈVE 2026 AVEC « BABY BOOM » : BOUGANE, MÉDAILLÉ D’OR

🔴 VIOLENCES APRÈS GUÉDIAWAYE FC – AS PIKINE : LA LSFP SANCTIONNE ET SAISIT LA JUSTICE

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°708 – 01/04/2026

🔴 GESTION DES FINANCES PUBLIQUES, LE BUREAU EXÉCUTIF DU FORUM DES JUSTICIABLES S’ÉTONNE ET DÉNONCE : L’APHONIE PERSISTANTE DE LA COUR DES COMPTES
🔴 À LA SÛRETÉ URBAINE POUR DIFFUSION DE FAUSSES NOUVELLES OÙ IL A ÉTÉ CONVOQUÉ ET ENTENDU SUR LA RÉPARTITION DU FADP : LISSA INAMOVIBLE

🔴 MATCH AMICAL SÉNÉGAL – GAMBIE : LES LIONS CONFIRMENT LEUR BONNE FORME (3-1)

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°706 – 30/03/2026

🔴 EN DISANT DEPUIS FISSEL : «  DEPUIS DEUX ANS , DES SABOTEURS ÉPRIS DE MÉCHANCETÉ BLOQUENT LE PLUS GRAND PROJET D’ÉLECTRIFICATION DU SÉNÉGAL » : SONKO A-T-IL VALIDÉ LES DOUTES DE TAS ?
🔴 CLÔTURE DU PREMIER APE 2026 AVEC UNE MOBILISATION FINANCIÈRE ESTIMÉE À 304,15 MILLIARDS DE FCFA : OBJECTIFS DÉPASSÉS

🔴 APRÈS LE SCANDALE : LA CAF ENGAGE UNE RÉFORME EN PROFONDEUR

Fissel : Ousmane Sonko annonce l’électrification prochaine de 35 villages et dénonce le blocage du programme ASER

En déplacement ce samedi à Fissel, le Premier ministre Ousmane Sonko a procédé à l’inauguration du siège de son parti, le Pastef. Une occasion pour les populations locales et celles des environs de lui soumettre plusieurs doléances, notamment liées à l’accès à l’électricité.

Face à ces préoccupations, le chef du gouvernement a tenu à rassurer. Il a annoncé que 35 villages seront électrifiés dans un futur proche, dans le cadre des efforts engagés par l’État pour améliorer l’accès à l’énergie en milieu rural.

« 35 villages seront électrifiés très prochainement. C’est le travail que nous sommes en train de faire à travers le Sénégal », a déclaré le leader de Pastef devant une foule acquise à sa cause.

Cependant, Ousmane Sonko n’a pas manqué de dénoncer ce qu’il considère comme des entraves au déploiement du programme d’électrification. Évoquant le dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale, il a accusé certains acteurs de bloquer un projet majeur sur la base d’allégations infondées.

« Certains font preuve de méchanceté. Parce qu’ils sont à Dakar et ont de l’électricité, ils n’ont pas besoin d’aller de village en village pour charger leurs téléphones portables. Voilà maintenant deux ans que le programme le plus important dans ce domaine est bloqué sur des accusations sans tête ni queue », a-t-il fustigé.

Le Premier ministre a toutefois promis davantage d’éclaircissements dans les prochains jours. Il a annoncé qu’une communication officielle sera faite par Jean Michel Sène, qui devrait tenir une conférence de presse en début de semaine.

« Je n’en dirai pas plus parce que Jean Michel Sène fera une conférence de presse lundi ou mardi et les choses seront plus claires. Notre régime n’a rien à cacher », a-t-il assuré.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°705 – 28 ET 29/03/2026

🔴 SG DE L’ONU – MASSALY SUR LA DÉCISION DE L’ÉTAT DU SÉNÉGAL DE NE PAS SOUTENIR LA CANDIDATURE DU PRESIDENT SALL FAIT CONSTATER AU PRESIDENT DIOMAYE QU’IL VIENT ( LÀ) DE POSER : « UN ACTE POLITIQUE GRAVE »
🔴 SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU – LA CANDIDATURE DE MACKY REÇOIT UN COUP APRÈS L’OPPOSITION DE 20 ÉTATS AFRICAINS :LE SENEGAL N’A PAS SOUTENU SON FILS

🔴 MESSAGE FORT DE THIAW : « LES TROPHÉES NE SE GAGNENT PAS EN COULISSES »

Secrétaire général de l’ONU : la candidature de Macky Sall rejetée après l’opposition de 20 États africains

Coup d’arrêt pour la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. La Commission de l’Union africaine a annoncé ce 27 mars 2026, depuis Addis-Abeba, l’échec de la procédure dite de « silence » engagée pour valider officiellement le soutien du continent à l’ancien président sénégalais.

Dans une note adressée au ministère des Affaires étrangères de l’Éthiopie ainsi qu’aux missions permanentes des États membres, l’institution continentale précise que vingt pays ont formellement rompu le silence avant l’échéance fixée à la fin de la journée. Cette opposition collective empêche automatiquement l’adoption du projet de décision qui visait à faire de Macky Sall le candidat unique de l’Afrique à cette fonction stratégique.

La procédure de silence, souvent utilisée au sein de l’Union africaine pour accélérer la prise de décision, repose sur un principe simple : en l’absence d’objection formelle dans un délai donné, la proposition est considérée comme adoptée par consensus. Mais dans ce cas précis, le nombre élevé d’États opposés a totalement bloqué le mécanisme, révélant des divisions profondes au sein de l’organisation.

Au total, 20 États membres — dont le Sénégal lui-même — ont exprimé leur désaccord avec le projet de soutien. Une situation pour le moins paradoxale, qui souligne la complexité des équilibres diplomatiques autour de cette candidature. En face, 34 des 54 pays membres de l’Union africaine s’étaient prononcés en faveur de Macky Sall, un soutien majoritaire mais insuffisant dans un système qui exige l’absence d’opposition significative.

Cet échec met en lumière les difficultés persistantes de l’Afrique à parler d’une seule voix sur les grandes échéances internationales. Alors que l’Union africaine plaidait pour une candidature unifiée afin de peser davantage dans le processus de désignation du futur secrétaire général de l’ONU, les divergences internes ont finalement pris le dessus.

Malgré ce revers, la dynamique autour de Macky Sall n’est pas totalement stoppée. Le Burundi, par la voix de son président Evariste Ndayishimiye, s’est engagé à porter officiellement sa candidature. Une initiative qui ouvre la voie à une candidature individuelle, en dehors d’un consensus continental, mais qui pourrait s’avérer plus difficile à défendre sur la scène internationale, notamment face aux grandes puissances et aux autres blocs régionaux.

Le calendrier reste toutefois serré. Les candidatures doivent être déposées au plus tard le 1er avril 2026 pour participer aux dialogues interactifs prévus à partir du 20 avril. Dans ce contexte, Macky Sall devra désormais compter sur des soutiens bilatéraux et une stratégie diplomatique élargie pour espérer exister dans la course à la succession à la tête des Nations Unies.

Au-delà du cas personnel de l’ancien chef de l’État sénégalais, cet épisode révèle une fois de plus les limites du fonctionnement consensuel de l’Union africaine dans les dossiers à forte portée stratégique. Une réalité qui pourrait peser lourd dans la capacité du continent à influencer les grandes décisions de gouvernance mondiale.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°704 – 27/03/2026

🔴 TINTAMARRE AUTOUR DE LA « DETTE CACHÉE » PORTANT SUR UN MONTANT DE 650 MILLIONS D’EUROS ET CONTRACTÉE SOUS DIOMAYE – SONKO : CHEIKH DIBA TENTE DE SAUVER LES MEUBLES
🔴 EFFECTIVITÉ DU PROJET DE DÉCISION VISANT À APPROUVER OFFICIELLEMENT LA CANDIDATURE DU PRÉSIDENT MACKY SALL AU POSTE DE SG DE L’ONU : L’ONU PASSE À LETAPE DÉCISIVE

🔴 BATAILLE JURIDIQUE : LA FSF DÉFEND SA POSITION DEVANT LE TAS

SN-HLM : Bassirou Kébé dénonce un réseau d’acquisition illégale de biens au sein de la société

L’affaire fait déjà grand bruit dans les milieux administratifs et politiques. L’ancien Directeur général de la Société nationale des habitations à loyer modéré, la SN-HLM, Bassirou Kébé, est sorti de son silence ce jeudi 26 mars 2026 pour dénoncer l’existence d’un système organisé d’acquisition illégale de biens au sein même de la structure publique. Une révélation faite lors d’une conférence de presse, qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles procédures judiciaires.

Dans sa déclaration, l’ancien responsable a expliqué que cette affaire remonte à plusieurs semaines, à la suite de l’interpellation d’un agent de la SN-HLM. Selon lui, ce dernier aurait acquis de manière frauduleuse un nombre important de biens appartenant à la société. Cette arrestation aurait servi de point de départ à une enquête interne plus approfondie, permettant de remonter progressivement un réseau plus large. « Deux mois en arrière, un travailleur de la SN-HLM a été arrêté… Son interpellation nous a permis de tirer le fil sur un groupe de personnes qui ont acquis des biens de manière illégale », a-t-il déclaré.

Au fil des investigations, Bassirou Kébé affirme avoir découvert l’existence d’un système structuré, impliquant plusieurs individus au sein de la société. Certains des mis en cause auraient eu recours à des stratagèmes visant à dissimuler leurs acquisitions, notamment en inscrivant les biens au nom de proches. Il évoque même des cas particulièrement troublants, où des logements auraient été attribués à des enfants âgés de 7 à 10 ans, ce qui, selon lui, témoigne de l’ampleur et de la sophistication du dispositif mis en place. « C’était un système qui était là », a-t-il insisté, laissant entendre que ces pratiques ne relevaient pas de cas isolés, mais d’un mécanisme bien ancré.

Face à ces constats, l’ancien Directeur général indique avoir engagé des démarches judiciaires avant son départ. Des avocats ont été saisis afin d’analyser les faits et d’orienter les actions à entreprendre. D’après les retours obtenus, les faits dénoncés pourraient être qualifiés d’escroquerie et d’abus de biens sociaux. « Des plaintes ont été déposées et ce sera sous la responsabilité de la nouvelle direction », a-t-il précisé, soulignant qu’un rapport spécial a été intégré dans les documents de passation de service. Ce document, qu’il dit prêt à remettre à son successeur, devrait permettre à la nouvelle équipe dirigeante de poursuivre les investigations et d’engager les actions nécessaires.

Dans un registre plus personnel, Bassirou Kébé estime que ses révélations ne sont pas sans conséquences sur sa propre image. Il affirme être la cible d’une campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux, qu’il attribue aux personnes mises en cause dans ce dossier. Selon lui, ces dernières auraient cherché à discréditer sa parole et à détourner l’attention des faits qu’il dénonce. Il évoque même des pressions et des accusations qu’il juge infondées, allant jusqu’à mentionner l’implication présumée d’une autorité travaillant au sein de la SN-HLM, qui lui aurait adressé des correspondances hostiles.

Malgré ce climat tendu, l’ancien dirigeant a tenu à distinguer les agents qu’il considère comme intègres. Il a salué l’engagement de certains employés de la SN-HLM, qu’il qualifie de « bons agents », rappelant que ces pratiques ne sauraient être imputées à l’ensemble du personnel de la société.

Cette affaire, désormais portée sur la place publique, soulève de nombreuses interrogations sur la gouvernance et les mécanismes de contrôle au sein des structures publiques. Elle pourrait également marquer le début d’un processus judiciaire d’envergure, avec des implications potentielles pour plusieurs acteurs. Dans un contexte où la transparence et la reddition des comptes sont de plus en plus exigées par l’opinion, les suites de ce dossier seront particulièrement scrutées.

Finances publiques : « Restructurer la dette n’est pas à l’ordre du jour », affirme Ahmadou Al Amine Lô

Le gouvernement sénégalais exclut, pour l’heure, toute idée de restructuration ou de reprofilage de la dette publique. C’est la position clairement affichée par le ministre d’État Ahmadou Al Amine Lô, chargé du suivi de l’agenda « Sénégal 2050 », lors de son passage dans l’émission « Au gré de l’actualité » sur Radio Sénégal, ce jeudi 26 mars 2026. Une déclaration qui intervient dans un contexte marqué par de vifs débats autour de la gestion de la dette et des instruments financiers récemment utilisés par l’État.

Face aux interrogations croissantes, le ministre d’État a tenu à lever toute ambiguïté. Selon lui, la restructuration de la dette, souvent envisagée par des pays en difficulté pour alléger leurs charges financières, ne correspond ni aux besoins actuels ni aux intérêts stratégiques du Sénégal. « Ce n’est pas à l’ordre du jour », a-t-il insisté, précisant qu’il s’agit là de la position officielle du gouvernement. Une manière de rassurer les partenaires économiques et financiers sur la stabilité de la signature du pays et sur sa capacité à honorer ses engagements.

Cette sortie médiatique intervient alors que la question d’une supposée « dette cachée » continue d’alimenter les discussions dans l’espace public. Sur ce point, Ahmadou Al Amine Lô s’est voulu ferme. Il a renvoyé aux explications déjà fournies par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, qui a récemment défendu la légalité et la transparence des opérations financières incriminées, notamment celles liées aux Total Return Swaps (TRS). Pour le ministre d’État, la polémique repose en grande partie sur des incompréhensions techniques et des interprétations parfois approximatives.

Dans ce sens, il a regretté la multiplication des prises de parole publiques sur ces questions sensibles, sans une maîtrise suffisante des mécanismes financiers en jeu. Selon lui, ce manque de rigueur dans le débat contribue à entretenir la confusion et à fragiliser la perception de la gestion des finances publiques. Il a ainsi appelé à plus de responsabilité dans le traitement de ces sujets, qui engagent non seulement la crédibilité de l’État, mais aussi la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux.

Au-delà de la question de la dette, Ahmadou Al Amine Lô a également abordé les enjeux de communication gouvernementale. Il a notamment évoqué le récent déplacement du Premier ministre à Abou Dhabi, estimant que ce type d’initiative stratégique mérite une meilleure valorisation auprès de l’opinion publique. Dans un contexte marqué par la prolifération d’informations parfois inexactes sur les réseaux sociaux, il a plaidé pour un renforcement de la présence des autorités dans les médias publics.

Le ministre d’État a ainsi invité les membres du gouvernement, ainsi que les directeurs généraux, à s’impliquer davantage dans la communication institutionnelle. L’objectif, selon lui, est de mieux informer les citoyens sur l’action quotidienne de l’État, mais aussi de contrer efficacement les fausses informations qui circulent et qui peuvent nuire à la compréhension des politiques publiques.

À travers cette intervention, Ahmadou Al Amine Lô a cherché à réaffirmer la ligne du gouvernement en matière de gestion de la dette et de transparence financière. Un message qui se veut rassurant, à la fois pour l’opinion nationale et pour les partenaires du Sénégal, dans un contexte où la maîtrise des finances publiques reste un enjeu central pour la stabilité économique du pays.

TRS et « dette cachée » : Cheikh Diba répond au Financial Times et défend la transparence des opérations

Le débat autour de la gestion de la dette publique sénégalaise a pris une nouvelle dimension ce jeudi 26 mars 2026, à la faveur d’une sortie médiatique du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba. Face à la presse, l’argentier de l’État a abordé plusieurs sujets liés à la situation économique du pays, avant de répondre de manière détaillée aux interrogations suscitées par l’utilisation des Total Return Swaps (TRS), au cœur d’une controverse sur une supposée « dette cachée » estimée à environ 650 millions d’euros, soit plus de 432 milliards de FCFA.

D’entrée, le ministre a tenu à replacer le débat dans un contexte plus global, mettant en avant le dynamisme de l’économie sénégalaise, les efforts de consolidation budgétaire engagés par l’État ainsi que la mobilisation accrue de financements concessionnels. Selon lui, ces éléments traduisent une gestion rigoureuse des finances publiques, en dépit d’un environnement international marqué par des tensions économiques et des conditions de financement de plus en plus contraignantes.

Mais c’est surtout la question des TRS qui a retenu l’attention. Ces instruments financiers, encore peu connus du grand public, ont été présentés par certains observateurs comme un mécanisme ayant permis de dissimuler une partie de la dette. Une lecture que Cheikh Diba rejette catégoriquement. Il affirme que le recours à ces opérations s’est fait « dans la légalité, la transparence, avec une parfaite maîtrise des risques et une communication responsable avec les partenaires ». À ses yeux, il ne saurait être question d’opacité ni de financement occulte.

Réagissant aux informations publiées par le Financial Times, le ministre a adopté une posture nuancée. Tout en reconnaissant la crédibilité et la réputation internationale du journal britannique, il a rappelé qu’aucune source, aussi prestigieuse soit-elle, n’est exempte d’erreurs ou d’approximations. « Le Financial Times est un journal de référence, mais il n’est pas infaillible », a-t-il insisté, appelant à une lecture critique et contextualisée des informations relayées.

Dans son argumentaire, Cheikh Diba a également dénoncé une tendance à transformer des analyses financières prudentes en accusations politiques. Selon lui, le simple fait qu’une information émane d’un média reconnu ne constitue ni une preuve irréfutable ni une condamnation. Il estime que le débat autour des TRS a parfois été biaisé, en alimentant des soupçons de mauvaise gestion sans tenir compte de la complexité des mécanismes financiers en jeu.

Le ministre a ensuite tenu à expliquer la logique derrière ces opérations. Les TRS, a-t-il indiqué, s’inscrivent dans une stratégie de gestion active de la dette, visant à optimiser les conditions de financement de l’État. Ils permettent notamment de mobiliser des ressources à des coûts plus avantageux que ceux proposés sur les marchés internationaux, tout en offrant une certaine flexibilité dans la gestion du service de la dette. Dans ce cadre, leur utilisation répondrait à des objectifs clairement définis et compatibles avec les exigences des partenaires financiers.

Cheikh Diba a par ailleurs rappelé que le paiement du service de la dette constitue une pratique normale pour tout État emprunteur. « Il vise par définition à éviter un défaut de paiement potentiel », a-t-il précisé, soulignant que les opérations de TRS s’inscrivent dans cette logique de prévention et de sécurisation financière.

En conclusion, le ministre a réaffirmé que ces instruments ont permis au Sénégal de se financer dans des conditions plus favorables, tout en maîtrisant les risques. À l’en croire, loin d’être une source d’opacité, les TRS constituent un outil moderne de gestion financière, utilisé dans le respect des règles et avec une transparence assumée.

Cette prise de parole intervient dans un contexte où la question de la dette publique reste particulièrement sensible au Sénégal. Elle vise à rassurer l’opinion et les partenaires économiques, tout en réaffirmant la volonté des autorités de maintenir une gestion responsable et transparente des finances publiques. Reste désormais à savoir si ces explications suffiront à apaiser les inquiétudes et à clore un débat qui, pour l’instant, continue d’alimenter la sphère politique et économique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°703 – 26/03/2026

🔴 PREMIÈRE SORTIE MÉDITATIQUE DE BADARA GADIAGA APRÈS SA SORTIE DE PRISON : SONKO, UN APPRENTI DICTATEUR QUI SE TROMPE DE PAYS ET D’EPOQUE
🔴 « GUEUM SA BOPP » SUR LA DETTE ET LES FINANCES PUBLIQUES DU SÉNÉGAL PARLE DE : CHAOS !

🔴 CAN RETIRÉE AU SÉNÉGAL : LE TAS VALIDE L’APPEL DE LA FSF CONTRE LA CAF

Après 3 mois de silence Badara Gadiaga is back ! : « Ousmane Sonko est un apprenti dictateur qui se trompe de pays et d’époque ! », dixit le chroniqueur de la TFM

Invité de l’émission Faram Facce sur TFM, Badara Gadiaga a effectué sa première sortie médiatique depuis sa libération. Face aux journalistes, il est apparu détendu mais déterminé, multipliant les remerciements avant de livrer un réquisitoire sans concession contre le Premier ministre Ousmane Sonko et le régime en place.

D’entrée de jeu, Badara Gadiaga a tenu à exprimer sa gratitude : « Si la volonté de certains était exaucée, aujourd’hui je ne serais pas face aux Sénégalais », a-t-il déclaré, saluant d’emblée le soutien indéfectible des Sénégalais et de la presse. Il a souligné n’avoir « passé un seul jour sans être aux titres des journaux ou à travers les ondes des radios ou les écrans de télévision ».

L’ancien détenu a ensuite rendu un vibrant hommage aux chefs religieux, citant nommément plusieurs guides spirituels. Il a également tenu à saluer des personnalités politiques, notamment des anciens ministres de la Justice comme Serigne Diop et Aïssata Tall Sall. Badara Gadiaga s’est réjoui de la mobilisation de treize avocats venus simultanément assurer sa défense gratuitement. Il a enfin remercié sa famille biologique, ses amis, l’administration pénitentiaire ainsi que ses codétenus.

Interrogé sur son acceptation du port d’un bracelet électronique, il a expliqué avoir fait ce choix pour « continuer le combat ». Friand de la figure de Nelson Mandela, il a puisé dans une anecdote du leader sud-africain, décédé alors qu’il était emprisonné. « Sortir m’a permis de voir ma maman et de lui expliquer ma décision de continuer à me battre », a-t-il confié, ajoutant avec émotion que sa mère lui a demandé de « ne jamais flancher », assurant qu’elle mourrait satisfaite de lui.

Le ton est monté d’un cran lorsque Badara Gadiaga a été interrogé sur le Premier ministre Ousmane Sonko. « Sonko est un apprenti dictateur qui se trompe de pays et d’époque », a-t-il martelé. Il a vivement critiqué l’utilisation d’un « langage grossier » qu’il attribue au chef du gouvernement, y compris à l’encontre de chefs religieux. Il s’est également désolé que, devenu Premier ministre, ce dernier ait choisi d’aller « rendre visite à des putschistes ».

Selon lui, Ousmane Sonko aurait « pour ambition de restreindre les libertés ». « Ousmane risque de s’auto-effacer. Le débat public le dérange. Il n’aime pas qu’on lui rappelle ses engagements. Il est allergique à la contradiction », a-t-il ajouté, citant l’ancien président Abdoulaye Wade pour qui « le désaccord n’est pas le désamour ».

Revenant sur les circonstances de son incarcération, Badara Gadiaga a affirmé que son arrestation visait à « réduire le bruit », mais que « c’est un tintamarre qui s’en est suivi ». Il s’est étonné du grief retenu contre lui : « On m’a collé le grief de déstabilisation d’un État. On m’a aussi imputé de détenir une société dont je venais d’entendre pour la première fois le nom », a-t-il déclaré.

Interrogé sur ses éventuelles ambitions politiques, l’invité de TFM a répondu ne « fuir aucune responsabilité » et a annoncé son intention de se présenter devant les Sénégalais pour « décliner sa feuille de route ».

S’agissant du bilan du régime Diomaye-Sonko après deux ans au pouvoir, Badara Gadiaga a dressé un tableau sombre. Il a estimé que les « étudiants, enseignants, commerçants, ambulants et paysans » – qu’il a présentés comme les principaux soutiens du tandem – sont les plus frustrés. « Étudiants dans les rues, commerçants taxés, enseignants ponctionnés, ambulants dégagés, paysans humiliés, voilà le refrain de ces deux ans du régime actuel », a-t-il résumé.

Il a poursuivi en regrettant : « Sonko disait qu’il avait trouvé un pays au quatrième sous-sol. Aujourd’hui, nous sommes au vingtième sous-sol ». Dans son diagnostic, il a évoqué la « mort du BTP » comme « symbole d’un échec cuisant », une situation qui n’a selon lui pas épargné le secteur informel, avant de conclure : « Les hommes d’affaires veulent tirer les hommes d’affaires ».

Cette première apparition publique de Badara Gadiaga marque ainsi son retour sur la scène médiatique et politique, avec des déclarations qui ne manqueront pas de susciter de vives réactions dans un climat politique déjà tendu.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°702 – 25/03/2026

🔴 FLOU AUTOUR DE LA DETTE PRÉSUMÉE DE 650 MILLIONS D’EUROS : LE FDR EXIGE UNE ENQUÊTE PARLEMENTAIRE
🔴 DETTE, OPACITÉ ET VÉRITÉ- MOUHAMADOU LAMINE MASSALY DANS’UNE DÉCLINAISON PHILOSOPHIQUE : « LE KARMA EXISTE ET DIEU EST JUSTE »

🔴 CRISE À LA CAN 2025 : AUGUSTIN SENGHOR MONTE AU FRONT POUR DÉFENDRE LE SACRE DU SÉNÉGAL

New deal technologique : internet gratuit pour un million de citoyens et cap sur une transformation numérique à grande échelle

Le Premier ministre Ousmane Sonko a officiellement lancé, ce mardi 24 mars 2026 au CICAD, une nouvelle phase du « New Deal technologique », un programme ambitieux destiné à accélérer la transformation numérique de l’État. Cette initiative, présentée comme un pilier de la stratégie nationale à l’horizon 2050, vise à moderniser en profondeur l’administration et à améliorer l’accès des citoyens aux services publics grâce aux outils numériques.

Au cœur des annonces figure une amélioration spectaculaire des infrastructures numériques. Le gouvernement prévoit une augmentation massive de la capacité du réseau national, avec une bande passante qui passera de 600 mégabits à 20 gigabits, voire davantage selon les projections évoquées lors de la cérémonie. Cette montée en puissance vise à soutenir la croissance des usages numériques et à garantir un accès plus fluide et plus rapide à internet sur l’ensemble du territoire.

Dans la même dynamique, un programme de connectivité universelle a été dévoilé. Il ambitionne d’offrir un accès gratuit à internet à plus d’un million de citoyens, en ciblant prioritairement les zones rurales et enclavées. Cette mesure entend réduire la fracture numérique et permettre à un plus grand nombre de Sénégalais de bénéficier des opportunités offertes par le numérique, que ce soit dans l’éducation, l’entrepreneuriat ou l’accès aux services publics.

Le chef du gouvernement a insisté sur le fait que cette transformation ne saurait se limiter à des investissements technologiques. Selon lui, elle repose avant tout sur une réforme de la gouvernance publique et sur une coordination efficace entre les différentes administrations. « La transformation numérique est un défi global qui doit irriguer toutes les politiques publiques », a-t-il affirmé, mettant en garde contre les initiatives isolées et les systèmes cloisonnés qui génèrent des coûts supplémentaires et des lenteurs administratives.

La pièce maîtresse de cette réforme reste le Guichet Unique du Citoyen, une plateforme centralisée destinée à simplifier les démarches administratives. À terme, les usagers pourront effectuer l’ensemble de leurs procédures en ligne, directement depuis leur téléphone mobile, sans avoir à multiplier les déplacements ou les formalités. L’obtention de documents comme le casier judiciaire devrait ainsi devenir plus rapide, plus accessible et plus transparente. Cette logique de simplification sera également étendue à la diaspora à travers la plateforme e-Consulat.

Pour accompagner cette digitalisation, le gouvernement met l’accent sur la souveraineté numérique. Les données sensibles seront hébergées sur le territoire national grâce au déploiement de solutions cloud dans les centres de données de Diamniadio et d’Orana. Cette orientation vise à garantir la sécurité, la confidentialité et le contrôle des informations stratégiques, dans un contexte mondial marqué par des enjeux croissants de cybersécurité.

Le programme s’inscrit dans une vision de long terme, avec un investissement global estimé à 1 100 milliards de francs CFA sur la période 2025-2034. Structuré autour de 12 programmes prioritaires, il ambitionne de transformer en profondeur l’économie et l’administration. Pour éviter toute dispersion des efforts, un dispositif de gouvernance a été mis en place, notamment à travers le comité GouvNum et le Conseil national du numérique, chargés de coordonner les actions et d’assurer une cohérence stratégique.

Au-delà des chiffres et des infrastructures, le Premier ministre a insisté sur la dimension humaine de cette transformation. Il a rappelé que l’objectif final reste l’amélioration du quotidien des citoyens, à travers des services publics plus accessibles, plus rapides et plus efficaces. « Il ne s’agit pas simplement de moderniser, mais de transformer », a-t-il déclaré, soulignant que cette évolution est appelée à être profonde et irréversible.

Avec ce New Deal technologique, les autorités entendent faire du numérique un moteur central de la croissance et de la gouvernance pour la décennie à venir, tout en posant les bases d’un État plus cohérent, interconnecté et tourné vers les besoins réels des citoyens.

Finances publiques : le gouvernement rejette toute opacité et défend une stratégie maîtrisée de désendettement

Le gouvernement est sorti de son silence pour répondre aux accusations de manque de transparence dans la gestion de la dette publique. À travers le ministère des Finances et du Budget, les autorités ont fermement démenti les informations relayées par le Financial Times évoquant des emprunts contractés « en secret ». Dans une mise au point relayée par le quotidien national Le Soleil, l’exécutif assure que toutes les opérations financières menées en 2025 respectent strictement le cadre légal et les orientations stratégiques définies.

Selon le ministère, l’ensemble des mobilisations de ressources s’inscrit dans les plafonds fixés par les lois de finances et dans la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme. Les autorités insistent sur le fait que ces opérations ne relèvent d’aucune pratique dissimulée, mais s’intègrent dans une politique cohérente visant à sécuriser les financements tout en maîtrisant les risques. Cette stratégie repose notamment sur une diversification des sources de financement, combinant recours au marché régional en monnaie locale et accès à des financements en devises étrangères.

Dans le détail, les levées de fonds évoquées ont été réalisées à travers des adjudications publiques de titres d’État en francs CFA, un mécanisme courant et bien encadré au sein du marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Le gouvernement souligne que ces opérations sont transparentes par nature, car elles impliquent des appels publics à souscription et une participation ouverte aux investisseurs agréés.

Les autorités mettent également en avant leur volonté de dynamiser le marché en attirant des investisseurs institutionnels internationaux. Ces derniers interviennent en mobilisant des ressources en monnaie locale via des mécanismes de change classiques, avant d’effectuer les opérations inverses à l’échéance des titres. Pour le ministère, cette approche contribue à renforcer la liquidité du marché régional tout en élargissant la base d’investisseurs, ce qui constitue un levier essentiel pour réduire la dépendance à certaines sources de financement plus coûteuses.

Le gouvernement insiste sur le fait que toutes ces opérations s’inscrivent dans le plan de financement global de l’État, exécuté conformément au calendrier du Trésor tout au long de l’année 2025. Il affirme que cette rigueur dans la planification et l’exécution témoigne d’une gestion maîtrisée des finances publiques, loin des accusations d’opacité formulées par certains observateurs et acteurs politiques.

Par ailleurs, les autorités rappellent que ces mécanismes font l’objet d’échanges réguliers avec les partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds monétaire international. En intégrant ces opérations dans le cadre global de la gestion de la dette, le pays entend démontrer sa volonté de transparence et de conformité aux standards internationaux en matière de gouvernance financière.

À travers cette mise au point, le gouvernement cherche à rassurer les marchés, les partenaires et l’opinion publique sur la solidité de sa stratégie de désendettement. Il réaffirme son engagement à maintenir un équilibre entre mobilisation de ressources, soutenabilité de la dette et transparence, dans un contexte où la question de la gestion financière reste au cœur du débat public.

Dette présumée de 650 millions d’euros : le FDR exige la transparence et réclame une enquête parlementaire

Le débat autour de la gestion de la dette publique prend une nouvelle tournure. Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) est monté au créneau après les révélations du Financial Times faisant état d’une dette présumée de 650 millions d’euros contractée de manière non divulguée. Dans un communiqué, l’opposition affirme que ces informations ont été accueillies avec « stupéfaction et indignation » par l’opinion publique.

Selon le FDR, ces opérations financières traduisent une dérive inquiétante dans la gestion des finances publiques. Le collectif accuse le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko de recourir à des mécanismes qu’il qualifie « d’expédients financiers toxiques », allant jusqu’à affirmer que le pays serait désormais « sous hypothèque ». Cette sortie intervient dans un contexte déjà marqué par des interrogations sur la soutenabilité de la dette et la transparence budgétaire.

Au cœur des critiques, l’utilisation présumée de produits financiers complexes appelés Total Return Swaps (TRS). Pour le FDR, ces instruments, souvent utilisés dans des situations de tension financière, comportent des risques élevés. L’opposition soutient que, dans l’hypothèse d’un défaut de paiement, ces accords pourraient accorder une priorité de remboursement à certains créanciers privés, au détriment des dépenses essentielles comme l’éducation, la santé ou les infrastructures. Elle évoque également les récentes dégradations de la note souveraine par les agences internationales pour souligner la fragilité du contexte économique.

Le Front va plus loin en dénonçant une opacité totale autour de ces opérations. Selon lui, le gouvernement n’aurait pas seulement contracté des engagements financiers sans communication publique suffisante, mais aurait aussi recours à des mécanismes jugés parmi les plus risqués du système financier international. Pour appuyer son propos, le FDR rappelle les mises en garde historiques de l’investisseur Warren Buffett, qui avait qualifié certains produits dérivés « d’armes financières de destruction massive », en raison de leur potentiel déstabilisateur pour les économies.

Face à ce qu’il considère comme une situation grave, le FDR exige des clarifications immédiates. L’opposition réclame la publication intégrale des contrats de swaps qui auraient été conclus, notamment avec l’Africa Finance Corporation et la First Abu Dhabi Bank. Elle demande également des détails précis sur les actifs mis en garantie, les conditions financières, les taux appliqués ainsi que les éventuelles commissions versées aux intermédiaires.

Au-delà de la transparence, le FDR appelle à une réponse institutionnelle forte. Il invite l’Assemblée nationale à mettre en place une commission d’enquête parlementaire afin de faire toute la lumière sur ces emprunts et d’évaluer leur impact réel sur les finances publiques. L’objectif, selon le Front, est de garantir une reddition des comptes et d’éviter toute dérive susceptible de compromettre la souveraineté économique du pays.

Enfin, le collectif appelle les forces vives de la nation à se mobiliser pour exiger une gestion plus transparente et plus rigoureuse des ressources publiques. Cette nouvelle sortie de l’opposition relance ainsi le débat sur la gouvernance économique, dans un contexte où la question de la dette devient un enjeu central du débat public.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°701 – 24/03/2026

🔴 INQUIÉTUDES – FINANCES PUBLIQUES : MYSTÈRES AUTOUR D’UN EMPRUNT DE 370 MDS
🔴 GUEUM SA BOPP «  LES JAMBAARS » LIVRE UNE ANALYSE CINGLANTE DE LA GOUVERNANCE DIOMAYE- SONKO ET PARLE DE : RUPTURE TRAHIE

🔴 CRISE À LA CAN 2025 : LE TAS FREINE LE SACRE DU MAROC

Sénégal : Thierno Alassane Sall agite le spectre d’une « dette cachée » et interpelle sur la transparence des finances publiques

Le débat sur la gestion des finances publiques au Sénégal prend une nouvelle tournure après la sortie du député Thierno Alassane Sall, qui évoque l’existence présumée d’une « dette cachée ». S’appuyant sur des informations du Financial Times, l’ancien ministre du Pétrole a affirmé que le Sénégal aurait contracté, dans la plus grande discrétion, des emprunts de plusieurs centaines de millions de dollars auprès d’institutions internationales, sans en informer officiellement l’opinion publique ni certains partenaires.

Cette déclaration intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par des interrogations croissantes sur l’état réel des finances publiques. Pour Thierno Alassane Sall, ces révélations ne sont pas anodines et pourraient traduire une volonté de dissimulation. Il parle ainsi d’une « nouvelle affaire de dette cachée », une expression lourde de sens dans un pays où la transparence budgétaire est devenue un enjeu central du débat public.

Au cœur de cette polémique se trouve également une réunion annoncée entre la Commission des Finances de l’Assemblée nationale et le ministre des Finances et du Budget. Selon le leader du parti La République des Valeurs, l’ordre du jour de cette rencontre, qui porterait notamment sur une résolution visant à éviter une restructuration de la dette, soulève des inquiétudes majeures. Il y voit le signe que la situation financière du pays pourrait être plus fragile qu’annoncé officiellement.

Dans ses propos, Thierno Alassane Sall n’hésite pas à évoquer des « tambouilles inavouables », mettant en cause la gestion actuelle des engagements financiers de l’État. Il s’interroge ouvertement sur la stratégie adoptée par les autorités et sur les mécanismes utilisés pour faire face aux contraintes budgétaires. Cette sortie renforce le climat de suspicion autour d’éventuels montages financiers non déclarés, déjà évoqués ces derniers jours dans certains cercles économiques.

L’ancien ministre insiste surtout sur le rôle du Parlement, qu’il appelle à exercer pleinement sa mission de contrôle. Selon lui, les députés ne doivent pas se contenter d’entériner des décisions sans disposer de toutes les informations nécessaires. Il met en garde contre le risque de « signer un chèque en blanc au Gouvernement », plaidant pour une exigence accrue de transparence et de reddition des comptes. Pour Thierno Alassane Sall, il est impératif que les élus obtiennent des clarifications précises sur la nature des emprunts contractés, leurs conditions et leurs implications à court et moyen termes.

Au-delà des considérations politiques, cette affaire soulève des enjeux économiques majeurs. La question de la dette publique est devenue centrale pour le Sénégal, engagé dans des programmes d’investissements ambitieux tout en faisant face à des contraintes budgétaires importantes. Toute opacité dans la gestion de cette dette pourrait fragiliser la confiance des partenaires internationaux, notamment les institutions financières et les investisseurs.

Le député alerte également sur les conséquences potentielles des décisions en cours. Selon lui, les solutions envisagées pour gérer la dette pourraient avoir des effets négatifs si elles ne sont pas maîtrisées. Il insiste sur la responsabilité historique des parlementaires, estimant que toute décision prise sans transparence pourrait être perçue comme une trahison des intérêts du peuple sénégalais.

Cette sortie de Thierno Alassane Sall intervient dans un climat déjà tendu autour des finances publiques, marqué par des révélations récentes sur des emprunts controversés et des inquiétudes croissantes quant à la soutenabilité de la dette. Elle relance le débat sur la gouvernance économique du Sénégal et met en lumière une exigence de plus en plus forte : celle d’une gestion rigoureuse, transparente et responsable des ressources publiques.

Finance publique : inquiétudes autour d’un emprunt de 370 milliards FCFA non déclaré, la transparence budgétaire en question

De nouvelles révélations sur la gestion des finances publiques du Sénégal suscitent de vives préoccupations au sein des milieux économiques et financiers. Selon des informations rapportées par le site spécialisé regtechtimes.com, l’État sénégalais aurait récemment mobilisé un financement de 650 millions de dollars, soit près de 370 milliards de FCFA, à travers un emprunt dont les contours n’auraient pas été pleinement divulgués.

Ce financement aurait été contracté via des accords avec deux institutions financières internationales, à savoir Africa Finance Corporation et First Abu Dhabi Bank. Toutefois, c’est moins le recours à l’endettement que les conditions de transparence entourant cette opération qui inquiètent. Selon les mêmes sources, cet emprunt n’aurait pas été officiellement communiqué à certaines institutions clés, notamment le Fonds monétaire international, pourtant partenaire stratégique du Sénégal dans le suivi de ses équilibres macroéconomiques.

Ce défaut de divulgation, s’il est avéré, soulève des interrogations majeures sur la sincérité des engagements budgétaires du pays et sur la qualité de l’information transmise aux partenaires techniques et financiers. Dans un contexte international marqué par une vigilance accrue sur les niveaux d’endettement des États africains, la transparence devient un critère déterminant pour maintenir la confiance des bailleurs et des investisseurs.

La Banque mondiale a d’ailleurs déjà mis en garde contre les risques liés à ce type de montages financiers opaques. Selon l’institution, des emprunts non entièrement déclarés peuvent compliquer considérablement les processus de restructuration de la dette en cas de tensions économiques. En d’autres termes, une mauvaise visibilité sur l’encours réel de la dette peut fragiliser la capacité d’un pays à négocier avec ses créanciers en période de crise.

Au-delà de la question de la transparence, les modalités contractuelles de cet emprunt suscitent également des inquiétudes. Certaines clauses imposeraient au Sénégal de maintenir une notation de crédit stable. En cas de dégradation, les créanciers pourraient exiger un remboursement anticipé, une disposition particulièrement risquée dans un contexte économique déjà sous pression. Une telle situation pourrait entraîner un effet boule de neige, aggravant les tensions sur les finances publiques et réduisant les marges de manœuvre budgétaires de l’État.

Ces révélations interviennent dans un climat où la gestion de la dette publique est au cœur du débat national. Elles remettent en lumière la nécessité d’un encadrement rigoureux des emprunts publics, mais aussi d’une communication transparente vis-à-vis des citoyens et des partenaires internationaux.

Si ces informations venaient à être confirmées, elles pourraient avoir des implications importantes sur la crédibilité financière du Sénégal, à un moment où le pays cherche à consolider sa trajectoire économique et à attirer davantage d’investissements. Plus que jamais, la question de la gouvernance des finances publiques apparaît comme un enjeu central, à la croisée de la souveraineté économique, de la confiance internationale et de la stabilité macroéconomique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°700 – 23/03/2026

🔴 L’AFFAIRE INTERMAQ ET LA PROBLÉMATIQUE DE LA SIGNATURE DE L’AVENANT : ALY NGOUILLE SE DÉFAUSSE SUR MABOUBA
🔴 AÏD-EL- FITR 2026 : LE MESSAGE FORT DE DIOMAYE

🔴 ATHLÉTISME : SALY SARR ÉCRIT L’HISTOIRE SUR LA SCÈNE MONDIALE

41ᵉ édition des JMJ : plus de 45 000 jeunes réunis à Nianing dans une ferveur exceptionnelle

La 41ᵉ édition des Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) a rassemblé, à Nianing, dans le département de Mbour, plus de 45 000 jeunes venus de différents horizons du Sénégal. Accueillie par le doyenné de Popenguine au sein de la paroisse Saint-Épiphane, cette grande rencontre spirituelle s’impose comme l’un des événements religieux majeurs dédiés à la jeunesse catholique du pays.

Depuis samedi, les participants vivent des moments intenses de foi, de partage et de communion, dans une atmosphère marquée par l’engagement et l’espérance. Comme dans le reste du monde, où les Journées Mondiales de la Jeunesse constituent un rendez-vous incontournable pour les jeunes croyants, l’Église catholique du Sénégal a mobilisé ses fidèles autour de cette célébration annuelle.

Placée sous le thème « Prenez courage, moi j’ai vaincu le monde », cette édition porte un message fort adressé à la jeunesse. Elle invite les participants à faire preuve de résilience face aux difficultés et à s’appuyer sur leur foi pour affronter les défis du quotidien. Un appel à la persévérance qui a trouvé un écho particulier dans le contexte actuel, marqué par des incertitudes sociales et économiques.

Dans son homélie, l’archevêque de Dakar, André Guèye, a insisté sur la nécessité pour les jeunes de ne pas céder au découragement. Il les a exhortés à puiser leur force dans le Christ et à rester fermes dans leurs convictions. Son message, empreint de spiritualité et de proximité, a été accueilli avec ferveur par les milliers de jeunes présents.

En marge des célébrations liturgiques, plusieurs activités ont été organisées, notamment des échanges directs entre l’archevêque et les jeunes. Ces moments de dialogue ont permis d’aborder des questions d’actualité, mais aussi des préoccupations liées à la foi, renforçant ainsi les liens entre l’Église et sa jeunesse.

Les festivités se poursuivent avec des animations culturelles et spirituelles, avant le moment symbolique de l’envoi en mission. Cette étape marque l’engagement des jeunes à devenir des ambassadeurs des valeurs chrétiennes dans leur vie quotidienne, dans leurs familles, leurs écoles et leurs communautés.

Au-delà de son ampleur, cette 41ᵉ édition des JMJ à Nianing restera comme un temps fort de communion et de renouveau spirituel. Elle témoigne de la vitalité de la jeunesse catholique sénégalaise et de sa volonté de s’impliquer activement dans la construction d’une société fondée sur des valeurs de paix, de solidarité et d’espérance.

Sénégal : Bassirou Diomaye Faye rend hommage aux militaires décédés en Casamance

À l’occasion de la prière de l’Eid al-Fitr, communément appelée Korité au Sénégal, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a rendu un hommage solennel aux militaires sénégalais récemment décédés en Casamance, précisément dans la zone de Sindian.

S’exprimant à l’issue de la prière, le chef de l’État a adressé ses condoléances les plus émues aux familles endeuillées ainsi qu’à l’ensemble de la Nation. Dans un message empreint de gravité, il a déclaré : « Je voudrais exprimer mes condoléances émues à l’ensemble des familles et à toute la nation pour la perte des soldats que nous avons enregistrés récemment dans le sud du pays. »

Le président a également tenu à exprimer sa solidarité envers les militaires blessés lors de cet incident, leur souhaitant un prompt rétablissement, tout en saluant leur engagement au service de la sécurité nationale.

Pour rappel, ce drame est survenu lors d’opérations de destruction de champs de chanvre indien menées par les forces de défense et de sécurité dans le sud du pays, non loin de la frontière avec la Gambie. Plusieurs soldats ont perdu la vie dans cet accident, tandis que d’autres ont été blessés.

Korité à Dakar : Bassirou Diomaye Faye appelle à prolonger l’esprit de solidarité et d’unité nationale

À l’occasion de la prière de la Korité célébrée à la Grande Mosquée de Dakar, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a délivré un message fort centré sur la cohésion sociale, la solidarité et la ضرورة de prolonger les enseignements du mois sacré de Ramadan dans la vie quotidienne des Sénégalais.

Devant une foule nombreuse de fidèles venus accomplir la prière de l’Aïd el-Fitr, le chef de l’État a salué l’atmosphère de recueillement, de partage et de fraternité qui a marqué les trente jours de jeûne. Il a mis en avant ce qu’il a qualifié de « force de la nation », illustrée par l’unité et la résilience du peuple sénégalais. Dans un contexte où les appels à l’unité se multiplient, il a insisté sur l’image d’une société soudée, profondément attachée à ses valeurs de solidarité, de respect mutuel et de fraternité.

Dans son allocution, le président a particulièrement insisté sur la nécessité de ne pas limiter ces valeurs au seul cadre du Ramadan. Selon lui, l’enjeu majeur réside dans la capacité collective à faire perdurer cet esprit au-delà de cette période spirituelle. Il a ainsi invité les citoyens à cultiver le sens des responsabilités, à renforcer leur engagement civique et à œuvrer ensemble pour le développement économique et social du pays. Ce message s’inscrit dans une volonté de consolidation du vivre-ensemble, considéré comme un pilier essentiel de la stabilité nationale.

Le chef de l’État a également tenu à adresser un message de fraternité à l’ensemble des Sénégalais, sans distinction de confession religieuse. Il a souligné que les valeurs de foi, de paix et de solidarité constituent un socle commun qui transcende les différences et renforce l’unité nationale. Cette ouverture a été perçue comme un appel à préserver l’harmonie interreligieuse, caractéristique majeure de la société sénégalaise.

Profitant de cette tribune solennelle, le président de la République a exprimé ses condoléances à la suite des pertes enregistrées au sein des forces de défense et de sécurité. Il a rendu un hommage appuyé aux soldats récemment tombés dans le nord de Sindian, en Casamance, saluant leur engagement et leur sacrifice pour la nation. Dans un ton empreint d’émotion, il a présenté ses condoléances aux familles endeuillées ainsi qu’à l’ensemble du peuple sénégalais, tout en formulant des vœux de prompt rétablissement aux blessés.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°699 – 19/03/2026

🔴 MOUHAMADOU LAMINE MASSALY, PRÉSIDENT DE L’« UNION POUR UNE NOUVELLE RÉPUBLIQUE », FAIT SON DIAGNOSTIC DE LA POSTURE DU SÉNÉGAL SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE ET ESTIME QUE NOUS AVONS DÉSORMAIS : UNE DIPLOMATIE AFFAIBLIE
🔴 « ASERGATE » OU LE SCANDALE DES 37 MILLIARDS FANTÔMES FACE AU SCEPTICISME AFFICHÉ DE MADRID : LE SÉNÉGAL ENFOUIT SA CRÉDIBILITÉ AU 4e SOUS-SOL

🔴 RETRAIT DE LA DEUXIÈME ÉTOILE AU PROFIT DU MAROC PAR LA CAF : LE SÉNÉGAL SAISIT LE TAS

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°698 – 18/03/2026

🔴 EXPLOSION ACCIDENTELLE AU NORD DE SINDIAN LORS D’UNE OPERATION DE DESTRUCTION DE CHAMPS DE CHANVRE : TROIS MILITAIRES PÉRISSENT
🔴 TRANSPORT ROUTIER / ENTRE COLÈRE DES TRANSPORTEURS ET INDIFFÉRENCE DES AUTORITÉS : VERS UNE GRÈVE NATIONALE

🔴 SCANDALE EN FINALE : LE SÉNÉGAL DÉCLARE FORFAIT, LE MAROC SACRÉ

Transport routier : les transporteurs brandissent la menace d’une grève nationale et interpellent l’État

Le climat se tend dans le secteur du transport routier au Sénégal. L’ultimatum lancé par l’Union des routiers du Sénégal fait planer la menace d’une paralysie du transport public si les autorités ne prennent pas rapidement des mesures pour répondre aux difficultés qui minent le secteur.

À l’issue d’une concertation tenue avec le ministère des Transports, le secrétaire général du syndicat, Gora Khouma, a averti que les transporteurs pourraient recourir à la grève en l’absence d’avancées concrètes. « Si rien n’est fait, nous serons dans l’obligation d’aller en grève », a-t-il déclaré, soulignant que les professionnels du secteur n’entendent plus tolérer les dysfonctionnements qui affectent leur activité depuis plusieurs années.

Parmi les principales préoccupations exprimées par les transporteurs figure la multiplication des postes de contrôle sur les axes routiers du pays. Selon les responsables syndicaux, ces contrôles sont devenus excessifs et pèsent lourdement sur le fonctionnement du transport public. Les conducteurs dénoncent notamment ce qu’ils qualifient de harcèlement administratif et financier, affirmant que les arrêts répétés ralentissent les trajets, augmentent les coûts d’exploitation et compliquent le travail des chauffeurs.

Pour Gora Khouma, la situation est d’autant plus préoccupante qu’elle révèle, selon lui, une incohérence dans l’application des textes réglementaires. Il rappelle qu’un décret présidentiel limite à trois le nombre de postes de contrôle sur certains corridors routiers, mais que cette disposition ne serait pas respectée dans la pratique. « On applique un arrêté, mais on bafoue un décret. Cela pose un véritable problème de cohérence de l’État », a-t-il dénoncé, appelant les autorités à clarifier les règles afin de garantir une meilleure fluidité du transport et un environnement de travail plus stable pour les professionnels du secteur.

Au-delà de la question des contrôles routiers, les transporteurs soulèvent également un problème économique majeur lié aux tarifs du transport public. Selon les syndicats, les prix appliqués dans les gares routières n’ont pas été révisés depuis près de deux décennies. Les responsables du secteur rappellent que les tarifs sont restés pratiquement inchangés depuis 2008, alors même que les coûts d’exploitation ont considérablement augmenté, notamment avec la hausse du carburant, des pièces détachées et des charges d’entretien des véhicules.

Cette situation crée, selon eux, un déséquilibre financier important pour les transporteurs et alimente régulièrement des tensions dans les gares routières. Les chauffeurs se retrouvent souvent confrontés à l’incompréhension des passagers lorsqu’ils tentent d’ajuster les prix de manière informelle pour faire face à l’augmentation des charges. Pour les syndicats, seule une révision officielle des tarifs permettra de restaurer un climat apaisé dans le secteur.

Face à ces revendications, les discussions avec les autorités ont débouché sur une proposition visant à instaurer un cadre de concertation permanent. Les parties ont ainsi évoqué la création d’un comité ad hoc chargé de suivre les engagements pris et de proposer des solutions concrètes aux difficultés soulevées. Ce comité devrait regrouper plusieurs départements ministériels, notamment ceux en charge des Transports, de l’Intérieur, des Forces armées et des Finances.

Selon les responsables syndicaux, ce dispositif pourrait servir de mécanisme de suivi et d’évaluation des mesures qui seront prises. Certaines pistes ont déjà été évoquées, parmi lesquelles une période d’évaluation de six mois pour certaines décisions et une éventuelle révision des restrictions horaires appliquées dans le secteur.

Même si les représentants des transporteurs reconnaissent avoir été écoutés par les autorités, ils restent prudents quant à la suite qui sera donnée à leurs revendications. « Nous avons été écoutés, maintenant l’État doit réfléchir et agir », a conclu Gora Khouma, laissant entendre que la menace d’une grève demeure bien réelle si les promesses ne se traduisent pas rapidement par des mesures concrètes.

Armée sénégalaise : trois militaires tués dans une explosion accidentelle au nord de Sindian

L’Armée sénégalaise est en deuil après la perte de trois de ses éléments dans une explosion accidentelle survenue ce mardi 17 mars 2026 dans le sud du pays. L’information a été confirmée par le directeur de l’Information et des Relations publiques des Armées (DIRPA), le capitaine Ibrahima Sow, à travers un communiqué officiel.

Selon la note rendue publique, l’explosion s’est produite tôt dans la matinée dans la zone de Nord Sindian, située dans la Zone militaire n°5, en Casamance. Le bilan fait état de trois militaires décédés sur le coup. Trois autres soldats ont également été blessés dans l’incident et ont été immédiatement évacués vers des structures médicales pour être pris en charge.

D’après les précisions apportées par l’armée, l’accident est intervenu dans le cadre d’une opération militaire menée dans la zone frontalière entre le Sénégal et la Gambie. Ces interventions visent principalement la destruction de champs de chanvre indien cultivés clandestinement dans certaines zones forestières proches de la frontière.

Toujours selon le capitaine Ibrahima Sow, ces opérations sont en cours depuis plus d’une semaine et ont pour objectif de lutter contre les réseaux criminels impliqués dans la culture et le trafic de drogue. Les forces armées sénégalaises mènent régulièrement ce type d’actions afin de sécuriser les localités frontalières et de protéger les populations vivant dans ces zones souvent exposées à l’activité de bandes armées.

Le communiqué indique par ailleurs que les opérations ont déjà permis de neutraliser plusieurs individus appartenant à des groupes armés impliqués dans la culture de chanvre indien. Ces bandes, selon l’armée, représentent une menace pour la sécurité des habitants et pour la stabilité de la région.

La zone de Sindian, située dans le département de Bignona, est connue pour être un secteur sensible en raison de sa proximité avec la frontière gambienne et de la présence de réseaux de trafic opérant dans les zones forestières.

La disparition de ces trois militaires intervient dans un contexte où les forces de défense et de sécurité poursuivent leurs efforts pour sécuriser la région sud du pays et lutter contre les activités illicites qui y persistent.

L’armée sénégalaise n’a pas encore donné davantage de détails sur les circonstances précises de l’explosion accidentelle. Toutefois, elle a exprimé son profond regret face à la perte de ces soldats engagés dans une mission de sécurisation du territoire national.

Financement des femmes : la CDS dénonce des propos « discriminatoires » et exige des excuses publiques d’une députée de Pastef

Les femmes de la Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) sont montées au créneau à la suite de propos attribués à une députée du parti Pastef concernant le financement des organisations féminines. Dans une déclaration rendue publique ce 17 mars, elles dénoncent des déclarations qu’elles jugent discriminatoires et contraires aux principes d’égalité entre les citoyennes sénégalaises.

La CDS, qui regroupe plusieurs formations politiques dont AJ/PADS-A, AJS, CNNO, MRG, LD, Niaxx Jarinu/Mag, PIT-S, RTA-S et UDF/Mbooloo Mi, réagissait à des propos tenus lors d’une rencontre à Keur Massar. Selon leur communiqué, la parlementaire aurait déclaré que « les femmes non membres de Pastef et qui n’aiment pas Ousmane Sonko ne doivent pas prétendre à un quelconque financement ». Une affirmation qui a immédiatement suscité l’indignation des militantes de la coalition.

Dans leur déclaration, les femmes de la CDS rappellent que les ressources publiques ne peuvent en aucun cas être utilisées sur la base d’une appartenance politique ou d’une proximité avec une personnalité. Elles ont notamment interpellé la ministre de la Famille et des Solidarités, soulignant que les fonds publics gérés par ce département ministériel appartiennent à l’ensemble des Sénégalais et doivent être distribués dans le respect des principes d’équité et de transparence.

Pour elles, ces propos constituent une remise en cause des fondements mêmes de la République sénégalaise, bâtie sur l’égalité entre tous les citoyens. Elles dénoncent ainsi « avec la plus grande fermeté » ce qu’elles qualifient de discours discriminatoire opposant les femmes proches de Pastef aux autres Sénégalaises. Les signataires de la déclaration estiment qu’aucune aide publique destinée à soutenir l’autonomisation des femmes ne devrait être conditionnée par l’adhésion à un parti politique ou par un soutien à son leader, en l’occurrence Ousmane Sonko.

Les femmes de la CDS affirment également que l’argent distribué dans le cadre des programmes d’appui à l’entrepreneuriat féminin ou à l’autonomisation des femmes ne constitue pas un patrimoine personnel de responsables politiques. Selon elles, ces ressources proviennent du budget de l’État et doivent donc bénéficier à toutes les femmes sénégalaises, indépendamment de leurs opinions ou affiliations politiques.

Dans ce contexte, la coalition exige des excuses publiques de la députée concernée. Elle réclame également davantage de transparence dans la gestion des financements destinés aux organisations féminines. Les femmes de la CDS demandent ainsi que les autorités rendent publiques les modalités d’accès aux financements du ministère de la Famille et des Solidarités afin que toute association ou organisation sénégalaise souhaitant bénéficier d’un appui puisse le faire sur la base de critères clairs, objectifs et équitables.

À travers cette sortie, la CDS entend alerter l’opinion sur ce qu’elle considère comme un risque de politisation des politiques publiques en faveur des femmes. Elle appelle enfin les autorités à réaffirmer leur attachement aux principes d’égalité, de justice et de neutralité de l’État dans la gestion des ressources publiques.

Secteur des jeux : les opérateurs de paris en ligne expriment leurs inquiétudes face aux réformes annoncées

Le secteur des jeux et paris en ligne au Sénégal traverse une période d’incertitude. Réunis au sein d’un collectif, plusieurs opérateurs du domaine ont tenu ce mardi une conférence de presse afin d’exprimer leurs préoccupations face aux réformes annoncées par la Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE), qui pourraient, selon eux, bouleverser l’équilibre actuel du marché.

Même si l’ordre du jour précis de la rencontre n’avait pas été détaillé dès le départ, les responsables des sociétés concernées ont clairement indiqué que leur prise de parole fait suite aux déclarations du directeur général de la LONASE, Toussaint Manga. Lors du point de presse gouvernemental tenu le 12 mars dernier, ce dernier avait évoqué la possibilité d’une renégociation globale des contrats et conventions qui lient l’État du Sénégal aux sociétés privées opérant dans le secteur des paris.

Ces annonces ont immédiatement suscité une vive réaction au sein du collectif des opérateurs de paris en ligne. Les représentants du secteur redoutent en effet que cette révision des accords existants ne remette en cause certains acquis conventionnels obtenus au fil des années. Pour eux, la stabilité juridique et contractuelle constitue un élément essentiel pour garantir la viabilité d’un secteur qui connaît une croissance rapide au Sénégal.

Les opérateurs disent également craindre que les réformes envisagées ne s’accompagnent d’un durcissement du cadre fiscal ou réglementaire. Selon eux, une augmentation de la pression fiscale ou l’introduction de nouvelles contraintes administratives pourrait fragiliser des entreprises qui ont investi massivement dans les infrastructures technologiques, la conformité réglementaire et l’emploi local.

Au-delà de leurs inquiétudes immédiates, les membres du collectif ont insisté sur le rôle économique que joue aujourd’hui l’industrie des jeux en ligne dans le pays. Ils rappellent que ce secteur contribue non seulement aux recettes fiscales de l’État, mais aussi à la création d’emplois directs et indirects, notamment dans les domaines du numérique, de la communication et de la distribution.

Face à cette situation, les opérateurs appellent les autorités à privilégier le dialogue et la concertation avant toute réforme majeure. Ils souhaitent notamment être associés aux discussions afin de trouver un équilibre entre les objectifs de régulation de l’État et la nécessité de préserver un environnement favorable à l’investissement et à l’innovation dans le secteur.

Du côté des pouvoirs publics, la volonté de revoir les conventions existantes s’inscrit dans une démarche plus large de réorganisation du secteur des jeux et de renforcement du rôle de l’État dans sa régulation. Les déclarations récentes de la direction de la LONASE laissent ainsi entendre que l’objectif serait d’améliorer la transparence, d’optimiser les retombées économiques pour le pays et d’assurer un meilleur encadrement des activités de paris, notamment en ligne.

Dans ce contexte, la conférence de presse tenue par le collectif des opérateurs apparaît comme un premier signal d’alerte adressé aux autorités. Elle traduit les tensions qui pourraient émerger autour de la réforme du secteur, alors que l’État cherche à redéfinir les règles du jeu dans un domaine devenu particulièrement stratégique sur le plan économique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°697 – 17/03/2026

🔴 POUVOIR DIOMAYE-SONKO : RÉQUISITOIRE DU DIRECTOIRE STRATÉGIQUE DES CADRES JAMBAARS QUI DRESSE LES DEUX CARACTÈRES DU RÉGIME : BAVARDAGE ET INACTION
🔴 COMMERCE EXTÉRIEUR / LES CHIFFRES DE MISE EN JANVIER 2026 : EXPORTATIONS EN CHUTE DE MOITIÉ

🔴 AFFAIRE DES 18 SUPPORTERS : LE PROCÈS EN APPEL RENVOYÉ À RABAT

Ponctions salariales dans l’éducation : le G7 annonce une plainte au niveau national et international

La tension persiste entre les syndicats d’enseignants et les autorités gouvernementales autour de la question des ponctions salariales consécutives aux mouvements de grève observés ces derniers mois dans le secteur de l’éducation. Le G7, cadre unitaire qui regroupe sept des syndicats d’enseignants les plus représentatifs du système éducatif sénégalais, a annoncé son intention de saisir les juridictions nationales et les instances internationales pour contester ce qu’il considère comme des retenues « excessives » opérées sur les salaires de plusieurs enseignants.

Selon des responsables syndicaux, de nombreux enseignants ayant participé aux mouvements de grève ont constaté des retenues importantes sur leurs salaires. Ces ponctions varieraient entre 100 000 et 300 000 francs CFA, selon le statut des enseignants concernés et le nombre de jours de grève observés. Les syndicats estiment que ces retenues dépassent largement ce qui est acceptable et dénoncent une mesure qu’ils jugent injuste et pénalisante pour les travailleurs de l’éducation.

Pour manifester leur mécontentement, les membres du G7 se sont rassemblés ce lundi devant l’Inspection de l’éducation et de la formation (IEF) de Dakar-Plateau. Cette mobilisation vise à attirer l’attention des autorités sur la situation et à exiger l’application des accords précédemment conclus entre le gouvernement et les organisations syndicales. Les syndicats réclament notamment la cessation immédiate des ponctions sur les salaires et demandent l’ouverture rapide de discussions avec les autorités compétentes afin de trouver une solution durable à cette crise.

Lors de cette mobilisation, le secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen-secondaire du Sénégal (SAEMSS), El Hadji Malick Youm, également membre du G7, a vivement critiqué la position du gouvernement. Il a appelé le Premier ministre à venir s’expliquer directement devant les représentants syndicaux afin d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations des enseignants. Selon lui, le revirement ou la remise en cause de certains engagements pris par les autorités traduit un manque de considération envers la corporation enseignante.

Les syndicats du G7 affirment qu’ils ne comptent pas se limiter à la contestation nationale. Ils annoncent leur intention de porter l’affaire devant le Bureau international du travail (BIT) afin de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une atteinte aux droits des travailleurs. Selon El Hadji Malick Youm, ces ponctions sont jugées illégales par les syndicats, qui les assimilent à une forme de spoliation. Il a ainsi déclaré que les organisations syndicales mèneront un combat à la fois national et international pour obtenir l’arrêt de ces retenues et la restitution des montants prélevés.

Cette nouvelle escalade intervient pourtant dans un contexte où certains progrès ont été enregistrés avec la signature récente de décrets concernant la situation des enseignants décisionnaires. Toutefois, pour le G7, ces avancées restent insuffisantes et ne répondent pas aux préoccupations essentielles des enseignants. Les syndicats estiment que leur plateforme revendicative demeure largement insatisfaite et appellent à des réformes plus profondes.

Parmi les points soulevés figurent la nécessité de corriger les dysfonctionnements du système de rémunération, la réduction des lenteurs administratives dans la gestion des carrières et la suppression des surimpositions appliquées sur les rappels de salaires. Les organisations syndicales considèrent que ces questions doivent être traitées de manière urgente afin d’améliorer les conditions de travail et de garantir une meilleure reconnaissance du rôle des enseignants dans le système éducatif.

Dans ce contexte, la menace d’une saisine des juridictions nationales et internationales pourrait marquer une nouvelle étape dans le bras de fer entre les syndicats d’enseignants et les autorités publiques. L’évolution de ce dossier sera déterminante pour l’avenir du dialogue social dans le secteur de l’éducation, un domaine stratégique pour le développement du pays et la stabilité du système scolaire.

Commerce extérieur : la facture des importations du Sénégal recule fortement au début de l’année 2026

Le Sénégal enregistre une baisse significative de ses importations au démarrage de l’année 2026, traduisant une contraction notable de ses achats à l’étranger. Selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) dans son rapport du 13 mars 2026, la valeur totale des importations s’est établie à 524,8 milliards de FCFA en janvier 2026. Ce niveau représente un recul marqué de 34,4 % par rapport à janvier 2025, soit une diminution estimée à environ 275 milliards de FCFA sur un an. Cette évolution traduit une réduction importante de la facture extérieure du pays et, par conséquent, une économie de devises significative pour l’économie nationale.

La tendance à la baisse se confirme également à court terme. Par rapport au mois de décembre 2025, les importations ont reculé de 3,7 %. Elles étaient alors estimées à 544,8 milliards de FCFA, ce qui montre que la contraction des flux commerciaux entrants s’inscrit dans une dynamique progressive au tournant de l’année. Cette évolution peut s’expliquer par des ajustements dans les volumes d’achats de certains produits stratégiques ainsi que par les fluctuations de la demande intérieure.

L’analyse détaillée des données révèle que cette baisse est principalement liée à la réduction des importations de biens d’équipement et de certaines matières premières. Les achats de métaux communs ont notamment enregistré un recul significatif, passant de 45,0 milliards de FCFA en décembre à 28,1 milliards de FCFA en janvier. Ce repli reflète probablement une baisse des besoins dans certains secteurs industriels ou des ajustements dans les programmes d’investissement.

Le segment des machines et appareils divers a également contribué à cette contraction. Les importations dans ce domaine sont passées de 47,3 milliards de FCFA en décembre à 33,3 milliards de FCFA en janvier, confirmant un ralentissement des acquisitions d’équipements. Ce phénomène peut être interprété comme une phase de transition dans les projets d’investissement ou un ralentissement temporaire de certaines activités nécessitant des équipements importés.

Du côté des produits alimentaires, la facture des importations a également diminué. Les achats de froment et de méteil, qui constituent des produits essentiels pour l’approvisionnement du marché national, ont chuté à 11,4 milliards de FCFA en janvier contre 17,6 milliards de FCFA en décembre. Cette baisse pourrait être liée à une gestion différente des stocks ou à des variations dans la demande intérieure durant cette période.

Malgré cette tendance générale à la baisse, la facture énergétique continue de représenter le principal poste de dépense dans les importations du Sénégal. Les produits pétroliers raffinés ont ainsi mobilisé 133,0 milliards de FCFA en janvier, contre 105,6 milliards de FCFA le mois précédent. Cette hausse significative souligne la dépendance persistante du pays aux importations énergétiques, malgré les efforts engagés pour développer les ressources nationales.

Par ailleurs, les importations d’huile brute de pétrole ont connu une augmentation notable, passant de zéro en décembre à 39,0 milliards de FCFA en janvier. Cette évolution témoigne de la volatilité des besoins énergétiques et des ajustements opérés dans les approvisionnements du pays.

Le secteur des transports contribue également au maintien d’un certain niveau d’importations. Les acquisitions de véhicules terrestres ont enregistré une progression, atteignant désormais 15,4 milliards de FCFA. Cette hausse reflète la demande persistante dans ce segment, notamment liée au renouvellement des parcs automobiles et aux besoins des entreprises et des particuliers.

Au final, la baisse globale des importations observée en ce début d’année 2026 illustre une réduction importante des dépenses extérieures du Sénégal, même si certains postes, notamment énergétiques, continuent de peser lourdement dans la balance commerciale. Cette évolution pourrait contribuer à améliorer l’équilibre du commerce extérieur si elle s’accompagne d’une dynamique soutenue des exportations et d’une diversification accrue de la production nationale.

Commerce extérieur : les exportations du Sénégal chutent de moitié en janvier 2026 malgré une progression annuelle

Le commerce extérieur du Sénégal a connu un début d’année 2026 marqué par une forte contraction de ses exportations. Selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les ventes sénégalaises à l’international se sont établies à 412,6 milliards de FCFA au mois de janvier 2026, contre 825,3 milliards de FCFA enregistrés en décembre 2025. Cette baisse spectaculaire représente un recul d’environ 50 % en l’espace d’un mois, traduisant un ralentissement notable des flux commerciaux au début de l’année.

Malgré cette chute mensuelle importante, la comparaison sur un an offre une lecture plus nuancée de la situation. En effet, les exportations du Sénégal enregistrent une progression de 7,8 % par rapport à janvier 2025, ce qui indique que la tendance globale reste positive sur le moyen terme. Cette évolution souligne que la forte baisse observée entre décembre et janvier s’explique en partie par des fluctuations conjoncturelles dans certains secteurs clés plutôt que par un affaiblissement structurel du commerce extérieur.

Les statistiques montrent que ce recul est largement lié à la diminution des exportations dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’industrie extractive et le domaine énergétique. Le secteur aurifère apparaît comme le principal facteur de cette contraction. Les ventes d’or non monétaire ont connu une chute significative, passant de 206,8 milliards de FCFA en décembre 2025 à seulement 70,2 milliards de FCFA en janvier 2026. Cette baisse importante du volume financier des exportations d’or a fortement contribué à la diminution globale des recettes à l’exportation.

Le secteur des hydrocarbures a également pesé sur la balance commerciale durant cette période. Les exportations de produits pétroliers raffinés ont reculé, passant de 90,4 milliards de FCFA en décembre à 65,6 milliards de FCFA en janvier. Par ailleurs, les ventes de gaz liquéfié naturel ont également diminué pour atteindre 14,6 milliards de FCFA. Ces évolutions traduisent un ralentissement dans les segments énergétiques qui jouent pourtant un rôle majeur dans les performances commerciales du pays.

Toutefois, certains secteurs ont permis d’atténuer partiellement l’impact de cette contraction mensuelle. Les exportations d’huile brute de pétrole ont notamment affiché une progression notable. Elles sont passées de 106,3 milliards de FCFA en décembre à 135,0 milliards de FCFA en janvier, confirmant l’importance croissante de ce produit dans la structure des exportations sénégalaises. Cette performance constitue l’un des principaux éléments de résilience du commerce extérieur durant ce début d’année.

Le secteur agroalimentaire et horticole a également contribué à limiter les effets de la baisse globale. Les préparations alimentaires, notamment les soupes, potages et bouillons, ont connu une progression remarquable avec des exportations estimées à 9,3 milliards de FCFA alors qu’aucune expédition de ce type n’avait été enregistrée le mois précédent. Dans le même temps, les exportations de légumes frais ont plus que doublé pour atteindre 7,0 milliards de FCFA, témoignant d’un dynamisme croissant du secteur agricole orienté vers les marchés extérieurs.

Ces évolutions mettent en évidence la forte dépendance du commerce extérieur sénégalais à certains produits extractifs et énergétiques, dont les fluctuations peuvent provoquer des variations importantes d’un mois à l’autre. Elles soulignent également l’importance de la diversification des exportations, notamment à travers le développement de l’agro-industrie et des filières agricoles à forte valeur ajoutée.

Ainsi, si le mois de janvier 2026 s’est caractérisé par un recul marqué des exportations, la progression observée sur une base annuelle montre que les performances globales du commerce extérieur sénégalais demeurent relativement solides. Les prochaines publications statistiques permettront d’évaluer si cette baisse mensuelle n’était qu’un ajustement temporaire ou le signe d’un ralentissement plus durable dans certains secteurs clés de l’économie nationale.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°696 – 16/03/2026

🔴 APRÈS AVOIR REGRETTÉ LES TARES QUI PLOMBENT LE SÉNÉGAL ( CONJONCTURE ÉCONOMIQUE DIFFICILE, CRISE SCOLAIRE , CHÔMAGE DES JEUNES , MAUVAISE CAMPAGNE AGRICOLE, MISÈRE DU BTP, , IMPASSE DANS LE SECTEUR DES HYDROCARBURES, FLOU DANS L’AFFAIRE DES 37 MDS DE ASER-AEE POWER – EPC… ), THIERNO ALASSANE DROIT DANS SES BOTTES : LA PLAINTE QUI DÉRANGE
🔴 RETOUR SUR LA SCÈNE POLITIQUE ET APPEL À CONSTRUIRE UNE ALTERNATIVE CRÉDIBLE : KHALIFA REFAIT SURFACE

🔴 BASKET – MONDIAL FÉMININ 2026 : CHEIKH SARR ENTHOUSIASTE FACE AU RENOUVEAU DES LIONNES

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°695 – 13/03/2026

🔴 MARCHÉ T0520/22 : INTERMAQ 2012 S.A. DÉMENT FORMELLEMENT LES ACCUSATIONS DE SURFACTURATION PORTÉES PAR LE MINISTRE DE L’AGRICULTURE : ALLÉGATIONS INFONDÉES
🔴 RÉVÉLATION FAITE À MASSALIKAL JINAAN EN PLEINE NUIT DE LAYLATUL QADR SUR ABDOULAYE SYLLA ET SES 02 MILLIARDS DE ADIYA : LA MAIN INVISIBLE D’UN BIENFAITEUR

🔴 BASKET – QUALIFICATIFS MONDIAL 2026 : LE SÉNÉGAL S’INCLINE FACE À L’ESPAGNE

Réformes de la presse : le CDEPS et l’APPEL dénoncent une « précipitation » des autorités

Les organisations patronales du secteur des médias au Sénégal montent au créneau face à la conduite actuelle des réformes engagées dans le domaine de la presse. Dans une déclaration conjointe, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) et l’Association des Éditeurs et Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL) ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « précipitation » dans la mise en œuvre des mesures administratives relatives à la réforme du secteur.

Selon les deux organisations, les autorités auraient accéléré de manière soudaine le calendrier d’application des nouvelles dispositions, imposant aux entreprises de presse des échéances jugées trop courtes pour se conformer aux exigences réglementaires. Elles estiment que ces délais ne permettent pas aux acteurs du secteur de s’adapter dans des conditions d’équité et de transparence.

Face à cette situation, le CDEPS et l’APPEL ont officiellement sollicité une prorogation des délais fixés par l’administration. Pour ces organisations, cette demande ne relève pas d’une simple formalité administrative, mais constitue une nécessité pour préserver la stabilité économique et sociale des entreprises de presse. Elles craignent qu’une mise en œuvre trop rapide des réformes ne conduise à des décisions précipitées et à une application « bâclée » des nouvelles règles, sans prise en compte des réalités complexes du secteur.

Au cœur de leurs préoccupations figure également le respect de la décision rendue par la Cour suprême du Sénégal, notamment l’arrêt n°71 prononcé en décembre 2025. Les organisations patronales rappellent que toute initiative administrative qui ignorerait ou contournerait cette décision constituerait, selon elles, une violation grave des principes de l’État de droit.

Pour les représentants du patronat de la presse, la crédibilité de la réforme dépend avant tout de sa conformité aux décisions judiciaires. Ils estiment que les autorités doivent s’appuyer sur les orientations fixées par la Cour suprême afin de garantir une réforme équilibrée, respectueuse des droits des acteurs du secteur et des principes de légalité.

Les professionnels des médias expriment par ailleurs leur inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme un manque de garanties dans la conduite du processus. Ils déplorent une absence de dialogue approfondi avec les autorités et dénoncent une certaine opacité dans la gestion du dossier, qui contribuerait à fragiliser la confiance entre l’État et les entreprises de presse.

Dans ces conditions, le CDEPS et l’APPEL préviennent qu’ils ne peuvent cautionner une démarche qui privilégierait, selon eux, la rapidité de mise en œuvre au détriment de la concertation et du respect des cadres juridiques existants. Les deux organisations appellent ainsi à une reprise du dialogue avec les autorités afin de parvenir à une réforme consensuelle et juridiquement solide pour l’avenir du secteur médiatique sénégalais.

Loi anti-LGBT au Sénégal : le Haut-Commissaire de l’ONU Volker Türk appelle à ne pas promulguer le texte

Le durcissement de la législation sénégalaise contre l’homosexualité continue de susciter des réactions sur la scène internationale. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé de vives inquiétudes à la suite de l’adoption par le Parlement sénégalais d’une nouvelle loi renforçant les sanctions pénales visant les relations homosexuelles.

Dans une déclaration rendue publique, le responsable du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme s’est dit « profondément préoccupé » par cette réforme législative. Le texte adopté prévoit notamment de doubler la peine maximale d’emprisonnement pour les relations homosexuelles consenties entre adultes, la portant désormais à dix ans de prison. La loi introduit également des sanctions pénales contre toute personne reconnue coupable de « promotion, soutien ou financement » de l’homosexualité, de la bisexualité ou de la transsexualité.

Pour Volker Türk, cette législation pose de sérieuses questions en matière de respect des droits fondamentaux. Selon lui, elle « bafoue les droits humains fondamentaux dont nous jouissons tous : le droit au respect, à la dignité, à la vie privée, à l’égalité ainsi que les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique ». Il rappelle que ces principes sont consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que par plusieurs traités internationaux relatifs aux droits humains auxquels le Sénégal est partie.

Le Haut-Commissaire estime également que cette loi pourrait exposer davantage certaines catégories de la population à des abus et à des violences. Selon lui, un tel dispositif juridique risque d’encourager des crimes de haine, des arrestations arbitraires, des actes de chantage et diverses formes de discrimination dans plusieurs domaines essentiels de la vie sociale, notamment l’éducation, l’accès aux soins de santé, l’emploi ou encore le logement.

Volker Türk s’inquiète par ailleurs des conséquences que pourrait avoir cette loi sur l’espace civique. Il souligne qu’elle pourrait restreindre le travail des défenseurs des droits humains, des organisations de la société civile et des médias, tout en limitant la liberté d’expression de nombreux citoyens sénégalais.

Face à ces préoccupations, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a lancé un appel direct aux autorités sénégalaises. Il exhorte notamment le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à ne pas promulguer ce texte et invite les autorités à revoir la législation en vigueur. Selon lui, les efforts devraient plutôt s’orienter vers la garantie du respect des droits humains pour tous, sans discrimination.

Électricité : Ousmane Sonko annonce 11,5 milliards FCFA d’économies après la renégociation de contrats

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a annoncé ce jeudi que l’État sénégalais a réalisé d’importantes économies dans le secteur de l’électricité à la suite de la renégociation de plusieurs contrats jugés coûteux pour les finances publiques. L’information a été donnée lors d’un point de presse consacré aux réformes engagées dans certains secteurs stratégiques de l’économie nationale.

Selon le chef du gouvernement, la révision des accords conclus avec les entreprises AEE Power et Sagemcom a permis à l’État de réaliser des économies estimées à 11 milliards 588 millions de francs CFA. Au-delà de l’impact financier, cette renégociation aurait également permis d’élargir l’accès à l’électricité dans plusieurs zones rurales du pays.

« La renégociation des contrats, notamment avec AEE Power et Sagemcom, a permis au Sénégal de réaliser 11 milliards 588 millions de francs CFA d’économies et d’électrifier 534 localités supplémentaires », a déclaré Ousmane Sonko, soulignant que ces résultats traduisent les efforts engagés par le gouvernement pour rationaliser les dépenses publiques et améliorer l’efficacité des programmes d’électrification.

Le Premier ministre a également salué le travail accompli par le directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Jean-Michel Sène. Selon lui, la direction de l’agence a joué un rôle déterminant dans la révision des contrats et dans la mise en œuvre des nouvelles orientations visant à améliorer l’accès à l’électricité dans les zones rurales.

Profitant de cette occasion, le chef du gouvernement est également revenu sur certaines pratiques héritées des années précédentes. Il a évoqué des cas de surfacturation et de surcoûts observés dans certains contrats, qu’il considère comme révélateurs d’une gestion peu optimale des ressources publiques dans ce secteur stratégique. Pour Ousmane Sonko, les économies réalisées à travers ces renégociations donnent un aperçu des pertes financières que l’État aurait pu éviter si une meilleure vigilance avait été exercée auparavant.

Ces annonces s’inscrivent dans la volonté affichée par le gouvernement de renforcer la transparence dans la gestion des contrats publics et d’optimiser l’utilisation des ressources nationales. Dans un contexte où l’accès universel à l’électricité reste un défi majeur pour plusieurs localités rurales du Sénégal, les autorités entendent poursuivre les réformes afin d’accélérer l’électrification du territoire tout en réduisant les coûts supportés par l’État.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°694 – 12/03/2026

🔴 HOMOSEXUALITÉ / L’ASSEMBLÉE NATIONALE DURCIT LA LOI FACE AU SCEPTICISME DE L’OPPOSITION : LES PEINES DOUBLÉES
🔴 CNRM – AÏSSATA TALL SALL ET 22 AUTRES DÉPUTÉS SAISISSENT LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL ET PARLENT DE : LOI NON CONFORME À LA CONSTITUTION

🔴 QUALIFICATIONS MONDIAL 2026 : LES ÉTATS-UNIS ÉTRILLENT LES LIONNES (110-46)

CNRM : Aïssata Tall Sall et 22 députés saisissent le Conseil constitutionnel pour contester la loi

Un groupe de parlementaires de l’opposition a introduit un recours en inconstitutionnalité contre la loi portant création et organisation du Conseil National de Régularisation des Médias (CNRM). L’initiative est menée par la députée Aïssata Tall Sall, accompagnée de vingt-deux autres députés de l’Assemblée nationale.

Le recours a été officiellement déposé le mardi 10 mars 2026 au greffe du Conseil constitutionnel du Sénégal. L’acte a été formalisé à 13h30 par Maître Cheikh Ahmadou Ndiaye, qui agit au nom du collectif de parlementaires requérants. La requête a été enregistrée sous le numéro 02/C/26 par le chef du greffe, Maître El Hadji Macky Barro.

Dans leur démarche, les députés contestent la constitutionnalité de la loi n°07/2026 adoptée par l’Assemblée nationale le 3 mars 2026. Ce texte prévoit la création et l’organisation du Conseil National de Régularisation des Médias (CNRM), une nouvelle instance appelée à encadrer et réguler le paysage médiatique sénégalais. Cette structure doit, selon les autorités, réorganiser le dispositif de régulation des médias en remplaçant ou en complétant les mécanismes existants.

Pour les parlementaires à l’origine du recours, certaines dispositions du texte pourraient être contraires à la Constitution, ce qui justifie la saisine de la haute juridiction. Conformément aux procédures prévues par la loi, cette démarche pourrait suspendre la promulgation du texte jusqu’à ce que les juges constitutionnels rendent leur décision.

Le Conseil constitutionnel devra désormais examiner les arguments avancés par les requérants et déterminer si la loi est conforme ou non à la Loi fondamentale. La juridiction dispose de délais légaux pour statuer sur les recours introduits par les parlementaires.

Projet de loi sur l’homosexualité : Thierno Alassane Sall refuse de voter le texte et dénonce la « mauvaise foi » du gouvernement

Le débat autour du projet de loi modifiant la législation sur l’homosexualité continue de diviser la classe politique sénégalaise. Ce mercredi, lors des discussions à l’Assemblée nationale, le député Thierno Alassane Sall a clairement annoncé son refus de voter le projet de loi n°05/2026, qui vise à modifier l’article 319 de la loi n°65-60 du 21 juillet 1965 portant notamment sur la répression de ce qui est qualifié d’« acte contre nature ».

Prenant la parole devant ses collègues parlementaires, le leader de République des Valeurs a exprimé son désaccord avec l’approche adoptée par le gouvernement dans la gestion de ce dossier. Sans détour, il a déclaré qu’il ne soutiendrait pas le texte soumis au vote, estimant que les autorités actuelles font preuve de « mauvaise foi » dans la manière dont elles présentent et justifient cette réforme législative.

Dans son argumentation, Thierno Alassane Sall a vivement contesté les accusations formulées par certains responsables du régime contre les anciens gouvernements, accusés d’avoir toléré ou encouragé l’homosexualité au Sénégal. Pour le député, ces affirmations relèvent davantage de la rhétorique politique que d’une analyse sérieuse des réalités juridiques et sociales du pays. Selon lui, fonder une réforme législative sur ce type d’argumentation revient à instrumentaliser un sujet sensible à des fins politiques.

Le parlementaire estime que la question mérite un débat plus rigoureux et plus sincère, loin des accusations et des procès d’intention. À ses yeux, la législation doit être examinée sur la base de principes juridiques solides et non à travers des discours destinés à opposer les différents régimes politiques. En dénonçant cette approche, il affirme vouloir marquer sa différence face à ce qu’il considère comme une stratégie de communication du pouvoir.

Le projet de loi en question prévoit de modifier l’article 319 du Code pénal, issu de la loi de 1965, afin de renforcer la répression des actes qualifiés d’« actes contre nature ». Ce texte intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et sociales autour de la question de l’homosexualité au Sénégal, un sujet qui suscite régulièrement des débats passionnés au sein de la société et de la classe politique.

La position de Thierno Alassane Sall illustre ainsi les divergences qui persistent au sein de l’hémicycle sur ce projet de réforme. Alors que certains parlementaires plaident pour un durcissement clair de la législation, d’autres dénoncent la manière dont le débat est conduit et s’interrogent sur les motivations réelles du gouvernement. Dans ce climat tendu, l’examen du projet de loi continue d’alimenter les échanges et pourrait encore provoquer de nouvelles prises de position au sein de l’Assemblée nationale.

Assemblée nationale : Abdou Mbow accuse le gouvernement d’avoir « un agenda LGBT » et de renier ses engagements

Le débat autour du projet de loi visant à durcir la répression de l’homosexualité au Sénégal continue de susciter de vives tensions sur la scène politique. Ce mercredi 11 mars, le député de l’opposition Abdou Mbow, figure influente de Alliance pour la République (APR), a vivement critiqué le gouvernement lors des discussions parlementaires, accusant le régime en place d’avoir « un agenda LGBT en poche » et d’avoir renié ses engagements pris devant les Sénégalais.

Au cours de son intervention, le parlementaire a dénoncé ce qu’il considère comme un revirement politique du pouvoir dirigé par PASTEF. Selon lui, les autorités actuelles n’auraient pas respecté leurs promesses de campagne concernant la criminalisation de l’homosexualité, un sujet particulièrement sensible dans la société sénégalaise. « Vous êtes un régime qui ne dit pas la vérité. L’histoire nous a donné raison. L’histoire a montré que vous avez renié vos engagements », a-t-il déclaré devant l’Assemblée nationale, provoquant de vives réactions et des protestations de la part des députés de la majorité.

Dans la suite de son intervention, Abdou Mbow a affirmé que, sous couvert de la nouvelle législation en discussion, le gouvernement aurait en réalité rendu l’homosexualité « permissive » au Sénégal. « La conclusion est que, sous prétexte de cette nouvelle loi, on a rendu l’homosexualité permissive au Sénégal. C’est exactement ça l’agenda LGBT. Et s’il y a un gouvernement aujourd’hui qui a l’agenda LGBT en poche, c’est le vôtre », a-t-il lancé à l’endroit des membres du pouvoir.

Le député de l’opposition a également reproché au gouvernement d’avoir accueilli au Sénégal, en mai 2024, le leader politique français Jean-Luc Mélenchon, qu’il qualifie de promoteur des droits LGBT. Pour Abdou Mbow, cette visite illustre selon lui l’orientation idéologique du pouvoir actuel. « Le Sénégal a des valeurs à protéger », a-t-il insisté, appelant à une criminalisation claire et explicite de ce qu’il qualifie d’« acte contre nature ».

Au cœur du débat figure un projet de loi destiné à remplacer une législation datant de 1965. Le nouveau texte prévoit des peines allant de cinq à dix ans de prison pour les auteurs d’actes qualifiés d’« actes contre nature ». Toutefois, Abdou Mbow estime que ces dispositions ne constituent pas une réelle rupture juridique. « En matière criminelle, c’est une peine déjà courante », a-t-il ironisé, ajoutant qu’il ne voit dans ce texte rien d’autre que « la promotion » de l’homosexualité.

Face à ces critiques, le Premier ministre Ousmane Sonko avait déjà réagi au début du mois de février 2026. Reconnaissant que la criminalisation de l’homosexualité figurait parmi les engagements politiques pris lors de la campagne électorale, il avait toutefois assuré que le durcissement des peines prévu dans la nouvelle législation produirait « les mêmes effets » que la criminalisation réclamée par certains acteurs politiques et sociaux.

Ce débat parlementaire met en lumière les profondes divergences qui traversent la classe politique sénégalaise sur cette question sensible, mêlant considérations juridiques, valeurs sociétales et engagements politiques. Alors que le projet de loi poursuit son examen, il continue d’alimenter les tensions entre majorité et opposition, chacune accusant l’autre de trahir ou de déformer les attentes de la population.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°693 – 11/03/2026

🔴 FAUSSES ACCUSATIONS – APPROPRIATION ILLÉGALE DE TERRAINS APPARTENANT À LA CDC ET ENCAISSEMENT INDU D’UNE SOMMÉ DE 02 MILLIARDS : ECOTRA TRAINE FADILOU KEÏTA EN JUSTICE
🔴 SORTIE DU MINISTRE DE LA SANTÉ IBRAHIMA SY DANS L’AFFAIRE SOFTCARE : LES SYNDICALISTES PRENNENT LE CONTREPIED DU MINISTRE

🔴 PROCÈS DES SUPPORTERS SÉNÉGALAIS : ME KABOU DÉTAILLE LES MOTIVATIONS DE L’APPEL

Sénégal : 30 nouvelles zones d’incubation pour les PME annoncées

Le gouvernement sénégalais entend accélérer la dynamique de développement des petites et moyennes entreprises à travers la création prochaine de 30 nouvelles zones d’incubation réparties sur le territoire national. L’annonce a été faite à Dakar par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, à l’occasion du lancement du programme « Impact PME », présenté comme le plan de transformation de l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (ADEPME).

Ce programme vise à renforcer l’accompagnement des entrepreneurs sénégalais en mettant en place des structures d’appui au plus près des activités économiques locales. À travers ces nouvelles zones d’incubation, les autorités souhaitent rompre l’isolement auquel sont souvent confrontés les porteurs de projets et les jeunes entreprises, notamment en dehors des grands centres urbains.

Le projet, prévu sur une période de cinq ans, ambitionne d’offrir aux PME un environnement propice à leur développement. Les entreprises incubées pourront bénéficier de services complets comprenant l’hébergement, l’accès à des programmes de formation, ainsi que des services de conseil et d’accompagnement stratégique dès les premières phases de leur création. L’objectif est de faciliter la structuration des jeunes entreprises, d’améliorer leur compétitivité et de renforcer leur capacité à accéder aux marchés.

Pour soutenir cette ambition, le gouvernement prévoit également de renforcer les moyens financiers de l’ADEPME. Le ministre Serigne Guèye Diop a ainsi annoncé que le budget de l’agence devrait être doublé dès l’année prochaine. Cette augmentation des ressources vise à permettre à la structure d’accompagnement de mieux répondre aux besoins de financement du secteur des PME, estimés à près de 1 000 milliards de francs CFA.

Au-delà du soutien financier, les autorités souhaitent aussi encourager une plus grande implication du secteur bancaire dans le financement des petites et moyennes entreprises. Le plan de transformation prévoit ainsi de créer un cadre plus favorable pour inciter les institutions financières à accompagner davantage les entrepreneurs locaux.

Par ailleurs, la stratégie gouvernementale met l’accent sur la promotion internationale des produits sénégalais. Dans cette perspective, le concept « Made in Sénégal » occupera une place centrale dans le dispositif, avec l’ambition de valoriser les produits locaux et de renforcer leur présence sur les marchés internationaux.

En parallèle, le programme « Invest in Sénégal » vise à attirer davantage d’investissements étrangers et à mobiliser la diaspora sénégalaise autour des opportunités économiques offertes par la nouvelle politique industrielle du pays. L’objectif est de créer un écosystème favorable à l’innovation, à l’industrialisation et à la croissance durable des PME, considérées comme un levier essentiel du développement économique national.

Affaire Softcare : le SAMES et le SUTSAS contredisent le ministre Ibrahima Sy et annoncent une « grève imminente »

L’affaire Softcare continue de susciter de vives tensions dans le secteur de la santé au Sénégal. Depuis plusieurs mois, cette affaire fait polémique autour de la présumée utilisation de matières premières périmées dans la fabrication de serviettes hygiéniques et de couches pour bébés par l’entreprise Softcare. Alors que les autorités sanitaires tentaient d’apaiser les inquiétudes de l’opinion publique, les principaux syndicats du secteur viennent de raviver la controverse en contestant la position du ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Lors d’une conférence de presse tenue le jeudi 5 mars, le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Ibrahima Sy, avait tenté de clarifier la situation. S’appuyant sur les conclusions d’enquêtes menées par les services compétents de son département, il avait assuré que les produits fabriqués par l’entreprise Softcare ne présentent « aucun risque sanitaire pour les usagers ». Cette déclaration visait à rassurer les consommateurs et à mettre fin aux inquiétudes suscitées par les accusations relayées dans l’espace public.

Cependant, cette sortie du ministre n’a pas eu l’effet escompté. Bien au contraire, elle a provoqué une réaction ferme de la part de plusieurs syndicats du secteur de la santé. Ce mardi 10 mars, le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) et le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (SUTSAS) ont organisé à leur tour une conférence de presse pour contester les déclarations du ministre et exprimer leur profond désaccord avec la gestion du dossier.

Les deux organisations syndicales estiment que les déclarations du ministre ne reflètent pas la réalité de la situation et dénoncent ce qu’elles considèrent comme de graves dysfonctionnements au sein de l’Autorité de régulation pharmaceutique (ARP). Face à cette situation, elles ont annoncé leur intention de passer à l’action en engageant un mouvement de protestation.

« Face à cette situation, nous vous annonçons la perspective de luttes communes pour le retour de l’orthodoxie à l’Autorité de la réglementation pharmaceutique par une première et imminente grève commune régionale de Dakar puis secondairement nationale », ont déclaré les responsables syndicaux lors de la rencontre avec la presse.

Prenant la parole au nom de la sous-section SUTSAS de l’Autorité de régulation pharmaceutique, la responsable de la communication, Mariama Thiam, a également critiqué la position du ministre de la Santé. Selon elle, cette crise met en lumière des problèmes structurels dans la gouvernance de l’ARP. Elle a notamment regretté que le ministre ait choisi, selon ses mots, « d’être l’avocat de Softcare », allant jusqu’à désavouer publiquement des agents assermentés du secteur de la santé.

Les syndicalistes pointent également des manquements qu’ils jugent préoccupants dans le processus de fabrication et de traçabilité des produits de l’entreprise. Ils affirment que l’absence de mention légale obligatoire claire sur les produits finis constituerait un indice que l’usine ne respecte pas les exigences de traçabilité imposées par la réglementation. Pour eux, cette situation pourrait traduire l’absence d’un système de qualité conforme aux normes attendues dans l’industrie pharmaceutique et paramédicale.

Pour les organisations syndicales, ces éléments soulèvent des questions sérieuses quant au respect des règles de régulation dans le secteur et risquent de porter atteinte à l’indépendance ainsi qu’à la crédibilité du système de régulation pharmaceutique au Sénégal.

Dans ce contexte de forte tension, l’annonce d’une grève imminente dans le secteur de la santé pourrait accentuer la pression sur les autorités. L’évolution de ce bras de fer entre le ministère de la Santé et les syndicats sera suivie de près, alors que l’opinion publique attend davantage de clarifications sur cette affaire qui touche directement à la sécurité sanitaire des populations.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°692 – 10/03/2026

🔴 ÉDUCATION- LE G7 LANCE SON SIXIÈME PLAN D’ACTION : LES ENSEIGNANTS INTRANSIGEANTS
🔴 APROXÉNÉTISME ET TRANSMISSION VOLONTAIRE DU VIH/SIDA : OUZIN KEÏTA TOMBE

🔴 SUPPORTERS SÉNÉGALAIS AU MAROC : LE PARQUET FAIT APPEL, RENDEZ-VOUS LE 16 MARS

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°691 – 09/03/2026

🔴 MOUSSA NIANG, DÉLÉGUÉ NATIONAL À LA VIE POLITIQUE DE GUEUM SA BOPP « LES JAMBARS » DÉMONTE LE SIMULACRE DE DUALITÉ AU SOMMET DE L’ÉTAT ENTRE DIOMAYE ET SONKO : COMPLOT, COMÉDIE ET MISES EN SCÈNE
🔴 AFFAIRE ASER – LA JUSTICE INTERPELLÉE : MBAYE DIONE VEUT LA VÉRITÉ

🔴 CHAMPIONNATS NATIONAUX : AJEL CONFIRME, AS DOUANES REPREND LES COMMANDES

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°690 – 07 ET 08/03/2026

🔴 JUSTICE / POURSUIVI POUR «  DIFFUSION DE FAUSSES NOUVELLES ET CALOMNIE  » : CHEIKH O. DIAGNE DANS DE BEAUX DRAPS
🔴 COUR D’APPEL DE DAKAR / LEVÉE DU MANDAT DE DÉPÔT DE FARBA NGOM : LA CHAMBRE D’ACCUSATION FINANCIÈRE CONFIRME

🔴 ÉLECTION CONTESTÉE À LA FSF : LE TAS TRANCHERA LE 10 MARS

Cour d’appel de Dakar : la Chambre d’accusation financière confirme la levée du mandat de dépôt de Farba Ngom

La Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar a confirmé la décision du juge d’instruction ordonnant la levée du mandat de dépôt visant Mouhamadou Ngom, dans le cadre de l’affaire présumée de blanchiment de capitaux. La juridiction d’appel a ainsi rejeté le recours introduit par le procureur de la République financier qui contestait cette décision et demandait le maintien en détention provisoire du mis en cause.

Dans son arrêt rendu le 12 février 2026, la Chambre d’accusation financière a également refusé la requête de sursis à statuer formulée par le ministère public. Les juges ont estimé que les arguments développés par la défense soulèvent des doutes sérieux dans ce dossier, justifiant la décision du juge d’instruction de placer Farba Ngom sous contrôle judiciaire plutôt que de le maintenir en détention.

Le parquet financier avait saisi la juridiction d’appel en s’appuyant sur une décision de la Cour suprême du Sénégal rendue le 6 novembre 2025 dans une procédure distincte impliquant Ndeye Seynabou Ndiaye. Dans cette affaire, la haute juridiction avait cassé une décision antérieure et ordonné la saisine du Conseil constitutionnel du Sénégal afin d’examiner une exception d’inconstitutionnalité portant sur certaines dispositions de la loi de 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux.

Sur cette base, le ministère public estimait qu’il convenait de suspendre l’examen du dossier concernant Farba Ngom dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel. Toutefois, selon les informations rapportées par le journal Libération, la Chambre d’accusation financière n’a pas suivi cette argumentation.

Les juges ont considéré que la procédure ayant conduit à la saisine du Conseil constitutionnel concerne exclusivement Ndeye Seynabou Ndiaye et ne saurait avoir pour effet de suspendre les droits procéduraux des autres personnes poursuivies dans des dossiers distincts. La juridiction a notamment rappelé que le droit de solliciter une liberté provisoire peut être exercé à tout moment durant l’instruction, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale.

La Cour a également relevé que le ministère public n’a pas formulé de griefs précis contre les ordonnances rendues par le juge d’instruction, se limitant à demander un sursis à statuer dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel. Pour les magistrats, cet argument ne constitue pas un motif suffisant pour remettre en cause la décision de mise en liberté sous contrôle judiciaire.

Pour rappel, le procureur de la République financier, Abdoulaye Sylla, avait interjeté appel contre deux ordonnances rendues le 7 janvier 2026 par le président du collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier. Ces décisions avaient ordonné la mainlevée du mandat de dépôt visant Farba Ngom et son placement sous contrôle judiciaire, une mesure à laquelle s’opposait le parquet qui demandait son maintien en détention provisoire.

Suppression de 19 structures parapubliques : plus de 920 emplois menacés, les syndicats tirent la sonnette d’alarme

La décision du gouvernement sénégalais de supprimer 19 structures parapubliques suscite de vives inquiétudes au sein de l’administration. Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, cette réforme pourrait avoir des conséquences directes sur l’emploi de centaines d’agents publics et contractuels. Les organisations syndicales alertent déjà sur le sort de plus de 920 travailleurs dont l’avenir professionnel demeure incertain.

Le coordonnateur du Collectif interministériel des agents de l’Administration, Omar Dramé, a exprimé les préoccupations des travailleurs face à cette décision. S’il reconnaît la nécessité pour l’État de rationaliser ses dépenses et de mieux organiser ses structures administratives, le syndicaliste regrette toutefois l’absence de concertation préalable avec les agents concernés. Selon lui, une réforme d’une telle ampleur aurait dû s’accompagner d’un dialogue approfondi avec les représentants des travailleurs afin d’anticiper les conséquences sociales.

D’après Omar Dramé, l’annonce de la suppression de ces structures a provoqué une véritable psychose parmi les agents qui y travaillent. Beaucoup s’interrogent sur leur avenir professionnel, faute d’informations claires sur les mesures d’accompagnement envisagées par les autorités. Les travailleurs redoutent notamment des licenciements massifs ou des situations d’abandon administratif similaires à celles observées lors de précédentes restructurations.

Les syndicats pointent également le manque de précisions concernant les mécanismes de redéploiement ou de départ négocié. À ce stade, les agents ignorent encore si des dispositifs d’intégration dans d’autres services de l’État, des plans de départ volontaire ou des indemnités compensatoires seront mis en place. Cette incertitude alimente l’inquiétude et renforce le sentiment d’insécurité sociale au sein des structures concernées.

Le Collectif interministériel des agents de l’Administration rappelle par ailleurs que certaines suppressions d’agences intervenues dans le passé n’ont toujours pas été totalement réglées. Dans plusieurs cas, des agents se seraient retrouvés sans indemnités ou sans solution de reclassement durable, ce qui nourrit aujourd’hui la méfiance des travailleurs face à la nouvelle réforme.

Pour éviter que cette décision ne se transforme en crise sociale, les syndicats demandent au gouvernement de faire preuve de transparence et de responsabilité. Ils réclament notamment la publication de la liste précise des structures concernées, ainsi que la mise en place d’un cadre de dialogue avec les partenaires sociaux afin de garantir la protection des emplois et les droits des travailleurs.

Dans un contexte marqué par les efforts de rationalisation des finances publiques, les organisations syndicales insistent sur la nécessité de concilier réformes administratives et préservation de la stabilité sociale. Pour elles, toute restructuration de l’appareil d’État doit impérativement tenir compte de l’impact humain et social qu’elle peut engendrer.

Le droit douanier à l’assaut de l’économie numérique :  l’amont du dédouanement des services en gestation

La politique de sécurité nationale, cette branche de la science politique, intéresse le droit douanier qui, au fur et à mesure de son évolution, englobe les initiatives et normes adoptées pour améliorer la sécurité des marchandises. 

Les gouvernements ont l’opportunité d’utiliser l’Administration des douanes comme une ressource clé dans la sécurité frontalière car elle a une grande expertise dans la gestion du risque et le commerce international, deux éléments importants quand le thème de la sécurité nationale est abordé. 

En effet, le développement et la mise en œuvre de normes de sécurité aux frontières, qu’elles soient matérielles ou immatérielles, sont essentielles pour sauvegarder l’intégrité de la chaine logistique internationale.

Frontiéres immatérielles puisque, tout comme les marchandises circulent de manière illicite, les services y rattachés ou non, prohibés ou pas font malheureusement aussi, l’objet de transactions illégales, via des contrats commerciaux et des réseaux matériels ou virtuels.

Il est dès lors, nécessaire de sécuriser le dispositif douanier de surveillance des services transfrontaliers, tout comme il est impératif de fluidifier le commerce électronique et de garantir l’intégrité des services financiers surtout avec le remplacement des chèques du trésor par des méthodes de paiement numériques « e-monnaie » telles que les cartes bancaires et le Mobile Money. 

Alors que le débat autour du moratoire sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques s’intensifie à l’approche de la 14ièmeConférence ministérielle (CM14) de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) qui se tiendra du 26 au 29 mars 2026 à Yaoundé (Cameroun), la question duale de la sécurité et de la fluidité de la chaine logistique numérique interpelle sérieusement l’Administration des Douanes. 

Alors que le dédouanement des services est en gestation, la surveillance douanière, son compère de la summa-divisio juridique, est donc bien à pied d’œuvre, pour garantir l’intégrité, la disponibilité et la confidentialité des données de son dispositif.

Dans cet imbroglio virtuel, se pose la question de savoir si le dispositif douanier de contrôle dunumérique garantit suffisamment la performance de l’action douanière face aux risques de manipulations, de cyberattaques, d’espionnages, de piratages, d’infractions par des virus ou de fraude.

D’ores et déjà, il convient de se féliciter du schéma directeur informatique de l’Administration desDouanes, instrument de mise en cohérence de laStratégie Sénégal numérique incarnée, présentement,par le new deal technologique.

Ce schéma sécurisé, je touche du bois, se veut un accélérateur du processus de transformation digitale de l’Administration à travers la connectivité de toutes les unités douanières au système de Gestion Automatisée des Informations douanières et des Echanges (GAINDE), la digitalisation du Système interne de Suivi des Enquêtes douanières (SISED), la gouvernance des données et la sécurité des systèmes d’information.

D’une manière générale, l’intégrité des données ou d’un système peut être affectée de trois façons : d’abord par la perte des données, ensuite par l’accès refusé aux données et enfin par la compromission des données. 

Pour résoudre ces anomalies aggravées par l’aterritorialité d’Internet, le système de sécurité des douanes est assuré par deux grandes options de sécurité.

La sécurité physique concerne essentiellement la protection des centres de données, des locaux des serveurs, du matériel réseau, des dispositifs de tolérance de panne intégrés aux serveurs, des postes de travail etc…

La sécurité logique fait référence à la protection des données et à la réalisation de mécanismes de sécurité par logiciel. Elle est fondée sur la philosophie de protection par routeur et pare-feu (firewall ) et s’appuie sur la cryptographie et des procédures de contrôle d’accès et d’authentification. 

Malgré ces mesures de sécurité, le système de dédouanement dématérialisé demeure exposé puisqu’il existe un continuum cyber-physique entre les activités qui se déroulent dans le cyberespace et celles qui se déroulent dans le monde physique classique. 

Aussi, des utilisateurs malveillants parviennent,toujours, à usurper l’identité douanière quand bien même codée, de sociétés industrielles et, pire réussissent à prendre carrément le contrôle de systèmes informatiques étatiques par le recours à lacomplicité interne, l’ingénierie sociale, l’exploitation des failles de sécurité, le détournement des ressourcesetc…

Fort heureusement, d’une part, le contrôle après dédouanement permet de rectifier certaines erreurs que le numérique aurait pu occulter ou à contrario favoriser, d’autre part, le nouveau dispositif douanier intègre des unités douanières spécialisées dans la cybersécurité telles que la Cellule de Recueil de la Preuve informatique (CRPI) et le service dénommé Cyberdouanes. 

La CRPI réalise la saisie, la copie et l’analyse de supports informatiques et électroniques, y compris les téléphones portables, et tout type de données distantes, notamment par télé perquisition, le service Cyberdouanes quant à lui, recueille et enrichit des informations sur le commerce électronique.

A l’assaut du numérique, le droit douanier subit des transformations digitales relativisant ainsi son autonomie par rapport au droit de la sécurité nationale.

Le choc des droits répressifs se manifestent pourtant,dans les deux sens car autant la politique de sécurité nationale intègre, dans son architecture, la surveillance des services objet de dédouanement, autant le contentieux du dédouanement des services en gestation interpelle la criminologie numérique. 

Cette dualité interactive est prise en compte par l’Organisation mondiale des Douanes (OMD) en collaboration avec la police internationale Interpol dans le cadre de la déclinaison d’une stratégie de sécurité du cyberespace.

Dans ce contexte, la référence à la démarche d’intelligence juridique, la gestion numérique du recouvrement par des comptables des douanes organisés en réseaux, l’échange d’informations en temps réel entre les douanes et les autres régies financières (Impôts, Trésor), contribuent à la mise en place d’un dispositif douanier performant et sécuriséde taxation de l’économie numérique.

 

Docteur Ndiaga SOUMARE,

Inspecteur principal des douanes de Classe exceptionnelle.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°689 – 06/03/2026

🔴 ÉMIGRATION IRRÉGULIÈRE- 139 MIGRANTS INTERCEPTÉS PAR LA MARINE NATIONALE EN PLUS D’UN BÉBÉ RETROUVÉ MORT : LES LARMES DE NOS FILS ARROSENT ENCORE L’OCÉAN
🔴 DÉDOUANEMENT DES SERVICES EN GESTATION À LA LOUPE DU DOCTEUR NDIAGA SOUMARÉ : LE DROIT DOUANIER À L’ASSAUT DE L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE

🔴 SOUTIEN AU SPORT : L’ÉTAT DÉBLOQUE PLUS DE 4 MILLIARDS FCFA POUR 111 COMPÉTITIONS

Attaque contre Babacar Ngom : le silence du patronat sénégalais au cœur de la polémique

Les déclarations tenues à l’Assemblée nationale à l’encontre de Babacar Ngom continuent d’alimenter le débat public au Sénégal. Au-delà de la personne de l’homme d’affaires, c’est une certaine représentation de la réussite entrepreneuriale sénégalaise qui semble avoir été publiquement mise en cause : celle d’un dirigeant présenté comme un self-made man, ayant construit son parcours par l’investissement, la prise de risque et l’audace.

Mais plus que les propos eux-mêmes, c’est l’absence de réaction des organisations patronales qui suscite l’incompréhension de nombreux observateurs. Ni le Conseil national du patronat du Sénégal (CNP), ni la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), ni encore le Club des investisseurs sénégalais (CIS) n’ont, à ce stade, publié de communiqué officiel. Aucun rappel de principe sur le respect dû aux acteurs économiques, aucune déclaration sur la contribution de Babacar Ngom à l’essor du secteur privé national et à l’économie du pays.

Cette réserve contraste avec les réflexes observés dans d’autres corps organisés. Dans le monde syndical, universitaire ou médical, la solidarité professionnelle se manifeste souvent dès qu’un membre est publiquement attaqué. Il ne s’agit pas nécessairement d’une approbation inconditionnelle, mais d’une défense collective de l’image et de la dignité d’une profession. Cette attitude traduit une conscience partagée d’intérêts communs et d’un destin collectif.

Dans cette affaire, seule la voix d’Abdoulaye Sylla, à la fois député et chef d’entreprise, s’est élevée pour dénoncer ce qu’il considère comme une attaque injuste. Une prise de position individuelle qui, bien que saluée par certains, ne peut selon d’autres se substituer à une réaction institutionnelle structurée.

La controverse soulève une interrogation plus large sur le rôle des organisations patronales. Leur mission se limite-t-elle à la défense des intérêts économiques à travers les négociations fiscales, les concertations sociales ou les rencontres protocolaires avec l’État ? Ou inclut-elle également une dimension morale et symbolique consistant à protéger leurs membres lorsque leur réputation est publiquement mise en cause ?

L’absence de solidarité officielle peut être interprétée de diverses manières. Certains y voient une prudence stratégique visant à éviter toute politisation excessive des structures patronales. D’autres y perçoivent un manque de cohésion interne et un affaiblissement de la capacité du secteur privé à parler d’une seule voix.

Pour les investisseurs, les PME et les jeunes entrepreneurs, le signal envoyé peut paraître ambigu. Si un capitaine d’industrie peut être publiquement attaqué sans réaction collective de ses pairs organisés, cela peut nourrir l’idée d’un patronat fragmenté, peu enclin à faire bloc dans l’adversité.

Au fond, cette séquence met en lumière un enjeu central : la crédibilité des organisations patronales repose non seulement sur leur capacité à défendre des intérêts matériels, mais aussi sur leur aptitude à incarner une solidarité institutionnelle. Une organisation qui ne protège pas ses membres lorsqu’ils traversent une tempête médiatique ou politique s’expose à voir sa légitimité questionnée. Le CNP, la CNES et le CIS se retrouvent ainsi au cœur d’un débat sur la nature et la portée de leur engagement au service du secteur privé sénégalais.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°688 – 05/03/2026

🔴 ENTRE ATTAQUES RÉPÉTITIVES ET INJUSTIFIÉES PROFÉRÉES CONTRE BABACAR NGOM ET … : APHONIE COUPABLE DU PATRONAT
🔴 POLITIQUE MONÉTAIRE/ BAISSE DE SON TAUX DIRECTEUR JUSQU’À 3% : LA BCEAO DESSERRE

🔴 COUP DUR POUR L’ATHLÉTISME SÉNÉGALAIS : LE MEETING DE DAKAR RAYÉ PAR WORLD ATHLETICS

Sénégal : Yacine Fall appelle à une justice plus humaine et tournée vers la réinsertion

À l’occasion d’une rupture collective du jeûne organisée au camp pénal de Liberté 6 à Dakar, la Garde des Sceaux et ministre de la Justice du Sénégal, Yacine Fall, a livré un message fort sur le sens et la finalité de la peine privative de liberté. Devant des détenus réunis pour ce moment de partage, elle a insisté sur la nécessité d’une justice à la fois ferme, équitable et profondément humaine.

Selon la note de son service de communication, la ministre a rappelé que « la privation de liberté ne doit jamais signifier la perte de dignité ». Si la sanction demeure une composante essentielle de l’ordre judiciaire, elle ne saurait, selon elle, se réduire à une logique punitive. La justice, a-t-elle souligné, doit également accompagner, réparer et ouvrir des perspectives réelles de réinsertion aux personnes condamnées.

Ce moment de rupture du jeûne s’inscrit, d’après la chancellerie, dans une volonté des pouvoirs publics de maintenir un dialogue constant avec les personnes en détention. Il s’agit, selon la ministre, de réaffirmer l’engagement de l’État en faveur d’un système pénitentiaire respectueux des droits humains, tout en garantissant la sécurité publique. La présence de la Garde des Sceaux au sein de l’établissement pénitentiaire vise également à envoyer un signal d’écoute dans un contexte carcéral particulièrement tendu.

En effet, les prisons sénégalaises font face à une situation de surpopulation préoccupante. D’après les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les établissements pénitentiaires disposaient en 2023 d’une capacité théorique de 4 833 places pour près de 13 000 détenus, soit un taux d’occupation avoisinant 267 %, largement supérieur aux standards admis. Certaines régions, comme Kédougou, ont enregistré des taux particulièrement élevés, atteignant jusqu’à 501 %, illustrant une pression extrême sur les infrastructures existantes.

À cette surpopulation s’ajoute un déficit notable en personnel pénitentiaire. Les chiffres disponibles évoquent un ratio d’un surveillant pour onze détenus, alors que les normes internationales recommandent un encadrement beaucoup plus rapproché, souvent estimé à un agent pour deux détenus. Cette situation complique non seulement la gestion quotidienne des établissements, mais limite également la mise en œuvre effective de programmes de formation, d’accompagnement psychologique et de préparation à la réinsertion.

Dans ce contexte, les propos de la ministre prennent une dimension particulière. Plaider pour une justice qui « accompagne » suppose de renforcer les mécanismes alternatifs à l’incarcération pour certaines infractions, d’accélérer le traitement des dossiers judiciaires afin de réduire la détention préventive et d’investir dans des dispositifs de réinsertion professionnelle.

La déclaration de Yacine Fall ouvre ainsi un débat plus large sur la réforme du système pénitentiaire sénégalais. Entre impératif de sécurité, respect de la dignité humaine et nécessité de lutter contre la récidive, l’équilibre reste délicat. Mais le message porté lors de cette visite rappelle que la prison, au-delà de la sanction, doit aussi être un espace de reconstruction et de préparation au retour dans la société.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°687 – 04/03/2026

🔴 AVIS DU CDEPS SUR LA CRÉATION D’UN « CONSEIL NATIONAL DE RÉGULATION DES MÉDIAS » EN REMPLACEMENT DU CONSEIL DE RÉGULATION DE L’AUDIOVISUEL : UN COUP D’ÉTAT CONTRE LES MÉDIAS !
🔴 EXTRADITION PARTIELLE DE MADIAMBAL PRONONCÉE PAR LE JUGE FRANÇAIS : LE STATU QUO

🔴 DÉTENTION DES 18 SUPPORTERS : DAKAR PRIVILÉGIE LA CARTE DIPLOMATIQUE AVEC RABAT

Conseil national de régulation des médias : le CDEPS alerte sur « une menace directe » contre l’indépendance de la presse

Alors que l’Assemblée nationale du Sénégal examine ce mardi 3 mars le projet de loi portant création du Conseil national de régulation des médias, la contestation s’organise dans les rangs des professionnels de la presse. Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), qui regroupe les principales entreprises privées du secteur, a publié un communiqué particulièrement critique à l’égard du futur organe de régulation.

Le texte gouvernemental vise à instituer le Conseil national de régulation des médias (CNRM), appelé à remplacer l’actuel Conseil national de régulation de l’audiovisuel et à étendre son champ d’action à l’ensemble de l’écosystème médiatique, y compris la presse en ligne et les contenus numériques. Pour les autorités, cette réforme répond à la nécessité d’adapter le cadre légal aux mutations technologiques et aux défis posés par la désinformation et les plateformes numériques.

Mais pour le CDEPS, les prérogatives prévues par le projet de loi dépassent largement le cadre d’une régulation équilibrée. Son président, Mamadou Ibra Kane, évoque « une menace directe sur l’indépendance des médias, leur viabilité économique et, au-delà, sur l’équilibre démocratique ». L’organisation estime que certaines dispositions ouvrent la voie à des mesures administratives lourdes pouvant affecter profondément le fonctionnement des entreprises de presse.

Le communiqué pointe notamment la possibilité de fermeture administrative d’organes de presse, de suspension immédiate de médias, de blocage de contenus ou encore de coupure d’accès à des plateformes numériques. L’exécution instantanée des décisions du futur CNRM suscite également de vives inquiétudes. Pour le CDEPS, ces mécanismes pourraient fragiliser la liberté d’informer et créer un climat d’incertitude juridique pour les acteurs du secteur.

Au-delà du contenu même du texte, les professionnels dénoncent un déficit de concertation. Ils regrettent l’absence, selon eux, d’un cadre formel de discussion sur la version finale du projet de loi et le manque de partage préalable du document avant son examen parlementaire. Cette méthode alimente le sentiment d’exclusion des principaux concernés d’un processus qui touche directement à l’exercice de leur activité.

L’examen du projet intervient dans un contexte juridique sensible. Par un arrêt rendu le 11 décembre 2025, la Cour suprême du Sénégal avait rappelé que la création d’un organe de presse n’est soumise à aucune autorisation préalable et que l’activité de presse constitue une liberté fondamentale. Cette décision faisait suite à une série de mesures gouvernementales jugées contraignantes par certains acteurs du secteur.

Dans ce climat, le débat autour du CNRM dépasse la simple question technique de la régulation. Il touche aux équilibres institutionnels entre régulation administrative et protection constitutionnelle des libertés publiques. Tandis que le gouvernement défend un cadre destiné à responsabiliser l’espace médiatique face aux dérives numériques, les entreprises de presse redoutent un dispositif susceptible d’entraver leur autonomie éditoriale et leur stabilité économique.

Réforme des médias : le Sénégal crée le CNRM pour encadrer le numérique et l’intelligence artificielle

Le Sénégal engage une transformation majeure de son dispositif de régulation médiatique. Ce mardi 3 mars 2026, devant l’Assemblée nationale du Sénégal, le ministre de la Communication Alioune Sall a défendu un projet de loi instituant le Conseil National de Régulation des Médias, appelé à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel.

Ce changement marque un tournant structurel. Jusqu’ici centré sur la régulation du secteur audiovisuel classique, le cadre légal s’élargit désormais à l’ensemble de l’écosystème informationnel. Le futur Conseil National de Régulation des Médias, ou CNRM, aura compétence sur la presse en ligne, les plateformes numériques, les réseaux sociaux, les créateurs de contenus et même les médias étrangers accessibles sur le territoire sénégalais. La réforme traduit la volonté des autorités d’adapter la régulation aux mutations profondes du paysage médiatique, dominé par la circulation instantanée de l’information et l’essor de l’intelligence artificielle.

Selon le ministre, cette évolution répond à une nécessité devenue urgente. Les phénomènes de désinformation, de manipulation algorithmique et de diffusion de contenus générés par intelligence artificielle, notamment les deep fakes, représentent de nouveaux défis pour la cohésion sociale et la stabilité institutionnelle. Le CNRM sera doté d’outils technologiques avancés pour identifier les campagnes coordonnées de désinformation, détecter les contenus falsifiés et exiger le retrait rapide de publications jugées illicites.

Le texte prévoit également que l’autorité de régulation puisse adresser des injonctions aux grandes plateformes numériques, y compris celles dont le siège est établi hors du Sénégal, dès lors que leurs contenus sont accessibles au public sénégalais. Les sanctions annoncées se veulent graduées et proportionnées, allant de mises en demeure à des sanctions financières, tout en laissant ouvertes des voies de recours devant les juridictions compétentes afin de garantir les droits de la défense et le respect du contradictoire.

La réforme s’inscrit dans un contexte de préoccupations croissantes concernant la protection des mineurs et la préservation de l’ordre public numérique. Le gouvernement évoque la nécessité de faire face à ce qu’il qualifie de « liberté de nuire », en distinguant la liberté d’expression, protégée par la Constitution, des pratiques de diffusion de fausses informations susceptibles de porter atteinte à la réputation, à la sécurité ou à la paix sociale.

Pour prévenir toute suspicion d’instrumentalisation politique, le projet de loi met l’accent sur l’indépendance institutionnelle du CNRM. Les membres de l’organe seront désignés à l’issue d’un appel à candidatures et nommés pour un mandat de trois ans, renouvelable une seule fois. Ils devront prêter serment et exercer leurs fonctions en toute impartialité. Le ministre a insisté sur le fait que le nouvel organe ne constitue ni un instrument de censure ni une loi dirigée contre les plateformes numériques, mais un cadre destiné à responsabiliser l’ensemble des acteurs de l’espace public digital.

Ce basculement réglementaire place le Sénégal parmi les pays africains cherchant à anticiper les enjeux de la régulation de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux. Reste désormais à savoir comment le futur CNRM appliquera concrètement ses prérogatives et comment l’équilibre sera maintenu entre la lutte contre les dérives numériques et la protection des libertés fondamentales.

Secrétariat général de l’ONU : Sall–Bachelet, duel stratégique pour l’après-Guterres

À l’approche de la fin du mandat d’António Guterres, prévue le 31 décembre 2026, la succession à la tête de l’Organisation des Nations Unies s’annonce particulièrement disputée. Deux figures dominent déjà les projections diplomatiques : l’ancien président sénégalais Macky Sall et l’ancienne cheffe d’État chilienne Michelle Bachelet.

Derrière cette compétition se dessine un affrontement de styles, de réseaux et de stratégies continentales. Michelle Bachelet incarne une tradition multilatérale marquée par son expérience à la tête du Chili et son passage dans les instances internationales. Son profil est associé à la défense des droits humains et à une approche institutionnelle fondée sur le consensus. Macky Sall, quant à lui, mise sur une image de pragmatisme politique, de médiateur et de dirigeant issu d’un continent qui revendique une place accrue dans la gouvernance mondiale.

La candidature de Macky Sall, officiellement déposée le 2 mars 2026 par le Burundi, constitue un tournant stratégique. Ce parrainage, porté par un État africain, permet de contourner les hésitations internes à Dakar tout en inscrivant la candidature dans une logique continentale. Selon plusieurs sources diplomatiques, l’ancien président sénégalais aurait engagé depuis plusieurs mois une campagne discrète auprès de membres influents du Conseil de sécurité. L’enjeu central reste l’obtention d’un soutien déterminant parmi les cinq membres permanents, dont l’aval est indispensable pour toute nomination.

L’un des principaux arguments avancés par ses partisans repose sur son expérience à la tête de l’Union africaine en 2022–2023. Durant cette période, Macky Sall s’était illustré par des démarches diplomatiques de haut niveau, notamment dans le contexte du conflit russo-ukrainien, en multipliant les contacts avec Moscou et Kiev. Cette capacité à dialoguer avec des puissances aux intérêts divergents est présentée comme un atout majeur pour diriger une organisation souvent paralysée par les rivalités géopolitiques.

Au-delà de son profil personnel, l’argument démographique et politique du continent africain pèse dans l’équation. Avec 54 États membres, l’Afrique constitue le plus grand bloc régional au sein de l’Assemblée générale. Pour de nombreux dirigeants africains, l’accession d’un ressortissant du continent au poste de Secrétaire général représenterait un rééquilibrage symbolique et politique d’un système historiquement dominé par l’Europe et d’autres régions du monde.

Face à cette dynamique, Michelle Bachelet dispose d’arguments solides. L’Amérique latine n’a plus occupé le poste depuis 1991, ce qui alimente l’argument de la rotation régionale. Par ailleurs, la question du genre constitue un levier important dans le débat international. En plus de huit décennies d’existence, l’ONU n’a jamais été dirigée par une femme, et plusieurs organisations militent pour que cette réalité change. La candidature de Bachelet s’inscrit ainsi dans une double revendication : représentation régionale et leadership féminin.

Cependant, la fragmentation potentielle du vote latino-américain pourrait constituer un défi pour elle. Contrairement au bloc africain, souvent capable de s’accorder sur des positions communes, l’Amérique latine présente une diversité d’orientations diplomatiques qui pourrait compliquer l’unité derrière une seule candidature.

Ce duel prend également une dimension politique à Dakar. Le fait que l’État sénégalais n’ait pas officiellement porté la candidature de son ancien président soulève des interrogations sur les calculs internes et les équilibres diplomatiques régionaux. Néanmoins, la dynamique engagée semble désormais dépasser les considérations nationales pour s’inscrire dans une stratégie continentale plus large.

La décision finale reviendra au Conseil de sécurité, dont la recommandation sera soumise à l’Assemblée générale. Si Michelle Bachelet bénéficie pour l’heure d’une visibilité médiatique importante et d’un discours centré sur les droits humains et l’égalité, Macky Sall paraît s’appuyer sur un réseau diplomatique dense, un soutien africain structuré et une stratégie tournée vers les équilibres de puissance.

Extradition de Madiambal Diagne : la Cour d’appel de Versailles rend un avis partiellement favorable, l’intéressé évoque une « demi-victoire »

La Cour d’appel de Versailles a rendu sa décision concernant la demande d’extradition introduite par l’État du Sénégal à l’encontre du journaliste et homme d’affaires Madiambal Diagne. Les magistrats ont émis un avis partiellement favorable, une issue que l’intéressé qualifie lui-même de « demi-victoire » et qu’il estime inédite dans la pratique judiciaire en matière d’extradition.

À la sortie de l’audience, Madiambal Diagne s’est exprimé avec prudence mais sérénité. Selon lui, la décision de la juridiction française tranche de manière inhabituelle avec les schémas classiques observés dans ce type de procédure. « C’est quelque chose que je peux considérer, plus ou moins, comme inédit. Parce qu’une demande d’extradition, on y satisfait ou on n’y satisfait pas. Mais dire que nous coupons la poire en deux, en disant qu’on est partiellement pour un avis favorable, ça pose un problème, peut-être de droit ou de pratique judiciaire », a-t-il déclaré, soulignant que ses avocats entendent examiner les voies de recours possibles.

Dans les procédures d’extradition, la juridiction saisie ne statue pas sur la culpabilité de la personne concernée, mais vérifie la conformité de la demande avec les règles de droit interne et les engagements internationaux, notamment en matière de respect des droits fondamentaux. L’avis rendu par la cour d’appel constitue une étape déterminante, mais il ne met pas nécessairement un terme au processus, puisqu’un pourvoi en cassation peut être formé pour contester la légalité ou l’interprétation juridique de la décision.

C’est précisément cette voie que l’équipe de défense de Madiambal Diagne envisage d’emprunter. Pour ses conseils, le caractère partiellement favorable de l’avis soulève des interrogations juridiques importantes. Une extradition « partielle » signifie en général que certains faits retenus dans la demande sont jugés recevables au regard du droit applicable, tandis que d’autres ne remplissent pas les conditions requises. Cette approche, bien que prévue par les textes dans certaines hypothèses, reste relativement rare et peut donner lieu à des débats techniques sur son fondement et sa portée.

En se déclarant confiant, Madiambal Diagne considère néanmoins que cette décision constitue un premier signal positif. Le rejet implicite d’une partie des griefs formulés par les autorités sénégalaises est perçu par lui comme une reconnaissance partielle des arguments développés par sa défense. Il insiste toutefois sur la nécessité d’obtenir une clarification définitive à travers un éventuel recours en cassation, afin de sécuriser juridiquement sa situation.

Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière la complexité croissante des mécanismes de coopération judiciaire internationale. Entre respect de la souveraineté des États demandeurs et protection des droits fondamentaux des personnes visées, les juridictions sont souvent amenées à opérer des arbitrages délicats. La décision rendue à Versailles illustre ces équilibres subtils et pourrait, selon certains observateurs, nourrir la réflexion doctrinale sur l’évolution de la pratique en matière d’extradition.

DIGNITÉ DU DÉBAT PUBLIC, RESPECT DES BÂTISSEURS, HONNEUR AUX DÉPUTÉS , DÉFÉRENCE AUX INVESTISSEURS : ABDOULAYE SYLLA APPELLE AU SURSAUT

Je lève ma voix pour défendre la dignité du débat public, le respect des bâtisseurs, l’attention due aux investisseurs et l’honneur de la représentation nationale. Disons le haut et fort, quand la parole publique abdique, il y a une faute morale, une indignité républicaine et donc devoir de sursaut

Il est des moments où le silence deviendrait une complicité. Il est des paroles qui, parce qu’elles sont prononcées dans l’enceinte même de la représentation nationale, engagent bien au-delà de leurs auteurs et appellent une condamnation morale ferme, nette et sans équivoque.

Ce qui s’est produit à l’Assemblée nationale ne relève ni du débat démocratique, ni de la vivacité parlementaire, ni même d’un excès de langage malheureux. Il s’agit tout simplement d’un manquement grave à l’éthique publique, d’une déchéance morale incompatible avec la dignité du mandat parlementaire. Lorsqu’un élu, incapable de répondre à une collègue sur le terrain des idées, choisit sciemment d’attaquer son père, il ne commet pas une maladresse : il franchit une frontière morale que nul représentant du peuple n’a le droit d’ignorer. Je refuse de l’ignorer donc j’élève ma voix.

Aucune divergence politique, aucune tension idéologique, aucune posture militante ne saurait justifier l’instrumentalisation de la filiation, l’atteinte à l’honneur familial ou l’humiliation personnelle. Un tel comportement constitue une rupture avec les fondements mêmes de la République, fondements qui exigent retenue, respect et sens aigu de la responsabilité — a fortiori dans un lieu censé incarner l’exemplarité.

Le dossier de Ndingler, agité de manière obsessionnelle par certains, ne peut servir d’alibi à cet effondrement moral. Les faits sont connus, établis et vérifiables. Une terre  attribuée au terme d’un processus administratif, mise en valeur par un investisseur sénégalais, transformée en un pôle de production exemplaire au service de l’autosuffisance alimentaire. Voilà la réalité, loin du vacarme.

Cet investisseur est Babacar Ngom, fondateur de Sedima, figure majeure du secteur privé national et référence sous-régionale.  Je ne défends pas une personne pour le plaisir de la défendre. Je campe un principe d’autant plus que je ne connais pas personnellement Babacar Ngom et je ne crois pas l’avoir déjà rencontré. Mais je sais ce que son parcours représente : le travail contre la démagogie, la production contre l’agitation, la durée contre l’improvisation.

Babacar Ngom est un homme qui a choisi le labeur, l’investissement et la dignité. Il a investi dans le pays et pour le pays, dans plusieurs secteurs stratégiques. Son engagement agricole n’est ni une aventure opportuniste ni un calcul politicien : il procède d’une vision, d’un patriotisme économique assumé

Et à son sujet, Il faut ici rappeler un fait humainement lourd, que toute conscience honnête devrait méditer. Accablé par la répétition des attaques, Babacar Ngom avait pris la décision douloureuse d’arrêter ses activités et d’aller jusqu’à restituer les terres que les autorités lui avait régulièrement octroyées.

Voilà jusqu’où peut conduire l’irresponsabilité verbale : non à l’échec économique, mais à l’usure morale d’un bâtisseur national.

Et pendant que ce député de la majorité s’adonne à l’invective, la République, elle, a parlé avec gravité. En effet, le samedi 27 décembre 2025, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a élevé Babacar Ngom à la dignité de Grand-Croix de l’Ordre national du Lion, la plus haute distinction honorifique du Sénégal.

Par cet acte solennel, la Nation a salué une trajectoire et rendu hommage à un homme dont l’engagement au service du pays est reconnu au sommet de l’État. Dès lors, la faute morale commise par ce député n’en est que plus criante.

Il pouvait répondre politiquement à sa collègue Anta Babacar Ngom,  il pouvait le faire fermement, sans concession mais il n’avait aucun droit moral d’insulter son père, encore moins un père que la République venait d’honorer. Cette dérive n’est pas un égarement éthique, c’est beaucoup plus. Quand on insulte Babacar Ngom, on insulte un père mais on insulte aussi le secteur privé national.

A ce député égaré, il faut redire avec force que le secteur privé national est une colonne vertébrale de la souveraineté économique. Il mérite protection, écoute et considération. Ceux qui siègent à l’Assemblée nationale auraient dû en être les défenseurs naturels, s’ils avaient pleinement compris et surtout incarné la mystique de leur mission au service de la Nation.

Je veux ici assumer une parole personnelle.

Je passe une part importante de mon temps hors du pays, non par désinvolture, mais pour maintenir à flot des entreprises sénégalaises frappées par une crise sans précédent, dans un contexte d’adversité parfois ouverte et flagrante. On m’accuse d’absentéisme sur les bancs de l’Assemblée. Mais pense-t-on un seul instant à mes lourdes responsabilités d’investisseur dans l’obligation de préserver un outil de travail, de payer des salaires, de garantir l’avenir de milliers d’employés au Sénégal et à l’étranger, eux aussi responsables du quotidien de milliers de familles durement éprouvées par la crise ?

À ces attaques, je n’ai jamais répondu par la parole blessante.

Je n’y répondrai jamais autrement que par l’action, par la sauvegarde de la dignité de mes entreprises, de mes employés et de tous ceux et celles qui dépendent d’eux. C’est cela, la responsabilité. C’est cela, le patriotisme réel.

Pour ma part, je me suis toujours battu pour l’émergence d’un secteur privé national fort, structuré et uni. Aujourd’hui, face aux attaques répétées, aux incompréhensions et à ce climat délétère de crise, je lance un appel solennel pour la mise en place d’un cadre unitaire du secteur privé national : un espace de cohésion, de solidarité et de responsabilité collective, capable de renforcer notre voix, de protéger nos entreprises et de nous rendre à la hauteur de notre mission historique.

Les crises, dit-on, révèlent les faiblesses. Si elles ne montrent pas d’elles-mêmes le chemin de l’urgence, montrons que nous ne sommes pas de ceux qui détournent le regard. Unissons nos forces dispersées, élevons notre parole, consolidons notre action. Car la souveraineté ne se proclame pas : elle se construit, ensemble, dans la durée, par le travail et par la dignité.

Ce qui s’est produit doit être condamné sans réserve, non pour humilier, mais pour rappeler les bornes, restaurer la dignité du débat public et préserver l’honneur de la République.

Abdoulaye Sylla
Investisseur
Député à l’Assemblée nationale

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°686 – 03/03/2026

🔴 SECRÉTARIAT GENERAL DES NATIONS – UNIES ET INDÉCISION DU SÉNÉGAL : LE BURUNDI PORTE MACKY
🔴 DIVERGENCES PROFONDES ENTRE DIOMAYE ET SONKO : UN FOSSÉ BÉANT

🔴 BASKET – QUALIFICATIONS MONDIAL : LE SÉNÉGAL CONFIRME SON STATUT

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°685 – 02/03/2026

🔴 ABDOULAYE SYLLA CONTRE L’ABSENCE DE DIGNITÉ DU DÉBAT PUBLIC, L’IRRESPECT DES BÂTISSEURS, LE MANQUE D’HONNEUR À L’ÉGARD DES DÉPUTÉS ET DE CONSIDÉRATION VIS-ÀVIS DES INVESTISSEURS DIT : NON AU SILENCE COMPLICE !
🔴 SITUATION INTERNE DE PASTEF- LES PATRIOTES : SONKO BOMBE LE TORSE

🔴 QUALIFICATIONS MONDIAL FIBA 2027 : LE SÉNÉGAL CONFIRME SON RÉVEIL FACE À MADAGASCAR

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°684 – 28/02/2026 ET 01/03/2026

🔴 INVITATION DU PRÉSIDENT BASSIROU DIOMAYE FAYE ADRESSÉE AUX DÉPUTÉS DE PASTEF MARQUÉE PAR UN : BOYCOTT AUTOUR D’UN « NDOGU » PRÉSIDENTIEL
🔴 ADOPTION DE LA MISE EN ACCUSATION DE L’ANCIEN MINISTRE DE LA COMMUNICATION PAR L’ASSEMBLÉE NATIONALE : BOCAR OBTIENT SON TICKET POUR LA HAUTE COUR

🔴 INCIDENT À DAKAR ARENA : LA POLICE ÉVOQUE UN « QUIPROQUO FAMILIAL »

Invitation au Palais : des députés boycottent le « Ndogou » du président Diomaye

Une invitation présidentielle qui suscite la controverse. Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a convié les députés du parti Pastef Les Patriotes à un « Ndogou » prévu ce vendredi 27 février 2026 au Palais de la République. Présentée comme une rencontre conviviale dans le cadre du mois de Ramadan, l’initiative ne fait cependant pas l’unanimité au sein du groupe parlementaire.

Dès l’annonce de l’événement, plusieurs députés ont publiquement décliné l’invitation, principalement à travers des publications sur les réseaux sociaux. Sur les 130 députés que compte l’Assemblée nationale du Sénégal, près d’une dizaine ont exprimé leur refus de prendre part à la rupture collective du jeûne organisée par le président de la République. Cette prise de position publique, inhabituelle dans ce type de circonstances, a rapidement alimenté les débats au sein de l’opinion.

Le député Cheikh Bara Ndiaye a été l’un des premiers à réagir, publiant sur sa page Facebook un message énigmatique : « Ndogou mystique gaay ame fofou ». Dans son sillage, d’autres parlementaires ont également fait connaître leur décision de ne pas se rendre au Palais. Parmi eux figurent notamment Fatou Cissé Goudiaby, Ramatoulaye Ndom, Cheikh Omar Bamba Diop, Seynabou Yacine Sambe, Mayabé Mbaye, Alla Kane, Ousmane Diop, Awa Sonko, Awa Seck et Fama Bachir Ba. Ces refus, exprimés de manière individuelle, traduisent des sensibilités divergentes au sein même de la majorité parlementaire.

Si aucune déclaration officielle détaillant les motivations de ces boycotts n’a été publiée collectivement, certains observateurs y voient l’expression de désaccords internes ou d’un malaise politique latent. D’autres estiment qu’il pourrait s’agir d’un geste symbolique visant à marquer une prise de distance par rapport à certaines orientations ou pratiques politiques.

Du côté de la direction du groupe parlementaire, le président Ayib Daffé a indiqué que la rencontre avait été validée par le Premier ministre Ousmane Sonko, soulignant ainsi le caractère institutionnel et officiel de l’initiative. Cette précision vise à dissiper toute interprétation d’un événement informel ou partisan, en le replaçant dans le cadre des relations normales entre l’exécutif et sa majorité parlementaire.

Le « Ndogou » présidentiel, traditionnellement perçu comme un moment de communion et de convivialité en période de Ramadan, prend ainsi une dimension politique inattendue. Entre cohésion de la majorité, liberté d’expression des élus et gestion des équilibres internes, cet épisode révèle les dynamiques complexes qui traversent la scène politique sénégalaise, même lors d’événements à vocation symbolique et religieuse.

Affaire Bocar Thiam : Djimo Souaré accuse l’Assemblée nationale de dérive politique

La mise en accusation de Moussa Bocar Thiam devant la Haute Cour de justice du Sénégal continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique. Au lendemain du vote de la résolution par l’Assemblée nationale du Sénégal, le député Djimo Souaré, membre de l’Alliance pour la République (APR, opposition) et vice-président du groupe parlementaire Takku-Wallu, a vivement critiqué la procédure engagée contre l’ancien ministre de la Communication et des Télécommunications.

Selon lui, l’Assemblée nationale se serait « transformée en tribunal politique au service de l’exécutif », remettant en cause l’impartialité de l’institution parlementaire dans ce dossier. Djimo Souaré estime que la démarche adoptée ne repose sur aucune base légale solide et dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique de la procédure de mise en accusation. À ses yeux, le Parlement aurait outrepassé ses prérogatives en examinant une demande de l’exécutif sans fondement réglementaire clair.

Dans son argumentaire, le député soutient que les dispositions encadrant la procédure de mise en accusation devant la Haute Cour de justice ne figureraient pas explicitement dans le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Il invoque à cet effet l’article 62 de la Constitution, qu’il interprète comme exigeant que tous les actes pris par l’Assemblée soient strictement circonscrits par son règlement intérieur. Toute initiative parlementaire engagée en dehors de ce cadre serait, selon lui, « nulle et non avenue ». Pour Djimo Souaré, cette lacune juridique entacherait la validité de la résolution adoptée le 27 février 2026.

Le député de l’APR affirme par ailleurs qu’aucun rapport émanant des corps de contrôle de l’État ne mettrait en cause la gestion de Moussa Bocar Thiam. Il cite notamment l’absence de conclusions défavorables provenant de la Cour des Comptes, de la CENTIF ou encore de l’Inspection générale des finances (IGF). En l’absence de tels éléments, il considère que les poursuites enclenchées relèvent davantage d’une décision politique que d’un processus fondé sur des constats techniques ou financiers établis par les organes compétents.

L’affaire trouve son origine dans le dossier de l’aménagement du Parc des technologies numériques, rebaptisé « Sénégal Connect Park », un projet structurant lancé sous l’ancien régime de Macky Sall. Ce programme avait déjà conduit à l’incarcération de plusieurs cadres du ministère de la Communication et des Télécommunications. Toutefois, les soutiens de l’ancien ministre estiment que sa responsabilité personnelle n’a pas été juridiquement établie à ce stade.

Cette nouvelle sortie de Djimo Souaré illustre la polarisation croissante autour de cette procédure inédite. Entre la volonté affichée de la majorité de faire toute la lumière sur la gestion passée et les accusations d’acharnement politique formulées par l’opposition, le dossier Moussa Bocar Thiam s’impose désormais comme un test majeur pour les institutions sénégalaises et pour l’équilibre entre responsabilité politique et respect des garanties constitutionnelles.

Affaire Haute Cour : Me Moussa Bocar Thiam conteste une décision « illégale » et annonce son retour au Sénégal

L’ancien ministre de la Communication, Moussa Bocar Thiam, a réagi publiquement à la suite du vote de l’Assemblée nationale du Sénégal adoptant la résolution portant sa mise en accusation devant la Haute Cour de justice du Sénégal. Dans une publication diffusée sur Facebook, il affirme « prendre acte » de cette décision qu’il qualifie néanmoins d’« illégale » et contraire à la Constitution.

Le vote intervenu le vendredi 27 février marque une étape déterminante dans la procédure engagée contre l’ancien membre du gouvernement de Macky Sall. La majorité parlementaire a validé son renvoi devant la juridiction compétente pour juger les ministres pour des faits présumés commis dans l’exercice de leurs fonctions. Pour Me Thiam, cette mise en accusation constitue une « violation flagrante de la Constitution », position qu’il maintient depuis le début de la procédure.

Malgré ses contestations, l’ancien ministre annonce son retour imminent au Sénégal. Il indique qu’il prendra « immédiatement des congés professionnels » au sein de son cabinet basé dans le Golfe afin de venir se mettre « à la disposition de la justice ». Il insiste sur son statut de « bon républicain », affirmant vouloir faire face aux accusations dans le respect des institutions, tout en dénonçant une manœuvre politique à son encontre.

Dans sa déclaration, Me Moussa Bocar Thiam évoque ce qu’il considère comme une « cabale politique » initiée par le Premier ministre Ousmane Sonko et son entourage. Selon lui, cette procédure viserait à affaiblir l’opposition à travers des actions judiciaires qu’il estime motivées par des considérations politiques. Il soutient que son retour au pays lui permettra de « démonter » les accusations et de défendre son honneur devant la Haute Cour de justice.

L’affaire concerne le dossier de l’aménagement du Parc des technologies numériques, rebaptisé « Sénégal Connect Park », un projet structurant du secteur numérique lancé sous l’ancien régime. Ce dossier avait déjà conduit à l’incarcération de plusieurs cadres du ministère de la Communication et des Télécommunications. Depuis l’ouverture de la procédure, Me Thiam a constamment rejeté les charges retenues contre lui et engagé différentes actions juridiques pour tenter d’obtenir l’annulation de la mise en accusation. Des recours avaient notamment été introduits devant la Cour suprême, le Conseil de l’ordre des avocats et le Conseil constitutionnel, sans succès.

L’évolution de ce dossier sera désormais scrutée de près, tant sur le plan judiciaire que politique. Le renvoi devant la Haute Cour de justice ouvre une nouvelle phase de la procédure, qui pourrait avoir des répercussions importantes sur le paysage politique sénégalais dans les mois à venir.

« Quand Pékin s’approprie silencieusement les minéraux critiques africains »

Alors que le monde clame sa transition vers les énergies propres et les technologies de pointe, une autre course effrénée se déroule loin des regards : celle des minéraux critiques. Colbat, lithium, terres rares, cuivre, nickel… tant de ressources essentielles aux voitures électriques, satellites, batteries. Et sur ce front, la Chine n’est plus simplement un acteur : elle est la puissance dominante, avec un contrôle sans précédent sur les matières premières africaines et leurs débouchés mondiaux.

Aujourd’hui, Pékin contrôle plus de la moitié de la production mondiale de minéraux critiques et près de 90% de leur raffinage et traitement, des étapes stratégiques de la chaîne de valeur. Elle produit aussi près de 70% des terres rares et 95% du traitement lourd nécessaire aux terres rares et autres métaux indispensables aux technologies modernes. Cette domination n’est pas le fruit du hasard : elle est le résultat de décennies de stratégie étatique coordonnée.

Concrètement, la Chine est passée de 40 mines contrôlées à l’étranger en 1999, à 1250 en 2022 ! Le modèle chinois repose sur des financements massifs accordés en échange de minerais futurs, appelés accords de Resource-Backed Finance. Ces accords permettent à des États pauvres en liquidités de rembourser des prêts par des exportations de minerai. Ils existent aujourd’hui en RDC, en Éthiopie, au Soudan, au Zimbabwe ou encore en Guinée.

Toutefois, les critiques abondent : opacité des contrats, ressources sous-valorisées, perte de contrôle des pays africains sur leurs propres richesses, et une augmentation du service de la dette africaine. La Banque africaine de développement a explicitement dénoncé ces accords en 2024, pointant leur incapacité à créer de la valeur locale ou à renforcer les économies nationales.

Et pour réduire au silence la concurrence, la Chine a recours à des subventions colossales. Plus de 200 milliards de dollars sont donnés chaque année aux entreprises chinoises. Personne ne peut rivaliser ni venir sur le terrain gardé par la Chine. Pire : dans ces zones, l’instabilité et la corruption facilitent l’exploitation des travailleurs, la dégradation environnementale et l’affaiblissement des réglementations locales.

Une enquête menée par d’éminents experts africains dans le domaine des industries extractives a révélé que des acteurs liés à la Chine sont fortement impliqués dans des activités qui contribuent à la dégradation de l’environnement, à l’exploitation minière illégale et à des menaces pour la sécurité alimentaire, la santé et les moyens de subsistance.

Face à cette hégémonie, certains pays africains tentent de riposter. Depuis 2023, au moins 13 États ont instauré des restrictions à l’exportation de minerais bruts, espérant stimuler la transformation locale.

Les exemples sont encourageants. Le Malawi a interdit l’exportation de minerais non transformés en 2025. Le Kenya, le Nigeria, le Rwanda et la Tanzanie offrent des exonérations de droits de douane pour l’assemblage de véhicules électriques. La RDC et la Zambie ont lancé le long de leur ceinture minière commune une zone économique spéciale transfrontalière dédiée aux batteries et aux véhicules électriques.

Mais ces efforts se heurtent à des obstacles structurels colossaux : coûts énergétiques élevés, manque d’infrastructures, technologies coûteuses, pénuries d’électricité et manque d’investissements massifs.

Alors, quel avenir les pays africains peuvent-ils entrevoir ? Dans un monde qui dépend toujours plus des technologies vertes, la maîtrise des minerais critiques équivaut à une forme de pouvoir. Et pour le moment, ce pouvoir est presque entièrement concentré entre les mains de Pékin, qui a réussi à faire de l’Afrique non pas un partenaire industriel, mais une arrière-cour de matières premières bon marché au profit de sa propre révolution technologique.

Pour promouvoir les intérêts africains dans le secteur minier, les pays africains devront mettre en place des mécanismes de contrôle plus efficaces afin de garantir que la Chine et les autres partenaires étrangers respectent ces normes ainsi que d’autres normes environnementales, sociales et communautaires.

Le Dakarois

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°683 – 27/02/2026

🔴 INSTALLATION DE COMMISSARIAT DANS LES CAMPUS, MORT D’ABDOULAYE BÂ, CAMPAGNE ARACHIDIÈRE , MENACES ET DÉRIVES AUTORITAIRES… : «LES JAMBAARS » FRAPPENT AU COEUR DU RÉGIME
🔴 L’ASSEMBLÉE NATIONALE CONVOQUÉE EN SÉANCE PLÉNIÈRE POUR EXAMINER LA MISE EN ACCUSATION DE L’ANCIEN MINISTRE DE LA COMMUNICATION : MOUSSA BOCAR PROCHE DE LA HAUTE COUR DE JUSTICE ?

🔴 UEFA CONFERENCE LEAGUE : CRYSTAL PALACE ET ISMAÏLA SARR FILENT EN HUITIÈMES

Éducation nationale : 3 284 enseignants admis définitivement après la signature de 22 arrêtés de carrière

Le ministère de l’Ministère de l’Éducation nationale du Sénégal a annoncé, ce jeudi 26 février 2026, la signature de 22 arrêtés d’admission définitive en faveur de 3 284 enseignants. Cette mesure administrative marque une nouvelle étape dans le processus de régularisation des carrières et la résorption progressive des dossiers en attente au sein du système éducatif.

Dans le détail, 2 740 enseignants ont été admis au titre du Certificat d’Aptitude Pédagogique (CAP), tandis que 544 autres ont obtenu le Certificat Élémentaire d’Aptitude Pédagogique (CEAP). Ces certifications constituent des étapes essentielles dans la stabilisation statutaire des enseignants, conditionnant leur intégration définitive dans la fonction publique et leur évolution professionnelle.

Selon les services du ministère, cette initiative s’inscrit dans une dynamique engagée depuis plus de deux ans pour apurer l’ensemble des actes administratifs en instance. Les années 2024 et 2025 avaient déjà permis la publication de 83 arrêtés couvrant 10 512 agents. L’objectif affiché par les autorités est de mettre fin aux retards accumulés et de sécuriser les parcours professionnels des enseignants concernés.

Le traitement des dossiers est assuré par la Direction des Examens et Concours (DEXCO), qui instruit les demandes au fur et à mesure de la réception des procès-verbaux transmis par les Inspections d’Académie. Chaque dossier suit ensuite un circuit administratif strict comprenant les visas juridiques requis, le contrôle budgétaire ministériel ainsi que la validation des services compétents du ministère des Finances, notamment la Solde et le Budget.

Les arrêtés signés seront officiellement disponibles dès le début de la semaine prochaine, après leur numérotation et leur enregistrement au Secrétariat Général du Gouvernement du Sénégal (SGG). Cette formalité permettra aux enseignants concernés de bénéficier pleinement des effets administratifs et financiers liés à leur admission définitive, notamment en matière d’avancement et de régularisation salariale.

Assemblée nationale : l’opposition dénonce de graves entorses au règlement intérieur lors des questions au gouvernement

La séance de questions d’actualité au gouvernement du 24 février 2026 continue d’alimenter une vive polémique au sein de l’Assemblée nationale. Dans un communiqué conjoint, le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal et plusieurs députés non-inscrits ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « violations graves et répétées » du règlement intérieur de l’institution. Selon eux, le déroulement de la séance a porté atteinte aux principes fondamentaux du débat démocratique et à la dignité parlementaire.

L’opposition pointe en premier lieu le comportement de certains députés de la majorité qu’elle accuse d’avoir franchi les limites du respect mutuel. Elle cite notamment Ayib Daffe, qui aurait qualifié des élus de l’opposition de « chiens et de chiots » au cours des échanges. Elle met également en cause Alioune Dieye, accusé d’avoir tenu des propos visant le père de l’honorable Anta Babacar Ngom. Pour les signataires du communiqué, ces déclarations constituent une entorse manifeste à l’article 64 du règlement intérieur, qui impose un débat « serein, courtois et impersonnel ». L’opposition estime qu’il est inacceptable que des députés soient publiquement pris à partie pour avoir exercé leur droit constitutionnel de poser des questions au gouvernement.

Au-delà des propos jugés injurieux, le communiqué met également en cause la gestion de la séance par le président de l’institution, El Malick Ndiaye. L’opposition lui reproche d’avoir manqué à son obligation d’impartialité en accordant cinq minutes supplémentaires de temps de parole au Premier ministre Ousmane Sonko, sans permettre aux députés de l’opposition d’exercer un droit de réponse. Selon les contestataires, cette décision unilatérale rompt l’équilibre des débats et contrevient aux règles établies collectivement par les parlementaires concernant la répartition du temps de parole.

Les députés signataires estiment que cette séquence a créé un précédent préoccupant, dans la mesure où elle donnerait l’impression que l’exécutif bénéficie d’un traitement préférentiel au sein de l’hémicycle. Ils affirment que le chef du gouvernement aurait pu s’exprimer longuement, allant jusqu’à « invectiver l’opposition », sans répondre précisément aux interrogations formulées sur des sujets d’actualité majeurs. Pour eux, le rôle du président de l’Assemblée est précisément de garantir l’équité des échanges et de veiller au respect strict des règles, ce qui n’aurait pas été le cas lors de cette séance.

L’opposition parlementaire considère que ces incidents ne relèvent pas d’un simple accrochage politique, mais traduisent une dérive dans le fonctionnement institutionnel. Elle affirme que le respect du règlement intérieur est indispensable pour préserver la crédibilité du Parlement et la qualité du débat démocratique. En conséquence, elle annonce qu’elle « saura tirer toutes les conséquences de droit » de ces manquements, sans préciser à ce stade les démarches envisagées.

Cette nouvelle controverse intervient dans un contexte politique déjà marqué par des tensions récurrentes entre majorité et opposition. Elle illustre la fragilité du climat parlementaire et la difficulté à maintenir des échanges apaisés dans un environnement politique fortement polarisé. Les prochains jours diront si cette crise donnera lieu à des mesures correctives internes ou à un durcissement supplémentaire des positions au sein de l’Assemblée nationale.

Les dérives honteuses d’une assemblée dite de Rupture

Question d’actualité à l’assemblée nationale, c’est plutôt une scène fortement en contraste avec les promesses de rupture et d’exemplarité qui avaient accompagné l’installation de la nouvelle législature.

Justement, en moins de 2 ans, une succession d’événements permettent pour certains observateurs, de comprendre pourquoi Abdoulaye Sylla, non moins homme d’affaires a choisi de ne pas assister a des semblant de travaux de l’Assemblée.

Avec ce qui s’est passé hier dans l’hémicycle, il semble avoir raison de boycotter. De manière compréhensive, entre la gestion de ses entreprises entre Dubai et les États Unis, les salaires de pères et de mères de famille à assurer et sa contribution à la dynamique économique nationale, il a certainement mieux à faire que d’assister à des séances où l’invective prend le pas sur l’intérêt général.

Au-delà des personnes, c’est la question du rôle de l’institution parlementaire qui est posée. L’Assemblée nationale doit-elle être une tribune d’attaques contre le secteur privé national, déjà fragilisé par les retards de paiement de la dette intérieure et le ralentissement des chantiers ? Ou doit-elle redevenir un espace de contrôle rigoureux de l’action gouvernementale et de propositions constructives pour relancer l’économie ? Les questions restent entières et sans aucune réponse visible.

En effet, hier à l’Assemblée nationale lors de la séance des questions d’actualité au Premier ministre, le spectacle offert aux Sénégalais a laissé un goût amer. Ce qui devait être un haut lieu de débat républicain s’est transformé, par moments, en arène de règlements de comptes, de chants partisans et d’attaques ciblées contre des acteurs du secteur privé.

Dans l’hémicycle, certains députés, malheureusement de la majorité, le Pastef, n’ont pas hésité à accuser et à calomnier des capitaines d’industrie, parmi lesquels Babacar Ngom, non moins pere de leur Collègue, l’honorable Anta Babacar Ngom, cela sans que le débat ne s’élève véritablement au niveau des préoccupations urgentes des populations et sans possibilité de réponse. À la place d’arguments structurés et de propositions concrètes face à la crise qui touche plusieurs secteurs dont le BTP, l’emploi, le pouvoir d’achat, les Sénégalais du moins ceux qui s’y intéressent encore, ont assisté à des démonstrations de soutien bruyantes, ponctuées de chants à la gloire de leur leader Ousmane Sonko.
Autant de dire que le Don de Soi tant vanté est échangé contre des dépenses de prestige et des véhicules 4*4 à 50 millions

En attendant, au moment Anta Babacar Ngom demande la dissolution de l’Assemblée, le boycott d’Abdoulaye Sylla apparaît, aux yeux des Sénégalais, non pas comme un désengagement, mais comme un choix pragmatique : celui de consacrer son énergie à l’entreprise et à l’économie réelle, plutôt qu’à un théâtre politique qui peine, pour l’instant, à convaincre.

Modou Gaye politologue

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°682 – 26/02/2026

🔴 SORTIE DU PREMIER MINISTRE ET GESTION DES AFFAIRES COURANTES DE L’ÉTAT : MASSALY DÉPIÉCE SONKO
🔴 CRISE ÉCONOMIQUE SÉVÈRE… INCENDIE AU MINISTÈRE DES FINANCES… MORT DE L’ÉTUDIANT ABDOULAYE BÂ : BARTH’ FAIT FEU DE TOUT BOIS

🔴 MONDIAL 2027 – BASKET : DAKAR A DÉBOURSÉ JUSQU’À 30 MILLIONS FCFA

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°681 – 25/02/2026

🔴 CONTESTATION DE LA DIFFUSION DE LA SÉROLOGIE DES HOMOSEXUELS ARRÊTÉS… LEVÉE DE LA PROTECTION RAPPROCHÉE DE MAME MAKHTAR GUÈYE… FIN PROCHAINE DE L’EXCEPTIONNALITÉ SÉCURITAIRE SUR LES CAMPUS UNIVERSITAIRES : LES TROIS MALADRESSES DE SONKO
🔴 GESTION ÉLECTORALE… INQUIÉTUDES SUR LE CALENDRIER, LA DETTE ET LES SECTEURS EN CRISE : MBAYE DIONE DUBITATIF

🔴 KRÉPIN DIATTA FORFAIT : COUP DUR POUR L’AS MONACO AVANT LE CHOC FACE AU PSG

Reddition des comptes : Ousmane Sonko exprime ses inquiétudes face aux dossiers de l’ancien régime

La question de la reddition des comptes continue d’occuper une place centrale dans le débat politique sénégalais. Le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment exprimé publiquement sa déception et sa frustration face aux lenteurs constatées dans le traitement des dossiers liés à la gestion de l’ancien régime. Cette sortie intervient dans un contexte où la transparence dans la gestion des finances publiques constitue l’un des engagements majeurs du gouvernement issu de la troisième alternance politique.

Lors de son intervention dans le cadre des questions d’actualité au gouvernement, le chef de l’exécutif a dénoncé ce qu’il considère comme des blocages institutionnels susceptibles de compromettre l’aboutissement des procédures judiciaires engagées contre certains responsables publics présumés impliqués dans des affaires de malversations financières. Ousmane Sonko a notamment évoqué les dossiers symboliquement appelés « Dossiers Yi Amatumassi Yakaar », expression utilisée pour désigner les affaires de grande envergure qui concernent la gestion des ressources publiques durant les années précédentes. Selon lui, ces dossiers risquent de ne jamais aboutir à des sanctions judiciaires effectives si les lenteurs constatées persistent.

Le Premier ministre a accusé certaines autorités judiciaires de manquer de diligence dans le traitement de ces affaires sensibles, affirmant que certaines procédures semblent se heurter à des obstacles administratifs ou juridiques qui réduisent l’efficacité de la justice économique. Il a regretté ce qu’il considère comme une tendance à « tout mettre à néant », estimant que cette situation pourrait décourager les efforts du gouvernement pour instaurer une gouvernance financière plus rigoureuse. Pour le chef du gouvernement, la reddition des comptes ne constitue pas seulement un enjeu politique, mais aussi un impératif moral destiné à restaurer la confiance entre les institutions et les citoyens.

Malgré ces critiques, Ousmane Sonko a tenu à adopter un discours nuancé en reconnaissant les avancées réalisées par certaines institutions de contrôle de l’État. Il a particulièrement salué le travail de l’Inspection générale d’État (IGE), de la Cour des Comptes ainsi que de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Ces institutions jouent, selon lui, un rôle fondamental dans la lutte contre la corruption et la traque des irrégularités financières héritées des précédentes administrations. Il a encouragé ces organes à poursuivre leurs missions avec indépendance et rigueur afin de permettre un traitement objectif des dossiers en cours.

Au-delà de l’aspect judiciaire, cette prise de parole s’inscrit également dans une dynamique politique visant à maintenir la pression sur les mécanismes de bonne gouvernance. La reddition des comptes demeure en effet un thème fortement attendu par l’opinion publique, notamment dans un contexte économique marqué par des exigences accrues de transparence dans la gestion des ressources nationales. Le gouvernement entend ainsi faire de cette politique un pilier de sa stratégie de transformation institutionnelle, même si les contraintes juridiques et administratives continuent de susciter des débats entre acteurs politiques, juristes et société civile.

Mbaye Dione critique la gestion électorale : inquiétudes sur le calendrier, la dette et les secteurs en crise

Le débat politique autour de la gouvernance et de la préparation des prochaines échéances électorales s’intensifie au Sénégal. Le député et Secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), Mbaye Dione, a dénoncé un manque de visibilité globale sur la gestion de plusieurs dossiers stratégiques de l’État, en particulier le calendrier électoral, lors d’un point de presse tenu à l’issue de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale. Ses déclarations s’inscrivent dans un contexte politique marqué par des tensions autour des réformes institutionnelles et de la préparation des futures consultations électorales.

Le député a principalement mis l’accent sur ce qu’il considère comme un « flou total » concernant l’organisation du calendrier électoral national. Selon lui, les autorités gouvernementales n’ont pas encore apporté de réponses suffisamment précises sur les prochaines étapes du processus électoral, notamment en ce qui concerne la révision des listes électorales. Il estime que cette situation rend difficile l’établissement d’un agenda clair pour les élections à venir, alors que le gouvernement envisagerait parallèlement des réformes relatives au découpage administratif et territorial des collectivités locales. Pour l’opposant, toute modification institutionnelle devrait s’accompagner d’une communication transparente afin d’éviter toute suspicion dans l’opinion publique.

Au-delà de la question électorale, Mbaye Dione a également interpellé le gouvernement sur la situation économique nationale, notamment la gestion de la dette publique et les risques de défaut de paiement. Il a exprimé ses préoccupations face à la pression financière qui pèse sur les finances publiques et a appelé les autorités à anticiper des solutions structurelles pour préserver la stabilité économique du pays. Selon lui, la question de la dette ne doit pas être traitée uniquement sous un angle technique, mais doit aussi intégrer les conséquences sociales et économiques pour les populations.

Le parlementaire a également élargi son analyse à la situation du monde rural, qu’il considère comme particulièrement vulnérable dans le contexte actuel. Il a évoqué les difficultés rencontrées par les producteurs agricoles, notamment l’écoulement des récoltes d’arachide, principale source de revenus pour de nombreuses familles rurales. Cette situation, selon lui, traduit des dysfonctionnements dans la chaîne de commercialisation agricole et appelle à des mesures urgentes pour soutenir les paysans, améliorer les circuits de distribution et stabiliser les prix des denrées agricoles.

Mbaye Dione a aussi attiré l’attention sur les difficultés économiques et sociales qui touchent plusieurs secteurs clés de l’économie nationale, notamment le secteur du bâtiment et de l’immobilier, l’enseignement supérieur ainsi que les médias. Selon lui, ces secteurs traversent des crises structurelles qui nécessitent des politiques publiques plus adaptées. Il a également évoqué la situation des ressortissants sénégalais détenus au Maroc, soulignant la souffrance des familles concernées et appelant les autorités à poursuivre les démarches diplomatiques pour trouver des solutions humanitaires et juridiques à cette affaire.

Pour conclure, le député a insisté sur l’urgence d’obtenir des réponses claires de la part du gouvernement sur la préparation des élections. Il a réaffirmé que l’absence de calendrier précis, combinée aux réformes envisagées sur le découpage territorial, entretient un climat d’incertitude politique. Selon lui, la transparence dans la gestion du processus électoral constitue une exigence démocratique fondamentale, indispensable pour renforcer la confiance entre les institutions et les citoyens.

Mame Makhtar Guèye réplique à Sonko : le débat sur les mœurs et la légalité au cœur des tensions

Les échanges autour de la question des mœurs au Sénégal continuent d’alimenter un vif débat politique et sociétal. Le vice-président de l’ONG islamique Jamra, Mame Makhtar Guèye, a réagi aux déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko tenues à l’Assemblée nationale, en apportant des précisions sur ses positions et en réclamant des actions plus fermes de la part de l’État dans la gestion des questions liées à l’homosexualité. Cette sortie médiatique s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions entre certaines organisations religieuses conservatrices et les autorités publiques sur la manière d’aborder les questions de société sensibles.

Intervenant sur les ondes d’une radio nationale, Mame Makhtar Guèye a catégoriquement rejeté l’idée selon laquelle il aurait envisagé de publier une liste de personnes ou d’associations supposées homosexuelles. Selon lui, les propos attribués au chef du gouvernement ne reposent sur aucun élément concret. Il a insisté sur le fait que la gestion de ce type de dossier relève exclusivement des prérogatives régaliennes de l’État, notamment du ministère de l’Intérieur et des services judiciaires. Tout en répondant aux critiques, il a estimé que le Premier ministre arrivait tardivement dans la gestion de cette problématique, considérant que le débat public aurait pu être mieux encadré depuis plusieurs années.

Le responsable de Jamra a également évoqué les fortes pressions sociales et médiatiques qu’il affirme avoir subies ces dernières semaines, notamment sur les réseaux sociaux, où certains internautes l’auraient encouragé à divulguer des listes de personnes suspectées d’appartenir à la communauté homosexuelle. Il a rappelé qu’une telle démarche pourrait créer des situations de stigmatisation et de violences sociales. À ce titre, il a fait référence à un précédent historique survenu dans les années 1980, lorsqu’une liste de francs-maçons avait été rendue publique, évoquant les conséquences sociales et politiques qu’un tel acte pourrait engendrer dans la société sénégalaise. Pour lui, la publication d’informations sensibles ne doit pas être laissée aux réseaux sociaux, mais doit plutôt être transmise directement aux autorités compétentes afin qu’elles puissent mener les investigations nécessaires dans un cadre légal.

Sur le plan politique et législatif, Mame Makhtar Guèye a appelé le gouvernement à adopter des mesures concrètes allant au-delà des discours publics. Il a notamment plaidé pour le retrait des récépissés accordés à certaines associations dont les activités seraient jugées contraires aux dispositions légales en vigueur. Selon lui, ces structures devraient faire l’objet de procédures administratives de dissolution par arrêté ministériel si leurs actions entrent en contradiction avec les lois nationales. Il considère que ces mesures constitueraient une réponse institutionnelle forte aux attentes d’une partie de l’opinion publique sénégalaise.

Concernant la question du retrait de sa protection rapprochée par les services de sécurité de l’État, le vice-président de Jamra a choisi de relativiser l’importance de cette décision, la qualifiant de « non-débat ». Selon lui, l’essentiel reste la protection des valeurs sociales et morales qu’il défend, plutôt que les considérations personnelles liées à sa sécurité. Cette prise de position confirme la persistance des lignes de fracture dans le débat public sénégalais autour des questions de société, de religion et de liberté individuelle.

Médias : La CJRS mobilise la presse face à la baisse de la liberté d’expression au Sénégal

La liberté de la presse au Sénégal traverse une période de fortes tensions, comme en témoigne la récente publication du classement mondial de Reporters Sans Frontières (RSF) qui a placé le pays dans une position préoccupante. Le Sénégal est en effet passé de la 48e à la 94e place, un recul jugé inquiétant par plusieurs acteurs du secteur des médias. Cette situation a suscité une réaction immédiate de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS), qui a décidé de lancer une initiative de renforcement des capacités journalistiques afin de promouvoir un journalisme responsable et professionnel face aux défis actuels.

C’est dans ce contexte que la CJRS a ouvert, ce mardi 24 février 2026, un atelier de formation de trois jours destiné à quatorze journalistes provenant de différentes régions du pays. Cette formation s’inscrit dans une dynamique de sensibilisation sur les questions d’éthique, de responsabilité éditoriale et de protection des professionnels des médias dans un environnement sociopolitique de plus en plus marqué par les tensions entre le monde médiatique et les institutions judiciaires. Pour les organisateurs, cette initiative constitue une réponse proactive à la montée des convocations judiciaires visant certains journalistes après leurs prises de position publiques sur des sujets sensibles de la vie nationale.

Le président de la CJRS, Mamadou Diagne, a profité de l’ouverture de cet atelier pour lancer un message fort à l’endroit de la corporation journalistique. Selon lui, la défense de la liberté de la presse doit nécessairement s’accompagner d’une plus grande rigueur éthique dans le traitement de l’information. Il a ainsi souligné qu’on observe aujourd’hui une tendance où certains journalistes participent à des débats télévisés ou publient des contenus très critiques sans disposer de preuves solides, avant de se retrouver confrontés à des procédures judiciaires. Pour Mamadou Diagne, cette situation traduit un manque de prudence professionnelle qui peut fragiliser la crédibilité globale du secteur des médias et exposer individuellement les journalistes à des poursuites judiciaires.

Le responsable associatif a également dénoncé l’instrumentalisation politique ou économique de certains espaces médiatiques, estimant que des accusations non fondées peuvent alimenter les tensions sociales et judiciaires. Il a insisté sur le fait que la responsabilité éditoriale constitue un pilier fondamental du métier de journaliste. Selon lui, la liberté d’expression ne signifie pas l’absence totale de règles déontologiques, mais plutôt l’exercice de cette liberté dans un cadre respectueux des normes professionnelles et juridiques en vigueur. Il a ainsi appelé les journalistes à privilégier la vérification des informations, la contextualisation des faits et le respect du principe de présomption d’innocence dans leurs productions médiatiques.

Dans le même élan, Ndèye Diary Ba, chargée des programmes de Reporters Sans Frontières en Afrique subsaharienne, a présenté les grandes orientations d’un projet stratégique de trois ans soutenu par la coopération allemande. Cette initiative vise à renforcer la protection des journalistes et à améliorer la surveillance des violations de la liberté de la presse dans la région. Le premier axe du programme repose sur la création d’un maillage territorial permettant l’installation de points focaux dans toutes les régions du Sénégal. Ces relais permettront de documenter rapidement les agressions contre les journalistes, les restrictions d’accès à l’information et les autres formes de pression exercées sur les professionnels des médias.

Selon RSF, ce dispositif permettra d’améliorer la réactivité des organisations de défense de la presse face aux atteintes à la liberté d’expression. Au-delà de la formation des journalistes, l’objectif est également de renforcer le plaidoyer institutionnel afin d’encourager les autorités publiques à garantir un environnement plus sécurisé pour le travail journalistique. Cette démarche s’inscrit dans un contexte global où la question de la liberté de la presse reste un enjeu majeur de gouvernance démocratique.

Finance publique : Réforme fiscale et rappels de salaire – Cheikh Diba défend une « justice fiscale »

Le ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba a apporté des éclaircissements importants sur la récente réforme fiscale concernant le traitement des rappels de salaire dans la fonction publique, un sujet qui suscite de vives discussions au sein du corps enseignant et de la représentation parlementaire. Face aux critiques, le ministre a choisi d’inscrire son argumentaire dans une logique de pédagogie fiscale et de rétablissement de ce qu’il considère comme une équité dans le système d’imposition des revenus exceptionnels.

Pendant plusieurs années, les rappels de salaire versés aux enseignants constituaient une source de frustration pour de nombreux agents de l’État. Lorsqu’un rappel était versé en une seule fois après plusieurs années d’arriérés, l’intégralité de la somme était imposée sur l’année de perception, ce qui provoquait un saut brutal dans les tranches d’imposition. De nombreux enseignants considéraient cette pratique comme une pénalité indirecte, certains parlant même d’un système fiscal défavorable aux agents publics dont les rémunérations étaient régularisées tardivement. Selon Cheikh Diba, cette situation constituait une véritable injustice sociale et fiscale qu’il était nécessaire de corriger afin de préserver le pouvoir d’achat des travailleurs de l’administration publique.

La réforme introduite par le gouvernement permet désormais d’étaler l’imposition des revenus exceptionnels sur une période pouvant atteindre quatre années fiscales. Ce mécanisme de lissage permet d’éviter que les bénéficiaires de rappels de salaire ne soient brusquement soumis à des taux d’imposition élevés qui ne reflètent pas leur niveau réel de revenus annuels. Pour le gouvernement, cette mesure constitue une avancée dans la modernisation du système fiscal sénégalais et dans l’amélioration de la relation entre l’État et ses agents publics. L’objectif affiché est de rendre la fiscalité plus progressive et plus juste, en tenant compte des situations salariales particulières des travailleurs dont les revenus sont régularisés après plusieurs années d’attente.

L’un des points ayant suscité le plus de débats concerne la perception d’une baisse du montant net perçu par certains agents lors de la régularisation de leur situation salariale. Sur ce point, le ministre a tenu à clarifier qu’il ne s’agit pas d’une augmentation de la pression fiscale, mais plutôt d’une réorganisation des contributions sociales. Il a distingué deux mécanismes principaux dans la structure des prélèvements. D’une part, l’Impôt sur le Revenu (IR), qui est désormais calculé de manière progressive grâce à la nouvelle méthode de lissage des revenus exceptionnels. D’autre part, le Fonds National de Retraite (FNR), dont les cotisations peuvent augmenter lors de l’intégration des agents contractuels dans la fonction publique, car ces contributions constituent un investissement pour la protection sociale future des travailleurs.

Le ministre a insisté sur le fait que ces prélèvements ne doivent pas être interprétés comme une pression fiscale supplémentaire, mais comme un mécanisme de sécurisation des revenus futurs des agents de l’État. Selon lui, les cotisations sociales représentent des garanties financières permettant d’assurer la stabilité économique des fonctionnaires après leur départ à la retraite. Cette approche s’inscrit dans une logique de réforme globale du système de rémunération et de protection sociale dans la fonction publique sénégalaise.

Afin de défendre la cohérence de ces réformes, Cheikh Diba a affirmé être prêt à répondre à toutes les interrogations des syndicats et des parlementaires. Il a même lancé un défi public en proposant d’examiner, de manière détaillée, les bulletins de salaire de n’importe quel enseignant afin de démontrer l’absence de surimposition. Cette déclaration traduit la volonté du ministère de défendre publiquement la réforme fiscale tout en poursuivant le dialogue avec les acteurs sociaux concernés.

Dans un contexte marqué par les revendications sociales, le gouvernement présente cette réforme comme un outil d’équilibre entre justice fiscale, stabilité budgétaire et amélioration des conditions de vie des agents publics. Le débat sur l’efficacité réelle de ces mesures devrait toutefois se poursuivre dans les mois à venir, notamment à travers les discussions entre l’exécutif, les syndicats et les représentants du secteur éducatif.

Contrôle des prix : Serigne Guèye Diop dévoile un dispositif inédit de surveillance du marché intérieur

Le gouvernement sénégalais intensifie sa stratégie de lutte contre la cherté de la vie à travers un nouveau dispositif de contrôle des prix des denrées de première nécessité. Lors d’une séance plénière consacrée aux questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Industrie et du Commerce Serigne Guèye Diop a détaillé un vaste plan de déploiement destiné à renforcer l’effectivité des mesures sociales annoncées par les autorités.

Au cœur de cette réforme figure la mise en place d’un corps inédit appelé « volontaires de la consommation ». Ce dispositif prévoit le recrutement et le déploiement de 1 000 jeunes bacheliers âgés d’environ 25 ans, sélectionnés selon des critères de compétence et de rigueur intellectuelle. Selon le ministre, cette approche vise à allier surveillance économique et expertise citoyenne dans un contexte marqué par des tensions récurrentes sur le coût des produits alimentaires. L’objectif principal est de garantir l’application réelle des décisions gouvernementales relatives à la fixation des prix des produits de première nécessité.

Contrairement aux méthodes traditionnelles de contrôle, ces volontaires évolueront sans uniforme afin d’adopter une stratégie d’immersion dans le tissu économique local. Cette méthode de surveillance discrète doit permettre d’observer directement les pratiques commerciales sur le terrain, notamment les cas de spéculation, de rétention de stocks ou de non-respect des prix plafonds fixés par l’État. Le ministre a affirmé que tout opérateur économique pris en flagrant délit de non-respect des réglementations s’exposera à des sanctions administratives et financières immédiates. Cette mesure vise à instaurer un climat de discipline dans les circuits de distribution et à protéger le pouvoir d’achat des ménages sénégalais, particulièrement touchés par l’inflation mondiale des produits importés.

Au-delà du contrôle direct des marchés, le plan gouvernemental inclut également un volet territorial important. Le ministre a déploré l’existence de disparités historiques dans la présence des structures publiques de régulation économique, évoquant des zones du territoire national qui n’ont pas bénéficié d’implantations administratives depuis plusieurs décennies. Il a notamment cité les départements de Malem Hodar et Guinguinéo comme exemples de localités ayant souffert d’un déficit structurel en matière de contrôle économique et d’encadrement administratif.

Pour corriger ces déséquilibres, le budget de l’exercice en cours prévoit la création de 13 nouveaux sièges de services de contrôle économique. Cette première phase s’inscrit dans un programme plus large visant, à terme, à doter l’ensemble des 45 départements du Sénégal de structures permanentes chargées de la surveillance des marchés et de la protection des consommateurs. Selon Serigne Guèye Diop, cette réforme constitue une avancée majeure dans la modernisation des outils de gouvernance économique.

Le gouvernement justifie cette réforme par la nécessité de mieux protéger les populations face aux fluctuations des prix des produits alimentaires. La lutte contre la spéculation est présentée comme un levier stratégique pour assurer la stabilité sociale et économique du pays. Les autorités espèrent également renforcer la confiance entre les acteurs économiques et les institutions publiques. Cette approche hybride, combinant intervention étatique et mobilisation citoyenne, marque selon le ministre une rupture dans les politiques de régulation économique appliquées jusqu’ici.

En conclusion, le ministère de l’Industrie et du Commerce affirme que cette nouvelle stratégie de contrôle des prix constitue une étape importante dans la politique de souveraineté économique et de protection du consommateur. Le succès de cette initiative dépendra toutefois de la capacité des autorités à assurer un suivi rigoureux du dispositif sur le terrain et à garantir la transparence dans le fonctionnement des nouveaux mécanismes de surveillance du marché.

Affaire des homosexuels : Ousmane Sonko recadre Mame Makhtar Gueye et met fin à sa protection rapprochée

La séance de Questions d’actualité à l’Assemblée nationale a donné lieu à une déclaration particulièrement ferme du Premier ministre Ousmane Sonko, qui a publiquement recadré l’ONG Jamra et son vice-président, Mame Makhtar Gueye, au sujet de leurs initiatives dans la lutte contre l’homosexualité. Dans un contexte national marqué par une forte tension autour de ces questions, le chef du gouvernement a tenu à rappeler avec insistance que la gestion des problématiques liées aux mœurs et à l’ordre public relève exclusivement de l’État.

Devant les députés, Ousmane Sonko a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive dangereuse consistant, pour certains acteurs de la société civile, à se substituer aux institutions républicaines. Il a visé explicitement les menaces de publication de listes de personnes présumées homosexuelles, estimant que de telles pratiques constituent une atteinte grave aux principes fondamentaux de l’État de droit. Selon lui, nul ne peut s’arroger le droit de désigner publiquement des citoyens, de les exposer à la vindicte populaire ou de se faire juge en dehors des procédures légales prévues par la loi.

Le Premier ministre a insisté sur le caractère régalien de ces questions, rappelant que seule la puissance publique est habilitée à constater une infraction, à engager des poursuites et à rendre justice à travers les juridictions compétentes. En s’érigeant en dénonciateurs publics et en brandissant la menace de révélations nominatives, certains responsables associatifs franchiraient, selon lui, une ligne rouge susceptible d’alimenter la stigmatisation, les règlements de comptes et les violences sociales. Pour Ousmane Sonko, même dans un débat sensible où les convictions morales et religieuses occupent une place importante, le respect des droits individuels et des procédures judiciaires demeure non négociable.

La réaction du chef du gouvernement ne s’est pas limitée à une condamnation de principe. Il a annoncé avoir instruit le ministre de l’Intérieur de retirer la protection rapprochée dont bénéficiait jusque-là Mame Makhtar Gueye. Cette mesure de sécurité, assurée par les services de l’État, avait été mise en place en raison de menaces alléguées. Toutefois, Ousmane Sonko a estimé que les actions entreprises par le responsable de Jamra, notamment la diffusion ou la menace de diffusion de listes de noms, n’étaient couvertes par aucun mandat officiel. En conséquence, l’État ne saurait continuer à garantir une protection à une personne engagée dans des initiatives qu’il n’a ni ordonnées ni validées.

Cette décision marque un signal politique fort. Elle traduit la volonté du gouvernement de réaffirmer son autorité sur les questions de sécurité et de justice, tout en encadrant strictement l’action des organisations de la société civile. Elle intervient également dans un contexte plus large de débat sur le durcissement de la législation relative à l’homosexualité, un dossier dans lequel l’exécutif affirme vouloir agir dans un cadre institutionnel clair et respectueux des procédures.

En prenant publiquement position, Ousmane Sonko cherche à tracer une frontière nette entre engagement militant et exercice de l’autorité républicaine. Si le débat sur les valeurs et les mœurs demeure vif au Sénégal, le Premier ministre entend rappeler que l’État conserve le monopole de la contrainte légitime et que toute initiative s’écartant de ce cadre s’expose à des conséquences politiques et administratives.

Ousmane Sonko revendique la paternité du projet de loi contre l’homosexualité

L’Assemblée nationale a été le théâtre d’un échange particulièrement tendu ce mardi, à l’occasion des questions d’actualité au gouvernement. Interpellé par le député Abdou Mbow sur le respect de ses engagements relatifs au durcissement de la législation sur l’homosexualité, le Premier ministre Ousmane Sonko a saisi l’occasion pour faire une annonce majeure. Il a confirmé avoir transmis au président de l’institution parlementaire un projet de loi visant à criminaliser l’homosexualité, revendiquant sans ambiguïté la paternité de ce texte qu’il présente comme sa première initiative législative personnelle depuis son accession à la primature.

Par cette déclaration, le chef du gouvernement entend solder un débat qui traverse la scène politique sénégalaise depuis plusieurs années. En assumant publiquement l’origine du texte, il cherche à se positionner comme l’artisan principal de cette réforme, tout en dénonçant ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique de la question par ses adversaires. Selon lui, certains acteurs exploiteraient cet enjeu sociétal à des fins partisanes, voire pour servir des intérêts extérieurs. Il a ainsi accusé ses opposants de duplicité, estimant qu’ils entretiennent la polémique sans proposer d’initiative concrète.

Au-delà de l’aspect strictement pénal, Ousmane Sonko a élargi son propos à la qualité du débat public et au respect des principes fondamentaux de l’État de droit. Il s’est dit profondément préoccupé par la divulgation dans l’espace médiatique d’informations personnelles concernant des citoyens impliqués dans des procédures judiciaires, notamment la révélation de leur statut sérologique. Il a qualifié ces pratiques d’atteintes graves à la vie privée, jugeant qu’elles nuisent à la cohésion sociale et exposent inutilement les familles à la stigmatisation. Pour le Premier ministre, la défense des valeurs morales ne saurait justifier des violations des droits fondamentaux.

Dans la même veine, il a vivement critiqué la gestion médiatique des affaires judiciaires, pointant du doigt les fuites répétées de procès-verbaux et de pièces d’enquête avant toute audience formelle. Il s’est interrogé sur le respect du secret de l’instruction et a interpellé l’autorité du procureur face à ces pratiques qu’il estime contraires aux principes d’une justice équitable. Selon lui, la crédibilité des institutions repose autant sur la fermeté des textes que sur la rigueur des procédures.

Cette intervention marque une étape importante dans un dossier hautement sensible, à la croisée des débats juridiques, moraux et politiques. En revendiquant la paternité du projet de loi tout en dénonçant les dérives médiatiques et les entorses procédurales, Ousmane Sonko tente de concilier affirmation d’une ligne politique ferme et rappel des exigences institutionnelles. Reste désormais à savoir comment ce texte sera accueilli au sein de l’hémicycle et quelles seront les réactions de l’opinion publique face à cette initiative législative assumée.

Ousmane Sonko sur l’affaire des personnes arrêtées pour homosexualité : « La diffusion du statut sérologique est inadmissible »

Interpellé lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement ce mardi 24 février, le Premier ministre Ousmane Sonko est sorti de son silence sur l’affaire des personnes arrêtées dans un dossier lié à l’homosexualité, un sujet qui alimente depuis plusieurs semaines un vif débat au Sénégal. Face aux députés, le chef du gouvernement a tenu à dénoncer certaines dérives médiatiques et à préciser l’orientation du projet de réforme législative en préparation.

Dans un premier temps, Ousmane Sonko a fermement condamné la diffusion, dans certains médias et sur les réseaux sociaux, d’informations relatives au statut sérologique des personnes mises en cause. Il a qualifié ces pratiques d’« inadmissibles », estimant qu’elles constituent une atteinte grave à la vie privée et à la dignité humaine. Selon lui, la divulgation de données médicales sensibles ne saurait être tolérée dans un État de droit, quelles que soient la nature des accusations ou la sensibilité du dossier. Le Premier ministre a également souligné les conséquences sociales de telles révélations, affirmant qu’elles contribuent à exposer inutilement les familles à la stigmatisation et à la pression sociale.

Au-delà de la question du respect de la vie privée, le chef du gouvernement a abordé le volet législatif du dossier. Il a confirmé qu’un projet de loi est en préparation afin de durcir la répression des actes homosexuels, tout en précisant que le gouvernement n’entend pas transformer l’infraction en crime. « Le texte que je propose maintient l’infraction au niveau du délit », a-t-il déclaré, ajoutant que les différentes parties prenantes consultées s’accordent sur la nécessité de rester dans ce cadre juridique. Selon lui, les objectifs poursuivis par la réforme peuvent être atteints sans procéder à une criminalisation, qui aurait impliqué un changement plus radical dans la qualification pénale.

Dans un souci de clarification juridique, le Premier ministre a indiqué que le futur texte introduira une définition plus précise de la notion d’« acte contre nature », afin de lever les ambiguïtés interprétatives qui entourent actuellement l’article 319 du Code pénal. Cette réforme viserait, selon ses propos, à renforcer la sécurité juridique et à encadrer plus strictement l’application de la loi.

Par ailleurs, le projet de réforme ne se limiterait pas aux seuls actes eux-mêmes. Ousmane Sonko a annoncé que le dispositif législatif entend également sanctionner l’apologie et le financement de telles pratiques, élargissant ainsi le champ des infractions concernées. Cette orientation marque une volonté de renforcer l’arsenal juridique existant tout en conservant la qualification délictuelle.

Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement sensible, où les questions liées aux libertés individuelles, à la protection de la vie privée et aux valeurs sociétales suscitent de vives discussions au sein de l’opinion publique. En dénonçant la divulgation des statuts sérologiques tout en défendant un durcissement du cadre légal, le Premier ministre tente d’articuler une ligne politique qui conjugue fermeté juridique et respect des droits fondamentaux.

Ousmane Sonko veut mettre fin à « l’exceptionnalité » sécuritaire du campus social et annonce l’installation d’un commissariat

Le gouvernement sénégalais s’apprête à opérer un tournant majeur dans la gestion sécuritaire des espaces universitaires. Intervenant lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a clairement exprimé sa volonté de mettre fin à ce qu’il considère comme une « exceptionnalité » sécuritaire dont bénéficierait le campus social de l’université. Face aux récents affrontements et actes de vandalisme enregistrés dans cet espace, il a demandé au ministre de l’Intérieur de traiter cette zone « comme n’importe quel quartier de Dakar », ouvrant ainsi la voie à l’installation d’un commissariat permanent afin d’y assurer la sécurité des personnes et des biens.

Cette déclaration marque un changement de doctrine significatif. Jusqu’ici, les interventions des forces de défense et de sécurité dans les espaces universitaires étaient entourées de précautions liées aux franchises universitaires, héritées d’une tradition visant à protéger la liberté académique et l’autonomie des institutions d’enseignement supérieur. Toutefois, le Premier ministre a tenu à clarifier un point juridique central : le campus social, qui regroupe les résidences étudiantes, restaurants et infrastructures de vie quotidienne, ne relève pas du même régime que les amphithéâtres et salles de cours. Selon lui, ces espaces académiques bénéficient d’une protection spécifique, mais les lieux d’hébergement ne peuvent constituer des zones échappant durablement à l’exercice des prérogatives régaliennes de l’État.

Pour justifier cette inflexion, le chef du gouvernement a évoqué des « rapports de renseignement alarmants » faisant état d’un projet de sabotage d’envergure. Ces informations auraient révélé l’existence d’un plan visant notamment l’incendie de la bibliothèque universitaire et le pillage de restaurants, ce qui aurait constitué une menace grave pour la sécurité des étudiants et pour le patrimoine public. Selon Ousmane Sonko, c’est ce « péril imminent » qui a motivé l’intervention des forces de l’ordre lors des événements récents. L’objectif affiché est désormais d’empêcher que des groupes restreints puissent organiser ou planifier des troubles dans un espace considéré comme insuffisamment encadré sur le plan sécuritaire.

Cependant, la fermeté affichée par le gouvernement s’accompagne d’une reconnaissance explicite de défaillances dans la gestion des opérations. Dans un exercice d’autocritique rare à ce niveau de responsabilité, le Premier ministre a dénoncé des « manquements manifestes » au sein des Forces de Défense et de Sécurité. Il a notamment évoqué une latence opérationnelle, estimant que l’intervention est intervenue tardivement, après qu’un premier restaurant universitaire eut déjà été mis à sac. Plus grave encore, il a pointé un usage excessif de la force, rappelant que le maintien de l’ordre doit impérativement se faire dans le respect de l’intégrité physique des citoyens. Selon lui, certaines dérives observées ne sauraient être tolérées par son gouvernement.

Face à ces constats, une enquête a été ouverte afin de déterminer les responsabilités. Le Premier ministre a indiqué que des mesures conservatoires ont déjà été prises sur la base d’un pré-rapport et que des sanctions exemplaires seront appliquées si les fautes sont confirmées. Tout en appelant à ne pas discréditer l’ensemble des forces de sécurité, il a insisté sur la nécessité d’une exigence de responsabilité et de professionnalisme dans les interventions futures.

L’annonce de l’installation d’un commissariat au campus social suscite déjà des débats au sein de la communauté universitaire et de l’opinion publique. Pour le gouvernement, il s’agit d’une mesure de sécurisation durable visant à protéger les étudiants et les infrastructures. Pour d’autres, la décision pose la question sensible de l’équilibre entre sécurité et autonomie universitaire. Ce projet, s’il se concrétise, pourrait redéfinir en profondeur la relation entre l’État et l’espace universitaire, en consacrant une présence policière permanente là où prévalait jusque-là une gestion plus ponctuelle des crises.

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