TAS charge Ousmane Sonko : « Un Premier ministre désorienté et meurtri par son propre dossier judiciaire »

La réplique n’a pas tardé. Alors que le Premier ministre Ousmane Sonko dénonçait mardi soir sur Facebook « l’hypocrisie » de certains leaders politiques concernant la liberté d’expression et les dérives verbales, Thierno Alassane Sall a réagi avec virulence. Dans une publication tranchante, l’opposant et président de la République des Valeurs s’en est pris à ce qu’il qualifie de dérive personnelle d’un chef de gouvernement « en perte de repères ».

« C’est un Premier ministre angoissé par son incapacité à redresser l’économie du pays, désorienté face aux questions sociales lancinantes, meurtri par son propre dossier judiciaire, qui a étalé sans retenue ses états d’âme ce soir », écrit Thierno Alassane Sall.

Pour lui, Ousmane Sonko cherche en permanence à désigner des boucs émissaires, refusant d’assumer ses responsabilités en tant que chef du gouvernement. TAS estime que le leader de Pastef, au lieu de se concentrer sur les priorités économiques et sociales du pays, ressasse ses contentieux judiciaires et accuse tous azimuts.

« À l’entendre, tout le monde serait ligué contre lui : la justice, l’opposition, le Président de la République qui manquerait de poigne, son administration qu’il juge ‘incompétente’. Le voilà presque à crier au complot, comme en mars 2021 », tacle-t-il.

L’ancien ministre du gouvernement Sall y voit une stratégie politique fondée sur la victimisation, à rebours des attentes des Sénégalais. Selon lui, le Premier ministre semble oublier qu’il est aujourd’hui aux commandes du pays et détient les leviers du pouvoir.

Liberté d’expression et dérives verbales : Ousmane Sonko dénonce « l’hypocrisie » de certains leaders politiques

Quelques heures après la décision de la Cour suprême rejetant le rabat d’arrêt introduit par ses avocats dans le cadre de son procès en diffamation contre Mame Mbaye Niang, le Premier ministre Ousmane Sonko est monté au créneau. Dans une déclaration publiée mardi soir sur sa page Facebook, le chef du gouvernement a vivement critiqué « l’hypocrisie » de certains acteurs politiques, qu’il accuse d’entretenir un double discours sur la question de la liberté d’expression et du respect des limites légales.

« Quand certaines personnes disent du mal des gens, on voit certains hommes politiques sortir pour les défendre. Pourtant, jamais ils ne répéteront ce qui a valu la prison à leur ami. C’est la raison pour laquelle beaucoup de jeunes sont sacrifiés », a-t-il dénoncé, pointant du doigt ceux qui militent en faveur de la libération de détenus poursuivis pour des propos jugés diffamatoires ou injurieux.

Le leader de Pastef s’en est pris frontalement à ces responsables politiques qui, selon lui, se contentent d’afficher une solidarité de façade. « Ceux qui demandent qu’on libère les prisonniers et qui disent aller en prison pour les soutenir, qu’ils arrêtent cette hypocrisie. S’ils veulent vraiment les soutenir, qu’ils tiennent les mêmes propos qu’eux pour voir », a-t-il lancé, dans un ton ferme.

Ousmane Sonko a également mis en garde contre les dérives verbales de plus en plus fréquentes sur les réseaux sociaux. « Il y a des gens qui se lèvent, boivent leur café et se rendent sur les réseaux sociaux pour insulter les gens, leurs familles, et proférer de graves accusations. Cela ne peut plus continuer », a-t-il fustigé.

Tout en rappelant que la liberté d’expression est un pilier démocratique, il a insisté sur la nécessité d’en respecter les limites. « La liberté d’expression ne signifie pas cela. Les pays que nous prenons comme modèles de démocratie ne fonctionnent pas de cette manière. Il faut qu’on revoie notre comportement », a-t-il martelé, appelant à plus de responsabilité et de retenue dans le débat public.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°501 – 02/07/2025

🔴 « UN VRAI PROBLÈME DE GOUVERNANCE » : PDF DISSÈQUE L’« ASER-GATE »
🔴 CONFIRMATION DE LA CONDAMNATION POUR DIFFAMATION DANS L’AFFAIRE MMN : SONKO HORS COURSE POUR 2029 ?

🔴 MERCATO / RECRUTÉ POUR PRÈS DE 23 MILLIARDS F CFA PAR SUNDERLAND : HABIB DIARRA DÉBARQUE EN FANFARE !
🔴 PRÉPARATION CAN FÉMININE 2024 : LE SÉNÉGAL ÉTRILLE L’ALGÉRIE (3-0)

Affaire Mame Mbaye Niang : Sonko relance le dossier et annonce une saisine du ministre de la Justice

Le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé, mardi, une nouvelle offensive judiciaire dans l’affaire de diffamation qui l’oppose à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang. En marge de son discours sur le redressement économique, le chef du gouvernement a révélé avoir instruit ses avocats de saisir dès mercredi le ministre de la Justice, dans le but de rouvrir le dossier à la lumière d’éléments nouveaux qu’il juge déterminants.

« Le régime précédent a usé de tous les moyens pour m’écarter de la course présidentielle », a déclaré M. Sonko, estimant que l’affaire ayant conduit à sa condamnation avait été « montée de toutes pièces » à des fins politiques. Il a annoncé que ses conseils s’apprêtent à transmettre une requête officielle au ministère de la Justice, sollicitant une nouvelle audience devant le tribunal compétent.

Le Premier ministre soutient désormais disposer de nouveaux éléments de preuve, notamment des rapports de l’Inspection générale des finances (IGF) jusque-là gardés confidentiels. « Le rapport de 2018 et celui de 2022, dont les ordres de mission ont été signés par Amadou Ba lui-même, sont désormais en notre possession. Nous allons les rendre publics », a-t-il promis.

Pour Ousmane Sonko, ces documents, fournis par l’actuel ministre des Finances, remettent en cause le fondement même de sa condamnation. Il insiste : « Il n’y a jamais eu ni diffamation, ni accusation mensongère, ni falsification de documents. Ce dossier doit être rouvert et jugé sur la base de la vérité ».

Le Premier ministre a également critiqué l’état de la justice sénégalaise, qu’il considère comme l’un des chantiers urgents à réformer. « L’un des plus grands problèmes de notre pays reste la justice », a-t-il déclaré, dénonçant une justice instrumentalisée au service d’intérêts politiques.

Cette déclaration intervient moins de 24 heures après le rejet, par les Chambres réunies de la Cour suprême, du rabat d’arrêt introduit par la défense de Sonko. Une décision qui n’a visiblement pas mis un terme à la bataille judiciaire autour de ce dossier, que le Premier ministre entend rouvrir sur la base de ce qu’il qualifie de « faits nouveaux ».

La suite du feuilleton judiciaire s’annonce donc décisive, à l’heure où les nouvelles autorités disent vouloir instaurer une justice équitable, indépendante et conforme aux exigences de l’État de droit.

Le yeureumteulou n’occultera pas la réalité ( par Thierno Bocoum )

Le Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP) 2025–2027 a été présenté devant l’Assemblée nationale dans le cadre du Débat d’Orientation Budgétaire (DOB), conformément à la loi organique sur les lois de finances. 

Ce document établit les prévisions macroéconomiques, les hypothèses de croissance, les équilibres budgétaires, les priorités d’investissement et les politiques de subvention sur un horizon triennal.

Moins d’une semaine après cette présentation officielle, le Premier ministre annonce un plan de redressement, suggérant une réorientation stratégique profonde. Une telle annonce met gravement en cause le principe de sincérité qui gouverne l’action budgétaire et la transparence devant les représentants de la nation.

Le principe de sincérité impose que les documents budgétaires reflètent une vision honnête, cohérente et réaliste de la trajectoire économique de l’État. 

Changer radicalement de discours en moins d’une semaine revient à admettre  le DPBEP présenté à l’Assemblée était délibérément trompeur.

Le reste n’est que du yeureumteulou, du layam layami et du lakhou tiakhane au moment où le pays souffre. 

Thierno Bocoum
Président AGIR

Ousmane Sonko annonce un plan de redressement pour le Sénégal

Le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé, ce mardi, la prochaine publication d’un ambitieux plan de redressement national destiné à relancer l’économie sénégalaise. Face à une situation jugée critique, le chef du gouvernement a précisé que ce programme avait été conçu par son équipe depuis plusieurs semaines, avec l’objectif de « sortir le pays de la crise » et de donner aux citoyens une visibilité claire sur la stratégie gouvernementale.

« Dans les jours à venir, je présenterai au Sénégalais le plan de redressement. On y travaille depuis des semaines. Nous dirons aux Sénégalais point par point comment nous allons faire pour contraindre l’État à diminuer son train de vie et quelles seront nos orientations face à nos partenaires », a-t-il déclaré, lors d’un discours au ton ferme.

Pour Ousmane Sonko, l’ampleur des difficultés actuelles est directement imputable à la gestion de l’ancien régime. « Nous avons hérité d’un pays en ruine », a-t-il martelé, accusant ses prédécesseurs d’avoir mené une gouvernance qu’il qualifie d’irresponsable et d’avoir laissé des finances publiques exsangues.

Le Premier ministre a également annoncé que la responsabilité de ceux qui, selon lui, ont conduit le Sénégal dans cette impasse économique sera engagée. « Ils devront répondre devant la justice ou devant une commission d’enquête parlementaire. Ils ont hypothéqué le pays et compromis l’avenir de plusieurs générations », a-t-il averti.

Cette déclaration intervient alors que les défis économiques s’accumulent, notamment la dette publique, le coût de la vie et le financement des priorités sociales. Le plan annoncé, qui sera détaillé dans les prochains jours, devrait préciser les mesures d’austérité envisagées, les réformes structurelles à mener et les partenariats internationaux à redéfinir.

En affichant sa détermination à « réduire le train de vie de l’État » et à « assainir la gestion publique », Ousmane Sonko entend imprimer un tournant majeur dans la conduite des affaires économiques et restaurer la confiance des citoyens dans l’action gouvernementale.

Débat sur l’inéligibilité d’Ousmane Sonko : Me Bamba Cissé tranche la polémique

L’avocat Me Bamba Cissé a tenu à mettre un terme à ce qu’il qualifie de « désinformation » et de « manipulation abjecte » autour de la question de l’inéligibilité de son client, Ousmane Sonko. Dans une déclaration rendue publique, il a affirmé que ce débat juridique est aujourd’hui « dépassé » et n’a plus lieu d’être.

Pour Me Cissé, les interprétations qui circulent dans certains cercles politiques et médiatiques entretiennent artificiellement une polémique close depuis plusieurs mois. Il rappelle d’abord que la Cour suprême avait partiellement cassé l’arrêt rendu dans l’affaire de diffamation opposant Ousmane Sonko au ministre Mame Mbaye Niang. « La Cour suprême avait, en effet, cassé partiellement l’arrêt Mame Mbaye Niang au motif que la contrainte par corps ne peut s’appliquer à l’infraction supposée commise par M. Sonko, assimilée selon la Cour à une infraction politique », a précisé l’avocat. Il ajoute que cette décision figure dans l’arrêt numéro 1 du 4 janvier 2024.

Me Cissé souligne qu’au-delà de cette décision judiciaire, la loi d’amnistie adoptée le 1er mars 2024 est venue lever toute ambiguïté sur la situation pénale et électorale d’Ousmane Sonko. Citant l’article premier de la loi, il rappelle qu’« sont amnistiés, de plein droit, tous les faits susceptibles de revêtir la qualification d’infraction criminelle ou correctionnelle, commis entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024, ayant des motivations politiques, y compris celles faites par tous supports de communication ». Pour l’avocat, ce texte législatif a permis à son client de retrouver pleinement ses droits civiques et politiques, notamment le droit de vote et l’éligibilité aux fonctions électives.

Il est également revenu sur l’audience tenue récemment devant les Chambres réunies de la Cour suprême, rappelant qu’elle n’avait aucunement pour objet de rouvrir le dossier au fond. « L’audience portait exclusivement sur l’examen de l’existence ou non d’erreurs de procédure commises par les juges. La Cour a exercé un contrôle normatif, en se limitant au droit et sans vocation à revenir sur des faits désormais éteints par la loi d’amnistie », a-t-il détaillé.

En conclusion, Me Bamba Cissé estime que toutes les tentatives visant à relancer le débat sur la légitimité électorale d’Ousmane Sonko ne reposent sur aucun fondement juridique sérieux. « Le débat sur l’éligibilité ou non de M. Ousmane Sonko n’est plus à l’ordre du jour depuis la loi d’amnistie numéro 2024-09 du 13 mars 2024 », a-t-il insisté, invitant les uns et les autres à se concentrer sur les enjeux réels qui intéressent les Sénégalais.

Suppléance inédite, dérive dangereuse : le piège du nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale ( Par Thierno Bocoum)

La récente adoption du nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale s’inscrit dans une démarche d’ouverture qu’il faut saluer. Elle vise à moderniser les règles parlementaires en associant, pour une fois, l’ensemble des groupes politiques, y compris l’opposition et les députés non-inscrits.

Cependant, au cœur de cette dynamique, un article retient l’attention par sa portée alarmante : l’article 15. 

Sous couvert d’organiser la vacance du poste de Président, il introduit une faille de gouvernance sans précédent. Nous sommes face à suppléance sans pouvoir, une élection sans arbitre désigné, un Parlement réduit au silence tant que son Président n’est pas élu. 

Une situation inédite et dangereuse que cette tribune entend démontrer point par point.

L’article 15 aborde enfin un sujet resté depuis longtemps dans l’ombre à savoir la vacance du poste de Président de l’Assemblée nationale. Il évoque trois cas : démission, empêchement définitif, décès. Jusque-là, rien à redire. 

Cependant, alors qu’on attendait une procédure de continuité, on découvre une suspension pure et simple du pouvoir législatif.

Le texte interdit toute activité parlementaire tant que le Président n’a pas été remplacé, sans fixer de délai ni prévoir un mécanisme d’intérim. C’est un saut manifeste dans le vide institutionnel. Un verrou silencieux inséré au cœur du fonctionnement démocratique.

Partout où la démocratie est prise en compte, le vide institutionnel est comblé par des mécanismes clairs et opérationnels. 

En France, le doyen d’âge, assisté des deux plus jeunes secrétaires, préside les séances jusqu’à l’élection d’un nouveau Président (article 2 du Règlement). Aux États-Unis, un « Speaker pro tempore » est immédiatement désigné dans une liste préétablie pour assurer l’intérim. Dans des pays africains comme le Bénin ou le Ghana, un vice-président (souvent le premier élu ou le plus âgé) assure automatiquement l’intérim sans interruption des travaux parlementaires. Ces systèmes assurent la continuité du pouvoir législatif. Le nouveau règlement sénégalais, lui, transforme un vide fonctionnel par la pratique en blocage légalement assumé.

Avant 2025, même sans texte explicite, la suppléance pouvait s’imposer naturellement. Le Premier Vice-Président assumait l’intérim, selon son rang et la coutume parlementaire. 
L’article 9 du règlement de 2002 précisait que les Vice-présidents « peuvent le suppléer », fondant ainsi une suppléance de fait.

Avec cette nouvelle réforme, ce Vice-président ne supplée plus. Il constate, informe et s’éloigne. Aucune fonction, aucune capacité d’action. Même pas une compétence d’urgence. 

La vie parlementaire est suspendue dans l’attente d’une élection dont le calendrier reste ouvert.

L’Assemblée passe ainsi d’un silence interprétable à un silence réglementaire absolu. Une République parlementaire en veille.

L’ambiguïté culmine dans cette phrase sibylline : « L’élection est présidée par un Vice-Président. »
Mais lequel parmi les huit ? Sur quels critères ?

Ce flou ouvre la voie à toutes les manœuvres et peut aboutir e légitimement à la contestation de l’autorité de séance et donc la fragmentation de la procédure élective.

Ce vide peut même devenir un outil stratégique. Une vacance volontairement prolongée pourrait neutraliser l’Assemblée au moment le plus critique.

La réforme aurait dû instituer une suppléance active, assurée par le Premier Vice-Président ou à défaut le doyen d’âge non candidat, fixer un délai impératif pour organiser l’élection d’un nouveau Président, désigner clairement l’autorité présidant la séance élective et autoriser la poursuite d’actes administratifs essentiels en cas de vacance prolongée.

Cette réforme du règlement intérieur aurait pu être un signal fort de maturité démocratique. Mais dans sa version actuelle, elle consacre une anomalie dangereuse : un Parlement mis en pause, faute de procédure de continuité claire.

Et face à ce genre de silence réglementaire, la responsabilité des députés majorité comme opposition est de le briser.

Il n’est pas trop tard pour corriger le texte et inscrire dans notre droit parlementaire les principes de stabilité, de continuité et de clarté.

Thierno Bocoum
Président AGIR- LES LEADERS

Papa Djibril Fall recadre Ousmane Sonko : « Il n’y a pas de murs à raser… parce que vous avez tout mis à terre »

Le ton est monté d’un cran entre le député Papa Djibril Fall et le Premier ministre Ousmane Sonko. Réagissant aux récentes déclarations du chef du gouvernement, qui avait accusé certains acteurs politiques d’avoir causé tant de tort au pays qu’ils devraient désormais « raser les murs », le parlementaire a choisi de riposter avec fermeté.

Face à la presse, ce mardi, Papa Djibril Fall a d’abord ironisé sur la formule de Sonko, avant d’adresser un message sans détour : « Il n’y a pas de murs à raser parce que vous avez tout mis à terre. Si vous avez des tentatives à la dictature aussi, cela ne passera pas. »

Le député, connu pour ses prises de position indépendantes, a également interpellé le Premier ministre sur l’état général du pays. Selon lui, le Sénégal fait face à une conjoncture extrêmement difficile. « Concentrez-vous sur les urgences du pays. Le Sénégal est en train de suffoquer, car il est asphyxié », a-t-il averti, pointant du doigt la situation économique, les tensions sociales et l’instabilité institutionnelle.

Accompagné de ses camarades du mouvement « Serviteurs », Papa Djibril Fall a réaffirmé son engagement à défendre les principes démocratiques et la séparation des pouvoirs. Il a mis en garde contre toute dérive autoritaire, appelant à « un climat apaisé, respectueux de la pluralité et de la contradiction démocratique ».

Ces déclarations illustrent le climat politique tendu qui prévaut entre l’exécutif et certaines composantes de l’opposition parlementaire. Elles interviennent dans un contexte où le gouvernement Diomaye-Sonko est confronté à de fortes attentes de résultats et à la nécessité de restaurer la confiance avec une partie de la classe politique.

Affaire ASER-AEE Power EPC : Papa Djibril Fall dénonce un scandale de gouvernance et saisit la justice

Le député Papa Djibril Fall a tiré la sonnette d’alarme ce mardi, lors d’une conférence de presse consacrée aux zones d’ombre qui continuent d’entourer la gestion de l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER). Selon lui, malgré le changement de régime, le secteur de l’électrification rurale demeure miné par des pratiques contraires à la transparence et à la préférence nationale.

« Une bonne partie du pays est plongée dans le noir dans plusieurs villages qui sont réellement concernés par cette électrification rurale », a-t-il rappelé en préambule.

Papa Djibril Fall a mis en cause la procédure qui a conduit à l’éviction d’un opérateur sénégalais engagé dans l’exécution d’un marché lié au projet d’électrification. Cet opérateur, selon le député, avait pourtant mobilisé un financement bancaire pour honorer ses engagements. « Malheureusement, il a été non seulement éjecté mais accusé d’avoir fait des surfacturations », a-t-il dénoncé, précisant qu’une sommation interpellative adressée au Directeur général de l’ASER est restée sans suite.

Le dossier s’est compliqué davantage avec l’intervention de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARCOP), qui avait demandé la transmission des pièces justificatives. Le refus de l’ASER de coopérer a entraîné la suspension du marché. Pour Papa Djibril Fall, la situation a pris une tournure encore plus inquiétante lorsque le Directeur général de l’ARCOP, censé arbitrer ce contentieux, a été démis de ses fonctions. « Le nouveau Directeur de l’ARCOP devait être coopté par appel à candidature, ce qui soulève des questions sur la régularité de la procédure », a ajouté le parlementaire.

Le député estime que cette affaire symbolise un dysfonctionnement profond. « Si elle n’est pas élucidée, de réels soupçons de corruption continueront de peser sur l’ASER et sur la gestion de ce projet stratégique », a-t-il prévenu.

Face à cette situation, Papa Djibril Fall exige la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. Il a également annoncé qu’il allait saisir les hautes juridictions afin de faire toute la lumière sur ce qu’il considère comme un scandale de gouvernance.

« Nous devons aller au bout de la transparence et protéger les intérêts des Sénégalais qui attendent toujours l’accès à l’électricité », a-t-il conclu.

Affaire Mame Mbaye Niang : la Cour suprême rejette la requête en rabat d’arrêt d’Ousmane Sonko

La Cour suprême du Sénégal a tranché ce mardi 1ᵉʳ juillet 2025 dans le dossier de diffamation opposant Ousmane Sonko au ministre Mame Mbaye Niang. Les Chambres réunies ont examiné la requête en rabat d’arrêt déposée par les avocats du Premier ministre, qui contestaient la décision de la Chambre pénale rendue le 4 janvier 2024.

À l’issue de l’audience, la Cour a rejeté la demande, déclarant le rabat d’arrêt irrecevable.

Ce recours, considéré comme exceptionnel, visait à obtenir l’annulation de l’arrêt au motif que la juridiction n’avait pas transmis une question prioritaire de constitutionnalité au Conseil constitutionnel.

Cette décision confirme définitivement la condamnation d’Ousmane Sonko prononcée en première instance et validée en cassation.

Saraya : un étranger arrêté avec un important stock de drogues et de médicaments

Les gendarmes de la compagnie territoriale de Kédougou ont procédé, lundi 30 juin 2025, à une importante saisie de stupéfiants et de médicaments prohibés sur l’axe Sainsoutou-Daloto, dans la commune de Missirah Sirimana, département de Saraya.

Selon des sources sécuritaires, l’opération s’est déroulée lors d’une patrouille de routine, organisée dans le cadre de la sécurisation des zones d’orpaillage et des axes routiers stratégiques, particulièrement sensibles en ce début d’hivernage.

Le suspect, un ressortissant étranger dont l’identité n’a pas été révélée, circulait avec un sac volumineux. La fouille minutieuse opérée par les gendarmes a permis de découvrir un kilogramme de chanvre indien, destiné probablement à l’écoulement sur les sites miniers.

Outre la drogue, une grande quantité de comprimés divers a été saisie :

  • 7 tablettes de Tramaking, soit 70 comprimés, d’une valeur estimée à 70 000 francs CFA.
  • 400 tablettes de Tapentadol, soit 4 000 comprimés, dont la valeur marchande avoisine 4 millions de francs CFA.
  • 60 tablettes de Royal, soit 600 comprimés, évalués à 600 000 francs CFA.

Le Tapentadol, notamment, est un puissant antalgique détourné de son usage médical et prisé par les populations travaillant sur les chantiers aurifères, ce qui contribue à alimenter un marché parallèle particulièrement lucratif et dangereux.

Le mis en cause a été conduit dans les locaux de la brigade, avant d’être présenté ce mardi au parquet du tribunal de grande instance de Kédougou pour détention et trafic de drogues et de médicaments sans autorisation.

Cette arrestation illustre les efforts déployés par les forces de défense et de sécurité pour lutter contre la criminalité qui prospère dans l’environnement des sites d’orpaillage clandestin, souvent associés à la circulation de stupéfiants, la violence et la délinquance organisée.

Affaire Mame Mbaye Niang contre Sonko : la Cour suprême se penche sur le Rabat d’arrêt, le Procureur général évoque la loi d’amnistie

Ce mardi, les chambres réunies de la Cour suprême du Sénégal ont examiné la procédure exceptionnelle en Rabat d’arrêt introduite par les avocats d’Ousmane Sonko. Ce recours conteste l’arrêt rendu le 4 janvier 2024 par la Chambre pénale de la même juridiction, qui avait confirmé la condamnation de l’actuel Premier ministre pour diffamation dans le procès l’opposant au ministre Mame Mbaye Niang.

Me Ciré Clédor Ly, avocat de M. Sonko, a rappelé que cette voie de recours, rare et spécifique, vise à corriger une erreur de procédure commise par la Cour suprême elle-même et qui pourrait avoir affecté la validité de la décision. « Le Rabat d’arrêt est activé dans des circonstances exceptionnelles, lorsque la juridiction suprême méconnaît une règle de procédure impérative », a-t-il précisé.

En l’espèce, la défense reproche à la Chambre pénale d’avoir refusé de transmettre au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité portant sur l’article 260 du Code pénal, la base légale de la condamnation. Selon Me Ly, la Cour avait pourtant l’obligation de surseoir à statuer et de saisir les « sages » afin qu’ils se prononcent sur la conformité du texte à la Constitution. « C’est un manquement grave qui a biaisé le procès », a martelé l’avocat.

L’audience a été émaillée de tensions entre les deux parties. Me Ciré Clédor Ly a dénoncé l’attitude des avocats de la partie civile qu’il accuse d’avoir « vidé leur haine sur M. Sonko », sans se soucier du respect des règles de procédure.

De son côté, le Procureur général a demandé purement et simplement le rejet du Rabat d’arrêt. Il a estimé que ce recours est devenu sans objet, puisque la loi d’amnistie votée récemment couvre la condamnation prononcée dans cette affaire. « La demande est désormais sans objet en raison de la loi d’amnistie », a-t-il soutenu, en invitant la Cour suprême à clore la procédure.

Après les plaidoiries et les observations, la Cour suprême a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue ce mardi à 15h30.

Ce dossier judiciaire, emblématique des tensions politiques des dernières années, continue de susciter un vif intérêt, alors que le contexte national est marqué par la mise en œuvre de la loi d’amnistie et par la volonté affichée de tourner la page des procès politiques.

Cybersécurité : un enseignant du Lycée Delafosse interpellé pour propos jugés subversifs contre le Procureur

Djiby Ndiaye, coordonnateur du Nouveau Front Force Alternative (NFFA) et professeur au Lycée Maurice Delafosse, a été placé en garde à vue ce lundi 30 juin 2025 par les éléments de la Division spéciale de la cybersécurité (DSC).

Selon le quotidien Libération, cette interpellation fait suite à une autosaisine du parquet qui a demandé son arrestation après la diffusion sur le réseau social TikTok d’une vidéo devenue virale. Dans cette séquence, l’enseignant est accusé d’avoir tenu des propos particulièrement virulents visant directement le Procureur, mais aussi de manière plus large les institutions judiciaires du Sénégal.

Djiby Ndiaye est notamment poursuivi pour incitation à la révolte, outrage à magistrat et propos de nature à jeter le discrédit sur les institutions de la République. Ces accusations, jugées graves par les autorités judiciaires, interviennent dans un contexte de vigilance accrue des services de cybersécurité face à la prolifération de contenus considérés comme subversifs ou diffamatoires sur les réseaux sociaux.

Pour rappel, la Division spéciale de la cybersécurité, rattachée à la Police nationale, s’est récemment illustrée par une série d’interpellations visant des influenceurs, activistes ou simples internautes accusés d’atteintes à la sûreté de l’État, de diffusion de fausses nouvelles ou de cyberharcèlement.

L’enseignant, dont la garde à vue peut durer 48 heures renouvelables, devrait être déféré au parquet à l’issue de l’enquête préliminaire. Cette affaire ravive le débat sur la liberté d’expression et ses limites, alors que les réseaux sociaux sont devenus un terrain privilégié d’expression politique et militante.

En attendant d’éventuelles poursuites judiciaires, cette arrestation suscite déjà des réactions au sein des milieux syndicaux et associatifs, qui dénoncent ce qu’ils considèrent comme une dérive répressive visant à intimider les voix dissidentes.

Secteur de la Justice : l’État et les syndicats amorcent un dialogue pour apaiser les tensions

Après plusieurs semaines de tensions et de paralysie quasi totale des juridictions, le secteur de la Justice sénégalaise pourrait bientôt s’engager sur la voie de l’apaisement. Le ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public a en effet invité les deux principales organisations syndicales du secteur à une rencontre prévue ce mardi 1er juillet 2025 à 16 heures, dans la salle de conférence du troisième étage du ministère.

Selon un communiqué conjoint signé par le Bureau exécutif national (BEN) du Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) et le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Union Nationale des Travailleurs de la Justice (UNTJ), cette initiative s’inscrit dans le cadre des « efforts de pacification du climat social dans le secteur de la Justice ». La rencontre est organisée en étroite collaboration avec le ministère de la Justice.

L’Entente syndicale SYTJUST–UNTJ a confirmé sa participation, indiquant qu’elle compte porter « avec responsabilité et fermeté » les préoccupations jugées légitimes des travailleurs de la Justice. Elle précise que cette démarche est fidèle à ses valeurs de dialogue et qu’elle assumera « pleinement son rôle » durant cette phase de discussions.

Cette invitation du gouvernement intervient dans un contexte social marqué par des grèves répétées ayant paralysé de nombreuses juridictions à travers le pays. Les travailleurs réclament, entre autres, le respect des accords antérieurement conclus avec l’État et l’amélioration de leurs conditions de travail, jugées dégradantes par les syndicats. Ces mouvements de contestation ont engendré des retards importants dans le traitement des dossiers judiciaires, affectant ainsi de nombreux justiciables.

Les deux syndicats, qui se sont constitués en entente syndicale ces derniers mois pour renforcer leur rapport de force, exhortent néanmoins leurs membres à rester mobilisés, unis et vigilants. « La cohésion et l’unité syndicale sont plus que jamais nécessaires dans cette phase cruciale », soulignent-ils dans leur communiqué.

En engageant ces négociations, le gouvernement manifeste sa volonté de trouver des solutions concertées pour sortir de l’impasse. Les prochaines heures seront déterminantes pour jauger l’issue de ce dialogue et mesurer la capacité des parties à trouver un terrain d’entente durable.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°500 – 01/07/2025

🔴 EFFONDREMENT DES EURO-OBLIGATIONS SUITE AU RAPPORT DE BARCLAYS ESTIMANT LA DETTE PUBLIQUE À 119% DU PIB : LE SÉNÉGAL DANS L’ŒIL DU CYCLONE
🔴 CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LE DÉVELOPPEMENT / REFONTE DES RELATIONS SÉNÉGALO-FRANÇAISES : DIOMAYE ET MACRON À L’ŒUVRE

🔴 BACARY CISSÉ À LA TÊTE DE LA LIGUE RÉGIONALE : NOUVELLE ÈRE POUR LE FOOTBALL ZIGUINCHOROIS
🔴 SITEU SUSPENDU POUR DEUX ANS : L’ORAD-ZONE II EXIGE L’APPLICATION STRICTE DE LA SANCTION

Séville – Partenariat stratégique : Diomaye et Macron tracent les contours d’une nouvelle ère de coopération

À l’occasion de la Conférence des Nations unies sur le financement du développement, qui se tient actuellement à Séville, les présidents Bassirou Diomaye Faye et Emmanuel Macron ont eu un échange bilatéral majeur. Une rencontre marquée par la volonté affirmée des deux chefs d’État de poser les bases d’un partenariat renouvelé et équilibré entre le Sénégal et la France.

Le président français a déclaré vouloir « refondre le partenariat entre le Sénégal et la France », insistant sur la nécessité de construire une relation au service « des intérêts de nos peuples et de notre souveraineté ». Ce propos, fortement symbolique, s’inscrit dans le sillage d’une nouvelle dynamique voulue par le chef de l’État sénégalais, qui prône une coopération basée sur la dignité, le respect mutuel et l’efficacité.

Plusieurs axes stratégiques ont été mis en avant par Emmanuel Macron : le partenariat économique, les questions de sécurité et de défense, la coopération culturelle ainsi que le travail de mémoire. Ces « chantiers » traduisent une approche globale de la relation bilatérale, allant au-delà du simple cadre diplomatique pour embrasser les enjeux historiques, sociétaux et régionaux.

Dans ce sens, Macron a salué « l’engagement du Sénégal en faveur de la stabilité régionale », soulignant le rôle moteur que joue Dakar dans la gestion des défis du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. Pour Paris, le Sénégal reste un partenaire stratégique sur le plan diplomatique, sécuritaire et économique, dans un contexte africain en pleine recomposition géopolitique.

Cette rencontre intervient dans un climat international marqué par une volonté croissante des États africains de redéfinir les termes de leur coopération avec les anciennes puissances coloniales. Le président Diomaye Faye, qui incarne cette aspiration à la souveraineté et à la transformation, entend faire du Sénégal un exemple de rupture positive.

Le dialogue entre les deux dirigeants ouvre donc la voie à une nouvelle étape dans les relations franco-sénégalaises. Une relation repensée, décentrée des anciennes logiques d’alignement, et recentrée sur des intérêts partagés, dans le respect des choix politiques et économiques de chaque pays.

Gouvernance extractive : la société civile de l’ITIE Sénégal clarifie sa position après le rapport CIVICUS

La société civile sénégalaise impliquée dans l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) a tenu à réagir officiellement au rapport du CIVICUS Monitor de mars 2024, qui classait le Sénégal parmi les pays « réprimés » en matière de libertés civiques. Dans une note de position transmise aux médias, les membres du Groupe Multipartite (GMP) de l’ITIE Sénégal ont tenu à apporter des précisions sur leur situation, dans un contexte politique national particulièrement tendu marqué par le report de la présidentielle de février 2024, les manifestations et les atteintes aux droits fondamentaux.

Dans le document, les représentants de la société civile engagés dans la gouvernance des ressources naturelles affirment qu’aucun d’entre eux n’a été victime d’arrestation, d’intimidation ou de restriction directement liée à leurs activités au sein de l’ITIE. Selon eux, le climat national conflictuel a néanmoins eu des répercussions indirectes, notamment la suspension temporaire d’internet et le report de plusieurs réunions programmées en présentiel.

La note précise que certains acteurs, à titre individuel et en tant que citoyens, ont pu participer à des mobilisations et à des débats publics. Mais ils insistent sur le fait que ces engagements n’ont aucun lien avec leurs mandats au sein de l’ITIE, dont le rôle demeure exclusivement sectoriel. La société civile rappelle que sa mission consiste à promouvoir la transparence, garantir la redevabilité dans la gestion des ressources naturelles, défendre les droits des communautés affectées par les activités extractives et maintenir le dialogue tripartite entre l’État, les entreprises et la société civile.

Les acteurs estiment toutefois qu’aucun processus de transparence ne peut se dérouler efficacement sans respect des droits et libertés fondamentaux. Toute restriction de la liberté d’expression, d’association ou d’accès à l’information, affirment-ils, constitue un risque pour la gouvernance des ressources extractives et la crédibilité des engagements pris dans le cadre de l’ITIE.

Dans la même note, la société civile formule plusieurs recommandations. Elle invite le CIVICUS Monitor à contextualiser plus finement ses évaluations et à préciser que les membres de l’ITIE n’ont pas été directement ciblés par des actes de répression, même si le climat national a pu compliquer leur travail. Elle appelle le gouvernement sénégalais à garantir un environnement apaisé et sécurisé pour tous les citoyens, à éviter les coupures d’internet et la suspension des médias. Elle exhorte également la société civile nationale à renforcer la vigilance collective et à distinguer clairement les engagements citoyens individuels des missions exercées dans les cadres multipartites afin de préserver l’intégrité et la neutralité de ces espaces. Enfin, elle encourage le Secrétariat international de l’ITIE à continuer de surveiller la sécurité des acteurs de la société civile et à tenir compte du caractère strictement sectoriel et non-politique de l’ITIE dans ses analyses globales.

La société civile sénégalaise engagée dans l’ITIE conclut en réaffirmant son attachement aux principes de l’État de droit, à la transparence et à la participation citoyenne. Selon elle, malgré les tensions et les défis logistiques liés à la situation nationale, le mandat sectoriel centré sur la gouvernance des ressources naturelles a pu être exercé librement jusqu’à présent. Les acteurs saluent par ailleurs le travail de veille réalisé par CIVICUS et soulignent la nécessité de distinguer les organisations de la société civile généraliste, parfois impliquées dans les dynamiques politiques, de celles spécifiquement investies dans la promotion de la transparence dans le secteur extractif.

Assemblée nationale : El Malick Ndiaye dresse un bilan réformateur à la clôture de la session parlementaire

C’est un discours de clôture riche en annonces que le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a livré à l’issue de la session parlementaire 2024-2025. Dans un hémicycle attentif, il a dressé le bilan d’une session marquée par de profondes réformes et un engagement collectif qu’il a qualifié de remarquable.

Évoquant les progrès accomplis, El Malick Ndiaye a affirmé que les changements initiés traduisent une volonté claire d’incarner « un Parlement plus exigeant, plus transparent et plus redevable ». Loin d’un simple discours de fin de session, son intervention a permis de mesurer l’ampleur des transformations entamées au sein de l’institution.

L’un des points centraux abordés par le président a été la lutte contre les pratiques budgétaires qu’il a jugées peu justifiées. Il a notamment dénoncé un gaspillage documentaire insoutenable et une inefficacité dans la gestion des ressources administratives. Ce constat a motivé une série de décisions drastiques visant à rationaliser les dépenses, alléger les charges et instaurer une culture de sobriété au sein de l’Assemblée.

La suppression de certains avantages jusque-là accordés aux députés illustre cette nouvelle orientation. El Malick Ndiaye a évoqué la fin des crédits téléphoniques et des primes de plénière, la suppression des appuis financiers lors des fêtes religieuses, ainsi que la réduction des frais de mission et du quota des pèlerins. Ces mesures s’inscrivent dans une démarche de rigueur et de transparence budgétaire.

Sur le plan administratif et fonctionnel, des réformes ont été entamées pour moderniser l’appareil parlementaire. Le président de l’Assemblée a cité la refonte du règlement intérieur, la révision du statut du personnel et l’introduction de procédures de gestion financière plus rigoureuses. Ces changements visent à adapter le fonctionnement de l’Assemblée nationale aux exigences contemporaines en matière de gouvernance.

La modernisation technologique a également occupé une place importante dans le discours du président. Il a annoncé la mise en place d’un nouveau site internet pour faciliter l’accès à l’information parlementaire, l’attribution d’adresses mail officielles à tous les députés, l’instauration d’un système de pointage électronique, ainsi que la distribution de tablettes numériques pour digitaliser les travaux parlementaires.

Autre innovation majeure, la création d’une chaîne parlementaire a été intégrée au règlement intérieur. Selon El Malick Ndiaye, cette chaîne n’a pas vocation à devenir un média traditionnel, mais plutôt à jouer un rôle pédagogique et citoyen. Elle sera, selon lui, un levier de transparence et un outil pour rapprocher davantage les citoyens de leurs représentants.

Sur le registre des politiques publiques, le président a salué la création d’une commission chargée de leur évaluation. Il a également mis en avant la mise en place d’un système de comptabilité conforme aux normes, ainsi qu’un organe interne de passation des marchés. Il a rappelé que les réformes ont permis d’avancer sur plusieurs revendications syndicales internes, tout en consolidant la diplomatie parlementaire du Sénégal.

En conclusion, El Malick Ndiaye a salué l’engagement de ses collègues députés et les a appelés à maintenir le cap des réformes. Il a insisté sur la nécessité de construire une Assemblée nationale qui incarne véritablement les aspirations du peuple sénégalais, en étant plus proche, plus efficace et plus transparente.

Ce bilan dressé à la clôture de la session confirme l’ambition d’El Malick Ndiaye de faire du Parlement sénégalais une institution moderne, sobre, rigoureuse et au service exclusif de la République.

Conférence internationale sur le financement du développement : le président Diomaye va intervenir sur un enjeu stratégique

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a pris part ce lundi 30 juin 2025 à la cérémonie d’ouverture de la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement, qui se tient à Séville, en Espagne, du 30 juin au 3 juillet 2025.

Ce sommet de haut niveau réunit plusieurs chefs d’État et de gouvernement, ainsi que des dirigeants des principales institutions multilatérales, parmi lesquelles l’Organisation des Nations unies (ONU), la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et le Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC).

Selon la Présidence sénégalaise, qui a communiqué l’information via sa page officielle, le président Diomaye interviendra au cours de la session plénière prévue dans l’après-midi. Il portera la voix du Sénégal et défendra un enjeu jugé stratégique : « la mobilisation et l’alignement des ressources publiques domestiques, levier essentiel pour un développement souverain, équitable et durable ».

Ce déplacement s’inscrit dans la volonté affichée du chef de l’État sénégalais de promouvoir une vision renouvelée du financement du développement, notamment en plaidant pour une réforme de l’architecture financière internationale et en insistant sur la nécessité de renforcer les capacités internes de mobilisation des recettes fiscales et budgétaires.

La participation du Sénégal à cette conférence intervient également dans un contexte marqué par des défis économiques importants : la lutte contre la pauvreté, la nécessité d’investir massivement dans les infrastructures sociales, l’adaptation au changement climatique et l’amélioration de la gouvernance économique.

Pour le président Diomaye Faye, la priorité est claire : renforcer l’autonomie budgétaire et réduire la dépendance excessive aux financements extérieurs, afin de garantir un développement durable, centré sur les priorités nationales et respectueux des aspirations des populations.

Durant ces quatre jours de travaux, plusieurs panels et sessions thématiques permettront aux États participants, aux bailleurs et aux institutions internationales d’échanger sur les voies et moyens de financer efficacement les Objectifs de développement durable (ODD).

Le chef de l’État sénégalais devrait également tenir des rencontres bilatérales en marge des discussions plénières, avec pour ambition de consolider les partenariats stratégiques et d’attirer de nouveaux investissements structurants pour le Sénégal.

Assemblée nationale : El Malick Ndiaye annonce une tournée parlementaire dans les 14 régions et prépare le lancement d’une chaîne parlementaire

L’Assemblée nationale s’engage sur la voie d’une proximité renforcée avec les citoyens. Ce lundi 30 juin 2025, lors de la clôture de la session ordinaire unique, le président de l’institution, El Malick Ndiaye, a dévoilé les grandes lignes d’un ambitieux projet de tournée parlementaire. Baptisée « Le Parlement chez vous », cette initiative prévoit de sillonner les 14 régions du pays, afin de recueillir directement les préoccupations des populations et de renforcer le dialogue entre représentants et représentés.

Selon El Malick Ndiaye, cette tournée est actuellement en phase d’étude au sein du bureau et de la Conférence des présidents. « Elle sera sanctionnée par un rapport consolidé remis à l’exécutif, en vue d’une meilleure prise en compte des préoccupations des populations lors de la prochaine session de vote du budget », a précisé le président de l’Assemblée. L’objectif affiché est clair : rapprocher l’institution parlementaire des Sénégalais et ancrer davantage l’action publique dans la réalité des territoires.

Cette démarche s’inscrit dans un vaste chantier de réforme inspiré, selon El Malick Ndiaye, par la volonté de transformation et de rupture impulsée par le président Bassirou Diomaye Faye. La volonté de moderniser et de rendre plus transparent le fonctionnement parlementaire se traduit également par un autre projet majeur : la création d’une chaîne parlementaire.

El Malick Ndiaye a annoncé que cette chaîne figure déjà dans le nouveau règlement intérieur de l’Assemblée. « Nous avons franchi un autre cap avec l’intégration d’une chaîne parlementaire dans notre nouveau règlement intérieur. Elle n’est pas encore lancée, mais elle est en train d’émettre et dispose déjà d’un canal au niveau de la TNT », a-t-il révélé.

Le président de l’Assemblée a tenu à préciser que ce média ne sera pas une simple chaîne d’information supplémentaire. « Elle sera un outil pédagogique, un levier de transparence et un pont entre le citoyen et l’assemblée qui le représente », a-t-il insisté. La chaîne parlementaire aura notamment pour mission de diffuser les séances plénières, de vulgariser les débats législatifs et d’informer les citoyens sur les réformes en cours.

À travers ces deux chantiers structurants, El Malick Ndiaye entend inscrire le Parlement dans une dynamique de proximité, de pédagogie et d’ouverture. Pour l’Assemblée nationale, il s’agit d’une étape importante dans la modernisation de l’institution et la consolidation de la démocratie représentative.

Thierno Bocoum tacle Ousmane Sonko : « Une dérive autoritaire inquiétante »

Le président du mouvement Agir, Thierno Bocoum, n’a pas mâché ses mots à l’endroit du Premier ministre Ousmane Sonko, après la diffusion d’une vidéo dans laquelle ce dernier exprime son amertume de ne pas avoir été élu président de la République. « Dieu seul sait pourquoi je n’ai pas été élu président de la République. Nous vivons dans un pays où seuls ceux qui devraient se taire prennent la parole », a lancé Ousmane Sonko dans un ton qui a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux.

Une sortie jugée « gravissime » par Thierno Bocoum, qui y voit une dérive autoritaire manifeste. Dans une note rendue publique ce lundi, l’ancien député a fustigé ce qu’il considère comme une attaque contre les principes démocratiques. « Ces propos traduisent une nette préférence pour la dictature au détriment de la démocratie. C’est d’autant plus inquiétant qu’ils émanent du chef du gouvernement », déplore-t-il.

Thierno Bocoum ne s’arrête pas là. Il évoque également les alliances stratégiques et diplomatiques d’Ousmane Sonko comme autant d’indices d’une orientation politique inquiétante. « Ce n’est pas un hasard s’il multiplie les rapprochements avec les régimes militaires de l’AES et le Parti communiste chinois. Tout s’éclaire », écrit-il dans sa déclaration.

Mais c’est surtout l’aveu implicite d’une tension entre le Premier ministre et le président de la République que Thierno Bocoum met en exergue. Selon lui, Sonko semble admettre que Bassirou Diomaye Faye constitue un contrepoids à ses ambitions personnelles. « Heureusement, Dieu veille sur ce pays. Et son choix, manifestement, s’est porté sur un président capable de limiter les excès de son propre Premier ministre », conclut-il.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°499 – 30/06/2025

🔴 DÉBAT D’ORIENTATION BUDGÉTAIRE À L’ASSEMBLÉE NATIONALE : DIBA « SAUCÉ » PAR L’OPPOSITION
🔴 LE CAS BACHIR FOFANA : EFFACER POUR FAIRE TAIRE ?

🔴 LIGUE 1 (30e J.) : LE JARAAF SIGNE SON 13e TITRE
🔴 LIGUE 1 / AUTEUR DE 12 BUTS CETTE SAISON : PAPE DOUDOU DIALLO SACRÉ MEILLEUR BUTEUR

Renforcement des pouvoirs du Premier ministre : Maurice Soudieck Dione met en garde contre un « scénario de 1962 »

Maurice Soudieck Dione, enseignant-chercheur et Professeur agrégé de science politique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, a invité les autorités sénégalaises à tirer les leçons de l’histoire afin d’éviter une crise institutionnelle aux conséquences imprévisibles. Intervenant ce dimanche 29 juin dans l’émission Grand Jury sur RFM, il a rappelé l’épisode de 1962, marqué par l’affrontement entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia, qui avait conduit à une rupture profonde au sommet de l’État et à l’emprisonnement du président du Conseil.

S’adressant au duo présidentiel actuel, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, le politologue a insisté sur la nécessité de préserver une certaine complicité pour pouvoir discuter et trouver ensemble les solutions aux nombreux défis du pays.

Revenant sur les lenteurs constatées dans les réformes des services publics, Maurice Soudieck Dione a estimé qu’il fallait « donner du temps au temps ». Selon lui, si le discours de rupture a été un marqueur fort de la campagne présidentielle et de la période d’opposition, l’exercice du pouvoir impose de la prudence, de l’intelligence et du tact. Il a mis en garde contre la tentation de confondre vitesse et précipitation, rappelant qu’une réforme structurelle exige une approche mesurée.

Le chercheur a souligné que le Sénégal disposait, depuis la Constitution de 1963, d’un cadre institutionnel relativement stable, basé sur un régime présidentiel fort qui a permis au pays de traverser 62 années sans crise majeure de succession, malgré certaines dérives autoritaires. Pour autant, il estime qu’il est temps de rationaliser le système en réduisant les pouvoirs concentrés entre les mains du président de la République, mais pas nécessairement pour les transférer massivement au Premier ministre.

À ses yeux, une telle évolution comporterait le risque de reproduire les tensions qui avaient opposé Senghor et Mamadou Dia, aboutissant à une crise grave de légitimité et d’équilibre institutionnel. Il a prévenu qu’ »on ne peut pas avoir deux têtes dans un même bonnet », soulignant qu’un partage excessif des prérogatives risquerait d’installer une rivalité permanente au sommet de l’État.

Maurice Soudieck Dione a par ailleurs rappelé que les assises nationales avaient préconisé un renforcement des pouvoirs du Premier ministre, tandis que la Commission nationale de réforme des institutions, sous le président Macky Sall, s’était orientée vers une rationalisation des pouvoirs présidentiels, une option qu’il juge aujourd’hui « la plus pertinente ».

Selon lui, cette approche permettrait notamment de garantir une meilleure séparation des pouvoirs et de limiter l’instrumentalisation de la justice. Il a plaidé pour une réforme visant à réduire l’influence du président sur le procureur de la République, afin que ce dernier ne soit plus un levier d’action contre des adversaires politiques.

Situation économique du Sénégal : Momar Ndao pointe du doigt « l’arrêt de plusieurs chantiers »

La situation économique du Sénégal continue de susciter des inquiétudes au sein de la société civile. Invité de l’émission FACE AU JURY sur PressafrikTVHD ce dimanche, Momar Ndao, président de l’Association sénégalaise des consommateurs (ASCOSEN), a dressé un constat alarmant sur l’impact de la suspension de nombreux chantiers publics et privés sur l’activité économique nationale.

Selon Momar Ndao, le ralentissement brutal observé dans plusieurs secteurs, notamment le BTP, contribue largement à la morosité ambiante. « La situation économique du pays est actuellement très difficile, parce que l’économie est à l’arrêt », a-t-il affirmé. Il explique que de nombreux investisseurs s’étaient engagés dans des projets d’envergure, principalement dans la construction et les infrastructures, qui se retrouvent aujourd’hui gelés.

« Beaucoup de chantiers sont suspendus. Pour les redémarrer, ce sera difficile, et ce retard peut ainsi causer des problèmes à d’autres niveaux », a-t-il prévenu, insistant sur l’effet domino que ces arrêts peuvent provoquer sur d’autres filières : approvisionnement en matériaux, sous-traitance, emploi informel et activité commerciale connexe.

Pour Momar Ndao, cette situation place l’État devant un dilemme complexe. D’un côté, le gouvernement souhaite auditer et assainir la gestion des projets hérités des équipes précédentes, et de l’autre, il doit éviter de paralyser totalement l’économie. « S’il faut à chaque fois arrêter une activité jugée non conforme, tout le pays sera à l’arrêt », a-t-il alerté.

Il a également souligné que l’enjeu est de taille : « Le défi qui attend le gouvernement, c’est d’examiner la gestion de leurs prédécesseurs sans pour autant bloquer un quelconque secteur au risque de stagner l’économie. »

Momar Ndao estime que pour espérer un rebond, le pays doit aller jusqu’au bout de la phase de ralentissement actuel et trouver rapidement des solutions pour relancer l’activité. « Actuellement, pour que le Sénégal puisse enregistrer une croissance considérable, il faut qu’on aille jusqu’au bout du ralentissement. Parce qu’il sera difficile de redémarrer tout ce qui a été suspendu », a-t-il averti.

Thierno Alassane Sall défie ses collègues parlementaires : « Si l’électrification vous intéresse, ouvrons une commission d’enquête parlementaire sur le dossier ASER »

La question de l’électrification rurale a suscité de vifs échanges ce samedi à l’Assemblée nationale lors du Débat d’Orientation Budgétaire (DOB). En présence du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, plusieurs députés issus de la majorité présidentielle ont interpellé l’exécutif sur l’urgence d’accélérer le raccordement des zones rurales au réseau électrique national.

Mais c’est la prise de parole du député non-inscrit Thierno Alassane Sall qui a marqué les débats. Ancien ministre, aujourd’hui figure de l’opposition indépendante, il a interpellé ses collègues parlementaires en leur lançant un défi : ouvrir une commission d’enquête parlementaire sur les activités et la gestion de l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER).

« Si vous voulez sincèrement que les choses avancent, si l’électrification vous intéresse réellement, ouvrons une commission d’enquête parlementaire sur la question troublante de l’ASER », a déclaré Thierno Alassane Sall d’un ton ferme.

Il a notamment fait référence au contrat conclu avec l’entreprise espagnole Santander et à la société AEE Power EPC, au cœur d’un dossier controversé. Selon lui, des zones d’ombre persistent autour du décaissement d’une avance de démarrage évaluée à 37 milliards FCFA. « L’entreprise espagnole Santander a fait savoir que le 11 juin dernier, l’avance de démarrage dans le dossier ASER-AEE Power EPC avait été versée. Si vous voulez savoir où sont passés les 37 milliards, parlons-en », a-t-il insisté, dénonçant une opacité qui dure depuis des années.

Le député a par ailleurs précisé que la partie espagnole aurait elle-même engagé des investigations internes pour établir les responsabilités et faire la lumière sur l’usage des fonds. Il estime qu’en tant que représentants du peuple, les députés sénégalais ont le devoir d’exiger la transparence. « Ce qui est clair, c’est que les Espagnols sont en train de faire leur propre enquête. Mais en tant que parlementaires, vous avez l’obligation d’ouvrir une commission d’enquête pour tirer cette question au clair », a-t-il martelé.

Sa déclaration a suscité un certain embarras au sein de l’hémicycle, où le dossier ASER est connu pour être sensible et complexe.

Ce nouvel épisode vient relancer la polémique sur la gouvernance des projets d’électrification rurale au Sénégal et la gestion des financements extérieurs mobilisés dans le cadre de ces projets. Reste à savoir si sa proposition de commission d’enquête trouvera un écho favorable auprès des groupes parlementaires, dans un contexte où la transparence et la redevabilité sont au cœur des revendications citoyennes.

Débat d’Orientation Budgétaire à l’Assemblée nationale : l’État projette plus de 19 000 milliards FCFA de dépenses entre 2026 et 2028

Le Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) s’est tenu ce samedi à l’Assemblée nationale, en présence du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, et de ses principaux collaborateurs. Cette session a permis aux députés d’examiner le Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP) couvrant la période 2026–2028, un exercice essentiel qui jette les bases des grandes priorités de politique économique et financière de l’État.

Selon les chiffres officiels, le gouvernement prévoit des dépenses s’élevant à 19 364,4 milliards de francs CFA sur les trois années à venir. Ces engagements incluent les charges de fonctionnement, le service de la dette et les investissements structurants, qu’ils soient financés sur ressources internes ou extérieures. En revanche, les prévisions de ressources sont estimées à 16 638,7 milliards FCFA sur la même période. Cet écart significatif traduit un besoin de financement conséquent que l’État devra combler par des emprunts et d’autres mécanismes de mobilisation de ressources.

Le document de programmation souligne qu’en comparaison avec le précédent DPBEP actualisé en octobre 2024, les prévisions de ressources affichent une baisse de 363,9 milliards FCFA, soit un recul de 2,1 %. Cette diminution s’explique principalement par une révision à la baisse des perspectives de recettes fiscales et des appuis extérieurs. De leur côté, les charges ont également été revues à la baisse, passant de 20 364,3 milliards FCFA à 19 364,4 milliards FCFA, soit une diminution de près d’un trillion FCFA en valeur absolue, correspondant à 4,9 % en valeur relative.

Pour l’exercice 2026, première année de la période triennale, les dépenses prévues atteindraient 6 213,1 milliards FCFA, en baisse de 367,1 milliards FCFA par rapport à la Loi de Finances Rectificative 2025 qui prévoyait 6 580,2 milliards FCFA. Cette contraction des dépenses, de l’ordre de 5,6 %, est présentée par le ministère des Finances comme un effort de rationalisation visant à mieux contenir le déficit budgétaire.

Dans le détail, le ministère a précisé que les dépenses hors Comptes spéciaux du Trésor sont évaluées à 18 546,2 milliards FCFA sur la période 2026–2028. C’est une baisse sensible de 1 102,7 milliards FCFA par rapport aux prévisions précédentes qui tablaient sur 19 648,9 milliards FCFA. Ces montants recouvrent plusieurs postes stratégiques dont les intérêts de la dette estimés à 3 982,2 milliards FCFA, les dépenses de personnel à 4 813,1 milliards FCFA, ainsi que les acquisitions de biens et services et transferts courants évalués à 5 174 milliards FCFA.

Les investissements constituent également une part importante de l’enveloppe globale. Ils sont évalués à 4 576,9 milliards FCFA, dont 77,1 % seraient financés par des ressources extérieures et 22,9 % par des ressources internes. Les investissements sur financement interne représenteraient 1 046,8 milliards FCFA tandis que ceux sur ressources externes atteindraient 3 530,1 milliards FCFA.

Ces prévisions confirment la volonté des autorités de maintenir une dynamique d’investissement public tout en poursuivant des efforts de maîtrise des charges courantes, notamment à travers la rationalisation des dépenses de fonctionnement. Mais l’écart entre ressources et besoins de financement souligne également la pression persistante sur la dette publique et la nécessité de renforcer la mobilisation des recettes fiscales et la discipline budgétaire.

Assemblée nationale : Tafsir Thioye relance le débat sur le surfinancement et interpelle Cheikh Diba sur le sort de 123 milliards de francs CFA

La séance plénière consacrée à l’examen de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025 a de nouveau mis en lumière les interrogations persistantes autour de la gestion des ressources publiques et du niveau de transparence budgétaire. Le député Tafsir Thioye a profité de l’occasion pour interpeller le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, sur la destination de sommes jugées opaques par plusieurs parlementaires.

Le parlementaire est revenu sur le dossier des 604 milliards de francs CFA évoqués précédemment par le Premier ministre Ousmane Sonko. Cette enveloppe, qualifiée de surfinancement, avait suscité de vifs débats sur la sincérité des prévisions budgétaires et la traçabilité des fonds effectivement utilisés. Selon Tafsir Thioye, la Cour des comptes avait, dans son rapport, précisé qu’environ 181 milliards avaient été effectivement dépensés. Il en résulterait donc, d’après ses calculs, un reliquat de 123 milliards sur lequel il exige des explications claires.

S’adressant directement au ministre Cheikh Diba, le député a martelé qu’il n’était plus possible de se contenter d’estimations approximatives sur des montants aussi importants. Il a insisté sur l’obligation de rendre compte aux citoyens de l’utilisation exacte de chaque franc prélevé ou emprunté. « Où est passée cette somme ? Nous devons savoir, de manière exhaustive et documentée, la situation budgétaire du pays », a-t-il exigé.

Au-delà de cette question précise, Tafsir Thioye a dénoncé un climat de confusion entretenu, selon lui, par l’exécutif sur la lecture et l’utilisation des crédits inscrits au budget. Il a estimé que cette opacité, conjuguée à un rythme d’endettement soutenu, risquait d’exposer le Sénégal à des difficultés de soutenabilité financière. Le député n’a pas manqué de tirer la sonnette d’alarme sur l’évolution du ratio dette/PIB, qu’il juge préoccupante. « À ce rythme, on sera à plus de 98 % de taux d’endettement dans les prochaines années », a-t-il prévenu.

Ces propos interviennent dans un contexte où l’exécutif défend la nécessité d’emprunts conséquents pour financer les priorités sociales et stimuler la relance économique, après les turbulences mondiales et nationales de ces dernières années. Mais l’opposition parlementaire, quant à elle, estime que la sincérité budgétaire et la redevabilité sont encore loin d’être garanties.

Le ministre Cheikh Diba est attendu sur des clarifications supplémentaires, notamment sur l’exécution budgétaire détaillée et la destination de ce différentiel de plus de 100 milliards de francs CFA, dont la justification reste attendue par les députés et l’opinion.

Assemblée nationale : Abdou Mbow interpelle le gouvernement sur un « endettement effréné » et propose un ministère dédié à la dette

Lors de l’examen de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, le député Abdou Mbow, membre de la coalition d’opposition Takku Wallu Sénégal, a vivement exprimé ses inquiétudes face à la dynamique de l’endettement public jugée alarmante.

S’adressant au ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, Abdou Mbow a dénoncé un recours massif et, selon lui, incontrôlé à l’emprunt, qui porterait désormais la dette publique du Sénégal à un niveau dépassant les 10 000 milliards de francs CFA. Il a affirmé que le gouvernement actuel n’avait pas de véritable programme économique structuré, mais se contentait d’accumuler de nouvelles dettes pour, en réalité, rembourser celles contractées antérieurement.

« Le régime n’a visiblement pas de programme, mais s’endette pour payer des dettes », a-t-il lancé, soulignant la gravité d’une situation qui, selon lui, compromet la soutenabilité budgétaire et la capacité de l’État à répondre aux urgences sociales.

Interpellant le ministre Cheikh Diba sur les délais de mise en œuvre du financement du secteur du BTP, qu’il considère comme l’un des leviers majeurs de relance économique, le parlementaire a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et transparente des ressources empruntées.

En réponse à ce qu’il qualifie de « rythme effréné d’endettement », Abdou Mbow a suggéré la création d’une structure publique spécifique, voire d’un ministère exclusivement chargé de la question de la dette. Selon lui, un tel dispositif permettrait d’évaluer de façon constante le niveau d’endettement, d’en surveiller l’évolution et de garantir que chaque emprunt contracté bénéficie réellement à l’économie nationale.

Le député a relevé ce qu’il a qualifié de « paradoxe » : l’équipe gouvernementale, qui avait fait de la critique de l’endettement un argument central lorsqu’elle était dans l’opposition, se retrouve aujourd’hui confrontée aux mêmes écueils, avec des montants encore plus élevés.

Cette intervention s’inscrit dans un climat d’examen budgétaire tendu, marqué par de nombreuses critiques de l’opposition sur la soutenabilité de la dette, la sincérité des prévisions de recettes et la faible réduction des dépenses annoncée par le ministre des Finances.

Pour rappel, la Loi de Finances Rectificative 2025 entend ajuster les équilibres budgétaires de l’État afin de prendre en compte l’évolution de la conjoncture économique et les engagements du gouvernement en matière sociale et d’investissement. Mais pour Abdou Mbow, sans mécanisme de contrôle renforcé et sans stratégie claire, le Sénégal risque de s’enfermer dans une spirale d’endettement incontrôlée.

LFR 2025 : Aïssata Tall Sall étrille Cheikh Diba et exprime de vifs doutes sur la sincérité budgétaire

Le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’exercice 2025 continue de susciter de vives réactions à l’Assemblée nationale. Ce samedi, Me Aïssata Tall Sall, ancienne ministre des Affaires étrangères et présidente du groupe parlementaire Takku-Wallu Sénégal, a pris la parole pour adresser un réquisitoire particulièrement critique à l’endroit du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba.

Dans son intervention, la députée a mis en doute la cohérence et la crédibilité des chiffres avancés par le gouvernement. Elle a commencé par pointer les signaux qu’elle juge alarmants contenus dans le projet de budget rectificatif. Selon elle, le texte présenté affiche une baisse généralisée des recettes fiscales, combinée à un maintien très limité de l’appui budgétaire et des dons, tout en actant une hausse du déficit public bien supérieure aux plafonds définis par les critères de convergence de l’UEMOA. Elle a souligné que le gouvernement cherchait ainsi à mobiliser plus de 1 140 milliards FCFA de ressources supplémentaires sans garanties sérieuses sur la faisabilité de ces projections.

Aïssata Tall Sall s’est également attardée sur la question de la réduction des dépenses. Elle a estimé que l’effort budgétaire consenti demeurait insuffisant, en rappelant que le gouvernement n’avait abaissé les dépenses que de 0,5 % dans le budget général. À ses yeux, il est contradictoire de prôner une compression rigoureuse des charges publiques tout en affirmant dans le même temps vouloir élargir l’assiette fiscale et porter la pression fiscale à 20 %.

Elle a poursuivi en relevant ce qu’elle considère comme une contradiction flagrante entre les documents officiels transmis aux députés. D’après l’ancienne ministre, un premier texte indique que cet objectif de pression fiscale à 20 % devrait être atteint dès 2025, tandis que le document d’orientation budgétaire précise qu’il ne le sera qu’en 2029. Devant l’hémicycle, elle n’a pas mâché ses mots, lançant au ministre Cheikh Diba qu’il est « un ministre des Finances qui a des problèmes avec les chiffres » et rappelant qu’elle l’avait déjà interpellé sur ces incohérences lors de précédentes sessions.

Aïssata Tall Sall a insisté sur la nécessité de dire la vérité au pays et d’adopter une posture de responsabilité, sans céder aux postures politiciennes. Elle a appelé Cheikh Diba à respecter la tradition républicaine qui veut que les ministres des Finances se tiennent à l’écart des considérations politiques pour se consacrer pleinement à la sincérité et à la précision des comptes publics.

Elle est également revenue sur la dynamique de l’endettement public, en concédant que tous les régimes, y compris celui auquel elle a appartenu, ont eu recours à l’emprunt. Mais elle a dénoncé ce qu’elle qualifie de frénésie actuelle dans la souscription de nouveaux emprunts. Elle a insisté sur la nécessité de convenir ensemble des points qui nécessitent, selon elle, une prudence accrue pour éviter que la dette ne devienne insoutenable.

En conclusion, Aïssata Tall Sall a affirmé qu’elle ne pouvait pas, dans ces conditions, apporter son suffrage à un texte dont elle doute profondément de la sincérité et de la solidité technique. « Voilà, Monsieur le ministre, les raisons pour lesquelles j’ai des doutes sur la sincérité de votre loi de finances. Je ne peux donc pas la voter », a-t-elle conclu, sous les applaudissements de plusieurs parlementaires de l’opposition.

LFR 2025 adoptée : le gouvernement revoit ses priorités face à la dette et revalorise ses engagements sociaux

L’Assemblée nationale a adopté ce samedi 28 juin 2025, le projet de loi de finances rectificative (LFR) n°11/2025, présenté par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba. Le texte, validé à l’unanimité en commission, vise à redresser la trajectoire budgétaire en intégrant les véritables niveaux d’endettement et en réorientant les priorités économiques et sociales.

Voici les points essentiels du rapport.

Présentant le rapport, le ministre dira que le présent PLFR vise : la restauration de la transparence et la sincérité budgétaires par la mise en œuvre des recommandations de la Cour des Comptes, avec l’amélioration des dispositifs et mécanismes de reddition des comptes, grâce au renforcement du système de comptabilité publique ;  le renforcement des mécanismes de contrôle interne et externe des finances publiques ;  le strict respect de l’obligation de recourir à l’autorisation parlementaire pour tout recours à un emprunt et la publication régulière des données sur la dette et sur l’exécution des dépenses du budget ;  la prise en charge, dès cette LFR, des intérêts sur la dette bancaire, contractée hors circuit budgétaire, pour un montant de 125 milliards FCFA.
 
Abordant la relance de la machine économique, le ministre a précisé qu’elle passerait à travers un programme de soutien aux secteurs porteurs de croissance structuré autour de l’apurement des engagements de l’État auprès des acteurs économiques, la réorganisation, le renforcement et l’amélioration de l’efficacité des investissements publics, le soutien à l’investissement privé, l’amorce de la souveraineté alimentaire, etc.
 
Relativement au rétablissement des marges budgétaires, une double approche de rationalisation des dépenses et de renforcement de la mobilisation des ressources sera privilégiée. Le PIB nominal sera ainsi revu à la baisse, a-t-il relevé.
 
Cheikh Diba dira en outre que l’exercice approfondi de régulation budgétaire entrepris par le Gouvernement pour préserver la soutenabilité des finances publiques, afin de maîtriser le déficit budgétaire sur les court et moyen termes permettra une réduction de certaines catégories de dépenses (109,08 milliards FCFA sur les crédits d’acquisitions de biens et services et transferts courants, 336,5 milliards FCFA sur les dépenses en capital sur ressources internes).
 
Taux de croissance du PIB révisé à 8,0%
 
Le ministre a aussi rappelé que le PLFR envisage la préservation de l’engagement en faveur de l’équité sociale à travers la prise en charge de l’incidence budgétaire du pacte de stabilité sociale. Des mesures seront ainsi prises notamment : – la généralisation de l’indemnité de logement à tous les agents de la fonction publique ; – le recrutement spécial dans la fonction publique d’un personnel de santé et de l’action sociale pour permettre un meilleur accès aux soins sur toute l’étendue du territoire ; l’apurement partiel de la dette intérieure.
 
 Selon le ministre, malgré les contraintes budgétaires de la rectification, le Gouvernement a fait le choix délibéré de préserver et même de renforcer certaines priorités stratégiques qui conditionnent l’avenir de notre pays. Ainsi, l’éducation et la formation bénéficieront d’une priorité absolue avec la poursuite du programme de création des lycées d’excellence « Armée-Nation » dans toutes les régions.
 
 Relativement au nouveau cadrage budgétaire, l’argentier de l’Etat a précisé qu’il reflète une approche réaliste et responsable de nos capacités financières. Ainsi, le taux de croissance du PIB est révisé à 8,0% contre 8,8% initialement prévu, soit un ajustement de 0,8 point de pourcentage. Cette révision, bien que traduisant une certaine prudence, maintient néanmoins un objectif de croissance ambitieux, avec une croissance hors hydrocarbures estimée à 3,8%.
 
 Déficit budgétaire porté à 7,82% du PIB
 
Quant au PIB nominal, il est révisé à 21 690,5 milliards FCFA contre 22 597,7 milliards FCFA initialement, soit une contraction de 907,2 milliards FCFA qui a des répercussions directes sur nos prévisions de recettes. Le déficit budgétaire, lui, sera porté à 7,82% du PIB contre 7,08% initialement prévu, avec l’engagement ferme du Gouvernement de revenir progressivement vers la norme communautaire de 3% à moyen terme.
 
D’après le ministre des Finances, la structure de nos investissements connaîtra également un réajustement significatif avec une budgétisation ajustée des investissements financés sur ressources extérieures qui passent de 3,26% du PIB dans la loi de finances initiale à 6,22% du PIB dans cette LFR.
 
Augmentation des charges financières
Selon lui, cette hausse est compensée par une contraction des dépenses d’investissements financées sur ressources internes qui passent de 5,3% à 2,7% du PIB, reflétant notre volonté d’optimiser l’utilisation de nos ressources tout en maintenant un niveau d’investissement public soutenu
 
L’un des défis majeurs de cette rectification réside, selon le ministre, dans la gestion de l’augmentation substantielle des charges financières sur la dette publique, qui ont presque doublé en passant de 932,08 milliards FCFA dans la loi de finances initiale à 1 057,1 milliards FCFA dans cette rectification, représentant désormais 4,9% du PIB.
 
Baisse des recettes et des dépenses
Cette évolution, directement liée à la révélation de la dette réelle de l’État, illustre l’ampleur des ajustements nécessaires et justifie pleinement notre démarche de transparence et de responsabilisation, selon Cheikh Diba.
 
En définitive, les prévisions de recettes de cette loi de finances rectificative sont arrêtées à 4 884,3 milliards FCFA contre 5 014,3 milliards FCFA dans la loi initiale, soit une baisse de 130 milliards FCFA en valeur absolue. Les dépenses sont révisées à 6 580,2 milliards contre 6 614,8 milliards FCFA, soit une réduction de 34,5 milliards FCFA.
 
 Ces ajustements, bien que contraignants, traduisent notre volonté de maintenir un équilibre entre réalisme budgétaire et ambition de développement, a ainsi conclu le ministre des Finances.

Le Président Bassirou Diomaye Faye attendu à Séville pour la 4e Conférence internationale sur le financement du développement

Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, effectuera un déplacement en Espagne, où il prendra part à la 4e Conférence internationale sur le financement du développement qui se tiendra à Séville du 29 juin au 2 juillet 2025. Cette information a été rendue publique ce samedi à travers un communiqué officiel de la Présidence sénégalaise.

Cette conférence, placée sous l’égide des Nations unies, constitue l’un des plus importants rendez-vous mondiaux consacrés à la mobilisation de financements pour le développement. Elle rassemblera des Chefs d’État et de gouvernement, des représentants d’organisations internationales et régionales, des dirigeants d’institutions financières et des partenaires au développement venus de tous les continents. Les participants échangeront sur les défis et opportunités qui se présentent dans la recherche de ressources destinées à promouvoir un développement mondial plus durable, inclusif, équitable et résilient, dans un contexte marqué par des tensions économiques et géopolitiques.

Le président Bassirou Diomaye Faye interviendra lors de la séance plénière, au cours de laquelle il présentera la vision et les priorités stratégiques du Sénégal en matière de financement du développement. Selon la Présidence, il mettra l’accent sur la nécessité d’un accès plus équitable aux ressources financières internationales, la réforme de l’architecture mondiale de la dette et l’importance d’un soutien accru aux pays africains dans la mise en œuvre de projets transformateurs, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’éducation, de la santé et de l’adaptation climatique.

En marge des travaux, le chef de l’État participera à plusieurs tables rondes thématiques portant sur le financement des transitions énergétiques, la digitalisation inclusive et la réduction des inégalités sociales. Ces rencontres permettront de partager des expériences, de promouvoir des partenariats et d’explorer des instruments innovants de mobilisation des ressources.

Le président Faye aura également des entretiens bilatéraux avec plusieurs dirigeants étrangers et responsables d’institutions financières et de coopération, dans le but de renforcer les partenariats stratégiques du Sénégal et de défendre les priorités nationales et africaines sur la scène internationale.

La 4e Conférence internationale sur le financement du développement intervient dans un contexte mondial où de nombreux pays cherchent à réorienter leurs politiques budgétaires et leurs stratégies de financement pour faire face aux crises économiques et environnementales, tout en soutenant une croissance durable et partagée.

Assemblée nationale : le projet de loi de finances rectificative adopté à une large majorité

L’Assemblée nationale a procédé à l’examen et au vote du projet de loi de finances rectificative ce samedi, une étape importante du calendrier budgétaire de l’État. À l’issue des débats, le texte a été adopté à la majorité avec 127 voix favorables contre 11 votes défavorables.

Cette adoption traduit le soutien d’une large partie des députés à l’ajustement budgétaire présenté par le gouvernement. Pour rappel, la loi de finances rectificative est l’instrument qui permet à l’exécutif de modifier le budget initial voté en début d’exercice, afin de l’adapter aux évolutions de la conjoncture économique et de tenir compte de nouvelles priorités ou contraintes. Elle vise notamment à intégrer les besoins supplémentaires en dépenses, la révision des prévisions de recettes, ainsi que les nouvelles orientations annoncées par le gouvernement dans le cadre de sa politique économique et sociale.

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a défendu le texte en séance plénière, en expliquant que cet ajustement est motivé par les fluctuations des ressources publiques, la nécessité de renforcer certains secteurs jugés prioritaires et le contexte économique marqué par des contraintes internes et externes. Il a souligné que cette loi de finances rectificative s’inscrit dans une démarche de sincérité budgétaire et d’adaptation aux réalités du moment, avec la volonté d’assurer la continuité du service public et de répondre aux attentes des populations.

L’examen du texte a donné lieu à des échanges nourris, plusieurs députés ayant exprimé des réserves sur l’évolution du niveau d’endettement, la place accordée aux dépenses sociales et la nécessité de rationaliser certains postes budgétaires. D’autres élus ont salué la prise en compte de nouveaux engagements et l’effort consenti pour financer les mesures d’urgence dans des secteurs sensibles comme l’éducation, la santé ou encore le soutien à l’emploi.

Après les débats, le vote a confirmé la majorité parlementaire autour de ce projet, validant ainsi l’ajustement budgétaire proposé par l’exécutif. Le gouvernement dispose désormais d’un cadre actualisé pour engager ses actions et mettre en œuvre les politiques publiques jusqu’à la fin de l’exercice budgétaire en cours.

Affaire du marché des véhicules de l’Assemblée : ce que Bachir Fofana a déclaré aux enquêteurs de la DIC

L’affaire qui secoue l’Assemblée nationale depuis plusieurs jours a connu un nouvel épisode avec l’audition du journaliste chroniqueur Bachir Fofana par la Division des investigations criminelles (DIC). Inculpé pour diffusion présumée de fausses nouvelles, il a dû s’expliquer sur ses déclarations publiques relatives au marché public portant sur l’acquisition de véhicules destinés aux députés.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, Bachir Fofana n’a pas totalement varié dans ses affirmations. Devant les enquêteurs, il a maintenu une partie de ses déclarations, tout en reconnaissant qu’une confusion avait pu se glisser dans l’identification précise du bénéficiaire de ce marché. Il a déclaré avoir cité, lors de ses interventions à l’antenne, les noms de Cheikh Guèye et Cheikh Seck comme attributaires potentiels. Il a néanmoins précisé qu’il avait pris soin de signaler que ces informations restaient à confirmer, et qu’il se tenait prêt à les corriger si elles s’avéraient inexactes.

« Après mes déclarations, j’ai reçu l’information qu’il y avait une confusion sur l’attributaire. Si l’information s’avère inexacte, j’aurai l’humilité de revenir dessus », a-t-il affirmé aux enquêteurs, manifestant sa volonté de rectifier publiquement ses propos en cas d’erreur avérée.

Concernant la procédure d’attribution du marché, le chroniqueur a soutenu avoir parlé d’un « appel d’offres restreint » dans le but d’expliquer les différentes modalités prévues par le Code des marchés publics sénégalais. Il a ajouté que l’irrégularité qu’il entendait mettre en lumière concernait la mention d’une marque spécifique de véhicules dans les documents d’appel d’offres, ce qui, selon lui, pouvait constituer une entorse aux règles élémentaires de concurrence.

Interrogé sur l’estimation financière qu’il avait avancée publiquement, Bachir Fofana a expliqué avoir évalué le montant du marché à plus de 8 milliards de francs CFA. Il a précisé que cette estimation résultait d’un calcul reposant sur le cumul des indemnités mensuelles des députés sur la durée complète de la législature, croisé avec le prix unitaire moyen des véhicules. Il a reconnu devant les enquêteurs que cette méthode pouvait prêter à confusion, mais a insisté sur le fait qu’il n’avait pas cherché à induire l’opinion publique en erreur. Il a soutenu que ses propos étaient fondés sur des informations qu’il estimait crédibles au moment de leur diffusion.

Pour rappel, cette affaire a suscité une vive réaction du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, qui a porté plainte pour diffusion de fausses nouvelles et diffamation, accusant le journaliste d’associer l’institution parlementaire à des pratiques opaques et de ternir son image. Bachir Fofana a été placé sous mandat de dépôt. Son procès est prévu le 3 juillet prochain devant le tribunal de Dakar.

Examen du projet de loi de finances rectificative : Thierno Alassane Sall interpelle Cheikh Diba sur les 9 milliards de fonds politiques et alerte sur l’endettement

L’Assemblée nationale a tenu ce samedi une séance plénière consacrée à l’examen du projet de loi de finances rectificative pour l’exercice budgétaire 2025. Cette session, marquée par de vifs échanges, a mis en lumière les inquiétudes persistantes des parlementaires sur la soutenabilité de la dette publique et la gestion de certaines lignes budgétaires sensibles.

Parmi les interventions les plus remarquées figure celle de Thierno Alassane Sall. Le député et président du parti La République des Valeurs a pointé du doigt ce qu’il considère comme une dérive préoccupante dans l’évolution de l’endettement du Sénégal. Selon lui, le rythme actuel ne peut qu’accentuer la vulnérabilité économique du pays.

« Il est impossible que ce rythme d’endettement puisse prospérer », a-t-il déclaré d’un ton ferme, rappelant que la dette représente désormais plus de 54 % du budget national. Il a estimé qu’en l’espace de deux ans, le gouvernement s’est endetté à hauteur de plus de 10 200 milliards de francs CFA, un niveau qu’il a jugé « simplement inexplicable » au regard de la capacité réelle de l’économie sénégalaise à absorber ces engagements.

Pour Thierno Alassane Sall, cette dépendance excessive au financement par emprunt prive le pays d’une autonomie stratégique et expose les générations futures à un fardeau de remboursement insoutenable. Il a plaidé pour la mise en place de nouveaux mécanismes de mobilisation des ressources, basés sur un élargissement de l’assiette fiscale, la valorisation des actifs publics et la réduction des niches budgétaires jugées non prioritaires.

Outre la question de la dette, le député a interpellé le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, sur les 9 milliards de francs CFA inscrits au titre des fonds politiques. Thierno Alassane Sall a rappelé que ces dotations avaient été vivement dénoncées par l’actuelle majorité lorsqu’elle était dans l’opposition. « Ce poste budgétaire avait été farouchement fustigé », a-t-il insisté, estimant qu’il serait plus cohérent de réorienter ces ressources vers les priorités sociales urgentes, telles que l’emploi des jeunes ou la santé publique.

Le ministre Cheikh Diba, présent dans l’hémicycle, a défendu la nécessité de procéder à cette loi de finances rectificative. Il a rappelé qu’elle permet de traduire les engagements du gouvernement en actions concrètes, d’intégrer les révisions de prévisions économiques et de renforcer certaines politiques prioritaires.

Le projet de loi de finances rectificative reste un exercice budgétaire délicat. Il intervient dans un contexte marqué par une conjoncture mondiale incertaine, la nécessité d’honorer les engagements de la nouvelle équipe dirigeante et les attentes fortes d’une population confrontée à une cherté persistante de la vie.

Affaire Bachir Fofana : le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye auditionné par la DIC

L’affaire opposant le journaliste Bachir Fofana au président de l’Assemblée nationale prend une tournure judiciaire de plus en plus marquée. El Malick Ndiaye a été entendu par les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (DIC) dans le cadre de la procédure ouverte contre le chroniqueur, poursuivi pour diffusion présumée de fausses nouvelles concernant un marché public d’acquisition de véhicules destinés aux députés.

Selon les informations révélées par le journal Libération, le président de l’Assemblée nationale a profité de cette audition pour exprimer sa profonde indignation face à ce qu’il qualifie de campagne de désinformation visant à ternir son image et à discréditer l’institution parlementaire.

Au cœur de l’affaire, les accusations portées par Bachir Fofana, qui a affirmé publiquement que ce marché avait été attribué à Cheikh Guèye, un opérateur économique mis en cause dans une procédure judiciaire pour corruption présumée et association de malfaiteurs. Des déclarations que le président de l’Assemblée nationale juge “mensongères” et “particulièrement graves”.

« Ce discours mensonger associe l’Assemblée nationale à une affaire judiciaire en cours », a-t-il expliqué, soulignant que ces propos jettent le discrédit sur le Parlement, alimentent la suspicion et sèment la confusion dans l’opinion publique.

El Malick Ndiaye a insisté sur le fait que la fonction qu’il occupe l’expose à un niveau de vigilance et de critique inhabituel, souvent instrumentalisé à des fins politiques ou médiatiques. Il a dénoncé la multiplication de rumeurs propagées sur les réseaux sociaux et certains médias, accusant “des individus malintentionnés et leurs complices” de relayer ces informations sans la moindre vérification.

Le président de l’Assemblée a également alerté sur les conséquences de ces allégations, qu’il estime dangereuses pour la crédibilité des institutions et pour la confiance des citoyens dans le fonctionnement normal des marchés publics. Il a précisé qu’aucun lien n’existe entre la procédure judiciaire en cours visant Cheikh Guèye et l’appel d’offres de l’Assemblée nationale.

Se fondant sur les dispositions des articles 255 et 260 du Code pénal sénégalais, qui répriment la diffusion de fausses nouvelles et la diffamation, El Malick Ndiaye a décidé de porter plainte contre Bachir Fofana, ainsi que contre les personnes qu’il accuse d’être ses complices et commanditaires.

À la suite de cette plainte, Bachir Fofana a été placé sous mandat de dépôt. Son procès en flagrant délit est programmé pour le 3 juillet prochain devant le tribunal de Dakar.

Cette affaire, qui survient dans un contexte où la question des rapports entre médias et pouvoirs publics est particulièrement sensible, suscite de vives réactions dans le paysage médiatique et politique sénégalais. Les organisations de presse, qui dénoncent ce qu’elles considèrent comme une atteinte aux libertés, appellent déjà à la libération du journaliste et à la recherche de solutions respectueuses des droits fondamentaux et de la déontologie.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°498 – 28 ET 29/06/2025

🔴 RÉVÉLATIONS D’AFRICA INTELLIGENCE SUR L’ÉLECTION DU PRÉSIDENT BIO À LA TÊTE DE LA CEDEAO : DIOMAYE DRIBBLÉ PAR SES PAIRS
🔴 SOUS MANDAT DE DÉPÔT, BACHIR FOFANA JUGÉ JEUDI : LA PRESSE EN SURSIS

🔴 MERCATO : PAPE DEMBA DIOP, NOUVELLE RECRUE DE STRASBOURG
🔴 PRÉSIDENCE DE LA LIGUE SÉNÉGALAISE DE FOOTBALL PROFESSIONNEL : ABDOULAYE SEYDOU SOW SORT DU BOIS

Sénégal : l’État mobilise 225,5 milliards FCFA sur le marché régional des titres publics de l’UEMOA

L’État du Sénégal a réussi une importante levée de fonds sur le marché financier régional à travers une émission conjointe de Bons Assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT). L’opération, qui s’est tenue le jeudi 27 juin 2025, a permis au pays de collecter un montant total de 225,5 milliards de FCFA.

Cette émission s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de financement des besoins budgétaires et des projets de développement prévus dans la loi de finances 2025. Elle a été organisée par la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor, en partenariat avec l’agence régionale UMOA-Titres qui pilote la mobilisation des ressources sur le marché de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).

Le montant mis en adjudication s’élevait à 256,25 milliards de FCFA. La forte appétence des investisseurs régionaux s’est traduite par des soumissions atteignant un total de 264,3 milliards, soit un taux de couverture particulièrement élevé de 128,93 %. Cet engouement témoigne de la confiance renouvelée des marchés financiers sous-régionaux vis-à-vis de la signature souveraine du Sénégal. Au final, le taux d’absorption global, qui correspond au rapport entre les montants retenus et le total proposé par les investisseurs, s’est établi à 85,23 %.

Les souscriptions ont été réparties entre plusieurs pays de l’Union, démontrant la profondeur et la diversification du marché financier régional. La Côte d’Ivoire a été le principal souscripteur avec plus de 145 milliards FCFA d’offres déposées, dont 126 milliards ont été retenus. Le Sénégal lui-même a apporté une contribution significative avec près de 104 milliards soumis et un peu plus de 88 milliards retenus. Le Togo a également participé avec des soumissions intégralement acceptées, de même que le Burkina Faso dont les 2,9 milliards proposés ont été entièrement pris en compte. D’autres États comme le Mali et le Bénin se sont également manifestés au cours de cette opération.

Selon les autorités sénégalaises, les ressources mobilisées permettront de couvrir des besoins prioritaires, notamment le financement des investissements structurants, le soutien aux politiques sociales et le respect des engagements financiers du pays.

Cette émission confirme la bonne dynamique du marché régional des titres publics, qui constitue aujourd’hui un levier essentiel de financement pour les États membres de l’UEMOA. Elle marque également une nouvelle étape dans la consolidation de la crédibilité financière du Sénégal, qui reste l’un des émetteurs les plus actifs et les plus sollicités de la zone.

Mise sous bracelet électronique d’agents des Impôts et des Domaines : le SAID exprime sa vive indignation et appelle à la reconsidération

Le Syndicat autonome des agents des Impôts et des Domaines (SAID) est monté au créneau après la décision judiciaire de placer sous bracelet électronique plusieurs de ses membres, accusés de faits commis dans le cadre de leur activité professionnelle. Dans un communiqué, le SAID dénonce une mesure qu’il juge particulièrement disproportionnée et attentatoire à la dignité des fonctionnaires concernés.

Selon le syndicat, ces agents « auraient agi es qualité dans le cadre de l’exercice normal de leurs fonctions ». Dès lors, le placement sous surveillance électronique est perçu comme « une atteinte grave à la dignité professionnelle de nos agents, mais également une remise en cause des prérogatives et des missions de la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) ».

Le Bureau exécutif national du SAID (BEN SAID) insiste sur le fait que ces collègues « ayant agi dans le cadre de leurs attributions légales et réglementaires, méritent le respect et la protection, et non un traitement dégradant qui pourrait ternir leur réputation, nuire à leur moral et, au-delà, entacher l’image de la DGID ».

Le syndicat réaffirme sa solidarité et son soutien « indéfectibles » aux agents mis en cause et exprime sa disponibilité pour les accompagner « dans cette épreuve ».

Enfin, le SAID en appelle aux autorités compétentes pour qu’elles reconsidèrent la décision de justice, tout en se réservant le droit de « mettre en œuvre toute action syndicale nécessaire pour préserver le respect et la dignité des agents des Impôts et des Domaines ».

Affaire Bachir Fofana : entre liberté de la presse, justice sélective et rupture introuvable ( Par Par Mouhamed Samb, journaliste )

Le journaliste d’abord
 Comme tout journaliste, Bachir Fofana bénéficie de la liberté d’expression garantie par la Constitution. Cette liberté fondamentale lui permet d’analyser l’actualité, d’interroger les faits et de livrer ses lectures, aussi critiques soient-elles. On peut ne pas partager ses positions, on peut même remettre en question l’équilibre de certaines de ses analyses — cela ne fait pas de lui un journaliste de moindre valeur.

Le journalisme est un métier à risque. L’erreur peut exister, une source peut se révéler fragile. Cela fait partie de l’exercice. Mais arrêter un journaliste dans le cadre de ses fonctions revient à porter atteinte à cette liberté d’expression, socle de toute démocratie. Il existe des mécanismes de régulation, comme le CORED, qui peuvent être mobilisés pour arbitrer ce type de situations — à condition qu’ils soient renforcés et réellement opérationnels.

Concernant l’affaire du marché des véhicules, pourquoi l’Assemblée nationale n’a-t-elle pas jugé utile de publier un démenti formel aux affirmations de Bachir Fofana ? Pourquoi tarde-t-elle à éclairer l’opinion sur le choix supposé d’une entreprise étrangère pour ce marché public ? Et si violation du principe de préférence nationale il y a, pourquoi ne pas la clarifier, documents à l’appui ? Il y a, en réalité, des urgences autrement plus importantes que celle d’un marché de véhicules.

La justice en question
 Si le procureur s’est effectivement autosaisi dans cette affaire, il y a lieu de s’interroger. Pourquoi Bachir Fofana ? Pourquoi un journaliste ? Et surtout, pourquoi maintenant ?

On ne compte plus les dossiers sensibles, les délits manifestes, les atteintes graves à la chose publique qui n’ont suscité aucune réaction du parquet. Est-ce cela, la justice de rupture ? Une justice qui cible les journalistes pendant que d’autres affaires, autrement plus graves, dorment dans les tiroirs ?

Une Assemblée loin du peuple
 En tant que citoyens, sans étiquette politique, nous nous interrogeons sur ce que signifie réellement une « Assemblée de rupture ». La 15e législature ne nous ressemble pas. Elle ne répond pas à nos attentes. Elle semble plus prompte à s’occuper de véhicules pour députés qu’à exiger la publication des rapports d’exécution budgétaire, pourtant encadrée par la loi.

N’est-ce pas au Parlement de contrôler l’action du gouvernement ? La rupture ne se proclame pas dans les discours. Elle se prouve dans les actes. Des actes concrets, courageux, qui servent l’intérêt général.

Crier « rupture » ne suffit pas. Il faut la matérialiser.

Libérez Bachir Fofana.

Les débuts compliqués de la diplomatie sénégalaise sous Bassirou Diomaye Faye : révélations d’Africa Intelligence

À peine arrivé au pouvoir, le président Bassirou Diomaye Faye se heurte à une série de déconvenues diplomatiques qui fragilisent son ambition de repositionner le Sénégal au centre du jeu régional et international. Selon une longue enquête publiée par Africa Intelligence, ces revers soulignent la difficulté du nouveau pouvoir à trouver sa place dans un environnement où les équilibres de pouvoir sont anciens et les solidarités fluctuantes.

L’un des épisodes les plus révélateurs s’est produit le 22 juin 2025 à Abuja. Ce jour-là, le sommet des chefs d’État de la CEDEAO devait désigner le nouveau président en exercice de l’organisation. Confiant, Bassirou Diomaye Faye anticipait son élection, arguant d’un “droit” fondé à la fois sur la rotation alphabétique et le principe non écrit de l’alternance entre pays francophones et anglophones.

Mais la réunion a tourné court. Contre toute attente, le Nigérian Bola Ahmed Tinubu, président sortant, a annoncé un “consensus” en faveur du Sierra-Léonais Julius Maada Bio. Devant un huis clos tendu, le président sénégalais a contesté la décision, y voyant un contournement des textes et un arrangement politique. Ses arguments n’ont pas trouvé d’écho. Même le président béninois Patrice Talon, seul autre francophone présent, s’est rallié au choix de Bio, invoquant la “continuité” et la nécessité de consolider le consensus.

L’isolement du président Faye a été accentué par l’absence remarquée de deux poids lourds du camp francophone, Alassane Ouattara et Faure Gnassingbé. Ces derniers avaient pourtant donné des assurances de soutien via des échanges préalables. Leurs ministres des Affaires étrangères, présents à Abuja, se sont abstenus de toute prise de parole en faveur du Sénégal.

Pour apaiser les tensions, un compromis avait été proposé : inscrire dans le communiqué final que la prochaine présidence reviendrait au Sénégal. Le chef de l’État sénégalais a sèchement décliné l’offre, la qualifiant de “marchandage inacceptable”.

Cette défaite symbolique intervient après d’autres échecs diplomatiques. En mai, le Sénégal a vu son candidat à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), Amadou Hott, échouer face au Mauritanien Sidi Ould Tah. La presse spécialisée a pointé un manque de coordination et un engagement insuffisant du tandem exécutif sénégalais, au moment même où le lobbying des concurrents se déployait avec intensité.

Sur un autre front, Bassirou Diomaye Faye avait fait de la réintégration des États de l’AES (Burkina Faso, Mali, Niger) au sein de la CEDEAO une priorité. Pourtant, ses visites à Bamako et Ouagadougou se sont soldées par des refus polis. La rupture reste donc entière entre ces régimes militaires et l’organisation sous-régionale.

L’échec de la candidature sénégalaise au Conseil des droits de l’homme en octobre 2024 a également nourri des critiques au sein du corps diplomatique. Selon Africa Intelligence, Dakar n’a pas même pris la peine de déposer une candidature formelle pour conserver le siège qu’il occupait, laissant le terrain libre à d’autres pays africains.

Ces déconvenues s’ajoutent au malaise provoqué par l’activisme international d’Ousmane Sonko. Le Premier ministre, omniprésent sur la scène africaine, multiplie les voyages officiels, brouillant la ligne diplomatique et la hiérarchie protocolaire. Certains diplomates jugent cette dynamique contreproductive, soulignant que la politique étrangère sénégalaise a toujours été structurée autour du chef de l’État.

Au final, la trajectoire chaotique des premiers mois du mandat Diomaye Faye illustre les limites d’une diplomatie qui peine encore à trouver ses repères. Entre un isolement régional inattendu, une influence continentale fragilisée et une image brouillée par les rivalités internes, la jeune présidence se voit rappelée à la réalité : les réseaux informels, les équilibres anciens et les calculs d’influence pèsent toujours lourd dans le concert ouest-africain.

Si le nouveau pouvoir veut transformer l’élan populaire de son élection en puissance diplomatique, il devra convaincre, tisser de nouvelles alliances et surtout dépasser la méfiance que suscite un changement de régime perçu comme trop abrupt par certains partenaires.

Assemblée nationale : une séance marathon attend les députés ce samedi

À peine ont-ils adopté, ce vendredi 27 juin, la loi portant révision du règlement intérieur, que les députés de la 15ᵉ législature s’apprêtent à reprendre le chemin de l’hémicycle pour une journée parlementaire particulièrement dense.

Dans un communiqué diffusé par sa cellule de communication, l’Assemblée nationale annonce qu’une séance plénière se tiendra ce samedi 28 juin 2025 à partir de 9 heures. Les élus examineront le projet de loi n°11/2025 relatif à la loi de finances rectificative pour l’exercice en cours, un texte qui suscite déjà de nombreux débats dans la classe politique et l’opinion publique en raison des montants inédits de financement envisagés.

La même journée, à 15 heures, les députés poursuivront leurs travaux avec la tenue du Débat d’orientation budgétaire (D.O.B.), rendez-vous annuel qui permet au gouvernement de présenter les grandes lignes de sa stratégie économique et financière pour l’année suivante, et aux parlementaires d’en débattre en amont de la préparation du prochain budget.

Assemblée nationale : les députés adoptent la révision du Règlement intérieur

Les députés de la 15ᵉ législature ont procédé, ce vendredi, à l’adoption de la proposition de loi n°10/2025 portant révision du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Le texte a été approuvé à une très large majorité, recueillant 138 voix favorables et une seule abstention.

Cette réforme vise à doter les élus du peuple des instruments nécessaires pour mener à bien leurs missions constitutionnelles. Selon les initiateurs du texte, le nouveau dispositif permettra aux parlementaires de légiférer, contrôler l’action du Gouvernement et évaluer les politiques publiques dans des conditions renforcées, conformément aux exigences de la Charte fondamentale.

Au cours de la séance, plusieurs amendements ont été soumis au débat, notamment ceux portés par les députés Maguette Sène et Anta Babacar Ngom. Après examen, ces propositions ont été rejetées par l’Assemblée nationale.

Filière mangue en Casamance : les acteurs commerciaux du Balantacounda déplorent le manque d’infrastructures de conservation et de transformation

La filière mangue en Casamance traverse une période de profond malaise. Réunis pour dresser le bilan de la campagne de commercialisation 2025, les acteurs commerciaux du Balantacounda, dans le département de Goudomp, ont exprimé leur inquiétude face à des difficultés persistantes qui plombent ce secteur pourtant vital pour l’économie locale.

Le constat est sans appel : manque d’infrastructures de conservation, absence de logistique de transport adaptée, difficultés chroniques d’accès aux marchés extérieurs. « Chaque année, c’est le même calvaire. Les mangues pourrissent dans les cartons avant même d’arriver à destination », a déploré Ibou Diatta, président de l’Association des vendeurs de mangues du Balantacounda, face à ses collègues, visiblement lassés par une situation qui ne change pas.

Les producteurs et commerçants rappellent que des promesses avaient pourtant été faites. Depuis plusieurs saisons, l’État s’était engagé à construire des chambres froides et une usine de transformation des mangues. Mais sur le terrain, ces engagements demeurent lettre morte. « On nous parle d’infrastructures modernes pour la conservation et la transformation des mangues, mais rien n’a bougé », s’est indigné Ibou Diatta, qui pointe la responsabilité de l’administration dans ces retards répétés.

Les conséquences sont lourdes pour des centaines de familles qui vivent directement ou indirectement de la filière. Faute de moyens de conservation et de transformation, de nombreux commerçants sont contraints de brader leur production, quand ils ne la perdent pas complètement. « Notre travail n’est plus rentable. Nous sommes découragés », a confié un vendeur qui a préféré garder l’anonymat, expliquant qu’il avait perdu plus de la moitié de son stock en seulement quelques jours.

Dans ce contexte, les acteurs du secteur lancent un appel pressant aux nouvelles autorités sénégalaises. Ils demandent la construction rapide d’infrastructures de stockage frigorifique, l’amélioration des routes et des moyens de transport, ainsi qu’un accompagnement spécifique pour faciliter l’accès aux marchés nationaux et internationaux.

« Nous avons besoin d’un vrai plan d’appui. La Casamance regorge de talents et de ressources. Il ne reste qu’à nous donner les moyens de travailler dans de bonnes conditions », a insisté Ibou Diatta, exprimant la lassitude, mais aussi la détermination d’une profession à bout de souffle.

Libération de Bachir Fofana : la CAP interpelle l’Assemblée nationale et dénonce une atteinte à la liberté de la presse

La Coordination des Associations de Presse (CAP) a franchi un nouveau palier ce jeudi en intensifiant sa mobilisation pour obtenir la libération immédiate du journaliste-chroniqueur Bachir Fofana, placé en garde à vue depuis le 25 juin pour « diffusion de fausses nouvelles ».

Une délégation regroupant les principales organisations médiatiques du pays s’est rendue à l’Assemblée nationale afin de rencontrer le cabinet du président El Hadji Malick Ndiaye. Dans un communiqué transmis à Ledakarois, la CAP a salué « la diligence avec laquelle cette audience a été accordée par le Président, bien qu’il ait été appelé à la présidence de la République à la dernière minute ».

Au cours de cette rencontre, les représentants de la presse ont présenté deux demandes jugées prioritaires : le retrait pur et simple de la plainte contre Bachir Fofana et sa relaxe immédiate, ainsi que l’implication active du président de l’Assemblée nationale dans un processus de pacification durable des relations entre le pouvoir exécutif et les acteurs des médias. Selon la CAP, les premières démarches pour obtenir une réponse rapide des autorités auraient déjà été engagées.

L’organisation professionnelle dit exprimer sa « vive inquiétude » après cette interpellation qu’elle considère comme une atteinte grave à la liberté d’expression et de la presse. Elle estime que ce placement en détention « soulève de sérieuses interrogations quant au respect des libertés fondamentales, notamment la liberté d’informer, pilier essentiel de toute démocratie ».

Dans son communiqué, la CAP dénonce fermement ce qu’elle qualifie de « dérive inquiétante », pointant « des convocations et emprisonnements qui incitent à l’autocensure » et une mesure jugée « disproportionnée » pour un simple délit présumé de diffusion de fausses nouvelles. Elle regrette que les mécanismes d’autorégulation, tels que le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie (CORED), n’aient pas été sollicités en amont pour examiner le différend.

Face à cette situation, la Coordination propose des solutions alternatives plus respectueuses des équilibres démocratiques. Elle estime qu’« un rectificatif ou une mise en demeure aurait été une approche plus appropriée, en parfaite conformité avec les principes de déontologie journalistique ».

La CAP rappelle que les dirigeants des organisations membres ont toujours privilégié la médiation et le dialogue comme moyens de résolution des litiges, et précise que des démarches concrètes ont été entreprises avec les différentes parties prenantes pour éviter l’incarcération et prévenir la répétition de tels incidents.

Réaffirmant sa détermination à suivre avec la plus grande vigilance l’évolution de ce dossier sensible, la CAP lance un appel pressant aux autorités judiciaires et politiques en faveur de « la libération immédiate de Bachir Fofana » et exige « le respect scrupuleux des droits des journalistes ». Dans le même temps, l’organisation rappelle aux professionnels de l’information leur responsabilité collective : « L’obligation de respecter les rigueurs professionnelles du métier est la meilleure garantie de ne pas s’exposer inutilement à des poursuites judiciaires ».

Diffusion de fausses nouvelles : le chroniqueur Bachir Fofana écroué, procès prévu le 3 juillet

Le chroniqueur Bachir Fofana a été placé sous mandat de dépôt à l’issue de sa présentation devant le procureur. Poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, il a été écroué en attendant son procès qui se tiendra en flagrant délit le 3 juillet 2025 devant le tribunal de Dakar.

Cette décision intervient après sa convocation et son audition par les enquêteurs, dans un contexte où la lutte contre la désinformation occupe une place de plus en plus centrale dans l’espace médiatique sénégalais. Aucune précision n’a encore été apportée sur la nature exacte des propos ou publications qui lui sont reprochés.

L’affaire suscite déjà de nombreuses réactions dans les milieux de la presse et sur les réseaux sociaux, certains dénonçant un climat de tension grandissant entre les autorités judiciaires et les chroniqueurs critiques. Le procès du 3 juillet sera suivi avec attention, tant par les professionnels de la communication que par les défenseurs de la liberté d’expression.

Commerce des armes : Seydi Gassama plaide à l’ONU pour un contrôle rigoureux des munitions conventionnelles

Le 25 juin 2025, à New York, Seydi Gassama, Directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, est monté à la tribune de la 4ᵉ Réunion préparatoire des États parties sur le cadre mondial pour la gestion des munitions conventionnelles. Dans son intervention, il a lancé un appel pressant aux États membres de l’ONU pour un contrôle renforcé et rigoureux des munitions conventionnelles tout au long de leur cycle de vie, afin de réduire les risques graves qu’elles font peser sur les droits humains et la stabilité internationale.

Dans son discours, il est revenu sur la situation dramatique qui frappe le Sahel depuis plus de trente ans. Il a rappelé qu’au fil des décennies, cette région a connu une violence récurrente, ponctuée d’accords de paix successifs sans jamais parvenir à une paix durable. « Cette violence, marquée par des périodes d’accalmie suite à des accords de paix successifs, a fait des milliers de morts au cours de ces trois décennies », a-t-il souligné.

Le Directeur d’Amnesty International Sénégal a aussi cité les conflits meurtriers en cours, notamment au Soudan et en République démocratique du Congo, où les affrontements ont déjà causé plusieurs milliers de victimes depuis le début de l’année.

Se fondant sur une étude publiée en 2018 par le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP), Seydi Gassama a rappelé qu’environ 12 millions d’armes légères et de petit calibre circulent dans l’espace sahélien, dont plus de 500 000 sont détenues par des civils. Il a précisé que ces armes et leurs munitions proviennent souvent d’autres régions d’Afrique, mais aussi de filières internationales incontrôlées. « Les munitions qui alimentent les acteurs non-étatiques viennent d’autres régions du continent, et même parfois en dehors du continent et des mêmes circuits que les ALPC », a-t-il indiqué.

Saluant les avancées internationales, il s’est félicité de l’adoption du Traité sur le commerce des armes (TCA) en 2013 et du nouveau cadre mondial sur la gestion des munitions, adopté par l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 2023. Il a toutefois insisté sur l’urgence de passer des engagements aux actes concrets. « La mise en œuvre rigoureuse du cadre mondial par tous les États membres permettra de réduire les risques liés à une gestion inadéquate des munitions classiques sur les droits humains, le droit international humanitaire et le développement durable », a-t-il affirmé.

Seydi Gassama a également insisté sur la nécessité d’une coopération technique accrue entre les États et d’une assistance soutenue aux pays qui en ont besoin, jugeant cet appui déterminant pour l’efficacité du nouveau dispositif. Il a enfin souligné le rôle essentiel des organisations non gouvernementales et des communautés, notamment les victimes, les jeunes et les femmes, dans la mise en œuvre du cadre mondial. « Comme pour les processus concernant les armes légères et de petits calibres, la participation des organisations de la société civile, celles des communautés, notamment des victimes, des jeunes et des femmes, doit être recherchée et encouragée par les Nations unies et les États membres », a conclu le Directeur d’Amnesty International Sénégal.

Ousmane Sonko en Chine : des retombées concrètes attendues pour le Sénégal

En visite officielle en Chine, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a exprimé sa grande satisfaction à l’issue de ses échanges avec les plus hautes autorités chinoises. Reçu successivement par son homologue Li Qiang puis par le président Xi Jinping au Palais du Peuple, le chef du gouvernement sénégalais a salué des discussions fructueuses, porteuses d’engagements concrets pour le développement du Sénégal.

« Nous sortons très satisfaits de ces rencontres. Dans les jours et les semaines à venir, les Sénégalais verront de façon concrète les retombées de cette visite », a déclaré M. Sonko, soulignant la portée stratégique de ce déplacement, le tout premier effectué hors du continent africain depuis sa nomination le 5 avril 2024.

Le Premier ministre a mis en avant l’intérêt manifeste des autorités chinoises pour la Vision Sénégal 2050, le nouveau cadre stratégique du développement national impulsé par le président Bassirou Diomaye Faye. La Chine s’est engagée à accompagner la mise en œuvre de ce programme ambitieux, axé sur la souveraineté économique, l’industrialisation, la transformation des territoires et le redressement des finances publiques.

« Les autorités chinoises ont été très réceptives à nos propositions, qu’il s’agisse de coopération intergouvernementale, de développement local ou de financement d’infrastructures structurantes », a précisé M. Sonko.

Au-delà des grandes lignes politiques, le chef du gouvernement a évoqué des avancées concrètes. Pékin aurait validé certaines propositions sénégalaises, notamment dans le cadre de la coopération décentralisée entre les pôles territoriaux sénégalais et des provinces chinoises. D’autres projets sont en cours de finalisation, avec des engagements fermes de soutien financier et technique de la part de la Chine.

« Nous avons eu l’occasion de sensibiliser nos interlocuteurs sur les réalités africaines et les priorités spécifiques du Sénégal. Sur plusieurs dossiers, des accords de principe ont été obtenus, ce qui augure des résultats visibles très rapidement », a-t-il assuré.

Le Premier ministre a également tenu à souligner la nature du partenariat entre Dakar et Pékin, qu’il qualifie de « juste, équitable et respectueux des souverainetés ». Pour lui, cette relation s’inscrit dans une logique de coopération gagnant-gagnant, à rebours des logiques de domination ou de dépendance.

« Le président Xi Jinping nous a assurés de son soutien pour aider le Sénégal à surmonter les difficultés financières laissées par le précédent régime. C’est un signe fort de confiance dans notre nouveau cap », a conclu Ousmane Sonko.

Ce déplacement en Chine marque une étape majeure dans la relance des relations bilatérales et le repositionnement du Sénégal dans les grands équilibres géostratégiques mondiaux. Alors que le pays cherche à diversifier ses partenariats économiques et à affirmer sa souveraineté, la Chine apparaît comme un allié de poids dans cette nouvelle phase.

Rencontre avec Xi Jinping : Ousmane Sonko promet des retombées concrètes pour le Sénégal

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a exprimé ce vendredi 27 juin 2025 sa grande satisfaction à l’issue de sa visite officielle en Chine, marquée par des entretiens de haut niveau avec les autorités du pays. Il a assuré que ce déplacement, premier hors du continent africain depuis sa nomination en avril 2024, produira des résultats tangibles et rapides au bénéfice des Sénégalais.

Au Palais du Peuple, à Pékin, le chef du gouvernement sénégalais a d’abord rencontré son homologue chinois, Li Qiang, avant de s’entretenir avec le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping. À l’issue des discussions, Ousmane Sonko a déclaré : « Nous sortons très satisfaits de ces rencontres avec les plus hautes autorités chinoises. Dans les jours et les semaines à venir, les Sénégalais verront de façon concrète les retombées de cette visite. »

Il a souligné que ces échanges témoignaient de la qualité du partenariat stratégique entre Dakar et Pékin, un partenariat qui s’est renforcé ces dernières années et que la nouvelle administration entend consolider. « Cette visite marque l’importance que nous accordons à la coopération sino-sénégalaise et l’importance que la Chine accorde à notre pays », a-t-il précisé.

Durant ces séances de travail, la délégation sénégalaise a mis l’accent sur la Vision Sénégal 2050, le programme de développement économique et social élaboré sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. Selon Ousmane Sonko, les autorités chinoises se sont montrées attentives et réceptives aux propositions sénégalaises, notamment sur la coopération économique et l’accompagnement du Sénégal dans ses efforts de relance et de transformation structurelle.

« Les audiences nous ont permis de sensibiliser aussi bien le Premier ministre Li Qiang que le président Xi Jinping sur les enjeux en Afrique et au Sénégal. Sur certaines questions, ils ont donné des validations, notamment pour la coopération entre nos pôles de développement et certaines provinces chinoises. Sur d’autres, ils ont pris des engagements fermes pour accompagner le Sénégal », a-t-il indiqué, promettant des résultats visibles et concrets à très court terme.

Le Premier ministre a également insisté sur la nature de cette coopération, qu’il a qualifiée de « juste, équitable et fondée sur le respect mutuel ». Il a salué l’engagement personnel du président Xi Jinping à soutenir la Vision Sénégal 2050 et à appuyer le pays dans ses efforts de redressement, notamment face aux difficultés financières héritées du précédent régime.

En se rendant en Chine, Ousmane Sonko poursuit la volonté du Sénégal de diversifier ses partenariats stratégiques et de consolider ses liens avec les grandes puissances économiques mondiales. Cette visite devrait déboucher sur des accords de coopération dans plusieurs domaines prioritaires, parmi lesquels les infrastructures, l’agriculture, l’énergie et le développement industriel.

Le gouvernement sénégalais annonce que des annonces officielles et des signatures d’accords suivront dans les prochaines semaines.

VISITE OFFICIELLE : SEVILLE ACCUEILLE LE PRESIDENT BASSIROU DIOMAYE FAYE.

Du 30 juin au 3 juillet 2025, Séville s’apprête à accueillir un événement d’envergure mondiale : la 4e Conférence internationale sur le financement du développement, organisée sous l’égide des Nations Unies. Une rencontre qui se déroule, à un moment où le monde cherche à adapter ses mécanismes de financement aux grands défis de notre époque, en particulier ceux liés à la mise en œuvre des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030.
Durant quatre jours, institutions financières, gouvernements, banques de développement et entreprises privées vont se retrouver pour discuter de solutions concrètes. Réforme de la fiscalité internationale, lutte contre les flux financiers illicites, accès équitable aux ressources, gestion de la dette : les sujets sont vastes, mais urgents. L’Espagne, en tant que pays hôte, entend faire de cette conférence un espace de dialogue ouvert, où même les voix souvent mises de côté auront leur place.
Parmi les chefs d’État attendus, le président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye sera présent à Séville. Si sa participation officielle est inscrite dans le cadre des travaux, un autre moment s’annonce tout aussi marquant : sa rencontre avec la communauté sénégalaise d’Espagne, prévue le 1er juillet à 16h45. L’événement est très attendu. Pour cause : depuis des années, les Sénégalais vivant en Espagne expriment un sentiment d’abandon, voire d’invisibilité dans les politiques publiques.
Malgré leur contribution économique significative à travers les transferts de fonds, beaucoup dénoncent leur exclusion des grandes orientations gouvernementales, des programmes de soutien à l’investissement ou des initiatives d’intégration. Cette rencontre avec le président Faye est donc perçue par beaucoup comme une première, et peut-être le début d’un nouveau rapport entre l’État sénégalais et ses ressortissants en Espagne longtemps laissés en rade dans les politiques gouvernementales.
Ce face-à-face tant espéré pourrait ouvrir la voie à une dynamique plus inclusive, où la diaspora ne serait plus une simple variable d’ajustement ou un grenier électoral, mais bien un acteur impliqué dans la réflexion et la mise en œuvre du développement national. En somme, un moment de vérité, porteur d’espoir pour toute une communauté.

Momar Dieng Diop ESPAGNE

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°497 – 27/06/2025

🔴 PROJET DE LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE 2025 / BAISSE DU PIB NOMINAL : L’ÉCONOMIE PERD 4% DE SA VALEUR
🔴 RÉUNION DU CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA MAGISTRATURE PRÉSIDÉE PAR LE PRÉSIDENT DIOMAYE FAYE : OÙ EST LA RUPTURE ?

🔴 LIGUE 1 (29e J.) : JARAAF À 90 MINUTES DU SACRE
🔴 LUTTE / « JE SUIS UN LUTTEUR COMPLET » : BALLA GAYE 2 CHAUFFE SITEU

Hausse de la dette : l’APR exige des explications sur la destination des 10 200 milliards de francs CFA contractés en deux ans

L’Alliance pour la République (APR) hausse le ton face à ce qu’elle qualifie de « rythme effréné d’endettement » observé depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau régime. Réunis ce jeudi, les membres du Secrétariat exécutif national (SEN) du parti ont exprimé leur vive inquiétude quant à l’évolution de la dette publique, et exigent des explications détaillées et crédibles sur l’utilisation des 10 200 milliards de francs CFA contractés sur la période 2024-2025.

Selon le communiqué issu de cette réunion, 4 500 milliards de francs CFA auraient été contractés en 2024, suivis de 5 700 milliards projetés pour 2025. L’APR juge ces chiffres alarmants, surtout au regard de l’absence, selon elle, de projets structurants ou de mesures de relance économique visibles sur le terrain.

Le parti fondé par Macky Sall établit une comparaison directe avec la période de son propre magistère. Il rappelle qu’entre 2019 et 2023, le besoin total de financement s’élevait à 10 115 milliards de francs CFA, alors même que le pays faisait face à des chocs d’envergure : la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, une flambée des prix mondiaux et le financement de grands projets d’infrastructures. L’APR précise que ce chiffre inclut même la « dette cachée », dont l’existence est toujours contestée par le parti.

Pour l’APR, la situation actuelle est d’autant plus préoccupante qu’aucune réalisation majeure ni réforme économique structurante ne justifie un tel niveau d’endettement. Le parti dénonce ainsi un manque de vision, une gestion budgétaire hasardeuse et une absence d’impact concret sur le quotidien des Sénégalais.

Au-delà des chiffres, l’APR alerte sur les risques majeurs que représente cette dynamique : perte de crédibilité financière, déséquilibre budgétaire croissant et mise en péril de l’avenir des générations futures. Le parti appelle les autorités à plus de transparence dans la gestion des finances publiques, à publier la destination précise des fonds empruntés et à engager un débat national sur la soutenabilité de la dette.

Achat de véhicules pour les députés : l’APR exige des éclaircissements sur les procédures

Réuni ce jeudi, le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance pour la République (APR) s’est penché sur plusieurs sujets jugés urgents, dont l’un alimente une vive polémique dans l’espace public : l’acquisition de véhicules pour les députés de la 15e législature.

Alors que la question fait l’objet d’un large débat sur les réseaux sociaux et dans l’opinion, le parti fondé par l’ancien président Macky Sall appelle à la transparence totale sur ce dossier. Le SEN de l’APR réclame ainsi que toute la lumière soit faite sur les procédures ayant encadré cette opération, jugée sensible dans un contexte économique et social tendu.

L’APR insiste également sur la nécessité de rendre publique l’identité de l’attributaire du marché, conformément aux principes fondamentaux de bonne gouvernance et de redevabilité. Pour le parti, il est impératif que les autorités compétentes fassent preuve de clarté afin d’éviter toute suspicion de favoritisme ou d’irrégularité dans le processus d’acquisition.

Cette prise de position marque un tournant dans la posture de l’APR, qui, bien qu’ayant longtemps été au pouvoir, se positionne ici comme un acteur vigilant face aux pratiques actuelles. Elle s’inscrit également dans une volonté affichée de défendre la transparence dans la gestion des ressources publiques, notamment au sein des institutions de la République.

Sénégal – Fiscalité : Les propriétaires risquent de perdre jusqu’à 30% de leurs revenus locatifs à cause de la nouvelle imposition

La Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) du Sénégal vient de mettre en place une plateforme en ligne dédiée aux déclarations des revenus locatifs. Ce nouvel outil numérique vise à faciliter les démarches des contribuables, leur permettant de calculer de manière automatique le montant imposable sur les revenus générés par la location de leurs biens immobiliers.

Selon une enquête menée par la revue spécialisée « ConfidentielDakar », plusieurs propriétaires ayant utilisé cette plateforme ont constaté que l’imposition appliquée sur leurs revenus locatifs avoisine les 30%. Le système calcule un montant minimum imposable et indique clairement la somme que chaque contribuable doit s’acquitter.

Il est important de souligner que cette imposition sur les revenus locatifs est distincte de la taxe foncière sur les propriétés bâties. Or, si ces deux prélèvements s’appliquent simultanément, un propriétaire pourrait perdre jusqu’à 37% de ses revenus générés par la location. En effet, la taxe sur le foncier bâti représente généralement entre 5% et 7% des revenus locatifs.

Cette nouvelle mesure fiscale pourrait donc affecter significativement la rentabilité des biens immobiliers mis en location, soulevant des inquiétudes parmi les propriétaires quant à l’impact de ces charges sur leurs revenus nets. La DGID, à travers cette plateforme, entend renforcer la transparence et la régularité dans la déclaration et le recouvrement des impôts liés au secteur locatif.

LFR 2025 : Thierno Alassane Sall dénonce une dette « implacable » de plus de 5 700 milliards et ses impacts néfastes

Le député et président du parti République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a récemment porté à l’attention de l’opinion publique des chiffres inquiétants liés à la future Loi de Finances Rectificative (LFR) de 2025. Par un message publié sur sa page X (anciennement Twitter), l’opposant politique a révélé une dette publique qui s’envolerait à 5 715,5 milliards de francs CFA pour l’année 2025, portant le cumul de la dette sur deux ans à 10 207 milliards.

Face à ces chiffres qu’il qualifie d’« implacables », Thierno Alassane Sall déplore une trajectoire budgétaire qu’il juge insoutenable et peu bénéfique pour la population sénégalaise. Il souligne avec fermeté que cette explosion de la dette ne se traduit pas par des améliorations tangibles dans des secteurs essentiels tels que l’emploi, la santé, les infrastructures ou encore le bien-être général des citoyens.

L’élu de l’opposition insiste notamment sur l’absence d’impact positif de cette dette sur le chômage, le coût de la vie, la situation des étudiants ou encore le développement du monde rural. Pour lui, la hausse constante des emprunts publics semble se faire au détriment des besoins fondamentaux de la majorité des Sénégalais.

Par ailleurs, Thierno Alassane Sall critique également ce qu’il qualifie de « néo-apparatchiks » qui, selon lui, profiteraient des fonds politiques financés par cette dette croissante. Il met en garde contre le poids de cette politique économique sur le pouvoir d’achat des ménages, marqué notamment par des prix à la pompe élevés et des denrées de base devenues hors de portée, aggravant ainsi les sacrifices imposés à la population.

À travers cette dénonciation, le président du parti République des Valeurs appelle à une révision urgente de la gestion des finances publiques afin d’éviter que la dette ne devienne un fardeau insupportable pour le Sénégal, sans générer les effets escomptés sur le développement économique et social du pays.

Arrestations de journalistes et de chroniqueurs : le FDR dénonce une « instrumentalisation » de la justice et des libertés publiques « bâillonnées »

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) est monté au créneau ce mercredi pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive préoccupante des institutions judiciaires et une atteinte grave aux libertés fondamentales. Dans une déclaration ferme, l’opposition réunie sous la bannière du FDR a exprimé ses vives inquiétudes face à ce qu’elle qualifie d’« instrumentalisation flagrante de la justice », au détriment des principes de l’État de droit.

Selon le FDR, la justice sénégalaise est aujourd’hui utilisée à des fins politiques. Le Front affirme que celle-ci s’est éloignée de sa mission d’impartialité pour devenir un outil de règlement de comptes contre des opposants, des chroniqueurs et des journalistes. Il évoque des procédures ciblées, des jugements expéditifs et des décisions judiciaires qui suscitent de plus en plus d’incompréhension et de méfiance chez les citoyens. Pour le Front, cette situation érode dangereusement la confiance dans les institutions républicaines et menace l’équilibre démocratique du Sénégal.

Le FDR s’alarme également d’un climat d’étouffement des libertés publiques. Bien que les manifestations pacifiques ne soient pas formellement interdites, elles font systématiquement l’objet d’une répression, selon le communiqué du Front. L’organisation pointe aussi une pression fiscale jugée « étouffante » sur les organes de presse, ainsi qu’un harcèlement constant contre les chroniqueurs et activistes. Ce climat général, estime le FDR, engendre une citoyenneté bâillonnée, où la peur et la répression prennent le pas sur le débat démocratique et la liberté d’expression.

Pour conclure, le FDR appelle à un sursaut national face à ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du pouvoir. Il enjoint les forces vives du pays à défendre les droits fondamentaux, la justice indépendante et la liberté d’informer, socles essentiels de toute démocratie véritable.

Conseil supérieur de la magistrature : trois nouvelles nominations à la Cour suprême

Lors de la réunion du Conseil supérieur de la magistrature tenue ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à d’importantes mesures individuelles dans le haut commandement judiciaire. Ces décisions s’inscrivent dans le vaste mouvement de réaménagement de la carte judiciaire sénégalaise entamé depuis quelques semaines. Elles concernent cette fois la Cour suprême, l’instance juridictionnelle la plus élevée du pays.

Trois magistrats ont été promus à de nouvelles fonctions au sein de cette juridiction de dernier ressort. Il s’agit d’abord de madame Henriette Diop Tall, précédemment en détachement auprès de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), qui rejoint désormais la Cour suprême en tant que Conseillère. Sa nomination marque un retour dans l’appareil judiciaire après une expérience notable dans le secteur de la régulation des marchés publics.

Monsieur Mamadou Seck Diouf, jusque-là Avocat général délégué près la Cour suprême, voit son parcours se poursuivre à un niveau plus élevé. Il est promu au poste de Conseiller délégué à la Cour suprême, consolidant ainsi son ancrage dans les hautes sphères de l’institution.

Enfin, monsieur El Hadji Birame Faye, qui occupait les fonctions de Conseiller référendaire à la Cour suprême, a également été élevé au rang de Conseiller délégué. Cette décision vient récompenser un parcours constant au sein de la magistrature suprême.

Ces nominations traduisent la volonté du chef de l’État d’insuffler un nouveau souffle au sommet du pouvoir judiciaire sénégalais, en s’appuyant sur des profils expérimentés et diversifiés. Elles s’inscrivent dans un processus plus large de refonte des responsabilités et de redéploiement stratégique au sein des principales juridictions du pays.

Sénégal – LFR 2025 : Un budget de réajustement face aux défis économiques

Le gouvernement sénégalais a dévoilé le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’année 2025. Ce document marque un tournant stratégique dans l’exécution budgétaire du pays, en pleine mutation économique. Il s’inscrit dans la dynamique de transformation inscrite dans l’Agenda national « Sénégal 2050 », tout en prenant en compte les mutations économiques récentes à l’échelle mondiale et nationale.

Au niveau international, l’économie mondiale fait face à un net ralentissement. La croissance mondiale a été révisée à la baisse, à 2,3 % pour 2025 et 2,4 % pour 2026, selon les dernières perspectives de la Banque mondiale. Cette dégradation est portée par un cumul de facteurs : une intensification des tensions commerciales provoquées par les nouvelles barrières tarifaires américaines, des réponses de rétorsion de la part des partenaires commerciaux, des perturbations persistantes dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, des conditions de financement difficiles malgré un léger relâchement des politiques monétaires des grandes banques centrales, ainsi qu’un risque de récession mondiale qui s’est accentué. Celui-ci est passé de 17 % en octobre 2024 à 30 % en avril 2025.

À ces facteurs s’ajoutent les effets géopolitiques du conflit en cours entre Israël et l’Iran. Cette guerre provoque une instabilité aux conséquences économiques lourdes pour les pays en développement comme le Sénégal, qui subissent à la fois une baisse de la demande extérieure, une forte volatilité des cours des matières premières et une hausse des coûts de financement. Le climat d’incertitude pourrait également décourager l’investissement privé dans l’économie sénégalaise.

Sur le plan national, le gouvernement a dû revoir son cadrage macroéconomique. Plusieurs éléments expliquent ce réajustement. Il s’agit d’abord de la prise en compte des conclusions du rapport de la Cour des comptes, qui a entraîné une actualisation du service de la dette et une reprogrammation réaliste des dépenses d’investissement. Par ailleurs, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a assoupli sa politique monétaire en réduisant ses taux : le taux directeur est passé de 3,5 % à 3,25 %, tandis que le taux de prêt marginal est désormais fixé à 5,25 % au lieu de 5,5 %.

Conséquence directe de ces ajustements, le gouvernement a revu à la baisse ses projections économiques. La croissance, initialement attendue à 8,8 %, est désormais réévaluée à 8,0 %. Bien qu’en recul, cette performance demeure la plus élevée prévue sur le continent africain pour l’année 2025. Elle reste essentiellement portée par l’entrée en production du secteur des hydrocarbures, qui constitue un levier majeur dans la stratégie de croissance du pays.

En revanche, la croissance hors hydrocarbures, estimée à 3,8 %, s’appuiera sur une relance ciblée de secteurs stratégiques jugés à fort potentiel. Toutefois, cette dynamique est atténuée par une contraction du produit intérieur brut nominal. Celui-ci est désormais projeté à 21 690,5 milliards de FCFA, contre 22 597,7 milliards prévus initialement, soit une baisse de 907,2 milliards FCFA représentant une réduction de 4,0 %.

Crise nationale : Khalifa Sall et ses alliés dénoncent les dérives du régime Diomaye Faye

La Conférence des leaders du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), réunie ce mercredi 26 juin 2025 au siège de Taxawu Sénégal, a dressé un tableau sombre de la situation nationale. Dans un communiqué aux accents fermes, le regroupement dirigé par Khalifa Ababacar Sall a dénoncé une « crise multidimensionnelle sans précédent », et lancé un appel à la mobilisation nationale face à ce qu’il qualifie de dérives autoritaires du régime de Bassirou Diomaye Faye.

Le FDR a d’abord dressé un bilan interne jugé satisfaisant de ses six premiers mois d’existence. Les leaders se sont félicités du parachèvement de l’organisation de leur structure, avec des commissions pleinement actives, et ont salué le leadership de leur coordonnateur sortant, Khalifa Sall, qui termine son mandat le 30 juin. À l’unanimité, ils ont désigné Samba Sy, secrétaire général du PIT, pour lui succéder à la tête du Front à partir du 1er juillet. Le communiqué évoque un homme d’écoute, de consensus et de fidélité à l’idéal républicain, désigné pour conduire les prochaines batailles.

Mais c’est surtout sur l’état du pays que les leaders du FDR ont haussé le ton. Selon eux, le Sénégal, longtemps considéré comme un exemple démocratique sur le continent, traverse une période d’instabilité profonde marquée par une crise politique, financière, économique et sociale. Le communiqué dénonce un climat de répression généralisée, une justice instrumentalisée et une société civile muselée. Le FDR accuse le pouvoir de faire de la justice un outil de règlement de comptes politiques, avec des procédures ciblées, des décisions jugées arbitraires et une pression constante sur les opposants, les journalistes et les activistes.

Les libertés publiques sont également au cœur des préoccupations du Front. Les manifestations pacifiques, bien que non interdites, seraient systématiquement réprimées. Les médias seraient sous pression, notamment via la fiscalité, tandis que plusieurs chroniqueurs subiraient menaces, intimidations et incarcérations. Le FDR parle d’un climat d’étouffement des voix discordantes et d’un recul démocratique préoccupant.

Sur le plan économique, le diagnostic dressé par le FDR est alarmant. Il évoque une dette publique jugée insoutenable, un déficit budgétaire jamais atteint, une inflation persistante et un chômage massif des jeunes. Le Front accuse le régime de mauvaise gestion, notamment dans le secteur agricole avec l’arrêt des chantiers publics, la mauvaise qualité des semences, la rareté des engrais et l’absence de soutien aux producteurs. Le gouvernement est également critiqué pour sa stratégie économique, qualifiée de brouillonne, déconnectée des réalités du terrain et sans vision à long terme.

Face à cette situation jugée préoccupante, le FDR appelle à un sursaut collectif. Le communiqué exhorte la société civile, les syndicats, les partis politiques et toutes les forces vives à s’unir pour faire barrage à la « mal gouvernance du régime Diomaye-Sonko ». Le Front dit vouloir engager des luttes multiformes contre les dérives liberticides et pour la préservation des libertés fondamentales, d’une justice indépendante et d’un État au service du peuple.

Dans une conclusion sans équivoque, le FDR affirme que le Sénégal mérite mieux. Le peuple, dit-il, mérite une justice libre, une gouvernance éthique et une démocratie solide. Le combat continue, promet la coalition, qui se dit plus que jamais mobilisée pour la défense des libertés, de la justice et de la République.

Conseil supérieur de la Magistrature : des magistrats détachés à la Présidence, à la Primature et à l’international

Le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM) s’est tenu ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. Cette session a permis d’entériner plusieurs décisions relatives au positionnement de magistrats sénégalais dans différents services nationaux et internationaux.

Parmi les principales mesures, plusieurs magistrats ont été placés en position de détachement. C’est le cas de Moustapha Ka, conseiller technique au ministère de la Justice, désormais affecté à la Présidence de la République. Alassane Ndiaye, également conseiller technique, rejoint la Primature dans le même cadre. Firmin René Jim Coly, précédemment détaché au ministère des Infrastructures, poursuivra sa mission à la Société nationale de la Loterie nationale sénégalaise (LONASE).

Cyr Gomis, secrétaire général de l’Observateur national des lieux de privation de liberté, est à son tour détaché auprès du ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens. Magatte Diouf, président de chambre à la Cour d’appel de Tambacounda et également secrétaire général de cette juridiction, est affecté à l’Agence judiciaire de l’État (AJE), sous la tutelle du ministère des Finances et du Budget.

La magistrate Ndioba Diome, substitut du procureur près le Tribunal de grande instance de Rufisque, rejoint la Présidence de la République, au sein de la Délégation générale du Renseignement national (DRN), en tant que conseillère juridique.

Le Conseil a également validé le renouvellement des détachements de Souleymane Bassoum au ministère des Infrastructures, ainsi que de Mamadou Racine Ly à la Cour pénale internationale (CPI), prolongeant ainsi leur mission dans ces institutions.

Par ailleurs, deux magistrats ont été placés en position de disponibilité. Cheikh Ahmadou Bamba Niang intègre un programme sécuritaire financier en qualité d’expert juriste. Quant à Assane Dramé, il rejoint l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) en Afrique centrale, également comme expert.

Ces décisions s’inscrivent dans une dynamique de renouvellement et de repositionnement stratégique de l’appareil judiciaire sénégalais, visant à valoriser l’expertise nationale à la fois sur le plan local et international.

Conseil supérieur de la magistrature : vaste chamboulement dans les juridictions de Thiès, Kaolack, Saint-Louis, Ziguinchor et Tambacounda

La réunion du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), présidée ce jeudi 26 juin 2025 par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye au Palais de la République, a donné lieu à une vague de nominations et d’affectations majeures dans plusieurs ressorts judiciaires du pays. Ce réaménagement, perçu comme un tournant dans la gestion des ressources humaines de la magistrature, touche les cours d’appel de Thiès, Kaolack, Saint-Louis, Ziguinchor et Tambacounda.

Dans le ressort de la Cour d’appel de Thiès, plusieurs postes de responsabilité ont été renouvelés. Alioune Sissokho, jusque-là avocat général à la Cour d’appel de Kaolack, rejoint la Cour d’appel de Thiès au même poste. Cheikhna Anne, anciennement en détachement auprès du ministère de l’Énergie, devient substitut général à la même juridiction. El Hadji Mamadou Ndiaye, qui présidait le Tribunal d’instance de Tivaouane, prend la tête du Tribunal de grande instance de cette localité. El Hadji Malick Dembélé, détaché au ministère des Finances, est nommé président du Tribunal d’instance de Diourbel. Mamadou Bassirou Ndiaye, en provenance du ministère de la Pêche, devient procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Tivaouane. Khady Sakho, conseillère à la Cour d’appel de Thiès, est affectée comme juge au Tribunal de grande instance de Thiès. Modou Mar Ndiaye quitte la présidence du Tribunal d’instance de Diourbel pour prendre les rênes de celui de Tivaouane, tandis que Babacar Diomaye Diouf, précédemment juge à Dakar, est affecté à Diourbel.

Dans la Cour d’appel de Kaolack, Fatou Ngom Sissokho, qui présidait le Tribunal d’instance de Kaffrine, est désormais juge au Tribunal de grande instance de Kaolack. Elle est remplacée à Kaffrine par Amadou Diatta, ancien président de chambre à la Cour d’appel de Kaolack.

Au niveau de Saint-Louis, Idrissa Yéro Dème, jusque-là substitut du procureur à Matam, rejoint le Tribunal de grande instance de Saint-Louis en qualité de substitut du procureur.

Dans la région sud du pays, le ressort de la Cour d’appel de Ziguinchor connaît également des changements notables. Serigne Modou Diakhaté, ancien conseiller à la Cour suprême, est promu Premier président de la Cour d’appel de Ziguinchor. Il sera épaulé par Awa Nguenah Manga, ancienne vice-présidente du Tribunal du travail de Dakar, désormais nommée présidente de chambre à Ziguinchor.

Enfin, à Tambacounda, Abdourahmane Diallo, président de chambre à la Cour d’appel, cumulera désormais ses fonctions avec celles de secrétaire général de ladite cour.

Conseil supérieur de la magistrature : plusieurs magistrats nommés à l’administration centrale du ministère de la Justice

Réuni ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, le Conseil supérieur de la magistrature a procédé à un vaste mouvement au sein du corps judiciaire. Outre les nominations dans les cours d’appel et tribunaux, plusieurs affectations ont été prononcées à l’administration centrale du ministère de la Justice.

Parmi les personnalités concernées, Oumar Sall, jusque-là président de chambre à la Cour d’appel de Dakar, rejoint l’administration centrale du ministère. Il en est de même pour Khokhane Sène, également précédemment président de chambre dans la même juridiction. Ces deux magistrats chevronnés sont appelés à mettre leur expérience au service de la gestion centrale de la justice.

Par ailleurs, Fatou Binetou Ndiaye, qui était en détachement au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, est rappelée et réintégrée dans le dispositif du ministère de la Justice. Elle y retrouvera une fonction stratégique dans les services de l’administration.

Deux autres magistrats de juridictions du premier degré rejoignent aussi les services centraux. Mouhamadou Ndéné Ndir, précédemment en poste au tribunal du travail hors classe de Dakar, et Ndèye Awa Diagne, ancienne juge au tribunal de grande instance hors classe de Dakar, sont désormais affectés à l’administration centrale.

Ces affectations confirment une volonté présidentielle de réorganiser les ressources humaines de la Justice pour renforcer l’efficacité de l’administration judiciaire au niveau central. En confiant des fonctions internes à des magistrats expérimentés, le chef de l’État entend consolider les réformes en cours dans le secteur.

Ce mouvement, loin d’être anodin, intervient dans un contexte de refonte annoncée du fonctionnement de la justice, où l’exigence de transparence, d’efficacité et de modernisation est au cœur des priorités de la nouvelle équipe dirigeante.

Réunion du Conseil supérieur de la magistrature : 20 magistrats nommés à la Cour d’appel de Dakar

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce jeudi 26 juin 2025 une importante réunion du Conseil supérieur de la magistrature au Palais. Cette rencontre a été marquée par une série de nominations au sein de la Cour d’appel de Dakar, avec l’arrivée de vingt magistrats à divers postes clés. Une réorganisation significative qui s’inscrit dans la dynamique de réforme de la justice sénégalaise.

Parmi les personnalités promues, Aminata Fall Cissé fait son entrée en tant que Présidente de Chambre à la Cour d’appel de Dakar, après un détachement auprès du ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères. Mbaye Pouye, ancien conseiller technique au ministère de la Justice, ainsi qu’Aïssatou Diouf Samb, ex-vice-présidente du tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, accèdent également à des présidences de chambre au sein de la juridiction.

Le juge Massaer Sarr, qui officiait au Pool judiciaire financier, est également promu Président de Chambre. Dans le même élan, Moustapha Fall devient conseiller à la Cour d’appel, tandis que Soyoubou Sy et Aliou Diop sont nommés avocats généraux, respectivement en provenance des Cours d’appel de Thiès et Tambacounda.

Le mouvement touche aussi des magistrats en fonction dans d’autres juridictions. Samba Ndiaye, jusque-là à la Chambre d’accusation financière, rejoint le tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Abou Dièye et Cheikh Mbengue, tous deux juges à Mbour et Thiès, deviennent juges d’instruction au Pool judiciaire financier.

De nouvelles responsabilités ont également été confiées à Fatou Sylvie Kouedou, désormais vice-présidente du tribunal de Pikine-Guédiawaye, et à Ndella Dièye, qui rejoint le tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Khadim Diagne est redéployé au tribunal du travail hors classe de Dakar.

Par ailleurs, plusieurs magistrats intègrent de nouveaux tribunaux ou changent de ressort : Moussa Deh à Pikine-Guédiawaye, Babacar Ngom à Rufisque, et Ndiyaye Sarr à Rufisque également. Dans le parquet, Mamadou Doudou Senghor, Abibatou Yague, Thierno Ismaïla Diallo et Mouhamadou Ndiaye Sarr se voient confier de nouvelles fonctions, notamment au sein des parquets financiers ou dans les juridictions de grande instance.

Ces nominations traduisent la volonté du chef de l’État d’insuffler une nouvelle dynamique dans l’appareil judiciaire, notamment en consolidant les effectifs de la Cour d’appel de Dakar, une juridiction stratégique dans le paysage judiciaire sénégalais. Elles confirment aussi un mouvement d’ensemble observé dans les différentes juridictions du pays à la suite de cette réunion du Conseil supérieur de la magistrature.

Conseil supérieur de la Magistrature : le président Diomaye Faye opère de vastes changements dans la justice

Le Conseil supérieur de la Magistrature s’est réuni ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. À l’issue de cette séance, plusieurs décisions majeures ont été prises, entraînant un remaniement d’ampleur au sein de l’appareil judiciaire.

Le chef de l’État, qui préside le Conseil, a procédé à une série de nominations touchant des juridictions stratégiques du pays. Ces changements concernent notamment la Cour suprême de Dakar, cœur du pouvoir judiciaire, mais aussi les Cours d’appel de Dakar, Thiès, Kaolack, Saint-Louis, Ziguinchor et Tambacounda. L’administration centrale de la Justice n’est pas en reste, avec des ajustements opérés à des postes clés.

Cette vague de mutations intervient dans un contexte où l’exécutif affiche sa volonté de redonner à la Justice toute son autorité, son indépendance et sa crédibilité. Ces décisions traduisent aussi l’ambition du président Diomaye Faye de remettre à plat l’organigramme du pouvoir judiciaire, en y insufflant une nouvelle dynamique de rigueur, d’éthique et d’équité.

Selon des sources proches du dossier, l’objectif est de renforcer l’efficacité des juridictions sur l’ensemble du territoire national, tout en corrigeant certains déséquilibres observés ces dernières années dans la répartition des magistrats et des responsabilités. Ce renouvellement marque donc un tournant important pour la Justice sénégalaise.

Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye

Tiaroye 1944: Une blessure encore vive au Sénégal; vers la reconnaissance et les réparations d’un crime colonial oublié

Le 1er décembre 1944, des dizaines, voire des centaines de tirailleurs africains sont massacrés à Tiaroye, dans la banlieue de Dakar, par l’armée coloniale française. Huit décennies plus tard, cet épisode tragique continue de hanter les mémoires. Une nouvelle dynamique, lancée par le Premier ministre Ousmane Sonko, entend briser le silence historique autour de cette tuerie coloniale restée impunie.

Le 19 février 2025, Sonko a officiellement lancé une campagne d’excavations archéologiques sur le site du massacre. L’objectif est triple : faire toute la lumière sur les circonstances du drame, identifier le nombre exact de victimes et initier une démarche de justice historique et symbolique.

Dans un micro-trottoir diffusé récemment sur les réseaux sociaux, plusieurs habitants de Dakar se sont exprimés sur l’importance de cette initiative. Pour eux, la vérité historique est indispensable à toute démarche de réparation. Comme le souligne un intervenant : « Une injustice, qu’elle dure 100 ans ou 100 heures, reste une injustice. Elle doit être réparée à tout moment ».

La demande de réparations prend ici plusieurs formes. Pour certains, elle devrait être financière, pour d’autres, elle passe aussi par une reconnaissance symbolique des faits et la transmission de la mémoire. « La réparation est multiforme, elle peut être pécuniaire ou d’autres formes… même un pardon symbolique peut être un début », déclare un citoyen interrogé dans la vidéo.

La quête de vérité avance : « Ces fouilles-là permettraient quand même de faire de grandes avancées pour découvrir la vérité dans cette histoire », estime un autre intervenant. Les doutes autour de la version officielle, en particulier celle fournie par les autorités françaises, renforcent la nécessité d’un travail indépendant. « Si c’est la France qui donne les chiffres, là ça peut avoir des problèmes », prévient un jeune Dakarois.

Le sentiment d’injustice traverse toutes les prises de parole. La responsabilité française est pointée du doigt, et le crime colonial ne doit pas rester sans suite : « La France, elle est responsable… un crime de guerre, on peut discuter, mais il faut que ce soit très clair », affirme l’un des témoins.

L’émotion populaire s’exprime aussi dans l’art. Le musicien guinéen Elie Kamano a récemment sorti un clip poignant sur le massacre de Tiaroye, appelant à la mémoire et à la justice pour les descendants de ces soldats oubliés.

Ce réveil mémoriel s’inscrit dans une volonté plus large de rupture avec l’impunité historique dont jouit encore la France en Afrique. Pour les autorités sénégalaises, il ne s’agit pas seulement de faire œuvre de mémoire, mais d’exiger des réparations à la hauteur de la tragédie. Le massacre de Tiaroye est devenu un symbole : celui d’une époque d’arrogance coloniale qui doit impérativement prendre fin. Le temps est venu de rendre justice aux victimes et de clore ce chapitre sombre par un acte de reconnaissance et de réparation.

Par AWA DEMBELE

SCANDALE PRÉSUMÉ DE L’« ASER-GATE » : Un document à trois signatures refait surface

Signé à Dakar le 25 novembre 2023 par l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), la société espagnole AEE POWER EPC et l’entreprise sénégalaise AEE POWER SÉNÉGAL S.A., un document portant sur le remplacement de poteaux métalliques par des poteaux en béton armé fabriqués localement dans le cadre du projet d’électrification de 928 localités rurales soulève de sérieuses interrogations sur sa nature et sa valeur juridique.
Sur le fond, la décision semble s’aligner sur les exigences de la commande publique au Sénégal, qui imposent qu’au moins 50 % de la valeur des marchés soient réalisés par des entreprises locales. En favorisant la production de poteaux en béton sur place, les signataires paraissent promouvoir l’expertise nationale. Mais en l’absence de références à un contrat notifié, à un avenant validé, ou à une décision officielle de l’organe de régulation, ce document à trois voix semble évoluer dans une zone grise.
Les rôles respectifs des signataires alimentent le flou : ASER, autorité contractante ; AEE POWER EPC, bénéficiaire d’une offre spontanée et titulaire du marché ; AEE POWER SÉNÉGAL, désigné comme mandataire prestataire, sans que l’on sache s’il s’agit d’une délégation formelle ou d’un simple acte de coopération. L’absence d’un cadre juridique clair interroge : est-ce un avenant implicite au contrat principal ? Un protocole technique sans force obligatoire ? Ou un simple engagement d’intention, sans portée contraignante ?
Par ailleurs, cette situation se complexifie avec la mise à l’écart ultérieure de AEE POWER SÉNÉGAL, alors même que cette entreprise avait été mobilisée pour incarner la préférence locale à travers la fabrication des poteaux. Le paradoxe est d’autant plus saisissant que cette décision survient après le versement par l’ASER d’une avance de démarrage de 2,425 milliards de francs CFA à AEE POWER EPC, sans que les travaux aient démarré.
Depuis, la presse sénégalaise, notamment Le Quotidien, a révélé l’ouverture d’une enquête par la police espagnole sur des mouvements de fonds suspects. Des transferts financiers liés à cette avance auraient transité par plusieurs pays, dont Chypre, l’Égypte et le Sénégal. De quoi raviver les soupçons de malversations dans un projet censé améliorer l’accès à l’électricité de plus de 600 000 Sénégalais.
L’affaire avait déjà connu un premier coup de tonnerre en octobre 2024, lorsque l’Autorité de régulation des marchés publics (ARCOP) avait suspendu le contrat, pointant de graves manquements dans la transparence du processus d’attribution. Le financement global du projet, estimé à 37 milliards de francs CFA, reposait sur une offre spontanée, elle-même objet de critiques.
Les bailleurs de fonds n’ont pas tardé à réagir. La banque Santander, partenaire financier, et l’agence espagnole Cesce, chargée de la garantie du crédit à l’export, ont exprimé leurs inquiétudes. Cesce a suspendu son appui, invoquant un manque de traçabilité sur l’utilisation des fonds.
Les représentants de AEE POWER SÉNÉGAL ont, de leur côté, dénoncé des irrégularités dans la gestion de l’avance, évoquant des flux financiers non justifiés depuis un compte logé chez Santander.
En février 2025, la Cour suprême du Sénégal a surpris en annulant la décision de suspension de l’ARCOP, permettant ainsi la reprise du projet. Mais cette relance n’a pas dissipé les doutes. Où est passé l’argent ? Quelles sont les véritables relations contractuelles entre les différents acteurs ? Et surtout, quelle est la valeur réelle d’un document qui engage sans clarifier ?
Alors que l’enquête espagnole se poursuit, ce projet d’électrification, censé sortir des villages de l’obscurité, soulève désormais encore des interrogations sur la transparence des mécanismes publics et la réalité de la préférence locale dans les grands marchés d’infrastructure.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°496 – 26/06/2025

🔴 « ASER-GATE » : ENGAGEMENT TRIPARTITE : UNE PIÈCE MAÎTRESSE REFAIT SURFACE
🔴 DIVISION SPÉCIALE DE LA CYBERSÉCURITÉ / BACHIR FOFANA EN GARDE À VUE : LE JOURNALISME EN DANGER AU SÉNÉGAL

🔴 LIGUE RÉGIONALE DE FOOTBALL DE ZIGUINCHOR : BACARY CISSÉ PRÔNE UN « SURSAUT »
🔴 MODOU LÔ – SA THIÈS : UN DUEL DE TITANS EN GESTATION

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 25 Juin 2025

le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de la Justice :
•        Monsieur Maguette DIOP, Greffier, matricule de solde n° 622 476/C, titulaire d’une maîtrise en Administration publique, est nommé Président du Comité de gestion de l’Ecole nationale d’Administration pénitentiaire (ENAP), en remplacement de Monsieur Amady Gnagna CISSÉ.
Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique :
•        Monsieur Oumar Ngalla NDIAYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 722 189/E, précédemment Adjoint au Gouverneur de la région de Dakar chargé des Affaires administratives, est nommé Préfet du Département de Birkelane, région de Kaffrine, poste vacant.
Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation :
•        Madame Mame Penda BA, Professeur agrégé en sciences politiques, est nommée Directeur du Financement des Etablissements d’Enseignement supérieur au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, poste vacant.
 
Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action sociale :
•        Monsieur Mouhamadou Abdoulaye SAKHO, titulaire d’un Doctorat en Pharmacie et d’un Diplôme d’Études supérieures spécialisées en Gestion des services de santé, en service à l’hôpital Mame Abdou Aziz Dabakh SY de Tivaouane, est nommé Directeur des Établissements publics de Santé, en remplacement de Monsieur Ousmane DIA.
 
•        Madame Mariama CISSOKHO, Économiste, titulaire d’un MBA en Gestion des Services de Santé, précédemment Chef des Services administratifs et financiers au Centre hospitalier régional Ahmadou Sakhir NDIEGUENE de Thiès, est nommée Directeur dudit établissement, en remplacement de Docteur Alioune FAYE.
 
•        Monsieur Samba GUEYE, Économiste, Administrateur des Services de santé, matricule de solde n° 607 735/D, précédemment Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, est nommé Directeur du Centre hospitalier national DALAL DIAM, en remplacement de Monsieur Moussa Sam DAFF.
 
•        Monsieur Ibra DIAGNE, Psychiatre, titulaire d’un Doctorat en Médecine, précédemment
Responsable des équipes d’Intervention et de Soutien psychosocial au Centre des Opérations d’Urgence sanitaire (COUS), est nommé Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, en remplacement de Monsieur Samba GUEYE, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Aboubacar TRAORE, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Santé publique, précédemment chirurgien-urologue à l’hôpital de la Paix de Ziguinchor, est nommé Directeur du Centre hospitalier régional Amadou Tidiane BA de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Ousmane SECK.
 
•        Monsieur Daouda SECK, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master spécialisé en santé publique, spécialiste en management de projets multicentriques, est nommé Directeur du Centre national de Transfusion sanguine, en remplacement du Professeur Saliou DIOP.
 
•        Monsieur ElHadji Mansour DIOP, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en management des Services de santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national Aristide LE DANTEC, en remplacement du Docteur Babacar THIANDOUM.
 
•        Monsieur Oumar MBAYE, titulaire d’un Doctorat d’Etat en médecine et d’un Master en Management des structures de santé, est nommé Directeur de l’Hôpital Abdoul Cissé KANE des Agnams, en remplacement du Docteur Abdoulaye SOW.
 
•        Monsieur Mahib Badiane, titulaire d’un Doctorat d’Etat en Pharmacie et Économiste de la Santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national El Hadji Malick SY de Tivaouane, en remplacement de Monsieur Babacar SENE.
Au titre du Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public :
•        Monsieur Serigne Mansour FAYE, Ingénieur informaticien, matricule de solde n° 696 783/A, est nommé Directeur des Systèmes d’Informations au Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public, poste vacant.
Au titre du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage :
•        Monsieur Sanoussy SANE, Expert en économie solidaire et en gouvernance sociale, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Institut national de Pédologie (INP), en remplacement de Monsieur Paul FAYE.
•        Monsieur Mamadou Boye DIALLO, Juriste financier, matricule de solde  n° 642 620/Z, précédemment Inspecteur des Affaires administratives et financières au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale d’Insertion et de Développement agricole (ANIDA) en remplacement de Monsieur Ousmane NDAO, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.  
 
•        Monsieur Youssoupha BA, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 604 751/G, est nommé Secrétaire général de l’Institut sénégalais de Recherches agricoles (ISRA) , en remplacement de Monsieur Abdou Aziz NGOM, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Cheikh Tidiane LY, Economiste, matricule de solde n° 709 190/X, précédemment Inspecteur technique au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Inspecteur des Affaires administratives et financières au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage en remplacement de Monsieur Mamadou Boye DIALLO, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Madame Tacko DIAWARA, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 618 718/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Thiès, en remplacement de Monsieur Abiboulaye SIDIBE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
 
•        Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 515
133/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de
Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Jean Paul BAMPOKY, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Madame Malado SEYE, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 606 367/H, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Saint Louis, en remplacement de Madame Tacko DIAWARA, appelée à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Abdou Karim CISSE, Ingénieur du Génie rural, matricule de solde n° 619 875/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kolda, en remplacement de Monsieur Hamadou BALDE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
 
•        Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 699 702/C, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kaolack, Poste vacant.
 
•        Madame Mame Fama KEBE, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 734 696/E, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Matam, en remplacement de Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Samba GAYE, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 663 623/D, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de
Sédhiou, en remplacement de Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Madame Mame Fatou DIOP, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 666 599/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Fatick, en remplacement de Monsieur Abdoulaye CAMARA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
 
•        Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 664
014/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Saint Louis,
en remplacement de Monsieur Evariste Jean Christoph Togut BASSENE, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur El Hadji SOW, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 689 589/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Thierno FALL, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 751 123/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Kédougou, en remplacement de Monsieur El Hadji SOW, appelé à d’autres fonctions.
Au titre du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire :
•        Monsieur Abdou  DIAW, Expert en Finance Islamique, précédemment Coordonnateur national du Programme de Développement de la Microfinance islamique, est nommé Administrateur général du Fonds de Développement de la Microfinance islamique (FDMI).

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 25 JUIN 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 25 juin 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a rappelé au
Gouvernement l’impératif de prendre toutes les mesures et dispositions idoines en vue d’assurer, sur l’étendue du territoire national, une bonne organisation des examens et concours, notamment le Baccalauréat général et le Brevet de Fin d’Etudes moyennes (BFEM). Il a adressé ses encouragements à tous les candidats et exhorté l’ensemble des acteurs de la
communauté éducative (enseignants, apprenants, parents d’élèves, personnels administratifs et techniques…) à œuvrer sans relâche pour l’excellence, la stabilité et le rayonnement du système éducatif national. Il a informé qu’il présidera la cérémonie de remise des prix aux lauréats du Concours général, le 31 juillet 2025.

Le Chef de l’Etat est revenu sur la place fondamentale de l’enseignement supérieur dans l’Agenda national de Transformation. Le développement de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation reste le socle de la valorisation du capital humain national et de la transformation systémique durable du Sénégal. Dès lors, il a rappelé au Gouvernement, l’urgence de prendre les dispositions préventives adéquates, en liaison avec toutes les parties prenantes, afin d’assurer la continuité académique et la stabilité sociale dans les universités et établissements d’enseignement supérieur publics. A cet effet, il a souligné l’importance d’une parfaite maitrise :
– du calendrier universitaire au regard du respect des prescriptions du système LMD ; – du développement fonctionnel de la carte universitaire avec une reprise en main et une réception dans les délais des infrastructures universitaires dans les régions ; – des orientations des futurs bacheliers ;
– des ressources et charges des universités, établissements d’enseignement supérieurs et Centres des Œuvres sociales universitaires ; – et des quotas de recrutements d’enseignants et de personnels administratifs, techniques et de service en relation avec les recteurs.

Le Président de la République a indiqué au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et au Ministre des Finances et du Budget l’exigence de veiller au renforcement systématique de la gouvernance financière des universités publiques et des Centres des Œuvres sociales universitaires. Par ailleurs, il a demandé au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation d’engager des concertations spécifiques avec les acteurs de l’enseignement supérieur privé afin de bâtir, dans la durée, un modèle d’enseignement et de recherche intégré, performant, plus professionnalisant et mieux à même de porter l’Agenda national de Transformation.

Les recommandations qui seront issues des travaux menés dans le cadre de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ANTESRI) feront l’objet d’une
attention particulière.

La vision d’un Sénégal souverain, juste et prospère accorde une priorité essentielle à la prise en charge et à l’accompagnement des personnes en situation de handicap.

Le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement, la nécessité d’une évaluation inclusive de la loi d’orientation sociale n° 2010-15 du 06 juillet 2010 relative à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées et de l’application des dispositifs concernant la carte d’égalité des chances. Il a également indiqué la nécessité d’une meilleure implication des personnes vivant avec un handicap dans la vie institutionnelle, administrative, économique, sociale, culturelle nationale, etc.

A cet égard, il a invité le Gouvernement à accorder un traitement spécial aux demandes des personnes vivant avec un handicap, s’agissant, d’une part,
des procédures de recrutement dans le secteur public et, d’autre part, dans les formations et financements pilotés par les différentes structures publiques.

Par ailleurs, le Président de la République a demandé au Gouvernement, notamment aux Ministres en charge de l’Urbanisme et des Transports terrestres, de veiller à l’amélioration de l’accessibilité des bâtiments et moyens de transports publics aux personnes en situation de
handicap.

Enfin, dans le but de renforcer l’inclusion sociale et la solidarité nationale, il a invité le Ministre de la Famille et des Solidarités d’organiser, avant la fin de l’année 2025, des concertations nationales sur le renforcement de la protection et du bien-être des personnes en situation de handicap.

Le Chef de l’Etat est revenu sur la problématique de la gestion du patrimoine bâti de ’Etat. L’inventaire, l’entretien et la gestion exemplaire des bâtiments administratifs et des édifices publics restent des piliers d’une gouvernance publique transparente.

Il a demandé au Premier Ministre de proposer, sur la base des missions complémentaires de la Société de Gestion et d’Exploitation du Patrimoine bâti de l’Etat (SOGEPA) et de l’Agence de Construction des Bâtiments et Edifices publics (ACBEP) une politique d’occupation, de réhabilitation et de construction de bâtiments et d’édifices publics. En outre, il a demandé au
Premier Ministre de faire procéder à l’inventaire exhaustif des bâtiments administratifs et terrains affectés à chaque ministère et de signaler l’état des besoins en espaces de bureaux, ainsi que les projets de construction d’édifices inachevés, et de rationaliser au strict minimum les conventions signées pour loger des services publics.

Au titre de son agenda diplomatique, le Président de la République a informé le Conseil qu’il participera du 30 juin au 02 juillet 2025 à Séville, en Espagne, à la 4ème Conférence internationale sur le financement du développement. Il prendra part également le samedi 05 juillet 2025 au 50ème anniversaire de l’Indépendance de Cabo Verde.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :
– le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des
Territoires a fait une communication sur l’aménagement des zones de Mbour 4 et de la
Nouvelle ville de Thiès.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES,
le Conseil a examiné et adopté :
– le Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier l’Accord de coopération militaire et technique entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de la République du Congo, signé le 08 novembre 2018, à Dakar.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES,
le Président de la République a pris les décisions suivantes :
Au titre du Ministère de la Justice :
Monsieur Maguette DIOP, Greffier, matricule de solde n° 622 476/C, titulaire d’une maîtrise en Administration publique, est nommé Président du Comité de gestion de l’Ecole nationale d’Administration pénitentiaire (ENAP), en remplacement de Monsieur Amady Gnagna CISSÉ.

Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique :
Monsieur Oumar Ngalla NDIAYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 722 189/E, précédemment Adjoint au Gouverneur de la région de Dakar chargé des Affaires administratives, est nommé Préfet du Département de Birkelane, région de Kaffrine, poste vacant.

Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation : Madame Mame Penda BA, Professeur agrégé en sciences politiques, est nommée Directeur du Financement des Etablissements d’Enseignement supérieur au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, poste vacant.

Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action sociale :
Monsieur Mouhamadou Abdoulaye SAKHO, titulaire d’un Doctorat en Pharmacie et d’un Diplôme d’Études supérieures spécialisées en Gestion des services de santé, en service à l’hôpital Mame Abdou Aziz Dabakh SY de Tivaouane, est nommé Directeur des Établissements publics de Santé, en remplacement de Monsieur Ousmane DIA.

Madame Mariama CISSOKHO, Économiste, titulaire d’un MBA en Gestion des Services de Santé, précédemment Chef des Services administratifs et financiers au Centre hospitalier régional Ahmadou Sakhir NDIEGUENE de Thiès, est nommée Directeur dudit établissement, en remplacement de Docteur Alioune FAYE.

Monsieur Samba GUEYE, Économiste, Administrateur des Services de santé, matricule de solde n° 607 735/D, précédemment Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, est nommé Directeur du Centre hospitalier national DALAL DIAM, en remplacement
de Monsieur Moussa Sam DAFF.

Monsieur Ibra DIAGNE, Psychiatre, titulaire d’un Doctorat en Médecine, précédemment Responsable des équipes d’Intervention et de Soutien psychosocial au Centre des Opérations d’Urgence sanitaire (COUS), est nommé Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, en remplacement de Monsieur Samba GUEYE, appelé à d’autres fonctions.

 Monsieur Aboubacar TRAORE, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Santé publique, précédemment chirurgien-urologue à l’hôpital de la Paix de Ziguinchor, est nommé Directeur du Centre hospitalier régional Amadou Tidiane BA de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Ousmane SECK.

Monsieur Daouda SECK, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master spécialisé en santé publique, spécialiste en management de projets multicentriques, est nommé Directeur du Centre national de Transfusion sanguine, en remplacement du Professeur Saliou DIOP.

Monsieur ElHadji Mansour DIOP, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en management des Services de santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national Aristide LE DANTEC, en remplacement du Docteur Babacar THIANDOUM.

Monsieur Oumar MBAYE, titulaire d’un Doctorat d’Etat en médecine et d’un Master en Management des structures de santé, est nommé Directeur de l’Hôpital Abdoul Cissé KANE des Agnams, en remplacement du Docteur Abdoulaye SOW.

Monsieur Mahib Badiane, titulaire d’un Doctorat d’Etat en Pharmacie et Économiste de la Santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national El Hadji Malick SY de Tivaouane, en remplacement de Monsieur Babacar SENE.

Au titre du Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public : Monsieur Serigne Mansour FAYE, Ingénieur informaticien, matricule de solde n° 696
783/A, est nommé Directeur des Systèmes d’Informations au Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public, poste vacant.

Au titre du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de
l’Elevage : Monsieur Sanoussy SANE, Expert en économie solidaire et en gouvernance sociale, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Institut national de Pédologie (INP), en remplacement de Monsieur Paul FAYE.

Monsieur Mamadou Boye DIALLO, Juriste financier, matricule de solde
n° 642 620/Z, précédemment Inspecteur des Affaires administratives et financières au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale d’Insertion et de Développement agricole (ANIDA) en remplacement de Monsieur Ousmane NDAO, admis à faire valoir ses droits à une pension
de retraite.

Monsieur Youssoupha BA, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 604 751/G, est nommé Secrétaire général de l’Institut sénégalais de Recherches agricoles (ISRA) , en remplacement de Monsieur Abdou Aziz NGOM, appelé à d’autres fonctions.

 Monsieur Cheikh Tidiane LY, Economiste, matricule de solde n° 709 190/X,
précédemment Inspecteur technique au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Inspecteur des Affaires administratives et financières

au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage en remplacement de Monsieur Mamadou Boye DIALLO, appelé à d’autres fonctions.

Madame Tacko DIAWARA, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 618 718/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Thiès, en remplacement de Monsieur Abiboulaye SIDIBE, admis à faire valoir ses droits à une pension
de retraite.

Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 515 133/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Jean Paul BAMPOKY, appelé à d’autres fonctions.

Madame Malado SEYE, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 606 367/H, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Saint Louis, en remplacement de Madame Tacko DIAWARA, appelée à d’autres fonctions.

Monsieur Abdou Karim CISSE, Ingénieur du Génie rural, matricule de solde n° 619 875/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kolda, en remplacement de Monsieur Hamadou BALDE, admis à faire valoir ses droits à une pension
de retraite.

 Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 699 702/C, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kaolack, Poste vacant.

Madame Mame Fama KEBE, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 734 696/E, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Matam, en remplacement de Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, appelé à d’autres fonctions.

Monsieur Samba GAYE, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 663 623/D, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, appelé à d’autres fonctions.

Madame Mame Fatou DIOP, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 666 599/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Fatick, en remplacement de Monsieur Abdoulaye CAMARA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 664 014/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Saint Louis, en remplacement de Monsieur Evariste Jean Christoph Togut BASSENE, appelé à d’autres
fonctions.

Monsieur El Hadji SOW, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 689 589/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, appelé à d’autres fonctions.

Monsieur Thierno FALL, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 751 123/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Kédougou, en remplacement de Monsieur El Hadji SOW, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire :
Monsieur Abdou DIAW, Expert en Finance Islamique, précédemment Coordonnateur national du Programme de Développement de la Microfinance islamique, est nommé Administrateur général du Fonds de Développement de la Microfinance islamique (FDMI).

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique,
Porte-parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE

Litige avec Carlyle : Air Sénégal contre-attaque et fustige la posture « illégale » de l’IATA

Air Sénégal élève la voix face à ce qu’elle désigne comme une déviation inacceptable de l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA). Ce contexte souligne un différend persistant avec le bailleur Carlyle Aviation, qui a finalement entraîné l’implication de l’IATA dans des proportions que la compagnie sénégalaise considère comme injustes et juridiquement infondées.

Dans une réponse communiquée à la presse, la direction d’Air Sénégal a vivement critiqué ce qu’elle voit comme une rétention intentionnelle et abusive de ses fonds par l’IATA, via le système BSP (Billing and Settlement Plan). Selon la compagnie, cette action revient à une saisie de ses ressources financières, en flagrante contradiction avec le droit communautaire africain, notamment les lois de l’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires).

À cet effet, Air Sénégal se réfère à plusieurs articles de l’Acte uniforme sur l’organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution (AUPSRVE), en particulier les articles 57, 74, 156, 161 et 167. Ces dispositions encadrent strictement les conditions d’application de mesures conservatoires ou d’exécution. La compagnie soutient qu’en tant qu’organisation internationale, l’IATA ne peut ignorer ces règles ni agir en dehors de tout cadre judiciaire ou décision de justice appropriée.

La direction d’Air Sénégal déplore également le rôle qu’elle considère biaisé de l’IATA dans cette situation. Elle souligne que l’organisation, censée être un intermédiaire neutre dans les transactions entre compagnies aériennes et agences de voyages, s’est impliquée de manière proactive et discutable dans un différend essentiellement commercial. Cette attitude, selon elle, remet en cause la neutralité et la crédibilité de l’IATA dans ses fonctions.

La compagnie sénégalaise affirme sa détermination à faire valoir ses droits par toutes les voies légales, réclamant la libération immédiate de ses fonds injustement bloqués. Elle estime que cette situation nuit gravement à ses opérations et compromet sa stabilité financière dans un contexte déjà difficile pour le secteur aérien africain.

Ce bras de fer entre Air Sénégal et l’IATA, sur fond de désaccord avec Carlyle Aviation, pourrait créer un précédent juridique. Il soulève la question de l’équilibre des pouvoirs dans l’industrie aérienne mondiale et éclaire les vulnérabilités auxquelles se heurtent les compagnies africaines face aux grandes institutions internationales. Par cette riposte, Air Sénégal entend défendre sa souveraineté économique et la légitimité de ses droits dans une bataille qui pourrait avoir des conséquences au-delà de ses frontières.

Soutien syndical : l’UDEN se range aux côtés du SAES et des travailleurs de la Justice en grève

Dans un climat social tendu, marqué par des grèves dans divers secteurs clés, l’Union démocratique des enseignantes et enseignants du Sénégal (UDEN) exprime sa solidarité totale avec les travailleurs en mouvement. Par le biais d’un communiqué, son Bureau exécutif a affirmé son soutien « entier, inébranlable et fraternel » au Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES), ainsi qu’aux personnels de la Justice regroupés au sein du SYTJUST et de l’UNTJ.

L’UDEN souligne que le droit de grève est un acquis démocratique garanti par la Constitution, et que, par conséquent, « aucun accord de stabilité ne peut suspendre ou supprimer ce droit fondamental des travailleurs ». Cette déclaration semble directement répondre aux remarques récentes du ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, qui avait comparé les grèves à une forme de « chantage », ce qui a provoqué l’indignation de plusieurs groupes syndicaux.

Dans ce contexte, l’UDEN appelle à une mobilisation générale du mouvement syndical, en faveur de l’unité, de la dignité et de la justice. Elle encourage tous les syndicats à s’unir pour défendre leurs droits, tout en soulignant l’importance de maintenir une stratégie d’action cohérente et solidaire.

La prise de position claire de l’UDEN vient renforcer le front syndical à un moment où les revendications sociales se multiplient, soulevant la question du dialogue social et de la capacité du gouvernement à répondre efficacement et calmement aux attentes des travailleurs.

Plainte de El Malick Ndiaye contre le journaliste Bachir Fofana : Alioune Tine plaide pour le dialogue et la transparence

La récente plainte déposée par El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale du Sénégal, contre le journaliste Bachir Fofana a suscité une vive réaction dans le paysage politique et médiatique national. L’affaire, qui repose sur des accusations de « diffusion de fausses nouvelles et diffamation », a conduit le chroniqueur de la Sentv à être convoqué ce mercredi par la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Une démarche qui ne laisse pas indifférent.

Parmi les premières voix à s’élever contre cette judiciarisation, celle d’Alioune Tine, fondateur du think tank Afrikajom Center et figure de proue du combat pour les droits humains en Afrique de l’Ouest. Dans une déclaration postée sur le réseau social X (anciennement Twitter), l’ancien responsable de la Raddho et d’Amnesty International section Afrique de l’Ouest a exprimé de sérieuses réserves quant à la voie choisie par le président de l’Assemblée nationale.

« Dans le contexte actuel de transition politique au Sénégal, marqué par une dynamique démocratique renouvelée et une opinion publique plus exigeante, la judiciarisation du débat politique n’est pas souhaitable », a déclaré Alioune Tine. Il invite ainsi à plus de retenue et de responsabilité de la part des détenteurs du pouvoir, dans un environnement où la liberté de la presse et le débat public sont devenus plus ouverts et critiques.

Pour Alioune Tine, une réponse politique et institutionnelle aurait été plus adaptée. « Le président de l’Assemblée nationale aurait pu mobiliser ses conseillers juridiques pour faire un démenti, en donnant toutes les informations utiles susceptibles d’édifier l’opinion sur la transparence de sa gestion et, à la limite, accompagnée d’une mise en garde ferme. Ça suffit largement », a-t-il suggéré.

Cette affaire remet sur la table la question de la protection des journalistes face aux menaces judiciaires, dans un pays où la presse joue un rôle déterminant dans la régulation démocratique. Elle alimente aussi les débats autour de l’utilisation de la justice dans des conflits d’opinion, au moment où le Sénégal s’engage dans une nouvelle ère institutionnelle sous la gouvernance de Bassirou Diomaye Faye.

En toile de fond, les accusations de Bachir Fofana portaient sur un marché public de véhicules que l’Assemblée nationale aurait attribué à Cheikh Guèye, un acteur impliqué dans une autre affaire sensible. Un sujet brûlant qui aurait mérité, selon plusieurs observateurs, une réponse factuelle et transparente plutôt qu’un recours à la justice pénale.

DSC : Le chroniqueur Bachir Fofana placé en garde à vue suite à une plainte du président de l’Assemblée nationale

Le chroniqueur Bachir Fofana a été placé en garde à vue ce lundi à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), après y avoir été entendu dans la matinée. Cette mesure fait suite à une plainte déposée par le président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, par le biais de son avocat, Me Bamba Cissé.

L’affaire a été rendue publique par Bachir Fofana lui-même, qui avait informé ses abonnés sur Facebook de sa convocation, citant le journal Libération comme première source de l’information. Selon les premiers éléments, la plainte viserait des propos tenus ou publiés par le chroniqueur sur les réseaux sociaux, que la partie plaignante considère comme diffamatoires ou attentatoires à l’honneur de l’institution parlementaire et de son président.

Pour l’heure, les motifs exacts de la garde à vue n’ont pas été officiellement précisés par les autorités, mais les faits reprochés à Bachir Fofana s’inscriraient dans le cadre de la loi sur la cybercriminalité, souvent invoquée dans des affaires impliquant des publications sur les réseaux sociaux.

La garde à vue intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des poursuites contre des activistes, blogueurs ou chroniqueurs très suivis sur les plateformes numériques. Une tendance qui relance le débat sur la liberté d’expression et l’usage du droit pénal pour encadrer la critique publique, notamment envers des personnalités politiques.

Les soutiens du chroniqueur dénoncent déjà une tentative d’intimidation, alors que d’autres appellent à respecter la procédure judiciaire pour faire la lumière sur cette affaire.

Ousmane Sonko frappe fort à Davos : « Nous avons hérité d’une dette proche de 100% et d’un déficit à 14%. Ce n’est pas une erreur, c’était délibéré. »

En marge du Forum d’été de Davos organisé cette année en Chine, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a marqué les esprits par une déclaration percutante sur la situation économique du Sénégal. Devant un parterre de dirigeants politiques, d’investisseurs et d’experts économiques internationaux, il a tiré à boulets rouges sur la gestion du régime précédent, qu’il accuse d’avoir volontairement plombé les finances publiques.

« Nous avons hérité d’une dette proche de 100% du PIB et d’un déficit budgétaire de 14%. Ce n’est pas une erreur, c’était délibéré », a affirmé Ousmane Sonko, se basant sur les résultats d’un audit financier commandité par le président Bassirou Diomaye Faye.

Selon Sonko, les conclusions de l’audit mené peu après l’alternance de mars 2024 révèlent une « gestion budgétaire irresponsable » sous le régime de Macky Sall. Le niveau d’endettement aurait frôlé les 100% du produit intérieur brut, bien au-delà des seuils de viabilité recommandés par les institutions financières internationales. Le déficit budgétaire, quant à lui, atteindrait un niveau record de 14%, compromettant sérieusement les marges de manœuvre de l’État.

Des chiffres qui, selon le Premier ministre, ne relèvent pas de simples erreurs de gestion : « Il s’agit d’un choix politique assumé, fait en toute conscience, dont les conséquences pèsent lourdement sur le peuple sénégalais. »

Malgré cette conjoncture difficile, Sonko a écarté toute politique d’austérité, assurant que l’équipe gouvernementale mise sur un plan de redressement basé sur la justice, la transparence et l’attractivité économique. « Nous n’imposerons pas de sacrifices injustes aux populations. L’heure est à la vérité, à la responsabilité et à la mobilisation des ressources internes. »

Il a également souligné la nécessité de rétablir la confiance des investisseurs en montrant que le Sénégal est désormais dirigé avec rigueur et équité. « Nous sommes venus à Davos non pas pour quémander, mais pour proposer une vision claire, souveraine et ambitieuse du développement de notre pays. »

Ousmane Sonko n’a pas éludé la question de la reddition des comptes. « Ceux qui ont pris des décisions aux conséquences dramatiques pour les finances publiques devront répondre. Il ne s’agit pas de vengeance, mais de justice. »

Cette déclaration fait écho à l’engagement pris par le tandem Diomaye-Sonko pendant la campagne électorale : faire la lumière sur la gouvernance passée et lutter contre l’impunité.

En s’exprimant à Davos, dans ce haut lieu du capitalisme mondial, Ousmane Sonko a voulu envoyer un message clair : le Sénégal change de cap, mais reste ouvert au monde. Il entend nouer des partenariats équilibrés, respectueux de la souveraineté du pays, tout en appelant les investisseurs à « venir participer à un projet de transformation structurelle et durable ».

Le passage de Sonko à Davos marque un tournant dans la diplomatie économique du Sénégal. Entre dénonciation des dérives passées, refus de l’austérité et appel à la coopération internationale, le Premier ministre affiche une volonté de rupture tout en gardant le cap sur la stabilité. Reste à savoir comment les marchés et les partenaires internationaux réagiront à ce discours sans concession.

Réformes budgétaires et finances publiques : Le Sénégal reçoit un financement de 65 milliards FCFA de la Banque mondiale

Le Sénégal vient de recevoir un soutien financier significatif pour améliorer la transparence de son budget et la gestion de ses finances publiques. Ce mardi, la Banque mondiale a annoncé l’octroi d’un prêt concessionnel d’une valeur de 115 millions de dollars, soit environ 65 milliards de francs CFA, via l’Association internationale de développement (IDA).

Ce financement s’inscrit dans le programme SEN-FINTRAC (Programme pour la transparence dans la gestion des finances publiques et l’assainissement des finances publiques), qui couvre les années 2025 à 2029. Il soutient également le programme national ambitieux de réformes RESET, une initiative stratégique du gouvernement sénégalais centrée sur trois piliers : stabilisation économique, transformation structurelle, et transparence dans la gestion publique.

Le soutien de la Banque mondiale se concentre sur trois axes principaux de réformes. Premièrement, la gestion des finances publiques vise à moderniser les systèmes de suivi des dépenses publiques et à renforcer les outils numériques, notamment à travers l’intégration de systèmes électroniques pour les procédures de marchés publics. Ce pilier cherche à accroître l’efficacité des dépenses publiques tout en améliorant leur traçabilité.

Le deuxième axe concerne la viabilité de la dette publique. Il est prévu d’implanter un système intégré pour l’enregistrement et le suivi de la dette, ainsi que de consolider les fonctions de gestion de la dette au sein d’une seule entité. Cette réforme vise à obtenir plus de transparence et un meilleur contrôle de l’endettement du pays.

Enfin, le troisième axe de la réforme est axé sur la mobilisation des ressources intérieures. Le gouvernement sénégalais, avec le soutien de la Banque mondiale, entend moderniser l’administration fiscale et douanière. Cela inclut notamment l’introduction de la facturation électronique pour les contribuables soumis à la TVA et la mise en œuvre d’une gestion axée sur la performance pour les opérations douanières.

Tous ces efforts seront soutenus par un vaste programme de transformation numérique, considéré comme essentiel pour le suivi en temps réel des finances de l’État et pour renforcer la gouvernance publique.

Parmi les 115 millions de dollars annoncés, 105 millions (approximativement 59,3 milliards FCFA) sont étroitement liés aux résultats attendus des réformes, tandis que les 10 millions restants (environ 5,7 milliards FCFA) sont destinés à l’assistance technique, à la gestion du changement, à la transformation numérique ainsi qu’au renforcement des capacités des institutions publiques concernées.

Ce financement marque une étape cruciale dans la stratégie de modernisation budgétaire du Sénégal. Il devrait permettre au pays de mieux contrôler son endettement, d’élargir sa base fiscale et de construire une administration publique plus efficace, plus responsable et plus transparente.

Insuffisance de fonds : le CORED suspend ses activités jusqu’à …

Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED) a annoncé qu’il devait temporairement fermer ses bureaux situés à la Maison de la Presse Babacar Touré à Dakar. Cette décision, considérée avec regret par ses dirigeants, est le résultat d’une situation financière délicate qui empêche l’organisme de régulation des médias de couvrir ses frais de fonctionnement.

Dans un communiqué envoyé aux médias, le CORED indique que sa direction n’a eu d’autre choix que d’interrompre ses activités administratives, en raison de ressources insuffisantes. « Le Bureau du CORED a dû se résoudre à cette décision regrettable car il n’arrive plus à faire face à ses dépenses de fonctionnement », est-il précisé dans le document officiel.

Cette fermeture intervient dans un contexte où quatorze mois de salaires restent impayés pour le personnel permanent, qui a néanmoins continué à assurer le bon fonctionnement de l’institution malgré les défis. Le CORED précise que ses efforts pour mobiliser des ressources supplémentaires ont échoué, et il n’a par ailleurs pas reçu de budget pour les années 2024 et 2025.

L’institution rappelle aux autorités que le Code de la presse, notamment aux articles 46 et 53, prévoit une subvention annuelle issue du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP), dédiée spécifiquement au fonctionnement de cet organisme de régulation. Cependant, selon le CORED, ces dispositions n’ont pas été respectées, ce qui a contribué à sa crise financière actuelle.

Malgré cette fermeture, le Conseil tient à préciser que ses autres structures — le Bureau, le Directoire et le Tribunal des pairs — continueront leurs activités en s’appuyant sur le bénévolat, comme c’est déjà le cas depuis plusieurs années. Toutefois, l’arrêt du secrétariat permanent risque de ralentir, voire d’entraver certaines de ses missions de régulation, de médiation et de veille déontologique, dans un contexte où la régulation éthique des médias est d’une importance cruciale.

Cette situation met en lumière les défis structurels auxquels font face les mécanismes d’autorégulation des médias au Sénégal, souvent dépendants de financements publics aléatoires, alors même qu’ils réalisent une mission d’intérêt général. Le CORED appelle les pouvoirs publics à une réaction urgente pour rétablir sa capacité à fonctionner et poursuivre sereinement sa mission de gardien de l’éthique et de la déontologie journalistique.

Corruption présumée : Ismaïla Madior Fall entendu sur le fond devant la Haute Cour de justice ce mercredi

L’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, est entendu ce mercredi par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice dans le cadre d’une enquête pour corruption présumée qui touche l’ancien gouvernement. Cette audition très attendue, sauf changement de dernière minute, se tiendra au troisième étage du palais de justice de Dakar et pourrait être déterminante pour la suite de cette affaire.

Accusé dans une affaire impliquant un montant de 50 millions de francs CFA, l’ancien Garde des Sceaux du gouvernement de Macky Sall a été placé sous bracelet électronique après un premier interrogatoire. Cette fois, il sera confronté à ses coaccusés : l’homme d’affaires Cheikh Gueye et l’ex-directeur des constructions publiques du ministère de la Justice, Mouhamed Anas El Bachir Wane. Tous deux, également inculpés, ont été libérés sous contrôle judiciaire, équipés eux aussi de bracelets électroniques.

La confrontation de ce mercredi pourrait être un tournant crucial dans cette affaire délicate. Entre dénégations fermes, déclarations contradictoires et éléments de preuve attendus, l’audition pourrait clarifier de nombreux points obscurs. Selon des sources proches du dossier, certaines révélations pourraient bousculer les versions avancées jusqu’à présent par les différentes parties.

Les accusations portées contre l’ancien ministre sont graves : corruption, détournement de fonds publics, association de malfaiteurs, tentative d’extorsion de fonds, concussion, prise illégale d’intérêts, escroquerie, blanchiment d’argent et complicité de ces infractions. Cet ensemble d’accusations, lié à une opération foncière controversée, ravive les critiques sur la gestion du foncier et des contrats publics sous le précédent régime.

Le cas d’Ismaïla Madior Fall, figure marquante du gouvernement sortant et ancien conseiller juridique à la présidence, illustre fortement la volonté du nouveau pouvoir de nettoyer la gestion publique. Son audition devant la Haute Cour de justice, compétente pour juger les anciens ministres, est perçue comme une épreuve de l’indépendance et de la rigueur de la justice dans les affaires de crimes économiques.

Alors que le public suit de près cette affaire, la journée de ce mercredi pourrait apporter un éclairage crucial sur une série de pratiques dénoncées depuis longtemps, mais rarement poursuivies à ce niveau de responsabilité.

Inondations : le ministre Jean-Baptiste Tine plaide pour une réponse harmonisée à tous les niveaux

Alors que la saison des pluies prend lentement place, le gouvernement sénégalais veut agir avec anticipation face aux risques d’inondations. En visite ce mardi 24 juin 2025 à Tambacounda, à l’est du pays, le ministre de l’Intérieur, Jean-Baptiste Tine, a dirigé une rencontre spéciale du Comité régional de développement (CRD) dédiée uniquement à cette question. Cet échange, étendu aux préfets, maires, experts techniques et services de secours, a permis de revisiter les mesures actuelles et de réfléchir à des adaptations pour optimiser la prévention et la réponse.

Face aux médias locaux, le ministre a tenu à clarifier la nature imprévisible de ces événements, insistant sur le fait qu’ils sont inévitables : « Les inondations et les crues ne sont la faute de personne, ce sont des événements naturels ». Il a souligné que, malgré les récurrentes pluies abondantes, le Sénégal a été relativement épargné par rapport à d’autres nations qui ont subi de lourdes pertes humaines. « Vous avez pu noter que, par exemple, l’an passé, dans certains pays d’Afrique, voire d’Asie, de nombreux décès et blessés ont été déplorés à cause de ces catastrophes naturelles. Heureusement, ici au Sénégal, nous n’avons pas eu à déplorer de telles pertes », a-t-il ajouté.

Cependant, le ministre a rappelé qu’il faut rester vigilant. Pour lui, la réussite de la réponse repose avant tout sur une coordination efficace à tous les niveaux : régional, départemental et communal. « Nous avons demandé à nos autorités administratives de se préparer à cette réponse, en mettant en place un comité de veille et de suivi au niveau régional, départemental et local pour détecter les signes d’alerte », a détaillé le Général Tine.

Ce réseau sur le terrain vise à prévoir les risques et à permettre une intervention rapide des centres de commandement régionaux en cas d’alerte. Cette méthode intégrée s’appuie sur la décentralisation des actions publiques, tout en tenant compte des spécificités de chaque région.

Avec cette réunion stratégique, le gouvernement cherche à promouvoir une culture de prévention et une gestion efficace des catastrophes naturelles, dans une démarche de résilience collective. L’objectif est clair : éviter que les inondations ne deviennent, une fois de plus, un fléau pour les communautés, surtout dans les zones les plus vulnérables.

Affaire des véhicules de l’Assemblée nationale : Bachir Fofana convoqué par la Division spéciale de cybersécurité ce mercredi

Le dossier controversé sur l’achat de véhicules par l’Assemblée nationale continue de susciter beaucoup de réactions et est désormais à l’origine d’une action légale. Ce mercredi matin, le journaliste et chroniqueur Bachir Fofana a révélé avoir reçu une convocation de la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Sur sa page Facebook, il a précisé qu’il devait se présenter à 10 heures au siège de la DSC concernant « une affaire le concernant ».

Cette convocation survient dans un contexte où la polémique autour de l’attribution d’un marché public lié à l’achat de véhicules par l’Assemblée nationale ne cesse de prendre de l’ampleur. D’après le journal Libération, cette démarche légale aurait été initiée par le président de la chambre parlementaire, El Malick Ndiaye, qui aurait déposé une plainte contre le journaliste pour « propagation de fausses informations et diffamation ».

La plainte a été formulée par Me Bamba Cissé, avocat représentant le président de l’Assemblée. À l’origine de cette démarche, plusieurs déclarations récentes de Bachir Fofana, notamment lors de ses apparitions dans l’émission La Réplica sur Sentv. Il aurait affirmé que la direction de l’Assemblée avait attribué un contrat pour des véhicules à Cheikh Guèye, un nom également cité dans l’affaire du Tribunal de Pikine-Guédiawaye, aux côtés de l’ancien ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall.

Ces propos considérés comme graves et sans fondement par les plaignants ont mené à cette action qui, selon certaines sources, viserait à « redorer le blason de l’Assemblée nationale face à une campagne de discrédit organisée ».

Ce développement ne passera pas inaperçu chez les défenseurs de la liberté de la presse. Déjà, plusieurs voix s’expriment sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce qu’ils voient comme une tentative d’intimidation envers un journaliste d’investigation. D’autres plaident pour laisser la justice agir tout en soulignant l’importance de vérifier les informations avant toute déclaration publique.

Dans tous les cas, cette affaire remet sur la table les relations souvent tendues entre les institutions publiques et certains journalistes, dans un contexte où la demande de transparence est de plus en plus renforcée. Il reste à voir si cette convocation conduira à des actions légales ou si elle ne sera qu’une étape dans un dossier en évolution.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°495 – 25/06/2025

🔴 DEMANDE D’OUVERTURE D’UNE ENQUÊTE PARLEMENTAIRE PAR PAPE DJIBRIL FALL : « ASER-GATE » – DES TÉNÈBRES À LA LUMIÈRE ?
🔴 « ZONES D’OMBRE » DANS LES RAPPORTS TRIMESTRIELS D’EXÉCUTION BUDGÉTAIRE : PAPE MALICK NDOUR TIQUE

🔴 CANDIDATURE À LA PRÉSIDENCE DE LA FSF : ALIOU GOLOKO MISE SUR PLUS DE 30 ANS D’EXPÉRIENCE
🔴 LUTTE / « LE CNG VOULAIT MA DÉFAITE » : ZARCO RÈGLE SES COMPTES

DEMANDE D’OUVERTURE D’UNE ENQUÊTE PARLEMENTAIRE PAR PAPE DJIBRIL FALL : « ASER-GATE » – des ténèbres à la lumière ?

Le député non-inscrit Papa Djibril Fall a saisi officiellement le Président de l’Assemblée nationale du Sénégal, ce mardi 24 juin 2025, pour exiger l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur le marché d’électrification rurale attribué à la société AEE POWER par l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER). Dans une lettre argumentée et estampillée du sceau du Parlement, le parlementaire invoque les articles 85 alinéa 4 de la Constitution et 48 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour appuyer sa requête.

Dans ce document transmis au bureau de l’Assemblée et dûment enregistré, Papa Djibril Fall justifie sa demande par la gravité des soupçons qui entourent l’attribution de ce marché, devenu en quelques mois un véritable feuilleton politico-économique. Il évoque de « vives polémiques », des « interrogations persistantes », des « accusations et contre-accusations » qui, selon lui, justifient une réponse institutionnelle forte de la part de la représentation nationale.
« Cette commission d’enquête a pour objet de mettre toute la lumière sur ce marché », écrit-il, soulignant la nécessité pour le Parlement de s’emparer de ce dossier hautement sensible, où s’entremêlent enjeux de transparence, d’éthique, de bonne gouvernance et d’intérêt public.
À travers cette initiative, le député vise à recueillir l’ensemble des éléments d’information nécessaires à la compréhension du processus ayant conduit à l’attribution du marché à AEE POWER, et à produire un rapport détaillé, impartial, et affranchi de toute forme de complaisance. Une volonté clairement affichée de lever le voile sur ce que certains appellent déjà « l’ASER-Gate », en référence aux pratiques opaques dénoncées autour du dossier.
Ce geste de Papa Djibril Fall intervient dans un contexte où les attentes citoyennes en matière de reddition de comptes sont particulièrement élevées. Le marché d’électrification en question, qui devait incarner une avancée majeure pour les zones rurales du pays, est désormais perçu par une partie de l’opinion comme un symbole d’opacité dans la gestion des marchés publics.
Le président de l’Assemblée nationale est désormais interpellé pour donner suite à cette demande qui, si elle est acceptée, pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère de responsabilité parlementaire. L’éclairage tant attendu sur ce dossier pourrait bien commencer dans l’hémicycle, sous l’impulsion d’un député déterminé à sortir les pratiques douteuses de l’ombre. Reste à savoir si cette initiative trouvera un écho favorable auprès des autres groupes parlementaires.


Dette publique et budget 2025 : Dr Babo Amadou Ba expose les vrais enjeux et la stratégie de l’État

Alors que le débat autour de la dette publique et du déficit budgétaire alimente les discussions dans les cercles politiques, économiques et citoyens, Dr Babo Amadou Ba, Directeur général du Fonds de Financement des Projets et Programmes Transversaux (3FPT) et spécialiste en finance de marché, a décidé de sortir du silence. Dans une analyse fouillée, il a apporté des clarifications essentielles sur les choix budgétaires du gouvernement pour l’année 2025, tout en inscrivant ces décisions dans le cadre communautaire de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) et dans une perspective de réforme structurelle.

Selon Dr Ba, les décisions actuelles du gouvernement sénégalais s’appuient sur deux textes fondamentaux adoptés en 2009 par l’UEMOA. Il s’agit d’abord de la Directive N°1/2009/CM/UEMOA, qui oblige les États membres à publier dans les trois mois suivant le début d’un mandat présidentiel toutes les informations relatives aux finances publiques, avec un accent particulier sur la dette et les déficits. Ensuite, la Directive N°06/2009/CM/UEMOA, qui a amorcé une réforme des lois organiques pour introduire une nouvelle culture de gestion publique. Cette réforme a fait basculer les États de la logique de moyens à une logique de résultats, mettant au cœur de l’action publique la performance. L’une des innovations majeures de cette directive est la déconcentration de l’ordonnancement. Jusque-là, seul le ministre chargé des Finances ordonnait les dépenses de l’État. Désormais, les ministres sectoriels, les présidents d’institutions et les directeurs généraux disposent de ce pouvoir, rendant chaque entité responsable de son budget.

S’agissant du budget 2025, Dr Ba a révélé que les autorités ont constaté un déficit budgétaire de 1 600 milliards de FCFA. Ce déficit représente l’écart entre les recettes mobilisées et les dépenses prévues. À cela s’ajoute un service de la dette particulièrement lourd, estimé à 2 973 milliards FCFA, dont 932 milliards pour les seuls intérêts et commissions. En tout, le besoin de financement pour l’exercice 2025 s’élève à 4 573 milliards de FCFA. Dr Ba précise que sur ce montant, 2 973 milliards correspondent à des engagements contractés sous le régime précédent. Il rappelle également que dans les règles actuelles de comptabilité publique, l’amortissement de la dette, c’est-à-dire le remboursement du principal, n’apparaît plus comme une dépense budgétaire classique, mais est classé parmi les opérations de trésorerie. Ce changement explique pourquoi l’amortissement disparaît du cadre budgétaire proprement dit, bien qu’il reste une obligation financière réelle.

L’un des volets les plus sensibles abordés par Dr Ba concerne les risques liés à l’endettement du Sénégal. Il identifie quatre menaces majeures. D’abord, le risque de change, qui survient lorsque l’endettement est libellé dans des monnaies étrangères comme le dollar ou l’euro, et que les fluctuations de ces devises aggravent mécaniquement le montant de la dette. Ensuite, le risque de taux d’intérêt, car une hausse des taux sur les marchés internationaux rend le remboursement plus coûteux. Le troisième danger est celui du refinancement, c’est-à-dire la nécessité d’emprunter à nouveau pour rembourser d’anciennes dettes, ce qui crée un effet boule de neige. Enfin, il mentionne le risque de liquidité, lorsque les marchés se ferment ou deviennent trop coûteux.

Pour faire face à ces risques, le gouvernement a choisi de changer d’approche en se tournant davantage vers le marché domestique. Cette réorientation se traduit par la mise en place d’instruments innovants comme les « patriotes bonds » et les « diaspora bonds ». Ces outils de financement visent à mobiliser les ressources des Sénégalais résidant au pays et à l’étranger, tout en réduisant la dépendance excessive aux bailleurs extérieurs. Ce virage stratégique s’inscrit dans le cadre de la Stratégie Nationale de Développement Durable (SN2D), qui fixe un objectif de rééquilibrage de la structure de la dette à l’horizon 2027. Ainsi, le Sénégal ambitionne d’atteindre une composition de la dette à 59 % de financements domestiques et 41 % de dettes extérieures, contre une situation actuelle dominée à 74 % par l’endettement extérieur.

Dr Babo Amadou Ba insiste sur le fait que les critiques adressées au budget 2025 doivent être contextualisées et dépassionnées. Il soutient que le régime actuel n’a fait que constater l’ampleur des engagements hérités, tout en posant les jalons d’une gestion plus responsable, plus transparente et plus adaptée aux enjeux économiques nationaux et sous-régionaux. À ses yeux, les débats sur le budget devraient porter sur la manière dont l’État sénégalais entend mettre en œuvre les réformes promises dans le sens d’une budgétisation plus performante et tournée vers les résultats.

Au final, l’analyse du Dr Babo Amadou Ba vient remettre en perspective la situation financière du Sénégal, en rappelant que les défis actuels, bien que réels, ne sont pas insurmontables. Ils appellent, selon lui, à des réponses structurées, fondées sur une bonne compréhension des mécanismes financiers, une rigueur accrue dans l’exécution budgétaire et une vision claire de la souveraineté économique.

Crise sociale : L’UNSAS recadre le ministre Olivier Boucal et exige la reprise immédiate du dialogue avec les syndicats de la justice

Face à la grève persistante des travailleurs de la justice, menée par le SYTJUST et l’UNTJ, l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (UNSAS) a vivement réagi aux propos du ministre de la Fonction publique et de la Réforme du service public, Olivier Boucal. Dans un communiqué transmis à la presse, l’organisation syndicale fustige la posture du ministre, qu’elle juge inappropriée et contraire à l’esprit de concertation sociale.

Le ministre Boucal avait récemment qualifié le mouvement de grève de « chantage », évoquant une « négation du pacte de stabilité sociale » entre les syndicats et l’État. Une sortie qui a provoqué l’indignation de l’UNSAS, laquelle rappelle fermement que « le pacte ne saurait en aucun cas primer sur un droit constitutionnel fondamental : le droit de grève. »

Selon le secrétariat exécutif de l’UNSAS, les travailleurs de la justice sont en droit d’engager une action de lutte dès lors qu’ils ne reçoivent pas de réponses satisfaisantes de la part des autorités compétentes. L’organisation appelle donc le ministre Boucal à « prendre les dispositions nécessaires pour renouer, sans délai, un dialogue sincère et constructif avec les syndicats concernés. »

La centrale syndicale s’est également exprimée sur la situation des enseignants-chercheurs. Elle exhorte le gouvernement à appliquer sans tarder le décret n° 2020-398 du 23 septembre 2020, qui institue une allocation spéciale de retraite pour les enseignants-chercheurs et chercheurs titulaires des universités. Elle réclame en outre le versement de la pension de réversion aux ayants droit — veuves et orphelins — des enseignants décédés.

Autre sujet de préoccupation majeur pour l’UNSAS : le sort du groupe La Poste, confronté à de graves difficultés structurelles. La centrale syndicale dénonce le retard pris dans la restructuration promise par les autorités, qualifiant la situation de « désarroi total » pour les travailleurs. Elle presse le gouvernement d’accélérer, avec diligence, le processus de redressement.

Dans un climat social déjà tendu, l’UNSAS avertit qu’elle se réserve le droit d’engager toute action qu’elle jugera utile si le gouvernement persiste dans ce qu’elle qualifie « d’immobilisme ». Elle en appelle à une gouvernance plus responsable, respectueuse des droits syndicaux et attentive aux urgences sociales.

Rapports d’exécution budgétaire : Pr Amath Ndiaye évoque un surendettement imminent

À l’occasion de la publication des rapports d’exécution budgétaire du quatrième trimestre 2024 et du premier trimestre 2025, le Pr Amath Ndiaye, économiste à la FASEG de l’UCAD, propose une analyse alarmante des finances publiques sénégalaises. Le Sénégal entame l’année 2025 avec des finances sous forte pression. Bien que les recettes fiscales affichent de bonnes performances, la situation est marquée par un déficit élevé, une exécution insuffisante des investissements et une dépendance croissante à un financement externe coûteux. « Le retour à l’équilibre budgétaire ne peut plus être différé : le redressement est devenu une urgence nationale, pour préserver la stabilité macroéconomique, soutenir l’emploi et maintenir le cap vers la Vision 2050 », avertit l’économiste.

Recettes : bon démarrage interne, blocage externe

Les recettes totales mobilisées au premier trimestre 2025 s’élèvent à 1 027,82 milliards FCFA, soit 21,44 % des prévisions annuelles, en hausse de 9,7 % par rapport au T1 2024 (937,07 milliards).

– Recettes fiscales : 960,26 milliards FCFA, en progression de 11,6 % par rapport à 860,38 milliards en 2024, avec un taux d’exécution trimestriel de 94,4 %.
– Recettes non fiscales : 59,56 milliards FCFA, en hausse de 24,4 % (47,88 milliards en T1 2024), avec un taux d’exécution de 137 %.

Les recettes internes atteignent 96,15 % de l’objectif trimestriel, démontrant une mobilisation efficace. Cependant, les ressources extérieures sont quasi inexistantes : « Les dons budgétaires au T1 2025 : 0 FCFA exécuté sur 45 milliards prévus. Dons en capital : 8 milliards FCFA réalisés sur 200 milliards prévus (soit seulement 4 %). » Au total, seuls 3,27 % des ressources extérieures attendues ont été mobilisées, limitant les financements d’investissement.

Dépenses : exécution maîtrisée mais déséquilibrée

Les dépenses totales exécutées au T1 2025 s’élèvent à 1 419,45 billions FCFA, soit 22,14 % des crédits annuels ouverts.

  – Dépenses ordinaires : 1 130,89 milliards FCFA (26,01 % des dotations), dont :

  – Charges de la dette : 225,24 milliards FCFA, en hausse de 24 % par rapport à 181,63 milliards en T1 2024 (+43,61 milliards).

  – Dépenses de personnel : 357,07 billions FCFA, en légère hausse de 1 % (353,67 milliards en T1 2024).

  – Transferts courants : 463,93 milliards FCFA, en progression de 15,2 % (402,52 milliards en T1 2024), dopés par les subventions à l’énergie (169 milliards) et à l’enseignement supérieur.

 – Dépenses en capital : 288,57 milliards FCFA, en baisse de 42,2 milliards FCFA par rapport à 330,75 milliards en T1 2024.

 – Investissements sur ressources internes : Un maigre 2,64 milliards FCFA réalisés sur 308,25 milliards, soit un taux de 0,86 %, soulignant un frein majeur.

Vers une trajectoire budgétaire difficilement tenable

Le déficit budgétaire de 2024 s’est établi à 2 500,95 milliards FCFA, soit environ 12,6 % du PIB, dépassant la prévision initiale de 11,1 %. Pour 2025, le déficit reste au-dessus de la norme communautaire de l’UEMOA. « L’objectif de réduction à 3 % du PIB en 2027 fixé par l’UEMOA semble difficilement atteignable, même avec des coupes drastiques dans les dépenses publiques », note Pr Ndiaye. Les charges d’intérêt, en hausse de 24 %, et le retour aux marchés internationaux à des taux de 10 à 12 % rendent la dette insoutenable, contrairement aux taux régionaux UEMOA de 6-7 %.

Recommandations stratégique

Le Pr Ndiaye propose des mesures urgentes : « Le gouvernement doit accélérer les décaissements pour les projets d’investissement structurant, renforcer les négociations avec le FMI, et mettre en œuvre un plan de redressement budgétaire, avec ou sans le FMI. » Ce plan doit :

– « Réduire les subventions inefficaces, »

– « Maîtriser les dépenses de fonctionnement, »

– « Réorienter les investissements vers les secteurs à fort rendement économique, »

– « Protéger les plus pauvres. »

« Les données arrêtées au 31 mars 2025 confirment que, bien que la mobilisation des recettes fiscales soit satisfaisante, la situation budgétaire du Sénégal reste fragile. » Les déséquilibres structurels persistent, et « les charges d’intérêt augmentent à un rythme inquiétant. Sans redressement budgétaire rigoureux, le pays court un risque élevé de surendettement, avec des conséquences graves sur la croissance, l’emploi des jeunes, et la réalisation de la Vision 2050. » L’économiste insiste : « Ce redressement exige un réel courage politique, car il impliquera nécessairement des décisions difficiles et parfois sensibles sur le plan social. Mais il demeure incontournable. La stabilité budgétaire constitue le socle d’un développement endogène et durable. »

Budgets publics : le FRAPP salue les performances fiscales mais alerte sur les faiblesses sociales

Le Front pour une Révolution Anti-Impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP) a réagi ce mardi 24 juin à la publication des Rapports Trimestriels d’Exécution Budgétaire (RTEB) diffusés par le ministère des Finances. Dans un communiqué transmis à la presse, le mouvement citoyen se félicite des progrès réalisés en matière de mobilisation des ressources internes, tout en mettant en garde contre les carences persistantes dans les investissements sociaux.

Le FRAPP applaudit les performances enregistrées sur le plan fiscal, notamment la hausse de +151,75 milliards FCFA des recettes internes au quatrième trimestre 2024 et celle de +111,12 milliards FCFA au premier trimestre 2025, en comparaison aux périodes correspondantes de l’année précédente. Le mouvement attribue cette dynamique à la rigueur fiscale imposée par les nouvelles autorités. « Cette performance mérite d’être consolidée, car elle traduit une volonté politique de reprendre le contrôle de nos ressources internes », souligne le communiqué.

Autre point positif mis en exergue par le FRAPP : le maintien des subventions à l’électricité, en dépit des pressions du Fonds monétaire international (FMI). Selon l’organisation, cette orientation budgétaire protège les couches les plus fragiles de la population. Le mouvement note d’ailleurs une hausse des transferts courants aux ménages : +383,57 milliards FCFA au quatrième trimestre 2024 et +61,19 milliards FCFA au premier trimestre 2025.

Mais à côté de ces signaux encourageants, le FRAPP dénonce une faible priorisation des secteurs sociaux dans la dépense publique. Il pointe notamment des allocations budgétaires qu’il juge « marginales » au premier trimestre 2025 : seulement 1,47 % du budget pour la santé, 15 % pour l’éducation et 0,6 % pour le logement. Pour le mouvement, ces chiffres traduisent une incapacité persistante à répondre aux besoins fondamentaux des populations. Il en appelle donc à « un changement de cap » pour faire de la santé, de l’éducation et du logement des axes structurants des politiques budgétaires.

Le FRAPP invite également le gouvernement à tenir ses promesses de rationalisation administrative, notamment à travers la fusion annoncée de certaines agences publiques. Il rappelle que cette réforme, attendue d’ici fin juin 2025, pourrait permettre une réduction significative de la masse salariale de l’État et des dépenses de fonctionnement.

En perspective du prochain Débat d’Orientation Budgétaire (DOB), le FRAPP réitère son soutien à l’instauration du Budget à Base Zéro (BBZ) dès 2026. Il y voit une occasion historique de réformer la gestion des finances publiques et de réorienter les ressources vers les priorités réelles des citoyens.

Enfin, le mouvement exige la publication sans délai des bulletins statistiques sur la dette pour les troisième et quatrième trimestres de 2024, ainsi que pour le premier trimestre 2025. Il rappelle que cette exigence de transparence est inscrite dans le Code de transparence dans la gestion des finances publiques et qu’elle constitue une condition essentielle d’une gouvernance responsable, équitable et ancrée dans les réalités du peuple sénégalais.

Guy Marius Sagna réagit aux accusations et lève le voile sur un épisode méconnu de la présidentielle de 2024

Le député Guy Marius Sagna, figure engagée du groupe parlementaire Yewwi Askan Wi et membre de PASTEF – Les Patriotes, est sorti de son silence après les accusations formulées par son collègue parlementaire Ismaïla Diallo, qui l’accuse d’entretenir un « agenda caché » au sein de l’hémicycle.

Invité sur les ondes de RSI, Guy Marius Sagna a choisi non seulement de répondre, mais aussi de faire une révélation inédite sur les coulisses de la présidentielle de 2024. Selon ses propos, alors que le leader de PASTEF, Ousmane Sonko, était détenu, certains cercles politiques lui auraient proposé de se porter candidat à la magistrature suprême.

Loin de balayer cette possibilité du revers de la main, l’activiste devenu parlementaire affirme avoir sérieusement envisagé cette option, mais à une condition ferme et non négociable : s’il acceptait de devenir président, ce ne serait que dans l’unique but d’assurer une transition démocratique d’un an, avant de convoquer une nouvelle élection présidentielle incluant Ousmane Sonko parmi les candidats.

« Si on veut me reprocher un agenda caché, qu’on sache que tel aurait pu être mon agenda : permettre à Ousmane Sonko d’être candidat », a-t-il lancé d’un ton ferme, balayant ainsi les accusations de duplicité.

Par cette déclaration, Guy Marius Sagna cherche à recentrer le débat sur sa loyauté indéfectible envers son camp politique et les principes démocratiques qu’il défend. Il rappelle que, dans une période trouble, il aurait pu être tenté par l’ambition personnelle, mais qu’il avait choisi de rester dans la logique d’une alternance légitime portée par le peuple.

Ce témoignage relance les spéculations sur les tractations internes qui ont précédé l’élection présidentielle de 2024, et sur les profils qui avaient été envisagés en plan B dans un contexte de forte incertitude politique.

Projet de dépollution de la Baie de Hann : l’ONAS déplore les manifestations à Thiaroye et précise les contours de son action

L’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS) a exprimé sa surprise et son regret suite aux violentes manifestations survenues à Thiaroye-sur-Mer le lundi 23 juin 2025. Des jeunes ont érigé des barricades et incendié des pneus pour protester contre ce qu’ils considèrent comme l’absence de garanties de restructuration urbaine dans le cadre du Projet de dépollution de la Baie de Hann. L’ONAS juge cette revendication « incompréhensible » au regard des précisions déjà apportées sur la nature du projet.

Dans un communiqué rendu public ce mardi, l’ONAS rappelle que la restructuration des quartiers ne fait pas partie des composantes du projet de dépollution de la baie de Hann. L’institution indique avoir pourtant organisé plusieurs rencontres explicatives avec les différentes parties prenantes, notamment les autorités administratives, les élus locaux, les délégués de quartiers et les jeunes de Thiaroye-sur-Mer. Selon l’Office, ces échanges ont permis de lever les équivoques dès les premières phases du projet, et un consensus avait été trouvé à ce sujet.

L’ONAS insiste sur le fait que la conduite du projet de dépollution a suivi une approche participative et inclusive. « Tout a été fait avec les principaux bénéficiaires. Tout se fera avec eux jusqu’à bon port », lit-on dans le communiqué, qui précise que cette démarche est une première du genre en Afrique de l’Ouest.

Le communiqué apporte également une clarification importante en rappelant qu’un autre projet, distinct de celui actuellement contesté, avait déjà été mis en œuvre dans la zone. Il s’agit du « Projet d’assainissement et de restructuration urbaine de Hann et de Petit Mbao », financé par l’Union Européenne et exécuté entre mai 2017 et mai 2021 par le ministère de l’Urbanisme en partenariat avec la Fondation Droit à la Ville (FDV). Ce projet, d’un coût global de 12,8 milliards de FCFA, a permis de restructurer 90 hectares à Hann Bel-Air et 30 hectares à Petit Mbao. Les quartiers de Hann-Capa, Hann-Montagne, Hann-Marigot, Hann-Village, Hann-Pêcheur ou encore Hann-Yenne ont déjà bénéficié de cette restructuration.

Quant à Thiaroye-sur-Mer, l’ONAS précise qu’un projet spécifique de restructuration y est en cours d’étude. Le recensement de la population et l’évaluation des impenses ont déjà été effectués, à la suite de la signature du décret de cessibilité. L’unique obstacle restant est la mobilisation des financements nécessaires à la mise en œuvre du projet.

En conclusion, l’ONAS appelle à l’apaisement et réitère son engagement à poursuivre le dialogue avec toutes les parties prenantes, dans le respect strict du cahier des charges du projet de dépollution ainsi que des textes réglementaires en vigueur.

Rapports d’exécution budgétaire 2024-2025 : Pape Malick Ndour critique une gestion budgétaire « incohérente » et « peu sincère »

L’économiste Pape Malick Ndour s’est exprimé sur les rapports d’exécution budgétaire du premier trimestre 2025 et du quatrième trimestre 2024. À ses yeux, les résultats révèlent des incohérences notables. En comparant les prévisions et les recettes effectivement collectées au premier trimestre 2025, il note un manque à gagner de près de 40 milliards de francs CFA. Pour l’ancien ministre, cela démontre que « ce budget est un budget de confort, non de rupture ».

Concernant le quatrième trimestre de l’année 2024, Pape Malick Ndour soulève des interrogations sur un écart de 43 milliards de francs CFA entre les recettes attendues selon la Loi de finances rectificative (LFR) et celles effectivement perçues. Ce décalage, affirme-t-il, remet en cause la « sincérité de la LFR 2024 ».

Ledakarois.sn vous livre l’intégralité de sa publication.

1.  Moins-value budgétaire : Où sont passés nos 40 milliards ? (Rapport 2025)
 
Le gouvernement nous doit des explications à ce sujet. En effet, en comparant l’objectif et les réalisations au premier trimestre, près de 40 milliards de francs CFA de recettes manquent à l’appel au cours des trois premiers mois de l’année (Tableau 1 page 5). Et pourtant, il nous avait assuré que le budget était sincère et que les prévisions collaient à la réalité économique.
 
Ce décalage soulève une question simple : les prévisions budgétaires étaient-elles fiables ? Si oui, où sont passés nos 40 milliards?
 
2. L’État s’entretient, mais n’investit plus (Rapport 2025)
 
Alors que les investissements exécutés par l’État plafonnent à 2,64 milliards FCFA au premier trimestre 2025 (dernier paragraphe page 15) et que les transferts en capital chutent de 42,2 milliards en glissement annuel, les dépenses de fonctionnement explosent : 84,65 milliards pour l’achat de biens et services et 463,93 milliards pour les transferts courants.
 
Le prétexte des lenteurs dans les passations de marchés, brandi à la page 15 du rapport de 2025 pour justifier la faiblesse des investissements exécutés par l’État, ne tient pas. Car lorsqu’il s’agit de payer, acheter ou entretenir l’appareil bureaucratique, les procédures ne semblent pas bloquées. Mais dès qu’il s’agit d’investir pour le bien-être des populations il faut l’approbation préalable de la Primature, comme annoncé en Conseil des ministres.
 
Ce budget est un budget de confort, pas de rupture. On entretient le quotidien des nouveaux élus en oubliant de s’occuper de la précarité et des urgences des populations. En d’autres termes, toujours nourrir le système et oublier la nation. Pas de transformation systèmique, le train de vie de l’Etat explose au détriment des investissements structurants qui sont sensés tirés la croissance. Un exemple frappant : les véhicules achetés par l’Assemblée nationale pour les 165 députés de l’assemblée nationale à environ 8 milliards sont près de 4 fois supérieure à l’ensemble des investissements exécuté par l’Etat au premier trimestre 2025.
 
Résultat : une croissance asphyxiée, une jeunesse oubliée, et un pays qui tourne à vide.
 
 3.  131 milliards rattachés, 43 milliards évaporés ? (Rapport 2024)
 
Dans son rapport, la Cour des comptes évoque un montant de 131 milliards de recette recouvrés en 2024 mais comptabilisés dans l’exercice 2023 (Voir premier tableau page 11 du rapport de la Cour des comptes). Le gouvernement avait expliqué que le retard dans la publication du rapport venait justement de l’impérieuse nécessité d’intégrer ces montants.
 
Logiquement, on aurait dû voir une hausse équivalente dans les recettes. Mais ce n’est pas le cas. Seuls 87,9 milliards supplémentaires apparaissent par rapport aux prévisions de la LFR. Alors, qu’en est-il réellement ? Le gouvernement a-t-il intégré les 131 milliards en totalité ?
 
Si oui, cela signifie qu’il y’a un gap de 43,1 milliards par rapport aux recettes prévues par la LFR, ce qui rend la LFR 2024 peu sincère. Si non, celà suppose que les chiffres de la Cour ont été modifiés ou revus à la baisse.
 
Dans les deux cas, le gouvernement nous doit des explications
 
 4. Un Noël budgétaire à 90 milliards ? Explications attendues… (Rapport 2024) ?
 
La Loi de finances rectificative, votée le 24 décembre 2024, prévoyait 65,2 milliards de dons. Une semaine plus tard, c’est a dire au 31 decembre fin de l’exercice, on découvre que 155,3 milliards ont été reçus. C’est un écart de 90 milliards en quelques jours.
 
Sachant combien les procédures de mise à disposition des dons sont longues et complexes, il est difficile de croire que cet argent soit arrivé par surprise en toute fin d’année.
 
Trois scénarios sont possibles :
 
A. L’État était informé de ce versement, mais a choisi de ne pas l’inclure dans la LFR. Ce serait grave en matière de transparence.
 
B. Ou bien il s’agit d’un versement exceptionnel de dernière minute, qu’il faut alors justifier clairement.
 
C. Ou enfin, s’agit il de dons cachés par l’ancien régime et non revelés par la Cour des comptes?
 
Dans tous les cas, le gouvernement est interpellé…
 
Bon Mardi..
 
Pape Malick Ndour
Ancien ministre 

Situation budgétaire du 1er trimestre 2025 : Une dette en hausse, des investissements en baisse et plus de 1 400 milliards de dépenses

Le ministère des Finances et du Budget a publié le rapport d’exécution budgétaire du premier trimestre de l’année 2025. Ce document offre une vue d’ensemble de la situation financière du pays sur les trois premiers mois de l’année, marquée par une mobilisation importante des recettes, une hausse préoccupante de la dette publique et un recul des investissements.

Selon le rapport, les ressources mobilisées au titre du budget général s’élèvent à 1 027,82 milliards de francs CFA, ce qui représente 21,44 % de l’objectif annuel fixé à 4 794,60 milliards dans la Loi de Finances Initiale 2025. Par rapport à la même période de l’année 2024, ces recettes sont en hausse de 91,06 milliards, soit une croissance relative de 9,72 %, traduisant une performance notable en matière de mobilisation des ressources.

Du côté des dépenses, le rapport indique que le montant ordonnancé atteint 1 419,45 milliards de francs CFA, ce qui équivaut à 99,97 % des crédits liquidés. Ces dépenses sont principalement constituées de dépenses ordinaires, chiffrées à 1 130,89 milliards sur une base de 1 131,37 milliards liquidés, soit un taux d’exécution de 99,96 %. Les dépenses en capital, quant à elles, s’élèvent à 288,57 milliards, exécutées intégralement à 100 %.

Cependant, ce tableau cache une pression croissante liée au service de la dette. Les charges financières associées à la dette publique ont atteint 225,24 milliards de francs CFA sur la période, soit 24,16 % des prévisions annuelles. En comparaison avec le premier trimestre 2024, ces charges ont bondi de 43,57 milliards, traduisant une hausse significative de 23,98 %. Cette progression est portée aussi bien par la dette intérieure, dont les charges ont augmenté de 25,44 milliards, que par la dette extérieure, en hausse de 18,13 milliards.

En ce qui concerne les recettes internes, elles ont été recouvrées à hauteur de 1 019,82 milliards, représentant 96,15 % de l’objectif trimestriel fixé à 1 060,70 milliards. Ces recettes se répartissent entre 960,26 milliards de recettes fiscales et 59,56 milliards de recettes non fiscales. Comparées à l’année précédente, les recettes fiscales affichent une augmentation de 99,44 milliards, soit +11,6 %, tandis que les recettes non fiscales progressent de 11,68 milliards, soit +24,4 %. Globalement, le recouvrement des ressources internes enregistre une hausse de 111,12 milliards en valeur absolue, soit une croissance globale de 12,23 % en glissement annuel.

En dépit de ces performances encourageantes sur le plan des recettes, la forte progression de la dette et la stagnation relative des investissements interrogent sur la soutenabilité à moyen terme de la politique budgétaire, dans un contexte où les pressions sociales et les besoins en infrastructures restent importants. Le gouvernement est désormais attendu sur les arbitrages à opérer pour équilibrer rigueur budgétaire, relance économique et soutenabilité financière.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°494 – 24/06/2025

🔴 RAPPORTS D’EXÉCUTION BUGDGÉTAIRE / SECTEURS DE LA DÉFENSE, DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES, DE LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT, ETC : CES INVESTISSEMENTS SONT-ILS LUCRATIFS ?
🔴 LE SYTJUST ET L’UNTJ EN GRÈVE POUR 72 HEURES : LA JUSTICE PRISE EN OTAGE

🔴 17 ARRESTATIONS ET DU CHANVRE SAISI APRÈS ZARCO / SA THIÈS : LE COMBAT FAIT RAGE, LES MALFRATS AUSSI
🔴 23 LIONNES EN ROUTE POUR L’AFROBASKET 2025 : LA PRÉPARATION PEUT COMMENCER !

Budget 2025 : des recettes en hausse, mais des dons étrangers en chute libre

Le premier trimestre 2025 marque une dynamique contrastée dans l’exécution budgétaire de l’État du Sénégal. Selon le rapport d’exécution budgétaire publié par le ministère des Finances, les recettes globales enregistrées à la fin du mois de mars s’élèvent à 1 027,82 milliards de francs CFA, soit 21,44 % des prévisions annuelles fixées dans la Loi de Finances Initiale (LFI). Cette performance représente une hausse notable de 91,06 milliards en valeur absolue par rapport à la même période de l’année précédente, soit une progression de 9,72 % en glissement annuel.

Ce bon résultat repose principalement sur les recettes internes, qui s’établissent à 1 019,82 milliards de francs CFA. Elles représentent 22,42 % des objectifs annuels. Le document du ministère souligne que ces ressources internes ont progressé de 12,23 % par rapport au premier trimestre de 2024, confirmant ainsi la montée en puissance de la mobilisation fiscale et non fiscale.

Les recettes fiscales, en particulier, se démarquent avec un total de 960,26 milliards de francs CFA. Elles enregistrent une progression de 99,44 milliards, soit une croissance de 11,6 % sur un an. Cette performance témoigne d’un meilleur rendement des impôts intérieurs, soutenu par l’élargissement de l’assiette fiscale et une amélioration de la discipline dans les services de recouvrement. Les recettes non fiscales suivent la même tendance haussière, avec un total de 59,56 milliards de francs CFA, en progression de 24,4 % par rapport au premier trimestre de 2024.

Cependant, cette dynamique intérieure masque une nette contre-performance sur le plan de la coopération extérieure. Les dons étrangers, qui constituent une source de financement essentielle pour certains projets de développement, ont enregistré une chute spectaculaire. Seuls 8 milliards de francs CFA ont été mobilisés au titre des dons à la fin mars, soit à peine 3,27 % des prévisions de l’année. Ce chiffre contraste fortement avec les 28,06 milliards collectés à la même période en 2024, traduisant une baisse alarmante de 71,49 %.

Les dons reçus sont exclusivement des dons en capital, en provenance principalement de la Banque mondiale (à hauteur de 35 %) et de la banque allemande KFW (15 %). Aucun don courant n’a été enregistré durant cette période, accentuant le recul du soutien budgétaire direct.

Cette diminution drastique des dons soulève des inquiétudes quant à la dépendance partielle du Sénégal vis-à-vis de l’aide extérieure pour financer ses projets d’investissement. Elle pourrait aussi refléter un repositionnement des partenaires techniques et financiers, ou des retards dans l’approbation et la mise en œuvre des projets.

Ainsi, malgré une hausse encourageante des recettes internes, l’équilibre budgétaire reste fragile face à la contraction de l’aide extérieure. Cette situation pourrait pousser l’État à renforcer ses efforts de mobilisation interne, mais aussi à réévaluer ses partenariats pour sécuriser les flux de financements extérieurs indispensables au développement économique du pays.

UEMOA : près de 2000 milliards FCFA mobilisés en avril 2025 sur le marché régional des titres

Dans sa dernière note de conjoncture économique publiée ce lundi, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) signale une forte mobilisation de ressources par les États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) sur le marché régional des titres publics au mois d’avril 2025. En dépit d’un léger ralentissement de l’activité boursière à la BRVM, les pays de l’Union ont levé un total impressionnant de 1 990 milliards de FCFA, un bond de 1 008,9 milliards par rapport au mois de mars.

Cette dynamique haussière est largement portée par les émissions par adjudication, qui ont généré 1 573,4 milliards de FCFA. Ce montant se répartit entre 605,5 milliards de bons du Trésor, représentant 38,5 %, et 967,9 milliards d’obligations assimilables du Trésor, soit 61,5 %. La performance mensuelle reflète une hausse significative de +60,4 %, principalement imputable à l’envolée des émissions obligataires, en hausse de +223,3 % par rapport à mars.

Sur un an, la croissance est encore plus marquée. Le volume global des émissions par adjudication a bondi de +88,9 %, soit 740,6 milliards de FCFA supplémentaires. Le marché par syndication a, quant à lui, enregistré une seule opération au cours du mois, d’un montant de 416,6 milliards de FCFA.

Le taux de couverture des émissions par adjudication reste élevé, à 123,2 %, confirmant la confiance des investisseurs régionaux dans la signature des États de l’Union. Cette robustesse témoigne d’une perception favorable du risque souverain dans l’espace UEMOA, malgré les défis économiques persistants.

Sur le plan boursier, les performances sont restées mitigées. L’indice BRVM Composite a enregistré un recul de 0,1 %, s’établissant à 287,1 points, tandis que le BRVM 30, qui regroupe les valeurs les plus échangées de la place, a baissé de 0,3 %, pour atteindre 144,1 points à fin avril 2025. Comparés à mars 2024, les deux indices affichent un recul de 2,1 % et 2,2 %, respectivement. Toutefois, en glissement annuel, la tendance demeure largement positive, avec une hausse remarquable de +31,6 %.

Parallèlement, la capitalisation boursière totale poursuit sa progression. Elle atteint désormais 21 565,8 milliards de FCFA, en hausse de 16,7 % sur un an. Dans le détail, le marché des actions représente 11 070,0 milliards de FCFA, avec une croissance annuelle de 38,0 %, tandis que le marché obligataire enregistre une progression plus modeste de 2,2 %, s’établissant à 10 495,8 milliards de FCFA.

Rapport budgétaire 2024 : Des recettes record mais une pression budgétaire croissante

Le ministère des Finances et du Budget a rendu public, ce lundi, le Rapport d’Exécution Budgétaire du quatrième trimestre 2024, en application de l’article 70 de la loi organique relative aux lois de finances et du Code de transparence dans la gestion des finances publiques. Ce document, qui anticipe l’adoption du Projet de Loi de Règlement (PLR) 2024, lève le voile sur les grandes tendances budgétaires qui ont marqué l’exercice écoulé. Entre mobilisation exceptionnelle des recettes et forte expansion des dépenses, le rapport dévoile les tensions réelles qui traversent les finances publiques sénégalaises.

À la date du 31 décembre 2024, les recettes et dons du budget général ont atteint 4 005,21 milliards de FCFA, dépassant les prévisions initiales avec un taux d’exécution de 103,91 %. Cette performance reflète une bonne dynamique dans la collecte des ressources fiscales et parafiscales. Toutefois, cette progression ne suffit pas à contenir une dépense publique galopante.

En effet, les dépenses totales de l’État se sont établies à 6 506,16 milliards de FCFA, pour un taux d’exécution de 103,70 %. Cette enveloppe est composée de 4 239,02 milliards de dépenses ordinaires, notamment les salaires, les subventions et le service de la dette, et de 2 267,14 milliards de dépenses en capital, témoignant de l’effort d’investissement de l’État.

Mais derrière ces chiffres, le rapport fait état d’arriérés de paiement préoccupants. Les factures impayées au titre de l’exercice 2024 comprennent 146,3 milliards de subventions au secteur de l’énergie, 105,20 milliards pour des travaux réalisés dans le secteur du BTP, et 249,5 milliards d’investissements non réglés, bien qu’ayant été financés sur ressources extérieures. Ces arriérés soulignent les limites de la capacité de l’État à faire face à l’ensemble de ses engagements financiers dans un contexte budgétaire contraint.

Le rapport offre également un aperçu de la situation du Fonds National de Retraite (FNR). Les recettes cumulées du FNR au 31 décembre 2024 s’élèvent à 177,01 milliards de FCFA, réparties entre 153,15 milliards pour le régime de base et 23,86 milliards pour le régime complémentaire. Les dépenses totales du FNR, y compris les remboursements, atteignent 141,395 milliards de FCFA, contre 139,282 milliards l’année précédente. Le taux d’exécution s’élève à 83,91 % par rapport aux crédits ouverts de 165,8 milliards de FCFA.

Par ailleurs, le rapport démographique du FNR affiche une légère amélioration. Le nombre de cotisants s’établit à 144 543, contre 75 134 pensionnés, soit un ratio de 1,92 cotisant pour un pensionné, contre 1,86 en 2023. Ce redressement timide reste néanmoins insuffisant pour inverser la tendance structurelle de déséquilibre qui menace la soutenabilité du régime de retraite à moyen terme.

Au final, si les performances de mobilisation des recettes sont à saluer, le rapport met en exergue les défis persistants liés à la maîtrise des dépenses, au paiement des engagements de l’État et à la soutenabilité globale de la politique budgétaire. Dans un contexte économique encore marqué par l’incertitude des marchés extérieurs et les tensions sociales internes, ces éléments appellent à une gestion rigoureuse et plus prévoyante des ressources publiques.

Budget 2024 : des recettes record mais des tensions persistantes sur les finances publiques

Le Sénégal a clôturé l’année 2024 avec une performance remarquable en matière de mobilisation des recettes publiques, dépassant même les prévisions inscrites dans la loi de finances rectificative. D’après le rapport publié par le ministère des Finances, le taux d’exécution budgétaire s’est établi à 103,91 % pour les recettes et à 103,70 % pour les dépenses du budget général. Des chiffres qui traduisent un dynamisme apparent, mais qui cachent en réalité une pression croissante sur les finances publiques.

Selon ce document officiel, les dépenses de l’État ont atteint un montant total de 6 506,16 milliards de francs CFA, contre 6 273,52 milliards initialement prévus. Cette hausse des charges est en grande partie attribuable à l’envolée des dépenses en capital, qui se sont établies à 2 267,14 milliards, mais aussi à la progression continue des dépenses ordinaires. Ces dernières, estimées à 4 239,02 milliards, comprennent 1 420,36 milliards de dépenses de personnel, illustrant l’impact des recrutements dans les forces de défense et des rappels salariaux, et 822,32 milliards affectés au service de la dette.

Le rapport du ministère met en lumière des tensions croissantes liées à l’accumulation d’arriérés de paiement, ce qui vient tempérer les bons résultats obtenus en matière de recettes. À la fin de l’année, les impayés s’élevaient à 146,3 milliards de francs CFA au titre des subventions à l’énergie, à 105,20 milliards pour les travaux réalisés dans le secteur des BTP, et à 249,5 milliards d’investissements non réglés, financés sur des ressources extérieures. Ces chiffres traduisent un retard significatif dans la chaîne des paiements, qui pourrait compromettre la viabilité de certains projets publics.

Autre signal d’alerte : la charge de la dette publique a connu une progression spectaculaire de 44,5 % par rapport à 2023, atteignant 822,32 milliards de francs CFA. Cette hausse est due à une forte augmentation aussi bien de la dette extérieure, en croissance de 36,64 %, que de la dette intérieure, qui a bondi de 93,33 %. Cette dynamique traduit un recours accru aux emprunts pour couvrir les dépenses courantes, au risque d’alourdir le poids du service de la dette sur les finances publiques à moyen terme.

L’embellie observée au niveau des recettes ne suffit donc pas à masquer les inquiétudes sur la soutenabilité budgétaire. En effet, si le Sénégal a réussi à maintenir un haut niveau de mobilisation fiscale et de financement extérieur en 2024, la persistance d’arriérés et la croissance rapide des charges contraignent la marge de manœuvre de l’État. La trajectoire budgétaire future dépendra ainsi de la capacité des autorités à contenir les dépenses, à améliorer la qualité des investissements et à renforcer la discipline dans l’exécution des engagements publics.

Abdoulaye Tall répond à Guy Marius Sagna : « Il n’y a pas de gestion opaque à l’Assemblée »

Invité de l’émission Objection sur Sud FM le 22 juin, Me Abdoulaye Tall, président de la Commission des lois à l’Assemblée nationale et porte-parole du parti Pastef, a vigoureusement démenti les accusations lancées par Guy Marius Sagna concernant une prétendue absence de rupture dans la gestion parlementaire. L’avocat a affirmé sans ambages que « l’Assemblée nationale n’est pas gérée de manière opaque », appelant son camarade à produire des preuves tangibles de ses allégations.

Me Tall a qualifié les critiques de Guy Marius Sagna de « déconnectées des faits », affirmant que de nombreuses décisions, comme l’achat de véhicules pour les députés, avaient été débattues en toute transparence, y compris au sein du groupe parlementaire majoritaire de Pastef. Selon lui, cette concertation dément toute accusation d’obscurité dans le processus décisionnel.

S’agissant de l’indemnité mensuelle de 900 000 FCFA accordée à chaque député sous la 14ᵉ législature, Me Tall a défié Guy Marius Sagna en ces termes : « Qu’il nous explique alors pourquoi il ne l’a pas refusée s’il trouvait la pratique injuste ? » Cette question vise à mettre en lumière la cohérence entre les propos et les actes des critiques internes.

Me Tall a également apporté des précisions concernant les avances de Tabaski réglées aux députés, précisant qu’il ne s’agissait nullement d’une distribution généralisée, mais bien de « d’avances sur salaire plafonnées à 300 000 FCFA, accordées à quelques députés sur demande ». Ces précisions visent à clarifier le dispositif et à dissiper toute confusion sur un prétendu favoritisme généralisé.

Au-delà de la clarification, Me Tall a mis en garde contre ce qu’il considère comme des discours populistes capables de ternir l’image de la législature actuelle. Il a rappelé que certains députés traversent une véritable précarité et que leurs sacrifices, pour beaucoup, ne sont pas toujours reconnus à leur juste valeur.

Par ses propos, Abdoulaye Tall cherche non seulement à défendre la transparence et l’intégrité de la gestion parlementaire, mais aussi à défendre Pastef contre les attaques internes et à instaurer un débat plus factuel et moins émotionnel. Il insiste sur la nécessité d’un dialogue étayé par des faits, dans le respect de la cohérence et de l’éthique politique.

Remous dans le secteur de la justice : SYTJUST et UNTJ déclenchent une grève de 72 heures

Le secteur judiciaire sénégalais s’apprête à connaître de sérieuses perturbations cette semaine. Les deux principales organisations syndicales du domaine, le Syndicat des travailleurs de la justice (SYTJUST) et l’Union nationale des travailleurs de la justice (UNTJ), ont annoncé une grève de 72 heures, qui démarre ce lundi 23 juin 2025 sur l’ensemble du territoire national.

Dans un communiqué conjoint, les deux syndicats dénoncent ce qu’ils qualifient de « non-respect des engagements » pris par les autorités, pointant du doigt des promesses non tenues en matière d’amélioration des conditions de travail. Selon eux, malgré de nombreuses démarches et multiples alertes, le gouvernement reste sourd aux revendications posées depuis plusieurs mois. Ils réclament des mesures concrètes pour améliorer aussi bien le cadre matériel que les conditions morales des agents judiciaires.

Les syndicalistes affirment que la mobilisation est totale et que leur détermination reste intacte. Ils appellent l’ensemble des travailleurs du secteur judiciaire, toutes catégories confondues, à faire bloc autour de cette action pour accentuer la pression sur l’État. Selon leurs propos, seules une solidarité active et une pression collective soutenue peuvent contraindre les autorités à apporter des réponses concrètes.

Ce mot d’ordre de grève, s’il est massivement suivi, risque d’avoir un impact significatif sur le fonctionnement normal des juridictions et des services rattachés au ministère de la Justice. Les tribunaux pourraient voir leurs audiences suspendues, les greffes paralysés, et de nombreux actes administratifs retardés, affectant aussi bien les justiciables que les professionnels du droit.

Cette nouvelle poussée de tension dans le secteur intervient dans un contexte de forte demande de réformes et d’assainissement dans l’appareil judiciaire. Elle rappelle à quel point les dysfonctionnements structurels, l’absence de dialogue social efficace et le retard dans l’application des accords sociaux continuent d’alimenter un climat de frustration chez les agents publics.

Alors que les regards sont tournés vers les nouvelles autorités pour une refondation de l’État, les syndicats du secteur de la justice donnent le ton d’une rentrée sociale agitée, décidés à ne plus faire de concessions face au silence de l’État.

Mbaye Dione critique le régime Diomaye-Sonko : « Ils doivent être aidés, car ils ne savent pas où conduire ce pays »

À l’occasion de la célébration du 26e anniversaire de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), organisée ce samedi 21 juin 2025, le nouveau secrétaire général du parti, Mbaye Dione, a livré une lecture critique de la situation économique et politique du pays sous le régime du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko. Pour celui qui succède à Moustapha Niasse à la tête de l’AFP, le pays traverse une phase de turbulences multiformes, et le pouvoir en place semble désorienté.

Dans son allocution, Mbaye Dione n’a pas manqué de rappeler l’actualité brûlante des enseignements de Moustapha Niasse, en particulier ceux contenus dans son message du 16 juin 1998. À ses yeux, ce message reste d’une pertinence intacte face aux « signes de difficultés dans tous les secteurs » que traverse aujourd’hui le Sénégal. Le chef de l’AFP a dressé un diagnostic alarmant de la gouvernance actuelle : « Tous les secteurs sont à l’arrêt, la situation du pays est préoccupante, ces gens ont besoin d’être aidés », a-t-il affirmé, soulignant une fragilité économique et institutionnelle généralisée.

Mbaye Dione a notamment pointé du doigt les tensions économiques marquées par un tarissement des financements extérieurs. Selon lui, le débat sur la dette a dissuadé de nombreux bailleurs, dont le FMI, de poursuivre leurs engagements, ce qui a contraint l’État à recourir à des financements à court terme simplement pour couvrir ses dépenses. Ce recul budgétaire, estime-t-il, freine l’investissement public et aggrave la détresse sociale.

Dans sa critique, l’ancien maire de Ngoundiane a élargi le propos à d’autres sphères de la gouvernance. Il a évoqué une diplomatie qu’il juge affaiblie, citant les échecs répétés de candidatures sénégalaises à des postes stratégiques à l’international. Il a également soulevé ce qu’il qualifie de « confusion des rôles » entre le président de la République, chef de la diplomatie, et le Premier ministre, qu’il accuse de s’arroger certaines prérogatives.

Sur le plan économique, il a déploré l’absence de projets structurants et la paralysie de plusieurs secteurs, en particulier les BTP. Il a aussi évoqué une vague de licenciements touchant aussi bien le secteur public que le privé, signe selon lui d’un ralentissement préoccupant de l’activité.

Abordant les questions de démocratie et d’État de droit, Mbaye Dione s’est montré particulièrement inquiet. Il a dénoncé une série d’arrestations qu’il qualifie d’arbitraires, tout en condamnant ce qu’il perçoit comme une « chasse aux sorcières » contre les figures de l’ancien régime. Pour lui, ces pratiques marquent un recul démocratique et une remise en cause des libertés individuelles et collectives. Il appelle ainsi au respect des principes chers à Moustapha Niasse, notamment la justice équitable et l’indépendance des institutions.

Concluant sur une note à la fois critique et ouverte, Mbaye Dione a estimé que le régime actuel mérite d’être aidé, non par adhésion, mais parce qu’il donne des signes d’égarement : « Les nouveaux gouvernants méritent d’être aidés parce qu’ils ne savent pas où conduire ce pays. Depuis son installation, le gouvernement emprunte un rythme effréné sur le marché de l’UEMOA. L’absence aussi d’une économie cohérente aggrave la situation », a-t-il déclaré, appelant à une prise de conscience nationale au-delà des clivages politiques.

Guy Marius nous distrait. Le vrai pillage continue en silence. 22 milliards de budget. Où est passé l’argent du peuple ?

Aujourd’hui, dans le débat public, certains parlent des privilèges indus, d’autres répliquent, se justifient, se contredisent et s’affrontent sur des mots. Pendant ce temps, les vrais sujets ne sont toujours pas posés.

Guy Marius Sagna et ses camarades nous détournent du vrai débat que nous avons posé depuis longtemps. Ils veulent nous piéger dans des futilités, alors que le cœur du problème est ailleurs.

L’Assemblée nationale comme l’ensemble de l’appareil d’État a été transformée, depuis des années, en système organisé de prédation des ressources publiques. Ce que nous voulons aujourd’hui, ce n’est pas simplement ajuster la manière de piller. Ce que nous voulons, c’est en finir avec le pillage lui-même.

C’est pour cela que nous exigeons des comptes, ligne par ligne. Parce que derrière chaque poste budgétaire flou, il y a une logique systémique de prédation, installée depuis trop longtemps. Et il ne s’agit pas de l’aménager. Il s’agit d’y mettre fin. Radicalement. Définitivement.

Le budget de l’Assemblée nationale n’aurait jamais dû passer de 20 milliards à 22 milliards pour un régime qui avait promis de le diviser par deux quand il était encore à 16,8 milliards. Cette seule évolution budgétaire est une trahison. Elle contredit frontalement tous les discours de rupture et toutes les promesses faites au peuple.

On nous a promis la transparence, la redevabilité, le respect du peuple. Mais aujourd’hui, en juin 2025, il n’y a toujours aucun rapport public sur les dépenses de l’Assemblée nationale. Pas un seul chiffre. Pas un seul bilan. Pas une seule ligne budgétaire mise à disposition du peuple. Ce silence n’est pas seulement inquiétant. Il est inacceptable.

Dès les premiers déplacements du président de l’Assemblée nationale à l’étranger, nous avons interpellé publiquement. Nous avons demandé, calmement et fermement, que soient rendus publics les coûts détaillés de chaque mission : le prix du billet d’avion, les frais d’hébergement, les indemnités journalières, les dépenses logistiques, mais aussi le motif du déplacement et les résultats concrets obtenus pour le Sénégal. Jusqu’à présent, aucune réponse. Aucune publication. Aucune justification.

Nous avons également posé la question de la structure et du coût du cabinet du président de l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, il est entouré de conseillers spéciaux, de conseillers techniques, de chargés de mission, d’agents administratifs divers. Ce que nous demandons, ce ne sont pas leurs noms. Ce que nous demandons, c’est leur nombre, leur statut, leurs salaires, leurs avantages, leurs véhicules, et surtout la justification de leur présence. Que produisent-ils ? Quelles notes rédigent-ils ? Quels rapports ont-ils remis ? Le peuple ne paie pas pour des postes décoratifs. Il paie pour un service rendu. Et jusqu’à présent, ce service n’est visible nulle part.

De la même manière, des moyens sont mis à la disposition des députés pour leur permettre de faire leur travail. Certains disent qu’ils se déplacent, qu’ils font des kilomètres, qu’ils vont vers les populations. C’est très bien. Mais ce que nous demandons, c’est de savoir dans quel cadre ces déplacements sont faits. Est-ce pour aller recueillir les doléances des populations, pour faire un travail parlementaire sérieux, pour formuler des propositions ? Ou est-ce pour entretenir leur base politique, préparer leur prochaine élection, mobiliser leur parti ? Là encore, ce n’est pas un débat idéologique. C’est une question de principe républicain. L’argent public ne peut pas servir à financer des activités politiques privées.

C’est pourquoi nous exigeons que chaque déplacement de députés financé par l’Assemblée nationale soit justifié, un objectif précis et un rapport d’activité. Il faut que le peuple sache où ses représentants vont, pourquoi ils y vont, combien cela coûte et ce qu’ils ont fait sur le terrain. La représentation ne peut pas être un mot vide. Elle doit être tracée, mesurée, évaluée.

À ceux qui disent : “les anciens régimes faisaient pire”, nous répondons clairement. Oui, les anciens régimes étaient catastrophiques. Ils étaient opaques, arrogants, illégaux. Ils ont ignoré la loi et ils ont refusé de rendre des comptes. Et c’est exactement pour cela que le peuple les a chassés du pouvoir.

Alors ne venez pas nous dire que c’est déjà bien de “parler” de transparence. Non. Parler ne suffit pas. La seule vraie différence, c’est de faire. Sinon, vous êtes comme eux. Si vous pensez vraiment qu’ils ont mal agi, alors soyez cohérents jusqu’au bout. Engagez des procédures. Si les anciens présidents de l’Assemblée nationale ont refusé de publier les comptes alors que la loi les y obligeait, cela constitue une faute grave. Ce sont des faits suffisants pour ouvrir des enquêtes. Que ceux qui ont violé la loi soient poursuivis. Qu’ils s’expliquent devant la justice. Et s’ils sont coupables, qu’ils soient sanctionnés. Voilà ce que signifie être conséquent. Voilà ce que signifie respecter le peuple. On ne peut pas dénoncer l’impunité d’un côté et lui serrer la main de l’autre. On ne peut pas dire qu’on rompt avec un système tout en conservant ses complicités.

Et au cœur de tout cela, une vérité simple s’impose : la seule preuve sérieuse de transparence, c’est la publication immédiate, complète et détaillée du rapport de la Commission de la Comptabilité et du Contrôle budgétaire. Nous ne voulons pas d’un rapport global ou approximatif. Nous ne voulons pas de chiffres ronds présentés par blocs. Nous exigeons le détail. Franc par franc. Ligne par ligne. Rubrique par rubrique. Avec les dates, les montants, les bénéficiaires, les justificatifs, les objectifs. Rien de moins. Publier un rapport flou et dire que les autres ne l’avaient pas fait ne vaut rien. Ce n’est pas une course contre le passé. C’est une exigence envers le peuple d’aujourd’hui.

Et de la même manière, il faut dire clairement que les rapports d’exécution budgétaire publiés du pouvoir exécutif ne suffisent pas non plus. Oui, c’est mieux que rien. Mais ils restent trop macroscopiques. Ils parlent en milliards, en agrégats, en masses globales. On nous dit : tant de milliards pour les investissements, tant pour les ministères, tant pour le fonctionnement. Mais on ne voit jamais les vraies lignes. On ne voit pas combien a été dépensé pour tel contrat, tel marché, tel voyage, tel évènement, tel cabinet, telle mission. Ce que nous voulons, ce n’est pas une image floue de la dépense publique. Ce que nous voulons, c’est une radiographie précise.

Ce que nous voulons, ce n’est pas une comptabilité d’apparence. C’est une comptabilité citoyenne. Il est temps que l’État du Sénégal passe d’une culture de l’annonce à une culture de la preuve. Il est temps que chaque ministère, chaque direction, chaque agence rende des comptes avec des chiffres lisibles, vérifiables, ligne par ligne et idéalement en temps réel. 

Et ce que nous exigeons pour l’Assemblée nationale aujourd’hui, nous le demanderons pour les autres centres de pouvoir demain. Cette exigence ne s’arrêtera pas ici. Nous exigerons la même chose de la Présidence de la République, de la Primature, des ministères, des directions nationales, des agences publiques. Nous voulons savoir, partout, comment chaque franc public est utilisé. Durant ce mandat, nous suivrons tout. Et nous verrons si une plateforme publique, lisible, accessible à tous, sera créée pour retracer l’ensemble des dépenses de l’État, ligne par ligne, sans exception. Nous le dirons. Nous le rappellerons. Et nous le vérifierons.

Tant que cela ne sera pas fait, les discours ne suffiront pas. Les justifications ne passeront pas. Le peuple ne lâchera pas. Parce que c’est notre argent. Parce que c’est notre Assemblée. Parce que c’est notre droit.

Ameth DIALLO

Coordinateur national de Gox Yu Bees

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