AEE Power : 37 milliards de francs CFA, les alertes ignorées, et la question à laquelle l’État doit répondre

Le dossier AEE Power a changé de nature. Ce qui était présenté comme un différend commercial complexe entre partenaires d’un programme d’électrification rurale est aujourd’hui éclairé par deux sources convergentes : les relevés bancaires transmis par Banco Santander à la justice espagnole, et une note confidentielle adressée au Premier ministre par le ministre de l’Énergie lui-même, deux ans avant ces révélations.

Pendant longtemps, ce dossier a été présenté comme un différend commercial complexe, opposant des partenaires engagés dans un ambitieux programme d’électrification rurale. Les révélations issues des relevés bancaires transmis par Banco Santander à la justice espagnole, dans le cadre de la procédure DiligenciasPrevias 140/2026 ouverte à Madrid, rendent désormais cette lecture insuffisante.

La question n’est plus seulement celle de l’utilisation des 55 999 999,64 euros, soit environ 36,7 milliards de francs CFA, versés à l’entreprise AEE Power EPC le 11 juin 2024. La question est devenue celle de la réaction des autorités publiques face à une succession d’alertes qui, mises en perspective, dessinent une chronologie particulièrement préoccupante.

C’est cette chronologie qui mérite aujourd’hui l’attention des citoyens sénégalais.

Vingt-deux mille euros la veille, cinquante-six millions le lendemain

Le 11 juin 2024, en une seule journée, trois virements parviennent sur le compte d’AEE Power EPC ouvert chez Banco Santander : 28 millions d’euros au titre de l’avance de démarrage, soit 20 % du contrat, 23,29 millions d’euros au titre des dépenses engagées en vue de l’exécution, et 4,71 millions d’euros au titre d’un crédit commercial. Au total, 55 999 999,64 euros, garantis par l’État espagnol via la CESCE et adossés à un crédit de 154 millions d’euros consenti au ministère des Finances du Sénégal.

La veille de ce décaissement, le compte affichait un solde de 22 020 euros. Ce financement constitue l’avance de démarrage de ce qui a été présenté comme l’un des plus importants programmes d’électrification rurale jamais engagés dans notre pays, devant couvrir entre 1 500 et 1 740 localités selon les documents bancaires, et 928 localités selon le contrat signé en février 2024 entre l’ASER et AEE Power EPC, pour un montant de 91,833 milliards de francs CFA hors taxes.

Les attentes étaient immenses. Pour des milliers de familles vivant dans les zones rurales, ce projet devait signifier l’accès à l’électricité, l’amélioration des conditions de vie, le développement des activités économiques et une réduction durable des inégalités territoriales.

Deux ans plus tard, les résultats visibles demeurent extrêmement limités au regard des montants engagés.

Quarante-huit jours, et il ne restait presque plus rien

Les relevés bancaires aujourd’hui versés à la procédure judiciaire espagnole permettent, pour la première fois, de suivre précisément le parcours des fonds après leur décaissement. Et ce parcours est vertigineux.

Quarante-huit jours après la réception des 56 millions d’euros, le solde du compte était retombé sous les 10 millions d’euros. Le 19 septembre 2025, soit quinze mois après le décaissement, ce même compte affichait pour la première fois un solde de zéro euro. Au jour où ce compte a été examiné par la justice espagnole, il restait 1 346,41 euros.

Entre ces deux dates, les documents bancaires permettent de cartographier, pays par pays, où l’argent a circulé. Cent trente-neuf virements, pour un total de 13,66 millions d’euros, sont partis vers des comptes détenus par AEE Power EPC dans sept banques espagnoles différentes. Vingt-sept virements, pour 10,6 millions d’euros, sont partis vers le Sénégal, répartis entre trois entités : la SONAC, AEE Power SUARL et Dakar Energie Projects SUARL. Deux virements, pour environ 1,09 million d’euros, ont rémunéré un fournisseur chinois de câbles électriques : il s’agit, à ce jour, du seul achat de matériel clairement identifiable dans l’ensemble des relevés, soit moins de 2 % des fonds reçus, payé dix à onze mois après le décaissement.

D’autres flux ont été identifiés vers la Côte d’Ivoire, le Togo, le Kenya, la Tunisie et l’Égypte. Et le 17 juillet 2024, plus de 8,5 millions d’euros ont été convertis en devises sans qu’aucun bénéficiaire ne soit identifiable dans la documentation produite par la banque.

La garantie payée avec l’argent qu’elle devait garantir

Un élément mérite une attention particulière, car il touche au cœur même du montage financier. Le principe d’une garantie d’assurance veut que la prime soit acquittée avant que l’opération qu’elle couvre ne produise ses effets. On ne peut pas garantir la bonne exécution d’une avance avec l’argent de cette avance elle-même.

Or les relevés montrent que, trois jours après le décaissement, le 14 juin 2024, une première série de paiements est effectuée au profit de la SONAC, la Société Nationale d’Assurances du Crédit et du Cautionnement, pour un montant de 1 444 221 euros, au titre de primes de garantie liées au contrat. Neuf jours après le décaissement, le 20 juin 2024, une seconde série de paiements est effectuée au profit de la même SONAC, sur les mêmes références de garantie que celles réglées six jours plus tôt, pour un montant de 6,3 millions d’euros supplémentaires. Au total, 7 744 221 euros ont été versés à la SONAC, en six opérations, intégralement financées par l’avance elle-même.

Une garantie dont la prime est acquittée après le décaissement qu’elle est censée couvrir, et avec les fonds de ce décaissement, perd l’essentiel de sa portée protectrice pour l’État sénégalais. Quant au doublement apparent des paiements sur des références de garantie identiques, il appelle une explication que ni la SONAC ni AEE Power EPC n’ont, à ce jour, apportée publiquement.

L’État savait, dès août 2024

C’est peut-être l’élément le plus grave de ce dossier. Selon le journal Le Quotidien du 12 juin (n°6975), une note confidentielle, datée du 26 août 2024 et adressée par le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, au Premier ministre, montrerait que l’administration sénégalaise avait identifié l’essentiel du problème près de deux ans avant que les relevés bancaires espagnols ne viennent le confirmer chiffre par chiffre.

Cette note documente un contentieux distinct, opposant AEE Power EPC Espagne à son partenaire local AEE Power Sénégal, mandataire pour la fourniture des poteaux électriques. Le différend porte sur la répartition de l’avance de démarrage, qu’AEE Power Sénégal, qui revendique 60 % de la contrepartie financière du projet, n’aurait jamais perçue. Face à cette réclamation, la partie espagnole a notifié sa décision de résilier l’ensemble des contrats, en invoquant des accusations de fausses factures contre son partenaire sénégalais.

Saisi par AEE Power Sénégal, le Comité de règlement des différends de l’ARCOP a suspendu, dès le 3 juillet 2024, cette résiliation unilatérale, et convoqué une réunion de conciliation à laquelle AEE Power EPC Espagne a refusé de participer, contestant la compétence de l’autorité de régulation des marchés publics sur un litige qu’elle qualifiait de privé.

Mais la phrase la plus lourde de cette note, toujours selon Le Quotidien, se trouverait dans ses recommandations finales. Le ministre y écrirait qu’il convient d’élucider, à la date du 26 août 2024, la destination de l’avance de démarrage payée, qui aurait plutôt servi à payer des primes d’assurance.

Si ces éléments sont confirmés, cela signifierait que deux ans avant que les relevés de Banco Santander ne mettent en évidence, ligne par ligne, le versement de plus de 7,7 millions d’euros à la SONAC au titre de primes de garantie, trois jours seulement après le décaissement de l’avance, le gouvernement sénégalais aurait déjà, par la voix de son ministre de l’Énergie, formulé très précisément ce soupçon. Le document était confidentiel. Il était adressé au Premier ministre. La question qui se pose aujourd’hui est simple : qu’en a-t-il été fait ?

Une exigence simple : dire la vérité aux citoyens

Les relevés bancaires aujourd’hui révélés ne constituent pas une conclusion. Ils constituent un point de départ. La justice espagnole établira les responsabilités qui relèvent de sa compétence, et la justice sénégalaise celles qui relèvent de la sienne.

Mais l’enjeu dépasse largement le seul dossier AEE Power. Il touche à la confiance des citoyens dans leurs institutions. Il touche à la crédibilité de la parole publique. Il touche à la capacité de notre administration à protéger des ressources qui sont, en dernier ressort, garanties par la dette de l’État sénégalais, et que des milliers de familles rurales attendent encore de voir transformées en lumière.

Une démocratie ne se mesure pas seulement à sa capacité à lancer de grands projets. Elle se mesure aussi à sa capacité à rendre compte de leur exécution, et à agir lorsque ses propres services l’alertent. Or, dans ce dossier, l’alerte a existé. Elle portait une date, une signature, un destinataire. La responsabilité politique commence par une exigence simple : dire enfin la vérité aux citoyens, sur ce qui a été su, quand, et ce qui en a été fait.

 

Ibrahima NDIAYE

Ingénieur Génie Civil, Coordinateur MONJER France

Note au public : les orientations stratégiques pour un Gouvernement de résultats

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a défini de nouvelles orientations stratégiques destinées à guider l’action de l’équipe gouvernementale dirigée par le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo. Ces directives, rendues publiques à l’issue du premier Conseil des ministres tenu le 5 juin 2026, interviennent dans un contexte marqué par des attentes fortes en matière de relance économique, de stabilité financière et d’amélioration des conditions de vie des populations.

Le Chef de l’État a insisté sur la nécessité de mettre en place un Gouvernement de résultats, capable d’agir rapidement et efficacement face aux défis économiques et sociaux. Parmi les priorités définies figurent la relance de l’économie nationale, l’assainissement des finances publiques, le traitement de la dette souveraine avec un accent particulier sur l’apurement de la dette intérieure, ainsi que la redynamisation des secteurs productifs jugés stratégiques pour la croissance.

Selon les orientations présidentielles, le nouveau Gouvernement est appelé à inscrire son action dans une dynamique de transformation structurelle, fondée sur la solidarité, la discipline collective et l’efficacité opérationnelle. Le Président de la République a rappelé que l’équipe gouvernementale évolue dans un contexte national complexe, nécessitant un engagement constant et une coordination renforcée entre les différentes administrations.

Dans cette perspective, le Chef de l’État a demandé au Premier ministre de lui soumettre, dans les meilleurs délais, un plan d’actions gouvernemental détaillé. Ce document devra traduire concrètement les priorités fixées et permettre un suivi rigoureux des résultats attendus.

Les axes majeurs de cette feuille de route portent notamment sur la consolidation de la souveraineté et de la sécurité du pays, la construction d’une économie forte, endogène mais ouverte sur le monde, le soutien à l’emploi, la relance de l’investissement productif, ainsi que l’amélioration des infrastructures et du pouvoir d’achat des ménages.

Une attention particulière devra également être accordée à plusieurs secteurs clés, notamment l’environnement des affaires, le développement du secteur privé national, l’économie informelle, les petites et moyennes entreprises, ainsi que le suivi de la campagne agricole. Le Gouvernement est aussi appelé à renforcer les programmes sociaux et les dispositifs de lutte contre la pauvreté, tout en améliorant les interventions de l’État en faveur des couches vulnérables.

Le Président de la République a insisté sur la nécessité de moderniser l’administration publique et d’améliorer la performance des structures de l’État et du secteur parapublic. Il a également rappelé l’importance de préparer les prochains exercices budgétaires, notamment la loi de finances rectificative 2026 et le débat d’orientation budgétaire.

La question de la communication gouvernementale occupe également une place centrale dans cette nouvelle approche. Le Chef de l’État a demandé la mise en œuvre d’une stratégie de communication de proximité, axée sur la transparence et la mise en valeur des résultats concrets de l’action publique.

Sur le plan organisationnel, une réforme du fonctionnement de l’exécutif est annoncée, avec notamment la tenue du Conseil des ministres tous les quinze jours et l’intensification des réunions interministérielles thématiques. Cette nouvelle méthode vise à renforcer le suivi, l’évaluation et la coordination des politiques publiques.

Le dialogue national reste par ailleurs une priorité affirmée par les autorités. Le Président de la République entend poursuivre les consultations avec les forces vives de la Nation afin de consolider les bases sociales et politiques de la transformation nationale.

De son côté, le Premier ministre a décliné une nouvelle méthode de conduite de l’action gouvernementale reposant sur trois piliers : la transformation, l’efficience opérationnelle et la culture du résultat. Cette approche marque, selon lui, une rupture avec les pratiques antérieures centrées sur les procédures au profit d’une logique orientée vers la performance et l’impact.

Le Chef du Gouvernement a également annoncé une réorganisation du pilotage central de l’action publique, avec une Primature fonctionnant sur la base d’une coordination interministérielle renforcée. Chaque projet devra désormais être aligné sur les priorités nationales, chaque réforme devra produire des résultats mesurables, et chaque ressource publique devra être utilisée de manière optimale.

Dans cette logique, le Gouvernement entend renforcer la culture de gestion des risques, la cybersécurité, ainsi que les capacités de pilotage des administrations. L’accent sera mis sur la cohérence des politiques publiques avec l’agenda national de transformation, ainsi que sur l’évaluation régulière des programmes en cours.

Le Premier ministre a enfin rappelé l’urgence de traiter plusieurs dossiers prioritaires, notamment la campagne agricole, la sécurité alimentaire, l’organisation des examens, la prévention des inondations et la mise en œuvre des grands programmes de développement territorial.

Réintégration de Sonko à l’Assemblée nationale : le Conseil constitutionnel saisi, une décision attendue dans un délai d’un mois

Un nouveau front juridique s’ouvre autour du parcours institutionnel d’Ousmane Sonko. Le Conseil constitutionnel a officiellement reçu, ce lundi, la requête déposée par plusieurs députés de l’opposition contestant à la fois sa réintégration à l’Assemblée nationale et son élection à la présidence de l’institution intervenue le 26 mai 2026. Selon des informations rapportées par Emedia, les membres du Conseil disposent désormais d’un délai maximal d’un mois pour examiner le dossier et rendre leur décision.

Cette saisine intervient dans un contexte politique déjà marqué par de vifs débats sur l’interprétation des dispositions constitutionnelles relatives à l’exercice simultané de certaines fonctions publiques. À travers leur recours, les parlementaires requérants demandent aux juges constitutionnels de se prononcer sur la conformité de la réintégration de l’ancien Premier ministre aux principes consacrés par la Constitution.

Au cœur de leur argumentation figure l’article 54 de la Constitution, qui établit l’incompatibilité entre les fonctions gouvernementales et le mandat de député. Les auteurs de la requête soutiennent qu’en acceptant sa nomination à la Primature en 2024, Ousmane Sonko aurait, de facto et de manière définitive, renoncé à son siège parlementaire. Selon leur lecture du texte constitutionnel, cette situation rendrait irrégulière toute procédure de retour à l’Assemblée nationale après la cessation de ses fonctions gouvernementales.

Les députés de l’opposition considèrent ainsi que la réintégration de l’actuel dirigeant politique ne peut être assimilée à une simple reprise de mandat. Ils estiment que son entrée au gouvernement a produit des effets juridiques irréversibles sur son statut parlementaire et que toute réinstallation dans l’hémicycle devrait être appréciée à la lumière des exigences constitutionnelles en vigueur.

Au-delà de la question de fond, les requérants dénoncent également plusieurs difficultés rencontrées dans leurs démarches. Selon leur communiqué, ils ont entrepris des procédures officielles afin d’obtenir certains documents jugés indispensables à l’exercice de leur recours. Ils affirment notamment avoir sollicité, par voie d’huissier, la transmission de l’acte portant réintégration d’Ousmane Sonko ainsi que le procès-verbal de la séance plénière du 26 mai au cours de laquelle il a été élu à la tête de l’Assemblée nationale. Ces demandes seraient restées sans suite, selon les signataires de la saisine.

Pour les députés à l’origine du recours, cette absence de communication des documents administratifs concernés constitue un obstacle à la transparence institutionnelle et à l’exercice normal des droits de l’opposition parlementaire. Ils considèrent que les juridictions compétentes doivent disposer de l’ensemble des pièces nécessaires afin de statuer en parfaite connaissance des faits.

L’enjeu de cette affaire dépasse désormais le seul cas personnel d’Ousmane Sonko. La décision attendue du Conseil constitutionnel pourrait avoir des implications importantes sur l’interprétation future des règles d’incompatibilité entre fonctions gouvernementales et mandat parlementaire. Elle pourrait également contribuer à clarifier les procédures applicables lorsqu’un membre du gouvernement souhaite retrouver une fonction élective après avoir quitté l’Exécutif.

Les « Sages » sont donc appelés à trancher une question institutionnelle majeure qui touche directement à l’équilibre des pouvoirs et au respect des normes constitutionnelles encadrant le fonctionnement des institutions de la République. Leur décision est particulièrement attendue tant par la majorité que par l’opposition, dans un contexte où les débats juridiques et politiques autour des institutions demeurent au centre de l’actualité nationale.

Alors que le délai d’instruction est désormais enclenché, l’attention se tourne vers le Conseil constitutionnel, dont l’arrêt pourrait constituer une jurisprudence importante dans l’histoire institutionnelle récente du Sénégal.

Meeting de Dakar Arena : Ousmane Sonko met en garde contre les « combines politiques » et appelle à la préservation des institutions

Lors du grand meeting d’investiture organisé ce dimanche au Dakar Arena, à l’issue du premier congrès national de Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko a prononcé un discours fortement politique marqué par de nouvelles critiques à l’endroit de l’Exécutif. Devant une foule de militants et de sympathisants venus de différentes régions du pays, le président réélu du parti a lancé un appel à la vigilance, estimant que le Sénégal ne pouvait plus se permettre de replonger dans les pratiques politiques qui ont, selon lui, fragilisé les institutions ces dernières années.

Dans une intervention ponctuée d’applaudissements, le leader de Pastef a exhorté les responsables de l’État à privilégier l’intérêt supérieur de la nation plutôt que les calculs de positionnement politique. « Ce pays a assez souffert des complots et des combines », a-t-il déclaré, rappelant les crises politiques et les tensions qui ont marqué l’histoire récente du Sénégal.

Sans citer directement certains responsables, Ousmane Sonko a adressé un message clair au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, en l’invitant à veiller à la préservation des institutions. Selon lui, les ambitions personnelles ou partisanes ne doivent jamais prendre le pas sur la stabilité de l’État. « Même si le président veut satisfaire des ambitions politiques, il ne faut pas accepter qu’il fragilise les institutions », a-t-il affirmé devant ses partisans.

Le président de l’Assemblée nationale a également tenu à répondre aux analyses qui évoquent depuis plusieurs jours une crise institutionnelle à la suite de la recomposition du pouvoir et des divergences apparues entre l’Exécutif et Pastef. Pour lui, cette lecture ne correspond pas à la réalité politique du moment.

« Il n’y a pas de crise institutionnelle au Sénégal », a-t-il martelé. Ousmane Sonko estime que la situation actuelle résulte simplement du choix souverain des électeurs. « C’est le peuple qui a choisi de confier la présidence à quelqu’un et l’Assemblée nationale à un autre », a-t-il déclaré, présentant cette configuration comme une expression normale du fonctionnement démocratique.

À travers cette déclaration, le leader des Patriotes semble vouloir légitimer la nouvelle architecture du pouvoir née des récents événements politiques, tout en rejetant les discours alarmistes qu’il attribue à ceux qu’il considère comme des « marchands de crises ». Selon lui, les institutions continuent de fonctionner conformément aux règles démocratiques et chaque acteur doit désormais assumer les responsabilités qui lui ont été confiées par les citoyens.

Revenant sur les épisodes de tensions qui ont marqué la vie politique sénégalaise au cours des dernières années, Ousmane Sonko a invité les dirigeants actuels à tirer les leçons du passé. Il a rappelé que le pays avait payé un lourd tribut aux affrontements politiques, aux conflits de pouvoir et aux décisions motivées par des intérêts particuliers.

Dans cette perspective, il a exhorté les autorités exécutives à concentrer leur action sur les préoccupations réelles des Sénégalais, notamment les défis économiques, sociaux et institutionnels auxquels le pays est confronté. « Celui qui est dans l’exécutif doit avoir d’autres préoccupations plutôt que des combines politiques », a-t-il lancé.

Cette sortie intervient dans un contexte marqué par des relations de plus en plus tendues entre Ousmane Sonko et le camp présidentiel, après plusieurs semaines de divergences sur des questions de gouvernance, de reddition des comptes et d’orientation politique. Malgré ces désaccords, le président de Pastef a insisté sur la nécessité de préserver les institutions républicaines et d’éviter toute démarche susceptible d’alimenter une instabilité politique.

En clôturant son intervention, Ousmane Sonko a réaffirmé sa volonté de poursuivre le combat politique à travers les voies démocratiques et institutionnelles, tout en appelant ses militants à rester mobilisés pour défendre le projet porté par Pastef. Son discours, largement centré sur la protection des institutions et la souveraineté populaire, confirme la volonté du leader des Patriotes de maintenir une forte présence dans le débat politique national, quelques jours seulement après sa réélection à la tête du parti pour un nouveau mandat de six ans.

Congrès national de Pastef : Ousmane Sonko défend une « révolution démocratique » et appelle à organiser la souveraineté

Réélu à l’unanimité à la tête de Pastef-Les Patriotes pour un nouveau mandat de six ans, Ousmane Sonko a profité de la tribune du premier congrès national de son parti pour réaffirmer sa vision politique et idéologique du Sénégal et de l’Afrique. Devant des milliers de délégués venus des 553 communes du pays ainsi que de la diaspora, le président du parti a livré un discours aux accents programmatiques, axé sur la souveraineté, la transformation économique et l’avenir du projet porté par Pastef.

Dans une salle acquise à sa cause, le leader des Patriotes a insisté sur ce qu’il considère comme le principal défi de l’après-victoire électorale. Selon lui, l’accession au pouvoir en 2024 ne constitue pas une finalité mais le point de départ d’un processus de transformation beaucoup plus profond. « Notre responsabilité est désormais claire : organiser la souveraineté. La souveraineté ne se décrète pas, elle s’organise », a-t-il déclaré sous les applaudissements des congressistes.

Pour Ousmane Sonko, la souveraineté politique n’a de sens que si elle s’accompagne d’une véritable indépendance économique. Il a estimé que de nombreux États africains disposent aujourd’hui des attributs formels de l’indépendance sans pour autant maîtriser pleinement leurs choix économiques et stratégiques. « La souveraineté politique sans souveraineté économique n’est qu’un drapeau flottant sur la dépendance », a-t-il affirmé, appelant à une remise en question des mécanismes qu’il juge hérités de la période postcoloniale.

Afin d’illustrer sa réflexion, le président de Pastef s’est appuyé sur les écrits du penseur martiniquais Frantz Fanon. Citant l’auteur des Damnés de la Terre, il a rappelé que l’indépendance politique pouvait demeurer incomplète tant que les structures profondes de domination économique et culturelle continuaient à produire leurs effets.

Au-delà du constat, Ousmane Sonko a esquissé les contours du modèle qu’il souhaite voir émerger. Il a plaidé pour la construction d’un « État stratège », capable d’orienter le développement économique national, de protéger les secteurs jugés vitaux et de lutter efficacement contre les pratiques de corruption ainsi que les systèmes de rente. Selon lui, le Sénégal doit progressivement renforcer ses capacités de décision afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des influences extérieures et des contraintes imposées par les marchés internationaux.

Le leader de Pastef a également évoqué les défis auxquels son projet politique pourrait être confronté. Sans citer de pays ou d’acteurs particuliers, il a mis en garde contre ce qu’il considère comme des tentatives d’ingérence ou de déstabilisation. « Notre révolution est guettée par ces interventions », a-t-il averti, avant d’assurer que le mouvement qu’il dirige disposait d’un solide soutien populaire pour faire face à toute tentative de sabotage. « Aucun projet de sabotage n’aboutira, parce que le peuple est debout aux côtés de Pastef », a-t-il lancé.

Sur le plan idéologique, Ousmane Sonko a revendiqué l’appartenance de Pastef à un courant qu’il qualifie de « panafricanisme souverainiste de transformation démocratique ». Il a inscrit son combat dans la continuité de plusieurs figures historiques africaines qui ont marqué les luttes pour l’émancipation du continent, notamment Cheikh Anta Diop, Kwame Nkrumah et Amílcar Cabral.

Selon lui, les défis auxquels font face les pays africains ne pourront être durablement résolus dans un cadre strictement national. « L’Afrique fragmentée reste vulnérable », a-t-il soutenu, plaidant pour un renforcement des coopérations régionales et une intégration continentale davantage fondée sur les intérêts stratégiques des peuples africains.

Dans la dernière partie de son intervention, le président réélu de Pastef a mis en garde contre deux orientations qu’il considère comme dangereuses pour l’avenir du continent. D’un côté, il a dénoncé ce qu’il appelle le réformisme d’accompagnement, qui accepte les dépendances sans chercher à les remettre en cause. De l’autre, il a critiqué les approches autoritaires qui prétendent accélérer le changement en marginalisant les citoyens et les mécanismes démocratiques.

« Notre voie est celle d’une révolution démocratique, populaire et souveraine », a-t-il conclu devant une assistance conquise, présentant cette ligne comme la seule capable de concilier transformation profonde de l’État, participation citoyenne et préservation des libertés démocratiques.

Affaire AEE Power : le parquet financier confie trois enquêtes à la Section de recherches pour des soupçons d’escroquerie et de détournement

Le dossier AEE Power prend une nouvelle dimension judiciaire. Dans un communiqué publié ce 5 juin 2026, le procureur de la République financier a annoncé l’ouverture de plusieurs procédures liées à cette affaire qui suscite de nombreuses interrogations autour de la gestion de fonds publics et de l’exécution de contrats impliquant la société espagnole AEE Power EPC SAU.

Selon le parquet financier, trois enquêtes distinctes sont désormais en cours et ont été confiées à la Section de recherches de Dakar afin de permettre des investigations approfondies sur des faits présumés d’escroquerie, de faux, d’usage de faux et de détournement de deniers publics.

La première procédure trouve son origine dans une plainte déposée le 17 septembre 2024 par la société espagnole AEE Power EPC SAU elle-même. L’entreprise a saisi la justice sénégalaise en se constituant partie civile contre l’administrateur d’AEE Power Sénégal. Dans cette plainte, elle évoque des faits présumés de tentative d’escroquerie ainsi que de faux et usage de faux en écritures administratives. Cette démarche judiciaire traduit l’existence d’un différend interne portant sur la gestion et l’administration de la société au Sénégal.

La deuxième enquête découle des investigations ouvertes par la Division des investigations criminelles (DIC) le 6 janvier 2025. Ces investigations concernent une supposée fausse quittance d’un montant de 918 339 800 francs CFA en lien avec un contrat conclu avec l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER). Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer l’authenticité de ce document ainsi que les circonstances dans lesquelles il aurait été produit ou utilisé dans le cadre de l’exécution du marché.

Le troisième volet judiciaire fait suite à la plainte déposée par le député et leader politique Thierno Alassane Sall contre X. Dans sa dénonciation, l’ancien ministre évoque des faits présumés de faux, d’usage de faux et de détournement de deniers publics. Cette plainte s’inscrit dans les nombreuses interrogations soulevées depuis plusieurs mois autour du projet d’électrification rurale attribué à AEE Power EPC SAU et financé à hauteur de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

Face à la multiplication des procédures et à la complexité des faits dénoncés, le parquet financier a décidé de centraliser les investigations au niveau de la Section de recherches de Dakar. Cette unité spécialisée est chargée de mener une enquête exhaustive afin de faire toute la lumière sur les accusations portées dans les différents dossiers.

Le procureur de la République financier souligne dans son communiqué que les investigations se poursuivent avec diligence. Les enquêteurs devront notamment établir les responsabilités éventuelles des différentes parties impliquées, vérifier la régularité des documents contestés et déterminer si des infractions financières ou des détournements ont effectivement été commis.

Cette nouvelle étape judiciaire intervient dans un contexte où l’affaire AEE Power occupe une place centrale dans le débat public, notamment en raison des interrogations persistantes sur l’utilisation des fonds destinés à l’électrification de centaines de villages sénégalais. Les conclusions de l’enquête pourraient ainsi avoir des répercussions importantes tant sur le plan judiciaire que politique.

Badara Gadiaga : fin du bracelet électronique après sept mois de contrôle judiciaire

Après sept mois passés sous surveillance électronique, le chroniqueur Badara Gadiaga a finalement été libéré de son bracelet électronique. Une décision qui marque une nouvelle étape dans la procédure judiciaire le concernant et qui suscite de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique.

Pour rappel, cette mesure de contrôle judiciaire lui avait été imposée dans le cadre de sa liberté provisoire. Durant cette période, le chroniqueur devait respecter plusieurs obligations fixées par la justice, dont le port permanent du bracelet électronique permettant de suivre ses déplacements.

La levée de cette mesure intervient après plusieurs mois d’attente pour ses proches, ses soutiens et une partie de ses auditeurs, qui voyaient dans cette surveillance une restriction importante de ses libertés. Pour eux, cette décision constitue un signe positif dans l’évolution de son dossier.

Très suivi sur les réseaux sociaux et dans les médias, Badara Gadiaga n’a jamais cessé d’alimenter les débats au sein de l’espace public sénégalais. Son affaire a souvent divisé l’opinion entre ceux qui estimaient que la justice devait suivre son cours et ceux qui réclamaient davantage de souplesse à son égard.

Avec le retrait de son bracelet électronique, le chroniqueur retrouve désormais une plus grande liberté de mouvement, même si la procédure judiciaire n’est pas forcément arrivée à son terme. Cette nouvelle étape pourrait toutefois contribuer à apaiser les tensions autour d’un dossier qui a longtemps fait la une de l’actualité nationale.

Passation de service : Abdourahmane Sarr transmet le flambeau à Cheikh Diba et défend son héritage de « souverainisme libéral »

La cérémonie officielle de passation de service au ministère chargé de l’Économie et des Finances s’est tenue dans une atmosphère empreinte de solennité et de continuité institutionnelle. À cette occasion, Abdourahmane Sarr a officiellement transmis les responsabilités de son département à Cheikh Diba, désormais à la tête du ministère unifié de l’Économie, des Finances et du Plan.

Au moment de quitter ses fonctions, le ministre sortant a tenu à partager ce qu’il considère comme l’héritage doctrinal de son action gouvernementale. Une vision économique fondée sur la discipline macroéconomique, la promotion de l’initiative privée et le concept qu’il a baptisé « Souverainisme libéral », qu’il présente comme une voie de développement conciliant souveraineté nationale et ouverture économique.

Dans son adresse aux cadres et agents du ministère, Abdourahmane Sarr s’est félicité du retour à une architecture institutionnelle unifiée regroupant les compétences économiques, financières et de planification. Une réforme qu’il défend depuis plusieurs années et qu’il considère comme un levier essentiel pour améliorer la cohérence de l’action publique.

Selon lui, le développement du Sénégal ne peut être envisagé en dehors de son environnement régional. Il a ainsi réaffirmé sa conviction que la souveraineté économique du pays est compatible avec une intégration renforcée au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Résumant sa doctrine par la formule wolof « Moom Sa Bopp Menel Sa Bopp, Yewwi Rewmi, Yewwi Gox Yi, Yewwi Nit Gni », il a expliqué que l’autonomie économique se construit à travers des institutions solides, des marchés performants et une meilleure capacité des États à financer leur propre développement.

Dans cette perspective, l’ancien ministre a mis en avant les atouts de l’espace ouest-africain, notamment l’existence d’une monnaie commune stable, d’une banque centrale crédible et d’un marché régional des capitaux qu’il juge particulièrement stratégique. Il a rappelé que ce marché régional a fortement inspiré la stratégie d’endettement mise en œuvre sous sa responsabilité, une orientation qu’il estime aujourd’hui confortée par les résultats obtenus.

Face à la montée en puissance des investisseurs non résidents dans le financement des économies africaines, Abdourahmane Sarr a plaidé pour un approfondissement du marché financier régional. Il a notamment évoqué la nécessité de mettre en place un fonds souverain régional et de renforcer progressivement l’autonomie monétaire de l’espace communautaire. Pour lui, la souveraineté économique ne relève pas du discours mais d’un processus de construction fondé sur des choix crédibles et des institutions solides.

Réaffirmant ses convictions libérales, il a également insisté sur le rôle central de la liberté économique, de l’innovation, de la concurrence et de la responsabilité individuelle et collective dans l’amélioration de la productivité nationale. Il estime que ces principes doivent continuer à guider les politiques publiques afin de favoriser une croissance durable et créatrice d’emplois.

Abordant la question de la gouvernance institutionnelle, Abdourahmane Sarr a rappelé qu’il s’était opposé dès 2019 à la séparation des fonctions économiques et budgétaires de l’État. À ses yeux, les politiques économiques, financières, budgétaires et de planification gagnent en efficacité lorsqu’elles sont élaborées et conduites dans un cadre unique. C’est pourquoi il a salué la reconstitution du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan dirigé par Cheikh Diba, entouré des ministres délégués Allé Nar Diop et Bassirou Sarr.

Toutefois, il a souligné que le succès de cette nouvelle organisation dépendra de la qualité de la coordination entre les différentes composantes du département. Il a insisté sur l’importance du cadrage macroéconomique, de la maîtrise de la stratégie d’endettement, de la maturation des projets structurants et de l’amélioration de la qualité de la dépense publique.

Revenant sur son bilan, l’ancien ministre a estimé que plusieurs jalons importants ont été posés pour orienter durablement la trajectoire économique du Sénégal. Parmi les réalisations qu’il a mises en avant figure la participation active de ses équipes à l’élaboration et à la mise en œuvre de la Vision Sénégal 2050, notamment à travers son premier programme quinquennal couvrant la période 2025-2029.

Il a également souligné la conception de la Stratégie nationale de développement du secteur privé et de promotion de l’investissement, présentée comme un instrument destiné à renforcer la liberté économique, à attirer davantage de capitaux et à valoriser les potentialités des territoires.

Dans le domaine de la transparence économique, Abdourahmane Sarr a cité l’instauration d’un rapport macroéconomique trimestriel destiné à améliorer la qualité du débat public et à renforcer l’accès des citoyens à l’information économique. Cette initiative s’ajoute à plusieurs autres réformes engagées durant son mandat, notamment le réalignement de la coopération internationale sur les priorités nationales, la promotion des partenariats public-privé à travers le recyclage d’actifs, le développement de nouveaux mécanismes de mobilisation de l’épargne de la diaspora ainsi que la consolidation d’une approche territoriale fondée sur des pôles de développement.

Au terme de son intervention, Abdourahmane Sarr a rendu un hommage appuyé aux agents du ministère qu’il a qualifiés de véritable colonne vertébrale de l’institution. Saluant leur professionnalisme, leur engagement et les nombreux sacrifices consentis pour accompagner les réformes engagées, il leur a exprimé sa profonde gratitude.

Passation de service au ministère de l’Enseignement supérieur : Boubacar Camara prend les rênes d’un secteur en pleine mutation

La passation de service entre le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Boubacar Camara, et son prédécesseur, Daouda Ngom, s’est tenue ce jeudi matin dans une atmosphère empreinte de sobriété et de responsabilité. Cette cérémonie officielle marque le transfert des charges à la tête d’un département stratégique pour l’avenir du Sénégal, au cœur des politiques de formation, de recherche scientifique et d’innovation.

Organisée en présence des principaux responsables administratifs du ministère, des directeurs généraux, des recteurs d’université ainsi que de plusieurs acteurs du monde académique, la rencontre a symbolisé la continuité de l’action publique dans un secteur confronté à de nombreux défis. Le passage de témoin intervient dans un contexte où l’enseignement supérieur sénégalais est engagé dans d’importantes réformes visant à améliorer la qualité de la formation, renforcer la gouvernance des établissements et mieux répondre aux besoins du marché de l’emploi.

À cette occasion, Daouda Ngom a exprimé sa gratitude envers les collaborateurs qui l’ont accompagné durant son mandat. Il a salué le travail accompli par les différentes structures du ministère et rappelé les efforts consentis pour faire avancer plusieurs dossiers relatifs à l’amélioration des infrastructures universitaires, au développement de la recherche et à l’élargissement de l’accès à l’enseignement supérieur. L’ancien ministre a également souhaité plein succès à son successeur dans l’exercice de ses nouvelles fonctions.

Prenant officiellement ses fonctions, Boubacar Camara a mesuré l’ampleur de la mission qui lui est confiée. Le nouveau ministre hérite d’un département dont les enjeux sont nombreux et complexes. Parmi les dossiers prioritaires figurent la gestion des effectifs croissants dans les universités publiques, la question de l’orientation des nouveaux bacheliers, l’amélioration des conditions d’apprentissage et de vie des étudiants, ainsi que le renforcement des capacités de recherche et d’innovation.

Le secteur de l’enseignement supérieur demeure en effet confronté à des défis structurels importants. La massification des effectifs universitaires continue de peser sur les capacités d’accueil des établissements, tandis que les attentes des étudiants et des enseignants restent fortes en matière d’infrastructures, d’équipements pédagogiques et de financement de la recherche. À cela s’ajoutent les exigences liées à la modernisation des formations et à l’adaptation des cursus aux besoins d’une économie en constante évolution.

Le nouveau ministre devra également poursuivre les efforts engagés pour renforcer l’employabilité des diplômés, encourager l’innovation technologique et promouvoir les partenariations entre les universités, les centres de recherche et le secteur privé. Ces orientations s’inscrivent dans la volonté des autorités de faire de l’enseignement supérieur un levier majeur de transformation économique et sociale.

Guerre au Moyen-Orient : le FMI mobilise une aide d’urgence pour plusieurs pays africains fragilisés par la flambée des prix

Face aux répercussions économiques croissantes du conflit au Moyen-Orient, le Fonds monétaire international (FMI) a décidé de renforcer son soutien financier à plusieurs pays africains particulièrement exposés à la hausse des prix de l’énergie et des produits agricoles. L’annonce a été faite ce jeudi par la directrice de la communication de l’institution, Julie Kozack, lors d’une conférence de presse.

Selon les responsables du FMI, l’Éthiopie, la Gambie et le Burkina Faso bénéficieront de versements additionnels ou d’un décaissement accéléré des fonds déjà prévus dans le cadre de leurs programmes d’assistance. Parallèlement, les discussions se sont intensifiées avec le Malawi en vue de la mise en place d’un nouveau programme de soutien financier.

Cette décision intervient alors que les conséquences du conflit opposant l’Iran à une coalition menée par les États-Unis et Israël continuent de se propager à l’économie mondiale. Déclenchée à la fin du mois de février, la crise a rapidement pris une dimension stratégique majeure après les attaques visant les installations pétrolières de plusieurs pays de la région et la fermeture du détroit d’Ormuz, passage maritime essentiel par lequel transitent habituellement près de 20 % des exportations mondiales d’hydrocarbures.

Cette perturbation des flux énergétiques a provoqué une flambée des cours du pétrole sur les marchés internationaux. Les effets se font désormais ressentir dans de nombreux pays importateurs d’énergie, notamment en Afrique, où la hausse des coûts du carburant exerce une pression supplémentaire sur les finances publiques, les entreprises et les ménages.

Au-delà du pétrole, le conflit a également affecté le marché mondial des engrais. Les difficultés d’approvisionnement et l’augmentation des prix de ces intrants essentiels à l’agriculture suscitent des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire de plusieurs États déjà confrontés à des vulnérabilités économiques structurelles.

Dès les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, organisées à la mi-avril, la directrice générale du Fonds, Kristalina Georgieva, avait indiqué que l’institution se tenait prête à intervenir rapidement pour soutenir les pays les plus touchés. À cette occasion, elle avait estimé que les besoins financiers pourraient atteindre entre 20 et 50 milliards de dollars, selon l’ampleur et la durée de la crise.

Pour le FMI, les premiers indicateurs économiques montrent déjà les effets du choc provoqué par la guerre. Julie Kozack a souligné que la hausse des prix des matières premières commence à apparaître dans les données macroéconomiques collectées par l’institution. Cette situation alimente les tensions inflationnistes dans plusieurs régions du monde et contribue à détériorer les perspectives économiques à court terme.

Le Fonds doit publier en juillet une mise à jour de ses prévisions économiques mondiales dans le cadre de son rapport annuel sur les perspectives de l’économie mondiale. Ce document intégrera les nouvelles estimations de croissance pour l’année en cours ainsi que pour 2027, en tenant compte des conséquences du conflit.

Si certains pays pourraient bénéficier indirectement de certains investissements technologiques ou de la hausse de certaines matières premières, le FMI prévient que les économies les plus fragiles risquent de subir les effets les plus lourds. L’institution se dit particulièrement préoccupée par la situation des pays vulnérables fortement dépendants des importations énergétiques, dont les marges budgétaires restent limitées face à l’envolée des coûts mondiaux.

Centenaire d’Abdoulaye Wade : Diomaye Faye célèbre la persévérance, le respect et l’engagement d’un bâtisseur

À l’occasion de la cérémonie officielle marquant le centenaire d’Abdoulaye Wade, organisée ce jeudi au Grand Théâtre National de Dakar, le président Bassirou Diomaye Faye a prononcé un discours empreint de gravité et d’admiration. Devant un parterre de personnalités politiques, diplomatiques, religieuses et culturelles, le chef de l’État a dressé le portrait d’un homme dont le parcours, selon lui, demeure une source d’inspiration pour les générations présentes et futures.

Dans son hommage, Bassirou Diomaye Faye a mis en lumière trois vertus cardinales qui, à ses yeux, résument la trajectoire exceptionnelle de l’ancien président de la République : la persévérance, le respect de l’adversaire et l’engagement au service de la nation et du continent africain.

Le président sénégalais a d’abord salué la persévérance qui a marqué toute la carrière politique d’Abdoulaye Wade. Il a rappelé que les grandes conquêtes ne s’obtiennent jamais dans la précipitation et que les causes les plus justes exigent souvent patience, endurance et détermination. Dans un monde où la réussite rapide est souvent présentée comme une norme, il a souligné que le parcours de Wade constitue un puissant contre-exemple.

Selon Bassirou Diomaye Faye, l’ancien chef de l’État a incarné l’image de l’homme capable de maintenir son cap malgré les épreuves, les déceptions et les abandons. Pendant des décennies, il a poursuivi son combat politique sans céder au découragement, alors même que nombre de ses compagnons de route renonçaient ou choisissaient d’autres chemins. Cette constance, a estimé le président, représente l’une des plus grandes leçons léguées par le doyen de la politique sénégalaise.

La deuxième vertu mise en avant est celle du respect de l’adversaire. Revenant sur les longues années d’opposition d’Abdoulaye Wade, Bassirou Diomaye Faye a évoqué les périodes de prison, les procès, les suspicions et les nombreuses épreuves traversées avant son accession au pouvoir. Toutefois, il a précisé que ce rappel historique n’avait pas pour objectif de raviver d’anciennes blessures, mais plutôt de mesurer le chemin parcouru par la démocratie sénégalaise.

Le chef de l’État a insisté sur le fait que derrière le combattant politique se trouvait un homme attaché à la courtoisie et au respect des convenances républicaines. Il a notamment rappelé un épisode symbolique au cours duquel Abdoulaye Wade s’était rendu auprès de la mère du président Abdou Diouf pour lui témoigner son respect en pleine campagne électorale. Pour Bassirou Diomaye Faye, ce geste illustre une conception noble de la compétition politique, où la conquête du pouvoir ne doit jamais se transformer en humiliation de l’adversaire.

Cette réflexion l’a conduit à revenir sur l’alternance historique de l’an 2000, qu’il considère comme l’un des moments les plus marquants de la démocratie sénégalaise. Il a rendu hommage à Abdou Diouf pour avoir reconnu sa défaite sans contestation et à Abdoulaye Wade pour avoir accueilli sa victoire sans esprit de revanche. Selon lui, ces deux figures, malgré leurs divergences profondes, ont démontré que l’intérêt supérieur de la nation pouvait prévaloir sur les rivalités partisanes.

Le président de la République a ainsi présenté cette transition politique comme un exemple de maturité démocratique, rappelant que le pouvoir avait changé de mains uniquement par l’expression souveraine du peuple. Il a souligné que cette transmission pacifique demeure l’une des plus belles pages de l’histoire nationale et une référence pour l’ensemble du continent.

Enfin, Bassirou Diomaye Faye a mis en exergue l’engagement constant d’Abdoulaye Wade en faveur du Sénégal et de l’Afrique. Il a retracé le parcours académique et intellectuel de l’ancien président, depuis ses études jusqu’à l’obtention de doctorats en droit et en économie, en passant par ses responsabilités universitaires et sa carrière d’avocat.

Pour le chef de l’État, cette brillante trajectoire n’a jamais été guidée par la seule ambition personnelle. Il a rappelé qu’en 1956 déjà, Abdoulaye Wade participait aux côtés de grandes figures intellectuelles africaines aux réflexions sur l’avenir du continent et sur la place des peuples noirs dans le monde. Cette implication précoce témoignait, selon lui, d’une conviction profonde : celle que l’Afrique devait produire ses propres idées, ses propres savoirs et sa propre vision du développement.

Bassirou Diomaye Faye a également insisté sur ce qu’il a présenté comme le fil conducteur de toute l’action politique d’Abdoulaye Wade : le refus du fatalisme et du misérabilisme. Il a souligné que l’ancien président n’a jamais accepté l’idée qu’un peuple confronté à des difficultés économiques soit condamné à limiter ses ambitions. Au contraire, il a toujours défendu une vision fondée sur l’investissement dans l’éducation, la formation et le potentiel créatif des Africains.

Évoquant les nombreuses initiatives menées dans le domaine éducatif, des structures destinées à la petite enfance jusqu’au développement de l’enseignement supérieur, le président a salué la conviction constante de son prédécesseur selon laquelle le savoir constitue la principale richesse d’une nation.

Centenaire d’Abdoulaye Wade : Diomaye Faye magnifie l’héritage d’un homme d’État et appelle à l’unité nationale

Dakar a vécu ce jeudi un moment chargé d’histoire et d’émotion à l’occasion de la célébration du centenaire de l’ancien président de la République, Abdoulaye Wade. En présence de nombreuses personnalités politiques, institutionnelles, diplomatiques et de membres de la famille de l’ancien chef de l’État, le président Bassirou Diomaye Faye a rendu un hommage appuyé à celui qui a marqué plusieurs décennies de la vie politique sénégalaise.

Dans une allocution empreinte de respect et de reconnaissance, le chef de l’État a salué le parcours exceptionnel de l’ancien président, mettant en avant sa longévité politique, sa persévérance dans le combat démocratique et son attachement constant au Sénégal.

Face à l’assistance réunie pour l’événement, Bassirou Diomaye Faye a présenté Abdoulaye Wade comme une figure majeure dont l’engagement continue d’inspirer les générations actuelles. Selon lui, l’ancien président a laissé un héritage politique fondé sur la patience, la résilience et la capacité à surmonter les épreuves sans renoncer à ses convictions.

Le président de la République a notamment insisté sur l’une des leçons qu’il considère comme les plus importantes du parcours de son prédécesseur : la distinction entre l’adversité politique et l’inimitié personnelle. « Vous nous avez appris que l’adversaire d’un jour n’est pas un ennemi et qu’il peut même devenir le partenaire du lendemain », a déclaré Bassirou Diomaye Faye, rappelant ainsi la nécessité de préserver le dialogue et l’ouverture dans l’action politique.

Cette référence a trouvé un écho particulier dans un contexte national où les débats politiques ont souvent été marqués par des confrontations parfois vives. À travers cet hommage, le chef de l’État a semblé adresser un message plus large à l’ensemble de la classe politique sénégalaise, en plaidant pour une culture du respect mutuel et du dépassement des divergences partisanes.

Poursuivant son intervention, Bassirou Diomaye Faye a souligné que la préservation de l’unité nationale devait demeurer une priorité absolue pour tous les acteurs politiques. Revenant sur l’héritage de l’ancien président, il a affirmé que celui-ci avait toujours placé l’intérêt supérieur du pays au-dessus des querelles et des rivalités. « Vous nous avez appris qu’aucune querelle, si vive soit-elle, ne mérite que l’on déchire le pays qui nous est commun », a-t-il déclaré.

Le président de la République a également mis en avant la capacité d’Abdoulaye Wade à conserver sa foi en l’avenir du Sénégal, même dans les périodes les plus difficiles de son parcours politique. Il a salué un homme qui, malgré les obstacles, les revers et les longues années passées dans l’opposition avant son accession au pouvoir, n’a jamais cessé de croire au destin de son pays.

Pour Bassirou Diomaye Faye, cette constance constitue l’un des enseignements majeurs transmis par l’ancien chef de l’État. Il a insisté sur l’importance de défendre ses convictions tout en évitant les dérives de la rancœur et de la haine. « On peut tenir bon sans se durcir et continuer d’aimer profondément un pays qui vous éprouve », a-t-il affirmé.

Au-delà de l’hommage rendu à l’occasion des cent ans d’Abdoulaye Wade, le discours du président de la République a ainsi pris une dimension politique et symbolique. À travers les valeurs incarnées par son prédécesseur, Bassirou Diomaye Faye a lancé un appel à l’apaisement, au dialogue et au rassemblement, invitant les Sénégalais à privilégier la cohésion nationale face aux défis de l’heure.

Crise au sommet de l’État : Ousmane Sonko accuse Bassirou Diomaye Faye de vouloir contourner et affaiblir PASTEF

La rupture entre le président de l’Assemblée nationale et leader de PASTEF, Ousmane Sonko, et le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, continue de se dévoiler au grand jour. Lors d’une déclaration particulièrement attendue ce mardi 2 juin, l’ancien Premier ministre a livré de nouvelles révélations sur les tensions qui ont marqué les dernières semaines de sa collaboration avec le chef de l’État et sur les circonstances ayant entouré la formation du nouveau gouvernement dirigé par Ahmadou Alamine Mohamed Lo.

Face à la presse et à ses militants, Ousmane Sonko a accusé Bassirou Diomaye Faye d’avoir tenté de contourner les structures dirigeantes de PASTEF lors des consultations destinées à former la nouvelle équipe gouvernementale. Selon lui, plusieurs ministres sortants et responsables du parti auraient été approchés individuellement par le président de la République, sans que les instances du mouvement ne soient associées au processus.

Pour le leader des Patriotes, cette démarche constitue une violation des principes de fonctionnement de son parti, qu’il décrit comme une organisation structurée et disciplinée. Il estime que toute discussion concernant la participation de membres de PASTEF à un gouvernement devrait nécessairement passer par les organes compétents du parti.

« Beaucoup de ministres sortants ont été appelés pour des consultations en vue de former un gouvernement. On ne peut pas appeler individuellement des membres de Pastef. Nous sommes un parti organisé avec des instances directrices », a déclaré Ousmane Sonko.

L’ancien Premier ministre va plus loin en affirmant que cette stratégie visait en réalité à fragiliser son parti. Selon lui, les démarches entreprises auprès de certains responsables avaient pour objectif de créer des divisions internes et d’affaiblir la cohésion de la formation politique qui a porté l’alternance de 2024.

« C’est une stratégie pour démanteler et affaiblir Pastef. C’est pourquoi il a essayé de négocier directement avec des membres du parti sans passer par ses instances », a-t-il soutenu.

Au cours de son intervention, Ousmane Sonko est également revenu sur ce qu’il présente comme un désaccord de fond concernant le leadership au sein de PASTEF. Il affirme qu’au cours d’une réunion avec le chef de l’État, ce dernier aurait revendiqué une représentativité politique importante au sein du parti.

Le président de PASTEF a répondu à cette affirmation de manière particulièrement directe. Selon son récit, il aurait mis au défi Bassirou Diomaye Faye de démontrer son poids politique en organisant seul un rassemblement populaire.

« Au cours d’une réunion, il a déclaré qu’il était le plus représentatif dans Pastef. Je lui ai répondu qu’il n’avait qu’à organiser un meeting sans Ousmane Sonko. S’il parvient à réunir cent personnes, on verra », a-t-il affirmé.

Poursuivant ses critiques, l’ancien chef du gouvernement a évoqué la commune de Ndiaganiao, considérée comme le fief politique du président de la République. Selon lui, même dans cette localité, Bassirou Diomaye Faye ne disposerait pas d’une base politique suffisante pour revendiquer un leadership autonome au sein du parti.

« À commencer par Ndiaganiao, sa propre commune qu’il ne peut pas gagner. Il n’a rien de représentatif à Pastef », a déclaré Ousmane Sonko.

Le leader des Patriotes a également révélé que plusieurs ministres sortants auraient conseillé au nouveau Premier ministre Ahmadou Alamine Lo de prendre attache avec les dirigeants de PASTEF avant toute consultation relative à la formation du gouvernement. Une recommandation qui, selon lui, n’aurait pas été suivie.

D’après ses explications, les responsables concernés auraient insisté sur la nécessité de dialoguer avec le président du parti afin d’éviter toute incompréhension ou contestation interne. Toutefois, il affirme que cette option a été écartée.

« Les ministres sortants ont dit à Al Aminou Lo que le président de la République devait passer par le président du parti Pastef. Il a refusé de s’entretenir avec moi ainsi qu’avec certains responsables que j’avais désignés », a-t-il déclaré.

Ousmane Sonko soutient avoir personnellement tenté de désamorcer la crise en appelant le chef de l’État pour lui demander de respecter les procédures internes du parti. Selon lui, Bassirou Diomaye Faye serait resté inflexible malgré ses sollicitations.

« Je l’ai appelé au téléphone pour lui demander de passer par Pastef afin de consulter les ministres sortants. Mais il est resté sur sa position », a expliqué le président de PASTEF.

L’ancien Premier ministre affirme également que plusieurs responsables du parti sollicités directement auraient refusé de participer aux discussions en l’absence d’une démarche officielle impliquant les instances dirigeantes du mouvement.

Enfin, Ousmane Sonko est revenu sur les derniers échanges qu’il a eus avec le président de la République avant l’officialisation de leur rupture politique. Il révèle qu’une médiation impliquant notamment le nouveau Premier ministre Ahmadou Alamine Lo et d’autres personnalités aurait permis l’organisation d’une rencontre au Palais de la République.

Selon son récit, Bassirou Diomaye Faye lui aurait adressé un message tard dans la soirée du lundi 1er juin afin de lui demander de se rendre au Palais. Ousmane Sonko affirme avoir décliné une rencontre immédiate tout en proposant un rendez-vous dès le lendemain matin.

« Finalement, nous nous sommes rencontrés après une médiation d’Al Aminou Lo et d’autres personnes. Il m’a envoyé un message tard dans la soirée pour me demander de passer au Palais. Je lui ai répondu que je ne pouvais pas venir immédiatement, mais que je serai là le lendemain à 8 heures », a-t-il raconté.

Ces nouvelles déclarations illustrent l’ampleur des divergences qui opposent désormais les deux principales figures de l’alternance politique de 2024. Elles confirment également que la crise dépasse largement la simple question de la composition du gouvernement et touche désormais aux rapports de force, au leadership politique et au contrôle de PASTEF, le parti qui a porté au pouvoir Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

Gouvernement Ahmadou Al Aminou Lo : Ousmane Sonko affirme que PASTEF ne compte « aucun ministre » et annonce des mesures internes

Le président de PASTEF-Les Patriotes et actuel président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a apporté de nouvelles précisions sur la position de son parti vis-à-vis du gouvernement dirigé par Ahmadou Alamine Mohamed Lo. Alors que plusieurs personnalités considérées comme proches de PASTEF figurent dans la nouvelle équipe gouvernementale, le leader politique a tenu à clarifier ce qu’il considère comme une confusion entretenue autour de la participation de son parti à l’Exécutif.

S’exprimant devant ses militants et sympathisants, Ousmane Sonko a été catégorique : selon lui, aucun membre du gouvernement actuellement en fonction ne représente officiellement PASTEF. Il a affirmé que les personnes nommées à des postes ministériels l’ont été à titre individuel et non en tant que représentants de la formation politique qu’il dirige.

Pour le président de PASTEF, la décision prise par les instances du parti de ne pas participer au nouveau gouvernement demeure entière et sans ambiguïté. Il estime que certaines interprétations ont cherché à laisser croire que le parti continuait d’exercer une influence directe au sein de l’équipe gouvernementale à travers certains de ses cadres historiques ou responsables politiques.

« Ils ont essayé de créer la confusion en affirmant qu’il y a des ministres de Pastef dans le gouvernement. Aucun membre de Pastef ne siège dans ce gouvernement pour le compte du parti. Ceux qui y sont participent à titre personnel et ne représentent pas Pastef », a déclaré Ousmane Sonko.

Le leader des Patriotes a également annoncé que la direction du parti examinerait la situation des responsables concernés conformément aux textes et aux procédures internes de l’organisation. Sans dévoiler les mesures qui pourraient être prises, il a indiqué que les instances compétentes du parti seraient chargées d’apprécier chaque situation.

« Le parti dispose de procédures. Pastef va traiter leur cas. Aujourd’hui, Pastef compte zéro ministre dans le gouvernement », a-t-il insisté, réaffirmant la ligne politique arrêtée par le Comité exécutif du parti.

Cette sortie intervient dans un contexte politique marqué par la rupture entre Ousmane Sonko et le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui a conduit au départ de l’ancien Premier ministre de la tête du gouvernement et à la nomination d’Ahmadou Alamine Mohamed Lo à la Primature.

Quelques minutes avant la publication officielle de la composition du gouvernement, PASTEF avait diffusé un communiqué annonçant qu’aucun de ses représentants ne participerait à la nouvelle équipe gouvernementale. Une déclaration qui avait suscité de nombreuses interrogations lorsque plusieurs personnalités identifiées comme proches du parti ont finalement été maintenues ou nommées à des fonctions ministérielles.

Parmi elles figure notamment Yankhoba Diémé, qui a quitté le portefeuille des Transports pour prendre la tête du ministère des Forces armées. De son côté, Moussa Bala Fofana a été reconduit à la tête du ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires.

Le même scénario concerne Alioune Dione, maintenu au ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, ainsi qu’Ibrahima Sy, qui conserve le portefeuille de la Santé et de l’Hygiène publique.

Par ailleurs, deux personnalités élues sous la bannière de PASTEF ont également fait leur entrée dans le gouvernement. Il s’agit de Marie-Angélique Mame Selbé Diouf, nommée ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, et d’Abdou Khadre Ndiaye, désigné ministre des Transports terrestres et aériens.

La déclaration d’Ousmane Sonko met ainsi en lumière les profondes divergences qui se sont installées entre la direction de PASTEF et la nouvelle configuration de l’Exécutif. En affirmant que les ministres concernés ne représentent pas le parti, le président de PASTEF cherche à tracer une frontière claire entre la ligne politique définie par les instances du mouvement et les choix individuels de certains de ses membres ou sympathisants.

Cette prise de position ouvre désormais une nouvelle séquence politique. Les décisions que pourraient prendre les organes dirigeants de PASTEF à l’égard des responsables concernés seront suivies avec attention, tant elles pourraient avoir des répercussions sur l’équilibre interne du parti et sur les relations déjà tendues entre les différentes composantes du pouvoir issues de l’alternance de 2024.

Rupture au sommet de l’État : Ousmane Sonko révèle les dessous de son départ de la Primature

L’ancien Premier ministre et président du parti PASTEF-Les Patriotes, Ousmane Sonko, est sorti de son silence pour livrer sa version des faits sur les circonstances qui ont conduit à son départ de la Primature. Lors d’une déclaration publique très attendue, l’actuel président de l’Assemblée nationale est revenu en détail sur les derniers échanges qu’il a eus avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, avant son limogeage du gouvernement.

Selon Ousmane Sonko, la rupture entre les deux hommes s’est matérialisée le vendredi 25 mai 2026, quelques heures après son intervention à l’Assemblée nationale. Il explique avoir été contacté directement par le chef de l’État qui souhaitait le rencontrer pour un entretien. Une rencontre qu’il décrit comme cordiale dans sa forme, mais décisive dans son contenu.

D’après le leader de PASTEF, le président Bassirou Diomaye Faye lui aurait expliqué que la poursuite de leur collaboration à la tête de l’Exécutif devenait particulièrement difficile. Selon lui, le chef de l’État estimait que certaines de ses déclarations prononcées à l’Assemblée nationale avaient suscité de nombreuses complications politiques et institutionnelles.

« Le président de la République m’a appelé pour me dire qu’il avait besoin de me voir. Lorsque nous nous sommes rencontrés, nous avons discuté comme d’habitude. À la fin de l’entretien, il m’a expliqué qu’il serait très compliqué de poursuivre notre collaboration », a déclaré Ousmane Sonko devant ses partisans.

L’ancien chef du gouvernement affirme toutefois que la question de son maintien à la Primature n’était pas nouvelle. Selon son récit, il aurait lui-même évoqué à plusieurs reprises, après les élections législatives, la possibilité de quitter ses fonctions gouvernementales si sa présence venait à constituer un obstacle à l’action du président de la République.

Il soutient avoir rencontré Bassirou Diomaye Faye à trois reprises sur cette question, en présence de témoins, et lui avoir systématiquement proposé de retourner à l’Assemblée nationale afin de permettre une réorganisation de l’Exécutif tout en préservant la cohésion de la majorité. Une proposition qui, selon lui, aurait été rejetée à chaque fois par le chef de l’État.

Au fil de son intervention, Ousmane Sonko a également laissé entendre que les tensions au sommet de l’État ne datent pas de ces derniers jours. Il affirme avoir observé depuis plusieurs semaines des signes annonciateurs de divergences de plus en plus profondes entre les différentes composantes du pouvoir. Ces signaux l’auraient conduit à solliciter plusieurs discussions avec le président afin d’éviter une crise ouverte.

L’ancien Premier ministre a notamment insisté sur ce qu’il considère comme une situation particulière dans l’organisation du pouvoir exécutif. Selon ses propos, son action à la Primature était fortement encadrée par la présidence de la République, ce qui aurait progressivement alimenté certaines incompréhensions sur le fonctionnement des institutions.

Ousmane Sonko affirme également avoir refusé d’endosser politiquement la rupture. Il soutient que lors de leur dernier entretien, le président de la République souhaitait qu’il fasse une déclaration publique laissant entendre que leur séparation s’était déroulée dans un climat parfaitement apaisé. Une démarche qu’il dit avoir rejetée.

Face à l’impasse, le président de PASTEF affirme avoir soumis deux options au chef de l’État : soit son retour à l’Assemblée nationale afin que la majorité désigne un nouveau Premier ministre, soit la poursuite des discussions dans l’espoir de trouver un compromis. À défaut d’accord, il estimait que la responsabilité de mettre fin à ses fonctions revenait exclusivement au président de la République.

Selon son témoignage, Bassirou Diomaye Faye lui aurait indiqué qu’il poursuivrait la réflexion après une visite prévue auprès de l’archevêque de Dakar dans le cadre des célébrations de la Pentecôte. Ousmane Sonko raconte avoir attendu un nouvel échange qui n’a finalement jamais eu lieu.

La décision présidentielle lui aurait été communiquée de manière inattendue en début de soirée. « Il m’avait dit qu’il me recontacterait à son retour pour poursuivre nos échanges. Finalement, à 20h35, il m’a envoyé un message pour m’annoncer la mesure qui me concernait. J’en ai pris acte », a-t-il expliqué.

Quelques minutes plus tard, l’ancien Premier ministre affirme avoir découvert l’officialisation de son départ à travers la déclaration du Secrétaire général de la Présidence de la République. Une annonce qui mettait définitivement fin à son passage à la tête du gouvernement après plus de deux années passées à la Primature.

Dans une note plus personnelle, Ousmane Sonko a indiqué qu’il avait immédiatement commencé à préparer son départ de la résidence officielle du Premier ministre pour regagner son domicile de la Cité Keur Gorgui. « Quinze minutes après, j’ai vu la déclaration du Secrétaire général. J’ai alors commencé à faire mes bagages pour retourner à la Cité Keur Gorgui, qui m’avait tant manqué », a-t-il déclaré.

Ces révélations interviennent dans un contexte politique particulièrement sensible marqué par la formation d’un nouveau gouvernement dirigé par Ahmadou Alamine Mohamed Lo et par la décision du PASTEF de ne pas participer à cette nouvelle équipe gouvernementale. Elles confirment également l’existence de divergences profondes entre les deux principales figures de l’alternance de 2024, même si les deux responsables continuent d’affirmer leur attachement à la stabilité des institutions et à la poursuite du projet politique porté devant les Sénégalais.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°745 – 02/06/2026

🔴 DIOMAYE 2 / UN GOUVERNEMENT MARQUÉ PAR LA DECISION DE PASTEF DE NE PAS Y PRENDRE PART : DIOMAYE – SONKO : APRÈS LE DIVORCE , LA GUERRE DES TRANCHÉES
🔴 ASSEMBLÉE NATIONALE – L’OPPOSITION SAISIT LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL POUR CONTESTER LA RÉINTÉGRATION DE L’ACTUEL PRÉSIDENT DE L’HÉMICYCLE : LE SIÈGE DE SONKO TREMBLE

🔴 TRIBUNAL DE PIKINE-GUÉDIAWAYE : AMA BALDÉ LIBRE APRÈS SON AUDIENCE

Gouvernement Ahmadou Al Aminou Lo : PASTEF annonce son retrait de l’exécutif après des désaccords avec le président Diomaye Faye

La recomposition du pouvoir au sommet de l’État sénégalais connaît un tournant majeur. Le parti Ousmane Sonko a annoncé qu’il ne participera pas au prochain gouvernement qui sera dirigé par Ahmadou Al Aminou Lo. La décision a été rendue publique par Ousmane Sonko lui-même à travers un message publié sur sa page Facebook, dans lequel il évoque des divergences persistantes avec le président Bassirou Diomaye Faye concernant l’organisation du pouvoir exécutif.

Cette annonce marque une nouvelle étape dans les relations entre les deux principales figures de l’alternance politique de 2024. Alors que les Sénégalais attendaient la formation du nouveau gouvernement après la nomination d’Ahmadou Al Aminou Lo à la Primature, le choix de PASTEF de rester en dehors de l’exécutif ouvre une séquence politique inédite.

Dans son message, Ousmane Sonko explique que plusieurs discussions ont été menées ces derniers jours entre les responsables du parti et le chef de l’État afin de trouver un terrain d’entente sur la composition de la future équipe gouvernementale. Ces échanges, précise-t-il, s’inscrivaient dans le cadre des orientations définies par le Comité exécutif de PASTEF ainsi que des engagements réaffirmés lors de son installation à la présidence de l’Assemblée nationale.

Le leader des Patriotes révèle avoir eu, ce dimanche, un long entretien avec Bassirou Diomaye Faye. Selon lui, cette rencontre a permis de constater l’existence de points de convergence sur certaines questions stratégiques. Toutefois, elle a également mis en lumière des divergences importantes portant notamment sur la place que devrait occuper la majorité politique dans le fonctionnement du nouvel exécutif.

Au cœur du désaccord figure la structuration du futur gouvernement. Ousmane Sonko affirme que son parti ne dispose d’aucune information sur l’architecture du dispositif exécutif qui est en cours de mise en place. Il estime que les discussions engagées n’ont pas permis d’obtenir les garanties ou les clarifications souhaitées par les instances de PASTEF.

Après cette rencontre avec le chef de l’État, une réunion de restitution a été organisée avec les organes dirigeants du parti. À l’issue de cette concertation interne, de nouvelles propositions auraient été transmises au président de la République. Selon Ousmane Sonko, ces propositions n’ont pas reçu de réponse favorable, conduisant finalement à la décision de retrait.

« En conséquence, PASTEF-Les Patriotes ne participera pas au prochain gouvernement et n’y sera représenté par aucun ministre », a déclaré le président du parti dans un message qui a rapidement suscité de nombreuses réactions sur la scène politique nationale.

Cette décision constitue un événement politique majeur dans la mesure où PASTEF est la formation politique qui a porté Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême et qui dispose d’une influence considérable au sein de la majorité parlementaire. Le choix du parti de ne pas intégrer le gouvernement pourrait redessiner les équilibres institutionnels et modifier les rapports entre l’exécutif et la majorité politique.

Malgré cette rupture sur la question gouvernementale, le ton employé par Ousmane Sonko demeure mesuré. Le président de l’Assemblée nationale n’a pas annoncé de rupture politique avec le chef de l’État et a même adressé ses vœux de réussite à la future équipe gouvernementale. « Nous souhaitons plein succès à la nouvelle équipe », a-t-il conclu.

Cette sortie intervient dans un contexte où plusieurs observateurs relevaient déjà l’existence de divergences stratégiques entre certaines composantes du pouvoir. Les débats autour de la répartition des responsabilités, de la conduite des réformes et de l’organisation institutionnelle avaient alimenté de nombreuses spéculations ces derniers mois.

L’annonce du retrait de PASTEF du gouvernement risque désormais d’alimenter davantage les interrogations sur l’avenir de la coalition au pouvoir et sur les relations entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Elle soulève également des questions sur la composition du futur gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lo et sur les forces politiques qui seront appelées à participer à la gestion des affaires publiques.

Alors que le président de l’Assemblée nationale promet de revenir prochainement avec davantage d’explications, cette décision ouvre une nouvelle page de la vie politique sénégalaise. Les prochains jours devraient permettre de mieux comprendre la nature des désaccords évoqués par Ousmane Sonko ainsi que leurs conséquences sur la stabilité et le fonctionnement de la majorité issue de l’alternance de 2024.

Révision constitutionnelle : le Conseil constitutionnel valide l’initiative présidentielle mais exige plusieurs corrections majeures

Le Conseil constitutionnel a rendu sa décision sur le projet de révision de la Constitution soumis par le président de la République le 5 mai 2026. Réuni le 13 mai sous la présidence par intérim de sa vice-présidente, Aminata Ly Ndiaye, l’organe de contrôle de la constitutionnalité a déclaré la demande d’avis recevable et jugé régulière l’initiative de révision engagée par le chef de l’État.

Toutefois, si l’essentiel du texte a été jugé conforme à la Constitution, les sages ont formulé plusieurs observations de fond et de forme, exigeant des modifications avant l’adoption définitive du projet.

L’une des principales innovations de cette réforme concerne la transformation du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle. Sur ce point, les juges estiment que la rédaction proposée n’est pas satisfaisante. Ils demandent que le changement de dénomination soit appliqué de manière uniforme dans l’ensemble du texte constitutionnel afin d’éviter toute ambiguïté juridique. Toutes les références au Conseil constitutionnel devront ainsi être remplacées par la dénomination de Cour constitutionnelle.

Le Conseil a également procédé à un examen minutieux du Préambule. Il a demandé une reformulation du passage relatif à l’intégration africaine afin de mettre davantage l’accent sur l’adhésion du Sénégal aux instruments communautaires et internationaux adoptés par l’Union africaine ainsi que par les autres organisations africaines d’intégration du continent.

Dans le même esprit, les sages ont souhaité revoir la formulation consacrée aux crimes internationaux. Ils estiment que le texte doit préciser le respect des principes d’imprescriptibilité des crimes internationaux et des violations graves du droit international humanitaire, tout en affirmant la compétence universelle des juridictions sénégalaises pour connaître de telles infractions.

Parmi les corrections de forme exigées figure également le remplacement du verbe « élever » par « éduquer » dans l’article 20 relatif aux droits et devoirs familiaux. Une suppression a aussi été demandée à l’article 36, où la référence à la proclamation définitive des résultats de l’élection a été jugée inutile.

Le Conseil a encore relevé plusieurs ajustements rédactionnels, notamment à l’article 42 concernant les conditions de résidence, à l’article 74 où une simple correction de ponctuation est requise, ainsi qu’à l’article 92 qui redéfinit les compétences de la future Cour constitutionnelle.

Sur ce dernier point, les juges ont souhaité une clarification importante. Ils demandent que la Cour constitutionnelle soit présentée comme « la plus haute juridiction », compétente en matière constitutionnelle, référendaire et électorale. Ils précisent également les actes dont elle pourra contrôler la constitutionnalité, notamment les ordonnances présidentielles ratifiées, les actes de l’Assemblée nationale pris en application d’une loi organique, les lois, les engagements internationaux avant leur ratification ainsi que la régularité de l’élection du bureau de l’Assemblée nationale.

Au fond, la décision comporte plusieurs réserves significatives. Le Conseil exige d’abord une réécriture du dernier tiret du Préambule afin de consacrer clairement les dispositions intangibles de la Constitution. Selon la formulation retenue par les juges, la forme républicaine de l’État, le mode d’élection du président de la République, la durée de son mandat ainsi que le nombre de mandats présidentiels consécutifs ne pourront jamais faire l’objet d’une révision constitutionnelle.

Autre point sensible, la mention « selon sa confession » figurant dans l’article 37 a été jugée contraire à l’esprit général de la Constitution. Le Conseil demande donc sa suppression pure et simple.

Les sages ont également censuré certaines dispositions du nouvel article 92. Ils ont ordonné la suppression de la référence aux conventions internationales dans l’un de ses alinéas ainsi que la suppression intégrale de son treizième alinéa, estimant que ces dispositions ne respectaient pas l’esprit de la Loi fondamentale.

En revanche, le Conseil constitutionnel a validé sans réserve un grand nombre d’articles modifiés, notamment les articles 1er, 4, 8, 9, 17, 18, 21, 25-1, 29, 30, 31, 34, 36, 39, 53, 54, 57, 58, 59, 61, 77, 80, 89 et 90 de la Constitution. Il a également estimé que les articles 3 et plusieurs autres dispositions de l’avant-projet ne soulevaient aucune difficulté de constitutionnalité.

Cette décision constitue une étape importante dans le processus de réforme institutionnelle engagé par les autorités. Elle ouvre la voie à l’adoption d’un texte profondément remanié, tout en fixant des limites précises destinées à préserver les principes fondamentaux de la Constitution sénégalaise, notamment l’intangibilité du régime républicain et l’encadrement strict des mandats présidentiels.

La décision a été rendue le 13 mai 2026 par Aminata Ly Ndiaye, présidente par intérim, assistée des membres Youssoupha Diaw Mbodj, Awa Dieye, Cheikh Ahmed Tidiane Coulibaly et Mouhamadou Bachirou Seye, avec le concours du chef du greffe, Maître El Hadji Macky Barro. Elle sera publiée au Journal officiel de la République du Sénégal.

Retour d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale : l’opposition saisit le Conseil constitutionnel

La bataille politique autour du statut institutionnel d’Ousmane Sonko connaît un nouveau rebondissement. Les députés de l’opposition ont officiellement déposé, ce lundi, un recours devant le Conseil constitutionnel afin de contester la réintégration de l’ancien Premier ministre au sein de l’Assemblée nationale. Cette initiative ouvre un nouveau front juridique et politique dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions au sommet de l’État.

Selon les auteurs du recours, le retour d’Ousmane Sonko sur les bancs de l’hémicycle soulève des interrogations sur le respect des dispositions constitutionnelles et réglementaires encadrant l’exercice du mandat parlementaire. Les députés contestataires estiment que la procédure ayant conduit à sa réinstallation comme député mérite un examen approfondi de la part de la juridiction constitutionnelle, seule habilitée à trancher les différends liés à l’interprétation de la Constitution.

Cette démarche intervient quelques jours après le remaniement institutionnel ayant conduit au départ d’Ousmane Sonko du gouvernement. À la suite de la perte de ses fonctions exécutives, l’ancien chef du gouvernement a retrouvé son siège de député, une situation que l’opposition juge contestable au regard de sa lecture des textes en vigueur. Les requérants soutiennent que plusieurs aspects de cette réintégration nécessitent une clarification juridique afin de garantir la sécurité institutionnelle et le respect des règles démocratiques.

Pour les responsables de l’opposition, l’enjeu dépasse le seul cas de l’ancien Premier ministre. Ils considèrent que la décision du Conseil constitutionnel pourrait faire jurisprudence et préciser les conditions dans lesquelles un membre du gouvernement, ayant quitté ses fonctions, peut ou non retrouver son mandat parlementaire. Ils affirment vouloir préserver l’équilibre des institutions et éviter toute interprétation susceptible de créer un précédent.

Du côté de la majorité, aucune réaction officielle détaillée n’avait encore été rendue publique au moment du dépôt du recours. Toutefois, plusieurs responsables proches du pouvoir estiment que le retour d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale s’inscrit dans le cadre normal des mécanismes prévus par les textes régissant les relations entre le gouvernement et le Parlement.

L’affaire devrait désormais être examinée par le Conseil constitutionnel, dont la décision est particulièrement attendue. Le verdict de la haute juridiction pourrait non seulement déterminer l’avenir parlementaire d’Ousmane Sonko, mais également apporter des éclaircissements sur une question institutionnelle majeure, au moment où le Sénégal traverse une phase importante de recomposition politique.

Aïssatou Diop Fall entendue par la Cybersécurité et remise en liberté après son audition

La journaliste et promotrice de la chaîne de télévision Public SN, Aïssatou Diop Fall, a quitté libre les locaux de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) à l’issue de son audition ce lundi. Convoquée dans le cadre d’une procédure déclenchée à la suite d’une autosaisine du procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, elle a été entendue sur des déclarations tenues récemment et considérées comme particulièrement graves par les autorités judiciaires.

Selon des informations recueillies auprès de sources proches du dossier, les enquêteurs ont interrogé la journaliste sur plusieurs propos visant le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Ces déclarations, largement relayées sur les réseaux sociaux et dans l’espace médiatique, avaient suscité de vives réactions et conduit le parquet à ouvrir une procédure afin d’en apprécier la portée et les éventuelles implications judiciaires.

Au cours de son audition, Aïssatou Diop Fall aurait reconnu le caractère inapproprié de certains de ses propos. D’après les mêmes sources, elle a exprimé des regrets devant les enquêteurs et présenté ses excuses concernant les déclarations à l’origine de sa convocation.

À l’issue de plusieurs heures d’échanges avec les éléments de la Division spéciale de cybersécurité, aucune mesure privative de liberté n’a été retenue contre elle. La journaliste a ainsi été autorisée à regagner son domicile en attendant les suites que le parquet pourrait éventuellement réserver à cette affaire.

Tabaski 2026 : les éleveurs tirent la sonnette d’alarme après une fête marquée par des milliers de moutons invendus

Au lendemain de la Tabaski 2026, l’heure est au constat et les premières évaluations dressent un tableau particulièrement préoccupant pour les acteurs de la filière de l’élevage. Malgré une offre abondante de moutons dans les différents marchés de la région de Thiès, les ventes n’ont pas atteint les niveaux espérés, laissant derrière elles des milliers de têtes de bétail invendues et des éleveurs confrontés à d’importantes pertes financières.

Le président de la Maison nationale des éleveurs du Sénégal, Ismaël Sow, a exprimé sa profonde inquiétude face à cette situation qu’il juge particulièrement préoccupante pour l’avenir du secteur. Selon lui, de nombreux vendeurs ont été contraints de repartir avec une partie importante de leurs troupeaux après la fête du sacrifice, faute d’avoir trouvé des acheteurs.

Cette année, les principaux marchés à bétail de la région de Thiès avaient pourtant enregistré des arrivages massifs de moutons en provenance de différentes localités du Sénégal et de plusieurs pays de la sous-région. Les foires de Séw-Khaye, Touba-Toul, Khombole et le marché du Champ des courses de Thiès ont connu une forte présence de vendeurs venus profiter de cette période traditionnellement considérée comme le moment le plus important de l’année pour le commerce du bétail.

Mais contrairement aux attentes, l’affluence observée dans ces différents sites ne s’est pas traduite par une hausse significative des ventes. De nombreux acheteurs se sont présentés sur les marchés pour comparer les prix et évaluer les offres disponibles, sans toutefois concrétiser leur achat. Les éleveurs attribuent cette situation à un décalage important entre le prix des moutons proposés et les capacités financières réelles des ménages.

Dans plusieurs marchés, les prix des animaux ont atteint des niveaux jugés excessifs par une partie de la population. Les moutons de race, particulièrement prisés à l’occasion de la Tabaski, ont été parmi les plus touchés par ce phénomène. Leur coût élevé a découragé de nombreux chefs de famille, déjà confrontés à un contexte économique difficile marqué par la hausse du coût de la vie.

À Séw-Khaye, considéré comme le plus grand foirail du Sénégal et l’un des principaux centres de commercialisation du bétail en Afrique de l’Ouest, les opérateurs s’attendaient à une campagne exceptionnelle en raison de l’abondance de l’offre. Pourtant, plusieurs jours après la fête, un nombre important de moutons demeuraient encore sur place ou avaient déjà été reconduits vers les localités d’origine de leurs propriétaires.

Le phénomène a également été observé à Touba-Toul, marché de référence pour les grandes fêtes religieuses, ainsi qu’à Khombole et dans plusieurs autres points de vente de la région. Partout, le constat reste le même : les ventes ont été inférieures aux prévisions et les pertes enregistrées par les éleveurs sont considérables.

Pour Ismaël Sow, cette situation reflète les difficultés structurelles auxquelles est confrontée la filière. Au-delà de la seule question des prix, il estime que le secteur souffre d’un manque d’accompagnement durable et de politiques publiques adaptées aux réalités des éleveurs. Les charges liées à l’alimentation du bétail, au transport, aux soins vétérinaires et à la logistique ont fortement augmenté ces dernières années, poussant les vendeurs à répercuter une partie de ces coûts sur les prix de vente.

Cependant, cette augmentation des prix intervient dans un contexte où le pouvoir d’achat des ménages continue de subir les effets de la hausse généralisée du coût de la vie. Pour de nombreuses familles, les dépenses liées à l’alimentation, au logement, à l’éducation ou encore à la santé ont considérablement réduit les marges financières disponibles pour l’achat du mouton de Tabaski.

Cette réalité est également soulignée par le député-maire de Ngoundiane, Mbaye Dione, qui constate que les difficultés économiques rencontrées par les populations ont lourdement pesé sur le marché du bétail cette année. Selon lui, l’abondance de l’offre n’a pas suffi à stimuler la demande en raison des contraintes financières auxquelles sont confrontés de nombreux ménages.

Face à l’ampleur des pertes enregistrées, plusieurs acteurs du secteur appellent désormais les autorités à prendre des mesures fortes. Parmi les revendications exprimées figure la création d’un département ministériel entièrement consacré à l’élevage. Les professionnels estiment qu’un ministre spécifiquement chargé de ce secteur pourrait mieux porter leurs préoccupations et mettre en œuvre des politiques adaptées aux enjeux de production, de commercialisation et de valorisation du cheptel national.

Pour les éleveurs, la Tabaski 2026 pourrait ainsi marquer un tournant dans la réflexion sur l’avenir de la filière. Si le Sénégal demeure l’un des principaux pays d’élevage de la sous-région, les difficultés rencontrées cette année mettent en évidence la nécessité d’une meilleure régulation du marché, d’un accompagnement accru des producteurs et d’une stratégie permettant de concilier rentabilité pour les éleveurs et accessibilité des prix pour les consommateurs.

Alors que les troupeaux prennent désormais le chemin du retour vers les différentes zones d’élevage du pays, les professionnels espèrent que les enseignements de cette campagne seront pris en compte afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise lors des prochaines fêtes religieuses. Pour beaucoup d’entre eux, la question dépasse désormais le simple cadre de la Tabaski et pose plus largement celle de la viabilité économique d’un secteur qui fait vivre des milliers de familles à travers le Sénégal.

Cédéao : le Sénégal mise sur le général Birame Diop pour diriger la Commission de 2026 à 2030

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans son engagement au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). À l’issue de la 68ᵉ session ordinaire de l’organisation sous-régionale, tenue récemment, le pays a été désigné pour assurer la présidence de la Commission de la Cédéao pour la période 2026-2030.

Dans cette perspective, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a décidé de porter la candidature du général d’armée aérienne (2S) Birame Diop à la tête de l’organe exécutif de l’institution. L’annonce a été faite ce dimanche à travers un communiqué du ministère de l’Intérieur et des Affaires étrangères, précisant que cette proposition sera soumise à l’approbation des chefs d’État et de gouvernement lors du prochain sommet de la Cédéao prévu en juillet 2026.

Selon les autorités sénégalaises, ce choix illustre la volonté de Dakar de mettre à la disposition de la communauté ouest-africaine une personnalité dotée d’une solide expérience dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance et de l’intégration régionale. Le gouvernement souligne notamment les qualités de leadership, d’intégrité et de commandement du candidat, ainsi que sa connaissance approfondie des défis auxquels la sous-région est confrontée.

Actuel ministre des Forces armées, Birame Diop dispose d’un parcours militaire particulièrement riche. Au cours de sa carrière, il a occupé plusieurs postes stratégiques au sein de l’appareil sécuritaire sénégalais. Il a notamment été chef d’état-major général des Armées, chef d’état-major particulier du président de la République et chef d’état-major de l’Armée de l’air. Ces différentes responsabilités lui ont permis d’acquérir une expertise reconnue dans la gestion des questions de défense, de stabilité et de coopération internationale.

Sa candidature intervient dans un contexte marqué par d’importants défis pour la Cédéao, confrontée ces dernières années à des crises sécuritaires persistantes, à des transitions politiques complexes dans certains États membres et aux enjeux liés à l’approfondissement de l’intégration économique régionale. Le futur président de la Commission aura ainsi la lourde responsabilité de contribuer au renforcement de la cohésion de l’organisation et à la mise en œuvre de ses priorités stratégiques.

Si sa candidature est validée par les dirigeants ouest-africains, Birame Diop succédera au diplomate gambien Omar Alieu Touray, qui dirige la Commission de la Cédéao depuis juillet 2022. Son accession à ce poste constituerait une nouvelle illustration de l’influence diplomatique du Sénégal au sein des instances régionales et de son rôle historique dans les mécanismes de coopération et de paix en Afrique de l’Ouest.

Ousmane Sonko promet une Assemblée « sans vendettas personnelles »

Pour son tout premier discours en tant que président de Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko a tenté d’afficher une posture d’apaisement tout en affirmant sa volonté de renforcer le rôle du Parlement dans le fonctionnement des institutions.

Face aux députés, le nouveau président de l’Assemblée nationale a assuré qu’il n’utiliserait pas l’institution parlementaire comme un outil de règlement de comptes politiques ou personnels.

« Je n’utiliserai pas cette assemblée pour nourrir des vendettas personnelles », a déclaré Ousmane Sonko, dans une volonté apparente de rassurer aussi bien l’opposition que les acteurs institutionnels.

Tout en rejetant toute logique de revanche, l’ancien Premier ministre a toutefois annoncé une Assemblée nationale beaucoup plus active dans le contrôle de l’action gouvernementale. Il a insisté sur les principes de transparence, de reddition des comptes et de défense de la souveraineté populaire, affirmant que le Parlement exercera pleinement ses prérogatives constitutionnelles.

Ce discours intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, quelques jours seulement après son limogeage de la Primature par le président Bassirou Diomaye Faye et son accession rapide au perchoir de l’Assemblée nationale.

Derrière le ton conciliant affiché, plusieurs observateurs y voient également un message politique adressé à l’exécutif. En affirmant que le Parlement jouera son rôle « sans complaisance », Ousmane Sonko semble vouloir marquer son indépendance et rappeler que l’Assemblée nationale entend désormais peser davantage dans l’équilibre des pouvoirs.

Sonko critique l’exécutif après son élection à la tête de l’Assemblée nationale

À peine installé à la présidence de Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko a adressé ses premières critiques à l’endroit de l’exécutif, révélant au grand jour les tensions persistantes au sommet du pouvoir.

Lors de sa prise de parole après son élection, l’ancien Premier ministre s’est montré particulièrement critique sur les conditions de formation du nouveau gouvernement dirigé par Al Aminou Lo. Selon lui, le parti Pastef n’aurait pas été suffisamment associé aux discussions ayant conduit à la mise en place de la nouvelle équipe gouvernementale.

« On ne peut pas faire du Pastef sans Pastef », a déclaré Ousmane Sonko, dans une phrase qui sonne comme un avertissement adressé à l’exécutif.

Cette sortie intervient seulement quelques heures après son élection à la tête du Parlement, et quelques jours après son limogeage du poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye. Elle confirme ainsi l’existence de profondes divergences entre les différentes composantes du pouvoir, malgré leur appartenance commune au projet politique porté par Pastef.

En affichant publiquement son désaccord dès son arrivée au perchoir, Ousmane Sonko semble vouloir réaffirmer son poids politique au sein de la majorité et rappeler que le parti reste, selon lui, un acteur incontournable dans les grandes décisions de l’État.

Cette nouvelle configuration institutionnelle ouvre désormais une période d’incertitude politique, avec un président de l’Assemblée nationale au ton offensif face à un exécutif en pleine recomposition. Les prochains jours permettront de mesurer l’ampleur réelle des tensions entre les deux pôles du pouvoir.

Réintégration de Ousmane Sonko : Bassirou Diomaye Faye saisit le Conseil constitutionnel

Le dossier de la réintégration de à l’Assemblée nationale connaît un nouveau rebondissement. Selon des informations relayées par la presse, le président de la République aurait discrètement saisi le Conseil constitutionnel afin d’obtenir un avis sur la légalité de la démarche entreprise par les députés de Pastef.

D’après les mêmes sources, le chef de l’État « ne fait pas de bruit, mais suit tout ce qui se passe ». Face à la volonté affichée par les parlementaires du parti Pastef de permettre le retour de leur leader à l’hémicycle, le président sénégalais n’aurait « pas voulu rester les bras croisés ».

Cette saisine des « sept sages » intervient alors qu’une séance plénière est convoquée ce mardi à l’Assemblée nationale pour examiner cette question sensible. Si la date exacte de la réunion du Conseil constitutionnel n’est pas encore connue, plusieurs observateurs estiment qu’un avis de l’institution pourrait être attendu avant l’ouverture des travaux parlementaires prévue ce matin.

Le climat politique reste particulièrement tendu autour de ce dossier. Pour rappel, le président de l’Assemblée nationale a présenté sa démission dimanche, soit deux jours après le limogeage de de la Primature.

Cette succession rapide d’événements alimente les spéculations sur les profondes divergences qui traverseraient actuellement les sphères du pouvoir. La décision du Conseil constitutionnel est désormais très attendue et pourrait avoir des conséquences majeures sur l’équilibre politique au sein de l’Assemblée nationale ainsi que sur les rapports entre l’exécutif et la majorité parlementaire.

Al Amine Lo nommé Premier ministre, trois jours après le départ d’Ousmane Sonko

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a nommé ce lundi Al Amine Lo au poste de Premier ministre, mettant ainsi fin aux spéculations qui entouraient la succession d’Ousmane Sonko. Cette désignation intervient seulement 72 heures après le limogeage du chef du gouvernement sortant et la dissolution de l’équipe gouvernementale.

M. Mouhamadou Al Amine Lo est nommé premier ministre du Sénégal…

Jusqu’à sa nomination, Al Amine Lo occupait les fonctions de Secrétaire général du gouvernement, un poste stratégique qui lui a permis de suivre de près l’ensemble des dossiers administratifs et institutionnels de l’État. Connu pour sa discrétion et sa maîtrise des rouages de l’administration publique, il accède désormais à la tête du gouvernement dans un contexte politique particulièrement sensible.

Cette nomination intervient à la suite d’un épisode politique majeur marqué par la fin de la collaboration entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko au sommet de l’Exécutif. Le départ de ce dernier, annoncé vendredi par décret présidentiel, avait provoqué une onde de choc dans le paysage politique sénégalais, tant les deux hommes avaient incarné ensemble l’alternance politique de mars 2024 sous la bannière de Pastef.

Depuis cette décision, les interrogations étaient nombreuses sur l’orientation que le chef de l’État entendait donner à la nouvelle phase de son mandat. En choisissant Al Amine Lo, Bassirou Diomaye Faye opte pour un profil davantage technocratique et institutionnel, loin des joutes politiques qui ont marqué les derniers mois de cohabitation au sein de l’Exécutif.

Le nouveau Premier ministre aura la lourde responsabilité de former une nouvelle équipe gouvernementale et de poursuivre la mise en œuvre des réformes engagées depuis l’arrivée au pouvoir du régime actuel. Il devra également faire face à plusieurs défis majeurs, notamment la situation économique du pays, les attentes sociales des populations, la question de la gouvernance publique ainsi que les réformes institutionnelles en cours.

Cette nomination ouvre ainsi une nouvelle séquence politique au Sénégal. Elle marque le début d’une recomposition au sommet de l’État après la rupture entre les deux figures centrales de l’alternance de 2024. Les prochains jours seront particulièrement scrutés, notamment avec l’annonce attendue de la composition du nouveau gouvernement et les premières orientations que donnera Al Amine Lo à son action à la Primature.

À travers ce choix, le président Bassirou Diomaye Faye semble vouloir assurer la continuité de l’État tout en imprimant une nouvelle dynamique à son quinquennat, dans un contexte où les attentes des Sénégalais restent fortes sur les plans économique, social et institutionnel.

Dialogue national : Diomaye Faye consulte d’anciens responsables de l’État sur les défis sécuritaires du Sénégal

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a reçu ce samedi plusieurs anciennes figures de l’appareil d’État dans le cadre des concertations autour du dialogue national et des grands défis auxquels le pays est confronté.

Le Chef de l’État s’est entretenu successivement avec Souleymane Ndéné Ndiaye, ancien Premier ministre, ainsi qu’avec trois anciens ministres de l’Intérieur : Mbaye Ndiaye, Aly Ngouille Ndiaye et Antoine Félix Diome.

Ces rencontres ont été l’occasion d’échanger sur plusieurs questions stratégiques liées à la gouvernance, à la stabilité institutionnelle et à la sécurité nationale. Selon les informations communiquées, les discussions ont porté sur les mutations actuelles des enjeux sécuritaires et sur les réponses adaptées aux nouveaux défis auxquels fait face le Sénégal.

Au-delà des questions classiques de sécurité intérieure, les échanges ont également abordé des problématiques contemporaines considérées comme essentielles pour la stabilité du pays. Parmi elles figurent notamment l’emploi des jeunes, l’exploitation des ressources pétrolières et gazières ainsi que la cybersécurité.

Ces thématiques, désormais au cœur des préoccupations des États modernes, sont perçues comme étroitement liées à la paix sociale, à la souveraineté économique et à la protection des institutions.

À travers cette série d’audiences, le président Bassirou Diomaye Faye semble vouloir privilégier une démarche inclusive en s’appuyant sur l’expérience d’anciens responsables ayant occupé des fonctions stratégiques dans la conduite des affaires de l’État.

Libération des supporters sénégalais : Diomaye Faye remercie Mohammed VI et salue la fraternité entre Dakar et Rabat

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a réagi à la décision du Mohammed VI d’accorder une Grâce Royale aux supporters sénégalais condamnés au Maroc à la suite d’incidents survenus durant la Coupe d’Afrique des Nations 2025-2026.

Dans un message publié sur sa page Facebook, le chef de l’État sénégalais a annoncé la libération prochaine des compatriotes détenus au Maroc grâce à cette décision royale prise à l’occasion de l’Aïd el-Kébir.

« Nos compatriotes retenus au Maroc à la suite des incidents survenus en marge de la Coupe d’Afrique des Nations sont libres. Ils retrouveront bientôt les leurs, par la Grâce Royale que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a bien voulu leur accorder à l’occasion de l’Aïd el-Kébir », a déclaré Bassirou Diomaye Faye.

Le président sénégalais a ensuite adressé ses remerciements au souverain marocain, saluant un geste marqué par « la clémence et l’humanité ».

« J’adresse à Sa Majesté mes remerciements les plus sincères pour cette décision empreinte de clémence et d’humanité. Le Sénégal et le Maroc cultivent une fraternité ancienne, que ce geste, une fois encore, vient honorer », a ajouté le chef de l’État, avant de souhaiter un « Aïd Moubarak » au Roi Mohammed VI ainsi qu’au peuple marocain.

Pour rappel, 18 supporters sénégalais avaient été arrêtés puis jugés par la justice marocaine après des incidents liés à des troubles à l’ordre public, des jets de projectiles et des dégradations d’équipements dans une enceinte sportive durant la compétition.

Les peines prononcées allaient de trois mois à un an de prison ferme : trois supporters avaient écopé de trois mois de détention, six autres de six mois, tandis que neuf avaient été condamnés à un an de prison. Ces condamnations avaient été confirmées en appel malgré les contestations formulées par la défense.

La Grâce Royale accordée par le Roi Mohammed VI est perçue comme un geste diplomatique fort, illustrant une nouvelle fois les relations historiques de coopération, d’amitié et de fraternité entre le Sénégal et le Maroc.

Grâce royale : Mohammed VI libère 15 supporters sénégalais détenus au Maroc

Mohammed VI a accordé une Grâce Royale à quinze supporters sénégalais détenus au Maroc, à la suite d’infractions commises durant la Coupe d’Afrique des Nations 2025-2026.

L’annonce a été faite à travers un communiqué officiel des autorités marocaines, précisant que cette décision du souverain intervient « pour des considérations humaines » à l’occasion de l’Aïd Al Adha.

Selon le communiqué, cette mesure exceptionnelle s’inscrit également dans le cadre des relations historiques et fraternelles entre le Sénégal et le Maroc. Les autorités marocaines ont rappelé que les deux pays entretiennent depuis plusieurs décennies des liens étroits de coopération, d’amitié et de solidarité.

Le document souligne que cette Grâce Royale traduit les valeurs de « clémence, bienveillance, générosité et esprit de tolérance » qui caractérisent le Royaume du Maroc. À travers ce geste, le Roi Mohammed VI réaffirme aussi sa volonté de consolider davantage les relations entre Rabat et Dakar.

Les quinze supporters sénégalais avaient été condamnés à la suite d’incidents survenus pendant les compétitions de la CAN organisées au Maroc entre le 21 décembre 2025 et le 18 janvier 2026. Aucune précision supplémentaire n’a été donnée sur la nature exacte des infractions commises.

Cette décision royale est largement perçue comme un geste diplomatique fort et un symbole de fraternité entre les peuples sénégalais et marocain, particulièrement à un moment marqué par les célébrations religieuses et les valeurs de pardon et de solidarité.

Sénégal : Le PM Ousmane Sonko limogé, le gouvernement dissous

Le Président Bassirou Diomaye Faye a mis fin, ce vendredi 22 mai 2026, aux fonctions du Premier Ministre Ousmane Sonko, entraînant de facto la dissolution de l’ensemble du gouvernement. La décision, formalisée par le décret n° 2026-128, marque un tournant majeur dans la vie politique sénégalaise.

Les membres du gouvernement sortant ont été instruits d’expédier les affaires courantes dans l’attente de la constitution d’une nouvelle équipe gouvernementale. Aucune indication n’a été donnée à ce stade sur le calendrier de nomination d’un nouveau Premier Ministre.

Cette rupture consomme officiellement les tensions qui opposaient depuis plusieurs mois le chef de l’État et son Premier Ministre, figures jadis alliées du mouvement Pastef, dont les divergences s’étaient progressivement étalées sur la scène publique.

Le président de la République a mis fin aux fonctions du Premier ministre, Ousmane Sonko…

Al Nassr sacré champion de la Saudi Pro League après une démonstration face à Damac

Al Nassr a conclu sa saison en apothéose en s’adjugeant le titre de champion de la Saudi Pro League au terme de la 34e et dernière journée. Porté par une attaque de gala et une maîtrise collective aboutie, le club saoudien a largement dominé Damac sur le score de 4-1, ce jeudi, validant ainsi une saison aboutie et historique.

Dans une rencontre décisive disputée sous forte pression, les hommes d’Al Nassr ont rapidement pris les commandes du match grâce à une intensité offensive constante. L’international sénégalais Sadio Mané a une nouvelle fois joué un rôle central dans l’animation offensive, apportant sa vitesse et sa justesse technique dans les phases de transition. À ses côtés, Cristiano Ronaldo a confirmé son statut de leader et de finisseur, inscrivant un doublé déterminant qui a fait basculer la rencontre en faveur de son équipe.

Le club saoudien Al Nassr a également pu compter sur l’apport de Kingsley Coman, précieux dans les phases offensives par ses percussions et sa capacité à déstabiliser la défense adverse. Cette complémentarité entre stars internationales a permis à Al Nassr de prendre progressivement l’ascendant sur une équipe de Damac souvent dépassée par le rythme imposé.

En face, Damac FC a tenté de résister mais a fini par céder face à la supériorité technique et physique de son adversaire. Malgré un but inscrit, les visiteurs n’ont jamais réellement été en mesure d’inquiéter durablement le futur champion.

Avec ce succès final, Al Nassr décroche son premier titre majeur en Arabie saoudite et marque un tournant dans son histoire récente. Ce sacre vient récompenser une saison régulière dominée dans le cadre de la Saudi Pro League, au cours de laquelle le club a su allier puissance offensive, expérience internationale et constance dans les résultats.

« Mamady Doumbouya, l’héritier des Pères fondateurs »

Au lendemain des indépendances en Afrique, le discours panafricaniste s’impose dans les foyers, les universités et les partis politiques. Les figures de proue se nomment Marcus Garvey, W. E. B. Du Bois, Kwame Nkrumah, Gamal Abdel Nasser, Ahmed Sékou Touré, etc. Ces Pères fondateurs ont bâti Organisation de l’unité africaine et œuvraient à la création d’un État fédéral africain.

J’en ajouterai:
Thomas Sankara!
Patrice LUMBUMBA!
Cheikh Anta Diop…

Totalement démarqué de ce panafricanisme galvaudé, le discours du président Mamady Doumbouya, prononcé au Kenya, à Nairobi, rappelle, par sa cohérence et son engagement, la pertinence et la noblesse du combat de ces Pères fondateurs.

S’exprimant lors de l’Africa Forward Summit à Nairobi, le président de la République, Mamady Doumbouya, a décliné les axes d’un panafricanisme compétitif. Il affirme à haute voix : « L’Afrique ne peut plus être un simple fournisseur de matières premières destinées à alimenter les industries du monde. La Guinée s’inscrit pleinement dans cette vision à travers le programme Simandou 2040, destiné à faire de la Guinée un acteur majeur de l’économie verte mondiale. »

En prenant cette décision, cet héritier des « Pères fondateurs » entend résoudre la crise de l’emploi pour la jeunesse guinéenne, qui sera formée afin de participer à la transformation des matières premières sur le sol national. Quel courage politique !

Pour lui encore : « Le minerai de fer de qualité de Simandou contribuera à produire un acier plus propre, indispensable aux infrastructures vertes, aux transports durables et aux technologies de la transition énergétique. »
Le président Doumbouya ajoute : « Mon pays est prêt à travailler avec tous les partenaires africains et internationaux pour bâtir une nouvelle génération de coopérations fondées sur le respect mutuel, la confiance et la co-construction. »

Par ces mots, il a séduit toute l’assistance et, au-delà, touché une jeunesse africaine connectée.

Comment ne pas aimer cet homme ?

Chers adversaires de Mamady Doumbouya, détestez-le si cette haine vous nourrit, mais soyez justes avec lui.

Cet homme est une chance pour la Guinée, une référence pour le continent africain.Mamady Doumbouya a organisé des élections démocratiques et transparentes, au terme desquelles il a été élu, alors qu’il aurait pu se contenter de faire comme certains dirigeants de la sous-région qui se sont octroyé, par décret présidentiel, des mandats de cinq ans. Doumbouya a préféré être franc et honnête avec son peuple, qui lui a délégué son pouvoir.

La Guinée n’a jamais été aussi bien gouvernée qu’aujourd’hui, selon ses partisans, depuis l’arrivée du président Doumbouya, sollicité par l’Alliance des États du Sahel, admiré par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, respecté par ses pairs de l’Union africaine et honoré par les Organisation des Nations unies.

Grâce à une gouvernance marquée par des succès sur les plans financier, économique et social, Doumbouya est en train de corriger les manquements de ses prédécesseurs.

Son humilité et sa bonne éducation l’empêchent de mettre excessivement en avant ses succès.
Face au monde, Doumbouya porte fièrement la voix de l’Afrique. Les lamentations, compréhensibles, de certains perdants à la solde d’acteurs politiques pusillanimes témoignent aujourd’hui de leur déception face à un homme demeuré imperturbable dans sa mission de répondre aux préoccupations du peuple guinéen.

Que les tirailleurs prennent du repos : le peuple de Guinée a signé un bail à durée indéterminée avec Mamady, dont le mérite dépasse largement celui de ses pourfendeurs en errance.

Doumbouya est une chance pour la Guinée. L’homme ne parle pas, il agit. Ses performances économiques ont été saluées par le Fonds monétaire international ainsi que par d’autres partenaires techniques et financiers qui considèrent le respect des droits humains, la défense des libertés, l’État de droit et la justice sociale comme des conditions essentielles.

Dans ce monde plein d’incertitudes, le peuple de Guinée peut compter sur ce digne héritier des « Pères fondateurs ». J’ai eu la chance d’en côtoyer certains, dont la vision panafricaine semble aujourd’hui perpétuée par Mamady Doumbouya.

Vive la Guinée nouvelle.
Vive le peuple de Guinée
Vive Mamady.
Me Robert BOURGI

« Propos mensongers » et « manque de loyauté inédit » : ce que l’AGEROUTE reproche à son ex-DRH

Cheikh Ahmeth Tidiane Thiam, directeur des ressources humaines de l’AGEROUTE, a été licencié pour faute lourde. Cette décision intervient peu après ses accusations publiques à l’encontre du directeur général, Moustapha Fall.

Dans un communiqué signé par le DG, il est reproché à l’ex-DRH d’avoir tenu des « propos mensongers ». Selon Moustapha Fall, ces actes « nuisent gravement » aux intérêts supérieurs de l’AGEROUTE et traduisent un « manque de loyauté inédit » à l’égard de la Direction générale.


Ci-dessous l’intégralité du texte. 

Monsieur le Directeur des Ressources Humaines,

Dans l’après-midi du 13 mai 2026, vous avez tenu un point de presse en direct largement diffusé dans les réseaux sociaux et les médias notamment Seneweb ayant pour sujet la gouvernance de l’AGEROUTE depuis ma nomination.

Au cours de votre sortie, vous avez tenu des propos mensongers à mon égard et divulgué des informations internes et confidentielles de l’AGEROUTE au grand public.
Vous avez également évoqué des faits relatifs à des choix stratégiques propres à mon arrivée dans l’Agence et tenté de créer un malaise entre la Direction Générale et ses collaborateurs.

Ce point de presse aux relents  politiques a porté gravement atteinte à l’image et au crédit de l’institution, créant ainsi un malaise en interne et vis à vis de nos différents partenaires.
Ces faits sont constitutifs de fautes lourdes parce qu’il s’agit d’actes de défiance et d’insubordination manifeste et intolérables eu égard au poste que vous occupez, à savoir l’encadrement du personnel.

Par ailleurs, ces actes nuisent gravement aux intérêts supérieurs de l’AGEROUTE et traduisent un manque de loyauté inédit à l’égard de la Direction Générale.

Pour toutes ces raisons évoquées, je vous notifie par la présente, votre licenciement pour fautes lourdes avec effet immédiat entrainant toutes les conséquences de droit.

Votre solde de tout compte, incluant le reliquat de salaire dû jusqu’à ce jour et le paiement des congés payés non pris (hors indemnités supprimées pour faute lourde), sera tenu à votre disposition au service comptable après inventaire des effets de service.

Vous êtes tenu de restituer sans délai l’ensemble des biens de l’AGEROUTE en votre possession: véhicule, ordinateur portable, téléphone, badges d’accès, documents confidentiels et tout matériel bureautique et/ou informatique en présence d’un huissier et d’un représentant de l’AGEROUTE dès le lundi 18 mai 2026.

A
Monsieur Cheikh Ameth Tidiane THIAM
Directeur des Ressources Humaines AGEROUTE 

Dakar : le gouverneur interdit l’occupation anarchique sous les autoponts et échangeurs

Le gouverneur de la région de Dakar, Ousmane Kane, a décidé de durcir le ton face à l’occupation irrégulière des espaces situés sous les autoponts, échangeurs et autres ouvrages publics de la capitale. Dans un communiqué rendu public ce vendredi 15 mai, l’autorité administrative annonce une série de mesures visant à mettre fin à ce qu’elle qualifie d’occupation anarchique du domaine public.

Selon le gouverneur, les services administratifs ont constaté ces derniers mois une recrudescence de la présence irrégulière de personnes et d’installations dans plusieurs zones de la région de Dakar. Cette situation concerne notamment les espaces aménagés sous les autoponts et échangeurs, devenus progressivement des lieux d’occupation informelle.

Le communiqué évoque plusieurs formes d’occupation jugées problématiques par les autorités. Il s’agit notamment de l’installation d’abris de fortune, de l’exercice d’activités commerciales non autorisées, du stationnement désordonné de motos, de charrettes et de divers matériels, mais aussi de l’utilisation de ces lieux comme espaces d’hébergement nocturne.

Pour Ousmane Kane, ces pratiques représentent une menace sérieuse pour l’ordre public et la sécurité collective. L’autorité administrative estime qu’elles portent atteinte à la salubrité publique, favorisent l’insécurité et risquent également d’endommager les infrastructures routières concernées.

Le gouverneur souligne également que ces occupations irrégulières constituent un facteur de vulnérabilité sécuritaire, dans un contexte où les ouvrages publics jouent un rôle stratégique dans la circulation et la mobilité urbaine dans la capitale. Selon lui, ces installations entravent parfois la libre circulation et compliquent certaines opérations de surveillance ou d’intervention des services de sécurité.

Face à cette situation, le gouverneur de Dakar rappelle désormais l’interdiction formelle d’élire domicile ou de passer la nuit sous les autoponts, échangeurs et autres infrastructures publiques. Il interdit également l’implantation d’abris de fortune, l’exercice d’activités commerciales ou de gardiennage non autorisées ainsi que le stationnement anarchique de motos, véhicules, charrettes ou équipements divers dans ces espaces.

Dans son communiqué, Ousmane Kane annonce que les services compétents de l’État seront mobilisés pour faire appliquer ces mesures. Les Forces de défense et de sécurité, en collaboration avec les collectivités territoriales et les services techniques concernés, mèneront des opérations de contrôle et de libération systématique des espaces occupés de manière irrégulière.

Cette décision s’inscrit dans une volonté plus large des autorités de renforcer l’ordre public, d’améliorer le cadre de vie urbain et de préserver les infrastructures publiques dans une capitale confrontée à une forte pression démographique et à une occupation souvent désorganisée de l’espace public.

En conclusion, le gouverneur appelle les populations au respect strict des règles encadrant l’occupation du domaine public. Il invite également les citoyens à faire preuve de civisme, de responsabilité et de vigilance afin de contribuer à la préservation de la sécurité collective, de la salubrité publique et de l’intégrité des infrastructures routières de la région de Dakar.

Dette extérieure : Ndongo Samba Sylla alerte sur une trajectoire « insoutenable » pour le Sénégal

L’économiste sénégalais Ndongo Samba Sylla estime que le débat actuel autour des supposées « dettes cachées » contractées sous le régime de Macky Sall ne doit pas masquer ce qu’il considère comme le véritable danger économique pour le Sénégal : l’explosion continue de la dette extérieure publique et privée en monnaie étrangère.

Intervenant lors d’une rencontre d’experts organisée par le réseau IDEAS-Africa Network, l’économiste a dressé un constat particulièrement alarmant sur l’évolution de l’endettement sénégalais au cours des deux dernières décennies.

Selon lui, les « dettes cachées » souvent évoquées dans le débat public ne constituent qu’une partie limitée d’un problème beaucoup plus large. « Les dettes cachées ne sont pas l’arbre qui cache la forêt », a-t-il déclaré devant les participants.

Ndongo Samba Sylla affirme distinguer trois niveaux de crise dans le cas sénégalais. Le premier concerne les dettes cachées et les éventuelles irrégularités juridiques ou institutionnelles liées à certains emprunts contractés sous l’ancien régime. Le deuxième, qu’il juge beaucoup plus grave, est celui d’une dette extérieure devenue structurellement insoutenable. Enfin, le troisième niveau touche au fonctionnement du système de paiement international, qu’il considère défavorable aux pays déficitaires comme le Sénégal.

L’économiste estime que la dynamique d’endettement du pays s’est progressivement aggravée au fil des années. Selon ses chiffres, le stock de dette publique extérieure du Sénégal aurait été multiplié par onze entre 2006 et 2023.

Il souligne également que l’endettement du secteur privé en devises suit la même tendance haussière. À ses yeux, cette dépendance croissante à l’endettement extérieur expose fortement l’économie sénégalaise aux risques de change et aux tensions sur les marchés financiers internationaux.

Ndongo Samba Sylla rappelle qu’après les annulations de dette intervenues dans les années 2000, les ratios d’endettement avaient temporairement baissé avant de repartir fortement à la hausse. D’après lui, la dette publique extérieure représenterait aujourd’hui environ 80 % du revenu national brut, tandis que l’ensemble de la dette extérieure du Sénégal atteindrait près de 130 %.

L’économiste critique également la logique ayant guidé plusieurs grands projets financés par emprunts extérieurs durant les dernières années. Selon lui, de nombreux investissements ont été financés en dollars ou en devises étrangères alors qu’ils ne génèrent pas directement de recettes en devises.

Il cite notamment des infrastructures comme le Train Express Régional ou le Bus Rapid Transit Dakar, qui produisent essentiellement des revenus en francs CFA alors que leur remboursement doit être effectué en monnaie étrangère.

Pour Ndongo Samba Sylla, cette situation fragilise durablement les équilibres financiers du pays. Il considère que la capacité réelle d’un État à supporter une dette extérieure dépend moins de son taux de croissance économique que de sa capacité à générer des recettes d’exportation et des réserves en devises.

L’économiste avance également des projections qu’il juge préoccupantes concernant les échéances futures. Selon lui, entre 2024 et 2026, le Sénégal devrait rembourser environ 9,5 milliards de dollars au titre de sa dette extérieure, soit davantage que sur l’ensemble des douze années du régime Macky Sall où le service de la dette extérieure aurait représenté 7,3 milliards de dollars.

Il estime par ailleurs que si aucune nouvelle dette n’était contractée durant le mandat du président Bassirou Diomaye Faye, le pays devrait malgré tout rembourser près de 15 milliards de dollars au cours des prochaines années.

Face à cette situation, Ndongo Samba Sylla appelle à distinguer clairement les enjeux juridiques liés aux dettes cachées des enjeux macroéconomiques liés à la soutenabilité globale de la dette extérieure.

Il plaide pour l’organisation d’un audit citoyen de la dette sénégalaise afin d’évaluer précisément les conditions dans lesquelles certains emprunts ont été contractés ainsi que leur impact réel sur l’économie nationale.

L’économiste demande également l’ouverture d’une enquête interne au sein du Fonds monétaire international (FMI) concernant les programmes d’endettement validés entre 2011 et 2023. Selon lui, les institutions financières internationales ont accompagné et cautionné des politiques d’endettement aujourd’hui jugées excessives et potentiellement dangereuses pour la stabilité financière du Sénégal.

Dette africaine : Ndongo Samba Sylla critique l’endettement en devises et plaide pour une monnaie nationale dans les pays CFA

L’économiste sénégalais Ndongo Samba Sylla a livré une analyse critique des mécanismes de la dette africaine lors d’une rencontre d’experts organisée à Dakar par le réseau IDEAS-Africa Network. Selon lui, les crises de dette qui frappent de nombreux pays africains ne s’expliquent pas principalement par un excès d’endettement, mais par une perte de contrôle sur les ressources financières et les devises générées par leurs économies.

Le Directeur Afrique de l’IDEAS a estimé que le débat sur la dette africaine est souvent abordé sous un angle erroné. D’après lui, plusieurs pays africains à revenus faibles ou intermédiaires disposent en réalité d’un niveau d’endettement relativement limité lorsqu’il est comparé à celui des grandes puissances économiques.

« Pour 129 pays, leur dette extérieure totale est inférieure à la seule dette fédérale de l’Allemagne », a-t-il expliqué, estimant que les États africains ne sont pas nécessairement « surendettés » au sens absolu du terme.

Ndongo Samba Sylla considère que le véritable problème réside surtout dans la nature de cette dette, contractée en monnaie étrangère. Selon lui, cette dépendance expose les économies africaines à des risques majeurs liés aux taux d’intérêt, aux fluctuations monétaires et aux difficultés de refinancement.

L’économiste souligne que les pays développés bénéficient d’un avantage déterminant : ils s’endettent principalement dans leur propre monnaie. Cette situation leur offre une plus grande marge de manœuvre budgétaire et monétaire.

Pour illustrer son propos, il cite le cas du Japon, dont la dette dépasse largement 200 % du PIB sans pour autant provoquer de défaut de paiement. À l’inverse, certains pays du Sud ont connu des crises de solvabilité avec des niveaux de dette beaucoup plus faibles.

Selon lui, les indicateurs classiques de dette rapportée au PIB ne permettent donc pas de comprendre réellement la vulnérabilité financière des pays africains.

Mais au-delà de la question monétaire, Ndongo Samba Sylla pointe également le rôle du système financier international et des multinationales dans les déséquilibres économiques du continent.

D’après lui, plusieurs pays africains disposent de ressources suffisantes pour faire face à leurs engagements financiers, mais ces ressources échappent en grande partie au contrôle des États. Il accuse les multinationales de rapatrier massivement les devises issues des exportations africaines sous forme de profits, de dividendes ou de flux financiers illicites.

L’économiste prend l’exemple du Ghana où, entre 2000 et 2020, les multinationales auraient rapatrié environ 18 milliards de dollars de profits et dividendes, soit davantage que les 16 milliards de dollars consacrés au service de la dette extérieure publique sur la même période.

Selon lui, si ces ressources restaient sous contrôle national, les États africains auraient beaucoup moins recours à des emprunts extérieurs coûteux.

Le cas de la Zambie est également cité comme illustration des failles du système actuel. Ndongo Samba Sylla rappelle que le pays avait fait défaut en 2020 sur un paiement d’environ 40 millions de dollars, alors même que des milliards de dollars issus des exportations de cuivre échappaient au circuit officiel de rapatriement.

À l’inverse, il met en avant des pays comme le Botswana ou la Libye qui, selon lui, ont pu limiter leur dépendance à l’endettement extérieur grâce à un meilleur contrôle de leurs ressources naturelles stratégiques.

Face à ces constats, l’économiste plaide pour une réforme profonde du système de paiement international afin de permettre aux pays africains de mieux contrôler les devises générées par leurs exportations.

Concernant les États de la zone CFA, Ndongo Samba Sylla défend également la mise en place de monnaies nationales émises par des banques centrales souveraines. Selon lui, cette réforme permettrait notamment au Sénégal de récupérer une partie importante des ressources actuellement perdues à travers les déficits extérieurs et les sorties de capitaux.

Il estime qu’une telle transformation réduirait considérablement le besoin d’austérité budgétaire souvent imposé aux pays africains dans le cadre des programmes de stabilisation économique.

Pour l’économiste, les politiques d’austérité appliquées dans plusieurs pays du continent ne sont pas seulement socialement coûteuses, elles sont également inutiles si des réformes structurelles permettent de restaurer la souveraineté monétaire et le contrôle des ressources financières nationales.

Finances et croissance : Abdourahmane Sarr échange avec la Banque mondiale sur les défis macroéconomiques du Sénégal

Le gouvernement sénégalais poursuit ses discussions avec les grandes institutions financières internationales dans un contexte marqué par les défis budgétaires et les ambitions de transformation économique du pays. Ce mardi 12 mai 2026, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a reçu une délégation de la Banque mondiale pour une séance de travail consacrée à la situation macroéconomique, budgétaire et financière du Sénégal.

Cette rencontre intervient alors que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’entretenait au même moment avec la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, dans le cadre des consultations engagées avec les partenaires financiers internationaux.

Selon une note publiée par le ministère de l’Économie, les échanges avec la Banque mondiale ont porté sur plusieurs questions stratégiques liées aux perspectives de croissance du Sénégal, à la stabilité des finances publiques ainsi qu’aux besoins de financement de l’économie nationale dans un environnement international jugé particulièrement contraint.

Le ministre Abdourahmane Sarr a mis en avant l’importance du partenariat entre le Sénégal et la Banque mondiale, notamment pour soutenir les secteurs considérés comme prioritaires par les nouvelles autorités. Il a insisté sur la nécessité de mobiliser davantage de financements en faveur des projets à fort impact économique et social, dans un contexte où le gouvernement affiche sa volonté d’accélérer les réformes structurelles et de renforcer la souveraineté économique du pays.

Les discussions ont également porté sur les mécanismes permettant d’améliorer la résilience économique du Sénégal face aux chocs extérieurs. Les autorités sénégalaises cherchent notamment à consolider les équilibres macroéconomiques tout en poursuivant les investissements dans les infrastructures, l’emploi, l’agriculture, l’énergie et les politiques sociales.

La délégation de la Banque mondiale était conduite par Seynabou Sakho, qui a salué les efforts entrepris par les autorités sénégalaises pour renforcer la gouvernance économique et améliorer le cadre des politiques publiques.

Selon le ministère, la Banque mondiale a réaffirmé sa disponibilité à accompagner le Sénégal à travers différents instruments de financement et d’assistance technique. Cette coopération devrait notamment soutenir les projets de développement liés à la transformation économique, à la réduction de la pauvreté et au renforcement de la croissance inclusive.

Cette séquence diplomatique et économique intervient dans un contexte où le Sénégal cherche à rassurer ses partenaires financiers internationaux après plusieurs mois marqués par des débats autour de la dette publique, des équilibres budgétaires et des réformes économiques engagées par les nouvelles autorités.

Le gouvernement sénégalais multiplie ainsi les échanges avec les institutions financières internationales afin de consolider les partenariats existants et d’attirer de nouveaux financements destinés à accompagner les priorités du Plan national de transformation économique et sociale.

Sommet Africa Forward : Bassirou Diomaye Faye plaide pour une économie bleue durable face à la pêche illicite et à la surpêche

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a placé les enjeux de l’économie bleue et de la justice climatique au cœur de son intervention lors du Sommet Africa Forward. Le chef de l’État sénégalais a co-présidé, aux côtés du Premier ministre de Maurice, une table ronde de haut niveau consacrée aux défis et opportunités liés à l’exploitation durable des ressources marines et fluviales en Afrique.

Devant plusieurs dirigeants africains, experts internationaux et partenaires économiques, Bassirou Diomaye Faye a rappelé ce qu’il considère comme une profonde injustice climatique : l’Afrique demeure le continent qui pollue le moins, mais elle reste l’une des régions du monde les plus exposées aux conséquences du dérèglement climatique.

Dans son discours, le président sénégalais a insisté sur la nécessité de concilier protection de l’environnement et développement économique. Selon lui, les populations africaines ne doivent pas être contraintes de choisir entre la préservation des écosystèmes et leur droit légitime au progrès social et à la prospérité.

Le chef de l’État a présenté la vision sénégalaise de l’économie bleue comme un modèle articulé autour de trois dimensions complémentaires : la protection des ressources naturelles, la création de richesses et le partage équitable des revenus issus de l’exploitation des ressources marines et fluviales.

Face à la dégradation des écosystèmes marins, à la pression croissante sur les ressources halieutiques et aux effets du changement climatique, Bassirou Diomaye Faye a notamment alerté sur les dangers de la surpêche et de la pêche illicite qui fragilisent de nombreuses communautés côtières au Sénégal et dans plusieurs pays africains.

Selon lui, ces phénomènes menacent directement les moyens de subsistance de milliers de pêcheurs artisanaux, tout en accentuant la pauvreté et la vulnérabilité économique dans les zones littorales.

Pour répondre à ces défis, le président sénégalais a mis en avant plusieurs réformes structurelles engagées par les autorités. Il a cité la modernisation du secteur de la pêche, le développement de l’aquaculture ainsi que la promotion de nouvelles politiques destinées à mieux préserver les ressources halieutiques.

Bassirou Diomaye Faye a également évoqué les réformes foncières et la structuration de coopératives agricoles destinées à améliorer les conditions de production et la résilience des communautés rurales face aux changements climatiques.

Le chef de l’État a insisté sur l’importance des dispositifs modernes de conservation post-récolte afin de réduire les pertes économiques dans les filières agricoles et halieutiques. Il a aussi mis en avant le développement du tourisme vert comme levier de croissance durable et de valorisation des écosystèmes naturels.

Selon le président sénégalais, l’ensemble de ces politiques vise à créer des emplois durables, générer des revenus pour les populations et renforcer la souveraineté économique du pays tout en préservant les équilibres environnementaux.

Dans la dernière partie de son intervention, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé la ligne diplomatique que le Sénégal cherche désormais à défendre sur les questions climatiques et de développement : faire de la protection de la planète et de la transformation économique de l’Afrique deux objectifs complémentaires et non opposés.

Pour le chef de l’État, le développement du continent africain ne peut être sacrifié au nom des impératifs environnementaux mondiaux, tout comme la croissance économique ne peut plus se construire au détriment des ressources naturelles et des générations futures.

AFFAIRE SAMUEL SARR/CHEIKH AMAR : Ces éléments nouveaux qui blanchissent totalement Samuel SARR

Depuis la tenue de l’audience dans l’affaire opposant Samuel SARR et Cheikh AMAR, un lynchage médiatique est déroulé contre l’ancien ministre d’Etat. Cherchent-ils à mettre la pression sur la justice ?

Il s’agit vraisemblablement d’une mise en scène théâtrale dans laquelle, Monsieur Cheikh AMAR a inversé les rôles, comme l’a si bien révélé les PV d’enquête de la gendarmerie. L’on se demande d’ailleurs pourquoi le substitut du procureur n’a pas voulu tenir compte de ce détail flagrant.

En vérité, au vu des éléments factuels qui sont à notre disposition, cette affaire relève d’une farce.  Il parait que, même Me Abdoulaye WADE est étonné d’apprendre que Cheikh AMAR réclame de l’argent à Samuel SARR dont il avait donné un mandat écrit avec un mail à l’appui comme preuve versée dans le dossier.

Il faut rappeler que lors de l’enquête, les preuves documentées fournies par Monsieur Sarr n’ont jamais mis en doute, la sincérité de ses déclarations. Voilà pourquoi, dans la plainte qu’il a déposée le 12 Avril 2022 contre Cheikh AMAR, Monsieur Samuel SARR parle de «tentative d’extorsion de fonds» avec faux en écriture.

Pour rappel, le 25 Novembre 2021, après avoir répondu à toutes les questions des enquêteurs, Samuel  Sarr leur avait remis 09 documents scellés.

Dans le PV d’enquête numéro 265 on peut lire :  «Il ressort des constatations et auditions que le créancier dans cette affaire n’est pas Papa Cheikh Amadou AMAR (voir annexe 01) :

que Monsieur Samuel Amete SARR a été mandaté  par Maître Abdoulaye WADE pour recouvrer sa créance et non pour demander de l’aide (voir annexe 02),

-que monsieur Amar a reconnu sa créance et proposé un moratoire compte tenu de ses difficultés financières (voir annexe 03),

-que des traites de garantie ont été déposées puis apurées  par monsieur AMAR (voir annexe 04),

-que toutes les sommes payées par monsieur AMAR ont fait l’objet de reçus et portées à la connaissance du créancier (voir annexe 5),

-que l’utilisation selon les consignes du créancier de chaque montant payé par monsieur AMAR a fait l’objet d’un tableau récapitulatif (voir annexe 06),

-que la créance reliquataire poursuivie par l’avocat du PDG de TSE tient compte des sommes remboursées par monsieur AMAR et reconnues par le créancier (voir annexe 07),

-que l’avocat de maître Abdoulaye WADE avait déposé une requête aux fins d’inscription d’hypothèque conservatoire en date du 02 Janvier 2019.

Cette requête introduite par l’avocat du créancier Abdoulaye WADE et mandataire de Samuel SARR démontre que la créance poursuivie est de 5,9 milliards, c’est-à-dire, la créance intégrale de 7,9 milliards moins les sommes payées par Cheikh AMAR qui s’élèvent à 2 milliards et qui ont été contradictoirement constatés par le créancier et son avocat (voir annexe 08).

Enfin le jugement numéro 660/19 du 08/05/2019 prononcé par le tribunal du commerce consécutivement à la décision de désistement initiée par le créancier contre Cheikh AMAR montre à suffisance que la somme de 02 milliards remboursée par monsieur Cheikh AMAR a bien été reçue par le créancier qui ne poursuivait son débiteur que sur le reliquat de 05 milliards. Pour preuve, le désistement porte d’ailleurs sur la somme de 5,9 milliards et non 7,9 milliards (voir annexe 09).

En définitive, de l’enquête effectuée, il apparait que monsieur Samuel Amete SARR, a bien été mandaté par maitre Abdoulaye WADE pour recouvrer sa créance de 7,9 milliards auprès de Papa Cheikh Amadou AMAR, mandat qu’il a appliqué en recouvrant la somme de deux milliards conformément aux consignes qu’il a reçues de son mandant qui s’il y avait des problèmes devrait lui-même déposé plainte contre Samuel SARR, ce qui n’a pas été le cas.

Il convient de rappeler qu’une sommation interpellative a été effectuée auprès de Me   Madicke NIANG ancien Ministre d’Etat, avocat à la Cour et de Omar SARR, ancien Ministre d’Etat, ancien coordonnateur nationale du Pds, ancien Secrétaire général national adjoint du Pds, tous deux proches collaborateurs de Me Abdoulaye WADE qui ont confirmé, qu’ils ne sauraient ignorer ni disconvenir que Monsieur Pape Cheikh  Amadou AMAR devait la somme de 18 millions de dollars soit l’équivalent de 7,9 milliards de FCFA à Me Abdoulaye WADE. Et ce dernier, a suivant correspondance en date du 27 Juin 2013, mandaté Monsieur Samuel Amet SARR pour  qu’il recouvre sa créance auprès de Monsieur Pape Cheikh Amadou AMAR.

Qu’après avoir reçu des mains de Monsieur AMAR ledit montant (2 milliards) Me WADE a donné des consignes à Monsieur Samuel SARR pour les dépenses qu’il devait effectuer pour son compte au Sénégal.

Qu’un tableau récapitulatif des défenses effectuée pour le compte de Me Abdoulaye WADE a été validé en présence de Me Madicke NIANG et Monsieur Omar SARR.

Normalement, après les conclusions des enquêteurs, ce dossier devrait être classé sans suite. Car les preuves de Monsieur SARR écartent toutes les accusations portées contre lui.

LISTE DES 10 PREUVES FOURNIES PAR SAMUEL SARR A LA GENDARMERIE

N° DU SCELLEDESIGNATION DES PIECESREFERENCES DE LA PIECE
01Lot de document composés des décharges et traites remises à Papa Cheikh Amadou AMAR par Samuel SARR pour prouver la remise des deux milliards 
02Annexe1- Correspondance en date du 27/06/2013 qui prouve que Samuel SARR a été mandaté par Me Abdoulaye WADE 
03Annexe2 : Correspondances en dates du 20/12/2013 et du 08/01/2014 prouvant respectivement que le créancier avait décidé de saisir la justice et aussi que Monsieur Cheikh AMAR établissait qu’il reconnaissait la créance, explique des difficultés financières et demande un moratoire de paiement par traites. 
04Annexe 3 : Traites de 500 millions et une de 400 millions tirées par Cheikh AMAR au profit du créancier pour le paiement de sa dette 
05Annexe 4 : Différents mails échangés par Samuel SARR avec le créancier et établissant le mandat, on y trouve les consignes données par le créancier pour la destination des sommes encaissées. 
06Annexe 5 : Tableau supposé signé par le créancier reportant les sommes encaissées et consignes exécutées 
07Annexe 6 : Correspondance signée par Cheikh AMAR demandant  avec insistance que la traite ne soit pas déposée, ce qui prouve que les traites n’étaient pas destinées à être déposées mais juste une garantie de paiement. 
08Annexe 7 : Mail du 19/10/2018 adressé par Me Seydou DIAGNE alors avocat qui défendait les intérêts du créancier contre Cheikh AMAR qui montre que l’état des sommes encaissées et les instructions du créancier ont fait l’objet de validation par ce dernier et son avocat. 
09Annexe 08 : Requête aux fins d’inscription d’hypothèque conservatoire en date du 02/01/2019 qui démontre que la créance est de 5 milliards, c’est-à-dire la créance initiale de 07 milliards moins la somme de 02 milliards payée par Cheikh AMAR 
10Annexes 09 : Jugement 660/19 du 08/05/2019 rendu par le tribunal du commerce portant désistement initié par le créancier contre Cheikh AMAR et qui montre bien que la somme de 02 milliards remboursée par Cheikh AMAR a bien été reçu par le créancier qui ne poursuivait son débiteur que sur le reliquat de 5 milliards. 

La plainte de Samuel SARR contre Cheikh AMAR

Monsieur Samuel Amete Sarr administrateur de sociétés  dépose effectivement plainte contre Papa Cheikh Amadou Amar administrateur de sociétés demeurant à TOUBA ALMADIES à Dakar et toute personne que l’instruction permettra de révéler pour les délits de tentative d’extorsion de fonds, de faux en écriture privée et usage de faux, de dénonciation calomnieuse prévus et punis par les articles 135,136, 372 et 362 du code pénal pour les faits suivants : Monsieur Papa Cheikh Amadou Amar a déposé plainte contre Monsieur Samuel Amete Sarr pour le délit d’abus de confiance portant sur la somme de deux (2) milliards de FCFA.

Il prétend lui avoir remis ladite somme à charge de la remettre à Maitre Abdoulaye Wade en un mot il l’a mandaté et qu’en cette qualité il aurait détourné cette somme à des fins personnelles puisque selon lui il ne parvient pas à ce jour à justifier si son destinataire a effectivement reçu cette somme et ce, malgré toutes les démarches entreprises ; D’abord la somme de 2.000.000.000 FCFA dont il fait état est une dette due à Maitre Abdoulaye Wade sur plus forte somme ; En effet Monsieur Cheikh Amar avait bénéficié de Maitre Abdoulaye Wade un prêt d’un montant de 7.935.171.308 F CFA.

Monsieur Samuel A. Sarr avait été chargé, par Maitre Abdoulaye Wade, du recouvrement amiable de cette somme entre les mains de Cheikh Amar, le débiteur. Ce dernier a remboursé la somme de 2.000.0000.000 FCFA et restait devoir la somme reliquataire de 5.935.171.308 FCFA. Au vu des lenteurs et dilatoires de Monsieur Amar quant au remboursement amiable du prêt, Maitre Abdoulaye Wade avait commis Maitre Mohamed Seydou Diagne pour initier une procédure de paiement et de validation d’hypothèque contre lui.

Par la suite il a instruit son avocat de noter son désistement en tenant comptes des bons offices de leur entourage et des difficultés financières invoquées par Monsieur Cheikh Amar; Ce qui a donné lieu au jugement n ° 660/19 en date du 09 mai 2019 du Tribunal de commerce hors classe de Dakar ; Fort curieusement c’est ce même avocat, constitué dorénavant pour son adversaire, qui se retourne en quelque sorte contre son propre client Maitre Abdoulaye Wade.

Monsieur Cheikh Amar qui sait pertinemment que Maitre Abdoulaye Wade mandant de Monsieur Samuel A Sarr et propriétaire de cet argent lui en a donné quitus, utilise cette plainte comme moyen de chantage contre sa personne pour lui soutirer de l’argent surtout que, par ces temps qui courent, il n’est plus dans les grâces du pouvoir actuel et traverse le désert ; Plus grave pour donner un semblant de crédit à ses élucubrations et accusations mensongères il se prévaut d’une fausse décharge confectionnée pour les besoins de sa prétendue créance pour soutenir ses calomnies et sa délinquance puisqu’elle ne comporte pas de date sur laquelle la signature de Monsieur Sarr a été grossièrement et maladroitement imitée.

Contre toute attente Monsieur Sarr a été inculpé par le juge d’instruction du 2ème cabinet saisi sur les réquisitions du Procureur de la République pour le délit d’abus confiance alors qu’il ressort clairement des conclusions de l’enquête préliminaire de la Brigade de Gendarmerie de Dakar Recherches que les faits ne sont pas établis.

 Monsieur Samuel A Sarr qui est manifestement victime des agissements délictueux de Monsieur Papa Cheikh Amadou Amar estime devoir déposer plainte avec constitution de partie civile contre ce dernier et toute personne que l’instruction permettra de révéler pour les délits de tentative d’extorsion de fonds, de faux en écriture privée et usage de faux et de dénonciation calomnieuse et même d’association de malfaiteurs.

Pour une bonne administration de la justice et éviter une contrariété de décisions Monsieur Samuel A Sarr souhaite que les deux (2) procédures soient jointes après le règlement du montant de la consignation qu’il vous plaira de fixer et le réquisitoire introductif du Ministère Public.

Élections locales 2027 : le FDR appelle à l’unité de l’opposition pour faire face au pouvoir

À l’approche des élections territoriales prévues au plus tard en janvier 2027, le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) hausse le ton et pose les jalons d’une stratégie politique basée sur l’unité. Réuni ce mercredi, le regroupement de partis et d’acteurs de l’opposition a adopté une résolution solennelle dans laquelle il lance un appel appuyé à la constitution d’un front commun contre le parti au pouvoir, Pastef.

Dans son communiqué, le FDR dresse un bilan sévère de l’action gouvernementale depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye. La coalition évoque une série de dysfonctionnements qu’elle juge préoccupants, citant notamment la persistance de l’émigration irrégulière, les atteintes supposées aux libertés à travers des détentions jugées arbitraires, ainsi qu’une dégradation des équilibres économiques et financiers. À cela s’ajoute, selon le front, un recul de la crédibilité du Sénégal sur la scène internationale.

Au-delà de ces critiques, le FDR met en garde contre ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle. Il accuse le pouvoir en place de vouloir procéder à une modification unilatérale du code électoral, une initiative que l’opposition interprète comme une manœuvre politique visant à influer sur les règles du jeu électoral. Dans un contexte déjà marqué par des tensions autour des réformes électorales, cette question apparaît comme un point de cristallisation majeur entre majorité et opposition.

Face à ce qu’il perçoit comme un déséquilibre croissant, le FDR estime que la fragmentation de l’opposition constitue aujourd’hui l’un des principaux atouts du régime. C’est pourquoi la coalition insiste sur la nécessité de dépasser les clivages internes pour construire une dynamique collective capable de peser électoralement. L’objectif affiché est clair : présenter des listes unitaires dans les différentes collectivités territoriales afin de maximiser les chances de victoire.

Dans cette perspective, le FDR annonce son intention de participer activement aux élections locales en tant qu’entité politique structurée, tout en ouvrant ses rangs à d’autres forces. Il invite ainsi les partis d’opposition, les mouvements citoyens, les associations locales ainsi que les personnalités indépendantes à rejoindre cette dynamique unitaire. Le mot d’ordre avancé est celui d’une gestion concertée des collectivités, résumée par la formule « gagner ensemble et gérer ensemble ».

Parallèlement, le front appelle à la mise en place d’un large cadre de vigilance autour du processus électoral. Il plaide pour la création d’un front commun dédié à la transparence, chargé de surveiller les différentes étapes du scrutin et de prévenir toute tentative de manipulation. Selon ses responsables, des signaux inquiétants seraient déjà perceptibles, justifiant une mobilisation anticipée pour garantir la sincérité des élections.

Cette sortie du FDR intervient dans un contexte politique marqué par des recompositions et des tensions persistantes autour des règles électorales. À un peu moins d’un an et demi des élections territoriales, elle témoigne d’une volonté de structuration de l’opposition autour d’un projet commun, même si les défis liés à l’unité restent nombreux.

Reste à savoir si cet appel sera entendu par l’ensemble des acteurs concernés et s’il pourra se traduire concrètement sur le terrain. Une chose est sûre : les élections locales de 2027 s’annoncent déjà comme un test majeur pour l’équilibre politique du pays, avec en toile de fond la capacité de l’opposition à parler d’une seule voix face à un pouvoir déterminé à consolider ses positions.

Communiqué du Conseil des ministres du 6 mai 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 06 mai 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.


AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE


Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Suivi des doléances des centrales syndicales

Au début de sa communication, le Président de la République annonce avoir reçu, le 27 avril 2026, le rapport 2025 sur l’état du Dialogue social et le 1er mai 2026, en présence des membres du Gouvernement, les cahiers de doléances des centrales syndicales. Il félicite, à l’occasion de la Fête du Travail, l’ensemble des travailleuses et travailleurs du Sénégal pour leur contribution au développement national et à l’épanouissement des populations, avant de demander au Premier Ministre, au Ministre chargé du Travail et de la Fonction publique et à chaque ministre, d’examiner avec diligence les doléances des centrales syndicales relevant de leurs attributions et des secteurs sous leur responsabilité. 

Le Chef de l’Etat salue l’adoption des projets de Code du Travail et de Code de Sécurité sociale. Il magnifie à cet effet le sens des responsabilités des centrales syndicales et du patronat et demande au Gouvernement de veiller au suivi préventif de l’exécution des engagements du Pacte de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable.  

Par ailleurs, il demande au Premier Ministre d’engager la mise en œuvre, sans délai, de la nouvelle  Politique nationale de l’Emploi, d’assurer un suivi permanent du déploiement de la Convention nationale Etat-Employeurs privés et d’accélérer les concertations sur la modernisation du système de retraites et la réforme du système de rémunérations dans les secteurs public et parapublic. 
 

Le Président de la République insiste sur la finalisation du processus de ratification de la Convention n°190 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la violence et le harcèlement en milieu professionnel, la mise en place, avant la fin du mois de juin 2026, d’un Comité de dialogue social dans chaque ministère et l’adoption du projet de loi relative à la protection sociale.

Développement du secteur privé et relance de l’économie

À la suite de la séance inaugurale du Conseil stratégique de l’Initiative présidentielle SunuChampions, qu’il a présidée le 28 avril 2026, le Président de la République salue cette initiative inclusive, volontariste et pragmatique. Il demande au Gouvernement, aux structures publiques et à toutes les organisations faîtières du secteur privé d’accompagner sa matérialisation effective. A cet égard, il indique la nécessité notamment :

– de finaliser, avant la fin du mois de juin 2026, le projet de loi d’orientation sur le patriotisme économique ;

– d’accentuer le développement des filières scientifiques et le déploiement intensif des programmes de formation professionnelle et technique dans les collèges ;

– d’accélérer les réformes pour l’amélioration de l’environnement des affaires avec la finalisation des projets de Code des Douanes et de Code général des Impôts ;

– d’intensifier les processus de simplification et de digitalisation des procédures administratives par la systématisation des guichets uniques.

Le Président de la République aborde également l’apurement de la dette intérieure, la relance du secteur des Bâtiments et Travaux publics (BTP), la mise en œuvre de la Stratégie nationale de Promotion de l’Investissement et de Développement du Secteur privé et le déploiement de la nouvelle Politique industrielle du Sénégal. Il prescrit d’engager des concertations sur le financement de l’économie, intégrant des propositions relatives à la mise en place d’un dispositif bancaire national de financement du développement. 

Préparation de la fête de la Tabaski et du Pèlerinage de Popenguine

En prélude à la célébration de la Tabaski, le Chef de l’Etat rappelle au Gouvernement l’urgence de prendre les mesures idoines, en vue d’assurer un approvisionnement correct des marchés en moutons et en denrées de consommation courante, accessibles aux populations. Il donne instruction de veiller, durant cette période exceptionnelle, au renforcement de la sécurité routière et à une bonne organisation des systèmes de transport publics urbains et interurbains des personnes et des biens.


Dans ce sillage, il demande au Gouvernement d’accorder une attention particulière aux préparatifs de la 138ème   édition du Pèlerinage marial de Popenguine.

Prévention des inondations

Le Président de la République fait observer que la gestion des inondations est devenue une activité gouvernementale majeure qui mobilise plusieurs entités publiques et des ressources financières importantes. A cet effet, il demande au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement et au Ministre de l’Intérieur de faire le point sur les projets, travaux, actions et opérations prioritaires engagés dans les localités souvent touchées par des inondations. Il indique, enfin, la nécessité de prendre les dispositions préventives afin d’accélérer la mise en œuvre du Programme national de Prévention et de Gestion des Inondations, couvrant les risques et localités identifiés mais aussi les besoins opérationnels et financiers signalés. 

Agenda du Président de la République, suivi de l’intégration, de la coopération et des partenariats

Le Chef de l’Etat informe le Conseil qu’il prendra part au Sommet « Africa Forward », qui aura lieu à Nairobi au Kenya du 11 au 13 mai 2026.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE


Monsieur le Premier Ministre a présenté sa communication sur les points suivants : 

Sécurisation des documents administratifs

Considérant les documents authentiques comme le premier baromètre de la crédibilité des procédures étatiques, le Premier Ministre a engagé le chantier stratégique dédié à la sécurisation de l’ensemble des documents officiels de l’État. Il a présenté un état des lieux du fonctionnement actuel de l’administration, marqué par la circulation de documents insuffisamment sécurisés, le défaut de standardisation des actes, l’hétérogénéité des supports et l’absence de mécanismes robustes de traçabilité. Il a souligné que ces vulnérabilités concernent des documents à forte valeur stratégique et juridique, dont les diplômes et attestations, les passeports, permis de conduire et cartes d’identité nationale, ainsi que les actes à incidence financière.

Face à ces enjeux et dans l’optique de conduire une transformation durable, le Premier Ministre a retenu la mise en place d’un dispositif national intégré de sécurisation des documents administratifs. La réforme engagée vise à sécuriser les documents administratifs en garantissant, de manière systématique et vérifiable, leur authenticité, leur intégrité, leur traçabilité et leur valeur juridique. Elle repose sur la définition de standards nationaux de sécurité documentaire, la mise en place de chaînes de production sécurisées, l’intégration de dispositifs physiques et numériques de protection, la sécurisation des données et des processus de personnalisation ainsi que la mise en place de systèmes de vérification accessibles et fiables. 

Contexte géopolitique et doctrine de réponse énergétique du Gouvernement

Le Premier Ministre a abordé la situation géopolitique au Moyen-Orient, caractérisée par une instabilité structurelle profonde, entrainant une flambée du cours du baril dans les marchés pétroliers internationaux. Les effets pour le Sénégal, pays importateur net d’hydrocarbures, sont directs, cumulatifs et multidimensionnels, notamment la détérioration de la balance commerciale avec une pression sur les finances publiques, le renchérissement des coûts de production dans les secteurs structurants de l’économie nationale et le risque de transmission inflationniste aux prix à la consommation.

Face à cette situation, le Gouvernement a privilégié une réponse fondée sur l’accélération de la valorisation de ses ressources gazières nationales, la maîtrise de la demande énergétique, la diversification compétitive du mix-énergétique et la protection ciblée des secteurs vulnérables.

Dans ce cadre, il a demandé le déploiement accéléré d’une politique de sobriété énergétique, l’accélération de la transition vers les énergies renouvelables, la mise en place d’un bouclier énergétique ciblé en faveur des secteurs stratégiques et du pouvoir d’achat, le renforcement de la veille géopolitique et de la diversification des approvisionnements, et la révision du régime fiscal.

Performance du secteur de l’Electricité

Le Premier Ministre a rappelé la nécessité de renforcer le pilotage stratégique du secteur de l’Electricité, notamment la performance opérationnelle de la SENELEC. A cet effet, il a donné instruction au Ministre chargé de l’Énergie, en concertation avec le Ministre des Finances et du Budget, le Ministre de l’Économie, le Ministre Secrétaire général du Gouvernement et le Directeur général du BOCS, de préparer un Conseil interministériel consacré à la performance, à la soutenabilité financière et aux perspectives de développement du secteur. En amont, le Ministre chargé de l’Énergie coordonnera l’élaboration d’une note de cadrage, à transmettre à la Primature dans un délai de trente (30) jours. 

Le Premier Ministre a engagé le Ministre des Finances et du Budget à conduire, conjointement avec le Ministre chargé de l’Énergie et les instances dirigeantes de la SENELEC, une évaluation exhaustive et contradictoire des engagements financiers de l’État vis-à-vis du secteur et à soumettre au Gouvernement une trajectoire de traitement réaliste et compatible avec les impératifs de soutenabilité budgétaire. De son côté, la SENELEC soumettra, à travers son ministère de tutelle, un plan opérationnel de performance couvrant les dimensions technique, commerciale, financière et organisationnelle. La Commission de Régulation du Secteur de l’Energie, quant à elle, apportera sa contribution à l’analyse des équilibres économiques sectoriels, à l’évaluation des mécanismes tarifaires en vigueur et à la définition d’indicateurs objectifs de suivi de la performance. 

Réalisations majeures de la période et reconnaissance de la performance des équipes

Le Premier Ministre a mis en exergue quatre (04) réalisations significatives qui témoignent de la détermination du Gouvernement à moderniser les infrastructures nationales et à affermir notre souveraineté dans des secteurs stratégiques, à savoir : la remise en service de l’Aéroport de Ziguinchor le 30 avril 2026, l’ouverture partielle de l’Autoroute Mbour-Kaolack le 29 avril 2026, l’inauguration par le Président de la République du Parc agro-industriel de Kolda le 24 avril 2026, ainsi que l’acquisition de West African Energy par la SENELEC le 25 avril 2026.

Levée des blocages opérationnels des projets

Le Premier Ministre a abordé les blocages au niveau de l’Unité de dessalement de l’eau de mer aux Mamelles, ayant un déficit de financement de six (06) milliards et du Projet de Gestion des Eaux pluviales (PROGEP)-Phase 2, affecté par des lenteurs dans l’approbation des marchés. Il a engagé le Ministre des Finances et du Budget, pour le premier projet, à travailler à une solution en urgence. S’agissant du second projet, il lui a donné instruction, ainsi qu’à la Direction centrale des Marchés publics (DCMP), de veiller au strict respect des délais légaux prescrits par le Code des Marchés publics. Le Premier Ministre a rappelé que la célérité des instances de contrôle et de régulation ne saurait constituer un facteur de ralentissement pour les projets prioritaires de l’État. 

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES
 

Le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a fait une communication sur le thème : « Préparatifs de la session 2026 et réforme du Baccalauréat : enjeux pour le Sénégal ».
 

Le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a fait une communication sur le Plan d’aménagement intégré de Daga Kholpa, la nouvelle Ville de Thiès et la Zone d’Aménagement concerté de Thiès.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES
 

Le Conseil a examiné et adopté : 

– le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Convention d’entraide judiciaire en matière pénale entre le Gouvernement de la République du Sénégal et la République de Gambie, signée à Dakar, le 12 mars 2020 ;

– le projet de décret portant création du Certificat de Fin d’Etudes élémentaires (CFEE) et suppression du Concours d’Entrée en Classe de Sixième.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES
 

Le Président de la République a pris la décision suivante :

Monsieur Tamsir GUEYE, Titulaire d’une Maitrise en Sciences économiques, matricule de solde n° 630881/B, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement du Ministère des Transports terrestres et aériens, en remplacement de Monsieur Ablaye DIOP.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-Parole du Gouvernement

PASTEF : Ousmane Sonko réaffirme l’identité programmatique du parti et son ancrage auprès de la jeunesse

Au lendemain de la prise de parole du président Bassirou Diomaye Faye sur le fonctionnement interne du parti au pouvoir, le Premier ministre et leader de PASTEF, Ousmane Sonko, a choisi une approche mesurée mais stratégique pour sa première réaction publique. Sans entrer dans une confrontation directe, il a recentré le débat sur les fondements idéologiques et organisationnels de la formation politique, mettant en avant son identité intellectuelle et son rôle moteur dans la transformation du débat public au Sénégal.

Dans une déclaration fortement axée sur la jeunesse, Ousmane Sonko a réaffirmé son engagement envers toutes les composantes jeunes du parti. Il a insisté sur le caractère pluriel de cette jeunesse, englobant à la fois les militants de terrain et les élites intellectuelles. À cet égard, il a salué les initiatives récentes portées par les jeunes cadres du parti, qu’il considère comme des contributions de haute qualité au rayonnement intellectuel de la formation politique.

Le leader de PASTEF a ensuite longuement insisté sur ce qu’il considère comme l’ADN même du parti. Selon lui, PASTEF ne doit pas être perçu comme une simple machine électorale, mais plutôt comme un espace de production d’idées et de réflexion stratégique. Il a décrit le parti comme un cadre structuré autour de la production intellectuelle, de l’élaboration programmatique et de la diffusion d’analyses documentées. Cette orientation, a-t-il martelé, ne doit en aucun cas être diluée ou abandonnée, même face aux réalités de l’exercice du pouvoir.

Revenant sur les origines de l’engagement politique du parti, Ousmane Sonko a rappelé que leur entrée en politique répondait à une ambition claire : transformer en profondeur les pratiques politiques au Sénégal. Cette transformation, selon lui, repose avant tout sur une réflexion rigoureuse autour des politiques publiques et sur la capacité à proposer des alternatives crédibles et documentées. Il a souligné que cet engagement s’est matérialisé à travers de nombreuses productions écrites, des ouvrages, ainsi que des prises de position structurées sur des questions majeures.

Le Premier ministre a également évoqué un moment clé dans l’histoire du parti : son entrée à l’Assemblée nationale avec un seul député. Malgré cette représentation limitée, il estime que PASTEF a réussi à imposer un changement qualitatif dans les débats parlementaires, en mettant au centre des discussions des sujets essentiels tels que l’agriculture, la santé, la fiscalité, le budget ou encore la gestion des ressources naturelles. Il considère que cette approche a contribué à rehausser le niveau du débat politique national.

Selon Ousmane Sonko, cette démarche a profondément modifié les attentes des citoyens sénégalais. Il affirme que le peuple est désormais plus exigeant et attend des responsables politiques des discours fondés sur des analyses solides et des bases scientifiques. Il a clairement marqué une rupture avec les pratiques politiques qu’il juge dépassées, fondées sur les attaques personnelles ou les promesses sans fondement.

Dans cette dynamique, il estime que PASTEF dispose aujourd’hui d’une avance significative sur le terrain de la production intellectuelle et programmatique. Toutefois, il appelle les militants et responsables du parti à consolider cet avantage et à continuer d’innover pour répondre aux exigences croissantes de la population.

Enfin, Ousmane Sonko a conclu en mettant en lumière le rôle stratégique de la Jeunesse Patriotique du Sénégal, dont les initiatives illustrent, selon lui, la vitalité et la capacité d’innovation du parti. Il y voit un symbole fort de la continuité idéologique et de la relève politique, portée par une jeunesse engagée et consciente des enjeux contemporains.

Alioune Ndao exprime sa “déception” après l’interview de Diomaye Faye et appelle à un discours de réconciliation

Au lendemain de l’interview accordée samedi soir par le président de la République Bassirou Diomaye Faye, les réactions continuent de se multiplier au sein de la classe politique sénégalaise. Parmi les premières voix discordantes figure celle d’Alioune Ndao, député du parti Pastef et ancien procureur de la République, qui a fait part publiquement de sa profonde déception.

Dans un message publié ce dimanche matin sur les réseaux sociaux, le parlementaire n’a pas caché son désarroi face à l’intervention du chef de l’État. Selon lui, cette prise de parole était attendue comme un moment clé pour apaiser les tensions politiques persistantes au Sénégal, notamment celles qui secouent le pays depuis 2021. Il dit avoir espéré un discours tourné vers la réconciliation, aussi bien en direction du Premier ministre Ousmane Sonko que des militants de Pastef et de l’ensemble du peuple sénégalais.

Alioune Ndao explique que ses attentes ont été largement déçues. Il affirme n’avoir ressenti qu’un seul sentiment à l’écoute du président : la déception. À ses yeux, le chef de l’État a manqué une occasion importante de rassembler et d’envoyer un signal fort d’apaisement dans un contexte politique encore fragile. Au lieu de cela, il estime que le discours prononcé était empreint de tensions et de propos qu’il qualifie de « contre-vérités ».

L’ancien magistrat va plus loin en remettant en question la manière dont le président a évoqué l’histoire politique récente du Sénégal. Il considère que cette dernière a été présentée de manière biaisée, donnant l’impression d’une relecture orientée au profit du chef de l’État. Pour Alioune Ndao, cette posture est regrettable dans une période où l’unité nationale et la cohésion politique devraient primer.

Cette sortie illustre les lignes de fracture qui persistent au sein même du camp au pouvoir, notamment entre différentes sensibilités proches de Pastef. Elle intervient dans un climat où chaque prise de parole publique des autorités est scrutée et analysée, tant par les acteurs politiques que par l’opinion.

Réforme du Code électoral : Diomaye Faye exprime ses réserves face à la procédure d’urgence

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réagi à l’adoption récente d’une loi modifiant certaines dispositions du Code électoral, notamment les articles L29 et L30. Tout en reconnaissant la légitimité de la majorité parlementaire, le chef de l’État a fait part de son incompréhension quant au recours à une procédure d’urgence dans un contexte qu’il jugeait propice au consensus.

Dans sa déclaration, le président a souligné qu’une dynamique consensuelle semblait s’installer autour de ces réformes, laissant entendre que les conditions étaient réunies pour un débat plus approfondi et inclusif. Toutefois, il a tenu à relativiser sa position en rappelant qu’en démocratie, la majorité conserve le pouvoir de décision, même si certaines démarches peuvent prêter à discussion.

L’Assemblée nationale a adopté, le 28 avril, la loi n°11/2026 modifiant la loi n°2021-35 du 23 juillet 2021 portant Code électoral. Le texte a été approuvé à une large majorité, avec 127 voix favorables, contre 11 oppositions et 2 abstentions. Cette réforme vise principalement à revoir les conditions d’inscription sur les listes électorales ainsi que les règles encadrant les cas d’inéligibilité.

Au cœur de cette révision figure la refonte de l’article L29, désormais entièrement réécrit. Celui-ci encadre plus strictement les cas d’exclusion des listes électorales en les limitant à des situations clairement définies. Sont concernés les individus condamnés pour des crimes, ainsi que ceux ayant écopé de peines d’emprisonnement supérieures à un mois pour des infractions jugées graves, telles que le vol, l’escroquerie, l’abus de confiance, l’extorsion de fonds, le détournement de deniers publics, la corruption ou encore le blanchiment de capitaux. Cette nouvelle rédaction vise à rendre le dispositif plus lisible tout en évitant des interprétations jugées auparavant trop larges.

Dans le même esprit de rationalisation, l’article L30 a été abrogé. Cette disposition prévoyait notamment l’inéligibilité de toute personne condamnée à une amende supérieure à 200 000 francs CFA. Sa suppression traduit la volonté du législateur de recentrer les restrictions sur des infractions plus graves, afin de mieux équilibrer les exigences de moralisation de la vie publique et le respect des droits civiques.

À travers cette réforme, les autorités entendent corriger certaines insuffisances relevées dans les textes antérieurs, notamment leur caractère jugé à la fois extensif et insuffisamment encadré dans le temps. L’objectif affiché est de renforcer la crédibilité du processus électoral tout en garantissant une plus grande équité dans l’exercice des droits politiques.

Vaste mouvement dans l’administration territoriale : le Président Diomaye nomme plusieurs sous-préfets

Lors du Conseil des ministres, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à une série de nominations touchant plusieurs secteurs de l’administration publique, notamment les sous-préfectures et certains départements ministériels,

Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique :  Madame Marie Seynabou NDAO, Inspecteur de l’Animation, matricule de solde n° 670 106/H, précédemment Chef de la Division des Ressources humaines à la Direction générale des élections, est nommée Directeur des Ressources humaines et des Finances à la Direction générale des Elections, en remplacement de Monsieur Omar COULIBALY, appelé à d’autres fonctions.

•          Monsieur Modou Bassirou NDAO, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 625 108/Z, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Dioulacolon, Département de Kol-da, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Ngothie, Département de Kaolack, en remplacement de Monsieur Bassirou DIA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;

•          Monsieur Amadou BA, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 625 089/H, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndorna, Département de Médina Yoro Foulah, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Sagatta Djoloff, Département de Linguère, en remplacement de Monsieur Ousmane SANE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;

•          Monsieur Abdoulaye KHARMA, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 603 529/C, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndame, Département de Mbacké, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Sangalkam, Département de Rufisque, en remplacement de Monsieur Mamadou DIOUF, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Mamadou DIOUF, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n°515 942/B, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Sangalkam, Département de Rufisque, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Sam-Notaire, Département de Guédiawaye, en remplacement de Monsieur Cheikh GNINGUE, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Cheikh GNINGUE, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n°634 443/D, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Sam-Notaire, Département de Guédiawaye, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Thiès-Sud, Département de Thiès, en remplacement de Monsieur Diokel Ngor NGOM, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Diokel Ngor NGOM, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 620 357/A, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Thiès-Sud, Département de Thiès, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Fissel, Département de Mbour, en remplacement de Madame Awa BOCOUM, appelée à d’autres fonctions ;

•          Madame Awa BOCOUM, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 616 908/F, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Fissel, Département de Mbour, est nommée Sous-préfet de l’Arrondissement de Ngoye, Département de Bambey, en remplacement de Madame Coumba Sall WADE, appelée à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Djidiack KITAL, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 516 231/J, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Koumbal, Département de Kaolack, est
nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndame, Département de Mbacké, en remplacement de Monsieur Abdoulaye KHARMA, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Mamadou SY, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 519 435/G, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Gamadji Saré, Département de Podor, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Keur Mboucki, Département de Birkelane, poste vacant ;

•          Monsieur Oumar Mamadou SOW, Instituteur, matricule de solde n° 602 413/B, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Moudéry, Département de Bakel, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Gamadji Saré, Département de Podor, en remplacement de Monsieur Mamadou SY, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Mouhamadou WADE, Instituteur, matricule de solde n° 511 215/A, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Mérina Dakhar, Département de Tivaouane, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Moudéry, Département de Bakel, en remplacement de Monsieur Oumar Mamadou SOW, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Mamoudou DEME, Educateur spécialisé, matricule de solde n° 611 241/G, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Dakatély, Département de Salémata, est nom-mé Sous-préfet de l’Arrondissement de Ouadiour, Département de Gossas, en remplacement de Monsieur Ibrahima NDIAYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;

•          Monsieur Mamadou Moustapha SY, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 653 407/G, précédemment Chef de la Division de la Modernisation de l’Action territoriale à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Koumbal, Département de Kaolack, en remplacement de Monsieur Djidiack KITAL, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Henry Ndiagne GUEYE, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 681 461/Z, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Fatick, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Dioulacolon, Département de Kolda, en remplacement de Monsieur Modou Bassirou NDAO, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Omar Sarr DIOP, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n°638 488/G, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Thiès, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndorna, Département de Médina Yoro Foulah, en remplacement de Monsieur Amadou BA, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Abdou Aziz MBODJ, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 696 209/H, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Kanel, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Bandafassi, Département de Kédougou, en remplacement de Monsieur Youssou FAYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;

•          Monsieur Papa Abdoulaye MBAYE, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 696 208/G, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Kédougou, est nommé Sous-pré-fet de l’Arrondissement de Dakatély, Département de Salémata, en remplacement de Monsieur Mamoudou DEME, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Anaby Moussa TOURE, Instituteur, matricule de solde n° 612 954/A, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Bounkiling, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Darou Minam 2, Département de Malem Hodar, en remplacement de Monsieur Mouhamadou Samba BOUSSO, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;

•          Madame Maïmouna BALDE, Institutrice, matricule de solde n° 634 426/A, précédemment Adjointe au Préfet du Département de Koungheul, est nommée Sous-préfet de l’Arrondissement de Mérina Dakhar, Département de Tivaouane, en remplacement de Monsieur Mouhamadou WADE, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique : Monsieur Leroux DRAME, Administrateur civil, matricule de solde n° 518.696/I, précédemment Directeur de Cabinet du Ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, est nommé Secrétaire général au Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, en remplacement de Monsieur Serigne MBAYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Au titre du Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires : Monsieur El hadji Mamadou GUEYE, Architecte, Directeur de l’Architecture au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, est nommé Commissaire du Gouvernement auprès de l’Ordre des Architectes du Sénégal, en remplacement de Madame Catherine Marie Thérèse Faye DIOP, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
Au titre du Ministère de l’Industrie et du Commerce :

•          Madame Mame Madeleine DIOP, Titulaire d’un Diplôme d’Ingénieur en Génie des procédés industriels, est nommée Secrétaire général de l’Agence d’Aménagement et de Promotion des Sites Industriels (APROSI), au Ministère de l’Industrie et du Commerce, en remplacement de Monsieur Bohoum SOW, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère des Infrastructures : Monsieur Mouhamadou Fallilou DIOUM, Ingénieur statisticien économiste, est nommé Directeur des Statistiques et des Systèmes d’Information au Ministère des Infrastructures.

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 29 avril 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 29 avril 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

ESPRIT DU DIALOGUE NATIONAL

Le Président de la République, à l’entame de sa communication, indique qu’après examen et relecture inclusive des recommandations consensuelles issues des deux (02) dialogues sur la réforme et la modernisation de la justice et le système  politique, tenus en 2024 et 2025, il a décidé de renforcer le caractère inclusif du processus. A cet effet, il a fait partager avec les citoyens, les projets de textes y afférents, à un mois de la date du 28 mai instituée Journée du Dialogue national.

Il fait observer que cette journée constitue une date majeure de l’agenda républicain et que le dialogue, principe directeur du fonctionnement de notre démocratie, est un facteur clé de gestion inclusive et d’efficacité des pouvoirs publics.

Ces textes visent la modernisation de la gouvernance publique et du fonctionnement de la Justice et le renforcement du système électoral et démocratique.

DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA RÉGION DE KOLDA

Abordant sa tournée économique effectuée du 23 au 25 avril 2026, dans la Région de Kolda, le Chef de l’Etat remercie les populations des départements de Kolda, Vélingara et Médina Yoro Foulah, les autorités administratives déconcentrées, les élus, acteurs territoriaux, notabilités religieuses et coutumières pour leur accueil chaleureux et leur mobilisation remarquable ayant permis un bon déroulement de cette visite de travail.

Après avoir rappelé l’importance d’accélérer l’exécution de tous les projets et actions de l’Etat prévus dans la Région de Kolda, le Président de la République demande au Gouvernement de consolider sa vocation agricole et industrielle. A cet effet, il invite à une collaboration étroite avec les producteurs et les acteurs économiques des filières cotonnière et arachidière ainsi qu’à l’augmentation des aménagements hydroagricoles du bassin de l’Anambé, pour accentuer la production rizicole.

Dans cette dynamique, il demande au Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage de définir de nouvelles lettres de mission pour la SODAGRI et la SODEFITEX, dans le cadre de la refondation de la politique agricole.

 En outre, le Président de la République indique au Gouvernement la nécessité d’accélérer la réhabilitation de l’Aéroport de Kolda, ainsi que la mise en œuvre des projets routiers et de désenclavement.

Il demande d’engager un vaste programme de réalisation d’infrastructures scolaires pour soutenir la qualité du système éducatif, d’améliorer la fonctionnalité du système sanitaire et de veiller à la préservation des écosystèmes et du patrimoine forestier de la région.

Enfin, le Chef de l’Etat donne instruction au Premier Ministre de veiller au fonctionnement optimal des services publics et au renforcement du patrimoine bâti de l’Etat dans la région.

85ÈME ÉDITION DU DAAKA DE MÉDINA GOUNASS

Le Chef de l’Etat annonce qu’il s’est rendu, le 25 avril 2026, à Médina Gounass pour participer à la 85ème édition de la retraite spirituelle du Daaka. Il remercie et félicite le Khalife Thierno Amadou Tidiane BA et l’ensemble des fidèles, pour l’accueil, les prières formulées et le bon déroulement du Daaka. Il félicite, également, le Gouvernement pour toutes les dispositions logistiques et sécuritaires prises en vue d’assurer le succès de la retraite spirituelle d’envergure internationale.

ANCRAGE DE LA DIPLOMATIE ÉCONOMIQUE

Le Président de la République rappelle qu’il a présidé, le 18 avril 2026, la cérémonie d’ouverture de la 7ème Conférence des Ambassadeurs, Consuls généraux et Consuls du Sénégal, placée sous le thème : « la diplomatie sénégalaise et le renouveau de la coopération internationale : principes et modes d’action ».

Il félicite le Ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, le Secrétaire d’Etat aux Sénégalais de l’Extérieur, les Ambassadeurs, Consuls généraux et Consuls du Sénégal, les personnels du Ministère des Affaires étrangères, pour leur professionnalisme, la qualité de l’organisation et le succès de la Conférence.

Le Chef de l’Etat demande de veiller au renforcement permanent du bon voisinage, de l’intégration africaine, du multilatéralisme, de la promotion économique et du rayonnement international du pays, et d’accompagner la mise en œuvre optimale de la Vision « Sénégal 2050 », à travers l’ancrage systématique d’une véritable diplomatie économique. Il a indiqué la nouvelle orientation de notre politique étrangère, centrée sur : (i) la promotion de l’attractivité du Sénégal ; (ii) la mobilisation pragmatique de financements bilatéraux et multilatéraux avantageux ; (iii) et le développement de partenariats stratégiques.

Dans cette dynamique, il donne instruction au Ministre des Affaires étrangères, au Ministre de l’ Economie, du Plan et de la Coopération et au Ministre des Finances et du Budget, de proposer, avant la fin du mois de juin 2026, une nouvelle Stratégie de Coopération internationale et de Partenariats, avant de demander au Premier Ministre de renforcer les ressources humaines, budgétaires et financières du Ministère des Affaires étrangères et des missions diplomatiques, destinées à la promotion économique du Sénégal.

Le Chef de l’Etat insiste sur l’encadrement, l’assistance administrative et sociale à nos compatriotes de la Diaspora, en ce qui concerne l’établissement de cartes nationales d’identité et des passeports et l’urgence de déployer le programme spécial d’accompagnement des initiatives, projets et investissements des Sénégalais à l’Extérieur.

Enfin, il demande au Premier Ministre, au Ministre des Affaires étrangères et au Ministre des Finances et du Budget de travailler sur un Programme quinquennal de modernisation du réseau diplomatique et consulaire, orienté vers l’amélioration des conditions de travail et de représentation du Sénégal, ainsi que la promotion de la culture de résultats dans la mise en œuvre de la  politique étrangère.

REPOSITIONNEMENT STRATÉGIQUE DU FORUM INTERNATIONAL DE DAKAR SUR LA PAIX ET LA SÉCURITÉ EN AFRIQUE

Le Chef de l’Etat annonce qu’il a présidé, le 20 avril 2026, la cérémonie d’ouverture de la 10ème édition du Forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique sur le thème : « l’Afrique face aux défis de stabilité, d’intégration et de souveraineté : quelles solutions durables ». Il remercie Son Excellence Mohammed Ould Cheikh El Ghazouani, Président de la République Islamique de Mauritanie, Monsieur Julius Maada BIO, Président de la République de Sierra Léone, Président en exercice de la CEDEAO, l’ensemble des délégations étrangères et des participants pour leur présence et leur contribution à la réussite de cette rencontre majeure sur la paix et la sécurité dans le Continent.

Réitérant l’importance stratégique de ce rendez-vous continental dans l’agenda des conférences internationales sur la diplomatie, la paix et la sécurité, le Chef de l’Etat demande au Ministre des Affaires étrangères de valoriser les résultats du Forum de Dakar dans les stratégies de promotion de la sécurité, de la paix, de la stabilité, de l’intégration et du développement durable au niveau sous-régional et à l’échelle continentale.

CONNAISSANCE ET MAITRISE DE L’HISTOIRE GÉNÉRALE DU SÉNÉGAL

Le Président de la République, après avoir rappelé que la connaissance de notre culture et la valorisation de notre patrimoine historique, demeurent des priorités du projet pour un Sénégal souverain, juste et prospère, demande au Ministre en charge de la Culture et au Secrétaire d’Etat chargé du Patrimoine historique, de prendre toutes les dispositions et mesures requises, en vue d’accentuer le soutien logistique et financier de l’Etat pour la publication rapide des ouvrages déjà finalisés sur l’Histoire générale du Sénégal. Il félicite les membres de la Coordination générale, les universitaires, les chercheurs et auteurs qui ont contribué à la vulgarisation et à la parfaite maitrise des figures et faits qui ont marqué l’histoire de notre pays, des origines à nos jours.

Enfin, il demande au Ministre de l’Education nationale et au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de vulgariser, dans les programmes scolaires et universitaires, l’Histoire générale du Sénégal et de l’Afrique.

AGENDA DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, SUIVI DE L’INTÉGRATION, DE LA COOPÉRATION ET DES PARTENARIATS

Le Chef de l’Etat informe le Conseil qu’il a reçu, le 27 avril 2026, le Rapport 2025 sur l’état du Dialogue social. Il a présidé, le 28 avril 2026, la séance inaugurale du Conseil stratégique de l’Initiative présidentielle SunuChampions. Il annonce qu’il recevra, le vendredi 1er mai 2026, en présence des membres du Gouvernement, les cahiers des doléances des centrales syndicales.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a présenté sa communication sur les points suivants :

PROBLÉMATIQUE DE LA NUTRITION

Le Premier Ministre a souligné l’importance que le Gouvernement accorde à tous les secteurs ayant un lien direct avec le développement humain et, en particulier, ceux de l’Éducation, de la Santé et de l’Agriculture, intimement liées à la Nutrition. Il a indiqué que le coût économique annuel total de la sous-nutrition au Sénégal est évalué à 856 millions de dollars, soit l’équivalent de 3,2% du revenu national brut.

Il a souligné les efforts du Gouvernement en la matière. Ainsi, en termes de gouvernance, la Cellule de Lutte contre la Malnutrition a été créée et est devenue le Conseil national de Développement de la Nutrition (CNDN) en 2020, sous la tutelle du Premier Ministre. De même, l’Etat du Sénégal a adopté la  Politique nationale de Développement de la Nutrition (PNDN), actuellement opérationnalisée à travers le Plan stratégique multisectoriel de la Nutrition (PSMN 2024-2028). Le Premier Ministre a aussi évoqué l’engagement du Sénégal dans plusieurs initiatives multilatérales et multisectorielles en faveur de la nutrition : Mouvement Scaling Up Nutrition, Initiative Nutrition for Growth (N4G), Objectifs de Développement Durable, Agenda 2063 de l’Union Africaine et Pacte mondial sur l’Intégration de la Nutrition.

S’agissant du financement, le Premier Ministre a rappelé, entre autres, la progression significative de la contribution de l’État, passée du simple au quintuple, le développement de partenariat avec Global Financing Facility (GFF), ainsi que l’opérationnalisation en cours, avec le Ministère des Finances et du Budget, d’un outil de marquage budgétaire consistant à introduire une traçabilité des dépenses relatives à la nutrition dans tous les secteurs. Il a présenté les résultats obtenus, tout en rappelant la persistance des défis comme le retard de croissance des enfants de 0 à 5 ans estimé à 17%, la prévalence du Kwashiorkor qui est de 10%, la prévalence du surpoids et de l’obésité globale chez les enfants et les adolescents, ainsi que l’augmentation à 22% de la population présentant une obésité abdominale en particulier chez la femme.

Le Premier Ministre a demandé d’améliorer la gouvernance du sous-secteur dont le mécanisme de financement, structurellement vulnérable, est marqué par la faiblesse de la coordination et de la synergie d’actions entre secteurs, le déphasage de la  politique nationale de développement de la nutrition avec les orientations de l’Agenda national de Transformation, la faible implication des collectivités territoriales et l’inexistence d’un système d’information autonome.


A cet égard, il a demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, en rapport avec les parties concernées, de prendre les dispositions nécessaires pour :

–           l’actualisation de la Politique nationale de Développement de la Nutrition et la révision du Plan stratégique multisectoriel de la Nutrition (PSMN 2024-2028), en conformité avec les axes structurants du Masterplan 2025–2034 ;

–           la mise en place, avant la fin de l’année 2026, d’une plateforme digitale intégrée de gestion de données multisectorielles ;



 –           la mise en œuvre d’une stratégie d’information, de communication, de sensibilisation et d’éducation à la nutrition avec une meilleure prise en compte de la nutrition dans les curricula d’enseignement, de formation et dans la Recherche appliquée.

En outre, il a exhorté les ministres concernés à accorder un niveau élevé de priorité à la mise en œuvre de plans d’actions sectoriels nutrition.

SUIVI DES PROJETS ET ACCORDS

Le Premier Ministre a insisté sur les diligences qui requièrent un suivi soutenu dans le souci d’assurer un pilotage rigoureux et cohérent de l’action gouvernementale. Dans ce cadre, il a abordé la question de la finalisation des infrastructures sanitaires prioritaires et des projets de souveraineté pharmaceutique, en présentant l’état d’avancement de quatre (04) projets prioritaires du secteur de la santé, représentant un investissement public cumulé de près de 310 milliards de FCFA. Il en ressort que les travaux de l’Hôpital Seydi El Hadji Malick SY de Tivaouane, d’un coût de 46 milliards de FCFA, sont dans un état d’avancement de 95 %. De même, le Projet de Reconstruction de l’Hôpital Aristide Le Dantec – PRHAD, dont le coût s’élève à 92,5 milliards de FCFA, est à un niveau d’avancement de 60 %. Le Premier Ministre a également partagé l’état d’avancement de deux (02) Projets de souveraineté pharmaceutique de l’Institut Pasteur de Dakar. Ainsi, le Projet AFRICAMARIL, d’un coût de 21,5 milliards de FCFA, est à un niveau d’avancement de 80 %, alors que le Projet MADIBA estimé à 145,4 milliards de FCFA, est à 48% d’avancement.

Au regard de l’urgence et de l’impact stratégique de ces projets et pour accélérer leur finalisation, le Premier Ministre a donné les instructions nécessaires au Ministre des Finances et du Budget, au Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération et au Ministre de la Santé et de l’Hygiène publique.

MISE EN EXPLOITATION DU PORT MINÉRALIER ET VRAQUIER DE BARGNY SENDOU

Le Premier Ministre a rappelé que le Port minéralier et vraquier de Bargny-Sendou (PMVB), projet stratégique de l’État du Sénégal développé par Senegal Minergy Port (SMP), est destiné à traiter les importations et exportations de produits miniers, pétroliers et céréaliers, et à désengorger durablement le Port autonome de Dakar. L’état d’avancement des travaux a atteint près de 90 %. Toutefois, la mise en exploitation reste conditionnée par la résolution de la question de l’alimentation en eau potable.

A cet effet, le Premier Ministre a demandé au Ministre des Infrastructures, en relation avec le Ministre des Finances et du Budget et le Ministre chargé de l’Hydraulique, d’obtenir l’engagement ferme de Senegal Minergy Port pour la mise en place du dispositif de stockage permettant la solution transitoire, et d’assurer le suivi rapproché de la mise en œuvre. Il a donné instruction, en outre, au Ministre des Finances et du Budget de procéder à l’inscription, dans la loi de finances rectificative 2026, des crédits nécessaires au financement de la solution définitive d’alimentation en eau potable, à hauteur de 8 milliards de FCFA, conformément aux préconisations techniques de la SONES.


ACCÉLÉRATION DE LA DÉMATÉRIALISATION DES DÉMARCHES ADMINISTRATIVES

Dans le cadre de la modernisation de l’action publique en faveur d’une administration plus efficace, plus accessible et orientée vers les usagers, le Premier Ministre a demandé au Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, en relation avec les ministres concernés, de lui soumettre, avant la fin du mois de mai 2026, un plan de déploiement progressif des principales démarches administratives sur la plateforme nationale de services en ligne.

Ce plan devra être assorti d’un calendrier de mise en œuvre et portera, en premier lieu, sur la délivrance des extraits d’état civil, les démarches en vue de l’obtention du permis de conduire, ainsi que sur toute autre formalité à fort impact pour les citoyens et les entreprises.

MISE EN ŒUVRE DU PACTE DE STABILITÉ SOCIALE

Le Premier Ministre a salué la signature du Pacte de Stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, intervenue avec le Patronat et les Centrales syndicales, ainsi que les avancées enregistrées dans la régularisation exceptionnelle des situations administratives et statutaires dans les secteurs de l’Éducation et de la Santé. Il a demandé à l’ensemble des ministres concernés de veiller à la mise en œuvre diligente et rigoureuse des engagements pris par le Gouvernement, dans le respect des échéances arrêtées et dans un esprit de responsabilité collective au service de la paix sociale.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

•          Le Ministre de la Justice a fait une communication sur le système numérique de la justice et l’interconnexion avec le Guichet unique national e-Sénégal.
•          Le Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public a fait une communication sur la situation du dialogue social et du climat social.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :
•          le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier les amendements à      l’article 8 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), adopté le 17 juillet 1998 ;
•          le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Charte constitutive de l’Organisation mondiale de l’Eau, signée le 28 mai 2025 à Riyad (Arabie Saoudite) ;
•          le projet de loi modifiant la loi n°2016-09 du 14 mars 2016 instituant une carte d’identité biométrique CEDEAO.


AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique :

•          Madame Marie Seynabou NDAO, Inspecteur de l’Animation, matricule de solde n° 670 106/H, précédemment Chef de la Division des Ressources humaines à la Direction générale des élections, est nommée Directeur des Ressources humaines et des Finances à la Direction générale des Elections, en remplacement de Monsieur Omar COULIBALY, appelé à d’autres fonctions.

•          Monsieur Modou Bassirou NDAO, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 625 108/Z, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Dioulacolon, Département de Kol-da, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Ngothie, Département de Kaolack, en remplacement de Monsieur Bassirou DIA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;

•          Monsieur Amadou BA, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 625 089/H, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndorna, Département de Médina Yoro Foulah, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Sagatta Djoloff, Département de Linguère, en remplacement de Monsieur Ousmane SANE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;

•          Monsieur Abdoulaye KHARMA, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 603 529/C, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndame, Département de Mbacké, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Sangalkam, Département de Rufisque, en remplacement de Monsieur Mamadou DIOUF, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Mamadou DIOUF, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n°515 942/B, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Sangalkam, Département de Rufisque, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Sam-Notaire, Département de Guédiawaye, en remplacement de Monsieur Cheikh GNINGUE, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Cheikh GNINGUE, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n°634 443/D, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Sam-Notaire, Département de Guédiawaye, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Thiès-Sud, Département de Thiès, en remplacement de Monsieur Diokel Ngor NGOM, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Diokel Ngor NGOM, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 620 357/A, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Thiès-Sud, Département de Thiès, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Fissel, Département de Mbour, en remplacement de Madame Awa BOCOUM, appelée à d’autres fonctions ;

•          Madame Awa BOCOUM, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 616 908/F, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Fissel, Département de Mbour, est nommée Sous-préfet de l’Arrondissement de Ngoye, Département de Bambey, en remplacement de Madame Coumba Sall WADE, appelée à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Djidiack KITAL, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 516 231/J, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Koumbal, Département de Kaolack, est
nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndame, Département de Mbacké, en remplacement de Monsieur Abdoulaye KHARMA, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Mamadou SY, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 519 435/G, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Gamadji Saré, Département de Podor, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Keur Mboucki, Département de Birkelane, poste vacant ;

•          Monsieur Oumar Mamadou SOW, Instituteur, matricule de solde n° 602 413/B, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Moudéry, Département de Bakel, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Gamadji Saré, Département de Podor, en remplacement de Monsieur Mamadou SY, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Mouhamadou WADE, Instituteur, matricule de solde n° 511 215/A, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Mérina Dakhar, Département de Tivaouane, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Moudéry, Département de Bakel, en remplacement de Monsieur Oumar Mamadou SOW, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Mamoudou DEME, Educateur spécialisé, matricule de solde n° 611 241/G, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Dakatély, Département de Salémata, est nom-mé Sous-préfet de l’Arrondissement de Ouadiour, Département de Gossas, en remplacement de Monsieur Ibrahima NDIAYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;

•          Monsieur Mamadou Moustapha SY, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 653 407/G, précédemment Chef de la Division de la Modernisation de l’Action territoriale à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Koumbal, Département de Kaolack, en remplacement de Monsieur Djidiack KITAL, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Henry Ndiagne GUEYE, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 681 461/Z, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Fatick, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Dioulacolon, Département de Kolda, en remplacement de Monsieur Modou Bassirou NDAO, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Omar Sarr DIOP, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n°638 488/G, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Thiès, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndorna, Département de Médina Yoro Foulah, en remplacement de Monsieur Amadou BA, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Abdou Aziz MBODJ, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 696 209/H, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Kanel, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Bandafassi, Département de Kédougou, en remplacement de Monsieur Youssou FAYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;

•          Monsieur Papa Abdoulaye MBAYE, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 696 208/G, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Kédougou, est nommé Sous-pré-fet de l’Arrondissement de Dakatély, Département de Salémata, en remplacement de Monsieur Mamoudou DEME, appelé à d’autres fonctions ;

•          Monsieur Anaby Moussa TOURE, Instituteur, matricule de solde n° 612 954/A, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Bounkiling, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Darou Minam 2, Département de Malem Hodar, en remplacement de Monsieur Mouhamadou Samba BOUSSO, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;

•          Madame Maïmouna BALDE, Institutrice, matricule de solde n° 634 426/A, précédemment Adjointe au Préfet du Département de Koungheul, est nommée Sous-préfet de l’Arrondissement de Mérina Dakhar, Département de Tivaouane, en remplacement de Monsieur Mouhamadou WADE, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique

•          Monsieur Leroux DRAME, Administrateur civil, matricule de solde n° 518.696/I, précédemment Directeur de Cabinet du Ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, est nommé Secrétaire général au Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, en remplacement de Monsieur Serigne MBAYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Au titre du Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires

•          Monsieur El hadji Mamadou GUEYE, Architecte, Directeur de l’Architecture au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, est nommé Commissaire du Gouvernement auprès de l’Ordre des Architectes du Sénégal, en remplacement de Madame Catherine Marie Thérèse Faye DIOP, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
Au titre du Ministère de l’Industrie et du Commerce :

•          Madame Mame Madeleine DIOP, Titulaire d’un Diplôme d’Ingénieur en Génie des procédés industriels, est nommée Secrétaire général de l’Agence d’Aménagement et de Promotion des Sites Industriels (APROSI), au Ministère de l’Industrie et du Commerce, en remplacement de Monsieur Bohoum SOW, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère des Infrastructures :

•          Monsieur Mouhamadou Fallilou DIOUM, Ingénieur statisticien économiste, est nommé Directeur des Statistiques et des Systèmes d’Information au Ministère des Infrastructures.

Farba Ngom libéré par la Cour suprême : un tournant décisif dans une affaire à forte portée politique et judiciaire

Coup de théâtre dans le paysage judiciaire sénégalais. La Cour suprême a rendu, ce mardi, une décision majeure dans le dossier impliquant Farba Ngom, député-maire des Agnam. Selon les premières informations relayées par ses avocats, la haute juridiction a annulé les actes qui fondaient les poursuites engagées contre lui, ouvrant ainsi la voie à sa libération immédiate après plus de quatorze mois de détention préventive.

Placée sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025, cette figure politique aura passé précisément 425 jours en prison dans le cadre d’une procédure liée à des soupçons de blanchiment de capitaux et d’infractions financières présumées. Le dossier, alimenté par des investigations attribuées à la Cellule nationale de traitement des informations financières, portait sur des transactions estimées à près de 125 milliards de francs CFA. Depuis le début, la défense n’a cessé de dénoncer des irrégularités dans la procédure, plaidant pour la remise en liberté de leur client.

La décision rendue par la juridiction suprême marque un véritable basculement. En cassant la décision qui faisait obstacle à sa libération, la Cour suprême met fin à un long feuilleton judiciaire marqué par une succession de recours, de débats procéduraux et de rebondissements. Le pourvoi en cassation introduit par le parquet général près la Cour d’appel de Dakar avait jusque-là suspendu l’exécution d’une décision favorable à Farba Ngom. L’arrêt rendu ce mardi lève donc ce verrou juridique, permettant théoriquement son élargissement sans délai.

Du côté de la défense, le soulagement est palpable. Ses avocats parlent d’une victoire nette du droit, estimant que la haute juridiction a sanctionné une procédure qu’ils jugeaient juridiquement fragile. Me Baboucar Cissé, l’un de ses conseils, a affirmé que cette décision ne laisse « plus aucun débat possible » sur la remise en liberté de son client. Une déclaration qui reste toutefois à confronter à la motivation écrite de l’arrêt, attendue pour préciser la portée exacte de l’annulation prononcée.

Au-delà du cas individuel de Farba Ngom, cette affaire soulève des questions plus larges sur le fonctionnement de la justice sénégalaise, notamment en matière de détention préventive dans les dossiers économiques et financiers. Pendant plus d’un an, cette procédure a alimenté un débat intense sur l’équilibre entre la nécessité de lutter contre la criminalité financière et le respect des droits fondamentaux, en particulier la présomption d’innocence.

Cette décision intervient dans un contexte politique sensible, où plusieurs figures de l’ancien régime font l’objet de poursuites ou d’enquêtes. La libération annoncée de Farba Ngom pourrait ainsi avoir des répercussions au-delà du strict cadre judiciaire, en ravivant les débats sur la reddition des comptes et la gestion des affaires publiques.

La même audience de la Cour suprême a également été marquée par une décision défavorable à Pape Malick Ndour. Impliqué dans l’affaire du PRODAC, l’ancien ministre a vu son mandat de dépôt confirmé, mettant fin à la mesure de contrôle judiciaire dont il bénéficiait jusque-là. Ce contraste entre les deux décisions illustre la complexité et la portée de cette audience, qui pourrait marquer un moment charnière dans plusieurs dossiers politico-judiciaires en cours.

Pour l’heure, l’attention se tourne vers l’exécution effective de la décision concernant Farba Ngom. Si les informations communiquées par ses avocats se confirment, sa sortie de détention pourrait intervenir dans les plus brefs délais. Après des mois d’incertitude, ce rebondissement majeur relance les discussions sur la conduite des procédures judiciaires, le contrôle des actes d’enquête et la place des libertés individuelles dans les affaires à forte résonance publique.

Code électoral : l’Assemblée nationale adopte la réforme des articles L29 et L30, un tournant dans la gestion des droits civiques

L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, ce mardi 28 avril, la loi n°11/2026 modifiant en profondeur certaines dispositions du Code électoral, notamment ses articles L.29 et L.30. Ce texte, voté à une large majorité avec 127 voix pour, 11 contre et 2 abstentions, marque une étape importante dans la redéfinition des règles encadrant l’inscription sur les listes électorales et les conditions d’inéligibilité.

Portée par la majorité parlementaire, cette réforme s’inscrit dans une volonté affichée de corriger les insuffisances de la législation précédente, souvent critiquée pour son caractère jugé à la fois trop large et insuffisamment encadré dans le temps. À travers cette révision, le législateur entend établir un équilibre entre la nécessité de préserver l’intégrité du processus électoral et celle de garantir le plein exercice des droits civiques.

Le cœur de la réforme repose sur la réécriture complète de l’article L.29. Désormais, les cas d’exclusion des listes électorales sont clairement définis et limités à des situations précises. Sont concernés les individus condamnés pour crime, mais également ceux ayant écopé de peines d’emprisonnement supérieures à un mois pour des infractions graves telles que le vol, l’escroquerie, l’abus de confiance, l’extorsion de fonds, le détournement de deniers publics, l’enrichissement illicite, la corruption, ou encore le blanchiment de capitaux. Cette clarification vise à mettre fin aux interprétations extensives qui pouvaient, par le passé, conduire à des exclusions jugées disproportionnées.

Autre évolution majeure, l’abrogation pure et simple de l’article L.30. Cette disposition prévoyait notamment l’inéligibilité automatique de certains candidats sur la base de condamnations pécuniaires, notamment en cas d’amendes dépassant 200 000 francs CFA. Sa suppression traduit une volonté de recentrer les critères d’inéligibilité sur des faits d’une gravité avérée, en lien direct avec la probité et la moralité publique.

Dans l’exposé des motifs, les auteurs du texte insistent sur la nécessité de prévenir toute instrumentalisation des règles électorales à des fins d’exclusion politique. La réforme ambitionne ainsi de rendre le dispositif plus lisible, plus juste et plus conforme aux principes de l’État de droit.

Au-delà de son contenu juridique, cette loi intervient dans un contexte politique marqué par des débats intenses autour des réformes institutionnelles engagées par les autorités. Elle constitue, pour ses promoteurs, une réponse aux attentes exprimées lors des dialogues nationaux sur la justice et le système politique.

Reste désormais à observer les effets concrets de cette réforme sur le paysage politique sénégalais. Entre volonté de moralisation de la vie publique et exigence de respect des droits fondamentaux, le nouveau cadre électoral ouvre une nouvelle séquence dans l’évolution démocratique du pays.

Centenaire de Maître Abdoulaye Wade : le PDS reçu par le Khalife général des Mourides

Dans le cadre des préparatifs du centenaire de Abdoulaye Wade, une délégation officielle du Parti Démocratique Sénégalais a été reçue ce samedi par le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké.

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de concertation engagée avec les autorités étatiques et religieuses du pays, en vue de préparer cet événement marquant qui célébrera les cent ans de vie, d’engagement politique et de service à la Nation de l’ancien chef de l’État.

Au cours de l’audience, les représentants du PDS ont sollicité les prières, les conseils ainsi que l’accompagnement spirituel du guide religieux pour la réussite totale de cette commémoration. Selon la délégation, la portée de cet anniversaire dépasse les frontières du Sénégal et revêt une dimension africaine et internationale.

Les responsables du parti ont également informé le Khalife que cette célébration sera organisée sous le haut patronage de Bassirou Diomaye Faye, qui aurait réaffirmé sa volonté d’accompagner la réussite de l’événement. Les grandes lignes du programme du centenaire lui ont aussi été présentées.

En retour, Serigne Mountakha Mbacké a adressé des prières à l’endroit de Abdoulaye Wade et formulé des vœux de succès pour cette célébration historique.

Prévu comme un moment fort de la vie politique et institutionnelle du pays, ce centenaire s’annonce déjà comme un rendez-vous majeur autour de l’héritage de l’ancien président sénégalais.

SERIGNE MOUNTAKHA SUR LA CANDIDATURE DU PRÉSIDENT MACKY SALL À L’ONU «JE LAISSE TOUT ENTRE LES MAINS DE DIEU»

Une délégation de l’Alliance pour la République (APR) s’est présentée, ce lundi, devant Serigne Mountakha Mbacké à Touba. La démarche, sans connotation politique affichée, visait à solliciter les prières du guide religieux en faveur de l’ancien président Macky Sall, dont le nom est évoqué pour prendre la succession d’António Guterres au secrétariat général des Nations unies. Au fil de l’entretien, le khalife a mêlé gratitude et réserve, rappelant que le destin relève de la seule volonté du Créateur.

Reçue par la plus haute autorité mouride, la mission conduite par plusieurs cadres de l’APR a d’abord tenu à dissiper tout malentendu. Son porte-parole, Babacar Gaye, a souligné que la visite n’avait rien de partisan, avant de rappeler l’attachement constant du guide religieux à l’ancien chef de l’État. Selon lui, l’ambition de Macky Sall de briguer le poste de secrétaire général de l’ONU s’inscrit dans le prolongement naturel de son parcours : après avoir gouverné le Sénégal et préservé la paix, il aspirerait désormais à mettre son expérience au service de la communauté internationale et de l’islam.

En retour, Serigne Mountakha Mbacké n’a pas tari d’éloges à l’égard de Macky Sall, mais il a immédiatement recentré le propos sur la souveraineté divine. Il a affirmé que l’issue de toute entreprise dépend uniquement de Dieu, maître absolu de l’univers, et que les humains ne disposent d’autre recours que l’invocation. Le khalife a confié avoir déjà élevé des prières par le passé pour l’ancien président, l’ayant confié spirituellement à Serigne Touba. Il a précisé avoir imploré pour que Macky Sall obtienne ce qu’il convoite, tout en laissant à Dieu le soin de l’accorder, à la condition expresse que cette réalisation lui soit bénéfique.

Liberté de la presse : Reporters sans frontières dévoile son classement mondial 2026 à Dakar ce 30 avril

L’organisation internationale Reporters sans frontières (RSF) rendra public, ce jeudi 30 avril 2026 à Dakar, son très attendu Classement mondial de la liberté de la presse. L’annonce a été faite à travers un communiqué, précisant que la présentation officielle se tiendra lors d’une conférence organisée à partir de 9h30 à l’hôtel Good Rade, situé sur la VDN.

Ce classement annuel constitue l’un des principaux baromètres internationaux de l’état de la liberté d’informer. Il évalue la situation des journalistes et des médias dans plus de 180 pays, en prenant en compte des critères tels que l’indépendance des médias, le cadre légal, la sécurité des journalistes ou encore les pressions économiques et politiques. À travers cet outil, RSF propose également une cartographie mondiale permettant de visualiser les zones où la liberté de la presse est respectée, menacée ou gravement entravée.

La publication de cette édition 2026 intervient dans un contexte global marqué par des tensions accrues entre pouvoirs publics et médias dans plusieurs régions du monde, mais aussi par la montée de nouvelles formes de menaces, notamment dans l’espace numérique. Désinformation, cyberharcèlement, surveillance et restrictions juridiques sont autant de défis qui redéfinissent aujourd’hui l’environnement dans lequel évoluent les journalistes.

Au-delà des chiffres et du classement, cette rencontre à Dakar sera également marquée par la présence d’Iris Sossoukpè, venu porter un témoignage fort sur la situation de son frère, Hugues Comlan Sossoukpè. Directeur du site d’information Olofofo, ce dernier avait été enlevé en juillet 2025 à Abidjan avant d’être transféré au Bénin, où il demeure détenu à la prison civile de Ouidah. Son cas illustre, selon RSF, les risques persistants auxquels sont exposés les journalistes dans l’exercice de leur métier.

À Dakar, cette présentation du classement mondial s’annonce ainsi comme un moment clé de réflexion sur l’état de la liberté de la presse, mais aussi comme une tribune pour alerter sur les dérives observées et rappeler les exigences fondamentales d’une information libre, pluraliste et indépendante.

Réformes institutionnelles et électorales : Aminata Touré dévoile quatre avant-projets majeurs issus des dialogues nationaux

La Coalition « Diomaye Président » franchit une nouvelle étape dans son agenda de réformes. Par la voix de sa superviseure générale, Aminata Touré, quatre avant-projets de loi ont été officiellement présentés, marquant une volonté affichée de refonder en profondeur l’architecture institutionnelle et électorale du Sénégal. Ces textes, issus des conclusions des dialogues nationaux sur la justice en 2024 et sur le système politique en 2025, initiés par le président Bassirou Diomaye Faye, sont désormais soumis à l’appréciation du public avant leur examen en Conseil des ministres puis à l’Assemblée nationale.

Au cœur de ces propositions figure une réforme constitutionnelle d’envergure. Celle-ci introduit une rupture notable dans la pratique politique sénégalaise en établissant une incompatibilité entre la fonction présidentielle et la direction effective d’un parti politique. Le chef de l’État ne pourrait désormais occuper qu’un rôle honorifique au sein de sa formation. Cette disposition s’accompagne d’un renforcement du pouvoir de contrôle du Parlement, notamment à travers l’élargissement des prérogatives des commissions d’enquête et d’information. Le texte prévoit également une réorganisation de l’équilibre des pouvoirs au sein de l’Exécutif, ainsi que l’interdiction du cumul entre fonctions ministérielles et mandats exécutifs territoriaux.

Dans la même dynamique, un second avant-projet prévoit la transformation du Conseil constitutionnel en une Cour constitutionnelle. Cette nouvelle institution verrait ses effectifs passer de sept à neuf membres et disposerait de compétences élargies, notamment pour arbitrer les conflits entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Le principe du contradictoire serait explicitement inscrit dans son fonctionnement, renforçant ainsi les garanties procédurales.

Le troisième texte s’attaque au Code électoral, avec des changements structurants. Il prévoit la création d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI), appelée à reprendre les prérogatives actuellement exercées par le ministère de l’Intérieur en matière d’organisation des élections. La réforme introduit également plusieurs innovations majeures, dont le bulletin unique, la révision permanente des listes électorales, l’ouverture du droit de vote aux détenus non déchus de leurs droits civiques, ainsi que l’institutionnalisation d’un débat présidentiel au second tour. Les articles L.29 et L.30, au cœur de nombreuses controverses, seraient réécrits afin de prévenir toute instrumentalisation de la justice dans le processus électoral.

Enfin, le quatrième avant-projet encadre le fonctionnement et le financement des partis politiques. Il instaure un système de financement public soumis à un contrôle strict de la Cour des comptes. Le texte interdit explicitement les dons anonymes, les financements via cryptomonnaies, les contributions d’entreprises publiques et les apports étrangers, à l’exception des contributions issues de la diaspora sénégalaise.

Au-delà du contenu des réformes, Aminata Touré a insisté sur la méthode adoptée, qu’elle présente comme inclusive et fondée sur le consensus. Selon elle, les textes sont le fruit d’un processus de concertation impliquant divers acteurs politiques et institutionnels, y compris des responsables parlementaires. Leur mise à disposition du public vise à prolonger ce dialogue, avant leur traduction en lois.

Avec ces quatre avant-projets, les autorités sénégalaises entendent poser les bases d’un nouveau cadre institutionnel, présenté comme plus équilibré, plus transparent et mieux adapté aux exigences démocratiques contemporaines. Reste désormais à savoir si cette dynamique de réforme parviendra à fédérer un large consensus politique et social dans un contexte où les questions électorales demeurent particulièrement sensibles.

Révision constitutionnelle : vers un Président au-dessus des partis et un exécutif rééquilibré

Le Sénégal s’apprête à franchir un tournant institutionnel majeur avec l’avant-projet de loi portant révision de la Constitution, qui introduit des changements profonds dans l’organisation et l’exercice du pouvoir exécutif. Au cœur de cette réforme figure une disposition inédite : le Président de la République ne pourra plus diriger un parti politique ni une coalition. Une rupture significative avec une tradition bien ancrée, où les chefs de l’État cumulaient jusqu’ici la magistrature suprême avec le leadership partisan.

Désormais, le chef de l’État ne pourra occuper au sein d’une formation politique qu’un rôle strictement honorifique. L’objectif affiché est clair : renforcer la neutralité de la fonction présidentielle et mettre fin à toute confusion entre responsabilités étatiques et intérêts partisans. Cette évolution s’inscrit dans une volonté plus large de consolider les principes d’équité et de transparence dans la gestion des affaires publiques.

Dans la même logique, le texte introduit une autre innovation majeure : l’interdiction pour le Président en exercice de participer à des campagnes électorales, sauf dans le cas où il est lui-même candidat à sa réélection. Cette disposition vise à limiter l’usage des moyens et de l’influence de l’État à des fins politiques, une critique récurrente dans le débat public sénégalais.

La réforme ne s’arrête pas là. Elle redéfinit également les équilibres au sein de l’exécutif. Alors que la Constitution actuelle conférait au seul Président la détermination de la politique de la Nation, le nouveau texte prévoit désormais qu’elle sera définie « en concertation avec le Premier ministre ». Ce réajustement marque une évolution vers un partage plus équilibré du pouvoir exécutif, avec un Premier ministre renforcé dans son rôle de chef du gouvernement, chargé de conduire et de coordonner l’action gouvernementale.

Le serment présidentiel fait aussi l’objet d’une refonte. La nouvelle formule introduit des engagements explicites en matière de gouvernance, notamment la gestion transparente des ressources publiques et l’obligation d’agir exclusivement dans l’intérêt de la Nation. Ce serment sera désormais prêté devant la Cour constitutionnelle, nouvelle appellation du Conseil constitutionnel, renforçant ainsi la dimension solennelle et institutionnelle de l’acte.

Autre innovation importante : l’encadrement strict de la période post-électorale. Entre la tenue de l’élection présidentielle et la proclamation définitive des résultats, les autorités en place ne pourront plus prendre de décisions engageant durablement l’État, comme la signature de contrats majeurs ou la contraction d’emprunts, sauf en cas de nécessité impérieuse. Après la proclamation des résultats et jusqu’à l’installation du nouveau Président, le chef de l’État sortant sera limité à la gestion des affaires courantes.

Enfin, le préambule de la Constitution est enrichi pour consacrer deux principes fondamentaux : le rééquilibrage des pouvoirs au sein de l’exécutif et l’intangibilité des règles relatives à la limitation des mandats présidentiels. Cette dernière disposition vise à verrouiller toute tentative future de modification des règles sur la durée ou le nombre de mandats.

À travers cet ensemble de réformes, c’est une nouvelle conception de la fonction présidentielle qui se dessine : un Président moins partisan, davantage encadré dans ses prérogatives, et inscrit dans un système institutionnel où le pouvoir est mieux partagé. Une transformation qui pourrait redéfinir durablement les pratiques politiques au Sénégal et renforcer les fondements de son État de droit.

Haute Cour de Justice : Ismaïla Madior Fall face à de lourdes accusations dans le dossier du tribunal de Pikine-Guédiawaye

L’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, s’apprête à comparaître devant la Haute Cour de Justice dans une affaire qui suscite déjà une vive attention au sein de l’opinion publique et de la sphère politico-judiciaire. Il est poursuivi pour des faits présumés de corruption passive et de concussion, en lien avec le projet de construction du Centre de surveillance électronique rattaché au tribunal de Pikine-Guédiawaye.

Cette procédure, qui vise des actes supposément commis dans l’exercice de ses fonctions ministérielles, relève de la compétence exclusive de la Haute Cour de Justice, seule habilitée à juger les anciens membres du gouvernement pour ce type d’infractions. Le dossier met en cause les conditions de passation et d’exécution du marché public relatif à cette infrastructure judiciaire stratégique, censée moderniser le dispositif de contrôle et de suivi des détenus.

Pour assurer sa défense, Ismaïla Madior Fall a constitué un collectif d’avocats de haut niveau. Ce pool, déjà composé de figures reconnues du barreau telles que le bâtonnier Mbaye Guèye, Amadou Sall, Charles Bruiguière et Hamid Ndiaye, a récemment été renforcé par l’arrivée de Ciré Clédor Ly. L’intégration de ce pénaliste réputé ne passe pas inaperçue, tant son parcours et ses engagements dans des dossiers sensibles lui confèrent une visibilité particulière.

Ciré Clédor Ly est notamment connu pour être l’un des avocats du Premier ministre Ousmane Sonko, figure majeure de l’opposition sous l’ancien régime de Macky Sall. Ce rapprochement au sein de la défense introduit une dimension symbolique et politique supplémentaire à ce procès, dans un contexte où les lignes de fracture du passé continuent d’influencer les dynamiques actuelles.

L’affaire s’annonce d’ores et déjà comme l’un des temps forts judiciaires de l’année. Au-delà du cas personnel de l’ancien garde des Sceaux, elle soulève des enjeux plus larges liés à la gouvernance des marchés publics, à la transparence dans la gestion des ressources de l’État et à la reddition des comptes des anciens responsables publics.

Tournée économique à Kolda : Diomaye Faye mise sur le coton et le développement agricole à Vélingara

Le département de Vélingara a constitué la première étape de la tournée économique du président de la République Bassirou Diomaye Faye dans la région de Kolda. Arrivé ce jeudi 23 avril, le chef de l’État a entamé sa visite par l’usine de coton de la SODEFITEX, un site stratégique pour l’économie locale et la relance de la filière cotonnière.

Sur place, le président a réaffirmé son engagement à accompagner le développement de cette filière agricole essentielle pour les populations du sud du pays. Cette volonté s’inscrit dans un contexte marqué par des performances encourageantes. En effet, la production cotonnière est passée de 15 000 tonnes à 25 000 tonnes lors de la dernière campagne agricole, avec des rendements jugés record. Ces résultats nourrissent un regain d’espoir chez les producteurs et les acteurs du secteur, convaincus du potentiel du département de Vélingara, considéré depuis longtemps comme un bastion du coton au Sénégal.

Poursuivant son périple, le chef de l’État s’est ensuite rendu dans le bassin rizicole de l’Anambé, notamment dans le secteur G, afin d’évaluer les conditions de production et d’échanger avec les exploitants. Cette visite de terrain lui a permis de mieux appréhender les défis auxquels font face les producteurs, mais aussi d’identifier les opportunités de renforcement de la production rizicole dans cette zone à fort potentiel agricole.

Après cette étape à Vélingara, le président de la République a pris la direction de la ville de Kolda dans l’après-midi. Plusieurs activités majeures sont inscrites à son agenda, notamment l’inauguration du Service d’assistance médicale d’urgence, une infrastructure attendue pour améliorer la prise en charge sanitaire des populations. Il procédera également à la pose de la première pierre du futur pôle mère-enfant, un projet structurant pour le système de santé régional.

La journée du président se conclura par une série d’audiences prévues entre 20 heures et 22 heures avec les élus locaux, les députés ainsi que les coordonnateurs départementaux. Ces rencontres devraient permettre d’échanger sur les priorités de développement de la région et de renforcer la concertation avec les acteurs territoriaux.

Kolda : une tournée économique de 72 heures du président Bassirou Diomaye Faye axée sur les projets structurants

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est arrivé dans la matinée de ce jeudi à Kolda, dans le sud du pays, où il entame une tournée économique de trois jours qui s’étendra jusqu’au samedi 25 avril. Initialement prévue du 12 au 14 avril, cette visite d’État de 72 heures avait été reportée pour des raisons qui n’ont pas été rendues publiques.

À son arrivée dans la capitale du Fouladou, le chef de l’État a été accueilli par les autorités civiles et militaires de la région, marquant ainsi le début officiel d’un programme chargé consacré au suivi et à l’évaluation de projets structurants dans plusieurs secteurs clés.

Selon un communiqué de la Présidence, cette tournée de terrain s’inscrit dans une dynamique visant à rapprocher davantage l’action publique des réalités vécues par les populations. L’objectif affiché est de renforcer l’impact des politiques publiques au niveau local, en tenant compte des besoins spécifiques des territoires.

Le président entend également promouvoir une meilleure équité territoriale à travers des investissements jugés utiles, l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base et la création de perspectives plus solides pour les populations locales. Cette approche vise à réduire les disparités régionales et à favoriser un développement plus équilibré du territoire national.

Parmi les temps forts de cette visite figure l’inauguration d’une antenne régionale du Service d’aide médicale urgente ainsi que le lancement d’un nouveau pôle mère-enfant au centre hospitalier régional de Kolda. Ces infrastructures sanitaires sont présentées comme des avancées importantes dans le renforcement du système de santé local, notamment en matière d’urgence médicale et de prise en charge de la mère et de l’enfant.

Macky Sall plaide pour une sécurité internationale renforcée et solidaire face à la montée du terrorisme

Lors de son audition devant les États membres de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies dans le cadre de sa candidature au poste de Secrétaire général, Macky Sall a défendu une vision ambitieuse et collective de la sécurité internationale. Face à un contexte mondial marqué par des crises sécuritaires persistantes et une recrudescence des violences asymétriques, l’ancien président sénégalais a insisté sur la nécessité d’une mobilisation accrue de la communauté internationale, en particulier à l’égard des régions les plus exposées.

Au cœur de son intervention, la situation au Sahel a occupé une place centrale. Macky Sall a exprimé sa solidarité envers les populations de cette région, en citant notamment le Mali, confronté à une intensification des attaques terroristes et à une instabilité sécuritaire chronique. Il a mis en garde contre la vulnérabilité croissante du continent africain, qu’il a décrit comme un « ventre mou » dans la lutte contre le terrorisme, soulignant que cette fragilité ne concerne pas uniquement les pays directement touchés, mais représente une menace pour l’équilibre global.

Dans cette perspective, il a appelé à un engagement plus soutenu du Conseil de sécurité des Nations unies. Selon lui, les États en première ligne dans la lutte contre les groupes armés ne doivent pas être laissés seuls face à une menace qui dépasse largement leurs capacités nationales. Il a plaidé pour un partage plus équitable des responsabilités et des ressources, estimant que la sécurité collective exige une réponse coordonnée, structurée et durable.

Macky Sall a également rendu un hommage appuyé aux Casques bleus, ces soldats de la paix déployés dans le cadre des opérations onusiennes. Il a rappelé que depuis la création des missions de maintien de la paix en 1948, plus de 4 000 d’entre eux ont perdu la vie en service. Un sacrifice qui, selon lui, témoigne de l’engagement profond de l’Organisation dans la préservation de la paix mondiale. Toutefois, il n’a pas manqué de souligner les difficultés auxquelles ces forces sont confrontées sur le terrain, notamment le manque de moyens logistiques, technologiques et humains adaptés à la complexité croissante des conflits contemporains.

Macky Sall plaide pour une approche intégrée entre paix et développement à l’ONU

En marge de son audition devant les États membres de l’Assemblée générale des Nations unies dans le cadre de sa candidature au poste de Secrétaire général, Macky Sall a développé une vision articulée autour du lien indissociable entre paix et développement. L’ancien président sénégalais a insisté sur le fait que ces deux dimensions ne peuvent être pensées séparément si l’on souhaite répondre efficacement aux crises contemporaines.

Selon lui, l’absence de paix constitue un frein majeur à toute dynamique de développement. Il a rappelé que dans les zones en conflit, les priorités basculent immédiatement vers la survie. Les enjeux liés à l’éducation, à l’économie ou encore aux infrastructures deviennent secondaires face à l’urgence humanitaire. Dans ces contextes, les populations sont confrontées à la violence, aux déplacements forcés et à la précarité, rendant toute perspective de développement quasiment impossible.

Dans son intervention, Macky Sall a également souligné la nécessité de repenser les opérations de maintien de la paix en y intégrant davantage les dimensions économiques et politiques. Il estime que la stabilité ne peut être durable sans la création d’opportunités concrètes pour les populations, notamment en matière d’emploi et d’inclusion sociale. Pour lui, l’absence de perspectives économiques alimente les frustrations et fragilise les processus de paix, ce qui impose une approche plus globale et cohérente des interventions internationales.

L’ancien chef de l’État a ainsi plaidé pour un renforcement du rôle des Nations unies dans l’accompagnement économique des pays en sortie de crise. Il considère que les actions de sécurisation doivent impérativement être complétées par des politiques de développement capables de répondre aux attentes des populations et de consolider les acquis de la paix.

Par ailleurs, Macky Sall a rappelé que la paix, à elle seule, ne suffit pas à garantir un avenir stable. Elle doit s’accompagner d’initiatives concrètes en faveur du bien-être des citoyens, afin de créer des sociétés résilientes et inclusives. Cette approche, selon lui, repose sur la mobilisation simultanée de plusieurs leviers, allant de la gouvernance à l’investissement économique.

Droits des LGBT : Macky Sall clarifie sa position dans sa course à la tête de l’ONU

En pleine campagne pour le poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Macky Sall a précisé sa position sur les questions liées aux droits des personnes LGBT, à l’occasion d’un échange avec des représentants de la société civile ce lundi 20 avril 2026 à New York.

Interpellé sur ce sujet sensible, l’ancien chef de l’État sénégalais a d’abord tenu à replacer le débat dans son contexte, en soulignant qu’il s’agit avant tout de questions de société, qui doivent être abordées avec prudence et sans contrainte extérieure. « Pour les LGBT, c’est un sujet de société. J’ai souvent eu des positions connues, mais à ce niveau, je voudrais dire une chose : les sujets de société ne doivent pas faire l’objet d’imposition », a-t-il déclaré.

Dans le même temps, Macky Sall a insisté sur son attachement aux principes fondamentaux défendus par les Nations unies, notamment en matière de droits humains et de dignité. Il a rappelé que la Charte de l’ONU constitue un socle incontournable, qu’il entend respecter et défendre s’il accède à cette fonction. « Nous avons les droits humains et la Charte des Nations unies qui défend la dignité humaine. Ça va être un principe qui sera consacré et que j’assumerai », a-t-il affirmé.

L’ancien président a ainsi tenté de trouver un équilibre entre le respect des normes internationales et la prise en compte des réalités socioculturelles propres à chaque pays. Il a réitéré son opposition à toute forme d’imposition de modèles extérieurs, rappelant qu’en tant que président du Sénégal, il avait déjà été confronté à des pressions sur ces questions. « Je n’ai jamais accepté qu’on me l’impose », a-t-il insisté.

Dans son analyse, Macky Sall a également évoqué les rapports de force internationaux autour de ces thématiques. Selon lui, plusieurs pays africains ont été soumis à des pressions importantes, certains ayant résisté, tandis que d’autres ont cédé face aux contraintes économiques ou diplomatiques. Il a toutefois souligné que le débat reste loin d’être tranché, y compris dans les pays occidentaux.

Prenant l’exemple des États-Unis, il a estimé que les positions évoluent et que la question continue de diviser les opinions publiques. Pour lui, cela démontre que le débat est global et qu’aucune société n’a encore trouvé de consensus définitif sur ces enjeux.

En conclusion, Macky Sall a plaidé pour une approche équilibrée, qui permette à chaque société de gérer ces questions selon ses propres dynamiques, tout en garantissant le respect des droits fondamentaux de chaque individu. Une position qui s’inscrit dans sa volonté d’incarner, dans cette campagne internationale, une ligne de dialogue entre les valeurs universelles et les réalités locales.

Restructuration de la dette : le FMI laisse une large marge de manœuvre aux autorités sénégalaises

Le Fonds monétaire international (FMI) adopte une posture mesurée dans le dossier sensible de la dette du Sénégal, en laissant les autorités nationales piloter elles-mêmes les orientations stratégiques à venir. À l’occasion d’une conférence de presse tenue ce jeudi sur les « Perspectives économiques régionales d’avril 2026 pour l’Afrique subsaharienne », le directeur du département Afrique du FMI, Abebe Aemro Selassie, a clarifié la position de l’institution de Bretton Woods.

D’emblée, le responsable a insisté sur l’absence de position prédéfinie du FMI concernant les paramètres d’une éventuelle restructuration de la dette sénégalaise. Selon lui, l’institution privilégie une approche d’accompagnement plutôt que d’imposition, laissant au gouvernement la responsabilité de concevoir une stratégie adaptée à ses réalités économiques et sociales.

Dans ses propos, Abebe Aemro Selassie a salué la transparence des autorités sénégalaises, qui auraient rapidement partagé leurs évaluations relatives aux « défaillances des systèmes » ainsi qu’à l’état du stock de la dette. Cette démarche, jugée constructive, permet selon lui d’instaurer un climat de confiance dans les discussions en cours autour d’un nouveau programme économique.

Les échanges actuels entre le Sénégal et le FMI visent ainsi à définir un cadre de réformes capable de concilier plusieurs impératifs : restaurer la viabilité de la dette, garantir un financement soutenable et éviter des mesures d’austérité excessives pour les populations. L’objectif affiché est d’aboutir à un programme « crédible et finançable », tout en préservant la stabilité sociale dans un contexte économique déjà sous pression.

Le FMI met toutefois en garde contre la précipitation. Dans un environnement international marqué par une forte volatilité des marchés, l’institution recommande une approche prudente et progressive. Il s’agit, selon ses responsables, de garantir la soutenabilité de la dette sans engager le pays dans des décisions irréversibles qui pourraient limiter ses marges de manœuvre à long terme.

Sur un plan plus technique, Abebe Aemro Selassie a précisé que le FMI n’a pas demandé l’inclusion de la dette intérieure dans les discussions sur une éventuelle restructuration. Une position qui laisse au gouvernement sénégalais une latitude importante pour définir les contours de sa stratégie, notamment en arbitrant entre dette intérieure et extérieure. « Nous n’entrons pas dans ces discussions (…) et nous n’avons généralement pas demandé que la dette intérieure soit incluse », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, le responsable du FMI est revenu sur l’élargissement du déficit du compte courant du Sénégal. Il l’explique en grande partie par une hausse significative des investissements dans les secteurs pétrolier et gazier, considérés comme structurants pour l’économie nationale. Toutefois, il souligne que les projections économiques pourraient évoluer, notamment en fonction des fluctuations des prix du pétrole sur les marchés internationaux.

Au final, la position du Fonds monétaire international traduit une volonté d’équilibre entre accompagnement technique et respect de la souveraineté économique du Sénégal. Dans un contexte où les enjeux de dette restent cruciaux, les autorités sénégalaises apparaissent ainsi en première ligne pour définir une trajectoire capable de concilier rigueur financière, croissance économique et stabilité sociale.

Financement du Sénégal : un second trimestre sous tension maîtrisée sur le marché régional

Le premier trimestre 2026 aura été un véritable test de résistance pour les finances publiques sénégalaises. Dans un contexte de fortes incertitudes, marqué par des spéculations sur un possible défaut de paiement, notamment sur les eurobonds, l’État a finalement rassuré en honorant l’ensemble de ses engagements. Cette performance a contribué à atténuer les inquiétudes des investisseurs, même si les conditions d’accès aux marchés internationaux restent nettement dégradées.

Privé en grande partie de financements extérieurs compétitifs, le Sénégal a dû se replier sur le marché régional de la dette. Cette stratégie s’est révélée efficace au cours des trois premiers mois de l’année, avec une mobilisation de 1068,6 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine, dépassant largement l’objectif initial fixé à 808 milliards. Ce recours accru au marché régional illustre à la fois la résilience des autorités financières, mais aussi les contraintes pesant sur la signature souveraine du pays.

Pour le deuxième trimestre, le gouvernement adopte une posture plus mesurée. Selon le calendrier des émissions publié par Umoa-Titres, le Sénégal prévoit de lever 658 milliards de FCFA entre avril et juin 2026. Cette enveloppe sera répartie entre 210 milliards de FCFA en Bons assimilables du Trésor, instruments de court terme, et 448 milliards de FCFA en Obligations assimilables du Trésor, destinées à des maturités plus longues. Cette orientation traduit une volonté de mieux structurer la dette, en allongeant progressivement sa durée et en limitant les pressions de refinancement à court terme.

À l’échelle régionale, la dynamique reste soutenue. Les huit États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine ambitionnent de mobiliser un total de 3075,5 milliards de FCFA sur la période. La Côte d’Ivoire se distingue une nouvelle fois comme le principal émetteur, avec un objectif de 980 milliards de FCFA, confirmant son rôle moteur sur le marché régional des capitaux.

Toutefois, la situation du Sénégal demeure particulièrement sensible. La question de la dette, relancée par les révélations sur une dette dite cachée, continue de peser lourdement sur les perspectives économiques. Le Fonds monétaire international a ainsi réévalué le taux d’endettement du pays à 132 % du produit intérieur brut, entraînant la suspension de son programme de coopération avec Dakar. À ce jour, aucun nouvel accord n’a encore été conclu, ce qui limite davantage les marges de manœuvre financières de l’État.

Dans ce contexte, le marché financier de l’Umoa s’impose comme une bouée de sauvetage incontournable. Le Sénégal prévoit d’y mobiliser au total 4132 milliards de FCFA en 2026, dont 2752 milliards via les émissions de titres publics. Les résultats du premier trimestre, jugés satisfaisants, offrent une base encourageante pour la suite de l’année, même si les défis restent nombreux.

Affaire ASER–AEE POWER : Jean Michel Sène convoqué par la Section de recherches, un tournant dans le dossier

Le dossier sensible opposant l’ASER à AEE POWER connaît une nouvelle évolution au Sénégal. Jean Michel Sène a annoncé avoir été officiellement contacté par la Section de recherches, marquant ainsi une étape importante dans le traitement de cette affaire qui alimente le débat public depuis plusieurs semaines.

Cette convocation intervient quelques jours après sa sortie médiatique du 1er avril 2026, au cours de laquelle il avait exposé ce qu’il avait présenté comme des « éléments factuels » liés à ce dossier. Une prise de parole qui avait suscité de nombreuses réactions, tant dans l’opinion que dans les milieux politiques et institutionnels.

Dans une déclaration rendue publique, Jean Michel Sène a accueilli favorablement cette initiative des enquêteurs. Selon lui, cette démarche correspond à une exigence qu’il n’a cessé de formuler depuis le début de l’affaire : celle de faire toute la lumière sur les faits. « C’est précisément ce que nous avons toujours appelé de nos vœux », a-t-il affirmé, estimant que cette convocation constitue une opportunité pour éclairer définitivement l’opinion publique.

L’intéressé assure, par ailleurs, avoir immédiatement répondu à cette sollicitation en affichant sa pleine disponibilité. Il se dit prêt à collaborer sans réserve avec les autorités judiciaires et à fournir tous les éléments en sa possession. « Je mettrai à disposition toutes les preuves nécessaires à la manifestation de la vérité », a-t-il déclaré, insistant sur sa volonté de voir l’enquête aboutir dans la transparence.

Au-delà de l’aspect judiciaire, cette nouvelle étape s’accompagne d’un discours plus offensif sur le terrain politique. Jean Michel Sène a en effet dénoncé ce qu’il considère comme des tentatives de récupération de l’affaire par certains acteurs. Sans citer de noms, il a critiqué « des politiciens sans véritable discours » qui, selon lui, chercheraient à instrumentaliser ce dossier à des fins opportunistes. Il estime toutefois que « ce temps touche bientôt à sa fin », laissant entendre que l’évolution de la procédure pourrait redistribuer les cartes.

Alors que l’enquête entre dans une phase plus active, cette convocation par la Section de recherches pourrait marquer un tournant décisif. Elle ouvre la voie à des auditions approfondies et, potentiellement, à de nouvelles révélations dans un dossier dont les implications restent encore à clarifier.

Dans un contexte où les questions de gouvernance, de transparence et de gestion des ressources publiques occupent une place centrale dans le débat national, l’issue de cette affaire est désormais attendue avec une attention particulière, tant par les citoyens que par les acteurs institutionnels.

Projet GTA : 58 % des engagements territoriaux réalisés, l’État exige une accélération sur les points en retard

Le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (Grand Tortue Ahmeyim) poursuit sa mise en œuvre avec des résultats jugés globalement satisfaisants par les autorités sénégalaises. Réuni ce vendredi 10 avril 2026 à Saint-Louis dans le cadre du Comité Régional de Concertation (CRC), le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines a annoncé un taux de réalisation de 58 % des engagements sociaux et environnementaux liés au projet.

Ce bilan, qui couvre les engagements pris depuis octobre 2025, met en évidence des avancées significatives, tout en révélant des marges de progression importantes. En effet, 30 % des actions sont toujours en cours d’exécution, tandis que 12 % accusent des retards. Une situation qui a conduit les autorités à hausser le ton, appelant à des « corrections nécessaires » pour garantir le respect des engagements pris envers les populations locales.

Dans un message ferme, le ministre a exhorté les principaux acteurs du projet, notamment Petrosen et BP, ainsi que les services de l’État, à renforcer leur coordination. L’objectif affiché est clair : lever rapidement les blocages et accélérer la mise en œuvre des actions en souffrance, dans un contexte où les attentes des communautés impactées restent particulièrement fortes.

La rencontre de Saint-Louis a réuni un large éventail d’acteurs locaux, traduisant la volonté d’instaurer une gouvernance inclusive autour du projet. Des représentants des pêcheurs, des mareyeurs et des femmes transformatrices ont pris part aux échanges, mettant en lumière les préoccupations des populations directement concernées par l’exploitation gazière. Cette démarche participative vise à prévenir les tensions sociales et à favoriser une appropriation collective du projet.

Au cœur des discussions, quatre axes stratégiques ont été définis pour guider la suite de la mise en œuvre. Il s’agit du renforcement du dialogue permanent avec les communautés, de l’appropriation inclusive des retombées du projet, de la gestion rigoureuse des impacts environnementaux et de la promotion d’un développement social durable dans la zone d’intervention.

Face aux défis identifiés, les autorités ont également annoncé une actualisation du dispositif de pilotage du projet. Cette réforme vise à instaurer un suivi plus dynamique et plus rigoureux des engagements, afin d’éviter tout décalage entre les promesses et leur concrétisation sur le terrain.

Au terme de cette rencontre, un consensus s’est dégagé autour d’un principe fondamental : la réussite du projet Grand Tortue Ahmeyim ne saurait être uniquement mesurée à l’aune de ses performances industrielles. Elle dépendra également de sa capacité à garantir transparence, équité et justice sociale pour les populations de Saint-Louis, directement impactées par cette exploitation stratégique.

Coût de la vie : l’inflation s’établit à 1,4 % en mars 2026, tirée par l’alimentaire et les services

Le coût de la vie poursuit sa progression au Sénégal. Selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, l’inflation, mesurée par l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC), s’est établie à 1,4 % en glissement annuel au mois de mars 2026.

Cette hausse, bien que modérée, est principalement portée par les secteurs des « produits alimentaires et boissons non alcoolisées », en augmentation de 1,7 %, ainsi que par les « restaurants et services d’hébergement », qui enregistrent une progression de 2,7 %.

D’autres postes de dépenses ont également contribué à cette dynamique haussière. C’est notamment le cas des « boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants », dont les prix ont fortement grimpé de 10,7 %. Les services de santé (+1,9 %) et les soins personnels (+2,6 %) affichent aussi des augmentations notables, traduisant une pression persistante sur le budget des ménages.

Par ailleurs, l’inflation sous-jacente — qui exclut les produits énergétiques et les denrées fraîches — ressort à 2,6 % sur un an, signalant des tensions plus profondes sur les prix au-delà des fluctuations ponctuelles.

L’analyse selon l’origine des produits met en évidence une évolution contrastée. Les produits locaux voient leurs prix augmenter de 2,0 %, tandis que les produits importés enregistrent un léger recul de 0,3 %, contribuant à atténuer la hausse globale.

En termes de durabilité, la progression des prix est surtout tirée par les services (+2,0 %), suivis des biens durables (+1,4 %) et des biens non durables (+1,2 %). Les biens semi-durables, quant à eux, affichent une hausse plus modérée de 0,8 %.

Ces données confirment une tendance à la hausse maîtrisée de l’inflation, mais qui continue de peser sur le pouvoir d’achat des ménages, notamment à travers les dépenses alimentaires et les services essentiels.

Crise énergétique au Sénégal : Mouhamadou Bamba Cissé alerte sur une possible hausse imminente des prix

Le Sénégal pourrait faire face, dans les prochains jours, à une hausse des prix de l’énergie. C’est l’alerte lancée par Mouhamadou Bamba Cissé, qui s’exprimait en marge de la 96e édition de la Ziarra de Tivaouane, où il représentait le président de la République. Dans un discours empreint de gravité, le ministre a évoqué sans détour les tensions énergétiques qui pèsent actuellement sur le pays, en lien avec un contexte international de plus en plus instable.

Après avoir rendu hommage aux enseignements de Serigne Babacar Sy et salué l’organisation de cet important rendez-vous religieux, le ministre de l’Intérieur a dressé un tableau préoccupant de la situation énergétique mondiale et régionale. Selon lui, plusieurs signaux indiquent une pression croissante sur les marchés de l’énergie. Il a notamment cité le cas de la Mauritanie, où les prix de l’essence, du gasoil et de l’électricité ont récemment été revus à la hausse, ainsi que la situation en France, marquée par des perturbations dans l’approvisionnement avec près de 15 % des stations-service fermées.

Dans ce contexte, Mouhamadou Bamba Cissé a souligné que le Sénégal, pour l’instant, a réussi à maintenir une certaine stabilité des prix à la pompe. Une situation qu’il attribue aux efforts importants consentis par l’État pour amortir le choc et protéger le pouvoir d’achat des populations. Toutefois, il a tenu à préciser que cette stabilité a un coût et qu’elle ne saurait être maintenue indéfiniment face aux pressions extérieures.

Le ministre a ainsi révélé que les prix de l’énergie auraient dû être réajustés à la hausse depuis près de deux semaines, mais que le gouvernement a choisi, jusque-là, d’en différer l’application. « Les Sénégalais n’ont pas encore senti de difficultés, mais cela peut arriver dans quelques jours », a-t-il averti, laissant entendre qu’une révision des tarifs pourrait intervenir à court terme.

Ce message se veut à la fois un appel à la vigilance et une tentative de préparer l’opinion publique à une éventuelle hausse des prix des carburants et de l’électricité. Il met en lumière la fragilité des équilibres énergétiques dans un contexte global marqué par des tensions sur les approvisionnements et des fluctuations des coûts à l’international.

À travers cette sortie, Mouhamadou Bamba Cissé insiste sur la nécessité d’anticiper les difficultés à venir et de faire preuve de responsabilité collective. Si aucune décision officielle n’a encore été annoncée, les propos du ministre traduisent clairement une inquiétude au sommet de l’État face à une crise énergétique qui pourrait bientôt se répercuter sur le quotidien des Sénégalais.

Koumpétoune : le préfet Joséphine Safiétou Dieng justifie le rappel à l’ordre de députés du Pastef

L’incident survenu lors de la cérémonie officielle du festival Pencum Niany continue de faire réagir dans le département de Koumpentoum. Le préfet, Joséphine Safiétou Dieng, est revenu sur les faits qui se sont déroulés le 12 avril 2026, impliquant deux députés du parti Pastef, lesquels avaient refusé de se lever à son arrivée.

Face à la polémique suscitée par cet épisode, l’autorité administrative a tenu à apporter des éclaircissements sur le sens de son intervention. Selon elle, le geste attendu lors de ce type de cérémonie ne relève pas d’une simple formalité sociale, mais s’inscrit dans le respect des règles protocolaires encadrant les manifestations officielles. Elle insiste sur le fait que se lever à l’arrivée d’un préfet constitue avant tout une marque de respect envers l’institution qu’il représente, et non envers la personne physique.

Dans ses explications, Joséphine Safiétou Dieng rappelle que le préfet incarne l’État dans son territoire de compétence. À ce titre, les marques de considération qui lui sont adressées participent du respect dû aux institutions de la République. « Se lever pour le préfet ne relève pas d’une simple courtoisie, mais d’un devoir de respect institutionnel lié à la fonction qu’il incarne », a-t-elle souligné, mettant en avant la dimension symbolique et républicaine de ce geste.

L’autorité administrative a également insisté sur le rôle et les responsabilités des députés en tant qu’élus de la Nation. Selon elle, ces derniers sont tenus d’observer scrupuleusement les règles protocolaires, notamment lors des cérémonies officielles organisées dans leurs circonscriptions. Elle estime que leur statut implique un devoir d’exemplarité, tant dans leur comportement que dans leur respect des institutions.

Pour le préfet, les usages protocolaires ne sont ni nouveaux ni méconnus des acteurs politiques. Elle considère ainsi que leur non-respect ne peut être interprété autrement que comme une entorse aux règles républicaines. Dans un ton ferme, elle a rappelé que « le respect des institutions n’est pas une option », soulignant l’importance de préserver les fondements de l’ordre républicain à travers des gestes symboliques mais significatifs.

Cet incident, survenu dans un contexte festif, relance le débat sur le respect des institutions et les relations entre autorités administratives et responsables politiques. Au-delà du fait en lui-même, il met en lumière la sensibilité des questions protocolaires dans l’espace public sénégalais, où chaque geste peut être interprété à l’aune des principes républicains et des équilibres institutionnels.

Grippe aviaire : un premier cas humain confirmé en Italie chez un patient de retour du Sénégal, selon l’OMS

Un premier cas humain de grippe aviaire A(H9N2) a été confirmé en Europe. L’annonce a été faite par l’Organisation mondiale de la santé, qui précise qu’il s’agit d’un patient adulte diagnostiqué en Italie après un séjour récent au Sénégal.
Selon le communiqué publié le 10 avril, ce cas constitue une première sur le continent européen pour ce sous-type spécifique du virus grippal. Le patient, pris en charge par les autorités sanitaires italiennes, a été placé en isolement et son état de santé est jugé en amélioration.
Le virus identifié, A(H9N2), appartient à la famille des virus de la grippe aviaire, généralement présents chez les oiseaux. Bien que des cas aient déjà été observés chez l’homme dans certaines régions du monde, leur apparition en Europe reste exceptionnelle, d’où l’attention particulière suscitée par cette annonce.
D’après l’Organisation mondiale de la santé, le patient avait récemment voyagé au Sénégal, où des souches similaires du virus ont déjà été détectées chez des volailles. Toutefois, les circonstances exactes de la contamination demeurent floues. Aucun contact direct avec des oiseaux infectés ni avec des personnes malades n’a, pour l’heure, été établi.
La grippe aviaire se transmet habituellement à l’homme lors d’un contact étroit avec des animaux infectés ou des environnements contaminés. Les cas de transmission interhumaine restent extrêmement rares, ce qui limite, à ce stade, le risque de propagation à grande échelle.
Les autorités sanitaires, en lien avec l’Organisation mondiale de la santé, poursuivent les investigations afin de retracer l’origine de l’infection et d’évaluer les éventuels risques sanitaires. Cette situation relance néanmoins les préoccupations autour de la surveillance des zoonoses et de la circulation des virus entre les continents, dans un contexte de mobilité internationale accrue.

Sénégal : les familles des victimes de la répression 2021-2024 réclament justice et interpellent les autorités

Dakar a été, ce samedi, le théâtre d’une mobilisation portée par les familles des victimes de la répression politique survenue entre 2021 et 2024. En collaboration avec l’Initiative Zéro Impunité, les manifestants ont investi l’espace public pour exiger l’ouverture d’enquêtes indépendantes et la fin de l’impunité.
Pancartes à la main, slogans scandés avec force, les participants ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils qualifient de silence persistant des autorités. « Non à l’impunité », « Justice pour les victimes » ou encore « Non à la candidature de Macky Sall » figuraient parmi les messages visibles dans le cortège. L’appareil judiciaire a également été directement interpellé, notamment à travers des appels adressés au procureur Ibrahima Ndoye.
Pour Djibril Diaw, cette mobilisation n’est pas un simple acte symbolique. Elle traduit une exigence ferme : « la fin de l’impunité et l’établissement de la vérité ». Le collectif réclame l’ouverture immédiate d’enquêtes « indépendantes, transparentes et crédibles » afin de situer les responsabilités, quel que soit le statut des personnes impliquées.
Malgré l’alternance politique ayant conduit Bassirou Diomaye Faye à la tête du pays, les familles estiment que leurs revendications restent inchangées. Un constat partagé par Mamadou Lamine Sambou, qui s’interroge : « Si, après le changement de régime, nous devons encore réclamer les mêmes choses, c’est qu’il y a un problème de fond. »
La dimension politique de la question n’a pas été éludée. Présente sur les lieux, la députée Maimouna Bousso a insisté sur le droit des familles à connaître la vérité. Selon elle, il est impératif de déterminer les responsabilités dans les violences qui ont marqué cette période. Elle a par ailleurs rejeté l’idée selon laquelle la loi d’amnistie constituerait un obstacle à la manifestation de la vérité.
Même fermeté du côté de Seydi Gassama, qui pointe une responsabilité de l’ancien chef de l’État dans les événements. Il s’oppose également à toute ambition internationale de ce dernier, estimant qu’une candidature à la tête de l’Organisation des Nations unies serait inacceptable tant que la lumière n’est pas faite.
Au-delà des discours, la douleur des victimes reste vive. Certaines portent encore les séquelles physiques et psychologiques des violences. Pape Abdoulaye Touré, présent à la manifestation, évoque un possible recours à la justice internationale : « Si l’État du Sénégal ne nous rend pas justice, vers qui allons-nous nous tourner ? L’ONU représente aujourd’hui notre dernier espoir. »
Déterminées à ne pas laisser ce dossier s’enliser, les familles des victimes annoncent leur volonté de poursuivre le combat, aussi bien sur le plan national qu’international. Elles envisagent notamment de relancer les procédures déjà initiées auprès de la Cour pénale internationale, où des signalements avaient été déposés en 2023.

Renforcement sécuritaire à Kédougou : trois nouveaux points d’appui pour le Garsi 2 de Saraya

La Gendarmerie nationale du Sénégal poursuit le renforcement de son dispositif sécuritaire dans la région de Kédougou avec la mise en service de trois nouveaux points d’appui à Saïensoutou, Moussala et Medina Bafé. Les cérémonies d’inauguration se sont déroulées les jeudi 08 et vendredi 09 avril 2026, marquant une étape importante dans la stratégie de sécurisation de cette zone orientale du pays.

Ces inaugurations ont été présidées par le général d’armée aérien (2s) Birame Diop, en présence de plusieurs autorités de premier plan, dont le gouverneur de la région de Kédougou, le général de division, haut-commandant de la Gendarmerie nationale et directeur de la justice militaire, ainsi que l’ambassadeur de l’Union européenne. Ont également pris part à ces cérémonies le commandant de la gendarmerie mobile, des autorités administratives et judiciaires, des chefs coutumiers, des élus locaux, ainsi que de nombreuses populations venues témoigner leur adhésion à cette initiative.

La réalisation de ces infrastructures s’inscrit dans le cadre du Programme d’Appui au Renforcement de la Sécurité, fruit d’un partenariat entre l’État du Sénégal et l’Union européenne. Ce programme vise à améliorer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité, notamment dans les zones frontalières et stratégiques, souvent confrontées à des défis liés à l’orpaillage clandestin, aux trafics et à l’insécurité transfrontalière.

Avec ces nouveaux points d’appui, le Groupe d’action rapide de surveillance et d’intervention de Saraya voit ses moyens renforcés, lui permettant d’assurer une présence plus accrue sur le terrain et d’intervenir plus efficacement en cas de besoin. Cette montée en puissance répond à une volonté des autorités sénégalaises de garantir la sécurité des personnes et des biens, tout en consolidant la stabilité dans cette région aux enjeux économiques et sécuritaires majeurs.

Au-delà de l’aspect sécuritaire, ces infrastructures symbolisent également un rapprochement entre les forces de défense et les populations locales, appelées à jouer un rôle essentiel dans la prévention et la gestion des menaces. Cette dynamique de collaboration est perçue comme un levier important pour instaurer un climat de confiance durable.

Grève des transporteurs : reprise du travail après des avancées jugées significatives

La Fédération des syndicats des transports routiers a officiellement annoncé, ce vendredi, la levée du mot d’ordre de grève qui paralysait le secteur depuis une dizaine de jours. Cette décision intervient à l’issue d’une rencontre entre les représentants des transporteurs et les autorités gouvernementales, notamment les ministres en charge de l’Intérieur et des Transports terrestres.

Selon Fallou Samb, secrétaire général du Syndicat national des transports routiers, cette suspension du mouvement fait suite à des avancées notables obtenues lors des discussions. Il a précisé que ces échanges ont été facilités par l’implication directe du président de la République, qui avait reçu la veille Alassane Ndoye, président de la Fédération, donnant ainsi une impulsion décisive aux négociations.

Dans une déclaration marquée par un ton apaisé, le responsable syndical a présenté les excuses des transporteurs à la population pour les désagréments causés durant cette période de grève. Il a toutefois tenu à rappeler que ce type de mouvement constitue un moyen de pression légitime pour faire avancer les revendications du secteur, confronté à de nombreuses difficultés structurelles.

Parmi les principales mesures obtenues, figure la levée de l’interdiction de circulation nocturne, une revendication majeure des transporteurs qui dénonçaient les impacts économiques de cette restriction. Les autorités ont également décidé de rétablir trois postes mixtes de contrôle sur les corridors routiers, tout en s’engageant à réduire les contrôles en zones urbaines, souvent perçus par les professionnels comme des sources de tracasseries et de pertes financières.

Dans le même sillage, le ministère de l’Intérieur a promis de transmettre une note officielle aux commissaires afin de mieux encadrer les pratiques de contrôle et d’éviter les abus signalés par les acteurs du transport. Cette mesure vise à instaurer un climat de confiance entre les forces de l’ordre et les transporteurs.

Les discussions ont également permis d’ouvrir un chantier important concernant la mise en place d’un régime social pour les travailleurs du secteur, une revendication de longue date destinée à améliorer les conditions de vie et de travail des professionnels du transport routier.

Concernant certaines doléances spécifiques, notamment celles liées aux véhicules de marque Toyota, des solutions ont déjà été trouvées. Celles-ci permettront aux acteurs concernés de poursuivre leurs activités dans l’immédiat, en attendant des ajustements techniques plus durables.

Louga : huit chauffeurs grévistes écroués après des violences sur l’axe Dahra–Dakar

La tension autour de la grève des transporteurs a franchi un nouveau cap dans la région de Louga, où huit chauffeurs grévistes ont été placés sous mandat de dépôt après leur déferrement au parquet. Interpellés mardi dernier à la sortie de Dahiratoul, ils sont désormais poursuivis pour une série d’infractions graves, notamment trouble à l’ordre public, participation à une manifestation non autorisée, entrave à la libre circulation des personnes, destruction de biens et mise en danger de la vie d’autrui.

Selon les éléments de l’enquête, les mis en cause auraient tenté d’imposer le respect du mot d’ordre de grève en s’attaquant à des chauffeurs non grévistes. L’incident le plus marquant concerne le caillassage d’un véhicule de transport interurbain de type « War Gaïndé », qui assurait une liaison vers Dakar avec des passagers à bord. Le pare-brise du véhicule a été violemment endommagé, provoquant une vive panique parmi les occupants et accentuant les tensions déjà palpables sur cet axe routier stratégique.

Cet acte a immédiatement suscité une réaction du camp des chauffeurs non grévistes, déterminés à poursuivre leurs activités malgré le mouvement d’humeur. Très rapidement, la situation a failli dégénérer en affrontements directs entre les deux camps, faisant craindre une escalade incontrôlable de la violence dans cette zone.

Alertés, les éléments de la gendarmerie de Dahra sont intervenus sans délai pour rétablir l’ordre. Leur présence a permis de disperser les protagonistes et d’éviter des affrontements plus graves. Les huit individus considérés comme les principaux instigateurs ont été arrêtés sur place avant d’être placés en garde à vue.

Leur placement sous mandat de dépôt marque une volonté des autorités judiciaires de sévir face à toute forme de violence liée aux mouvements sociaux, dans un contexte déjà tendu par la grève des transporteurs qui perturbe fortement la mobilité des populations. Cette affaire illustre également les risques de dérive lorsque des revendications professionnelles basculent dans des actions coercitives visant à empêcher autrui de travailler librement.

Censure de certaines dispositions du CNRM : Aïssata Tall Sall évoque une « victoire pour la démocratie sénégalaise »

La décision du Conseil constitutionnel de censurer plusieurs dispositions de la loi encadrant le Conseil national de régulation des médias (CNRM) continue de susciter des réactions au sein de la classe politique. Parmi les premières voix à se faire entendre, celle de la députée Aïssata Tall Sall, qui n’a pas caché sa satisfaction, qualifiant cette décision de « victoire pour la démocratie sénégalaise ».

Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, la présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a salué la position de la haute juridiction. Selon elle, cette décision vient rappeler avec force au gouvernement que la liberté de la presse constitue un principe fondamental, protégé par la Constitution sénégalaise et au cœur du fonctionnement démocratique.

L’ancienne ministre de la Justice estime que, en censurant les dispositions qu’elle juge « attentatoires aux droits des journalistes et des acteurs des médias », notamment celles liées aux sanctions, le Conseil constitutionnel a joué pleinement son rôle de garant des libertés publiques. Elle considère que cette intervention permet de préserver « l’exercice souverain » de la liberté d’informer et de communiquer, face à ce qu’elle perçoit comme des risques de dérives dans le dispositif initial.

Pour Aïssata Tall Sall, cette décision dépasse le simple cadre juridique. Elle s’inscrit, selon elle, dans une dynamique plus large de consolidation de l’État de droit au Sénégal, où les institutions doivent continuellement veiller à l’équilibre entre régulation et respect des libertés fondamentales.

La députée a également tenu à rendre hommage à ses collègues parlementaires ayant soutenu la saisine du Conseil constitutionnel. Elle a salué l’engagement des membres de son groupe, mais aussi celui des députés non inscrits, ainsi que de Cheikh Ahmadou Ndiaye, qu’elle remercie pour leur implication dans ce qu’elle qualifie de « combat démocratique ».

Selon elle, cette mobilisation collective a permis d’aboutir à une « victoire décisive », non seulement pour les acteurs des médias, mais aussi pour l’ensemble des citoyens sénégalais attachés aux libertés publiques.

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par de vifs débats autour de la régulation du secteur médiatique. La décision du Conseil constitutionnel, en censurant certaines mesures jugées disproportionnées, notamment celles relatives aux sanctions administratives, redéfinit les contours du pouvoir du CNRM et réaffirme le rôle central du juge dans la protection des droits et libertés.

À travers cette réaction, Aïssata Tall Sall s’inscrit ainsi dans une lecture politique forte de la décision, en y voyant un signal clair en faveur du respect des principes démocratiques et de la liberté de la presse au Sénégal.

Répartition du FADP : le CDEPS et l’APPEL annoncent une plainte à l’OFNAC pour « détournements » et dénoncent une gestion opaque

La controverse autour de la répartition du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP) prend une nouvelle tournure. Au lendemain de la conférence de presse du ministère de la Communication, le Conseil des diffuseurs et éditeurs de la presse du Sénégal (CDEPS) ainsi que l’APPEL ont annoncé leur décision de saisir Office national de lutte contre la fraude et la corruption pour des faits présumés de détournement.

Réunis ce mercredi 8 avril à la Maison de la presse, les responsables des deux organisations ont vivement critiqué les conditions dans lesquelles le fonds a été réparti. Ils dénoncent une gestion qu’ils jugent opaque et affirment ne pas disposer d’informations suffisantes sur les critères ayant guidé l’attribution des ressources.

Prenant la parole devant la presse, Mamadou Wone a annoncé le dépôt imminent d’une plainte auprès de l’OFNAC. Selon lui, cette démarche vise à faire toute la lumière sur ce dossier. Il évoque notamment des soupçons de détournement de deniers publics et de détournement d’objectif, tout en pointant du doigt le manque de transparence qui entoure la gestion du FADP.

Cette position a été appuyée par Maïmouna Ndour Faye, qui s’est exprimée en wolof pour relayer le message auprès d’un large public. Elle a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et équitable des ressources publiques destinées à soutenir les médias, dans un contexte marqué par de fortes difficultés économiques pour de nombreuses entreprises de presse.

Au cœur des revendications du CDEPS et de l’APPEL figure la question de la transparence. Les deux organisations réclament des explications claires sur les critères d’éligibilité et les modalités de répartition du fonds. Elles demandent également la publication de la liste complète des bénéficiaires ainsi que des montants alloués à chacun.

Le recours annoncé à l’OFNAC traduit une volonté de porter le débat sur le terrain judiciaire afin d’obtenir des réponses précises et, le cas échéant, des sanctions. L’organe de lutte contre la fraude et la corruption pourrait ainsi être amené à ouvrir une enquête pour vérifier la régularité de la gestion du FADP.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les autorités et une partie des acteurs du secteur des médias. Le FADP, censé renforcer la viabilité et le développement des entreprises de presse, se retrouve aujourd’hui au centre d’une polémique qui relance le débat sur la gouvernance des ressources publiques.

En attendant une réaction officielle du ministère de la Communication, cette sortie du CDEPS et de l’APPEL met en lumière les attentes des professionnels du secteur en matière de transparence et de bonne gestion. Elle souligne également l’importance de restaurer la confiance entre les autorités publiques et les acteurs des médias, dans un environnement où la crédibilité des institutions demeure un enjeu majeur.

Régulation des médias : le Conseil constitutionnel recadre le CNRM et invalide des sanctions jugées disproportionnées

Le Conseil constitutionnel du Sénégal a rendu, le 7 avril 2026, une décision très attendue sur la loi encadrant le Conseil national de Régulation des Médias (CNRM). Saisi par la députée Aïssata Tall Sall et 22 de ses collègues, l’organe juridictionnel a procédé à un examen approfondi du texte, validant certains aspects tout en censurant plusieurs dispositions qu’il juge contraires à la Constitution.

Dans sa décision, la haute juridiction reconnaît la légitimité du CNRM en tant qu’organe de régulation du secteur des médias. Toutefois, elle a clairement fixé des limites à ses prérogatives, notamment en matière de sanctions. Les « sages » ont ainsi invalidé plusieurs mesures jugées excessives, notamment la fermeture des locaux de presse, la suspension de journaux ou de sites d’information, ainsi que la résiliation des conventions de diffusion.

Ces sanctions ont été qualifiées de « disproportionnées » par le Conseil constitutionnel, qui rappelle que toute restriction aux libertés fondamentales doit être strictement encadrée. En s’appuyant sur les principes consacrés par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, la juridiction souligne que « la loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires ». Une référence qui vient renforcer l’exigence de proportionnalité dans l’application des sanctions administratives.

Au-delà de la question des sanctions, le Conseil constitutionnel a également remis en cause les pouvoirs de coercition directe accordés au CNRM. Il précise que cette autorité administrative ne peut recourir à la force publique sans l’autorisation préalable d’un juge. En d’autres termes, toute intervention contraignante doit être encadrée par un mandat délivré par l’autorité judiciaire, réaffirmant ainsi le rôle central du juge comme garant des droits et libertés.

Cette position marque une volonté claire de préserver l’équilibre entre la régulation du secteur médiatique et la protection des libertés fondamentales, notamment la liberté de la presse et la liberté d’expression. Le Conseil constitutionnel rappelle que ces libertés constituent des piliers essentiels de l’État de droit et ne sauraient être restreintes de manière arbitraire.

Toutefois, l’institution n’a pas totalement désavoué le dispositif prévu par la loi. Certaines mesures de régulation ont été maintenues, mais sous de strictes réserves d’interprétation. Le CNRM conserve ainsi la possibilité de suspendre des programmes ou d’imposer l’insertion de communiqués, à condition que ces décisions répondent à des objectifs précis, tels que la sauvegarde de l’ordre public ou la protection de l’honneur.

Le Conseil insiste cependant sur le fait que ces interventions doivent être encadrées et proportionnées, afin de ne pas porter atteinte à la réputation ni aux intérêts matériels et moraux des entreprises de presse. Cette précision vise à éviter toute dérive pouvant fragiliser les médias ou entraver leur fonctionnement.

À travers cette décision, le Conseil constitutionnel envoie un signal fort en direction des autorités et des acteurs du secteur. Il réaffirme la nécessité d’une régulation équilibrée, respectueuse des principes démocratiques, tout en rappelant que la liberté de communiquer demeure une valeur fondamentale qu’aucune réforme ne saurait compromettre.

FADP 2025 : une attribution des financements sous le sceau de la transparence et de la rigueur

Le Conseil de gestion du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) a rendu public son rapport relatif à l’attribution des ressources au titre de l’exercice 2025, marquant une étape importante dans la réforme et la transparence du financement des médias au Sénégal.

Dans ce document, l’instance dirigeante du FADP précise que le processus d’allocation des fonds n’a pas été lancé immédiatement en début d’année, comme cela était initialement prévu. Ce retard s’explique par la nécessité de se conformer strictement aux exigences juridiques et administratives, suite aux observations formulées par l’Inspection générale d’État (IGE). En effet, des insuffisances avaient été relevées dans les procédures antérieures, poussant les autorités à engager un travail de correction en profondeur afin de garantir une gestion plus rigoureuse, équitable et conforme aux normes en vigueur.

Ainsi, avant toute distribution de ressources, le Conseil de gestion a entrepris une révision des mécanismes d’attribution, en mettant l’accent sur la transparence, la traçabilité et l’égalité de traitement entre les différents acteurs du secteur médiatique. Cette mise en conformité a notamment concerné la clarification des critères d’éligibilité, le renforcement des contrôles administratifs et financiers, ainsi que l’actualisation des dossiers des entreprises de presse candidates.

Le rapport souligne également que cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de professionnalisation du secteur des médias, dans un contexte où les enjeux liés à la crédibilité de l’information et à la viabilité économique des entreprises de presse sont de plus en plus cruciaux. En assainissant le processus, le FADP entend restaurer la confiance des acteurs et s’assurer que les fonds publics profitent effectivement aux structures respectant les normes légales et déontologiques.

Concernant la liste des médias bénéficiaires, le Conseil de gestion indique qu’elle a été établie à l’issue d’un examen minutieux des dossiers soumis. Seules les entreprises ayant satisfait à l’ensemble des critères requis ont été retenues. Ces critères incluent notamment la régularité administrative, la conformité fiscale, l’existence juridique, la production effective de contenus et le respect des obligations professionnelles.

Le rapport mentionne que les bénéficiaires couvrent une diversité de supports, allant de la presse écrite aux médias en ligne, en passant par les radios et les télévisions. Cette répartition vise à refléter la pluralité du paysage médiatique sénégalais et à soutenir les différents segments du secteur, chacun confronté à des défis spécifiques.

Par ailleurs, le Conseil de gestion a insisté sur la nécessité pour les médias bénéficiaires d’utiliser les ressources allouées de manière responsable et conforme aux objectifs du fonds. Des mécanismes de suivi et d’évaluation seront mis en place afin de s’assurer de la bonne utilisation des financements, avec la possibilité de sanctions en cas de manquements constatés.

Financement de la presse : près de 1,9 milliard FCFA mobilisés

Le Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) a rendu public, ce mardi 7 avril 2026, son rapport de gestion annuel, mettant en lumière une mobilisation quasi intégrale des ressources allouées au secteur des médias au Sénégal. À travers cette publication, les autorités entendent illustrer leur engagement à soutenir durablement un écosystème médiatique en mutation, confronté à des défis économiques, technologiques et structurels.

Prenant la parole lors de la présentation, Habibou Dia a rappelé que le FADP constitue un levier stratégique pour accompagner l’ensemble des sous-secteurs de l’information, qu’il s’agisse de la presse écrite, de l’audiovisuel ou des médias communautaires. Il a insisté sur la vocation du fonds à renforcer la viabilité économique des entreprises de presse tout en promouvant le professionnalisme et la qualité de l’information.

Sur une enveloppe budgétaire globale arrêtée à 1 900 000 000 FCFA, le montant effectivement décaissé s’élève à 1 899 990 007 FCFA, soit un taux d’exécution quasi parfait. Le reliquat, estimé à 9 993 FCFA, a été reversé au Trésor public, traduisant, selon les responsables, une gestion rigoureuse des deniers alloués au secteur.

Dans le détail, la répartition des financements révèle une nette priorité accordée au secteur privé. Les entreprises de presse privées ainsi que les radios communautaires ont capté la part la plus importante des ressources, avec un montant global de 1 098 750 000 FCFA, représentant 57,8 % de l’enveloppe totale. Ce choix traduit une volonté manifeste de soutenir les acteurs les plus exposés aux contraintes du marché et aux mutations du paysage médiatique.

Les médias publics n’ont pas été en reste. Des structures comme Agence de Presse Sénégalaise, Radiodiffusion Télévision Sénégalaise et Agence de Distribution de la Presse ont bénéficié d’un financement global de 609 341 031 FCFA, soit 32,1 % du budget. Cette allocation vise à consolider le rôle de service public de ces organes, tout en améliorant leurs capacités opérationnelles.

Un accent particulier a également été mis sur la formation, considérée comme un pilier essentiel pour l’avenir du secteur. À ce titre, le Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information a reçu 125 750 000 FCFA, soit 6,6 % des ressources, afin de renforcer les compétences des professionnels des médias et d’adapter leur savoir-faire aux exigences du numérique et de l’information moderne.

Par ailleurs, les organes de régulation et de gouvernance ont bénéficié d’un appui financier non négligeable. Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie et la Commission de la Carte Nationale de Presse se sont vu attribuer un montant cumulé de 86 298 976 FCFA, représentant 4,5 % de l’enveloppe. Cette dotation vise à renforcer les mécanismes de régulation, de contrôle et de professionnalisation du secteur.

Enfin, les dépenses de fonctionnement du FADP ont été contenues à 28 200 000 FCFA, soit 1,5 % du budget global. Une maîtrise saluée par les autorités, qui y voient le signe d’une gestion sobre et orientée vers l’efficacité.

Sénégal : reprise de la production des cartes nationales d’identité

La Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF), relevant du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, a annoncé la reprise effective de la production des cartes nationales d’identité depuis le 1er avril 2026.

Selon un communiqué officiel signé par le directeur de la structure, Ibrahima Dieng, les opérations d’enrôlement ont également redémarré progressivement dans plusieurs centres à travers le pays. Cette phase transitoire devrait, à terme, s’étendre à l’ensemble du territoire national ainsi qu’aux représentations diplomatiques à l’étranger.

Les autorités rassurent, par ailleurs, quant à la sécurité des données personnelles des citoyens. « L’intégrité des données des Sénégalais est strictement préservée », souligne la DAF, qui affirme maintenir des standards élevés en matière de protection des informations sensibles.

Dans la même dynamique, la Direction de l’Automatisation des Fichiers se veut attentive aux préoccupations des usagers et promet un service continu afin de faciliter l’accès aux cartes nationales d’identité, un document essentiel pour les démarches administratives.

Cette reprise marque une étape importante dans la normalisation du service d’identification nationale, après une période de perturbations ayant affecté la délivrance des pièces d’identité.

Macky Sall en tête d’un sondage international pour diriger l’ONU

Un sondage réalisé par le cabinet britannique Holding Price Limited, spécialisé dans les analyses électorales et géopolitiques, place l’ancien président sénégalais Macky Sall en tête des personnalités pressenties pour diriger l’Organisation des Nations Unies. Cette enquête, menée auprès de plus de 800 décideurs, diplomates et experts en relations internationales à travers le monde, met en lumière une dynamique favorable à l’ancien chef d’État sur la scène internationale.

Selon les résultats publiés, Macky Sall recueille 38,6 % des intentions, creusant un écart significatif avec ses principaux concurrents. Derrière lui figure l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, créditée de 24,2 %, suivie du directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique , Rafael Grossi, qui obtient 21,7 %. La secrétaire générale de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement , Rebeca Grynspan, ferme la marche avec 15,5 %.

Ces résultats témoignent de l’aura internationale dont bénéficie Macky Sall depuis la fin de son mandat à la tête du Sénégal. Durant sa présidence, il s’était illustré par son engagement sur plusieurs dossiers globaux, notamment la stabilité régionale en Afrique de l’Ouest, la lutte contre le changement climatique et la promotion de la coopération économique entre les pays du Sud et du Nord. Son rôle actif au sein d’instances africaines et internationales continue de nourrir sa crédibilité auprès des cercles diplomatiques.

Dans les couloirs des Nations Unies, son nom circule de plus en plus comme celui d’un potentiel successeur de l’actuel secrétaire général António Guterres. Cette tendance s’inscrit dans un contexte où plusieurs États membres plaident pour une représentation plus équilibrée des régions du monde à la tête de l’organisation, avec notamment une attente croissante en faveur d’un dirigeant issu du continent africain.

Toutefois, il convient de relativiser la portée de ce sondage. Le processus de désignation du secrétaire général de l’ONU reste avant tout politique et dépend largement des équilibres entre les membres permanents du Conseil de sécurité. Les consultations informelles, les négociations diplomatiques et les vetos éventuels jouent un rôle déterminant, bien au-delà des préférences exprimées dans les enquêtes d’opinion.

Échec des négociations : le G7 saisit le BIT et durcit le ton face au gouvernement

La crise qui secoue le secteur de l’éducation au Sénégal franchit un nouveau palier. Réunis le 2 avril 2026 au siège du SNELAS-FC, les syndicats membres du G7 ont constaté l’échec des discussions engagées avec les autorités et annoncé une série de mesures de riposte, dont la saisine du Bureau international du travail (BIT) et la menace d’une intensification du mouvement de grève dans les prochains jours.

Dans un communiqué signé par la plénière des secrétaires généraux, le G7 dénonce une impasse persistante malgré les tentatives de médiation entreprises depuis plusieurs semaines. Les syndicats reviennent notamment sur la rencontre du 23 mars 2026 convoquée par le ministère de la Fonction publique, censée ouvrir la voie à une sortie de crise. Selon eux, cette initiative n’a pas produit les résultats escomptés, bien au contraire. Ils affirment avoir observé, dans la foulée, des « actes maladroits » posés par l’État, qui ont contribué à envenimer davantage la situation.

Au cœur des critiques figure le ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, accusé par les syndicats d’adopter une posture méprisante et un discours jugé condescendant à l’endroit des enseignants. Le G7 lui reproche notamment ses sorties médiatiques, qu’il considère comme des tentatives de discréditer la corporation enseignante et ses représentants. Le ton du communiqué se durcit davantage lorsque les syndicats évoquent une stratégie de « sabotage » de la part du gouvernement, qu’ils accusent de procéder à un « saucissonnage disproportionné » des salaires, compromettant ainsi le suivi de leurs plans d’action.

Les organisations syndicales dénoncent une violation grave des droits des travailleurs et estiment que ces pratiques, loin de les affaiblir, ne font que renforcer leur détermination. C’est dans ce contexte qu’elles annoncent leur décision de porter plainte devant le Bureau international du travail, afin d’exiger l’arrêt de ces mesures jugées illégales et la réparation des préjudices subis par les enseignants.

Malgré la fermeté de leur position, les syndicats n’excluent pas totalement une issue négociée. Ils rappellent avoir soumis, depuis le 25 mars 2026, des propositions d’amendements au projet de protocole d’accord transmis par le gouvernement. Ils attendent désormais une réponse claire des autorités, qu’ils appellent à « assumer leur responsabilité historique » pour l’avenir de l’école sénégalaise. À défaut de gestes concrets, le G7 prévient qu’il poursuivra et intensifiera la lutte, tenant l’État pour seul responsable des conséquences à venir.

Dans cette dynamique de mobilisation, le G7 confirme également sa participation à la grande marche nationale prévue le 8 avril 2026. Cette manifestation, qui réunira plusieurs centrales syndicales, vise à exiger l’apurement du passif social et à exprimer la solidarité entre les différents secteurs en lutte, notamment l’éducation, la santé et les transports.

Les syndicats lancent ainsi un appel à l’unité et à la mobilisation de l’ensemble des travailleurs, estimant que seule une convergence des forces permettra de faire plier les autorités. Dans un climat social de plus en plus tendu, cette nouvelle escalade laisse présager des perturbations prolongées dans le système éducatif, alors que des milliers d’élèves et d’enseignants restent suspendus à l’issue de ce bras de fer entre le gouvernement et les syndicats.

Fissel : Ousmane Sonko annonce l’électrification prochaine de 35 villages et dénonce le blocage du programme ASER

En déplacement ce samedi à Fissel, le Premier ministre Ousmane Sonko a procédé à l’inauguration du siège de son parti, le Pastef. Une occasion pour les populations locales et celles des environs de lui soumettre plusieurs doléances, notamment liées à l’accès à l’électricité.

Face à ces préoccupations, le chef du gouvernement a tenu à rassurer. Il a annoncé que 35 villages seront électrifiés dans un futur proche, dans le cadre des efforts engagés par l’État pour améliorer l’accès à l’énergie en milieu rural.

« 35 villages seront électrifiés très prochainement. C’est le travail que nous sommes en train de faire à travers le Sénégal », a déclaré le leader de Pastef devant une foule acquise à sa cause.

Cependant, Ousmane Sonko n’a pas manqué de dénoncer ce qu’il considère comme des entraves au déploiement du programme d’électrification. Évoquant le dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale, il a accusé certains acteurs de bloquer un projet majeur sur la base d’allégations infondées.

« Certains font preuve de méchanceté. Parce qu’ils sont à Dakar et ont de l’électricité, ils n’ont pas besoin d’aller de village en village pour charger leurs téléphones portables. Voilà maintenant deux ans que le programme le plus important dans ce domaine est bloqué sur des accusations sans tête ni queue », a-t-il fustigé.

Le Premier ministre a toutefois promis davantage d’éclaircissements dans les prochains jours. Il a annoncé qu’une communication officielle sera faite par Jean Michel Sène, qui devrait tenir une conférence de presse en début de semaine.

« Je n’en dirai pas plus parce que Jean Michel Sène fera une conférence de presse lundi ou mardi et les choses seront plus claires. Notre régime n’a rien à cacher », a-t-il assuré.

Abdou Mbow défend la candidature de Macky Sall à l’ONU et évoque un soutien majoritaire de 34 États africains

Le débat autour de la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies continue de susciter de vives réactions. Ce vendredi 27 mars 2026, le député Abdou Mbow est monté au créneau pour défendre la « crédibilité » de cette ambition, tout en proposant une lecture différente des récents blocages observés au sein de l’Union africaine.

Dans sa déclaration, le parlementaire insiste sur un point central : malgré l’échec de la procédure de silence, une majorité d’États africains soutiendrait bel et bien la candidature de l’ancien chef de l’État sénégalais. Selon lui, 34 pays se sont déjà prononcés en faveur de la résolution de soutien, constituant ainsi un socle diplomatique solide à l’échelle continentale. Une donnée qu’il considère comme déterminante dans la perspective de la course au poste de secrétaire général.

Abdou Mbow s’attache également à nuancer la portée des oppositions enregistrées. Les 20 États ayant initialement rompu le silence ne se seraient pas opposés sur le fond de la candidature, mais plutôt sur la forme du processus. Il évoque notamment une procédure d’urgence jugée trop courte, limitée à 24 heures, qui n’aurait pas permis une concertation approfondie entre les capitales africaines. Dans cette optique, il souligne que certaines réserves commencent déjà à s’estomper, citant le retrait des objections de pays comme l’Égypte et le Liberia, ce qui renforcerait progressivement la position de Macky Sall.

L’un des aspects les plus sensibles de cette prise de parole concerne la position officielle du Sénégal. Alors que les autorités sénégalaises avaient indiqué, via leur mission à Addis-Abeba, ne pas être associées à cette démarche, Abdou Mbow conteste fermement cette version. Il affirme que Macky Sall a bien adressé une correspondance au président Bassirou Diomaye Faye pour l’informer de son intention de briguer ce poste. Une précision qui vise, selon lui, à dissiper toute ambiguïté sur l’existence d’un minimum de concertation institutionnelle entre l’ancien et l’actuel chef de l’État.

Au-delà de la controverse, cette sortie met en lumière une réalité diplomatique plus nuancée. Si l’Union africaine n’a pas réussi à dégager un consensus formel, l’existence d’un soutien majoritaire pourrait néanmoins servir de base stratégique dans les négociations internationales. Pour les partisans de Macky Sall, l’enjeu est désormais de transformer cette majorité relative en un bloc uni capable de peser face aux autres régions du monde, notamment au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies, où se joue en grande partie la désignation du futur secrétaire général.

Dans un contexte marqué par des divisions africaines et des tensions politiques internes, la bataille autour de cette candidature dépasse largement le cadre personnel. Elle interroge la capacité du continent à s’accorder sur des ambitions communes et à défendre efficacement ses intérêts dans les instances internationales. Pour Macky Sall et ses soutiens, le défi est désormais clair : convertir un soutien dispersé en véritable force diplomatique.

Secrétaire général de l’ONU : la candidature de Macky Sall rejetée après l’opposition de 20 États africains

Coup d’arrêt pour la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. La Commission de l’Union africaine a annoncé ce 27 mars 2026, depuis Addis-Abeba, l’échec de la procédure dite de « silence » engagée pour valider officiellement le soutien du continent à l’ancien président sénégalais.

Dans une note adressée au ministère des Affaires étrangères de l’Éthiopie ainsi qu’aux missions permanentes des États membres, l’institution continentale précise que vingt pays ont formellement rompu le silence avant l’échéance fixée à la fin de la journée. Cette opposition collective empêche automatiquement l’adoption du projet de décision qui visait à faire de Macky Sall le candidat unique de l’Afrique à cette fonction stratégique.

La procédure de silence, souvent utilisée au sein de l’Union africaine pour accélérer la prise de décision, repose sur un principe simple : en l’absence d’objection formelle dans un délai donné, la proposition est considérée comme adoptée par consensus. Mais dans ce cas précis, le nombre élevé d’États opposés a totalement bloqué le mécanisme, révélant des divisions profondes au sein de l’organisation.

Au total, 20 États membres — dont le Sénégal lui-même — ont exprimé leur désaccord avec le projet de soutien. Une situation pour le moins paradoxale, qui souligne la complexité des équilibres diplomatiques autour de cette candidature. En face, 34 des 54 pays membres de l’Union africaine s’étaient prononcés en faveur de Macky Sall, un soutien majoritaire mais insuffisant dans un système qui exige l’absence d’opposition significative.

Cet échec met en lumière les difficultés persistantes de l’Afrique à parler d’une seule voix sur les grandes échéances internationales. Alors que l’Union africaine plaidait pour une candidature unifiée afin de peser davantage dans le processus de désignation du futur secrétaire général de l’ONU, les divergences internes ont finalement pris le dessus.

Malgré ce revers, la dynamique autour de Macky Sall n’est pas totalement stoppée. Le Burundi, par la voix de son président Evariste Ndayishimiye, s’est engagé à porter officiellement sa candidature. Une initiative qui ouvre la voie à une candidature individuelle, en dehors d’un consensus continental, mais qui pourrait s’avérer plus difficile à défendre sur la scène internationale, notamment face aux grandes puissances et aux autres blocs régionaux.

Le calendrier reste toutefois serré. Les candidatures doivent être déposées au plus tard le 1er avril 2026 pour participer aux dialogues interactifs prévus à partir du 20 avril. Dans ce contexte, Macky Sall devra désormais compter sur des soutiens bilatéraux et une stratégie diplomatique élargie pour espérer exister dans la course à la succession à la tête des Nations Unies.

Au-delà du cas personnel de l’ancien chef de l’État sénégalais, cet épisode révèle une fois de plus les limites du fonctionnement consensuel de l’Union africaine dans les dossiers à forte portée stratégique. Une réalité qui pourrait peser lourd dans la capacité du continent à influencer les grandes décisions de gouvernance mondiale.

TRS et « dette cachée » : Cheikh Diba répond au Financial Times et défend la transparence des opérations

Le débat autour de la gestion de la dette publique sénégalaise a pris une nouvelle dimension ce jeudi 26 mars 2026, à la faveur d’une sortie médiatique du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba. Face à la presse, l’argentier de l’État a abordé plusieurs sujets liés à la situation économique du pays, avant de répondre de manière détaillée aux interrogations suscitées par l’utilisation des Total Return Swaps (TRS), au cœur d’une controverse sur une supposée « dette cachée » estimée à environ 650 millions d’euros, soit plus de 432 milliards de FCFA.

D’entrée, le ministre a tenu à replacer le débat dans un contexte plus global, mettant en avant le dynamisme de l’économie sénégalaise, les efforts de consolidation budgétaire engagés par l’État ainsi que la mobilisation accrue de financements concessionnels. Selon lui, ces éléments traduisent une gestion rigoureuse des finances publiques, en dépit d’un environnement international marqué par des tensions économiques et des conditions de financement de plus en plus contraignantes.

Mais c’est surtout la question des TRS qui a retenu l’attention. Ces instruments financiers, encore peu connus du grand public, ont été présentés par certains observateurs comme un mécanisme ayant permis de dissimuler une partie de la dette. Une lecture que Cheikh Diba rejette catégoriquement. Il affirme que le recours à ces opérations s’est fait « dans la légalité, la transparence, avec une parfaite maîtrise des risques et une communication responsable avec les partenaires ». À ses yeux, il ne saurait être question d’opacité ni de financement occulte.

Réagissant aux informations publiées par le Financial Times, le ministre a adopté une posture nuancée. Tout en reconnaissant la crédibilité et la réputation internationale du journal britannique, il a rappelé qu’aucune source, aussi prestigieuse soit-elle, n’est exempte d’erreurs ou d’approximations. « Le Financial Times est un journal de référence, mais il n’est pas infaillible », a-t-il insisté, appelant à une lecture critique et contextualisée des informations relayées.

Dans son argumentaire, Cheikh Diba a également dénoncé une tendance à transformer des analyses financières prudentes en accusations politiques. Selon lui, le simple fait qu’une information émane d’un média reconnu ne constitue ni une preuve irréfutable ni une condamnation. Il estime que le débat autour des TRS a parfois été biaisé, en alimentant des soupçons de mauvaise gestion sans tenir compte de la complexité des mécanismes financiers en jeu.

Le ministre a ensuite tenu à expliquer la logique derrière ces opérations. Les TRS, a-t-il indiqué, s’inscrivent dans une stratégie de gestion active de la dette, visant à optimiser les conditions de financement de l’État. Ils permettent notamment de mobiliser des ressources à des coûts plus avantageux que ceux proposés sur les marchés internationaux, tout en offrant une certaine flexibilité dans la gestion du service de la dette. Dans ce cadre, leur utilisation répondrait à des objectifs clairement définis et compatibles avec les exigences des partenaires financiers.

Cheikh Diba a par ailleurs rappelé que le paiement du service de la dette constitue une pratique normale pour tout État emprunteur. « Il vise par définition à éviter un défaut de paiement potentiel », a-t-il précisé, soulignant que les opérations de TRS s’inscrivent dans cette logique de prévention et de sécurisation financière.

En conclusion, le ministre a réaffirmé que ces instruments ont permis au Sénégal de se financer dans des conditions plus favorables, tout en maîtrisant les risques. À l’en croire, loin d’être une source d’opacité, les TRS constituent un outil moderne de gestion financière, utilisé dans le respect des règles et avec une transparence assumée.

Cette prise de parole intervient dans un contexte où la question de la dette publique reste particulièrement sensible au Sénégal. Elle vise à rassurer l’opinion et les partenaires économiques, tout en réaffirmant la volonté des autorités de maintenir une gestion responsable et transparente des finances publiques. Reste désormais à savoir si ces explications suffiront à apaiser les inquiétudes et à clore un débat qui, pour l’instant, continue d’alimenter la sphère politique et économique.

Après 3 mois de silence Badara Gadiaga is back ! : « Ousmane Sonko est un apprenti dictateur qui se trompe de pays et d’époque ! », dixit le chroniqueur de la TFM

Invité de l’émission Faram Facce sur TFM, Badara Gadiaga a effectué sa première sortie médiatique depuis sa libération. Face aux journalistes, il est apparu détendu mais déterminé, multipliant les remerciements avant de livrer un réquisitoire sans concession contre le Premier ministre Ousmane Sonko et le régime en place.

D’entrée de jeu, Badara Gadiaga a tenu à exprimer sa gratitude : « Si la volonté de certains était exaucée, aujourd’hui je ne serais pas face aux Sénégalais », a-t-il déclaré, saluant d’emblée le soutien indéfectible des Sénégalais et de la presse. Il a souligné n’avoir « passé un seul jour sans être aux titres des journaux ou à travers les ondes des radios ou les écrans de télévision ».

L’ancien détenu a ensuite rendu un vibrant hommage aux chefs religieux, citant nommément plusieurs guides spirituels. Il a également tenu à saluer des personnalités politiques, notamment des anciens ministres de la Justice comme Serigne Diop et Aïssata Tall Sall. Badara Gadiaga s’est réjoui de la mobilisation de treize avocats venus simultanément assurer sa défense gratuitement. Il a enfin remercié sa famille biologique, ses amis, l’administration pénitentiaire ainsi que ses codétenus.

Interrogé sur son acceptation du port d’un bracelet électronique, il a expliqué avoir fait ce choix pour « continuer le combat ». Friand de la figure de Nelson Mandela, il a puisé dans une anecdote du leader sud-africain, décédé alors qu’il était emprisonné. « Sortir m’a permis de voir ma maman et de lui expliquer ma décision de continuer à me battre », a-t-il confié, ajoutant avec émotion que sa mère lui a demandé de « ne jamais flancher », assurant qu’elle mourrait satisfaite de lui.

Le ton est monté d’un cran lorsque Badara Gadiaga a été interrogé sur le Premier ministre Ousmane Sonko. « Sonko est un apprenti dictateur qui se trompe de pays et d’époque », a-t-il martelé. Il a vivement critiqué l’utilisation d’un « langage grossier » qu’il attribue au chef du gouvernement, y compris à l’encontre de chefs religieux. Il s’est également désolé que, devenu Premier ministre, ce dernier ait choisi d’aller « rendre visite à des putschistes ».

Selon lui, Ousmane Sonko aurait « pour ambition de restreindre les libertés ». « Ousmane risque de s’auto-effacer. Le débat public le dérange. Il n’aime pas qu’on lui rappelle ses engagements. Il est allergique à la contradiction », a-t-il ajouté, citant l’ancien président Abdoulaye Wade pour qui « le désaccord n’est pas le désamour ».

Revenant sur les circonstances de son incarcération, Badara Gadiaga a affirmé que son arrestation visait à « réduire le bruit », mais que « c’est un tintamarre qui s’en est suivi ». Il s’est étonné du grief retenu contre lui : « On m’a collé le grief de déstabilisation d’un État. On m’a aussi imputé de détenir une société dont je venais d’entendre pour la première fois le nom », a-t-il déclaré.

Interrogé sur ses éventuelles ambitions politiques, l’invité de TFM a répondu ne « fuir aucune responsabilité » et a annoncé son intention de se présenter devant les Sénégalais pour « décliner sa feuille de route ».

S’agissant du bilan du régime Diomaye-Sonko après deux ans au pouvoir, Badara Gadiaga a dressé un tableau sombre. Il a estimé que les « étudiants, enseignants, commerçants, ambulants et paysans » – qu’il a présentés comme les principaux soutiens du tandem – sont les plus frustrés. « Étudiants dans les rues, commerçants taxés, enseignants ponctionnés, ambulants dégagés, paysans humiliés, voilà le refrain de ces deux ans du régime actuel », a-t-il résumé.

Il a poursuivi en regrettant : « Sonko disait qu’il avait trouvé un pays au quatrième sous-sol. Aujourd’hui, nous sommes au vingtième sous-sol ». Dans son diagnostic, il a évoqué la « mort du BTP » comme « symbole d’un échec cuisant », une situation qui n’a selon lui pas épargné le secteur informel, avant de conclure : « Les hommes d’affaires veulent tirer les hommes d’affaires ».

Cette première apparition publique de Badara Gadiaga marque ainsi son retour sur la scène médiatique et politique, avec des déclarations qui ne manqueront pas de susciter de vives réactions dans un climat politique déjà tendu.

Aide à la presse : entendu par la police, Mame Mactar Guèye refuse l’assistance d’un avocat

Le président de l’organisation Jamra, Mame Mactar Guèye, est actuellement entendu par les enquêteurs de la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar, dans le cadre d’une procédure déclenchée à la suite d’une auto-saisine du Procureur. Cette audition intervient dans un contexte de vive polémique autour de la gestion de l’aide publique destinée à la presse.

Face aux enquêteurs, Mame Mactar Guèye a fait un choix qui n’est pas passé inaperçu : il a décidé de se présenter sans assistance juridique. « J’ai décliné toute forme d’assistance juridique. Je n’ai donc pas besoin d’avocat », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par Seneweb. Une position assumée, qui traduit sa volonté de répondre directement aux questions des autorités sans intermédiaire, dans une affaire qui suscite déjà de nombreuses réactions dans l’opinion publique.

À l’origine de cette convocation, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux dans laquelle le président de Jamra met en cause la gestion de l’aide à la presse. Dans cette intervention, il dénonce ce qu’il qualifie de « distribution indue », évoquant notamment une enveloppe d’un milliard de francs CFA qui, selon lui, n’aurait pas été versée à des médias ayant pourtant déposé des dossiers conformes. Il affirme également que des fonds auraient été attribués à des « organes inexistants », pointant du doigt de graves irrégularités dans le processus d’allocation.

Mame Mactar Guèye critique en outre une répartition qu’il juge « déséquilibrée », estimant qu’une poignée de structures aurait capté l’essentiel des ressources au détriment d’autres acteurs du secteur. Il qualifie cette situation de « honteuse », appelant implicitement à plus de transparence dans la gestion des fonds publics destinés aux médias.

Ces accusations, particulièrement sensibles dans un contexte où la question de la transparence dans la gestion des deniers publics est au cœur du débat national, ont conduit le parquet à ouvrir une procédure pour faire la lumière sur ces déclarations. L’audition en cours vise ainsi à recueillir les éléments de preuve ou les précisions pouvant étayer les affirmations avancées par le responsable de Jamra.

Pour l’heure, aucune information n’a filtré sur le contenu détaillé de ses échanges avec les enquêteurs. L’issue de cette audition pourrait toutefois être déterminante, tant pour la suite judiciaire de cette affaire que pour le débat plus large sur la gouvernance de l’aide à la presse au Sénégal.

New deal technologique : internet gratuit pour un million de citoyens et cap sur une transformation numérique à grande échelle

Le Premier ministre Ousmane Sonko a officiellement lancé, ce mardi 24 mars 2026 au CICAD, une nouvelle phase du « New Deal technologique », un programme ambitieux destiné à accélérer la transformation numérique de l’État. Cette initiative, présentée comme un pilier de la stratégie nationale à l’horizon 2050, vise à moderniser en profondeur l’administration et à améliorer l’accès des citoyens aux services publics grâce aux outils numériques.

Au cœur des annonces figure une amélioration spectaculaire des infrastructures numériques. Le gouvernement prévoit une augmentation massive de la capacité du réseau national, avec une bande passante qui passera de 600 mégabits à 20 gigabits, voire davantage selon les projections évoquées lors de la cérémonie. Cette montée en puissance vise à soutenir la croissance des usages numériques et à garantir un accès plus fluide et plus rapide à internet sur l’ensemble du territoire.

Dans la même dynamique, un programme de connectivité universelle a été dévoilé. Il ambitionne d’offrir un accès gratuit à internet à plus d’un million de citoyens, en ciblant prioritairement les zones rurales et enclavées. Cette mesure entend réduire la fracture numérique et permettre à un plus grand nombre de Sénégalais de bénéficier des opportunités offertes par le numérique, que ce soit dans l’éducation, l’entrepreneuriat ou l’accès aux services publics.

Le chef du gouvernement a insisté sur le fait que cette transformation ne saurait se limiter à des investissements technologiques. Selon lui, elle repose avant tout sur une réforme de la gouvernance publique et sur une coordination efficace entre les différentes administrations. « La transformation numérique est un défi global qui doit irriguer toutes les politiques publiques », a-t-il affirmé, mettant en garde contre les initiatives isolées et les systèmes cloisonnés qui génèrent des coûts supplémentaires et des lenteurs administratives.

La pièce maîtresse de cette réforme reste le Guichet Unique du Citoyen, une plateforme centralisée destinée à simplifier les démarches administratives. À terme, les usagers pourront effectuer l’ensemble de leurs procédures en ligne, directement depuis leur téléphone mobile, sans avoir à multiplier les déplacements ou les formalités. L’obtention de documents comme le casier judiciaire devrait ainsi devenir plus rapide, plus accessible et plus transparente. Cette logique de simplification sera également étendue à la diaspora à travers la plateforme e-Consulat.

Pour accompagner cette digitalisation, le gouvernement met l’accent sur la souveraineté numérique. Les données sensibles seront hébergées sur le territoire national grâce au déploiement de solutions cloud dans les centres de données de Diamniadio et d’Orana. Cette orientation vise à garantir la sécurité, la confidentialité et le contrôle des informations stratégiques, dans un contexte mondial marqué par des enjeux croissants de cybersécurité.

Le programme s’inscrit dans une vision de long terme, avec un investissement global estimé à 1 100 milliards de francs CFA sur la période 2025-2034. Structuré autour de 12 programmes prioritaires, il ambitionne de transformer en profondeur l’économie et l’administration. Pour éviter toute dispersion des efforts, un dispositif de gouvernance a été mis en place, notamment à travers le comité GouvNum et le Conseil national du numérique, chargés de coordonner les actions et d’assurer une cohérence stratégique.

Au-delà des chiffres et des infrastructures, le Premier ministre a insisté sur la dimension humaine de cette transformation. Il a rappelé que l’objectif final reste l’amélioration du quotidien des citoyens, à travers des services publics plus accessibles, plus rapides et plus efficaces. « Il ne s’agit pas simplement de moderniser, mais de transformer », a-t-il déclaré, soulignant que cette évolution est appelée à être profonde et irréversible.

Avec ce New Deal technologique, les autorités entendent faire du numérique un moteur central de la croissance et de la gouvernance pour la décennie à venir, tout en posant les bases d’un État plus cohérent, interconnecté et tourné vers les besoins réels des citoyens.

Finances publiques : le gouvernement rejette toute opacité et défend une stratégie maîtrisée de désendettement

Le gouvernement est sorti de son silence pour répondre aux accusations de manque de transparence dans la gestion de la dette publique. À travers le ministère des Finances et du Budget, les autorités ont fermement démenti les informations relayées par le Financial Times évoquant des emprunts contractés « en secret ». Dans une mise au point relayée par le quotidien national Le Soleil, l’exécutif assure que toutes les opérations financières menées en 2025 respectent strictement le cadre légal et les orientations stratégiques définies.

Selon le ministère, l’ensemble des mobilisations de ressources s’inscrit dans les plafonds fixés par les lois de finances et dans la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme. Les autorités insistent sur le fait que ces opérations ne relèvent d’aucune pratique dissimulée, mais s’intègrent dans une politique cohérente visant à sécuriser les financements tout en maîtrisant les risques. Cette stratégie repose notamment sur une diversification des sources de financement, combinant recours au marché régional en monnaie locale et accès à des financements en devises étrangères.

Dans le détail, les levées de fonds évoquées ont été réalisées à travers des adjudications publiques de titres d’État en francs CFA, un mécanisme courant et bien encadré au sein du marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Le gouvernement souligne que ces opérations sont transparentes par nature, car elles impliquent des appels publics à souscription et une participation ouverte aux investisseurs agréés.

Les autorités mettent également en avant leur volonté de dynamiser le marché en attirant des investisseurs institutionnels internationaux. Ces derniers interviennent en mobilisant des ressources en monnaie locale via des mécanismes de change classiques, avant d’effectuer les opérations inverses à l’échéance des titres. Pour le ministère, cette approche contribue à renforcer la liquidité du marché régional tout en élargissant la base d’investisseurs, ce qui constitue un levier essentiel pour réduire la dépendance à certaines sources de financement plus coûteuses.

Le gouvernement insiste sur le fait que toutes ces opérations s’inscrivent dans le plan de financement global de l’État, exécuté conformément au calendrier du Trésor tout au long de l’année 2025. Il affirme que cette rigueur dans la planification et l’exécution témoigne d’une gestion maîtrisée des finances publiques, loin des accusations d’opacité formulées par certains observateurs et acteurs politiques.

Par ailleurs, les autorités rappellent que ces mécanismes font l’objet d’échanges réguliers avec les partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds monétaire international. En intégrant ces opérations dans le cadre global de la gestion de la dette, le pays entend démontrer sa volonté de transparence et de conformité aux standards internationaux en matière de gouvernance financière.

À travers cette mise au point, le gouvernement cherche à rassurer les marchés, les partenaires et l’opinion publique sur la solidité de sa stratégie de désendettement. Il réaffirme son engagement à maintenir un équilibre entre mobilisation de ressources, soutenabilité de la dette et transparence, dans un contexte où la question de la gestion financière reste au cœur du débat public.

Dette présumée de 650 millions d’euros : le FDR exige la transparence et réclame une enquête parlementaire

Le débat autour de la gestion de la dette publique prend une nouvelle tournure. Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) est monté au créneau après les révélations du Financial Times faisant état d’une dette présumée de 650 millions d’euros contractée de manière non divulguée. Dans un communiqué, l’opposition affirme que ces informations ont été accueillies avec « stupéfaction et indignation » par l’opinion publique.

Selon le FDR, ces opérations financières traduisent une dérive inquiétante dans la gestion des finances publiques. Le collectif accuse le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko de recourir à des mécanismes qu’il qualifie « d’expédients financiers toxiques », allant jusqu’à affirmer que le pays serait désormais « sous hypothèque ». Cette sortie intervient dans un contexte déjà marqué par des interrogations sur la soutenabilité de la dette et la transparence budgétaire.

Au cœur des critiques, l’utilisation présumée de produits financiers complexes appelés Total Return Swaps (TRS). Pour le FDR, ces instruments, souvent utilisés dans des situations de tension financière, comportent des risques élevés. L’opposition soutient que, dans l’hypothèse d’un défaut de paiement, ces accords pourraient accorder une priorité de remboursement à certains créanciers privés, au détriment des dépenses essentielles comme l’éducation, la santé ou les infrastructures. Elle évoque également les récentes dégradations de la note souveraine par les agences internationales pour souligner la fragilité du contexte économique.

Le Front va plus loin en dénonçant une opacité totale autour de ces opérations. Selon lui, le gouvernement n’aurait pas seulement contracté des engagements financiers sans communication publique suffisante, mais aurait aussi recours à des mécanismes jugés parmi les plus risqués du système financier international. Pour appuyer son propos, le FDR rappelle les mises en garde historiques de l’investisseur Warren Buffett, qui avait qualifié certains produits dérivés « d’armes financières de destruction massive », en raison de leur potentiel déstabilisateur pour les économies.

Face à ce qu’il considère comme une situation grave, le FDR exige des clarifications immédiates. L’opposition réclame la publication intégrale des contrats de swaps qui auraient été conclus, notamment avec l’Africa Finance Corporation et la First Abu Dhabi Bank. Elle demande également des détails précis sur les actifs mis en garantie, les conditions financières, les taux appliqués ainsi que les éventuelles commissions versées aux intermédiaires.

Au-delà de la transparence, le FDR appelle à une réponse institutionnelle forte. Il invite l’Assemblée nationale à mettre en place une commission d’enquête parlementaire afin de faire toute la lumière sur ces emprunts et d’évaluer leur impact réel sur les finances publiques. L’objectif, selon le Front, est de garantir une reddition des comptes et d’éviter toute dérive susceptible de compromettre la souveraineté économique du pays.

Enfin, le collectif appelle les forces vives de la nation à se mobiliser pour exiger une gestion plus transparente et plus rigoureuse des ressources publiques. Cette nouvelle sortie de l’opposition relance ainsi le débat sur la gouvernance économique, dans un contexte où la question de la dette devient un enjeu central du débat public.

Sénégal : Thierno Alassane Sall agite le spectre d’une « dette cachée » et interpelle sur la transparence des finances publiques

Le débat sur la gestion des finances publiques au Sénégal prend une nouvelle tournure après la sortie du député Thierno Alassane Sall, qui évoque l’existence présumée d’une « dette cachée ». S’appuyant sur des informations du Financial Times, l’ancien ministre du Pétrole a affirmé que le Sénégal aurait contracté, dans la plus grande discrétion, des emprunts de plusieurs centaines de millions de dollars auprès d’institutions internationales, sans en informer officiellement l’opinion publique ni certains partenaires.

Cette déclaration intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par des interrogations croissantes sur l’état réel des finances publiques. Pour Thierno Alassane Sall, ces révélations ne sont pas anodines et pourraient traduire une volonté de dissimulation. Il parle ainsi d’une « nouvelle affaire de dette cachée », une expression lourde de sens dans un pays où la transparence budgétaire est devenue un enjeu central du débat public.

Au cœur de cette polémique se trouve également une réunion annoncée entre la Commission des Finances de l’Assemblée nationale et le ministre des Finances et du Budget. Selon le leader du parti La République des Valeurs, l’ordre du jour de cette rencontre, qui porterait notamment sur une résolution visant à éviter une restructuration de la dette, soulève des inquiétudes majeures. Il y voit le signe que la situation financière du pays pourrait être plus fragile qu’annoncé officiellement.

Dans ses propos, Thierno Alassane Sall n’hésite pas à évoquer des « tambouilles inavouables », mettant en cause la gestion actuelle des engagements financiers de l’État. Il s’interroge ouvertement sur la stratégie adoptée par les autorités et sur les mécanismes utilisés pour faire face aux contraintes budgétaires. Cette sortie renforce le climat de suspicion autour d’éventuels montages financiers non déclarés, déjà évoqués ces derniers jours dans certains cercles économiques.

L’ancien ministre insiste surtout sur le rôle du Parlement, qu’il appelle à exercer pleinement sa mission de contrôle. Selon lui, les députés ne doivent pas se contenter d’entériner des décisions sans disposer de toutes les informations nécessaires. Il met en garde contre le risque de « signer un chèque en blanc au Gouvernement », plaidant pour une exigence accrue de transparence et de reddition des comptes. Pour Thierno Alassane Sall, il est impératif que les élus obtiennent des clarifications précises sur la nature des emprunts contractés, leurs conditions et leurs implications à court et moyen termes.

Au-delà des considérations politiques, cette affaire soulève des enjeux économiques majeurs. La question de la dette publique est devenue centrale pour le Sénégal, engagé dans des programmes d’investissements ambitieux tout en faisant face à des contraintes budgétaires importantes. Toute opacité dans la gestion de cette dette pourrait fragiliser la confiance des partenaires internationaux, notamment les institutions financières et les investisseurs.

Le député alerte également sur les conséquences potentielles des décisions en cours. Selon lui, les solutions envisagées pour gérer la dette pourraient avoir des effets négatifs si elles ne sont pas maîtrisées. Il insiste sur la responsabilité historique des parlementaires, estimant que toute décision prise sans transparence pourrait être perçue comme une trahison des intérêts du peuple sénégalais.

Cette sortie de Thierno Alassane Sall intervient dans un climat déjà tendu autour des finances publiques, marqué par des révélations récentes sur des emprunts controversés et des inquiétudes croissantes quant à la soutenabilité de la dette. Elle relance le débat sur la gouvernance économique du Sénégal et met en lumière une exigence de plus en plus forte : celle d’une gestion rigoureuse, transparente et responsable des ressources publiques.

Finance publique : inquiétudes autour d’un emprunt de 370 milliards FCFA non déclaré, la transparence budgétaire en question

De nouvelles révélations sur la gestion des finances publiques du Sénégal suscitent de vives préoccupations au sein des milieux économiques et financiers. Selon des informations rapportées par le site spécialisé regtechtimes.com, l’État sénégalais aurait récemment mobilisé un financement de 650 millions de dollars, soit près de 370 milliards de FCFA, à travers un emprunt dont les contours n’auraient pas été pleinement divulgués.

Ce financement aurait été contracté via des accords avec deux institutions financières internationales, à savoir Africa Finance Corporation et First Abu Dhabi Bank. Toutefois, c’est moins le recours à l’endettement que les conditions de transparence entourant cette opération qui inquiètent. Selon les mêmes sources, cet emprunt n’aurait pas été officiellement communiqué à certaines institutions clés, notamment le Fonds monétaire international, pourtant partenaire stratégique du Sénégal dans le suivi de ses équilibres macroéconomiques.

Ce défaut de divulgation, s’il est avéré, soulève des interrogations majeures sur la sincérité des engagements budgétaires du pays et sur la qualité de l’information transmise aux partenaires techniques et financiers. Dans un contexte international marqué par une vigilance accrue sur les niveaux d’endettement des États africains, la transparence devient un critère déterminant pour maintenir la confiance des bailleurs et des investisseurs.

La Banque mondiale a d’ailleurs déjà mis en garde contre les risques liés à ce type de montages financiers opaques. Selon l’institution, des emprunts non entièrement déclarés peuvent compliquer considérablement les processus de restructuration de la dette en cas de tensions économiques. En d’autres termes, une mauvaise visibilité sur l’encours réel de la dette peut fragiliser la capacité d’un pays à négocier avec ses créanciers en période de crise.

Au-delà de la question de la transparence, les modalités contractuelles de cet emprunt suscitent également des inquiétudes. Certaines clauses imposeraient au Sénégal de maintenir une notation de crédit stable. En cas de dégradation, les créanciers pourraient exiger un remboursement anticipé, une disposition particulièrement risquée dans un contexte économique déjà sous pression. Une telle situation pourrait entraîner un effet boule de neige, aggravant les tensions sur les finances publiques et réduisant les marges de manœuvre budgétaires de l’État.

Ces révélations interviennent dans un climat où la gestion de la dette publique est au cœur du débat national. Elles remettent en lumière la nécessité d’un encadrement rigoureux des emprunts publics, mais aussi d’une communication transparente vis-à-vis des citoyens et des partenaires internationaux.

Si ces informations venaient à être confirmées, elles pourraient avoir des implications importantes sur la crédibilité financière du Sénégal, à un moment où le pays cherche à consolider sa trajectoire économique et à attirer davantage d’investissements. Plus que jamais, la question de la gouvernance des finances publiques apparaît comme un enjeu central, à la croisée de la souveraineté économique, de la confiance internationale et de la stabilité macroéconomique.

Santé au Sénégal : And Gueusseum dénonce des nominations à l’ARP et annonce une grève les 26 et 27 mars

La tension monte à nouveau dans le secteur de la santé au Sénégal. L’Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé (ASAS), plus connue sous le nom de And Gueusseum, a vivement réagi à des décisions prises au sein de l’Agence de Réglementation Pharmaceutique (ARP), dénonçant des « nominations suspectes » et annonçant une grève perlée de 48 heures prévue les 26 et 27 mars.

Dans un communiqué publié ce dimanche, le syndicat a d’abord salué la nomination d’un nouveau Directeur général de l’ARP, intervenue à la suite du décret présidentiel du 18 mars 2026. Cette décision était attendue, dans un contexte marqué par des tensions persistantes entre l’ancien directeur et les partenaires sociaux, notamment le SAMES et le SUTSAS. Malgré les divergences, And Gueusseum a tenu à rendre hommage au directeur sortant, crédité d’avoir permis à l’ARP d’atteindre un niveau 3 de maturité en seulement deux années d’existence.

Cependant, ce climat d’apaisement aura été de courte durée. Le syndicat affirme que, moins de 48 heures après la nomination du nouveau directeur général, le ministère de la Santé a procédé, le 19 mars, à une série de désignations à des postes jugés stratégiques. Des décisions prises, selon And Gueusseum, sans attendre l’installation officielle du nouveau responsable de l’ARP.

Pour l’organisation syndicale, ces actes ne sont pas anodins. Elle y voit une tentative de verrouillage de l’institution, visant à imposer des responsables avant même que la nouvelle direction ne prenne ses fonctions. Le syndicat évoque même un « camouflage » orchestré par le directeur sortant avec la complicité du ministre de la Santé, utilisant une formule particulièrement critique pour dénoncer ce qu’il considère comme une immixtion à tous les niveaux de gestion.

And Gueusseum affirme ainsi sa solidarité avec la jonction des luttes entre le SAMES et le SUTSAS, estimant que ces nominations risquent d’aggraver une crise qu’il qualifie de « chronique » dans le secteur. Selon ses responsables, ces décisions pourraient compromettre toute tentative de réforme et installer durablement un climat de défiance entre les autorités et les travailleurs de la santé.

Face à cette situation, le syndicat maintient la pression et confirme la poursuite de son huitième plan d’action. Une grève perlée de 48 heures est ainsi prévue les 26 et 27 mars, accompagnée d’un boycott de plusieurs activités essentielles, notamment les supervisions, les réunions de coordination et les sessions de formation.

Cette montée de tension intervient malgré les efforts de médiation engagés récemment, notamment la séance d’écoute organisée le 14 mars à Saly par le Haut Conseil du Dialogue social. Pour And Gueusseum, ces initiatives n’ont pas permis de régler les problèmes de fond, ce qui justifie la poursuite de la mobilisation.

Cette nouvelle crise illustre les difficultés persistantes du système de santé sénégalais, tiraillé entre réformes institutionnelles, revendications syndicales et enjeux de gouvernance. Les prochains jours seront déterminants pour mesurer l’ampleur du mouvement et ses répercussions sur le fonctionnement des structures sanitaires à travers le pays.

41ᵉ édition des JMJ : plus de 45 000 jeunes réunis à Nianing dans une ferveur exceptionnelle

La 41ᵉ édition des Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) a rassemblé, à Nianing, dans le département de Mbour, plus de 45 000 jeunes venus de différents horizons du Sénégal. Accueillie par le doyenné de Popenguine au sein de la paroisse Saint-Épiphane, cette grande rencontre spirituelle s’impose comme l’un des événements religieux majeurs dédiés à la jeunesse catholique du pays.

Depuis samedi, les participants vivent des moments intenses de foi, de partage et de communion, dans une atmosphère marquée par l’engagement et l’espérance. Comme dans le reste du monde, où les Journées Mondiales de la Jeunesse constituent un rendez-vous incontournable pour les jeunes croyants, l’Église catholique du Sénégal a mobilisé ses fidèles autour de cette célébration annuelle.

Placée sous le thème « Prenez courage, moi j’ai vaincu le monde », cette édition porte un message fort adressé à la jeunesse. Elle invite les participants à faire preuve de résilience face aux difficultés et à s’appuyer sur leur foi pour affronter les défis du quotidien. Un appel à la persévérance qui a trouvé un écho particulier dans le contexte actuel, marqué par des incertitudes sociales et économiques.

Dans son homélie, l’archevêque de Dakar, André Guèye, a insisté sur la nécessité pour les jeunes de ne pas céder au découragement. Il les a exhortés à puiser leur force dans le Christ et à rester fermes dans leurs convictions. Son message, empreint de spiritualité et de proximité, a été accueilli avec ferveur par les milliers de jeunes présents.

En marge des célébrations liturgiques, plusieurs activités ont été organisées, notamment des échanges directs entre l’archevêque et les jeunes. Ces moments de dialogue ont permis d’aborder des questions d’actualité, mais aussi des préoccupations liées à la foi, renforçant ainsi les liens entre l’Église et sa jeunesse.

Les festivités se poursuivent avec des animations culturelles et spirituelles, avant le moment symbolique de l’envoi en mission. Cette étape marque l’engagement des jeunes à devenir des ambassadeurs des valeurs chrétiennes dans leur vie quotidienne, dans leurs familles, leurs écoles et leurs communautés.

Au-delà de son ampleur, cette 41ᵉ édition des JMJ à Nianing restera comme un temps fort de communion et de renouveau spirituel. Elle témoigne de la vitalité de la jeunesse catholique sénégalaise et de sa volonté de s’impliquer activement dans la construction d’une société fondée sur des valeurs de paix, de solidarité et d’espérance.

Sénégal : Bassirou Diomaye Faye rend hommage aux militaires décédés en Casamance

À l’occasion de la prière de l’Eid al-Fitr, communément appelée Korité au Sénégal, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a rendu un hommage solennel aux militaires sénégalais récemment décédés en Casamance, précisément dans la zone de Sindian.

S’exprimant à l’issue de la prière, le chef de l’État a adressé ses condoléances les plus émues aux familles endeuillées ainsi qu’à l’ensemble de la Nation. Dans un message empreint de gravité, il a déclaré : « Je voudrais exprimer mes condoléances émues à l’ensemble des familles et à toute la nation pour la perte des soldats que nous avons enregistrés récemment dans le sud du pays. »

Le président a également tenu à exprimer sa solidarité envers les militaires blessés lors de cet incident, leur souhaitant un prompt rétablissement, tout en saluant leur engagement au service de la sécurité nationale.

Pour rappel, ce drame est survenu lors d’opérations de destruction de champs de chanvre indien menées par les forces de défense et de sécurité dans le sud du pays, non loin de la frontière avec la Gambie. Plusieurs soldats ont perdu la vie dans cet accident, tandis que d’autres ont été blessés.

Transport routier : les transporteurs brandissent la menace d’une grève nationale et interpellent l’État

Le climat se tend dans le secteur du transport routier au Sénégal. L’ultimatum lancé par l’Union des routiers du Sénégal fait planer la menace d’une paralysie du transport public si les autorités ne prennent pas rapidement des mesures pour répondre aux difficultés qui minent le secteur.

À l’issue d’une concertation tenue avec le ministère des Transports, le secrétaire général du syndicat, Gora Khouma, a averti que les transporteurs pourraient recourir à la grève en l’absence d’avancées concrètes. « Si rien n’est fait, nous serons dans l’obligation d’aller en grève », a-t-il déclaré, soulignant que les professionnels du secteur n’entendent plus tolérer les dysfonctionnements qui affectent leur activité depuis plusieurs années.

Parmi les principales préoccupations exprimées par les transporteurs figure la multiplication des postes de contrôle sur les axes routiers du pays. Selon les responsables syndicaux, ces contrôles sont devenus excessifs et pèsent lourdement sur le fonctionnement du transport public. Les conducteurs dénoncent notamment ce qu’ils qualifient de harcèlement administratif et financier, affirmant que les arrêts répétés ralentissent les trajets, augmentent les coûts d’exploitation et compliquent le travail des chauffeurs.

Pour Gora Khouma, la situation est d’autant plus préoccupante qu’elle révèle, selon lui, une incohérence dans l’application des textes réglementaires. Il rappelle qu’un décret présidentiel limite à trois le nombre de postes de contrôle sur certains corridors routiers, mais que cette disposition ne serait pas respectée dans la pratique. « On applique un arrêté, mais on bafoue un décret. Cela pose un véritable problème de cohérence de l’État », a-t-il dénoncé, appelant les autorités à clarifier les règles afin de garantir une meilleure fluidité du transport et un environnement de travail plus stable pour les professionnels du secteur.

Au-delà de la question des contrôles routiers, les transporteurs soulèvent également un problème économique majeur lié aux tarifs du transport public. Selon les syndicats, les prix appliqués dans les gares routières n’ont pas été révisés depuis près de deux décennies. Les responsables du secteur rappellent que les tarifs sont restés pratiquement inchangés depuis 2008, alors même que les coûts d’exploitation ont considérablement augmenté, notamment avec la hausse du carburant, des pièces détachées et des charges d’entretien des véhicules.

Cette situation crée, selon eux, un déséquilibre financier important pour les transporteurs et alimente régulièrement des tensions dans les gares routières. Les chauffeurs se retrouvent souvent confrontés à l’incompréhension des passagers lorsqu’ils tentent d’ajuster les prix de manière informelle pour faire face à l’augmentation des charges. Pour les syndicats, seule une révision officielle des tarifs permettra de restaurer un climat apaisé dans le secteur.

Face à ces revendications, les discussions avec les autorités ont débouché sur une proposition visant à instaurer un cadre de concertation permanent. Les parties ont ainsi évoqué la création d’un comité ad hoc chargé de suivre les engagements pris et de proposer des solutions concrètes aux difficultés soulevées. Ce comité devrait regrouper plusieurs départements ministériels, notamment ceux en charge des Transports, de l’Intérieur, des Forces armées et des Finances.

Selon les responsables syndicaux, ce dispositif pourrait servir de mécanisme de suivi et d’évaluation des mesures qui seront prises. Certaines pistes ont déjà été évoquées, parmi lesquelles une période d’évaluation de six mois pour certaines décisions et une éventuelle révision des restrictions horaires appliquées dans le secteur.

Même si les représentants des transporteurs reconnaissent avoir été écoutés par les autorités, ils restent prudents quant à la suite qui sera donnée à leurs revendications. « Nous avons été écoutés, maintenant l’État doit réfléchir et agir », a conclu Gora Khouma, laissant entendre que la menace d’une grève demeure bien réelle si les promesses ne se traduisent pas rapidement par des mesures concrètes.

Armée sénégalaise : trois militaires tués dans une explosion accidentelle au nord de Sindian

L’Armée sénégalaise est en deuil après la perte de trois de ses éléments dans une explosion accidentelle survenue ce mardi 17 mars 2026 dans le sud du pays. L’information a été confirmée par le directeur de l’Information et des Relations publiques des Armées (DIRPA), le capitaine Ibrahima Sow, à travers un communiqué officiel.

Selon la note rendue publique, l’explosion s’est produite tôt dans la matinée dans la zone de Nord Sindian, située dans la Zone militaire n°5, en Casamance. Le bilan fait état de trois militaires décédés sur le coup. Trois autres soldats ont également été blessés dans l’incident et ont été immédiatement évacués vers des structures médicales pour être pris en charge.

D’après les précisions apportées par l’armée, l’accident est intervenu dans le cadre d’une opération militaire menée dans la zone frontalière entre le Sénégal et la Gambie. Ces interventions visent principalement la destruction de champs de chanvre indien cultivés clandestinement dans certaines zones forestières proches de la frontière.

Toujours selon le capitaine Ibrahima Sow, ces opérations sont en cours depuis plus d’une semaine et ont pour objectif de lutter contre les réseaux criminels impliqués dans la culture et le trafic de drogue. Les forces armées sénégalaises mènent régulièrement ce type d’actions afin de sécuriser les localités frontalières et de protéger les populations vivant dans ces zones souvent exposées à l’activité de bandes armées.

Le communiqué indique par ailleurs que les opérations ont déjà permis de neutraliser plusieurs individus appartenant à des groupes armés impliqués dans la culture de chanvre indien. Ces bandes, selon l’armée, représentent une menace pour la sécurité des habitants et pour la stabilité de la région.

La zone de Sindian, située dans le département de Bignona, est connue pour être un secteur sensible en raison de sa proximité avec la frontière gambienne et de la présence de réseaux de trafic opérant dans les zones forestières.

La disparition de ces trois militaires intervient dans un contexte où les forces de défense et de sécurité poursuivent leurs efforts pour sécuriser la région sud du pays et lutter contre les activités illicites qui y persistent.

L’armée sénégalaise n’a pas encore donné davantage de détails sur les circonstances précises de l’explosion accidentelle. Toutefois, elle a exprimé son profond regret face à la perte de ces soldats engagés dans une mission de sécurisation du territoire national.

Financement des femmes : la CDS dénonce des propos « discriminatoires » et exige des excuses publiques d’une députée de Pastef

Les femmes de la Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) sont montées au créneau à la suite de propos attribués à une députée du parti Pastef concernant le financement des organisations féminines. Dans une déclaration rendue publique ce 17 mars, elles dénoncent des déclarations qu’elles jugent discriminatoires et contraires aux principes d’égalité entre les citoyennes sénégalaises.

La CDS, qui regroupe plusieurs formations politiques dont AJ/PADS-A, AJS, CNNO, MRG, LD, Niaxx Jarinu/Mag, PIT-S, RTA-S et UDF/Mbooloo Mi, réagissait à des propos tenus lors d’une rencontre à Keur Massar. Selon leur communiqué, la parlementaire aurait déclaré que « les femmes non membres de Pastef et qui n’aiment pas Ousmane Sonko ne doivent pas prétendre à un quelconque financement ». Une affirmation qui a immédiatement suscité l’indignation des militantes de la coalition.

Dans leur déclaration, les femmes de la CDS rappellent que les ressources publiques ne peuvent en aucun cas être utilisées sur la base d’une appartenance politique ou d’une proximité avec une personnalité. Elles ont notamment interpellé la ministre de la Famille et des Solidarités, soulignant que les fonds publics gérés par ce département ministériel appartiennent à l’ensemble des Sénégalais et doivent être distribués dans le respect des principes d’équité et de transparence.

Pour elles, ces propos constituent une remise en cause des fondements mêmes de la République sénégalaise, bâtie sur l’égalité entre tous les citoyens. Elles dénoncent ainsi « avec la plus grande fermeté » ce qu’elles qualifient de discours discriminatoire opposant les femmes proches de Pastef aux autres Sénégalaises. Les signataires de la déclaration estiment qu’aucune aide publique destinée à soutenir l’autonomisation des femmes ne devrait être conditionnée par l’adhésion à un parti politique ou par un soutien à son leader, en l’occurrence Ousmane Sonko.

Les femmes de la CDS affirment également que l’argent distribué dans le cadre des programmes d’appui à l’entrepreneuriat féminin ou à l’autonomisation des femmes ne constitue pas un patrimoine personnel de responsables politiques. Selon elles, ces ressources proviennent du budget de l’État et doivent donc bénéficier à toutes les femmes sénégalaises, indépendamment de leurs opinions ou affiliations politiques.

Dans ce contexte, la coalition exige des excuses publiques de la députée concernée. Elle réclame également davantage de transparence dans la gestion des financements destinés aux organisations féminines. Les femmes de la CDS demandent ainsi que les autorités rendent publiques les modalités d’accès aux financements du ministère de la Famille et des Solidarités afin que toute association ou organisation sénégalaise souhaitant bénéficier d’un appui puisse le faire sur la base de critères clairs, objectifs et équitables.

À travers cette sortie, la CDS entend alerter l’opinion sur ce qu’elle considère comme un risque de politisation des politiques publiques en faveur des femmes. Elle appelle enfin les autorités à réaffirmer leur attachement aux principes d’égalité, de justice et de neutralité de l’État dans la gestion des ressources publiques.

Secteur des jeux : les opérateurs de paris en ligne expriment leurs inquiétudes face aux réformes annoncées

Le secteur des jeux et paris en ligne au Sénégal traverse une période d’incertitude. Réunis au sein d’un collectif, plusieurs opérateurs du domaine ont tenu ce mardi une conférence de presse afin d’exprimer leurs préoccupations face aux réformes annoncées par la Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE), qui pourraient, selon eux, bouleverser l’équilibre actuel du marché.

Même si l’ordre du jour précis de la rencontre n’avait pas été détaillé dès le départ, les responsables des sociétés concernées ont clairement indiqué que leur prise de parole fait suite aux déclarations du directeur général de la LONASE, Toussaint Manga. Lors du point de presse gouvernemental tenu le 12 mars dernier, ce dernier avait évoqué la possibilité d’une renégociation globale des contrats et conventions qui lient l’État du Sénégal aux sociétés privées opérant dans le secteur des paris.

Ces annonces ont immédiatement suscité une vive réaction au sein du collectif des opérateurs de paris en ligne. Les représentants du secteur redoutent en effet que cette révision des accords existants ne remette en cause certains acquis conventionnels obtenus au fil des années. Pour eux, la stabilité juridique et contractuelle constitue un élément essentiel pour garantir la viabilité d’un secteur qui connaît une croissance rapide au Sénégal.

Les opérateurs disent également craindre que les réformes envisagées ne s’accompagnent d’un durcissement du cadre fiscal ou réglementaire. Selon eux, une augmentation de la pression fiscale ou l’introduction de nouvelles contraintes administratives pourrait fragiliser des entreprises qui ont investi massivement dans les infrastructures technologiques, la conformité réglementaire et l’emploi local.

Au-delà de leurs inquiétudes immédiates, les membres du collectif ont insisté sur le rôle économique que joue aujourd’hui l’industrie des jeux en ligne dans le pays. Ils rappellent que ce secteur contribue non seulement aux recettes fiscales de l’État, mais aussi à la création d’emplois directs et indirects, notamment dans les domaines du numérique, de la communication et de la distribution.

Face à cette situation, les opérateurs appellent les autorités à privilégier le dialogue et la concertation avant toute réforme majeure. Ils souhaitent notamment être associés aux discussions afin de trouver un équilibre entre les objectifs de régulation de l’État et la nécessité de préserver un environnement favorable à l’investissement et à l’innovation dans le secteur.

Du côté des pouvoirs publics, la volonté de revoir les conventions existantes s’inscrit dans une démarche plus large de réorganisation du secteur des jeux et de renforcement du rôle de l’État dans sa régulation. Les déclarations récentes de la direction de la LONASE laissent ainsi entendre que l’objectif serait d’améliorer la transparence, d’optimiser les retombées économiques pour le pays et d’assurer un meilleur encadrement des activités de paris, notamment en ligne.

Dans ce contexte, la conférence de presse tenue par le collectif des opérateurs apparaît comme un premier signal d’alerte adressé aux autorités. Elle traduit les tensions qui pourraient émerger autour de la réforme du secteur, alors que l’État cherche à redéfinir les règles du jeu dans un domaine devenu particulièrement stratégique sur le plan économique.

Ponctions salariales dans l’éducation : le G7 annonce une plainte au niveau national et international

La tension persiste entre les syndicats d’enseignants et les autorités gouvernementales autour de la question des ponctions salariales consécutives aux mouvements de grève observés ces derniers mois dans le secteur de l’éducation. Le G7, cadre unitaire qui regroupe sept des syndicats d’enseignants les plus représentatifs du système éducatif sénégalais, a annoncé son intention de saisir les juridictions nationales et les instances internationales pour contester ce qu’il considère comme des retenues « excessives » opérées sur les salaires de plusieurs enseignants.

Selon des responsables syndicaux, de nombreux enseignants ayant participé aux mouvements de grève ont constaté des retenues importantes sur leurs salaires. Ces ponctions varieraient entre 100 000 et 300 000 francs CFA, selon le statut des enseignants concernés et le nombre de jours de grève observés. Les syndicats estiment que ces retenues dépassent largement ce qui est acceptable et dénoncent une mesure qu’ils jugent injuste et pénalisante pour les travailleurs de l’éducation.

Pour manifester leur mécontentement, les membres du G7 se sont rassemblés ce lundi devant l’Inspection de l’éducation et de la formation (IEF) de Dakar-Plateau. Cette mobilisation vise à attirer l’attention des autorités sur la situation et à exiger l’application des accords précédemment conclus entre le gouvernement et les organisations syndicales. Les syndicats réclament notamment la cessation immédiate des ponctions sur les salaires et demandent l’ouverture rapide de discussions avec les autorités compétentes afin de trouver une solution durable à cette crise.

Lors de cette mobilisation, le secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen-secondaire du Sénégal (SAEMSS), El Hadji Malick Youm, également membre du G7, a vivement critiqué la position du gouvernement. Il a appelé le Premier ministre à venir s’expliquer directement devant les représentants syndicaux afin d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations des enseignants. Selon lui, le revirement ou la remise en cause de certains engagements pris par les autorités traduit un manque de considération envers la corporation enseignante.

Les syndicats du G7 affirment qu’ils ne comptent pas se limiter à la contestation nationale. Ils annoncent leur intention de porter l’affaire devant le Bureau international du travail (BIT) afin de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une atteinte aux droits des travailleurs. Selon El Hadji Malick Youm, ces ponctions sont jugées illégales par les syndicats, qui les assimilent à une forme de spoliation. Il a ainsi déclaré que les organisations syndicales mèneront un combat à la fois national et international pour obtenir l’arrêt de ces retenues et la restitution des montants prélevés.

Cette nouvelle escalade intervient pourtant dans un contexte où certains progrès ont été enregistrés avec la signature récente de décrets concernant la situation des enseignants décisionnaires. Toutefois, pour le G7, ces avancées restent insuffisantes et ne répondent pas aux préoccupations essentielles des enseignants. Les syndicats estiment que leur plateforme revendicative demeure largement insatisfaite et appellent à des réformes plus profondes.

Parmi les points soulevés figurent la nécessité de corriger les dysfonctionnements du système de rémunération, la réduction des lenteurs administratives dans la gestion des carrières et la suppression des surimpositions appliquées sur les rappels de salaires. Les organisations syndicales considèrent que ces questions doivent être traitées de manière urgente afin d’améliorer les conditions de travail et de garantir une meilleure reconnaissance du rôle des enseignants dans le système éducatif.

Dans ce contexte, la menace d’une saisine des juridictions nationales et internationales pourrait marquer une nouvelle étape dans le bras de fer entre les syndicats d’enseignants et les autorités publiques. L’évolution de ce dossier sera déterminante pour l’avenir du dialogue social dans le secteur de l’éducation, un domaine stratégique pour le développement du pays et la stabilité du système scolaire.

Commerce extérieur : la facture des importations du Sénégal recule fortement au début de l’année 2026

Le Sénégal enregistre une baisse significative de ses importations au démarrage de l’année 2026, traduisant une contraction notable de ses achats à l’étranger. Selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) dans son rapport du 13 mars 2026, la valeur totale des importations s’est établie à 524,8 milliards de FCFA en janvier 2026. Ce niveau représente un recul marqué de 34,4 % par rapport à janvier 2025, soit une diminution estimée à environ 275 milliards de FCFA sur un an. Cette évolution traduit une réduction importante de la facture extérieure du pays et, par conséquent, une économie de devises significative pour l’économie nationale.

La tendance à la baisse se confirme également à court terme. Par rapport au mois de décembre 2025, les importations ont reculé de 3,7 %. Elles étaient alors estimées à 544,8 milliards de FCFA, ce qui montre que la contraction des flux commerciaux entrants s’inscrit dans une dynamique progressive au tournant de l’année. Cette évolution peut s’expliquer par des ajustements dans les volumes d’achats de certains produits stratégiques ainsi que par les fluctuations de la demande intérieure.

L’analyse détaillée des données révèle que cette baisse est principalement liée à la réduction des importations de biens d’équipement et de certaines matières premières. Les achats de métaux communs ont notamment enregistré un recul significatif, passant de 45,0 milliards de FCFA en décembre à 28,1 milliards de FCFA en janvier. Ce repli reflète probablement une baisse des besoins dans certains secteurs industriels ou des ajustements dans les programmes d’investissement.

Le segment des machines et appareils divers a également contribué à cette contraction. Les importations dans ce domaine sont passées de 47,3 milliards de FCFA en décembre à 33,3 milliards de FCFA en janvier, confirmant un ralentissement des acquisitions d’équipements. Ce phénomène peut être interprété comme une phase de transition dans les projets d’investissement ou un ralentissement temporaire de certaines activités nécessitant des équipements importés.

Du côté des produits alimentaires, la facture des importations a également diminué. Les achats de froment et de méteil, qui constituent des produits essentiels pour l’approvisionnement du marché national, ont chuté à 11,4 milliards de FCFA en janvier contre 17,6 milliards de FCFA en décembre. Cette baisse pourrait être liée à une gestion différente des stocks ou à des variations dans la demande intérieure durant cette période.

Malgré cette tendance générale à la baisse, la facture énergétique continue de représenter le principal poste de dépense dans les importations du Sénégal. Les produits pétroliers raffinés ont ainsi mobilisé 133,0 milliards de FCFA en janvier, contre 105,6 milliards de FCFA le mois précédent. Cette hausse significative souligne la dépendance persistante du pays aux importations énergétiques, malgré les efforts engagés pour développer les ressources nationales.

Par ailleurs, les importations d’huile brute de pétrole ont connu une augmentation notable, passant de zéro en décembre à 39,0 milliards de FCFA en janvier. Cette évolution témoigne de la volatilité des besoins énergétiques et des ajustements opérés dans les approvisionnements du pays.

Le secteur des transports contribue également au maintien d’un certain niveau d’importations. Les acquisitions de véhicules terrestres ont enregistré une progression, atteignant désormais 15,4 milliards de FCFA. Cette hausse reflète la demande persistante dans ce segment, notamment liée au renouvellement des parcs automobiles et aux besoins des entreprises et des particuliers.

Au final, la baisse globale des importations observée en ce début d’année 2026 illustre une réduction importante des dépenses extérieures du Sénégal, même si certains postes, notamment énergétiques, continuent de peser lourdement dans la balance commerciale. Cette évolution pourrait contribuer à améliorer l’équilibre du commerce extérieur si elle s’accompagne d’une dynamique soutenue des exportations et d’une diversification accrue de la production nationale.

Commerce extérieur : les exportations du Sénégal chutent de moitié en janvier 2026 malgré une progression annuelle

Le commerce extérieur du Sénégal a connu un début d’année 2026 marqué par une forte contraction de ses exportations. Selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les ventes sénégalaises à l’international se sont établies à 412,6 milliards de FCFA au mois de janvier 2026, contre 825,3 milliards de FCFA enregistrés en décembre 2025. Cette baisse spectaculaire représente un recul d’environ 50 % en l’espace d’un mois, traduisant un ralentissement notable des flux commerciaux au début de l’année.

Malgré cette chute mensuelle importante, la comparaison sur un an offre une lecture plus nuancée de la situation. En effet, les exportations du Sénégal enregistrent une progression de 7,8 % par rapport à janvier 2025, ce qui indique que la tendance globale reste positive sur le moyen terme. Cette évolution souligne que la forte baisse observée entre décembre et janvier s’explique en partie par des fluctuations conjoncturelles dans certains secteurs clés plutôt que par un affaiblissement structurel du commerce extérieur.

Les statistiques montrent que ce recul est largement lié à la diminution des exportations dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’industrie extractive et le domaine énergétique. Le secteur aurifère apparaît comme le principal facteur de cette contraction. Les ventes d’or non monétaire ont connu une chute significative, passant de 206,8 milliards de FCFA en décembre 2025 à seulement 70,2 milliards de FCFA en janvier 2026. Cette baisse importante du volume financier des exportations d’or a fortement contribué à la diminution globale des recettes à l’exportation.

Le secteur des hydrocarbures a également pesé sur la balance commerciale durant cette période. Les exportations de produits pétroliers raffinés ont reculé, passant de 90,4 milliards de FCFA en décembre à 65,6 milliards de FCFA en janvier. Par ailleurs, les ventes de gaz liquéfié naturel ont également diminué pour atteindre 14,6 milliards de FCFA. Ces évolutions traduisent un ralentissement dans les segments énergétiques qui jouent pourtant un rôle majeur dans les performances commerciales du pays.

Toutefois, certains secteurs ont permis d’atténuer partiellement l’impact de cette contraction mensuelle. Les exportations d’huile brute de pétrole ont notamment affiché une progression notable. Elles sont passées de 106,3 milliards de FCFA en décembre à 135,0 milliards de FCFA en janvier, confirmant l’importance croissante de ce produit dans la structure des exportations sénégalaises. Cette performance constitue l’un des principaux éléments de résilience du commerce extérieur durant ce début d’année.

Le secteur agroalimentaire et horticole a également contribué à limiter les effets de la baisse globale. Les préparations alimentaires, notamment les soupes, potages et bouillons, ont connu une progression remarquable avec des exportations estimées à 9,3 milliards de FCFA alors qu’aucune expédition de ce type n’avait été enregistrée le mois précédent. Dans le même temps, les exportations de légumes frais ont plus que doublé pour atteindre 7,0 milliards de FCFA, témoignant d’un dynamisme croissant du secteur agricole orienté vers les marchés extérieurs.

Ces évolutions mettent en évidence la forte dépendance du commerce extérieur sénégalais à certains produits extractifs et énergétiques, dont les fluctuations peuvent provoquer des variations importantes d’un mois à l’autre. Elles soulignent également l’importance de la diversification des exportations, notamment à travers le développement de l’agro-industrie et des filières agricoles à forte valeur ajoutée.

Ainsi, si le mois de janvier 2026 s’est caractérisé par un recul marqué des exportations, la progression observée sur une base annuelle montre que les performances globales du commerce extérieur sénégalais demeurent relativement solides. Les prochaines publications statistiques permettront d’évaluer si cette baisse mensuelle n’était qu’un ajustement temporaire ou le signe d’un ralentissement plus durable dans certains secteurs clés de l’économie nationale.

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