Finances publiques : le Sénégal à l’épreuve de 2026 entre alerte de défaut et confiance des marchés

À mesure que l’échéance de 2026 approche, le débat sur la situation financière du Sénégal s’intensifie et divise profondément les experts. D’un côté, des économistes alertent sur un risque sérieux de défaut de paiement dès le premier trimestre de l’année prochaine. De l’autre, certains analystes mettent en avant la résilience du pays, portée par la confiance persistante des investisseurs régionaux et les perspectives liées au pétrole et au gaz. Entre lectures pessimistes et arguments rassurants, la controverse révèle une réalité financière sous forte tension.

Le point de départ de cette controverse repose sur un chiffre qui suscite à lui seul de nombreuses inquiétudes : 6 075 milliards de francs CFA. Il s’agit du besoin de financement estimé pour l’année 2026, incluant à la fois le déficit budgétaire à couvrir par de nouveaux emprunts et le service de la dette existante, composé des intérêts et des remboursements du principal. Si ce montant ne fait pas débat en tant que tel, son interprétation et ses implications divisent profondément.

Selon plusieurs analyses, l’État sénégalais devra mobiliser environ 16,5 milliards de francs CFA par jour tout au long de l’année 2026 pour faire face à ses engagements financiers. Un effort colossal qui interroge sur la capacité réelle de l’économie nationale à soutenir un tel rythme sans compromettre les dépenses sociales, les investissements structurants et la stabilité macroéconomique. Cette contrainte arithmétique alimente les scénarios les plus alarmistes.

L’économiste et banquier d’affaires Seydina Alioune Ndiaye figure parmi les voix les plus préoccupées. Dans ses analyses, il évoque un « mur financier » vers lequel le pays se dirige inexorablement. Il identifie le mois de mars 2026 comme un moment particulièrement critique, avec un service de la dette estimé à 747 milliards de francs CFA sur une courte période. Un niveau de décaissement qu’il juge incompatible avec les capacités actuelles de trésorerie de l’État.

Son inquiétude est renforcée par la situation des titres sénégalais sur les marchés internationaux. Les Eurobonds du Sénégal s’échangent aujourd’hui avec des décotes importantes, parfois proches de 50 % de leur valeur nominale. Pour lui, cette situation reflète une perte de confiance des investisseurs internationaux, aggravée par l’échec de l’accord avec le Fonds monétaire international en novembre dernier. Dans ce contexte, il estime que la restructuration de la dette n’est plus une option politique, mais une nécessité économique pour éviter un défaut désordonné aux conséquences potentiellement dévastatrices, à l’image de ce qu’a connu le Liban en 2020.

Face à cette lecture alarmiste, d’autres experts opposent une analyse plus nuancée, fondée sur la dynamique du marché financier régional. Le Dr Babo Amadou Ba, notamment, considère que les signaux envoyés par l’UMOA-Titres contredisent l’hypothèse d’un effondrement imminent. Il rappelle qu’en 2025, l’État sénégalais a levé 1 050 milliards de francs CFA, alors que les investisseurs ont proposé 1 779 milliards, soit un taux de couverture de 170 %. Pour lui, cette sursouscription massive témoigne d’une confiance toujours intacte des investisseurs régionaux dans la signature du Sénégal.

Selon cette lecture, le marché fait la différence entre les dégradations des agences de notation internationales et la trajectoire économique de long terme du pays. Les investisseurs régionaux parieraient davantage sur le potentiel futur du Sénégal, notamment avec l’entrée en production du pétrole et du gaz, que sur les tensions conjoncturelles actuelles. Tant que cette confiance se maintient, le risque de défaut serait, selon lui, largement exagéré.

Pris entre ces deux lectures opposées, le gouvernement semble avoir fait un choix stratégique clair : éviter toute restructuration de la dette. L’option retenue repose sur la mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES), le maintien de l’accès au marché régional et l’anticipation des futures recettes issues des hydrocarbures pour franchir le cap délicat de 2026. Un pari audacieux, mais risqué.

Cette stratégie implique toutefois une discipline budgétaire renforcée, voire une austérité implicite. En 2025, l’État a réussi à honorer plus de 2 000 milliards de francs CFA de service de la dette tout en maintenant certaines mesures sociales, comme la baisse des prix de produits de première nécessité. Mais l’effort demandé en 2026 sera nettement plus important, dans un contexte de marges de manœuvre budgétaires de plus en plus réduites.

Cette tension financière ravive également le débat sur le train de vie de l’État. Alors que les autorités appellent les populations à consentir des sacrifices, certaines décisions, comme l’acquisition de véhicules de luxe par l’Assemblée nationale, suscitent une vive controverse. Pour de nombreux observateurs, il est difficilement justifiable de maintenir des privilèges coûteux dans un contexte où le pays doit mobiliser quotidiennement des milliards pour éviter une rupture financière.

Au final, le Sénégal aborde 2026 avec des atouts indéniables, notamment la confiance régionale et les perspectives énergétiques, mais aussi avec une équation financière particulièrement serrée. La réussite de cette traversée dépendra de la capacité des autorités à maintenir la rigueur budgétaire, à préserver la paix sociale et à restaurer durablement la crédibilité financière du pays, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. 2026 s’annonce ainsi comme une année charnière, où chaque décision comptera.

Décharge de Mbeubeuss : le gouvernement espère une finalisation des travaux pour juin-juillet 2026

Le gouvernement sénégalais affiche un optimisme prudent quant à l’avenir de la décharge de Mbeubeuss, l’un des sites environnementaux les plus sensibles de la région de Dakar. En visite d’évaluation des travaux de réhabilitation partielle du site, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, a annoncé que l’État vise une finalisation de la première phase des travaux d’ici juin-juillet 2026.

S’exprimant le 6 janvier 2025 lors de cette visite de terrain, le ministre a indiqué que les autorités espèrent achever, dans un délai d’environ six mois, les travaux de résorption et de réhabilitation portant sur 40 hectares de la décharge. « Nous espérons qu’au moins d’ici à six mois, les travaux de résorption et de réhabilitation de 40 hectares de la décharge de Mbeubeuss seront achevés », a-t-il déclaré, cité par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS). Le coût global du projet est évalué à près de 26 milliards de francs CFA.

Abdourahmane Diouf a reconnu l’existence de retards au démarrage de cette première phase du projet, dont l’objectif à terme est l’élimination progressive de la décharge de Mbeubeuss. Toutefois, il a assuré que ces lenteurs initiales sont actuellement en cours de résorption grâce à l’implication concertée de l’ensemble des parties prenantes, notamment les services de l’État, les partenaires techniques et les acteurs locaux.

Au-delà des travaux strictement liés à la réhabilitation du site, le ministre a également insisté sur la dimension sociale du projet. Il a annoncé qu’un important travail d’accompagnement sera mené en faveur des récupérateurs qui tirent leurs moyens de subsistance de la décharge. Parallèlement, le gouvernement prévoit une meilleure gestion de l’autre partie du site, estimée à environ 75 hectares, afin d’éviter toute reconstitution anarchique des dépôts d’ordures.

Dans une perspective de transformation durable, Abdourahmane Diouf a souligné que l’ambition de l’État ne se limite pas à la seule résorption des déchets. « Au-delà de la rénovation des 40 hectares, le gouvernement s’est engagé à verdir cet espace », a-t-il précisé, évoquant la création de jardins, de terrains de sport et de couloirs de promenade. Une orientation qui s’inscrit dans la volonté des autorités de redonner à cette zone longtemps dégradée une vocation sociale, écologique et récréative au bénéfice des populations riveraines.

Cette visite à Mbeubeuss s’inscrit dans une tournée plus large du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique dans la région de Dakar. Prévue sur les journées des 6 et 7 janvier 2025, elle comprend également des inspections au Parc paysager de Cambérène, à la Réserve urbaine de la Grande Niaye de Pikine ainsi qu’au niveau du littoral de Bargny, autant de sites stratégiques dans la politique nationale de protection de l’environnement et de transition écologique.

Université : les raisons de la démission de Ndiabou Séga Touré, ex-secrétaire nationale adjointe du SUDES-ESR

La vie syndicale dans l’enseignement supérieur sénégalais est secouée par une démission aux allures de coup de tonnerre. Ndiabou Séga Touré, secrétaire générale nationale adjointe du Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal – Enseignement supérieur et Recherche (SUDES-ESR), a officiellement quitté ses fonctions le 11 décembre 2025. Dans une lettre particulièrement critique adressée à la direction du syndicat, dont PressAfrik a obtenu copie ce mardi 6 janvier 2026, l’enseignante-chercheure pointe de graves dysfonctionnements internes et remet en cause la crédibilité du processus électoral en cours au sein de l’organisation.

Dans son courrier, Ndiabou Séga Touré explique que sa décision est motivée par sa volonté de se « désolidariser et d’alerter sur les graves manquements constatés dans la procédure d’élection du Secrétaire général national du SUDES-ESR ». Elle estime que, alors même que le mandat du bureau actuel arrive à son terme, les modalités retenues pour son renouvellement s’écartent dangereusement des textes fondateurs du syndicat ainsi que des principes démocratiques les plus élémentaires. À ses yeux, ces irrégularités fragilisent non seulement la légitimité du futur bureau, mais aussi l’image et la crédibilité du SUDES-ESR auprès de ses militants et partenaires.

L’enseignante dénonce par ailleurs un climat interne marqué par des conflits d’intérêts et une iniquité manifeste dans le traitement des dossiers de candidatures. Elle évoque ce qu’elle considère comme une « complicité inacceptable du SUDES unitaire » dans l’élimination de certains candidats, laissant entendre que des choix partisans auraient prévalu au détriment de la transparence et de l’équité. Selon elle, ces pratiques traduisent une absence de rigueur et d’orthodoxie syndicale, en contradiction flagrante avec les valeurs historiques du mouvement.

Au-delà de la critique de la procédure électorale, Ndiabou Séga Touré dresse un constat alarmant sur l’état général du syndicat. Elle avertit que le SUDES-ESR est « en danger de mort imminente » si des réformes profondes ne sont pas engagées pour restaurer la démocratie interne, la confiance entre les membres et le respect strict des textes. Malgré sa démission, elle affirme toutefois ne pas renoncer au combat syndical et assure qu’elle se « battra jusqu’au bout pour défendre les intérêts » de l’organisation et des enseignants du supérieur.

Fondé sur des principes de justice sociale, de solidarité et de démocratie, le SUDES se définit comme une organisation syndicale dédiée à la défense des droits des enseignants et à la promotion d’une éducation de qualité pour tous. La démission d’une responsable de premier plan, assortie de critiques aussi sévères, intervient dans un contexte déjà marqué par de fortes attentes du monde universitaire, confronté à des défis majeurs liés aux conditions de travail, à la gouvernance des universités et aux réformes du secteur.

Dr Ndiabou Séga Touré est maître de conférences titulaire au département des Lettres de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Sa prise de position publique, au-delà de son cas personnel, pourrait raviver le débat sur la gouvernance syndicale dans l’enseignement supérieur et ouvrir une séquence de recomposition ou de tensions au sein du SUDES-ESR dans les semaines à venir.

Accident à Louga : un mort et 45 blessés après le renversement d’un bus à Kelle Guèye

Un grave accident de la circulation s’est produit ce lundi 5 janvier 2026, dans l’après-midi, au niveau du village de Kelle Guèye, situé dans le département de Louga, au nord du Sénégal. Un bus de transport en commun s’est renversé pour des raisons qui restent encore à déterminer, provoquant un lourd bilan humain.

Selon les informations relayées par la Radio Futurs Médias (RFM), le drame a coûté la vie à une personne, tandis que 45 autres passagers ont été blessés, dont 14 grièvement. La violence du choc a semé la panique parmi les occupants du véhicule et les populations riveraines, accourues pour porter secours aux victimes avant l’arrivée des services de secours.

Alertés rapidement, les sapeurs-pompiers se sont déployés sur les lieux pour procéder aux opérations de sauvetage et d’évacuation. Les blessés ont été acheminés en urgence vers l’hôpital Amadou Sakhir Mbaye de Louga, où une prise en charge médicale a été assurée. Les cas les plus graves ont fait l’objet d’une attention particulière de la part du personnel soignant.

La gendarmerie nationale s’est également rendue sur place pour sécuriser la zone et ouvrir une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de l’accident. Les premières constatations devraient permettre d’établir si un excès de vitesse, un problème mécanique ou l’état de la chaussée est à l’origine du renversement du bus.

Cet accident relance une fois de plus le débat sur la sécurité routière au Sénégal, notamment sur les axes secondaires souvent empruntés par les transports en commun. Chaque année, de nombreux accidents impliquant des bus et des cars rapides sont enregistrés, avec des conséquences humaines parfois dramatiques.

Sucre ajouté dans les produits Nido et Cérélac de Nestlé au Sénégal : un scandale dissout dans le silence

Ces dernières semaines, l’opinion publique sénégalaise a été fortement mobilisée par l’affaire dite « Softcare », relative à la commercialisation de serviettes hygiéniques et de couches pour bébés fabriquées par une entreprise étrangère disposant d’une filiale au Sénégal. La controverse, amplifiée par les interventions successives de l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP), qui avait d’abord ordonné le retrait de ces produits avant de les déclarer conformes aux normes de sécurité, continue de susciter interrogations et inquiétudes. En attendant que le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique fasse toute la lumière sur ce dossier, un autre scandale sanitaire, bien plus ancien et aux implications potentiellement plus graves, reste enfoui dans un silence presque total.

Il s’agit des révélations de l’ONG suisse Public Eye, menées en collaboration avec le Réseau international d’action pour l’alimentation infantile (IBFAN), portant sur la composition des produits alimentaires destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. En avril 2024, cette enquête avait mis en cause le géant agroalimentaire Nestlé, accusé d’ajouter du sucre à des produits pour bébés, notamment les céréales Cérélac et les laits infantiles Nido, commercialisés dans plusieurs pays du Sud, dont le Sénégal.

Les résultats de cette enquête, basée sur l’analyse de 150 produits vendus dans différents pays, ont révélé une pratique systématique : presque toutes les céréales à base de blé Cérélac destinées aux nourrissons à partir de six mois contenaient des sucres ajoutés. En moyenne, ces produits renfermaient environ 4 grammes de sucre par portion, soit l’équivalent d’un morceau de sucre. Le niveau le plus élevé de sucre ajouté, atteignant 7,3 grammes par portion, a été détecté aux Philippines, suivi du Nigeria avec 6,8 grammes. Le Sénégal n’est pas épargné, avec une teneur mesurée à 5,9 grammes de sucre ajouté par portion dans les céréales pour bébés commercialisées sur le marché local.

L’enquête révèle également que les laits en poudre Nido, destinés aux enfants âgés de un à trois ans, contiennent eux aussi du sucre ajouté. En moyenne, près de deux grammes par portion ont été détectés dans plusieurs pays. Au Sénégal, les analyses ont montré la présence de 0,5 gramme de sucre ajouté dans les laits Nido pour enfants à partir d’un an. Une pratique d’autant plus troublante que ces mêmes produits, lorsqu’ils sont commercialisés en Suisse, pays où Nestlé a son siège, ou dans d’autres pays développés, sont exempts de sucre ajouté. Pour Public Eye, cette différence de traitement illustre un double standard inacceptable : « pour Nestlé, tous les bébés ne sont pas égaux en matière de sucre ajouté ».

La multinationale justifie pourtant ses produits en les présentant comme « enrichis en vitamines, minéraux et autres micronutriments essentiels », spécialement conçus pour répondre aux besoins nutritionnels des bébés et des jeunes enfants, renforcer leur croissance, leur système immunitaire et leur développement cognitif. Si Nestlé communique abondamment sur ces apports nutritionnels, l’enquête souligne en revanche un manque de transparence manifeste concernant la présence de sucres ajoutés, un élément pourtant central pour la santé infantile.

Les pédiatres et experts en nutrition infantile interrogés par Public Eye tirent la sonnette d’alarme. Pour eux, l’ajout de sucre dans les aliments destinés aux bébés et aux jeunes enfants est non seulement inutile, mais potentiellement dangereux. « C’est extrêmement préoccupant. Le sucre ne devrait pas être ajouté aux aliments pour bébés, car il possède un fort pouvoir addictif. Les enfants développent très tôt une préférence pour le goût sucré, ce qui peut amorcer un cycle négatif menant à l’obésité et à d’autres maladies chroniques à l’âge adulte, comme le diabète ou l’hypertension », avertit un épidémiologiste cité dans l’étude.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) partage ces préoccupations. Elle a rappelé à plusieurs reprises que l’exposition précoce au sucre favorise une dépendance durable aux produits sucrés et augmente significativement le risque de maladies non transmissibles. Depuis 2022, l’OMS appelle explicitement à l’interdiction des sucres ajoutés dans les produits destinés aux bébés et aux enfants de moins de trois ans.

Au Sénégal, ces révélations auraient dû provoquer une réaction forte des autorités sanitaires. Pourtant, contrairement à l’affaire Softcare, largement médiatisée et prise en charge par les services de l’État, l’enquête de Public Eye n’a jamais fait l’objet d’une contre-expertise nationale permettant de vérifier la composition réelle des produits Nestlé commercialisés sur le territoire. Face à ce silence, des organisations de la société civile ont lancé une pétition exigeant de Nestlé la fin de ce « double standard injustifié et nuisible », et appelant l’État sénégalais à mener des enquêtes indépendantes, voire à engager des poursuites judiciaires si les faits étaient avérés.

Sur le plan politique, le député Guy Marius Sagna avait tenté de porter le débat au niveau institutionnel. Le 6 mai 2024, il avait déposé une proposition de résolution visant à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur le « scandale du sucre ajouté » dans les produits Nido et Cérélac. Selon le parlementaire, cette initiative, comme une vingtaine d’autres propositions similaires, n’a jamais été inscrite à l’ordre du jour par le président de l’Assemblée nationale et la majorité d’alors, Benno Bokk Yaakaar.

Ce n’est que le 25 avril 2025 que le Conseil des ministres a adopté le décret relatif à la commercialisation des aliments destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants. Un texte qui, selon le ministère de la Santé et de l’Action sociale, aura mis treize ans à parcourir le circuit administratif avant son adoption. Ce décret vise notamment à encadrer plus strictement la publicité, la promotion et la composition des produits alimentaires pour enfants.

Lors d’un atelier de vulgarisation de ce décret, le représentant de l’UNICEF Sénégal, Jacques Boyer, avait rappelé les enjeux majeurs de cette réglementation. Il avait notamment dénoncé certaines publicités trompeuses qui incitent les familles à abandonner l’allaitement maternel, pourtant reconnu comme l’aliment le plus sûr et le plus complet pour protéger la santé des bébés. « L’adoption de ce décret marque une avancée majeure pour la santé des enfants, mais son application effective dépendra de la mobilisation de tous : institutions, professionnels de santé, société civile et communautés », avait-il souligné.

Dette publique à 132 % du PIB : le Sénégal face au spectre d’une rupture financière dès mars 2026

Le Sénégal se dirige vers une zone de turbulences financières majeures. Dans une analyse approfondie de la loi de finances rectificative 2026, l’économiste et banquier d’affaires Seydina Alioune Ndiaye dresse un tableau alarmant de la situation budgétaire et financière du pays. Selon lui, les difficultés attendues en 2026 seront « pires qu’en 2025 » et exposent le Sénégal à un risque réel de défaut de paiement dès le premier trimestre de l’année prochaine, si aucune restructuration profonde de la dette n’est engagée de toute urgence.

L’échéance la plus critique est clairement identifiée : le mois de mars 2026. À cette période, le service de la dette atteindra un niveau record estimé à 747 milliards de francs CFA, un montant largement supérieur aux capacités de trésorerie de l’État. Le point culminant de cette tension financière est fixé au 13 mars 2026, date à laquelle le Sénégal devra rembourser un Eurobond d’un montant de 219 milliards de francs CFA. Or, comme le souligne l’expert, les recettes fiscales mensuelles moyennes du pays ne dépassent guère 350 milliards de francs CFA, ce qui rend l’arithmétique budgétaire tout simplement intenable.

Cette situation critique s’inscrit dans un contexte d’endettement massif. Selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI), la dette publique du Sénégal atteint désormais 132 % du produit intérieur brut. Pour la seule année 2026, l’État devra faire face à un besoin de refinancement évalué à 6 075 milliards de francs CFA. Pour Seydina Alioune Ndiaye, associé du cabinet Senquant, ces chiffres traduisent un état de stress financier aigu, aggravé par la perte de confiance des marchés internationaux.

L’échec des négociations avec le FMI en novembre dernier a constitué un tournant négatif. Il a provoqué un net refroidissement des investisseurs et un véritable krach sur les Eurobonds sénégalais, qui s’échangent désormais sur les marchés secondaires avec des décotes pouvant atteindre 49 %. Cette dégradation brutale de la perception du risque souverain sénégalais réduit considérablement la capacité du pays à se refinancer à des conditions soutenables. Dans le même temps, les perspectives de levées de fonds sur le marché régional de l’UEMOA sont jugées « hautement irréalistes », en raison de la saturation du marché et de la concurrence accrue entre États fortement endettés.

Face à ce mur financier, Seydina Alioune Ndiaye est catégorique : la restructuration de la dette n’est plus une option politique, mais une nécessité de survie économique. Sans action rapide et coordonnée, le risque d’un défaut technique de paiement devient, selon lui, « extrêmement élevé ». Il met en garde contre un scénario à la libanaise, rappelant l’effondrement monétaire et la crise bancaire qui ont frappé le Liban en 2020, avec des conséquences sociales et économiques durables.

Pour éviter un tel chaos, l’économiste propose une feuille de route inspirée de l’expérience ghanéenne, considérée comme un succès relatif en matière de gestion de crise. Il recommande d’engager une restructuration en profondeur de la dette commerciale, estimée à environ 10 000 milliards de francs CFA. Cette opération devrait inclure une réduction de la valeur nominale, avec un « haircut » compris entre 50 et 60 %, accompagnée d’un allongement significatif des maturités de remboursement. Une telle approche permettrait de desserrer l’étau financier à court terme.

Il plaide également pour la transformation de la dette bancaire domestique en obligations de très long terme à taux d’intérêt réduits, afin de préserver la capacité de financement de l’économie locale et d’éviter une asphyxie du secteur bancaire. Enfin, Seydina Alioune Ndiaye insiste sur la nécessité de conclure en urgence un nouveau programme avec le FMI, d’un montant compris entre 2 et 3 milliards de dollars. Un tel accord serait crucial pour restaurer la confiance des partenaires internationaux, notamment le Club de Paris et la Chine, et pour coordonner les efforts d’allègement de la dette.

Malgré la gravité du diagnostic, l’expert estime qu’une issue reste possible. Selon lui, une restructuration réussie permettrait de ramener le taux d’intérêt moyen de la dette de 8,47 % à environ 6 %, générant ainsi une économie annuelle estimée à 250 milliards de francs CFA. Cette marge de manœuvre budgétaire offrirait au Sénégal le temps nécessaire pour stabiliser ses finances publiques et préparer une reprise progressive, avant de bénéficier pleinement des revenus attendus de l’exploitation du pétrole et du gaz.

Vœux au corps diplomatique : Bassirou Diomaye Faye rejette toute logique de domination fondée sur le rapport de force

À l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux du corps diplomatique, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a livré un discours dense et structurant, traçant les grandes orientations de la politique étrangère du Sénégal pour l’année 2026. Devant les ambassadeurs et représentants des organisations internationales accrédités à Dakar, le Chef de l’État a réaffirmé une diplomatie fondée sur la souveraineté, le dialogue et le multilatéralisme, tout en rejetant toute logique de domination fondée sur le rapport de force dans les relations internationales.

Dans un contexte mondial marqué par la persistance des conflits, la montée des tensions géopolitiques et l’affaiblissement de certains mécanismes de coopération internationale, Bassirou Diomaye Faye a tenu à rappeler l’attachement constant du Sénégal aux principes fondamentaux du droit international. Pour le Chef de l’État, le dialogue demeure l’unique voie durable pour la résolution des crises. « Notre engagement pour le multilatéralisme n’est pas une simple posture, c’est une conviction profonde », a-t-il déclaré, soulignant que le Sénégal continuera de défendre la primauté du droit, le respect de la souveraineté des États et la coopération entre les nations.

Le Président a également réaffirmé la volonté du Sénégal de porter la voix d’une Afrique unie, souveraine et respectée sur la scène internationale. Dans cette perspective, Dakar entend jouer pleinement son rôle de médiateur et de facilitateur dans les instances régionales et multilatérales, en s’appuyant sur une tradition diplomatique reconnue et une crédibilité bâtie au fil des décennies.

Selon la Présidence, le Chef de l’État a profité de cette tribune pour décliner les trois axes majeurs de l’action diplomatique sénégalaise pour l’année 2026. Le premier axe concerne la diplomatie de bon voisinage et la sécurité régionale. Face à l’instabilité persistante dans la région du Sahel, le Sénégal ambitionne de jouer un rôle moteur dans la consolidation de l’intégration sous-régionale et le renforcement de la coopération sécuritaire. Dakar se positionne ainsi comme un pivot du dialogue entre les différents blocs africains, avec pour objectif la préservation de la paix, la stabilité des frontières et la lutte contre les menaces transnationales.

Le second axe porte sur la refondation des partenariats internationaux dans un esprit de coopération « gagnant-gagnant ». Dans un contexte marqué par le démarrage effectif de l’exploitation du pétrole et du gaz, le Sénégal suscite un intérêt accru de la part des investisseurs internationaux. Le Président Diomaye Faye a insisté sur la nécessité d’attirer les investissements directs étrangers tout en veillant à la protection des intérêts stratégiques nationaux. Cette approche s’inscrit dans une volonté de rompre avec des relations déséquilibrées et de bâtir des partenariats plus équitables, fondés sur le respect mutuel et le transfert de valeur.

Enfin, le troisième axe concerne le plaidoyer du Sénégal sur les grandes questions globales. En 2026, Dakar entend renforcer son engagement en faveur d’une transition énergétique juste, tenant compte des réalités des pays du Sud, ainsi que pour un accès équitable aux technologies de santé. Ces enjeux, jugés cruciaux pour le développement du Sud global, seront portés par le Sénégal dans les forums internationaux, avec l’ambition de contribuer à un ordre mondial plus inclusif et solidaire.

En recevant les vœux du corps diplomatique, le Président Bassirou Diomaye Faye a également tenu à rassurer les partenaires historiques comme les nouveaux alliés sur la stabilité du cadre des affaires au Sénégal. Malgré les réformes institutionnelles, économiques et sociales en cours, le pays demeure, selon la Présidence, une terre d’accueil sécurisée, un environnement propice aux investissements et un partenaire fiable sur le long terme.

À travers ce discours, le Chef de l’État a ainsi réaffirmé la volonté du Sénégal de mener une diplomatie souveraine, équilibrée et responsable, résolument tournée vers la paix, la coopération et la défense des intérêts stratégiques nationaux dans un monde en profonde mutation.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°642 – 06/01/2026

🔴 LE SÉNÉGAL SOUS TENSION FINANCIÈRE : LE DÉFICIT DÉPASSE 1 700 MILLIARDS FCFA
🔴 FILIÈRE ARACHIDE EN CRISE : SONKO IMPOSE DES MESURES FORTES À LA SONACOS ET AU COMMERCE

🔴 CAN 2025 : SÉNÉGAL–MALI, UN QUART DE FINALE AU PARFUM D’HISTOIRE ET DE REVANCHE

Crise budgétaire au Sénégal : les obligations en chute, déficit explosif de 1 700 milliards FCFA

Le marché financier sénégalais a connu une flambée notable cette semaine, alors que les investisseurs suivent de près l’évolution des discussions entre Dakar et le Fonds monétaire international (FMI). Les obligations souveraines libellées en dollars ont enregistré des gains significatifs, avec un rendement de l’obligation due en 2031 qui a chuté de 92 points de base pour atteindre 19,7 %, un niveau jamais vu depuis la mi-décembre 2025. Cette hausse place le Sénégal en tête des performances parmi les pays émergents, illustrant la confiance croissante des marchés dans sa trajectoire économique.

Cette performance intervient après des déclarations optimistes du ministre des Finances, Cheikh Diba, qui a indiqué devant le Parlement que des négociations avancées sont en cours avec le FMI pour la mise en place d’un nouveau programme de crédit. « Nous espérons finaliser un programme avec le FMI très prochainement. Les discussions sont actives et nous travaillons main dans la main », a-t-il déclaré, alors même que le gouvernement a révisé à la baisse sa prévision de croissance économique pour 2025, désormais estimée à 7,8 % contre 8,8 % initialement. Les recettes budgétaires, elles, ont été réajustées à 4 500 milliards de francs CFA, soit environ 8 milliards de dollars, contre 4 700 milliards précédemment.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte délicat pour les finances publiques sénégalaises. En 2024, le FMI avait suspendu une facilité de crédit de 1,8 milliard de dollars après la découverte de 7 milliards de dollars de dettes cachées issues de l’administration précédente. Le gouvernement actuel s’emploie à négocier un nouvel accord tout en évitant une restructuration de sa dette et en appliquant des mesures strictes de réduction des dépenses pour restaurer l’équilibre budgétaire. La révision de la croissance a ainsi entraîné une augmentation de 138 milliards de francs CFA du déficit budgétaire, qui s’établit désormais à 1 700 milliards de francs CFA, soit 7,8 % du produit intérieur brut.

Le budget sénégalais continue de faire face à de fortes charges, notamment le service de la dette, les dépenses de défense, les salaires des fonctionnaires et le financement des bourses étudiantes. Ces dernières avaient été au cœur de violentes manifestations en novembre et décembre 2025, liées au retard de paiement des allocations.

Pour les analystes, la montée des obligations en dollars reflète la confiance des investisseurs dans la capacité du Sénégal à stabiliser ses finances et à conclure un accord avec le FMI. La finalisation de ce programme pourrait non seulement renforcer la crédibilité du pays sur les marchés internationaux, mais aussi soutenir une croissance soutenue, rassurer les investisseurs et ouvrir de nouvelles perspectives de financement pour l’État.

Spoliation foncière à Notto-Diobass : le village de Kissane en colère contre le maire

La commune de Notto-Diobass, située à environ six kilomètres de Thiès, est secouée par une vive polémique foncière. Les habitants du village de Kissane se disent indignés face à un projet d’attribution de 50 hectares à l’Agence de Promotion des Sites Industriels (APROSI), qu’ils dénoncent comme opaque et anticonstitutionnel. Ce week-end, l’ambiance était particulièrement tendue à Tchambi, une zone située au cœur du village, où des habitants ont manifesté leur colère en arborant des brassards rouges et en dénonçant ce qu’ils qualifient de « scandale foncier ».

Selon Arouna Rachid Pouye, porte-parole des populations, la méthode employée par le maire est inacceptable et montre un total mépris des règles de transparence. « Le 30 décembre passé, tout le village a été abasourdi d’apprendre que le maire avait été surpris sur les terres de Kissane, sans informer le chef du village, ni l’association de développement, ni les femmes, ni les jeunes, ni les imams », a-t-il dénoncé sur les ondes d’iRadio. Les habitants affirment que l’édile se serait « faufilé » sur le site, évitant tout échange avec les instances locales et les représentants de la communauté.

Le collectif en charge de la défense des intérêts de Kissane s’est également adressé directement au nouveau Directeur de l’APROSI, qu’il met en garde contre ce qu’il considère comme une manipulation politique. « Monsieur le Directeur, vous n’avez pas reçu la bonne information. Il vous a dit Notto, mais il n’ose pas préciser où exactement. Il y a anguille sous roche », a averti M. Pouye, en précisant que le projet industriel ne serait qu’un paravent pour des desseins politiques. Selon lui, le prédécesseur du directeur actuel avait déjà compris les risques liés à ce projet et tenté d’éviter la situation.

Face à ce qu’ils qualifient de refus de dialogue de la part du maire, les habitants de Kissane s’allient avec le Collectif pour la défense des intérêts de Sangué, localité voisine, qui se trouve également en conflit avec la mairie sur des dossiers fonciers similaires. Une stratégie d’union est en train de se mettre en place. « Nous appelons les populations de Sangué, Kissane et Thiéo à s’unir. C’est ensemble que nous mènerons cette bataille », a déclaré un représentant de Sangué.

Les plaignants dénoncent une gestion solitaire et opaque d’un projet dont le maire serait le seul détenteur des informations. « Il est allergique à l’échange, il est allergique au débat d’idées. Mais une chose est claire : chaque acte posé sera une dose de plus ajoutée à notre engagement à conserver ces terres pour les exploiter par nous et pour nous », a martelé le porte-parole au micro d’iRadio, réaffirmant la détermination des populations à protéger leurs terres face à ce qu’ils considèrent comme une spoliation injuste.

Zone BRT : le préfet de Dakar décrète la « tolérance zéro » contre les charrettes et pousse-pousse

Les autorités administratives de Dakar durcissent le ton dans la zone d’influence du Bus Rapid Transit (BRT). Le préfet du département de Dakar a annoncé, ce lundi 5 janvier 2026, une intensification des mesures de restriction de la circulation visant les véhicules à traction animale et à bras. À partir du jeudi 8 janvier prochain, une politique de « tolérance zéro » sera strictement appliquée contre les charrettes et les pousse-pousse circulant ou stationnant dans le périmètre du BRT.

Dans un communiqué officiel, l’autorité préfectorale a tenu à rappeler les dispositions de l’arrêté n°274/P/D/DK du 26 juillet 2024, qui interdit formellement l’accès de la zone BRT à ces moyens de transport non motorisés. Cette sortie du préfet intervient dans un contexte marqué par la persistance de charrettes et de pousse-pousse sur les axes concernés, en dépit de la réglementation déjà en vigueur.

Selon le préfet de Dakar, la présence continue de ces véhicules constitue une source majeure de perturbations du trafic routier. Elle contribue, souligne-t-il, à un encombrement important de la voie publique, compromettant ainsi les efforts consentis par l’État pour garantir la fluidité et la régularité de la circulation, notamment sur les corridors stratégiques du BRT, conçus pour améliorer la mobilité urbaine dans la capitale.

Le communiqué met également en cause le stationnement anarchique observé sur les trottoirs et dans les espaces réservés aux piétons. Une situation jugée particulièrement préoccupante, car elle porte atteinte à la sécurité des usagers, notamment des personnes vulnérables, tout en entravant la circulation piétonnière dans plusieurs zones très fréquentées de Dakar.

Face à ces constats, les autorités annoncent des mesures coercitives fermes. À compter du jeudi 8 janvier 2026, les forces de sécurité procéderont à l’immobilisation systématique de tout véhicule à bras ou à traction animale surpris en circulation ou en stationnement dans la zone BRT. Le matériel saisi sera immédiatement mis en fourrière, et des poursuites judiciaires seront engagées contre les contrevenants, conformément aux dispositions légales en vigueur.

À travers cette décision, le préfet de Dakar entend instaurer un cadre de circulation plus fluide, plus sûr et conforme aux ambitions du projet BRT, présenté comme l’un des piliers de la modernisation du transport urbain dans la capitale. Il appelle enfin l’ensemble des acteurs concernés, notamment les conducteurs de charrettes et de pousse-pousse, à se conformer strictement aux directives administratives afin d’éviter les sanctions annoncées et de contribuer à l’amélioration durable de la mobilité urbaine à Dakar.

Enseignement supérieur : le SUDES-ESR/RISEP entre espoir et vigilance face aux nouveaux chantiers de l’État

L’annonce faite par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, portant sur la création prochaine de huit nouveaux Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP), a suscité une réaction mesurée mais significative du Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal (SUDES-ESR/RISEP). Si l’organisation syndicale salue une décision qu’elle juge porteuse d’espoir pour l’élargissement de l’accès à une formation professionnelle de qualité, elle avertit néanmoins contre toute tentative de masquer les difficultés structurelles persistantes qui fragilisent les ISEP déjà en fonctionnement.

Pour le SUDES-ESR/RISEP, la multiplication des infrastructures ne saurait suffire à elle seule à répondre aux défis du sous-secteur. Le syndicat estime que les problèmes de gouvernance, de statut du personnel enseignant et de conditions de travail doivent être réglés de manière urgente et durable, sous peine de reproduire, à plus grande échelle, les dysfonctionnements actuels. Cette position s’inscrit dans un contexte de tensions sociales persistantes entre les enseignants des ISEP et les autorités de tutelle.

En effet, face à ce que le syndicat qualifie de discussions « dilatoires » avec l’ancienne administration, le SUDES-ESR/RISEP a engagé, depuis le mois de novembre dernier, un mouvement de boycott des soutenances et des examens de certification. Une décision lourde de conséquences, puisqu’elle menace directement la validation de l’année académique et plonge de nombreux étudiants dans l’incertitude. Selon le syndicat, cette action n’est pas un choix de confort, mais une réponse à l’absence de solutions concrètes après plusieurs mois d’alertes et de négociations infructueuses.

Dans un communiqué rendu public ce lundi 5 janvier 2026, le SUDES-ESR/RISEP rappelle que ses revendications reposent sur des exigences qu’il juge non négociables. Il s’agit, en premier lieu, de la finalisation urgente du cadre réglementaire régissant les ISEP, notamment à travers l’adoption effective des statuts et des décrets de fonctionnement. À cela s’ajoute la question cruciale de l’équité salariale, les enseignants dénonçant des disparités jugées injustes et démotivantes par rapport à d’autres structures de l’enseignement supérieur.

Le syndicat met également l’accent sur la gouvernance des instituts, plaidant pour une gestion plus inclusive et participative, rompant avec des pratiques jugées opaques et centralisées. Enfin, il réclame l’ouverture des postes de direction générale et de direction des études à travers des appels à candidatures transparents, afin de garantir la compétence, la légitimité et la crédibilité des équipes dirigeantes.

Dans une volonté affichée d’apaisement et de responsabilité, le SUDES-ESR/RISEP indique avoir déjà transmis aux autorités une note de sortie de crise. Présentée comme une feuille de route « réaliste et équilibrée », cette proposition vise à concilier les contraintes budgétaires de l’État avec la nécessité de restaurer la dignité et la motivation des formateurs, considérés comme un maillon essentiel de la réussite du modèle ISEP.

« Notre démarche est responsable. Nous avons alerté avant de durcir, car la pérennité de nos institutions est en jeu », insiste le syndicat dans son communiqué. Un message qui se veut à la fois un appel au dialogue et un avertissement clair : sans réponses concrètes et rapides, les tensions risquent de s’aggraver, compromettant durablement l’avenir de l’enseignement professionnel supérieur au Sénégal, au moment même où les autorités affichent leur ambition d’en faire un levier stratégique pour l’emploi et l’employabilité des jeunes.

Assemblée nationale du Sénégal : une première vague de 76 véhicules de service déjà répartie

La distribution des véhicules de service destinés aux députés de la 15ᵉ législature a officiellement démarré à l’Assemblée nationale du Sénégal. Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur, une première vague de soixante-seize véhicules de type 4×4 Toyota Land Cruiser Prado a déjà été attribuée à plusieurs parlementaires, marquant ainsi le début d’un processus qui concerne au total les 165 députés.

Cette première répartition a été effectuée selon des critères présentés comme organisationnels et fonctionnels. Cinq véhicules ont été attribués à des députés en situation de handicap, afin de faciliter leur mobilité dans l’exercice de leur mandat. Sept véhicules ont été remis aux députés du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, principale coalition de l’opposition. Sept autres ont été alloués aux députés non-inscrits, tandis que cinquante-six véhicules ont été réservés aux députés du parti Pastef, formation politique majoritaire et actuellement au pouvoir. Le dernier véhicule de ce premier lot est destiné au président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye.

D’après les mêmes sources, les véhicules sont actuellement stationnés au site de Batrain, à Dakar. Certains députés devraient entrer en possession de leurs véhicules dès les prochains jours, tandis que le reste du parc automobile attendu est annoncé pour la semaine suivante. Cette livraison progressive vise à équiper l’ensemble des parlementaires, conformément aux engagements pris par l’institution.

Cependant, cette opération continue de susciter une vive controverse dans l’opinion publique et au sein de la classe politique. Le débat sur l’opportunité et les conditions d’acquisition de ces véhicules a été relancé par le député Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs (RV), membre de l’opposition. C’est lui qui a révélé l’information relative à la remise du premier lot, tout en exprimant de sérieuses réserves sur la démarche.

L’ancien ministre de l’Énergie avait déjà dénoncé le coût unitaire des véhicules, estimé à 54 millions de francs CFA. Selon lui, le contexte économique actuel, marqué par une dette publique élevée et des besoins sociaux pressants, ne justifie pas l’utilisation de ressources financières issues de l’endettement pour financer l’achat de véhicules de luxe destinés aux députés. « La situation actuelle ne prédispose pas à prendre de l’argent de la dette pour financer des véhicules », avait-il déclaré, appelant à une gestion plus rigoureuse et plus responsable des finances publiques.

Au-delà de la question du coût, Thierno Alassane Sall pointe également un manque de transparence dans la procédure d’achat et de répartition des véhicules. Il estime que les Sénégalais n’ont pas été suffisamment informés des modalités de financement, des critères d’attribution et des justifications officielles ayant conduit à ce choix budgétaire. Une position qui trouve un certain écho dans une partie de l’opinion, déjà sensible aux questions de gouvernance, de rationalisation des dépenses publiques et d’exemplarité des institutions.

De son côté, l’Assemblée nationale n’a pas encore communiqué de manière détaillée sur l’ensemble du processus, laissant ainsi le débat se poursuivre. En attendant l’arrivée du reste des véhicules et la finalisation de leur distribution, cette affaire continue d’alimenter les discussions politiques, révélant les tensions persistantes entre exigences de fonctionnement institutionnel et attentes citoyennes en matière de sobriété et de transparence dans la gestion des ressources publiques.

Fass Boye : une pirogue transportant des candidats à la migration partie le 5 décembre reste introuvable

L’angoisse ne faiblit pas à Fass Boye, village de pêcheurs situé dans le département de Tivaouane. Depuis plus d’un mois, les habitants vivent dans une attente douloureuse après la disparition d’une pirogue transportant plusieurs jeunes candidats à la migration irrégulière. L’embarcation, partie des côtes gambiennes le 5 décembre dernier, n’a depuis donné aucun signe de vie.

Selon les informations recueillies auprès des populations locales, la pirogue transportait majoritairement des ressortissants de Fass Boye, mais également des jeunes originaires d’autres villages de la commune de Darou Khoudoss, notamment Darou Ndiaye, Diogo et Khonk Yoye. Tous avaient pris la mer avec l’espoir de rejoindre l’Espagne, via l’une des routes migratoires les plus dangereuses au monde.

Depuis cette date, aucune communication n’a été établie avec les passagers, et aucune trace de l’embarcation n’a été retrouvée. « La pirogue a quitté la Gambie le 5 décembre et, jusqu’à présent, nous sommes sans aucune nouvelle », confie un habitant du village, joint par l’APS. Une absence de contact prolongée qui renforce les craintes des familles, conscientes des nombreux drames qui jalonnent la route de l’Atlantique.

Parmi les familles les plus durement éprouvées figure celle d’Aminata Boye. Cette mère de famille a vu embarquer cinq de ses enfants à bord de la pirogue disparue, dont trois garçons et deux filles. Depuis, elle vit dans une détresse silencieuse, suspendue à l’espoir d’un signe, aussi infime soit-il. Comme elle, de nombreuses mères et proches oscillent entre espoir et résignation, face à l’incertitude totale qui entoure le sort des migrants.

À Fass Boye, le quotidien est désormais rythmé par l’attente et la prière. Les autorités religieuses et coutumières du village ont organisé plusieurs séances de prières collectives, implorant la protection divine pour les disparus et le réconfort des familles. La solidarité communautaire s’est également renforcée, les habitants se rendant régulièrement auprès des familles endeuillées par l’angoisse, pour leur apporter un soutien moral et matériel.

Cette disparition remet une fois de plus en lumière les dangers de la migration irrégulière par voie maritime, un phénomène qui continue de frapper durement les communautés côtières du Sénégal. À Fass Boye, village déjà marqué par d’autres départs tragiques par le passé, l’espoir demeure fragile mais tenace, dans l’attente d’une information officielle ou d’un miracle qui viendrait rompre ce long silence.

Critiques d’Amadou Mame Diop : Abass Fall dénonce une « hypocrisie » et une « haine immense » contre Ousmane Sonko

La sortie médiatique d’Amadou Mame Diop, ancien président de l’Assemblée nationale, continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique. Ce lundi 5 janvier, le maire de Dakar et responsable de Pastef, Abass Fall, est monté au créneau pour répondre avec fermeté aux critiques formulées par l’ancien dignitaire du régime de Macky Sall à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko.

Dans une publication sur sa page Facebook, Abass Fall a dénoncé ce qu’il qualifie d’« hypocrisie » et de « haine immense » dirigées contre Ousmane Sonko. Selon lui, les propos d’Amadou Mame Diop s’inscrivent dans une logique de dénigrement systématique, déconnectée des réalités actuelles de l’action gouvernementale. L’ancien président de l’Assemblée nationale avait notamment affirmé que les déclarations du Premier ministre étaient « empreintes de vulgarité et d’accusations fallacieuses » et avait pointé une gouvernance qu’il juge « inefficace et incohérente » depuis deux ans.

Pour Abass Fall, ces accusations manquent de crédibilité, compte tenu du passé politique de leur auteur. Il n’a pas hésité à rappeler le rôle joué par Amadou Mame Diop sous le régime de Macky Sall, qu’il tient pour responsable de nombreuses dérives ayant, selon lui, profondément fragilisé le pays. « Acteur actif de la destruction massive de notre pays et piètre ex-président de l’Assemblée nationale », a-t-il écrit, accusant son adversaire politique de faire abstraction des efforts consentis par le gouvernement actuel.

Le maire de Dakar a notamment cité les mesures prises par les nouvelles autorités, telles que la baisse de certaines denrées de première nécessité et la réduction du coût de l’électricité, pour illustrer ce qu’il considère comme des avancées concrètes au bénéfice des populations. À ses yeux, ignorer ces actions relève d’une mauvaise foi manifeste et d’une volonté assumée de s’attaquer à Ousmane Sonko, devenu, selon lui, la cible privilégiée de ses détracteurs.

Abass Fall estime par ailleurs que cette hostilité traduit une frustration politique profonde. Il affirme qu’Amadou Mame Diop et ses alliés « continueront à souffrir » en voyant Ousmane Sonko occuper une place centrale au cœur de l’État et bénéficier du soutien d’une large frange des Sénégalais. Il soutient que les critiques actuelles ne sont qu’une tentative maladroite de préparer un retour au pouvoir, en perspective de l’échéance présidentielle de 2029.

Dans un ton ironique, le maire de Dakar a enfin mis en garde l’opposition contre toute illusion électorale. Selon lui, les Sénégalais gardent une mémoire vive des « moments les plus sombres » vécus sous l’ancien régime et ne se laisseront pas convaincre par des discours qu’il juge déconnectés des aspirations populaires. Une réponse musclée qui illustre la tension persistante entre les tenants du pouvoir actuel et les figures de l’ancien régime, sur fond de recomposition durable du paysage politique sénégalais.

Enseignants sénégalais recrutés en Guinée : le Sénégal exigera un acte de cessation de contrat avant toute réintégration

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri) est sorti de sa réserve face à la controverse née du recrutement d’enseignants-chercheurs sénégalais par certaines universités guinéennes. Alors que l’affaire suscite de vives interrogations dans le milieu universitaire, les autorités sénégalaises entendent désormais poser des garde-fous clairs afin de préserver l’équilibre et la continuité du service public de l’enseignement supérieur.

Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, le Mesri compte exiger de tout enseignant concerné la présentation d’un acte formel de cessation de contrat avant toute éventuelle réintégration dans une université publique sénégalaise. Une position ferme qui vise à clarifier la situation administrative et contractuelle des enseignants impliqués dans ce recrutement externe.

D’après des sources proches du ministère, les autorités reconnaissent le principe de liberté individuelle. « Les enseignants sont libres de choisir », confie une source au Mesri, tout en soulignant que cette liberté ne saurait s’exercer au détriment des règles qui encadrent la fonction publique universitaire sénégalaise. Ainsi, tout enseignant-chercheur identifié comme ayant été recruté par la Guinée devra, s’il souhaite poursuivre une collaboration avec l’État du Sénégal, produire un document attestant la rupture effective de son engagement avec l’institution étrangère.

Cette position intervient après la révélation d’une liste faisant état d’environ 300 candidats sénégalais admis à un recrutement d’enseignants-chercheurs pour le compte de la Guinée, parmi lesquels figureraient des enseignants déjà en exercice dans les universités publiques sénégalaises. Une situation jugée préoccupante par les autorités, dans un contexte marqué par un déficit structurel d’enseignants et une pression croissante sur le système universitaire national.

Dès l’éclatement de l’affaire, le ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Daouda Ngom, avait réagi en demandant aux recteurs des universités publiques de se saisir du dossier. Il leur avait notamment instruit d’identifier les enseignants concernés, de préciser la nature de leurs relations contractuelles et de proposer des mesures appropriées pour préserver le bon déroulement des enseignements et des activités de recherche.

Pour le Mesri, l’enjeu dépasse le simple cas administratif. Il s’agit avant tout d’assurer une gestion cohérente et responsable des ressources humaines, dans un secteur stratégique pour le développement du pays. Le départ simultané ou non encadré d’enseignants-chercheurs pourrait, selon plusieurs responsables universitaires, fragiliser davantage des établissements déjà confrontés à des effectifs pléthoriques et à un manque d’encadrement pédagogique.

Si le ministère n’exclut pas une coopération académique régionale, il entend toutefois rappeler que celle-ci doit se faire dans le respect strict des textes en vigueur. La clarification exigée à travers l’acte de cessation de contrat apparaît ainsi comme une tentative de concilier liberté individuelle, respect des engagements professionnels et sauvegarde de l’intérêt général.

L’affaire, suivie de près par la communauté universitaire, pourrait déboucher sur un encadrement plus strict de la mobilité internationale des enseignants-chercheurs sénégalais, dans un contexte où la concurrence entre systèmes universitaires africains devient de plus en plus marquée.

Détournement de fonds à la Chambre de Commerce de Ziguinchor : vers l’ouverture d’une information judiciaire

La Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Ziguinchor (CCIAZ) est secouée par une grave crise institutionnelle et financière, après la publication des conclusions d’un audit commandité par les autorités de tutelle. Selon les résultats de cette mission d’inspection, des « détournements particulièrement graves » auraient été mis en évidence dans la gestion de l’institution consulaire, mettant en cause les pratiques financières de ses dirigeants.

Face à l’ampleur des irrégularités relevées, le ministère de l’Industrie et du Commerce a décidé de passer à l’étape judiciaire. Il a annoncé l’ouverture imminente d’une information judiciaire afin de faire toute la lumière sur les faits dénoncés. Cette procédure permettra notamment à l’Agence Judiciaire de l’État (AJE) de se constituer partie civile et d’engager les actions nécessaires en vue de la récupération des montants présumés détournés, mais aussi d’identifier les responsabilités pénales éventuelles.

Au-delà du volet judiciaire, cette affaire marque un tournant majeur pour la CCIAZ. Selon le quotidien Libération, le ministre Serigne Guèye Diop a acté la fin du cycle actuel de gouvernance de la Chambre de commerce de Ziguinchor. Dans cette perspective, il a annoncé l’organisation prochaine d’élections destinées à renouveler l’ensemble des instances dirigeantes de l’institution. L’objectif affiché est de restaurer la légitimité, la crédibilité et la confiance des opérateurs économiques de la région Sud, durement ébranlées par ce scandale financier.

Cette crise locale s’inscrit également dans une réflexion plus large sur la gouvernance des chambres consulaires à l’échelle nationale. Le ministre de l’Industrie et du Commerce travaille actuellement à une réforme en profondeur du cadre juridique régissant l’ensemble des Chambes de commerce du Sénégal. Le projet de loi en préparation vise notamment à renforcer l’autonomie de ces institutions face aux influences politiques ou extérieures, souvent accusées de peser sur leur fonctionnement.

La réforme prévoit également de mettre fin à la concentration excessive du pouvoir entre les mains des présidents de chambre, en instaurant une gestion plus collégiale et mieux encadrée. Il s’agira aussi de définir de manière plus précise les droits, les obligations et les limites des dirigeants consulaires, afin de prévenir les dérives de gestion. Enfin, le texte devrait introduire des mécanismes clairs et systématiques de destitution en cas de faute de gestion avérée ou de manquement grave aux règles de gouvernance.

L’affaire de la Chambre de commerce de Ziguinchor apparaît ainsi comme un révélateur des dysfonctionnements structurels qui minent certaines institutions consulaires. Elle pourrait surtout servir de catalyseur à une réforme longtemps attendue, dans un contexte national marqué par une exigence accrue de transparence, de bonne gouvernance et de reddition des comptes dans la gestion des ressources publiques et parapubliques.

PJF : la Chambre d’accusation financière ordonne la libération de Mabintou Diaby et Mouhamed Diagne

Un nouveau tournant est intervenu dans le dossier judiciaire impliquant la famille de Madiambal Diagne. La Chambre d’accusation du Pool judiciaire financier (PJF) a ordonné la mise en liberté provisoire de Mme Mabintou Diaby et de Mouhamed Diagne, respectivement épouse et fils du journaliste et patron de presse. Cette décision intervient après l’examen de leur situation dans le cadre de la procédure en cours liée à l’affaire dite de la SCI Pharaon.

Toutefois, cette mise en liberté n’est pas sans conditions. Les deux mis en cause devront porter un bracelet électronique, une mesure de contrôle judiciaire destinée à garantir leur disponibilité pour la suite de la procédure et à prévenir tout risque de fuite ou d’entrave à l’enquête. Cette décision traduit la volonté de la juridiction d’accorder une liberté encadrée, tout en maintenant une surveillance étroite sur les intéressés.

Il convient cependant de souligner que cette libération n’est pas encore définitive. Le parquet dispose d’un délai légal de six jours pour éventuellement introduire un pourvoi en cassation contre la décision de la Chambre d’accusation financière. En cas de recours, l’exécution de la mesure pourrait être suspendue, prolongeant ainsi l’incertitude autour de la situation judiciaire des deux concernés.

Pour rappel, cette affaire trouve son origine dans un rapport de la Cellule de traitement des informations financières (Centif), transmis aux autorités judiciaires. Le document met en cause la Société civile immobilière (SCI) Pharaon, soupçonnée d’avoir servi de cadre à des opérations financières jugées suspectes. Selon le parquet financier, ces opérations porteraient sur de présumées rétrocommissions évaluées à plusieurs milliards de francs CFA, dont l’origine et la destination font l’objet d’investigations approfondies.

Le dossier s’inscrit dans un contexte de renforcement de la lutte contre les infractions financières et économiques, portée par le Pool judiciaire financier, devenu un instrument central de la politique de reddition des comptes. Les enquêtes visent notamment à retracer les flux financiers, à identifier les responsabilités individuelles et à déterminer l’éventuelle existence de mécanismes de blanchiment ou de détournement de fonds.

En attendant la position définitive du parquet et la suite de la procédure, la décision de la Chambre d’accusation marque une étape importante dans ce dossier à forte résonance médiatique. Elle relance également le débat sur l’équilibre entre les exigences de l’enquête judiciaire, le respect des droits de la défense et l’usage croissant des mesures de surveillance électronique dans les affaires financières d’envergure.

Litige fiscal entre Woodside et la DGID : le dossier renvoyé au 5 février 2026

Le contentieux fiscal opposant la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) à la compagnie pétrolière australienne Woodside continue de suivre son cours devant la justice sénégalaise. Saisie de cette affaire sensible aux enjeux financiers majeurs, la première Chambre civile du tribunal de grande instance de Dakar a décidé de renvoyer l’examen du dossier au 5 février 2026.

Lors de l’audience tenue le 18 décembre dernier, les juges ont pris connaissance des éléments du litige qui oppose l’État du Sénégal à l’opérateur du champ pétrolier offshore de Sangomar. Toutefois, aucune décision sur le fond n’a été rendue à cette étape de la procédure. Selon le quotidien Libération, ce renvoi vise à permettre au tribunal de procéder à des vérifications approfondies, notamment sur la conformité, la régularité et la validité des pièces comptables et des documents justificatifs produits par les deux parties.

Au cœur de ce bras de fer judiciaire se trouve une réclamation fiscale d’un montant précis de 41 467 543 147 francs CFA. Depuis 2023, l’administration fiscale sénégalaise estime que cette somme est due par Woodside au titre de ses obligations fiscales liées à ses activités pétrolières au Sénégal. Pour tenter de recouvrer ces fonds, la DGID avait émis des titres de perception, une procédure administrative permettant au Trésor public d’engager des poursuites en vue du paiement des montants contestés.

Cette démarche a été vigoureusement contestée par Woodside, qui remet en cause l’interprétation faite par le fisc sénégalais de ses obligations fiscales. La compagnie pétrolière soutient que les titres de perception émis à son encontre ne reposent pas sur une base juridique et comptable conforme aux dispositions applicables. C’est dans ce contexte que l’opérateur a saisi la juridiction sénégalaise pour obtenir l’annulation pure et simple de ces actes de poursuite.

Au-delà de la procédure judiciaire engagée au Sénégal, Woodside a également choisi d’internationaliser le différend. La compagnie a porté le litige devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), l’organe d’arbitrage de la Banque mondiale compétent pour trancher les conflits opposant des États à des investisseurs étrangers. Cette double procédure, à la fois nationale et internationale, illustre l’ampleur du désaccord entre les deux parties et la complexité juridique du dossier.

Ce contentieux intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le Sénégal, alors que l’exploitation du champ pétrolier de Sangomar constitue un enjeu stratégique majeur pour les finances publiques et la souveraineté économique du pays. L’issue de cette affaire est donc très attendue, tant par les autorités fiscales que par les observateurs du secteur extractif, dans un climat marqué par une vigilance accrue sur la transparence, la fiscalité et la gouvernance des ressources naturelles.

Amadou Mame Diop critique Ousmane Sonko et évoque une crise de leadership au sommet de l’État

Après plusieurs mois de silence médiatique, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, est sorti de sa réserve. Dans une interview accordée au quotidien L’Observateur et publiée ce lundi 5 janvier 2025, l’ex-responsable de l’Alliance pour la République (APR) a livré une analyse sévère du climat politique actuel, s’attaquant frontalement au Premier ministre Ousmane Sonko et pointant ce qu’il considère comme une crise de leadership au sommet de l’exécutif sénégalais.

Sans détour, Amadou Mame Diop a qualifié les sorties publiques du chef du gouvernement de propos « toujours empreints de la même vulgarité et d’accusations fallacieuses ». Pour l’ancien président de l’Assemblée nationale, le discours d’Ousmane Sonko n’a pas évolué malgré son accession aux plus hautes responsabilités de l’État. Il estime que le Premier ministre conserve une posture de confrontation permanente, peu compatible, selon lui, avec les exigences de la fonction gouvernementale et le devoir de retenue qui s’impose à un chef de l’exécutif.

Au-delà de la critique personnelle, Amadou Mame Diop s’est également exprimé sur ce qu’il qualifie de « crise » entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre. À ses yeux, cette situation est largement exagérée et relève davantage d’une rivalité de pouvoir que d’un véritable désaccord politique ou institutionnel. Il parle ainsi d’« une tempête dans un verre d’eau », alimentée par une logique qu’il juge exclusivement « pouvoiriste ».

L’ancien proche de Macky Sall avance que le président Diomaye Faye chercherait avant tout à conserver l’autorité et le contrôle du pouvoir exécutif, tandis que son Premier ministre tenterait, selon lui, de s’imposer comme le véritable centre de décision. Il va plus loin en affirmant qu’Ousmane Sonko bénéficierait du soutien de certains responsables influents du Pastef, le parti au pouvoir, dans cette bataille d’influence qu’il estime nuisible à la stabilité institutionnelle.

Pour Amadou Mame Diop, cette situation traduit une confusion profonde des rôles au sommet de l’État. Il estime que la dualité observée à la tête de l’exécutif nuit gravement à la lisibilité de l’action publique et affaiblit son efficacité. Selon lui, l’absence de clarification dans la répartition des responsabilités entre le président de la République et son Premier ministre risque de paralyser les décisions stratégiques et d’entretenir un climat d’incertitude au sein de l’administration comme auprès des partenaires du Sénégal.

À travers cette sortie médiatique, Amadou Mame Diop se positionne comme l’une des voix critiques de l’ancien régime face au nouveau pouvoir. Son intervention relance le débat sur l’équilibre institutionnel, la cohabitation au sommet de l’État et la nécessité, selon ses termes, d’un leadership clair et cohérent pour garantir la stabilité politique et l’efficacité de l’action gouvernementale.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°641 – 05/01/2026

🔴 LE MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR ESPAGNOL RÉVÈLE QUE SEULS 38 775 PERSONNES ONT DÉBARQUÉ SANS AUTORISATION CETTE ANNÉE SUR LE SOL IBÉRIQUE : 2025 MOINS IRRÉGULIÈRE QUE 2024
🔴 REMISE DU PREMIER LOT DE VÉHICULES AUX DÉPUTÉS : TAS SERT UNE D.E. À EL MALICK

🔴 MAROC / ACCIDENT MORTEL : UNE ÉTUDIANTE SÉNÉGALAISE DÉCÈDE APRÈS LE MATCH SÉNÉGAL–SOUDAN

CAN 2025 : Ibrahim Mbaye inscrit son premier but et creuse l’écart pour les Lions (3-1)

Le Sénégal a définitivement validé son ticket pour les quarts de finale de la CAN 2025 grâce à Ibrahim Mbaye. À quelques minutes du terme de la rencontre face au Soudan, l’attaquant des Lions a scellé le sort du match en inscrivant le troisième but sénégalais, libérant totalement son équipe et le public. Un but important, à la fois pour la qualification et pour la confiance d’un jeune joueur en pleine ascension.

Entré en jeu à la 74ᵉ minute, Ibrahim Mbaye n’a pas mis longtemps à faire parler ses qualités. Alors que le Sénégal cherchait encore à se mettre définitivement à l’abri, le jeune attaquant est lancé en profondeur dans le dos de la défense soudanaise. Grâce à sa vitesse, il prend le dessus sur le capitaine Khamis, l’élimine avec sang-froid et conclut d’une frappe précise qui ne laisse aucune chance au gardien Elneel. Un geste juste, maîtrisé, et surtout décisif, au moment où la pression commençait à monter dans les rangs sénégalais.

Ce but vient couronner une entrée en jeu particulièrement aboutie. Quelques minutes auparavant, Ibrahim Mbaye était déjà tout proche de s’offrir un doublé. Sur un centre parfaitement dosé de Diouf, il surgit au second poteau et place une tête puissante qui frôle la transversale. Le stade retient son souffle, le doublé n’était vraiment pas loin. Cette occasion manquée ne fera finalement que retarder l’échéance, tant l’attaquant semblait inspiré et en confiance.

Ce but revêt une importance particulière pour Ibrahim Mbaye. Il s’agit de son premier but en Coupe d’Afrique des Nations, mais déjà de son deuxième sous le maillot des Lions, après celui inscrit face au Kenya. Au-delà des statistiques, le jeune attaquant confirme surtout son impact immédiat en sortie de banc. Depuis le début du tournoi, il se distingue par des entrées convaincantes, apportant vitesse, percussion et fraîcheur dans les moments clés.

Déjà face à la RDC et au Bénin, Ibrahim Mbaye s’était illustré par son activité et son culot, provoquant notamment un penalty et mettant constamment la pression sur les défenses adverses. Contre le Soudan, il franchit un cap supplémentaire en se montrant décisif, dans un match à élimination directe où chaque détail compte.

Avec ce but, le Sénégal s’offre une fin de match sereine et confirme sa supériorité. Pour Ibrahim Mbaye, cette réalisation pourrait bien marquer un tournant dans sa CAN 2025. À seulement quelques minutes de jeu, il a su se rendre indispensable et envoyer un signal fort au staff technique : les Lions peuvent compter sur lui, même dans les moments les plus décisifs.

CAN 2025 : le Sénégal impose sa loi et file en quarts après sa victoire sur le Soudan (3-1)

Le Sénégal poursuit sa marche en avant dans cette Coupe d’Afrique des Nations 2025. Opposés au Soudan en huitièmes de finale, les Lions de la Teranga ont validé leur billet pour les quarts de finale au terme d’une rencontre plus disputée que ne le laisse croire le score final (3-1). Surpris d’entrée par des Soudanais audacieux et bien organisés, les champions d’Afrique ont su faire parler leur expérience, leur maîtrise collective et leur puissance offensive pour renverser la situation et confirmer leur statut de favori.

Dès l’entame, les Faucons de Jediane affichent clairement leurs intentions. Loin de se recroqueviller, le Soudan opte pour un bloc haut, un pressing intense et une volonté assumée de perturber la relance sénégalaise. Cette audace est rapidement récompensée. À la 6ᵉ minute, à la suite d’une projection rapide, Abdallah profite d’un espace dans la surface sénégalaise. L’attaquant ajuste parfaitement son appui et enroule une frappe précise qui laisse Édouard Mendy sans réaction. Un véritable coup de tonnerre qui surprend les Lions et donne un élan de confiance aux Soudanais.

Touché mais loin d’être déstabilisé, le Sénégal réagit avec calme et lucidité. Les hommes de Pape Thiaw prennent progressivement le contrôle du ballon, élargissent le jeu et installent une pression constante autour de la surface adverse. Sadio Mané se montre très actif entre les lignes, Ismaïla Sarr multiplie les appels sur son côté, tandis que Nicolas Jackson pèse sur la défense par ses déplacements. Le portier soudanais Elneel se distingue alors par plusieurs arrêts décisifs, retardant l’échéance face à un Sénégal de plus en plus dominateur.

La délivrance intervient finalement à la 29ᵉ minute. Bien servi plein axe par Sadio Mané, Pape Gueye ne se pose pas de questions et déclenche une frappe parfaitement placée. L’égalisation remet les deux équipes à hauteur et libère les Lions, qui retrouvent confiance et sérénité dans leur jeu. Ce but agit comme un déclic.

Porté par cet élan, le Sénégal accélère avant la pause. Plus justes techniquement, plus rapides dans les transmissions et plus tranchants dans les trente derniers mètres, les Lions continuent d’asphyxier leur adversaire. Juste avant la mi-temps, Pape Gueye s’illustre à nouveau. Servi en retrait, le milieu de terrain sénégalais frappe sans contrôle et trompe une seconde fois Elneel. Auteur d’un doublé, il renverse totalement le cours du match et permet au Sénégal de regagner les vestiaires avec un avantage mérité.

Au retour des vestiaires, le Soudan refuse toutefois d’abdiquer. Les hommes de Kwesi Appiah repartent avec les mêmes intentions, maintenant un pressing haut et cherchant à casser le rythme sénégalais. Cette stratégie gêne par moments la construction des Lions, moins fluides dans leur jeu. Le Soudan se projette rapidement vers l’avant et se crée quelques situations dangereuses. Édouard Mendy doit d’ailleurs s’illustrer sur une frappe à bout portant, réalisant un arrêt de grande classe pour préserver l’avantage sénégalais.

Face à cette résistance, le Sénégal fait parler son expérience. Pape Thiaw ajuste son dispositif, densifie le milieu de terrain et redonne plus de contrôle à son équipe. Progressivement, les Lions reprennent la maîtrise du tempo et obligent le Soudan à reculer. Les espaces se font plus rares pour les Faucons, dont l’intensité baisse au fil des minutes.

La domination sénégalaise finit par se traduire au tableau d’affichage avec un troisième but qui scelle définitivement le sort de la rencontre. Plus lucides dans la gestion du match, les Lions contrôlent ensuite les dernières minutes sans se mettre en danger, confirmant leur supériorité technique et tactique.

Avec cette victoire convaincante, le Sénégal se qualifie logiquement pour les quarts de finale de la CAN 2025. Si la frayeur du début de match rappelle que rien n’est jamais acquis dans ce tournoi, la réaction collective et la solidité affichées rassurent. Les Lions de la Teranga envoient un message clair à leurs futurs adversaires : ils sont prêts à aller loin et assumer pleinement leur statut de candidats au sacre continental.

Nathalie Yamb : l’angle mort du panafricanisme radical

L’ex-femme de l’activiste pro russe et panafricaniste a été arrêtée au bénin avant d’être relâchée. Keba, qui s’est fendu de plusieurs sorties pour fustiger cette arrestation, appelant à la dictature, oublie qu’il est lui-même conseiller du président de la junte nigérienne Abderahmane Tiani qui tient en otage Mohamed Bazoum depuis bientôt trois ans.
Kemi est une icône du panafricanisme radical. Dans cet écosystème du panafricaniste radical, une constante saute aux yeux : Kemi Seba encaisse, Nathalie Yamb avance sans encombre. L’un est frontal, poursuivi, expulsé… tandis que l’autre est omniprésente, invitée, relayée. Pourtant, derrière cette dissymétrie de traitement, une réalité dérangeante s’impose : leurs lignes idéologiques sont jumelles. Même rhétorique, mêmes alliances, mêmes méthodes. La différence n’est pas politique, elle est stratégique et médiatique.
Un même pont idéologique… pour deux destins médiatiques opposés
Nathalie Yamb et Kemi Seba avancent sur le même pont politique et idéologique : un panafricanisme radical, structuré autour de trois piliers constants. Un anti-français obsessionnel ; une rupture proclamée avec l’Occident et une fascination assumée pour la Russie.
Sur le fond, les convergences entre les deux sont nombreuses. D’abord, une domination conjointe des réseaux sociaux panafricanistes jusqu’en 2024, un soutien explicite à la Russie et à ses positions en Afrique, un recours massif à des informations non vérifiées ou orientées et des sanctions européennes et interdictions d’entrée sur le territoire de l’UE.
Mais sur la forme, le contraste est total. Kemi Seba est devenu l’homme à abattre, attaqué de toutes parts, y compris par d’autres panafricanistes. Nathalie Yamb, elle, avance à couvert, protégée par une posture d’« intellectuelle militante », un ton plus feutré, une rhétorique plus sophistiquée. Celle qui se dénomme « la dame de Sotchi » s’en sort mieux, faut-il le reconnaître.
Ce décalage de traitement ne tient ni à la cohérence idéologique, ni à la solidité factuelle de ses prises de position. Il repose sur une illusion de rigueur. Yamb utilise un vocabulaire plus académique et use de la victimisation face aux critiques.
Mais dès que l’on quitte la surface discursive pour examiner les faits, les incohérences apparaissent en série. Nathalie Yamb dénonce avec constance l’impérialisme français, qualifié de « néocolonial ».
Mais soutient l’action du groupe Wagner au Mali. Il ne s’agit pas d’une rupture avec l’impérialisme, mais d’un simple changement de parrain. Remplacer une hégémonie par une autre n’est pas une émancipation, c’est une translation de dépendance.
Installée en Suisse, et revendiquant une nationalité suisse, Nathalie Yamb mène sa croisade idéologique depuis le confort de l’Occident qu’elle vilipende. Cette position cristallise une hypocrisie largement dénoncée : critiquer l’Occident sans jamais en quitter les avantages.
L’intransigeance affichée contre certains régimes africains contraste violemment avec le mutisme quasi total sur le Cameroun, pourtant marqué par plus de quarante ans de pouvoir autoritaire sous Paul Biya. Ce silence nourrit les soupçons de complaisance. Nathalie Yambcritique tous les régimes démocratiques en Afrique francophone mais ne dit rien du Cameroun et des quatre décennies du Président Biya.
Ainsi, le contraste est désormais évident : Kemi Seba paie le prix fort de positions que Nathalie Yamb partage largement mais qu’elle exprime différemment. Cette différence de traitement n’efface pas les incohérences de fond. Elle les rend simplement moins visibles, pour l’instant.
Dans un espace informationnel de plus en plus scruté, les incohérences finissent toujours par refaire surface.

Signe Saer Diop

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°640 – 02/01/2026

🔴 DISCOURS DE S.E BASSIROU DIOMAYE FAYE ET SORTIE DE SONKO : LA COMMUNICATION PRÉSIDENTIELLE BROUILLÉE AU SOMMET DE L’ÉTAT
🔴 TERRIBLE ACCIDENT AYANT FAIT 03 MORTS NON LOIN DE DIOURBEL : LA ROUTE A ENCORE TUÉ

🔴 CAN 2025 : LE TABLEAU FINAL DÉVOILÉ, PLACE À LA PHASE DÉCISIVE
🔴 CAN 2025 : BOULAYE DIA, L’OUBLIÉ DE PAPE THIAW

Une autopsie dévastatrice : le Sénégal raconté et le Sénégal vécu par Diomaye FAYE

Le Président Diomaye Faye a pris la parole. Mais derrière un vernis rhétorique poli et quelques annonces chiffrées, la réalité frappe. Car le Sénégal qu’il décrit n’est pas celui que vivent des millions de citoyens. Les promesses s’accumulent, mais les actes se font attendre. Entre slogans, tripatouillages institutionnels et discours décousu, le peuple n’a pas élu un narrateur, mais cherche un bâtisseur.

Un pays décrit… mais pas vécu

Le Chef de l’État vante des milliers de salles de classe, plus de 180 km de routes, une baisse du coût de la vie.
Cependant, sans relance économique, sans création de richesse et sans pouvoir d’achat, ces annonces restent suspendues dans l’air.

On affiche des chiffres, mais les assiettes restent vides. On parle de baisse des prix, tandis que les revenus stagnent.
Ainsi, la statistique remplace le vécu quotidien.

Agriculture : la souveraineté… sans la terre

La souveraineté alimentaire est brandie comme un mantra.
Pourtant, sans réforme foncière, sans accès sécurisé à la terre et sans baisse réelle du coût des intrants, cette souveraineté reste un slogan creux.
On proclame la rupture, mais on perpétue l’importation.

Ainsi, la rhétorique masque la continuité de la dépendance alimentaire.
Arachide : le discours contredit par la campagne
Le Président affirme que la filière arachidière est redynamisée.
Pourtant, à peine le discours terminé, des paysans ont organisé un concert de casseroles pour exiger l’achat de leurs récoltes.
Ainsi, quand le pouvoir célèbre, le monde rural proteste.
L’arachide continue d’être exportée brute, les producteurs restent exploités et les circuits demeurent opaques.
On parle de valeur ajoutée, mais on entretient la dépendance.

Pêche : protéger sans protéger

La défense de la pêche artisanale était promise.
Or, les accords de pêche étrangers ne sont ni suspendus ni renégociés sérieusement, la surveillance reste faible et la transformation locale est absente.
Ainsi, la mer est sacrifiée tandis que le discours flotte.

Emploi : le mirage des chiffres

Le Chef de l’État parle d’emplois massifs.
Cependant, aucun plan chiffré, aucun calendrier, aucun financement clairement identifié n’est présenté.
L’emploi devient une promesse émotionnelle et non une politique publique.
Ainsi, on rassure la jeunesse par les mots, mais on l’abandonne dans les faits.

Santé : déclaration d’intention sans moyens

La justice sociale est invoquée. Pourtant, les hôpitaux restent sous-équipés, la CMU demeure largement inopérante et le personnel médical est abandonné à l’épuisement.
Ainsi, la déclaration d’intention proclamée ne guérit personne.

Recrutements publics : l’opacité qui inquiète

Le pouvoir se félicite de recrutements :
2 000 enseignants sans critères connus
2 300 employés à la SONACOS sans appel à candidature
Car, un État sérieux recrute dans la transparence, et non dans le soupçon de clientélisme.
Ainsi, ce qui devrait être une garantie devient un instrument de doute et de frustration.

Réformes institutionnelles : entre chambre d’enregistrement et tripatouillages

L’indépendance de la justice est proclamée.
Or, les poursuites paraissent sélectives et le Conseil supérieur de la magistrature reste sous influence exécutive.
La Cour constitutionnelle ne nous inspire pas confiance. En effet, elle s’annonce comme une chambre d’enregistrement des volontés juridiques de PASTEF, mais également comme une passoire où tous les désiderats de PASTEF passeront comme lettres à la poste.
De plus, la modification annoncée du Code électoral suit le même chemin : validée par le Conseil des ministres, confirmée par une Assemblée nationale où PASTEF a une majorité écrasante et entérinée par les lois internes du parti.
Ainsi, nous attendrons les Sénégalais sur ces dérives, ces manquements et ces tripatouillages, qui risquent de conduire le peuple au gouffre.
La loi doit avoir une portée générale, impersonnelle et transcender les clivages et obédiences politiques.
En effet, sans cela, les institutions deviennent un instrument de pouvoir partisan et non une protection pour tous.

Un discours sans architecture

Le discours est décousu : éducation, santé, retour à l’éducation, sécurité, énergie puis encore santé.
Ainsi, ce n’est pas une vision, c’est une juxtaposition.

Or, un discours présidentiel doit hiérarchiser, trancher et orienter. Ici, le fil conducteur est absent.
En définitive, le peuple n’a pas élu un narrateur. Le discours du Président Diomaye Faye accumule :des intentions sans mécanisme, des promesses sans instruments, une morale sans architecture institutionnelle.

Ainsi, il est bien écrit, il est bien prononcé, mais il reste politiquement creux.
Le peuple sénégalais n’a pas élu un narrateur, mais veut un bâtisseur.
On ne gouverne pas avec des mots, mais avec des décisions.
Par conséquent, tant que le Sénégal raconté ne rencontrera pas le Sénégal vécu, la fracture entre le pouvoir et le peuple continuera de s’élargir.

Moussa Niang délégué National à la vié politique de Guem Sa Bopp, les jambaars.

Université de Touba : l’UCAK engage le processus d’accréditation de ses diplômes et consolide son ancrage académique

L’Université Cheikh Ahmadoul Khadim (UCAK) de Touba franchit une étape décisive dans son développement institutionnel et académique. Après avoir obtenu l’habilitation officielle de l’État du Sénégal, l’établissement est désormais engagé dans le processus d’accréditation de ses diplômes de licence et de master, à la suite d’un avis favorable de l’Autorité nationale d’assurance qualité de l’enseignement supérieur (ANAQ-Sup). Une avancée majeure qui confirme l’ambition de l’UCAK de s’inscrire durablement dans le paysage universitaire national et international.

L’annonce a été faite ce mercredi par le président du Complexe Cheikh Ahmadoul Khadim (CCAK), Serigne Ahmadou Badawi Mbacké, lors d’un point de presse tenu à Touba. Selon lui, l’université entre dans « une autre phase stratégique », celle de l’accréditation des diplômes, qui constitue un jalon essentiel pour la reconnaissance académique des formations dispensées. Il s’est montré particulièrement confiant quant à l’issue de cette nouvelle étape, estimant que l’expérience acquise durant le processus d’habilitation constitue un atout majeur.

Trois ans après le démarrage effectif des enseignements, Serigne Ahmadou Badawi Mbacké a qualifié l’habilitation obtenue par l’UCAK de résultat « majeur », soulignant qu’elle n’est pas une fin en soi, mais plutôt le point de départ d’un processus d’amélioration continue. Pour lui, l’accréditation des diplômes est déterminante, car elle conditionne non seulement la reconnaissance nationale et internationale des parchemins délivrés, mais atteste également du respect des standards de qualité exigés dans l’enseignement supérieur moderne.

Cette reconnaissance institutionnelle traduit, selon les responsables de l’université, la conformité de l’UCAK aux critères académiques, pédagogiques et administratifs définis par les autorités sénégalaises et les référentiels internationaux. Elle renforce aussi la crédibilité de l’établissement auprès des étudiants, des partenaires académiques et du monde professionnel, en garantissant que les formations proposées répondent aux exigences de rigueur scientifique et de professionnalisation.

De son côté, le recteur de l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim, le professeur Lamine Gueye, a tenu à rappeler la vocation inclusive de l’institution. Insistant sur l’ouverture de l’UCAK, il a souligné qu’il ne s’agit nullement d’une université régionale ou communautaire au sens restrictif, mais d’un établissement ouvert à tous les Sénégalais, et au-delà, désireux de se former dans les sciences islamiques, la langue arabe ou les autres filières professionnelles enseignées au sein de l’université.

Le recteur a également mis en avant la dimension sous-régionale que l’UCAK commence à prendre, avec l’accueil, cette année, d’étudiants venus de plusieurs pays voisins. Une dynamique qui conforte l’ambition de l’université de devenir un pôle académique de référence, alliant enseignement religieux, sciences humaines et formations professionnalisantes, dans le respect des valeurs culturelles et spirituelles portées par la ville sainte de Touba.

En s’engageant résolument dans le processus d’accréditation de ses diplômes, l’UCAK confirme ainsi sa volonté de concilier héritage spirituel et exigences académiques contemporaines. Une orientation qui pourrait, à terme, renforcer l’attractivité de l’université, contribuer à la diversification de l’offre d’enseignement supérieur au Sénégal et offrir de nouvelles perspectives aux étudiants, tant sur le plan académique que professionnel.

Recrutement de 59 enseignants-chercheurs sénégalais en Guinée : le ministre de l’Enseignement supérieur interpelle fermement les recteurs

Le recrutement de cinquante-neuf enseignants-chercheurs sénégalais par la République de Guinée suscite une vive inquiétude au sommet de l’État. Dans une circulaire datée du 31 décembre 2025, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le professeur Daouda Ngom, a officiellement saisi les recteurs des universités publiques sénégalaises après avoir constaté que plusieurs enseignants en exercice figurent sur une liste d’admis à un concours de recrutement organisé par un pays voisin.

Selon le ministre, cette situation pose un sérieux problème de conformité avec les textes législatifs et réglementaires qui encadrent le statut des enseignants-chercheurs au Sénégal. L’enrôlement de personnels universitaires sénégalais dans la fonction publique d’un autre État, alors qu’ils sont toujours en service dans les universités nationales, est susceptible de remettre en cause les principes fondamentaux de gestion des ressources humaines, mais aussi la continuité des missions d’enseignement, de recherche et d’encadrement des étudiants.

Dans sa correspondance, le professeur Daouda Ngom souligne que les universités publiques sénégalaises évoluent déjà dans un contexte marqué par un déficit structurel en enseignants-chercheurs, avec des effectifs étudiants en constante augmentation. Le départ, ou même la perspective d’un double engagement institutionnel, de plusieurs dizaines d’enseignants risque, selon lui, d’aggraver les difficultés pédagogiques, d’alourdir les charges des équipes restantes et de fragiliser davantage le fonctionnement des établissements.

C’est pourquoi le ministre a instruit les recteurs de se saisir sans délai de ce dossier qu’il qualifie de préoccupant. Il leur demande de procéder à une évaluation rigoureuse de la situation administrative et contractuelle des enseignants concernés, afin de déterminer la nature exacte de leurs liens avec l’État du Sénégal. Il s’agit notamment de vérifier s’ils sont titulaires, contractuels ou en position particulière, et d’examiner si des autorisations ont été sollicitées ou accordées pour un engagement à l’étranger.

Au-delà du simple constat, le ministre attend des recteurs qu’ils proposent et mettent en œuvre des mesures appropriées pour régler cette situation, dans le strict respect du cadre légal et réglementaire. Il a insisté sur l’obligation de lui rendre compte, dans les meilleurs délais, des diligences entreprises, soulignant qu’il attache « du prix à l’exécution effective » de cette instruction, signe d’une volonté claire de ne pas banaliser l’affaire.

Cette situation met également en lumière une problématique plus large : celle de la mobilité des enseignants-chercheurs dans l’espace ouest-africain et de l’attractivité comparée des systèmes universitaires. Si la circulation des compétences peut être perçue comme un facteur d’intégration régionale et de partage du savoir, elle soulève aussi la question de la protection des investissements consentis par l’État sénégalais dans la formation et le recrutement de ses cadres universitaires.

En filigrane, cette affaire ravive le débat sur les conditions de travail, de rémunération et de reconnaissance des enseignants-chercheurs au Sénégal, souvent évoquées comme des facteurs de départ vers d’autres pays. Pour le ministère, toutefois, l’urgence est d’abord de préserver la stabilité et le bon fonctionnement des universités publiques, tout en veillant au respect des règles qui fondent le service public de l’enseignement supérieur.

Les conclusions des recteurs sont désormais très attendues, dans un dossier qui pourrait déboucher sur des décisions administratives majeures et relancer, à plus long terme, une réflexion nationale sur la gestion et la fidélisation des compétences académiques.

Accident mortel sur la route de Diourbel : 03 morts dont deux enfants

Un drame de la circulation s’est produit sur la route de Diourbel, causant la mort de trois personnes, parmi lesquelles deux enfants en bas âge. L’accident, d’une extrême violence, a profondément bouleversé les populations locales.

Les victimes ont été formellement identifiées. Il s’agit de Dieynaba Diallo, âgée de 21 ans, de Aissatou Babou, âgée de 3 ans, fille de Daouda et de Dieynaba Diallo, et de Aissatou Ba, âgée de 6 ans, fille de Djibril Ba et de Diariatou Ba. Toutes étaient domiciliées à Keur Cheikh.

Selon les premières informations recueillies, un camion a violemment percuté les trois personnes, provoquant leur décès sur le coup. Les circonstances exactes de l’accident restent à déterminer, mais la gravité de l’impact n’a laissé aucune chance aux victimes, dont deux enfants.

Les corps sans vie ont été évacués et déposés à la morgue de l’hôpital régional Heinrich Lübke de Diourbel, où les familles, sous le choc, se sont rendues pour les formalités d’usage.

Le chauffeur du camion mis en cause a été identifié sous les initiales M. N., né le 10 janvier 1990 à Touba, fils d’Ousmane et d’Aida Diouf, domicilié au quartier Médinatoul. Il a été interpellé par les forces de sécurité puis placé en garde à vue, dans le cadre de l’enquête ouverte par les autorités compétentes

Contentieux audiovisuel avec EXCAF Telecom : la TDS SA déboutée et condamnée aux entiers dépens

Le tribunal de commerce de Dakar a rendu, ce mercredi, une décision très attendue dans le litige opposant le Groupe EXCAF Télécom à la Société de Télédiffusion du Sénégal (TDS) SA, mettant ainsi un terme provisoire à un contentieux majeur dans le secteur audiovisuel sénégalais. Dans son verdict, la juridiction a largement donné raison à EXCAF Télécom, tout en déboutant la TDS SA de l’essentiel de ses prétentions.

D’emblée, le tribunal a rejeté la fin de non-recevoir soulevée par la TDS SA, qui contestait la qualité d’EXCAF Télécom à agir en justice. La société publique avait invoqué une « prétendue mauvaise fondation » d’EXCAF pour tenter d’écarter la procédure. Une argumentation que les juges ont jugée infondée, estimant qu’elle ne faisait pas obstacle à l’examen du fond du dossier. Le tribunal a ainsi considéré qu’EXCAF Télécom disposait bel et bien de la qualité et de l’intérêt requis pour saisir la juridiction commerciale.

Sur le fond, la décision est encore plus sévère pour la TDS SA. Le tribunal a relevé qu’aucune disposition légale, réglementaire ou conventionnelle applicable au secteur audiovisuel ne confère à la TDS la compétence ou le pouvoir de mettre en service les programmes des diffuseurs. En conséquence, la juridiction a jugé que le retrait unilatéral par la TDS de l’exploitation des deux multiplex attribués à EXCAF Télécom était dépourvu de toute base légale.

Considérant cette situation comme une atteinte aux droits contractuels et économiques du Groupe EXCAF Télécom, le tribunal a ordonné à la TDS SA de remettre immédiatement en service les deux multiplex à usage commercial exploités par EXCAF. Cette injonction est assortie d’une astreinte financière de 100 000 francs CFA par jour de retard, destinée à contraindre la société publique à exécuter sans délai la décision judiciaire.

Toutefois, si EXCAF Télécom obtient gain de cause sur l’essentiel, le tribunal l’a en revanche débouté de sa demande en réparation du préjudice subi. Les juges ont estimé que le dommage invoqué n’était pas suffisamment justifié pour donner lieu à une indemnisation à ce stade de la procédure. Une position qui laisse néanmoins la porte ouverte à d’éventuelles voies de recours.

En revanche, la TDS SA a été condamnée aux entiers dépens, ce qui signifie qu’elle devra supporter l’ensemble des frais liés à la procédure judiciaire. Une condamnation qui vient alourdir les conséquences financières de cette affaire pour la société publique.

Réagissant à cette décision, le Groupe EXCAF Télécom a indiqué se réserver le droit d’interjeter appel, notamment dans l’objectif d’obtenir des dommages et intérêts à la hauteur du préjudice qu’il estime avoir subi. Le groupe réaffirme par ailleurs son attachement au respect du droit, à l’équité et à une régulation saine et équilibrée du secteur audiovisuel, soulignant que ces principes sont essentiels à la protection des consommateurs sénégalais et au développement de l’économie nationale.

Cette décision du tribunal de commerce de Dakar marque ainsi une étape importante dans la r

Message à la Nation : le Président Bassirou Diomaye Faye réaffirme son engagement au service de l’intérêt général

À l’occasion de son message de fin d’année à la Nation, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a tenu à réaffirmer avec force son engagement au service exclusif de l’intérêt général. Dans une allocution empreinte de gravité et de solennité, le chef de l’État a rappelé le sens de la mission qui lui a été confiée par le peuple sénégalais, assurant que rien ne saurait le détourner de cette responsabilité historique.

Insistant sur la portée morale et républicaine de sa fonction, Bassirou Diomaye Faye a déclaré vouloir exercer la magistrature suprême avec hauteur d’esprit et retenue. « La haute charge que vous m’avez confiée me prescrit une hauteur d’esprit que j’entends garder en toute circonstance », a-t-il affirmé, avant de souligner sa détermination à gouverner avec humilité, écoute et lucidité. Pour le président de la République, l’exercice du pouvoir ne saurait être guidé par des considérations personnelles ou partisanes, mais exclusivement par la recherche du bien commun.

Dans un contexte national marqué par de fortes attentes sociales et économiques, le chef de l’État a tenu à rassurer les Sénégalais sur sa ligne de conduite. « Rien ne m’en détournera. Rien ne primera sur l’intérêt général. Rien ne sera jamais placé au-dessus de la paix, de l’unité et de l’intégrité du Sénégal », a-t-il martelé, rappelant que la stabilité nationale et la cohésion sociale demeurent des piliers fondamentaux de son action politique.

Poursuivant son propos, Bassirou Diomaye Faye a souligné que la République n’exige pas la perfection de ses dirigeants, mais impose en revanche des valeurs cardinales telles que la sincérité, la loyauté et la constance dans l’effort collectif. Selon lui, ces principes doivent guider l’action publique et servir de socle à la refondation institutionnelle et morale du pays. Il a ainsi appelé à une responsabilité partagée entre l’État et les citoyens pour bâtir un Sénégal plus juste et plus solidaire.

Conscient des défis à relever, le président de la République a salué le choix opéré par le peuple sénégalais lors de la dernière élection présidentielle. Il a estimé que les Sénégalais ont clairement exprimé leur refus de la résignation, préférant « l’espérance et l’action » à l’immobilisme. Ce choix, a-t-il souligné, constitue à la fois un message fort et une obligation pour les autorités, appelées à traduire cette aspiration au changement en politiques publiques concrètes et efficaces.

À travers ce message de fin d’année, Bassirou Diomaye Faye a ainsi réaffirmé sa volonté de gouverner dans la fidélité aux idéaux républicains, en plaçant l’intérêt général, la paix sociale et l’unité nationale au cœur de son action, tout en appelant les Sénégalais à rester mobilisés autour du projet de transformation du pays.

Fin des travaux des comités ad-hoc des Assises de la justice : plusieurs projets de textes attendus à l’Assemblée

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé la fin des travaux des comités ad-hoc issus des Assises nationales de la justice et du système politique. L’information a été donnée lors de son discours à la Nation, marquant une étape décisive dans le vaste chantier de réformes institutionnelles engagé depuis son accession à la magistrature suprême.

Selon le chef de l’État, ces comités ad-hoc ont permis de transformer les recommandations issues des concertations nationales en propositions juridiques concrètes. « Ils ont permis de poser les bases d’une traduction juridique des recommandations consensuelles formulées dans un esprit de refondation », a-t-il déclaré, insistant sur le caractère inclusif et consensuel des travaux menés. Pour le président, cette démarche vise à répondre aux attentes exprimées par les citoyens en matière de justice indépendante, de gouvernance démocratique et de consolidation de l’État de droit.

Dans cette dynamique de réforme, Bassirou Diomaye Faye a annoncé que plusieurs projets de textes majeurs seront prochainement soumis au processus législatif. Il s’agit notamment des projets relatifs à la révision de la Constitution, à la mise en place de la Cour constitutionnelle, à la réforme du Conseil supérieur de la magistrature, à la Commission électorale nationale indépendante ainsi qu’à l’élaboration d’un nouveau code électoral. Ces textes, a-t-il précisé, seront d’abord examinés en Conseil des ministres avant d’être transmis à l’Assemblée nationale au cours du premier trimestre de l’année 2026.

Pour le président de la République, ces réformes constituent des leviers essentiels pour renforcer l’équilibre des pouvoirs, garantir l’indépendance de la justice et améliorer la transparence du processus électoral. Elles s’inscrivent également dans la promesse de rupture institutionnelle portée par le nouveau pouvoir, avec pour objectif de moderniser les institutions et de restaurer la confiance des citoyens dans l’action publique.

Bassirou Diomaye Faye a par ailleurs indiqué que les autres réformes issues des Assises s’inscriront dans un calendrier progressif et structuré. Celles-ci seront déployées selon un agenda cohérent, aligné à la fois sur la durée du mandat présidentiel et sur le rythme de la Nation, afin d’assurer leur appropriation par les institutions et les citoyens.

À travers cette annonce, le chef de l’État réaffirme sa volonté de faire des Assises nationales un véritable socle de transformation institutionnelle, en passant des recommandations à des réformes concrètes, débattues et adoptées dans le respect des règles démocratiques.

Bilan 2025 : une année de « redressement et de résultats concrets » pour le Sénégal, selon Diomaye Faye

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a dressé ce mercredi le bilan de l’année 2025 à l’occasion de son traditionnel discours à la Nation. Qualifiée d’année de « rigueur, de résilience et de redressement », cette première année pleine de gouvernance du nouveau pouvoir se clôt, selon le chef de l’État, sur des résultats tangibles dans plusieurs secteurs clés, notamment le pouvoir d’achat, la santé, l’éducation, l’agriculture, les infrastructures et la gouvernance.

Dès l’entame de son allocution, Diomaye Faye a rappelé que 2025 a été marquée par ce qu’il a appelé un « diagnostic partagé » de la situation économique et financière du pays. Héritant d’un contexte budgétaire contraint, l’État a engagé une rationalisation du train de vie public et procédé à la renégociation de certains contrats jugés déséquilibrés. Ces mesures, selon le président, ont permis de dégager des marges de manœuvre financières importantes, réorientées vers les priorités sociales et économiques.

La question du pouvoir d’achat a occupé une place centrale dans le bilan présidentiel. Face à la cherté de la vie, le gouvernement a mis en œuvre une politique progressive de baisse des prix des produits de première nécessité. Cette stratégie a permis de générer, selon les chiffres avancés, près de 342,5 milliards de FCFA d’économies cumulées au bénéfice direct des ménages sénégalais. Cette action a été renforcée par l’élargissement du Registre national unique, afin de mieux cibler les aides sociales en direction des populations les plus vulnérables.

Sur le plan social, l’année 2025 a également été marquée par un renforcement notable des infrastructures sanitaires et éducatives. Dans le secteur de la santé, 34 nouveaux postes de santé ont été ouverts à travers le pays, tandis que 76 ambulances médicalisées ont été déployées pour améliorer la prise en charge des urgences, notamment dans les zones rurales et enclavées. Ces investissements visent à réduire les inégalités d’accès aux soins et à rapprocher les services de base des populations.

Dans le domaine de l’éducation, le chef de l’État a salué un « chantier d’envergure » ayant permis la construction et la livraison de milliers d’infrastructures scolaires. Au total, 2 401 salles de classe, 1 389 blocs administratifs et 1 112 blocs d’hygiène ont été réalisés en une seule année. Parallèlement, 2 000 enseignants ont été recrutés et affectés prioritairement dans les zones en déficit de personnel éducatif, dans l’objectif d’améliorer la qualité de l’enseignement et de réduire les disparités territoriales.

Le secteur productif n’a pas été en reste. En agriculture, la campagne 2025 s’est soldée par une performance historique, avec une production céréalière dépassant les 2,5 millions de tonnes. Cette progression a été rendue possible par une meilleure organisation de la campagne agricole, la mise à disposition rapide des intrants et des équipements, ainsi que l’accompagnement accru des producteurs. La relance de la Sonacos, après deux années d’arrêt, a également été citée comme un symbole fort de la reprise industrielle, avec la création immédiate de 2 300 emplois directs.

L’appui aux petites et moyennes entreprises a constitué un autre levier important de la politique économique du gouvernement. En 2025, près de 8 000 PME ont bénéficié de programmes d’accompagnement, contribuant à la consolidation ou à la création d’environ 130 000 emplois directs et indirects, selon les chiffres communiqués par le président.

Sur le plan des infrastructures et de l’énergie, l’année écoulée a été marquée par des avancées significatives dans la réduction de la fracture territoriale. Un nombre record de 831 799 Sénégalais ont été raccordés pour la première fois au réseau électrique, renforçant l’accès à l’énergie dans plusieurs localités. Dans le secteur routier, près de 280 kilomètres de routes goudronnées ont été livrés, auxquels s’ajoutent 100 kilomètres de pistes rurales ayant permis de désenclaver 86 localités jusque-là isolées.

Enfin, Bassirou Diomaye Faye a mis en avant les progrès réalisés en matière de gouvernance et de transparence. L’installation effective de l’Office national de lutte contre la corruption, à l’issue d’un appel à candidatures ouvert, a été présentée comme un acte fort traduisant la volonté de rompre avec les pratiques du passé. Pour le chef de l’État, cette réforme illustre l’engagement du pouvoir à faire de la compétence, de l’intégrité et de la reddition des comptes les piliers de l’action publique.

À travers ce bilan, le président Diomaye Faye estime avoir posé les bases d’un redressement durable du Sénégal, tout en appelant les citoyens à poursuivre l’effort collectif pour consolider les acquis et relever les défis à venir.

Projets législatifs en 2026 : Diomaye Faye annonce une révision constitutionnelle et des réformes majeures des institutions

À l’occasion de son message de fin d’année à la Nation, prononcé ce mercredi soir, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a dévoilé les grandes orientations législatives qui marqueront l’année 2026. Le chef de l’État a annoncé qu’une série de projets de loi d’envergure sera transmise à l’Assemblée nationale dès le premier trimestre de l’année prochaine, traduisant sa volonté d’engager des réformes institutionnelles profondes dès le début de son mandat.

Selon Diomaye Faye, ces textes porteront notamment sur une révision de la Constitution, mais aussi sur la mise en place ou la réforme d’institutions clés de la République. Sont concernés la Cour constitutionnelle, appelée à remplacer le Conseil constitutionnel, le Conseil supérieur de la magistrature, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ainsi que le Code électoral. Autant de chantiers jugés structurants pour refonder l’État, renforcer l’État de droit et consolider la démocratie sénégalaise.

Le président a précisé que ces réformes s’inscriront dans une démarche progressive et cohérente, affirmant que « les autres réformes s’inscriront dans un agenda d’adoption aligné sur la durée du mandat et le rythme de la nation ». Une déclaration qui suggère une volonté d’éviter toute précipitation, tout en maintenant le cap des engagements pris devant les Sénégalais.

Cette annonce s’inscrit dans la continuité des promesses de campagne de Bassirou Diomaye Faye. Durant la présidentielle, il avait notamment plaidé pour une profonde refonte de l’architecture institutionnelle du pays. Parmi les mesures phares figurait la sortie du président de la République du Conseil supérieur de la magistrature, afin de garantir une justice plus indépendante, ainsi que l’instauration d’une Vice-présidence de la République, présentée comme un mécanisme de stabilité institutionnelle et de continuité de l’action de l’État.

La réforme du système électoral et la refonte des organes chargés de son pilotage constituent également un axe central de cette nouvelle séquence politique. En annonçant une réforme de la CENI et du Code électoral, le chef de l’État entend répondre aux nombreuses critiques formulées ces dernières années sur l’organisation des scrutins et la confiance des citoyens dans le processus démocratique.

Avec ces annonces, Diomaye Faye donne le ton de l’année 2026, qu’il veut placée sous le signe des réformes institutionnelles et de la transformation de l’État. Reste désormais à voir comment ces projets seront accueillis et débattus à l’Assemblée nationale, dans un contexte politique marqué par de fortes attentes sociales et démocratiques.

Message à la Nation du 31 décembre 2025 : voici l’intégralité du discours du Président Bassirou Diomaye Faye

Sénégalaises, Sénégalais, Mes Chers compatriotes
Nous voici au terme d’une année exigeante. Une année d’efforts, qui appelle un regard lucide sur le chemin parcouru et une parole claire sur celui qui s’ouvre devant nous.
Ce   moment  est  d’abord  celui  de  la reconnaissance.

Reconnaissance envers nos forces de défense et de sécurité, qui accomplissent leur mission avec professionnalisme, discipline et un sens élevé du devoir.
Reconnaissance envers nos autorités religieuses et coutumières, gardiennes de l’équilibre social, de l’apaisement des consciences et des valeurs qui fondent notre vivre-ensemble.
Reconnaissance aussi envers les Sénégalaises
et les Sénégalais, d’ici comme de la diaspora.

De votre bravoure, de vos mains, de votre intelligence et de votre patience naît, chaque jour, cette force tranquille qui fait tenir la Nation et éclaire son avenir.

Mes chers compatriotes,
Le serment que j’ai prêté devant la Nation et devant Dieu engage ma conscience et ma responsabilité au plus haut niveau. Il exprime mon devoir de respecter la Constitution, de protéger la République et de servir, avec la même exigence, chaque Sénégalaise et chaque Sénégalais.

Cette fidélité au serment s’accorde avec une fidélité tout aussi essentielle, celle qui lie notre action au projet de transformation que nous avons porté devant le peuple. Ce projet, fondé sur la justice, la souveraineté, la transparence, l’équité et la dignité humaine, reste la boussole de nos choix. J’y demeure attaché avec constance, dans l’esprit du Jub, Jubal, Jubanti.

L’année qui s’achève aura été, pour notre pays, un moment de vérité. Elle a mis au jour des déséquilibres profonds, révélé l’ampleur des défis  accumulés  et  rappelé  l’exigence  de
redresser l’État avec  sérieux, méthode  et transparence.

Un travail approfondi a été mené à l’interne et avec nos partenaires, afin d’établir un diagnostic partagé et de dessiner des solutions durables.
Dans le même mouvement, des avancées concrètes ont été réalisées.

La continuité de l’État a été assurée, les services publics renforcés et les secteurs les plus vulnérables accompagnés. La baisse progressive des prix des produits essentiels s’est traduite par un allègement réel du coût de la vie.

Les mesures de réduction des prix de plusieurs produits essentiels ont représenté 342 milliards 500 millions de francs CFA d’économies pour les ménages en 2025. Cet effort se poursuivra en 2026.
Je tiens, à cet égard, à saluer l’engagement du Premier ministre, Ousmane Sonko, et de l’ensemble du Gouvernement.

L’amélioration progressive de l’environnement des   affaires,   l’intensification   de   notre

diplomatie économique et la tenue du Forum Invest in Sénégal ont renforcé la crédibilité du pays et consolidé son positionnement comme une destination d’investissement fiable et attractive.
Mes chers compatriotes,
La décision politique de porter le Registre national unique à un million de ménages a rendu l’action sociale plus juste et plus efficace, en orientant les appuis vers celles et ceux qui en ont réellement besoin.

Cette exigence d’équité s’est prolongée par un soutien accru à l’autonomisation économique des femmes et des jeunes avec l’émergence de 1060 coopératives productives solidaires.
Dans le domaine de la santé, le Gouvernement a constamment cherché à améliorer le quotidien des familles. Des structures de proximité ont été ouvertes ou réhabilitées, les plateaux techniques renforcés, le SAMU rapproché des terroirs et des maternités mises à niveau.

Cet effort s’est traduit, en 2025, par l’ouverture de 34 postes de santé et le déploiement de 76 ambulances médicalisées. Ce nombre sera porté à 112 ambulances médicalisées, en 2026.
L’année 2025 a également marqué des progrès décisifs dans le champ productif, notamment grâce à la mise à disposition d’équipements appropriés et d’intrants suffisants aux acteurs agricoles. Dans les campagnes, la production céréalière a dépassé 2 500 000 tonnes, tandis que la filière arachidière a retrouvé une dynamique porteuse.

L’industrie a connu un tournant avec la relance de la SONACOS, après deux années d’arrêt, recréant plus de 2 300 emplois directs. Cet effort se poursuivra en 2026, grâce à une dotation de 25 milliards destinée au renouvellement de l’outil de production.

À l’échelle nationale, plus de 8 000 PME ont été accompagnées, permettant de consolider ou de créer près de 130 000 emplois directs et indirects.

Mes chers compatriotes,
Préparer l’avenir signifie aussi investir dans la jeunesse et dans le savoir. 2 401 salles de classe ont été livrées, accompagnées de 1 389 blocs administratifs, 1 112 blocs d’hygiène et 92 kilomètres de clôtures sécurisées. 2 000 enseignants ont été recrutés dans les zones prioritaires et plus de 500 enseignants- chercheurs vont rejoindre les universités, les ISEP et les écoles supérieures.
8 nouveaux ISEP vont renforcer l’accès à une
formation   professionnelle   supérieure   de

qualité, tandis que les réformes des curricula, l’intégration des daara dans l’éducation nationale, la réorientation vers les sciences, les technologies, les formations professionnelles et le numérique vont accompagner cette transformation.

Enfin, les infrastructures ont continué de transformer la vie quotidienne. Près de 280 kilomètres de routes ont été livrés, plus de 100 kilomètres de pistes rurales ont reconnecté 86 localités, et l’accès à l’eau potable comme à l’électricité   s’est   élargi   avec   831.799 concitoyens qui ont eu pour la première fois accès à l’électricité.

Ces résultats, parmi d’autres, rapprochent les familles, soutiennent l’activité économique et redonnent souffle à des zones longtemps enclavées.

Mes chers compatriotes,
L’année 2025 a été celle de la rigueur et de la résilience ainsi que de la consolidation de la transparence et de la vérité dans notre démarche. Grâce à une réduction drastique du train  de  vie  de  l’Etat,  à  une  gestion  plus

exigeante, à la renégociation de contrats et à la rationalisation de plusieurs niches, l’État a dégagé plusieurs ressources qui seront intégralement consacrés aux investissements prioritaires de 2026.
L’année qui s’ouvre sera ainsi celle de la relance effective de l’investissement public.

Dans l’éducation, afin d’accélérer l’éradication des abris provisoires et améliorer les conditions d’apprentissage, 29 milliards sont prévus au titre de l’année 2026, sur un budget global  de  62,8  milliards  destinés  à  la

construction et l’équipement de 2.500 salles de classe, 300 blocs administratifs, 50.000 mètres linéaires de clôture et 480 blocs d’hygiène, entre autres.

L’enseignement supérieur et la formation professionnelle et technique ne seront pas en reste avec budget prévisionnel de 31 milliards pour la construction, la réhabilitation et l’équipement des bâtiments dans les universités, notamment.

La santé bénéficiera d’un effort majeur, avec 91 milliards de francs  CFA destinés  à  la construction de 35 centres de santé de proximité de grand standing, à l’achèvement de l’Hôpital oncologique de Diamniadio et au renforcement des plateaux médicaux sur l’ensemble du territoire national.

L’accès à l’eau constituera une priorité stratégique. Le Grand Transfert d’Eau sera lancé avec un premier financement public de
50 milliards. Il permettra de mobiliser un volume de 1,8 millions de m3 par jour afin de prendre en charge, sur le long terme, les besoins en eau potable des centres urbains du

Sans compter l’irrigation de près de 15.000 hectares en appui aux objectifs de souveraineté alimentaire et de renforcement du secteur de l’élevage.
L’hydraulique rurale sera aussi renforcée avec la relance de la phase 2 du projet d’approvisionnement en eau potable d’un montant de 55 milliards de FCFA, pour la réalisation, entre autres, de 101 forages et de 96 châteaux d’eau.

Les infrastructures connaîtront une accélération significative. Plus de 100 milliards seront engagés pour les routes, les aménagements urbains et les équipements structurants, y compris ceux liés aux Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026.

Les programmes PUDC, PUMA et PROMOVILLES disposeront de 51 milliards pour renforcer les services de base et désenclaver les territoires.
La construction du deuxième pont de Ziguinchor, avec une dotation initiale de 25

milliards de FCA, améliorera durablement la mobilité dans cette région.
Dans le même temps, le Plan Diomaye pour la Casamance, dont l’impact est déjà significatif, s’étendra progressivement aux autres départements des régions du sud.

Le monde rural bénéficiera d’investissements ciblés, avec 18 milliards dédiés aux coopératives agricoles communautaires et aux premières fermes intégrées, ainsi que plus de 91 milliards pour les agropoles du Sud et du

Centre,  afin  de  renforcer  la  production,  la transformation locale et l’emploi.
Dans le domaine de l’énergie, l’année 2026 marquera une accélération décisive avec le raccordement prévu de 3.637 localités supplémentaires, représentant 113.654 ménages et environ 1.235.755 personnes.

Parallèlement, le Sénégal franchira une étape majeure vers la connectivité universelle, avec le déploiement d’antennes satellitaires permettant à près d’un million de personnes d’accéder gratuitement à l’internet en 2026,

ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour l’éducation, la santé, l’entrepreneuriat et l’inclusion numérique.

Enfin, l’accès au logement sera soutenu par 20 milliards de francs CFA, destinés à impulser le programme des 30 000 logements et le programme de rénovation urbaine.
Ces choix traduisent une conviction claire : le Sénégal dispose des ressources, de l’intelligence collective et de la capacité de travail nécessaires pour se relever, se transformer et bâtir son avenir par ses propres efforts, avec sa jeunesse comme moteur et son peuple comme force.

 Mes chers compatriotes,
Le Sénégal a choisi de demeurer fidèle à ce qui fonde sa force : une démocratie vivante, un État de droit exigeant et une tradition de dialogue profondément enracinée.
C’est dans cet esprit de continuité et de responsabilité que les réformes engagées ont été poursuivies afin de renforcer la solidité et la crédibilité de nos institutions.

L’Office national de lutte contre la corruption a été installé à l’issue d’un appel à candidatures ouvert et transparent, selon un principe désormais étendu à plusieurs autres entités de la République, pour consacrer la compétence, l’intégrité et le mérite comme critères de gouvernance publique.

Dans la même dynamique de réformes, les comités ad hoc issus des Assises de la Justice et du Système politique ont achevé leurs travaux. Ils ont permis de poser les bases d’une traduction  juridique  des  recommandations consensuelles formulées dans un esprit de refondation.

Fidèle à l’engagement de consolider durablement l’État de droit, les projets de textes relatifs à la révision de la Constitution, à la Cour constitutionnelle, au Conseil supérieur de la Magistrature, à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), ainsi que le projet de Code électoral seront présentés en Conseil des Ministres et transmis à l’Assemblée nationale au courant du premier trimestre 2026.

Les autres réformes s’inscriront dans un agenda d’adoption cohérent, aligné sur la durée du mandat et le rythme de la Nation.

Mes chers compatriotes,
Sur la scène africaine et internationale, le Sénégal a poursuivi son œuvre de paix, de solidarité et de coopération. Il a renforcé ses alliances sur le Continent, consolidé sa contribution à la prévention des risques sécuritaires et porté une voix claire en faveur d’un multilatéralisme plus inclusif et plus efficace, au service de l’humanité.

La décision du soixante huitième Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO de confier, pour la première fois, au Sénégal la présidence de la Commission de l’organisation en constitue une reconnaissance forte et sans équivoque.

Mes chers compatriotes,
Au cœur de notre Nation, la jeunesse constitue une force qui ne s’érode jamais malgré les épreuves.

Un Peuple-Un But-Une Foi
C’est d’abord pour elle que j’ai décrété 2026, « année de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire ».
Notre pays accueillera les Jeux Olympiques de la Jeunesse, Dakar 2026, premier événement olympique sur le sol africain. Ce rendez-vous dépasse le cadre du sport. Il est un symbole de confiance, de capacité et d’ouverture. Il nous appartiendra d’y montrer, avec exigence, ce que le Sénégal sait offrir au monde : une jeunesse disciplinée, un peuple hospitalier et une Nation capable de tenir ses engagements.

Un Peuple-Un But-Une Foi
Mes chers compatriotes,
La haute charge que vous m’avez confiée me prescrit une hauteur d’esprit que j’entends garder en toutes circonstances. Je continuerai, donc à remplir cette mission avec humilité, écoute et lucidité. Rien ne m’en détournera. Rien ne primera sur l’intérêt général. Rien ne sera jamais placé au-dessus de la paix, de l’unité et de l’intégrité du Sénégal.

La République ne nous demande pas d’être parfaits. Elle exige de nous la sincérité des intentions, la loyauté des engagements et la constance dans l’effort commun.

Je sais combien les attentes sont fortes mais vous avez refusé la résignation et choisi l’espérance et l’action pour la transformation de notre Sénégal.

Mais avant de conclure, mes chers compatriotes, je veux dire avec force qu’aucune violence n’est tolérable dans la République, en particulier celles faites aux femmes, les féminicides et toutes les atteintes commises contre les plus vulnérables. L’État poursuivra sans relâche la prévention, la protection des victimes et la sanction implacable des auteurs, afin que la dignité, la sécurité et la vie soient garanties à toutes et à tous.

Que l’année 2026 apporte la santé, la paix des esprits et l’harmonie dans tous les foyers.
Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne et heureuse année 2026.
Que Dieu bénisse le Sénégal et l’Afrique !
Vive la République.

Vive le Sénégal.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°639 – 30/12/2025

🔴 CONSTATS GRAVES, PRÉCIS, OFFICIELLEMENT RELEVÉS DANS LE RAPPORT ITIE 2024 SUR L’ARGENT DU PÉTROLE INTROUVABLE : GUEUM SA BOPP VA TRAÎNER DEVANT LE PJF SONKO ET CIE
🔴 USAGE DE PÉTARDS ET D’ENGINS PYROTECHNIQUES LE 31 DÉCEMBRE : ME BAMBA CISSÉ PROMET LA CRAVACHE

🔴 CAN 2025 – SÉNÉGAL/BÉNIN : THIAW REMANIE SON ONZE, LAMINE CAMARA ET IBRAHIM MBAYE TITULAIRES
🔴 BIRA SÈNE ÉLU PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE : « UNE VICTOIRE QUI APPARTIENT À TOUT LE MONDE DE LA LUTTE »

Rapport ITIE 2024 : Gueum Sa Bopp saisit le Pôle Judiciaire Financier pour des manquements graves dans la gestion des ressources extractives

Le mouvement « Les Jambaars » dénonce des écarts financiers, une opacité autour de Sangomar et des pratiques comptables contraires à la sincérité budgétaire, engageant la responsabilité de hauts responsables de l’État

Gueum Sa Bopp, « Les Jambaars », informe l’opinion nationale et internationale de sa décision de saisir le Pôle Judiciaire Financier (PJF), ce mardi à 11 heures, sur la base des constats graves, précis et officiellement validés contenus dans le Rapport ITIE 2024, document public endossé par l’État du Sénégal.

Ce rapport, censé garantir la transparence dans la gestion des ressources extractives, met en lumière des manquements systémiques qui engagent directement la responsabilité politique, administrative et institutionnelle de l’État, au plus haut niveau de l’exécutif.

La plainte annoncée vise, au regard de leurs attributions respectives, la responsabilité de :

Monsieur Ousmane Sonko, Premier ministre, chef du Gouvernement, garant de la cohérence et de la sincérité de l’action gouvernementale ;

Monsieur Biram Souley Diop, Ministre des Mines et de l’Énergie, autorité de tutelle directe du secteur extractif ;

Monsieur Talla Guèye, Directeur général de PETROSEN, bras opérationnel de l’État dans la gestion pétrolière et gazière.

Il ne s’agit ni de procès politique, ni d’acharnement personnel, mais de l’exercice d’un droit citoyen face à des faits documentés, que seule la justice est habilitée à qualifier.

UNE TRANSPARENCE PARTIELLE QUI ENGAGE LA RESPONSABILITÉ DE L’ÉTAT

Le Rapport ITIE 2024 reconnaît que le rapprochement des revenus extractifs pour l’année 2024 n’a couvert que 91,89 % des flux, laissant subsister un écart non réconcilié de 2,48 milliards FCFA (section 1.3, pp. 24–25).

Si cet écart est qualifié de « non significatif » au sens technique de la Norme ITIE, il est politiquement, financièrement et juridiquement significatif.
Aucun État sérieux ne peut banaliser la disparition comptable de plusieurs milliards de francs CFA dans un secteur aussi stratégique.

Plus grave encore, 7 % des paiements déclarés proviennent de formulaires non certifiés, en violation flagrante des exigences minimales de fiabilité.
Cette tolérance institutionnelle pose une question centrale : qui garantit la rigueur lorsque l’État lui-même l’abandonne ?

SANGOMAR : UNE DÉFAILLANCE MAJEURE DE GOUVERNANCE PÉTROLIÈRE

Le champ pétrolier de Sangomar incarne l’un des manquements les plus graves révélés par le Rapport ITIE 2024.

Alors que la production pétrolière a officiellement démarré en juin 2024, le rapport établit que la part de production revenant à l’État sénégalais n’a été retracée dans aucune déclaration pour l’année 2024 (section 1.2.2, pp. 19–20).

Les incohérences entre les données fournies par PETROSEN et Woodside Energy, notamment sur les volumes de Profit Oil, renforcent cette opacité.

Plus troublant encore, les recettes issues de cette production n’apparaissent qu’en 2025, alors même que la commercialisation est intervenue en 2024.
Comment un État producteur de pétrole peut-il être incapable de retracer sa propre part de production l’année même de son extraction ?

Ce silence comptable constitue une faille grave de gouvernance, susceptible de qualification pénale.

DES PRATIQUES COMPTABLES CONTRAIRES À LA SINCÉRITÉ BUDGÉTAIRE

Le Rapport ITIE 2024 confirme une pratique déjà dénoncée par la Cour des Comptes :
des paiements effectués par Woodside en 2024 ont été encaissés en 2024, mais comptabilisés en 2023 (section 1.2.1, p. 17).

Cette manipulation des exercices budgétaires porte atteinte au principe fondamental de sincérité des comptes publics et alimente légitimement le soupçon d’une gestion opportuniste des chiffres de l’État.

CADASTRE MINIER : UNE OPACITÉ LOURDE DE CONSÉQUENCES

Le cadastre minier arrêté au 31 décembre 2024 est jugé incomplet, incapable d’identifier clairement l’ensemble des titres, renouvellements et transferts (section 1.4, p. 26).

Cette opacité fragilise la sécurité juridique, nourrit les conflits fonciers et ouvre la voie à des pratiques contraires à l’intérêt général.
Dans un pays où le foncier est un sujet explosif, ce n’est plus une faiblesse administrative, mais un manquement grave à l’obligation de transparence.

BÉNÉFICIAIRES EFFECTIFS : UNE TRANSPARENCE INACHEVÉE

Malgré l’existence formelle d’un registre des bénéficiaires effectifs, le Rapport ITIE 2024 souligne l’absence d’informations essentielles : pourcentages de détention, modalités de contrôle, identification des personnes politiquement exposées (Exigence 2.5).

Cette carence affaiblit directement la lutte contre les conflits d’intérêts et la corruption dans le secteur extractif.

DES RECOMMANDATIONS RÉPÉTÉES, UNE INACTION PERSISTANTE

Année après année, les mêmes recommandations reviennent (chapitre 8) :

fiabilisation des déclarations,

traçabilité des revenus pétroliers,

complétude du cadastre,

transparence sur les bénéficiaires effectifs.

Tout est connu. Tout est documenté.
Mais rien n’est structurellement corrigé.

À ce stade, il ne s’agit plus d’un déficit de capacité, mais d’un déficit manifeste de volonté politique.

SAISINE DU PÔLE JUDICIAIRE FINANCIER

Face à la gravité, à la répétition et au caractère officiel de ces manquements,
Gueum Sa Bopp « Les Jambaars » annonce le dépôt d’une plainte devant le Pôle Judiciaire Financier, le Rapport ITIE 2024 étant produit comme pièce centrale.

La transparence ne se proclame pas.
Elle se démontre, chiffres à l’appui et comptes à l’équilibre.

Aujourd’hui, le propre rapport de l’État démontre que des corrections urgentes s’imposent, sous le contrôle de la justice.

Mouvement Gueum Sa Bopp « Les Jambaars »
Fait à Dakar, le 29 décembre 2025

Litige foncier QVS–Nouvelle Ville : la justice tranche définitivement en faveur de Nouvelle Ville

Le différend foncier opposant Qualité Végétale Sénégal (QVS) à la société Nouvelle Ville a connu, ce mercredi 23 décembre 2025, un dénouement judiciaire d’une rare clarté, mettant un terme aux incertitudes et controverses qui ont marqué les dernières semaines. Par une décision rendue à la veille de Noël, la juridiction saisie a confirmé sans réserve les décisions antérieures, consacrant de manière définitive les droits de Nouvelle Ville sur l’intégralité de la superficie litigieuse et fermant la porte à toute tentative de remise en cause de l’autorité de la chose jugée.

Dans son dispositif, le jugement ordonne à QVS de libérer l’ensemble du terrain qu’elle occupe, constate le caractère manifestement illicite de son maintien sur les lieux et assortit cette obligation d’une astreinte de cinq cent mille francs CFA par jour de retard à compter de la signification de la décision. La juridiction rejette par ailleurs l’intégralité des prétentions développées par QVS, confirme la décision entreprise en toutes ses dispositions et condamne la société aux dépens d’appel. La formulation retenue par les magistrats est sans équivoque, ne laissant aucune place à une interprétation alternative quant aux droits respectifs des parties.

Cette décision intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par des interférences notoires, notamment des prises de position publiques à caractère politique. Certaines déclarations attribuées au Premier ministre Ousmane Sonko évoquaient de supposées irrégularités dans le traitement judiciaire du dossier et appelaient à une relecture administrative de l’affaire, en contradiction manifeste avec des décisions de justice devenues définitives. En tranchant avec une telle fermeté, la justice sénégalaise rappelle un principe fondamental : le droit ne se négocie pas sous la pression et ne se réécrit ni au gré des déclarations ni en fonction de considérations extra-judiciaires. L’exécution des décisions de justice demeure le socle de l’État de droit et de la sécurité juridique.

Pour Nouvelle Ville, ce verdict revêt la valeur d’une véritable délivrance après des années de blocages, de contentieux et d’incertitudes. Il rétablit pleinement la légitimité de son projet et renforce la confiance dans l’institution judiciaire, à un moment où le Sénégal s’interroge sur la protection des investissements, la stabilité du climat des affaires et le respect effectif des règles. Rendu à la veille des fêtes, ce jugement ne constitue donc pas seulement une victoire judiciaire pour Nouvelle Ville, mais également un signal fort adressé à l’ensemble des acteurs publics et privés : au Sénégal, l’autorité de la justice demeure intangible et le droit reste la boussole de la République.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°637 – 24/12/2025

🔴 LIBÉRATION DE DEMBA NGOM ORDONNÉE PAR LA CHAMBRE D’ACCUSATION : NOUVEAU COUP DE THÉÂTRE DANS L’AFFAIRE FARBA
🔴 COUP DE FILET DE LA BRIGADE TERRITORIALE DE POPENGUINE : 123 CLENDESTINS INTERCEPTÉS

🔴CAN2025 – ENTRÉE EN LICE DU SÉNÉGAL : LES LIONS 5 BOUFFENT LES ZEBRES SANS TREMBLER

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°636 – 23/12/2025

🔴 TABLE RONDE SUR LA CEDEAO+ : DAKAR POUR UN NOUVEL ESPACE OUEST – AFRICAIN INCLUSIF
🔴 LOI D’AMNISTIE DU 13 MARS 2024 ET «  ÉLÉMENT NOUVEAU » AU DOSSIER : GËUM SA BOPP PREND LE CONTREPIED DES AV0CATS DE SONKO

🔴 CAN 2025 – SÉNÉGAL-BOTSWANA : LES « LIONS » DE LA TERANGA PRÊTS À RUGIR DÈS L’ENTRÉE EN LICE

Situation des femmes détenues au camp pénal : un appel urgent à l’État pour une prise en charge humaine et responsable

Une conférence de presse a été organisée récemment pour attirer l’attention de l’opinion publique et des autorités sur la situation préoccupante des femmes détenues au camp pénal, une réalité souvent méconnue, mais qui nécessite une intervention urgente, humaine et responsable de l’État. L’initiative, portée par Gaindé Macky, a réuni médias et partenaires de la société civile, dans le but de dénoncer les conditions de détention et de plaider pour le respect des droits fondamentaux des détenues.

L’une des préoccupations majeures soulevées par Gaindé Macky concerne le cas de madame Mabintou Diaby, épouse de Madiambal. Selon l’organisation, sa détention pose de sérieuses questions au regard de ses droits fondamentaux. Gaindé Macky a demandé sa libération, soulignant que la privation de liberté ne doit jamais être arbitraire ou disproportionnée et que la justice doit rester équitable, humaine et respectueuse de la dignité de chaque citoyenne.

Au-delà de ce cas spécifique, la conférence a mis en lumière les difficultés propres aux femmes incarcérées. Ces dernières font face à des conditions de vie extrêmement difficiles, caractérisées par un manque de soins médicaux adaptés, une hygiène insuffisante et une précarité sanitaire constante. La séparation d’avec leurs enfants et leurs familles constitue également une source de souffrance supplémentaire. Selon les intervenants, la prison ne devrait pas être un lieu de souffrance accrue, mais un espace où les droits humains sont respectés, en particulier pour les femmes, souvent plus vulnérables face aux rigueurs du système carcéral.

La question de la détention préventive prolongée a également été pointée du doigt. De nombreuses femmes sont détenues depuis plusieurs années sans avoir été jugées, une situation qui constitue une violation grave des droits humains et contribue à la surpopulation des établissements pénitentiaires. Gaindé Macky a appelé à une accélération des procédures judiciaires et à un examen urgent des dossiers des détenues afin de remédier à cette situation injuste.

Un autre aspect préoccupant souligné lors de la conférence concerne les mineurs détenus avec des adultes. Cette pratique est jugée inacceptable par l’organisation, qui exhorte l’État à créer des établissements pénitentiaires spécifiquement réservés aux mineurs. Ces structures devraient être axées sur la rééducation, la protection et la réinsertion, conformément aux conventions internationales ratifiées par le Sénégal.

En conclusion, Gaindé Macky a lancé un appel pressant aux autorités, aux institutions judiciaires et aux partenaires nationaux et internationaux pour que des mesures concrètes soient mises en œuvre afin d’améliorer la situation des femmes détenues et des mineurs au camp pénal. Les intervenants ont rappelé que le respect des droits humains constitue un pilier fondamental de toute société juste et démocratique, et que leur application est indispensable pour renforcer la confiance des citoyens dans le système judiciaire.

Révision du procès Sonko – MMN : « Une révision inédite pour corriger une erreur judiciaire », plaident les avocats du Premier ministre

La demande de révision du procès ayant opposé Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang en 2023 est désormais au cœur de l’actualité judiciaire sénégalaise. Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi, Me Ciré Clédor Ly, avocat du Premier ministre, a défendu avec force ce recours exceptionnel, qu’il présente comme le moyen légitime de corriger ce qu’il considère comme une injustice historique.

« Demander la révision du procès, c’est un droit. Un droit non seulement pour le citoyen Ousmane Sonko, mais pour tous ceux qui sont épris de vérité et de justice », a-t-il déclaré. Pour l’avocat, cette procédure ne se limite pas à un simple recours technique. Elle constitue « le seul moyen offert à une victime d’une erreur judiciaire pour remettre en cause l’autorité de la chose jugée et obtenir l’annulation d’une condamnation devenue définitive ». L’objectif, a insisté Me Ly, est clair : rétablir la vérité et corriger une condamnation injuste.

Cette démarche, qualifiée de « voie de recours extraordinaire », ne se limite pas au cas personnel d’Ousmane Sonko. « Elle est ouverte, même pour des personnes décédées. Que tout le monde le sache. C’est un droit fondamental », a-t-il martelé, soulignant la dimension universelle et symbolique de cette procédure.

Le point central de cette révision repose sur l’apparition d’un élément nouveau majeur : le rapport du PRODAC, dont l’existence avait été contestée lors du procès initial et qui n’est réapparu que récemment, depuis que Sonko occupe la fonction de Premier ministre. Selon Me Ly, ce document pourrait bouleverser l’appréciation juridique des faits et constitue la base légale de la demande de révision.

L’avocat n’a pas hésité à dénoncer avec virulence les conditions dans lesquelles le procès initial s’est déroulé. Il a décrit une série de violations graves des droits de la défense et du droit à un procès équitable. « Pour une affaire privée, pour diffamation et injure publique, et pour un mensonge d’État, avec un faux réquisitoire pris de sa propre initiative par un procureur de la République, rien que pour obtenir une lourde peine, le droit a été bafoué », a-t-il déclaré. Me Ly a rappelé des pratiques qu’il qualifie de « comparutions forcées, manu militari, attentats à la vie de son client, voies de recours abusives de la partie civile et du procureur de la République, et décisions violant les droits de la défense ». Il a également souligné les irrégularités procédurales, comme la programmation du dossier alors que les délais d’appel n’avaient pas été épuisés.

Répondant à une question qui revient régulièrement dans le débat public, l’avocat a clarifié la situation juridique d’Ousmane Sonko : « Le citoyen Ousmane Sonko est bien électeur et éligible aujourd’hui, et le sera tant qu’il lui restera un souffle de vie. Tout débat autour de cette question est donc sans intérêt. »

La demande de révision a été officiellement saisie par la garde des Sceaux Yacine Fall auprès de la Cour suprême. Si elle aboutit, ce sera une première dans l’histoire judiciaire du Sénégal et cela pourrait effacer définitivement la condamnation qui avait écarté Sonko de la présidentielle de 2024. « Le procès en révision d’Ousmane Sonko contre Mame Mbaye Niang et le ministère public sera initié », a conclu Me Ciré Clédor Ly, laissant entrevoir un nouveau chapitre judiciaire dans cette affaire qui a profondément marqué la vie politique nationale.

Prestation de serment : Abdoulaye Ba aux nouveaux membres de l’OFNAC : « Vous n’avez pas le droit d’échouer »

La Cour d’appel de Dakar a vécu ce lundi un moment de grande solennité avec la prestation de serment des douze nouveaux membres de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC). La cérémonie, riche en symboles et en émotion, a été l’occasion de rappeler l’importance cruciale de l’intégrité et de l’efficacité dans la lutte contre un fléau qui continue de peser sur le Sénégal.

Présidée par Abdoulaye Ba, Premier président de la Cour d’appel de Dakar, en présence du Procureur général Mbacké Fall et du bâtonnier Me Aly Fall, la séance a officiellement marqué l’entrée en fonction de ces nouveaux responsables chargés de garantir la transparence dans la gestion des ressources publiques. Pour le Premier président, la prestation de serment ne se limite pas à une formalité protocolaire. Selon Me Abdoulaye Ba, il s’agit avant tout d’un engagement sacré envers la nation et ses citoyens. Il a rappelé le cadre législatif régissant l’OFNAC, notamment l’article 13-6 de la loi créatrice de l’organe et la loi 2025-12 du 03 septembre 2025, ainsi que les engagements internationaux du Sénégal, à travers la Convention de Mérida et les instruments de l’Union Africaine.

Au cours de son allocution, Abdoulaye Ba a insisté sur la responsabilité immense qui repose désormais sur les épaules de ces membres : « En prêtant serment, vous affirmez votre volonté d’exercer en toute circonstance vos fonctions avec indépendance, impartialité, loyauté et discrétion. » Il a souligné que la mission qui leur est confiée dépasse la simple application de la loi : elle consiste à restaurer la confiance des citoyens envers les institutions et à s’assurer que les deniers publics sont gérés avec probité.

La diversité et l’expertise des nouveaux membres ont également été mises en avant. La sélection, rigoureuse et basée sur un appel à candidatures, a permis de constituer un collège composé de magistrats, de professeurs agrégés, d’administrateurs civils, d’experts en suivi-évaluation et de représentants de la société civile. Fort de cette richesse de profils, le Premier président de la Cour n’a laissé aucun doute sur ses attentes : « Vous n’avez pas le droit d’échouer. » Il a encouragé les nouveaux promus à s’appuyer sur l’excellence, la sagesse et l’expérience pour remplir pleinement leur mission de prévention et de lutte contre la corruption, tout en respectant la présomption d’innocence.

Le Procureur général Mbacké Fall a, pour sa part, dressé un bilan lucide de la lutte contre la prévarication des ressources publiques. S’il a reconnu la volonté politique affichée depuis plus d’une décennie, il a souligné que les résultats restent insuffisants face à l’ampleur de l’enrichissement illicite et de la corruption dans le pays. Selon lui, le maillon faible du système réside dans l’absence d’un suivi et d’une évaluation rigoureux des politiques publiques. Il a rappelé que la prévention constitue la mission prioritaire de l’OFNAC, conformément à l’article 3-1 de la loi, tandis que la répression doit être exercée avec vigilance, notamment pour éviter le favoritisme et les pratiques de saucissonnage dans l’attribution des marchés publics. Le Procureur a également mis en avant le rôle de l’OFNAC dans la recommandation de réformes législatives, une prérogative essentielle pour renforcer l’efficacité institutionnelle.

La cérémonie a atteint son apogée lors de l’acte solennel de prestation de serment. Main droite levée, les douze membres ont juré d’exercer leurs fonctions avec indépendance, impartialité et loyauté, tout en respectant le secret des délibérations. Cette entrée officielle en fonction marque pour eux le début d’une mission lourde de responsabilités : restaurer la confiance des citoyens, prévenir les dérives et assurer une gestion transparente des ressources publiques.

En sortant de la salle d’audience, il était clair que l’OFNAC, avec ces nouveaux membres, entend incarner un véritable rempart contre la corruption et devenir un acteur incontournable de la transparence au Sénégal. La nation, quant à elle, observe avec espoir et exigence.

Affaire Softcare : l’entreprise dénonce des « diffamations » et appelle à attendre les conclusions de l’enquête

Au cœur d’une vive polémique liée à des accusations de fabrication de produits à base de matières premières périmées, l’entreprise Softcare est sortie de son silence. Dans un communiqué rendu public ce lundi 22 décembre 2025, la société rejette catégoriquement les allégations circulant à son encontre et dénonce ce qu’elle qualifie de « diffamations, dénonciations calomnieuses et rumeurs infondées », largement relayées, selon elle, sur les réseaux sociaux.

Alors que l’affaire suscite une forte émotion au sein de l’opinion publique, notamment en raison de la nature sensible des produits incriminés — serviettes hygiéniques et couches pour bébés — Softcare affirme que des informations erronées sont diffusées, risquant d’induire le public en erreur. L’entreprise prévient ainsi qu’elle se réserve le droit d’engager toutes les poursuites judiciaires nécessaires afin de défendre ses intérêts et préserver son image.

Dans son communiqué transmis à PressAfrik, la direction de Softcare insiste sur le caractère non établi des accusations et appelle à la prudence. Elle estime que le débat public autour de cette affaire est marqué par des extrapolations et des jugements hâtifs, en l’absence de conclusions officielles des autorités compétentes. À ce titre, la société affirme faire pleinement confiance au gouvernement sénégalais ainsi qu’au groupe d’enquête conjoint mis en place pour faire la lumière sur cette affaire.

Softcare invite par ailleurs les consommateurs et l’ensemble de la population à attendre sereinement les résultats de l’enquête en cours et à s’en remettre exclusivement aux conclusions finales qui seront rendues par les services habilités. Pour l’entreprise, seule une investigation rigoureuse et objective permettra d’établir les faits et de situer les responsabilités, loin de toute pression médiatique ou spéculation.

Soucieuse de rappeler son poids économique et social, la société met également en avant sa contribution à l’emploi au Sénégal. Elle revendique plus de 500 emplois directs et des milliers d’emplois indirects, soulignant que ses activités constituent une source de revenus pour de nombreuses familles. Cet argument vise à montrer, selon elle, que Softcare n’a aucun intérêt à compromettre la santé des consommateurs ni à mettre en péril la confiance bâtie depuis son implantation dans le pays.

Enfin, l’entreprise réaffirme placer la sécurité et la satisfaction des consommateurs au cœur de ses priorités. Elle assure que ses processus de production répondent aux normes en vigueur et que la qualité de ses produits a toujours été une exigence centrale de sa politique industrielle. Dans ce contexte de tensions et de suspicions, Softcare se dit déterminée à coopérer avec les autorités tout en se tenant prête à défendre sa réputation par les voies légales si nécessaire.

Alors que l’affaire continue de susciter des réactions au sein de la société civile, des syndicats et des associations de consommateurs, l’issue des enquêtes annoncées est désormais très attendue. Elle devrait permettre de clarifier les responsabilités, d’apaiser le climat et, le cas échéant, de tirer toutes les conséquences de droit.

Goudomp : Diomaye annonce la réalisation prochaine d’un hôpital de niveau 4 pour renforcer les soins spécialisés

En visite officielle en Casamance, le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé ce lundi 22 décembre 2025 la réalisation prochaine d’un hôpital de niveau 4 à Goudomp, dans le sud du pays. Cette infrastructure sanitaire majeure vise à renforcer durablement l’offre de soins spécialisés et à améliorer significativement la prise en charge médicale des populations locales et environnantes.

L’annonce a été faite au cours de la tournée présidentielle de cinq jours actuellement en cours dans la région de la Casamance. Selon un communiqué de la Présidence de la République, ce projet s’inscrit dans la volonté du chef de l’État de rapprocher davantage les services essentiels, notamment la santé et l’éducation, des citoyens, en particulier dans les zones longtemps confrontées à un déficit d’infrastructures spécialisées.

S’exprimant à Goudomp, Bassirou Diomaye Faye s’est félicité du niveau d’excellence atteint par le système sanitaire national. Il a tenu à saluer le travail et l’engagement des professionnels de santé sénégalais, qu’il a qualifiés d’acteurs clés de la transformation du secteur. Le Président a particulièrement mis en avant les performances remarquables enregistrées dans des domaines médicaux de pointe, citant notamment les transplantations et les greffes, qui témoignent, selon lui, de la montée en puissance du savoir-faire médical national.

Dans le cadre de cette étape à Goudomp, le chef de l’État a également visité l’hôpital militaire de campagne (HMC), installé dans la localité pour répondre à des besoins sanitaires jugés prioritaires. Ce dispositif médical temporaire, déployé par le ministère des Forces armées, est opérationnel du 12 décembre 2025 au 12 janvier 2026. Il a pour mission d’apporter une réponse rapide et efficace aux urgences sanitaires, tout en soulageant les structures de santé existantes.

La présence de cet hôpital militaire de campagne illustre, selon la Présidence, la synergie entre les forces armées et le système de santé civil, notamment dans les zones où l’accès aux soins spécialisés demeure limité. Le Président Diomaye Faye a salué cette initiative, soulignant son importance dans la prise en charge des populations et dans la prévention des crises sanitaires.

Cette annonce intervient dans le cadre de la tournée économique du Président de la République, qui se déroule du 20 au 25 décembre 2025 à travers plusieurs localités de la Casamance. Cette tournée vise à évaluer l’état d’avancement des projets structurants, à échanger avec les acteurs locaux et à identifier les priorités en matière de développement économique et social.

Avec la perspective de la construction d’un hôpital de niveau 4 à Goudomp, les autorités entendent franchir une nouvelle étape dans le renforcement du plateau médical régional, réduire les évacuations sanitaires vers les grandes villes et garantir un accès équitable à des soins spécialisés pour les populations du sud du pays. Une initiative qui s’inscrit pleinement dans la vision de transformation nationale portée par le nouveau régime.

Les ex-travailleurs de Direct-Info interpellent Cheikh Amar et réclament le paiement de leurs arriérés de salaires

La situation sociale des ex-travailleurs du quotidien Direct-Info continue de susciter indignation et incompréhension. Dans un communiqué rendu public, ces anciens employés interpellent directement l’homme d’affaires Cheikh Amar, propriétaire du journal, pour exiger le paiement de leurs arriérés de salaires impayés depuis 2019. Plus de cinq ans après l’arrêt effectif de leurs activités, ils disent vivre une injustice prolongée, aggravée par le silence persistant de leur ancien employeur.

Les ex-travailleurs rappellent que leur dernière rencontre avec Cheikh Amar remonte à 2021, à son domicile des Almadies. À l’issue de cet entretien, expliquent-ils, le propriétaire de Direct-Info leur avait donné des assurances fermes. Après le limogeage du directeur général de l’époque, Pape Diogoye Faye, Cheikh Amar s’était engagé à reprendre personnellement les rênes du journal et à régler l’ensemble des dettes sociales, notamment les salaires dus aux employés qui s’étaient mobilisés jusqu’au départ du responsable incriminé. Des engagements clairs, selon eux, mais qui n’ont jamais été suivis d’actes concrets, malgré de nombreuses tentatives de relance.

Les anciens travailleurs soulignent par ailleurs qu’ils avaient volontairement suspendu leur lutte syndicale à la suite de l’accident de Cheikh Amar sur l’autoroute Ila-Touba. Par solidarité et pour des raisons humanitaires, la section SYNPICS de Direct-Info avait décidé de baisser la pression, espérant une reprise du dialogue une fois la situation stabilisée. Cette décision, expliquent-ils aujourd’hui, n’a malheureusement pas été récompensée, car depuis cet épisode, toute communication avec le propriétaire du journal s’est progressivement interrompue.

Selon leur témoignage, Cheikh Amar aurait cessé de répondre aux sollicitations des travailleurs et refusé toute rencontre directe. Pourtant, après le limogeage du directeur général, des échanges réguliers existaient encore, notamment par l’intermédiaire du secrétaire général de la section SYNPICS de Direct-Info. Ces contacts entretenaient l’espoir d’un règlement prochain du contentieux social, espoir qui s’est depuis transformé en profonde désillusion.

Sur le plan humain et social, les conséquences de cette situation sont lourdes. Les ex-travailleurs décrivent une précarité devenue insoutenable. Certains d’entre eux ont été expulsés de leur logement pour défaut de paiement de loyers, d’autres se retrouvent dans l’incapacité de faire face à des soins médicaux élémentaires lorsqu’ils tombent malades. Plusieurs familles, autrefois soutenues par un revenu régulier, se retrouvent aujourd’hui sans ressources stables, plongées dans une détresse que les anciens employés jugent évitable si les engagements pris avaient été respectés.

Ils dénoncent également ce qu’ils perçoivent comme un contraste choquant entre leur situation de grande vulnérabilité et les apparitions publiques répétées de Cheikh Amar, qui affiche, selon eux, une aisance financière incompatible avec le non-paiement de salaires dus depuis des années. À leurs yeux, cette situation est d’autant plus incompréhensible que deux de leurs anciens collègues, licenciés de manière jugée abusive en 2015, disposent de décisions de justice définitives toujours inexécutées à ce jour.

Face à ce qu’ils considèrent comme un déni de justice sociale, les ex-travailleurs de Direct-Info exigent le paiement immédiat et intégral de leurs arriérés de salaires, ainsi que l’exécution sans délai des décisions de justice pendantes. Ils préviennent que, faute de réponse concrète et rapide, ils se réservent le droit d’engager toutes les actions légales, syndicales et médiatiques nécessaires pour faire valoir leurs droits et obtenir réparation.

Affaire Soya Diagne : le parquet fait appel et maintient le journaliste en détention

Le feuilleton judiciaire autour de Soya Diagne connaît un nouveau rebondissement. Alors que le juge d’instruction avait ordonné, mercredi dernier, la mise en liberté provisoire du patron du site LeDakarois221, assortie d’un placement sous bracelet électronique, le procureur de la République près le tribunal de Dakar, Ibrahima Ndoye, a décidé de faire appel de cette décision. Une initiative qui suspend automatiquement l’exécution de l’ordonnance et maintient, de fait, Soya Diagne en détention.

Selon les informations rapportées par le journaliste Bachir Fofana, l’appel du parquet vise à contester l’appréciation du juge d’instruction, qui avait estimé que les conditions étaient réunies pour accorder une liberté provisoire sous surveillance électronique. En droit sénégalais, ce recours a un effet suspensif, ce qui signifie que la mesure de liberté provisoire ne peut être appliquée tant que la juridiction compétente n’a pas statué sur l’appel.

Pour rappel, Soya Diagne avait été inculpé et placé en détention dans le cadre d’un dossier qui continue de susciter de nombreuses réactions, notamment dans les milieux médiatiques et sur les réseaux sociaux. La décision initiale du juge d’instruction, favorable à une libération sous bracelet électronique, avait été perçue par certains comme un signal d’apaisement, voire une reconnaissance de garanties suffisantes de représentation et de contrôle judiciaire.

Cependant, en interjetant appel, le procureur de la République marque sa volonté de voir la situation réexaminée par la chambre d’accusation. Cette démarche traduit la position ferme du parquet, qui estime, à ce stade de la procédure, que les conditions d’une mise en liberté, même encadrée, ne sont pas réunies ou que les intérêts de l’enquête justifient le maintien en détention.

Du côté de la défense, cette évolution est vécue comme un nouveau coup dur. Les avocats de Soya Diagne espéraient voir leur client quitter la prison sous surveillance électronique, dans l’attente de la suite de la procédure. Ils pourraient désormais concentrer leurs efforts sur la contestation de l’appel du parquet et sur la démonstration que toutes les garanties légales sont réunies pour une liberté provisoire.

En attendant la décision de la juridiction d’appel, Soya Diagne reste donc incarcéré. L’affaire, suivie de près par l’opinion publique, relance une fois de plus le débat sur la détention provisoire, la liberté de la presse et l’équilibre entre les impératifs de la justice et les droits fondamentaux des personnes poursuivies.

Affaire à suivre.

Affaire Softcare–ARP : SOS Consommateurs saisit la justice et l’OFNAC pour faire toute la lumière

L’affaire dite Softcare–Agence de régulation pharmaceutique (ARP) continue de susciter de vives inquiétudes et s’oriente désormais vers un bras de fer judiciaire. L’association SOS Consommateurs, par la voix de son président Me Massokhna Kane, a annoncé le dépôt de plaintes auprès du procureur de la République ainsi qu’auprès de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), afin que des enquêtes approfondies soient ouvertes sur ce dossier aux ramifications potentiellement graves.

S’exprimant sur les ondes de Sud FM, l’avocat a justifié cette démarche par la gravité des faits révélés ces dernières semaines, notamment à la suite des déclarations d’un inspecteur pharmacien assermenté. Selon Me Massokhna Kane, les éléments portés à la connaissance du public ne peuvent plus être traités comme de simples dysfonctionnements administratifs, mais relèvent désormais du pénal.

« Avec les déclarations extrêmement graves qui ont été faites, nous avons décidé d’aller au-delà des premières démarches. En plus des plaintes déjà déposées auprès des procureurs de Mbour et de Thiès, nous allons saisir l’OFNAC pour permettre une enquête beaucoup plus poussée », a-t-il affirmé.

Le président de SOS Consommateurs rappelle que son organisation avait, dans un premier temps, alerté les autorités administratives compétentes, notamment le ministère du Commerce. Toutefois, face à l’ampleur présumée des faits, l’association estime qu’une enquête judiciaire indépendante est aujourd’hui indispensable pour situer toutes les responsabilités.

Au cœur de cette affaire figurent de lourdes accusations portant sur la fabrication et la mise sur le marché de produits pharmaceutiques à partir de matières premières périmées. Une situation que Me Kane juge particulièrement alarmante, évoquant un risque sanitaire majeur pour les populations. « Quand une société pharmaceutique, pendant près de deux ans, fabrique des produits avec des matières premières périmées, le préjudice est immense. On est clairement face à une mise en danger manifeste de la vie des citoyens », a-t-il dénoncé.

Pour SOS Consommateurs, cette affaire ne saurait se limiter à des sanctions disciplinaires ou administratives. L’organisation exige que toute la lumière soit faite, aussi bien sur les pratiques de l’entreprise mise en cause que sur le rôle éventuel de certains agents ou responsables au sein de l’ARP. La saisine de l’OFNAC vise précisément à examiner d’éventuels faits de corruption, de complaisance ou de manquements graves à l’éthique publique.

« Lorsqu’on parle de corruption à un niveau aussi sérieux, impliquant un secteur aussi sensible que celui du médicament, il est impératif que toutes les conséquences de droit soient tirées », a insisté Me Massokhna Kane, appelant les autorités judiciaires à agir avec diligence et fermeté.

Cette initiative de SOS Consommateurs intervient dans un climat déjà tendu au sein de l’Agence de régulation pharmaceutique, marqué notamment par le déclenchement d’une grève de 72 heures par la section SAMES-ARP, qui réclame elle aussi la vérité sur l’affaire Softcare. Autant d’éléments qui traduisent la profondeur de la crise et la nécessité, pour les pouvoirs publics, d’apporter des réponses claires, crédibles et transparentes.

La section SAMES-ARP déclenche une grève de 72 heures pour exiger toute la lumière sur l’affaire Softcare

La tension monte à l’Agence de régulation pharmaceutique (ARP). Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES), à travers sa section ARP, a annoncé le déclenchement d’une grève de 72 heures à compter de ce mardi. Le mot d’ordre est clair : obtenir un règlement définitif de la crise interne qui secoue la structure, avec en ligne de mire l’affaire dite Softcare, au cœur des préoccupations syndicales.

Joint sur les ondes de Sud FM, le secrétaire général de la section SAMES-ARP, le docteur Yankoba Coly, a fait savoir que cette cessation de travail constitue une réponse directe à ce qu’il considère comme un manque de transparence et de diligence des autorités face à un dossier jugé sensible. Selon lui, la reprise du travail reste conditionnée à l’ouverture d’une enquête approfondie et indépendante afin d’établir les faits et de situer clairement les responsabilités.

« Tant que les autorités ne viendront pas ici diligenter une enquête sérieuse, nous n’allons pas reprendre le travail », a martelé Dr Coly, précisant que la grève s’étendra sur trois jours, mardi, mercredi et vendredi, et qu’elle pourrait être reconduite si aucune avancée notable n’est enregistrée.

Le responsable syndical estime qu’une enquête exhaustive est indispensable pour faire toute la lumière sur l’affaire Softcare, qui continue d’alimenter les inquiétudes au sein du personnel de l’Agence. À ses yeux, il ne s’agit pas seulement d’éclaircir des faits, mais aussi d’identifier l’ensemble des acteurs impliqués, de près ou de loin, afin que les responsabilités soient établies sans complaisance.

Dr Yankoba Coly a rappelé qu’une mission d’inspection du ministère de tutelle s’est déjà rendue à l’ARP pour évaluer la situation. Toutefois, il déplore l’absence de communication officielle sur les conclusions de cette mission, un silence que le syndicat considère comme préjudiciable au climat de confiance au sein de l’institution.

« Il faut aller au bout de l’enquête pour que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient clairement établies », a insisté le secrétaire général de la section SAMES-ARP, soulignant que les travailleurs refusent de reprendre leurs activités tant que la vérité n’aura pas été dite.

Cette grève intervient dans un contexte déjà tendu pour l’Agence de régulation pharmaceutique, dont le rôle est crucial dans le contrôle et la sécurité des produits pharmaceutiques au Sénégal. La mobilisation du personnel syndiqué pourrait ainsi avoir des répercussions sur le fonctionnement de la structure, alors que les regards sont désormais tournés vers les autorités, appelées à réagir pour désamorcer la crise.

Lutte contre l’orpaillage clandestin : un site démantelé à Kédougou, seize personnes interpellées

Les forces de défense et de sécurité poursuivent leur offensive contre l’orpaillage clandestin dans l’est du Sénégal. Une nouvelle opération d’envergure a été menée avec succès dans la région de Kédougou, où les éléments du Groupe d’action rapide de surveillance et d’intervention numéro 2 (Garsi 2) ont procédé, le jeudi 19 décembre 2025, au démantèlement d’un site illégal d’exploitation aurifère dans le village de Gamba Gamba, situé dans le département de Saraya.

L’intervention, conduite entre 11 heures et 15 heures, s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de sécurisation des zones minières et de lutte contre l’exploitation illicite des ressources naturelles. Selon des sources sécuritaires, l’opération a été déclenchée à la suite de renseignements faisant état d’activités d’orpaillage clandestin intenses dans cette localité frontalière, régulièrement confrontée à des flux incontrôlés de chercheurs d’or.

Sur le terrain, les éléments du Garsi 2 ont surpris plusieurs individus en pleine activité d’extraction aurifère. Au total, seize (16) personnes ont été interpellées pour leur implication présumée dans ces activités illégales. Les suspects, dont l’identité et la nationalité n’ont pas encore été officiellement précisées, devraient être présentés aux autorités judiciaires compétentes pour les besoins de l’enquête.

L’opération a également permis la saisie d’un important lot de matériel servant à l’exploitation clandestine de l’or. Les forces de sécurité ont récupéré dix (10) groupes électrogènes, dix (10) marteaux-piqueurs, neuf (09) tricycles communément appelés « piki paka », six (06) motos ainsi que sept (07) téléphones portables. Ce matériel, souvent introduit illégalement dans les zones aurifères, constitue l’ossature logistique des réseaux d’orpaillage clandestin.

Par ailleurs, quatre (04) machines lourdes utilisées pour l’exploitation aurifère ont été détruites sur place, conformément aux procédures en vigueur, afin d’empêcher toute reprise immédiate des activités illicites sur le site démantelé. Une mesure dissuasive qui témoigne de la fermeté des autorités face à un phénomène aux conséquences multiples.

L’orpaillage clandestin représente en effet une menace sérieuse, tant sur le plan environnemental que sécuritaire. Il entraîne la dégradation des sols, la pollution des cours d’eau par l’usage de substances toxiques, mais favorise également l’insécurité, les conflits communautaires et les circuits criminels transfrontaliers.

À travers cette nouvelle opération, les forces de défense et de sécurité réaffirment leur détermination à reprendre le contrôle des zones aurifères et à mettre fin aux pratiques illégales qui échappent à toute réglementation. Les autorités assurent que la surveillance sera renforcée dans la région de Kédougou, avec la poursuite d’opérations similaires pour préserver les ressources minières nationales et garantir la sécurité des populations riveraines.

Trafic de drogue : plus de 150 kg de chanvre saisis à Yenne, un vaste réseau démantelé à Tivaouane Peulh

La Gendarmerie nationale vient de porter un coup dur aux réseaux de trafic de drogue opérant dans la région de Dakar. En l’espace de quelques jours, plusieurs opérations coordonnées ont permis la saisie de plus de 150 kilogrammes de chanvre indien à Yenne, l’interpellation de dealers en possession de drogues de synthèse, ainsi que le démantèlement d’un réseau structuré à Tivaouane Peulh. Ces interventions s’inscrivent dans le cadre de l’exécution du plan de lutte contre le trafic de stupéfiants déployé par la Légion de Gendarmerie de Dakar.

La première opération s’est déroulée dans la nuit du lundi 22 décembre 2025, aux environs de 4 h 30 du matin, au niveau du croisement de Yenne Todd. Les éléments de la Brigade de Yenne, en poste lors d’un contrôle routier de routine, ont intercepté deux véhicules jugés suspects. À la vue du dispositif de sécurité, l’un des véhicules a immédiatement pris la fuite, tandis que le second a tenté de forcer le passage en fonçant sur les gendarmes.

Une course-poursuite s’est alors engagée sur plusieurs mètres, avant que les occupants du véhicule poursuivi n’abandonnent leur moyen de transport pour se volatiliser dans la nature. La fouille minutieuse du véhicule abandonné a permis aux gendarmes de découvrir une importante cargaison de drogue. Pas moins de cent cinquante (150) kilogrammes de chanvre indien étaient soigneusement dissimulés dans le coffre, confirmant l’ampleur de l’opération criminelle en préparation.

Le même jour, une autre intervention menée par la Brigade territoriale de la Foire, avec l’appui d’un escadron de la Légion de Gendarmerie d’Intervention (LGI), a permis l’interpellation d’un individu pris en flagrant délit de vente de stupéfiants. Cette arrestation est intervenue lors d’une patrouille de sécurisation. Le suspect était en possession de deux cent cinquante-cinq (255) comprimés d’ecstasy, une drogue de synthèse de plus en plus répandue, notamment chez les jeunes.

Dans la continuité de cette offensive, la Brigade de proximité de Tivaouane Peulh est entrée en action le dimanche 21 décembre 2025, à la suite de l’exploitation d’un renseignement jugé fiable. Cette opération ciblée a abouti au démantèlement d’un réseau de trafic de drogue bien organisé et à l’interpellation de neuf (09) individus soupçonnés d’être impliqués à différents niveaux de la chaîne de distribution.

À travers ces succès opérationnels, la Gendarmerie nationale réaffirme sa ferme détermination à lutter contre les trafics illicites sous toutes leurs formes. Elle assure que les opérations de sécurisation seront intensifiées sur l’ensemble du territoire et invite les populations à collaborer activement en signalant toute information susceptible de contribuer à la lutte contre le trafic de drogue, véritable fléau pour la sécurité et la santé publique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°635 – 22/12/2025

🔴 LAC ROSE OPPOSE UN NIET CATÉGORIQUE : LEVÉE DE BOUCLIERS CONTRE ORASCOM
🔴 PAIX EN CASAMANCE : DIOMAYE TEND LA MAIN AU MFDC

🔴 CAN 2025 : LES LIONS PRÊTS POUR L’ENTRÉE EN LICE CONTRE LE BOTSWANA

Casamance : plus de 2,2 millions de mètres carrés déminés et près de 870 victimes recensées, selon le CNAMS

La lutte contre les mines antipersonnel en Casamance se poursuit, avec des avancées notables mais un lourd héritage humain. À l’occasion de la visite du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à Dar Salam, dans la commune de Nyassia, le Centre national d’actions antimines au Sénégal (CNAMS) a dressé un état des lieux détaillé des opérations de déminage menées dans le sud du pays depuis le début du processus.

Face au chef de l’État, le directeur du CNAMS, Pape Maguette Diop, a révélé que 2 221 073 mètres carrés de terres ont été officiellement déminés à ce jour en Casamance. Ces opérations ont permis de localiser et de détruire 527 engins explosifs, neutralisant ainsi des menaces qui pesaient depuis des décennies sur les populations civiles, les agriculteurs et les communautés rurales.

Ces actions s’inscrivent dans le cadre des engagements internationaux du Sénégal, notamment la Convention d’Ottawa, qui interdit l’usage, le stockage et la production des mines antipersonnel. Le pays se positionne ainsi comme un acteur engagé dans la lutte mondiale contre ces armes, tout en poursuivant un travail de terrain complexe et à haut risque.

Au-delà des chiffres, le bilan humain reste particulièrement préoccupant. Selon le CNAMS, près de 870 victimes de mines ont été recensées en Casamance depuis le début du conflit. Parmi elles, 186 civils bénéficient actuellement d’une prise en charge directe par le CNAMS, tandis que les autres blessés sont suivis par les services de santé de l’Armée nationale. Ces victimes, souvent mutilées à vie, incarnent la tragédie silencieuse laissée par des années de conflit armé et de contamination des sols.

Conscient des dangers persistants, l’État a également mis l’accent sur la prévention. Le directeur du CNAMS a indiqué que des campagnes d’éducation aux risques liés aux engins explosifs ont été menées dans 296 localités de la région. À ce jour, 52 085 personnes ont été sensibilisées aux dangers des mines et des restes explosifs de guerre. Par ailleurs, 234 acteurs communautaires ont été formés afin de servir de relais de sécurité et d’alerte au sein de leurs localités respectives.

Pape Maguette Diop a rappelé que, malgré les progrès enregistrés, le chantier du déminage reste inachevé et nécessite un engagement financier et politique constant. Il a également souligné la poursuite du plaidoyer international du Sénégal en faveur d’un monde débarrassé des mines antipersonnel.

La visite du président Bassirou Diomaye Faye à Dar Salam revêt ainsi une forte portée symbolique. Elle traduit la volonté des nouvelles autorités de parachever le processus de déminage et de permettre à la Casamance de retrouver définitivement la sécurité, la libre exploitation de ses terres et les conditions d’un développement économique et social durable. Pour les populations locales, longtemps prisonnières de la peur et de l’incertitude, la fin des mines représente bien plus qu’un enjeu sécuritaire : elle est la clé d’un retour à une vie normale dans la « verte Casamance ».

Mbacké : Amadou Mame Diop affirme que « la reconquête du pouvoir est lancée » et dénonce l’« incapacité » du régime en place

L’Alliance pour la République (APR) a officiellement lancé la remobilisation de ses bases dans le département de Mbacké. À l’occasion d’une assemblée générale tenue à Touba, le parti a procédé à l’installation du secrétariat exécutif départemental de Mbacké, marquant ainsi une nouvelle étape dans sa réorganisation politique après la perte du pouvoir. La rencontre a été présidée par Amadou Mame Diop, ancien président de l’Assemblée nationale et envoyé spécial de l’ex-chef de l’État Macky Sall.

Devant une assistance composée de responsables locaux, de militants et de sympathisants, Amadou Mame Diop a tenu un discours offensif, appelant les membres du parti à l’unité, à la discipline et à la sérénité. Selon lui, l’APR demeure une force politique majeure et structurée, capable de proposer une alternative crédible à la gouvernance actuelle. Il a affirmé que le Sénégal traverse une période particulièrement difficile depuis près de deux ans, imputant cette situation au régime dirigé par Pastef.

« La reconquête du pouvoir est lancée », a-t-il déclaré, soutenant que le contexte économique et social actuel joue en faveur de son parti. Pour Amadou Mame Diop, les difficultés économiques, la cherté de la vie et l’incertitude ressentie par de larges couches de la population traduisent l’« incapacité » des autorités actuelles à répondre aux attentes des Sénégalais. Il estime que ce climat de désillusion constitue un terreau favorable au retour de l’APR sur l’échiquier politique national.

L’ancien président de l’Assemblée nationale a également exhorté les militants à éviter toute forme de provocation ou de confrontation inutile, privilégiant plutôt un travail de terrain méthodique et structuré. Il a insisté sur la nécessité de renforcer l’implantation du parti dans les quartiers, les villages et les communes du département de Mbacké, en misant sur la proximité avec les populations et l’écoute de leurs préoccupations quotidiennes.

Amadou Mame Diop a par ailleurs rappelé l’héritage politique et les réalisations de l’ancien régime, qu’il présente comme des acquis sur lesquels l’APR entend s’appuyer pour reconquérir la confiance des électeurs. Il a assuré que le parti reste mobilisé autour de son leader, Macky Sall, et déterminé à reprendre les rênes du pouvoir par des voies démocratiques.

Cette rencontre de Mbacké s’inscrit dans une dynamique plus large de redéploiement de l’APR à l’échelle nationale. À travers la mise en place de nouvelles instances locales et la multiplication des rencontres politiques, le parti de l’ancien président affiche clairement son ambition de se repositionner comme la principale force d’opposition et de préparer activement les prochaines échéances électorales.

Paix en Casamance : « Je tends la main à mes frères et cousins pour rejoindre le processus qui est engagé », déclare le président Diomaye Faye

En pleine tournée économique en Casamance, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a lancé un appel solennel et sans ambiguïté en faveur du retour définitif de la paix dans le sud du Sénégal. Ce dimanche matin, en visite à Dar Es Salam, dans la commune de Nyassia, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de consolider les acquis du processus de paix et d’y associer toutes les parties encore réticentes.

S’exprimant devant la maire de la commune, des autorités administratives et locales, ainsi que plusieurs membres du gouvernement, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que la stabilité demeure la condition essentielle du développement durable de la Casamance. « La paix vaut tous les sacrifices, elle vaut tous les efforts », a-t-il affirmé, soulignant que le développement économique, social et infrastructurel de la région ne saurait se faire durablement sans la fin totale des violences.

Face aux témoignages recueillis auprès des populations locales, marqués par des décennies de souffrances, de déplacements forcés et de traumatismes, le Président a directement interpellé les éléments du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) encore en rébellion. Dans un ton à la fois ferme et conciliant, il a tendu la main aux combattants, les invitant à rejoindre la dynamique engagée par l’État avec certaines factions du mouvement.

« Je profite de cette prise de parole pour appeler tous mes frères et sœurs, pour ne pas dire mes cousins qui sont dans la rébellion, à rejoindre le processus de paix qui est engagé avec des factions avec lesquelles nous avons déjà des résultats encourageants », a déclaré Bassirou Diomaye Faye, réaffirmant sa volonté d’aboutir à une paix globale et inclusive.

Le chef de l’État a également insisté sur l’importance de la réconciliation nationale, au-delà du simple dépôt des armes. Selon lui, il est impératif de « travailler à la réconciliation des cœurs et des esprits », afin d’éviter que les divergences, politiques ou communautaires, ne dégénèrent à nouveau en conflits ouverts. Il a rappelé que les blessures laissées par des années de conflit armé sont profondes et nécessitent un effort collectif pour être refermées durablement.

Évoquant les lourds dégâts humains, psychologiques et matériels causés par cette crise prolongée, le Président a souligné l’urgence d’une paix définitive. « La Casamance a trop souffert, avec elle le Sénégal », a-t-il insisté, renouvelant son appel à ses « cousins, frères et sœurs » engagés dans la rébellion.

Bassirou Diomaye Faye a enfin assuré que l’État du Sénégal restera pleinement engagé pour accompagner toute volonté sincère de paix exprimée sur le terrain. Il a promis de répondre aux aspirations des populations casamançaises en faveur d’un désarmement total, mais aussi d’une réconciliation franche, durable et définitive, fondée sur la justice, la réparation et le développement inclusif de la région.

Crise financière : Momar Thiam appelle Diomaye à « réduire sa rémunération » en coupant « la poire en deux »

Face à la dégradation de la situation économique et sociale du Sénégal, l’expert en communication et ancien proche de l’ancien président Abdoulaye Wade, Momar Thiam, a lancé un appel fort au chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Invité de l’émission Objection sur Sud FM ce dimanche 21 décembre, il a exhorté le Président de la République à « faire preuve d’audace » en réduisant de moitié sa rémunération, dans un contexte marqué, selon lui, par des difficultés de plus en plus lourdes pour une grande partie de la population.

Pour Momar Thiam, l’ampleur de la crise financière actuelle impose des gestes forts et symboliques de la part des plus hautes autorités. Il estime que les efforts demandés aux citoyens pour redresser les finances publiques ne peuvent être crédibles que s’ils commencent « par le sommet de l’État ». À ses yeux, une baisse volontaire du salaire présidentiel enverrait un signal puissant de solidarité nationale, dans un pays où, rappelle-t-il, « beaucoup de Sénégalais ne mangent pas trois repas par jour ».

Dans cette logique, Momar Thiam considère que le Président de la République ne devrait pas être le seul concerné. Il appelle également le Premier ministre à consentir au même sacrifice, même s’il reconnaît que ce dernier a récemment annoncé consacrer ses rémunérations à l’indemnisation des victimes des événements politiques survenus entre 2021 et 2024. Pour l’expert, ces initiatives individuelles, bien que louables, gagneraient à être institutionnalisées afin de produire un impact plus large et plus durable.

S’agissant de l’Assemblée nationale, Momar Thiam propose une réforme plus radicale du régime de rémunération des députés. Il suggère de remplacer le salaire fixe par une indemnité de représentation strictement indexée sur la présence effective des élus aux travaux parlementaires. Selon lui, une telle mesure permettrait de lutter efficacement contre l’absentéisme souvent décrié au sein de l’hémicycle, tout en rationalisant les dépenses publiques liées au fonctionnement de l’institution.

Au-delà du pouvoir exécutif et du législatif, Momar Thiam plaide également pour une réduction des rémunérations au niveau des directions générales des sociétés publiques. Il estime que les salaires et avantages accordés à certains dirigeants d’entreprises publiques sont difficilement justifiables dans un contexte de tension budgétaire et de sacrifices demandés aux populations.

À travers cette sortie médiatique, Momar Thiam appelle ainsi à une nouvelle éthique de gouvernance fondée sur l’exemplarité, la sobriété et le partage de l’effort national. Pour lui, sans gestes forts et visibles de la part des dirigeants, les discours sur l’austérité et la mobilisation des ressources risquent de rester lettre morte auprès d’une population déjà éprouvée par la vie chère et la précarité croissante.

Crise du recrutement médical au Sénégal : le SAMES dénonce un système « déshumanisant » et alerte sur 2026

Réuni en congrès autour de la problématique cruciale des ressources humaines en santé, le Syndicat Autonome des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes du Sénégal (SAMES) a tiré la sonnette d’alarme sur l’état du système sanitaire national. À travers des échanges sans détour, les responsables syndicaux ont mis en lumière un paradoxe qu’ils jugent inacceptable : alors que les structures de santé manquent cruellement de personnel qualifié, de nombreux jeunes professionnels formés peinent à être recrutés et sombrent dans la précarité.

Pour le docteur Mamadou Demba Ndour, secrétaire général national sortant du SAMES, la situation a atteint un seuil critique. Il s’est indigné du manque de cohérence des politiques publiques en matière de recrutement médical, dans un contexte où les hôpitaux et centres de santé souffrent d’un déficit aigu de médecins spécialistes, de pharmaciens et de chirurgiens-dentistes. Dans le même temps, a-t-il dénoncé, des centaines de jeunes diplômés issus des facultés et des Unités de Formation et de Recherche (UFR) de santé restent sans emploi ou contraints d’accepter des conditions de travail indignes.

Selon lui, l’État semble avoir renoncé à une politique ambitieuse de recrutement, laissant prospérer un système marqué par des contrats précaires, déséquilibrés et « déshumanisants ». Une situation qui, estime-t-il, porte atteinte non seulement à la dignité des professionnels de santé, mais également à la qualité des soins offerts aux populations.

Le SAMES voit dans cette incohérence structurelle l’une des principales causes de la fuite massive des cerveaux vers l’étranger. De nombreux praticiens, découragés par l’absence de perspectives et la dégradation des conditions de travail, choisissent l’exil professionnel, privant ainsi le pays de compétences pourtant chèrement formées et indispensables à la prise en charge sanitaire des Sénégalais.

Le congrès a également été l’occasion pour le syndicat de dresser un bilan sévère de ses relations avec le gouvernement. Malgré la signature du pacte de stabilité sociale à travers sa centrale, la CNTS, le SAMES estime que les engagements pris par les autorités n’ont pas été respectés. Une situation vécue comme une véritable trahison par les responsables syndicaux, qui affirment avoir fait preuve de responsabilité dans l’intérêt de la paix sociale.

Très remonté, le docteur Mamadou Demba Ndour a averti que cette rupture de confiance ne resterait pas sans conséquences. Il a clairement annoncé que l’année 2026 s’annonce comme une période de forte mobilisation syndicale. Selon lui, les revendications du secteur de la santé seront portées avec détermination sur le terrain si aucune réponse concrète n’est apportée aux préoccupations exprimées.

Dans cette dynamique, Diabel Dramé, secrétaire général adjoint sortant et candidat déclaré à la succession de Mamadou Demba Ndour, a esquissé les grandes orientations de ce qui pourrait être son mandat. Il a insisté sur l’urgence de combler le déficit de personnel médical dans les hôpitaux et centres de santé sur l’ensemble du territoire national, notamment dans les zones les plus enclavées.

S’exprimant sur les ondes d’iRadio, il a également mis l’accent sur un enjeu souvent relégué au second plan : la gestion des carrières et la mobilité des agents de santé. Pour lui, le recrutement ne saurait être une solution suffisante sans une politique cohérente de gestion des ressources humaines, garantissant équité, motivation et stabilité professionnelle.

À travers ce congrès, le SAMES entend ainsi replacer la question des ressources humaines au cœur des priorités nationales, avertissant que sans une réforme profonde et sincère, le système de santé sénégalais court le risque d’une crise plus grave encore, aux conséquences directes sur l’accès aux soins pour les populations.

Casamance : le Président Bassirou Diomaye Faye lance un appel solennel à la paix depuis Dar Es Salam Chérif

En déplacement ce dimanche matin à Dar Es Salam Chérif, dans l’arrondissement de Niassya, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a posé un acte hautement symbolique en réaffirmant son engagement personnel en faveur d’une paix définitive en Casamance. Dans cette localité chargée d’histoire et de spiritualité, le chef de l’État a lancé un appel solennel aux groupes encore retranchés dans le maquis, les exhortant à déposer les armes et à rejoindre le processus de paix en cours.

S’adressant directement à ses « cousins », dans un ton empreint de fraternité et de responsabilité, Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la nécessité de tourner définitivement la page du conflit, après plus de quatre décennies de tensions armées. Il a souligné que le Sénégal est à un tournant décisif et que toutes les conditions sont désormais réunies pour parvenir à une réconciliation durable, fondée sur la confiance, le dialogue et le respect des engagements mutuels.

Le Président de la République a tenu à rassurer les populations et les acteurs du processus de paix sur la volonté ferme de l’État de respecter l’ensemble des engagements déjà pris. Il a réaffirmé que les autorités sénégalaises poursuivront sans relâche les efforts en vue de la signature d’accords de paix définitifs, permettant de garantir la stabilité, la sécurité et le retour à une vie normale pour les communautés longtemps éprouvées par le conflit.

Cette visite présidentielle a également été l’occasion pour les acteurs institutionnels impliqués dans la stabilisation de la Casamance d’exprimer leurs préoccupations. Le Comité national de gestion de l’action antimines au Sénégal (CNAMS) a ainsi attiré l’attention des autorités sur l’urgence de poursuivre les opérations de déminage humanitaire. Selon le comité, la sécurisation des zones encore contaminées par des engins explosifs demeure un préalable indispensable au retour des populations déplacées et à la reprise des activités économiques, notamment agricoles.

À ce titre, le CNAMS a appelé l’État à procéder rapidement au décaissement d’une enveloppe de 179 millions de francs CFA, jugée essentielle pour assurer la continuité des opérations de déminage. Un retard dans le financement pourrait, selon ses responsables, compromettre les progrès réalisés ces dernières années et exposer les populations civiles à des risques persistants.

Dans le même sillage, le Directeur général de l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC) a plaidé pour le renforcement des actions inscrites dans le cadre du « Plan Diomaye ». Il a rappelé que ce programme constitue un pilier central de la stratégie gouvernementale visant à consolider la paix par le développement. Selon lui, la poursuite de ces initiatives est déterminante pour faciliter le retour progressif des déplacés dans leurs villages d’origine et pour accélérer la reconstruction des infrastructures sociales et économiques de la région.

À travers cette visite à Dar Es Salam Chérif, le Président Bassirou Diomaye Faye envoie un message clair : la paix en Casamance n’est plus un simple objectif politique, mais une priorité nationale qui repose à la fois sur le dialogue, la justice, la sécurité et le développement inclusif. Pour les populations du Sud, cet appel présidentiel ravive l’espoir d’un avenir apaisé après de longues années de souffrance et d’attente.

Sénégalais abattu à Ajaccio : Momar Thiam plaide pour que « les consulats soient dotés d’un service social et d’écoute »

Moins de vingt-quatre heures après la mort par balle d’un ressortissant sénégalais dans le centre-ville d’Ajaccio, en France, le débat sur la protection et l’accompagnement des Sénégalais de l’extérieur refait surface. Invité ce dimanche 21 décembre dans l’émission Objection sur Sud FM, l’expert en communication et ancien proche de l’ancien président Abdoulaye Wade, Momar Thiam, a interpellé l’État sénégalais sur la nécessité de renforcer le rôle social des représentations diplomatiques.

Pour Momar Thiam, ce drame met en lumière une réalité souvent ignorée : la grande vulnérabilité psychologique et sociale de nombreux migrants sénégalais en Europe. Il estime que l’État doit « franchir un pas » en dotant les consulats généraux à l’étranger de véritables services sociaux capables d’accompagner les compatriotes en situation de détresse. « Les consulats doivent disposer de services sociaux qui peuvent être à l’écoute des Sénégalais en difficulté », a-t-il plaidé.

Selon lui, une grande partie des migrants arrive en Europe dans des conditions extrêmement éprouvantes. « La plupart des migrants qui franchissent les frontières européennes passent par la mer et arrivent dans des situations de détresse, parfois même de folie », a-t-il expliqué, insistant sur les traumatismes liés aux parcours migratoires, à l’errance administrative, à la précarité et à l’isolement social.

Fort de son expérience, Momar Thiam affirme parler en connaissance de cause. Il rappelle avoir côtoyé de nombreux compatriotes en difficulté durant ses douze années passées en tant que consul général. « Pour les avoir vus et accompagnés pendant douze ans, je sais de quoi je parle », a-t-il insisté, soulignant que beaucoup de situations critiques auraient pu être désamorcées avec un accompagnement approprié.

L’expert propose ainsi que les consulats soient dotés de personnels spécialisés, notamment des psychologues ou des agents formés aux questions sociales et migratoires. Selon lui, la présence de tels profils permettrait d’identifier en amont les cas de détresse mentale, d’orienter les personnes concernées vers des structures adaptées et, surtout, d’éviter des issues tragiques.

Pour Momar Thiam, il ne s’agit pas seulement d’une question administrative ou diplomatique, mais d’un impératif humain. Il estime que la protection des Sénégalais de l’extérieur doit aller au-delà des services consulaires classiques et intégrer une dimension sociale et psychologique à part entière. « En mettant en place un tel dispositif, l’État sénégalais pourrait prévenir certains drames », a-t-il conclu.

Aéroport de Ziguinchor : les travaux seront achevés d’ici fin avril 2026, selon le président Diomaye Faye

Les travaux de modernisation de l’Aéroport de Ziguinchor connaissent une avancée jugée satisfaisante par les autorités. En visite sur le chantier ce samedi, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé que l’infrastructure sera livrée d’ici la fin du mois d’avril 2026, mettant ainsi fin à une longue période d’attente pour les populations du sud du pays.

Au terme de sa visite, le chef de l’État s’est félicité de la reprise effective des travaux et du rythme soutenu observé sur le site. Selon lui, cette dynamique positive traduit la volonté des autorités de respecter les engagements pris en matière d’infrastructures stratégiques, en particulier dans les régions longtemps confrontées à des difficultés d’accessibilité. « Cette visite nous a permis de constater non seulement la reprise effective des travaux, mais surtout le rythme soutenu auquel ils avancent », a-t-il déclaré.

Pour garantir le respect des délais contractuels, l’État a mobilisé une enveloppe financière globale de 13 milliards de francs CFA. Le président a précisé qu’un montant de 7 milliards de francs CFA a déjà été injecté en 2025 à travers la loi de finances rectificative, tandis que les 6 milliards restants seront inscrits dans la loi de finances initiale de 2026. Ces ressources financières, a-t-il assuré, permettront à l’entreprise chargée de l’exécution du chantier de tenir son engagement de livrer l’ouvrage à la date annoncée.

Bassirou Diomaye Faye a également insisté sur la nécessité de maintenir un haut niveau de qualité dans l’exécution des travaux. Il a appelé les entreprises impliquées à respecter scrupuleusement les normes techniques et à préserver la conception architecturale initialement prévue pour l’aéroport, soulignant l’importance de cette infrastructure pour l’image et le développement de la région.

À terme, la modernisation de l’Aéroport de Ziguinchor devra contribuer à améliorer significativement l’accessibilité aérienne de la Casamance. Le président a rappelé que ce projet s’inscrit dans le Programme national de desserte aérienne des régions, lui-même intégré à l’Agenda national de transformation Sénégal 2050. Cet agenda stratégique vise à renforcer la connectivité territoriale, réduire les inégalités régionales et stimuler le développement économique à l’échelle nationale.

Dans cette perspective, le chef de l’État a annoncé que des études sont actuellement en cours pour étendre ce programme de desserte aérienne à d’autres régions du pays, à partir des aéroports régionaux existants. Cette extension se fera, a-t-il précisé, en tenant compte des orientations et priorités définies par l’Agenda Sénégal 2050.

Enfin, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que la région de Ziguinchor occupe une place centrale dans la politique nationale de territorialisation engagée depuis l’arrivée au pouvoir de l’actuelle équipe dirigeante. Selon lui, la relance de projets structurants comme l’aéroport constitue un levier essentiel pour accompagner le retour durable de la paix, soutenir le tourisme, dynamiser les échanges économiques et répondre aux attentes des populations locales.

Casamance : le « Plan Diomaye » affiche un taux d’exécution de 46 %

Moins d’un an après son lancement officiel, le programme spécial de relance de la Casamance, baptisé « Plan Diomaye », enregistre un taux d’exécution de 46 %, un niveau jugé encourageant par les autorités. Ce bilan d’étape a été présenté par le Directeur général de l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC), Ibba Sané, qui y voit les premiers signes tangibles d’un redémarrage progressif du sud du pays après des décennies de fragilités économiques et sociales.

Opérationnel depuis janvier 2025, le Plan Diomaye constitue l’un des piliers de la nouvelle stratégie gouvernementale en faveur de la Casamance. Doté d’une enveloppe globale de plus de 53 milliards de francs CFA, ce programme ambitieux vise principalement à consolider la paix par le retour sécurisé des populations déplacées et à relancer durablement le tissu économique local. Il s’inscrit dans une approche globale qui combine infrastructures sociales de base, réinstallation des communautés et stimulation des activités productives.

Sur le terrain, plusieurs réalisations concrètes commencent à émerger. Lors d’une récente tournée d’inspection dans différentes localités, Ibba Sané a pu constater l’état d’avancement de projets jugés prioritaires. À Djokado, un poste de santé a été entièrement érigé dans le cadre du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (PUMA), renforçant ainsi l’accès aux soins pour des populations longtemps confrontées à l’éloignement des structures sanitaires. À Djigoudière, des habitations ont été construites grâce à l’appui de l’ONG internationale ICO, basée aux Émirats arabes unis, afin de faciliter le retour et la stabilisation des familles déplacées.

À Madié Diam, autre zone stratégique du programme, les travaux de mise en place des réseaux d’adduction d’eau sont en cours. Ces infrastructures hydrauliques sont considérées comme essentielles pour assurer la sédentarisation durable des populations, soutenir l’agriculture locale et améliorer les conditions de vie des communautés rurales. Selon l’ANRAC, ces projets structurants participent directement à la restauration de la confiance des populations envers l’État et ses institutions.

Au-delà des réalisations matérielles, le Plan Diomaye se distingue également par une rupture assumée dans la gouvernance de l’ANRAC. Pour la première fois depuis la création de l’agence, le Conseil de surveillance a quitté Dakar pour tenir sa cinquième session à Ziguinchor. Une décision symbolique forte, qui traduit la volonté des nouvelles autorités de rapprocher les instances de décision des réalités du terrain.

S’exprimant sur iRadio, Ibba Sané a expliqué cette démarche par la nécessité de permettre aux membres du Conseil de constater directement l’état d’avancement des projets. « Nous avons jugé nécessaire de délocaliser la tenue de cette importante activité pour permettre aux conseillers de descendre sur le terrain et de voir concrètement ce qui est réalisé », a-t-il souligné, insistant sur l’importance d’une gouvernance plus inclusive et ancrée localement.

Si le taux d’exécution de 46 % est considéré comme satisfaisant à ce stade, les autorités reconnaissent toutefois que des efforts supplémentaires restent nécessaires pour accélérer la cadence. L’ANRAC assure que plusieurs projets sont en phase de finalisation et que les prochaines semaines devraient être marquées par une intensification des travaux, notamment dans les domaines de l’habitat, de l’hydraulique et de la relance des activités économiques.

À terme, le Plan Diomaye ambitionne de transformer durablement la Casamance, en faisant de la paix retrouvée un véritable levier de développement. Pour les autorités, il ne s’agit plus seulement de réparer les séquelles du conflit, mais de jeter les bases d’une croissance inclusive, capable de répondre aux attentes des populations longtemps éprouvées par l’isolement et la précarité.

Baisse du prix du riz brisé : le cri de colère des boutiquiers détaillants du Sénégal

La récente décision des autorités de baisser le prix du riz brisé continue de susciter des remous au sein des acteurs du commerce de proximité. L’Association des Boutiquiers Détaillants du Sénégal (ABDS) est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle considère comme une démarche unilatérale du ministère du Commerce, prise sans concertation avec les principaux concernés et porteuse de risques sérieux pour la survie économique des petites boutiques.

À l’origine de la colère, la tenue du Conseil national de la consommation, qui a entériné la nouvelle grille tarifaire du riz brisé, aliment de base pour des millions de Sénégalais. Si l’objectif affiché par l’État est de soulager le pouvoir d’achat des ménages, l’ABDS estime que la méthode employée fragilise dangereusement le maillon le plus vulnérable de la chaîne de distribution.

S’exprimant sur les ondes de iRadio, le président de l’ABDS, Aliou Ba, n’a pas caché son amertume. Il déplore l’exclusion de son organisation des discussions ayant conduit à la fixation des nouveaux prix. Selon lui, l’absence des représentants des boutiquiers lors de ce conseil constitue une erreur à la fois stratégique et démocratique. « Le ministre du Commerce a présidé récemment le Conseil national de la consommation sans inviter l’ABDS, qui est pourtant l’association la plus légitime et la plus représentative des boutiquiers au niveau national », a-t-il regretté.

Pour l’ABDS, cette mise à l’écart pose un problème de fond : comment appliquer efficacement une décision prise sans consulter ceux qui sont chargés de la mettre en œuvre au quotidien ? Aliou Ba estime que fixer des prix de manière administrative, sans tenir compte des réalités du terrain, creuse un fossé entre les autorités et les commerçants. À ses yeux, cette approche risque d’entraîner des difficultés d’application, voire des résistances silencieuses sur les marchés.

Au-delà du problème de concertation, l’association met surtout en garde contre l’impact économique de la mesure sur les détaillants. La nouvelle grille tarifaire, selon elle, entraîne une réduction significative des marges bénéficiaires des boutiquiers, alors même que leurs charges ne cessent d’augmenter. Loyers, factures d’électricité, coûts de transport et frais d’approvisionnement pèsent de plus en plus lourdement sur ces petits commerçants, dont beaucoup peinent déjà à maintenir l’équilibre financier de leurs activités.

L’ABDS précise qu’elle n’est pas opposée au principe de stabilisation ou de baisse des prix des denrées de première nécessité. Au contraire, elle se dit consciente des difficultés que traversent les ménages sénégalais. Toutefois, Aliou Ba insiste sur le fait que cet effort ne doit pas se faire au détriment du commerce de proximité, qu’il juge en net recul ces dernières années. « On ne peut pas protéger le consommateur en sacrifiant le boutiquier », résume-t-il en substance.

Selon l’association, la disparition progressive des petites boutiques de quartier aurait des conséquences sociales et économiques lourdes, notamment dans les zones périphériques et rurales où ces commerces constituent souvent le principal point d’accès aux produits de première nécessité. Elle redoute que des décisions répétées, prises sans dialogue, accélèrent la faillite de nombreux détaillants.

Face à cette situation, l’ABDS appelle les autorités à instaurer une concertation réelle, inclusive et permanente avec l’ensemble des acteurs de la chaîne de distribution. Elle plaide pour une révision de la méthode de fixation des prix, afin qu’elle tienne compte non seulement du pouvoir d’achat des consommateurs, mais aussi des charges et des contraintes auxquelles font face les boutiquiers.

À défaut d’un dialogue franc et constructif, l’association avertit que l’efficacité des mesures de baisse des prix pourrait être compromise sur le terrain, confrontée aux dures réalités économiques du commerce de quartier. Pour les boutiquiers, l’enjeu est clair : préserver à la fois l’accessibilité des produits pour les consommateurs et la survie d’un secteur qui demeure un pilier de l’économie locale.

Tambacounda : le verdict renvoyé après une expertise psychiatrique dans une affaire de fratricide

La chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Tambacounda a choisi la voie de la prudence dans une affaire de fratricide particulièrement troublante. Alors que le verdict était attendu ce vendredi 19 décembre 2025, la juridiction a décidé de surseoir à statuer et d’ordonner une expertise psychiatrique concernant A. Ba, accusé d’avoir mortellement agressé son frère germain à coups de machette. L’information est rapportée par Le Soleil.

Par cette décision, le tribunal entend lever toute ambiguïté sur l’état mental de l’accusé au moment des faits. Une mission d’expertise a ainsi été confiée au médecin-chef du centre psychiatrique de Tambacounda, qui dispose d’un délai de trente jours, à compter de la notification de l’ordonnance, pour déposer son rapport. L’objectif est de déterminer si A. Ba jouissait pleinement de ses facultés mentales lorsqu’il a commis l’acte qui lui est reproché, une donnée essentielle pour l’appréciation de sa responsabilité pénale.

Les faits remontent au 10 mars 2025, dans la commune de Payar, située dans le département de Koumpentoum. Ce jour-là, les deux frères revenaient d’un village voisin où ils s’étaient rendus pour s’approvisionner en eau. Installés sur une charrette, le cadet conduisant le cheval et l’aîné, âgé de 21 ans, assis à l’arrière, le drame s’est noué sans signe avant-coureur apparent. Selon les éléments du dossier, l’aîné aurait soudainement sorti une machette et asséné trois violents coups à la tête de son frère. Grièvement blessée, la victime a succombé sur place, avant toute prise en charge médicale.

Interpellé peu après les faits, A. Ba a été entendu par les gendarmes, mais n’a livré aucune explication cohérente à son geste. Il s’est contenté d’invoquer « la volonté de Dieu », sans fournir de justification rationnelle. À la barre, il a déclaré avoir agi sous l’emprise de l’alcool, affirmant qu’il s’agissait de sa première consommation, une version qui n’a pas totalement convaincu la cour.

Les témoignages des proches ont davantage alimenté les interrogations sur la personnalité de l’accusé. La mère des deux jeunes hommes a assuré n’avoir jamais constaté de conflits ou de tensions entre ses fils, décrivant une relation fraternelle normale avant le drame. Le beau-père de l’accusé, avec qui ce dernier vivait également, a en revanche évoqué un comportement qu’il jugeait préoccupant, fait de distance, d’instabilité et de fréquents déplacements inexpliqués. Il a également souligné le manque d’implication d’A. Ba dans les travaux champêtres, un élément qui, selon lui, traduisait un certain déséquilibre.

Lors de l’audience, le procureur de la République a dressé un réquisitoire particulièrement sévère. Il a décrit l’accusé comme une personne antisociale et insisté sur la violence extrême de l’acte, estimant que la nature et la répétition des blessures traduisaient un acharnement manifeste. En conséquence, le ministère public a requis la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de six mois d’emprisonnement pour détention illégale d’arme.

La défense, pour sa part, a axé sa plaidoirie sur l’état psychique de son client, estimant que les circonstances du crime, l’absence de mobile apparent et le comportement de l’accusé justifiaient un examen psychiatrique approfondi. Une demande qui a finalement été retenue par la juridiction, soucieuse de statuer en toute connaissance de cause.

Casamance : Seydi Gassama interpelle le Président Diomaye Faye sur les urgences du développement régional

À l’occasion du séjour du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, en Casamance, le défenseur des droits humains Seydi Gassama a lancé un plaidoyer appuyé en faveur d’une prise en charge plus ambitieuse et structurée des défis économiques et sociaux auxquels la région demeure confrontée. Dans une interpellation directe mais constructive, il a mis en lumière plusieurs urgences qu’il estime incontournables pour sortir durablement la Casamance de la marginalisation.

Au premier rang de ses préoccupations figure la reconstruction du pont Émile Badiane, infrastructure emblématique et stratégique reliant la région au reste du pays. Pour Seydi Gassama, l’état de dégradation avancée de cet ouvrage constitue un véritable goulot d’étranglement pour la mobilité des personnes et la circulation des biens. Il souligne que ce pont, au-delà de sa dimension symbolique, est vital pour le désenclavement économique de la Casamance. Son mauvais état pénalise lourdement les échanges commerciaux, renchérit les coûts de transport et freine l’intégration de la région aux circuits économiques nationaux et sous-régionaux. À ses yeux, sa reconstruction ne relève plus d’un simple projet d’infrastructure, mais d’une urgence nationale.

Le défenseur des droits humains s’est également longuement attardé sur le paradoxe agricole de la Casamance, région reconnue pour la fertilité de ses terres et l’abondance de sa production fruitière. Chaque année, déplore-t-il, des centaines de milliers de tonnes de mangues, d’oranges et d’autres fruits sont perdues faute d’infrastructures de conservation, de chaînes de froid et d’unités de transformation industrielle. Cette situation, qualifiée de véritable gaspillage économique, prive les producteurs de revenus substantiels et empêche la création d’emplois locaux, notamment pour les jeunes et les femmes. Seydi Gassama estime que des investissements ciblés dans l’agro-industrie pourraient transformer cette richesse naturelle en moteur de croissance durable pour la région.

Autre secteur jugé largement sous-exploité : le tourisme. Malgré le retour durable de la paix et la fin progressive des tensions qui ont longtemps affecté la Casamance, le potentiel touristique de la région reste, selon lui, en deçà de ses capacités réelles. Plages, forêts, fleuve Casamance, patrimoine culturel et hospitalité des populations constituent pourtant des atouts majeurs. Seydi Gassama regrette l’absence d’une politique de promotion touristique cohérente et offensive, capable d’attirer investisseurs et visiteurs, tant nationaux qu’internationaux.

Dans cette perspective, il invite les autorités sénégalaises à s’inspirer d’exemples africains probants tels que le Rwanda, le Kenya ou encore l’Afrique du Sud, qui ont su faire du tourisme un levier stratégique de développement économique, de création d’emplois et de valorisation de leur image à l’international.

À travers cette interpellation adressée au Chef de l’État, Seydi Gassama plaide pour que la Casamance devienne une priorité stratégique du développement national. Il appelle à une approche globale et intégrée, articulant infrastructures modernes, valorisation agricole et relance touristique. Selon lui, seule une telle vision permettra de répondre durablement aux attentes des populations locales et de libérer tout le potentiel économique d’une région longtemps reléguée au second plan, mais porteuse d’immenses opportunités pour le Sénégal.

Sit-in des marchands ambulants : le collectif réclame des solutions de recasement durables face aux déguerpissements

Les marchands ambulants et tabliers de Dakar sont de nouveau montés au créneau. Réunis au sein du Collectif pour la Défense des Intérêts des Marchands Ambulants du Sénégal (CDIMAS), ils ont organisé, ce vendredi 19 décembre 2025, une grande marche pacifique à Keur Massar pour dénoncer les opérations de déguerpissement qu’ils jugent brutales et sans solutions alternatives durables.

Venus de plusieurs quartiers de la capitale, des centaines de manifestants se sont rassemblés au terrain Yékini, vêtus de foulards rouges et munis de pancartes aux messages évocateurs : « Je suis Sénégalais », « Ramass bi dafa doy (stop aux rafles) », « Non à la dictature » ou encore « Liguey laniou beugue (nous voulons travailler) ». Dans une ambiance à la fois revendicative et déterminée, les marchands ont réaffirmé leur volonté de continuer à vivre et travailler dignement au Sénégal.

Prenant la parole au nom du collectif, Diarra Ndao a exposé les principales doléances des manifestants. Le CDIMAS exige notamment « l’arrêt immédiat des déguerpissements accélérés », l’ouverture de cadres de concertation et de négociation avec l’ensemble des organisations professionnelles du secteur, ainsi que « la recherche de solutions durables et consensuelles pour l’organisation de l’activité des marchands ambulants et tabliers, avant que la situation ne devienne irréversible ».

Le collectif sollicite également une audience auprès du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, afin de lui soumettre « un mémorandum bien détaillé pour la bonne marche du pays ». Dans le même temps, les marchands réclament la mise à disposition, dans les plus brefs délais, des 13 hectares que le gouvernement leur avait promis pour leur recasement.

Alertant sur les conséquences sociales des déguerpissements, le CDIMAS affirme que « des milliers de familles sont aujourd’hui plongées dans la précarité ». Parmi les impacts évoqués figurent la perte totale des revenus quotidiens, les difficultés d’accès aux soins de santé, l’impossibilité de subvenir régulièrement aux besoins alimentaires, les obstacles à la scolarisation des enfants, ainsi que la fragilisation du tissu social et familial.

De son côté, Dame Badiane, président du collectif, a lancé un avertissement aux autorités. Il a rappelé que c’est la troisième fois que les marchands interpellent le gouvernement, précisant que cette marche constitue un « plan B ». « Le plan C sera dévoilé le moment venu », a-t-il prévenu, sans donner davantage de détails.

Encadrée par la gendarmerie, avec le déploiement de deux fourgonnettes et de deux véhicules, la manifestation s’est déroulée sans incident majeur et a pris fin aux environs de 17 heures.

Ordre national du Lion et du Mérite : le Président Diomaye honore des parcours d’exception

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé au Palais de la République la cérémonie solennelle de réception des dignitaires décorés au titre de l’année 2025. L’événement s’est tenu en présence du président de l’Assemblée nationale, du Premier ministre ainsi que de l’ensemble des membres du Gouvernement, selon un communiqué de la Présidence du Sénégal.

À travers l’Ordre national du Lion et l’Ordre du Mérite, la Nation sénégalaise a rendu hommage à des femmes et des hommes dont les parcours professionnels et citoyens forcent le respect. Ces distinctions viennent consacrer des trajectoires marquées par le sens élevé du devoir, la loyauté envers les institutions de la République, l’intégrité morale et un engagement constant au service de l’État et du bien commun.

Dans une atmosphère empreinte de solennité, cette cérémonie a mis en lumière des profils issus de divers horizons, tous unis par la même exigence d’exemplarité et de dévouement. Pour la Présidence, il s’agit de reconnaître publiquement la valeur du travail bien accompli et de rappeler que le mérite demeure un principe fondamental de l’action publique.

La Présidence de la République souligne par ailleurs que cette rencontre a constitué un moment fort de réaffirmation des valeurs républicaines. Elle a rappelé que l’éthique, la responsabilité et la reconnaissance du mérite sont les piliers sur lesquels repose une République forte, digne et résolument tournée vers l’avenir.

Affaire Aziz Dabala : le chanteur Tarba Mbaye libéré après son audition, mais reste sous convocation

Entendu ce vendredi par les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (DIC), le chanteur Tarba Mbaye a quitté les locaux de la police après plusieurs heures d’audition dans le cadre de l’enquête sur le double meurtre des danseurs Aziz Dabala et Wally. S’il a recouvré la liberté, l’artiste n’est toutefois pas totalement tiré d’affaire, puisqu’il a été libéré sous convocation et devra se présenter de nouveau devant les enquêteurs le lundi 21 décembre 2025.

Selon des sources proches du dossier, Tarba Mbaye a été longuement interrogé sur ses liens avec les victimes, le contexte des faits ainsi que sur certains éléments jugés sensibles par les enquêteurs. Son audition s’inscrit dans la poursuite des investigations menées par la DIC afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes de ce drame qui continue de bouleverser le milieu artistique sénégalais.

À ce stade de la procédure, aucune charge formelle n’a été retenue contre le chanteur. Sa remise en liberté indique que les enquêteurs n’ont pas estimé nécessaire de le placer en garde à vue prolongée. Toutefois, sa convocation pour une nouvelle audition laisse entendre que les investigations se poursuivent activement et que certains points restent à clarifier.

L’affaire du meurtre d’Aziz Dabala et de Wally demeure entourée de nombreuses zones d’ombre. Les enquêteurs multiplient les auditions et les recoupements d’informations afin d’identifier les auteurs et les éventuels complices, mais aussi de comprendre le mobile exact de ce crime qui a profondément choqué l’opinion publique.

Tournée économique en Casamance : Bassirou Diomaye Faye attendu à Ziguinchor pour une visite hautement symbolique

Dans le cadre de sa tournée économique en Casamance, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est attendu à Ziguinchor pour une étape qui s’annonce particulièrement marquante. Selon le journaliste Madiambal Diagne, le chef de l’État prévoit une visite auprès de la mère du leader politique Ousmane Sonko, un geste fort qui devrait retenir l’attention de l’opinion publique nationale.

Cette rencontre, à haute portée symbolique, s’inscrit dans un contexte politique et social où les signaux d’apaisement, de dialogue et de rapprochement occupent une place centrale dans l’action du nouveau pouvoir. En rendant visite à la mère d’Ousmane Sonko, figure emblématique de la scène politique sénégalaise et originaire de la Casamance, le président Diomaye Faye entend poser un acte de considération humaine et politique, au-delà des clivages et des tensions passées.

La tournée économique du chef de l’État en Casamance a pour objectif principal d’évaluer l’état d’avancement des projets structurants, d’identifier les besoins prioritaires des populations et d’apporter des réponses concrètes aux défis de développement local. Agriculture, pêche, infrastructures, emploi des jeunes et autonomisation des femmes figurent parmi les secteurs clés qui seront au cœur des échanges avec les autorités locales, les acteurs économiques et les communautés de base.

À Ziguinchor, cette visite revêt également une dimension particulière en raison du rôle historique et stratégique de la région dans l’équilibre national. Longtemps confrontée à des difficultés économiques et à des enjeux de paix durable, la Casamance demeure une priorité pour les nouvelles autorités, qui affichent leur volonté de bâtir un développement inclusif et équitable.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°634 – 19/12/2025

🔴 GRÈVE DE 48 HEURES ANNONCÉE POUR CAUSE DE NON-RESPECT DES ACCORDS : LE SECTEUR DE LA SANTÉ EN ÉBULLITION
🔴 LE FDR FAIT LE BILAN DE LA GOUVERNANCE DE PASTEF POUR L’ANNÉE 2025 : «  UN FIASCO ! »

🔴 TAGGATO AVEC LE PEUPLE AU STADE LSS : LA MISSION DIEULI NDAMLI EN BRANLE

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°633 – 18/12/2025

🔴 ÉCHOS DU PJF : FARBA BLANCHI PAR TAHIROU
🔴 ECHANGES ENTRE DÉLÉGATIONS PARLEMENTAIRES À JOHANNESBURG : LE GRAND ORAL DE THÉRÈSE FAYE

🔴 REMISE DE DRAPEAU POUR MAROC 2025 : DIOMAYE ENCENSE LES GAÏNDÉS

Affaire Farba Ngom : Tahirou Sarr disculpe le député-maire devant le Pool judiciaire financier

Ce mardi, le dossier impliquant Farba Ngom a connu un nouveau développement au Pool judiciaire financier (PJF), où le député-maire a été entendu par le juge d’instruction. Cette audition intervient dans le cadre de l’enquête portant sur des faits présumés d’escroquerie sur les deniers publics, pour lesquels Farba Ngom et Tahirou Sarr ont été placés sous mandat de dépôt.

Selon les déclarations de Me Baboucar Cissé, avocat de la défense, l’audition de Farba Ngom a été précédée de celle de Tahirou Sarr. Ce dernier a été longuement entendu sur les faits qui leur sont reprochés. D’après l’avocat, cette première audition aurait permis d’éclairer le juge d’instruction sur la nature réelle des transactions mises en cause dans ce dossier.

Face au magistrat instructeur, Tahirou Sarr a formellement mis hors de cause Farba Ngom. Me Baboucar Cissé soutient que l’ensemble des faits reprochés repose exclusivement sur des transactions immobilières parfaitement identifiées et documentées. Les preuves de ces opérations auraient été produites par Tahirou Sarr lui-même, démontrant, selon la défense, qu’il ne s’agit nullement d’un détournement de deniers publics.

« Il n’y a pas eu de détournement de deniers publics, il n’y a eu absolument rien du tout », a martelé l’avocat devant la presse, insistant sur l’absence de toute infraction pénale dans les opérations concernées. Il affirme que les éléments versés au dossier établissent clairement la traçabilité et la légalité des transactions incriminées.

Me Baboucar Cissé est également revenu sur les montants évoqués dans cette affaire. Alors que l’accusation ferait état d’un préjudice estimé à 125 milliards de francs CFA, Tahirou Sarr aurait, selon la défense, justifié des opérations portant sur un montant global de 236 milliards de francs CFA. Ces justifications auraient été accompagnées de pièces probantes versées au dossier, renforçant la position de la défense.

Pour l’avocat, ces éléments constituent une démonstration supplémentaire de l’inexistence des faits d’escroquerie allégués et confirment, à ses yeux, l’innocence de Farba Ngom. L’enquête se poursuit néanmoins au niveau du Pool judiciaire financier, où le juge d’instruction devra apprécier l’ensemble des déclarations et des pièces produites avant de tirer les conséquences judiciaires qui s’imposent.

Affaire Soya Diagne : le juge accorde une liberté provisoire sous bracelet électronique

Le Doyen des juges d’instruction près le Tribunal de Grande Instance de Dakar a rendu, ce jour, une ordonnance de liberté provisoire en faveur du journaliste Soya Diagne, actuellement placé sous mandat de dépôt. Cette décision marque une évolution notable dans la procédure judiciaire en cours, même si elle demeure encadrée par des conditions particulièrement strictes.

Incarcéré depuis le 16 octobre dernier, Soya Diagne pourrait ainsi quitter prochainement sa cellule. Le magistrat instructeur a en effet estimé opportun de lui accorder une liberté provisoire, assortie toutefois de l’obligation de porter un bracelet électronique. Cette mesure vise à garantir sa disponibilité pour la suite de l’instruction tout en permettant un aménagement de sa détention.

Si cette ordonnance constitue une première avancée significative pour la défense du journaliste, sa mise en œuvre effective n’est pas encore acquise. La sortie de Soya Diagne reste en effet suspendue à la position du ministère public. Conformément aux dispositions légales, le Procureur de la République dispose d’un délai de six jours pour interjeter appel de cette décision. En l’absence d’un recours du parquet dans ce délai, la liberté provisoire deviendra effective et le journaliste pourra recouvrer la liberté, sous les conditions fixées par le juge.

Pour rappel, Soya Diagne avait été placé sous mandat de dépôt à l’issue de son audition par le Doyen des juges d’instruction au mois d’octobre. Il est poursuivi dans le cadre de cette affaire pour diffusion de fausses nouvelles ainsi que pour discours contraire aux bonnes mœurs. L’instruction se poursuit donc, tandis que cette ordonnance de liberté provisoire ouvre une nouvelle phase dans un dossier qui continue de susciter l’attention de l’opinion publique et du monde des médias.

Tivaouane Peulh Nord : l’enquête sur les démolitions massives entre dans une phase décisive

L’enquête judiciaire ouverte à la suite des démolitions massives survenues à Tivaouane Peulh Nord entre le 10 et le 12 décembre 2025 entre dans une phase déterminante. Après le choc et l’indignation provoqués par la destruction de centaines d’habitations et de chantiers en cours, la justice s’emploie désormais à établir les responsabilités dans ce que les victimes dénoncent comme une opération menée en dehors de tout cadre légal.

Depuis plusieurs jours, les auditions se multiplient à la Section de Recherches de la Gendarmerie de Colobane. Les enquêteurs cherchent à reconstituer la chaîne de décision ayant conduit à ces démolitions d’une ampleur rare, exécutées sous la protection d’un important dispositif sécuritaire. Selon des sources proches du dossier, la journée d’hier a été marquée par l’audition du Directeur général de la Société immobilière de promotion et de résidence du Sénégal (SIPRES), ainsi que de son Directeur juridique. Leur comparution vise à éclairer le rôle exact de cette structure dans l’opération, notamment en ce qui concerne la base juridique invoquée pour justifier les destructions.

Parallèlement, les collectifs de victimes ont également été entendus. Ces derniers sont venus porter la voix de centaines de propriétaires qui affirment avoir tout perdu en quelques heures. Terrains aménagés, fondations, maisons en construction et bâtiments à étages quasiment achevés ont été réduits en gravats. Pour ces familles, souvent modestes, ces constructions représentaient l’investissement de toute une vie, parfois réalisé au prix de sacrifices considérables. Lors de leurs auditions, elles ont insisté sur l’absence totale de notification préalable, affirmant n’avoir reçu ni sommation, ni décision administrative formelle les informant d’une quelconque démolition imminente.

La procédure judiciaire devrait connaître une nouvelle accélération ce mercredi avec les auditions annoncées de hauts responsables de la Direction de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol (DSCOS). Le Directeur général de cette structure, Demba Traoré, est attendu devant les enquêteurs, tout comme le Commandant Youssou Sané, Directeur général adjoint, présenté comme le responsable ayant supervisé les opérations sur le terrain. Ces auditions sont particulièrement attendues, dans la mesure où la DSCOS est au cœur du dispositif étatique chargé de la gestion et du contrôle de l’occupation foncière.

Pour rappel, entre le 10 et le 12 décembre 2025, Tivaouane Peulh Nord a offert un spectacle de désolation. Dès les premières heures, des engins lourds ont investi la zone, escortés par des forces de sécurité en nombre, empêchant toute tentative d’opposition ou de récupération de biens. En l’espace de trois jours, des centaines de constructions ont été méthodiquement rasées, sans distinction apparente entre de simples débuts de chantier et des maisons presque prêtes à être habitées.

Face à cette situation, la colère et l’incompréhension demeurent vives chez les populations affectées. Elles réclament non seulement que toute la lumière soit faite sur les conditions dans lesquelles ces démolitions ont été ordonnées et exécutées, mais aussi que les responsabilités soient clairement situées et que réparation leur soit accordée. L’enquête en cours, désormais entrée dans une phase cruciale, est donc très attendue, tant par les victimes que par l’opinion publique, soucieuse de voir le droit de propriété et les procédures légales respectés.

Diomaye : le président n’est là que pour une période… Aujourd’hui c’est moi, demain ce sera peut-être le Premier ministre, Inch’Allah.

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé, mardi 16 décembre 2025 au soir, son souhait de voir un jour le Premier ministre, Ousmane Sonko, lui succéder à la tête de l’État. Cette déclaration a été faite lors d’une rencontre tenue au Palais présidentiel avec les pupilles de la Nation, composés notamment d’enfants de victimes de catastrophes ainsi que de militaires et paramilitaires décédés en mission.

Dans une atmosphère empreinte de solennité et de pédagogie, le chef de l’État a tenu à rappeler aux jeunes visiteurs que le Palais présidentiel n’est pas un lieu réservé à une élite, mais un bien commun appartenant à tous les Sénégalais. « C’est notre palais à nous tous », a-t-il affirmé d’emblée, insistant sur le caractère républicain et accessible des institutions de la République.

Bassirou Diomaye Faye a ensuite souligné la nature temporaire de la fonction présidentielle, évoquant la continuité démocratique qui a marqué l’histoire politique du Sénégal. Il a cité ses prédécesseurs, Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall, pour illustrer l’alternance au sommet de l’État. « Le président n’est là que pour une période. Aujourd’hui, je suis là. Demain, ce sera peut-être Ousmane Sonko, je prie pour cela », a-t-il déclaré, en présence du Premier ministre, suscitant une vive attention parmi l’assistance.

Cette prise de parole, relayée à travers une courte vidéo d’environ deux minutes publiée sur la page Facebook de la Présidence de la République, a également été l’occasion pour le chef de l’État d’adresser un message d’encouragement aux enfants. Il les a exhortés à s’investir pleinement dans le travail et les études, qu’il a présentés comme le « secret de la réussite », les invitant à croire en leurs capacités et en leur avenir.

La visite des pupilles de la Nation s’inscrit dans le cadre d’une initiative portée par la Présidence de la République, visant à ouvrir deux fois par semaine les portes du Palais présidentiel aux écoliers. À travers ces rencontres, les autorités entendent instaurer des échanges simples, chaleureux et sincères avec les enfants, dans l’objectif de marquer durablement leur imaginaire, de renforcer leur confiance en l’avenir et de les rapprocher des valeurs républicaines et citoyennes.

Par cette démarche, le président Bassirou Diomaye Faye affirme sa volonté de rendre les institutions plus accessibles et de transmettre aux jeunes générations le sens de l’engagement, du travail et de la responsabilité, tout en inscrivant son action dans une vision de continuité démocratique et de préparation de l’avenir du pays.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°632 – 17/12/2025

🔴 AFFAIRE « ASER-GATE » : TAS PROJETTE DE SAISIR LA JUSTICE ESPAGNOLE
🔴 INAUGURATION DE ISEVEM : DIOMAYE OUVRE L’ÈRE D’UNE INDUSTRIE DE DÉFENSE NATIONALE

🔴 JOJ DAKAR 2026 : DIOMAYE MET LA PRESSION POUR ACCÉLÉRER LES PRÉPARATIFS
🔴 CAN 2025 : MAMADOU LAMINE CAMARA PREND LE RELAIS

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°631 – 16/12/2025

🔴 AUDITION AU POOL JUDICIAIRE FINANCIER : L’ÉTAT DE SANTÉ DE FARBA DÉGRINGOLE ET INQUIÈTE
🔴 ACCORDS PORTANT EXTRADITIONS DE RESSORTISSANTS ENTRE LE SÉNÉGAL ET LA FRANCE : YASSINE FALL TCHIPE CHRISTINE FAGES

🔴 CAN 2025 : PREMIER GALOP DES LIONS AVEC HUIT JOUEURS PRÉSENTS
🔴 ÉQUIPE NATIONALE : FABREGAS INQUIET POUR ASSANE DIAO, THIAW MIS EN CAUSE

Tivaouane Peulh : Le Collectif Rappel à l’Ordre alerte sur les démolitions de maisons et la précarité des familles

Le Collectif Rappel à l’Ordre a exprimé une vive inquiétude face aux récentes opérations de démolition de maisons dans le quartier de Tivaouane Peulh, qui menacent directement le logement d’environ 500 familles. Selon le collectif, ces interventions, réalisées avec le soutien des forces publiques, risquent de plonger de nombreux ménages dans une situation de grande précarité, compromettant leur sécurité et leur bien-être.
Les terrains visés par ces démolitions ont été acquis légalement auprès de coopératives d’habitat disposant des autorisations nécessaires délivrées par la mairie et validées par l’administration locale. En ce sens, le Collectif Rappel à l’Ordre estime que les actions en cours semblent méconnaître le cadre légal et constituent une atteinte directe aux droits élémentaires des habitants, déjà fragilisés par l’incertitude liée à la perte de leur logement.
Face à cette situation, le collectif appelle les autorités sénégalaises et les promoteurs impliqués à engager sans délai un dialogue constructif avec les familles concernées. L’objectif est de trouver des solutions respectueuses de leurs droits et de leur dignité, tout en prévoyant des alternatives de relogement adaptées. Le collectif souligne qu’une absence de concertation pourrait engendrer des désordres sociaux et même une crise humanitaire, mettant en péril la cohésion de la communauté.
Enfin, le Collectif Rappel à l’Ordre réaffirme son engagement à veiller à la protection des citoyens et à défendre les droits fondamentaux de tous, face à toute action susceptible de compromettre la sécurité et la stabilité des familles. Dans sa déclaration, il conclut par son mot d’ordre : « Rappel à l’ordre contre l’oubli et l’impunité », rappelant la nécessité d’une vigilance continue face aux atteintes aux droits humains et à la justice sociale.

PASTEF engage une vaste offensive militante : Ousmane Sonko fixe le cap pour une massification et un ancrage citoyen renforcés

Le président du parti PASTEF-les Patriotes, Ousmane Sonko, a signé ce 15 décembre 2025 une instruction majeure destinée à l’ensemble des structures, responsables et militants du parti. À travers l’Instruction n°01/PASTEF/PR/2025, le leader des Patriotes entend engager le parti dans une nouvelle phase de consolidation organisationnelle, de massification militante et d’ancrage citoyen, dans un contexte marqué par la mise en œuvre du projet de transformation nationale porté par les nouvelles autorités.
Dans son adresse, Ousmane Sonko revient d’abord sur le grand rassemblement du 8 novembre 2025, qu’il qualifie de moment historique. Selon lui, cette mobilisation populaire a confirmé l’attachement profond des Sénégalais au projet politique de PASTEF et rappelle la lourde responsabilité qui incombe désormais au parti. Pour le président de PASTEF, l’heure n’est plus seulement à la conquête du pouvoir, mais à l’exemplarité, à la discipline et à l’enracinement durable au sein des populations.
Dans cette dynamique, le président du parti affirme que PASTEF doit rester le parti politique le plus structuré, le plus vivant et le plus proche des citoyens, fidèle aux idéaux de justice, d’éthique et de transformation qui ont fondé son combat. L’instruction engage ainsi toutes les structures du parti, au Sénégal comme dans la diaspora, à s’inscrire dans une mobilisation politique, sociale et citoyenne permanente.
Parmi les priorités fixées figure la massification du parti. Ousmane Sonko assigne à PASTEF l’objectif ambitieux d’atteindre un million de militants identifiés et actifs d’ici fin 2026. Cette dynamique devra s’appuyer sur une base de données militante fiable et régulièrement mise à jour, ainsi que sur des campagnes d’adhésion organisées dans toutes les communes, les universités, les lieux de travail et les pays de la diaspora. À cet effet, la reprise officielle du placement et de la vente des cartes de membre est annoncée pour janvier 2026, sous la supervision de la Commission nationale compétente.
Le renforcement de la structuration de proximité constitue un autre pilier central de l’instruction. Le président de PASTEF insiste sur le rôle stratégique des cellules, appelées à devenir le cœur battant du parti. L’objectif est de créer ou de redynamiser 10 000 cellules fonctionnelles à travers les 46 départements, les 557 communes et la diaspora. Ces cellules devront être à la fois des espaces d’éducation politique, de participation citoyenne, de solidarité, d’actions sociales et de mobilisation permanente à l’écoute des populations.
Sur le plan interne, Ousmane Sonko met également l’accent sur la redynamisation organique et la cohésion du parti. Il appelle à la tenue régulière des réunions statutaires, à l’élaboration de plans d’action trimestriels et à la production obligatoire de rapports mensuels d’activités. Toutes les coordinations, sections et structures nationales, y compris celles de la diaspora, sont invitées à relancer pleinement leurs activités. Les mouvements nationaux, notamment ceux des jeunes, des femmes, des enseignants, des aînés, des cadres, des artisans, des daaras et des personnes vivant avec un handicap, devront être dynamisés dans le strict respect de leurs règlements intérieurs et de la discipline du parti.
Au-delà de l’organisation politique, le président de PASTEF rappelle que le parti est aussi une force sociale et citoyenne. Dans cet esprit, chaque structure est appelée à mener régulièrement des actions concrètes au service des populations. Il s’agit notamment d’initiatives en faveur de la santé publique, de la solidarité, de la protection de l’environnement, de l’amélioration du cadre de vie, de la promotion de l’éthique publique et de la lutte contre la corruption. La solidarité sociale, l’accompagnement des familles vulnérables, le soutien scolaire bénévole et le mentorat figurent également parmi les axes jugés essentiels pour renforcer l’ancrage populaire du parti.
La sensibilisation politique de proximité occupe une place importante dans cette instruction. Ousmane Sonko invite les militants à intensifier les causeries communautaires, les cercles de dialogue et les panels populaires, mais aussi à instaurer un porte-à-porte hebdomadaire. L’objectif est double : expliquer les réformes engagées dans le cadre de la transformation nationale et recueillir directement les préoccupations des citoyens.
Le président du parti insiste par ailleurs sur la responsabilité particulière des députés, élus locaux, cadres et membres du Conseil national. Ces derniers sont appelés à être présents aux côtés de la base militante, à accompagner les structures locales, à participer activement aux actions citoyennes et à faire preuve de disponibilité, d’humilité et de solidarité. Pour Ousmane Sonko, la cohésion entre dirigeants, élus et militants constitue une condition essentielle de la réussite politique et sociale de PASTEF.
Enfin, l’instruction prévoit un dispositif rigoureux de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation. Les coordinations et sections sont invitées à élaborer sans délai des plans d’action départementaux et communaux, à établir un calendrier d’activités et à transmettre des rapports mensuels. Un mécanisme spécial de suivi-évaluation est mis en place au sein du cabinet du président du parti, tandis que des missions de supervision seront déployées sous la responsabilité du Secrétariat général.
En conclusion, Ousmane Sonko appelle l’ensemble des patriotes à redoubler d’engagement, de discipline et de proximité avec les populations. Pour lui, la transformation nationale ne peut réussir que si le parti reste mobilisé, structuré, solidaire et profondément enraciné dans le vécu quotidien des Sénégalais. Il exhorte chaque structure et chaque militant à s’approprier pleinement cette instruction, qu’il érige désormais en priorité stratégique du parti.

Perdus en mer durant dix-neuf jours : les cinq pêcheurs de Guet-Ndar retrouvés au large de Dakar

Ils ont frôlé la mort, défié l’océan et survécu là où l’espoir semblait s’éteindre. Cinq pêcheurs originaires de Guet-Ndar, à Saint-Louis, ont été retrouvés vivants au large de Dakar après avoir dérivé en mer pendant dix-neuf jours. Une odyssée humaine bouleversante, racontée par l’un des survivants, Yatma Dièye Teuw, âgé de 27 ans, deuxième capitaine de la pirogue, dans un entretien accordé au quotidien Libération.

Tout avait pourtant commencé comme une sortie de pêche ordinaire. À bord de la pirogue se trouvaient Yatma Dièye Teuw, Mamadou Teuw, Samba Diaw, Ousseynou Diaw et Djiby Bâ, tous originaires du quartier de Pondo Kholé, sur la Langue de Barbarie. Rien ne laissait présager le cauchemar qui allait suivre. Selon le récit de Yatma, l’incident initial est survenu alors qu’ils se trouvaient à environ 142 kilomètres des côtes.

Le premier moteur est tombé en panne sans signe avant-coureur. Habitués aux aléas de la mer, les pêcheurs ont gardé leur sang-froid et installé le moteur de secours. Mais l’espoir a été de courte durée. Cinquante kilomètres plus loin, ce second moteur a, lui aussi, rendu l’âme. La pirogue s’est alors retrouvée livrée à elle-même, ballottée par des vents contraires et de puissants courants marins.

« Le silence s’est installé, seulement rompu par le clapotis de l’eau contre la coque », se souvient Yatma. Malgré leurs tentatives désespérées — ramer, utiliser des bouées, envisager même de se jeter à l’eau — la pirogue a entamé une dérive inexorable vers le sud, s’éloignant de Saint-Louis pour se diriger vers l’immensité de l’océan, en direction de Dakar.

Pour survivre, les cinq hommes ont dû faire preuve d’une discipline extrême. Rapidement, ils ont instauré des règles strictes afin d’économiser leurs forces et leurs maigres provisions. « Un seul repas par jour », à 13 heures précises. Ils partageaient quelques gorgées d’eau et du poisson pêché à la main. Pour le cuire, ils n’avaient d’autre choix que d’arracher des morceaux de bois de la pirogue afin d’allumer un feu rudimentaire.

Les nuits étaient particulièrement éprouvantes. Le froid, la faim et l’épuisement affaiblissaient peu à peu les corps et les esprits. Chaque jour qui passait semblait réduire un peu plus les chances de survie. Pourtant, malgré la fatigue extrême, aucun d’entre eux n’a cédé au désespoir total.

Le tournant décisif est survenu au dix-huitième jour de dérive. Alors que l’épuisement était à son comble et que la mort semblait imminente, un infime signe d’espoir est apparu : une barre de réseau a brièvement vacillé sur l’écran d’un téléphone portable. À ce moment-là, ils se trouvaient à environ 85 kilomètres des côtes dakaroises.

Dans un ultime réflexe de survie, les pêcheurs ont attaché le téléphone à un long bâton qu’ils ont dressé vers le ciel pour capter le signal. « Je me positionnais à l’avant, tenant le bâton le plus haut possible », raconte Yatma. Dans ces conditions extrêmes, il est parvenu à envoyer un message vocal sur WhatsApp à son frère, Maguinar.

L’alerte a alors été immédiatement donnée. À Yoff, les pêcheurs se sont mobilisés sans attendre, organisant des recherches pour retrouver la pirogue en perdition. L’espoir renaissait enfin.

Le lendemain, samedi aux environs de 17h30, la délivrance est arrivée. À bout de forces, les cinq pêcheurs ont aperçu le rivage de Yoff. « Un jour de plus, on allait succomber », confie Yatma, encore marqué par l’épreuve.

Rufisque : l’acteur Arona Benga interpellé avec trois autres personnes dans une affaire de trafic de drogue

Une opération menée par le Commissariat central de Rufisque a conduit, ce dimanche, à l’arrestation de quatre personnes impliquées dans une affaire présumée de trafic de drogue. Parmi les mis en cause figure Amadou Bia Sow, plus connu du grand public sous le nom d’Arona Benga, acteur et membre de la structure de production Evenprod. Cette arrestation intervient dans le cadre d’une enquête visant un réseau soupçonné de trafic de cocaïne dans la commune de Rufisque.

Selon des informations rapportées par Seneweb, l’intervention policière fait suite à des renseignements précis signalant l’existence d’un réseau actif à la Cité André Kenny. Le groupe serait dirigé par un certain Mamadou Thiam, alias Mo Thiam, présenté comme le cerveau de l’organisation. Celui-ci s’appuyait sur plusieurs collaborateurs chargés notamment de la livraison des produits illicites aux clients.

Dans le cadre de l’enquête, les éléments de la Brigade de recherches ont d’abord ciblé Abdoulaye Diassy, identifié comme le présumé livreur du réseau. Un policier infiltré, se faisant passer pour un acheteur, est parvenu à entrer en contact avec lui. L’opération s’est soldée par son interpellation en flagrant délit alors qu’il procédait à une livraison. Les analyses ont confirmé que la substance saisie était bien de la cocaïne.

Interrogé par les enquêteurs, Abdoulaye Diassy a indiqué que la drogue provenait de Mamadou Thiam. Sur la base de ces déclarations, les forces de l’ordre ont aussitôt effectué une descente au domicile de ce dernier. Sur place, les policiers ont surpris Mamadou Thiam en compagnie de Maguette Cissé et d’Amadou Bia Sow, alias Arona Benga, alors que les trois hommes étaient en train de consommer de la cocaïne.

La perquisition menée dans les lieux a permis la saisie de plusieurs éléments compromettants. Les enquêteurs ont notamment découvert deux grammes de cocaïne, deux grammes de MDMA, cinq pipes, ainsi que divers objets servant au conditionnement et à la consommation de la drogue, dont un réchaud, une boîte de bicarbonate et un briquet. Une partie de ce matériel a été retrouvée dans la chambre occupée par le présumé livreur.

Entendu par les policiers, Arona Benga a reconnu les faits de consommation. Se présentant comme gérant de boîte de nuit, il a expliqué avoir commencé à consommer de la drogue il y a environ deux à trois mois, période correspondant, selon ses déclarations, à la perte de son emploi. Il a également précisé que la drogue retrouvée avait été achetée par son ami Mamadou Thiam et qu’elle était destinée à un usage personnel.

À l’issue des auditions, les quatre suspects ont été placés en garde à vue pour « offre et cession de cocaïne ». L’enquête se poursuit afin de déterminer l’étendue exacte du réseau et d’identifier d’éventuelles autres ramifications. Selon la même source, les mis en cause devraient être déférés devant le procureur de la République près le tribunal hors classe de Rufisque au terme de la procédure.

Menace de boycott de la tournée du Président Diomaye : son directeur de cabinet temporise et clarifie les enjeux

Face aux appels au boycott visant la tournée économique que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’apprête à effectuer dans le Sud du pays, le directeur de cabinet du chef de l’État, Ousmane Abdoulaye Barro, est monté au créneau pour apporter des clarifications et désamorcer les tensions. Intervenant sur les ondes de la RFM, il a tenu à réaffirmer la portée essentiellement économique et institutionnelle de cette visite présidentielle, prévue du 20 au 25 décembre 2025 en Casamance.

Selon Ousmane Abdoulaye Barro, cette tournée s’inscrit pleinement dans la dynamique de gouvernance de proximité voulue par le chef de l’État et dans la mise en œuvre progressive de la Vision Sénégal 2050. Le Président Diomaye Faye, a-t-il expliqué, ira à la rencontre des populations et surtout sur le terrain pour constater l’état d’avancement de projets structurants, visiter des chantiers en cours de réalisation et évaluer l’impact d’infrastructures déjà livrées. Pour le directeur de cabinet, il est essentiel de recentrer le débat sur la finalité première de ce déplacement présidentiel. « Le cœur de cette tournée, c’est l’économie », a-t-il insisté, soulignant que l’objectif est avant tout de répondre aux préoccupations concrètes des populations du Sud en matière de développement, d’investissements et d’opportunités économiques.

Abordant la question des tensions et des divergences au sommet de l’État, Ousmane Abdoulaye Barro n’a pas cherché à les minimiser. Il a reconnu l’existence de désaccords entre le président de la République et son Premier ministre, tout en appelant à une lecture apaisée et responsable de la situation. Selon lui, les divergences d’opinions sont inhérentes à toute vie politique et peuvent même, lorsqu’elles sont bien gérées, contribuer à enrichir le débat public et à améliorer la prise en charge des attentes des citoyens, notamment celles des populations du Sud.

Le directeur de cabinet a toutefois admis le caractère délicat, voire prématuré, de ces dissensions. « C’est inquiétant », a-t-il concédé, estimant que ces divergences apparaissent trop tôt, au sein d’une formation politique et d’une coalition qui ont mené un long combat pour accéder au pouvoir. Il a rappelé que le régime actuel n’a pas encore un an d’exercice, jugeant donc nécessaire de préserver la cohésion et la stabilité afin de se concentrer sur les urgences économiques et sociales du pays.

S’adressant plus particulièrement aux militants et sympathisants de Pastef, Ousmane Abdoulaye Barro a tenu à se montrer rassurant. Il a expliqué que la divergence évoquée publiquement par le Premier ministre porte essentiellement sur des questions d’orientation et de gouvernance interne de la coalition « Diomaye Président ». À ce sujet, il a révélé qu’un processus de réflexion et de réorganisation est actuellement en cours afin de clarifier les rôles, de renforcer la cohésion et d’assurer une meilleure articulation entre les différentes composantes de la majorité présidentielle. Se disant confiant, il a affirmé être optimiste quant à l’issue de ce travail, qu’il estime nécessaire pour consolider les bases politiques du pouvoir en place.

En toile de fond, le directeur de cabinet a appelé à ne pas instrumentaliser la tournée présidentielle à des fins politiques. Pour lui, les enjeux de développement de la Casamance, région longtemps confrontée à des défis économiques et sociaux spécifiques, doivent transcender les querelles internes et les considérations partisanes. Il a ainsi invité l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à faire preuve de responsabilité, afin que cette tournée soit un moment d’écoute, de dialogue et d’impulsion économique au bénéfice des populations locales.

Prévue du 20 au 25 décembre 2025, la tournée économique du président Bassirou Diomaye Faye en Casamance se veut donc, selon la Présidence, un acte fort de gouvernance de proximité et un signal politique en faveur du développement territorial équilibré. Malgré les tensions actuelles, le chef de l’État entend maintenir le cap, convaincu que l’économie et le bien-être des populations doivent rester au-dessus des divergences politiques.

Affaire des ressortissants sénégalais en France : le ministère de la Justice répond aux propos de l’ambassadrice Christine Fages

Le ministère de la Justice est sorti de sa réserve ce lundi 15 décembre 2025 pour apporter des éclaircissements à la suite des déclarations jugées « polémique » de l’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, relatives à une affaire impliquant deux ressortissants sénégalais poursuivis pour des faits présumés de corruption et de détournement de deniers publics.

Dans un communiqué officiel, la Chancellerie sénégalaise tient d’abord à rappeler le cadre strictement judiciaire dans lequel s’inscrivent les échanges entre Dakar et Paris. Le ministère indique en effet que le ministère français de la Justice a récemment adressé un courrier aux autorités judiciaires sénégalaises, sollicitant la transmission d’informations déjà versées au dossier et qui avaient, précise-t-il, « dûment été communiquées par le magistrat en charge de la procédure ».

Par souci de respect des accords de coopération judiciaire liant le Sénégal et la France, les autorités judiciaires sénégalaises se disent disposées à transmettre à nouveau les éléments demandés, bien que ces informations aient déjà été officiellement communiquées dans les formes requises. Le ministère de la Justice souligne que cette démarche s’inscrit pleinement dans le cadre des engagements internationaux librement consentis par les deux États et ne traduit en aucun cas une volonté de créer une tension diplomatique.

Toutefois, la Chancellerie sénégalaise a tenu à lever toute ambiguïté concernant certaines interprétations relayées dans l’espace public. Elle précise qu’il ne saurait être question de pressions exercées sur la justice française. Il s’agit, selon le communiqué, de « l’exercice légitime par un État souverain du principe de réciprocité dans ses relations judiciaires internationales », un principe reconnu et appliqué dans les coopérations entre États liés par des conventions judiciaires.

Le ministère de la Justice se montre en revanche plus critique sur la posture adoptée par l’ambassadrice de France. Il estime que certaines de ses déclarations tendant à relativiser la gravité des faits reprochés aux deux ressortissants sénégalais concernés pourraient être perçues comme « un jugement de valeur regrettable ». Pour les autorités sénégalaises, les accusations de corruption et de détournement de fonds publics constituent des infractions d’une extrême gravité, tant au regard du droit pénal que des principes de bonne gouvernance.

Selon la Chancellerie, une telle prise de position est susceptible de remettre en cause les principes universels de transparence, de redevabilité et de lutte contre l’impunité, auxquels le Sénégal affirme être profondément attaché. Elle pourrait également être interprétée comme une forme d’ingérence dans une affaire que les autorités sénégalaises considèrent comme d’une importance majeure pour l’État et pour la crédibilité de son système judiciaire.

À travers ce communiqué, le ministère de la Justice réaffirme ainsi sa détermination à défendre l’indépendance de la justice sénégalaise, tout en maintenant une coopération judiciaire fondée sur le respect mutuel, la souveraineté des États et l’égalité de traitement dans la lutte contre la criminalité financière. Cette mise au point vise aussi à rassurer l’opinion publique nationale sur la fermeté des autorités face aux infractions économiques, quel que soit le pays où se trouvent les personnes mises en cause.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°630 – 15/12/2025

🔴 BADARA GADIAGA , POUR QUE NUL N’EN IGNORE :« J’AI ÉTÉ UN OTAGE POLITIQUE PENDANT 154 JOURS »
🔴 APRÈS L’ANNULATION DES ARRÊTÉS : APPEL PRÊTE À TRAÎNER LE MINISTÈRE EN JUSTICE

🔴 PAPE THIAW À FABREGAS : « LE PROFESSIONNALISME EST TOTAL CHEZ NOUS »
🔴 LIGUE 1 (7ᵉ JOURNÉE) : LE JARAAF FRAPPE FORT, GORÉE ET CASA FREINENT

Saint-Louis : 96 migrants secourus en mer lors d’une opération coordonnée des forces de sécurité

La Marine nationale sénégalaise a procédé, dans la nuit du 12 au 13 décembre 2025, au sauvetage de 96 migrants en détresse au large de Saint-Louis. L’opération s’est déroulée dans un contexte de vigilance renforcée le long de la façade maritime nord du pays, régulièrement empruntée par des embarcations de fortune à destination de l’Europe.

L’intervention a été menée en étroite coordination avec plusieurs services de sécurité et de secours, notamment la Brigade nationale des Sapeurs-pompiers, la Direction de la Police de l’Air et des Frontières ainsi que la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants. Alertées par des informations faisant état d’une embarcation en difficulté en haute mer, les unités engagées ont rapidement déployé les moyens nécessaires pour localiser et secourir les occupants.

Selon les premières informations communiquées par les autorités, les 96 migrants se trouvaient à bord d’une pirogue surchargée, exposée à de graves risques en raison des conditions de navigation nocturnes et de l’état de la mer. Grâce à l’intervention rapide des équipes de la Marine nationale, tous les passagers ont pu être récupérés sains et saufs, évitant ainsi un nouveau drame migratoire au large des côtes sénégalaises.

Après leur sauvetage, les personnes secourues ont été acheminées vers la terre ferme, puis confiées aux services compétents pour leur prise en charge. Des dispositions ont été prises afin de leur fournir une assistance médicale, un accompagnement humanitaire et un encadrement administratif, conformément aux procédures en vigueur.

Cet énième épisode met une nouvelle fois en lumière la persistance du phénomène de la migration irrégulière au départ du Sénégal, en particulier depuis la région nord. Malgré les campagnes de sensibilisation et les dispositifs de surveillance renforcés, de nombreux candidats à l’émigration continuent de tenter la traversée maritime, souvent au péril de leur vie.

Les autorités sénégalaises rappellent régulièrement les dangers liés à ces voyages clandestins et réaffirment leur engagement à lutter contre les réseaux de passeurs, tout en renforçant les mécanismes de prévention et de protection des personnes vulnérables. L’opération menée au large de Saint-Louis illustre, selon les services de sécurité, la détermination de l’État à sauver des vies humaines et à endiguer le trafic de migrants sur l’ensemble du territoire national.

Budget 2026 : les Charges non réparties en hausse pour soutenir les investissements structurants de l’État

Le projet de loi de finances initiale pour l’année 2026, adopté récemment à la majorité par les députés, consacre une augmentation significative des crédits alloués aux Charges non réparties (CNR), un ensemble de dépenses stratégiques gérées par le ministère des Finances et du Budget. Conformément aux dispositions de la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF), ces charges sont considérées comme essentielles au fonctionnement de l’État et à la mise en œuvre de ses grandes priorités économiques et sociales.

Pour l’exercice 2026, les Crédits de paiement destinés aux Charges non réparties enregistrent une progression de 15 953 070 665 FCFA en valeur absolue, soit une hausse de 3,4 % par rapport à 2025. Cette évolution traduit la volonté du gouvernement de renforcer les moyens consacrés à des dépenses transversales qui ne peuvent être imputées directement aux budgets sectoriels, mais qui jouent un rôle central dans l’effort global de développement.

La dotation globale des Charges non réparties s’élève ainsi à 902 466 378 554 FCFA en Autorisations d’engagement et à 487 943 504 598 FCFA en Crédits de paiement. Ces ressources servent à financer des interventions d’envergure, allant du fonctionnement de l’appareil budgétaire de l’État aux investissements structurants, en passant par le soutien opérationnel aux différents départements ministériels.

Sur le volet du fonctionnement, les Charges non réparties couvrent notamment la mise en œuvre des réformes budgétaires, le paiement des agences de notation financière, la préparation et l’exécution du budget de l’État ainsi que le suivi des opérations financières majeures. Ces dépenses, bien que souvent peu visibles, sont jugées indispensables à la crédibilité financière du pays et à la bonne gouvernance des finances publiques.

La composante investissement constitue toutefois le principal moteur de la hausse observée en 2026. Les investissements exécutés par l’État dans le cadre des Charges non réparties connaissent une évolution remarquable, estimée à plus de 251 milliards de FCFA. Cette enveloppe est principalement orientée vers le paiement des impôts et taxes liés aux marchés publics financés sur ressources extérieures, ainsi que vers la réalisation de projets d’infrastructures majeurs. Il s’agit notamment des chantiers inscrits dans le cadre de l’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) et de la Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN), deux événements d’envergure internationale pour lesquels le Sénégal s’est engagé à livrer des infrastructures aux standards requis.

Les Charges non réparties assurent également un rôle de soutien direct aux ministères à travers la prise en charge de certaines dépenses permanentes de l’administration, comme l’eau et l’électricité, la constitution de réserves de gestion pour le fonctionnement et l’investissement, ainsi que des provisions destinées à couvrir les risques budgétaires. C’est également à ce niveau que sont inscrites les provisions relatives aux garanties et avals accordés par l’État.

Malgré cette hausse globale, certaines lignes de dépenses ont connu une rationalisation. Les dépenses de personnel ont été revues à la baisse grâce à une meilleure programmation, tandis que certains crédits, à l’image de ceux dédiés à la modernisation de la gestion des finances publiques, n’ont pas été renouvelés, les autorités estimant qu’ils sont désormais mieux ciblés et intégrés dans d’autres programmes.

Dans un souci de transparence et de lisibilité budgétaire, un effort de relocalisation des dépenses a également été entrepris. Des structures telles que la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide (DER) et l’Agence de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ont vu leurs crédits transférés à la Présidence de la République. Cette démarche vise à clarifier la présentation des finances publiques et à renforcer le suivi des dépenses transversales.

Face aux interrogations exprimées par plusieurs députés sur les critères d’allocation et d’utilisation des dépenses communes, le ministre des Finances et du Budget s’est engagé à transmettre au Parlement un document détaillé afin de faciliter le contrôle et l’évaluation de ces crédits. Un engagement destiné à rassurer sur la gouvernance des Charges non réparties, souvent perçues comme un poste budgétaire sensible.

En dépit de ces débats, l’Assemblée nationale a finalement adopté la dotation des Charges non réparties pour l’année 2026. Ce vote valide une orientation budgétaire résolument tournée vers le soutien aux investissements structurants, la préparation des grands événements internationaux et la consolidation des fonctions transversales de l’État, dans un contexte économique et financier marqué par de fortes contraintes.

Les prêts du Sénégal bradés sur les marchés : la dette sous tension, l’alerte rouge chez les investisseurs

Les signaux d’alerte autour de la dette publique sénégalaise deviennent de plus en plus visibles sur les marchés financiers internationaux. Selon plusieurs sources du secteur financier citées par l’agence Reuters, des prêts commerciaux à court terme contractés par l’État du Sénégal sont actuellement proposés à des niveaux de décote rarement observés, traduisant une inquiétude croissante quant à la capacité du pays à honorer ses engagements financiers à court et moyen termes.

D’après ces sources, certains prêts libellés en euros, arrivant à échéance dès le mois de février prochain, s’échangent à des prix inférieurs ou égaux à 80 centimes pour un euro. Une situation jugée particulièrement préoccupante par les analystes, d’autant plus que ces instruments financiers sont de très courte maturité. En temps normal, des prêts de ce type, proches de l’échéance, conservent une valeur élevée, sauf en cas de risque sérieux de défaut ou de restructuration. Deux sources citées par Reuters soulignent qu’il est exceptionnel que des prêts commerciaux à court terme soient cédés à des niveaux aussi bas, ce qui reflète une perte manifeste de confiance des investisseurs.

Cette défiance intervient dans un contexte déjà fortement dégradé des finances publiques sénégalaises. Le pays est plongé dans une crise de la dette depuis la révélation de plus de 11 milliards de dollars d’engagements financiers non déclarés par l’administration précédente. Cette découverte a provoqué une révision brutale des indicateurs macroéconomiques, propulsant le ratio dette/PIB à plus de 119 %, un niveau largement considéré comme critique par les institutions financières internationales et les marchés. En réaction, le Fonds monétaire international avait suspendu, l’an dernier, son programme de financement de 1,8 milliard de dollars destiné au Sénégal, privant ainsi l’État d’un soutien multilatéral crucial.

Privé de cet appui du FMI, le gouvernement sénégalais s’est retrouvé contraint de recourir davantage aux emprunts commerciaux et à la dette intérieure pour couvrir ses besoins de financement. Une stratégie qui, si elle permet de répondre aux urgences budgétaires, expose le pays à des conditions de financement plus coûteuses et à une vulnérabilité accrue face aux marchés. Pour de nombreux investisseurs et analystes, l’absence prolongée d’un programme actif avec le FMI alimente désormais l’hypothèse d’une restructuration de la dette, au moins partielle, afin de rétablir la soutenabilité des finances publiques.

Des discussions sont certes en cours avec l’institution de Bretton Woods pour la mise en place d’un nouveau programme d’assistance, mais les négociations semblent traîner en longueur. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a récemment reconnu que le FMI plaide pour une restructuration partielle de certaines dettes, une option qu’il a publiquement qualifiée de « disgrâce » pour le Sénégal. Cette divergence de positions nourrit l’incertitude et contribue à la nervosité des marchés.

Interrogé par Reuters sur les conditions de négociation et de valorisation des prêts concernés, le ministère sénégalais des Finances a rejeté ces informations, les qualifiant d’inexactes. Toutefois, plusieurs sources proches du dossier indiquent qu’elles n’envisagent pas, à ce stade, de se positionner sur ces actifs, jugés trop risqués. Reuters précise par ailleurs n’avoir pas été en mesure de confirmer si des offres fermes avaient été formulées par d’autres investisseurs, ce qui renforce l’idée d’un marché hésitant et prudent.

La dégradation du sentiment des investisseurs se reflète également sur le marché des obligations internationales du Sénégal. Ces dernières semaines, les titres souverains ont atteint des niveaux historiquement bas. Les obligations libellées en euros arrivant à échéance en 2028 se négocient autour de 70 centimes pour un euro, tandis que celles en dollars et en euros échéant en 2031 et au-delà oscillent entre 54 et 61 centimes, selon les données de la plateforme Tradeweb. Ces niveaux sont largement inférieurs au seuil de 70 centimes, généralement considéré par les marchés comme un indicateur de dette en situation de détresse.

Selon deux sources citées, les prêts actuellement sous pression auraient été initialement structurés par la banque Standard Chartered, sans qu’il soit possible d’identifier clairement les détenteurs actuels de ces créances. L’établissement bancaire, présent de longue date au Sénégal, a décliné tout commentaire. Pour rappel, Standard Chartered a participé au financement de plusieurs projets structurants dans le pays, notamment le stade olympique de Diamniadio et des infrastructures liées au nouveau port de Ndayane.

À cette situation déjà tendue s’ajoute un calendrier de remboursement particulièrement lourd. D’après des documents publics, le Sénégal devra honorer en 2026 des remboursements de dette commerciale s’élevant à 1 017,56 milliards de francs CFA, soit environ 1,8 milliard de dollars, au profit de créanciers internationaux. Un volume de paiements qui accentue la pression sur un État aux marges budgétaires réduites et dont la crédibilité financière est aujourd’hui sérieusement mise à l’épreuve.

Dans ce contexte, la manière dont les autorités sénégalaises parviendront à restaurer la confiance des partenaires financiers, à clarifier la situation réelle de la dette et à conclure un accord crédible avec le FMI sera déterminante pour éviter une aggravation de la crise et un scénario de restructuration subi. Pour l’heure, les marchés semblent déjà avoir tranché : la dette sénégalaise est entrée dans une zone de turbulences majeures.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°628 – 11/12/2025

🔴 LA LOUPE DE LA «  REPUBLIQUE DES VALEURS » SUR LES BLOCAGES DU PROJET PORTANT ÉLECTRIFICATION DE 1600 VILLAGES : OÙ SONT PASSÉS LES 37 MILLIARDS ? S’INTERROGE LA CESCE
🔴 LA COUR SUPRÊME DÉSAVOUE LE MINISTÈRE DE LA COMMUNICATION : TOUS LES ARRÊTÉS ANNULÉS

🔴 CAN 2025 : PAPE THIAW DÉVOILERA LA LISTE DES 28 « LIONS » DEMAIN

Assemblée nationale : Yassine Fall promet de « réconcilier la Justice avec le peuple »

La ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, a réaffirmé ce jeudi 11 décembre son ambition de « réconcilier la Justice avec le peuple », en portant un ensemble de réformes destinées à améliorer le fonctionnement du système judiciaire et les conditions de détention. Elle s’exprimait devant les députés à l’Assemblée nationale, à l’occasion de la présentation et de la défense de son projet de budget pour l’exercice 2026, dans un contexte marqué par de fortes attentes citoyennes.

Dès l’ouverture des débats, la surpopulation carcérale s’est imposée comme l’un des sujets les plus sensibles. Plusieurs parlementaires ont décrit des conditions de détention « extrêmement dégradantes », qu’ils estiment contraires à la dignité humaine et révélatrices d’un dysfonctionnement structurel du système pénitentiaire. Les cas les plus préoccupants concernent les prisons de Rebeuss, de Kolda et de Ziguinchor. La situation à Rebeuss, en particulier, a suscité l’indignation : la maison d’arrêt accueille aujourd’hui 3 492 personnes, alors qu’elle n’a été conçue que pour en recevoir 1 300, soit près du triple de sa capacité.

Les députés ont également dénoncé les lenteurs judiciaires, le manque criant de magistrats et l’insuffisance du nombre d’éducateurs spécialisés, responsables de la prise en charge des mineurs en conflit avec la loi. Ils ont rappelé que le Sénégal ne dispose actuellement que d’un éducateur pour 63 enfants, un ratio très éloigné de la norme internationale qui en recommande un pour sept. Pour remédier à ces dysfonctionnements, ils ont plaidé pour des recrutements massifs et ont insisté sur l’urgence de créer de nouveaux cabinets d’instruction dans des zones à forte pression démographique telles que Pikine-Guédiawaye, Mbour et Kaolack.

Interpellée sur ces multiples défis, Yassine Fall a assuré que ces préoccupations la touchent « au plus haut point ». Reconnaissant l’urgence d’agir, elle a annoncé la construction prochaine d’infrastructures pénitentiaires majeures, notamment un nouveau camp pénal à Sébikotane et une maison d’arrêt à Fatick, qui devraient offrir à terme une capacité supplémentaire de 3 000 places. Ces projets s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à désengorger les prisons, mais aussi à garantir des conditions de détention plus humaines et conformes aux standards internationaux.

La ministre a également évoqué des mesures immédiates, parmi lesquelles la limitation de la durée des mandats de dépôt, souvent pointés du doigt comme l’une des causes principales de la détention préventive prolongée. Elle a par ailleurs laissé entendre qu’une grâce exceptionnelle pourrait être envisagée pour apaiser la pression sur les établissements pénitentiaires. Concernant le dispositif de surveillance électronique, elle a confirmé l’ouverture d’une enquête sur le marché d’acquisition des bracelets, un dossier jugé opaque et source de nombreuses interrogations.

En clôturant sa prise de parole, Yassine Fall a assuré que son département est engagé dans une dynamique de réforme profonde, portée par la volonté d’instaurer une justice plus rapide, plus accessible et véritablement au service des citoyens. Elle a affirmé que la réconciliation entre les Sénégalais et leur justice passe par une transparence accrue, des investissements ciblés et une volonté politique ferme. Reste désormais à voir si les mesures annoncées seront mises en œuvre dans les délais et permettront de répondre aux attentes d’une population de plus en plus exigeante sur ces questions.

Incendie au marché central de Kaolack : plusieurs ateliers de menuiserie réduits en cendres, d’importants dégâts enregistrés

Un violent incendie s’est déclaré dans la nuit du mercredi au jeudi au marché central de Kaolack, ravageant plusieurs ateliers de menuiserie de bois et plongeant les acteurs du secteur dans la consternation. Le feu, qui s’est déclaré aux premières heures de la nuit, a entièrement consumé une large partie de cette zone particulièrement vulnérable du marché.

Selon les informations recueillies auprès de la 31ᵉ compagnie d’incendie et de secours, les sapeurs-pompiers ont été alertés à 01h40, alors que les flammes embrasaient déjà une superficie estimée à près de 700 m². Conduite par le capitaine Mamadou Yahya Mané, l’équipe d’intervention s’est rapidement déployée pour tenter de circonscrire le sinistre dans une zone dense où les matériaux hautement inflammables, notamment le bois, favorisent une propagation rapide du feu.

Le capitaine Mané a indiqué qu’aucune perte humaine n’a été enregistrée, un soulagement majeur pour les commerçants comme pour les autorités. Toutefois, les dégâts matériels sont extrêmement lourds. Plusieurs ateliers ont été totalement réduits en cendres, avec des machines, outils, stocks de bois et œuvres en cours de fabrication entièrement détruits. Pour de nombreux artisans, c’est le travail de plusieurs années qui a été balayé en quelques heures.

La violence du feu a nécessité une mobilisation importante de moyens. Les soldats du feu ont utilisé un fourgon pompe-tonne (FPT), un camion-citerne grande capacité (CCGC) ainsi qu’un véhicule d’intervention léger (VIL) pour maîtriser les flammes et éviter leur propagation à d’autres secteurs du marché, très fréquenté et constitué en grande partie de structures en matériaux combustibles. Leur intervention rapide a permis de limiter la catastrophe, même si les pertes économiques restent considérables.

Pour l’heure, l’origine du sinistre demeure inconnue. Une enquête sera probablement ouverte pour déterminer les causes de l’incendie, alors que certains commerçants évoquent déjà des pistes allant du court-circuit électrique aux actes d’imprudence en fin de journée. Ce nouvel épisode relance également le débat sur la sécurité dans les marchés au Sénégal, régulièrement touchés par des incendies meurtriers ou dévastateurs, souvent liés à des installations électriques vétustes ou à l’absence de dispositifs de prévention adaptés.

Au lendemain du drame, les commerçants sinistrés s’organisent pour évaluer l’étendue des pertes et espèrent un soutien rapide des autorités locales et nationales. Le marché central de Kaolack, l’un des plus importants de la région, reste sous haute surveillance, alors que les sapeurs-pompiers continuent de sécuriser la zone pour prévenir toute reprise de feu.

Université de Dakar : les étudiants menacent de reprendre la grève si les engagements ne sont pas tenus

La tension reste palpable à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar malgré l’accalmie apparente. Après trois semaines d’une grève qui a fortement perturbé les cours, paralysé les activités pédagogiques et transformé le campus en véritable champ d’affrontements, le collectif des amicales des étudiants de l’UCAD a annoncé une suspension temporaire de son mouvement. Mais cette trêve n’est qu’un répit fragile. Les étudiants préviennent qu’ils reprendront la lutte sans hésitation si les engagements pris par les autorités ne se matérialisent pas dans les délais convenus.

Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi, le porte-parole du collectif, Mbaye Biteye, a donné le ton. D’une voix ferme et assumée, il a rappelé que les étudiants n’ont pas mis fin à leur mouvement de protestation par renoncement mais par sens de la responsabilité nationale. Il a insisté sur le fait que cette suspension doit permettre au ministère de l’Enseignement supérieur d’examiner les propositions faites par les étudiants et d’y apporter des réponses concrètes. Selon lui, la bonne volonté affichée par les grévistes ne devra en aucun cas être interprétée comme un signe de faiblesse. « Que les choses soient claires : si les engagements ne sont pas respectés, nous reviendrons. Si nos droits sont bafoués, nous nous lèverons. Si les étudiants sont négligés, nous reprendrons la lutte », a-t-il averti.

Cette mise en garde intervient après une période marquée par des affrontements répétés entre les forces de l’ordre et les étudiants, sur fond de revendications liées au paiement d’arriérés de bourses que ces derniers estiment à environ 515 000 francs CFA par étudiant. Durant trois semaines, le campus a été le théâtre de scènes de tension : barricades érigées à l’entrée des facultés, gaz lacrymogènes dispersés à plusieurs reprises, salles de cours désertées, et un climat d’anxiété généralisé parmi les étudiants comme parmi le personnel administratif.

C’est à la suite d’une médiation menée par plusieurs guides religieux que les deux parties ont accepté d’explorer une solution permettant d’apaiser la situation. Des propositions de paiement échelonné ont été mises sur la table, ce qui a contribué à ramener le calme, au moins temporairement. Mais les étudiants rappellent que cette suspension ne signifie pas qu’ils renoncent à leurs revendications. Au contraire, ils affirment qu’ils ne feront aucune concession qui porterait préjudice à leurs intérêts. Ils demandent au Président Bassirou Diomaye Faye d’accorder une écoute réelle à cette jeunesse qui, selon eux, ne réclame ni privilèges ni faveurs, mais simplement le respect de ses droits.

Plus profondément, cette crise reflète un malaise persistant au sein de l’enseignement supérieur sénégalais. Depuis plusieurs années, la problématique des bourses universitaires demeure une source de tensions régulières, avec des étudiants qui dénoncent des retards récurrents, des erreurs administratives et des mécanismes de paiement jugés trop opaques. L’actuel bras de fer autour des arriérés n’est qu’un épisode de plus dans une série de conflits sociaux qui ont ponctué la vie de l’UCAD ces dernières décennies, où la mobilisation étudiante a souvent servi de catalyseur pour dénoncer les insuffisances plus larges du système.

En attendant, le campus retrouve peu à peu son rythme habituel, mais l’atmosphère reste chargée d’incertitudes. Les étudiants observent le gouvernement, le gouvernement observe les étudiants, et chacun semble se préparer à l’éventualité d’une reprise des hostilités si la confiance venait à être trahie. Le sort de la trêve dépend désormais de la capacité du ministère de l’Enseignement supérieur à honorer ses engagements et à restaurer un climat de sérénité durable au sein de la plus grande université du pays.

Santé publique : l’ARP suspend la commercialisation des produits Softcare après la découverte de matières premières périmées

L’Agence sénégalaise de la Réglementation Pharmaceutique (ARP) a pris une décision forte pour protéger les consommateurs : la suspension immédiate de la commercialisation de tous les produits de la marque Softcare. Cette mesure restera en vigueur « jusqu’à la mise en conformité du processus de fabrication », précise l’institution dans un communiqué daté du 11 décembre 2025.

Cette décision fait suite à une inspection menée au sein de l’usine Softcare située à Sindia, dans la région de Thiès. Les équipes de l’ARP y ont découvert un fait extrêmement préoccupant : la présence de matières premières périmées dans le circuit de fabrication, un manquement grave aux normes de qualité et de sécurité exigées pour des produits destinés au grand public.

Les produits concernés sont d’autant plus sensibles qu’ils sont destinés en priorité aux bébés, aux enfants et aux femmes, des populations particulièrement vulnérables. Face à ces risques potentiels pour la santé, l’ARP a ordonné le retrait immédiat de ces produits du marché, le temps que l’entreprise procède aux corrections nécessaires et se conforme strictement aux standards en vigueur.

Cette suspension intervient dans un contexte où les autorités sanitaires renforcent leur vigilance sur la qualité des produits distribués au Sénégal. Elle traduit également la volonté de l’ARP d’agir avec fermeté chaque fois que la santé publique est menacée.

L’agence invite les consommateurs à redoubler de vigilance et à signaler tout produit suspect ou toute réaction anormale liée à l’utilisation des articles de la marque Softcare, en attendant l’issue des procédures de contrôle et de mise en conformité.

Bourses universitaires : le paiement des réclamations de l’année académique 2024-2025 démarre ce vendredi

Les étudiants concernés peuvent enfin souffler. La Direction des Bourses a annoncé ce jeudi le démarrage du paiement des réclamations portant sur les mois de novembre 2024 à septembre 2025. Cette opération, très attendue par de nombreux étudiants ayant rencontré des difficultés de paiement, débutera officiellement ce vendredi 12 décembre 2025.

Selon le communiqué rendu public, ce paiement ne concerne que les étudiants déjà inscrits sur les états de paiement des mois concernés, mais qui n’avaient pas pu percevoir leur bourse à cause de différentes anomalies administratives. Parmi les problèmes signalés figurent des erreurs de filiation, des changements ou fautes dans les numéros de téléphone, des codes expirés ou encore d’autres dysfonctionnements qui avaient bloqué la réception des allocations.

La Direction des Bourses invite les étudiants concernés à vérifier leurs informations et à se rapprocher des services compétents pour toute précision complémentaire. Le lancement de cette opération vise à régulariser une situation qui a suscité beaucoup d’inquiétudes au sein des établissements d’enseignement supérieur, où plusieurs étudiants avaient exprimé leur frustration face aux retards cumulés.

Communiqué du Conseil des ministres du 11 décembre 2025

Le Conseil des Ministres s’est tenu exceptionnellement le jeudi 11 décembre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :
Stabilisation et transformation consensuelle du secteur de l’Enseignement supérieur
Monsieur le Président de la République souligne, à l’entame de sa communication, l’instabilité académique et sociale dans les universités publiques et la problématique du financement du système d’enseignement supérieur. A ce titre, il demande au Premier Ministre d’évaluer l’état d’exécution du Plan d’urgence pour l’Enseignement supérieur. Il instruit également les Ministres de l’Enseignement supérieur et des Infrastructures, de finaliser l’évaluation globale de l’application du système Licence-Master-Doctorat (LMD) et de faire, pour chaque université publique, l’état de prise en charge des besoins ainsi que la situation des chantiers concernant les infrastructures académiques et sociales. Pour adapter les formations aux besoins de l’économie nationale, le Chef de l’Etat indique la nécessité de développer la digitalisation des enseignements et travaux de recherche, de renforcer l’Université numérique du Sénégal Cheikh Hamidou KANE et de développer les Espaces numériques ouverts (ENO) ainsi que les Instituts supérieurs d’Enseignement professionnel (ISEP).

Après avoir relevé que le défi du système éducatif demeure l’employabilité des apprenants et étudiants, le Président de la République invite à réfléchir au financement soutenu, durable et innovant de l’Enseignement supérieur. Afin de retracer l’exhaustivité des ressources et dépenses de l’enseignement supérieur, il prescrit de faire, pour chaque université publique, l’audit systématique des dépenses et des ressources et d’engager les vérifications administratives et financières nécessaires des fonctions de services dans les universités et Centres des œuvres universitaires et sociales. Le Chef de l’Etat demande, enfin, au Premier Ministre de lui faire parvenir un Plan d’actions prioritaires pour la gestion 2026 du secteur de l’Enseignement supérieur.

Rénovation du système national de recherche et promotion de l’innovation

Le Président de la République considère la recherche scientifique et l’innovation technologique comme des catalyseurs de l’industrialisation et du développement d’une économie arrimée aux secteurs et filières moteurs. A cet effet, il demande au Premier Ministre de renforcer les structures nationales de recherche et les écoles d’ingénieurs, afin de former des chercheurs et ingénieurs de pointe et de disposer d’un capital humain endogène, conformément à la Vision « Sénégal 2050 ». Dans ce sillage, il indique l’impératif de développer les formations en Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques (STEM), avec un accent particulier sur la maitrise fondamentale du numérique et des possibilités de l’intelligence artificielle.

Le Président de la République fait observer la nécessité de changement de paradigme dans les buts et le financement du système d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation et l’impératif de mise en œuvre d’un vaste Programme national de réalisation de laboratoires et d’équipements de recherche dans toutes les universités, écoles et instituts de formation d’ingénieurs et de techniciens supérieurs d’élite. A cet effet, il engage le Premier Ministre à la mise en place d’un Fonds national de Développement de la Recherche et de l’Innovation.

Réhabilitation et développement du transport ferroviaire

Considérant que l’attractivité et la valorisation des territoires reposent sur le développement des transports, le Chef de l’Etat demande au Gouvernement d’accentuer la mise en œuvre de la politique ferroviaire, en veillant, notamment, à la réhabilitation des Chemins de fer du Sénégal, en cohérence avec l’exploitation et l’expansion du Train Express régional.

Il instruit, outre la finalisation d’un Schéma directeur national de développement du ferroviaire, la réalisation des études requises et la recherche du financement des lignes ferroviaires validées sur un horizon décennal programmé. A cet égard, le Président de la République demande au Premier Ministre de mettre en place un Conseil national du Ferroviaire, en vue d’une maitrise stratégique et d’une meilleure coordination des projets et de leurs impacts sur la modernisation des transports terrestres, le développement territorial et l’emploi.

Mesures effectives de lutte contre la vie chère

Le Président de la République souligne l’importance qu’il accorde à l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages et à la baisse significative du coût de la vie. Il se réjouit de la baisse des prix du litre du supercarburant et du gasoil ainsi que du gaz butane et demande au Premier Ministre de poursuivre les efforts consentis pour soutenir les populations les plus vulnérables et renforcer ainsi le rôle social de l’Etat, protecteur des ménages, notamment les plus pauvres.

Renforcement du rôle de la Diaspora dans la vie nationale

En tant qu’atout majeur dans la réalisation du projet inclusif et collectif pour un Sénégal souverain, juste et prospère, la Diaspora sénégalaise contribue significativement, selon le Chef de l’Etat, au développement national et à la stabilité sociale. A ce titre, il demande au Gouvernement de prendre toutes les dispositions adéquates pour la bonne organisation de la Journée nationale de la Diaspora, qu’il présidera le 17 décembre 2025.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir présidé, le mardi 09 décembre 2025, la cérémonie d’ouverture de la 4ème édition de la Conférence MSGBC Oil, Gas and Power 2025. Il annonce qu’il prendra part, le 14 décembre 2025 à Abuja, au Sommet de la CEDEAO. En outre, il procèdera, le mercredi 17 décembre 2025, à la remise du Drapeau national à l’Equipe nationale de Football en route pour la CAN 2025 au Maroc et présidera, le vendredi 19 décembre 2025, la cérémonie annuelle de réception des dignitaires dans les ordres nationaux, avant de se rendre en Casamance pour la période du 20 au 25 décembre 2025, dans le cadre d’une tournée économique.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur le renforcement du pouvoir d’achat des ménages par la nouvelle doctrine des prix des produits pétroliers et de l’énergie. Il a rappelé que le soutien aux ménages et aux petits professionnels a toujours constitué l’une des principales préoccupations du Président de la République, régulièrement exprimée à travers des directives en Conseil des Ministres. Il a rappelé la première vague de baisses des prix qui a été opérée durant l’année 2024, portant sur le sucre cristallisé, le riz brisé non parfumé, l’huile de palme, la baguette de pain et les frais de connexion à internet.

Baisse des tarifs du carburant

S’agissant de la baisse du prix du carburant, le Premier Ministre a présenté les mesures, entrées en vigueur à partir du samedi 06 décembre 2025, relatives à la révision des prix des carburants et précisé que les nouveaux tarifs constituent des plafonds réglementaires susceptibles de flexibilité. Le Premier Ministre a exposé l’impact de ces mesures, notamment sur le Fonds de Sécurisation des Importations de Produits pétroliers (FSIPP), institué pour assurer un approvisionnement correct et régulier et la couverture des pertes commerciales découlant des importations de produits pétroliers. Ce fonds a été transformé en une taxe fiscale et les montants collectés fongibles dans le budget global.

En perspective, il a demandé au Ministre des Finances et du Budget de faire une analyse de l’utilisation du FSIPP, d’utiliser le surplus dudit fonds pour les éventuelles hausses du baril, de procéder à une analyse approfondie de mécanismes permettant la péréquation des prix des bouteilles de gaz butane et de démarrer, sans délai, les travaux de réforme de la loi sur le secteur aval des hydrocarbures.

Baisse des tarifs de l’électricité

En ce qui concerne la baisse de l’électricité, le Premier Ministre, après présentation des mesures prises et de leurs impacts, a donné instruction de poursuivre les travaux pour un meilleur ciblage de la subvention de l’électricité, avec les ménages vulnérables à faibles revenus inscrits dans le Registre national unique (RNU) et de mettre en place, sans délai, des mesures visant la baisse des charges d’exploitation de la SENELEC. En outre, avant de le féliciter ainsi que ses équipes, le Premier Ministre a demandé au Ministre de l’Energie, du Pétrole et des Mines de lui soumettre un plan pour la réduction des pertes non techniques, afin de mettre fin à la fraude de l’électricité.

La baisse des prix à la consommation et la disponibilité des produits, sont corrélées aux initiatives prises par le Gouvernement, visant à procurer des revenus décents aux ménages.

Suivi du Plan de Redressement économique et social et Agenda

Le Premier Ministre a clos sa communication par la présentation des premiers résultats très positifs du Plan de Redressement économique et social (PRES) et le compte rendu de la visite de travail effectuée au Sénégal, les 09 et 10 décembre 2025, par le Ministre du Commerce extérieur des Émirats Arabes Unis, à la tête d’une forte délégation, ayant permis de nouer des partenariats d’investissements, avec la signature d’une dizaine de mémorandums d’entente dans des secteurs prioritaires.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités a fait une communication sur l’état d’avancement des travaux d’extension du Registre national unique (RNU), de sa mise à jour et de la re-certification du Programme national de Bourses de Sécurité familiale (PNBSF).

Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a présenté une communication sur la situation du marché et la commercialisation des denrées agricoles et alimentaires.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté le projet de décret modifiant le décret n°2019-413 du 30 janvier 2019 portant création du Centre de Formation judiciaire (CFJ) et fixant ses règles d’organisation et de fonctionnement.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre de la Présidence de la République

  • Monsieur Cheikh Tidiane DIOP, Inspecteur général d’Etat, matricule de solde n°516907/F, est nommé Contrôleur financier, en remplacement de Madame Marie Gaye NDIAYE, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Au titre de la Primature

  • Madame Fatoumata MBAYE, Planificateur, matricule de solde n°607025/J, est nommée Directeur des Ressources humaines à la Primature.
  • Monsieur Sidy Mouhamed FALL, Ingénieur en Informatique, matricule de solde n°518226/F, est nommé Directeur des Systèmes d’Information à la Primature.

Au titre du Ministère de la Justice

  • Monsieur Idrissa SOW, Inspecteur 2ème classe 1er échelon de l’Administration pénitentiaire, matricule de solde n°645594/G, est nommé Directeur général adjoint de l’Administration pénitentiaire.

Au titre du Ministère des Infrastructures

  • Monsieur Alioune SENE, Ingénieur en Génie civil, matricule de solde n°763252/E, est nommé Directeur général des Infrastructures routières et du Désenclavement au Ministère des Infrastructures, en remplacement de Monsieur Mamadou Alassane CAMARA.
  • Monsieur Moustapha FALL, Ingénieur en Génie civil, est nommé Directeur général de l’Agence des Travaux et de Gestion des Routes (AGEROUTE Sénégal), en remplacement de Monsieur Mamadou NDAO.
  • Monsieur Cheikh DIOP, Ingénieur en Electromécanique, est nommé Président du Conseil d’Administration de la Société nationale de Gestion du Patrimoine du Train Express Régional (SENTER.SA), en remplacement de Monsieur Oumar BA.

Marie Rose Khady Fatou FAYE, Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, Chargée des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement

Annulation des arrêtés du ministre de la Communication : une victoire éclatante pour la liberté de la presse

C’est une décision qui fera date dans l’histoire récente des médias sénégalais. La Chambre administrative de la Cour Suprême a annulé, ce jeudi, l’ensemble des arrêtés pris par le ministre de la Communication visant à instaurer une plateforme d’inscription obligatoire des organes de presse ainsi qu’une commission chargée d’examiner et de valider les entreprises de presse.

Cette décision, obtenue à la suite d’un recours introduit par le Conseil des éditeurs et diffuseurs de presse du Sénégal (CDEPS), constitue un véritable souffle d’air pour le secteur. Pour beaucoup d’observateurs, il s’agit d’une victoire éclatante pour la liberté de la presse et un rappel ferme des limites du pouvoir réglementaire de l’exécutif.

Le CDEPS, estimant que ces textes fragilisaient le pluralisme médiatique et ouvraient la voie à une régulation arbitraire, avait confié le dossier à son avocat, Me Cheikh Abdou Ndiaye. Ce dernier a obtenu gain de cause : la Cour Suprême a jugé que les arrêtés étaient dépourvus de base légale et dépassaient les compétences du ministre.

Avec cette décision, la plateforme d’enregistrement et la commission de validation sont purement et simplement annulées. Une victoire symbolique et pratique : les médias échappent à un dispositif perçu comme une entrave potentielle à leur indépendance.

Dans un contexte où les relations entre autorités publiques et acteurs médiatiques sont régulièrement traversées par des tensions, cet arrêt de la Cour Suprême réaffirme l’importance de l’État de droit et rappelle que toute réforme du secteur doit se faire dans le respect absolu des garanties constitutionnelles.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°628 – 11/12/2025

🔴 « DETTE CACHÉE ET AUSTÉRITÉ » : L’ESPOIR DÉMOCRATIQUE FRAGILISÉ, SELON CIVICUS
🔴 LE TRÉSOR SÉNÉGALAIS EN MODE HERCULE : 35,728 MILLIARDS DE FCFA LEVÉS EN UN JOUR

🔴 CHOC ET SUSPENSE EN LIGUE DES CHAMPIONS : ARSENAL BRILLE, LA JUVENTUS ET BENFICA RENAISSENT

Crise de la dette au Sénégal : les risques pour l’espace civique, selon Civicus

La crise de la dette qui secoue actuellement le Sénégal pourrait compromettre les progrès récemment réalisés en matière de libertés civiles, avertit l’organisation Civicus. Selon les analystes, l’évolution de l’espace civique dépendra largement de la manière dont les autorités répondront aux éventuelles manifestations liées aux mesures économiques strictes mises en place pour stabiliser les finances publiques.

Nelson Baiye Mbu, analyste basé au Cameroun pour le Civicus Monitor, explique que l’espace civique du Sénégal avait été récemment reclassé de « réprimé » à « obstrué », reflétant une amélioration notable par rapport aux années précédentes. Cette progression avait été renforcée par la transition politique réussie du pays l’an dernier, ainsi que par l’instauration de mesures visant à tenir les responsables d’actes de violence lors de manifestations passées pour responsables. Ces initiatives avaient contribué à renforcer la confiance des citoyens dans le respect de leurs droits civiques et dans la capacité des institutions à garantir la sécurité et la liberté d’expression.

Cependant, cette situation reste fragile. Le Sénégal est confronté à une crise de la dette accentuée par la découverte, l’an dernier, de sept milliards de dollars de dettes cachées, héritées de l’ancienne administration. Cette révélation avait conduit le Fonds monétaire international (FMI) à suspendre un programme de financement de 1,8 milliard de dollars, obligeant le gouvernement à rechercher de nouvelles solutions pour stabiliser les finances publiques. Dans ce contexte, le Sénégal doit désormais adopter des mesures d’austérité, notamment la réduction du déficit budgétaire, qui devrait passer de 13,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2024 à 5,3 % en 2025.

Ces restrictions budgétaires, bien qu’essentielles pour la stabilité économique, risquent de provoquer des réactions de mécontentement dans la population, en particulier si elles affectent directement les conditions de vie des citoyens. Mbu souligne que les gouvernements soumis à de telles pressions peuvent considérer les manifestations comme des menaces et être tentés de restreindre le droit de réunion pacifique ou de réprimer les expressions de contestation. Il ajoute que les tensions politiques croissantes entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko pourraient également exacerber les risques de protestations ou de divisions politiques, fragilisant davantage l’espace civique.

L’analyse de Civicus s’inscrit dans un contexte plus large de suivi des libertés publiques en Afrique. Cette année, l’organisation a reclassé le Gabon de « réprimé » à « obstrué » après une transition démocratique pacifique, tandis que Madagascar a été rétrogradé de « obstrué » à « réprimé » à la suite d’une prise de pouvoir militaire en octobre. Le Soudan et le Burundi, quant à eux, sont désormais classés « fermés ».

L’alerte de Civicus souligne la vulnérabilité de l’espace civique au Sénégal face à la combinaison d’une crise économique, de mesures d’austérité strictes et de tensions politiques. Elle rappelle l’importance pour le gouvernement d’adopter des stratégies équilibrées qui tiennent compte à la fois des impératifs financiers et de la protection des droits fondamentaux, afin de préserver la confiance des citoyens et d’éviter une régression des libertés publiques.

Marché financier de l’UMOA : le Sénégal lève 35,728 milliards de FCFA

Dans le cadre de sa politique de gestion des ressources publiques et de financement des projets de développement, l’État du Sénégal, par l’intermédiaire de la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor (DGCPT), a réalisé le mardi 9 décembre 2025 une opération majeure sur le marché financier de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA). Cette opération a permis de mobiliser un montant total de 35,728 milliards de FCFA, confirmant l’attractivité des titres publics sénégalais auprès des investisseurs régionaux et internationaux.

L’opération a été menée à travers une émission simultanée de bons assimilables du Trésor (BAT) d’une maturité de 182 jours et de 364 jours, ainsi que d’obligations assimilables du Trésor (OAT) d’une échéance de trois ans. L’objectif de cette démarche était double : diversifier les instruments de financement public et répondre aux besoins croissants de financement des projets d’infrastructures et de développement dans le pays.

Le montant total initialement mis en adjudication s’élevait à 35 milliards de FCFA, tandis que le volume des soumissions globales, reflet de l’intérêt des investisseurs, a atteint 35,828 milliards de FCFA. Ce niveau élevé de soumissions traduit un taux de couverture de 102,37 %, démontrant un vif intérêt pour les titres émis par le Trésor sénégalais et renforçant la confiance des investisseurs dans la solidité financière de l’État.

Au terme de cette adjudication, le montant total des soumissions retenues s’élève à 35,728 milliards de FCFA, concentré sur les BAT à 364 jours et les OAT, tandis que 100 millions de FCFA de soumissions ont été rejetés. Cette opération affiche ainsi un taux d’absorption exceptionnel de 99,72 %, confirmant la forte participation des investisseurs et la confiance dans les instruments financiers proposés.

Les bons à 364 jours ont été attribués avec un rendement moyen pondéré de 7,31 %, tandis que les obligations à trois ans offrent un rendement légèrement supérieur de 7,94 %, reflétant l’attractivité et la compétitivité de ces titres sur le marché régional. Le Trésor public s’engage à rembourser les bons émis le premier jour ouvré suivant leur date d’échéance, fixée au 8 décembre 2026, avec paiement des intérêts précomptés d’avance sur la valeur nominale, garantissant transparence et sécurité aux investisseurs.

Quant aux obligations, le remboursement du capital sera effectué à l’échéance, prévue le 10 décembre 2028, tandis que le paiement des intérêts se fera annuellement à un taux de 6,30 %, offrant aux investisseurs un flux régulier de revenus. Cette structuration claire et rigoureuse des paiements illustre la solidité et la fiabilité des titres publics sénégalais, tout en permettant une planification financière sereine pour les investisseurs à long terme.

Cette réussite sur le marché financier de l’UMOA confirme le dynamisme du Trésor sénégalais et son aptitude à mobiliser efficacement les ressources nécessaires au financement du développement économique et des projets d’infrastructure, tout en maintenant la confiance des investisseurs et la stabilité du marché régional.

Assemblée nationale : Me Aïssata Tall Sall prodigue une leçon de droit et d’éthique républicaine à Me Bamba Cissé

Mercredi, l’Assemblée nationale a été le théâtre d’une intervention particulièrement marquante de Me Aïssata Tall Sall, députée et présidente du Groupe Parlementaire Takku Wallu Sénégal. S’adressant au ministre de l’Intérieur, Me Bamba Cissé, l’ancienne ministre de la Justice a livré une véritable leçon de droit public et d’éthique républicaine, rappelant les multiples responsabilités délicates et souvent contradictoires que doit assumer son confrère.

Me Aïssata Tall Sall a souligné que le ministre de l’Intérieur joue un rôle central dans le maintien de la laïcité, dans la protection des libertés publiques et dans la garantie de l’ordre et de la sécurité sur l’ensemble du territoire. « Vous êtes le ministre de la laïcité. Dans un État où la religion est sacrée et où la liberté de culte est garantie, votre rôle est de veiller à l’application du principe de neutralité religieuse de l’État, sans heurter les convictions profondes des citoyens. Vous êtes aussi le garant des libertés publiques qui doivent garantir le droit de manifester, de s’exprimer, et d’être en association. Vous êtes également le responsable de l’ordre public et devez protéger les institutions, les frontières et la sécurité des personnes et des biens, dans l’usage réglementé de la force », a-t-elle rappelé.

L’essentiel de son message a porté sur la nécessité de maintenir un équilibre subtil entre des forces parfois antagonistes. Me Aïssata Tall Sall a insisté sur l’art de concilier autorité et liberté, fermeté et dialogue, soulignant que le pouvoir d’un ministre n’est pas une fin en soi mais un instrument au service de l’équilibre démocratique et de la République. « Dialoguer avant de décider », a-t-elle insisté, recommandant au ministre de prendre le temps d’échanger avec les acteurs politiques, la société civile et les parties concernées avant de poser une décision. Selon elle, ce dialogue préalable est la condition sine qua non pour qu’une décision soit légitime et apaisée.

La parlementaire a également exhorté Me Bamba Cissé à rester impartial, à éviter tout alignement partisan et à exercer ses fonctions au service de l’État et non d’un camp politique particulier. Dans cette intervention, Me Aïssata Tall Sall a réussi à transformer une simple interpellation parlementaire en véritable leçon de gouvernance, de droit public et d’éthique républicaine, rappelant à son confrère que le pouvoir doit être manié avec prudence, sagesse et responsabilité.

Cette intervention a été saluée par de nombreux observateurs comme un exemple d’exigence morale et juridique dans l’exercice du pouvoir exécutif, mettant en lumière l’importance de la responsabilité et de la neutralité dans la conduite des affaires publiques, particulièrement dans un contexte politique parfois tendu.

Tensions politiques : la libération de Bougar Diouf suscite la colère d’Abass Fall

La libération de Bougar a déclenché une vague de réactions dans le paysage politique sénégalais, et Abass Fall, maire de Dakar et figure importante du Pastef, ne cache pas son indignation. Dans un message publié sur ses comptes officiels sur les réseaux sociaux, il a exprimé son mécontentement, estimant que cette décision porte atteinte à sa dignité ainsi qu’à celle de son camp politique. Pour lui, la libération de Bougar constitue une atteinte directe à l’honorabilité des responsables de Pastef et reflète un traitement injuste dans l’application de la justice.

« Bougar est libre après avoir gravement porté atteinte à notre honorabilité. Cette main derrière sa libération doit avoir honte », a déclaré Abass Fall, dénonçant ce qu’il perçoit comme une manipulation politique et un manque de cohérence dans les décisions des autorités. Selon lui, cette décision illustre une tendance inquiétante à protéger certaines personnes au détriment d’autres, au mépris de l’équité et de la justice.

Le maire de Dakar a également pointé du doigt ce qu’il qualifie de dérive dans l’usage de la protection institutionnelle. « Protéger le Président est devenu un passe-droit pour insulter et diffamer sans raison et s’en tirer », a-t-il écrit, accusant implicitement certains acteurs politiques de bénéficier d’un traitement privilégié et de pouvoir s’affranchir des règles qui s’appliquent normalement à tous.

Abass Fall a enfin exprimé son amertume face au contraste entre cette décision et les engagements que les responsables politiques avaient pris devant les citoyens. « C’est ce Sénégal que nous avions vendu aux Sénégalais. Quelle honte ! », a-t-il ajouté, dénonçant ce qu’il perçoit comme une déception pour l’opinion publique et un affaiblissement de la confiance des Sénégalais dans la justice et les institutions.

Cette réaction met en lumière les tensions politiques persistantes dans le pays, notamment sur la question de l’impartialité de la justice et de la cohérence des décisions administratives et judiciaires. La libération de Bougar pourrait accentuer les divisions entre les différentes forces politiques et relancer les débats sur la responsabilité des autorités dans la gestion des affaires sensibles et leur impact sur la perception de l’État de droit au Sénégal.

Quitter la version mobile