Macky Sall plaide pour une sécurité internationale renforcée et solidaire face à la montée du terrorisme

Lors de son audition devant les États membres de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies dans le cadre de sa candidature au poste de Secrétaire général, Macky Sall a défendu une vision ambitieuse et collective de la sécurité internationale. Face à un contexte mondial marqué par des crises sécuritaires persistantes et une recrudescence des violences asymétriques, l’ancien président sénégalais a insisté sur la nécessité d’une mobilisation accrue de la communauté internationale, en particulier à l’égard des régions les plus exposées.

Au cœur de son intervention, la situation au Sahel a occupé une place centrale. Macky Sall a exprimé sa solidarité envers les populations de cette région, en citant notamment le Mali, confronté à une intensification des attaques terroristes et à une instabilité sécuritaire chronique. Il a mis en garde contre la vulnérabilité croissante du continent africain, qu’il a décrit comme un « ventre mou » dans la lutte contre le terrorisme, soulignant que cette fragilité ne concerne pas uniquement les pays directement touchés, mais représente une menace pour l’équilibre global.

Dans cette perspective, il a appelé à un engagement plus soutenu du Conseil de sécurité des Nations unies. Selon lui, les États en première ligne dans la lutte contre les groupes armés ne doivent pas être laissés seuls face à une menace qui dépasse largement leurs capacités nationales. Il a plaidé pour un partage plus équitable des responsabilités et des ressources, estimant que la sécurité collective exige une réponse coordonnée, structurée et durable.

Macky Sall a également rendu un hommage appuyé aux Casques bleus, ces soldats de la paix déployés dans le cadre des opérations onusiennes. Il a rappelé que depuis la création des missions de maintien de la paix en 1948, plus de 4 000 d’entre eux ont perdu la vie en service. Un sacrifice qui, selon lui, témoigne de l’engagement profond de l’Organisation dans la préservation de la paix mondiale. Toutefois, il n’a pas manqué de souligner les difficultés auxquelles ces forces sont confrontées sur le terrain, notamment le manque de moyens logistiques, technologiques et humains adaptés à la complexité croissante des conflits contemporains.

Macky Sall plaide pour une approche intégrée entre paix et développement à l’ONU

En marge de son audition devant les États membres de l’Assemblée générale des Nations unies dans le cadre de sa candidature au poste de Secrétaire général, Macky Sall a développé une vision articulée autour du lien indissociable entre paix et développement. L’ancien président sénégalais a insisté sur le fait que ces deux dimensions ne peuvent être pensées séparément si l’on souhaite répondre efficacement aux crises contemporaines.

Selon lui, l’absence de paix constitue un frein majeur à toute dynamique de développement. Il a rappelé que dans les zones en conflit, les priorités basculent immédiatement vers la survie. Les enjeux liés à l’éducation, à l’économie ou encore aux infrastructures deviennent secondaires face à l’urgence humanitaire. Dans ces contextes, les populations sont confrontées à la violence, aux déplacements forcés et à la précarité, rendant toute perspective de développement quasiment impossible.

Dans son intervention, Macky Sall a également souligné la nécessité de repenser les opérations de maintien de la paix en y intégrant davantage les dimensions économiques et politiques. Il estime que la stabilité ne peut être durable sans la création d’opportunités concrètes pour les populations, notamment en matière d’emploi et d’inclusion sociale. Pour lui, l’absence de perspectives économiques alimente les frustrations et fragilise les processus de paix, ce qui impose une approche plus globale et cohérente des interventions internationales.

L’ancien chef de l’État a ainsi plaidé pour un renforcement du rôle des Nations unies dans l’accompagnement économique des pays en sortie de crise. Il considère que les actions de sécurisation doivent impérativement être complétées par des politiques de développement capables de répondre aux attentes des populations et de consolider les acquis de la paix.

Par ailleurs, Macky Sall a rappelé que la paix, à elle seule, ne suffit pas à garantir un avenir stable. Elle doit s’accompagner d’initiatives concrètes en faveur du bien-être des citoyens, afin de créer des sociétés résilientes et inclusives. Cette approche, selon lui, repose sur la mobilisation simultanée de plusieurs leviers, allant de la gouvernance à l’investissement économique.

Droits des LGBT : Macky Sall clarifie sa position dans sa course à la tête de l’ONU

En pleine campagne pour le poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Macky Sall a précisé sa position sur les questions liées aux droits des personnes LGBT, à l’occasion d’un échange avec des représentants de la société civile ce lundi 20 avril 2026 à New York.

Interpellé sur ce sujet sensible, l’ancien chef de l’État sénégalais a d’abord tenu à replacer le débat dans son contexte, en soulignant qu’il s’agit avant tout de questions de société, qui doivent être abordées avec prudence et sans contrainte extérieure. « Pour les LGBT, c’est un sujet de société. J’ai souvent eu des positions connues, mais à ce niveau, je voudrais dire une chose : les sujets de société ne doivent pas faire l’objet d’imposition », a-t-il déclaré.

Dans le même temps, Macky Sall a insisté sur son attachement aux principes fondamentaux défendus par les Nations unies, notamment en matière de droits humains et de dignité. Il a rappelé que la Charte de l’ONU constitue un socle incontournable, qu’il entend respecter et défendre s’il accède à cette fonction. « Nous avons les droits humains et la Charte des Nations unies qui défend la dignité humaine. Ça va être un principe qui sera consacré et que j’assumerai », a-t-il affirmé.

L’ancien président a ainsi tenté de trouver un équilibre entre le respect des normes internationales et la prise en compte des réalités socioculturelles propres à chaque pays. Il a réitéré son opposition à toute forme d’imposition de modèles extérieurs, rappelant qu’en tant que président du Sénégal, il avait déjà été confronté à des pressions sur ces questions. « Je n’ai jamais accepté qu’on me l’impose », a-t-il insisté.

Dans son analyse, Macky Sall a également évoqué les rapports de force internationaux autour de ces thématiques. Selon lui, plusieurs pays africains ont été soumis à des pressions importantes, certains ayant résisté, tandis que d’autres ont cédé face aux contraintes économiques ou diplomatiques. Il a toutefois souligné que le débat reste loin d’être tranché, y compris dans les pays occidentaux.

Prenant l’exemple des États-Unis, il a estimé que les positions évoluent et que la question continue de diviser les opinions publiques. Pour lui, cela démontre que le débat est global et qu’aucune société n’a encore trouvé de consensus définitif sur ces enjeux.

En conclusion, Macky Sall a plaidé pour une approche équilibrée, qui permette à chaque société de gérer ces questions selon ses propres dynamiques, tout en garantissant le respect des droits fondamentaux de chaque individu. Une position qui s’inscrit dans sa volonté d’incarner, dans cette campagne internationale, une ligne de dialogue entre les valeurs universelles et les réalités locales.

Restructuration de la dette : le FMI laisse une large marge de manœuvre aux autorités sénégalaises

Le Fonds monétaire international (FMI) adopte une posture mesurée dans le dossier sensible de la dette du Sénégal, en laissant les autorités nationales piloter elles-mêmes les orientations stratégiques à venir. À l’occasion d’une conférence de presse tenue ce jeudi sur les « Perspectives économiques régionales d’avril 2026 pour l’Afrique subsaharienne », le directeur du département Afrique du FMI, Abebe Aemro Selassie, a clarifié la position de l’institution de Bretton Woods.

D’emblée, le responsable a insisté sur l’absence de position prédéfinie du FMI concernant les paramètres d’une éventuelle restructuration de la dette sénégalaise. Selon lui, l’institution privilégie une approche d’accompagnement plutôt que d’imposition, laissant au gouvernement la responsabilité de concevoir une stratégie adaptée à ses réalités économiques et sociales.

Dans ses propos, Abebe Aemro Selassie a salué la transparence des autorités sénégalaises, qui auraient rapidement partagé leurs évaluations relatives aux « défaillances des systèmes » ainsi qu’à l’état du stock de la dette. Cette démarche, jugée constructive, permet selon lui d’instaurer un climat de confiance dans les discussions en cours autour d’un nouveau programme économique.

Les échanges actuels entre le Sénégal et le FMI visent ainsi à définir un cadre de réformes capable de concilier plusieurs impératifs : restaurer la viabilité de la dette, garantir un financement soutenable et éviter des mesures d’austérité excessives pour les populations. L’objectif affiché est d’aboutir à un programme « crédible et finançable », tout en préservant la stabilité sociale dans un contexte économique déjà sous pression.

Le FMI met toutefois en garde contre la précipitation. Dans un environnement international marqué par une forte volatilité des marchés, l’institution recommande une approche prudente et progressive. Il s’agit, selon ses responsables, de garantir la soutenabilité de la dette sans engager le pays dans des décisions irréversibles qui pourraient limiter ses marges de manœuvre à long terme.

Sur un plan plus technique, Abebe Aemro Selassie a précisé que le FMI n’a pas demandé l’inclusion de la dette intérieure dans les discussions sur une éventuelle restructuration. Une position qui laisse au gouvernement sénégalais une latitude importante pour définir les contours de sa stratégie, notamment en arbitrant entre dette intérieure et extérieure. « Nous n’entrons pas dans ces discussions (…) et nous n’avons généralement pas demandé que la dette intérieure soit incluse », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, le responsable du FMI est revenu sur l’élargissement du déficit du compte courant du Sénégal. Il l’explique en grande partie par une hausse significative des investissements dans les secteurs pétrolier et gazier, considérés comme structurants pour l’économie nationale. Toutefois, il souligne que les projections économiques pourraient évoluer, notamment en fonction des fluctuations des prix du pétrole sur les marchés internationaux.

Au final, la position du Fonds monétaire international traduit une volonté d’équilibre entre accompagnement technique et respect de la souveraineté économique du Sénégal. Dans un contexte où les enjeux de dette restent cruciaux, les autorités sénégalaises apparaissent ainsi en première ligne pour définir une trajectoire capable de concilier rigueur financière, croissance économique et stabilité sociale.

Financement du Sénégal : un second trimestre sous tension maîtrisée sur le marché régional

Le premier trimestre 2026 aura été un véritable test de résistance pour les finances publiques sénégalaises. Dans un contexte de fortes incertitudes, marqué par des spéculations sur un possible défaut de paiement, notamment sur les eurobonds, l’État a finalement rassuré en honorant l’ensemble de ses engagements. Cette performance a contribué à atténuer les inquiétudes des investisseurs, même si les conditions d’accès aux marchés internationaux restent nettement dégradées.

Privé en grande partie de financements extérieurs compétitifs, le Sénégal a dû se replier sur le marché régional de la dette. Cette stratégie s’est révélée efficace au cours des trois premiers mois de l’année, avec une mobilisation de 1068,6 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine, dépassant largement l’objectif initial fixé à 808 milliards. Ce recours accru au marché régional illustre à la fois la résilience des autorités financières, mais aussi les contraintes pesant sur la signature souveraine du pays.

Pour le deuxième trimestre, le gouvernement adopte une posture plus mesurée. Selon le calendrier des émissions publié par Umoa-Titres, le Sénégal prévoit de lever 658 milliards de FCFA entre avril et juin 2026. Cette enveloppe sera répartie entre 210 milliards de FCFA en Bons assimilables du Trésor, instruments de court terme, et 448 milliards de FCFA en Obligations assimilables du Trésor, destinées à des maturités plus longues. Cette orientation traduit une volonté de mieux structurer la dette, en allongeant progressivement sa durée et en limitant les pressions de refinancement à court terme.

À l’échelle régionale, la dynamique reste soutenue. Les huit États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine ambitionnent de mobiliser un total de 3075,5 milliards de FCFA sur la période. La Côte d’Ivoire se distingue une nouvelle fois comme le principal émetteur, avec un objectif de 980 milliards de FCFA, confirmant son rôle moteur sur le marché régional des capitaux.

Toutefois, la situation du Sénégal demeure particulièrement sensible. La question de la dette, relancée par les révélations sur une dette dite cachée, continue de peser lourdement sur les perspectives économiques. Le Fonds monétaire international a ainsi réévalué le taux d’endettement du pays à 132 % du produit intérieur brut, entraînant la suspension de son programme de coopération avec Dakar. À ce jour, aucun nouvel accord n’a encore été conclu, ce qui limite davantage les marges de manœuvre financières de l’État.

Dans ce contexte, le marché financier de l’Umoa s’impose comme une bouée de sauvetage incontournable. Le Sénégal prévoit d’y mobiliser au total 4132 milliards de FCFA en 2026, dont 2752 milliards via les émissions de titres publics. Les résultats du premier trimestre, jugés satisfaisants, offrent une base encourageante pour la suite de l’année, même si les défis restent nombreux.

Affaire ASER–AEE POWER : Jean Michel Sène convoqué par la Section de recherches, un tournant dans le dossier

Le dossier sensible opposant l’ASER à AEE POWER connaît une nouvelle évolution au Sénégal. Jean Michel Sène a annoncé avoir été officiellement contacté par la Section de recherches, marquant ainsi une étape importante dans le traitement de cette affaire qui alimente le débat public depuis plusieurs semaines.

Cette convocation intervient quelques jours après sa sortie médiatique du 1er avril 2026, au cours de laquelle il avait exposé ce qu’il avait présenté comme des « éléments factuels » liés à ce dossier. Une prise de parole qui avait suscité de nombreuses réactions, tant dans l’opinion que dans les milieux politiques et institutionnels.

Dans une déclaration rendue publique, Jean Michel Sène a accueilli favorablement cette initiative des enquêteurs. Selon lui, cette démarche correspond à une exigence qu’il n’a cessé de formuler depuis le début de l’affaire : celle de faire toute la lumière sur les faits. « C’est précisément ce que nous avons toujours appelé de nos vœux », a-t-il affirmé, estimant que cette convocation constitue une opportunité pour éclairer définitivement l’opinion publique.

L’intéressé assure, par ailleurs, avoir immédiatement répondu à cette sollicitation en affichant sa pleine disponibilité. Il se dit prêt à collaborer sans réserve avec les autorités judiciaires et à fournir tous les éléments en sa possession. « Je mettrai à disposition toutes les preuves nécessaires à la manifestation de la vérité », a-t-il déclaré, insistant sur sa volonté de voir l’enquête aboutir dans la transparence.

Au-delà de l’aspect judiciaire, cette nouvelle étape s’accompagne d’un discours plus offensif sur le terrain politique. Jean Michel Sène a en effet dénoncé ce qu’il considère comme des tentatives de récupération de l’affaire par certains acteurs. Sans citer de noms, il a critiqué « des politiciens sans véritable discours » qui, selon lui, chercheraient à instrumentaliser ce dossier à des fins opportunistes. Il estime toutefois que « ce temps touche bientôt à sa fin », laissant entendre que l’évolution de la procédure pourrait redistribuer les cartes.

Alors que l’enquête entre dans une phase plus active, cette convocation par la Section de recherches pourrait marquer un tournant décisif. Elle ouvre la voie à des auditions approfondies et, potentiellement, à de nouvelles révélations dans un dossier dont les implications restent encore à clarifier.

Dans un contexte où les questions de gouvernance, de transparence et de gestion des ressources publiques occupent une place centrale dans le débat national, l’issue de cette affaire est désormais attendue avec une attention particulière, tant par les citoyens que par les acteurs institutionnels.

Projet GTA : 58 % des engagements territoriaux réalisés, l’État exige une accélération sur les points en retard

Le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (Grand Tortue Ahmeyim) poursuit sa mise en œuvre avec des résultats jugés globalement satisfaisants par les autorités sénégalaises. Réuni ce vendredi 10 avril 2026 à Saint-Louis dans le cadre du Comité Régional de Concertation (CRC), le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines a annoncé un taux de réalisation de 58 % des engagements sociaux et environnementaux liés au projet.

Ce bilan, qui couvre les engagements pris depuis octobre 2025, met en évidence des avancées significatives, tout en révélant des marges de progression importantes. En effet, 30 % des actions sont toujours en cours d’exécution, tandis que 12 % accusent des retards. Une situation qui a conduit les autorités à hausser le ton, appelant à des « corrections nécessaires » pour garantir le respect des engagements pris envers les populations locales.

Dans un message ferme, le ministre a exhorté les principaux acteurs du projet, notamment Petrosen et BP, ainsi que les services de l’État, à renforcer leur coordination. L’objectif affiché est clair : lever rapidement les blocages et accélérer la mise en œuvre des actions en souffrance, dans un contexte où les attentes des communautés impactées restent particulièrement fortes.

La rencontre de Saint-Louis a réuni un large éventail d’acteurs locaux, traduisant la volonté d’instaurer une gouvernance inclusive autour du projet. Des représentants des pêcheurs, des mareyeurs et des femmes transformatrices ont pris part aux échanges, mettant en lumière les préoccupations des populations directement concernées par l’exploitation gazière. Cette démarche participative vise à prévenir les tensions sociales et à favoriser une appropriation collective du projet.

Au cœur des discussions, quatre axes stratégiques ont été définis pour guider la suite de la mise en œuvre. Il s’agit du renforcement du dialogue permanent avec les communautés, de l’appropriation inclusive des retombées du projet, de la gestion rigoureuse des impacts environnementaux et de la promotion d’un développement social durable dans la zone d’intervention.

Face aux défis identifiés, les autorités ont également annoncé une actualisation du dispositif de pilotage du projet. Cette réforme vise à instaurer un suivi plus dynamique et plus rigoureux des engagements, afin d’éviter tout décalage entre les promesses et leur concrétisation sur le terrain.

Au terme de cette rencontre, un consensus s’est dégagé autour d’un principe fondamental : la réussite du projet Grand Tortue Ahmeyim ne saurait être uniquement mesurée à l’aune de ses performances industrielles. Elle dépendra également de sa capacité à garantir transparence, équité et justice sociale pour les populations de Saint-Louis, directement impactées par cette exploitation stratégique.

Coût de la vie : l’inflation s’établit à 1,4 % en mars 2026, tirée par l’alimentaire et les services

Le coût de la vie poursuit sa progression au Sénégal. Selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, l’inflation, mesurée par l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC), s’est établie à 1,4 % en glissement annuel au mois de mars 2026.

Cette hausse, bien que modérée, est principalement portée par les secteurs des « produits alimentaires et boissons non alcoolisées », en augmentation de 1,7 %, ainsi que par les « restaurants et services d’hébergement », qui enregistrent une progression de 2,7 %.

D’autres postes de dépenses ont également contribué à cette dynamique haussière. C’est notamment le cas des « boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants », dont les prix ont fortement grimpé de 10,7 %. Les services de santé (+1,9 %) et les soins personnels (+2,6 %) affichent aussi des augmentations notables, traduisant une pression persistante sur le budget des ménages.

Par ailleurs, l’inflation sous-jacente — qui exclut les produits énergétiques et les denrées fraîches — ressort à 2,6 % sur un an, signalant des tensions plus profondes sur les prix au-delà des fluctuations ponctuelles.

L’analyse selon l’origine des produits met en évidence une évolution contrastée. Les produits locaux voient leurs prix augmenter de 2,0 %, tandis que les produits importés enregistrent un léger recul de 0,3 %, contribuant à atténuer la hausse globale.

En termes de durabilité, la progression des prix est surtout tirée par les services (+2,0 %), suivis des biens durables (+1,4 %) et des biens non durables (+1,2 %). Les biens semi-durables, quant à eux, affichent une hausse plus modérée de 0,8 %.

Ces données confirment une tendance à la hausse maîtrisée de l’inflation, mais qui continue de peser sur le pouvoir d’achat des ménages, notamment à travers les dépenses alimentaires et les services essentiels.

Crise énergétique au Sénégal : Mouhamadou Bamba Cissé alerte sur une possible hausse imminente des prix

Le Sénégal pourrait faire face, dans les prochains jours, à une hausse des prix de l’énergie. C’est l’alerte lancée par Mouhamadou Bamba Cissé, qui s’exprimait en marge de la 96e édition de la Ziarra de Tivaouane, où il représentait le président de la République. Dans un discours empreint de gravité, le ministre a évoqué sans détour les tensions énergétiques qui pèsent actuellement sur le pays, en lien avec un contexte international de plus en plus instable.

Après avoir rendu hommage aux enseignements de Serigne Babacar Sy et salué l’organisation de cet important rendez-vous religieux, le ministre de l’Intérieur a dressé un tableau préoccupant de la situation énergétique mondiale et régionale. Selon lui, plusieurs signaux indiquent une pression croissante sur les marchés de l’énergie. Il a notamment cité le cas de la Mauritanie, où les prix de l’essence, du gasoil et de l’électricité ont récemment été revus à la hausse, ainsi que la situation en France, marquée par des perturbations dans l’approvisionnement avec près de 15 % des stations-service fermées.

Dans ce contexte, Mouhamadou Bamba Cissé a souligné que le Sénégal, pour l’instant, a réussi à maintenir une certaine stabilité des prix à la pompe. Une situation qu’il attribue aux efforts importants consentis par l’État pour amortir le choc et protéger le pouvoir d’achat des populations. Toutefois, il a tenu à préciser que cette stabilité a un coût et qu’elle ne saurait être maintenue indéfiniment face aux pressions extérieures.

Le ministre a ainsi révélé que les prix de l’énergie auraient dû être réajustés à la hausse depuis près de deux semaines, mais que le gouvernement a choisi, jusque-là, d’en différer l’application. « Les Sénégalais n’ont pas encore senti de difficultés, mais cela peut arriver dans quelques jours », a-t-il averti, laissant entendre qu’une révision des tarifs pourrait intervenir à court terme.

Ce message se veut à la fois un appel à la vigilance et une tentative de préparer l’opinion publique à une éventuelle hausse des prix des carburants et de l’électricité. Il met en lumière la fragilité des équilibres énergétiques dans un contexte global marqué par des tensions sur les approvisionnements et des fluctuations des coûts à l’international.

À travers cette sortie, Mouhamadou Bamba Cissé insiste sur la nécessité d’anticiper les difficultés à venir et de faire preuve de responsabilité collective. Si aucune décision officielle n’a encore été annoncée, les propos du ministre traduisent clairement une inquiétude au sommet de l’État face à une crise énergétique qui pourrait bientôt se répercuter sur le quotidien des Sénégalais.

Koumpétoune : le préfet Joséphine Safiétou Dieng justifie le rappel à l’ordre de députés du Pastef

L’incident survenu lors de la cérémonie officielle du festival Pencum Niany continue de faire réagir dans le département de Koumpentoum. Le préfet, Joséphine Safiétou Dieng, est revenu sur les faits qui se sont déroulés le 12 avril 2026, impliquant deux députés du parti Pastef, lesquels avaient refusé de se lever à son arrivée.

Face à la polémique suscitée par cet épisode, l’autorité administrative a tenu à apporter des éclaircissements sur le sens de son intervention. Selon elle, le geste attendu lors de ce type de cérémonie ne relève pas d’une simple formalité sociale, mais s’inscrit dans le respect des règles protocolaires encadrant les manifestations officielles. Elle insiste sur le fait que se lever à l’arrivée d’un préfet constitue avant tout une marque de respect envers l’institution qu’il représente, et non envers la personne physique.

Dans ses explications, Joséphine Safiétou Dieng rappelle que le préfet incarne l’État dans son territoire de compétence. À ce titre, les marques de considération qui lui sont adressées participent du respect dû aux institutions de la République. « Se lever pour le préfet ne relève pas d’une simple courtoisie, mais d’un devoir de respect institutionnel lié à la fonction qu’il incarne », a-t-elle souligné, mettant en avant la dimension symbolique et républicaine de ce geste.

L’autorité administrative a également insisté sur le rôle et les responsabilités des députés en tant qu’élus de la Nation. Selon elle, ces derniers sont tenus d’observer scrupuleusement les règles protocolaires, notamment lors des cérémonies officielles organisées dans leurs circonscriptions. Elle estime que leur statut implique un devoir d’exemplarité, tant dans leur comportement que dans leur respect des institutions.

Pour le préfet, les usages protocolaires ne sont ni nouveaux ni méconnus des acteurs politiques. Elle considère ainsi que leur non-respect ne peut être interprété autrement que comme une entorse aux règles républicaines. Dans un ton ferme, elle a rappelé que « le respect des institutions n’est pas une option », soulignant l’importance de préserver les fondements de l’ordre républicain à travers des gestes symboliques mais significatifs.

Cet incident, survenu dans un contexte festif, relance le débat sur le respect des institutions et les relations entre autorités administratives et responsables politiques. Au-delà du fait en lui-même, il met en lumière la sensibilité des questions protocolaires dans l’espace public sénégalais, où chaque geste peut être interprété à l’aune des principes républicains et des équilibres institutionnels.

Grippe aviaire : un premier cas humain confirmé en Italie chez un patient de retour du Sénégal, selon l’OMS

Un premier cas humain de grippe aviaire A(H9N2) a été confirmé en Europe. L’annonce a été faite par l’Organisation mondiale de la santé, qui précise qu’il s’agit d’un patient adulte diagnostiqué en Italie après un séjour récent au Sénégal.
Selon le communiqué publié le 10 avril, ce cas constitue une première sur le continent européen pour ce sous-type spécifique du virus grippal. Le patient, pris en charge par les autorités sanitaires italiennes, a été placé en isolement et son état de santé est jugé en amélioration.
Le virus identifié, A(H9N2), appartient à la famille des virus de la grippe aviaire, généralement présents chez les oiseaux. Bien que des cas aient déjà été observés chez l’homme dans certaines régions du monde, leur apparition en Europe reste exceptionnelle, d’où l’attention particulière suscitée par cette annonce.
D’après l’Organisation mondiale de la santé, le patient avait récemment voyagé au Sénégal, où des souches similaires du virus ont déjà été détectées chez des volailles. Toutefois, les circonstances exactes de la contamination demeurent floues. Aucun contact direct avec des oiseaux infectés ni avec des personnes malades n’a, pour l’heure, été établi.
La grippe aviaire se transmet habituellement à l’homme lors d’un contact étroit avec des animaux infectés ou des environnements contaminés. Les cas de transmission interhumaine restent extrêmement rares, ce qui limite, à ce stade, le risque de propagation à grande échelle.
Les autorités sanitaires, en lien avec l’Organisation mondiale de la santé, poursuivent les investigations afin de retracer l’origine de l’infection et d’évaluer les éventuels risques sanitaires. Cette situation relance néanmoins les préoccupations autour de la surveillance des zoonoses et de la circulation des virus entre les continents, dans un contexte de mobilité internationale accrue.

Sénégal : les familles des victimes de la répression 2021-2024 réclament justice et interpellent les autorités

Dakar a été, ce samedi, le théâtre d’une mobilisation portée par les familles des victimes de la répression politique survenue entre 2021 et 2024. En collaboration avec l’Initiative Zéro Impunité, les manifestants ont investi l’espace public pour exiger l’ouverture d’enquêtes indépendantes et la fin de l’impunité.
Pancartes à la main, slogans scandés avec force, les participants ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils qualifient de silence persistant des autorités. « Non à l’impunité », « Justice pour les victimes » ou encore « Non à la candidature de Macky Sall » figuraient parmi les messages visibles dans le cortège. L’appareil judiciaire a également été directement interpellé, notamment à travers des appels adressés au procureur Ibrahima Ndoye.
Pour Djibril Diaw, cette mobilisation n’est pas un simple acte symbolique. Elle traduit une exigence ferme : « la fin de l’impunité et l’établissement de la vérité ». Le collectif réclame l’ouverture immédiate d’enquêtes « indépendantes, transparentes et crédibles » afin de situer les responsabilités, quel que soit le statut des personnes impliquées.
Malgré l’alternance politique ayant conduit Bassirou Diomaye Faye à la tête du pays, les familles estiment que leurs revendications restent inchangées. Un constat partagé par Mamadou Lamine Sambou, qui s’interroge : « Si, après le changement de régime, nous devons encore réclamer les mêmes choses, c’est qu’il y a un problème de fond. »
La dimension politique de la question n’a pas été éludée. Présente sur les lieux, la députée Maimouna Bousso a insisté sur le droit des familles à connaître la vérité. Selon elle, il est impératif de déterminer les responsabilités dans les violences qui ont marqué cette période. Elle a par ailleurs rejeté l’idée selon laquelle la loi d’amnistie constituerait un obstacle à la manifestation de la vérité.
Même fermeté du côté de Seydi Gassama, qui pointe une responsabilité de l’ancien chef de l’État dans les événements. Il s’oppose également à toute ambition internationale de ce dernier, estimant qu’une candidature à la tête de l’Organisation des Nations unies serait inacceptable tant que la lumière n’est pas faite.
Au-delà des discours, la douleur des victimes reste vive. Certaines portent encore les séquelles physiques et psychologiques des violences. Pape Abdoulaye Touré, présent à la manifestation, évoque un possible recours à la justice internationale : « Si l’État du Sénégal ne nous rend pas justice, vers qui allons-nous nous tourner ? L’ONU représente aujourd’hui notre dernier espoir. »
Déterminées à ne pas laisser ce dossier s’enliser, les familles des victimes annoncent leur volonté de poursuivre le combat, aussi bien sur le plan national qu’international. Elles envisagent notamment de relancer les procédures déjà initiées auprès de la Cour pénale internationale, où des signalements avaient été déposés en 2023.

Renforcement sécuritaire à Kédougou : trois nouveaux points d’appui pour le Garsi 2 de Saraya

La Gendarmerie nationale du Sénégal poursuit le renforcement de son dispositif sécuritaire dans la région de Kédougou avec la mise en service de trois nouveaux points d’appui à Saïensoutou, Moussala et Medina Bafé. Les cérémonies d’inauguration se sont déroulées les jeudi 08 et vendredi 09 avril 2026, marquant une étape importante dans la stratégie de sécurisation de cette zone orientale du pays.

Ces inaugurations ont été présidées par le général d’armée aérien (2s) Birame Diop, en présence de plusieurs autorités de premier plan, dont le gouverneur de la région de Kédougou, le général de division, haut-commandant de la Gendarmerie nationale et directeur de la justice militaire, ainsi que l’ambassadeur de l’Union européenne. Ont également pris part à ces cérémonies le commandant de la gendarmerie mobile, des autorités administratives et judiciaires, des chefs coutumiers, des élus locaux, ainsi que de nombreuses populations venues témoigner leur adhésion à cette initiative.

La réalisation de ces infrastructures s’inscrit dans le cadre du Programme d’Appui au Renforcement de la Sécurité, fruit d’un partenariat entre l’État du Sénégal et l’Union européenne. Ce programme vise à améliorer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité, notamment dans les zones frontalières et stratégiques, souvent confrontées à des défis liés à l’orpaillage clandestin, aux trafics et à l’insécurité transfrontalière.

Avec ces nouveaux points d’appui, le Groupe d’action rapide de surveillance et d’intervention de Saraya voit ses moyens renforcés, lui permettant d’assurer une présence plus accrue sur le terrain et d’intervenir plus efficacement en cas de besoin. Cette montée en puissance répond à une volonté des autorités sénégalaises de garantir la sécurité des personnes et des biens, tout en consolidant la stabilité dans cette région aux enjeux économiques et sécuritaires majeurs.

Au-delà de l’aspect sécuritaire, ces infrastructures symbolisent également un rapprochement entre les forces de défense et les populations locales, appelées à jouer un rôle essentiel dans la prévention et la gestion des menaces. Cette dynamique de collaboration est perçue comme un levier important pour instaurer un climat de confiance durable.

Grève des transporteurs : reprise du travail après des avancées jugées significatives

La Fédération des syndicats des transports routiers a officiellement annoncé, ce vendredi, la levée du mot d’ordre de grève qui paralysait le secteur depuis une dizaine de jours. Cette décision intervient à l’issue d’une rencontre entre les représentants des transporteurs et les autorités gouvernementales, notamment les ministres en charge de l’Intérieur et des Transports terrestres.

Selon Fallou Samb, secrétaire général du Syndicat national des transports routiers, cette suspension du mouvement fait suite à des avancées notables obtenues lors des discussions. Il a précisé que ces échanges ont été facilités par l’implication directe du président de la République, qui avait reçu la veille Alassane Ndoye, président de la Fédération, donnant ainsi une impulsion décisive aux négociations.

Dans une déclaration marquée par un ton apaisé, le responsable syndical a présenté les excuses des transporteurs à la population pour les désagréments causés durant cette période de grève. Il a toutefois tenu à rappeler que ce type de mouvement constitue un moyen de pression légitime pour faire avancer les revendications du secteur, confronté à de nombreuses difficultés structurelles.

Parmi les principales mesures obtenues, figure la levée de l’interdiction de circulation nocturne, une revendication majeure des transporteurs qui dénonçaient les impacts économiques de cette restriction. Les autorités ont également décidé de rétablir trois postes mixtes de contrôle sur les corridors routiers, tout en s’engageant à réduire les contrôles en zones urbaines, souvent perçus par les professionnels comme des sources de tracasseries et de pertes financières.

Dans le même sillage, le ministère de l’Intérieur a promis de transmettre une note officielle aux commissaires afin de mieux encadrer les pratiques de contrôle et d’éviter les abus signalés par les acteurs du transport. Cette mesure vise à instaurer un climat de confiance entre les forces de l’ordre et les transporteurs.

Les discussions ont également permis d’ouvrir un chantier important concernant la mise en place d’un régime social pour les travailleurs du secteur, une revendication de longue date destinée à améliorer les conditions de vie et de travail des professionnels du transport routier.

Concernant certaines doléances spécifiques, notamment celles liées aux véhicules de marque Toyota, des solutions ont déjà été trouvées. Celles-ci permettront aux acteurs concernés de poursuivre leurs activités dans l’immédiat, en attendant des ajustements techniques plus durables.

Louga : huit chauffeurs grévistes écroués après des violences sur l’axe Dahra–Dakar

La tension autour de la grève des transporteurs a franchi un nouveau cap dans la région de Louga, où huit chauffeurs grévistes ont été placés sous mandat de dépôt après leur déferrement au parquet. Interpellés mardi dernier à la sortie de Dahiratoul, ils sont désormais poursuivis pour une série d’infractions graves, notamment trouble à l’ordre public, participation à une manifestation non autorisée, entrave à la libre circulation des personnes, destruction de biens et mise en danger de la vie d’autrui.

Selon les éléments de l’enquête, les mis en cause auraient tenté d’imposer le respect du mot d’ordre de grève en s’attaquant à des chauffeurs non grévistes. L’incident le plus marquant concerne le caillassage d’un véhicule de transport interurbain de type « War Gaïndé », qui assurait une liaison vers Dakar avec des passagers à bord. Le pare-brise du véhicule a été violemment endommagé, provoquant une vive panique parmi les occupants et accentuant les tensions déjà palpables sur cet axe routier stratégique.

Cet acte a immédiatement suscité une réaction du camp des chauffeurs non grévistes, déterminés à poursuivre leurs activités malgré le mouvement d’humeur. Très rapidement, la situation a failli dégénérer en affrontements directs entre les deux camps, faisant craindre une escalade incontrôlable de la violence dans cette zone.

Alertés, les éléments de la gendarmerie de Dahra sont intervenus sans délai pour rétablir l’ordre. Leur présence a permis de disperser les protagonistes et d’éviter des affrontements plus graves. Les huit individus considérés comme les principaux instigateurs ont été arrêtés sur place avant d’être placés en garde à vue.

Leur placement sous mandat de dépôt marque une volonté des autorités judiciaires de sévir face à toute forme de violence liée aux mouvements sociaux, dans un contexte déjà tendu par la grève des transporteurs qui perturbe fortement la mobilité des populations. Cette affaire illustre également les risques de dérive lorsque des revendications professionnelles basculent dans des actions coercitives visant à empêcher autrui de travailler librement.

Censure de certaines dispositions du CNRM : Aïssata Tall Sall évoque une « victoire pour la démocratie sénégalaise »

La décision du Conseil constitutionnel de censurer plusieurs dispositions de la loi encadrant le Conseil national de régulation des médias (CNRM) continue de susciter des réactions au sein de la classe politique. Parmi les premières voix à se faire entendre, celle de la députée Aïssata Tall Sall, qui n’a pas caché sa satisfaction, qualifiant cette décision de « victoire pour la démocratie sénégalaise ».

Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, la présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a salué la position de la haute juridiction. Selon elle, cette décision vient rappeler avec force au gouvernement que la liberté de la presse constitue un principe fondamental, protégé par la Constitution sénégalaise et au cœur du fonctionnement démocratique.

L’ancienne ministre de la Justice estime que, en censurant les dispositions qu’elle juge « attentatoires aux droits des journalistes et des acteurs des médias », notamment celles liées aux sanctions, le Conseil constitutionnel a joué pleinement son rôle de garant des libertés publiques. Elle considère que cette intervention permet de préserver « l’exercice souverain » de la liberté d’informer et de communiquer, face à ce qu’elle perçoit comme des risques de dérives dans le dispositif initial.

Pour Aïssata Tall Sall, cette décision dépasse le simple cadre juridique. Elle s’inscrit, selon elle, dans une dynamique plus large de consolidation de l’État de droit au Sénégal, où les institutions doivent continuellement veiller à l’équilibre entre régulation et respect des libertés fondamentales.

La députée a également tenu à rendre hommage à ses collègues parlementaires ayant soutenu la saisine du Conseil constitutionnel. Elle a salué l’engagement des membres de son groupe, mais aussi celui des députés non inscrits, ainsi que de Cheikh Ahmadou Ndiaye, qu’elle remercie pour leur implication dans ce qu’elle qualifie de « combat démocratique ».

Selon elle, cette mobilisation collective a permis d’aboutir à une « victoire décisive », non seulement pour les acteurs des médias, mais aussi pour l’ensemble des citoyens sénégalais attachés aux libertés publiques.

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par de vifs débats autour de la régulation du secteur médiatique. La décision du Conseil constitutionnel, en censurant certaines mesures jugées disproportionnées, notamment celles relatives aux sanctions administratives, redéfinit les contours du pouvoir du CNRM et réaffirme le rôle central du juge dans la protection des droits et libertés.

À travers cette réaction, Aïssata Tall Sall s’inscrit ainsi dans une lecture politique forte de la décision, en y voyant un signal clair en faveur du respect des principes démocratiques et de la liberté de la presse au Sénégal.

Répartition du FADP : le CDEPS et l’APPEL annoncent une plainte à l’OFNAC pour « détournements » et dénoncent une gestion opaque

La controverse autour de la répartition du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP) prend une nouvelle tournure. Au lendemain de la conférence de presse du ministère de la Communication, le Conseil des diffuseurs et éditeurs de la presse du Sénégal (CDEPS) ainsi que l’APPEL ont annoncé leur décision de saisir Office national de lutte contre la fraude et la corruption pour des faits présumés de détournement.

Réunis ce mercredi 8 avril à la Maison de la presse, les responsables des deux organisations ont vivement critiqué les conditions dans lesquelles le fonds a été réparti. Ils dénoncent une gestion qu’ils jugent opaque et affirment ne pas disposer d’informations suffisantes sur les critères ayant guidé l’attribution des ressources.

Prenant la parole devant la presse, Mamadou Wone a annoncé le dépôt imminent d’une plainte auprès de l’OFNAC. Selon lui, cette démarche vise à faire toute la lumière sur ce dossier. Il évoque notamment des soupçons de détournement de deniers publics et de détournement d’objectif, tout en pointant du doigt le manque de transparence qui entoure la gestion du FADP.

Cette position a été appuyée par Maïmouna Ndour Faye, qui s’est exprimée en wolof pour relayer le message auprès d’un large public. Elle a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et équitable des ressources publiques destinées à soutenir les médias, dans un contexte marqué par de fortes difficultés économiques pour de nombreuses entreprises de presse.

Au cœur des revendications du CDEPS et de l’APPEL figure la question de la transparence. Les deux organisations réclament des explications claires sur les critères d’éligibilité et les modalités de répartition du fonds. Elles demandent également la publication de la liste complète des bénéficiaires ainsi que des montants alloués à chacun.

Le recours annoncé à l’OFNAC traduit une volonté de porter le débat sur le terrain judiciaire afin d’obtenir des réponses précises et, le cas échéant, des sanctions. L’organe de lutte contre la fraude et la corruption pourrait ainsi être amené à ouvrir une enquête pour vérifier la régularité de la gestion du FADP.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les autorités et une partie des acteurs du secteur des médias. Le FADP, censé renforcer la viabilité et le développement des entreprises de presse, se retrouve aujourd’hui au centre d’une polémique qui relance le débat sur la gouvernance des ressources publiques.

En attendant une réaction officielle du ministère de la Communication, cette sortie du CDEPS et de l’APPEL met en lumière les attentes des professionnels du secteur en matière de transparence et de bonne gestion. Elle souligne également l’importance de restaurer la confiance entre les autorités publiques et les acteurs des médias, dans un environnement où la crédibilité des institutions demeure un enjeu majeur.

Régulation des médias : le Conseil constitutionnel recadre le CNRM et invalide des sanctions jugées disproportionnées

Le Conseil constitutionnel du Sénégal a rendu, le 7 avril 2026, une décision très attendue sur la loi encadrant le Conseil national de Régulation des Médias (CNRM). Saisi par la députée Aïssata Tall Sall et 22 de ses collègues, l’organe juridictionnel a procédé à un examen approfondi du texte, validant certains aspects tout en censurant plusieurs dispositions qu’il juge contraires à la Constitution.

Dans sa décision, la haute juridiction reconnaît la légitimité du CNRM en tant qu’organe de régulation du secteur des médias. Toutefois, elle a clairement fixé des limites à ses prérogatives, notamment en matière de sanctions. Les « sages » ont ainsi invalidé plusieurs mesures jugées excessives, notamment la fermeture des locaux de presse, la suspension de journaux ou de sites d’information, ainsi que la résiliation des conventions de diffusion.

Ces sanctions ont été qualifiées de « disproportionnées » par le Conseil constitutionnel, qui rappelle que toute restriction aux libertés fondamentales doit être strictement encadrée. En s’appuyant sur les principes consacrés par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, la juridiction souligne que « la loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires ». Une référence qui vient renforcer l’exigence de proportionnalité dans l’application des sanctions administratives.

Au-delà de la question des sanctions, le Conseil constitutionnel a également remis en cause les pouvoirs de coercition directe accordés au CNRM. Il précise que cette autorité administrative ne peut recourir à la force publique sans l’autorisation préalable d’un juge. En d’autres termes, toute intervention contraignante doit être encadrée par un mandat délivré par l’autorité judiciaire, réaffirmant ainsi le rôle central du juge comme garant des droits et libertés.

Cette position marque une volonté claire de préserver l’équilibre entre la régulation du secteur médiatique et la protection des libertés fondamentales, notamment la liberté de la presse et la liberté d’expression. Le Conseil constitutionnel rappelle que ces libertés constituent des piliers essentiels de l’État de droit et ne sauraient être restreintes de manière arbitraire.

Toutefois, l’institution n’a pas totalement désavoué le dispositif prévu par la loi. Certaines mesures de régulation ont été maintenues, mais sous de strictes réserves d’interprétation. Le CNRM conserve ainsi la possibilité de suspendre des programmes ou d’imposer l’insertion de communiqués, à condition que ces décisions répondent à des objectifs précis, tels que la sauvegarde de l’ordre public ou la protection de l’honneur.

Le Conseil insiste cependant sur le fait que ces interventions doivent être encadrées et proportionnées, afin de ne pas porter atteinte à la réputation ni aux intérêts matériels et moraux des entreprises de presse. Cette précision vise à éviter toute dérive pouvant fragiliser les médias ou entraver leur fonctionnement.

À travers cette décision, le Conseil constitutionnel envoie un signal fort en direction des autorités et des acteurs du secteur. Il réaffirme la nécessité d’une régulation équilibrée, respectueuse des principes démocratiques, tout en rappelant que la liberté de communiquer demeure une valeur fondamentale qu’aucune réforme ne saurait compromettre.

FADP 2025 : une attribution des financements sous le sceau de la transparence et de la rigueur

Le Conseil de gestion du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) a rendu public son rapport relatif à l’attribution des ressources au titre de l’exercice 2025, marquant une étape importante dans la réforme et la transparence du financement des médias au Sénégal.

Dans ce document, l’instance dirigeante du FADP précise que le processus d’allocation des fonds n’a pas été lancé immédiatement en début d’année, comme cela était initialement prévu. Ce retard s’explique par la nécessité de se conformer strictement aux exigences juridiques et administratives, suite aux observations formulées par l’Inspection générale d’État (IGE). En effet, des insuffisances avaient été relevées dans les procédures antérieures, poussant les autorités à engager un travail de correction en profondeur afin de garantir une gestion plus rigoureuse, équitable et conforme aux normes en vigueur.

Ainsi, avant toute distribution de ressources, le Conseil de gestion a entrepris une révision des mécanismes d’attribution, en mettant l’accent sur la transparence, la traçabilité et l’égalité de traitement entre les différents acteurs du secteur médiatique. Cette mise en conformité a notamment concerné la clarification des critères d’éligibilité, le renforcement des contrôles administratifs et financiers, ainsi que l’actualisation des dossiers des entreprises de presse candidates.

Le rapport souligne également que cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de professionnalisation du secteur des médias, dans un contexte où les enjeux liés à la crédibilité de l’information et à la viabilité économique des entreprises de presse sont de plus en plus cruciaux. En assainissant le processus, le FADP entend restaurer la confiance des acteurs et s’assurer que les fonds publics profitent effectivement aux structures respectant les normes légales et déontologiques.

Concernant la liste des médias bénéficiaires, le Conseil de gestion indique qu’elle a été établie à l’issue d’un examen minutieux des dossiers soumis. Seules les entreprises ayant satisfait à l’ensemble des critères requis ont été retenues. Ces critères incluent notamment la régularité administrative, la conformité fiscale, l’existence juridique, la production effective de contenus et le respect des obligations professionnelles.

Le rapport mentionne que les bénéficiaires couvrent une diversité de supports, allant de la presse écrite aux médias en ligne, en passant par les radios et les télévisions. Cette répartition vise à refléter la pluralité du paysage médiatique sénégalais et à soutenir les différents segments du secteur, chacun confronté à des défis spécifiques.

Par ailleurs, le Conseil de gestion a insisté sur la nécessité pour les médias bénéficiaires d’utiliser les ressources allouées de manière responsable et conforme aux objectifs du fonds. Des mécanismes de suivi et d’évaluation seront mis en place afin de s’assurer de la bonne utilisation des financements, avec la possibilité de sanctions en cas de manquements constatés.

Financement de la presse : près de 1,9 milliard FCFA mobilisés

Le Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) a rendu public, ce mardi 7 avril 2026, son rapport de gestion annuel, mettant en lumière une mobilisation quasi intégrale des ressources allouées au secteur des médias au Sénégal. À travers cette publication, les autorités entendent illustrer leur engagement à soutenir durablement un écosystème médiatique en mutation, confronté à des défis économiques, technologiques et structurels.

Prenant la parole lors de la présentation, Habibou Dia a rappelé que le FADP constitue un levier stratégique pour accompagner l’ensemble des sous-secteurs de l’information, qu’il s’agisse de la presse écrite, de l’audiovisuel ou des médias communautaires. Il a insisté sur la vocation du fonds à renforcer la viabilité économique des entreprises de presse tout en promouvant le professionnalisme et la qualité de l’information.

Sur une enveloppe budgétaire globale arrêtée à 1 900 000 000 FCFA, le montant effectivement décaissé s’élève à 1 899 990 007 FCFA, soit un taux d’exécution quasi parfait. Le reliquat, estimé à 9 993 FCFA, a été reversé au Trésor public, traduisant, selon les responsables, une gestion rigoureuse des deniers alloués au secteur.

Dans le détail, la répartition des financements révèle une nette priorité accordée au secteur privé. Les entreprises de presse privées ainsi que les radios communautaires ont capté la part la plus importante des ressources, avec un montant global de 1 098 750 000 FCFA, représentant 57,8 % de l’enveloppe totale. Ce choix traduit une volonté manifeste de soutenir les acteurs les plus exposés aux contraintes du marché et aux mutations du paysage médiatique.

Les médias publics n’ont pas été en reste. Des structures comme Agence de Presse Sénégalaise, Radiodiffusion Télévision Sénégalaise et Agence de Distribution de la Presse ont bénéficié d’un financement global de 609 341 031 FCFA, soit 32,1 % du budget. Cette allocation vise à consolider le rôle de service public de ces organes, tout en améliorant leurs capacités opérationnelles.

Un accent particulier a également été mis sur la formation, considérée comme un pilier essentiel pour l’avenir du secteur. À ce titre, le Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information a reçu 125 750 000 FCFA, soit 6,6 % des ressources, afin de renforcer les compétences des professionnels des médias et d’adapter leur savoir-faire aux exigences du numérique et de l’information moderne.

Par ailleurs, les organes de régulation et de gouvernance ont bénéficié d’un appui financier non négligeable. Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie et la Commission de la Carte Nationale de Presse se sont vu attribuer un montant cumulé de 86 298 976 FCFA, représentant 4,5 % de l’enveloppe. Cette dotation vise à renforcer les mécanismes de régulation, de contrôle et de professionnalisation du secteur.

Enfin, les dépenses de fonctionnement du FADP ont été contenues à 28 200 000 FCFA, soit 1,5 % du budget global. Une maîtrise saluée par les autorités, qui y voient le signe d’une gestion sobre et orientée vers l’efficacité.

Sénégal : reprise de la production des cartes nationales d’identité

La Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF), relevant du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, a annoncé la reprise effective de la production des cartes nationales d’identité depuis le 1er avril 2026.

Selon un communiqué officiel signé par le directeur de la structure, Ibrahima Dieng, les opérations d’enrôlement ont également redémarré progressivement dans plusieurs centres à travers le pays. Cette phase transitoire devrait, à terme, s’étendre à l’ensemble du territoire national ainsi qu’aux représentations diplomatiques à l’étranger.

Les autorités rassurent, par ailleurs, quant à la sécurité des données personnelles des citoyens. « L’intégrité des données des Sénégalais est strictement préservée », souligne la DAF, qui affirme maintenir des standards élevés en matière de protection des informations sensibles.

Dans la même dynamique, la Direction de l’Automatisation des Fichiers se veut attentive aux préoccupations des usagers et promet un service continu afin de faciliter l’accès aux cartes nationales d’identité, un document essentiel pour les démarches administratives.

Cette reprise marque une étape importante dans la normalisation du service d’identification nationale, après une période de perturbations ayant affecté la délivrance des pièces d’identité.

Macky Sall en tête d’un sondage international pour diriger l’ONU

Un sondage réalisé par le cabinet britannique Holding Price Limited, spécialisé dans les analyses électorales et géopolitiques, place l’ancien président sénégalais Macky Sall en tête des personnalités pressenties pour diriger l’Organisation des Nations Unies. Cette enquête, menée auprès de plus de 800 décideurs, diplomates et experts en relations internationales à travers le monde, met en lumière une dynamique favorable à l’ancien chef d’État sur la scène internationale.

Selon les résultats publiés, Macky Sall recueille 38,6 % des intentions, creusant un écart significatif avec ses principaux concurrents. Derrière lui figure l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, créditée de 24,2 %, suivie du directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique , Rafael Grossi, qui obtient 21,7 %. La secrétaire générale de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement , Rebeca Grynspan, ferme la marche avec 15,5 %.

Ces résultats témoignent de l’aura internationale dont bénéficie Macky Sall depuis la fin de son mandat à la tête du Sénégal. Durant sa présidence, il s’était illustré par son engagement sur plusieurs dossiers globaux, notamment la stabilité régionale en Afrique de l’Ouest, la lutte contre le changement climatique et la promotion de la coopération économique entre les pays du Sud et du Nord. Son rôle actif au sein d’instances africaines et internationales continue de nourrir sa crédibilité auprès des cercles diplomatiques.

Dans les couloirs des Nations Unies, son nom circule de plus en plus comme celui d’un potentiel successeur de l’actuel secrétaire général António Guterres. Cette tendance s’inscrit dans un contexte où plusieurs États membres plaident pour une représentation plus équilibrée des régions du monde à la tête de l’organisation, avec notamment une attente croissante en faveur d’un dirigeant issu du continent africain.

Toutefois, il convient de relativiser la portée de ce sondage. Le processus de désignation du secrétaire général de l’ONU reste avant tout politique et dépend largement des équilibres entre les membres permanents du Conseil de sécurité. Les consultations informelles, les négociations diplomatiques et les vetos éventuels jouent un rôle déterminant, bien au-delà des préférences exprimées dans les enquêtes d’opinion.

Échec des négociations : le G7 saisit le BIT et durcit le ton face au gouvernement

La crise qui secoue le secteur de l’éducation au Sénégal franchit un nouveau palier. Réunis le 2 avril 2026 au siège du SNELAS-FC, les syndicats membres du G7 ont constaté l’échec des discussions engagées avec les autorités et annoncé une série de mesures de riposte, dont la saisine du Bureau international du travail (BIT) et la menace d’une intensification du mouvement de grève dans les prochains jours.

Dans un communiqué signé par la plénière des secrétaires généraux, le G7 dénonce une impasse persistante malgré les tentatives de médiation entreprises depuis plusieurs semaines. Les syndicats reviennent notamment sur la rencontre du 23 mars 2026 convoquée par le ministère de la Fonction publique, censée ouvrir la voie à une sortie de crise. Selon eux, cette initiative n’a pas produit les résultats escomptés, bien au contraire. Ils affirment avoir observé, dans la foulée, des « actes maladroits » posés par l’État, qui ont contribué à envenimer davantage la situation.

Au cœur des critiques figure le ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, accusé par les syndicats d’adopter une posture méprisante et un discours jugé condescendant à l’endroit des enseignants. Le G7 lui reproche notamment ses sorties médiatiques, qu’il considère comme des tentatives de discréditer la corporation enseignante et ses représentants. Le ton du communiqué se durcit davantage lorsque les syndicats évoquent une stratégie de « sabotage » de la part du gouvernement, qu’ils accusent de procéder à un « saucissonnage disproportionné » des salaires, compromettant ainsi le suivi de leurs plans d’action.

Les organisations syndicales dénoncent une violation grave des droits des travailleurs et estiment que ces pratiques, loin de les affaiblir, ne font que renforcer leur détermination. C’est dans ce contexte qu’elles annoncent leur décision de porter plainte devant le Bureau international du travail, afin d’exiger l’arrêt de ces mesures jugées illégales et la réparation des préjudices subis par les enseignants.

Malgré la fermeté de leur position, les syndicats n’excluent pas totalement une issue négociée. Ils rappellent avoir soumis, depuis le 25 mars 2026, des propositions d’amendements au projet de protocole d’accord transmis par le gouvernement. Ils attendent désormais une réponse claire des autorités, qu’ils appellent à « assumer leur responsabilité historique » pour l’avenir de l’école sénégalaise. À défaut de gestes concrets, le G7 prévient qu’il poursuivra et intensifiera la lutte, tenant l’État pour seul responsable des conséquences à venir.

Dans cette dynamique de mobilisation, le G7 confirme également sa participation à la grande marche nationale prévue le 8 avril 2026. Cette manifestation, qui réunira plusieurs centrales syndicales, vise à exiger l’apurement du passif social et à exprimer la solidarité entre les différents secteurs en lutte, notamment l’éducation, la santé et les transports.

Les syndicats lancent ainsi un appel à l’unité et à la mobilisation de l’ensemble des travailleurs, estimant que seule une convergence des forces permettra de faire plier les autorités. Dans un climat social de plus en plus tendu, cette nouvelle escalade laisse présager des perturbations prolongées dans le système éducatif, alors que des milliers d’élèves et d’enseignants restent suspendus à l’issue de ce bras de fer entre le gouvernement et les syndicats.

Fissel : Ousmane Sonko annonce l’électrification prochaine de 35 villages et dénonce le blocage du programme ASER

En déplacement ce samedi à Fissel, le Premier ministre Ousmane Sonko a procédé à l’inauguration du siège de son parti, le Pastef. Une occasion pour les populations locales et celles des environs de lui soumettre plusieurs doléances, notamment liées à l’accès à l’électricité.

Face à ces préoccupations, le chef du gouvernement a tenu à rassurer. Il a annoncé que 35 villages seront électrifiés dans un futur proche, dans le cadre des efforts engagés par l’État pour améliorer l’accès à l’énergie en milieu rural.

« 35 villages seront électrifiés très prochainement. C’est le travail que nous sommes en train de faire à travers le Sénégal », a déclaré le leader de Pastef devant une foule acquise à sa cause.

Cependant, Ousmane Sonko n’a pas manqué de dénoncer ce qu’il considère comme des entraves au déploiement du programme d’électrification. Évoquant le dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale, il a accusé certains acteurs de bloquer un projet majeur sur la base d’allégations infondées.

« Certains font preuve de méchanceté. Parce qu’ils sont à Dakar et ont de l’électricité, ils n’ont pas besoin d’aller de village en village pour charger leurs téléphones portables. Voilà maintenant deux ans que le programme le plus important dans ce domaine est bloqué sur des accusations sans tête ni queue », a-t-il fustigé.

Le Premier ministre a toutefois promis davantage d’éclaircissements dans les prochains jours. Il a annoncé qu’une communication officielle sera faite par Jean Michel Sène, qui devrait tenir une conférence de presse en début de semaine.

« Je n’en dirai pas plus parce que Jean Michel Sène fera une conférence de presse lundi ou mardi et les choses seront plus claires. Notre régime n’a rien à cacher », a-t-il assuré.

Abdou Mbow défend la candidature de Macky Sall à l’ONU et évoque un soutien majoritaire de 34 États africains

Le débat autour de la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies continue de susciter de vives réactions. Ce vendredi 27 mars 2026, le député Abdou Mbow est monté au créneau pour défendre la « crédibilité » de cette ambition, tout en proposant une lecture différente des récents blocages observés au sein de l’Union africaine.

Dans sa déclaration, le parlementaire insiste sur un point central : malgré l’échec de la procédure de silence, une majorité d’États africains soutiendrait bel et bien la candidature de l’ancien chef de l’État sénégalais. Selon lui, 34 pays se sont déjà prononcés en faveur de la résolution de soutien, constituant ainsi un socle diplomatique solide à l’échelle continentale. Une donnée qu’il considère comme déterminante dans la perspective de la course au poste de secrétaire général.

Abdou Mbow s’attache également à nuancer la portée des oppositions enregistrées. Les 20 États ayant initialement rompu le silence ne se seraient pas opposés sur le fond de la candidature, mais plutôt sur la forme du processus. Il évoque notamment une procédure d’urgence jugée trop courte, limitée à 24 heures, qui n’aurait pas permis une concertation approfondie entre les capitales africaines. Dans cette optique, il souligne que certaines réserves commencent déjà à s’estomper, citant le retrait des objections de pays comme l’Égypte et le Liberia, ce qui renforcerait progressivement la position de Macky Sall.

L’un des aspects les plus sensibles de cette prise de parole concerne la position officielle du Sénégal. Alors que les autorités sénégalaises avaient indiqué, via leur mission à Addis-Abeba, ne pas être associées à cette démarche, Abdou Mbow conteste fermement cette version. Il affirme que Macky Sall a bien adressé une correspondance au président Bassirou Diomaye Faye pour l’informer de son intention de briguer ce poste. Une précision qui vise, selon lui, à dissiper toute ambiguïté sur l’existence d’un minimum de concertation institutionnelle entre l’ancien et l’actuel chef de l’État.

Au-delà de la controverse, cette sortie met en lumière une réalité diplomatique plus nuancée. Si l’Union africaine n’a pas réussi à dégager un consensus formel, l’existence d’un soutien majoritaire pourrait néanmoins servir de base stratégique dans les négociations internationales. Pour les partisans de Macky Sall, l’enjeu est désormais de transformer cette majorité relative en un bloc uni capable de peser face aux autres régions du monde, notamment au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies, où se joue en grande partie la désignation du futur secrétaire général.

Dans un contexte marqué par des divisions africaines et des tensions politiques internes, la bataille autour de cette candidature dépasse largement le cadre personnel. Elle interroge la capacité du continent à s’accorder sur des ambitions communes et à défendre efficacement ses intérêts dans les instances internationales. Pour Macky Sall et ses soutiens, le défi est désormais clair : convertir un soutien dispersé en véritable force diplomatique.

Secrétaire général de l’ONU : la candidature de Macky Sall rejetée après l’opposition de 20 États africains

Coup d’arrêt pour la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. La Commission de l’Union africaine a annoncé ce 27 mars 2026, depuis Addis-Abeba, l’échec de la procédure dite de « silence » engagée pour valider officiellement le soutien du continent à l’ancien président sénégalais.

Dans une note adressée au ministère des Affaires étrangères de l’Éthiopie ainsi qu’aux missions permanentes des États membres, l’institution continentale précise que vingt pays ont formellement rompu le silence avant l’échéance fixée à la fin de la journée. Cette opposition collective empêche automatiquement l’adoption du projet de décision qui visait à faire de Macky Sall le candidat unique de l’Afrique à cette fonction stratégique.

La procédure de silence, souvent utilisée au sein de l’Union africaine pour accélérer la prise de décision, repose sur un principe simple : en l’absence d’objection formelle dans un délai donné, la proposition est considérée comme adoptée par consensus. Mais dans ce cas précis, le nombre élevé d’États opposés a totalement bloqué le mécanisme, révélant des divisions profondes au sein de l’organisation.

Au total, 20 États membres — dont le Sénégal lui-même — ont exprimé leur désaccord avec le projet de soutien. Une situation pour le moins paradoxale, qui souligne la complexité des équilibres diplomatiques autour de cette candidature. En face, 34 des 54 pays membres de l’Union africaine s’étaient prononcés en faveur de Macky Sall, un soutien majoritaire mais insuffisant dans un système qui exige l’absence d’opposition significative.

Cet échec met en lumière les difficultés persistantes de l’Afrique à parler d’une seule voix sur les grandes échéances internationales. Alors que l’Union africaine plaidait pour une candidature unifiée afin de peser davantage dans le processus de désignation du futur secrétaire général de l’ONU, les divergences internes ont finalement pris le dessus.

Malgré ce revers, la dynamique autour de Macky Sall n’est pas totalement stoppée. Le Burundi, par la voix de son président Evariste Ndayishimiye, s’est engagé à porter officiellement sa candidature. Une initiative qui ouvre la voie à une candidature individuelle, en dehors d’un consensus continental, mais qui pourrait s’avérer plus difficile à défendre sur la scène internationale, notamment face aux grandes puissances et aux autres blocs régionaux.

Le calendrier reste toutefois serré. Les candidatures doivent être déposées au plus tard le 1er avril 2026 pour participer aux dialogues interactifs prévus à partir du 20 avril. Dans ce contexte, Macky Sall devra désormais compter sur des soutiens bilatéraux et une stratégie diplomatique élargie pour espérer exister dans la course à la succession à la tête des Nations Unies.

Au-delà du cas personnel de l’ancien chef de l’État sénégalais, cet épisode révèle une fois de plus les limites du fonctionnement consensuel de l’Union africaine dans les dossiers à forte portée stratégique. Une réalité qui pourrait peser lourd dans la capacité du continent à influencer les grandes décisions de gouvernance mondiale.

TRS et « dette cachée » : Cheikh Diba répond au Financial Times et défend la transparence des opérations

Le débat autour de la gestion de la dette publique sénégalaise a pris une nouvelle dimension ce jeudi 26 mars 2026, à la faveur d’une sortie médiatique du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba. Face à la presse, l’argentier de l’État a abordé plusieurs sujets liés à la situation économique du pays, avant de répondre de manière détaillée aux interrogations suscitées par l’utilisation des Total Return Swaps (TRS), au cœur d’une controverse sur une supposée « dette cachée » estimée à environ 650 millions d’euros, soit plus de 432 milliards de FCFA.

D’entrée, le ministre a tenu à replacer le débat dans un contexte plus global, mettant en avant le dynamisme de l’économie sénégalaise, les efforts de consolidation budgétaire engagés par l’État ainsi que la mobilisation accrue de financements concessionnels. Selon lui, ces éléments traduisent une gestion rigoureuse des finances publiques, en dépit d’un environnement international marqué par des tensions économiques et des conditions de financement de plus en plus contraignantes.

Mais c’est surtout la question des TRS qui a retenu l’attention. Ces instruments financiers, encore peu connus du grand public, ont été présentés par certains observateurs comme un mécanisme ayant permis de dissimuler une partie de la dette. Une lecture que Cheikh Diba rejette catégoriquement. Il affirme que le recours à ces opérations s’est fait « dans la légalité, la transparence, avec une parfaite maîtrise des risques et une communication responsable avec les partenaires ». À ses yeux, il ne saurait être question d’opacité ni de financement occulte.

Réagissant aux informations publiées par le Financial Times, le ministre a adopté une posture nuancée. Tout en reconnaissant la crédibilité et la réputation internationale du journal britannique, il a rappelé qu’aucune source, aussi prestigieuse soit-elle, n’est exempte d’erreurs ou d’approximations. « Le Financial Times est un journal de référence, mais il n’est pas infaillible », a-t-il insisté, appelant à une lecture critique et contextualisée des informations relayées.

Dans son argumentaire, Cheikh Diba a également dénoncé une tendance à transformer des analyses financières prudentes en accusations politiques. Selon lui, le simple fait qu’une information émane d’un média reconnu ne constitue ni une preuve irréfutable ni une condamnation. Il estime que le débat autour des TRS a parfois été biaisé, en alimentant des soupçons de mauvaise gestion sans tenir compte de la complexité des mécanismes financiers en jeu.

Le ministre a ensuite tenu à expliquer la logique derrière ces opérations. Les TRS, a-t-il indiqué, s’inscrivent dans une stratégie de gestion active de la dette, visant à optimiser les conditions de financement de l’État. Ils permettent notamment de mobiliser des ressources à des coûts plus avantageux que ceux proposés sur les marchés internationaux, tout en offrant une certaine flexibilité dans la gestion du service de la dette. Dans ce cadre, leur utilisation répondrait à des objectifs clairement définis et compatibles avec les exigences des partenaires financiers.

Cheikh Diba a par ailleurs rappelé que le paiement du service de la dette constitue une pratique normale pour tout État emprunteur. « Il vise par définition à éviter un défaut de paiement potentiel », a-t-il précisé, soulignant que les opérations de TRS s’inscrivent dans cette logique de prévention et de sécurisation financière.

En conclusion, le ministre a réaffirmé que ces instruments ont permis au Sénégal de se financer dans des conditions plus favorables, tout en maîtrisant les risques. À l’en croire, loin d’être une source d’opacité, les TRS constituent un outil moderne de gestion financière, utilisé dans le respect des règles et avec une transparence assumée.

Cette prise de parole intervient dans un contexte où la question de la dette publique reste particulièrement sensible au Sénégal. Elle vise à rassurer l’opinion et les partenaires économiques, tout en réaffirmant la volonté des autorités de maintenir une gestion responsable et transparente des finances publiques. Reste désormais à savoir si ces explications suffiront à apaiser les inquiétudes et à clore un débat qui, pour l’instant, continue d’alimenter la sphère politique et économique.

Après 3 mois de silence Badara Gadiaga is back ! : « Ousmane Sonko est un apprenti dictateur qui se trompe de pays et d’époque ! », dixit le chroniqueur de la TFM

Invité de l’émission Faram Facce sur TFM, Badara Gadiaga a effectué sa première sortie médiatique depuis sa libération. Face aux journalistes, il est apparu détendu mais déterminé, multipliant les remerciements avant de livrer un réquisitoire sans concession contre le Premier ministre Ousmane Sonko et le régime en place.

D’entrée de jeu, Badara Gadiaga a tenu à exprimer sa gratitude : « Si la volonté de certains était exaucée, aujourd’hui je ne serais pas face aux Sénégalais », a-t-il déclaré, saluant d’emblée le soutien indéfectible des Sénégalais et de la presse. Il a souligné n’avoir « passé un seul jour sans être aux titres des journaux ou à travers les ondes des radios ou les écrans de télévision ».

L’ancien détenu a ensuite rendu un vibrant hommage aux chefs religieux, citant nommément plusieurs guides spirituels. Il a également tenu à saluer des personnalités politiques, notamment des anciens ministres de la Justice comme Serigne Diop et Aïssata Tall Sall. Badara Gadiaga s’est réjoui de la mobilisation de treize avocats venus simultanément assurer sa défense gratuitement. Il a enfin remercié sa famille biologique, ses amis, l’administration pénitentiaire ainsi que ses codétenus.

Interrogé sur son acceptation du port d’un bracelet électronique, il a expliqué avoir fait ce choix pour « continuer le combat ». Friand de la figure de Nelson Mandela, il a puisé dans une anecdote du leader sud-africain, décédé alors qu’il était emprisonné. « Sortir m’a permis de voir ma maman et de lui expliquer ma décision de continuer à me battre », a-t-il confié, ajoutant avec émotion que sa mère lui a demandé de « ne jamais flancher », assurant qu’elle mourrait satisfaite de lui.

Le ton est monté d’un cran lorsque Badara Gadiaga a été interrogé sur le Premier ministre Ousmane Sonko. « Sonko est un apprenti dictateur qui se trompe de pays et d’époque », a-t-il martelé. Il a vivement critiqué l’utilisation d’un « langage grossier » qu’il attribue au chef du gouvernement, y compris à l’encontre de chefs religieux. Il s’est également désolé que, devenu Premier ministre, ce dernier ait choisi d’aller « rendre visite à des putschistes ».

Selon lui, Ousmane Sonko aurait « pour ambition de restreindre les libertés ». « Ousmane risque de s’auto-effacer. Le débat public le dérange. Il n’aime pas qu’on lui rappelle ses engagements. Il est allergique à la contradiction », a-t-il ajouté, citant l’ancien président Abdoulaye Wade pour qui « le désaccord n’est pas le désamour ».

Revenant sur les circonstances de son incarcération, Badara Gadiaga a affirmé que son arrestation visait à « réduire le bruit », mais que « c’est un tintamarre qui s’en est suivi ». Il s’est étonné du grief retenu contre lui : « On m’a collé le grief de déstabilisation d’un État. On m’a aussi imputé de détenir une société dont je venais d’entendre pour la première fois le nom », a-t-il déclaré.

Interrogé sur ses éventuelles ambitions politiques, l’invité de TFM a répondu ne « fuir aucune responsabilité » et a annoncé son intention de se présenter devant les Sénégalais pour « décliner sa feuille de route ».

S’agissant du bilan du régime Diomaye-Sonko après deux ans au pouvoir, Badara Gadiaga a dressé un tableau sombre. Il a estimé que les « étudiants, enseignants, commerçants, ambulants et paysans » – qu’il a présentés comme les principaux soutiens du tandem – sont les plus frustrés. « Étudiants dans les rues, commerçants taxés, enseignants ponctionnés, ambulants dégagés, paysans humiliés, voilà le refrain de ces deux ans du régime actuel », a-t-il résumé.

Il a poursuivi en regrettant : « Sonko disait qu’il avait trouvé un pays au quatrième sous-sol. Aujourd’hui, nous sommes au vingtième sous-sol ». Dans son diagnostic, il a évoqué la « mort du BTP » comme « symbole d’un échec cuisant », une situation qui n’a selon lui pas épargné le secteur informel, avant de conclure : « Les hommes d’affaires veulent tirer les hommes d’affaires ».

Cette première apparition publique de Badara Gadiaga marque ainsi son retour sur la scène médiatique et politique, avec des déclarations qui ne manqueront pas de susciter de vives réactions dans un climat politique déjà tendu.

Aide à la presse : entendu par la police, Mame Mactar Guèye refuse l’assistance d’un avocat

Le président de l’organisation Jamra, Mame Mactar Guèye, est actuellement entendu par les enquêteurs de la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar, dans le cadre d’une procédure déclenchée à la suite d’une auto-saisine du Procureur. Cette audition intervient dans un contexte de vive polémique autour de la gestion de l’aide publique destinée à la presse.

Face aux enquêteurs, Mame Mactar Guèye a fait un choix qui n’est pas passé inaperçu : il a décidé de se présenter sans assistance juridique. « J’ai décliné toute forme d’assistance juridique. Je n’ai donc pas besoin d’avocat », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par Seneweb. Une position assumée, qui traduit sa volonté de répondre directement aux questions des autorités sans intermédiaire, dans une affaire qui suscite déjà de nombreuses réactions dans l’opinion publique.

À l’origine de cette convocation, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux dans laquelle le président de Jamra met en cause la gestion de l’aide à la presse. Dans cette intervention, il dénonce ce qu’il qualifie de « distribution indue », évoquant notamment une enveloppe d’un milliard de francs CFA qui, selon lui, n’aurait pas été versée à des médias ayant pourtant déposé des dossiers conformes. Il affirme également que des fonds auraient été attribués à des « organes inexistants », pointant du doigt de graves irrégularités dans le processus d’allocation.

Mame Mactar Guèye critique en outre une répartition qu’il juge « déséquilibrée », estimant qu’une poignée de structures aurait capté l’essentiel des ressources au détriment d’autres acteurs du secteur. Il qualifie cette situation de « honteuse », appelant implicitement à plus de transparence dans la gestion des fonds publics destinés aux médias.

Ces accusations, particulièrement sensibles dans un contexte où la question de la transparence dans la gestion des deniers publics est au cœur du débat national, ont conduit le parquet à ouvrir une procédure pour faire la lumière sur ces déclarations. L’audition en cours vise ainsi à recueillir les éléments de preuve ou les précisions pouvant étayer les affirmations avancées par le responsable de Jamra.

Pour l’heure, aucune information n’a filtré sur le contenu détaillé de ses échanges avec les enquêteurs. L’issue de cette audition pourrait toutefois être déterminante, tant pour la suite judiciaire de cette affaire que pour le débat plus large sur la gouvernance de l’aide à la presse au Sénégal.

New deal technologique : internet gratuit pour un million de citoyens et cap sur une transformation numérique à grande échelle

Le Premier ministre Ousmane Sonko a officiellement lancé, ce mardi 24 mars 2026 au CICAD, une nouvelle phase du « New Deal technologique », un programme ambitieux destiné à accélérer la transformation numérique de l’État. Cette initiative, présentée comme un pilier de la stratégie nationale à l’horizon 2050, vise à moderniser en profondeur l’administration et à améliorer l’accès des citoyens aux services publics grâce aux outils numériques.

Au cœur des annonces figure une amélioration spectaculaire des infrastructures numériques. Le gouvernement prévoit une augmentation massive de la capacité du réseau national, avec une bande passante qui passera de 600 mégabits à 20 gigabits, voire davantage selon les projections évoquées lors de la cérémonie. Cette montée en puissance vise à soutenir la croissance des usages numériques et à garantir un accès plus fluide et plus rapide à internet sur l’ensemble du territoire.

Dans la même dynamique, un programme de connectivité universelle a été dévoilé. Il ambitionne d’offrir un accès gratuit à internet à plus d’un million de citoyens, en ciblant prioritairement les zones rurales et enclavées. Cette mesure entend réduire la fracture numérique et permettre à un plus grand nombre de Sénégalais de bénéficier des opportunités offertes par le numérique, que ce soit dans l’éducation, l’entrepreneuriat ou l’accès aux services publics.

Le chef du gouvernement a insisté sur le fait que cette transformation ne saurait se limiter à des investissements technologiques. Selon lui, elle repose avant tout sur une réforme de la gouvernance publique et sur une coordination efficace entre les différentes administrations. « La transformation numérique est un défi global qui doit irriguer toutes les politiques publiques », a-t-il affirmé, mettant en garde contre les initiatives isolées et les systèmes cloisonnés qui génèrent des coûts supplémentaires et des lenteurs administratives.

La pièce maîtresse de cette réforme reste le Guichet Unique du Citoyen, une plateforme centralisée destinée à simplifier les démarches administratives. À terme, les usagers pourront effectuer l’ensemble de leurs procédures en ligne, directement depuis leur téléphone mobile, sans avoir à multiplier les déplacements ou les formalités. L’obtention de documents comme le casier judiciaire devrait ainsi devenir plus rapide, plus accessible et plus transparente. Cette logique de simplification sera également étendue à la diaspora à travers la plateforme e-Consulat.

Pour accompagner cette digitalisation, le gouvernement met l’accent sur la souveraineté numérique. Les données sensibles seront hébergées sur le territoire national grâce au déploiement de solutions cloud dans les centres de données de Diamniadio et d’Orana. Cette orientation vise à garantir la sécurité, la confidentialité et le contrôle des informations stratégiques, dans un contexte mondial marqué par des enjeux croissants de cybersécurité.

Le programme s’inscrit dans une vision de long terme, avec un investissement global estimé à 1 100 milliards de francs CFA sur la période 2025-2034. Structuré autour de 12 programmes prioritaires, il ambitionne de transformer en profondeur l’économie et l’administration. Pour éviter toute dispersion des efforts, un dispositif de gouvernance a été mis en place, notamment à travers le comité GouvNum et le Conseil national du numérique, chargés de coordonner les actions et d’assurer une cohérence stratégique.

Au-delà des chiffres et des infrastructures, le Premier ministre a insisté sur la dimension humaine de cette transformation. Il a rappelé que l’objectif final reste l’amélioration du quotidien des citoyens, à travers des services publics plus accessibles, plus rapides et plus efficaces. « Il ne s’agit pas simplement de moderniser, mais de transformer », a-t-il déclaré, soulignant que cette évolution est appelée à être profonde et irréversible.

Avec ce New Deal technologique, les autorités entendent faire du numérique un moteur central de la croissance et de la gouvernance pour la décennie à venir, tout en posant les bases d’un État plus cohérent, interconnecté et tourné vers les besoins réels des citoyens.

Finances publiques : le gouvernement rejette toute opacité et défend une stratégie maîtrisée de désendettement

Le gouvernement est sorti de son silence pour répondre aux accusations de manque de transparence dans la gestion de la dette publique. À travers le ministère des Finances et du Budget, les autorités ont fermement démenti les informations relayées par le Financial Times évoquant des emprunts contractés « en secret ». Dans une mise au point relayée par le quotidien national Le Soleil, l’exécutif assure que toutes les opérations financières menées en 2025 respectent strictement le cadre légal et les orientations stratégiques définies.

Selon le ministère, l’ensemble des mobilisations de ressources s’inscrit dans les plafonds fixés par les lois de finances et dans la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme. Les autorités insistent sur le fait que ces opérations ne relèvent d’aucune pratique dissimulée, mais s’intègrent dans une politique cohérente visant à sécuriser les financements tout en maîtrisant les risques. Cette stratégie repose notamment sur une diversification des sources de financement, combinant recours au marché régional en monnaie locale et accès à des financements en devises étrangères.

Dans le détail, les levées de fonds évoquées ont été réalisées à travers des adjudications publiques de titres d’État en francs CFA, un mécanisme courant et bien encadré au sein du marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Le gouvernement souligne que ces opérations sont transparentes par nature, car elles impliquent des appels publics à souscription et une participation ouverte aux investisseurs agréés.

Les autorités mettent également en avant leur volonté de dynamiser le marché en attirant des investisseurs institutionnels internationaux. Ces derniers interviennent en mobilisant des ressources en monnaie locale via des mécanismes de change classiques, avant d’effectuer les opérations inverses à l’échéance des titres. Pour le ministère, cette approche contribue à renforcer la liquidité du marché régional tout en élargissant la base d’investisseurs, ce qui constitue un levier essentiel pour réduire la dépendance à certaines sources de financement plus coûteuses.

Le gouvernement insiste sur le fait que toutes ces opérations s’inscrivent dans le plan de financement global de l’État, exécuté conformément au calendrier du Trésor tout au long de l’année 2025. Il affirme que cette rigueur dans la planification et l’exécution témoigne d’une gestion maîtrisée des finances publiques, loin des accusations d’opacité formulées par certains observateurs et acteurs politiques.

Par ailleurs, les autorités rappellent que ces mécanismes font l’objet d’échanges réguliers avec les partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds monétaire international. En intégrant ces opérations dans le cadre global de la gestion de la dette, le pays entend démontrer sa volonté de transparence et de conformité aux standards internationaux en matière de gouvernance financière.

À travers cette mise au point, le gouvernement cherche à rassurer les marchés, les partenaires et l’opinion publique sur la solidité de sa stratégie de désendettement. Il réaffirme son engagement à maintenir un équilibre entre mobilisation de ressources, soutenabilité de la dette et transparence, dans un contexte où la question de la gestion financière reste au cœur du débat public.

Dette présumée de 650 millions d’euros : le FDR exige la transparence et réclame une enquête parlementaire

Le débat autour de la gestion de la dette publique prend une nouvelle tournure. Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) est monté au créneau après les révélations du Financial Times faisant état d’une dette présumée de 650 millions d’euros contractée de manière non divulguée. Dans un communiqué, l’opposition affirme que ces informations ont été accueillies avec « stupéfaction et indignation » par l’opinion publique.

Selon le FDR, ces opérations financières traduisent une dérive inquiétante dans la gestion des finances publiques. Le collectif accuse le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko de recourir à des mécanismes qu’il qualifie « d’expédients financiers toxiques », allant jusqu’à affirmer que le pays serait désormais « sous hypothèque ». Cette sortie intervient dans un contexte déjà marqué par des interrogations sur la soutenabilité de la dette et la transparence budgétaire.

Au cœur des critiques, l’utilisation présumée de produits financiers complexes appelés Total Return Swaps (TRS). Pour le FDR, ces instruments, souvent utilisés dans des situations de tension financière, comportent des risques élevés. L’opposition soutient que, dans l’hypothèse d’un défaut de paiement, ces accords pourraient accorder une priorité de remboursement à certains créanciers privés, au détriment des dépenses essentielles comme l’éducation, la santé ou les infrastructures. Elle évoque également les récentes dégradations de la note souveraine par les agences internationales pour souligner la fragilité du contexte économique.

Le Front va plus loin en dénonçant une opacité totale autour de ces opérations. Selon lui, le gouvernement n’aurait pas seulement contracté des engagements financiers sans communication publique suffisante, mais aurait aussi recours à des mécanismes jugés parmi les plus risqués du système financier international. Pour appuyer son propos, le FDR rappelle les mises en garde historiques de l’investisseur Warren Buffett, qui avait qualifié certains produits dérivés « d’armes financières de destruction massive », en raison de leur potentiel déstabilisateur pour les économies.

Face à ce qu’il considère comme une situation grave, le FDR exige des clarifications immédiates. L’opposition réclame la publication intégrale des contrats de swaps qui auraient été conclus, notamment avec l’Africa Finance Corporation et la First Abu Dhabi Bank. Elle demande également des détails précis sur les actifs mis en garantie, les conditions financières, les taux appliqués ainsi que les éventuelles commissions versées aux intermédiaires.

Au-delà de la transparence, le FDR appelle à une réponse institutionnelle forte. Il invite l’Assemblée nationale à mettre en place une commission d’enquête parlementaire afin de faire toute la lumière sur ces emprunts et d’évaluer leur impact réel sur les finances publiques. L’objectif, selon le Front, est de garantir une reddition des comptes et d’éviter toute dérive susceptible de compromettre la souveraineté économique du pays.

Enfin, le collectif appelle les forces vives de la nation à se mobiliser pour exiger une gestion plus transparente et plus rigoureuse des ressources publiques. Cette nouvelle sortie de l’opposition relance ainsi le débat sur la gouvernance économique, dans un contexte où la question de la dette devient un enjeu central du débat public.

Sénégal : Thierno Alassane Sall agite le spectre d’une « dette cachée » et interpelle sur la transparence des finances publiques

Le débat sur la gestion des finances publiques au Sénégal prend une nouvelle tournure après la sortie du député Thierno Alassane Sall, qui évoque l’existence présumée d’une « dette cachée ». S’appuyant sur des informations du Financial Times, l’ancien ministre du Pétrole a affirmé que le Sénégal aurait contracté, dans la plus grande discrétion, des emprunts de plusieurs centaines de millions de dollars auprès d’institutions internationales, sans en informer officiellement l’opinion publique ni certains partenaires.

Cette déclaration intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par des interrogations croissantes sur l’état réel des finances publiques. Pour Thierno Alassane Sall, ces révélations ne sont pas anodines et pourraient traduire une volonté de dissimulation. Il parle ainsi d’une « nouvelle affaire de dette cachée », une expression lourde de sens dans un pays où la transparence budgétaire est devenue un enjeu central du débat public.

Au cœur de cette polémique se trouve également une réunion annoncée entre la Commission des Finances de l’Assemblée nationale et le ministre des Finances et du Budget. Selon le leader du parti La République des Valeurs, l’ordre du jour de cette rencontre, qui porterait notamment sur une résolution visant à éviter une restructuration de la dette, soulève des inquiétudes majeures. Il y voit le signe que la situation financière du pays pourrait être plus fragile qu’annoncé officiellement.

Dans ses propos, Thierno Alassane Sall n’hésite pas à évoquer des « tambouilles inavouables », mettant en cause la gestion actuelle des engagements financiers de l’État. Il s’interroge ouvertement sur la stratégie adoptée par les autorités et sur les mécanismes utilisés pour faire face aux contraintes budgétaires. Cette sortie renforce le climat de suspicion autour d’éventuels montages financiers non déclarés, déjà évoqués ces derniers jours dans certains cercles économiques.

L’ancien ministre insiste surtout sur le rôle du Parlement, qu’il appelle à exercer pleinement sa mission de contrôle. Selon lui, les députés ne doivent pas se contenter d’entériner des décisions sans disposer de toutes les informations nécessaires. Il met en garde contre le risque de « signer un chèque en blanc au Gouvernement », plaidant pour une exigence accrue de transparence et de reddition des comptes. Pour Thierno Alassane Sall, il est impératif que les élus obtiennent des clarifications précises sur la nature des emprunts contractés, leurs conditions et leurs implications à court et moyen termes.

Au-delà des considérations politiques, cette affaire soulève des enjeux économiques majeurs. La question de la dette publique est devenue centrale pour le Sénégal, engagé dans des programmes d’investissements ambitieux tout en faisant face à des contraintes budgétaires importantes. Toute opacité dans la gestion de cette dette pourrait fragiliser la confiance des partenaires internationaux, notamment les institutions financières et les investisseurs.

Le député alerte également sur les conséquences potentielles des décisions en cours. Selon lui, les solutions envisagées pour gérer la dette pourraient avoir des effets négatifs si elles ne sont pas maîtrisées. Il insiste sur la responsabilité historique des parlementaires, estimant que toute décision prise sans transparence pourrait être perçue comme une trahison des intérêts du peuple sénégalais.

Cette sortie de Thierno Alassane Sall intervient dans un climat déjà tendu autour des finances publiques, marqué par des révélations récentes sur des emprunts controversés et des inquiétudes croissantes quant à la soutenabilité de la dette. Elle relance le débat sur la gouvernance économique du Sénégal et met en lumière une exigence de plus en plus forte : celle d’une gestion rigoureuse, transparente et responsable des ressources publiques.

Finance publique : inquiétudes autour d’un emprunt de 370 milliards FCFA non déclaré, la transparence budgétaire en question

De nouvelles révélations sur la gestion des finances publiques du Sénégal suscitent de vives préoccupations au sein des milieux économiques et financiers. Selon des informations rapportées par le site spécialisé regtechtimes.com, l’État sénégalais aurait récemment mobilisé un financement de 650 millions de dollars, soit près de 370 milliards de FCFA, à travers un emprunt dont les contours n’auraient pas été pleinement divulgués.

Ce financement aurait été contracté via des accords avec deux institutions financières internationales, à savoir Africa Finance Corporation et First Abu Dhabi Bank. Toutefois, c’est moins le recours à l’endettement que les conditions de transparence entourant cette opération qui inquiètent. Selon les mêmes sources, cet emprunt n’aurait pas été officiellement communiqué à certaines institutions clés, notamment le Fonds monétaire international, pourtant partenaire stratégique du Sénégal dans le suivi de ses équilibres macroéconomiques.

Ce défaut de divulgation, s’il est avéré, soulève des interrogations majeures sur la sincérité des engagements budgétaires du pays et sur la qualité de l’information transmise aux partenaires techniques et financiers. Dans un contexte international marqué par une vigilance accrue sur les niveaux d’endettement des États africains, la transparence devient un critère déterminant pour maintenir la confiance des bailleurs et des investisseurs.

La Banque mondiale a d’ailleurs déjà mis en garde contre les risques liés à ce type de montages financiers opaques. Selon l’institution, des emprunts non entièrement déclarés peuvent compliquer considérablement les processus de restructuration de la dette en cas de tensions économiques. En d’autres termes, une mauvaise visibilité sur l’encours réel de la dette peut fragiliser la capacité d’un pays à négocier avec ses créanciers en période de crise.

Au-delà de la question de la transparence, les modalités contractuelles de cet emprunt suscitent également des inquiétudes. Certaines clauses imposeraient au Sénégal de maintenir une notation de crédit stable. En cas de dégradation, les créanciers pourraient exiger un remboursement anticipé, une disposition particulièrement risquée dans un contexte économique déjà sous pression. Une telle situation pourrait entraîner un effet boule de neige, aggravant les tensions sur les finances publiques et réduisant les marges de manœuvre budgétaires de l’État.

Ces révélations interviennent dans un climat où la gestion de la dette publique est au cœur du débat national. Elles remettent en lumière la nécessité d’un encadrement rigoureux des emprunts publics, mais aussi d’une communication transparente vis-à-vis des citoyens et des partenaires internationaux.

Si ces informations venaient à être confirmées, elles pourraient avoir des implications importantes sur la crédibilité financière du Sénégal, à un moment où le pays cherche à consolider sa trajectoire économique et à attirer davantage d’investissements. Plus que jamais, la question de la gouvernance des finances publiques apparaît comme un enjeu central, à la croisée de la souveraineté économique, de la confiance internationale et de la stabilité macroéconomique.

Santé au Sénégal : And Gueusseum dénonce des nominations à l’ARP et annonce une grève les 26 et 27 mars

La tension monte à nouveau dans le secteur de la santé au Sénégal. L’Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé (ASAS), plus connue sous le nom de And Gueusseum, a vivement réagi à des décisions prises au sein de l’Agence de Réglementation Pharmaceutique (ARP), dénonçant des « nominations suspectes » et annonçant une grève perlée de 48 heures prévue les 26 et 27 mars.

Dans un communiqué publié ce dimanche, le syndicat a d’abord salué la nomination d’un nouveau Directeur général de l’ARP, intervenue à la suite du décret présidentiel du 18 mars 2026. Cette décision était attendue, dans un contexte marqué par des tensions persistantes entre l’ancien directeur et les partenaires sociaux, notamment le SAMES et le SUTSAS. Malgré les divergences, And Gueusseum a tenu à rendre hommage au directeur sortant, crédité d’avoir permis à l’ARP d’atteindre un niveau 3 de maturité en seulement deux années d’existence.

Cependant, ce climat d’apaisement aura été de courte durée. Le syndicat affirme que, moins de 48 heures après la nomination du nouveau directeur général, le ministère de la Santé a procédé, le 19 mars, à une série de désignations à des postes jugés stratégiques. Des décisions prises, selon And Gueusseum, sans attendre l’installation officielle du nouveau responsable de l’ARP.

Pour l’organisation syndicale, ces actes ne sont pas anodins. Elle y voit une tentative de verrouillage de l’institution, visant à imposer des responsables avant même que la nouvelle direction ne prenne ses fonctions. Le syndicat évoque même un « camouflage » orchestré par le directeur sortant avec la complicité du ministre de la Santé, utilisant une formule particulièrement critique pour dénoncer ce qu’il considère comme une immixtion à tous les niveaux de gestion.

And Gueusseum affirme ainsi sa solidarité avec la jonction des luttes entre le SAMES et le SUTSAS, estimant que ces nominations risquent d’aggraver une crise qu’il qualifie de « chronique » dans le secteur. Selon ses responsables, ces décisions pourraient compromettre toute tentative de réforme et installer durablement un climat de défiance entre les autorités et les travailleurs de la santé.

Face à cette situation, le syndicat maintient la pression et confirme la poursuite de son huitième plan d’action. Une grève perlée de 48 heures est ainsi prévue les 26 et 27 mars, accompagnée d’un boycott de plusieurs activités essentielles, notamment les supervisions, les réunions de coordination et les sessions de formation.

Cette montée de tension intervient malgré les efforts de médiation engagés récemment, notamment la séance d’écoute organisée le 14 mars à Saly par le Haut Conseil du Dialogue social. Pour And Gueusseum, ces initiatives n’ont pas permis de régler les problèmes de fond, ce qui justifie la poursuite de la mobilisation.

Cette nouvelle crise illustre les difficultés persistantes du système de santé sénégalais, tiraillé entre réformes institutionnelles, revendications syndicales et enjeux de gouvernance. Les prochains jours seront déterminants pour mesurer l’ampleur du mouvement et ses répercussions sur le fonctionnement des structures sanitaires à travers le pays.

41ᵉ édition des JMJ : plus de 45 000 jeunes réunis à Nianing dans une ferveur exceptionnelle

La 41ᵉ édition des Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) a rassemblé, à Nianing, dans le département de Mbour, plus de 45 000 jeunes venus de différents horizons du Sénégal. Accueillie par le doyenné de Popenguine au sein de la paroisse Saint-Épiphane, cette grande rencontre spirituelle s’impose comme l’un des événements religieux majeurs dédiés à la jeunesse catholique du pays.

Depuis samedi, les participants vivent des moments intenses de foi, de partage et de communion, dans une atmosphère marquée par l’engagement et l’espérance. Comme dans le reste du monde, où les Journées Mondiales de la Jeunesse constituent un rendez-vous incontournable pour les jeunes croyants, l’Église catholique du Sénégal a mobilisé ses fidèles autour de cette célébration annuelle.

Placée sous le thème « Prenez courage, moi j’ai vaincu le monde », cette édition porte un message fort adressé à la jeunesse. Elle invite les participants à faire preuve de résilience face aux difficultés et à s’appuyer sur leur foi pour affronter les défis du quotidien. Un appel à la persévérance qui a trouvé un écho particulier dans le contexte actuel, marqué par des incertitudes sociales et économiques.

Dans son homélie, l’archevêque de Dakar, André Guèye, a insisté sur la nécessité pour les jeunes de ne pas céder au découragement. Il les a exhortés à puiser leur force dans le Christ et à rester fermes dans leurs convictions. Son message, empreint de spiritualité et de proximité, a été accueilli avec ferveur par les milliers de jeunes présents.

En marge des célébrations liturgiques, plusieurs activités ont été organisées, notamment des échanges directs entre l’archevêque et les jeunes. Ces moments de dialogue ont permis d’aborder des questions d’actualité, mais aussi des préoccupations liées à la foi, renforçant ainsi les liens entre l’Église et sa jeunesse.

Les festivités se poursuivent avec des animations culturelles et spirituelles, avant le moment symbolique de l’envoi en mission. Cette étape marque l’engagement des jeunes à devenir des ambassadeurs des valeurs chrétiennes dans leur vie quotidienne, dans leurs familles, leurs écoles et leurs communautés.

Au-delà de son ampleur, cette 41ᵉ édition des JMJ à Nianing restera comme un temps fort de communion et de renouveau spirituel. Elle témoigne de la vitalité de la jeunesse catholique sénégalaise et de sa volonté de s’impliquer activement dans la construction d’une société fondée sur des valeurs de paix, de solidarité et d’espérance.

Sénégal : Bassirou Diomaye Faye rend hommage aux militaires décédés en Casamance

À l’occasion de la prière de l’Eid al-Fitr, communément appelée Korité au Sénégal, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a rendu un hommage solennel aux militaires sénégalais récemment décédés en Casamance, précisément dans la zone de Sindian.

S’exprimant à l’issue de la prière, le chef de l’État a adressé ses condoléances les plus émues aux familles endeuillées ainsi qu’à l’ensemble de la Nation. Dans un message empreint de gravité, il a déclaré : « Je voudrais exprimer mes condoléances émues à l’ensemble des familles et à toute la nation pour la perte des soldats que nous avons enregistrés récemment dans le sud du pays. »

Le président a également tenu à exprimer sa solidarité envers les militaires blessés lors de cet incident, leur souhaitant un prompt rétablissement, tout en saluant leur engagement au service de la sécurité nationale.

Pour rappel, ce drame est survenu lors d’opérations de destruction de champs de chanvre indien menées par les forces de défense et de sécurité dans le sud du pays, non loin de la frontière avec la Gambie. Plusieurs soldats ont perdu la vie dans cet accident, tandis que d’autres ont été blessés.

Transport routier : les transporteurs brandissent la menace d’une grève nationale et interpellent l’État

Le climat se tend dans le secteur du transport routier au Sénégal. L’ultimatum lancé par l’Union des routiers du Sénégal fait planer la menace d’une paralysie du transport public si les autorités ne prennent pas rapidement des mesures pour répondre aux difficultés qui minent le secteur.

À l’issue d’une concertation tenue avec le ministère des Transports, le secrétaire général du syndicat, Gora Khouma, a averti que les transporteurs pourraient recourir à la grève en l’absence d’avancées concrètes. « Si rien n’est fait, nous serons dans l’obligation d’aller en grève », a-t-il déclaré, soulignant que les professionnels du secteur n’entendent plus tolérer les dysfonctionnements qui affectent leur activité depuis plusieurs années.

Parmi les principales préoccupations exprimées par les transporteurs figure la multiplication des postes de contrôle sur les axes routiers du pays. Selon les responsables syndicaux, ces contrôles sont devenus excessifs et pèsent lourdement sur le fonctionnement du transport public. Les conducteurs dénoncent notamment ce qu’ils qualifient de harcèlement administratif et financier, affirmant que les arrêts répétés ralentissent les trajets, augmentent les coûts d’exploitation et compliquent le travail des chauffeurs.

Pour Gora Khouma, la situation est d’autant plus préoccupante qu’elle révèle, selon lui, une incohérence dans l’application des textes réglementaires. Il rappelle qu’un décret présidentiel limite à trois le nombre de postes de contrôle sur certains corridors routiers, mais que cette disposition ne serait pas respectée dans la pratique. « On applique un arrêté, mais on bafoue un décret. Cela pose un véritable problème de cohérence de l’État », a-t-il dénoncé, appelant les autorités à clarifier les règles afin de garantir une meilleure fluidité du transport et un environnement de travail plus stable pour les professionnels du secteur.

Au-delà de la question des contrôles routiers, les transporteurs soulèvent également un problème économique majeur lié aux tarifs du transport public. Selon les syndicats, les prix appliqués dans les gares routières n’ont pas été révisés depuis près de deux décennies. Les responsables du secteur rappellent que les tarifs sont restés pratiquement inchangés depuis 2008, alors même que les coûts d’exploitation ont considérablement augmenté, notamment avec la hausse du carburant, des pièces détachées et des charges d’entretien des véhicules.

Cette situation crée, selon eux, un déséquilibre financier important pour les transporteurs et alimente régulièrement des tensions dans les gares routières. Les chauffeurs se retrouvent souvent confrontés à l’incompréhension des passagers lorsqu’ils tentent d’ajuster les prix de manière informelle pour faire face à l’augmentation des charges. Pour les syndicats, seule une révision officielle des tarifs permettra de restaurer un climat apaisé dans le secteur.

Face à ces revendications, les discussions avec les autorités ont débouché sur une proposition visant à instaurer un cadre de concertation permanent. Les parties ont ainsi évoqué la création d’un comité ad hoc chargé de suivre les engagements pris et de proposer des solutions concrètes aux difficultés soulevées. Ce comité devrait regrouper plusieurs départements ministériels, notamment ceux en charge des Transports, de l’Intérieur, des Forces armées et des Finances.

Selon les responsables syndicaux, ce dispositif pourrait servir de mécanisme de suivi et d’évaluation des mesures qui seront prises. Certaines pistes ont déjà été évoquées, parmi lesquelles une période d’évaluation de six mois pour certaines décisions et une éventuelle révision des restrictions horaires appliquées dans le secteur.

Même si les représentants des transporteurs reconnaissent avoir été écoutés par les autorités, ils restent prudents quant à la suite qui sera donnée à leurs revendications. « Nous avons été écoutés, maintenant l’État doit réfléchir et agir », a conclu Gora Khouma, laissant entendre que la menace d’une grève demeure bien réelle si les promesses ne se traduisent pas rapidement par des mesures concrètes.

Armée sénégalaise : trois militaires tués dans une explosion accidentelle au nord de Sindian

L’Armée sénégalaise est en deuil après la perte de trois de ses éléments dans une explosion accidentelle survenue ce mardi 17 mars 2026 dans le sud du pays. L’information a été confirmée par le directeur de l’Information et des Relations publiques des Armées (DIRPA), le capitaine Ibrahima Sow, à travers un communiqué officiel.

Selon la note rendue publique, l’explosion s’est produite tôt dans la matinée dans la zone de Nord Sindian, située dans la Zone militaire n°5, en Casamance. Le bilan fait état de trois militaires décédés sur le coup. Trois autres soldats ont également été blessés dans l’incident et ont été immédiatement évacués vers des structures médicales pour être pris en charge.

D’après les précisions apportées par l’armée, l’accident est intervenu dans le cadre d’une opération militaire menée dans la zone frontalière entre le Sénégal et la Gambie. Ces interventions visent principalement la destruction de champs de chanvre indien cultivés clandestinement dans certaines zones forestières proches de la frontière.

Toujours selon le capitaine Ibrahima Sow, ces opérations sont en cours depuis plus d’une semaine et ont pour objectif de lutter contre les réseaux criminels impliqués dans la culture et le trafic de drogue. Les forces armées sénégalaises mènent régulièrement ce type d’actions afin de sécuriser les localités frontalières et de protéger les populations vivant dans ces zones souvent exposées à l’activité de bandes armées.

Le communiqué indique par ailleurs que les opérations ont déjà permis de neutraliser plusieurs individus appartenant à des groupes armés impliqués dans la culture de chanvre indien. Ces bandes, selon l’armée, représentent une menace pour la sécurité des habitants et pour la stabilité de la région.

La zone de Sindian, située dans le département de Bignona, est connue pour être un secteur sensible en raison de sa proximité avec la frontière gambienne et de la présence de réseaux de trafic opérant dans les zones forestières.

La disparition de ces trois militaires intervient dans un contexte où les forces de défense et de sécurité poursuivent leurs efforts pour sécuriser la région sud du pays et lutter contre les activités illicites qui y persistent.

L’armée sénégalaise n’a pas encore donné davantage de détails sur les circonstances précises de l’explosion accidentelle. Toutefois, elle a exprimé son profond regret face à la perte de ces soldats engagés dans une mission de sécurisation du territoire national.

Financement des femmes : la CDS dénonce des propos « discriminatoires » et exige des excuses publiques d’une députée de Pastef

Les femmes de la Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) sont montées au créneau à la suite de propos attribués à une députée du parti Pastef concernant le financement des organisations féminines. Dans une déclaration rendue publique ce 17 mars, elles dénoncent des déclarations qu’elles jugent discriminatoires et contraires aux principes d’égalité entre les citoyennes sénégalaises.

La CDS, qui regroupe plusieurs formations politiques dont AJ/PADS-A, AJS, CNNO, MRG, LD, Niaxx Jarinu/Mag, PIT-S, RTA-S et UDF/Mbooloo Mi, réagissait à des propos tenus lors d’une rencontre à Keur Massar. Selon leur communiqué, la parlementaire aurait déclaré que « les femmes non membres de Pastef et qui n’aiment pas Ousmane Sonko ne doivent pas prétendre à un quelconque financement ». Une affirmation qui a immédiatement suscité l’indignation des militantes de la coalition.

Dans leur déclaration, les femmes de la CDS rappellent que les ressources publiques ne peuvent en aucun cas être utilisées sur la base d’une appartenance politique ou d’une proximité avec une personnalité. Elles ont notamment interpellé la ministre de la Famille et des Solidarités, soulignant que les fonds publics gérés par ce département ministériel appartiennent à l’ensemble des Sénégalais et doivent être distribués dans le respect des principes d’équité et de transparence.

Pour elles, ces propos constituent une remise en cause des fondements mêmes de la République sénégalaise, bâtie sur l’égalité entre tous les citoyens. Elles dénoncent ainsi « avec la plus grande fermeté » ce qu’elles qualifient de discours discriminatoire opposant les femmes proches de Pastef aux autres Sénégalaises. Les signataires de la déclaration estiment qu’aucune aide publique destinée à soutenir l’autonomisation des femmes ne devrait être conditionnée par l’adhésion à un parti politique ou par un soutien à son leader, en l’occurrence Ousmane Sonko.

Les femmes de la CDS affirment également que l’argent distribué dans le cadre des programmes d’appui à l’entrepreneuriat féminin ou à l’autonomisation des femmes ne constitue pas un patrimoine personnel de responsables politiques. Selon elles, ces ressources proviennent du budget de l’État et doivent donc bénéficier à toutes les femmes sénégalaises, indépendamment de leurs opinions ou affiliations politiques.

Dans ce contexte, la coalition exige des excuses publiques de la députée concernée. Elle réclame également davantage de transparence dans la gestion des financements destinés aux organisations féminines. Les femmes de la CDS demandent ainsi que les autorités rendent publiques les modalités d’accès aux financements du ministère de la Famille et des Solidarités afin que toute association ou organisation sénégalaise souhaitant bénéficier d’un appui puisse le faire sur la base de critères clairs, objectifs et équitables.

À travers cette sortie, la CDS entend alerter l’opinion sur ce qu’elle considère comme un risque de politisation des politiques publiques en faveur des femmes. Elle appelle enfin les autorités à réaffirmer leur attachement aux principes d’égalité, de justice et de neutralité de l’État dans la gestion des ressources publiques.

Secteur des jeux : les opérateurs de paris en ligne expriment leurs inquiétudes face aux réformes annoncées

Le secteur des jeux et paris en ligne au Sénégal traverse une période d’incertitude. Réunis au sein d’un collectif, plusieurs opérateurs du domaine ont tenu ce mardi une conférence de presse afin d’exprimer leurs préoccupations face aux réformes annoncées par la Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE), qui pourraient, selon eux, bouleverser l’équilibre actuel du marché.

Même si l’ordre du jour précis de la rencontre n’avait pas été détaillé dès le départ, les responsables des sociétés concernées ont clairement indiqué que leur prise de parole fait suite aux déclarations du directeur général de la LONASE, Toussaint Manga. Lors du point de presse gouvernemental tenu le 12 mars dernier, ce dernier avait évoqué la possibilité d’une renégociation globale des contrats et conventions qui lient l’État du Sénégal aux sociétés privées opérant dans le secteur des paris.

Ces annonces ont immédiatement suscité une vive réaction au sein du collectif des opérateurs de paris en ligne. Les représentants du secteur redoutent en effet que cette révision des accords existants ne remette en cause certains acquis conventionnels obtenus au fil des années. Pour eux, la stabilité juridique et contractuelle constitue un élément essentiel pour garantir la viabilité d’un secteur qui connaît une croissance rapide au Sénégal.

Les opérateurs disent également craindre que les réformes envisagées ne s’accompagnent d’un durcissement du cadre fiscal ou réglementaire. Selon eux, une augmentation de la pression fiscale ou l’introduction de nouvelles contraintes administratives pourrait fragiliser des entreprises qui ont investi massivement dans les infrastructures technologiques, la conformité réglementaire et l’emploi local.

Au-delà de leurs inquiétudes immédiates, les membres du collectif ont insisté sur le rôle économique que joue aujourd’hui l’industrie des jeux en ligne dans le pays. Ils rappellent que ce secteur contribue non seulement aux recettes fiscales de l’État, mais aussi à la création d’emplois directs et indirects, notamment dans les domaines du numérique, de la communication et de la distribution.

Face à cette situation, les opérateurs appellent les autorités à privilégier le dialogue et la concertation avant toute réforme majeure. Ils souhaitent notamment être associés aux discussions afin de trouver un équilibre entre les objectifs de régulation de l’État et la nécessité de préserver un environnement favorable à l’investissement et à l’innovation dans le secteur.

Du côté des pouvoirs publics, la volonté de revoir les conventions existantes s’inscrit dans une démarche plus large de réorganisation du secteur des jeux et de renforcement du rôle de l’État dans sa régulation. Les déclarations récentes de la direction de la LONASE laissent ainsi entendre que l’objectif serait d’améliorer la transparence, d’optimiser les retombées économiques pour le pays et d’assurer un meilleur encadrement des activités de paris, notamment en ligne.

Dans ce contexte, la conférence de presse tenue par le collectif des opérateurs apparaît comme un premier signal d’alerte adressé aux autorités. Elle traduit les tensions qui pourraient émerger autour de la réforme du secteur, alors que l’État cherche à redéfinir les règles du jeu dans un domaine devenu particulièrement stratégique sur le plan économique.

Ponctions salariales dans l’éducation : le G7 annonce une plainte au niveau national et international

La tension persiste entre les syndicats d’enseignants et les autorités gouvernementales autour de la question des ponctions salariales consécutives aux mouvements de grève observés ces derniers mois dans le secteur de l’éducation. Le G7, cadre unitaire qui regroupe sept des syndicats d’enseignants les plus représentatifs du système éducatif sénégalais, a annoncé son intention de saisir les juridictions nationales et les instances internationales pour contester ce qu’il considère comme des retenues « excessives » opérées sur les salaires de plusieurs enseignants.

Selon des responsables syndicaux, de nombreux enseignants ayant participé aux mouvements de grève ont constaté des retenues importantes sur leurs salaires. Ces ponctions varieraient entre 100 000 et 300 000 francs CFA, selon le statut des enseignants concernés et le nombre de jours de grève observés. Les syndicats estiment que ces retenues dépassent largement ce qui est acceptable et dénoncent une mesure qu’ils jugent injuste et pénalisante pour les travailleurs de l’éducation.

Pour manifester leur mécontentement, les membres du G7 se sont rassemblés ce lundi devant l’Inspection de l’éducation et de la formation (IEF) de Dakar-Plateau. Cette mobilisation vise à attirer l’attention des autorités sur la situation et à exiger l’application des accords précédemment conclus entre le gouvernement et les organisations syndicales. Les syndicats réclament notamment la cessation immédiate des ponctions sur les salaires et demandent l’ouverture rapide de discussions avec les autorités compétentes afin de trouver une solution durable à cette crise.

Lors de cette mobilisation, le secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen-secondaire du Sénégal (SAEMSS), El Hadji Malick Youm, également membre du G7, a vivement critiqué la position du gouvernement. Il a appelé le Premier ministre à venir s’expliquer directement devant les représentants syndicaux afin d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations des enseignants. Selon lui, le revirement ou la remise en cause de certains engagements pris par les autorités traduit un manque de considération envers la corporation enseignante.

Les syndicats du G7 affirment qu’ils ne comptent pas se limiter à la contestation nationale. Ils annoncent leur intention de porter l’affaire devant le Bureau international du travail (BIT) afin de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une atteinte aux droits des travailleurs. Selon El Hadji Malick Youm, ces ponctions sont jugées illégales par les syndicats, qui les assimilent à une forme de spoliation. Il a ainsi déclaré que les organisations syndicales mèneront un combat à la fois national et international pour obtenir l’arrêt de ces retenues et la restitution des montants prélevés.

Cette nouvelle escalade intervient pourtant dans un contexte où certains progrès ont été enregistrés avec la signature récente de décrets concernant la situation des enseignants décisionnaires. Toutefois, pour le G7, ces avancées restent insuffisantes et ne répondent pas aux préoccupations essentielles des enseignants. Les syndicats estiment que leur plateforme revendicative demeure largement insatisfaite et appellent à des réformes plus profondes.

Parmi les points soulevés figurent la nécessité de corriger les dysfonctionnements du système de rémunération, la réduction des lenteurs administratives dans la gestion des carrières et la suppression des surimpositions appliquées sur les rappels de salaires. Les organisations syndicales considèrent que ces questions doivent être traitées de manière urgente afin d’améliorer les conditions de travail et de garantir une meilleure reconnaissance du rôle des enseignants dans le système éducatif.

Dans ce contexte, la menace d’une saisine des juridictions nationales et internationales pourrait marquer une nouvelle étape dans le bras de fer entre les syndicats d’enseignants et les autorités publiques. L’évolution de ce dossier sera déterminante pour l’avenir du dialogue social dans le secteur de l’éducation, un domaine stratégique pour le développement du pays et la stabilité du système scolaire.

Commerce extérieur : la facture des importations du Sénégal recule fortement au début de l’année 2026

Le Sénégal enregistre une baisse significative de ses importations au démarrage de l’année 2026, traduisant une contraction notable de ses achats à l’étranger. Selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) dans son rapport du 13 mars 2026, la valeur totale des importations s’est établie à 524,8 milliards de FCFA en janvier 2026. Ce niveau représente un recul marqué de 34,4 % par rapport à janvier 2025, soit une diminution estimée à environ 275 milliards de FCFA sur un an. Cette évolution traduit une réduction importante de la facture extérieure du pays et, par conséquent, une économie de devises significative pour l’économie nationale.

La tendance à la baisse se confirme également à court terme. Par rapport au mois de décembre 2025, les importations ont reculé de 3,7 %. Elles étaient alors estimées à 544,8 milliards de FCFA, ce qui montre que la contraction des flux commerciaux entrants s’inscrit dans une dynamique progressive au tournant de l’année. Cette évolution peut s’expliquer par des ajustements dans les volumes d’achats de certains produits stratégiques ainsi que par les fluctuations de la demande intérieure.

L’analyse détaillée des données révèle que cette baisse est principalement liée à la réduction des importations de biens d’équipement et de certaines matières premières. Les achats de métaux communs ont notamment enregistré un recul significatif, passant de 45,0 milliards de FCFA en décembre à 28,1 milliards de FCFA en janvier. Ce repli reflète probablement une baisse des besoins dans certains secteurs industriels ou des ajustements dans les programmes d’investissement.

Le segment des machines et appareils divers a également contribué à cette contraction. Les importations dans ce domaine sont passées de 47,3 milliards de FCFA en décembre à 33,3 milliards de FCFA en janvier, confirmant un ralentissement des acquisitions d’équipements. Ce phénomène peut être interprété comme une phase de transition dans les projets d’investissement ou un ralentissement temporaire de certaines activités nécessitant des équipements importés.

Du côté des produits alimentaires, la facture des importations a également diminué. Les achats de froment et de méteil, qui constituent des produits essentiels pour l’approvisionnement du marché national, ont chuté à 11,4 milliards de FCFA en janvier contre 17,6 milliards de FCFA en décembre. Cette baisse pourrait être liée à une gestion différente des stocks ou à des variations dans la demande intérieure durant cette période.

Malgré cette tendance générale à la baisse, la facture énergétique continue de représenter le principal poste de dépense dans les importations du Sénégal. Les produits pétroliers raffinés ont ainsi mobilisé 133,0 milliards de FCFA en janvier, contre 105,6 milliards de FCFA le mois précédent. Cette hausse significative souligne la dépendance persistante du pays aux importations énergétiques, malgré les efforts engagés pour développer les ressources nationales.

Par ailleurs, les importations d’huile brute de pétrole ont connu une augmentation notable, passant de zéro en décembre à 39,0 milliards de FCFA en janvier. Cette évolution témoigne de la volatilité des besoins énergétiques et des ajustements opérés dans les approvisionnements du pays.

Le secteur des transports contribue également au maintien d’un certain niveau d’importations. Les acquisitions de véhicules terrestres ont enregistré une progression, atteignant désormais 15,4 milliards de FCFA. Cette hausse reflète la demande persistante dans ce segment, notamment liée au renouvellement des parcs automobiles et aux besoins des entreprises et des particuliers.

Au final, la baisse globale des importations observée en ce début d’année 2026 illustre une réduction importante des dépenses extérieures du Sénégal, même si certains postes, notamment énergétiques, continuent de peser lourdement dans la balance commerciale. Cette évolution pourrait contribuer à améliorer l’équilibre du commerce extérieur si elle s’accompagne d’une dynamique soutenue des exportations et d’une diversification accrue de la production nationale.

Commerce extérieur : les exportations du Sénégal chutent de moitié en janvier 2026 malgré une progression annuelle

Le commerce extérieur du Sénégal a connu un début d’année 2026 marqué par une forte contraction de ses exportations. Selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les ventes sénégalaises à l’international se sont établies à 412,6 milliards de FCFA au mois de janvier 2026, contre 825,3 milliards de FCFA enregistrés en décembre 2025. Cette baisse spectaculaire représente un recul d’environ 50 % en l’espace d’un mois, traduisant un ralentissement notable des flux commerciaux au début de l’année.

Malgré cette chute mensuelle importante, la comparaison sur un an offre une lecture plus nuancée de la situation. En effet, les exportations du Sénégal enregistrent une progression de 7,8 % par rapport à janvier 2025, ce qui indique que la tendance globale reste positive sur le moyen terme. Cette évolution souligne que la forte baisse observée entre décembre et janvier s’explique en partie par des fluctuations conjoncturelles dans certains secteurs clés plutôt que par un affaiblissement structurel du commerce extérieur.

Les statistiques montrent que ce recul est largement lié à la diminution des exportations dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’industrie extractive et le domaine énergétique. Le secteur aurifère apparaît comme le principal facteur de cette contraction. Les ventes d’or non monétaire ont connu une chute significative, passant de 206,8 milliards de FCFA en décembre 2025 à seulement 70,2 milliards de FCFA en janvier 2026. Cette baisse importante du volume financier des exportations d’or a fortement contribué à la diminution globale des recettes à l’exportation.

Le secteur des hydrocarbures a également pesé sur la balance commerciale durant cette période. Les exportations de produits pétroliers raffinés ont reculé, passant de 90,4 milliards de FCFA en décembre à 65,6 milliards de FCFA en janvier. Par ailleurs, les ventes de gaz liquéfié naturel ont également diminué pour atteindre 14,6 milliards de FCFA. Ces évolutions traduisent un ralentissement dans les segments énergétiques qui jouent pourtant un rôle majeur dans les performances commerciales du pays.

Toutefois, certains secteurs ont permis d’atténuer partiellement l’impact de cette contraction mensuelle. Les exportations d’huile brute de pétrole ont notamment affiché une progression notable. Elles sont passées de 106,3 milliards de FCFA en décembre à 135,0 milliards de FCFA en janvier, confirmant l’importance croissante de ce produit dans la structure des exportations sénégalaises. Cette performance constitue l’un des principaux éléments de résilience du commerce extérieur durant ce début d’année.

Le secteur agroalimentaire et horticole a également contribué à limiter les effets de la baisse globale. Les préparations alimentaires, notamment les soupes, potages et bouillons, ont connu une progression remarquable avec des exportations estimées à 9,3 milliards de FCFA alors qu’aucune expédition de ce type n’avait été enregistrée le mois précédent. Dans le même temps, les exportations de légumes frais ont plus que doublé pour atteindre 7,0 milliards de FCFA, témoignant d’un dynamisme croissant du secteur agricole orienté vers les marchés extérieurs.

Ces évolutions mettent en évidence la forte dépendance du commerce extérieur sénégalais à certains produits extractifs et énergétiques, dont les fluctuations peuvent provoquer des variations importantes d’un mois à l’autre. Elles soulignent également l’importance de la diversification des exportations, notamment à travers le développement de l’agro-industrie et des filières agricoles à forte valeur ajoutée.

Ainsi, si le mois de janvier 2026 s’est caractérisé par un recul marqué des exportations, la progression observée sur une base annuelle montre que les performances globales du commerce extérieur sénégalais demeurent relativement solides. Les prochaines publications statistiques permettront d’évaluer si cette baisse mensuelle n’était qu’un ajustement temporaire ou le signe d’un ralentissement plus durable dans certains secteurs clés de l’économie nationale.

Gel des comptes des ICS : inquiétude des travailleurs à Darou Khoudoss, la direction anticipe le paiement des salaires

La décision de geler les comptes des Industries chimiques du Sénégal (ICS) suscite une vive inquiétude chez les travailleurs de l’entreprise implantée dans la commune de Darou Khoudoss, dans le département de Tivaouane. Le 14 mars 2026, plusieurs responsables syndicaux ont exprimé leur préoccupation face aux conséquences possibles de cette mesure annoncée par le Premier ministre lors d’une récente intervention publique. Cette situation intervient dans un contexte déjà sensible pour cette entreprise stratégique du secteur minier et industriel sénégalais.

Face à l’incertitude grandissante parmi les employés, la direction des ICS a pris une décision jugée préventive afin d’éviter une crise sociale immédiate. Selon Mohamed Dièye, l’un des responsables du collège des délégués du personnel, l’entreprise a choisi d’anticiper le paiement des salaires du mois en cours à partir du 16 mars 2026. Cette mesure vise à rassurer les travailleurs et à leur permettre de faire face à leurs obligations financières dans un climat d’incertitude lié au blocage des comptes de la société.

Dans un message adressé à ses collègues, Mohamed Dièye a également appelé les délégués du personnel à sensibiliser les travailleurs sur la nécessité d’une gestion prudente de leurs revenus. Il a notamment évoqué la possibilité de difficultés financières dans les semaines à venir si la situation perdure, invitant chacun à faire preuve de prudence dans l’utilisation de son salaire. Cette recommandation reflète l’inquiétude qui gagne progressivement les rangs du personnel, alors que les conséquences du gel des comptes restent encore difficiles à mesurer.

Selon des informations rapportées par l’Agence de Presse Sénégalaise, Mamadou Sow, représentant de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), a indiqué que les employés se sentent actuellement « désemparés ». D’après lui, le personnel ne dispose pour le moment d’aucune information officielle claire concernant les raisons précises du blocage des comptes de l’entreprise. Cette absence de communication détaillée, aussi bien de la part de la direction que des autorités étatiques, alimente les inquiétudes et les interrogations au sein des travailleurs.

Face à cette situation, les représentants syndicaux ont décidé de solliciter une audience avec le Premier ministre ainsi qu’avec le ministre en charge du Travail. Leur objectif est d’obtenir des explications précises sur les motivations de cette décision et sur les perspectives pour l’avenir de l’entreprise et de ses employés. Les syndicats souhaitent également s’assurer que les droits des travailleurs seront préservés et que la stabilité sociale au sein des ICS sera maintenue.

Pour rappel, le Premier ministre avait annoncé le 12 mars 2026, lors d’une conférence de presse, avoir obtenu la révision de plusieurs contrats conclus avec des entreprises étrangères dans différents secteurs stratégiques de l’économie. Ces contrats concernent notamment l’exploitation des phosphates, la production de ciment, l’attapulgite, le dessalement de l’eau de mer, la production d’électricité, ainsi que certains projets d’infrastructures et d’immobilier.

Independance à Thiès : Au-delà du faste du défilé, le collectif «Assises Citoyennes» réclame des chantiers structurels

Le collectif a tenu à saluer la décision du Président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko de choisir Thiès pour le défilé national .

À moins d’un mois de la célébration de l’indépendance, les forces vives de la capitale du Rail se mobilisent. Si la décentralisation de l’événement est saluée, l’exigence de retombées concrètes pour la région est au cœur des débats.

THIÈS – La capitale du Rail bouillonne d’attentes. Ce samedi, le collectif « Assises Citoyennes pour l’Indépendance 2026 » a réuni politiciens, activistes et acteurs de la société civile pour un forum crucial. L’objectif est clair : faire du 4 avril 2026 un levier de développement et non une simple parenthèse festive.
Une décentralisation saluée, mais sous conditions

Un choix perçu comme une reconnaissance de la position stratégique de la région. Cependant, l’enthousiasme laisse place à une vigilance rigoureuse.

« Nous ne voulons pas d’un 4 avril qui se limite à du folklore », ont martelé les participants.

L’urgence d’investissements concrets
Pour les membres du collectif, la fête de l’Indépendance doit rimer avec émergence locale. Ils rappellent que les précédentes éditions décentralisées avaient transformé le visage de la ville. Pour 2026, la barre est placée haut :

Infrastructures : Réhabilitation urgente du réseau routier et des établissements scolaires.

Santé : Construction d’un hôpital de niveau 3 ou 4 pour combler le déficit sanitaire de la zone.

Économie : Mise en place de projets structurants générateurs d’emplois pour la jeunesse thièssoise.

Un appel à l’engagement de l’État
Face à l’absence actuelle d’annonces budgétaires spécifiques, l’inquiétude grandit. Le collectif attend désormais des signaux forts de l’exécutif pour répondre aux défis sociaux et économiques de la ville.

« Nous espérons que cette célébration sera l’occasion d’annoncer des projets capables de transformer durablement le quotidien des Thièssois », a conclu le collectif. Le compte à rebours est lancé, et tous les regards sont désormais tournés vers le Palais.

Cherif Beug Fallou CBF

Laylatoul Khadr à Massalikoul Djinane : La contribution discrète de 2 milliards FCFA d’Abdoulaye Sylla rappelée par les fidèles

La nuit bénie du Laylat al-Qadr a été marquée par un moment d’émotion particulier à la Mosquée Massalikoul Djinane. Alors que des milliers de fidèles s’étaient rassemblés pour les prières et les invocations, la générosité de l’homme d’affaires Abdoulaye Sylla a été largement saluée par les talibés présents.
À l’occasion de cette nuit spirituelle, d’importantes quantités de denrées alimentaires, de bétail et diverses commodités ont été convoyées pour les fidèles venus prier à Massalikoul Djinane. Devant l’ampleur des « berndé » organisés pour l’occasion, l’émotion a gagné une partie de l’assistance. Plusieurs talibés ont alors rappelé un témoignage marquant attribué au défunt khalife général des mourides, Serigne Sidy Mokhtar Mbacké.
Ce témoignage avait été rapporté en son temps par le porte-parole du khalife général des mourides, Serigne Bassirou Abdou Khadr. Il révélait que l’homme d’affaires Abdoulaye Sylla avait contribué à hauteur de deux milliards de francs CFA à la construction de la mosquée Massalikoul Djinane, l’un des plus importants édifices religieux de la communauté mouride.
Pour de nombreux fidèles, cette information longtemps restée méconnue a suscité une forte émotion. En évoquant cette participation majeure à l’édification de ce joyau religieux, plusieurs talibés ont exprimé un véritable « danou lér », mêlant reconnaissance et satisfaction face à un geste dont l’ampleur n’était pas connue du grand public.
Au-delà de cette contribution financière à la mosquée, les fidèles ont également rappelé d’autres actions attribuées à Abdoulaye Sylla au service de la communauté mouride. Parmi celles-ci figure notamment la reconstruction des mausolées de Serigne Fallou Mbacké et de Serigne Sidy Mokhtar Mbacké lui-même.
L’homme d’affaires est également connu pour son soutien régulier aux activités religieuses liées au Grand Magal de Touba. Chaque année, il contribue à l’organisation de cet événement majeur en offrant des denrées alimentaires, du bétail, des tonnes de riz, des médicaments, ainsi que des installations d’approvisionnement en eau et des travaux d’assainissement destinés à améliorer l’accueil des fidèles.
Pour beaucoup de talibés, ce qui marque le plus dans cette contribution de deux milliards de francs CFA à Massalikoul Djinane reste la discrétion qui l’a entourée. Par modestie et par effacement, cette participation était restée longtemps inconnue d’une grande partie des fidèles et du public.
Une attitude qui, selon plusieurs observateurs, s’inscrit dans la tradition mouride héritée de Cheikh Ahmadou Bamba, également appelé Khadim Rassoul. Dans cette tradition, les bienfaiteurs privilégient souvent l’action discrète au service de la communauté, fidèle à l’esprit du « jëf ak ngërëm », qui valorise à la fois l’action et la reconnaissance.

Réformes de la presse : le CDEPS et l’APPEL dénoncent une « précipitation » des autorités

Les organisations patronales du secteur des médias au Sénégal montent au créneau face à la conduite actuelle des réformes engagées dans le domaine de la presse. Dans une déclaration conjointe, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) et l’Association des Éditeurs et Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL) ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « précipitation » dans la mise en œuvre des mesures administratives relatives à la réforme du secteur.

Selon les deux organisations, les autorités auraient accéléré de manière soudaine le calendrier d’application des nouvelles dispositions, imposant aux entreprises de presse des échéances jugées trop courtes pour se conformer aux exigences réglementaires. Elles estiment que ces délais ne permettent pas aux acteurs du secteur de s’adapter dans des conditions d’équité et de transparence.

Face à cette situation, le CDEPS et l’APPEL ont officiellement sollicité une prorogation des délais fixés par l’administration. Pour ces organisations, cette demande ne relève pas d’une simple formalité administrative, mais constitue une nécessité pour préserver la stabilité économique et sociale des entreprises de presse. Elles craignent qu’une mise en œuvre trop rapide des réformes ne conduise à des décisions précipitées et à une application « bâclée » des nouvelles règles, sans prise en compte des réalités complexes du secteur.

Au cœur de leurs préoccupations figure également le respect de la décision rendue par la Cour suprême du Sénégal, notamment l’arrêt n°71 prononcé en décembre 2025. Les organisations patronales rappellent que toute initiative administrative qui ignorerait ou contournerait cette décision constituerait, selon elles, une violation grave des principes de l’État de droit.

Pour les représentants du patronat de la presse, la crédibilité de la réforme dépend avant tout de sa conformité aux décisions judiciaires. Ils estiment que les autorités doivent s’appuyer sur les orientations fixées par la Cour suprême afin de garantir une réforme équilibrée, respectueuse des droits des acteurs du secteur et des principes de légalité.

Les professionnels des médias expriment par ailleurs leur inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme un manque de garanties dans la conduite du processus. Ils déplorent une absence de dialogue approfondi avec les autorités et dénoncent une certaine opacité dans la gestion du dossier, qui contribuerait à fragiliser la confiance entre l’État et les entreprises de presse.

Dans ces conditions, le CDEPS et l’APPEL préviennent qu’ils ne peuvent cautionner une démarche qui privilégierait, selon eux, la rapidité de mise en œuvre au détriment de la concertation et du respect des cadres juridiques existants. Les deux organisations appellent ainsi à une reprise du dialogue avec les autorités afin de parvenir à une réforme consensuelle et juridiquement solide pour l’avenir du secteur médiatique sénégalais.

Contrats miniers : Ousmane Sonko évoque un manque à gagner de 1 075,9 milliards FCFA dans le dossier des ICS

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a évoqué ce jeudi 12 mars 2026 d’importantes pertes financières pour l’État dans le secteur minier, notamment dans le cadre des conventions conclues avec les Industries chimiques du Sénégal (ICS). Cette déclaration a été faite lors d’un point de presse consacré à l’évaluation et à la renégociation de plusieurs contrats stratégiques signés par l’État avec des entreprises opérant dans les domaines des ressources naturelles.

Selon le chef du gouvernement, un comité technique a été mis en place pour examiner les différentes conventions minières conclues avec plusieurs sociétés exploitant les ressources du pays. Ce travail d’analyse a porté sur le respect des engagements contractuels, l’application des dispositions fiscales et l’évaluation de l’impact économique réel de ces contrats pour le Sénégal.

Parallèlement à cette mission, l’Inspection générale d’État (IGE) a également mené ses propres investigations sur ces conventions. D’après Ousmane Sonko, les conclusions de cette inspection rejoignent celles du comité chargé de l’audit des contrats miniers, mettant en évidence des irrégularités significatives dans l’exécution de certains accords.

Le Premier ministre affirme que les analyses menées ont permis d’identifier plusieurs manquements qui auraient entraîné des pertes financières considérables pour l’État. « Les constats établis montrent que, durant toute la période couverte par ce contrat, le Sénégal a été gravement lésé. Le manque à gagner a été estimé à 1 075,9 milliards de francs CFA », a déclaré Ousmane Sonko.

Parmi les irrégularités relevées figurent notamment le non-paiement de certaines taxes et redevances prévues par les conventions minières. Le rapport évoque également l’octroi d’exonérations fiscales jugées non conformes aux bases légales en vigueur, ce qui aurait contribué à réduire de manière significative les recettes que l’État aurait dû percevoir.

Ces révélations interviennent dans un contexte où les autorités sénégalaises ont engagé un vaste processus de réévaluation des contrats conclus dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les mines, l’énergie et les ressources naturelles. Pour le gouvernement, l’objectif est de garantir une exploitation plus équitable des ressources du pays et d’assurer que les bénéfices générés profitent davantage à l’économie nationale.

Dans cette perspective, le Premier ministre a affirmé la volonté de l’État de reprendre un contrôle plus strict sur l’ensemble des actifs liés à l’exploitation des ressources phosphatières, un secteur considéré comme essentiel pour l’économie sénégalaise et pour le développement de l’agriculture.

Ousmane Sonko a également annoncé que l’exécutif envisage de ne pas renouveler certaines concessions minières prévues dans les conventions d’établissement relatives à l’industrie. Cette décision s’inscrirait dans la stratégie du gouvernement visant à revoir les conditions d’exploitation des ressources naturelles et à renforcer les intérêts économiques du Sénégal dans la gestion de ses richesses minières.

Loi anti-LGBT au Sénégal : le Haut-Commissaire de l’ONU Volker Türk appelle à ne pas promulguer le texte

Le durcissement de la législation sénégalaise contre l’homosexualité continue de susciter des réactions sur la scène internationale. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé de vives inquiétudes à la suite de l’adoption par le Parlement sénégalais d’une nouvelle loi renforçant les sanctions pénales visant les relations homosexuelles.

Dans une déclaration rendue publique, le responsable du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme s’est dit « profondément préoccupé » par cette réforme législative. Le texte adopté prévoit notamment de doubler la peine maximale d’emprisonnement pour les relations homosexuelles consenties entre adultes, la portant désormais à dix ans de prison. La loi introduit également des sanctions pénales contre toute personne reconnue coupable de « promotion, soutien ou financement » de l’homosexualité, de la bisexualité ou de la transsexualité.

Pour Volker Türk, cette législation pose de sérieuses questions en matière de respect des droits fondamentaux. Selon lui, elle « bafoue les droits humains fondamentaux dont nous jouissons tous : le droit au respect, à la dignité, à la vie privée, à l’égalité ainsi que les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique ». Il rappelle que ces principes sont consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que par plusieurs traités internationaux relatifs aux droits humains auxquels le Sénégal est partie.

Le Haut-Commissaire estime également que cette loi pourrait exposer davantage certaines catégories de la population à des abus et à des violences. Selon lui, un tel dispositif juridique risque d’encourager des crimes de haine, des arrestations arbitraires, des actes de chantage et diverses formes de discrimination dans plusieurs domaines essentiels de la vie sociale, notamment l’éducation, l’accès aux soins de santé, l’emploi ou encore le logement.

Volker Türk s’inquiète par ailleurs des conséquences que pourrait avoir cette loi sur l’espace civique. Il souligne qu’elle pourrait restreindre le travail des défenseurs des droits humains, des organisations de la société civile et des médias, tout en limitant la liberté d’expression de nombreux citoyens sénégalais.

Face à ces préoccupations, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a lancé un appel direct aux autorités sénégalaises. Il exhorte notamment le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à ne pas promulguer ce texte et invite les autorités à revoir la législation en vigueur. Selon lui, les efforts devraient plutôt s’orienter vers la garantie du respect des droits humains pour tous, sans discrimination.

Entrepreneuriat au Sénégal : près d’une entreprise sur deux disparaît avant cinq ans

Le tissu entrepreneurial sénégalais demeure dynamique en matière de création d’entreprises, mais il reste confronté à une forte fragilité en termes de pérennité. C’est ce que révèle la dernière Enquête nationale sur la démographie des entreprises du Sénégal (ENDES 2026) publiée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie. Selon cette étude couvrant la période 2018-2024, près d’une entreprise sur deux cesse ses activités avant d’atteindre cinq ans d’existence.

Les données de l’enquête montrent que les premières années d’activité restent déterminantes pour la survie des entreprises. Si 86,6 % des unités économiques réussissent à franchir leur première année d’existence, la situation se dégrade progressivement avec le temps. Après cinq ans, le taux de survie chute à 53,8 %, ce qui signifie qu’environ 46 % des entreprises créées disparaissent avant d’atteindre ce cap.

L’étude met également en évidence une réalité surprenante concernant la résistance des différentes formes juridiques d’entreprises. Contrairement à certaines idées reçues, les sociétés constituées sous forme de personnes morales apparaissent plus vulnérables que les entrepreneurs individuels. Le taux de survie à cinq ans des sociétés s’établit à 47,3 %, contre 55,1 % pour les entreprises individuelles, qui semblent mieux résister aux aléas économiques malgré des moyens souvent plus limités.

Le rapport de l’ANSD identifie plusieurs facteurs expliquant ces fermetures précoces. Le manque d’accès au financement arrive largement en tête des difficultés rencontrées par les entrepreneurs. Selon l’enquête, 32,5 % des cessations d’activité sont directement liées à l’insuffisance de financement ou aux difficultés d’accès au crédit. Ce problème structurel limite la capacité des entreprises à investir, à se développer ou même à faire face aux périodes de ralentissement économique.

La pandémie de COVID-19 constitue également un facteur majeur de défaillance. L’étude révèle que la crise sanitaire est responsable de 27,1 % des fermetures d’entreprises sur la période étudiée. Les restrictions économiques, la baisse de la consommation et les perturbations des chaînes d’approvisionnement ont fragilisé de nombreuses structures, en particulier les petites et moyennes entreprises.

L’enquête met par ailleurs en lumière les caractéristiques de la création d’entreprises au Sénégal. La grande majorité des structures économiques, soit 96,4 %, sont créées ex nihilo, c’est-à-dire à partir de zéro, sans reprise d’activité existante. Cette réalité traduit une forte dynamique entrepreneuriale mais aussi un manque de transmission ou de reprise d’entreprises déjà établies.

Les données économiques révèlent également des écarts importants selon le statut juridique des entreprises. Au moment de leur création, le chiffre d’affaires médian des personnes morales atteint environ 5 002 500 francs CFA, soit près de quatre fois celui des entrepreneurs individuels, qui se situe autour de 1 357 550 francs CFA. Cette différence illustre le niveau de capitalisation plus élevé des sociétés, même si cela ne garantit pas nécessairement une meilleure longévité.

Pour les analystes, ces résultats constituent un signal important pour les politiques publiques. Si la création d’entreprises est encouragée et relativement dynamique, le véritable défi réside désormais dans l’accompagnement des entreprises après leur création. Le renforcement des dispositifs d’appui, l’amélioration de l’accès au financement et la mise en place de mécanismes de soutien adaptés apparaissent comme des leviers essentiels pour consolider le tissu économique et sécuriser le développement des jeunes entreprises sénégalaises.

Électricité : Ousmane Sonko annonce 11,5 milliards FCFA d’économies après la renégociation de contrats

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a annoncé ce jeudi que l’État sénégalais a réalisé d’importantes économies dans le secteur de l’électricité à la suite de la renégociation de plusieurs contrats jugés coûteux pour les finances publiques. L’information a été donnée lors d’un point de presse consacré aux réformes engagées dans certains secteurs stratégiques de l’économie nationale.

Selon le chef du gouvernement, la révision des accords conclus avec les entreprises AEE Power et Sagemcom a permis à l’État de réaliser des économies estimées à 11 milliards 588 millions de francs CFA. Au-delà de l’impact financier, cette renégociation aurait également permis d’élargir l’accès à l’électricité dans plusieurs zones rurales du pays.

« La renégociation des contrats, notamment avec AEE Power et Sagemcom, a permis au Sénégal de réaliser 11 milliards 588 millions de francs CFA d’économies et d’électrifier 534 localités supplémentaires », a déclaré Ousmane Sonko, soulignant que ces résultats traduisent les efforts engagés par le gouvernement pour rationaliser les dépenses publiques et améliorer l’efficacité des programmes d’électrification.

Le Premier ministre a également salué le travail accompli par le directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Jean-Michel Sène. Selon lui, la direction de l’agence a joué un rôle déterminant dans la révision des contrats et dans la mise en œuvre des nouvelles orientations visant à améliorer l’accès à l’électricité dans les zones rurales.

Profitant de cette occasion, le chef du gouvernement est également revenu sur certaines pratiques héritées des années précédentes. Il a évoqué des cas de surfacturation et de surcoûts observés dans certains contrats, qu’il considère comme révélateurs d’une gestion peu optimale des ressources publiques dans ce secteur stratégique. Pour Ousmane Sonko, les économies réalisées à travers ces renégociations donnent un aperçu des pertes financières que l’État aurait pu éviter si une meilleure vigilance avait été exercée auparavant.

Ces annonces s’inscrivent dans la volonté affichée par le gouvernement de renforcer la transparence dans la gestion des contrats publics et d’optimiser l’utilisation des ressources nationales. Dans un contexte où l’accès universel à l’électricité reste un défi majeur pour plusieurs localités rurales du Sénégal, les autorités entendent poursuivre les réformes afin d’accélérer l’électrification du territoire tout en réduisant les coûts supportés par l’État.

CNRM : Aïssata Tall Sall et 22 députés saisissent le Conseil constitutionnel pour contester la loi

Un groupe de parlementaires de l’opposition a introduit un recours en inconstitutionnalité contre la loi portant création et organisation du Conseil National de Régularisation des Médias (CNRM). L’initiative est menée par la députée Aïssata Tall Sall, accompagnée de vingt-deux autres députés de l’Assemblée nationale.

Le recours a été officiellement déposé le mardi 10 mars 2026 au greffe du Conseil constitutionnel du Sénégal. L’acte a été formalisé à 13h30 par Maître Cheikh Ahmadou Ndiaye, qui agit au nom du collectif de parlementaires requérants. La requête a été enregistrée sous le numéro 02/C/26 par le chef du greffe, Maître El Hadji Macky Barro.

Dans leur démarche, les députés contestent la constitutionnalité de la loi n°07/2026 adoptée par l’Assemblée nationale le 3 mars 2026. Ce texte prévoit la création et l’organisation du Conseil National de Régularisation des Médias (CNRM), une nouvelle instance appelée à encadrer et réguler le paysage médiatique sénégalais. Cette structure doit, selon les autorités, réorganiser le dispositif de régulation des médias en remplaçant ou en complétant les mécanismes existants.

Pour les parlementaires à l’origine du recours, certaines dispositions du texte pourraient être contraires à la Constitution, ce qui justifie la saisine de la haute juridiction. Conformément aux procédures prévues par la loi, cette démarche pourrait suspendre la promulgation du texte jusqu’à ce que les juges constitutionnels rendent leur décision.

Le Conseil constitutionnel devra désormais examiner les arguments avancés par les requérants et déterminer si la loi est conforme ou non à la Loi fondamentale. La juridiction dispose de délais légaux pour statuer sur les recours introduits par les parlementaires.

Projet de loi sur l’homosexualité : Thierno Alassane Sall refuse de voter le texte et dénonce la « mauvaise foi » du gouvernement

Le débat autour du projet de loi modifiant la législation sur l’homosexualité continue de diviser la classe politique sénégalaise. Ce mercredi, lors des discussions à l’Assemblée nationale, le député Thierno Alassane Sall a clairement annoncé son refus de voter le projet de loi n°05/2026, qui vise à modifier l’article 319 de la loi n°65-60 du 21 juillet 1965 portant notamment sur la répression de ce qui est qualifié d’« acte contre nature ».

Prenant la parole devant ses collègues parlementaires, le leader de République des Valeurs a exprimé son désaccord avec l’approche adoptée par le gouvernement dans la gestion de ce dossier. Sans détour, il a déclaré qu’il ne soutiendrait pas le texte soumis au vote, estimant que les autorités actuelles font preuve de « mauvaise foi » dans la manière dont elles présentent et justifient cette réforme législative.

Dans son argumentation, Thierno Alassane Sall a vivement contesté les accusations formulées par certains responsables du régime contre les anciens gouvernements, accusés d’avoir toléré ou encouragé l’homosexualité au Sénégal. Pour le député, ces affirmations relèvent davantage de la rhétorique politique que d’une analyse sérieuse des réalités juridiques et sociales du pays. Selon lui, fonder une réforme législative sur ce type d’argumentation revient à instrumentaliser un sujet sensible à des fins politiques.

Le parlementaire estime que la question mérite un débat plus rigoureux et plus sincère, loin des accusations et des procès d’intention. À ses yeux, la législation doit être examinée sur la base de principes juridiques solides et non à travers des discours destinés à opposer les différents régimes politiques. En dénonçant cette approche, il affirme vouloir marquer sa différence face à ce qu’il considère comme une stratégie de communication du pouvoir.

Le projet de loi en question prévoit de modifier l’article 319 du Code pénal, issu de la loi de 1965, afin de renforcer la répression des actes qualifiés d’« actes contre nature ». Ce texte intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et sociales autour de la question de l’homosexualité au Sénégal, un sujet qui suscite régulièrement des débats passionnés au sein de la société et de la classe politique.

La position de Thierno Alassane Sall illustre ainsi les divergences qui persistent au sein de l’hémicycle sur ce projet de réforme. Alors que certains parlementaires plaident pour un durcissement clair de la législation, d’autres dénoncent la manière dont le débat est conduit et s’interrogent sur les motivations réelles du gouvernement. Dans ce climat tendu, l’examen du projet de loi continue d’alimenter les échanges et pourrait encore provoquer de nouvelles prises de position au sein de l’Assemblée nationale.

Assemblée nationale : Abdou Mbow accuse le gouvernement d’avoir « un agenda LGBT » et de renier ses engagements

Le débat autour du projet de loi visant à durcir la répression de l’homosexualité au Sénégal continue de susciter de vives tensions sur la scène politique. Ce mercredi 11 mars, le député de l’opposition Abdou Mbow, figure influente de Alliance pour la République (APR), a vivement critiqué le gouvernement lors des discussions parlementaires, accusant le régime en place d’avoir « un agenda LGBT en poche » et d’avoir renié ses engagements pris devant les Sénégalais.

Au cours de son intervention, le parlementaire a dénoncé ce qu’il considère comme un revirement politique du pouvoir dirigé par PASTEF. Selon lui, les autorités actuelles n’auraient pas respecté leurs promesses de campagne concernant la criminalisation de l’homosexualité, un sujet particulièrement sensible dans la société sénégalaise. « Vous êtes un régime qui ne dit pas la vérité. L’histoire nous a donné raison. L’histoire a montré que vous avez renié vos engagements », a-t-il déclaré devant l’Assemblée nationale, provoquant de vives réactions et des protestations de la part des députés de la majorité.

Dans la suite de son intervention, Abdou Mbow a affirmé que, sous couvert de la nouvelle législation en discussion, le gouvernement aurait en réalité rendu l’homosexualité « permissive » au Sénégal. « La conclusion est que, sous prétexte de cette nouvelle loi, on a rendu l’homosexualité permissive au Sénégal. C’est exactement ça l’agenda LGBT. Et s’il y a un gouvernement aujourd’hui qui a l’agenda LGBT en poche, c’est le vôtre », a-t-il lancé à l’endroit des membres du pouvoir.

Le député de l’opposition a également reproché au gouvernement d’avoir accueilli au Sénégal, en mai 2024, le leader politique français Jean-Luc Mélenchon, qu’il qualifie de promoteur des droits LGBT. Pour Abdou Mbow, cette visite illustre selon lui l’orientation idéologique du pouvoir actuel. « Le Sénégal a des valeurs à protéger », a-t-il insisté, appelant à une criminalisation claire et explicite de ce qu’il qualifie d’« acte contre nature ».

Au cœur du débat figure un projet de loi destiné à remplacer une législation datant de 1965. Le nouveau texte prévoit des peines allant de cinq à dix ans de prison pour les auteurs d’actes qualifiés d’« actes contre nature ». Toutefois, Abdou Mbow estime que ces dispositions ne constituent pas une réelle rupture juridique. « En matière criminelle, c’est une peine déjà courante », a-t-il ironisé, ajoutant qu’il ne voit dans ce texte rien d’autre que « la promotion » de l’homosexualité.

Face à ces critiques, le Premier ministre Ousmane Sonko avait déjà réagi au début du mois de février 2026. Reconnaissant que la criminalisation de l’homosexualité figurait parmi les engagements politiques pris lors de la campagne électorale, il avait toutefois assuré que le durcissement des peines prévu dans la nouvelle législation produirait « les mêmes effets » que la criminalisation réclamée par certains acteurs politiques et sociaux.

Ce débat parlementaire met en lumière les profondes divergences qui traversent la classe politique sénégalaise sur cette question sensible, mêlant considérations juridiques, valeurs sociétales et engagements politiques. Alors que le projet de loi poursuit son examen, il continue d’alimenter les tensions entre majorité et opposition, chacune accusant l’autre de trahir ou de déformer les attentes de la population.

Usurpation d’identité numérique : la BCEAO dément fermement des propos attribués à Jean-Claude Kassi Brou

La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) est montée au créneau pour dénoncer la diffusion de contenus trompeurs mettant en cause son gouverneur. Dans un communiqué publié le 9 mars 2026 à Dakar, l’institution monétaire a formellement démenti des propos attribués à son gouverneur, Jean-Claude Kassi Brou, dans une vidéo circulant sur plusieurs plateformes numériques.

Selon la BCEAO, ces contenus présentent un « prétendu débat télévisé » au cours duquel des déclarations auraient été faites par le gouverneur de l’institution. La banque centrale précise toutefois qu’il s’agit d’une mise en scène frauduleuse et que les propos relayés ne correspondent à aucune intervention réelle de Jean-Claude Kassi Brou.

Dans sa note officielle, l’institution souligne que ces publications diffusées sur les réseaux sociaux et certaines plateformes en ligne sont totalement infondées. Elle affirme qu’aucune émission de ce type n’a été enregistrée ou diffusée avec la participation du gouverneur, et que les déclarations qui lui sont attribuées sont dénuées de tout fondement.

Face à ce qu’elle considère comme une tentative d’usurpation d’identité numérique et de manipulation de l’opinion publique, la BCEAO appelle les citoyens à faire preuve de prudence dans la consommation et le partage d’informations circulant sur internet. L’institution invite le public à vérifier systématiquement l’authenticité des contenus et à se référer uniquement aux communications officielles diffusées sur ses canaux institutionnels.

La banque centrale rappelle également que ses prises de position et déclarations officielles sont publiées exclusivement à travers ses supports de communication reconnus, notamment ses communiqués officiels et ses plateformes numériques officielles.

Enfin, la BCEAO indique qu’elle se réserve le droit d’engager toutes les actions nécessaires contre les auteurs et les complices de ces actes qu’elle qualifie de frauduleux. L’institution entend ainsi protéger son image, celle de son gouverneur et préserver la crédibilité de ses communications face aux risques croissants de manipulation et de désinformation sur les réseaux sociaux.

Sénégal : 30 nouvelles zones d’incubation pour les PME annoncées

Le gouvernement sénégalais entend accélérer la dynamique de développement des petites et moyennes entreprises à travers la création prochaine de 30 nouvelles zones d’incubation réparties sur le territoire national. L’annonce a été faite à Dakar par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, à l’occasion du lancement du programme « Impact PME », présenté comme le plan de transformation de l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (ADEPME).

Ce programme vise à renforcer l’accompagnement des entrepreneurs sénégalais en mettant en place des structures d’appui au plus près des activités économiques locales. À travers ces nouvelles zones d’incubation, les autorités souhaitent rompre l’isolement auquel sont souvent confrontés les porteurs de projets et les jeunes entreprises, notamment en dehors des grands centres urbains.

Le projet, prévu sur une période de cinq ans, ambitionne d’offrir aux PME un environnement propice à leur développement. Les entreprises incubées pourront bénéficier de services complets comprenant l’hébergement, l’accès à des programmes de formation, ainsi que des services de conseil et d’accompagnement stratégique dès les premières phases de leur création. L’objectif est de faciliter la structuration des jeunes entreprises, d’améliorer leur compétitivité et de renforcer leur capacité à accéder aux marchés.

Pour soutenir cette ambition, le gouvernement prévoit également de renforcer les moyens financiers de l’ADEPME. Le ministre Serigne Guèye Diop a ainsi annoncé que le budget de l’agence devrait être doublé dès l’année prochaine. Cette augmentation des ressources vise à permettre à la structure d’accompagnement de mieux répondre aux besoins de financement du secteur des PME, estimés à près de 1 000 milliards de francs CFA.

Au-delà du soutien financier, les autorités souhaitent aussi encourager une plus grande implication du secteur bancaire dans le financement des petites et moyennes entreprises. Le plan de transformation prévoit ainsi de créer un cadre plus favorable pour inciter les institutions financières à accompagner davantage les entrepreneurs locaux.

Par ailleurs, la stratégie gouvernementale met l’accent sur la promotion internationale des produits sénégalais. Dans cette perspective, le concept « Made in Sénégal » occupera une place centrale dans le dispositif, avec l’ambition de valoriser les produits locaux et de renforcer leur présence sur les marchés internationaux.

En parallèle, le programme « Invest in Sénégal » vise à attirer davantage d’investissements étrangers et à mobiliser la diaspora sénégalaise autour des opportunités économiques offertes par la nouvelle politique industrielle du pays. L’objectif est de créer un écosystème favorable à l’innovation, à l’industrialisation et à la croissance durable des PME, considérées comme un levier essentiel du développement économique national.

Affaire Softcare : le SAMES et le SUTSAS contredisent le ministre Ibrahima Sy et annoncent une « grève imminente »

L’affaire Softcare continue de susciter de vives tensions dans le secteur de la santé au Sénégal. Depuis plusieurs mois, cette affaire fait polémique autour de la présumée utilisation de matières premières périmées dans la fabrication de serviettes hygiéniques et de couches pour bébés par l’entreprise Softcare. Alors que les autorités sanitaires tentaient d’apaiser les inquiétudes de l’opinion publique, les principaux syndicats du secteur viennent de raviver la controverse en contestant la position du ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Lors d’une conférence de presse tenue le jeudi 5 mars, le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Ibrahima Sy, avait tenté de clarifier la situation. S’appuyant sur les conclusions d’enquêtes menées par les services compétents de son département, il avait assuré que les produits fabriqués par l’entreprise Softcare ne présentent « aucun risque sanitaire pour les usagers ». Cette déclaration visait à rassurer les consommateurs et à mettre fin aux inquiétudes suscitées par les accusations relayées dans l’espace public.

Cependant, cette sortie du ministre n’a pas eu l’effet escompté. Bien au contraire, elle a provoqué une réaction ferme de la part de plusieurs syndicats du secteur de la santé. Ce mardi 10 mars, le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) et le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (SUTSAS) ont organisé à leur tour une conférence de presse pour contester les déclarations du ministre et exprimer leur profond désaccord avec la gestion du dossier.

Les deux organisations syndicales estiment que les déclarations du ministre ne reflètent pas la réalité de la situation et dénoncent ce qu’elles considèrent comme de graves dysfonctionnements au sein de l’Autorité de régulation pharmaceutique (ARP). Face à cette situation, elles ont annoncé leur intention de passer à l’action en engageant un mouvement de protestation.

« Face à cette situation, nous vous annonçons la perspective de luttes communes pour le retour de l’orthodoxie à l’Autorité de la réglementation pharmaceutique par une première et imminente grève commune régionale de Dakar puis secondairement nationale », ont déclaré les responsables syndicaux lors de la rencontre avec la presse.

Prenant la parole au nom de la sous-section SUTSAS de l’Autorité de régulation pharmaceutique, la responsable de la communication, Mariama Thiam, a également critiqué la position du ministre de la Santé. Selon elle, cette crise met en lumière des problèmes structurels dans la gouvernance de l’ARP. Elle a notamment regretté que le ministre ait choisi, selon ses mots, « d’être l’avocat de Softcare », allant jusqu’à désavouer publiquement des agents assermentés du secteur de la santé.

Les syndicalistes pointent également des manquements qu’ils jugent préoccupants dans le processus de fabrication et de traçabilité des produits de l’entreprise. Ils affirment que l’absence de mention légale obligatoire claire sur les produits finis constituerait un indice que l’usine ne respecte pas les exigences de traçabilité imposées par la réglementation. Pour eux, cette situation pourrait traduire l’absence d’un système de qualité conforme aux normes attendues dans l’industrie pharmaceutique et paramédicale.

Pour les organisations syndicales, ces éléments soulèvent des questions sérieuses quant au respect des règles de régulation dans le secteur et risquent de porter atteinte à l’indépendance ainsi qu’à la crédibilité du système de régulation pharmaceutique au Sénégal.

Dans ce contexte de forte tension, l’annonce d’une grève imminente dans le secteur de la santé pourrait accentuer la pression sur les autorités. L’évolution de ce bras de fer entre le ministère de la Santé et les syndicats sera suivie de près, alors que l’opinion publique attend davantage de clarifications sur cette affaire qui touche directement à la sécurité sanitaire des populations.

Supposée diffusion de fausses nouvelles : Cheikh Oumar Diagne placé sous mandat de dépôt

Cheikh Oumar Diagne, ancien ministre conseiller du président Bassirou Diomaye Faye et secrétaire général du parti Rassemblement pour la Vérité / And Ci Dëgg (RV-ACD), a été placé sous mandat de dépôt ce lundi 9 mars 2026 à l’issue de son audition par le procureur de la République. Il devra comparaître devant le tribunal des flagrants délits de Dakar ce mercredi 11 mars pour répondre des accusations portées contre lui.

Cette décision intervient après plusieurs jours de procédure judiciaire. Le vendredi 6 mars, Cheikh Oumar Diagne avait été interpellé puis placé en garde à vue par les autorités judiciaires. Les poursuites engagées à son encontre portent sur des faits présumés de « diffusion de fausses nouvelles », une infraction prévue par le code pénal sénégalais.

Selon les éléments rapportés, l’ancien ministre conseiller est poursuivi pour des déclarations qu’il aurait faites publiquement à propos du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Lors de ses prises de parole, il aurait évoqué la responsabilité du Premier ministre Ousmane Sonko dans ce drame, survenu dans un contexte de violents affrontements entre étudiants et forces de l’ordre à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

L’étudiant Abdoulaye Ba avait succombé à ses blessures après une chute du quatrième étage du campus social de l’université, au moment où la tension était particulièrement vive entre manifestants et forces de sécurité. Sa mort avait provoqué une onde de choc au sein de la communauté universitaire et déclenché une série de réactions politiques et citoyennes, alimentant un débat national sur les circonstances du drame et la gestion des événements.

C’est dans ce contexte sensible que les déclarations de Cheikh Oumar Diagne ont attiré l’attention des autorités judiciaires. Celles-ci considèrent que ses propos pourraient relever de la diffusion de fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public ou de porter atteinte à des institutions de l’État.

Avant le placement sous mandat de dépôt de son client, Me Hosni Maati, l’un de ses avocats, avait indiqué que Cheikh Oumar Diagne restait confiant quant à l’issue de la procédure. Selon lui, l’ancien ministre conseiller « demeure pleinement confiant dans le fait que le droit et les principes fondamentaux de liberté d’expression prévaudront ».

Le procès prévu ce mercredi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar devrait ainsi permettre d’examiner les circonstances exactes des déclarations incriminées, ainsi que leur portée juridique. L’audience est attendue avec attention, dans un climat où la question de la liberté d’expression et de la responsabilité dans la diffusion d’informations sensibles reste au cœur du débat public.

Sûreté urbaine de Dakar : Me Moussa Diop conteste la régularité de sa convocation et saisit le bâtonnier

L’avocat Me Moussa Diop, inscrit au barreau de Paris, s’est présenté ce lundi matin dans les locaux du Commissariat central de Dakar après avoir été convoqué par la Sûreté urbaine de Dakar. Arrivé vers 10 heures, il s’y trouvait toujours plusieurs heures après le début de son audition. Toutefois, aucune décision n’a été prise à son encontre pour le moment, la procédure étant contestée par ses avocats qui dénoncent des irrégularités et affirment bloquer son déroulement.

Selon les informations rapportées par Seneweb, la défense de Me Moussa Diop s’oppose à la manière dont la convocation a été effectuée, estimant qu’elle ne respecte pas les dispositions légales encadrant l’audition d’un avocat dans le cadre d’une enquête préliminaire. Pour ses conseils, la procédure engagée par la police constitue une violation des règles de droit applicables à la profession d’avocat.

Me El Hadj Diouf, qui fait partie de la défense, a notamment invoqué l’article 46, qu’il considère comme explicite sur la question. Selon lui, un avocat ne peut pas être convoqué directement par la police dans le cadre d’une enquête préliminaire. « Aucun avocat ne peut être convoqué par la police. Seul un magistrat désigné par le procureur général peut entendre un avocat dans le cadre d’une enquête préliminaire. L’article 46 est très clair », a-t-il déclaré avec fermeté.

L’avocat estime également que les droits de son confrère ont été violés. Il rappelle que Me Moussa Diop, bien qu’inscrit au barreau de Paris, bénéficie des mêmes garanties et protections juridiques que les avocats inscrits au barreau de Dakar. Cette protection découlerait, selon lui, de la convention judiciaire liant le Sénégal et la France, qui prévoit une reconnaissance mutuelle des statuts et privilèges de juridiction des avocats exerçant dans les deux pays. « Aujourd’hui, on a violé les droits d’un avocat inscrit en France », a-t-il dénoncé.

Face à cette situation, les avocats de Me Moussa Diop demandent l’arrêt immédiat de la procédure. Ils affirment avoir saisi le bâtonnier de l’Ordre des avocats, afin qu’il intervienne pour faire respecter les règles de la profession. Selon leurs informations, le bâtonnier aurait déjà adressé une correspondance au commissaire en charge du dossier pour lui rappeler que Me Moussa Diop bénéficie du même privilège de juridiction que les avocats inscrits au barreau de Dakar.

Cette convocation intervient dans un contexte particulier. Il est reproché à Me Moussa Diop des propos tenus sur un plateau de télévision, au cours desquels il aurait affirmé que le chef du gouvernement sénégalais, Ousmane Sonko, aurait entretenu des relations amicales avec des homosexuels. Ces déclarations, qui ont suscité de vives réactions, seraient à l’origine de l’ouverture d’une enquête et de sa convocation par les services de police.

Pour l’heure, l’issue de cette affaire reste incertaine. La défense maintient que la procédure engagée est irrégulière et exige qu’elle soit interrompue, tandis que l’évolution du dossier dépendra notamment de la position du parquet et des suites données à la saisine du bâtonnier. Cette affaire relance ainsi le débat sur les garanties juridiques accordées aux avocats et sur le respect des procédures dans le cadre des enquêtes préliminaires.

Cour d’appel de Dakar : la Chambre d’accusation financière confirme la levée du mandat de dépôt de Farba Ngom

La Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar a confirmé la décision du juge d’instruction ordonnant la levée du mandat de dépôt visant Mouhamadou Ngom, dans le cadre de l’affaire présumée de blanchiment de capitaux. La juridiction d’appel a ainsi rejeté le recours introduit par le procureur de la République financier qui contestait cette décision et demandait le maintien en détention provisoire du mis en cause.

Dans son arrêt rendu le 12 février 2026, la Chambre d’accusation financière a également refusé la requête de sursis à statuer formulée par le ministère public. Les juges ont estimé que les arguments développés par la défense soulèvent des doutes sérieux dans ce dossier, justifiant la décision du juge d’instruction de placer Farba Ngom sous contrôle judiciaire plutôt que de le maintenir en détention.

Le parquet financier avait saisi la juridiction d’appel en s’appuyant sur une décision de la Cour suprême du Sénégal rendue le 6 novembre 2025 dans une procédure distincte impliquant Ndeye Seynabou Ndiaye. Dans cette affaire, la haute juridiction avait cassé une décision antérieure et ordonné la saisine du Conseil constitutionnel du Sénégal afin d’examiner une exception d’inconstitutionnalité portant sur certaines dispositions de la loi de 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux.

Sur cette base, le ministère public estimait qu’il convenait de suspendre l’examen du dossier concernant Farba Ngom dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel. Toutefois, selon les informations rapportées par le journal Libération, la Chambre d’accusation financière n’a pas suivi cette argumentation.

Les juges ont considéré que la procédure ayant conduit à la saisine du Conseil constitutionnel concerne exclusivement Ndeye Seynabou Ndiaye et ne saurait avoir pour effet de suspendre les droits procéduraux des autres personnes poursuivies dans des dossiers distincts. La juridiction a notamment rappelé que le droit de solliciter une liberté provisoire peut être exercé à tout moment durant l’instruction, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale.

La Cour a également relevé que le ministère public n’a pas formulé de griefs précis contre les ordonnances rendues par le juge d’instruction, se limitant à demander un sursis à statuer dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel. Pour les magistrats, cet argument ne constitue pas un motif suffisant pour remettre en cause la décision de mise en liberté sous contrôle judiciaire.

Pour rappel, le procureur de la République financier, Abdoulaye Sylla, avait interjeté appel contre deux ordonnances rendues le 7 janvier 2026 par le président du collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier. Ces décisions avaient ordonné la mainlevée du mandat de dépôt visant Farba Ngom et son placement sous contrôle judiciaire, une mesure à laquelle s’opposait le parquet qui demandait son maintien en détention provisoire.

Suppression de 19 structures parapubliques : plus de 920 emplois menacés, les syndicats tirent la sonnette d’alarme

La décision du gouvernement sénégalais de supprimer 19 structures parapubliques suscite de vives inquiétudes au sein de l’administration. Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, cette réforme pourrait avoir des conséquences directes sur l’emploi de centaines d’agents publics et contractuels. Les organisations syndicales alertent déjà sur le sort de plus de 920 travailleurs dont l’avenir professionnel demeure incertain.

Le coordonnateur du Collectif interministériel des agents de l’Administration, Omar Dramé, a exprimé les préoccupations des travailleurs face à cette décision. S’il reconnaît la nécessité pour l’État de rationaliser ses dépenses et de mieux organiser ses structures administratives, le syndicaliste regrette toutefois l’absence de concertation préalable avec les agents concernés. Selon lui, une réforme d’une telle ampleur aurait dû s’accompagner d’un dialogue approfondi avec les représentants des travailleurs afin d’anticiper les conséquences sociales.

D’après Omar Dramé, l’annonce de la suppression de ces structures a provoqué une véritable psychose parmi les agents qui y travaillent. Beaucoup s’interrogent sur leur avenir professionnel, faute d’informations claires sur les mesures d’accompagnement envisagées par les autorités. Les travailleurs redoutent notamment des licenciements massifs ou des situations d’abandon administratif similaires à celles observées lors de précédentes restructurations.

Les syndicats pointent également le manque de précisions concernant les mécanismes de redéploiement ou de départ négocié. À ce stade, les agents ignorent encore si des dispositifs d’intégration dans d’autres services de l’État, des plans de départ volontaire ou des indemnités compensatoires seront mis en place. Cette incertitude alimente l’inquiétude et renforce le sentiment d’insécurité sociale au sein des structures concernées.

Le Collectif interministériel des agents de l’Administration rappelle par ailleurs que certaines suppressions d’agences intervenues dans le passé n’ont toujours pas été totalement réglées. Dans plusieurs cas, des agents se seraient retrouvés sans indemnités ou sans solution de reclassement durable, ce qui nourrit aujourd’hui la méfiance des travailleurs face à la nouvelle réforme.

Pour éviter que cette décision ne se transforme en crise sociale, les syndicats demandent au gouvernement de faire preuve de transparence et de responsabilité. Ils réclament notamment la publication de la liste précise des structures concernées, ainsi que la mise en place d’un cadre de dialogue avec les partenaires sociaux afin de garantir la protection des emplois et les droits des travailleurs.

Dans un contexte marqué par les efforts de rationalisation des finances publiques, les organisations syndicales insistent sur la nécessité de concilier réformes administratives et préservation de la stabilité sociale. Pour elles, toute restructuration de l’appareil d’État doit impérativement tenir compte de l’impact humain et social qu’elle peut engendrer.

Justice : Cheikh Oumar Diagne placé en garde à vue pour « diffusion de fausses nouvelles »

L’universitaire et chroniqueur politique Cheikh Oumar Diagne a été placé en garde à vue ce vendredi 6 mars 2026 à l’issue de son audition par la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar. Il est poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles et calomnie », selon des informations rapportées par la presse nationale. Sauf changement de dernière minute, il devrait être présenté devant le parquet de Dakar le lundi 9 mars prochain afin de répondre des accusations retenues contre lui.

L’audition s’est déroulée sous la direction du commissaire divisionnaire Mamadou Tendeng. Les enquêteurs ont concentré leurs questions sur les déclarations récentes de Cheikh Oumar Diagne concernant le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, un drame qui a profondément marqué la communauté universitaire et relancé le débat sur la gestion des manifestations estudiantines au Sénégal.

Lors de son audition, et en présence de son avocat, le professeur Diagne a maintenu ses propos. Il a notamment imputé la « responsabilité politique » du décès de l’étudiant au Premier ministre Ousmane Sonko. Selon lui, le chef du gouvernement aurait donné des instructions ayant conduit à l’intervention des forces de l’ordre lors des troubles survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, intervention qui aurait abouti au drame.

Du côté des enquêteurs, ces accusations sont jugées particulièrement graves. Les services de police estiment que les propos tenus à l’encontre du Premier ministre n’ont été étayés par aucun élément de preuve tangible lors de l’audition. Dans ces conditions, ils pourraient être qualifiés juridiquement de diffusion de fausses nouvelles et de calomnie, des infractions prévues et sanctionnées par le code pénal sénégalais.

La défense de Cheikh Oumar Diagne semble pour sa part vouloir donner à cette procédure une dimension plus large. Selon ses soutiens, l’affaire dépasse le simple cadre judiciaire et s’inscrit dans un débat politique sur la chaîne de responsabilité lors des opérations de maintien de l’ordre, notamment dans le contexte des tensions qui ont secoué l’université ces dernières semaines.

L’affaire intervient dans un climat déjà marqué par de fortes tensions autour de la gestion de la crise universitaire, consécutive notamment au décès d’Abdoulaye Ba. Plusieurs organisations estudiantines, syndicats et acteurs de la société civile continuent de réclamer des éclaircissements sur les circonstances exactes de ce drame.

En attendant son éventuel déferrement devant le parquet lundi, la garde à vue de Cheikh Oumar Diagne alimente déjà de vifs débats dans l’opinion publique, entre défense de la liberté d’expression et nécessité de sanctionner la diffusion d’accusations jugées infondées contre des responsables publics.

Le droit douanier à l’assaut de l’économie numérique :  l’amont du dédouanement des services en gestation

La politique de sécurité nationale, cette branche de la science politique, intéresse le droit douanier qui, au fur et à mesure de son évolution, englobe les initiatives et normes adoptées pour améliorer la sécurité des marchandises. 

Les gouvernements ont l’opportunité d’utiliser l’Administration des douanes comme une ressource clé dans la sécurité frontalière car elle a une grande expertise dans la gestion du risque et le commerce international, deux éléments importants quand le thème de la sécurité nationale est abordé. 

En effet, le développement et la mise en œuvre de normes de sécurité aux frontières, qu’elles soient matérielles ou immatérielles, sont essentielles pour sauvegarder l’intégrité de la chaine logistique internationale.

Frontiéres immatérielles puisque, tout comme les marchandises circulent de manière illicite, les services y rattachés ou non, prohibés ou pas font malheureusement aussi, l’objet de transactions illégales, via des contrats commerciaux et des réseaux matériels ou virtuels.

Il est dès lors, nécessaire de sécuriser le dispositif douanier de surveillance des services transfrontaliers, tout comme il est impératif de fluidifier le commerce électronique et de garantir l’intégrité des services financiers surtout avec le remplacement des chèques du trésor par des méthodes de paiement numériques « e-monnaie » telles que les cartes bancaires et le Mobile Money. 

Alors que le débat autour du moratoire sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques s’intensifie à l’approche de la 14ièmeConférence ministérielle (CM14) de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) qui se tiendra du 26 au 29 mars 2026 à Yaoundé (Cameroun), la question duale de la sécurité et de la fluidité de la chaine logistique numérique interpelle sérieusement l’Administration des Douanes. 

Alors que le dédouanement des services est en gestation, la surveillance douanière, son compère de la summa-divisio juridique, est donc bien à pied d’œuvre, pour garantir l’intégrité, la disponibilité et la confidentialité des données de son dispositif.

Dans cet imbroglio virtuel, se pose la question de savoir si le dispositif douanier de contrôle dunumérique garantit suffisamment la performance de l’action douanière face aux risques de manipulations, de cyberattaques, d’espionnages, de piratages, d’infractions par des virus ou de fraude.

D’ores et déjà, il convient de se féliciter du schéma directeur informatique de l’Administration desDouanes, instrument de mise en cohérence de laStratégie Sénégal numérique incarnée, présentement,par le new deal technologique.

Ce schéma sécurisé, je touche du bois, se veut un accélérateur du processus de transformation digitale de l’Administration à travers la connectivité de toutes les unités douanières au système de Gestion Automatisée des Informations douanières et des Echanges (GAINDE), la digitalisation du Système interne de Suivi des Enquêtes douanières (SISED), la gouvernance des données et la sécurité des systèmes d’information.

D’une manière générale, l’intégrité des données ou d’un système peut être affectée de trois façons : d’abord par la perte des données, ensuite par l’accès refusé aux données et enfin par la compromission des données. 

Pour résoudre ces anomalies aggravées par l’aterritorialité d’Internet, le système de sécurité des douanes est assuré par deux grandes options de sécurité.

La sécurité physique concerne essentiellement la protection des centres de données, des locaux des serveurs, du matériel réseau, des dispositifs de tolérance de panne intégrés aux serveurs, des postes de travail etc…

La sécurité logique fait référence à la protection des données et à la réalisation de mécanismes de sécurité par logiciel. Elle est fondée sur la philosophie de protection par routeur et pare-feu (firewall ) et s’appuie sur la cryptographie et des procédures de contrôle d’accès et d’authentification. 

Malgré ces mesures de sécurité, le système de dédouanement dématérialisé demeure exposé puisqu’il existe un continuum cyber-physique entre les activités qui se déroulent dans le cyberespace et celles qui se déroulent dans le monde physique classique. 

Aussi, des utilisateurs malveillants parviennent,toujours, à usurper l’identité douanière quand bien même codée, de sociétés industrielles et, pire réussissent à prendre carrément le contrôle de systèmes informatiques étatiques par le recours à lacomplicité interne, l’ingénierie sociale, l’exploitation des failles de sécurité, le détournement des ressourcesetc…

Fort heureusement, d’une part, le contrôle après dédouanement permet de rectifier certaines erreurs que le numérique aurait pu occulter ou à contrario favoriser, d’autre part, le nouveau dispositif douanier intègre des unités douanières spécialisées dans la cybersécurité telles que la Cellule de Recueil de la Preuve informatique (CRPI) et le service dénommé Cyberdouanes. 

La CRPI réalise la saisie, la copie et l’analyse de supports informatiques et électroniques, y compris les téléphones portables, et tout type de données distantes, notamment par télé perquisition, le service Cyberdouanes quant à lui, recueille et enrichit des informations sur le commerce électronique.

A l’assaut du numérique, le droit douanier subit des transformations digitales relativisant ainsi son autonomie par rapport au droit de la sécurité nationale.

Le choc des droits répressifs se manifestent pourtant,dans les deux sens car autant la politique de sécurité nationale intègre, dans son architecture, la surveillance des services objet de dédouanement, autant le contentieux du dédouanement des services en gestation interpelle la criminologie numérique. 

Cette dualité interactive est prise en compte par l’Organisation mondiale des Douanes (OMD) en collaboration avec la police internationale Interpol dans le cadre de la déclinaison d’une stratégie de sécurité du cyberespace.

Dans ce contexte, la référence à la démarche d’intelligence juridique, la gestion numérique du recouvrement par des comptables des douanes organisés en réseaux, l’échange d’informations en temps réel entre les douanes et les autres régies financières (Impôts, Trésor), contribuent à la mise en place d’un dispositif douanier performant et sécuriséde taxation de l’économie numérique.

 

Docteur Ndiaga SOUMARE,

Inspecteur principal des douanes de Classe exceptionnelle.

Attaque contre Babacar Ngom : le silence du patronat sénégalais au cœur de la polémique

Les déclarations tenues à l’Assemblée nationale à l’encontre de Babacar Ngom continuent d’alimenter le débat public au Sénégal. Au-delà de la personne de l’homme d’affaires, c’est une certaine représentation de la réussite entrepreneuriale sénégalaise qui semble avoir été publiquement mise en cause : celle d’un dirigeant présenté comme un self-made man, ayant construit son parcours par l’investissement, la prise de risque et l’audace.

Mais plus que les propos eux-mêmes, c’est l’absence de réaction des organisations patronales qui suscite l’incompréhension de nombreux observateurs. Ni le Conseil national du patronat du Sénégal (CNP), ni la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), ni encore le Club des investisseurs sénégalais (CIS) n’ont, à ce stade, publié de communiqué officiel. Aucun rappel de principe sur le respect dû aux acteurs économiques, aucune déclaration sur la contribution de Babacar Ngom à l’essor du secteur privé national et à l’économie du pays.

Cette réserve contraste avec les réflexes observés dans d’autres corps organisés. Dans le monde syndical, universitaire ou médical, la solidarité professionnelle se manifeste souvent dès qu’un membre est publiquement attaqué. Il ne s’agit pas nécessairement d’une approbation inconditionnelle, mais d’une défense collective de l’image et de la dignité d’une profession. Cette attitude traduit une conscience partagée d’intérêts communs et d’un destin collectif.

Dans cette affaire, seule la voix d’Abdoulaye Sylla, à la fois député et chef d’entreprise, s’est élevée pour dénoncer ce qu’il considère comme une attaque injuste. Une prise de position individuelle qui, bien que saluée par certains, ne peut selon d’autres se substituer à une réaction institutionnelle structurée.

La controverse soulève une interrogation plus large sur le rôle des organisations patronales. Leur mission se limite-t-elle à la défense des intérêts économiques à travers les négociations fiscales, les concertations sociales ou les rencontres protocolaires avec l’État ? Ou inclut-elle également une dimension morale et symbolique consistant à protéger leurs membres lorsque leur réputation est publiquement mise en cause ?

L’absence de solidarité officielle peut être interprétée de diverses manières. Certains y voient une prudence stratégique visant à éviter toute politisation excessive des structures patronales. D’autres y perçoivent un manque de cohésion interne et un affaiblissement de la capacité du secteur privé à parler d’une seule voix.

Pour les investisseurs, les PME et les jeunes entrepreneurs, le signal envoyé peut paraître ambigu. Si un capitaine d’industrie peut être publiquement attaqué sans réaction collective de ses pairs organisés, cela peut nourrir l’idée d’un patronat fragmenté, peu enclin à faire bloc dans l’adversité.

Au fond, cette séquence met en lumière un enjeu central : la crédibilité des organisations patronales repose non seulement sur leur capacité à défendre des intérêts matériels, mais aussi sur leur aptitude à incarner une solidarité institutionnelle. Une organisation qui ne protège pas ses membres lorsqu’ils traversent une tempête médiatique ou politique s’expose à voir sa légitimité questionnée. Le CNP, la CNES et le CIS se retrouvent ainsi au cœur d’un débat sur la nature et la portée de leur engagement au service du secteur privé sénégalais.

Sénégal : Yacine Fall appelle à une justice plus humaine et tournée vers la réinsertion

À l’occasion d’une rupture collective du jeûne organisée au camp pénal de Liberté 6 à Dakar, la Garde des Sceaux et ministre de la Justice du Sénégal, Yacine Fall, a livré un message fort sur le sens et la finalité de la peine privative de liberté. Devant des détenus réunis pour ce moment de partage, elle a insisté sur la nécessité d’une justice à la fois ferme, équitable et profondément humaine.

Selon la note de son service de communication, la ministre a rappelé que « la privation de liberté ne doit jamais signifier la perte de dignité ». Si la sanction demeure une composante essentielle de l’ordre judiciaire, elle ne saurait, selon elle, se réduire à une logique punitive. La justice, a-t-elle souligné, doit également accompagner, réparer et ouvrir des perspectives réelles de réinsertion aux personnes condamnées.

Ce moment de rupture du jeûne s’inscrit, d’après la chancellerie, dans une volonté des pouvoirs publics de maintenir un dialogue constant avec les personnes en détention. Il s’agit, selon la ministre, de réaffirmer l’engagement de l’État en faveur d’un système pénitentiaire respectueux des droits humains, tout en garantissant la sécurité publique. La présence de la Garde des Sceaux au sein de l’établissement pénitentiaire vise également à envoyer un signal d’écoute dans un contexte carcéral particulièrement tendu.

En effet, les prisons sénégalaises font face à une situation de surpopulation préoccupante. D’après les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les établissements pénitentiaires disposaient en 2023 d’une capacité théorique de 4 833 places pour près de 13 000 détenus, soit un taux d’occupation avoisinant 267 %, largement supérieur aux standards admis. Certaines régions, comme Kédougou, ont enregistré des taux particulièrement élevés, atteignant jusqu’à 501 %, illustrant une pression extrême sur les infrastructures existantes.

À cette surpopulation s’ajoute un déficit notable en personnel pénitentiaire. Les chiffres disponibles évoquent un ratio d’un surveillant pour onze détenus, alors que les normes internationales recommandent un encadrement beaucoup plus rapproché, souvent estimé à un agent pour deux détenus. Cette situation complique non seulement la gestion quotidienne des établissements, mais limite également la mise en œuvre effective de programmes de formation, d’accompagnement psychologique et de préparation à la réinsertion.

Dans ce contexte, les propos de la ministre prennent une dimension particulière. Plaider pour une justice qui « accompagne » suppose de renforcer les mécanismes alternatifs à l’incarcération pour certaines infractions, d’accélérer le traitement des dossiers judiciaires afin de réduire la détention préventive et d’investir dans des dispositifs de réinsertion professionnelle.

La déclaration de Yacine Fall ouvre ainsi un débat plus large sur la réforme du système pénitentiaire sénégalais. Entre impératif de sécurité, respect de la dignité humaine et nécessité de lutter contre la récidive, l’équilibre reste délicat. Mais le message porté lors de cette visite rappelle que la prison, au-delà de la sanction, doit aussi être un espace de reconstruction et de préparation au retour dans la société.

Crise scolaire : l’Intersyndicale hausse le ton face aux « ponctions sauvages » sur les salaires

La tension monte d’un cran dans le secteur de l’éducation au Sénégal. Ce mardi 3 mars 2026, l’Intersyndicale des enseignants a organisé des sit-in devant les inspections d’académie, notamment à Mbacké et Kaffrine, pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « ponctions sauvages » opérées sur les salaires du mois. Le mouvement, largement suivi selon les responsables syndicaux, marque une nouvelle étape dans un bras de fer qui oppose depuis plusieurs semaines les syndicats au gouvernement.

Au cœur de la contestation figurent des prélèvements financiers jugés injustifiés, dont les montants varieraient entre 60 000 et plus de 200 000 francs CFA selon les cas. Les syndicats, parmi lesquels le G7 et le Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire du Sénégal (SAEMS), parlent d’un « vol organisé » et dénoncent une « surimposition sauvage » appliquée aux rappels liés à l’intégration et à l’avancement des enseignants.

Les représentants syndicaux affirment que ces retenues ont été effectuées sans explication préalable claire et sans concertation avec les partenaires sociaux. Ils soutiennent que certains enseignants en congé de maternité ou en arrêt maladie, qui n’auraient pas participé aux mouvements de grève, ont malgré tout subi des prélèvements. Cette situation est jugée particulièrement choquante par les syndicats, qui y voient une application aveugle et injuste de sanctions financières.

Au-delà des retenues salariales, les syndicats évoquent d’autres dysfonctionnements structurels. Ils pointent la situation des « décisionnaires », ces enseignants dont la carrière administrative n’aurait pas été régularisée à temps, entraînant des conséquences sur leurs droits à la retraite. Ils dénoncent également le non-respect du protocole d’accord signé en 2022, qui devait, selon eux, stabiliser les relations entre l’État et le corps enseignant.

Face à ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave aux droits des travailleurs, les responsables syndicaux ont annoncé leur intention de saisir l’Organisation internationale du Travail afin de dénoncer ces pratiques. Une telle démarche viserait à internationaliser le conflit et à exercer une pression supplémentaire sur les autorités nationales.

Les syndicats critiquent par ailleurs les récentes déclarations du Premier ministre, estimant qu’elles tendent à « diaboliser » les enseignants en évoquant de prétendues « questions nouvelles » pour justifier la situation actuelle. Selon l’Intersyndicale, ces discours masqueraient une iniquité salariale persistante et une gestion administrative jugée défaillante.

Le cinquième plan d’action est en cours et doit se poursuivre jusqu’à vendredi avec une grève générale. Mais les syndicats annoncent déjà un sixième plan pour la semaine suivante, comprenant des journées dites « écoles mortes » et le dépôt d’une plainte collective afin d’obtenir le remboursement intégral des sommes prélevées.

Dans un contexte déjà marqué par des perturbations répétées du calendrier scolaire, cette radicalisation du mouvement laisse présager de nouvelles semaines de tensions dans le système éducatif. L’issue du conflit dépendra désormais de la capacité des deux parties à renouer le dialogue et à trouver un compromis sur la question sensible des rémunérations et du respect des engagements antérieurs.

Conseil national de régulation des médias : le CDEPS alerte sur « une menace directe » contre l’indépendance de la presse

Alors que l’Assemblée nationale du Sénégal examine ce mardi 3 mars le projet de loi portant création du Conseil national de régulation des médias, la contestation s’organise dans les rangs des professionnels de la presse. Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), qui regroupe les principales entreprises privées du secteur, a publié un communiqué particulièrement critique à l’égard du futur organe de régulation.

Le texte gouvernemental vise à instituer le Conseil national de régulation des médias (CNRM), appelé à remplacer l’actuel Conseil national de régulation de l’audiovisuel et à étendre son champ d’action à l’ensemble de l’écosystème médiatique, y compris la presse en ligne et les contenus numériques. Pour les autorités, cette réforme répond à la nécessité d’adapter le cadre légal aux mutations technologiques et aux défis posés par la désinformation et les plateformes numériques.

Mais pour le CDEPS, les prérogatives prévues par le projet de loi dépassent largement le cadre d’une régulation équilibrée. Son président, Mamadou Ibra Kane, évoque « une menace directe sur l’indépendance des médias, leur viabilité économique et, au-delà, sur l’équilibre démocratique ». L’organisation estime que certaines dispositions ouvrent la voie à des mesures administratives lourdes pouvant affecter profondément le fonctionnement des entreprises de presse.

Le communiqué pointe notamment la possibilité de fermeture administrative d’organes de presse, de suspension immédiate de médias, de blocage de contenus ou encore de coupure d’accès à des plateformes numériques. L’exécution instantanée des décisions du futur CNRM suscite également de vives inquiétudes. Pour le CDEPS, ces mécanismes pourraient fragiliser la liberté d’informer et créer un climat d’incertitude juridique pour les acteurs du secteur.

Au-delà du contenu même du texte, les professionnels dénoncent un déficit de concertation. Ils regrettent l’absence, selon eux, d’un cadre formel de discussion sur la version finale du projet de loi et le manque de partage préalable du document avant son examen parlementaire. Cette méthode alimente le sentiment d’exclusion des principaux concernés d’un processus qui touche directement à l’exercice de leur activité.

L’examen du projet intervient dans un contexte juridique sensible. Par un arrêt rendu le 11 décembre 2025, la Cour suprême du Sénégal avait rappelé que la création d’un organe de presse n’est soumise à aucune autorisation préalable et que l’activité de presse constitue une liberté fondamentale. Cette décision faisait suite à une série de mesures gouvernementales jugées contraignantes par certains acteurs du secteur.

Dans ce climat, le débat autour du CNRM dépasse la simple question technique de la régulation. Il touche aux équilibres institutionnels entre régulation administrative et protection constitutionnelle des libertés publiques. Tandis que le gouvernement défend un cadre destiné à responsabiliser l’espace médiatique face aux dérives numériques, les entreprises de presse redoutent un dispositif susceptible d’entraver leur autonomie éditoriale et leur stabilité économique.

Réforme des médias : le Sénégal crée le CNRM pour encadrer le numérique et l’intelligence artificielle

Le Sénégal engage une transformation majeure de son dispositif de régulation médiatique. Ce mardi 3 mars 2026, devant l’Assemblée nationale du Sénégal, le ministre de la Communication Alioune Sall a défendu un projet de loi instituant le Conseil National de Régulation des Médias, appelé à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel.

Ce changement marque un tournant structurel. Jusqu’ici centré sur la régulation du secteur audiovisuel classique, le cadre légal s’élargit désormais à l’ensemble de l’écosystème informationnel. Le futur Conseil National de Régulation des Médias, ou CNRM, aura compétence sur la presse en ligne, les plateformes numériques, les réseaux sociaux, les créateurs de contenus et même les médias étrangers accessibles sur le territoire sénégalais. La réforme traduit la volonté des autorités d’adapter la régulation aux mutations profondes du paysage médiatique, dominé par la circulation instantanée de l’information et l’essor de l’intelligence artificielle.

Selon le ministre, cette évolution répond à une nécessité devenue urgente. Les phénomènes de désinformation, de manipulation algorithmique et de diffusion de contenus générés par intelligence artificielle, notamment les deep fakes, représentent de nouveaux défis pour la cohésion sociale et la stabilité institutionnelle. Le CNRM sera doté d’outils technologiques avancés pour identifier les campagnes coordonnées de désinformation, détecter les contenus falsifiés et exiger le retrait rapide de publications jugées illicites.

Le texte prévoit également que l’autorité de régulation puisse adresser des injonctions aux grandes plateformes numériques, y compris celles dont le siège est établi hors du Sénégal, dès lors que leurs contenus sont accessibles au public sénégalais. Les sanctions annoncées se veulent graduées et proportionnées, allant de mises en demeure à des sanctions financières, tout en laissant ouvertes des voies de recours devant les juridictions compétentes afin de garantir les droits de la défense et le respect du contradictoire.

La réforme s’inscrit dans un contexte de préoccupations croissantes concernant la protection des mineurs et la préservation de l’ordre public numérique. Le gouvernement évoque la nécessité de faire face à ce qu’il qualifie de « liberté de nuire », en distinguant la liberté d’expression, protégée par la Constitution, des pratiques de diffusion de fausses informations susceptibles de porter atteinte à la réputation, à la sécurité ou à la paix sociale.

Pour prévenir toute suspicion d’instrumentalisation politique, le projet de loi met l’accent sur l’indépendance institutionnelle du CNRM. Les membres de l’organe seront désignés à l’issue d’un appel à candidatures et nommés pour un mandat de trois ans, renouvelable une seule fois. Ils devront prêter serment et exercer leurs fonctions en toute impartialité. Le ministre a insisté sur le fait que le nouvel organe ne constitue ni un instrument de censure ni une loi dirigée contre les plateformes numériques, mais un cadre destiné à responsabiliser l’ensemble des acteurs de l’espace public digital.

Ce basculement réglementaire place le Sénégal parmi les pays africains cherchant à anticiper les enjeux de la régulation de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux. Reste désormais à savoir comment le futur CNRM appliquera concrètement ses prérogatives et comment l’équilibre sera maintenu entre la lutte contre les dérives numériques et la protection des libertés fondamentales.

Thiès : les syndicats d’enseignants haussent le ton et dénoncent des « ponctions injustes » sur les salaires

À Thiès, la tension reste vive dans le secteur de l’éducation. Dans le cadre de la mise en œuvre du cinquième plan d’action du G7, les syndicats d’enseignants, après avoir observé un débrayage ce mardi matin, se sont réunis en assemblée générale au CEM Mamadou Diaw pour faire le point sur la situation et définir la suite de leur mouvement.

À l’issue de la rencontre, les responsables syndicaux ont exprimé de vives préoccupations face à ce qu’ils qualifient de climat délétère. Ils dénoncent un contexte marqué par des « menaces voilées », des tentatives d’intimidation, des manipulations de l’opinion publique et, surtout, des retenues jugées injustes sur les salaires des enseignants engagés dans la lutte.

Prenant la parole devant ses camarades, le secrétaire général du Saems à Thiès, Sirakhata Guèye, a tenu un discours ferme et mobilisateur. Selon lui, les enseignants ne sont « ni faibles, ni isolés, ni désorganisés ». Il a rappelé leur rôle central dans la société, les présentant comme des éducateurs, des bâtisseurs de conscience et des piliers indispensables de la Nation. Face aux menaces et aux pressions, il a appelé ses collègues à garder « la tête haute » et à ne pas céder à la peur.

Il a déploré ce qu’il considère comme une stratégie visant à intimider les enseignants par la menace de sanctions et de retenues sur salaire, tout en cherchant à les opposer aux parents d’élèves et à les présenter comme des perturbateurs du système éducatif. Pour lui, il est essentiel de rester lucide et de rappeler que revendiquer dans le respect des lois n’a rien d’un crime. Exiger l’application d’accords signés avec l’État ne saurait être assimilé à un acte de rébellion, tout comme défendre sa dignité professionnelle ne constitue en rien une faute.

Revenant sur les ponctions opérées sur les salaires, Sirakhata Guèye a reconnu l’impact douloureux de ces mesures sur les enseignants et leurs familles. Toutefois, il a insisté sur le fait qu’un salaire amputé ne doit jamais signifier une dignité amputée. Il a affirmé que le combat mené par les syndicats n’a pas pour objectif le désordre, mais la justice et le respect des engagements pris. Selon lui, un État fort ne se définit pas par sa capacité à sanctionner ses enseignants, mais par son aptitude à dialoguer, à honorer ses promesses et à protéger l’école publique.

Le cinquième plan d’action du G7 doit se conclure le vendredi 6 mars 2026 par une grève totale. D’ici là, les syndicats maintiennent la pression et poursuivent le boycott des évaluations ainsi que des cellules d’animation pédagogique.

Les revendications restent inchangées. Les syndicats exigent notamment la matérialisation des deux décrets signés en faveur des enseignants décisionnaires, la valorisation de leurs pensions de retraite, l’augmentation de l’âge de départ à la retraite à 65 ans, l’arrêt de la surimposition, l’imputation budgétaire pour les enseignants décisionnaires à la retraite ainsi que la fin des lenteurs administratives.

Extradition de Madiambal Diagne : la Cour d’appel de Versailles rend un avis partiellement favorable, l’intéressé évoque une « demi-victoire »

La Cour d’appel de Versailles a rendu sa décision concernant la demande d’extradition introduite par l’État du Sénégal à l’encontre du journaliste et homme d’affaires Madiambal Diagne. Les magistrats ont émis un avis partiellement favorable, une issue que l’intéressé qualifie lui-même de « demi-victoire » et qu’il estime inédite dans la pratique judiciaire en matière d’extradition.

À la sortie de l’audience, Madiambal Diagne s’est exprimé avec prudence mais sérénité. Selon lui, la décision de la juridiction française tranche de manière inhabituelle avec les schémas classiques observés dans ce type de procédure. « C’est quelque chose que je peux considérer, plus ou moins, comme inédit. Parce qu’une demande d’extradition, on y satisfait ou on n’y satisfait pas. Mais dire que nous coupons la poire en deux, en disant qu’on est partiellement pour un avis favorable, ça pose un problème, peut-être de droit ou de pratique judiciaire », a-t-il déclaré, soulignant que ses avocats entendent examiner les voies de recours possibles.

Dans les procédures d’extradition, la juridiction saisie ne statue pas sur la culpabilité de la personne concernée, mais vérifie la conformité de la demande avec les règles de droit interne et les engagements internationaux, notamment en matière de respect des droits fondamentaux. L’avis rendu par la cour d’appel constitue une étape déterminante, mais il ne met pas nécessairement un terme au processus, puisqu’un pourvoi en cassation peut être formé pour contester la légalité ou l’interprétation juridique de la décision.

C’est précisément cette voie que l’équipe de défense de Madiambal Diagne envisage d’emprunter. Pour ses conseils, le caractère partiellement favorable de l’avis soulève des interrogations juridiques importantes. Une extradition « partielle » signifie en général que certains faits retenus dans la demande sont jugés recevables au regard du droit applicable, tandis que d’autres ne remplissent pas les conditions requises. Cette approche, bien que prévue par les textes dans certaines hypothèses, reste relativement rare et peut donner lieu à des débats techniques sur son fondement et sa portée.

En se déclarant confiant, Madiambal Diagne considère néanmoins que cette décision constitue un premier signal positif. Le rejet implicite d’une partie des griefs formulés par les autorités sénégalaises est perçu par lui comme une reconnaissance partielle des arguments développés par sa défense. Il insiste toutefois sur la nécessité d’obtenir une clarification définitive à travers un éventuel recours en cassation, afin de sécuriser juridiquement sa situation.

Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière la complexité croissante des mécanismes de coopération judiciaire internationale. Entre respect de la souveraineté des États demandeurs et protection des droits fondamentaux des personnes visées, les juridictions sont souvent amenées à opérer des arbitrages délicats. La décision rendue à Versailles illustre ces équilibres subtils et pourrait, selon certains observateurs, nourrir la réflexion doctrinale sur l’évolution de la pratique en matière d’extradition.

Extradition de Madiambal Diagne : la Cour d’appel de Versailles attendue au tournant

Le feuilleton judiciaire opposant l’État du Sénégal au journaliste et homme d’affaires Madiambal Diagne connaît une étape décisive ce mardi 3 mars. Sauf renvoi de dernière minute, la Cour d’appel de Versailles doit rendre son délibéré sur la demande d’extradition introduite par les autorités sénégalaises, selon des informations rapportées par le quotidien Libération. Cette décision est particulièrement attendue, tant elle pourrait influer sur la suite d’une procédure qui s’étend désormais sur plusieurs mois et qui a suscité de vives réactions, aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger.

Lors de l’audience tenue le 2 février dernier, les débats ont mis en lumière deux lectures radicalement opposées du dossier. La défense de Madiambal Diagne a plaidé le rejet pur et simple de la demande d’extradition. Ses avocats ont soutenu que la procédure engagée contre leur client serait entachée de considérations politiques, arguant que le journaliste ferait l’objet de poursuites en raison de ses prises de position publiques et de ses activités professionnelles. Ils ont également évoqué des risques liés au respect de ses droits fondamentaux en cas de retour au Sénégal, estimant que les garanties offertes ne seraient pas suffisantes pour assurer un procès équitable.

En face, l’État du Sénégal a défendu la solidité de son dossier et assuré avoir satisfait aux exigences procédurales posées par la juridiction française. Les représentants de Dakar ont affirmé que toutes les garanties judiciaires nécessaires avaient été fournies, insistant sur l’indépendance des juridictions sénégalaises et sur le respect des normes internationales en matière de droits de la défense. Pour les autorités sénégalaises, il s’agit d’une procédure judiciaire ordinaire fondée sur des éléments précis, et non d’une démarche à caractère politique.

Cette affaire trouve son origine dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), qui avait déclenché une série de poursuites et conduit à l’incarcération de plusieurs proches du journaliste. L’enquête portait notamment sur des soupçons d’infractions financières, dans un contexte de forte tension politico-judiciaire. Au fil des mois, cependant, la situation judiciaire des personnes mises en cause a évolué de manière significative.

L’épouse de Madiambal Diagne, Mabintou Diagne, ainsi que ses fils Mohamed et Sérigne Saliou, initialement placés en détention, ont bénéficié d’une liberté provisoire. Leur remise en liberté a été perçue par certains observateurs comme un signe d’apaisement dans un dossier qui avait alimenté de nombreuses controverses. Plus récemment, Serigne Omar Mbaye, poursuivi pour association de malfaiteurs et dernier suspect encore détenu dans cette affaire, a été remis en liberté par la Cour suprême du Sénégal. À ce stade, plus aucun mis en cause n’est maintenu en détention dans le cadre de ce dossier sur le territoire sénégalais.

La décision attendue à Versailles intervient ainsi dans un climat décrit comme plus décrispé sur le plan judiciaire au Sénégal. Toutefois, l’enjeu demeure majeur pour Madiambal Diagne. Si la cour venait à donner un avis favorable à l’extradition, la procédure pourrait encore se poursuivre à travers d’éventuels recours, notamment devant les juridictions administratives françaises. En revanche, un refus d’extradition constituerait un revers significatif pour l’État sénégalais et relancerait le débat sur la dimension politique alléguée de l’affaire.

DIGNITÉ DU DÉBAT PUBLIC, RESPECT DES BÂTISSEURS, HONNEUR AUX DÉPUTÉS , DÉFÉRENCE AUX INVESTISSEURS : ABDOULAYE SYLLA APPELLE AU SURSAUT

Je lève ma voix pour défendre la dignité du débat public, le respect des bâtisseurs, l’attention due aux investisseurs et l’honneur de la représentation nationale. Disons le haut et fort, quand la parole publique abdique, il y a une faute morale, une indignité républicaine et donc devoir de sursaut

Il est des moments où le silence deviendrait une complicité. Il est des paroles qui, parce qu’elles sont prononcées dans l’enceinte même de la représentation nationale, engagent bien au-delà de leurs auteurs et appellent une condamnation morale ferme, nette et sans équivoque.

Ce qui s’est produit à l’Assemblée nationale ne relève ni du débat démocratique, ni de la vivacité parlementaire, ni même d’un excès de langage malheureux. Il s’agit tout simplement d’un manquement grave à l’éthique publique, d’une déchéance morale incompatible avec la dignité du mandat parlementaire. Lorsqu’un élu, incapable de répondre à une collègue sur le terrain des idées, choisit sciemment d’attaquer son père, il ne commet pas une maladresse : il franchit une frontière morale que nul représentant du peuple n’a le droit d’ignorer. Je refuse de l’ignorer donc j’élève ma voix.

Aucune divergence politique, aucune tension idéologique, aucune posture militante ne saurait justifier l’instrumentalisation de la filiation, l’atteinte à l’honneur familial ou l’humiliation personnelle. Un tel comportement constitue une rupture avec les fondements mêmes de la République, fondements qui exigent retenue, respect et sens aigu de la responsabilité — a fortiori dans un lieu censé incarner l’exemplarité.

Le dossier de Ndingler, agité de manière obsessionnelle par certains, ne peut servir d’alibi à cet effondrement moral. Les faits sont connus, établis et vérifiables. Une terre  attribuée au terme d’un processus administratif, mise en valeur par un investisseur sénégalais, transformée en un pôle de production exemplaire au service de l’autosuffisance alimentaire. Voilà la réalité, loin du vacarme.

Cet investisseur est Babacar Ngom, fondateur de Sedima, figure majeure du secteur privé national et référence sous-régionale.  Je ne défends pas une personne pour le plaisir de la défendre. Je campe un principe d’autant plus que je ne connais pas personnellement Babacar Ngom et je ne crois pas l’avoir déjà rencontré. Mais je sais ce que son parcours représente : le travail contre la démagogie, la production contre l’agitation, la durée contre l’improvisation.

Babacar Ngom est un homme qui a choisi le labeur, l’investissement et la dignité. Il a investi dans le pays et pour le pays, dans plusieurs secteurs stratégiques. Son engagement agricole n’est ni une aventure opportuniste ni un calcul politicien : il procède d’une vision, d’un patriotisme économique assumé

Et à son sujet, Il faut ici rappeler un fait humainement lourd, que toute conscience honnête devrait méditer. Accablé par la répétition des attaques, Babacar Ngom avait pris la décision douloureuse d’arrêter ses activités et d’aller jusqu’à restituer les terres que les autorités lui avait régulièrement octroyées.

Voilà jusqu’où peut conduire l’irresponsabilité verbale : non à l’échec économique, mais à l’usure morale d’un bâtisseur national.

Et pendant que ce député de la majorité s’adonne à l’invective, la République, elle, a parlé avec gravité. En effet, le samedi 27 décembre 2025, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a élevé Babacar Ngom à la dignité de Grand-Croix de l’Ordre national du Lion, la plus haute distinction honorifique du Sénégal.

Par cet acte solennel, la Nation a salué une trajectoire et rendu hommage à un homme dont l’engagement au service du pays est reconnu au sommet de l’État. Dès lors, la faute morale commise par ce député n’en est que plus criante.

Il pouvait répondre politiquement à sa collègue Anta Babacar Ngom,  il pouvait le faire fermement, sans concession mais il n’avait aucun droit moral d’insulter son père, encore moins un père que la République venait d’honorer. Cette dérive n’est pas un égarement éthique, c’est beaucoup plus. Quand on insulte Babacar Ngom, on insulte un père mais on insulte aussi le secteur privé national.

A ce député égaré, il faut redire avec force que le secteur privé national est une colonne vertébrale de la souveraineté économique. Il mérite protection, écoute et considération. Ceux qui siègent à l’Assemblée nationale auraient dû en être les défenseurs naturels, s’ils avaient pleinement compris et surtout incarné la mystique de leur mission au service de la Nation.

Je veux ici assumer une parole personnelle.

Je passe une part importante de mon temps hors du pays, non par désinvolture, mais pour maintenir à flot des entreprises sénégalaises frappées par une crise sans précédent, dans un contexte d’adversité parfois ouverte et flagrante. On m’accuse d’absentéisme sur les bancs de l’Assemblée. Mais pense-t-on un seul instant à mes lourdes responsabilités d’investisseur dans l’obligation de préserver un outil de travail, de payer des salaires, de garantir l’avenir de milliers d’employés au Sénégal et à l’étranger, eux aussi responsables du quotidien de milliers de familles durement éprouvées par la crise ?

À ces attaques, je n’ai jamais répondu par la parole blessante.

Je n’y répondrai jamais autrement que par l’action, par la sauvegarde de la dignité de mes entreprises, de mes employés et de tous ceux et celles qui dépendent d’eux. C’est cela, la responsabilité. C’est cela, le patriotisme réel.

Pour ma part, je me suis toujours battu pour l’émergence d’un secteur privé national fort, structuré et uni. Aujourd’hui, face aux attaques répétées, aux incompréhensions et à ce climat délétère de crise, je lance un appel solennel pour la mise en place d’un cadre unitaire du secteur privé national : un espace de cohésion, de solidarité et de responsabilité collective, capable de renforcer notre voix, de protéger nos entreprises et de nous rendre à la hauteur de notre mission historique.

Les crises, dit-on, révèlent les faiblesses. Si elles ne montrent pas d’elles-mêmes le chemin de l’urgence, montrons que nous ne sommes pas de ceux qui détournent le regard. Unissons nos forces dispersées, élevons notre parole, consolidons notre action. Car la souveraineté ne se proclame pas : elle se construit, ensemble, dans la durée, par le travail et par la dignité.

Ce qui s’est produit doit être condamné sans réserve, non pour humilier, mais pour rappeler les bornes, restaurer la dignité du débat public et préserver l’honneur de la République.

Abdoulaye Sylla
Investisseur
Député à l’Assemblée nationale

Invitation au Palais : des députés boycottent le « Ndogou » du président Diomaye

Une invitation présidentielle qui suscite la controverse. Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a convié les députés du parti Pastef Les Patriotes à un « Ndogou » prévu ce vendredi 27 février 2026 au Palais de la République. Présentée comme une rencontre conviviale dans le cadre du mois de Ramadan, l’initiative ne fait cependant pas l’unanimité au sein du groupe parlementaire.

Dès l’annonce de l’événement, plusieurs députés ont publiquement décliné l’invitation, principalement à travers des publications sur les réseaux sociaux. Sur les 130 députés que compte l’Assemblée nationale du Sénégal, près d’une dizaine ont exprimé leur refus de prendre part à la rupture collective du jeûne organisée par le président de la République. Cette prise de position publique, inhabituelle dans ce type de circonstances, a rapidement alimenté les débats au sein de l’opinion.

Le député Cheikh Bara Ndiaye a été l’un des premiers à réagir, publiant sur sa page Facebook un message énigmatique : « Ndogou mystique gaay ame fofou ». Dans son sillage, d’autres parlementaires ont également fait connaître leur décision de ne pas se rendre au Palais. Parmi eux figurent notamment Fatou Cissé Goudiaby, Ramatoulaye Ndom, Cheikh Omar Bamba Diop, Seynabou Yacine Sambe, Mayabé Mbaye, Alla Kane, Ousmane Diop, Awa Sonko, Awa Seck et Fama Bachir Ba. Ces refus, exprimés de manière individuelle, traduisent des sensibilités divergentes au sein même de la majorité parlementaire.

Si aucune déclaration officielle détaillant les motivations de ces boycotts n’a été publiée collectivement, certains observateurs y voient l’expression de désaccords internes ou d’un malaise politique latent. D’autres estiment qu’il pourrait s’agir d’un geste symbolique visant à marquer une prise de distance par rapport à certaines orientations ou pratiques politiques.

Du côté de la direction du groupe parlementaire, le président Ayib Daffé a indiqué que la rencontre avait été validée par le Premier ministre Ousmane Sonko, soulignant ainsi le caractère institutionnel et officiel de l’initiative. Cette précision vise à dissiper toute interprétation d’un événement informel ou partisan, en le replaçant dans le cadre des relations normales entre l’exécutif et sa majorité parlementaire.

Le « Ndogou » présidentiel, traditionnellement perçu comme un moment de communion et de convivialité en période de Ramadan, prend ainsi une dimension politique inattendue. Entre cohésion de la majorité, liberté d’expression des élus et gestion des équilibres internes, cet épisode révèle les dynamiques complexes qui traversent la scène politique sénégalaise, même lors d’événements à vocation symbolique et religieuse.

Affaire Bocar Thiam : Djimo Souaré accuse l’Assemblée nationale de dérive politique

La mise en accusation de Moussa Bocar Thiam devant la Haute Cour de justice du Sénégal continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique. Au lendemain du vote de la résolution par l’Assemblée nationale du Sénégal, le député Djimo Souaré, membre de l’Alliance pour la République (APR, opposition) et vice-président du groupe parlementaire Takku-Wallu, a vivement critiqué la procédure engagée contre l’ancien ministre de la Communication et des Télécommunications.

Selon lui, l’Assemblée nationale se serait « transformée en tribunal politique au service de l’exécutif », remettant en cause l’impartialité de l’institution parlementaire dans ce dossier. Djimo Souaré estime que la démarche adoptée ne repose sur aucune base légale solide et dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique de la procédure de mise en accusation. À ses yeux, le Parlement aurait outrepassé ses prérogatives en examinant une demande de l’exécutif sans fondement réglementaire clair.

Dans son argumentaire, le député soutient que les dispositions encadrant la procédure de mise en accusation devant la Haute Cour de justice ne figureraient pas explicitement dans le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Il invoque à cet effet l’article 62 de la Constitution, qu’il interprète comme exigeant que tous les actes pris par l’Assemblée soient strictement circonscrits par son règlement intérieur. Toute initiative parlementaire engagée en dehors de ce cadre serait, selon lui, « nulle et non avenue ». Pour Djimo Souaré, cette lacune juridique entacherait la validité de la résolution adoptée le 27 février 2026.

Le député de l’APR affirme par ailleurs qu’aucun rapport émanant des corps de contrôle de l’État ne mettrait en cause la gestion de Moussa Bocar Thiam. Il cite notamment l’absence de conclusions défavorables provenant de la Cour des Comptes, de la CENTIF ou encore de l’Inspection générale des finances (IGF). En l’absence de tels éléments, il considère que les poursuites enclenchées relèvent davantage d’une décision politique que d’un processus fondé sur des constats techniques ou financiers établis par les organes compétents.

L’affaire trouve son origine dans le dossier de l’aménagement du Parc des technologies numériques, rebaptisé « Sénégal Connect Park », un projet structurant lancé sous l’ancien régime de Macky Sall. Ce programme avait déjà conduit à l’incarcération de plusieurs cadres du ministère de la Communication et des Télécommunications. Toutefois, les soutiens de l’ancien ministre estiment que sa responsabilité personnelle n’a pas été juridiquement établie à ce stade.

Cette nouvelle sortie de Djimo Souaré illustre la polarisation croissante autour de cette procédure inédite. Entre la volonté affichée de la majorité de faire toute la lumière sur la gestion passée et les accusations d’acharnement politique formulées par l’opposition, le dossier Moussa Bocar Thiam s’impose désormais comme un test majeur pour les institutions sénégalaises et pour l’équilibre entre responsabilité politique et respect des garanties constitutionnelles.

Affaire Haute Cour : Me Moussa Bocar Thiam conteste une décision « illégale » et annonce son retour au Sénégal

L’ancien ministre de la Communication, Moussa Bocar Thiam, a réagi publiquement à la suite du vote de l’Assemblée nationale du Sénégal adoptant la résolution portant sa mise en accusation devant la Haute Cour de justice du Sénégal. Dans une publication diffusée sur Facebook, il affirme « prendre acte » de cette décision qu’il qualifie néanmoins d’« illégale » et contraire à la Constitution.

Le vote intervenu le vendredi 27 février marque une étape déterminante dans la procédure engagée contre l’ancien membre du gouvernement de Macky Sall. La majorité parlementaire a validé son renvoi devant la juridiction compétente pour juger les ministres pour des faits présumés commis dans l’exercice de leurs fonctions. Pour Me Thiam, cette mise en accusation constitue une « violation flagrante de la Constitution », position qu’il maintient depuis le début de la procédure.

Malgré ses contestations, l’ancien ministre annonce son retour imminent au Sénégal. Il indique qu’il prendra « immédiatement des congés professionnels » au sein de son cabinet basé dans le Golfe afin de venir se mettre « à la disposition de la justice ». Il insiste sur son statut de « bon républicain », affirmant vouloir faire face aux accusations dans le respect des institutions, tout en dénonçant une manœuvre politique à son encontre.

Dans sa déclaration, Me Moussa Bocar Thiam évoque ce qu’il considère comme une « cabale politique » initiée par le Premier ministre Ousmane Sonko et son entourage. Selon lui, cette procédure viserait à affaiblir l’opposition à travers des actions judiciaires qu’il estime motivées par des considérations politiques. Il soutient que son retour au pays lui permettra de « démonter » les accusations et de défendre son honneur devant la Haute Cour de justice.

L’affaire concerne le dossier de l’aménagement du Parc des technologies numériques, rebaptisé « Sénégal Connect Park », un projet structurant du secteur numérique lancé sous l’ancien régime. Ce dossier avait déjà conduit à l’incarcération de plusieurs cadres du ministère de la Communication et des Télécommunications. Depuis l’ouverture de la procédure, Me Thiam a constamment rejeté les charges retenues contre lui et engagé différentes actions juridiques pour tenter d’obtenir l’annulation de la mise en accusation. Des recours avaient notamment été introduits devant la Cour suprême, le Conseil de l’ordre des avocats et le Conseil constitutionnel, sans succès.

L’évolution de ce dossier sera désormais scrutée de près, tant sur le plan judiciaire que politique. Le renvoi devant la Haute Cour de justice ouvre une nouvelle phase de la procédure, qui pourrait avoir des répercussions importantes sur le paysage politique sénégalais dans les mois à venir.

Éducation nationale : 3 284 enseignants admis définitivement après la signature de 22 arrêtés de carrière

Le ministère de l’Ministère de l’Éducation nationale du Sénégal a annoncé, ce jeudi 26 février 2026, la signature de 22 arrêtés d’admission définitive en faveur de 3 284 enseignants. Cette mesure administrative marque une nouvelle étape dans le processus de régularisation des carrières et la résorption progressive des dossiers en attente au sein du système éducatif.

Dans le détail, 2 740 enseignants ont été admis au titre du Certificat d’Aptitude Pédagogique (CAP), tandis que 544 autres ont obtenu le Certificat Élémentaire d’Aptitude Pédagogique (CEAP). Ces certifications constituent des étapes essentielles dans la stabilisation statutaire des enseignants, conditionnant leur intégration définitive dans la fonction publique et leur évolution professionnelle.

Selon les services du ministère, cette initiative s’inscrit dans une dynamique engagée depuis plus de deux ans pour apurer l’ensemble des actes administratifs en instance. Les années 2024 et 2025 avaient déjà permis la publication de 83 arrêtés couvrant 10 512 agents. L’objectif affiché par les autorités est de mettre fin aux retards accumulés et de sécuriser les parcours professionnels des enseignants concernés.

Le traitement des dossiers est assuré par la Direction des Examens et Concours (DEXCO), qui instruit les demandes au fur et à mesure de la réception des procès-verbaux transmis par les Inspections d’Académie. Chaque dossier suit ensuite un circuit administratif strict comprenant les visas juridiques requis, le contrôle budgétaire ministériel ainsi que la validation des services compétents du ministère des Finances, notamment la Solde et le Budget.

Les arrêtés signés seront officiellement disponibles dès le début de la semaine prochaine, après leur numérotation et leur enregistrement au Secrétariat Général du Gouvernement du Sénégal (SGG). Cette formalité permettra aux enseignants concernés de bénéficier pleinement des effets administratifs et financiers liés à leur admission définitive, notamment en matière d’avancement et de régularisation salariale.

Assemblée nationale : l’opposition dénonce de graves entorses au règlement intérieur lors des questions au gouvernement

La séance de questions d’actualité au gouvernement du 24 février 2026 continue d’alimenter une vive polémique au sein de l’Assemblée nationale. Dans un communiqué conjoint, le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal et plusieurs députés non-inscrits ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « violations graves et répétées » du règlement intérieur de l’institution. Selon eux, le déroulement de la séance a porté atteinte aux principes fondamentaux du débat démocratique et à la dignité parlementaire.

L’opposition pointe en premier lieu le comportement de certains députés de la majorité qu’elle accuse d’avoir franchi les limites du respect mutuel. Elle cite notamment Ayib Daffe, qui aurait qualifié des élus de l’opposition de « chiens et de chiots » au cours des échanges. Elle met également en cause Alioune Dieye, accusé d’avoir tenu des propos visant le père de l’honorable Anta Babacar Ngom. Pour les signataires du communiqué, ces déclarations constituent une entorse manifeste à l’article 64 du règlement intérieur, qui impose un débat « serein, courtois et impersonnel ». L’opposition estime qu’il est inacceptable que des députés soient publiquement pris à partie pour avoir exercé leur droit constitutionnel de poser des questions au gouvernement.

Au-delà des propos jugés injurieux, le communiqué met également en cause la gestion de la séance par le président de l’institution, El Malick Ndiaye. L’opposition lui reproche d’avoir manqué à son obligation d’impartialité en accordant cinq minutes supplémentaires de temps de parole au Premier ministre Ousmane Sonko, sans permettre aux députés de l’opposition d’exercer un droit de réponse. Selon les contestataires, cette décision unilatérale rompt l’équilibre des débats et contrevient aux règles établies collectivement par les parlementaires concernant la répartition du temps de parole.

Les députés signataires estiment que cette séquence a créé un précédent préoccupant, dans la mesure où elle donnerait l’impression que l’exécutif bénéficie d’un traitement préférentiel au sein de l’hémicycle. Ils affirment que le chef du gouvernement aurait pu s’exprimer longuement, allant jusqu’à « invectiver l’opposition », sans répondre précisément aux interrogations formulées sur des sujets d’actualité majeurs. Pour eux, le rôle du président de l’Assemblée est précisément de garantir l’équité des échanges et de veiller au respect strict des règles, ce qui n’aurait pas été le cas lors de cette séance.

L’opposition parlementaire considère que ces incidents ne relèvent pas d’un simple accrochage politique, mais traduisent une dérive dans le fonctionnement institutionnel. Elle affirme que le respect du règlement intérieur est indispensable pour préserver la crédibilité du Parlement et la qualité du débat démocratique. En conséquence, elle annonce qu’elle « saura tirer toutes les conséquences de droit » de ces manquements, sans préciser à ce stade les démarches envisagées.

Cette nouvelle controverse intervient dans un contexte politique déjà marqué par des tensions récurrentes entre majorité et opposition. Elle illustre la fragilité du climat parlementaire et la difficulté à maintenir des échanges apaisés dans un environnement politique fortement polarisé. Les prochains jours diront si cette crise donnera lieu à des mesures correctives internes ou à un durcissement supplémentaire des positions au sein de l’Assemblée nationale.

Mbaye Dione critique la gestion électorale : inquiétudes sur le calendrier, la dette et les secteurs en crise

Le débat politique autour de la gouvernance et de la préparation des prochaines échéances électorales s’intensifie au Sénégal. Le député et Secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), Mbaye Dione, a dénoncé un manque de visibilité globale sur la gestion de plusieurs dossiers stratégiques de l’État, en particulier le calendrier électoral, lors d’un point de presse tenu à l’issue de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale. Ses déclarations s’inscrivent dans un contexte politique marqué par des tensions autour des réformes institutionnelles et de la préparation des futures consultations électorales.

Le député a principalement mis l’accent sur ce qu’il considère comme un « flou total » concernant l’organisation du calendrier électoral national. Selon lui, les autorités gouvernementales n’ont pas encore apporté de réponses suffisamment précises sur les prochaines étapes du processus électoral, notamment en ce qui concerne la révision des listes électorales. Il estime que cette situation rend difficile l’établissement d’un agenda clair pour les élections à venir, alors que le gouvernement envisagerait parallèlement des réformes relatives au découpage administratif et territorial des collectivités locales. Pour l’opposant, toute modification institutionnelle devrait s’accompagner d’une communication transparente afin d’éviter toute suspicion dans l’opinion publique.

Au-delà de la question électorale, Mbaye Dione a également interpellé le gouvernement sur la situation économique nationale, notamment la gestion de la dette publique et les risques de défaut de paiement. Il a exprimé ses préoccupations face à la pression financière qui pèse sur les finances publiques et a appelé les autorités à anticiper des solutions structurelles pour préserver la stabilité économique du pays. Selon lui, la question de la dette ne doit pas être traitée uniquement sous un angle technique, mais doit aussi intégrer les conséquences sociales et économiques pour les populations.

Le parlementaire a également élargi son analyse à la situation du monde rural, qu’il considère comme particulièrement vulnérable dans le contexte actuel. Il a évoqué les difficultés rencontrées par les producteurs agricoles, notamment l’écoulement des récoltes d’arachide, principale source de revenus pour de nombreuses familles rurales. Cette situation, selon lui, traduit des dysfonctionnements dans la chaîne de commercialisation agricole et appelle à des mesures urgentes pour soutenir les paysans, améliorer les circuits de distribution et stabiliser les prix des denrées agricoles.

Mbaye Dione a aussi attiré l’attention sur les difficultés économiques et sociales qui touchent plusieurs secteurs clés de l’économie nationale, notamment le secteur du bâtiment et de l’immobilier, l’enseignement supérieur ainsi que les médias. Selon lui, ces secteurs traversent des crises structurelles qui nécessitent des politiques publiques plus adaptées. Il a également évoqué la situation des ressortissants sénégalais détenus au Maroc, soulignant la souffrance des familles concernées et appelant les autorités à poursuivre les démarches diplomatiques pour trouver des solutions humanitaires et juridiques à cette affaire.

Pour conclure, le député a insisté sur l’urgence d’obtenir des réponses claires de la part du gouvernement sur la préparation des élections. Il a réaffirmé que l’absence de calendrier précis, combinée aux réformes envisagées sur le découpage territorial, entretient un climat d’incertitude politique. Selon lui, la transparence dans la gestion du processus électoral constitue une exigence démocratique fondamentale, indispensable pour renforcer la confiance entre les institutions et les citoyens.

Mame Makhtar Guèye réplique à Sonko : le débat sur les mœurs et la légalité au cœur des tensions

Les échanges autour de la question des mœurs au Sénégal continuent d’alimenter un vif débat politique et sociétal. Le vice-président de l’ONG islamique Jamra, Mame Makhtar Guèye, a réagi aux déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko tenues à l’Assemblée nationale, en apportant des précisions sur ses positions et en réclamant des actions plus fermes de la part de l’État dans la gestion des questions liées à l’homosexualité. Cette sortie médiatique s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions entre certaines organisations religieuses conservatrices et les autorités publiques sur la manière d’aborder les questions de société sensibles.

Intervenant sur les ondes d’une radio nationale, Mame Makhtar Guèye a catégoriquement rejeté l’idée selon laquelle il aurait envisagé de publier une liste de personnes ou d’associations supposées homosexuelles. Selon lui, les propos attribués au chef du gouvernement ne reposent sur aucun élément concret. Il a insisté sur le fait que la gestion de ce type de dossier relève exclusivement des prérogatives régaliennes de l’État, notamment du ministère de l’Intérieur et des services judiciaires. Tout en répondant aux critiques, il a estimé que le Premier ministre arrivait tardivement dans la gestion de cette problématique, considérant que le débat public aurait pu être mieux encadré depuis plusieurs années.

Le responsable de Jamra a également évoqué les fortes pressions sociales et médiatiques qu’il affirme avoir subies ces dernières semaines, notamment sur les réseaux sociaux, où certains internautes l’auraient encouragé à divulguer des listes de personnes suspectées d’appartenir à la communauté homosexuelle. Il a rappelé qu’une telle démarche pourrait créer des situations de stigmatisation et de violences sociales. À ce titre, il a fait référence à un précédent historique survenu dans les années 1980, lorsqu’une liste de francs-maçons avait été rendue publique, évoquant les conséquences sociales et politiques qu’un tel acte pourrait engendrer dans la société sénégalaise. Pour lui, la publication d’informations sensibles ne doit pas être laissée aux réseaux sociaux, mais doit plutôt être transmise directement aux autorités compétentes afin qu’elles puissent mener les investigations nécessaires dans un cadre légal.

Sur le plan politique et législatif, Mame Makhtar Guèye a appelé le gouvernement à adopter des mesures concrètes allant au-delà des discours publics. Il a notamment plaidé pour le retrait des récépissés accordés à certaines associations dont les activités seraient jugées contraires aux dispositions légales en vigueur. Selon lui, ces structures devraient faire l’objet de procédures administratives de dissolution par arrêté ministériel si leurs actions entrent en contradiction avec les lois nationales. Il considère que ces mesures constitueraient une réponse institutionnelle forte aux attentes d’une partie de l’opinion publique sénégalaise.

Concernant la question du retrait de sa protection rapprochée par les services de sécurité de l’État, le vice-président de Jamra a choisi de relativiser l’importance de cette décision, la qualifiant de « non-débat ». Selon lui, l’essentiel reste la protection des valeurs sociales et morales qu’il défend, plutôt que les considérations personnelles liées à sa sécurité. Cette prise de position confirme la persistance des lignes de fracture dans le débat public sénégalais autour des questions de société, de religion et de liberté individuelle.

Médias : La CJRS mobilise la presse face à la baisse de la liberté d’expression au Sénégal

La liberté de la presse au Sénégal traverse une période de fortes tensions, comme en témoigne la récente publication du classement mondial de Reporters Sans Frontières (RSF) qui a placé le pays dans une position préoccupante. Le Sénégal est en effet passé de la 48e à la 94e place, un recul jugé inquiétant par plusieurs acteurs du secteur des médias. Cette situation a suscité une réaction immédiate de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS), qui a décidé de lancer une initiative de renforcement des capacités journalistiques afin de promouvoir un journalisme responsable et professionnel face aux défis actuels.

C’est dans ce contexte que la CJRS a ouvert, ce mardi 24 février 2026, un atelier de formation de trois jours destiné à quatorze journalistes provenant de différentes régions du pays. Cette formation s’inscrit dans une dynamique de sensibilisation sur les questions d’éthique, de responsabilité éditoriale et de protection des professionnels des médias dans un environnement sociopolitique de plus en plus marqué par les tensions entre le monde médiatique et les institutions judiciaires. Pour les organisateurs, cette initiative constitue une réponse proactive à la montée des convocations judiciaires visant certains journalistes après leurs prises de position publiques sur des sujets sensibles de la vie nationale.

Le président de la CJRS, Mamadou Diagne, a profité de l’ouverture de cet atelier pour lancer un message fort à l’endroit de la corporation journalistique. Selon lui, la défense de la liberté de la presse doit nécessairement s’accompagner d’une plus grande rigueur éthique dans le traitement de l’information. Il a ainsi souligné qu’on observe aujourd’hui une tendance où certains journalistes participent à des débats télévisés ou publient des contenus très critiques sans disposer de preuves solides, avant de se retrouver confrontés à des procédures judiciaires. Pour Mamadou Diagne, cette situation traduit un manque de prudence professionnelle qui peut fragiliser la crédibilité globale du secteur des médias et exposer individuellement les journalistes à des poursuites judiciaires.

Le responsable associatif a également dénoncé l’instrumentalisation politique ou économique de certains espaces médiatiques, estimant que des accusations non fondées peuvent alimenter les tensions sociales et judiciaires. Il a insisté sur le fait que la responsabilité éditoriale constitue un pilier fondamental du métier de journaliste. Selon lui, la liberté d’expression ne signifie pas l’absence totale de règles déontologiques, mais plutôt l’exercice de cette liberté dans un cadre respectueux des normes professionnelles et juridiques en vigueur. Il a ainsi appelé les journalistes à privilégier la vérification des informations, la contextualisation des faits et le respect du principe de présomption d’innocence dans leurs productions médiatiques.

Dans le même élan, Ndèye Diary Ba, chargée des programmes de Reporters Sans Frontières en Afrique subsaharienne, a présenté les grandes orientations d’un projet stratégique de trois ans soutenu par la coopération allemande. Cette initiative vise à renforcer la protection des journalistes et à améliorer la surveillance des violations de la liberté de la presse dans la région. Le premier axe du programme repose sur la création d’un maillage territorial permettant l’installation de points focaux dans toutes les régions du Sénégal. Ces relais permettront de documenter rapidement les agressions contre les journalistes, les restrictions d’accès à l’information et les autres formes de pression exercées sur les professionnels des médias.

Selon RSF, ce dispositif permettra d’améliorer la réactivité des organisations de défense de la presse face aux atteintes à la liberté d’expression. Au-delà de la formation des journalistes, l’objectif est également de renforcer le plaidoyer institutionnel afin d’encourager les autorités publiques à garantir un environnement plus sécurisé pour le travail journalistique. Cette démarche s’inscrit dans un contexte global où la question de la liberté de la presse reste un enjeu majeur de gouvernance démocratique.

Finance publique : Réforme fiscale et rappels de salaire – Cheikh Diba défend une « justice fiscale »

Le ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba a apporté des éclaircissements importants sur la récente réforme fiscale concernant le traitement des rappels de salaire dans la fonction publique, un sujet qui suscite de vives discussions au sein du corps enseignant et de la représentation parlementaire. Face aux critiques, le ministre a choisi d’inscrire son argumentaire dans une logique de pédagogie fiscale et de rétablissement de ce qu’il considère comme une équité dans le système d’imposition des revenus exceptionnels.

Pendant plusieurs années, les rappels de salaire versés aux enseignants constituaient une source de frustration pour de nombreux agents de l’État. Lorsqu’un rappel était versé en une seule fois après plusieurs années d’arriérés, l’intégralité de la somme était imposée sur l’année de perception, ce qui provoquait un saut brutal dans les tranches d’imposition. De nombreux enseignants considéraient cette pratique comme une pénalité indirecte, certains parlant même d’un système fiscal défavorable aux agents publics dont les rémunérations étaient régularisées tardivement. Selon Cheikh Diba, cette situation constituait une véritable injustice sociale et fiscale qu’il était nécessaire de corriger afin de préserver le pouvoir d’achat des travailleurs de l’administration publique.

La réforme introduite par le gouvernement permet désormais d’étaler l’imposition des revenus exceptionnels sur une période pouvant atteindre quatre années fiscales. Ce mécanisme de lissage permet d’éviter que les bénéficiaires de rappels de salaire ne soient brusquement soumis à des taux d’imposition élevés qui ne reflètent pas leur niveau réel de revenus annuels. Pour le gouvernement, cette mesure constitue une avancée dans la modernisation du système fiscal sénégalais et dans l’amélioration de la relation entre l’État et ses agents publics. L’objectif affiché est de rendre la fiscalité plus progressive et plus juste, en tenant compte des situations salariales particulières des travailleurs dont les revenus sont régularisés après plusieurs années d’attente.

L’un des points ayant suscité le plus de débats concerne la perception d’une baisse du montant net perçu par certains agents lors de la régularisation de leur situation salariale. Sur ce point, le ministre a tenu à clarifier qu’il ne s’agit pas d’une augmentation de la pression fiscale, mais plutôt d’une réorganisation des contributions sociales. Il a distingué deux mécanismes principaux dans la structure des prélèvements. D’une part, l’Impôt sur le Revenu (IR), qui est désormais calculé de manière progressive grâce à la nouvelle méthode de lissage des revenus exceptionnels. D’autre part, le Fonds National de Retraite (FNR), dont les cotisations peuvent augmenter lors de l’intégration des agents contractuels dans la fonction publique, car ces contributions constituent un investissement pour la protection sociale future des travailleurs.

Le ministre a insisté sur le fait que ces prélèvements ne doivent pas être interprétés comme une pression fiscale supplémentaire, mais comme un mécanisme de sécurisation des revenus futurs des agents de l’État. Selon lui, les cotisations sociales représentent des garanties financières permettant d’assurer la stabilité économique des fonctionnaires après leur départ à la retraite. Cette approche s’inscrit dans une logique de réforme globale du système de rémunération et de protection sociale dans la fonction publique sénégalaise.

Afin de défendre la cohérence de ces réformes, Cheikh Diba a affirmé être prêt à répondre à toutes les interrogations des syndicats et des parlementaires. Il a même lancé un défi public en proposant d’examiner, de manière détaillée, les bulletins de salaire de n’importe quel enseignant afin de démontrer l’absence de surimposition. Cette déclaration traduit la volonté du ministère de défendre publiquement la réforme fiscale tout en poursuivant le dialogue avec les acteurs sociaux concernés.

Dans un contexte marqué par les revendications sociales, le gouvernement présente cette réforme comme un outil d’équilibre entre justice fiscale, stabilité budgétaire et amélioration des conditions de vie des agents publics. Le débat sur l’efficacité réelle de ces mesures devrait toutefois se poursuivre dans les mois à venir, notamment à travers les discussions entre l’exécutif, les syndicats et les représentants du secteur éducatif.

Contrôle des prix : Serigne Guèye Diop dévoile un dispositif inédit de surveillance du marché intérieur

Le gouvernement sénégalais intensifie sa stratégie de lutte contre la cherté de la vie à travers un nouveau dispositif de contrôle des prix des denrées de première nécessité. Lors d’une séance plénière consacrée aux questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Industrie et du Commerce Serigne Guèye Diop a détaillé un vaste plan de déploiement destiné à renforcer l’effectivité des mesures sociales annoncées par les autorités.

Au cœur de cette réforme figure la mise en place d’un corps inédit appelé « volontaires de la consommation ». Ce dispositif prévoit le recrutement et le déploiement de 1 000 jeunes bacheliers âgés d’environ 25 ans, sélectionnés selon des critères de compétence et de rigueur intellectuelle. Selon le ministre, cette approche vise à allier surveillance économique et expertise citoyenne dans un contexte marqué par des tensions récurrentes sur le coût des produits alimentaires. L’objectif principal est de garantir l’application réelle des décisions gouvernementales relatives à la fixation des prix des produits de première nécessité.

Contrairement aux méthodes traditionnelles de contrôle, ces volontaires évolueront sans uniforme afin d’adopter une stratégie d’immersion dans le tissu économique local. Cette méthode de surveillance discrète doit permettre d’observer directement les pratiques commerciales sur le terrain, notamment les cas de spéculation, de rétention de stocks ou de non-respect des prix plafonds fixés par l’État. Le ministre a affirmé que tout opérateur économique pris en flagrant délit de non-respect des réglementations s’exposera à des sanctions administratives et financières immédiates. Cette mesure vise à instaurer un climat de discipline dans les circuits de distribution et à protéger le pouvoir d’achat des ménages sénégalais, particulièrement touchés par l’inflation mondiale des produits importés.

Au-delà du contrôle direct des marchés, le plan gouvernemental inclut également un volet territorial important. Le ministre a déploré l’existence de disparités historiques dans la présence des structures publiques de régulation économique, évoquant des zones du territoire national qui n’ont pas bénéficié d’implantations administratives depuis plusieurs décennies. Il a notamment cité les départements de Malem Hodar et Guinguinéo comme exemples de localités ayant souffert d’un déficit structurel en matière de contrôle économique et d’encadrement administratif.

Pour corriger ces déséquilibres, le budget de l’exercice en cours prévoit la création de 13 nouveaux sièges de services de contrôle économique. Cette première phase s’inscrit dans un programme plus large visant, à terme, à doter l’ensemble des 45 départements du Sénégal de structures permanentes chargées de la surveillance des marchés et de la protection des consommateurs. Selon Serigne Guèye Diop, cette réforme constitue une avancée majeure dans la modernisation des outils de gouvernance économique.

Le gouvernement justifie cette réforme par la nécessité de mieux protéger les populations face aux fluctuations des prix des produits alimentaires. La lutte contre la spéculation est présentée comme un levier stratégique pour assurer la stabilité sociale et économique du pays. Les autorités espèrent également renforcer la confiance entre les acteurs économiques et les institutions publiques. Cette approche hybride, combinant intervention étatique et mobilisation citoyenne, marque selon le ministre une rupture dans les politiques de régulation économique appliquées jusqu’ici.

En conclusion, le ministère de l’Industrie et du Commerce affirme que cette nouvelle stratégie de contrôle des prix constitue une étape importante dans la politique de souveraineté économique et de protection du consommateur. Le succès de cette initiative dépendra toutefois de la capacité des autorités à assurer un suivi rigoureux du dispositif sur le terrain et à garantir la transparence dans le fonctionnement des nouveaux mécanismes de surveillance du marché.

Affaire des 18 supporters détenus au Maroc : Ousmane Sonko annonce une aide financière aux familles

La situation des dix-huit supporters sénégalais condamnés et détenus au Maroc à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 continue d’alimenter le débat politique, diplomatique et social au Sénégal. Face à l’émotion suscitée par cette affaire au sein de l’opinion publique, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé devant l’Assemblée nationale une mesure d’accompagnement social destinée aux familles des détenus, en complément des démarches diplomatiques engagées par l’État pour tenter de résoudre la crise.

Dans son intervention, le chef du gouvernement a voulu replacer le dossier dans une dimension à la fois humaine et nationale. Il a souligné que derrière les tensions diplomatiques et les procédures judiciaires, se trouvent des familles sénégalaises confrontées à des difficultés économiques et psychologiques importantes depuis l’arrestation de leurs proches. Selon lui, plusieurs des condamnés sont des soutiens de famille qui contribuaient directement aux dépenses quotidiennes de leurs ménages. Cette situation a été particulièrement difficile à gérer pour les proches, notamment en cette période de ramadan, période durant laquelle la solidarité sociale et familiale occupe une place centrale dans la société sénégalaise.

Ainsi, Ousmane Sonko a annoncé qu’une aide financière gouvernementale sera prochainement versée aux familles concernées. Il a insisté sur le caractère humanitaire de cette décision, affirmant que l’État ne pouvait rester indifférent face à la souffrance sociale engendrée par cette affaire. Cette aide s’inscrit dans une logique de solidarité nationale visant à soutenir les épouses, les enfants et les parents des détenus, en attendant l’évolution du dossier sur le plan judiciaire et diplomatique. Le Premier ministre n’a toutefois pas encore précisé le montant exact de cette assistance ni les modalités pratiques de sa distribution, indiquant que les détails seront communiqués ultérieurement par les services compétents.

Sur le plan diplomatique, le gouvernement a confirmé que plusieurs démarches officielles sont en cours. Sur instruction du président de la République Bassirou Diomaye Faye, le ministère des Affaires étrangères a été chargé d’engager une procédure de demande de grâce auprès des autorités marocaines. Cette démarche vise à obtenir la libération des supporters ou, à défaut, à négocier un cadre juridique permettant leur transfèrement vers le Sénégal afin qu’ils purgent leur peine dans leur pays d’origine, conformément aux accords bilatéraux existants entre Dakar et Rabat. Le gouvernement espère ainsi trouver une solution diplomatique apaisée à une affaire qui a suscité une forte indignation populaire au Sénégal.

L’affaire remonte au 18 janvier 2026, lors de la finale de la CAN 2025 opposant le Sénégal au Maroc à Rabat. Le match avait été marqué par des tensions dans les tribunes après l’attribution d’un penalty controversé en faveur du Maroc dans les dernières minutes de la rencontre, peu après un but sénégalais annulé. Dans la confusion qui a suivi, des incidents ont éclaté entre supporters et forces de l’ordre, les autorités marocaines accusant certains supporters sénégalais d’actes de violence et de dégradations matérielles. À l’issue du procès tenu le 19 février 2026, le tribunal de Rabat a condamné dix-huit supporters pour hooliganisme à des peines de prison ferme allant de trois mois à un an, assorties d’amendes financières. Cette décision judiciaire a été vivement contestée par la défense, qui estime que les droits de la défense n’ont pas été pleinement respectés et que les sanctions prononcées sont disproportionnées au regard des faits reprochés.

Au-delà du volet judiciaire, cette affaire soulève également des enjeux politiques et diplomatiques plus larges entre le Sénégal et le Maroc, deux pays liés par des relations historiques solides. Le gouvernement sénégalais souhaite éviter toute escalade tout en affirmant sa responsabilité de protéger ses ressortissants à l’étranger. Dans ce contexte, Ousmane Sonko a appelé la population à la retenue, rappelant que les crises de ce type doivent être gérées avec sang-froid et responsabilité diplomatique. L’aide annoncée aux familles constitue ainsi un signal politique fort combinant solidarité sociale, gestion diplomatique et réponse aux attentes de l’opinion publique.

Affaire des homosexuels : Ousmane Sonko recadre Mame Makhtar Gueye et met fin à sa protection rapprochée

La séance de Questions d’actualité à l’Assemblée nationale a donné lieu à une déclaration particulièrement ferme du Premier ministre Ousmane Sonko, qui a publiquement recadré l’ONG Jamra et son vice-président, Mame Makhtar Gueye, au sujet de leurs initiatives dans la lutte contre l’homosexualité. Dans un contexte national marqué par une forte tension autour de ces questions, le chef du gouvernement a tenu à rappeler avec insistance que la gestion des problématiques liées aux mœurs et à l’ordre public relève exclusivement de l’État.

Devant les députés, Ousmane Sonko a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive dangereuse consistant, pour certains acteurs de la société civile, à se substituer aux institutions républicaines. Il a visé explicitement les menaces de publication de listes de personnes présumées homosexuelles, estimant que de telles pratiques constituent une atteinte grave aux principes fondamentaux de l’État de droit. Selon lui, nul ne peut s’arroger le droit de désigner publiquement des citoyens, de les exposer à la vindicte populaire ou de se faire juge en dehors des procédures légales prévues par la loi.

Le Premier ministre a insisté sur le caractère régalien de ces questions, rappelant que seule la puissance publique est habilitée à constater une infraction, à engager des poursuites et à rendre justice à travers les juridictions compétentes. En s’érigeant en dénonciateurs publics et en brandissant la menace de révélations nominatives, certains responsables associatifs franchiraient, selon lui, une ligne rouge susceptible d’alimenter la stigmatisation, les règlements de comptes et les violences sociales. Pour Ousmane Sonko, même dans un débat sensible où les convictions morales et religieuses occupent une place importante, le respect des droits individuels et des procédures judiciaires demeure non négociable.

La réaction du chef du gouvernement ne s’est pas limitée à une condamnation de principe. Il a annoncé avoir instruit le ministre de l’Intérieur de retirer la protection rapprochée dont bénéficiait jusque-là Mame Makhtar Gueye. Cette mesure de sécurité, assurée par les services de l’État, avait été mise en place en raison de menaces alléguées. Toutefois, Ousmane Sonko a estimé que les actions entreprises par le responsable de Jamra, notamment la diffusion ou la menace de diffusion de listes de noms, n’étaient couvertes par aucun mandat officiel. En conséquence, l’État ne saurait continuer à garantir une protection à une personne engagée dans des initiatives qu’il n’a ni ordonnées ni validées.

Cette décision marque un signal politique fort. Elle traduit la volonté du gouvernement de réaffirmer son autorité sur les questions de sécurité et de justice, tout en encadrant strictement l’action des organisations de la société civile. Elle intervient également dans un contexte plus large de débat sur le durcissement de la législation relative à l’homosexualité, un dossier dans lequel l’exécutif affirme vouloir agir dans un cadre institutionnel clair et respectueux des procédures.

En prenant publiquement position, Ousmane Sonko cherche à tracer une frontière nette entre engagement militant et exercice de l’autorité républicaine. Si le débat sur les valeurs et les mœurs demeure vif au Sénégal, le Premier ministre entend rappeler que l’État conserve le monopole de la contrainte légitime et que toute initiative s’écartant de ce cadre s’expose à des conséquences politiques et administratives.

Ousmane Sonko s’indigne du sort des 18 supporters détenus au Maroc et détaille la riposte diplomatique

Interpellé ce mardi 24 février 2026 à l’Assemblée nationale lors d’une séance plénière consacrée aux questions d’actualité, le Premier ministre Ousmane Sonko est longuement revenu sur la situation des 18 supporters sénégalais condamnés au Maroc. Face aux députés, il a exprimé une profonde indignation tout en exposant les mesures diplomatiques engagées par l’État pour tenter d’obtenir une issue favorable à cette affaire qui suscite une vive émotion au Sénégal.

Dès l’entame de son intervention, le chef du gouvernement a estimé que ce dossier « semble aller au-delà du sport », laissant entendre qu’il dépasse le simple cadre d’incidents liés à une rencontre footballistique. Il a fermement déploré la condamnation des ressortissants sénégalais, jugeant la décision d’autant plus regrettable qu’elle intervient entre deux pays liés par une longue tradition d’amitié et de coopération. Pour lui, la solidité des relations entre Dakar et Rabat aurait dû favoriser une gestion plus apaisée de l’incident.

Afin d’illustrer ce qu’il considère comme une réaction disproportionnée, Ousmane Sonko a évoqué un précédent survenu lors des Jeux Olympiques organisés en France, au cours desquels des supporters marocains avaient envahi le terrain, provoquant une interruption prolongée du match. Selon lui, aucun supporter marocain n’avait alors été arrêté. Cette comparaison vise à souligner ce que le gouvernement sénégalais perçoit comme une application inéquitable des règles dans le cas des supporters sénégalais.

Au-delà de l’indignation, le Premier ministre a détaillé les démarches entreprises par l’exécutif. Il a confirmé que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a donné instruction au ministre des Affaires étrangères d’introduire officiellement une demande de grâce présidentielle auprès des autorités marocaines. Cette procédure constitue, selon lui, la première voie diplomatique privilégiée pour obtenir la libération des condamnés.

Dans l’hypothèse où cette requête n’aboutirait pas, une alternative est d’ores et déjà envisagée. Le chef du gouvernement a rappelé l’existence d’accords bilatéraux entre le Sénégal et le Maroc permettant le transfèrement des personnes condamnées. Si la grâce n’était pas accordée, ces mécanismes juridiques pourraient être activés afin que les supporters purgent leur peine au Sénégal, à proximité de leurs familles, dans le respect des conventions internationales en vigueur.

Conscient de la colère et de l’émotion qui traversent l’opinion publique, Ousmane Sonko a toutefois appelé à la retenue. Il a insisté sur la nécessité de gérer ce type de situation avec calme et responsabilité, rappelant le principe fondamental de la souveraineté des États. « Chaque pays a sa propre souveraineté », a-t-il martelé, soulignant que le Sénégal attendrait le même respect pour ses propres décisions judiciaires, notamment en référence à la présence de détenus marocains dans les prisons sénégalaises.

En conclusion, le Premier ministre a assuré que le gouvernement mobilise tous les leviers diplomatiques et juridiques disponibles pour défendre les intérêts des ressortissants sénégalais. Entre indignation assumée et pragmatisme diplomatique, l’exécutif cherche à trouver une solution équilibrée, capable de préserver à la fois la dignité nationale et les relations bilatérales avec le Maroc.

Ousmane Sonko sur l’affaire des personnes arrêtées pour homosexualité : « La diffusion du statut sérologique est inadmissible »

Interpellé lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement ce mardi 24 février, le Premier ministre Ousmane Sonko est sorti de son silence sur l’affaire des personnes arrêtées dans un dossier lié à l’homosexualité, un sujet qui alimente depuis plusieurs semaines un vif débat au Sénégal. Face aux députés, le chef du gouvernement a tenu à dénoncer certaines dérives médiatiques et à préciser l’orientation du projet de réforme législative en préparation.

Dans un premier temps, Ousmane Sonko a fermement condamné la diffusion, dans certains médias et sur les réseaux sociaux, d’informations relatives au statut sérologique des personnes mises en cause. Il a qualifié ces pratiques d’« inadmissibles », estimant qu’elles constituent une atteinte grave à la vie privée et à la dignité humaine. Selon lui, la divulgation de données médicales sensibles ne saurait être tolérée dans un État de droit, quelles que soient la nature des accusations ou la sensibilité du dossier. Le Premier ministre a également souligné les conséquences sociales de telles révélations, affirmant qu’elles contribuent à exposer inutilement les familles à la stigmatisation et à la pression sociale.

Au-delà de la question du respect de la vie privée, le chef du gouvernement a abordé le volet législatif du dossier. Il a confirmé qu’un projet de loi est en préparation afin de durcir la répression des actes homosexuels, tout en précisant que le gouvernement n’entend pas transformer l’infraction en crime. « Le texte que je propose maintient l’infraction au niveau du délit », a-t-il déclaré, ajoutant que les différentes parties prenantes consultées s’accordent sur la nécessité de rester dans ce cadre juridique. Selon lui, les objectifs poursuivis par la réforme peuvent être atteints sans procéder à une criminalisation, qui aurait impliqué un changement plus radical dans la qualification pénale.

Dans un souci de clarification juridique, le Premier ministre a indiqué que le futur texte introduira une définition plus précise de la notion d’« acte contre nature », afin de lever les ambiguïtés interprétatives qui entourent actuellement l’article 319 du Code pénal. Cette réforme viserait, selon ses propos, à renforcer la sécurité juridique et à encadrer plus strictement l’application de la loi.

Par ailleurs, le projet de réforme ne se limiterait pas aux seuls actes eux-mêmes. Ousmane Sonko a annoncé que le dispositif législatif entend également sanctionner l’apologie et le financement de telles pratiques, élargissant ainsi le champ des infractions concernées. Cette orientation marque une volonté de renforcer l’arsenal juridique existant tout en conservant la qualification délictuelle.

Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement sensible, où les questions liées aux libertés individuelles, à la protection de la vie privée et aux valeurs sociétales suscitent de vives discussions au sein de l’opinion publique. En dénonçant la divulgation des statuts sérologiques tout en défendant un durcissement du cadre légal, le Premier ministre tente d’articuler une ligne politique qui conjugue fermeté juridique et respect des droits fondamentaux.

Ousmane Sonko veut mettre fin à « l’exceptionnalité » sécuritaire du campus social et annonce l’installation d’un commissariat

Le gouvernement sénégalais s’apprête à opérer un tournant majeur dans la gestion sécuritaire des espaces universitaires. Intervenant lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a clairement exprimé sa volonté de mettre fin à ce qu’il considère comme une « exceptionnalité » sécuritaire dont bénéficierait le campus social de l’université. Face aux récents affrontements et actes de vandalisme enregistrés dans cet espace, il a demandé au ministre de l’Intérieur de traiter cette zone « comme n’importe quel quartier de Dakar », ouvrant ainsi la voie à l’installation d’un commissariat permanent afin d’y assurer la sécurité des personnes et des biens.

Cette déclaration marque un changement de doctrine significatif. Jusqu’ici, les interventions des forces de défense et de sécurité dans les espaces universitaires étaient entourées de précautions liées aux franchises universitaires, héritées d’une tradition visant à protéger la liberté académique et l’autonomie des institutions d’enseignement supérieur. Toutefois, le Premier ministre a tenu à clarifier un point juridique central : le campus social, qui regroupe les résidences étudiantes, restaurants et infrastructures de vie quotidienne, ne relève pas du même régime que les amphithéâtres et salles de cours. Selon lui, ces espaces académiques bénéficient d’une protection spécifique, mais les lieux d’hébergement ne peuvent constituer des zones échappant durablement à l’exercice des prérogatives régaliennes de l’État.

Pour justifier cette inflexion, le chef du gouvernement a évoqué des « rapports de renseignement alarmants » faisant état d’un projet de sabotage d’envergure. Ces informations auraient révélé l’existence d’un plan visant notamment l’incendie de la bibliothèque universitaire et le pillage de restaurants, ce qui aurait constitué une menace grave pour la sécurité des étudiants et pour le patrimoine public. Selon Ousmane Sonko, c’est ce « péril imminent » qui a motivé l’intervention des forces de l’ordre lors des événements récents. L’objectif affiché est désormais d’empêcher que des groupes restreints puissent organiser ou planifier des troubles dans un espace considéré comme insuffisamment encadré sur le plan sécuritaire.

Cependant, la fermeté affichée par le gouvernement s’accompagne d’une reconnaissance explicite de défaillances dans la gestion des opérations. Dans un exercice d’autocritique rare à ce niveau de responsabilité, le Premier ministre a dénoncé des « manquements manifestes » au sein des Forces de Défense et de Sécurité. Il a notamment évoqué une latence opérationnelle, estimant que l’intervention est intervenue tardivement, après qu’un premier restaurant universitaire eut déjà été mis à sac. Plus grave encore, il a pointé un usage excessif de la force, rappelant que le maintien de l’ordre doit impérativement se faire dans le respect de l’intégrité physique des citoyens. Selon lui, certaines dérives observées ne sauraient être tolérées par son gouvernement.

Face à ces constats, une enquête a été ouverte afin de déterminer les responsabilités. Le Premier ministre a indiqué que des mesures conservatoires ont déjà été prises sur la base d’un pré-rapport et que des sanctions exemplaires seront appliquées si les fautes sont confirmées. Tout en appelant à ne pas discréditer l’ensemble des forces de sécurité, il a insisté sur la nécessité d’une exigence de responsabilité et de professionnalisme dans les interventions futures.

L’annonce de l’installation d’un commissariat au campus social suscite déjà des débats au sein de la communauté universitaire et de l’opinion publique. Pour le gouvernement, il s’agit d’une mesure de sécurisation durable visant à protéger les étudiants et les infrastructures. Pour d’autres, la décision pose la question sensible de l’équilibre entre sécurité et autonomie universitaire. Ce projet, s’il se concrétise, pourrait redéfinir en profondeur la relation entre l’État et l’espace universitaire, en consacrant une présence policière permanente là où prévalait jusque-là une gestion plus ponctuelle des crises.

Affaire des véhicules de la RTS1 : Idrissa Fall Cissé saisit l’OFNAC et appelle à la transparence dans la gestion publique

Suite aux interrogations soulevées par l’affaire des six véhicules liés à la RTS1, le lanceur d’alerte Idrissa Fall Cissé a annoncé avoir officiellement saisi l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) afin d’éclaircir les zones d’ombre entourant ce dossier. Dans une déclaration rendue publique, il a indiqué que sa démarche s’inscrit dans une volonté de promouvoir la transparence et la bonne gouvernance dans la gestion des ressources publiques, notamment dans les structures étatiques ayant des missions stratégiques comme la radiodiffusion nationale.

Selon lui, cette saisine a été accompagnée d’un dossier composé d’une note explicative détaillant les faits présumés ainsi que de quinze pièces justificatives. L’objectif de cette documentation est de permettre aux enquêteurs de l’OFNAC d’examiner les éléments en toute indépendance et de procéder, si nécessaire, à des investigations approfondies. Idrissa Fall Cissé insiste sur le fait que sa démarche ne vise ni à accuser ni à condamner des personnes avant la fin des vérifications, mais à contribuer à l’établissement de la vérité dans un cadre légal et institutionnel.

Le lanceur d’alerte a également tenu à préciser que son action relève d’un engagement citoyen fondé sur le respect des institutions de la République et la préservation de l’exemplarité dans la gestion publique. Pour lui, la dénonciation d’éventuelles irrégularités constitue un devoir civique lorsqu’elle est fondée sur des informations crédibles et transmise aux structures compétentes chargées du contrôle de l’utilisation des fonds publics. Il a exprimé sa confiance envers l’OFNAC pour mener les vérifications nécessaires et apporter les éclaircissements attendus par l’opinion publique sur cette affaire qui suscite de nombreuses interrogations.

Par ailleurs, Idrissa Fall Cissé a indiqué qu’il travaille également sur d’autres saisines qui seront prochainement transmises à l’OFNAC. Ces nouvelles démarches seraient liées à des informations provenant de travailleurs évoluant au sein de certaines agences et directions publiques, qui auraient signalé des présumées irrégularités dans la gestion administrative et financière. Il a toutefois précisé que ces futures plaintes seront déposées dans le strict respect des procédures légales, du principe de présomption d’innocence et des règles juridiques encadrant les mécanismes d’alerte et de dénonciation des faits de corruption présumée.

À travers cette initiative, Idrissa Fall Cissé souhaite inscrire son action dans une dynamique de renforcement de la gouvernance publique et de consolidation de la confiance entre les citoyens et les institutions chargées du contrôle des finances publiques. Il estime que la transparence et la reddition des comptes demeurent des piliers essentiels pour assurer une gestion saine et responsable des ressources de l’État.

Senelec : 48,5 milliards FCFA de factures impayées – le gouvernement annonce des mesures anti-fraude et recouvrement

La situation financière de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) suscite une vigilance accrue des autorités. Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a récemment alerté sur l’ampleur des dettes publiques et des pertes liées à la fraude électrique, deux phénomènes qui fragilisent la performance du secteur énergétique national.

Selon les chiffres avancés, les factures d’électricité impayées par plusieurs institutions publiques atteignent environ 48,5 milliards de francs CFA. Cette dette constitue, selon le ministre, un frein majeur aux ambitions gouvernementales d’atteindre l’accès universel à l’électricité sur l’ensemble du territoire sénégalais. Il souligne que ces impayés créent une pression supplémentaire sur la trésorerie de la Société nationale d’électricité du Sénégal, qui doit déjà faire face à des défis structurels liés à la production, à la distribution et à l’investissement dans les infrastructures énergétiques.

Au-delà des impayés, le ministre a également dénoncé le phénomène des « pertes non techniques », un terme utilisé pour désigner principalement la fraude, le vol et les branchements illégaux sur le réseau électrique. Bien que les montants précis n’aient pas été publiquement détaillés, ces pertes sont considérées comme extrêmement élevées et représentent un manque à gagner important pour l’entreprise publique. Selon le ministre, la combinaison des impayés institutionnels et des détournements d’énergie constitue un obstacle majeur à la réduction du coût de l’électricité pour les populations sénégalaises, estimées à plus de 18 millions d’habitants.

Face à cette situation, Birame Soulèye Diop a annoncé la mise en œuvre d’un plan d’actions « coup de poing » prévu sur la période 2026-2027. Ces mesures viseront principalement à renforcer le recouvrement des créances publiques, à intensifier la lutte contre la fraude énergétique et à améliorer l’efficacité globale du système électrique national. Le gouvernement entend également s’appuyer sur un mix énergétique plus performant afin de stabiliser la production et de sécuriser l’approvisionnement en énergie.

Malgré ces difficultés, le ministre a tenu à saluer les efforts du personnel et de la direction de la Senelec, soulignant la résilience globale de l’entreprise dans un environnement économique complexe. Il a toutefois insisté sur le fait que l’impunité en matière de non-paiement des factures et de fraude énergétique ne sera plus tolérée, laissant entendre que des sanctions administratives, financières ou judiciaires pourraient accompagner les prochaines opérations de contrôle.

Alerte à Diogo : violent incendie sur le site minier de Grande Côte Opération

Un incendie d’une ampleur préoccupante s’est déclaré cet après-midi sur le site de Grande Côte Opérations (GCO), à Diogo, dans la région de Thiès. Le sinistre touche particulièrement l’usine dite « WCP » (Wet Concentration Plant), considérée comme l’une des installations stratégiques du complexe industriel dédié à l’exploitation du zircon.

Selon les premières informations recueillies sur place, les flammes se sont rapidement propagées à l’intérieur de cette unité névralgique, provoquant d’importants dégâts matériels. D’épais panaches de fumée noire sont visibles à plusieurs kilomètres à la ronde, notamment depuis la commune de Mboro, alimentant l’inquiétude des populations riveraines. La violence du brasier et la nature industrielle des installations compliquent considérablement les opérations de secours.

Les équipes de sécurité interne de l’entreprise, appuyées par les sapeurs-pompiers, sont mobilisées depuis le déclenchement de l’alerte. Toutefois, la configuration du site et les matériaux présents dans le processus de traitement minier rendent l’intervention particulièrement délicate. Les secours s’emploient à contenir la propagation des flammes afin d’éviter que l’incendie ne gagne d’autres unités de production.

L’alerte a notamment été relayée par le journaliste Ayoba Faye, basé à Mboro, qui a confirmé la gravité de la situation dans une publication sur les réseaux sociaux. Il évoque des difficultés rencontrées par les secours pour maîtriser le feu, soulignant que l’usine WCP concentre une part importante de la production du site.

À ce stade, aucune perte en vie humaine n’a été officiellement signalée. Cependant, l’ampleur des dégâts matériels pourrait être significative. L’arrêt prolongé de l’usine WCP risquerait d’affecter le rendement annuel de la filière zircon, un secteur clé pour l’économie régionale et nationale. La production de zircon constitue en effet l’un des piliers des exportations minières du Sénégal, particulièrement dans la zone de Thiès.

La direction de Grande Côte Opérations ne s’est pas encore exprimée publiquement sur les causes exactes du sinistre ni sur l’évaluation précise des dommages. Une enquête devra déterminer l’origine de l’incendie et établir les responsabilités éventuelles.

En attendant des communications officielles, les autorités locales et les services de sécurité restent mobilisés pour contenir le feu et sécuriser le périmètre. La situation demeure évolutive et suscite une vive attention au sein des communautés riveraines et des acteurs économiques concernés.

Liberté provisoire – Waly Faye brise le silence : « Jamais ils n’auront raison sur moi »

Après neuf jours de détention, Waly Faye a été libéré sous contrôle judiciaire, une décision qui marque une étape importante dans l’affaire le concernant, mais qui, selon lui, n’altère en rien sa conviction d’innocence. Dès sa sortie, l’intéressé s’est exprimé publiquement, soulignant que cette libération ne constitue qu’une formalité judiciaire nécessaire pour faire la lumière sur les événements du 9 février. « Une chose est sûre : jamais ils n’auront raison sur moi », a-t-il écrit sur sa page Facebook, affirmant ainsi sa détermination intacte face aux accusations qui pèsent sur lui.

Waly Faye a lié sa démarche à une dimension spirituelle et morale, rejetant fermement les accusations et affirmant que ses détracteurs ne pourraient jamais prendre l’ascendant sur sa volonté. Il a également profité de cette première sortie pour s’adresser à la nation, rappelant que l’avenir du Sénégal repose sur une jeunesse consciente et dynamique, dont il entend porter les aspirations et la voix. Cette déclaration témoigne de sa volonté de transformer une épreuve personnelle en une tribune pour défendre des enjeux plus larges touchant à l’éducation, à la citoyenneté et au rôle des jeunes dans la société.

La sortie de cellule de Waly Faye a également mis en lumière l’ampleur du soutien dont il bénéficie. Il a exprimé sa gratitude envers les populations de Diourbel et de Fatick, ses terres natales, ainsi qu’au corps professoral et aux étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Il a également salué l’appui des communautés religieuses, notamment le mouvement mouhidiste, soulignant que ce soutien moral constitue un pilier central dans sa résistance face à la pression judiciaire.

Malgré les contraintes imposées par la justice, Waly Faye entend rester actif sur la scène publique. Il a annoncé qu’il reviendra prochainement pour détailler ses perspectives et les orientations de son engagement, promettant de défendre le peuple sénégalais « quel qu’en soit le prix ». Cette sortie marque ainsi un moment de refondation de son engagement politique et social, et laisse entrevoir une poursuite de son parcours caractérisée par une confrontation directe avec les défis actuels du Sénégal, dans les domaines politique, social et éducatif.

Son message, mêlant détermination, remerciements et vision d’avenir, traduit une stratégie de communication claire : transformer une situation judiciaire délicate en une occasion de renforcer son influence et de consolider sa base de soutien auprès des citoyens, des intellectuels et des acteurs religieux. La nation observe désormais comment cette étape juridique pourra façonner le rôle de Waly Faye dans le débat public et dans les prochaines échéances politiques.

Sénégal : Babacar Gaye alerte sur un risque de 600 milliards F CFA de moins-values fiscales

L’économiste et consultant Babacar Gaye tire la sonnette d’alarme sur la situation budgétaire du Sénégal. Selon ses estimations, le budget de l’État pourrait enregistrer un manque à gagner compris entre 560 et 600 milliards de francs CFA en recettes fiscales pour l’exercice en cours. Une projection préoccupante qui repose, d’après lui, sur un décalage significatif entre les ambitions affichées par le gouvernement et la dynamique économique réellement observée.

Alors que les autorités tablent sur une croissance de 5 %, le Fonds monétaire international, à l’issue d’une mission d’audit menée à Dakar en novembre 2025, a revu ses prévisions à 3 %. Pour Babacar Gaye, cette révision ne doit pas être minimisée. Il souligne que les fondamentaux de l’économie, en dehors du secteur des hydrocarbures, montrent des signes de fragilité qui pourraient peser lourdement sur les performances fiscales.

L’économiste met en avant une corrélation qu’il qualifie de mécanique : chaque point de croissance perdu entraînerait une baisse de 1,2 point des recettes fiscales. Avec un écart de deux points entre la prévision gouvernementale et celle du FMI, ce serait environ 2,4 % du PIB qui risqueraient de ne pas se matérialiser en recettes. En valeur absolue, cela représenterait une somme supérieure aux budgets cumulés de plusieurs ministères et près de la moitié des ressources prévues dans le Plan de redressement économique et social.

Un tel manque à gagner aurait des répercussions directes sur l’équilibre des finances publiques. Selon Babacar Gaye, la différence pourrait faire basculer le déficit public d’un niveau maîtrisé de 5,37 % à un seuil dépassant les 7 % du PIB. Une dérive de cette ampleur fragiliserait la crédibilité financière du pays auprès de ses partenaires techniques et financiers ainsi que sur les marchés internationaux.

Pour éviter un choc budgétaire en fin d’exercice, l’économiste recommande une réaction rapide du ministère des Finances. Il préconise l’élaboration d’une loi de finances rectificative dès le deuxième trimestre 2026, fondée sur une hypothèse de croissance médiane de 3,5 %. L’objectif serait d’ajuster à temps les dépenses et les prévisions de recettes afin de prévenir une éventuelle crise de trésorerie et de préserver la stabilité macroéconomique du pays.

Commission nationale du médicament : le SAMES dénonce une « violation de la procédure » par l’ARP

La tension monte autour de la gouvernance du médicament au Sénégal. Après avoir multiplié les alertes dans le dossier Softcare, relatif à l’utilisation présumée de matières premières périmées dans la fabrication de serviettes hygiéniques et de couches pour bébés, le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) revient à la charge. Dans un communiqué publié ce mercredi 18 février, le syndicat dénonce ce qu’il qualifie de « violation de la procédure de la tenue de la Commission nationale du médicament (CNM) » par l’Autorité de régulation pharmaceutique (ARP), à l’occasion de la session tenue les 16 et 17 février à Dakar.

Selon le SAMES, la première session 2026 de la CNM se serait déroulée sans la réunion préalable du Comité technique d’experts. Or, rappellent les syndicalistes, l’évaluation scientifique des dossiers de demande d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) constitue une étape obligatoire avant toute délibération ou décision de la Commission nationale du médicament. Cette phase d’expertise est censée garantir la conformité des produits pharmaceutiques aux normes de qualité, de sécurité et d’efficacité en vigueur.

Pour le syndicat, l’absence de cette étape technique remet en cause la régularité du processus décisionnel et expose le système de régulation à des risques majeurs. Le SAMES estime qu’il s’agit d’une entorse aux dispositions communautaires et nationales encadrant l’octroi des AMM, et considère que toute dérogation aux procédures établies fragilise la crédibilité du dispositif de contrôle pharmaceutique.

Dans son communiqué, l’organisation exige que toute décision relative à l’octroi d’une Autorisation de Mise sur le Marché s’inscrive dans le strict respect des procédures réglementaires. Elle insiste sur la nécessité de préserver la sécurité sanitaire et de maintenir la confiance des professionnels de santé ainsi que des citoyens. Pour le SAMES, la protection de la santé publique doit demeurer une priorité absolue, fondée sur la transparence, la rigueur scientifique et la conformité aux textes en vigueur.

Cette nouvelle dénonciation intervient dans un climat déjà tendu entre le syndicat et l’Autorité de régulation pharmaceutique. Le SAMES a récemment évoqué des pratiques qu’il qualifie de favoritisme, de corruption et de népotisme au sein de l’ARP, des accusations qui ont renforcé la crispation autour du fonctionnement de l’instance chargée de la régulation du secteur pharmaceutique.

Au-delà de la polémique institutionnelle, l’enjeu demeure celui de la fiabilité du système d’homologation des produits de santé au Sénégal. Dans un contexte où les questions de qualité des médicaments et de dispositifs médicaux sont particulièrement sensibles, toute remise en cause des procédures réglementaires suscite de vives inquiétudes au sein du corps médical et de l’opinion publique.

Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass : à Kaffrine, les étudiants réclament des infrastructures et le paiement des bourses

La tension monte au campus social de Kaffrine, rattaché à l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (USSEIN). Ce mercredi, les étudiants ont tenu une conférence de presse pour alerter l’opinion publique sur la dégradation continue de leurs conditions d’études et pour affirmer leur solidarité avec le mouvement national qui secoue l’enseignement supérieur sénégalais.

Au nom de ses camarades, Zacharia Bakary, secrétaire général de l’amicale de l’UFR Sciences sociales et environnementales, a dressé un constat préoccupant. Selon lui, l’absence d’infrastructures universitaires propres contraint les étudiants à suivre leurs cours dans des abris provisoires installés au sein du Centre régional de formation du personnel éducatif. Un espace initialement destiné aux élèves-maîtres et aujourd’hui partagé, dans des conditions jugées inadaptées à un enseignement supérieur digne de ce nom.

Cette cohabitation forcée, combinée au manque de salles de cours, de bibliothèques fonctionnelles et d’espaces administratifs, freinerait considérablement l’épanouissement académique des étudiants et poserait la question même de l’identité universitaire à Kaffrine. Pour les responsables des amicales, il est urgent que des infrastructures permanentes soient érigées afin de garantir un environnement d’apprentissage stable et conforme aux standards universitaires.

Au-delà de la question des infrastructures, les étudiants dénoncent un encadrement pédagogique insuffisant, marqué par un déficit d’enseignants et des difficultés d’organisation académique. À cela s’ajoutent, selon eux, des retards récurrents dans le paiement des bourses, qui plongent de nombreux étudiants dans une précarité sociale préoccupante. Les lourdeurs administratives sont également pointées du doigt, accusées de ralentir les démarches académiques et de compliquer inutilement leur parcours universitaire.

Dans ce contexte déjà tendu, les étudiants de Kaffrine ont également exigé la libération de leurs camarades actuellement en détention dans le cadre des mouvements universitaires récents. Ils estiment que cette mesure constitue une condition essentielle pour restaurer un climat d’apaisement et favoriser la reprise sereine des activités académiques.

La conférence de presse a également été marquée par un hommage appuyé à Abdoulaye Ba, étudiant décédé le 9 janvier dernier lors d’affrontements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop. Pour les étudiants de Kaffrine, ce drame symbolise la profondeur de la crise que traverse l’enseignement supérieur sénégalais. Ils appellent ainsi les autorités à apporter une réponse structurelle et durable aux revendications étudiantes, notamment sur la réforme des bourses, la réouverture des restaurants universitaires et l’amélioration globale des conditions d’études.

Université Cheikh Anta Diop : les représentants des amicales remis en liberté, mais sous contrôle judiciaire

Les trois représentants du Collectif des Amicales des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), interpellés à la suite des affrontements du 9 février 2026 entre forces de l’ordre et étudiants, ont été remis en liberté. Ils demeurent toutefois placés sous contrôle judiciaire. L’annonce a été faite par leur avocat, Me Aboubacry Barro, lors d’une intervention sur les ondes de Sud FM.

Les étudiants concernés sont Demba Ka, président de l’Amicale de la Faculté des Lettres, Bathie Fall, président de la commission sociale de l’Amicale de la Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP), ainsi que Wally Faye, président de l’Amicale de la FSJP. Leur interpellation faisait suite aux violences survenues sur le campus social et pédagogique, dans un contexte de tensions persistantes entre étudiants et autorités universitaires.

Selon Me Barro, la procédure a également concerné deux autres étudiants, qui se sont ajoutés aux trois responsables d’amicales. Tous ont finalement bénéficié d’une remise en liberté. Toutefois, cette libération s’accompagne de mesures restrictives. Les étudiants sont placés sous contrôle judiciaire et devront se présenter à la fin de chaque mois devant le Doyen des juges d’instruction pour émarger, conformément aux obligations fixées par l’autorité judiciaire.

Cette décision judiciaire intervient dans un climat universitaire encore marqué par les tensions. Les affrontements du 9 février avaient ravivé le débat sur les conditions d’études, les retards académiques et la gestion des revendications sociales sur le campus. La libération des représentants des amicales pourrait contribuer à apaiser la situation, même si la procédure judiciaire suit son cours.

Du côté des étudiants, la mesure est perçue comme un soulagement partiel, dans l’attente d’un dénouement définitif du dossier. Pour leurs conseils, le respect strict des obligations liées au contrôle judiciaire sera déterminant pour la suite de la procédure. L’évolution de cette affaire reste donc suivie de près, tant par la communauté universitaire que par l’opinion publique.

Exportations : le Sénégal enregistre une progression spectaculaire de 155,0 % en décembre 2025

Le commerce extérieur sénégalais a clôturé l’année 2025 sur une note particulièrement remarquable. D’après le Bulletin mensuel des statistiques du commerce extérieur publié le 18 février 2026 par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les exportations du mois de décembre ont atteint 825,3 milliards de FCFA, contre 323,6 milliards en novembre, soit une progression impressionnante de 155,0 % en l’espace d’un mois.

Cette performance exceptionnelle confirme la montée en puissance du Sénégal sur les marchés internationaux, notamment dans les secteurs extractif et énergétique, qui constituent désormais des piliers structurants de la balance commerciale nationale. En glissement annuel, la hausse est tout aussi significative, les exportations de décembre 2025 affichant une progression de plus de 100 % par rapport à décembre 2024.

L’or non monétaire s’impose comme le principal moteur de cette dynamique. Avec des ventes évaluées à 206,8 milliards de FCFA en décembre, ce produit a largement doublé ses performances par rapport au mois précédent. Cette envolée traduit la forte demande internationale pour le métal précieux, mais également le rôle stratégique croissant du secteur minier dans l’économie sénégalaise.

Le secteur des hydrocarbures confirme également son rôle central dans cette croissance. Les exportations d’huiles brutes de pétrole se sont élevées à 106,3 milliards de FCFA, tandis que celles des produits pétroliers raffinés ont atteint 90,4 milliards de FCFA. Ces chiffres illustrent l’impact direct de la nouvelle configuration énergétique du pays, marquée par l’entrée en production et la valorisation accrue des ressources nationales. La transformation du Sénégal en exportateur d’hydrocarbures commence ainsi à produire des effets tangibles sur les comptes extérieurs.

Malgré cette dynamique globale très favorable, certains segments ont connu des performances plus modestes. Les expéditions de phosphates ont enregistré une chute de moitié en un mois, tandis que les produits de la mer, notamment les mollusques et crustacés, ont affiché un léger recul. Ces baisses sectorielles n’ont toutefois pas suffi à inverser la tendance générale, largement portée par les produits miniers et énergétiques.

Au-delà de la performance mensuelle, le bilan annuel consolidé confirme la solidité de cette trajectoire ascendante. À la fin du mois de décembre 2025, le cumul des exportations sénégalaises s’établit à 5 935,2 milliards de FCFA, contre 3 909,1 milliards en 2024, soit une augmentation globale de 51,8 % sur un an. Cette progression marque un tournant stratégique pour l’économie nationale et témoigne d’une insertion de plus en plus affirmée du Sénégal dans les échanges mondiaux.

Commerce extérieur : le Sénégal enregistre une baisse de 23,6 % de ses importations en décembre 2025

Le commerce extérieur sénégalais a connu un net ralentissement en fin d’année 2025. Selon les données publiées dans le Bulletin mensuel des statistiques du commerce extérieur de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les importations du mois de décembre 2025 se sont établies à 544,8 milliards de FCFA, contre 713,3 milliards enregistrés en novembre, soit une baisse significative de 23,6 % en l’espace d’un mois.

La contraction apparaît encore plus marquée en glissement annuel. Comparées à décembre 2024, les importations affichent un recul de 24,6 %, traduisant un ajustement notable des échanges commerciaux du pays à la clôture de l’exercice. Cette évolution met en lumière une dynamique contrastée, entre ralentissement conjoncturel et maintien d’une certaine stabilité sur l’ensemble de l’année.

Dans le détail, cette baisse mensuelle s’explique principalement par l’effondrement des acquisitions de matériels de transport. Celles-ci sont passées d’environ 196 milliards de FCFA en novembre à seulement 7,3 milliards en décembre, représentant l’essentiel de la diminution globale. Une telle chute suggère un effet ponctuel lié à d’importantes commandes enregistrées le mois précédent, ou à un report d’achats structurants.

D’autres segments ont également contribué à la baisse, notamment les produits pharmaceutiques ainsi que le sucre, dont les importations ont connu un repli sensible au cours du mois de décembre. Ces variations traduisent des ajustements sectoriels qui peuvent être liés aux niveaux de stocks, aux politiques d’approvisionnement ou à des fluctuations des prix internationaux.

Toutefois, certains postes ont évolué à contre-courant et ont permis d’amortir la chute globale. La facture énergétique est demeurée élevée, avec une hausse des importations de produits pétroliers raffinés. Celles-ci ont atteint 105,5 milliards de FCFA en décembre, contre 77 milliards en novembre, confirmant la dépendance persistante du pays aux approvisionnements énergétiques extérieurs.

Dans le même temps, les importations de métaux communs ont enregistré une forte progression, triplant quasiment pour s’établir à 45 milliards de FCFA. Cette augmentation peut être interprétée comme le reflet d’une activité soutenue dans les secteurs du bâtiment, des travaux publics ou de l’industrie, malgré le ralentissement observé sur d’autres segments.

Malgré cette baisse marquée en décembre, le bilan annuel demeure relativement stable. Le cumul des importations sur l’ensemble de l’année 2025 s’élève à 7 279,1 milliards de FCFA, contre 7 161,4 milliards en 2024, soit une progression modérée de 1,6 %. Cette légère hausse annuelle témoigne d’une certaine résilience de la demande intérieure et d’un maintien du niveau global des échanges, en dépit des fluctuations observées en fin d’année.

Ces chiffres illustrent ainsi un commerce extérieur en phase d’ajustement conjoncturel, mais dont les fondamentaux restent relativement solides à l’échelle annuelle. Les prochains mois permettront de déterminer si la baisse enregistrée en décembre constitue un simple phénomène ponctuel ou le début d’une tendance plus durable dans la dynamique des importations sénégalaises.

Sextape présumée : Assane Faye introuvable, la Brigade de Recherches lance une traque nationale

L’affaire de sextape présumée connaît un nouveau rebondissement avec la disparition d’Assane Faye, activement recherché par la Brigade de Recherches.

Selon nos informations, Assane Faye avait été convoqué par les gendarmes dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’une plainte déposée par l’ancienne Miss Sénégal Ndèye Aminata Diallo, dite Majolie, pour diffusion présumée de contenus à caractère sexuel. Mais contre toute attente, il ne s’est pas présenté à sa convocation. Depuis, il demeure introuvable.

Face à cette situation, les recherches ont été intensifiées. Toutes les unités des forces de défense et de sécurité, notamment la gendarmerie et la police, ont été mobilisées afin de le localiser.

Dans ce dossier, l’homme d’affaires Thierno Diop, époux de Venus Ndour, fille de l’artiste Youssou Ndour, a également été convoqué par les enquêteurs. Il a été entendu puis libéré à l’issue de son audition. Contrairement à certaines rumeurs, il n’a pas été placé en garde à vue.

Une troisième personne serait citée dans cette affaire sensible.

À ce stade, aucune communication officielle détaillant les qualifications pénales retenues n’a été publiée. L’enquête se poursuit et pourrait connaître de nouveaux développements dans les prochaines heures.

Climat social sous tension : la CSA interpelle l’État sur les libertés, la justice sociale et la crise universitaire

La Confédération des Syndicats Autonomes du Sénégal (CSA) a publié, ce 17 février 2026, une déclaration au ton ferme dans laquelle elle exprime sa « vive inquiétude » face à ce qu’elle considère comme des dérives susceptibles de fragiliser la stabilité sociale et la cohésion nationale. Dans un contexte marqué par des tensions persistantes dans le monde du travail et au sein des universités, la centrale syndicale interpelle directement les autorités étatiques et appelle à un sursaut en faveur des libertés et de la justice sociale.

Au cœur de son communiqué, la CSA condamne ce qu’elle qualifie de vague de licenciements reposant sur des considérations politiques. Selon l’organisation, ces décisions contreviendraient aux dispositions du Code du travail ainsi qu’aux principes fondamentaux de liberté d’opinion et de sécurité juridique. La confédération estime que ces pratiques portent atteinte au Pacte de stabilité sociale et risquent d’installer un climat de méfiance durable entre les travailleurs, les employeurs et l’État. Elle exige, en conséquence, la révision immédiate des décisions contestées, la réintégration des travailleurs concernés dans leurs droits et l’ouverture d’un audit indépendant afin d’identifier les responsabilités et d’établir la transparence.

La déclaration de la CSA aborde également la situation préoccupante à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, suite au décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Présentant ses condoléances à la communauté universitaire, la centrale syndicale estime que ce drame met en lumière une crise structurelle profonde, caractérisée par des retards dans le paiement des bourses, la précarité croissante des étudiants et le déficit d’infrastructures adaptées. Pour la CSA, une approche exclusivement sécuritaire des tensions estudiantines ne saurait constituer une réponse durable. Elle plaide pour l’ouverture d’une enquête transparente sur les circonstances du drame, ainsi qu’un audit public du système de gestion des bourses et l’élaboration d’un plan d’urgence visant à améliorer les conditions de vie sur les campus.

Au-delà des frontières nationales, la confédération s’est également prononcée sur la situation des Sénégalais emprisonnés au Maroc. Elle invite l’État à activer sans délai les mécanismes diplomatiques appropriés afin de garantir le respect des droits fondamentaux de ces compatriotes à l’étranger, soulignant l’importance de la protection consulaire et du suivi judiciaire.

Sur le plan sanitaire et sociétal, la CSA s’est alarmée des récentes révélations concernant des cas de transmission volontaire du VIH. Elle appelle à un renforcement des campagnes de sensibilisation et de dépistage, ainsi qu’à une protection accrue de la jeunesse face aux dérives liées à la recherche du gain facile. Pour le syndicat, la prévention passe par l’éducation, la promotion des valeurs de mérite et un accompagnement social adapté aux réalités contemporaines.

En conclusion, le Secrétariat Exécutif Permanent de la CSA rappelle que la paix sociale repose avant tout sur la justice, l’équité et la qualité du dialogue entre les partenaires sociaux. Tout en réaffirmant sa solidarité avec les travailleurs en lutte, la confédération invite le Gouvernement à mettre en œuvre les engagements contenus dans le Pacte de stabilité sociale à travers les organes déjà installés. Elle assure enfin qu’elle restera mobilisée et vigilante pour la défense de l’intérêt national et la protection des droits des travailleurs.

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