Senelec : le marché des compteurs intelligents de 4,8 milliards FCFA enlisé dans des recours en cascade

Le projet d’acquisition de compteurs intelligents porté par la Senelec, d’un montant estimé à 4,8 milliards de francs CFA, traverse une zone de fortes turbulences administratives et judiciaires. Ce marché stratégique, inscrit dans le cadre du Projet d’amélioration de l’accès à l’électricité au Sénégal (PADAES) financé par la Banque mondiale, est aujourd’hui paralysé par une succession de recours qui retardent sa mise en œuvre et menacent les ambitions nationales en matière d’électrification.

L’affaire trouve son point de bascule en juin dernier lorsque l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) annule l’attribution provisoire du marché à la société chinoise Hexing. Le régulateur des marchés publics estime alors que l’entreprise se trouve dans une situation de conflit d’intérêts manifeste. Déjà fournisseur du système technique existant de gestion des données de comptage (MDMS) de la Senelec, Hexing était contractuellement chargée d’accompagner l’intégration des compteurs proposés par d’autres soumissionnaires. Une configuration jugée problématique par l’ARCOP, dans la mesure où les concurrents étaient contraints de collaborer techniquement avec un acteur également en lice pour le marché, allant jusqu’à lui verser des frais d’études. Pour l’autorité de régulation, cette dualité plaçait l’entreprise en position de « juge et partie », en contradiction avec les principes d’équité et d’égalité de traitement des candidats.

Malgré cette décision, la Senelec ne procède à une réévaluation du marché que six mois plus tard. Lors de cette nouvelle phase, l’entreprise publique écarte non seulement Hexing, mais aussi Kaifa. Elle disqualifie également Inhemeter, pourtant moins-disante financièrement, invoquant des antécédents techniques jugés insatisfaisants. Au terme de cette réévaluation, le choix de la Senelec se porte sur la société chinoise Clou, initialement classée troisième.

Ce nouveau scénario ne met cependant pas un terme aux contestations. Saisie d’un recours introduit par Inhemeter, l’ARCOP décide, le 20 janvier dernier, de suspendre à nouveau la procédure dans l’attente d’une décision définitive sur le fond. En parallèle, Hexing annonce son intention de porter l’affaire devant la Cour suprême afin de contester son éviction, ouvrant ainsi un nouveau front judiciaire susceptible de prolonger l’impasse.

Au-delà de la bataille procédurale, les enjeux sont considérables. Le projet des compteurs intelligents constitue un levier central pour améliorer la performance du réseau, fiabiliser la facturation et réduire les pertes techniques et commerciales. Son blocage prolongé compromet le calendrier du PADAES et fragilise l’objectif d’accès universel à l’électricité fixé par les autorités à l’horizon 2027.

Ce dossier met également en lumière une réalité préoccupante : la compétition pour ce marché de plusieurs milliards oppose exclusivement des entreprises chinoises, à savoir Hexing, Inhemeter, Kaifa et Clou, illustrant la faible présence d’acteurs nationaux sur des segments technologiques aussi stratégiques. Alors que l’État ambitionne de renforcer le tissu industriel local, cette dépendance aux fournisseurs étrangers interroge sur la capacité du secteur privé national à se positionner sur des marchés à forte valeur ajoutée.

Dans l’attente des décisions finales de l’ARCOP et, éventuellement, de la Cour suprême, le projet demeure suspendu, laissant en suspens un chantier clé pour la modernisation du système électrique sénégalais.

Koungheul : Médina Lahène pose les bases d’un nouveau lieu spirituel

À Médina Lahène, localité située dans le département de Koungheul, la pose de la première pierre d’une nouvelle mosquée a été effectuée ce dimanche par le guide religieux El Hadji Babacar Cissé, en présence de plusieurs chefs religieux, notables et fidèles venus de différentes localités.

La cérémonie, empreinte de ferveur spirituelle et de recueillement, a rassemblé une forte mobilisation des populations, témoignant de l’importance du projet pour la communauté. Dans son intervention, El Hadji Babacar Cissé a rappelé le rôle central de la mosquée dans l’éducation religieuse, la cohésion sociale et la transmission des valeurs islamiques aux jeunes générations.

Considéré comme un guide religieux modèle par ses disciples, il a invité les fidèles à cultiver l’unité, la solidarité et l’attachement aux enseignements de l’islam, tout en saluant les efforts collectifs ayant permis le lancement de ce chantier. Plusieurs prières ont été formulées pour la réussite des travaux et pour la paix dans le pays, avant que les autorités religieuses présentes ne bénissent l’initiative.

La future mosquée devrait constituer un lieu de culte majeur pour Médina Lahène et les villages environnants, contribuant ainsi au renforcement de la vie spirituelle dans la zone.

Convocation d’Abdou Nguer par la Section de Recherches : suite à ses propos sur le décès d’Abdoulaye Ba

Le chroniqueur Abdou Nguer a annoncé sur ses réseaux sociaux qu’il a été convoqué ce mardi à 15 heures à la Section de Recherches de la gendarmerie nationale. Cette convocation intervient sur instruction du Procureur de la République, confirmant ainsi la gravité de la situation et l’attention portée à ses récentes interventions médiatiques.

Selon les informations communiquées par le principal concerné, cette convocation est directement liée à son passage sur la chaîne Dakar 18, où il s’est exprimé au sujet du communiqué publié par le Procureur de la République concernant le décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba. Durant cette intervention, Abdou Nguer aurait commenté et analysé les circonstances entourant le décès, suscitant des réactions et attirant l’attention des autorités judiciaires.

L’annonce de cette convocation a rapidement été relayée par les internautes, soulignant l’impact et la visibilité des propos du chroniqueur sur les réseaux sociaux. Pour l’heure, aucune information officielle n’a été publiée par la gendarmerie ou le Parquet sur le contenu précis des investigations qui seront menées à l’encontre d’Abdou Nguer, ni sur les suites possibles de cette convocation.

Arrestations à l’UCAD : le Collectif des amicales dénonce des détentions « arbitraires »

Demba Ka, Waly Faye et Bathie Fall sont réclamés libres immédiatement par le collectif étudiant, dénonçant des mesures « infondées ».

Le Collectif des Amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, seule structure suprême chargée de la défense des intérêts de la communauté estudiantine, porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale que les trois représentants des étudiants, M. Demba Ka, M. Waly Faye et M. Bathie Fall, ont bénéficié d’un retour de parquet.

Depuis le début de cette affaire, le Collectif considère ces arrestations comme arbitraires et injustifiées. Il tient à rappeler qu’il demeure la seule structure légitime habilitée à dialoguer avec les autorités afin de trouver des solutions durables pour une sortie de crise.

Cependant, nous constatons avec regret que l’autorité semble exclure toute voie de négociation, privilégiant plutôt le rapport de force. Plus grave encore, à la sortie de l’audience de nos trois représentants, un autre camarade, Mor Diouf, venu leur apporter son soutien, a été arrêté au niveau du Tribunal de Grande Instance par les forces de l’ordre.

Le Collectif dénonce avec la plus grande fermeté ces actes de poursuites et de traque visant des étudiants dont le seul tort est d’avoir défendu dignement la cause estudiantine.

En conséquence, le Collectif exige la libération immédiate et sans condition de tous les étudiants détenus. Il informe par ailleurs l’ensemble des étudiants et élèves qu’un mot d’ordre sera publié à 20 heures sur ses canaux officiels d’information.

Le Collectif réitère son engagement et sa détermination à défendre les intérêts des étudiants et appelle à la solidarité et à la mobilisation de toute la communauté estudiantine.

Collectif des amicales de l’UCAD

Fait à Dakar, le 16/02/26

Décès d’Abdoulaye Ba : Yassine Fall promet que « la loi s’appliquera à tous »

L’émotion et la gravité étaient palpables à l’Assemblée nationale du Sénégal ce lundi 16 février 2026, lors de l’examen du projet de loi n°09/2025 portant création et organisation de l’Observatoire National des Lieux de Privation de Liberté. En marge des débats, la ministre de la Justice, Yassine Fall, est revenue sur le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, un drame survenu sous son magistère et qui suscite une vive indignation dans l’opinion publique.

Face aux députés, la Garde des Sceaux a exprimé son regret et sa compassion, affirmant qu’aucune autorité ne peut se réjouir d’« une mort d’homme » dans un contexte relevant de la responsabilité de l’État. Elle a reconnu la gravité de la situation, tout en prenant un engagement solennel : faire toute la lumière sur les circonstances du décès et situer clairement les responsabilités.

Dans une déclaration ferme, Yassine Fall a assuré qu’elle n’accorderait aucune protection à quiconque aurait enfreint la loi. « En tant que ministre de la Justice, je n’accorderai aucune protection à ceux qui ne se conforment pas à la loi, qu’ils soient membres du gouvernement ou du ministère de la Justice », a-t-elle martelé devant la représentation nationale. Rappelant les positions qu’elle défendait lorsqu’elle siégeait dans l’opposition, elle a insisté sur la nécessité de rompre avec toute forme d’impunité. Selon elle, la crédibilité des institutions repose sur l’égalité de tous devant la loi.

Concernant l’enquête en cours, la ministre a promis transparence et rigueur. Elle a affirmé que toutes les personnes impliquées dans cette affaire devront répondre de leurs actes devant la justice, sans distinction de statut ni de fonction. « Personne au Sénégal ne sera au-dessus de la loi, et la loi sera appliquée dans toute sa rigueur », a-t-elle déclaré, réitérant son attachement au principe d’État de droit.

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une forte sensibilité autour des conditions de détention et du respect des droits humains. L’examen du projet de loi créant l’ONLPL, organe chargé de veiller au respect des droits fondamentaux dans les lieux de privation de liberté, donne une résonance particulière à cette affaire. Pour de nombreux observateurs, les engagements pris par la ministre seront scrutés de près, tant par la représentation nationale que par l’opinion publique, dans l’attente des conclusions de l’enquête sur la mort d’Abdoulaye Ba.

Détenus séropositifs : « Toutes les dispositions ont été prises », assure Yassine Fall à l’Assemblée

La question de la prise en charge des détenus vivant avec le VIH dans les établissements pénitentiaires sénégalais s’est invitée au cœur des débats à l’Assemblée nationale du Sénégal, ce lundi 16 février 2026. Interpellée sur les conditions sanitaires en milieu carcéral, la ministre de la Justice, Yassine Fall, a tenu à rassurer les députés et l’opinion publique. « Toutes les dispositions sont prises pour protéger les autres prisonniers », a-t-elle déclaré, affirmant que l’administration pénitentiaire agit avec vigilance et responsabilité.

Selon les explications fournies par la Garde des Sceaux, les personnes arrêtées dans le cadre de l’affaire impliquant Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé et leurs co-inculpés sont au nombre de 26. Parmi elles, 19 sont incarcérées à la Prison de Rebeuss, tandis que les sept autres sont détenues à la Prison du Cap Manuel.

La ministre a précisé que les détenus séropositifs ont été identifiés conformément aux protocoles médicaux en vigueur. Elle a assuré que toutes les mesures nécessaires ont été mises en place afin d’éviter tout risque pour la santé des autres pensionnaires, sans toutefois entrer dans les détails des dispositifs spécifiques adoptés, invoquant la sensibilité des données médicales et le respect du secret professionnel.

La question des conditions matérielles de détention a également été soulevée, notamment celle de la climatisation des cellules dans certains pavillons spéciaux. Yassine Fall a indiqué que des climatiseurs mobiles ont été installés pour des raisons sanitaires, précisant que ces équipements ont été acquis aux frais des pensionnaires concernés. Elle a ajouté avoir été informée de cette mesure le jour même de son intervention, soit le 16 février 2026.

Ces déclarations interviennent dans un contexte où les conditions de détention et la gestion sanitaire en milieu carcéral font régulièrement l’objet de débats. En réponse aux inquiétudes exprimées, la ministre de la Justice a réaffirmé l’engagement de l’État à garantir la sécurité, la santé et la dignité de tous les détenus, dans le respect des normes nationales et internationales.

Affaire Pape Cheikh Diallo : quatre nouveaux interpellés déclarés séropositifs, l’enquête s’intensifie

L’affaire dite « Pape Cheikh Diallo et Cie » connaît un nouveau développement avec l’arrestation de quatre individus dont la situation sanitaire et les déclarations viennent alourdir le dossier judiciaire. Selon des informations communiquées par le colonel Ibrahima Ndiaye, chef de la Division communication et des relations publiques de la Gendarmerie nationale, la brigade de recherches de Keur Massar a procédé, le samedi 14 février 2026, à l’extraction d’un détenu de la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss dans le cadre d’investigations complémentaires ordonnées par l’autorité judiciaire.

Cette opération s’inscrit dans la continuité des instructions judiciaires visant à faire toute la lumière sur l’implication présumée de cet individu dans une affaire aux ramifications multiples. D’après la gendarmerie, les investigations menées après son extraction ont permis de réunir des éléments jugés probants, confirmant sa participation aux faits qui lui sont reprochés.

Au cours de son audition, le mis en cause aurait reconnu avoir entretenu, depuis 2021, des relations sexuelles non protégées avec plusieurs partenaires. Une réquisition adressée au médecin-chef du centre de santé de Keur Massar a permis de confirmer son statut séropositif, selon les autorités. Cette confirmation médicale a constitué un élément déterminant dans l’évolution de la procédure.

Dans le prolongement de l’enquête, les gendarmes ont interpellé trois autres individus. Ces derniers sont poursuivis pour association de malfaiteurs, transmission volontaire du VIH/sida, mise en danger de la vie d’autrui, blanchiment de capitaux ainsi que complicité d’offre ou de cession de drogue. Toujours selon le communiqué de la gendarmerie, les personnes arrêtées ont reconnu être porteuses du VIH et avoir eu des rapports sexuels non protégés avec plusieurs partenaires.

Les enquêteurs cherchent désormais à établir l’étendue exacte du réseau présumé, ainsi que le nombre potentiel de victimes ou de personnes exposées. Des vérifications supplémentaires sont en cours afin d’identifier d’éventuels complices et de déterminer les responsabilités pénales de chacun.

Cette affaire, qui suscite une vive émotion, met en lumière des enjeux sanitaires et judiciaires sensibles. Les autorités assurent que l’enquête se poursuit activement sous la supervision du parquet compétent, avec pour objectif de situer toutes les responsabilités et d’apporter des réponses judiciaires conformes au droit en vigueur.

Éducation – Calendrier scolaire menacé : une grève de 48 heures annoncée

Le Syndicat Autonome pour le Développement de l’Éducation et de la Formation (SADEF) a rendu public son sixième plan d’action, marquant une nouvelle étape dans sa lutte pour l’amélioration des conditions de travail des enseignants et la prise en charge de leurs revendications professionnelles. À travers un communiqué largement diffusé, l’organisation syndicale annonce une série de mouvements d’humeur prévus cette semaine.

Selon le calendrier établi, un débrayage est programmé le mercredi 18 février à partir de 10 heures, suivi d’une grève totale les jeudi 19 et vendredi 20 février. Cette mobilisation vise à interpeller les autorités gouvernementales sur plusieurs points jugés prioritaires par le syndicat.

Des revendications axées sur le statut et la retraite des enseignants

Au cœur des exigences du SADEF figure l’application rapide des décrets n°2026-65 et n°2026-66 du 27 janvier 2026, relatifs au statut des enseignants décisionnaires. Le syndicat réclame également le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans, ainsi que la révision et l’augmentation des pensions afin d’améliorer les conditions de vie des enseignants après leur carrière active.

Par ailleurs, l’organisation syndicale demande une meilleure prise en charge budgétaire des enseignants décisionnaires admis à la retraite et dénonce la surimposition appliquée aux rappels et aux salaires, qu’elle souhaite voir supprimée de manière systématique.

Questions administratives et évolution de carrière

Le SADEF insiste aussi sur la publication des arrêtés d’admission définitive au CEAP et au CAP, considérée comme une étape essentielle pour la régularisation administrative de nombreux enseignants. La réouverture du concours de NI figure également parmi les revendications majeures.

Le syndicat appelle en outre à mettre fin aux lenteurs administratives qui, selon lui, freinent l’évolution professionnelle du personnel éducatif. Il réclame enfin l’octroi d’indemnités aux EFA, estimant que ces acteurs jouent un rôle important dans le système éducatif.

Un appel au dialogue

À travers ce plan d’action, le SADEF affirme vouloir défendre « un syndicalisme autrement et mieux », tout en invitant les autorités à ouvrir des discussions urgentes afin d’éviter une perturbation prolongée du calendrier scolaire.

Cette nouvelle mobilisation intervient dans un contexte où les questions liées au statut, à la carrière et à la protection sociale des enseignants demeurent au centre des préoccupations du secteur éducatif.

And Samm Jikko Yi dénonce un scandale d’abus sexuels et somme l’État de criminaliser l’homosexualité avant le 8 avril

Le mouvement And Samm Jikko Yi est monté au créneau ce lundi lors d’un point de presse marqué par de vives déclarations et un ultimatum adressé aux autorités sénégalaises. L’organisation affirme qu’une enquête conjointe entre les polices sénégalaise et française aurait permis de démanteler un réseau criminel transnational impliqué dans des abus sexuels sur mineurs et dans la transmission volontaire du VIH/SIDA. Selon ses responsables, le principal suspect serait un ressortissant français nommé Pierre Robert, présenté comme le cerveau du réseau.

D’après les éléments exposés devant la presse, ce réseau aurait recruté de jeunes désœuvrés afin de les impliquer dans la production de vidéos à caractère pornographique. Les victimes, décrites comme des mineurs, auraient été droguées, puis violées, les actes étant filmés et diffusés en direct. L’organisation soutient également que certaines victimes auraient été volontairement contaminées au VIH lors de ces violences. Des accusations d’une extrême gravité qui, si elles étaient confirmées par les autorités judiciaires, constitueraient l’un des plus importants scandales criminels récents liés à l’exploitation sexuelle au Sénégal.

Au cours de son intervention, And Samm Jikko Yi a établi un parallèle historique controversé, qualifiant le suspect présumé de « nostalgique de la traite négrière ». Une comparaison qui illustre le ton particulièrement ferme adopté par le mouvement, déterminé à inscrire cette affaire dans un registre moral et politique plus large.

Au-delà de la dénonciation du réseau criminel, le point de presse a surtout servi de tribune pour relancer le débat sur la législation relative à l’homosexualité au Sénégal. Les responsables du mouvement ont remis en question le cadre constitutionnel et juridique en vigueur, estimant que celui-ci ne permettrait pas, selon eux, une répression suffisante de l’homosexualité. Ils ont notamment évoqué l’article 319, alinéa 3 du Code pénal, qu’ils jugent inadapté, ainsi que certaines conventions internationales ratifiées par le Sénégal, dont le Protocole de Maputo, qu’ils considèrent comme des obstacles à une criminalisation plus explicite.

Les dirigeants d’And Samm Jikko Yi ont également interrogé la nature laïque de l’État sénégalais, estimant qu’elle serait en décalage avec la sociologie religieuse du pays. Ils ont soutenu que les textes fondamentaux actuels s’inspireraient largement du modèle français et qu’ils devraient être révisés pour refléter davantage, selon eux, les valeurs culturelles et religieuses nationales.

Le mouvement a par ailleurs rappelé les démarches entreprises auprès des nouvelles autorités depuis leur accession au pouvoir en mars 2024. Une première correspondance aurait été adressée le 24 mai 2024, suivie d’une seconde lettre le 13 janvier 2025 au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi qu’au Premier ministre Ousmane Sonko. Des audiences auraient ensuite été accordées, notamment avec le président de l’Assemblée nationale en février 2025 et avec le groupe parlementaire Pastef en mai de la même année. And Samm Jikko Yi affirme également avoir organisé plusieurs rassemblements publics, dont la « Journée Raibon » tenue à Kolda en janvier 2026.

Malgré ces initiatives, le mouvement se dit insatisfait des réponses obtenues jusqu’ici, qu’il qualifie de promesses non suivies d’effets. Il rappelle que l’actuel gouvernement a été élu sur des engagements de rupture et de souveraineté nationale, y compris face aux pressions internationales sur les questions liées au genre et aux droits humains. Dans cette optique, And Samm Jikko Yi affirme que la criminalisation de l’homosexualité constituerait, selon lui, un engagement central de campagne qui devrait être honoré.

En conclusion, l’organisation fixe une date butoir au 8 avril, au-delà de laquelle elle se réserve le droit de définir la suite à donner à sa démarche, sans préciser la nature des actions envisagées. Ce nouvel ultimatum intervient dans un contexte déjà sensible, où les questions liées aux droits, aux libertés individuelles et à la protection des mineurs suscitent de vifs débats au sein de la société sénégalaise.

Crise universitaire : Amsatou Sow Sidibé plaide pour une refonte souveraine du système éducatif sénégalais

Invitée ce dimanche sur le plateau de « Point de Vue » à la RTS, la présidente de la Commission Nationale des Drois de l’Homme (CNDH), la Professeure Amsatou Sow Sidibe , a livré une analyse sans détour de la crise qui secoue l’université sénégalaise. Pour cette figure majeure du monde académique et juridique, les tensions récurrentes liées aux bourses, aux retards académiques et aux perturbations du calendrier ne sont que les manifestations visibles d’un mal plus profond qui affecte structurellement le système d’enseignement supérieur.

Au cœur de son diagnostic, la juriste pointe le système LMD (Licence-Master-Doctorat), qu’elle estime aujourd’hui inadapté aux réalités sénégalaises. « Le système LMD, il faut le revoir. C’est un gros problème », a-t-elle déclaré avec gravité. Selon elle, ce modèle, inspiré et importé de pays occidentaux, a été transposé au Sénégal sans une adaptation suffisante aux spécificités locales. Elle rappelle que ce dispositif a été conçu dans des contextes disposant de ressources, d’infrastructures et de capacités d’encadrement bien plus importantes.

Pour Amsatou Sow Sidibé, la question dépasse la simple organisation des cycles universitaires. Elle soulève un enjeu de souveraineté éducative. À ses yeux, un pays ne peut bâtir un système performant en reproduisant mécaniquement des schémas conçus ailleurs. « L’idée de souveraineté dans le domaine de l’éducation doit prévaloir », a-t-elle affirmé, appelant à une prise de conscience collective. Elle précise ne pas parler d’un échec formel du LMD, mais plutôt d’une « non-réussite », soulignant ainsi la nécessité d’un examen lucide et objectif de ses résultats au Sénégal.

La présidente de la CNDH met également en lumière les failles structurelles qui entravent le bon fonctionnement du système. Elle évoque un déficit criant d’infrastructures universitaires, un manque de ressources financières et une insuffisance notable d’enseignants-chercheurs qualifiés. Selon elle, le LMD exige des moyens conséquents pour garantir un suivi pédagogique rigoureux, des évaluations continues efficaces et un encadrement adapté des étudiants. Or, ces conditions ne sont pas réunies de manière satisfaisante.

Dans ce contexte, elle estime que les crises récurrentes dans les universités ne peuvent être résolues par des mesures ponctuelles ou des réponses conjoncturelles. Les revendications liées aux bourses ou à la restauration universitaire, bien qu’importantes, ne constituent qu’une partie du problème. Le véritable défi réside dans la conception même du modèle éducatif et dans la capacité de l’État à l’adapter aux réalités socio-économiques du pays.

Amsatou Sow Sidibé ouvre ainsi le débat sur l’avenir de l’enseignement supérieur au Sénégal. Faut-il corriger et adapter le système LMD en profondeur ou envisager l’élaboration d’un modèle alternatif, conçu sur mesure pour répondre aux besoins nationaux ? Pour elle, la réflexion doit être inclusive, associant les autorités, les universitaires, les étudiants et l’ensemble des acteurs concernés.

À travers cette prise de position, la présidente de la CNDH invite à dépasser les réponses d’urgence pour engager une réforme structurelle ambitieuse. Une réforme qui placerait la souveraineté éducative, la qualité de l’encadrement et l’adéquation aux réalités nationales au cœur des priorités, afin de redonner à l’université sénégalaise stabilité, crédibilité et efficacité.

Affaire « Pape Cheikh Diallo et Cie » : arrestation spectaculaire d’Ibrahima Magib Seck à Saly lors d’une finale à l’Institut Diambars

Le dossier dit « Pape Cheikh Diallo et Cie » a connu un nouveau tournant ce week-end avec l’arrestation d’Ibrahima Magib Seck, présenté comme le treizième suspect activement recherché par les enquêteurs. Selon les informations publiées par L’Observateur, l’homme a été interpellé samedi soir à Saly Portudal, en pleine finale de football organisée à l’Institut Diambars, un centre de formation réputé du football sénégalais.

Tout se serait joué en moins de vingt-quatre heures. Alors que douze personnes, parmi lesquelles Pape Cheikh Diallo et Djiby Dramé, avaient déjà été placées sous mandat de dépôt à la suite d’une opération menée par la Brigade de recherches de Keur Massar, les enquêteurs se sont rendu compte qu’un suspect manquait à l’appel. Les investigations ont rapidement permis d’identifier Ibrahima Magib Seck, commerçant établi à Dakar, comme étant en fuite.

D’après les éléments rapportés, le mis en cause aurait quitté la capitale au moment du coup de filet pour se rendre sur la Petite-Côte, précisément à Saly Portudal. Pensant sans doute échapper à la vigilance des forces de l’ordre, il aurait sous-estimé la coordination entre les différentes brigades territoriales ainsi que l’exploitation des outils technologiques mis à la disposition des gendarmes, notamment en matière de géolocalisation.

Une fois la piste confirmée, un message clair aurait été transmis aux unités déployées dans la zone : localiser et interpeller le suspect sans délai. Samedi aux environs de 20h20, les gendarmes auraient finalement repéré Ibrahima Magib Seck au milieu des spectateurs assistant à un tournoi de football à l’Institut Diambars. L’arrestation s’est déroulée de manière discrète, afin d’éviter tout mouvement de panique dans la foule concentrée sur la rencontre. En quelques instants, le commerçant a été maîtrisé puis extrait du site sous les regards surpris de plusieurs témoins.

Après son interpellation, il a été conduit à la Brigade de recherches de Saly Portudal pour les premières formalités, avant d’être transféré dans la nuit à Keur Massar où il devait être entendu par les enquêteurs en charge du dossier principal. Les auditions visent notamment à établir son rôle exact et ses liens présumés avec les autres personnes déjà inculpées.

Toujours selon les révélations de L’Observateur, un élément clé aurait accéléré la procédure. Lors de la fouille de ses effets personnels, les enquêteurs auraient procédé à l’exploitation de son téléphone portable. Des vidéos considérées comme compromettantes auraient été découvertes dans la mémoire de l’appareil. Ces contenus numériques placeraient le suspect en compagnie d’autres partenaires présumés, ce qui renforcerait les soupçons pesant sur lui et consoliderait le dossier transmis au procureur. Confronté à ces éléments, Ibrahima Magib Seck aurait été amené à fournir des explications aux enquêteurs.

L’affaire semble par ailleurs prendre une ampleur croissante. Selon les dernières informations rapportées, trois autres personnes auraient été interpellées dans la foulée, portant à seize le nombre total d’individus placés en garde à vue dans ce dossier. Les mis en cause sont poursuivis pour des faits qualifiés d’« actes contre nature » et de transmission volontaire présumée du VIH/Sida. Des accusations particulièrement graves qui confèrent à cette procédure une dimension pénale sensible et un fort retentissement sociétal.

UGB : la CESL décrète 72 heures de “Journées sans ticket” pour exiger vérité, justice et le paiement des bourses

La tension monte à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. La Coordination des étudiants de Saint-Louis (CESL) a annoncé, ce lundi 16 février, le lancement de « 72 heures de Journées sans ticket », une initiative marquée par la gratuité des services de restauration au sein du campus social. Le mot d’ordre, précisent les responsables étudiants dans un communiqué, est renouvelable en fonction de l’évolution de la situation.

À travers cette action, la CESL entend dénoncer les violences policières ayant entraîné la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba. Les étudiants exigent que toute la lumière soit faite sur les circonstances du drame et réclament que les responsabilités soient situées. « Vérité et justice » constituent, selon eux, le principal fondement de cette mobilisation, qui s’inscrit dans un climat de vive émotion au sein de la communauté universitaire.

La coordination estudiantine ne limite pas ses revendications à cette affaire. Elle demande également la « libération immédiate et sans condition » des étudiants arrêtés à l’Universite Cheikh Anta Diop de Dakar lors des récentes manifestations. Pour la CESL, ces arrestations participent d’un climat de crispation qui ne favorise ni le dialogue ni l’apaisement dans les universités publiques du pays.

Au-delà des questions sécuritaires, les étudiants placent au cœur de leurs préoccupations la réforme du système de bourses. Ils dénoncent des retards et exigent le paiement intégral des rappels dus aux ayants droit. Selon eux, la situation financière précaire de nombreux étudiants rend ces paiements indispensables à la poursuite normale de leurs études.

La CESL réclame par ailleurs le maintien des acquis sociaux jusqu’à une révision concertée du décret de 2014 relatif aux allocations d’études. Les étudiants estiment que toute réforme touchant aux bourses universitaires doit faire l’objet d’un dialogue inclusif impliquant les différentes parties prenantes, afin d’éviter des mesures qu’ils jugent unilatérales et pénalisantes.

Ces « Journées sans ticket » interviennent dans un contexte général de tensions dans les universités sénégalaises, où les mouvements de protestation se multiplient. À Saint-Louis comme à Dakar, la question des conditions sociales des étudiants, combinée aux revendications liées aux libertés et à la justice, continue d’alimenter une mobilisation qui pourrait s’inscrire dans la durée si aucune réponse concrète n’est apportée par les autorités compétentes.

Incendie au Ministère des Finances et du Budget : le feu maîtrisé, aucune perte en vie humaine

Un incendie s’est déclaré dans la nuit du 15 au 16 février 2026 dans les locaux du Ministèrede des Finances et du Budgets (MFB), situés en plein centre-ville de Dakar, précisément à l’angle de la rue René Ndiaye et de l’avenue Carde. L’information a été rendue publique à travers un communiqué officiel diffusé par le département ministériel, qui a tenu à rassurer l’opinion sur la maîtrise rapide de la situation.

Selon les précisions apportées par le Ministère, le sinistre a touché une partie des locaux administratifs sans toutefois provoquer de dégâts humains. Alertés à temps, les sapeurs-pompiers sont intervenus avec célérité et professionnalisme. Leur action coordonnée a permis de circonscrire les flammes et d’empêcher la propagation du feu à d’autres services du bâtiment. Le MFB a salué la réactivité et l’efficacité des équipes de secours, soulignant que leur intervention rapide a été déterminante pour limiter les dégâts matériels.

Aucune victime n’a été enregistrée au cours de l’incident, un élément que le Ministère considère comme prioritaire et rassurant. Malgré l’ampleur de l’émotion suscitée par cet événement au cœur de la capitale, les autorités assurent que les activités administratives se poursuivent normalement. Des mesures organisationnelles temporaires ont néanmoins été prises afin de garantir la sécurité du personnel et des usagers, le temps d’évaluer précisément l’étendue des dommages et de procéder aux vérifications techniques nécessaires.

Dans son communiqué, le Ministère des Finances et du Budget a invité les citoyens, les partenaires et les médias à se référer exclusivement aux sources officielles pour toute information relative à cet incident. Cette mise au point vise à prévenir la propagation de rumeurs ou d’informations inexactes susceptibles de créer une confusion inutile.

Par ailleurs, des investigations internes seront diligentées afin de déterminer l’origine exacte de l’incendie. Les autorités compétentes devront établir les circonstances du sinistre et formuler, le cas échéant, des recommandations pour renforcer davantage les dispositifs de sécurité. En attendant les conclusions de ces enquêtes, le Ministère affirme que la situation est totalement sous contrôle et réitère son engagement à assurer la continuité du service public dans les meilleures conditions de sécurité.

Incendie au ministère des Finances et du Budget : les sapeurs-pompiers mobilisés en plein centre-ville de Dakar

Un incendie s’est déclaré dans la matinée de ce lundi 16 février au sein de l’immeuble du Ministre des finances et du budget du Senegal, situé en plein centre-ville de Dakar. Le sinistre, dont l’origine demeure pour l’instant inconnue, a rapidement mobilisé les services de secours, déployés sur les lieux pour maîtriser les flammes et sécuriser les occupants ainsi que les bâtiments environnants.

Selon les premières informations recueillies, l’alerte a été donnée peu après le déclenchement du feu, provoquant une vive inquiétude dans ce quartier administratif particulièrement fréquenté aux heures de service. Des agents et usagers présents dans l’édifice ont été évacués par mesure de précaution, tandis qu’un important dispositif de sécurité a été mis en place afin de faciliter l’intervention des secours et d’éviter tout mouvement de panique.

Les sapeurs-pompiers, arrivés rapidement sur les lieux, ont engagé des moyens conséquents pour circonscrire l’incendie et empêcher sa propagation à d’autres parties du bâtiment ou aux immeubles voisins. Les opérations de secours se poursuivaient encore en fin de matinée, sous la supervision des autorités compétentes. La circulation dans les artères adjacentes a été momentanément perturbée, le temps de sécuriser le périmètre et de permettre aux équipes d’intervention d’agir efficacement.

À ce stade, aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, selon les informations disponibles. Toutefois, l’ampleur des dégâts matériels reste à évaluer. Une enquête devrait être ouverte afin de déterminer les causes exactes de l’incendie et d’établir les circonstances précises de sa survenue.

Cet incident relance les préoccupations liées à la sécurité des bâtiments administratifs et à la prévention des risques d’incendie dans les structures publiques. Les autorités devraient communiquer davantage dans les prochaines heures pour faire le point sur la situation et rassurer l’opinion publique.

Arrestation d’un étudiant de la FASEG : la Sûreté urbaine serre la vis après les manifestations à l’UCAD

La tension reste vive autour des manifestations survenues à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Dans le cadre de l’enquête ouverte à la suite des troubles enregistrés sur le campus, la Sûreté urbaine (SU) a procédé, ce dimanche, à l’arrestation d’un étudiant en Master à la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion (FASEG), identifié sous les initiales C. O. Diallo.

Selon les informations rapportées par le journal L’Observateur, le jeune homme a été interpellé à hauteur de la Brioche Dorée de Mermoz, dans la capitale sénégalaise. D’après des sources concordantes citées par le quotidien, trois policiers en civil ont procédé à son arrestation avant de le conduire dans les locaux des services d’enquête.

Toujours selon les mêmes sources, C. O. Diallo a été placé en garde à vue. Il fait face à une série de chefs d’accusation liés aux incidents ayant émaillé les récentes manifestations estudiantines. Les faits qui lui sont reprochés incluent des violences commises sur des agents de la force publique dans l’exercice de leurs fonctions, des actes de rébellion ainsi que des destructions de biens publics et privés.

À ces accusations s’ajoutent la participation à une manifestation non déclarée, des troubles à l’ordre public, un attroupement et des actes ou manœuvres susceptibles de compromettre la sécurité publique ou d’occasionner des troubles politiques graves. Des charges lourdes qui témoignent de la volonté des autorités de faire toute la lumière sur les événements récents et de situer les responsabilités.

Cette arrestation intervient dans un contexte de crispation persistante au sein de l’UCAD, où plusieurs mouvements de protestation ont été enregistrés ces dernières semaines. Les revendications étudiantes, dont les contours exacts varient selon les facultés et les organisations impliquées, ont parfois dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, occasionnant des dégâts matériels et des blessés.

Du côté des autorités sécuritaires, l’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels autres protagonistes. La Sûreté urbaine, en charge du dossier, entend exploiter les éléments recueillis sur le terrain, notamment les images et témoignages disponibles, pour établir les responsabilités individuelles.

Kaolack – Urgences médicales : la CAES mise sur le don volontaire pour sauver des vies

Face à la récurrence des ruptures de poches de sang, particulièrement durant le mois béni de Ramadan, l’Association Conscience Agissante pour l’Entraide Sociale (CAES), basée à travers le pays et dirigée par Madame Ndèye Madjiguène Diouf Ndiaye, a organisé ce dimanche 15 février 2026 une importante journée de don de sang au quartier Thioffack, dans la commune de Kaolack, au profit de la banque de sang de l’Hôpital El Hadji Ibrahima Niass de Kaolack.

Cette initiative citoyenne et humanitaire s’inscrit dans une dynamique de solidarité et d’anticipation des besoins sanitaires, alors que les structures hospitalières enregistrent chaque année une forte demande en produits sanguins. Entre urgences médicales, interventions chirurgicales, patients souffrant de maladies chroniques et victimes d’accidents de la circulation, la nécessité de disposer d’un stock suffisant devient cruciale, surtout à l’approche du mois de Ramadan.

« L’objectif principal de cette campagne est clair : collecter au moins 100 poches de sang afin de renforcer les réserves de la banque de sang et prévenir toute pénurie susceptible de compromettre la prise en charge des patients. Le don de sang constitue un acte simple mais vital », a expliqué Madame Ndèye Madjiguène Diouf Ndiaye.

Elle a insisté sur l’importance de la mobilisation communautaire pour soutenir le système de santé local, rappelant que « donner son sang, c’est offrir une seconde chance à une personne en situation d’urgence ».

L’activité a enregistré la participation de nombreux volontaires — jeunes, adultes et membres de la société civile — venus répondre à l’appel dans un esprit de solidarité et d’engagement citoyen. Le personnel médical mobilisé pour l’occasion a assuré l’accueil, la sensibilisation ainsi que les prélèvements, dans le strict respect des normes sanitaires.

À travers cette action, l’association CAES entend installer une culture durable du don volontaire de sang, considérée comme un pilier essentiel du système de santé publique.

« Nous avons décidé de mettre sur pied le réseau O négatif, un maillon vital pour sauver des vies. Le groupe sanguin O négatif occupe une place stratégique en raison de son rôle déterminant dans les situations d’urgence médicale. Considéré comme le donneur universel de globules rouges, le sang O négatif peut être transfusé à des patients de tous les groupes sanguins », a-t-elle martelé.

Cette particularité biologique en fait une ressource indispensable dans les hôpitaux, notamment lors des accidents graves, des interventions chirurgicales urgentes ou des hémorragies nécessitant une transfusion immédiate.

Les membres de l’association CAES lancent ainsi un appel à la population afin de faire du don de sang un réflexe citoyen régulier.

Kaolack : l’Institut Polytechnique des Affaires du Commerce (IPAC) remet ses diplômes aux promotions 2022 à 2025

L’Institut Polytechnique des Affaires du Commerce (IPAC) a vécu, ce dimanche, un moment historique marqué par la cérémonie officielle de graduation des promotions 2022, 2023, 2024 et 2025. Un événement riche en émotions qui consacre plusieurs années d’efforts académiques et de formation professionnelle pour une cinquantaine d’étudiants désormais prêts à intégrer le monde du travail.

Organisée dans une atmosphère à la fois solennelle et festive, la cérémonie a réuni responsables pédagogiques, autorités administratives, formateurs, parents d’étudiants, personnalités politiques ainsi que de nombreux invités venus partager ce moment symbolique. Drapés dans leurs toges et coiffés de leurs mortiers, les diplômés ont célébré l’aboutissement d’un parcours marqué par la persévérance, le sacrifice et l’engagement.

Une étape décisive dans le parcours des étudiants

Prenant la parole, Chérif Sow, directeur général de l’IPAC, a salué la détermination des récipiendaires, rappelant que ces différentes promotions constituent les pionniers d’une institution engagée dans la formation de compétences adaptées aux exigences du marché professionnel.

Selon lui, cette graduation ne représente pas seulement la fin d’un cycle académique, mais surtout le début d’une nouvelle responsabilité : celle de contribuer activement au développement économique et social grâce aux savoirs acquis.

« Aujourd’hui, vous devenez des ambassadeurs de l’excellence et du professionnalisme. Le diplôme que vous recevez est le fruit de votre travail, mais aussi un engagement envers la société », a souligné M. Sow sous les applaudissements de l’assistance.

Des témoignages empreints d’émotion

Moment particulièrement marquant de la cérémonie, les parents des lauréats ont exprimé leur reconnaissance envers le corps professoral pour son accompagnement constant. Entre souvenirs de formation, défis surmontés et ambitions futures, les témoignages ont traduit l’émotion collective qui régnait dans la salle.

Pour plusieurs diplômés, cette graduation symbolise une véritable transformation personnelle et professionnelle, ouvrant la voie à l’emploi, à l’entrepreneuriat ou à la poursuite d’études supérieures.

Un engagement pour l’employabilité et l’excellence

À travers cette cérémonie, le directeur de l’IPAC, Chérif Sow, a réaffirmé « notre volonté de former une jeunesse qualifiée, capable de répondre aux besoins du marché et de participer activement au développement national ».

Les responsables ont insisté sur l’importance de l’innovation, de la rigueur professionnelle et de l’éthique dans les futures carrières des diplômés.

La remise officielle des diplômes, ponctuée de photos de famille et de distinctions honorifiques, a constitué le point culminant de l’événement, dans une ambiance mêlant joie, fierté et espoir.

Kaolack – Formation et espoir pour la jeunesse : Sarata Sonko associée à la graduation de 21 agents du GISP-Protection

Kaolack a accueilli, ce dimanche, à la salle de délibération de la mairie, la cérémonie officielle de remise de diplômes à 21 agents de la première promotion (POMO) du Groupe d’Intervention de la Sécurité Professionnelle (GISP-Protection). Une activité marquant une étape importante dans le renforcement des compétences en matière de sécurité privée et de protection rapprochée dans la région.

Organisée en présence des responsables de la structure, des encadreurs, des partenaires ainsi que des familles des récipiendaires, la cérémonie s’est déroulée dans un esprit de reconnaissance du mérite et de valorisation du professionnalisme dans le secteur sécuritaire.

Un enjeu majeur pour la sécurité de proximité

Dans un contexte où les défis liés à la sécurité urbaine, à la protection des personnes et des biens, ainsi qu’à la prévention des risques deviennent de plus en plus complexes, la formation d’agents qualifiés apparaît comme une nécessité stratégique. À travers cette initiative, GISP-Protection ambitionne de contribuer à la professionnalisation du secteur de la sécurité privée au Sénégal.

Les responsables de la structure ont rappelé que la formation dispensée aux apprenants a porté sur plusieurs modules essentiels, notamment la gestion des risques, les techniques d’intervention, la protection rapprochée, la discipline professionnelle, ainsi que les principes d’éthique et de responsabilité dans l’exercice du métier d’agent de sécurité.

Former pour prévenir et sécuriser

Responsable politique du parti PASTEF et adjointe au maire de la commune de Kaolack chargée de la petite enfance, Sarata Sonko était la marraine de l’événement. Empêchée, elle s’est fait représenter par Khalifa Sané, porteur de son message d’encouragement et d’espoir.

Prenant la parole devant une assistance attentive, Khalifa Sané a expliqué que le choix porté sur Sarata Sonko n’est pas fortuit. Selon lui, cette distinction traduit la reconnaissance de « son engagement constant pour le développement de la ville de Kaolack et son combat permanent contre le chômage des jeunes ».

Il a rappelé que l’adjointe au maire se distingue par sa proximité avec les populations et sa volonté affirmée de promouvoir des initiatives inclusives capables d’offrir de nouvelles perspectives à la jeunesse locale.

Dans un discours à forte charge émotionnelle, le représentant de la marraine a insisté sur l’importance de l’éducation et de la formation comme leviers de transformation sociale. « Chaque diplôme remis aujourd’hui est une victoire contre le découragement et un pas vers un avenir meilleur », a-t-il déclaré, suscitant des applaudissements nourris dans la salle.

Khalifa Sané a également exprimé sa conviction qu’une gouvernance locale portée par des élus engagés pourrait impulser un changement inclusif à Kaolack. Il a ainsi appelé les populations à soutenir les initiatives incarnées par Sarata Sonko, qu’il considère comme une actrice majeure du renouveau local.

Maladies rares au Sénégal : en fauteuil roulant dans les rues de Dakar, les oubliés interpellent l’État et réclament dignité, soins et reconnaissance

Dakar a été le théâtre d’une scène aussi bouleversante que symbolique. En prélude à la Journée mondiale des maladies rares, l’association Taxawouma a organisé une randonnée pédestre de sensibilisation à travers les artères de la capitale. En fauteuil roulant, des personnes en situation de handicap, victimes de maladies rares, ont défilé sous le regard des passants, portant un message clair, exister, être vues et reconnues.

Aux côtés des participants, le président de l’association, Birahim Aidara, et la marraine de cette édition, Dr Issa Tall Diop, Directrice de l’hôpital Albert Royer (CHNEAR), ont marché pour briser le silence qui entoure ces pathologies trop souvent ignorées.
Cette mobilisation citoyenne visait à alerter l’opinion publique et les décideurs sur les difficultés quotidiennes auxquelles font face les personnes atteintes de maladies rares, errance diagnostique, manque de structures adaptées, précarité sociale et absence de prise en charge suffisante. La randonnée a également été un appel fort pour la reconnaissance officielle du Centre Talibou Dabo, afin qu’il réunisse les conditions nécessaires à un meilleur accompagnement médical, social et éducatif des enfants et adultes concernés.

Le rendez vous est désormais pris pour le 28 février à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, où la Journée mondiale des maladies rares sera officiellement célébrée. Les échanges porteront sur les enjeux scientifiques, sanitaires et sociaux liés à ces maladies, avec la participation du Professeur Rokhaya Ndiaye Diallo de la Société Sénégalaise de Génétique Humaine (S2GH).

Drame sur l’axe Louga–Dielerlou : deux morts après un violent accident, le conducteur en fuite

Un tragique accident de la circulation s’est produit ce samedi sur l’axe reliant Louga à Dielerlou, plongeant les populations locales dans l’émoi. Le choc, d’une rare violence, a coûté la vie à deux personnes, dont une femme enceinte, selon des informations rapportées par GMS TV.

D’après les premiers éléments recueillis, un véhicule a violemment percuté deux piétons qui se trouvaient au bord de la route. La première victime, une femme enceinte, est décédée sur le coup en raison de la gravité des blessures subies lors de l’impact. La seconde victime, grièvement touchée, avait été retrouvée dans un état critique à l’arrivée des secours.

Alertés rapidement, les sapeurs-pompiers sont intervenus pour prodiguer les premiers soins avant d’évacuer le blessé vers l’Hopital Amadou Sakhir Mbaye. Malgré la prise en charge médicale, la victime n’a malheureusement pas survécu à ses blessures et a succombé peu après son admission à l’établissement hospitalier.

Le conducteur du véhicule impliqué aurait pris la fuite immédiatement après l’accident, abandonnant les victimes sur les lieux du drame. Ce comportement a suscité une vive indignation au sein des populations riveraines, qui dénoncent une recrudescence des accidents sur cet axe routier et appellent à davantage de vigilance et de contrôle.

La gendarmerie a ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de l’accident. Les investigations devront notamment établir les responsabilités, préciser les conditions dans lesquelles le choc s’est produit et permettre l’identification puis l’interpellation du conducteur en fuite.

Sénégal : un important épisode de poussière attendu du 14 au 17 février, l’ANACIM appelle à la vigilance

L’Agence nationale de l’Aviation civile et de la Météorologie (ANACIM) a annoncé l’arrivée imminente d’un important épisode de poussière sur l’ensemble du territoire sénégalais. Selon les prévisions météorologiques, le phénomène débutera dans la soirée du samedi 14 février 2026 avec l’invasion progressive d’une couche dense de particules en provenance du désert. Cette situation devrait persister jusqu’au mardi 17 février 2026 à 12 heures, avant une amélioration graduelle des conditions atmosphériques.

D’après l’ANACIM, les premières zones touchées seront les régions nord du pays, notamment Matam, Podor et Saint-Louis, ainsi que la capitale Dakar. La poussière s’étendra ensuite progressivement vers le centre, l’est et l’ouest du Sénégal, affectant plusieurs localités dont Diourbel, Kaolack, Tambacounda, Thiès et Louga. Ce déplacement progressif du nuage de poussière pourrait entraîner une baisse significative de la visibilité dans de nombreuses zones, avec des impacts notables sur la circulation routière et, potentiellement, sur le trafic aérien.

Les services météorologiques préviennent également d’une dégradation marquée de la qualité de l’air durant toute la période concernée. La concentration élevée de particules fines dans l’atmosphère représente un risque particulier pour les personnes vulnérables. Les asthmatiques, les enfants, les personnes âgées ainsi que celles souffrant de maladies respiratoires chroniques sont les plus exposées aux complications sanitaires liées à cet épisode. Des irritations des voies respiratoires, des yeux et de la gorge pourraient être observées, de même qu’une aggravation des symptômes chez les personnes déjà fragilisées.

Face à cette situation, l’ANACIM recommande de limiter les déplacements non essentiels, surtout aux heures où la concentration de poussière sera la plus forte. Le port de masque est conseillé pour réduire l’inhalation des particules, notamment pour les personnes sensibles. Il est également recommandé de maintenir les enfants et les personnes âgées dans des espaces fermés autant que possible et de veiller à bien aérer les habitations aux moments où la concentration de poussière diminue temporairement.

Les autorités invitent par ailleurs les usagers de la route à faire preuve d’une grande prudence en raison de la visibilité réduite. Les conducteurs sont appelés à adapter leur vitesse et à respecter scrupuleusement les règles de sécurité afin d’éviter les accidents.

Selon les prévisions, une amélioration progressive des conditions météorologiques est attendue à partir du mardi 17 février à midi. La dissipation graduelle de la poussière devrait permettre un retour à une meilleure qualité de l’air et à des conditions de visibilité plus favorables sur l’ensemble du territoire national. En attendant, les populations sont invitées à rester attentives aux bulletins météorologiques et aux recommandations officielles.

CAN 2026 : Cheikh Mahi Niass appelle au calme et à la préservation des liens spirituels entre le Sénégal et le Maroc

Face aux tensions apparues en marge de la finale de la CAN 2026 au Maroc, Cheikh Mahi Niass Khalife général de la Fayda Tijaniya et président de l’Union islamique africaine, est sorti de sa réserve pour lancer un appel solennel à l’apaisement. Dans un communiqué officiel daté du 9 février, le guide religieux invite les supporters à la retenue et plaide pour la libération des ressortissants sénégalais interpellés à la suite des incidents survenus en marge de la rencontre.

Dans son message, le Khalife met en avant la profondeur des relations historiques et spirituelles qui unissent le Sénégal et le Maroc. Selon lui, ces liens dépassent largement le cadre des relations diplomatiques contemporaines. Ils s’enracinent dans une histoire religieuse partagée, structurée autour de la confrérie tidjane, dont l’influence relie depuis des générations les grandes capitales spirituelles et culturelles des deux pays, de Dakar à Fès en passant par Rabat. Cette communauté de foi, consolidée par des siècles d’échanges religieux et intellectuels, constitue un socle solide que des tensions circonstancielles ne sauraient fragiliser.

La Fayda Tijaniya, héritière de l’enseignement de Cheikh Onrahima Niass, a joué un rôle central dans le raffermissement des relations religieuses et culturelles entre Dakar et Rabat. À travers les visites régulières de délégations religieuses, les ziaras et les séjours de formation dans les grandes institutions islamiques marocaines, une proximité constante s’est maintenue entre les communautés tidjanes des deux rives. Cette dynamique spirituelle a contribué à forger un espace sénégalo-marocain marqué par la fraternité, le respect et la coopération.

Dans son communiqué, Cheikh Mahi Niass rappelle que « la qualité de cette relation ne saurait être entachée par la passion pour le sport ». Il souligne que si le football suscite un enthousiasme légitime, il ne doit en aucun cas devenir un facteur de division ou d’hostilité entre des peuples liés par une histoire commune. Il appelle ainsi les supporters des deux nations à faire preuve de responsabilité, de maturité et de discipline, afin que l’esprit sportif ne soit pas dévoyé par des comportements regrettables.

Au-delà de l’appel symbolique, le Khalife salue la réactivité des autorités sénégalaises et marocaines, qui ont rapidement engagé des démarches politiques et diplomatiques pour désamorcer les tensions. Il note également l’implication des autorités religieuses dans la recherche d’une issue apaisée. Cette convergence d’initiatives, à la fois étatiques et spirituelles, illustre selon lui la pertinence d’une diplomatie complémentaire, où les guides religieux peuvent jouer un rôle d’interface et de médiation dans les moments de crispation.

L’intervention de Cheikh Mahi Niass confirme, une fois de plus, la place structurante des autorités confrériques dans la stabilité sociale au Sénégal et dans la préservation des relations bilatérales avec des partenaires historiques comme le Maroc. Dans un contexte régional marqué par des sensibilités accrues autour des grandes compétitions sportives, son appel rappelle que la fraternité spirituelle et la solidarité entre peuples doivent primer sur les émotions passagères.

Décès d’Abdoulaye Ba : le COMES exige toute la lumière sur l’origine du traumatisme

Le Collectif des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes en spécialisation du Sénégal (COMES) a réagi publiquement au décès d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de formation en chirurgie dentaire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Dans un communiqué, le Collectif affirme suivre avec une « attention soutenue » l’évolution de ce dossier, qualifiant la disparition de leur collègue de drame survenu dans un contexte national déjà marqué par un « déficit criant de spécialistes de santé ».

Le COMES indique avoir pris connaissance du communiqué du Procureur de la République, selon lequel les éléments disponibles à ce stade de l’enquête ne corroborent pas les rumeurs faisant état de violences physiques exercées sur la victime. Toutefois, le Collectif rappelle que les conclusions de l’autopsie ont permis d’écarter l’hypothèse d’une cause naturelle isolée et orientent vers l’existence d’un « mécanisme traumatique majeur ».

Pour les médecins en spécialisation, une question essentielle demeure sans réponse : quelle est l’origine de ce traumatisme ? Cette interrogation, posée publiquement, traduit leur volonté d’obtenir des explications précises et transparentes sur les circonstances exactes du décès. Le COMES rejette catégoriquement toute hypothèse laissant entendre que la victime aurait pu s’infliger elle-même un traumatisme physique mortel. Le Collectif estime qu’il est inconcevable qu’un jeune étudiant de 20 ans, engagé dans un parcours exigeant en chirurgie dentaire et porteur des espoirs de sa famille, ait volontairement causé sa propre mort.

Au-delà de l’émotion suscitée au sein de la communauté médicale, cette prise de position souligne l’ampleur de l’inquiétude dans le milieu universitaire. Le COMES appelle les autorités judiciaires à conduire la suite de l’enquête avec rigueur, justesse et impartialité, afin de faire toute la lumière sur les circonstances du décès et d’identifier, le cas échéant, les responsabilités.

Décès d’Abdoulaye Ba : le Procureur ouvre une enquête et écarte, à ce stade, les rumeurs de violences physiques

À la suite des violents affrontements survenus le 9 février 2026 sur le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar a ordonné l’ouverture immédiate d’une enquête exhaustive. Ces heurts, qui ont opposé des étudiants à des éléments de la Police nationale du Sénégal, ont occasionné d’importants dégâts matériels ainsi que de nombreux blessés, plongeant la communauté universitaire dans une vive émotion.

Dans un communiqué officiel, le Parquet indique avoir saisi la Sûreté urbaine afin de déterminer les responsabilités liées aux incidents. Parallèlement, la Division des investigations criminelles a été chargée d’établir les causes et les circonstances du décès de Monsieur Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année à la Faculté de Médecine. Cette double saisine vise à faire toute la lumière, d’une part sur les violences enregistrées sur le campus, et d’autre part sur les conditions exactes ayant conduit au décès du jeune étudiant.

Le communiqué précise que plusieurs actes d’enquête ont déjà été accomplis. Des auditions ont été menées, un transport sur les lieux a été effectué et une autopsie a été pratiquée afin de déterminer les causes médicales du décès. Ces diligences s’inscrivent dans le cadre d’une procédure visant à établir les faits avec rigueur et impartialité, dans un contexte marqué par la circulation rapide de rumeurs sur les réseaux sociaux.

À ce stade des investigations, le Procureur indique que les éléments disponibles ne corroborent pas les allégations faisant état de violences physiques exercées sur la victime. Cette précision intervient alors que des informations non vérifiées ont largement circulé, alimentant les tensions au sein de l’opinion publique et de la communauté estudiantine.

Le Procureur de la République appelle ainsi à la retenue et au respect du cours normal de la justice, soulignant que seules les conclusions définitives de l’enquête permettront d’établir avec certitude les responsabilités éventuelles. Dans l’attente des résultats complets des investigations, les autorités judiciaires insistent sur la nécessité d’éviter toute spéculation susceptible de troubler l’ordre public ou d’entraver la manifestation de la vérité.

Inflation au Sénégal : les prix à la consommation en hausse de 0,5 % au quatrième trimestre 2025

L’inflation poursuit sa progression au Sénégal en cette fin d’année 2025. D’après le dernier rapport publié le 13 février 2026 par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 0,5 % au quatrième trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent. Cette évolution traduit une hausse quasi généralisée des prix dans la majorité des postes de dépenses des ménages, confirmant une pression persistante sur le coût de la vie.

La principale source de cette augmentation provient des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées, dont les prix ont progressé de 0,6 %. Cette catégorie, qui représente une part importante du budget des ménages sénégalais, exerce un impact direct sur le pouvoir d’achat, en particulier pour les foyers à revenus modestes. La hausse des prix alimentaires demeure un facteur sensible dans un contexte où les dépenses de consommation courante occupent une place prépondérante dans les charges familiales.

D’autres segments ont connu des variations plus marquées. Les boissons alcoolisées, les tabacs et les stupéfiants enregistrent une forte augmentation de 6,5 %, traduisant des ajustements significatifs sur ces produits spécifiques. Le secteur de l’enseignement affiche également une progression de 1,0 %, tandis que les services de restauration et d’hébergement augmentent de 0,9 %. Ces hausses reflètent une dynamique plus large touchant les services, souvent liée à l’augmentation des coûts d’exploitation et aux ajustements tarifaires.

Les dépenses liées aux besoins essentiels ne sont pas en reste. Les prix des soins personnels et des services de protection sociale, ceux de la santé, ainsi que ceux de l’ameublement et de l’équipement ménager ont également progressé. Les charges de logement, comprenant l’eau, l’électricité et le gaz, enregistrent une hausse de 0,5 %. À cela s’ajoute une légère augmentation dans le secteur des transports, ce qui contribue à alourdir les dépenses quotidiennes des ménages.

Toutefois, cette tendance inflationniste a été partiellement atténuée par la stabilité des prix de l’habillement et des chaussures. Le secteur de l’information et de la communication se distingue même par un recul de 0,2 %, offrant un léger répit dans un environnement globalement marqué par la hausse des prix. Cette baisse contribue modestement à amortir l’effet général de l’inflation sur les consommateurs.

Dans l’ensemble, cette progression trimestrielle de 0,5 % confirme une pression modérée mais continue sur les prix à la consommation. Si elle ne traduit pas une flambée brutale, elle souligne néanmoins la nécessité de suivre attentivement l’évolution des coûts des biens et services essentiels. Pour les ménages sénégalais, la gestion du budget demeure un exercice d’équilibre dans un contexte où la plupart des postes de dépenses enregistrent des ajustements à la hausse.

PIB et emploi : une croissance portée par Dakar, des inégalités persistantes pour les jeunes ruraux

Le Sénégal confirme sa résilience économique après le choc provoqué par la pandémie de 2020. Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, la croissance du produit intérieur brut (PIB), qui avait chuté à +1,3 % au plus fort de la crise sanitaire, a rebondi pour atteindre +4,3 % en 2023. Cette reprise est portée par la vitalité combinée des secteurs primaire, secondaire et tertiaire, traduisant un redémarrage progressif de l’activité nationale. La hausse du PIB par habitant indique par ailleurs que la création de richesse progresse désormais à un rythme supérieur à celui de la croissance démographique.

Cependant, cette dynamique macroéconomique masque d’importantes disparités territoriales. Dakar concentre à elle seule 46,2 % du PIB national. En additionnant les performances de Thiès, Diourbel, Saint-Louis et Kaolack, cet ensemble régional génère plus de 70 % de la richesse du pays. Les neuf autres régions doivent ainsi se partager moins de 30 % de la production économique nationale. Cette concentration s’explique par la polarisation historique des services, des activités financières et industrielles autour de l’axe Dakar-Thiès, qui constitue le cœur économique du pays.

Le secteur primaire, davantage réparti sur le territoire, repose principalement sur les contributions de régions comme Thiès, Kolda et Kaffrine. Néanmoins, la valeur ajoutée générée par l’agriculture et l’élevage demeure inférieure à celle des activités tertiaires et industrielles concentrées dans la capitale et sa périphérie. Cette configuration renforce les déséquilibres territoriaux et limite les opportunités économiques dans les zones rurales.

Sur le marché de l’emploi, les indicateurs montrent des avancées notables mais encore fragiles. Le taux de chômage élargi est passé de 26,2 % au premier trimestre 2022 à 21,5 % à la même période en 2023. Cette baisse témoigne d’une amélioration progressive du climat économique et d’une reprise des activités productives. Toutefois, cette embellie ne bénéficie pas uniformément à l’ensemble de la population. Le chômage demeure plus élevé en milieu rural et touche particulièrement les femmes, révélant des inégalités persistantes dans l’accès aux opportunités professionnelles.

La situation des jeunes constitue le défi le plus préoccupant. Près de la moitié des 15-35 ans, soit 49,8 %, se trouvent dans la catégorie des NEET, c’est-à-dire ni en emploi, ni en études, ni en formation. Ce taux atteint 59,2 % en zone rurale, illustrant une marginalisation accrue des jeunes vivant hors des grands centres urbains. Cette vulnérabilité compromet non seulement l’insertion socio-économique d’une génération entière, mais aussi la capacité du pays à tirer pleinement parti de son dividende démographique.

Au regard de l’Objectif de développement durable 8, consacré au travail décent et à la croissance économique, la performance nationale s’établit à 49,2 % en 2023 par rapport aux cibles fixées pour 2030. Ce score traduit des progrès réels, mais souligne également l’ampleur des efforts nécessaires pour promouvoir une croissance inclusive et équitable.

La consolidation de la dynamique économique devra ainsi s’accompagner de politiques publiques ciblées en faveur des jeunes et des territoires les plus vulnérables. Le renforcement de la formation professionnelle, le soutien à l’entrepreneuriat rural, la diversification économique régionale et l’amélioration des infrastructures apparaissent comme des leviers essentiels pour réduire les fractures territoriales et sociales.

Malnutrition infantile : le Sénégal face au défi persistant du retard de croissance

Le Sénégal poursuit une lutte ambitieuse contre la faim et la malnutrition à travers une approche multisectorielle articulée autour de politiques agricoles, sociales et sanitaires. Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, le pays a engagé plusieurs leviers stratégiques majeurs, notamment la Stratégie nationale de sécurité alimentaire et de résilience (SNSAR 2015-2035), le Programme national d’Autosuffisance en Riz (PnAR) ainsi que le développement des agropoles, afin de renforcer durablement la production locale et améliorer l’accès à une alimentation suffisante et diversifiée.

Dans un contexte marqué par l’inflation mondiale et les chocs économiques successifs, l’État a également mis en place des subventions importantes pour préserver le pouvoir d’achat des ménages. Ces mesures visent à limiter l’impact de la hausse des prix des denrées alimentaires sur les populations les plus vulnérables. Toutefois, malgré ces efforts soutenus, la situation nutritionnelle des enfants reste préoccupante, révélant des fragilités structurelles profondes.

Le retard de croissance, principal indicateur de la malnutrition chronique, a certes reculé, passant de 20,5 % en 2015 à 17,5 % en 2023. Cette baisse traduit des progrès, mais demeure insuffisante au regard des engagements internationaux. Les projections indiquent qu’en 2025, le taux pourrait atteindre 15,4 %, un niveau encore supérieur à la cible de 11,5 % fixée par l’Assemblée mondiale de la Santé. Cette tendance suggère que les efforts engagés, bien qu’efficaces dans une certaine mesure, ne permettent pas encore d’atteindre le rythme requis pour éliminer durablement la malnutrition chronique.

Plus inquiétante encore est l’évolution de la malnutrition aiguë, caractérisée par l’émaciation. Celle-ci a progressé, touchant 10 % des enfants en 2023 contre 8 % en 2015. Cette augmentation met en évidence la vulnérabilité persistante des ménages face aux chocs climatiques, économiques et sanitaires. Les périodes de soudure, la variabilité des récoltes et la fragilité des revenus ruraux accentuent les risques nutritionnels, en particulier dans les zones les plus enclavées.

Parallèlement aux stratégies de sécurité alimentaire, le Sénégal s’appuie sur des programmes sanitaires historiques qui constituent le socle de la lutte contre les principales causes de mortalité infantile. Le Programme Élargi de Vaccination, actif depuis 1974, demeure un pilier central dans la prévention des maladies évitables. Le Programme National de Lutte contre le Paludisme, opérationnel depuis 1995, contribue à réduire significativement l’impact du paludisme, tandis que le Programme National de Lutte contre la Tuberculose, en place depuis 1985, renforce la riposte contre les maladies transmissibles.

Ces dispositifs traduisent un engagement constant de l’État en faveur de la santé publique et de la réduction de la mortalité infantile. Néanmoins, la persistance du retard de croissance et la hausse de la malnutrition aiguë montrent que la réponse doit être davantage intégrée, combinant sécurité alimentaire, accès à l’eau potable, éducation nutritionnelle des mères, protection sociale et résilience climatique.

À l’approche de 2030, le défi pour le Sénégal ne consiste plus seulement à maintenir les acquis, mais à accélérer les progrès pour garantir à chaque enfant un développement physique et cognitif optimal. La lutte contre la malnutrition infantile reste ainsi l’un des tests majeurs de la capacité du pays à transformer ses politiques publiques en résultats durables et équitables.

Lutte contre la pauvreté au Sénégal : des progrès réels, mais un défi structurel toujours présent

Le Sénégal a enregistré une baisse mesurée mais significative de la pauvreté au cours de la dernière décennie. Selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, le taux de pauvreté est passé de 42,8 % en 2011 à 37,5 % en 2022. Cette évolution traduit une amélioration du niveau de vie pour une partie de la population et témoigne d’une certaine résilience face aux chocs successifs, notamment la pandémie de Covid-19 et les perturbations économiques mondiales. Toutefois, derrière cette progression se cachent des fragilités structurelles persistantes et de fortes disparités territoriales.

La réduction du taux de pauvreté s’explique en grande partie par la montée en puissance des programmes sociaux. Le Programme National de Bourse de Sécurité Familiale (PNBSF) a soutenu en 2023 plus de 355 000 ménages vulnérables, grâce à des transferts monétaires réguliers. Parallèlement, la Couverture Maladie Universelle (CMU) et la Carte d’Égalité des Chances, qui compte plus de 75 000 bénéficiaires, ont contribué à renforcer le filet de protection sociale. L’État consacre des ressources importantes à ces dispositifs, avec notamment 32,6 milliards de francs CFA mobilisés annuellement pour les bourses familiales.

Cependant, cette dynamique positive reste fragile. Entre 2019 et 2022, la pauvreté n’a reculé que de 0,3 point, signe d’un ralentissement dans la capacité des politiques publiques à produire un changement structurel durable. Les retards de paiement, les difficultés de ciblage des bénéficiaires et la couverture encore incomplète des programmes limitent l’efficacité de la Stratégie nationale de Protection Sociale. Pour accélérer la tendance, un renforcement budgétaire et une modernisation de la gestion des données sociales apparaissent indispensables, afin d’améliorer la transparence et l’efficacité des interventions.

L’analyse de l’Objectif de développement durable 1 met également en évidence une fracture territoriale marquée. Les pôles de Dakar et de Thiès se distinguent nettement, avec des taux d’atteinte respectifs de 68,9 % et 67,8 %. Ces régions bénéficient d’une forte concentration d’infrastructures, d’une meilleure intégration aux circuits économiques et d’un accès élargi aux services sociaux de base. Elles ont déjà parcouru les deux tiers du chemin vers les cibles fixées à l’horizon 2030.

À l’inverse, les pôles Sud-Est et Sud accusent un retard considérable, avec des scores respectifs de 27,8 % et 34,1 %. Ces territoires souffrent d’un enclavement structurel, d’un déficit d’infrastructures et d’une faible densité de services publics. Entre ces deux extrêmes, des zones comme Diourbel-Louga et le pôle Centre affichent des performances intermédiaires, où les filets sociaux atténuent la précarité sans parvenir à briser le cycle de pauvreté.

La lecture régionale confirme cette dichotomie. Dakar, Thiès et Diourbel forment un noyau relativement dynamique, tandis que Kédougou, Kolda et Sédhiou concentrent les urgences sociales, avec des écarts dépassant parfois 40 points par rapport aux régions leaders. Dans ces zones périphériques, l’isolement géographique et la faible diversification économique freinent les perspectives d’ascension sociale.

Au regard de ces constats, la réduction durable de la pauvreté au Sénégal nécessite une approche différenciée. Au-delà des transferts sociaux, il s’agit d’investir massivement dans les infrastructures, l’éducation, l’agriculture moderne et les activités génératrices de revenus, en ciblant prioritairement les territoires les plus en retard. La consolidation des acquis passe également par une meilleure coordination entre les politiques sociales et les stratégies de développement économique local.

Le Sénégal a donc franchi une étape importante dans la lutte contre la pauvreté, mais le chemin vers une transformation structurelle inclusive reste long. À l’approche de l’échéance 2030, l’enjeu majeur sera de transformer les progrès quantitatifs en changements durables et équitables, afin qu’aucune région ni aucun citoyen ne soit laissé en marge du développement.

Objectifs de Développement Durable : le Sénégal à mi-parcours avec un taux de 53 % en 2023

Le Sénégal poursuit sa marche vers l’Agenda 2030, mais le chemin reste encore long. Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, le pays affiche en 2023 un taux moyen de réalisation de 53 % des Objectifs de Développement Durable (ODD). Un score de 0,53 qui traduit un niveau de performance intermédiaire, à mi-parcours de l’échéance fixée par l’Organisation des Nations Unies pour 2030.

Dans le détail, certains objectifs affichent des performances encourageantes. La réduction des inégalités, correspondant à l’Objectif de développement durable 10, arrive en tête avec un taux d’atteinte de 82,7 %. Ce résultat témoigne des efforts consentis pour renforcer l’inclusion sociale et réduire les disparités économiques. La préservation des écosystèmes terrestres, mesurée par l’Objectif de développement durable 15, enregistre également un score solide de 77,6 %, traduisant une certaine efficacité des politiques environnementales.

Les partenariats pour la réalisation des objectifs, à travers l’Objectif de développement durable 17, atteignent 75,7 %, confirmant l’importance des collaborations avec les partenaires techniques et financiers. Le secteur de la santé et du bien-être, correspondant à l’Objectif de développement durable 3, affiche quant à lui un taux de 67,2 %, signe de progrès dans l’accès aux soins et les politiques sanitaires, même si des inégalités persistent selon les zones géographiques.

Toutefois, ce tableau global cache des fragilités importantes. L’Objectif de développement durable 14, consacré à la protection des ressources marines, demeure en difficulté, dans un contexte marqué par la surexploitation halieutique et les défis liés à la pollution. De même, l’Objectif de développement durable 16, qui concerne la paix, la justice et l’efficacité des institutions, appelle à des efforts supplémentaires pour renforcer la gouvernance et consolider l’État de droit.

À sept ans de l’échéance de 2030, ces résultats mettent en évidence la nécessité d’un rééquilibrage stratégique des investissements publics et d’une accélération des réformes dans les secteurs les plus en retard. Si le Sénégal affiche des avancées notables dans plusieurs domaines, la dynamique devra être intensifiée pour garantir un développement inclusif et durable.

Le bilan 2023 dressé par l’ANSD constitue ainsi un signal à la fois encourageant et exigeant : encourageant parce qu’il montre que des progrès réels ont été accomplis, exigeant parce qu’il rappelle que l’atteinte complète des Objectifs de Développement Durable nécessite une mobilisation accrue de l’État, du secteur privé et de la société civile.

Décès d’Abdoulaye Ba : le COMES rejette la thèse d’un traumatisme auto-infligé et réclame la vérité

Le Collectif des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes en spécialisation du Sénégal (COMES) est sorti de son silence ce 14 février 2026 pour réagir au communiqué du Procureur de la République relatif au décès d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de formation en chirurgie dentaire. Dans une déclaration empreinte de gravité, le collectif affirme suivre avec « une attention soutenue » l’évolution de ce dossier qui suscite une vive émotion au sein de la communauté universitaire et du corps médical.

Le COMES replace d’emblée ce drame dans un contexte national marqué par un déficit important de spécialistes de santé. Pour les signataires, la disparition d’un étudiant engagé dans un cursus aussi exigeant représente une perte lourde de sens, tant pour sa famille que pour le système de santé sénégalais. Ils soulignent que chaque futur spécialiste constitue un espoir dans un pays confronté à des besoins croissants en matière de soins et d’expertise médicale.

Le collectif indique avoir pris connaissance du communiqué du Procureur de la République, selon lequel les éléments disponibles ne corroborent pas les rumeurs évoquant des violences physiques exercées sur la victime. Toutefois, le COMES attire l’attention sur un point qu’il juge central : les conclusions de l’autopsie ont permis d’écarter l’hypothèse d’une cause naturelle isolée et orientent clairement vers l’existence d’un mécanisme traumatique majeur.

À partir de ce constat médico-légal, le collectif pose une question qu’il considère déterminante pour la manifestation de la vérité : quelle est l’origine de ce traumatisme ? Pour ses membres, cette interrogation ne peut rester sans réponse. Ils estiment qu’elle constitue le cœur même de l’enquête en cours et qu’elle doit être traitée avec toute la rigueur scientifique et judiciaire requise.

Dans son communiqué, le COMES rejette catégoriquement toute hypothèse laissant entendre que la victime aurait pu s’infliger elle-même un traumatisme physique mortel. Le texte décrit Abdoulaye Ba comme un jeune homme de 20 ans, plein de vie, porteur de l’espoir de toute une famille et engagé dans un parcours académique exigeant en chirurgie dentaire. Cette présentation vise à souligner l’invraisemblance, selon le collectif, d’un acte auto-infligé d’une telle gravité.

Au-delà de la réaction, le COMES formule un appel clair aux autorités judiciaires. Il les exhorte à poursuivre l’enquête avec rigueur, justesse et impartialité, afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes du décès. L’objectif, selon le collectif, est d’établir les faits avec précision et d’identifier, le cas échéant, d’éventuelles responsabilités.

Kaolack : à Keur Gane, PASTEF mise sur le débat citoyen pour reconquérir le terrain politique

À la maison des hôtes de Médina Baye, dans la commune de Kaolack, la politique a quitté les tribunes classiques pour s’installer au cœur des citoyens. Ce samedi, la Zone 8 de PASTEF Kaolack a transformé un simple panel en véritable espace de dialogue populaire, réunissant militants, acteurs sociaux et habitants autour des grandes questions qui traversent le Sénégal d’aujourd’hui.

Plus qu’une rencontre politique ordinaire, l’initiative s’est voulue une démonstration de proximité et d’écoute, dans un contexte où les populations réclament davantage d’implication dans les décisions publiques. À travers des échanges directs, des analyses et des interpellations citoyennes, les participants ont tenté de redonner au débat politique une dimension participative souvent jugée absente des dynamiques institutionnelles.

Quand la politique descend au niveau des quartiers

Dans une atmosphère marquée par une forte interaction avec le public, les discussions ont mis en lumière des préoccupations concrètes : assainissement, développement économique local, gouvernance territoriale et rôle de la société civile. Loin des discours théoriques, les intervenants ont privilégié des approches pragmatiques, ancrées dans les réalités quotidiennes des habitants de Kaolack.

La question de l’assainissement, régulièrement évoquée par les populations, a cristallisé une grande partie des débats. Les intervenants ont insisté sur l’urgence d’actions coordonnées entre les autorités publiques et les initiatives citoyennes, soulignant que le développement urbain passe aussi par la responsabilisation communautaire.

Massification politique et bataille des idées

Autre temps fort : la réflexion autour de la massification de PASTEF, présentée comme un enjeu stratégique dans la consolidation du débat démocratique. Pour les organisateurs, il ne s’agit pas uniquement d’élargir la base militante, mais de structurer une conscience politique capable d’influencer les politiques publiques à partir des territoires.

Cette orientation traduit une volonté assumée de renforcer la présence politique à la base, en misant sur la formation citoyenne et l’appropriation des enjeux nationaux par les populations locales.

Kaolack, entre ambitions économiques et rayonnement spirituel

Les échanges ont également projeté la ville dans une perspective plus large : celle d’un futur pôle économique régional. Grâce à sa position stratégique et à son dynamisme commercial historique, Kaolack pourrait devenir un moteur de croissance, à condition d’accompagner ce potentiel par des politiques publiques adaptées.

Parallèlement, la diplomatie religieuse et le tourisme spirituel ont été évoqués comme des leviers susceptibles de renforcer la cohésion sociale tout en stimulant l’économie locale, illustrant la place particulière du fait religieux dans le développement territorial sénégalais.

Une stratégie politique centrée sur la citoyenneté active

Au-delà des thématiques abordées, le panel apparaît comme un signal politique : celui d’un retour aux espaces de discussion de proximité pour mobiliser et sensibiliser les citoyens. Les organisateurs ont insisté sur la nécessité d’une participation active des jeunes et des communautés dans la construction des politiques publiques.

En misant sur le dialogue direct et la pédagogie politique, la Zone 8 de PASTEF Kaolack cherche ainsi à installer une nouvelle dynamique d’engagement citoyen, où la politique se construit d’abord au niveau local, au plus près des préoccupations sociales.

Dossier Abdoulaye Ba : Babacar Ba plaide pour une enquête confiée à la gendarmerie

L’affaire du décès d’Abdoulaye Ba continue de susciter interrogations et tensions au sein de l’opinion publique. Étudiant en médecine, le jeune homme a perdu la vie le 9 février dernier à l’Université Cheikh Anta Diop, en marge d’affrontements entre étudiants et forces de l’ordre. Alors que l’enquête judiciaire suit son cours, une nouvelle voix s’est élevée pour réclamer des garanties supplémentaires quant à l’impartialité des investigations.

Babacar Ba, du Forum du Justiciable, a officiellement interpellé le Procureur de la République afin que l’instruction ne soit pas confiée à la police nationale, mais plutôt à la gendarmerie. Pour lui, la question dépasse le simple cadre administratif et touche au principe fondamental d’objectivité. La police ayant été présente sur les lieux au moment des faits, sa participation à l’enquête pourrait, selon cette analyse, susciter des doutes sur la neutralité des conclusions.

Cette demande met en lumière une problématique récurrente dans les dossiers sensibles impliquant des forces de sécurité : comment garantir la transparence lorsque l’institution chargée de faire la lumière sur les faits pourrait être indirectement concernée par les événements ? Même en l’absence de preuve d’implication individuelle, la perception d’un possible conflit d’intérêts peut fragiliser la confiance du public dans la procédure judiciaire.

En sollicitant le dessaisissement de la police au profit de la gendarmerie nationale, Babacar Ba semble vouloir prévenir toute contestation future des résultats de l’enquête. Il s’agit, selon cette logique, d’installer un climat de confiance et d’assurer que toutes les responsabilités, si elles sont établies, le soient au terme d’un processus jugé indépendant et crédible.

Le décès d’Abdoulaye Ba intervient dans un contexte déjà tendu sur le campus universitaire, marqué par des affrontements violents ayant occasionné d’importants dégâts matériels et plusieurs blessés. Les circonstances exactes de sa mort restent au cœur des préoccupations, tant pour sa famille que pour la communauté universitaire et l’opinion nationale.

Nioro du Rip : un gang de voleurs de bétail démantelé, huit béliers récupérés

Le Commissariat urbain de Nioro du Rip a mis fin aux agissements d’un gang spécialisé dans le vol de bétail, à la suite d’une opération menée dans la nuit du 12 février 2026. Cette intervention fait suite à une recrudescence inquiétante des déclarations de vols enregistrées ces dernières semaines dans la commune, suscitant l’inquiétude des éleveurs et des autorités locales.

Face à cette situation, une mission d’intensification des patrouilles a été confiée à la Brigade de Recherches. L’exploitation d’un renseignement opérationnel a permis de localiser une base arrière présumée des malfaiteurs au village de Keur Mala, dans la commune de Thiaré, département de Kaolack. Selon la Police nationale, les membres du réseau effectuaient des incursions nocturnes à Nioro du Rip pour dérober du bétail avant de le transporter vers des enclos servant de lieux de dissimulation.

L’intervention menée par les éléments de la Brigade de Recherches a permis l’interpellation de trois individus suspectés d’appartenir à ce réseau organisé. Huit béliers de robe blanche, récemment volés à Nioro, ont été retrouvés dans des enclos à Keur Mala. Les animaux ont été récupérés et devraient être restitués à leurs propriétaires après les formalités d’usage.

Les premières auditions ont mis en lumière une organisation structurée et bien coordonnée. L’un des mis en cause a reconnu avoir été approché par un complice basé à Nioro, chargé d’identifier les cibles potentielles et de préparer le terrain. Initialement réticent à participer aux opérations, notamment parce qu’il faisait déjà l’objet de recherches par la Brigade de Gendarmerie de Nioro pour un vol similaire commis à Porokhane, le suspect a finalement mandaté un tiers pour exécuter le forfait.

Ce dernier, muni d’indications précises sur la localisation des enclos ciblés, s’est rendu à Nioro dans la nuit du mercredi afin de commettre le vol, avant de convoyer les bêtes vers la base arrière à Keur Mala. Les enquêteurs estiment que le mode opératoire démontre un niveau de planification avancé, avec une répartition claire des rôles entre les différents membres du groupe.

Au regard des indices graves et concordants réunis au cours de l’enquête, les trois suspects ont été placés en garde à vue. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vol de bétail commis de nuit avec usage de moyens de transport et détention d’armes blanches. L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices et de déterminer si le réseau est impliqué dans d’autres cas de vols signalés dans la zone.

Forum de Foundiougne : le rap engagé de Kaw Kaw célèbre le monde rural

À l’occasion du Forum de développement économique et social de Foundiougne, le rappeur Kaw Kaw de Soline a offert une prestation mémorable, saluée par un public conquis.

Engagé et fidèle à son style, l’artiste a dédié ses morceaux aux paysans, mettant en lumière leurs efforts quotidiens et leur rôle essentiel dans le développement local. À travers des textes puissants et porteurs de messages, il a su allier conscience sociale et rythmes entraînants.

Porté par une énergie débordante et une présence scénique remarquable, Kaw Kaw a littéralement électrisé l’assistance, transformant l’esplanade du forum en une véritable scène de communion populaire. Entre ovations, chants repris en chœur et ambiance survoltée, le public a vibré au rythme de ses paroles engagées.

Une prestation qui restera sans doute comme l’un des temps forts culturels de cette édition du forum.

Décès d’Abdoulaye Ba à l’UCAD : Omar Sarr exige la démission du ministre de l’Intérieur et interpelle les autorités

Le coordonnateur du mouvement NITTU DEGG, Omar Sarr, est monté au créneau à la suite du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans une déclaration empreinte d’émotion et de colère, il appelle les autorités à assumer pleinement leurs responsabilités politiques et à poser des actes forts, au-delà des discours officiels.

Pour Omar Sarr, la première mesure attendue pour marquer la gravité de la situation est la démission immédiate du ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé. Il estime qu’il s’agit d’un geste nécessaire face à ce qu’il qualifie de « mort atroce ». Selon lui, une autorité mise en cause doit savoir tirer les conséquences politiques d’un tel drame, au lieu de chercher à se dédouaner en imputant la responsabilité à d’autres acteurs.

Le responsable de NITTU DEGG pointe particulièrement la décision d’introduire les forces de défense et de sécurité sur le campus universitaire. À ses yeux, ce choix politique n’est pas anodin et s’inscrit dans une histoire marquée par des épisodes tragiques. Il rappelle les précédents de Bassirou Faye, Fallou Sene et Balla Gaye, tous décédés lors d’événements impliquant les forces de l’ordre à l’université. Pour lui, ces drames auraient dû servir d’avertissement. Il insiste sur le fait que la vie humaine est sacrée et que les autorités doivent reconnaître une éventuelle erreur politique et en assumer les conséquences.

La déclaration revient également sur la douleur de la famille du défunt, qui présentait Abdoulaye Ba comme un « porteur d’espoir ». Omar Sarr évoque les paroles attribuées à l’étudiant peu avant son décès : « Boy sama yaay, mane rek la yakar », des mots rapportés par sa mère et qui traduisent toute la détresse et l’espoir placés en lui. S’appuyant sur le rapport d’autopsie, il parle d’une mort « lente, douloureuse et barbare », accentuant l’indignation suscitée par cette disparition.

Au-delà du drame individuel, le coordonnateur de NITTU DEGG s’interroge sur le sens du combat politique mené ces dernières années sous le slogan « Soncko rek la niuy tope ». Il souligne le paradoxe d’une jeunesse qui s’est constituée en « bouclier humain » pour porter au pouvoir une équipe prônant la rupture et le don de soi pour la patrie, et qui se retrouve aujourd’hui confrontée à une perte qu’il estime imputable à ces mêmes dirigeants.

En conclusion, Omar Sarr appelle à une profonde remise en question des choix politiques et des méthodes d’engagement de la jeunesse sénégalaise et de la diaspora. Pour lui, au-delà de l’émotion et de la colère, l’heure est à une réflexion nationale sur la gouvernance, la responsabilité et la gestion des crises en milieu universitaire.

L’Engagement des Jeunes Africains dans le Conflit Russie-Ukraine : Une Analyse Alarmante

Depuis le 24 février 2022, la guerre qui oppose la Russie à l’Ukraine a fait au moins 1,2 million de blessés parmi les soldats et les civils, et causé la mort de 325.000 personnes. Au-delà de ces pertes massives, un phénomène moins médiatisé attire l’attention : la participation de combattants africains dans ce conflit. Selon une enquête approfondie menée par l’Organisation Impact et rapportée par L’Observateur ce jeudi 12 février, plus de 1.400 Africains ont été envoyés au front pour le compte de la Russie, dont 316 ont trouvé la mort. Parmi les 14 Sénégalais qui se sont engagés, six ont été tués.

L’étude met en lumière l’ampleur et la progression de ce recrutement. En 2023, 177 recrues africaines ont été enregistrées, contre 592 en 2024 et 647 en 2025, portant le total à au moins 1.416 ressortissants africains ayant signé un contrat militaire avec la Russie. Il convient de noter que ces chiffres n’incluent pas ceux envoyés dans la zone industrielle d’Alabuya, spécialisée dans la fabrication de drones iraniens et disposant de son propre programme de recrutement ciblant particulièrement les jeunes et les femmes issus du Sud Global.

L’enquête révèle également la répartition géographique de ces recrues. Trente-cinq nationalités africaines sont représentées, avec l’Égypte en tête, comptant 361 combattants, suivie du Cameroun avec 335 et du Ghana avec 234. La Gambie et le Mali comptent respectivement 56 et 51 recrues. L’âge moyen de ces soldats est de 31 ans, mais la tranche 18-25 ans est particulièrement représentée avec 150 individus, ce qui souligne la jeunesse des volontaires.

L’attrait de ce conflit pour les jeunes Africains repose essentiellement sur des motivations financières et des perspectives d’avenir séduisantes. À la signature du contrat, une prime pouvant atteindre 30.000 dollars (soit plus de 16 millions FCFA) est promise. À cela s’ajoute un salaire mensuel compris entre 2.200 et 2.500 dollars. Les survivants bénéficient, à leur retour en Russie, d’une assurance maladie, d’une formation militaire d’élite et d’une procédure de naturalisation accélérée pouvant durer de trois à six mois.

Si ces chiffres et avantages attirent les jeunes Africains, l’enquête de l’Organisation Impact met en évidence les risques dramatiques auxquels ils s’exposent : blessures graves, mort au combat et participation à un conflit international dont les conséquences humanitaires sont catastrophiques. Le phénomène soulève également des questions éthiques et diplomatiques sur l’implication de ressortissants africains dans une guerre étrangère et sur la manière dont certains États exploitent la vulnérabilité économique de leur jeunesse.

Coupure générale d’électricité à Dakar ce dimanche 15 février 2026 : la Senelec informe sa clientèle

La Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) informe sa clientèle qu’une coupure générale d’électricité est prévue ce dimanche 15 février 2026, de 8h à 16h, en raison de travaux programmés au poste électrique de Hann. Ces interventions s’inscrivent dans le cadre du renforcement et de l’amélioration de la qualité de service du réseau électrique, afin de répondre aux besoins croissants des consommateurs et de réduire les risques de perturbations futures.

Selon le communiqué de la Direction de la Distribution daté du 10 février 2026, les perturbations affecteront plusieurs zones de la capitale et de sa périphérie. Sont concernées les localités du Golf Nord, Hamo, Dalifort, ainsi qu’une partie des Maristes. Les industries situées sur la route de Rufisque, notamment celles établies à Pikine et Dalifort, subiront également des interruptions temporaires de l’alimentation électrique.

La Senelec tient à rassurer sa clientèle que ses équipes techniques seront pleinement mobilisées pour assurer la bonne exécution des travaux et un rétablissement rapide de l’électricité dès la fin de l’intervention. La société présente ses excuses aux clients impactés par ces coupures et souligne que ces travaux sont essentiels pour améliorer la fiabilité et la performance du réseau électrique sur l’ensemble du territoire desservi.

Zac Mbao : un réseau de fabrication de faux documents démantelé, cinq personnes arrêtées

Les éléments du commissariat de Zac Mbao ont mené, ce jeudi, une opération d’envergure ayant abouti à l’arrestation de cinq individus soupçonnés d’appartenir à un réseau criminel spécialisé dans la production de documents d’identité frauduleux. Cette intervention fait suite à des renseignements jugés fiables faisant état de la présence, dans le quartier de la Cité Nar à Zac Mbao, d’un individu déjà connu des services de police pour des activités liées à la falsification de documents officiels.

Selon le journal Libération, les investigations ont permis de localiser le domicile du principal suspect. Lors de la descente effectuée par les forces de l’ordre, les enquêteurs ont surpris cinq personnes en pleine activité de contrefaçon. Sur place, ils ont découvert des passeports sénégalais falsifiés ainsi qu’un important dispositif matériel destiné à la fabrication de faux papiers administratifs.

La perquisition a permis la saisie d’un arsenal complet comprenant dix-sept photographies d’identité assorties d’informations personnelles relatives à des ressortissants arabes et européens, un passeport vierge avec talon inexploité, cinq cartouches d’encre pour impression, sept dispositifs de datage et sept cachets multicolores. Les policiers ont également mis la main sur des feuilles blanches au format A4 destinées à la confection des documents, deux ordinateurs portables, trois clés USB, deux tubes de colle à papier ainsi que deux imprimantes, dont l’une adaptée à l’impression photographique. Un appareil de détection de faux documents a également été saisi, de même que deux talons vierges de cartes nationales d’identité sénégalaises ne comportant ni photo ni inscription.

Les personnes interpellées ont été identifiées comme deux ressortissants nigérians, Idriss Lékan et Arouna Amadou, ainsi que trois Sénégalais répondant aux noms de Moustapha Diop, Ibrahima Diop et Fio Dabo. Au cours de leur interrogatoire, les mis en cause ont reconnu que le matériel découvert servait effectivement à la production de documents contrefaits.

Les investigations se sont poursuivies avec une fouille complémentaire au local commercial d’Ibrahima Diop, surnommé Boy Diop, situé au centre commercial El Malik à Dakar. Cette opération a conduit à la découverte d’un ordinateur portable supplémentaire, d’une page arrachée d’un faux passeport comportant un visa Schengen, de deux carnets de vaccination internationaux vierges ainsi que de plusieurs autres documents jugés suspects.

Lors de son audition, Ibrahima Diop a déclaré résider à Saint-Louis, précisant qu’il utilisait son bureau de Dakar comme lieu de repos lors de ses déplacements dans la capitale. Les enquêteurs ont par ailleurs établi qu’il faisait déjà l’objet d’un avis de recherche émis par le commissariat de Pikine dans une affaire impliquant un certain Pape Cissé, poursuivi pour fabrication et usage de faux documents administratifs. Dans ce dossier, Pape Cissé, en possession de talons de passeport vierges et de feuilles de lamination, aurait désigné Ibrahima Diop, dit Boy Diop, comme son complice.

UCAD : le SAES juge « non réunies » les conditions d’une reprise académique après la mort d’Abdoulaye Ba

La coordination du Syndicat autonome de l’Enseignement supérieur (SAES) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) estime que les conditions d’une reprise académique « ne sont pas réunies », dans un contexte de fortes tensions consécutives au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba lors de violences sur le campus. Dans un communiqué rendu public ce vendredi 13 février, les enseignants dénoncent un environnement instable qui, selon eux, ne permet pas d’assurer un enseignement effectif et serein.

Pour la coordination du SAES, le campus pédagogique et le campus social forment une « unité fonctionnelle indissociable ». Les enseignants soulignent que l’absence de restauration, d’hébergement et le dysfonctionnement des services sociaux compromettent gravement la reprise normale des activités académiques. Ils insistent sur le fait qu’il ne peut y avoir d’enseignement effectif dans un espace universitaire fragmenté, marqué par des fermetures et des restrictions liées au climat de tension.

Cette sortie du syndicat intervient au lendemain d’une décision du Conseil académique de l’UCAD. Réuni dans la matinée du jeudi 12 février, celui-ci a annoncé la suspension, à titre conservatoire et jusqu’à nouvel ordre, des amicales d’étudiants. Dans le même temps, l’instance a affirmé sa volonté d’assurer la continuité des activités pédagogiques et scientifiques, dans le respect du processus de normalisation du calendrier universitaire. Une position qui tranche avec celle des enseignants, pour qui toute tentative de reprise sans apaisement préalable demeure structurellement fragile.

Le campus social, fermé en raison du climat de tensions, cristallise les inquiétudes. Pour le SAES, la normalisation du calendrier universitaire ne saurait précéder celle de l’espace universitaire dans toutes ses dimensions. Les enseignants estiment qu’on ne peut exiger la sérénité des acteurs académiques tout en maintenant un environnement marqué par la crispation et la méfiance. Ils mettent en garde contre une reprise précipitée qui risquerait d’aggraver les frustrations et d’exposer la communauté universitaire à de nouvelles perturbations.

Au-delà de la question logistique, la coordination du SAES semble poser un débat plus large sur les conditions de gouvernance et de sécurité au sein de l’université. Le décès d’Abdoulaye Ba a profondément marqué la communauté estudiantine et ravivé les interrogations sur la gestion des tensions sur le campus. Dans ce contexte, les enseignants appellent implicitement à un retour au calme et à la restauration complète du fonctionnement des services universitaires avant toute reprise effective des cours.

Affaire Pape Cheikh Diallo : une plainte pour chantage déposée en 2019 refait surface sur fond de scandale présumé

L’affaire impliquant l’animateur Pape Cheikh Diallo, présentée ces derniers jours comme un présumé scandale homosexuel, connaît un nouveau rebondissement avec la résurgence d’une ancienne plainte déposée en 2019. À l’époque, l’animateur avait saisi la Division spéciale de cybersécurité pour des faits présumés de « collecte illicite de données » et de chantage visant un certain Cheikh Diop.

Les faits remontent au mois de mars 2019. Selon les éléments rapportés, Pape Cheikh Diallo accusait Cheikh Diop d’avoir transmis des images privées le concernant à deux de ses proches, dont un membre de son entourage immédiat ainsi qu’une amie actrice. L’animateur soutenait également que son accusé le menaçait de diffuser ces images sur internet. D’après le journal Libération, les clichés en question montreraient clairement l’animateur exhibant ses fesses.

Entendu par les enquêteurs, Pape Cheikh Diallo avait reconnu être à l’origine de l’envoi des images, expliquant les avoir partagées « sous le coup de la rigolade », dans un contexte qu’il qualifiait de léger, alors que Cheikh Diop était souffrant. Toutefois, il affirmait que ces images avaient ensuite été utilisées contre lui à des fins de chantage.

De son côté, Cheikh Diop aurait admis les faits lors de son audition. Il aurait déclaré que l’animateur était « sa copine » et que ce dernier prenait en charge le loyer de son appartement situé aux Almadies. Il aurait également affirmé que Pape Cheikh Diallo lui aurait transmis le VIH/sida avant de le délaisser alors qu’il était malade. Selon ses propres déclarations, c’est un sentiment de trahison et de jalousie qui l’aurait poussé à envoyer les images à des proches de l’animateur.

Lors de la confrontation organisée entre les deux hommes, Cheikh Diop aurait maintenu ses accusations et reconnu avoir exercé un chantage afin de contraindre l’animateur à « revenir » auprès de lui. À l’issue de cette confrontation, il avait été placé en garde à vue pour « collecte illicite de données », dans l’attente de la poursuite des investigations.

Saint-Louis : la DNLT démantèle un réseau de trafic de migrants en partance pour l’Espagne

Un nouveau coup de filet a été mené contre les filières d’émigration clandestine dans le nord du pays. L’antenne régionale de Division Nationale de lutte Contre le Trafic de Migrants (DNLT) à Saint-Louis a procédé au démantèlement d’un réseau spécialisé dans l’organisation de voyages clandestins vers l’Espagne. Deux individus ont été déférés, le 9 février 2026, devant le Procureur de la République financier près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, tentative de trafic de migrants et escroquerie.

L’affaire remonte au 4 février 2026. Informés par un renseignement opérationnel faisant état de préparatifs imminents pour un départ clandestin vers les côtes espagnoles, les éléments de la DNLT ont rapidement mis en place un dispositif de surveillance à la gare routière de Saint-Louis. Les enquêteurs soupçonnaient qu’un organisateur devait y rencontrer des candidats au voyage pour percevoir les frais de participation. Leur vigilance a permis l’interpellation du principal suspect alors qu’il s’apprêtait effectivement à encaisser de l’argent auprès de futurs migrants.

Les investigations menées dans la foulée ont conduit les forces de l’ordre au quartier Pikine 700, à Saint-Louis. Dans un domicile appartenant à l’un des mis en cause, huit candidats à l’émigration ont été découverts. Délogés puis entendus à titre de témoins, ces derniers ont confirmé avoir versé des sommes comprises entre 200 000 et 400 000 FCFA chacun pour rejoindre l’Espagne par voie maritime. Selon leurs déclarations, le départ était imminent et les modalités logistiques déjà en cours de finalisation.

Au cours de son audition, présenté comme le cerveau du réseau, le principal mis en cause a reconnu avoir personnellement recruté et hébergé les candidats. Il a également admis être en pleine négociation pour l’acquisition d’une pirogue et d’un moteur hors-bord de 60 chevaux, éléments indispensables à la traversée clandestine. Ces aveux ont conforté les enquêteurs dans la qualification des faits retenus.

Son complice présumé, interpellé dans la même opération, a déclaré qu’il devait assurer le rôle de capitaine de l’embarcation. Une perquisition effectuée dans sa chambre a permis la saisie d’un cahier de comptes détaillant les identités des candidats ainsi que les montants déjà perçus. Ce document constitue, selon les enquêteurs, une pièce à conviction majeure dans le dossier.

Les deux suspects ne sont pas inconnus des services de la DNLT. Déjà impliqués dans des affaires similaires de trafic de migrants par voie maritime, ils sont considérés comme des récidivistes. Cette nouvelle arrestation met en lumière la persistance des réseaux organisés dans la région de Saint-Louis, zone régulièrement citée comme point de départ vers l’Europe.

Affaire Modou Fall : le chroniqueur maintient sa version devant les enquêteurs et reconnaît l’absence de preuves

Le chroniqueur Modou Fall a été entendu par les enquêteurs de la Brigade de recherches dans le cadre de l’affaire liée à sa sortie médiatique controversée, qui lui a valu un placement sous mandat de dépôt pour diffusion de fausses nouvelles. Face aux questions des enquêteurs, il a tenu à clarifier ses propos et à repréciser sa pensée.

Selon des informations rapportées par le journal Libération, Modou Fall a affirmé n’avoir jamais soutenu que l’État ou des membres de la mouvance présidentielle auraient remis de l’argent à des étudiants. Il soutient avoir simplement voulu « lancer une alerte », sans accuser formellement une autorité ou un camp politique précis. Il a insisté sur le fait que ses déclarations ne visaient pas directement le pouvoir en place.

Interrogé sur l’identité des supposés financeurs évoqués dans sa sortie, le chroniqueur n’a avancé aucun nom. Il aurait parlé de « personnes malintentionnées », sans fournir davantage de précisions. Confronté à l’insistance des enquêteurs, il a reconnu ne disposer d’aucune preuve tangible pour étayer ses affirmations, admettant qu’il s’agissait en réalité d’une rumeur.

Modou Fall a également contesté avoir directement accusé les autorités d’avoir rétribué des étudiants dans le but d’incriminer certaines figures de l’opposition, notamment Bougane Guèye Dany, Barthélemy Dias et Thierno Alassane Sall. Il soutient que ses propos ont été mal interprétés ou sortis de leur contexte.

Sindia : un élève de 12 ans meurt après des troubles liés à des étudiants grévistes

Le lycée de Sindia, dans le département de Mbour, est sous le choc après la disparition tragique d’un élève de 12 ans, S. Camara, en classe de 6e. Le drame s’est produit à la suite de troubles survenus dans l’enceinte de l’établissement, où un jet de pierre a mortellement atteint l’enfant à la tête.

Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, des étudiants de l’Universite Cheikh Anta Diop (UCAD), récemment retournés dans leur localité après la fermeture du campus à Dakar, auraient tenté de perturber les cours au sein du lycée. Ils entendaient protester contre la suspension des enseignements universitaires. Leur irruption dans l’établissement aurait provoqué une vive tension, les élèves étant délogés de leurs salles de classe dans un climat de confusion et de panique.

La situation a rapidement dégénéré dans la cour du lycée. C’est au cours de cette cohue que le jeune S. Camara a été violemment atteint à la tête par une pierre. Grièvement blessé, il a été pris en charge en urgence et évacué vers le district sanitaire de Popenguine. Admis en soins intensifs, l’élève n’a malheureusement pas survécu à ses blessures. Son décès a été constaté le lendemain matin, plongeant sa famille, ses camarades et l’ensemble de la communauté éducative dans une profonde consternation.

À Sindia, l’émotion est vive. Parents d’élèves, enseignants et habitants de la commune peinent à comprendre comment un mouvement de protestation a pu conduire à un tel drame impliquant un enfant. Le corps du défunt a été remis à sa famille et inhumé le même jour au cimetière musulman de la localité, dans une atmosphère lourde de tristesse.

Contentieux foncier à Ngaparou : Awa Baldé réclame 475 millions FCFA à Aziz Alé Ndiaye devant le tribunal correctionnel de Dakar

Le différend financier opposant la jet-setteuse Awa Baldé au promoteur immobilierAziz Ndiaye connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Après plusieurs mois de tensions et de tentatives infructueuses pour trouver un terrain d’entente, l’affaire sera finalement examinée par le tribunal correctionnel de Dakar le 26 février prochain.

Au cœur de ce contentieux : une transaction immobilière portant sur un terrain situé à Ngaparou, station balnéaire prisée de la Petite Côte. Selon Awa Baldé, le promoteur se serait engagé à acquérir ce bien, qui appartenait à son ex-mari, pour un montant global de 50 millions de FCFA. Toutefois, elle affirme que seuls 20 millions de FCFA auraient été effectivement versés, laissant un reliquat de 30 millions de FCFA impayé.

La plaignante soutient avoir multiplié les démarches pour obtenir le règlement du solde, sans succès. Après plusieurs plaintes restées sans suite, elle avait publiquement laissé entendre qu’elle se remettait « entre les mains de Dieu », semblant ainsi renoncer à toute poursuite. Mais contre toute attente, elle a décidé de relancer la procédure judiciaire, cette fois par le biais d’une citation directe.

Dans cet acte introductif d’instance, Awa Baldé ne se limite plus à réclamer le paiement du solde présumé de la vente. Elle demande désormais la somme de 475 millions de FCFA au titre de préjudices qu’elle estime avoir subis. Ce montant inclurait, selon ses proches, des dommages liés à la perte d’opportunités, au préjudice moral ainsi qu’à l’impact financier global de ce litige prolongé.

De son côté, aucune déclaration officielle n’a encore été rendue publique par Aziz Alé Ndiaye concernant cette nouvelle offensive judiciaire. L’homme d’affaires, bien connu dans le secteur immobilier et dans le milieu médiatique sénégalais, devrait faire valoir ses arguments devant la juridiction correctionnelle afin de contester ou clarifier les termes de la transaction incriminée.

L’audience prévue le 26 février s’annonce déterminante. Elle pourrait permettre de faire la lumière sur les conditions exactes de la cession du terrain, la nature des engagements contractuels pris par les parties et les éventuelles responsabilités pénales ou civiles engagées.

Jamra interpelle l’opinion sur le statut d’AIDES-Sénégal et relance le débat juridique

L’ONG Jamra a récemment publié un communiqué sur ses plateformes numériques dans lequel elle attire l’attention sur l’association AIDES-Senegal, qu’elle présente comme la plus représentative des 16 associations d’homosexuels reconnues par l’État du Sénégal. Selon le message diffusé, l’organisation compterait environ 650 membres et bénéficierait d’une reconnaissance administrative officielle.

Dans sa publication, Jamra affirme qu’AIDES-Sénégal aurait été enregistrée le 5 mars 2012 et disposerait d’un agrément délivré par le Ministère de l’Intérieur sous le numéro de récépissé 15444/MINT/DAGAT/DEL/AS. L’ONG soutient que cet enregistrement poserait un problème juridique au regard de l’article 319 du Code pénal sénégalais, qui réprime les actes qualifiés de « contre nature », ainsi que des dispositions du Code des obligations civiles et commerciales. Elle estime que la reconnaissance administrative d’une telle structure serait en contradiction avec ces textes.

Le communiqué précise également que le siège de l’association se situerait dans le quartier des Parcelles Assainies, à Dakar. Jamra cite par ailleurs Diadji Diouf, présenté comme dirigeant d’AIDES-Sénégal et porte-parole d’AFRICA-GAY, une coalition continentale regroupant des organisations engagées sur les questions liées aux droits des minorités sexuelles en Afrique.

Dans un ton ferme, l’ONG inscrit sa sortie médiatique dans une posture de vigilance et de dénonciation. Elle considère que « l’agenda LGBT légué par l’ancien régime est donc resté intact », laissant entendre que les changements politiques intervenus récemment n’auraient pas modifié, selon elle, l’approche institutionnelle sur ces questions. Jamra conclut son message en réaffirmant sa détermination, déclarant que « le combat continue ».

La Police nationale lance une plateforme numérique de signalement des cyberinfractions

La Police nationale a officiellement lancé, ce mercredi 12 février 2026, une plateforme numérique dédiée au signalement en ligne des infractions cybercriminelles. Développé par la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité , cet outil marque une nouvelle étape dans la modernisation des dispositifs de lutte contre la criminalité numérique au Sénégal.

La cérémonie de lancement de la phase pilote s’est tenue à la Direction de la formation, anciennement École nationale de police , à Dakar. Elle a été présidée par le commissaire divisionnaire Moustapha Diouf, directeur adjoint de la police judiciaire, qui a salué une avancée majeure dans l’adaptation des forces de sécurité aux défis posés par le numérique.

Dans son allocution, le commissaire divisionnaire a souligné que la montée en puissance des usages d’internet et des réseaux sociaux s’accompagne d’une recrudescence des actes de cybercriminalité, allant de l’escroquerie en ligne à l’usurpation d’identité, en passant par le chantage, le harcèlement numérique et l’exploitation des mineurs. Il a expliqué que cette plateforme vise à faciliter le dépôt de plaintes et de signalements par les citoyens, tout en garantissant la confidentialité des informations transmises.

Accessible en ligne, l’outil permettra aux victimes ou témoins d’infractions commises via les technologies de l’information et de la communication de transmettre rapidement des éléments aux enquêteurs spécialisés. Les données collectées seront traitées par les services compétents afin d’engager, le cas échéant, les procédures judiciaires appropriées. Cette phase de test devra permettre d’évaluer l’efficacité du dispositif, d’identifier d’éventuels ajustements techniques et d’optimiser le parcours utilisateur avant un déploiement à plus grande échelle.

L’événement a également enregistré la présence de plusieurs partenaires institutionnels et techniques. Mme Evelyne Guèye, Child Protection Specialist à UNICEF, a salué une initiative qui renforce la protection des enfants face aux dangers en ligne. Elle a insisté sur l’importance d’une collaboration étroite entre les forces de sécurité, les acteurs sociaux et les organisations internationales pour prévenir et combattre les violences numériques ciblant les mineurs.

De son côté, Mme Madjiguène Diop, coordonnatrice de la Cellule d’appui à la protection de l’enfance (CAPE), représentant le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, a mis en avant la nécessité d’un dispositif intégré de protection. Elle a rappelé que la cybercriminalité touche particulièrement les enfants et les adolescents, souvent exposés à des contenus inappropriés, à des tentatives de manipulation ou à des abus en ligne.

Fatick – Économie locale et marketing territorial : Foundiougne se positionne comme pôle émergent

Le Forum de développement économique et social du département de Foundiougne s’est ouvert ce jeudi sous de bons auspices, en présence d’autorités administratives, d’élus territoriaux, de partenaires techniques et financiers ainsi que de nombreux acteurs du développement local.

La cérémonie officielle a été présidée par le préfet du département, Jean Paul Malick Faye, aux côtés des autorités locales et de plusieurs personnalités venues marquer leur soutien à cette initiative stratégique.

Initié par le Conseil départemental de Foundiougne, sous l’impulsion de son président Moustapha Mbaye, ce forum se veut un tournant décisif pour impulser une nouvelle dynamique économique dans l’ensemble des secteurs d’activité du département.

Parmi les personnalités présentes figuraient également Mouhamed Youssouf Bengeloune, président de l’Association des départements du Sénégal, l’ancien ministre conseiller Adama Diouf, ainsi que le secrétaire général adjoint du gouvernement, Lamine Sarr, entre autres invités de marque.

Une plateforme de réflexion et d’opportunités

L’événement se présente comme une véritable plateforme de réflexion, de concertation et de promotion des opportunités économiques du département, a expliqué Issa Ba, président de la commission communication du forum.

Selon les organisateurs, le forum vise principalement à renforcer le marketing territorial de Foundiougne en mettant en lumière ses ressources naturelles, économiques, sociales et culturelles.

Plus spécifiquement, il s’agira de :

Identifier et valoriser les filières porteuses telles que la pêche, l’agriculture, l’élevage, le tourisme et l’artisanat ; Attirer des investisseurs publics et privés, nationaux et internationaux ; Créer un cadre de dialogue entre collectivités territoriales, secteur privé, jeunes, femmes et partenaires techniques et financiers ; Promouvoir l’emploi local, l’entrepreneuriat et l’auto-emploi, notamment en faveur des jeunes ; Aligner les initiatives locales sur les politiques nationales de développement et les nouvelles dynamiques économiques.

Des projets structurants au cœur des ambitions

Ce forum est perçu comme une opportunité majeure pour repositionner Foundiougne dans les dynamiques de développement national et régional, notamment à travers le pôle Centre.

Les intervenants ont particulièrement insisté sur les retombées économiques attendues du projet pétrolier de Sangomar, du port de Ndakhonga, ainsi que sur le rôle structurant du pont Nelson Mandela, des infrastructures clés appelées à faciliter la mobilité, à renforcer les échanges commerciaux et à accélérer l’intégration économique du département.

Un programme riche et inclusif

Le programme du forum prévoit :

Des panels thématiques sur le développement économique local ; Des communications techniques sur les opportunités d’investissement ; Des expositions de produits locaux et du savoir-faire des acteurs économiques ; Des rencontres B2B entre porteurs de projets et investisseurs ; Une revalorisation des activités culturelles destinées à promouvoir l’identité, le patrimoine et la richesse culturelle du département.

À travers cette initiative, Foundiougne ambitionne de se positionner comme un pôle économique émergent, capable de tirer pleinement profit de ses atouts naturels et des grands projets structurants en cours, dans une dynamique de développement inclusif et durable.

Santé – Fatou Nguirane, une figure montante du plaidoyer sanitaire en Afrique de l’Ouest

Le combat contre les hépatites virales prend une nouvelle dimension sous l’impulsion de Fatou Nguirane, présidente du Réseau des Associations de Lutte contre les Hépatites. Figure engagée de la société civile sanitaire, elle œuvre désormais à inscrire cette bataille dans une dynamique sous-régionale et internationale, en misant sur des partenariats stratégiques et un maillage territorial renforcé.

Dans une démarche concertée, Fatou Nguirane collabore étroitement avec l’Alliance nationale pour les communautés de santé (ANCS), ainsi qu’avec d’autres partenaires techniques et financiers, tels que le SMIT, le CNLS, le CRCF, Plan International et le ministère de la Santé et de l’Action sociale. Ces structures soutiennent la politique de la présidente du Réseau à travers plusieurs initiatives, notamment l’installation de l’association Jappoo Kheex Hépatites à Kaffrine.

L’objectif est de mutualiser les ressources, d’harmoniser les stratégies de plaidoyer et de renforcer les actions de prévention, de dépistage et de prise en charge. L’ambition est claire : sortir l’hépatite de l’ombre et briser le silence autour de cette maladie encore trop méconnue, souvent diagnostiquée tardivement.

Un maillage territorial ambitieux

Au cœur de sa vision figure un projet structurant : doter chaque région, département, arrondissement et commune du Sénégal d’une association active de lutte contre l’hépatite. Cette approche décentralisée vise à rapprocher les services d’information et d’accompagnement des populations, notamment dans les zones reculées où l’accès aux soins demeure limité.

« La lutte contre l’hépatite ne doit pas être centralisée. Elle doit être communautaire, inclusive et présente à tous les niveaux », défend la présidente du Réseau, convaincue que la mobilisation locale constitue un levier essentiel pour améliorer le dépistage précoce et l’observance thérapeutique.

Plaidoyer pour un meilleur accès aux soins

Au-delà de la sensibilisation, Fatou Nguirane inscrit son action dans un plaidoyer soutenu auprès des autorités sénégalaises. Parmi les priorités figurent la réduction des coûts liés à la prise en charge des hépatites virales, qui représentent un frein majeur pour de nombreux patients. Bien que disponibles, les traitements demeurent onéreux pour une large frange de la population.

Autre défi de taille : les ruptures récurrentes de médicaments. Le Réseau entend travailler en synergie avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale, les centrales d’achats et les partenaires internationaux afin de sécuriser l’approvisionnement et de garantir une continuité thérapeutique aux personnes vivant avec l’hépatite.

Une approche intégrée et partenariale

En s’alliant à l’ANCS et à d’autres acteurs engagés dans la riposte contre les maladies transmissibles, le Réseau des Associations de Lutte contre les Hépatites adopte une approche intégrée, prenant en compte les co-infections, notamment VIH/hépatites, ainsi que les enjeux globaux de santé publique.

Cette collaboration permet également de capitaliser sur l’expertise développée dans la lutte contre le VIH, notamment en matière de mobilisation communautaire, de plaidoyer politique et de gestion de programmes financés par des bailleurs internationaux.

Vers une riposte sans frontières

Le leadership de Fatou Nguirane dépasse désormais le cadre national. En nouant des partenariats avec des organisations sœurs dans d’autres pays, elle ambitionne de porter un plaidoyer régional en faveur d’une meilleure reconnaissance des hépatites comme priorité de santé publique en Afrique de l’Ouest.

À travers cette dynamique, le Réseau entend contribuer aux objectifs internationaux d’élimination des hépatites virales à l’horizon 2030, conformément aux engagements de l’Organisation mondiale de la santé.

Entre engagement communautaire, plaidoyer institutionnel et coopération stratégique, Fatou Nguirane incarne ainsi une nouvelle génération de leadership sanitaire en Afrique de l’Ouest.

Crise universitaire : la CAP de l’APR réclame la démission du ministre de l’Intérieur et appelle à un dialogue urgent sur les campus

Dakar – La mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a plongé les universités sénégalaises dans une crise sans précédent, mobilisant non seulement la communauté académique mais aussi les partis politiques. Ce mercredi 11 février 2026, la Cellule Analyses et Prospective (CAP) de l’Alliance Pour la République (APR) a publié une déclaration ferme, exigeant la démission du ministre de l’Intérieur et appelant à un dialogue immédiat et constructif pour restaurer la paix et la sérénité sur les campus.

Dans son communiqué, la CAP s’incline d’abord devant la mémoire d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odonto-Stomatologie, rappelant la brutalité des violences qui ont conduit à son décès, telles que révélées par l’autopsie relayée par la presse. La cellule a exprimé ses condoléances les plus sincères à sa famille, à ses camarades et à l’ensemble de la communauté universitaire, soulignant que la tragédie touche non seulement les proches mais aussi l’ensemble de la jeunesse et du corps estudiantin du pays.

La CAP a vivement condamné la répression exercée par les forces de sécurité sur le campus de l’UCAD, qu’elle considère comme une violation manifeste de la Loi n°94-79 du 24 novembre 1994 relative aux franchises universitaires. La cellule estime que le ministre de l’Intérieur, en sa qualité de premier responsable de la sécurité intérieure, doit répondre de la gestion de cette crise et en tirer toutes les conséquences, allant jusqu’à exiger sa démission immédiate pour manquement à ses responsabilités. La CAP demande par ailleurs que les enquêtes sur le décès d’Abdoulaye Ba soient menées avec toute la diligence, la transparence et l’impartialité nécessaires, sans protection ni complaisance, afin que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient établies et sanctionnées conformément à la loi.

La CAP critique également la communication gouvernementale, jugée inadaptée à la gravité des faits et déconnectée du drame humain. Selon la cellule, cette communication manque de compassion envers les familles des victimes et ne contribue pas à apaiser le climat de tension qui règne sur les campus. La CAP déplore que, deux ans après l’arrivée au pouvoir du régime PASTEF, aucune réponse structurelle n’ait été apportée aux difficultés persistantes de l’enseignement supérieur, et que les revendications légitimes des étudiants, notamment sur les bourses et les conditions de vie, soient traitées par la force plutôt que par le dialogue.

Parallèlement, la CAP réitère son soutien au Collectif des Amicales, qu’elle considère comme le défenseur des intérêts matériels et moraux des étudiants, et condamne la suspension de ces structures par le Conseil académique de l’UCAD. La cellule appelle à privilégier le dialogue et à renoncer à toute forme de violence, rappelant que la répression ne peut être un outil de gestion des conflits dans un État de droit.

Enfin, la CAP interpelle le Collectif des Universitaires pour la Démocratie, regroupant des signataires de pétitions universitaires entre 2021 et 2024, afin qu’il prenne position sur la situation actuelle et contribue au rétablissement de la sérénité et de la paix sur les campus. Selon la cellule, la responsabilité des intellectuels et universitaires est de guider le débat public, de soutenir le peuple et de favoriser un climat de stabilité dans les universités, qui constituent un pilier fondamental de la Nation.

La prise de position de la CAP de l’APR souligne que la crise dépasse désormais le simple cadre universitaire. Elle met en lumière des enjeux nationaux de sécurité, de respect des droits des étudiants et de responsabilité de l’État, et rappelle à tous les acteurs concernés que le dialogue et la transparence sont indispensables pour prévenir l’escalade de la violence et rétablir la confiance entre étudiants, autorités universitaires et gouvernement.

Chavirage d’une embarcation de la Marine nationale : trois marins portés disparus

Une vedette de la Marine nationale a chaviré ce matin aux environs de 9 heures à l’embouchure du fleuve Sénégal, provoquant la disparition de trois militaires. L’information a été rendue publique par le directeur de l’Information et des relations publiques des Armées (Dirpa) à travers un communiqué officiel.

Selon le capitaine de vaisseau Ibrahima Sow, l’embarcation effectuait une mission de liaison lorsqu’elle aurait été confrontée à une forte houle, consécutive à une brusque dégradation des conditions météorologiques. Les circonstances exactes de l’accident restent à préciser, mais les premières indications évoquent un environnement maritime particulièrement agité au moment des faits.

Le bilan provisoire fait état de dix rescapés, secourus peu après le chavirage. Trois marins sont cependant toujours portés disparus. L’épave de la vedette a pu être localisée et récupérée, ce qui pourrait contribuer à éclairer les causes exactes de l’incident.

Dès l’alerte donnée, d’importants moyens de recherche et de sauvetage ont été déployés. Des unités maritimes, appuyées par des moyens aériens et terrestres, poursuivent activement les opérations afin de retrouver les militaires disparus. Les autorités militaires assurent que les recherches se poursuivent sans relâche.

Cet accident intervient dans une zone connue pour ses conditions parfois difficiles, notamment à l’embouchure du fleuve Sénégal, où la rencontre entre les eaux fluviales et maritimes peut générer des courants puissants et une houle imprévisible, surtout en cas de perturbation météorologique.

Décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ : la famille réclame toute la lumière sur les circonstances du drame

La famille d’Abdoulaye Bâ est sortie de son silence ce jeudi pour s’exprimer publiquement sur le décès tragique du jeune étudiant, survenu le 9 février dernier à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Si les proches affichent une résignation empreinte de foi et de dignité, ils n’en demeurent pas moins déterminés à obtenir des réponses claires sur les circonstances exactes de cette disparition qui continue de bouleverser la communauté universitaire et l’opinion nationale.

Réunie autour de la mère du défunt, la famille a désigné l’oncle de l’étudiant, Mamadou Diouldé Bâ, pour porter la parole familiale. D’une voix posée, celui-ci a d’abord appelé les étudiants et l’ensemble de la population au calme et à la retenue, invitant chacun à privilégier la prière et le recueillement en cette période de deuil.

« La décision d’Allah est irréversible », a-t-il rappelé, soulignant que la famille accepte, avec foi, la volonté divine et prie pour que le défunt accède au paradis. Dans le même élan, il a exhorté les Sénégalais à adopter une posture de sérénité et de responsabilité, afin d’éviter toute escalade ou récupération autour de ce drame.

Mais au-delà de cette résilience spirituelle, la famille attend des éclaircissements précis de la part des autorités judiciaires. Mamadou Diouldé Bâ a insisté sur la nécessité d’être édifié sur les événements réels ayant conduit au décès du jeune homme à l’intérieur même du campus universitaire. Pour les proches, la quête de vérité est essentielle, non seulement pour faire le deuil dans la dignité, mais aussi pour dissiper les nombreuses spéculations qui ont circulé depuis l’annonce du drame.

La famille a également tenu à exprimer sa profonde gratitude face à l’élan de solidarité nationale. Le porte-parole a évoqué une mobilisation « exceptionnelle » lors des obsèques, marquées par la présence d’une foule nombreuse venue accompagner l’étudiant vers sa dernière demeure. « Un monde extraordinaire », a-t-il souligné, visiblement ému par cette marque de compassion collective.

Ce soutien s’est aussi manifesté à travers des visites officielles de hautes autorités académiques. Le doyen de la Faculté de Médecine, des responsables du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), ainsi que des délégations de médecins-dentistes, se sont rendus auprès de la famille pour présenter leurs condoléances et apporter leur réconfort. Des gestes salués par les proches, qui y voient une reconnaissance de la gravité de la perte subie.

Pour Mamadou Diouldé Bâ, ce deuil dépasse désormais le cadre familial. Il est devenu celui de toute une communauté universitaire et, au-delà, celui de la nation sénégalaise tout entière. Il a formulé le vœu que le pays soit épargné, à l’avenir, de telles tragédies.

Cette demande de vérité intervient alors que les conclusions médicales issues du laboratoire d’anatomie de l’Hôpital général Idrissa Pouye (HOGIP) commencent à circuler dans l’espace public. Ces éléments techniques semblent écarter les premières rumeurs qui oscillaient entre la thèse d’un meurtre et celle d’une crise d’asthme. Toutefois, si l’autopsie apporte des précisions sur les causes médicales du décès, elle ne saurait, à elle seule, établir les circonstances exactes des faits.

Décès de l’étudiant Abdoulaye Ba : l’autopsie révèle des traumatismes d’une extrême gravité

Le voile commence à se lever sur les circonstances du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu le 9 février 2026. Après plusieurs jours marqués par l’émotion, les interrogations et les rumeurs sur le campus, le rapport d’autopsie établi par le laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologique de l’Hôpital général Idrissa Pouye (HOGIP) apporte des précisions déterminantes. Les conclusions médicales décrivent un enchaînement de lésions graves, résultant de traumatismes multiples d’une violence exceptionnelle.

Selon les constatations des médecins légistes, le corps présentait d’importantes atteintes concentrées majoritairement sur le côté gauche. Le thorax et l’abdomen ont subi un choc massif, provoquant une contusion profonde à la fois au niveau de la poitrine et du ventre. Ce type de traumatisme traduit un impact d’une grande intensité, capable d’affecter simultanément plusieurs organes internes.

La tête portait également les stigmates d’un choc violent. Les examens ont révélé une commotion cérébrale accompagnée d’une hémorragie sous-durale du côté gauche, c’est-à-dire un saignement localisé entre le cerveau et le crâne. Bien qu’aucune fracture du crâne n’ait été observée, une lésion cutanée à l’arrière du cuir chevelu témoigne d’un impact significatif. Une hémorragie sous-durale est une atteinte grave, susceptible d’entraîner une détérioration rapide des fonctions vitales en l’absence d’une intervention médicale immédiate.

Les lésions thoraciques apparaissent parmi les plus sévères. La dixième côte gauche était fracturée en deux points distincts. Un fragment osseux s’est enfoncé dans le poumon gauche, provoquant des plaies profondes et une hémorragie interne massive. Cette perforation a entraîné un hémothorax, c’est-à-dire une accumulation importante de sang dans la cavité thoracique, comprimant les poumons et perturbant gravement la respiration. La onzième côte gauche était également fracturée à l’arrière, confirmant la violence de l’impact subi au niveau du flanc.

Le muscle cardiaque présentait lui aussi une contusion, signe qu’un choc direct ou indirect a atteint la région thoracique avec suffisamment de force pour affecter le cœur. Les médecins ont relevé la présence d’un hématome situé derrière cet organe vital. Une telle lésion, combinée aux autres traumatismes, aggrave considérablement le risque de défaillance circulatoire.

L’examen abdominal a mis en évidence des atteintes tout aussi alarmantes. Le rein gauche était gravement lésé au niveau de son hile, zone par laquelle transitent les principaux vaisseaux sanguins. Cette atteinte a provoqué une importante accumulation de sang autour de l’organe. La rate, quant à elle, présentait deux plaies distinctes responsables d’un saignement interne abondant dans la cavité abdominale. Or, la rate est un organe richement vascularisé : sa rupture entraîne rapidement une hémorragie massive pouvant conduire à un choc hémorragique fatal.

À ces blessures internes s’ajoutaient des dermabrasions, notamment sur le bras gauche, ainsi qu’une plaie ouverte mesurant environ 3,5 centimètres sur le flanc droit. Ces lésions externes, bien que moins déterminantes que les atteintes internes, confirment la brutalité des faits.

Dans leur ensemble, les constatations médico-légales décrivent un tableau de polytraumatismes sévères. Les organes vitaux — cerveau, poumon, cœur, rein et rate — ont été simultanément touchés, chacun présentant des lésions susceptibles, à elles seules, d’engager le pronostic vital. La combinaison de fractures costales, de perforations pulmonaires, d’atteintes viscérales et d’hémorragies internes massives rendait la survie extrêmement improbable sans une prise en charge chirurgicale immédiate et lourde.

Le rapport conclut ainsi que le décès résulte de ces traumatismes multiples et des hémorragies internes qu’ils ont provoquées. Si l’autopsie éclaire désormais les causes médicales de la mort, elle ne se prononce pas sur les circonstances exactes des faits. Il appartient désormais à l’enquête judiciaire d’établir les responsabilités et de déterminer les conditions dans lesquelles un tel enchaînement de violences a pu se produire.

Au-delà des termes scientifiques, le document met en évidence l’ampleur des blessures subies. Les lésions décrites sont médicalement incompatibles avec la vie en l’absence d’une intervention rapide et massive. Ce constat, aussi froid que précis, souligne la gravité extrême des traumatismes ayant conduit au décès d’Abdoulaye Ba.

Décès d’Abdoulaye Ba à l’UCAD : autopsie, enquête confiée à la Dic et promesse de vérité

L’émotion demeure vive à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) après la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue à la suite des violents affrontements enregistrés lundi sur le campus social. Le jeune homme a été inhumé hier à Yoff, dans une atmosphère de profonde consternation, après que sa famille a obtenu un permis d’inhumer délivré par les autorités judiciaires.

Dans un souci de transparence et afin d’établir les circonstances exactes du décès, le parquet avait ordonné une autopsie. Les conclusions de cet examen médico-légal, très attendues, devront permettre de déterminer les causes précises de la mort et, le cas échéant, d’orienter les responsabilités. Pour de nombreux étudiants et membres de la communauté universitaire, ces résultats constituent une étape cruciale vers la manifestation de la vérité.

Sur le plan judiciaire, le dossier a connu un tournant significatif. Initialement saisie en raison de sa compétence territoriale, la police du commissariat du Point E a été dessaisie de l’affaire. L’enquête a été confiée à la Division des investigations criminelles (Dic), une entité spécialisée réputée pour son expertise dans le traitement des dossiers complexes et sensibles. Ce transfert traduit la volonté des autorités de mobiliser des moyens humains et techniques plus importants afin de faire toute la lumière sur ce drame.

Selon des sources proches du dossier, les auditions ont démarré dès mardi. Les enquêteurs s’emploient à reconstituer avec précision le déroulé des événements ayant conduit au décès d’Abdoulaye Ba, dans un contexte marqué par des affrontements entre étudiants et forces de l’ordre. Témoignages, images et éléments matériels devraient être analysés afin d’établir les faits et de situer les responsabilités éventuelles.

Mardi, lors d’un point de presse, le gouvernement a assuré que « toute la lumière sera faite » sur cette tragédie. Les autorités ont promis une enquête approfondie, impartiale et conduite dans le strict respect des procédures judiciaires. Cette déclaration vise à apaiser une communauté universitaire encore sous le choc et à répondre aux nombreuses interrogations suscitées par les circonstances du décès.

Affaire Pape Cheikh Diallo et Cie : perquisitions aux Maristes, à Nord Foire et aux Mamelles, de nouvelles arrestations en vue

L’enquête progresse dans le dossier dit « Pape Cheikh Diallo et Cie ». Les gendarmes de la Brigade de recherches (BR) de Keur Massar poursuivent activement leurs investigations sur délégation du juge du premier cabinet d’instruction du tribunal de Pikine-Guédiawaye.

Ce mercredi, les enquêteurs ont procédé à l’extraction de prison de trois des principaux mis en cause : Pape Cheikh Diallo, Djibril Dramé et Doudou Lamine Dieng. Placés sous mandat de dépôt et détenus à la maison d’arrêt de Rebeuss, les trois hommes ont été conduits tour à tour dans leurs domiciles respectifs pour les besoins de perquisitions.

Les gendarmes se sont d’abord rendus aux Maristes, au domicile de Djibril Dramé, avant de faire cap sur Nord Foire chez Doudou Lamine Dieng. La dernière étape a conduit les limiers aux Mamelles, résidence de Pape Cheikh Diallo. Ces opérations s’inscrivent dans la recherche d’éléments matériels susceptibles d’étayer les charges retenues dans le cadre de l’information judiciaire ouverte.

Selon des sources proches du dossier, les enquêteurs étaient notamment à la recherche de téléphones portables et de tout objet pouvant servir de preuve dans cette affaire aux ramifications multiples. À l’issue des perquisitions, des téléphones ainsi que du lubrifiant auraient été retrouvés au domicile de Doudou Lamine Dieng. Les autres opérations se poursuivent dans la plus grande discrétion.

Après ces actes d’enquête, les trois mis en cause ont été reconduits à la prison de Rebeuss dans la matinée d’hier, où ils ont été réintégrés en détention provisoire.

L’affaire, qui a déjà connu plusieurs rebondissements, pourrait connaître de nouveaux développements. Une source autorisée indique en effet que d’autres arrestations sont attendues dans les prochains jours, au fur et à mesure de l’exploitation des éléments saisis et des auditions en cours.

Outre Pape Cheikh Diallo, Djibril Dramé et Doudou Lamine Dieng, plusieurs autres personnes sont visées dans cette procédure. Il s’agit notamment de Thiam, Ibrahima Camara, Adama Diallo, Mansour Bassirou Baldé, Mamadou Gning, Sana Ba, Bachir Ka et Békaye Faye. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature avec transmission du VIH/Sida par voie sexuelle, proxénétisme aggravé, mise en danger de la vie d’autrui et blanchiment de capitaux.

Drame à l’UCAD : le Conseil académique suspend toutes les amicales d’étudiants et annonce un comité ad hoc

Le Conseil académique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a pris une décision forte à la suite des violents incidents survenus cette semaine sur le campus social. Réuni en urgence ce mercredi sous la présidence du Recteur, le Pr Alioune Badara Kandji, l’organe délibérant a annoncé la suspension, à titre conservatoire et jusqu’à nouvel ordre, de l’ensemble des amicales d’étudiants de l’institution.

Cette mesure intervient au lendemain des affrontements violents enregistrés lundi dernier au sein du campus social de l’UCAD. Ces incidents ont tragiquement coûté la vie à Abdoulaye Ba, étudiant inscrit en deuxième année de Licence en Médecine. Le drame a suscité une vive émotion au sein de la communauté universitaire et au-delà, relançant le débat sur la sécurité et le fonctionnement des structures étudiantes dans les universités publiques.

Dans son communiqué, le Conseil académique justifie sa décision par la gravité de la situation sécuritaire. Face aux tensions constatées et aux dérives observées, les autorités universitaires estiment nécessaire de prendre des mesures conservatoires afin de prévenir toute nouvelle escalade. La suspension des amicales vise ainsi à instaurer un climat d’apaisement et à permettre une évaluation approfondie de leur organisation et de leurs modes d’intervention sur le campus.

Le Conseil indique que cette suspension restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre. Durant cette période, une réflexion de fond sera engagée sur les modalités de fonctionnement des amicales, régulièrement au cœur des dynamiques de mobilisation étudiante, mais aussi, selon certains observateurs, de tensions récurrentes.

Parallèlement à cette décision, l’Université Cheikh Anta Diop a annoncé la mise en place d’un comité ad hoc. Cette instance aura pour mission de formuler des propositions concrètes concernant les modalités de représentation des étudiants au sein des différentes instances universitaires. L’objectif affiché est de repenser le cadre institutionnel de la représentation estudiantine, afin de concilier participation démocratique, responsabilité et stabilité au sein du campus.

Procès des 18 supporters sénégalais au Maroc : vers un nouveau report sur fond de grève des avocats

Le procès des 18 supporters sénégalais arrêtés au Maroc en marge de la finale de la CAN 2025, initialement programmé ce jeudi, pourrait être une nouvelle fois renvoyé. En cause, le risque de prolongation de la grève des avocats marocains, qui paralyse une partie de l’appareil judiciaire et retarde le traitement de plusieurs dossiers sensibles.

Selon le quotidien Les Échos, ce possible report prolongerait davantage l’épreuve que traversent les mis en cause depuis leur interpellation. Les fans des Lions de la Teranga, détenus à Rabat, seraient soumis à des conditions strictes. Ils sont répartis dans deux établissements pénitentiaires distincts, ce qui complique davantage les échanges et la coordination entre eux.

Toujours d’après la même source, les détenus ne sont autorisés à passer des appels téléphoniques que deux jours par semaine, les lundis et vendredis, pour une durée maximale de trois minutes chacun. Une restriction qui limite fortement leurs contacts avec leurs proches et leurs soutiens. Plus encore, il leur serait interdit de s’exprimer dans une langue autre que le français lors de ces communications, une contrainte supplémentaire qui suscite incompréhension et inquiétude au sein de leurs familles.

L’accès aux détenus demeure également encadré de manière rigoureuse. Seules les autorités diplomatiques et consulaires sénégalaises ainsi que les membres de leur famille sont autorisés à leur rendre visite, et ce, dans des conditions strictement réglementées. Les visites seraient elles aussi soumises à des restrictions, dont les modalités précises n’ont pas été détaillées.

Face à cette situation, des responsables sénégalais ont choisi de rester au Maroc pour leur apporter soutien et assistance. Il s’agit notamment du président du « 12e Gaïndé », Issa Laye Diop, ainsi que du responsable de la communication de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Bakary Cissé. Leur présence vise à suivre de près l’évolution du dossier et à maintenir un lien entre les supporters détenus et les autorités sportives et institutionnelles du Sénégal.

Alors que les familles espéraient une avancée judiciaire à l’occasion de l’audience prévue ce jeudi, l’éventualité d’un nouveau renvoi alimente l’angoisse et prolonge l’attente. Dans un contexte marqué par la mobilisation des avocats marocains, l’issue du dossier demeure incertaine, laissant les 18 supporters sénégalais dans une situation judiciaire et humaine particulièrement éprouvante.

UCAD : des libérations massives d’étudiants sur fond de révélations accablantes sur la mort d’Abdoulaye Ba

La tension commence-t-elle enfin à retomber à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) ? Après plusieurs jours d’affrontements violents, d’arrestations massives et d’une vive mobilisation estudiantine, une importante vague de libérations est intervenue dans la soirée du mercredi. Un geste perçu par certains comme un signal d’apaisement. Mais au même moment, les conclusions médico-légales relatives à la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba viennent assombrir davantage une crise déjà profonde et lourde d’interrogations.

Selon des informations rapportées par L’Observateur, plus d’une centaine d’étudiants ont été remis en liberté parmi les 107 interpellés et placés en garde à vue à la suite des violents incidents survenus sur le campus. Depuis lundi, l’université vivait au rythme des affrontements entre forces de l’ordre et étudiants, dans un climat de tension extrême marqué par des blessés, des interpellations et une paralysie quasi totale des activités académiques.

D’après des sources concordantes, la majorité des étudiants arrêtés ont retrouvé leurs familles mercredi soir, suscitant un soulagement palpable chez leurs camarades mobilisés depuis plusieurs jours pour exiger leur libération. Sur le campus, cette décision est vécue comme une première avancée dans le bras de fer engagé avec les autorités.

Toutefois, cette mesure ne concerne pas l’ensemble des personnes interpellées. Des responsables d’amicales estudiantines resteraient en détention. Selon des sources proches du dossier, ils feraient face à un large éventail de charges jugées graves, en lien avec les violences enregistrées à l’UCAD. Leur maintien en détention pourrait constituer un nouveau point de crispation dans une situation déjà fragile.

Si certains voient dans ces libérations partielles un signe d’ouverture susceptible de favoriser le dialogue, d’autres estiment que l’apaisement durable ne pourra intervenir sans que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de la mort d’Abdoulaye Ba. Car au-delà des arrestations et des affrontements, c’est bien ce drame qui cristallise aujourd’hui les tensions.

Depuis l’annonce du décès de l’étudiant en deuxième année de médecine, les versions se sont multipliées, alimentant rumeurs et incompréhensions. Certains étudiants ont affirmé qu’il aurait été tué dans sa chambre, tandis que d’autres évoquaient une crise d’asthme qui lui aurait été fatale. Ces hypothèses contradictoires ont nourri une vive indignation au sein de la communauté universitaire et au-delà.

Les conclusions de l’autopsie, réalisées par le laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologique de l’Hôpital général Idrissa Pouye de Grand Yoff, apportent toutefois des éléments factuels particulièrement lourds. Le rapport, signé par le Dr M. A. Diallo, met en évidence de multiples lésions graves constatées lors de l’examen du corps effectué après le décès survenu le 9 février 2026.

L’expertise médico-légale fait état de traumatismes thoraco-abdominaux sévères, d’une hémorragie sous-durale gauche diffuse, de fractures costales multiples avec lésions internes, notamment au niveau du poumon gauche, ayant entraîné un volumineux hémothorax. Le rapport mentionne également des atteintes au niveau du cœur, du rein gauche et de la rate, accompagnées d’hématomes internes significatifs, ainsi que diverses plaies et dermabrasions externes.

L’ensemble de ces constatations décrit un tableau de violences physiques multiples et intenses, difficilement conciliable avec la thèse d’un simple malaise respiratoire. Ces révélations soulèvent de nombreuses interrogations sur les circonstances exactes dans lesquelles Abdoulaye Ba a subi de telles lésions.

Dans ce contexte, la question centrale demeure entière : comment l’étudiant a-t-il été exposé à un tel niveau de traumatismes ? Les résultats de l’enquête judiciaire annoncée par les autorités seront déterminants pour établir les responsabilités et tenter de restaurer la confiance.

Trafic de drogue et VIH : l’affaire des « 12 présumés homosexuels » prend une tournure criminelle

Nouvelle secousse judiciaire dans l’affaire dite des « 12 présumés homosexuels ». À peine 48 heures après leur placement sous mandat de dépôt, le dossier connaît un rebondissement majeur avec l’introduction officielle du crime de trafic de drogue dans la procédure. Cette évolution, révélée par le quotidien L’Observateur, modifie en profondeur la nature et la portée de l’instruction en cours devant le tribunal de Pikine-Guédiawaye.

Selon les informations rapportées, le procureur de la République près le tribunal de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, a élargi son réquisitoire introductif adressé au juge d’instruction du premier cabinet. Initialement ouverte pour des faits d’association de malfaiteurs, d’actes contre nature, de transmission volontaire du VIH et de blanchiment de capitaux, l’information judiciaire devra désormais également explorer le crime de trafic de drogue, visé contre X. Ce choix procédural est loin d’être anodin. En matière criminelle, l’instruction n’est enfermée dans aucun délai strict, ce qui permet aux magistrats d’approfondir les investigations, d’élargir le champ des responsabilités et, le cas échéant, de procéder à de nouvelles mises en cause.

D’après des sources citées par L’Observateur, les investigations menées par la Brigade de recherches de la gendarmerie territoriale de Keur-Massar ont mis au jour des éléments jugés accablants. Plusieurs des personnes mises en cause auraient consommé différentes variétés de stupéfiants, y compris des drogues dures, lors de relations sexuelles, qu’il s’agisse de couples homosexuels ou hétérosexuels. Les enquêteurs s’intéressent désormais de près au présumé fournisseur de ces substances, qui serait dans leur ligne de mire. Quant aux douze personnes déjà écrouées, elles pourraient également être poursuivies pour usage de drogue, en sus des infractions initialement retenues.

Sur le terrain judiciaire, l’affaire a connu des développements spectaculaires. Toujours selon le quotidien, le Doyen des juges a rapidement délivré une délégation judiciaire à la Brigade de recherches de Keur-Massar afin d’exécuter les réquisitions du parquet. Dans ce cadre, l’animateur Pape Cheikh Diallo, l’artiste-chanteur Djiby Dramé et le banquier Doudou Lamine Dieng ont été extraits mercredi de la prison de Rebeuss pour des perquisitions à leurs domiciles respectifs. Au cours de ces opérations, divers objets ont été saisis par les enquêteurs. À l’issue des fouilles, les trois hommes ont été reconduits en détention, tandis que les actes d’instruction se poursuivent. D’autres arrestations ne sont pas exclues.

À l’origine du dossier, une alerte sanitaire. Les faits remonteraient à l’exploitation d’un renseignement signalant les agissements présumés d’un jeune homme porteur du VIH qui aurait continué à entretenir des relations sexuelles non protégées avec plusieurs partenaires. Interpellé le 4 février 2026 par la Brigade de recherches de Keur-Massar, il a été soumis à un test de dépistage sur réquisition judiciaire. Le certificat médical aurait confirmé sa séropositivité. Lors de son audition, il aurait reconnu être conscient de son statut sérologique et avoir eu des relations sexuelles non protégées, notamment avec des partenaires rencontrés via des groupes de discussion sur les réseaux sociaux.

Dans la foulée, deux partenaires ont été arrêtés. Ils auraient, eux aussi, admis connaître leur statut sérologique tout en poursuivant des rapports non protégés. L’enquête s’est alors accélérée avec cinq nouvelles interpellations le 5 février, puis quatre autres le 6 février, portant à douze le nombre total de personnes placées en garde à vue avant leur inculpation et leur placement sous mandat de dépôt. Parmi elles figurent des personnalités connues telles que Pape Cheikh Diallo, Doudou Lamine Dieng et Djiby Dramé. À l’issue des tests de dépistage, huit personnes auraient été déclarées séropositives et quatre séronégatives, selon les informations publiées par L’Observateur.

UCAD : El Hadji Ibrahima Diop ( Allure ) propose une délocalisation à Sébikhotane et un plan de 50 milliards

Alors que les tensions persistent à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), ponctuées de perturbations chroniques et de revendications estudiantines, une voix singulière monte du camp présidentiel. El Hadji Ibrahima Diop, Secrétaire national chargé des foyers religieux du parti Alliance pour les Urgences de la République (Allure), membre de la mouvance Diomaye Président, refuse de se contenter de « gérer les détails ». Il appelle à un électrochoc systémique.

Son remède de cheval : délocaliser l’UCAD à Sebikhotane. « Le président de la République, sans démagogie, doit prendre des mesures fortes. La première mesure pour moi est de délocaliser l’UCAD à Sebikhotane. Il faut sortir un budget de 50 milliards pour construire une université toute neuve et dans des délais records (1 an maximum) », déclare-t-il. Loin d’un abandon des lieux, il imagine l’actuel campus reconverti en « Cité de la médecine et des technologies », une sorte de Silicon Valley destinée à attirer les investisseurs privés.

Ce « big bang » universitaire ne s’arrête pas au béton. M. Diop prône un virage pédagogique radical. « Dès la rentrée 2026/2027, il faudra privilégier les orientations dans les filières agricoles, technologiques et minières », insiste-t-il, appelant à un adieu aux formations sans débouchés.

La troisième mesure concerne le monde professionnel. Le leader d’Allure propose d’imposer, dès cette année, à tout attributaire de marché public de plus de 50 millions, le recrutement d’au moins un étudiant en stage rémunéré. Une disposition qui viserait à « créer un choc d’employabilité ».

Enfin, le réformateur insiste sur l’impératif d’un changement de logiciel culturel. « La 4e mesure, et qui me semble la plus importante, est de développer une vaste campagne de communication afin que l’étudiant ne soit plus un problème pour la société, un éternel assisté, mais une solution », assène-t-il.

Pour El Hadji Ibrahima Diop, l’heure n’est plus à l’atermoiement. Il adjure le gouvernement de rompre avec une posture de simple gestionnaire de crises. « C’est le moment d’attaquer la racine du mal. La CAN est encore récente pour nous convaincre que l’abandon et la peur ne doivent pas être sénégalais. » Un appel au volontarisme présidentiel qui, à défaut de faire l’unanimité, a le mérite de poser crûment les termes d’un débat national devenu inévitable.

Violences à l’UCAD : arrestations contestées, plus de 300 blessés et colère après le décès d’Abdoulaye Ba

Les violents affrontements survenus le 9 février 2026 à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) continuent de susciter une vive émotion au sein de la communauté universitaire. Selon les informations recueillies, plus de 300 étudiants ont été blessés au cours des heurts et plusieurs interpellations ont été effectuées, parmi lesquelles figurent quatre responsables d’amicales.

Cheikh Ngom, membre du collectif des amicales de l’UCAD, a dénoncé des arrestations qu’il qualifie d’« arbitraires ». Il s’agit de Cheikh Atab Sagna, président de l’Amicale des étudiants de la Faculté de médecine, Wally Faye, président de l’Amicale des étudiants de la Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP), Demba Ka, président de l’Amicale de la Faculté des lettres, ainsi que Bathie Fall, président de la commission sociale des étudiants de la FSJP. Selon lui, ces représentants « n’ont rien fait » d’autre que de porter des revendications qu’ils estiment légitimes au nom des étudiants.

Intervenant sur les ondes de la RFM, lors du journal de 12 heures, Cheikh Ngom a également évoqué la situation préoccupante de certains étudiants interpellés, affirmant que « certains sont dans des conditions très tristes ». Il a par ailleurs précisé que parmi les blessés, plusieurs cas graves ont été enregistrés. Certains étudiants ont été hospitalisés à l’Hôpital Principal de Dakar, tandis que d’autres ont été admis au Centre de traumatologie et d’orthopédie (CTEO).

Au-delà des arrestations et du lourd bilan humain, la tension reste vive après le décès d’un étudiant, Abdoulaye Ba, qui sera inhumé ce mercredi 11 février 2026. Le collectif des amicales déplore un manque de transparence autour des circonstances de sa mort. « L’autopsie a été faite, mais les autorités refusent jusqu’à présent de la publier », a dénoncé Cheikh Ngom, pointant une opacité qui alimente la frustration et la colère au sein du campus.

À la suite de ces événements tragiques, le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) a annoncé la fermeture du campus social à partir du mardi 10 février 2026 à 12 heures, et ce jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure vise, selon les autorités universitaires, à prévenir de nouveaux débordements, alors que la situation demeure tendue à l’UCAD, où étudiants et responsables universitaires semblent désormais engagés dans un bras de fer aux conséquences lourdes.

La CESL dénonce une « campagne de désinformation » et exige la libération des étudiants arrêtés

La Coordination des Étudiants de Saint-Louis (CESL) est montée au créneau à la suite du point de presse conjoint animé par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le ministre de l’Intérieur et le ministre de la Justice. Dans un communiqué rendu public, la structure estudiantine fustige les déclarations faites par les autorités, qu’elle qualifie de « campagne de désinformation et de manipulation de l’opinion nationale ».

Selon la CESL, les propos tenus lors de cette rencontre avec la presse dénaturent les faits et participent à une présentation biaisée de la situation dans les universités. Les étudiants dénoncent un « lexique abusif » qui, à leurs yeux, contribue à travestir la réalité et à banaliser des « actes de barbarie exercés sur les étudiants ». Face à ce qu’ils considèrent comme une tentative de décrédibilisation de leur mouvement, ils disent prendre à témoin les chefs religieux du pays ainsi que l’ensemble des parents d’étudiants.

La Coordination rejette également ce qu’elle appelle des « paroles diffamatoires » à l’encontre des syndicats d’étudiants. Elle insiste sur la légitimité de leur combat, estimant que la crise actuelle découle d’un « manque de respect venant des autorités » et d’une « application unilatérale de mesures en contradiction avec les réglementations en vigueur relatives aux allocations de bourse ». Pour la CESL, ces décisions prises sans concertation ont exacerbé les tensions et nourri le climat de défiance observé ces derniers jours.

Dans son communiqué, l’organisation estudiantine affirme que les intimidations et les mesures jugées drastiques adoptées par les autorités ne sauraient mettre un terme à leurs actions syndicales. Elle soutient que leur mobilisation vise à restaurer « la dignité, l’intégrité, la justice et le respect des droits des étudiants », qu’elle considère comme non négociables.

La CESL tient par ailleurs à préciser qu’elle demeure une « structure purement apolitique », rejetant toute tentative d’assimilation à un agenda partisan. Enfin, elle exige la libération immédiate et sans condition de tous les étudiants arrêtés, en particulier de ses camarades ainsi que des représentants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), appelant à un retour au dialogue pour une sortie de crise apaisée.

Kaolack : l’UDEN mise sur la continuité avec Abdoulaye Dia

La section départementale de l’Union démocratique des enseignants (UDEN) de Kaolack a procédé, lundi 10 février 2026, au renouvellement de son bureau syndical à l’issue d’une assemblée générale tenue récemment dans la capitale du Saloum. À l’issue des travaux, le secrétaire général sortant, Abdoulaye Dia, a été reconduit à l’unanimité pour un mandat de trois ans.

Cette reconduction, saluée par une forte mobilisation des militants, témoigne de la confiance renouvelée des membres envers leur dirigeant. Selon plusieurs intervenants, le bilan du mandat écoulé, marqué par un engagement soutenu pour la défense des intérêts matériels et moraux des enseignants, a largement motivé ce choix consensuel.

Prenant la parole après sa réélection, Abdoulaye Dia a exprimé sa gratitude à l’endroit des syndicalistes pour « la confiance renouvelée » et a réaffirmé sa détermination à poursuivre le combat pour l’amélioration des conditions de travail des enseignants dans le département de Kaolack. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer l’unité syndicale, le dialogue social et la concertation avec les autorités académiques et administratives.

Durant son nouveau mandat, le bureau reconduit entend mettre l’accent sur le suivi des accords signés avec l’État, la gestion des carrières, la formation continue des enseignants et la défense d’une école publique de qualité.

Cette assemblée générale a également été l’occasion pour les membres de réaffirmer leur engagement à œuvrer dans la solidarité et la discipline syndicale, dans un contexte où les défis liés au système éducatif restent nombreux.

Avec cette reconduction à l’unanimité, la section départementale de l’UDEN de Kaolack semble miser sur la continuité et la stabilité pour relever les défis à venir au service de l’école sénégalaise.

CSS : Un stock suffisant de sucre pour le Ramadan et le Carême, Guillaume Ranson rassure le marché national

À l’approche du Ramadan et du Carême chrétien, la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) se dit prête à répondre à la demande nationale en sucre. Le directeur général de l’entreprise, Guillaume Ranson, a annoncé la disponibilité immédiate d’un stock de 74 000 tonnes de sucre, réparti entre 58 000 tonnes à Richard-Toll, dans le nord-ouest du pays, et 16 000 tonnes à Dakar. Selon lui, cette quantité est largement suffisante pour approvisionner le marché sénégalais durant ces deux événements religieux majeurs.

M. Ranson a indiqué que ce stock sera renforcé dans les semaines à venir. « 75 000 tonnes supplémentaires s’ajouteront à ce volume d’ici la fin de la campagne sucrière prévue en mai », a-t-il précisé, estimant que la CSS disposera alors d’une capacité largement suffisante pour couvrir la consommation nationale.

Le directeur général a également rappelé que l’entreprise met en œuvre le plan de développement KT220, un projet stratégique visant à porter la production annuelle de sucre à 220 000 tonnes, ce qui correspond exactement à la consommation nationale des ménages sénégalais. Ce plan ambitionne ainsi d’assurer l’autosuffisance du pays en sucre et de stabiliser l’approvisionnement tout au long de l’année.

Cette déclaration a été faite à l’occasion d’une « journée portes ouvertes » organisée à l’intention des commerçants partenaires de la CSS. La rencontre s’est tenue le mardi 10 février 2026 et a enregistré la présence du préfet du département de Dagana, Ibrahima Ismaïl Ndiaye, ainsi que du directeur du Commerce intérieur, Ahmadou Bamba Ndaw.

Grâce à ces mesures et à la mise en œuvre du plan KT220, la CSS entend rassurer le marché et les consommateurs sénégalais, en garantissant un approvisionnement régulier et suffisant en sucre, particulièrement pendant les périodes de forte demande liées aux fêtes religieuses.

UCAD : Aminata Touré appelle à la pacification et à des solutions durables après le décès d’Abdoulaye Ba

La coalition Diomaye Président, à travers sa coordonnatrice Aminata Touré, a lancé un appel au gouvernement et aux acteurs de l’espace universitaire « à travailler à la pacification définitive de l’espace universitaire », ce mercredi 11 février, deux jours après la mort tragique d’Abdoulaye Ba, étudiant en médecine, lors des violences survenues à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, dont les commentaires ont été restreints, Aminata Touré a insisté sur la nécessité de mettre en place « des solutions pérennes afin que les universités redeviennent des lieux d’épanouissement intellectuel et de bien-être pour toute la communauté universitaire ». Elle a ainsi appelé à un dialogue constructif entre les autorités universitaires, le gouvernement et les étudiants afin de prévenir de nouveaux incidents.

Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine, a trouvé la mort dans la soirée du lundi 9 février, à la suite de violents affrontements entre les forces de l’ordre et des étudiants opposés à la réforme du système de bourses. Ce drame a suscité une vive émotion au sein de la communauté universitaire et au-delà, ravivant les débats sur la gestion de l’ordre public sur les campus.

Les ministères de l’Intérieur, de la Justice et de l’Enseignement supérieur se sont exprimés lors d’une conférence de presse tenue le 10 février, assurant que « justice sera faite » et que « les responsabilités seront situées ». Ils ont également indiqué que des enquêtes sont en cours pour déterminer les circonstances exactes du décès et identifier les acteurs impliqués dans ces violences.

Face à cette situation, la coalition Diomaye Président réaffirme son engagement pour un climat universitaire apaisé et encourage la mise en œuvre de mesures durables qui garantissent la sécurité, l’épanouissement et le bien-être de tous les étudiants.

Affaire Pape Cheikh Diallo et Cie : l’enquête s’étend à treize nouveaux suspects, dont deux figures du showbiz

L’enquête judiciaire dans l’affaire dite « Pape Cheikh Diallo et Cie » connaît un nouveau tournant. Alors que plusieurs mis en cause ont déjà été placés sous mandat de dépôt, les investigations se poursuivent et pourraient conduire à de nouvelles interpellations dans les prochains jours.

Selon les informations rapportées par le journal Les Échos, les enquêteurs ont transmis une liste de treize personnes à la Brigade de recherches de la gendarmerie de Keur Massar, dans la banlieue dakaroise. Ces individus seraient susceptibles d’être entendus dans le cadre de la procédure en cours. Parmi eux figureraient deux personnalités connues du monde du showbiz, ce qui confère à l’affaire une dimension médiatique supplémentaire.

Toujours d’après la même source, les éléments de la Brigade de recherches devraient procéder très prochainement à l’interpellation des personnes citées, afin de les auditionner et de déterminer leur éventuel degré d’implication. Cette nouvelle phase marque un élargissement significatif du dossier, laissant présager d’autres développements judiciaires.

Pour rappel, Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé, Doudou Lamine Dieng ainsi que plusieurs autres personnes ont été placés sous mandat de dépôt le 9 février 2026. La décision a été prise par le juge d’instruction du Premier cabinet du Tribunal de Grande Instance de Pikine-Guédiawaye, à la suite du réquisitoire introductif du procureur de la République.

Les mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du VIH/sida par rapports sexuels non protégés, mise en danger de la vie d’autrui et blanchiment de capitaux. Des chefs d’accusation lourds qui traduisent la gravité des faits allégués et la complexité du dossier.

Dakar : deux individus interpellés pour cybercriminalité, vol et actes contre nature

La Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar a procédé à l’interpellation de deux individus dans une affaire mêlant vol, accès frauduleux à un système informatique, obtention indue d’un avantage financier et actes contre nature. Les deux mis en cause ont été placés en garde à vue, tandis que l’enquête se poursuit afin d’identifier un troisième suspect présumé impliqué dans le dossier.

L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée par l’un des protagonistes, qui déclarait avoir été victime d’un vol à l’arraché de son téléphone portable. Selon sa déposition, les faits se seraient produits après une rencontre avec le second individu lors d’un voyage à Louga. Le plaignant affirmait également que, peu après la disparition de son téléphone, la somme de 2 250 000 FCFA avait été frauduleusement retirée de son compte Mobile money.

À la suite de cette plainte, les enquêteurs ont ouvert des investigations qui ont permis de localiser et d’interpeller le suspect principal au quartier des Maristes. Conduit dans les locaux de la Sûreté urbaine pour audition, ce dernier a catégoriquement nié les accusations de vol. Il a soutenu avoir conservé le téléphone en guise de garantie pour le remboursement d’une créance estimée à deux millions de FCFA.

D’après ses déclarations, cette somme correspondrait à un paiement que le plaignant lui aurait promis en échange de rapports sexuels consentis entre les deux hommes. Le suspect affirme que deux rapports auraient effectivement eu lieu, mais que la contrepartie financière convenue ne lui aurait jamais été versée. Il aurait alors décidé de garder le téléphone comme moyen de pression pour obtenir le règlement de la somme due.

Le plaignant, pour sa part, a formellement nié ces allégations. Toutefois, au cours de l’enquête, le mis en cause a fourni une description détaillée de la chambre où les faits supposés se seraient déroulés. Un transport sur les lieux a été effectué par les enquêteurs. Sur place, la configuration de la chambre correspondait aux indications fournies par le suspect. Les policiers ont procédé à la saisie de plusieurs éléments considérés comme pièces à conviction, notamment un flacon de gel lubrifiant, de l’huile lubrifiante et trois préservatifs.

Poursuivant les auditions, le suspect a finalement reconnu avoir vidé le compte Mobile money du plaignant avec l’aide d’un tiers, dans le but, selon lui, de recouvrer la somme qu’il estime lui être due. Ce complice présumé est actuellement recherché par les services d’enquête.

Tensions à l’UCAD : Me Mouhamadou Bamba Cissé condamne les bavures policières et lance un appel à l’apaisement

À la suite des violents affrontements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), ayant entraîné la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ, inscrit en deuxième année de Médecine, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé, est sorti de sa réserve pour réagir officiellement. Dans un contexte marqué par une vive émotion et une forte pression sociale, le ministre a tenu à condamner sans ambiguïté les violences policières tout en appelant au calme et à la responsabilité collective.

S’exprimant sur ces événements tragiques, Me Bamba Cissé a reconnu que des bavures avaient été commises lors des opérations de maintien de l’ordre sur le campus universitaire. Il a fermement dénoncé ces pratiques, soulignant qu’elles ne sauraient en aucun cas être tolérées dans un État de droit. Selon lui, la situation a dégénéré de manière regrettable, conduisant à la perte d’une vie humaine, un drame qui a profondément marqué la communauté universitaire et l’opinion publique nationale. Le ministre a adressé ses prières à la mémoire de l’étudiant décédé et présenté ses condoléances à sa famille, tout en précisant que les Forces de défense et de sécurité n’avaient nullement l’intention de provoquer un tel dénouement. Il a toutefois insisté sur la nécessité de situer les responsabilités afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes du décès.

Dans ses déclarations, le ministre de l’Intérieur a tenu à rappeler le cadre de l’intervention des forces de l’ordre, qu’il a décrite comme une mission visant essentiellement à protéger les biens publics et à rétablir l’ordre face à des troubles qu’il qualifie de préoccupants. Il a affirmé que la doctrine du maintien de l’ordre prônée par son département repose sur la retenue et le professionnalisme, et qu’un maintien de l’ordre sans bavure demeure un principe non négociable. À ce titre, Me Bamba Cissé a révélé avoir donné des instructions fermes interdisant l’usage des armes à feu lors des opérations de maintien et de rétablissement de l’ordre, une mesure qu’il présente comme une garantie supplémentaire pour la protection des vies humaines.

Le ministre a également évoqué des éléments découverts lors de fouilles effectuées dans certaines chambres d’étudiants. Selon lui, ces opérations auraient permis de mettre la main sur des objets, notamment des grenades lacrymogènes, sans toutefois préciser leur origine ni les conditions exactes de leur présence sur le campus. Cette révélation soulève de nombreuses interrogations et alimente le débat sur le climat de tension qui régnait à l’UCAD au moment des affrontements.

En conclusion, Me Mouhamadou Bamba Cissé a tenu à adresser un message d’apaisement à l’ensemble de la communauté universitaire. Il a affirmé comprendre et soutenir les revendications étudiantes lorsqu’elles sont légitimes, tout en rappelant que l’université doit rester un espace de savoir, de dialogue et de paix, et non un théâtre de violences. Convaincu que la grande majorité des étudiants aspire avant tout à apprendre et à réussir leur parcours académique, le ministre a insisté sur la nécessité de les encadrer, de les écouter et de les accompagner.

Alors que les enquêtes se poursuivent et que les appels à la justice se multiplient, cette prise de parole officielle vise à calmer les esprits et à réaffirmer l’engagement des autorités en faveur d’un retour à la sérénité à l’UCAD, tout en promettant que les responsabilités seront établies dans le respect des lois et des institutions de la République.

Sous l’héritage de Baye Niass, la Jamiyatou Ansaroudine fédère les cœurs en Côte d’Ivoire

En séjour en Côte d’Ivoire depuis le 8 février 2026, le président national de la Jamiyatou Ansaroudine, Seydina Alioune Cissé Niang, multiplie les échanges directs avec les talibés établis à travers le monde. Depuis son arrivée, il s’emploie à impulser de nouvelles dynamiques d’orientation du travail religieux et organisationnel, tout en œuvrant au renforcement de la fédération des fidèles autour des idéaux de la Fayda Tidjania.

Au cours de ses différentes rencontres, il a rappelé que la Jamiyatou Ansaroudine, fondée par Cheikh Al Islam, demeure un modèle de paix, de cohésion et de pacification, fidèle à l’héritage spirituel de Baye Niass. À ce titre, il a insisté sur l’importance du recensement des talibés à travers des outils numériques modernes, en vue de renforcer l’organisation, la communication et la coordination des actions à l’échelle internationale.

Un message de reconnaissance et d’engagement spirituel

Le président Seydina Alioune Cissé Niang s’est réjoui de l’accueil chaleureux qui lui a été réservé en Côte d’Ivoire. Il a transmis aux fidèles les salutations et recommandations du Khalife général de la Fayda, Cheikh Mouhamadou Mahi Ibrahima Niass, de l’imam de la grande mosquée de Médina Baye, Imam Cheikh Tidiane Aliou Cissé, ainsi que de Seyda Rokhya Niass, fille de Baye Niass et sa mère spirituelle, qui lui a adressé une recommandation par voie épistolaire.

Dans son allocution, il a rappelé les enseignements et l’héritage spirituel de Baye Niass, exhortant les talibés à s’engager davantage dans les activités et la mission de la Jamiyatou Ansaroudine, dans un esprit de renforcement de la foi, d’unité et de solidarité.

Un Gamou sous le signe de la communion spirituelle

Le Gamou annuel en Côte d’Ivoire est organisé sous la coordination de Cheikh Khalidou Cissé, grand moukhadam de Baye Niass, établi entre le Niger, la Côte d’Ivoire et le Nigeria. Cet événement religieux majeur constitue un temps fort de communion spirituelle, de transmission des enseignements et de consolidation des valeurs de la Fayda Tidjania dans l’ensemble de la sous-région ouest-africaine.

Arrestation du président de l’Amicale de la FMPO : les étudiants réclament sa libération immédiate

L’Amicale des étudiants de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie (FMPO) est montée au créneau pour dénoncer l’arrestation de son président, Cheikh Atab Sagna. Selon un membre de la structure estudiantine, ce dernier a été interpellé à l’issue de la conférence de presse tenue ce mardi.

Dans un communiqué, l’Amicale exige la libération immédiate de son président ainsi que celle de tous les autres membres qu’elle affirme être actuellement détenus. L’organisation condamne fermement ce qu’elle qualifie « d’actes de barbarie et d’abus de pouvoir exercés à l’encontre de la jeunesse, avenir de ce pays ».

Les étudiants de la FMPO réaffirment toutefois leur attachement à une lutte qu’ils décrivent comme pacifique, responsable et légitime. Ils insistent sur la nécessité de garantir le respect des libertés syndicales et associatives dans l’espace universitaire, estimant que ces droits constituent un socle essentiel de la vie académique.

Dans le même élan, l’Amicale assure qu’elle ne reculera pas face à ce qu’elle considère comme une injustice et qu’elle ne cédera pas à l’intimidation. Elle réitère sa détermination à poursuivre son combat, tout en appelant à la mobilisation autour de la défense des droits des étudiants.

Tensions dans les universités : Daouda Ngom évoque des influences extérieures sur certains étudiants

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Daouda Ngom, a pointé ce mardi l’existence d’influences extérieures dans les tensions récemment enregistrées au sein des universités publiques sénégalaises.

S’exprimant lors de la conférence de presse du gouvernement, il a déclaré que « certains étudiants subissent des influences extérieures ». Selon lui, des acteurs politiques opposés au pouvoir exerceraient des pressions sur certains responsables d’amicales étudiantes, contribuant ainsi à exacerber le climat dans les campus. « Il y a des opposants qui influencent des dirigeants d’amicales », a-t-il affirmé, tout en déplorant la présence de ces acteurs au sein des structures représentatives des étudiants.

Le ministre a regretté une situation qu’il juge préoccupante pour la stabilité du milieu universitaire, estimant que l’espace académique ne devrait pas être un terrain de confrontation politique indirecte.

Dans le même élan, Pr Daouda Ngom a lancé un appel au calme et à la retenue à l’endroit des étudiants. Il les a invités à faire preuve de responsabilité et de maturité, notamment dans le contexte marqué par le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Le ministre a insisté sur la nécessité d’apaiser les tensions et de préserver l’université comme un cadre d’études, de dialogue et de construction intellectuelle.

Mort de l’étudiant Abdoulaye Ba : le collectif des amicales de l’UCAD saisit la justice contre l’État

Le collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) annonce le dépôt de plaintes contre les autorités sénégalaises à la suite du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Dans un communiqué rendu public ce 10 février, les étudiants disent tenir pour responsable l’État du Sénégal, à travers le Président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ainsi que le ministre de l’Intérieur.

Le collectif déclare son intention de poursuivre ces « responsables devant les instances judiciaires nationales et internationales ». Les amicales annoncent également une plainte visant spécifiquement le Premier ministre pour « diffamation », sans en préciser pour l’instant les éléments détaillés.

Dans leur déclaration, les étudiants insistent sur leur indépendance et rejettent toute tentative de récupération ou de manipulation politique, « quelle que soit l’obédience ». Ils appellent par ailleurs les organisations de défense des droits humains à intervenir afin de constater ce qu’ils qualifient « d’actes de tortures et de barbaries perpétrés par des policiers sur ordre d’un gouvernement suffisant et autoritaire ».

Le collectif présente aussi ses condoléances à la famille de l’étudiant décédé, qu’il décrit comme un « martyr de la cause estudiantine ». Les amicales affirment qu’Abdoulaye Ba « sera immortalisé dans nos cœurs et dans notre campus ». Selon leur version des faits, le jeune étudiant « n’avait même pas participé aux affrontements », affirmant qu’il aurait été retrouvé dans sa chambre avant d’être battu à mort.

À ce stade, les autorités compétentes ne se sont pas encore exprimées publiquement sur ces accusations. Cette affaire relance le débat sur la gestion des tensions en milieu universitaire et sur l’usage de la force lors des opérations de maintien de l’ordre dans les campus.

Mort de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’UCAD : le SAES dénonce l’usage excessif de la force et interpelle le gouvernement

Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a vivement réagi à la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue le lundi 9 février 2026 à la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), à la suite d’une intervention des forces de l’ordre dans le campus social. Le syndicat qualifie ce décès de « tragique » et exige que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes du drame.

Réuni en urgence ce mardi 10 février, le Secrétariat national du SAES a exprimé sa profonde consternation face à cette perte humaine, intervenue exactement deux ans après le décès de l’étudiant Alpha Yéro Tounkara à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Le syndicat s’est incliné devant la mémoire d’Abdoulaye Ba et a adressé ses condoléances attristées à sa famille, à la communauté universitaire et à l’ensemble de la Nation sénégalaise.

Dans un communiqué rendu public, le SAES établit un lien direct entre ce nouveau décès et une longue série de morts d’étudiants survenues dans les universités sénégalaises à la suite d’interventions policières. Le syndicat cite notamment les cas de Balla Gaye en 2001, Bassirou Faye en 2014, Mouhamadou Fallou Sène en 2018, Alpha Yéro Tounkara ainsi que Prosper Clédor Senghor en 2024. Pour le SAES, cette répétition tragique traduit un problème structurel grave dans la gestion des crises universitaires.

Le syndicat condamne avec la « dernière énergie » ce qu’il considère comme un usage excessif, aveugle et disproportionné de la force par les forces de l’ordre à l’intérieur des espaces universitaires, qui devraient rester des lieux de savoir, de dialogue et de débat pacifique. Il estime que l’irruption violente des forces de sécurité dans les campus ne fait qu’aggraver les tensions et exposer inutilement les étudiants à des risques mortels.

Tenant le gouvernement pour responsable, le SAES affirme que ces drames sont le résultat direct d’une mauvaise gestion des crises universitaires, marquée par l’absence d’anticipation, le déficit de dialogue et le recours systématique à la force. Il exige l’ouverture immédiate d’une enquête approfondie, indépendante et transparente afin d’identifier toutes les responsabilités et de traduire les auteurs des faits devant la justice.

Le syndicat rappelle par ailleurs qu’il avait, dès le mois de décembre 2025, lancé des appels répétés au calme, à la retenue des forces de sécurité et à l’instauration d’un dialogue sincère avec les étudiants, notamment sur la question sensible et récurrente des bourses. Selon le SAES, l’absence de réponses durables à ces revendications légitimes contribue à entretenir un climat de frustration et de colère sur les campus.

Au-delà de l’événement tragique, le SAES pointe de lourds dysfonctionnements structurels du système universitaire sénégalais. Il évoque une massification incontrôlée des effectifs, un déficit budgétaire chronique, un manque criant d’enseignants, des retards importants dans la réalisation des infrastructures universitaires ainsi que des insuffisances notoires dans l’évaluation et l’application des réformes, notamment du système Licence-Master-Doctorat (LMD).

Face à la gravité de la situation actuelle, le SAES demande la suspension provisoire des réformes en cours afin de permettre une réflexion approfondie et apaisée. Il plaide pour l’organisation de concertations inclusives, transparentes et sincères, associant l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur, dans le but de trouver des solutions durables aux crises récurrentes.

Enfin, le syndicat réaffirme sa disponibilité à contribuer activement à un dialogue responsable et constructif, condition indispensable, selon lui, pour pacifier durablement l’espace universitaire et garantir la stabilité ainsi que l’avenir de l’enseignement supérieur au Sénégal.

Tensions à l’Université Assane-Seck de Ziguinchor après la fermeture du restaurant universitaire

La situation s’est brusquement tendue, ce lundi, sur le campus de l’Université Assane-Seck de Ziguinchor (UASZ), à la suite de la décision du Centre régional des œuvres universitaires et sociales (CROUS/Z) de fermer le restaurant universitaire jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure, annoncée dans un contexte de contestation estudiantine, a rapidement dégénéré en affrontements entre étudiants et forces de l’ordre déployées pour sécuriser les lieux.

Dans un communiqué rendu public, le directeur du CROUS/Z, Salif Baldé, a expliqué que la fermeture faisait suite à des perturbations graves du fonctionnement du service de restauration. Selon lui, plusieurs étudiants sont entrés dans l’enceinte du restaurant universitaire pour appeler leurs camarades à se restaurer sans s’acquitter du ticket habituel. Ce mot d’ordre, qualifié de « journée sans ticket », aurait compromis l’organisation normale du service ainsi que les efforts matériels, financiers et humains consentis pour assurer une restauration accessible et de qualité aux étudiants.

Le directeur précise que les étudiants avaient été formellement avertis dès la matinée contre cette initiative jugée contraire aux règles en vigueur. Face au non-respect des consignes et conformément aux instructions du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, la direction du CROUS/Z a pris la décision de suspendre temporairement les activités du restaurant universitaire. Salif Baldé en appelle au sens de la responsabilité des étudiants et au respect des textes qui encadrent la gestion des services sociaux universitaires.

Cependant, cette mesure n’a fait qu’exacerber la colère sur le campus. Des heurts ont éclaté entre étudiants et forces de l’ordre, traduisant un climat de tension déjà latent au sein de la communauté universitaire. Pour les étudiants, la fermeture du restaurant constitue une sanction collective qu’ils jugent disproportionnée au regard de leurs revendications.

Joint par nos soins, Ibrahim Ngom, porte-parole des étudiants de l’Université Assane-Seck de Ziguinchor, a tenu à replacer le mouvement de « journée sans ticket » dans un cadre plus large. Selon lui, cette action s’inscrit dans une dynamique nationale de contestation de la réforme des bourses d’études initiée par le ministère de tutelle. Les étudiants estiment que cette réforme va à l’encontre du décret du 12 août 2014, lequel garantit l’octroi de bourses aux étudiants de la licence jusqu’au doctorat.

Pour les étudiants de l’UASZ, la mobilisation autour du restaurant universitaire ne constitue donc qu’un volet visible d’un malaise plus profond lié aux conditions de vie et d’études sur les campus sénégalais. Ils appellent les autorités universitaires et ministérielles à privilégier le dialogue afin d’éviter une escalade de la violence et de trouver des solutions durables aux revendications sociales et académiques.

En attendant une éventuelle reprise des discussions, le campus de Ziguinchor demeure sous haute surveillance, dans un climat marqué par l’incertitude et la crispation, alors que les étudiants redoutent une dégradation supplémentaire de leurs conditions de vie.

Décès d’Abdoulaye Ba à l’UCAD : l’ADHA exige une enquête indépendante et des sanctions pénales

L’Organisation Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) est montée au créneau ce mardi 10 février 2026 après le décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu lors d’interventions policières sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans un communiqué rendu public par son Bureau exécutif, l’ONG dénonce de graves violations des droits humains et réclame l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, ainsi que des sanctions pénales contre les responsables présumés.

Selon l’ADHA, Abdoulaye Ba aurait été victime de « brutalités exercées à l’intérieur même de sa chambre universitaire », un espace que l’organisation rappelle comme étant inviolable au regard des principes fondamentaux du droit. L’ONG insiste sur le fait que le jeune étudiant n’était nullement impliqué dans les actes de violence ayant précédé l’intervention des forces de l’ordre, ce qui rend, selon elle, les faits d’autant plus graves et inacceptables.

L’organisation de défense des droits humains dénonce un usage « disproportionné et excessif de la force » contre la communauté estudiantine, estimant que l’intervention policière a franchi des lignes rouges en matière de respect des libertés individuelles et de protection des civils. Pour l’ADHA, l’irruption des forces de sécurité dans les chambres universitaires constitue une violation manifeste de l’inviolabilité des espaces privés et participe à une logique de répression incompatible avec le cadre universitaire.

Face à la gravité des accusations, l’ADHA sollicite l’intervention de la Gendarmerie nationale afin de conduire des investigations qu’elle souhaite impartiales et indépendantes. L’objectif affiché est d’établir avec précision les circonstances exactes du décès d’Abdoulaye Ba et de situer clairement les responsabilités, non seulement au niveau des agents intervenants, mais également à tous les échelons de la chaîne de commandement ayant autorisé ou encadré l’opération.

Au-delà de l’enquête judiciaire, l’ONG exige que des sanctions administratives et pénales soient appliquées « de manière ferme » contre les auteurs directs des violences, mais aussi contre les éventuels commanditaires. Elle estime que l’impunité dans ce type d’affaires fragilise davantage la confiance entre les citoyens et les institutions chargées de leur sécurité.

L’ADHA va plus loin en appelant à des démissions au sein des autorités responsables de cette opération qu’elle juge défaillante. Rappelant que la protection des étudiants relève de la responsabilité première de l’État, l’organisation met en garde contre la militarisation progressive des campus universitaires et la criminalisation des revendications sociales. Des pratiques qu’elle considère comme contraires aux principes fondamentaux d’un État de droit et dangereuses pour la stabilité sociale et académique du pays.

Enfin, l’ONG affirme rester mobilisée pour que toute la lumière soit faite sur ce drame et pour que justice soit rendue à la famille d’Abdoulaye Ba, à la communauté universitaire et, plus largement, à l’ensemble des citoyens attachés au respect des droits humains au Sénégal.

UCAD : un campus endeuillé, entre stupeur, colère et vague d’arrestations après les violences de lundi

Le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) s’est réveillé ce mardi dans une atmosphère lourde de douleur et d’incompréhension. Au lendemain d’une journée marquée par de violents affrontements entre forces de l’ordre et étudiants, la communauté universitaire est plongée dans le deuil après la mort d’un étudiant, tandis que le bilan judiciaire des événements ne cesse de s’alourdir.

La journée du lundi 9 février 2026 restera gravée comme l’une des plus sombres de l’histoire récente de l’enseignement supérieur sénégalais. Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de chirurgie dentaire, originaire de la région de Matam, a perdu la vie dans un contexte de fortes tensions sur le campus. Les circonstances exactes de son décès ne sont pas encore clairement établies et font l’objet d’investigations, mais sa disparition a provoqué une vive émotion au sein de la communauté universitaire et bien au-delà.

Dès l’annonce de sa mort, un climat de stupeur et de consternation s’est installé à l’UCAD. De nombreux étudiants, choqués et craignant une aggravation de la situation sécuritaire, ont préféré quitter précipitamment le campus, pliant bagages pour rejoindre leurs familles ou des lieux jugés plus sûrs. Les cités universitaires, habituellement animées, ont ainsi connu une relative accalmie, contrastant avec la violence des heures précédentes.

Les affrontements, qui ont duré une grande partie de la journée et se sont prolongés tard dans la soirée de lundi, ont donné lieu à une vaste opération de maintien de l’ordre. Selon des sources sécuritaires concordantes, plus de 105 étudiants ont été interpellés et conduits dans différents commissariats de Dakar. Ils sont poursuivis pour des chefs d’accusation tels que « participation à une manifestation non autorisée », « trouble à l’ordre public » et « destruction de biens publics ».

Toutefois, ces arrestations suscitent une vive polémique. Plusieurs témoignages font état de conditions d’interpellation brutales. La plupart des étudiants arrêtés présenteraient des blessures visibles, des marques de coups et des traces de sévices, alimentant les accusations de violences policières. Des images et récits circulant dans les réseaux estudiantins renforcent le sentiment d’injustice et de répression aveugle.

Face à cette situation, le collectif des délégués d’étudiants est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie d’arrestations « arbitraires ». Les responsables syndicaux exigent la libération immédiate de leurs camarades et appellent les autorités à faire preuve de retenue et de responsabilité dans un contexte aussi sensible. « Nous sommes en deuil, et au lieu de nous laisser pleurer Abdoulaye, on nous traque jusque dans nos chambres », a confié, sous couvert de l’anonymat, un représentant syndical, résumant le sentiment général de colère et de détresse qui anime une grande partie des étudiants.

Alors que l’UCAD tente de panser ses plaies, cette tragédie relance le débat sur la gestion des crises universitaires, le dialogue entre autorités et étudiants, ainsi que sur l’usage de la force dans les espaces académiques. En attendant les résultats des enquêtes annoncées, le campus reste suspendu entre le deuil, la peur et l’exigence de vérité et de justice pour Abdoulaye Ba.

Eau et assainissement : l’Afrique appelée à changer de rythme pour atteindre l’accès universel

La nécessité de redéfinir une nouvelle trajectoire d’accélération de l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement a dominé les interventions lors de la cérémonie d’ouverture du 23e Congrès international et Exposition de l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA). Ce grand rendez-vous continental a réuni décideurs politiques, experts techniques et partenaires du secteur autour d’une ambition commune : rompre avec les discours de principe pour engager des actions concrètes, mesurables et durables au bénéfice des populations africaines.

Placée sous le thème « Eau et Assainissement pour Tous : des actions fortes pour l’Afrique », cette édition se veut résolument tournée vers l’opérationnalisation des engagements. Le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, a donné le ton en insistant sur l’urgence d’agir. Selon lui, au-delà de la fierté de porter une dynamique de rupture, l’Afrique a désormais le devoir de transformer les intentions en solutions concrètes. « L’action est la raison d’être de ce 23e Congrès », a-t-il affirmé, soulignant que le continent ne peut plus se permettre de retards face aux enjeux vitaux liés à l’eau et à l’assainissement.

Le ministre a alerté sur la situation préoccupante du continent à l’horizon 2030 si le rythme actuel n’est pas significativement accéléré. Il a rappelé que le chemin vers l’accès universel reste semé de nombreux obstacles, allant des contraintes financières aux défis institutionnels et techniques, qui ralentissent les progrès et compromettent les résultats. Cette situation, a-t-il souligné, nourrit le désarroi des communautés privées des bénéfices sanitaires, sociaux et économiques liés à la disponibilité des services d’eau potable et d’assainissement.

Les données présentées lors du congrès illustrent l’ampleur du défi. En Afrique, plus de 400 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable, tandis que près de 800 millions sont privées de services d’assainissement adéquats. Des chiffres alarmants qui traduisent une vulnérabilité structurelle aux conséquences multiples. Pour le ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, l’enjeu dépasse largement le cadre technique. Il a insisté sur le fait que l’accès à l’eau est devenu un enjeu sanitaire, social et économique majeur, conditionnant la stabilité et la cohésion des sociétés africaines.

Au-delà des problématiques d’accès, le congrès marque également un tournant stratégique pour l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement elle-même. Confrontée au retrait progressif de certains partenaires au développement, l’AAEA s’engage dans une dynamique de réinvention afin de poursuivre efficacement ses missions. Son président, Blaise Moussa, a salué la résilience du continent face à ces défis et appelé les dirigeants africains à un engagement plus fort. Il a exprimé le souhait de voir l’AAEA devenir le bras technique de l’Union africaine et intégrer ses organisations observatrices, afin de renforcer l’ancrage institutionnel et l’impact des politiques publiques dans le secteur.

La dimension politique et sociale de l’eau a également été au cœur des échanges. Le secrétaire exécutif de l’AAEA, Olivier Goussou, a rappelé que l’eau constitue un facteur essentiel de prévention des tensions et un levier central de résilience face aux effets des changements climatiques. Selon lui, là où la ressource est mal gérée, les tensions émergent inévitablement. Il a martelé que l’accès à l’eau ne saurait être considéré comme un luxe, mais bien comme un droit fondamental, dont la garantie conditionne le développement durable et la paix sociale sur le continent.

Décès d’Abdoulaye Bâ : les étudiants de l’UIDT décrètent une cessation d’activités et dénoncent l’intervention des FDS à l’UCAD

La Conférence des amicales d’étudiants de l’Université Iba Der Thiam de Thiès (UIDT) a vivement réagi à la situation jugée dramatique qui prévaut à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans un communiqué rendu public, l’organisation estudiantine a condamné avec la plus grande fermeté ce qu’elle qualifie d’ingérence des Forces de défense et de sécurité (FDS) dans le campus social de l’UCAD, une intervention qui aurait conduit à la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ.

La CAE de l’UIDT a d’abord exprimé sa profonde compassion et présenté ses sincères condoléances à la famille éplorée d’Abdoulaye Bâ, étudiant en licence 2 à la Faculté de médecine de l’UCAD. Elle a également adressé ses pensées à l’ensemble de la communauté universitaire, durement éprouvée par ce décès qui ravive le débat sur la gestion sécuritaire des espaces universitaires.

Face à la gravité des faits, la Conférence des amicales d’étudiants de l’UIDT estime que les campus universitaires doivent demeurer des lieux de savoir, de dialogue et de débat, et non des zones de confrontation. Elle considère que la présence et l’intervention des forces de sécurité à l’intérieur des campus constituent une menace pour la sécurité physique et psychologique des étudiants, et portent atteinte aux libertés académiques.

En signe de solidarité avec les étudiants de l’UCAD et pour marquer son indignation, la CAE de l’UIDT a décidé de décréter une cessation de toute activité pédagogique ce mardi 10 février 2026. Cette mesure vise, selon elle, à interpeller les autorités sur l’urgence de revoir leur approche dans la gestion des crises universitaires et à exiger que justice soit faite dans cette affaire.

Dans la foulée, l’organisation estudiantine a appelé le gouvernement à assumer pleinement ses responsabilités. Elle exige le retrait immédiat et sans condition des Forces de défense et de sécurité de l’ensemble des campus universitaires du pays. Pour la CAE de l’UIDT, seule une réponse politique responsable, fondée sur le dialogue avec les étudiants et les acteurs universitaires, permettra d’éviter que de tels drames ne se reproduisent.

La Conférence des amicales d’étudiants de l’UIDT conclut en réaffirmant son engagement à défendre les droits et la dignité des étudiants, tout en appelant à une mobilisation pacifique et responsable de la communauté universitaire pour la préservation de la vie humaine et du caractère sacré des espaces académiques.

Décès de l’étudiant Abdoulaye Ba : Bougane Guèye dénonce une gestion défaillante des préoccupations estudiantines

Le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba a profondément bouleversé la communauté universitaire sénégalaise ainsi que la classe politique. Ce drame, survenu dans un contexte de fortes tensions au sein des universités, continue de susciter une vague d’émotion, de tristesse et d’indignation à travers le pays. Parmi les réactions les plus marquantes figure celle de Bougane Guèye, leader du mouvement Gueum Sa Bopp « Les Jambaars », qui a tenu à rendre un hommage appuyé au défunt tout en lançant un signal d’alarme sur la situation préoccupante du milieu universitaire.

Dans une déclaration empreinte d’émotion, Bougane Guèye a exprimé sa profonde tristesse face à la disparition d’Abdoulaye Ba, qu’il qualifie de perte immense non seulement pour sa famille et ses camarades, mais également pour la Nation tout entière. « La République perd l’un de ses enfants et l’Université l’une de ses lumières », a-t-il déclaré, soulignant ainsi la valeur humaine et intellectuelle de l’étudiant disparu. Il s’est incliné avec respect devant la douleur de la famille éplorée, tout en adressant sa solidarité aux étudiants et à l’ensemble de la communauté universitaire endeuillée.

Au-delà de l’hommage, le leader de Gueum Sa Bopp a tenu à replacer ce décès dans un contexte plus large, marqué selon lui par une accumulation de dysfonctionnements et de négligences dans la gestion des préoccupations estudiantines. Pour Bougane Guèye, ce drame tragique n’est pas un fait isolé, mais le symptôme d’un malaise profond qui gangrène le système universitaire depuis plusieurs mois. Il rappelle avoir, à maintes reprises, alerté les autorités sur la fragilité du climat universitaire et sur les risques liés à une mauvaise prise en charge des revendications légitimes des étudiants.

Selon lui, la situation actuelle résulte d’une gestion qu’il qualifie de périlleuse de dossiers sensibles touchant directement la jeunesse, en particulier les étudiants, souvent confrontés à des conditions de vie et d’étude difficiles. « Ce drame tragique vient malheureusement confirmer la pertinence des alertes que nous avions lancées. Nous avions attiré l’attention sur la fragilité de la situation et sur la gestion périlleuse de dossiers sensibles touchant notre jeunesse, en particulier les étudiants. Hélas, la réalité nous rattrape aujourd’hui de la manière la plus douloureuse », a-t-il regretté.

Bougane Guèye appelle ainsi à une prise de conscience urgente des autorités, estimant que la mort d’Abdoulaye Ba doit constituer un électrochoc. Il plaide pour un dialogue sincère et responsable avec les étudiants, ainsi que pour des réponses concrètes et durables à leurs préoccupations, afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent. Pour lui, l’avenir du pays passe nécessairement par la protection, l’écoute et la valorisation de sa jeunesse, dont les universités devraient être des espaces de savoir, de sécurité et d’épanouissement, et non des lieux de souffrance et de désespoir.

Affaire Pape Cheikh Diallo : l’avocat dément toute confession et le parquet alourdit les charges

L’affaire judiciaire impliquant l’animateur de télévision Pape Cheikh Diallo continue de susciter une vive attention de l’opinion publique. Joint par téléphone par le journaliste Ahmed Aidara, l’avocat de l’animateur a tenu à apporter des clarifications face aux nombreuses rumeurs circulant autour du dossier, notamment celles faisant état de prétendus aveux de son client.

Le conseil de Pape Cheikh Diallo a été catégorique. Selon lui, aucune confession n’a été faite par l’animateur. Il affirme que son client reste serein, bien que profondément affecté par l’ampleur médiatique et humaine de cette affaire. « Mon client est serein, même s’il est profondément affecté par ce qui est en train de se passer. Il est accusé à tort. Nous sommes en concertation et, lorsque nous serons prêts, nous dirons toute la vérité à l’opinion publique », a déclaré l’avocat, rejetant ainsi fermement les rumeurs persistantes d’aveux.

Toutefois, le conseil a également insisté sur le fait que le dossier se trouve encore au stade de l’enquête. À ce titre, il a indiqué être tenu par le secret de l’instruction et ne pas être en mesure de livrer davantage de détails sur la stratégie de défense ou sur les éléments du fond. « Il s’agit d’une enquête en cours », a-t-il rappelé, appelant à la prudence dans les commentaires et interprétations publiques.

Sur le plan judiciaire, l’affaire a connu une évolution rapide et significative au niveau du parquet. Le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, s’est saisi du dossier sans tarder. Selon des sources judiciaires concordantes, le chef du parquet a décidé de durcir considérablement la procédure en retenant de nouvelles infractions dans son réquisitoire introductif.

En plus des chefs d’accusation initialement visés par l’enquête, le procureur a ajouté celui de blanchiment de capitaux, une infraction lourde qui expose les mis en cause à des sanctions pénales particulièrement sévères. Cette requalification partielle du dossier marque un tournant important dans la procédure et témoigne de la volonté du parquet d’aller au fond des faits reprochés aux personnes impliquées.

À l’issue de cette phase, le procureur a requis le placement sous mandat de dépôt de l’ensemble des mis en cause. Sont concernés par cette mesure Pape Salif Rall Thiam, Ibrahima Camara, Adama Diallo, Mansour Bassirou Baldé, Mamadou Gning, Sana Ba, Bachir Ka, Bekaye Faye, Djiby Dramé, Bekaye Ndiaye, Doudou Lamine Dieng, ainsi que Cheikh Ahmadou Tidiane Diallo, plus connu du grand public sous le nom de Pape Cheikh Diallo.

Alors que l’instruction se poursuit, cette affaire hautement médiatisée continue de diviser et d’alimenter les débats. En attendant les conclusions de la justice, la défense, de son côté, se dit déterminée à démontrer l’innocence de l’animateur et promet de faire éclater sa version des faits « au moment opportun ».

UCAD : fermeture exceptionnelle du campus social après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba

La direction du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) a annoncé la fermeture exceptionnelle du campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) ce mardi 10 février 2026 à partir de 12 heures, et ce jusqu’à nouvel ordre. Cette décision intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par les événements survenus le lundi 9 février 2026, qui ont conduit au décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, inscrit en deuxième année de Médecine.

Dans un communiqué officiel, le COUD précise que cette mesure a été prise pour des raisons de sécurité, alors que le climat sur le campus reste empreint d’émotion, de choc et de tensions. La direction estime nécessaire de suspendre temporairement l’accès au campus social afin de prévenir tout risque supplémentaire et de permettre un retour progressif au calme.

La direction du COUD a également demandé aux étudiants de ne laisser aucun bagage dans les chambres des résidences universitaires, une consigne qui s’inscrit dans le cadre de la fermeture totale du campus social. Les modalités pratiques liées à cette évacuation temporaire seront précisées au fur et à mesure de l’évolution de la situation.

Consciente de l’impact psychologique de ce drame sur la communauté universitaire, la direction a annoncé la mise en place d’un dispositif d’accompagnement et d’écoute psychologique à l’endroit des étudiants. Ce mécanisme vise à offrir un soutien moral et psychologique à ceux qui en ressentent le besoin, dans un contexte de deuil et de traumatisme collectif. Les détails pratiques concernant ce dispositif seront communiqués ultérieurement.

Dans son message, le COUD a par ailleurs présenté ses sincères condoléances à la famille de l’étudiant décédé, ainsi qu’à l’ensemble des étudiants et à la communauté universitaire de l’UCAD. La direction a tenu à rappeler son attachement aux valeurs de dialogue et de concertation, tout en lançant un appel à la collaboration, à la sérénité et au retour au calme.

Alors que les autorités universitaires et administratives poursuivent leurs évaluations, la fermeture du campus social apparaît comme une mesure préventive destinée à préserver la sécurité des étudiants et à créer les conditions nécessaires à l’apaisement, dans l’attente de nouvelles décisions.

TENSIONS À L’UCAD

Le khalife de Bambilor interpelle les plus hautes autorités

Dans une lettre rendue publique, le khalife de Bambilor a pris la parole pour évoquer la situation des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) en grève. S’adressant à la fois aux autorités compétentes et aux étudiants eux-mêmes, ce message se veut un appel à la responsabilité collective, au dialogue et à la recherche urgente de solutions durables face à une crise qui dépasse le cadre universitaire et interpelle l’ensemble de la société.

« La situation que traverse l’Université Cheikh Anta Diop continue de susciter des inquiétudes
légitimes. Elle appelle, de la part de tous, sens de responsabilité, écoute et humanité.
Après plusieurs tentatives de médiation, notamment l’organisation d’une rencontre entre les
étudiants, les autorités religieuses et les acteurs concernés, une période d’accalmie avait été observée », a écrit Thierno Amadou Ba, qui reste convaincu que « le dialogue reste possible et nécessaire ». Toutefois, estime-t-il, « des éléments nouveaux, comme la
fermeture des restaurants universitaires et certains événements récents, ont ravivé les tensions ».

Par cette lettre ouverte, le khalife général de Bambilor invite l’État à prendre toutes les dispositions nécessaires, en
tenant compte de la réalité du terrain.
« Les textes et les principes sont importants, mais il arrive que leur
application gagne à être humanisée, afin de préserver la paix sociale et la dignité humaine », a-t-il suggéré.
Thierno Amadou Ba ne manque pas de saluer, « avec une profonde émotion », « la dignité, le sens élevé de responsabilité et le respect
dont les étudiants ont fait preuve jusqu’ici, notamment à travers leurs représentants et les amicales ».

« Malgré les attentes, les difficultés et l’ouverture au dialogue qu’ils ont consentie, ils ont su préserver
leur dignité, leur lucidité et leur engagement responsable. Leur attitude respectueuse envers les autorités
religieuses et morales ne saurait en aucun cas être interprétée comme un renoncement ou une
compromission, mais bien comme une preuve de maturité et de conscience citoyenne », a-t-il estimé.
« Je veux aussi leur
dire clairement que, quelles que soient les circonstances, ils ne sont pas seuls », a-t-il fait savoir.

Poursuivant, il a indiqué que l’accompagnement des
autorités morales, religieuses et sociales leur est acquis.
« Les portes du dialogue restent ouvertes. Il n’est dans l’intérêt de personne de laisser s’installer la
méfiance ou la confrontation. Les étudiants ont joué un rôle important dans l’histoire récente de notre
pays ; il est essentiel aujourd’hui de préserver la confiance et l’esprit de concertation », a-t-il argumenté.

Dans cet esprit, il en appelle également au Président de la République ainsi qu’au Premier ministre.
« La situation actuelle exige des sacrifices et un engagement personnel au plus haut niveau de l’État. Le
règlement durable de cette crise passe par une écoute directe et sincère des étudiants.
J’invite ainsi les plus hautes autorités à ouvrir leurs portes aux étudiants, à travers une rencontre
franche et inclusive, sans intermédiaires, afin d’échanger et de trouver ensemble des solutions », a-t-il indiqué, estimant qu’un tel
geste de dialogue et de responsabilité contribuerait grandement à apaiser les tensions et à restaurer la
confiance.
« Je réitère mon soutien et mon engagement à accompagner toutes les parties dans la recherche de
solutions apaisées, justes et durables.
Que le bon Dieu nous garde nous protège et nous assiste », a-t-il conclu.

Aly Saleh

Université Cheikh Anta Diop : un étudiant en médecine décède dans un contexte de violents affrontements sur le campus

Un drame s’est produit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), où un étudiant en deuxième année à la faculté de médecine a perdu la vie à la suite des violents affrontements survenus récemment sur le campus universitaire. Selon les informations recueillies, le corps sans vie de la victime a été acheminé et se trouve actuellement à l’hôpital Principal de Dakar, plongeant la communauté universitaire dans une profonde consternation.

Le décès de cet étudiant intervient dans un contexte de fortes tensions marquées par des manifestations estudiantines, des interventions répétées des forces de défense et de sécurité, ainsi que des heurts ayant dégénéré en scènes de violence. Depuis plusieurs jours, l’UCAD est le théâtre d’échanges de projectiles, d’usage de gaz lacrymogènes et d’incidents graves ayant affecté la vie académique et la sécurité des étudiants.

Pour l’heure, les circonstances exactes de la mort de l’étudiant n’ont pas encore été officiellement établies. Les autorités n’ont pas communiqué sur les causes précises du décès, ni sur le moment exact où le drame s’est produit. Cette absence d’informations alimente l’émotion et les interrogations au sein du campus, où étudiants, enseignants et personnels administratifs réclament des éclaircissements rapides et transparents.

Une enquête devrait être ouverte afin de faire toute la lumière sur ce décès tragique, déterminer les causes réelles de la mort et situer les responsabilités dans ces violences qui ont pris une tournure dramatique. Plusieurs voix s’élèvent déjà pour demander une investigation indépendante et rigoureuse, afin que les faits soient établis et que justice soit rendue si des manquements ou des abus sont avérés.

Ce décès ravive le débat sur la gestion sécuritaire des crises universitaires et sur la nécessité de privilégier le dialogue plutôt que la confrontation. De nombreux acteurs du monde universitaire estiment que l’université doit rester un espace de savoir, de débat et de formation, et non un théâtre de violences mettant en danger la vie des étudiants.

Alors que l’émotion reste vive à l’UCAD, la communauté universitaire est en deuil et appelle à l’apaisement. Les autorités sont désormais attendues sur des mesures urgentes pour garantir la sécurité des étudiants, rétablir un climat serein sur le campus et éviter que de tels drames ne se reproduisent. Nous y reviendrons au fur et à mesure de l’évolution de cette affaire.

Kaolack : Abdallah Ndao et Samm Jikkoo exigent une cohérence entre discours politique et valeurs sociales

L’affaire de mœurs présumées qui secoue actuellement la ville de Kaolack dépasse largement le cadre judiciaire. Elle remet au centre de l’actualité un débat sensible et profondément clivant au Sénégal : celui de l’homosexualité, perçue par une large majorité de la population comme incompatible avec les valeurs religieuses, culturelles et sociales du pays.

Dans une déclaration rendue publique ce lundi 9 février 2026, Abdallah Ndao, frère de feu l’imam Alioune Badara Ndao, a ravivé cette controverse nationale. Au-delà de l’évocation de la mémoire d’une figure religieuse marquante, sa prise de parole s’est surtout apparentée à une interpellation directe du pouvoir politique, accusé de silence et d’inaction face à un phénomène jugé préoccupant par une frange importante de l’opinion publique.

Selon lui, « cette affaire agit comme un révélateur d’un malaise plus profond. Elle alimente le sentiment d’un décalage croissant entre les valeurs sociales dominantes, fortement influencées par l’islam, et ce qui est perçu comme une tolérance institutionnelle progressive à l’égard de pratiques considérées comme contraires à l’identité morale du pays », a souligné Abdallah Ndao.

Bien que le Sénégal soit constitutionnellement un État laïc, il demeure socialement enraciné dans de fortes références religieuses. C’est dans cet équilibre délicat que s’inscrit aujourd’hui la controverse. L’interpellation vise directement le régime issu de la récente alternance politique, laquelle s’était construite sur des promesses de rupture, de restauration de l’autorité de l’État et de respect des valeurs sociétales, a-t-il ajouté.

« Parmi ces engagements, certains électeurs estiment que la criminalisation explicite de l’homosexualité faisait partie des attentes implicites, perçue comme un moyen de protéger la jeunesse et de préserver le tissu moral national. Or, l’absence de mesures concrètes à ce jour nourrit frustrations, incompréhensions et soupçons de reniement », a rappelé Abdallah Ndao.

Le guide religieux appelle désormais à une clarification officielle de la position de l’État, à une cohérence entre discours électoral et action gouvernementale, ainsi qu’à l’ouverture d’un débat assumé au niveau législatif.

De son côté, Abdoulaye Ndao affirme que le mouvement Samm Jikkoo poursuivra son combat contre ce qu’il qualifie de dérive sociétale, tout en exhortant les autorités à respecter leurs engagements envers une population majoritairement attachée aux valeurs religieuses et morales.

TENSIONS À L’UCAD

Le khalife de Bambilor interpelle les plus hautes autorités

Dans une lettre rendue publique, le khalife de Bambilor a pris la parole pour évoquer la situation des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) en grève. S’adressant à la fois aux autorités compétentes et aux étudiants eux-mêmes, ce message se veut un appel à la responsabilité collective, au dialogue et à la recherche urgente de solutions durables face à une crise qui dépasse le cadre universitaire et interpelle l’ensemble de la société.

« La situation que traverse l’Université Cheikh Anta Diop continue de susciter des inquiétudes
légitimes. Elle appelle, de la part de tous, sens de responsabilité, écoute et humanité.
Après plusieurs tentatives de médiation, notamment l’organisation d’une rencontre entre les
étudiants, les autorités religieuses et les acteurs concernés, une période d’accalmie avait été observée », a écrit Thierno Amadou Ba, qui reste convaincu que « le dialogue reste possible et nécessaire ». Toutefois, estime-t-il, « des éléments nouveaux, comme la
fermeture des restaurants universitaires et certains événements récents, ont ravivé les tensions ».

Par cette lettre ouverte, le khalife général de Bambilor invite l’État à prendre toutes les dispositions nécessaires, en
tenant compte de la réalité du terrain.
« Les textes et les principes sont importants, mais il arrive que leur
application gagne à être humanisée, afin de préserver la paix sociale et la dignité humaine », a-t-il suggéré.
Thierno Amadou Ba ne manque pas de saluer, « avec une profonde émotion », « la dignité, le sens élevé de responsabilité et le respect
dont les étudiants ont fait preuve jusqu’ici, notamment à travers leurs représentants et les amicales ».

« Malgré les attentes, les difficultés et l’ouverture au dialogue qu’ils ont consentie, ils ont su préserver
leur dignité, leur lucidité et leur engagement responsable. Leur attitude respectueuse envers les autorités
religieuses et morales ne saurait en aucun cas être interprétée comme un renoncement ou une
compromission, mais bien comme une preuve de maturité et de conscience citoyenne », a-t-il estimé.
« Je veux aussi leur
dire clairement que, quelles que soient les circonstances, ils ne sont pas seuls », a-t-il fait savoir.

Poursuivant, il a indiqué que l’accompagnement des
autorités morales, religieuses et sociales leur est acquis.
« Les portes du dialogue restent ouvertes. Il n’est dans l’intérêt de personne de laisser s’installer la
méfiance ou la confrontation. Les étudiants ont joué un rôle important dans l’histoire récente de notre
pays ; il est essentiel aujourd’hui de préserver la confiance et l’esprit de concertation », a-t-il argumenté.

Dans cet esprit, il en appelle également au Président de la République ainsi qu’au Premier ministre.
« La situation actuelle exige des sacrifices et un engagement personnel au plus haut niveau de l’État. Le
règlement durable de cette crise passe par une écoute directe et sincère des étudiants.
J’invite ainsi les plus hautes autorités à ouvrir leurs portes aux étudiants, à travers une rencontre
franche et inclusive, sans intermédiaires, afin d’échanger et de trouver ensemble des solutions », a-t-il indiqué, estimant qu’un tel
geste de dialogue et de responsabilité contribuerait grandement à apaiser les tensions et à restaurer la
confiance.
« Je réitère mon soutien et mon engagement à accompagner toutes les parties dans la recherche de
solutions apaisées, justes et durables.
Que le bon Dieu nous garde nous protège et nous assiste », a-t-il conclu.

Aly Saleh

Nouvelle intervention des forces de sécurité à l’UCAD malgré la réouverture des restaurants universitaires

La tension demeure vive à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) en ce lundi, marqué par une nouvelle intervention des Forces de défense et de sécurité (FDS) à l’intérieur du campus social. Cette opération intervient pourtant au lendemain de l’annonce par le Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) de la réouverture des restaurants universitaires, une mesure censée calmer la colère estudiantine après plusieurs jours de contestation.

Dès les premières heures de la matinée, des éléments des FDS ont investi le campus, procédant à des tirs de gaz lacrymogènes en direction des étudiants présents. La situation a rapidement dégénéré, plongeant les cités universitaires dans une atmosphère suffocante. De nombreux étudiants ont été contraints de se réfugier dans leurs chambres ou de se barricader pour échapper aux effets des gaz, tandis que d’autres tentaient de fuir les zones les plus touchées.

Cette intervention musclée a suscité l’incompréhension et l’indignation au sein de la communauté universitaire, d’autant plus qu’elle survient après l’annonce officielle de la reprise du service de restauration, l’une des principales revendications des étudiants. Sur le terrain, la réouverture annoncée n’a pas suffi à dissiper la méfiance ni à apaiser les tensions, dans un contexte de dialogue jugé insuffisant par plusieurs organisations estudiantines.

Les conséquences de l’opération policière ont largement dépassé l’enceinte de l’université. Aux abords de la cité Aline Sitoé Diatta, anciennement connue sous le nom de cité Claudel, les gaz lacrymogènes se sont propagés dans les quartiers environnants. Des riverains, dont des enfants, ont été incommodés par les émanations, provoquant des scènes de panique et nécessitant des évacuations d’urgence dans certaines habitations.

Levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom : l’Assemblée nationale met en place une commission ad hoc

L’Assemblée nationale a franchi une nouvelle étape dans la procédure visant le député de l’opposition Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom. Réunis en séance ce lundi 09 février 2026, les députés ont procédé à la ratification de la liste des dix membres devant composer la commission ad hoc chargée d’examiner la demande de levée de son immunité parlementaire, dans le cadre de nouvelles poursuites judiciaires engagées contre lui.

Cette validation ouvre officiellement la phase de travail de la commission. Conformément aux règles de fonctionnement de l’Assemblée nationale, les membres désignés devront d’abord se réunir afin de mettre en place le bureau de la commission, étape préalable indispensable au démarrage effectif des travaux. Une fois constituée, la commission disposera d’un délai d’une semaine, jusqu’au 16 février prochain, pour étudier en profondeur le dossier transmis par les autorités judiciaires.

Au terme de cet examen, la commission ad hoc sera appelée à présenter ses conclusions devant la plénière de l’Assemblée nationale. C’est sur la base de ce rapport que les députés se prononceront, en toute souveraineté, sur l’opportunité ou non de lever l’immunité parlementaire de Farba Ngom, une décision aux implications politiques et judiciaires majeures.

Selon les informations relayées dans le journal de 12 heures de la radio RFM, la commission est composée de députés issus aussi bien de la majorité que de l’opposition, ainsi que d’un non-inscrit, traduisant une volonté d’équilibre dans le traitement de ce dossier sensible. Il s’agit de Babacar Varore, Amadou Dia, Fatou Ngom, Mohamed Sélim Ayib Daffé, Marie Angélique Mame Selbé Diouf, Youngar Dione, Alioune Ndao et Ansoumana Sarr, tous membres de Pastef, parti majoritaire à l’Assemblée nationale. À ces derniers s’ajoutent Djimo Souaré, représentant le groupe d’opposition Takku Wallu, ainsi que Moussa Hamady Sarr, député non-inscrit.

Cette procédure intervient dans un contexte politique marqué par de fortes tensions entre pouvoir et opposition, chaque camp scrutant de près l’évolution du dossier. Pour les uns, il s’agit de permettre à la justice de faire son travail sans entrave, tandis que pour les autres, la question de la protection des droits et garanties des élus reste centrale. Les prochains jours seront donc décisifs, tant pour l’avenir judiciaire de Farba Ngom que pour le climat politique au sein de l’hémicycle.

Keur Massar : une mère de famille interpellée pour avoir grièvement brûlé son époux avec de la bouillie chaude

Un fait divers d’une rare violence s’est produit dans le quartier de Boune, à Keur Massar, dans la banlieue dakaroise. Une mère de famille âgée de 30 ans a été interpellée par les éléments du commissariat de Yeumbeul-Comico, après avoir violemment agressé son époux en lui versant de la bouillie bouillante au visage et sur une partie du corps, à la suite d’une altercation domestique.

L’affaire a été révélée lorsque la victime, identifiée sous les initiales E.H.T. Diongue, s’est présentée au poste de police dans un état jugé préoccupant par les agents. L’homme souffrait de brûlures graves, notamment au visage et sur plusieurs zones du corps. Il était muni d’un certificat médical délivré par le centre de santé de Yeumbeul, attestant d’une Incapacité Temporaire de Travail (ITT) de vingt-et-un jours, après avoir reçu des soins d’urgence.

Selon les déclarations faites par le plaignant aux enquêteurs, l’agression s’est produite à leur domicile, alors que son épouse préparait le repas des enfants. Une dispute aurait éclaté entre les conjoints pour des raisons qui n’ont pas été précisées. C’est au cours de cette altercation que la dame se serait emparée du récipient contenant de la bouillie encore brûlante pour la lui renverser volontairement dessus, provoquant de sérieuses brûlures.

À la suite de cette plainte formelle et des éléments médicaux versés au dossier, les policiers de Yeumbeul-Comico ont procédé à l’interpellation de l’épouse, Adji Fatou Seck. Entendue sur procès-verbal, la mise en cause n’a pas contesté les faits qui lui sont reprochés. Elle a reconnu avoir agi sous l’effet de la colère, affirmant avoir perdu le contrôle après ce qu’elle a qualifié de « petite dispute » avec son mari.

Au terme de son audition, Adji Fatou Seck a été placée en garde à vue pour coups et blessures volontaires. Elle devrait être déférée dans les prochains jours devant le parquet compétent afin de répondre de ses actes. L’enquête se poursuit pour déterminer avec précision les circonstances de cette agression conjugale aux lourdes conséquences, rapporte le journal Libération.

Affaire Djiby Dramé – Pape Cheikh Diallo : révélations troublantes sur un réseau intime et des aveux de transmission volontaire du VIH

L’affaire révélée par le quotidien Libération prend une dimension de plus en plus inquiétante au fil des auditions menées par la gendarmerie. Ce qui n’était au départ qu’un dossier de mœurs présumées s’est progressivement transformé en une enquête complexe mettant en cause un réseau structuré de relations intimes entre hommes, assorti d’accusations extrêmement graves de transmission volontaire du VIH.

Au cœur de ces révélations figure Djiby Dramé, artiste-chanteur âgé de 44 ans. Face aux enquêteurs, il a reconnu sans détour entretenir une relation sentimentale assumée avec Mamadou Gningue, étudiant de 26 ans, qu’il présente comme son partenaire principal. Toutefois, cette relation ne se limitait pas à un cadre exclusif. Selon ses propres déclarations rapportées par Libération, un troisième homme, Doudou Lamine Dieng, agent de banque de 39 ans, faisait également partie de cette sphère intime, dans une configuration qualifiée de relation partagée.

Les investigations ont permis d’établir que Doudou Lamine Dieng entretenait lui-même une relation avec Cheikh Ahmadou Tidiane Diallo, plus connu du grand public sous le nom de Pape Cheikh Diallo, animateur de télévision. Lors de son audition, Doudou Lamine Dieng a reconnu l’existence de rôles clairement définis au sein de cette relation, se désignant comme « Yoss » (l’homme), tandis qu’il qualifiait Pape Cheikh Diallo de « Oubi » (la femme). Des termes qui, selon les enquêteurs, traduisent une organisation codifiée et assumée des rapports au sein de ces liaisons multiples.

Confronté aux éléments recueillis, Pape Cheikh Diallo n’a opposé aucun déni. Il se serait montré résigné face aux gendarmes, allant jusqu’à déclarer en wolof : « Seytané leu, meunoumassi dara. C’est plus fort que moi… », une confession rapportée par Libération qui laisse transparaître un abandon face aux faits qui lui sont reprochés.

Mais au-delà des relations individuelles, l’enquête révèle l’existence d’un réseau bien plus large. Les douze personnes arrêtées, issues de milieux socioprofessionnels variés – électricien, commerçants, tailleur, agent administratif à l’UCAD, étudiant, élève, brancardier à l’hôpital pour enfants de Diamniadio, artiste, agent de banque et animateur de télévision – ont toutes reconnu leur implication dans ces pratiques. La saisie d’un iPhone 11 a joué un rôle déterminant dans l’avancée du dossier, permettant aux enquêteurs de découvrir plusieurs groupes WhatsApp ainsi que des sites de rencontres utilisés pour organiser des rencontres sexuelles entre hommes. Un système décrit comme discret, structuré et actif depuis plusieurs années.

L’aspect le plus alarmant de ce dossier demeure toutefois la transmission volontaire du VIH. Premier interpellé, Pape Salif Rall Thiam, 21 ans, électricien et porteur du virus, a reconnu avoir sciemment contaminé une dizaine d’hommes. Selon les éléments de l’enquête relayés par Libération, il séduisait principalement des hommes bisexuels via les réseaux sociaux et des plateformes de rencontres avant d’avoir des rapports non protégés, en connaissance de son statut sérologique.

Au total, huit des douze mis en cause seraient porteurs du VIH. Les enquêteurs évoquent une propagation délibérée du virus, qualifiée de « mise en circulation », ayant entraîné la contamination d’un nombre jugé incalculable d’hommes et de femmes. Parmi les personnes concernées figurent trois hommes mariés et pères de famille, deux divorcés avec enfants, ainsi que plusieurs célibataires, ce qui soulève de graves inquiétudes en matière de santé publique.

Le dossier s’alourdit davantage avec le cas de Pape Cheikh Diallo, présenté comme récidiviste. En 2019, un jeune homme du nom de Cheikh Diop avait déjà déposé plainte contre lui, l’accusant de lui avoir transmis le VIH pour non-respect d’un « deal ». Ce précédent judiciaire, rappelé par Libération, renforce aujourd’hui la thèse d’une récidive et pourrait peser lourdement dans la qualification pénale des faits.

Selon L’Observateur, le Procureur de la République envisage désormais l’ouverture d’une information judiciaire afin d’approfondir les investigations, d’identifier l’ensemble des responsabilités pénales et de statuer sur les mesures à prendre. Une attention particulière devrait également être accordée à la prise en charge médicale des mis en cause, afin de prévenir tout risque de contamination en milieu carcéral.

Par ailleurs, le quotidien évoque un dossier connexe impliquant quatorze autres personnes arrêtées dans une affaire distincte de transmission volontaire du VIH/Sida, avec notamment la présence d’un ressortissant français, Pierre Roger. Un élément supplémentaire qui souligne l’ampleur, la sensibilité et la gravité de ces affaires, désormais au centre de l’actualité judiciaire et sanitaire.

Affaire Bocar Samba Dièye–CBAO : un bras de fer judiciaire qui interroge l’État et la protection des opérateurs économiques

Depuis 2008, l’opérateur économique sénégalais Bocar Samba Dièye est engagé dans un long et complexe conflit judiciaire avec la Compagnie bancaire de l’Afrique occidentale (CBAO). Au cœur de cette affaire figure la saisie de biens et de fonds que l’intéressé juge abusive et contraire au droit. Dix-sept années plus tard, malgré des décisions de justice favorables et un rapport d’expertise homologué, la restitution de ses avoirs demeure bloquée, nourrissant un sentiment d’injustice et de lassitude.

Selon les éléments du dossier, un rapport d’expertise reconnu par les deux parties et validé par la justice sénégalaise donne entièrement raison à Bocar Samba Dièye. Ce document conclut à l’irrégularité des saisies opérées par la banque et chiffre les montants à restituer à des niveaux considérables. Outre le remboursement des avoirs indûment saisis, l’expertise fait état de près de 2 milliards de francs CFA au titre des agios, ainsi que de plus de 388 milliards de francs CFA correspondant à des frais de pénalité. Des montants qui, s’ils étaient exécutés, constitueraient l’une des réparations financières les plus importantes dans un litige opposant un opérateur économique à une institution bancaire au Sénégal.

Malgré plusieurs victoires judiciaires enregistrées au fil des années, l’opérateur économique affirme ne toujours pas avoir accès à ses fonds. Cette situation paradoxale, où des décisions de justice restent sans effets concrets, soulève de sérieuses interrogations sur l’effectivité de l’autorité judiciaire face à de puissants acteurs financiers. Pour Bocar Samba Dièye et ses proches, le temps joue contre lui, transformant une bataille juridique en une épreuve humaine marquée par l’usure et l’attente.

Face à ce qu’il considère comme un blocage persistant, Bocar Samba Dièye en appelle désormais directement aux autorités étatiques. Il sollicite l’organisation d’une confrontation directe avec la CBAO, sous l’égide de l’État, afin de clarifier l’ensemble des points de litige et d’accélérer la restitution de ses biens. Son représentant, M. Famara Ibrahima Cissé, président de l’ACSIF, dénonce une stratégie de temporisation de la part de la banque. Selon lui, la CBAO multiplierait les manœuvres dilatoires, misant sur le facteur temps pour conserver indûment les avoirs de l’opérateur économique, au risque que ce dernier ne voie jamais l’aboutissement de sa lutte de son vivant.

Cette affaire dépasse le cadre d’un simple différend commercial. Elle met en lumière les défis structurels liés à la protection des droits des opérateurs économiques face aux institutions financières, souvent perçues comme mieux armées juridiquement et économiquement. Elle interpelle également l’État du Sénégal sur son rôle d’arbitre et de garant de l’équité, notamment lorsque des décisions de justice peinent à être exécutées.

Pour Bocar Samba Dièye, l’enjeu est double. Il s’agit, d’une part, de récupérer une fortune bâtie au prix de plusieurs décennies de travail et d’investissement, et, d’autre part, de défendre un principe fondamental : celui de la primauté du droit. À travers ce combat, il entend démontrer que la justice sénégalaise doit pouvoir s’imposer à tous, y compris face aux banques, et que nul ne peut se soustraire durablement à ses décisions. L’issue de ce dossier est désormais attendue comme un test majeur de la crédibilité de l’État de droit et de la confiance des acteurs économiques dans les institutions nationales.

UCAD : les restaurants universitaires rouvrent après 72 heures de fermeture

Les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) peuvent enfin souffler. Après soixante-douze heures de fermeture ayant fortement perturbé le quotidien universitaire, les restaurants du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) rouvrent officiellement leurs portes ce lundi 9 février 2026.

L’annonce a été faite par le Directeur du COUD, le Dr Ndéné Mbodji, qui a tenu à rassurer la communauté estudiantine sur l’engagement des autorités à préserver les missions sociales de l’État en faveur des étudiants. Selon lui, cette reprise s’inscrit dans une volonté claire de garantir l’accès à la restauration universitaire, un pilier essentiel du bien-être et de la réussite académique des apprenants.

« Cette reprise traduit la volonté de l’État de poursuivre ses missions sociales en faveur des étudiants, notamment en assurant l’accès à la restauration universitaire », a déclaré le Dr Mbodji. Il a cependant rappelé que la pérennité de ce service dépend aussi du comportement responsable des bénéficiaires.

Dans ce sens, la Direction du COUD insiste sur le respect strict du règlement intérieur, notamment l’obligation de paiement des tickets de restauration. Le Dr Mbodji a appelé les étudiants à faire preuve de discipline et de civisme afin d’éviter de nouvelles perturbations susceptibles de compromettre la continuité du service.

« Nous comptons sur la collaboration et la compréhension de tous les étudiants pour le strict respect du règlement en vigueur », a-t-il ajouté, soulignant que seule une gestion responsable et partagée permettra d’assurer un fonctionnement normal et durable des œuvres sociales universitaires.

Cette réouverture est accueillie avec soulagement par les étudiants, pour qui la restauration universitaire reste un soutien indispensable dans un contexte marqué par la cherté de la vie et les difficultés sociales persistantes sur le campus.

Kaolack – Hépatites virales hors du système intégré : And Xeek dénonce une injustice sanitaire

Au Sénégal, des milliers de personnes vivant avec l’hépatite B et C sont confrontées à une menace silencieuse mais potentiellement mortelle : la rupture prolongée des médicaments indispensables à leur survie. Une situation que l’association And Xeek Hépatite qualifie d’« urgence sanitaire ignorée », pointant du doigt l’inaction des pouvoirs publics.

Alors que les hépatites virales figurent parmi les principales causes de cirrhose et de cancer du foie, les patients concernés se retrouvent aujourd’hui sans traitement, sans alternatives et sans visibilité. Pour l’association And Xeek Hépatite, ce manque d’approvisionnement traduit une faible considération institutionnelle pour une maladie pourtant largement répandue dans le pays.

Prenant la parole ce dimanche face à la presse à Kaolack, Talla Mané, secrétaire général de l’association, a vivement dénoncé cette situation.

« Interrompre un traitement contre l’hépatite, c’est exposer le patient à des complications irréversibles, parfois mortelles. Pourtant, rien n’est fait pour sécuriser l’approvisionnement en médicaments », a-t-il regretté.

L’association s’indigne surtout du fait que les hépatites B et C ne soient toujours pas intégrées dans le système national des maladies intégrées, contrairement à d’autres pathologies chroniques bénéficiant d’un suivi et d’un financement plus structurés. Une exclusion qui, selon And Xeek Hépatite, entretient les inégalités d’accès aux soins et condamne les patients à une prise en charge fragmentée.

Face à ce qu’elle considère comme une défaillance du système de santé, le président de l’association, Médoune Koné, par ailleurs vice-président national du Réseau des Associations de Lutte Contre les Hépatites (RALCH), en étroite collaboration avec l’Alliance Nationale Contre le Sida (ANCS), appelle l’État du Sénégal, à travers le ministère de la Santé et de l’Action sociale, à reconnaître l’hépatite comme une priorité sanitaire nationale.

L’association plaide pour une intégration immédiate des hépatites virales dans les programmes de santé publique, afin de garantir la continuité des traitements, renforcer la prévention et réduire la mortalité liée à ces maladies, notamment chez les jeunes.

Abordant la situation épidémiologique à Kaolack, Médoune Koné a souligné que les derniers bilans sanitaires régionaux révèlent une prévalence très élevée de l’hépatite B parmi les personnes consultantes. Il a également rappelé que, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des milliers de personnes meurent chaque année des complications chroniques liées à l’hépatite B, notamment des cirrhoses et des cancers du foie.

Fermeture des restaurants à l’UIDT : les étudiants lancent une cagnotte pour nourrir leurs camarades

La fermeture des restaurants universitaires de l’Université Iba Der Thiam (UIDT) de Thiès continue de susciter une vive indignation au sein de la communauté estudiantine. En réaction à cette décision du CROUS/T, jugée brutale et injustifiée, la Conférence des Amicales d’étudiants a décidé de prendre les devants pour éviter que des centaines d’étudiants résidents ne se retrouvent livrés à eux-mêmes.

Dans un communiqué rendu public, l’organisation étudiante dénonce une mesure aux conséquences sociales lourdes. Selon elle, la fermeture des restaurants universitaires affecte directement les étudiants les plus vulnérables, dont beaucoup dépendent exclusivement de ces services pour assurer leur alimentation quotidienne. « Cette décision est totalement injuste et inacceptable », estime la Conférence des Amicales, qui souligne l’absence de solutions alternatives mises en place par les autorités compétentes.

Face à l’urgence de la situation, les étudiants ont choisi l’action solidaire plutôt que la résignation. Consciente des réalités difficiles vécues dans les campus sociaux, la Conférence des Amicales a annoncé le lancement d’une cagnotte destinée à financer des repas pour les étudiants résidant dans les différentes cités universitaires de l’UIDT. L’initiative se veut à la fois humanitaire et militante, traduisant la volonté des étudiants de ne laisser aucun camarade sombrer dans la précarité alimentaire.

À travers cet appel à la solidarité, les responsables estudiantins invitent toute personne de bonne volonté – anciens étudiants, parents, citoyens, organisations ou partenaires – à apporter sa contribution afin de garantir un minimum vital aux étudiants affectés par la fermeture des restaurants. Pour la Conférence des Amicales, il s’agit d’un geste de dignité et de responsabilité collective, dans un contexte où l’accès à une alimentation décente devient un combat quotidien sur les campus.

Au-delà de l’aide alimentaire, l’organisation étudiante affirme que cette initiative constitue également une réponse ferme à ce qu’elle qualifie de « tentatives de pression et d’intimidation ». Elle réaffirme sa détermination à défendre les droits fondamentaux des étudiants, en particulier le droit à des conditions de vie compatibles avec la poursuite des études.

Cette mobilisation intervient dans un climat national marqué par de fortes tensions dans les universités sénégalaises, où les questions liées aux bourses, à la restauration et aux conditions de vie alimentent régulièrement des mouvements de contestation. À l’UIDT de Thiès, la cagnotte lancée par la Conférence des Amicales apparaît ainsi comme un symbole de résilience et de solidarité étudiante face à une crise qui dépasse largement le cadre académique.

Crise universitaire : Alioune Tine appelle à un dialogue inclusif pour éviter l’impasse

La crise qui secoue les universités sénégalaises continue d’alimenter les débats publics. Pour Alioune Tine, président d’AFRICAJOM Center, les tensions actuelles dépassent largement la seule question des bourses ou des grèves estudiantines. Elles traduisent, selon lui, des limites structurelles profondes du système d’enseignement supérieur sénégalais, confronté à des mutations économiques, sociales et technologiques majeures.

Invité de l’émission En Vérité sur Radio Sénégal, l’acteur de la société civile a livré un diagnostic sans complaisance. À ses yeux, le modèle académique classique, fondé essentiellement sur la présence physique en salle de classe, est aujourd’hui à bout de souffle. Il estime impératif d’engager une transformation profonde du système universitaire, intégrant pleinement le numérique, l’intelligence artificielle et les technologies cognitives. « Ce n’est plus un choix, c’est une nécessité pour la survie de l’enseignement supérieur », a-t-il averti, soulignant que le monde avance à un rythme que les universités sénégalaises ne peuvent plus ignorer.

Alioune Tine a, dans ce sens, salué l’arrivée de Starlink au Sénégal et ce qu’il qualifie d’amorce d’un « new deal technologique ». Toutefois, il a mis en garde contre une transformation superficielle. Pour réussir cette mutation, l’État doit, selon lui, s’appuyer sur les compétences de la diaspora sénégalaise, notamment celles spécialisées dans les technologies avancées, afin de bâtir un enseignement supérieur adapté aux exigences du XXIᵉ siècle.

Sur la question sensible des bourses et des conditions de vie estudiantines, Alioune Tine a replacé le débat dans un contexte plus large. Il a pointé un environnement macroéconomique marqué par un endettement élevé et des politiques d’austérité qui affectent en priorité les couches les plus vulnérables de la population. Pour lui, la situation dans les campus est le reflet direct de la santé économique du pays. « Quand il y a un problème d’alimentation à l’université, cela signifie aussi que la société a faim », a-t-il déclaré, établissant un lien clair entre les difficultés des étudiants et les tensions sociales nationales.

Face à cette situation, le président d’AFRICAJOM Center estime que la réponse de l’État ne peut être ni purement administrative ni imposée de manière unilatérale. Il a plaidé avec insistance pour un dialogue inclusif et apaisé entre les autorités et le mouvement estudiantin, condition indispensable, selon lui, pour sortir durablement de la crise.

Alioune Tine appelle ainsi les pouvoirs publics à faire preuve de pédagogie, de transparence et de responsabilité. Pour l’acteur de la société civile, expliquer clairement la réalité de la crise économique, reconnaître les contraintes budgétaires et engager des discussions franches sur les sacrifices à consentir est la seule voie capable de restaurer la confiance et d’assurer une stabilité durable dans l’espace universitaire.

Affaire de Keur Massar : Djiby Dramé passe aux aveux et cite de nouveaux protagonistes

L’enquête menée par la Brigade de Recherches de la gendarmerie de Keur Massar connaît une avancée majeure avec les aveux de l’artiste Djiby Dramé. Interpellé après avoir été formellement cité par Mamadou Gningue, le chanteur de 44 ans a reconnu, lors de son interrogatoire, les faits qui lui sont reprochés par les enquêteurs.

Selon des informations rapportées par Seneweb, Djiby Dramé est passé aux aveux face aux gendarmes, mettant fin à toute tentative de dénégation. Pour expliquer son comportement, l’artiste aurait déclaré avoir lui-même été victime d’abus sexuels durant son enfance, une expérience traumatique qu’il évoque comme un élément déterminant de son parcours personnel. Ces déclarations, consignées dans le procès-verbal, n’ont toutefois pas atténué la gravité des faits qui lui sont imputés dans le cadre de cette affaire.

Au cours de son audition, Djiby Dramé a également fait des révélations susceptibles d’élargir le champ de l’enquête. Il a notamment soutenu l’existence d’une relation entre l’animateur Pape Cheikh Diallo et un certain Doudou Lamine Dieng, un nom déjà évoqué dans le dossier. Ces affirmations ont conduit les enquêteurs à approfondir leurs investigations afin de vérifier la véracité de ces allégations et d’en mesurer les implications judiciaires.

L’arrestation de l’artiste a par ailleurs été renforcée par l’exploitation de son téléphone portable. L’analyse des données contenues dans l’appareil a permis de mettre au jour plusieurs éléments jugés compromettants par les enquêteurs. Ces nouvelles preuves ont conduit à l’interpellation de Doudou Lamine Dieng, présenté comme le dénonciateur de Pape Cheikh Diallo dans cette affaire, et dont le rôle exact reste à établir.

Pour rappel, l’enquête avait initialement démarré à la suite des déclarations de Mamadou Gningue, qui avait désigné Djiby Dramé comme son amant, déclenchant ainsi une série de vérifications et d’auditions. Les autorités judiciaires poursuivent désormais leurs investigations afin de faire toute la lumière sur les relations entre les différents protagonistes cités et de déterminer les responsabilités de chacun dans ce dossier aux ramifications de plus en plus complexes.

Crise des bourses à l’UCAD : “Sans paiement des rappels, il n’y aura aucune négociation”

La tension reste vive à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Face au gouvernement sénégalais, les étudiants grévistes durcissent le ton et ferment la porte à toute concession tant que le paiement intégral des rappels de bourses n’est pas effectif. Un message sans équivoque porté par Khadim Diouf, président de la commission pédagogique de la Faculté des sciences, qui a averti que cette revendication constitue une ligne rouge non négociable.

Invité de l’émission Objection sur Sud FM ce dimanche 8 février, le leader estudiantin a dénoncé ce qu’il qualifie d’inaction des autorités face à une crise pourtant bien identifiée. Selon lui, malgré les multiples alertes et mouvements de protestation, l’État ne montre aucune volonté réelle de satisfaire les doléances des étudiants. « Le paiement des rappels de bourses est non négociable », a-t-il martelé, estimant que le gouvernement tente de gagner du temps sans apporter de réponses concrètes.

Pour Khadim Diouf, la solution est pourtant simple. Il appelle l’État à solder les arriérés et à permettre un retour à un climat apaisé au sein des universités. « Qu’ils payent les rappels et puis qu’on passe à autre chose. Ça ne coûte rien à l’État de payer ces rappels-là », a-t-il déclaré, rappelant que les étudiants représentent l’avenir du pays et constituent, selon ses termes, « la crème intellectuelle » de la nation.

Le responsable syndical a également prévenu que toute tentative de dialogue restera vaine tant que cette question centrale ne sera pas réglée. À ses yeux, il est impossible d’avancer dans les discussions avec les autorités dans un contexte où les engagements de base ne sont pas respectés. Il déplore en outre une stratégie de communication qu’il juge trompeuse, accusant le gouvernement de manipuler l’opinion publique autour de la question des bourses.

Au-delà du simple aspect financier, Khadim Diouf a tenu à rappeler le rôle vital de la bourse dans la vie quotidienne des étudiants sénégalais. Pour beaucoup d’entre eux, il s’agit de la seule source de revenus leur permettant de préserver un minimum de dignité. « C’est notre droit le plus absolu de recevoir nos rappels et nos bourses mensuelles », a-t-il insisté, soulignant que cet appui financier conditionne l’accès à la documentation, aux soins de santé et même à l’alimentation.

La crise actuelle s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre l’État et les étudiants. Le dernier trimestre de l’année 2025 avait déjà été marqué par de fortes mobilisations à travers plusieurs campus du pays pour exiger le paiement des rappels de bourses. Après une suspension du mot d’ordre de grève en décembre, les manifestations ont repris de plus belle depuis le début du mois de février 2026. En cause, selon les étudiants, la faiblesse et la « qualité très médiocre » des négociations engagées avec les autorités.

Alors que l’année universitaire est de nouveau menacée par des perturbations, le bras de fer se durcit. À l’UCAD, les étudiants préviennent : sans paiement effectif des rappels de bourses, aucune reprise durable des cours ni avancée dans les discussions ne sera possible. Une crise sociale et académique qui place une fois de plus la question du financement des études au cœur du débat national.

Hécatombe sur l’axe Linguère–Matam : un mini-car se renverse, 05 morts et plusieurs blessés graves

Un grave accident de la circulation a endeuillé l’axe Linguère–Matam ce dimanche 8 février 2026. Aux environs de 16 heures, un mini-car de transport en commun s’est violemment renversé sur le tronçon reliant Linguère à Barkedji, faisant au moins cinq morts et plusieurs blessés, dont trois dans un état critique.

Selon les premières informations recueillies sur place, le véhicule impliqué, un mini-car communément appelé « Cheikhou Chérifou », assurait la liaison en direction de Ourossogui. Pour des raisons qui restent encore à déterminer, le chauffeur aurait perdu le contrôle du véhicule, provoquant son renversement brutal sur la chaussée. La violence du choc a causé des dégâts importants et piégé plusieurs passagers à l’intérieur du véhicule.

Alertés, les sapeurs-pompiers se sont rapidement déployés sur les lieux de l’accident pour secourir les victimes. Les opérations d’évacuation ont été rendues difficiles par l’état du véhicule et la gravité de certaines blessures. Les corps sans vie ont été extraits tandis que les blessés, certains grièvement atteints, ont été pris en charge en urgence.

Les dépouilles ainsi que les personnes blessées ont été acheminées vers l’hôpital Maguette Lo de Linguère, où les équipes médicales sont mobilisées pour assurer leur prise en charge. L’identification des victimes décédées est en cours, dans un climat de grande émotion parmi les familles et les riverains.

Une enquête a été ouverte par les services compétents afin de déterminer les causes exactes de l’accident. L’état de la route, la vitesse, une éventuelle défaillance mécanique ou une erreur humaine figurent parmi les hypothèses envisagées.

Cet énième drame relance une fois de plus la question de la sécurité routière sur les axes intérieurs du pays, régulièrement endeuillés par des accidents mortels. Sur la route Linguère–Matam, très fréquentée et souvent pointée du doigt pour sa dangerosité, les populations appellent à des mesures urgentes pour éviter que de telles tragédies ne se répètent.

Affaire Pierre Robert : un réseau criminel transnational démantelé par la DIC, quatorze individus déférés à Dakar

La Division des Investigations Criminelles (DIC) a mis au jour un vaste réseau criminel organisé à caractère transnational, distinct du dossier récemment instruit par la Brigade de Recherches de Keur Massar. Cette affaire, d’une gravité exceptionnelle, a conduit au défèrement de quatorze (14) individus devant le parquet du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, le vendredi 6 février 2026.

Les mis en cause sont poursuivis pour des faits lourds de pédophilie en bande organisée, de proxénétisme, de viols commis sur des mineurs de moins de quinze ans, d’actes contre nature ainsi que de transmission volontaire du VIH/Sida. Tous les individus déférés sont de nationalité sénégalaise et seraient impliqués dans un système criminel structuré depuis 2017, opérant entre le Sénégal et la France.

Selon les résultats de l’enquête, ce réseau était spécialisé dans la formation sexuelle de jeunes garçons, recrutés puis transformés en objets sexuels destinés à des hommes, pour la plupart séropositifs. Les actes sexuels, souvent non protégés, étaient filmés et exécutés sur instruction directe du chef du réseau, le ressortissant français Pierre Robert. Ce dernier a été interpellé en avril 2025 à Beauvais, en France, à la suite de procédures judiciaires ouvertes par les autorités françaises.

Les investigations menées par la DIC s’inscrivent dans le cadre d’une commission rogatoire internationale, fruit d’une coopération judiciaire étroite entre le Sénégal et la France. Cette collaboration a permis d’identifier les ramifications locales du réseau et de remonter jusqu’aux exécutants opérant sur le territoire sénégalais.

Parmi les quatorze individus déférés figurent notamment quatre « formateurs au sexe », qui ont reconnu avoir commis les actes reprochés sur instruction de Pierre Robert. Ils ont admis avoir agi en contrepartie de transferts d’argent réguliers effectués par ce dernier depuis l’étranger. Les perquisitions menées aux domiciles des suspects, notamment aux Almadies, à Ouakam, à Kaolack et à Tivaouane Peulh, ont permis la saisie de divers objets liés à la commission d’actes contre nature, ainsi que l’interpellation de dix autres personnes gravitant autour de ces formateurs.

Les opérations judiciaires ont également été marquées par la présence à Dakar d’une délégation française composée de deux juges d’instruction, de deux greffières et de dix officiers de police judiciaire, dépêchés pour appuyer les autorités sénégalaises dans le cadre de cette mission conjointe.

Face à l’ampleur et à la gravité des faits, la Police nationale a réaffirmé sa ferme détermination à lutter contre toutes les formes de criminalité, en particulier celles visant les personnes vulnérables, notamment les enfants. Elle a également souligné que, au-delà de leur caractère pénal, ces pratiques constituent une menace sérieuse pour la santé publique, notamment en raison des risques élevés de propagation du VIH/Sida.

Les autorités sécuritaires assurent que les investigations se poursuivront afin de démanteler totalement ce réseau et d’identifier toute autre personne impliquée, tant au niveau national qu’international.

Rappels de bourses : Khadim Diouf met la pression sur l’État et juge toute négociation impossible sans paiement

La tension reste vive dans le milieu universitaire sénégalais. Président de la commission pédagogique de la faculté des sciences de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Khadim Diouf a haussé le ton face au gouvernement, estimant que le paiement des rappels de bourses des étudiants constitue une exigence « non négociable ». Il s’exprimait ce dimanche 8 février 2026 dans l’émission Objection sur les ondes de Sud FM, dans un contexte de reprise des manifestations estudiantines à travers le pays.

Selon le responsable syndical, les autorités ne font preuve d’aucune réelle volonté pour satisfaire les revendications des étudiants en grève. Il dit avoir constaté une absence d’efforts concrets de la part du gouvernement, malgré la gravité de la situation sociale que vivent de nombreux étudiants. Pour Khadim Diouf, la solution est pourtant simple et à la portée de l’État.

« Qu’ils payent les rappels et puis qu’on passe à autre chose. Ça ne coûte rien à l’État de payer ces rappels-là. Nous sommes l’avenir de ce pays, nous sommes la crème intellectuelle », a-t-il déclaré, rejetant toute tentative de temporisation ou de conditionnement du paiement à des discussions ultérieures.

Le président de la commission pédagogique de la faculté des sciences a également averti que tant que cette question ne sera pas réglée, aucune avancée ne sera possible dans les négociations entre les étudiants et les autorités. Il accuse par ailleurs le gouvernement de chercher à manipuler l’opinion publique en minimisant la portée des revendications.

Pour Khadim Diouf, les rappels de bourses et le versement régulier des allocations mensuelles ne relèvent pas d’un privilège, mais d’un droit fondamental pour les étudiants. Il insiste sur le rôle vital que joue la bourse dans la survie quotidienne de milliers d’étudiants sénégalais.

« C’est notre droit le plus absolu de recevoir nos rappels, de recevoir nos bourses mensuelles, parce que c’est notre seul et unique salut pour garder notre dignité, pour avoir de quoi se documenter, pour avoir de quoi se soigner quand on est malade, pour avoir de quoi s’alimenter aussi quand on a faim », a-t-il expliqué, soulignant la précarité dans laquelle se trouvent de nombreux apprenants.

Pour rappel, le dernier trimestre de l’année 2025 avait été marqué par une vague de manifestations dans les universités publiques du Sénégal, motivées par le non-paiement des rappels de bourses. Après la suspension du mot d’ordre de grève en décembre, dans l’espoir d’un dialogue fructueux, les protestations ont repris depuis le début du mois de février 2026. Les étudiants dénoncent aujourd’hui « la qualité très médiocre » des négociations engagées avec les autorités et réclament des actes concrets plutôt que des promesses.

Supporters sénégalais détenus au Maroc : un procès enlisé et des garanties judiciaires exigées

Depuis le 18 janvier 2026, date de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 disputée au Maroc, dix-huit supporters sénégalais sont maintenus en détention dans le royaume chérifien. Ils sont poursuivis pour des actes de violences survenus en marge de cette rencontre de football. Plus de trois semaines après les faits, leur situation judiciaire demeure incertaine, leur procès ayant déjà été renvoyé à au moins trois reprises, en raison notamment de la grève des avocats marocains.

Dans une publication rendue publique ce dimanche 08 février sur sa page Facebook, Me Patrick Kabou, l’un des avocats de la défense, est longuement revenu sur les raisons du blocage actuel de la procédure. Selon lui, ses clients ont fait le choix de ne plus se présenter devant un juge tant qu’ils ne disposeront pas d’informations claires et compréhensibles sur les faits précis qui leur sont reprochés. Une décision qu’il justifie par ce qu’il qualifie de « situation manifeste de non-garantie du procès équitable » et de « non-respect du principe des droits de la défense ».

Toujours selon Me Kabou, les supporters sénégalais estiment que plusieurs de leurs droits fondamentaux ne sont pas respectés. Ils réclament en priorité que les infractions retenues contre eux leur soient officiellement notifiées dans une langue qu’ils comprennent, condition essentielle, selon la défense, pour pouvoir préparer efficacement leur stratégie judiciaire. Ils demandent également que soit garanti le droit, qu’ils jugent « logique et naturel », à leur avocat d’accéder librement au Tribunal de Première instance de Rabat, afin d’assurer un accompagnement juridique conforme aux standards internationaux.

La situation sanitaire de certains détenus suscite également de vives inquiétudes. L’avocat fait état du cas d’un supporter qui, malgré plusieurs promesses des autorités compétentes, ne disposerait toujours pas de son traitement médical en détention. Les prévenus exigent ainsi un suivi médical approprié pour l’ensemble du groupe, estimant que leur état de santé ne peut être relégué au second plan dans le cadre de la procédure judiciaire en cours.

Sur le plan des conditions de détention, Me Patrick Kabou reconnaît toutefois une avancée obtenue grâce aux interventions de la diplomatie sénégalaise. Les supporters incarcérés disposent désormais de chambres individuelles. Une amélioration qui, selon lui, ne suffit pas à apaiser le climat de tension et d’inquiétude qui prévaut au sein du groupe.

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