Financement de 40 femmes a hauteur de 8 Millions par Mme Ndeye SENE.

La présidente des femmes leaders de la cité Sérigne Mansour de Rufisque Mme Ndeye SENE continue d’appuyer les groupements de femmes entrepreneurs de Rufisque et environ.

‎Par un financement de 8 Millions reparti entre des groupes de cinq femmes, chaque groupe recevant 1 Million dont chaque femme perçoit deux cent mille (200.000).

‎Ce financement vient donc conforter la volonté de Mme Ndeye SENE d’apporter sa pierre à l’édifice à l’épanouissement des femmes de la ville de Rufisque.

‎les femmes aillant bénéficier de cet appui ont fourni deux photocopies de leur carte d’identités, deux photos ainsi qu’une somme de huit mille francs.

‎Le remboursement se fera sur dix (10) mois.

L’on peux affirmer que la présidente des femmes leader de la cité Sérigne Mansour de Rufisque Mme Ndeye SENE demeure une actrice majeure dans la construction et le développement de la ville de Rufisque.

Budget 2026 : les Charges non réparties en hausse pour soutenir les investissements structurants de l’État

Le projet de loi de finances initiale pour l’année 2026, adopté récemment à la majorité par les députés, consacre une augmentation significative des crédits alloués aux Charges non réparties (CNR), un ensemble de dépenses stratégiques gérées par le ministère des Finances et du Budget. Conformément aux dispositions de la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF), ces charges sont considérées comme essentielles au fonctionnement de l’État et à la mise en œuvre de ses grandes priorités économiques et sociales.

Pour l’exercice 2026, les Crédits de paiement destinés aux Charges non réparties enregistrent une progression de 15 953 070 665 FCFA en valeur absolue, soit une hausse de 3,4 % par rapport à 2025. Cette évolution traduit la volonté du gouvernement de renforcer les moyens consacrés à des dépenses transversales qui ne peuvent être imputées directement aux budgets sectoriels, mais qui jouent un rôle central dans l’effort global de développement.

La dotation globale des Charges non réparties s’élève ainsi à 902 466 378 554 FCFA en Autorisations d’engagement et à 487 943 504 598 FCFA en Crédits de paiement. Ces ressources servent à financer des interventions d’envergure, allant du fonctionnement de l’appareil budgétaire de l’État aux investissements structurants, en passant par le soutien opérationnel aux différents départements ministériels.

Sur le volet du fonctionnement, les Charges non réparties couvrent notamment la mise en œuvre des réformes budgétaires, le paiement des agences de notation financière, la préparation et l’exécution du budget de l’État ainsi que le suivi des opérations financières majeures. Ces dépenses, bien que souvent peu visibles, sont jugées indispensables à la crédibilité financière du pays et à la bonne gouvernance des finances publiques.

La composante investissement constitue toutefois le principal moteur de la hausse observée en 2026. Les investissements exécutés par l’État dans le cadre des Charges non réparties connaissent une évolution remarquable, estimée à plus de 251 milliards de FCFA. Cette enveloppe est principalement orientée vers le paiement des impôts et taxes liés aux marchés publics financés sur ressources extérieures, ainsi que vers la réalisation de projets d’infrastructures majeurs. Il s’agit notamment des chantiers inscrits dans le cadre de l’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) et de la Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN), deux événements d’envergure internationale pour lesquels le Sénégal s’est engagé à livrer des infrastructures aux standards requis.

Les Charges non réparties assurent également un rôle de soutien direct aux ministères à travers la prise en charge de certaines dépenses permanentes de l’administration, comme l’eau et l’électricité, la constitution de réserves de gestion pour le fonctionnement et l’investissement, ainsi que des provisions destinées à couvrir les risques budgétaires. C’est également à ce niveau que sont inscrites les provisions relatives aux garanties et avals accordés par l’État.

Malgré cette hausse globale, certaines lignes de dépenses ont connu une rationalisation. Les dépenses de personnel ont été revues à la baisse grâce à une meilleure programmation, tandis que certains crédits, à l’image de ceux dédiés à la modernisation de la gestion des finances publiques, n’ont pas été renouvelés, les autorités estimant qu’ils sont désormais mieux ciblés et intégrés dans d’autres programmes.

Dans un souci de transparence et de lisibilité budgétaire, un effort de relocalisation des dépenses a également été entrepris. Des structures telles que la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide (DER) et l’Agence de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ont vu leurs crédits transférés à la Présidence de la République. Cette démarche vise à clarifier la présentation des finances publiques et à renforcer le suivi des dépenses transversales.

Face aux interrogations exprimées par plusieurs députés sur les critères d’allocation et d’utilisation des dépenses communes, le ministre des Finances et du Budget s’est engagé à transmettre au Parlement un document détaillé afin de faciliter le contrôle et l’évaluation de ces crédits. Un engagement destiné à rassurer sur la gouvernance des Charges non réparties, souvent perçues comme un poste budgétaire sensible.

En dépit de ces débats, l’Assemblée nationale a finalement adopté la dotation des Charges non réparties pour l’année 2026. Ce vote valide une orientation budgétaire résolument tournée vers le soutien aux investissements structurants, la préparation des grands événements internationaux et la consolidation des fonctions transversales de l’État, dans un contexte économique et financier marqué par de fortes contraintes.

Les prêts du Sénégal bradés sur les marchés : la dette sous tension, l’alerte rouge chez les investisseurs

Les signaux d’alerte autour de la dette publique sénégalaise deviennent de plus en plus visibles sur les marchés financiers internationaux. Selon plusieurs sources du secteur financier citées par l’agence Reuters, des prêts commerciaux à court terme contractés par l’État du Sénégal sont actuellement proposés à des niveaux de décote rarement observés, traduisant une inquiétude croissante quant à la capacité du pays à honorer ses engagements financiers à court et moyen termes.

D’après ces sources, certains prêts libellés en euros, arrivant à échéance dès le mois de février prochain, s’échangent à des prix inférieurs ou égaux à 80 centimes pour un euro. Une situation jugée particulièrement préoccupante par les analystes, d’autant plus que ces instruments financiers sont de très courte maturité. En temps normal, des prêts de ce type, proches de l’échéance, conservent une valeur élevée, sauf en cas de risque sérieux de défaut ou de restructuration. Deux sources citées par Reuters soulignent qu’il est exceptionnel que des prêts commerciaux à court terme soient cédés à des niveaux aussi bas, ce qui reflète une perte manifeste de confiance des investisseurs.

Cette défiance intervient dans un contexte déjà fortement dégradé des finances publiques sénégalaises. Le pays est plongé dans une crise de la dette depuis la révélation de plus de 11 milliards de dollars d’engagements financiers non déclarés par l’administration précédente. Cette découverte a provoqué une révision brutale des indicateurs macroéconomiques, propulsant le ratio dette/PIB à plus de 119 %, un niveau largement considéré comme critique par les institutions financières internationales et les marchés. En réaction, le Fonds monétaire international avait suspendu, l’an dernier, son programme de financement de 1,8 milliard de dollars destiné au Sénégal, privant ainsi l’État d’un soutien multilatéral crucial.

Privé de cet appui du FMI, le gouvernement sénégalais s’est retrouvé contraint de recourir davantage aux emprunts commerciaux et à la dette intérieure pour couvrir ses besoins de financement. Une stratégie qui, si elle permet de répondre aux urgences budgétaires, expose le pays à des conditions de financement plus coûteuses et à une vulnérabilité accrue face aux marchés. Pour de nombreux investisseurs et analystes, l’absence prolongée d’un programme actif avec le FMI alimente désormais l’hypothèse d’une restructuration de la dette, au moins partielle, afin de rétablir la soutenabilité des finances publiques.

Des discussions sont certes en cours avec l’institution de Bretton Woods pour la mise en place d’un nouveau programme d’assistance, mais les négociations semblent traîner en longueur. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a récemment reconnu que le FMI plaide pour une restructuration partielle de certaines dettes, une option qu’il a publiquement qualifiée de « disgrâce » pour le Sénégal. Cette divergence de positions nourrit l’incertitude et contribue à la nervosité des marchés.

Interrogé par Reuters sur les conditions de négociation et de valorisation des prêts concernés, le ministère sénégalais des Finances a rejeté ces informations, les qualifiant d’inexactes. Toutefois, plusieurs sources proches du dossier indiquent qu’elles n’envisagent pas, à ce stade, de se positionner sur ces actifs, jugés trop risqués. Reuters précise par ailleurs n’avoir pas été en mesure de confirmer si des offres fermes avaient été formulées par d’autres investisseurs, ce qui renforce l’idée d’un marché hésitant et prudent.

La dégradation du sentiment des investisseurs se reflète également sur le marché des obligations internationales du Sénégal. Ces dernières semaines, les titres souverains ont atteint des niveaux historiquement bas. Les obligations libellées en euros arrivant à échéance en 2028 se négocient autour de 70 centimes pour un euro, tandis que celles en dollars et en euros échéant en 2031 et au-delà oscillent entre 54 et 61 centimes, selon les données de la plateforme Tradeweb. Ces niveaux sont largement inférieurs au seuil de 70 centimes, généralement considéré par les marchés comme un indicateur de dette en situation de détresse.

Selon deux sources citées, les prêts actuellement sous pression auraient été initialement structurés par la banque Standard Chartered, sans qu’il soit possible d’identifier clairement les détenteurs actuels de ces créances. L’établissement bancaire, présent de longue date au Sénégal, a décliné tout commentaire. Pour rappel, Standard Chartered a participé au financement de plusieurs projets structurants dans le pays, notamment le stade olympique de Diamniadio et des infrastructures liées au nouveau port de Ndayane.

À cette situation déjà tendue s’ajoute un calendrier de remboursement particulièrement lourd. D’après des documents publics, le Sénégal devra honorer en 2026 des remboursements de dette commerciale s’élevant à 1 017,56 milliards de francs CFA, soit environ 1,8 milliard de dollars, au profit de créanciers internationaux. Un volume de paiements qui accentue la pression sur un État aux marges budgétaires réduites et dont la crédibilité financière est aujourd’hui sérieusement mise à l’épreuve.

Dans ce contexte, la manière dont les autorités sénégalaises parviendront à restaurer la confiance des partenaires financiers, à clarifier la situation réelle de la dette et à conclure un accord crédible avec le FMI sera déterminante pour éviter une aggravation de la crise et un scénario de restructuration subi. Pour l’heure, les marchés semblent déjà avoir tranché : la dette sénégalaise est entrée dans une zone de turbulences majeures.

Crise de la dette au Sénégal : les risques pour l’espace civique, selon Civicus

La crise de la dette qui secoue actuellement le Sénégal pourrait compromettre les progrès récemment réalisés en matière de libertés civiles, avertit l’organisation Civicus. Selon les analystes, l’évolution de l’espace civique dépendra largement de la manière dont les autorités répondront aux éventuelles manifestations liées aux mesures économiques strictes mises en place pour stabiliser les finances publiques.

Nelson Baiye Mbu, analyste basé au Cameroun pour le Civicus Monitor, explique que l’espace civique du Sénégal avait été récemment reclassé de « réprimé » à « obstrué », reflétant une amélioration notable par rapport aux années précédentes. Cette progression avait été renforcée par la transition politique réussie du pays l’an dernier, ainsi que par l’instauration de mesures visant à tenir les responsables d’actes de violence lors de manifestations passées pour responsables. Ces initiatives avaient contribué à renforcer la confiance des citoyens dans le respect de leurs droits civiques et dans la capacité des institutions à garantir la sécurité et la liberté d’expression.

Cependant, cette situation reste fragile. Le Sénégal est confronté à une crise de la dette accentuée par la découverte, l’an dernier, de sept milliards de dollars de dettes cachées, héritées de l’ancienne administration. Cette révélation avait conduit le Fonds monétaire international (FMI) à suspendre un programme de financement de 1,8 milliard de dollars, obligeant le gouvernement à rechercher de nouvelles solutions pour stabiliser les finances publiques. Dans ce contexte, le Sénégal doit désormais adopter des mesures d’austérité, notamment la réduction du déficit budgétaire, qui devrait passer de 13,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2024 à 5,3 % en 2025.

Ces restrictions budgétaires, bien qu’essentielles pour la stabilité économique, risquent de provoquer des réactions de mécontentement dans la population, en particulier si elles affectent directement les conditions de vie des citoyens. Mbu souligne que les gouvernements soumis à de telles pressions peuvent considérer les manifestations comme des menaces et être tentés de restreindre le droit de réunion pacifique ou de réprimer les expressions de contestation. Il ajoute que les tensions politiques croissantes entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko pourraient également exacerber les risques de protestations ou de divisions politiques, fragilisant davantage l’espace civique.

L’analyse de Civicus s’inscrit dans un contexte plus large de suivi des libertés publiques en Afrique. Cette année, l’organisation a reclassé le Gabon de « réprimé » à « obstrué » après une transition démocratique pacifique, tandis que Madagascar a été rétrogradé de « obstrué » à « réprimé » à la suite d’une prise de pouvoir militaire en octobre. Le Soudan et le Burundi, quant à eux, sont désormais classés « fermés ».

L’alerte de Civicus souligne la vulnérabilité de l’espace civique au Sénégal face à la combinaison d’une crise économique, de mesures d’austérité strictes et de tensions politiques. Elle rappelle l’importance pour le gouvernement d’adopter des stratégies équilibrées qui tiennent compte à la fois des impératifs financiers et de la protection des droits fondamentaux, afin de préserver la confiance des citoyens et d’éviter une régression des libertés publiques.

Marché financier de l’UMOA : le Sénégal lève 35,728 milliards de FCFA

Dans le cadre de sa politique de gestion des ressources publiques et de financement des projets de développement, l’État du Sénégal, par l’intermédiaire de la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor (DGCPT), a réalisé le mardi 9 décembre 2025 une opération majeure sur le marché financier de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA). Cette opération a permis de mobiliser un montant total de 35,728 milliards de FCFA, confirmant l’attractivité des titres publics sénégalais auprès des investisseurs régionaux et internationaux.

L’opération a été menée à travers une émission simultanée de bons assimilables du Trésor (BAT) d’une maturité de 182 jours et de 364 jours, ainsi que d’obligations assimilables du Trésor (OAT) d’une échéance de trois ans. L’objectif de cette démarche était double : diversifier les instruments de financement public et répondre aux besoins croissants de financement des projets d’infrastructures et de développement dans le pays.

Le montant total initialement mis en adjudication s’élevait à 35 milliards de FCFA, tandis que le volume des soumissions globales, reflet de l’intérêt des investisseurs, a atteint 35,828 milliards de FCFA. Ce niveau élevé de soumissions traduit un taux de couverture de 102,37 %, démontrant un vif intérêt pour les titres émis par le Trésor sénégalais et renforçant la confiance des investisseurs dans la solidité financière de l’État.

Au terme de cette adjudication, le montant total des soumissions retenues s’élève à 35,728 milliards de FCFA, concentré sur les BAT à 364 jours et les OAT, tandis que 100 millions de FCFA de soumissions ont été rejetés. Cette opération affiche ainsi un taux d’absorption exceptionnel de 99,72 %, confirmant la forte participation des investisseurs et la confiance dans les instruments financiers proposés.

Les bons à 364 jours ont été attribués avec un rendement moyen pondéré de 7,31 %, tandis que les obligations à trois ans offrent un rendement légèrement supérieur de 7,94 %, reflétant l’attractivité et la compétitivité de ces titres sur le marché régional. Le Trésor public s’engage à rembourser les bons émis le premier jour ouvré suivant leur date d’échéance, fixée au 8 décembre 2026, avec paiement des intérêts précomptés d’avance sur la valeur nominale, garantissant transparence et sécurité aux investisseurs.

Quant aux obligations, le remboursement du capital sera effectué à l’échéance, prévue le 10 décembre 2028, tandis que le paiement des intérêts se fera annuellement à un taux de 6,30 %, offrant aux investisseurs un flux régulier de revenus. Cette structuration claire et rigoureuse des paiements illustre la solidité et la fiabilité des titres publics sénégalais, tout en permettant une planification financière sereine pour les investisseurs à long terme.

Cette réussite sur le marché financier de l’UMOA confirme le dynamisme du Trésor sénégalais et son aptitude à mobiliser efficacement les ressources nécessaires au financement du développement économique et des projets d’infrastructure, tout en maintenant la confiance des investisseurs et la stabilité du marché régional.

Sénégal : le FMI maintient le dialogue et ouvre une enquête interne sur la “dette cachée”

Le Fonds monétaire international (FMI) a réaffirmé, ce jeudi, sa volonté de poursuivre les discussions avec les autorités sénégalaises en vue de la mise en place d’un nouveau programme destiné à répondre aux vulnérabilités croissantes liées à la dette du pays. L’information a été donnée par Julie Kozack, directrice de la communication de l’institution, citée par l’agence Reuters.

Alors que le Sénégal bénéficie encore d’un prêt de 1,8 milliard de dollars accordé dans le cadre d’un programme triennal, le FMI cherche désormais à comprendre les origines des dettes non déclarées qui avaient provoqué le gel des décaissements en 2024. Ce dossier sensible continue de susciter des interrogations quant à la transparence budgétaire et aux mécanismes de contrôle au sein de l’État.

Julie Kozack a indiqué que les équipes du FMI travaillent étroitement avec le gouvernement sénégalais pour déterminer les réformes et mesures à mettre en place afin d’assainir les finances publiques. Elle a précisé que la décision éventuelle de restructurer une partie de la dette relève exclusivement des autorités sénégalaises, le Fonds se positionnant en accompagnateur technique et financier. Selon elle, le futur programme devrait être davantage “adapté” pour prévenir toute répétition de telles anomalies.

Dans le même temps, le FMI a lancé une enquête interne pour comprendre comment ces dettes non déclarées ont pu échapper à ses propres mécanismes de vérification. Cette décision traduit, selon Kozack, une volonté d’introspection visant à renforcer la fiabilité de ses processus. “Nous menons actuellement une enquête interne afin de comprendre comment ces anomalies ont pu passer inaperçues, et également afin de renforcer les mesures de sécurité dans nos propres processus”, a-t-elle déclaré.

L’institution prévoit ainsi de renforcer ses cadres de sécurité, d’améliorer ses procédures d’examen et de perfectionner la formation de son personnel sur la détection des irrégularités financières. Le FMI souhaite, à travers cette démarche, restaurer pleinement la confiance entre ses équipes et les États partenaires, tout en garantissant une gestion rigoureuse des futurs programmes de financement.

FMI : La cheffe de mission pour la Zambie nommée à la tête du dossier Sénégal

Le Fonds monétaire international s’apprête à opérer un changement stratégique dans la gestion de son programme avec le Sénégal. Mercedes Vera Martin, jusque-là cheffe de mission du FMI pour la Zambie, prendra la tête du dossier sénégalais dès janvier prochain. Elle succède à Edward Gemayel, qui a occupé ce poste pendant quatre ans et qui, dans un jeu de rotations internes à l’institution, remplacera en retour Vera Martin à Lusaka.

Cette transition, qualifiée de « rotation habituelle » par un porte-parole du FMI, intervient dans un contexte particulièrement sensible pour Dakar. Le Sénégal traverse en effet une période de forte pression financière, marquée par la découverte récente de plusieurs milliards de francs CFA de dettes jusque-là non déclarées par l’ancien régime. Une situation qui soulève des interrogations sur la transparence budgétaire et complique les négociations en cours pour un nouveau programme de financement auprès du FMI.

L’expérience de Mercedes Vera Martin pourrait s’avérer déterminante. Depuis 2023, elle a piloté le dossier zambien, un cas emblématique de restructuration de dette souveraine. La Zambie a dû naviguer à travers un processus complexe, jusqu’à finalement obtenir un accord avec ses créanciers officiels et les détenteurs d’eurobonds pour un allègement significatif de sa dette. Cette expertise acquise dans un environnement de crise pourrait être précieuse, alors que le Sénégal doit convaincre ses partenaires financiers de la viabilité d’une stratégie budgétaire mise à rude épreuve.

Pour l’heure, Dakar exclut toute idée de restructuration de sa dette. Le gouvernement sénégalais affirme que la situation reste maîtrisable et privilégie un financement nouveau auprès du FMI plutôt qu’un rééchelonnement susceptible d’envoyer un signal négatif aux marchés. Le Fonds, de son côté, avait indiqué le mois dernier qu’il évaluait toujours la dynamique d’endettement du pays et examinait en détail la solidité de sa stratégie de financement.

La prise de fonction de Mercedes Vera Martin en janvier pourrait ainsi marquer une nouvelle phase des discussions entre Dakar et le FMI. Sa connaissance des négociations complexes et des environnements budgétaires fragiles laisse penser que les échanges pourraient gagner en technicité, mais aussi en exigence.

Reste à savoir si le Sénégal choisira de maintenir sa ligne actuelle — refus d’une restructuration et recherche d’un programme appuyé par le FMI — ou si les conclusions des analyses en cours obligeront le gouvernement à reconsidérer sa position. Dans un contexte où les finances publiques sont sous tension et où la confiance des partenaires est cruciale, chaque décision pèsera lourd dans les prochains mois.

L’État du Sénégal ouvre un emprunt obligataire de 400 milliards FCFA pour soutenir la vision « Sénégal 2050 »

L’État du Sénégal a officiellement lancé une opération d’emprunt obligataire par appel public à l’épargne d’un montant global de 400 milliards FCFA. Ouverte à la souscription du 2 au 22 décembre 2025, cette mobilisation de ressources vise à renforcer le financement des projets structurants inscrits dans la vision stratégique « Sénégal 2050 ». Cette dernière ambitionne d’accélérer la transformation économique du pays à travers des investissements ciblés dans les infrastructures, les secteurs productifs et les services publics essentiels.

L’offre obligataire se décline en quatre maturités destinées à répondre à différents profils d’investisseurs. La première émission, d’une durée de 3 ans, porte sur un montant de 85 milliards FCFA avec un taux d’intérêt fixé à 6,40 %. La seconde concerne une maturité de 5 ans pour un montant total de 125 milliards FCFA et offre un rendement de 6,60 %. Une troisième tranche est proposée sur une durée de 7 ans, avec un volume de 105 milliards FCFA et un taux de 6,75 %. Enfin, une dernière émission d’un montant de 85 milliards FCFA est étalée sur 10 ans avec un taux d’intérêt de 6,95 %. Ces différentes maturités visent à diversifier les opportunités d’investissement, tout en garantissant à l’État une meilleure structuration de son financement à moyen et long termes.

L’opération est pilotée par le Trésor Public, qui en assure la conduite opérationnelle, avec l’accompagnement d’Invictus Capital & Finance en tant qu’arrangeur et chef de file. Ce partenariat permet de renforcer la crédibilité de l’émission et d’optimiser son placement auprès des investisseurs institutionnels comme des particuliers. Les souscriptions sont ouvertes durant toute la période annoncée, via les canaux officiels mis à disposition, notamment les plateformes numériques dédiées et les contacts des structures financières partenaires.

À travers cette initiative, le Sénégal poursuit sa stratégie de recours maîtrisé au marché financier régional afin de soutenir la dynamique de développement et de consolider la confiance des investisseurs. L’emprunt obligataire s’inscrit ainsi comme un instrument essentiel dans la mise en œuvre des projets prioritaires, tout en contribuant à la modernisation de l’économie nationale et au renforcement de ses capacités de résilience.

Économie – Tournée départementale : le Président Moussa Fall (Aprodel) à l’écoute des femmes de Keur Socé et de Ndiaguéne

En visite dans le département ce dimanche, le Président Moussa Fall, leader du mouvement Aprodel, conduira une délégation pour une tournée de proximité dans la commune de Keur Socé et au village de Ndiaguéne. Cette mobilisation s’inscrit dans une dynamique d’échanges directs avec les acteurs locaux, particulièrement les groupements féminins engagés dans le développement communautaire.

Au cœur de cette journée, une assemblée générale réunira le Président Fall et les membres d’un GIE féminin. Les discussions porteront sur leurs initiatives économiques, les défis rencontrés et les mécanismes d’accompagnement susceptibles de renforcer leurs activités génératrices de revenus.

« Je salue le leadership, le courage et l’esprit d’innovation de ces femmes rurales. Je témoigne de leur rôle essentiel dans la vitalité économique du territoire », a déclaré Moussa Fall.

Il a réaffirmé la volonté d’Aprodel d’appuyer les projets structurants portés par les organisations féminines, notamment à travers la formation, la mutualisation des moyens et l’accès à de nouveaux partenariats, en matière d’équipements, de financement et de renforcement des capacités.

La tournée départementale se clôturera par une série de visites de terrain, illustrant l’importance que Moussa Fall accorde au dialogue direct avec les communautés et à la valorisation du leadership féminin comme levier essentiel du développement local.

Finances publiques : le Sénégal accélère l’assainissement budgétaire après les audits

La situation des finances publiques continue de dominer l’actualité nationale, dans un contexte marqué par un audit rigoureux mené par la Cour des comptes et l’inventaire de la dette confié au cabinet international Forvis Mazars. Ces travaux, rendus publics au mois de février 2025, ont servi de point d’appui au Gouvernement pour engager une phase plus profonde de consolidation budgétaire et de restauration de la transparence financière.

Dans la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, l’exécutif projette un déficit budgétaire de 7,8 % du PIB à la fin de l’année. Toutefois, une exécution plus lente de certaines dépenses pourrait ramener ce déficit à 7,5 % du PIB, une légère amélioration rendue possible par les premières mesures d’ajustement. En parallèle, les prévisions de recettes ont été révisées à la baisse. Les recettes du budget général devraient atteindre 4 668,9 milliards FCFA, contre 4 794,6 milliards FCFA dans la Loi de Finances Initiale, soit une réduction de 125,7 milliards FCFA. Cette contraction, équivalente à 2,6 %, tient principalement à l’actualisation des recettes internes, qui représenteront 4 382,3 milliards FCFA.

La pression fiscale, elle aussi revisitée, ressortirait à 18,9 % du PIB dans la LFR 2025. Ce niveau marque un léger recul par rapport aux prévisions initiales de 19,3 %, mais se situe encore au-dessus du taux atteint en 2024, évalué à 18,6 %. Le gouvernement entend poursuivre les réformes visant à élargir l’assiette, à renforcer la mobilisation des ressources internes et à améliorer l’efficacité des régies financières, afin de réduire la dépendance vis-à-vis de l’endettement extérieur.

Dans le même temps, les dépenses publiques ont été légèrement revues à la baisse et s’établissent à 6 364,7 milliards FCFA dans la LFR 2025, contre 6 395,1 milliards FCFA dans la LFI. Cette diminution globale de 30,4 milliards FCFA reflète les efforts de maîtrise engagés par les autorités. Toutefois, les charges d’intérêt sur la dette enregistrent une progression préoccupante. Elles sont désormais projetées à 1 060 milliards FCFA, bien au-dessus des 932,1 milliards FCFA initialement prévus. Par rapport aux 822,3 milliards FCFA payés en 2024, ces chiffres traduisent des hausses de 13,4 % et 28,6 %, témoignant de l’alourdissement du service de la dette et de la pression croissante des marchés financiers.

Les dépenses de personnel restent quant à elles stabilisées à 1 498 milliards FCFA, un signal de fermeté sur la masse salariale de l’État. Les transferts et subventions connaissent, en revanche, un ajustement à la baisse et devraient s’établir à 1 453,3 milliards FCFA, soit une réduction de 56,8 milliards FCFA. Cette orientation participe de la volonté de rationaliser les dépenses publiques tout en ciblant davantage les interventions sociales prioritaires.

C’est dans cet environnement exigeant que s’élabore le Projet de Loi de Finances Initiale (PLFI) pour 2026. Le document est conçu à un moment où le contexte international reste profondément perturbé, entre tensions géopolitiques récurrentes, chocs climatiques, ralentissement économique mondial et crise généralisée de la dette. Face à ces défis, le gouvernement propose un cadre budgétaire articulé autour d’une ambition centrale : rétablir les équilibres macroéconomiques tout en préservant l’investissement social et productif.

Le PLFI 2026 est présenté comme un budget de « redressement, de justice et de restauration de la confiance ». Sa philosophie repose sur trois axes prioritaires : la reconstruction des fondamentaux économiques, la modernisation de la gestion budgétaire et l’investissement dans un développement réellement endogène. Il met en avant des chantiers structurants dans les domaines de l’éducation, de la formation professionnelle, de la santé et de la couverture maladie universelle. L’accès à l’eau potable, la résilience climatique et les politiques de jeunesse et d’emploi constituent également des priorités affirmées.

Au-delà des enveloppes financières, ce budget ambitionne une transformation profonde de la gouvernance publique. Il prévoit des mesures structurelles destinées à moderniser le pilotage budgétaire, renforcer la reddition des comptes et refonder l’administration autour d’une logique de performance et de service au citoyen.

APRÈS LE DISCOURS DE CHEIKH DIBA SUR LES BESOINS DE LIQUIDITÉ DU SÉNÉGAL : Les obligations souveraines chutent

Les obligations souveraines du Sénégal ont reculé sur les marchés internationaux après que le ministre des Finances, Cheikh Diba, a alerté sur la nécessité pour le pays de disposer de liquidités supplémentaires, rapporte Bloomberg. Bien qu’il ait souligné que les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) se déroulent positivement, ses déclarations ont ravivé les inquiétudes des investisseurs quant à la capacité du Sénégal à gérer sa trésorerie à court terme.

À Londres, les obligations en dollars arrivant à échéance en 2033 ont perdu 1,6 cent par dollar, pour s’établir à 61,7 cents, enregistrant ainsi une deuxième journée de baisse. Les titres arrivant à maturité en 2031 ont, eux, chuté de 2,5 cents pour atteindre 64,64 cents. Ces mouvements reflètent la prudence des marchés face à la situation de liquidité du pays, même si sa solvabilité à long terme demeure globalement jugée solide.

Devant les députés, Cheikh Diba a précisé que « le Sénégal ne pose pas fondamentalement de problème de solvabilité, mais en matière de liquidité, nous avons désormais besoin d’un appui financier ». Cette mise au point intervient après la découverte, l’an dernier, d’une dette cachée de 7 milliards de dollars (près de 4 000 milliards de francs CFA) laissée par l’administration précédente. Cette affaire avait conduit le FMI à suspendre un plan de financement de 1,8 milliard de dollars (un peu plus de 1 000 milliards de francs CFA)

Le Sénégal est actuellement engagé dans des discussions avec le FMI en vue de mettre en place un nouvel instrument de financement. Selon Diba, des divergences subsistent sur « les critères, les hypothèses macroéconomiques et les mesures d’ajustement », mais il assure que « les discussions avec le Fonds se déroulent très bien ». Le FMI, de son côté, concentre son évaluation sur la dynamique de la dette sénégalaise et la viabilité de la stratégie de financement du pays.

Le ministre a également indiqué que des mesures sont en cours pour améliorer la gestion de l’endettement. Le gouvernement remplace progressivement des dettes jugées « à haut risque » par des emprunts aux conditions plus favorables et assortis de maturités plus longues, afin de dégager des marges budgétaires et d’alléger la pression sur les finances publiques. L’objectif annoncé est de ramener le déficit budgétaire à 5,3% du PIB d’ici 2026 contre 13,4% à la fin de 2024 puis à 3% en 2027, conformément au plafond fixé par l’UEMOA, alors que le déficit prévu pour 2025 s’établissait initialement à 7,8%.

Malgré ces tensions de liquidité, le Sénégal exclut toute restructuration de sa dette et réaffirme son engagement à honorer ses obligations envers les investisseurs internationaux, tout en poursuivant des efforts de discipline budgétaire. Cheikh Diba a insisté devant les parlementaires sur le fait que la restructuration n’était « pas une option ».

Le Dakarois

“Dette cachée” : Ousmane Sonko affirme que « le travail n’est pas achevé » et annonce la poursuite des investigations

La polémique autour de la « dette cachée » révélée par le Premier ministre Ousmane Sonko en septembre 2024 continue d’occuper le devant de la scène politique nationale. Ce vendredi, lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, plusieurs députés ont interpellé le gouvernement sur la nature, l’origine et l’ampleur de cette dette dont les contours demeurent encore flous pour une partie de l’opinion publique.

Face aux parlementaires, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a apporté une première clarification, indiquant qu’il s’agit d’une dette « qui n’a pas été communiquée au Fonds monétaire international (FMI) ». Une omission particulièrement préoccupante au regard des standards de transparence financière exigés par les partenaires internationaux. Mais au-delà du FMI, estime l’exécutif, c’est d’abord le peuple sénégalais qui a été tenu à l’écart de ces engagements contractés en son nom.

Prenant la parole à son tour, Ousmane Sonko a insisté sur cet aspect, rappelant que « l’Assemblée nationale devait être la première informée, car il s’agit d’une dette contractée au nom du peuple sénégalais ». Le chef du gouvernement a ensuite livré des éléments nouveaux, confirmant que les investigations engagées depuis plusieurs mois sont loin d’être terminées. « Le travail n’est pas achevé, les enquêtes se poursuivent », a-t-il affirmé, précisant que les premières découvertes ne représentent qu’une partie des irrégularités relevées.

Pour justifier la prolongation des travaux d’enquête, Sonko a évoqué deux motifs précis. Le premier concerne la dette bancaire intérieure, pour laquelle une « enquête minutieuse » est toujours en cours afin d’identifier la nature exacte des engagements, leurs bénéficiaires, ainsi que les mécanismes ayant permis de les dissimuler. Le second motif, qualifié de « plus préoccupant », porte sur des flux financiers importants opérés en dehors de toute procédure réglementaire. « Entre 2019 et 2024, plus de 1300 milliards de F CFA sont passés par un compte sans surveillance », a révélé le Premier ministre, soulignant la gravité d’un tel dysfonctionnement dans la gestion des finances publiques.

Ces révélations renforcent la détermination du gouvernement à poursuivre le travail d’audit engagé depuis son arrivée au pouvoir, dans une démarche qui vise, selon Sonko, à « éclairer pleinement les Sénégalais » sur la gestion de l’État durant les dernières années. L’exécutif affirme vouloir s’appuyer sur les conclusions de ces enquêtes pour renforcer les mécanismes de gouvernance, éviter la reproduction de telles pratiques et assainir définitivement les finances publiques.

Interpellé également sur les critiques visant le Plan de Redressement Économique et Social (PRES), un programme phare du gouvernement pour relancer l’économie, Ousmane Sonko a invité l’opposition à dépasser la posture de contestation et à formuler des propositions concrètes. « Si vous n’êtes pas d’accord avec le PRES, proposez mieux. Le pays a besoin d’avancer », a-t-il lancé, réaffirmant son engagement à mener les réformes jugées nécessaires malgré les résistances politiques.

Alors que les auditions et vérifications se poursuivent, la révélation de cette « dette cachée » continue d’ouvrir un large débat sur la transparence budgétaire, la responsabilité politique et le rapport entre pouvoir exécutif et institutions de contrôle. Les prochaines semaines seront décisives, à mesure que les résultats des investigations se préciseront et que les implications politiques de ces découvertes se feront sentir.

Rebasing 2021 : le Sénégal revoit son PIB à la hausse et améliore ses indicateurs macroéconomiques

Le Sénégal vient d’opérer une révision majeure de ses comptes nationaux, un exercice essentiel pour mieux capter la réalité économique du pays. Dans une publication rendue publique ce 25 novembre 2025, l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) annonce officiellement le passage de l’année de base 2014 à une nouvelle année de référence, 2021. Cette mise à jour, appelée rebasing, consiste à moderniser le système statistique en intégrant les dernières données disponibles, de nouvelles nomenclatures et une méthodologie améliorée de calcul du PIB et des agrégats macroéconomiques.

L’ANSD souligne que cette révision répond à la nécessité de refléter plus fidèlement la structure actuelle de l’économie sénégalaise, profondément transformée ces dernières années par l’essor de nouveaux secteurs, la digitalisation, l’évolution des services et l’amélioration des systèmes d’information économique. L’institution indique ainsi que le changement d’année de base a intégré de nouvelles enquêtes, des sources actualisées et une couverture élargie d’activités jusqu’ici mal mesurées ou insuffisamment prises en compte. Ces améliorations représentent à elles seules plus de onze points sur l’évolution du PIB.

L’impact le plus visible de cette opération est la revalorisation du produit intérieur brut. Avec la nouvelle base 2021, le PIB du Sénégal pour cette année-là est désormais estimé à 17 316 milliards de francs CFA, contre 15 261 milliards selon l’ancienne base 2014. L’économie sénégalaise affiche ainsi une hausse de 13,5 %, soit une revalorisation totale de 2 054,7 milliards de francs CFA. Ce saut statistique ne traduit pas une croissance réelle supplémentaire, mais plutôt une meilleure photographie de l’activité économique. Il permet d’intégrer des branches émergentes et de moderniser la lecture des performances nationales.

La structure de l’économie s’en trouve également remodelée. Le secteur tertiaire, moteur dominant de l’activité, voit son poids progresser sensiblement, passant de 50,5 % du PIB à 53,4 %. Le secteur secondaire, en revanche, se replie légèrement de 23,9 % à 22,6 %, un ajustement qui reflète sans doute une meilleure réévaluation du poids réel de l’industrie et des activités extractives. Le secteur primaire, quant à lui, maintient son importance mais reste relativement stable dans la nouvelle configuration statistique.

Cette révision a également un impact direct sur les principaux indicateurs macroéconomiques du Sénégal. La nouvelle valeur du PIB permet d’améliorer mécaniquement plusieurs ratios utilisés pour évaluer la santé et la soutenabilité de l’économie. Le solde budgétaire global, rapporté au PIB, se redresse en passant de -13,3 % à -11,8 %. Le taux d’endettement public connaît lui aussi un allègement notable, passant de 90,8 % à 80 % du PIB. Cette baisse de dix points renforce la capacité du Sénégal à respecter les critères de convergence régionaux et à présenter une situation budgétaire plus soutenable.

Par ailleurs, le taux de pression fiscale pour l’année 2021 est désormais évalué à 15,9 %, contre 18 % auparavant. Si la pression fiscale semble moins élevée, cela découle surtout de la réévaluation du PIB, et non d’une diminution effective des recettes. Le solde extérieur courant, indicateur clé de la balance des paiements, s’améliore également, passant de -12,1 % du PIB à -10,7 %.

En résumé, ce changement de base opéré par l’ANSD offre une vision plus précise, plus moderne et plus réaliste de l’économie sénégalaise. Il redessine les contours des performances macroéconomiques du pays et repositionne plusieurs indicateurs stratégiques sur des niveaux plus favorables. Cette révision, attendue depuis plusieurs années, constitue un outil essentiel pour la planification économique, la conception des politiques publiques et l’évaluation des objectifs de développement.

Le Sénégal révise à la hausse son PIB après le rebasing de ses comptes nationaux

Le Sénégal a officiellement finalisé le processus de rebasing de ses comptes nationaux, prenant désormais 2021 comme année de base. Cette opération, qui consistait à recalculer le produit intérieur brut (PIB) du pays sur la base de nouvelles données et méthodes, a abouti à une révision significative à la hausse de la richesse nationale. Le nouveau PIB du Sénégal pour 2021 est désormais estimé à 17 316 milliards de francs CFA, contre 15 261 milliards de francs CFA selon l’ancienne base, soit une augmentation de 13,46%.

Selon Malick Diop, chef de la division de la Comptabilité nationale à l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), cette réévaluation s’explique par plusieurs facteurs. La première raison majeure réside dans l’intégration de nouvelles enquêtes et l’amélioration de la couverture statistique, qui ont contribué à 11,64% de l’augmentation totale. À cela s’ajoute la mise à jour des données courantes et la révision de certaines classifications, apportant une contribution supplémentaire de 3%.

Cependant, l’agence souligne que certaines modifications méthodologiques ont entraîné une réévaluation à la baisse du PIB, à hauteur de 1,18%. Cette correction reflète l’ajustement des méthodes de calcul pour mieux refléter la réalité économique du pays.

Le rebasing des comptes nationaux est une étape cruciale pour l’économie sénégalaise, car il permet de disposer de données plus précises et actualisées sur la taille et la structure de l’économie. Cette nouvelle estimation du PIB aura des implications importantes pour la planification économique, la politique budgétaire et l’attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux.

Sénégal–BOAD : un partenariat stratégique pour maximiser la valeur des actifs publics

L’État du Sénégal et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération économique en signant un protocole d’accord majeur portant sur la valorisation des actifs publics. Cet accord fixe un cadre de partenariat stratégique destiné à soutenir de manière durable la stratégie de financement du pays, à consolider sa trajectoire financière et à accompagner ses ambitions de développement.

Au cœur de ce dispositif se trouve le Fonds de Valorisation des Actifs du Sénégal (FOVAS), un mécanisme innovant conçu pour exploiter pleinement le potentiel économique des infrastructures publiques du pays. L’objectif est de générer de nouvelles recettes à partir de ces actifs afin de diversifier les sources de financement de l’État. À terme, cette démarche vise à renforcer la croissance économique, à améliorer la mobilisation des ressources et à élargir les marges de manœuvre budgétaires.

Le FOVAS permettra de regrouper des infrastructures stratégiques au sein d’un cadre dédié, de manière à optimiser leur gestion, attirer des investisseurs et améliorer la qualité des services rendus aux populations. Dans cette dynamique, la BOAD jouera un rôle central. L’institution financière sous-régionale mettra à disposition son expertise en structuration financière et agira comme catalyseur pour encourager la participation d’investisseurs privés ainsi que l’appui de partenaires internationaux au développement.

Pour le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, ce protocole marque « une avancée majeure pour le Sénégal ». Il souligne que le FOVAS dépasse le simple cadre d’un outil financier : il incarne la volonté de l’État de mieux organiser l’exploitation économique de ses actifs publics, afin d’en tirer davantage de valeur, de consolider sa situation budgétaire et de soutenir son développement. Selon lui, l’appui technique et financier de la BOAD jouera un rôle déterminant dans la réussite de cette initiative stratégique.

De son côté, le Président de la BOAD, Serge Ekue, insiste sur la convergence de vues entre son institution et le Gouvernement sénégalais. Il rappelle que la BOAD entend accompagner le Sénégal dans la libération du potentiel économique de ses actifs stratégiques, tout en garantissant des investissements durables et en renforçant la résilience financière du pays. Pour lui, ce partenariat contribuera également à dynamiser l’intégration régionale en renforçant les capacités d’investissement du Sénégal.

Projet de budget 2026 : une baisse de 151 milliards FCFA pour le ministère des Finances et du Budget

La Commission des Finances et du Contrôle budgétaire a bouclé, ce vendredi 21 novembre, son marathon budgétaire par l’examen et l’adoption du budget des dépenses communes et du Projet de budget 2026 du ministère des Finances et du Budget. Ce dernier a été défendu devant les commissaires par le ministre Cheikh Diba, marquant ainsi la fin du cycle d’audition des différents départements ministériels.

Pour l’exercice 2026, les dépenses communes ont été arrêtées à 902,46 milliards FCFA en Autorisations d’Engagement et 487,94 milliards FCFA en Crédits de Paiement. Comparé à l’exercice 2025, les crédits de paiement enregistrent une progression de 3,4 %, soit une hausse chiffrée à 15,95 milliards FCFA. Cette augmentation est principalement tirée par les investissements structurants de l’État, notamment le paiement des impôts et taxes liés aux marchés financés sur ressources extérieures, ainsi que les chantiers engagés dans la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) et de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) dont le Sénégal est partie prenante.

Cependant, cette dynamique haussière est nuancée par plusieurs facteurs. La baisse des dépenses de personnel, liée à une programmation plus rigoureuse, a permis de réduire les charges. À cela s’ajoute la non-reconduction de certains crédits auparavant logés dans des chapitres tels que la modernisation de la gestion des finances publiques, le Fonds pour le Renforcement des Investissements Structurants dans les Pôles Territoriaux ou encore le Programme d’Investissements Structurants.

Concernant le budget du ministère des Finances et du Budget proprement dit, l’année 2026 se présente sous le signe de la contraction. Le MFB voit ses Autorisations d’Engagement fixées à 681,8 milliards FCFA, tandis que les Crédits de Paiement s’élèvent à 676,3 milliards FCFA. Par rapport à 2025, cette enveloppe recule de 151,1 milliards FCFA, soit une baisse de 18,3 %. Les programmes du ministère sont les plus touchés par cette réduction, en particulier celui consacré au pilotage, à la coordination et à la gestion du MFB, dont le budget chute de 466,3 milliards FCFA en 2025 à 269,4 milliards en 2026. Le programme « Élaboration des lois de finances et Suivi de l’exécution » connaît également une contraction, passant de 36,9 milliards à 24,5 milliards FCFA.

Avec la clôture des travaux en commission, le processus budgétaire entre désormais dans sa phase décisive. Les débats se poursuivront en séance plénière où les députés seront appelés à se prononcer sur le budget global de l’État pour l’année 2026. Les arbitrages qui en découleront devraient renseigner sur les priorités gouvernementales dans un contexte marqué par la recherche d’une meilleure efficience des dépenses publiques et une rationalisation accrue de l’action budgétaire.

Budget 2026 du MASAE : une baisse technique des crédits, mais une hausse stratégique des investissements futurs

Le projet de budget 2026 du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (MASAE) a été examiné et adopté ce mardi 18 novembre 2025. Devant la représentation nationale, le ministre Mabouba Diagne a défendu une enveloppe budgétaire marquée par une évolution contrastée, entre contraction des crédits de paiement et augmentation notable des autorisations d’engagement. Une dynamique qui, selon lui, prépare l’ouverture d’un nouveau cycle d’investissements structurants pour le secteur agricole et pastoral.

Pour l’exercice 2026, le budget du MASAE est fixé à 247,59 milliards de francs CFA en crédits de paiement. Ce montant représente une baisse de 18,69 % par rapport à la Loi de Finances Initiale de 2025, soit une diminution totale de 56,90 milliards. Une contraction que le ministre a qualifiée de « technique », expliquant qu’elle découle de la clôture en 2025 de plusieurs projets et programmes pluriannuels arrivés à terme. Ainsi, la baisse ne reflète pas une réduction des ambitions, mais plutôt la fin naturelle des engagements financiers liés à des initiatives antérieures.

En parallèle, le ministère enregistre une forte progression des autorisations d’engagement, qui s’élèvent désormais à 427,01 milliards de francs CFA, soit une hausse de 37,88 %. Avec un bond de 117,32 milliards par rapport à 2025, cette augmentation traduit une volonté assumée du gouvernement de mobiliser de nouvelles ressources pour impulser une phase d’investissements majeurs. Elle s’explique notamment par les prévisions de signature de conventions de financement destinées à de nouveaux projets agricoles et pastoraux, principalement sur ressources externes. Le gouvernement prépare ainsi le terrain pour des chantiers structurants à long terme.

Devant les députés, Mabouba Diagne a rappelé que la mission fondamentale du MASAE reste la consolidation de l’autonomie alimentaire du Sénégal. Pour 2026, les priorités se déclinent autour d’une dynamique d’intensification, de modernisation et de résilience. Le ministère entend renforcer la production agricole à travers la mécanisation, l’irrigation et l’amélioration de l’accès aux intrants et aux semences certifiées. Il ambitionne également d’accélérer la structuration des principales filières stratégiques, notamment le riz, le mil, le maïs, l’arachide et les cultures horticoles, afin d’en améliorer la productivité, la compétitivité et la valeur ajoutée.

L’élevage reste également au cœur des préoccupations. Le gouvernement prévoit des investissements renforcés dans l’alimentation animale, la santé vétérinaire et la création ou la réhabilitation d’infrastructures pastorales, en particulier les points d’eau destinés aux troupeaux. Dans le même esprit, le ministère souhaite intensifier la transformation agroalimentaire afin de soutenir la montée en gamme des produits locaux et de réduire la dépendance vis-à-vis des importations.

La gouvernance foncière constitue un autre enjeu majeur abordé dans le budget. Le MASAE veut engager des réformes pour une gestion plus transparente et plus efficace des terres agricoles, garantissant une meilleure sécurité pour les producteurs et facilitant l’accès aux investissements. Enfin, la résilience climatique demeure une priorité transversale, avec un effort accru pour promouvoir l’agriculture durable, la gestion rationnelle des ressources hydriques et l’adaptation aux aléas climatiques qui menacent régulièrement la production.

En clôturant sa présentation, le ministre Mabouba Diagne a rappelé la dimension stratégique des secteurs agricole et pastoral, au-delà de leur simple contribution économique. « L’agriculture et l’élevage ne sont pas seulement des secteurs productifs ; ils constituent la base de notre souveraineté et la première garantie de stabilité sociale. Notre ambition est d’assurer un Sénégal qui produit et qui nourrit », a-t-il déclaré, réaffirmant l’engagement du gouvernement à consolider les fondations d’un modèle agricole résilient, moderne et souverain.

Sénégal : face aux contraintes des marchés internationaux, l’État intensifie son recours au marché financier régional

Confronté à une série de déclassements de sa note souveraine et à un accès devenu particulièrement limité au marché financier international, le Sénégal continue d’orienter l’essentiel de sa stratégie de financement vers le marché régional de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette dynamique, déjà perceptible depuis plusieurs mois, s’est encore renforcée avec la réussite de la dernière opération de mobilisation de ressources.

Vendredi dernier, l’État sénégalais a levé 99 milliards de francs CFA auprès des investisseurs régionaux, une performance saluée par le ministère des Finances comme un signe de « confiance renouvelée » de la place financière de l’UEMOA. Cette levée constitue un ballon d’oxygène pour les finances publiques dans un contexte où les marges de manœuvre restent contraintes par le resserrement des conditions d’emprunt à l’international, conséquence directe des révisions à la baisse des notations souveraines.

Porté par cette dynamique favorable, le Sénégal prévoit déjà une nouvelle sortie sur le marché régional. Selon les informations du quotidien Le Quotidien, une émission de 95 milliards de francs CFA est programmée pour le 28 novembre prochain. Cette démarche témoigne de la volonté des autorités de maintenir un rythme soutenu de refinancement afin d’assurer la continuité des politiques publiques, de soutenir la trésorerie de l’État et de respecter ses engagements financiers.

L’encours global de la dette du Sénégal sur le Marché des titres publics de l’UEMOA atteint désormais 4 307,86 milliards de francs CFA, d’après les chiffres cités par le journal du groupe Avenir Communication. Ce volume illustre la dépendance grandissante du pays vis-à-vis de ce mécanisme de financement régional, devenu un levier essentiel pour compenser la fermeture relative des marchés internationaux.

Si cette stratégie permet au Sénégal de maintenir sa capacité de financement dans un environnement international peu favorable, elle soulève néanmoins des enjeux de soutenabilité. Le recours fréquent aux adjudications régionales accroît la pression sur la dette domestique et peut générer une concurrence accrue avec le secteur privé pour l’accès au crédit. Toutefois, dans l’immédiat, le marché de l’UEMOA demeure l’un des rares canaux où l’État peut mobiliser rapidement des ressources en volumes importants et à des conditions jugées encore relativement supportables.

Budget de l’État au 3ᵉ trimestre 2025 : recettes en hausse mais déficit alarmant de 1 059 milliards de F CFA

L’exécution du budget de l’État du Sénégal au troisième trimestre 2025 révèle une situation financière marquée par un contraste saisissant entre la progression notable des recettes publiques et l’ampleur persistante du déficit budgétaire, évalué à 1 059 milliards de francs CFA. C’est ce qui ressort du rapport d’exécution trimestrielle consulté par Ledakarois, document qui met en lumière à la fois des avancées encourageantes en matière de mobilisation des recettes et des défis structurels liés aux dépenses publiques et à la dynamique de financement.

Selon les chiffres communiqués, les recettes du budget général ont atteint 3 254 milliards de francs CFA à fin septembre 2025, soit un taux de réalisation de 69,7% par rapport à l’objectif annuel fixé à 4 668,9 milliards. Cette performance représente une hausse de 367,5 milliards de francs CFA, correspondant à une progression de 12,7% en glissement annuel. Cette augmentation est attribuée aux efforts de recouvrement déployés par les services fiscaux, appuyés par des dispositifs d’élargissement de l’assiette, de digitalisation des procédures et d’intensification du contrôle fiscal.

Les recettes fiscales se chiffrent à 2 987,9 milliards de francs CFA, avec un taux de réalisation de 72,9% de la cible annuelle, traduisant une croissance de 7,6% par rapport à la même période de 2024. Les recettes non fiscales affichent un montant de 214,2 milliards, avec un taux de réalisation supérieur à 75%, confirmant leur bonne dynamique. Cependant, les dons restent nettement en deçà des attentes, ne représentant que 18,1% des prévisions, avec seulement 52 milliards mobilisés, ce qui souligne une dépendance limitée à ces flux mais pose la question de la coopération financière internationale et de la mise en œuvre de certains programmes cofinancés.

Malgré l’amélioration des recettes, l’État est confronté à un important déficit, qui a nécessité le recours massif à des financements de trésorerie. Le rapport indique que les ressources mobilisées à cet effet s’élèvent à 3 655,8 milliards de francs CFA, soit 64% des besoins annuels. Une grande partie de ces ressources provient des marchés financiers, où l’État a levé 2 775,1 milliards, correspondant à un taux de réalisation de 73,6%. Cette forte sollicitation des marchés interroge sur la soutenabilité future de la dette, d’autant plus que certaines opérations ont été contractées sans autorisation parlementaire, alimentant le débat sur la gouvernance budgétaire et la transparence des engagements financiers.

Les dépenses publiques sont évaluées à 4 313 milliards de francs CFA, soit 67,8% des prévisions annuelles. Les dépenses ordinaires, estimées à 3 220,8 milliards, demeurent dominées par les transferts courants (1 169,4 milliards) et la masse salariale (1 082,8 milliards), confirmant la pression structurelle liée au fonctionnement de l’État. Les charges de la dette, qui représentent 705,7 milliards, témoignent de la lourdeur croissante liée au remboursement des emprunts, notamment ceux contractés hors cadre d’autorisation législative, un point déjà soulevé dans les débats nationaux sur la gestion de la dette publique.

Sur le volet des investissements, les résultats demeurent mitigés. Les dépenses en capital ont été exécutées à hauteur de 1 092,2 milliards, correspondant à un taux d’exécution globale de 56,4%. Une lecture plus détaillée révèle une meilleure performance des investissements financés sur ressources internes, réalisés à 71,4%, alors que ceux dépendants des ressources externes n’ont atteint que 49,9%, traduisant des lenteurs administratives, des retards dans le décaissement des partenaires techniques et financiers, ainsi que des contraintes liées à la maturité des projets. Par ailleurs, le rapport souligne que les investissements directs de l’État restent particulièrement faibles, estimés à seulement 40,8 milliards de francs CFA, soit 27,4% des prévisions, soulevant des inquiétudes quant à la capacité de l’État à accélérer la transformation structurelle et les infrastructures productives.

Au total, ces résultats révèlent un paradoxe budgétaire : une amélioration de la mobilisation des ressources internes, mais des dépenses qui demeurent lourdes, rigides et difficilement compressibles, associées à une forte pression sur l’endettement et un rythme d’investissement insuffisant pour soutenir les ambitions économiques inscrites dans les orientations stratégiques de l’État. Le dernier trimestre sera déterminant, notamment pour l’évaluation de la trajectoire budgétaire, de la capacité d’absorption des financements extérieurs et de l’impact réel des investissements sur la croissance nationale.

Nouveau choc financier : S&P abaisse encore la note du Sénégal et fait plonger ses obligations en dollars

Les obligations sénégalaises libellées en dollars ont enregistré une chute marquée sur les marchés internationaux après l’annonce d’un nouveau déclassement de la note souveraine du pays par l’agence S&P Global Ratings. Selon les informations publiées par L’Observateur, qui s’appuie sur les données diffusées la veille par Bloomberg, la dette sénégalaise à long terme en devises étrangères a été rétrogradée à la catégorie CCC, un niveau profondément spéculatif. Cette décision constitue la troisième dégradation de l’année 2025, révélant la persistance d’importantes fragilités au sein des finances publiques.

Pour justifier cette nouvelle notation, S&P met en avant une série d’indicateurs préoccupants, au premier rang desquels figure un endettement jugé excessif. L’agence signale également que le pays supporte des charges d’intérêts élevées, qui pèsent lourdement sur son budget. Elle souligne surtout l’absence de soutien financier extérieur depuis la suspension, l’année dernière, du programme de 1,8 milliard de dollars conclu avec le Fonds monétaire international. Bien que des discussions soient toujours en cours entre Dakar et le FMI pour la mise en place d’un nouveau mécanisme d’appui, aucune avancée significative n’a encore été officialisée, laissant planer une incertitude supplémentaire sur la capacité du pays à stabiliser ses finances.

La réaction des marchés n’a pas tardé. Les obligations sénégalaises arrivant à échéance en 2048 ont perdu 0,89 cent pour tomber à 58,06 cents hier à 13h53 à Londres, figurant ainsi parmi les plus fortes baisses enregistrées dans les marchés émergents. Celles arrivant à maturité en 2033 ont également reculé, s’établissant à 62,94 cents. Ces mouvements témoignent de la nervosité persistante des investisseurs, qui redoutent une aggravation de la situation financière du pays et la possibilité d’un accès plus difficile aux financements internationaux.

Alors que le Sénégal s’efforce de restaurer la confiance des marchés et de stabiliser ses comptes publics, ce nouveau déclassement complique davantage la tâche des autorités. La reprise d’un soutien multilatéral, notamment de la part du FMI, apparaît désormais comme un enjeu crucial pour rassurer les investisseurs et redresser les perspectives économiques du pays. En attendant, la dégradation de S&P vient rappeler l’urgence d’un rééquilibrage budgétaire capable de freiner la hausse de la dette et de réduire la vulnérabilité de l’économie sénégalaise face aux chocs extérieurs.

Crise économique au Sénégal : le RV/ACD alerte sur une situation « critique » et appelle à un sursaut national

Dans un communiqué rendu public ce dimanche 16 novembre 2025, le bureau politique du Rassemblement pour la Vérité/And Ci Degg (RV/ACD) a tiré la sonnette d’alarme sur la gravité de la situation économique et financière du Sénégal. Le mouvement dirigé par Cheikh Oumar Diagne s’est dit profondément préoccupé par l’évolution de la dette publique, qu’il estime avoir atteint un seuil critique, au moment où les exigences du Fonds monétaire international (FMI) se montrent de plus en plus pressantes.

Selon le RV/ACD, la récente dégradation de la note souveraine du Sénégal par l’agence de notation S&P Global Ratings vient confirmer la fragilité de l’économie nationale. Cette évolution, souligne le communiqué, devrait inciter les autorités à prendre la pleine mesure de l’urgence et à engager des actions concrètes pour éviter une crise encore plus profonde. Pour les membres du bureau politique, la situation actuelle appelle une réaction rapide et coordonnée de l’ensemble des forces vives de la Nation, afin de mettre en œuvre des solutions capables d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.

Le mouvement dénonce en outre les signaux inquiétants d’une société qu’il estime « asphyxiée ». Il cite notamment la cherté persistante de la vie, un chômage en hausse, et les récentes augmentations des tarifs de l’électricité et de l’eau, qui pèsent lourdement sur les ménages. À cela s’ajoute une pression fiscale jugée insoutenable, venant accentuer les difficultés d’un contexte économique déjà marqué par de fortes tensions sociales.

Le RV/ACD appelle ainsi les autorités à privilégier le dialogue et l’écoute pour juguler la fracture sociale qui menace la cohésion du pays. Il condamne fermement les opérations de déguerpissement menées sans solutions de relogement ni accompagnement préalable, estimant qu’elles ne font qu’aggraver la vulnérabilité des familles concernées et accentuer les inégalités.

Par ailleurs, le bureau politique invite l’État à garantir le bon fonctionnement des institutions et à œuvrer pour une justice impartiale, gage de stabilité et de confiance. Il plaide pour une unité nationale centrée sur les priorités essentielles, dans l’intérêt supérieur du Sénégal.

Enfin, le RV/ACD regrette la multiplication des batailles de positionnement politique qui, selon lui, « parasitent » l’espace public au détriment des urgences économiques. Le pays, affirme-t-il, a besoin de lucidité, de sérénité et d’actions structurantes afin de faire face à la crise qui secoue déjà de nombreux secteurs.

Sénégal : les eurobonds reculent après une troisième dégradation de la note souveraine par S&P Global Ratings

Les marchés financiers ont de nouveau réagi négativement à la situation budgétaire du Sénégal. Ce lundi, les obligations en dollars émises par l’État sénégalais ont enregistré un recul notable après que l’agence de notation internationale S&P Global Ratings a abaissé, pour la troisième fois en 2025, la note souveraine du pays, désormais classée à CCC+, soit sept niveaux en dessous de la catégorie « investment grade ». Cette décision, annoncée vendredi dernier, reflète selon l’agence une fragilité persistante des finances publiques, exacerbée par l’absence d’un programme d’appui financier officiel pleinement opérationnel.

Les eurobonds sénégalais arrivant à échéance en 2048 ont ainsi perdu 0,89 cent pour se négocier autour de 58,06 cents sur le dollar, figurant parmi les titres les plus en baisse sur les marchés émergents. Les obligations venant à maturité en 2033 ont également reculé pour atteindre 62,94 cents, signe que la confiance des investisseurs reste sous tension malgré les engagements affichés par les autorités.

Dans son analyse, S&P Global Ratings justifie cette nouvelle dégradation par un déséquilibre financier jugé préoccupant, notamment un niveau d’endettement élevé et une charge d’intérêts particulièrement lourde pour l’État. Selon l’agence, les mesures actuelles visant à stimuler la croissance et à renforcer la mobilisation fiscale, bien que significatives, ne suffisent pas, en l’absence d’un programme d’appui multilatéral crédible, à restaurer la soutenabilité financière dans un horizon proche.

La crise de confiance actuelle trouve son origine dans la suspension, l’an dernier, du programme de financement de 1,8 milliard de dollars conclu avec le Fonds monétaire international. Cette suspension est intervenue après la découverte d’un volume de dette estimé à 7 milliards de dollars, jusque-là non inscrit dans les déclarations officielles, et attribué à l’ancienne administration. Depuis lors, le gouvernement sénégalais tente de renégocier un nouvel accord avec le FMI, mais les discussions semblent progresser lentement, dans un contexte où les engagements budgétaires affichés apparaissent difficiles à tenir.

L’économiste Jacques Nel, responsable de l’analyse macroéconomique pour l’Afrique au sein du cabinet Oxford Economics, estime que le Sénégal fait face à une équation budgétaire complexe. Alors que les autorités prévoient une réduction rapide du déficit, passant de 5,4 % du PIB dès 2026 à 3 % en 2027, S&P juge ces projections irréalistes et anticipe plutôt un déficit de 8,1 % en 2026 et 6,8 % en 2027. Cet écart notable entre objectifs politiques et estimations techniques renforce la perception d’incertitude parmi les investisseurs internationaux.

Cette nouvelle dégradation représente un signal d’alerte supplémentaire pour Dakar, dont l’accès aux marchés internationaux pourrait être davantage restreint, avec des coûts d’emprunt en hausse et une exposition accrue au risque de refinancement. Elle intervient également à un moment où le gouvernement multiplie les efforts diplomatiques, financiers et institutionnels pour rétablir sa crédibilité, rassurer les partenaires internationaux et relancer la dynamique économique nationale.

La suite dépendra en grande partie de deux leviers : la conclusion d’un nouvel accord stabilisateur avec le FMI et la mise en œuvre concrète, soutenue et cohérente des réformes budgétaires annoncées.

Affaire à suivre de très près…

Les banques ivoiriennes face à l’exposition croissante à la dette sénégalaise : S&P tire la sonnette d’alarme

L’alerte vient de loin mais vise en plein cœur l’équilibre financier de l’UEMOA. Selon un article d’Agence Ecofin, l’agence de notation S&P Global Ratings met désormais en garde contre l’exposition croissante des banques ivoiriennes à la dette sénégalaise, alors que Dakar traverse la plus grave crise budgétaire de son histoire récente.

D’après les informations rapportées par Agence Ecofin, les banques basées à Abidjan détiennent désormais 42 % des titres publics sénégalais sur le marché régional, un niveau sans précédent dans l’Union. Au total, elles portent 1 800 milliards de FCFA, soit près de 3,1 % du PIB ivoirien. Cette montée en puissance résulte en grande partie de leur rôle d’intermédiation, ces établissements servant de relais aux investisseurs internationaux souhaitant accéder au marché obligataire de l’UEMOA, note S&P.

Si la Côte d’Ivoire conserve une notation souveraine stable de « BB/B », S&P souligne que l’environnement régional s’assombrit depuis la dégradation du Sénégal au rang « CCC+ » le 14 novembre 2025. La situation sénégalaise s’explique par un endettement réévalué à 119 % du PIB, des taux d’emprunt dépassant 7 %, des besoins de financement représentant 29 % du PIB en 2026, et des discussions incertaines avec le FMI, malgré la position ferme du Premier ministre Ousmane Sonko qui refuse toute restructuration. Dakar doit en particulier refinancer 2 600 milliards de FCFA de dette extérieure en 2026, un défi considéré comme colossal par les observateurs.

Face à cette situation, S&P estime toutefois que le risque de contagion à la Côte d’Ivoire reste limité. La dette ivoirienne est faiblement exposée aux investisseurs étrangers, seulement 2 % étant détenus par ces derniers. Les banques locales affichent une solvabilité robuste, évaluée à 16,3 %, et la liquidité demeure abondante sur un marché dominé par les investisseurs domestiques. La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) continue de jouer un rôle stabilisateur majeur, tandis que l’ancrage du franc CFA à l’euro constitue un facteur supplémentaire de sécurité.

L’agence de notation met également en avant les mesures proactives du gouvernement ivoirien, qui ont contribué à renforcer la résilience économique du pays. Le pays a émis le premier emprunt durable africain garanti par la Banque mondiale, a lancé un Samurai bond durable soutenu par la JBIC et a placé la première obligation en francs CFA sur un marché international. La Côte d’Ivoire a également procédé au rachat d’eurobonds afin de réduire les pressions futures sur sa dette. Ces initiatives, couplées à un accès privilégié aux financements concessionnels, ont permis de contenir la hausse du coût de la dette et de maintenir la stabilité financière.

Croissance économique 2025 : le Sénégal recule dans le classement africain et pointe au 9e rang

Le Sénégal continue de faire face à d’importants défis économiques, dans un contexte marqué par les révélations récentes autour de la dette publique. Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI), publiées par L’Observateur, le pays n’occupe que la 9e place dans le classement des dix économies africaines qui enregistreront les plus fortes croissances en 2025.

Avec un taux de croissance annoncé de 6%, équivalent à celui de la Gambie, du Djibouti et de la Tanzanie, le Sénégal se retrouve pourtant en avant-dernière position, ne devançant que la Tanzanie. Ce recul est symbolique d’un ralentissement plus profond, au moment même où le pays entame sa transition vers la production pétrolière et gazière.

En haut du classement, l’Éthiopie et la Guinée affichent des performances nettement supérieures, chacune atteignant 7,20% de croissance. L’Éthiopie doit cette progression à de vastes investissements dans les infrastructures énergétiques et de transport, associés à une politique d’ouverture de son économie destinée à dynamiser l’industrie manufacturière. La Guinée, de son côté, profite de l’essor de ses secteurs minier et énergétique.

Le Bénin se positionne parmi les pays les plus dynamiques, avec une croissance projetée de 7%, portée par une diversification économique en cours, le développement de ses infrastructures portuaires et une amélioration notable de l’environnement des affaires. La Côte d’Ivoire, avec 6,40%, s’appuie sur des réformes économiques ambitieuses, des investissements publics massifs et la solidité de son agriculture, notamment sa production de cacao, la plus importante au monde.

Pour le Sénégal, les perspectives demeurent mitigées. Malgré son entrée dans le cercle des producteurs de pétrole et de gaz, la croissance n’atteint pas encore le niveau espéré. Le contexte reste d’autant plus complexe que le FMI tarde à formaliser de nouveaux accords économiques avec les autorités sénégalaises, laissant planer une incertitude sur la capacité du pays à consolider ses finances publiques.

Alors que 2025 s’annonce comme une année charnière, le Sénégal devra accélérer les réformes structurelles, renforcer la gouvernance économique et valoriser pleinement son potentiel énergétique afin de retrouver une position plus favorable dans la dynamique de croissance du continent.

Finances publiques : Dakar lève 99 milliards FCFA sur le marché régional et franchit la barre des 2 000 milliards mobilisés en 2025

Le Sénégal vient d’enregistrer une nouvelle performance sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Lors de son émission simultanée de Bons et Obligations assimilables du Trésor (BAT et OAT) tenue le 14 novembre 2025, l’État a réussi à mobiliser 98,99 milliards FCFA, portant ainsi à 2 043 milliards FCFA le montant total levé depuis le début de l’année. Le pays dépasse désormais le seuil symbolique des 2 000 milliards, consolidant sa position parmi les signatures souveraines les plus dynamiques de la zone.

Cette opération intervient dans un contexte financièrement sensible, marqué par un discours ferme du gouvernement sur sa volonté d’honorer sans faille le service de sa dette tout en sécurisant les besoins de financement de l’exercice budgétaire. Ce message semble avoir été reçu par les investisseurs régionaux, qui ont répondu massivement à l’appel du Trésor. Les soumissions ont atteint 100,215 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 111,35%, témoignant d’une confiance accrue dans la résilience économique du pays.

Au terme des analyses techniques, le Trésor public a retenu 98,99 milliards FCFA, correspondant à 98,68% des offres reçues. Cette sélection s’est opérée à travers trois instruments financiers, avec une domination nette de l’Obligation assimilable du Trésor (OAT) à trois ans. Cette ligne a capté 72,8 milliards FCFA et représente près des trois quarts du montant total mobilisé, preuve de l’appétit des investisseurs pour les maturités intermédiaires jugées sécurisantes. Les Bons du Trésor à 364 jours ont mobilisé 24,7 milliards FCFA, tandis que l’OAT à cinq ans n’a attiré que 1,43 milliard FCFA, une performance plus modeste qui montre une prudence persistante sur le long terme.

Afin de garantir l’équilibre de l’opération, le Sénégal a procédé à des ajustements sur les rendements proposés. Le coût de l’emprunt à court terme a été relevé, avec un rendement moyen pondéré du BAT 364 jours qui est passé de 6,75% à 7,32%, soit une augmentation de 57 points de base. À l’inverse, le Trésor a réussi à réduire le taux de ses emprunts à moyen terme, notamment sur l’OAT à trois ans, dont le rendement est passé de 7,61% à 6,89%. Une baisse, signe d’une amélioration perçue de la qualité du risque souverain sur cette maturité. Quant à l’OAT à cinq ans, le taux a été légèrement ajusté de 7,46% à 7,43%, confirmant la volonté de maîtriser le coût global de la dette.

La répartition géographique des souscriptions met en évidence la confiance des investisseurs régionaux, avec une contribution particulièrement forte des acteurs locaux. Les investisseurs sénégalais arrivent en tête avec 49,86 milliards FCFA, soit un peu plus de la moitié des montants retenus. Ils sont suivis par les investisseurs ivoiriens, qui ont mobilisé 34,10 milliards FCFA, traduisant la solidité du partenariat financier entre les deux premières économies de l’UEMOA sur le marché des titres. Les investisseurs du Togo, du Burkina Faso et du Bénin ont également participé, apportant respectivement 6 milliards, 5 milliards et 3,9 milliards FCFA.

En dépassant la barre des 2 000 milliards mobilisés en moins d’un an, le Sénégal confirme son dynamisme sur le marché régional et sa capacité à attirer des capitaux malgré un environnement international marqué par l’incertitude et la pression sur les finances publiques. Cette dynamique constitue un levier important pour le financement des priorités nationales, tout en reflétant une gestion active et calibrée de la dette publique.

Sénégal : S&P abaisse la note souveraine à « CCC+ » face aux risques croissants sur la dette

Le Sénégal traverse une nouvelle zone de turbulences financières. L’agence de notation S&P Global Ratings a annoncé l’abaissement de la note souveraine à long terme en devises étrangères du pays à « CCC+ », contre « B- » auparavant. Cette dégradation traduit une hausse significative du risque de défaut, dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires du pays se réduisent dangereusement. S&P a également placé Dakar sous « CreditWatch » avec implication négative, signalant que d’autres abaissements pourraient suivre si le gouvernement ne parvient pas à refinancer ses importantes échéances commerciales prévues dans les prochains mois.

L’agence a, par ailleurs, ramené la note à court terme en devises étrangères à « C », tandis que la notation souveraine à long terme en monnaie locale a été maintenue à « B- ». Ce maintien reflète un risque relativement moindre sur la dette libellée en franc CFA, bien que l’environnement global reste fragile.

Pour justifier cette décision sévère, S&P pointe des besoins de financement publics exceptionnels en 2026. Selon les chiffres officiels communiqués par les autorités, ces besoins atteindraient 26 % du PIB, mais S&P estime qu’ils pourraient grimper jusqu’à 29 %. Une telle charge rend le pays fortement dépendant d’un accès fluide aux marchés financiers, dans un contexte où les coûts d’emprunt augmentent et où la confiance des investisseurs reste volatile.

La dette publique constitue un autre facteur d’inquiétude majeur. À fin 2024, celle-ci s’élèverait à 119 % du PIB, un niveau particulièrement élevé pour un pays classé dans la catégorie spéculative. En intégrant les arriérés budgétaires et les engagements des entités publiques liées à l’État, S&P estime que près de 9 points de PIB supplémentaires pèseraient sur la trajectoire budgétaire. Une accumulation qui place le Sénégal parmi les États les plus endettés de sa catégorie.

La situation a été aggravée par la suspension, en octobre 2024, du programme de 1,8 milliard de dollars du Fonds monétaire international. Cette suspension prive le pays d’un appui financier crucial et limite son accès à des financements concessionnels, généralement moins coûteux et plus longs que les emprunts classiques.

Le Sénégal s’est ainsi davantage tourné vers les marchés régionaux pour financer son budget. D’après S&P, près de 70 % du programme de financement 2025 a déjà été couvert via des émissions sur ces marchés. Mais les taux d’intérêt y dépassent désormais les 7 %, et les maturités y sont beaucoup plus courtes que celles proposées par les bailleurs internationaux, ce qui augmente la pression sur les finances publiques à court terme.

Malgré ce tableau sombre, S&P laisse la porte ouverte à une amélioration. L’agence estime qu’un relèvement de la note reste possible si le Sénégal parvient à refinancer ses prochaines échéances et à mettre en œuvre une consolidation budgétaire crédible. Pour l’heure, la situation reste incertaine, et les prochains mois seront décisifs pour la trajectoire financière du pays.

Sénégal : la crise politique entre Diomaye et Sonko éclipse les discussions cruciales avec le FMI sur la « dette cachée »

Alors que le Sénégal tente de rassurer ses partenaires financiers après la découverte de 7 milliards de dollars de dettes non déclarées laissées par l’ancien régime, une crise politique au sommet de l’État vient assombrir les perspectives des discussions en cours avec le Fonds monétaire international (FMI). Les tensions, longtemps évoquées en coulisses entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, ont éclaté au grand jour cette semaine, faisant craindre un affaiblissement de la cohésion gouvernementale à un moment critique.

La rupture est apparue lorsque le parti Pastef, dirigé par Sonko, a rejeté la décision du chef de l’État de prendre la tête de la coalition politique élargie qui avait porté les deux hommes au pouvoir en 2024. Ce refus a mis en évidence une rivalité jusque-là contenue, alimentée par des visions divergentes sur la conduite économique et politique du pays. Pour plusieurs observateurs, l’enjeu immédiat dépasse la simple querelle interne : il s’agit désormais de savoir si l’exécutif possède encore la stabilité suffisante pour mener les réformes complexes exigées par les partenaires financiers.

« La crise de la dette est passée au second plan et c’est la crise politique qui est devenue la priorité », analyse Ousmane Ndiaye, politologue basé à Paris et spécialiste du recul démocratique en Afrique. Cette impasse survient alors que le FMI a suspendu l’année dernière un programme de 1,8 milliard de dollars et que le pays cherche désespérément à rétablir sa crédibilité budgétaire après la révélation du passif caché de l’ancien pouvoir.

L’incertitude a été accentuée par les récentes déclarations d’Ousmane Sonko, qui a publiquement rejeté l’idée d’une restructuration de la dette lors d’un rassemblement à Dakar. Ses propos ont immédiatement pesé sur les marchés : les eurobonds sénégalais ont reculé, avant de se stabiliser légèrement lorsque le FMI a annoncé que les discussions se poursuivraient dans les prochaines semaines et qu’une nouvelle analyse de viabilité de la dette était en cours de finalisation. Les rendements restent toutefois nettement plus élevés qu’avant l’intervention de Sonko, signe d’une nervosité persistante.

Selon plusieurs experts, l’opposition du Premier ministre à une restructuration de la dette traduit la volonté de tenir sa promesse électorale de préserver la « souveraineté économique » du pays. Pour Amaka Anku, directrice Afrique chez Eurasia Group, cette posture s’explique par la crainte que le Sénégal devienne dépendant d’un financement extérieur conditionné par le FMI. Mais cette ligne politique risque de renforcer au sein de l’institution les doutes sur la capacité du gouvernement à adopter les mesures budgétaires nécessaires, notamment la réduction des dépenses publiques.

Eurasia estime désormais à 60 % la probabilité que le Sénégal finisse par accepter un programme du FMI impliquant une restructuration de la dette, soit en raison d’un durcissement des conditions de financement internationaux, soit en cas de départ du Premier ministre, ce qui faciliterait les arbitrages budgétaires que l’exécutif peine actuellement à trancher.

Le discours prononcé par Ousmane Sonko devant des milliers de sympathisants à Dakar a aussi soulevé des interrogations politiques immédiates. Pour Alioune Tine, fondateur du think tank AfrikaJom Center, l’événement ressemblait davantage à un lancement de campagne présidentielle qu’à une simple mobilisation partisane. « C’était presque du style américain. C’était clairement Sonko qui disait : ‘Je suis candidat pour 2029’ », explique-t-il.

Le duo Faye-Sonko, porté par une dynamique insurrectionnelle et populaire, avait renversé l’équilibre politique en 2024 lorsque Faye, jusqu’alors détenu, était devenu l’un des présidents les plus jeunes du continent avec le soutien déterminant de Sonko, écarté de la course en raison d’une condamnation pour diffamation. Mais selon Ousmane Ndiaye, les tensions actuelles trouvent racine dans un déséquilibre de légitimité : Sonko, figure dominante du mouvement, « a toujours considéré qu’il resterait la force directrice derrière Faye », tandis que ce dernier cherche désormais à exercer pleinement les prérogatives de sa fonction.

La situation politique s’est encore complexifiée après que la Cour suprême a confirmé une peine de six mois de prison ferme pour diffamation contre Ousmane Sonko, une décision qui pourrait le rendre inéligible pour la présidentielle de 2029. « Cette incertitude juridique redessine déjà le champ de bataille politique, ouvrant potentiellement la voie à un second mandat pour Faye si Sonko est empêché de concourir », souligne Ndiaye.

Au moment où le Sénégal tente de négocier son avenir économique avec le FMI, l’émergence de cette lutte interne pour le leadership risque de compromettre les marges de manœuvre du pays. Entre la nécessité de rassurer les investisseurs, l’urgence d’assainir les finances publiques et les calculs politiques en vue de 2029, la trajectoire du Sénégal demeure suspendue à la capacité de son exécutif à surmonter ses divisions internes.

Sénégal–FMI : Dakar rassure les investisseurs et réaffirme son engagement à honorer sa dette

Le Sénégal a tenu à envoyer un signal fort aux investisseurs internationaux en réaffirmant son engagement à poursuivre les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) et à honorer l’ensemble de ses obligations financières. Cette assurance est contenue dans une lettre adressée aux créanciers, consultée par Bloomberg, et émanant du ministère sénégalais des Finances.

Dans cette correspondance, les autorités indiquent être « résolument engagées » dans les négociations en cours avec l’institution de Bretton Woods. Le gouvernement précise également qu’il continuera de respecter scrupuleusement les échéances de sa dette extérieure, une précision importante dans un climat marqué depuis plusieurs mois par l’incertitude autour de la situation financière du pays.

Cette communication intervient alors que le Sénégal traverse une période de forte pression budgétaire, conséquence directe de la découverte de près de 7 milliards de dollars de dettes non déclarées par l’ancien régime, un scandale qui avait poussé le FMI à suspendre son programme d’appui de 1,8 milliard de dollars l’année dernière. Le pays s’est depuis engagé dans un processus de clarification et de rétablissement de la transparence budgétaire.

Plus tôt vendredi, les eurobonds sénégalais avaient enregistré une embellie après l’annonce du FMI indiquant qu’il s’achemine vers la finalisation d’une nouvelle analyse de viabilité de la dette du pays. Cet exercice technique est indispensable pour déterminer la capacité du Sénégal à recevoir un nouvel appui financier, et constitue un préalable à la reprise éventuelle d’un programme formel avec le Fonds. Pour les marchés, cette étape représente un test crucial pour évaluer la solidité de la stratégie économique du nouveau gouvernement.

Dans sa lettre, le ministère des Finances indique que l’exécution budgétaire au 30 septembre 2025 est conforme aux objectifs fixés dans la loi de finances. Les recettes hors dons et les dépenses courantes se situent toutes deux à 73 % des prévisions, ce qui témoigne, selon les autorités, d’un effort notable de consolidation des finances publiques. L’État affirme travailler simultanément sur trois axes : la stimulation de la croissance, l’amélioration de la mobilisation des ressources internes et un meilleur contrôle des dépenses publiques.

Ce message de fermeté financière survient à un moment sensible, alors que l’agence S&P Global Ratings doit réexaminer la notation souveraine du Sénégal. Actuellement classé B- et placé sous surveillance négative, le pays s’expose à un risque de déclassement si l’agence estime que les déséquilibres budgétaires persistent ou que les réformes tardent à produire des résultats tangibles.

Au-delà des marchés, cette prise de position vise également à rassurer les partenaires techniques et financiers, à un moment où la confiance internationale joue un rôle déterminant dans la capacité du Sénégal à mobiliser des financements extérieurs à des conditions soutenables. Le gouvernement de Dakar mise sur une communication proactive pour stabiliser les anticipations, éviter la montée des tensions sur sa dette et créer un environnement favorable à la poursuite de ses réformes économiques.

Tensions Faye–Sonko : la crédibilité du Sénégal fragilisée dans les négociations avec le FMI

Les inquiétudes des analystes internationaux s’intensifient face aux tensions au sommet de l’État sénégalais. Selon des informations publiées par Jeune Afrique, le différend désormais visible entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, Ousmane Sonko, ne se limite plus à un simple malaise interne. Il commence à peser sur la perception internationale, notamment dans les milieux économiques et financiers, au moment où le Sénégal cherche à conclure un nouveau programme de soutien avec le Fonds monétaire international (FMI).

La scène politique sénégalaise connaît depuis plusieurs jours une crispation inhabituelle. L’épisode survenu mardi entre les deux têtes de l’exécutif, largement commenté dans les médias et sur les réseaux, a ravivé les interrogations sur la cohésion de la gouvernance issue des dernières élections. Cette situation, auparavant confinée dans les couloirs du pouvoir, semble désormais avoir franchi les frontières nationales. Les analystes économiques internationaux, relayés par Jeune Afrique, estiment en effet que cette discorde interne pourrait fragiliser davantage la position du Sénégal dans un contexte déjà délicat.

Ce jeudi, l’économiste et ancien ministre délégué, El Hadj Ibrahima Sall, a rappelé que la confiance des marchés à l’égard du Sénégal s’était déjà érodée, notamment après les signaux mitigés envoyés lors du dernier Tera-meeting. Selon lui, les investisseurs et institutions financières scrutent avec une attention particulière les débats internes et les tensions politiques, perçus comme des indicateurs de stabilité ou d’incertitude. Dans ce climat d’observation internationale, tout accroc institutionnel peut donc peser lourd.

La situation est d’autant plus préoccupante que Dakar peine depuis plusieurs mois à obtenir l’aval du FMI pour un nouveau programme de soutien. Les discussions ont été ouvertes, prolongées, mais n’ont toujours pas abouti. Le Fonds, qui évalue autant la solidité économique que la cohérence politique d’un pays, n’a pas caché son besoin de garanties sur la trajectoire budgétaire et les réformes envisagées. Or, les analystes craignent que les récents signaux de division au sommet de l’État n’affaiblissent encore la capacité du Sénégal à présenter un front uni et crédible dans ces négociations cruciales.

Le FMI affine son évaluation sur la soutenabilité de la dette du Sénégal : un examen décisif pour l’avenir économique du pays

Le Fonds monétaire international (FMI) poursuit une analyse approfondie de la situation financière du Sénégal, un exercice décisif pour la relance d’une coopération financière suspendue depuis plus d’un an. À Washington, la porte-parole du Fonds, Julie Kozack, a confirmé que les équipes du FMI et celles de la Banque mondiale travaillent conjointement à la finalisation d’une analyse actualisée de la viabilité de la dette sénégalaise.

Cet examen technique, connu sous le nom de Debt Sustainability Analysis (DSA), vise à mesurer la capacité du pays à honorer ses engagements financiers sans compromettre sa stabilité budgétaire. Selon Mme Kozack, les discussions en cours portent notamment sur « la dynamique de la dette » et sur « la crédibilité de la stratégie de financement » adoptée par les autorités sénégalaises depuis l’arrivée du nouveau gouvernement. Autrement dit, le FMI veut s’assurer que le Sénégal est en mesure de rembourser sa dette tout en maintenant une trajectoire de croissance soutenable.

Cette évaluation intervient dans un contexte économique et politique particulier. En 2024, le précédent programme d’aide du FMI, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, avait été suspendu à la suite de la découverte d’une dette cachée de 7 milliards de dollars. Ces engagements financiers, contractés sous l’ancien régime, avaient gravement entamé la confiance des partenaires techniques et financiers, tout en exposant les fragilités de la gestion budgétaire du pays. Depuis lors, le Sénégal s’efforce de restaurer sa crédibilité sur la scène économique internationale, tout en maintenant un équilibre entre discipline financière et ambitions sociales.

Une mission du FMI s’est récemment rendue à Dakar afin d’approfondir les discussions avec les autorités. Cependant, selon plusieurs sources proches du dossier, aucun accord n’a encore été trouvé, la mission s’étant achevée sur des divergences concernant certaines projections macroéconomiques et le rythme d’ajustement budgétaire envisagé. Le retour à un programme formel avec le FMI dépendra donc des conclusions de cette analyse, qui devraient être présentées au conseil d’administration du Fonds dans les prochaines semaines.

Pour sa part, le Premier ministre Ousmane Sonko a adopté une position sans équivoque sur la question. Refusant toute perspective de restructuration ou de renégociation, il a déclaré que le Sénégal « honorerait ses engagements sans renoncer à sa souveraineté économique ». Cette posture, qui s’inscrit dans une logique de fermeté et d’indépendance financière, a suscité des réactions contrastées. Si elle est perçue par une partie de l’opinion comme un acte de dignité nationale, certains experts y voient une stratégie risquée dans un contexte de tension sur les marchés financiers internationaux.

En effet, les investisseurs ont réagi avec prudence à ces déclarations. Les rendements des obligations sénégalaises à long terme ont connu une hausse, traduisant une montée du risque perçu, tandis que ceux des titres à plus court terme ont légèrement baissé. Cette réaction mitigée témoigne d’une certaine nervosité des marchés, qui attendent avec attention les conclusions de l’analyse du FMI avant de se repositionner sur les titres souverains du Sénégal.

Malgré les incertitudes, le FMI a tenu à rassurer les autorités sénégalaises. Julie Kozack a affirmé que « le personnel et la direction du Fonds ne demanderont pas de remboursement anticipé » dans le cadre du programme suspendu, une déclaration destinée à éviter toute spéculation sur une éventuelle crise de liquidité.

Dans l’attente de la décision finale du conseil d’administration, le gouvernement sénégalais continue de mettre en œuvre des mesures d’assainissement budgétaire. Les efforts portent sur la rationalisation des dépenses publiques, la priorisation des investissements productifs et la réduction du déficit budgétaire, afin de rétablir un équilibre durable entre croissance et soutenabilité financière.

Si le FMI conclut à une dette viable, le Sénégal pourrait bénéficier d’un nouveau programme d’appui, ouvrant la voie à un financement plus souple et à une meilleure crédibilité auprès des marchés internationaux. En revanche, si l’analyse met en évidence des vulnérabilités persistantes, le pays sera contraint d’adopter des réformes structurelles plus contraignantes pour corriger sa trajectoire budgétaire.

Dette cachée au Sénégal : ce que savaient vraiment les institutions financières

L’affaire de la dette cachée, qui secoue actuellement le Sénégal, ne constitue en réalité aucune surprise pour les institutions financières internationales et nationales. C’est ce qu’affirme l’économiste et ancien ministre délégué El Hadji Ibrahima Sall, qui met en cause le rôle des différents acteurs chargés de la supervision des finances publiques. Selon lui, la Cour des comptes, la Banque centrale et le Fonds monétaire international (FMI) disposaient depuis longtemps de toutes les informations nécessaires pour mesurer l’ampleur du problème.

« Le FMI savait tout avant même la publication du rapport du gouvernement », affirme Ibrahima Sall. Il rappelle qu’en juillet 2018, le Fonds avait publié un document intitulé Évaluation de l’information financière, dans lequel il analysait la transparence et les risques liés aux finances publiques. Ce rapport pointait déjà des insuffisances dans la consolidation de la dette publique ainsi que des opérations de trésorerie non maîtrisées, signalant clairement que toutes les dettes n’étaient pas couvertes. Entre 2018 et 2020, un autre document du FMI consacré à la dette reprenait exactement les mêmes constats, confirmant que le problème était connu depuis plusieurs années. « Rien ne surprend le FMI dans cette affaire. Tout était écrit noir sur blanc », insiste l’ancien ministre.

La Cour des comptes, de son côté, aurait repris ces observations dans ses propres rapports, parfois « comme un simple copier-coller », selon Ibrahima Sall. Quant à la Banque centrale, elle ne pouvait ignorer la situation : toutes les opérations liées à la dette de l’administration centrale sont retracées dans ses comptes et apparaissent régulièrement dans les rapports trimestriels de politique monétaire. « La Banque centrale a l’obligation de déclarer ces dettes. Tout est déclaré au niveau des banques. Elles ne peuvent pas ne pas savoir », précise-t-il.

Pour l’économiste, la crise actuelle autour de la dette cachée révèle surtout un jeu complexe entre les institutions, dans lequel chacun cherche à préserver son image tout en ayant conscience de la réalité des faits. « Il faut savoir gérer ce jeu complexe et gérer les crises », note-t-il, mettant en lumière le dilemme entre transparence et stabilité financière.

Dette publique : le FMI renvoie le Sénégal à ses choix souverains

Le Fonds monétaire international (FMI) a affirmé, dans un communiqué relayé par Bloomberg, avoir discuté avec les autorités sénégalaises de plusieurs pistes pour faire face aux « importantes vulnérabilités liées à la dette » du pays. Toutefois, l’institution internationale précise qu’il revient au gouvernement sénégalais de décider souverainement de la manière dont il souhaite gérer cette situation.

Cette position intervient dans un contexte tendu sur les marchés financiers. Les déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, la semaine dernière, rejetant toute idée de restructuration de la dette publique, ont déclenché une nouvelle vague de ventes massives d’obligations sénégalaises, aggravant la pression sur les taux d’intérêt. Les rendements des eurobonds sénégalais ont fortement fluctué : celui des obligations à échéance 2031, qui avait connu lundi la plus forte chute jamais enregistrée, est retombé de cinq points de base à 15,32 % mardi matin à Londres, tandis que celui des titres à échéance 2048 a légèrement progressé à 11,97 %.

L’actuelle crispation entre Dakar et les bailleurs internationaux trouve ses origines dans la découverte, en 2024, de plus de 7 milliards de dollars de dettes non déclarées, accumulées sous le précédent régime. Cette révélation avait conduit à la suspension du précédent programme du FMI, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, gelé dans l’attente d’un audit complet et d’un assainissement budgétaire.

Une mission du FMI s’est rendue à Dakar la semaine dernière pour évaluer la situation macroéconomique et explorer la possibilité d’un nouvel accord de financement, mais les discussions se sont achevées sans conclusion. Le FMI a toutefois précisé que toute décision concernant une éventuelle restructuration de la dette dépendra d’une analyse de soutenabilité, dont les résultats sont attendus dans les prochaines semaines.

« Le choix et la nature spécifique des opérations sur la dette, y compris la décision de procéder ou non à une restructuration, relèvent d’une décision souveraine », a déclaré un porte-parole du FMI dans une réponse par courriel adressée à Bloomberg.

Pour le Premier ministre Ousmane Sonko, il n’est pas question de céder à une pression extérieure. Dans une déclaration publique, il a estimé que la dette du Sénégal restait soutenable et qu’une restructuration — perçue comme un aveu de faiblesse ou de défaut — n’était pas envisageable. Cette position s’inscrit dans une logique de souveraineté économique chère au tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko, qui prône une gouvernance plus indépendante des institutions financières internationales.

Mais cette intransigeance a un coût : selon Leeuwner Esterhuysen, analyste chez Oxford Economics, le refus de restructurer la dette « limite considérablement les marges de manœuvre du Sénégal si l’appui extérieur venait à être retardé ou réduit ». Sans restructuration, « le pays devra se tourner vers un financement intérieur plus coûteux ou opérer d’importantes coupes budgétaires, au risque de provoquer des tensions économiques et sociales », avertit-il.

Le FMI, de son côté, insiste sur son rôle d’assistance technique et analytique, non de contrainte politique. « L’analyse des politiques économiques et la formulation de recommandations font partie du mandat du FMI, mais les décisions finales appartiennent toujours aux autorités nationales », a rappelé son porte-parole.

Cette formulation diplomatique illustre bien la complexité de la situation : entre la volonté d’affirmer une souveraineté économique retrouvée et la nécessité de rassurer les investisseurs, le Sénégal avance sur une ligne de crête. Si le gouvernement campe sur sa position, il devra impérativement convaincre par des réformes internes crédibles, sous peine de voir les marchés se fermer davantage à lui.

Crise de la dette : le Sénégal rejoint le Gabon et le Mozambique dans le trio africain au bord de la faillite financière

Selon une analyse publiée ce mercredi par Bloomberg, les obligations souveraines du Sénégal ont atteint un niveau historiquement bas, plaçant le pays dans une situation de détresse financière aiguë et l’excluant de facto des marchés internationaux de capitaux. Une situation qui alarme les investisseurs et rappelle les récentes difficultés du Gabon et du Mozambique, deux autres États africains fragilisés par le poids de leur dette.

Les données de l’indice de JPMorgan Chase & Co., citées par Bloomberg, montrent que l’écart de rendement entre les obligations sénégalaises et les bons du Trésor américain s’est élargi à 1 077 points de base mercredi. Ce seuil, considéré comme la limite critique au-delà de laquelle un pays ne peut plus emprunter sur les marchés internationaux, signale une perte quasi totale de confiance des investisseurs. À titre de comparaison, le Mozambique affiche actuellement un écart de 965 points de base, tandis que la dette gabonaise a récemment franchi cette même barre symbolique.

Cette dégradation brutale de la signature du Sénégal intervient après la fin, sans accord, de la mission du Fonds monétaire international (FMI) à Dakar. Le FMI, qui négociait avec les autorités sénégalaises un nouveau programme d’appui financier, a quitté le pays sans conclusion, laissant planer de sérieux doutes sur la trajectoire budgétaire du gouvernement. Le précédent programme, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, avait été suspendu en 2024 après la révélation de dettes cachées estimées à plus de 7 milliards de dollars, un scandale qui continue d’éroder la crédibilité financière de l’État.

Dans un contexte de forte tension sur les marchés, les propos du Premier ministre Ousmane Sonko n’ont pas contribué à apaiser la situation. Ce dernier a clairement écarté, lors d’une déclaration le week-end dernier, toute possibilité de restructuration de la dette, préférant défendre la position d’un État souverain qui refuse d’être soumis à des conditions imposées par les bailleurs. Cette posture, jugée intransigeante par les investisseurs, a aussitôt provoqué une vente massive des obligations sénégalaises en dollars, entraînant une flambée des rendements. Les titres à échéance 2031 ont bondi de 122 points de base pour atteindre 16,87 %, selon Bloomberg, soit une hausse de près de 300 points de base en trois jours seulement.

Pour Mark Bohlund, analyste principal chez REDD Intelligence cité par Bloomberg, « le marché intègre désormais une probabilité significative de restructuration de la dette du Sénégal, et cette perception s’est renforcée depuis la déclaration du FMI du 6 novembre ». Selon lui, « cela signifie clairement que le Sénégal est aujourd’hui coupé de l’accès au marché des eurobonds ».

Le FMI, de son côté, reconnaît la gravité de la situation. Dans une note publiée mardi, l’institution financière a indiqué avoir « exploré plusieurs options avec les autorités sénégalaises » mais a laissé entendre que le gouvernement devait désormais décider comment gérer ses importantes vulnérabilités financières. Une manière diplomatique de signifier que la balle est désormais dans le camp de Dakar.

D’après Yvonne Mhango, économiste principale chez Bloomberg Economics, la viabilité de la dette sénégalaise passe désormais par une combinaison de rigueur budgétaire et de concessions des créanciers. Elle estime que pour stabiliser ses finances, le Sénégal devra dégager un excédent primaire équivalent à 2 % de son produit intérieur brut (PIB), tout en obtenant des “haircuts” (coupes dans le remboursement du principal) de la part des détenteurs d’eurobonds et d’autres prêteurs. « Même avec un ajustement budgétaire sévère, la charge de la dette restera insoutenable sans une réduction des créances », écrit-elle dans son rapport.

Certains analystes, toutefois, appellent à relativiser cette crise. Pour Simon Simond, spécialiste des marchés africains interrogé par Bloomberg, « le Sénégal ne constitue pas un risque systémique ». Il note que « la plupart des pays africains présentent aujourd’hui des perspectives économiques encourageantes, une amélioration de leurs réserves de change et une réduction progressive de leurs ratios d’endettement ». Cependant, reconnaît-il, la défiance des marchés à l’égard du Sénégal pourrait rapidement se propager à d’autres économies si le gouvernement ne parvient pas à rassurer ses partenaires financiers.

En dépit de ce climat d’incertitude, les autorités sénégalaises maintiennent leur position : pas de restructuration, pas de compromis sur la souveraineté économique. Une ligne politique assumée par Ousmane Sonko et par le président Bassirou Diomaye Faye, qui considèrent que la crise actuelle doit être surmontée par des réformes internes et une meilleure gouvernance, plutôt que par un nouvel endettement auprès des institutions internationales.

Mais pour les investisseurs, le constat est plus brutal : les obligations sénégalaises sont désormais classées dans la catégorie “distressed”, autrement dit, au bord du défaut de paiement. Si le gouvernement ne parvient pas à présenter rapidement un plan crédible de redressement, le risque est grand de voir le Sénégal perdre définitivement l’accès aux marchés financiers internationaux, un scénario qui rappellerait les crises de la dette des années 1980.

Dette du Sénégal : le FMI clarifie sa position après les accusations du Premier ministre Ousmane Sonko

Le Fonds Monétaire International (FMI) a confirmé, ce mardi, avoir tenu des discussions approfondies avec les autorités sénégalaises au sujet de la dette publique du pays, tout en précisant le rôle consultatif de l’institution. Cette mise au point intervient dans un contexte tendu, marqué par les récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, qui ont provoqué une onde de choc sur les marchés financiers.

Lors d’une sortie remarquée lundi, Ousmane Sonko avait accusé le FMI d’exercer des pressions sur le Sénégal afin d’imposer une restructuration de la dette nationale. Il avait alors affirmé que son gouvernement « n’accepterait pas » une telle mesure, jugée contraire à la souveraineté économique du pays. Cette déclaration a immédiatement eu un impact sur les marchés : les obligations internationales du Sénégal ont enregistré une forte baisse, témoignant de la nervosité des investisseurs face à la situation budgétaire du pays et à la tension entre Dakar et ses partenaires financiers.

En réponse, un porte-parole du FMI, cité par l’agence Reuters, a tenu à clarifier la nature des échanges menés avec les autorités sénégalaises. « La discussion des choix de politiques auxquels le Sénégal est confronté fait partie du rôle du Fonds, qui est d’offrir une analyse et des conseils d’experts à l’examen du gouvernement », a-t-il expliqué. Selon lui, le FMI ne cherche pas à imposer une ligne de conduite, mais à accompagner le pays dans l’évaluation de ses options économiques et budgétaires.

Le représentant du Fonds a par ailleurs insisté sur le respect du principe de souveraineté nationale. « Le choix et la nature spécifique des opérations de dette, et l’opportunité de chercher à restructurer des obligations de dette, demeurent une décision souveraine », a-t-il souligné, prenant soin de dissiper toute impression d’ingérence.

La mission du FMI, qui s’est achevée la semaine dernière à Dakar, n’a pas débouché sur un accord concernant un nouveau programme de financement. Cette absence de consensus reflète les divergences persistantes autour de la gestion de la dette publique sénégalaise et des mesures d’ajustement budgétaire jugées nécessaires par l’institution de Bretton Woods.

Pour rappel, le précédent programme de 1,8 milliard de dollars avait été suspendu en 2024 après la révélation de dettes cachées, dont le montant est désormais estimé à plus de 11 milliards de dollars. Ce scandale avait ébranlé la crédibilité financière du pays et provoqué une dégradation de sa note souveraine.

Aujourd’hui, alors que le Sénégal tente de restaurer la confiance des investisseurs et de stabiliser ses finances publiques, la relation avec le FMI s’annonce décisive. Entre la volonté affichée d’affirmer son indépendance économique et la nécessité de sécuriser de nouveaux financements, le gouvernement d’Ousmane Sonko se retrouve face à un exercice d’équilibre délicat.

Crise de la dette : Les Eurobonds sénégalais s’effondrent après la position ferme d’Ousmane Sonko

Les marchés financiers ont fortement réagi aux déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, qui a rejeté toute idée de restructuration de la dette publique extérieure du Sénégal. Cette position, exprimée à l’issue de discussions avec le Fonds monétaire international (FMI), a entraîné une chute notable des euro-obligations du pays, accentuant les incertitudes autour de la trajectoire budgétaire nationale. L’information a été rapportée dans un article de l’agence économique internationale Bloomberg.

À Londres, ce lundi, les obligations souveraines en dollars du Sénégal arrivant à échéance en 2031 ont reculé de 3,8 cents pour s’établir à 73,08 cents par dollar, soit la plus forte baisse jamais enregistrée sur une journée de clôture. Les titres arrivant à échéance en 2048 ont eux aussi diminué de 2,4 cents, atteignant 60,28 cents, leur plus forte chute depuis avril. Ces variations marquent la troisième séance consécutive de repli, confirmant la nervosité croissante des investisseurs.

Cette réaction du marché s’explique par la fermeté du Premier ministre, qui a affirmé, lors d’une rencontre politique, avoir rejeté une proposition de restructuration de la dette. Selon Ousmane Sonko, une telle démarche pourrait donner l’image d’un pays proche de la faillite, compliquer l’attraction des investissements étrangers et exposer l’État à des actions judiciaires de certains créanciers réclamant le paiement intégral des sommes dissimulées.

Depuis l’arrivée de la nouvelle administration en 2024, le Sénégal est confronté à une situation financière tendue. La découverte de 7 milliards de dollars de dette non déclarée, héritée du précédent régime, a provoqué une onde de choc sur les marchés internationaux, entraînant la suspension d’un programme de 1,8 milliard de dollars avec le FMI et plusieurs dégradations de notation souveraine.

Une délégation du Fonds a récemment séjourné pendant deux semaines à Dakar dans l’espoir de conclure un nouvel accord, mais la mission s’est terminée sans finalisation, bien que le FMI ait réaffirmé son engagement à poursuivre les discussions dans les plus brefs délais. L’institution souligne néanmoins que « des efforts significatifs » seront nécessaires pour assurer la soutenabilité de la dette.

Sans restructuration, le Sénégal devra s’appuyer davantage sur le financement intérieur et une discipline budgétaire renforcée. Le gouvernement a déjà engagé une réduction des dépenses publiques, notamment dans les budgets de fonctionnement, et introduit de nouvelles taxes sur le tabac, l’alcool, les jeux d’argent et les transactions via mobile money. Ousmane Sonko assure toutefois que ces mesures ne toucheront pas les services et produits de base tels que l’eau, l’électricité, le riz et le sucre, dans un contexte où le pouvoir d’achat des ménages reste fragile.

Certains analystes estiment que la position du Premier ministre peut être perçue comme un signal de souveraineté économique, tandis que d’autres alertent sur la nécessité urgente de restaurer la confiance des investisseurs étrangers. Pour l’heure, l’avenir reste suspendu aux conclusions de l’analyse de viabilité de la dette que le FMI doit finaliser dans les prochaines semaines. Cette étape sera cruciale pour déterminer la suite du programme d’ajustement et la capacité du pays à maintenir sa stabilité financière.

Sénégal : l’économiste Abdoul Cissé alerte sur une dette publique à 132 % du PIB et plaide pour une véritable protection sociale

L’économiste Abdoul Cissé tire la sonnette d’alarme sur la situation économique du Sénégal, à la lumière du dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI), qui estime la dette publique du pays à 132 % du produit intérieur brut (PIB). Invité de l’émission Jury du dimanche sur iRadio, ce 9 novembre, il a exhorté les autorités à freiner l’endettement et à mettre en place un régime général de protection sociale, condition essentielle, selon lui, pour rééquilibrer durablement la situation financière nationale.

Dès le début de son intervention, Abdoul Cissé a tenu un discours lucide et critique sur la trajectoire économique du pays. « Quand la dette monte, il faut à un moment donné s’arrêter. La dette a pris l’ascenseur, les actifs n’ont même pas pris les escaliers. Ils ont pris les échelles. C’est déjà problématique », a-t-il déclaré, soulignant ainsi le décalage croissant entre l’endettement public et la création réelle de richesses.

L’économiste a rappelé qu’il avait déjà, en 2017, alerté sur la dérive de la dette sénégalaise, sans que les avertissements ne soient suivis d’effet. Il est également revenu sur la position de l’ancien président Macky Sall, qui, en pleine crise du COVID-19 en 2020, avait plaidé pour une annulation de la dette africaine. « C’était une des rares fois où j’ai eu pitié de lui, confie-t-il. Parce que j’ai vu qu’il s’était comporté en bon père de famille. Il a dit, au temps du Covid, on ne peut pas continuer comme ça, la dette là, il faut l’annuler… Mais l’Afrique n’a pas poussé pour y arriver. Il avait bien raison de dire ça. »

Pour Abdoul Cissé, le véritable chantier de redressement économique du Sénégal ne se trouve pas dans la multiplication des emprunts, mais dans la construction d’un système de protection sociale solide et durable, apte à soutenir les populations et à renforcer la résilience nationale. « La solution à long terme, c’est d’instaurer un régime général de protection sociale. Et cela demande une approche progressive et ciblée », explique-t-il.

Il propose une mise en œuvre graduelle, adaptée aux capacités financières du pays : « Par exemple, si on choisit de démarrer par la branche santé, on ne rembourse pas forcément 100 % dès le début. On peut commencer à 60 %, en s’attaquant d’abord au problème des hôpitaux. Ensuite, on poursuit avec d’autres volets. Mais c’est tout un projet », a-t-il détaillé.

Selon lui, une telle réforme nécessite une expertise rigoureuse, combinant des analyses actuarielles et financières précises pour garantir sa viabilité. « Il y a une dimension technique très forte dans la mise en place d’un régime de protection sociale. Cela ne peut pas se faire sur des slogans, mais sur des bases solides », a-t-il insisté.

En conclusion, Abdoul Cissé invite les autorités sénégalaises à repenser le modèle de développement économique du pays. Pour lui, la maîtrise de la dette et la construction d’une véritable protection sociale ne sont pas des choix alternatifs, mais les deux piliers d’une croissance saine, inclusive et durable.

L’APR dénonce « l’échec du régime » et accuse le FMI d’ingérence dans les affaires internes du Sénégal

Dans un communiqué rendu public ce samedi, l’Alliance pour la République (APR) est sortie de sa réserve pour dresser un réquisitoire sévère contre le gouvernement en place. Le parti fondé par l’ancien président Macky Sall estime que le pays traverse une phase d’échec manifeste, désormais visible « aux yeux des populations, des entreprises et des partenaires ». Selon le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’APR, le régime actuel tente de « masquer son incurie » en insistant sur une prétendue dette cachée, tout en s’enfermant dans « le déni et la fuite en avant ».

L’APR rappelle que depuis le 26 septembre 2024, les accusations du gouvernement concernant la gestion des finances publiques entre 2019 et 2024 n’ont jamais été appuyées par des preuves concrètes. « Aucun document, aucun chiffre vérifiable, aucun rapport exhaustif n’a été produit jusqu’à ce jour par les accusateurs », souligne le communiqué, accusant le pouvoir de « verser dans la calomnie et la médisance, leur sport favori ».

Les déclarations d’Edward Gemayel dans le viseur

Au-delà du gouvernement, l’APR s’en prend également à Edward Gemayel, chef de mission du Fonds monétaire international (FMI), qu’elle accuse d’avoir validé « l’existence d’une dette cachée » à travers une prise de parole jugée « curieuse et préoccupante ». Pour le parti, ces déclarations n’engagent que leur auteur : « Le FMI, dont il est fonctionnaire, n’a à ce jour publié aucun document officiel à ce sujet. »

L’APR considère ainsi que « les propos d’un expert isolé n’engagent ni les États ni les institutions ». Le communiqué va plus loin, affirmant que les déclarations de M. Gemayel « visent à ternir la réputation du Sénégal et à attaquer la dignité de son peuple ». Le parti dénonce un comportement « inacceptable pour un fonctionnaire international », censé faire preuve de réserve et de neutralité vis-à-vis des débats politiques internes.

« Le SEN dénonce vigoureusement cette posture, qui rompt avec la neutralité attendue d’un chef de mission du FMI et qui laisse croire à une immixtion inédite, grave et dangereuse d’un fonctionnaire international dans les divergences internes au Sénégal », poursuit le communiqué. L’APR insiste sur le fait qu’elle a toujours évité de s’en prendre directement à l’institution de Bretton Woods, qu’elle qualifie de partenaire loyal et constant. « Depuis le début de cette polémique, nous avons toujours salué la coopération exemplaire entre le FMI et le Sénégal, une relation qui transcende les régimes », rappelle le parti, estimant que les propos de M. Gemayel ne sont qu’une « appréciation personnelle, contradictoire, grave et intolérable ».

Des réponses « techniques » et un contre-rapport adressé au FMI

Revenant sur les accusations formulées contre sa gestion, l’APR rappelle avoir opté pour « des réponses techniques au vacarme politicien ». Le parti revendique une démarche fondée sur le respect des institutions, la défense de la crédibilité de l’administration et la préservation de l’intérêt national.

Cette approche s’est traduite, selon le communiqué, par la tenue d’un point de presse le 13 février 2025 au cours duquel le parti avait mis en lumière « les failles contenues dans le rapport de la Chambre des Affaires budgétaires et financières ». L’APR affirme également avoir produit un contre-rapport exhaustif, chiffré et précis, qu’elle dit avoir transmis à la directrice générale du FMI à Washington. Le parti indique, en outre, avoir sollicité une séance de travail officielle avec le représentant résident du FMI à Dakar afin de présenter ses propres données.

Une « austérité brutale » annoncée

Au-delà de la polémique sur la dette, l’APR estime que le gouvernement prépare une « politique d’austérité violente » qui touchera de plein fouet les couches les plus vulnérables. Le communiqué prévient que les ménages pauvres, le monde rural, les jeunes, les femmes et les retraités seront les principales victimes de cette orientation économique.

Le parti accuse le régime de dissimuler cette réalité derrière des débats stériles : « La vérité est que le gouvernement joue le dilatoire pour ne pas avouer aux Sénégalais qu’il s’apprête à mettre en œuvre une politique d’austérité brutale. » L’APR considère que cette future politique remettra en cause « tous les acquis sociaux » bâtis sous ses gouvernements, en particulier les programmes destinés aux plus faibles.

Dans un ton d’avertissement, le Secrétariat exécutif national appelle les Sénégalais à la vigilance face au risque d’érosion du pouvoir d’achat, à la fragilisation de la protection sociale et à la remise en cause du modèle solidaire sénégalais. Enfin, l’APR en appelle aux forces politiques et sociales pour s’organiser et s’opposer à toute politique d’appauvrissement qui pourrait, selon elle, déstructurer le tissu social et provoquer une grave crise dans le pays.

Sénégal : l’échec provisoire des négociations avec le FMI accentue les tensions économiques

La mission du Fonds monétaire international (FMI) a quitté Dakar, jeudi 6 novembre, sans parvenir à un accord sur un nouveau programme de financement avec les autorités sénégalaises. Si les discussions devraient se poursuivre à distance dans les prochains jours, cette absence d’entente immédiate soulève de vives inquiétudes économiques et financières dans le pays.

Pour le gouvernement sénégalais, cette situation tombe à un moment particulièrement délicat. L’exécutif espérait un déblocage rapide de l’appui budgétaire du FMI afin de stabiliser les équilibres macroéconomiques, rassurer les créanciers internationaux et redonner de la crédibilité à la signature de l’État sur les marchés. Le retard dans les négociations fragilise cette stratégie.

Le FMI, dans un communiqué publié à la fin de sa mission, a tenté d’apaiser les craintes. L’institution a réaffirmé sa « détermination à venir en aide au Sénégal » et salué « les efforts en cours pour renforcer la transparence budgétaire et la discipline fiscale ». Mais ces assurances n’ont pas suffi à calmer la nervosité des marchés. Dès le lendemain, vendredi 8 novembre, les obligations souveraines sénégalaises ont enregistré une chute de 5 %, leur plus forte baisse depuis sept mois.

Cette réaction traduit la méfiance croissante des investisseurs face à la lenteur des pourparlers et à l’incertitude entourant la capacité du pays à respecter ses engagements financiers. Les eurobonds, principal instrument d’emprunt du Sénégal sur les marchés internationaux, servent d’indicateur de confiance : leur recul illustre un risque-pays en hausse et une pression accrue sur les finances publiques.

Sur le plan intérieur, les signaux d’alerte se multiplient. Plusieurs économistes sénégalais mettent en garde contre une dérive budgétaire difficilement soutenable. « Le temps presse », avertit l’un d’eux, soulignant que sans appui du FMI, l’État est contraint de recourir à des emprunts à court terme et à des taux de plus en plus élevés pour couvrir ses dépenses courantes, notamment le paiement des salaires des fonctionnaires.

La dette publique, récemment réévaluée à environ 132 % du produit intérieur brut, atteint désormais un niveau préoccupant. Cette charge pèse lourdement sur les finances nationales et limite les marges de manœuvre du gouvernement. Selon la loi de finances rectificative 2025, près de 30 % des ressources publiques devraient être consacrées au remboursement du service de la dette dès 2026 — un montant quasi équivalent à la somme des budgets de l’Éducation et de la Santé réunis.

Face à cette tension croissante, l’exécutif sénégalais aurait déjà engagé des discussions avec les banques locales pour un rééchelonnement partiel de la dette intérieure. Ces établissements, qui détiennent près de 60 % de cette dette, sont directement exposés au risque de défaut de paiement de l’État. Une telle mesure, bien qu’inévitable à court terme, pourrait fragiliser davantage le système financier national et ralentir le financement de l’économie réelle.

En attendant un éventuel compromis avec le FMI, le Sénégal reste sous forte pression. Le retard pris dans les négociations entretient un climat d’incertitude, alors que les besoins de financement demeurent élevés et que la croissance peine à retrouver son rythme d’avant-crise. Le prochain round de discussions sera donc crucial : il devra non seulement aboutir à un accord solide sur le plan technique, mais aussi restaurer la confiance des investisseurs internationaux dans la stabilité économique du pays.

Le Sénégal et le FMI saluent des « progrès significatifs » vers un nouveau programme de coopération

À l’issue de la mission du Fonds monétaire international (FMI), qui s’est achevée hier à Dakar, le ministère des Finances et du Budget (MFB) a publié un communiqué faisant état de « progrès significatifs » dans les discussions engagées pour la mise en place d’un nouveau programme de coopération entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods.

Le ministre des Finances, Cheikh Diba, s’est félicité des « avancées notables » enregistrées au cours de cette mission, notamment sur plusieurs axes stratégiques jugés déterminants pour la relance et la stabilisation de l’économie nationale. Ces axes portent essentiellement sur le rétablissement des équilibres macroéconomiques, la modernisation de la gestion budgétaire, ainsi que sur le financement d’un développement endogène, inclusif et durable.

Les indicateurs économiques rendus publics par le MFB traduisent une trajectoire positive de l’économie sénégalaise. La croissance est estimée à environ 8 % pour l’année 2025, avant de se stabiliser autour de 5 % en 2026. Cette dynamique serait soutenue par la reprise des investissements publics, la montée en puissance des secteurs productifs et les premiers effets attendus du Plan de redressement économique et social (PRES). Parallèlement, l’inflation devrait rester maîtrisée à 3,1 %, traduisant une stabilisation des prix après plusieurs années de tension sur le coût de la vie.

Sur le plan des finances publiques, le gouvernement prévoit une amélioration significative de la pression fiscale, qui passerait de 19,3 % en 2025 à 23,2 % en 2026. Cette progression reflète les efforts de mobilisation des ressources internes et la réforme de l’administration fiscale engagée par les autorités. L’objectif est de renforcer la capacité de l’État à financer les politiques publiques sans recourir excessivement à l’endettement extérieur.

Le ministère des Finances a également réaffirmé son engagement à poursuivre un assainissement progressif des comptes publics. Le déficit budgétaire, actuellement élevé, devrait être ramené à 7,8 % du PIB en 2025, puis à 5,37 % en 2026, avant d’atteindre la norme communautaire de 3 % fixée par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) à l’horizon 2027.

Toutefois, le MFB a tenu à rassurer qu’il ne s’agit pas d’un ajustement dicté par l’austérité, mais plutôt d’une stratégie d’optimisation des ressources publiques et d’amélioration de l’efficacité de la dépense. « Cet ajustement budgétaire, sans austérité, repose sur une meilleure efficience dans la gestion des ressources publiques et sur les recettes additionnelles issues du PRES », souligne le communiqué.

Le gouvernement assure, en outre, que les dépenses sociales et les investissements prioritaires resteront au cœur de ses préoccupations. L’objectif est de préserver les acquis en matière de protection sociale, tout en consolidant la confiance des partenaires économiques et financiers.

Cette dynamique, saluée par le FMI, ouvre selon le ministère de nouvelles perspectives pour l’investissement, la production nationale et l’emploi. En renforçant la gouvernance économique et la transparence budgétaire, le Sénégal espère ainsi asseoir les bases d’une croissance durable, plus inclusive et résiliente face aux chocs internes et externes.

Le FMI salue la résilience de l’économie sénégalaise et la rigueur des réformes engagées

Au terme d’une mission de deux semaines à Dakar, le Fonds monétaire international (FMI) a dressé un constat globalement positif de la situation économique du Sénégal. Conduite par Edward Gemayel, chef de mission pour le Sénégal, la délégation de l’institution de Bretton Woods a salué la robustesse de l’économie nationale ainsi que les efforts entrepris par les autorités pour restaurer la confiance après l’épisode de la dette cachée.

Selon le FMI, le Sénégal affiche en 2025 une croissance vigoureuse, portée par la première année complète de production pétrolière et gazière ainsi qu’un rebond notable du secteur agricole. La croissance du PIB réel est estimée à 7,9 %, dont 3,4 % provenant du secteur non-hydrocarbures. L’inflation, quant à elle, devrait se limiter à 1,4 %, un niveau jugé maîtrisé dans un contexte mondial encore incertain. « Malgré les défis et les tensions sur le financement international, le Sénégal demeure résilient grâce à une gestion macroéconomique prudente », a déclaré Edward Gemayel, soulignant la solidité des fondamentaux économiques du pays.

Sur le plan budgétaire, les performances à fin septembre 2025 sont jugées satisfaisantes. Les recettes se sont alignées sur les prévisions et les dépenses non prioritaires ont été maîtrisées. Le déficit global devrait passer de 13,4 % du PIB en 2024 à 7,8 % en 2025, traduisant les efforts de consolidation budgétaire engagés par le gouvernement. Le projet de loi de finances 2026 prévoit de poursuivre cette tendance, avec une réduction supplémentaire du déficit à 5,4 % du PIB. Cette amélioration repose notamment sur une meilleure mobilisation des ressources internes à travers de nouvelles taxes sur les jeux de hasard, les transferts mobiles et le foncier, ainsi qu’une suppression progressive des exonérations fiscales. Toutefois, le FMI invite à la prudence, estimant que les objectifs de rendement fiscal fixés par ces mesures pourraient s’avérer trop ambitieux.

La question de la dette publique a également occupé une place centrale dans les discussions. Celle-ci est estimée à 132 % du PIB à la fin de 2024, dont environ 4 % d’arriérés intérieurs de paiement. Le FMI a salué la volonté des autorités sénégalaises de mener à terme l’audit en cours et de renforcer la transparence dans la gestion de la dette. Des progrès notables ont été enregistrés, mais l’institution souligne la nécessité de poursuivre les réformes pour centraliser la gestion de l’endettement et améliorer la redevabilité des institutions concernées. Le FMI insiste aussi sur l’importance de finaliser les mesures correctives liées à la dette cachée, estimant que leur aboutissement permettra au pays de tourner définitivement la page de cet épisode qui avait entamé sa crédibilité financière.

Durant son séjour à Dakar, la délégation du FMI a eu des entretiens approfondis avec les plus hautes autorités de l’État, notamment le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko, plusieurs membres du gouvernement ainsi que des représentants de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Ces échanges ont porté sur la consolidation des acquis économiques, les perspectives de croissance à moyen terme et la préparation d’un nouveau programme soutenu par le FMI. « Cette mission a permis de poser des bases solides pour la suite des échanges. Nous sommes désormais proches d’un accord sur un nouveau programme de financement », a confié Edward Gemayel à l’issue des rencontres.

Enfin, le FMI a félicité les autorités sénégalaises pour leur engagement en faveur de la transparence, de la discipline budgétaire et de la bonne gouvernance financière. L’institution estime que les réformes structurelles en cours, notamment en matière de lutte contre la corruption et d’amélioration de la gestion des finances publiques, constituent un gage de confiance pour les investisseurs et un pilier essentiel d’une croissance inclusive et durable.

Le FMI dresse un bilan après sa visite au Sénégal : prudence sur la dette malgré une croissance solide

Après une visite de deux semaines à Dakar, du 22 octobre au 6 novembre 2025, une mission du Fonds Monétaire International (FMI) dirigée par Edward Gemayel, Chef de mission pour le Sénégal, a présenté ses conclusions sur l’économie sénégalaise et les discussions autour d’un nouveau programme de prêt. L’objectif principal de cette mission était de faire avancer les discussions sur un soutien financier et d’évaluer les mesures correctrices mises en place à la suite de la découverte d’une dette cachée.

Malgré les défis liés à un endettement public élevé, le FMI se montre confiant quant à la résilience de l’économie sénégalaise. Edward Gemayel a souligné que le pays devrait connaître une année robuste en 2025, grâce notamment à la première année complète de production de pétrole et de gaz ainsi qu’au rebond de l’agriculture. Selon les projections du FMI, la croissance du PIB réel devrait atteindre environ 7,9 % cette année, tandis que l’inflation resterait maîtrisée, à une moyenne d’environ 1,4 %.

L’institution internationale a également salué l’engagement du gouvernement sénégalais en faveur de la discipline budgétaire, un impératif après l’épisode de la dette cachée. Le déficit global devrait se réduire significativement, passant de 13,4 % du PIB en 2024 à 7,8 % en 2025. La Loi de Finances 2026 prévoit une réduction supplémentaire du déficit à 5,4 % du PIB, soutenue par une ambition de mobilisation accrue des recettes fiscales. Toutefois, le FMI a mis en garde sur le réalisme de ces projections. Edward Gemayel a averti que le rendement fiscal supposé des nouvelles mesures—comprenant des taxes sur les jeux de hasard, les transferts mobiles, l’impôt foncier et la suppression progressive des exonérations fiscales—présente un risque important, soulignant la nécessité de projections plus prudentes.

Le Sénégal reste confronté à des pressions significatives liées à sa dette. La dette totale du secteur public est estimée à 132 % du PIB fin 2024, incluant 4 % d’arriérés de dépenses domestiques, dont le traitement dépend des résultats de l’audit mené par l’Inspection Générale des Finances. Concernant les mesures correctrices liées au « cas de fausse déclaration », la mission du FMI note que des progrès satisfaisants ont été accomplis, notamment dans l’amélioration de la publication des données sur la dette. Néanmoins, Edward Gemayel a insisté sur la nécessité de mesures supplémentaires, en particulier le renforcement des capacités de gestion de la dette et la centralisation de cette fonction au sein d’un seul ministère afin d’améliorer le contrôle, la transparence et la responsabilité.

La mission du FMI a permis de réaliser des avancées notables vers l’établissement des bases d’un nouveau programme de soutien. Les discussions ont été constructives, abordant la durabilité budgétaire, l’amélioration de la gestion de la dette et le renforcement de la gouvernance. Le FMI se dit prêt à poursuivre le dialogue avec les autorités sénégalaises dans les semaines à venir afin de finaliser un accord. L’institution a également salué l’engagement des autorités, reconnaissant leurs efforts continus en matière de transparence, de discipline budgétaire et de gestion macroéconomique saine.

Dette cachée : le FMI sonne l’alerte sur la situation inédite du Sénégal

Le Fonds monétaire international (FMI) a tiré la sonnette d’alarme sur la situation financière du Sénégal, évoquant une « dette cachée » d’une ampleur jamais observée auparavant sur le continent africain. C’est ce qu’a révélé ce jeudi 6 novembre, sur les ondes de RFI, Edward Gemayel, chef de mission du FMI au Sénégal. Selon lui, cette découverte sans précédent explique l’échec des récentes discussions entre les autorités sénégalaises et l’institution de Bretton Woods autour d’un nouveau programme de prêt.

« Je n’ai jamais vu une dette cachée de cette importance en Afrique », a affirmé M. Gemayel, soulignant le caractère inédit du cas sénégalais. Cette dissimulation partielle des engagements financiers de l’État aurait été mise en lumière au cours de la mission du FMI, qui s’est déroulée pendant deux semaines à Dakar. Elle a profondément bouleversé les équilibres budgétaires présentés jusque-là par le gouvernement, rendant nécessaire une réévaluation complète de la situation macroéconomique du pays.

Le responsable du FMI a précisé que cette opacité « complique les choses » et retarde la reprise d’un programme d’aide, pourtant attendu depuis plusieurs mois. Les négociations, entamées dès le mois d’août, devaient permettre de relancer une coopération financière suspendue depuis la fin de l’ancien programme en 2024. Mais la découverte de passifs non déclarés a obligé les équipes du Fonds à revoir leurs analyses et à demander des garanties de transparence.

Pour le FMI, la priorité est désormais d’éviter qu’une telle dissimulation ne se reproduise. L’institution exige la mise en place de mesures dites « correctrices ». Parmi elles, la centralisation de la gestion de la dette publique au sein d’un seul ministère, afin d’éliminer les chevauchements institutionnels qui auraient favorisé les omissions, ainsi que la publication intégrale des résultats de l’audit sur les arriérés de paiement. Ces réformes doivent permettre de restaurer la crédibilité budgétaire du pays et de rassurer les partenaires techniques et financiers.

Parallèlement, une analyse approfondie de la viabilité de la dette sénégalaise est en cours de finalisation. Ce travail, mené conjointement par le FMI et la Banque mondiale, doit permettre de déterminer si la dette globale du pays reste soutenable dans les conditions actuelles. Cette étape est jugée cruciale avant toute reprise du financement international.

Malgré ces difficultés, Edward Gemayel se veut optimiste. Il rappelle qu’il est « rare qu’un nouvel accord soit finalisé après une première visite » et estime que les discussions pourraient aboutir « en quelques semaines ». Toutefois, aucune date précise n’a encore été fixée pour la conclusion du prochain cycle de négociations, qui se déroulera à distance.

Négociation d’un nouveau programme : le FMI prolonge sa mission au Sénégal

La mission du Fonds monétaire international (FMI) au Sénégal, initialement prévue pour s’achever le mardi 4 novembre 2025, se poursuivra finalement quelques jours de plus. Cette prolongation, annoncée par Le Soleil, s’inscrit dans le cadre des discussions entamées entre les représentants de l’institution financière internationale et les autorités sénégalaises en vue de la conclusion d’un nouveau programme de coopération économique.

Selon un porte-parole du FMI, les échanges menés depuis l’arrivée de la délégation à Dakar, le 22 octobre, ont été « fructueux » et se poursuivent dans un esprit constructif. « L’équipe du FMI poursuit ses discussions à Dakar avec les autorités sénégalaises. Notre visite a été productive jusqu’à présent, et nous poursuivons les discussions sur les politiques et les réformes qui pourraient étayer la demande des autorités concernant un programme soutenu par le FMI », a-t-il déclaré, tout en précisant qu’une déclaration finale sera rendue publique à la fin de la mission.

Cette prolongation traduit la volonté commune des deux parties de parvenir à un accord équilibré, adapté aux réalités économiques actuelles du Sénégal. Le pays, confronté à un contexte budgétaire tendu, cherche à renforcer sa stabilité macroéconomique tout en poursuivant des réformes structurelles destinées à stimuler la croissance, maîtriser la dette et améliorer la gouvernance des finances publiques.

Les discussions portent notamment sur la trajectoire budgétaire du Sénégal, la gestion de la dette publique, la politique monétaire, ainsi que les mesures destinées à encourager l’investissement productif et la création d’emplois. Le FMI, de son côté, met l’accent sur la nécessité d’une discipline budgétaire accrue, d’une meilleure transparence dans la gestion des fonds publics et d’un environnement économique propice à la confiance des investisseurs.

Ce nouveau cadre de coopération, qui succéderait au précédent programme conclu sous l’ancien régime, est perçu comme une étape déterminante dans la consolidation de la stabilité économique du pays. Les autorités sénégalaises espèrent obtenir un appui financier permettant de soutenir les grands projets de développement et de répondre aux besoins sociaux prioritaires, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’énergie.

La conclusion de ce programme est également stratégique pour renforcer la crédibilité financière du Sénégal auprès de ses partenaires techniques et financiers. En effet, les négociations ont été amorcées officiellement lors des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, tenues en octobre dernier, où le Sénégal avait réaffirmé sa volonté d’inscrire sa politique économique dans une trajectoire de rigueur et de transparence.

En attendant la publication de la déclaration finale, les observateurs suivent de près les conclusions de cette mission prolongée, qui pourrait jeter les bases d’un nouveau partenariat entre le Sénégal et le FMI. Un partenariat qui, selon les autorités, devra être fondé sur une vision équilibrée entre stabilité financière, justice sociale et développement durable.

Commerce extérieur : l’UEMOA renforce ses échanges intra-africains malgré la baisse des exportations vers l’Europe

En 2023, les exportations des pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont connu des évolutions contrastées selon les zones de destination. Selon les dernières données disponibles, les ventes de l’Union vers l’Europe ont enregistré une baisse de 3,2 %, pour s’établir à 8 493,7 milliards de francs CFA. Cette contraction s’explique principalement par la diminution des expéditions d’or et de cacao, deux produits phares des échanges entre l’Afrique de l’Ouest et le Vieux Continent.

Malgré cette contre-performance, l’Europe demeure un partenaire commercial de premier plan pour les pays de l’UEMOA. La Suisse, les Pays-Bas et la France se maintiennent en tête des destinations européennes, notamment pour l’or ivoirien et burkinabé, ainsi que le cacao en provenance de Côte d’Ivoire. Ce léger ralentissement s’inscrit dans un contexte mondial marqué par la volatilité des prix des matières premières et le ralentissement de la demande en Europe.

En revanche, les exportations de l’UEMOA vers le reste du continent africain ont affiché une forte progression de 29,3 %. Cette croissance est tirée par la hausse des ventes de pétrole, d’or et de produits chimiques, qui ont trouvé preneurs auprès de plusieurs marchés régionaux en pleine expansion. Le Nigeria, le Ghana et l’Afrique du Sud se distinguent comme les principaux partenaires de cette dynamique intra-africaine, illustrant l’importance croissante des échanges entre pays africains. Cette tendance s’inscrit dans la vision portée par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui encourage la circulation des biens et des services à l’intérieur du continent.

Du côté de l’Asie, les exportations de l’Union reposent principalement sur des produits agricoles et de rente tels que l’anacarde, le caoutchouc, le coton et l’or, avec une forte demande en provenance de l’Inde, de la Chine et du Vietnam. Quant au continent américain, il ne représente que 4,9 % du total des exportations de l’UEMOA, dominées par le cacao et le caoutchouc.

Sur le plan national, la Côte d’Ivoire confirme son rôle de moteur des exportations régionales, avec une contribution estimée à 42,3 % du total. Le pays reste le premier producteur et exportateur mondial de cacao et un important fournisseur d’or et de produits agricoles. Le Sénégal, le Mali et le Burkina Faso se placent également parmi les plus grands contributeurs aux exportations de l’Union, grâce notamment à leurs performances dans les secteurs aurifère, agricole et industriel. Ces pays participent activement à la diversification des marchés et au renforcement de la compétitivité commerciale de la région.

Au-delà des fluctuations observées sur certains marchés traditionnels, cette évolution souligne la résilience et la capacité d’adaptation des économies de l’UEMOA. L’augmentation des échanges intra-africains et la diversification géographique des exportations témoignent d’une volonté collective de réduire la dépendance vis-à-vis des marchés européens et asiatiques. En consolidant leurs relations commerciales au sein du continent, les États membres de l’Union posent les bases d’une intégration économique plus profonde et d’une croissance plus inclusive.

Le Sénégal trace une nouvelle trajectoire pour ramener sa dette à 101 % du PIB d’ici 2028

Face à un endettement estimé à 130 % du produit intérieur brut (PIB), le Sénégal a dévoilé une stratégie ambitieuse de gestion de la dette publique pour la période 2026-2028. Ce plan, présenté par les autorités économiques, vise à ramener le ratio dette/PIB à 101 % d’ici trois ans, tout en préservant la stabilité macroéconomique et la capacité d’investissement du pays.

La stratégie s’inscrit dans un contexte marqué par une vigilance accrue des marchés financiers et des partenaires internationaux, alors que près de 15 % de la dette totale du Sénégal arrive à échéance dans l’année. Ce poids des remboursements, conjugué à la hausse des taux d’intérêt mondiaux, impose au gouvernement de redéfinir sa trajectoire financière pour éviter une pression excessive sur le budget national.

Concrètement, le plan prévoit une réduction progressive du coût de la dette. Les paiements d’intérêts, qui représentaient 4,7 % du PIB en 2024, devraient reculer à 4,5 % à l’horizon 2028. Cette évolution permettra de dégager de nouvelles marges budgétaires, lesquelles seront réorientées vers les investissements publics et les secteurs prioritaires tels que les infrastructures, la santé et l’éducation.

Le document de stratégie détaille plusieurs scénarios de financement, dont un conçu en collaboration avec le Fonds monétaire international (FMI). Ce partenariat vise à sécuriser des ressources extérieures à des conditions avantageuses et à réduire le risque de refinancement, particulièrement élevé dans un contexte de tensions sur les marchés internationaux. L’un des axes majeurs du plan repose sur la diminution progressive de la part des dettes à taux variable, qui représentent actuellement 20 % du portefeuille global, et des dettes à court terme, estimées à 30,4 %. Ces dernières seront remplacées par des emprunts à maturité plus longue et par des financements concessionnels, moins coûteux et plus soutenables à long terme.

Le Premier ministre Ousmane Sonko, qui a défendu cette nouvelle orientation, a souligné que cette trajectoire n’a pas vocation à freiner la dynamique d’investissement public, mais plutôt à la rendre plus soutenable. Selon lui, « la discipline budgétaire et la viabilité financière doivent aller de pair avec le développement économique et social du pays ». Il a insisté sur la nécessité de renforcer la transparence dans la gestion de la dette et d’entretenir un dialogue constant avec les créanciers afin de maintenir la confiance des marchés et des partenaires financiers.

La stratégie intègre également des mesures d’optimisation de la dette publique, notamment par une meilleure coordination entre le Trésor, la Banque centrale et les institutions financières nationales et régionales. Le gouvernement entend ainsi améliorer la prévisibilité de ses besoins de financement, diversifier ses sources de ressources et renforcer la communication autour de la politique d’endettement.

FONSIS épinglé par l’ARCOP pour avoir refusé l’audit de ses marchés publics

Le dernier rapport annuel de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), portant sur l’exercice 2023, met en lumière un incident inédit impliquant le Fonds souverain d’investissements stratégiques (FONSIS). Selon les révélations du quotidien L’AS, le FONSIS s’est catégoriquement opposé à l’audit de ses marchés publics réalisés durant la période considérée. Une attitude jugée contraire aux principes de transparence et de redevabilité qui régissent la commande publique au Sénégal.

Face à ce refus, l’ARCOP a été contrainte d’établir un rapport de carence, une procédure prévue lorsque l’institution de contrôle se heurte à une impossibilité d’exercer sa mission. Ce rapport signifie, en substance, que le FONSIS n’a pas permis à l’organe de régulation de vérifier la conformité de ses procédures de passation et d’exécution des marchés, privant ainsi l’État et les citoyens d’un regard objectif sur la gestion des fonds publics placés sous sa responsabilité.

L’ARCOP, tout en déplorant cette obstruction, a tenu à rappeler un principe fondamental du droit sénégalais de la commande publique : aucune entité, quelle que soit sa nature ou son statut, ne peut se soustraire aux dispositions du Code des marchés publics. L’autorité a souligné que ni une réglementation interne ni une procédure particulière applicable à un acheteur public ou à une catégorie spécifique d’achats ne saurait justifier une dérogation aux règles en vigueur.

Ce rappel à l’ordre vise à réaffirmer le caractère universel du contrôle exercé par l’ARCOP sur l’ensemble des structures utilisant des ressources publiques, qu’il s’agisse de ministères, d’agences ou d’entreprises publiques. Le refus du FONSIS, structure pourtant chargée de piloter des investissements stratégiques pour le développement du pays, soulève ainsi des interrogations sur la gouvernance et la transparence dans la gestion de ses ressources.

Le Sénégal annonce l’émission d’obligations vertes pour financer ses projets de développement durable

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a pris part ce jeudi à la deuxième édition du Forum Ouest Africain sur la Finance Durable (Wasfif-2025), une rencontre régionale majeure consacrée à la promotion de la finance durable et de l’investissement responsable en Afrique de l’Ouest. Soutenu par l’Autorité des Marchés Financiers de l’UEMOA (AMF-UEMOA), ce forum réunit des acteurs publics, privés et institutionnels autour des défis et opportunités liés à la transition économique verte dans la sous-région.

Dans son allocution, le ministre Cheikh Diba a annoncé une mesure phare : le Sénégal s’apprête à émettre des obligations vertes par appel public à l’épargne. Cette initiative, selon lui, s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation économique et vise à mobiliser des ressources innovantes pour financer des projets à fort impact environnemental et social.

Le ministre a précisé que les fonds issus de ces obligations seront orientés vers des secteurs porteurs de croissance, identifiés dans l’agenda national de développement. Il s’agit notamment de l’énergie, avec un accent particulier sur les sources renouvelables, de l’agriculture durable, ainsi que des plateformes manufacturières destinées à renforcer l’industrialisation du pays tout en respectant les standards écologiques.

Cheikh Diba a, par ailleurs, exhorté les autres États membres de l’UEMOA à suivre cette voie, en jouant un rôle moteur dans la dynamisation du marché régional de la finance durable. Selon lui, il est impératif que les gouvernements créent un environnement macroéconomique stable et attractif pour encourager les investissements verts. Il a également insisté sur la nécessité pour les États de devenir eux-mêmes émetteurs d’obligations vertes souveraines, afin de donner l’exemple et de structurer un marché crédible et dynamique dans l’espace communautaire.

Le Sénégal et le FMI engagent des discussions pour un nouveau programme de coopération

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) séjourne actuellement à Dakar dans le cadre des discussions relatives à un nouveau programme de coopération économique avec le Sénégal. Conduite par Mlachila Montfort, Directeur adjoint du Département Afrique du FMI, la délégation a été reçue ce mardi par le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr. Cette rencontre marque une étape importante dans le renforcement des relations entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods, alors que le pays s’apprête à redéfinir sa trajectoire économique à moyen terme.

Selon un communiqué du ministère, les échanges ont porté sur la situation macroéconomique nationale, la gestion de la dette publique et les perspectives de croissance. Le ministre Abdourahmane Sarr a présenté aux experts du FMI un tableau globalement positif de l’économie sénégalaise, malgré un contexte mondial incertain. Il a souligné que le profil de croissance du pays demeure prometteur, soutenu par les réformes structurelles engagées et les grands projets en cours dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et de l’agro-industrie.

Toutefois, le ministre a reconnu que la période 2025-2026 sera marquée par un ajustement budgétaire nécessaire afin d’éliminer les dépenses publiques jugées non productives. Cet effort de rationalisation budgétaire vise à renforcer la soutenabilité des finances publiques tout en créant un espace fiscal propice à des investissements plus efficaces. Abdourahmane Sarr a néanmoins tenu à rassurer la mission du FMI sur les perspectives à moyen terme, estimant que la croissance économique devrait s’accélérer dès la fin de cette phase d’ajustement, grâce à la mise en œuvre de la Vision Sénégal 2050.

Cette stratégie nationale de long terme s’appuie sur les performances économiques historiques du pays et ambitionne de consolider une croissance inclusive et durable, fondée sur la productivité, la gouvernance et l’innovation. Le ministre a également insisté sur la volonté du gouvernement d’assainir les finances publiques et de garantir une gestion prudente de la dette.

S’agissant précisément de la dette publique, Abdourahmane Sarr a réaffirmé qu’elle demeure soutenable, en conformité avec les critères internationaux d’analyse du FMI et de la Banque mondiale. Il a toutefois invité les experts du Fonds à adopter une approche plus adaptée au contexte sénégalais, en prenant en compte certaines spécificités structurelles. Parmi celles-ci figurent l’appartenance du pays à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le rôle stabilisateur des transferts de la diaspora sénégalaise, ainsi que l’accès du Sénégal aux marchés financiers internationaux, qui lui confère une certaine flexibilité dans la gestion de ses ressources.

Le ministre de l’Économie a enfin réitéré la volonté du gouvernement de finaliser dans les meilleurs délais un nouveau programme de coopération avec le FMI. Il a souligné que l’objectif principal de ce partenariat renouvelé est de renforcer la crédibilité du Sénégal sur la scène internationale et de consolider la confiance des investisseurs. Abdourahmane Sarr a rappelé que le FMI doit continuer à jouer un rôle catalytique dans la mobilisation de financements concessionnels et commerciaux, contribuant ainsi à l’accélération du développement économique du pays.

Endettement du Sénégal : un encours record de 23 666,8 milliards de francs CFA à fin 2024, soit 119 % du PIB

À la clôture de l’année 2024, le rapport de la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme (2026-2028) dresse un état des lieux préoccupant de la situation financière du Sénégal. L’encours de la dette publique de l’Administration centrale est estimé à 23 666,8 milliards de francs CFA, représentant 119 % du PIB nominal. Ce niveau marque un nouveau record, traduisant la persistance d’une dépendance accrue à l’endettement, aussi bien intérieur qu’extérieur.

La structure de la dette publique révèle une prédominance de la dette extérieure, qui représente 68,3 % du total, contre 31,7 % pour la dette intérieure. À fin décembre 2024, la dette extérieure est évaluée à 16 160,5 milliards de francs CFA, soit 81,2 % du PIB. Elle est majoritairement constituée de financements concessionnels et semi-concessionnels, contractés auprès de créanciers multilatéraux et bilatéraux (51 %), tandis que 49 % proviennent de sources commerciales. Parmi ces dettes commerciales, 18,3 % sont des Eurobonds émis sur les marchés internationaux, et 11,2 % proviennent de crédits à l’exportation.

Sur le plan domestique, la dette intérieure s’établit à 7 506,3 milliards de francs CFA, soit 37,7 % du PIB. Les obligations du Trésor à 3 et 5 ans en constituent la part la plus importante, représentant 34,5 % de l’encours total de la dette en monnaie locale. Les emprunts contractés auprès des banques locales, pour leur part, comptent pour 28,7 %. Cette structure témoigne d’une préférence marquée pour le financement à court et moyen terme, reflétant à la fois la prudence des investisseurs et la nécessité pour l’État de recourir régulièrement au marché pour refinancer ses obligations arrivant à échéance.

L’analyse du portefeuille global de la dette montre par ailleurs que les dettes contractées à conditions concessionnelles (27,7 %) et semi-concessionnelles (6,8 %) ne représentent que 34,5 % du total, contre 64,5 % de dettes à conditions commerciales, plus coûteuses et souvent à maturité plus courte. Ce déséquilibre accentue la vulnérabilité budgétaire du pays.

Deux risques majeurs sont identifiés dans le rapport : le risque de change et le coût de la dette. La part de la dette libellée en devises étrangères atteint 68,3 %, exposant ainsi le Sénégal à une forte sensibilité aux fluctuations du dollar américain et des autres monnaies étrangères. En effet, 39,8 % du stock total de dette est libellé en dollars ou devises similaires, représentant 58 % de la dette extérieure. Parallèlement, 20 % du stock total de dette est contracté à taux variable, rendant le service de la dette vulnérable à la remontée des taux d’intérêt internationaux.

La gestion de cette dette apparaît d’autant plus délicate que 32 % de la dette extérieure et 27 % de la dette intérieure devront être refixées dans un délai d’un an, soit un peu plus de 30 % de la dette totale. Le coût moyen pondéré de la dette globale s’élève à 4,3 %, avec un niveau légèrement plus élevé sur le marché intérieur, traduisant la pression exercée par les conditions de refinancement locales.

La durée moyenne d’échéance (ATM) de la dette intérieure est relativement courte, à 3,2 ans, du fait de la prédominance des émissions à court terme réalisées ces trois dernières années. Celle de la dette extérieure est estimée à 8,4 ans, en raison notamment du rapprochement des échéances des Eurobonds et de la contraction de dettes commerciales à maturité réduite, souvent sans période de grâce. À la même date, 27 % de la dette domestique est exigible dans un an, accentuant le risque de tension de trésorerie à court terme.

L’indicateur de durée moyenne à refixer (ATR) s’établit à 7,2 ans pour la dette extérieure et 3,2 ans pour la dette intérieure, soit une ATR globale de 5,9 ans à fin 2024. Le rapport précise que 30,4 % du stock total de dette devra être refixé dans l’année suivante, ce qui illustre la fragilité du profil de refinancement.

Enfin, le document met en lumière une forte concentration des remboursements sur la période 2025-2028. Le pic principal attendu en 2025 s’explique notamment par les ajustements apportés à l’encours de la dette bancaire à la suite de l’exercice de réconciliation mené par le cabinet Forvis Mazars, après la publication du rapport de la Cour des comptes en février 2025. Les années 2026 à 2028 verront, quant à elles, la montée en charge des remboursements du principal de l’Eurobond 2018, amortissable sur trois ans, ainsi que l’arrivée à échéance de plusieurs titres publics régionaux.

Sénégal–FMI : le gouvernement défend une trajectoire budgétaire soutenable et un modèle économique souverain

Le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a reçu le 23 octobre 2025 une mission du Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre des discussions sur un nouveau programme économique et financier entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods. Cette rencontre, qui s’inscrit dans la continuité des échanges tenus à Washington lors des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, a été l’occasion pour le gouvernement sénégalais de réaffirmer sa volonté de bâtir une coopération fondée sur la stabilité, la transparence et la crédibilité budgétaire.

Face aux représentants du FMI, Abdourahmane Sarr a défendu une trajectoire budgétaire qu’il présente comme soutenable. Selon le ministre, le Sénégal souhaite désormais inscrire son action économique dans une logique de responsabilité et d’autonomie, tout en consolidant la confiance de ses partenaires financiers. Le dialogue engagé avec le FMI vise ainsi à finaliser rapidement un nouvel accord capable d’accompagner le pays dans cette phase de redressement et de relance.

Derrière cette volonté de conclure un programme se joue un enjeu central : celui de restaurer la confiance des marchés et des investisseurs, après plusieurs mois d’incertitudes liées à la dette publique et aux équilibres macroéconomiques. La nouvelle équipe économique entend rassurer en mettant en avant la rigueur dans la gestion des finances publiques, la mobilisation accrue des ressources internes et le recours plus stratégique au financement en monnaie locale. Cette orientation vise à réduire la vulnérabilité du pays face aux fluctuations des marchés internationaux tout en soutenant une croissance durable.

Le gouvernement place également la qualité de la dépense publique au cœur de sa stratégie. L’objectif est de replacer la politique budgétaire au service de la relance économique, sans créer de nouveaux déséquilibres. Dans cette optique, les investissements seront davantage orientés vers les secteurs productifs, générateurs d’emplois et de valeur ajoutée, afin de soutenir la transformation structurelle de l’économie sénégalaise.

Cette inflexion marque un tournant dans la gouvernance économique du Sénégal. Moins dépendant des emprunts extérieurs, le pays veut désormais s’appuyer sur ses capacités nationales, en misant sur une meilleure mobilisation fiscale, une gestion rigoureuse des ressources et une transparence accrue dans l’exécution budgétaire. Tout en affirmant cette souveraineté économique, le gouvernement entend préserver la crédibilité que confère la collaboration avec le FMI, perçue comme un gage de discipline et de confiance vis-à-vis des marchés.

Le futur programme économique devrait donc s’articuler autour de trois priorités : la consolidation budgétaire, le soutien aux investissements productifs et la garantie d’une gouvernance financière exemplaire. Pour le tandem Diomaye–Sonko, cette étape constitue à la fois une épreuve et une opportunité : celle de démontrer qu’un modèle économique souverain, transparent et responsable peut s’imposer dans un environnement mondial de plus en plus exigeant.

Dette cachée : Me Aïssata Tall Sall promet une bataille judiciaire jusqu’au bout

L’affaire de la supposée « dette cachée » continue de susciter de vives réactions au Sénégal. Lors de la conférence de presse organisée par le pool d’avocats de l’ancien président Macky Sall ce jeudi 23 octobre 2025, Me Aïssata Tall Sall a tenu un discours sans concession, affirmant que la défense ira « jusqu’au bout » pour faire la lumière sur cette affaire et contester les accusations portées par le gouvernement.

Selon Me Tall Sall, les déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, en septembre 2024, affirmant l’existence d’une dette cachée, n’étaient pas fondées sur des preuves tangibles. « Le Premier ministre est sorti pour nous dire qu’il y a une dette cachée. Il ne nous dit pas ce qu’est cette dette cachée, ni comment elle a été cachée, encore moins en quoi elle consiste », a-t-elle dénoncé. Pour elle, il est inacceptable de lancer de telles accusations sans apporter les documents ou éléments permettant de les étayer.

L’avocate a également souligné les difficultés rencontrées par la défense pour accéder aux documents essentiels dans cette affaire, notamment le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), le pré-rapport de la Cour des comptes et le rapport du cabinet Mazars. Toutes les démarches entreprises pour obtenir ces documents sont restées sans réponse, ce qu’elle qualifie de violation flagrante de la loi sur l’accès à l’information. « La Cour des comptes et le ministère des Finances ont violé la loi en refusant de nous donner les documents. Qu’ont-ils à cacher dans ce rapport ? », s’est interrogée Me Tall Sall.

L’avocate a également tenu à rappeler la présomption d’innocence de l’ancien président. « Macky Sall n’a rien à se reprocher dans cette affaire, sinon il n’aurait pas commis d’avocats », a-t-elle insisté, avant de promettre que la défense poursuivra toutes les voies légales pour obtenir les documents et clarifier la situation. Elle a affirmé que la stratégie du pool d’avocats repose sur une démarche graduée et déterminée : « On a écrit une première lettre, ils ont fait l’autruche feignant de ne rien voir. On ne lâchera pas parce qu’il est facile d’accuser les gens. »

Me Tall Sall a également évoqué les répercussions internationales de cette polémique, soulignant l’impact négatif sur l’image du Sénégal. Elle a rappelé que le pays reste au centre des discussions à l’international, notamment auprès du FMI et de la Banque mondiale, et que ces accusations non étayées ont terni la réputation du pays. « Dans les couloirs du FMI, le Sénégal est sur toutes les lèvres et cela fait mal. Même dans les temps les plus difficiles, le Sénégal n’a jamais eu de rupture avec le FMI », a-t-elle déploré.

Cette intervention de Me Aïssata Tall Sall confirme la détermination du pool d’avocats à obtenir la transparence et à défendre Macky Sall dans ce dossier, tout en mettant en lumière les questions sur la disponibilité et la diffusion des rapports officiels qui alimentent le débat sur la « dette cachée » au Sénégal.

Affaire de la « dette cachée » : Me Pierre-Olivier Sur dénonce des « rapports cachés » et prévient l’État

La défense de l’ancien président Macky Sall a pris une tournure médiatique ce jeudi à Dakar. Le coordonnateur du pool d’avocats de l’ex-chef de l’État, Me Pierre-Olivier Sur, s’est exprimé devant la presse pour dénoncer l’inaccessibilité de documents clés relatifs à l’affaire dite de la « dette cachée ». Selon lui, l’absence de ces rapports empêche la défense d’exercer pleinement ses droits et menace la transparence de la procédure.

Me Sur a expliqué que malgré de multiples demandes, trois rapports essentiels n’ont toujours pas été communiqués : le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), celui de la Cour des comptes et le rapport du cabinet Forvis Mazars. L’avocat a insisté sur le fait que l’absence de ces documents constitue un obstacle majeur pour la défense. « Il n’est pas question pour nous de faire un procès à l’État. Nous intervenons dans la continuité de l’État, mais dans le respect de ce qui a été fait avant. Et si nous n’avons pas ces documents, nous engagerons une réponse à la non-réponse de l’administration, graduée, et dont vous entendrez parler », a-t-il averti.

Lors de ce point de presse tenu au siège de l’Alliance pour la République (APR), le coordonnateur du pool a tenté de remettre en perspective les accusations portées contre son client. Selon lui, « le vrai problème, ce ne sont pas les dettes cachées, mais les rapports cachés ». Il a précisé que le rapport de l’IGF, qui avait initialement mis le feu aux poudres, n’avait jamais été remis à la défense malgré les demandes formelles. De même, le pré-rapport de la Cour des comptes, pourtant central pour évaluer les éventuelles irrégularités dans la gestion de la dette, reste inaccessible. Enfin, le rapport Mazars, censé fournir un audit indépendant de la dette publique, n’aurait pas été transmis, bien que largement évoqué dans les médias et le débat public.

Au-delà de ces considérations juridiques, Me Sur a adressé un message politique et institutionnel. Il a rappelé l’importance de respecter la continuité de l’État et de bâtir sur les acquis laissés par les prédécesseurs. « Ce que je veux dire, au nom du président Macky Sall, c’est qu’il est important de respecter les anciens. Quand on veut construire une maison ou une administration, il ne faudrait pas qu’en ajoutant un étage, on démolisse celui du dessous ou les fondations. Parce qu’alors, tout s’écroulerait », a-t-il déclaré.

L’avocat a également dénoncé ce qu’il considère comme une mauvaise interprétation de la gestion de la dette sous le mandat de Macky Sall. Pour lui, il ne s’agit pas d’une « dette cachée », mais d’une lecture erronée des documents et des chiffres. « Il n’y a pas de problème de dettes cachées au Sénégal, mais plutôt de mauvaises lunettes de lecture. Si nous pouvons nous rassembler autour de ce qui est juridiquement, factuellement et comptablement établi, le problème n’existe pas », a-t-il affirmé.

Cette prise de parole s’inscrit dans une stratégie plus large du pool d’avocats de l’ancien président, qui cherche à recentrer le débat sur la transparence et l’accès aux documents plutôt que sur la seule responsabilité de Macky Sall. Elle intervient alors que l’affaire de la « dette cachée » continue de diviser l’opinion publique et d’alimenter les tensions entre le pouvoir actuel et les anciens dirigeants, mettant en lumière les enjeux politiques et institutionnels autour de la gestion de la dette publique sénégalaise.

Le Sénégal et le FMI en discussions avancées pour un nouveau programme économique

Le Sénégal poursuit ses négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue de la mise en place d’un nouveau programme économique visant à renforcer la stabilité macroéconomique, à assurer la soutenabilité de la dette publique et à soutenir la relance post-crise. Ce jeudi 23 octobre 2025, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a reçu à Dakar une délégation du FMI conduite par Edward Gemayel, chef de mission pour le Sénégal.

La rencontre, tenue dans un climat jugé constructif, a permis d’aborder plusieurs sujets cruciaux, notamment les contours du futur partenariat entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods, le cadre macroéconomique actuel du pays, ainsi que les perspectives de croissance à moyen terme. Selon les informations communiquées à l’issue de la réunion, les deux parties s’accordent sur la nécessité d’un programme plus adapté aux priorités économiques nationales, axé sur la bonne gouvernance financière et l’efficacité des dépenses publiques.

Le ministre Abdourahmane Sarr a profité de cette occasion pour réaffirmer la solidité et la soutenabilité de la dette publique du Sénégal. Il a tenu à rassurer le FMI sur la capacité du pays à honorer ses engagements, précisant que les paramètres économiques et financiers restent sous contrôle. Il a rappelé que la politique budgétaire engagée depuis avril 2024, sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye, a permis d’amorcer une stabilisation durable des finances publiques. Ces efforts se traduisent notamment par une réduction progressive du déficit budgétaire, une meilleure mobilisation des recettes internes et une rationalisation des dépenses.

Dans son exposé, le ministre a également mis en avant les perspectives économiques positives soutenues par le Plan de redressement économique et social (PRES), un programme de relance lancé pour dynamiser le secteur privé, moderniser l’administration et promouvoir l’investissement productif. Le PRES, selon Abdourahmane Sarr, constitue aujourd’hui la boussole de la politique économique nationale. Il permet de redonner confiance aux investisseurs, d’améliorer la compétitivité des entreprises locales et de renforcer la souveraineté économique du pays.

Les discussions avec le FMI ont également porté sur l’amélioration de la qualité de la dépense publique, un point essentiel selon le ministre, qui estime qu’il ne suffit plus d’investir massivement, mais qu’il faut désormais investir mieux. Il a ainsi insisté sur la nécessité d’une meilleure planification, d’un suivi rigoureux et d’une évaluation systématique des projets publics, afin de maximiser leur impact sur la croissance, l’emploi et la réduction des inégalités sociales.

Concernant la gestion de la dette, le ministre Abdourahmane Sarr a rappelé la stratégie d’endettement à moyen terme adoptée par le gouvernement, qui met l’accent sur les emprunts en monnaie locale. Cette orientation vise à réduire la dépendance aux devises étrangères et à protéger l’économie nationale des variations du marché international. Il a également salué le rôle de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont le cadre institutionnel et financier permet au Sénégal de bénéficier d’un accès régulier et sécurisé au marché régional pour le refinancement de sa dette.

Au terme des échanges, le ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement sénégalais de finaliser rapidement un nouvel accord avec le FMI. Il a assuré que le Sénégal honore tous ses engagements financiers et qu’il entend renforcer la confiance de ses partenaires techniques et financiers, après une période d’incertitude liée au débat sur la dette publique et la gestion budgétaire du précédent régime.

Ce futur programme, dont les discussions techniques se poursuivent, devrait permettre de consolider les acquis économiques et de soutenir les priorités du gouvernement, notamment la souveraineté alimentaire, la réforme du système fiscal, la promotion de l’emploi des jeunes et la réduction de la pauvreté.

Une mission officielle du FMI est attendue à Dakar en décembre 2025 pour approfondir les négociations et évaluer les conditions d’un nouvel accord de financement. Si les conclusions sont favorables, le Sénégal pourrait bénéficier dès le premier trimestre 2026 d’un appui financier destiné à renforcer ses réserves, soutenir ses réformes structurelles et assurer la continuité de ses programmes de développement.

Affaire de la « dette cachée » : Mamadou Lamine Diallo somme Macky Sall de publier le décret sur le PDIES

L’affaire dite de la « dette cachée » continue d’alimenter le débat politique et judiciaire au Sénégal. Après la contre-offensive lancée par l’ancien président Macky Sall, qui réclame la publication intégrale du rapport de la Cour des comptes, plusieurs voix s’élèvent pour exiger davantage de clarté sur la gestion financière de son régime. Parmi elles, celle du député Mamadou Lamine Diallo, président du mouvement Tekki, qui interpelle directement l’ex-Chef de l’État sur un document clé : le décret 2017-74 du 12 janvier 2017, relatif au Programme de Défense des Intérêts Économiques et Sécuritaires du Sénégal (PDIES).

Dans une déclaration rendue publique ce jeudi, l’économiste et parlementaire a invité Macky Sall à faire preuve de transparence en rendant public ce décret présidentiel, qu’il considère comme un élément central pour comprendre l’origine et la nature des engagements financiers non déclarés de l’ancien régime. « Plutôt que de réclamer les rapports de la Cour des comptes, il serait plus utile qu’il publie le décret PDIES afin que les Sénégalais sachent comment ont été gérées certaines dépenses », a-t-il martelé.

Pour Mamadou Lamine Diallo, la divulgation de ce texte permettrait de « faire la lumière sur les liens entre les comptes de dépôt intitulés « Cap/Gouvernement » et le PDIES, à l’origine de dettes estimées à 167 milliards de francs CFA qui n’ont jamais été présentées à l’Assemblée nationale ». Le député dénonce ainsi ce qu’il qualifie de « montage budgétaire opaque », qui aurait permis d’engager des dépenses importantes en dehors des circuits officiels du contrôle parlementaire.

L’affaire du PDIES, souvent évoquée dans les rapports d’audit internes et certaines notes du ministère des Finances, concerne un mécanisme de financement parallèle créé en 2017, officiellement pour soutenir des programmes stratégiques liés à la sécurité et à la souveraineté économique. Mais selon plusieurs observateurs, ce dispositif aurait servi à couvrir des opérations financières non justifiées, alimentant ce que certains appellent désormais la « dette cachée » du Sénégal.

Le président du mouvement Tekki, connu pour son franc-parler et ses prises de position sur la gouvernance économique, estime qu’il est temps de rompre avec la culture du secret budgétaire. « Les Sénégalais ont droit à la vérité sur l’utilisation de leurs ressources. Macky Sall doit des explications au peuple », a-t-il insisté, avant d’appeler la Cour des comptes et le ministère des Finances à jouer pleinement leur rôle dans la transparence et la reddition des comptes.

Cette interpellation intervient alors que la nouvelle administration a engagé une revue approfondie de la dette publique, notamment celle contractée entre 2012 et 2023, afin d’en identifier les contours, les bénéficiaires et les impacts sur les finances nationales. Le gouvernement actuel, dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye, a d’ailleurs affirmé sa volonté d’assainir les pratiques budgétaires héritées du passé et de publier les résultats des audits en cours.

En attendant, l’ancien chef de l’État n’a pas encore réagi publiquement à cette demande de Mamadou Lamine Diallo, qui fait désormais de la publication du décret PDIES une condition préalable à toute clarification sur la gestion de la « dette cachée ». Une affaire appelée à rebondir, tant les enjeux financiers et politiques qu’elle soulève semblent considérables.

Dette publique : le Sénégal prévoit un encours de 25 368 milliards de francs CFA en 2025

Les derniers chiffres du ministère des Finances apportent un éclairage nouveau sur la situation de la dette publique sénégalaise. Dans son Rapport économique et financier annexé à la loi de Finances 2026, récemment publié, le département dirigé par Abdourahmane Sarr a dévoilé ses prévisions concernant le niveau d’endettement du pays pour l’année 2025. Ces données interviennent dans un contexte marqué par des débats persistants sur la dette dite « cachée » et sur la soutenabilité globale des finances publiques.

Selon le document officiel, l’encours de la dette publique du Sénégal devrait atteindre 25 368,3 milliards de francs CFA en 2025, soit une hausse de 7,1 % par rapport à l’année 2024. Cette progression s’explique notamment par les besoins croissants de financement liés aux investissements publics et aux engagements antérieurs de l’État. Malgré cette augmentation en valeur absolue, le ministère souligne une légère amélioration du ratio dette/PIB, qui est attendu à 117,3 % en 2025, contre 119,0 % en 2024. Cela représente une baisse de 1,7 point de pourcentage du PIB, traduisant un certain redressement relatif du poids de la dette dans l’économie nationale.

Cependant, le rapport attire l’attention sur un indicateur particulièrement préoccupant : celui du service de la dette publique extérieure rapporté aux recettes budgétaires. Il devrait, selon les projections, atteindre 46,1 % en 2025, soit plus du double du plafond de 22 % fixé par les critères de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Ce dépassement important met en lumière la forte pression exercée par le remboursement de la dette sur les ressources publiques, ce qui pourrait réduire les marges de manœuvre budgétaires de l’État pour financer les politiques sociales et les investissements prioritaires.

Ces chiffres illustrent la complexité de la situation financière du Sénégal, pris entre la nécessité de soutenir la relance économique et l’impératif de maîtriser l’endettement. Si la baisse du ratio dette/PIB peut être interprétée comme un signe de stabilisation, la dynamique du service de la dette extérieure reste un défi majeur pour la soutenabilité budgétaire à moyen terme.

Le ciel financier du Sénégal s’assombrit : la dette publique explose à l’approche de la mission du FMI

Le ciel financier du Sénégal s’assombrit sérieusement. Selon une publication de l’agence Reuters datée du 21 octobre 2025, Dakar a revu à la hausse ses prévisions de remboursement de la dette pour les trois prochaines années. Une révision spectaculaire, avec une augmentation de plus de 3 200 milliards de francs CFA, soit environ 5,8 milliards de dollars supplémentaires. Cette mise à jour budgétaire intervient à un moment charnière, juste avant la mission du Fonds monétaire international (FMI) attendue à Dakar du 22 octobre au 4 novembre 2025.

Les nouvelles projections du ministère sénégalais des Finances témoignent d’une envolée inquiétante du service de la dette. En 2026, les paiements devraient atteindre 5 490 milliards de francs CFA, soit une hausse de 11 % par rapport aux prévisions de juin dernier. L’année suivante, en 2027, la facture grimperait à 4 410 milliards, presque un tiers de plus que ce qui était initialement prévu. Et pour 2028, le Sénégal devrait débourser 4 970 milliards, une progression vertigineuse de près de 50 %.

Derrière ces chiffres se cache une réalité amère : le pays continue de subir les conséquences du scandale des dettes cachées, découvert en 2024. Cette affaire avait provoqué un séisme budgétaire et contraint le FMI à suspendre un programme de financement de 1,8 milliard de dollars, fragilisant durablement la crédibilité financière de l’État sénégalais.

Le document révisé a été rendu public à Washington, en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, où les autorités sénégalaises ont entamé des discussions pour la mise en place d’un nouveau programme de prêts. Dakar espère, dans la foulée, obtenir une dérogation spéciale du Conseil d’administration du FMI, afin d’atténuer les sanctions liées aux dettes non déclarées.

Mais le Fonds monétaire reste particulièrement vigilant. L’évaluation de la soutenabilité de la dette par ses experts sera déterminante : elle dira si le Sénégal peut continuer à emprunter, ou s’il doit envisager des mesures plus lourdes, telles qu’un reprofilage ou une restructuration de sa dette. D’après les dernières estimations du FMI, le ratio dette/PIB du pays – incluant les engagements de l’État, des entreprises publiques et les arriérés intérieurs – atteignait déjà 132 % à la fin de 2024. Un niveau alarmant, largement supérieur aux seuils tolérés pour un pays en développement ou émergent.

Face à cette situation critique, le ministère des Finances reste silencieux. Contactée par Reuters, sa porte-parole a refusé de commenter les nouvelles prévisions. Ce silence, dans un contexte de forte tension financière, n’a fait qu’accentuer les interrogations sur la trajectoire budgétaire du pays. Les marchés internationaux, quant à eux, suivent de près l’évolution du dossier sénégalais, à la recherche du moindre signal de stabilité.

Inclusion financière : plus de 6,8 milliards FCFA injectés dans la microfinance pour dynamiser l’économie sociale au Sénégal

Le ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire (MMESS) a franchi une étape majeure dans la promotion de l’inclusion financière au Sénégal. Mardi, à Dakar, le ministre Alioune Dione a présidé la signature de conventions d’un montant global de 6,826 milliards FCFA avec plusieurs institutions de microfinance partenaires. Cet engagement marque le lancement effectif du Pacte pour l’inclusion financière universelle (PACTIFU), un programme stratégique visant à renforcer l’accès aux services financiers pour les populations les plus vulnérables.

Selon le ministre, le PACTIFU « formalise le cadre de collaboration entre le ministère et l’Association professionnelle des institutions de microfinance du Sénégal (APIM-Sénégal) », conformément à la stratégie de finance ciblée adoptée en Conseil des ministres du 18 décembre 2024. L’initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement de faire de la microfinance un levier central de la lutte contre la pauvreté et de la relance économique inclusive.

Au total, 18 conventions individuelles ont été signées pour un montant de 5,267 milliards FCFA, tandis que six institutions de microfinance ont reçu des chèques symboliques représentant 1,559 milliard FCFA, portant ainsi le total à plus de 6,8 milliards FCFA. Ces financements seront principalement orientés vers les acteurs de l’Économie sociale et solidaire (ESS), notamment dans les secteurs clés que sont l’agriculture, la pêche, l’élevage et la transformation des produits locaux. L’objectif est clair : encourager la substitution aux importations, stimuler la production locale et favoriser la création d’emplois durables à travers un modèle économique équitable et participatif.

Alioune Dione a exhorté les institutions bénéficiaires à concevoir des produits financiers innovants, inclusifs et adaptés aux besoins des populations cibles, tout en respectant des normes rigoureuses de gouvernance, de transparence et de performance sociale. Il a également insisté sur l’importance de lier la rentabilité économique à des finalités sociales concrètes, notamment la réduction de la pauvreté et l’autonomisation des femmes et des jeunes, deux priorités de la politique nationale d’inclusion.

En conclusion, le ministre a rappelé que la finance islamique devait jouer un rôle de plus en plus déterminant dans ce dispositif. À travers le développement des coopératives productives solidaires (CPS), ce modèle alternatif constitue, selon lui, « un pilier essentiel du développement national », capable d’offrir des solutions éthiques et durables à la finance traditionnelle.

Négociations avec le FMI : la dette du Sénégal explose à 132 % du PIB selon le Fonds

Le Sénégal entame cette semaine des négociations décisives avec le Fonds Monétaire International (FMI), dans un contexte économique tendu marqué par une forte pression budgétaire et une crise de confiance des investisseurs. Ces discussions visent à finaliser un nouvel accord de financement, un an après la suspension du précédent programme d’un montant de 1,8 milliard de dollars, interrompu à la suite de divergences sur la gestion budgétaire et la transparence des comptes publics.

L’urgence de ces pourparlers s’explique par la révélation, jugée explosive, faite récemment par l’administration du président Bassirou Diomaye Faye. Selon les autorités actuelles, l’ancien gouvernement aurait dissimulé près de 7 milliards de dollars d’emprunts non déclarés, gonflant considérablement le niveau réel de la dette publique. Cette annonce a eu l’effet d’une bombe sur les marchés financiers et a conduit les agences de notation S&P et Moody’s à abaisser la note souveraine du Sénégal, invoquant un « manque de fiabilité des données budgétaires ».

La tension a encore monté d’un cran la semaine dernière, lorsque le FMI a publié ses propres évaluations. D’après les données relayées par Bloomberg, l’institution financière internationale estime désormais que la dette publique du Sénégal représente 132 % du Produit Intérieur Brut (PIB), bien au-delà des 119 % avancés par le gouvernement sénégalais. Cet écart de treize points de pourcentage a semé le doute parmi les partenaires financiers du pays et déclenché un net repli de la confiance sur les marchés obligataires régionaux.

Pour les observateurs économiques, cette divergence traduit un différend méthodologique, mais surtout un manque de transparence hérité de la précédente gestion. Plusieurs experts estiment que certains emprunts, notamment souscrits par des entreprises publiques ou garantis par l’État, n’auraient pas été intégrés dans les statistiques officielles, ce qui fausse la lecture réelle de l’endettement.

Dans ce contexte, les discussions avec le FMI s’annoncent particulièrement ardues. Le gouvernement cherche à restaurer la crédibilité du pays sur les marchés internationaux tout en évitant une cure d’austérité trop sévère. « Le Sénégal veut un accord équilibré qui protège les équilibres macroéconomiques sans compromettre les investissements sociaux », a confié une source proche du ministère des Finances.

Le président Bassirou Diomaye Faye et son équipe économique misent sur une approche de transparence et de vérité des comptes, censée convaincre le FMI et les bailleurs de la sincérité de la nouvelle gouvernance. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de rupture avec les pratiques antérieures, accusées d’avoir masqué la réalité des chiffres.

Cependant, la tâche s’annonce difficile. Avec une dette équivalente à plus de 130 % du PIB, le Sénégal se trouve désormais au-dessus du seuil critique fixé par les institutions financières internationales pour les pays à revenu intermédiaire. Une telle situation pourrait limiter sa capacité à emprunter sur les marchés extérieurs et alourdir le coût du financement de sa dette.

Les négociations devraient se poursuivre tout au long de la semaine à Dakar, en présence d’une mission du FMI dirigée par Edward Gemayel, chef de division pour l’Afrique de l’Ouest. Les discussions porteront sur la consolidation budgétaire, la réforme du secteur public et la rationalisation des dépenses, mais aussi sur la manière d’assurer une croissance inclusive dans un contexte de contraintes financières accrues.

États-Unis : Moody’s condamnée à payer une amende record de 864 millions de dollars pour son rôle dans la crise des subprimes

La justice américaine a annoncé, dans un communiqué officiel, avoir conclu un accord historique avec l’agence de notation financière Moody’s. L’entreprise devra s’acquitter d’une amende de 864 millions de dollars, soit un peu plus de 486 milliards de francs CFA, pour avoir joué un rôle déterminant dans le déclenchement de la crise financière de 2008, dite des subprimes.

Selon le communiqué, repris par le quotidien Le Soleil, cette somme sera répartie entre plusieurs bénéficiaires. Le département de la Justice des États-Unis percevra 437,5 millions de dollars (près de 250 milliards de francs CFA), tandis que 21 États américains et la ville de Washington se partageront 426,3 millions de dollars (près de 240 milliards de francs CFA).

L’accord met fin à plusieurs années d’enquête et de procédures engagées contre Moody’s. Les autorités américaines reprochaient à l’agence d’avoir surévalué la note de titres financiers adossés à des créances immobilières risquées, les fameux prêts subprimes, qui se sont révélés être au cœur de la crise économique mondiale de 2008. Ces pratiques ont contribué à induire en erreur les investisseurs et à provoquer une onde de choc sur les marchés financiers.

Après de longues négociations, Moody’s a reconnu les faits et accepté non seulement de payer l’amende, mais aussi de mettre en œuvre de nouvelles mesures de transparence et de contrôle pour garantir l’intégrité de ses notations à l’avenir.

Le responsable du pôle anti-trust du département d’État américain, Bill Baer, a sévèrement critiqué le comportement de l’agence :

« Moody’s n’a pas respecté ses propres standards de notation financière et a failli à sa promesse de transparence dans la période qui a précédé la Grande récession », a-t-il déclaré, cité par Le Soleil.

Cette condamnation retentissante pourrait avoir des répercussions au-delà des États-Unis, notamment au Sénégal. En effet, les autorités sénégalaises avaient récemment contesté la crédibilité de la notation de Moody’s, qui avait décidé de dégrader la note souveraine du pays de B3 à Caa1. Une décision jugée injuste par le gouvernement.

Dans un communiqué officiel, le ministère sénégalais des Finances et du Budget avait dénoncé une évaluation fondée sur des « hypothèses spéculatives, subjectives et biaisées », estimant qu’elle « ne reflète ni la réalité des fondamentaux économiques du pays ni les efforts entrepris pour consolider la stabilité et renforcer la soutenabilité de la dette ».

La sanction infligée à Moody’s pourrait ainsi conforter la position du Sénégal, qui reproche depuis plusieurs mois aux grandes agences de notation de manquer d’objectivité et de rigueur dans leur évaluation des économies africaines. Pour Dakar, cette affaire relance le débat sur la fiabilité et la transparence du système international de notation financière, dont les décisions peuvent avoir un impact considérable sur l’accès des pays en développement aux marchés internationaux.

En attendant, cette amende record marque un tournant pour Moody’s, contrainte de revoir ses pratiques et de restaurer la confiance dans ses évaluations, après avoir reconnu sa responsabilité dans l’une des plus grandes crises économiques de l’histoire contemporaine.

Dette publique au Sénégal : Cheikh Oumar Diagne remet les pendules à l’heure et dénonce les manipulations

À Ouagadougou, le 18 octobre 2025, Cheikh Oumar Diagne a pris la parole pour clarifier ce qu’il qualifie de malentendu et de manipulations autour de la soi-disant « dette cachée » du Sénégal. À travers un long communiqué publié sur les réseaux sociaux, le secrétaire général du Rassemblement pour la Vérité / ACD a dénoncé la diffusion de propos déformés et a rappelé les véritables enjeux du débat public sur l’endettement national.

Pour Cheikh Oumar Diagne, la polémique sur la « dette cachée » résulte avant tout d’une confusion entre des notions financières et d’une mauvaise interprétation des chiffres avancés. Selon lui, aucune dette n’a été véritablement cachée au Fonds monétaire international (FMI), à la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ou aux ministères compétents. Les écarts observés entre les chiffres de la Direction de la Dette Publique (DDP) et ceux de la Direction de l’Ordonnancement et du Dépense Publique (DODP) sont, pour lui, la source principale des critiques.

Il explique que certains commentateurs ont amplifié l’affaire en s’arrêtant sur des termes comme « cachée », « dissimulée » ou « erronée », alors que le problème fondamental réside dans la politique d’endettement et la gestion des finances publiques, qu’il juge « peu intelligente ». Il rappelle qu’il a été le premier à évoquer un ratio dette/PIB supérieur aux chiffres officiels, évaluant sa propre estimation à 116 % alors que l’opinion générale était à 99 %, et qu’il a récemment précisé que la vraie dette avoisine 130 %, chiffre désormais confirmé par le FMI qui table sur 132 %.

Cheikh Oumar Diagne souligne également des pratiques de financement public courantes dans le monde entier et au Sénégal, notamment les projets financés via des sociétés de gestion avec garantie d’État, comme l’aéroport de Diass, ou les dépenses extrabudgétaires liées aux grands chantiers. Pour lui, ces montages financiers ne constituent pas des dettes cachées, car elles sont connues des services compétents et font partie des mécanismes normaux de gestion budgétaire.

Enfin, il élargit le débat aux critères de convergence régionaux et à la pertinence de la politique d’endettement actuelle. Il plaide pour une approche plus stratégique, incluant le concept de « smart debt » et un rôle actif de la banque centrale dans le développement, plutôt que dans l’intérêt exclusif des établissements financiers majoritairement étrangers.

Pour Cheikh Oumar Diagne, il est urgent de replacer le débat sur des bases rationnelles et techniques afin d’éviter que la désinformation ne continue de détourner l’attention de la population sénégalaise de la réalité de la dette et de ses enjeux pour le développement du pays.

Sénégal–FMI : vers la réconciliation après la tempête du « misreporting »

Le Fonds monétaire international (FMI) refait surface dans le paysage économique sénégalais, déterminé à tourner la page d’un épisode douloureux : celui du scandale du « misreporting », ou dette cachée, qui avait provoqué la suspension du programme financier liant Dakar à l’institution de Bretton Woods. Après dix-sept mois de brouille et de méfiance, les deux parties semblent prêtes à renouer un dialogue franc, empreint de rigueur et de transparence.

Dans un entretien exclusif accordé au journal L’Observateur, Edward Gemayel, chef de mission du FMI pour le Sénégal, est revenu sur cette crise de confiance sans précédent, tout en dévoilant les contours du futur partenariat entre son institution et le pays.

Une introspection nécessaire au sein du FMI

Pour la première fois, le FMI reconnaît publiquement avoir sa part de responsabilité dans le scandale. Edward Gemayel l’admet : « Le FMI est en train de faire une révision interne de ce qui s’est passé, afin de prendre des leçons. » Autrement dit, l’institution ne se limite pas à pointer du doigt les autorités sénégalaises ; elle interroge également ses propres mécanismes de contrôle, jugés défaillants.

Selon lui, une double enquête – interne et externe – est actuellement en cours. Des experts indépendants ont été mandatés pour comprendre comment une telle dette a pu échapper à la vigilance du FMI, pourtant réputé pour sa rigueur en matière de surveillance macroéconomique. Cette démarche d’autoévaluation marque une rare volonté d’humilité et de transparence au sein de l’organisation internationale.

Un nouveau programme en préparation

Si le FMI s’interroge, il agit aussi. Edward Gemayel révèle que les discussions avec les autorités sénégalaises ont déjà repris : « Officiellement, on a commencé à négocier le nouveau programme avec les autorités depuis lundi passé. » Une mission du FMI est attendue à Dakar dès la semaine prochaine pour finaliser la première étape de ces pourparlers.

Toutefois, il ne s’agira pas d’une simple reprise du précédent cadre financier. « Les autorités sénégalaises ne veulent pas continuer avec l’ancien programme. Elles souhaitent démarrer un nouveau qu’elles vont elles-mêmes négocier », précise le chef de mission. Cette volonté d’un nouveau départ symbolise la fin d’un cycle et l’ouverture d’une ère où la transparence et la responsabilité devraient primer.

L’objectif est clair : restaurer la crédibilité financière du Sénégal et garantir que les données transmises au FMI soient désormais fiables, vérifiables et conformes aux standards internationaux.

Dix-sept mois d’isolement financier

Le scandale du misreporting a laissé des traces profondes. Pendant dix-sept mois, le Sénégal s’est retrouvé privé de l’appui du FMI et, par ricochet, de celui de nombreux partenaires financiers internationaux. Dans le système mondial, la validation du FMI reste un signal fort pour les bailleurs : elle conditionne souvent le déblocage d’aides budgétaires, de prêts concessionnels ou d’investissements publics.

« Dix-sept mois sans le FMI, c’était difficile pour le Sénégal », reconnaît Edward Gemayel. Malgré tout, il salue la résilience du pays et de son peuple : « Les Sénégalais ont été remarquablement solides pendant cette période. De notre côté, nous sommes prêts à tout faire pour les aider à repartir sur de bonnes bases. »

La reprise des discussions avec le FMI devrait ainsi marquer le retour progressif du Sénégal sur la scène financière internationale, avec pour ambition de stabiliser les comptes publics et de redonner confiance aux investisseurs.

Une nouvelle culture de transparence

Au-delà de l’aspect financier, le scandale du misreporting aura eu un mérite : celui de forcer l’ensemble des acteurs – autorités, institutions de contrôle et bailleurs – à revoir leurs pratiques. Edward Gemayel souligne une collaboration renforcée entre le gouvernement, la Cour des comptes, l’Inspection générale des finances et les auditeurs indépendants, notamment le cabinet Mazars.

Ces efforts conjoints visent à bâtir un cadre de transparence totale autour de la dette publique. Désormais, chaque ligne budgétaire est passée au crible, chaque chiffre vérifié. Ce travail minutieux est essentiel pour rétablir la confiance des partenaires techniques et financiers, mais aussi pour renforcer la crédibilité du Sénégal sur les marchés internationaux.

Vers un nouveau climat de confiance

Selon L’Observateur, la mission attendue à Dakar pourrait marquer un tournant historique dans les relations entre Washington et Dakar. Après la méfiance, place à la vigilance partagée. « On a les pieds sur la pédale, et on fonce pour un nouveau programme », assure Edward Gemayel, confiant quant à la possibilité d’un accord rapide.

Mais au-delà des chiffres et des négociations techniques, l’enjeu est politique et symbolique : il s’agit de restaurer l’image du Sénégal comme partenaire fiable et discipliné, d’envoyer un signal fort aux marchés et de tourner définitivement la page des « dettes cachées ».

« DETTE CACHÉE » : Les dessous d’une polémique explosive

La déclaration de la Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) évoquant un « misreporting » – une erreur de déclaration – dans les chiffres de la dette sénégalaise a fait grand bruit. Le régime en place y a vu la preuve d’une « dette cachée » par l’administration sous Macky Sall. Mais à y regarder de plus près, l’affaire semble davantage relever d’un changement méthodologique que d’une dissimulation.

UNE DIVERGENCE COMPTABLE ?

Sous Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall, l’administration a toujours distingué la dette directe de l’État et celle du secteur parapublic, c’est-à-dire des sociétés nationales. Les gouvernements successifs ont toujours considéré que ces dettes parapubliques, dites « contingentes », ne faisaient pas partie de la dette publique centrale.
Cheikh Diba le savait. Le FMI le savait, comme tous les autres partenaires bilatéraux comme multilatéraux. Le régime Sonko-Diomaye a décidé d’intégrer ces engagements dans le calcul global de la dette.
Ce choix technique a mécaniquement fait grimper les chiffres, provoquant le fameux « misreporting » évoqué par le FMI. Autrement dit, il ne s’agit pas d’une dette cachée, mais d’un changement de méthode de comptabilisation des données.
Sur le fond, le Sénégal n’a jamais cessé d’honorer ses engagements.
Ses créanciers – bilatéraux comme multilatéraux – n’ont jamais signalé le moindre retard de paiement. La charge de la dette, environ 900 milliards de francs CFA par an – elle passera à environ 1 100 milliards F CFA dans le budget 2026 -, figure dans toutes les lois de finances votées par l’Assemblée nationale et dans tous les rapports de la Cour des Comptes ayant fait l’objet de vote de lois de règlement.
Difficile, dans ces conditions, de parler de « dette cachée », à en croire nos sources. « On ne peut pas dissimuler ce que l’on paie chaque année sous le contrôle des bailleurs et des institutions nationales », confient nos interlocuteurs au fait des mécanismes du Trésor.

UNE DETTE VISIBLE APRÈS 12 ANS DE GRANDS CHANTIERS

Entre 2012 et 2024, le Sénégal a connu un bond spectaculaire en matière d’infrastructures. Autoroutes, ponts, TER, BRT, stades, ports, aéroports régionaux, data centers, ville nouvelle de Diamniadio : la liste est longue. Ces projets ont été financés grâce à la stratégie d’endettement du Plan Sénégal Émergent (PSE), qui visait à combler le retard structurel du pays et à stimuler la croissance. Pour l’APR, la dette paraît être « un outil de transformation », non une charge caché. Les troupes de Macky Sall pointe le bilan de leur champion pour justifier la destination de la dette.
Autre élément essentiel : la Cour des Comptes a certifié tous les budgets entre 2012 et 2023, y compris les montants liés à la dette. À aucun moment, elle n’a intégré les dettes parapubliques dans le calcul de la dette publique, même dans son rapport sur la dette de 2022. Le FMI, de son côté, a mené des dizaines de missions au Sénégal, validant les mêmes chiffres sans soulever d’anomalies. « Le FMI a toujours salué la transparence du Sénégal et la qualité de sa coopération », rappellent d’anciens responsables du ministère des Finances. Il estd donc difficile d’imaginer une fraude à si grande échelle sans que la Cour des Comptes, la DGCPT, la DGID, l’ANSD ou le FMI n’en aient eu connaissance.

NOUVEAU PROGRAMME DU FMI

Le débat intervient alors que le pays s’apprête à signer un nouveau
programme avec le FMI, selon Kristalina Georgieva. Son adjoint chargé de l’Afrique annonce que des réformes structurelles sont prévues.
S’agira-t-il de coupes des subventions et des exonérations et un élargissement de la base fiscale qui provoqueraient des conséquences sociales majeures.
En définitive, le débat sur la « dette cachée » semble moins reposer sur des faits que sur une lecture politique. Les institutions de contrôle ont validé les chiffres. Les créanciers continuent de prêter au Sénégal et les investissements financés par la dette sont bel et bien visibles sur le terrain.
Après tout, le pays paie sa dette, ses infrastructures sont là et sa signature reste respectée. Le reste n’est qu’une affaire de perception.

Budget 2026 : la Présidence, la Primature et l’Assemblée nationale se partagent plus de 100 milliards FCFA

Le projet de loi de finances 2026, présenté par le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye, détaille avec précision les allocations budgétaires destinées aux principales institutions de la République. Dans un contexte de rigueur, de rationalisation et de transparence, la Présidence de la République, la Primature et l’Assemblée nationale voient leurs enveloppes financières adaptées à leurs missions, conformément à la politique d’assainissement des finances publiques mise en avant par l’exécutif.

Pour l’exercice 2026, la Présidence de la République bénéficiera d’un budget global de 56,01 milliards de francs CFA en autorisations d’engagement et de 17,01 milliards de francs CFA en crédits de paiement. Cette dotation, selon les précisions du document budgétaire, comprend d’importants concours extérieurs, parmi lesquels 48 milliards proviennent de la Banque africaine de développement (BAD/FAD), 5 milliards de la coopération allemande via la KfW et 2 milliards de l’Agence française de développement (AFD). Ces ressources sont destinées à soutenir la mise en œuvre des programmes présidentiels axés sur la gouvernance, la diplomatie, la modernisation institutionnelle et la coopération internationale. L’objectif affiché est de permettre à la Présidence d’accompagner les grandes orientations du Plan de Redressement économique et social, tout en garantissant la continuité des projets stratégiques de l’État.

La Primature, de son côté, se voit attribuer une enveloppe de 8,29 milliards de francs CFA. Cette somme intègre des appuis extérieurs conséquents, notamment un don de 2,86 milliards de l’AFD, 4,17 milliards du Fonds mondial et un prêt de 1,25 milliard de la Banque islamique de développement (BID). Ces ressources permettront à la Primature d’assurer efficacement la coordination des politiques gouvernementales, la supervision des réformes structurelles et le suivi de la performance administrative. L’enveloppe servira également à appuyer la mise en œuvre du Plan de Redressement économique et social (PRES), un pilier majeur du programme gouvernemental visant la relance économique et la création d’emplois.

Quant à l’Assemblée nationale, elle disposera d’un budget de 25,11 milliards de francs CFA en autorisations d’engagement et de 24,86 milliards en crédits de paiement. Cette dotation vise à renforcer les capacités institutionnelles du Parlement, afin qu’il remplisse pleinement ses missions constitutionnelles de législation, de contrôle de l’action gouvernementale et de diplomatie parlementaire. Le gouvernement insiste sur la nécessité d’un Parlement fort et efficace, garant de la redevabilité et du bon usage des deniers publics, dans un contexte où la rationalisation des dépenses institutionnelles demeure une priorité.

Ainsi, la Présidence, la Primature et l’Assemblée nationale se partagent une enveloppe globale dépassant les 100 milliards de francs CFA. Cette somme, bien que conséquente, s’inscrit dans une logique de gestion rigoureuse et de transparence prônée par le président Bassirou Diomaye Faye, qui a réaffirmé à plusieurs reprises sa volonté de restaurer la discipline budgétaire et d’optimiser les ressources publiques.

Le projet de loi de finances 2026 introduit également un dispositif de suivi et de contrôle renforcé des dépenses publiques. Il fixe notamment les plafonds d’emplois à 1 962 agents pour la Présidence et 877 pour la Primature. Ce mécanisme vise à assurer une meilleure maîtrise de la masse salariale et une utilisation optimale des ressources humaines de l’État. Dans la même dynamique, une obligation de publication régulière des rapports d’exécution budgétaire est instaurée, afin de garantir la transparence et de permettre aux citoyens de suivre, en toute clarté, l’utilisation des fonds publics.

Le gouvernement affiche ainsi sa volonté de concilier efficacité institutionnelle, rigueur financière et redevabilité. En plaçant la transparence au cœur de la gestion des finances publiques, l’exécutif entend instaurer une nouvelle gouvernance budgétaire, plus sobre, plus responsable et tournée vers les résultats.

Le FMI répond à la demande d’aide du Sénégal et souligne la nécessité d’une meilleure supervision financière

Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé avoir répondu rapidement à la demande d’un programme d’aide formulée par le gouvernement sénégalais. Dans une conférence de presse tenue ce jeudi, la directrice générale du Fonds, Kristalina Georgieva, a souligné le soutien apporté aux autorités sénégalaises pour avoir mis en lumière ce qu’elle a qualifié d’« immense problème » lié à la dissimulation de la dette publique.

« Le Sénégal a fait une demande de programme d’aide auprès du Fonds et nous avons immédiatement répondu. J’ai rencontré la délégation sénégalaise ici, et nous allons envoyer une équipe dès la fin des réunions annuelles », a indiqué Mme Georgieva, dont les rencontres se poursuivent jusqu’à samedi.

La situation économique du Sénégal est particulièrement préoccupante. Le pays fait face à un déficit budgétaire de 14 % et à une dette publique représentant 119 % de son produit intérieur brut (PIB). Depuis l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités en 2024, l’ancien gouvernement du président Macky Sall (2012-2024) est accusé d’avoir dissimulé les véritables chiffres sur des indicateurs économiques cruciaux tels que le déficit budgétaire et la dette publique. Le FMI a confirmé l’existence de « déclarations erronées significatives » sur ces indicateurs pour la période 2019-2023.

Les décaissements du Fonds, suspendus depuis la révélation de ces irrégularités, demeuraient conditionnés à la fourniture de réponses et à des engagements de la part des autorités sénégalaises afin d’éviter que ce type de dissimulation ne se reproduise. Kristalina Georgieva a tenu à saluer la transparence du gouvernement en place : « Je veux rendre hommage aux autorités sénégalaises pour avoir mis à jour cet immense problème. Cela a été caché et ils l’ont rendu public, tentant de comprendre ce qu’il s’est passé et l’ampleur du problème. Cela a pris du temps, mais nous y voyons désormais plus clair. »

Au-delà de la dette publique, la directrice générale du FMI s’est également exprimée sur le risque systémique que pourrait représenter le secteur financier non bancaire (SFNB). Elle a appelé à une supervision renforcée de ces institutions, rappelant que ce secteur représente désormais plus de la moitié des financements réalisés. Selon elle, si cette croissance se poursuit sans contrôle, le système financier pourrait se retrouver confronté à une situation délicate.

Mme Georgieva a également mis en garde contre les limites actuelles des États pour faire face à de nouveaux chocs économiques. « La plupart des États ne disposent plus des marges budgétaires, et les principales banques centrales sont toujours concentrées sur le ralentissement de l’inflation, ce qui réduit les possibilités de réagir en cas de crise financière majeure. » Elle a insisté sur la nécessité d’une vigilance accrue et d’une régulation plus stricte du SFNB afin de prévenir une éventuelle crise.

Par ailleurs, la directrice générale du FMI a exprimé son soulagement après la signature d’un cessez-le-feu à Gaza, soulignant l’importance d’un travail collectif en faveur d’une paix durable. Elle a rappelé les bénéfices économiques que cela pourrait apporter à la région, notamment aux voisins d’Israël et des territoires palestiniens, dont les économies ont été fragilisées par le conflit et par des tensions internes. Le FMI suit également de près la situation dans plusieurs pays de la région : un programme est en cours en Égypte et en Jordanie, le Liban a sollicité une assistance, et la Syrie demande un support technique pour reconstruire ses institutions. « Dès lors que la paix sera là, il y aura des effets positifs pour ces pays et ceux qui les soutiennent, cela rend l’aide apportée plus efficace », a conclu Kristalina Georgieva.

Les obligations sénégalaises en dollars connaissent une forte hausse après le lancement des discussions avec le FMI

Les obligations souveraines du Sénégal libellées en dollars ont enregistré leur plus forte progression depuis le mois de juillet, à la suite de l’ouverture officielle des discussions entre le pays et le Fonds monétaire international (FMI) en vue d’un nouveau programme de soutien. Cette évolution positive reflète la confiance croissante des investisseurs dans la perspective d’une stabilisation de la situation financière du pays.

Les eurobonds sénégalais arrivant à échéance en 2031 ont ainsi connu un bond significatif, gagnant 2,41 cents pour atteindre 81,4 cents pour un dollar. Cette hausse a entraîné une baisse du rendement de 71 points de base, qui s’établit désormais à 12,59 %. Ces données ont été rapportées ce mercredi en fin de matinée à Londres par l’agence Bloomberg.

Cette dynamique intervient après la rencontre à Washington entre la Directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, et le ministre sénégalais des Finances et du Budget, Cheikh Diba, accompagné de sa délégation. Dans une publication sur le réseau social X, Mme Georgieva a précisé que les négociations pour un nouveau programme d’appui du FMI avaient été officiellement lancées et qu’elles s’intensifieraient au cours des prochaines semaines. L’objectif affiché est de promouvoir la stabilité macroéconomique du Sénégal tout en favorisant une croissance inclusive.

Ces discussions s’inscrivent dans un contexte particulier. Depuis près d’un an, le FMI examinait les finances publiques du Sénégal, après la suspension d’un prêt de 1,8 milliard de dollars. Cette suspension faisait suite à la découverte, par un audit, de l’existence d’environ 7 milliards de dollars de dettes non déclarées. La révélation de cette dette cachée avait fortement affecté la crédibilité financière du pays et suscité des inquiétudes chez les investisseurs internationaux.

Washington : Le Sénégal et le FMI vers un nouveau partenariat financier

La « Dream team » du gouvernement sénégalais, conduite par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a rencontré ce mercredi 15 octobre à Washington la Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva. Cette rencontre marque une étape importante dans les relations économiques entre Dakar et l’institution de Bretton Woods, alors que le Sénégal cherche à consolider sa trajectoire macroéconomique et à sécuriser un nouveau programme de financement.

Selon les informations issues de cette réunion, les deux parties ont convenu de poursuivre les discussions au cours des prochaines semaines afin de finaliser un éventuel accord. Le Sénégal et le FMI ont décidé d’avancer « conjointement » vers la soumission d’un nouveau dossier au Conseil d’administration du Fonds. Dans cette dynamique, une mission du FMI est d’ailleurs attendue à Dakar la semaine prochaine pour approfondir les échanges et évaluer les priorités économiques du pays.

Au sortir de la rencontre, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a livré un message fort à l’endroit du FMI, insistant sur la vision et les engagements du gouvernement sénégalais. Dans un post publié sur sa page Facebook, il a rappelé que le Sénégal a fait « le choix de la transparence et de la discipline macroéconomique ». Selon lui, « la VÉRITÉ est que la première ressource d’un pays n’est pas l’endettement mais la CONFIANCE ».

Le ministre a également tenu à souligner le rôle essentiel que le FMI doit jouer dans ce contexte. « Le FMI a un rôle à jouer de ce point de vue, car c’est un bien public qui peut donner gage de confiance face à un leadership politique crédible », a-t-il écrit.

Cette déclaration résonne comme un appel à la responsabilité et à la réactivité de l’institution internationale, au moment où le Sénégal traverse un tournant décisif de sa trajectoire économique. Le gouvernement sénégalais affiche ainsi sa volonté de maintenir une gouvernance rigoureuse et de renforcer la crédibilité financière du pays, tout en mobilisant l’appui de ses partenaires pour soutenir ses ambitions de développement durable.

Le Sénégal entame de nouvelles discussions avec le FMI et la Banque mondiale à Washington

Une importante délégation sénégalaise, conduite par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, participe depuis le 13 octobre aux Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale. Ces rencontres, qui se tiennent jusqu’au 18 octobre 2025 à Washington, réunissent les principaux acteurs de la gouvernance économique mondiale autour des enjeux majeurs du développement, de la stabilité financière et de la croissance inclusive.

La délégation sénégalaise se distingue par sa composition de haut niveau, illustrant la volonté du gouvernement de porter une vision intégrée du développement. Aux côtés du ministre Cheikh Diba figurent plusieurs membres du gouvernement : le ministre d’État chargé de l’Agenda national de transformation, Ahmadou Al Amînou Lô ; le ministre des Énergies, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop ; le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr ; ainsi que le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne. Cette forte représentativité traduit une approche intersectorielle de la politique économique du Sénégal, fondée sur la coordination entre les leviers financiers, énergétiques, agricoles et sociaux.

Les Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale constituent une plateforme stratégique pour les échanges sur les grandes priorités économiques mondiales. Elles permettent aux États membres de débattre des défis liés à la croissance, à la lutte contre la pauvreté, à la transformation structurelle et à la durabilité financière. C’est dans ce cadre que le Sénégal entend faire entendre sa voix et défendre une vision économique fondée sur la résilience, la souveraineté et la transparence.

En marge des sessions plénières, le ministère des Finances et du Budget a annoncé le lancement, le lundi 13 octobre, de discussions techniques entre le FMI et les autorités sénégalaises en vue de la mise en place d’un nouveau programme économique et financier. Ce futur cadre de coopération sera bâti sur les priorités nationales définies par le gouvernement, avec un accent particulier sur la gestion transparente des finances publiques, la promotion des secteurs stratégiques, le renforcement du capital humain et l’amélioration de l’équité sociale.

Selon le communiqué officiel du ministère, cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes structurelles engagées pour consolider la stabilité macroéconomique du pays tout en soutenant un développement inclusif. Le Sénégal ambitionne ainsi de renforcer la crédibilité de sa politique budgétaire et d’attirer davantage de partenariats internationaux orientés vers l’investissement productif et la création d’emplois durables.

Nouvelle dégradation de la note du Sénégal : Moody’s tire une fois de plus la sonnette d’alarme

L’agence de notation Moody’s a de nouveau abaissé la note souveraine du Sénégal, la faisant passer de B3 à Caa1, soit sa troisième dégradation depuis octobre 2024. Ce déclassement place désormais le pays à la dernière classe de l’échelle de notation de Moody’s, un signal particulièrement inquiétant pour les marchés financiers internationaux et les partenaires économiques.

Selon l’agence, cette décision s’explique par plusieurs facteurs : les risques croissants d’arriérés de paiement, l’affaiblissement des marges budgétaires et les incertitudes politiques qui entourent actuellement la gouvernance économique du pays. Ces fragilités s’inscrivent dans un contexte marqué par l’éclatement de l’affaire de la dette cachée et du déficit public sous-évalué, révélations qui ont durablement entamé la crédibilité financière du Sénégal.

Interrogé par L’Observateur, l’économiste El Hadji Ibrahima Sall, ancien ministre sous le régime d’Abdou Diouf, a livré une analyse sans détour de cette situation. Pour lui, cette nouvelle chute de la note du Sénégal constitue « un signal d’alerte inquiétant ». Il estime que les décisions successives de Moody’s traduisent une perte de confiance structurelle envers les politiques économiques mises en œuvre.

« Ces révisions successives soulignent que la confiance ne se restaure pas par les discours, mais par des actes clairs de gouvernance, de discipline et de sincérité budgétaire. Elles révèlent un doute persistant sur la crédibilité des politiques économiques et la gouvernance publique », a-t-il déclaré.

Face à cette crise de confiance, El Hadji Ibrahima Sall préconise un changement profond dans la gestion des finances publiques. Selon lui, le Sénégal doit impérativement restaurer la confiance des investisseurs et des institutions financières internationales. Pour cela, il plaide pour une discipline budgétaire exemplaire, une transparence accrue dans la gestion des comptes publics et un dialogue sincère avec les créanciers et partenaires économiques.

Cette nouvelle dégradation pourrait avoir des répercussions directes sur la capacité du pays à emprunter sur les marchés internationaux, avec à la clé des coûts de financement plus élevés. Elle survient également dans un contexte économique déjà tendu, marqué par la pression sur le franc CFA, la baisse des réserves de change et une inflation persistante.

Crise de confiance économique : Sénégal Bi Ñu Bokk dénonce la gouvernance « sans cap » du tandem Sonko-Diomaye après la dégradation de la note souveraine

La récente dégradation de la note souveraine du Sénégal par l’agence de notation américaine Moody’s continue de susciter des réactions politiques et économiques dans le pays. Le mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk a réagi avec fermeté, dénonçant une « crise de confiance majeure » née, selon lui, d’une gouvernance budgétaire sans direction claire et d’une communication gouvernementale jugée « imprudente et déstabilisatrice ».

Dans un communiqué rendu public, le mouvement dirigé par des figures de la société civile et d’anciens cadres économiques estime que cette dégradation à la note « Caa1 » — la troisième en moins d’un an — est la conséquence directe des « errements et contradictions » du gouvernement. Pour Sénégal Bi Ñu Bokk, cette décision marque « une perte de crédibilité sans précédent du Sénégal sur les marchés financiers internationaux », alors que le pays connaissait auparavant une réputation de stabilité et de bonne gestion budgétaire.

Les membres du mouvement rappellent que cette baisse de la note, couplée à la suspension du programme du Fonds monétaire international (FMI), place désormais le Sénégal dans la catégorie des débiteurs à haut risque, rendant plus difficile et plus coûteux l’accès au financement extérieur. Selon leurs analyses, le pays se retrouve aujourd’hui à emprunter sur les marchés internationaux à des taux dépassant les 7 %, une situation qualifiée d’« intenable » à moyen terme. Le ratio dette/PIB, quant à lui, frôlerait désormais les 119 %, soit le plus haut niveau de l’histoire financière du Sénégal moderne.

Sénégal Bi Ñu Bokk insiste sur les conséquences sociales de cette dérive financière, soulignant que chaque hausse du coût de la dette se traduit par des sacrifices sur les investissements publics. Concrètement, cela signifie moins de budgets pour les écoles, les hôpitaux, les infrastructures régionales et les programmes d’emploi des jeunes. Le mouvement estime que la population sénégalaise paie le prix d’une politique économique marquée par « l’improvisation et la communication », plutôt que par la rigueur et la planification.

Les responsables du mouvement pointent du doigt une déclaration jugée « désastreuse » du Premier ministre Ousmane Sonko, faite en 2024, évoquant l’existence d’une « dette cachée de plusieurs milliers de milliards de francs CFA ». Selon eux, cette sortie publique a eu l’effet d’une bombe dans les milieux financiers internationaux, provoquant un effondrement de la confiance et un renchérissement immédiat du coût de la dette. Ils accusent également le président Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement de manquer de coordination, évoquant « une cacophonie économique où les chiffres changent chaque semaine et où les ministres se contredisent dans leurs déclarations ».

Le communiqué du mouvement déplore une hausse continue des impôts et des taxes, présentée comme une solution de facilité pour combler les déficits, mais qui asphyxie selon eux les ménages et les petites entreprises déjà fragilisées par l’inflation. Le mouvement y voit le signe d’une perte de maîtrise budgétaire, aggravée par l’absence d’une stratégie économique claire depuis la transition politique de 2024.

Au-delà des finances publiques, Sénégal Bi Ñu Bokk alerte également sur une crise sanitaire croissante, citant les 140 cas confirmés et 18 décès dus à la Fièvre de la Vallée du Rift (FVR) recensés au 10 octobre 2025, principalement dans la région de Saint-Louis. Le mouvement accuse les autorités sanitaires d’improvisation et d’inaction, déplorant l’absence d’un plan national d’urgence sanitaire malgré la gravité de la situation. Cette double crise, économique et sanitaire, serait selon eux la conséquence d’une gouvernance « sans boussole, sans anticipation et sans cohérence ».

Face à ce constat, Sénégal Bi Ñu Bokk formule plusieurs exigences de transparence et de réforme. Il appelle d’abord le gouvernement à publier immédiatement le rapport d’audit du cabinet Forvis-Mazars sur la dette publique, ainsi que le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) et le rapport budgétaire de la Cour des comptes. Ces documents permettraient, selon eux, de « faire toute la lumière sur l’état réel des finances de l’État et sur la gestion de la dette publique ».

Le mouvement propose également la centralisation de la dette dans un compte unique du Trésor pour mieux en assurer la traçabilité, la publication mensuelle des statistiques budgétaires, à l’instar des pays modèles du continent comme le Rwanda, et une réforme profonde du système fiscal afin de le rendre plus équitable et plus favorable au développement économique.

En conclusion, Sénégal Bi Ñu Bokk estime que le Sénégal traverse une crise de confiance sans précédent, où la perte de crédibilité financière s’ajoute à un climat social tendu. Pour ses responsables, il est urgent de « restaurer la vérité, la justice, la transparence et le courage politique », car chaque erreur de gouvernance se traduit aujourd’hui par des prix plus élevés, des taxes nouvelles et des emplois perdus.

Sénégal : les conséquences de la dégradation de la note souveraine par Moody’s

Le 10 octobre, l’agence de notation Moody’s Ratings a abaissé la note de crédit du Sénégal, la faisant passer de B3 à Caa1, tout en maintenant une perspective négative. Cette décision, qui place désormais le pays dans la catégorie des investissements spéculatifs à haut risque, met en lumière les défis économiques croissants auxquels le Sénégal est confronté. Mais que signifie concrètement cette dégradation pour l’économie nationale et pour les citoyens ? Et surtout, la situation est-elle aussi alarmante qu’elle en a l’air ?

Au cœur de cette décision, Moody’s met en avant une détérioration notable de la situation budgétaire et de l’endettement public. Le ratio d’endettement du Sénégal a été révisé à la hausse, atteignant désormais 119 % du PIB en 2024, contre 107 % dans les projections de février. Ce niveau, parmi les plus élevés des pays émergents, témoigne d’une dépendance accrue aux emprunts, notamment sur le marché régional de l’UEMOA. Or, sur ce marché, les taux d’intérêt oscillent entre 6,75 % et 7,75 %, ce qui alourdit considérablement la charge de la dette et réduit les marges de manœuvre de l’État.

En comparaison, la médiane des pays notés « B » par Moody’s s’établit à 283 % des recettes publiques, contre 581 % pour le Sénégal. Cette situation traduit une vulnérabilité budgétaire prononcée et un recours excessif à la dette pour financer les dépenses publiques. Concrètement, cela signifie que près d’un tiers des ressources de l’État servira bientôt à payer les intérêts de la dette, au détriment des investissements essentiels dans les secteurs de la santé, de l’éducation ou des infrastructures. D’après les prévisions, les paiements d’intérêts pourraient absorber 27 % des recettes publiques en 2026, limitant drastiquement la capacité du gouvernement à soutenir la croissance et à améliorer les conditions de vie.

Déjà, la compression des dépenses d’investissement observée au premier semestre 2025 inquiète les observateurs. Si la tendance se poursuit, la croissance économique, prévue à 6,9 % en 2024, pourrait ralentir dans les prochaines années. Les citoyens risquent d’en ressentir directement les effets : retard dans les projets d’infrastructures, baisse de la qualité des services publics ou encore difficultés accrues d’accès à l’emploi. Dans un pays où près de 70 % des travailleurs n’ont pas de contrat formel, tout ralentissement économique a un impact immédiat sur le pouvoir d’achat et la stabilité sociale.

Un autre facteur de préoccupation réside dans les tensions de liquidité. Les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un nouveau programme, initialement prévues pour juin, tardent à aboutir. Or, cet accord est crucial : il permettrait de débloquer des financements concessionnels et de rétablir la confiance des investisseurs. En son absence, le Sénégal est contraint de se financer sur le marché régional, plus coûteux et moins profond. Moody’s avertit que de nouveaux retards dans ces discussions pourraient accroître le risque d’une restructuration de la dette, impliquant les créanciers privés — un signal perçu sur les marchés comme un risque de défaut élevé.

Pour la population, ces difficultés pourraient se traduire par une hausse du coût de la vie ou par une stagnation des services publics essentiels. Les projets d’électrification rurale, par exemple, pourraient être ralentis alors qu’à ce jour, seulement 74 % de la population a accès à l’électricité. De même, la pression budgétaire risque de retarder la réalisation de programmes sociaux et de freiner la création d’emplois dans un contexte déjà fragile.

Pour autant, la situation, bien que préoccupante, n’est pas désespérée. Certains éléments jouent en faveur du Sénégal. L’appartenance à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et l’ancrage du franc CFA à l’euro garantissent une relative stabilité monétaire, réduisant les risques liés à la convertibilité et aux déséquilibres extérieurs. Par ailleurs, le gouvernement s’est engagé dans une politique d’assainissement budgétaire : il vise une réduction du déficit de 12,8 % du PIB en 2024 à 7,8 % en 2025, grâce à des réformes fiscales et à la mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES).

Enfin, si un accord est conclu avec le FMI d’ici mi-2026, comme l’anticipe Moody’s, cela pourrait marquer un tournant positif. Une telle entente ouvrirait la voie à des financements à taux préférentiels, tout en renforçant la crédibilité du pays auprès des marchés.

Sénégal : le gouvernement dénonce la dégradation de sa note souveraine par Moody’s

Le gouvernement sénégalais a réagi avec fermeté à la décision de l’agence de notation Moody’s Investor Services, qui a abaissé, le 10 octobre 2025, la note souveraine du pays de B3 à Caa1, tout en maintenant une perspective inchangée. Dans un communiqué publié le samedi 11 octobre, le ministère des Finances et du Budget a exprimé son « regret » face à cette décision, qu’il juge fondée sur des « hypothèses spéculatives, subjectives et biaisées ne reflétant pas la réalité économique du Sénégal ».

Selon l’exécutif, cette révision ne tient pas compte des réformes structurelles entreprises ces derniers mois pour restaurer les équilibres macroéconomiques et renforcer la résilience financière du pays. Le communiqué évoque notamment la mise en œuvre du Plan de Redressement Économique et Social (PRES), à travers l’adoption par l’Assemblée nationale des révisions du Code général des impôts et d’un nouveau Code des investissements. Ces textes visent, selon le ministère, à moderniser le système fiscal et à favoriser l’investissement privé dans les secteurs jugés stratégiques.

Le gouvernement considère par ailleurs que la décision de Moody’s est « prématurée » et « fondée sur des justifications partielles et des sources non dévoilées ». Le texte va plus loin, estimant que l’agence américaine manifeste depuis plusieurs mois « une ligne de conduite douteuse envers le Sénégal ». Dans ce sens, le ministère invite Moody’s à « faire preuve de plus de rigueur, d’objectivité et de responsabilité dans ses analyses », en s’appuyant sur des critères transparents et vérifiables, loin de toute interprétation ou spéculation.

Tout en contestant la dégradation de sa note, l’exécutif sénégalais rappelle que les fondamentaux économiques du pays demeurent solides. « La robustesse des fondamentaux du Sénégal se manifeste à travers la mobilisation réussie de financements diversifiés », souligne le communiqué, citant les récentes levées de fonds sur le marché financier régional ainsi que « l’élargissement continu de la base de partenaires financiers, incluant des banques commerciales internationales ».

Sur le plan budgétaire, le ministère met en avant une gestion maîtrisée des finances publiques. À fin juin 2025, le déficit budgétaire s’établissait à 588 milliards de francs CFA, avec un taux d’exécution des recettes de 50 %, ce qui reste conforme à l’objectif de déficit fixé à 7,8 % du PIB pour l’année 2025. Le gouvernement réaffirme par ailleurs son engagement à ramener ce déficit à 5,0 % du PIB en 2026, conformément à la trajectoire de convergence définie au sein de l’UEMOA.

Le communiqué met également en avant la dynamique de croissance de l’économie nationale, soutenue par les réformes en cours, le développement du secteur énergétique, et l’amélioration constante du climat des affaires. Le nouveau Code des investissements est présenté comme un instrument clé de compétitivité et d’attractivité pour les entreprises locales et étrangères, appelé à renforcer la place du Sénégal comme destination économique majeure en Afrique de l’Ouest.

En conclusion, le gouvernement sénégalais « réaffirme sa détermination à poursuivre des politiques économiques responsables, rigoureuses et transparentes », tout en appelant les investisseurs à évaluer la situation du pays « sur la base d’informations fiables, d’analyses équilibrées et de faits objectifs ».

Moody’s dégrade la note souveraine du Sénégal à Caa1 face à des inquiétudes sur la dette et la liquidité

L’agence de notation Moody’s a abaissé, ce vendredi, les notes d’émetteur à long terme du Sénégal en devises étrangères et locales de B3 à Caa1, tout en maintenant une perspective négative. Cette décision reflète l’accroissement des risques liés à la trajectoire de la dette publique et à la situation de liquidité du pays depuis le début de l’année 2025.


Selon Moody’s, la dette publique du Sénégal a été réévaluée à 119 % du PIB pour l’année 2024, ce qui complique fortement les efforts d’ajustement budgétaire, malgré les avantages de l’appartenance du pays à l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Le ratio d’endettement du pays, estimé à 581 % des recettes publiques en 2024, dépasse largement la médiane observée pour les émetteurs souverains notés B (283 %) et pour les pairs notés Caa (355 %). Cette situation place le Sénégal parmi les marchés émergents et frontières ayant le niveau d’endettement le plus élevé au monde.


L’agence de notation a également relevé la lenteur des progrès concernant la négociation d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Cette situation oblige le gouvernement à se financer davantage via le marché régional, plus coûteux, augmentant ainsi les risques de liquidité et fragilisant la soutenabilité de la dette. Bien que Moody’s estime dans son scénario de base que le pays pourrait bénéficier d’un soutien du FMI sans restructuration de la dette, la confiance dans cette hypothèse a diminué. Les négociations formelles avec le FMI sont prévues pour mi-octobre, l’agence anticipant un accord d’ici mi-2026.


Le Sénégal fait face à des besoins de financement bruts élevés, représentant environ 26 % du PIB pour cette année et pour 2026, avec des paiements d’intérêts estimés à 27 % des recettes publiques en 2026. Pour y répondre, le gouvernement a fortement recours au marché régional de l’UEMOA, émettant des bons et obligations du Trésor combinés équivalant à 8 % du PIB jusqu’à fin septembre, avec des taux compris entre 6,75 % et 7,75 %.


Moody’s a également abaissé les plafonds nationaux du Sénégal en monnaie locale et en devises étrangères, les ramenant respectivement à Ba3 et B1 contre Ba2 et Ba3 auparavant. La perspective négative maintenue par l’agence traduit les risques persistants pour la liquidité du pays, en particulier si des retards supplémentaires venaient à se produire dans la conclusion d’un accord avec le FMI. Une telle situation pourrait réduire le soutien financier externe et accroître la dépendance à des marchés régionaux aux capacités d’absorption limitées.


Cette dégradation de notation reflète donc non seulement les vulnérabilités financières et budgétaires du Sénégal, mais elle met également en évidence l’importance cruciale de parvenir rapidement à un nouvel accord avec le FMI pour stabiliser les perspectives économiques et sécuriser les financements nécessaires au fonctionnement de l’État et à la réalisation de ses projets de développement.

UMOA : La SENELEC innove avec une émission de 120 milliards FCFA d’obligations vertes et durables

La SENELEC, opérateur public de l’électricité au Sénégal, vient de franchir une étape majeure en lançant une opération de titrisation de ses créances pour un montant de 120 milliards de francs CFA, marquant une première sur le continent africain. Cette initiative combine pour la première fois une émission de Green Bond et de Sustainable Linked Bond, offrant ainsi aux investisseurs la possibilité de soutenir à la fois la transition énergétique et les objectifs de durabilité sociale et environnementale du pays.
L’opération consiste à céder des factures échues et impayées, notamment auprès d’entités publiques, d’ambassades et de grandes entreprises, à un Fonds Commun de Titrisation de Créances (FCTC SENELEC 2025-2030). En contrepartie, des obligations seront émises sur le marché financier régional de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), avec une période de souscription ouverte du 29 septembre au 5 novembre 2025. La durée de ces obligations est de cinq ans, avec échéance en 2030, et elles sont structurées en quatre tranches offrant des taux d’intérêt allant jusqu’à 10 %.
La répartition des fonds montre la volonté de SENELEC d’investir dans des projets durables et verts : 52,5 % de l’enveloppe, soit 63 milliards FCFA, seront consacrés à des obligations vertes destinées au financement de projets liés aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique, tandis que 47,5 %, soit 57 milliards FCFA, seront consacrés à des obligations liées à la durabilité, indexées sur des objectifs environnementaux et sociaux. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’objectif national de porter la part des énergies renouvelables à 40 % du mix électrique d’ici 2030 et d’assurer un accès universel à l’électricité.
La titrisation des créances, méthode novatrice pour un énergéticien africain, consiste à transformer un portefeuille de factures clients en titres financiers négociables. Les flux futurs des paiements de ces créances serviront à rémunérer les investisseurs. Cette approche permet à SENELEC de réduire sa dépendance aux subventions étatiques et de diversifier ses sources de liquidités, alors que la demande en électricité croît régulièrement sur l’ensemble du territoire. En logeant les créances dans un fonds commun coté à la BRVM, la société bénéficie d’une notation basée sur la qualité de ses factures plutôt que sur son bilan, réduisant ainsi la prime de risque exigée par les investisseurs.
Le montant de 120 milliards FCFA correspond à environ la moitié du programme d’investissement de SENELEC pour la période 2025-2027, couvrant la modernisation du réseau de transport, l’extension de la production solaire et le renforcement des postes de distribution urbains critiques. Le Plan spécial d’investissement est structuré en trois tranches à durées variables de cinq, sept et dix ans, avec des coupons différenciés afin d’attirer différents types d’investisseurs, allant des banques commerciales aux caisses de retraite et assurances.
Cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large du marché financier régional, où des entreprises ivoiriennes et maliennes ont déjà expérimenté des émissions titrisées dans le secteur des télécoms. Pour les régulateurs et les investisseurs africains, la réussite de cette initiative pourrait servir de référence pour d’autres utilities publiques, notamment en Afrique centrale, qui cherchent des solutions innovantes pour financer l’électrification rurale et fiabiliser leurs réseaux.
Pour les investisseurs institutionnels, les obligations de SENELEC représentent une alternative intéressante aux bons du Trésor, avec des rendements supérieurs et un placement sécurisé par la qualité des créances titrisées. Les caisses de retraite, notamment, bénéficieront de placements à long terme permettant d’adosser leurs engagements sociaux.
En termes de transition énergétique, les fonds levés permettront de financer la distribution de quarante mille kits solaires dans les zones rurales, de renforcer les partenariats avec les développeurs indépendants pour l’intégration de gaz naturel dans le mix énergétique et d’améliorer le raccordement des infrastructures électriques sans alourdir la dette publique. La réussite de cette opération enverra un signal positif aux partenaires techniques et financiers internationaux sur la capacité des entreprises africaines à s’autofinancer de manière innovante et responsable.


UN « NON-SENS », SELON MACKY SALL : Abdourahmane Sarr théorise la « dette cachée »

Dans un entretien exclusif accordé à RFI, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, est revenu sur la polémique autour de la supposée « dette cachée » mise en avant par le régime actuel et jugée être un « non-sens » par l’ancien président de la République, Macky Sall.
« En réalité, c’est la loi qui impose à tout nouveau pouvoir de procéder à un audit des finances publiques afin d’établir un état des lieux avant de se projeter », explique le ministre, esquissant un sourire. « C’est le Fonds monétaire international (FMI) qui emploie le terme misreporting, lequel signifie ‘transmission de données erronées’. Celui qui transmet de telles données a, de fait, caché sa dette à celui auquel il devait fournir des informations véridiques. C’est de ce point de vue-là que la dette est cachée », développe-t-il.
L’économiste, qui a travaillé plusieurs années pour FMI, précise que c’est « le service de la dette se faisait, donc l’entité chargée de ce service connaissait le stock de la dette ». Et de préciser, toujours le sourire aux lèvres : « en transmettant des données erronées, cette entité a nécessairement dissimulé la vérité à celle à qui elle devait la communiquer. »
Interrogé par Bruno Faure sur la possibilité, dans le monde d’aujourd’hui, de cacher des manques budgétaires, Abdourahmane Sarr répond : « c’est tout à fait possible. C’est pourquoi j’insiste sur la notion de ‘transmission de données erronées’ : c’est de ce point de vue que c’est caché. Mais l’entité qui transmet ces données connaît la dette ; elle ne peut pas l’ignorer, puisqu’elle agit en connaissance de cause. »
Le ministre distingue alors les flux des stocks : « On peut examiner le déficit et se demander si le déficit annoncé correspond au stock de la dette. Très souvent, cette correspondance n’existe pas », explique-t-il. « Dans notre cas, l’ampleur était significative et les causes bien connues : il s’agit des dépenses extrabudgétaires effectuées sans l’autorisation du Parlement et sans comptabilisation dans le stock de la dette », poursuit-il.
Lorsque notre confrère lui demande si Macky Sall a tort de parler de « non-sens », Abdourahmane Sarr tranche : « dans la mesure où les données transmises et connues du transmetteur ne correspondent pas, il s’agit bien de ‘misreporting’. Le corollaire, c’est que celui qui a transmis les données a caché la vérité. »
Abordant ensuite l’audit commandité par le Gouvernement, le ministre met en avant un exercice de transparence profondément sénégalais auquel ont participé l’Inspection générale des finances (IGF) et la Cour des comptes. « Pour renforcer la crédibilité de cet exercice, c’est nous-mêmes qui avions commandité à un cabinet privé international (Forvis Mazars) qui a terminé ce travail », souligne-t-il.
Il poursuit : « quand nous transmettons la vraie information, disant que la dette fait 119% du PIB, c’est la réalité transmise au FMI qui constate. Il lui suffit d’aller à son Conseil d’administration pour acter cette réalité pour que nous puissions entrer dans une phase nouvelle tout en étant dans la vérité. »
Dès lors, faudra-t-il renégocier avec les investisseurs vu ces résultats ? Le ministre évoque qu’il n’y a aucune urgence dans la mesure où tous les paramètres sont disponibles. D’autant plus qu’il y a une maturité de 9, 10 ans et un coût moyen de la dette qui est relativement faible à cause de sa composante concessionnelle et une croissance qui est, certes, forte avec la production d’hydrocarbures ; mais, elle est à accélérer avec les réformes à venir. À en croire le ministre, le Sénégal a un déficit qui se maîtrise ; donc, la dette est soutenable.
Enfin, évoquant la relation entre le Sénégal et le FMI, le ministre précise : « c’est une institution respectée, qui peut donner gage à certains investisseurs qui peuvent [méconnaître] le détail de notre gestion. La relation avec le FMI permet de donner un signal à ces investisseurs. C’est une institution qui est là pour tous les pays. Donc le Sénégal ne fait pas exception. Une fois le ‘misreporting’ dépassé et la viabilité de la dette confirmée, nous pourrons poursuivre une relation tout à fait normale, dans la vérité ».

Clôture du Forum Sénégal Invest : plus de 13 000 milliards F CFA d’engagements annoncés

La deuxième édition du Forum Sénégal Invest s’est achevée ce mercredi à Dakar sous la présidence du Premier ministre Ousmane Sonko, dans une atmosphère d’optimisme et de confiance quant à l’avenir économique du pays. L’événement, qui s’inscrit dans la stratégie nationale de relance et de transformation industrielle, a été marqué par des annonces d’investissements records et une participation internationale de haut niveau.

À l’issue des travaux, le chef du gouvernement a révélé que le montant total des engagements d’investissement enregistrés durant le forum s’élève à 13 211 milliards de francs CFA, soit environ 23,5 milliards de dollars. Un chiffre impressionnant qui témoigne, selon lui, du regain de confiance des partenaires économiques envers le Sénégal.

Le forum, placé sous le thème du partenariat et de la relance économique, a également débouché sur la signature de 51 projets et conventions couvrant divers secteurs stratégiques tels que l’énergie, les infrastructures, l’agro-industrie, les technologies, la finance et le développement durable. Ces accords devraient contribuer à dynamiser l’investissement privé et à accélérer la mise en œuvre de l’Agenda national de transformation, pilier central de la politique économique du gouvernement.

Sur le plan de la participation, le rendez-vous a connu un succès notable. 11 772 participants issus de 70 pays ont pris part aux échanges, ateliers et rencontres B2B, selon les chiffres officiels communiqués par Ousmane Sonko. Parmi eux figuraient des représentants d’institutions financières internationales, de fonds d’investissement, d’entreprises multinationales, mais aussi de start-up et de petites et moyennes entreprises sénégalaises.

Dans son discours de clôture, le Premier ministre a salué cette mobilisation exceptionnelle et souligné la portée stratégique du forum : « Ces chiffres traduisent la confiance renouvelée du monde au Sénégal, la crédibilité de notre vision économique et la solidité de nos institutions », a-t-il affirmé. Il a également rappelé la détermination du gouvernement à poursuivre les réformes visant à améliorer le climat des affaires, renforcer la gouvernance économique et soutenir l’émergence d’un secteur privé national fort.

Au-delà des chiffres, cette deuxième édition du Forum Sénégal Invest marque une étape décisive dans la mise en œuvre du nouveau modèle économique prôné par les autorités, fondé sur la souveraineté, la productivité et la création de valeur locale. Les retombées attendues devraient se traduire, à moyen terme, par la création d’emplois, le développement d’infrastructures structurantes et une meilleure intégration du tissu économique sénégalais aux chaînes de valeur régionales et internationales.

Forum Fii Sénégal 2025 : le Président Bassirou Diomaye Faye sollicite 1,7 milliard de dollars pour financer le « New Deal technologique »

Lors du Forum Fii Sénégal 2025, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a lancé un appel ambitieux à la communauté internationale des investisseurs, annonçant la nécessité d’un investissement de 1,7 milliard de dollars pour propulser le « New Deal Technologique » du Sénégal. Ce plan stratégique vise à faire du numérique un moteur central de la croissance économique et de l’innovation dans le pays.

Le Chef de l’État a expliqué que cet investissement massif est indispensable pour la construction d’infrastructures critiques, comprenant notamment des data centers et des « clouds souverains ». Ces infrastructures permettront de renforcer la souveraineté numérique du Sénégal, de sécuriser les données publiques et privées, et de créer un écosystème favorable au développement des services numériques et de la fintech. En parallèle, le programme prévoit le développement des compétences locales afin de stimuler l’innovation et de former une main-d’œuvre qualifiée, capable de répondre aux besoins d’une économie de plus en plus digitalisée.

Pour rassurer les investisseurs potentiels, le Président Faye a mis en avant les réformes légales et économiques déjà engagées. Elles incluent une gestion rigoureuse des finances publiques, l’assainissement du cadre macroéconomique et l’adoption du plan national de redressement économique et social. Il a également annoncé que plusieurs codes majeurs seront finalisés d’ici la fin de l’année, notamment les révisions du Code général des impôts, du Code des douanes, du Code du travail, du Code unique de sécurité sociale, et du Code des marchés publics. Les lois relatives aux partenariats public-privé et aux zones économiques spéciales seront également adaptées pour offrir un environnement plus attractif et sécurisé pour les investisseurs.

Selon le Président, ces instruments légaux et réglementaires fourniront des incitations ciblées, des garanties juridiques renforcées et une meilleure lisibilité des activités économiques, rendant le marché sénégalais plus compétitif et conforme aux réalités actuelles des marchés internationaux.

Dans son allocution, Bassirou Diomaye Faye a souligné l’attractivité du Sénégal, mettant en avant un marché en expansion bénéficiant du cadre de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) et d’un environnement juridique en mutation et en modernisation continue. Il a encouragé les investisseurs à se positionner sur les secteurs stratégiques à fort potentiel commercial, rappelant que l’Agence de promotion des investissements et des grands travaux de l’État (APIX) est mobilisée pour accompagner les démarches d’installation, notamment grâce à son guichet unique et à la digitalisation complète des procédures.

Le « New Deal Technologique » du Sénégal ambitionne ainsi de transformer le pays en un hub régional du numérique, combinant infrastructures modernes, capital humain qualifié et cadre légal attractif, avec l’objectif de stimuler la croissance économique et de renforcer la souveraineté numérique nationale.

Le Niger dévoile sa stratégie de « Refondation » au Forum Invest in Sénégal : décision, confiance et action au cœur de la nouvelle vision économique

Le Niger a marqué les esprits lors du Forum Invest in Sénégal qui s’est ouvert ce mardi 7 octobre au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio. Invité d’honneur de cette grande rencontre économique, le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a présenté la nouvelle feuille de route de son pays, baptisée « Refondation ». Une stratégie ambitieuse qui repose sur trois piliers essentiels — décision, confiance et action — et qui vise à transformer les ressources naturelles du Niger en moteurs d’intégration régionale, d’attractivité économique et de souveraineté nationale.

Dans un discours dense et visionnaire, le chef du gouvernement nigérien a d’abord insisté sur le premier pilier, la décision, symbole du tournant amorcé par les nouvelles autorités depuis les événements du 26 juillet 2023. « Nous avons le monopole de la décision pour qu’il y ait des investissements, pour qu’il y ait la collectivité, la croissance et la redistribution du fruit de cette croissance », a déclaré Ali Mahaman Lamine Zeine. Il a ainsi mis en avant la volonté du Niger de reprendre la pleine maîtrise de ses orientations économiques et de s’assurer que la richesse nationale bénéficie directement à ses citoyens.

Le second pilier, la confiance, s’incarne dans une série de réformes macro-économiques destinées à restaurer la crédibilité du pays sur la scène internationale. Selon le Premier ministre, ces réformes créent « de très bonnes opportunités » pour les investisseurs désireux de s’engager durablement sur le continent africain. Il a souligné que le Niger entend bâtir un climat de confiance fondé sur la transparence, la stabilité et la valorisation de ses atouts stratégiques.

Enfin, le troisième pilier, l’action, est présenté comme l’exigence ultime pour que les Africains deviennent les véritables acteurs de leur propre développement. « Nous devons faire en sorte que ce que Allah nous a accordé profite à notre peuple », a-t-il insisté, appelant à un sursaut de responsabilité collective afin de transformer les potentialités économiques du continent en prospérité réelle.

Sur le plan géopolitique, Ali Mahaman Lamine Zeine a profité de la tribune de Diamniadio pour clarifier la position du Niger dans l’après-26 juillet. Il a dénoncé l’inefficacité des dispositifs militaires étrangers, estimant qu’ils n’ont pas permis de neutraliser durablement la menace terroriste dans les zones critiques du pays, notamment à l’ouest et à l’est. Affirmant la nouvelle doctrine sécuritaire nationale, il a lancé un message fort : « Zéro soldat étranger sur notre territoire. » Cette mesure, a-t-il précisé, n’est pas un isolement, mais une affirmation de souveraineté et une étape vers l’émancipation complète du Niger.

Le Premier ministre a également tenu à mettre en avant la montée en compétence des Nigériens dans tous les domaines stratégiques. Médecins, pilotes, ingénieurs et autres professionnels nationaux participent activement à la construction d’un État autosuffisant et confiant en ses propres ressources humaines.

Le Niger se veut désormais un hub énergétique et économique de premier plan en Afrique de l’Ouest. Ali Mahaman Lamine Zeine a détaillé les atouts naturels exceptionnels de son pays : un ensoleillement « quasiment 365 jours par an », des réserves d’eau souterraine parmi « les plus importantes du continent », ainsi qu’un potentiel gazier et minier considérable. Ces ressources, a-t-il expliqué, seront gérées selon les principes de la « Refondation » afin de devenir des leviers de croissance interne, d’intégration régionale et de développement durable.

En conclusion, le Premier ministre nigérien a réaffirmé la vision d’un Niger debout, maître de son destin et tourné vers l’avenir. La « Refondation », a-t-il assuré, est plus qu’un programme économique : c’est une philosophie d’action nationale fondée sur la souveraineté, la responsabilité et la confiance retrouvée. Le message de Niamey, lancé depuis Diamniadio, résonne ainsi comme un appel à une Afrique décidée à bâtir son développement par elle-même et pour elle-même.

Dakar : le président Embaló appelle à un partenariat de développement fondé sur la technologie et l’humain

Le président de la République de Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló, a pris part à l’édition 2025 du Forum Investir au Sénégal, organisé à Dakar. Dans une allocution empreinte d’ambition et de réalisme, le chef de l’État bissau-guinéen a mis l’accent sur la nécessité d’un partenariat régional tourné vers le développement technologique et le renforcement du capital humain, piliers selon lui d’une Afrique émergente et souveraine.

Dès son arrivée, le président Embaló a exprimé sa joie d’être à Dakar, soulignant la profondeur des liens qui unissent la Guinée-Bissau et le Sénégal. Il a rappelé que les deux pays partagent « bien plus qu’une frontière », évoquant une communauté de destin façonnée par la parenté, l’histoire, la culture et la langue. Il a salué la stratégie du Sénégal visant à devenir un véritable hub technologique régional, ajoutant que tout progrès enregistré de part et d’autre de la frontière se répercute positivement sur les deux nations.

Dans son discours, Umaro Sissoco Embaló a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de s’appuyer sur deux leviers essentiels : les infrastructures physiques d’une part, et le capital humain, la science et la créativité d’autre part. « L’avenir du continent se construira certes sur l’infrastructure physique, mais aussi et surtout sur le capital humain, la science, la technologie, l’innovation et la créativité », a-t-il affirmé devant les participants du forum.

Le président bissau-guinéen a ensuite détaillé les secteurs qu’il considère comme les moteurs de la croissance africaine : la révolution numérique, l’agriculture intelligente (smart farming), l’agro-transformation, les énergies renouvelables, la santé connectée et l’intelligence artificielle. Il a rappelé que la Guinée-Bissau s’est déjà engagée sur cette voie à travers la digitalisation des services publics et la création de zones économiques spéciales destinées à attirer les investissements.

Umaro Sissoco Embaló a également décrit l’Afrique de l’Ouest comme un « écosystème intégré », doté d’un potentiel humain exceptionnel. Il a appelé à une nouvelle approche de l’investissement, axée non seulement sur la rentabilité financière, mais aussi sur l’impact social et humain. « Nous recherchons des investissements capables de transformer la vie des citoyens, notamment celle des jeunes, des femmes et des populations rurales », a-t-il déclaré, tout en saluant l’essor des start-up africaines et des initiatives citoyennes dans l’économie numérique.

En conclusion, le président de la Guinée-Bissau a exhorté les gouvernements et les partenaires internationaux à bâtir un modèle de développement basé sur la confiance, la justice sociale et la durabilité. « Nous devons encourager les transferts de technologies, valoriser les compétences locales et promouvoir une croissance socialement juste et écologiquement soutenable », a-t-il plaidé.

Convaincu que ce forum ouvrira la voie à des partenariats « équitablement profitables et durables », Embaló a lancé un appel vibrant à la solidarité régionale : « Ensemble, ouvrons de nouvelles perspectives pour une prospérité partagée, une justice sociale affirmée et un développement au service de nos peuples. »

Bassirou Diomaye Faye appelle à un investissement massif pour transformer le Sénégal

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a lancé un vibrant appel à un investissement massif, lors du Forum économique international « Fii Sénégal 2025 ». Dans un discours à la fois fort et mobilisateur, le chef de l’État a réaffirmé la détermination de son administration à transformer profondément le pays et à renforcer ses partenariats stratégiques, en particulier avec ses partenaires traditionnels et les nouveaux investisseurs étrangers.

Devant un parterre d’acteurs économiques venus des quatre coins du monde, le président Faye a dressé le portrait d’un Sénégal en marche vers une nouvelle ère de prospérité, ouvert à la coopération et aux affaires. Il a tenu à rappeler que son gouvernement œuvre à bâtir un avenir fondé sur la confiance, la stabilité et la durabilité : « Le Sénégal est une terre d’accueil et d’hospitalité, idéalement située pour favoriser un environnement propice aux investissements », a-t-il déclaré, tout en insistant sur les atouts du pays, notamment sa stabilité politique, sa tradition démocratique et sa gouvernance transparente où la lutte contre la corruption occupe une place centrale.

Cette édition 2025 du forum a mis à l’honneur le Royaume d’Arabie Saoudite, invité d’honneur de l’événement. Un choix que le président Faye a salué, estimant qu’il « reflète la profondeur et la vitalité des relations entre nos deux pays ainsi que la volonté partagée d’aller plus loin ». Le chef de l’État a souligné les liens « solides d’amitié fraternelle et de coopération politique, religieuse et économique confiante » unissant Dakar et Riyad.

Ces relations se traduisent déjà par des investissements saoudiens significatifs dans plusieurs secteurs clés, notamment les infrastructures, l’énergie, la santé et l’éducation. Le président a mis en avant quatre projets majeurs financés par le Fonds saoudien de développement : l’amélioration de la mobilité urbaine, le désenclavement des zones agricoles et minières, le développement communautaire et l’accès à l’eau potable grâce au dessalement de l’eau de mer. Ces initiatives, selon lui, participent directement à la transformation structurelle du pays et à l’amélioration du cadre de vie des populations.

S’adressant aux investisseurs internationaux, le président Faye a présenté le Sénégal comme une destination de choix, offrant des opportunités diversifiées dans des secteurs stratégiques tels que les infrastructures, l’agriculture, les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydrogène vert), les industries, le tourisme, l’artisanat, le numérique et la FinTech. Il a également insisté sur la jeunesse du pays, véritable moteur de développement : « Nous avons une population jeune, éduquée, connectée, créative et source de talent pour l’entreprise et les investisseurs. Plus de la moitié de notre population a moins de 25 ans. »

Pour donner une orientation claire à cette dynamique, le gouvernement a élaboré une feuille de route ambitieuse : l’Agenda National de Transformation et la Vision Sénégal 2050. Cette stratégie repose sur quatre grands piliers : bâtir une économie durable, résiliente et compétitive à travers la diversification et la valorisation des ressources naturelles, humaines et culturelles ; valoriser les terroirs et faire de chaque région un pôle de développement ; renforcer la gouvernance pour la rendre plus inclusive, transparente et efficace ; et enfin, investir massivement dans le capital humain, considéré comme le socle du progrès.

Cette vision de long terme se décline en deux instruments stratégiques : le Plan stratégique 2024-2035 et le Plan quinquennal 2025-2029, qui, selon le président, offriront de « réelles opportunités d’investissement et de partenariats publics-privés » dans tous les secteurs de l’économie nationale.

En conclusion, Bassirou Diomaye Faye a appelé à une synergie d’actions entre les États, les investisseurs et les acteurs du développement. Il a invité ses partenaires à considérer chaque édition du forum comme une occasion de bâtir « un avenir collectif où le succès de l’un nourrit celui de l’autre ». Malgré les défis liés à la conjoncture mondiale, le chef de l’État s’est montré optimiste : « Le Sénégal avance, porté par la croissance des secteurs productifs et de l’énergie. »

Sangomar et GTA : des performances en nette progression selon le rapport du ministère de l’Énergie

Le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines a publié, ce lundi, le rapport de production pour le mois de septembre 2025 des deux principaux projets pétroliers et gaziers du Sénégal : le champ de Sangomar et le champ gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Le document met en lumière des performances remarquables, confirmant la dynamique ascendante du secteur extractif sénégalais depuis le démarrage effectif des activités de production.

D’après les données officielles, le champ pétrolier de Sangomar a maintenu un rythme de production soutenu au cours du mois écoulé. Trois cargaisons de pétrole brut ont été expédiées et commercialisées sur le marché international, pour un volume global de 2,89 millions de barils. Ces exportations régulières témoignent de la stabilité opérationnelle du site, opéré par Woodside Energy en partenariat avec la Société des Pétroles du Sénégal (PETROSEN).

Le rapport souligne également une révision à la hausse des projections de production pour l’année 2025. Initialement fixées à 30,53 millions de barils, elles ont été portées à 34,5 millions. Cette amélioration est attribuée à la bonne performance des puits, à l’efficacité des opérations de maintenance et à la fiabilité des installations de traitement offshore. Selon le ministère, ces résultats traduisent la robustesse de la phase initiale de production du champ de Sangomar, entré en exploitation commerciale quelques mois plus tôt.

S’agissant du champ gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), situé à la frontière maritime entre le Sénégal et la Mauritanie, les résultats du mois de septembre confirment également une évolution positive. Deux cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) ont été finalisées, pour un volume total de 336 690 mètres cubes (m³). Ce niveau de production marque une étape importante dans la montée en puissance progressive du projet, piloté conjointement par bp, Kosmos Energy et les compagnies nationales des deux pays partenaires.

Le ministère indique par ailleurs que les opérations de mise en service des installations se poursuivent à bord du FPSO (Floating Production Storage and Offloading), une infrastructure clé pour le traitement et la liquéfaction du gaz avant exportation. L’objectif à court terme reste d’atteindre la pleine capacité de production prévue, en consolidant la fiabilité technique du dispositif et en optimisant les flux d’exportation.

Avec ces performances combinées, Sangomar et GTA confirment leur rôle stratégique dans la transformation énergétique et économique du Sénégal. Ces deux projets phares devraient générer d’importantes retombées financières pour l’État, renforcer la sécurité énergétique nationale et positionner le pays comme un nouvel acteur majeur du secteur pétrolier et gazier en Afrique de l’Ouest.

Le FMI reporte sa décision sur le Sénégal : Guy Marius Sagna dénonce « un machin de l’impérialisme »

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international n’a pas statué, vendredi, sur le dossier du Sénégal, suscitant l’indignation de certains responsables politiques et activistes.

Le suspense se prolonge autour du dossier sénégalais au Fonds monétaire international (FMI). Réuni hier, vendredi, le Conseil d’administration de l’institution de Bretton Woods devait se prononcer sur deux points essentiels : le cas de fausse déclaration révélé ces derniers mois et la demande d’un nouveau programme économique formulée par les autorités sénégalaises. Finalement, la décision a été différée, plongeant Dakar dans une nouvelle attente.

Au Sénégal, ce report ne passe pas inaperçu. Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer l’attitude du FMI, jugée méprisante envers un pays en pleine relance économique. Parmi elles, celle du député et activiste Guy Marius Sagna, connu pour son franc-parler. Dans une publication partagée sur ses plateformes numériques, le parlementaire a vertement critiqué l’institution :

« Ou le FMI s’amende ou il confirme son statut de machin de l’impérialisme. Les patriotes du Sénégal gagnent ou gagnent », a-t-il écrit.

Ces propos illustrent le climat de méfiance qui entoure les relations entre le Sénégal et les institutions financières internationales. Alors que le gouvernement mise sur un nouvel accord avec le FMI pour stabiliser les finances publiques et rassurer les investisseurs, une partie de la classe politique et de la société civile y voit un instrument de domination économique.

Pour rappel, le FMI avait déjà soulevé des incohérences dans les données budgétaires sénégalaises, évoquant une « fausse déclaration » dans le cadre d’un précédent programme. Une situation qui, selon certains observateurs, expliquerait la prudence du Conseil d’administration.

Sénégal – Le FMI reporte le vote sur la dérogation liée à la dette

Le Sénégal devra encore patienter avant de voir le Fonds monétaire international (FMI) valider la dérogation indispensable à la reprise de ses financements. Réuni ce vendredi pour examiner la situation du pays, le Conseil d’administration de l’institution basée à Washington n’a pas procédé au vote attendu. Cette décision, jugée cruciale par Dakar, visait à lever le blocage lié à la découverte de dettes non déclarées. En attendant, le pays reste privé d’un accès direct aux ressources financières du FMI, dans un contexte où la contrainte budgétaire devient de plus en plus pesante.

Ce report s’explique par le fait que certains critères techniques exigés n’ont pas encore été remplis par les autorités sénégalaises. Sans leur satisfaction, le Conseil n’a pas jugé possible de se prononcer formellement sur la dérogation. Selon des informations relayées par l’agence Reuters, les discussions avancent néanmoins dans la bonne direction et deux sources proches du dossier estiment que la validation pourrait intervenir d’ici la fin de l’année. L’absence de calendrier officiel entretient toutefois un climat d’incertitude sur les marchés et chez les partenaires financiers du Sénégal, dont certains conditionnent leurs propres financements à la position finale du FMI.

Cette situation trouve son origine dans un scandale révélé au printemps dernier : la découverte de dettes cachées estimées à plus de 11 milliards de dollars. Cette révélation avait conduit à la suspension d’un programme de prêts d’un montant de 1,8 milliard de dollars, signé antérieurement avec le Sénégal. Depuis l’arrivée des nouvelles autorités, des échanges techniques ont été engagés avec les services du FMI pour clarifier l’ampleur réelle de ces engagements et restaurer la crédibilité des statistiques publiques. Le 2 octobre, l’institution avait d’ailleurs annoncé qu’elle préparait un nouveau cadre de coopération actualisé, laissant espérer une relance rapide des discussions.

L’attente actuelle est lourde de conséquences. Le Sénégal, qui fait face à une pression croissante sur ses finances publiques, se retrouve sans le soutien du FMI et doit gérer seul ses engagements financiers. L’absence de dérogation prive Dakar d’un levier crucial pour restaurer la confiance des bailleurs de fonds. Plus encore, la reprise de l’appui du FMI apparaît comme une condition déterminante pour mobiliser d’autres financements bilatéraux et privés. Tant que la décision officielle n’est pas prise, les marges de manœuvre budgétaires du pays restent limitées et son image sur les marchés demeure fragilisée.

L’issue des prochaines discussions du Conseil d’administration sera donc déterminante. En validant la dérogation, le FMI offrirait au Sénégal l’opportunité de rétablir un partenariat durable et de relancer son programme économique. Mais tant que ce feu vert n’est pas acquis, Dakar devra continuer de composer avec une situation financière tendue et une crédibilité internationale en attente de réhabilitation.

Sénégal-FMI : Vers un nouveau départ après les tensions sur la dette publique

Dakar – Washington. Après plusieurs mois marqués par des tensions et des incertitudes autour de la dette publique sénégalaise, les relations semblent désormais apaisées entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). L’institution de Bretton Woods a fait savoir qu’elle était prête à ouvrir une nouvelle phase de coopération, axée sur la stabilité macroéconomique et la croissance inclusive.

C’est Julie Kozack, directrice du département de la Communication du FMI, qui a officialisé cette perspective jeudi, à la veille d’une réunion cruciale du Comité exécutif de l’institution sur le dossier sénégalais.

« Les autorités sénégalaises et les services du FMI partagent un engagement très fort pour résoudre, de manière constructive, le problème des fausses déclarations », a déclaré Julie Kozack, avant de saluer « les mesures très importantes » prises par Dakar.

Ces mesures se sont traduites par une série d’audits sur la dette publique : d’abord celui de l’Inspection générale des finances (IGF), suivi d’un rapport de la Cour des comptes, puis d’une expertise internationale indépendante. Des démarches jugées « détaillées et transparentes », qui ont permis au FMI d’accéder à toutes les données nécessaires.

Pour Julie Kozack, ce travail conjoint « permet aujourd’hui d’envisager l’avenir avec davantage de sérénité ». Elle a précisé que les équipes du FMI espéraient entamer les discussions autour d’un nouveau programme lors des assemblées annuelles de l’institution.

Le Conseil d’administration du FMI doit d’ailleurs examiner ce vendredi le dossier sénégalais et rendre publiques ses conclusions dans la foulée, marquant une étape décisive dans le processus de normalisation.

En conclusion, la responsable du FMI a insisté sur la volonté de l’institution de travailler main dans la main avec les autorités de Dakar : « Nous souhaitons collaborer sur un nouveau programme qui garantisse la stabilité macroéconomique, la résilience et une croissance inclusive, au bénéfice de tous les Sénégalais. »

FMI : Réunion cruciale sur la dette cachée du Sénégal et avenir du programme de financement

Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) se réunit ce vendredi pour examiner le dossier du Sénégal, après la révélation d’une dette non déclarée estimée à 7 milliards de dollars sous l’ancien gouvernement de Macky Sall. Cette découverte, mise en lumière par l’administration du président Bassirou Diomaye Faye lors d’un audit des finances publiques, a entraîné la suspension d’un prêt de 1,8 milliard de dollars accordé par l’institution de Bretton Woods.

La porte-parole du FMI, Julie Kozack, a confirmé jeudi l’importance de cette réunion, soulignant que « les autorités sénégalaises et l’équipe du FMI partagent un engagement très fort pour résoudre de manière constructive le cas de mauvaise déclaration au Sénégal ».

Lors de la session de ce vendredi, les administrateurs du FMI devront décider d’une éventuelle dispense pour les 700 millions de dollars déjà décaissés dans le cadre du programme suspendu. Cette décision sera déterminante pour la suite de la coopération financière entre Dakar et l’institution internationale.

En dépit de cette controverse, les investisseurs semblent réagir positivement. Les obligations en dollars du Sénégal à échéance 2033 ont gagné un cent pour atteindre 73 cents au dollar, selon les données compilées par Bloomberg. Cette hausse les classe parmi les meilleures performances récentes des marchés émergents, signe d’un regain de confiance des marchés après les annonces du FMI.

Julie Kozack a par ailleurs indiqué que le FMI se prépare déjà à ouvrir une nouvelle phase de discussions avec le Sénégal. « Notre équipe est prête à passer à la phase suivante de notre engagement, qui serait bien sûr des discussions sur un programme, et nous nous attendons à pouvoir commencer ces discussions lors des réunions annuelles » du FMI et de la Banque mondiale prévues en octobre à Washington, a-t-elle déclaré.

Sénégal-FMI : des négociations tendues alors que le pays attend un nouveau programme

Les discussions entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) traversent une phase difficile, alors que Dakar cherche à finaliser un nouveau programme crucial pour soutenir ses ambitions économiques et sociales.

Selon des informations de Jeune Afrique, la dernière mission du FMI à Dakar a mis en lumière des tensions entre les deux parties. Sur France 24, le président Bassirou Diomaye Faye a exprimé son impatience face aux délais et à l’incertitude entourant l’accord. « Nous avons fait tout ce que nous devions faire, pas pour le FMI, mais pour la crédibilité de notre pays. Le FMI est libre de faire les démarches additionnelles qui le rassurent, nous continuerons notre travail, mais voulons que le FMI presse le pas, pour que nous sachions sur quel pied danser », a-t-il déclaré.

Quelques jours auparavant, le Premier ministre Ousmane Sonko avait déjà mis la pression sur l’organisation financière internationale : « Rien ne justifie le retard qu’il y a aujourd’hui avec le Fonds monétaire international. Rien. Il demande un document, puis un autre. Et ils ont leur part de responsabilité sur la situation dont nous avons hérité (…) J’espère qu’il n’y a pas de politique derrière cette affaire », avait-il lancé.

Malgré ces tensions, des négociations étaient en cours pour finaliser le nouveau programme sénégalais. D’après un haut fonctionnaire cité par Jeune Afrique, les deux parties envisageaient même d’annoncer l’accord lors des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, prévues du 13 au 18 octobre à Washington. « L’événement réunit le monde de la finance du développement, et c’est l’occasion idéale pour annoncer ce genre d’accord. Cela donne une bonne image au FMI et permet au pays concerné d’engranger un succès », explique la source.

Cependant, le dialogue semble s’être durci ces derniers jours. Le point de désaccord principal concerne certaines mesures correctrices recommandées par le FMI, que les autorités sénégalaises ne souhaitent pas adopter immédiatement. Cette situation laisse planer une incertitude qui pourrait compliquer la mise en œuvre rapide des projets économiques et sociaux du nouveau gouvernement.

Macky Sall dénonce l’injustice du système de la dette africaine et plaide pour une réforme

L’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, a livré une analyse sévère du système de la dette internationale, qu’il considère comme l’un des principaux freins au développement du continent africain. Invité de la chaîne H5 Motivation, le leader de l’Alliance pour la République (APR) a dénoncé une mécanique qu’il juge profondément injuste et discriminatoire envers les pays africains.

« Le véritable frein au développement n’est pas la dette elle-même, mais l’injustice des conditions d’emprunt imposées au continent », a-t-il affirmé. Selon lui, ce système est verrouillé par les marchés de capitaux internationaux et, indirectement, par les grandes agences de notation américaines telles que Fitch, Moody’s et Standard & Poor’s. Leurs évaluations, a-t-il expliqué, conduisent les pays africains à supporter des taux d’intérêt « cinq à huit fois supérieurs à ceux appliqués aux pays européens, même lorsque le risque est faible ».

Macky Sall a souligné la partialité de ces notations. Un incident mineur en Afrique, comme un pneu brûlé lors d’une manifestation, suffit selon lui à déclencher une révision négative des notes, avec des conséquences lourdes sur l’accès au crédit. À l’inverse, des événements similaires en Occident n’entraînent aucune sanction comparable. « Cette pénalisation a aussi été flagrante lors de la pandémie de COVID-19, où seuls les pays en développement ont vu leur notation chuter », a-t-il rappelé.

L’ancien chef d’État a plaidé pour une refonte des règles du financement international afin de permettre aux pays africains de bénéficier de conditions plus équitables : des taux d’intérêt réduits et un étalement des échéances de remboursement. Ces ajustements sont, selon lui, indispensables pour financer des infrastructures essentielles comme les routes, les chemins de fer ou encore l’industrie.

Pour illustrer son propos, Macky Sall a cité l’exemple du barrage de Sambangalou, en cours de construction dans la région de Kédougou. L’ouvrage, prévu pour durer cent ans, est financé par un prêt dont le remboursement doit s’effectuer sur dix ans seulement. Une telle configuration rend l’amortissement difficile et renchérit le coût de l’électricité produite. « L’Afrique est prête à commercer et à se développer, mais cela exige un système d’accès au financement plus juste », a insisté l’ancien président.

Au-delà des questions économiques, Macky Sall est également revenu sur son propre parcours politique. De ses débuts auprès d’Abdoulaye Wade à son accession à la magistrature suprême en 2012, il a évoqué la dimension humaine du pouvoir, souvent éclipsée par les débats sur les projets et les visions politiques. « La politique n’est pas seulement une affaire de programmes. C’est aussi une expérience faite de ruptures, de solitude et de décisions qui redessinent à chaque fois les relations avec ses proches et ses alliés », a-t-il confié.

Sébikotane: Lancement des travaux du parc sport de Sébikotane

Sébikotane: Lancement des travaux du parc sport de Sébikotane

La Commune de Sébikotane a procédé, ce samedi 27 septembre 2025, au lancement officiel des travaux du Parc Sport, un projet structurant qui s’inscrit dans la volonté de la municipalité de promouvoir la jeunesse, le sport et le bien-être des populations, au niveau de l’esplanade de Sébikotane.

Ce futur espace moderne et polyvalent comprendra, dans une première phase : un terrain de mini-foot avec gazon synthétique, un terrain de basket et un terrain de sable. Dans une seconde phase, seront aménagés des espaces de gymnastique, de tennis ainsi que des manèges pour enfants.

À travers ce projet, la municipalité souhaite offrir aux jeunes et aux associations sportives locales un cadre adapté pour la pratique du sport, facteur essentiel de santé, d’éducation et de cohésion sociale.

Le Maire, Alioune Pouye, a rappelé à cette occasion l’importance de ce projet, conçu pour l’épanouissement de la jeunesse de Sébikotane, et a réaffirmé l’engagement de la commune à soutenir durablement les initiatives sportives et culturelles.

Le Parc Sport de Sébikotane constituera, à terme, un véritable pôle de rassemblement et de dynamisme pour toute la population.

La Commune de Sébikotane travaille pour vous !

« Dette cachée » : Bassirou Diomaye Faye presse le FMI de clarifier sa position

En marge de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies à New York, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé un entretien à la chaîne France 24. Interrogé par le journaliste Mark Perelman, le chef de l’État est revenu sur plusieurs dossiers économiques sensibles, dont celui de la fameuse « dette cachée » qui suscite de vifs débats au Sénégal.

Sur ce point, Bassirou Diomaye Faye a lancé un appel clair au Fonds monétaire international (FMI), exhortant l’institution à accélérer le processus afin de lever les incertitudes. « Nous voulons que le FMI presse un peu le pas pour que nous sachions sur quel pied danser… », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’une clarification rapide pour orienter les choix économiques du pays.

Le président a néanmoins tenu à rappeler que le Sénégal avait déjà respecté ses obligations. « Tout ce que nous devons faire, nous l’avons déjà fait, non pas pour le FMI, mais pour les dirigeants que nous sommes et pour la crédibilité que nous avons vis-à-vis de notre peuple », a-t-il affirmé. Une manière de souligner que la démarche du gouvernement n’est pas guidée uniquement par les injonctions extérieures, mais par une exigence de responsabilité et de transparence vis-à-vis des citoyens.

Le dossier de la dette cachée, dont l’ampleur et les implications continuent de faire l’objet d’investigations, reste l’un des sujets les plus scrutés du moment, tant au niveau national qu’international. En mettant la pression sur le FMI, le président Faye veut visiblement accélérer la levée des zones d’ombre et rassurer aussi bien les partenaires financiers que l’opinion publique sénégalaise.

Bassirou Diomaye Faye interpelle le FMI sur la « dette cachée » lors de l’Assemblée générale de l’ONU

En marge du 80e anniversaire des Nations Unies à New York, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé un entretien à France 24. Au cours de cette interview, le Chef de l’État s’est exprimé sur plusieurs sujets relatifs à la vie économique du Sénégal, notamment la question sensible de la « dette cachée ».

Interpellé par le journaliste Mark Perelman, Bassirou Diomaye Faye a lancé un appel au Fonds Monétaire International (FMI), l’invitant à accélérer sa prise de position concernant les conclusions liées à cette dette.

« Nous voulons que le FMI presse un peu le pas pour que nous sachions sur quel pied danser… », a déclaré le président sénégalais, insistant sur la nécessité d’une clarification rapide.

Le Chef de l’État a toutefois tenu à rappeler que le Sénégal, de son côté, avait déjà respecté ses obligations. « Tout ce que nous devons faire, nous l’avons déjà fait, non pas pour le FMI, mais pour les dirigeants que nous sommes et pour la crédibilité que nous avons vis-à-vis de notre peuple », a-t-il souligné.

Bassirou Diomaye Faye signe un partenariat stratégique de 6 milliards FCFA avec la Fondation Gates

En marge de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a rencontré ce mercredi Bill Gates, président de la Fondation Gates. Cette entrevue s’est conclue par la signature d’un partenariat stratégique d’une valeur supérieure à 6 milliards de francs CFA, soit plus de 10 millions de dollars.

Selon la présidence sénégalaise, cet accord s’inscrit dans le cadre du New Deal technologique lancé par le chef de l’État. Il vise à transformer profondément l’écosystème numérique du pays, en mobilisant des ressources et des innovations capables d’accélérer la modernisation de plusieurs secteurs clés.

Parmi les axes prioritaires du partenariat figure la mise en place d’une identité numérique universelle destinée à l’ensemble des citoyens sénégalais. Cette mesure devrait faciliter l’accès aux services publics et renforcer l’inclusion numérique. Le projet prévoit également la création d’un hub d’intelligence artificielle qui orientera ses travaux vers des solutions innovantes dans les domaines de la santé et de l’agriculture, deux piliers essentiels du développement national.

Une Delivery Unit sera enfin installée pour veiller à la transparence et à l’efficacité dans la mise en œuvre des projets. Ce mécanisme, inspiré des meilleures pratiques internationales, aura pour mission de s’assurer que les engagements pris se traduisent rapidement par des résultats concrets pour les populations.

En scellant ce partenariat, le Sénégal confirme son ambition de s’imposer comme un acteur majeur de la transformation numérique en Afrique de l’Ouest, tout en bénéficiant de l’expertise et de l’accompagnement d’une fondation reconnue mondialement pour son engagement en faveur du progrès technologique et social.

Sénégal : un nouveau Code des impôts pour stimuler un financement endogène de l’économie

Le Sénégal franchit un nouveau cap dans sa politique fiscale. Le jeudi 18 septembre, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi modifiant le Code général des impôts, marquant ainsi une étape majeure dans la modernisation du dispositif fiscal du pays. Cette réforme, inscrite dans le cadre du Plan de redressement économique et social (PRES), entend répondre aux mutations de l’économie nationale et aux nouveaux défis liés à la digitalisation et à l’évolution des modes de consommation.

L’ambition affichée par le gouvernement est de taille : élargir l’assiette fiscale, moderniser les mécanismes de recouvrement et garantir une meilleure cohérence dans l’application de l’impôt, tout en évitant une hausse des taux globaux. Il s’agit, selon le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, de poser les bases d’un financement endogène solide, capable de soutenir la croissance et de réduire la dépendance extérieure.

La réforme cible plusieurs secteurs considérés comme stratégiques ou sensibles. Les transferts d’argent, activité devenue incontournable avec la montée en puissance du mobile money, sont désormais soumis à une taxe spécifique de 0,5 % par transaction, plafonnée à 2 000 francs CFA. Cette mesure, bien que présentée comme un outil de mobilisation de ressources, suscite des inquiétudes quant à ses effets sur l’inclusion financière. Certains députés redoutent en effet qu’elle incite les populations à revenir au cash, ce qui pourrait freiner la dynamique de digitalisation des paiements.

Le secteur des jeux de hasard est également visé par un durcissement fiscal. Désormais, les opérateurs seront taxés à hauteur de 20 % de leurs revenus, tandis que les gains des joueurs feront l’objet d’un prélèvement équivalent. Les parlementaires ont largement salué cette mesure, qu’ils perçoivent comme une action de « salubrité sociale », destinée à encadrer une activité souvent critiquée pour ses effets pervers sur les ménages les plus vulnérables.

La réforme touche aussi la fiscalité des produits jugés nocifs. Les taxes sur les alcools importés passent de 50 à 65 %, celles sur les boissons alcoolisées locales de 25 à 40 %, et la fiscalité sur le tabac grimpe de 70 à 100 %. Pour le gouvernement, ce renforcement constitue un instrument de régulation publique, visant à décourager les comportements à risque tout en augmentant les recettes fiscales.

En parallèle, le dispositif fiscal sur les véhicules importés a été élargi. Désormais, toutes les voitures de tourisme, quelle que soit leur catégorie, seront soumises à une taxation renforcée, une décision qui s’inscrit dans une logique de justice fiscale mais aussi de protection du marché intérieur. Le droit de timbre, auparavant limité aux transactions supérieures à 100 000 francs CFA, s’appliquera désormais à tous les paiements en espèces, renforçant ainsi le suivi des flux financiers.

En présentant la réforme, Cheikh Diba a insisté sur son double objectif : d’une part, mobiliser davantage de ressources pour financer les priorités nationales et, d’autre part, utiliser l’outil fiscal comme levier pour orienter les comportements économiques et sociaux. « Il s’agit d’impulser un financement endogène de notre économie, à travers la mobilisation performante des ressources fiscales », a-t-il déclaré devant les députés.

Toutefois, si certaines mesures ont recueilli un large consensus, notamment celles liées aux jeux de hasard et à la fiscalité sur l’alcool et le tabac, d’autres continuent de susciter des débats. La taxation des transferts d’argent cristallise particulièrement les inquiétudes, car elle touche directement les ménages et pourrait ralentir les efforts du pays pour renforcer son inclusion financière et digitale.

Cette réforme, adoptée par une large majorité des parlementaires, symbolise néanmoins la volonté de l’État de réorienter sa politique fiscale vers plus de souveraineté économique et de justice sociale, tout en tenant compte des mutations structurelles de l’économie sénégalaise.

Sénégal – Diaspora Bond : une innovation financière qui interroge

Le 18 septembre 2025, l’État du Sénégal a procédé au lancement officiel de ce qu’il a baptisé son premier « Diaspora Bond ». Une opération inédite, censée mobiliser l’épargne des Sénégalais de l’extérieur au service du financement du développement national. Si l’initiative a été saluée pour son ambition et son audace, certains spécialistes appellent toutefois à la nuance et à la précision des termes.
C’est le cas de Meissa Lo, expert financier, consultant international en finance de marché et membre de la SFAF (Société Française des Analystes Financiers). Dans une analyse qu’il a partagée avant l’opération, il invite à clarifier la nature de l’instrument. « Un diaspora bond, dans sa définition stratégique, n’est pas seulement un emprunt ouvert à la diaspora. C’est un instrument de co-développement », a t-il souligné.
Selon lui, un véritable diaspora bond doit être adossé à des projets concrets qui parlent directement à la communauté sénégalaise de l’extérieur : logement pour les candidats au retour, infrastructures dans les zones d’émigration, soutien à l’entrepreneuriat diasporique. « Il ne s’agit pas seulement de mobiliser une épargne, mais d’offrir un avenir, un projet, une place dans la transformation du pays », insiste-t-il.
Or, dans le cas sénégalais, plusieurs zones d’ombre subsistent :
L’emprunt a été ouvert à tous, et non exclusivement à la diaspora.

La communication gouvernementale n’a pas clairement fléché les fonds vers des projets liés aux Sénégalais de l’extérieur.

La transparence sur l’affectation des ressources reste floue, même si les taux d’intérêt proposés apparaissent attractifs, comparables, voire supérieurs, aux produits d’épargne traditionnels en Europe ou en Amérique.

Pour Meissa Lo, il serait donc abusif de qualifier cette émission obligataire de « diaspora bond » au sens fort. « Ce que l’État a proposé, c’est avant tout un emprunt obligataire, certes orienté vers la diaspora, mais aussi accessible à d’autres bailleurs. Il n’y a pas de sous-jacent communautaire, ni de vision partagée », tranche-t-il.
L’initiative marque néanmoins une étape importante dans la volonté de l’État de diversifier ses sources de financement. Reste à savoir si, à l’avenir, Dakar saura transformer cette première tentative en véritable outil de co-développement, en associant la diaspora non seulement comme bailleur, mais aussi comme acteur à part entière de la transformation nationale.

Emprunt obligataire de 300 milliards : Pape Malick Ndour dénonce une opération sans transparence et alerte sur un « slogan creux »

Le Sénégal vient de lancer un nouvel emprunt obligataire d’un montant de 300 milliards de francs CFA, présenté par le gouvernement comme un instrument majeur de souveraineté économique et d’épargne citoyenne. L’opération, ouverte à la souscription du 22 septembre au 10 octobre 2025, est portée par le ministère des Finances et du Budget en partenariat avec Impaxis Securities, société de gestion et d’intermédiation désignée comme chef de file. Les autorités affirment que cette initiative s’inscrit dans la stratégie de diversification des ressources financières de l’État et qu’elle constitue une étape importante dans la volonté de renforcer l’implication des Sénégalais, en particulier de la diaspora, dans le financement des projets nationaux.

Mais cette présentation optimiste ne convainc pas tout le monde. L’ancien ministre de la Jeunesse, de l’Entreprenariat et de l’Emploi, Pape Malick Ndour, a réagi avec scepticisme et a mis en garde contre ce qu’il qualifie de « slogan creux ». Dans une analyse critique, il estime que cette opération pourrait bien être utilisée comme un outil de communication politique si le gouvernement n’accompagne pas son discours d’une transparence totale. Selon lui, au moment du bilan prévu pour le 10 octobre, il est fort probable que les autorités annoncent un succès éclatant, avec un taux de souscription dépassant 100 %, sans pour autant préciser l’origine réelle des fonds collectés.

Pape Malick Ndour insiste sur la nécessité de publier la répartition détaillée des souscriptions entre la diaspora, les personnes physiques sénégalaises et les personnes morales de droit sénégalais. Il considère que sans cette ventilation, les citoyens risquent de se laisser abuser par une présentation biaisée, alors même que, dans la réalité, ce sont souvent des capitaux étrangers, transitant notamment par des banques de la sous-région comme celles installées en Côte d’Ivoire, qui assurent la plus grande partie du financement. À ses yeux, la rhétorique de l’endogénéité du financement national ne résiste pas à l’épreuve des faits, d’autant plus que l’économie sénégalaise connaît une morosité qui limite fortement la capacité d’épargne et d’investissement des ménages.

Dans une touche ironique, l’ancien ministre a également interpellé le Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait annoncé publiquement sa volonté de souscrire à l’emprunt. Pape Malick Ndour estime que pour montrer l’exemple et asseoir la crédibilité du projet, le chef du gouvernement devrait rendre public le montant de sa contribution. Il soulève toutefois une interrogation sur l’origine de ces fonds, rappelant que M. Sonko avait affirmé exercer ses fonctions à titre gratuit, sans percevoir de salaire, et qu’il ne dispose d’aucune autre source de revenus identifiée en dehors de ses fonds politiques.

Cette sortie traduit une inquiétude plus large sur la manière dont les autorités communiquent autour des instruments financiers. Pour Pape Malick Ndour, la question n’est pas seulement économique mais aussi politique, car il en va de la confiance des citoyens dans la gestion publique. Sans transparence, dit-il, l’emprunt obligataire risque de n’être qu’un artifice de communication destiné à masquer une dépendance persistante à l’égard de capitaux étrangers.

En rappelant ces enjeux, l’ancien ministre invite le gouvernement à faire preuve de courage et de clarté. Pour lui, seule la publication de chiffres précis permettra de transformer ce projet en véritable acte de souveraineté économique. Dans le cas contraire, il restera dans l’opinion comme un simple slogan, détaché des réalités du pays et des difficultés quotidiennes des Sénégalais.

Taxe sur les transactions digitales : l’AFP tire la sonnette d’alarme et redoute des pertes d’emplois massives

La Direction collégiale de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), dirigée par l’honorable Mbaye Dione, a tenu une réunion stratégique le 18 septembre 2025 consacrée à l’examen de la situation nationale et aux perspectives politiques du parti. À l’issue de cette rencontre, l’AFP a publié un communiqué dans lequel elle exprime de profondes inquiétudes quant à la trajectoire économique et politique du pays, tout en annonçant de nouvelles orientations internes pour renforcer sa présence sur le terrain.

Sur le plan économique, l’AFP estime que le Sénégal traverse « des zones de turbulences inédites » et accuse le gouvernement de naviguer à vue. Le parti dénonce un « tâtonnement sans fin » dans la recherche de solutions à la crise actuelle et considère que le plan de redressement présenté par les autorités est compromis dès son lancement par « un manque flagrant de concertation » et une « pression fiscale déraisonnable » imposée aux populations les plus vulnérables.

La formation politique prend pour exemple la taxe sur les transactions digitales, qualifiée de menace directe pour l’emploi et l’activité économique. Selon le communiqué, cette mesure risque de provoquer une contraction immédiate des transactions et de pousser de nombreuses entreprises à réduire leurs effectifs. L’AFP prévient que ces pertes d’emplois s’ajouteraient aux « 30 000 travailleurs du public déjà remerciés », aggravant encore les tensions sociales dans un contexte marqué par l’arrêt de plusieurs chantiers du BTP.

Sur le plan diplomatique, le parti critique sévèrement la stratégie du gouvernement, pointant du doigt « les errements d’une communication et d’une diplomatie hasardeuses ». D’après l’AFP, cette approche a contribué à dégrader l’image du Sénégal à l’international et à fragiliser ses relations avec des partenaires stratégiques tels que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, dans un contexte où le pays a plus que jamais besoin de financements extérieurs.

La gouvernance politique est également mise en cause. L’AFP évoque une « dualité au sommet de l’État » qui engendrerait confusion et désordre, tout en représentant une « menace grave » pour la séparation des pouvoirs. Le dernier remaniement ministériel est perçu comme une manœuvre visant à lever les obstacles gênant « le projet totalitaire du régime en place », en contradiction avec les valeurs républicaines.

Face à ce constat, l’AFP appelle à « un sens élevé des responsabilités » et à une gouvernance fondée sur la sérénité, le respect de l’État de droit et la transparence, en mettant en garde contre les règlements de comptes politiques susceptibles de miner la cohésion nationale.

Sur le plan organisationnel, le parti entend engager une dynamique de massification et de remobilisation de ses bases. Mbaye Dione a déjà entamé des tournées départementales et multiplié les rencontres avec d’anciens militants, la diaspora et divers acteurs sociaux. La Direction collégiale a décidé de mettre en place des structures plus légères et efficaces afin de mieux répondre aux enjeux actuels.

La relance des mouvements affiliés tels que le MOUNFEP et le MNJP, ainsi que des organisations partenaires comme l’ANCP et le MPASI, fait partie des priorités définies. L’AFP prévoit également de renforcer ses alliances politiques et sociales, notamment avec l’opposition, la gauche plurielle et les syndicats. Dans ce cadre, Mbaye Dione a récemment rencontré les responsables du PIT et l’association des licenciés du public.

En conclusion, l’AFP exhorte ses responsables et militants à un « engagement sans faille » afin de préparer les prochaines échéances électorales et de se poser en véritable alternative face aux défis économiques et politiques du pays. Le parti réaffirme son ambition de participer activement à la gestion des aspirations des Sénégalais, dans un contexte marqué par des incertitudes économiques et sociales grandissantes.

MOBILISATION DE 300 MILLIARDS F CFA DANS L’UMOA, CRÉATION DES « DIASPORA BONDS » : Un pari suffisant pour relancer l’économie ?

Face à la suspension partielle des décaissements du Fonds monétaire international (Fmi) et aux contraintes liées à la dette publique, Dakar mise, désormais, sur deux leviers principaux : le marché financier régional de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) et l’épargne de la diaspora à travers les « Diaspora Bonds ».
Ainsi, le Sénégal, s’apprête-t-il à émettre 300 milliards F CFA sur le marché régional. Ceci est structuré en quatre tranches : 60 milliards à trois ans, 100 milliards à cinq ans, 80 milliards à sept ans et 60 milliards à dix ans, chacune assortie d’un taux de coupon compris entre 6,40 % et 6,95 %.
La SGI Impaxis Securities, dirigée par Ababacar Diaw, assume le rôle d’arrangeur principal et de chef de file de l’opération.
Cette levée s’ajoute aux deux précédentes émissions de 2025. En effet, depuis le début de l’année, le Sénégal a déjà réalisé deux appels publics à l’épargne : 416 milliards FCFA en mars, puis 364 milliards en juillet. Avec cette troisième opération, le total mobilisé par syndication dépasse 1000 milliards FCFA. À cela s’ajoutent 1 740 milliards FCFA levés via les adjudications classiques organisées par UMOA-Titres sur les neuf premiers mois de l’année, portant donc le cumul des fonds mobilisés sur le marché régional à plus de 2 700 milliards FCFA.
Ces nombreux recours à l’UMOA interviennent dans un contexte difficile suite aux déclarations du Premier ministre, Ousmane Sonko, qui a évoqué une « dette cachée » par l’Administration Macky Sall, estimée à 8 300 milliards FCFA, soit 41 % du PIB. En conséquence, la dette publique, initialement évaluée à 74 % du PIB fin 2023, a été révisée à 111 %, puis à 118,8 % fin 2024. La note souveraine du Sénégal a été abaissée par l’agence S&P Global Ratings de B à B- avec perspective négative.
Suite à ces épisodes, le FMI a gelé un programme à plus de 1 100 milliards F CFA. L’institution financière n’est d’ailleurs, jusqu’à présent, pas revenue sur cette décision, dans l’attente d’informations complémentaires demandées au gouvernement sénégalais.
Pour pallier ces contraintes, le duo Diomaye-Sonko s’appuie sur le marché régional et sur de nouveaux instruments financiers, tels que les « Diaspora Bonds », destinés à mobiliser l’épargne des Sénégalais de l’extérieur. Une orientation qui traduit une volonté de s’affranchir de l’assistance du FMI.
Mais, beaucoup de défis sonnent à l’horizon. Si la croissance globale bénéficie du démarrage de la production pétrolière et gazière, avec un taux de 12,1 % au premier trimestre 2025 selon le FMI, la progression hors hydrocarbures demeure modeste, freinée par les difficultés dans le BTP et l’industrie chimique. L’inflation, elle, reste contenue, à 0,7 % en juillet.
La réussite du Plan de redressement économique et social (PRES) dépendra, dès lors, de la capacité du gouvernement à mobiliser de manière soutenue et efficace les ressources régionales et locales. Le marché financier de l’UEMOA et les « Diaspora Bonds » constituent des leviers, mais la question centrale demeure. D’où la question : le Sénégal pourra-t-il financer son plan ambitieux sans l’appui du FMI et des marchés internationaux, tout en maîtrisant les risques liés à une dette publique déjà très élevée ?
La Dakaroise

Les euro-obligations sénégalaises décrochent : inquiétudes persistantes autour de la dette et du FMI

Les investisseurs internationaux se détournent des euro-obligations sénégalaises, qui affichent ce mois-ci les plus faibles performances du continent africain. Selon un indice Bloomberg, les détenteurs de titres sénégalais libellés en dollars ont essuyé une perte de 1,8 % en rendement total, alors que les obligations souveraines africaines ont enregistré en moyenne un gain de 1,9 %.

Après avoir connu une forte volatilité cet été, les obligations sénégalaises avaient brièvement regagné du terrain en août, les marchés misant sur une éventuelle dérogation du Fonds monétaire international (FMI). Le rendement des titres échéance 2033, qui avait culminé à 14,56 % le 3 juillet, était redescendu sous les 12 %. Mais cet espoir a vite été douché.

« Il est devenu clair qu’aucune décision ne serait prise rapidement, ce qui a refroidi l’enthousiasme des investisseurs », analyse Samir Gadio, responsable de la stratégie Afrique chez Standard Chartered Plc.

La chute des obligations sénégalaises trouve son origine dans la suspension par le FMI d’un programme de prêts de 1,8 milliard de dollars, après la révélation d’une sous-déclaration de la dette publique.

Le conseil d’administration du Fonds doit désormais statuer sur deux points cruciaux :

la nécessité pour Dakar de rembourser les 700 millions de dollars déjà versés, les conditions d’un éventuel nouveau programme.

En attendant, l’incertitude pèse lourdement sur la confiance des marchés.

Le choc a été amplifié en septembre 2024, lorsque les autorités sénégalaises ont révélé un « trou » de 7 milliards de dollars dans les finances publiques, conséquence d’erreurs de reporting attribuées à l’ancienne administration de Macky Sall. Cette découverte a propulsé le ratio dette/PIB à 119 % en 2024, contre un ratio révisé de 99,7 % en 2023.

Le déficit budgétaire a lui aussi explosé, atteignant 14 % du PIB, contre 12,3 % recalculés l’année précédente.

La BCEAO maintient ses taux directeurs inchangés pour soutenir la stabilité économique de l’UEMOA

Le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), présidé par le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou, s’est réuni ce mercredi 17 septembre 2025 au siège de l’institution régionale pour examiner la conjoncture économique et monétaire de l’Union.

À l’issue des travaux, le CPM a décidé de maintenir le statu quo sur les taux directeurs, une orientation jugée cohérente avec la dynamique actuelle de la sous-région. Ainsi, le taux directeur auquel la BCEAO prête aux établissements de crédit reste fixé à 3,25%, tandis que le taux du prêt marginal demeure à 5,25%. Le coefficient de réserves obligatoires est également maintenu à 3%. Ces paramètres sont inchangés depuis la précédente révision en juin 2025.

Une croissance robuste et une inflation maîtrisée

Selon Joseph Sagnon, Directeur de la Politique Monétaire et des Relations Internationales, cette décision « résulte de l’analyse de l’évolution récente de l’activité économique, des prix et de la situation extérieure de l’Union ».

En effet, l’économie de l’UEMOA conserve un rythme soutenu avec une croissance du PIB réel estimée à 6,3% en 2025, portée par la consommation intérieure et les investissements dans les infrastructures.

Sur le front des prix, la situation s’est nettement améliorée. L’inflation, qui avait atteint 3,5% en 2024, a reculé à 0,6% au deuxième trimestre 2025, sous l’effet d’une offre alimentaire abondante et de la baisse des coûts des produits énergétiques importés. Pour l’ensemble de l’année, elle devrait s’établir à 1,2%, bien en dessous de la moyenne régionale des dernières années.

Des risques toujours présents

Malgré ce tableau favorable, le CPM reste prudent face à plusieurs incertitudes. Il cite notamment :

la persistance des tensions sécuritaires dans la sous-région, l’impact du changement climatique sur la production agricole, ainsi que les tensions géopolitiques et commerciales mondiales, susceptibles de peser sur les importations.

Réseau des Parlementaires sur la Banque Mondiale et le FMI : Aïssata Tall Sall élue au Conseil d’Administration

La députée sénégalaise Aïssata Tall Sall a annoncé son élection en tant que membre du Conseil d’Administration du Réseau des Parlementaires sur la Banque Mondiale et le FMI. Une nomination qui confère à l’ancienne ministre des Affaires étrangères une nouvelle responsabilité sur la scène internationale, où elle représentera désormais la région Afrique de l’Ouest.

Dans un message adressé à l’opinion, Aïssata Tall Sall a expliqué que son rôle, aux côtés de ses collègues membres du Board, consistera à administrer le Réseau et à contribuer à sa mission d’appréciation critique et d’orientation des politiques menées par les deux institutions financières internationales. L’objectif est de veiller à ce que les décisions et stratégies mises en œuvre profitent directement aux populations, particulièrement celles des pays en développement.

« Je siégerai en ma qualité de député du Sénégal représentant la région Afrique de l’Ouest. Notre mission débutera le 13 octobre à Washington, à l’occasion des rencontres annuelles du FMI et de la Banque Mondiale », a-t-elle déclaré, confirmant ainsi sa participation à ce rendez-vous majeur de la gouvernance économique mondiale.

Cette élection marque une étape importante dans la carrière politique de la parlementaire, connue pour son engagement en faveur de la démocratie, de la justice sociale et du rayonnement du Sénégal à l’international. Elle offre également une opportunité au pays de renforcer sa voix au sein des débats stratégiques portant sur le financement du développement, la réduction de la pauvreté et les réformes économiques globales.

Commerce extérieur : les exportations sénégalaises en recul de 16,1 % en juillet 2025, malgré une progression annuelle de 15,9 % (ANSD)

L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) a rendu public son rapport mensuel sur le commerce extérieur du Sénégal pour juillet 2025. Ce document met en lumière une baisse significative des exportations sur un mois, contrastée par une évolution globalement positive sur une base annuelle. Il dévoile également une nette hausse des importations et une dégradation du solde commercial par rapport au mois précédent.

Selon les données compilées par l’ANSD, les exportations du Sénégal ont atteint 431,9 milliards de FCFA en juillet 2025, contre 514,6 milliards en juin, soit une baisse de 16,1 %. Ce recul est essentiellement attribué à la diminution des expéditions de certains produits stratégiques. Parmi eux figurent les produits pétroliers raffinés, dont les ventes sont passées à 88,5 milliards de FCFA, le pétrole brut (76,3 milliards), l’or non-monétaire (75,4 milliards), l’acide phosphorique (23,8 milliards) et les poissons frais de mer (14,4 milliards). Ces produits représentaient une part significative des recettes à l’exportation, et leur repli a impacté négativement les performances du mois.

Les principaux marchés d’exportation restent relativement stables, avec le Mali en tête (17,7 % des exportations), suivi des États-Unis (11,0 %), des Pays-Bas (10,8 %), de la Suisse (10,5 %) et de l’Inde (10,1 %). Toutefois, le rapport note que l’effet de la baisse mensuelle a été quelque peu atténué par la hausse des exportations de certains produits comme l’acide phosphorique, les produits pétroliers raffinés et les conserves de poisson.

En dépit du recul enregistré sur un mois, les résultats annuels sont plus encourageants. Les exportations de juillet 2025 ont en effet progressé de 15,9 % par rapport à juillet 2024. Mieux encore, le cumul des exportations sur les sept premiers mois de l’année s’élève à 3 272,1 milliards de FCFA, soit une hausse spectaculaire de 60 % comparée aux 2 045,4 milliards enregistrés à la même période l’an dernier.

En revanche, les importations ont connu une progression notable, s’établissant à 635,6 milliards de FCFA en juillet 2025, contre 545,0 milliards le mois précédent, soit une augmentation de 16,6 %. Cette croissance est principalement portée par la reprise des importations de pétrole brut, qui ont atteint 83,3 milliards de FCFA alors qu’aucun achat n’avait été enregistré en juin. D’autres produits ont également vu leurs volumes croître, notamment les sucres bruts et raffinés, les huiles et graisses animales et végétales, ainsi que les camions et camionnettes.

Cependant, cette dynamique haussière a été freinée par la baisse des importations de certains produits, notamment les autres produits pétroliers raffinés, qui sont passés de 155,9 milliards en juin à 131,3 milliards en juillet, ainsi que le riz, dont les importations ont chuté de 20,2 à 8,9 milliards de FCFA.

Par rapport à juillet 2024, les importations ont progressé de 9,4 %. En cumulé, elles atteignent 4 204,4 milliards de FCFA à fin juillet 2025, contre 3 980,1 milliards sur la même période en 2024, soit une hausse de 5,6 %. Les principaux fournisseurs du Sénégal restent la Chine (13,5 %), la France (10,2 %), la Russie (9,2 %), les Émirats Arabes Unis (8,1 %) et le Nigéria (6,7 %).

Le solde de la balance commerciale s’est, pour sa part, considérablement détérioré. Il est passé de -30,3 milliards de FCFA en juin à -203,8 milliards en juillet 2025. Cette aggravation du déficit est notamment due à une forte dégradation du solde commercial avec plusieurs partenaires : le Nicaragua (déficit de 41,3 milliards), le Nigéria (42,2 milliards), la France (60,1 milliards) et surtout la Chine, avec laquelle le déficit s’est creusé à 81,6 milliards de FCFA.

Toutefois, une amélioration a été notée dans les relations commerciales avec les États-Unis et l’Inde. Le Sénégal a enregistré un excédent de 31,8 milliards de FCFA avec les premiers et de 23,4 milliards avec les seconds. Ces gains, bien que significatifs, n’ont pas suffi à compenser le déséquilibre global.

Malgré cette situation, le cumul du déficit commercial sur les sept premiers mois de l’année affiche une amélioration notable. Il s’élève à -932,2 milliards de FCFA contre -1 934,7 milliards à la même période en 2024, ce qui témoigne d’un redressement progressif de la balance commerciale sur le moyen terme.

Le rapport de l’ANSD montre ainsi les limites de la performance mensuelle, mais confirme une dynamique positive sur l’année en cours. Il reste désormais à voir si cette tendance pourra être maintenue dans les mois à venir, notamment dans un contexte international marqué par l’instabilité des prix des matières premières et les incertitudes géopolitiques.

Dubaï : Le Sénégal renforce sa coopération stratégique avec DP World

En déplacement officiel à Dubaï ce jeudi 11 septembre, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a effectué une visite de haut niveau au siège de DP World, leader mondial de la logistique portuaire. Cette visite s’est conclue par un moment-clé : la signature d’un avenant important à l’accord de partenariat liant le Sénégal à cette multinationale émiratie.

Le document a été signé en présence du chef du gouvernement par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, et le directeur général du Port autonome de Dakar, Waly Diouf Bodian. Ce nouvel accord vient consolider la coopération existante entre les deux parties, notamment autour du Port autonome de Dakar et du projet stratégique du port de Ndayane, considéré comme l’un des chantiers logistiques les plus ambitieux d’Afrique de l’Ouest.

Selon un communiqué de la Primature, cet avenant vise à renforcer les engagements mutuels dans la modernisation des infrastructures portuaires sénégalaises et à faire du pays un hub logistique majeur dans la sous-région. L’objectif est aussi d’améliorer la compétitivité du Sénégal face à la croissance exponentielle des échanges maritimes mondiaux et régionaux.

Le projet de Ndayane, mené en partenariat avec DP World, représente un pilier central de la stratégie de développement logistique du Sénégal. Il est appelé à désengorger le port de Dakar, améliorer la fluidité du commerce maritime, attirer davantage d’investissements et stimuler l’emploi local, tout en renforçant la souveraineté économique nationale dans un secteur aussi stratégique que le transport maritime.

Cette visite à Dubaï, sur fond de diplomatie économique, symbolise ainsi la volonté du gouvernement sénégalais de sécuriser les projets d’envergure et de rassurer les partenaires sur la stabilité, la transparence et la vision long terme de l’État en matière d’infrastructures logistiques. Elle marque également un tournant dans la consolidation d’un partenariat Sud-Sud de plus en plus central dans les choix de coopération du Sénégal.

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