Politique : Mamadou Kassé annonce son départ de l’APR

Après plusieurs années d’engagement au sein de l’Alliance pour la République (APR), Mamadou Kassé a décidé de mettre fin à son compagnonnage politique avec le parti de Macky Sall. Dans un communiqué publié ce vendredi 11 septembre 2026, l’ancien responsable de l’APR évoque une décision mûrement réfléchie et annonce l’ouverture d’un « nouveau chapitre » de son engagement public et politique.

Mamadou Kassé quitte officiellement l’Alliance pour la République. Après une « longue période de réflexion et de mûrissement », l’ancien responsable politique a annoncé sa décision de mettre un terme à son engagement militant au sein de la formation politique dirigée par l’ancien président Macky Sall.

Dans son communiqué, Mamadou Kassé revient sur son parcours au sein de l’APR avec un ton empreint de reconnaissance. Il dit conserver le souvenir d’une expérience politique « riche, intense et profondément formatrice », marquée par des combats politiques, des responsabilités, mais également par de nombreuses rencontres et relations humaines.

Le désormais ancien militant de l’APR adresse particulièrement ses remerciements à Macky Sall. « Au-delà du cadre politique et institutionnel, notre compagnonnage restera une part importante de mon parcours », écrit-il, saluant la confiance, les opportunités et l’expérience acquise aux côtés de l’ancien chef de l’État.

Mamadou Kassé n’oublie pas non plus les militants et responsables avec lesquels il a partagé son parcours politique. Il adresse ses « respect et affection » aux responsables, élus et camarades de l’APR, évoquant les nombreux combats, les espoirs et les moments de fraternité vécus au sein du parti.

Si cette décision marque une rupture avec l’APR, Mamadou Kassé ne présente pas son départ comme un renoncement à l’engagement politique. Il affirme au contraire vouloir poursuivre son action, mais dans un nouveau cadre, en restant fidèle à ses convictions républicaines et à son attachement au Sénégal.

« J’entends désormais ouvrir un nouveau chapitre de mon engagement public et politique », annonce-t-il, tout en affirmant vouloir poursuivre son chemin « avec humilité, liberté et détermination ».

L’ancien responsable de l’APR met également en avant son ambition pour les territoires et la jeunesse. Il estime que l’engagement politique ne prend véritablement son sens que lorsqu’il demeure au service du peuple, de la République et du progrès.

Son départ intervient dans un contexte de recomposition de la scène politique sénégalaise, marqué notamment par les repositionnements et prises de distance de plusieurs responsables issus de formations ayant exercé le pouvoir.

Pour Mamadou Kassé, cette nouvelle étape devra donc être celle d’un engagement renouvelé. Sans dévoiler, dans son communiqué, la forme que prendra la suite de son parcours politique, il donne rendez-vous à celles et ceux qui souhaitent continuer le chemin avec lui pour « écrire ensemble une nouvelle page ».

Fait à Dakar, le vendredi 11 septembre 2026, le communiqué acte ainsi la fin de son engagement militant au sein de l’APR, tout en laissant ouverte la perspective d’une nouvelle aventure politique.

ARTP : Cheikh Tidiane Sarr nommé Directeur général

Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a nommé Cheikh Tidiane Sarr Directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP). La décision, officialisée par le décret n°2026-1605 signé ce 10 septembre 2026, intervient à l’issue d’un processus de sélection lancé en juillet dernier. Le nouveau patron de l’ARTP arrive avec une solide expérience dans les télécommunications, le numérique et les services financiers régulés, acquise notamment au sein du groupe Sonatel.

Cheikh Tidiane Sarr prend désormais les commandes de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes. Sa nomination par le chef de l’État intervient au terme d’un processus de sélection lancé le 17 juillet 2026, conformément à la volonté des autorités de pourvoir le poste à travers un appel à candidatures.

Selon un communiqué de la Présidence de la République, le nouveau directeur général a été retenu par le Comité de sélection chargé d’examiner les différentes candidatures. Cette instance était dirigée par le Directeur général du Bureau Organisation et Méthodes (BOM) et réunissait notamment le président du Collège de l’ARTP, des représentants de la Présidence de la République, de la Primature et du ministère des Télécommunications et du Numérique, ainsi que des experts-conseillers.

À l’issue de ses travaux, le Comité de sélection a transmis son procès-verbal au président de la République le 24 août 2026. Quelques semaines plus tard, Bassirou Diomaye Faye a officialisé la nomination de Cheikh Tidiane Sarr à la tête du régulateur des télécommunications et des postes.

Ingénieur en génie industriel et systèmes de télécommunications, Cheikh Tidiane Sarr dispose d’un parcours professionnel largement construit dans l’écosystème numérique et des télécommunications. Diplômé de l’École Hassania des Travaux Publics au Maroc, il a effectué l’essentiel de sa carrière au sein du groupe Orange, où il a occupé plusieurs responsabilités techniques, commerciales et managériales.

Il a intégré Sonatel Multimédia au début des années 2000. Ses premières années de carrière lui ont permis de développer une expertise dans les systèmes, les réseaux et la sécurité informatique, avant d’évoluer progressivement vers les fonctions liées au marketing, au développement de produits et à la transformation des activités numériques.

Son parcours professionnel l’a ensuite conduit hors du Sénégal. Il a notamment travaillé à Bamako avant de rejoindre la Guinée-Bissau, où il a occupé les fonctions de Directeur marketing et communication d’Orange Bissau. Il a notamment participé au développement des activités d’Orange Money, dans un contexte marqué par l’essor des services financiers mobiles en Afrique de l’Ouest.

De retour au Sénégal, Cheikh Tidiane Sarr a poursuivi son ascension au sein du groupe Sonatel. Entre 2020 et 2021, il a occupé le poste de Directeur de Cabinet du Directeur général de Sonatel, avant d’être nommé, en 2021, Directeur général d’Orange Finances Mobiles Sénégal.

Il a dirigé Orange Finances Mobiles Sénégal jusqu’en 2024, période durant laquelle les services financiers numériques et le paiement mobile ont continué de prendre une place importante dans l’économie sénégalaise.

Depuis 2024, il occupait les fonctions de Directeur de la Stratégie et de la Transformation du Groupe Sonatel. Une expérience qui devrait constituer l’un des principaux atouts de son nouveau mandat à la tête de l’ARTP, dans un secteur confronté à des enjeux croissants liés à la transformation numérique, à la qualité des services, à la concurrence et au développement des nouveaux usages.

Sa nomination intervient également dans un contexte où le régulateur est appelé à jouer un rôle central dans l’accompagnement de l’évolution du secteur des télécommunications et du numérique au Sénégal. La régulation des opérateurs, la qualité des services, la protection des consommateurs, le développement des infrastructures numériques et l’encadrement des nouveaux services figurent parmi les grands enjeux auxquels l’ARTP est confrontée.

Parallèlement à cette nomination, la Présidence de la République annonce l’ouverture de deux autres processus de sélection. Le premier concerne le poste de Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Le second porte sur la désignation des douze membres du Conseil national de régulation de l’Audiovisuel (CNRA).

Le pilotage immédiat de ces deux appels à candidatures a été confié au Bureau Organisation et Méthodes, qui devra ainsi poursuivre la démarche de sélection engagée par les autorités pour plusieurs postes stratégiques de l’administration et des institutions publiques.

Yaakaar-Teranga : Diomaye saisit l’IGE sur les 55 millions de dollars, l’ex-DG de Petrosen conteste toute créance

Le dossier Yaakaar-Teranga prend une nouvelle tournure avec la saisine de l’Inspection générale d’État (IGE) par le président Bassirou Diomaye Faye. Cette démarche intervient après les déclarations du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô devant l’Assemblée nationale, qui a évoqué un « manquement grave » susceptible d’avoir privé l’État d’environ 55 millions de dollars, soit près de 30 milliards de FCFA. Une accusation que l’ancien directeur général de Petrosen, Alioune Guèye, conteste fermement, affirmant qu’« personne ne doit 55 millions de dollars à l’État ».

L’affaire Yaakaar-Teranga franchit désormais une nouvelle étape avec l’ouverture annoncée d’investigations administratives. Selon les informations rapportées par L’Observateur, le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye a demandé à l’Inspection générale d’État de faire la lumière sur les circonstances du retrait de Kosmos Energy du projet et, plus particulièrement, sur la question des 55 millions de dollars évoqués publiquement par le Premier ministre.

Le dossier avait été remis au centre du débat lors de la Déclaration de politique générale d’Ahmadou Al Aminou Lô devant l’Assemblée nationale. Répondant à une question du député Babacar Ndiaye, le Premier ministre avait assuré que les « 55 millions de dollars », correspondant à près de 30 milliards de FCFA, « existent bel et bien ».

Le chef du gouvernement avait notamment fait référence à une lettre datée du 1er juin, adressée par le ministre sortant Biram Souleye Diop à Alioune Guèye, alors directeur général de Petrosen. Selon les éléments rapportés par L’Observateur, cette correspondance faisait état d’un « manquement grave » au regard du Code pétrolier, notamment de son article 19.

Dans son intervention devant les députés, Ahmadou Al Aminou Lô avait expliqué que lorsqu’une concession ou une licence arrive à échéance et que des sommes déclarées comme dépenses n’ont finalement pas été engagées, certaines obligations financières peuvent être dues à l’État en fonction du cadre juridique et contractuel applicable.

Le Premier ministre était allé plus loin en estimant que quelqu’un se serait « cru en droit de se substituer à l’État » pour accorder à Kosmos un abandon de cette somme. Une déclaration qui a donné une dimension particulièrement sensible au dossier et qui pose désormais la question des responsabilités dans la gestion de la fin du projet Yaakaar-Teranga.

La saisine de l’IGE devrait précisément permettre de vérifier les différentes étapes du processus, les actes administratifs et contractuels pris ainsi que les correspondances échangées entre les différents acteurs. D’après L’Observateur, la question de l’ouverture d’une mission de contrôle aurait déjà été évoquée en Conseil des ministres.

Le ministre chargé du Pétrole, Abdourahmane Diouf, aurait ainsi officiellement saisi l’Inspection générale d’État par une correspondance confidentielle l’informant de l’ouverture de cette mission d’investigation.

Petrosen et les services concernés du ministère devraient être appelés à transmettre aux inspecteurs les documents nécessaires à l’examen du dossier. Les investigations devraient notamment porter sur les conditions du retrait de Kosmos Energy, le contenu des accords conclus à cette occasion et la nature exacte des 55 millions de dollars au cœur de la polémique.

Au-delà du montant lui-même, plusieurs questions devront être éclaircies. Il s’agira notamment de déterminer si les 55 millions de dollars constituent effectivement une créance exigible de l’État, de préciser le fondement juridique invoqué et d’identifier les autorités ayant participé aux différentes décisions.

La correspondance adressée par l’ancien ministre Biram Souleye Diop à l’ancien directeur général de Petrosen devrait également être examinée afin de comprendre les réserves exprimées à quelques jours du changement intervenu à la tête du département.

Face à cette lecture du dossier, Alioune Guèye apporte une réponse radicalement différente. L’ancien directeur général de Petrosen rejette catégoriquement l’idée selon laquelle l’État sénégalais aurait laissé échapper une créance de 55 millions de dollars.

Dans une réponse relayée par L’Observateur, il affirme sans ambiguïté que « personne ne doit 55 millions de dollars à l’État ». Selon son explication, le montant évoqué devant l’Assemblée nationale ne correspondrait pas à une dette ou à une créance immédiatement exigible, mais à un engagement minimum de dépenses prévu dans le cadre de la période de prorogation destinée aux études de développement du projet.

Alioune Guèye invoque notamment le décret n°2024-713 du 13 mars 2024. Il soutient qu’un engagement de dépenses ne peut pas, à lui seul, être assimilé à une dette envers l’État. Selon cette interprétation, les conséquences d’une éventuelle non-réalisation des travaux doivent être appréciées à la lumière des contrats et conventions applicables au projet.

L’ancien responsable de Petrosen conteste ainsi l’interprétation qui consisterait à considérer que Kosmos Energy devait automatiquement verser 55 millions de dollars à l’État à l’expiration de ses engagements.

Il rappelle également, selon sa propre lecture du dossier, que Kosmos avait déjà investi plus de 300 millions de dollars dans le projet. Il estime que les mécanismes d’indemnisation prévus par les textes et les accords applicables avaient déjà été pris en compte, ce qui exclurait, selon lui, l’existence d’une nouvelle créance correspondant aux 55 millions de dollars.

Alioune Guèye défend par ailleurs l’accord négocié avant le retrait de Kosmos. D’après lui, cet accord devait permettre au Sénégal de récupérer ou de sécuriser plusieurs éléments importants, notamment les données, certaines bandes et certains actifs, tout en organisant la poursuite du processus dans de meilleures conditions.

Il assure également que cet accord n’aurait rien coûté à l’État et considère que l’expiration pure et simple du contrat aurait pu présenter moins de garanties pour le Sénégal.

L’ancien DG de Petrosen soulève enfin une question qu’il considère comme centrale dans le débat. Si une créance de 55 millions de dollars existe effectivement et si l’accord conclu avec Kosmos n’est pas opposable à l’État, soutient-il, rien n’empêcherait aujourd’hui les autorités sénégalaises de réclamer directement cette somme à la compagnie.

Cette divergence d’interprétation place désormais l’IGE au cœur du dossier. D’un côté, le gouvernement évoque une somme susceptible d’être due à l’État et souhaite déterminer dans quelles circonstances elle aurait pu ne pas être recouvrée. De l’autre, l’ancien directeur général de Petrosen affirme qu’il ne s’agit pas d’une créance abandonnée mais d’une confusion entre un engagement de dépenses et une dette exigible.

L’enquête administrative devra donc permettre de confronter les différentes interprétations aux documents contractuels, au Code pétrolier, aux textes réglementaires ainsi qu’aux correspondances échangées entre les différentes parties.

Alioune Guèye assure, pour sa part, être disposé à s’expliquer devant toutes les institutions compétentes. Il se dit notamment prêt à répondre aux questions de l’Assemblée nationale, de la Cour des comptes ou de la justice et à produire les documents qu’il estime nécessaires, notamment l’accord conclu avec Kosmos, le Code pétrolier, le CRPP, le décret ainsi que les différentes correspondances relatives au dossier.

LE COMMUNIQUÉ DU CONSEIL DES MINISTRES DU JEUDI 10 SEPTEMBRE 2026

Le Conseil des Ministres s’est exceptionnellement tenu le jeudi10 septembre 2026, au Palais de la République, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :
Suivi de la mise en œuvre territoriale des actions du Gouvernement
A l’entame de sa communication, le Président de la Républiqueadresse ses félicitations au Premier Ministre, pour sa brillante Déclaration de Politique générale, devant l’Assemblée nationale.Il félicite également les membres du Gouvernement pour la clarté et la précision de la feuille de route présentée et l’exhaustivité des projets, réformes et actions engagés et programmés. En outre, ildemande au Premier Ministre de veiller à l’effectivité de l’exécution réformes sectorielles et des actions annoncées, en vue de prendre en charge les aspirations légitimes des populations.Dans cette perspective, il souligne l’impératif :
– d’une protection accrue du pouvoir d’achat des ménages ;
– d’une maîtrise stratégique des finances publiques ainsi que de l’organisation et du train de vie de l’Etat dans toutes ses dimensions ; 
– d’une présence optimale et d’une efficacité soutenue des services publics sur l’étendue du territoire national.
Dans ce cadre, le Président de la République instruit d’accentuer la territorialisation des politiques publiques, avec l’implication des élus et autres acteurs communautaires à la base, dans la conception, la mise en œuvre et le suivi-évaluation de l’exécution des projets. Il insiste sur l’accélération de la relance des projets sectoriels à fort impact sur :
– la citoyenneté, l’éducation et la formation professionnelle et technique ;
– le désenclavement des zones de production et la souveraineté alimentaire ;
– l’industrialisation, l’emploi et l’entreprenariat des jeunes et des femmes, avec le développement des agropoles, des zones économiques spéciales et de l’économie solidaire ;
– le bien-être des populations, en termes de renforcement de l’accès universel à l’eau, à l’électricité, aux services numériques et d’amélioration de l’offre de soins de qualité.
A cet égard, le Chef de l’Etat se félicite de la réception de 153 ambulances médicalisées destinées à améliorer la prise en charge des malades sur l’étendue du territoire national, dans une perspective de renforcement du désenclavement sanitaire.
Enfin, soulignant l’extrême urgence d’accélérer le déploiement des programmes d’aménagement et de construction de logements sociaux accessibles aux populations cibles, le Chef de l’Etat demande au Premier Ministre de revoir les modalités de mise à disposition des prêts DMC, dans le cadre de la nouvelle politique de promotion du logement et de l’habitat décent.
Accélération de la mise en œuvre du Plan Diomaye pour la Casamance
Le Président de la République considère le Pôle-territoire,constitué par les régions administratives de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou, comme stratégique dans la réalisation de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 et prioritaire dans la relance des activités économiques et sociales nationales. Ainsi, il indique tout le sens du lancement du Plan Diomaye pour la Casamance (PDC), véritable Programme intégré de développement durable de cette région naturelle. Dans ce sillage, il prescrit au Premier Ministre de prendre toutes les mesures idoines pour évaluer l’état de mise en œuvre de toutes ses composantes.
Il donne instruction au Premier Ministre, au Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan et au Ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur de veiller à l’augmentation significative des ressources allouées au Centre national d’Action Antimines au Sénégal (CNAMS), afin d’accentuer les efforts de sécurisation des villages cibles et des sites de production agricole.
Par ailleurs, soulignant l’impératif d’accentuer l’installation systématique des services publics essentiels dans les zones frontalières et d’accélérer le désenclavement et le renforcement des infrastructures sociales de base, le Président de la République indique la nécessité de renforcer les ressources allouéesnotamment au PUMA et à l’ANRAC. 
Enfin, il annonce la tenue, sous la présidence du Premier Ministre, d’une réunion interministérielle d’évaluation et de relance du Plan Diomaye pour la Casamance.
Préparation des commémorations du 24e anniversaire du naufrage du bateau « Le Joola »
Rappelant que la Nation va commémorer, dans l’unité, le recueillement et la solidarité, le 24e anniversaire du naufrage du bateau « Le Joola », le Président de la République demande au Gouvernement de prendre les dispositions requises, en liaison avec les familles des victimes et les rescapés, pour la tenue, dans les meilleures conditions, des cérémonies religieuses et officielles de commémoration de cette tragédie. En particulier, il indique au Premier Ministre l’importance de veiller à l’accès systématique des familles des victimes et des rescapés aux monuments et lieux de mémoire, notamment le Musée national dédié aux victimes, érigé à Ziguinchor.
Renforcement du dialogue et du partenariat Etat-secteur privé
Suite à l’audience qu’il a accordée, le 03 septembre 2026, auConseil national du Patronat (CNP), le Président de la Républiquefélicite et encourage tous les acteurs et l’ensemble des organisations du secteur privé pour leur contribution remarquable au développement économique et social national et à la création d’emplois.
Il rappelle au Gouvernement la nécessité de recevoir régulièrement les acteurs du secteur privé et d’accentuer les efforts et l’accompagnement attendus de l’Etat, pour améliorer le climat des affaires et accélérer les réformes visant à accroître la compétitivité et l’attractivité du Sénégal. Il met l’accent sur l’implication du patronat dans la finalisation des réformes du Code général des Impôts et du Code des Douanes et sur la nécessité de poursuivre les diligences en vue de l’apurement de la dette intérieure et de l’amélioration de l’accès des PME/PMI à la commande publique.
Outre l’accélération des réformes foncières, le Chef de l’Etatengage le Premier Ministre à prendre les dispositions idoines,avec les ministres et acteurs concernés, afin d’amplifier la montée en puissance des dispositifs de formation duale, soutenue par une optimisation des structures et cadres de promotion et de gestion de la formation professionnelle et technique.
Le Président de la République fait aussi observer l’intérêt qu’il accorde à la relance du secteur touristique, en général et du Crédit hôtelier en particulier, de même qu’à la mobilisation adéquate des ressources pour une mise en œuvre optimale et partenariale des projets du New Deal Technologique. 
Au demeurant, le Chef de l’Etat indique au Gouvernement la nécessité de veiller à l’application consensuelle des recommandations des Etats généraux de l’Industrie, du Commerce et des PME et de finaliser, avant la fin du mois d’octobre 2026, avec l’implication de toutes les organisations du secteur privé :
– le projet de loi d’orientation sur le patriotisme économique ;
– le projet Stratégie portuaire nationale, en veillant au respect du calendrier de réception des nouvelles infrastructures portuaires projetées (Ndayane et Bargny-Sendou).
Agenda du Président de la République, suivi de l’intégration, de la coopération et des partenariats 
Le Président de la République informe le Conseil qu’il présidera, le 12 septembre 2026, la cérémonie de remise de la Flamme olympique, dans le cadre des JOJ Dakar 2026. Il demande auGouvernement de veiller au bon déroulement de son passage dans toutes les régions du Sénégal.
Il annonce également qu’il effectuera une visite de travail, les 14 et 15 septembre 2026, à Washington, aux Etats-Unis, avant de se rendre, du 16 au 17 septembre 2026, à Abu Dhabi, aux Emirats Arabes Unis, pour une visite officielle. 


AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE
La communication du Premier Ministre a porté sur l’appropriation et la traduction, dans l’action gouvernementale, des messages de sa Déclaration de Politique générale (DPG) du 8 septembre 2026, des débats qui s’en sont suivis et des appréciations formulées par l’opinion publique sénégalaise.
Après avoir souligné que le Référentiel Sénégal 2050 demeure le cap majeur des politiques publiques, le Premier Ministre a rappelé les cinq engagements qui sous-tendent sa DPG :
– le redressement des comptes publics ;
– la restauration de l’Etat de droit ;
–  le renforcement de la souveraineté dans toutes ses dimensions ;
– la résolution des difficultés des Sénégalais ;
– l’équité territoriale et sociale.
Le Premier Ministre a engagé le Gouvernement à veiller à faire de la nouvelle doctrine de la « méthode », un modèle de gestion et de leadership qui doit se matérialiser par une culture de résultatbasée sur la supervision étroite des dossiers stratégiques et des projets catalytiques. 
Dans ce sens, le Premier Ministre a demandé aux ministres chefs de file de lui transmettre, au plus tard le 24 septembre 2026, les projets d’arrêté primatoral de mise en place des groupes de projets. Désormais, chaque programme devra être rattaché à l’un au moins de ces engagements. 
Par ailleurs, le Premier Ministre a informé le Conseil de la tenue de la première réunion du Comité interministériel de Suivi de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 au cours de la première quinzaine du mois d’octobre 2026, préparatoire à la réunion du Conseil présidentiel. 
Concernant spécifiquement le redressement des comptes publics, il a rappelé au Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan la nécessité de veiller scrupuleusement :
– à la satisfaction intégrale des mesures correctives du misreporting dans le délai convenu avec le FMI ;
– au dépôt à l’Assemblée nationale du projet de la loi de finances rectificative 2026, au plus tard le 15 septembre 2026 ;
– et, enfin, à la soumission, au Conseil des Ministres, du projet de loi de finances pour l’année 2027, le 30 septembre 2026.
Le Premier Ministre a également demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement de convoquer, dès la semaine prochaine, une réunion du Comité ad hoc en charge du dossier de rationalisation des entités du secteur parapublic, en vue d’arrêter la feuille de route de mise en œuvre.  
Il a demandé à la société Sénégal Numérique SA (SENUM-SA), sous la supervision de la Primature, de mettre en place un système d’information, de veille et de prise en charge des préoccupations des populations. Ce dispositif est alimenté par l’administration centrale et les services déconcentrés des ministères ainsi que les collectivités territoriales et les mécanismes de dialogue citoyen.
Il a, en outre, souligné l’importance d’assurer une communication de maintien de la dynamique enclenchée par la DPG. A cet égard, il a annoncé des rencontres prochaines avec le patronat, les syndicats pour le suivi du Pacte national de stabilité pour une croissance inclusive et durable. Il prévoit également de rencontrerles organisations de la société civile, la presse ainsi que le Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal, après son installation par Monsieur le Président de la République à la fin de ce mois.
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES
Le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication sur la situation actualisée de la gestion des inondations.


AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES
Le Conseil a examiné et adopté :
– le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la convention d’entraide judiciaire en matière civile et commerciale entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de la République de Gambie, signée le 1er août 2023, à Banjul ;
– le projet de loi relative à l’autonomisation économique des femmes.

JUSTICE : LE MINISTRE ME MOUSSA SARR REÇOIT LE NOUVEAU DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA SNR

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, a reçu en audience le nouveau directeur général de la Société nationale de Recouvrement (SNR), M. Pape Ibrahima Senghor, accompagné de Mme Mame Fatou Sow Dieng, Directrice du Recouvrement et des Affaires juridiques.

Cette rencontre a été l’occasion d’aborder les principales difficultés auxquelles la SNR est confrontée dans l’exercice de sa mission de service public. Au cœur des échanges figurent notamment la méconnaissance du statut de la SNR par certaines juridictions, l’application des dispositions spécifiques de la loi n°91-21, ainsi que la nécessité de renforcer la collaboration avec les greffes des tribunaux de commerce.

Dans un climat décrit comme cordial, les deux parties ont ainsi évoqué les moyens susceptibles d’améliorer la coordination entre la SNR et le ministère de la Justice, notamment dans le traitement des procédures liées au recouvrement.

Prenant la parole, le directeur général de la SNR, Pape Ibrahima Senghor, a réaffirmé la volonté de l’institution de consolider ses relations avec le ministère de la Justice. Il a insisté sur l’importance du dialogue et de la concertation institutionnels afin de permettre à la SNR de remplir efficacement ses missions.

De son côté, le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, a salué cette démarche et réaffirmé sa disponibilité à œuvrer au renforcement de la coopération entre les différentes structures concernées.

Élections locales : la Cour suprême rejette le référé-liberté du FDR

La Chambre administrative de la Cour suprême a rejeté la requête en référé-liberté introduite par le Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR) au sujet de l’organisation des prochaines élections municipales et départementales. Les requérants dénonçaient une absence de mesures concrètes de la part des autorités compétentes et demandaient à la haute juridiction d’ordonner le démarrage immédiat du processus électoral.

Dans son ordonnance, la Cour suprême s’est principalement penchée sur la question de l’urgence, qui constitue l’une des conditions essentielles pour qu’une procédure de référé-liberté puisse prospérer. La juridiction rappelle que cette urgence est caractérisée lorsqu’une décision ou une situation est susceptible de porter une atteinte suffisamment grave et immédiate à un intérêt public ou aux droits et intérêts que les requérants entendent défendre.

Pour le FDR, cette condition était bien remplie. Les responsables du Front estimaient que l’écoulement du temps, alors que les opérations préparatoires aux élections n’avaient pas encore été engagées, pouvait entraîner des conséquences irréversibles sur le processus électoral et affecter directement les conditions d’exercice des libertés électorales.

La Cour suprême n’a toutefois pas retenu cet argument. Elle s’est appuyée sur les dispositions du Code électoral relatives à la durée des mandats des conseillers municipaux et départementaux. Selon les articles L.230, L.236, L.265 et L.269, ces mandats sont fixés à cinq ans. Leur renouvellement doit intervenir dans les trente jours qui précèdent l’expiration de la cinquième année du mandat.

Pour la haute juridiction, ces dispositions permettent de constater que le calendrier électoral ne se trouve pas, à ce stade, dans une situation compromettant nécessairement la tenue des prochaines élections locales. La Cour relève en outre que les articles L.236 et L.269 prévoient certaines dérogations à la règle générale lorsque les circonstances l’exigent.

Autre élément retenu par les juges : l’article L.63 du Code électoral prévoit que la date du scrutin est fixée par décret, sans toutefois imposer un délai précis à l’autorité compétente pour prendre cet acte. En conséquence, l’absence de décret fixant la date exacte des élections ne suffit pas, en elle-même, à établir une carence de nature à justifier l’intervention urgente du juge administratif.

« Dans tous les cas, les élections ont nécessairement lieu dans la cinquième année du mandat », rappelle la Cour suprême dans son ordonnance.

Sur cette base, la juridiction considère que l’absence, à ce stade, d’un décret portant fixation de la date des élections municipales et départementales « ne compromet pas, en l’état actuel du droit et des faits, l’organisation de celles-ci ».

Le FDR avait pourtant formulé plusieurs demandes précises. Les requérants sollicitaient notamment de la Cour qu’elle constate la carence du ministre chargé des Élections, des services de l’administration électorale ainsi que de la Commission électorale nationale autonome (CENA). Ils demandaient également que les opérations préparatoires au scrutin soient engagées sans délai.

Parmi les mesures réclamées figuraient la révision des listes électorales, la fixation du montant de la caution ainsi que la publication d’un calendrier prévisionnel permettant aux différents acteurs de se préparer aux échéances locales.

La requête avait été portée notamment par Modou Diagne, président de LDR/Yessal, Khalifa Ababacar Sall de Taxawu Sénégal, Samba Sy du PIT, Oumar Sarr du PLD/And Suqali et Abdou Mbow de l’APR, tous membres ou représentants de formations politiques adhérentes au FDR.

En rejetant le référé-liberté, la Chambre administrative de la Cour suprême estime donc qu’il n’existe pas, dans l’état actuel du droit et des faits, de situation suffisamment urgente pour imposer aux autorités le déclenchement immédiat des opérations électorales. La haute juridiction écarte ainsi l’ensemble des demandes formulées par le Front dans le cadre de cette procédure.

Papa Ibrahima Senghor, nouveau Directeur général, une nouvelle empreinte de la SNR : « Sécuriser, structurer et accélérer »

Installé le 17 août 2026

Nommé à la tête de la Société Nationale de Recouvrement (SNR) et officiellement installé le 17 août 2026, Papa Ibrahima Senghor a dévoilé sa vision et ses priorités pour faire de l’institution un acteur de référence dans le recouvrement et la gestion des actifs en difficulté au sein de l’espace UEMOA.

Placée sous le sceau de la performance et de la souveraineté économique, sa feuille de route repose sur trois mots d’ordre : sécuriser, structurer et accélérer.
Dès sa prise de fonction, le nouveau Directeur général a rappelé le rôle stratégique de la SNR dans l’économie nationale. Selon lui, l’institution ne se limite pas au recouvrement des créances.

Elle participe activement à l’assainissement du système financier, à la préservation des ressources publiques, à la restauration de la confiance économique ainsi qu’au renforcement de la stabilité financière du pays.
La SNR contribue à la souveraineté économique du Sénégal, a-t-il souligné, affirmant son ambition de faire de l’entreprise publique l’institution de référence en matière de recouvrement et de gestion des actifs en difficulté dans l’espace UEMOA.
Pour atteindre cet objectif, Papa Ibrahima Senghor a présenté une stratégie fondée sur cinq piliers complémentaires : le renforcement du cadre juridique, l’excellence opérationnelle, le développement commercial et le rayonnement sous-régional, la transformation digitale ainsi que la gouvernance et le capital humain.
S’agissant du cadre juridique, le nouveau dirigeant souhaite sécuriser les interventions de la SNR, renforcer ses capacités d’action et aligner davantage ses pratiques sur les standards de l’espace OHADA. Sur le plan opérationnel, il entend améliorer les performances, réduire les délais de traitement, simplifier les procédures et renforcer la qualité des services.
Le développement commercial figure également parmi les priorités de la nouvelle direction. La SNR ambitionne d’élargir ses partenariats auprès des banques, des entreprises publiques, des investisseurs et des acteurs privés, aussi bien au Sénégal que dans l’ensemble de l’espace UEMOA.
La transformation numérique occupe une place centrale dans cette vision. Elle passera notamment par la dématérialisation des procédures, la mise en place d’un système d’information intégré et une exploitation plus efficace des données pour améliorer le pilotage des activités.
Pour conduire cette transformation, Papa Ibrahima Senghor a annoncé un mode de management fondé sur quatre principes : l’écoute, la responsabilisation, l’équité et l’obligation de résultats. Il a insisté sur la nécessité de définir des objectifs clairs, mesurables et assortis de délais précis.
Les cent premiers jours de son mandat seront consacrés à trois priorités majeures : sécuriser les finances, les processus et les responsabilités ; structurer la gouvernance, l’organisation interne et le système de pilotage ; enfin accélérer les réformes et les partenariats stratégiques nécessaires à la montée en puissance de l’institution.
Un tableau de bord de la Direction générale sera mis en place afin d’assurer un suivi rigoureux des décisions et des performances. Les résultats comme les difficultés seront régulièrement partagés avec le Conseil de surveillance et l’autorité de tutelle dans un souci de transparence.
S’adressant aux collaborateurs, le nouveau Directeur général a souligné que la réussite de cette ambition reposera avant tout sur l’engagement des femmes et des hommes de la SNR. Il a appelé les équipes à se mobiliser autour d’un projet collectif destiné à renforcer la contribution de la société à la souveraineté économique du Sénégal.
En conclusion, Papa Ibrahima Senghor a réaffirmé son engagement à bâtir une SNR plus forte, plus performante, plus transparente et plus digitale, en cohérence avec les ambitions de Vision Sénégal 2050. Il a invité l’ensemble des acteurs de l’institution à travailler ensemble pour produire des résultats mesurables et préparer l’avenir avec méthode, responsabilité et intégrité.


Idrissa Ndiaye
Communication

DPG du Premier ministre : Amadou Ba rappelle les préalables parlementaires et appelle à un débat de fond

La Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre Mouhamadou Al Aminou Lô, annoncée pour le 1er septembre, ne saurait être considérée comme automatiquement acquise du seul fait de l’ouverture de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale à cette date. C’est la mise en garde formulée par le député de Pastef les Patriotes, Amadou Ba, lors de son intervention sur les ondes de Radio Sénégal, dans l’émission « En Vérité ».

Le parlementaire a tenu à rappeler les règles qui encadrent la tenue de la DPG devant les députés. Selon lui, l’ouverture de la session extraordinaire le 1er septembre ne signifie pas, à elle seule, que le chef du gouvernement sera nécessairement appelé à prendre la parole ce même jour devant la représentation nationale.

Amadou Ba explique que la procédure doit respecter les dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. « C’est le règlement intérieur qui détermine » les conditions dans lesquelles la Déclaration de politique générale doit être organisée, a-t-il indiqué. À ses yeux, la fixation de la date et les modalités de l’exercice nécessitent au préalable un examen au niveau des instances compétentes de l’institution parlementaire, notamment la Conférence des présidents.

Cette précision intervient dans un contexte institutionnel particulièrement sensible, marqué par les divergences entre l’exécutif et une majorité parlementaire qui ne lui est pas alignée. La DPG du Premier ministre constitue ainsi un rendez-vous politique majeur, au-delà de sa portée strictement institutionnelle.

Pour autant, Amadou Ba récuse toute volonté de la part des députés de Pastef de faire obstacle à l’exercice. Le député assure que son groupe entend plutôt veiller au strict respect des textes qui régissent le fonctionnement de l’Assemblée nationale. « Les députés de Pastef sont très responsables, nous voulons l’écouter », a-t-il déclaré, tout en rejetant catégoriquement toute intention de « saboter » la présentation du chef du gouvernement.

Cette position traduit, selon lui, une volonté de dissocier le respect des procédures parlementaires de toute logique de confrontation politique. L’enjeu, insiste-t-il, n’est pas d’empêcher le Premier ministre de présenter sa vision et son programme, mais de faire en sorte que cette présentation se déroule dans le cadre prévu par les textes.

Au-delà de la question de la date et des modalités de la DPG, le député de Pastef souhaite surtout que cette échéance soit l’occasion d’un véritable débat sur les grandes orientations économiques du Sénégal. Il estime que les échanges entre le gouvernement et les députés doivent porter prioritairement sur les difficultés économiques et financières auxquelles le pays est confronté.

Dans cette perspective, les discussions engagées ou envisagées avec le Fonds monétaire international (FMI) occupent une place centrale. Amadou Ba appelle notamment à examiner de manière approfondie les recommandations formulées par l’institution financière internationale concernant la libéralisation de certains secteurs, les éventuelles privatisations ainsi que la réduction des subventions.

Pour le parlementaire, ces questions ne peuvent être traitées uniquement sous l’angle des affrontements politiques. Elles engagent directement les choix économiques et sociaux du pays et méritent, à ce titre, un débat parlementaire approfondi. La DPG devrait donc permettre, selon lui, de clarifier les orientations que le gouvernement entend privilégier face aux contraintes budgétaires, aux exigences de financement et aux attentes sociales.

À quelques jours de l’échéance annoncée, la question de l’organisation de la DPG reste ainsi liée au respect des procédures internes de l’Assemblée nationale. Si le Premier ministre est attendu devant les députés pour exposer les grandes lignes de l’action gouvernementale, Amadou Ba rappelle que cette étape doit d’abord s’inscrire dans le cadre réglementaire prévu par l’institution parlementaire.

Crédits spéciaux : El Hadji Abdourahmane Diouf accuse Ousmane Sonko de « double discours » et défend le volet social et religieux

Le débat autour de la réforme des crédits spéciaux, communément appelés « fonds politiques », prend une nouvelle tournure. Le Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, ministre du Pétrole et membre de la coalition KIIRAAY / Les Patriotes Républicains, s’est vivement attaqué à la proposition de loi portée par l’Assemblée nationale, dénonçant ce qu’il considère comme une restriction excessive du champ d’utilisation de ces crédits.

Dans une sortie particulièrement offensive, l’ancien ministre met directement en cause la majorité parlementaire ainsi que le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Il leur reproche notamment un décalage entre le contenu de la proposition de loi soumise aux députés et le discours tenu récemment auprès des foyers religieux.

Pour El Hadji Abdourahmane Diouf, la tournée effectuée par Ousmane Sonko dans plusieurs cités religieuses ne serait pas cohérente avec l’orientation donnée au texte parlementaire. « Ce qu’il propose à l’Assemblée nationale n’a rien à voir avec ce qu’il est allé raconter à nos guides religieux », affirme-t-il, estimant également que cette démarche contraste avec la manière dont l’actuel président de l’Assemblée nationale aurait lui-même utilisé les crédits spéciaux lorsqu’il était à la tête du gouvernement.

Le ministre du Pétrole dénonce ainsi ce qu’il qualifie de « double discours et de double standard », allant jusqu’à évoquer un « problème moral profond ». Il conteste, par ailleurs, l’argument selon lequel la réforme proposée par l’Assemblée nationale serait sans conséquence sur les mécanismes de soutien traditionnellement apportés aux autorités religieuses et à certaines couches de la société.

Pour étayer sa position, El Hadji Abdourahmane Diouf s’appuie sur le contenu même de la proposition parlementaire. Il relève notamment l’article 2, qui prévoit de réserver les crédits spéciaux « exclusivement » au financement des dépenses relatives à la défense nationale, à la sécurité intérieure et extérieure de l’État ainsi qu’aux activités de renseignement.

Une formulation que le responsable de KIIRAAY juge particulièrement restrictive. À ses yeux, cette disposition revient à transformer les crédits spéciaux en un mécanisme essentiellement sécuritaire, en écartant de fait leur dimension sociale, humanitaire et religieuse.

L’ancien ministre attire également l’attention sur l’article 5 du texte, qui précise que les dépenses à caractère social, les dépenses à caractère politique ainsi que les dépenses de fonctionnement courant des institutions sont exclues du champ des crédits spéciaux. Pour lui, cette disposition confirme la volonté de la majorité parlementaire de réduire considérablement le périmètre de ces fonds.

El Hadji Abdourahmane Diouf parle ainsi d’une proposition de « crédits anti-sociaux et anti-religieux », considérant que l’exclusion explicite des dépenses sociales pourrait avoir des conséquences sur certaines pratiques de solidarité jusque-là assumées par l’État.

À l’inverse, le ministre du Pétrole dit approuver les amendements introduits par le pouvoir exécutif. Il estime que ces modifications permettent de rétablir une conception plus large des crédits spéciaux en y intégrant notamment la protection de l’ordre public, la préservation de l’ordre social et la sauvegarde des intérêts fondamentaux de la Nation.

Selon lui, les amendements gouvernementaux accordent également une place explicite aux valeurs humanitaires, à l’entraide, à la solidarité et à la discrétion. Une orientation qu’il considère davantage conforme aux réalités sociales et culturelles sénégalaises, notamment au rôle historique joué par les foyers religieux dans l’accompagnement des populations.

« Là où la proposition de l’Assemblée nationale réduit les crédits spéciaux à une pure opération technique et froide de gestion, les amendements de l’Exécutif humanisent et socialisent l’utilisation des fonds en parfaite conformité avec nos traditions culturelles, sociales et religieuses. Là où l’Assemblée exclut, l’Exécutif inclut », soutient-il.

Au-delà du contenu juridique du texte, la sortie du Dr El Hadji Abdourahmane Diouf prend également une dimension politique. Le membre de la coalition KIIRAAY reproche à Ousmane Sonko une contradiction entre ses positions actuelles et sa propre pratique lorsqu’il exerçait les fonctions de Premier ministre.

Il estime que le président de l’Assemblée nationale ne saurait, aujourd’hui, défendre une conception restrictive des crédits spéciaux après avoir, selon lui, bénéficié et utilisé ces ressources lorsqu’il était à la tête du gouvernement. Cette accusation vient nourrir davantage le bras de fer politique qui oppose actuellement les institutions autour de la question des crédits spéciaux.

En conclusion de son intervention, El Hadji Abdourahmane Diouf interpelle directement le président de l’Assemblée nationale et la majorité parlementaire. Il les invite à assumer pleinement les conséquences de la proposition de loi et à clarifier leur position concernant le soutien aux foyers religieux.

« Au président de l’Assemblée nationale, leader de la majorité désaxée, assumez votre discrimination de nos foyers religieux dans le fléchage des fonds politiques ! La République ! Rien que la République ! », lance-t-il.

Polémique autour de l’émission de la RFM : le CORED condamne les menaces contre Babacar Fall et appelle à la retenue

Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les Médias (CORED) est sorti de son silence, ce vendredi 28 août 2026, au sujet de la polémique née de l’émission matinale diffusée la veille sur la RFM. Le programme avait reçu Abdou Sy, frère de Serigne Moustapha Sy et responsable moral de la Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty (DMWM), dans un contexte marqué par de vives tensions au sein de la famille de feu Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum.

Dans un communiqué publié à Dakar, l’instance d’autorégulation des médias dit avoir suivi « avec une vive préoccupation » la controverse suscitée par cette émission. Le CORED souligne la sensibilité particulière de ce type de sujet dans le contexte sénégalais, où les confréries musulmanes occupent une place importante dans la vie sociale et religieuse du pays.

Pour l’instance, les questions touchant aux relations confrériques et aux affaires familiales ne peuvent être traitées comme des sujets ordinaires. Elles exigent, de la part des professionnels des médias, une attention particulière, de la prudence et un strict respect des règles éthiques et déontologiques. Le CORED estime ainsi que les journalistes ont également une responsabilité dans la préservation du vivre-ensemble et de la cohésion sociale.

L’organisation condamne toutefois sans ambiguïté les réactions dirigées contre le journaliste Babacar Fall, animateur de l’émission concernée. Le professionnel aurait fait l’objet d’insultes, d’intimidations et même de menaces de mort à la suite de la diffusion du programme.

Le CORED juge ces agissements « fermement » condamnables et rappelle qu’aucune faute professionnelle, réelle ou supposée, ne saurait justifier des menaces ou des violences à l’encontre d’un journaliste. L’instance invite par conséquent les autorités compétentes à prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir la sécurité de Babacar Fall.

Sur le terrain des principes, le Conseil rappelle que la liberté d’informer, le droit du public à une information pluraliste ainsi que l’exercice de la profession de journaliste sont protégés par la Constitution, le Code de la presse et la Charte des journalistes. Ces textes imposent notamment aux professionnels des médias de traiter l’actualité de manière libre, indépendante et équilibrée, tout en veillant au respect de la vérité des faits.

Le CORED insiste également sur le fait qu’aucun groupe de pression, mouvement ou individu ne peut se substituer aux mécanismes prévus par la loi pour juger le travail d’un journaliste. Les contestations relatives au traitement d’une information doivent, selon l’instance, s’inscrire dans les procédures prévues par les textes, et non prendre la forme de pressions, de harcèlement ou de chantage verbal.

Dans ce dossier, le Conseil rappelle notamment l’existence du principe du contradictoire ainsi que du droit de réponse, garantis par les articles 84 à 90 du Code de la presse. Ces mécanismes permettent, selon le CORED, aux personnes qui estiment avoir été mises en cause ou insuffisamment entendues de faire valoir leur position dans le respect du cadre légal.

L’instance d’autorégulation appelle par ailleurs les journalistes et les autres professionnels des médias à faire preuve de davantage de prudence dans le traitement de cette affaire. Elle estime que la dimension à la fois privée et confrérique du dossier en fait un sujet particulièrement sensible, qui nécessite un traitement professionnel, mesuré et respectueux des personnes concernées.

Au-delà des professionnels de l’information, le CORED lance un appel au calme à l’ensemble des acteurs impliqués, aux mouvements religieux ainsi qu’aux citoyens. Il les exhorte à privilégier la retenue et les voies de recours légales en cas de désaccord avec le contenu d’une émission ou d’un traitement médiatique.

Enfin, le Conseil rappelle qu’il existe une procédure spécifique permettant de contester un manquement aux règles d’éthique et de déontologie journalistiques. Conformément à l’article 13 de ses statuts, toute personne physique ou morale estimant qu’une violation de ces règles a été commise peut saisir le CORED. La requête doit être adressée à son président.

DPG du Premier ministre : Bassirou Diomaye Faye convoque l’Assemblée nationale pour le 1er septembre

La Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô est désormais officiellement inscrite au calendrier de l’Assemblée nationale. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a signé, le 24 août 2026 à Dakar, le décret n° 2026-1530 portant convocation de l’Assemblée nationale en session extraordinaire. Le texte fixe l’ouverture de cette session au mardi 1er septembre 2026, à 10 heures précises.

Contresigné par le Premier ministre, le décret présidentiel précise clairement le cadre juridique et institutionnel de cette convocation. Parmi les visas figurent notamment la loi organique n° 2025-11 du 18 août 2025 portant Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, ainsi que les décrets n° 2026-1129 du 25 mai 2026 portant nomination du chef du gouvernement et n° 2026-1130 du 1er juin 2026 fixant la composition du gouvernement.

L’ordre du jour de cette session extraordinaire est particulièrement resserré. Il ne comporte qu’un seul point : la Déclaration de politique générale du Premier ministre devant les députés. Le décret indique ainsi que la session prendra fin dès l’épuisement de cet unique point inscrit à l’ordre du jour.

Cette précision ferme également la porte, dans le cadre de cette session, à l’examen d’autres dossiers parlementaires qui pourraient être introduits parallèlement. L’objectif affiché est donc exclusivement de permettre au chef du gouvernement de présenter sa feuille de route devant la représentation nationale, conformément aux dispositions institutionnelles en vigueur.

La convocation intervient un peu plus de trois mois après la nomination d’Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô à la Primature, le 25 mai dernier. Son gouvernement avait été formé au début du mois de juin, ouvrant la voie à la préparation de cette étape majeure de la vie institutionnelle.

Du côté de l’Assemblée nationale, les dispositions nécessaires ont également été prises pour matérialiser la séance. Une convocation officielle, signée le 28 août 2026 par le président de l’institution, Ousmane Sonko, invite les députés de la XVe législature à prendre part à la séance plénière prévue le mardi 1er septembre à partir de 10 heures.

L’ordre du jour arrêté par l’hémicycle mentionne l’ouverture de la deuxième session extraordinaire de l’année 2026 de l’Assemblée nationale. C’est dans ce cadre que se déroulera la Déclaration de politique générale du Premier ministre.

Très attendue, cette DPG constituera une séquence politique et institutionnelle importante pour le gouvernement. Elle permettra au chef de l’exécutif gouvernemental d’exposer devant les députés les grandes orientations de son action, ses priorités et les principaux engagements de son équipe.

La séance du 1er septembre intervient par ailleurs dans un contexte parlementaire particulièrement animé, marqué ces dernières semaines par plusieurs textes et initiatives à forte portée politique et institutionnelle. La présentation de la DPG devrait donc être suivie avec une attention particulière, aussi bien au sein de l’hémicycle que dans l’opinion publique.

Gamou de Tivaouane 2026 : Serigne Babacar Sy Mansour appelle à la paix, à la responsabilité et à l’unité

À l’occasion du Gamou de Tivaouane 2026, le Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, a livré un message fortement axé sur la paix, la responsabilité dans la gestion des affaires publiques et le renforcement de l’unité nationale. Le discours du guide religieux, transmis par Serigne Makhtar Kébé lors de la cérémonie officielle, s’est voulu à la fois spirituel et profondément ancré dans les préoccupations de la société sénégalaise.

La cérémonie officielle s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, notamment des représentants de l’État, de la République du Sénégal, du Royaume du Maroc, du corps diplomatique ainsi que de nombreuses autorités religieuses. À travers son message, le Khalife général des Tidianes a appelé les fidèles et, plus largement, l’ensemble des Sénégalais à tirer des enseignements du Mawlid et à les traduire dans leur comportement quotidien.

Pour Serigne Babacar Sy Mansour, la célébration de la naissance du Prophète Mouhamed (PSL) ne doit pas se limiter aux rassemblements, aux décorations ou à l’aspect festif de l’événement. Elle doit surtout être l’occasion de revenir aux valeurs et aux enseignements du Prophète. Le Khalife rappelle ainsi que la meilleure manière de célébrer le Mawlid consiste à s’inspirer du modèle prophétique et à faire vivre la Sunna dans les actes.

Cette orientation prend tout son sens à travers le thème retenu pour cette édition : « Ensemble, pensons et agissons par le verbe de l’unicité ». Le message s’est ainsi articulé autour de trois grandes valeurs présentées comme indispensables à la stabilité de la société : la paix, la responsabilité et l’unité.

Sur la question de la paix, Serigne Babacar Sy Mansour a invité les Sénégalais à faire de la recherche de l’apaisement une responsabilité collective. Il encourage notamment les acteurs de la vie publique à « ensemencer la paix dans tous les cercles de la vie », en considérant que la stabilité d’une nation dépend d’abord de la capacité de ses citoyens et de ses dirigeants à privilégier le dialogue.

Dans le contexte national actuel, le Khalife invite particulièrement l’État et les différentes institutions à privilégier la concertation lorsqu’apparaissent des tensions. Face aux divergences politiques, sociales ou institutionnelles, il préconise le dialogue plutôt que l’affrontement, avec l’objectif de parvenir à un « pacte national fédérateur ».

Le message s’adresse également aux responsables religieux. Serigne Babacar Sy Mansour leur demande de continuer à jouer leur rôle dans la préservation de la cohésion sociale. Les guides religieux et les érudits sont appelés à contribuer à la lutte contre les discours susceptibles d’alimenter la division, la haine et la discorde.

Pour le Khalife, la construction de la paix ne doit toutefois pas se limiter à la sphère politique. Elle doit commencer dans les familles, se poursuivre dans les quartiers et s’étendre aux lieux de travail et à l’ensemble de la société.

Dans le monde professionnel, le respect des engagements et des droits de chaque partie est présenté comme une condition essentielle de la paix sociale. La rigueur dans le travail, l’excellence, la clarté des relations contractuelles et le respect des droits des travailleurs doivent, selon le message, permettre d’instaurer un climat plus serein dans les entreprises et contribuer à la stabilité économique du pays.

Le deuxième axe majeur du message porte sur la notion d’« Amâna », qui renvoie à la confiance, au dépôt confié à une personne et, plus largement, à la responsabilité.

Serigne Babacar Sy Mansour rappelle que chaque citoyen a une responsabilité envers la Nation, mais que cette exigence est encore plus importante pour ceux qui exercent des fonctions publiques ou disposent d’une responsabilité dans la gestion des ressources collectives.

Le Khalife met notamment en garde contre les détournements et la mauvaise utilisation des ressources publiques. Pour lui, porter atteinte aux finances de l’État ne constitue pas seulement une faute individuelle : cela prive l’ensemble de la collectivité de ressources qui auraient pu servir à améliorer les conditions de vie des populations.

Le message insiste ainsi sur les conséquences concrètes de la mauvaise gestion des deniers publics. « Détourner des fonds, c’est aussi priver la nation d’un hôpital, d’une école, d’une route, d’un marché et de l’avenir », rappelle le texte.

Cette réflexion place donc l’éthique et la responsabilité au cœur de la gestion publique. Elle invite les responsables à considérer les ressources de l’État comme un bien collectif qui doit être utilisé dans l’intérêt général et non comme un moyen de satisfaire des intérêts particuliers.

Le troisième axe du message concerne l’unité. Le Khalife général des Tidianes appelle les Sénégalais à renforcer les liens qui les unissent et à éviter les comportements susceptibles de fragiliser la cohésion nationale.

Cet appel concerne d’abord les familles, mais également les relations entre les différentes composantes de la société. Dans un contexte marqué par des débats parfois très vifs, notamment sur les réseaux sociaux, Serigne Babacar Sy Mansour invite les citoyens à se détourner des insultes, de la calomnie, des invectives et des polémiques stériles.

Le message met particulièrement en garde contre une utilisation irresponsable des réseaux sociaux. Pour le Khalife, les plateformes numériques ne doivent pas devenir des espaces où s’expriment la haine, la diffamation ou les divisions entre citoyens.

La construction d’un pays, rappelle-t-il, ne peut pas reposer uniquement sur les paroles ou les commentaires. Elle nécessite surtout l’engagement concret de chacun. « Une patrie ne se bâtit pas dans les commentaires. Elle se bâtit par l’effort, le travail et la coopération de ses citoyens », souligne le message.

À travers cette formule, le Khalife invite ainsi les Sénégalais à privilégier l’action, le travail et la solidarité plutôt que les affrontements verbaux.

Le message du Khalife général des Tidianes s’est achevé sur des prières pour la paix et la stabilité du Sénégal. Des prières ont également été formulées à l’endroit du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et de son gouvernement.

Le Khalife a également associé à ces prières le Royaume du Maroc et son souverain, le roi Mohammed VI, témoignant une nouvelle fois des liens historiques et religieux qui unissent le Sénégal et le Maroc.

Au-delà de sa dimension spirituelle, le message délivré à l’occasion du Gamou de Tivaouane 2026 apparaît ainsi comme un appel à la responsabilité collective. À travers la paix, l’« Amâna » et l’unité, Serigne Babacar Sy Mansour invite les Sénégalais à replacer l’éthique, le dialogue, le travail et l’intérêt général au cœur de la construction nationale.

Proposition de loi sur les crédits spéciaux : pourquoi le Conseil constitutionnel l’a déclarée irrecevable

Le Conseil constitutionnel a livré les motifs de sa décision déclarant irrecevable la proposition de loi n° 36/2026 portant sur le régime juridique des crédits spéciaux. Saisi le 18 août 2026 par le Premier ministre, le Conseil a rendu, le 25 août, sa décision n° 7/C/2026, mettant ainsi un coup d’arrêt à l’initiative parlementaire visant à encadrer juridiquement ces crédits.

Dans sa décision, la haute juridiction s’est fondée sur l’article 92 de la Constitution pour reconnaître sa compétence à statuer sur les conflits de compétence susceptibles d’opposer le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Après examen du texte, les Sages ont estimé que plusieurs de ses dispositions empiétaient sur des domaines qui ne relèvent pas de la compétence du législateur ordinaire.

Le premier motif avancé par le Conseil constitutionnel concerne le domaine réservé à la loi organique relative aux lois de finances. La juridiction rappelle que les règles fondamentales qui déterminent la nature, le régime et le fonctionnement des différentes catégories de crédits publics relèvent du domaine de la loi organique.

Selon le Conseil, le législateur ordinaire ne peut donc pas « instituer une catégorie autonome de crédits publics » ni déterminer lui-même leur régime juridique. Cette compétence est encadrée notamment par la loi organique n° 2020-07 du 26 février 2020 relative aux lois de finances.

C’est précisément sur ce point que la proposition de loi parlementaire aurait dépassé, selon les Sages, les limites constitutionnelles du pouvoir législatif. En cherchant à définir la notion de crédits spéciaux et à fixer leur régime juridique à travers plusieurs articles, le texte aurait empiété sur le domaine réservé à la loi organique.

Le Conseil constitutionnel relève ainsi une méconnaissance de l’article 67, alinéa 3, de la Constitution. Cette disposition encadre la répartition des compétences entre les différentes catégories de lois et fixe notamment les matières qui relèvent du domaine de la loi organique.

Mais l’argumentation du Conseil ne s’arrête pas à cette question. La haute juridiction a également relevé une immixtion du législateur dans les compétences du pouvoir exécutif.

Certaines dispositions de la proposition de loi cherchaient notamment à déterminer les modalités d’engagement, de liquidation, d’ordonnancement et de contrôle des dépenses concernées. Or, pour le Conseil constitutionnel, ces opérations relèvent d’un domaine réglementaire lorsqu’elles sont mises en œuvre dans le cadre défini par la loi organique relative aux lois de finances.

Les Sages se réfèrent notamment à l’article 118 du décret n° 2020-978 du 23 avril 2020, qui confie certaines de ces compétences au pouvoir réglementaire. Dès lors, le Parlement ne pouvait pas, par une loi ordinaire, intervenir directement dans ces mécanismes d’exécution et de gestion des crédits.

Le Conseil constitutionnel considère donc que ces dispositions « ne relèvent pas du domaine de la loi prévu par l’article 67 de la Constitution, mais plutôt du domaine du règlement ». Autrement dit, au-delà de la question de fond sur le contrôle des crédits spéciaux, c’est surtout la voie juridique choisie par les députés qui est remise en cause.

Cette distinction entre le domaine de la loi et celui du règlement est déterminante dans la décision. Le Conseil constitutionnel ne se prononce pas uniquement sur l’opportunité de mieux encadrer les crédits spéciaux. Il vérifie surtout si le Parlement disposait de la compétence constitutionnelle nécessaire pour adopter les dispositions proposées.

La décision prend une portée encore plus importante lorsque le Conseil examine les conséquences de ces irrégularités sur l’ensemble du texte. Les dispositions considérées comme contraires aux règles de répartition des compétences n’étaient pas, selon les Sages, autonomes par rapport au reste de la proposition de loi.

Elles étaient au contraire étroitement liées aux autres dispositions du texte. Le Conseil constitutionnel en a donc conclu que leur invalidité ne pouvait pas être limitée à quelques articles isolés. Elle affecte l’ensemble de la proposition de loi.

C’est cette interdépendance qui explique la décision d’irrecevabilité globale de la proposition de loi n° 36/2026.

Cette décision intervient dans un contexte politique particulièrement sensible autour de la question des fonds politiques et des crédits spéciaux. Le groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes avait défendu une initiative visant à renforcer le cadre juridique applicable à ces ressources et à améliorer les mécanismes de transparence et de contrôle.

Avec la décision du Conseil constitutionnel, le débat se déplace désormais sur le terrain institutionnel. La question n’est plus seulement de savoir s’il faut encadrer davantage les crédits spéciaux, mais également de déterminer quelle procédure législative et quel instrument juridique peuvent être utilisés pour opérer une telle réforme sans empiéter sur les domaines réservés à la loi organique ou au pouvoir réglementaire.

La décision du 25 août 2026 constitue ainsi un rappel des limites constitutionnelles imposées à l’action du Parlement. Elle confirme également le rôle du Conseil constitutionnel comme arbitre des rapports de compétence entre les institutions, au moment où la transparence dans la gestion des finances publiques demeure au cœur du débat politique sénégalais.


Fonds politiques : Pastef maintient la pression après l’irrecevabilité de sa proposition de loi

Le groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes entend poursuivre son combat pour un meilleur encadrement des fonds politiques, malgré la décision du Conseil constitutionnel déclarant irrecevable sa proposition de loi portant sur le régime juridique des crédits spéciaux. Dans un communiqué publié ce mardi 25 août 2026, les députés du parti au pouvoir réaffirment leur volonté de faire évoluer le cadre juridique applicable à ces crédits, qu’ils considèrent comme un enjeu majeur de transparence dans la gestion des ressources publiques.

La proposition de loi déposée par le groupe parlementaire avait pour objectif affiché de compléter le dispositif existant en matière de transparence et de contrôle des finances publiques. À travers cette initiative, les députés de Pastef souhaitaient notamment inscrire les crédits spéciaux dans un cadre juridique plus précis, alors que la question des fonds politiques fait régulièrement l’objet de débats au Sénégal.

La décision d’irrecevabilité du Conseil constitutionnel constitue donc un revers pour les parlementaires à l’origine de la proposition. Mais dans leur réaction, ces derniers assurent que cette décision ne signifie pas l’abandon de leur volonté de réformer le système. Ils affirment au contraire vouloir maintenir la pression afin que la question de l’encadrement des fonds politiques reste au centre du débat institutionnel.

Dans leur communiqué, les députés de Pastef s’en prennent notamment au président de la République, à qui ils reprochent de vouloir préserver ses fonds politiques. Selon eux, le chef de l’État aurait utilisé différents « instruments de blocage » pour empêcher la mise en œuvre de réformes qu’il avait pourtant promises pendant la campagne électorale.

Cette prise de position traduit également les tensions politiques qui entourent désormais la question des fonds spéciaux. Alors que la transparence et la reddition des comptes figuraient parmi les engagements mis en avant par les acteurs de la nouvelle majorité, leur encadrement constitue un sujet particulièrement sensible au sein même du pouvoir.

Pour le groupe parlementaire Pastef, le maintien du dispositif actuel pose un problème de gouvernance. Les députés dénoncent notamment ce qu’ils considèrent comme une absence de contrôle et de vérification suffisants des fonds politiques. Ils estiment que cette situation permettrait au chef de l’État de disposer d’une marge de manœuvre financière importante sans mécanismes de contrôle répondant aux exigences de transparence qu’ils souhaitent instaurer.

Les parlementaires vont jusqu’à considérer que le maintien de ces mécanismes pourrait conduire à la poursuite d’une gouvernance qu’ils qualifient d’opaque. Ils rappellent, dans le même temps, que l’encadrement des fonds politiques faisait partie des attentes liées à la promesse de rupture portée par le nouveau pouvoir.

Malgré l’irrecevabilité de leur texte, les députés de Pastef veulent donc éviter que la décision du Conseil constitutionnel ne mette définitivement un terme au débat. Ils reconnaissent que la réforme ne pourra pas être mise en œuvre dans l’immédiat et que sa « temporalité » est désormais différée, mais assurent que leur objectif demeure inchangé.

Cette réaction ouvre ainsi une nouvelle séquence dans le débat sur les fonds politiques au Sénégal. Elle pose également la question de la marge de manœuvre dont dispose le Parlement pour encadrer les crédits spéciaux et de la place du Conseil constitutionnel dans le contrôle des initiatives parlementaires.

Affaire Pape Cheikh Diallo : la défense saisit la chambre d’accusation après le rejet de la demande de liberté provisoire

La procédure judiciaire se poursuit dans l’affaire impliquant l’animateur Pape Cheikh Diallo, le chanteur Djiby Dramé et plusieurs autres personnes. Après la décision du juge d’instruction du premier cabinet près le Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye de déclarer irrecevables les demandes de mise en liberté provisoire, les avocats des principaux prévenus ont décidé de faire appel. La chambre d’accusation est désormais appelée à examiner la contestation introduite par la défense.

Selon des informations rapportées par Seneweb, les conseils de Pape Cheikh Diallo, de Djiby Dramé et du banquier Doudou Lamine Dieng ont interjeté appel de l’ordonnance rendue par le magistrat instructeur. Cette démarche intervient après le rejet des demandes de mise en liberté déposées par les avocats à la clôture de l’information judiciaire.

Le juge d’instruction s’est fondé sur les dispositions de l’article 130 du Code de procédure pénale pour motiver son refus. Cette disposition prévoit notamment que lorsque l’inculpé est renvoyé devant le tribunal correctionnel, la juridiction de jugement devient compétente pour statuer sur la question de sa mise en liberté.

Dans le cas présent, le magistrat instructeur considère que son intervention n’est plus possible dès lors qu’il a achevé son instruction et rendu son ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel. Cette ordonnance aurait été prise le 7 août dernier, marquant ainsi la fin de la phase d’instruction du dossier.

La défense conteste toutefois cette position et entend faire valoir ses arguments devant la chambre d’accusation. L’appel vise donc à faire examiner la régularité de la décision d’irrecevabilité et, au-delà, la situation judiciaire des prévenus concernés.

La chambre d’accusation devra désormais se prononcer sur le recours introduit par les avocats. Sa décision pourrait déterminer la suite réservée aux demandes de liberté provisoire formulées par les personnes concernées, alors que le dossier est désormais orienté vers la juridiction correctionnelle.

Cette nouvelle étape intervient dans un dossier qui a connu une importante évolution au cours des derniers mois. L’instruction a notamment conduit à l’arrestation et au placement sous contrôle judiciaire ou en détention de plusieurs personnes. Au terme des investigations, une soixantaine de personnes, parmi lesquelles Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé, Ass Dione et Kader Dia, ont été renvoyées devant le tribunal correctionnel pour y être jugées.

Le renvoi devant cette juridiction signifie que l’affaire entre désormais dans une nouvelle phase, celle du procès, au cours de laquelle les prévenus pourront présenter leurs moyens de défense et contester les faits qui leur sont reprochés. Le tribunal devra, de son côté, examiner les éléments réunis au cours de l’information judiciaire avant de se prononcer sur les responsabilités éventuelles.

En attendant l’ouverture des débats devant le tribunal correctionnel, la question de la liberté des prévenus demeure donc au centre des préoccupations de leurs conseils. Avec la saisine de la chambre d’accusation, la défense espère obtenir un nouvel examen de la situation de ses clients et éventuellement une décision favorable concernant leur mise en liberté.

Déclaration de patrimoine : le gouvernement veut élargir l’obligation au président de l’Assemblée et au Premier ministre

Le gouvernement entend renforcer les mécanismes de transparence au sommet de l’État à travers une modification de l’article 37 de la Constitution relatif à la déclaration de patrimoine. Dans un amendement présenté par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, le Pr Diomaye, l’exécutif propose d’élargir cette obligation à deux autres hautes autorités de la République : le président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre.

La proposition constitue une évolution du dispositif constitutionnel actuel, qui impose au président de la République de déclarer son patrimoine au début et à la fin de son mandat. Avec cet amendement, le gouvernement souhaite étendre cette exigence aux principales autorités qui exercent des responsabilités au sommet de l’État.

Selon le texte présenté par le ministre de la Justice, le président de la République serait tenu de déposer une déclaration écrite de patrimoine dans un délai de trois mois à compter de sa prestation de serment. Une seconde déclaration devrait ensuite être effectuée dans les trois mois suivant la cessation de ses fonctions. L’objectif est de permettre une comparaison entre la situation patrimoniale déclarée au début de l’exercice des responsabilités et celle constatée à la fin du mandat.

L’amendement prévoit que les mêmes obligations s’appliquent désormais au président de l’Assemblée nationale et au Premier ministre. Ces deux autorités devraient ainsi, elles aussi, déclarer leur patrimoine dans les délais prévus par le nouveau dispositif.

Une autre innovation importante concerne la publicité de ces déclarations. Le texte prévoit que les déclarations de patrimoine seront rendues publiques par le Conseil constitutionnel. Cette disposition vise à renforcer l’accès des citoyens à l’information sur le patrimoine des principales autorités publiques et à accroître la transparence dans l’exercice des responsabilités institutionnelles.

Pour le gouvernement, cette réforme répond à un impératif de bonne gouvernance. L’élargissement de l’obligation de déclaration de patrimoine doit notamment contribuer à prévenir les conflits d’intérêts, à renforcer les mécanismes de contrôle et à garantir une plus grande transparence dans la gestion des affaires publiques.

Au-delà de la simple formalité administrative, la déclaration de patrimoine constitue en effet un outil de prévention de la corruption et de surveillance de l’enrichissement éventuellement injustifié des responsables publics. En rendant les déclarations publiques, l’exécutif entend également renforcer la confiance des citoyens dans les institutions de la République.

Cette modification de l’article 37 intervient dans un contexte où les questions de transparence, de reddition des comptes et de gouvernance occupent une place importante dans le débat public sénégalais. L’extension du dispositif au président de l’Assemblée nationale et au Premier ministre permettrait ainsi d’élargir le périmètre des responsables soumis à cette obligation constitutionnelle.

La proposition devra toutefois poursuivre son parcours institutionnel avant son éventuelle entrée en vigueur. Son adoption définitive dépendra de la procédure de révision constitutionnelle et des différentes étapes prévues par les textes. Si elle est définitivement consacrée, cette réforme marquerait une évolution significative du régime de déclaration de patrimoine au Sénégal, en soumettant davantage de hauts responsables publics à une exigence de transparence et de responsabilité.

Le DG du Port Autonome de Dakar en tournée de solidarité à Kaolack et Thiénaba‎


‎Ce 24 août 2026 – À quelques jours de la célébration du Mawlid (Gamou), le Directeur général du Port Autonome de Dakar, M. Doune Pathé Mbengue, a poursuivi sa série de visites auprès des familles religieuses. Après Yoff, Ndiassane et Tivaouane, c’est au tour des cités saintes de Kaolack et Thiénaba d’accueillir cette démarche placée sous le signe de la solidarité.

Une tournée sous le signe de la solidarité

« Le sens que j’ai pris à donner à cette tournée, c’est tout simplement un mot : la solidarité », a déclaré M. Mbengue. Pour lui, cette solidarité s’adresse non seulement aux populations sénégalaises, mais aussi au personnel du Port Autonome de Dakar issu de ces familles religieuses. L’objectif est de partager avec tous les Sénégalais la préparation du Gamou, célébration de la naissance du Prophète Muhammad (PSL).

Le rôle de la Fondation

Comme à l’accoutumée, le Port Autonome de Dakar, à travers sa Fondation, a mobilisé des ressources importantes. Cette année, l’effort a été triplé par rapport aux années précédentes, traduisant une volonté d’inscrire l’action dans la vision du Chef de l’État : être aux côtés des citoyens de manière efficace et concrète. Cette démarche s’inscrit dans la logique de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE).

Au-delà du religieux

Le DG a insisté sur l’importance d’investir dans des projets à forte incidence sociale :EnvironnementPromotion de l’employabilitéEmploi des jeunes« Le Port n’a jamais cessé d’être aux côtés des citoyens. Nous voulons amplifier cette solidarité et investir davantage dans le social, pas seulement dans le religieux », a-t-il affirmé.

Des étapes symboliques

La tournée a déjà conduit le DG et ses équipes à Yoff, Ndiassane, Tivaouane, et désormais Kaolack et Thiénaba. Ces visites traduisent une volonté de présence continue auprès des familles religieuses lors des moments forts de la vie spirituelle nationale.

Le DG du Port Autonome de Dakar en tournée de solidarité à Kaolack et Thiénaba

Tivaouane : Bassirou Diomaye Faye clôt sa visite auprès de Serigne Moustapha Sy

Pour clôturer sa journée à Tivaouane, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, s’est rendu auprès de Serigne Moustapha Sy, responsable moral du Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty. Cette visite s’inscrit dans le cadre des rencontres du chef de l’État avec les différentes autorités religieuses de la cité de Mame Maodo, à quelques jours de la célébration du Mawlid.

Au cours de cette rencontre, Bassirou Diomaye Faye a transmis à Serigne Moustapha Sy le salut et les respects de la Nation. Le chef de l’État a ainsi marqué, au nom de la République, son attachement au dialogue avec les guides religieux et à la préservation des liens historiques entre les institutions publiques et les familles religieuses du Sénégal.

Le président de la République a également salué l’œuvre menée par le Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty dans le domaine de l’éducation spirituelle et citoyenne. Il a particulièrement mis en avant le rôle joué par le mouvement auprès de la jeunesse, à travers la transmission des valeurs religieuses, morales et citoyennes, dans la continuité de l’héritage de Seydi El Hadj Malick Sy.

Cette étape auprès de Serigne Moustapha Sy vient ainsi compléter une journée placée sous le signe du recueillement, du dialogue et de la communion avec les familles religieuses de Tivaouane. Dans la perspective du Mawlid, le déplacement du chef de l’État traduit également la volonté de maintenir des échanges étroits avec les autorités religieuses et de réaffirmer l’importance de leur rôle dans la cohésion sociale et la transmission des valeurs.

ONU : Macky Sall joue son avenir dans un nouveau vote indicatif du Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) se réunit ce vendredi 21 août 2026 pour un nouveau vote indicatif destiné à mesurer le niveau de soutien dont bénéficient les candidats en lice pour le poste de Secrétaire général de l’Institution. Organisé à huis clos, ce scrutin constitue une nouvelle étape décisive dans le processus de sélection du successeur d’António Guterres. Parmi les huit prétendants encore en course, l’ancien président sénégalais Macky Sall tente de reprendre pied après un premier vote qui l’avait placé en difficulté.

Le scrutin de ce vendredi intervient dans un contexte particulièrement délicat pour l’ancien chef de l’État sénégalais. Lors du premier vote indicatif, organisé le 30 juillet dernier, Macky Sall avait recueilli six voix favorables, contre sept défavorables et deux membres du Conseil de sécurité s’étant déclarés « sans opinion ». Avec sept mentions « décourage », il était alors devenu le candidat ayant enregistré le plus important niveau de rejet parmi les prétendants.

Le nouveau vote doit permettre de mesurer si les différentes initiatives diplomatiques engagées depuis ce premier scrutin ont permis à Macky Sall de modifier les rapports de force au sein du Conseil de sécurité. Depuis plusieurs semaines, son entourage multiplie les contacts et les démarches diplomatiques afin de convaincre les membres de l’organe exécutif de l’ONU de revoir leur position.

Le mécanisme retenu est celui du « straw poll », un vote informel et confidentiel qui ne constitue pas encore une décision officielle sur le choix du futur Secrétaire général. Les quinze membres du Conseil de sécurité sont appelés à attribuer à chacun des candidats l’une des trois mentions prévues : « encourage », « décourage » ou « sans opinion ». Ce procédé permet progressivement de dégager les candidatures les plus solides et d’identifier celles qui peinent à recueillir suffisamment de soutiens.

L’enjeu est d’autant plus important que le futur candidat recommandé par le Conseil de sécurité devra obtenir au moins neuf voix favorables, tout en évitant l’opposition d’un des cinq membres permanents disposant du droit de veto : les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni. Une fois cette étape franchie, le nom retenu sera soumis à l’approbation de l’Assemblée générale des Nations unies.

À l’issue du premier tour, une candidate s’est nettement détachée. La Costaricienne Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), a obtenu dix mentions « encourage », une seule mention « décourage » et quatre « sans opinion ». Elle s’est ainsi imposée comme la principale favorite de ce premier round.

Derrière elle, la Guyanaise Carolyn Rodrigues-Birkett a obtenu neuf encouragements, deux découragements et quatre membres « sans opinion ». Son score la place également dans une position favorable, alors que l’Argentin Rafael Grossi, actuel directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), complète le trio de tête avec sept encouragements, deux découragements et six « sans opinion ».

Ces résultats donnent une première indication des rapports de force, mais ne préjugent pas nécessairement de l’issue finale. Les votes indicatifs peuvent en effet évoluer au fil des négociations et des consultations diplomatiques. Le scrutin de ce vendredi sera donc particulièrement scruté, notamment pour déterminer si certains candidats parviennent à consolider leurs soutiens ou, au contraire, à inverser une dynamique initialement défavorable.

Pour Macky Sall, l’objectif est clair : améliorer son score du 30 juillet et démontrer qu’il dispose encore d’une marge de progression suffisante pour rester dans la course. Avec six voix favorables lors du premier tour, l’ancien président sénégalais part toutefois avec un handicap important face à des candidats qui ont déjà franchi ou approché la barre symbolique des neuf soutiens.

Ce deuxième vote indicatif pourrait ainsi constituer un tournant dans la candidature de Macky Sall. Une progression significative renforcerait sa crédibilité et pourrait relancer sa campagne diplomatique. À l’inverse, un nouveau résultat défavorable réduirait considérablement ses chances de figurer parmi les candidatures susceptibles d’être finalement soumises à l’Assemblée générale de l’ONU.

Mawlid 2026 : Bassirou Diomaye Faye à Tivaouane, l’État réaffirme son engagement auprès des pèlerins

À quelques jours de la célébration du Mawlid, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, s’est rendu ce vendredi à Tivaouane pour une visite auprès du Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour. Le chef de l’État a été reçu par le guide religieux, entouré de plusieurs membres de la famille de Seydi El Hadj Malick Sy, dans une atmosphère marquée par les préparatifs de cette importante échéance religieuse.

Au cours de cette rencontre, Bassirou Diomaye Faye a transmis au Khalife général des Tidianes les salutations, le respect et la considération de la Nation. Le président de la République a également salué le thème retenu pour l’édition 2026 du Mawlid, « Ensemble, penser et agir par le verbe de l’Unicité (Tawhid) », estimant que cette orientation revêt une portée particulière dans le contexte actuel du pays.

Le chef de l’État a notamment insisté sur la nécessité de préserver l’unité et la solidarité entre les Sénégalais. Selon lui, le rassemblement autour des valeurs de fraternité, de tolérance et de cohésion nationale constitue également une traduction concrète de la foi et des enseignements de l’islam.

La question de l’organisation du Mawlid a également occupé une place importante dans les échanges. Le président de la République a assuré le Khalife général des Tidianes de la mobilisation des services de l’État afin de garantir aux fidèles les meilleures conditions d’accueil et de séjour à Tivaouane. L’accent sera notamment mis sur l’approvisionnement en eau, l’assainissement, la couverture sanitaire, la sécurité ainsi que la fluidité de la circulation et la mobilité des pèlerins.

Dans cette perspective, le chef de l’État a réaffirmé la disponibilité de l’administration à accompagner les autorités religieuses et les populations pour la réussite de l’événement. L’affluence attendue à Tivaouane à l’occasion du Mawlid nécessite en effet une coordination étroite entre les différents services publics afin de répondre aux besoins des milliers de fidèles qui convergeront vers la cité religieuse.

Au terme de son entretien avec Serigne Babacar Sy Mansour, Bassirou Diomaye Faye a sollicité les prières du Khalife pour la paix et la stabilité du Sénégal, le renforcement de la cohésion nationale et la préservation de l’entente entre les différentes composantes de la société. Il a également demandé des prières pour un hivernage abondant, mais surtout sans dégâts pour les populations.

AFFAIRE MADY TOURÉ / ABDOULAYE FALL : LE TAS POUR UN RENVOI

TAS : l’élection de la FSF renvoyée devant la Commission de recours, le résultat maintenu, Abdoulaye Fàl toujours Président de la FSF

Saisi par le candidat malheureux Mady Touré, le Tribunal arbitral du sport a invalidé la procédure d’irrecevabilité opposée par la Fédération sénégalaise de football. Il renvoie le dossier pour un réexamen au fond, sans toutefois remettre en cause l’élection d’Abdoulaye Fall à la présidence, en août 2025.

Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a rendu ce vendredi une décision très attendue sur la régularité de l’élection présidentielle de la Fédération sénégalaise de football (FSF), organisée les 2 et 3 août 2025. Saisi par Mady Touré, l’un des candidats, le TAS a jugé irrecevable la position de la Commission de recours de la FSF, qui avait écarté le recours de ce dernier sans l’examiner sur le fond.

Dans son communiqué, le TAS estime que « la décision d’irrecevabilité de la Commission de recours à l’encontre du recours de M. Touré n’était pas fondée en droit et violait le Code électoral ». La formation arbitrale a donc ordonné le renvoi du dossier devant la Commission de recours, afin qu’elle procède à une instruction complémentaire et statue à nouveau, dans le respect des considérants de la sentence.

Mady Touré, candidat à la présidence de la FSF, avait participé à l’Assemblée générale élective (AGE) des 2 et 3 août 2025. Mais le second tour, il a choisi de suspendre sa participation et de quitter la salle aux environs de 2 heures du matin, invoquant des irrégularités dans les convocations, le déroulement des débats et un manque de transparence dans le contrôle des votants et le dépouillement. Abdoulaye Fall a finalement été élu pour un mandat de quatre ans.

Après avoir saisi sans succès la Commission de recours de la FSF, qui a déclaré son recours irrecevable le 25 août 2025, M. Touré a porté l’affaire devant le TAS le 11 septembre 2025, demandant l’annulation de l’AGE et l’organisation de nouvelles élections.

Une audience par visioconférence s’est tenue le 10 mars 2026 devant le TAS. Les arbitres ont examiné les dispositions du Code électoral de la FSF et les arguments des parties. Ils ont conclu que la Commission de recours aurait dû examiner le recours au fond, et non se contenter de le déclarer irrecevable.

Toutefois, faute d’éléments suffisants – en raison de l’absence de mesures d’instruction prises par la Commission – le TAS a estimé ne pas pouvoir trancher lui-même la demande d’annulation de l’élection. Il a donc renvoyé l’affaire à la Commission de recours, en lui donnant des directives précises pour une nouvelle décision.

Un renvoi sans incidence sur les résultats actuels

Le TAS insiste sur un point fondamental : cette décision « n’a aucune incidence sur les résultats de l’élection présidentielle d’août 2025 ». Abdoulaye Fall reste donc, pour l’heure, le président élu de la FSF. Le réexamen du recours par la Commission de recours pourrait, en théorie, aboutir à une annulation, mais le TAS ne préjuge pas du sens de cette nouvelle décision.

La sentence complète du TAS sera publiée sur son site internet, sauf demande de confidentialité de la part des parties. En attendant, ce renvoi constitue un nouvel épisode dans la saga électorale du football sénégalais, qui avait déjà connu des tensions lors du scrutin de 2025.
Ce n’est pas la première fois que l’élection à la FSF est contestée sur le plan juridique. D’autres recours, notamment devant les instances nationales, avaient été déposés, sans succès. La décision du TAS relance le débat sur la régularité des processus électoraux dans le football ouest-africain, où les contentieux se multiplient.

La Commission de recours de la FSF devra désormais se prononcer rapidement, sous peine de voir le dossier s’enliser. Le président de la FSF, Abdoulaye Fall, n’a pas encore réagi officiellement, mais ses soutiens saluent une décision qui, en pratique, maintient son élection pour l’instant.

Mady Touré, quant à lui, a accueilli la sentence comme « une victoire de principe », espérant que la Commission de recours, cette fois-ci, examinera ses arguments avec toute l’attention qu’ils méritent.

Le Dakarois

Le Khalife général des Tidianes rappelle à Diomaye Faye le poids de sa charge et l’importance de l’autorité

Prenant à son tour la parole, le Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, a livré un message empreint de gravité au président de la République, Bassirou Diomaye Faye. S’adressant directement au chef de l’État, le guide religieux a tenu à rappeler l’ampleur des responsabilités qui reposent sur ses épaules, dans un contexte national et international marqué par de nombreuses incertitudes.

Serigne Babacar SY Mansour au président Diomaye "Rewmi yeungouneu".

« Président, ce que vous avez sur les épaules est immense, surtout dans ce contexte mondial avec les crises diverses », a déclaré Serigne Babacar Sy Mansour. À travers cette adresse, le Khalife a mis en exergue la lourdeur de la fonction présidentielle et les nombreux défis auxquels le chef de l’État doit faire face dans un monde traversé par des crises politiques, économiques et sociales.

Au-delà de cette mise en garde, le guide religieux a surtout insisté sur ce qu’il considère comme l’une des grandes crises de l’époque contemporaine : la crise de l’autorité. Pour illustrer son propos, il s’est appuyé sur un adage wolof particulièrement évocateur : « Mbooloo day am Kilifë », qui signifie qu’un groupe ou une communauté a nécessairement besoin d’un chef.

Cette formule traditionnelle prend, dans le contexte de son intervention, une dimension particulière. Elle renvoie à la nécessité d’un leadership capable d’incarner l’autorité, de fixer une direction et de préserver la cohésion au sein de la communauté. Pour Serigne Babacar Sy Mansour, l’existence d’une collectivité suppose ainsi une organisation autour d’une autorité reconnue, capable d’assumer ses responsabilités et de guider les membres du groupe.

Le message adressé au président Bassirou Diomaye Faye apparaît dès lors comme un appel à mesurer pleinement la portée de la fonction présidentielle. Dans un contexte marqué par de multiples tensions et mutations, le Khalife général des Tidianes semble inviter le chef de l’État à faire preuve de fermeté, de responsabilité et de discernement dans l’exercice de son pouvoir.

Son intervention intervient également dans un environnement mondial particulièrement instable, marqué par des conflits, des bouleversements économiques et des crises de gouvernance. C’est dans cette perspective que le guide religieux a insisté sur la nécessité de préserver l’autorité et le sens du leadership pour garantir la stabilité et la cohésion de la société.

À travers son propos, Serigne Babacar Sy Mansour rappelle ainsi que la fonction de chef de l’État ne se limite pas à l’exercice institutionnel du pouvoir. Elle implique également une responsabilité morale et sociale considérable, notamment lorsqu’il s’agit de maintenir l’unité et de répondre aux attentes d’une population confrontée à de nombreux défis.

Tivaouane – Préparatifs du Gamou : Abdoulaye Dièye renouvelle son allégeance à la famille religieuse

Une visite placée sous le signe de la spiritualité et de la fraternité

À l’approche du Gamou, le président de l’Alliance Avec le Peuple (2AP Siggi Jotna), Abdoulaye Dièye, s’est rendu ce jeudi à Tivaouane, à la tête d’une importante délégation de sa formation politique.

Cette visite, fidèle à la tradition de proximité et de dévotion du leader de 2AP Siggi Jotna, a été placée sous le signe de la bénédiction, du dialogue et du renforcement des liens avec les familles religieuses de la cité de Maodo.

Pour Abdoulaye Dièye, Tivaouane demeure une terre de spiritualité, de paix et d’inspiration. Il a ainsi réaffirmé sa conviction selon laquelle « la terre de Tivaouane est une bénédiction ».

Des retrouvailles empreintes de chaleur et de reconnaissance

La délégation s’est d’abord rendue à la résidence de Serigne Hady Sy, où le président de 2AP Siggi Jotna a reçu un accueil chaleureux. Les deux hommes ont échangé dans une atmosphère empreinte de fraternité et de reconnaissance.

Cette rencontre a également été l’occasion de réaffirmer leur proximité et leur attachement à des valeurs communes, notamment le développement et le service à la communauté. Des prières ont été formulées pour la réussite des initiatives du parti 2AP Siggi Jotna et pour la paix et la stabilité du Sénégal.

Poursuivant sa visite dans la ville sainte, Abdoulaye Dièye s’est ensuite rendu auprès de son ami et frère de valeurs, Serigne Moustapha Sy Al Amine.

Au cours de cette rencontre, le guide religieux a réaffirmé son soutien au président de 2AP Siggi Jotna, saluant notamment sa loyauté et son engagement à ses côtés. Des prières ont également été formulées pour accompagner les ambitions politiques et citoyennes du mouvement.

2AP Siggi Jotna entend poursuivre sa dynamique

À travers cette visite à Tivaouane, Abdoulaye Dièye entend réaffirmer son attachement aux valeurs spirituelles et traditionnelles qui constituent, selon lui, des repères essentiels pour l’action publique et politique.

Entre échanges, écoute et communion avec les dignitaires religieux, cette démarche s’inscrit dans une volonté de consolider les relations avec les familles religieuses et de renforcer la dynamique de 2AP Siggi Jotna sur la scène nationale.

À quelques jours du Gamou, cette visite prend ainsi une dimension à la fois spirituelle, fraternelle et politique, avec, en toile de fond, des prières pour la paix, la stabilité et la prospérité du Sénégal.

Souveraineté numérique : Aliou Sène appelle à protéger la cybersécurité sans sacrifier la liberté d’expression

Le député Aliou Sène, président de la Commission de la Culture et de la Communication, a appelé à trouver un équilibre entre le renforcement de la cybersécurité et la préservation de la liberté d’expression, lors de l’examen du projet de loi n°25/2026 relatif à la protection des infrastructures d’information critique.

Souveraineté numérique: Aliou Sène appelle à protéger la cybersécurité sans sacrifier la liberté…

Pour le parlementaire, la souveraineté d’un État se joue désormais aussi dans le cyberespace. « La souveraineté d’un peuple ne se mesure plus seulement à la force de ses armées ou à la rigueur de ses institutions traditionnelles ; elle se joue aujourd’hui dans le secret des serveurs, dans la fluidité de nos réseaux et dans la résilience de nos systèmes d’information », a-t-il souligné.

Aliou Sène reconnaît ainsi la nécessité de protéger les infrastructures stratégiques contre les cyberattaques susceptibles de paralyser les hôpitaux, les communications ou les services publics. « Protéger nos infrastructures d’information critique, c’est garantir qu’aucun piratage ne viendra paralyser nos hôpitaux, couper nos communications, saboter nos services publics ou ébranler les fondements mêmes de notre économie », a-t-il déclaré.

Mais cette exigence de sécurité, selon lui, ne doit jamais se faire au détriment des libertés publiques. « La sécurité, si légitime soit-elle, ne saurait devenir un prétexte au silence ou à la contrainte », a averti le président de la Commission de la Culture et de la Communication.

« Protéger le contenant numérique sans asphyxier le contenu »

Cette préoccupation concerne particulièrement les médias, les entreprises de presse et les créateurs de contenu, de plus en plus dépendants des infrastructures numériques pour produire et diffuser l’information.

« Protéger le contenant numérique, oui, mais sans jamais asphyxier le contenu », a martelé Aliou Sène, insistant sur la nécessité de préserver « cette parole libre, cette création culturelle vibrante, cette presse indépendante qui constitue le cœur battant de notre démocratie ».

Le député souhaite ainsi que les mesures de protection prévues par le projet de loi ne puissent être utilisées pour restreindre de manière injustifiée la liberté d’expression ou la libre circulation de l’information.

Il demande notamment au gouvernement de préciser si les serveurs, plateformes de diffusion et archives numériques des médias publics et privés seront classés comme infrastructures d’information critique.

Un accompagnement pour les acteurs de l’information

Aliou Sène a également attiré l’attention sur les difficultés que pourraient rencontrer les entreprises de presse, les PME et les start-up face aux nouvelles exigences de sécurité.

« Il est impératif que cette loi ne soit pas vécue par eux comme un couperet réglementaire ou une charge financière insupportable, mais comme une main tendue », a-t-il plaidé.

Il appelle, à ce titre, l’État à mettre en place des mécanismes d’accompagnement technique et financier permettant aux acteurs concernés de se conformer aux normes de cybersécurité sans compromettre leur équilibre économique.

Le parlementaire a par ailleurs demandé des éclaircissements sur les critères permettant de désigner une infrastructure comme « critique » ainsi que sur l’autorité nationale appelée à coordonner la réponse en cas de cyberattaque majeure.

Pour Aliou Sène, l’objectif est clair : construire « une puissance numérique sûre, souveraine et profondément démocratique », capable de protéger les données et infrastructures stratégiques du Sénégal tout en garantissant les libertés fondamentales.

« Les citoyens nous regardent. Ils attendent de nous un État fort, capable de défendre ses données les plus stratégiques et de bâtir une véritable souveraineté numérique. Mais ils attendent aussi un État juste, garant des libertés fondamentales et de la libre circulation des idées », a-t-il conclu.

INONDATIONS À FATICK : NDEYE DABA SÈNE DÉNONCE LA GESTION DE MATAR BÂ

Ndeye Daba Sène, surnommée « La Bâtisseuse du Sine » et responsable provisoire des femmes de Kiiraay dans le département de Fatick, tire la sonnette d’alarme sur la situation de la commune. Elle dénonce la persistance, depuis plus d’une décennie, des problèmes liés à l’assainissement, aux inondations et au déficit d’infrastructures.

Selon elle, les populations de Fatick continuent de faire face aux mêmes difficultés, sans qu’une solution durable ne soit apportée. À chaque épisode pluvieux, plusieurs familles se retrouvent confrontées aux eaux stagnantes et aux conséquences des inondations, aggravant ainsi leurs conditions de vie.

Ndeye Daba Sène estime que cette situation traduit les limites de la gestion de la commune sous l’ancien maire Matar Bâ. À ses yeux, les réponses apportées jusqu’ici n’ont pas permis de régler durablement les problèmes auxquels les populations sont confrontées.

Face à cette situation, la responsable des femmes de Kiiraay plaide pour un changement dans la gouvernance locale. Elle estime que Fatick a besoin d’une nouvelle vision et d’une équipe davantage à l’écoute des préoccupations des citoyens.

« Nous croyons qu’Abdourahmane Ndour peut incarner ce changement et porter un nouveau projet pour Fatick, fondé sur l’assainissement, les infrastructures, l’emploi des jeunes et l’amélioration concrète des conditions de vie », a-t-elle déclaré.

« Fatick ne doit plus subir. Fatick doit changer », a martelé Ndeye Daba Sène.

À travers Kiiraay communal et autour de la candidature d’Abdourahmane Ndour, elle dit ainsi vouloir contribuer à la construction d’une commune davantage tournée vers les besoins des populations et capable d’apporter des réponses concrètes aux difficultés liées notamment aux inondations et à l’assainissement.

Moustapha Ndiaye

Assemblée nationale : Abdou Mbow recadre le débat et provoque la colère d’Ousmane Sonko

Les débats sur le projet de loi relatif à la protection des infrastructures d’information critiques et à la cybersécurité ont été brièvement perturbés, ce jeudi, par un échange tendu entre le député Abdou Mbow et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Alors que les parlementaires étaient réunis en séance plénière pour examiner le texte, les discussions ont momentanément dévié vers les questions politiques et la situation du pays.

L’incident est parti d’une intervention de Guy Marius Sagna. Prenant la parole au cours des débats, le député a estimé qu’il n’existait pas de crise au Sénégal, évoquant plutôt ce qu’il considère comme une « trahison du président de la République ». Une lecture immédiatement contestée par Abdou Mbow.

Le député de l’opposition a soutenu, au contraire, que le Sénégal traverse bel et bien une crise. Pour étayer son argumentaire, il a notamment fait référence aux accusations relatives à l’utilisation de fonds destinés à la paix en Casamance. « Dans un pays où des anciens Premiers ministres détournent l’argent destiné à la paix en Casamance à des fins personnelles, il y a crise », a-t-il lancé devant ses collègues.

Cette sortie a provoqué une réaction immédiate du président de l’Assemblée nationale. Ousmane Sonko a demandé à Abdou Mbow de revenir au sujet inscrit à l’ordre du jour, à savoir l’examen du projet de loi consacré à la cybersécurité et à la protection des infrastructures d’information critiques.

Le président de l’institution avait déjà été amené à rappeler à l’ordre plusieurs députés au cours de la séance, y compris des parlementaires appartenant à son propre groupe. Mais face à la persistance d’Abdou Mbow, le ton est rapidement monté.

Ousmane Sonko a alors adressé une mise en garde particulièrement ferme au député : « Soit vous restez sur le sujet, soit on vous fait sortir de la même manière que la dernière fois ». Une phrase qui faisait directement référence à un précédent incident ayant opposé les deux hommes.

Lors de cet épisode, Abdou Mbow avait été évacué de la salle par les éléments de la gendarmerie après avoir refusé de quitter le pupitre. La nouvelle menace d’une évacuation a donc immédiatement ravivé le souvenir de cet affrontement, dans un contexte parlementaire déjà marqué par de fortes tensions entre la majorité et l’opposition.

Loin de se laisser impressionner par cette mise en garde, Abdou Mbow a poursuivi son intervention et s’est directement adressé au président de l’Assemblée nationale. « Vous ne pouvez pas laisser Guy Marius Sagna attaquer ici le président et refuser qu’on parle de vous. On le dira partout », a-t-il déclaré.

Cet échange a ainsi interrompu, pendant quelques instants, le fil des discussions consacrées au projet de loi sur la cybersécurité. Un texte pourtant centré sur des enjeux techniques et sécuritaires majeurs, notamment la protection des infrastructures numériques considérées comme essentielles au fonctionnement de l’État et de l’économie.

La passe d’armes entre les deux responsables politiques illustre surtout la persistance du climat de tension qui règne au sein de l’hémicycle. Les débats parlementaires restent régulièrement traversés par les divergences politiques entre la majorité et l’opposition, sur fond de désaccords concernant la gestion du pays, la gouvernance et l’utilisation des ressources publiques.

ALERTE – Samuel Sarr aperçu dans un hôpital américain en France

L’ancien ministre d’État Samuel A. Sarr aurait été aperçu à deux reprises, en l’espace de 48 heures, dans un hôpital américain en France.

Ces apparitions suscitent des interrogations sur son état de santé. Selon des informations rapportées, M. Sarr aurait été vu dans cet établissement à deux reprises ces derniers jours, sans qu’il soit possible, pour le moment, de confirmer la nature des éventuels soins qu’il pourrait y recevoir.

Dans un passé récent, ses avocats avaient déjà fait part de leurs préoccupations concernant son état de santé, évoquant une situation médicale fragile.

À ce stade, aucune information officielle n’a été communiquée sur les raisons précises de sa présence dans cet établissement hospitalier.

Le Dakarois suit cette affaire et vous tiendra informés de toute évolution.

ALERTE – Samuel Sarr aperçu dans un hôpital américain en France

L’ancien ministre d’État Samuel A. Sarr aurait été aperçu à deux reprises, en l’espace de 48 heures, dans un hôpital américain en France.

Ces apparitions suscitent des interrogations sur son état de santé. Selon des informations rapportées, M. Sarr aurait été vu dans cet établissement à deux reprises ces derniers jours, sans qu’il soit possible, pour le moment, de confirmer la nature des éventuels soins qu’il pourrait y recevoir.

Dans un passé récent, ses avocats avaient déjà fait part de leurs préoccupations concernant son état de santé, évoquant une situation médicale fragile.

À ce stade, aucune information officielle n’a été communiquée sur les raisons précises de sa présence dans cet établissement hospitalier.

Le Dakarois suit cette affaire et vous tiendra informés de toute évolution.

ALERTE – Samuel Sarr aperçu dans un hôpital américain en France

L’ancien ministre d’État Samuel A. Sarr aurait été aperçu à deux reprises, en l’espace de 48 heures, dans un hôpital américain en France.

Ces apparitions suscitent des interrogations sur son état de santé. Selon des informations rapportées, M. Sarr aurait été vu dans cet établissement à deux reprises ces derniers jours, sans qu’il soit possible, pour le moment, de confirmer la nature des éventuels soins qu’il pourrait y recevoir.

Dans un passé récent, ses avocats avaient déjà fait part de leurs préoccupations concernant son état de santé, évoquant une situation médicale fragile.

À ce stade, aucune information officielle n’a été communiquée sur les raisons précises de sa présence dans cet établissement hospitalier.

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ALERTE – Samuel Sarr aperçu dans un hôpital américain en France

L’ancien ministre d’État Samuel A. Sarr aurait été aperçu à deux reprises, en l’espace de 48 heures, dans un hôpital américain en France.

Ces apparitions suscitent des interrogations sur son état de santé. Selon des informations rapportées, M. Sarr aurait été vu dans cet établissement à deux reprises ces derniers jours, sans qu’il soit possible, pour le moment, de confirmer la nature des éventuels soins qu’il pourrait y recevoir.

Dans un passé récent, ses avocats avaient déjà fait part de leurs préoccupations concernant son état de santé, évoquant une situation médicale fragile.

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Crédits spéciaux : le Gouvernement saisit le Conseil constitutionnel pour contester la proposition de loi

Le bras de fer entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale se poursuit autour de la réglementation des crédits spéciaux. Dans un communiqué officiel rendu public ce mardi 18 août 2026, la Primature annonce avoir saisi le Conseil constitutionnel afin de contester la recevabilité de la proposition de loi portée par les députés.

À l’origine de cette nouvelle passe d’armes institutionnelle, les travaux de la première session extraordinaire de l’année 2026. Selon la Primature, l’Assemblée nationale a inscrit à son ordre du jour, dans le cadre de la procédure d’urgence, plusieurs textes dont une proposition de loi relative au régime juridique des crédits spéciaux. Le texte a déjà été examiné en commission et devait être soumis aux députés en séance plénière ce mercredi 19 août à partir de 10 heures.

Mais avant même son examen en plénière, le Gouvernement a décidé de contester la démarche parlementaire. L’Exécutif estime en effet que certaines dispositions contenues dans la proposition de loi ne relèvent pas du domaine de la loi, mais plutôt de celui du pouvoir réglementaire.

La Primature indique ainsi que le Gouvernement a « opposé l’irrecevabilité » à la proposition de loi, en s’appuyant notamment sur les dispositions des articles 67 et 76 de la Constitution. Pour l’Exécutif, le Parlement ne peut donc intervenir, par voie législative, dans un domaine qui relève des prérogatives réglementaires du Gouvernement.

Cette divergence sur la répartition des compétences entre les deux pouvoirs a finalement conduit à une saisine du juge constitutionnel. Faute d’accord entre le Gouvernement et l’Assemblée nationale sur la recevabilité du texte, l’Exécutif a choisi de porter le différend devant le Conseil constitutionnel.

Dans son communiqué, la Primature affirme agir dans le souci de préserver « l’ordre juridique républicain ». Elle précise avoir saisi, ce mardi, le Conseil constitutionnel d’un recours visant à faire déclarer irrecevable la proposition de loi relative au régime juridique des crédits spéciaux.

Cette démarche est fondée, selon le Gouvernement, sur l’article 83, alinéa 2 de la Constitution. La Primature rappelle également que cette procédure est reprise à l’article 69, alinéa 8 de la loi organique n° 2025-11 du 18 août 2025 portant Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

La balle est désormais dans le camp des Sages. Leur décision devra déterminer si la proposition de loi peut poursuivre son parcours parlementaire ou si elle empiète effectivement sur le domaine réservé au pouvoir réglementaire. En attendant cet arbitrage, l’examen du texte prévu mercredi à l’Assemblée nationale se retrouve au cœur d’un nouveau contentieux entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif.

Patrick Vieira officiellement nommé sélectionneur des Lions du Sénégal

La Fédération sénégalaise de football (FSF) a officialisé la nomination de Patrick Vieira à la tête de l’équipe nationale A du Sénégal. L’ancien international français succède ainsi à Pape Thiaw et prend les commandes des Lions, avec pour mission de conduire la sélection vers de nouveaux objectifs sportifs.

La décision a été entérinée à l’unanimité par le Comité d’urgence de la FSF, réuni en session extraordinaire par visioconférence ce lundi. D’après le communiqué signé par le secrétaire général de l’instance fédérale, l’ensemble des membres statutaires du Comité ont pris part à la réunion, à l’exception de Cheikh Ahmet Tidiane Seck, sixième vice-président, dont l’absence avait été dûment excusée.

À travers ce choix, la FSF entend franchir une nouvelle étape dans la structuration et le renforcement de l’encadrement technique de l’équipe nationale. La Fédération mise notamment sur l’expérience et le parcours de Patrick Vieira, ancien capitaine de l’équipe de France et technicien passé par plusieurs clubs européens, pour accompagner les ambitions du football sénégalais au plus haut niveau.

Cette nomination intervient dans un contexte où les Lions doivent ouvrir un nouveau cycle après une période marquée par plusieurs changements sur le banc. Le choix de Patrick Vieira constitue ainsi un pari important pour la Fédération, qui souhaite installer un encadrement technique de haut niveau et inscrire la sélection dans une dynamique de performance durable.

Toutefois, l’arrivée du nouveau sélectionneur n’est pas encore totalement finalisée sur le plan administratif. La FSF indique que les discussions relatives aux modalités de sa prise de fonction, notamment les aspects administratifs et contractuels, se poursuivent entre les différentes parties.

La Fédération précise également que la présentation officielle de Patrick Vieira sera annoncée ultérieurement. La date de cette cérémonie, ainsi que les prochaines étapes liées à son installation et à la constitution de son staff technique, feront l’objet d’une communication officielle de la FSF.

Article — Réforme de l’article 37 : l’Assemblée nationale adopte largement la déclaration et la publication du patrimoine présidentiel

L’Assemblée nationale a adopté, ce lundi 17 août 2026, la proposition de loi n°33/2026 portant modification de l’article 37 de la Constitution. Le texte, consacré à la déclaration et à la publication du patrimoine du Président de la République, a été approuvé par une très large majorité de députés.

Nouvelle étape dans le processus de réforme constitutionnelle au Sénégal. Réunis en séance plénière ce lundi 17 août 2026, les députés de l’Assemblée nationale ont adopté la proposition de loi n°33/2026 portant modification de l’article 37 de la Constitution. Le texte introduit une obligation de déclaration et de publication du patrimoine du Président de la République aussi bien au début qu’à la fin de l’exercice de ses fonctions.

Le scrutin s’est soldé par une victoire très nette du « oui ». Sur les 165 députés inscrits, 135 ont pris part au vote, parmi lesquels 12 ont voté par procuration. Au total, 133 parlementaires se sont prononcés en faveur de la proposition de loi, tandis que deux ont voté contre. Aucune abstention n’a été enregistrée.

Avec 133 voix favorables sur 135 suffrages exprimés, le texte recueille ainsi 98,52 % des voix, contre seulement 1,48 % pour le « non ». Cette majorité particulièrement large traduit l’adhésion de l’essentiel des parlementaires à cette réforme portant sur la transparence patrimoniale au sommet de l’État.

La modification proposée de l’article 37 repose sur un principe central : le Président de la République devra déclarer son patrimoine à son entrée en fonction, mais également à la cessation de ses fonctions. À ces deux étapes, la déclaration devra également faire l’objet d’une publication.

L’objectif affiché est de disposer de deux situations patrimoniales de référence permettant de mieux apprécier l’évolution du patrimoine du chef de l’État au cours de l’exercice de son mandat. Une première déclaration interviendra ainsi au moment de l’accession à la magistrature suprême, tandis qu’une seconde devra être effectuée au terme du mandat.

Au-delà de la simple obligation déclarative, c’est donc le principe de publicité du patrimoine qui se trouve au cœur de la réforme. Le dispositif entend renforcer la transparence dans l’exercice de la fonction présidentielle et permettre au public d’avoir accès aux informations relatives au patrimoine du chef de l’État à deux moments clés de son parcours institutionnel.

L’adoption du texte intervient après plusieurs jours de débats politiques et parlementaires particulièrement animés autour de la question de la déclaration de patrimoine des hautes autorités de l’État. La réforme de l’article 37 s’inscrit dans un contexte marqué par des discussions sur les mécanismes de transparence, de reddition des comptes et de prévention des conflits d’intérêts au sein des institutions publiques.

Dans l’hémicycle, les débats ont également été nourris par des positions divergentes sur la portée et les modalités de la réforme. Le gouvernement avait notamment proposé des amendements visant à inscrire l’exigence de déclaration patrimoniale dans un dispositif constitutionnel plus large concernant d’autres hautes autorités de l’État.

Malgré les divergences exprimées au cours des discussions, la proposition de loi n°33/2026 a finalement bénéficié d’un soutien massif lors du scrutin. L’Assemblée nationale a officiellement acté son adoption, ouvrant ainsi une nouvelle phase dans le processus de modification de l’article 37 de la Constitution.

Fonds spéciaux de la Primature : Ousmane Sonko détaille les raisons de sa demande de rallonge

Ousmane Sonko a apporté des précisions sur la polémique autour d’une demande de rallonge des fonds spéciaux de la Primature, un sujet qui alimente depuis plusieurs semaines le débat politique et institutionnel au Sénégal. L’ancien Premier ministre a choisi de répondre aux accusations en présentant le détail des dépenses qui, selon lui, avaient justifié cette sollicitation budgétaire.

La polémique avait été relancée fin juillet par le ministre de l’Enseignement supérieur, Abdourahmane Diouf. Ce dernier avait affirmé que l’enveloppe de 1,77 milliard de francs CFA destinée aux fonds spéciaux de la Primature avait été épuisée sous la gestion d’Ousmane Sonko, avant qu’une demande de complément ne soit formulée. Il n’avait toutefois pas précisé si cette rallonge avait effectivement été accordée.

Face à ces accusations, Ousmane Sonko a voulu remettre les chiffres au centre du débat. Selon ses explications, la demande de crédits supplémentaires ne répondait pas à une volonté d’augmenter discrétionnairement les fonds disponibles, mais à la nécessité de couvrir plusieurs dépenses identifiées au niveau de la Primature et qui nécessitaient, selon lui, une inscription dans une loi de finances rectificative.

Le principal poste évoqué concerne une enveloppe de 940,56 millions de francs CFA destinée à l’acquisition de véhicules auprès de l’ONRAC, l’Office national de régulation des activités de transport routier de personnes, de marchandises et de matières dangereuses. Cette dépense représente à elle seule la plus importante partie des crédits supplémentaires évoqués par l’ancien Premier ministre.

À cette somme s’ajoutaient 87 millions de francs CFA consacrés à la couverture budgétaire d’un marché portant sur l’évaluation ainsi que l’audit technique et financier du programme décennal de gestion des inondations. Ousmane Sonko inscrit cette dépense dans le cadre du suivi et de l’évaluation d’un programme public nécessitant, selon lui, une prise en charge budgétaire spécifique.

Une autre enveloppe de 100 millions de francs CFA était destinée à la prise en charge des activités du comité chargé de la commémoration du massacre de Thiaroye de 1944. Cette ligne budgétaire devait permettre de financer les activités liées à cet événement historique, qui occupe une place particulière dans la mémoire nationale.

Enfin, 300 millions de francs CFA étaient prévus pour les travaux de remise aux normes du Building administratif. D’après les explications fournies par Ousmane Sonko, cette enveloppe devait notamment couvrir des dépenses liées à des dédommagements ainsi qu’à l’installation de certains équipements.

Au total, les différents postes cités représentent près de 1,43 milliard de francs CFA. Ousmane Sonko explique ainsi que la demande évoquée par Abdourahmane Diouf correspondait à des besoins précis, identifiés et ventilés entre plusieurs opérations de la Primature.

« La Primature est confrontée à certains membres de dépenses dont la prise en charge nécessite une inscription dans la prochaine loi de finances rectificative », a expliqué l’ancien Premier ministre, donnant ainsi un éclairage sur l’origine de la demande de rallonge.

Cette mise au point intervient alors que la question des fonds spéciaux fait l’objet d’un débat plus large sur la transparence, le contrôle des dépenses publiques et les mécanismes budgétaires applicables aux plus hautes institutions de l’État. La controverse dépasse désormais le seul montant sollicité et porte également sur les conditions dans lesquelles ces crédits sont demandés, utilisés et contrôlés.

En détaillant les différentes lignes de dépenses, Ousmane Sonko cherche ainsi à répondre à l’accusation selon laquelle l’enveloppe initiale aurait simplement été consommée avant qu’une nouvelle rallonge ne soit sollicitée. Son explication consiste plutôt à présenter cette demande comme la conséquence de dépenses spécifiques nécessitant une régularisation ou une inscription budgétaire complémentaire.

Port autonome de Dakar : la nouvelle direction annule un appel d’offres controversé

À peine installé à la tête du Port autonome de Dakar (PAD), le nouveau Directeur général, Doune Pathé Mbengue, a décidé d’annuler une procédure de passation de marché engagée sous la précédente direction. Cette décision intervient dans un contexte marqué par des interrogations sur la régularité administrative de l’appel d’offres, publié quelques jours seulement avant la passation officielle de service entre Waly Diouf Bodiang et son successeur.

Les faits remontent au 11 août 2026. Ce jour-là, un avis d’appel d’offres ouvert avec préqualification a été publié dans les colonnes du quotidien Le Soleil. La procédure portait la signature de Waly Diouf Bodiang, alors Directeur général sortant du Port autonome de Dakar.

Or, celui-ci avait déjà été relevé de ses fonctions par décret pris lors du Conseil des ministres du 16 juillet 2026. Son remplacement par Doune Pathé Mbengue avait donc été acté plusieurs semaines avant la cérémonie officielle de passation de service, organisée le 13 août à la Direction générale du PAD.

La publication de cet avis à la veille du changement effectif de direction a ainsi suscité des interrogations sur la capacité du directeur sortant à engager de nouvelles procédures au nom de l’établissement public durant cette période de transition.

Saisi du dossier dès son installation, le nouveau Directeur général a décidé de mettre un terme à la procédure. La nouvelle direction aurait motivé cette annulation par des considérations liées à l’organisation du service et à la conformité administrative de la procédure engagée.

Cette décision intervient alors que Doune Pathé Mbengue entend placer son mandat sous le signe de la rigueur dans la gestion et du respect des règles de gouvernance publique. Son premier acte sur ce dossier traduit ainsi une volonté de revoir les procédures engagées avant sa prise de fonction et de s’assurer de leur conformité avec les exigences administratives applicables aux établissements publics.

L’épisode soulève toutefois une question plus large sur la période comprise entre la décision de remplacement d’un dirigeant et la prise de fonction effective de son successeur. Dans quelle mesure un directeur général dont le remplacement a été officiellement décidé peut-il continuer à engager l’établissement qu’il dirigeait, notamment à travers des procédures susceptibles d’avoir des conséquences juridiques et financières ?

Cette interrogation prend une importance particulière lorsqu’il s’agit d’un établissement stratégique comme le Port autonome de Dakar, dont les marchés représentent des enjeux économiques et financiers considérables. Le PAD constitue en effet une infrastructure majeure pour l’économie sénégalaise et joue un rôle central dans les échanges commerciaux du pays et de la sous-région.

L’annulation de cette procédure permet également à la nouvelle direction de reprendre la main sur les dossiers engagés avant son arrivée et d’effectuer les vérifications nécessaires avant toute nouvelle décision. Elle pourrait ainsi constituer l’un des premiers signaux de la volonté affichée par Doune Pathé Mbengue d’inscrire son action dans une logique de conformité, de transparence et de responsabilité dans la gestion des ressources publiques.

Au-delà du cas particulier de cet appel d’offres, cette affaire remet donc au centre du débat les exigences de gouvernance dans les entreprises et établissements publics. La période de transition entre deux directions ne devrait pas être synonyme d’incertitude sur la chaîne de responsabilité, particulièrement lorsqu’il s’agit de décisions pouvant engager durablement l’institution.

La nouvelle direction du Port autonome de Dakar semble ainsi vouloir faire de la conformité administrative un préalable à la poursuite des procédures de passation de marchés. Une démarche qui s’inscrit dans l’exigence de « Jub, Jubal, Jubanti », désormais régulièrement mise en avant dans la gestion des affaires publiques.

Les Lions vont enfin connaître leur nouveau sélectionneur mardi

Le suspense autour du prochain sélectionneur de l’équipe nationale du Sénégal touche à sa fin. La Fédération sénégalaise de football devrait officiellement dévoiler l’identité du successeur de Pape Thiaw lors d’une conférence de presse prévue mardi au stade Léopold-Sédar-Senghor, selon Les Échos.

Après plusieurs semaines de spéculations, la FSF serait désormais arrivée au terme de son processus de sélection. Le nom du futur patron des Lions reste encore confidentiel, mais l’annonce devrait intervenir lors de cette rencontre avec la presse, qui permettra également à la Fédération de présenter les grandes orientations de la nouvelle équipe technique.

La succession de Pape Thiaw est devenue nécessaire après la décision prise par la Fédération de mettre fin, le 11 juillet dernier, aux fonctions du sélectionneur et de l’ensemble de son staff. Cette décision est intervenue à l’issue d’une période au cours de laquelle l’ancien international sénégalais avait pourtant obtenu des résultats significatifs à la tête de la sélection.

Arrivé sur le banc des Lions après le départ d’Aliou Cissé, Pape Thiaw avait d’abord assuré l’intérim avant de s’installer durablement dans le fauteuil de sélectionneur. Sous sa direction, le Sénégal avait notamment bouclé sa campagne de qualification pour la Coupe du monde 2026 sans connaître la moindre défaite. Son équipe avait également réalisé un parcours remarqué lors de la Coupe d’Afrique des nations 2025 au Maroc.

Mais la fin de son mandat a été précipitée par les dernières performances de la sélection. La défaite concédée face à la Belgique, alors que les Lions menaient encore 2-0 à quelques minutes du coup de sifflet final, aurait notamment pesé dans la décision de la Fédération. Ce revers a ainsi ouvert une nouvelle réflexion sur l’avenir de l’équipe nationale et sur le profil du technicien appelé à lui succéder.

Plusieurs noms ont circulé au cours des dernières semaines. Parmi les profils évoqués figure Patrick Vieira. L’ancien international français, champion du monde en 1998, dispose d’une solide expérience du très haut niveau et connaît également le Sénégal, pays d’origine de sa famille. Son parcours sur les bancs de Manchester City, de New York City, de l’OGC Nice, de Crystal Palace et de Strasbourg constitue un atout supplémentaire pour les partisans de cette piste.

Autre nom régulièrement cité, celui d’Omar Daf. Ancien international sénégalais, le technicien possède une connaissance approfondie de l’environnement du football national. Son expérience comme joueur puis entraîneur, notamment en France, pourrait constituer un argument important dans le choix de la Fédération, alors que celle-ci pourrait privilégier un profil capable de conjuguer expertise locale et expérience internationale.

Hervé Renard figure également parmi les entraîneurs évoqués. Le technicien français dispose d’une longue expérience du football africain, avec notamment des passages remarqués à la tête de plusieurs sélections du continent. Son vécu international et sa connaissance des compétitions africaines en font naturellement l’un des profils susceptibles de répondre aux exigences du poste.

Le technicien togolais Daré Nibombé aurait également manifesté son intérêt pour le poste. Son nom s’est ajouté à une liste de candidats potentiels particulièrement fournie, dans un contexte où la Fédération cherche à identifier le profil le mieux adapté aux ambitions de la sélection.

Au-delà du choix du sélectionneur, la composition du futur staff technique constitue un autre enjeu majeur. La possibilité de mettre en place une équipe mixte, associant un entraîneur disposant d’une expérience internationale à des techniciens et spécialistes connaissant parfaitement le football sénégalais, est notamment évoquée.

La préparation physique, l’analyse vidéo, le suivi médical et l’accompagnement individuel des joueurs devraient occuper une place importante dans le nouveau dispositif. La Fédération devra également veiller à assurer une bonne articulation entre les joueurs expérimentés et la nouvelle génération appelée à prendre progressivement davantage de responsabilités.

Le futur sélectionneur aura donc une mission qui dépassera largement les résultats immédiats. Il devra préparer les prochaines échéances internationales, notamment la Coupe d’Afrique des nations 2027, tout en travaillant sur le renouvellement de l’effectif et l’intégration des jeunes talents issus du championnat local, des centres de formation et des différentes filières de détection.

Le choix du prochain technicien sera ainsi particulièrement scruté par les supporters et les observateurs du football sénégalais. Après plusieurs années marquées par la stabilité autour d’Aliou Cissé puis par la courte expérience de Pape Thiaw, la Fédération s’apprête à lancer une nouvelle étape pour les Lions.

DU RÊVE AU CAUCHEMAR : Enquête sur la mort d’un saisonnier sénégalais en Espagne

Le rêve d’une migration régulière vers l’Europe a tourné au cauchemar pour un saisonnier sénégalais, bénéficiaire du programme de migration circulaire entre le Sénégal et l’Espagne. Le ressortissant sénégalais est décédé vendredi 7 août à Olmedo, où il séjournait dans le cadre de ce programme qui avait permis à 200 Sénégalais de rejoindre l’Espagne pour y travailler.

Si les circonstances exactes de son décès restent à établir sur la base d’éléments médicaux et administratifs, sa disparition intervient dans un contexte de fortes interrogations exprimées par certains travailleurs sénégalais sur leurs conditions de vie et de travail. Notre source dénonce les longues journées de travail.

« Nous partons au lieu de travail à 6 heures du matin et nous arrivons à 6 h 30. Une fois sur le site, nous travaillons jusqu’à 11 heures pour prendre la pause. C’est nous-mêmes qui payons le repas. Après la pause, on enchaîne le travail jusqu’à 19 heures et on rentre », se désole la source.

Selon elle, les difficultés ne se limitent pas aux horaires, mais concernent aussi les conditions de vie. « Notre nourriture est terminée depuis des jours, mais nous n’avons même pas le temps d’aller acheter de la nourriture. Et l’entreprise qui nous emploie n’accepte pas de nous transporter pour aller acheter la nourriture. »

Par ailleurs, notre source déplore la pression et les menaces exercées sur les travailleurs. « Nous n’avons personne qui nous soutient dans ces dures conditions difficiles. À chaque fois qu’on parle, les gens nous demandent de se taire, de ne pas divulguer les secrets », regrette la source, selon qui le décès de leur compatriote rend désormais indispensable la prise de parole.

Ces accusations restent toutefois à confronter aux déclarations de l’entreprise concernée et aux éventuelles constatations des autorités espagnoles.

Un malaise dans les champs

Une autre source fait état de difficultés liées notamment à l’utilisation de produits phytosanitaires. « Ce n’est pas que la question de la nourriture. Il y a également l’utilisation des produits phytosanitaires, le fait qu’on interdit aux travailleurs de porter des masques. »

La même source évoque également des problèmes de santé graves parmi les travailleurs, allant jusqu’à faire état de cas d’hémorragie interne et de vomissements de sang.

La question de la rémunération constitue également un motif d’inquiétude, souligne aussi notre source. « Jusqu’à présent, on ne sait même pas combien on nous paie. Alors que nous n’avons que de maigres salaires. C’est difficile et injuste », se désole-t-elle.

Des propos qui soulèvent la question de la transparence des contrats conclus avec les travailleurs avant leur départ du Sénégal et des conditions effectivement appliquées sur place.

La version officielle : « Il était malade »

Contacté par la rédaction de Le Dakarois Quotidien, le Directeur des Sénégalais de l’Extérieur, El Hadj Abdou Karim Cissé, reconnaît le décès, mais réfute catégoriquement tout lien entre celui-ci et les conditions de travail.

« Il y a eu un décès. Il était malade, il avait une infection », a-t-il confié.

Selon le responsable, les Sénégalais envoyés en Espagne le sont dans le but de travailler et certains peuvent également être intéressés par les heures supplémentaires. « Les jeunes partent là-bas pour travailler. Certains peuvent aussi être intéressés par les heures supplémentaires », a-t-il précisé.

El Hadj Abdou Karim Cissé assure par ailleurs que les autorités sénégalaises restent attentives à la situation des travailleurs. « Nous ne laisserons jamais nos enfants souffrir sans que nous ne leur venions en aide. Le Consul réagit toutes les fois qu’il y a des problèmes », a rassuré l’autorité.

Interrogé sur les difficultés d’accès à la nourriture évoquées par nos sources, le Directeur des Sénégalais de l’Extérieur reconnaît l’existence de contraintes logistiques, tout en précisant qu’« il n’y a pas de commerces sur place, mais un véhicule est prévu pour faire les provisions ». Il précise toutefois que ce véhicule aurait connu une panne à un moment donné, ce qui aurait pu compliquer l’approvisionnement des travailleurs.

Macky Sall distingué Docteur Honoris Causa à Brazzaville

L’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, a reçu ce jeudi 13 août 2026 une nouvelle distinction honorifique en République du Congo. L’ancien chef de l’État sénégalais a été élevé au rang de Docteur Honoris Causa de l’Université Denis Sassou Nguesso de Kintelé, à Brazzaville.

La cérémonie de remise de cette distinction s’est déroulée sous le haut patronage du président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, qui a personnellement pris part à l’événement. À travers cette reconnaissance, l’Université Denis Sassou Nguesso a souhaité honorer le parcours et l’action de plusieurs anciennes figures de premier plan de la vie politique africaine.

Macky Sall n’a pas été le seul ancien dirigeant distingué au cours de cette cérémonie. Deux autres anciens chefs d’État africains ont également reçu le titre de Docteur Honoris Causa : Mahamadou Issoufou, ancien président du Niger, et Umaru Cissoko Embaló, ancien président de la Guinée-Bissau.

La présence simultanée de ces trois anciens dirigeants a conféré à la cérémonie une dimension panafricaine. Elle a réuni autour de l’Université Denis Sassou Nguesso des personnalités ayant occupé les plus hautes fonctions dans leurs pays respectifs et dont les parcours ont marqué la vie politique du continent.

Pour Macky Sall, cette distinction intervient un peu plus de deux ans après la fin de son mandat présidentiel. À la tête du Sénégal de 2012 à 2024, il poursuit depuis son départ du pouvoir des activités sur la scène internationale, notamment à travers différents engagements et responsabilités dans des cadres africains et internationaux.

Le titre de Docteur Honoris Causa est une distinction académique honorifique attribuée par une université à une personnalité en reconnaissance de son parcours, de son œuvre, de son engagement ou de sa contribution dans un domaine jugé important. Il ne correspond pas à l’obtention d’un diplôme à la suite d’un cursus universitaire classique.

En choisissant de distinguer simultanément Macky Sall, Mahamadou Issoufou et Umaru Cissoko Embaló, l’Université Denis Sassou Nguesso a ainsi mis à l’honneur trois anciens dirigeants ouest-africains, dans le cadre d’une cérémonie placée sous le signe de la reconnaissance et du rapprochement entre les élites africaines.

Fonds spéciaux à la Primature : Aly Ngouille Ndiaye met Ousmane Sonko au défi de s’expliquer sur les 1,7 milliard FCFA

L’ancien ministre Aly Ngouille Ndiaye a relancé le débat sur la gestion des fonds spéciaux à la Primature. Invité d’une émission télévisée, il a affirmé qu’Ousmane Sonko serait le premier Premier ministre à avoir bénéficié de ces fonds, tout en appelant l’actuel président de l’Assemblée nationale à clarifier leur utilisation.

Selon l’ancien ministre, les Premiers ministres qui se sont succédé avant Ousmane Sonko n’auraient pas disposé de fonds spéciaux à la Primature dans les mêmes conditions. Aly Ngouille Ndiaye cite notamment l’ancien Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne, aujourd’hui décédé, ainsi qu’Amadou Ba et Sidiki Kaba.

« Il a été le premier Premier ministre à avoir ça. Moi je n’ai pas été Premier ministre, mais il y a des anciens Premiers ministres qui sont toujours là et qui m’écoutent. Il n’y a que Boun Abdallah Dionne qui est décédé et que Dieu l’accueille en son paradis, et je sais qu’il n’avait pas des fonds pour ça », a-t-il déclaré.

Poursuivant son argumentaire, Aly Ngouille Ndiaye estime qu’Amadou Ba n’aurait pas non plus bénéficié de ces fonds, en raison notamment de la durée de son passage à la Primature et de son remplacement par Sidiki Kaba.

« Amadou Ba n’en avait pas parce que lui, il a été remplacé par Sidiki et Sidiki n’a pas duré à la Primature pour en bénéficier. Il n’en avait pas, en tout cas des fonds dits spéciaux », a-t-il ajouté.

L’ancien ministre s’est ensuite attardé sur le montant qui aurait été mis à la disposition de la Primature. Selon lui, les informations disponibles sur le mécanisme et la périodicité de ces fonds restent contradictoires. Certains évoqueraient une dotation trimestrielle, tandis que d’autres parleraient d’un montant annuel.

« Certains disent par trimestre, d’autres disent par année. Si c’était par année, Sonko était autour de 8 milliards », a-t-il avancé.

Aly Ngouille Ndiaye affirme par ailleurs avoir connaissance d’une première enveloppe de 1,7 milliard de francs CFA qui aurait été entièrement consommée. Il s’interroge dès lors sur la rapidité avec laquelle cette somme aurait été utilisée si elle correspondait effectivement à une dotation annuelle.

« Mais je sais que les premiers 1,700 milliard FCFA ont été épuisés. Si c’était par année et qu’ils soient épuisés pendant le trimestre, c’est très rapide. Cela confirme la thèse que ce n’est pas par année », a-t-il soutenu.

À partir de ce constat, l’ancien ministre pose la question de la destination de ces ressources et de la responsabilité de leur gestion. Selon son raisonnement, si les fonds avaient été entièrement consommés avant le départ d’Ousmane Sonko de la Primature et qu’aucune somme n’a été retrouvée par son successeur, il serait nécessaire de déterminer précisément dans quelles dépenses ils ont été engagés.

« Et si cet argent a été utilisé et que celui qui l’a remplacé n’a rien trouvé, cela veut dire que lui-même a consommé ces ressources », a-t-il déclaré.

Aly Ngouille Ndiaye réclame une enquête sur l’utilisation des fonds

L’ancien ministre ne s’est pas limité à évoquer le fonctionnement des fonds spéciaux. Il a également établi un lien avec les commissions d’enquête parlementaire envisagées par la majorité à l’Assemblée nationale.

Pour Aly Ngouille Ndiaye, si Ousmane Sonko souhaite promouvoir la transparence et faire toute la lumière sur certaines pratiques de gestion publique, il devrait lui-même accepter de rendre compte de l’utilisation des fonds dont il aurait bénéficié lorsqu’il était Premier ministre.

« C’est vrai, il peut poser le problème, mais je pense que si j’étais à sa place, la première chose à faire, c’est de clarifier comment est-ce que j’ai utilisé les 1,700 milliard ? », a-t-il déclaré.

Il estime ainsi qu’une éventuelle commission d’enquête parlementaire devrait également s’intéresser à la gestion de cette enveloppe et permettre à Ousmane Sonko de fournir des explications sur les dépenses effectuées.

« Les commissions là, il devait y figurer et nous expliquer comment cet argent a été consommé. Donc, on devait enquêter sur l’utilisation de ces fonds », a-t-il insisté.

Pour Aly Ngouille Ndiaye, une telle démarche permettrait de confronter les déclarations politiques aux pratiques institutionnelles et financières. Il reproche ainsi au camp au pouvoir un décalage entre les principes de transparence et de bonne gouvernance régulièrement défendus et les actes posés dans la gestion des affaires publiques.

« C’est à partir de là qu’on peut dire qu’il a donné un bon exemple. Ils disent souvent qu’ils ne vont pas utiliser les institutions, mais cela prouve qu’entre ce qu’ils disent et ce qu’ils font, c’est totalement différent », a-t-il conclu.

Conseil constitutionnel : Ousmane Diagne officiellement installé à la tête de la haute juridiction

Le Conseil constitutionnel du Sénégal a désormais un nouveau président. Le magistrat Ousmane Diagne a officiellement pris ses fonctions ce mardi, à l’issue d’une audience solennelle et publique consacrée à sa prestation de serment. Cette cérémonie marque une nouvelle étape pour la haute juridiction, après plus d’une année d’intérim à la suite du décès de son ancien président, Mamadou Badio Camara, en avril 2025.

Devant les membres du Conseil constitutionnel, les représentants de la magistrature et plusieurs personnalités de l’État, Ousmane Diagne a prêté serment avant de prendre officiellement les rênes de l’institution. Dans son engagement solennel, le nouveau président a clairement défini les principes qui devront guider l’exercice de ses nouvelles responsabilités.

« Ma loyauté sera à la Constitution, à l’État de droit et à l’indépendance du juge », a-t-il déclaré au moment de prêter serment. Une formule qui résume, à elle seule, la ligne qu’il entend imprimer à son mandat, fondée sur le respect de la Constitution, la neutralité dans l’exercice de la fonction et l’indépendance de la justice.

Cette prise de fonctions intervient dans un contexte institutionnel particulièrement important pour le Sénégal. Le Conseil constitutionnel occupe en effet une position centrale dans le fonctionnement de l’État. Il est notamment chargé de veiller au respect de la Constitution, de contrôler la conformité des lois aux dispositions constitutionnelles et de statuer sur certaines questions électorales, en particulier celles relatives à la régularité des scrutins et aux contentieux qui peuvent en découler.

Avec l’installation d’Ousmane Diagne, l’institution met ainsi fin à une période d’intérim qui avait débuté après la disparition de Mamadou Badio Camara. Depuis lors, la vice-présidente du Conseil constitutionnel, Aminata Ly Ndiaye, assurait la présidence intérimaire de la juridiction.

Le choix d’Ousmane Diagne intervient également au terme d’un parcours particulièrement dense dans la magistrature sénégalaise. Le nouveau président du Conseil constitutionnel a occupé plusieurs fonctions de premier plan au sein de l’appareil judiciaire. Il a notamment exercé comme procureur général près la Cour d’appel de Dakar, avant de devenir premier avocat général près la Cour suprême.

Son parcours l’a également conduit au sommet de l’Exécutif. Ousmane Diagne a été nommé ministre de la Justice, Garde des Sceaux, dans le premier gouvernement dirigé par Ousmane Sonko. Il a occupé cette fonction du 12 avril 2024 au 6 septembre 2025, avant de poursuivre son parcours au sein de la haute magistrature.

Son expérience à la fois judiciaire et gouvernementale constitue l’un des principaux éléments de son profil au moment où il prend la direction du Conseil constitutionnel. À la tête de cette institution, il devra désormais exercer une fonction distincte de ses précédentes responsabilités, avec pour impératif de préserver l’indépendance et l’autorité de la juridiction constitutionnelle.

La cérémonie d’installation a réuni une importante partie de la magistrature sénégalaise autour du nouveau président. Elle a ainsi consacré officiellement son entrée en fonction et ouvert une nouvelle séquence dans la vie du Conseil constitutionnel.

Tivaouane : le nouvel hôpital Seydi El Hadji Malick Sy officiellement mis en service après un investissement de 46 milliards FCFA

Le Centre hospitalier national Seydi El Hadji Malick Sy de Tivaouane est désormais opérationnel. Construit et équipé pour un coût global de 46 milliards de francs CFA, le nouvel établissement sanitaire a été officiellement mis en service ce lundi 10 août 2026, lors d’une cérémonie présidée par le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy.

La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre des Infrastructures, Déthié Fall, ainsi que d’une importante délégation représentant le khalife général des Tidianes. Cette mise en service marque le démarrage effectif des activités médicales dans cette infrastructure présentée comme un établissement hospitalier moderne de niveau 3, le premier du genre dans la région de Thiès.

Avec une capacité de 300 lits et une superficie de 24 000 mètres carrés, le Centre hospitalier national Seydi El Hadji Malick Sy ambitionne de renforcer considérablement l’offre de soins dans la région de Thiès. L’établissement dispose de 25 services médico-chirurgicaux et de plusieurs services médico-techniques destinés à assurer une prise en charge diversifiée et spécialisée des patients.

Le plateau technique constitue l’un des principaux atouts de cette nouvelle infrastructure. L’hôpital est notamment doté de services d’imagerie médicale comprenant un appareil d’IRM et des scanners, ainsi que de six blocs opératoires. Des unités spécialisées ont également été aménagées pour répondre aux situations médicales les plus complexes, notamment les urgences, la dialyse, la prise en charge des grands brûlés et les soins dédiés au pôle mère-enfant.

La nouvelle infrastructure comprend également des services consacrés à la pharmacie, au laboratoire, à la banque de sang et à la stérilisation centrale. Elle intègre par ailleurs plusieurs spécialités médicales, dont la pédiatrie, la gynécologie, la cardiologie et la pneumologie. Un amphithéâtre d’une capacité de 200 places figure également parmi les infrastructures prévues pour la formation et le renforcement des compétences du personnel de santé.

Au-delà de sa vocation sanitaire, l’ouverture de cet établissement intervient dans un contexte particulièrement important pour Tivaouane. La ville religieuse s’apprête en effet à accueillir le Gamou, une manifestation qui entraîne chaque année un afflux massif de fidèles. La mise en service du nouvel hôpital doit ainsi contribuer à améliorer la capacité de réponse du système sanitaire face à l’augmentation prévisible de la demande de soins durant cette période.

L’ouverture du Centre hospitalier national Seydi El Hadji Malick Sy s’inscrit également dans les orientations fixées par le chef de l’État. Lors du Conseil des ministres du 1er juillet 2026, le président de la République avait demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour permettre l’ouverture du nouvel hôpital de Tivaouane, en mettant notamment l’accent sur la nécessité de rendre l’infrastructure opérationnelle avant les grandes célébrations religieuses prévues au mois d’août.

Kiiraay accélère son implantation : le parti de Diomaye Faye lance une vaste offensive à la base

Kiiraay – Les Patriotes Républicains veut désormais passer de la dynamique de création à une implantation durable sur le terrain. Dans un communiqué daté du 9 août 2026 et signé par son président, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le parti dévoile une feuille de route en trois étapes destinée à structurer ses bases, renforcer sa massification et installer progressivement ses différentes instances, au Sénégal comme au sein de la diaspora.

Après la création du parti et l’engouement que sa direction présente comme « sans précédent », Kiiraay entend désormais transformer cette mobilisation en une organisation politique solidement implantée dans les quartiers, les villages et les communes. La nouvelle formation mise ainsi sur une stratégie de proximité, avec comme première priorité la construction du parti à partir de sa base militante.

Dans cette première phase, les responsables et militants sont appelés à concentrer leurs efforts sur la création de cellules de quartiers et de villages. Ces structures doivent servir de premiers relais du parti auprès des populations et permettre d’organiser la mobilisation, la massification et l’animation de la base.

La direction de Kiiraay prévoit également la création de comités d’initiative chargés de préparer plusieurs mouvements spécialisés. Ces structures doivent permettre au parti de mieux intégrer les différentes composantes de la société et de renforcer son implantation auprès de catégories socioprofessionnelles et générationnelles spécifiques.

Parmi les mouvements annoncés figurent Ndawi Kiiraay, destiné aux jeunes, Jigéeni Kiiraay pour les femmes, Kanggami Kiiraay pour les cadres et Maggi Kiiraay pour les sages. Le dispositif prévoit également des structures dédiées aux personnes handicapées avec Way-laagoy Kiiraay, aux enseignants avec Jàngalekati Kiiraay et aux « doomu daara » avec Doomi daaray Kiiraay. Les artisans et les transporteurs doivent eux aussi disposer de structures spécifiques au sein de l’organisation.

À travers cette architecture, Kiiraay entend donc construire une présence politique qui ne se limite pas aux grandes villes ou aux principaux centres de décision. Le parti veut descendre au niveau des quartiers et des villages afin de créer des relais permanents capables de mobiliser les citoyens, d’écouter leurs préoccupations et de faire remonter leurs attentes vers les responsables de la formation.

La deuxième étape de la feuille de route concernera le placement des cartes de membres. La direction annonce que ces cartes seront disponibles « dans les meilleurs délais ». Leur mise en circulation doit permettre d’accompagner l’adhésion de nouveaux militants et de donner un cadre plus formel à la campagne de massification engagée par le parti.

Cette phase devrait ainsi constituer un moment important dans la structuration de Kiiraay, en permettant à la formation de mieux identifier et organiser ses adhérents sur le terrain. Elle devrait également préparer l’étape suivante, consacrée à l’installation officielle des différentes instances.

Selon le calendrier annoncé, ce n’est qu’après la création des cellules, la mise en place des mouvements spécialisés et le placement des cartes de membres que Kiiraay procédera à l’installation officielle des sections, des coordinations et des autres structures prévues par ses statuts.

La direction du parti insiste particulièrement sur la nécessité d’une implantation large et inclusive. L’objectif affiché est de faire émerger des structures « dans tous les quartiers, tous les villages, toutes les communes et dans la diaspora ». Une ambition qui traduit la volonté de Kiiraay de se déployer simultanément sur le territoire national et auprès des Sénégalais établis à l’étranger.

Au-delà de la simple organisation interne, ces structures auront plusieurs missions. Elles devront notamment rassembler les citoyens autour du projet politique et des valeurs défendues par Kiiraay, recueillir les préoccupations des populations, contribuer à l’élaboration de projets de développement et assurer une présence permanente du parti au niveau local.

Dans cette dynamique, Bassirou Diomaye Diakhar Faye appelle les militants à privilégier « un esprit d’ouverture, de rassemblement et de responsabilité ». La direction souhaite que chaque cellule, section, coordination ou mouvement puisse refléter la diversité des forces vives de la localité dans laquelle elle est implantée.

Cette volonté d’ouverture s’accompagne toutefois d’un dispositif de contrôle destiné à encadrer la reconnaissance des structures. Le communiqué précise que les cellules, sections communales, coordinations et mouvements ne pourront être officiellement reconnus qu’après validation par un ou plusieurs commissaires politiques.

Les modalités de désignation et d’intervention de ces commissaires doivent être précisées dans une prochaine circulaire, annoncée par la direction du parti dans les jours à venir. Ce mécanisme devrait permettre à Kiiraay de veiller à la cohérence de son organisation et d’éviter une implantation anarchique de structures concurrentes ou non reconnues.

Avec cette feuille de route, Kiiraay – Les Patriotes Républicains entre donc dans une phase de structuration accélérée. Après la création du parti, la priorité est désormais donnée à la conquête de la base, à la mobilisation des militants et à l’installation progressive d’un maillage politique national et international.

Affaire Pape Salif Raal Thiam et Pape Cheikh : 28 inculpés blanchis, 71 renvoyés devant le tribunal correctionnel

Le dossier judiciaire impliquant Pape Salif Raal Thiam, Cheikh Ahmed Tidiane Diallo, dit Pape Cheikh, et plusieurs autres personnes connaît un nouveau tournant. Dans un communiqué rendu public ce vendredi 7 août 2026, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, a fait le point sur les dernières évolutions de cette affaire qui avait suscité une vive attention.

À l’issue de l’information judiciaire, le juge d’instruction du Premier Cabinet a rendu une ordonnance de non-lieu partiel et de renvoi devant le Tribunal correctionnel. Cette décision opère ainsi une distinction entre les personnes poursuivies, certaines bénéficiant d’un abandon total des poursuites tandis que d’autres devront comparaître devant la juridiction correctionnelle.

Selon les précisions communiquées par le parquet, vingt-huit inculpés ont bénéficié d’un non-lieu total. Pour ces personnes, aucune charge ne sera donc retenue à l’issue de l’instruction.

En revanche, soixante et onze autres inculpés sont renvoyés devant le Tribunal correctionnel. Ils devront répondre des faits d’association de malfaiteurs et d’actes contre nature, conformément aux charges retenues par le magistrat instructeur dans son ordonnance.

L’instruction n’a toutefois pas retenu l’ensemble des infractions initialement visées dans la procédure. Les charges relatives à la mise en danger de la vie d’autrui ainsi qu’à la transmission volontaire du VIH/SIDA ont fait l’objet d’un non-lieu. Ces chefs de poursuite ne seront donc pas examinés dans le cadre du renvoi devant le tribunal correctionnel.

Cette décision judiciaire ne met cependant pas un terme à la procédure. Le ministère public indique en effet qu’il avait, de son côté, requis le renvoi de l’ensemble des inculpés pour toutes les infractions visées dans le dossier. Considérant ainsi que l’ordonnance rendue par le juge d’instruction ne correspond pas à ses réquisitions, le parquet a décidé d’interjeter appel.

L’appel annoncé par le procureur ouvre donc une nouvelle phase dans cette affaire. La juridiction compétente devra désormais examiner les contestations soulevées par le ministère public à l’encontre de l’ordonnance du juge d’instruction.

Pour l’heure, le dossier reste donc marqué par deux décisions distinctes : d’une part, le renvoi de 71 inculpés devant le Tribunal correctionnel pour association de malfaiteurs et actes contre nature ; d’autre part, le non-lieu total accordé à 28 inculpés et l’abandon des charges relatives à la mise en danger de la vie d’autrui et à la transmission volontaire du VIH/SIDA.

Affaire Pape Cheikh Diop et Cie : le juge clôt l’instruction et renvoie plusieurs dizaines d’inculpés devant le tribunal correctionnel

Le juge d’instruction du premier cabinet du Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye a mis un terme à l’information judiciaire ouverte dans le cadre du vaste dossier référencé R.I. 29/26 et R.P. 0542/26. Par une ordonnance de règlement rendue ce vendredi 7 août 2026, le magistrat a prononcé plusieurs non-lieux, tout en renvoyant plusieurs dizaines de mis en cause devant le tribunal correctionnel de Pikine-Guédiawaye.

Cette procédure concerne notamment l’affaire dans laquelle l’animateur Pape Cheikh Diop et plusieurs autres personnes avaient été arrêtés et inculpés à la suite d’accusations liées à des faits qualifiés, dans le dossier judiciaire, d’« actes contre nature ». Selon les informations rapportées par Seneweb, l’ordonnance rendue par le juge met ainsi fin à la phase d’instruction et ouvre désormais la voie à un procès pour les personnes renvoyées devant la juridiction correctionnelle.

Selon l’ordonnance de règlement, les mis en cause qui devront comparaître devant le tribunal correctionnel sont poursuivis principalement pour des faits d’association de malfaiteurs et d’actes contre nature. L’information judiciaire avait été ouverte à l’encontre de Pape Salif Rall Thiam, Adama Diallo, Ibrahima Camara, Mansour Bassirou Baldé, Sana Ba, Bécaye Faye, Bachir Ka, Mamadou Gning, Bécaye Ndiaye, Djiby Dramé, Cheikh Amadou Tidiane Diallo et de nombreux autres inculpés.

Au cours de l’instruction, plusieurs qualifications pénales avaient été examinées par le magistrat instructeur. Le dossier faisait notamment état d’accusations d’association de malfaiteurs, de transmission volontaire du VIH/Sida, d’actes contre nature, de mise en danger de la vie d’autrui et de blanchiment de capitaux. Pour certains mis en cause, des faits de complicité d’offre ou de cession de drogue étaient également évoqués.

À l’issue de ses investigations, le juge d’instruction n’a toutefois pas retenu l’ensemble des charges contre toutes les personnes visées par la procédure. Plusieurs inculpés bénéficient ainsi d’un non-lieu en raison de la prescription de l’action publique.

C’est notamment le cas de Mamadou Lamine Diouf, Doudou Diop, Balla Mbaye, Mamadou Gueye et Omar Gning. Pour ces personnes, le magistrat a constaté que les poursuites ne pouvaient plus être engagées ou maintenues en raison de l’expiration des délais légaux. Les objets saisis dans le cadre de la procédure et leur appartenant devront, selon l’ordonnance, leur être restitués.

D’autres non-lieux ont également été prononcés pour insuffisance de charges. Une vingtaine de mis en cause sont concernés par cette décision, parmi lesquels Hissen Guiagousso, Mame Samba Diallo, Mansour Baldé, alias Zo, Florian Julien Monneron, Chérif Diatta, Pape Birâme Bigué Ndiaye, Serigne Bamba Amar, Abdou Aziz Gueye, Ouly Mansaly, Abdoulaye Diallo, Mamadou Mbaye, Assane Sow, Moussa Diallo, Moussa Diop, Serigne Saliou Diouf, Mamadou Lamine Sylla, Abdourahmane Cissé, Cheikh Bassirou Mbacké, Serigne Mourtalla Gueye et Thierno Ndiaye.

Le nom d’un autre mis en cause, Daouda, apparaît de manière tronquée dans le document judiciaire, ce qui ne permet pas, à ce stade, d’en établir l’identité complète à partir de l’ordonnance.

La décision du magistrat marque donc une étape importante dans cette procédure judiciaire particulièrement volumineuse. Si certains mis en cause sortent ainsi du champ des poursuites, les personnes renvoyées devront désormais répondre des faits retenus contre elles devant le tribunal correctionnel de Pikine-Guédiawaye.

Conformément à l’article 177 du Code de procédure pénale, les avocats constitués dans le dossier ont été avisés de l’ordonnance de règlement. Le dossier est désormais transmis à la juridiction correctionnelle, qui devra procéder aux formalités nécessaires avant de fixer la date de l’audience.

Justice : Khadim Ba remis en liberté après une transaction avec les Douanes

Le président-directeur général de Locafrique, Khadim Ba, a été remis en liberté à la suite d’une transaction conclue avec l’administration des Douanes. Cet accord met fin aux poursuites engagées contre l’homme d’affaires dans le cadre du dossier qui l’opposait aux services douaniers.

La procédure judiciaire engagée contre Khadim Ba connaît ainsi son épilogue avec la conclusion de cette transaction. Selon les informations disponibles, l’accord trouvé avec l’administration des Douanes a permis de régler le différend à l’origine des poursuites et d’ouvrir la voie à sa libération.

Cette issue intervient après plusieurs développements judiciaires autour du dossier. Placé au centre d’une procédure impliquant ses activités professionnelles, le patron de Locafrique faisait l’objet de poursuites qui avaient conduit à son incarcération.

La transaction avec les Douanes constitue donc un tournant majeur dans cette affaire. Elle permet aux parties de mettre un terme au contentieux selon les modalités convenues entre l’administration et le mis en cause.

Sénégal : les investissements directs étrangers s’effondrent de 98,9 % en 2025

Le Sénégal fait face à un spectaculaire recul des investissements directs étrangers (IDE). Selon les chiffres rapportés par L’Observateur, à partir des données de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), les flux d’IDE sont passés d’environ 3 milliards de dollars par an entre 2020 et 2024 à seulement 37 millions de dollars en 2025. Une chute vertigineuse de 98,9 %, qui relance les interrogations sur l’attractivité du pays et sur la confiance des investisseurs étrangers.

Le contraste avec les années précédentes est particulièrement marqué. Pendant plusieurs années, le Sénégal avait réussi à attirer des volumes importants de capitaux internationaux, portés notamment par les grands projets pétroliers et gaziers. En 2025, la dynamique s’est brutalement inversée, avec des flux qui ne représentent plus qu’une infime partie des montants enregistrés au cours des années précédentes.

En valeur, les quelque 3 milliards de dollars d’IDE annuels enregistrés entre 2020 et 2024 correspondaient à plus de 1 700 milliards de francs CFA. En 2025, les flux ne seraient plus que de 37 millions de dollars, soit un peu plus de 20 milliards de francs CFA. Une contraction qui, au-delà de son ampleur statistique, pose la question de l’évolution du climat des affaires et de la perception du risque Sénégal par les investisseurs internationaux.

La fin d’un cycle exceptionnel lié aux hydrocarbures

Pour autant, cette chute ne doit pas être interprétée automatiquement comme le signe d’un départ massif des investisseurs étrangers du Sénégal. L’économiste-statisticien Babacar Gaye rappelle que les IDE correspondent à des flux enregistrés au cours d’une période donnée et ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer le stock total de capitaux étrangers déjà présents dans le pays.

Cette distinction est importante pour comprendre l’évolution récente. Entre 2019 et 2022, le Sénégal a connu une période exceptionnelle d’entrées de capitaux, largement alimentée par les investissements nécessaires au développement de ses projets pétroliers et gaziers. Les chantiers liés à Sangomar et au projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA) ont mobilisé des montants considérables.

En 2022, les investissements liés aux hydrocarbures représentaient, selon les éléments rapportés, près de 87 % des entrées d’IDE. Le pays bénéficiait alors d’un afflux exceptionnel de capitaux destinés à financer la construction des infrastructures nécessaires à l’exploitation des nouvelles ressources énergétiques.

Mais ce cycle n’avait pas vocation à se poursuivre indéfiniment. Une fois les principales infrastructures construites et les projets entrés dans leur phase de production, les besoins en nouveaux investissements diminuent mécaniquement. Le remboursement de certains prêts intragroupes peut également réduire les flux nets d’IDE enregistrés dans les statistiques.

L’effondrement observé en 2025 pourrait donc, en partie, traduire le passage d’une phase d’investissement massif dans les hydrocarbures à une phase davantage orientée vers la production et l’exploitation des infrastructures déjà réalisées.

Des incertitudes qui pèsent sur la confiance

Cette explication liée à la fin du cycle pétrolier et gazier ne suffit cependant pas à expliquer à elle seule l’ampleur de la baisse.

Le Sénégal a également traversé une période marquée par plusieurs incertitudes économiques et financières. La question de la dette publique, les tensions dans les relations avec le Fonds monétaire international, la dégradation de la notation souveraine, les discussions autour de certains contrats ainsi que les mesures prises dans différents secteurs ont contribué à alimenter les interrogations des investisseurs.

La révélation d’une dette publique plus importante que les chiffres précédemment communiqués a notamment constitué un choc pour les marchés. Cette situation a renforcé les inquiétudes sur les finances publiques et sur la capacité de l’État à respecter ses engagements financiers dans un contexte déjà difficile.

Pour les investisseurs internationaux, la visibilité constitue un facteur déterminant. Lorsqu’un pays connaît des changements importants dans ses politiques économiques, des incertitudes sur ses finances publiques ou des discussions sur la renégociation de certains contrats, les décisions d’investissement peuvent être retardées, voire réorientées vers d’autres marchés jugés plus prévisibles.

Babacar Gaye estime ainsi que le Sénégal a incontestablement perdu du terrain sur le terrain de la confiance. Il appelle néanmoins à la prudence dans l’interprétation des chiffres, notamment en raison de l’absence, à ce stade, d’une décomposition suffisamment détaillée des flux d’IDE pour les années 2023 à 2025.

Un choc de confiance plus qu’une condamnation de l’économie ?

Pour Maléine A. Niang, la situation actuelle s’apparente davantage à un « stress aigu de liquidité et de confiance » qu’à une condamnation structurelle de l’économie sénégalaise.

Le pays conserve en effet plusieurs atouts susceptibles de continuer à attirer les capitaux étrangers. Ses ressources pétrolières et gazières constituent un avantage majeur, tandis que sa position géographique, ses infrastructures et son potentiel dans plusieurs secteurs peuvent encore constituer des arguments importants auprès des investisseurs.

La véritable question est donc de savoir si le recul de 2025 constitue un phénomène temporaire lié à la fin du grand cycle d’investissement dans les hydrocarbures ou s’il traduit une dégradation plus profonde et durable de l’attractivité du Sénégal.

Cette distinction est essentielle. Si la baisse est principalement liée à la fin des grands travaux pétroliers et gaziers, le pays pourrait connaître progressivement une nouvelle phase d’investissements dans d’autres secteurs. Si, en revanche, la contraction reflète une perte durable de confiance, les conséquences pourraient être plus importantes sur la croissance, l’emploi, les recettes fiscales et le financement des grands projets.

Le rôle déterminant des relations avec le FMI

Dans cette équation, les relations entre Dakar et le Fonds monétaire international occupent une place centrale.

Un accord avec l’institution financière internationale pourrait contribuer à restaurer une partie de la crédibilité financière du Sénégal, notamment auprès des marchés internationaux et des investisseurs. Il pourrait également donner davantage de visibilité sur la trajectoire des finances publiques et rassurer les partenaires économiques du pays.

À l’inverse, l’absence d’accord ou la prolongation des incertitudes autour des négociations avec le FMI pourrait être interprétée comme un facteur de risque supplémentaire.

Pour les investisseurs, la question n’est donc pas uniquement celle du potentiel économique du Sénégal, mais aussi celle de la capacité du pays à offrir un environnement stable, lisible et prévisible sur le long terme.

La transparence et la prévisibilité comme priorités

Face à cette situation, les experts interrogés mettent en avant plusieurs priorités. Le Sénégal devra notamment renforcer la transparence de ses statistiques publiques, restaurer la confiance des partenaires financiers, consolider la sécurité juridique des investissements et améliorer la prévisibilité de sa politique économique.

La diversification apparaît également comme un enjeu majeur. La forte dépendance des IDE aux grands projets d’hydrocarbures a montré les limites d’un modèle reposant sur quelques investissements exceptionnels. Le défi consiste désormais à attirer davantage de capitaux dans l’industrie, l’agriculture, les infrastructures, les énergies renouvelables, les technologies, les services et les chaînes de valeur liées aux ressources naturelles.

Babacar Gaye appelle par ailleurs à la publication rapide d’une décomposition détaillée des flux d’IDE afin de déterminer précisément les raisons de l’effondrement enregistré en 2025. Une telle analyse permettrait de distinguer la part attribuable à la fin du cycle pétrolier et gazier de celle liée à la dégradation du climat économique et financier.

Le Sénégal devra également renforcer le dialogue avec ses partenaires économiques et financiers internationaux et améliorer la lisibilité de ses politiques publiques. Pour les investisseurs, la stabilité des règles et la capacité à anticiper l’évolution de l’environnement économique constituent souvent des critères aussi importants que les ressources disponibles.

Un défi majeur pour l’attractivité du Sénégal

La chute de 98,9 % des IDE en 2025 constitue donc un signal qui mérite une attention particulière, même si elle ne signifie pas nécessairement que les investisseurs étrangers ont déserté le Sénégal.

Le pays sort d’un cycle exceptionnel dominé par les investissements pétroliers et gaziers et doit désormais réussir à transformer ses nouvelles ressources en un moteur durable d’attractivité économique. Cette transition intervient toutefois dans un contexte de fortes interrogations sur les finances publiques, la dette, les relations avec les institutions financières internationales et la stabilité du cadre économique.

La capacité du gouvernement à rétablir la confiance sera ainsi déterminante. Elle passera par davantage de transparence, une meilleure visibilité sur les finances publiques, une sécurité juridique renforcée et une politique économique suffisamment prévisible pour rassurer les investisseurs.

Assemblée nationale : Thierno Alassane Sall accuse la majorité Pastef d’avoir écarté le dossier ASER/AEE Power EPC

À l’approche de la séance plénière de l’Assemblée nationale prévue le lundi 10 août 2026, le député Thierno Alassane Sall relance le débat sur la gestion de certains dossiers jugés sensibles. Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, le président de République des Valeurs (RV) a vivement critiqué la majorité parlementaire de Pastef, qu’il accuse d’avoir délibérément refusé d’examiner le dossier relatif au contrat ASER/AEE Power EPC.

Selon le parlementaire, cette attitude traduit ce qu’il qualifie de « duplicité » de la majorité. Il affirme que, depuis plus d’un an, les députés de Pastef se sont opposés à toute initiative visant à inscrire cette affaire à l’ordre du jour des travaux parlementaires, malgré les nombreuses interpellations formulées à son sujet.

Pour Thierno Alassane Sall, le dossier ASER/AEE Power EPC constitue l’un des plus importants scandales de gestion des dernières années et mérite une enquête approfondie de la représentation nationale. L’ancien ministre soutient que cette affaire aurait privé près de 1 600 villages d’un accès à l’électricité, tout en évoquant un montant de 37 milliards de francs CFA qui, selon lui, aurait été détourné de son objectif initial. Des allégations qui, à ce stade, relèvent de ses déclarations et n’ont pas été établies par une décision de justice.

Le député estime que le refus d’ouvrir un débat parlementaire sur cette question démontre une volonté politique de protéger certains dossiers. À ses yeux, cette posture contraste avec l’attitude adoptée sur d’autres affaires ayant fait l’objet de commissions d’enquête ou d’importants débats au sein de l’hémicycle.

Dans son message, Thierno Alassane Sall dénonce également ce qu’il présente comme une justice politique à géométrie variable. Il affirme qu’il existerait désormais « deux catégories de scandales » : ceux qui seraient, selon lui, volontairement étouffés afin d’éviter toute mise en cause, et ceux qui seraient mis en avant pour servir les affrontements politiques entre adversaires. Il range l’affaire ASER/AEE Power EPC dans la première catégorie, dénonçant un traitement qu’il juge sélectif.

Ces déclarations interviennent dans un contexte politique marqué par la convocation d’une nouvelle séance plénière de l’Assemblée nationale. La session extraordinaire du 10 août doit notamment être consacrée à l’examen de plusieurs textes législatifs ainsi qu’à des propositions de création de commissions d’enquête sur d’autres dossiers de gestion publique.

AfroBasket U18 masculin 2026 : le Sénégal écrase le Rwanda et lance idéalement sa campagne

Le Sénégal a réussi une entrée en matière convaincante à l’AfroBasket U18 masculin 2026 en s’imposant avec autorité face au Rwanda sur le score sans appel de 78 à 38, ce jeudi en Côte d’Ivoire. Une prestation maîtrisée de bout en bout qui permet aux Lionceaux de prendre les commandes de leur campagne continentale et d’afficher clairement leurs ambitions dans cette compétition.

Pour cette première rencontre du groupe C, les jeunes Sénégalais n’ont laissé que très peu d’espoir à leurs adversaires. Dès les premières minutes, ils ont imposé un rythme élevé, s’appuyant sur une défense agressive et bien organisée qui a considérablement limité les initiatives rwandaises. En attaque, les Sénégalais se sont montrés efficaces, multipliant les transitions rapides et exploitant avec précision les espaces laissés par leurs adversaires.

Au fil de la rencontre, l’écart n’a cessé de se creuser grâce à la domination collective du Sénégal, aussi bien dans le jeu intérieur que sur les phases offensives. Cette supériorité technique et physique s’est traduite par une victoire éclatante de 40 points, offrant un début de tournoi particulièrement rassurant au staff sénégalais.

Sur le plan individuel, Bacary Doucouré a été l’un des principaux artisans de ce succès. Auteur de 15 points, il a terminé meilleur marqueur de la sélection sénégalaise et a largement contribué à la démonstration offensive de son équipe.

Dans l’autre rencontre du groupe C, le Cameroun a également réussi son entrée en lice en dominant la Tunisie sur le score de 53 à 41. Ce résultat place le Sénégal et le Cameroun en tête de la poule après la première journée.

Crise dans les universités publiques : le ministre Boubacar Camara auditionné par la mission d’information de l’Assemblée nationale

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Dr Boubacar Camara, a été auditionné ce jeudi 6 août 2026 par la mission d’information mise en place pour examiner les causes de la crise récurrente qui affecte les universités publiques du Sénégal. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des travaux engagés par les parlementaires afin de mieux comprendre les difficultés auxquelles le système d’enseignement supérieur est confronté et de proposer des pistes de réforme.

Accompagné d’une importante délégation composée de responsables de son département ministériel, le ministre a répondu aux nombreuses préoccupations soulevées par les membres de la mission d’information. Les échanges ont porté sur les principaux défis qui fragilisent les établissements publics d’enseignement supérieur, notamment les perturbations académiques répétitives, les difficultés de gouvernance, les contraintes budgétaires ainsi que les questions liées aux infrastructures universitaires.

Au cours de son intervention, Dr Boubacar Camara a présenté un état des lieux du secteur, mettant en évidence les défis structurels auxquels les universités sénégalaises sont confrontées depuis plusieurs années. Il a notamment évoqué la croissance continue des effectifs étudiants, qui exerce une forte pression sur les capacités d’accueil, les équipements pédagogiques et les ressources humaines des établissements.

Le ministre est également revenu sur les contraintes financières qui limitent la mise en œuvre de plusieurs réformes et ralentissent l’amélioration des conditions d’enseignement et de recherche. Il a insisté sur la nécessité d’adapter le système universitaire aux nouvelles exigences de formation, d’innovation et d’employabilité, tout en garantissant un environnement propice à la réussite des étudiants.

Les rapporteurs de la mission ont, pour leur part, interrogé le ministre sur les mesures déjà engagées pour prévenir les crises récurrentes, améliorer le dialogue avec les différents acteurs universitaires et assurer une meilleure stabilité du calendrier académique. Les discussions ont également porté sur les mécanismes susceptibles de renforcer la gouvernance des universités publiques et d’améliorer durablement leur fonctionnement.

Coopération : la Banque mondiale renforce son soutien au Sénégal avec 340 milliards FCFA et un nouveau partenariat décennal

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a reçu en audience, ce mercredi matin au Palais de la République, Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette rencontre de haut niveau a permis de réaffirmer la solidité du partenariat entre le Sénégal et l’institution financière internationale, tout en ouvrant une nouvelle phase de coopération axée sur les résultats et les priorités stratégiques de la Vision Sénégal 2050.

À l’issue des échanges, la Banque mondiale a annoncé un renforcement significatif de son accompagnement en faveur du Sénégal. Au-delà de l’augmentation des financements, l’institution a fait évoluer la nature de son appui en confirmant la mise en place d’un soutien budgétaire direct à l’État sénégalais. Elle a également décidé d’étendre les mécanismes de financement fondés sur les résultats, une approche qui vise à accompagner les réformes publiques en fonction des performances réalisées.

Selon les autorités, cette décision traduit la confiance de la Banque mondiale dans les réformes engagées par le gouvernement sénégalais ainsi que dans la crédibilité de la trajectoire économique et institutionnelle du pays.

Les deux parties ont passé en revue plusieurs secteurs jugés prioritaires pour accélérer le développement économique et social. L’énergie figure au premier rang des préoccupations, avec l’ambition de réduire durablement le coût de l’électricité et d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables, notamment le solaire, afin de renforcer la sécurité énergétique du pays.

L’agriculture occupe également une place centrale dans ce nouveau partenariat. Les discussions ont porté sur la mise en œuvre d’un vaste programme de résilience destiné à soutenir la souveraineté alimentaire, améliorer la productivité agricole et renforcer la capacité des exploitations à faire face aux effets du changement climatique.

Le climat des affaires constitue un autre axe majeur de cette coopération. Le Sénégal entend poursuivre les réformes destinées à améliorer l’environnement des investissements, renforcer l’attractivité du pays et favoriser une plus grande participation du secteur privé dans le financement de la croissance. La modernisation des finances publiques, la transparence de la gouvernance et l’amélioration de la gestion des ressources de l’État demeurent également au cœur de l’accompagnement annoncé.

Dans cette dynamique, la Banque mondiale mobilisera une enveloppe de 340 milliards de francs CFA. Ces ressources seront consacrées au financement de projets dans les secteurs de l’agriculture, des transports ainsi qu’au renforcement de la résilience économique et sociale, avec une attention particulière portée aux jeunes et aux femmes.

Les échanges entre le chef de l’État et le vice-président de la Banque mondiale ont enfin permis d’esquisser les contours d’un nouveau cadre de partenariat couvrant les dix prochaines années. Ce document stratégique devra définir les grandes orientations de la coopération entre les deux parties et accompagner les ambitions de transformation économique et sociale inscrites dans la Vision Sénégal 2050.

Scandale présumé de réseau homosexuel : l’instruction judiciaire touche à sa fin, 99 personnes bientôt fixées sur leur sort

L’enquête judiciaire ouverte dans le cadre du dossier présenté par la justice comme un vaste réseau impliquant 99 personnes franchit une étape décisive. Le premier cabinet d’instruction du Tribunal de Grande Instance de Pikine-Guédiawaye a officiellement notifié, ce lundi 3 août 2026, un avis aux conseils pour clôture de l’information, marquant ainsi la fin imminente de plusieurs mois d’investigations.

Cette notification, effectuée conformément aux dispositions de l’article 169 du Code de procédure pénale, informe les avocats des personnes mises en cause que le dossier est désormais mis à leur disposition pour une durée de trois jours. Ce délai leur permettra de consulter l’ensemble des pièces de la procédure avant que le magistrat instructeur ne transmette le dossier au parquet pour la suite de la procédure.

Le dossier concerne notamment Pape Salif Rall Thiam, Adama Diallo, Ibrahima Camara, Mansour Bassirou Baldé, Sana Ba, Bécaye Faye, Bachir Ka, Mamadou Gning, Bécaye Ndiaye, Djiby Dramé, Doudou Lamine Dieng, Cheikh Amadou Tidiane Diallo ainsi que 87 autres personnes, portant le nombre total des mis en cause à 99.

Selon l’avis de clôture signé par le juge d’instruction, les personnes poursuivies font l’objet de plusieurs inculpations. Les chefs retenus comprennent notamment l’association de malfaiteurs, la transmission volontaire du VIH/SIDA, l’acte contre nature, la mise en danger de la vie d’autrui, le blanchiment de capitaux ainsi que la complicité d’offre ou de cession de drogue. Ces infractions sont prévues et réprimées par différentes dispositions du Code pénal sénégalais ainsi que par la loi n°2024-08 du 14 février 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Avec cette étape procédurale, l’information judiciaire entre dans sa dernière ligne droite. À l’issue du délai de trois jours accordé à la défense, le dossier sera transmis au parquet, qui formulera ses réquisitions sur les suites à réserver à cette affaire.

Le juge d’instruction devra ensuite rendre son ordonnance, en tenant compte des réquisitions du ministère public et des observations éventuelles des avocats de la défense. Cette décision déterminera si les charges réunies au cours de l’enquête sont jugées suffisantes pour ordonner le renvoi des mis en cause devant la Chambre criminelle en vue de leur jugement ou, le cas échéant, prononcer un non-lieu pour certains d’entre eux.

Grand Magal de Touba : le gouvernement appelle à faire de l’unité nationale un héritage durable

La cérémonie officielle de la 132ᵉ édition du Grand Magal de Touba s’est tenue ce lundi à la Résidence Khadimou Rassoul, en présence du porte-parole du Khalife général des mourides, Serigne Bachir Abdou Khadre. Ce rendez-vous religieux majeur, qui commémore le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba, a réuni une importante délégation gouvernementale conduite par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé.

À ses côtés figuraient plusieurs membres du gouvernement, notamment le ministre de la Communication et des Relations avec les Institutions, Dr Bakary Sarr, le ministre des Transports terrestres et aériens, le ministre de l’Assainissement et de l’Hydraulique, Cheikh Tidiane Dièye, le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Bala Moussa Fofana, le ministre de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Cheikhou Oumar Bâ, ainsi que le ministre des Télécommunications et du Numérique, Samba Diouf. Leur présence témoigne de l’importance que l’État accorde à cet événement religieux qui rassemble chaque année des millions de fidèles venus du Sénégal et de la diaspora.

S’exprimant au nom du gouvernement, Mouhamadou Makhtar Cissé a placé son intervention sous le signe de l’unité nationale et de la cohésion sociale. Il a estimé que les valeurs de solidarité, de fraternité et de vivre-ensemble incarnées par le Grand Magal doivent dépasser le cadre de cette célébration religieuse pour inspirer durablement la société sénégalaise.

Le ministre a rappelé que le Sénégal ne peut poursuivre son développement que dans un climat de paix et d’unité. Selon lui, les divergences d’opinions ou les débats politiques, aussi légitimes soient-ils dans une démocratie, ne doivent jamais remettre en cause l’intérêt supérieur de la Nation. « Le Sénégal demeure notre bien commun et notre unique point de convergence », a-t-il fait valoir, appelant les citoyens à privilégier le dialogue, le respect mutuel et le sens de la responsabilité.

Dans son allocution, le ministre de l’Intérieur a également évoqué les responsabilités constitutionnelles du chef de l’État. Il a rappelé que le président de la République a prêté serment de conduire le pays dans le respect de la Constitution et que l’article 42 de la Loi fondamentale lui confère la mission d’incarner l’unité nationale. À ses yeux, cette responsabilité engage également l’ensemble des acteurs politiques, institutionnels et sociaux à œuvrer pour la préservation de la stabilité du pays.

Mouhamadou Makhtar Cissé a, par ailleurs, salué les orientations du Khalife général des mourides, qui a exhorté les autorités et les populations à renforcer la cohésion sociale et à préserver l’unité nationale face aux défis actuels. Il a souligné que cet appel constitue un message fort, en parfaite adéquation avec les valeurs de paix, de tolérance et de solidarité prônées par Cheikh Ahmadou Bamba.

Grand Magal 2026 : des coupures d’électricité perturbent Touba, la Senelec dénonce des actes de sabotage

Alors que des millions de fidèles convergent vers Touba pour célébrer le Grand Magal, plusieurs quartiers de la ville sainte et des localités environnantes sont confrontés à des coupures récurrentes d’électricité. Une situation qui suscite la colère de nombreux pèlerins et habitants, certains affirmant avoir perdu des provisions destinées aux festivités.

Selon des informations rapportées par la RFM dans son journal de 12 heures, les interruptions de courant se multiplient depuis plusieurs heures dans différents secteurs de la commune.

À Darou Minam 2, Ahmadou Bamba Sall dénonce une situation devenue difficile à supporter. « Notre quartier est soumis à des coupures d’électricité de plusieurs heures, parfois jusqu’à huit heures par secteur », a-t-il déclaré, évoquant également la forte chaleur qui sévit ainsi que les pertes de denrées alimentaires conservées pour le Magal.

Interrogée sur ces perturbations, la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) reconnaît les difficultés rencontrées sur son réseau. Toutefois, l’entreprise affirme qu’une partie des incidents est liée à des actes de sabotage ciblant ses installations.

« Ce que nous avons remarqué depuis hier (samedi), ce sont des actes de sabotage dans différents secteurs où des pannes sont déclarées par les clients. Lorsque les équipes d’intervention arrivent sur place, elles constatent qu’au niveau du poste, le départ qui alimente l’ensemble des clients est ouvert. Ces actes de vandalisme sont causés par des personnes qui s’y connaissent », a expliqué Abdoul Ndiaye, chef du service de la distribution de la Senelec pour les zones de Diourbel, Touba et Bambey.

Le responsable précise également que certaines perturbations sont dues à des pannes de fusibles, qui viennent s’ajouter aux actes de vandalisme constatés sur le réseau électrique.

Face à cette situation, la Senelec indique que ses équipes techniques restent mobilisées pour rétablir l’alimentation électrique dans les meilleurs délais. L’entreprise appelle également les populations à faire preuve de vigilance et à collaborer avec les autorités afin d’identifier les auteurs de ces actes de sabotage, qui compliquent davantage la fourniture d’électricité durant l’un des plus grands rassemblements religieux du Sénégal.

Économie : le pétrole brut et les hydrocarbures propulsent les exportations du Sénégal à 5 805,6 milliards de FCFA en 2025

Le Sénégal a franchi un cap historique en 2025 avec une progression spectaculaire de ses exportations, portée par l’essor de la production pétrolière et le démarrage des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL). Selon la Note d’analyse du commerce extérieur publiée par l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), les exportations de marchandises ont atteint 5 805,6 milliards de FCFA en 2025, contre 3 909,1 milliards de FCFA en 2024, soit une hausse de 48,5 % représentant un gain de 1 896,5 milliards de FCFA en une seule année.

L’huile brute de pétrole s’impose désormais comme le principal produit d’exportation du Sénégal. Les recettes générées par les ventes de pétrole brut se sont élevées à 1 528,0 milliards de FCFA en 2025, contre 464,6 milliards de FCFA un an auparavant, soit une progression de 228,9 %.

L’Europe demeure la première destination du pétrole sénégalais avec 978,6 milliards de FCFA d’achats, contre 162,9 milliards en 2024. Le marché asiatique suit avec 427,6 milliards de FCFA, confirmant l’intérêt croissant des grandes économies pour les hydrocarbures produits au Sénégal.

L’année 2025 marque également le lancement effectif des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL), qui ont généré 125,9 milliards de FCFA de recettes.

Les premières cargaisons ont été expédiées notamment vers le continent africain, pour une valeur de 41,6 milliards de FCFA, et vers l’Asie pour 6,5 milliards de FCFA, illustrant la diversification progressive des débouchés du secteur gazier sénégalais.

Parallèlement, les exportations de produits pétroliers raffinés poursuivent leur progression. Elles sont passées de 791,9 milliards de FCFA en 2024 à 860,6 milliards de FCFA en 2025, soit une hausse de 8,7 %. L’Afrique demeure le principal marché de ces produits avec 659,8 milliards de FCFA de ventes, principalement au sein de l’espace CEDEAO/AES.

Autre moteur des exportations, l’or non monétaire poursuit sa forte progression. Les recettes issues de ce minerai atteignent 978,0 milliards de FCFA en 2025 contre 588,0 milliards en 2024, soit une hausse de 66,3 %.

L’Europe reste de loin le principal acheteur avec 715,2 milliards de FCFA d’importations d’or sénégalais, confirmant la place stratégique du secteur minier dans les performances commerciales du pays.

Les autres produits miniers continuent également de contribuer aux exportations. L’acide phosphorique maintient ses débouchés vers les industries asiatiques, notamment en Inde, tandis que les exportations d’engrais minéraux et chimiques vers les marchés africains ont plus que doublé, passant de 13,7 milliards à 29,3 milliards de FCFA. Le ciment hydraulique, le titane et le zircon conservent également une place importante dans les échanges extérieurs.

Le secteur halieutique affiche une évolution positive grâce à la bonne tenue des produits à forte valeur ajoutée. Les exportations de crustacés, mollusques et coquillages atteignent 126,0 milliards de FCFA en 2025 contre 88,8 milliards en 2024, soit une progression de 41,9 %.

L’Union européenne demeure le principal marché de ces produits avec 109,1 milliards de FCFA d’importations, contre 68,7 milliards un an plus tôt. Les exportations de poissons frais de mer restent également soutenues vers les marchés européens et sous-régionaux.

Malgré ces performances record, plusieurs filières traditionnelles connaissent un net recul.

Les exportations d’arachides non grillées se sont effondrées, passant de 65,3 milliards de FCFA en 2024 à seulement 1,4 milliard de FCFA en 2025, soit une baisse de plus de 97 %, en raison du repli de la demande asiatique et des arbitrages de commercialisation.

À l’inverse, les exportations d’huile brute d’arachide ont connu un rebond significatif sur le marché asiatique, atteignant 18,4 milliards de FCFA, contre 2,2 milliards un an auparavant.

La filière des conserves de poisson enregistre également une contre-performance. Les exportations chutent de 44 %, passant de 67,1 milliards à 37,6 milliards de FCFA, sous l’effet des difficultés d’approvisionnement en matières premières.

L’essor des hydrocarbures a profondément modifié la géographie des exportations sénégalaises.

Avec 2 424,8 milliards de FCFA d’importations de produits sénégalais, l’Europe redevient le premier marché d’exportation du pays, représentant 41,8 % des ventes totales, contre 1 064,3 milliards de FCFA en 2024.

Le continent africain arrive en deuxième position avec 1 680,0 milliards de FCFA, soit 28,9 % des exportations. L’espace CEDEAO/AES concentre 86,4 % de ces échanges, porté principalement par les carburants raffinés, le gaz naturel liquéfié, les engrais et les cigarettes.

L’Asie représente 18,2 % des exportations, avec 1 056,6 milliards de FCFA, essentiellement grâce au pétrole brut, à l’or et aux produits chimiques.

Enfin, les exportations vers le continent américain demeurent limitées, avec 261,3 milliards de FCFA, soit 4,5 % du total, malgré les opportunités offertes par certains accords commerciaux internationaux.

Ces résultats traduisent une profonde transformation de l’économie sénégalaise. L’entrée du pays dans le cercle des producteurs et exportateurs d’hydrocarbures redessine la structure de son commerce extérieur et renforce son poids sur les marchés internationaux, tout en mettant en évidence les défis persistants auxquels restent confrontées plusieurs filières agricoles et agroalimentaires traditionnelles.

Désinformation : El Malick Ndiaye n’a pas offert un scanner à l’hôpital de Linguère, le ministère de la Santé rétablit les faits

Une information largement relayée sur les réseaux sociaux et par plusieurs médias en ligne affirmant que le ministre des Transports terrestres et aériens, El Malick Ndiaye, aurait offert sur ses fonds propres un scanner médical à l’hôpital Maguette Lô de Linguère est fausse. Le matériel a été acquis dans le cadre d’un programme public du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, avec l’appui d’un partenaire technique.

La rumeur s’est propagée au cours du week-end à travers plusieurs plateformes numériques. Des sites d’information ainsi que des comptes TikTok ont présenté l’installation du scanner comme un don personnel du ministre, saluant ce qu’ils décrivaient comme une initiative privée en faveur des populations du Jolof.

Sur TikTok, plusieurs publications ont rapidement gagné en visibilité, tandis que des affiches et vidéos attribuaient explicitement l’acquisition de l’équipement à El Malick Ndiaye.

Face à l’ampleur de cette désinformation, le ministre est intervenu sur sa page Facebook officielle pour rétablir les faits. Il a catégoriquement démenti avoir financé personnellement le scanner.

« Une publication circule indiquant que j’aurais offert un scanner à l’Hôpital Maguette Lô de Linguère. Je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas d’un don personnel », a-t-il déclaré.

El Malick Ndiaye explique qu’il s’est limité à porter la doléance des populations du Jolof auprès du ministère de la Santé il y a près d’un an, en collaboration avec sa collègue, la députée Saye Cissé, afin de faciliter le suivi administratif du dossier.

« J’ai simplement porté la doléance des populations du Jolof auprès du ministère de la Santé et facilité le suivi de ce dossier avec ma collègue Honorable Saye Cissé afin que notre hôpital départemental soit doté de cet équipement essentiel », a-t-il précisé, avant de remercier le ministère pour sa diligence.

Le ministre a insisté sur le fait que cette acquisition constitue avant tout une avancée pour les populations du département de Linguère et un renforcement du système de santé national, plutôt qu’une initiative individuelle.

Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique est également monté au créneau pour mettre fin à la polémique. Dans un communiqué publié le 2 août 2026, il confirme que le scanner a été acquis sur fonds publics, avec l’appui d’un partenaire technique, dans le cadre des investissements de l’État destinés à améliorer le plateau technique des établissements de santé.

Le département ministériel rappelle ainsi que cette dotation relève exclusivement de la politique publique de renforcement de la carte sanitaire nationale et ne constitue en aucun cas un don privé d’une personnalité politique.

Cette mise au point des autorités vise à mettre un terme à la désinformation ayant circulé sur les réseaux sociaux et à rétablir l’origine réelle du financement de cet équipement médical, appelé à améliorer la prise en charge des patients de Linguère et de l’ensemble du département.

Émigration irrégulière : la Gendarmerie intercepte 173 candidats au départ et saisit une pirogue chargée de carburant à Kaolack

La Gendarmerie nationale a une nouvelle fois déjoué des tentatives d’émigration irrégulière dans la région de Kaolack. Au cours des opérations de surveillance menées les 31 juillet et 1er août 2026 par la Légion de Gendarmerie de Kaolack (Centre), 173 candidats au départ clandestin, dont des femmes et des enfants, ont été interpellés, tandis qu’une importante logistique destinée à une traversée maritime a été saisie.

La première intervention a été menée le vendredi 31 juillet dans la forêt du village de Bossinkang, dans la commune de Toubacouta. Conduite par la Brigade territoriale de Sokone avec l’appui de l’Escadron de Surveillance et d’Intervention ainsi que de l’Escadrille d’Appui Drones de la Gendarmerie nationale, l’opération a permis l’arrestation de 36 personnes.

Selon les premiers éléments de l’enquête, ces individus s’étaient regroupés dans cette zone boisée afin de préparer un embarquement clandestin en direction des côtes européennes.

Une seconde opération a été déclenchée dans la nuit du 1er au 2 août 2026 à la suite d’un renseignement faisant état du transit d’embarcations en provenance de Sokone. Lors d’une patrouille fluviale menée par la Brigade de proximité de Nioro dans le secteur de Fandiongue, les gendarmes ont localisé une pirogue de 18 mètres, dissimulée au cœur de la mangrove.

L’intervention, qui s’est déroulée sans incident, a permis l’interpellation des trois capitaines de l’embarcation ainsi que de l’ensemble des passagers.

Au total, 137 candidats à l’émigration irrégulière ont été secourus lors de cette opération maritime. Ils se composent de 116 hommes, 15 femmes et 6 enfants. Parmi eux figurent 104 Sénégalais, 14 Gambiens, 12 Guinéens et 7 Maliens.

Les forces de sécurité ont également procédé à la saisie d’une importante logistique destinée à la traversée, comprenant la pirogue, deux moteurs hors-bord de 40 chevaux des marques Yamaha et Parsun, ainsi que 238 bidons de carburant, représentant un volume total de 4 760 litres d’essence.

À travers ce nouveau coup de filet, la Gendarmerie nationale estime avoir évité un potentiel drame en mer. Elle renouvelle son appel à la vigilance et invite les populations à signaler toute activité suspecte en contactant gratuitement le centre d’appel de la Gendarmerie aux numéros 800 00 20 20 ou 123.

Kédougou : 313 comprimés de Tramadol et 66 paquets de skunk saisis, deux individus arrêtés

La lutte contre le trafic de stupéfiants se poursuit à Kédougou. La Brigade régionale des stupéfiants (BRS), relevant de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), a procédé, le 29 juillet 2026, à l’interpellation de deux individus impliqués dans une affaire de trafic de drogue et de médicaments.

Selon la Police nationale, les deux suspects sont poursuivis pour association de malfaiteurs, détention et trafic de drogue (skunk), détention illicite de médicaments et exercice illégal de la profession de pharmacien.

L’opération est partie de l’exploitation d’un renseignement ayant conduit les enquêteurs à mettre en place une surveillance discrète de plusieurs heures autour d’une principale suspecte. Celle-ci a été suivie lors d’une opération de livraison portant sur deux comprimés de Tramadol, avant qu’une descente ne soit effectuée à son domicile.

La perquisition a permis aux éléments de la BRS de découvrir, dans une chambre, 113 comprimés de Tramadol et 26 paquets de skunk, soigneusement dissimulés dans une chaussette placée sous des chaises superposées.

Les investigations se sont poursuivies dans une autre pièce de l’habitation, où les policiers ont saisi un bloc de 400 grammes de skunk en vrac, 40 autres paquets de cette drogue, ainsi que 200 comprimés supplémentaires de Tramadol, cachés sous la selle d’une moto stationnée sur les lieux.

Au terme de l’opération, les forces de l’ordre ont saisi 313 comprimés de Tramadol, 400 grammes de skunk en vrac et 66 paquets de skunk.

TRIBUNE | Le SYNPICS a-t-il perdu ses repères ? Il est temps de revenir à l’essentiel

Par El Hadji Cheikh Kane

La publication du communiqué du Bureau exécutif national du Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS), à la suite des interpellations intervenues dans les locaux de Fegnal Digital, m’interpelle profondément. En tant que journaliste, directeur de publication et Président-Directeur Général du Groupe Ledakarois, je ne peux rester silencieux face à une prise de position qui, à mon sens, traduit une perte de repères de l’organisation censée défendre notre profession.

Je tiens d’abord à préciser que cette tribune n’a pas pour objet de commenter une procédure judiciaire en cours, encore moins de défendre des personnes mises en cause. La justice doit travailler en toute indépendance, et nul n’est au-dessus de la loi.

En revanche, ce qui me préoccupe, c’est le positionnement adopté par le SYNPICS. Depuis des décennies, cette organisation syndicale est le symbole de la défense de la liberté de la presse, des droits des journalistes et des conditions d’exercice de notre métier. Elle a toujours été la voix des rédactions lorsque celles-ci étaient confrontées aux intimidations, aux pressions ou aux atteintes à la liberté d’informer.

Aujourd’hui, beaucoup de journalistes ne se reconnaissent plus dans ce communiqué. Les nombreuses réactions enregistrées au sein de la profession traduisent un malaise profond. Sans prétendre parler au nom de tous les journalistes sénégalais, il est difficile d’ignorer que plusieurs voix reconnues de notre corporation ont publiquement exprimé leur désaccord.

Le SYNPICS semble avoir oublié une règle fondamentale : un syndicat ne peut être crédible que s’il reste fidèle à sa mission première. Cette mission n’est pas de commenter les choix opérationnels des forces de sécurité, ni de donner le sentiment de se substituer au débat judiciaire. Elle consiste avant tout à défendre les journalistes professionnels, leurs droits, leurs libertés et les principes qui fondent une presse libre et indépendante.

Le contexte actuel impose également une réflexion de fond. Le paysage médiatique a profondément changé. Les plateformes numériques, les chroniqueurs, les influenceurs, les communicateurs et les militants occupent désormais une place importante dans l’espace public. Cette évolution est une réalité.

Mais cette réalité ne doit pas conduire à effacer les frontières entre ces différents statuts.

Le journalisme est une profession. Il repose sur une déontologie, une responsabilité éditoriale, la vérification des faits, le respect de l’éthique et de l’intérêt général. Être présent sur une plateforme numérique ou prendre la parole devant une caméra ne suffit pas à conférer automatiquement le statut de journaliste.

À vouloir défendre indistinctement tous les producteurs de contenus numériques, le SYNPICS prend le risque de brouiller l’identité même de la profession qu’il est censé protéger. C’est précisément cette confusion qui nourrit aujourd’hui l’incompréhension d’une partie importante de la corporation.

Pendant que les journalistes continuent de faire face à la précarité, aux licenciements, aux retards de salaires, au manque de protection sociale, aux difficultés économiques des entreprises de presse et aux défis de la transition numérique, le syndicat devrait concentrer son énergie sur ces combats essentiels.

Notre profession traverse une période décisive. La crédibilité des médias est constamment mise à l’épreuve. Dans ce contexte, nous avons besoin d’un SYNPICS fort, indépendant, rassembleur et fidèle à ses valeurs historiques.

Je lance un appel respectueux mais ferme aux responsables du syndicat : écoutez la base, ouvrez le dialogue avec les journalistes, prenez la mesure du malaise qui s’exprime et engagez une réflexion collective sur le rôle du SYNPICS dans le Sénégal d’aujourd’hui.

Il ne s’agit pas d’affaiblir notre organisation syndicale. Bien au contraire. Le SYNPICS est une institution précieuse pour la presse sénégalaise. C’est précisément parce que nous y sommes attachés que nous refusons de le voir s’éloigner de sa vocation.

Les grandes organisations savent reconnaître les moments où elles doivent se remettre en question. Ce débat peut être une opportunité de renouer avec les fondamentaux : défendre les journalistes professionnels, protéger la liberté de la presse et préserver la crédibilité de notre métier.

Le SYNPICS ne doit pas perdre son âme. Il doit retrouver ses repères.

El Hadji Cheikh Kane
Président-Directeur Général du Groupe Ledakarois

Le ministère des Sports refuse de prendre en charge les indemnités de Pape Thiaw, la FSF face à ses responsabilités

Le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture ne financera pas les indemnités liées à la résiliation du contrat de l’ancien sélectionneur national Pape Thiaw. L’information a été révélée par le journaliste Mansour Loum, qui affirme que le département ministériel a officiellement notifié sa décision à la Fédération sénégalaise de football (FSF), laquelle devra assumer seule les conséquences financières d’un éventuel licenciement définitif du technicien.

Selon Mansour Loum, la position des autorités est sans équivoque. « Le ministère des Sports ne mettra pas la main à la poche pour payer les indemnités dues à Pape Thiaw pour la résiliation de son contrat. Ce sera à la FSF de payer la note si elle veut se séparer du sélectionneur. Le ministre l’a notifié à la FSF », a-t-il indiqué.

Cette décision intervient dans un contexte de fortes turbulences au sein du football sénégalais, quelques semaines après le limogeage de Pape Thiaw, annoncé le 11 juillet 2026. Le technicien avait été écarté à la suite de la campagne jugée très décevante des Lions de la Teranga lors de la Coupe du monde 2026.

Engagé avec l’ambition de conduire le Sénégal vers un parcours historique, Pape Thiaw n’a pas réussi à répondre aux attentes. La sélection nationale a enregistré trois défaites au cours de la compétition avant d’être éliminée dès les seizièmes de finale, un bilan largement considéré comme insuffisant au regard des objectifs fixés et du potentiel de l’effectif.

Au-delà des résultats sportifs, plusieurs facteurs auraient précipité la rupture entre le sélectionneur et les instances dirigeantes du football sénégalais. La Fédération sénégalaise de football a notamment évoqué une profonde perte de confiance au sein du groupe, des insuffisances dans la gestion tactique de l’équipe ainsi que des tensions liées aux discussions contractuelles et aux demandes de revalorisation salariale.

Le refus du ministère de supporter les indemnités de départ signifie que la FSF devra mobiliser ses propres ressources si elle souhaite mettre définitivement un terme au contrat de l’ancien sélectionneur. Cette décision pourrait avoir des répercussions sur les finances de l’instance dirigeante, déjà confrontée à plusieurs dossiers sensibles à la suite de la participation du Sénégal au Mondial.

Crise des médias : le gouvernement ouvre des négociations avec le CDEPS pour relancer le secteur

Le gouvernement sénégalais a engagé un nouveau cycle de concertations avec les acteurs de la presse afin d’apporter des réponses à la crise financière qui fragilise de nombreuses entreprises de médias. Reçu en audience ce lundi à Dakar, le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS) a échangé avec le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Porte-parole du Gouvernement, Dr Bacary Sarr, sur les principales difficultés auxquelles le secteur est confronté.

Cette rencontre s’inscrit dans une volonté affichée des autorités de rétablir un climat de confiance avec les professionnels des médias et de trouver des solutions durables aux problèmes qui affectent la viabilité économique des entreprises de presse. Les échanges ont permis d’aborder plusieurs dossiers jugés prioritaires, notamment la reprise des contrats publicitaires avec les structures publiques, considérée par les éditeurs comme un levier essentiel pour renforcer les revenus des organes de presse.

La question de la dette fiscale des entreprises médiatiques a également occupé une place importante lors des discussions. Les responsables du CDEPS ont insisté sur les difficultés de trésorerie auxquelles font face plusieurs médias, estimant qu’un mécanisme d’apurement de cette dette est indispensable pour éviter une aggravation de la situation financière du secteur.

Les concertations ont aussi porté sur la révision du cadre réglementaire régissant la presse au Sénégal. Les participants ont évoqué la nécessité d’adapter certaines dispositions du Code de la presse aux réalités actuelles du paysage médiatique, tout en examinant les modalités de fonctionnement du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP), dont les acteurs attendent une gestion plus efficace afin de mieux soutenir les entreprises du secteur.

Au cours de cette audience, Dr Bacary Sarr a assuré ses interlocuteurs de la disponibilité du gouvernement à poursuivre le dialogue et à travailler de manière concertée avec les organisations professionnelles afin d’identifier des solutions concrètes. Il a réaffirmé l’engagement des autorités à accompagner les médias dans un contexte marqué par de profondes mutations économiques et technologiques.

Encadrement des fonds politiques : Moundiaye Cissé plaide pour une transparence globale avant toute réforme

Le débat sur l’encadrement des fonds politiques au Sénégal continue de susciter des réactions au sein de la société civile. Le président de l’ONG 3D, Moundiaye Cissé, a pris position en faveur d’une réforme visant à mieux encadrer ces ressources publiques, tout en appelant les autorités à privilégier une démarche fondée sur la transparence, l’équité et l’exemplarité.

Dans une déclaration rendue publique, Moundiaye Cissé affirme soutenir le principe d’un encadrement légal des fonds politiques. Toutefois, il met en garde contre toute initiative législative qui pourrait être perçue comme étant dirigée contre une personnalité ou un adversaire politique. Selon lui, une réforme de cette nature ne peut produire les effets escomptés que si elle est portée par une volonté sincère de renforcer la gouvernance publique, sans considération partisane.

Le président de l’ONG 3D rappelle également que l’actuel Premier ministre a lui-même bénéficié de fonds politiques lorsqu’il exerçait ses précédentes fonctions. À ses yeux, une réforme engagée à cette période aurait probablement bénéficié d’une plus grande crédibilité, dans la mesure où elle aurait été adoptée sans qu’elle puisse être interprétée comme visant un acteur politique en particulier.

Dans cette perspective, Moundiaye Cissé invite les pouvoirs publics à poser un acte fort avant toute adoption d’une loi encadrant les fonds de la Présidence de la République. Il estime qu’il serait plus cohérent de rendre publics les rapports détaillant l’utilisation des fonds gérés par la Primature et par l’Assemblée nationale au cours des deux dernières années.

Pour lui, cette publication constituerait un véritable exercice de reddition des comptes et enverrait un signal fort en faveur de la transparence dans la gestion des finances publiques. Une telle démarche, soutient-il, permettrait de renforcer la confiance des citoyens envers les institutions et de démontrer que les exigences de bonne gouvernance s’appliquent à l’ensemble des responsables publics, sans distinction.

En conclusion, Moundiaye Cissé insiste sur le fait que la crédibilité d’une réforme repose avant tout sur l’exemplarité de ceux qui la portent. Selon lui, toute initiative destinée à renforcer la transparence dans la gestion des fonds publics doit s’inscrire dans une logique d’égalité de traitement et de responsabilité partagée, afin d’éviter toute suspicion d’instrumentalisation politique et de consolider durablement les principes de bonne gouvernance.

Tribune | Le temps du culte de la personnalité est terminé, la jeunesse mérite des résultats (Par El Hadji C. Kane)

L’histoire politique récente du Sénégal est aussi celle d’une jeunesse qui a cru en un homme. Une jeunesse qui s’est mobilisée, qui est descendue dans la rue, qui a affronté les forces de l’ordre et qui, pour certains, a payé le prix le plus lourd : la perte de la vie.

Tout est parti de l’affaire Sweet Beauté. À l’époque, Ousmane Sonko, accusé de viol par Adji Sarr, affirmait être victime d’un complot politique. Des milliers de jeunes l’ont cru. Ils ont défendu leur leader avec une détermination sans précédent, convaincus que le combat dépassait sa personne et qu’il s’agissait de défendre la démocratie.

La justice a ensuite suivi son cours. Ousmane Sonko a été condamné pour corruption de la jeunesse dans le dossier Sweet Beauté. Dans une autre affaire, celle qui l’opposait à Mame Mbaye Niang, il a également été condamné pour diffamation, une décision qui a eu pour conséquence de l’empêcher d’être candidat à l’élection présidentielle de 2024.

Malgré cela, son influence politique est restée intacte. Son choix s’est porté sur Bassirou Diomaye Faye, élu président de la République, tandis que lui-même accédait à la Primature. Pour beaucoup de Sénégalais, cette victoire représentait l’espoir d’une rupture avec les anciennes pratiques et d’un nouveau départ.

Deux ans plus tard, une question mérite d’être posée : où est cette rupture ?

Les jeunes qui rêvaient d’un Sénégal transformé continuent de faire face au chômage, à la précarité et au manque de perspectives. Beaucoup attendaient une amélioration rapide de leurs conditions de vie. À leurs yeux, ces attentes restent largement insatisfaites.

Pendant ce temps, le débat public semble davantage occupé par les tensions entre les plus hautes autorités de l’État que par les réponses concrètes aux difficultés quotidiennes des Sénégalais.

La récente révélation de l’existence d’un fonds politique de 1 770 000 000 FCFA utilisé par Ousmane Sonko durant son passage à la Primature ouvre également un débat essentiel sur la transparence. Au-delà de sa légalité, de nombreux citoyens s’interrogent sur le fait que son existence n’ait été rendue publique qu’après deux années d’exercice du pouvoir. Dans une République qui promettait la gouvernance vertueuse, les exigences de transparence doivent être élevées.

Mais le véritable sujet dépasse Ousmane Sonko.

Le véritable sujet, c’est cette tendance, au Sénégal comme ailleurs, à transformer les responsables politiques en figures intouchables. Aucun homme politique ne devrait être au-dessus de la critique. Aucun ne mérite que des jeunes mettent leur vie en danger pour lui. La démocratie ne repose pas sur la fidélité à un leader ; elle repose sur l’exigence de résultats.

Un gouvernement ne se juge pas à la puissance de ses discours ni à la ferveur de ses militants. Il se juge à sa capacité à créer des emplois, à améliorer le pouvoir d’achat, à renforcer l’école, à moderniser les hôpitaux, à soutenir les entreprises et à redonner de l’espoir à une jeunesse qui refuse de voir son avenir se résumer à l’émigration ou au chômage.

La jeunesse sénégalaise doit tirer une leçon de ces dernières années : elle ne doit plus servir de bouclier politique à qui que ce soit. Son énergie, son engagement et son courage doivent être mis au service du Sénégal, pas d’un homme.

Les dirigeants passent. La République demeure. Et l’histoire finit toujours par juger les responsables politiques, non pas sur leurs promesses ou leur popularité, mais sur ce qu’ils auront réellement changé dans la vie des citoyens.

Le Sénégal n’a pas besoin de héros. Il a besoin de dirigeants responsables, transparents et comptables de leurs actes. C’est à cette seule condition que la confiance entre le peuple et ses gouvernants pourra être durablement restaurée.

El Hadji Cheikh Kane

Abdourahmane Diouf acte la disparition d’Awalé et rejoint Kiiraay : « Nous avons choisi notre leader »

Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Abdourahmane Diouf, a officiellement annoncé la disparition de sa formation politique, Awalé, désormais fondue dans Kiiraay – Les Patriotes Républicains, le nouveau parti lancé par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Cette déclaration, faite lors de l’émission En Vérité diffusée sur RSI, confirme une nouvelle étape dans la restructuration de la majorité présidentielle.

Sans détour, Abdourahmane Diouf a affirmé qu’Awalé n’existe plus, expliquant que le choix de rejoindre Kiiraay répond à une volonté de renforcer l’unité des forces politiques qui soutiennent le chef de l’État. Selon lui, cette nouvelle formation a vocation à devenir le principal cadre de rassemblement des partis et mouvements alliés de la majorité, en vue des prochaines échéances électorales.

Le superviseur adjoint de la coalition Diomaye Président a indiqué que plusieurs formations politiques ayant accompagné l’élection de Bassirou Diomaye Faye sont appelées à fusionner au sein de cette structure unique. L’objectif, a-t-il précisé, est de construire une organisation politique capable de consolider les acquis du pouvoir et de préparer les futures compétitions électorales.

Affichant des ambitions clairement assumées, Abdourahmane Diouf a déclaré que Kiiraay entend mener une stratégie politique visant à remporter les élections territoriales, les prochaines élections législatives ainsi que l’élection présidentielle de 2029. Il a insisté sur le fait que les membres du nouveau parti ont fait le choix d’un leadership incarné par le président Bassirou Diomaye Faye et qu’ils entendent désormais travailler collectivement à la réalisation de ce projet politique.

Revenant sur les raisons de son engagement, le ministre a estimé que ce ralliement traduit avant tout une fidélité à une vision fondée sur le patriotisme et la primauté de l’intérêt national. Selon lui, les responsables ayant rejoint Kiiraay ont choisi « le chemin de la patrie d’abord » en renouvelant leur confiance au président de la République.

Abdourahmane Diouf a également plaidé pour un dépassement des ambitions personnelles au profit de l’intérêt collectif. Il a reconnu disposer des compétences nécessaires pour prétendre aux plus hautes responsabilités, tout en estimant que l’exercice du pouvoir exige parfois de mettre de côté les aspirations individuelles afin de privilégier l’intérêt supérieur de la Nation. C’est, selon lui, cette conviction qui a conduit les responsables d’Awalé à dissoudre leur parti et à réaffirmer leur soutien au chef de l’État à travers Kiiraay.

La naissance de cette nouvelle formation politique est présentée comme l’aboutissement d’un processus de réorganisation engagé depuis plusieurs mois. Cette mission avait été confiée à l’ancienne Première ministre Aminata Touré, chargée de conduire les consultations devant permettre la mise en place d’un cadre politique plus large et plus inclusif pour la majorité présidentielle. Elle a rappelé que ce travail, lancé à la demande du président Bassirou Diomaye Faye, a nécessité près de neuf mois avant d’aboutir à la création officielle de Kiiraay – Les Patriotes Républicains.

Commissions d’enquête parlementaires : Abdourahmane Diouf affiche sa sérénité et réclame une transparence totale

Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf, a réagi à la décision du Bureau de l’Assemblée nationale de mettre en place plusieurs commissions d’enquête parlementaires portant sur la gestion de certains programmes publics, dont le projet « Un étudiant, un ordinateur », lancé durant son passage à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur.

S’exprimant à travers une déclaration officielle, le ministre a d’abord salué cette initiative qu’il considère comme un mécanisme normal de contrôle dans le fonctionnement des institutions républicaines. Selon lui, les commissions d’enquête parlementaires participent au renforcement de la transparence dans la gestion des affaires publiques, à condition qu’elles soient menées dans un esprit d’impartialité.

« Il est normal, dans une République, qu’il y ait des commissions d’enquête parlementaires. Je m’en réjouis », a déclaré Abdourahmane Diouf. Il a toutefois insisté sur la nécessité pour les députés de conduire leurs investigations « avec beaucoup d’objectivité et de diligence », mettant en garde contre toute tentative de récupération politique susceptible de détourner ces travaux de leur véritable objectif. Pour le ministre, ces enquêtes ne doivent en aucun cas servir d’instrument de « politique politicienne », mais plutôt permettre de faire toute la lumière sur les dossiers concernés.

Concerné par les investigations relatives au programme « Un étudiant, un ordinateur », Abdourahmane Diouf s’est voulu particulièrement rassurant. Il affirme aborder cette procédure avec sérénité, estimant que toutes les décisions prises durant son mandat peuvent être justifiées. « Nous sommes prêts parce que nous n’avons rien à cacher », a-t-il assuré.

Dans un souci de transparence, le ministre a même proposé que les auditions organisées dans le cadre de ces commissions soient retransmises en direct sur l’ensemble des chaînes de télévision et des stations de radio du pays. Une telle démarche, selon lui, permettrait à l’opinion publique de suivre les débats en toute transparence et d’éviter les interprétations ou les spéculations autour des travaux parlementaires.

Abdourahmane Diouf a également demandé que les investigations ne se limitent pas aux seuls responsables politiques, mais qu’elles concernent aussi les principaux acteurs administratifs ayant participé à la mise en œuvre des différents programmes. Il a notamment évoqué le dossier de « 20 000 ordinateurs » qui seraient toujours entreposés au Port autonome de Dakar, estimant que les responsables administratifs concernés devraient être entendus afin d’apporter toutes les explications nécessaires aux députés.

Au-delà du programme destiné aux étudiants, le ministre a plaidé pour un élargissement du champ des enquêtes parlementaires à d’autres dossiers qu’il juge tout aussi importants. Il a notamment cité la gestion des fonds politiques ainsi que les marchés liés aux chantiers universitaires, estimant que ces sujets méritent également d’être examinés dans un souci de transparence et de reddition des comptes.

Yankoba Diémé acte sa rupture avec PASTEF lors du lancement de KIIRAAY : « PASTEF, kenn dessatufa »

Le lancement officiel de KIIRAAY – Les Patriotes Républicains, nouveau parti politique porté par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a également été marqué par des déclarations à forte portée politique. Parmi les interventions les plus remarquées figure celle du ministre des Forces armées, Yankoba Diémé, qui a publiquement affiché sa rupture avec son ancienne formation politique, PASTEF.

Prenant la parole devant les militants et responsables réunis à l’Assemblée générale constitutive de KIIRAAY, Yankoba Diémé s’est adressé au superviseur général du mouvement, Aminata Touré, en tenant des propos sans équivoque. En wolof, il a lancé : « PASTEF kenn dessatufa », une expression signifiant qu’il ne reste, selon lui, plus rien du parti qu’il avait auparavant rejoint.

Cette sortie intervient dans un contexte de profondes turbulences au sein de PASTEF. Depuis plusieurs jours, le parti dirigé par Ousmane Sonko est confronté à une vague de démissions de responsables et de militants. Plusieurs d’entre eux expliquent leur départ par leur volonté d’accompagner le président Bassirou Diomaye Faye dans la nouvelle dynamique politique incarnée par KIIRAAY – Les Patriotes Républicains.

Les propos de Yankoba Diémé traduisent ainsi l’accentuation des divergences entre les deux camps, alors que la création du nouveau parti présidentiel recompose progressivement le paysage politique sénégalais. En affichant publiquement son soutien à KIIRAAY tout en affirmant que PASTEF est désormais vidé de sa substance, le ministre des Forces armées envoie un signal fort sur son positionnement politique.

Le lancement de KIIRAAY a été marqué par une forte mobilisation de responsables politiques, d’élus locaux et de militants venus de différentes régions du Sénégal. Les initiateurs du nouveau parti ont insisté sur leur ambition de bâtir une formation politique structurée autour des principes de gouvernance, de responsabilité et de rassemblement.

Naissance de KIIRAAY : Bassirou Diomaye Faye lance son propre parti et ouvre une nouvelle séquence politique

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a officiellement lancé, ce samedi 25 juillet 2026, sa propre formation politique. Réunis au King Fahd Palace de Dakar à l’occasion de l’Assemblée générale constitutive de la coalition Diomaye Président, les participants ont adopté le nom de KIIRAAY – Les Patriotes Républicains, marquant ainsi la transformation de la coalition présidentielle en un véritable parti politique.

Cette annonce constitue un tournant majeur dans le paysage politique sénégalais. Elle consacre l’aboutissement d’un processus engagé depuis novembre 2025, lorsque le chef de l’État avait confié à Aminata Touré la mission de restructurer et d’élargir la coalition Diomaye Président afin de fédérer l’ensemble de ses soutiens au sein d’une organisation politique unifiée. Pendant plusieurs mois, des consultations, des rencontres départementales et régionales ainsi que des opérations de mobilisation ont été organisées à travers le pays pour préparer cette mutation.

La naissance de KIIRAAY intervient dans un contexte marqué par la rupture politique entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, ancien allié et dirigeant de Pastef. Cette nouvelle formation consacre désormais l’autonomie politique du président de la République et ouvre une nouvelle phase de son mandat avec la mise en place d’un appareil partisan qui lui est propre.

Le choix de l’appellation KIIRAAY, empruntée au vocabulaire wolof, traduit une volonté de promouvoir des valeurs de solidarité, de rassemblement et de proximité avec les populations. Selon les responsables de la nouvelle formation, cette dénomination reflète l’ambition de construire un parti ouvert, capable de réunir des Sénégalais de toutes sensibilités autour d’un projet politique commun. Cette orientation s’inscrit dans la ligne fixée par le chef de l’État, qui avait appelé, il y a quelques mois, à ouvrir largement la coalition à tous les citoyens ainsi qu’aux acteurs politiques, économiques et de la société civile souhaitant accompagner son action.

Depuis le lancement de ce processus, la coalition Diomaye Président a enregistré de nombreux ralliements. Des maires, des organisations politiques, des mouvements citoyens et plusieurs personnalités ont rejoint la dynamique présidentielle, renforçant progressivement les bases de cette nouvelle formation.

La création de KIIRAAY place également plusieurs responsables politiques, notamment des ministres et des cadres de la majorité, face à un choix stratégique. Beaucoup appartenaient jusqu’ici à des partis alliés tout en soutenant la coalition présidentielle. Avec la naissance du nouveau parti, ils sont désormais appelés à clarifier leur position et, pour certains, à adhérer exclusivement à KIIRAAY afin de renforcer la cohérence de la majorité autour du président Bassirou Diomaye Faye.

Démissions à Pastef : à Khombole, Ousmane Sonko appelle ses militants à ne plus commenter les départs

En pleine vague de démissions enregistrées ces derniers jours au sein de Pastef, le président du parti, Ousmane Sonko, a choisi de répondre avec fermeté. En déplacement ce samedi à Khombole, où il présidait une cérémonie de vente des cartes de membre de sa formation politique, le leader des Patriotes a demandé à ses militants de mettre un terme aux commentaires et aux polémiques suscités par les départs de certains responsables ou adhérents.

Devant une foule de militants, Ousmane Sonko a estimé que les démissions ne doivent pas être perçues comme un sujet majeur ni comme un signe de faiblesse pour le parti. Selon lui, chaque citoyen est libre de choisir son engagement politique et de quitter une formation lorsqu’il ne s’y reconnaît plus. « Quand quelqu’un, qui avait choisi d’intégrer Pastef, décide de partir, souhaitons-lui bon vent. Ce n’est pas la peine d’en parler et de s’y focaliser comme si ce départ faisait mal. Donc, “beugatouma kou commenter déparou ken” », a-t-il déclaré, invitant ses militants à tourner rapidement la page de chaque départ.

Le président de Pastef a rappelé que le Sénégal est un État démocratique où la liberté d’opinion et d’association est garantie. À ce titre, il considère comme normal que certains choisissent de quitter son parti, tout comme d’autres décident de le rejoindre. Il a d’ailleurs insisté sur le fait que le mouvement continue d’attirer davantage de nouveaux adhérents qu’il n’en perd.

« Ceux qui viennent adhérer à Pastef sont beaucoup plus nombreux que ceux qui ont quitté. Donc, on doit respecter le droit de chacun d’aller adhérer où il veut. Et cela ne diminue en rien le parti », a-t-il affirmé, cherchant à rassurer sa base sur la capacité de la formation politique à maintenir sa dynamique de mobilisation.

Ousmane Sonko s’est également montré critique envers certains militants qu’il accuse d’accorder une visibilité excessive aux démissionnaires. Selon lui, les réactions suscitées sur les réseaux sociaux et dans les débats internes contribuent parfois à donner une notoriété à des personnes jusque-là peu connues du grand public.

« Parfois, les militants de Pastef font preuve d’immaturité. Parce que, parfois, des inconnus peuvent quitter Pastef. Mais, c’est le fait d’en parler qu’ils deviennent connus. Cela doit s’arrêter », a-t-il martelé, appelant les responsables et sympathisants du parti à se concentrer davantage sur les activités de terrain et le renforcement de l’organisation plutôt que sur les départs individuels.

Macky Sall plaide pour une réforme du financement mondial et un accès plus équitable à la dette

Face aux États membres des Nations unies, dans le cadre du Grand Oral des candidats au poste de Secrétaire général de l’organisation, Macky Sall a poursuivi son plaidoyer en faveur d’une réforme de la gouvernance économique mondiale. Après avoir défendu un multilatéralisme fondé sur le dialogue et la coopération, l’ancien président du Sénégal a consacré une large partie de son intervention aux difficultés de financement auxquelles sont confrontés les pays en développement.

Selon lui, l’un des principaux obstacles au développement ne réside pas tant dans le niveau d’endettement des États du Sud que dans les conditions particulièrement coûteuses auxquelles ils accèdent aux marchés financiers internationaux. « Ce poids de la dette, pour les pays en développement, est moins dû à l’ampleur de la dette qu’aux conditions de la dette », a-t-il déclaré devant les délégations réunies au siège des Nations unies.

Pour illustrer cette inégalité, Macky Sall a mis en avant l’écart considérable entre les coûts d’emprunt supportés par les pays développés et ceux imposés aux économies émergentes et en développement. Selon lui, ces dernières sont contraintes de s’endetter à des taux pouvant être cinq à huit fois supérieurs à ceux pratiqués pour les pays les plus riches, une situation qui limite leurs capacités d’investissement dans les secteurs prioritaires comme l’éducation, la santé, les infrastructures ou encore la transition énergétique.

L’ancien chef de l’État estime que cette réalité est largement imputable au fonctionnement actuel des marchés financiers internationaux. Il a notamment pointé du doigt les mécanismes de garantie ainsi que les primes de risque appliquées aux pays en développement, qu’il juge excessives et pénalisantes. À ses yeux, ces pratiques entretiennent un déséquilibre structurel qui freine durablement les ambitions de croissance et de développement des économies du Sud.

Pour corriger cette situation, Macky Sall a proposé l’ouverture d’une concertation internationale réunissant les agences de notation, les États membres des Nations unies et les principales institutions financières internationales. L’objectif serait de définir un cadre plus juste permettant à tous les pays d’accéder à des conditions de financement plus équitables, indépendamment de leur niveau de développement.

Au-delà de la question de la dette, le candidat au poste de Secrétaire général de l’ONU a également alerté sur la diminution des financements publics destinés au développement. Selon lui, cette baisse réduit considérablement les marges de manœuvre des pays les plus vulnérables et compromet la réalisation des objectifs de développement durable.

Dans ce contexte, Macky Sall a plaidé pour une mobilisation plus importante des financements privés. Toutefois, il a souligné que cette stratégie ne pourra produire les résultats attendus qu’à condition de réduire les risques qui freinent les investisseurs. Pour lui, l’atténuation de ces risques constitue la principale clé pour attirer davantage de capitaux privés vers les pays en développement.

Enfin, l’ancien président sénégalais a insisté sur la nécessité de renforcer les partenariats économiques et les investissements afin de favoriser les échanges commerciaux entre les États. Il a estimé qu’un environnement financier plus équilibré profiterait non seulement aux pays en développement, mais également à l’ensemble de la communauté internationale, en stimulant une croissance plus inclusive et en consolidant la stabilité économique mondiale. Selon lui, un accès plus équitable au financement constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour bâtir un développement durable au bénéfice de tous les États membres des Nations unies.

ONU : Macky Sall plaide pour un Secrétaire général impartial, « bâtisseur de ponts » entre les puissances

Invité à participer au Grand Oral des candidats au poste de Secrétaire général des Nations Unies, l’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, a présenté sa vision de la fonction en mettant l’accent sur la diplomatie, l’impartialité et le dialogue comme principaux leviers pour faire face aux crises internationales. Face aux questions des membres du panel, il a défendu le rôle d’un Secrétaire général capable de maintenir un dialogue permanent entre les États, y compris avec les membres permanents du Conseil de sécurité, malgré les tensions géopolitiques.

Répondant à une interrogation sur les causes qu’il serait prêt à défendre même en l’absence d’un soutien du Conseil de sécurité ou des grandes puissances, Macky Sall a rappelé que les missions du Secrétaire général sont clairement définies par la Charte des Nations Unies. Selon lui, cette fonction ne se limite pas à la gestion administrative de l’organisation, mais implique un rôle actif de facilitateur des négociations, d’alerte précoce face aux menaces et de promotion de la diplomatie préventive ainsi que de la diplomatie silencieuse.

Il a souligné que le futur Secrétaire général doit être capable d’exercer son autorité morale pour dialoguer avec toutes les parties impliquées dans les conflits, y compris les membres permanents du Conseil de sécurité. À ses yeux, cette capacité constitue l’un des défis les plus complexes de la fonction, mais également l’une de ses responsabilités fondamentales.

« Le travail est difficile », a reconnu l’ancien chef de l’État sénégalais, avant d’insister sur la nécessité pour le Secrétaire général de préserver une impartialité absolue. Cette neutralité, a-t-il expliqué, est indispensable pour gagner la confiance des États membres et jouer pleinement un rôle de médiateur. Il estime que le dirigeant de l’ONU doit être un « bâtisseur constant de ponts » entre les nations afin de favoriser le dialogue et de réduire les fractures qui traversent la communauté internationale.

Macky Sall a également insisté sur la responsabilité collective des dirigeants mondiaux dans la préservation du système multilatéral. Selon lui, les États ne doivent pas fragiliser l’Organisation des Nations Unies, mais au contraire renforcer son action afin qu’elle continue à remplir la mission qui est la sienne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : préserver la paix, encourager la coopération internationale et promouvoir la stabilité mondiale.

Interrogé sur les moyens concrets de restaurer la confiance entre les États dans un contexte marqué par de multiples crises, le candidat sénégalais a évoqué son expérience à la tête du Sénégal durant douze années ainsi que son mandat de président de l’Union africaine.

Il est notamment revenu sur les initiatives diplomatiques entreprises après le déclenchement de la guerre en Ukraine. Macky Sall a rappelé qu’en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, il avait rencontré le président russe Vladimir Poutine dans un contexte de très fortes tensions internationales. Une démarche qui avait suscité de nombreuses critiques, mais qu’il jugeait indispensable au regard des conséquences du conflit sur le continent africain.

Selon lui, l’Afrique, forte de ses 1,5 milliard d’habitants, subissait directement les effets du blocus du port d’Odessa ainsi que les difficultés d’approvisionnement en céréales et en engrais, avec des répercussions importantes sur la sécurité alimentaire. C’est dans cette optique qu’il avait estimé nécessaire de maintenir un dialogue aussi bien avec Moscou qu’avec Kiev.

Pour Macky Sall, cette expérience illustre l’importance d’un contact permanent entre les parties, quelles que soient les tensions politiques ou militaires. Il considère que la crédibilité du Secrétaire général des Nations Unies repose précisément sur sa capacité à parler à tous les acteurs, sans parti pris, afin de recréer progressivement un climat de confiance propice à la résolution des conflits et au renforcement du multilatéralisme.

Mame Mbaye Niang défend la candidature de Macky Sall à l’ONU et salue le geste républicain de Bassirou Diomaye Faye

En marge d’une interview accordée depuis le siège des Nations Unies, où il accompagne la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’organisation, l’ancien ministre Mame Mbaye Niang a livré une vigoureuse défense de cette ambition internationale. Il a estimé que cette candidature représente une véritable opportunité pour le Sénégal de renforcer son influence sur la scène diplomatique mondiale, tout en dénonçant les critiques visant l’ancien chef de l’État.

Selon Mame Mbaye Niang, le parcours politique et l’expérience acquise par Macky Sall à la tête du Sénégal constituent des atouts majeurs pour briguer les plus hautes responsabilités au sein des Nations Unies. Il a affirmé que l’ancien président possède les qualités requises pour diriger une institution internationale confrontée à de nombreux défis liés à la paix, à la sécurité, au développement durable et à la coopération entre les États.

« Il faut s’en réjouir. Macky Sall est bien dans ses habits d’un potentiel secrétaire général des Nations Unies. Il a les aptitudes et le bagage pour porter cette institution », a déclaré l’ancien ministre, quelques heures avant le débat réunissant les différents candidats à cette prestigieuse fonction.

Poursuivant son intervention, Mame Mbaye Niang a assuré que Macky Sall aborde cette campagne avec sérénité et détermination. Selon lui, l’ancien président dispose aujourd’hui de toute la liberté nécessaire pour défendre son projet devant la communauté internationale. Il s’est dit convaincu que celui-ci assumera pleinement cette candidature jusqu’à son terme, malgré les nombreuses critiques émises par certains de ses détracteurs.

L’ancien ministre a également rejeté les attaques dirigées contre Macky Sall, qu’il considère comme excessives et dénuées de fondement. À ses yeux, les polémiques entretenues autour de cette candidature ne sauraient occulter les compétences de l’ancien chef de l’État ni les bénéfices que pourrait en tirer le Sénégal si l’un de ses anciens dirigeants accédait à la tête des Nations Unies.

Au cours de son intervention, Mame Mbaye Niang est aussi revenu sur la rencontre qui s’était tenue à Dakar entre Macky Sall et le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Cette audience, largement commentée au sein de la classe politique sénégalaise, avait alimenté de nombreuses spéculations sur sa portée politique.

Pour l’ancien ministre, cette entrevue s’inscrit avant tout dans le respect des traditions républicaines. Il a rappelé que Macky Sall demeure le prédécesseur de l’actuel chef de l’État et qu’à ce titre, un échange entre les deux personnalités était tout à fait naturel.

Mame Mbaye Niang a tenu à saluer l’attitude de Bassirou Diomaye Faye, estimant que le président de la République avait fait preuve de hauteur d’État en recevant son prédécesseur. Malgré leurs divergences politiques, il considère que ce geste traduit le respect des institutions de la République et contribue à préserver la continuité de l’État.

Papis Ka relaxé des accusations de trafic d’armes : Doudou Ka dénonce « une injustice dictée par une soif de vengeance politique »

Après vingt-et-un (21) mois de détention, Papis Ka a été relaxé des accusations de trafic d’armes ainsi que d’actes et manœuvres compromettant la sécurité publique. Le tribunal ne l’a finalement reconnu coupable que du délit de détention, sans autorisation administrative, d’une arme à feu appartenant à son défunt père, le condamnant à une peine de six mois de prison.

À la suite de cette décision, son frère, l’ancien ministre Doudou Ka, a vivement réagi dans une publication, qualifiant cette affaire d’« injustice dictée par une soif de vengeance politique ».

« Mon jeune frère Papis Ka a payé de vingt et un (21) mois de sa vie pour une grave et fallacieuse accusation de trafic d’armes ainsi que d’actes et manœuvres compromettant la sécurité publique », a-t-il déclaré.

Selon Doudou Ka, une partie de l’opinion avait le sentiment qu’il était lui-même visé à travers les poursuites engagées contre son frère. Il estime que la décision rendue par la justice confirme que les accusations les plus graves n’étaient pas fondées.

L’ancien ministre rappelle que la seule infraction retenue concerne la détention, sans autorisation administrative, de l’arme de leur défunt père, ancien officier des Douanes, qui était conservée dans le coffre de la chambre de Papis Ka.

Cette décision judiciaire met ainsi fin aux poursuites pour trafic d’armes et pour atteinte à la sécurité publique. Elle intervient après près de deux années de détention préventive, un délai que Doudou Ka considère comme le symbole d’une procédure ayant causé un lourd préjudice à sa famille.

Cheikh Baye Mbaye Niass Al Kaolackhi tourne la page : Pastef perd un baobab à Kaolack

Figure religieuse de Médina Baye, entrepreneur agricole et ancien responsable politique de Pastef à Kaolack, Cheikh Baye Mbaye Niass Al Kaolackhi a annoncé, ce dimanche 19 juillet 2026, sa démission du parti Pastef – Les Patriotes. Dans une lettre adressée au président du parti, Ousmane Sonko, il met un terme à près de neuf années de militantisme, tout en affirmant poursuivre son engagement pour le Sénégal en dehors de cette formation politique.
Dans son courrier, l’ancien responsable politique de Pastef à Kaolack, ancien chargé de communication de Pastef Médina Baye et ancien coordinateur départemental du MODDAP (Mouvement des Domou Daara Patriotes) de Kaolack explique que cette décision est le résultat d’une « longue réflexion » et d’un choix dicté par sa conscience. Il insiste sur le fait qu’il ne s’agit ni d’une réaction émotionnelle, ni d’une quête d’intérêts personnels, mais d’une décision mûrement réfléchie.

Cheikh Baye Mbaye Niass rappelle avoir rejoint Pastef en 2018, à une période où le parti était encore en pleine construction et faisait face à de nombreuses difficultés. Selon lui, son engagement est né de la volonté de répondre aux attentes des populations de Kaolack, de Médina Baye et de nombreux citoyens qui l’avaient sollicité pour porter leurs aspirations sur la scène politique.

Durant son parcours, il affirme avoir consacré son temps, ses ressources et son expérience à l’implantation du parti dans le département de Kaolack. Il souligne avoir participé aux premières campagnes de sensibilisation, parcouru plusieurs communes et villages afin de promouvoir le projet politique de Pastef et accompagné la création de nombreuses structures de base.

L’ancien responsable évoque également les différentes fonctions qu’il a occupées au sein du parti, notamment comme responsable politique à Kaolack, chargé de communication de Pastef Médina Baye, coordinateur départemental du MODDAP et mandataire électoral entre 2019 et 2022. Il affirme avoir assumé chacune de ces responsabilités avec loyauté, rigueur et sens du devoir.

Dans son témoignage, Cheikh Baye Mbaye Niass revient sur plusieurs moments qu’il considère comme marquants de son engagement politique. Il cite notamment le lancement de la campagne présidentielle de 2019, les mobilisations liées à l’affaire dite des « 94 milliards », la célébration de l’anniversaire du parti en 2020 ainsi que la période de tensions politiques entre 2021 et 2024. Il affirme être resté fidèle au mouvement durant ces différentes étapes, y compris dans les périodes les plus difficiles.

Le chef religieux évoque également un souvenir personnel marquant, indiquant que certains militants lui avaient demandé, à la naissance de leurs enfants, de leur attribuer le prénom « Ousmane Sonko », en raison de leur attachement au projet politique porté par Pastef. Il explique que cette confiance nourrit aujourd’hui encore le respect avec lequel il choisit de quitter le parti.

S’agissant des raisons de son départ, Cheikh Baye Mbaye Niass estime avoir constaté, depuis l’arrivée de Pastef au pouvoir en 2024, un éloignement entre les valeurs qui avaient motivé son engagement – patriotisme, éthique, fraternité, responsabilité et service de la Nation – et certaines orientations actuelles qu’il dit ne plus partager.

Il exprime également ses préoccupations concernant la place accordée à la région de Kaolack, au Sine-Saloum ainsi qu’aux cités religieuses du Sénégal. En tant que fils de Médina Baye et petit-fils de Mawlana Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahim Niass, il réaffirme son attachement au respect des familles religieuses, au dialogue, à la paix sociale et à l’unité nationale.

Malgré cette rupture avec Pastef, Cheikh Baye Mbaye Niass affirme qu’il ne renonce pas à la politique. Il assure vouloir poursuivre son engagement pour le développement du Sénégal et de l’Afrique dans un cadre davantage conforme à ses convictions.

« Le patriotisme est plus grand qu’un parti politique. On peut quitter une formation politique, mais on ne quitte jamais sa Patrie », conclut-il, en réaffirmant que son engagement demeure intact au service de l’intérêt général.

Par cette démission, l’ancien responsable de Pastef à Kaolack referme ainsi un chapitre important de son parcours politique, tout en annonçant son intention de poursuivre son action publique sous d’autres formes.

CEDEAO : Bassirou Diomaye Faye prend les rênes de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a été désigné nouveau président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cette désignation est intervenue à l’occasion du sommet ordinaire de l’organisation sous-régionale tenu à Freetown, en Sierra Leone.

Le chef de l’État sénégalais succède au président sierra-léonais Julius Maada Bio, dont le mandat d’un an à la tête de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement est arrivé à son terme. La passation de charges s’est déroulée au cours d’une cérémonie officielle marquée par la remise du marteau de commandement, symbole de la présidence tournante de l’organisation.

En transmettant officiellement les attributs de la présidence à son successeur, Julius Maada Bio a salué la continuité du leadership au sein de la CEDEAO et exprimé sa confiance dans la capacité du président sénégalais à conduire les travaux de l’organisation durant son mandat.

À l’issue de la cérémonie, le président sierra-léonais a également réagi sur ses plateformes numériques en adressant un message de félicitations à Bassirou Diomaye Faye. Le qualifiant de « jeune frère », Julius Maada Bio lui a souhaité plein succès dans l’exercice de cette responsabilité qu’il a décrite comme stratégique pour l’avenir de l’Afrique de l’Ouest.

Cette désignation intervient à un moment particulièrement important pour la CEDEAO, confrontée à de nombreux défis liés à la sécurité, à la stabilité politique, à l’intégration économique et aux relations avec l’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

Au cours du sommet de Freetown, les chefs d’État ont notamment débattu des perspectives de réforme de l’organisation, du renforcement de la coopération régionale face aux menaces sécuritaires ainsi que des mécanismes destinés à consolider l’intégration économique et politique de l’espace communautaire.

Avant son élection à la présidence en exercice de la Conférence, Bassirou Diomaye Faye avait déjà appelé les États membres à bâtir une « CEDEAO rénovée », plus proche des populations et davantage tournée vers des actions concrètes en faveur de la paix, de la sécurité, de l’emploi des jeunes et du développement économique.

En accédant à la tête de l’instance suprême de la CEDEAO, le président sénégalais aura la responsabilité de coordonner les grandes orientations politiques de l’organisation, de conduire les travaux des sommets des chefs d’État et de représenter la communauté dans les principales initiatives diplomatiques régionales et internationales.

Cette nouvelle responsabilité conforte le rôle du Sénégal au sein des institutions ouest-africaines et intervient dans un contexte où Dakar entend jouer un rôle actif dans la relance du dialogue régional, le renforcement de la coopération entre les États membres et la recherche de solutions aux crises qui affectent l’Afrique de l’Ouest.

Macky Sall remercie les Sénégalais après son audience avec Bassirou Diomaye Faye

Quelques instants après son audience avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, l’ancien chef de l’État, Macky Sall, a adressé un message de gratitude aux nombreux Sénégalais qui se sont mobilisés pour l’accueillir à son retour à Dakar. Cette marque de reconnaissance intervient dans un contexte particulier, alors que l’ancien président est engagé dans la course au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

À peine sorti de sa rencontre avec le chef de l’État au Palais de la République, Macky Sall s’est exprimé sur sa page Facebook pour remercier les centaines de milliers de personnes venues lui témoigner leur soutien. Dans une publication accompagnée de plusieurs photographies de son arrivée dans la capitale, il a choisi un message volontairement sobre, mais chargé de sens : « Merci !!! ».

Les images publiées montrent une impressionnante affluence tout au long de son itinéraire. Des hommes, des femmes et des jeunes, venus de différentes localités, se sont massés sur les artères de Dakar pour saluer l’ancien président. Plusieurs brandissaient des drapeaux, des pancartes et des banderoles, tandis que d’autres scandaient des slogans en sa faveur, traduisant leur soutien à sa candidature pour la direction de l’ONU.

Cette démonstration de mobilisation populaire est intervenue quelques heures seulement après son retour au Sénégal, où il a été reçu par le président Bassirou Diomaye Faye. Selon la Présidence de la République, Macky Sall s’était rendu au Palais afin d’informer officiellement le chef de l’État de sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations Unies, dont le processus de sélection est en cours depuis son lancement à New York. Il en a également profité pour faire le point sur les démarches déjà entreprises et solliciter l’appui diplomatique du Sénégal pour cette candidature.

En publiant ce message de remerciement, Macky Sall a voulu saluer l’engagement et la fidélité de ses partisans, qui ont transformé son retour au pays en une véritable démonstration de soutien populaire. Cette mobilisation intervient à un moment stratégique de sa campagne internationale, alors qu’il multiplie les consultations diplomatiques afin de renforcer ses chances d’accéder à la tête des Nations Unies.

Grand Magal de Touba : la Police nationale renforce son dispositif et annonce l’ouverture d’un deuxième commissariat

À quelques semaines du Grand Magal de Touba, la Police nationale accélère les préparatifs afin d’assurer la sécurité des millions de fidèles attendus dans la ville sainte. Les autorités policières multiplient les initiatives pour mettre en place un dispositif de prévention, de sécurisation et de régulation du trafic, dans le but de garantir le bon déroulement de ce grand rassemblement religieux.

Après le lancement d’une vaste opération de maillage territorial ayant mobilisé près de 35 policiers de différents grades, répartis dans treize zones jugées stratégiques, une mission de reconnaissance a été effectuée sur le terrain par une délégation composée de hauts responsables de la Police nationale. Cette visite avait pour objectif d’évaluer l’état d’avancement des préparatifs sécuritaires et d’identifier les besoins opérationnels avant le début des grands mouvements de pèlerins.

La délégation était conduite par le commissaire principal Daouda Bodian, chef du commissariat spécial de Touba. Elle comprenait également le commissaire principal Abdoulaye Ka, commandant du Groupement mobile d’intervention de Diourbel, le commissaire Dame Touré, responsable du commissariat de Ndamatou, ainsi que le lieutenant Pape Demba Diouf, chef du poste de Gouy Mbind.

Au cours de cette tournée, les responsables ont inspecté plusieurs sites destinés à accueillir les forces de sécurité, visité les sept postes de police avancés qui seront opérationnels durant le Magal et procédé à une évaluation des principaux axes routiers afin d’anticiper les difficultés liées à la circulation. Cette mission a également permis d’identifier les points sensibles où un renforcement des effectifs sera nécessaire pour assurer la fluidité du trafic et prévenir tout incident.

À l’issue de cette visite, la délégation a été reçue ce vendredi par Serigne Bassirou Abdou Khadr Mbacké, porte-parole du khalife général des mourides. Cette rencontre a été l’occasion pour les responsables de la Police nationale de présenter l’état des préparatifs et de réaffirmer leur volonté de travailler en étroite collaboration avec les autorités religieuses pour garantir un Magal placé sous le signe de la sécurité et de la sérénité.

Lors de cette audience, le commissaire principal Daouda Bodian a annoncé une mesure importante destinée à renforcer durablement le dispositif sécuritaire de la ville sainte. Il s’agit de l’ouverture prochaine d’un deuxième commissariat d’arrondissement à Touba, qui viendra compléter les missions assurées par le commissariat de Ndamatou. Cette nouvelle implantation vise à améliorer la couverture sécuritaire d’une ville en pleine expansion et confrontée à une fréquentation exceptionnelle durant les grands événements religieux.

Le chef du commissariat spécial de Touba a également indiqué que les besoins sécuritaires sont plus importants cette année, en raison de l’affluence attendue. Pour y répondre, la hiérarchie de la Police nationale a décidé de renforcer progressivement les effectifs déployés sur le terrain. Un premier contingent de policiers supplémentaires est attendu dans les prochains jours afin d’amorcer la montée en puissance du dispositif, avant l’arrivée d’autres unités spécialisées.

Parmi ces renforts figureront notamment des éléments de l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants, qui participeront aux opérations de prévention et de lutte contre les activités illicites susceptibles de perturber le bon déroulement du pèlerinage.

Macky Sall présente officiellement sa candidature à l’ONU à Bassirou Diomaye Faye et sollicite le soutien du Sénégal

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu ce vendredi 17 juillet 2026, au Palais de la République, son prédécesseur, Macky Sall, dans le cadre d’une audience consacrée à la candidature de l’ancien chef de l’État au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU).

Selon un communiqué de la Présidence de la République, Macky Sall s’est déplacé pour informer personnellement le chef de l’État de sa décision de briguer la direction de l’ONU, alors que le processus officiel de sélection du prochain secrétaire général a été lancé le 25 novembre 2025 au siège des Nations unies à New York.

Au cours de leurs échanges, l’ancien président a présenté l’état d’avancement de sa candidature et les différentes démarches déjà entreprises dans le cadre de cette campagne diplomatique. Il a également sollicité l’appui officiel du Sénégal, estimant que cette candidature dépasse les considérations politiques internes et constitue un enjeu de rayonnement pour le pays sur la scène internationale.

Dans son communiqué, la Présidence souligne que cette rencontre revêt une portée institutionnelle particulière. Elle la présente comme une illustration de la continuité de l’État et de la permanence des institutions républicaines, indépendamment des alternances politiques et des divergences de parcours ou de convictions.

La même source précise que le président Bassirou Diomaye Faye a accueilli cette démarche avec courtoisie et a pris connaissance des informations qui lui ont été communiquées par son prédécesseur.

À l’issue de l’audience, Macky Sall s’est engagé à maintenir un dialogue régulier avec le chef de l’État en le tenant informé de chaque évolution importante de la procédure de sélection du prochain secrétaire général de l’Organisation des Nations unies.

Gouvernance des données de santé : cinquante jeunes et femmes leaders outillés à Kaolack pour promouvoir la transformation numérique du secteur sanitaire

Kaolack accueille un atelier de renforcement des capacités consacré à la gouvernance des données de santé, réunissant 50 jeunes et femmes leaders venus des départements de Kaolack, Nioro du Rip et Guinguinéo. Cette session de formation de trois jours s’inscrit dans le cadre de la campagne « Données, notre santé », portée par l’Association pour le Bien-Être de la Population (ASBEP), en partenariat avec le Mouvement des Éclaireuses et Éclaireurs du Sénégal (MEES).

À travers cette initiative, les organisateurs ambitionnent de renforcer les connaissances des participants sur les enjeux liés à la collecte, à la gestion, à la protection et à l’utilisation des données sanitaires. L’objectif est également de susciter une plus grande implication des citoyens et des organisations de la société civile dans le processus de transformation numérique du système de santé sénégalais.

Président de l’ASBEP et coordinateur local de la campagne, Cheikh Tidiane Sène a expliqué que cette activité s’inscrit dans la mise en œuvre des actions de la Coalition Transform Health Sénégal, un regroupement d’organisations de la société civile qui œuvre pour une meilleure gouvernance des données de santé et l’accélération de la digitalisation du secteur sanitaire.

Selon lui, plusieurs modules de formation sont dispensés au cours de ces trois journées afin de permettre aux bénéficiaires de mieux comprendre les principes de la gouvernance des données de santé, leur importance dans les politiques publiques ainsi que le rôle que peuvent jouer les jeunes, les femmes leaders et les acteurs communautaires dans leur promotion auprès des populations.

« Notre ambition est de disposer, à l’issue de cette formation, d’un réseau de jeunes et de femmes relais capables de sensibiliser leurs communautés et de porter un plaidoyer auprès des autorités administratives et sanitaires pour une meilleure gouvernance des données de santé », a-t-il indiqué.

Pour les initiateurs, les données de santé constituent aujourd’hui un outil stratégique pour améliorer les performances du système sanitaire. Elles permettent aux décideurs de disposer d’informations fiables, actualisées et accessibles afin de mieux orienter les politiques publiques, d’anticiper les besoins des populations et de renforcer l’efficacité des interventions sanitaires.

La digitalisation des dossiers médicaux représente également un levier majeur pour moderniser les services de santé. Elle devrait contribuer à réduire les délais d’attente dans les établissements sanitaires, faciliter le partage sécurisé des informations médicales entre les professionnels de santé et améliorer la qualité ainsi que la continuité de la prise en charge des patients.

Au-delà de l’aspect technique, cette formation vise à faire des jeunes et des femmes des acteurs de premier plan dans la promotion de la gouvernance numérique de la santé. Les participants seront appelés à mener des campagnes de sensibilisation dans leurs localités respectives et à accompagner les autorités dans la diffusion des bonnes pratiques en matière de gestion des données sanitaires.

À travers cette initiative, l’ASBEP, le MEES et leurs partenaires entendent ainsi renforcer l’engagement citoyen en faveur d’un système de santé plus performant, plus inclusif et davantage fondé sur l’exploitation responsable des données, au bénéfice des populations des départements de Kaolack, Nioro du Rip et Guinguinéo.

Dette publique du Sénégal : Une dette multipliée par 2,3 en cinq ans, un recours accru aux marchés et des remboursements records attendus jusqu’en 2030

Le Bulletin statistique de la dette publique 2019-2024, publié par le ministère des Finances et du Budget, dresse le portrait le plus complet à ce jour de l’endettement du Sénégal. Élaboré à la suite des travaux de réconciliation des données menés avec les créanciers et partenaires financiers, avec l’appui du cabinet Forvis Mazars, ce document offre une photographie consolidée de la dette publique à fin 2024.


Le rapport montre une progression spectaculaire de l’endettement au cours des cinq dernières années. Entre 2019 et 2024, la dette du secteur public est passée de 11 219 milliards de FCFA à 25 583 milliards de FCFA, soit une augmentation de 14 364 milliards de FCFA en cinq ans. Au-delà de cette hausse de l’encours, le bulletin met également en évidence une profonde transformation de la structure de la dette, marquée par un recours plus important aux financements domestiques, une montée en puissance des emprunts commerciaux, une concentration de la dette des entreprises publiques et une forte augmentation du coût annuel du remboursement.


L’un des principaux enseignements du document réside dans la méthodologie utilisée pour établir ces chiffres. Contrairement aux précédentes statistiques, les montants publiés sont le résultat d’un important travail de fiabilisation engagé après les constats formulés dans les différents audits des finances publiques.


L’Inspection générale des Finances (IGF) avait d’abord produit un rapport couvrant la période allant de 2019 au 31 mars 2024. Ce rapport a ensuite été audité par la Cour des comptes, dont les conclusions ont été rendues publiques le 12 février 2025. Les magistrats financiers avaient notamment souligné que leurs vérifications reposaient sur un échantillon de bailleurs et recommandé un inventaire exhaustif de la dette de l’ensemble du secteur public, incluant aussi bien l’administration centrale que les entités parapubliques.


Pour répondre à cette exigence, le gouvernement a confié au cabinet Forvis Mazars une mission de réconciliation des données avec l’ensemble des créanciers et partenaires financiers. Le Bulletin statistique précise ainsi que les chiffres publiés ne résultent pas uniquement des bases administratives nationales, mais d’un rapprochement avec les informations détenues par les prêteurs eux-mêmes. Cette démarche vise à renforcer la fiabilité et la transparence des statistiques officielles.


Les chiffres témoignent d’une accélération continue de l’endettement au fil des années. Après un encours de 11 219 milliards de FCFA en 2019, la dette publique est passée à 12 780 milliards en 2020, 15 093 milliards en 2021, 18 533 milliards en 2022, 22 450 milliards en 2023, avant d’atteindre 25 583 milliards de FCFA à fin 2024. En cinq ans, le stock de dette a ainsi été multiplié par près de 2,3.
L’administration centrale concentre l’essentiel de cet endettement avec 23 667 milliards de FCFA, tandis que les entreprises et établissements publics représentent 1 917 milliards de FCFA, hors dette rétrocédée.


Le bulletin fait également apparaître une forte progression des ratios d’endettement. La dette du secteur public représente désormais 128,6 % du produit intérieur brut (PIB), contre 81,8 % en 2019. Pour l’administration centrale, le ratio passe de 75,9 % à 119 % du PIB.
Le ministère précise toutefois que ces ratios ont été calculés sur la base d’un PIB nominal estimé à 19 893 milliards de FCFA et qu’ils ne prennent pas encore en compte le futur rebasage du PIB. Si cette opération statistique pourrait modifier les ratios exprimés en pourcentage du PIB, elle ne changera pas les montants nominaux de la dette publiés dans le bulletin.


La structure de la dette montre que les financements extérieurs demeurent largement majoritaires. À fin 2024, la dette extérieure du secteur public atteint 18 008 milliards de FCFA, contre 9 059 milliards en 2019. Elle représente ainsi un peu plus de 70 % de l’encours total.
Mais la progression la plus rapide concerne la dette intérieure. Celle-ci est passée de 2 160 milliards à 7 576 milliards de FCFA sur la même période, soit une augmentation de plus de 250 %. Cette évolution traduit un recours de plus en plus important au marché régional et aux instruments de financement domestiques.


Au niveau de l’administration centrale, cette tendance est encore plus marquée. La dette intérieure est passée de 1 850 milliards en 2019 à 6 773 milliards de FCFA en 2024, tandis que la dette extérieure progressait de 8 552 milliards à 16 894 milliards.


Cette évolution reflète la stratégie de diversification des sources de financement adoptée par les autorités, qui ont simultanément accru leurs emprunts auprès des partenaires internationaux et leur présence sur le marché financier régional.


Le développement du marché domestique se traduit notamment par la montée en puissance des titres du Trésor. Les obligations du Trésor représentent désormais 3 641 milliards de FCFA. Parmi elles, les émissions par adjudication concentrent 2 831 milliards, tandis que les obligations émises par appel public à l’épargne atteignent 760 milliards.


La dette bancaire intérieure s’élève à 2 377 milliards de FCFA, tandis que les bons du Trésor enregistrent une progression spectaculaire, passant de 193 milliards en 2023 à 509 milliards de FCFA un an plus tard.


Le bulletin souligne cependant que cette évolution modifie également le profil de risque du portefeuille. La maturité résiduelle moyenne de la dette domestique n’est que de 3,6 ans, contre 8,7 ans pour la dette extérieure. Son coût est également plus élevé, avec un taux d’intérêt effectif moyen de 5,3 %, contre 3,4 % pour les emprunts extérieurs.


La composition de la dette extérieure évolue elle aussi. Si les institutions multilatérales demeurent les principaux créanciers avec 6 749 milliards de FCFA, soit 40 % de l’encours extérieur, les créanciers commerciaux occupent désormais une place de plus en plus importante.
Leur encours atteint 5 672 milliards de FCFA, représentant 34 % de la dette extérieure. Les Eurobonds constituent toujours la principale ligne avec 3 133 milliards de FCFA, mais la progression la plus marquante concerne les financements commerciaux hors Eurobonds, passés de 210 milliards en 2019 à 2 539 milliards en 2024.


Les crédits à l’exportation suivent la même tendance, leur encours passant de 252 milliards à 1 539 milliards de FCFA sur la période.
Cette évolution traduit une diversification croissante des sources de financement du Sénégal, où les prêts concessionnels traditionnels coexistent désormais avec des financements bancaires internationaux, des émissions obligataires et des crédits liés aux exportations.
Parmi les principaux créanciers individuels figurent la Banque mondiale, avec 2 803 milliards de FCFA, l’Exim Bank of China, avec 1 380 milliards, le Fonds monétaire international, avec 905 milliards, la Banque islamique de développement, avec 896 milliards, ainsi que l’Agence française de développement, dont les créances atteignent 808 milliards de FCFA.


Dans les financements commerciaux, Société Générale Corporate and Investment Banking apparaît avec 779 milliards de FCFA dans les crédits à l’exportation, tandis que Standard Chartered Bank totalise 579 milliards dans la catégorie des créanciers commerciaux. Le ministère rappelle toutefois que les établissements mentionnés peuvent être les banques chefs de file d’opérations syndiquées et non nécessairement les prêteurs ultimes.


Le bulletin s’intéresse également à la dette des entreprises publiques. Celle-ci atteint 1 917 milliards de FCFA, dont près de 81 % sont concentrés entre cinq grandes entités.


Le Groupe Petrosen est de loin le premier emprunteur avec 660,2 milliards de FCFA, suivi de la SOGEPA (299 milliards), de Senelec (227,6 milliards), de l’AIBD (188,7 milliards) et du FERA (170,9 milliards).


Le rapport met en évidence la forte progression de la dette de l’AIBD, qui passe de 17,4 milliards à 188,7 milliards de FCFA en un an, ainsi que celle du FERA, dont l’encours augmente de 37,2 milliards à 170,9 milliards. À l’inverse, la dette de Senelec recule de 284,5 milliards à 227,6 milliards, tandis que celle de la Société africaine de raffinage diminue de 101,6 milliards à 55,2 milliards de FCFA.
Le document précise néanmoins que ces données concernent uniquement la dette directe des entreprises publiques et n’intègrent pas les emprunts contractés par l’État puis rétrocédés à ces entités, lesquels demeurent comptabilisés dans la dette de l’administration centrale.
Au-delà de l’évolution de l’encours, le Bulletin statistique met en évidence une augmentation rapide du coût de la dette. Hors dette bancaire locale, le service annuel de la dette de l’administration centrale est passé de 808 milliards de FCFA en 2019 à 2 751 milliards en 2024.
Sur cette période, le remboursement du principal est passé de 536 milliards à 1 893 milliards, tandis que les intérêts ont progressé de 272 milliards à 858 milliards de FCFA.


L’accélération est particulièrement visible depuis 2022. Le service annuel est passé de 1 289,5 milliards en 2022 à 1 859 milliards en 2023, avant d’atteindre 2 751 milliards en 2024. En seulement deux ans, les remboursements annuels ont ainsi plus que doublé.


Les projections établies dans le bulletin montrent que cette pression restera forte au cours des prochaines années. Le service de la dette est estimé à 4 462 milliards de FCFA en 2025, puis à 5 498 milliards en 2026. Il devrait ensuite atteindre 4 415 milliards en 2027, 4 974 milliards en 2028, 4 245 milliards en 2029 et 2 966 milliards en 2030.


Au total, les remboursements programmés entre 2025 et 2030 atteignent 26 560 milliards de FCFA, dont 21 053 milliards au titre du remboursement du principal et 5 507 milliards au titre des intérêts.


Le ministère précise que ces projections correspondent à une logique budgétaire. Elles tiennent compte à la fois des dettes déjà décaissées et des nouveaux financements susceptibles d’être mobilisés dans les prochaines lois de finances. Elles ne doivent donc pas être interprétées comme un nouvel encours de dette, mais comme le cumul des remboursements et intérêts attendus sur six exercices budgétaires.


Au final, le Bulletin statistique de la dette publique 2019-2024 met en évidence cinq grandes tendances : une dette publique qui a plus que doublé en cinq ans, une progression particulièrement rapide de la dette intérieure, un recours croissant aux financements commerciaux et aux instruments du marché, une concentration de la dette des entreprises publiques autour de quelques grandes entités stratégiques et une hausse continue du coût du service de la dette.


Le document constitue avant tout une photographie consolidée et fiabilisée de la dette publique à fin 2024. Il fournit un niveau de détail inédit sur les créanciers, les instruments de financement, les maturités, les devises et les échéances de remboursement. En revanche, il ne constitue pas, à lui seul, une analyse complète de la soutenabilité de la dette, puisqu’il ne développe pas de scénarios macroéconomiques détaillés ni d’évaluation approfondie des capacités futures de remboursement de l’État. Cette publication représente néanmoins une étape importante vers une meilleure transparence des finances publiques sénégalaises.

Doha : Macky Sall rencontre Karim Wade en marge de sa visite de condoléances au Qatar

L’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, s’est entretenu ce mardi 14 juillet 2026 à Doha avec Karim Wade, ancien ministre d’État et fils de l’ancien président Abdoulaye Wade. Cette rencontre, qui s’est déroulée dans la capitale qatarie, intervient dans un contexte marqué par le déplacement de l’ex-chef de l’État sénégalais au Qatar pour présenter ses condoléances à la famille régnante.

Macky Sall avait effectué le voyage à Doha à la suite du décès de l’ancien Émir du Qatar, Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, survenu le dimanche 12 juillet 2026. Figure majeure de l’histoire contemporaine du Qatar, l’ancien souverain est largement reconnu pour avoir joué un rôle déterminant dans la transformation économique et diplomatique de son pays. Son décès a suscité de nombreuses réactions de dirigeants et d’anciens chefs d’État à travers le monde.

C’est en marge de cette visite de condoléances que Macky Sall a rencontré Karim Wade, installé au Qatar depuis plusieurs années. Si le contenu de leurs échanges n’a pas été rendu public, cette entrevue entre deux personnalités influentes de la scène politique sénégalaise ne manque pas de susciter l’attention.

Cette rencontre intervient dans un contexte politique particulier au Sénégal, marqué par une recomposition du paysage politique et par les préparatifs de plusieurs échéances nationales et internationales. Macky Sall, qui a récemment annoncé son retour au Sénégal dans le cadre de consultations liées à sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, poursuit parallèlement ses activités diplomatiques et ses échanges avec plusieurs acteurs politiques.

Karim Wade, de son côté, demeure une figure importante du Parti démocratique sénégalais (PDS). Bien qu’éloigné du Sénégal depuis plusieurs années, il continue d’exercer une influence sur la vie politique de son parti et reste au centre des réflexions stratégiques de cette formation.

Nomination d’Ousmane Diagne : une décision à forte portée politique dans le nouveau rapport de force entre Diomaye Faye et Sonko

La nomination d’Ousmane Diagne à la présidence du Conseil constitutionnel par le président Bassirou Diomaye Faye, le 13 juillet 2026, constitue un tournant majeur dans la recomposition du paysage politique sénégalais. Elle intervient dans un contexte de rupture désormais assumée entre le chef de l’État et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, dont les divergences ont progressivement évolué vers une véritable confrontation institutionnelle.

Au-delà d’une simple désignation à la tête de la plus haute juridiction constitutionnelle, cette décision peut être interprétée comme un choix stratégique destiné à consolider l’autorité présidentielle et à renforcer le rôle des institutions dans un contexte marqué par une rivalité croissante entre l’exécutif et la majorité parlementaire.

La première lecture de cette nomination renvoie au parcours d’Ousmane Diagne lui-même. Ancien ministre de la Justice, il avait quitté le gouvernement en 2025 à l’issue d’un remaniement intervenu dans un climat de tensions au sein de l’exécutif. Plusieurs observateurs avaient alors estimé que son départ traduisait des divergences sur la conduite de la politique judiciaire et sur la place de l’indépendance de la magistrature. En le portant aujourd’hui à la présidence du Conseil constitutionnel, Bassirou Diomaye Faye lui confie l’une des fonctions les plus sensibles de l’État, ce qui peut être perçu comme une réhabilitation institutionnelle.

Cette promotion intervient également après plusieurs épisodes de friction entre les institutions. Ces derniers mois, le Conseil constitutionnel s’est retrouvé au centre de la vie politique en censurant notamment une proposition de révision constitutionnelle portée par la majorité parlementaire. Dans ce contexte, la désignation d’un magistrat réputé pour sa rigueur juridique est susceptible d’être interprétée comme la volonté du chef de l’État de conforter une lecture stricte de la Constitution et de renforcer le rôle d’arbitre du Conseil.

La nomination revêt également une dimension politique dans les rapports entre le président de la République et Ousmane Sonko, désormais à la tête d’une Assemblée nationale politiquement opposée au chef de l’État. Depuis la rupture entre les deux anciens alliés, les institutions sont devenues l’un des principaux terrains de leur confrontation. Le Parlement dispose d’importants leviers d’action législative tandis que le Conseil constitutionnel demeure l’autorité chargée de contrôler la conformité des lois à la Constitution.

Dans cette configuration, placer un magistrat expérimenté à la tête du Conseil peut être analysé comme un moyen de garantir un contrôle juridictionnel renforcé des textes adoptés par le Parlement. Les décisions futures de cette institution seront probablement scrutées avec une attention particulière, tant elles pourraient influencer l’équilibre des pouvoirs durant cette nouvelle séquence politique.

Cette décision peut aussi être lue comme l’expression d’une vision particulière de l’exercice du pouvoir. Depuis plusieurs mois, Bassirou Diomaye Faye insiste sur la nécessité de préserver les institutions et de respecter les procédures constitutionnelles. En confiant la présidence du Conseil constitutionnel à une personnalité issue de la haute magistrature, le chef de l’État semble privilégier une approche fondée sur la continuité institutionnelle et l’expertise juridique.

À l’inverse, les partisans d’Ousmane Sonko pourraient y voir un choix destiné à limiter les marges de manœuvre de la majorité parlementaire dans la mise en œuvre de son programme politique. Cette divergence d’interprétation illustre la profondeur du clivage qui s’est installé entre les deux anciens compagnons de route.

En définitive, la nomination d’Ousmane Diagne dépasse largement le cadre d’un simple mouvement au sein des institutions. Elle marque une nouvelle étape dans la reconfiguration du pouvoir au Sénégal et confirme que le Conseil constitutionnel sera appelé à jouer un rôle central dans les arbitrages institutionnels des prochaines années.

Il convient toutefois de distinguer les faits établis des interprétations politiques. Les éléments relatifs à une volonté de « désaveu », de « revanche » ou à l’existence d’intentions précises des différents acteurs relèvent de l’analyse politique et ne sont pas des faits officiellement établis. En revanche, la nomination d’Ousmane Diagne, dans le contexte de la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, constitue objectivement un événement majeur dont les implications institutionnelles et politiques seront suivies de près.

Senelec : les travailleurs en brassard rouge pour défendre leurs acquis sociaux

Dakar, 13 juillet 2026 – Une journée de mobilisation nationale a marqué ce lundi la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec). Plus de 3 400 agents ont arboré un brassard rouge, symbole de protestation, à l’appel de la Convergence Syndicale des Travailleurs de Senelec (CSTS).

Lors d’une conférence de presse tenue à Dakar, Serge Louis Dethie Cissé, secrétaire général du Syndicat des Cadres de Senelec (SYCAS), a lu une déclaration solennelle au nom de la CSTS. Le syndicat a dénoncé une tentative de remise en cause des acquis sociaux des travailleurs, malgré les performances historiques enregistrées par l’entreprise ces dernières années.

Selon la CSTS, Senelec figure aujourd’hui parmi les quatre meilleures sociétés d’électricité d’Afrique de l’Ouest. Le syndicat met en avant plusieurs indicateurs de performance, notamment un rendement passé de 81,9 % en 2024 à 83,1 % en 2025, une réduction de 21,6 % de la compensation tarifaire, représentant une économie de 46 milliards de FCFA en 2025, ainsi qu’une baisse de 5 % des charges au cours de la même année. Le bénéfice annuel est également passé de 34 milliards de FCFA en 2024 à 36 milliards en 2025, tandis que le réseau de lignes à haute tension s’est considérablement développé, passant de 580 kilomètres en 2018 à 1 678 kilomètres en 2025.

Malgré ces résultats, les syndicats dénoncent une « tentative inacceptable » de faire supporter aux agents les conséquences de difficultés financières dont ils estiment ne pas être responsables.

« Les travailleuses et travailleurs de Senelec ne seront jamais les victimes expiatoires de créances non recouvrées ou de décisions relevant d’autres acteurs », a déclaré Serge Louis Dethie Cissé.

La CSTS affirme privilégier le dialogue social, la concertation et la recherche de solutions, tout en avertissant que toute régression des acquis sociaux fera l’objet d’une riposte proportionnelle. Le syndicat insiste également sur la nécessité d’associer les travailleurs à toute réforme du sous-secteur de l’électricité.

Au-delà des revendications sociales, la CSTS rappelle que la question énergétique constitue un enjeu stratégique pour le Sénégal. Elle souligne que ce secteur représente un pilier essentiel du Plan Sénégal Émergent ainsi que de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050. Les agents de Senelec, selon le syndicat, « portent à bout de bras » le développement du pays en assurant, souvent dans des conditions difficiles, la continuité de la fourniture d’électricité.

La journée du brassard rouge du 13 juillet marque ainsi un tournant dans les relations sociales au sein de Senelec. Les syndicats appellent à l’unité, à la mobilisation et à la détermination pour défendre la dignité ainsi que les acquis des travailleurs, tout en réaffirmant leur disponibilité à poursuivre un dialogue social constructif.

Tabagisme au Sénégal : plus d’un jeune sur deux commence à fumer avant 20 ans, les autorités alertent sur les cigarettes électroniques

Le Sénégal fait face à une situation préoccupante en matière de consommation de tabac chez les jeunes. Les résultats de l’Enquête mondiale sur le tabagisme chez les adultes (GATS 2023), rendus publics ce lundi, mettent en évidence une initiation de plus en plus précoce au tabagisme, ainsi qu’une progression inquiétante de l’usage des cigarettes électroniques chez les mineurs.

Réalisée dans le cadre d’un partenariat entre le Programme national de lutte contre le tabac et l’Association nationale des imams et oulémas du Sénégal (ANIOS), cette enquête révèle que 58 % des jeunes fumeurs ont commencé à consommer du tabac avant l’âge de 20 ans. Plus alarmant encore, certains enfants s’initient au tabac dès l’âge de 7 ans, un phénomène qui interpelle les autorités sanitaires sur l’ampleur du défi à relever.

Présentant les conclusions de l’étude, le coordinateur du Programme national de lutte contre le tabac, le docteur Omar Ba, a souligné que cette précocité de l’initiation constitue une menace majeure pour la santé publique. Selon lui, les données recueillies montrent que les enfants et les adolescents restent fortement exposés à la fumée du tabac dans de nombreux espaces publics, favorisant ainsi la banalisation de cette consommation.

L’enquête attire également l’attention sur l’essor des cigarettes électroniques auprès des plus jeunes. Ces dispositifs, souvent conçus avec une apparence rappelant des stylos, des feutres ou d’autres objets du quotidien, sont spécialement élaborés pour séduire un public adolescent. Les spécialistes mettent en garde contre leur caractère particulièrement addictif en raison de leur forte concentration en nicotine.

Le docteur Omar Ba a également révélé que certaines cigarettes électroniques analysées contiennent des substances dérivées du cannabis. Il a averti que ces produits, déjà responsables d’une forte dépendance à la nicotine, exposent également les enfants à d’autres substances psychoactives, aggravant ainsi les risques sanitaires et comportementaux.

Face à cette évolution jugée préoccupante, les experts plaident pour un renforcement rapide du cadre juridique encadrant la lutte contre le tabagisme. Le professeur Abdou Aziz Kassé a indiqué qu’un projet de loi destiné à moderniser la législation est actuellement sur la table du secrétaire général du gouvernement. Le texte devrait prochainement être examiné en Conseil des ministres avant d’être soumis à l’Assemblée nationale.

Les autorités espèrent que cette réforme permettra de mieux réglementer la commercialisation des nouveaux produits du tabac, de renforcer la protection des mineurs et d’accroître les sanctions contre les infractions liées à leur vente et à leur promotion.

La lutte contre le tabagisme mobilise également les autorités religieuses. Le président de l’Association nationale des imams et oulémas du Sénégal, El Oumar Diène, a annoncé l’engagement de son organisation à accompagner les efforts de sensibilisation. Il a assuré que les imams diffuseront des messages de prévention lors des prêches et des sermons afin de sensibiliser les fidèles, notamment les jeunes et les familles, aux dangers du tabac et des cigarettes électroniques.

Abdourahmane Diouf charge Ousmane Sonko : « Une révolution de perlimpinpin, sans guide consistant »

Le président du parti Awalé, Abdourahmane Diouf, est à son tour monté au créneau au lendemain de la sortie médiatique du président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, à Touba. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, le ministre de l’Énergie a livré une charge particulièrement sévère contre le leader de PASTEF, dans un contexte de fortes tensions politiques marqué par des échanges de plus en plus virulents entre les soutiens du président Bassirou Diomaye Faye et ceux d’Ousmane Sonko.

Sans jamais citer directement les propos tenus à Touba, Abdourahmane Diouf s’en est pris à celui qu’il désigne comme un « député resquilleur » devenu président de l’Assemblée nationale. À travers un texte au ton acerbe, il remet en cause aussi bien les capacités intellectuelles que l’autorité morale de son adversaire politique.

« Les procédures vous passent par-dessus la tête sans que vous n’en saisissiez la substance ; la morale que vous distillez vous étouffe par votre incapacité à pouvoir l’incarner ; la rigueur de l’analyse se dérobe sous le poids d’une vacuité intellectuelle criarde ; la vérité cède le pas à la manipulation outrancière qui fait le lit d’une révolution de perlimpinpin, sans guide consistant », a écrit Abdourahmane Diouf.

Par cette déclaration, le président d’Awalé accuse le chef du Parlement de manquer de maîtrise des institutions, de cohérence morale et de rigueur intellectuelle. Il estime également que le discours porté par Ousmane Sonko repose davantage sur la manipulation que sur une vision politique solide.

Cette nouvelle prise de position intervient dans un climat de crispation au sommet de l’État. Depuis plusieurs jours, les divergences entre les deux principales figures de l’exécutif et de la majorité, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, alimentent un intense débat politique. Les déclarations prononcées par le président de l’Assemblée nationale lors de son déplacement à Touba ont suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique, aussi bien de ses partisans que de ses détracteurs.

Africa Twin Riders lance officiellement ses activités au Sénégal

Le Groupement d’Intérêt Économique (GIE) Africa Twin Riders (ATR) a officiellement annoncé le lancement de ses activités, marquant une nouvelle étape dans le développement de la communauté des passionnés de la Honda Africa Twin au Sénégal.

Créé par des motards partageant la même passion pour l’aventure et les grands espaces, Africa Twin Riders ambitionne de promouvoir l’esprit Adventure, le tourisme à moto, la sécurité routière, la pratique du Off-Road, ainsi que les actions de solidarité et de protection de l’environnement.

Bien plus qu’un simple club de motards, ATR se définit comme une organisation citoyenne, structurée et engagée, qui souhaite mettre la passion de la moto au service du développement humain, social et environnemental. À travers ses activités, le groupement entend fédérer les amateurs de voyages à moto autour de valeurs fortes telles que la fraternité, la responsabilité, le partage et l’excellence.

Depuis sa création, Africa Twin Riders rassemble déjà 41 membres fondateurs et mobilise régulièrement plus de 30 motos Honda Africa Twin lors de ses différentes activités. La communauté a notamment organisé plusieurs sorties Adventure, des formations Off-Road, des sessions d’initiation aux premiers secours, un projet environnemental mené en partenariat avec Challenge Quartier Vert, ainsi que le lancement pilote de son programme solidaire Ride & Give, destiné à apporter un soutien concret aux communautés.

Pour la période 2026-2027, ATR affiche des ambitions importantes. Le groupement prévoit de renforcer son programme de formation, d’organiser des expéditions à travers le Sénégal et les pays de la sous-région, de développer des partenariats avec les institutions publiques et privées, tout en poursuivant ses actions de promotion du tourisme à moto et ses initiatives citoyennes.

À travers ce lancement officiel, Africa Twin Riders affirme sa volonté de devenir une référence de la moto Adventure au Sénégal et en Afrique de l’Ouest. Le GIE entend bâtir une communauté forte, responsable et solidaire, où la passion de la moto s’accompagne d’un engagement concret en faveur de la sécurité, de l’environnement et du développement des communautés.

Le groupement invite les passionnés de moto, les partenaires institutionnels, les entreprises, les médias ainsi que le grand public à rejoindre cette aventure humaine et sportive afin de contribuer ensemble au rayonnement de la culture Adventure au Sénégal.

« Ensemble, roulons pour l’aventure, la solidarité et l’excellence. »

Révision constitutionnelle : la Coalition Diomaye Président salue la décision du Conseil constitutionnel et apporte son soutien au chef de l’État

La Coalition Diomaye Président a réagi à la décision n°6/C/2026 rendue ce 9 juillet 2026 par le Conseil constitutionnel, qui a déclaré contraire à la Constitution la loi adoptée par l’Assemblée nationale le 29 juin 2026 dans le cadre du processus de révision constitutionnelle.

Dans un communiqué publié ce jeudi, la coalition estime que cette décision constitue une sanction à l’encontre des députés de la majorité ayant porté le texte, tout en rappelant que le respect de la Constitution demeure le fondement de l’État de droit.

La Coalition Diomaye Président a, par ailleurs, adressé ses félicitations au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, en sa qualité de garant de la Constitution. Elle salue ce qu’elle qualifie de « démarche démocratique » du chef de l’État et sa volonté de faire respecter la loi fondamentale du pays.

Le mouvement politique encourage également le président de la République à poursuivre « sereinement » les consultations engagées autour des réformes institutionnelles en cours. Selon la coalition, ces concertations doivent permettre d’aboutir à des réformes consensuelles capables de renforcer les institutions et de consolider la démocratie sénégalaise.

Cette prise de position intervient quelques heures après la décision du Conseil constitutionnel, qui relance le débat sur la méthode et le contenu des réformes constitutionnelles envisagées par les autorités, ainsi que sur la nécessité d’un strict respect des dispositions de la Constitution dans tout processus de révision.

Révision constitutionnelle : le groupe parlementaire PASTEF accuse le président Diomaye Faye de « reniement »

Le débat autour de la révision de la Constitution prend une nouvelle tournure. Dans un communiqué rendu public, les députés porteurs de la proposition de loi de révision constitutionnelle dénoncent ce qu’ils qualifient d’« énième reniement » du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à la suite de sa décision de saisir le Conseil constitutionnel.

Les signataires estiment que le chef de l’État s’est contredit. Selon eux, alors qu’il avait officiellement fait savoir, dans une réponse écrite au président de l’Assemblée nationale – position ensuite réaffirmée par le ministre de la Justice devant les députés –, qu’il entendait soumettre le texte à un référendum, il a finalement choisi de saisir le Conseil constitutionnel afin de faire invalider l’ensemble de la réforme.

Dans leur argumentaire, les députés soutiennent que cette saisine constitue une reconnaissance implicite que la loi de révision a déjà été définitivement adoptée par l’Assemblée nationale. Ils s’appuient sur la jurisprudence du Conseil constitutionnel, selon laquelle l’adoption d’un texte à la majorité qualifiée des trois cinquièmes vaut également approbation.

Les auteurs du communiqué avancent également que le président de la République ne peut contester une loi de révision constitutionnelle devant le Conseil constitutionnel qu’après l’achèvement de toutes les étapes de la procédure. Ils considèrent ainsi que le recours présidentiel traduit un renoncement à l’organisation du référendum initialement annoncée, qu’ils interprètent comme une volonté d’éviter une consultation populaire.

Affichant leur confiance, les députés estiment que les arguments développés dans le recours présidentiel sont juridiquement fragiles. Ils se disent convaincus que le Conseil constitutionnel rejettera cette saisine, permettant ainsi l’aboutissement du processus de promulgation de la loi.

Le communiqué est signé par Mohamed Ayib Salim Daffé, président du groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes, ainsi que les députés Abdoulaye Tall, Fatma Mbodji, Abdoulaye Sow, Awa Sonko et Anne Marie Yacine Tine.

L’issue de cette procédure devant le Conseil constitutionnel est désormais très attendue, tant elle pourrait déterminer la suite du processus de révision de la Constitution et clarifier les prérogatives des différentes institutions dans cette affaire.

Foncier au Sénégal : le gouvernement amorce une levée progressive du gel des lotissements sous conditions

Près de deux ans après avoir suspendu les travaux dans plusieurs lotissements, Plans d’urbanisme de détail (PUD) et pôles urbains situés à Dakar, Thiès et Saint-Louis, le gouvernement sénégalais ouvre une nouvelle étape dans la réforme du secteur foncier. Les autorités ont annoncé une levée progressive et strictement encadrée des interdictions de construire, une mesure qui ne profitera qu’aux détenteurs de titres fonciers régulièrement établis.

Cette décision, annoncée dans un communiqué du Secrétariat général du Gouvernement et relayée par le quotidien Les Échos, s’inscrit dans la continuité des orientations arrêtées lors du Conseil des ministres du 1er juillet 2026. Elle traduit la volonté des pouvoirs publics d’accélérer la mise en œuvre des recommandations issues des audits fonciers engagés depuis plusieurs mois afin d’assainir la gestion des terres et de mettre un terme aux nombreuses irrégularités relevées.

Le Premier ministre a ainsi instruit le Comité chargé du suivi de l’exécution des recommandations des audits fonciers de finaliser, au cours du second semestre 2026, l’ensemble des actes administratifs, des arbitrages techniques et des états des lieux indispensables avant toute levée des suspensions. L’objectif est de garantir que chaque dossier soit examiné avec rigueur afin d’éviter toute décision susceptible de fragiliser la sécurité juridique des opérations foncières.

Les autorités précisent que cette mainlevée ne sera pas générale. Elle concernera exclusivement les bénéficiaires disposant de titres d’occupation reconnus conformes, ne présentant aucun vice de forme ou de fond. En revanche, les dossiers liés à des acquisitions irrégulières, à des occupations illicites ou à des situations d’accaparement de plusieurs parcelles resteront exclus de toute mesure de régularisation.

Le gouvernement rappelle qu’une première vague de levées de suspension avait déjà permis à plusieurs propriétaires reconnus de bonne foi de récupérer leurs parcelles et d’engager les démarches nécessaires à leur mise en valeur. Cette nouvelle phase vise à élargir ce processus tout en maintenant un contrôle strict afin de préserver le patrimoine foncier de l’État et de lutter contre les pratiques spéculatives qui ont longtemps entaché le secteur.

Dans cette perspective, les services compétents poursuivront le traitement des dossiers en collaboration avec les administrations concernées. Le gouvernement entend ainsi sécuriser juridiquement chaque décision et garantir davantage de transparence dans la gestion des terres, un domaine qui demeure au cœur de nombreuses contestations.

Les autorités assurent également que les collectifs de bénéficiaires ainsi que les personnes concernées seront régulièrement informés de l’évolution des procédures. Cette communication doit permettre aux ayants droit de déposer leurs demandes de mainlevée ou de régularisation dans les délais qui seront fixés par l’administration.

Parallèlement à cette démarche, l’État poursuit l’assainissement du foncier à travers plusieurs mesures déjà mises en œuvre. Des décrets déclarant certains espaces d’utilité publique ont été adoptés, tandis que plusieurs Plans d’urbanisme de détail ont été annulés conformément aux conclusions des audits. C’est notamment le cas du PUD de la Nouvelle Ville de Thiès, dans sa partie située entre la Voie de dégagement nord prolongée et l’océan, ainsi que des PUD de Guédiawaye et de Yeumbeul-Malika-Tivaouane Peulh.

Malgré cette ouverture, le gouvernement réaffirme que toute reprise des travaux demeure interdite sans autorisation préalable. Les propriétaires concernés devront impérativement attendre la notification officielle de la mainlevée avant de relancer leurs chantiers. Toute violation de cette interdiction expose les contrevenants à des sanctions prévues par la réglementation en vigueur.

Pool judiciaire financier : une plainte de 20 milliards de FCFA secoue le monde des affaires dakarois

Le milieu de la haute finance dakaroise est suspendu aux premières décisions du Pool judiciaire financier. Récemment saisi, le premier cabinet examine une plainte avec constitution de partie civile déposée par Mayoro Mbaye, ancien administrateur de sociétés aujourd’hui à la retraite. La procédure vise plusieurs personnalités du monde des affaires, dont des notaires et un ancien magistrat, et porte sur une demande de réparation de 20 milliards de FCFA.

Selon la plainte, Mayoro Mbaye estime avoir été victime d’une spoliation organisée dans le cadre du contrôle de plusieurs sociétés, notamment Maritalia SA, Alga SARL et la Boulangerie La Gare. Il soutient avoir été illégalement évincé de ces entreprises à la suite de présumées falsifications de documents sociaux, notamment des transferts d’actions, des procès-verbaux d’assemblées et des actes de cession.

Les faits dénoncés sont qualifiés par le plaignant de faux en écritures privées, usage de faux, extorsion de fonds et association de malfaiteurs. Par l’intermédiaire de ses conseils, il affirme également avoir subi de fortes pressions ayant conduit, selon lui, à la saisie irrégulière de biens immobiliers au profit de Maritalia SA, une société qu’il présente comme étant en difficulté financière.

Toujours selon la plainte, l’un des protagonistes aurait reconnu son implication dans les falsifications présumées, un élément qui pourrait peser dans la suite de la procédure judiciaire. À ce stade, ces allégations n’ont toutefois pas été établies par une décision de justice.

Déjà entendu le jeudi 11 juin 2026 par la Division des investigations criminelles (DIC), Mayoro Mbaye sollicite désormais l’ouverture d’une information judiciaire. Il demande également la désignation, à titre conservatoire, d’un administrateur indépendant chargé de suspendre la gestion des sociétés concernées, de préserver leurs actifs et d’établir la situation réelle de leur actionnariat dans l’attente des conclusions de l’enquête.

Fraîchement saisi, le Pool judiciaire financier est appelé à se prononcer sur cette affaire aux multiples ramifications, susceptible d’avoir d’importantes répercussions dans le secteur privé sénégalais. Les personnes visées par la plainte bénéficient de la présomption d’innocence tant qu’aucune décision de justice définitive n’a été rendue.

Aly Saleh

Abdou Aziz Diop condamné à un mois de prison ferme pour discours contraire aux bonnes mœurs

Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son jugement ce mardi 7 juillet 2026 dans l’affaire impliquant l’ancien ministre Abdou Aziz Diop. Poursuivi à la suite de propos tenus lors d’une émission médiatique, le prévenu a été partiellement reconnu coupable. Les juges l’ont relaxé du chef d’accusation d’injures publiques visant un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une race ou à une ethnie, mais l’ont condamné pour discours contraire aux bonnes mœurs.

Le tribunal a prononcé une peine de six mois d’emprisonnement, dont un mois ferme, assortie d’une amende de 500 000 FCFA. Cette décision met un terme à une procédure judiciaire qui avait suscité un vif intérêt de l’opinion publique en raison du profil politique de l’accusé et de la nature des faits reprochés.

Les poursuites faisaient suite à des déclarations tenues par Abdou Aziz Diop au cours d’une émission diffusée dans les médias. Selon l’accusation, l’ancien ministre avait proféré des propos jugés offensants à l’encontre du président de l’Assemblée nationale ainsi que de ses partisans. Le parquet estimait que ces déclarations dépassaient le cadre de la liberté d’expression et étaient susceptibles de tomber sous le coup de la loi.

Après avoir examiné les faits et les arguments des différentes parties, le tribunal a toutefois écarté la qualification d’injures publiques à caractère racial ou ethnique, considérant que les éléments constitutifs de cette infraction n’étaient pas réunis. En revanche, les magistrats ont retenu l’infraction de discours contraire aux bonnes mœurs, justifiant ainsi la condamnation prononcée.

DÉTENTION DE KHADIM : Le combat médiatique s’intensifie, entre accusations de « deux poids, deux mesures » et appel à la transparence

Alors que l’homme d’affaires Khadim Bâ, patron de Locafrique, est incarcéré depuis le 4 octobre 2024, des voix de plus en plus nombreuses dénoncent une détention qu’elles jugent abusive et discriminatoire. Au cœur des critiques : un traitement de faveur accordé à des opérateurs étrangers, contrastant avec la rigueur appliquée à l’entrepreneur sénégalais.

Un combat médiatique pour la libération de Khadim Bâ

Adama Adus Fall a donné le ton en affirmant haut et fort : « Ce qui est refusé à Khadim a été accepté pour des hommes d’affaires étrangers ». Il cite en exemple un homme d’affaires tchèque, poursuivi par la douane pour un dossier de 200 milliards et qui, après un redressement ramené à 32 millions, a recouvré la liberté. Il évoque également une banque de grande envergure, dont le redressement douanier de 840 milliards s’est soldé par un accord à 567 millions, sans qu’elle ne soit inquiétée par la justice.

« Les deux concernés, des étrangers, n’ont nullement été inquiétés par la justice alors que Khadim Bâ, qui s’active dans le secteur du pétrole au service de son pays, croupit en prison. Dans ce pays, il y a eu deux poids, deux mesures », a-t-il martelé, avant d’ajouter : « Je suis certain que je retournerai en prison parce que je continuerai à me battre jusqu’à ce que Khadim Bâ soit élargi ». Pour lui, cet homme d’affaires est « un atout immense pour ce pays qui patine à payer des dettes et peine à payer les salaires ».

Une justice à géométrie variable et des violations des droits fondamentaux

Moustapha Mané a renchéri en dénonçant une « justice à géométrie variable ». Il a rappelé les dispositions de l’article 7 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et de l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui interdisent une détention prolongée au-delà de six mois sans jugement. « La détention de Khadim Bâ est devenue arbitraire », a-t-il déclaré.

Revenant sur les accusations, il a souligné que si l’on reproche à Khadim Bâ de ne pas avoir fait venir des bateaux de pétrole au Sénégal après avoir perçu des fonds, ou de ne pas avoir payé les droits d’importation (notamment un non-rapatriement de 44 milliards sur un chiffre d’affaires de 800 milliards), la SAR (Société africaine de raffinage) a pourtant confirmé que les bateaux sont bien arrivés et que les droits de douane ont été réglés. « À côté de cela, il est prévu que les hommes d’affaires bénéficient d’un privilège qui leur permet de négocier leur liberté. Des étrangers en ont profité », a-t-il rappelé.

La douane et le ministère des Finances directement interpellés

Babacar Bâ, président du Forum du Justiciable, a pour sa part pointé du doigt l’administration douanière. « Finalement, c’est la douane qui doit être interpellée. C’est elle qui refuse que le dossier bouge », a-t-il affirmé, estimant que Cheikh Diba, le ministre des Finances et patron de la douane, est directement mis en cause. Il a précisé que le Pool judiciaire financier (PJF) ne peut rien faire dans ce cas d’espèce, laissant entendre que le blocage viendrait d’une volonté politique ou administrative.

Un dossier aux multiples zones d’ombre

Cette affaire, qui oppose l’homme d’affaires à l’administration des Douanes pour un montant estimé à 215 milliards de FCFA, est marquée par des incohérences. La défense de Khadim Bâ s’appuie sur un rapport d’expertise technique ordonné par le juge d’instruction, qui aurait conclu que les droits de douane avaient été acquittés et que l’entrepreneur ne pouvait être considéré comme l’importateur. Ce rapport aurait même démonté le dossier de l’État, ne relevant aucune infraction douanière ni malversation financière.

Par ailleurs, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire examinerait actuellement le cas de Khadim Bâ, tandis que le patronat sénégalais, à travers le GSPD et le CNDES, a dénoncé une « injustice qui ne peut plus durer ».

Alors que la détention préventive de Khadim Bâ franchit le cap des vingt mois, les appels à sa libération se multiplient, mettant en lumière les tensions entre le monde des affaires et l’administration judiciaire et douanière sénégalaises.

Belgique – Sénégal : les Lions éliminés au bout d’un scénario cruel après un penalty de Tielemans (3-2)

Le rêve mondial du Sénégal s’est brisé au terme d’un scénario particulièrement cruel face à la Belgique. Alors qu’ils avaient longtemps maîtrisé leur huitième de finale en menant 2-0 grâce à Habib Diarra et Ismaïla Sarr, les Lions de la Teranga ont vu les Diables Rouges revenir dans la rencontre avant de s’incliner en prolongation sur un penalty transformé par Youri Tielemans. La Belgique s’impose finalement 3-2 et poursuit son aventure en Coupe du monde, tandis que le Sénégal quitte la compétition avec d’énormes regrets.

Pourtant, les Lions avaient parfaitement entamé cette rencontre à élimination directe. Dès les premières minutes, les hommes de Pape Thiaw ont affiché leurs intentions en prenant le contrôle du jeu face à une équipe belge pourtant expérimentée. Avec un pressing efficace et une présence offensive importante sur les côtés, le Sénégal a rapidement mis la défense adverse sous pression.

La première alerte est venue après une tentative de Sadio Mané repoussée par le gardien belge Thibaut Courtois, permettant à Ismaïla Sarr de se retrouver en position favorable. Quelques minutes plus tard, Idrissa Gana Guèye a également tenté sa chance sur une frappe lointaine, mais Courtois s’est encore interposé.

Après plusieurs occasions, la domination sénégalaise a fini par être récompensée à la 24e minute. Sur un centre précis de Sadio Mané, Ismaïla Sarr place une tête qui vient heurter le poteau. Habib Diarra, parfaitement placé dans la surface, suit l’action et pousse le ballon au fond des filets. Les Lions prennent alors l’avantage (1-0) et confirment leur supériorité dans cette première période.

Au retour des vestiaires, le Sénégal continue de montrer un visage conquérant. À la 51e minute, Ismaïla Sarr inscrit le deuxième but d’un geste de grande classe. Après un contrôle de la poitrine, l’attaquant sénégalais enchaîne rapidement avec une frappe qui ne laisse aucune chance au portier belge. Les Lions mènent 2-0 et semblent alors se diriger vers une qualification historique.

À ce moment du match, la Belgique paraît en difficulté. Les joueurs belges affichent de la frustration et peinent à trouver des solutions face à une équipe sénégalaise bien organisée. Le Sénégal gère son avantage, maîtrise davantage le ballon et semble proche de réaliser le grand coup.

Mais le football réserve parfois des retournements inattendus. Dans le dernier quart d’heure, la Belgique hausse son niveau d’intensité et profite des moindres erreurs sénégalaises. À la 85e minute, Romelu Lukaku réduit l’écart et relance complètement les Diables Rouges.

Trois minutes plus tard, le scénario devient encore plus cruel pour les Lions. Sur une mauvaise sortie de Mory Diaw, Youri Tielemans surgit et égalise de la tête à la 88e minute. En quelques instants, le Sénégal, qui menait 2-0 et semblait avoir le match en main, voit son avance disparaître.

Après sept minutes de temps additionnel, aucune équipe ne parvient à reprendre l’avantage. La rencontre se poursuit donc en prolongation, avec une tension maximale entre deux formations conscientes que la moindre erreur serait décisive.

Durant les trente minutes supplémentaires, les deux équipes jouent avec prudence. Pape Thiaw procède à plusieurs changements pour apporter du sang neuf, avec notamment les entrées de nouveaux éléments offensifs. Le Sénégal tente de retrouver son efficacité, tandis que la Belgique continue de pousser à la recherche du but de la qualification.

Les Lions se procurent quelques situations, notamment par des frappes lointaines et des incursions dans la surface belge, mais la défense adverse tient bon. De son côté, Courtois reste vigilant et repousse les dernières tentatives sénégalaises.

La délivrance belge arrive finalement dans les derniers instants de la prolongation. Après un contact entre Lamine Camara et Tielemans dans la surface, l’arbitre consulte la VAR avant de désigner le point de penalty. Une décision qui provoque la frustration des Sénégalais mais qui est maintenue.

Tielemans prend alors ses responsabilités et transforme la sanction. La Belgique passe devant (3-2) et anéantit les espoirs du Sénégal.

Les Lions quittent donc la Coupe du monde après une prestation pleine de courage mais marquée par une fin de match difficile à digérer. Longtemps dominateurs, ils ont vu une qualification qui semblait à portée de main leur échapper dans les dernières minutes.

Malgré cette élimination, le Sénégal aura montré une nouvelle fois qu’il appartient au cercle des grandes nations africaines. Mais face à une Belgique expérimentée, les détails ont finalement fait la différence. Les Diables Rouges poursuivent leur parcours, tandis que les Lions repartent avec le sentiment d’avoir laissé filer une immense opportunité.

Assemblée nationale : Abdou Mbow accuse Ousmane Sonko et Maïmouna Dièye et réclame des enquêtes sur la gestion des fonds publics

À l’occasion du Débat d’orientation budgétaire, le député Abdou Mbow a largement dépassé les considérations économiques pour livrer une charge politique particulièrement virulente contre Ousmane Sonko. Dans une intervention marquée par de nombreuses accusations, le parlementaire de l’opposition a appelé les autorités compétentes à faire toute la lumière sur plusieurs dossiers qu’il juge préoccupants, notamment la gestion des fonds publics, les fonds politiques et la question de la dette publique.

Prenant la parole devant ses collègues députés, Abdou Mbow a d’abord attribué à l’ancien Premier ministre la responsabilité de la situation politique qu’a connue le Sénégal ces dernières années. « L’ancien Premier ministre, limogé par le président de la République, a mis le pays dans le chaos », a-t-il déclaré, ouvrant ainsi une intervention au ton particulièrement offensif.

Le député s’est ensuite attaqué à la gestion des fonds politiques. Selon lui, Ousmane Sonko aurait utilisé 1,7 milliard de francs CFA de fonds politiques, avant, a-t-il affirmé, de chercher à « se cacher au niveau de l’Assemblée nationale comme président illégitime ». Sans apporter de nouveaux éléments au cours de son intervention, Abdou Mbow a estimé que ces allégations nécessitent des investigations approfondies afin que les Sénégalais soient édifiés sur l’utilisation des ressources publiques.

Poursuivant son réquisitoire, le parlementaire a également mis en cause l’ancienne ministre de la Famille et de la Femme, Maïmouna Dièye. Il l’a accusée de détournement de deniers publics, soutenant que des fonds auraient été distribués, selon ses propos, « à des brigands et des voyous ». Là encore, il a demandé l’ouverture d’enquêtes afin que les responsabilités soient établies, estimant que les institutions de contrôle et la justice doivent se saisir de ce dossier.

Abdou Mbow est également revenu sur le débat relatif à la « dette cachée », un sujet qui avait été au cœur des critiques formulées par Ousmane Sonko lorsqu’il évoluait dans l’opposition. Selon le député, les explications apportées jusqu’à présent sur cette question demeurent insuffisantes. Il a regretté que ceux qui dénonçaient autrefois l’existence d’une dette dissimulée affirment aujourd’hui ne pas disposer de tous les éléments nécessaires pour en préciser les contours.

« Il faut aussi que cela soit tiré au clair, parce que notre argent ne disparaîtra pas comme ça », a lancé Abdou Mbow, estimant que les citoyens sont en droit d’obtenir des réponses précises sur la gestion des finances publiques et sur l’évolution de l’endettement du pays.

Au terme de son intervention, le député a appelé les organes de contrôle de l’État ainsi que les autorités judiciaires à mener toutes les investigations nécessaires sur l’ensemble des dossiers qu’il a évoqués. Selon lui, seule une démarche fondée sur la transparence et l’établissement des responsabilités permettra de renforcer la confiance des Sénégalais dans la gestion des deniers publics.

Campagne agricole 2026-2027 : le gouvernement mobilise 130 milliards FCFA et serre la vis pour réussir l’hivernage

Le gouvernement accélère les préparatifs de la campagne de production agricole 2026-2027. Réuni ce mardi 30 juin sous la présidence du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, le comité interministériel consacré au secteur a débouché sur une batterie de décisions destinées à sécuriser le démarrage de l’hivernage et à éviter les dysfonctionnements observés lors des précédentes campagnes.

À l’issue de la rencontre, le chef du gouvernement a validé 34 mesures jugées prioritaires pour garantir la disponibilité des intrants, le financement des opérations et une meilleure gouvernance de la campagne agricole. L’ambition affichée est de créer les conditions d’une production optimale tout en restaurant la confiance entre l’État et les différents acteurs du monde rural.

Au cœur de ce dispositif figure un important effort budgétaire. L’État a prévu une enveloppe de 130 milliards de francs CFA en autorisations d’engagement dans le budget 2026 pour soutenir la campagne agricole. Selon la Primature, cette allocation traduit une nouvelle orientation de la politique publique en faveur du secteur primaire, avec un renforcement des crédits destinés aux engrais, un recentrage des financements consacrés aux semences et un investissement accru dans les infrastructures structurantes, notamment les forages agricoles.

Au-delà des nouveaux financements, le gouvernement entend également régler les difficultés héritées des campagnes précédentes. Le ministre chargé des Finances a reçu l’instruction de lancer immédiatement un vaste plan d’apurement des créances afin de lever les blocages qui freinent la chaîne logistique. Cette opération prévoit d’abord le paiement d’environ 23 milliards de francs CFA correspondant aux instances en attente au Trésor, puis la validation progressive de bons d’engagement représentant un montant équivalent au niveau de la Direction générale du Budget. L’État prévoit également de couvrir progressivement un déficit estimé à 44 milliards de francs CFA afin de solder l’ensemble des factures dues aux fournisseurs et rétablir des relations financières assainies avec les opérateurs privés.

Cet effort financier concerne également plusieurs filières stratégiques. Pour le coton, durement affecté ces dernières années, le gouvernement mobilisera immédiatement les 3,5 milliards de francs CFA prévus pour la campagne 2026-2027 afin de financer les subventions sur les intrants et soutenir les revenus des producteurs. Les autorités ont également décidé d’apurer progressivement les arriérés dus à la Sodefitex, évalués à plus de 3,1 milliards de francs CFA.

La filière banane bénéficiera également d’un soutien spécifique. Les autorités se sont engagées à régler les retards de paiement liés aux marchés d’équipements et de fertilisation, pour un montant estimé à près de 1,7 milliard de francs CFA. Une ligne budgétaire dédiée à la relance de cette filière sera créée dans le cadre de la prochaine Loi de finances rectificative.

Sur le terrain, le gouvernement veut éviter toute rupture dans l’approvisionnement des producteurs. La question de la fourniture des engrais NPK par les Industries Chimiques du Sénégal devra être définitivement réglée au plus tard le 15 juillet. En parallèle, les autorités souhaitent diversifier les sources d’approvisionnement afin de disposer de références comparatives tout en maintenant le partenariat avec l’entreprise nationale.

Le gouvernement entend également renforcer la dimension sociale de la campagne agricole. Les commissions chargées de distribuer les intrants devront désormais compter obligatoirement une femme au poste de deuxième vice-présidente. Les autorités locales devront veiller au respect d’un quota minimal de 30 % des semences et des engrais destinés aux femmes et aux jeunes producteurs.

Afin de prévenir les détournements et les retards dans la distribution des intrants subventionnés, le ministère de l’Agriculture travaillera en étroite collaboration avec les Forces armées et le ministère de l’Intérieur. Cette coordination devra garantir une mise en place sécurisée des engrais et des semences sur l’ensemble du territoire.

La modernisation du secteur agricole constitue également l’un des principaux axes retenus lors de cette réunion. Le gouvernement a validé l’extension progressive de la plateforme numérique de suivi des intrants agricoles subventionnés, expérimentée avec succès dans les départements de Nioro et de Tivaouane. Ce système sera connecté au Registre national unique afin d’améliorer le ciblage des exploitants agricoles les plus vulnérables.

Pour accompagner cette transformation numérique, les autorités misent sur le déploiement des 1 000 Jeunes Volontaires de l’Agriculture. Ces jeunes auront pour mission d’assurer l’enrôlement numérique des producteurs, la géolocalisation des exploitations agricoles ainsi que le suivi des cultures sur le terrain. Le gouvernement prévoit également l’introduction progressive de drones pour les traitements phytosanitaires dans la filière coton ainsi que la mise en place d’un mécanisme d’assurance agricole indicielle destiné à protéger les intrants subventionnés contre les aléas climatiques.

Enfin, la Primature entend exercer un contrôle permanent sur l’exécution de l’ensemble de ces décisions. Un mécanisme de suivi mensuel sera piloté par le Secrétariat général du Gouvernement afin de vérifier le respect des différents engagements. Le calendrier fixé prévoit un taux de mise en place des intrants de 85 % au 10 juillet et de 100 % au 31 juillet. Le prix plancher de l’arachide devra être arrêté au mois d’octobre, avant le lancement de la commercialisation en novembre et la clôture de la campagne en avril.

Fonds politiques : Thierno Alassane Sall dénonce « un vol » et interpelle l’Assemblée nationale

Le député Thierno Alassane Sall a vivement critiqué le système des fonds politiques, qu’il assimile à une pratique illégitime et contraire aux principes de transparence dans la gestion des finances publiques. S’exprimant devant l’Assemblée nationale, le parlementaire a estimé que ce mécanisme n’a jamais bénéficié d’une véritable validation parlementaire, remettant ainsi en cause sa légitimité.

Revenant sur la séance du 22 mai dernier, au cours de laquelle le Premier ministre Ousmane Sonko avait évoqué la question des fonds politiques devant les députés, Thierno Alassane Sall a jugé cette intervention inappropriée sur le fond. Selon lui, il appartenait avant tout aux représentants du peuple de débattre de ce sujet et d’exercer pleinement leur mission de contrôle des finances publiques.

« Le Premier ministre est venu ici pour parler des fonds politiques le 22 mai dernier. Mais ce n’est pas à lui d’en parler. C’est nous, députés, qui devions en parler », a déclaré le député, estimant que le Parlement a été tenu à l’écart d’un débat essentiel concernant l’utilisation de ressources publiques.

Poursuivant son argumentaire, Thierno Alassane Sall a affirmé que les députés auraient dû être officiellement informés de l’existence de ces fonds et de leur mode de fonctionnement. Il a surtout dénoncé l’absence, selon lui, de toute délibération ou de tout vote parlementaire ayant autorisé leur création ou leur maintien.

Pour le président de la République des Valeurs, cette situation soulève un problème de conformité avec les principes de gouvernance démocratique et de contrôle budgétaire. Il considère que toute dépense publique doit être inscrite dans un cadre légal clair, débattue par la représentation nationale et soumise aux mécanismes de reddition des comptes.

Péage de l’autoroute : les usagers victimes d’un système opaque ? Les graves interrogations sur le service Rapido d’Eiffage

Les réclamations contre le système de télépéage Rapido exploité par Eiffage Autoroute se multiplient. Au-delà des longues files d’attente et des dysfonctionnements signalés par certains automobilistes, des usagers dénoncent désormais ce qu’ils considèrent comme un système opaque pouvant leur coûter cher.

Le cas d’un automobiliste parti de Rufisque vers l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) illustre ces inquiétudes.

Connaissant le coût du trajet, il recharge son compte Rapido de 2 000 FCFA, soit exactement le montant nécessaire pour effectuer un aller-retour. En effet, entre l’entrée de l’autoroute à hauteur de Sedima et l’AIBD, le conducteur doit franchir deux postes de péage : Rufisque (400 FCFA) et Toglou (600 FCFA), soit 1 000 FCFA par trajet.

Après son aller, son solde devait donc logiquement être de 1 000 FCFA.

Mais à son retour, en arrivant au poste de péage de Rufisque, surprise : son compte n’affiche plus que 300 FCFA. Les 100 FCFA qui auraient dû rester après le paiement du poste de Toglou semblent avoir disparu sans explication.

Conséquence immédiate : le conducteur est bloqué au péage pendant plusieurs minutes, son permis de conduire est retenu et il se voit infliger une amende de 2 000 FCFA pour insuffisance de solde.

Comment un compte correctement approvisionné peut-il devenir insuffisant quelques heures plus tard ? Où sont passés les 100 FCFA manquants ? Pourquoi l’usager doit-il subir une sanction alors qu’il affirme avoir chargé exactement le montant correspondant au coût officiel de son trajet ?

Ces questions méritent des réponses claires de la part d’Eiffage.

Si ce type d’incident se reproduit sur plusieurs comptes Rapido, il ne s’agirait plus d’un simple bug informatique, mais d’un dysfonctionnement susceptible de pénaliser financièrement des milliers d’automobilistes.

Les usagers sont en droit d’exiger une transparence totale sur les opérations effectuées sur leurs comptes Rapido : historique détaillé des prélèvements, justification des montants débités et mécanisme indépendant de traitement des réclamations.

L’autoroute à péage est un service payé par les citoyens. En retour, les usagers doivent bénéficier d’une facturation fiable, transparente et vérifiable. Tant que des explications précises ne seront pas apportées sur ces anomalies, les soupçons de dysfonctionnement continueront d’alimenter la méfiance des automobilistes.

AEE Power EPC porte plainte contre Thierno Alassane Sall pour diffamation et divulgation de données bancaires

La société espagnole AEE Power EPC a décidé de porter l’affaire devant la justice sénégalaise en déposant une plainte avec constitution de partie civile contre le député Thierno Alassane Sall, également président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Le document a été enregistré ce mercredi 24 juin 2026 au parquet du Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar sous le numéro 1131.

L’information a été rendue publique par l’avocat de la société, Me Patrick Kabou, qui indique que plusieurs infractions sont reprochées au parlementaire à la suite de ses prises de position sur le dossier de l’électrification rurale.

Dans sa plainte, AEE Power EPC accuse Thierno Alassane Sall de diffusion de fausses nouvelles, de diffamation et de mensonges publics. La société lui reproche également la collecte et l’obtention frauduleuse de documents bancaires internationaux, la divulgation non autorisée de données bancaires, l’atteinte à l’image et à la réputation de l’entreprise ainsi qu’à celle de son dirigeant, de même que la violation du secret de l’instruction.

Cette procédure judiciaire intervient dans un contexte de vives polémiques autour du programme d’électrification rurale. Depuis plusieurs mois, Thierno Alassane Sall s’est fortement impliqué dans ce dossier en dénonçant publiquement ce qu’il considère comme de possibles malversations financières. Le député a notamment multiplié les déclarations et interpellations visant la société espagnole, réclamant davantage de transparence sur la gestion des contrats et des financements liés au projet.

De son côté, AEE Power EPC estime que les accusations portées contre elle ont gravement porté atteinte à sa crédibilité et à sa réputation. L’entreprise considère que certaines informations rendues publiques par le député relèvent de documents confidentiels et bancaires qui n’auraient pas dû être divulgués.

Cette plainte ouvre désormais un nouveau chapitre judiciaire dans ce dossier sensible qui mêle enjeux financiers, gouvernance publique et responsabilité politique. L’évolution de la procédure pourrait avoir des répercussions importantes tant sur le plan judiciaire que politique, alors que les débats autour de la gestion des projets d’électrification rurale continuent d’alimenter l’actualité nationale.

Déclaration de patrimoine : l’Ofnac hausse le ton et menace de sanctionner les assujettis récalcitrants

Au Sénégal, l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) durcit le ton face au faible niveau de conformité à l’obligation de déclaration de patrimoine. Constatant un taux de dépôt particulièrement bas parmi les personnes concernées, l’institution annonce désormais des mesures de sanction contre les responsables qui ne se conformeront pas à la loi avant le 31 juillet 2026.

S’exprimant lors d’un atelier destiné aux journalistes et aux communicateurs traditionnels, le président de l’Ofnac, Moustapha Kâ, a dressé un état des lieux préoccupant de l’application de la législation relative à la déclaration de patrimoine. Sur un total de 1 594 personnes assujetties recensées à ce jour, seulement 558 déclarations ont été effectivement déposées.

Le magistrat a reconnu que le niveau de conformité demeure très faible. Selon lui, plusieurs obstacles continuent de freiner le processus, notamment l’absence de transmission des listes nominatives par certaines administrations. Huit ministères et institutions n’ont toujours pas communiqué à l’Ofnac les noms des agents et responsables soumis à cette obligation légale.

Face à cette situation, l’institution anticorruption entend désormais passer à une nouvelle étape. Moustapha Kâ a annoncé qu’un délai supplémentaire a été accordé aux personnes concernées jusqu’au 31 juillet 2026 afin qu’elles régularisent leur situation.

« L’Ofnac prendra ses responsabilités et va sanctionner toute personne assujettie à la déclaration de patrimoine qui ne l’aura pas faite », a averti le président de l’institution, cité par le quotidien Les Échos.

Afin d’améliorer le taux de conformité, l’Ofnac prévoit de procéder à un recensement exhaustif des personnes assujetties. Les responsables concernés seront invités à se conformer aux dispositions légales en déposant leur déclaration de patrimoine dans les délais impartis.

En cas de refus ou de persistance du manquement, l’institution envisage de rendre publics les noms des responsables défaillants. Selon Moustapha Kâ, la liste des personnes n’ayant pas satisfait à cette obligation pourrait être publiée sur les plateformes officielles de l’Ofnac ainsi que par tout autre moyen de diffusion autorisé par la législation en vigueur.

La déclaration de patrimoine constitue l’un des principaux instruments de prévention de l’enrichissement illicite et de promotion de la transparence dans la gestion des affaires publiques. Au Sénégal, cette obligation concerne notamment les ministres, les dirigeants d’institutions, les conseillers du président de la République, les maires, les directeurs généraux des entreprises nationales ainsi que les responsables de projets et programmes publics.

Sont également concernés les dirigeants d’entreprises publiques bénéficiant d’un budget annuel d’au moins 500 millions de francs CFA. À travers ce dispositif, les autorités cherchent à renforcer la gouvernance publique et à prévenir les risques de corruption dans la gestion des ressources de l’État.

Affaire des 100 millions FCFA : quatre suspects écroués, le fils d’un magistrat disculpe son père avant le procès

Depuis plusieurs jours, une affaire présumée de vol portant sur une somme de 100 millions de francs CFA suscite une vive attention au Sénégal. Le dossier, qui implique notamment le fils d’un magistrat en fonction au Pool judiciaire financier, a pris une nouvelle tournure avec le placement sous mandat de dépôt de quatre personnes. Les mis en cause doivent comparaître ce jeudi 25 juin devant le tribunal dans le cadre d’une procédure de flagrant délit.

Selon des informations relayées par le quotidien Les Échos, l’un des principaux suspects, M. L. Sy, fils d’un magistrat du Pool judiciaire financier, est revenu sur ses premières déclarations lors de son audition. Le jeune homme aurait reconnu avoir menti aux enquêteurs dans un premier temps avant d’affirmer que son père n’avait aucun lien avec l’affaire.

Toujours selon les éléments révélés au cours de l’enquête, il aurait déclaré que les 100 millions de francs CFA saisis ne proviendraient pas du domicile familial ni d’activités liées à son père magistrat. L’argent serait, d’après ses aveux, issu du vol d’un véhicule appartenant à un particulier, une version qui a conduit les enquêteurs à écarter, à ce stade, toute implication du magistrat concerné.

Cette affaire a rapidement pris une dimension médiatique importante en raison du statut du père du principal suspect. Les premières informations ayant circulé sur les réseaux sociaux et dans certains médias avaient alimenté de nombreuses spéculations sur une éventuelle implication d’un membre du Pool judiciaire financier.

Parallèlement à l’enquête judiciaire, le dossier a également entraîné des poursuites contre le journaliste Mor Mbaye Cissé, auteur de la première publication sur cette affaire. Le journaliste de Seneweb a été placé en garde à vue pour diffusion de fausses nouvelles après l’ouverture d’une procédure par le parquet, qui s’est autosaisi à la suite de la publication de son article concernant l’arrestation du fils du magistrat.

À ce stade, les autorités judiciaires n’ont pas encore précisé les éléments exacts reprochés au journaliste ni les passages de l’article considérés comme constitutifs de l’infraction retenue. Cette situation suscite des interrogations au sein des milieux médiatiques et relance le débat sur les limites du traitement des affaires judiciaires en cours.

Pape Malick Ndour obtient une liberté provisoire dans l’affaire du Prodac

La Chambre d’accusation financière a accordé, ce mercredi 24 juin, une liberté provisoire à l’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, également responsable de l’Alliance pour la République (APR). L’information a été rendue publique par la coalition Takku Wallu Sénégal.

Cette décision intervient après plusieurs semaines de détention dans le cadre de l’enquête portant sur la gestion du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac), un dossier qui continue d’alimenter le débat politique et judiciaire au Sénégal.

Pape Malick Ndour avait été arrêté le 15 mai dernier par les éléments de la Division des investigations criminelles (DIC) avant d’être placé sous mandat de dépôt. Son incarcération faisait suite à une décision de la Cour suprême rendue le 28 avril 2026, confirmant le mandat de dépôt prononcé à son encontre et mettant ainsi fin à son contrôle judiciaire.

L’ancien ministre est poursuivi pour des faits présumés liés au décaissement de plus de 2,7 milliards de francs CFA au profit de la société Green 2000. Les enquêteurs lui reprochent notamment d’avoir validé ce paiement sur la base de factures pro forma dans le cadre de l’exécution du projet Prodac.

Le dossier implique également Khadim Bâ, dirigeant de Locafrique, cité dans cette affaire qui porte sur la gestion et le financement du programme agricole. Les investigations cherchent à établir les responsabilités des différents acteurs impliqués dans les opérations financières contestées.

Depuis le début de la procédure, Pape Malick Ndour a toujours rejeté les accusations portées contre lui. L’ancien ministre dénonce ce qu’il considère comme un acharnement politique visant des responsables de l’opposition, alors que ses soutiens dénoncent une instrumentalisation de la justice.

La décision de la Chambre d’accusation financière lui permet désormais de recouvrer la liberté en attendant la suite de la procédure judiciaire. Toutefois, les conditions attachées à cette liberté provisoire n’ont pas encore été rendues publiques.

DOSSIER – LE DAKAROIS / NOUVELLE CONVOCATION AU POOL FINANCIER JUDICIAIRE OÙ IL A PASSÉ HIER JEUDI SEPT TOURS D’HORLOGE , FINALEMENT SANS ÊTRE ENTENDU, SUR UN DOSSIER NON ENCORE RÉVÉLÉ ET DONT IL IGNORE L’EXISTENCE : QUI EN VEUT À KHADIM BÂ ? FINALEMENT !

L’étrange feuilleton judiciaire de Khadim Bâ connaît de nouveaux rebondissements. L’homme d’affaires a été convoqué jeudi au Pool judiciaire financier. Il s’ y est rendu mais il est reparti sans avoir été entendu. Khadim Bâ, le patron de Locafrique, a , en effet, passé près de sept heures dans les locaux du PJF, cité par les enquêteurs pour être entendu sur un dossier qu’il ignore lui-même. Ses avocats n’étaient pas là, et sans eux, l’audition n’a pas eu lieu.

Sept heures. Une éternité pour un homme qui a déjà passé plus de 20 mois derrière les barreaux dans une affaire douanière qui, selon ses soutiens, ne tient plus debout. Mais alors, pourquoi ce nouveau déplacement, cette mise en scène ? Pourquoi le convoquer pour ne pas l’entendre ? Pourquoi le faire patienter des heures, lui qui a déjà été privé de liberté pendant près de deux ans, dans une procédure que même l’expertise judiciaire a vidée de sa substance ? À écouter ses proches et ses avocats, la réponse est claire : quelqu’un cherche à le maintenir en prison. Peu importe que le premier dossier soit désormais considéré comme « vide » par les experts mandatés par le tribunal. Peu importe que l’homme ait contribué, entre 2017 et 2022, à éviter des délestages massifs au Sénégal en mobilisant ses propres garanties financières pour garantir l’approvisionnement en carburant du pays. Peu importe que les cargaisons qualifiées de « fictives » aient été réceptionnées, utilisées et documentées.

L’affaire Khadim Bâ n’est plus une affaire judiciaire. C’est une épreuve de force. Et cette convocation du 18 juin en est la dernière illustration en date : un déplacement, des heures perdues, une absence d’avocats, et un homme qu’on renvoie dans sa cellule sans avoir rien entendu de sa défense. Du temps qui passe, des droits bafoués, et la justice qui s’enlise dans une forme de mise à l’épreuve méthodique.

Rappelons les faits : Khadim Bâ est poursuivi pour une créance douanière colossale, estimée à près de 215 milliards de FCFA. Mais l’expert Gory Ndiaye, nommé par le tribunal lui-même, a conclu qu’aucune infraction douanière n’était établie. Les importations ont été déclarées, les droits payés, les cargaisons réceptionnées. Les transactions, conformes à la réglementation de la BCEAO, ne présentent aucune trace de fraude ou de contrebande.

Malgré ce rapport accablant pour l’accusation, Khadim Bâ est toujours en détention. Le juge, insensible aux demandes de mise en liberté provisoire, l’a maintenu derrière les barreaux, au mépris des conclusions de son propre expert. Le patronat sénégalais, par la voix du CNDES, dénonce une injustice qui ne peut plus durer. Le Forum du Justiciable exige l’équité. L’affaire a même été portée devant le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire.

Qui lui en veut ?

Cette question, désormais, tout le monde se la pose. Les observateurs, le patronat, la société civile, la communauté internationale. Trois hypothèses se dessinent :
Le contentieux douanier : un bras de fer financier: 1- L’administration douanière réclame 215 milliards de FCFA. Un montant qui justifierait l’âpreté des poursuites, mais pas le refus obstiné de prendre en compte les éléments disculpatoires. La Douane conteste la réalité de livraisons dont elle a pourtant elle-même encaissé et tamponné les quittances. 2- La thèse politique : un homme pris dans les rets du pouvoir
Les avocats de Khadim Bâ sont formels : son dossier est une « commande politique ». Selon Me Djiby Diallo, le nouveau régime considérerait l’homme d’affaires comme un prête-nom de l’ancien président Macky Sall. L’ambassadeur de la paix des Nations Unies, le Dr Michael K. Obeng, affirme lui aussi que sa détention est motivée par des raisons économiques et politiques. L’élément déclencheur pourrait être un différend avec l’État autour de la SAR : Khadim Bâ y avait acquis 34 % des parts en 2019, avant de voir ses actions diluées à 0,5 % sans compensation. Son arrestation serait intervenue peu après qu’il a engagé une action en justice contre le Sénégal. 3- Une procédure opaque et des « accidents » répétés : – Au-delà des acteurs identifiés, l’opacité des procédures interroge. La défense dénonce des délais non respectés, l’absence de réponse à ses recours, et une instruction qui s’enlise. La convocation du 18 juin, une fois de plus, ne semble obéir à aucune logique judiciaire claire. Simplement à une volonté de faire durer, de maintenir la pression.

Cette affaire, au-delà du cas individuel de Khadim Bâ, envoie un signal alarmant au monde des affaires. Le patronat sénégalais s’est mobilisé, dénonçant une injustice qui ne peut plus durer. Le président du CNDES a interpellé le chef de l’État, estimant que cette affaire constitue un test décisif pour l’attractivité du Sénégal. L’homme qui, entre 2011 et 2022, a préfinancé l’approvisionnement énergétique du pays pour éviter des délestages massifs, se retrouve aujourd’hui derrière les barreaux. Un paradoxe que ses soutiens résument en une question : comment encourager l’investissement privé si ceux qui participent au développement national sont traités de la sorte ?

Alors que Khadim Bâ cumule plus de 20 mois de détention, son sort semble scellé par des logiques qui échappent au seul cadre judiciaire. La convocation du 18 juin, cette attente de sept heures pour une audition qui n’a jamais eu lieu, apparaît comme une mesure de plus dans un dispositif dont l’objectif semble être de maintenir l’homme sous les verrous.

Reste à savoir si la pression internationale, l’indignation du patronat et les conclusions accablantes de l’expertise judiciaire suffiront à lever ce qu’une partie croissante d’observateurs considère comme un acharnement. Car au-delà d’un homme, c’est la confiance des citoyens et des investisseurs dans les institutions qui est en jeu. Et dans cette affaire, la justice sénégalaise est en train de perdre une bataille essentielle : celle de sa crédibilité.

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