Pastef réorganise sa direction et renforce son dispositif stratégique

Le parti Pastef-Les Patriotes a engagé une nouvelle phase de réorganisation interne avec une série de nominations stratégiques décidées par son président Ousmane Sonko. À travers la Décision n° 002/PASTEF/PR/2026 signée le 19 avril 2026 à Dakar, cette restructuration, validée par le Conseil national réuni la veille, vise à redynamiser l’appareil dirigeant et à adapter le fonctionnement du parti aux enjeux politiques actuels.

Au cœur de ce réaménagement figure la consolidation du Comité exécutif avec la désignation de nouveaux vice-présidents. Il s’agit de Malick Ndiaye, Abass Fall, Daouda Ngom et Moustapha Sarré, tous appelés à jouer un rôle clé dans l’orientation stratégique et la coordination des activités du parti. Leur nomination traduit la volonté de renforcer la collégialité au sommet et d’assurer une meilleure répartition des responsabilités.

Le poste de secrétaire général, central dans l’animation et la gestion quotidienne du parti, est confié à Mohamed Ayib Salim Daffe, qui intègre également le Comité exécutif. Il sera épaulé par une équipe élargie composée de cinq secrétaires généraux adjoints : Khadidiatou Diop dite Khadija Mahecor Diouf, Fadilou Keita, Khady Diéne Gaye, Bassirou Kebe et Birom Holo Ba. Cette configuration illustre une approche plus inclusive et opérationnelle, destinée à améliorer l’efficacité organisationnelle et la coordination interne.

Parallèlement, le secrétariat national a été renforcé avec l’attribution de portefeuilles spécifiques à plusieurs responsables. Amadou Ba hérite de la communication, un secteur stratégique dans le contexte politique actuel, avec pour mission de structurer et de porter la parole du parti. Il sera assisté par Arame Ndoye Gassama. De son côté, Assane Mbengue prend en charge l’organisation et la logistique, épaulé par Baba Lamine Thiam, un binôme appelé à optimiser la mobilisation et la gestion des activités sur le terrain.

La formation des militants et des cadres est confiée à Malick Sy, assisté de Papa Moussa Sy, traduisant l’importance accordée au renforcement des capacités et à l’encadrement idéologique au sein du parti. Enfin, Babo Amadou Ba est nommé coordonnateur du Mouvement national des cadres patriotes, une structure clé dans la mobilisation des compétences et l’implication des élites dans le projet politique de Pastef.

Bassirou Diomaye Faye appelle à une sécurité collective africaine au-delà du souverainisme

À l’ouverture de la 10e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, le président Bassirou Diomaye Faye a livré une intervention marquée par une volonté de repositionner le débat sur la souveraineté africaine face aux enjeux sécuritaires. Devant un parterre de chefs d’État, d’experts et de partenaires internationaux réunis dans la capitale sénégalaise, il a tenu à nuancer la portée du discours souverainiste qui gagne du terrain sur le continent.

S’il a reconnu que la conquête et la consolidation de la souveraineté constituent des aspirations légitimes pour les États africains, le chef de l’État sénégalais a insisté sur leurs limites dans un environnement sécuritaire de plus en plus complexe. Selon lui, aucune nation, même pleinement souveraine, ne peut faire face seule aux menaces contemporaines. Il a ainsi martelé que la réponse aux défis actuels ne peut être qu’collective, reposant sur une coopération renforcée entre les pays africains et leurs partenaires.

Le président a dressé un tableau préoccupant de la situation sécuritaire en Afrique, évoquant la montée du terrorisme dans plusieurs régions, l’expansion de la criminalité transfrontalière, la recrudescence de la piraterie maritime ainsi que les nouvelles menaces liées à la désinformation et à la cybercriminalité. À ces risques s’ajoutent les effets du dérèglement climatique, qui exacerbent les tensions et fragilisent davantage les États. Autant de défis qui, par leur caractère transnational, dépassent les capacités d’action d’un seul pays.

Face à cette réalité, Bassirou Diomaye Faye a plaidé pour une accélération des réformes et une mise en œuvre effective des instruments africains de sécurité collective. Il a notamment appelé à rendre opérationnelles les forces africaines en attente, conçues pour intervenir rapidement en cas de crise sur le continent. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer les systèmes d’alerte précoce afin d’anticiper les conflits et d’y répondre avant qu’ils ne dégénèrent.

Le chef de l’État a par ailleurs mis l’accent sur l’importance de bâtir une véritable industrie de défense africaine, capable de réduire la dépendance du continent vis-à-vis de partenaires extérieurs. Dans cette dynamique, il a souligné l’urgence de garantir des financements plus stables, mieux contrôlés par les États africains eux-mêmes, afin de donner aux architectures sécuritaires les moyens de leurs ambitions.

Enfin, il a pointé les faiblesses persistantes des dispositifs existants, évoquant des mandats parfois flous et des ressources limitées qui entravent leur efficacité. Pour lui, la crédibilité de la réponse africaine aux crises dépendra de la capacité des États à clarifier leurs engagements et à mutualiser leurs efforts dans une logique de solidarité et de responsabilité partagée.

ONU : la candidature de Macky Sall cristallise espoirs et tensions diplomatiques

À Organisation des Nations Unies, la course au poste de Secrétaire général commence à se dessiner en coulisses, avec ses jeux d’influence, ses équilibres géopolitiques et ses rivalités feutrées. Parmi les noms qui émergent avec insistance, celui de Macky Sall suscite une attention particulière. À Dakar, un comité citoyen africain a décidé de passer à l’offensive pour soutenir cette éventuelle candidature, traduisant une volonté assumée de positionner l’Afrique au cœur des grandes décisions internationales.

Face aux critiques et aux réticences exprimées dans certains cercles, les partisans de l’ancien chef de l’État sénégalais ont opté pour une stratégie structurée. Réunis au sein du collectif Convergences citoyennes, des acteurs issus de la société civile, du monde politique et des milieux panafricanistes entendent fédérer un large soutien autour de ce qu’ils considèrent comme une candidature à la fois légitime et stratégique. Leur objectif est clair : construire un consensus africain capable de peser dans une élection traditionnellement dominée par les grandes puissances.

Cette mobilisation intervient dans un contexte où plusieurs États auraient déjà exprimé leur appui à Macky Sall, signe que la dynamique dépasse désormais les frontières nationales. L’entrée en scène de la société civile vise à amplifier ce mouvement en lui donnant une dimension populaire et continentale. Pour ses promoteurs, il ne s’agit pas simplement de soutenir un homme, mais de porter une ambition collective pour l’Afrique, souvent jugée marginalisée dans les instances décisionnelles mondiales.

Des figures politiques sénégalaises défendent avec vigueur cette démarche. Babacar Gaye estime que le moment est opportun pour permettre à l’Afrique de renforcer sa place sur l’échiquier international. Selon lui, soutenir Macky Sall revient à affirmer une volonté de participation active dans le concert des nations. De son côté, Seydou Guèye met en avant l გამოცდილ international de l’ancien président, soulignant sa capacité à gérer des crises complexes et à mener des négociations à haut niveau.

Les soutiens de cette candidature insistent également sur un argument géopolitique central : le profil d’un dirigeant issu d’un pays perçu comme relativement neutre dans les grandes rivalités internationales. À leurs yeux, cette position pourrait permettre à Macky Sall de jouer un rôle d’équilibre entre les puissances, une qualité essentielle pour diriger une organisation comme l’ONU.

Au-delà des considérations politiques nationales, les promoteurs du projet insistent sur sa portée panafricaine. Zanouba Ali Mohammed Bachar met en garde contre les divisions internes du continent, qu’elle considère comme un frein majeur à l’influence africaine. Pour elle, rejeter une telle candidature reviendrait à compromettre une opportunité historique de renforcer la voix de l’Afrique sur la scène internationale.

Dans le même esprit, Djiby Ndiaye évoque un déficit structurel d’influence dont souffre le continent. Il voit dans cette initiative une tentative de corriger ce déséquilibre en portant une candidature capable de rassembler au-delà des clivages habituels. Cette lecture est partagée par plusieurs acteurs qui considèrent que l’enjeu dépasse largement les intérêts individuels.

Sur le plan interne, certains responsables politiques appellent à dépasser les divergences partisanes. Abdou Mbow insiste sur la nécessité de faire bloc autour d’une ambition nationale et continentale, estimant que même une mobilisation symbolique peut envoyer un signal fort. Dans la même dynamique, Serigne Mbacké Ndiaye souligne l’importance d’afficher une unité nationale pour crédibiliser la candidature sur la scène internationale.

« Convergences citoyennes » : la société civile se mobilise pour porter Macky Sall à la tête de l’Organisation des Nations Unies

Une nouvelle dynamique vient d’émerger au sein de la société civile sénégalaise avec la création d’un comité baptisé « Convergences citoyennes », dont l’objectif est de soutenir la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Cette initiative s’inscrit dans une volonté affichée de renforcer la présence du continent africain dans les sphères décisionnelles internationales, à un moment jugé stratégique par ses initiateurs.

Réunis autour de cette plateforme, les membres du comité mettent en avant le profil et le parcours de l’ancien chef de l’État sénégalais, qu’ils considèrent comme en adéquation avec les exigences d’une fonction aussi prestigieuse. Ils saluent notamment son expérience à la tête du Sénégal, sa maîtrise des enjeux diplomatiques ainsi que sa capacité à dialoguer avec des partenaires aux intérêts souvent divergents. Pour eux, ces qualités font de lui un candidat crédible capable de porter une vision équilibrée et inclusive sur la scène mondiale.

S’exprimant sur les ondes de la radio iRadio, Babacar Gaye, membre du comité, a expliqué que ce choix repose sur une conviction profonde : le moment est venu pour l’Afrique de s’affirmer davantage dans le concert des nations. Il a insisté sur la nécessité pour le Sénégal de faire entendre une voix forte, incarnée par une personnalité alliant compétence, expérience et ouverture au monde.

Au-delà du soutien à une candidature individuelle, les initiateurs de « Convergences citoyennes » présentent leur démarche comme une ambition collective pour le continent africain. Ils estiment que l’accession d’un Africain à la tête de l’ONU constituerait un signal fort en faveur d’un rééquilibrage des pouvoirs au sein des institutions internationales, souvent perçues comme dominées par les grandes puissances.

Le comité entend également fédérer les Sénégalais autour de cette initiative, qu’il considère comme un facteur de fierté nationale et de cohésion. Selon Babacar Gaye, voir un ressortissant sénégalais accéder à une telle responsabilité serait non seulement symbolique, mais aussi porteur d’espoir pour toute une génération.

Farba Ngom, Ismaïla Madior Fall : Mamoudou Ibra Kane interpelle la Justice et dénonce « un château de cartes »

L’annulation de l’intégralité de la procédure visant le député Farba Ngom par la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar continue de susciter de vives réactions sur la scène politique et médiatique. Parmi les voix les plus critiques, celle de Mamoudou Ibra Kane s’est particulièrement distinguée. Le président du mouvement « Demain c’est maintenant » a publiquement interpellé la ministre de la Justice, Yacine Fall, à travers une série de questions qu’il présente comme directes mais empreintes de « bienveillance ».

Dans sa déclaration, le journaliste s’interroge ouvertement sur la crédibilité de la parole de la Garde des Sceaux après ce revers judiciaire. Il met en doute la cohérence de la communication officielle, notamment après la conférence de presse jugée « à charge » qu’elle avait tenue dans cette affaire. Pour lui, une telle décision de justice fragilise la position de la ministre et soulève des interrogations sur la conduite globale de certains dossiers sensibles.

Mamoudou Ibra Kane établit également un lien entre cette affaire et d’autres procédures en cours, notamment celle concernant la demande de révision du procès opposant Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang. Il s’interroge sur le crédit qu’il est encore possible d’accorder à cette démarche, dans un contexte où une procédure emblématique vient d’être annulée dans son intégralité. Il va plus loin en invitant la ministre à « en tirer les conséquences » dans les plus brefs délais, estimant que le temps presse face à l’ampleur des interrogations soulevées.

Dans le même élan, le leader politique s’est prononcé sur l’évolution de l’affaire impliquant l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall. Il évoque notamment l’arrestation de celui qui l’accusait de tentative de corruption sur un magistrat, une situation qui, selon lui, jette un doute sérieux sur les charges initialement retenues contre l’ancien Garde des Sceaux. Mamoudou Ibra Kane considère que ces développements constituent une forme de réhabilitation morale et estime que les mesures judiciaires prises à son encontre ne reposent désormais sur aucune base solide. Il plaide ainsi pour sa liberté totale, tout en réclamant également la libération du député Farba Ngom.

Au-delà des cas individuels, Mamoudou Ibra Kane voit dans ces affaires une illustration d’un malaise plus profond au sommet de l’État. Il évoque une « nervosité » de certains responsables qu’il attribue à l’effondrement progressif de dossiers présentés jusque-là comme solides. Selon lui, la succession de ces événements donne l’impression d’un édifice qui se désagrège, « tel un château de cartes ».

Le journaliste a par ailleurs élargi son propos à d’autres situations qu’il juge préoccupantes. Il a notamment exprimé sa solidarité avec les supporters sénégalais récemment détenus au Maroc, tout en affirmant qu’il existerait également des « otages » à l’intérieur du pays. Dans cette optique, il a pris la défense de certains agents de l’administration pénitentiaire, citant le cas du directeur du Pavillon spécial de Rebeuss, muté à Nioro du Rip, ainsi que celui d’un garde interpellé.

Selon lui, ces fonctionnaires seraient victimes de décisions injustes, prises dans un contexte de tensions politiques, et serviraient de variables d’ajustement dans des enjeux qui les dépassent. Il dénonce des « sacrifices » opérés au détriment d’agents publics souvent laissés sans soutien, pointant du doigt un silence qu’il juge préoccupant autour de leur situation.

Kaolack : Awalé renforce ses troupes en vue des échéances politiques

La jeunesse du parti Awalé de la région de Kaolack a franchi une nouvelle étape dans sa dynamique de structuration et de mobilisation. Ce samedi 18 avril 2026, elle a organisé une rencontre d’envergure baptisée « week-end des Jambars », marquée par des activités de formation, de réflexion stratégique et d’engagement citoyen.

Dès l’ouverture, la forte mobilisation des jeunes militants et la présence de plusieurs responsables politiques ont donné le ton de cette initiative. Prenant la parole, le délégué départemental à la jeunesse, Mactar Fall, a salué l’engouement suscité par l’événement, qu’il qualifie de « cadre stratégique » pour former une jeunesse consciente, disciplinée et apte à relever les défis politiques et sociaux.

Insistant sur la nécessité d’un engagement éclairé, il a mis en avant le rôle central de l’idéologie du parti dans la construction d’un militantisme durable. « Un parti fort repose sur des militants bien formés, capables de comprendre les enjeux et de porter une vision claire », a-t-il déclaré, invitant les jeunes à s’approprier pleinement les valeurs d’Awalé.

Le programme du week-end a été riche et varié : panels, sessions de formation en communication politique, leadership et implication communautaire ont rythmé les échanges. Des activités sociales et citoyennes ont également été organisées, renforçant l’ancrage du parti auprès des populations locales.

Au-delà de l’aspect formatif, la rencontre a servi de cadre à la consolidation des liens entre les différentes structures de jeunesse du parti. Les organisateurs ont insisté sur la nécessité de bâtir une génération de militants engagés, capables de jouer un rôle actif dans le développement local et national.

Parrain de l’événement, Jean Birane Gningue, directeur général du CROUSS du Sine-Saloum et délégué national du parti Awalé, a salué une initiative portée par les jeunes eux-mêmes. Selon lui, ce « week-end des Jambars » s’inscrit dans une stratégie de relance des activités du parti dans la région de Kaolack.

Il a également mis en lumière la dimension politique de la rencontre, en lien avec la coalition Diomaye Président. « Cette initiative vise à redynamiser, massifier et préparer le terrain pour la coalition », a-t-il expliqué, rappelant que celle-ci regroupe déjà plus d’une centaine de partis et mouvements politiques dans la région.

Tout en précisant qu’il n’est pas originaire de la zone, Jean Birane Gningue a assuré du soutien des instances nationales aux acteurs locaux, en attendant la phase de structuration officielle de la coalition.

Clôturant les travaux, Mactar Fall a lancé un appel fort aux « Jambars », les exhortant à devenir des acteurs du changement et des ambassadeurs des idéaux du parti auprès des populations.

À travers cette initiative, la jeunesse d’Awalé confirme sa volonté de jouer un rôle central dans la consolidation des bases du parti et dans la préparation de la relève politique à Kaolack. Une dynamique appelée à se poursuivre dans les mois à venir à travers d’autres actions de terrain.

Fonds Covid : la Chambre d’accusation confirme le non-lieu pour plusieurs mis en cause et fragilise le dossier

Nouveau rebondissement dans l’affaire des fonds Covid avec une décision qui pourrait peser lourdement sur la suite de la procédure judiciaire. La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar a confirmé le non-lieu en faveur de plusieurs personnes poursuivies dans ce dossier sensible, validant ainsi l’ordonnance rendue en première instance par le doyen des juges d’instruction.

Selon des informations rapportées par le quotidien Libération, la juridiction d’appel a rejeté le recours introduit par le parquet, qui contestait la décision initiale de ne pas renvoyer certains mis en cause devant une juridiction de jugement. En confirmant cette ordonnance, la Chambre d’accusation met un coup d’arrêt aux poursuites engagées contre ces personnes, poursuivies notamment pour complicité de détournement de deniers publics ainsi que pour faux et usage de faux en écriture publique et privée.

Par cette décision, plusieurs figures citées dans l’enquête sont définitivement blanchies à ce stade de la procédure. La juridiction a ainsi suivi l’analyse du magistrat instructeur, estimant que les charges réunies ne justifiaient pas un renvoi devant un tribunal. Cette position, désormais validée en seconde instance, renforce considérablement la défense des intéressés et affaiblit l’argumentaire du ministère public.

Pour le parquet, cette issue représente un revers significatif. En interjetant appel, le ministère public espérait obtenir l’infirmation de l’ordonnance du juge d’instruction et relancer les poursuites contre les personnes concernées. La décision de la Chambre d’accusation vient au contraire entériner l’absence de charges suffisantes, réduisant ainsi le périmètre des responsabilités dans ce dossier.

Au centre de cette affaire, Mansour Faye pourrait être l’un des principaux bénéficiaires indirects de cette évolution judiciaire. Inculpé en qualité d’auteur principal par la Commission d’instruction, l’ancien ministre voit une partie importante de l’édifice accusatoire s’effriter. En effet, la disparition des présumés complices pose la question de la solidité des charges retenues contre lui, notamment en ce qui concerne la cohérence globale des faits reprochés.

Déjà placé sous liberté provisoire, il pourrait tirer profit de ce nouveau contexte judiciaire dans les prochaines étapes de la procédure. Cette décision pourrait en effet ouvrir la voie à une réévaluation de sa situation, voire à un affaiblissement durable des poursuites engagées contre lui.

Passy : étudiants et radio communautaire au cœur d’un appui municipal stratégique

À Passy, l’appui financier de la mairie aux étudiants et à la radio communautaire dépasse le simple cadre d’une subvention annuelle pour s’inscrire dans une logique d’investissement social durable.

Avec une enveloppe globale de 7,5 millions de FCFA, dont 5 millions destinés aux étudiants et 2,5 millions à la radio locale, la municipalité entend répondre à deux enjeux majeurs : l’accompagnement de la jeunesse dans son parcours académique et le renforcement de l’accès à l’information de proximité.

Pour de nombreux étudiants originaires de la commune, cette aide représente un soulagement face aux charges liées aux études supérieures, souvent lourdes pour les familles. Elle pourrait ainsi contribuer à réduire les abandons et à améliorer les conditions d’apprentissage.

Du côté de la radio communautaire, ce soutien financier intervient dans un contexte où les médias locaux jouent un rôle crucial dans la sensibilisation, l’éducation citoyenne et la diffusion d’informations utiles. En consolidant ses moyens, la radio pourra élargir ses programmes et renforcer son impact auprès des populations.

Au-delà des montants alloués, cette initiative traduit une volonté politique de renforcer le capital humain et de soutenir les canaux locaux d’expression. Elle met également en lumière l’importance d’une gouvernance de proximité attentive aux besoins concrets des citoyens.

Ainsi, à travers cet appui ciblé, la commune de Passy mise sur deux piliers essentiels du développement local : une jeunesse mieux encadrée et une population mieux informée.

Affaire Farba Ngom : Aïssata Tall Sall dénonce une « faute institutionnelle » de l’Assemblée nationale

La décision de la Chambre d’accusation d’annuler une large partie de la procédure dans l’affaire impliquant le député Farba Ngom continue de susciter de vives réactions sur la scène politique sénégalaise. Parmi les voix les plus critiques figure celle de Me Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, qui voit dans cet arrêt un désaveu cinglant de l’Assemblée nationale.

Dans une déclaration ferme, l’ancienne ministre de la Justice estime que l’institution parlementaire s’est elle-même infligé un revers en ne respectant pas ses propres règles. Elle rappelle que son groupe avait, dès le départ, contesté la régularité de la procédure ayant conduit à la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom. Selon elle, ces avertissements ont été ignorés malgré leur fondement juridique solide.

La Chambre d’accusation, dans son arrêt rendu le 9 avril, a en effet annulé plusieurs actes clés de la procédure, notamment les procès-verbaux n°28 et 50 ainsi que les réquisitoires introductif et supplétif du procureur. Cette décision fragilise considérablement le dossier judiciaire et relance le débat sur le respect des procédures légales dans les affaires impliquant des parlementaires.

Pour Me Aïssata Tall Sall, cette situation illustre une dérive préoccupante où les considérations politiques prennent le pas sur le droit. Elle souligne que les lois votées par les députés doivent d’abord être respectées par eux-mêmes, en particulier lorsqu’il s’agit de procédures aussi sensibles que la levée de l’immunité parlementaire.

Elle regrette que l’Assemblée nationale ait refusé d’entendre les mises en garde formulées lors des débats internes, préférant, selon ses termes, « passer en force » au mépris du règlement intérieur. Cette attitude, estime-t-elle, a conduit à une situation où la justice est venue rappeler à l’ordre l’institution parlementaire.

Au-delà du cas spécifique de Farba Ngom, cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre pouvoir politique et autorité judiciaire au Sénégal. Elle pose également la question de la crédibilité des institutions et de leur capacité à garantir le respect de l’État de droit.

Diomaye Faye reçoit une délégation du PDS dans le cadre du centenaire d’Abdoulaye Wade

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé une audience, en fin de matinée, à une délégation du Parti démocratique sénégalais, conduite par Nafissatou Diallo. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de concertation autour des préparatifs du centenaire de Abdoulaye Wade, dont la célébration est prévue dans les prochaines semaines.

Selon un communiqué de la présidence, la délégation est venue transmettre un message de l’ancien chef de l’État, figure historique de la vie politique sénégalaise. L’audience s’est déroulée dans une atmosphère empreinte de considération et de respect mutuel, traduisant la reconnaissance institutionnelle et symbolique accordée à l’ancien dirigeant.

Au cours des échanges, Bassirou Diomaye Faye a tenu à saluer le parcours et l’héritage d’Abdoulaye Wade, qu’il a présenté comme une figure politique majeure, non seulement au Sénégal mais également sur le continent africain et à l’échelle internationale. Il a souligné que l’action et les engagements de l’ancien président ont contribué à forger l’image et le prestige du Sénégal, aujourd’hui reconnu et respecté sur la scène mondiale.

Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par l’annonce récente du ministère de la Culture relative à l’organisation d’une série d’activités commémoratives. Ces initiatives visent à célébrer le centenaire d’Abdoulaye Wade, né le 29 mai 1926, et à mettre en lumière les transformations profondes opérées sous son magistère, notamment dans les domaines des infrastructures, de la culture et du rayonnement international du pays.

Cheikh Oumar Diagne charge le Premier ministre et dénonce une crise de cohérence au sommet de l’État

Invité sur le plateau de Seneweb, Cheikh Oumar Diagne a livré une critique sévère à l’encontre des récentes déclarations du Premier ministre, qu’il accuse d’incohérence et de légèreté dans la conduite des affaires publiques. Dans une intervention sans détour, il a remis en question la maîtrise des responsabilités institutionnelles par le chef du gouvernement, estimant que celui-ci semble ignorer ses propres prérogatives.

Au cœur de sa prise de parole, la question de la confiance envers la justice a occupé une place centrale. Cheikh Oumar Diagne juge particulièrement préoccupant qu’un haut responsable de l’exécutif puisse exprimer publiquement des doutes à l’égard d’une institution qu’il considère comme fondamentale dans l’architecture de l’État. Selon lui, une telle posture fragilise non seulement la crédibilité des institutions, mais ouvre également la voie à une banalisation du discrédit à leur encontre. Il souligne qu’un citoyen ordinaire tenant des propos similaires s’exposerait à des poursuites judiciaires, insistant sur la ضرورة d’une égalité stricte devant la loi.

Au-delà de cette dimension institutionnelle, l’homme politique a élargi sa critique au registre des valeurs. Il dénonce ce qu’il perçoit comme un décalage entre les références religieuses affichées par le Premier ministre et certaines orientations politiques adoptées. Il estime que se réclamer du Prophète implique une cohérence dans l’action publique, notamment en matière de moralité sociale.

Dans cette logique, Cheikh Oumar Diagne a évoqué la question des jeux de hasard, qu’il considère comme incompatible avec les principes moraux invoqués. Il a également pointé du doigt d’autres phénomènes sociaux tels que la prostitution et l’alcoolisme, estimant que leur traitement devrait s’inscrire dans une démarche globale fondée sur des valeurs éthiques fortes. À ses yeux, il ne s’agit pas uniquement de légalité, mais d’un véritable engagement moral de la part des dirigeants.

S’inscrivant dans cette dynamique, il a rappelé que son mouvement politique, le Rassemblement des valeurs, se distingue par son attachement affirmé à ces principes. Il le présente comme une alternative crédible portée par une ligne idéologique claire, axée sur la cohérence entre discours et action.

Réforme du Code électoral : le FDR dénonce un « coup de force institutionnel » et appelle à la mobilisation

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) est monté au créneau pour dénoncer avec vigueur la proposition de loi introduite par le groupe parlementaire PASTEF, visant à modifier l’article L29 et à abroger l’article L30 du Code électoral. Dans un communiqué au ton ferme, la coalition de l’opposition évoque une situation préoccupante au sommet de l’État, parlant d’une « crise profonde et irréversible » et mettant en garde contre ce qu’elle considère comme un « coup de force institutionnel en gestation ».

Selon la Conférence des leaders du FDR, cette initiative législative rompt avec une tradition solidement ancrée dans le paysage politique sénégalais depuis 1992, fondée sur le consensus autour des règles électorales. Pour le front, cette rupture marque un tournant dangereux, accusant PASTEF de vouloir imposer unilatéralement des règles « taillées sur mesure » au bénéfice de son dirigeant, au détriment des principes fondamentaux de la démocratie.

Le FDR rappelle que le Code électoral constitue un socle essentiel de la République, un cadre juridique garantissant une dévolution transparente et démocratique du pouvoir. À ses yeux, toute tentative de le modifier sans concertation équivaut à en faire un instrument partisan, ce qui reviendrait à fragiliser les institutions et à compromettre l’équilibre démocratique du pays.

L’opposition s’interroge également sur la célérité avec laquelle cette proposition de loi est portée, dénonçant une absence de dialogue et une volonté manifeste d’imposer des changements sans consultation préalable. Elle y voit une stratégie visant à contourner les principes de droit pour servir des intérêts politiques individuels.

Dans un registre encore plus accusateur, le FDR met en cause le ministère de l’Intérieur, qu’il accuse d’avoir procédé à une inscription « frauduleuse » du président de PASTEF sur les listes électorales, afin de lui permettre de conduire une liste lors des dernières élections législatives. Cette situation, combinée selon le front à la « rétention illégale » d’une décision du Conseil constitutionnel, aurait contribué à conférer à PASTEF une majorité jugée « illégitime » à l’Assemblée nationale.

Le front ne s’arrête pas là et pointe également du doigt le ministère de la Justice, qu’il accuse d’instrumentalisation dans une procédure de révision de jugement impliquant le leader de PASTEF. Il évoque un conflit d’intérêts manifeste, renforçant selon lui l’idée d’une dérive institutionnelle préoccupante.

Qualifiant la proposition de loi de « troisième acte de forfaiture », le FDR estime qu’il s’agit d’un texte « personnalisé », conçu spécifiquement pour répondre aux ambitions d’un seul individu. Il critique notamment la rétroactivité du texte, qu’il juge injustifiée et contraire aux principes généraux du droit, affirmant qu’elle vise uniquement à satisfaire des intérêts particuliers.

Face à ce qu’il considère comme une menace sérieuse pour l’État de droit, le FDR appelle à une réaction vigoureuse. Il exige le retrait immédiat et sans condition de la proposition de loi, l’ouverture d’une concertation inclusive sur le Code électoral sous l’égide de personnalités neutres, ainsi que le respect strict du calendrier électoral et des droits de l’ensemble des acteurs politiques.

À Istanbul, El Malick Ndiaye plaide pour un sursaut mondial en faveur de la paix, de la justice et des générations futures

À l’occasion de la 152ᵉ Assemblée de l’Union interparlementaire (UIP), tenue à Istanbul, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, El Malick Ndiaye, a livré ce jeudi 16 avril un discours empreint de gravité et d’engagement dans le cadre du débat général consacré au thème « Cultiver l’espoir, consolider la paix et assurer la justice pour les générations futures ».

Dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes, il a dressé le tableau d’un monde « qui retient son souffle », confronté à une superposition de crises multidimensionnelles. Ces crises, a-t-il souligné, ne sont pas sans conséquences durables, affectant profondément les équilibres économiques, sociaux et politiques à l’échelle globale. Pour lui, la situation actuelle appelle à une prise de conscience collective et à une mobilisation urgente des dirigeants et des institutions.

Au cœur de son intervention, le président de l’Assemblée nationale a lancé un appel à un « sursaut collectif », estimant que les turbulences contemporaines ne relèvent ni du hasard ni de la fatalité. Elles seraient, selon lui, le résultat de choix politiques, d’inactions répétées et, parfois, de renoncements face à des défis pourtant identifiés. Dans cette perspective, il a insisté sur la nécessité d’assumer les responsabilités et de poser des actes concrets pour inverser les tendances actuelles.

Revenant sur le thème central de cette rencontre internationale, El Malick Ndiaye a tenu à rappeler que l’espoir, à lui seul, ne saurait suffire sans une traduction en actions tangibles. « L’espoir sans actes n’est qu’un mirage », a-t-il affirmé, tout en mettant en garde contre une paix dénuée de justice, qu’il a qualifiée de « trêve fragile ». À ses yeux, seule une approche intégrée, combinant justice sociale, inclusion et équité, peut garantir une paix durable.

Dans cette dynamique, il a plaidé pour un investissement renforcé dans l’éducation à la paix, considérée comme un levier essentiel pour prévenir les conflits et bâtir des sociétés résilientes. Il a également insisté sur l’impératif d’impliquer davantage les ახალგაზრდ երիտասարդ populations dans les processus décisionnels, estimant que leur participation active constitue un facteur clé pour la construction d’un avenir plus stable et plus équitable. La prise en compte des préoccupations des générations futures dans l’élaboration des politiques publiques a été présentée comme une exigence incontournable pour assurer la durabilité des actions engagées aujourd’hui.

Abordant le rôle des institutions parlementaires, El Malick Ndiaye a mis en lumière leur responsabilité centrale dans la consolidation de la démocratie. Il a rappelé que les parlements doivent pleinement jouer leur rôle de contre-pouvoir, en garantissant la transparence et en veillant à l’équilibre institutionnel. Dans le cas du Sénégal, il a évoqué les réformes en cours visant à bâtir un Parlement plus exigeant, capable de contrôler l’action gouvernementale et d’évaluer efficacement les politiques publiques, loin d’une posture passive.

Selon lui, le renforcement des mécanismes de contrôle parlementaire est indispensable pour restaurer et consolider la confiance des citoyens envers les institutions. Cette confiance constitue, à ses yeux, un pilier fondamental de la stabilité démocratique et du développement durable.

Sur le plan international, il a également appelé à une diplomatie parlementaire plus proactive et audacieuse. Celle-ci devrait reposer sur le dialogue entre les peuples, la prévention des conflits et le renforcement des coopérations entre les nations, dans un esprit de solidarité et de responsabilité partagée.

En conclusion, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal a lancé un appel solennel aux dirigeants du monde, les invitant à faire preuve de lucidité et de courage face aux défis actuels. Il les a exhortés à ne pas léguer aux générations futures « la honte des renoncements », mais plutôt à leur transmettre « l’héritage d’un engagement lucide, courageux et résolument tourné vers l’avènement d’un monde plus juste et plus pacifique ».

Dette publique : l’Assemblée nationale relance le débat sensible sur la non-restructuration

L’Assemblée nationale du Sénégal s’apprête à rouvrir un dossier économique particulièrement délicat. Le 11 mai 2026, les députés examineront un projet de résolution portant sur la non-restructuration de la dette publique, avant une adoption ou un rejet en séance plénière prévue le 15 mai, selon des informations rapportées par Les Échos. Ce texte, qui intervient dans un contexte de vigilance accrue autour de la gestion des finances publiques, suscite déjà de nombreuses interrogations tant sur le fond que sur le calendrier de son examen.

Initialement programmé pour la fin du mois de mars, ce projet avait été reporté à la suite de révélations du Financial Times. Le média britannique avait mis en lumière l’existence d’un emprunt de 426 milliards de francs CFA dont les détails n’auraient pas été clairement communiqués par les autorités sénégalaises. Cette révélation a provoqué un certain émoi, alimentant les débats sur la transparence budgétaire et la soutenabilité de la dette du pays.

Le report de l’examen parlementaire avait alors été perçu comme une volonté de temporiser, le temps pour les autorités de clarifier la situation et de désamorcer les critiques. Toutefois, le retour de ce projet de résolution à l’agenda parlementaire indique que le gouvernement entend désormais trancher la question de manière formelle, en affichant sa position sur la stratégie de gestion de la dette.

Au cœur du texte figure le principe de non-restructuration, ce qui signifie que l’État sénégalais ne prévoit pas de renégocier les termes de sa dette, que ce soit en matière de délais de remboursement, de taux d’intérêt ou de conditions globales. Une telle orientation traduit généralement la volonté de préserver la crédibilité financière du pays sur les marchés internationaux, en évitant toute perception de fragilité ou de défaut potentiel.

Cependant, cette posture n’est pas sans susciter des débats. Certains analystes estiment qu’une restructuration maîtrisée pourrait, dans certains cas, offrir une marge de manœuvre budgétaire supplémentaire, notamment dans un contexte économique marqué par des pressions inflationnistes et des besoins croissants en investissements publics. D’autres, en revanche, mettent en garde contre les conséquences d’une telle option, qui pourrait affecter la confiance des investisseurs et renchérir le coût futur de l’endettement.

La séquence parlementaire à venir s’annonce donc déterminante. Elle devrait offrir l’occasion aux députés d’interroger le gouvernement sur la transparence des engagements financiers, la nature exacte des emprunts contractés et la stratégie globale de gestion de la dette. Les discussions pourraient également permettre de mieux comprendre les implications de l’emprunt évoqué par le Financial Times, dont les contours restent encore flous dans l’opinion publique.

Au-delà des considérations techniques, ce débat revêt une dimension politique importante. Il intervient dans un contexte où la gouvernance économique est scrutée de près, aussi bien par les partenaires internationaux que par les citoyens. La manière dont ce projet de résolution sera défendu et adopté pourrait ainsi influencer la perception globale de la rigueur budgétaire et de la transparence au Sénégal.

Abdoulaye Wade annonce son retour imminent au Sénégal après un long séjour en France

Absent du territoire sénégalais depuis le 28 novembre 2024, date de son départ pour la France, l’ancien président Abdoulaye Wade pourrait bientôt retrouver son pays. L’annonce de ce retour imminent a été faite par Pape Samba Mboup, son ancien chef de cabinet, à la suite d’un échange téléphonique chargé d’émotion entre les deux hommes.

Dans un entretien accordé ce jeudi au quotidien Wal fadjri, Pape Samba Mboup a confié avoir été surpris de recevoir un appel de l’ancien chef de l’État, avec qui il n’avait plus eu de contact depuis plusieurs années. « Depuis 2018, je n’avais jamais parlé avec le Président Wade. Mon cœur a battu la chamade parce que je ne m’attendais pas à son appel », a-t-il relaté. L’ancien président lui aurait alors présenté ses condoléances après le décès de son épouse, tout en lui adressant des vœux de prompt rétablissement, avant de lui annoncer son intention de rentrer prochainement au Sénégal.

Très ému, Pape Samba Mboup n’a pas caché la portée symbolique de cet échange. Il a évoqué le plaisir ressenti en entendant à nouveau la voix de celui avec qui il a partagé de longues années de compagnonnage politique. Abdoulaye Wade lui aurait également fait part de l’envoi d’une délégation du Parti démocratique sénégalais pour lui présenter officiellement les condoléances.

Cette reprise de contact entre les deux hommes marque un tournant dans leurs relations. Jadis proches collaborateurs, aussi bien dans l’opposition que durant l’exercice du pouvoir, Abdoulaye Wade et Pape Samba Mboup s’étaient éloignés après la perte du pouvoir par le PDS en 2012. Leur brouille avait conduit à l’exclusion de Mboup du parti. Aujourd’hui, tout porte à croire que les tensions se sont apaisées.

Diplomatie sénégalaise : un agenda stratégique au service de la souveraineté et de la sécurité en Afrique

Le Président de la République a dévoilé, lors du Conseil des ministres de ce mercredi 15 avril 2026, un agenda diplomatique particulièrement dense qui illustre l’ambition du Sénégal de consolider son rôle sur la scène internationale. Deux rendez-vous majeurs structureront cette séquence : la Conférence des Ambassadeurs et Consuls généraux, suivie du 10ème Forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique.

Prévue le 18 avril 2026, la Conférence des Ambassadeurs et Consuls généraux constitue un moment clé dans la définition et l’orientation de la politique étrangère du Sénégal. Présidée par le Chef de l’État, cette rencontre de haut niveau réunira les principaux représentants diplomatiques du pays à travers le monde. Elle permettra d’harmoniser les stratégies, d’évaluer les actions menées et de fixer de nouvelles priorités en adéquation avec les enjeux géopolitiques actuels. Dans un contexte international marqué par des tensions croissantes, des recompositions stratégiques et des défis économiques majeurs, cette conférence vise à renforcer l’efficacité de la diplomatie sénégalaise et à mieux défendre les intérêts nationaux à l’étranger.

Au-delà de la coordination diplomatique, cette rencontre sera également l’occasion de mettre l’accent sur des axes prioritaires tels que la souveraineté économique, l’attractivité du territoire, la mobilisation de la diaspora et le développement de partenariats stratégiques. Elle devrait ainsi contribuer à positionner davantage le Sénégal comme un acteur crédible et influent sur la scène internationale.

Quelques jours plus tard, le 20 avril 2026, Dakar accueillera la 10ème édition du Forum international sur la Paix et la Sécurité en Afrique, un événement désormais incontournable dans l’agenda diplomatique et sécuritaire du continent. La cérémonie d’ouverture sera présidée par le Chef de l’État, en présence de nombreux dirigeants africains, de partenaires internationaux, d’experts et d’acteurs de la société civile.

Placée sous le thème « L’Afrique face aux défis de stabilité, d’intégration et de souveraineté : quelles solutions durables », cette édition s’inscrit dans un contexte marqué par la persistance de crises sécuritaires, la montée des menaces asymétriques et les défis liés à l’intégration régionale. Les échanges porteront notamment sur les mécanismes de prévention des conflits, la coopération sécuritaire, le renforcement des institutions régionales et la nécessité d’une approche africaine concertée face aux enjeux de souveraineté.

Le Forum de Dakar offre une plateforme unique de dialogue entre décideurs politiques et experts, favorisant la formulation de réponses adaptées aux réalités du continent. Il contribue également à renforcer le rôle du Sénégal comme médiateur et facilitateur dans la gestion des crises africaines, tout en valorisant son engagement en faveur de la paix et de la stabilité.

Réforme de l’Imprimerie nationale : Ousmane Sonko plaide pour un outil moderne au service de la souveraineté

En Conseil des ministres, le Premier ministre Ousmane Sonko a consacré sa communication à la réforme de l’Imprimerie nationale, qu’il considère comme un levier stratégique dans la mise en œuvre de la politique de souveraineté nationale. À travers cette intervention, le chef du gouvernement a mis en avant la ضرورة de doter l’État d’un outil moderne, performant et adapté aux exigences actuelles de gouvernance, de rationalisation des dépenses publiques et de sécurisation des documents officiels.

Dans son propos, il a d’abord retracé l’évolution historique de cette structure, avant de poser un diagnostic approfondi de sa situation actuelle. L’Imprimerie nationale, en tant que service public administratif placé sous la tutelle du Secrétariat général du Gouvernement, bénéficie d’une autonomie financière partielle qui lui permet de générer des recettes propres. Malgré ce statut, elle peine encore à exploiter pleinement son potentiel.

Le Premier ministre a toutefois salué la qualité des ressources humaines disponibles, même si les effectifs restent limités. Il a également relevé que le parc d’équipements, constitué de machines de différentes générations, témoigne des efforts déjà consentis par l’État pour moderniser l’outil de production et couvrir l’ensemble de la chaîne de fabrication. Ces acquis, selon lui, constituent une base solide pour engager une transformation plus ambitieuse.

S’agissant de la transition numérique, il a rappelé que la loi n°2021-21, qui instaure un nouveau régime d’entrée en vigueur des textes avec la publication électronique du Journal officiel, a marqué un tournant important. Dans ce sillage, l’Imprimerie nationale a développé l’application « Fatou », illustrant une avancée notable vers la dématérialisation des procédures et la modernisation des services publics.

Malgré ces progrès, des insuffisances persistent. Ousmane Sonko a souligné que la mission actuelle de l’Imprimerie nationale reste essentiellement limitée à la publication des textes législatifs et réglementaires au Journal officiel, ce qui réduit considérablement son champ d’action. Cette situation, combinée à un statut juridique inadapté et à des capacités de production insuffisantes, explique des performances jugées en deçà des attentes.

Face à ces défis, le Premier ministre a proposé une réforme en profondeur de l’institution. Celle-ci vise notamment à instaurer un nouveau cadre de gouvernance plus efficace, à définir un modèle économique viable reposant sur des mécanismes de financement innovants et à nouer un partenariat stratégique capable de soutenir des investissements massifs pour renforcer les capacités de production. Il a également insisté sur la nécessité de réduire progressivement les coûts liés à l’externalisation, tout en mettant en œuvre un plan de digitalisation ambitieux et structuré.

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 15 AVRIL 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 15 avril 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Renforcement du dialogue social et évaluation du Pacte de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable

Le Président de la République considère la promotion et l’ancrage de la stabilité sociale comme une priorité de l’action gouvernementale. Il salue les efforts consentis par le Gouvernement pour matérialiser les engagements de l’Etat, notamment la régularisation exceptionnelle des situations administratives et statutaires, dans les secteurs de l’éducation et de la santé et assurer la signature du Pacte de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, avec le Patronat et les Centrales syndicales. Le Chef de l’Etat indique l’importance d’un suivi permanent du baromètre social national relatif aux conflits sociaux et préavis de grève signalés. Il demande au Gouvernement de prendre les dispositions appropriées en vue de publier, avant le 30 avril 2026, un Livre blanc sur l’état de prise en charge des doléances des centrales syndicales et l’évaluation de la première année d’application dudit Pacte.

En outre, le Président de la République engage chaque ministre à faire la revue des revendications sociales sectorielles afin de concentrer les énergies vers le bon fonctionnement et la qualité du service public, la satisfaction des usagers, ainsi que l’amélioration de l’efficacité et de la productivité au travail.

Enfin, le Chef de l’Etat demande au Premier Ministre et au Ministre en charge du Travail de préparer l’organisation de la 5ème Conférence sociale portant sur le thème de la « Productivité au travail » et de veiller à la tenue, dans les meilleures conditions, le 1er mai 2026 au Palais de la République, de la cérémonie de réception des cahiers de doléances des centrales syndicales.

Transformation consensuelle du système de santé et souveraineté pharmaceutique

Le Président de la République fait observer que l’accès aux soins de santé de qualité, demeure une préoccupation majeure des populations. A cet effet, il demande d’engager une revue sociale en vue d’assurer la maitrise systématique de la gestion des personnels de santé et un fonctionnement de qualité des établissements et structures de santé.

Il indique au Gouvernement l’urgence d’accélérer l’adoption d’une nouvelle carte sanitaire devant assurer le maillage optimal du territoire national en infrastructures de santé, intégrant des personnels, services et plateaux techniques complémentaires et d’accorder une attention particulière à la finalisation des travaux, au lancement ainsi qu’à la mise en service des nouvelles infrastructures de santé.

Il demande, en outre, au Gouvernement, de préparer le déploiement consensuel, sous la supervision du Premier Ministre, d’un Plan spécial de formation et de renforcement des capacités de l’ensemble des personnels en service dans les structures de santé. Cet outil interministériel de pilotage devra intégrer la modernisation des facultés, instituts et écoles de formation du personnel médical et des agents techniques, et tenant compte de l’application du système LMD.

Au demeurant, après avoir souligné l’urgence de finaliser et déployer la nouvelle réforme des établissements publics de santé afin d’asseoir une gouvernance médicale, technique, administrative et financière exemplaire des structures de santé, le Chef de l’Etat demande au Ministre de la Santé et de l’Hygiène publique :

– d’accomplir les diligences nécessaires à l’adoption prochaine du Code de la Santé ;

– d’engager la réorientation stratégique du système de santé vers une dynamique de promotion de la prévention médicale et de l’hygiène publique ;

– de renforcer les ressources humaines et les moyens d’intervention du Service national d’Hygiène ;

– et de préparer l’organisation inclusive de Concertations nationales sur la prévention médicale et l’hygiène publique, avant la fin du mois de septembre 2026.

Enfin, le Président de la République donne instruction au Premier Ministre d’engager, avec les ministres et acteurs impliqués, une réflexion stratégique sur la gouvernance de la Couverture sanitaire universelle (CSU) et les mécanismes de financement durable du système de santé, et de veiller au suivi adéquat du fonctionnement du secteur de la pharmacie et des projets de promotion de la souveraineté pharmaceutique du Sénégal.

Préparation de la campagne agricole 2026 et modernisation de l’agriculture et de l’élevage

Evoquant la visite qu’il a effectuée à la 26ème édition de la Foire internationale de l’Agriculture et des Ressources animales (FIARA) 2026, le Président de la République rappelle l’importance primordiale qu’il accorde aux secteurs vitaux de l’Agriculture et de l’Elevage. Après avoir félicité les organisateurs, il demande au Gouvernement de renforcer son accompagnement à cet évènement sous-régional et continental majeur, non sans lui rappeler que la modernisation et le développement du secteur agricole sont essentiels pour garantir la souveraineté alimentaire et le bien-être des populations.

Par ailleurs, abordant le début de l’hivernage, le Chef de l’Etat demande au Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage et au Secrétaire d’Etat aux Coopératives et à l’Encadrement paysan de prendre toutes les dispositions idoines, sous la supervision du Premier Ministre, en vue d’une bonne préparation de la campagne de production agricole 2026, notamment la mise en place, à temps, des semences, intrants, matériels agricoles et financements destinés aux producteurs et autres opérateurs.

Il demande également au Premier Ministre et au Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage :

– de prendre toutes les dispositions pour l’adoption, avant la fin du mois de mai 2026, en Conseil des Ministres, du projet de loi d’orientation agrosylvopastorale et halieutique et du projet de décret portant application du Code pastoral ;

– et d’assurer un approvisionnement correct du marché national en moutons, en perspective de la fête de la Tabaski.

Développement du sport scolaire et universitaire 

Magnifiant la victoire du Sénégal à la Coupe d’Afrique des Nations U15 de Football scolaire, au Zimbabwe, le Chef de l’Etat félicite les joueurs, l’encadrement administratif et technique de l’équipe nationale de football pour cette performance exceptionnelle, qui confirme l’excellence du Football sénégalais, toutes catégories confondues.

Dans ce cadre, il demande au Premier Ministre de mettre en œuvre, avec les ministres et acteurs concernés, un Programme spécial inclusif de développement du sport à l’école, dans les universités publiques et établissements d’enseignement supérieur, afin de valoriser et de promouvoir, à la base, toutes les disciplines sportives.

Agenda du Président de la République, suivi de l’intégration, de la coopération et des partenariats

Le Chef de l’Etat informe le Conseil qu’il présidera, le 18 avril 2026, la Conférence des Ambassadeurs et Consuls généraux du Sénégal. Il annonce également qu’il présidera, le 20 avril 2026, la cérémonie d’ouverture de la 10ème édition du Forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique, ayant pour thème : « l’Afrique face aux défis de stabilité, d’intégration et de souveraineté : quelles solutions durables ».

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a présenté sa communication sur les points suivants :

Réforme de l’Imprimerie nationale

Le Premier Ministre a estimé que, dans le cadre des réformes pour la mise en œuvre de la politique de souveraineté nationale, de rationalisation des dépenses publiques, de modernisation de l’État et de sécurisation des documents officiels, la mise en place d’une nouvelle Imprimerie nationale, moderne et performante est devenue un impératif de bonne gouvernance. Il a présenté l’historique, avant de faire un diagnostic de la situation actuelle de cette structure qui, au plan institutionnel, est un service public administratif placé sous la tutelle du Secrétariat général du Gouvernement, doté d’une autonomie financière partielle pour la perception des recettes propres.

Pour le Premier Ministre, malgré la faiblesse de l’effectif, l’Imprimerie nationale dispose d’un vivier de ressources humaines de qualité et d’un parc d’équipements constitué de machines de diverses générations, suite aux efforts consentis par l’État pour la modernisation de l’outil de production couvrant l’ensemble de la chaîne de production.

Relativement à la transformation numérique, le Premier Ministre rappelle que depuis la loi n°2021-21 introduisant un nouveau régime d’entrée en vigueur des textes, prévoyant la publication électronique du Journal officiel, l’Imprimerie nationale a développé l’application « Fatou », une avancée significative vers la dématérialisation.

Au total, estime le Premier Ministre, si l’Imprimerie nationale, dans sa mission de service public, repose sur un socle d’activités de base lui conférant un statut unique et un avantage concurrentiel indéniable, des faiblesses subsistent. Le Premier Ministre en conclut que la principale mission de l’Imprimerie se réduit à la publication des textes législatifs et réglementaires au Journal Officiel (J.O.), de sorte que ses performances sont en-deçà de son potentiel, du fait particulièrement de l’inadaptation de son statut juridique et de la faiblesse de ses capacités de production.

Face à ce constat, le Premier Ministre a proposé une réforme de l’Imprimerie nationale qui, outre le renforcement des capacités techniques et technologiques nationales, consistera, entre autres, en :

– la mise en place d’un nouveau cadre de gouvernance ;

– l’adoption d’un nouveau modèle économique adossé à des schémas de financement innovants ;

– la mise en place d’un partenariat structuré avec un partenaire stratégique disposé à renforcer les capacités de production par le biais d’investissements massifs ;

– la réduction progressive des coûts liés à l’externalisation ;

– l’adoption d’un plan robuste de digitalisation.

Situation internationale et discipline budgétaire

Le Premier Ministre a fait noter que la situation au Moyen-Orient, aggravée par les tensions géopolitiques autour de l’Iran, se dégrade de façon continue. Cette crise aux ramifications multiples, a-t-il souligné, impacte déjà les prix de l’énergie, la sécurité des chaînes d’approvisionnement ainsi que la stabilité des marchés financiers, et pèse lourdement sur les finances publiques.

Il a appelé les ministres à l’anticipation et à la préparation opérationnelle.  Il a autorisé également les ministres de l’Energie et du Budget à lui proposer un calendrier pour l’opérationnalisation des mesures stabilisées. Le Premier Ministre a donné instructions aux ministres pour une meilleure rationalisation des dépenses et une discipline budgétaire. Il a demandé à chaque ministre de lui soumettre, dans un délai de quinze (15) jours, un ensemble de mesures concrètes d’économie et de redéploiement dans son secteur.

Le Conseil interministériel sur les infrastructures

Le Premier Ministre a annoncé la tenue, entre la fin du mois d’avril 2026 et la première quinzaine du mois de mai 2026, d’un Conseil interministériel consacré aux infrastructures. Cette initiative répond, selon lui, à une situation marquée par des investissements publics significatifs au cours des douze dernières années, dont une part importante, techniquement et financièrement achevée, demeure non mise en service, parfois depuis des années. Après en avoir identifié les causes, il a estimé que ces actifs dits « dormants » constituent un gaspillage financier et social, mais également un véritable potentiel de valorisation, notamment par des mécanismes de recyclage tels que la cession de droits d’usage, la concession, le bail emphytéotique ou le partenariat public-privé, permettant de mobiliser de nouvelles ressources d’investissement.

Le Premier Ministre a fait observer que les projets en cours doivent être finalisés dans les meilleurs délais et intégrés dès l’amont dans une logique durable d’exploitation et de maintenance. Il a souligné que la valorisation effective des investissements publics déjà engagés est une impérieuse nécessité au regard des coûts économiques et sociaux résultant des retards de mise en exploitation.

Partant, il a confié l’organisation du Conseil interministériel sur les infrastructures, dont il a indiqué les objectifs, au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, en liaison avec le Bureau opérationnel de Coordination et de Suivi des Projets et Programmes (BOSC), sous la coordination technique du Ministre des Infrastructures.

Dans cette optique, il a demandé à chaque ministre concerné de lui transmettre, dans un délai de quinze (15) jours, un inventaire exhaustif et certifié des infrastructures achevées, non mises en service et susceptibles de faire l’objet d’un recyclage. Sur cette base, le Conseil interministériel devra apprécier la maturité juridique de chaque actif, fixer un calendrier de mise en service dans les six (06) mois, assorti d’indicateurs de suivi, et identifier les blocages réglementaires appelant des mesures correctrices. Le Premier Ministre a demandé, enfin, qu’un rapport consolidé lui soit transmis.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités a fait une communication portant sur la Stratégie nationale de Développement de Mécanismes d’Adhésion systématique (obligation intelligente) à l’Assurance Maladie universelle.

Le Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique a fait une communication portant sur le Document de Politique nationale de l’Emploi (PNE) 2026-2034.

Le Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a fait une communication sur les états généraux de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :

– le projet de loi portant Code du Travail ;

– le projet de loi portant Code de la Sécurité sociale ;

– le projet de décret relatif au Conseil présidentiel de l’Investissement (CPI).

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique 

• Monsieur Latyr NDIAYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 624 554/D, précédemment Préfet du Département de Kaolack, est nommé Préfet du Département de Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Hamet Tidiane THIAW, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;

• Monsieur Mamadou GUEYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 608 883/K, précédemment Préfet du Département de Tivaouane, est nommé Préfet du Département de Kaolack, en remplacement de Monsieur Latyr NDIAYE, appelé à d’autres fonctions ;

• Monsieur Abou SOW, Administrateur civil, matricule de solde n° 624 548/A, précédemment Préfet du Département de Saint-Louis, est nommé Préfet du Département de Tivaouane, en remplacement de Monsieur Mamadou GUEYE, appelé à d’autres fonctions ;

• Monsieur Maurice Latyre DIONE, Administrateur civil, matricule de solde n°611 935/E, précédemment Préfet du Département de Oussouye, est nommé Préfet du Département de Saint-Louis, en remplacement de Monsieur Abou SOW, appelé à d’autres fonctions ;

• Monsieur Modou Mamoune DIOP, Administrateur civil, matricule de solde n° 696 365/A, précédemment Préfet du Département de Médina Yoro Foulah, est nommé Préfet du Département de Oussouye, en remplacement de Monsieur Maurice Latyre DIONE, appelé à d’autres fonctions ;

• Monsieur Abdoul Wahab TALLA, Administrateur civil, matricule de solde n°517 781/K, précédemment Préfet du Département de Malem Hodar, est nommé Préfet du Département de Dagana, en remplacement de Monsieur Ibrahima Ismaël NDIAYE, appelé à d’autres fonctions ;

• Monsieur Ibrahima Ismaël NDIAYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 624 566/C, précédemment Préfet du Département de Dagana, est nommé Préfet du Département de Koungheul, en remplacement de Monsieur Souleymane NDIAYE, appelé à d’autres fonctions ;

• Monsieur Souleymane NDIAYE, Administrateur civil, matricule de solde n°604 925/B, précédemment Préfet du Département de Koungheul, est nommé Préfet du Département de Malem Hodar, en remplacement de Monsieur Abdoul Wahab TALLA, appelé à d’autres fonctions ;

• Monsieur Cheikh Ahmadou NDOYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 626 486/H, précédemment Préfet du Département de Kanel, est nommé Préfet du Département de Vélingara, en remplacement de Monsieur Thierno Souleymane SOW, appelé à d’autres fonctions ;

• Monsieur Thierno Souleymane SOW, Administrateur civil, matricule de solde n° 602 494 /I, précédemment Préfet du Département de Vélingara, est nommé Préfet du Département de Kanel, en remplacement de Monsieur Cheikh Ahmadou NDOYE, appelé à d’autres fonctions ;

• Madame Tening FAYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 696 367/A, précédemment Préfet du département de Matam, est nommée Préfet du Département de Linguère, en remplacement de Monsieur Modou THIAM, appelé à d’autres fonctions ;

• Monsieur Modou THIAM, Administrateur civil, matricule de solde n°696 364/B, précédemment Préfet du Département de Linguère, est nommé Préfet du Département de Matam, en remplacement de Madame Tening FAYE, appelée à d’autres fonctions ;

• Madame Diégui NGOM, Administrateur civil, matricule de solde n° 681 538/K, précédemment Préfet du Département de Goudiry, est nommée Préfet du Département de Kaffrine, poste vacant ;

• Monsieur Alsény BANGOURA, Administrateur civil, matricule de solde n° 653 091/L, précédemment Adjoint au Gouverneur de la Région de Ziguinchor chargé du Développement, est nommé Préfet du Département de Goudiry, en remplacement de Madame Diégui NGOM, appelée à d’autres fonctions ;

• Monsieur Sidy Guissé DIONGUE, Administrateur civil, matricule de solde n°516 355/G, précédemment Adjoint au Gouverneur de la Région de Saint-Louis chargé des Affaires administratives, est nommé Préfet du Département de Médina Yoro Foulah, en remplacement de Monsieur Modou Mamoune DIOP, appelé à d’autres fonctions ;

Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation

• Monsieur Cheikh DIOP, Expert des Sciences de l’Education, matricule de solde n° 514 074/K, précédemment Inspecteur technique, est nommé Inspecteur des Affaires administratives et financières au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, en remplacement de Monsieur El Hadj Ndiaga KANE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Au titre du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique

• Monsieur Youssouph TINE, Titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Santé Publique, précédemment Directeur Régional de la Santé (DRS) de Ziguinchor, est nommé Directeur général de la Santé (DGS), en remplacement de Monsieur Ousmane CISSE.

Au titre du Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique

• Madame Rokhaya Daba DIOUF, Médiateur pédagogique, matricule de solde n° 667 097/I, est nommée Inspecteur technique au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, poste vacant.

Au titre du Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires

• Madame Maria Marième CISSOKHO, Ingénieure des Travaux en Aménagement du Territoire, Environnement et Gestion urbaine, est nommée Directrice de la Planification urbaine et de la Réglementation au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, poste vacant ;

• Monsieur Mbade NGOM, Juriste spécialisé en droit de l’urbanisme et de la gouvernance territoriale, est nommé Directeur de la Réglementation de la Construction au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, poste vacant ;

• Madame Rama NDAO, Géographe-urbaniste, est nommée Directrice de la Régulation et du Suivi des Politiques de Logements au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Monsieur Serigne Matar KA, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère de l’Industrie et du Commerce 

• Monsieur Abdoulaye FAYE, Titulaire d’un MBA en Gestion de Projet et Spécialiste en Développement du Secteur privé et Appui aux PME/PMI, est nommé Secrétaire général de l’Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (ADEPME), en remplacement de Monsieur Jean Marie DIOUF, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère des Infrastructures

• Monsieur Amadou Ciré SALL, Ingénieur ferroviaire, titulaire d’un Doctorat en conception mécanique, matricule de solde n° 672 833/G, est nommé Directeur des Infrastructures ferroviaires au Ministère des Infrastructures.

Au titre du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme 

• Monsieur Mohamed Lamine DIOP, Juriste, matricule de solde n° 720 774/A, est nommé Inspecteur des Affaires administratives et financières au Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, en remplacement de Monsieur Baba NDOYE.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

Fondation Sénégal Solidaire : entre ambitions sociales et controverse politique au sommet de l’État sénégalais

La polémique enfle autour de la création de la Fondation Sénégal Solidaire, portée par les Premières dames Marie Khone Faye et Absa Faye. Lancée le mercredi 8 avril, cette initiative, qui ambitionne d’intervenir dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’autonomisation des femmes, s’est rapidement retrouvée au cœur d’un débat politique et social.

Dès son annonce, la fondation a suscité des réactions contrastées. Parmi les voix critiques, celle du député Guy Marius Sagna s’est particulièrement fait entendre. Il a dénoncé une démarche qu’il considère comme participant à un « présidentialisme néocolonial », remettant en question la légitimité et la portée institutionnelle d’une telle initiative portée par des figures associées au pouvoir exécutif.

Face à ces attaques, la coalition au pouvoir, Coalition Diomaye Président, est montée au créneau ce mercredi 15 avril à travers un communiqué officiel. Le mouvement a exprimé sa « profonde indignation » face à ce qu’il qualifie d’attaques « indécentes, infondées et politiquement orientées » visant la fondation des Premières dames.

Dans sa déclaration, la coalition a tenu à clarifier la vocation de la Fondation Sénégal Solidaire. Selon elle, il ne s’agit ni d’un instrument de prestige ni d’un outil de propagande politique, mais d’un cadre d’action sociale visant à répondre à des besoins urgents, notamment dans le domaine de la santé. L’accent est particulièrement mis sur la prévention et la lutte contre le cancer, en particulier les cancers féminins, encore insuffisamment pris en charge au Sénégal.

Le camp présidentiel insiste également sur la nécessité de dépasser les clivages politiques face à des enjeux aussi sensibles. Il déplore ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la souffrance des malades à des fins politiciennes, appelant plutôt à un sursaut collectif basé sur la solidarité et l’engagement citoyen.

Transparence à la Somisen : plus de 107 millions FCFA pour les cinq plus hauts dirigeants

Dans un contexte marqué par l’exigence de transparence instaurée par les normes de l’OHADA, la Société des Mines du Sénégal (Somisen SA) a rendu publics les niveaux de rémunération de ses principaux dirigeants pour le dernier exercice. Un document officiel, signé le 6 février, dévoile en détail les salaires du top management, offrant ainsi un éclairage inédit sur la structuration interne des revenus au sein de cette entreprise stratégique.

Selon les informations publiées par le quotidien Le Quotidien dans son édition du mercredi 15 avril, l’enveloppe globale brute allouée aux cinq plus hauts responsables de la société s’élève à 107 364 456 FCFA. Ce montant met en évidence le poids significatif de la masse salariale consacrée à la haute direction.

En tête de ce classement figure le Directeur général, Ngagne Demba Touré, dont la rémunération annuelle atteint 30 370 073 FCFA. Ce niveau de revenu correspond à une moyenne mensuelle avoisinant les 2,5 millions de francs CFA. À lui seul, le directeur général concentre près de 28 % de l’enveloppe totale dédiée à ce groupe restreint de dirigeants, ce qui souligne son positionnement central dans l’organigramme de la société.

Derrière lui, les autres membres du top management affichent des rémunérations relativement rapprochées, bien que nettement inférieures à celle du directeur général. L’ancien directeur administratif et financier perçoit ainsi 21 551 092 FCFA par an, se positionnant comme le deuxième cadre le mieux rémunéré de la structure. Il est suivi de près par le conseiller technique, dont les émoluments s’élèvent à 20 993 611 FCFA.

L’assistante du Directeur général figure également parmi les cinq plus hauts salaires de la Somisen, avec une rémunération annuelle brute de 18 609 180 FCFA. Enfin, le directeur du portefeuille et des partenariats complète ce classement avec un revenu annuel de 15 840 500 FCFA.

Centenaire d’Abdoulaye Wade : le Sénégal célèbre un héritage culturel et visionnaire

Le ministère de la Culture et de la Communication a annoncé l’organisation d’une série d’hommages pour marquer le centenaire de Abdoulaye Wade, figure majeure de la vie politique sénégalaise et artisan d’une politique culturelle ambitieuse. À travers cette initiative, les autorités entendent saluer la vision d’un homme dont les réalisations ont profondément transformé le paysage culturel national et contribué à renforcer l’image du Sénégal sur la scène internationale.

Au cœur de cette commémoration figurent les « Grands Projets » initiés durant son magistère, aujourd’hui considérés comme des symboles forts du patrimoine national. Parmi eux, le Monument de la Renaissance Africaine s’impose comme une véritable icône, incarnant à la fois la fierté africaine et l’ambition d’un continent tourné vers l’avenir. À ses côtés, le Musée des Civilisations Noires illustre la volonté de réhabiliter et de valoriser l’histoire et les cultures africaines dans toute leur diversité. Le Grand Théâtre National de Dakar, quant à lui, constitue un espace d’expression artistique majeur, offrant une scène aux créateurs sénégalais et internationaux.

Ces infrastructures, au-delà de leur dimension architecturale, traduisent une vision politique fondée sur la promotion de la culture comme levier de développement et de rayonnement. Elles témoignent d’une ambition civilisationnelle visant à repositionner l’Afrique au centre du récit mondial, en mettant en avant ses valeurs, ses talents et son patrimoine.

L’hommage rendu à Abdoulaye Wade ne se limite toutefois pas à ces réalisations visibles. Le ministère de la Culture met également en avant les réformes budgétaires engagées sous son leadership, qui ont permis une augmentation significative des ressources allouées aux secteurs de l’édition, du cinéma et des arts visuels. Ces efforts ont contribué à structurer l’écosystème culturel sénégalais et à en faire un pôle dynamique et attractif, favorisant l’émergence de nouveaux talents et la professionnalisation des acteurs du secteur.

En plaçant la culture au cœur du projet de développement national, Abdoulaye Wade a ainsi posé les bases d’un modèle où la création artistique devient un vecteur de croissance économique, mais aussi un instrument de souveraineté et de fierté collective. Cette orientation stratégique a permis au Sénégal de consolider sa position en tant que hub culturel en Afrique de l’Ouest, reconnu pour la richesse et la vitalité de sa scène artistique.

ASER : la convocation du DG Jean Michel Sène ouvre une phase décisive dans un scandale à 37 milliards FCFA

Le dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), longtemps marqué par des soupçons persistants et une opacité dénoncée par l’opinion, semble franchir un cap déterminant. Le Directeur général de l’institution, Jean Michel Séne, a annoncé lui-même sa convocation par les gendarmes de la Section de Recherches, confirmant ainsi l’entrée du dossier dans une phase judiciaire plus concrète.

Cette évolution intervient après plusieurs mois de controverses autour d’un vaste programme d’électrification rurale financé à hauteur de 37 milliards de francs CFA. Ce projet, censé améliorer significativement les conditions de vie dans de nombreuses localités, est aujourd’hui au cœur d’interrogations profondes sur la gestion et la traçabilité des fonds publics.

Face à cette convocation, Jean Michel Sène a adopté une posture de sérénité assumée. Il a rappelé avoir déjà exposé des « éléments factuels » lors de sa conférence de presse du 1er avril, soulignant que la saisine de la justice correspond à une démarche qu’il appelait de ses vœux. Le Directeur général affirme être prêt à coopérer pleinement avec les enquêteurs afin de faire toute la lumière sur cette affaire. Dans sa communication, il insiste sur sa disponibilité à fournir les preuves nécessaires à la manifestation de la vérité, tout en critiquant certains acteurs politiques qu’il accuse d’avoir tenté d’instrumentaliser le dossier sans apporter de contributions substantielles.

Au fil des mois, les signaux d’alerte se sont multipliés. Des voix se sont élevées pour dénoncer un décalage entre les montants engagés et les réalisations visibles sur le terrain. Dans plusieurs zones rurales, l’accès à l’électricité reste encore limité, voire inexistant, alimentant les doutes sur l’effectivité des travaux annoncés. Cette situation a renforcé les attentes des populations, qui réclament désormais des réponses précises sur l’utilisation des ressources allouées.

Un élément particulièrement troublant concerne le rôle de la société AEE Power, citée parmi les acteurs impliqués dans certains marchés liés au programme. L’absence apparente de cette entreprise sur le terrain, ainsi que celle de son gestionnaire, suscite de nombreuses interrogations. Les enquêteurs devront déterminer la nature exacte de ses engagements contractuels, son niveau d’implication réel et les éventuelles responsabilités qui pourraient en découler.

La convocation de Jean Michel Sène par la Section de Recherches apparaît ainsi comme un tournant majeur. Elle cristallise les espoirs d’une opinion publique en quête de transparence et de reddition des comptes. Au-delà des personnes impliquées, c’est la question de la gouvernance des finances publiques qui est posée, dans un contexte où les citoyens exigent davantage de rigueur et de clarté dans la gestion des projets d’envergure.

Affaire Farba Ngom : seul en détention, le maire des Agnam au cœur d’une controverse judiciaire

Dans le dossier judiciaire impliquant Farba Ngom, la dynamique des remises en liberté se poursuit, accentuant davantage l’isolement du maire des Agnam. Ce lundi, Ndèye Seynabou Ndiaye a bénéficié d’une libération, rejoignant ainsi Tahirou Sarr et Abdou Karim Mbacké, tous deux précédemment élargis. Cette évolution marque un tournant dans la procédure, laissant désormais Farba Ngom comme le seul co-inculpé maintenu sous mandat de dépôt.

Cette situation particulière suscite de vives réactions, notamment dans sa localité d’origine. À Agnam, fief politique du maire, ses partisans expriment une indignation grandissante face à ce qu’ils perçoivent comme une inégalité de traitement. Pour eux, la succession des libérations contraste fortement avec le maintien en détention de leur leader, alimentant les soupçons d’une justice à deux vitesses.

Sur le plan judiciaire, aucune communication officielle détaillée n’est venue expliquer les raisons précises de ces décisions différenciées. Toutefois, dans ce type de dossier, les juges peuvent s’appuyer sur plusieurs critères, notamment le degré d’implication supposée, les garanties de représentation ou encore les risques de trouble à l’ordre public. Ces éléments, souvent déterminants, restent au cœur des débats, en particulier lorsque les décisions semblent divergentes entre co-inculpés.

Dans l’opinion publique, cette affaire prend une dimension à la fois politique et sociale. Le maintien en détention de Farba Ngom, personnalité influente et figure politique reconnue dans sa zone, est interprété par ses soutiens comme un signal fort, voire comme une décision aux relents politiques. À l’inverse, certains observateurs appellent à la prudence, rappelant que la justice suit son cours et que chaque situation individuelle est examinée selon ses propres spécificités.

Réforme du Code électoral : bras de fer institutionnel autour des articles L29 et L30

Le climat politique sénégalais connaît une nouvelle montée de tension à la faveur de la réforme controversée des articles L29 et L30 du Code électoral. D’après le quotidien Les Échos, l’Assemblée nationale a décidé d’accélérer la cadence dans ce dossier sensible, donnant l’impression d’un véritable bras de fer avec le président de la République Bassirou Diomaye Faye

À l’origine de cette séquence politique, une proposition de loi portée par le groupe parlementaire Pastef, souvent interprétée comme une tentative de rétablir l’éligibilité de Ousmane Sonko. Ce dernier avait été exclu du processus électoral à la suite de sa condamnation pour diffamation dans l’affaire l’opposant à Mame Mbaye Niang. Pour ses partisans, cette condamnation reste entachée de considérations politiques, alimentant un sentiment d’injustice et renforçant la détermination de ses alliés à corriger ce qu’ils considèrent comme une anomalie juridique.

Selon les informations rapportées, la machine parlementaire est désormais pleinement engagée. Sous la direction du président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye, le bureau parlementaire a jugé recevable la proposition de loi dite « Ayib Daffé ». Cette validation constitue une étape décisive, puisqu’elle enclenche officiellement le processus législatif et confirme la volonté de la majorité de mener cette réforme à son terme, malgré les critiques qui évoquent une loi taillée sur mesure.

La procédure prévoit ensuite la transmission du texte au chef de l’État pour avis. Bassirou Diomaye Faye dispose d’un délai de dix jours pour se prononcer. Toutefois, cet avis apparaît davantage consultatif que contraignant. En pratique, il ne peut empêcher la poursuite du processus parlementaire. Plus encore, un silence du président au-delà du délai légal serait interprété comme une approbation tacite, réduisant considérablement sa capacité d’influence sur l’issue du texte.

Cette situation met en lumière un enjeu institutionnel majeur, celui de l’équilibre des pouvoirs. La majorité parlementaire semble déterminée à faire prévaloir sa volonté, au point que même l’étape de la promulgation pourrait échapper au président. En l’absence de signature présidentielle et sans saisine du Conseil constitutionnel, le président de l’Assemblée nationale pourrait lui-même procéder à la promulgation de la loi, une hypothèse rare mais prévue par les mécanismes institutionnels.

Rewmi sort de sa réserve et relance sa machine politique depuis Thiès

Après plusieurs mois de discrétion remarquée, le parti Rewmi semble amorcer un retour progressif sur la scène politique nationale. Cette réapparition intervient dans un contexte marqué par l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye, qui a profondément reconfiguré les équilibres politiques et redéfini les priorités des différentes formations.

Dirigé par Idrissa Seck, Rewmi s’était jusque-là distingué par une posture relativement effacée depuis la présidentielle. Ce silence prolongé avait suscité de nombreuses interrogations, aussi bien chez les observateurs que parmi les militants, quant à la stratégie adoptée par le parti et à son positionnement face au nouveau pouvoir.

C’est dans ce contexte que s’est tenue, ce week-end, une rencontre jugée significative à Thiés, bastion historique de Rewmi et fief politique d’Idrissa Seck. La réunion a eu lieu au cybercampus de la ville, sous la présidence de Yankhoba Diattara, figure influente du parti et ancien ministre, dont le rôle apparaît de plus en plus central dans la dynamique actuelle de la formation.

Cet événement constitue l’une des rares activités publiques du parti ces derniers mois, ce qui lui confère une importance particulière. Il pourrait être interprété comme un signal de remobilisation, voire de réorganisation interne, à un moment où le paysage politique sénégalais connaît des mutations profondes.

Toutefois, malgré l’intérêt suscité par cette rencontre, très peu d’éléments ont filtré sur son contenu réel. Aucun communiqué officiel détaillé n’a été publié à l’issue des travaux, laissant planer une certaine opacité autour des échanges. Les orientations stratégiques discutées, les éventuelles décisions prises ou encore les perspectives envisagées par les responsables du parti n’ont pas été rendues publiques.

Ce silence alimente les spéculations sur les intentions de Rewmi. S’agit-il d’un simple rassemblement de remobilisation interne ou des prémices d’un repositionnement politique plus structuré face au nouveau pouvoir ? Certains observateurs y voient les signes d’une volonté de retour progressif, mesuré et maîtrisé, dans le jeu politique national.

Réforme du Code électoral : Ndiaga Sylla appelle Ayib Daffé à retirer sa proposition de loi

Le spécialiste du droit électoral Ndiaga Sylla, qui se présente comme « Gardien du Code électoral » et président du Dialogue citoyen, a adressé ce lundi une lettre ouverte au député Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes à l’Assemblée nationale. Dans ce document, il demande expressément le retrait de la proposition de loi introduite par le parlementaire et visant à modifier le Code électoral, en mettant en avant de sérieuses réserves tant sur la démarche adoptée que sur le contenu du texte.

Sur la forme, Ndiaga Sylla inscrit sa critique dans le contexte institutionnel actuel. Il rappelle que le président Bassirou Diomaye Faye a engagé dès 2025 un dialogue national sur le système politique, une initiative qui a débouché sur la mise en place, en juillet de la même année, d’un comité chargé de rédiger des propositions de réformes. Dans son discours de fin d’année, le chef de l’État avait annoncé la transmission au Parlement, au cours du premier trimestre 2026, d’un projet de Code électoral ainsi que d’autres réformes institutionnelles majeures. Pour l’expert, la proposition portée par Ayib Daffé apparaît en décalage avec ce processus en cours.

Ndiaga Sylla considère en effet que cette initiative parlementaire rompt avec une tradition bien établie au Sénégal, celle du consensus autour des règles du jeu électoral depuis 1992. Selon lui, en agissant de manière isolée, le député court-circuite une dynamique inclusive pilotée par l’exécutif et fragilise un équilibre politique construit au fil des décennies. Il souligne également ce qu’il perçoit comme une contradiction politique importante. Lors du dialogue national, la majorité à laquelle appartient Ayib Daffé s’était opposée à toute modification des dispositions relatives à la déchéance électorale automatique. Or, le texte proposé par le député semble aujourd’hui défendre une orientation inverse.

Sur le fond, Ndiaga Sylla met en lumière plusieurs incohérences juridiques qu’il juge préoccupantes. Il pointe notamment une contradiction entre le dernier alinéa de la proposition de loi et l’article 319 du Code pénal, lequel écarte le principe d’une déchéance électorale automatique en matière correctionnelle. À ses yeux, cette incompatibilité crée une insécurité juridique manifeste.

L’expert relève également des lacunes dans le champ d’application du texte. Il explique que certaines condamnations assorties de sursis ne feraient pas obstacle à l’éligibilité pour des infractions pourtant visées par la réforme. Plus encore, des personnes condamnées pour des faits graves, tels que les coups mortels, le proxénétisme, l’usage de drogues ou certains actes qualifiés contre nature, pourraient demeurer éligibles en l’absence de peines complémentaires explicitement prononcées par le juge. Une situation qu’il juge incohérente avec l’objectif affiché de moralisation de la vie publique.

À ces critiques s’ajoute une imprécision terminologique que Ndiaga Sylla considère comme problématique. Il reproche au texte d’utiliser indistinctement les notions de « crimes » et d’« infractions », alors que ces termes renvoient à des catégories juridiques différentes, avec des implications précises en droit pénal. Cette confusion, selon lui, pourrait entraîner des difficultés d’interprétation et d’application.

Enfin, Ndiaga Sylla met en garde contre les conséquences d’une adoption du texte en l’état. Il rappelle que, conformément au principe de la loi la plus récente, les dispositions du Code électoral pourraient primer sur celles du Code pénal. Cela reviendrait, de facto, à consacrer l’automaticité de la déchéance électorale, une option que le législateur pénal avait pourtant expressément écartée.

TENSIONS ENTRE AUTORITÉS ADMINISTRATIVES ET ÉLUS LOCAUX

La réaction du Président de l’Association des Anciens Sous-préfets du Sénégal

Les réseaux sociaux sénégalais et la presse Sénégalaise bruissent de polémiques autour des relations parfois conflictuelles entre autorités administratives et élus territoriaux. Face à cette agitation, Bafodé Kallo, président de l’Association des Anciens Sous-préfets du Sénégal pour la Promotion du Développement Territorial et de la Protection des Droits Humains, a tenu à rappeler les fondements juridiques et institutionnels de l’action de l’État sur le territoire. Dans une déclaration transmise à la presse, Monsieur Kallo souligne que l’administration sénégalaise repose sur deux piliers complémentaires. D’une part , la déconcentration, qui confie aux gouverneurs, préfets et sous-préfets la mission de représenter le Président de la République et l’ensemble du gouvernement dans les circonscriptions administratives. D’autre part , la décentralisation qui donne aux élus locaux la responsabilité de porter la voix des populations et de gérer les affaires territoriales.

Ces attributions sont fixées par la loi 72-02 du 1er février 1972 et précisées par le décret 72-636 du 29 mai 1972. Pour Kallo, cette articulation doit permettre de réduire les lourdeurs administratives et de favoriser un développement harmonieux.

Ancien cadre de l’administration territoriale, ayant notamment servi à Touba, Kallo intervient dans un contexte marqué par plusieurs frictions publiques entre maires et préfets, autour de la gestion des marchés ou du foncier. Ces épisodes ont alimenté une confusion des rôles et nourri les débats en ligne. Il ne manquera pas de lancer un appel au respect mutuel.
« Les autorités administratives assurent la continuité territoriale et régalienne au nom de l’État. Elles méritent respect et considération par tous les citoyens », insiste-t-il. En rappelant que préfets et sous-préfets agissent « au nom de la République », le président de l’association plaide pour un sursaut de respect mutuel et une coopération renforcée entre élus et représentants de l’État. Voici , dans son intégralité la déclaration. « 
« Depuis un certain temps des cas d’incompréhension entre des autorités administratives et des élus territoriaux font objet de débats à travers les réseaux sociaux. En effet l’administration sénégalaise dans son fonctionnement s’appuie sur deux socles constitués de la déconcentration et de la décentralisation. Ces deux éléments sont complémentaires pour une administration de développement. Celle-ci a entre autres, mission de réduire des pesanteurs et autres lourdeurs dans l’exécution efficiente des tâches au service du développement harmonieux.

Dans ce cadre, la décentralisation inclut les élus territoriaux représentant les populations tandis que la déconcentration inclut les chefs de circonscription administrative, notamment le Gouverneur, le Préfet et le Sous-préfet qui sont respectivement les délégués du Président de la République, Chef de l’État, et représentants de tous les membres du Gouvernement, naturellement titulaires de portefeuille, dans leur circonscription. À ce titre leurs attributions sont fixées par la loi 72-02 du 1er février 1972, modifiée, et précisée par le décret 72-636 du 29 mai 1972, modifié.

Ces autorités administratives assurent la continuité territoriale et régalienne au nom de l’État. Elles méritent respect et considération par tous les citoyens au nom de la République. »

Le Dakarois

Polémique autour du déplacement d’Aminata Touré aux États-Unis : des clarifications apportées

La présence d’Aminata Touré aux États-Unis a récemment suscité une vive polémique sur la scène politique sénégalaise, dans un contexte marqué par l’appel du Premier ministre Ousmane Sonko à limiter les déplacements non essentiels des membres de l’exécutif à l’étranger. Cette sortie du chef du gouvernement visait notamment à rationaliser les missions officielles et à recentrer l’action publique sur les priorités nationales.

C’est dans ce climat que le député Cheikh Bara Ndiaye a créé la controverse en affirmant, à travers une publication sur les réseaux sociaux, que l’ancienne Première ministre se serait rendue aux États-Unis dans le but de critiquer Ousmane Sonko. Une déclaration qui a rapidement enflammé les débats, alimentant interrogations et spéculations au sein de l’opinion publique.

Face à ces accusations, Aminata Touré n’a pas tardé à réagir. Dans un message publié sur sa page Facebook, elle a tenu à apporter des éclaircissements sur les raisons de sa présence à New York. L’ancienne cheffe du gouvernement a fermement rejeté toute interprétation politique de son déplacement, soulignant qu’il s’inscrit exclusivement dans le cadre de ses responsabilités internationales.

Elle a expliqué participer à la 25e session du Comité d’experts de l’administration publique des Nations Unies, un organe consultatif chargé d’accompagner le Secrétaire général dans la définition de stratégies visant à améliorer l’efficacité des administrations publiques à travers le monde. Cette mission s’inscrit, selon elle, dans le cadre de son second mandat de quatre ans au sein de cette instance.

Aminata Touré a ainsi insisté sur la dimension technique et institutionnelle de sa participation, mettant en avant l’importance des travaux du comité dans la réalisation des objectifs de développement durable. Elle a également rappelé que son engagement au sein de cet organe international dépasse les considérations politiques nationales et participe au rayonnement du Sénégal sur la scène internationale.

Crise énergétique en vue : le gouvernement sénégalais alerte sur une hausse imminente des prix du carburant

En marge de la 96e édition de la Ziarra générale dédiée à Serigne Babacar Sy, le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, a lancé une mise en garde sans détour sur les risques d’une crise énergétique imminente au Sénégal. S’exprimant le 12 avril 2026, il a souligné que les tensions persistantes au Moyen-Orient pourraient avoir des répercussions directes sur le coût de la vie, notamment à travers une hausse probable des prix des hydrocarbures.

Dans un contexte international marqué par l’instabilité géopolitique, le ministre a insisté sur le fait que les événements en cours dans cette région stratégique du globe ne sont pas sans conséquence pour les économies africaines, y compris celle du Sénégal. Il a rappelé que plusieurs pays voisins, comme la Mauritanie, la Guinée et la Gambie, ont déjà pris des mesures en révisant à la hausse les prix du carburant afin de faire face à la flambée des coûts sur le marché international.

Selon Mouhamadou Bamba Cissé, le Sénégal a jusqu’ici réussi à contenir les effets de cette crise grâce à une politique de subvention soutenue par l’État. Cette stratégie a permis de maintenir les prix à un niveau relativement stable, protégeant ainsi le pouvoir d’achat des ménages. Toutefois, cette situation pourrait ne pas durer. Le ministre a indiqué que, malgré ces efforts, une révision des prix aurait dû intervenir depuis plusieurs semaines, mais qu’elle a été différée pour limiter l’impact social.

Il a également averti qu’un basculement pourrait survenir dans un délai très court, évoquant même la possibilité de changements dans les prochains jours. Cette déclaration met en lumière la fragilité de l’équilibre actuel et la dépendance du pays aux fluctuations du marché énergétique mondial.

ONU : la candidature de Macky Sall portée par une vague de soutiens africains

La dynamique autour de la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de Organisation des Nations unies prend une ampleur significative. Désormais, 41 États africains ont officiellement apporté leur soutien à l’ancien président sénégalais, traduisant une convergence politique rare sur le continent. Il y a encore peu, ce socle se limitait à 37 pays. L’adhésion récente de nations influentes telles que Ouganda, Rwande, Éthiopie et Tanzanie marque un tournant décisif, confirmant l’élargissement progressif de ce front continental.

Ce ralliement massif, qui représente plus de 80 % des soutiens africains exprimés, témoigne d’une volonté partagée de nombreux États de parler d’une seule voix sur une question stratégique pour la représentation du continent à l’échelle mondiale. Au-delà des chiffres, cette mobilisation illustre une tentative de construction d’un consensus africain autour d’un profil jugé capable d’incarner les aspirations communes sur la scène internationale.

Parallèlement, la candidature entre dans une phase cruciale de son évolution. Le 22 avril prochain, Macky Sall est attendu au siège de Organisations des Nations unies à New York pour une audition déterminante prévue entre 15h et 18h, heure locale. Cet exercice, assimilé à un grand oral, permettra au candidat de présenter sa vision et sa feuille de route devant les instances concernées. Cette étape s’inscrit dans le processus formel de sélection et marque le passage d’une phase de positionnement politique à une phase d’évaluation concrète.

Sur le fond, Macky Sall met en avant une approche axée sur la refondation du multilatéralisme. Son projet repose sur la promotion d’un ordre international plus équilibré, fondé sur le respect du droit, la recherche de la paix et l’instauration d’une justice globale plus équitable. Dans un contexte mondial caractérisé par des tensions croissantes et des recompositions géopolitiques, il défend l’idée d’un leadership renouvelé, capable de répondre aux défis contemporains.

Cette vision s’accompagne d’une ambition claire pour le continent africain. Il ne s’agit plus, selon lui, de subir les dynamiques internationales, mais d’y prendre pleinement part en tant qu’acteur stratégique. L’Afrique, forte de son potentiel démographique, économique et diplomatique, est appelée à jouer un rôle central dans les équilibres futurs.

C’est dans cet esprit que l’ancien chef de l’État a récemment pris la parole devant le groupe africain à Organisation des Nations unies à New York. Il y a plaidé pour un leadership international fort, insistant sur l’urgence de repenser les mécanismes de gouvernance mondiale face aux crises multiples qui secouent la planète. Pour lui, ce leadership ne relève plus du choix, mais d’une nécessité impérieuse, et l’Afrique doit être en mesure de l’assumer.

Réouverture de la CEN-SAD à Tripoli : Cheikh Niang relance la coopération sahélo-saharienne et renforce les liens avec la Libye

Le ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Cheikh Niang, a pris part, le 11 avril 2026 à Tripoli, à la cérémonie officielle de réouverture du siège de la Communauté des États sahélo-sahariens. Cet événement marque une étape importante dans la relance de cette organisation régionale, longtemps en veille, et témoigne d’une volonté commune des États membres de redynamiser les mécanismes de coopération sahélo-saharienne.

La participation du chef de la diplomatie sénégalaise s’inscrit dans une dynamique diplomatique active visant à repositionner le Sénégal comme un acteur engagé dans les initiatives d’intégration régionale. À travers cette mission en Libye, les autorités sénégalaises entendent contribuer à la consolidation des cadres de dialogue politique et économique dans un espace stratégique confronté à de nombreux défis sécuritaires et de développement.

En marge de la cérémonie, Cheikh Niang a mené plusieurs rencontres bilatérales de haut niveau. Il s’est notamment entretenu avec le Premier ministre libyen, Abdel Hamid Dbeibah, ainsi qu’avec le ministre libyen des Affaires étrangères, Taher Salem Al-Baour. Ces échanges ont permis d’évaluer l’état des relations entre Sénégal et la Libye, tout en explorant des pistes concrètes pour leur approfondissement.

Les discussions ont porté sur plusieurs axes prioritaires, notamment la coopération économique, les échanges commerciaux et les opportunités d’investissement. Les deux parties ont également évoqué la nécessité de renforcer les concertations diplomatiques face aux enjeux régionaux, en particulier dans le Sahel et en Afrique du Nord.

Par ailleurs, le ministre sénégalais a accordé une attention particulière à la situation de ses compatriotes vivant en Libye. Lors d’une audience avec les représentants de la diaspora sénégalaise, il a abordé des préoccupations majeures telles que la régularisation de l’état civil, l’accès au logement et les dispositifs d’assistance sociale. Cette rencontre a permis de recueillir les doléances des ressortissants et de réaffirmer l’engagement de l’État à améliorer leurs conditions de vie.

Amadou Lamine Sall écarté de la course à l’OIF : les confidences amères d’une ambition brisée

L’ambition d’accéder au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s’est brutalement arrêtée pour Amadou Lamine Sall. Depuis 2025, l’écrivain nourrissait l’espoir de succéder à Louise Mushikiwabo à la tête de Organisation internationale de la Francophonie . Mais faute d’avoir obtenu le parrainage officiel de l’État du Sénégal, condition indispensable pour valider toute candidature, son projet s’est effondré avant même d’entrer pleinement en compétition.

Dans une interview accordée au journal L’Observateur, le poète sort de sa réserve avec une émotion palpable. Il dénonce ce qu’il considère comme un manque total de considération de la part des autorités sénégalaises. Selon lui, le silence du pouvoir, notamment celui du chef de l’État, relève d’une « incivilité républicaine ». L’absence d’audience présidentielle pendant plusieurs mois a été vécue comme un désaveu personnel autant qu’institutionnel.

Au cœur de ses critiques figure également Mary Teuw Niane, qu’il accuse d’avoir bloqué son élan. Dans des propos empreints d’amertume, Amadou Lamine Sall affirme que toutes les portes lui ont été fermées, rendant impossible toute avancée de son dossier. Ce qu’il pensait être une mobilisation constructive pour porter sa candidature se serait finalement transformé, selon ses mots, en une démarche qui a précipité son échec.

Cette désillusion est d’autant plus forte que l’écrivain dit avoir investi énergie et conviction dans ce projet à dimension internationale. Il évoque une forme de sanction implicite pour avoir tenté de rechercher des soutiens en dehors des circuits officiels. Une démarche qui, au lieu de renforcer sa position, aurait contribué à fragiliser davantage sa crédibilité auprès des décideurs.

Malgré cette épreuve, Amadou Lamine Sall ne renonce pas à faire entendre sa voix. Il annonce la publication prochaine d’un ouvrage dans lequel il promet de dévoiler les coulisses de cette aventure avortée. À défaut d’accéder à la tribune institutionnelle de la Francophonie, il entend utiliser la littérature comme espace d’expression et de transmission de son projet pour l’OIF.

Souveraineté africaine et recomposition du monde : Dakar au cœur d’un débat stratégique

Le Musée des Civilisations Noires a servi de cadre, ce jeudi 9 avril, à une conférence internationale de haut niveau consacrée à une réflexion profonde sur les mutations de l’ordre mondial et les enjeux de souveraineté, notamment pour les pays africains. Placée sous le thème « Entre autonomie et patriotisme, l’espace peut être réduit », la rencontre a réuni des figures de premier plan, parmi lesquelles le Premier ministre du Sénégal Ousmane Sonko et le géopolitologue français Pascal Boniface, en présence de membres du gouvernement, de diplomates et d’intellectuels.

Dans une intervention dense et structurée, Pascal Boniface a dressé un diagnostic critique de l’ordre international tel qu’il s’est construit à la suite de la Seconde Guerre mondiale. Il a rappelé que ce système reposait initialement sur des principes fondamentaux destinés à garantir la stabilité globale, notamment la souveraineté des États, le respect du droit international et le rôle central des institutions multilatérales comme Organisation des Nations unies. Ces mécanismes avaient pour objectif d’éviter la résurgence de conflits majeurs et de contenir les logiques de domination entre puissances.

Cependant, selon lui, cet édifice est aujourd’hui fragilisé par des pratiques de plus en plus marquées par le rapport de force. Il a pointé du doigt certaines grandes puissances qui, par le biais de pressions économiques, d’influences politiques ou d’interventions militaires, contournent les règles qu’elles avaient contribué à instaurer. Cette évolution traduit, à ses yeux, une inversion préoccupante des normes internationales : le droit, censé encadrer la puissance, tend désormais à lui être subordonné.

Dans cette perspective, Pascal Boniface a plaidé pour un retour à un multilatéralisme effectif, fondé sur une coopération équilibrée et un respect strict de la souveraineté des États. Il a également mis en garde contre les interventions extérieures justifiées au nom de la démocratie, estimant que celle-ci ne peut être imposée de l’extérieur, mais doit émerger des dynamiques internes propres à chaque société. Évoquant les orientations politiques adoptées sous l’administration de Donald Trump, il a dénoncé une logique unilatérale qui contribue à fragiliser davantage les équilibres internationaux et à accélérer la recomposition du système mondial.

Prenant la parole à son tour, Ousmane Sonko a salué la pertinence des analyses développées, tout en les inscrivant dans une lecture centrée sur les réalités africaines. Il a exprimé sa reconnaissance pour la place qui lui est accordée dans l’ouvrage de Pascal Boniface, Les Maîtres du Monde, y voyant un symbole de considération pour le Sénégal et, au-delà, pour le continent africain.

Son intervention s’est ensuite articulée autour d’une réflexion approfondie sur la souveraineté africaine. Le Premier ministre a rappelé que l’Afrique demeure marquée par les héritages de la traite négrière et de la colonisation, qui ont profondément désorganisé ses structures sociales et orienté ses économies vers des logiques de dépendance extérieure. À ses yeux, l’indépendance politique acquise au siècle dernier reste incomplète, faute d’avoir été accompagnée d’une véritable autonomie économique, monétaire et stratégique.

Il a insisté sur le fait que la souveraineté ne saurait être réduite à une reconnaissance formelle sur la scène internationale. Elle implique, selon lui, la capacité effective des États à définir leurs propres politiques, à contrôler leurs ressources et à orienter leur développement en fonction de leurs priorités. Dans cette optique, il a mis en garde contre les approches superficielles de la souveraineté, limitées à des discours sans traduction concrète.

Ousmane Sonko a également souligné que cette exigence suppose des choix difficiles, une discipline collective et une responsabilité politique assumée. Elle passe par une transformation en profondeur des structures économiques, afin de rompre avec les logiques d’extraversion, mais aussi par un effort soutenu de production intellectuelle, indispensable pour concevoir des modèles de développement adaptés aux réalités africaines.

Le chef du gouvernement a par ailleurs établi un lien étroit entre souveraineté, justice sociale et qualité de la gouvernance. Il a affirmé qu’aucune souveraineté durable ne peut exister sans une répartition équitable des richesses ni sans des institutions crédibles et exemplaires. Il a ainsi appelé à une mobilisation collective, en insistant sur le rôle déterminant des citoyens dans la consolidation d’un État fort, responsable et légitime.

Francophonie parlementaire : le Sénégal signe un retour stratégique au sommet de l’APF

Le Sénégal marque un tournant majeur sur la scène diplomatique parlementaire en retrouvant une place de choix au sein des instances dirigeantes de la Francophonie. À l’issue de la XVIIᵉ Conférence des Présidents d’Assemblée de la Région Afrique, tenue à Lomé du 7 au 9 avril 2026, le Président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a été désigné Premier Vice-président de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF). Cette nomination, obtenue à l’unanimité et dans un esprit de consensus, illustre le regain d’influence et de crédibilité du parlement sénégalais sur la scène internationale.

Cette élection revêt une portée historique pour le Sénégal. Il faut remonter à plus de quatre décennies, à l’époque de Daouda Sow, pour retrouver un ressortissant sénégalais à un niveau aussi élevé de responsabilité au sein de cette organisation. Ce retour au premier plan traduit non seulement une reconnaissance des efforts institutionnels du pays, mais également une volonté affirmée de peser davantage dans les orientations stratégiques de l’espace francophone.

L’Assemblée parlementaire de la Francophonie joue un rôle central dans la consolidation des valeurs démocratiques, le renforcement de l’État de droit et la promotion du dialogue entre les peuples. En accédant à la Première Vice-présidence, El Malick Ndiaye s’inscrit désormais au cœur des mécanismes de décision de cette diplomatie parlementaire, positionnant le Sénégal comme un acteur incontournable dans les débats et les initiatives qui façonnent l’avenir de la Francophonie.

Le calendrier institutionnel à venir confirme cette dynamique ascendante. La désignation sera officiellement entérinée lors de l’Assemblée générale prévue en juillet 2026. Mais au-delà de cette étape, une perspective encore plus stratégique se profile. En juillet 2028, lors du sommet prévu à Yaoundé, El Malick Ndiaye devrait accéder à la présidence mondiale de l’APF, succédant ainsi à la section du Québec. Une évolution qui consacrerait définitivement le retour du Sénégal au sommet de la gouvernance parlementaire francophone.

Parallèlement, cette montée en puissance se traduira également sur le plan national. Dakar s’apprête à accueillir, les 18 et 19 mai 2026, la 32ᵉ Assemblée régionale Afrique de l’APF. Cet événement d’envergure continentale constituera une vitrine pour le Sénégal, lui offrant l’opportunité de renforcer son leadership, de promouvoir le dialogue interparlementaire africain et de consolider sa position en tant que hub diplomatique régional.

Ousmane Sonko critique Donald Trump sur fond de tensions internationales

En marge de la conférence de presse tenue ce jeudi 9 avril 2026, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a pris position sur la situation internationale, en s’exprimant sans détour sur le rôle des grandes puissances dans les crises actuelles. Dans un contexte marqué par de fortes tensions entre Iran et l’alliance formée par les États Unis et Israël , le chef du gouvernement sénégalais a vivement critiqué l’ancien président américain Donald Trump.

Prenant la parole devant la presse, Ousmane Sonko a livré une analyse tranchée de la posture de Donald Trump sur la scène internationale. « Monsieur Trump n’est pas un homme de paix. C’est un homme de déstabilisation du monde », a-t-il déclaré, dénonçant ce qu’il considère comme une politique étrangère marquée par la confrontation et les tensions.

Cette sortie intervient dans un climat géopolitique particulièrement tendu, où les rivalités stratégiques entre grandes puissances s’intensifient, notamment au Moyen-Orient. Les récents développements entre l’Iran et ses adversaires alimentent les inquiétudes d’une escalade militaire, tandis que les positions des dirigeants internationaux sont scrutées avec attention.

À travers cette déclaration, le Premier ministre sénégalais semble vouloir affirmer une voix indépendante sur la scène internationale, en phase avec une partie de l’opinion publique africaine critique vis-à-vis des interventions et des influences extérieures. Son positionnement s’inscrit également dans une volonté de défendre une vision du multilatéralisme fondée sur le dialogue, la souveraineté des États et la stabilité mondiale.

Réforme constitutionnelle au Sénégal : un large front de la société civile appelle à rééquilibrer les pouvoirs

Un collectif de 46 organisations issues de la société civile et du monde syndical a rendu publique une tribune appelant à une réforme constitutionnelle fondée sur la responsabilité, la transparence et un meilleur équilibre des institutions. À travers cette initiative, les signataires entendent peser dans un contexte qu’ils qualifient de tournant institutionnel majeur pour le Sénégal, en mettant en garde contre les dérives d’un hyper-présidentialisme et en plaidant pour une consolidation durable de l’État de droit.

Dans leur déclaration, ces organisations insistent sur la nécessité de bâtir un système institutionnel plus équilibré, dans lequel les pouvoirs seraient mieux répartis et encadrés. Elles estiment que la réforme constitutionnelle à venir représente une opportunité historique pour renforcer les fondements démocratiques du pays, à condition que celle-ci s’inscrive dans une logique de transparence, de reddition des comptes et de participation citoyenne. Parmi les signataires figurent notamment Afrikajom Center, Afrique Enjeux (Afex), Amnesty Sénégal et Article 19 Freedom of Expression, des structures reconnues pour leur engagement en faveur des droits humains et de la gouvernance démocratique.

Le collectif met en avant plusieurs priorités qu’il juge essentielles pour garantir l’efficacité et la crédibilité de la réforme. Il appelle notamment à un renforcement significatif du rôle du Parlement afin d’assurer un meilleur contrôle de l’action gouvernementale. Les organisations plaident également pour une justice véritablement indépendante, capable de fonctionner sans pression ni interférence politique, condition indispensable à la confiance des citoyens dans les institutions.

Par ailleurs, la tribune insiste sur l’importance de faire de la transparence et de la reddition des comptes des piliers centraux de la gouvernance publique. Pour les signataires, il est impératif que les autorités soient tenues de rendre compte de leur gestion de manière régulière et accessible. Ils encouragent également le développement de mécanismes de démocratie participative, permettant une implication plus directe des citoyens dans les processus décisionnels.

Enfin, le collectif souligne la nécessité de mettre en place un dispositif indépendant chargé de suivre et d’évaluer la mise en œuvre de la réforme constitutionnelle. Une telle structure permettrait, selon eux, de garantir que les engagements pris ne restent pas lettre morte et que les objectifs de rééquilibrage des pouvoirs soient effectivement atteints.

Grève des transporteurs : Diomaye Faye appelle au dialogue et accélère les réformes du secteur

Le secteur du transport routier sénégalais traverse une zone de turbulences, marquée par une grève des transporteurs qui perturbe fortement la mobilité des populations et le fonctionnement de l’économie. Face à cette situation préoccupante, le président Bassirou Diomaye Faye a placé la question au cœur des échanges lors du Conseil des ministres, en insistant sur l’urgence d’un dialogue constructif avec l’ensemble des acteurs du secteur.

Le chef de l’État a ainsi demandé au ministre des Transports terrestres, yankhoba Diémé, de produire un rapport exhaustif sur les contraintes qui minent le transport routier. Ce document attendu avant la fin du mois d’avril 2026 devra également proposer des pistes de transformation inclusives et durables, assorties d’un calendrier précis de mise en œuvre.

Dans son intervention, le président a déploré la répétition des mouvements de grève, qui paralysent la circulation des personnes et des biens, tout en freinant les activités économiques. Il a rappelé l’importance du respect des lois et règlements, tout en appelant à un renforcement du dialogue social afin d’aboutir à un pacte durable avec les transporteurs. L’objectif affiché est clair : garantir un retour rapide à un fonctionnement normal du secteur.

Au-delà de la gestion de la crise actuelle, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé ses priorités en matière de sécurité routière et de modernisation du système de transport. Il a notamment insisté sur la nécessité d’un contrôle routier plus rigoureux et d’un respect strict du Code de la route par l’ensemble des usagers, en particulier les véhicules de transport public. Le renouvellement du parc automobile, jugé vieillissant, apparaît également comme une urgence pour améliorer la qualité du service et réduire les risques d’accidents.

Le président a par ailleurs mis en avant l’importance d’optimiser les systèmes existants, notamment ceux de Dakar Dem Dikk et du Bus Rapid Transit Dakar, tout en intégrant davantage les opérateurs privés agréés dans une dynamique de professionnalisation du secteur. Cette approche vise à bâtir un écosystème de transport plus cohérent, capable de répondre efficacement aux besoins croissants des usagers.

Dans une logique de complémentarité, le chef de l’État a également souligné la nécessité d’assurer le bon fonctionnement des infrastructures ferroviaires, notamment le Train Express Régional , les Chemins de fer du Sénégal et les Grands Trans Trains du Sénégal l. L’ambition est de développer un système de transport multimodal performant, capable de désengorger les routes et d’améliorer la mobilité urbaine et interurbaine.

De son côté, le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté les contours du projet de restructuration du Réseau de Transport en Commun, un programme ambitieux estimé à 267 milliards de FCFA et piloté par le Conseil exécutif des transports Urbains durables de Dakar. Ce projet vise à réorganiser en profondeur le réseau de bus, à améliorer la desserte des zones périphériques et à faciliter les correspondances avec les transports de masse.

L’initiative prévoit également l’acquisition de matériel roulant moderne, le développement d’infrastructures adaptées et la professionnalisation des acteurs du secteur. Elle s’inscrit dans une volonté de transition vers des transports plus propres, avec l’introduction de bus à faible émission.

Pour accélérer la mise en œuvre de ce projet structurant, Ousmane Sonko a demandé aux ministres en charge de l’économie et des finances de lever rapidement les contraintes identifiées. Il a également sollicité l’avis de plusieurs départements ministériels, ainsi que des Forces armées, sur la faisabilité du projet de construction du stade de Ouakam sur le site de l’ancienne piste.

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 8 AVRIL 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 08 avril 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

En introduction, le Chef de l’Etat réitère, dans le contexte des célébrations de la fête de Pâques, son message de félicitations et de solidarité,  à l’endroit de la Communauté chrétienne, avant de poursuivre sa communication axée sur les points suivants :

Célébrations de la Fête nationale

Le Président de la République rappelle que le Sénégal a célébré, le 04 avril 2026, dans la communion et la fierté collective, le 66ème anniversaire de son accession à la souveraineté internationale. Il salue le succès retentissant des célébrations sur l’étendue du territoire national, marqué par la délocalisation, à Thiès, de la prise d’armes et du Grand défilé national sous sa présidence, en présence de son homologue de la République gabonaise, le Président Brice Clotaire Oligui NGUEMA, invité d’honneur de la manifestation.

Il remercie et félicite les populations de la Région de Thiès, les autorités administratives et l’ensemble des maires et élus locaux, pour leur accueil chaleureux et leur mobilisation remarquable, ayant permis la réussite de cet évènement exceptionnel de l’agenda républicain.

Le chef de l’Etat félicite également le Ministre des Forces armées, le Chef d’Etat-major général des Armées, le Haut Commandant de la Gendarmerie nationale et Directeur de la Justice militaire et l’ensemble des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) pour la bonne organisation qui témoigne de leur professionnalisme et de leur exemplarité reconnus. Il exprime son engagement à renforcer la présence dans les territoires, l’équipement, la modernisation et l’excellence des FDS, pour asseoir un Sénégal souverain, dans un monde en pleine mutation. 

Enfin, il rappelle au Gouvernement, dans l’optique de territorialisation de l’action de l’Etat, la nécessité de poursuivre la mise en application de la doctrine de délocalisation des activités de célébration, avec le déploiement maitrisé du Programme spécial de réalisation d’infrastructures dans les régions et chefs-lieux désignés hôtes.  

Exploitation et régulation des autoroutes

Le Président de la République fait observer que la réalisation et l’exploitation des autoroutes participent au désenclavement des zones de production, à la qualité de l’aménagement du territoire, à l’accélération de l’urbanisation et à l’amélioration de la mobilité urbaine et interurbaine. Dans cette dynamique, il salue l’état d’avancement des travaux de l’autoroute Mbour-Fatick-Kaolack, exécutés à hauteur de 92%. Il demande, à cet effet, au Ministre des Infrastructures de prendre les dispositions pour la mise en service des axes entièrement achevés de la nouvelle Autoroute Mbour-Fatick-Kaolack, la section Mbour-Thiadiaye en particulier. Au demeurant, le Chef de l’Etat prescrit d’accélérer les travaux du tronçon Thiadiaye-Kaolack et ceux relatifs à l’Autoroute Dakar-Tivaouane-Saint Louis et d’améliorer la circulation et la sécurité routière sur l’axe Dakar-Thiaroye-Rufisque-Toglou-Kirène-Malicounda-Mbour.

Enfin, il donne instruction au Ministre des Infrastructures de proposer un cadre intégré de gouvernance et de régulation des autoroutes en exploitation au Sénégal.  

Gouvernance des transports terrestres

Le Président de la République souligne que la sécurité routière et la modernisation de la gestion des transports terrestres, doivent rester des priorités du Gouvernement, en relation avec les acteurs du sous-secteur, avant de constater une récurrence des grèves cycliques dans les transports routiers, qui entrave la circulation des personnes et des biens et freine les activités économiques.

Rappelant l’impératif de cultiver l’écoute, le dialogue et le sens élevé des responsabilités dans le respect des lois et règlements, il relève l’urgence de renforcer le dialogue social entre l’Etat et les acteurs des transports routiers, en vue de bâtir un pacte durable pour le retour immédiat au fonctionnement normal et intégral des transports routiers. 

Réitérant son attachement à la bonne gouvernance des transports routiers, le Chef de l’Etat demande au Premier Ministre de veiller, avec le Ministre chargé des Transports terrestres, à l’application effective et inclusive des recommandations des états généraux des Transports.

Il souligne l’impératif d’assurer un contrôle routier optimal et de veiller au respect scrupuleux du Code de la Route et de la réglementation de la circulation des différentes catégories de véhicules de transport public. A cet égard, il rappelle au Gouvernement l’urgence d’accélérer la mise en œuvre des programmes de renouvellement des véhicules de transport et d’améliorer l’efficacité du système de transport collectif, avec le renforcement des parcs de la société « Dakar Dem Dik » et du Bus Rapid Transit (BRT), de même que ceux détenus par les associations et opérateurs privés agréés. 

Le Président de la République demande au Gouvernement de veiller au fonctionnement performant du TER, des Chemins de Fer du Sénégal (CFS) et des Grands Trains du Sénégal (GTS), dans une perspective de développement optimal du transport urbain et interurbain multimodal. 

Enfin, il donne instruction au Ministre des Transports terrestres de lui présenter, avant la fin du mois d’avril 2026, un Rapport exhaustif sur les contraintes et les perspectives de transformation inclusive des transports routiers au Sénégal, intégrant un calendrier précis.

Agenda du Président de la République, suivi de l’intégration, de la coopération et des partenariats

Le Chef de l’Etat informe le Conseil qu’il présidera, le jeudi 09 avril 2026, la Rentrée solennelle du Barreau, avant d’effectuer une tournée économique dans la Région de Kolda du 12 au 14 avril 2026.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a présenté sa communication sur les points suivants : 

Réforme de l’Ecole nationale d’Administration (ENA)

Abordant le rôle du capital humain dans la politique de transformation du Sénégal, le Premier Ministre a présenté le projet de réforme de l’École nationale d’Administration. Ce projet contribuera à la formation des ressources humaines, hautement qualifiées, susceptibles de conduire efficacement les politiques publiques arrimées à la Vision 2050 et à préserver la crédibilité de cette institution, véritable ascenseur social et levier de cohésion nationale et de démocratisation de l’accès aux hautes fonctions de l’État.

Face aux limites du décret n°2011-1704 du 06 octobre 2011 portant création de l’ENA et fixant ses règles d’organisation et de fonctionnement et aux impératifs de transformation systémique consistant à réinventer le profil adéquat du manager public, le Premier Ministre a proposé une réforme selon une approche globale, anticipative, inclusive et intégrée, favorisant une synergie d’actions pour des objectifs de modernité et de performance. Pour ce faire, il a annoncé la mise en place d’un Comité de pilotage, placé sous la supervision du Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, intégrant les acteurs clés, pour conduire ladite réforme. Ce Comité, cadre permanent de concertation, élargi à l’ensemble des acteurs concernés, engagera des concertations et formulera des propositions alignées aux politiques publiques des différents secteurs. 

Le Premier Ministre a donné des indications non seulement relatives aux réformes juridiques et institutionnelles, mais également aux réformes pédagogiques et scientifiques, notamment l’élaboration d’un projet de décret abrogeant et remplaçant le décret régissant l’ENA, la modernisation des outils de gestion, l’augmentation des ressources financières et leur rationalisation, la nouvelle configuration des sections, la modernisation du matériel d’enseignement permettant de mettre le numérique au centre des enseignements, la mise en place de l’Institut de Formation à Distance (IFD) ainsi que l’adaptation au système LMD et l’ouverture d’un parcours doctoral. 

Nouvelle doctrine du Secteur informel

Rappelant que l’économie informelle est une fragilité structurelle de notre modèle de développement, le Premier Ministre a estimé que la formalisation du secteur dit « informel » est à la fois une condition de notre compétitivité et un défi. Cette économie est caractérisée par une faible productivité, une assiette fiscale étroite, une couverture sociale insuffisante et un pilotage institutionnel fragmenté. Il s’y ajoute que la Stratégie nationale intégrée de Formalisation de l’Économie informelle (SNIFEI 2022-2026) n’a pas produit l’ensemble des résultats escomptés.

Par conséquent, le Premier Ministre a ordonné une évaluation indépendante rigoureuse de cette stratégie, devant conduire à une stratégie rénovée, reposant sur une nouvelle doctrine incitant fortement à la formalisation et sanctionnant les situations de fraude organisée. De ce point de vue, la formalisation ne sera plus une contrainte, a-t-il-estimé, mais un levier de compétitivité, de création d’emplois décents et de transformation structurelle de notre économie.

Le Premier Ministre a procédé à la typologie de l’informel en quatre (04) catégories, à savoir l’informel de survie, l’informel de transition, l’informel d’optimisation et l’informel illicite. Il a retenu l’alignement des dispositifs d’appui et l’approche interministérielle ainsi que des arbitrages stratégiques notamment l’opérationnalisation effective du statut de l’entreprenant, l’immatriculation comme condition d’accès aux avantages publics, une protection sociale visible et accessible et, enfin, une lutte renforcée contre la fraude organisée. 

Dès lors, le Premier Ministre a demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, de lui soumettre, dans un délai de quinze (15) jours, une proposition d’organisation d’un Conseil interministériel dédié à la formalisation. Ce Conseil devra permettre l’adoption d’une stratégie nationale rénovée, assortie d’une feuille de route opérationnelle, d’objectifs chiffrés par ministère et d’arbitrages budgétaires et réglementaires clairs.

Le projet de restructuration globale du Réseau de Transport en Commun (RTC) 

Le Premier Ministre a annoncé que le projet de restructuration globale du Réseau de Transport en Commun de Dakar (RTC), d’un montant total de 267 milliards de FCFA et piloté par le Conseil exécutif des Transports urbains durables de Dakar (CETUD), est une initiative structurante pour la mobilité urbaine de la capitale. Il permettra de réorganiser le réseau de bus pour mieux connecter les usagers aux transports de masse, d’améliorer la desserte des zones périphériques et de déployer des bus à faible émission. Ce projet prévoit également le déploiement d’infrastructures modernes, l’acquisition d’un matériel roulant de qualité ainsi que la professionnalisation des opérateurs du secteur.

Pour le Premier Ministre, la mise en œuvre dudit projet exige une impulsion décisive pour lever les derniers obstacles. Après avoir identifié les blocages opérationnels qui freinent son démarrage effectif, le Premier Ministre a donné instruction au Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération et au Ministre des Finances et du Budget, de prendre, sans délai, toutes les dispositions nécessaires pour lever ces obstacles et permettre le démarrage effectif du projet. 

Enfin, il a demandé au Ministre des Infrastructures, au Ministre des Transports terrestres et aériens, au Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du Territoire et au Ministre des Forces armées, après concertation, de lui présenter un avis sur la faisabilité du Stade de Ouakam sur le site de l’Ancienne Piste.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de l’Energie, du Pétrole et des Mines et le Ministre des Finances et du Budget ont fait une communication conjointe sur l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur l’approvisionnement et l’évolution des prix des produits pétroliers et de l’électricité.

Le Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public a fait une communication portant sur la présentation du projet de loi portant Code du Travail et du projet de loi portant Code de la Sécurité sociale.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

Censure partielle de la loi sur le CRM : Aïssata Tall Sall salue une « victoire décisive » pour la démocratie

La décision du Conseil constitutionnel du Sénégal de censurer plusieurs dispositions de la loi portant création du Conseil de Régulation des Médias (CRM) continue de susciter des réactions au sein de la classe politique sénégalaise. Parmi les voix les plus marquantes, celle de Aïssata Tall Sall, avocate et figure de l’opposition, qui y voit une avancée majeure pour l’État de droit et la protection des libertés fondamentales.

S’exprimant à la suite de cette décision, la présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a qualifié la censure partielle de la loi de « victoire décisive » pour la démocratie sénégalaise. Selon elle, le Conseil constitutionnel a joué pleinement son rôle de gardien de la Constitution en invalidant des dispositions qu’elle jugeait dangereuses pour l’équilibre démocratique, notamment celles relatives aux sanctions visant les professionnels des médias.

Pour l’ancienne ministre de la Justice, ces dispositions représentaient une menace sérieuse pour la liberté de la presse. Elle estime que leur annulation consacre la primauté des principes constitutionnels et protège efficacement les journalistes contre d’éventuelles dérives réglementaires. « La liberté de la presse est sacrée et garantie par notre Constitution », a-t-elle rappelé, insistant sur le fait que toute tentative de restriction doit être strictement encadrée et conforme aux normes démocratiques.

Dans son intervention, Aïssata Tall Sall a également tenu à saluer l’engagement des députés qui ont initié la saisine du Conseil constitutionnel. Elle a adressé ses remerciements aux parlementaires de son groupe ainsi qu’à ceux des non-inscrits, soulignant leur détermination à défendre les droits et libertés. Elle a en outre rendu hommage au journaliste Cheikh Ahmadou Ndiaye, dont elle a magnifié l’implication dans ce combat qu’elle qualifie de juridique et démocratique.

Audience entre le Président sénégalais et Patrice Motsepe : fermeté sur les principes et appel à la crédibilité du football africain

Le Président de la République du Sénégal a accordé une audience au président de la Confédération africaine de football , Patrice Motsepe, en visite officielle sur le territoire sénégalais. Cette rencontre s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions et interrogations autour de la situation récente du football africain, notamment après les événements survenus en marge de la dernière Coupe d’Afrique des nations.

Dès l’entame des échanges, le chef de l’État a tenu à réserver un accueil chaleureux à son hôte, tout en donnant à cette rencontre une dimension franche et sans détour. Les discussions, qualifiées d’approfondies, ont permis d’aborder l’ensemble des sujets sensibles liés à l’actualité du football continental. Aucune question n’a été écartée, traduisant la volonté des deux parties d’aller au fond des préoccupations et d’éclaircir les zones d’ombre.

Au cours de l’entretien, le Président de la République a réaffirmé avec insistance les principes fondamentaux auxquels le Sénégal demeure attaché. Il a notamment mis en avant le respect strict du droit, la nécessité d’une transparence totale dans la gestion des affaires sportives, ainsi que l’importance de préserver l’intégrité des compétitions. Ces exigences, selon lui, constituent le socle indispensable à la confiance des acteurs et des supporters.

Le chef de l’État a également insisté sur l’enjeu majeur que représente la crédibilité du football africain à l’échelle internationale. Dans un contexte où le continent est appelé à renforcer son unité et sa gouvernance sportive, il a souligné la nécessité pour les institutions, à commencer par la CAF, de faire preuve de rigueur et de responsabilité. L’objectif est de garantir des compétitions équitables et respectées, capables de porter haut l’image de l’Afrique sur la scène mondiale.

Dans cette dynamique, le Sénégal entend poursuivre une ligne de conduite fondée sur la sérénité, la responsabilité et la fermeté. Les autorités sénégalaises ont réitéré leur engagement à défendre les intérêts légitimes du pays ainsi que son honneur, tout en respectant les cadres institutionnels et les mécanismes de recours existants.

Inauguration d’une infrastructure stratégique : le gouvernement met en avant un levier clé de développement

Le gouvernement sénégalais a franchi une nouvelle étape dans sa politique de modernisation avec l’inauguration d’une infrastructure majeure, présentée comme un pilier des grands projets en cours. La cérémonie officielle s’est déroulée en présence du ministre des Infrastructures, Déthié Fall, et de son homologue en charge des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, qui ont tous deux salué l’aboutissement de ce chantier d’envergure.

Dans son allocution, le ministre des Infrastructures a exprimé une profonde satisfaction quant à la qualité des travaux réalisés. Il a insisté sur le fait que cette réalisation s’inscrit pleinement dans la vision des autorités visant à transformer durablement le paysage infrastructurel du pays. Selon lui, cet ouvrage symbolise non seulement le savoir-faire technique mobilisé, mais aussi la volonté politique d’accélérer le développement à travers des investissements structurants.

Le ministre des Transports terrestres et aériens a, pour sa part, mis l’accent sur les retombées attendues en matière de mobilité. Il a souligné que cette infrastructure contribuera significativement à fluidifier les déplacements, à renforcer la connectivité entre les territoires et à soutenir la dynamique économique nationale. Pour lui, il s’agit d’un levier essentiel pour accompagner la croissance et améliorer les conditions de vie des populations.

Au-delà des discours officiels, cette inauguration traduit une ambition plus large du gouvernement, qui entend multiplier les projets structurants afin de répondre aux défis liés à l’urbanisation, à la compétitivité économique et à l’intégration territoriale. L’infrastructure inaugurée apparaît ainsi comme un maillon important dans un réseau appelé à se densifier au fil des années.

Toutefois, malgré l’importance manifeste de cet investissement, le coût global du projet n’a pas été rendu public. Cette absence de communication sur les aspects financiers suscite des interrogations, même si les autorités privilégient, pour l’heure, la mise en avant des bénéfices socio-économiques attendus. Le gouvernement semble ainsi vouloir recentrer le débat sur l’impact concret de l’ouvrage, plutôt que sur son financement.

CNRM : le Conseil constitutionnel censure partiellement la loi et encadre son application

Saisi par des députés de la coalition Takku Wallu Sénégal, le Conseil constitutionnel a rendu, le 7 avril 2026, sa décision relative à la loi n° 07-2026 portant création du Conseil national de régulation des médias. Ce texte, adopté le 3 mars 2026 par l’Assemblée nationale, était au cœur de vives controverses dans le paysage médiatique sénégalais, en raison de certaines dispositions jugées attentatoires à la liberté de la presse.

Dans sa décision, la haute juridiction a opéré un examen minutieux du contenu de la loi, concluant à l’inconstitutionnalité de plusieurs dispositions précises. Sont ainsi déclarés contraires à la Constitution les tirets 3 et 4 de l’alinéa 4 de l’article 33, ainsi que l’alinéa 2 de l’article 31. Le Conseil a estimé que ces dispositions pouvaient être isolées du reste du texte sans en altérer la cohérence globale, ce qui justifie leur retrait pur et simple de l’ordre juridique.

Au-delà de cette censure partielle, le Conseil constitutionnel a également validé plusieurs autres articles tout en les assortissant de réserves d’interprétation. Ces réserves, formulées dans les considérants 15, 24 et 26 de la décision, concernent notamment l’article 41, la deuxième phrase de l’alinéa 3 de l’article 31, une partie de l’alinéa 2 de l’article 34 ainsi que l’article 42. Si ces dispositions ne sont pas jugées contraires à la Constitution, leur mise en œuvre devra impérativement respecter les limites et interprétations fixées par la juridiction afin d’éviter toute dérive.

Cette approche traduit une volonté d’équilibre de la part du juge constitutionnel, qui a choisi de préserver l’essentiel de l’architecture de la loi tout en neutralisant les éléments problématiques. En procédant ainsi, il ne remet pas en cause le principe même de la création du Conseil national de régulation des médias, mais encadre strictement les conditions de son fonctionnement et de son action.

Du côté des professionnels des médias, la réaction est mesurée. Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Senegal, qui avait exprimé de fortes réserves sur certaines dispositions du texte, voit dans cette décision une avancée, sans toutefois considérer le débat comme clos. Pour nombre d’acteurs de la presse, certaines inquiétudes subsistent quant à l’indépendance et aux pouvoirs réels du futur organe de régulation.

Tensions au sommet de l’exécutif : Baye Mayoro Diop défie ouvertement le Premier ministre

La tension politique semble monter d’un cran au sein de la coalition au pouvoir. Baye Mayoro Dieng, membre de la coalition Diomaye President et actuel Directeur de la coopération décentralisée au Ministère de l’Urbanisme,des Collectivités territoriales et de l’Amenangement du Territoire et de l’Amenagement du territoire, a de nouveau exprimé publiquement son désaccord frontal avec la gouvernance du Premier ministre Ousmane Sonko.

Quelques jours seulement après avoir réclamé son limogeage, notamment lors de sa sortie du 4 avril, Baye Mayoro Diop revient à la charge avec des critiques encore plus virulentes. Cette fois, il cible directement les restrictions imposées par le chef du gouvernement concernant les déplacements des ministres à l’étranger, une mesure qui, selon lui, porterait atteinte au bon fonctionnement de l’action gouvernementale.

S’exprimant sur sa page Facebook, le responsable politique n’a pas mâché ses mots, qualifiant d’« imposture » la volonté du Premier ministre de réguler l’agenda international des membres du gouvernement. Pour lui, si la coordination de l’action gouvernementale relève effectivement des prérogatives du chef du gouvernement, celle-ci doit impérativement s’inscrire dans un cadre de respect mutuel et de responsabilité partagée. Il estime que les décisions actuelles seraient plutôt dictées par des considérations subjectives, évoquant des « humeurs personnelles » et des « calculs politiques ».

Dans une posture de défi assumé, Baye Mayoro Diop est allé encore plus loin en appelant les ministres à ne pas se soumettre à ce qu’il qualifie de « diktat ». Il les exhorte à préserver leur dignité et leur autonomie dans l’exercice de leurs fonctions, allant jusqu’à les inciter explicitement à passer outre les consignes du Premier ministre. « Voyagez partout, si l’intérêt national le commande », a-t-il lancé, dans une déclaration qui pourrait accentuer les divisions internes.

Macky Sall en tête d’un sondage international pour diriger l’ONU

Un sondage réalisé par le cabinet britannique Holding Price Limited, spécialisé dans les analyses électorales et géopolitiques, place l’ancien président sénégalais Macky Sall en tête des personnalités pressenties pour diriger l’Organisation des Nations Unies. Cette enquête, menée auprès de plus de 800 décideurs, diplomates et experts en relations internationales à travers le monde, met en lumière une dynamique favorable à l’ancien chef d’État sur la scène internationale.

Selon les résultats publiés, Macky Sall recueille 38,6 % des intentions, creusant un écart significatif avec ses principaux concurrents. Derrière lui figure l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, créditée de 24,2 %, suivie du directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique , Rafael Grossi, qui obtient 21,7 %. La secrétaire générale de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement , Rebeca Grynspan, ferme la marche avec 15,5 %.

Ces résultats témoignent de l’aura internationale dont bénéficie Macky Sall depuis la fin de son mandat à la tête du Sénégal. Durant sa présidence, il s’était illustré par son engagement sur plusieurs dossiers globaux, notamment la stabilité régionale en Afrique de l’Ouest, la lutte contre le changement climatique et la promotion de la coopération économique entre les pays du Sud et du Nord. Son rôle actif au sein d’instances africaines et internationales continue de nourrir sa crédibilité auprès des cercles diplomatiques.

Dans les couloirs des Nations Unies, son nom circule de plus en plus comme celui d’un potentiel successeur de l’actuel secrétaire général António Guterres. Cette tendance s’inscrit dans un contexte où plusieurs États membres plaident pour une représentation plus équilibrée des régions du monde à la tête de l’organisation, avec notamment une attente croissante en faveur d’un dirigeant issu du continent africain.

Toutefois, il convient de relativiser la portée de ce sondage. Le processus de désignation du secrétaire général de l’ONU reste avant tout politique et dépend largement des équilibres entre les membres permanents du Conseil de sécurité. Les consultations informelles, les négociations diplomatiques et les vetos éventuels jouent un rôle déterminant, bien au-delà des préférences exprimées dans les enquêtes d’opinion.

Hausse du pétrole et rigueur budgétaire : Ousmane Sonko alerte et prépare les esprits

À l’occasion de la clôture de la Semaine nationale de la jeunesse, le Premier ministre Ousmane Sonko a livré un discours à forte portée économique, marqué par une tonalité inhabituelle de gravité. S’adressant à la jeunesse sénégalaise, le chef du gouvernement a mis en lumière les tensions croissantes qui pèsent sur les finances publiques, dans un contexte international particulièrement instable.

Au cœur de son intervention, une donnée a retenu l’attention : la flambée du prix du baril de pétrole, qui atteignait 115 dollars au moment de sa prise de parole. Un niveau largement supérieur aux prévisions budgétaires de l’État, établies sur une base de 62 dollars. Cet écart significatif, a-t-il souligné, met sous pression l’ensemble des équilibres financiers du pays, déjà fragilisés.

Le Premier ministre a rappelé que le Sénégal fait face à une situation économique difficile, caractérisée notamment par un niveau d’endettement élevé. Il a insisté sur le fait que cette dette, qualifiée d’exponentielle, est un héritage des précédentes gestions, dégageant ainsi la responsabilité de l’actuelle équipe dirigeante. Toutefois, il a reconnu que cette réalité limite considérablement les marges de manœuvre de l’État, au moment même où les chocs externes se multiplient.

Face à cette conjoncture, Ousmane Sonko a annoncé des mesures immédiates de rationalisation des dépenses publiques. Parmi elles, la suppression de toutes les missions non essentielles à l’étranger pour les membres du gouvernement. Une décision qui s’appliquera également à lui-même, dans une volonté affichée d’exemplarité et de sobriété dans la gestion des ressources publiques.

Dans le secteur stratégique de l’énergie, le Premier ministre a également laissé entrevoir des décisions imminentes. Il a indiqué que le ministre de l’Énergie et des Mines s’exprimera dans les prochains jours pour détailler les mesures envisagées. Cette annonce laisse présager d’éventuels ajustements, notamment sur les prix des hydrocarbures, ou encore de nouvelles orientations visant à contenir les dépenses dans ce domaine sensible.

Contexte mondial instable : Bassirou Diomaye Faye alerte sur les risques pour l’économie sénégalaise

À la veille de la fête de l’indépendance, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye , a livré une analyse lucide du contexte économique mondial lors de son adresse à la Nation du 3 avril. Dans un discours empreint de prudence et de réalisme, le chef de l’État a alerté sur les risques que fait peser un environnement international qu’il juge « particulièrement instable » sur les équilibres économiques du Sénégal .

Au cœur de ses préoccupations figurent les tensions persistantes au Moyen-Orient, ainsi que la guerre impliquant l’Iran, des crises qui, selon lui, continuent de produire des effets en cascade sur l’économie mondiale. Ces bouleversements géopolitiques, a-t-il expliqué, contribuent à désorganiser les chaînes d’approvisionnement, à renchérir les coûts du transport maritime et aérien, et à accentuer la volatilité des prix de l’énergie.

Le président a souligné que ces dynamiques, bien que globales, ne sont pas sans conséquences pour les économies africaines et en particulier pour le Sénégal. Dans un contexte où les autorités ont engagé des réformes importantes pour alléger le coût de la vie et soutenir le pouvoir d’achat des ménages, ces chocs externes pourraient fragiliser les progrès déjà réalisés.

Insistant sur la nécessité de consolider les acquis, Bassirou Diomaye Faye a appelé à une vigilance accrue face à ces facteurs exogènes. Il a rappelé que les efforts entrepris pour améliorer les conditions de vie des populations doivent être poursuivis avec rigueur, tout en tenant compte des incertitudes internationales.

Fête de l’indépendance : Bassirou Diomaye Faye magnifie le rôle des Forces de Défense et de Sécurité

À la veille de la célébration de la Fête de l’indépendance du Sénégal, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye , a rendu un vibrant hommage aux Forces de Défense et de Sécurité pour leur rôle déterminant dans la préservation de la paix, de la stabilité et de la cohésion nationale.

Dans son adresse à la Nation prononcée le 3 avril, le chef de l’État a mis en exergue l’importance stratégique de ces forces dans un contexte marqué par des défis sécuritaires multiples, tant au niveau national que régional. Selon lui, la stabilité dont jouit le Sénégal est avant tout le fruit de l’engagement constant et du professionnalisme des hommes et des femmes en uniforme.

Le président a insisté sur le fait que ces forces constituent « le bouclier silencieux » du pays, veillant en permanence à la sécurité des frontières, des villes et des campagnes. Il a salué leur capacité à protéger les populations et leurs biens, tout en étant en première ligne face aux menaces de toute nature. À ses yeux, leur mission dépasse largement le cadre national, puisqu’elles contribuent également au rayonnement du Sénégal à l’international, partout où elles sont appelées à servir.

Évoquant les réformes entreprises ces dernières années, Bassirou Diomaye Faye a souligné que la modernisation des Forces de Défense et de Sécurité a permis de renforcer leurs capacités opérationnelles et d’adapter leur organisation aux exigences contemporaines. Cette transformation, a-t-il expliqué, s’inscrit dans une volonté de doter le pays d’un outil de défense performant, capable de faire face aux nouvelles formes de menaces, notamment asymétriques.

Le chef de l’État a également accordé une place importante au concept d’« Armée-Nation », qu’il considère comme un pilier essentiel du modèle sénégalais. Il a rappelé que les Forces de Défense et de Sécurité ne sont pas en marge de la société, mais en constituent une composante vivante et intégrée. À travers ce concept, elles participent activement à la formation citoyenne des jeunes, en leur inculquant des valeurs fondamentales telles que le civisme, la discipline et le sens de l’engagement.

Pour Bassirou Diomaye Faye, servir la patrie ne se limite pas à la défense du territoire. Il s’agit également de contribuer à la construction du pays, à la protection de ses acquis et à la préparation de son avenir. En ce sens, les Forces de Défense et de Sécurité apparaissent comme des acteurs clés du développement et de la consolidation de l’unité nationale.

Sonko face aux enseignants : fermeté sur les salaires, ouverture sur la réforme

Le ton était grave, presque solennel, ce vendredi, lors de la cérémonie marquant le 9e anniversaire du Mouvement national des enseignants patriotes (MONEP). Dans une atmosphère visiblement tendue, le Premier ministre Ousmane Sonko a livré un discours direct, sans détour, traduisant la crispation persistante entre le gouvernement et une partie des syndicats d’enseignants. D’emblée, il a planté le décor avec une déclaration forte : « Moi, voilà ce que je veux : vous le ferez, ou j’arrête les enseignements », une phrase qui résume à elle seule la fermeté affichée par l’exécutif.

Sur le fond, le chef du gouvernement a tenu à défendre le bilan de son action dans le secteur éducatif. Il a affirmé que plus de la moitié des engagements pris ont été réalisés en seulement deux ans, sur un mandat de cinq ans. Face aux revendications pressantes des syndicats, il a rejeté toute idée de précipitation, estimant que les réformes ne peuvent être exigées dans l’immédiat. Selon lui, les efforts consentis par l’État méritent d’être reconnus, et le calendrier de mise en œuvre doit rester réaliste.

La question de la rémunération, au cœur des tensions, a occupé une place centrale dans son intervention. Ousmane Sonko a réaffirmé sa conviction ancienne sur les déséquilibres du système salarial dans la fonction publique. Il a reconnu l’existence d’injustices et d’inégalités entre les différents corps, appelant à un réajustement en profondeur. Un chantier est actuellement en cours au ministère des Finances, s’appuyant sur des travaux antérieurs remontant à 2013-2014. L’objectif affiché est de construire un système plus équitable, qui prenne en compte l’ensemble des fonctionnaires, qu’il s’agisse des enseignants, des personnels de santé ou d’autres secteurs. Toutefois, il a insisté sur la complexité de cette réforme, rappelant qu’elle concerne près de 200 000 agents et ne saurait être menée dans des délais courts.

C’est sur la question sensible des retenues sur salaires que le Premier ministre a adopté une ligne particulièrement ferme. Il a confirmé que l’État appliquera les ponctions pour les jours de grève, conformément aux textes en vigueur. Pour lui, il s’agit d’un principe de droit fondé sur la réciprocité : si le droit de grève est reconnu, le droit de l’État à ne pas rémunérer un service non rendu l’est tout autant. Il a rejeté toute interprétation punitive de cette mesure, la présentant comme une application normale des règles.

Dans le même temps, Ousmane Sonko a tenu à poser une limite claire. Il a donné des instructions strictes pour que les enseignants n’ayant pas participé aux mouvements de grève ne soient pas pénalisés. Des cas de ponctions injustifiées auraient été signalés, et il a demandé qu’ils soient vérifiés et corrigés sans délai. Cette précision vise à préserver un minimum d’équité dans un contexte déjà tendu.

Le Premier ministre n’a pas non plus manqué de pointer ce qu’il considère comme une contradiction dans la posture de certains syndicats. Selon lui, il est incohérent de mener des actions de grève tout en exigeant le maintien intégral des salaires. Il a même invoqué une dimension morale, estimant qu’un salaire perçu sans travail effectif ne saurait être justifié.

Revenant sur les discussions engagées avec les autorités financières et sectorielles, il a rappelé que des avancées ont été réalisées et que les syndicats en étaient sortis satisfaits. Il s’est toutefois étonné du maintien du plan d’action syndical malgré ces progrès. Pour illustrer la situation, il a recouru à une métaphore guerrière, comparant les négociations à un processus de paix où, tant que l’accord final n’est pas signé, les tensions persistent de part et d’autre. Il a conclu sur un avertissement clair, affirmant que le gouvernement ne se laissera pas user par un rapport de force prolongé.

Malgré la fermeté de ses propos, Ousmane Sonko a tenu à réaffirmer sa volonté de privilégier le dialogue. Il a assuré que des instructions ont été données pour maintenir une ouverture constante aux discussions, dans l’objectif d’éviter une escalade vers un conflit durable.

Course à l’ONU : Macky Sall face à l’épreuve des auditions à New York

L’ancien président sénégalais Macky Sall franchira une étape décisive dans sa quête du poste de Secrétaire général de Organisation des Nations Unies. Il est attendu le mardi 22 avril prochain à New York pour participer aux dialogues interactifs organisés au siège de l’organisation. Son audition se déroulera entre 15h et 18h, heure locale, dans la salle du Conseil de tutelle, devant les États membres ainsi que des représentants de la société civile internationale.

Ces auditions publiques s’inscrivent dans un calendrier précis arrêté au 1er avril 2026, qui prévoit le passage de quatre candidats sur deux journées. Le mardi 21 avril, la Chilienne Michelle Bachelet, ancienne Haute-Commissaire aux droits de l’homme, et l’Argentin Rafael Mariano Grossi ouvriront la séquence. Le lendemain, la Costaricaine Rebeca Grynspan interviendra avant Macky Sall, qui clôturera cette série d’échanges très attendus.

Le format retenu est identique pour tous les prétendants. Chaque candidat dispose de trois heures pour convaincre. L’exercice débute par une déclaration introductive, suivie d’une session de questions-réponses avec les délégations étatiques et les acteurs de la société civile. Ce dispositif vise à mettre en lumière les visions stratégiques, les priorités politiques et la capacité de leadership des différents candidats dans un contexte international marqué par des crises multiples. Les auditions, retransmises publiquement, offrent ainsi une rare fenêtre de transparence dans un processus souvent perçu comme opaque.

Cependant, il convient de relativiser la portée institutionnelle de ces échanges. Les dialogues interactifs ne constituent ni un vote ni une étape formelle de sélection. Ils jouent avant tout un rôle d’éclairage, permettant aux États membres de mieux cerner les profils en lice et d’affiner leurs positions diplomatiques. En réalité, la désignation du Secrétaire général repose sur un mécanisme en deux temps. Le Conseil de sécurité des Nations unies formule d’abord une recommandation, dans un processus où le droit de veto des membres permanents demeure déterminant. Cette recommandation est ensuite entérinée par l’Assemblée générale, qui procède à la nomination officielle.

Pour Macky Sall, cette audition représente un moment charnière. Sa candidature, soutenue dans un premier temps par l’Union africaine au nom du principe de rotation géographique, s’inscrit dans une dynamique continentale visant à porter un Africain à la tête de l’organisation. Néanmoins, elle ne fait pas l’unanimité au Sénégal, où certains acteurs politiques remettent en question la légitimité de son ambition internationale au regard de son bilan national.

Crise dans l’éducation : les syndicats du G7 boycottent la rencontre avec le Premier ministre Ousmane Sonko

La rencontre de concertation prévue entre le Premier ministre Ousmane Sonko et les syndicats d’enseignants n’a finalement pas eu lieu. Les organisations regroupées au sein du G7 ont décidé de boycotter cette réunion, initialement programmée le jeudi 2 avril 2026, dans un contexte marqué par des tensions persistantes entre les deux parties.

Depuis plusieurs mois, le climat social dans le secteur de l’éducation est particulièrement tendu. Les syndicats d’enseignants, engagés dans un mouvement d’humeur, maintiennent leurs revendications et dénoncent ce qu’ils considèrent comme une attitude inappropriée des autorités. Cette situation a progressivement conduit à une rupture du dialogue, illustrée par l’absence remarquée des représentants du G7 à cette rencontre pourtant annoncée comme une étape importante vers l’apaisement.

Le secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal, Amidou Diedhiou, a vivement critiqué la posture du gouvernement. Joint par le quotidien WalfQuotidien, il a dénoncé une contradiction dans le discours officiel. Selon lui, les autorités appellent à l’apaisement tout en poursuivant les ponctions sur les salaires des enseignants, ce qui, à ses yeux, alimente davantage la colère au sein du corps enseignant.

« Le gouvernement appelle à l’apaisement tout en continuant de ponctionner les salaires des enseignants. Il mène une mauvaise communication basée sur la manipulation et la désinformation », a-t-il déclaré. Pour le responsable syndical, le boycott de cette rencontre constitue une réponse directe à cette situation qu’il juge incohérente.

Toutefois, Amidou Diedhiou a tenu à préciser que les syndicats ne rejettent pas le principe des ponctions salariales. Ils exigent cependant que ces mesures soient appliquées dans le strict respect des règles en vigueur. Il insiste sur la nécessité d’une gestion transparente et conforme aux normes administratives, afin d’éviter toute forme d’injustice à l’encontre des enseignants.

Par ailleurs, une réunion du G7 est prévue ce vendredi afin d’évaluer la situation et de définir les prochaines orientations du mouvement. Les syndicats entendent, à cette occasion, arrêter une position commune face à ce qu’ils qualifient d’impasse dans les négociations avec les autorités.

Dans cette dynamique, le responsable syndical invite le gouvernement à faire des concessions pour favoriser un climat d’apaisement. À défaut, prévient-il, les enseignants resteront fermes sur leurs positions. « S’ils ne font pas de concessions, nous n’en ferons pas non plus », a-t-il averti, laissant planer la possibilité d’une prolongation du bras de fer.

Macky Sall en campagne pour l’ONU : une ambition africaine pour refonder le multilatéralisme

L’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, franchit une nouvelle étape dans sa quête du poste de Secrétaire général des Nations Unies. Il a récemment lancé son site officiel de campagne, une plateforme à travers laquelle il détaille sa vision et ses priorités pour une refondation en profondeur de l’institution multilatérale, dans un contexte international marqué par de multiples crises.

La candidature de Macky Sall a été officiellement transmise au siège de l’ONU à New York le 2 mars 2026 par Évariste Ndayishimiye, actuel président en exercice de l’Union africaine. Cette démarche suscite une attention particulière en raison de son caractère atypique : elle est portée par le Burundi et non par le Sénégal, pays d’origine du candidat, qui n’a pas exprimé de soutien officiel à cette initiative. Une situation qui soulève des interrogations sur les dynamiques diplomatiques en jeu, mais qui n’entame pas la détermination de l’ancien chef d’État à défendre sa vision sur la scène internationale.

Dans le document programmatique qu’il a soumis, intitulé « Refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur », Macky Sall dresse un diagnostic sévère de la situation mondiale. Il évoque des conflits persistants, la montée des menaces transnationales, l’aggravation de la crise de la dette dans de nombreux pays en développement, ainsi qu’une défiance croissante à l’égard des institutions internationales. Selon lui, ces défis traduisent une crise systémique qui fragilise à la fois l’efficacité et la crédibilité de l’ONU.

Face à ce constat, sa vision s’articule autour de trois grands axes structurants. Il propose d’abord de renforcer l’articulation entre paix, sécurité et développement, en considérant ces dimensions comme indissociables pour prévenir durablement les crises. Ensuite, il plaide pour une revitalisation du multilatéralisme dans un monde devenu multipolaire, en mettant l’accent sur la nécessité de réformer le Conseil de sécurité afin d’en améliorer la représentativité et la légitimité, tout en redynamisant le rôle de l’Assemblée générale. Enfin, il insiste sur l’importance d’une réforme interne de l’organisation, passant par une rationalisation des structures, une simplification des mandats et une meilleure gestion des ressources.

À travers cette démarche, Macky Sall ambitionne de repositionner les Nations Unies comme une plateforme stratégique capable de restaurer la confiance entre les États membres, de prévenir les conflits et de protéger efficacement les populations les plus vulnérables. Il souhaite également recentrer l’organisation sur ses missions fondamentales, dans un esprit de coopération renouvelée et d’efficacité accrue.

Né le 11 décembre 1961 à Fatick, Macky Sall est ingénieur géologue de formation. Il a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, marquant son passage à la tête de l’État par une implication active dans les grandes questions économiques et diplomatiques africaines. En 2022, lors de sa présidence tournante de l’Union africaine, il s’était illustré par son plaidoyer en faveur d’un meilleur accès des pays africains aux financements internationaux, notamment aux droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international, ainsi que par sa demande d’une représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité.

Coalition Diomaye Président : un think tank de cadres pour structurer la réflexion stratégique et renforcer l’action publique

La Coalition Diomaye Président a franchi un cap important dans son organisation interne avec le lancement officiel de sa cellule des cadres, un think tank conçu pour appuyer la réflexion stratégique et accompagner efficacement la mise en œuvre des politiques publiques. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique impulsée par le président Bassirou Diomaye Faye, avec l’objectif affiché de consolider les acquis de la gouvernance actuelle tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour l’action publique.

Le choix de la date de lancement n’est pas anodin. Il coïncide avec l’anniversaire de la prestation de serment du chef de l’État, conférant à cet événement une portée symbolique forte. À travers ce geste, la coalition entend non seulement marquer son attachement à la trajectoire politique en cours, mais aussi réaffirmer sa volonté d’inscrire son action dans la durée.

Prenant la parole lors de la cérémonie, le Dr Djibril Togola, coordonnateur de la cellule de communication de la coalition, a expliqué que cette structure vise avant tout à fédérer les compétences issues des différentes composantes de la plateforme, qu’elles soient politiques, associatives ou citoyennes. Il a insisté sur la nécessité de regrouper les expertises pour en faire un véritable instrument d’analyse, de prospection et de proposition, capable d’éclairer les choix stratégiques du pouvoir exécutif.

Dans cette perspective, la cellule des cadres se positionne comme un laboratoire d’idées chargé d’accompagner le président de la République et son gouvernement dans la conduite des politiques publiques. Elle ambitionne de produire des outils d’aide à la décision dans plusieurs secteurs jugés prioritaires, notamment l’économie, la santé, la diplomatie, l’industrialisation et les finances publiques. L’objectif est de fournir des analyses rigoureuses et des recommandations concrètes afin d’améliorer l’efficacité et l’impact des actions gouvernementales.

Au-delà de son rôle d’appui technique, le think tank se distingue également par sa vocation à s’étendre à l’échelle nationale et internationale. Des représentations sont envisagées sur l’ensemble du territoire sénégalais, mais aussi au sein de la diaspora, dans le but de renforcer la diffusion des politiques publiques et de favoriser une implication plus active des Sénégalais de l’extérieur dans le développement du pays.

La cérémonie de lancement s’est tenue en présence de plusieurs personnalités de premier plan, dont la haute représentante du président de la République, Aminata Touré. Dans son intervention, elle a dressé un bilan positif des deux premières années de gouvernance du président Bassirou Diomaye Faye, mettant en avant les réformes engagées et les orientations stratégiques adoptées. De son côté, Abdoulaye Tine, coordonnateur de la coalition des cadres, a salué une initiative qui vise, selon ses termes, à mobiliser la crème intellectuelle de la coalition au service de l’intérêt national.

Les différentes communications présentées au cours de cette rencontre ont porté sur des thématiques majeures liées au développement du Sénégal. Jugées techniques et approfondies, elles feront l’objet d’une compilation dans un livre blanc qui sera soumis au chef de l’État. Ce document aura pour vocation de formuler des recommandations concrètes et opérationnelles, susceptibles d’orienter les politiques publiques dans les années à venir.

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 1 AVRIL 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 1er avril 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Célébration de la fête de Pâques

Le Président de la République entame sa communication en évoquant la Semaine Sainte, en prélude à la célébration de la fête de Pâques et adresse ses félicitations et vœux à la Communauté chrétienne, avant de prier, avec l’ensemble de la Nation, pour un Sénégal de paix et de prospérité dans la solidarité.

Il demande au Gouvernement de mettre en œuvre les mesures appropriées pour un bon déroulement des célébrations de la Pâques sur l’étendue du territoire national.

An II de l’accession à la Magistrature suprême et mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation

Rappelant sa prestation de serment devant la Nation, le 02 avril 2024, le Président de la République remercie le Peuple sénégalais pour sa confiance et son engagement pour la matérialisation du projet pour un Sénégal souverain, juste et prospère. A cet égard, il félicite le Premier Ministre, les ministres et secrétaires d’Etat, pour les efforts consentis, afin d’accélérer le redressement du pays, améliorer le bien-être des populations et impulser la transformation systémique du Sénégal, malgré la situation économique, financière et sociale sans précédent héritée de l’ancien régime.

Il souligne la délicatesse de la phase de correction et de restructuration engagée, enregistrant des avancées notables, parmi lesquelles la présentation de l’audit des finances publiques, la publication de la Vision « Sénégal 2050 » et la réalisation du Masterplan, de la Stratégie nationale de Développement (SND), du New Deal technologique et des états généraux sectoriels. Ces documents d’orientation et de cadrage de référence, estime le Président de la République, ont permis d’amorcer une transformation véritable du pays dans toutes ses dimensions et composantes.

Dans cette optique, il réitère sa volonté d’accentuer les réformes pour la modernisation de la Justice, la transparence dans la gouvernance publique et la reddition systématique des comptes, comme en attestent les lois sur l’OFNAC, la déclaration de patrimoine, les lanceurs d’alerte et l’accès à l’information.

Dans ce sillage, il donne instruction au Gouvernement d’accélérer l’exécution du Plan de Redressement économique et social (PRES), la mise en œuvre des nouvelles politiques agricole et industrielle, le développement de l’économie sociale et solidaire, et la régulation des prix sur les marchés. Il lui demande, également, de veiller au renforcement du dialogue social et à la stabilité des secteurs névralgiques ainsi qu’à l’amélioration de la qualité des services publics, dans le cadre d’une décentralisation intensive des projets et investissements publics, avec la mise en place progressive des pôles territoires.

Centralité de la jeunesse dans les politiques publiques

Après avoir présidé à Thiès, le 30 mars 2026, la cérémonie d’ouverture de la Semaine nationale de la Jeunesse, le Chef de l’Etat félicite le Ministre de la Jeunesse et des Sports, les autorités administratives et locales de cette région, les délégations de chaque région pour la qualité de l’organisation de cet évènement, marqué par la mobilisation massive des jeunes.

Partant de la place de la Jeunesse dans la mise en œuvre des politiques publiques et de son rôle primordial dans le développement national, il rappelle au Premier Ministre l’importance et l’urgence de renforcer l’éducation, l’encadrement, la formation professionnelle et technique et l’employabilité des jeunes. En outre, le Chef de l’Etat engage le Gouvernement à accentuer, dans chaque département, le développement des infrastructures sportives et de promotion de la Jeunesse et à assurer une mobilisation des jeunes à l’occasion des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ Dakar 2026). Il lui prescrit d’impliquer les jeunes dans la gouvernance publique, en activant les instances communales, départementales, régionales et nationales de consultation des jeunes. A ce titre, le Président de la République demande au Ministre de la Jeunesse et des Sports de préparer l’installation du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal, qu’il présidera au plus tard en fin juin 2026.

Rôle majeur des daara dans la transformation du système éducatif national

A l’issue de la Journée nationale des Daara qu’il a présidée, avec la participation de toutes les parties prenantes, le Président de la République félicite le Ministre de l’Education nationale, les responsables, partenaires et acteurs des Daara, pour leur implication effective dans la bonne tenue des concertations organisées dans le cadre des Assises nationales des Daara, dont les conclusions ont été présentées lors de ladite journée.

Il demande au Gouvernement de poursuivre le dialogue permanent avec l’ensemble des acteurs des Daara, en vue d’une application effective des recommandations consensuelles issues des Assises nationales. Dès lors, le Ministre de l’Education nationale et le Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique mettront en œuvre un programme intégré de soutien aux Daara, afin d’asseoir leur place déterminante dans la consolidation du système éducatif et leur contribution au développement économique et social.  

Renforcement de la transparence dans les industries extractives

Rappelant que la transparence dans la gestion des ressources naturelles demeure une priorité, le Chef de l’Etat félicite le Gouvernement, le Comité national ITIE et son Président, l’ensemble des acteurs publics et privés impliqués, dont le travail conjoint a permis d’améliorer le score global du Sénégal (89/100) avec la mention « Très bon », lors de l’exercice de validation 2025. Il demande au Premier Ministre de veiller, avec les ministères concernés, à consolider les acquis ainsi que l’impact positif du secteur extractif sur les communautés et l’engagement des parties prenantes, en exécutant les recommandations et les mesures de correction requises. A cet égard, il insiste sur le contrôle des ressources naturelles, la gouvernance des entreprises publiques des secteurs des hydrocarbures et des mines, les fonds destinés à la gestion environnementale et au développement des collectivités territoriales et des communautés de base concernées par l’exploitation minière ainsi que les moyens et ressources destinés au fonctionnement du Comité national ITIE.

Agenda du Président de la République, suivi de l’intégration, de la coopération et des partenariats

Le Chef de l’Etat informe le Conseil avoir effectué une visite officielle au Royaume d’Espagne, du 24 au 26 mars 2026, sur invitation de Sa Majesté le Roi Felipe VI. Il renouvelle ses remerciements au Roi Felipe, au Président du Gouvernement espagnol, Pedro SANCHEZ, et à l’ensemble du peuple espagnol ami, pour l’accueil chaleureux et toutes les marques d’attention.

Ce déplacement, qui atteste de la qualité des relations entre les deux pays, a été principalement marqué par la réception au Palais royal et a abouti aux résultats appréciables dont l’élévation de la coopération au niveau de partenariat stratégique global et l’adoption du cadre de partenariat pour le développement durable Espagne-Sénégal 2026-2030, doté d’une enveloppe de 180 millions d’euros, l’alignement des investissements espagnols sur la Vision Sénégal 2050 et les projets prioritaires, l’accompagnement dans l’organisation des JOJ, la décision de renforcer la coopération dans des domaines clés et la signature de cinq (05) instruments juridiques de coopération.

En marge de cette visite, le Chef de l’Etat a présidé le Forum économique dédié au Sénégal et reçu des investisseurs et dirigeants d’Entreprises espagnoles, des hommes politiques dont le Président du Gouvernement de la région des Canaries ainsi que la communauté sénégalaise établie en Espagne.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a présenté sa communication sur les points suivants :

Le rôle de la jeunesse dans la politique de transformation du Sénégal à travers le service civique national

Pour le Premier Ministre, l’encadrement et la mobilisation de la jeunesse en vue d’assurer sa contribution optimale à l’œuvre de construction nationale demeurent une priorité absolue pour le Gouvernement. Il estime que le développement durable d’une Nation repose autant sur ses performances économiques que sur la qualité de son capital humain et la solidité de ses valeurs civiques, piliers essentiels de la cohésion sociale et de la stabilité institutionnelle. A cet égard, le service civique et le volontariat apparaissent comme des instruments privilégiés de formation citoyenne, d’engagement collectif et de mobilisation des jeunes, en particulier, autour de projets utiles à la société.

Le Premier Ministre a rappelé les initiatives en cours de réalisation, dont l’érection d’un Centre de Transformation systémique à vocation africaine et des Centres civiques des Métiers dans les territoires. Il a également indiqué les actions de promotion du civisme et du volontariat, notamment l’instruction civique et patriotique, l’initiation au civisme et à la citoyenneté, la mobilisation des volontaires agricoles et de la consommation, la célébration de la Semaine nationale du Volontariat, l’appel à l’action pour l’année internationale des volontaires pour le développement durable et la Journée internationale des Volontaires, la tournée de sensibilisation à la citoyenneté active ainsi que les vacances agricoles citoyennes.

En outre, il a annoncé les mesures à mettre en œuvre, dont la mise en place d’un Programme de recours au volontariat des Séniors, le renforcement de l’éducation civique dans le cadre de la révision des curricula d’enseignement, l’élaboration de la documentation relative au cadre national de concertation sur le civisme et la citoyenneté active, la finalisation du décret d’application de la loi d’orientation générale sur le volontariat et du décret relatif à l’organisation et au fonctionnement de la Direction générale  du Service civique national et du Volontariat (DGSCNV) et la mise en place du Comité national des Acteurs du Volontariat et du Guichet unique du volontariat, en associant les principaux acteurs non étatiques.

Refondation des Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques (STEM) dans le cadre de l’Agenda national de Transformation

Le Premier Ministre a fait observer que la transformation requiert un vivier conséquent de talents techniques et scientifiques, en soulignant les besoins en techniciens supérieurs, ingénieurs, chercheurs et professionnels capables de porter les grands projets structurants qui jalonnent la feuille de route de l’Agenda national de Transformation.

Or, selon lui, les résultats du baccalauréat 2025 révèlent une situation en défaveur des filières scientifiques. Ainsi, les séries littéraires concentrent à elles seules la quasi-totalité des candidats inscrits. Par ailleurs, des académies entières comme celle de Kaffrine, Louga, Matam et Sédhiou n’ont pu présenter de candidat au baccalauréat technique. De même, les séries scientifiques ne concernent qu’un nombre marginal d’élèves. Sur les 77 388 bacheliers admis en 2025, seuls 15 888 le sont dans la filière Sciences et Techniques, contre 59 575 dans les filières littéraires.

Déplorant cette inadéquation structurelle entre notre système éducatif et les besoins de notre économie et rappelant que l’Agenda national de Transformation exige des compétences techniques pointues dans des secteurs aussi vitaux que l’agriculture, la santé, l’innovation, l’énergie, les mines et la transformation industrielle, le Premier Ministre a donné instruction :

– au Ministre de l’Éducation nationale de procéder, dans les meilleurs délais, à une révision profonde des mécanismes d’orientation et de valorisation des filières S, S1 et S3 ;

– au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, en lien avec le Ministre chargé de la Formation professionnelle, de restructurer l’offre de formation pour l’aligner sur les besoins de l’Agenda national de Transformation, l’objectif étant de faire passer le taux de candidats dans les filières techniques de 2,07 % à 15 %, au moins, d’ici cinq (05) ans ;

– au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de développer les Classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE).

Le Premier Ministre a souligné qu’il envisage l’organisation d’une tournée nationale des universités. Il a donné mandat au Ministre en charge de l’Enseignement supérieur, en liaison avec les services de la Primature, pour la préparation technique et logistique, la définition d’une trame nationale d’échanges et l’organisation, à l’issue de la tournée, d’une restitution stratégique assortie de recommandations opérationnelles et d’un plan de suivi.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération a fait une communication sur les développements économiques récents et les perspectives.

Le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a fait une communication sur le suivi des demandes sur e-Senegal.

Le Ministre de l’Education nationale a fait une communication sur les évolutions envisagées du concours d’entrée en classe de sixième du Moyen.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

ONU : la candidature de Macky Sall divise malgré le soutien affiché de Julien Nkoghe Bekale

L’ancien Premier ministre du Gabon, Julien Nkoghe Bekale, est monté au créneau ce mercredi 1er avril pour défendre la candidature de l’ex-président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Dans une tribune publiée sur ses réseaux sociaux, l’homme politique gabonais a dressé un portrait élogieux de l’ancien chef de l’État, qu’il juge apte à incarner un leadership international dans un contexte mondial marqué par de profondes mutations.

Selon Julien Nkoghe Bekale, soutenir Macky Sall revient à faire le choix d’un dirigeant expérimenté, capable de répondre aux défis contemporains. Il met en avant le bilan de l’ancien président sénégalais à la tête de son pays, soulignant sa capacité à préserver la stabilité, à conduire des réformes structurantes et à gérer des situations complexes. Il insiste également sur son rôle sur la scène internationale, notamment durant sa présidence de l’Union africaine, période au cours de laquelle il aurait su porter une voix jugée crédible, pragmatique et respectée au-delà du continent africain.

Au-delà des considérations individuelles, Julien Nkoghe Bekale voit dans cette candidature une opportunité pour redynamiser le multilatéralisme. Dans un monde de plus en plus fragmenté, il estime que le système international a besoin de figures capables de restaurer le rôle des grandes institutions comme espaces de régulation et de dialogue. Il précise que son soutien ne relève pas d’un réflexe régional ou panafricain, mais repose sur ce qu’il considère comme la crédibilité personnelle et le parcours de Macky Sall.

Cependant, cette prise de position intervient dans un contexte marqué par des divisions notables autour de cette candidature. Si l’ancien président sénégalais a déjà officiellement déposé son dossier et attend son audition par les instances compétentes des Nations Unies, son initiative ne fait pas l’unanimité. Au Sénégal même, les autorités affirment ne pas avoir été associées à cette démarche, ce qui soulève des interrogations sur la portée institutionnelle de sa candidature.

Sur le plan continental, l’Union africaine apparaît également divisée. Bien que Macky Sall bénéficie du soutien d’une trentaine de pays, un nombre significatif d’États africains et d’autres régions du monde ont déjà exprimé leur réticence, voire leur opposition. Cette fracture illustre les enjeux géopolitiques et les rivalités d’influence qui entourent la désignation du futur Secrétaire général de l’ONU.

Souveraineté nationale : Ousmane Sonko appelle les Sénégalais à des sacrifices et évoque des mesures fortes sur Internet

Le Premier ministre Ousmane Sonko a une nouvelle fois interpellé les Sénégalais sur la nécessité de consentir davantage de sacrifices pour garantir la souveraineté du pays. S’exprimant lors de la cérémonie de clôture de la journée des daaras, il a insisté sur l’importance de privilégier les actes concrets au détriment des discours, estimant que la souveraineté nationale ne saurait être négociée.

Selon lui, cette souveraineté constitue le socle indispensable à la construction d’une société en adéquation avec les valeurs, les croyances et la vision du peuple sénégalais. Il a ainsi appelé à une mobilisation collective autour de cet objectif, en soulignant que les efforts demandés s’inscrivent dans une dynamique de transformation profonde du pays.

Dans cette même lancée, le chef du gouvernement a annoncé la mise en place prochaine d’un comité de réflexion chargé d’étudier des mesures jugées radicales. Parmi celles-ci figure notamment l’éventuelle interdiction de l’accès à Internet pour les mineurs de moins de 16 ans. Cette proposition, qui ne manquera pas de susciter un large débat, s’inscrit dans une volonté affichée de mieux encadrer l’usage du numérique, en particulier chez les jeunes.

Très critique à l’égard de certaines puissances étrangères, Ousmane Sonko a également évoqué des pressions économiques exercées sur le Sénégal. Il estime que le durcissement des peines contre l’homosexualité aurait provoqué des réactions hostiles de la part de certains pays. Selon ses déclarations, ces derniers, bien que minoritaires à l’échelle mondiale, concentreraient une grande partie de la puissance économique, militaire ainsi que le contrôle des grands groupes médiatiques et des réseaux sociaux.

Dans ce contexte, il a laissé entendre que ces acteurs chercheraient à influencer ou à affaiblir le Sénégal, notamment sur le plan économique, afin d’imposer leurs visions et leurs normes. Face à cette situation, il a réaffirmé la nécessité pour le pays de rester ferme sur ses positions et de poursuivre sa trajectoire en toute indépendance.

Armée sénégalaise : Mamadou Diaraf Gningue nommé à la tête du Service de l’intendance des Armées

Un nouveau changement stratégique intervient au sein de l’appareil militaire sénégalais. Par décret en date du 31 mars 2026, le président de la République et Chef suprême des Armées, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à la nomination de l’intendant-colonel Mamadou Diaraf Gningue en qualité de Directeur du Service de l’intendance des Armées. Cette décision prendra effet à compter du 11 avril 2026.

Cette nomination marque une étape importante dans la carrière de cet officier supérieur, qui occupait jusqu’ici les fonctions de chef du service des intendances régionales à compétence générale. Fort de son expérience dans la gestion logistique et administrative des forces, il accède désormais à la direction d’un service central, considéré comme un pilier du soutien opérationnel des armées sénégalaises. Le Service de l’intendance joue en effet un rôle clé dans la gestion des ressources matérielles, financières et humaines, indispensables au bon fonctionnement des forces de défense.

Mamadou Diaraf Gningue succède à l’intendant-général de brigade Babou Faye, admis dans la deuxième section des cadres de l’État-major général, correspondant à la réserve. Ce départ s’inscrit dans le cadre du renouvellement normal des responsabilités au sein de la hiérarchie militaire.

Dans le même élan, un réaménagement a également été opéré au niveau du service des intendances régionales à compétence générale. L’intendant-lieutenant-colonel Papa Mamadou Thioub a été désigné pour en prendre la tête, en remplacement du nouveau directeur. Cette nomination assure ainsi la continuité dans la coordination et la gestion des structures régionales de l’intendance.

Sénégal : Bassirou Diomaye Faye promulgue une loi durcissant les sanctions contre l’homosexualité, entre affirmation souveraine et critiques internationales

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a franchi une étape décisive dans la réforme du cadre légal encadrant l’homosexualité au Sénégal en promulguant, ce lundi 30 mars 2026, la loi récemment adoptée par l’Assemblée nationale. Le texte, désormais en vigueur après sa publication dans le Journal officiel de la République, marque un durcissement significatif des sanctions pénales liées à ce que la législation sénégalaise qualifie d’« actes contre nature ».

Adoptée le 11 mars 2026 par les députés, cette nouvelle loi introduit des peines de prison plus lourdes à l’encontre des personnes reconnues coupables de pratiques homosexuelles. Désormais, celles-ci s’exposent à des peines allant de cinq à dix ans d’emprisonnement. Le texte va plus loin en élargissant le champ des poursuites aux personnes accusées de promouvoir, soutenir ou financer l’homosexualité, lesquelles encourent des peines comprises entre trois et sept ans de prison.

Cette évolution législative s’inscrit dans un contexte politique et sociétal marqué par une volonté affirmée des nouvelles autorités de renforcer ce qu’elles présentent comme des valeurs socioculturelles et morales propres au pays. Elle intervient également dans un climat de débats intenses, tant au niveau national qu’international.

En effet, plusieurs organisations internationales, dont Organisation des Nations unies et la Fédération internationale pour les droits humains, avaient appelé les autorités sénégalaises à renoncer à la promulgation de cette loi. Ces institutions ont exprimé leurs préoccupations quant à une possible atteinte aux droits fondamentaux, mais aussi aux conséquences sanitaires, notamment en matière de lutte contre le VIH, redoutant que la criminalisation accrue ne complique l’accès à la prévention et aux soins pour certaines populations.

Sur le plan diplomatique, cette décision a déjà produit des effets. La Wallonie a ainsi annoncé la suspension de sa coopération avec le Sénégal, illustrant les tensions que cette réforme pourrait engendrer avec certains partenaires internationaux.

Du côté des autorités sénégalaises, la promulgation de cette loi est assumée et défendue. Le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Amadou Ba, s’est publiquement félicité de cette décision. Dans une déclaration relayée sur les réseaux sociaux, il a salué une mesure qu’il considère comme nécessaire, estimant que la recrudescence des arrestations observée ces derniers jours témoigne de la pertinence du moment choisi pour agir. Il a également mis en cause l’ancien régime, qu’il accuse de complaisance, voire de protection à l’égard des personnes impliquées dans ces pratiques.

Daaras : entre héritage spirituel et ambition de modernisation, le pari de Diomaye pour un Sénégal souverain

À l’occasion de la Journée nationale des Daaras, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a livré un discours à forte portée symbolique et stratégique, mettant en lumière le rôle central des daaras dans la construction de l’identité sénégalaise. Dans une allocution empreinte de solennité, le chef de l’État a salué cette institution séculaire qu’il considère comme l’un des piliers fondamentaux de la nation, tant sur les plans religieux, moral, spirituel qu’intellectuel.

Inscrivant son propos dans une logique de réaffirmation culturelle, le président a invité les Sénégalais à un profond retour sur eux-mêmes. Selon lui, les valeurs véhiculées par les daaras suffisent largement à fonder une société solide et cohérente, sans nécessité de recourir à des modèles exogènes. Cette conviction s’appuie sur l’idée que l’identité sénégalaise, dans sa richesse et sa singularité, constitue un socle autonome capable de porter un projet de société pleinement souverain.

Dans cette perspective, les daaras ne sont pas seulement perçus comme des lieux d’apprentissage religieux, mais comme de véritables espaces de formation de citoyens. Ils participent, selon le président, à façonner des individus enracinés dans des valeurs de discipline, de solidarité et de spiritualité, contribuant ainsi à l’équilibre social et à la cohésion nationale. Ce rôle structurant en fait, à ses yeux, un levier essentiel pour bâtir un Sénégal confiant, debout et conscient de sa propre valeur.

Toutefois, cette valorisation du modèle traditionnel ne saurait occulter les défis matériels auxquels font face de nombreux daaras à travers le pays. Conscient de cette réalité, le chef de l’État a insisté sur la ضرورة de moderniser les conditions d’apprentissage et de vie des élèves coraniques. Il a ainsi annoncé un vaste programme de rénovation des infrastructures, visant à transformer ces espaces en lieux dignes, salubres et adaptés aux exigences contemporaines.

L’ambition affichée est claire : garantir aux ndongo daaras un environnement propice à leur épanouissement, où leur santé et leur bien-être sont pleinement assurés. Cette transformation des conditions matérielles est présentée comme une étape indispensable pour renforcer la crédibilité et l’attractivité du modèle éducatif des daaras.

Au-delà de l’enjeu national, le président projette également une vision tournée vers l’international. En consolidant et en modernisant les daaras, il aspire à faire du Sénégal une référence en matière d’éducation fondée sur des valeurs. L’objectif est d’inverser les dynamiques d’influence, en faisant du pays une source d’inspiration pour d’autres nations en quête de repères éthiques et culturels.

Assises des daaras : Ousmane Sonko défend la souveraineté nationale face aux pressions extérieures et annonce des mesures sur l’accès des mineurs à Internet

Lors de la cérémonie de clôture des assises des daaras, le Premier ministre Ousmane Sonko a livré un discours dense, marqué par une forte charge politique et une réflexion approfondie sur les enjeux sociétaux actuels du Sénégal. Au cœur de son intervention, la question de la souveraineté nationale face aux influences extérieures, notamment dans le cadre des réformes liées au durcissement des peines contre l’homosexualité.

Le chef du gouvernement a clairement affirmé que certaines orientations prises par les autorités sénégalaises suscitent des réactions défavorables à l’international. Selon lui, plusieurs États partenaires exerceraient des pressions, y compris économiques, pour infléchir les choix du Sénégal en matière de politique sociétale. Dans ce contexte, il a appelé à une posture de fermeté, estimant que la souveraineté nationale doit primer sur toute autre considération, même si cela implique des sacrifices.

Dans son analyse du contexte mondial, Ousmane Sonko a dressé le tableau d’un rapport de force qu’il juge profondément déséquilibré. Il a souligné que certains pays, bien que minoritaires en termes de population, disposent d’une puissance économique et médiatique considérable leur permettant d’imposer leurs normes et leurs valeurs à l’échelle internationale. À l’inverse, les nations qui défendent des positions divergentes se retrouvent, selon lui, marginalisées et moins influentes sur la scène mondiale.

Le Premier ministre a ainsi insisté sur la nécessité pour le Sénégal de bâtir un modèle de société fondé sur ses propres réalités culturelles, sociales et religieuses. Il a exhorté les acteurs nationaux à résister à ce qu’il considère comme des tentatives d’ingérence, réaffirmant que la souveraineté demeure un principe non négociable dans la conduite des affaires publiques.

Abordant les mutations sociales et leurs impacts, Ousmane Sonko a également exprimé ses inquiétudes quant à la diffusion de contenus qu’il juge contraires aux normes sociales du pays. Il a mis en garde contre le risque de banalisation de certains comportements à travers leur exposition répétée, estimant que cela pourrait fragiliser la cohésion sociale.

Dans cette perspective, il a annoncé la mise en place d’un comité chargé de réfléchir à un encadrement plus strict de l’accès à Internet, en particulier pour les mineurs. Parmi les pistes envisagées figure la possibilité de restreindre l’accès au réseau pour les moins de 16 ans. Le Premier ministre a tenu à préciser que ces réflexions ne s’inscrivent pas dans une logique de restriction des libertés individuelles, mais visent plutôt à garantir l’ordre public ainsi que la sécurité individuelle et collective.

Assemblée nationale : El Malick Ndiaye lance une nouvelle dynamique pour l’évaluation des politiques publiques

Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a présidé ce lundi matin un atelier de formation organisé par l’institution parlementaire en partenariat avec Programme des Nations Unies pour le développement . Cette rencontre, destinée aux parlementaires ainsi qu’aux personnels administratifs, s’inscrit dans une volonté affirmée de renforcer les capacités de l’Assemblée nationale en matière d’évaluation des politiques publiques.

Au cœur de cette initiative se trouve une ambition stratégique : établir un dialogue technique structuré entre le pouvoir législatif et l’exécutif autour de la performance de l’action publique. L’atelier consacre ainsi une collaboration étroite entre la Direction des services de planification, de contrôle et d’évaluation des politiques publiques, bras technique de l’Assemblée nationale dans ce domaine, et les cellules d’études, de planification et de suivi-évaluation des ministères sectoriels. À travers cette synergie, il s’agit de poser les bases d’un système cohérent d’évaluation capable d’apprécier l’efficacité des politiques mises en œuvre.

Dans son intervention, El Malick Ndiaye a rappelé que si les trois missions classiques de l’Assemblée nationale sont aujourd’hui pleinement opérationnelles, la quatrième, introduite par la réforme constitutionnelle de 2016 et relative à l’évaluation des politiques publiques, est restée longtemps sans véritable mécanisme d’application. Il a ainsi déploré l’absence, jusqu’ici, d’un dispositif structuré permettant d’apprécier de manière systématique l’impact des politiques publiques.

Face à ce décalage entre les exigences constitutionnelles et la réalité institutionnelle, le président de l’Assemblée nationale a insisté sur la nécessité d’une réponse méthodique et inclusive. C’est dans cette optique qu’un comité ad hoc a été mis en place, réunissant des représentants de la majorité, de l’opposition, des non-inscrits, mais aussi des experts et des acteurs de la société civile. Ce cadre participatif a notamment permis d’élaborer un guide méthodologique dédié à l’évaluation des politiques publiques, constituant une première étape vers l’opérationnalisation de cette mission.

Cependant, El Malick Ndiaye a souligné qu’une architecture institutionnelle, aussi solide soit-elle, ne peut produire des შედეგats sans un accès à une information fiable, partagée et exploitable. L’un des enjeux majeurs de cette réforme réside donc dans la mise en place d’un circuit informationnel intégré entre l’Assemblée nationale et les ministères. Une telle démarche vise à renforcer la circulation des données, condition indispensable à une évaluation pertinente et rigoureuse.

Ce dispositif permettra notamment de fluidifier les échanges entre les projets annuels de performance et les rapports annuels de performance, tout en offrant une meilleure lisibilité de l’exécution budgétaire et des programmes publics. Il contribuera également à renforcer les capacités d’analyse des parlementaires, en leur donnant accès à des données consolidées et harmonisées.

À terme, l’objectif est de bâtir un cadre d’échange structuré entre les différentes entités techniques, afin de définir un référentiel commun reposant sur des outils harmonisés, des procédures cohérentes et une feuille de route opérationnelle. Ce chantier doit aboutir à la mise en place d’un système intégré d’information parlementaire dédié aux politiques publiques.

Candidature de Macky Sall à l’ONU : Aïssata Tall Sall monte au front et défend la légitimité du processus

L’ancienne ministre des Affaires étrangères, Aïssata Tall Sall, est sortie de sa réserve ce lundi pour répondre aux nombreuses critiques entourant la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Face à la presse, elle a adopté un ton ferme et déterminé, s’attachant à déconstruire ce qu’elle qualifie de contrevérités et de lectures erronées du processus en cours.

Dès l’entame de son intervention, elle a tenu à clarifier un point qu’elle juge fondamental : la candidature du Sénégal est bel et bien officielle. Selon elle, le dossier a été déposé le 2 mars et dûment reçu par les instances compétentes des Nations unies. Elle insiste sur le fait qu’il ne saurait être question de rejet ou d’irrégularité, affirmant que la procédure suit son cours normal, conformément aux règles diplomatiques en vigueur. Pour elle, toute interprétation contraire relève d’une confusion ou d’une mauvaise compréhension des mécanismes onusiens.

Revenant ensuite sur la réunion tenue à Addis-Abeba, Aïssata Tall Sall a apporté des précisions sur la procédure dite de « silence » utilisée par l’Union africaine. Elle a expliqué qu’il ne s’agit pas d’un vote formel classique, mais d’un mécanisme où chaque État membre peut exprimer une position favorable, défavorable ou demander un délai de réflexion. Selon les chiffres qu’elle a avancés, 37 pays africains soutiennent la candidature sénégalaise, tandis que 13 ont formulé des objections et 5 ont sollicité un temps supplémentaire. Elle estime que ces résultats traduisent une majorité significative en faveur du candidat, soulignant que l’Afrique, dans sa grande majorité, se range derrière cette proposition.

Face aux critiques liées au principe de rotation géographique, notamment évoqué par certains pays comme le Nigeria, l’ancienne cheffe de la diplomatie a tenu à relativiser cet argument. Elle a rappelé que cette rotation n’est pas une règle automatique ni contraignante, mais plutôt une pratique dépendant du contexte international et du profil des candidats. Pour appuyer son propos, elle a évoqué le précédent de deux dirigeants africains qui se sont succédé à la tête de l’ONU pendant quinze ans, démontrant selon elle que les dynamiques de choix dépassent les simples considérations régionales.

Aïssata Tall Sall a également recentré le débat sur l’étape décisive du processus : le Conseil de sécurité des Nations unies. Elle a rappelé que les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto déterminant. Dans ce contexte, a-t-elle souligné, c’est à ce niveau que se joue l’essentiel des négociations diplomatiques. Un seul veto suffirait à bloquer toute candidature, ce qui rend cette phase cruciale et hautement stratégique.

Au-delà des aspects procéduraux, elle a mis en avant la vision portée par le candidat sénégalais, axée sur le renforcement de la paix mondiale, la relance du multilatéralisme et la réforme de la gouvernance internationale. Elle estime que ces orientations répondent aux défis actuels du système international et peuvent fédérer un large soutien.

En élargissant la perspective, Aïssata Tall Sall a insisté sur la portée continentale de cette candidature. Selon elle, il ne s’agit pas uniquement d’une ambition nationale, mais d’une opportunité pour l’ensemble de l’Afrique de peser davantage sur la scène internationale. Elle a toutefois exprimé des regrets face aux divisions internes observées au Sénégal, jugeant paradoxal que l’éventualité d’un tel poste suscite autant de contestations au sein même du pays.

Le FPRS (And/Liggey) appelle à une mobilisation des forces vives pour sauver l’économie nationale

Le Parti Front pour la République du Sénégal (FPRS – And/Liggey) a pris connaissance, avec une vive inquiétude, de la décision de l’agence de notation S&P Global Ratings d’abaisser la note souveraine du Sénégal à « CCC+ », assortie d’une perspective de surveillance renforcée.

Cette rétrogradation, qui fait suite à celle de Moody’s, place notre pays dans la catégorie des emprunteurs à haut risque.

Selon le FPRS, ce verdict constitue une preuve irréfutable de la faillite de la politique économique actuelle, marquée par une gestion opaque des finances publiques, un recours excessif à la dette intérieure à court terme et un dérapage du déficit budgétaire, désormais estimé à plus de 10 % du PIB.

Le parti souligne également les conséquences désastreuses de cette situation pour les Sénégalais :

Explosion du coût de la dette : le Sénégal devra payer des taux d’intérêt beaucoup plus élevés pour se financer, hypothéquant ainsi ses recettes budgétaires futures. Rétrécissement de l’investissement : cette note « spéculative » risque de faire fuir les investisseurs directs étrangers, freinant la création d’emplois, notamment pour les jeunes. Menace sur le pouvoir d’achat : face à la crise de liquidité, le gouvernement pourrait être tenté d’augmenter la pression fiscale sur les ménages et les entreprises, aggravant ainsi le coût de la vie.

Le FPRS (And/Liggey) dénonce par ailleurs toute tentative du gouvernement de rejeter la responsabilité sur les agences de notation, estimant que les chiffres officiels, ainsi que le gel du programme avec le FMI, confirment la fragilité de l’économie nationale.

Nos exigences :

La transparence totale : publication immédiate des audits relatifs à la dette, notamment toute dette dissimulée. Un plan de sauvetage rigoureux : arrêt des dépenses de prestige et recentrage sur les secteurs productifs. Le rétablissement de la confiance : le dialogue avec les partenaires techniques et financiers doit être une priorité, et non une simple opération de communication.

Polémique autour d’une éventuelle candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU : entre débats diplomatiques et enjeux de crédibilité africaine

Une controverse a récemment émergé dans certains cercles diplomatiques et médiatiques concernant une hypothétique candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies Organisation des Nations unies. Cette discussion, encore non officialisée au niveau institutionnel, a néanmoins suscité de nombreux commentaires sur la scène africaine et internationale, révélant des divergences d’appréciation sur les méthodes de désignation, les équilibres régionaux et les principes de gouvernance diplomatique.

Au cœur de cette polémique, certains observateurs estiment que des démarches informelles auraient été envisagées pour promouvoir des candidatures africaines dans la perspective de la succession à la tête de l’ONU. D’autres voix, en revanche, dénoncent des tentatives d’influence ou de construction de consensus prématurés, considérant que ce type de processus doit impérativement respecter les cadres institutionnels établis et les consultations multilatérales traditionnelles. Ces débats traduisent surtout la sensibilité extrême qui entoure toute discussion relative aux plus hautes fonctions des Nations unies.

Dans ce contexte, la question de la légitimité et de la transparence des procédures revient avec insistance. Plusieurs analystes rappellent que le poste de Secrétaire général exige non seulement un équilibre géopolitique délicat entre les régions du monde, mais aussi une capacité à fédérer un consensus large au sein des États membres. Toute perception de manœuvre anticipée ou de lobbying excessif peut fragiliser une candidature, même lorsqu’elle repose sur un parcours politique reconnu.

Par ailleurs, certains débats ont pris une dimension plus large en Afrique, où des réflexions émergent sur la manière dont les candidatures continentales sont portées dans les instances internationales. Des divergences d’approche apparaissent entre États africains sur la stratégie à adopter, notamment sur la coordination diplomatique et le respect des équilibres internes. Le Nigeria Nigeria, souvent considéré comme un acteur influent dans les dynamiques régionales, est cité par certains analystes comme ayant insisté sur la nécessité de respecter les principes établis, notamment en matière de rotation et de consensus, afin d’éviter toute division entre pays africains.

Au-delà des positions nationales, cette séquence met en lumière une interrogation plus profonde sur la place de l’Afrique dans les grandes institutions internationales. Plusieurs experts soulignent que les États africains sont de plus en plus attentifs à la cohérence de leurs positions collectives et à la crédibilité des candidatures qu’ils soutiennent. Dans un système international de plus en plus compétitif, la réputation, la neutralité et la capacité à incarner un consensus mondial apparaissent comme des critères déterminants.

La fonction de Secrétaire général de l’ONU est en effet perçue comme hautement symbolique, au-delà de ses aspects administratifs. Elle suppose une image de neutralité absolue, une intégrité reconnue et une légitimité capable de transcender les appartenances nationales. Dans ce cadre, toute candidature est soumise à un examen politique rigoureux, où les considérations diplomatiques, éthiques et stratégiques s’entremêlent étroitement.

Enfin, cette polémique révèle aussi les tensions récurrentes entre ambitions individuelles et dynamiques collectives dans la diplomatie africaine. Elle souligne la difficulté pour les États du continent de construire des positions unifiées face à des enjeux globaux, tout en défendant leurs intérêts propres. Au-delà du cas évoqué, c’est donc une réflexion plus large sur la maturité diplomatique, la coordination régionale et la crédibilité internationale de l’Afrique qui se dessine.

Relance du chantier de l’hôpital Aristide Le Dantec : l’État veut accélérer pour une livraison rapide

Le chantier de l’hôpital Aristide Le Dantec Hospital suscite un regain d’attention au sommet de l’État, tant il représente un enjeu crucial pour l’amélioration du système de santé au Sénégal. Les autorités affichent désormais une volonté claire d’accélérer les travaux afin de livrer, dans les meilleurs délais, cette infrastructure sanitaire stratégique, appelée à transformer durablement la prise en charge médicale des populations.

C’est dans ce contexte que le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, s’est rendu sur le site pour une visite d’inspection. Cette descente de terrain avait pour objectif d’évaluer concrètement l’état d’avancement des travaux, mais aussi d’identifier les contraintes techniques et organisationnelles qui freinent encore le bon déroulement du chantier. Une démarche qui s’inscrit dans la dynamique impulsée par les plus hautes autorités du pays, notamment le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, qui prônent une gouvernance axée sur des solutions pragmatiques et une gestion rapprochée des projets structurants.

Au cours de cette visite, la délégation ministérielle a pu constater de visu les difficultés qui entravent encore la progression des travaux. Parmi les principaux obstacles figurent des ajustements techniques liés à la révision du projet initial, ainsi que certaines lenteurs dans la mise en œuvre opérationnelle. Face à cette situation, des mesures correctives sont en cours d’élaboration afin de lever rapidement ces blocages et de redonner une nouvelle impulsion au chantier.

Le ministre a particulièrement insisté sur le caractère stratégique de cet hôpital, qui constitue l’un des piliers de la modernisation du plateau médical national. Initialement conçu pour accueillir 450 lits, le projet a été revu à la hausse pour atteindre une capacité de 660 lits. Cette augmentation significative, bien qu’essentielle pour répondre à la demande croissante en soins de santé, a contribué à complexifier certains aspects techniques du chantier et à rallonger les délais d’exécution. D’où la nécessité, selon Déthié Fall, de stabiliser rapidement les choix techniques afin d’éviter de nouveaux ajustements susceptibles de retarder davantage la livraison.

Dans cette perspective, des propositions concrètes seront prochainement soumises au chef du gouvernement et au chef de l’État. L’objectif est de faciliter une prise de décision rapide et efficace, en vue d’accélérer le rythme des travaux tout en garantissant le respect des normes de qualité. Le ministre a, par ailleurs, exhorté l’entreprise en charge du chantier à maintenir la cadence actuelle, en insistant sur la nécessité de conjuguer rigueur, efficacité et respect des délais contractuels.

Élections locales : Alioune Ndoye dénonce un flou « anormal » et alerte sur les risques pour la transparence

Le maire de Dakar-Plateau et directeur de l’école du Parti socialiste, Alioune Ndoye, est monté au créneau pour dénoncer l’absence de visibilité autour du calendrier des prochaines élections locales. Invité de l’émission En vérité ce dimanche 29 mars 2026, l’édile a exprimé son incompréhension face au silence des autorités sur la date officielle du scrutin, attendu pourtant entre janvier et février prochains.

Pour le responsable socialiste, cette situation est tout simplement « anormale » dans un pays reconnu pour la solidité de ses traditions démocratiques. Il estime que l’absence de décret fixant le calendrier électoral crée un déséquilibre entre les acteurs politiques et alimente un climat d’incertitude préjudiciable à la transparence du processus. Selon lui, les formations politiques sont laissées dans le flou, incapables de se préparer convenablement à une échéance pourtant cruciale pour la vie démocratique locale.

Au-delà du calendrier, Alioune Ndoye s’est également prononcé sur l’entrée en vigueur de l’Acte 4 de la décentralisation. À ses yeux, la mise en œuvre de cette réforme majeure avant les élections semble aujourd’hui techniquement compromise. Il juge les délais trop courts pour conduire efficacement un chantier d’une telle ampleur, ce qui pourrait entraîner des dysfonctionnements dans l’organisation des collectivités territoriales.

L’élu local a également pointé du doigt l’absence de révision des listes électorales, qu’il considère comme une entorse aux standards démocratiques du Sénégal. À quelques mois du scrutin, cette situation suscite, selon lui, de vives inquiétudes quant à la fiabilité du corps électoral. Il rappelle que la mise à jour régulière des listes est un élément fondamental pour garantir des élections inclusives et crédibles.

Dans un ton plus critique, Alioune Ndoye accuse le gouvernement de mener une campagne électorale déguisée à travers les déplacements répétés de certains responsables politiques sur le terrain. Il y voit une tentative de tirer avantage d’un calendrier encore flou, au détriment d’une compétition équitable entre les différents camps.

Kaolack : le PDS critique la gestion municipale et appelle à un audit du « cœur de ville »

La Fédération urbaine du Parti démocratique sénégalais (PDS) de Kaolack est montée au créneau ce samedi 28 mars 2026 pour dresser un diagnostic sévère de la gestion municipale. Face à la presse, ses responsables ont dénoncé les difficultés persistantes auxquelles font face les populations kaolackoises, pointant ce qu’ils considèrent comme des insuffisances dans la gouvernance locale.

Selon les libéraux, la mairie peine jusqu’ici à apporter des réponses concrètes aux préoccupations des citoyens. Dans cette dynamique, la structure politique préconise la mise en place d’un audit approfondi de la gestion municipale, avec un accent particulier sur le projet du « cœur de ville ». Les responsables du PDS exigent ainsi que toute la lumière soit faite sur le respect des engagements pris entre l’homme d’affaires Serigne Mboup et l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, concernant l’exploitation et l’aménagement de cet espace stratégique.

Par ailleurs, la Fédération urbaine du PDS a exprimé son opposition à la poursuite des travaux du stade municipal, appelant à leur arrêt immédiat. Une position qui s’inscrit, selon ses membres, dans une volonté de réorienter les priorités vers des investissements jugés plus urgents pour les populations.

Autre point soulevé lors de cette sortie médiatique : la situation du port de Kaolack. Considéré comme un levier essentiel du développement économique régional, cet outil est aujourd’hui en perte de vitesse. Le président de la Fédération urbaine du PDS à Kaolack, Matar Ba, et ses alliés plaident ainsi pour le dragage du port, une condition qu’ils jugent indispensable à sa relance et à la dynamisation de l’économie locale.

Sur le plan politique, les responsables libéraux ont lancé un appel à l’unité des militants et des cadres du parti en perspective des prochaines échéances électorales. Ils invitent à dépasser les divergences internes afin de renforcer la cohésion et la mobilisation.

Dans la même veine, Matar Ba a annoncé la participation du PDS aux élections municipales prévues en 2027, affirmant la volonté du parti de reconquérir des positions stratégiques à l’échelle locale.

Cette sortie médiatique du PDS s’inscrit dans un contexte politique marqué par une recomposition des forces et une montée des enjeux autour de la gouvernance territoriale, notamment dans une ville comme Kaolack, au cœur des dynamiques économiques du centre du pays.

Affaire AEE Power/ASER : Thierno Alassane Sall accuse Ousmane Sonko de contradictions et interpelle le régime

La polémique autour du projet AEE Power/ASER connaît un nouveau rebondissement au Sénégal, à la suite d’une sortie du Premier ministre Ousmane Sonko lors de sa visite à Fissel. Ses déclarations, mettant en cause le député Thierno Alassane Sall dans le blocage supposé du projet, ont suscité une vive réaction de ce dernier, qui dénonce des propos incohérents et accuse le régime en place de manipulation.

Dans une prise de parole au ton ferme, Thierno Alassane Sall rejette catégoriquement les accusations portées contre lui. Il s’étonne notamment qu’on puisse lui attribuer une quelconque responsabilité dans le ralentissement du projet, alors même qu’il n’exerce pas le pouvoir exécutif. Selon lui, cette sortie soulève une interrogation fondamentale sur la réalité du pouvoir au sommet de l’État, évoquant implicitement le rôle du président Bassirou Diomaye Faye dans la gestion des affaires publiques.

Le député va plus loin en pointant ce qu’il considère comme une contradiction majeure au sein du pouvoir. Il rappelle que, depuis près de deux ans, les autorités, leurs soutiens politiques et médiatiques n’ont cessé d’affirmer que le projet AEE Power/ASER suivait son cours normal. Dès lors, il juge incompréhensible que l’on tente aujourd’hui de lui imputer un blocage, y voyant une tentative de diversion face à des zones d’ombre persistantes dans ce dossier.

Au cœur de sa charge, Thierno Alassane Sall évoque également la question des 37 milliards de francs CFA liés au projet. Il interpelle directement le gouvernement sur la destination de ces fonds, estimant que les Sénégalais sont en droit d’exiger des réponses claires et transparentes. Pour lui, la sortie d’Ousmane Sonko constitue un aveu involontaire qui fragilise davantage la communication du pouvoir sur ce dossier sensible.

Dyarchie au sommet de l’État : Penda Mbow appelle à une réforme constitutionnelle pour clarifier le pouvoir

Au Sénégal, la configuration actuelle du pouvoir exécutif suscite de plus en plus de débats. Alors que la Constitution consacre un régime présidentiel fort, la relation entre le président de la République Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko semble redéfinir, dans la pratique, les équilibres institutionnels au sommet de l’État. Cette situation, perçue par certains comme une forme de dyarchie, alimente interrogations et inquiétudes dans le champ politique.

Depuis le congrès de la coalition DiomayePrésident et le lancement parallèle de l’Alliance Patriotique pour le Travail et l’Éthique, les relations entre les deux têtes de l’exécutif donnent le sentiment d’un passage progressif d’un duo complémentaire à une rivalité feutrée. Une évolution qui, sans être officiellement conflictuelle, laisse entrevoir des divergences dans l’exercice du pouvoir et dans la définition des priorités politiques.

C’est dans ce contexte que l’historienne et ancienne ministre Penda Mbow a pris la parole, à l’occasion d’un panel consacré aux causes profondes de l’instabilité au Sahel. Elle a exprimé de manière claire ses préoccupations face à ce qu’elle considère comme une anomalie institutionnelle. Selon elle, le Sénégal se retrouve aujourd’hui dans une situation inédite où deux figures exercent une influence déterminante au sommet de l’État, une configuration qui ne correspond pas à l’esprit de la Constitution.

Pour Penda Mbow, cette dualité ne peut être laissée en l’état. Elle estime que le cadre juridique actuel est en décalage avec la réalité politique observée. Dans un régime présidentiel, rappelle-t-elle, le chef de l’État est censé incarner pleinement le pouvoir exécutif. Or, la légitimité politique dont bénéficie le Premier ministre, notamment auprès d’une large frange de la jeunesse, vient brouiller cette architecture institutionnelle.

L’universitaire souligne que cette légitimité parallèle repose sur le parcours politique d’Ousmane Sonko et sur l’adhésion populaire dont il continue de jouir. Ce facteur rend, selon elle, l’exercice du pouvoir plus complexe pour le président Bassirou Diomaye Faye, dans la mesure où la Constitution ne prévoit pas une répartition aussi marquée de l’influence au sein de l’exécutif.

Face à cette situation inédite, Penda Mbow plaide pour une réforme constitutionnelle en profondeur. Elle propose notamment d’ouvrir le débat sur un éventuel passage à un régime parlementaire, qui permettrait de mieux refléter les réalités politiques actuelles et d’instaurer un équilibre plus clair entre les différents pôles de pouvoir. Une telle réforme, selon elle, offrirait un cadre institutionnel plus adapté à la dynamique politique du pays.

Par ailleurs, l’ancienne ministre de la Culture s’est montrée critique à l’égard de certaines orientations politiques portées par le Premier ministre, notamment en ce qui concerne le rôle du parti dans la gestion de l’État. Elle met en garde contre toute tentative de retour à un modèle de parti-État, qu’elle considère comme dépassé et incompatible avec les exigences démocratiques contemporaines.

Penda Mbow insiste sur le fait qu’aucune formation politique, dans le contexte actuel, ne dispose des capacités nécessaires pour régenter à elle seule l’ensemble de la société. Elle appelle plutôt à une approche fondée sur une participation citoyenne élargie, seule à même de répondre efficacement aux défis de développement auxquels le Sénégal est confronté.

ONU : le Nigeria s’oppose à la candidature de Macky Sall et dénonce une entorse aux règles diplomatiques

La candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies continue de susciter des remous au sein du continent africain. Après la prise de position officielle du Sénégal, c’est désormais la Nigeria qui monte au créneau pour contester la démarche engagée au niveau de l’Union africaine.

Dans une note verbale datée du 27 mars 2026 et adressée à la Commission de l’Union africaine depuis Addis-Abeba, l’ambassade de la République fédérale du Nigeria et sa mission permanente auprès de l’UA et de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA) ont exprimé une opposition claire à la désignation de Macky Sall comme candidat de consensus du continent africain.

Au cœur de la contestation nigériane figure une critique de fond sur la procédure ayant conduit à cette initiative. Abuja estime que la décision de proposer l’ancien président sénégalais comme candidat africain au poste de Secrétaire général de l’ONU est « incorrecte sur le plan procédural ». Le Nigeria déplore notamment que les mécanismes établis au sein de l’Union africaine n’aient pas été respectés, en particulier l’absence d’un examen approfondi par le Comité ministériel chargé des candidatures.

Dans son argumentaire, le Nigeria insiste sur son attachement à un ordre international fondé sur des règles claires, des procédures rigoureuses et des principes multilatéraux. Il rappelle que les États membres de l’Union africaine sont tenus de respecter ces normes, qui constituent le socle de la crédibilité diplomatique du continent sur la scène internationale. En ce sens, Abuja considère que la démarche actuelle fragilise non seulement la cohérence interne de l’organisation, mais aussi sa position dans les grandes négociations internationales.

Au-delà de la question procédurale, la note verbale soulève également un enjeu de principe lié à la rotation régionale pour le poste de Secrétaire général des Nations Unies. Le Nigeria rappelle qu’il est généralement admis que ce poste suit une forme d’équilibre géographique entre les différentes régions du monde. Selon cette logique, il reviendrait cette fois à l’Amérique du Sud et à la région des Caraïbes de proposer un candidat. Or, l’Afrique reconnaissant les Caraïbes comme sa « sixième région », Abuja estime qu’une candidature africaine à ce stade pourrait être perçue comme une remise en cause de cette pratique diplomatique.

Le document met en garde contre les conséquences d’une telle entorse aux usages établis. Pour le Nigeria, ignorer ce principe de rotation pourrait affaiblir la position de l’Afrique dans les négociations futures et compromettre ses intérêts stratégiques à long terme. Cette lecture traduit une vision plus globale des équilibres internationaux, où chaque décision doit s’inscrire dans une logique de continuité et de respect des engagements implicites entre régions.

Enfin, Abuja exprime sa surprise face à la rapidité du processus. La note souligne que les États membres ont disposé de très peu de temps pour examiner une décision d’une telle importance, sans qu’elle ne fasse l’objet d’un débat approfondi. Cette précipitation est perçue comme un manquement aux standards de gouvernance de l’Union africaine, renforçant ainsi les réserves du Nigeria.

Toutefois, le pays tient à préciser que son opposition ne vise pas la personne de Macky Sall ni le Sénégal en tant qu’État. Il s’agit, selon les termes de la note, d’une réserve fondée exclusivement sur des considérations de procédure et de principe. Une nuance importante qui vise à éviter toute interprétation politique ou diplomatique hostile à l’égard du candidat.

Cette nouvelle prise de position vient accentuer les divisions au sein de l’Union africaine sur ce dossier sensible. Entre soutien affiché par certains États, réserves procédurales et désengagement du Sénégal lui-même, la candidature de Macky Sall apparaît désormais au cœur d’un débat complexe mêlant enjeux institutionnels, rivalités diplomatiques et équilibres géopolitiques.

ONU : Abdou Mbow défend une candidature de Macky Sall qu’il juge toujours « crédible et actuelle »

Le député Abdou Mbow, membre de l’Alliance pour la République (APR), est sorti de sa réserve pour réagir à la situation entourant la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Dans un contexte marqué par l’échec de la procédure d’adoption au sein de l’Union africaine, le parlementaire a tenu à relativiser la portée de cet épisode, qu’il ne considère pas comme un désaveu du candidat sénégalais.

Selon Abdou Mbow, la candidature de Macky Sall demeure « plus que jamais crédible et actuelle ». Il insiste sur le fait que la dynamique diplomatique en faveur de l’ancien chef de l’État n’est pas remise en cause, en dépit des obstacles procéduraux rencontrés à Addis-Abeba. À ses yeux, l’interprétation d’un rejet massif ne correspond pas à la réalité des positions exprimées par les États africains.

Le député avance que 34 pays auraient marqué leur accord pour l’adoption de la résolution, contre 20 ayant formulé des objections. Il nuance toutefois la portée de ces contestations, affirmant qu’elles ne traduisent pas une opposition politique à la candidature de Macky Sall, mais plutôt des réserves sur la méthode employée. En cause, le recours à la procédure dite de « non-objection », dont le délai de 24 heures a été jugé insuffisant par plusieurs États membres. Abdou Mbow souligne d’ailleurs que certains pays, notamment le Liberia et l’Égypte, seraient revenus sur leur position en retirant leurs objections initiales.

Dans son intervention, le parlementaire s’est également prononcé sur la position des autorités sénégalaises actuelles, qui ont déclaré ne pas être concernées par cette candidature. Une posture que conteste Abdou Mbow, affirmant que Macky Sall aurait informé le président en exercice de sa démarche. Il évoque l’existence d’un courrier adressé à Bassirou Diomaye Faye, laissant entendre qu’il y aurait eu une communication préalable entre les deux hommes sur cette initiative.

Au-delà des divergences d’interprétation, Abdou Mbow appelle à considérer le processus dans sa globalité. Il rappelle que la désignation du Secrétaire général des Nations Unies ne se limite pas à une validation au niveau africain, mais implique également des étapes décisives au sein du Conseil de sécurité, avant toute nomination définitive. Dans cette perspective, il estime que la candidature de Macky Sall conserve des marges de progression.

Abdou Mbow défend la candidature de Macky Sall à l’ONU et évoque un soutien majoritaire de 34 États africains

Le débat autour de la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies continue de susciter de vives réactions. Ce vendredi 27 mars 2026, le député Abdou Mbow est monté au créneau pour défendre la « crédibilité » de cette ambition, tout en proposant une lecture différente des récents blocages observés au sein de l’Union africaine.

Dans sa déclaration, le parlementaire insiste sur un point central : malgré l’échec de la procédure de silence, une majorité d’États africains soutiendrait bel et bien la candidature de l’ancien chef de l’État sénégalais. Selon lui, 34 pays se sont déjà prononcés en faveur de la résolution de soutien, constituant ainsi un socle diplomatique solide à l’échelle continentale. Une donnée qu’il considère comme déterminante dans la perspective de la course au poste de secrétaire général.

Abdou Mbow s’attache également à nuancer la portée des oppositions enregistrées. Les 20 États ayant initialement rompu le silence ne se seraient pas opposés sur le fond de la candidature, mais plutôt sur la forme du processus. Il évoque notamment une procédure d’urgence jugée trop courte, limitée à 24 heures, qui n’aurait pas permis une concertation approfondie entre les capitales africaines. Dans cette optique, il souligne que certaines réserves commencent déjà à s’estomper, citant le retrait des objections de pays comme l’Égypte et le Liberia, ce qui renforcerait progressivement la position de Macky Sall.

L’un des aspects les plus sensibles de cette prise de parole concerne la position officielle du Sénégal. Alors que les autorités sénégalaises avaient indiqué, via leur mission à Addis-Abeba, ne pas être associées à cette démarche, Abdou Mbow conteste fermement cette version. Il affirme que Macky Sall a bien adressé une correspondance au président Bassirou Diomaye Faye pour l’informer de son intention de briguer ce poste. Une précision qui vise, selon lui, à dissiper toute ambiguïté sur l’existence d’un minimum de concertation institutionnelle entre l’ancien et l’actuel chef de l’État.

Au-delà de la controverse, cette sortie met en lumière une réalité diplomatique plus nuancée. Si l’Union africaine n’a pas réussi à dégager un consensus formel, l’existence d’un soutien majoritaire pourrait néanmoins servir de base stratégique dans les négociations internationales. Pour les partisans de Macky Sall, l’enjeu est désormais de transformer cette majorité relative en un bloc uni capable de peser face aux autres régions du monde, notamment au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies, où se joue en grande partie la désignation du futur secrétaire général.

Dans un contexte marqué par des divisions africaines et des tensions politiques internes, la bataille autour de cette candidature dépasse largement le cadre personnel. Elle interroge la capacité du continent à s’accorder sur des ambitions communes et à défendre efficacement ses intérêts dans les instances internationales. Pour Macky Sall et ses soutiens, le défi est désormais clair : convertir un soutien dispersé en véritable force diplomatique.

Candidature de Macky Sall à l’ONU : l’Union africaine acte un échec après une fronde de vingt États membres

Dans une note officielle datée du 27 mars 2026, la Commission de l’Union Africaine a annoncé l’échec de la procédure visant à entériner la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Cette décision marque un tournant inattendu dans un processus qui, jusqu’ici, semblait engagé vers une validation formelle au niveau continental.

La procédure adoptée reposait sur le mécanisme dit de « procédure de silence », un dispositif diplomatique qui permet l’adoption d’une décision en l’absence d’objection explicite des États membres dans un délai imparti. Fixée au 27 mars, cette échéance devait donc consacrer un soutien tacite à la candidature de l’ancien chef de l’État sénégalais. Toutefois, le scénario a basculé à la dernière minute avec une contestation significative au sein de l’organisation.

Selon le document officiel, vingt États membres ont rompu le silence, empêchant de facto l’adoption du projet de décision. Ce niveau d’opposition, particulièrement élevé dans ce type de procédure habituellement consensuelle, traduit des divergences profondes entre pays africains sur l’opportunité de soutenir un candidat unique pour représenter le continent à la tête de l’Organisation des Nations Unies.

Face à cette situation, la Commission de l’Union africaine a été contrainte de constater l’échec du processus. Le texte précise clairement que le projet de décision relatif à la candidature de Macky Sall n’a pas été adopté, ce qui annule automatiquement toute forme de soutien officiel de l’organisation continentale. Cette absence d’aval collectif affaiblit considérablement les chances de l’ancien président sénégalais dans la course à la succession du Secrétaire général de l’ONU, un poste stratégique sur la scène internationale.

Cet épisode met en lumière les fractures diplomatiques persistantes au sein de l’Union africaine, notamment sur les questions de représentation et de leadership continental. Il souligne également les difficultés à construire un consensus autour d’une candidature unique, dans un contexte où les ambitions nationales et les équilibres géopolitiques continuent de peser lourdement sur les décisions collectives.

ONU : l’Union africaine enclenche la procédure pour porter Macky Sall à la tête du Secrétariat général

La Commission de l’Union africaine a franchi, ce jeudi 26 mars 2026, une étape majeure dans le processus de désignation d’un candidat africain au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Réunie sous l’autorité du Bureau de l’Assemblée, l’organisation continentale a transmis un projet de décision visant à entériner officiellement la candidature de Macky Sall. Cette démarche institutionnelle marque une accélération notable dans la stratégie africaine visant à parler d’une seule voix dans la course à la succession à la tête de l’ONU.

Consignée sous la référence CCP/OSC/A/A1/056.03.26, cette initiative intervient à l’issue d’une réunion jugée stratégique, présidée par Évariste Ndayishimiye, en sa qualité de président en exercice de Union africaine. Cette rencontre a permis d’acter une convergence politique autour de la nécessité de positionner un candidat africain crédible, expérimenté et capable de fédérer au-delà du continent.

À travers ce projet de décision, la Commission de Union Africaine cherche à formaliser un soutien politique structuré à la candidature de Macky Sall, dont le profil est perçu comme répondant aux exigences d’un poste aussi stratégique. Fort de son expérience à la tête de l’État sénégalais pendant plus d’une décennie, ainsi que de son implication dans les dossiers internationaux et africains, l’ancien chef d’État bénéficie d’un capital diplomatique non négligeable.

Cette étape s’inscrit dans une dynamique plus large visant à renforcer la présence africaine dans les hautes sphères de la gouvernance mondiale, notamment au sein de Organisation des Nations Unies . Depuis plusieurs années, les États africains plaident pour une représentation plus équitable dans les instances décisionnelles internationales, estimant que le continent, fort de ses 54 pays membres, doit jouer un rôle plus central dans la définition des politiques globales.

La procédure enclenchée par la Commission devra désormais suivre plusieurs étapes diplomatiques et politiques avant d’aboutir à une désignation consensuelle. L’un des principaux enjeux réside dans la capacité de l’Union africaine à maintenir l’unité autour d’un candidat unique, condition essentielle pour peser efficacement face aux autres blocs régionaux.

An 2 de Bassirou Diomaye Faye : Ahmadou Al Amine Lô défend un bilan marqué par la stabilité et appelle à la patience

Le ministre d’État Ahmadou Al Amine Lô a livré un plaidoyer appuyé en faveur du bilan de l’An 2 du président Bassirou Diomaye Faye, mettant en exergue la stabilité institutionnelle comme principal acquis dans un contexte national marqué par de fortes turbulences récentes.

Chargé du suivi de l’agenda stratégique « Sénégal 2050 », il a souligné que le pays a su éviter un basculement institutionnel malgré les tensions politiques et sociales enregistrées entre janvier 2024 et février 2026. Selon lui, cette capacité de résilience témoigne de la solidité des institutions sénégalaises et de la gestion du pouvoir par les nouvelles autorités.

Sur le terrain économique, le ministre d’État n’a pas éludé les difficultés actuelles. Il a pointé la lourdeur de l’héritage laissé par l’administration précédente, dirigée par Macky Sall. D’après ses analyses, la dette publique héritée dépasserait la richesse nationale, une situation qu’il qualifie de critique et qui limite fortement les capacités d’investissement de l’État. Cette contrainte budgétaire, selon lui, impose au gouvernement une approche prudente et progressive.

Dans cette perspective, Ahmadou Al Amine Lô a justifié les choix actuels de l’exécutif par la nécessité de reconstruire des marges de manœuvre financières avant de lancer des projets d’envergure. Il estime que cette étape est indispensable pour garantir la soutenabilité des politiques publiques à long terme.

Le ministre a également réaffirmé sa confiance dans l’agenda de transformation « Sénégal 2050 », présenté comme le cadre stratégique central pour le redressement économique et social du pays. Il a insisté sur le fait que les réformes engagées par le tandem Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko nécessitent du temps pour produire des effets visibles, notamment sur les conditions de vie des populations.

TRS et “dette cachée” : Cheikh Diba démonte la polémique et justifie une stratégie de financement d’urgence

Face à la montée des interrogations suscitées par un article du Financial Times évoquant une supposée « dette cachée » du Sénégal, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, est monté au créneau. Entouré du directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor ainsi que du directeur de la Dette publique, il a tenu une conférence de presse pour éclairer l’opinion nationale sur les opérations de Total Return Swap (TRS), au cœur d’une controverse grandissante.

D’emblée, le ministre a replacé le débat dans son contexte, insistant sur la nécessité de revenir à l’année 2025 pour comprendre les choix opérés par l’État. Cette période a été marquée par la certification de la gestion des finances publiques par la Cours des comptes , dont les conclusions ont suscité de vives réactions chez les partenaires techniques et financiers. Ces révélations ont contribué à une dégradation en chaîne de la note souveraine du Sénégal, entraînant une hausse significative des coûts d’emprunt sur les marchés internationaux, avec des taux oscillant entre 11 et 12 %.

Dans le même temps, l’absence de programme actif avec le Fonds monétaire international a fortement limité l’accès aux financements multilatéraux. Le pays s’est ainsi retrouvé confronté à des besoins de financement estimés à 5 700 milliards de francs CFA, dans un environnement contraint où les marges de manœuvre étaient réduites à deux options : le marché financier régional ou les marchés internationaux, ces derniers étant devenus particulièrement onéreux.

C’est dans ce contexte que les autorités ont exploré des solutions alternatives. Cheikh Diba rappelle avoir, dès octobre 2024, évoqué la nécessité d’approfondir la liquidité du marché financier régional. Toutefois, les réformes structurelles indispensables – notamment celles touchant aux fonds de pension, aux fonds d’investissement ou encore à la fiscalité – nécessitent du temps pour produire leurs effets. Il fallait donc une réponse immédiate pour mobiliser des ressources.

La stratégie retenue a consisté à capter de l’épargne extérieure, à la convertir en francs CFA et à l’injecter dans le marché domestique afin d’en renforcer la liquidité. Pour ce faire, le gouvernement s’est tourné vers des partenaires institutionnels internationaux et des banques commerciales, notamment Africain Finance Corporation , Société Général , ainsi qu’un partenaire basé à Abou Dhabi. L’objectif était clair : convaincre ces acteurs de parier sur le potentiel de croissance à long terme du Sénégal.

Toutefois, ces investisseurs ont posé certaines conditions techniques. La première concernait le risque de change, leurs ressources étant libellées en devises étrangères, alors que les titres publics sénégalais sont en francs CFA. Pour y répondre, un mécanisme de conversion a été mis en place via des banques locales de la sous-région, permettant de transformer immédiatement les devises en monnaie locale à travers des comptes logés à la banque centrale.

La seconde contrainte portait sur la gestion du risque lié à la volatilité des titres. Le ministre a rassuré en soulignant la stabilité offerte par l’appartenance du Sénégal à une zone monétaire intégrée, ainsi que la faible volatilité du marché domestique des titres publics. Pour renforcer davantage la sécurité de l’opération, un mécanisme de garantie représentant environ 30 % du montant a été prévu. Ce dispositif constitue, selon lui, le cœur du mécanisme TRS.

Le fonctionnement du système repose sur un principe simple : à l’échéance, les francs CFA sont reconvertis en devises via les mêmes circuits, puis transférés aux investisseurs. « Voilà le mécanisme. Ce n’est rien d’autre que ça », a insisté Cheikh Diba, cherchant à démystifier un instrument jugé complexe par une partie de l’opinion.

Sur la question de la transparence, le ministre a fermement rejeté toute accusation d’opacité. Il affirme que ces opérations ne comportent aucune clause cachée, aucun engagement dissimulé ni aucune mise en garantie des actifs de l’État. Les montants mobilisés sont, selon lui, intégralement inscrits dans les statistiques publiques du marché des valeurs du Trésor.

Cheikh Diba a également rappelé que le recours aux TRS n’est pas une première pour le Sénégal, qui y a déjà eu recours en 2011, 2015 et 2018. De plus, ces instruments sont expressément prévus dans la loi de finances. Les fonds mobilisés ont servi à couvrir les dépenses publiques de l’exercice 2025, dans un contexte budgétaire particulièrement contraint.

Sur le plan de la communication, le ministre a souligné avoir présenté ces opérations devant l’Assemblée nationale en novembre 2025, précisant que les informations correspondantes figurent dans les documents budgétaires officiels, notamment le rapport économique et financier annexé à la loi de finances 2026. Il a également assuré que le FMI a été informé tout au long du processus.

Sommet mondial sur l’enfance numérique : Marie Khone Faye plaide pour un usage éthique et inclusif des technologies

La Première dame du Sénégal, Marie Khone Faye, a pris part ce mercredi 25 mars 2026 à un rendez-vous international majeur consacré à la protection de l’enfance à l’ère numérique. Ce sommet inaugural de la coalition mondiale « Fostering the Future Together » s’est tenu à la Maison-Blanche, sous l’impulsion de la First Lady américaine, Melania Trump.

Cette rencontre de haut niveau a réuni plusieurs acteurs internationaux autour d’un enjeu central : garantir le bien-être et la sécurité des enfants dans un monde de plus en plus dominé par les technologies numériques. Dans ce contexte, Marie Khone Faye a porté la voix du Sénégal en mettant en avant une vision équilibrée entre innovation et protection.

Dans son intervention, elle a structuré la position sénégalaise autour de trois priorités essentielles. Elle a d’abord insisté sur la ضرورة d’un accès équitable aux outils numériques, soulignant que les inégalités technologiques peuvent accentuer les fractures sociales et éducatives. Elle a ensuite évoqué la question cruciale de la sécurité et de l’éthique dans l’utilisation des technologies, appelant à encadrer davantage les pratiques numériques pour protéger les plus jeunes. Enfin, elle a plaidé pour un renforcement des partenariats régionaux et internationaux afin de mutualiser les efforts et les bonnes pratiques.

« La technologie doit être un pont vers le savoir au service d’un avenir plus juste et inclusif pour chaque enfant », a-t-elle déclaré, résumant ainsi l’approche du Sénégal qui vise à faire du numérique un levier de développement humain plutôt qu’un facteur de vulnérabilité.

Les discussions ont également permis d’aborder des mesures concrètes pour encadrer l’usage des technologies par les enfants. Parmi les pistes évoquées figurent l’interdiction des écrans avant l’âge de trois ans, la limitation de l’utilisation des téléphones selon des seuils d’âge bien définis, ainsi que la réintroduction de supports pédagogiques traditionnels dans les systèmes éducatifs.

Les participants ont aussi mis en avant le potentiel des technologies innovantes, notamment à travers l’utilisation de robots éducatifs ou thérapeutiques pour accompagner les enfants malades. Parallèlement, une attention particulière a été accordée à la lutte contre les contenus dangereux et le harcèlement en ligne, devenus des enjeux majeurs dans l’environnement numérique actuel.

Un autre point important des échanges a concerné la régulation des contenus générés par l’intelligence artificielle, avec la proposition de rendre obligatoire leur encadrement et leur formation, afin d’éviter toute dérive pouvant nuire aux enfants.

Secrétariat général de l’ONU : l’Union africaine enclenche le soutien officiel à la candidature de Macky Sall

La Union africaine a franchi une étape décisive dans la perspective de la prochaine succession à la tête des Organisations des Nations Unies . À travers sa Commission, et plus précisément le Bureau de l’Assemblée, l’organisation continentale a transmis ce 26 mars 2026 un projet de décision visant à entériner le soutien officiel de l’Afrique à la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général.

Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de la première réunion du Bureau de l’Assemblée de l’Union africaine, tenue le même jour sous la présidence de Evariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’organisation continentale. Elle marque une volonté claire d’anticipation face à un calendrier international particulièrement serré.

Le mécanisme retenu pour l’adoption de cette décision repose sur la « procédure de silence », prévue par l’article 19(1) du règlement intérieur de l’Assemblée. Concrètement, le texte sera considéré comme adopté par consensus si, à l’issue du délai fixé au 27 mars 2026, plus d’un tiers des États membres habilités à voter ne s’y opposent pas. Cette méthode, souvent utilisée dans les organisations internationales, permet d’accélérer les prises de décision tout en préservant une forme d’accord collectif implicite.

Dans son argumentaire, l’Union africaine met en avant plusieurs atouts attribués à Macky Sall. Le document insiste sur son expérience à la tête d’un État, sa capacité à conduire des politiques orientées vers les résultats, ainsi que son aptitude à évoluer dans des environnements diplomatiques complexes. Son réseau international et sa faculté à rechercher des compromis entre puissances sont également présentés comme des éléments déterminants dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques croissantes.

Au-delà du profil du candidat, l’organisation panafricaine souligne un enjeu stratégique majeur : celui de l’unité du continent. Face à une compétition internationale où les candidatures sont souvent soutenues par des blocs régionaux puissants, l’Union africaine insiste sur la ضرورة pour l’Afrique de parler d’une seule voix afin de maximiser ses chances d’influencer le choix final.

Le calendrier imposé par les Nations Unies renforce cette nécessité d’agir rapidement. Une correspondance datée du 4 mars 2026, émanant de la présidence de l’Assemblée générale, précise en effet que les candidatures doivent être déposées au plus tard le 1er avril 2026. Cette échéance conditionne la participation aux dialogues interactifs prévus durant la semaine du 20 avril, étape clé du processus de sélection.

Dans le projet de décision, l’Assemblée de l’Union africaine apporte son appui à l’initiative d’Evariste Ndayishimiye pour avoir porté la candidature de Macky Sall. Elle affirme également son soutien total à ce dernier en tant que candidat africain, tout en exprimant sa confiance dans sa capacité à répondre, avec responsabilité et efficacité, aux défis actuels du système multilatéral.

Le texte lance enfin un appel appuyé à la solidarité africaine et invite l’ensemble des États membres des Nations Unies, y compris les membres du Conseil de sécurité, à examiner favorablement cette candidature.

Haute Cour de justice : l’audition de Moussa Bocar Thiam reportée, une affaire aux enjeux majeurs

L’affaire impliquant Moussa Bocar Thiam connaît un nouveau rebondissement. Alors que sa première comparution devant la Haute Cour de justice était très attendue ce 25 mars, celle-ci n’a finalement pas eu lieu. Une absence qui n’est pas passée inaperçue et qui a rapidement suscité interrogations et commentaires.

Selon les informations rapportées par le quotidien Les Échos, l’ancien ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique sous le régime de Macky Sall a adressé une correspondance au président de la Commission d’instruction, Abdoulaye Bâ, afin de justifier son impossibilité de se présenter. Dans cette lettre, il évoque un contexte international tendu, marqué par des perturbations géopolitiques au Qatar et dans plusieurs pays voisins. Ces tensions auraient entraîné des restrictions de circulation ainsi que des blocages de frontières, l’empêchant de rejoindre le Sénégal dans les délais impartis.

Toujours d’après la même source, ces explications semblent avoir été jugées recevables par le magistrat instructeur. En conséquence, l’audition a été reportée à une date ultérieure, probablement dans le courant du mois d’avril. Ce report, bien que motivé officiellement par des contraintes logistiques, intervient dans un contexte judiciaire particulièrement sensible.

En effet, Moussa Bocar Thiam fait face à des accusations d’une extrême gravité. Conscient des enjeux, l’ancien ministre a rapidement structuré sa défense en s’entourant de deux figures reconnues du barreau sénégalais, Papa Laïty Ndiaye et Baboucar Cissé. Leur expertise dans les dossiers complexes, notamment en matière de détournement de deniers publics, laisse entrevoir une stratégie de défense rigoureuse et méthodique.

L’origine de cette affaire remonte à une résolution adoptée le 27 février par l’Assemblée nationale, actant la mise en accusation de l’ancien membre du gouvernement. Les chefs retenus contre lui sont lourds, allant du détournement de deniers publics à l’association de malfaiteurs, en passant par le blanchiment de capitaux.

Au cœur du dossier figure la concession du Sénégal Connect Park, attribuée en mars 2024 à la société Ewans Assets pour une durée de vingt ans, moyennant une redevance de 15 millions d’euros. Cette opération fait aujourd’hui l’objet de nombreuses interrogations, notamment en raison d’irrégularités présumées relevées au cours de l’enquête.

Le montant évoqué dans cette affaire est particulièrement impressionnant. Les investigations portent sur une somme de 1.476.482.766 francs CFA que Moussa Bocar Thiam est soupçonné d’avoir détournée. Des accusations qu’il rejette fermement depuis le début de la procédure.

L’ancien ministre maintient une ligne de défense claire en affirmant son innocence et en contestant l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Il entend faire valoir ses arguments lors de sa prochaine comparution, qui s’annonce déjà décisive pour la suite de cette affaire.

TRS au Sénégal : Thierno Alassane Sall accuse le gouvernement de dissimulation et exige la transparence

Le débat sur les opérations financières dites de Total Return Swaps (TRS) contractées par l’État du Sénégal en mai et juin 2025 connaît un nouveau regain de tension sur la scène politique nationale. Au cœur de cette controverse, le député Thierno Alassane Sall hausse le ton et accuse ouvertement l’exécutif de manipulation et de manque de transparence dans la gestion de ce dossier jugé sensible.

Dans une sortie récente, le parlementaire s’attaque à l’argumentaire du gouvernement qui soutient que les députés avaient été informés de ces opérations financières. En question, un extrait vidéo de moins de vingt secondes dans lequel le ministre des Finances et du Budget évoque de manière jugée vague un possible recours aux TRS. Pour Thierno Alassane Sall, cet élément ne saurait en aucun cas constituer une preuve d’information préalable. Il rappelle que cette déclaration date du 29 novembre 2025, soit plusieurs mois après la conclusion des opérations portant sur un montant estimé à 650 millions de dollars.

Selon lui, loin d’éclairer la représentation nationale, cette communication tardive traduirait plutôt une volonté de construire a posteriori une apparence de transparence. Le député dénonce ainsi une stratégie consistant à simuler une information préalable afin de se prémunir contre les accusations d’opacité. Une démarche qu’il qualifie implicitement de calculée et qui, à ses yeux, fragilise davantage la confiance entre l’exécutif et le pouvoir législatif.

Le rôle de la presse internationale dans la révélation de cette affaire est également au centre de ses critiques. Thierno Alassane Sall estime que sans les investigations du Financial Times, l’opinion publique sénégalaise serait restée dans l’ignorance totale des contours de ces transactions. Il évoque notamment l’absence d’informations sur les montants exacts engagés, les taux appliqués, les risques financiers encourus ainsi que certaines clauses contractuelles potentiellement sensibles.

Cette situation soulève, selon lui, une problématique majeure de gouvernance et de reddition des comptes. Le fait que le contrat signé avec la Société Générale ne soit toujours pas accessible ni aux députés ni au public renforce les soupçons d’opacité. Dans un contexte où la transparence des finances publiques constitue un enjeu crucial, cette rétention d’information apparaît, aux yeux du parlementaire, difficilement justifiable.

Face à cette situation, Thierno Alassane Sall lance un défi direct au gouvernement. Il l’exhorte à transmettre sans délai à l’Assemblée nationale l’intégralité des documents contractuels liés à ces opérations. Une exigence qu’il présente comme un impératif démocratique, visant à permettre aux représentants du peuple d’exercer pleinement leur mission de contrôle de l’action gouvernementale.

 New Deal technologique : Ousmane Sonko lance la révolution numérique de l’État sénégalais

Le Premier ministre Ousmane Sonko a officiellement donné, ce mardi 24 mars 2026, le coup d’envoi des projets structurants du « New Deal technologique », une initiative ambitieuse qui vise à accélérer la transformation numérique de l’administration publique au Sénégal . À travers ce programme, le gouvernement entend moderniser en profondeur les services publics et améliorer leur accessibilité pour les citoyens, en s’appuyant sur des infrastructures numériques renforcées et des solutions innovantes.

L’un des axes majeurs de cette réforme repose sur une montée en puissance significative de la capacité du réseau national. La bande passante devrait ainsi connaître une augmentation spectaculaire, passant de 600 mégabits à 20 gigabits. Cette évolution vise à soutenir l’explosion des usages numériques et à garantir une meilleure qualité de service, notamment dans les zones à forte demande.

Dans la même dynamique, les autorités ont dévoilé un vaste projet de connectivité universelle destiné à réduire la fracture numérique. L’objectif affiché est de fournir un accès gratuit à internet à plus d’un million de Sénégalais, avec une attention particulière portée aux zones rurales et enclavées. Ce programme se veut un levier d’inclusion sociale, en permettant à des populations jusqu’ici marginalisées de bénéficier des opportunités offertes par le numérique.

Lors de son allocution, Ousmane Sonko a insisté sur le fait que la réussite de cette transformation ne saurait être uniquement dictée par une volonté politique. Il a appelé à une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs publics et privés, tout en mettant en avant l’importance de l’interopérabilité des systèmes. Selon lui, cette exigence constitue une condition essentielle pour mettre fin à la fragmentation actuelle des plateformes administratives, souvent source de lenteurs et de surcoûts pour les usagers.

Au cœur de ce dispositif figure le Guichet Unique du Citoyen, présenté comme la pierre angulaire de la réforme. Cette plateforme numérique centralisée permettra aux citoyens d’accéder à l’ensemble des services administratifs à partir d’un seul point d’entrée. À terme, des démarches telles que l’obtention d’un casier judiciaire pourront être réalisées entièrement en ligne, directement depuis un téléphone المحمول, simplifiant ainsi considérablement les interactions avec l’administration.

Cette logique de digitalisation s’étend également aux Sénégalais de l’extérieur grâce à la plateforme e-Consulat, conçue pour faciliter les démarches administratives de la diaspora. Le gouvernement entend ainsi rapprocher les services publics des citoyens, où qu’ils se trouvent.

La question de la souveraineté numérique occupe également une place centrale dans ce programme. Le Premier ministre a souligné la nécessité d’héberger les données sensibles sur le territoire national, notamment à travers le déploiement d’infrastructures cloud dans les data centers situés à Diamniadio et à Orana. Cette orientation vise à renforcer la sécurité des systèmes d’information tout en garantissant un meilleur contrôle des données stratégiques.

Par ailleurs, le New Deal technologique prévoit un accompagnement renforcé de l’écosystème numérique local. Le gouvernement compte s’appuyer sur le Start-up Act pour stimuler l’innovation et encourager l’émergence de champions nationaux dans le secteur technologique. Une stratégie de cybersécurité alignée sur les standards internationaux est également annoncée afin de protéger les infrastructures et les utilisateurs face aux menaces croissantes.

ONU : le Chili retire son soutien à Michelle Bachelet dans la course au secrétariat général

Le Chili a annoncé ce mardi le retrait de son soutien à la candidature de Michelle Bachelet au poste de secrétaire général des Nations unies, à l’approche d’un processus électoral décisif pour désigner le futur dirigeant de l’organisation à partir de 2027. Cette décision, révélée par Reuters, marque un tournant significatif dans la position diplomatique de Santiago.

Ce revirement intervient dans un contexte politique profondément transformé, quelques semaines seulement après l’investiture du président José Antonio Kast. L’arrivée au pouvoir de ce dirigeant conservateur consacre un basculement à droite inédit au Chili depuis plusieurs décennies, avec des répercussions immédiates sur les orientations internationales du pays.

Le nouveau chef de l’État n’a jamais caché ses critiques à l’égard de Michelle Bachelet, qu’il a déjà opposée à sa propre vision politique. Il a notamment estimé que son prédécesseur, Gabriel Boris, avait commis une erreur en soutenant la candidature de l’ancienne présidente chilienne, aux côtés de plusieurs pays d’Amérique latine comme le Brésil et le Mexique.

Figure majeure de la politique chilienne et internationale, Michelle Bachelet a marqué l’histoire en devenant la première femme élue à la tête du Chili, un poste qu’elle a occupé à deux reprises. Elle a ensuite poursuivi une carrière diplomatique de premier plan, notamment comme Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme entre 2018 et 2022, après avoir dirigé ONU Femmes de 2010 à 2013.

Dans un communiqué officiel, le ministère chilien des Affaires étrangères a justifié ce retrait par des considérations stratégiques. Selon la diplomatie chilienne, la multiplication des candidatures en provenance d’Amérique latine, combinée à des divergences avec certains acteurs clés du processus, rend désormais cette candidature difficilement viable. Le gouvernement a ainsi conclu que les chances de succès de Michelle Bachelet étaient fortement compromises.

Santiago a par ailleurs indiqué qu’il adopterait désormais une position de neutralité, en s’abstenant de soutenir tout candidat durant le reste du processus électoral. Une posture qui reflète la volonté du nouveau pouvoir de redéfinir les priorités diplomatiques du pays.

La désignation du prochain secrétaire général de l’Organisation des Nations unies s’annonce particulièrement complexe. Le processus s’étalera sur plusieurs mois et comprendra des auditions publiques ainsi que des votes indicatifs à huis clos au sein du Conseil de sécurité. L’étape finale dépendra de l’accord entre les cinq membres permanents disposant d’un droit de veto : les États-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni et la France.

Dans cette course très disputée, plusieurs figures internationales se positionnent déjà comme prétendants sérieux. Parmi elles figurent Rafael Grossi, candidat de l’Argentine et actuel directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rebeca Grynspan pour le Costa Rica, Virginia Gamba pour les Maldives, ainsi que Macky Sall, dont la candidature est soutenue par l’Union africaine.

New Deal technologique : Ousmane Sonko lance une nouvelle ère de digitalisation de l’État sénégalais

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé, ce mardi 24 mars 2026, le lancement officiel des projets structurants du « New Deal technologique », une initiative ambitieuse destinée à accélérer la transformation numérique de l’administration sénégalaise. À travers ce programme, le gouvernement entend moderniser en profondeur les services publics et améliorer significativement l’accès des citoyens aux prestations administratives.

Au cœur de cette stratégie figure un renforcement massif des infrastructures numériques nationales. L’exécutif a ainsi annoncé une augmentation spectaculaire de la capacité du réseau, avec une bande passante qui passera de 600 mégabits à 20 gigabits. Cette évolution vise à soutenir la montée en puissance des services digitaux et à garantir une meilleure fluidité dans les échanges de données à l’échelle nationale.

Dans le même élan, les autorités ont dévoilé un projet de connectivité universelle qui ambitionne de fournir un accès gratuit à internet à plus d’un million de Sénégalais. Cette initiative cible en priorité les zones enclavées, souvent marginalisées en matière d’accès au numérique, avec pour objectif de réduire la fracture digitale et de favoriser une inclusion technologique plus équitable.

Lors de son allocution, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour assurer la réussite de cette transformation. Selon lui, le virage numérique ne peut se limiter à une volonté politique, mais doit s’appuyer sur une coordination efficace entre les différentes administrations publiques. Il a notamment mis en avant l’importance de l’interopérabilité des systèmes, présentée comme une exigence incontournable pour mettre fin à la fragmentation actuelle, source de coûts supplémentaires et de lenteurs administratives.

La réforme s’articule autour d’un outil central : le Guichet Unique du Citoyen. Cette plateforme numérique vise à regrouper l’ensemble des services administratifs en un point d’accès unique, accessible depuis un téléphone mobile. À terme, les usagers pourront y effectuer l’intégralité de leurs démarches, notamment l’obtention de documents officiels comme le casier judiciaire, sans avoir à se déplacer.

Le dispositif inclut également une extension des services à destination de la diaspora, notamment à travers la plateforme e-Consulat, qui permettra aux Sénégalais de l’étranger d’accéder plus facilement aux services consulaires. Dans cette dynamique, le Premier ministre a souligné l’importance de garantir la souveraineté numérique du pays, en insistant sur l’hébergement des données sensibles sur le territoire national. À cet effet, le développement du cloud s’appuiera sur les infrastructures de données situées à Diamniadio et à Orana.

Par ailleurs, le programme prévoit un accompagnement renforcé de l’écosystème numérique local. Le gouvernement entend soutenir les jeunes entreprises innovantes à travers le Start-up Act, tout en déployant une stratégie nationale de cybersécurité conforme aux standards internationaux, afin de sécuriser les infrastructures et les données.

Polémique sur des emprunts « occultes » : le FDR accuse le gouvernement de mettre en péril la souveraineté financière du Sénégal

Le Front pour la défense de la République (FDR) est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie d’emprunts « occultes et particulièrement toxiques » contractés par l’État du Sénégal. Dans un communiqué signé par sa conférence des leaders, l’opposition affirme que l’exécutif aurait mobilisé près d’un milliard de dollars à travers des mécanismes financiers jugés opaques, sans en informer ni les citoyens ni le Fonds monétaire international. Cette révélation, largement relayée par le Financial Times, a provoqué une onde de choc dans le paysage politique national, ravivant les inquiétudes sur la transparence dans la gestion des finances publiques.

Selon le FDR, le gouvernement aurait eu recours à des instruments financiers complexes appelés Total Return Swaps, souvent utilisés dans les marchés internationaux mais réputés pour leur opacité et leurs risques. Ces contrats, que l’investisseur Warren Buffett avait un jour qualifiés « d’armes financières de destruction massive », permettent de générer des liquidités en échange d’engagements futurs, parfois adossés à des actifs stratégiques. Pour l’opposition, ce type de montage expose dangereusement l’économie nationale, en contournant les mécanismes classiques de contrôle et de transparence.

Le Front soutient que ces opérations auraient été conclues dans la plus grande discrétion avec des institutions financières telles que Africa Finance Corporation et First Abu Dhabi Bank. Il estime que ces accords pourraient impliquer la mise en garantie d’actifs publics sans que ni le Parlement ni l’opinion publique n’en soient informés. Une situation que le FDR considère comme une atteinte grave aux principes de bonne gouvernance et à la souveraineté économique du pays.

Dans son communiqué, le mouvement dénonce également ce qu’il présente comme un double discours de la part des autorités. D’un côté, le gouvernement affirme que les partenaires internationaux étaient informés de ces opérations, une version que conteste le FDR en affirmant que certaines institutions auraient démenti toute connaissance de ces transactions. De l’autre, l’exécutif aurait tenté de justifier ces pratiques en les rattachant aux autorisations d’endettement votées en 2025, un argument que l’opposition juge hors sujet.

La réaction officielle, portée par le ministère des Finances et du Budget, a rejeté les accusations. Toutefois, pour le FDR, cette réponse ne traite pas le fond du problème, à savoir le recours présumé à des mécanismes financiers dissimulés et potentiellement dangereux. L’opposition y voit plutôt une tentative de masquer une détérioration de la situation financière du pays, déjà mise en évidence par les récentes dégradations de la note souveraine du Sénégal par les agences Moody’s et Standard & Poor’s.

Face à cette situation, le Front pour la défense de la République formule plusieurs exigences. Il appelle à la publication intégrale des contrats de swaps afin de faire toute la lumière sur leur contenu et leurs implications. Il demande également que soient précisés les actifs éventuellement engagés, les coûts financiers annuels ainsi que les commissions versées dans le cadre de ces opérations. Enfin, il exhorte l’Assemblée nationale à mettre en place une commission d’enquête parlementaire pour établir les responsabilités et garantir la transparence.

Dette présumée cachée : Abdou Mbow interpelle le gouvernement et exige des explications

Le député Abdou Mbow est monté au créneau à la suite des révélations du Financial Times évoquant l’existence d’une supposée « dette cachée » du Sénégal estimée à environ 650 millions d’euros, soit plus de 432 milliards de francs CFA. Une information qui alimente déjà de vives tensions sur la scène politique nationale.

Dans une déclaration rendue publique, l’opposant n’a pas mâché ses mots, accusant le pouvoir en place d’« incompétence et de manipulation ». Selon lui, ces révélations viennent confirmer ses craintes quant à une gestion opaque des finances publiques. Il estime que le gouvernement aurait volontairement dissimulé l’ampleur réelle de la dette du pays, parlant même d’un « nouveau gisement de dette dissimulée ».

Pour Abdou Mbow, cette affaire dépasse le simple cadre d’une polémique médiatique. Elle soulève, selon lui, des enjeux majeurs de transparence, de gouvernance et de crédibilité de l’État sénégalais vis-à-vis de ses partenaires financiers. Il insiste sur la nécessité d’apporter des éclaircissements rapides afin de rassurer l’opinion publique nationale et les institutions internationales.

Dans ce contexte, le parlementaire appelle à une réaction officielle du gouvernement. Il exige que le Premier ministre Ousmane Sonko ainsi que le ministre des Finances et du Budget viennent s’expliquer devant l’Assemblée nationale sur ces allégations. Une démarche qu’il juge indispensable pour faire toute la lumière sur cette affaire et situer les responsabilités.

Dans la foulée, le responsable de l’Alliance Pour la République annonce son intention de saisir formellement le ministre des Finances à travers une question écrite dans un délai de 24 heures. Une initiative parlementaire qui vise à obtenir des réponses précises et documentées sur la nature exacte de cette dette, son origine et les conditions dans lesquelles elle aurait été contractée.

Journée mondiale de l’eau : l’Afrique mise sur une vision 2063 axée sur l’inclusion et le développement durable

À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, célébrée cette année sous le thème « L’eau et le genre », le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a mis en avant une nouvelle orientation stratégique majeure pour le continent africain : la Vision africaine de l’eau 2063. Dans son discours, il a salué une initiative structurante qui ambitionne de repositionner la gestion de l’eau au cœur des politiques de développement.

Adoptée lors de la 39ᵉ session ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine à Addis-Abeba, cette vision se présente comme un cadre continental de référence destiné à accompagner la mise en œuvre de l’Agenda 2063. Elle vise à faire de l’eau un levier essentiel de transformation économique et sociale en Afrique, en contribuant à l’éradication de la pauvreté, au renforcement de la sécurité alimentaire, à l’industrialisation et à la résilience face aux effets du changement climatique.

Selon Cheikh Tidiane Dièye, également président du Conseil des ministres africains chargés de l’eau, cette vision accorde une place centrale à l’égalité des sexes et à l’inclusion sociale. Elle insiste sur la nécessité de traduire ces engagements en actions concrètes, notamment à travers une meilleure intégration de l’équité dans la gouvernance de l’eau et dans l’accès aux services de base.

Dans cette dynamique, les États africains sont appelés à favoriser une participation active des femmes, des jeunes et des groupes vulnérables. L’objectif est de garantir un accès équitable aux ressources hydriques, mais aussi une répartition plus juste des bénéfices issus de leur exploitation. Cette approche vise à impulser un changement systémique fondé sur des politiques inclusives et des mécanismes de gestion participative, tant au niveau national que dans le cadre des accords transfrontaliers liés aux bassins hydrographiques.

Élaborée sous l’égide de la Commission de l’Union africaine et du Conseil des ministres africains chargés de l’eau, la Vision africaine de l’eau 2063 dépasse largement le cadre sectoriel. Elle s’impose comme une stratégie globale de développement durable articulée autour de huit objectifs majeurs, parmi lesquels l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement, la gestion durable des ressources hydriques, la promotion de la bonne gouvernance, le renforcement de la résilience climatique, le développement de l’économie bleue et le renforcement des capacités humaines.

Dans le cadre de son plan de mise en œuvre couvrant la période 2026-2033, un appel fort est lancé pour accroître l’implication des femmes et des jeunes dans les programmes structurants. Cela concerne notamment les initiatives liées à la gestion intégrée des ressources en eau ainsi que les projets d’infrastructures hydrauliques.

Cette vision offre également une opportunité stratégique pour renforcer la position de l’Afrique sur la scène internationale. À ce titre, le Sénégal, en sa qualité de président en exercice de l’AMCOW et coprésident de la Conférence des Nations Unies sur l’eau 2026, entend porter une voix africaine unifiée afin d’accélérer l’atteinte de l’Objectif de développement durable numéro 6, relatif à l’accès à l’eau et à l’assainissement.

Guy Marius Sagna fustige Cécile Neven et dénonce une « leçon inacceptable » sur les droits humains

La réaction du député sénégalais Guy Marius Sagna ne s’est pas fait attendre après l’annonce de la ministre wallonne de l’Énergie, Cécile Neven, de bloquer des financements climat destinés au Sénégal. Dans une déclaration virulente, le parlementaire a exprimé son indignation face à ce qu’il considère comme une posture moralisatrice et déplacée à l’égard d’un État souverain.

Dans son message, Guy Marius Sagna s’en prend directement à la Wallonie, accusée de ne pas être légitime pour donner des leçons en matière de droits humains. Il évoque notamment le passé colonial en Afrique centrale, rappelant les violences historiques commises au Congo. Selon lui, ces événements constituent une tache indélébile qui disqualifie toute tentative de mise en cause du Sénégal sur ce terrain.

Le député souligne que les populations congolaises ont été privées de droits fondamentaux, notamment le droit à la vie, à l’autodétermination, à l’exploitation de leurs richesses et à la préservation de leurs langues et cultures. Il dénonce des actes de pillage et de violences qu’il juge incompatibles avec les valeurs aujourd’hui défendues par certaines autorités européennes.

Dans un ton particulièrement incisif, Guy Marius Sagna a également fait référence à Tintin au Congo, œuvre souvent critiquée pour sa représentation coloniale de l’Afrique. À travers cette comparaison, il entend dénoncer une vision qu’il estime dépassée et condescendante. « Tintin au Sénégal, c’est fini », a-t-il lancé, avant d’insister sur le fait que le Sénégal est un État souverain qui ne saurait accepter ce type de discours.

Cette sortie intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de certaines décisions politiques et diplomatiques impliquant le Sénégal et ses partenaires internationaux. Elle illustre également une volonté affirmée de certains responsables politiques sénégalais de défendre la souveraineté nationale face aux pressions extérieures, notamment lorsqu’elles sont perçues comme injustes ou sélectives.

Aly Ngouille Ndiaye rejette les accusations de surfacturation et défend la transparence du contrat agricole

L’ancien ministre de l’Agriculture, Aly Ngouille Ndiaye, est monté au créneau pour répondre aux récentes déclarations de son successeur, Mabouba Diagne, qui évoquait de possibles cas de surfacturation dans un contrat portant sur du matériel agricole. Invité de l’émission Grand Jury de la RFM ce dimanche 22 mars 2026, il a fermement contesté ces accusations, qu’il juge infondées et inappropriées dans leur formulation.

Dès l’entame de son intervention, Aly Ngouille Ndiaye a qualifié les propos du ministre actuel de « maladroits », estimant qu’ils ne reposent pas sur une analyse rigoureuse des faits. Il a tenu à préciser que le contrat incriminé n’avait pas été initié sous son magistère, mais bien avant son arrivée à la tête du département de l’Agriculture. Toutefois, il reconnaît que des ajustements ont été opérés par la suite, dans un cadre qu’il décrit comme strictement encadré par des experts techniques et des procédures administratives conformes aux normes en vigueur.

Selon lui, la question des coûts ne saurait être réduite à une lecture superficielle. Il explique que les prix du matériel ont été déterminés à partir de critères techniques précis, prenant en compte la qualité des équipements, leur durabilité ainsi que leur adéquation aux besoins spécifiques du monde rural sénégalais. Ces évaluations, insiste-t-il, ont été validées par des spécialistes et alignées sur les standards du marché international, excluant toute idée de surfacturation arbitraire.

L’ancien ministre a également mis en avant son implication personnelle dans le suivi du dossier. Il affirme avoir accordé une attention particulière à la qualité du matériel acquis, allant jusqu’à se déplacer à l’étranger pour vérifier les conditions de fabrication. Cette démarche, selon lui, visait à garantir que les équipements livrés répondent aux exigences techniques et contribuent efficacement à l’amélioration de la productivité agricole.

Au-delà de la polémique, Aly Ngouille Ndiaye appelle à recentrer le débat sur les enjeux fondamentaux du secteur agricole. Il met en garde contre les conséquences de ce qu’il considère comme des accusations hâtives, susceptibles de fragiliser un programme qu’il juge essentiel pour le développement du monde rural. Pour lui, le Sénégal doit prioritairement renforcer ses capacités de production, moderniser ses équipements et soutenir durablement les acteurs agricoles.

Souveraineté nationale : Babacar Ba dénonce les pressions extérieures sur le Sénégal

Le président du Forum du Justiciable, Babacar Ba, a vivement réagi ce dimanche aux déclarations de Cécile Neven concernant une éventuelle suspension des financements destinés au Senegal. Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions diplomatiques liées à l’adoption récente d’une loi durcissant les sanctions contre l’homosexualité dans le pays.

Dans un communiqué rendu public à Thiés, Babacar Ba a dénoncé ce qu’il considère comme une atteinte grave à la souveraineté nationale. Selon lui, les menaces de conditionner ou de suspendre des aides financières en raison de choix législatifs internes constituent une forme de pression inacceptable sur un État indépendant. Il a insisté sur le fait que le Sénégal dispose pleinement du droit de définir son cadre juridique en accord avec ses réalités socioculturelles et ses valeurs propres.

Le président du Forum du Justiciable a également rejeté toute forme de conditionnalité des financements publics qui serait liée à l’orientation sociale ou aux politiques internes du pays. À ses yeux, l’aide internationale ne saurait être utilisée comme un levier pour influencer des décisions souveraines, encore moins lorsqu’elles touchent à des questions sensibles relevant de l’identité nationale.

Dans la même dynamique, Babacar Ba a salué la posture adoptée par les autorités sénégalaises, qui ont exprimé leur refus d’accepter des financements assortis de conditions jugées contraires aux principes fondamentaux de la nation. Il a estimé que cette position traduit une volonté claire de préserver l’indépendance du pays face aux pressions extérieures.

Suspension des financements climatiques : Guy Marius Sagna dénonce une ingérence et défend la souveraineté du Sénégal

La décision de la ministre wallonne de l’Énergie et du Climat, Cécile Neven, de suspendre certains financements climatiques destinés au Senegal continue de susciter de vives réactions dans le pays. À Dakar, cette mesure, justifiée par des préoccupations liées aux droits des homosexuels, alimente un débat intense sur les relations internationales, la souveraineté nationale et les conditionnalités de l’aide publique au développement.

Parmi les figures politiques qui se sont le plus fermement opposées à cette décision, le député Guy Marius Sagna s’est distingué par une prise de position particulièrement tranchée. Dans une déclaration au ton ferme, le parlementaire a dénoncé ce qu’il considère comme une tentative d’ingérence étrangère dans les affaires internes du Sénégal.

Selon lui, conditionner une coopération financière à des questions sociétales relève d’une démarche inacceptable. Il a insisté sur le fait que le Sénégal est un État souverain, libre de définir ses propres orientations politiques, sociales et culturelles, sans subir de pressions extérieures. Pour Guy Marius Sagna, cette décision de la Wallonie traduit une volonté de certains partenaires internationaux d’imposer leurs valeurs, au détriment des réalités locales et des choix démocratiques des peuples africains.

Le député n’a pas manqué de remettre en question la légitimité de la Wallonie à se poser en donneuse de leçons en matière de droits humains. Évoquant le passé colonial européen en Afrique, il a estimé que certaines puissances occidentales gagneraient à faire preuve de retenue et d’humilité dans leurs relations avec les pays du Sud. Cette référence historique vise, selon lui, à rappeler que les rapports entre l’Europe et l’Afrique restent marqués par des déséquilibres et des incompréhensions persistantes.

Au-delà de la polémique immédiate, cette affaire met en lumière une tension plus profonde entre deux visions de la coopération internationale. D’un côté, des partenaires occidentaux qui intègrent de plus en plus des critères liés aux droits humains dans leurs politiques d’aide. De l’autre, des États africains qui revendiquent le respect de leur souveraineté et refusent toute forme de conditionnalité jugée intrusive.

En conclusion, Guy Marius Sagna a réaffirmé avec force que ce type de posture ne saurait prospérer face à un pays attaché à sa dignité et à son indépendance. Pour lui, le Sénégal doit rester maître de ses choix, même au prix de tensions diplomatiques avec certains partenaires. Cette prise de position, largement relayée dans l’opinion publique, témoigne de la sensibilité du sujet et de l’importance des enjeux qu’il soulève pour l’avenir des relations entre l’Afrique et ses partenaires internationaux.

Coopération climatique sous tension : la Wallonie suspend ses financements au Sénégal après une loi controversée

La décision de la ministre wallonne de l’Énergie et du Climat, Cécile Neven, de renoncer à son déplacement prévu à Dakar marque un tournant dans les relations de coopération entre la Wallonie et le Sénégal. Annoncée à la fin du mois de mars, cette mesure s’accompagne d’une révision immédiate de l’ensemble des financements wallons destinés au pays dans le cadre des programmes de coopération climatique internationale.

À l’origine de cette décision, l’adoption récente par les autorités sénégalaises d’une loi réprimant les relations homosexuelles, avec des peines pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement. Une législation que la ministre qualifie sans détour de « terrible ». Dans une déclaration ferme, elle a justifié sa position en invoquant des principes fondamentaux, affirmant qu’il est impossible de « détourner le regard » face à une telle situation. Selon elle, ce texte contribue à « stigmatiser, criminaliser et mettre des vies en danger », en ciblant une partie de la population déjà vulnérable.

Cette réaction s’inscrit dans une vision plus large de la coopération internationale défendue par la responsable politique. Si elle reconnaît le rôle crucial de ces partenariats, notamment dans la lutte contre les effets du changement climatique, elle insiste sur le fait que ces engagements ne peuvent être déconnectés des valeurs portées par les institutions qui les financent. « Chaque euro public doit être cohérent avec nos valeurs », a-t-elle souligné, plaidant pour une approche plus exigeante et conditionnée des aides internationales.

La décision de suspendre et de réévaluer les financements ne constitue toutefois pas une rupture définitive. La ministre entend soumettre ses conclusions au gouvernement wallon dans les plus brefs délais, ouvrant ainsi un débat politique sur la poursuite ou non de cette coopération avec le Sénégal. Elle appelle à aborder cette question « sans tabou », laissant entendre que toutes les options restent sur la table.

Cette prise de position pourrait avoir des répercussions au-delà du seul cadre wallon, dans un contexte où les questions de droits humains prennent une place croissante dans les politiques de coopération internationale. Elle met également en lumière les tensions possibles entre les impératifs de solidarité internationale, notamment en matière climatique, et les exigences éthiques et politiques des pays donateurs.

Korité : Ousmane Sonko appelle à l’unité et à un engagement durable pour la souveraineté du Sénégal

À l’occasion de la prière de la Korité, célébrant la fin du mois béni de Ramadan, Ousmane Sonko a délivré un message fort axé sur la souveraineté nationale et la responsabilité collective des citoyens dans la construction du pays. Depuis Ziguinchor , le chef du gouvernement a invité les Sénégalais à s’impliquer pleinement dans ce qu’il considère comme un combat essentiel pour l’avenir de la nation.

Dans son allocution prononcée à l’issue de la prière de l’Aïd El-Fitr, il a insisté sur le fait que le développement du Sénégal repose avant tout sur le travail, la discipline et l’engagement de tous. Pour lui, la souveraineté ne peut être effective sans une prise de conscience collective et une participation active des citoyens à tous les niveaux de la vie nationale.

Le Premier ministre a également mis l’accent sur la nécessité de dépasser les divisions et les conflits qui, selon lui, freinent considérablement la marche du pays vers le progrès. Il a appelé à un sursaut d’unité, estimant que seule une cohésion nationale forte permettra de relever les défis économiques, sociaux et politiques auxquels le Sénégal est confronté.

Dans une perspective de long terme, Ousmane Sonko a tenu à tempérer les attentes en rappelant que les transformations profondes d’un pays ne peuvent s’opérer dans la précipitation. Il a souligné que les changements structurels exigent du temps, de la constance et une vision claire. « Ce qui change un pays en profondeur ne se fait ni en trois mois, ni en trois ans », a-t-il déclaré, invitant ainsi les citoyens à adopter une approche patiente et stratégique.

Le chef du gouvernement a ainsi plaidé pour l’élaboration et la poursuite d’objectifs à moyen et long terme, notamment sur des horizons de cinq à dix ans. Selon lui, cette vision est indispensable pour bâtir un Sénégal souverain, stable et prospère, capable de répondre aux aspirations de sa population.

À Nema, le plaidoyer ferme de Ousmane Sonko pour une justice équitable

À l’occasion de la prière de l’Aïd El-Fitr célébrée à Nema, dans la capitale du Sud, le Premier ministre Ousmane Sonko a délivré un message à forte portée politique, en mettant au cœur de son intervention la question sensible de l’équité devant la justice au Sénégal. Dans une atmosphère marquée par la ferveur religieuse et le rassemblement des fidèles venus célébrer la fin du mois de Ramadan, le chef du gouvernement a choisi de porter un discours sans détour, axé sur les principes de responsabilité et d’égalité.

Prenant la parole après la prière, il a rappelé ce qu’il considère comme un fondement essentiel de l’État de droit : l’impartialité de la justice. Selon lui, aucune société ne peut prétendre à la stabilité ni à la crédibilité institutionnelle si elle tolère des disparités dans le traitement judiciaire de ses citoyens. « Dans un pays où règne la justice, il ne doit pas y avoir une justice deux poids deux mesures », a-t-il affirmé, posant ainsi les bases d’un message qui dépasse le simple cadre moral pour toucher aux exigences institutionnelles.

Dans son intervention, le Premier ministre a dénoncé ce qu’il perçoit comme une incohérence majeure dans le fonctionnement du système judiciaire. Il a évoqué le cas de certaines personnes accusées d’avoir détourné ou dilapidé les ressources publiques, qui bénéficieraient, selon lui, de mesures de liberté provisoire leur permettant de regagner leurs domiciles. À l’inverse, d’autres citoyens, poursuivis pour des faits qu’il juge moins graves, resteraient en détention prolongée. Cette situation, qu’il qualifie d’anomalie, alimente selon lui un sentiment d’injustice et fragilise la confiance des populations envers les institutions.

Sans citer explicitement de noms, Ousmane Sonko a laissé entendre que ses critiques visaient en partie des figures associées à l’ancien régime. Toutefois, au-delà de cette dimension, son discours a également pris une tournure interne, semblant adresser un message clair à certains acteurs de la majorité actuelle. Il a mis en garde contre toute tentative de protection ou de complaisance à l’égard de personnes mises en cause, même lorsque des considérations politiques pourraient inciter à la prudence.

« Ces personnes qui doivent rendre compte ne doivent pas être protégées, même pour une simple stratégie politique », a-t-il martelé, dans une déclaration qui résonne comme un appel à la rigueur et à la cohérence au sein même de l’appareil d’État. Par cette prise de position, le Premier ministre entend visiblement affirmer une ligne de conduite fondée sur la transparence et la reddition des comptes, dans un contexte où les attentes citoyennes en matière de gouvernance restent élevées.

Korité à Dakar : Bassirou Diomaye Faye appelle à prolonger l’esprit de solidarité et d’unité nationale

À l’occasion de la prière de la Korité célébrée à la Grande Mosquée de Dakar, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a délivré un message fort centré sur la cohésion sociale, la solidarité et la ضرورة de prolonger les enseignements du mois sacré de Ramadan dans la vie quotidienne des Sénégalais.

Devant une foule nombreuse de fidèles venus accomplir la prière de l’Aïd el-Fitr, le chef de l’État a salué l’atmosphère de recueillement, de partage et de fraternité qui a marqué les trente jours de jeûne. Il a mis en avant ce qu’il a qualifié de « force de la nation », illustrée par l’unité et la résilience du peuple sénégalais. Dans un contexte où les appels à l’unité se multiplient, il a insisté sur l’image d’une société soudée, profondément attachée à ses valeurs de solidarité, de respect mutuel et de fraternité.

Dans son allocution, le président a particulièrement insisté sur la nécessité de ne pas limiter ces valeurs au seul cadre du Ramadan. Selon lui, l’enjeu majeur réside dans la capacité collective à faire perdurer cet esprit au-delà de cette période spirituelle. Il a ainsi invité les citoyens à cultiver le sens des responsabilités, à renforcer leur engagement civique et à œuvrer ensemble pour le développement économique et social du pays. Ce message s’inscrit dans une volonté de consolidation du vivre-ensemble, considéré comme un pilier essentiel de la stabilité nationale.

Le chef de l’État a également tenu à adresser un message de fraternité à l’ensemble des Sénégalais, sans distinction de confession religieuse. Il a souligné que les valeurs de foi, de paix et de solidarité constituent un socle commun qui transcende les différences et renforce l’unité nationale. Cette ouverture a été perçue comme un appel à préserver l’harmonie interreligieuse, caractéristique majeure de la société sénégalaise.

Profitant de cette tribune solennelle, le président de la République a exprimé ses condoléances à la suite des pertes enregistrées au sein des forces de défense et de sécurité. Il a rendu un hommage appuyé aux soldats récemment tombés dans le nord de Sindian, en Casamance, saluant leur engagement et leur sacrifice pour la nation. Dans un ton empreint d’émotion, il a présenté ses condoléances aux familles endeuillées ainsi qu’à l’ensemble du peuple sénégalais, tout en formulant des vœux de prompt rétablissement aux blessés.

ONU : la Fayda Tidjania plaide pour une candidature africaine portée par Macky Sall

Le soutien affiché par la Fayda Tidjania à la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies dépasse le simple registre religieux pour s’inscrire dans une dynamique géopolitique plus large.

À travers cette déclaration, le Khalife général et les disciples de la confrérie mettent en avant la nécessité d’un leadership africain à la tête de l’institution onusienne. Dans un contexte international marqué par des recompositions et des tensions multiformes, ils estiment que le moment est opportun pour le continent de faire entendre sa voix au plus haut niveau.

Ce positionnement traduit également le rôle croissant des autorités religieuses dans les débats d’intérêt national et international. En apportant leur appui à Macky Sall, elles participent à la construction d’un consensus autour d’une candidature présentée comme crédible sur la scène diplomatique.

L’argumentaire développé insiste sur l’expérience de l’ancien chef de l’État, notamment dans la gestion des affaires publiques et son implication dans plusieurs initiatives africaines. Mais au-delà du profil individuel, c’est surtout la question de la représentativité qui est posée : celle d’un continent encore sous-représenté dans les sphères décisionnelles mondiales.

En filigrane, la déclaration de la Fayda Tidjania met en lumière les attentes africaines vis-à-vis de l’Organisation des nations unies , notamment en matière de réforme de la gouvernance globale, d’équité dans les relations internationales et de prise en compte des priorités du Sud.

Enfin, cet appel à la mobilisation des États africains souligne un défi majeur : celui de l’unité diplomatique du continent. Car si la candidature de Macky Sall suscite des soutiens, sa concrétisation dépendra largement de la capacité des pays africains à parler d’une seule voix dans les instances internationales.

Ainsi, plus qu’un simple soutien religieux, cette prise de position apparaît comme une interpellation politique et stratégique, invitant l’Afrique à peser davantage dans la redéfinition de l’ordre mondial.

Accès à l’eau potable au Sénégal : Bassirou Diomaye Faye accélère les réformes et les projets hydrauliques

Lors du Conseil des ministres tenu le mercredi 18 mars, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a placé la question de l’accès à l’eau potable au cœur des priorités gouvernementales. Dans un contexte marqué par des besoins croissants en infrastructures hydrauliques, tant en milieu urbain que rural, le chef de l’État a insisté sur l’urgence d’accélérer la mise en œuvre des projets et programmes en cours à travers tout le territoire national.

Rappelant que l’eau constitue un levier fondamental du développement économique et social, il a exhorté le Premier ministre Ousmane Sonko ainsi que le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement à veiller à une exécution plus rapide, mais surtout plus efficace des chantiers engagés. L’objectif affiché est de réduire significativement les disparités d’accès à l’eau potable, encore perceptibles dans plusieurs localités du pays.

Dans cette dynamique, le président de la République a également appelé à l’élaboration d’un nouveau schéma directeur hydraulique. Ce document stratégique devra permettre d’assurer une meilleure articulation entre les différents projets existants et à venir, tout en garantissant un maillage cohérent et optimal du territoire en infrastructures hydrauliques fonctionnelles. Une telle approche vise à éviter les duplications, à maximiser les investissements et à répondre de manière durable aux besoins des populations.

Le chef de l’État a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance du secteur. À ce titre, il a demandé au ministre en charge de l’Hydraulique d’intensifier l’évaluation et la révision des délégations de service public de l’eau potable. L’accent a été mis sur l’importance d’une meilleure coordination entre les acteurs clés du secteur, notamment SONES et OFOR, ainsi que les différents concessionnaires. Cette synergie devra se traduire par la mise en place de contrats de performance plus rigoureux, assortis d’objectifs clairs et de mécanismes de suivi renforcés.

Dans le même sillage, le président a évoqué la nécessité d’adapter les règles d’organisation et de fonctionnement du sous-secteur de l’hydraulique urbaine. Cette réforme apparaît d’autant plus cruciale dans la perspective de la mise en service prochaine d’unités de dessalement, qui devraient contribuer à diversifier les sources d’approvisionnement en eau, notamment dans les zones confrontées à un stress hydrique accru.

Enfin, Bassirou Diomaye Faye a fixé un cap précis en demandant la finalisation, d’ici fin 2026, des études relatives au Projet des Autoroutes de l’Eau. Ce projet structurant ambitionne de renforcer la distribution et le transfert des ressources hydriques à l’échelle nationale. Parallèlement, il a appelé à une révision du cadre juridique du secteur de l’eau et de sa régulation, afin de mieux l’adapter aux enjeux actuels et futurs.

Nominations en Conseil des ministres : plusieurs changements dans l’administration publique

Le gouvernement a procédé à une série de nominations importantes au sein de plusieurs ministères, marquant un renouvellement notable dans l’administration publique sénégalaise. Ces décisions concernent notamment les secteurs de l’Intérieur, de l’Enseignement supérieur, de l’Éducation nationale, de la Santé ainsi que de la Culture.

Au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Cyprien Diene, instituteur de formation, quitte ses fonctions d’adjoint au sous-préfet de l’arrondissement de Sesséne, dans le département de Mbour. Il est désormais nommé adjoint au sous-préfet de l’arrondissement de Jaxaay, dans le département de Keur Massar. Il remplace à ce poste Kany Balla Doumbia, appelé à d’autres responsabilités.

Dans le secteur de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Insa Seck, enseignant-chercheur, est nommé directeur de l’Institut supérieur d’Enseignement professionnel de Mbacké. Cette nomination s’inscrit dans une dynamique de renforcement de l’encadrement académique et professionnel dans les établissements de formation.

Du côté du ministère de l’Éducation nationale, deux nominations majeures ont été enregistrées. Maïmouna Soude Souare, inspectrice de l’enseignement élémentaire, devient secrétaire général de la Commission nationale pour l’Unesco. Elle succède à Aliou Ly, admis à faire valoir ses droits à la retraite. Par ailleurs, Mansor Fall, précédemment proviseur du lycée de Dahra, est nommé directeur des Équipements scolaires, en remplacement d’Abdoulaye Sy.

Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique concentre la majorité des changements avec plusieurs nominations stratégiques. Bineta Diabel Bâ Mbacké est désignée directrice du Centre hospitalier national Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba, en remplacement de Mouhamadou Moustapha Sourang, admis à la retraite. Elle cède son poste de directrice de l’hôpital Ndamatou de Touba à Ibrahima Tito Tamba.

Dans la même dynamique, Moustapha Diedhiou est nommé directeur du Service d’Assistance Médicale d’Urgence, succédant à Abdallah Wade, également admis à la retraite. Fallou Niang accède au poste de directeur général des Établissements de santé, remplaçant Fatou Mbaye Sylla, tandis que Makha Danfakha prend la direction du Centre hospitalier régional de Kolda, en remplacement de Fallou Niang.

Toujours dans le secteur sanitaire, Abdou Sarr est nommé directeur du Centre hospitalier national d’Enfants Albert Royer de Dakar. Alassane Tall devient directeur de l’Institut d’Hygiène sociale ex-Polyclinique. Aissatou Sougou est promue directrice générale de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique, en remplacement d’Alioune Ibnou Abou Talib Diouf.

Par ailleurs, Fatou Bara Ndione est nommée directrice des Équipements et de la Maintenance au ministère de la Santé, un poste jusque-là vacant. Henriette Cécile Diop et El Hadji Magatte Seck sont, quant à eux, nommés inspecteurs techniques de la Santé.

Enfin, au ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Ousmane Sane est désigné président du Conseil d’administration du Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose. Il remplace Landing Mbessane Seck.

CAN 2025 : le Sénégal conteste la décision de la CAF, Bassirou Diomaye Faye pose un acte symbolique fort

La décision de Confe de retirer au Sénégal son titre de champion d’Afrique 2025 pour l’attribuer au Maroc continue de provoquer une onde de choc à l’échelle nationale et internationale. Depuis l’annonce de cette mesure controversée, les réactions se multiplient, traduisant une vive incompréhension et une indignation largement partagée au sein de l’opinion publique sénégalaise et au-delà.

Au sommet de l’État, Bassirou Diomaye Faye est sorti de sa réserve pour exprimer sa position. Le chef de l’État a opté pour un geste hautement symbolique en modifiant la photo de profil de sa page Facebook officielle. L’image publiée montre le trophée de la Coupe d’Afrique des nations soigneusement conservé dans l’armoire de son bureau présidentiel. À travers cet acte, le président envoie un message clair : pour lui, cette coupe reste et demeurera au Sénégal, en dépit de la décision de l’instance dirigeante du football africain.

Cette posture s’inscrit dans la ligne défendue par les autorités sénégalaises. Dans un communiqué rendu public mercredi, le gouvernement a fermement rejeté la décision de la CAF, qu’il qualifie de « tentative de dépossession injustifiée ». Les autorités dénoncent une mesure qu’elles jugent non seulement inéquitable, mais également entachée de zones d’ombre. Dans ce contexte, elles ont officiellement appelé à l’ouverture d’une enquête internationale indépendante, évoquant des soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes du football continental.

Sur le plan sportif et juridique, la riposte s’organise également. La Fédération Sénégalaise de football a annoncé son intention de contester cette décision devant le Tribunal arbitral du sport . Cette démarche vise à faire annuler la sanction et à rétablir le Sénégal dans ses droits, dans une affaire qui pourrait désormais se jouer sur le terrain du droit sportif international.

COMMUNIQUÉ DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 18 MARS 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 18 mars 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Célébration de la fête de Korité

Le Président de la République, débutant sa communication par l’évocation du mois béni de Ramadan qui tire à sa fin, adresse ses félicitations et vœux à la Oumah islamique, à l’occasion de la célébration de la fête de Korité, prévue au cours de la présente semaine. Après avoir prié, avec l’ensemble de la Nation, pour un Sénégal prospère et solidaire dans un monde de paix, il demande au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de veiller au déroulement adéquat des cérémonies de prières de l’Aïd El Fitr sur l’étendue du territoire national. 

En outre, il demande au Gouvernement d’améliorer la fluidité de la circulation et de renforcer la sécurité des transports sur les différents axes routiers et autoroutiers.

Dans ce sillage, il présente ses condoléances les plus attristées aux familles des victimes de l’accident survenu le lundi passé sur la route nationale N° 06 entre Tambacounda et Gouloumbou, avant de souhaiter prompt rétablissement aux blessés.

Il réitère également ses directives relatives aux mesures préventives, en vue d’assurer l’approvisionnement correct du pays en hydrocarbures, denrées et produits de consommation courante, tout en maintenant la stabilité des prix.

Accélération de la mise en œuvre de projets et programmes hydrauliques

Rappelant le caractère prioritaire de l’approvisionnement en eau potable des populations, le Chef de l’Etat demande au Premier Ministre et au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de veiller à l’accélération de la mise en œuvre de l’ensemble des projets et programmes hydrauliques dans les centres urbains et en milieu rural. Il indique l’importance d’élaborer et de déployer un nouveau schéma directeur hydraulique, assurant à la fois une complémentarité des projets et un maillage optimal du territoire national en réseaux, ouvrages et infrastructures hydrauliques fonctionnels.

Le Président de la République engage le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement à intensifier le processus d’évaluation et de révision des délégations de service public de l’eau potable, en veillant à la synergie des actions entre la SONES, l’OFOR et les concessionnaires, soutenue par des contrats de performance rénovés et exigeants. En outre, il souligne l’urgence de travailler à l’adaptation des règles d’organisation et de fonctionnement du sous-secteur de l’hydraulique urbaine, notamment avec la mise en service prochaine et le lancement des unités de dessalement. 

Enfin, le Chef de l’Etat demande au Premier Ministre et au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de finaliser les études nécessaires à l’amorçage de l’exécution, avant la fin de l’année 2026, du Projet des Autoroutes de l’Eau et la révision du cadre juridique relatif au secteur de l’Eau et à sa régulation.

Préservation durable du patrimoine forestier national et revitalisation de la politique forestière

Le Président de la République fait observer que les forêts, représentant une composante essentielle de la biodiversité, constituent un patrimoine national inestimable, dont la préservation appelle l’exécution d’une politique d’encadrement et de valorisation.  A cet effet, il demande d’intensifier la lutte contre les trafics de bois ainsi que les efforts de reboisement, de reforestation et de classement de nouvelles forêts dans toutes les zones éco-géographiques. Dans cette dynamique, il donne instruction au Gouvernement d’élargir le spectre d’intervention, de relever le niveau des objectifs de reboisement assignés à l’Agence sénégalaise de la Reforestation et de la Grande Muraille verte et de renforcer les ressources humaines et les moyens logistiques affectés aux directions nationales chargées des Eaux et Forêts et des Parcs nationaux. 

Le Président de la République souligne l’urgence de réorganiser l’exploitation forestière, dans une perspective de renforcement de la stratégie nationale et des plans d’actions pour la conservation de la biodiversité et de définir une nouvelle politique de gouvernance des parcs nationaux visant l’entretien professionnel des espaces, la préservation de la faune et de la flore ainsi que l’amélioration de l’attrait touristique.

Pour finir, il prescrit au Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique de prendre les dispositions en vue d’accélérer l’exécution du Plan spécial de Sauvegarde et de Valorisation de la Forêt classée de Mbao.

Préparatifs de la fête nationale

Le Président de la République estime que la fête nationale est un moment de communion et d’exaltation de notre vivre ensemble dans la paix et la solidarité. Il rappelle que le projet collectif pour un Sénégal souverain, juste et prospère, appelle en permanence au sursaut national, à la consolidation de la cohésion sociale et de l’Etat de droit ainsi qu’au renforcement d’une citoyenneté active et constructive pour le développement, avec la mobilisation de la jeunesse et des forces de défense et de sécurité.

C’est dans cet esprit d’engagement patriotique, selon le Chef de l’Etat, que le Sénégal va célébrer, le 04 avril 2026, le 66ème anniversaire de son accession à la souveraineté internationale, dont il présidera le Grand défilé civil et militaire à Thiès, en présence de l’ensemble des corps constitués. Ainsi, le Chef de l’Etat demande au Gouvernement de veiller au bon déroulement des festivités, défilés et célébrations, à Thiès et dans les autres régions du Sénégal, avec la participation des populations, des élèves et de toutes les forces vives de la Nation.

Suivi de la décision du Jury d’Appel de la CAF concernant le titre de Champion d’Afrique du Sénégal

Le Président de la République affirme que le Sénégal constate avec regret et indignation la décision du Jury d’Appel de la CAF retirant le titre de Champion d’Afrique 2025 à l’équipe nationale de Football. Face à cette décision inédite, il demande au Gouvernement, notamment au Ministre chargé des Sports, de prendre toutes les dispositions rapides et indiquées, avec la Fédération sénégalaise de Football, afin de déposer les recours appropriés devant le Tribunal arbitral du Sport.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat informe le Conseil qu’il effectuera une visite officielle au Royaume d’Espagne, à l’invitation du Roi Felipe VI, du 24 au 26 mars 2026.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a présenté sa communication sur les points suivants : 

Gestion durable du secteur de l’Emploi

Pour le Premier Ministre, la gestion durable de l’emploi est essentielle dans la vie économique et sociale de la Nation, afin de garantir à chaque Sénégalais la possibilité d’accéder à un emploi décent et durable. Il a fait remarquer que le secteur de l’Emploi est confronté à des crises cycliques générées principalement par le problème d’insertion des demandeurs d’emplois. Il a mis en exergue le faible niveau de qualification des ressources humaines, découlant de l’insuffisance de l’offre du fait de la faiblesse des activités des entreprises et de la valorisation insuffisante de secteurs à fort potentiel, pourvoyeurs d’emploi.

Le Premier Ministre a également noté l’inadéquation entre la formation et l’emploi, la faible employabilité, l’inefficacité du dispositif de financement, d’encadrement et d’accompagnement et les contraintes liées au Code du Travail. 

Il évoque les mesures prises par le Gouvernement, en initiant un processus inclusif d’élaboration d’une Politique nationale de l’Emploi, qui prendra en compte la rationalisation des structures de gouvernance, et en renforçant la Convention nationale État-Employeurs ainsi que les dispositions sur l’apprentissage et la formation duale. 

Au demeurant, le Gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre le Pacte de Stabilité sociale, outre la signature du décret portant Statut général des fonctionnaires des Collectivités territoriales ainsi que celui fixant le montant de l’indemnité forfaitaire accordée aux agents non-fonctionnaires des collectivités territoriales. A cela s’ajoute la généralisation de l’indemnité de logement. 

Le Premier Ministre a estimé que le renouveau de l’emploi sera porté par le développement des filières stratégiques, la relance des travaux de réalisation d’infrastructures, la mise en place des agropoles et le développement du tissu industriel.  Dans ce cadre, le Gouvernement s’emploiera, notamment, à la finalisation et à l’adoption de la loi d’orientation sur l’emploi, à la réforme du Code du Travail et de la Sécurité sociale, à l’évaluation et au renforcement organisationnel et financier de la Convention nationale État-Employeurs et à la rationalisation des structures en charge de la promotion de l’emploi. 

Le Premier Ministre a aussi annoncé le renforcement du lien emploi et formation, la mutualisation et l’optimisation des structures, interventions et ressources, la mise en place d’une grande coalition pour l’emploi, le développement de l’emploi local dans les pôles territoires, la mise en place de projets de travaux à haute intensité de main d’œuvre (HIMO).

Il a, enfin, indiqué le renforcement des Pôles Emploi et la mise en place des Centres d’Initiatives pour l’Emploi local (CIEL) au niveau de chaque département, ainsi que des Missions locales pour l’Emploi et l’Entrepreneuriat au niveau de chaque commune.

Redressement de la Compagnie Air Sénégal

Le Premier Ministre a rappelé des décisions arrêtées lors du Conseil interministériel du O3 avril 2025, sur la base desquelles a été élaboré le plan d’urgence de redressement global comprenant la reconstitution des fonds propres, la recapitalisation, le refinancement et la réalisation d’un audit financier et organisationnel complet.

Suite à la réunion qu’il a présidée le lundi 16 mars 2026, en présence des ministres concernés, il a annoncé les décisions qu’il a prises avant de réaffirmer la ferme volonté du Gouvernement de soutenir Air Sénégal SA et AIBD SA, dans leur redressement et leur repositionnement durable au cœur de la stratégie nationale du transport aérien.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication sur la réforme de troisième génération du service public de l’eau. 

Le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique a fait une communication sur l’organisation du 6ème Congrès mondial des Aires marines protégées. 

Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a fait une communication sur la situation du marché et la commercialisation de l’arachide. 

Le Ministre de la Jeunesse et des Sports a fait une communication sur la préparation de la Semaine nationale de la Jeunesse, édition 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté le projet de décret fixant les modalités relatives au découpage et à la nomenclature des blocs du bassin sédimentaire du Sénégal.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique

  • Monsieur Cyprien DIENE, Instituteur, matricule de solde n° 519 112/K, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Sesséne, Département de Mbour, est nommé Adjoint au Sous-Préfet de l’Arrondissement de Jaxaay, Département de Keur Massar, en remplacement de Monsieur Kany Balla DOUMBIA, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation :

  • Monsieur Insa SECK, Enseignant-Chercheur, matricule de solde n° 107 487/E, est nommé Directeur de l’Institut supérieur d’Enseignement professionnel (ISEP) de Mbacké.

Au titre du Ministère de l’Éducation nationale :

  • Madame Maïmouna Soude SOUARE, Inspectrice de l’Enseignement élémentaire, matricule de solde n° 631 504/E, est nommée Secrétaire général de la Commission nationale pour l’Unesco, en remplacement de Monsieur Aliou LY, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
  • Monsieur Mansor FALL, Professeur de l’Enseignement secondaire, matricule de solde n° 637 272/M, précédemment Proviseur du Lycée de Dahra, est nommé Directeur des Equipements scolaires, en remplacement de Monsieur Abdoulaye SY.

Au titre du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique

  • Madame Bineta Diabel Bâ MBACKE, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Administration des Services de Santé, précédemment Directeur de l’Hôpital Ndamatou de Touba, est nommée Directeur du Centre Hospitalier National Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba, en remplacement de Monsieur Mouhamadou Moustapha SOURANG, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
  • Monsieur Ibrahima Tito TAMBA, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Administration des Services de Santé, est nommé Directeur de l’Hôpital Ndamatou de Touba, en remplacement de Madame Bineta Diabel Bâ MBACKE, appelée à d’autres fonctions ;
  • Monsieur Moustapha DIEDHIOU, Médecin Anesthésiste Réanimateur, Maître de Conférences Agrégé, est nommé Directeur du Service d’Assistance Médicale d’Urgence (SAMU), en remplacement de Monsieur Abdallah WADE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
  • Monsieur Fallou NIANG, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Administration des Services de Santé, précédemment Directeur du Centre Hospitalier Régional de Kolda, est nommé Directeur général des Établissements de Santé, en remplacement de Madame Fatou Mbaye SYLLA ;
  • Monsieur Makha DANFAKHA, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Santé Publique, est nommé Directeur du Centre Hospitalier Régional de Kolda, en remplacement de Monsieur Fallou NIANG, appelé à d’autres fonctions ; 
  • Monsieur Abdou SARR, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Économie de la santé, est nommée Directeur du Centre Hospitalier National d’Enfants Albert Royer de Dakar, en remplacement de Madame Issa Tall DIOP ;
  • Monsieur Alassane TALL, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un diplôme en Santé Publique, est nommé Directeur de l’Institut d’Hygiène sociale ex-Polyclinique, en remplacement de Monsieur Abdoulaye KANE ;
  • Madame Aissatou SOUGOU, titulaire d’un diplôme de Doctorat en Pharmacie et d’un Master en Économie de la Santé et en Santé publique, est nommée Directeur Général de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP), en remplacement de Monsieur Alioune Ibnou Abou Talib DIOUF ; 
  • Madame Fatou Bara NDIONE, Ingénieure biomédicale, matricule de solde n° 613 850/E, est nommée Directeur des Équipements et de la Maintenance au Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, poste vacant ;
  • Madame Henriette Cécile DIOP, titulaire d’un Doctorat en Médecine, Spécialiste en Santé publique, matricule de solde 713 134/G, est nommée Inspecteur technique de la Santé au Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique ;
  • Monsieur El Hadji Magatte SECK, titulaire d’un Doctorat en Médecine, Gestionnaire des Services de Santé, matricule de solde n° 609 547/G, est nommé Inspecteur technique de la Santé au Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

Au titre du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme

  • Monsieur Ousmane SANE, Diplômé en Informatique de Gestion, est nommé Président du Conseil d’Administration du Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose, en remplacement de Monsieur Landing Mbessane SECK. 

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

Grand Théâtre national : Kilifeu écarté de la présidence du Conseil d’administration, Ousmane Sané nommé

Le paysage institutionnel culturel sénégalais connaît un nouveau réaménagement. Landing Mbessane Seck, plus connu du grand public sous le nom de Kilifeu, n’est plus Président du Conseil d’Administration du Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose. La décision a été entérinée lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 18 mars 2026.

Selon le communiqué officiel, il est remplacé à ce poste stratégique par Ousmane Sané, présenté comme diplômé en Informatique de Gestion. « Monsieur Ousmane SANE, Diplômé en Informatique de Gestion, est nommé Président du Conseil d’Administration du Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose, en remplacement de Monsieur Landing Mbessane SECK », précise le document.

Cette nomination marque un tournant dans la gouvernance de cette institution culturelle majeure du Sénégal, dédiée à la promotion des arts et du patrimoine. Le Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose, du nom du célèbre maître tambour-major sénégalais, joue un rôle central dans la valorisation de la création artistique nationale et africaine.

Figure connue du mouvement Y’en a marre et du paysage artistique sénégalais, Kilifeu avait été porté à la tête du Conseil d’administration dans un contexte de renouvellement des élites culturelles. Son départ intervient dans une période où plusieurs ajustements sont observés au sein des structures publiques, traduisant une volonté des autorités de redynamiser certains secteurs clés.

L’arrivée d’Ousmane Sané ouvre ainsi une nouvelle phase pour l’institution. Son profil, axé sur la gestion et les outils informatiques, pourrait s’inscrire dans une dynamique de modernisation de la gouvernance et d’optimisation des performances administratives du Grand Théâtre.

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