Lettre-plainte contre le juge Diarra : l’UMS fustige le comportement de Me Bocar Thiam et demande des sanctions

L’Union des Magistrats Sénégalais (UMS) a réagi ce jeudi 21 novembre à l’initiative de l’avocat Me Moussa Bocar Thiam, qui a adressé une lettre-plainte à l’Inspection générale de l’Administration de la Justice (IGAJ) visant le magistrat Idrissa Diarra, président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier. Cette démarche s’inscrivait dans le cadre du dossier impliquant Mouhamadou Ngom dit Farba et plusieurs autres parties, et a suscité un tollé au sein du corps judiciaire.

Dans un communiqué officiel, l’UMS souligne qu’après vérification, le principal concerné, M. Ngom, « n’a jamais été consulté sur une telle démarche » et que le collectif d’avocats chargé de sa défense n’a, à aucun moment, été associé à cette initiative. Pour l’organisation, la lettre de Me Bocar Thiam constitue une « action isolée, dénuée de toute base procédurale et manifestement inspirée par un dessein inavoué ». Selon l’UMS, cette initiative vise à « jeter le discrédit sur un magistrat unanimement reconnu pour son sérieux, sa compétence et sa rigueur professionnelle ».

L’Union des Magistrats accuse l’avocat d’avoir « sciemment violé les règles de procédure, ainsi que les principes d’éthique et de déontologie qui gouvernent la profession d’avocat ». Elle déplore également la diffusion massive de cette lettre dans la presse, considérant qu’elle accentue la gravité de ce qu’elle qualifie de « forfaiture ». Pour l’UMS, cette publication publique, réalisée « sans fondement et en dehors de tout cadre légal », constitue une atteinte directe à l’honneur du magistrat ciblé ainsi qu’à la crédibilité de l’institution judiciaire dans son ensemble.

L’organisation condamne fermement le comportement de Me Bocar Thiam, le qualifiant d’« irresponsable et préjudiciable non seulement à l’honneur du magistrat, mais également à la dignité et à la réputation du système judiciaire sénégalais ». Elle annonce par ailleurs qu’elle prendra, dans les meilleurs délais, toutes les mesures nécessaires afin que cet acte fasse l’objet de « sanctions exemplaires conformément aux textes en vigueur ».

Cette affaire souligne les tensions existantes autour de certains dossiers financiers sensibles et met en lumière la vigilance de l’UMS pour protéger l’intégrité de la magistrature. Le corps judiciaire sénégalais réaffirme ainsi son attachement aux principes d’éthique, de rigueur et d’indépendance dans le traitement des affaires judiciaires, face à des initiatives qui pourraient, selon lui, miner la confiance des citoyens dans la justice.

Le président Diomaye Faye reçoit la ministre malienne des Infrastructures et le Comité de l’ASECNA

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé ce vendredi 21 novembre 2025 une audience à Mme Dembélé Madina Sissoko, ministre des Transports et des Infrastructures du Mali. Cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales, a été l’occasion pour la ministre malienne de transmettre au chef de l’État sénégalais les remerciements du gouvernement et du peuple maliens. Ces remerciements font suite aux mesures prises par les autorités sénégalaises pour lever les obstacles liés aux conteneurs maliens au port de Dakar, facilitant ainsi le commerce et les échanges entre les deux pays.

Cette initiative illustre la solidité et la maturité des relations entre le Sénégal et le Mali, ainsi que la volonté partagée de maintenir une coopération fluide, efficace et fraternelle. Le président Faye a salué cette démarche et réaffirmé son engagement à promouvoir des relations bilatérales stables et mutuellement avantageuses, soulignant l’importance de l’intégration régionale pour le développement économique et social des deux nations.

Dans la foulée, le chef de l’État a reçu le Comité des ministres de l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), réuni à Dakar pour sa 76ᵉ session extraordinaire. Les ministres ont présenté au président Diomaye Faye les conclusions de leurs travaux, mettant en avant les stratégies visant à renforcer la sécurité, la modernisation et la performance des services de navigation aérienne au sein de l’espace communautaire.

Le président Faye a salué les efforts des États membres et du comité pour le progrès de la sécurité aérienne en Afrique. Il a réitéré la disponibilité du Sénégal à contribuer activement aux initiatives régionales, insistant sur la nécessité d’une coopération soutenue pour garantir des services de navigation aérienne modernes, sûrs et fiables.

Cette double audience témoigne de l’engagement du Sénégal sur le plan régional, que ce soit dans le renforcement des échanges commerciaux avec ses voisins ou dans la consolidation de la sécurité et de l’efficacité des infrastructures aériennes sur le continent. Elle confirme également la position du pays comme acteur clé de l’intégration régionale et de la coopération technique en Afrique de l’Ouest.

31ᵉ réunion OMD-AOC à Dakar : des recommandations pour une gouvernance douanière renforcée en Afrique de l’Ouest et Centrale

Dakar a accueilli la 31ᵉ réunion du Comité des experts de la Région Afrique de l’Ouest et Centrale de l’Organisation mondiale des Douanes (OMD-AOC), qui s’est achevée ce vendredi après trois jours d’intenses travaux. L’événement, organisé sous l’égide de la Douane sénégalaise, a réuni des spécialistes et des hauts responsables douaniers de la région afin d’examiner les défis et les opportunités liés à la gouvernance douanière et à la facilitation des échanges en Afrique de l’Ouest et Centrale.

Durant ces 72 heures de débats, les participants ont planché sur plusieurs thématiques majeures, notamment les grands projets en cours, le renforcement du cadre institutionnel régional, le plan stratégique de la région et le fonctionnement des différentes structures douanières. Ces discussions ont permis de mettre en lumière les enjeux liés à la modernisation des systèmes douaniers, à la lutte contre la fraude, au développement de mécanismes communs de contrôle et à la prévention de la criminalité transnationale organisée.

À l’issue des travaux, un ensemble de recommandations concrètes a été formulé, visant à améliorer la gouvernance douanière et à renforcer l’efficacité des administrations dans la région. Ces recommandations seront portées à la connaissance des Directeurs généraux des administrations douanières lors de la prochaine conférence régionale prévue en 2026 à Freetown, en Sierra-Leone, où elles pourront être adoptées et mises en œuvre.

Lors de la cérémonie de clôture, le Coordonnateur de la Direction générale des Douanes (DGD) du Sénégal, Malick Mbaye, a insisté sur l’importance de l’appropriation rigoureuse de ces recommandations par les administrations douanières de la région. « Dans un contexte où nos pays sont confrontés à des défis multiples, notamment en matière de lutte contre la fraude et la criminalité transnationale, de facilitation des échanges et de modernisation de nos systèmes douaniers, l’application de ces recommandations sera très utile », a-t-il souligné.

Malick Mbaye a également réaffirmé l’engagement constant des Douanes sénégalaises à accompagner la Vice-Présidence de la Région AOC dans l’accomplissement de ses missions, afin de garantir une coordination efficace et une meilleure intégration des politiques douanières dans la région.

Aux côtés du Coordonnateur, le Directeur des Opérations douanières, Ousmane Kane, et le Directeur des Systèmes d’Information, Hamidou Ndiaye, ont contribué à l’animation des travaux et à l’encadrement technique des discussions. Avant la clôture officielle, les experts ont tenu à saluer la qualité de l’organisation assurée par la Douane sénégalaise, reconnaissant la rigueur et le professionnalisme dont le pays a fait preuve.

Abdoulaye Maïga, Directeur de Cabinet du Vice-Président de la Région, ainsi que Gatien Pangob Tetanga, Coordonnateur régional représentant le Secrétaire général de l’OMD, ont eux aussi exprimé leur gratitude envers les autorités sénégalaises, louant la logistique et l’accueil offerts lors de cette rencontre cruciale pour l’avenir des administrations douanières de la région.

Cette 31ᵉ réunion du Comité des experts de l’OMD-AOC constitue un jalon important dans la consolidation d’une gouvernance douanière harmonisée et efficace en Afrique de l’Ouest et Centrale, renforçant à la fois la sécurité, la transparence et la compétitivité des échanges commerciaux régionaux.

Soussoung : le collectif se réjouit de la libération des détenus et réaffirme sa lutte pour la défense des terres

Le Collectif pour la défense des terres de Soussoung, basé à Ndiaganiao, a exprimé sa satisfaction suite à la libération des neuf personnes interpellées lors des manifestations récentes autour des questions foncières. Ces détenus, retenus depuis près de quatre mois, avaient été arrêtés dans le cadre de mobilisations visant à dénoncer des tentatives présumées d’accaparement de terres par des entreprises privées.

Dans une déclaration officielle, Ousseynou Dia, membre actif du collectif, a souligné l’importance de cet événement pour la communauté locale. « Nous nous félicitons de la libération de ces neuf paysans, injustement retenus pendant plusieurs mois. Leur retour marque une première victoire dans notre combat pour la préservation des terres et des droits des populations de Soussoung », a-t-il déclaré.

Le collectif a cependant insisté sur le fait que cette libération ne signifie pas la fin de la mobilisation. Il a appelé l’ensemble des habitants de Soussoung, femmes et hommes, à renforcer leur unité pour protéger le tissu social de la localité, qu’il juge fragilisé par des pressions externes et des entreprises aux « intentions funestes ». Le message adressé à la population souligne la nécessité de rester vigilant et solidaire face aux menaces pesant sur les terres agricoles et les espaces communautaires.

Par ailleurs, le collectif a renouvelé son engagement à défendre les terres de Soussoung contre toute forme de spoliation, d’intimidation ou d’accaparement. Il a également tenu à remercier les organisations et individus qui ont contribué à la libération des détenus, saluant le soutien national et international qui a permis de mettre fin à cette situation critique.

Cette mobilisation illustre une fois de plus la détermination des communautés rurales à protéger leurs ressources foncières et à faire respecter leurs droits face aux pressions économiques et politiques. Pour le collectif, la bataille pour les terres de Soussoung se poursuit, avec la conviction que seule la cohésion et la vigilance de la population permettront de sauvegarder ces biens essentiels à la survie et au développement local.

76ᵉ réunion du Comité des ministres de l’ASECNA : Ousmane Sonko plaide pour une souveraineté aérienne africaine renforcée

Le Premier ministre Ousmane Sonko a ouvert, ce vendredi 21 novembre 2025, la 76ᵉ réunion du Comité des ministres de l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), réunie exceptionnellement pour discuter des perspectives stratégiques et opérationnelles de l’organisation. Dans un discours d’ouverture empreint de solennité, il a mis en avant l’importance de l’ASECNA comme pilier de la connectivité aérienne et de la croissance économique sur le continent africain.

Ousmane Sonko a rappelé que les principes fondateurs de l’ASECNA — solidarité, compétence, mutualisation et neutralité technique — ont permis à l’agence de traverser les turbulences politiques et économiques tout en conservant son rôle central dans la sécurité aérienne. Selon lui, cette résilience découle d’une gouvernance collective qui fait de l’ASECNA une référence mondiale dans la gestion intégrée des espaces aériens multinationaux, malgré des débuts difficiles à l’aube des indépendances des pays membres.

Le chef du gouvernement a salué l’ASECNA comme un modèle de souveraineté partagée et de mutualisation réussie, invitant le Comité des ministres à conduire les travaux de la session avec rigueur et responsabilité. Parmi les points prioritaires figurent l’examen du Plan d’Orientations Stratégiques (POS 2026–2035) et du Plan de Services et Équipements (PSE 2026–2030). Ousmane Sonko a insisté sur le fait que ces plans ne représentent pas une simple addition de projets nationaux, mais traduisent la capacité des États africains à penser, investir et progresser ensemble dans le domaine aérien.

Le Premier ministre a notamment souligné l’importance de la mutualisation des systèmes de communication, de surveillance et de navigation, y compris satellitaires, pour renforcer la sécurité et la compétitivité des espaces aériens africains. Selon lui, l’ASECNA démontre qu’une souveraineté technologique africaine est possible lorsqu’elle s’appuie sur la coopération, la formation et la discipline collective. Les économies d’échelle générées par ces mécanismes mutualisés permettent aux États de soutenir leurs politiques publiques tout en consolidant leur indépendance stratégique.

Ousmane Sonko a réaffirmé l’engagement du Sénégal à œuvrer pour une Afrique maîtresse de ses infrastructures critiques, en particulier dans le domaine stratégique de la navigation aérienne. « L’ASECNA doit rester en première ligne pour garantir une navigation aérienne moderne, sûre et souveraine », a-t-il insisté, mettant l’accent sur l’impératif d’une gestion collective et proactive de l’espace aérien continental.

Pour sa part, la présidente du Comité des ministres de l’ASECNA, Fatima Goukouni Weddeye, a souligné l’importance de cette 76ᵉ session pour consolider et moderniser l’agence. Elle a affirmé que les décisions du Comité seraient guidées par la lucidité, la rigueur et la clairvoyance nécessaires pour inscrire durablement l’ASECNA sur une trajectoire de performance et de stabilité partagée. « En unissant nos expertises, nos convictions et nos volontés politiques, nous doterons notre agence des instruments stratégiques et financiers nécessaires pour relever les défis d’aujourd’hui et anticiper ceux de demain », a-t-elle déclaré, soulignant le rôle central de la coopération entre États membres pour la pérennité de l’organisation.

Cette réunion, qui réunit les ministres de l’aviation civile des États membres de l’ASECNA, marque un tournant stratégique pour le continent. Elle s’inscrit dans un contexte où l’Afrique cherche à renforcer sa souveraineté technologique et opérationnelle, tout en garantissant une sécurité aérienne optimale, condition indispensable à son développement économique et à son rayonnement international.

Diffamation : Cheikh Bara Ndiaye engage des poursuites contre Maïmouna Ndour Faye

La tension entre le député Cheikh Bara Ndiaye et Maïmouna Ndour Faye, directrice de la chaîne 7TV, franchit un nouveau cap judiciaire. L’élu a officiellement annoncé avoir déposé une plainte contre la journaliste et femme d’affaires pour « diffamation, diffusion de fausses nouvelles, injures publiques et menaces ». L’information a été relayée par le parlementaire lui-même sur sa page Facebook, soulignant la gravité de l’affaire et son intention de voir la justice trancher.

Cette action en justice fait suite à un épisode médiatique tendu : jeudi soir, Maïmouna Ndour Faye avait annoncé son intention de porter plainte contre Cheikh Bara Ndiaye, à la suite d’accusations publiques formulées par le député à son encontre. Dans ses déclarations, Cheikh Bara Ndiaye avait affirmé que la directrice de 7TV agissait en tant que personnalité influente dans l’ombre de Mimi Touré, coordinatrice de la coalition « Diomaye Président ». Il avait également allégué que Maïmouna Ndour Faye avait bénéficié d’un passeport diplomatique remis par le Président Bassirou Diomaye Faye, insinuant une proximité et des privilèges non justifiés au sein du cercle politique.

Face à ces accusations, Maïmouna Ndour Faye n’a pas tardé à réagir. Dans un ton très ferme, elle a qualifié Cheikh Bara Ndiaye de « menteur » et a ironisé en affirmant qu’il détenait une « licence en mensonge ». Ses propos ont été relayés sur plusieurs plateformes médiatiques, intensifiant l’attention du public et créant un climat de confrontation entre les deux personnalités.

L’affaire prend désormais une tournure judiciaire, chaque partie s’en remettant à la justice pour clarifier les faits et déterminer si les accusations portées sont fondées ou relèvent de la diffamation. Ce conflit illustre, au-delà des enjeux personnels, la délicate frontière entre liberté d’expression et responsabilité dans le traitement de l’information publique, en particulier lorsque des personnalités politiques et des acteurs médiatiques sont impliqués.

La procédure judiciaire qui s’ouvre sera donc scrutée de près, non seulement par les parties directement concernées, mais aussi par l’opinion publique, attentive à la manière dont le système judiciaire gère les différends mêlant médias, politique et réputation. Le dénouement de cette affaire pourrait également fixer un précédent sur la manière dont les accusations publiques contre des personnalités sont traitées au Sénégal.

Sénégal, le temps des tumultes (Par Cherif Diop)

Aux difficultés économiques s’ajoute désormais la mésentente politico-institutionnelle. Nous pensions ce temps de guerre froide entre le président et son premier ministre révolu. Ce temps des tempêtes médiatiques et des marches de protestations. Hélas, tout nous ramène au douloureux passé récent que nous avons déjà vomi.

Économiquement, le pays tire la langue. Le gouvernement cherche à remonter de l’abîme de la dette publique, dont on n’a pas cessé d’explorer les tréfonds. La critique et la raillerie faciles consistent pour les contempteurs du pouvoir en place à exulter dans une espèce de vengeance puérile. Or, aucun Sénégalais ne devrait se réjouir de ce bond en arrière. Même si, nous pouvons reconnaître que depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye, ça va en empirant. Sans attendre l’acmé d’un duel dont l’inéluctabilité est désormais démontrée par tous les signaux, les militants de Pastef ont d’ores et déjà condamné Bassirou Diomaye Faye au procès de la « traîtrise ». Les réactions réprobatrices pullulent sur internet depuis l’officialisation de Madame Aminata Touré comme Superviseure générale de la coalition DIOMAYE PRÉSIDENT, acte considéré comme un coup de Jarnac contre Ousmane Sonko et le « projet ».

Que nous est-il permis d’espérer ?

Que peuvent espérer les Sénégalais en déréliction des trois années de mandat qui restent au président Faye ? Si ce n’est une querelle picrocholine entre militants de PASTEF en vue de la présidentielle de 2029 ? Une guerre des tranchées entre les partisans de Sonko « l’homme-peuple » et les sympathisants de Diomaye, « l’homme qui ne voulait pas être président ». Tout ceci n’augure rien de bon, à moins d’un an des Jeux Olympiques de la Jeunesse, les JOJ, qualifiés de « priorité nationale » par le président de la République.

Au sens de l’alinéa 2 de l’article 42 de la Constitution, le président de la République « incarne l’unité nationale ». Dès lors, peut-on reprocher au Chef de l’État de vouloir « faire nation » après des années tumultueuses ? Ces années où le pays s’est vu fracturé, où chaque Sénégalais a souffert dans sa chair de la mauvaise publicité faite à NOTRE Sénégal sur la scène internationale. Bassirou Diomaye Faye, qui s’érige en pater familias, n’a pourtant renié ni son éthique ni à ses convictions profondes qu’il partage, du reste, avec Ousmane Sonko. En même temps, les divergences éclatent au grand jour.

Des divergences de fond et de forme

La séquence actuelle est une grenade assourdissante qui empêche d’entendre les dissonances de fond entre les deux hommes. Ce différend assumé et affiché est l’arbre qui masque le rhizome d’une divergence pragmatique plus profonde. D’un côté, Diomaye privilégie une approche conciliatrice et institutionnelle ; de l’autre, Sonko, « l’homme-peuple », maintient ses certitudes dogmatiques d’opposant radical, persuadé qu’un pays ne saurait être réformé par de simples compromis. Or, les réformes structurelles ne peuvent se substituer à de simples déclarations fracassantes. L’annonce tonitruante, dans un cadre purement politique, du refus de la restructuration de la dette publique a créé la surprise, voire la stupeur, dans les arcanes du pouvoir et bien au-delà de nos frontières. Lors de l’installation du comité de pilotage du pacte de stabilité nationale, en pleine mission du Fond Monétaire International à Dakar, Ousmane Sonko avait également annoncé une prochaine baisse des prix de l’électricité, du gaz et du carburant. Une déclaration surréaliste aux yeux de tous les économistes sérieux qui se demandent comment cette promesse pourra être tenue, en l’état actuel du tableau des opérations financières du pays. Nous sommes en mesure d’affirmer que ces déclarations publiques ont complexifié davantage les âpres négociations avec le FMI.

D’un autre côté, face au FMI, le président du conseil supérieur de la défense nationale affiche une fermeté DIPLOMATIQUE. Tout est dans le style. Quand l’usage est plus fort que les idées de progrès, le tact doit guider votre manière d’agir. Les Sénégalaises dans leur écrasante majorité subissent sans broncher une crise économique qui leur a été imposée. Treize mois après la divulgation de la dette cachée, ils attendent toujours la pensée de sortie de crise. Au contraire, tout porte à croire que le pays s’achemine tout droit vers un gouffre bien sombre.

Ousmane Sonko, “l’homme-peuple”

Le meeting du 08 novembre 2025 a démontré, si besoin en était, que la popularité d’Ousmane Sonko n’a pas pris une ride. Seulement, la popularité, aussi immense soit-elle, ne saurait à elle seule définir l’ordre étatique et la légitimité du pouvoir. Si Ousmane Sonko était une incarnation parfaite et consensuelle de la société, son leadership ne serait pas si profondément clivant. Cette posture « d’homme-peuple » est une vue de l’esprit, malgré l’immense popularité de Sonko, tel un Général Georges Boulanger des temps modernes. L’ancien ministre de la guerre en France était le leader du « Boulangisme », ce mouvement politique populiste et nationaliste de la fin du XIXe siècle en France. « Le boulangisme exploitait le mécontentement populaire vis-à-vis des scandales politiques, la popularité du général Boulanger reposait en grande partie sur une stratégie de communication innovante, utilisant des chansons, des portraits et une presse populaire pour le présenter comme un héros et un sauveur. »

Ousmane Sonko ne lâchera rien. S’il y a un terrain sur lequel il excelle, c’est bien celui de l’adversité. Le Premier Ministre a démontré sa combativité politique et stratégique face aux différents écueils qui se sont érigés devant lui. Comme du temps de Macky Sall, Sonko se retrouve dans sa position favorite : celle de la victime, du vaillant combattant blessé, de l’opposant persécuté. Aujourd’hui au pouvoir, il est contraint d’admettre que les pouvoirs de la République ne peuvent se découper comme de la brioche. La Constitution du Sénégal est sans équivoque.

Décider à changer ce qu’il faut tout en maintenant ce qui vaut, le temps des épreuves commence pour Bassirou Diomaye Faye. Le Chef de l’État devra faire preuve d’habileté politique afin d’éviter au pays, des explosions majeures en ces temps troubles.

Cherif DIOP

Ohio : l’incendie meurtrier de la famille Dièye confirmé comme volontaire, le fils au centre de l’enquête

Le drame survenu dans l’Ohio aux États-Unis continue de secouer la communauté sénégalaise de Saint-Louis. L’incendie qui a ravagé la résidence de la famille Dièye, causant la mort tragique de trois membres, a été officiellement qualifié par les autorités locales d’acte volontaire. Selon les enquêteurs, le responsable présumé de cette tragédie est Cheikh Dièye, âgé de 25 ans, le fils de la famille. Les premières conclusions de l’enquête indiquent qu’il aurait intentionnellement mis le feu à la maison, entraînant la mort de ses parents et la sienne.

Les secours dépêchés sur les lieux lundi soir ont été confrontés à une situation d’une extrême violence. Les caméras piétons des premiers intervenants, dont les images ont été rendues publiques jeudi, témoignent de la rapidité avec laquelle l’incendie a consumé la maison et de l’ampleur de la catastrophe à laquelle ils ont dû faire face. Les pompiers ont dû lutter contre des flammes particulièrement intenses, alors que les occupants étaient déjà en danger, ce qui a rendu les opérations de sauvetage particulièrement complexes et dramatiques.

L’incendie s’est déclaré dans la nuit du mardi 18 au mercredi 19 novembre 2025 à Columbus, et le bilan humain reste lourd. Trois adultes, dont le suspect Cheikh Dièye et ses deux parents, ont péri dans l’incendie, tandis que deux autres personnes ont été grièvement blessées. Parmi elles, un jeune enfant dont le pronostic vital reste préoccupant, ce qui accentue encore la dimension tragique de l’événement. La communauté locale et la diaspora sénégalaise suivent avec une inquiétude croissante l’évolution de l’état de santé de cet enfant.

Si les motivations exactes du jeune homme restent à éclaircir, la piste criminelle semble désormais confirmée par les autorités américaines. Le drame suscite de nombreuses réactions, mêlant stupéfaction et incompréhension, et soulève des questions sur les facteurs ayant pu conduire à un geste aussi désespéré et destructeur. La communauté sénégalaise aux États-Unis et au Sénégal est sous le choc, et plusieurs voix appellent à une meilleure sensibilisation sur la santé mentale et le soutien aux jeunes adultes confrontés à des difficultés personnelles ou familiales.

Les enquêteurs poursuivent leur travail afin de reconstituer les circonstances exactes de cet incendie volontaire, et les résultats définitifs permettront de comprendre les motivations de Cheikh Dièye et les éventuelles défaillances ayant pu contribuer à cette tragédie. Entre douleur, incompréhension et consternation, le drame de la famille Dièye restera gravé dans les mémoires comme l’un des événements les plus tragiques touchant la diaspora sénégalaise à l’étranger.

La Médiature de la République : le foncier au cœur des 120 réclamations enregistrées en cinq mois

La Médiature de la République, sous la direction de Demba Kandji, fait face à un afflux croissant de plaintes citoyennes. Entre le 1er avril et le 30 septembre 2025, l’institution a enregistré un total de 120 dossiers de réclamation, témoignant des tensions persistantes entre les usagers et l’administration publique. Ces chiffres traduisent un véritable défi pour la Médiature, chargée de faciliter le dialogue entre l’État et les citoyens et de résoudre les litiges liés à l’action administrative.

Après un premier examen, 22 dossiers ont été écartés pour diverses raisons. Douze d’entre eux avaient un caractère strictement privé et ne relevaient donc pas de la compétence de la Médiature. Trois dossiers ont été jugés hors du champ d’action de l’institution, deux autres n’avaient pas suivi la démarche préalable nécessaire auprès des administrations concernées, et deux étaient déjà pendants devant la justice. Enfin, trois plaintes ont été jugées non fondées. Au terme de cette sélection, 98 dossiers ont été retenus et sont actuellement « en cours de traitement » par les services de Demba Kandji.

L’analyse des réclamations révèle que le foncier demeure la principale source de tensions entre citoyens et administration, avec 24 dossiers en cours touchant directement à cette question. Ces litiges fonciers concernent notamment les problèmes d’attribution de terrains, de régularisation de titres fonciers et de conflits successoraux. Le foncier, en raison de son impact direct sur la vie des citoyens et sur le développement économique, apparaît comme un secteur où la médiation est particulièrement sollicitée.

D’autres domaines essentiels de l’action publique sont également au centre des préoccupations. Les pensions de retraite, les régularisations administratives et le paiement de créances ou d’indemnités dues par l’État figurent parmi les litiges les plus sensibles. Le ministère des Finances et du Budget arrive en tête des services concernés avec 19 réclamations, suivi des communes locales (11 dossiers), du ministère de l’Intérieur (8 dossiers) et de l’IPRES (6 dossiers). Le ministère de l’Urbanisme et du Cadre de vie est directement impliqué dans cinq dossiers, tandis que les autres ministères partagent 12 réclamations. En outre, vingt-deux dossiers concernent divers organismes chargés de missions de service public.

Selon Demba Kandji, ces chiffres mettent en évidence les secteurs où la médiation est la plus sollicitée et permettent de dégager des tendances claires sur les difficultés rencontrées par les citoyens dans leurs relations avec l’administration. La Médiature apparaît ainsi comme un acteur central de la gouvernance, capable de révéler les failles du système administratif et de proposer des solutions concrètes pour les résoudre.

Cette dynamique démontre que, malgré les défis, la Médiature de la République continue de jouer un rôle crucial dans le renforcement de la transparence, de l’efficacité administrative et de la confiance entre les citoyens et l’État. Les prochains mois s’annoncent décisifs pour le traitement des dossiers en cours, et les résultats de ces médiations pourraient constituer un indicateur clé de la capacité de l’administration à répondre aux attentes de ses usagers.

Sécurité numérique : TikTok supprime 2,5 millions de vidéos inappropriées au Sénégal dans le cadre du sommet ouest-africain

Dakar a récemment été le théâtre du premier sommet sur la sécurité numérique en Afrique de l’Ouest organisé par TikTok en partenariat avec AfricTivistes. Cet événement s’inscrit dans la volonté de la plateforme de renforcer les standards de sécurité sur son réseau et de protéger ses utilisateurs, notamment les jeunes, face aux contenus nuisibles et à la désinformation. Le sommet a réuni des acteurs régionaux, des représentants de la société civile et des experts en sécurité numérique afin de débattre des défis actuels et de mettre en place des mesures coordonnées pour un internet plus sûr et inclusif.

Au Sénégal, TikTok a annoncé que 2,5 millions de vidéos avaient été supprimées au cours de l’année écoulée pour non-respect des règles de la plateforme. Plus de 16 000 sessions en direct ont également été interrompues pour des violations des directives communautaires. Pour la première fois, la plateforme a publié des données détaillées sur la modération des sessions TikTok LIVE, révélant que plus de 2,3 millions de diffusions avaient fait l’objet de mesures correctives au deuxième trimestre 2025. Ces chiffres témoignent de l’ampleur des efforts entrepris pour réguler les contenus et protéger les utilisateurs sénégalais et ouest-africains.

Le rapport « Community Guidelines Enforcement » de TikTok souligne que depuis janvier 2024, 34 millions de vidéos ont été supprimées en Afrique de l’Ouest, dont 8,3 millions au deuxième trimestre 2025, soit une hausse de 132 % par rapport au trimestre précédent. La majorité de ces suppressions, 87 %, a été effectuée de manière proactive, grâce à des outils automatisés, avant même que des signalements ne soient reçus. Ce système de détection préventive permet d’anticiper les contenus problématiques et d’assurer une meilleure protection des utilisateurs.

L’entreprise a également mis en lumière des opérations de manipulation de contenus, comme celle démantelée en mars 2025 depuis le Togo. Cette opération impliquait 129 comptes qui diffusaient des discours politiques à travers l’Afrique de l’Ouest et la France, illustrant la complexité des menaces numériques auxquelles la région est confrontée. À l’échelle mondiale, TikTok a supprimé 189 millions de vidéos au deuxième trimestre 2025, dont 99,1 % ont été détectées de manière proactive, et a désactivé plus de 76 millions de faux comptes et près de 26 millions de comptes suspectés d’appartenir à des mineurs de moins de 13 ans.

Duduzile Mkhize, responsable du programme Outreach & Partnerships pour l’Afrique subsaharienne, a insisté sur l’importance d’une coopération régionale et locale pour renforcer la sécurité numérique. Selon elle, les retours des parties prenantes africaines sont essentiels pour adapter les politiques de TikTok aux réalités du continent. « Le dialogue au sein de ce sommet est d’une valeur inestimable. Bien qu’ayant une portée globale, chacune de nos actions reste profondément ancrée dans le contexte local », a-t-elle déclaré, appelant à une action collective afin d’éviter un espace numérique fragmenté et vulnérable.

L’activiste sénégalaise Aisha Dabo, membre du Conseil consultatif pour la sécurité de TikTok en Afrique subsaharienne, a souligné l’importance des expertises locales dans la conception de stratégies de protection adaptées aux réalités africaines. Elle a salué le sommet comme une opportunité de mettre en lumière les solutions régionales et de garantir que les perspectives africaines soient centrales dans les décisions mondiales sur la sécurité numérique. « Ce sommet est une occasion unique de construire un internet ouvert, inclusif et sécurisé, un internet qui reflète la diversité et la résilience de notre continent », a-t-elle affirmé.

Au-delà des suppressions de vidéos et des interruptions de sessions, le sommet a permis de rappeler que la sécurité numérique est également un enjeu de santé publique et de protection sociale, en particulier pour les jeunes utilisateurs. La lutte contre la désinformation, la manipulation politique et les contenus préjudiciables représente désormais un défi majeur pour la sous-région, et le Sénégal occupe une place stratégique dans ce dispositif.

Ce sommet marque une étape importante dans l’approche proactive de TikTok en Afrique de l’Ouest, en plaçant la protection des utilisateurs, la régulation des contenus et l’expertise locale au centre de sa stratégie. Il souligne aussi la nécessité d’une coopération entre plateformes, gouvernements et société civile pour construire un internet sûr, où l’innovation numérique peut se développer sans compromettre la sécurité et le bien-être des communautés.

Interpol frappe fort en Afrique de l’Ouest : l’opération “Screen West Africa 2025” révèle l’ampleur des menaces régionales

L’Afrique de l’Ouest vient de franchir une étape majeure dans la lutte contre la criminalité transnationale. Entre juillet et octobre, l’Interpol a coordonné une vaste opération baptisée « Screen West Africa 2025 », mobilisant douze pays de la région, dont le Sénégal. Cette initiative d’envergure, menée sur plusieurs fronts simultanément, a abouti à soixante-deux arrestations et à des saisies impressionnantes, révélant la densité des réseaux criminels actifs dans cet espace géopolitique particulièrement vulnérable.

Les forces de sécurité ont découvert dix-sept caches contenant des armes, des munitions et des explosifs, ainsi que cent trente-six véhicules volés. Elles ont également saisi plus de sept cents kilogrammes de cannabis, une quantité significative de médicaments contrefaits, de faux billets de banque et de documents falsifiés. Autant d’éléments qui démontrent non seulement l’ampleur des trafics, mais aussi la sophistication des réseaux qui opèrent à l’échelle régionale.

Parmi les personnes interpellées, neuf sont soupçonnées de liens directs avec des organisations terroristes. Près de deux cent cinquante correspondances ont été établies grâce aux bases de données d’Interpol, aboutissant à l’émission de sept notices rouges et neuf notices bleues. Ces alertes internationales ont facilité une traque transfrontalière décisive et permis de tisser des liens entre différentes affaires éparpillées à travers la région. Cyril Gout, directeur des services de police d’Interpol, a souligné que ces résultats illustrent la valeur du soutien opérationnel fourni aux États membres et l’efficacité des outils de coopération mis à disposition.

Si certains résultats spectaculaires sont venus du Burkina Faso ou encore de la Mauritanie, la participation du Sénégal revêt une importance stratégique particulière. Grâce à sa position géographique, notamment son long littoral et la présence du Port autonome de Dakar, le pays est depuis longtemps une zone de transit privilégiée pour de nombreux trafics. Interpol a d’ailleurs mis en lumière les techniques avancées utilisées par les criminels, telles que la falsification d’identité des navires, la désactivation de leur système d’identification automatique (AIS) ou encore les changements clandestins de pavillon. Ces procédés permettent aux réseaux de contourner la surveillance maritime et d’intensifier les activités illicites au large des côtes sénégalaises.

Le contexte sécuritaire régional, marqué par l’instabilité persistante au Sahel, accentue la nécessité d’une vigilance soutenue. Les déplacements de combattants et de flux d’armes depuis cette zone vers les régions côtières sont devenus plus fréquents. L’opération en offre une nouvelle illustration : au Burkina Faso, deux individus recherchés par la Côte d’Ivoire pour des attaques attribuées au Jnim ont été arrêtés sur la base de notices bleues, tandis qu’un autre suspect a été interpellé à la demande du Togo. Ces mouvements montrent que les groupes armés cherchent à élargir leur zone d’action et rappellent l’importance pour le Sénégal de renforcer la sécurité en Casamance et dans l’ensemble de ses points d’entrée stratégiques.

Les enjeux dépassent cependant le seul cadre sécuritaire. Les saisies de fausse monnaie, de drogues et de médicaments contrefaits soulèvent des préoccupations majeures en matière de santé publique et de stabilité économique. Ces activités sont souvent liées au crime organisé et alimentent ses ressources financières. Au Sénégal, la sécurisation des corridors commerciaux, la protection du Port de Dakar et la lutte contre la pêche illicite constituent des priorités absolues pour préserver les secteurs économiques les plus sensibles. La libération de vingt et une victimes de trafic d’êtres humains au Nigeria, également mentionnée dans le rapport de l’opération, rappelle que les réseaux criminels touchent aussi à la dignité humaine et consolident un système d’exploitation profondément enraciné.

L’opération « Screen West Africa 2025 » marque ainsi une étape significative, mais elle souligne en même temps le besoin d’une approche durable et intégrée. Les autorités sénégalaises sont désormais appelées à renforcer leur surveillance maritime, moderniser les contrôles frontaliers, et consolider les dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. L’enjeu pour Dakar et l’ensemble de la région est de transformer cette action ponctuelle en une dynamique de sécurité pérenne, capable d’harmoniser justice, développement et protection stratégique des populations.

L’Afrique de l’Ouest fait face à des défis immenses, mais l’opération coordonnée par Interpol démontre que des réponses efficaces sont possibles lorsque les États unissent leurs forces. Le Sénégal, en particulier, se retrouve au cœur de cette lutte et devra, dans les mois à venir, confirmer sa détermination à adapter ses dispositifs pour contrer durablement des menaces en constante mutation.

Mort tragique de la sœur d’Adja Makeup : Une scène d’une profonde douleur, presque inimaginable

Nogaye Thiam, née en 2002, sœur de l’influenceuse et maquilleuse Adja Makeup, a été retrouvée morte dans la maison de sa belle-famille à Yoff, dans des circonstances qui ont plongé le pays dans l’émoi et l’incompréhension. Le drame est d’autant plus poignant que son enfant d’un an et demi est resté à ses côtés pendant quarante-huit heures, tentant de téter sa mère sans savoir qu’elle avait rendu l’âme.

Selon les informations mises en ligne par Adja Makeup, qui a pris la parole dans une vidéo largement relayée, le corps de sa jeune sœur est resté sans vie dans sa chambre pendant deux jours entiers sans que personne ne s’en rende compte. Durant ce temps, son bébé est resté seul avec elle, cherchant à se nourrir et dormant contre elle, dans une solitude totale. Cette scène, décrite par la famille comme insoutenable, suscite un choc national et soulève de nombreuses interrogations sur l’environnement dans lequel vivait la défunte.

Nogaye Thiam, que sa famille décrit comme une jeune femme discrète, calme et peu encline aux conflits, était mariée à son cousin et vivait dans sa belle-famille. Selon plusieurs témoignages, elle semblait porter un poids silencieux. Des proches rapportent qu’elle faisait face à des tensions internes, notamment un conflit persistant avec une autre belle-fille du foyer, une situation qui l’aurait isolée au fil du temps. Un détail troublant revient fréquemment dans les récits : sa belle-mère, homonyme de Nogaye, aurait entretenu une relation difficile avec elle.

La révélation de sa mort par Adja Makeup a déclenché un torrent de réactions sur les réseaux sociaux. Des milliers d’internautes, d’influenceurs et de personnalités publiques ont exprimé leur indignation, dénonçant l’absence de vigilance dans la maison où vivait la jeune femme, mais aussi, plus largement, les conditions de vie souvent éprouvantes des jeunes mariées dans certaines familles. Beaucoup s’interrogent sur la façon dont une mère de famille a pu rester introuvable pendant deux jours, sans qu’aucun membre de son entourage immédiat ne s’en inquiète.

Ce drame remet crûment en lumière les pressions psychologiques et sociales qui pèsent parfois sur les femmes mariées, particulièrement dans des contextes où elles se retrouvent isolées, coupées de leurs familles d’origine et contraintes au silence face aux difficultés conjugales ou familiales. Il révèle aussi les failles d’un système où la souffrance des femmes est souvent minimisée ou ignorée jusqu’à ce qu’une tragédie surgisse.

Alors que les hommages à Nogaye Thiam se multiplient, les appels à une introspection collective se font entendre. Pour beaucoup, il s’agit d’un signal d’alarme : il devient urgent de renforcer la vigilance, l’écoute et la protection des femmes dans l’espace familial, afin que de tels drames ne se reproduisent plus. Le décès tragique de la jeune mère résonne comme un rappel douloureux de la nécessité de lutter contre l’indifférence, le silence et les violences invisibles au sein des foyers.

À ce stade, aucune communication officielle n’a encore été faite par les autorités, mais l’affaire pourrait ouvrir la voie à une réflexion sociale plus large sur les conditions de vie et la protection des femmes, particulièrement les plus jeunes et les plus vulnérables. En attendant, le pays, choqué, tente encore d’assimiler l’ampleur de ce drame humain.

Prix du Leader Africain 2025 : le Général Mbaye Cissé parmi les figures d’élite nominées

Le Sénégal continue de briller sur la scène continentale avec une nouvelle reconnaissance majeure pour l’un de ses plus hauts responsables militaires. Le général d’armée Mbaye Cissé, récemment promu Chef d’état-major général des armées par le président Bassirou Diomaye Faye, vient d’être sélectionné parmi les nominés du prestigieux African Leadership Magazine Persons of the Year 2025 (POTY). Il concourt dans l’une des catégories les plus emblématiques : celle du « Leader africain de l’année pour la paix et la sécurité ».

Cette nomination, rendue publique ce jeudi à l’issue du processus de présélection mené par l’African Leadership Magazine (ALM), place le général Cissé dans le cercle restreint des personnalités qui ont marqué de manière significative la dynamique sécuritaire du continent. Il est d’ailleurs le seul Sénégalais à figurer sur la liste finale, une singularité qui témoigne de son rôle central et de la reconnaissance de son parcours par des experts continentaux.

Face à lui, plusieurs figures africaines influentes sont en lice, notamment Kayode Adeolu Egbetokun, l’Inspecteur général de la police nigériane, Mahmoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’Union africaine originaire de Djibouti, et Mohammed Berold, Inspecteur général des Forces armées royales du Maroc et commandant de la zone sud. Cette diversité de profils reflète l’ambition du prix : distinguer les leaders dont les décisions ont façonné la sécurité, la stabilité et parfois l’avenir même de leurs nations en 2025.

La sélection des nominés est l’aboutissement d’un long processus. L’ALM a d’abord lancé un appel à candidatures à travers toute l’Afrique et dans la diaspora, avant de procéder à une évaluation minutieuse des profils proposés. Le comité de rédaction s’est appuyé sur des critères stricts, notamment l’impact mesurable des actions des candidats, leur pertinence continentale ainsi que leur capacité à inspirer une transformation réelle dans leurs domaines respectifs. Ce filtre rigoureux renforce la crédibilité d’un prix qui, au fil des années, s’est imposé comme la plus haute distinction attribuée par le choix public en Afrique.

Désormais, la décision finale repose entre les mains des citoyens du continent. Le vote en ligne, ouvert jusqu’au 30 novembre 2025 à minuit sur le site de l’ALM, déterminera les lauréats de cette édition. Les organisateurs insistent sur le rôle crucial de la participation populaire, soulignant que ce prix permet aux Africains de célébrer les leaders qui, par leur courage, leur audace et leurs actions décisives, sont en train de redessiner la trajectoire du développement africain.

La cérémonie de distinction des lauréats se tiendra les 27 et 28 février 2026 à Accra, au Ghana, lors de la 15e édition des Persons of the Year. Placée sous le thème « Leadership pour une nouvelle Afrique : forger notre paix, assumer notre récit », elle mettra en lumière les hommes et femmes qui, en 2025, auront contribué à ouvrir la voie à une Afrique plus souveraine, plus stable et mieux préparée à affronter les défis du futur.

Avec cette nomination, le général Mbaye Cissé porte haut les couleurs du Sénégal et confirme sa stature de leader engagé, dont la vision stratégique et l’expérience opérationnelle continuent de renforcer la position du pays dans les questions régionales de paix et de sécurité.

Batiprom : le gestionnaire interpellé pour un détournement présumé de 1,2 milliard F CFA

L’affaire fait grand bruit dans le secteur du bâtiment et alimente depuis quelques jours les discussions dans les milieux économiques et judiciaires. M. Touré, enseignant-chercheur et gestionnaire de la société Batiprom, a été arrêté par la Division des investigations criminelles (DIC) avant d’être déféré au Pool judiciaire financier pour « abus de confiance présumé portant sur la somme de 1,2 milliard de francs CFA ». Après un premier retour de parquet, il devrait connaître son sort ce vendredi, au terme de nouvelles auditions.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, tout est parti d’une plainte déposée par le directeur général (DG) de Batiprom. Cette société, spécialisée dans l’achat et la vente de matériaux de construction, avait en 2022 décroché un contrat de sous-traitance avec Naffco, une entreprise basée à Dubaï. Cette dernière avait été attributaire la même année d’un important marché public du ministère de l’Intérieur, portant à la fois sur la fourniture de véhicules et la construction de hangars destinés à la Brigade nationale des sapeurs-pompiers.

Pour faciliter l’exécution du contrat, le DG de Batiprom avait confié à M. Touré la gestion complète de la société. Il lui avait même remis une procuration bancaire, faisant de lui l’interlocuteur direct et privilégié de Naffco. Une confiance totale, devenue aujourd’hui le point central de l’accusation.

Devant les enquêteurs, M. Touré a tenté de se défendre en affirmant que les montants transférés étaient destinés à l’exécution du contrat de sous-traitance. Mais ses explications n’ont pas convaincu. Les enquêteurs ont estimé que ces justifications n’étaient étayées par aucun document probant. Aucun élément matériel, selon eux, ne venait confirmer que les sommes en question avaient réellement servi au chantier ou à l’acquisition d’équipements en lien avec le marché.

Plus grave encore, l’enquête financière a mis en évidence des mouvements jugés hautement suspects. De nombreux virements auraient été effectués directement depuis le compte bancaire de Batiprom vers le compte personnel de M. Touré, sans motif professionnel clair et sans validation préalable du directeur général. Ces transactions constituent aujourd’hui la base de l’accusation de détournement, portant sur un montant total estimé à 1,2 milliard de francs CFA.

L’arrestation du gestionnaire marque une nouvelle étape dans ce dossier aux ramifications complexes, mêlant marché public international, contrat de sous-traitance et soupçons de fraude massive. Le Pool judiciaire financier poursuit actuellement l’examen du dossier pour déterminer si les faits reprochés sont constitués et quels chefs d’inculpation pourraient être retenus.

Dans l’attente de la décision de la justice, l’affaire continue de susciter inquiétude et interrogations au sein de Batiprom, tandis que des voix s’élèvent pour réclamer davantage de transparence dans l’attribution et la gestion des marchés de sous-traitance au Sénégal.

Dagana : un étudiant de l’Isep tué lors d’une attaque à moto, une enquête ouverte

La commune de Richard-Toll est sous le choc après la mort tragique de Mouhamed Ndiaye, étudiant à l’Institut supérieur d’enseignement professionnel (ISEP) de la localité. Le jeune homme a été mortellement agressé dans la soirée du jeudi 20 novembre, aux alentours de 21 heures, sur la route nationale 2, à hauteur du village de Keur Birane, un secteur connu pour être relativement isolé dès la tombée de la nuit.

Selon les premières informations relayées par Le Soleil, Mouhamed Ndiaye circulait à moto en compagnie d’un ami lorsque trois individus non identifiés les ont pris pour cible. Les assaillants, embusqués au bord de la route, auraient tenté de s’emparer de l’engin en interceptant les deux jeunes hommes. L’attaque a été d’une extrême violence : l’un des agresseurs aurait porté un coup de gourdin au jeune étudiant, provoquant immédiatement la perte de contrôle de la moto. Le choc et la chute qui ont suivi se sont avérés fatals.

Mouhamed Ndiaye est décédé sur place, tandis que son compagnon, grièvement blessé, a été évacué d’urgence vers une structure sanitaire pour y recevoir des soins. Son état reste préoccupant, selon des sources locales.

Alertés, les éléments de la brigade territoriale de gendarmerie de Richard-Toll se sont rapidement rendus sur les lieux. Ils ont procédé aux constats d’usage et sécurisé la zone, avant d’ouvrir une enquête afin de retrouver les auteurs de cette attaque meurtrière. Les premiers témoignages recueillis laissent penser à un acte de banditisme ciblant les motocyclistes circulant de nuit sur cet axe, mais aucune piste n’est écartée à ce stade de l’enquête.

La mort de Mouhamed Ndiaye a provoqué une vive émotion parmi ses camarades de l’Isep et dans toute la communauté locale, où il était décrit comme un jeune homme sérieux et apprécié. De nombreux habitants appellent les autorités à renforcer la sécurité sur la RN2, devenue selon eux un point sensible en raison de la recrudescence des attaques nocturnes.

Crise politique et institutionnelle : le FDR accuse PASTEF et appelle à un sursaut national

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a livré une analyse particulièrement inquiétante de la situation actuelle du Sénégal, qu’il considère comme l’une des plus graves de l’histoire politique du pays. Dans un communiqué rendu public, la coalition de l’opposition soutient que le Sénégal traverse « la pire crise de son existence », estimant qu’aucune des grandes secousses qui ont marqué la vie politique nationale — notamment celles de 1962, 1968, 1988 ou encore 2021 — n’aurait atteint le niveau de dégradation institutionnelle et de fragilité économique observé aujourd’hui.

Selon le FDR, cette situation critique trouve sa source principale dans ce qu’il qualifie « d’échec profond et multiforme » de la gouvernance de PASTEF. Pour l’opposition, les autorités actuelles n’ont pas seulement manqué à leurs promesses de transformation structurelle ; elles auraient également compromis certains acquis démocratiques, économiques et institutionnels du pays. Le Front considère que les vingt derniers mois de gestion ont entraîné un affaiblissement préoccupant de l’appareil étatique.

Sur le plan économique, le FDR brosse un tableau particulièrement sombre. Il affirme que le Sénégal se trouve désormais parmi les pays les plus endettés du continent, fragilisé au point d’être exposé aux risques d’intervention des fonds vautours. Selon la coalition, l’État serait « au bord de la faillite », une situation que le Front attribue à des décisions hasardeuses, un manque d’expérience et une gouvernance dominée par « le populisme ». Les difficultés rencontrées par le pays à honorer ses engagements financiers, l’incapacité à payer certaines créances internes et l’impact de nouvelles taxes sur les ménages les plus modestes sont autant d’éléments que le FDR interprète comme des signaux d’alarme.

Le paysage institutionnel n’échappe pas non plus à la critique du Front. Il souligne une série d’événements récents qui, selon lui, témoignent d’un affaiblissement inédit de la stabilité politique. Le communiqué rappelle notamment les accusations publiques du Premier ministre, affirmant être la cible d’un complot impliquant de hauts magistrats, ainsi que les déclarations d’un député de la majorité accusant le président de la République de mener un « coup d’État constitutionnel » contre son propre chef de gouvernement. Pour le FDR, l’absence de réponse formelle des autorités sur ces accusations, qui relèvent potentiellement d’attentats contre la sûreté de l’État, révèle une situation institutionnelle explosive.

Au-delà de ces dysfonctionnements, le FDR estime que ces tensions traduisent une crise interne au sein même du parti au pouvoir. Il considère que les fractures qui émergent au cœur de PASTEF pourraient, si elles ne sont pas contenues, provoquer une implosion politique susceptible d’entraîner le pays dans une instabilité encore plus profonde.

Conscient de la gravité de ce qu’il décrit comme une « catastrophe imminente », le Front lance un appel solennel à un large sursaut national. Il invite les forces vives de la nation, les organisations citoyennes, les travailleurs, les acteurs politiques et l’ensemble de la société sénégalaise à se mobiliser pour empêcher une détérioration supplémentaire de la situation. Le FDR estime qu’un mouvement national coordonné est nécessaire pour « mettre un terme aux dérives » et rétablir les équilibres institutionnels et économiques.

Le Front annonce enfin la poursuite de son plan d’action dans les prochains jours, avec l’objectif de traduire cet appel en initiatives concrètes destinées, selon lui, à « sauvegarder la République » et à préserver la stabilité du Sénégal face aux risques qu’il juge imminents.

CAMES : Diomaye Faye félicite les 14 nouveaux agrégés et les appelle à renforcer la recherche scientifique

Le Sénégal vient de tourner une nouvelle page importante de son histoire académique avec la clôture, à Dakar, de la 22ᵉ édition du Concours d’agrégation en sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion du CAMES. Une édition accueillie cette année à l’Université Cheikh Anta Diop et marquée par la brillante réussite de quatorze enseignants-chercheurs sénégalais, désormais élevés au rang de maîtres de conférences agrégés.

Dans un message publié sur sa page Facebook, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé toute sa fierté devant cette performance collective, saluant l’engagement et la rigueur des lauréats. Ces promotions concernent plusieurs disciplines clés : sciences économiques, sciences de gestion, droit public, science politique, droit privé et histoire des institutions. Autant de domaines stratégiques qui participent à la formation de l’élite intellectuelle sénégalaise et africaine.

Le chef de l’État a rappelé l’importance du CAMES en tant qu’espace de référence pour l’harmonisation et la valorisation des carrières universitaires en Afrique francophone. Accueillir cette édition à Dakar, a-t-il souligné, témoigne du rôle central du Sénégal dans la dynamique de recherche scientifique sur le continent.

Diomaye Faye a par ailleurs adressé aux nouveaux agrégés un message fort, les invitant à mettre leur expertise au service de la construction d’une pensée africaine audacieuse et structurante. Selon lui, le Sénégal et, plus largement, le continent ont besoin d’une doctrine scientifique robuste, capable d’accompagner les transformations économiques, sociales et institutionnelles en cours.

Pour le président, la recherche n’est pas seulement un domaine académique : elle constitue un véritable moteur de développement national et un levier pour le rayonnement intellectuel du Sénégal. Il a ainsi encouragé les nouveaux promus à poursuivre avec détermination leurs travaux et à contribuer activement aux avancées de la science, au bénéfice de la société et des générations futures.

Avec cette nouvelle cuvée d’agrégés, le Sénégal renforce son vivier de compétences de haut niveau et confirme son ambition de figurer parmi les pays africains les plus dynamiques en matière de recherche et d’innovation. Cette reconnaissance du CAMES représente non seulement une réussite individuelle pour les lauréats, mais également un signal fort pour l’ensemble de la communauté universitaire nationale.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°612 – 21/11/2025

🔴 ATTAQUES CONTRE IDRISSA SECK ET MIMI TOURÉ : HARO SUR FADILOU KEÏTA
🔴 SANTÉ / CONFIRMATION DE LA GRÈVE GÉNÉRALE LES 4 ET 5 DÉCEMBRE : LA F2S RESSERRE L’ÉTAU

🔴 JEUX ISLAMIQUES 2025 / SAUT EN LONGUEUR : AMATH FAYE VICE-CHAMPION !
🔴 LA PERTINENCE DU MATCH SÉNÉGAL-KENYA : UNE QUESTION LÉGITIME ! (Par Mbaye Jacques Diop)

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°611 – 20/11/2025

🔴 « LE PRÉSIDENT MACKY SALL N’EST PAS TON ÉGAL » : MAMADOU DJIGO RECADRE OUSMANE SONKO
🔴 RALLIEMENTS DU DR CHEIKH DIENG, D’AMADOU LY AKILEE ET DE GAOUSSOU KOMA : DIOMAYE PRÉSIDENT RENFORCÉE

🔴 CAF AWARDS 2025 : ACHRAF HAKIMI, ROI DU FOOT AFRICAIN
🔴 CAF AWARDS 2025 : TABARA MBODJI ÉLUE MEILLEURE ASSISTANTE ARBITRE

Le Sénégal agonise, la République danse autour du brasier (Par Pape Moussa Traoré)

Au moment où le Sénégal traverse l’une des périodes les plus sombres financièrement de son histoire, le spectacle politique vire à la farce. Les agences de notation, peu sensibles aux péripéties diplomatiques ou aux joutes internes, ont sonné l’alerte : selon Standard & Poor’s (S&P), le Sénégal a été abaissé à « CCC+ » avec perspective négative, ce qui le place dans la catégorie des pays à risque aigu de défaut. Selon un article plus récent, le pays subit « une double dégradation » : S&P à CCC+, Moody’s en B3. Autre donnée glaçante : la dette publique est estimée à plus de 119 % du PIB en fin 2024, voire au-dessus selon certains calculs.

Faut-il encore dire que cette situation rend l’État moins crédible aux yeux des investisseurs ? Que le coût de l’emprunt grimpe ? Que cela crée de l’angoisse chez ceux qui, dans le privé, espèrent pouvoir compter sur l’Etat pour des contrats, des investissements, des engagements financiers enfin tenus ?

Quand un pays sombre dans la catégorie « risqué », mieux vaut pour un investisseur s’armer de prudence. Le message est clair : « Attention ». Dans ce contexte, les appels à la vigilance ne sont plus un luxe : ce sont des signaux de survie. Et qu’en fait-on ? Rien. Ou pire : on détourne l’attention. On s’embourbe dans des querelles accessoires pendant que la maison brûle.

Le G7 déroule son plan d’actions, déterminé à faire plier un gouvernement engagé dans une stratégie de diversion plutôt que dans une véritable négociation. Les étudiants, piliers de notre avenir national, descendent dans la rue pour réclamer… leurs arriérés de bourses. Une dette morale avant d’être financière. Faudra-t-il attendre un drame pour réagir ?

Et c’est précisément au cœur de cette tourmente que les autorités choisissent d’offrir au peuple un épisode supplémentaire d’une querelle politique digne d’un théâtre de quartier : une mésentente de borne-fontaine. Au lieu de gouverner, on est dans la distraction. Au lieu de relancer notre économie déjà à terre, on s’amuse.

Question simple, brutale, presque taboue : le Sénégal est-il maudit ?

Maudit d’être otage de ses propres élites politiques ? Maudit de voir des enjeux personnels s’ériger au-dessus de la souffrance collective ? Maudit d’avoir transformé l’espace public en scène, le citoyen en spectateur, et la crise nationale en divertissement ? Alors que tous les feux rouges clignotent : dette, déficit, jeunesse, tensions sociales, ce que choisit l’Etat ? Une distraction.

Un conflit de borne fontaine oui, une querelle symbolique, animée par deux « marraines » du système pendant que les vraies priorités restent sur la touche. Résultat : toute une République est mobilisée pour éteindre un feu de paille, oubliant les vraies préoccupations des sénégalais et les promesses nombreuses faites au peuple. Le Sénégal, un pays doté d’un esprit de résilience, mais enlisé dans ses propres contradictions. Un pays qui accumule les bons mots, les plans d’actions, les promesses, et qui recule lorsqu’il faudrait foncer. Un pays dont les finances s’effondrent, dont la jeunesse proteste, et dont les dirigeants trouvent quand même le moyen d’entrer en conflit sur des sujets dérisoires.

Chers lecteurs, si vous cherchez un résumé de l’absurdité : la note souveraine tombe, la dette explose, l’investisseur détourne le regard, les étudiants hurlent dans la rue, et l’État organise un débat secondaire pour passer le temps. Le moment est grave. La pause est ridicule.

Et pendant que les tenants du pouvoir s’amusent de querelles futiles, le pays s’enfonce à une vitesse inquiétante.

Pape Moussa Traoré

Séries d’auditions au PJF : Waly Seck, le fils d’Amadou Ba, les frères de Farba Ngom et plusieurs personnalités convoqués

Le Pool judiciaire financier (PJF) s’apprête à vivre une fin d’année sous haute intensité avec une nouvelle vague d’auditions au fond visant plusieurs personnalités impliquées dans des dossiers sensibles de détournement présumé, blanchiment de capitaux et malversations financières. Selon des informations rapportées par la RFM, le calendrier des convocations s’étend du 21 novembre au 4 décembre 2025 et touche aussi bien des figures politiques que des célébrités du monde culturel et économique.

La convocation la plus médiatisée concerne le chanteur Waly Seck, attendu le 2 décembre devant le premier cabinet du PJF. Cette audition s’inscrit dans le vaste dossier ouvert par la CENTIF portant sur un flux financier évalué à 5,5 milliards de FCFA. Dans cette affaire, plusieurs noms circulent, dont celui d’Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall. Waly Seck, initialement placé sous mandat de dépôt, avait retrouvé la liberté après le versement d’une caution de plus de 210 millions de FCFA. Cette audition au fond pourrait déterminer la suite judiciaire de son dossier.

Dès le lendemain, le 3 décembre, l’attention se portera sur Ibrahima Ba, fils de l’ex-Premier ministre Amadou Ba. Détenu depuis plusieurs mois dans une affaire liée à la gestion d’une société immobilière qu’il co-dirigeait avec Amadou Sall, il devra répondre aux questions du juge du premier cabinet. Son chauffeur, Cheikh Tidiane Seck, également mis en cause dans cette même affaire, sera à son tour entendu le 4 décembre. Les enquêteurs soupçonnent ce dernier d’implication dans des opérations de blanchiment de capitaux.

La pression judiciaire se poursuit également dans le dossier explosif des 125 milliards de FCFA, qui a conduit à l’incarcération du maire des Agnam, Farba Ngom. Deux frères de ce dernier, Ismaïla et Birame Ngom, sont convoqués respectivement les 21 et 24 novembre pour être interrogés au fond. Leur rôle dans ce vaste scandale financier est scruté de près, les enquêteurs cherchant à clarifier les circuits financiers et les responsabilités.

Dans le secteur privé, l’homme d’affaires Mamadou Racine Sy, figure influente du paysage économique sénégalais, est lui aussi attendu au PJF. Il devra se présenter le 28 novembre devant les enquêteurs chargés de démêler les ramifications de cette affaire tentaculaire qui touche plusieurs segments de la sphère politico-financière.

Ces convocations s’inscrivent dans un contexte où, depuis le 19 septembre 2025, plusieurs protagonistes ont déjà été placés sous mandat de dépôt pour des chefs d’accusation graves, parmi lesquels association de malfaiteurs, escroquerie financière et blanchiment de capitaux. Le PJF semble déterminé à accélérer le rythme des investigations afin de faire avancer plusieurs dossiers restés en suspens.

À mesure que ces auditions s’enchaînent, l’opinion publique suit avec attention l’évolution de ces enquêtes, qui mettent en lumière l’ampleur des dérives financières imputées à certaines personnalités influentes. Les prochaines semaines seront décisives pour comprendre les responsabilités de chacun et mesurer la portée des poursuites qui pourraient suivre.

Affaire Didier Badji et Fulbert Sambou : trois ans après, les familles réclament vérité, justice et prise en charge des orphelins

Trois ans se sont écoulés depuis la disparition tragique et inexpliquée des gendarmes Didier Badji et Fulbert Sambou, survenue en novembre 2022. Pourtant, pour leurs familles, le temps n’a rien apaisé : ni la douleur, ni les interrogations. Réunies en conférence de presse ce mardi 18 novembre 2025, elles ont une nouvelle fois appelé les autorités à faire toute la lumière sur ce dossier devenu, selon elles, « un gouffre d’incompréhensions et de souffrances ».

Dès l’ouverture de la rencontre, le Dr Alexe Nicodème Tabar, membre du comité de gestion de crise, a exprimé avec émotion le désarroi de proches qui, trois ans plus tard, se battent encore pour obtenir des réponses. Il a rappelé que l’enquête, longtemps restée au point mort, n’a avancé que récemment avec l’inculpation d’un suspect. Une évolution jugée insuffisante et même incohérente par les familles. « Cela fait trois ans que nous attendons de connaître la vérité. Trois ans que nous espérons qu’on nous explique ce qui s’est réellement passé. Aujourd’hui, on nous annonce qu’une personne a été inculpée pour le meurtre de nos frères. Nous lançons un cri de cœur au peuple sénégalais et au monde entier : cette situation n’est plus supportable », a-t-il déclaré.

Pour le Dr Tabar, cette arrestation ne peut en aucun cas solder l’affaire. Il estime qu’un seul individu ne saurait être responsable de la disparition de deux militaires aguerris, formés, ayant servi dans des missions sensibles. « On nous dit que c’est lui qui a tué. Soit. Mais avec qui ? Qui sont les complices ? Quel était le mobile ? Qui a commandité cet acte ? Ce monsieur seul ne peut pas éliminer deux gendarmes surentraînés ayant servi dans plusieurs théâtres d’opérations. C’est impossible », martèle-t-il, exigeant que l’enquête explore les pistes ignorées jusqu’ici.

L’une des demandes les plus poignantes concerne le corps de Didier Badji, jamais retrouvé. Pour sa famille, cette absence représente une douleur supplémentaire. « Cela fait trois ans que nous n’avons aucune trace de son corps. Nous voulons pouvoir lui offrir des funérailles dignes. Nous attendons que la justice clarifie enfin cette question », poursuit le Dr Tabar, soulignant que l’absence de dépouille empêche tout travail de deuil.

Le climat de frustration est également alimenté par ce que les familles qualifient d’« indifférence totale » sous le précédent régime. Alain Diédhiou, autre membre de la famille, a dénoncé une gestion qu’il juge « irresponsable » de la part des autorités de l’époque. « Didier Badji et Fulbert Sambou appartenaient à des unités stratégiques de la gendarmerie. Malgré cela, ni l’armée, ni la gendarmerie, ni même celui qui était au pouvoir, l’ancien président Macky Sall, ne se sont réellement intéressés à leur disparition. La thèse de la noyade, que nous avons écartée dès le début, a finalement été invalidée : la justice parle désormais d’assassinat », a-t-il déploré.

Toutefois, les familles se disent désormais encouragées par l’attitude du nouveau régime, qu’elles jugent plus réceptif. Elles affirment avoir été reçues à plusieurs reprises et notent une volonté de faire avancer l’enquête. « L’ancien pouvoir a ignoré l’affaire. Aujourd’hui, le régime en place nous reçoit et montre une volonté d’avancer. Nous demandons l’implication du président de la République et du Premier ministre, ainsi que la prise en charge de nos préoccupations », a insisté Alain Diédhiou.

Au-delà des questions de justice, un volet humain et social particulièrement lourd subsiste : celui des enfants laissés derrière. Les deux gendarmes étaient pères de famille, et leurs disparitions ont plongé leurs foyers dans une extrême précarité. Les proches ont décrit une situation alarmante, notamment pour les enfants de Didier Badji, qui ont également perdu leur mère depuis. « Nous devons leur envoyer de l’argent pour leurs besoins de base. Les autorités doivent impérativement prendre en charge ces orphelins qui ne bénéficient d’aucun soutien. Les deux hommes ont servi l’État avec loyauté, ils ne méritent pas que leurs enfants soient abandonnés », ont-ils plaidé.

Trois ans après les faits, l’affaire Badji-Sambou reste un dossier douloureux, symbolique et encore largement opaque. Pour les familles, la vérité n’est pas seulement un droit : elle constitue une réparation morale indispensable pour tourner la page. Elles réclament une enquête approfondie, des réponses claires, et une intervention urgente pour soutenir les orphelins laissés sans protection. Jusqu’à ce que justice soit faite, elles promettent de poursuivre le combat.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°610 – 19/11/2025

🔴 GEL DES IMPORTATIONS DE BANANES : UN FIASCO
🔴 « ASER-GATE » / CONVOQUÉ AUJOURD’HUI SUITE À SA PLAINTE : TAS À LA SECTION DE RECHERCHES

🔴 LE SÉNÉGAL ÉCRASE LE KENYA : 8 BUTS, ZÉRO RÉPONSE !
🔴 MISES LORS DU SÉNÉGAL VS BRÉSIL : LES PARIEURS SÉNÉGALAIS PERDENT PLUS DE 540 MILLIONS F CFA

FILIÈRE BANANES : Le gel des importations tourne au fiasco

La stratégie mise en place pour favoriser la commercialisation des bananes produites au Sénégal n’a pas atteint ses objectifs. Le gel des importations, décidé après le Conseil interministériel d’avril et mis en œuvre par l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) avec les acteurs de la filière, devait permettre d’écouler l’intégralité de la production locale. Mais sur le terrain, l’opération s’est rapidement heurtée à la réalité.
Pour 2025, le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage annonçait une récolte de 112 000 tonnes. Une surproduction récurrente, notamment entre septembre et novembre, accentue chaque année les pertes, souvent supérieures aux importations. Dans ce contexte, l’ARM, le CORPROBAT et les commerçants-importateurs avaient signé, le 18 août 2025, un protocole prévoyant la livraison de 500 tonnes de bananes par semaine, soit cinq camions par jour. Ces cargaisons, trois camions de bananes en cageots et deux en cartons, devaient alimenter les marchés de Dakar, Saint-Louis, Kaolack, Thiès, Mbour et Touba, avec paiement comptant ou par virement sous 48 heures.
Mais la mise en œuvre a rapidement mis en lumière les limites de la production locale. Les commerçants déplorent une qualité jugée insuffisante : des bananes trop fragiles, incapables de supporter les longs trajets. Le fruit, très périssable, ne peut être conservé au-delà d’une semaine sans se détériorer. Or, les producteurs ne disposent pas de chambres froides ni de moyens d’évacuation rapides, transférant entièrement les coûts de stockage sur les commerçants.
Conséquence directe : une chute brutale de l’activité des importateurs et des vendeurs de bananes et fruits. Les pertes se chiffrent en centaines de millions de francs CFA, alors que le marché local s’est retrouvé confronté à une rupture d’approvisionnement, à une baisse de la qualité des produits et même à un déficit de bananes. Un paradoxe révélateur de l’échec de la mesure.
Les professionnels de la filière réclament désormais la reconnaissance officielle des pertes subies, le soutien financier de l’Etat et des compensations, la mise en place de mécanismes de coopération agricole et commerciale plus efficaces, la collaboration renforcée avec les pays voisins producteurs de bananes ainsi que la levée de la mesure de gel des importations.
Malgré l’urgence, les acteurs restent dans l’attente d’une prise de position des autorités. Le ministre de l’Industrie et du Commerce comme le directeur général de l’ARM n’ont, jusqu’ici, apporté aucune réponse. « Si rien n’est fait pour trouver rapidement des solutions, on risque d’assister à un effondrement de la filière bananes », alerte l’agriculteur Thiébé Haby Belel Sow.

Le Dakarois

Budget de l’État au 3ᵉ trimestre 2025 : recettes en hausse mais déficit alarmant de 1 059 milliards de F CFA

L’exécution du budget de l’État du Sénégal au troisième trimestre 2025 révèle une situation financière marquée par un contraste saisissant entre la progression notable des recettes publiques et l’ampleur persistante du déficit budgétaire, évalué à 1 059 milliards de francs CFA. C’est ce qui ressort du rapport d’exécution trimestrielle consulté par Ledakarois, document qui met en lumière à la fois des avancées encourageantes en matière de mobilisation des recettes et des défis structurels liés aux dépenses publiques et à la dynamique de financement.

Selon les chiffres communiqués, les recettes du budget général ont atteint 3 254 milliards de francs CFA à fin septembre 2025, soit un taux de réalisation de 69,7% par rapport à l’objectif annuel fixé à 4 668,9 milliards. Cette performance représente une hausse de 367,5 milliards de francs CFA, correspondant à une progression de 12,7% en glissement annuel. Cette augmentation est attribuée aux efforts de recouvrement déployés par les services fiscaux, appuyés par des dispositifs d’élargissement de l’assiette, de digitalisation des procédures et d’intensification du contrôle fiscal.

Les recettes fiscales se chiffrent à 2 987,9 milliards de francs CFA, avec un taux de réalisation de 72,9% de la cible annuelle, traduisant une croissance de 7,6% par rapport à la même période de 2024. Les recettes non fiscales affichent un montant de 214,2 milliards, avec un taux de réalisation supérieur à 75%, confirmant leur bonne dynamique. Cependant, les dons restent nettement en deçà des attentes, ne représentant que 18,1% des prévisions, avec seulement 52 milliards mobilisés, ce qui souligne une dépendance limitée à ces flux mais pose la question de la coopération financière internationale et de la mise en œuvre de certains programmes cofinancés.

Malgré l’amélioration des recettes, l’État est confronté à un important déficit, qui a nécessité le recours massif à des financements de trésorerie. Le rapport indique que les ressources mobilisées à cet effet s’élèvent à 3 655,8 milliards de francs CFA, soit 64% des besoins annuels. Une grande partie de ces ressources provient des marchés financiers, où l’État a levé 2 775,1 milliards, correspondant à un taux de réalisation de 73,6%. Cette forte sollicitation des marchés interroge sur la soutenabilité future de la dette, d’autant plus que certaines opérations ont été contractées sans autorisation parlementaire, alimentant le débat sur la gouvernance budgétaire et la transparence des engagements financiers.

Les dépenses publiques sont évaluées à 4 313 milliards de francs CFA, soit 67,8% des prévisions annuelles. Les dépenses ordinaires, estimées à 3 220,8 milliards, demeurent dominées par les transferts courants (1 169,4 milliards) et la masse salariale (1 082,8 milliards), confirmant la pression structurelle liée au fonctionnement de l’État. Les charges de la dette, qui représentent 705,7 milliards, témoignent de la lourdeur croissante liée au remboursement des emprunts, notamment ceux contractés hors cadre d’autorisation législative, un point déjà soulevé dans les débats nationaux sur la gestion de la dette publique.

Sur le volet des investissements, les résultats demeurent mitigés. Les dépenses en capital ont été exécutées à hauteur de 1 092,2 milliards, correspondant à un taux d’exécution globale de 56,4%. Une lecture plus détaillée révèle une meilleure performance des investissements financés sur ressources internes, réalisés à 71,4%, alors que ceux dépendants des ressources externes n’ont atteint que 49,9%, traduisant des lenteurs administratives, des retards dans le décaissement des partenaires techniques et financiers, ainsi que des contraintes liées à la maturité des projets. Par ailleurs, le rapport souligne que les investissements directs de l’État restent particulièrement faibles, estimés à seulement 40,8 milliards de francs CFA, soit 27,4% des prévisions, soulevant des inquiétudes quant à la capacité de l’État à accélérer la transformation structurelle et les infrastructures productives.

Au total, ces résultats révèlent un paradoxe budgétaire : une amélioration de la mobilisation des ressources internes, mais des dépenses qui demeurent lourdes, rigides et difficilement compressibles, associées à une forte pression sur l’endettement et un rythme d’investissement insuffisant pour soutenir les ambitions économiques inscrites dans les orientations stratégiques de l’État. Le dernier trimestre sera déterminant, notamment pour l’évaluation de la trajectoire budgétaire, de la capacité d’absorption des financements extérieurs et de l’impact réel des investissements sur la croissance nationale.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°609 – 18/11/2025

🔴 EXPANSION ACCÉLÉRÉE DE LA COALITION DIOMAYE PRÉSIDENT : L’OPPOSITION ET PASTEF EN DANGER
🔴 42% DES TITRES DE DAKAR EN FRANC CFA ENTRE LES MAINS DE BANQUES IVOIRIENNES : ABIDJAN ACCAPARE LES BONS DU TRÉSOR SÉNÉGALAIS

🔴 JEUX DE LA SOLIDARITÉ ISLAMIQUE 2025 : SALY SARR PROPULSE LE SÉNÉGAL AU SOMMET DU TRIPLE SAUT
🔴 REVERS CONTRE LE BRÉSIL : PAPE THIAW ANNONCE UN SURSAUT FACE AU KENYA

Sénégal : les eurobonds reculent après une troisième dégradation de la note souveraine par S&P Global Ratings

Les marchés financiers ont de nouveau réagi négativement à la situation budgétaire du Sénégal. Ce lundi, les obligations en dollars émises par l’État sénégalais ont enregistré un recul notable après que l’agence de notation internationale S&P Global Ratings a abaissé, pour la troisième fois en 2025, la note souveraine du pays, désormais classée à CCC+, soit sept niveaux en dessous de la catégorie « investment grade ». Cette décision, annoncée vendredi dernier, reflète selon l’agence une fragilité persistante des finances publiques, exacerbée par l’absence d’un programme d’appui financier officiel pleinement opérationnel.

Les eurobonds sénégalais arrivant à échéance en 2048 ont ainsi perdu 0,89 cent pour se négocier autour de 58,06 cents sur le dollar, figurant parmi les titres les plus en baisse sur les marchés émergents. Les obligations venant à maturité en 2033 ont également reculé pour atteindre 62,94 cents, signe que la confiance des investisseurs reste sous tension malgré les engagements affichés par les autorités.

Dans son analyse, S&P Global Ratings justifie cette nouvelle dégradation par un déséquilibre financier jugé préoccupant, notamment un niveau d’endettement élevé et une charge d’intérêts particulièrement lourde pour l’État. Selon l’agence, les mesures actuelles visant à stimuler la croissance et à renforcer la mobilisation fiscale, bien que significatives, ne suffisent pas, en l’absence d’un programme d’appui multilatéral crédible, à restaurer la soutenabilité financière dans un horizon proche.

La crise de confiance actuelle trouve son origine dans la suspension, l’an dernier, du programme de financement de 1,8 milliard de dollars conclu avec le Fonds monétaire international. Cette suspension est intervenue après la découverte d’un volume de dette estimé à 7 milliards de dollars, jusque-là non inscrit dans les déclarations officielles, et attribué à l’ancienne administration. Depuis lors, le gouvernement sénégalais tente de renégocier un nouvel accord avec le FMI, mais les discussions semblent progresser lentement, dans un contexte où les engagements budgétaires affichés apparaissent difficiles à tenir.

L’économiste Jacques Nel, responsable de l’analyse macroéconomique pour l’Afrique au sein du cabinet Oxford Economics, estime que le Sénégal fait face à une équation budgétaire complexe. Alors que les autorités prévoient une réduction rapide du déficit, passant de 5,4 % du PIB dès 2026 à 3 % en 2027, S&P juge ces projections irréalistes et anticipe plutôt un déficit de 8,1 % en 2026 et 6,8 % en 2027. Cet écart notable entre objectifs politiques et estimations techniques renforce la perception d’incertitude parmi les investisseurs internationaux.

Cette nouvelle dégradation représente un signal d’alerte supplémentaire pour Dakar, dont l’accès aux marchés internationaux pourrait être davantage restreint, avec des coûts d’emprunt en hausse et une exposition accrue au risque de refinancement. Elle intervient également à un moment où le gouvernement multiplie les efforts diplomatiques, financiers et institutionnels pour rétablir sa crédibilité, rassurer les partenaires internationaux et relancer la dynamique économique nationale.

La suite dépendra en grande partie de deux leviers : la conclusion d’un nouvel accord stabilisateur avec le FMI et la mise en œuvre concrète, soutenue et cohérente des réformes budgétaires annoncées.

Affaire à suivre de très près…

Sénégal : Cheikh Ba alerte sur la paralysie du système judiciaire

Le système judiciaire sénégalais traverse une crise profonde, avertit Cheikh Ba, président de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS). Invité de l’émission Point de Vue sur la RTS ce dimanche 16 novembre, il a tiré la sonnette d’alarme sur les difficultés structurelles qui freinent l’accès à la justice et prolongent les délais de traitement des affaires.

Selon Cheikh Ba, les frustrations des justiciables et le manque de célérité dans le traitement des dossiers ne sont pas liés à un manque de compétence des magistrats, mais à une surcharge de travail insoutenable et à un déficit criant de personnel. « La justice n’est pas lente, elle est submergée », a-t-il affirmé avec fermeté. Le Sénégal compte actuellement 546 magistrats pour une population de 18 millions d’habitants, mais seulement 425 d’entre eux exercent effectivement en juridiction, ce qui illustre l’insuffisance de ressources humaines face à la demande croissante.

Pour rendre la situation plus concrète, Cheikh Ba a donné des exemples locaux : à Kaolack, un seul juge d’instruction est chargé de traiter 750 dossiers, tandis qu’à Ziguinchor, un magistrat doit gérer 250 dossiers. Ces chiffres reflètent l’ampleur du déséquilibre entre les besoins de la justice et ses capacités opérationnelles. À cela s’ajoute un déficit de greffiers, qui contribue à ce qu’il qualifie de « paralysie progressive » et compromet gravement le principe de célérité, pourtant fondamental pour une justice efficace.

La crise judiciaire se répercute directement sur l’administration pénitentiaire. Le Sénégal compte aujourd’hui 15 654 détenus, dont 7 077 en détention provisoire. Depuis l’indépendance, aucune nouvelle grande prison n’a été construite, entraînant un dépassement des capacités d’accueil de près de trois fois. Cette situation met selon M. Ba l’administration pénitentiaire « au bord de la rupture », aggravant la pression sur un système déjà fragile.

Sur la question sensible des mandats de dépôt, souvent critiqués pour leur usage systématique, Cheikh Ba a défendu la pratique des magistrats. Il a précisé que les décisions sont prises « au cas par cas », en tenant compte de la gravité des faits et des impératifs de sécurité publique. L’objectif est de protéger la société face à des individus violents, dangereux ou récidivistes. Il a toutefois insisté sur le rôle indépendant du juge d’instruction, qui conserve la prérogative de clore rapidement certains dossiers lorsque les conditions le permettent.

Sénégal – Le SAMES dénonce un retard salarial “d’une gravité exceptionnelle” dans le secteur de la santé

Le Syndicat Autonome des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes du Sénégal (SAMES) est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « situation d’une gravité exceptionnelle ». Selon l’organisation syndicale, plusieurs agents du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique (MSHP) — médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, ainsi que des contractuels — sont restés sans salaire jusqu’au 16 novembre 2025. Un retard inédit qui, selon le SAMES, porte atteinte à la dignité des professionnels et expose les dysfonctionnements persistants de l’administration sanitaire.

Dans un communiqué ferme, le SAMES parle d’une « faute administrative majeure » révélatrice des limites d’une gestion qui souffre de défaillances répétées. Pour le syndicat, la responsabilité de cette situation incombe entièrement à l’État, qui aurait failli à garantir le traitement régulier des rémunérations, pourtant essentielles au bon fonctionnement du système de santé. Le non-paiement des salaires, souligne-t-il, a plongé de nombreux agents dans la précarité tout en démobilisant des équipes déjà fortement sollicitées dans un contexte sanitaire exigeant.

Malgré ces difficultés, le SAMES salue l’engagement des professionnels qui, privés de leurs rémunérations, ont continué d’assurer leur mission avec loyauté et sens du devoir. Le syndicat dit leur apporter un « soutien total et sans réserve » et exige du gouvernement des explications claires sur ce dysfonctionnement, mais aussi des garanties immédiates pour sécuriser durablement la chaîne de paiement. À ses yeux, il est impératif que de telles situations ne se reproduisent plus, au risque de compromettre davantage la qualité du service public de santé.

Le syndicat attire également l’attention sur le climat de tension qui règne autour de l’Agence Sénégalaise de Réglementation Pharmaceutique (ARP). Il avertit que toute intimidation ou sanction injustifiée visant les travailleurs de cette structure serait inacceptable. Le SAMES affirme rester vigilant et déterminé à défendre sans concession les droits syndicaux et individuels de ses membres.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°608 – 17/11/2025

🔴 RANDONNÉE PÉDESTRE DES FORCES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ : PUISSANTE SYMBOLIQUE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
🔴 SÉPARATION DES POUVOIRS : L’ULTIME REMPART POUR L’UMS

🔴 SÉNÉGAL VS / BRÉSIL : LES DESSOUS DE LA DÉBÂCLE : DE L’« AMATEURISME », SELON MBAYE JACQUES DIOP
🔴 LIGUE 1 : CASA SPORTS PREND LES COMMANDES

« Bassirou Diomaye Faye clôture la Semaine des Forces armées par une randonnée en soutien aux JOJ Dakar 2026 »

Ce dimanche matin, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République et Chef suprême des Armées, a pris part à la randonnée pédestre qui clôture la Semaine des Forces armées. Cette édition 2025 a été placée sous le thème : « Les Forces armées, partenaires des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 », mettant en lumière le rôle stratégique des militaires dans l’organisation et la sécurisation du premier événement olympique continental accueilli par l’Afrique.

Accompagné du ministre des Forces armées, du Chef d’État-major général des Armées ainsi que de plusieurs hauts responsables militaires, le Chef de l’État a partagé avec les soldats un moment de cohésion et de discipline. Cette participation symbolique illustre l’importance accordée par la présidence à la proximité avec les forces de défense et de sécurité, tout en valorisant l’engagement des militaires dans des missions civiques et sportives d’envergure nationale.

Durant la randonnée, le président Faye a échangé avec les participants, saluant leur dévouement et leur professionnalisme dans l’accompagnement des préparatifs des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026. L’événement, qui se veut un moment de rassemblement et de valorisation de l’esprit de corps, a également permis de renforcer les liens entre les différentes composantes des Forces armées et de rappeler le rôle central de l’institution militaire dans la sécurité et le rayonnement international du Sénégal.

Mauritanie : 224 migrants interceptés au large de Nouadhibou alors qu’ils tentaient de rejoindre les Canaries

Les garde-côtes mauritaniens ont intercepté, dans la nuit de lundi à mardi, une embarcation partie de la Gambie avec plus de 220 migrants en route vers les îles Canaries. Selon les informations rapportées par un correspondant de Sahara 24, le bateau est tombé en panne en mer non loin du port de Nouadhibou, avant d’être secouru par les autorités locales.

Au total, 224 personnes ont été sauvées. Parmi elles, une vingtaine étaient dans un état de grande faiblesse après avoir épuisé la majorité de leurs vivres durant la traversée. Ces migrants affaiblis ont été immédiatement transférés vers un centre de soins, sous la supervision du Croissant-Rouge mauritanien, afin de recevoir une prise en charge médicale.

D’après les éléments recueillis, l’embarcation avait quitté les côtes gambiennes avec à son bord 75 Sénégalais, 135 Gambiens et 17 Guinéens de Conakry. Tous tentaient de rejoindre clandestinement l’archipel espagnol dans l’espoir d’y trouver de meilleures conditions de vie.

Ces derniers mois, Nouadhibou est devenue un point névralgique des tentatives de migration irrégulière vers les Canaries. Les autorités mauritaniennes font régulièrement état d’interceptions de groupes de migrants, souvent suivies de procédures d’expulsion vers leurs pays d’origine. Cette hausse des traversées s’inscrit dans un contexte régional marqué par la pression migratoire, la précarité économique et l’attractivité persistante de la route atlantique malgré sa dangerosité.

Hamidou Anne alerte sur la fragilisation de la démocratie au Sénégal et dans le monde

Invité au « Jury du dimanche » sur Iradio, Hamidou Anne, essayiste et désormais membre de l’Alliance Pour la République (APR), a livré un constat particulièrement préoccupant sur l’avenir de la démocratie, qu’il estime en pleine régression à l’échelle mondiale. Selon lui, le Sénégal n’échappe pas à cette tendance inquiétante.

Pour Hamidou Anne, la démocratie traverse sa plus grande crise depuis trois décennies. Il rappelle une vérité fondamentale : « La démocratie n’est jamais achevée. Elle est toujours en sursis. » Ce constat l’amène à observer un affaiblissement généralisé des systèmes démocratiques dans le monde. En Europe, la montée du populisme et la tentation d’un discours autoritaire menacent l’équilibre institutionnel. Dans plusieurs régions, le durcissement des régimes et l’affaiblissement du multilatéralisme alimentent cette régression.

En Afrique de l’Ouest, l’essayiste pointe du doigt l’engouement d’une partie de la jeunesse pour les coups d’État militaires, citant notamment les exemples récents au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Mais selon lui, le danger le plus insidieux ne réside pas dans les putschs, mais dans la montée des régimes populistes. Ces derniers, estime-t-il, sont plus dangereux car ils détruisent progressivement les contre-pouvoirs, souvent par des moyens légaux, ce qui peut conduire à une démocratie illibérale sans que les citoyens en prennent conscience.

Interrogé spécifiquement sur le Sénégal, Hamidou Anne évoque des « signaux faibles » de fragilisation démocratique. Il mentionne les appels à l’intervention de l’armée, les violences politiques, les crispations institutionnelles, ainsi que certaines procédures judiciaires controversées. Il attire également l’attention sur la fragilité des libertés individuelles. « Le danger, c’est que les citoyens se réveillent un jour et découvrent qu’ils ne vivent plus en démocratie », avertit-il.

Pour prévenir ce scénario et protéger le pays, Hamidou Anne plaide pour un triple effort. Il insiste d’abord sur le renforcement de l’éducation nationale, qu’il considère comme le socle de tout État moderne. Ensuite, il préconise la modernisation du « logiciel démocratique », encore marqué selon lui par les dérives héritées des régimes précédents. Enfin, il appelle à une défense renforcée des institutions, seules garantes de la stabilité et du respect des principes démocratiques.

Crise politique au Sénégal : l’analyse sans détour de Youssou Diallo sur le bras de fer Faye-Sonko

La récente tension entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre Ousmane Sonko suscite une attention particulière dans le paysage politique sénégalais. Pour Youssou Diallo, président du Club Sénégal Émergent, invité ce dimanche 16 novembre sur l’émission Face au jury sur PressAfrik Tvhd, cette crise dépasse largement le cadre d’une simple divergence personnelle. Elle s’inscrit, selon lui, dans une dynamique historique complexe des relations entre les deux têtes de l’exécutif.

Selon M. Diallo, la résolution de ce différend ne passe pas nécessairement par une médiation externe. Il rappelle que la Constitution sénégalaise établit un principe hiérarchique clair : l’autorité du Président de la République doit primer sans compromis au sein du gouvernement. En cas de blocage, le lieu légitime pour des négociations devient l’Assemblée nationale, où le parti de Sonko, Pastef, détient la majorité. Dans le cadre d’une crise institutionnelle majeure, le chef de l’État dispose par ailleurs de pouvoirs constitutionnels étendus, conformément à l’article 52, qui lui permettent de dissoudre l’Assemblée ou de limoger le Premier ministre, voire le gouvernement, par ordonnance.

L’analyste est resté prudent sur le lien exact entre la récente audience de la présidente du Conseil constitutionnel et cet article, mais il considère que le président Faye a marqué un point décisif en désavouant publiquement et de manière inattendue son Premier ministre. Il interprète les précédentes déclarations de Sonko sur le « Parti-État » comme une attaque voilée contre le président. La réaction immédiate de Diomaye Faye, consistant à nommer Aminata Touré à la tête de sa coalition sans passer par un décret officiel, est analysée par M. Diallo comme une manœuvre politique stratégique, qui a visiblement mis Sonko dans une position délicate, le poussant à un silence surprenant.

L’analyste dénonce également le « congé » auto-déclaré par Sonko pour justifier son absence au Conseil des ministres, qualifiant cet acte d’« abandon de poste », et rappelant que seul le président, en tant qu’autorité hiérarchique, est habilité à accorder un congé. La contradiction entre cette absence officielle et sa participation simultanée à un meeting politique et à une partie de football est perçue comme une provocation directe envers l’exécutif. Pour M. Diallo, le rôle de Premier ministre exige une loyauté sans faille envers le Président, qualité que Sonko ne semble pas posséder. Il juge que Sonko serait davantage à sa place à l’Assemblée nationale qu’à la tête du gouvernement.

Au-delà des enjeux politiques, Youssou Diallo dresse un bilan économique sévère. Selon lui, le duo Faye-Sonko est arrivé au pouvoir sans une maîtrise suffisante de la situation économique nationale. Les déclarations jugées intempestives du Premier ministre, notamment sur une « dette cachée » et sur une baisse imminente des prix du carburant et de l’électricité, auraient, selon l’analyste, saboté les négociations avec le FMI et contribué à la dégradation de la note souveraine du pays. Pour M. Diallo, Ousmane Sonko représente « l’un des plus grands problèmes institutionnels et économiques du Sénégal » et sa démission permettrait, selon lui, une amélioration immédiate de la confiance des marchés. Il alerte également sur l’augmentation « alarmante » du niveau d’imposition, critiquée par le FMI, qui, selon lui, freine la reprise économique du pays.

Sénégal – Cohésion militaire : Le ministre des Forces armées et le président Diomaye Faye lancent la première Randonnée Pédestre des Armées

Le ministre des Forces armées, le Général Birame Diop, a présidé ce dimanche, aux côtés du chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, la première édition de la Randonnée Pédestre des Forces Armées. L’événement, qui devient désormais un rendez-vous annuel prévu le premier dimanche suivant la Journée des Forces armées, marque une nouvelle étape dans les efforts de renforcement de la cohésion, de la solidarité et de l’esprit de corps au sein de l’institution militaire.

Dans son allocution, le Général Diop a salué la présence du président de la République, qu’il a qualifiée d’« honneur » pour l’ensemble du personnel militaire. Exprimant sa gratitude, il a déclaré : « Permettez-moi, au nom de l’ensemble du personnel des Forces armées, de vous remercier très sincèrement pour l’honneur que vous nous faites en participant à cette première édition de la Randonnée des Forces armées. »

Revenant sur la portée de cette initiative, le ministre a souligné son importance symbolique et stratégique. Selon lui, organiser une marche de cohésion dans un même uniforme vise à rappeler à chaque militaire son appartenance à une seule et même institution. Il s’agit également de raviver le sens de la fraternité, de la camaraderie d’armes et de l’obligation permanente de coordonner les efforts pour remplir efficacement la mission fondamentale des Forces armées : sécuriser le territoire national et protéger les populations ainsi que leurs biens.

Le Général Diop a par ailleurs insisté sur la solidarité et l’unité qui caractérisent les Forces armées sénégalaises. Il a réaffirmé leur intention de poursuivre et d’intensifier leur collaboration avec les autres Forces de défense et de sécurité, afin de maintenir un environnement national stable, sécurisé et propice au développement. Dans ce cadre, il a rappelé l’engagement de l’Armée à contribuer, au-delà des missions de défense, au progrès socio-économique du pays, notamment à travers l’application renforcée du concept « Armée-Nation », qui vise à consolider les liens entre l’institution militaire et la population.

Cette première randonnée, qui a réuni autorités civiles et militaires, apparaît ainsi comme un symbole fort d’unité, de proximité et de mobilisation collective pour un Sénégal résolument tourné vers la paix, la stabilité et le développement.

Face aux attaques contre la Justice, l’UMS riposte et annonce une série de mesures

L’Union des magistrats sénégalais (UMS) hausse le ton. Confronté à des attaques répétées visant tant les magistrats que l’institution judiciaire elle-même, le Bureau exécutif de l’organisation a décidé d’engager une série de mesures pour défendre la profession et rétablir la confiance. Dans une note rendue publique ce vendredi 14 novembre 2025, l’UMS évoque « une démarche concertée avec la hiérarchie judiciaire afin d’adopter une stratégie de communication jugée adaptée au climat actuel ».

Avant de retenir ses premières actions, l’organisation affirme avoir saisi officiellement le Président de la République à travers un courrier, signe de la gravité accordée à cette situation et de la volonté d’obtenir un soutien institutionnel au plus haut sommet de l’État. Parmi les premières initiatives annoncées figure une intervention médiatique : le Bureau exécutif participera à l’émission « Point de vue » sur RTS 1, ce dimanche 16 novembre à 14 heures. Cette apparition vise à apporter des éclairages, répondre aux interpellations du public et clarifier les enjeux qui agitent le débat national depuis plusieurs jours.

L’UMS invite également l’ensemble des magistrats à renforcer leur cohésion interne et à préserver la solidarité qui caractérise traditionnellement leur corps. Dans un contexte où la justice fait l’objet d’une pression croissante, l’organisation insiste sur la nécessité de protéger la magistrature et de défendre les valeurs fondamentales qui la fondent.

Face à la montée des critiques, cette sortie marque un tournant. L’UMS entend désormais adopter une communication plus ferme et structurée pour rappeler le rôle central de la justice dans l’État de droit, tout en appelant à un climat d’apaisement et de respect des institutions.

Croissance économique 2025 : le Sénégal recule dans le classement africain et pointe au 9e rang

Le Sénégal continue de faire face à d’importants défis économiques, dans un contexte marqué par les révélations récentes autour de la dette publique. Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI), publiées par L’Observateur, le pays n’occupe que la 9e place dans le classement des dix économies africaines qui enregistreront les plus fortes croissances en 2025.

Avec un taux de croissance annoncé de 6%, équivalent à celui de la Gambie, du Djibouti et de la Tanzanie, le Sénégal se retrouve pourtant en avant-dernière position, ne devançant que la Tanzanie. Ce recul est symbolique d’un ralentissement plus profond, au moment même où le pays entame sa transition vers la production pétrolière et gazière.

En haut du classement, l’Éthiopie et la Guinée affichent des performances nettement supérieures, chacune atteignant 7,20% de croissance. L’Éthiopie doit cette progression à de vastes investissements dans les infrastructures énergétiques et de transport, associés à une politique d’ouverture de son économie destinée à dynamiser l’industrie manufacturière. La Guinée, de son côté, profite de l’essor de ses secteurs minier et énergétique.

Le Bénin se positionne parmi les pays les plus dynamiques, avec une croissance projetée de 7%, portée par une diversification économique en cours, le développement de ses infrastructures portuaires et une amélioration notable de l’environnement des affaires. La Côte d’Ivoire, avec 6,40%, s’appuie sur des réformes économiques ambitieuses, des investissements publics massifs et la solidité de son agriculture, notamment sa production de cacao, la plus importante au monde.

Pour le Sénégal, les perspectives demeurent mitigées. Malgré son entrée dans le cercle des producteurs de pétrole et de gaz, la croissance n’atteint pas encore le niveau espéré. Le contexte reste d’autant plus complexe que le FMI tarde à formaliser de nouveaux accords économiques avec les autorités sénégalaises, laissant planer une incertitude sur la capacité du pays à consolider ses finances publiques.

Alors que 2025 s’annonce comme une année charnière, le Sénégal devra accélérer les réformes structurelles, renforcer la gouvernance économique et valoriser pleinement son potentiel énergétique afin de retrouver une position plus favorable dans la dynamique de croissance du continent.

Finances publiques : Dakar lève 99 milliards FCFA sur le marché régional et franchit la barre des 2 000 milliards mobilisés en 2025

Le Sénégal vient d’enregistrer une nouvelle performance sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Lors de son émission simultanée de Bons et Obligations assimilables du Trésor (BAT et OAT) tenue le 14 novembre 2025, l’État a réussi à mobiliser 98,99 milliards FCFA, portant ainsi à 2 043 milliards FCFA le montant total levé depuis le début de l’année. Le pays dépasse désormais le seuil symbolique des 2 000 milliards, consolidant sa position parmi les signatures souveraines les plus dynamiques de la zone.

Cette opération intervient dans un contexte financièrement sensible, marqué par un discours ferme du gouvernement sur sa volonté d’honorer sans faille le service de sa dette tout en sécurisant les besoins de financement de l’exercice budgétaire. Ce message semble avoir été reçu par les investisseurs régionaux, qui ont répondu massivement à l’appel du Trésor. Les soumissions ont atteint 100,215 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 111,35%, témoignant d’une confiance accrue dans la résilience économique du pays.

Au terme des analyses techniques, le Trésor public a retenu 98,99 milliards FCFA, correspondant à 98,68% des offres reçues. Cette sélection s’est opérée à travers trois instruments financiers, avec une domination nette de l’Obligation assimilable du Trésor (OAT) à trois ans. Cette ligne a capté 72,8 milliards FCFA et représente près des trois quarts du montant total mobilisé, preuve de l’appétit des investisseurs pour les maturités intermédiaires jugées sécurisantes. Les Bons du Trésor à 364 jours ont mobilisé 24,7 milliards FCFA, tandis que l’OAT à cinq ans n’a attiré que 1,43 milliard FCFA, une performance plus modeste qui montre une prudence persistante sur le long terme.

Afin de garantir l’équilibre de l’opération, le Sénégal a procédé à des ajustements sur les rendements proposés. Le coût de l’emprunt à court terme a été relevé, avec un rendement moyen pondéré du BAT 364 jours qui est passé de 6,75% à 7,32%, soit une augmentation de 57 points de base. À l’inverse, le Trésor a réussi à réduire le taux de ses emprunts à moyen terme, notamment sur l’OAT à trois ans, dont le rendement est passé de 7,61% à 6,89%. Une baisse, signe d’une amélioration perçue de la qualité du risque souverain sur cette maturité. Quant à l’OAT à cinq ans, le taux a été légèrement ajusté de 7,46% à 7,43%, confirmant la volonté de maîtriser le coût global de la dette.

La répartition géographique des souscriptions met en évidence la confiance des investisseurs régionaux, avec une contribution particulièrement forte des acteurs locaux. Les investisseurs sénégalais arrivent en tête avec 49,86 milliards FCFA, soit un peu plus de la moitié des montants retenus. Ils sont suivis par les investisseurs ivoiriens, qui ont mobilisé 34,10 milliards FCFA, traduisant la solidité du partenariat financier entre les deux premières économies de l’UEMOA sur le marché des titres. Les investisseurs du Togo, du Burkina Faso et du Bénin ont également participé, apportant respectivement 6 milliards, 5 milliards et 3,9 milliards FCFA.

En dépassant la barre des 2 000 milliards mobilisés en moins d’un an, le Sénégal confirme son dynamisme sur le marché régional et sa capacité à attirer des capitaux malgré un environnement international marqué par l’incertitude et la pression sur les finances publiques. Cette dynamique constitue un levier important pour le financement des priorités nationales, tout en reflétant une gestion active et calibrée de la dette publique.

Sénégal : S&P abaisse la note souveraine à « CCC+ » face aux risques croissants sur la dette

Le Sénégal traverse une nouvelle zone de turbulences financières. L’agence de notation S&P Global Ratings a annoncé l’abaissement de la note souveraine à long terme en devises étrangères du pays à « CCC+ », contre « B- » auparavant. Cette dégradation traduit une hausse significative du risque de défaut, dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires du pays se réduisent dangereusement. S&P a également placé Dakar sous « CreditWatch » avec implication négative, signalant que d’autres abaissements pourraient suivre si le gouvernement ne parvient pas à refinancer ses importantes échéances commerciales prévues dans les prochains mois.

L’agence a, par ailleurs, ramené la note à court terme en devises étrangères à « C », tandis que la notation souveraine à long terme en monnaie locale a été maintenue à « B- ». Ce maintien reflète un risque relativement moindre sur la dette libellée en franc CFA, bien que l’environnement global reste fragile.

Pour justifier cette décision sévère, S&P pointe des besoins de financement publics exceptionnels en 2026. Selon les chiffres officiels communiqués par les autorités, ces besoins atteindraient 26 % du PIB, mais S&P estime qu’ils pourraient grimper jusqu’à 29 %. Une telle charge rend le pays fortement dépendant d’un accès fluide aux marchés financiers, dans un contexte où les coûts d’emprunt augmentent et où la confiance des investisseurs reste volatile.

La dette publique constitue un autre facteur d’inquiétude majeur. À fin 2024, celle-ci s’élèverait à 119 % du PIB, un niveau particulièrement élevé pour un pays classé dans la catégorie spéculative. En intégrant les arriérés budgétaires et les engagements des entités publiques liées à l’État, S&P estime que près de 9 points de PIB supplémentaires pèseraient sur la trajectoire budgétaire. Une accumulation qui place le Sénégal parmi les États les plus endettés de sa catégorie.

La situation a été aggravée par la suspension, en octobre 2024, du programme de 1,8 milliard de dollars du Fonds monétaire international. Cette suspension prive le pays d’un appui financier crucial et limite son accès à des financements concessionnels, généralement moins coûteux et plus longs que les emprunts classiques.

Le Sénégal s’est ainsi davantage tourné vers les marchés régionaux pour financer son budget. D’après S&P, près de 70 % du programme de financement 2025 a déjà été couvert via des émissions sur ces marchés. Mais les taux d’intérêt y dépassent désormais les 7 %, et les maturités y sont beaucoup plus courtes que celles proposées par les bailleurs internationaux, ce qui augmente la pression sur les finances publiques à court terme.

Malgré ce tableau sombre, S&P laisse la porte ouverte à une amélioration. L’agence estime qu’un relèvement de la note reste possible si le Sénégal parvient à refinancer ses prochaines échéances et à mettre en œuvre une consolidation budgétaire crédible. Pour l’heure, la situation reste incertaine, et les prochains mois seront décisifs pour la trajectoire financière du pays.

Sénégal : la crise politique entre Diomaye et Sonko éclipse les discussions cruciales avec le FMI sur la « dette cachée »

Alors que le Sénégal tente de rassurer ses partenaires financiers après la découverte de 7 milliards de dollars de dettes non déclarées laissées par l’ancien régime, une crise politique au sommet de l’État vient assombrir les perspectives des discussions en cours avec le Fonds monétaire international (FMI). Les tensions, longtemps évoquées en coulisses entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, ont éclaté au grand jour cette semaine, faisant craindre un affaiblissement de la cohésion gouvernementale à un moment critique.

La rupture est apparue lorsque le parti Pastef, dirigé par Sonko, a rejeté la décision du chef de l’État de prendre la tête de la coalition politique élargie qui avait porté les deux hommes au pouvoir en 2024. Ce refus a mis en évidence une rivalité jusque-là contenue, alimentée par des visions divergentes sur la conduite économique et politique du pays. Pour plusieurs observateurs, l’enjeu immédiat dépasse la simple querelle interne : il s’agit désormais de savoir si l’exécutif possède encore la stabilité suffisante pour mener les réformes complexes exigées par les partenaires financiers.

« La crise de la dette est passée au second plan et c’est la crise politique qui est devenue la priorité », analyse Ousmane Ndiaye, politologue basé à Paris et spécialiste du recul démocratique en Afrique. Cette impasse survient alors que le FMI a suspendu l’année dernière un programme de 1,8 milliard de dollars et que le pays cherche désespérément à rétablir sa crédibilité budgétaire après la révélation du passif caché de l’ancien pouvoir.

L’incertitude a été accentuée par les récentes déclarations d’Ousmane Sonko, qui a publiquement rejeté l’idée d’une restructuration de la dette lors d’un rassemblement à Dakar. Ses propos ont immédiatement pesé sur les marchés : les eurobonds sénégalais ont reculé, avant de se stabiliser légèrement lorsque le FMI a annoncé que les discussions se poursuivraient dans les prochaines semaines et qu’une nouvelle analyse de viabilité de la dette était en cours de finalisation. Les rendements restent toutefois nettement plus élevés qu’avant l’intervention de Sonko, signe d’une nervosité persistante.

Selon plusieurs experts, l’opposition du Premier ministre à une restructuration de la dette traduit la volonté de tenir sa promesse électorale de préserver la « souveraineté économique » du pays. Pour Amaka Anku, directrice Afrique chez Eurasia Group, cette posture s’explique par la crainte que le Sénégal devienne dépendant d’un financement extérieur conditionné par le FMI. Mais cette ligne politique risque de renforcer au sein de l’institution les doutes sur la capacité du gouvernement à adopter les mesures budgétaires nécessaires, notamment la réduction des dépenses publiques.

Eurasia estime désormais à 60 % la probabilité que le Sénégal finisse par accepter un programme du FMI impliquant une restructuration de la dette, soit en raison d’un durcissement des conditions de financement internationaux, soit en cas de départ du Premier ministre, ce qui faciliterait les arbitrages budgétaires que l’exécutif peine actuellement à trancher.

Le discours prononcé par Ousmane Sonko devant des milliers de sympathisants à Dakar a aussi soulevé des interrogations politiques immédiates. Pour Alioune Tine, fondateur du think tank AfrikaJom Center, l’événement ressemblait davantage à un lancement de campagne présidentielle qu’à une simple mobilisation partisane. « C’était presque du style américain. C’était clairement Sonko qui disait : ‘Je suis candidat pour 2029’ », explique-t-il.

Le duo Faye-Sonko, porté par une dynamique insurrectionnelle et populaire, avait renversé l’équilibre politique en 2024 lorsque Faye, jusqu’alors détenu, était devenu l’un des présidents les plus jeunes du continent avec le soutien déterminant de Sonko, écarté de la course en raison d’une condamnation pour diffamation. Mais selon Ousmane Ndiaye, les tensions actuelles trouvent racine dans un déséquilibre de légitimité : Sonko, figure dominante du mouvement, « a toujours considéré qu’il resterait la force directrice derrière Faye », tandis que ce dernier cherche désormais à exercer pleinement les prérogatives de sa fonction.

La situation politique s’est encore complexifiée après que la Cour suprême a confirmé une peine de six mois de prison ferme pour diffamation contre Ousmane Sonko, une décision qui pourrait le rendre inéligible pour la présidentielle de 2029. « Cette incertitude juridique redessine déjà le champ de bataille politique, ouvrant potentiellement la voie à un second mandat pour Faye si Sonko est empêché de concourir », souligne Ndiaye.

Au moment où le Sénégal tente de négocier son avenir économique avec le FMI, l’émergence de cette lutte interne pour le leadership risque de compromettre les marges de manœuvre du pays. Entre la nécessité de rassurer les investisseurs, l’urgence d’assainir les finances publiques et les calculs politiques en vue de 2029, la trajectoire du Sénégal demeure suspendue à la capacité de son exécutif à surmonter ses divisions internes.

Sénégal–FMI : Dakar rassure les investisseurs et réaffirme son engagement à honorer sa dette

Le Sénégal a tenu à envoyer un signal fort aux investisseurs internationaux en réaffirmant son engagement à poursuivre les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) et à honorer l’ensemble de ses obligations financières. Cette assurance est contenue dans une lettre adressée aux créanciers, consultée par Bloomberg, et émanant du ministère sénégalais des Finances.

Dans cette correspondance, les autorités indiquent être « résolument engagées » dans les négociations en cours avec l’institution de Bretton Woods. Le gouvernement précise également qu’il continuera de respecter scrupuleusement les échéances de sa dette extérieure, une précision importante dans un climat marqué depuis plusieurs mois par l’incertitude autour de la situation financière du pays.

Cette communication intervient alors que le Sénégal traverse une période de forte pression budgétaire, conséquence directe de la découverte de près de 7 milliards de dollars de dettes non déclarées par l’ancien régime, un scandale qui avait poussé le FMI à suspendre son programme d’appui de 1,8 milliard de dollars l’année dernière. Le pays s’est depuis engagé dans un processus de clarification et de rétablissement de la transparence budgétaire.

Plus tôt vendredi, les eurobonds sénégalais avaient enregistré une embellie après l’annonce du FMI indiquant qu’il s’achemine vers la finalisation d’une nouvelle analyse de viabilité de la dette du pays. Cet exercice technique est indispensable pour déterminer la capacité du Sénégal à recevoir un nouvel appui financier, et constitue un préalable à la reprise éventuelle d’un programme formel avec le Fonds. Pour les marchés, cette étape représente un test crucial pour évaluer la solidité de la stratégie économique du nouveau gouvernement.

Dans sa lettre, le ministère des Finances indique que l’exécution budgétaire au 30 septembre 2025 est conforme aux objectifs fixés dans la loi de finances. Les recettes hors dons et les dépenses courantes se situent toutes deux à 73 % des prévisions, ce qui témoigne, selon les autorités, d’un effort notable de consolidation des finances publiques. L’État affirme travailler simultanément sur trois axes : la stimulation de la croissance, l’amélioration de la mobilisation des ressources internes et un meilleur contrôle des dépenses publiques.

Ce message de fermeté financière survient à un moment sensible, alors que l’agence S&P Global Ratings doit réexaminer la notation souveraine du Sénégal. Actuellement classé B- et placé sous surveillance négative, le pays s’expose à un risque de déclassement si l’agence estime que les déséquilibres budgétaires persistent ou que les réformes tardent à produire des résultats tangibles.

Au-delà des marchés, cette prise de position vise également à rassurer les partenaires techniques et financiers, à un moment où la confiance internationale joue un rôle déterminant dans la capacité du Sénégal à mobiliser des financements extérieurs à des conditions soutenables. Le gouvernement de Dakar mise sur une communication proactive pour stabiliser les anticipations, éviter la montée des tensions sur sa dette et créer un environnement favorable à la poursuite de ses réformes économiques.

Saint-Louis : Déthié Fall dénonce de graves manquements sur le chantier de l’aéroport Ousmane Masseck Ndiaye

Le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, Déthié Fall, a effectué ce vendredi une visite d’inspection à l’aéroport Ousmane Masseck Ndiaye de Saint-Louis, où d’importants travaux de rénovation sont en cours. Une visite qui s’est transformée en recadrage sévère, tant les défaillances constatées sur le chantier ont suscité l’indignation du ministre.

Dès son arrivée sur le site, Déthié Fall a pointé du doigt « plusieurs irrégularités graves », notamment au niveau du mur de clôture censé sécuriser l’enceinte aéroportuaire. Selon lui, les fondations réalisées sont « loin de répondre aux normes techniques » prévues dans le cahier des charges. Certaines sections du périmètre peuvent être traversées par de simples animaux, une situation qualifiée d’« extrêmement préoccupante » au regard des risques sécuritaires encourus par les avions lors des phases de décollage et d’atterrissage.

Le ministre a également mis en lumière d’autres obstacles techniques affectant l’avancement global du projet. Parmi eux, la problématique du déplacement de la station météo, un dispositif essentiel pour la gestion aéronautique, et les incertitudes liées à l’emplacement futur de l’aérogare, dont la planification doit encore être harmonisée avec les impératifs de sécurité et de fonctionnalité.

Face à ces manquements, Déthié Fall a donné des instructions fermes. Il a sommé l’entreprise en charge du chantier, en collaboration avec la direction des Infrastructures aéroportuaires, de procéder à toutes les corrections nécessaires avant la fin du mois de novembre 2025. Dans le cas contraire, il promet que « l’État prendra toutes ses responsabilités », rappelant la responsabilité de l’entreprise vis-à-vis d’un ouvrage financé à travers des ressources publiques et qui doit impérativement respecter les normes internationales.

Cette visite d’inspection s’inscrit dans une tournée de deux jours menée par le ministre dans la région de Saint-Louis, destinée à suivre l’état d’avancement de plusieurs projets publics. Après l’aéroport, Déthié Fall s’est rendu à l’Université Gaston Berger (UGB) pour évaluer le chantier du centre d’apprentissage médical, un projet stratégique pour renforcer la formation dans le domaine de la santé.

Le directeur général de l’AIBD, les responsables des Infrastructures aéroportuaires ainsi que les autorités locales ont accompagné le ministre tout au long de cette visite, marquée par un appel clair à la rigueur et à l’exigence dans la conduite des travaux publics.

SETER : les employés sénégalais dénoncent une “colonisation managériale” et interpellent l’État

La Société d’exploitation du Train Express Régional (SETER) traverse une crise interne sans précédent. Depuis plusieurs mois, un climat de tension et de frustration s’installe au sein de l’entreprise, où de nombreux employés sénégalais dénoncent des pratiques managériales jugées humiliantes, discriminatoires et contraires aux principes de bonne gouvernance. Les griefs visent directement le directeur général Charles Civreis et le président du Conseil d’administration Pierre Boutier, que certains salariés accusent d’instaurer une forme de “colonisation managériale”.

Les témoignages recueillis par Les Échos décrivent un environnement professionnel marqué par la peur, la pression constante et des attitudes perçues comme condescendantes. Selon plusieurs sources internes, des cadres sénégalais sont soumis à un micro-management asphyxiant, à des remises en cause systématiques et à une minimisation de leurs compétences. Des employés affirment que même les décisions les plus simples sont contestées ou reconsidérées, créant une atmosphère de méfiance et d’infantilisation.

Plusieurs responsables nationaux auraient déjà quitté l’entreprise, incapables de supporter davantage les méthodes de gestion en place. Les démissions se multiplient depuis près d’un an, notamment parmi des cadres expérimentés qui dénoncent une stratégie visant à les pousser vers la sortie pour les remplacer par des expatriés mieux rémunérés. La Directrice administrative et financière, par exemple, aurait été remplacée par un expatrié, tandis que le Directeur du Contrat serait désormais issu d’un cabinet français, avec un package salarial nettement supérieur à celui pratiqué pour les compétences locales.

Cette politique de recrutement et de promotion des expatriés alimente un profond sentiment d’injustice. Plusieurs employés parlent d’un “système organisé” où les postes clés sont progressivement confiés à des ressortissants français, tandis que les nationaux se retrouvent relégués à des fonctions subalternes, malgré la présence de profils hautement qualifiés. Ils affirment que ces choix managériaux se font “sur le dos du contribuable sénégalais”, puisque la SETER bénéficie d’importantes ressources publiques dans le cadre du partenariat avec l’État.

Les accusations ne s’arrêtent pas au management quotidien. Certains affirment que le directeur général favoriserait, dans l’attribution des contrats, certaines entreprises françaises liées à l’exploitation et à la maintenance du TER. Des pressions internes, une gestion opaque de certaines données financières et la communication d’informations partielles lors des réunions de pilotage sont évoquées. Ces pratiques, si elles sont avérées, pourraient influencer la reconduction du contrat d’exploitation, au détriment de la transparence exigée par l’État actionnaire.

Face à cette situation jugée intenable, les travailleurs ont décidé d’alerter les plus hautes autorités. Ils interpellent directement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre, Ousmane Sonko, les appelant à intervenir pour mettre fin à ce qu’ils décrivent comme une atteinte à la dignité des travailleurs, au service public et à la souveraineté nationale. Ils réclament une réforme profonde de la gouvernance de la SETER, ainsi qu’un audit global des ressources humaines et des marchés en cours.

La question du contrat d’exploitation et de maintenance (CEM), signé en 2023 pour trois ans et arrivant à échéance en janvier 2026, apparaît désormais comme un enjeu central. Depuis l’entrée de l’État sénégalais au capital de la SETER, la perspective d’une renégociation du contrat se renforce, notamment dans un contexte où le TER doit monter en cadence et assurer un rôle stratégique lors des grands événements internationaux à venir. Plusieurs experts estiment que l’État pourrait saisir cette échéance pour reprendre davantage de contrôle sur l’exploitation ou, à tout le moins, imposer une gouvernance plus équilibrée et respectueuse des compétences nationales.

Dans l’attente d’une réaction officielle, la tension reste vive au sein de l’entreprise. Les employés espèrent que leur appel ne restera pas lettre morte et que des mesures seront prises rapidement pour restaurer un climat de confiance, protéger les travailleurs et garantir une gestion conforme aux ambitions d’un service public moderne et souverain.

Immigration irrégulière : six personnes interpellées pour tentative de trafic de migrants à Saint-Louis

La lutte contre l’immigration irrégulière reste un défi majeur au Sénégal, où les forces de sécurité multiplient les opérations pour démanteler les réseaux qui organisent des traversées clandestines vers l’Europe. Dans la nuit du 7 au 8 novembre, une opération menée par la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a permis d’interpeller six personnes à Saint-Louis, toutes soupçonnées d’être impliquées dans un projet de convoyage de migrants vers les îles Canaries, en Espagne.

L’affaire a éclaté à la suite d’une information anonyme signalant aux enquêteurs l’imminence d’un départ clandestin depuis la plage Hydrobase. Selon les révélations du journal Libération, l’embarcation prévue devait initialement faire escale en Gambie, où une partie des migrants avait été recrutée avant le départ final vers les côtes espagnoles.

Après recoupement et exploitation de plusieurs renseignements, la DNLT a ordonné une mission de surveillance renforcée sur la zone, avec l’appui décisif du Commissariat central de Saint-Louis. Sur la plage d’Hydrobase, les policiers ont découvert une pirogue équipée et prête pour la traversée, ainsi que toutes les indications d’un départ imminent. C’est à cet endroit que Macktar Sène a été appréhendé. Selon les premiers éléments de l’enquête, il aurait acquis le matériel nécessaire au voyage : la pirogue, deux moteurs hors-bord, 35 bidons de carburant de 60 litres chacun, ainsi que divers accessoires destinés à la navigation.

L’interrogatoire de ce premier suspect a rapidement permis aux enquêteurs de tendre un piège à Mamadou Diouf, connu sous le nom de Modou Sall, présenté comme le principal organisateur du voyage. Une descente à son domicile à Hydrobase s’est révélée déterminante : 33 personnes y ont été découvertes, toutes candidates à cette traversée clandestine particulièrement risquée. Leur présence regroupée dans ce lieu confirme le caractère structuré et avancé du projet migratoire.

L’enquête a également conduit à l’interpellation de quatre autres suspects : Médoune Diagne, Babacar Fall, Amsatou Badiane et Dame Diop, tous soupçonnés d’être impliqués dans l’organisation logistique ou financière de cette tentative de migration irrégulière. Les six individus sont désormais poursuivis pour tentative de trafic de migrants par voie maritime et association de malfaiteurs, des infractions passibles de lourdes sanctions pénales au Sénégal.

Les enquêteurs ont saisi la pirogue, les deux moteurs hors-bord de 60 chevaux et cinq téléphones portables, désormais placés sous scellés en attendant la suite des investigations. Ces éléments matériels serviront à consolider le dossier judiciaire et à retracer l’ensemble du réseau impliqué dans l’opération.

Cette affaire relance une fois de plus le débat sur les départs clandestins vers l’Europe, un phénomène qui connaît régulièrement des pics au Sénégal, surtout en période de difficultés économiques. Malgré les campagnes de sensibilisation et les efforts sécuritaires, les tentatives se poursuivent, témoignant de la persistance du désespoir de nombreux jeunes prêts à risquer leur vie pour atteindre les côtes européennes.

Affaire Pape Abdoulaye Touré : les enquêteurs reconstituent les faits en présence de la supposée victime

L’affaire Pape Abdoulaye Touré, du nom de ce militant du mouvement citoyen « Sénégal Notre Priorité (SNP) » qui affirme avoir été victime de torture, connaît un nouveau tournant judiciaire. Après plusieurs mois de revendications, de témoignages et d’attente, les enquêteurs de la Section de recherches ont procédé à une reconstitution complète des faits, en présence de l’intéressé. Une étape capitale dans l’établissement de la vérité sur l’un des dossiers emblématiques des violences politiques survenues entre 2021 et 2024.

Selon les informations rapportées par le journal Les Échos, les enquêteurs ont minutieusement repris avec Pape Abdoulaye Touré le fil des événements, depuis son interpellation jusqu’au lieu où il dit avoir été torturé. La reconstitution s’est déroulée sans interruption, la victime présumée relatant chaque détail, chaque étape, chaque geste. Une source citée par le quotidien confirme : « Pape Touré n’a rien omis, il leur a tout expliqué. »

Pour le militant, cette reconstitution constitue un véritable soulagement. Depuis plus de trois ans, il déclare vivre dans l’attente d’une justice qu’il « n’a jamais cessé de réclamer ». Touré avait publiquement accusé l’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, d’être impliqué dans sa prétendue séquestration et dans les violences physiques qu’il aurait subies au plus fort des tensions politiques. Ces accusations avaient conduit la Section de recherches à auditionner Pape Malick Ndour le lundi 6 octobre, dans le cadre de la reprise des investigations.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large : celui des manifestations qui ont secoué le Sénégal entre février 2021 et mars 2024. Ces épisodes tumultueux ont fait plusieurs morts, des blessés par dizaines et d’importants dégâts matériels. À l’époque, de nombreuses familles, organisations citoyennes et ONG de défense des droits humains avaient dénoncé les violences, pointant du doigt une répression disproportionnée et des violations graves contre des manifestants, opposants politiques ou simples citoyens.

Si des procédures judiciaires avaient été ouvertes dès 2021 pour faire la lumière sur les bavures présumées, l’adoption de la loi d’amnistie couvrant la période des faits avait entraîné l’abandon de tous les dossiers. Une décision largement critiquée dans l’opinion, jugée comme une manière d’enterrer la vérité au détriment des victimes et de leurs familles.

La demande de réouverture des dossiers n’a cessé de croître, portée par les familles endeuillées, la société civile et plusieurs organisations internationales. C’est dans ce climat d’exigence de transparence et de réparation que les nouvelles autorités ont ordonné la reprise des enquêtes. L’affaire Pape Abdoulaye Touré apparaît ainsi comme l’un des premiers cas où cette volonté politique se matérialise concrètement.

La reconstitution réalisée ces derniers jours est d’autant plus significative qu’elle pourrait ouvrir la voie à d’autres avancées judiciaires dans des dossiers similaires. Elle symbolise également l’amorce d’un processus de reconnaissance des souffrances vécues par de nombreux Sénégalais durant ces années de crises.

La suite des investigations déterminera si des responsabilités pénales pourront être établies, ou si le dossier se limitera à une confirmation factuelle sans déboucher sur des poursuites. Dans tous les cas, pour Pape Abdoulaye Touré et pour beaucoup d’autres victimes présumées, il s’agit avant tout d’une quête de vérité, d’un besoin de réparation et d’un espoir de justice longtemps différée.

Sénégal : Khombole accueille le premier observatoire astronomique d’Afrique de l’Ouest

Khombole – Le Sénégal franchit une nouvelle étape majeure dans son ambition spatiale. Jeudi 13 novembre, le ministre directeur de cabinet du président de la République, Mary Teuw Niane, et le directeur général de l’Agence sénégalaise d’études spatiales (ASES), Maram Kaïré, ont procédé à la pose de la première pierre de l’Observatoire astronomique du Sénégal, à Khombole. Une infrastructure présentée comme la première du genre en Afrique de l’Ouest, ouvrant une ère nouvelle pour la recherche scientifique et l’innovation technologique dans le pays.

Ce projet, porté par l’ASES, symbolise la volonté du Sénégal de s’inscrire durablement dans la dynamique mondiale de l’astronomie et des sciences spatiales. Selon Maram Kaïré, l’observatoire abritera un grand télescope de 600 millimètres, ainsi que plusieurs télescopes C14 de 300 millimètres, tous entièrement pilotables à distance. Installé sur un terrain de deux hectares, le site sera conçu comme un espace multifonctionnel : centre de recherche, institut de formation et plateforme de vulgarisation scientifique destinée au grand public, notamment aux jeunes.

Au-delà de sa dimension académique, le projet promet également des retombées économiques importantes. Maram Kaïré indique que l’infrastructure contribuera à la création d’emplois qualifiés dans des domaines pointus tels que l’optique, l’électronique ou encore la robotique. Il estime également que Khombole pourrait devenir un pôle d’attraction majeur pour le tourisme scientifique, consolidant la place de la science dans le développement local.
« La science deviendra moteur de progrès, source de revenus et de fierté nationale », a-t-il déclaré, convaincu que cet observatoire ouvrira au Sénégal les portes de la recherche astronomique mondiale, en particulier dans des disciplines exigeantes comme le suivi des astéroïdes, l’étude des comètes ou l’observation des occultations stellaires.

De son côté, Mary Teuw Niane a rappelé l’importance stratégique de l’investissement dans le secteur spatial. Pour lui, les pays ayant misé tôt sur l’exploration et les technologies spatiales sont ceux qui ont atteint le plus efficacement les objectifs de développement durable. Il souligne que les données satellitaires jouent un rôle central dans la prise de décision publique, qu’il s’agisse de gestion agricole, de prévention des catastrophes, de surveillance environnementale ou de planification urbaine.
« Les données satellitaires constituent un outil essentiel pour la décision publique et pour l’élaboration de politiques adaptées aux enjeux socio-économiques du pays », a-t-il insisté.

Avec la construction de cet observatoire, le Sénégal se positionne comme un futur leader régional dans les sciences astronomiques et spatiales. Khombole, autrefois peu cité dans les initiatives scientifiques nationales, pourrait devenir une référence africaine en matière d’innovation et de recherche de pointe. Un tournant historique qui témoigne de l’ambition du pays de faire de la science un véritable levier de développement et de souveraineté technologique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°607 – 14/11/2025

🔴 REMBOURSEMENT ANTICIPÉ DE LA DETTE PUBLIQUE : LE FMI APAISE LES TENSIONS
🔴 « DIVISER LE PAYS ENTRE PRO-DIOMAYE ET PRO-SONKO, C’EST TRAHIR LE SÉNÉGAL » : TAS APPELLE À LA RETENUE

🔴 LONDRES / FSF : L’HEURE DE L’INSTALLATION DES COMMISSIONS A SONNÉ !

Maisons de Justice : les coordonnateurs non intégrés dénoncent une inégalité de traitement

Dakar – Les coordonnateurs des Maisons de Justice non intégrés dans la Fonction publique ont décidé de briser le silence. Dans une lettre ouverte adressée à la presse, le Collectif des Coordonnateurs des Maisons de Justice non intégrés dénonce une « inégalité de traitement » ainsi qu’une « absence totale de plan de carrière » au sein de l’administration judiciaire sénégalaise.

Les Maisons de Justice, créées au début des années 2000, ont pour objectif de rapprocher la justice du justiciable, de désengorger les tribunaux et de promouvoir une justice de proximité, rapide et gratuite. Ce dispositif, encadré par le décret n°2007-1254 du 23 octobre 2007, a remplacé un premier cadre légal datant de 1999. En 2013, l’État avait amorcé un processus visant à intégrer les coordonnateurs des Maisons de Justice dans la Fonction publique, reconnaissant ainsi leur rôle central dans le fonctionnement du système judiciaire. Cependant, plus d’une décennie après cette initiative, la promesse reste largement inachevée.

Sur les 33 coordonnateurs que compte le pays, seuls neuf ont été intégrés, laissant 24 autres dans une situation qualifiée de « précarité notoire ». Ces derniers, tous titulaires d’au moins une maîtrise ou d’un master 2 en droit, estiment subir un traitement contraire aux principes fondamentaux du droit social. Dans leur lettre ouverte, ils dénoncent l’inaction du ministère de la Justice, accusé de rester « opaque » sur ce dossier malgré les nombreuses interpellations. « Le ministère se glorifie de nos résultats alors que nous souffrons en silence », affirment-ils.

Les coordonnateurs non intégrés soulignent également les conditions de travail difficiles auxquelles ils sont confrontés. Ils subissent l’absence de couverture sociale, ne peuvent pas accéder aux prêts bancaires faute de contrat ou de bulletin de salaire et n’ont aucune perspective d’avancement professionnel. Pendant ce temps, leurs collègues intégrés bénéficient de la sécurité de l’emploi, d’une rémunération plus élevée ainsi que d’avantages tels que la retraite, la prise en charge médicale et le fonds commun de la justice.

Face à cette situation, le collectif appelle les autorités à corriger ce qu’il considère comme une injustice institutionnelle. Il rappelle que ces juristes jouent un rôle essentiel dans le dispositif de justice de proximité et qu’ils méritent un traitement équitable, en phase avec leurs responsabilités et leurs qualifications. Pour les coordonnateurs non intégrés, l’heure n’est plus aux promesses, mais à la reconnaissance effective de leur statut et de leur contribution au système judiciaire sénégalais.

Riz local : l’État fixe le prix à 350 F CFA/kg et lance un nouveau dispositif pour booster la consommation nationale

Le ministère de l’Industrie et du Commerce a annoncé, ce jeudi 13 novembre 2025, la signature d’un important protocole d’accord portant sur la commercialisation du riz sénégalais. Conclu la veille, le 12 novembre, avec les acteurs de la filière rizicole et les organisations de commerçants, ce partenariat marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale visant à renforcer la valorisation du riz local et à soutenir durablement les producteurs sénégalais.

Au cœur de cet accord figure la fixation du prix ex-usine du riz blanc à 350 F CFA le kilogramme. Un niveau jugé suffisamment rémunérateur pour les producteurs, tout en permettant d’encourager davantage la consommation locale. Le ministère indique que les commerçants se sont engagés à acheter la totalité des volumes disponibles directement sur les sites de production, afin de garantir un écoulement optimal de la récolte nationale.

Dans le même esprit, l’État a introduit un mécanisme d’indexation des importations sur les achats de riz sénégalais. Ce dispositif a pour objectif de renforcer l’approvisionnement du marché en riz issu de la production locale et de réduire la dépendance vis-à-vis des importations, dans un contexte où l’autosuffisance alimentaire demeure un enjeu stratégique.

Le ministère prévoit également une vaste campagne nationale de communication et de promotion du riz local. Placée sous sa supervision, cette initiative mettra en avant les atouts nutritionnels et économiques du riz sénégalais, tout en sensibilisant massivement les consommateurs à l’importance de privilégier la production nationale. L’objectif est clair : inverser la tendance d’un marché longtemps dominé par le riz importé et installer durablement le réflexe du « consommer local ».

Autre mesure forte annoncée : la suspension provisoire de toutes les délivrances de DIPA (Décisions d’Importation de Produits Alimentaires). Cette suspension restera en vigueur jusqu’à la finalisation de l’achat de la production locale et à l’obtention d’une évaluation précise des stocks disponibles. Une façon pour l’État d’éviter l’inondation du marché par des importations qui pourraient fragiliser les producteurs nationaux.

Pour garantir un suivi rigoureux et une mise en œuvre optimale des décisions prises, un cadre interministériel a été mis en place. Il regroupe les ministères en charge du Commerce et de l’Agriculture, avec pour mission d’assurer la coordination, le contrôle et l’harmonisation des actions liées à la commercialisation du riz local.

Dans son communiqué, le ministère de l’Industrie et du Commerce se félicite de cet accord qu’il qualifie de stratégique et réaffirme son engagement à travailler de concert avec l’ensemble des acteurs impliqués. L’objectif affiché est de réussir une transformation profonde du marché du riz au Sénégal et d’offrir une véritable stabilité aux producteurs comme aux consommateurs.

Avec ce protocole, l’État montre sa volonté de replacer le riz local au cœur des habitudes de consommation, tout en protégeant la filière rizicole, considérée comme l’une des plus prometteuses pour la souveraineté alimentaire nationale. Le succès de ce dispositif dépendra toutefois de la capacité des acteurs à jouer pleinement leur rôle, dans un cadre mieux structuré, plus transparent et résolument tourné vers la promotion de la production sénégalaise.

Le FMI affine son évaluation sur la soutenabilité de la dette du Sénégal : un examen décisif pour l’avenir économique du pays

Le Fonds monétaire international (FMI) poursuit une analyse approfondie de la situation financière du Sénégal, un exercice décisif pour la relance d’une coopération financière suspendue depuis plus d’un an. À Washington, la porte-parole du Fonds, Julie Kozack, a confirmé que les équipes du FMI et celles de la Banque mondiale travaillent conjointement à la finalisation d’une analyse actualisée de la viabilité de la dette sénégalaise.

Cet examen technique, connu sous le nom de Debt Sustainability Analysis (DSA), vise à mesurer la capacité du pays à honorer ses engagements financiers sans compromettre sa stabilité budgétaire. Selon Mme Kozack, les discussions en cours portent notamment sur « la dynamique de la dette » et sur « la crédibilité de la stratégie de financement » adoptée par les autorités sénégalaises depuis l’arrivée du nouveau gouvernement. Autrement dit, le FMI veut s’assurer que le Sénégal est en mesure de rembourser sa dette tout en maintenant une trajectoire de croissance soutenable.

Cette évaluation intervient dans un contexte économique et politique particulier. En 2024, le précédent programme d’aide du FMI, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, avait été suspendu à la suite de la découverte d’une dette cachée de 7 milliards de dollars. Ces engagements financiers, contractés sous l’ancien régime, avaient gravement entamé la confiance des partenaires techniques et financiers, tout en exposant les fragilités de la gestion budgétaire du pays. Depuis lors, le Sénégal s’efforce de restaurer sa crédibilité sur la scène économique internationale, tout en maintenant un équilibre entre discipline financière et ambitions sociales.

Une mission du FMI s’est récemment rendue à Dakar afin d’approfondir les discussions avec les autorités. Cependant, selon plusieurs sources proches du dossier, aucun accord n’a encore été trouvé, la mission s’étant achevée sur des divergences concernant certaines projections macroéconomiques et le rythme d’ajustement budgétaire envisagé. Le retour à un programme formel avec le FMI dépendra donc des conclusions de cette analyse, qui devraient être présentées au conseil d’administration du Fonds dans les prochaines semaines.

Pour sa part, le Premier ministre Ousmane Sonko a adopté une position sans équivoque sur la question. Refusant toute perspective de restructuration ou de renégociation, il a déclaré que le Sénégal « honorerait ses engagements sans renoncer à sa souveraineté économique ». Cette posture, qui s’inscrit dans une logique de fermeté et d’indépendance financière, a suscité des réactions contrastées. Si elle est perçue par une partie de l’opinion comme un acte de dignité nationale, certains experts y voient une stratégie risquée dans un contexte de tension sur les marchés financiers internationaux.

En effet, les investisseurs ont réagi avec prudence à ces déclarations. Les rendements des obligations sénégalaises à long terme ont connu une hausse, traduisant une montée du risque perçu, tandis que ceux des titres à plus court terme ont légèrement baissé. Cette réaction mitigée témoigne d’une certaine nervosité des marchés, qui attendent avec attention les conclusions de l’analyse du FMI avant de se repositionner sur les titres souverains du Sénégal.

Malgré les incertitudes, le FMI a tenu à rassurer les autorités sénégalaises. Julie Kozack a affirmé que « le personnel et la direction du Fonds ne demanderont pas de remboursement anticipé » dans le cadre du programme suspendu, une déclaration destinée à éviter toute spéculation sur une éventuelle crise de liquidité.

Dans l’attente de la décision finale du conseil d’administration, le gouvernement sénégalais continue de mettre en œuvre des mesures d’assainissement budgétaire. Les efforts portent sur la rationalisation des dépenses publiques, la priorisation des investissements productifs et la réduction du déficit budgétaire, afin de rétablir un équilibre durable entre croissance et soutenabilité financière.

Si le FMI conclut à une dette viable, le Sénégal pourrait bénéficier d’un nouveau programme d’appui, ouvrant la voie à un financement plus souple et à une meilleure crédibilité auprès des marchés internationaux. En revanche, si l’analyse met en évidence des vulnérabilités persistantes, le pays sera contraint d’adopter des réformes structurelles plus contraignantes pour corriger sa trajectoire budgétaire.

Thierno Alassane Sall : « Diviser le pays entre pro Diomaye et pro Sonko, c’est trahir le Sénégal »

Le député et président du parti République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a vivement réagi à la situation politique et économique actuelle du Sénégal. Dans une déclaration transmise à la presse, l’ancien ministre de l’Énergie a fustigé ce qu’il qualifie de « guerre des chefs » au sommet de l’État, entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, dénonçant une dérive politique dangereuse pour le pays.

Thierno Alassane Sall affirme que, dans un contexte économique déjà fragile, les querelles internes au sein du pouvoir sont une trahison envers le peuple sénégalais. « Évoquer un Président de transition, bouder les conseils des ministres ou diviser le pays entre partisans de Diomaye et de Sonko n’est pas seulement puéril, c’est trahir le Sénégal », a-t-il écrit dans une note au ton particulièrement sévère.

L’ancien ministre explique qu’il avait déjà, lors d’une séance de la commission des finances à l’Assemblée nationale le jeudi 6 novembre, alerté sur la charge écrasante du service de la dette et les conséquences économiques d’une instabilité politique au sommet de l’État. « Je m’adressais au ministre des Finances et à son collègue de l’Économie pour attirer leur attention sur les effets directs de la dette, notamment à travers les intérêts, et sur la capacité du Sénégal à recourir au marché financier en cas de guerre ouverte entre Diomaye et Sonko », a-t-il rappelé.

Selon lui, ces avertissements n’ont pas été pris au sérieux par les députés proches du Pastef, qui auraient tourné ses propos en dérision. « Moins d’une semaine après, le Sénégal s’enfonce aux derniers cercles des enfers financiers, suite aux développements de la guerre au sommet », déplore-t-il.

Thierno Alassane Sall estime que les acteurs de la coalition au pouvoir ont « perdu tout sens de l’éthique et de la responsabilité », au moment où le pays traverse une situation socioéconomique critique. « Le Sénégal fait face à une dette colossale qui rend quasiment impossibles les investissements urgents. La pauvreté et la faim gagnent du terrain, tandis que le JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) est à nos frontières », s’inquiète-t-il.

Pour le leader de la République des Valeurs, les responsables politiques devraient concentrer leurs efforts sur la résolution des difficultés économiques et sociales plutôt que sur des luttes de positionnement. Il met en garde contre toute tentative de fragiliser les institutions par des rivalités internes. « La vraie haute trahison serait de laisser cette chienlit prospérer », conclut-il avec gravité.

Cette sortie intervient dans un contexte de rumeurs persistantes autour d’un climat tendu entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, alimentées par certaines divergences au sein de la coalition au pouvoir. Thierno Alassane Sall, connu pour ses prises de position sans détour, appelle ainsi à la responsabilité et à l’unité pour préserver la stabilité du pays.

Sénégal : Deux épidémies sous surveillance, la Fièvre de la Vallée du Rift et le Mpox continuent de préoccuper les autorités sanitaires

Au 12 novembre 2025, le Sénégal reste confronté à une double crise sanitaire préoccupante, marquée par la persistance de la Fièvre de la Vallée du Rift (FVR) et la résurgence du Mpox. Face à cette situation, le Ministère de la Santé et de l’Action sociale appelle à une vigilance renforcée et à une mobilisation accrue des populations pour freiner la propagation de ces deux maladies.

Une épidémie de FVR toujours active

La Fièvre de la Vallée du Rift continue d’évoluer dans plusieurs régions du pays. Depuis le début de l’épidémie, 443 cas confirmés ont été enregistrés, dont 31 décès et 391 guérisons. Rien que pour la journée du 12 novembre, sept nouveaux cas et un décès ont été signalés.

La région de Saint-Louis demeure l’épicentre de l’épidémie, concentrant à elle seule 331 cas. Les districts de Richard-Toll, Saint-Louis, Podor et Dagana figurent parmi les plus touchés, avec respectivement 151, 79, 53 et 36 cas recensés. La région de Fatick suit avec 24 cas, répartis principalement entre Diofior, Fatick et Pété. À Matam, 30 cas ont été confirmés, notamment dans les localités de Thilogne, Ranérou et Matam.

Louga enregistre 20 cas répartis entre Linguère, Keur Momar Sarr, Sakal, Dahra et Coki, tandis que Dakar compte 10 cas, dont la majorité à Sangalkam et Keur Massar. Kaolack dénombre 18 cas, principalement concentrés dans la commune de Kaolack, mais aussi à Nioro, Ndoffane et Guinguinéo. Des cas isolés ont été identifiés à Thiès (2 cas), Tambacounda (4 cas à Kidira), Kédougou (2 cas) et Kaffrine (2 cas à Birkelane).

Le Mpox sous contrôle mais sous surveillance

Parallèlement à la FVR, le pays continue de suivre de près l’évolution du Mpox (anciennement variole du singe). Depuis le 22 août 2025, dix cas ont été recensés, dont huit confirmés et deux probables. Neuf d’entre eux ont été enregistrés dans la région de Dakar, et un à Ziguinchor. Heureusement, tous les malades ont été guéris, et aucun décès n’a été signalé. Actuellement, vingt-deux personnes contacts restent sous surveillance médicale afin de prévenir toute reprise de la transmission.

Un appel pressant à la vigilance communautaire

Le Ministère de la Santé, conscient du risque de propagation, exhorte les populations à faire preuve d’une vigilance accrue. Il invite les citoyens à respecter strictement les mesures de prévention, notamment en matière d’hygiène, de surveillance des animaux et de gestion des cas suspects. Les autorités appellent également à une collaboration étroite avec les agents de santé et les relais communautaires, afin de faciliter la détection précoce et la prise en charge rapide des personnes infectées.

Le Ministère rappelle enfin l’importance de signaler sans délai tout symptôme suspect, qu’il s’agisse de fièvre, de maux de tête, de lésions cutanées ou d’autres signes inhabituels. Dans un contexte où les deux maladies circulent simultanément, la responsabilité collective demeure la meilleure arme pour briser la chaîne de transmission et préserver la santé publique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°606 – 13/11/2025

🔴 LE SÉNÉGAL DANS LE TRIO AFRICAIN DES ÉCONOMIES EN DANGER APRÈS LES DÉCLARATIONS DE SONKO : TÉRA-FAILLITE EN VUE
🔴 TRAQUE DES CHRONIQUEURS : ABDOU NGUER LIBRE, BADARA GADIAGA TIENT BON

🔴 TROISIÈME MÉDAILLE AUX JEUX ISLAMIQUES 2025 : OUMY DIOP INARRÊTABLE !
🔴 FOOT LOCAL : JARAAF ET GUÉDIAWAYE FC RETROUVENT LEURS PELOUSES

Dette publique : le FMI renvoie le Sénégal à ses choix souverains

Le Fonds monétaire international (FMI) a affirmé, dans un communiqué relayé par Bloomberg, avoir discuté avec les autorités sénégalaises de plusieurs pistes pour faire face aux « importantes vulnérabilités liées à la dette » du pays. Toutefois, l’institution internationale précise qu’il revient au gouvernement sénégalais de décider souverainement de la manière dont il souhaite gérer cette situation.

Cette position intervient dans un contexte tendu sur les marchés financiers. Les déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, la semaine dernière, rejetant toute idée de restructuration de la dette publique, ont déclenché une nouvelle vague de ventes massives d’obligations sénégalaises, aggravant la pression sur les taux d’intérêt. Les rendements des eurobonds sénégalais ont fortement fluctué : celui des obligations à échéance 2031, qui avait connu lundi la plus forte chute jamais enregistrée, est retombé de cinq points de base à 15,32 % mardi matin à Londres, tandis que celui des titres à échéance 2048 a légèrement progressé à 11,97 %.

L’actuelle crispation entre Dakar et les bailleurs internationaux trouve ses origines dans la découverte, en 2024, de plus de 7 milliards de dollars de dettes non déclarées, accumulées sous le précédent régime. Cette révélation avait conduit à la suspension du précédent programme du FMI, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, gelé dans l’attente d’un audit complet et d’un assainissement budgétaire.

Une mission du FMI s’est rendue à Dakar la semaine dernière pour évaluer la situation macroéconomique et explorer la possibilité d’un nouvel accord de financement, mais les discussions se sont achevées sans conclusion. Le FMI a toutefois précisé que toute décision concernant une éventuelle restructuration de la dette dépendra d’une analyse de soutenabilité, dont les résultats sont attendus dans les prochaines semaines.

« Le choix et la nature spécifique des opérations sur la dette, y compris la décision de procéder ou non à une restructuration, relèvent d’une décision souveraine », a déclaré un porte-parole du FMI dans une réponse par courriel adressée à Bloomberg.

Pour le Premier ministre Ousmane Sonko, il n’est pas question de céder à une pression extérieure. Dans une déclaration publique, il a estimé que la dette du Sénégal restait soutenable et qu’une restructuration — perçue comme un aveu de faiblesse ou de défaut — n’était pas envisageable. Cette position s’inscrit dans une logique de souveraineté économique chère au tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko, qui prône une gouvernance plus indépendante des institutions financières internationales.

Mais cette intransigeance a un coût : selon Leeuwner Esterhuysen, analyste chez Oxford Economics, le refus de restructurer la dette « limite considérablement les marges de manœuvre du Sénégal si l’appui extérieur venait à être retardé ou réduit ». Sans restructuration, « le pays devra se tourner vers un financement intérieur plus coûteux ou opérer d’importantes coupes budgétaires, au risque de provoquer des tensions économiques et sociales », avertit-il.

Le FMI, de son côté, insiste sur son rôle d’assistance technique et analytique, non de contrainte politique. « L’analyse des politiques économiques et la formulation de recommandations font partie du mandat du FMI, mais les décisions finales appartiennent toujours aux autorités nationales », a rappelé son porte-parole.

Cette formulation diplomatique illustre bien la complexité de la situation : entre la volonté d’affirmer une souveraineté économique retrouvée et la nécessité de rassurer les investisseurs, le Sénégal avance sur une ligne de crête. Si le gouvernement campe sur sa position, il devra impérativement convaincre par des réformes internes crédibles, sous peine de voir les marchés se fermer davantage à lui.

Crise de la dette : le Sénégal rejoint le Gabon et le Mozambique dans le trio africain au bord de la faillite financière

Selon une analyse publiée ce mercredi par Bloomberg, les obligations souveraines du Sénégal ont atteint un niveau historiquement bas, plaçant le pays dans une situation de détresse financière aiguë et l’excluant de facto des marchés internationaux de capitaux. Une situation qui alarme les investisseurs et rappelle les récentes difficultés du Gabon et du Mozambique, deux autres États africains fragilisés par le poids de leur dette.

Les données de l’indice de JPMorgan Chase & Co., citées par Bloomberg, montrent que l’écart de rendement entre les obligations sénégalaises et les bons du Trésor américain s’est élargi à 1 077 points de base mercredi. Ce seuil, considéré comme la limite critique au-delà de laquelle un pays ne peut plus emprunter sur les marchés internationaux, signale une perte quasi totale de confiance des investisseurs. À titre de comparaison, le Mozambique affiche actuellement un écart de 965 points de base, tandis que la dette gabonaise a récemment franchi cette même barre symbolique.

Cette dégradation brutale de la signature du Sénégal intervient après la fin, sans accord, de la mission du Fonds monétaire international (FMI) à Dakar. Le FMI, qui négociait avec les autorités sénégalaises un nouveau programme d’appui financier, a quitté le pays sans conclusion, laissant planer de sérieux doutes sur la trajectoire budgétaire du gouvernement. Le précédent programme, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, avait été suspendu en 2024 après la révélation de dettes cachées estimées à plus de 7 milliards de dollars, un scandale qui continue d’éroder la crédibilité financière de l’État.

Dans un contexte de forte tension sur les marchés, les propos du Premier ministre Ousmane Sonko n’ont pas contribué à apaiser la situation. Ce dernier a clairement écarté, lors d’une déclaration le week-end dernier, toute possibilité de restructuration de la dette, préférant défendre la position d’un État souverain qui refuse d’être soumis à des conditions imposées par les bailleurs. Cette posture, jugée intransigeante par les investisseurs, a aussitôt provoqué une vente massive des obligations sénégalaises en dollars, entraînant une flambée des rendements. Les titres à échéance 2031 ont bondi de 122 points de base pour atteindre 16,87 %, selon Bloomberg, soit une hausse de près de 300 points de base en trois jours seulement.

Pour Mark Bohlund, analyste principal chez REDD Intelligence cité par Bloomberg, « le marché intègre désormais une probabilité significative de restructuration de la dette du Sénégal, et cette perception s’est renforcée depuis la déclaration du FMI du 6 novembre ». Selon lui, « cela signifie clairement que le Sénégal est aujourd’hui coupé de l’accès au marché des eurobonds ».

Le FMI, de son côté, reconnaît la gravité de la situation. Dans une note publiée mardi, l’institution financière a indiqué avoir « exploré plusieurs options avec les autorités sénégalaises » mais a laissé entendre que le gouvernement devait désormais décider comment gérer ses importantes vulnérabilités financières. Une manière diplomatique de signifier que la balle est désormais dans le camp de Dakar.

D’après Yvonne Mhango, économiste principale chez Bloomberg Economics, la viabilité de la dette sénégalaise passe désormais par une combinaison de rigueur budgétaire et de concessions des créanciers. Elle estime que pour stabiliser ses finances, le Sénégal devra dégager un excédent primaire équivalent à 2 % de son produit intérieur brut (PIB), tout en obtenant des “haircuts” (coupes dans le remboursement du principal) de la part des détenteurs d’eurobonds et d’autres prêteurs. « Même avec un ajustement budgétaire sévère, la charge de la dette restera insoutenable sans une réduction des créances », écrit-elle dans son rapport.

Certains analystes, toutefois, appellent à relativiser cette crise. Pour Simon Simond, spécialiste des marchés africains interrogé par Bloomberg, « le Sénégal ne constitue pas un risque systémique ». Il note que « la plupart des pays africains présentent aujourd’hui des perspectives économiques encourageantes, une amélioration de leurs réserves de change et une réduction progressive de leurs ratios d’endettement ». Cependant, reconnaît-il, la défiance des marchés à l’égard du Sénégal pourrait rapidement se propager à d’autres économies si le gouvernement ne parvient pas à rassurer ses partenaires financiers.

En dépit de ce climat d’incertitude, les autorités sénégalaises maintiennent leur position : pas de restructuration, pas de compromis sur la souveraineté économique. Une ligne politique assumée par Ousmane Sonko et par le président Bassirou Diomaye Faye, qui considèrent que la crise actuelle doit être surmontée par des réformes internes et une meilleure gouvernance, plutôt que par un nouvel endettement auprès des institutions internationales.

Mais pour les investisseurs, le constat est plus brutal : les obligations sénégalaises sont désormais classées dans la catégorie “distressed”, autrement dit, au bord du défaut de paiement. Si le gouvernement ne parvient pas à présenter rapidement un plan crédible de redressement, le risque est grand de voir le Sénégal perdre définitivement l’accès aux marchés financiers internationaux, un scénario qui rappellerait les crises de la dette des années 1980.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°605 – 12/11/2025

🔴 ÉVICTION D’AÏDA MBODJ DE LA TÊTE DE LA COALITION DIOMAYE PRÉSIDENT : DÉBUT DU GRAND MÉNAGE ?
🔴 HAUSSE DE PLUS DE 67 MILLIARDS FRANCS CFA DU BUDGET DU MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT : ASS AUX ANGES

🔴 JEUX ISLAMIQUES 2025 : OUMY DIOP OFFRE UNE NOUVELLE MÉDAILLE AU SÉNÉGAL

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°604 – 11/11/2025

🔴 CONSÉQUENCES DU TÉRA-MEETING : BAISSE DES EUROBONDS SÉNÉGALAIS
🔴 OPPOSITION À LA LIBÉRATION DE BADARA GADIAGA COMME DANS LE CAS DE LAT DIOP : LE PARQUET ENCORE CONTROVERSÉ

🔴 « ITRI », BALLON OFFICIEL DE LA CAN 2025 : UN HOMMAGE AU ZELLIGE MAROCAIN
🔴 INCIDENTS USO–JARAAF : LA LSFP ET OUVRE UNE ENQUÊTE

Lamine Gueye, président du mouvement Xall Yoon : « Ousmane Sonko doit présenter ses excuses au peuple sénégalais »

Le président du mouvement Xall Yoon, Lamine Gueye, a animé ce lundi un point de presse au cours duquel il a livré une analyse sans concession de la situation nationale. Quelques jours après le « Téra Meeting » tenu à Dakar par le Premier ministre Ousmane Sonko, le leader politique a exprimé ses inquiétudes quant à la gouvernance économique, institutionnelle et politique actuelle du Sénégal.

Selon Lamine Gueye, le pays traverse une période critique, marquée par un endettement alarmant et une perte de confiance de la part des partenaires financiers internationaux. « Nous vivons une crise qui se mesure sur plusieurs plans : économique, institutionnel et démocratique. Aujourd’hui, l’endettement dépasse 100 % du PIB et les guichets financiers internationaux se ferment. Rien ne justifie une telle situation dans un pays riche en ressources naturelles », a-t-il dénoncé.

Pour le leader de Xall Yoon, cette dégradation n’est pas le fruit du hasard, mais résulte de choix politiques « irresponsables » et de « discours populistes » qui nuisent à la stabilité économique. Il a directement mis en cause Ousmane Sonko, qu’il accuse de fragiliser les institutions et de ternir l’image du pays sur la scène internationale. « Nous pensons que tout est tard. Ousmane Sonko doit présenter ses excuses au peuple sénégalais », a martelé Lamine Gueye, appelant à plus de retenue et de responsabilité dans la communication gouvernementale.

Évoquant le grand meeting du 8 novembre dernier, Lamine Gueye estime qu’il n’a pas contribué à rassurer les citoyens. Bien au contraire, selon lui, cette mobilisation a accentué les divisions et « décrédibilisé certaines institutions de l’État ». Il cite notamment les réaffectations ministérielles et les conclusions de rapports administratifs récents, qu’il juge « sources de confusion et de perte de repères pour les Sénégalais ».

S’adressant directement au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le leader du mouvement Xall Yoon a tenu à rappeler que les anciens chefs d’État, comme Abdoulaye Wade et Macky Sall, avaient mis en œuvre des plans économiques ambitieux — le NEPAD et le Plan Sénégal Émergent (PSE) — pour soutenir la croissance et moderniser le pays. Il critique à ce titre le plan de redressement économique actuel, qu’il juge peu cohérent et trop dépendant de recettes fiscales issues de « l’alcool, du tabac et des jeux de hasard ».

« Le Sénégal mérite une vision plus ambitieuse. Les régions comme Kaffrine, Diourbel, Kédougou ou Ziguinchor doivent bénéficier d’infrastructures modernes capables d’attirer les investisseurs et de soutenir un véritable développement territorial », a-t-il plaidé, appelant à une réorientation des priorités économiques vers la production et la formation.

Lamine Gueye a tenu à préciser qu’il ne cherche pas à intégrer la coalition au pouvoir, mais qu’il s’exprime « en citoyen préoccupé » par l’avenir du pays. « Nous sommes tous Sénégalais. Nous avons tous droit à un pays stable, organisé et orienté vers l’avenir. Le président Bassirou Diomaye Faye doit prendre ses responsabilités. Il ne peut pas laisser l’image du Sénégal se dégrader davantage », a-t-il lancé.

En conclusion, le président de Xall Yoon a appelé à un sursaut collectif et à la préservation de la cohésion nationale : « Nous devons faire preuve de responsabilité politique, de dépassement et d’unité. C’est le seul moyen de sortir le Sénégal de la crise actuelle et de reconstruire la confiance entre les citoyens et leurs dirigeants. »

Amadou Mame Diop charge Ousmane Sonko : « Un homme constamment en contradiction avec lui-même »

L’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, est monté au créneau ce lundi pour répondre aux dernières déclarations du leader du parti Pastef – Les Patriotes, Ousmane Sonko. Lors d’un point de presse tenu au siège de l’Alliance pour la République (APR), il a livré une réplique ferme et sans détour à l’endroit du Premier ministre.

Selon Amadou Mame Diop, Ousmane Sonko est un homme « qui est tout le temps en contradiction avec lui-même ». Pour le responsable apériste, le discours du chef du gouvernement, souvent empreint de populisme et d’attaques contre ses adversaires, ne repose sur aucune cohérence politique. « Il dit une chose aujourd’hui et son contraire le lendemain. C’est cette instabilité de position qui fait qu’il perd en crédibilité, même auprès de certains de ses partisans », a-t-il martelé.

L’ancien président de l’Assemblée nationale a également dénoncé ce qu’il considère comme une stratégie de diversion du Premier ministre. « Chaque fois qu’il est acculé sur la gestion du pays, il essaie de déplacer le débat en s’attaquant à l’ancien régime. Cela ne peut plus tromper personne », a-t-il soutenu, estimant que « les Sénégalais attendent aujourd’hui des résultats, pas des discours ».

Amadou Mame Diop a, par ailleurs, défendu le bilan de Macky Sall et de l’APR, rappelant que « les grandes réalisations du Sénégal, qu’il s’agisse des infrastructures, de l’énergie ou de l’éducation, sont le fruit d’un travail de longue haleine entamé bien avant l’arrivée de Sonko au pouvoir ». Il a invité le Premier ministre à « sortir de la logique de la confrontation permanente » et à « se concentrer sur les défis réels du pays ».

Cette sortie d’Amadou Mame Diop intervient dans un contexte marqué par une série de prises de parole du chef du gouvernement, souvent critiques à l’égard de l’ancien régime. Elle illustre la persistance d’un climat politique tendu entre le camp présidentiel actuel et les figures de l’ancienne majorité.

En conclusion, le responsable apériste a appelé à « un débat politique responsable », tout en avertissant que « l’APR ne laissera plus passer les attaques gratuites contre ses dirigeants ». Ses propos laissent présager une intensification de la confrontation politique à l’approche des grands rendez-vous électoraux à venir.

Crise de la dette : Les Eurobonds sénégalais s’effondrent après la position ferme d’Ousmane Sonko

Les marchés financiers ont fortement réagi aux déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, qui a rejeté toute idée de restructuration de la dette publique extérieure du Sénégal. Cette position, exprimée à l’issue de discussions avec le Fonds monétaire international (FMI), a entraîné une chute notable des euro-obligations du pays, accentuant les incertitudes autour de la trajectoire budgétaire nationale. L’information a été rapportée dans un article de l’agence économique internationale Bloomberg.

À Londres, ce lundi, les obligations souveraines en dollars du Sénégal arrivant à échéance en 2031 ont reculé de 3,8 cents pour s’établir à 73,08 cents par dollar, soit la plus forte baisse jamais enregistrée sur une journée de clôture. Les titres arrivant à échéance en 2048 ont eux aussi diminué de 2,4 cents, atteignant 60,28 cents, leur plus forte chute depuis avril. Ces variations marquent la troisième séance consécutive de repli, confirmant la nervosité croissante des investisseurs.

Cette réaction du marché s’explique par la fermeté du Premier ministre, qui a affirmé, lors d’une rencontre politique, avoir rejeté une proposition de restructuration de la dette. Selon Ousmane Sonko, une telle démarche pourrait donner l’image d’un pays proche de la faillite, compliquer l’attraction des investissements étrangers et exposer l’État à des actions judiciaires de certains créanciers réclamant le paiement intégral des sommes dissimulées.

Depuis l’arrivée de la nouvelle administration en 2024, le Sénégal est confronté à une situation financière tendue. La découverte de 7 milliards de dollars de dette non déclarée, héritée du précédent régime, a provoqué une onde de choc sur les marchés internationaux, entraînant la suspension d’un programme de 1,8 milliard de dollars avec le FMI et plusieurs dégradations de notation souveraine.

Une délégation du Fonds a récemment séjourné pendant deux semaines à Dakar dans l’espoir de conclure un nouvel accord, mais la mission s’est terminée sans finalisation, bien que le FMI ait réaffirmé son engagement à poursuivre les discussions dans les plus brefs délais. L’institution souligne néanmoins que « des efforts significatifs » seront nécessaires pour assurer la soutenabilité de la dette.

Sans restructuration, le Sénégal devra s’appuyer davantage sur le financement intérieur et une discipline budgétaire renforcée. Le gouvernement a déjà engagé une réduction des dépenses publiques, notamment dans les budgets de fonctionnement, et introduit de nouvelles taxes sur le tabac, l’alcool, les jeux d’argent et les transactions via mobile money. Ousmane Sonko assure toutefois que ces mesures ne toucheront pas les services et produits de base tels que l’eau, l’électricité, le riz et le sucre, dans un contexte où le pouvoir d’achat des ménages reste fragile.

Certains analystes estiment que la position du Premier ministre peut être perçue comme un signal de souveraineté économique, tandis que d’autres alertent sur la nécessité urgente de restaurer la confiance des investisseurs étrangers. Pour l’heure, l’avenir reste suspendu aux conclusions de l’analyse de viabilité de la dette que le FMI doit finaliser dans les prochaines semaines. Cette étape sera cruciale pour déterminer la suite du programme d’ajustement et la capacité du pays à maintenir sa stabilité financière.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°603 – 10/11/2025

🔴 MALGRÉ LA RÉPRESSION : LE « NIAKHTOU NATIONAL » RÉSONNE !
🔴 « UN TERA FLOP ET UN DISCOURS RÉCHAUFFÉ » : LA COJER RAILLE SONKO

🔴 COUPE DU MONDE U17 / VICTOIRE ÉCRASANTE CONTRE LES ÉMIRATS ARABES UNIS : LES « LIONCEAUX » EN HUITIÈMES DE FINALE
🔴 LIGUE 1 : TEUNGUETH FC ET L’US OUAKAM TRIOMPHENT

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°602 –08 ET 09/11/2025

🔴 INTERDICTION DE RASSEMBLEMENT AU TERRAIN SACRÉ-CŒUR : LE « NIAKHTOU NATIONAL » RÉSISTE !
🔴 NAISSANCE DU « FRONT POUR LA DÉFENSE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE » : LA RÉSISTANCE FACE AU MONSTRE

🔴 EVERTON / QUE RÉSERVE L’AVENIR À ILIMAN NDIAYE ? : MOYES RÉPOND
🔴 JEUX DE LA SOLIDARITÉ ISLAMIQUE 2025 : LE SÉNÉGAL PRÊT À BRILLER À RIYADH

Affaire LONASE : Lat Diop retrouve la liberté après le rejet du pourvoi du Parquet général par la Cour suprême

L’ancien Directeur général de la Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE), Lat Diop, a recouvré la liberté ce vendredi, après plusieurs mois passés en détention. Sa libération intervient à la suite du rejet du pourvoi en cassation introduit par le Parquet général auprès de la Cour suprême, confirmant ainsi la décision antérieure de mise en liberté sous bracelet électronique.

Poursuivi pour extorsion de fonds, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux, l’ancien ministre des Sports sous le régime de Macky Sall faisait face à de graves accusations portant sur un montant estimé à près de 8 milliards de francs CFA. Ces fonds, selon l’accusation, auraient été détournés dans le cadre de la gestion des ressources internes et externes de la LONASE durant sa direction.

Arrêté et placé sous mandat de dépôt le 26 septembre 2024, Lat Diop avait depuis été maintenu en détention dans le cadre d’une procédure judiciaire complexe. Ses avocats avaient introduit plusieurs demandes de liberté provisoire, rejetées à plusieurs reprises avant qu’un juge d’instruction ne décide de le placer sous bracelet électronique. Cette mesure alternative avait ensuite été contestée par le Parquet général, qui avait introduit un pourvoi devant la Cour suprême.

Mais la plus haute juridiction du pays a finalement confirmé la décision du juge d’instruction, ouvrant la voie à la remise en liberté de Lat Diop. Sa réapparition publique ce vendredi marque donc un tournant dans une affaire qui a longtemps alimenté les débats sur la gouvernance des sociétés nationales et la reddition des comptes des anciens responsables sous le régime précédent.

Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été faite par l’ancien ministre, qui reste toutefois sous contrôle judiciaire et toujours poursuivi dans le cadre de la procédure engagée par le Pool judiciaire financier. Sa défense, de son côté, se dit confiante et espère que les étapes suivantes permettront de « rétablir la vérité sur un dossier monté de toutes pièces », selon les termes d’un de ses avocats.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°601 – 07/11/2025

🔴 DÉSISTEMENT STRATÉGIQUE DE « RAPPEL À L’ORDRE DU PEUPLE » : TOUS AU « NIAKHTOU NATIONAL »
🔴 LAT DIOP SOUS BRACELET ÉLECTRONIQUE ET ARRESTATION MUSCLÉE DE PAPE MALICK NDOUR : LE SORT S’ACHARNE SUR L’APR

🔴 COUPE DU MONDE U17 : LES « LIONCEAUX » S’IMPOSENT FACE AU COSTA RICA
🔴 PRÉ-CAN 2025 / MATCHS CONTRE LE BRÉSIL ET LE KENYA : LA LISTE AUDACIEUSE DE PAPE THIAW

ASP / SOUPÇONS DE NÉPOTISME AUTRES FAITS PRÉSUMÉS : Le Capitaine Touré, entendu par la Sûreté urbaine

Quelques mois après les réformes engagées à son arrivée à la tête de l’Agence dassistance à la sécurité de proximité (ASP), le capitaine Seydina Oumar Touré fait lobjet de nouvelles allégations portant sur sa gestion. Le directeur général affirme avoir saisi la justice pour « diffusion de fausses nouvelles » et avoir été entendu par la Sûreté urbaine.

Il y a environ neuf mois, nos confrères d’emedia.sn, citant le journal Source A, rapportaient des remous internes au sein de l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité (ASP). Le directeur général, le Capitaine Seydina Oumar Touré, conduisait alors une série de réformes qualifiées de controversées par certains agents. Entre licenciements, recrutements d’anciens militaires, réorganisation de l’organigramme et gestion du parc automobile, la direction de l’agence faisait l’objet de multiples critiques.

Dès sa prise de fonctions, le Capitaine Touré aurait procédé à une refonte en profondeur de l’organigramme de l’ASP. Plusieurs directeurs auraient été rétrogradés, notamment celui de la planification, tandis que l’ancien Directeur administratif et financier (DAF) aurait été remplacé par un auditeur interne, lui-même relevé de ses fonctions quelques mois plus tard. Certains responsables auraient vu leur rémunération réduite ou auraient été affectés en dehors de Dakar, en raison, selon Emedia, d’une incompatibilité d’humeur avec le nouveau directeur général.

Face à ces griefs présumés, le Capitaine Touré assumait ses choix, estimant que « le décret instituant l’ASP parle de gouvernance sécuritaire de proximité » et que, pour remplir cette mission, « l’organigramme devait être corrigé ». Mis en cause pour avoir écarté des cadres pour des motifs supposément politiques, il déclarait : « je suis un homme politique, nommé ici. Certains dénigrent le régime en place dans leurs discours, ce n’est pas possible. J’ai étudié le profil de chacun. »

S’agissant des réaffectations, il précisait : « si un directeur accepte d’être affecté ailleurs, son salaire s’adapte au poste occupé. Ceux qui refusent peuvent démissionner ou introduire un recours. » Le directeur général justifiait par ailleurs le recrutement d’anciens militaires radiés, citant notamment le soldat Mouhamadou B. Kanté et le caporal Ousseynou Fall, au motif de renforcer la discipline au sein de l’agence : « L’ASP manquait de rigueur, il fallait y remédier. »

Interrogé sur la présence de chroniqueurs médiatiques au sein de l’agence, il avait également tranché : « J’ai demandé à ceux qui étaient devenus chroniqueurs de quitter les médias. »

La gestion du parc automobile n’échappait pas non plus aux interrogations. La possession de véhicules de type Toyota V6, Fortuner ou double cabine suscitait des critiques, tout comme la vente de treize voitures, aujourd’hui au centre d’une procédure judiciaire initiée par le capitaine Touré lui-même, qui dit vouloir faire toute la lumière sur d’éventuelles irrégularités.

Malgré les contestations, le directeur général de l’ASP est demeuré ferme, affirmant vouloir poursuivre sa réforme et consolider la mission de sécurité de proximité au Sénégal.

LA PLAINTE À LA SÛRETÉ URBAINE

Récemment, ces mêmes allégations ont refait surface, assorties cette fois-ci d’accusations de népotisme présumé, entre autres. Sollicité par Le Dakarois Quotidien, le Capitaine Touré a indiqué avoir déposé une plainte pour « diffusion de fausses nouvelles » auprès de la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar, par l’entremise de son avocat, Me Moussa Sarr. Il précise avoir été entendu ce mercredi 5 novembre dans le cadre de cette procédure visant, selon ses termes, « les organes et personnes ayant diffusé ces informations ».

Invité par notre rédaction à partager une copie de la plainte afin d’en informer l’opinion publique, le directeur général a décliné, arguant que la diffusion du document « [risquerait] de décrédibiliser l’enquête », tout en nous invitant à nous rapprocher de la Sûreté urbaine pour toute vérification.

Toutefois, la rédaction du Dakarois Quotidien a tenu à rappeler que la transmission d’une copie de plainte ne saurait en aucun cas compromettre une enquête en cours, dès lors qu’il ne s’agit pas d’en divulguer le contenu confidentiel, mais simplement d’en attester l’existence, conformément aux principes de transparence et de rigueur journalistique. Cette pratique, courante dans le métier, s’inscrit dans le strict respect des règles déontologiques.

Malgré ces précisions, le Capitaine Touré a maintenu sa position, préférant ne pas partager le document, estimant cela pourrait porter atteinte au bon déroulement de la procédure.

Quoiqu’il en soit, Le Dakarois Quotidien demeure attentif à l’évolution de ce dossier et y reviendra dès que de nouveaux éléments seront disponibles, notamment la communication d’une version officielle de l’ASP ou la mise à disposition d’une copie de la plainte déposée par le Capitaine Seydina Oumar Touré.

Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°600 –06/11/2025

🔴 SOUPÇONS DE NÉPOTISME ET AUTRES FAITS PRÉSUMÉS : LE CAPITAINE TOURÉ PORTE PLAINTE
🔴 SUSPENSION DE LA 7TV ET DE LA TFM SUR LA TNT : LE CNRA S’EN LAVE LES MAINS

🔴 MEILLEURS SPORTIFS ANPS 2024-2025 : LES CINQ SPORTIFS QUI FONT LA UNE
🔴 TURQUIE / MATCH AMICAL : LE SÉNÉGAL FACE AU KENYA LE 18 NOVEMBRE

Santé : And Gueusseum rejette le décret 2025-670 jugé « inéquitable » et annonce un plan d’action à Ziguinchor

Le secteur de la santé au Sénégal est à nouveau traversé par des remous. À Ziguinchor, la section régionale du syndicat And Gueusseum hausse le ton contre le décret n°2025-670 du 29 avril 2025, qu’elle qualifie « d’inéquitable » et « de profondément injuste ». Ce texte, signé par les autorités, fixe les règles de fonctionnement des organes délibérants dans les entités du secteur parapublic, notamment les hôpitaux publics. Mais ce sont surtout les dispositions relatives à la représentation du personnel qui cristallisent la colère des travailleurs.

En effet, le décret réserve désormais l’éligibilité des représentants du personnel aux seuls agents appartenant à la hiérarchie A. Pour And Gueusseum, cette restriction crée une fracture au sein du système hospitalier, en excluant de nombreux acteurs essentiels du fonctionnement des établissements de santé. « C’est une mesure discriminatoire et contraire à l’esprit d’équité qui doit prévaloir dans nos hôpitaux », déplore Ousmane Mbaye, coordinateur régional du syndicat à Ziguinchor.

Selon lui, le texte prive une majorité d’agents — notamment les infirmiers, sages-femmes, aides-soignants, techniciens et autres personnels de soutien — de leur droit à participer à la gouvernance de leur structure. « Dans un hôpital, l’efficacité repose sur la complémentarité des métiers. Ce n’est pas un diplôme qui fait le dévouement ni la compétence dans la défense des intérêts collectifs », a-t-il souligné, estimant que « la représentation du personnel devrait être ouverte à tous ceux qui travaillent sur le terrain au service des malades ».

Les membres d’And Gueusseum estiment également que le décret souffre d’une incohérence majeure. Le coordinateur régional rappelle en effet que « le président du conseil d’administration d’un hôpital, qui exerce un pouvoir stratégique bien plus important, n’est soumis à aucune exigence de hiérarchie particulière. Il est nommé par décret présidentiel, quel que soit son profil. Pourquoi, dans ce cas, imposer une restriction de grade uniquement aux représentants du personnel ? ». Pour les syndicalistes, cette asymétrie traduit un manque d’équilibre et renforce le sentiment d’injustice parmi les agents concernés.

Face à cette situation, And Gueusseum a entamé une série de démarches. Des rencontres ont déjà eu lieu avec les directions de l’hôpital de la Paix et de l’hôpital régional de Ziguinchor afin de présenter les doléances du personnel et de solliciter un dialogue avec les autorités de tutelle. Ces discussions n’ayant, pour l’heure, abouti à aucun compromis, le syndicat a décidé de passer à l’action.

Un sit-in est prévu le 21 novembre prochain à Ziguinchor, dans le cadre de la mise en œuvre du cinquième plan d’action syndicale. Si aucune suite favorable n’est donnée à leurs revendications, And Gueusseum prévoit d’élargir la mobilisation à d’autres structures sanitaires du pays, avec la possibilité d’une grève de 72 heures. « Ce plan d’action est un avertissement. Nous sommes ouverts au dialogue, mais nous n’accepterons pas que les droits des travailleurs soient sacrifiés », a prévenu Ousmane Mbaye.

Par ailleurs, le syndicat rejette le pacte de stabilité sociale proposé par le gouvernement, qui vise à instaurer une trêve des grèves pour une période de trois ans. Selon And Gueusseum, ce pacte est « inacceptable » dans la mesure où il a été élaboré sans la consultation de tous les acteurs représentatifs. « Nous n’avons pas été conviés à la signature de ce document, et même si nous l’avions été, nous ne l’aurions pas signé. L’État ne peut pas parler de stabilité alors qu’il n’a pas encore honoré ses engagements vis-à-vis des travailleurs », a déclaré le coordinateur.

And Gueusseum revendique depuis plusieurs années une autonomie syndicale vis-à-vis des centrales traditionnelles, se présentant comme une « troisième voie syndicale » : indépendante, critique et résolument tournée vers la défense des droits et de la dignité du personnel de santé. À Ziguinchor, comme ailleurs, la coordination régionale assure qu’elle restera mobilisée jusqu’à la révision ou la suspension du décret 2025-670, estimant qu’il remet en cause des acquis sociaux durement obtenus après des années de lutte.

Lettre ouverte / TERA MEETING vs TERA NIAKHTOU NATIONAL : au nom du peuple, du but et de la foi que nous partageons

Chers organisateurs du TERA Meeting, chers organisateurs du TERA Niakhtou National,
Chers acteurs politiques, membres de la société civile, activistes, journalistes, artistes et citoyens du Sénégal,

Ce samedi 08 novembre s’annoncent deux grands rendez-vous politiques, deux tribunes où se cristallisent les passions, les espoirs et les colères d’un peuple fatigué, inquiet, mais toujours debout. Ces moments auraient pu être de simples étapes du calendrier démocratique. Ils sont, en réalité, des miroirs dans lesquels se reflète l’état moral, social et politique de notre chère nation : un Sénégal traversé par les doutes, meurtri par les divisions, mais encore habité par cette lumière fragile et précieuse de la foi commune — foi en Dieu, foi en la patrie, foi en notre destin collectif.

Car aujourd’hui, il faut oser le dire : notre pays est  très divisé.
La colère, la haine et la méfiance se lisent sur les visages de nos compatriotes que nous croisons chaque matin. Ce jeune vendeur à la sauvette qui guette un acheteur hypothétique, ce mécanicien «ambulant» essoufflé après un sprint de 100 mètres derrière une voiture dans les parages du Centre de contrôle Technique, à Hann, cette femme âgée bousculée dans le car rapide avec son panier de légumes, ce laveur de pare-brises dans les interminables embouteillages de l’autoroute ou de l’ancienne piste,  ce technicien de surface, simulant un coup de balai, pour tendre la main aux passants ou aux automobilistes, espérant une pièce pour s’offrir un peu d’eau, un café, ou simplement de quoi tenir jusqu’à la fin de la journée, ces enfants errant sans horizon, ces images qui ont fait le tour de la toile, le lundi 03 novembre, où on voit des centaines de jeunes rassemblés devant l’immeuble Glow Skin pour déposer leur CV, répondant à un appel  d’une entrepreneure ayant réussi dans le domaine de la cosmétique. Ces faits anodins, en apparence, illustrent avec force la détresse silencieuse d’une jeunesse en quête de travail, d’espoir et de reconnaissance.Tous témoignent, à leur manière, d’une même angoisse existentielle. Leurs regards interrogent silencieusement notre conscience collective : où va le Sénégal ?

Entre 2021 et 2024, les secousses politiques ont laissé des traces profondes. Les blessures n’ont pas été pansées ; elles ont été maquillées. Les mots durs, dans un climat kafkaïen, de jeunes impréparés faisant irruption avec fracas sur la scène politique, ont remplacé les arguments et les propositions programmatiques. Les appartenances partisanes ont fracturé les familles, les quartiers, les confréries, les amitiés, les syndicats, les institutions, et même les cœurs. Le débat public, jadis empreint de mesure, de retenue, d’élégance et d’intelligence sociale et émotionnelle, s’est transformé en un théâtre d’invectives et de diatribes infestes. Trop souvent, certains sages, intellectuels, porteurs de voix, régulateurs sociaux, dont les discours étaient attendus en de pareilles circonstances, se taisent pendant que les cris de la haine emplissent l’espace public physique, médiatique et virtuel.

Pourtant, la politique n’est pas une arène de gladiateurs, mais une école de responsabilité. Être homme ou femme politique, c’est d’abord aimer profondément son pays, le servir dans la retenue, la mesure et la dignité. Ce n’est pas diviser pour régner, mais unir pour construire. Le Sénégal d’aujourd’hui n’a pas besoin de “kulunas”, ni de “gougnafiers”, ni même de “faux neutres” : il a besoin d’esprits éclairés, de cœurs sincères, d’âmes réconciliées.

Nous devons retrouver ce Sénégal qui nous ressemble et que nous aimons :
un Sénégal de paix, de dialogue, de respect et de fraternité; un Sénégal où le cousinage à plaisanterie unit les cœurs, désamorce les tensions et transforme les différences en éclats de rire, symbole vivant d’une paix enracinée dans la fraternité et le respect mutuel; un Sénégal où la diversité est une richesse, non une menace ; où la différence d’opinion ne conduit pas à la haine, mais à la réflexion; un Sénégal où la main tendue vaut plus que le poing levé.

À vous, organisateurs du TERA Meeting et du TERA Niakhtou National,
votre responsabilité dépasse celle d’un parti ou d’un mouvement. Vous êtes aujourd’hui les gardiens d’une mémoire et les artisans d’un futur commun. Faites de ce 08 novembre un jour d’unité et de réconciliation et non de division. Que vos discours ne soient pas des armes, mais des ponts. Que vos mots raniment l’espérance, non la rancune. Que vos foules deviennent les témoins d’un peuple mature, conscient que la grandeur d’une nation ne se mesure pas à la force des slogans, mais à la sagesse et l’engagement de ses enfants bien formés pour épouser notre ère ; l’ère de la société de savoir où l’intelligence artificielle est en train de redéfinir les paradigmes de la géopolitique mondiale. 

Le Sénégal s’apprête à accueillir en 2026 les Jeux Olympiques de la Jeunesse, première édition organisée en terre africaine. Cet événement sportif planétaire, tout comme notre premier trophée continental à la CAN de football, pourrait être notre plus belle vitrine, notre plus noble revanche sur la fatalité. Mais sa réussite reposera sur notre capacité à faire bloc, à raviver le sens de l’union sacrée, au-delà des appartenances politiques et des querelles passagères.

Taisons nos rancunes.
Apaisons nos cœurs.
Retrouvons notre joie de vivre et notre fierté d’être sénégalais — dans nos maisons, nos marchés, nos bureaux, nos rues, nos mosquées, nos églises, nos places publiques.

Car au-delà des partis et des postures, nous n’avons qu’un seul pays : le Sénégal.
Et au nom du Peuple, du But et de la Foi que nous partageons, faisons de ce 08 novembre non pas une confrontation, mais une communion nationale dans laquelle les deux camps rivaliseront d’ardeur dans la proposition constructrice d’un pays réconcilié, dans le discours annonciateur d’un nouveau vrai départ charriant une prospérité partagée équitablement entre tous les citoyens quelles que soient leurs conditions socio-économiques.

Puisse Allah, le Tout-Puissant, raffermir nos cœurs, éclairer nos esprits, et inspirer nos dirigeants pour que le Sénégal demeure ce havre de paix, de fraternité et de dignité que le monde entier nous a toujours envié.

Vive le Sénégal uni, fort et réconcilié.

Vive la République

Pour le Peuple. Pour le But. Pour la Foi.

Oumar Mamadou BASSOUM

Citoyen sénégalais

Suspension de 7TV et TFM sur la TNT : le CNRA dément toute implication et ordonne la reprise immédiate des signaux

Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) a tenu à apporter des précisions ce mercredi 5 novembre 2025, à la suite de la suspension constatée ces derniers jours des signaux des chaînes 7TV et TFM sur la Télévision numérique terrestre (TNT). Dans un communiqué rendu public, l’institution de régulation a formellement démenti toute responsabilité dans cette interruption de diffusion.

Le CNRA a souligné qu’aucune mesure de suspension n’a été prise à l’encontre des deux chaînes concernées. L’organe de régulation a tenu à rappeler qu’il exerce ses missions « en toute indépendance », conformément aux dispositions de la loi n°2006-04 du 4 janvier 2006, qui définit ses prérogatives en matière de contrôle du secteur audiovisuel. Cette loi confère au CNRA la responsabilité de veiller au respect des règles juridiques et déontologiques encadrant la communication audiovisuelle au Sénégal.

Dans son communiqué, le CNRA a également réaffirmé son attachement à la liberté de la presse et au pluralisme, des principes qu’il considère comme essentiels au bon fonctionnement et à l’équilibre du paysage médiatique national. Ces valeurs, rappelle l’institution, constituent des piliers fondamentaux d’une démocratie vivante et d’une information accessible à tous.

Soucieuse de garantir la continuité du service public audiovisuel, l’autorité de régulation a, dans la foulée, ordonné à TDS SA — l’opérateur technique chargé de la diffusion des chaînes sur la TNT — de procéder à la reprise immédiate des signaux de 7TV et de TFM. Cette décision vise à rétablir sans délai la diffusion normale des programmes et à préserver les droits des téléspectateurs, injustement privés d’accès à ces chaînes depuis plusieurs jours.

Par cette mise au point, le CNRA entend dissiper toute confusion et réaffirmer sa posture d’arbitre impartial au service du respect de la législation et de la liberté d’expression dans le secteur audiovisuel sénégalais.

AFFAIRE DE LA RÉQUISITION DES MOISSONNEUSES-BATTEUSES D’INTERMAQ : Mabouba Diagne « vend la guerre » au ministère de la Communication

Ce qui devait être un simple exercice de transparence semble se transformer en refus de communication et interférence administrative. Dans le sillage de laffaire des moissonneuses-batteuses dIntermaq, Le Dakarois Quotidien na pas seulement fait face au silence du ministère de lAgriculture, mais il a également vu surgir de nulle part le ministère de la Communication, invoquant des arguments de non-conformité pour éluder des questions légitimes sur la gestion des deniers publics.

Dans sa parution du 29 juillet 2025, Le Dakarois Quotidien avait annoncé son intention de revenir sur l’affaire des vingt (20) moissonneuses-batteuses réquisitionnées auprès de l’entreprise sénégalaise Intermaq 2012 SA, en l’absence d’avenant contractuel au moment de l’opération malgré la multitude de correspondances adressées au Dr Mabouba Diagne, ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Elevage.

Tout est parti d’une série de démarches entreprises par la rédaction pour recueillir la version officielle du ministère de l’Agriculture (MAERSA). Le dimanche 27 juillet 2025, à une heure avancée de la soirée, la direction du journal a adressé un message WhatsApp au Dr Mabouba Diagne, sans obtenir de réponse. Le lendemain, un appel téléphonique direct est resté sans suite. Le lundi 28 juillet, Le Dakarois Quotidien a pris attache avec M. Dièye, directeur de la Direction de la Modernisation de l’Équipement Rural (DMER), afin d’obtenir la position du ministère. Dès l’entame de l’échange, ce dernier a exigé de connaître l’origine de nos informations. La rédaction a alors rappelé qu’en vertu de l’éthique journalistique, la protection des sources constitue un principe intangible.

Le directeur a, par la suite, invité notre rédaction à transmettre un courrier physique au ministère de l’Agriculture à Diamniadio, condition préalable à toute prise de parole officielle. Le courrier, accompagné d’une série de questions visant à éclairer l’opinion publique, a été effectivement déposé et déchargé par les services du ministère le 30 juillet 2025. Le 8 août 2025, une réponse signée par Ousmane Mbaye, secrétaire général du ministère de l’Agriculture, nous est parvenue par courrier électronique. Dans sa correspondance, M. Mbaye indiquait « [regretter] de ne pouvoir donner une suite favorable à [notre] requête à ce stade », invoquant « la sensibilité des informations sollicitées et la nécessité de respecter certaines obligations de confidentialité ».

Le journal a accusé réception de cette réponse et, à la demande du ministère, a transmis une décharge le 21 août 2025.

Mais, contre toute attente, le 10 septembre 2025, Le Dakarois Quotidien a reçu une lettre émanant cette fois-là du ministère de la Communication, relevant que notre organe de presse « n’est pas, à ce jour, en conformité avec les dispositions du Code de la Presse » et qu’à ce titre, « il n’existe aucune obligation légale de [lui] fournir les informations sollicitées ».

Cet argument soulève plusieurs contradictions. En effet, le 6 février 2025, le Groupe Le Dakarois, dont toutes les plateformes sont numériques, figurait bel et bien sur la liste officielle des médias « reconnus » par le ministère de la Communication. De plus, le 12 juin 2025, la Cour suprême du Sénégal a ordonné la suspension de la notification de cessation de parution du média Public SN, propriété de la journaliste Aïssatou Diop Fall, estimant que l’arrêté ministériel contesté portait atteinte au droit. En conséquence, les actes pris par le ministère dans ce dossier, y compris les listes dites « officielles » des médias reconnus par l’État, ne sauraient produire d’effets tant que le dossier n’est pas définitivement vidée.

Le paradoxe est d’autant plus flagrant que, le 22 septembre 2025, le même ministère de la Communication a convié la direction du Dakarois Quotidien à un atelier de partage et de sensibilisation consacré à la Plateforme DMS et au nouveau formulaire de soumission au Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP). Cette rencontre s’est effectivement tenue le 26 septembre 2025 à Dakar. Dans sa note de cadrage, le ministère précisait que cette initiative s’inscrivait dans « la volonté inclusive de travailler, en étroite collaboration avec toutes les parties prenantes, à la réforme et à la redynamisation du secteur des médias dans toutes ses dimensions ».

Par conséquent, une contradiction manifeste demeure : comment un média prétendument « non reconnu » peut-il être invité à une rencontre officielle organisée par le ministère de tutelle ?

Par ailleurs, s’il n’y a pas de rectification de dernière minute, le Groupe Le Dakarois est reconnu dans la catégorie « presse en ligne » sur la plateforme du ministère (nous avons une capture d’écran à notre disposition).

Au-delà de ce paradoxe administratif, des questions de fond méritent d’être posées. Pourquoi le ministère de la Communication intervient-il dans une affaire relevant du ministère de l’Agriculture ? Pourquoi se substituer à la cellule de communication de ce dernier, comme pour « plaider » sa cause ou verrouiller la diffusion d’informations ? Qu’est-ce qui, dans ce dossier des 20 moissonneuses-batteuses réquisitionnées auprès d’Intermaq, dérange à ce point le gouvernement pour susciter une telle opacité ?

Cette attitude contraste avec les principes de transparence et de reddition des comptes que le régime actuel ne cesse de proclamer, notamment à travers le slogan « jub, jubbal, jubbanti ». D’autant plus que la loi sur l’accès à l’information consacre désormais le droit de tout citoyen – journaliste ou non – d’obtenir communication des informations relatives à la gestion des affaires publiques.

En cherchant à comprendre les conditions de la réquisition des moissonneuses-batteuses, Le Dakarois Quotidien s’est heurté à une muraille de silence. Ce dossier paraît, en définitive, représenter un malaise profond pour les services du ministre Mabouba Diagne.

Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°599 –05/11/2025

🔴 DOSSIER ÉPINEUX DES 20 MOISSONNEUSES-BATTEUSES D’INTERMAQ : MABOUBA « VEND LA GUERRE » AU MINISTÈRE DE LA COMMUNICATION
🔴 SANTÉ / GRÈVE DE 72 HEURES À PARTIR DE CE JOUR : LE SAMES/ARP BRANDIT LE SCALPEL

🔴 BLESSURES DES LUTTEURS AVANT COMBAT : LE CNG MET FIN À LA PAGAILLE DANS L’ARÈNE

Négociation d’un nouveau programme : le FMI prolonge sa mission au Sénégal

La mission du Fonds monétaire international (FMI) au Sénégal, initialement prévue pour s’achever le mardi 4 novembre 2025, se poursuivra finalement quelques jours de plus. Cette prolongation, annoncée par Le Soleil, s’inscrit dans le cadre des discussions entamées entre les représentants de l’institution financière internationale et les autorités sénégalaises en vue de la conclusion d’un nouveau programme de coopération économique.

Selon un porte-parole du FMI, les échanges menés depuis l’arrivée de la délégation à Dakar, le 22 octobre, ont été « fructueux » et se poursuivent dans un esprit constructif. « L’équipe du FMI poursuit ses discussions à Dakar avec les autorités sénégalaises. Notre visite a été productive jusqu’à présent, et nous poursuivons les discussions sur les politiques et les réformes qui pourraient étayer la demande des autorités concernant un programme soutenu par le FMI », a-t-il déclaré, tout en précisant qu’une déclaration finale sera rendue publique à la fin de la mission.

Cette prolongation traduit la volonté commune des deux parties de parvenir à un accord équilibré, adapté aux réalités économiques actuelles du Sénégal. Le pays, confronté à un contexte budgétaire tendu, cherche à renforcer sa stabilité macroéconomique tout en poursuivant des réformes structurelles destinées à stimuler la croissance, maîtriser la dette et améliorer la gouvernance des finances publiques.

Les discussions portent notamment sur la trajectoire budgétaire du Sénégal, la gestion de la dette publique, la politique monétaire, ainsi que les mesures destinées à encourager l’investissement productif et la création d’emplois. Le FMI, de son côté, met l’accent sur la nécessité d’une discipline budgétaire accrue, d’une meilleure transparence dans la gestion des fonds publics et d’un environnement économique propice à la confiance des investisseurs.

Ce nouveau cadre de coopération, qui succéderait au précédent programme conclu sous l’ancien régime, est perçu comme une étape déterminante dans la consolidation de la stabilité économique du pays. Les autorités sénégalaises espèrent obtenir un appui financier permettant de soutenir les grands projets de développement et de répondre aux besoins sociaux prioritaires, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’énergie.

La conclusion de ce programme est également stratégique pour renforcer la crédibilité financière du Sénégal auprès de ses partenaires techniques et financiers. En effet, les négociations ont été amorcées officiellement lors des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, tenues en octobre dernier, où le Sénégal avait réaffirmé sa volonté d’inscrire sa politique économique dans une trajectoire de rigueur et de transparence.

En attendant la publication de la déclaration finale, les observateurs suivent de près les conclusions de cette mission prolongée, qui pourrait jeter les bases d’un nouveau partenariat entre le Sénégal et le FMI. Un partenariat qui, selon les autorités, devra être fondé sur une vision équilibrée entre stabilité financière, justice sociale et développement durable.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°598 –04/11/2025

🔴 SURFACTURATION PRÉSUMÉE DU RIZ VIA LE FONDS FORCE COVID-19 : LE PARQUET CONTESTE LE NON-LIEU
🔴 GRANDE OFFENSIVE CONTRE L’ARBITRAIRE, LES NÉBULEUSES ET L’ALTÉRATION (GOANA) : LA BOMBE CONTRE LE TÉRA-MEETING

🔴 MONDIAL U17 / ENTRÉE EN LICE : LE SÉNÉGAL ACCROCHÉ PAR LA CROATIE
🔴 EVERTON : JAMIE CARRAGHER ENCENSE ILIMAN NDIAYE

Émigration irrégulière : 60 migrants interceptés sur la plage du Club Med après l’échouage d’une pirogue partie de Gambie

La lutte contre l’émigration clandestine s’intensifie au Sénégal. Ce samedi 1er novembre 2025, les forces de l’ordre ont déjoué une nouvelle tentative de migration irrégulière sur les côtes dakaroises. La brigade de proximité de Ngor, appuyée par un escadron de la Légion de Gendarmerie d’Intervention (LGI), a interpellé soixante migrants, dont cinquante-deux garçons et huit filles, sur la plage du Club Med, selon un communiqué de la Gendarmerie nationale.

C’est un dispositif de veille, mis en place dans le cadre des opérations de surveillance côtière, qui a permis de repérer la présence d’une embarcation suspecte approchant la côte. Alertées, les unités de la gendarmerie sont immédiatement intervenues pour empêcher toute tentative de fuite et sécuriser les lieux.

Les premiers éléments de l’enquête indiquent que la pirogue en question aurait quitté les côtes gambiennes dans la nuit du dimanche 26 octobre 2025, à destination des îles Canaries, en Espagne. À son départ, l’embarcation transportait environ cent cinquante-quatre passagers, selon les témoignages recueillis auprès des migrants interpellés. Mais après plusieurs jours d’errance en mer, confrontée à des conditions météorologiques difficiles et à une panne de moteur, la pirogue aurait fini par s’échouer sur la plage du Club Med, à Dakar.

Lors de l’intervention, les forces de sécurité ont saisi un moteur hors-bord de 40 chevaux, plusieurs bidons de carburant ainsi que deux pirogues utilisées pour la traversée. Ces saisies devraient permettre d’étayer l’enquête en cours, qui cherche à identifier les organisateurs de cette traversée clandestine.

Selon les informations disponibles, les migrants interceptés ont été conduits dans les locaux de la gendarmerie pour vérification d’identité et auditions. Des procédures administratives sont également en cours pour leur prise en charge, conformément aux dispositions en vigueur.

Cette nouvelle opération illustre la persistance du phénomène de l’émigration irrégulière malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation menées par les autorités et les organisations humanitaires. Les jeunes, souvent en quête d’un avenir meilleur, continuent de prendre des risques énormes pour tenter de rejoindre l’Europe par la mer.

La Gendarmerie nationale a réaffirmé, dans son communiqué, sa détermination à renforcer les dispositifs de surveillance sur le littoral sénégalais afin de freiner ce fléau qui coûte chaque année la vie à de nombreux candidats à l’exil. L’enquête se poursuit pour déterminer l’origine exacte du voyage, les réseaux impliqués dans l’organisation de la traversée et les circonstances précises ayant conduit à l’échouage de la pirogue sur la plage du Club Med.

Ziguinchor : une prostituée nigériane arrêtée pour suspicion de propagation volontaire du VIH

Une affaire à la fois troublante et sensible agite la ville de Ziguinchor depuis quelques jours. Une jeune prostituée d’origine nigériane, porteuse du VIH, a été arrêtée par les éléments du Commissariat central après des accusations selon lesquelles elle aurait exprimé son intention de propager volontairement le virus à ses clients. Les faits, rapportés par le journal Libération, ont suscité une vive inquiétude au sein de la population locale, notamment en raison de la gravité des soupçons portés contre la mise en cause.

Selon les informations disponibles, tout est parti d’une dénonciation anonyme parvenue à la police le 30 octobre dernier. Le plaignant aurait remis aux enquêteurs des captures d’écran de conversations WhatsApp dans lesquelles la jeune femme, identifiée sous le nom de B.D. Elohor, alias Nelly, aurait tenu des propos inquiétants, affirmant vouloir « contaminer le maximum de Sénégalais ». Des déclarations d’une extrême gravité, qui ont immédiatement poussé les forces de l’ordre à ouvrir une enquête.

Sur la base de ces éléments, les policiers se sont rendus au bar “Alternative”, un lieu bien connu du centre-ville de Ziguinchor et régulièrement fréquenté par la mise en cause. Âgée de 23 ans, Nelly a été interpellée sur place et conduite dans les locaux du commissariat pour être entendue.

Lors de son audition, la jeune femme a reconnu être séropositive et exercer la prostitution, tout en rejetant fermement les accusations de propagation volontaire du virus. Selon ses déclarations, elle vivrait avec le VIH depuis sa naissance et suivrait un traitement médical régulier. Pour prouver sa bonne foi, elle a présenté aux enquêteurs sa carte consulaire, sa carte d’identité ainsi qu’un carnet de santé à jour, attestant de son suivi au Centre de référence des infections sexuellement transmissibles (IST) de Ziguinchor.

B.D. Elohor a affirmé qu’elle exige systématiquement le port du préservatif avec tous ses clients afin de ne pas les exposer à la contamination. Elle a également précisé qu’elle n’avait pas pu honorer son dernier rendez-vous médical prévu le 26 octobre à cause de ses menstrues, assurant qu’elle n’a jamais manqué volontairement une visite de contrôle.

Les autorités médicales de Ziguinchor ont confirmé que la jeune femme figure bien sur la liste des patients suivis et traités pour le VIH dans la région. Toutefois, les enquêteurs souhaitent vérifier la véracité des échanges électroniques transmis par le dénonciateur afin de déterminer s’ils sont authentiques ou s’il s’agit d’une manipulation.

L’affaire, encore à l’instruction, pose de nombreuses questions éthiques, sociales et sanitaires. D’un côté, les habitants de Ziguinchor expriment leur inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme une menace pour la santé publique. De l’autre, certains acteurs de la société civile appellent à la prudence et à la préservation de la présomption d’innocence, soulignant qu’il serait injuste de condamner la jeune femme avant la fin de l’enquête.

Cette affaire met une fois de plus en lumière la fragilité du suivi sanitaire des travailleuses du sexe, en particulier celles venues de l’étranger, mais aussi les risques de stigmatisation des personnes vivant avec le VIH. Elle interpelle les autorités sanitaires et judiciaires sur la nécessité de renforcer les dispositifs de prévention, de contrôle et d’accompagnement, tout en garantissant le respect des droits humains fondamentaux.

Pour l’heure, B.D. Elohor reste sous enquête, et les résultats des expertises informatiques et médicales permettront de déterminer si les accusations portées contre elle sont fondées ou non. En attendant, la population de Ziguinchor reste suspendue à l’évolution de ce dossier sensible, où se mêlent santé publique, justice et éthique.

« Le ministère de la Communication lance le guichet unique DMS pour l’accès au FADP »

Le ministère de la Communication a officiellement lancé ce lundi le guichet unique destiné à la gestion des demandes liées au Fonds d’appui à la presse (FADP). Annoncée par le directeur de la Communication, Habibou Dia, sur les ondes de la RTS, cette plateforme digitale, dénommée DMS, est désormais le canal obligatoire pour tous les médias souhaitant bénéficier de ce fonds. La plateforme est accessible depuis 8 heures ce matin, marquant le début d’une nouvelle ère dans la gestion administrative des demandes de soutien à la presse.

Selon Habibou Dia, le DMS constitue « le seul guichet où passeront toutes les démarches concernant les médias », permettant ainsi au ministère de centraliser et de recenser l’ensemble des structures médiatiques conformes. Ce projet, qui a nécessité quatre mois de développement, intègre de nouvelles fonctionnalités visant à simplifier l’accès des médias aux services proposés par l’administration. Grâce à cette plateforme, les médias en règle n’auront qu’à cliquer sur l’option « formulaire » pour soumettre leur demande de financement au titre du FADP.

Le directeur de la Communication a par ailleurs tenu à rappeler que seuls les médias conformes aux règles en vigueur auront accès à la plateforme cette année. Les structures non conformes devront patienter jusqu’à l’année prochaine pour déposer leurs demandes. « Seuls les médias conformes peuvent voir l’option formulaire. Les non-conformes doivent prendre leur mal en patience et attendre l’année prochaine », a insisté M. Dia, soulignant l’importance de la conformité aux textes régissant le secteur de la presse.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°597 –03/11/2025

🔴 MARCHE PACIFIQUE CONTRE LA VIE CHÈRE ET LA CONFISCATION DES LIBERTÉS : LE FDR RASSEMBLE LES VOIX
🔴 MISE EN ACCUSATION DE MACKY SALL / « NOUS SOMMES EN FACE DE DÉPUTÉS QUI S’ENTÊTENT DANS LEUR IGNORANCE » : ABDOU MBOW S’EN PREND À SES COLLÈGUES

🔴 DOHA / MONDIAL U17 : LES « LIONCEAUX » INVESTIS D’UNE MISSION NATIONALE
🔴 LIGUE 1 / JOURNÉE 1 : CASA SPORTS ET DAKAR SACRÉ-CŒUR SURPUISSANTS !

Saint-Louis : plus de 700 détenus à la Maison d’arrêt, la ministre de la Justice alerte sur la surpopulation carcérale

La ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, a effectué ce vendredi une visite de travail à Saint-Louis, dans le cadre d’une tournée d’inspection des infrastructures judiciaires et pénitentiaires. Cette visite, marquée par plusieurs rencontres avec les autorités locales et le personnel judiciaire, a surtout permis de mettre en lumière la situation préoccupante de la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Saint-Louis, qui compte aujourd’hui plus de 700 détenus, faisant d’elle la prison la plus peuplée du pays après celle de Rebeuss, à Dakar.

« Nous sommes venus ici pour nous enquérir des conditions de détention mais aussi écouter les personnes en détention », a déclaré la ministre, avant de souligner que la prison de Saint-Louis « est celle qui a le plus de détenus après Rebeuss, avec plus de 700 personnes ». Cette révélation illustre la pression croissante sur le système carcéral sénégalais, déjà confronté à un phénomène de surpopulation chronique.

Accueillie au Palais de justice par le gouverneur de la région, Al Hassan Sall, ainsi que par les autorités judiciaires locales, Yassine Fall a entamé sa mission par une série de réunions de travail avec les magistrats et le personnel judiciaire. « Nous avons visité le tribunal de grande instance où nous avons tenu plusieurs réunions avec le parquet et les juges, sous la direction du président de la Cour d’appel de Saint-Louis », a-t-elle précisé.

La Garde des Sceaux s’est ensuite rendue à la Maison d’arrêt et de correction de Saint-Louis pour constater de visu les conditions de détention. Elle y a rencontré des détenus, des responsables pénitentiaires et des agents de surveillance, afin d’échanger sur les réalités quotidiennes du milieu carcéral. La ministre a exprimé son émotion face à la présence de nombreux jeunes parmi les prisonniers.

« Nous avons rencontré beaucoup de jeunes dans les liens de la détention, ainsi que des personnes âgées. Mais ce qui nous fend le cœur, c’est de voir des mineurs en détention », a-t-elle confié, non sans émotion, selon des propos relayés par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS).

Malgré ce constat préoccupant, Yassine Fall a tenu à saluer le dévouement du personnel pénitentiaire, qu’elle a remercié pour son engagement dans un contexte de travail difficile. « Je remercie toute l’équipe pénitentiaire qui s’occupe des personnes en détention et qui essaie, malgré les contraintes, d’assurer leur sécurité et leur bien-être », a-t-elle ajouté.

Cette visite s’inscrit dans la volonté du ministère de la Justice de renforcer la politique de modernisation et d’humanisation du système carcéral sénégalais. La question de la surpopulation des prisons reste l’un des défis majeurs à relever, avec des infrastructures souvent vétustes et un manque criant de moyens.

Pour rappel, la Maison d’arrêt et de correction de Saint-Louis, construite en 1863, est l’une des plus anciennes du pays. Située dans la partie nord de l’île, elle devait initialement accueillir un nombre restreint de détenus. Aujourd’hui, avec plus de 700 personnes incarcérées, elle illustre à elle seule les limites structurelles du système pénitentiaire sénégalais et la nécessité urgente de réformes profondes.

Mise en accusation de Macky Sall : Abdou Mbow fustige « l’ignorance » de l’opposition et défend la décision de l’Assemblée nationale

Le débat sur la tentative de mise en accusation de l’ancien président Macky Sall pour haute trahison continue de susciter des réactions au sein de la classe politique sénégalaise. Après le rejet du projet de résolution par le Bureau de l’Assemblée nationale, Abdou Mbow, député et cadre de l’Alliance pour la République (APR), a pris la parole pour défendre cette décision qu’il estime « conforme à la Constitution » et pour dénoncer, avec vigueur, l’attitude de certains députés de l’opposition qu’il accuse d’être « dans une ignorance totale du fonctionnement des institutions ».

Invité de l’émission Jury du Dimanche (JDD) du 2 novembre, le parlementaire a d’abord tenu à rappeler que, pour lui, « le débat est clos » et « ne mérite plus d’être poursuivi ». Selon Abdou Mbow, la proposition de mise en accusation introduite par certains députés, notamment ceux du camp du pouvoir actuel, n’avait aucune base juridique solide. « Nous sommes en face de députés qui sont dans une ignorance et qui s’entêtent dans leur ignorance », a-t-il lancé, non sans ironie. Il a qualifié la démarche de l’opposition d’« aberration », rappelant que la procédure engagée ne correspond à aucune disposition légale en vigueur.

Le député a insisté sur le fait que les parlementaires n’ont pas la compétence de déposer un projet de résolution visant à accuser un ancien président de la République. « Quand ils ont déposé ce projet, on avait dit que c’était une aberration. Le député n’a pas le droit de venir comme ça déposer un projet de résolution de mise en accusation pour haute trahison », a martelé Mbow, tout en soulignant que cette action relevait davantage de l’agitation politique que d’une véritable démarche institutionnelle.

Sur le fond du dossier, Abdou Mbow a soulevé une question essentielle : la définition juridique de la « haute trahison ». Selon lui, le concept reste flou dans le droit sénégalais. « Dans le code pénal sénégalais, dans le code de procédure pénale et dans la Constitution, on dit que le président de la République ne peut être jugé que pour haute trahison. Mais aujourd’hui, vous ne pouvez pas me dire c’est quoi la haute trahison dans ces textes », a-t-il déploré. Pour le député, cette absence de précision juridique rend toute tentative de mise en accusation juridiquement infondée et politiquement risquée.

L’ancien vice-président de l’Assemblée nationale a également tenu à clarifier les prérogatives du Bureau de l’institution, afin de répondre aux critiques de ceux qui estiment que ce dernier aurait dû examiner le fond du dossier avant de le rejeter. « J’ai entendu des députés, y compris de la majorité, dire que le Bureau n’est pas entré dans le fond. Mais ils ne comprennent pas ce que cela signifie. Le Bureau a seulement compétence pour examiner la recevabilité d’une proposition ou d’une résolution. C’est à la commission qu’on saisit le fond. Donc si le Bureau estime qu’un texte n’est pas recevable, il le rejette. C’est aussi simple que ça », a-t-il expliqué.

Pour Abdou Mbow, les députés de l’opposition, en s’entêtant sur cette question, démontrent une méconnaissance profonde du fonctionnement de la République et des institutions. Il les accuse d’alimenter un débat purement politicien, au détriment de la rigueur institutionnelle. « Quand on est incompétent, quand on est dans l’ignorance, quand on ne connaît pas comment fonctionne la République, l’Assemblée nationale et les lois, on se permet d’être dans des élucubrations inutiles », a-t-il fustigé.

En conclusion, le député de l’APR considère que cette tentative de mise en accusation est définitivement classée et ne mérite plus d’être évoquée. Pour lui, l’opposition « se joue du sérieux des institutions » en multipliant les polémiques sans fondement juridique. « L’affaire est close », a-t-il insisté, invitant ses collègues de l’opposition à recentrer leur action sur des questions plus constructives pour le pays, plutôt que de s’enliser dans des débats qu’il juge « stériles et politiciens ».

Téra-meeting du 8 novembre : Abdou Mbow fustige Ousmane Sonko et appelle à des actions concrètes pour les Sénégalais

Le député Abdou Mbow, membre de l’Alliance pour la République (APR) et figure de l’opposition, s’est vivement exprimé sur le « Téra-meeting » annoncé par le Premier ministre Ousmane Sonko pour le 8 novembre prochain. Invité de l’émission Jury du Dimanche (JDD) sur Iradio, ce dimanche 2 novembre, l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale a jugé inopportune l’organisation d’un tel rassemblement, estimant que le gouvernement devrait se concentrer sur la résolution des problèmes quotidiens des Sénégalais plutôt que sur des initiatives à caractère politique.

Dans son intervention, Abdou Mbow a rappelé que le rôle premier d’un gouvernement est d’apporter des solutions concrètes aux préoccupations de la population. « La mission du pouvoir en place, c’est de trouver des solutions pour le Sénégal, c’est de trouver des solutions pour les Sénégalais », a-t-il affirmé avec insistance. Selon lui, les priorités du pays sont ailleurs : la lutte contre la vie chère, la création d’emplois pour les jeunes et la baisse des prix de l’électricité et de l’eau. L’élu a reproché au gouvernement actuel d’avoir maintenu, voire aggravé, certaines mesures fiscales qui alourdissent le coût de la vie. « L’eau a augmenté à cause des taxes issues de leurs propres lois. Ils doivent travailler à tout faire pour que la vie chère soit un mauvais souvenir », a-t-il déclaré.

Abdou Mbow n’a pas caché son agacement face à ce qu’il considère comme un détournement de l’attention publique. Pour lui, l’organisation d’un meeting à un moment où de nombreuses familles peinent à joindre les deux bouts relève d’une mauvaise appréciation des priorités nationales. « Ils n’ont pas à organiser de marches, ni de meetings. Pourquoi ? Pour prendre l’argent des Sénégalais et faire du n’importe quoi », a-t-il martelé. Ces propos traduisent une critique frontale d’une gouvernance qu’il juge plus préoccupée par la communication politique que par la gestion des urgences économiques et sociales.

Le député a également mis en lumière la dualité de fonctions d’Ousmane Sonko, à la fois Premier ministre et président de son parti, le PASTEF. Pour lui, cette double casquette comporte des risques de confusion entre les responsabilités gouvernementales et les ambitions partisanes. « Le Premier ministre est président d’un parti politique, mais il reste avant tout le chef du gouvernement. Son parti doit l’aider à régler les problèmes des Sénégalais, pas à organiser des meetings pour insulter les gens », a-t-il lancé.

Abdou Mbow a par ailleurs évoqué le rôle que doit jouer l’opposition dans le contexte actuel. Il estime que le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), coalition issue de l’ancienne majorité présidentielle, doit s’impliquer davantage dans la recherche de solutions aux difficultés que traverse le pays. « Le FDR ne peut pas ne pas participer à tout ce qui peut abréger les souffrances des populations », a-t-il soutenu. Pour lui, cette implication s’inscrit dans une logique de construction d’une alternative crédible en vue de l’échéance électorale de 2029, qu’il considère comme une opportunité de redonner espoir aux citoyens.

En conclusion, Abdou Mbow a appelé le gouvernement à privilégier les politiques publiques concrètes et mesurables plutôt que les démonstrations de force sur la place publique. À ses yeux, le « Téra-meeting » annoncé par Ousmane Sonko est loin de répondre aux attentes d’une population qui aspire avant tout à une amélioration de ses conditions de vie. Le 8 novembre s’annonce ainsi comme un moment de vérité politique, où la capacité du Premier ministre à concilier engagement partisan et responsabilité étatique sera mise à l’épreuve face à des citoyens de plus en plus exigeants.

Affaire Ahmed Ndoye : le Forum du justiciable dénonce des propos « excessifs » mais appelle à la clémence

Le Forum du justiciable, par la voix de son président Babacar Bâ, est sorti de sa réserve pour réagir à la polémique provoquée par les déclarations du chroniqueur Ahmed Ndoye à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans une publication rendue publique ce vendredi sur sa page X (anciennement Twitter), Babacar Bâ a qualifié les propos du chroniqueur de « manifestement excessifs » et contraires à la retenue que requiert le débat démocratique, tout en appelant à un traitement mesuré de l’affaire.

Selon le président du Forum du justiciable, la liberté d’expression est un droit fondamental, mais elle ne saurait être exercée au détriment du respect dû aux institutions de la République. « La liberté d’expression est un droit constitutionnellement garanti, mais elle doit s’exercer avec responsabilité et discernement, surtout lorsqu’il s’agit d’évoquer des personnalités qui incarnent des institutions », a rappelé M. Bâ. Il a insisté sur le fait que la fonction de Premier ministre, en tant que pilier du pouvoir exécutif, commande une certaine considération, indépendamment des critiques que peut susciter l’action gouvernementale.

Dans son intervention, Babacar Bâ a également souligné l’importance du respect dans l’espace public. Il estime que le débat démocratique ne doit pas être confondu avec l’invective ou l’insulte, mais plutôt s’articuler autour d’arguments rationnels et constructifs. « Le Sénégal a besoin d’un espace public apaisé, où la confrontation des idées se fait dans la dignité, sans atteinte à l’honneur des personnes ni à celui des institutions », a-t-il indiqué.

Cependant, tout en condamnant la nature des propos tenus par Ahmed Ndoye, le président du Forum du justiciable a tenu à nuancer sa position en appelant à la clémence à l’égard du chroniqueur. « Dans un esprit d’apaisement et afin d’éviter la judiciarisation excessive de la liberté d’expression, nous appelons à la clémence pour la libération de Ahmed Ndoye », a-t-il plaidé. Babacar Bâ estime qu’une sanction sociale ou morale suffit dans ce genre de situation, afin de préserver la liberté d’expression tout en envoyant un signal fort sur la nécessité de la responsabilité médiatique.

Cette affaire intervient dans un contexte où les propos tenus sur les réseaux sociaux et les plateformes en ligne suscitent de vifs débats au Sénégal. Entre liberté d’expression et respect des institutions, la frontière demeure souvent ténue, ce qui alimente des tensions entre acteurs politiques, journalistes et chroniqueurs. L’appel du Forum du justiciable se veut ainsi un message d’équilibre : défendre la liberté d’expression tout en préservant le respect et la stabilité institutionnelle.

Babacar Bâ conclut en invitant l’ensemble des citoyens, notamment les acteurs des médias et de la société civile, à faire preuve de retenue et à adopter une posture de responsabilité dans leurs interventions publiques. Pour lui, le Sénégal ne doit pas laisser la liberté d’expression devenir un outil de division, mais plutôt un instrument de construction démocratique fondé sur la civilité et la raison.

Sénégal : L’ARP et la Police nationale démantèlent un réseau de distribution illégale de médicaments à Pikine-Saint-Louis

L’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP), à travers sa Direction de l’Inspection Pharmaceutique, de la Surveillance du Marché et des Vigilances, a mené, en collaboration avec la Brigade nationale de lutte contre la piraterie et la contrefaçon (BNLPC) de la Police nationale, une opération d’envergure ayant abouti au démantèlement d’un réseau de distribution illégale de produits médicaux. Cette action, menée le 30 octobre 2025, visait un dépôt appartenant à la société HAOQI, implantée à Pikine-Saint-Louis, dans le nord du Sénégal.

Selon un communiqué publié le 31 octobre par la cellule de communication de l’ARP, cette opération s’inscrit dans le cadre des activités du pôle Nord, qui regroupe les régions de Saint-Louis, Louga et Matam. Ce dispositif a pour objectif de renforcer la surveillance du marché pharmaceutique local, de freiner le trafic transfrontalier de médicaments non autorisés et de protéger les populations contre les dangers liés à la contrefaçon et à la vente illicite de produits médicinaux.

Les équipes de l’ARP et de la Police nationale ont découvert sur place 27 types de produits différents, parmi lesquels figuraient des thés, des gélules, des comprimés et des poudres présentés comme des remèdes thérapeutiques. La valeur totale de la marchandise saisie est estimée à 3 millions de francs CFA. D’après le communiqué, ces produits, distribués à grande échelle, ne disposaient ni d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) ni d’une autorisation de commercialisation délivrée par les autorités sanitaires sénégalaises.

L’ARP met en garde contre la consommation de ces substances, soulignant qu’elles peuvent entraîner de graves conséquences sanitaires. « Leur utilisation expose la population à des risques majeurs, notamment des insuffisances rénales, des hépatites et d’autres pathologies chroniques », alerte l’Agence. De tels produits, souvent fabriqués dans des conditions non conformes aux normes pharmaceutiques, constituent une véritable menace pour la santé publique et fragilisent les efforts nationaux en matière de sécurité sanitaire.

Le choix de mener cette opération dans le pôle Nord traduit la volonté du gouvernement de territorialiser les politiques pharmaceutiques et de lutter efficacement contre les réseaux parallèles qui alimentent le marché noir du médicament. Cette approche s’inscrit dans les orientations arrêtées lors du 13e Conseil des ministres, qui avait fait de la lutte contre le trafic de médicaments une priorité nationale.

En conclusion, l’ARP a réaffirmé son engagement total aux côtés de la Police nationale pour endiguer la prolifération des circuits illégaux de distribution pharmaceutique. L’agence appelle les populations à redoubler de vigilance et à s’approvisionner exclusivement dans les officines agréées, les seuls points de vente autorisés et sécurisés. Par cette action, les autorités envoient un signal fort aux trafiquants et réaffirment leur détermination à protéger la santé publique contre toute forme de commerce illicite de produits médicaux.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°596 –31/10/2025

🔴 ANNONCE DE SONKO SUR LA BAISSE DU PRIX DE L’ÉLECTRICITÉ : GROSSE FRAYEUR DANS LES MARCHÉS
🔴 « LE POUVOIR VEUT LIQUIDER LA PRESSE PRIVÉE » : LE CRI D’ALARME DE MAMADOU IBRA KANE

🔴 FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE : LE CNG RESTE EN PLACE JUSQU’À NOUVEL ORDRE
🔴 L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE LA FÉDÉRATION DE LUTTE FIXÉE LE JOUR DU SÉNÉGAL VS RD CONGO : DOUBLE COMBAT !

Maïmouna Ndour Faye, après sa libération : « Le journalisme n’est pas un crime »

Libérée ce jeudi 30 octobre après plusieurs heures de garde à vue, la directrice générale de la 7TV, Maïmouna Ndour Faye, a pris la parole devant la presse réunie dans les locaux de la chaîne à l’occasion d’un rassemblement organisé par le Front pour la défense de la liberté de la presse (FDLP). Très émue, mais affichant une grande sérénité, la journaliste a tenu à remercier l’ensemble des acteurs des médias pour leur solidarité, avant de dénoncer la coupure du signal de sa chaîne et de la TFM, qu’elle juge illégale.

Dès ses premiers mots, Maïmouna Ndour Faye a tenu à exprimer sa gratitude envers ses confrères et consœurs : « Toute la presse sénégalaise qui s’est mobilisée ces dernières 48 heures pour nous apporter un soutien fraternel, je vous remercie du fond du cœur », a-t-elle déclaré. Interpellée après la diffusion d’une interview de Madiambal Diagne, visé par un mandat d’arrêt international, la directrice de la 7TV a souhaité rétablir la vérité sur sa démarche professionnelle. « Je voudrais juste rassurer ceux qui ont formulé cette accusation d’atteinte à la sûreté de l’État et d’atteinte à l’autorité de la justice. Dans ma démarche, je n’ai jamais eu l’intention de nuire à l’État ni d’affronter la justice », a-t-elle précisé.

La journaliste a expliqué que son unique objectif était de garantir le droit du public à une information complète et équilibrée. « Je suis journaliste, j’ai simplement exercé le droit à l’information pour les citoyens. Cela fait un mois qu’on parle du dossier Madiambal sans jamais entendre sa version. Comme tous les confrères, nous avons voulu lui donner la parole pour permettre aux Sénégalais d’avoir toutes les précisions nécessaires », a-t-elle ajouté.

Elle a ensuite regretté que cette démarche journalistique ait été interprétée comme un acte subversif. « Je suis désolée que ce soit considéré comme une atteinte à l’autorité de la justice », a-t-elle poursuivi. Avant d’ajouter : « Au regard des conventions internationales, du code de la presse et des lois du Sénégal, rien n’interdit à un journaliste d’interviewer une personne poursuivie par la justice. Je n’ai pas donné la parole à un terroriste, ni à un rebelle, encore moins à un déserteur. J’ai donné la parole à un homme, parce que c’est notre devoir d’informer. »

Abordant la question de la coupure du signal de la 7TV et de la TFM intervenue peu après son arrestation, Maïmouna Ndour Faye a dénoncé une violation grave de la réglementation en vigueur. « Les signaux ont été coupés sans qu’aucune procédure légale ne soit respectée. Le CNRA est le seul organe habilité à prendre une telle décision, et non le ministère de la Communication qui a donné des instructions à TDS. TDS n’a pas le droit de couper les signaux de chaînes privées. Ce qui s’est passé est contraire à la loi », a-t-elle affirmé avec fermeté.

La directrice de la 7TV a également alerté sur les conséquences économiques de cette mesure, évoquant un manque à gagner considérable pour son média. « Nous subissons des pertes importantes depuis la coupure du signal sur la TNT. J’en appelle au ministère de la Communication pour qu’il respecte le code de la presse et les règles qui encadrent le fonctionnement des médias. L’État ne peut pas être le premier à violer la loi », a-t-elle insisté.

Tout en indiquant qu’elle reste sous le coup d’une procédure judiciaire, Maïmouna Ndour Faye a affirmé qu’elle n’était pas autorisée à aborder les détails de l’affaire. « Pour le moment, il m’est interdit de parler du dossier car il est pendant devant la justice », a-t-elle déclaré. Mais elle a tenu à réaffirmer sa détermination à poursuivre son combat pour la liberté d’informer : « Je continuerai à faire mon métier, à dire la vérité, parce que le journalisme n’est pas un crime. »

L’arrestation de la journaliste et la suspension du signal de la 7TV ont provoqué une onde de choc dans le monde médiatique. Le Front pour la défense de la liberté de la presse, regroupant les principales organisations professionnelles, a annoncé une série d’actions pour exiger le respect des droits des journalistes et dénoncer les pressions exercées contre les médias privés.

En conclusion, Maïmouna Ndour Faye a lancé un message fort à l’endroit des autorités et du public : « Je demande à tous ceux qui croient en la liberté de la presse et au droit à l’information de rester vigilants et mobilisés. La presse libre est une condition essentielle de toute démocratie. Nous devons la défendre, quoi qu’il en coûte. »

Le pouvoir veut liquider la presse privée, selon Mamadou Ibra Kane

Le climat est de plus en plus tendu entre le pouvoir en place et les professionnels des médias. Ce jeudi 30 octobre, le Front pour la défense de la liberté de la presse (FDLP) a organisé un grand rassemblement devant les locaux de la chaîne 7TV, à Dakar. Cette manifestation intervient au lendemain de l’arrestation puis de la libération des journalistes Maïmouna Ndour Faye et Babacar Fall, tous deux interpellés à la suite de la diffusion d’une interview de Madiambal Diagne, visé par un mandat d’arrêt international.

Cette affaire, qui a provoqué une onde de choc dans le milieu médiatique, a servi de catalyseur à la naissance du FDLP, une coalition regroupant plusieurs acteurs de la presse sénégalaise. Pour ses initiateurs, il s’agit de défendre la liberté d’informer et de s’opposer à ce qu’ils considèrent comme une dérive autoritaire du régime.

Devant les journalistes, Mamadou Ibra Kane, figure respectée du monde des médias et président du groupe Emedia, a pris la parole pour dénoncer avec vigueur les atteintes répétées à la liberté de la presse. « Aujourd’hui, c’est un moment fort, car nous avons su faire reculer l’arbitraire. Babacar Fall a été arrêté, menotté, avant d’être libéré sans aucune charge. Et Maïmouna Ndour Faye, à son tour, a recouvré la liberté. Ces arrestations étaient purement politiques, parce qu’aucune loi au Sénégal n’interdit de donner la parole à une personne poursuivie », a-t-il déclaré.

Selon lui, ces événements ne sont pas des cas isolés mais s’inscrivent dans une stratégie globale d’intimidation. « Leur arrestation était un acte politique pour isoler la presse, pour faire peur. Nous avons simplement fait notre travail : donner la parole à quelqu’un que les Sénégalais voulaient entendre. C’est cela, le journalisme. »

Dans son intervention, Mamadou Ibra Kane a tenu à rappeler un précédent datant de 2023, lorsque l’actuel Premier ministre Ousmane Sonko, alors opposant, avait été interviewé alors qu’il était en fuite. « À l’époque, Pierre Édouard Faye, un confrère, l’avait rencontré et interviewé. Cela ne voulait pas dire qu’il partageait ses opinions, mais simplement qu’il exerçait son métier. Aujourd’hui, ce même exercice professionnel devient un prétexte pour arrêter des journalistes », a-t-il regretté.

Mais au-delà des arrestations, le président du FDLP dénonce une autre menace, plus sournoise selon lui : l’asphyxie économique de la presse privée. « Le nouveau régime veut tout simplement liquider la presse indépendante. L’État du Sénégal doit de l’argent à plusieurs entreprises de presse, mais refuse de payer. Et pour aggraver les choses, les subventions votées par l’Assemblée nationale sont bloquées par le ministère de la Communication pour des raisons politiques », a-t-il expliqué.

D’après Mamadou Ibra Kane, cette politique de restriction budgétaire s’accompagne d’une volonté claire de contrôle du paysage médiatique. « Le Premier ministre a demandé à toutes les structures publiques — ministères, agences, sociétés nationales — de résilier leurs contrats de publicité avec la presse privée. C’est un signal fort : le pouvoir veut contrôler l’information en affamant économiquement les médias indépendants », a-t-il affirmé.

Le journaliste a également évoqué la tendance inquiétante d’un retour vers un parti-État, inspiré, selon lui, par certains modèles étrangers. « Le Premier ministre lui-même, lors de son voyage en Chine, a laissé entendre qu’il voulait construire un système où tout passe par l’État. C’est une logique totalitaire, incompatible avec notre histoire démocratique », a-t-il averti.

Pour Mamadou Ibra Kane, la situation actuelle impose une vigilance de tous les instants. Il appelle les professionnels des médias, mais aussi la société civile et les citoyens, à se mobiliser pour défendre la liberté de la presse. « Un parti-État ne passera pas au Sénégal. Nous n’allons pas revenir sur des conquêtes démocratiques que nos anciens ont obtenues au prix de lourds sacrifices. La liberté d’expression et la liberté de la presse, inscrites dans la Constitution, doivent être défendues quelles que soient les alternances politiques », a-t-il martelé sous les applaudissements nourris de la foule.

Ce rassemblement devant 7TV marque ainsi une nouvelle étape dans la résistance du secteur médiatique face à un pouvoir accusé de vouloir museler les voix discordantes. Dans un contexte où les tensions entre le gouvernement et les médias ne cessent de croître, le FDLP s’affirme désormais comme un acteur central du combat pour la préservation des libertés fondamentales au Sénégal.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°595 –30/10/2025

🔴 MAÏMOUNA NDOUR FAYE, BABACAR FALL ET CIE : SYMBOLES D’UNE PRESSE BÂILLONNÉE

🔴 JOJ DAKAR 2026 / MOMENT HISTORIQUE : DIOMAYE FAYE RÉVÈLE LA MASCOTTE CE VENDREDI !

Arrestations de Maïmouna Ndour Faye et Babacar Fall : le PDS dénonce une dérive autoritaire et exige leur libération immédiate

Le climat politico-médiatique s’alourdit au Sénégal après les arrestations spectaculaires de Maïmouna Ndour Faye, Directrice générale de la chaîne 7TV, et de Babacar Fall, Directeur de la rédaction de la RFM, survenues dans les locaux mêmes de leurs rédactions. Une scène d’une rare gravité que le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) qualifie d’« indigne » et de « profondément attentatoire aux libertés publiques ».

Dans un communiqué rendu public, le parti dirigé par Abdoulaye Wade exprime sa vive préoccupation face à ces arrestations jugées « humiliantes et injustifiables », opérées par des éléments de la gendarmerie alors que les journalistes étaient en plein exercice de leurs fonctions. Le PDS estime qu’il s’agit d’un précédent dangereux pour la démocratie sénégalaise, car il remet en cause la sacralité des rédactions et la protection constitutionnelle accordée aux professionnels de l’information.

Selon le parti libéral, « cet usage disproportionné de la force » soulève de graves interrogations quant au respect de la liberté de la presse, garantie par la Constitution et par les engagements internationaux du Sénégal, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Le communiqué souligne que « les journalistes ne peuvent être traités comme des délinquants alors qu’ils remplissent leur mission d’informer », rappelant que la presse constitue un contre-pouvoir indispensable à la vitalité démocratique.

Le PDS s’est particulièrement indigné du traitement réservé à Maïmouna Ndour Faye, figure emblématique du paysage audiovisuel sénégalais et journaliste reconnue pour son franc-parler. Le parti évoque « la brutalité des images » diffusées sur les réseaux sociaux lors de son interpellation, qu’il juge « inacceptables dans un État qui se veut respectueux des droits fondamentaux ». L’un de ses avocats, selon la même source, aurait été empêché d’accéder à sa cliente, en violation manifeste des droits de la défense. Pour le PDS, ces agissements traduisent « un recul inquiétant de l’État de droit » et un mépris flagrant des garanties procédurales.

« Ce qui s’est passé à 7TV et à la RFM n’est pas seulement une affaire de journalistes ; c’est un test pour notre démocratie », affirme le communiqué. Le parti libéral appelle ainsi les autorités judiciaires et gouvernementales à « respecter scrupuleusement les droits et libertés garantis à tous les citoyens », tout en rappelant que la liberté de la presse est un pilier fondamental de toute République digne de ce nom.

Dans le même souffle, le PDS exprime sa solidarité totale envers Maïmouna Ndour Faye, Babacar Fall, ainsi qu’un technicien de 7TV également placé en garde à vue. Il exige leur libération immédiate et sans condition, dénonçant une justice « à double vitesse » et un pouvoir « de plus en plus enclin à intimider les voix indépendantes ».

Le parti d’Abdoulaye Wade invite enfin la société civile, les organisations de défense des droits humains et les associations professionnelles de journalistes à se mobiliser pour empêcher « la normalisation des atteintes à la liberté d’informer ». Pour le PDS, cette affaire dépasse les seules personnes concernées : elle symbolise la fragilisation progressive des espaces de liberté dans un contexte de tension croissante entre le pouvoir exécutif et les médias.

Dernière minute : Le journaliste Babacar Fall recouvre la liberté après plusieurs heures d’audition

Le journaliste Babacar Fall a été libéré ce mercredi soir, après avoir été interpellé dans la matinée. Son arrestation était intervenue peu de temps après une interview accordée à Madiambal Diagne, ce qui avait immédiatement suscité de vives réactions dans le milieu médiatique et sur les réseaux sociaux.

Selon les informations recueillies, aucune charge n’a finalement été retenue contre lui à l’issue de son audition. Son avocat a tenu à rassurer l’opinion publique sur son état de santé et les conditions de sa détention.

« Le journaliste Babacar Fall se porte bien. Il n’a piqué aucune crise, et n’a pas été placé en garde à vue », a précisé son conseil juridique.

L’interpellation du journaliste avait provoqué une vague d’inquiétude, d’autant que le contexte autour de la liberté de la presse reste sensible. Plusieurs confrères et organisations défendant la liberté d’expression avaient demandé sa libération immédiate, dénonçant une « pression injustifiée » sur les professionnels des médias.

Avec cette remise en liberté, la tension retombe, mais l’affaire pose encore une fois la question de la protection des journalistes dans l’exercice de leur métier et du droit à l’information, un enjeu central dans la consolidation de la démocratie.

Communiqué du conseil des ministres du mercredi 29 octobre

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 29 octobre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Hommage de la Nation au Professeur Amadou Mahtar MBOW

Le Président de la République a introduit sa communication en saluant la mémoire de feu Amadou Mahtar MBOW, ancien Ministre et ancien Directeur général de l’UNESCO, qui a servi le Sénégal, l’Afrique et le monde. Référence dont l’œuvre et les enseignements doivent être vulgarisés, la Nation lui a rendu un vibrant hommage. A cet effet, le Président de la République félicite le Gouvernement, notamment les Ministres en charge de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, de la Formation professionnelle et technique et de la Culture, pour la bonne organisation de la cérémonie d’hommage, dans une parfaite communion avec la famille du défunt et la fondation sur les savoirs endogènes, qui porte son nom.

Transformation systémique des secteurs agricole, Pastoral et halieutique

Relativement à la tenue de la première réunion du Conseil national d’Orientation agrosylvopastoral et halieutique, le Président de la République félicite le Gouvernement et l’ensemble des parties prenantes pour leur mobilisation collective dans le cadre des concertations et la finalisation, vingt (20) ans après, dans une approche intégrée et prospective, des recommandations et propositions consensuelles sur un nouveau projet de loi agrosylvopastorale et halieutique consolidé.

Il demande au Premier Ministre de faire prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’adoption prochaine, en Conseil des Ministres, de ce texte transformateur et de ses décrets d’application. Le Président de la République demande, également, de renforcer la coordination intersectorielle et le renouveau des organisations professionnelles d’agriculteurs, d’éleveurs, de pêcheurs et d’exploitants forestiers. Il indique, en outre, l’importance de professionnaliser les métiers, de renforcer les compétences des jeunes impliqués, d’assurer la montée en puissance de la protection sociale des acteurs du secteur primaire et d’accélérer les réformes indiquées du foncier afin d’assurer un financement soutenu du système agrosylvopastoral. A cet égard, il instruit le Ministre des Finances et du Budget, en relation avec les ministres concernés, de lui faire parvenir des propositions pragmatiques, relatives à la mise en place d’un Fonds de Recherche et de Développement agrosylvopastoral, forestier et halieutique.

Au demeurant, il préconise, pour le secteur primaire, la réforme du modèle de crédit agricole, la maitrise des statistiques, le renforcement de l’accompagnement des femmes actives, l’accélération de la généralisation de la digitalisation et la facilitation des formalités administratives. Il rappelle enfin l’impératif, pour le Gouvernement, de définir une stratégie intégrée de transformation et de valorisation des produits locaux et une doctrine consensuelle et efficace de promotion du «Consommer local».

Maitrise stratégique de la commande publique

Considérant que l’exécution de la commande publique, dans l’efficacité, l’efficience et la transparence, constitue une opportunité majeure d’accélérer le redressement et la relance économiques, le Président de la République demande au Premier Ministre, aux membres du Gouvernement et au Ministre, Secrétaire général de la Présidence de la République, de prendre toutes les mesures idoines, afin d’assurer l’exécution, dans toutes les structures publiques et parapubliques, des Plans de passation des marchés, conformément aux procédures impératives indiquées par le Code des marchés publics.

Se félicitant du lancement du processus de dématérialisation des dossiers d’appel d’offres par l’Autorité de Régulation de la Commande publique (ARCOP), il demande aux autorités contractantes de faciliter la mise en œuvre de cette stratégie d’optimisation du calendrier d’exécution des marchés et, à chaque ministre, de tenir, avant la fin de l’année 2025, une Conférence sur l’exécution des marchés de 2025 et sur la planification de ceux prévus en 2026.

Renforcement de l’autonomisation économique des femmes

Le Chef de l’Etat exprime son attachement au renforcement permanent de l’autonomisation économique des femmes. Malgré le fait qu’elles représentent l’un des groupes les plus vulnérables, les femmes contribuent significativement au développement et à la stabilité sociale. Il félicite, à ce titre, le Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités pour le déploiement rapide et efficace du programme des filets sociaux accordés aux groupes vulnérables, notamment les femmes, de plusieurs localités du pays. Dès lors, il instruit le Gouvernement d’intensifier la mise à disposition des financements destinés à accompagner leurs activités génératrices de revenus et leurs groupements et de lui soumettre, avant la fin de l’année 2025, un projet de loi d’orientation relative à l’autonomisation économique des femmes.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat informe le Conseil qu’il présidera, le vendredi 31 octobre 2025, la cérémonie de dévoilement de la mascotte des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026 et la cérémonie de remise du 5ème Prix Galien Afrique. En outre, il visitera, le dimanche 02 novembre 2025, les chantiers relatifs aux JOJ Dakar 2026 avec les ministres et les responsables des structures publiques et privées concernées.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a présenté une communication sur les points suivants :

Suivi des conventions et accords présidentiels

Le Premier Ministre a félicité Monsieur le Président de la République pour la portée stratégique et la qualité des visites récemment effectuées au Rwanda et au Kenya, qui traduisent la maturité de notre diplomatie et la place que le Sénégal occupe, désormais, dans l’espace africain et international. A cette occasion, des accords portant sur le renforcement des chaînes de valeur africaine, la promotion de la mobilité des compétences et la consolidation des échanges entre États souverains et égaux, ont été signés. Le Premier Ministre a rappelé qu’il est attendu de chaque ministère concerné la prise en charge, de manière opérationnelle, de la mise en œuvre des engagements issus de ces accords. La Primature assurera, à cet égard, le suivi de l’exécution des actions entreprises, sur la base de rapports réguliers permettant d’évaluer les progrès, d’identifier les contraintes et de garantir la cohérence d’ensemble. Ces accords doivent se traduire en projets concrets, porteurs d’impacts visibles pour les populations.

Le Premier Ministre a fait part au Conseil de la visite d’amitié et de travail que son homologue de la République Islamique de Mauritanie effectuera à Dakar, du 16 au 18 novembre 2025. De même, une délégation technique du pays frère de la Sierra Leone, conduite par le Ministre de l’Energie, sera reçue à partir du 20 novembre 2025, pour la finalisation des négociations sur la coopération dans le domaine des mines et de l’énergie.

Consolidation de la crédibilité du Sénégal

Le Premier Ministre a salué la représentation du Sénégal aux assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, tenues à Washington, ainsi que la qualité de la participation et la pertinence des contributions de la délégation sénégalaise. Cela a réaffirmé la crédibilité du Sénégal sur la scène économique internationale et a consolidé la confiance des partenaires dans la rigueur de la gouvernance publique du Sénégal. Les échanges ont ouvert la voie à un nouveau cadre de coopération avec le FMI et la Banque mondiale, fondé sur la transparence, la soutenabilité et la responsabilité partagée.

Le Premier Ministre a rappelé son attachement à l’exigence de discipline budgétaire, de transparence et de responsabilité qui doit demeurer au cœur de l’action collective du Gouvernement et qui constitue la condition de la stabilité macroéconomique, du renforcement de la confiance des partenaires et de la préservation de notre souveraineté financière et politique.

Promotion du secteur privé national

Le Premier Ministre a indiqué la volonté du Président de la République de faire du secteur privé national un levier central du développement économique et social du Sénégal, exprimée dans son premier message à la Nation, le 3 avril 2024 et réitérée à l’occasion du Conseil des Ministres du 3 septembre 2025, avec notamment le lancement prochain de l’initiative « SUNU CHAMPIONS ». Le Premier Ministre a souligné que, dans la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 et du Plan de Redressement économique et social (PRES), le secteur privé a été pleinement impliqué à toutes les étapes du processus. Il a salué la disponibilité et l’engagement du secteur privé national à relever les défis liés à la création de richesses et d’emplois ainsi qu’à la formation professionnelle de la jeunesse et à contribuer à l’instauration d’un climat de paix et de stabilité dans le pays. Le secteur privé est disposé à être le principal allié de l’Etat pour les investissements dans les secteurs prioritaires et la promotion des pôles industriels territoriaux et des filières et chaines de valeurs prioritaires, axes déterminants de la politique gouvernementale.

Pour le Premier Ministre, il convient de bâtir une alliance forte entre l’Etat et le secteur privé national, dans le but de faire émerger de véritables champions économiques, capables de contribuer à la transformation du Sénégal, au bénéfice des entreprises et des ménages. Pour ce faire, le secteur privé national doit davantage se structurer, au moment où l’Etat a déjà entamé des réformes permettant d’aménager un environnement juridique et institutionnel adéquat pour l’investissement. Ce faisant, le Pacte national de stabilité sociale constitue un instrument précieux pour la préservation de la paix sociale, adossé à des mesures d’accompagnement incitatives et de facilitation pour l’accès au foncier et à la commande publique, avec des clauses de préférence nationale.

Le Premier Ministre a clos sa communication en demandant aux ministres et secrétaires d’Etat de s’atteler à la promotion d’un nouvel état d’esprit dans l’administration, consistant à mettre l’accent sur le soutien aux investisseurs, en particulier le secteur privé national, à veiller à la transparence publique et à recourir largement à la digitalisation dans les processus décisionnels critiques dans l’administration. 

AU TITRE DES AUTRES COMMUNICATIONS

Madame le Ministre de la Jeunesse et des Sports a fait une communication sur les stages de préparation des athlètes, en vue des Jeux Olympiques de la Jeunesse-Dakar 2026 et le projet de mise en place d’un Centre de Haute Performance sportive ;

-Monsieur le Directeur général de l’ARCOP a fait un exposé sur les procédures de passation des marchés publics.

AU TITRE DES TEXTES LÉGISLATIFS ET RÈGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :

-le projet de décret relatif aux modalités d’application de la loi n°2025-12 du 03 septembre 2025 portant création de l’Office national de Lutte contre la Corruption (OFNAC) ;

-le projet de décret portant application de la loi n°2025-13 du 03 septembre 2025 relative à la déclaration de patrimoine ;

-le projet de décret portant application de la loi n°2025-14 du 04 septembre 2025 portant statut et protection des lanceurs d’alerte ;

– le projet de décret fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de la Commission nationale d’Accès à l’Information (CONAI).

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :
• Monsieur Demba TR AORE, Magistrat en service à la Cour suprême, matricule de solde n°601 590/K, est nommé Directeur général de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol, en remplacement du Colonel Amadou Ousmane BA.

Marie Rose Khady Fatou FAYE
Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,
Chargée des Relations avec les Institutions,
Porte-parole du Gouvernement

Bougane Guèye Dany dénonce « une atteinte à la liberté de la presse » après les interpellations de Maimouna Ndour Faye et Babacar Fall

L’interpellation des journalistes Maimouna Ndour Faye (7TV) et Babacar Fall (RFM), dans le contexte de leur récente interview avec Madiambal Diagne, continue de susciter de vives réactions dans le paysage politique et médiatique sénégalais. Parmi les voix les plus critiques, celle de Bougane Guèye Dany, leader du mouvement Gueum Sa Bopp, qui a dénoncé ce qu’il qualifie de « menace directe contre la liberté d’expression ».

Dans une déclaration rendue publique ce mercredi, Bougane estime que ces interpellations s’inscrivent dans une démarche visant à « faire taire la presse ». Selon lui, le régime dirigé par Bassirou Diomaye Faye, avec Ousmane Sonko comme Premier ministre, chercherait à « imposer un récit politique en marginalisant toute voix critique ».

« Le régime de Diomaye–Sonko cherche à faire taire la presse pour mieux imposer la manipulation et le mensonge », affirme-t-il dans son communiqué.

Pour Bougane, la liberté de la presse constitue un pilier essentiel du débat démocratique. Il soutient que toute tentative de restreindre l’expression journalistique porte atteinte à la démocratie elle-même. « La démocratie ne se construit pas dans le silence imposé, mais dans le débat libre et contradictoire », insiste-t-il.

Dans la même déclaration, le leader politique appelle l’opposition ainsi que les organisations de la société civile à se mobiliser. Il donne rendez-vous le 8 novembre prochain au Niaqhtou National, une rencontre qu’il présente comme un espace de regroupement des « forces vives » du pays.

Madiambal Diagne accuse : « Sonko était en colère contre Bamba Cissé lorsqu’il a appris que j’avais quitté le pays »

Le journaliste et patron du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, était l’invité de RFM Matin ce mercredi, au lendemain d’un entretien interrompu sur 7TV. Profitant de cette tribune, il est revenu sans détour sur son dossier judiciaire et les réactions qu’il affirme avoir provoquées au sommet de l’État.

Selon lui, Ousmane Sonko aurait exprimé une vive colère contre Bamba Cissé au moment où il a quitté le territoire. « Lors d’une réunion avec ses hommes, il s’en est vivement pris à Bamba Cissé, lui demandant comment Madiambal Diagne a pu échapper », a déclaré le journaliste. À en croire Madiambal Diagne, cette réaction serait liée à la crainte d’éventuelles révélations qu’il pourrait faire une fois à l’étranger.

Là où les propos deviennent plus lourds, c’est lorsque le journaliste évoque un lien supposé entre le dossier Sweet Beauté, impliquant Ndeye Khady Ndiaye, et un marché d’armement. « Sweet Beauté et un marché d’armement ? Vous n’êtes pas étonnés ? » interroge-t-il, suggérant que des éléments encore non dévoilés pourraient modifier la compréhension du dossier.

Madiambal Diagne affirme par ailleurs avoir rassuré Birame Diop, tout en laissant planer une menace claire. « J’ai dit à Birame Diop qu’il l’assure que ce dont ils ont peur n’est pas le plus important pour moi. Je n’en parlerai pas. Sauf si je me retrouve dans une situation où je n’aurais plus le choix », a-t-il déclaré, insinuant qu’un « déballage total » reste possible.

Revenant sur l’incident de la veille, lorsque son entretien sur 7TV avec Maïmouna Ndour Faye a été brusquement interrompu, le journaliste parle de censure assumée. « Dossier bi damako niémé parce que dama am ay arguments, am ay preuves », a-t-il martelé sur les ondes de la RFM, affirmant ne craindre aucun débat public.

Pour lui, la volonté de freiner sa prise de parole traduit une seule chose : la peur que la vérité éclate. « Ils refusent que je parle. Mais je parlerai, ici, sur les médias internationaux, et ailleurs. La vérité sera connue », a-t-il insisté.

Ces déclarations interviennent dans un contexte politique tendu, où chaque parole publique alimente un climat déjà hautement inflammable. Les prochains jours pourraient être déterminants, surtout si Madiambal Diagne met sa menace d’« ouvrir les dossiers » à exécution.

Interpellation de Maimouna Ndour Faye de la 7TV : Le CDEPS dénonce une atteinte grave et appelle à la mobilisation

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) condamne avec la plus grande fermeté et une profonde indignation l’interpellation de Mme Maimouna Ndour Faye, Directrice générale de 7TV, par des éléments de la Gendarmerie nationale. Cette interpellation a eu lieu dans les locaux de la chaîne, en pleine émission avec M. Madiambal Diagne.

Le CDEPS considère cette intrusion musclée dans l’enceinte d’un média comme une violation manifeste et inacceptable de la liberté de la presse et du droit fondamental à l’information du public. De tels actes portent atteinte aux principes sacro-saints garantis par la Constitution du Sénégal, notamment ses articles 8 et 10, qui consacrent la liberté d’opinion, d’expression et de la presse comme des droits fondamentaux.

Cette opération, menée sans motif légal apparent et visant une journaliste dans l’exercice normal de son activité, contrevient également aux engagements internationaux du Sénégal. Elle est en contradiction avec l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et l’article 9 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui protègent le droit à l’information et à la libre expression.

Le CDEPS tient à rappeler avec force qu’en l’état actuel du droit sénégalais et des conventions internationales ratifiées par le Sénégal, le fait de donner la parole à une personne, quelle que soit sa situation juridique, n’a jamais constitué un délit. Aucune disposition légale ou conventionnelle ne justifie une telle entrave au travail journalistique.

Le CDEPS réaffirme solennellement que le journalisme n’est pas un délit et que l’État de droit impose le respect absolu de l’indépendance des médias.

Face à la multiplication des agressions et des tentatives de musellement du secteur des médias privés, le CDEPS exige des autorités la garantie immédiate de la protection des journalistes et le respect strict des principes constitutionnels qui sont le socle de la démocratie sénégalaise. Il s’insurge contre cette tentative continue de mettre sous l’éteignoir toute la presse privée et appelle l’ensemble des citoyens, conscients du rôle vital de la liberté de la presse dans le fonctionnement démocratique, à faire barrage à ces manœuvres.

Le CDEPS va réunir de façon urgente ses instances dirigeantes pour étudier les suites appropriées à donner dans les plus brefs délais à ces atteintes inacceptables à la liberté de la presse. Il est impératif que ces agressions cessent immédiatement.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°594 – 29/10/2025

🔴 INTERPELLATION DE LA DIRECTRICE DE LA 7TV : LE JOURNALISME EN DANGER
🔴 COUR SUPRÊME / LE 6 NOVEMBRE 2025 : L’HEURE DE VÉRITÉ POUR LAT DIOP

🔴 LE SÉNÉGAL SE QUALIFIE POUR LA CAN 2026 : HÉROÏQUES « LIONNES » !
🔴 FIN DU PAY PER VIEW : LA LSFP CHANGE DE CAP MÉDIATIQUE !

Sédhiou : un cultivateur amputé après avoir sauté sur une mine antipersonnel à Niaga

Un grave accident a bouleversé la quiétude du village de Niaga, dans la région de Sédhiou, dimanche soir. Un cultivateur âgé de 35 ans a été grièvement blessé après avoir marché sur une mine antipersonnel, alors qu’il revenait de son champ d’arachide. Ce drame, survenu dans une zone encore marquée par les séquelles du conflit en Casamance, ravive les inquiétudes autour de la présence persistante d’engins explosifs dans certaines zones rurales du sud du Sénégal.

Selon des informations rapportées par la Radio Futurs Médias (Rfm), l’accident s’est produit dans un secteur forestier que l’homme avait emprunté pour cueillir des fruits sauvages. Sans le savoir, il aurait mis le pied sur un engin explosif enfoui depuis plusieurs années. L’explosion a été d’une violence telle qu’elle a provoqué de graves blessures au niveau des jambes et du bassin, provoquant une panique immédiate parmi les habitants alertés par la détonation.

Rapidement secouru par des villageois, la victime a été évacuée d’urgence vers l’hôpital régional de Kolda, où il a reçu les premiers soins. Toutefois, les médecins, face à la gravité des lésions, ont dû procéder à une amputation de la jambe pour lui sauver la vie. Son pronostic vital serait désormais stabilisé, mais son état demeure préoccupant selon une source hospitalière.

Cet incident tragique met une fois de plus en lumière la dangerosité persistante des mines antipersonnel dans certaines zones frontalières du sud du Sénégal, notamment entre les régions de Sédhiou et de Ziguinchor. Bien que la paix soit officiellement revenue en Casamance depuis plusieurs années, les résidus d’explosifs laissés par le conflit continuent de menacer la sécurité des populations rurales, en particulier les agriculteurs, les éleveurs et les enfants.

Des organisations humanitaires et des structures spécialisées, comme le Centre national d’action antimines du Sénégal (CNAMS), poursuivent depuis des années des opérations de déminage dans la région. Cependant, certaines zones boisées et reculées restent encore difficiles d’accès, rendant les opérations plus complexes et laissant planer un danger permanent.

Les autorités locales, informées du drame, ont réitéré leurs appels à la prudence, invitant les habitants à éviter les zones non sécurisées et à signaler tout objet suspect aux forces de défense et de sécurité. Plusieurs voix s’élèvent par ailleurs pour demander l’accélération des programmes de déminage et un renforcement de la sensibilisation dans les villages frontaliers, où la pauvreté pousse souvent les populations à s’aventurer dans des zones à risque.

Ce nouveau drame à Niaga rappelle, s’il en était besoin, que la menace des mines antipersonnel demeure une réalité tangible pour les communautés rurales du sud du Sénégal, malgré les efforts constants des autorités et des partenaires internationaux pour éradiquer définitivement ce fléau silencieux.

Désencombrement à Dakar : le gouverneur Ousmane Kane fixe un ultimatum aux propriétaires d’épaves et d’engins abandonnés

Le gouverneur de la région de Dakar, Ousmane Kane, a annoncé le lancement d’une vaste opération de désencombrement visant à libérer les artères principales et les espaces publics de la capitale des épaves, des véhicules abandonnés et des engins laissés à l’abandon. Cette mesure, présentée comme une nécessité pour rétablir la fluidité de la circulation et préserver l’ordre public, marque une nouvelle étape dans la lutte contre l’occupation anarchique de l’espace urbain dakarois.

Dans un communiqué officiel publié ce lundi, le gouverneur a exprimé son inquiétude face à la prolifération des véhicules en stationnement prolongé sur les trottoirs, les accotements et même parfois les voies principales, transformées en parkings sauvages ou en dépotoirs mécaniques. Ces épaves, souvent laissées à l’abandon depuis plusieurs mois, constituent selon lui une menace pour la sécurité routière, la salubrité et la mobilité urbaine.

« Ces obstructions anarchiques perturbent gravement la circulation, créent des embouteillages chroniques et dégradent le cadre de vie. Elles présentent également des risques sanitaires et sécuritaires importants », a averti M. Kane, appelant à une réaction rapide et concertée.

Face à cette situation devenue intenable, un ultimatum a été fixé : tous les propriétaires de véhicules ou d’engins abandonnés dans l’espace public disposent jusqu’au mardi 11 novembre 2025 pour procéder à leur enlèvement. Passé ce délai, les autorités procéderont à des opérations de déguerpissement forcé, sans autre préavis.

Le communiqué précise que ces mesures ne se limitent pas aux seuls centres urbains de Dakar, mais concernent également les banlieues et les zones périurbaines, où la présence d’épaves et de véhicules en panne entrave souvent l’accès aux marchés, aux écoles et aux services publics.

Le gouverneur Ousmane Kane justifie cette décision par la « croissance préoccupante de l’entrave à la libre circulation des biens et des personnes », aggravée par une mauvaise gestion de l’espace public et une absence de discipline citoyenne. Il évoque aussi les conséquences directes sur « la salubrité publique, la sécurité collective et l’image de la capitale », insistant sur la nécessité d’une action ferme et durable.

Dans cette perspective, le gouverneur a appelé à une mobilisation générale des différentes parties prenantes : les autorités municipales, les préfets, les sous-préfets, les services de sécurité et les forces de l’ordre sont invités à veiller à la stricte application de cette mesure. Les communes devront, selon lui, identifier les zones les plus touchées et participer activement à la mise en œuvre du plan de désencombrement.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts entrepris par l’État pour restaurer l’ordre et la propreté dans l’espace public de la région de Dakar, confrontée depuis plusieurs années à un désordre urbain grandissant. Le gouverneur a tenu à rappeler que cette opération n’est pas une sanction, mais un acte de responsabilité et de civisme, visant à garantir la sécurité, la fluidité et la qualité de vie des Dakarois.

« Il est temps que chacun prenne conscience de sa part de responsabilité. L’espace public appartient à tous, et sa préservation relève du devoir collectif », a conclu Ousmane Kane, avant de réaffirmer la détermination de l’administration à faire appliquer cette mesure « sans complaisance ni discrimination ».

Rejet de la requête de Guy Marius Sagna : Assane Samb pointe un manque de soutien interne et évoque un calcul politique du Pastef

Le Bureau de l’Assemblée nationale a rejeté la proposition de résolution déposée par le député Guy Marius Sagna, qui visait la mise en accusation de l’ancien président Macky Sall devant la Haute Cour de Justice. Motif avancé : le non-respect du Règlement intérieur de l’institution, notamment de son article 103, qui encadre strictement les conditions de recevabilité de ce type d’initiatives parlementaires.

Cette décision, tombée à l’issue d’une réunion du Bureau, suscite déjà de nombreuses réactions dans l’espace politique et médiatique. Parmi elles, celle de l’analyste politique Assane Samb, qui estime que le mode d’action de Guy Marius Sagna révèle un isolement politique au sein même de son camp. Selon lui, le fait que le député ait agi seul, sans le soutien formel de son groupe parlementaire Pastef, traduit un manque d’adhésion collective à cette démarche.

« Le mode de saisine solitaire de Guy Marius Sagna pose question. Est-ce à dire que ses camarades ne partagent pas la même idée, ou bien considèrent-ils que la procédure est vouée à l’échec ? », s’est interrogé Assane Samb, estimant que cette attitude trahit une certaine prudence, voire une réserve politique au sein de la majorité parlementaire.

L’analyste explique que, même si cette proposition a peu de chances d’aboutir sur le plan juridique — en raison notamment de l’immunité présidentielle dont bénéficie Macky Sall pour les actes posés durant son mandat —, elle demeure une arme politique stratégique pour le pouvoir en place.

« Cette volonté de mise en accusation n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une logique politique. Pour le Pastef, elle pourrait servir à dissuader Macky Sall de revenir au Sénégal et à fragiliser son parti. Car, qu’on le veuille ou non, Macky Sall reste un adversaire redoutable pour la majorité actuelle », analyse Assane Samb.

Selon lui, une telle démarche permettrait au camp au pouvoir d’entretenir un climat d’incertitude autour de l’ancien chef de l’État, de maintenir la pression sur son entourage politique et d’occuper le terrain symbolique de la reddition des comptes.

« Même si Macky Sall n’est jamais inquiété par la justice, le simple fait de brandir la menace d’une procédure constitue déjà un gain politique. Cela envoie un signal fort à l’opinion et affaiblit moralement le camp de l’ancien président », ajoute l’analyste.

Toutefois, Assane Samb invite à la prudence politique, estimant qu’une telle logique pourrait s’avérer dangereuse à long terme. Il met en garde contre « l’esprit de vengeance » qui, selon lui, risquerait d’installer un précédent préjudiciable à la stabilité institutionnelle du pays.

« Si chaque majorité cherche à poursuivre les anciens présidents, le Sénégal perdra de sa crédibilité démocratique. Ce serait une pente glissante, susceptible d’affaiblir l’ensemble des institutions et de ternir l’image du pays à l’international », avertit-il.

Pour rappel, le Bureau de l’Assemblée nationale a examiné huit initiatives parlementaires, dont celle de Guy Marius Sagna. Sept d’entre elles ont été jugées irrecevables, pour des motifs similaires liés à la non-conformité avec les articles 51, 69 et 103 du Règlement intérieur. Ce dernier dispose qu’une résolution ne peut être soumise à l’examen que si elle émane d’une commission parlementaire, d’un groupe constitué, ou d’un nombre de députés non-inscrits représentant au moins un dixième des membres de l’Assemblée.

De son côté, Guy Marius Sagna a pris acte de cette décision, tout en contestant son bien-fondé. Selon les informations rapportées par L’Observateur, le député soutient que sa proposition avait été formulée sous l’ancien Règlement intérieur, et non sous le nouveau cadre utilisé pour justifier son irrecevabilité. Il a également affirmé son intention de corriger et de réintroduire sa proposition, réitérant sa détermination à voir la justice se pencher sur la gestion de l’ancien régime.

Mbour : un réseau de faux documents administratifs démantelé par la Sûreté urbaine

La police de Mbour a frappé un grand coup contre la fraude documentaire. Les éléments de la Sûreté urbaine du commissariat central de Mbour, sur la Petite-Côte, ont démantelé un réseau de fabrication et de vente de faux documents administratifs, notamment des Certificats de mise en consommation (CMC). Deux individus ont été arrêtés dans cette affaire qui met en lumière un système organisé de falsification destiné à faciliter des démarches illégales contre paiement.

Les suspects interpellés sont Modou Rokhaya Fall, un restaurateur domicilié à Saly Carrefour, et Amad Diop, un mécanicien résidant à Guinaw-Rails. D’après les premières informations, Modou Rokhaya Fall serait le cerveau de ce réseau artisanal mais bien rodé. Il aurait mis en place un véritable trafic de faux documents administratifs, fabriqués à partir de modèles authentiques, et vendus à des particuliers souhaitant contourner les procédures légales.

L’affaire a éclaté à la suite d’un renseignement exploité par la Sûreté urbaine, selon lequel le restaurateur s’adonnait à la production de faux CMC, documents officiels utilisés notamment dans le cadre de la régularisation de véhicules importés. Contre une somme d’argent, il proposait à ses “clients” des certificats falsifiés censés provenir des autorités compétentes.

Une opération de filature et de surveillance a alors été montée par les enquêteurs. Celle-ci a permis d’intercepter Amad Diop, le complice présumé, au moment où il venait tout juste de récupérer un faux CMC fabriqué par Modou Rokhaya Fall. Les policiers ont ensuite procédé à l’arrestation du principal suspect, qui n’a pas tardé à reconnaître les faits lors de son interrogatoire.

Une perquisition effectuée à son domicile a permis aux enquêteurs de mettre la main sur un important lot de documents falsifiés, dont sept faux certificats de mise en consommation, ainsi que du matériel servant à leur confection. Ces éléments matériels viennent conforter les charges de faux et usage de faux en documents administratifs et de complicité retenues contre les deux hommes.

Les mis en cause ont été placés en garde à vue dans les locaux du commissariat de Mbour, en attendant leur présentation devant le parquet pour la suite de la procédure judiciaire. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer l’étendue réelle du réseau et à identifier d’éventuels complices ou bénéficiaires de ces faux documents.

Cette affaire relance le débat sur la prolifération des faux documents administratifs au Sénégal, un phénomène qui mine la crédibilité de l’administration et favorise diverses formes de fraude. Les autorités de Mbour, tout en saluant le professionnalisme des forces de l’ordre, ont appelé à une vigilance accrue et à un renforcement des contrôles sur la délivrance et la vérification des pièces officielles, afin de mieux protéger les citoyens et l’État contre ce type de dérives.

Santé mentale à Kolda : une crise silencieuse avec 43,2 % de dépression et plus de 16 % d’envies suicidaires

La région de Kolda, au sud du Sénégal, fait face à une situation alarmante sur le plan de la santé mentale. Selon les résultats de l’enquête STEPS 2024 sur les maladies non transmissibles, 43,2 % des habitants souffrent de dépression, tandis que plus de 16 % reconnaissent avoir eu des pensées suicidaires. Ces chiffres, déjà préoccupants, dépassent largement les moyennes nationales qui s’établissent respectivement à 36,6 % et 13 %.

Ces données ont été rendues publiques le 26 octobre, lors d’un Comité régional de développement (CRD) tenu à Kolda et consacré exclusivement à la problématique de la santé mentale. Présidant la rencontre, le gouverneur adjoint de la région a exprimé son inquiétude face à ces statistiques qui traduisent, selon lui, « une crise silencieuse qui frappe les foyers koldois ». Il a invité les autorités administratives, les collectivités territoriales, les professionnels de santé et les organisations communautaires à « unir leurs forces pour combattre ce fléau qui détruit les individus dans le silence et la honte ».

Les causes de cette détresse psychologique sont multiples et bien ancrées dans le quotidien des populations. Kolda, bien qu’elle soit une région à fort potentiel agricole, fait face à un chômage endémique, une pauvreté persistante, un accès limité aux services de base et un manque criant d’opportunités pour les jeunes. Beaucoup d’entre eux se retrouvent sans emploi, sans formation, et sans perspectives, ce qui favorise l’isolement, la perte d’estime de soi et, dans certains cas, les troubles mentaux graves.

Les problèmes familiaux, les violences domestiques, le stress lié à la précarité économique, ainsi que la migration clandestine sont également cités parmi les facteurs aggravants. Plusieurs participants au CRD ont souligné que le phénomène touche désormais toutes les couches sociales, y compris les femmes, les adolescents et les élèves.

Pour faire face à cette situation, le Réseau Jeunesse Population et Développement (RJPD) s’est engagé à jouer un rôle de premier plan. Son directeur exécutif, Maguette Thiandoum, a annoncé le lancement d’un vaste programme de sensibilisation intitulé « Sama Yoon, Sama Kaddu », qui vise à encourager la parole, la prévention et la solidarité communautaire.
« Nous voulons rompre le silence autour des troubles mentaux. À travers des campagnes de proximité, des plateformes numériques et des médias communautaires, nous allons diffuser des messages de prévention, de plaidoyer et de soutien psychologique. Il faut que les gens sachent que la dépression est une maladie, et qu’elle se soigne », a-t-il déclaré.

Mais au-delà de la sensibilisation, la question de la prise en charge médicale demeure un défi majeur. La région de Kolda ne dispose pas d’un centre psychiatrique digne de ce nom. Les patients doivent souvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres, jusqu’à Ziguinchor ou Dakar, pour bénéficier d’un suivi spécialisé. Cette situation contribue à la marginalisation et à l’abandon des personnes souffrant de troubles mentaux, souvent laissées à elles-mêmes ou enchaînées dans leurs foyers, faute d’alternatives.

Des acteurs de la société civile et des professionnels de santé ont plaidé pour la création d’un hôpital psychiatrique régional, équipé en personnel qualifié et en matériel adapté. Ils estiment qu’une telle structure permettrait de traiter efficacement les cas, de réduire les souffrances et de renforcer la prévention. « Tant qu’il n’y aura pas une politique publique forte et décentralisée sur la santé mentale, nous continuerons à voir des vies brisées par la dépression et le désespoir », a alerté un médecin psychiatre présent à la rencontre.

La crise de la santé mentale à Kolda met en lumière un problème national souvent négligé : la faible prise en compte du bien-être psychologique dans les politiques publiques. À l’heure où le Sénégal s’efforce de renforcer son système de santé, cette alerte venue du Sud rappelle l’urgence d’intégrer la santé mentale dans les priorités du développement humain, afin de donner à chaque citoyen les moyens de vivre dans la dignité, la sérénité et l’équilibre.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°593 – 28/10/2025

🔴 PREMIER FACE-À-FACE AVEC LE JUGE D’INSTRUCTION ABDOUL AZIZ DIALLO : BADARA GADIAGA IMPERTURBABLE
🔴 IRRECEVABILITÉ DE LA MISE EN ACCUSATION DE MACKY SALL ET LIBÉRATION DE PAPE MALICK NDOUR : DOUBLE REVERS POUR LES « PASTÉFIENS »

🔴 PAPE IBRAHIMA FAYE PORTE SON CHOIX SUR 21 « LIONCEAUX » : EN ROUTE POUR LE MONDIAL U17
🔴 LIGUE 1 : HABIB BEYE RESTE SUR LE BANC DU STADE RENNAIS

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