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Affaire Modou Fall : le chroniqueur maintient sa version devant les enquêteurs et reconnaît l’absence de preuves

Le chroniqueur Modou Fall a été entendu par les enquêteurs de la Brigade de recherches dans le cadre de l’affaire liée à sa sortie médiatique controversée, qui lui a valu un placement sous mandat de dépôt pour diffusion de fausses nouvelles. Face aux questions des enquêteurs, il a tenu à clarifier ses propos et à repréciser sa pensée.

Selon des informations rapportées par le journal Libération, Modou Fall a affirmé n’avoir jamais soutenu que l’État ou des membres de la mouvance présidentielle auraient remis de l’argent à des étudiants. Il soutient avoir simplement voulu « lancer une alerte », sans accuser formellement une autorité ou un camp politique précis. Il a insisté sur le fait que ses déclarations ne visaient pas directement le pouvoir en place.

Interrogé sur l’identité des supposés financeurs évoqués dans sa sortie, le chroniqueur n’a avancé aucun nom. Il aurait parlé de « personnes malintentionnées », sans fournir davantage de précisions. Confronté à l’insistance des enquêteurs, il a reconnu ne disposer d’aucune preuve tangible pour étayer ses affirmations, admettant qu’il s’agissait en réalité d’une rumeur.

Modou Fall a également contesté avoir directement accusé les autorités d’avoir rétribué des étudiants dans le but d’incriminer certaines figures de l’opposition, notamment Bougane Guèye Dany, Barthélemy Dias et Thierno Alassane Sall. Il soutient que ses propos ont été mal interprétés ou sortis de leur contexte.

Sindia : un élève de 12 ans meurt après des troubles liés à des étudiants grévistes

Le lycée de Sindia, dans le département de Mbour, est sous le choc après la disparition tragique d’un élève de 12 ans, S. Camara, en classe de 6e. Le drame s’est produit à la suite de troubles survenus dans l’enceinte de l’établissement, où un jet de pierre a mortellement atteint l’enfant à la tête.

Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, des étudiants de l’Universite Cheikh Anta Diop (UCAD), récemment retournés dans leur localité après la fermeture du campus à Dakar, auraient tenté de perturber les cours au sein du lycée. Ils entendaient protester contre la suspension des enseignements universitaires. Leur irruption dans l’établissement aurait provoqué une vive tension, les élèves étant délogés de leurs salles de classe dans un climat de confusion et de panique.

La situation a rapidement dégénéré dans la cour du lycée. C’est au cours de cette cohue que le jeune S. Camara a été violemment atteint à la tête par une pierre. Grièvement blessé, il a été pris en charge en urgence et évacué vers le district sanitaire de Popenguine. Admis en soins intensifs, l’élève n’a malheureusement pas survécu à ses blessures. Son décès a été constaté le lendemain matin, plongeant sa famille, ses camarades et l’ensemble de la communauté éducative dans une profonde consternation.

À Sindia, l’émotion est vive. Parents d’élèves, enseignants et habitants de la commune peinent à comprendre comment un mouvement de protestation a pu conduire à un tel drame impliquant un enfant. Le corps du défunt a été remis à sa famille et inhumé le même jour au cimetière musulman de la localité, dans une atmosphère lourde de tristesse.

Contentieux foncier à Ngaparou : Awa Baldé réclame 475 millions FCFA à Aziz Alé Ndiaye devant le tribunal correctionnel de Dakar

Le différend financier opposant la jet-setteuse Awa Baldé au promoteur immobilierAziz Ndiaye connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Après plusieurs mois de tensions et de tentatives infructueuses pour trouver un terrain d’entente, l’affaire sera finalement examinée par le tribunal correctionnel de Dakar le 26 février prochain.

Au cœur de ce contentieux : une transaction immobilière portant sur un terrain situé à Ngaparou, station balnéaire prisée de la Petite Côte. Selon Awa Baldé, le promoteur se serait engagé à acquérir ce bien, qui appartenait à son ex-mari, pour un montant global de 50 millions de FCFA. Toutefois, elle affirme que seuls 20 millions de FCFA auraient été effectivement versés, laissant un reliquat de 30 millions de FCFA impayé.

La plaignante soutient avoir multiplié les démarches pour obtenir le règlement du solde, sans succès. Après plusieurs plaintes restées sans suite, elle avait publiquement laissé entendre qu’elle se remettait « entre les mains de Dieu », semblant ainsi renoncer à toute poursuite. Mais contre toute attente, elle a décidé de relancer la procédure judiciaire, cette fois par le biais d’une citation directe.

Dans cet acte introductif d’instance, Awa Baldé ne se limite plus à réclamer le paiement du solde présumé de la vente. Elle demande désormais la somme de 475 millions de FCFA au titre de préjudices qu’elle estime avoir subis. Ce montant inclurait, selon ses proches, des dommages liés à la perte d’opportunités, au préjudice moral ainsi qu’à l’impact financier global de ce litige prolongé.

De son côté, aucune déclaration officielle n’a encore été rendue publique par Aziz Alé Ndiaye concernant cette nouvelle offensive judiciaire. L’homme d’affaires, bien connu dans le secteur immobilier et dans le milieu médiatique sénégalais, devrait faire valoir ses arguments devant la juridiction correctionnelle afin de contester ou clarifier les termes de la transaction incriminée.

L’audience prévue le 26 février s’annonce déterminante. Elle pourrait permettre de faire la lumière sur les conditions exactes de la cession du terrain, la nature des engagements contractuels pris par les parties et les éventuelles responsabilités pénales ou civiles engagées.

Jamra interpelle l’opinion sur le statut d’AIDES-Sénégal et relance le débat juridique

L’ONG Jamra a récemment publié un communiqué sur ses plateformes numériques dans lequel elle attire l’attention sur l’association AIDES-Senegal, qu’elle présente comme la plus représentative des 16 associations d’homosexuels reconnues par l’État du Sénégal. Selon le message diffusé, l’organisation compterait environ 650 membres et bénéficierait d’une reconnaissance administrative officielle.

Dans sa publication, Jamra affirme qu’AIDES-Sénégal aurait été enregistrée le 5 mars 2012 et disposerait d’un agrément délivré par le Ministère de l’Intérieur sous le numéro de récépissé 15444/MINT/DAGAT/DEL/AS. L’ONG soutient que cet enregistrement poserait un problème juridique au regard de l’article 319 du Code pénal sénégalais, qui réprime les actes qualifiés de « contre nature », ainsi que des dispositions du Code des obligations civiles et commerciales. Elle estime que la reconnaissance administrative d’une telle structure serait en contradiction avec ces textes.

Le communiqué précise également que le siège de l’association se situerait dans le quartier des Parcelles Assainies, à Dakar. Jamra cite par ailleurs Diadji Diouf, présenté comme dirigeant d’AIDES-Sénégal et porte-parole d’AFRICA-GAY, une coalition continentale regroupant des organisations engagées sur les questions liées aux droits des minorités sexuelles en Afrique.

Dans un ton ferme, l’ONG inscrit sa sortie médiatique dans une posture de vigilance et de dénonciation. Elle considère que « l’agenda LGBT légué par l’ancien régime est donc resté intact », laissant entendre que les changements politiques intervenus récemment n’auraient pas modifié, selon elle, l’approche institutionnelle sur ces questions. Jamra conclut son message en réaffirmant sa détermination, déclarant que « le combat continue ».

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°671 – 13/02/2026

🔴 RAPPORT D’AUTOPSIE ÉTABLI PAR LE LABORATOIRE D’ANATOMIE ET DE CYTOLOGIE PATHOLOGIQUE DE L’HÔPITAL GÉNÉRAL IDRISSA POUYE SUR L’ÉTUDIANT… LE CORPS PRÉSENTE DES TRAUMATISMES D’UNE EXTRÊME GRAVITÉ : ABDOULAYE BÀ A SOUFFERT
🔴 DÉCISION DE LA CHAMBRE D’ACCUSATION DU TRIBUNAL FINANCIER : LP CONFIRMÉE POUR FARBA

🔴 SUPPORTERS DÉTENUS AU MAROC : LE PROCÈS GLISSE AU 19 FÉVRIER

La Police nationale lance une plateforme numérique de signalement des cyberinfractions

La Police nationale a officiellement lancé, ce mercredi 12 février 2026, une plateforme numérique dédiée au signalement en ligne des infractions cybercriminelles. Développé par la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité , cet outil marque une nouvelle étape dans la modernisation des dispositifs de lutte contre la criminalité numérique au Sénégal.

La cérémonie de lancement de la phase pilote s’est tenue à la Direction de la formation, anciennement École nationale de police , à Dakar. Elle a été présidée par le commissaire divisionnaire Moustapha Diouf, directeur adjoint de la police judiciaire, qui a salué une avancée majeure dans l’adaptation des forces de sécurité aux défis posés par le numérique.

Dans son allocution, le commissaire divisionnaire a souligné que la montée en puissance des usages d’internet et des réseaux sociaux s’accompagne d’une recrudescence des actes de cybercriminalité, allant de l’escroquerie en ligne à l’usurpation d’identité, en passant par le chantage, le harcèlement numérique et l’exploitation des mineurs. Il a expliqué que cette plateforme vise à faciliter le dépôt de plaintes et de signalements par les citoyens, tout en garantissant la confidentialité des informations transmises.

Accessible en ligne, l’outil permettra aux victimes ou témoins d’infractions commises via les technologies de l’information et de la communication de transmettre rapidement des éléments aux enquêteurs spécialisés. Les données collectées seront traitées par les services compétents afin d’engager, le cas échéant, les procédures judiciaires appropriées. Cette phase de test devra permettre d’évaluer l’efficacité du dispositif, d’identifier d’éventuels ajustements techniques et d’optimiser le parcours utilisateur avant un déploiement à plus grande échelle.

L’événement a également enregistré la présence de plusieurs partenaires institutionnels et techniques. Mme Evelyne Guèye, Child Protection Specialist à UNICEF, a salué une initiative qui renforce la protection des enfants face aux dangers en ligne. Elle a insisté sur l’importance d’une collaboration étroite entre les forces de sécurité, les acteurs sociaux et les organisations internationales pour prévenir et combattre les violences numériques ciblant les mineurs.

De son côté, Mme Madjiguène Diop, coordonnatrice de la Cellule d’appui à la protection de l’enfance (CAPE), représentant le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, a mis en avant la nécessité d’un dispositif intégré de protection. Elle a rappelé que la cybercriminalité touche particulièrement les enfants et les adolescents, souvent exposés à des contenus inappropriés, à des tentatives de manipulation ou à des abus en ligne.

Bassirou Diomaye Faye réunit les Gouverneurs et fixe le cap d’une administration territoriale plus performante

Quelques jours après sa tournée dans le Sénégal oriental, le Président de la République,Bassirou Diomaye Faye, a présidé au Palais de la République une réunion stratégique avec l’ensemble des Gouverneurs de région. Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la présence de l’État dans les territoires et de consolidation de la gouvernance territoriale.

Face aux représentants de l’administration déconcentrée, le Chef de l’État a rappelé un principe qu’il considère fondamental : l’autorité de l’État ne se décrète pas, elle se mesure concrètement dans les territoires. Elle se traduit par la qualité du service rendu aux citoyens, par la capacité des autorités administratives à répondre efficacement aux préoccupations des populations et par leur aptitude à anticiper les tensions sociales, économiques et sécuritaires.

Dans son intervention, le Président a insisté sur la nécessité de moderniser l’administration territoriale en la tournant résolument vers une culture de résultats. Il a exhorté les Gouverneurs à renforcer l’efficacité de l’action publique, à améliorer les délais de traitement des dossiers et à promouvoir une gestion plus rigoureuse et plus transparente des affaires locales. L’objectif affiché est de rapprocher davantage l’administration des citoyens et de restaurer la confiance dans l’institution étatique.

La question foncière et les signaux sociaux ont également occupé une place centrale dans les échanges. Le Chef de l’État a appelé à une vigilance accrue face aux conflits liés au foncier, souvent sources de tensions communautaires, ainsi qu’à une meilleure lecture des dynamiques sociales pouvant annoncer des crispations. Pour lui, la prévention demeure un levier essentiel de stabilité et de cohésion nationale. Les Gouverneurs sont ainsi invités à jouer pleinement leur rôle d’alerte et de régulation dans leurs circonscriptions respectives.

Par ailleurs, le Président a souligné l’importance d’une coordination rigoureuse entre les différents services déconcentrés de l’État. Il a plaidé pour une action publique plus lisible, mieux articulée et plus cohérente, afin d’éviter les chevauchements de compétences et d’assurer une meilleure synergie entre les acteurs institutionnels sur le terrain.

Au cours de la réunion, le Plan stratégique 2025-2029 de la Direction générale de l’Administration territoriale a été présenté comme le cadre de référence de l’action dans les régions. Ce document structurant devra guider l’intervention des autorités administratives dans les prochaines années, en cohérence avec l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, qui fixe les grandes orientations de développement du pays à long terme.

En validant les recommandations issues des travaux, le Président de la République engage ainsi l’État dans une nouvelle phase de consolidation de sa présence territoriale. Cette orientation vise à garantir la stabilité, à renforcer la cohésion nationale et à consolider la confiance des populations envers les institutions. À travers cette démarche, l’Exécutif entend faire des régions de véritables pôles d’efficacité administrative et de performance publique, au service du développement et du bien-être des citoyens.

Fatick – Économie locale et marketing territorial : Foundiougne se positionne comme pôle émergent

Le Forum de développement économique et social du département de Foundiougne s’est ouvert ce jeudi sous de bons auspices, en présence d’autorités administratives, d’élus territoriaux, de partenaires techniques et financiers ainsi que de nombreux acteurs du développement local.

La cérémonie officielle a été présidée par le préfet du département, Jean Paul Malick Faye, aux côtés des autorités locales et de plusieurs personnalités venues marquer leur soutien à cette initiative stratégique.

Initié par le Conseil départemental de Foundiougne, sous l’impulsion de son président Moustapha Mbaye, ce forum se veut un tournant décisif pour impulser une nouvelle dynamique économique dans l’ensemble des secteurs d’activité du département.

Parmi les personnalités présentes figuraient également Mouhamed Youssouf Bengeloune, président de l’Association des départements du Sénégal, l’ancien ministre conseiller Adama Diouf, ainsi que le secrétaire général adjoint du gouvernement, Lamine Sarr, entre autres invités de marque.

Une plateforme de réflexion et d’opportunités

L’événement se présente comme une véritable plateforme de réflexion, de concertation et de promotion des opportunités économiques du département, a expliqué Issa Ba, président de la commission communication du forum.

Selon les organisateurs, le forum vise principalement à renforcer le marketing territorial de Foundiougne en mettant en lumière ses ressources naturelles, économiques, sociales et culturelles.

Plus spécifiquement, il s’agira de :

Identifier et valoriser les filières porteuses telles que la pêche, l’agriculture, l’élevage, le tourisme et l’artisanat ; Attirer des investisseurs publics et privés, nationaux et internationaux ; Créer un cadre de dialogue entre collectivités territoriales, secteur privé, jeunes, femmes et partenaires techniques et financiers ; Promouvoir l’emploi local, l’entrepreneuriat et l’auto-emploi, notamment en faveur des jeunes ; Aligner les initiatives locales sur les politiques nationales de développement et les nouvelles dynamiques économiques.

Des projets structurants au cœur des ambitions

Ce forum est perçu comme une opportunité majeure pour repositionner Foundiougne dans les dynamiques de développement national et régional, notamment à travers le pôle Centre.

Les intervenants ont particulièrement insisté sur les retombées économiques attendues du projet pétrolier de Sangomar, du port de Ndakhonga, ainsi que sur le rôle structurant du pont Nelson Mandela, des infrastructures clés appelées à faciliter la mobilité, à renforcer les échanges commerciaux et à accélérer l’intégration économique du département.

Un programme riche et inclusif

Le programme du forum prévoit :

Des panels thématiques sur le développement économique local ; Des communications techniques sur les opportunités d’investissement ; Des expositions de produits locaux et du savoir-faire des acteurs économiques ; Des rencontres B2B entre porteurs de projets et investisseurs ; Une revalorisation des activités culturelles destinées à promouvoir l’identité, le patrimoine et la richesse culturelle du département.

À travers cette initiative, Foundiougne ambitionne de se positionner comme un pôle économique émergent, capable de tirer pleinement profit de ses atouts naturels et des grands projets structurants en cours, dans une dynamique de développement inclusif et durable.

Santé – Fatou Nguirane, une figure montante du plaidoyer sanitaire en Afrique de l’Ouest

Le combat contre les hépatites virales prend une nouvelle dimension sous l’impulsion de Fatou Nguirane, présidente du Réseau des Associations de Lutte contre les Hépatites. Figure engagée de la société civile sanitaire, elle œuvre désormais à inscrire cette bataille dans une dynamique sous-régionale et internationale, en misant sur des partenariats stratégiques et un maillage territorial renforcé.

Dans une démarche concertée, Fatou Nguirane collabore étroitement avec l’Alliance nationale pour les communautés de santé (ANCS), ainsi qu’avec d’autres partenaires techniques et financiers, tels que le SMIT, le CNLS, le CRCF, Plan International et le ministère de la Santé et de l’Action sociale. Ces structures soutiennent la politique de la présidente du Réseau à travers plusieurs initiatives, notamment l’installation de l’association Jappoo Kheex Hépatites à Kaffrine.

L’objectif est de mutualiser les ressources, d’harmoniser les stratégies de plaidoyer et de renforcer les actions de prévention, de dépistage et de prise en charge. L’ambition est claire : sortir l’hépatite de l’ombre et briser le silence autour de cette maladie encore trop méconnue, souvent diagnostiquée tardivement.

Un maillage territorial ambitieux

Au cœur de sa vision figure un projet structurant : doter chaque région, département, arrondissement et commune du Sénégal d’une association active de lutte contre l’hépatite. Cette approche décentralisée vise à rapprocher les services d’information et d’accompagnement des populations, notamment dans les zones reculées où l’accès aux soins demeure limité.

« La lutte contre l’hépatite ne doit pas être centralisée. Elle doit être communautaire, inclusive et présente à tous les niveaux », défend la présidente du Réseau, convaincue que la mobilisation locale constitue un levier essentiel pour améliorer le dépistage précoce et l’observance thérapeutique.

Plaidoyer pour un meilleur accès aux soins

Au-delà de la sensibilisation, Fatou Nguirane inscrit son action dans un plaidoyer soutenu auprès des autorités sénégalaises. Parmi les priorités figurent la réduction des coûts liés à la prise en charge des hépatites virales, qui représentent un frein majeur pour de nombreux patients. Bien que disponibles, les traitements demeurent onéreux pour une large frange de la population.

Autre défi de taille : les ruptures récurrentes de médicaments. Le Réseau entend travailler en synergie avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale, les centrales d’achats et les partenaires internationaux afin de sécuriser l’approvisionnement et de garantir une continuité thérapeutique aux personnes vivant avec l’hépatite.

Une approche intégrée et partenariale

En s’alliant à l’ANCS et à d’autres acteurs engagés dans la riposte contre les maladies transmissibles, le Réseau des Associations de Lutte contre les Hépatites adopte une approche intégrée, prenant en compte les co-infections, notamment VIH/hépatites, ainsi que les enjeux globaux de santé publique.

Cette collaboration permet également de capitaliser sur l’expertise développée dans la lutte contre le VIH, notamment en matière de mobilisation communautaire, de plaidoyer politique et de gestion de programmes financés par des bailleurs internationaux.

Vers une riposte sans frontières

Le leadership de Fatou Nguirane dépasse désormais le cadre national. En nouant des partenariats avec des organisations sœurs dans d’autres pays, elle ambitionne de porter un plaidoyer régional en faveur d’une meilleure reconnaissance des hépatites comme priorité de santé publique en Afrique de l’Ouest.

À travers cette dynamique, le Réseau entend contribuer aux objectifs internationaux d’élimination des hépatites virales à l’horizon 2030, conformément aux engagements de l’Organisation mondiale de la santé.

Entre engagement communautaire, plaidoyer institutionnel et coopération stratégique, Fatou Nguirane incarne ainsi une nouvelle génération de leadership sanitaire en Afrique de l’Ouest.

Crise universitaire : la CAP de l’APR réclame la démission du ministre de l’Intérieur et appelle à un dialogue urgent sur les campus

Dakar – La mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a plongé les universités sénégalaises dans une crise sans précédent, mobilisant non seulement la communauté académique mais aussi les partis politiques. Ce mercredi 11 février 2026, la Cellule Analyses et Prospective (CAP) de l’Alliance Pour la République (APR) a publié une déclaration ferme, exigeant la démission du ministre de l’Intérieur et appelant à un dialogue immédiat et constructif pour restaurer la paix et la sérénité sur les campus.

Dans son communiqué, la CAP s’incline d’abord devant la mémoire d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odonto-Stomatologie, rappelant la brutalité des violences qui ont conduit à son décès, telles que révélées par l’autopsie relayée par la presse. La cellule a exprimé ses condoléances les plus sincères à sa famille, à ses camarades et à l’ensemble de la communauté universitaire, soulignant que la tragédie touche non seulement les proches mais aussi l’ensemble de la jeunesse et du corps estudiantin du pays.

La CAP a vivement condamné la répression exercée par les forces de sécurité sur le campus de l’UCAD, qu’elle considère comme une violation manifeste de la Loi n°94-79 du 24 novembre 1994 relative aux franchises universitaires. La cellule estime que le ministre de l’Intérieur, en sa qualité de premier responsable de la sécurité intérieure, doit répondre de la gestion de cette crise et en tirer toutes les conséquences, allant jusqu’à exiger sa démission immédiate pour manquement à ses responsabilités. La CAP demande par ailleurs que les enquêtes sur le décès d’Abdoulaye Ba soient menées avec toute la diligence, la transparence et l’impartialité nécessaires, sans protection ni complaisance, afin que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient établies et sanctionnées conformément à la loi.

La CAP critique également la communication gouvernementale, jugée inadaptée à la gravité des faits et déconnectée du drame humain. Selon la cellule, cette communication manque de compassion envers les familles des victimes et ne contribue pas à apaiser le climat de tension qui règne sur les campus. La CAP déplore que, deux ans après l’arrivée au pouvoir du régime PASTEF, aucune réponse structurelle n’ait été apportée aux difficultés persistantes de l’enseignement supérieur, et que les revendications légitimes des étudiants, notamment sur les bourses et les conditions de vie, soient traitées par la force plutôt que par le dialogue.

Parallèlement, la CAP réitère son soutien au Collectif des Amicales, qu’elle considère comme le défenseur des intérêts matériels et moraux des étudiants, et condamne la suspension de ces structures par le Conseil académique de l’UCAD. La cellule appelle à privilégier le dialogue et à renoncer à toute forme de violence, rappelant que la répression ne peut être un outil de gestion des conflits dans un État de droit.

Enfin, la CAP interpelle le Collectif des Universitaires pour la Démocratie, regroupant des signataires de pétitions universitaires entre 2021 et 2024, afin qu’il prenne position sur la situation actuelle et contribue au rétablissement de la sérénité et de la paix sur les campus. Selon la cellule, la responsabilité des intellectuels et universitaires est de guider le débat public, de soutenir le peuple et de favoriser un climat de stabilité dans les universités, qui constituent un pilier fondamental de la Nation.

La prise de position de la CAP de l’APR souligne que la crise dépasse désormais le simple cadre universitaire. Elle met en lumière des enjeux nationaux de sécurité, de respect des droits des étudiants et de responsabilité de l’État, et rappelle à tous les acteurs concernés que le dialogue et la transparence sont indispensables pour prévenir l’escalade de la violence et rétablir la confiance entre étudiants, autorités universitaires et gouvernement.

Chavirage d’une embarcation de la Marine nationale : trois marins portés disparus

Une vedette de la Marine nationale a chaviré ce matin aux environs de 9 heures à l’embouchure du fleuve Sénégal, provoquant la disparition de trois militaires. L’information a été rendue publique par le directeur de l’Information et des relations publiques des Armées (Dirpa) à travers un communiqué officiel.

Selon le capitaine de vaisseau Ibrahima Sow, l’embarcation effectuait une mission de liaison lorsqu’elle aurait été confrontée à une forte houle, consécutive à une brusque dégradation des conditions météorologiques. Les circonstances exactes de l’accident restent à préciser, mais les premières indications évoquent un environnement maritime particulièrement agité au moment des faits.

Le bilan provisoire fait état de dix rescapés, secourus peu après le chavirage. Trois marins sont cependant toujours portés disparus. L’épave de la vedette a pu être localisée et récupérée, ce qui pourrait contribuer à éclairer les causes exactes de l’incident.

Dès l’alerte donnée, d’importants moyens de recherche et de sauvetage ont été déployés. Des unités maritimes, appuyées par des moyens aériens et terrestres, poursuivent activement les opérations afin de retrouver les militaires disparus. Les autorités militaires assurent que les recherches se poursuivent sans relâche.

Cet accident intervient dans une zone connue pour ses conditions parfois difficiles, notamment à l’embouchure du fleuve Sénégal, où la rencontre entre les eaux fluviales et maritimes peut générer des courants puissants et une houle imprévisible, surtout en cas de perturbation météorologique.

Décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ : la famille réclame toute la lumière sur les circonstances du drame

La famille d’Abdoulaye Bâ est sortie de son silence ce jeudi pour s’exprimer publiquement sur le décès tragique du jeune étudiant, survenu le 9 février dernier à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Si les proches affichent une résignation empreinte de foi et de dignité, ils n’en demeurent pas moins déterminés à obtenir des réponses claires sur les circonstances exactes de cette disparition qui continue de bouleverser la communauté universitaire et l’opinion nationale.

Réunie autour de la mère du défunt, la famille a désigné l’oncle de l’étudiant, Mamadou Diouldé Bâ, pour porter la parole familiale. D’une voix posée, celui-ci a d’abord appelé les étudiants et l’ensemble de la population au calme et à la retenue, invitant chacun à privilégier la prière et le recueillement en cette période de deuil.

« La décision d’Allah est irréversible », a-t-il rappelé, soulignant que la famille accepte, avec foi, la volonté divine et prie pour que le défunt accède au paradis. Dans le même élan, il a exhorté les Sénégalais à adopter une posture de sérénité et de responsabilité, afin d’éviter toute escalade ou récupération autour de ce drame.

Mais au-delà de cette résilience spirituelle, la famille attend des éclaircissements précis de la part des autorités judiciaires. Mamadou Diouldé Bâ a insisté sur la nécessité d’être édifié sur les événements réels ayant conduit au décès du jeune homme à l’intérieur même du campus universitaire. Pour les proches, la quête de vérité est essentielle, non seulement pour faire le deuil dans la dignité, mais aussi pour dissiper les nombreuses spéculations qui ont circulé depuis l’annonce du drame.

La famille a également tenu à exprimer sa profonde gratitude face à l’élan de solidarité nationale. Le porte-parole a évoqué une mobilisation « exceptionnelle » lors des obsèques, marquées par la présence d’une foule nombreuse venue accompagner l’étudiant vers sa dernière demeure. « Un monde extraordinaire », a-t-il souligné, visiblement ému par cette marque de compassion collective.

Ce soutien s’est aussi manifesté à travers des visites officielles de hautes autorités académiques. Le doyen de la Faculté de Médecine, des responsables du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), ainsi que des délégations de médecins-dentistes, se sont rendus auprès de la famille pour présenter leurs condoléances et apporter leur réconfort. Des gestes salués par les proches, qui y voient une reconnaissance de la gravité de la perte subie.

Pour Mamadou Diouldé Bâ, ce deuil dépasse désormais le cadre familial. Il est devenu celui de toute une communauté universitaire et, au-delà, celui de la nation sénégalaise tout entière. Il a formulé le vœu que le pays soit épargné, à l’avenir, de telles tragédies.

Cette demande de vérité intervient alors que les conclusions médicales issues du laboratoire d’anatomie de l’Hôpital général Idrissa Pouye (HOGIP) commencent à circuler dans l’espace public. Ces éléments techniques semblent écarter les premières rumeurs qui oscillaient entre la thèse d’un meurtre et celle d’une crise d’asthme. Toutefois, si l’autopsie apporte des précisions sur les causes médicales du décès, elle ne saurait, à elle seule, établir les circonstances exactes des faits.

Décès de l’étudiant Abdoulaye Ba : l’autopsie révèle des traumatismes d’une extrême gravité

Le voile commence à se lever sur les circonstances du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu le 9 février 2026. Après plusieurs jours marqués par l’émotion, les interrogations et les rumeurs sur le campus, le rapport d’autopsie établi par le laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologique de l’Hôpital général Idrissa Pouye (HOGIP) apporte des précisions déterminantes. Les conclusions médicales décrivent un enchaînement de lésions graves, résultant de traumatismes multiples d’une violence exceptionnelle.

Selon les constatations des médecins légistes, le corps présentait d’importantes atteintes concentrées majoritairement sur le côté gauche. Le thorax et l’abdomen ont subi un choc massif, provoquant une contusion profonde à la fois au niveau de la poitrine et du ventre. Ce type de traumatisme traduit un impact d’une grande intensité, capable d’affecter simultanément plusieurs organes internes.

La tête portait également les stigmates d’un choc violent. Les examens ont révélé une commotion cérébrale accompagnée d’une hémorragie sous-durale du côté gauche, c’est-à-dire un saignement localisé entre le cerveau et le crâne. Bien qu’aucune fracture du crâne n’ait été observée, une lésion cutanée à l’arrière du cuir chevelu témoigne d’un impact significatif. Une hémorragie sous-durale est une atteinte grave, susceptible d’entraîner une détérioration rapide des fonctions vitales en l’absence d’une intervention médicale immédiate.

Les lésions thoraciques apparaissent parmi les plus sévères. La dixième côte gauche était fracturée en deux points distincts. Un fragment osseux s’est enfoncé dans le poumon gauche, provoquant des plaies profondes et une hémorragie interne massive. Cette perforation a entraîné un hémothorax, c’est-à-dire une accumulation importante de sang dans la cavité thoracique, comprimant les poumons et perturbant gravement la respiration. La onzième côte gauche était également fracturée à l’arrière, confirmant la violence de l’impact subi au niveau du flanc.

Le muscle cardiaque présentait lui aussi une contusion, signe qu’un choc direct ou indirect a atteint la région thoracique avec suffisamment de force pour affecter le cœur. Les médecins ont relevé la présence d’un hématome situé derrière cet organe vital. Une telle lésion, combinée aux autres traumatismes, aggrave considérablement le risque de défaillance circulatoire.

L’examen abdominal a mis en évidence des atteintes tout aussi alarmantes. Le rein gauche était gravement lésé au niveau de son hile, zone par laquelle transitent les principaux vaisseaux sanguins. Cette atteinte a provoqué une importante accumulation de sang autour de l’organe. La rate, quant à elle, présentait deux plaies distinctes responsables d’un saignement interne abondant dans la cavité abdominale. Or, la rate est un organe richement vascularisé : sa rupture entraîne rapidement une hémorragie massive pouvant conduire à un choc hémorragique fatal.

À ces blessures internes s’ajoutaient des dermabrasions, notamment sur le bras gauche, ainsi qu’une plaie ouverte mesurant environ 3,5 centimètres sur le flanc droit. Ces lésions externes, bien que moins déterminantes que les atteintes internes, confirment la brutalité des faits.

Dans leur ensemble, les constatations médico-légales décrivent un tableau de polytraumatismes sévères. Les organes vitaux — cerveau, poumon, cœur, rein et rate — ont été simultanément touchés, chacun présentant des lésions susceptibles, à elles seules, d’engager le pronostic vital. La combinaison de fractures costales, de perforations pulmonaires, d’atteintes viscérales et d’hémorragies internes massives rendait la survie extrêmement improbable sans une prise en charge chirurgicale immédiate et lourde.

Le rapport conclut ainsi que le décès résulte de ces traumatismes multiples et des hémorragies internes qu’ils ont provoquées. Si l’autopsie éclaire désormais les causes médicales de la mort, elle ne se prononce pas sur les circonstances exactes des faits. Il appartient désormais à l’enquête judiciaire d’établir les responsabilités et de déterminer les conditions dans lesquelles un tel enchaînement de violences a pu se produire.

Au-delà des termes scientifiques, le document met en évidence l’ampleur des blessures subies. Les lésions décrites sont médicalement incompatibles avec la vie en l’absence d’une intervention rapide et massive. Ce constat, aussi froid que précis, souligne la gravité extrême des traumatismes ayant conduit au décès d’Abdoulaye Ba.

Décès d’Abdoulaye Ba à l’UCAD : autopsie, enquête confiée à la Dic et promesse de vérité

L’émotion demeure vive à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) après la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue à la suite des violents affrontements enregistrés lundi sur le campus social. Le jeune homme a été inhumé hier à Yoff, dans une atmosphère de profonde consternation, après que sa famille a obtenu un permis d’inhumer délivré par les autorités judiciaires.

Dans un souci de transparence et afin d’établir les circonstances exactes du décès, le parquet avait ordonné une autopsie. Les conclusions de cet examen médico-légal, très attendues, devront permettre de déterminer les causes précises de la mort et, le cas échéant, d’orienter les responsabilités. Pour de nombreux étudiants et membres de la communauté universitaire, ces résultats constituent une étape cruciale vers la manifestation de la vérité.

Sur le plan judiciaire, le dossier a connu un tournant significatif. Initialement saisie en raison de sa compétence territoriale, la police du commissariat du Point E a été dessaisie de l’affaire. L’enquête a été confiée à la Division des investigations criminelles (Dic), une entité spécialisée réputée pour son expertise dans le traitement des dossiers complexes et sensibles. Ce transfert traduit la volonté des autorités de mobiliser des moyens humains et techniques plus importants afin de faire toute la lumière sur ce drame.

Selon des sources proches du dossier, les auditions ont démarré dès mardi. Les enquêteurs s’emploient à reconstituer avec précision le déroulé des événements ayant conduit au décès d’Abdoulaye Ba, dans un contexte marqué par des affrontements entre étudiants et forces de l’ordre. Témoignages, images et éléments matériels devraient être analysés afin d’établir les faits et de situer les responsabilités éventuelles.

Mardi, lors d’un point de presse, le gouvernement a assuré que « toute la lumière sera faite » sur cette tragédie. Les autorités ont promis une enquête approfondie, impartiale et conduite dans le strict respect des procédures judiciaires. Cette déclaration vise à apaiser une communauté universitaire encore sous le choc et à répondre aux nombreuses interrogations suscitées par les circonstances du décès.

Affaire Pape Cheikh Diallo et Cie : perquisitions aux Maristes, à Nord Foire et aux Mamelles, de nouvelles arrestations en vue

L’enquête progresse dans le dossier dit « Pape Cheikh Diallo et Cie ». Les gendarmes de la Brigade de recherches (BR) de Keur Massar poursuivent activement leurs investigations sur délégation du juge du premier cabinet d’instruction du tribunal de Pikine-Guédiawaye.

Ce mercredi, les enquêteurs ont procédé à l’extraction de prison de trois des principaux mis en cause : Pape Cheikh Diallo, Djibril Dramé et Doudou Lamine Dieng. Placés sous mandat de dépôt et détenus à la maison d’arrêt de Rebeuss, les trois hommes ont été conduits tour à tour dans leurs domiciles respectifs pour les besoins de perquisitions.

Les gendarmes se sont d’abord rendus aux Maristes, au domicile de Djibril Dramé, avant de faire cap sur Nord Foire chez Doudou Lamine Dieng. La dernière étape a conduit les limiers aux Mamelles, résidence de Pape Cheikh Diallo. Ces opérations s’inscrivent dans la recherche d’éléments matériels susceptibles d’étayer les charges retenues dans le cadre de l’information judiciaire ouverte.

Selon des sources proches du dossier, les enquêteurs étaient notamment à la recherche de téléphones portables et de tout objet pouvant servir de preuve dans cette affaire aux ramifications multiples. À l’issue des perquisitions, des téléphones ainsi que du lubrifiant auraient été retrouvés au domicile de Doudou Lamine Dieng. Les autres opérations se poursuivent dans la plus grande discrétion.

Après ces actes d’enquête, les trois mis en cause ont été reconduits à la prison de Rebeuss dans la matinée d’hier, où ils ont été réintégrés en détention provisoire.

L’affaire, qui a déjà connu plusieurs rebondissements, pourrait connaître de nouveaux développements. Une source autorisée indique en effet que d’autres arrestations sont attendues dans les prochains jours, au fur et à mesure de l’exploitation des éléments saisis et des auditions en cours.

Outre Pape Cheikh Diallo, Djibril Dramé et Doudou Lamine Dieng, plusieurs autres personnes sont visées dans cette procédure. Il s’agit notamment de Thiam, Ibrahima Camara, Adama Diallo, Mansour Bassirou Baldé, Mamadou Gning, Sana Ba, Bachir Ka et Békaye Faye. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature avec transmission du VIH/Sida par voie sexuelle, proxénétisme aggravé, mise en danger de la vie d’autrui et blanchiment de capitaux.

Affaire Farba Ngom : la Chambre d’accusation confirme la liberté provisoire, le Parquet face au choix du pourvoi

Nouveau tournant dans le dossier judiciaire impliquant le député Farba Ngom. La Chambre d’accusation a rendu sa décision ce jour en rejetant l’appel formé par le Parquet général contre l’ordonnance de mise en liberté provisoire précédemment accordée au parlementaire. Par cet arrêt, la juridiction confirme donc la décision initiale et ouvre la voie à une possible remise en liberté effective de l’élu, sous réserve d’un éventuel pourvoi en cassation.

Cette décision constitue un revers pour le ministère public, qui avait contesté la mesure de liberté provisoire devant la Chambre d’accusation. En confirmant l’ordonnance attaquée, les juges d’appel estiment que les conditions légales justifiant le maintien en détention ne sont pas réunies ou ne prévalent pas sur les garanties présentées par la défense. Il s’agit d’une étape procédurale déterminante dans une affaire suivie de près, tant pour ses implications judiciaires que politiques.

Du côté de la défense et des proches du député, la décision est interprétée comme une victoire judiciaire majeure. Une source proche du dossier y voit « un signal fort en faveur du principe de l’égalité des citoyens devant la loi », soulignant que le statut de parlementaire ne saurait constituer ni un privilège, ni un facteur d’aggravation dans l’appréciation des droits fondamentaux. Cette même source espère désormais que « le Parquet fera preuve de lucidité en s’abstenant de se pourvoir en cassation », afin d’éviter une prolongation de la procédure.

Sur le plan strictement procédural, le ministère public dispose d’un délai de six jours pour introduire un pourvoi en cassation devant la Cour suprême. Ce recours, s’il est exercé, ne porterait pas sur les faits eux-mêmes mais sur la conformité de la décision aux règles de droit. En revanche, si aucun pourvoi n’est formé dans le délai légal, l’ordonnance de mise en liberté deviendra définitive et Farba Ngom sera alors libre de tous ses mouvements, dans le respect des éventuelles obligations fixées par la justice.

Drame à l’UCAD : le Conseil académique suspend toutes les amicales d’étudiants et annonce un comité ad hoc

Le Conseil académique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a pris une décision forte à la suite des violents incidents survenus cette semaine sur le campus social. Réuni en urgence ce mercredi sous la présidence du Recteur, le Pr Alioune Badara Kandji, l’organe délibérant a annoncé la suspension, à titre conservatoire et jusqu’à nouvel ordre, de l’ensemble des amicales d’étudiants de l’institution.

Cette mesure intervient au lendemain des affrontements violents enregistrés lundi dernier au sein du campus social de l’UCAD. Ces incidents ont tragiquement coûté la vie à Abdoulaye Ba, étudiant inscrit en deuxième année de Licence en Médecine. Le drame a suscité une vive émotion au sein de la communauté universitaire et au-delà, relançant le débat sur la sécurité et le fonctionnement des structures étudiantes dans les universités publiques.

Dans son communiqué, le Conseil académique justifie sa décision par la gravité de la situation sécuritaire. Face aux tensions constatées et aux dérives observées, les autorités universitaires estiment nécessaire de prendre des mesures conservatoires afin de prévenir toute nouvelle escalade. La suspension des amicales vise ainsi à instaurer un climat d’apaisement et à permettre une évaluation approfondie de leur organisation et de leurs modes d’intervention sur le campus.

Le Conseil indique que cette suspension restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre. Durant cette période, une réflexion de fond sera engagée sur les modalités de fonctionnement des amicales, régulièrement au cœur des dynamiques de mobilisation étudiante, mais aussi, selon certains observateurs, de tensions récurrentes.

Parallèlement à cette décision, l’Université Cheikh Anta Diop a annoncé la mise en place d’un comité ad hoc. Cette instance aura pour mission de formuler des propositions concrètes concernant les modalités de représentation des étudiants au sein des différentes instances universitaires. L’objectif affiché est de repenser le cadre institutionnel de la représentation estudiantine, afin de concilier participation démocratique, responsabilité et stabilité au sein du campus.

Procès des 18 supporters sénégalais au Maroc : vers un nouveau report sur fond de grève des avocats

Le procès des 18 supporters sénégalais arrêtés au Maroc en marge de la finale de la CAN 2025, initialement programmé ce jeudi, pourrait être une nouvelle fois renvoyé. En cause, le risque de prolongation de la grève des avocats marocains, qui paralyse une partie de l’appareil judiciaire et retarde le traitement de plusieurs dossiers sensibles.

Selon le quotidien Les Échos, ce possible report prolongerait davantage l’épreuve que traversent les mis en cause depuis leur interpellation. Les fans des Lions de la Teranga, détenus à Rabat, seraient soumis à des conditions strictes. Ils sont répartis dans deux établissements pénitentiaires distincts, ce qui complique davantage les échanges et la coordination entre eux.

Toujours d’après la même source, les détenus ne sont autorisés à passer des appels téléphoniques que deux jours par semaine, les lundis et vendredis, pour une durée maximale de trois minutes chacun. Une restriction qui limite fortement leurs contacts avec leurs proches et leurs soutiens. Plus encore, il leur serait interdit de s’exprimer dans une langue autre que le français lors de ces communications, une contrainte supplémentaire qui suscite incompréhension et inquiétude au sein de leurs familles.

L’accès aux détenus demeure également encadré de manière rigoureuse. Seules les autorités diplomatiques et consulaires sénégalaises ainsi que les membres de leur famille sont autorisés à leur rendre visite, et ce, dans des conditions strictement réglementées. Les visites seraient elles aussi soumises à des restrictions, dont les modalités précises n’ont pas été détaillées.

Face à cette situation, des responsables sénégalais ont choisi de rester au Maroc pour leur apporter soutien et assistance. Il s’agit notamment du président du « 12e Gaïndé », Issa Laye Diop, ainsi que du responsable de la communication de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Bakary Cissé. Leur présence vise à suivre de près l’évolution du dossier et à maintenir un lien entre les supporters détenus et les autorités sportives et institutionnelles du Sénégal.

Alors que les familles espéraient une avancée judiciaire à l’occasion de l’audience prévue ce jeudi, l’éventualité d’un nouveau renvoi alimente l’angoisse et prolonge l’attente. Dans un contexte marqué par la mobilisation des avocats marocains, l’issue du dossier demeure incertaine, laissant les 18 supporters sénégalais dans une situation judiciaire et humaine particulièrement éprouvante.

UCAD : des libérations massives d’étudiants sur fond de révélations accablantes sur la mort d’Abdoulaye Ba

La tension commence-t-elle enfin à retomber à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) ? Après plusieurs jours d’affrontements violents, d’arrestations massives et d’une vive mobilisation estudiantine, une importante vague de libérations est intervenue dans la soirée du mercredi. Un geste perçu par certains comme un signal d’apaisement. Mais au même moment, les conclusions médico-légales relatives à la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba viennent assombrir davantage une crise déjà profonde et lourde d’interrogations.

Selon des informations rapportées par L’Observateur, plus d’une centaine d’étudiants ont été remis en liberté parmi les 107 interpellés et placés en garde à vue à la suite des violents incidents survenus sur le campus. Depuis lundi, l’université vivait au rythme des affrontements entre forces de l’ordre et étudiants, dans un climat de tension extrême marqué par des blessés, des interpellations et une paralysie quasi totale des activités académiques.

D’après des sources concordantes, la majorité des étudiants arrêtés ont retrouvé leurs familles mercredi soir, suscitant un soulagement palpable chez leurs camarades mobilisés depuis plusieurs jours pour exiger leur libération. Sur le campus, cette décision est vécue comme une première avancée dans le bras de fer engagé avec les autorités.

Toutefois, cette mesure ne concerne pas l’ensemble des personnes interpellées. Des responsables d’amicales estudiantines resteraient en détention. Selon des sources proches du dossier, ils feraient face à un large éventail de charges jugées graves, en lien avec les violences enregistrées à l’UCAD. Leur maintien en détention pourrait constituer un nouveau point de crispation dans une situation déjà fragile.

Si certains voient dans ces libérations partielles un signe d’ouverture susceptible de favoriser le dialogue, d’autres estiment que l’apaisement durable ne pourra intervenir sans que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de la mort d’Abdoulaye Ba. Car au-delà des arrestations et des affrontements, c’est bien ce drame qui cristallise aujourd’hui les tensions.

Depuis l’annonce du décès de l’étudiant en deuxième année de médecine, les versions se sont multipliées, alimentant rumeurs et incompréhensions. Certains étudiants ont affirmé qu’il aurait été tué dans sa chambre, tandis que d’autres évoquaient une crise d’asthme qui lui aurait été fatale. Ces hypothèses contradictoires ont nourri une vive indignation au sein de la communauté universitaire et au-delà.

Les conclusions de l’autopsie, réalisées par le laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologique de l’Hôpital général Idrissa Pouye de Grand Yoff, apportent toutefois des éléments factuels particulièrement lourds. Le rapport, signé par le Dr M. A. Diallo, met en évidence de multiples lésions graves constatées lors de l’examen du corps effectué après le décès survenu le 9 février 2026.

L’expertise médico-légale fait état de traumatismes thoraco-abdominaux sévères, d’une hémorragie sous-durale gauche diffuse, de fractures costales multiples avec lésions internes, notamment au niveau du poumon gauche, ayant entraîné un volumineux hémothorax. Le rapport mentionne également des atteintes au niveau du cœur, du rein gauche et de la rate, accompagnées d’hématomes internes significatifs, ainsi que diverses plaies et dermabrasions externes.

L’ensemble de ces constatations décrit un tableau de violences physiques multiples et intenses, difficilement conciliable avec la thèse d’un simple malaise respiratoire. Ces révélations soulèvent de nombreuses interrogations sur les circonstances exactes dans lesquelles Abdoulaye Ba a subi de telles lésions.

Dans ce contexte, la question centrale demeure entière : comment l’étudiant a-t-il été exposé à un tel niveau de traumatismes ? Les résultats de l’enquête judiciaire annoncée par les autorités seront déterminants pour établir les responsabilités et tenter de restaurer la confiance.

Trafic de drogue et VIH : l’affaire des « 12 présumés homosexuels » prend une tournure criminelle

Nouvelle secousse judiciaire dans l’affaire dite des « 12 présumés homosexuels ». À peine 48 heures après leur placement sous mandat de dépôt, le dossier connaît un rebondissement majeur avec l’introduction officielle du crime de trafic de drogue dans la procédure. Cette évolution, révélée par le quotidien L’Observateur, modifie en profondeur la nature et la portée de l’instruction en cours devant le tribunal de Pikine-Guédiawaye.

Selon les informations rapportées, le procureur de la République près le tribunal de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, a élargi son réquisitoire introductif adressé au juge d’instruction du premier cabinet. Initialement ouverte pour des faits d’association de malfaiteurs, d’actes contre nature, de transmission volontaire du VIH et de blanchiment de capitaux, l’information judiciaire devra désormais également explorer le crime de trafic de drogue, visé contre X. Ce choix procédural est loin d’être anodin. En matière criminelle, l’instruction n’est enfermée dans aucun délai strict, ce qui permet aux magistrats d’approfondir les investigations, d’élargir le champ des responsabilités et, le cas échéant, de procéder à de nouvelles mises en cause.

D’après des sources citées par L’Observateur, les investigations menées par la Brigade de recherches de la gendarmerie territoriale de Keur-Massar ont mis au jour des éléments jugés accablants. Plusieurs des personnes mises en cause auraient consommé différentes variétés de stupéfiants, y compris des drogues dures, lors de relations sexuelles, qu’il s’agisse de couples homosexuels ou hétérosexuels. Les enquêteurs s’intéressent désormais de près au présumé fournisseur de ces substances, qui serait dans leur ligne de mire. Quant aux douze personnes déjà écrouées, elles pourraient également être poursuivies pour usage de drogue, en sus des infractions initialement retenues.

Sur le terrain judiciaire, l’affaire a connu des développements spectaculaires. Toujours selon le quotidien, le Doyen des juges a rapidement délivré une délégation judiciaire à la Brigade de recherches de Keur-Massar afin d’exécuter les réquisitions du parquet. Dans ce cadre, l’animateur Pape Cheikh Diallo, l’artiste-chanteur Djiby Dramé et le banquier Doudou Lamine Dieng ont été extraits mercredi de la prison de Rebeuss pour des perquisitions à leurs domiciles respectifs. Au cours de ces opérations, divers objets ont été saisis par les enquêteurs. À l’issue des fouilles, les trois hommes ont été reconduits en détention, tandis que les actes d’instruction se poursuivent. D’autres arrestations ne sont pas exclues.

À l’origine du dossier, une alerte sanitaire. Les faits remonteraient à l’exploitation d’un renseignement signalant les agissements présumés d’un jeune homme porteur du VIH qui aurait continué à entretenir des relations sexuelles non protégées avec plusieurs partenaires. Interpellé le 4 février 2026 par la Brigade de recherches de Keur-Massar, il a été soumis à un test de dépistage sur réquisition judiciaire. Le certificat médical aurait confirmé sa séropositivité. Lors de son audition, il aurait reconnu être conscient de son statut sérologique et avoir eu des relations sexuelles non protégées, notamment avec des partenaires rencontrés via des groupes de discussion sur les réseaux sociaux.

Dans la foulée, deux partenaires ont été arrêtés. Ils auraient, eux aussi, admis connaître leur statut sérologique tout en poursuivant des rapports non protégés. L’enquête s’est alors accélérée avec cinq nouvelles interpellations le 5 février, puis quatre autres le 6 février, portant à douze le nombre total de personnes placées en garde à vue avant leur inculpation et leur placement sous mandat de dépôt. Parmi elles figurent des personnalités connues telles que Pape Cheikh Diallo, Doudou Lamine Dieng et Djiby Dramé. À l’issue des tests de dépistage, huit personnes auraient été déclarées séropositives et quatre séronégatives, selon les informations publiées par L’Observateur.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°670 – 12/02/2026

🔴 CRISE UNIVERSITAIRE ET DÉCÈS DE L’ÉTUDIANT ABDOULAYE BÂ : DIOMAYE VEUT DES SOLUTIONS SERIEUSES
🔴 ME AMADOU SALL DANS TOUS SES ÉTATS : LE TÉLÉPHONE DE FARBA PIRATÉ

🔴 PRÉPARATION MONDIAL 2026 : LES LIONS VEULENT AFFRONTER L’IRAN ET LA RUSSIE EN MARS

Waly Diouf Bodian appelle le régime à assumer sa responsabilité après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’UCAD

Le décès tragique de l’étudiant en deuxième année de Médecine, Abdoulaye Ba, survenu à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), continue de susciter des réactions au sein de la classe politique sénégalaise. Waly Diouf Bodian, Directeur général du Port autonome de Dakar et figure du parti Pastef, a exprimé sa position sur cette affaire à travers une publication sur sa page Facebook.

Dans son message, le DG du Port estime que le régime en place doit pleinement assumer sa part de responsabilité dans ce drame. « En tant que régime, nous devons assumer entièrement la responsabilité de la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba. Cette responsabilité est consubstantielle à l’exercice du pouvoir, qui fait peser sur nous la charge de sécuriser tous les Sénégalais, a fortiori dans le cadre de l’intervention des forces de police », a-t-il écrit.

Toutefois, Waly Diouf Bodian précise que la reconnaissance de cette responsabilité n’exclut pas la nécessité de faire toute la lumière sur les circonstances exactes du décès et d’appliquer la loi avec rigueur. « Elle ne préjudicie pas à l’impératif de tirer au clair cet événement condamnable et d’appliquer la justice dans toute sa rigueur », a-t-il souligné.

Au-delà de l’émotion suscitée par ce drame, le responsable politique appelle également à la mise en place de mesures concrètes afin d’éviter la répétition de tels événements au sein de l’espace universitaire. « Conformément à nos engagements de rupture, il faut veiller à ce que cela ne puisse plus survenir dans l’espace universitaire, temple du savoir et de la liberté », a-t-il insisté.

Waly Diouf Bodian conclut sa publication en présentant ses condoléances à la famille du défunt ainsi qu’à l’ensemble de la nation, rappelant l’importance de préserver la sécurité et la liberté dans les établissements d’enseignement supérieur.

Décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ à l’UCAD : le Premier Ministre exprime sa tristesse et appelle à la justice et à la pacification des universités

Le Premier Ministre a exprimé sa profonde tristesse suite au décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ, survenu à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans un message empreint de gravité, il a présenté ses condoléances à la famille de la victime, à la communauté universitaire ainsi qu’au peuple sénégalais tout entier, marquant ainsi l’émotion nationale suscitée par cet événement.

Le chef du gouvernement a déploré le recours à la violence dans le cadre des récents incidents survenus au sein du campus et a souligné la nécessité d’une réponse judiciaire diligente. À cet effet, il a instruit le Ministre de la Justice de suivre de près l’évolution de l’enquête afin de déterminer toutes les responsabilités et de clarifier les circonstances exactes ayant conduit à ce drame.

Parallèlement, le Premier Ministre a réaffirmé l’importance de poursuivre les réformes déjà engagées dans les universités sénégalaises. Il a encouragé le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation à maintenir le cap sur cette dynamique de modernisation et d’amélioration des conditions d’enseignement, en soulignant que le développement des institutions universitaires est un enjeu majeur pour le pays.

En matière de sécurité, il a demandé au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de veiller à la sécurisation et à la pacification complète des espaces universitaires, afin de prévenir toute escalade de violence et de garantir un cadre d’étude serein pour tous les étudiants.

Crise sociale et violences à l’UCAD : PENCUM ASKAN WI appelle à l’apaisement national

Face à un climat social préoccupant et aux violences meurtrières à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, la Voix citoyenne interpelle le Chef de l’État, appelle au dialogue et exige des mesures concertées pour préserver la paix et la stabilité du Sénégal.

COMMUNIQUÉ DU CONSEIL DES MINISTRES DU 11 FEV. 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 11 février 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Modernisation consensuelle de la gouvernance universitaire

Le Président de la République entame sa communication par la modernisation et la stabilité du secteur de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, facteurs clés de l’excellence universitaire et de succès de la mise en œuvre de la Vision « Sénégal 2050 ». Rappelant le caractère névralgique du secteur de l’Enseignement Supérieur, il souligne la récurrence des crises systémiques et la complexité des problématiques et des solutions. Après s’être incliné devant la mémoire de Abdoulaye BA, l’étudiant décédé, il présente ses condoléances à la famille éplorée, à la Communauté universitaire et à tout le Peuple sénégalais. 

Le Chef de l’Etat demande d’aligner le système d’Enseignement supérieur et de Recherche au niveau des meilleurs standards internationaux. Il instruit le Gouvernement d’asseoir un dialogue permanent avec toutes les composantes de la communauté universitaire, afin de respecter les calendriers académiques et les prescriptions du système LMD ainsi que les règles de gouvernance administrative, budgétaire et financière des universités publiques et centres des œuvres sociales. Enfin, il insiste sur la nécessité d’accélérer le processus de validation consensuelle des recommandations issues des concertations portant sur l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Tournée économique dans les régions de Tambacounda et de Kédougou

Le Chef de l’Etat informe le Conseil avoir effectué du 05 au 08 février 2026, une tournée économique dans les régions de Tambacounda et de Kédougou, avant de remercier les populations, les autorités administratives déconcentrées, les élus et acteurs territoriaux pour leur accueil, leur mobilisation et le bon déroulement des visites dans les localités et sites programmés.

Magnifiant le vaste potentiel économique du Sénégal oriental, érigé en Pôle de Développement prioritaire dans l’Agenda national de Transformation, le Président de la République demande au Gouvernement d’accélérer l’exécution des projets relatifs à la construction d’écoles, de lycées, de l’Université du Sénégal Oriental, des ISEP, de l’hôpital de Bakel, de bâtiments administratifs et d’autres édifices publics. Il indique l’importance de l’accélération de l’électrification des villages et de l’accès à l’eau potable des populations, du renforcement de la couverture sécuritaire ainsi que du désenclavement routier, aérien et numérique de la Zone Est du pays, notamment la Région de Kédougou. A cet effet, il demande au Premier Ministre de veiller à la relance des chemins de fer sur l’axe Dakar-Kidira et à l’aménagement fonctionnel du Port sec à Tambacounda.

Dans le même sillage, il insiste sur l’encadrement du développement urbain, le soutien au secteur privé local, la maitrise stratégique et la surveillance systématique de l’exploitation minière, aurifère en particulier, ainsi que la valorisation du Parc national Niokolo-Koba, dans le cadre de la relance de la Destination touristique Sénégal. Enfin, le Président de la République demande au Premier Ministre de travailler, avec tous les acteurs, sur l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme spécial d’investissement dénommé « Plan Diomaye pour le Sénégal oriental », afin de résorber le déficit infrastructurel et assurer une présence plus marquée de l’Etat dans la Zone – Est du pays. 

Préparatifs du mois de Ramadan et du Carême

Le Président de la République fait observer que le mois de Ramadan et le Carême constituent des moments forts de ferveur religieuse, de communion et de solidarité. A cet effet, il instruit le Gouvernement de prendre les mesures appropriées en vue d’assurer un approvisionnement correct des marchés ainsi que la stabilité des prix des denrées et produits de première nécessité et de déployer les dispositifs publics dédiés de soutien aux ménages et aux groupes les plus vulnérables. 

Pour finir, il demande au Premier Ministre et au Ministre chargé des Affaires étrangères de veiller à l’accomplissement de toutes les diligences requises des acteurs publics et des opérateurs privés, afin d’assurer l’organisation, dans les meilleures conditions, de l’édition 2026 du Pèlerinage aux Lieux saints. 

Renforcement de la prévention et de la lutte contre l’érosion côtière

Devant la menace que constitue l’érosion côtière pour les localités situées sur le littoral, en particulier les îles, le Chef de l’Etat demande de finaliser la cartographie des zones frappées ou menacées et d’évaluer l’impact économique, environnemental et social des différents projets d’adaptation et de résilience.

Il indique l’urgence d’une actualisation concertée des stratégies, plans, projets et actions de prévention et de lutte contre l’érosion côtière et demande au Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique de proposer une nouvelle politique de prévention et de lutte contre l’érosion côtière, assortie de projets structurants innovants, adaptés et durables.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat informe le Conseil qu’il tiendra, le 12 février 2026, une réunion avec les gouverneurs de région, sous forme de séminaire d’évaluation et de revue des projets et priorités sécuritaires, économiques, sociales et environnementales de chaque région, en présence du Premier Ministre et de certains membres du Gouvernement.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur les points suivants :

Filière sel

Le Premier Ministre a d’abord souligné le potentiel stratégique de la filière sel. Il a rappelé la place du Sénégal qui figure parmi les principaux producteurs africains de sel et qui demeure le premier producteur et exportateur significatif d’Afrique de l’Ouest, avec une production annuelle estimée à plus de 500 000 tonnes. Toutefois, il note que la contribution économique du secteur reste limitée. La valeur de la production de sel représente environ 0,3% du PIB national, alors qu’une part importante de la production est encore exportée sous forme brute ou faiblement transformée.  Pour le Premier Ministre, cette situation réduit la valeur captée par l’économie nationale et entretient une dépendance à l’importation pour certains produits raffinés et dérivés chimiques. Or, le développement stratégique de cette filière représente une opportunité majeure pour renforcer la base industrielle nationale, améliorer la balance commerciale, stimuler les économies locales et favoriser l’émergence d’industries à forte valeur ajoutée. A l’horizon 2034, la filière sel présente un potentiel de plus de 30 000 emplois formels et un chiffre d’affaires de 350 milliards de FCFA.

Par ailleurs, pour le Premier Ministre, le choix de la filière sel permet de faire du Pôle-Territoire Centre le cœur industriel du sel sénégalais. Cela permettra de bâtir d’ici à 2050 un écosystème territorial intégré autour du sel, qui couvre l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production modernisée y compris le conditionnement aux services d’appui en passant par la transformation industrielle, la logistique de transport notamment et le stockage. 

Enfin, le Premier Ministre rappelle l’ambition portée par l’État qui est de faire du « Sel du Sénégal » un label de qualité, leader du marché régional et compétitif sur les marchés internationaux.

Situation Air Sénégal 

Le Premier Ministre a présenté les difficultés auxquelles est confronté Air Sénégal. Celles-ci dépassant le bilan d’une compagnie aérienne, mettent en jeu l’image du Sénégal dans le monde, sa connectivité stratégique, son attractivité touristique et économique, le lien vital avec la diaspora et la confiance des partenaires. En conséquence, il a donné un délai de 30 jours au Ministre des Transports terrestre et aérien, pour la matérialisation des mesures phares du Conseil interministériel consacré au secteur, notamment de veiller à la finalisation et à la mise en œuvre accélérée du plan de redressement opérationnel complet, au lancement effectif de l’opération de refinancement, à la présentation d’une proposition détaillée de recapitalisation définitive et à la réalisation de l’audit de rationalisation, assortie de l’adoption du plan correctif. Le Premier Ministre demande également au Ministre des Finances de travailler à la mobilisation urgente des ressources nécessaires à Air Sénégal pour l’apurement, par un redéploiement budgétaire exceptionnel et justifié,des engagements exigibles et incontournables envers des fournisseurs essentiels à son fonctionnement, afin de garantir la continuité du service public aérien.

Situation des Universités

Evoquant la situation dans les universités et particulièrement celle de Dakar, le Premier Ministre a d’abord exprimé sa profonde tristesse à la suite de la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye BA et présenté ses condoléances à sa famille, à la communauté universitaire et au peuple tout entier. Il a déploré l’usage de la violence et invité le Ministre de la Justice à veiller aux suites judiciaires y afférentes, en établissant toutes les responsabilités en général et, les circonstances de ce décès, en particulier. Le Premier Ministre a noté la nécessité de poursuivre les réformes engagées des universités et a encouragé le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation dans ce sens. Il a également demandé au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de continuer à veiller à la sécurisation et à la pacification complète des espaces universitaires.

Le Premier Ministre a clos sa communication en annonçant qu’il se rendra à Addis-Abeba, les 14 et 15 février 2026, pour y représenter le Président de la République à la 39e session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine. 

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre des Pêches et de l’Economie maritime a fait une communication sur la Stratégie nationale portuaire du Sénégal.

Le Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public a fait une communication sur la situation du climat social national et l’état d’avancement du traitement des cahiers de doléances syndicales.

Le Ministre de la Jeunesse et des Sports a fait une communication sur la gouvernance et l’organisation du service de sécurité des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar, 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :

  • le projet de loi relative à l’activité d’affacturage ;
  • le projet de loi relative au crédit-bail.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

UCAD : El Hadji Ibrahima Diop ( Allure ) propose une délocalisation à Sébikhotane et un plan de 50 milliards

Alors que les tensions persistent à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), ponctuées de perturbations chroniques et de revendications estudiantines, une voix singulière monte du camp présidentiel. El Hadji Ibrahima Diop, Secrétaire national chargé des foyers religieux du parti Alliance pour les Urgences de la République (Allure), membre de la mouvance Diomaye Président, refuse de se contenter de « gérer les détails ». Il appelle à un électrochoc systémique.

Son remède de cheval : délocaliser l’UCAD à Sebikhotane. « Le président de la République, sans démagogie, doit prendre des mesures fortes. La première mesure pour moi est de délocaliser l’UCAD à Sebikhotane. Il faut sortir un budget de 50 milliards pour construire une université toute neuve et dans des délais records (1 an maximum) », déclare-t-il. Loin d’un abandon des lieux, il imagine l’actuel campus reconverti en « Cité de la médecine et des technologies », une sorte de Silicon Valley destinée à attirer les investisseurs privés.

Ce « big bang » universitaire ne s’arrête pas au béton. M. Diop prône un virage pédagogique radical. « Dès la rentrée 2026/2027, il faudra privilégier les orientations dans les filières agricoles, technologiques et minières », insiste-t-il, appelant à un adieu aux formations sans débouchés.

La troisième mesure concerne le monde professionnel. Le leader d’Allure propose d’imposer, dès cette année, à tout attributaire de marché public de plus de 50 millions, le recrutement d’au moins un étudiant en stage rémunéré. Une disposition qui viserait à « créer un choc d’employabilité ».

Enfin, le réformateur insiste sur l’impératif d’un changement de logiciel culturel. « La 4e mesure, et qui me semble la plus importante, est de développer une vaste campagne de communication afin que l’étudiant ne soit plus un problème pour la société, un éternel assisté, mais une solution », assène-t-il.

Pour El Hadji Ibrahima Diop, l’heure n’est plus à l’atermoiement. Il adjure le gouvernement de rompre avec une posture de simple gestionnaire de crises. « C’est le moment d’attaquer la racine du mal. La CAN est encore récente pour nous convaincre que l’abandon et la peur ne doivent pas être sénégalais. » Un appel au volontarisme présidentiel qui, à défaut de faire l’unanimité, a le mérite de poser crûment les termes d’un débat national devenu inévitable.

Violences à l’UCAD : arrestations contestées, plus de 300 blessés et colère après le décès d’Abdoulaye Ba

Les violents affrontements survenus le 9 février 2026 à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) continuent de susciter une vive émotion au sein de la communauté universitaire. Selon les informations recueillies, plus de 300 étudiants ont été blessés au cours des heurts et plusieurs interpellations ont été effectuées, parmi lesquelles figurent quatre responsables d’amicales.

Cheikh Ngom, membre du collectif des amicales de l’UCAD, a dénoncé des arrestations qu’il qualifie d’« arbitraires ». Il s’agit de Cheikh Atab Sagna, président de l’Amicale des étudiants de la Faculté de médecine, Wally Faye, président de l’Amicale des étudiants de la Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP), Demba Ka, président de l’Amicale de la Faculté des lettres, ainsi que Bathie Fall, président de la commission sociale des étudiants de la FSJP. Selon lui, ces représentants « n’ont rien fait » d’autre que de porter des revendications qu’ils estiment légitimes au nom des étudiants.

Intervenant sur les ondes de la RFM, lors du journal de 12 heures, Cheikh Ngom a également évoqué la situation préoccupante de certains étudiants interpellés, affirmant que « certains sont dans des conditions très tristes ». Il a par ailleurs précisé que parmi les blessés, plusieurs cas graves ont été enregistrés. Certains étudiants ont été hospitalisés à l’Hôpital Principal de Dakar, tandis que d’autres ont été admis au Centre de traumatologie et d’orthopédie (CTEO).

Au-delà des arrestations et du lourd bilan humain, la tension reste vive après le décès d’un étudiant, Abdoulaye Ba, qui sera inhumé ce mercredi 11 février 2026. Le collectif des amicales déplore un manque de transparence autour des circonstances de sa mort. « L’autopsie a été faite, mais les autorités refusent jusqu’à présent de la publier », a dénoncé Cheikh Ngom, pointant une opacité qui alimente la frustration et la colère au sein du campus.

À la suite de ces événements tragiques, le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) a annoncé la fermeture du campus social à partir du mardi 10 février 2026 à 12 heures, et ce jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure vise, selon les autorités universitaires, à prévenir de nouveaux débordements, alors que la situation demeure tendue à l’UCAD, où étudiants et responsables universitaires semblent désormais engagés dans un bras de fer aux conséquences lourdes.

La CESL dénonce une « campagne de désinformation » et exige la libération des étudiants arrêtés

La Coordination des Étudiants de Saint-Louis (CESL) est montée au créneau à la suite du point de presse conjoint animé par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le ministre de l’Intérieur et le ministre de la Justice. Dans un communiqué rendu public, la structure estudiantine fustige les déclarations faites par les autorités, qu’elle qualifie de « campagne de désinformation et de manipulation de l’opinion nationale ».

Selon la CESL, les propos tenus lors de cette rencontre avec la presse dénaturent les faits et participent à une présentation biaisée de la situation dans les universités. Les étudiants dénoncent un « lexique abusif » qui, à leurs yeux, contribue à travestir la réalité et à banaliser des « actes de barbarie exercés sur les étudiants ». Face à ce qu’ils considèrent comme une tentative de décrédibilisation de leur mouvement, ils disent prendre à témoin les chefs religieux du pays ainsi que l’ensemble des parents d’étudiants.

La Coordination rejette également ce qu’elle appelle des « paroles diffamatoires » à l’encontre des syndicats d’étudiants. Elle insiste sur la légitimité de leur combat, estimant que la crise actuelle découle d’un « manque de respect venant des autorités » et d’une « application unilatérale de mesures en contradiction avec les réglementations en vigueur relatives aux allocations de bourse ». Pour la CESL, ces décisions prises sans concertation ont exacerbé les tensions et nourri le climat de défiance observé ces derniers jours.

Dans son communiqué, l’organisation estudiantine affirme que les intimidations et les mesures jugées drastiques adoptées par les autorités ne sauraient mettre un terme à leurs actions syndicales. Elle soutient que leur mobilisation vise à restaurer « la dignité, l’intégrité, la justice et le respect des droits des étudiants », qu’elle considère comme non négociables.

La CESL tient par ailleurs à préciser qu’elle demeure une « structure purement apolitique », rejetant toute tentative d’assimilation à un agenda partisan. Enfin, elle exige la libération immédiate et sans condition de tous les étudiants arrêtés, en particulier de ses camarades ainsi que des représentants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), appelant à un retour au dialogue pour une sortie de crise apaisée.

Affaire Farba Ngom : ses avocats dénoncent une saisie et un « piratage » irréguliers de son téléphone portable

Les avocats de Farba Ngom ont tenu, ce mercredi, une conférence de presse pour dénoncer les conditions dans lesquelles le téléphone portable de leur client a été saisi puis exploité. Par la voix de Me Amadou Sall, membre du pool de défense, ils ont qualifié la procédure d’irrégulière et soulevé de graves interrogations sur le respect des droits fondamentaux du parlementaire.

Selon les explications fournies, les faits remontent au mois de décembre dernier. À la suite d’une fouille inopinée, Farba Ngom aurait été trouvé en possession d’un téléphone portable. Un élément que la défense juge anodin mais qui aurait pourtant conduit le ministère de la Justice à solliciter la levée de son immunité parlementaire. « Vous allez me dire, rien que pour ça, pour un téléphone portable, le ministère de la Justice a demandé la levée de son immunité parlementaire. Juste un portable », s’est indigné Me Amadou Sall devant la presse.

Au-delà de la saisie elle-même, c’est le traitement réservé à l’appareil qui cristallise la contestation des avocats. Me Sall affirme que le téléphone a été confisqué puis conservé pendant une dizaine de jours avant que son client ne soit entendu à ce sujet. « C’est seulement après 10 jours qu’il a été entendu », a-t-il précisé. Lors de cette audition, Farba Ngom aurait été invité à communiquer le code de déverrouillage de son téléphone, ce qu’il a refusé. Une décision que la défense considère comme parfaitement légale, au nom du droit au respect de la vie privée et du secret des correspondances, notamment celles échangées avec ses conseils.

Face à ce refus, Me Amadou Sall affirme que le téléphone aurait été « cracké » dans des circonstances demeurant floues. Selon lui, l’opération de piratage et l’exploitation des données contenues dans l’appareil se seraient déroulées sans la présence de Farba Ngom ni celle de ses avocats. « Plus de 10 jours après qu’ils ont pris ce portable, qu’est-ce qu’ils en ont fait ? Qu’est-ce qu’ils ont mis ? Qu’est-ce qu’ils ont retranché ? Nul ne le sait », a-t-il lancé, mettant en doute l’intégrité des données et la transparence de la procédure.

Pour la défense, l’exploitation du contenu d’un téléphone portable s’apparente à une perquisition numérique, soumise à des règles strictes prévues par la loi. Me Sall rappelle qu’une perquisition peut certes être ordonnée par décision de justice sans l’accord du propriétaire, mais qu’elle doit impérativement se dérouler en sa présence, ou en présence de personnes qu’il désigne, voire de ses avocats. En l’absence de ces garanties, les avocats estiment que les droits de leur client ont été violés.

À travers cette sortie médiatique, le pool d’avocats entend contester la régularité de la procédure et ouvrir un débat sur le respect des principes fondamentaux en matière de saisie et d’exploitation des données numériques, dans un contexte où les enjeux judiciaires et politiques demeurent particulièrement sensibles.

Lutte sénégalaise : le gouverneur de Dakar et Siteu optent pour le dialogue et la pacification de l’arène

Le gouverneur de Dakar et le lutteur Siteu ont tenu une rencontre placée sous le signe de l’apaisement, dans le but de dissiper les incompréhensions et de réaffirmer un engagement commun en faveur d’une arène de lutte pacifiée. Cette audience intervient à la suite d’une séquence de débats nourris, consécutifs à certaines déclarations publiques du champion, jugées par une partie de l’opinion en décalage avec le message sécuritaire porté par les autorités de la République.

Dans un contexte marqué par une sensibilité accrue autour des questions de violence dans et aux abords des arènes, les deux parties ont fait le choix du dialogue afin d’éviter toute escalade susceptible de ternir l’image de la lutte sénégalaise. Autour de la table figuraient plusieurs personnalités du monde de la lutte, qui ont joué un rôle clé dans la médiation et favorisé un climat d’échanges sereins et constructifs.

Les discussions ont porté en profondeur sur la situation actuelle de la lutte, discipline emblématique du patrimoine sportif et culturel sénégalais, mais confrontée à des défis récurrents liés à la violence et aux débordements observés lors de certains événements. Les échanges ont permis d’identifier des pistes concrètes visant à renforcer les mécanismes de prévention, à améliorer l’encadrement des supporters et à responsabiliser davantage les différents acteurs du milieu, qu’il s’agisse des lutteurs, des promoteurs ou des managers.

La question spécifique de la banlieue dakaroise a occupé une place centrale dans les débats. Les interlocuteurs ont insisté sur la nécessité d’intensifier les actions de sensibilisation en direction des jeunes, particulièrement exposés aux risques de dérives. Ils ont également évoqué l’importance de multiplier les initiatives d’encadrement social et sportif, tout en créant des opportunités susceptibles d’offrir des alternatives positives aux jeunes les plus vulnérables.

Au terme de la rencontre, Siteu s’est inscrit dans une dynamique de collaboration avec les autorités administratives. Le lutteur a exprimé sa volonté de contribuer activement aux actions de terrain et de promouvoir un climat apaisé autour de la lutte. Cette démarche conjointe traduit une volonté partagée de préserver l’image et les valeurs de cette discipline, pilier de l’identité sportive et culturelle du Sénégal.

Affaire Farba Ngom : la défense dénonce de “graves violations” des droits constitutionnels du député

Les avocats du député et maire des Agnam, Mouhamadou Farba Ngom, sont montés au créneau ce jour lors d’une conférence de presse pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’irrégularités majeures dans la procédure engagée contre leur client. Face aux journalistes, le collectif de défense, par la voix de Me El Hadji Amadou Sall, a évoqué des « violations graves et manifestes » des droits constitutionnels du parlementaire.

Au cœur de leurs griefs figure la saisie et l’exploitation du téléphone portable du député. Selon Me Amadou Sall, l’appareil aurait été découvert en décembre dernier lors d’une fouille inopinée. C’est à la suite de cette découverte que le ministère de la Justice aurait sollicité la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom. Une démarche que la défense juge disproportionnée et juridiquement contestable. « Juste pour un portable », a insisté l’avocat, estimant que la procédure repose sur des bases fragiles.

Les conseils du député soutiennent que le téléphone a été conservé pendant une dizaine de jours avant que leur client ne soit auditionné. Ils affirment également que, après le refus de Farba Ngom de communiquer son code d’accès, l’appareil aurait été « craqué » afin d’en exploiter le contenu. Pour la défense, une telle démarche constituerait une entorse grave aux droits de la défense et au respect de la vie privée.

Les avocats dénoncent en outre une perquisition qui aurait été menée en l’absence du député et de ses conseils, ce qu’ils considèrent comme une violation des règles encadrant ce type d’acte. Ils pointent également une atteinte au secret professionnel, évoquant la divulgation présumée d’échanges entre Farba Ngom et ses avocats. « La communication entre un justiciable et ses conseils est couverte par le secret professionnel. Nul n’a le droit d’y accéder », a martelé Me Amadou Sall, estimant que ce principe fondamental aurait été bafoué.

Sur le plan judiciaire, la défense rappelle que le juge du premier cabinet a accordé à leur client une liberté provisoire pour « contestation sérieuse » des faits, et non pour des raisons médicales. Une précision que les avocats jugent importante, considérant qu’elle affaiblit la thèse de l’accusation. Le parquet a toutefois interjeté appel de cette décision, relançant la procédure devant une juridiction supérieure.

Enfin, les conseils de Farba Ngom soulignent que leur client demeure député en exercice et bénéficie, à ce titre, d’une immunité parlementaire. Ils rappellent que la levée de cette immunité ne peut intervenir que pour des faits précis et dans un cadre strictement défini par la loi. Selon eux, cette protection vise à garantir l’exercice libre et indépendant du mandat parlementaire, et non à protéger une personne en tant que telle.

Basket féminin : Cheikh Sarr de retour à la tête des Lionnes

La Fédération sénégalaise de basketball (FSBB) a officialisé, ce mercredi 11 février 2026, la nomination de Cheikh Sarr au poste de sélectionneur de l’équipe nationale féminine du Sénégal. Une décision qui marque le retour d’un technicien bien connu du basket sénégalais à la tête des Lionnes, après un premier passage entre 2017 et 2019.

Avec cette nomination, l’instance dirigeante du basketball sénégalais fait le choix de l’expérience et de la continuité. Cheikh Sarr n’est pas un inconnu dans l’environnement de la sélection nationale. Lors de son précédent mandat, il avait su imprimer sa marque, notamment en conduisant les Lionnes à la Coupe du monde féminine FIBA 2018, confirmant ainsi la place du Sénégal parmi les nations majeures du basketball africain.

Le technicien sénégalais peut également se prévaloir d’un parcours solide avec l’équipe nationale masculine. Sous sa direction, les Lions avaient atteint le deuxième tour de la Coupe du monde FIBA 2014, une performance significative sur la scène internationale. Cette double expérience à la tête des sélections masculine et féminine constitue un atout majeur dans la gestion d’un groupe appelé à retrouver les sommets continentaux.

Après son départ de la sélection sénégalaise, Cheikh Sarr avait pris les rênes des équipes nationales du Rwanda à partir de 2021, encadrant à la fois les sélections masculine et féminine. Cette aventure à l’étranger lui a permis d’enrichir davantage son vécu sur le plan africain et de se confronter à d’autres réalités du basketball de haut niveau.

Il succède à l’Américain Otis Hughley Jr., qui avait dirigé les Lionnes lors du dernier Afrobasket féminin. La compétition s’était soldée par une quatrième place, le Sénégal terminant au pied du podium, un résultat jugé en deçà des ambitions d’un pays habitué aux premières places continentales.

À travers ce choix, la FSBB affiche clairement son ambition de relancer la dynamique de l’équipe nationale féminine et de viser un retour durable sur le podium africain. Le défi est de taille pour Cheikh Sarr, dans un contexte de concurrence accrue sur le continent, mais son expérience et sa connaissance du basketball sénégalais pourraient constituer des leviers déterminants pour redonner aux Lionnes leur lustre d’antan.

Modou Fall, chroniqueur à la SenTV, placé en garde à vue après sa convocation à la Brigade Faidherbe

Le chroniqueur de la SenTV, Modou Fall, a été placé en garde à vue ce mardi, après avoir répondu à une convocation de la Brigade Faidherbe prévue à 15 heures, selon des informations rapportées par ses proches.

Les raisons précises de cette convocation ainsi que les faits qui lui seraient reprochés n’ont pas encore été officiellement communiqués par les autorités compétentes. Cette mesure de garde à vue intervient dans un contexte marqué par une forte sensibilité autour des prises de parole publiques et des débats médiatiques.

Des réactions commencent déjà à émerger dans les milieux journalistiques et sur les réseaux sociaux, où certains évoquent des préoccupations liées à la liberté d’expression, tandis que d’autres appellent à attendre les éléments officiels avant toute conclusion.

Décès du journaliste Georges Déthié Diop

Le journaliste Georges Déthié Diop est décédé ce mercredi matin à la suite d’un malaise, selon des sources proches de la RFM.

Il avait assuré la présentation du journal de 7 heures avant de coanimer, à 7h40, l’émission RFM Matin aux côtés de Babacar Fall. C’est peu après cette tranche matinale qu’il aurait été victime d’un malaise.

Rapidement pris en charge et évacué vers une structure hospitalière, il n’a malheureusement pas survécu.

La disparition de Georges Déthié Diop constitue une grande perte pour le paysage médiatique sénégalais.

Kaolack : l’UDEN mise sur la continuité avec Abdoulaye Dia

La section départementale de l’Union démocratique des enseignants (UDEN) de Kaolack a procédé, lundi 10 février 2026, au renouvellement de son bureau syndical à l’issue d’une assemblée générale tenue récemment dans la capitale du Saloum. À l’issue des travaux, le secrétaire général sortant, Abdoulaye Dia, a été reconduit à l’unanimité pour un mandat de trois ans.

Cette reconduction, saluée par une forte mobilisation des militants, témoigne de la confiance renouvelée des membres envers leur dirigeant. Selon plusieurs intervenants, le bilan du mandat écoulé, marqué par un engagement soutenu pour la défense des intérêts matériels et moraux des enseignants, a largement motivé ce choix consensuel.

Prenant la parole après sa réélection, Abdoulaye Dia a exprimé sa gratitude à l’endroit des syndicalistes pour « la confiance renouvelée » et a réaffirmé sa détermination à poursuivre le combat pour l’amélioration des conditions de travail des enseignants dans le département de Kaolack. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer l’unité syndicale, le dialogue social et la concertation avec les autorités académiques et administratives.

Durant son nouveau mandat, le bureau reconduit entend mettre l’accent sur le suivi des accords signés avec l’État, la gestion des carrières, la formation continue des enseignants et la défense d’une école publique de qualité.

Cette assemblée générale a également été l’occasion pour les membres de réaffirmer leur engagement à œuvrer dans la solidarité et la discipline syndicale, dans un contexte où les défis liés au système éducatif restent nombreux.

Avec cette reconduction à l’unanimité, la section départementale de l’UDEN de Kaolack semble miser sur la continuité et la stabilité pour relever les défis à venir au service de l’école sénégalaise.

CSS : Un stock suffisant de sucre pour le Ramadan et le Carême, Guillaume Ranson rassure le marché national

À l’approche du Ramadan et du Carême chrétien, la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) se dit prête à répondre à la demande nationale en sucre. Le directeur général de l’entreprise, Guillaume Ranson, a annoncé la disponibilité immédiate d’un stock de 74 000 tonnes de sucre, réparti entre 58 000 tonnes à Richard-Toll, dans le nord-ouest du pays, et 16 000 tonnes à Dakar. Selon lui, cette quantité est largement suffisante pour approvisionner le marché sénégalais durant ces deux événements religieux majeurs.

M. Ranson a indiqué que ce stock sera renforcé dans les semaines à venir. « 75 000 tonnes supplémentaires s’ajouteront à ce volume d’ici la fin de la campagne sucrière prévue en mai », a-t-il précisé, estimant que la CSS disposera alors d’une capacité largement suffisante pour couvrir la consommation nationale.

Le directeur général a également rappelé que l’entreprise met en œuvre le plan de développement KT220, un projet stratégique visant à porter la production annuelle de sucre à 220 000 tonnes, ce qui correspond exactement à la consommation nationale des ménages sénégalais. Ce plan ambitionne ainsi d’assurer l’autosuffisance du pays en sucre et de stabiliser l’approvisionnement tout au long de l’année.

Cette déclaration a été faite à l’occasion d’une « journée portes ouvertes » organisée à l’intention des commerçants partenaires de la CSS. La rencontre s’est tenue le mardi 10 février 2026 et a enregistré la présence du préfet du département de Dagana, Ibrahima Ismaïl Ndiaye, ainsi que du directeur du Commerce intérieur, Ahmadou Bamba Ndaw.

Grâce à ces mesures et à la mise en œuvre du plan KT220, la CSS entend rassurer le marché et les consommateurs sénégalais, en garantissant un approvisionnement régulier et suffisant en sucre, particulièrement pendant les périodes de forte demande liées aux fêtes religieuses.

Habib Bèye pressenti pour diriger l’Olympique de Marseille après son départ du Stade Rennais

Quelques jours seulement après son départ du Stade Rennais, Habib Bèye pourrait rapidement retrouver un banc de Ligue 1, et pas n’importe lequel. Selon les informations de RMC Sports, les dirigeants de l’Olympique de Marseille apprécient beaucoup le travail de l’entraîneur sénégalais et l’ont contacté pour prendre la succession de Roberto De Zerbi, dont le départ a été officialisé dans la nuit de mardi à mercredi. Le plan initial de l’OM serait de confier la fin de saison à Bèye, avant de décider de son avenir à plus long terme à la tête du club.

Pour Habib Bèye, retrouver Marseille en tant qu’entraîneur représente un rêve qui pourrait se réaliser. Lors d’un entretien accordé à L’Équipe il y a deux ans, l’ancien défenseur central avait exprimé son amour pour le club phocéen, où il a évolué pendant quatre saisons, de 2003 à 2007. « Si des gens pensent que je me place à l’OM, allez-y, dites-le. (Rires.) Ça ne me dérange pas du tout. Mais heureusement que si demain l’OM se manifeste, j’irais. C’est le club qui m’a le plus donné d’émotions, depuis mon enfance. J’en ai été le capitaine. Si l’OM m’appelle, j’y vais en courant ! Je n’ai aucun problème à le dire », avait-il confié.

UCAD : Aminata Touré appelle à la pacification et à des solutions durables après le décès d’Abdoulaye Ba

La coalition Diomaye Président, à travers sa coordonnatrice Aminata Touré, a lancé un appel au gouvernement et aux acteurs de l’espace universitaire « à travailler à la pacification définitive de l’espace universitaire », ce mercredi 11 février, deux jours après la mort tragique d’Abdoulaye Ba, étudiant en médecine, lors des violences survenues à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, dont les commentaires ont été restreints, Aminata Touré a insisté sur la nécessité de mettre en place « des solutions pérennes afin que les universités redeviennent des lieux d’épanouissement intellectuel et de bien-être pour toute la communauté universitaire ». Elle a ainsi appelé à un dialogue constructif entre les autorités universitaires, le gouvernement et les étudiants afin de prévenir de nouveaux incidents.

Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine, a trouvé la mort dans la soirée du lundi 9 février, à la suite de violents affrontements entre les forces de l’ordre et des étudiants opposés à la réforme du système de bourses. Ce drame a suscité une vive émotion au sein de la communauté universitaire et au-delà, ravivant les débats sur la gestion de l’ordre public sur les campus.

Les ministères de l’Intérieur, de la Justice et de l’Enseignement supérieur se sont exprimés lors d’une conférence de presse tenue le 10 février, assurant que « justice sera faite » et que « les responsabilités seront situées ». Ils ont également indiqué que des enquêtes sont en cours pour déterminer les circonstances exactes du décès et identifier les acteurs impliqués dans ces violences.

Face à cette situation, la coalition Diomaye Président réaffirme son engagement pour un climat universitaire apaisé et encourage la mise en œuvre de mesures durables qui garantissent la sécurité, l’épanouissement et le bien-être de tous les étudiants.

Affaire Pape Cheikh Diallo et Cie : l’enquête s’étend à treize nouveaux suspects, dont deux figures du showbiz

L’enquête judiciaire dans l’affaire dite « Pape Cheikh Diallo et Cie » connaît un nouveau tournant. Alors que plusieurs mis en cause ont déjà été placés sous mandat de dépôt, les investigations se poursuivent et pourraient conduire à de nouvelles interpellations dans les prochains jours.

Selon les informations rapportées par le journal Les Échos, les enquêteurs ont transmis une liste de treize personnes à la Brigade de recherches de la gendarmerie de Keur Massar, dans la banlieue dakaroise. Ces individus seraient susceptibles d’être entendus dans le cadre de la procédure en cours. Parmi eux figureraient deux personnalités connues du monde du showbiz, ce qui confère à l’affaire une dimension médiatique supplémentaire.

Toujours d’après la même source, les éléments de la Brigade de recherches devraient procéder très prochainement à l’interpellation des personnes citées, afin de les auditionner et de déterminer leur éventuel degré d’implication. Cette nouvelle phase marque un élargissement significatif du dossier, laissant présager d’autres développements judiciaires.

Pour rappel, Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé, Doudou Lamine Dieng ainsi que plusieurs autres personnes ont été placés sous mandat de dépôt le 9 février 2026. La décision a été prise par le juge d’instruction du Premier cabinet du Tribunal de Grande Instance de Pikine-Guédiawaye, à la suite du réquisitoire introductif du procureur de la République.

Les mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du VIH/sida par rapports sexuels non protégés, mise en danger de la vie d’autrui et blanchiment de capitaux. Des chefs d’accusation lourds qui traduisent la gravité des faits allégués et la complexité du dossier.

Kaolack – Dya renforce son dispositif sanitaire avec un logement pour la sage-femme et une ambulance médicalisée

La commune de Dya, dans le département de Kaolack, vient de poser un acte fort en faveur de l’amélioration de l’accès aux soins, notamment en matière de santé maternelle et de prise en charge des urgences médicales. Le maire, Tamsir Guèye, a procédé à l’inauguration officielle du logement de la sage-femme du poste de santé de Dya et à la remise des clés d’une ambulance médicalisée d’une valeur estimée à plus de 50 millions de FCFA.

Cette double initiative répond à des défis structurels majeurs auxquels sont confrontées de nombreuses collectivités rurales : la disponibilité permanente du personnel qualifié et la rapidité des évacuations sanitaires. En dotant la sage-femme d’un logement fonctionnel à proximité immédiate du poste de santé, la municipalité garantit désormais une présence continue du personnel obstétrical. Une mesure qui devrait considérablement améliorer le suivi des grossesses, la qualité des accouchements assistés et la gestion des urgences obstétricales, particulièrement critiques en milieu rural.

La cérémonie d’inauguration s’est déroulée en présence des autorités municipales, des chefs de villages de la commune, des autorités religieuses et coutumières, ainsi que de l’Infirmière-chef de poste (ICP), Aminata Kane. Les acteurs locaux de la santé et les représentants communautaires ont unanimement salué cette initiative, soulignant son importance dans la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale, qui demeure préoccupante dans certaines zones du pays.

L’acquisition de l’ambulance médicalisée constitue un autre jalon important dans le renforcement du plateau technique du poste de santé de Dya. Obtenue en partenariat avec Anabel, elle permettra d’assurer des évacuations rapides et sécurisées vers les structures sanitaires de référence, notamment à Kaolack, en cas de complications nécessitant une prise en charge spécialisée. Pour les populations, souvent confrontées à des difficultés de transport en situation d’urgence, cet équipement représente un véritable soulagement et un gage de sécurité supplémentaire.

Au-delà de ces réalisations dans le domaine sanitaire, le maire Tamsir Guèye a annoncé la poursuite de cette dynamique de développement local. Dans les prochains mois, la commune prévoit l’inauguration du marché communal de Dya ainsi que celle du poste de santé de Gomone. Ces projets s’inscrivent dans une vision intégrée du développement, articulant santé, dynamisation économique et renforcement de la cohésion sociale.

Profitant de cette tribune, l’édile a également lancé un appel à l’unité de l’ensemble des responsables politiques et des forces vives de la commune afin de fédérer les énergies autour des priorités de développement. À travers ces investissements structurants, la commune de Dya réaffirme sa volonté de placer la santé et le bien-être des populations au cœur de son action publique, en privilégiant des solutions concrètes et durables au bénéfice des communautés locales.

Affaire des 12 mis en cause à Keur Massar : nouvelle extraction pour approfondissement de l’enquête

Placés sous mandat de dépôt lundi dernier pour association de malfaiteurs, actes contre nature, mise en danger de la vie d’autrui et blanchiment de capitaux, les 12 mis en cause dans cette affaire sensible ont été extraits de leur lieu de détention mardi par les gendarmes. Parmi eux figurent notamment Pape Cheikh Diallo et Djiby Dramé, cités dans la procédure en cours.

Selon des informations rapportées par Seneweb, cette extraction s’inscrit dans le cadre de la poursuite des investigations menées par la Brigade de Recherches de la Compagnie de gendarmerie de Keur Massar. Les enquêteurs ont en effet reçu une délégation judiciaire leur permettant d’approfondir certains aspects du dossier, notamment en procédant à de nouvelles auditions et confrontations.

D’après les éléments disponibles, les investigations portent à la fois sur les faits initiaux ayant conduit à l’interpellation des suspects et sur des ramifications financières présumées. Les charges de blanchiment de capitaux laissent supposer l’existence de flux financiers suspects que les enquêteurs cherchent à retracer avec précision, en collaboration avec les services compétents. L’objectif est d’établir l’origine des fonds incriminés, leur circuit ainsi que d’éventuelles complicités.

La qualification d’association de malfaiteurs, retenue par le parquet, laisse entendre que les faits reprochés auraient été commis dans un cadre organisé. Les autorités judiciaires s’attachent ainsi à déterminer les rôles respectifs de chaque mis en cause, leur degré d’implication et l’éventuelle hiérarchie au sein du groupe présumé.

Le mandat de dépôt prononcé lundi par le magistrat instructeur marque une étape importante dans la procédure. Il traduit la volonté de la justice de garantir la disponibilité des suspects durant l’instruction et d’éviter toute entrave à la manifestation de la vérité.

Pour l’heure, aucune communication officielle détaillée n’a été faite sur les résultats des nouvelles auditions. L’enquête suit son cours et pourrait connaître de nouveaux développements dans les prochains jours, au fur et à mesure de l’exploitation des éléments recueillis par les enquêteurs de la gendarmerie de Keur Massar.

Reddition des comptes : deux anciens ministres bientôt devant la Haute Cour de justice, un calendrier parlementaire chargé

La dynamique de reddition des comptes engagée par les nouvelles autorités connaît une nouvelle accélération. Une procédure visant deux anciens membres du gouvernement, Me Moussa Bocar Thiam et Abdoulaye Diouf Sarr, est désormais enclenchée à l’Assemblée nationale, dans le prolongement des poursuites déjà engagées contre plusieurs figures de l’ancien régime.

Cette nouvelle étape s’inscrit dans la continuité de la politique de transparence et de responsabilité impulsée par le pouvoir en place. Elle intervient après la première vague de mises en accusation de cinq anciens ministres – Moustapha Diop, Mansour Faye, Ismaïla Madior Fall, Aïssatou Sophie Gladima et Salimata Diop – traduits devant la Haute Cour de justice, officiellement installée en décembre 2024. Cette juridiction d’exception, compétente pour juger les anciens membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions, est désormais au cœur du processus de clarification des responsabilités politiques et financières.

Le calendrier des travaux parlementaires a été fixé par la Conférence des présidents. Le projet de mise en accusation visant Me Moussa Bocar Thiam et Abdoulaye Diouf Sarr sera examiné en commission le 19 février 2026 à 11 heures. Il sera ensuite soumis à l’examen en séance plénière le 24 février 2026 à 10 heures. Si les députés adoptent la procédure, les deux anciens ministres seront officiellement traduits devant la Haute Cour de justice, ouvrant ainsi une nouvelle phase judiciaire aux implications politiques majeures.

Les charges retenues contre Me Moussa Bocar Thiam portent notamment sur le projet d’aménagement du Parc des technologies numériques, rebaptisé Senegal Connect Park. Ce dossier avait déjà suscité de vives controverses et conduit à l’emprisonnement de certains de ses collaborateurs sous l’ancien régime. Les investigations actuelles visent à établir les responsabilités dans la gestion et l’attribution des marchés liés à ce projet structurant.

Concernant Abdoulaye Diouf Sarr, l’instruction s’appuie principalement sur le rapport de la Cour des comptes publié en 2022 relatif à la gestion des fonds destinés à la riposte contre la pandémie de Covid-19. Ce rapport, qui avait mis en lumière plusieurs irrégularités, avait déjà servi de base en mai 2025 pour la mise en accusation d’autres anciens ministres. Les éléments réunis dans ce dossier devraient nourrir les débats parlementaires avant une éventuelle saisine de la Haute Cour.

La date du 24 février s’annonce d’ailleurs particulièrement stratégique sur le plan institutionnel. Le même jour, l’Assemblée nationale recevra le Premier ministre Ousmane Sonko et les membres de son gouvernement dans le cadre des traditionnelles questions d’actualité. Ce rendez-vous parlementaire pourrait donner lieu à des échanges nourris, dans un contexte marqué par les procédures judiciaires en cours et les réformes annoncées.

Le calendrier législatif prévoit également l’examen du projet de loi portant sur le Conseil national de régulation des médias (Cnrm). Le texte sera étudié en commission le 26 février avant d’être soumis au vote en séance plénière le 3 mars 2026. Cette réforme, attendue par les acteurs du secteur, vise à redéfinir le cadre de régulation des médias dans un environnement marqué par l’essor du numérique et la montée des enjeux liés à la désinformation.

Dakar : deux individus interpellés pour cybercriminalité, vol et actes contre nature

La Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar a procédé à l’interpellation de deux individus dans une affaire mêlant vol, accès frauduleux à un système informatique, obtention indue d’un avantage financier et actes contre nature. Les deux mis en cause ont été placés en garde à vue, tandis que l’enquête se poursuit afin d’identifier un troisième suspect présumé impliqué dans le dossier.

L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée par l’un des protagonistes, qui déclarait avoir été victime d’un vol à l’arraché de son téléphone portable. Selon sa déposition, les faits se seraient produits après une rencontre avec le second individu lors d’un voyage à Louga. Le plaignant affirmait également que, peu après la disparition de son téléphone, la somme de 2 250 000 FCFA avait été frauduleusement retirée de son compte Mobile money.

À la suite de cette plainte, les enquêteurs ont ouvert des investigations qui ont permis de localiser et d’interpeller le suspect principal au quartier des Maristes. Conduit dans les locaux de la Sûreté urbaine pour audition, ce dernier a catégoriquement nié les accusations de vol. Il a soutenu avoir conservé le téléphone en guise de garantie pour le remboursement d’une créance estimée à deux millions de FCFA.

D’après ses déclarations, cette somme correspondrait à un paiement que le plaignant lui aurait promis en échange de rapports sexuels consentis entre les deux hommes. Le suspect affirme que deux rapports auraient effectivement eu lieu, mais que la contrepartie financière convenue ne lui aurait jamais été versée. Il aurait alors décidé de garder le téléphone comme moyen de pression pour obtenir le règlement de la somme due.

Le plaignant, pour sa part, a formellement nié ces allégations. Toutefois, au cours de l’enquête, le mis en cause a fourni une description détaillée de la chambre où les faits supposés se seraient déroulés. Un transport sur les lieux a été effectué par les enquêteurs. Sur place, la configuration de la chambre correspondait aux indications fournies par le suspect. Les policiers ont procédé à la saisie de plusieurs éléments considérés comme pièces à conviction, notamment un flacon de gel lubrifiant, de l’huile lubrifiante et trois préservatifs.

Poursuivant les auditions, le suspect a finalement reconnu avoir vidé le compte Mobile money du plaignant avec l’aide d’un tiers, dans le but, selon lui, de recouvrer la somme qu’il estime lui être due. Ce complice présumé est actuellement recherché par les services d’enquête.

Ousmane Sonko attendu à l’Assemblée nationale le 24 février : l’opposition participera-t-elle à la séance de questions d’actualité ?

Le Premier ministre Ousmane Sonko est attendu à l’Assemblée nationale le 24 février prochain dans le cadre d’une séance de questions d’actualité au gouvernement. Ce rendez-vous parlementaire, inscrit dans le calendrier institutionnel, s’inscrit dans le fonctionnement normal du contrôle de l’action gouvernementale par les députés.

Cette comparution à l’hémicycle offrira aux parlementaires l’occasion d’interpeller directement le chef du gouvernement sur des sujets d’intérêt national, dans un contexte politique marqué par plusieurs dossiers sensibles. Les questions d’actualité constituent en effet un moment clé de la vie démocratique, permettant aux représentants du peuple d’exiger des éclaircissements sur la conduite des politiques publiques, les réformes en cours ou encore la gestion de situations jugées préoccupantes.

L’annonce de cette séance a été relayée par le quotidien Les Échos, qui met en exergue une interrogation majeure : celle de la participation effective de l’opposition parlementaire. Le journal s’interroge notamment sur l’attitude que celle-ci adoptera lors de cette session, dans un climat politique encore traversé par des tensions.

Lors de la précédente séance de questions d’actualité, le groupe parlementaire Takku-Wallu — qui regroupe l’Alliance pour la République (APR) et ses alliés — avait choisi de boycotter les travaux. Dirigé par Me Aïssata Tall Sall, ce groupe avait décidé de ne pas siéger, exprimant ainsi sa désapprobation dans un contexte politique jugé tendu. Cette absence remarquée avait alimenté le débat sur la vitalité du dialogue institutionnel et sur les rapports entre majorité et opposition au sein de l’Assemblée.

La séance du 24 février revêt ainsi un enjeu particulier. Au-delà des questions qui seront adressées au Premier ministre, elle constituera un test sur la capacité des différentes forces politiques à privilégier le débat parlementaire comme cadre d’expression et de confrontation démocratique. La participation ou non de l’opposition pourrait en effet être interprétée comme un signal fort quant à sa stratégie vis-à-vis du gouvernement.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°669 – 11/02/2026

🔴 UNIVERSITÉ CHEIKH ANTA DIOP / MORT DE L’ÉTUDIANT ABDOULAYE BÂ ET PROPOS JUGÉS DIFFAMATOIRES DU PREMIER MINISTRE : LES AMICALES DÉFIENT SONKO EN JUSTICE
🔴 MANDAT DE DÉPÔT CONTRE PAPE CHEIKH DIALLO , DJIBY DRAMÉ ET LES PRÉSUMÉS HOMOSEXUELS : REUBEUS MÉPRISE

🔴 SUPPORTERS SÉNÉGALAIS DÉTENUS AU MAROC : ME PATRICK KABOU ALERTE SUR LE DROIT À LA DÉFENSE

Affaire CBAO : Bocar Samba Dièye renonce aux milliards et réclame la réhabilitation de son honneur

Épuisé par près de vingt années de procédures judiciaires contre la CBAO, filiale du groupe Attijariwafa Bank, Bocar Samba Dièye a pris une décision aussi radicale que symbolique. À plus de 90 ans, l’ancien magnat de l’importation de riz affirme ne plus courir après l’argent. Face à la presse, ce dimanche 8 février 2026, il a annoncé renoncer aux sommes colossales qu’il estime lui être dues, conditionnant ce renoncement à une exigence unique : la réhabilitation de son nom.

Le doyen campe toutefois sur sa position quant au fond du dossier. Il rejette catégoriquement toute dette envers la banque et dit s’appuyer sur des rapports d’expertise qui lui donnent raison. « Le cabinet d’expertise a tranché en ma faveur en disant que la CBAO doit me verser 11 milliards 500 millions. Je précise que je ne dois rien à cette banque. Tout ce qu’ils disent est archi faux et j’ai toutes les preuves avec moi », a-t-il martelé. Malgré le blocage de ses comptes, l’homme d’affaires assure poursuivre ses activités et appelle désormais l’État à jouer un rôle d’arbitre, en organisant une table ronde afin de confronter les parties et dénouer le contentieux.

Avec le poids des années, la lassitude semble avoir pris le pas sur la quête de réparation financière. Dans un témoignage empreint d’émotion, Bocar Samba Dièye a dit vouloir refermer ce chapitre avant la fin de sa vie. « Je ne demande même plus à la CBAO de me payer les 11 milliards. Je veux juste tourner la page. Cette histoire a trop duré, elle a ruiné ma vie et m’a énormément retardé. Mais avant de m’en aller, je veux que mon honneur soit lavé », a-t-il insisté, évoquant une paix de l’âme devenue prioritaire.

Le dossier, qualifié de marathon judiciaire, remonte à 2008. Famara Ibrahima Cissé, président de l’Association des clients et sociétaires des institutions financières (ACSIF), y voit un déni de justice persistant. Selon lui, alors que des rapports homologués ordonnent la restitution des biens de l’homme d’affaires et le remboursement d’agios jugés indus, la procédure demeure enlisé. « À plus de 92 ans, il doit pouvoir recouvrer ce qui lui revient ou, à défaut, obtenir justice morale », plaide-t-il, redoutant une stratégie d’usure de la part de la banque.

Né d’une créance contestée par Bocar Samba Dièye, qui dénonce des pratiques bancaires abusives, ce contentieux dure depuis dix-huit ans. Malgré des décisions de justice évoquant 11 milliards de francs CFA de dommages et intérêts et la saisie de ses immeubles, aucune issue concrète n’a, à ce jour, été trouvée.

Aujourd’hui, le combat de Bocar Samba Dièye n’est plus celui d’un créancier en quête de réparation financière, mais celui d’un homme qui aspire à partir en paix, après avoir consacré sa vie à l’économie de son pays et à la construction d’un héritage qu’il souhaite voir honoré.

Affaire Pierre Robert : les 14 suspects inculpés et placés sous mandat de dépôt à Dakar

Les quatorze personnes interpellées vendredi dernier à Dakar dans le cadre de l’enquête visant le réseau de Pierre Robert sont désormais fixées sur leur sort judiciaire. Selon des informations rapportées par Seneweb, le doyen des juges d’instruction les a toutes inculpées ce mardi avant de les placer sous mandat de dépôt.

Les mis en cause sont présentés par l’enquête comme des complices de Pierre Robert, actuellement incarcéré en France. Ce dernier est soupçonné d’avoir mis en place un réseau structuré dont l’objectif aurait été de contaminer volontairement de jeunes personnes par le VIH/sida à travers des rapports sexuels. Les investigations font également état de la réalisation de plusieurs vidéos à caractère pornographique sur le territoire sénégalais, où Pierre Robert disposerait de biens immobiliers.

Dans le cadre de cette procédure transnationale, la justice française a émis une commission rogatoire internationale afin de permettre des investigations complémentaires au Sénégal. Cette démarche judiciaire a conduit au déploiement d’opérations à Dakar, menées avec l’appui de la Division des investigations criminelles (DIC). Au terme de ces opérations, quatorze personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles figure un individu présenté comme un « formateur sexuel ».

Après leur garde à vue, les suspects ont été conduits devant le parquet de Dakar. Ils sont poursuivis pour des faits lourds, notamment traite d’êtres humains, transmission volontaire du VIH/sida à des mineurs, actes contre nature, proxénétisme en bande organisée et pédophilie en bande organisée. La gravité et la pluralité des chefs d’accusation ont motivé leur inculpation et leur placement en détention provisoire, le temps que l’instruction se poursuive.

Tensions à l’UCAD : Birame Diop appelle au dialogue et réaffirme l’engagement des forces de sécurité

Dans la continuité du point de presse consacré aux récents événements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), le ministre des Forces armées, le général Birame Diop, a pris la parole pour revenir sur le rôle et la posture des forces de défense et de sécurité lors des tensions enregistrées le lundi 9 février. Son intervention a été marquée par un appel appuyé au dialogue, à la responsabilité collective et au respect des principes républicains.

D’emblée, le ministre a tenu à partager la perception des forces engagées sur le terrain face à ces événements. Selon lui, les agents de sécurité vivent difficilement les conséquences humaines liées à leurs interventions. « Je puis vous assurer que les forces de l’ordre sont les premières à être peinées, attestées, lorsque lors de leurs interventions, il y a des blessés ou une perte de vie humaine », a-t-il déclaré, soulignant l’impact moral de telles situations sur les personnels déployés.

Birame Diop a ensuite insisté sur les efforts constants déployés par les forces de l’ordre pour garantir la sécurité des opérations, tout en agissant avec l’humanité requise dans l’exécution de leurs missions. Il a rappelé que les autorités de la République, au nom du peuple sénégalais, adressent leurs félicitations et leurs remerciements aux forces de défense et de sécurité pour le service rendu à la nation. Dans le même esprit, il a indiqué que ces autorités encouragent les forces à poursuivre leurs efforts dans la voie de l’excellence, malgré un contexte souvent complexe et sensible.

Le ministre a également réaffirmé l’engagement de l’État à accompagner les forces de sécurité dans l’accomplissement de leurs missions. Cet accompagnement, a-t-il précisé, s’inscrit dans une exigence claire de professionnalisme et de responsabilité, avec un respect strict des principes de proportionnalité et des droits des citoyens. Évoquant la situation globale dans les universités, Birame Diop a reconnu l’existence de défis importants à relever dans ce secteur stratégique pour l’avenir du pays.

Face à ces défis, le général Birame Diop a plaidé pour la mise en place d’une concertation franche, sincère, constructive et respectueuse entre toutes les parties prenantes. « Il est donc important que toutes les parties prenantes s’écoutent et se parlent, en mettant toujours en avant l’intérêt supérieur du Sénégal », a-t-il soutenu. Il a rappelé que le Sénégal s’est historiquement construit comme un pays de dialogue, de solidarité et de concertation, un héritage qu’il juge essentiel de préserver pour garantir la stabilité et la paix sociale.

En conclusion, le ministre des Forces armées a mis l’accent sur l’unité nationale et la responsabilité collective vis-à-vis des générations futures. « Le Sénégal est une famille au sein de laquelle les membres, malgré leurs différences, malgré leurs antagonismes, ont toujours su faire preuve de dépassement pour continuer à vivre en toute harmonie », a-t-il affirmé. Il a ainsi appelé l’ensemble des acteurs à préserver cet héritage commun et à le transmettre dans de bonnes conditions, afin de consolider durablement la cohésion nationale.

UCAD : Bamba Cissé condamne les violences policières et alerte sur des projets de saccage du campus

Le ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, s’est exprimé mardi lors du point de presse du gouvernement pour livrer la version officielle des événements violents qui ont secoué l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Tout en condamnant sans détour les violences commises par les forces de défense et de sécurité, le ministre a également révélé l’existence de renseignements jugés préoccupants sur une radicalisation de certains étudiants et des projets de destruction d’infrastructures universitaires.

D’entrée de jeu, Bamba Cissé a tenu à adopter un ton qu’il a voulu franc et direct. « Ce n’est pas conforme à notre éducation ni à notre parcours », a-t-il déclaré, affirmant vouloir parler « franchement, avec un langage décodé, sur fond de sincérité et d’honnêteté ». Avocat de formation, le ministre a reconnu avoir été personnellement « heurté » par certaines images et faits observés lors des affrontements survenus lundi sur le campus.

Selon lui, le déploiement des forces de défense et de sécurité sur le campus social de l’UCAD n’était pas le fruit du hasard. Le ministre de l’Intérieur a révélé que ses services avaient reçu « des renseignements précis » faisant état de menaces sérieuses contre les infrastructures universitaires. « Certaines personnes allaient s’en prendre aux infrastructures du campus social », a-t-il indiqué, évoquant notamment un début de destruction du restaurant self et du restaurant central constaté aux environs de 7 heures du matin.

Bamba Cissé a précisé que, d’après ces informations, des individus prévoyaient de passer à l’action très tôt, entre 6 h et 6 h 30. Il a rappelé que l’administration universitaire avait pourtant communiqué que les étudiants pouvaient accéder aux restaurants universitaires à condition de présenter un ticket, conformément aux règles en vigueur. « Dans la nuit, ils se sont réunis pour dire qu’ils refusaient ce format et qu’ils allaient de force pénétrer les restaurants pour s’emparer de la nourriture. À défaut, les restaurants seraient détruits et les infrastructures universitaires saccagées », a-t-il expliqué.

Pour autant, le ministre n’a pas cherché à minimiser ni à justifier les violences imputées aux forces de l’ordre. Reconnaissant que des dérapages ont eu lieu, il a affirmé que des actes de violence avaient été constatés « de part et d’autre », y compris du côté des forces de défense et de sécurité. « En tant qu’autorité supérieure, ce sont des actes que je ne peux pas cautionner », a-t-il martelé, se voulant ferme sur le respect des principes de l’État de droit.

Bamba Cissé a rappelé sa position de principe sur l’usage de la force par l’État. S’il reconnaît que l’État est dépositaire de la violence légitime, il a insisté sur le fait que celle-ci doit rester « calculée, équilibrée et nécessaire » pour faire cesser une situation donnée. « On ne peut pas aller au-delà pour commettre des choses qui relèvent, à la limite, d’infractions pénales », a-t-il averti.

Tensions à l’UCAD : Me Mouhamadou Bamba Cissé condamne les bavures policières et lance un appel à l’apaisement

À la suite des violents affrontements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), ayant entraîné la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ, inscrit en deuxième année de Médecine, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé, est sorti de sa réserve pour réagir officiellement. Dans un contexte marqué par une vive émotion et une forte pression sociale, le ministre a tenu à condamner sans ambiguïté les violences policières tout en appelant au calme et à la responsabilité collective.

S’exprimant sur ces événements tragiques, Me Bamba Cissé a reconnu que des bavures avaient été commises lors des opérations de maintien de l’ordre sur le campus universitaire. Il a fermement dénoncé ces pratiques, soulignant qu’elles ne sauraient en aucun cas être tolérées dans un État de droit. Selon lui, la situation a dégénéré de manière regrettable, conduisant à la perte d’une vie humaine, un drame qui a profondément marqué la communauté universitaire et l’opinion publique nationale. Le ministre a adressé ses prières à la mémoire de l’étudiant décédé et présenté ses condoléances à sa famille, tout en précisant que les Forces de défense et de sécurité n’avaient nullement l’intention de provoquer un tel dénouement. Il a toutefois insisté sur la nécessité de situer les responsabilités afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes du décès.

Dans ses déclarations, le ministre de l’Intérieur a tenu à rappeler le cadre de l’intervention des forces de l’ordre, qu’il a décrite comme une mission visant essentiellement à protéger les biens publics et à rétablir l’ordre face à des troubles qu’il qualifie de préoccupants. Il a affirmé que la doctrine du maintien de l’ordre prônée par son département repose sur la retenue et le professionnalisme, et qu’un maintien de l’ordre sans bavure demeure un principe non négociable. À ce titre, Me Bamba Cissé a révélé avoir donné des instructions fermes interdisant l’usage des armes à feu lors des opérations de maintien et de rétablissement de l’ordre, une mesure qu’il présente comme une garantie supplémentaire pour la protection des vies humaines.

Le ministre a également évoqué des éléments découverts lors de fouilles effectuées dans certaines chambres d’étudiants. Selon lui, ces opérations auraient permis de mettre la main sur des objets, notamment des grenades lacrymogènes, sans toutefois préciser leur origine ni les conditions exactes de leur présence sur le campus. Cette révélation soulève de nombreuses interrogations et alimente le débat sur le climat de tension qui régnait à l’UCAD au moment des affrontements.

En conclusion, Me Mouhamadou Bamba Cissé a tenu à adresser un message d’apaisement à l’ensemble de la communauté universitaire. Il a affirmé comprendre et soutenir les revendications étudiantes lorsqu’elles sont légitimes, tout en rappelant que l’université doit rester un espace de savoir, de dialogue et de paix, et non un théâtre de violences. Convaincu que la grande majorité des étudiants aspire avant tout à apprendre et à réussir leur parcours académique, le ministre a insisté sur la nécessité de les encadrer, de les écouter et de les accompagner.

Alors que les enquêtes se poursuivent et que les appels à la justice se multiplient, cette prise de parole officielle vise à calmer les esprits et à réaffirmer l’engagement des autorités en faveur d’un retour à la sérénité à l’UCAD, tout en promettant que les responsabilités seront établies dans le respect des lois et des institutions de la République.

Sous l’héritage de Baye Niass, la Jamiyatou Ansaroudine fédère les cœurs en Côte d’Ivoire

En séjour en Côte d’Ivoire depuis le 8 février 2026, le président national de la Jamiyatou Ansaroudine, Seydina Alioune Cissé Niang, multiplie les échanges directs avec les talibés établis à travers le monde. Depuis son arrivée, il s’emploie à impulser de nouvelles dynamiques d’orientation du travail religieux et organisationnel, tout en œuvrant au renforcement de la fédération des fidèles autour des idéaux de la Fayda Tidjania.

Au cours de ses différentes rencontres, il a rappelé que la Jamiyatou Ansaroudine, fondée par Cheikh Al Islam, demeure un modèle de paix, de cohésion et de pacification, fidèle à l’héritage spirituel de Baye Niass. À ce titre, il a insisté sur l’importance du recensement des talibés à travers des outils numériques modernes, en vue de renforcer l’organisation, la communication et la coordination des actions à l’échelle internationale.

Un message de reconnaissance et d’engagement spirituel

Le président Seydina Alioune Cissé Niang s’est réjoui de l’accueil chaleureux qui lui a été réservé en Côte d’Ivoire. Il a transmis aux fidèles les salutations et recommandations du Khalife général de la Fayda, Cheikh Mouhamadou Mahi Ibrahima Niass, de l’imam de la grande mosquée de Médina Baye, Imam Cheikh Tidiane Aliou Cissé, ainsi que de Seyda Rokhya Niass, fille de Baye Niass et sa mère spirituelle, qui lui a adressé une recommandation par voie épistolaire.

Dans son allocution, il a rappelé les enseignements et l’héritage spirituel de Baye Niass, exhortant les talibés à s’engager davantage dans les activités et la mission de la Jamiyatou Ansaroudine, dans un esprit de renforcement de la foi, d’unité et de solidarité.

Un Gamou sous le signe de la communion spirituelle

Le Gamou annuel en Côte d’Ivoire est organisé sous la coordination de Cheikh Khalidou Cissé, grand moukhadam de Baye Niass, établi entre le Niger, la Côte d’Ivoire et le Nigeria. Cet événement religieux majeur constitue un temps fort de communion spirituelle, de transmission des enseignements et de consolidation des valeurs de la Fayda Tidjania dans l’ensemble de la sous-région ouest-africaine.

Arrestation du président de l’Amicale de la FMPO : les étudiants réclament sa libération immédiate

L’Amicale des étudiants de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie (FMPO) est montée au créneau pour dénoncer l’arrestation de son président, Cheikh Atab Sagna. Selon un membre de la structure estudiantine, ce dernier a été interpellé à l’issue de la conférence de presse tenue ce mardi.

Dans un communiqué, l’Amicale exige la libération immédiate de son président ainsi que celle de tous les autres membres qu’elle affirme être actuellement détenus. L’organisation condamne fermement ce qu’elle qualifie « d’actes de barbarie et d’abus de pouvoir exercés à l’encontre de la jeunesse, avenir de ce pays ».

Les étudiants de la FMPO réaffirment toutefois leur attachement à une lutte qu’ils décrivent comme pacifique, responsable et légitime. Ils insistent sur la nécessité de garantir le respect des libertés syndicales et associatives dans l’espace universitaire, estimant que ces droits constituent un socle essentiel de la vie académique.

Dans le même élan, l’Amicale assure qu’elle ne reculera pas face à ce qu’elle considère comme une injustice et qu’elle ne cédera pas à l’intimidation. Elle réitère sa détermination à poursuivre son combat, tout en appelant à la mobilisation autour de la défense des droits des étudiants.

Tensions dans les universités : Daouda Ngom évoque des influences extérieures sur certains étudiants

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Daouda Ngom, a pointé ce mardi l’existence d’influences extérieures dans les tensions récemment enregistrées au sein des universités publiques sénégalaises.

S’exprimant lors de la conférence de presse du gouvernement, il a déclaré que « certains étudiants subissent des influences extérieures ». Selon lui, des acteurs politiques opposés au pouvoir exerceraient des pressions sur certains responsables d’amicales étudiantes, contribuant ainsi à exacerber le climat dans les campus. « Il y a des opposants qui influencent des dirigeants d’amicales », a-t-il affirmé, tout en déplorant la présence de ces acteurs au sein des structures représentatives des étudiants.

Le ministre a regretté une situation qu’il juge préoccupante pour la stabilité du milieu universitaire, estimant que l’espace académique ne devrait pas être un terrain de confrontation politique indirecte.

Dans le même élan, Pr Daouda Ngom a lancé un appel au calme et à la retenue à l’endroit des étudiants. Il les a invités à faire preuve de responsabilité et de maturité, notamment dans le contexte marqué par le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Le ministre a insisté sur la nécessité d’apaiser les tensions et de préserver l’université comme un cadre d’études, de dialogue et de construction intellectuelle.

Mort de l’étudiant Abdoulaye Ba : le collectif des amicales de l’UCAD saisit la justice contre l’État

Le collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) annonce le dépôt de plaintes contre les autorités sénégalaises à la suite du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Dans un communiqué rendu public ce 10 février, les étudiants disent tenir pour responsable l’État du Sénégal, à travers le Président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ainsi que le ministre de l’Intérieur.

Le collectif déclare son intention de poursuivre ces « responsables devant les instances judiciaires nationales et internationales ». Les amicales annoncent également une plainte visant spécifiquement le Premier ministre pour « diffamation », sans en préciser pour l’instant les éléments détaillés.

Dans leur déclaration, les étudiants insistent sur leur indépendance et rejettent toute tentative de récupération ou de manipulation politique, « quelle que soit l’obédience ». Ils appellent par ailleurs les organisations de défense des droits humains à intervenir afin de constater ce qu’ils qualifient « d’actes de tortures et de barbaries perpétrés par des policiers sur ordre d’un gouvernement suffisant et autoritaire ».

Le collectif présente aussi ses condoléances à la famille de l’étudiant décédé, qu’il décrit comme un « martyr de la cause estudiantine ». Les amicales affirment qu’Abdoulaye Ba « sera immortalisé dans nos cœurs et dans notre campus ». Selon leur version des faits, le jeune étudiant « n’avait même pas participé aux affrontements », affirmant qu’il aurait été retrouvé dans sa chambre avant d’être battu à mort.

À ce stade, les autorités compétentes ne se sont pas encore exprimées publiquement sur ces accusations. Cette affaire relance le débat sur la gestion des tensions en milieu universitaire et sur l’usage de la force lors des opérations de maintien de l’ordre dans les campus.

Mort de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’UCAD : le SAES dénonce l’usage excessif de la force et interpelle le gouvernement

Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a vivement réagi à la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue le lundi 9 février 2026 à la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), à la suite d’une intervention des forces de l’ordre dans le campus social. Le syndicat qualifie ce décès de « tragique » et exige que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes du drame.

Réuni en urgence ce mardi 10 février, le Secrétariat national du SAES a exprimé sa profonde consternation face à cette perte humaine, intervenue exactement deux ans après le décès de l’étudiant Alpha Yéro Tounkara à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Le syndicat s’est incliné devant la mémoire d’Abdoulaye Ba et a adressé ses condoléances attristées à sa famille, à la communauté universitaire et à l’ensemble de la Nation sénégalaise.

Dans un communiqué rendu public, le SAES établit un lien direct entre ce nouveau décès et une longue série de morts d’étudiants survenues dans les universités sénégalaises à la suite d’interventions policières. Le syndicat cite notamment les cas de Balla Gaye en 2001, Bassirou Faye en 2014, Mouhamadou Fallou Sène en 2018, Alpha Yéro Tounkara ainsi que Prosper Clédor Senghor en 2024. Pour le SAES, cette répétition tragique traduit un problème structurel grave dans la gestion des crises universitaires.

Le syndicat condamne avec la « dernière énergie » ce qu’il considère comme un usage excessif, aveugle et disproportionné de la force par les forces de l’ordre à l’intérieur des espaces universitaires, qui devraient rester des lieux de savoir, de dialogue et de débat pacifique. Il estime que l’irruption violente des forces de sécurité dans les campus ne fait qu’aggraver les tensions et exposer inutilement les étudiants à des risques mortels.

Tenant le gouvernement pour responsable, le SAES affirme que ces drames sont le résultat direct d’une mauvaise gestion des crises universitaires, marquée par l’absence d’anticipation, le déficit de dialogue et le recours systématique à la force. Il exige l’ouverture immédiate d’une enquête approfondie, indépendante et transparente afin d’identifier toutes les responsabilités et de traduire les auteurs des faits devant la justice.

Le syndicat rappelle par ailleurs qu’il avait, dès le mois de décembre 2025, lancé des appels répétés au calme, à la retenue des forces de sécurité et à l’instauration d’un dialogue sincère avec les étudiants, notamment sur la question sensible et récurrente des bourses. Selon le SAES, l’absence de réponses durables à ces revendications légitimes contribue à entretenir un climat de frustration et de colère sur les campus.

Au-delà de l’événement tragique, le SAES pointe de lourds dysfonctionnements structurels du système universitaire sénégalais. Il évoque une massification incontrôlée des effectifs, un déficit budgétaire chronique, un manque criant d’enseignants, des retards importants dans la réalisation des infrastructures universitaires ainsi que des insuffisances notoires dans l’évaluation et l’application des réformes, notamment du système Licence-Master-Doctorat (LMD).

Face à la gravité de la situation actuelle, le SAES demande la suspension provisoire des réformes en cours afin de permettre une réflexion approfondie et apaisée. Il plaide pour l’organisation de concertations inclusives, transparentes et sincères, associant l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur, dans le but de trouver des solutions durables aux crises récurrentes.

Enfin, le syndicat réaffirme sa disponibilité à contribuer activement à un dialogue responsable et constructif, condition indispensable, selon lui, pour pacifier durablement l’espace universitaire et garantir la stabilité ainsi que l’avenir de l’enseignement supérieur au Sénégal.

Violences à l’UCAD : Les ONG de défense des droits humains exigent justice et réforme

Les violences dans les universités publiques sénégalaises continuent de susciter une vive inquiétude. Dans un communiqué publié ce mardi, cinq organisations de défense des droits humains, à savoir Article 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest, la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO), AfrikaJom Center, la Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH) et Amnesty International Sénégal, ont exprimé leur profonde préoccupation face à la persistance de ces violences depuis plusieurs mois.

Les ONG dénoncent particulièrement l’usage disproportionné de la force par les forces de l’ordre sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). L’intervention policière du lundi 9 février 2026 a entraîné la mort d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine, et fait de nombreux blessés parmi les étudiants. Ce drame a ravivé les inquiétudes quant au climat sécuritaire sur les campus et à la protection des droits fondamentaux des étudiants.

Face à cette situation, les cinq organisations appellent à l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale afin de déterminer les circonstances exactes du décès d’Abdoulaye Ba et de traduire les responsables en justice dans le cadre d’un procès équitable. Elles insistent sur la nécessité de garantir le retrait immédiat des forces de sécurité des universités, la libération de tous les étudiants actuellement détenus, et le respect strict des franchises universitaires telles que définies par la loi N° 94-79 du 24 novembre 1994.

Par ailleurs, les ONG invitent l’État à engager des concertations inclusives sur la réforme envisagée concernant l’attribution et le paiement des bourses universitaires, identifiées comme l’une des principales sources de tensions au sein du milieu universitaire. Selon elles, une approche transparente et participative est indispensable pour prévenir de nouveaux incidents et restaurer un climat de confiance entre les autorités universitaires, les forces de sécurité et les étudiants.

En somme, ce communiqué traduit la fermeté des acteurs de la société civile face à la violence sur les campus et leur volonté de voir les droits des étudiants respectés, tout en appelant à des réformes structurelles pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.

Kaolack : Le Dr Maïssa Ndao démissionne de toutes ses responsabilités au sein de PASTEF-Les Patriotes

Le département de Kaolack assiste à un tournant politique majeur avec l’annonce, ce lundi 9 février 2026, de la démission du Dr Maïssa Ndao de toutes ses responsabilités au sein de PASTEF-Les Patriotes. Figure emblématique de la jeunesse du parti dans la région, le Dr Ndao met ainsi un terme à huit années d’engagement politique qu’il qualifie de « sincère et désintéressé ».

Militant de la première heure depuis la création du parti en 2018, le Dr Maïssa Ndao a gravi les échelons au sein de la formation dirigée par Ousmane Sonko. Membre fondateur de PASTEF Ndoffane, il a ensuite occupé le poste de coordonnateur communal de la Jeunesse Patriotique du Sénégal (JPS) avant de devenir Secrétaire général adjoint de la JPS départementale de Kaolack, position qu’il a tenue jusqu’à ce jour. Son influence et son engagement ont fait de lui un acteur incontournable de la scène politique locale, particulièrement auprès de la jeunesse.

Dans sa déclaration, le Dr Ndao explique que cette décision découle d’une accumulation d’événements récents, citant notamment le contexte tragique ayant conduit à la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Il précise que, tout en restant attaché aux idéaux qui ont guidé son militantisme, il a agi « en toute responsabilité », motivé par des raisons de conscience morale et le désir de rester fidèle à ses convictions personnelles.

Ce départ inattendu représente un coup dur pour la JPS dans le département de Kaolack, où le Dr Ndao jouissait d’une influence notable et d’une popularité certaine auprès des jeunes militants. Sa décision ouvre désormais un nouveau chapitre pour la jeunesse patriotique dans la région, qui devra composer avec cette vacance au sein de ses cadres dirigeants.

Le Dr Maïssa Ndao laisse derrière lui l’image d’un militant engagé et respecté, dont l’action politique a marqué la jeunesse locale et contribué à renforcer la présence de PASTEF-Les Patriotes dans le département de Kaolack.

Affaire Ndella Madior Diouf : Le procès renvoyé au 24 mars 2026 dans un scandale de négligence et de trafic de nourrissons

Le dossier judiciaire concernant Ndella Madior Diouf a été évoqué ce mardi 10 février 2026 devant la chambre criminelle de Dakar, mais le procès a été renvoyé au 24 mars 2026. Ce report fait suite à l’absence de plusieurs accusés, actuellement en liberté provisoire, dont la comparution est désormais attendue pour la suite de l’instruction.

Ndella Madior Diouf, Awa Mbaye, Fanta Cissokho, Fatou Sène, Sadio Keita, Anta Sarr, Yacine Sow, Cheikh Tidiane Ndiaye, Djiby Sow, Koumah Diaham et El Hadj Sène sont poursuivis pour une série de chefs d’accusation graves, allant de la traite de personnes à l’exercice illégal de la fonction de médecin, en passant par la privation d’aliments ou de soins ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Les accusés doivent également répondre de mises en danger de la vie d’autrui, de non-assistance à personne en danger, d’obtention indue de certificats aux fins d’inhumation, d’infractions aux lois sur les inhumations, d’homicide involontaire, de non-déclaration de naissance et de complicité.

L’affaire remonte au 28 décembre 2023, date à laquelle Ndella Madior Diouf a été arrêtée et placée sous mandat de dépôt. Quelques jours auparavant, une vidéo choquante avait fait le tour des réseaux sociaux et déclenché une vive émotion nationale. Dans cette vidéo devenue virale, des images montraient des nourrissons agonisants et des corps visiblement amaigris. Ces images insoutenables avaient provoqué une onde de choc, accompagnée d’une pétition demandant la fermeture immédiate de la pouponnière Keur Yeurmandé.

Selon les informations recueillies, plus de cinq bébés sont décédés dans cette structure, et certains auraient été enterrés clandestinement, aggravant encore l’indignation populaire et la gravité des accusations portées contre les responsables. L’affaire a profondément ému l’opinion publique et mis en lumière des pratiques illégales et dangereuses au sein de certaines structures de prise en charge des enfants vulnérables au Sénégal.

La prochaine audience, prévue le 24 mars 2026, sera décisive pour la suite de la procédure et devrait permettre d’entendre les autres accusés en liberté provisoire. Entre-temps, les familles et la société civile attendent que justice soit rendue pour les victimes et que les responsabilités soient clairement établies.

Tensions à l’Université Assane-Seck de Ziguinchor après la fermeture du restaurant universitaire

La situation s’est brusquement tendue, ce lundi, sur le campus de l’Université Assane-Seck de Ziguinchor (UASZ), à la suite de la décision du Centre régional des œuvres universitaires et sociales (CROUS/Z) de fermer le restaurant universitaire jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure, annoncée dans un contexte de contestation estudiantine, a rapidement dégénéré en affrontements entre étudiants et forces de l’ordre déployées pour sécuriser les lieux.

Dans un communiqué rendu public, le directeur du CROUS/Z, Salif Baldé, a expliqué que la fermeture faisait suite à des perturbations graves du fonctionnement du service de restauration. Selon lui, plusieurs étudiants sont entrés dans l’enceinte du restaurant universitaire pour appeler leurs camarades à se restaurer sans s’acquitter du ticket habituel. Ce mot d’ordre, qualifié de « journée sans ticket », aurait compromis l’organisation normale du service ainsi que les efforts matériels, financiers et humains consentis pour assurer une restauration accessible et de qualité aux étudiants.

Le directeur précise que les étudiants avaient été formellement avertis dès la matinée contre cette initiative jugée contraire aux règles en vigueur. Face au non-respect des consignes et conformément aux instructions du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, la direction du CROUS/Z a pris la décision de suspendre temporairement les activités du restaurant universitaire. Salif Baldé en appelle au sens de la responsabilité des étudiants et au respect des textes qui encadrent la gestion des services sociaux universitaires.

Cependant, cette mesure n’a fait qu’exacerber la colère sur le campus. Des heurts ont éclaté entre étudiants et forces de l’ordre, traduisant un climat de tension déjà latent au sein de la communauté universitaire. Pour les étudiants, la fermeture du restaurant constitue une sanction collective qu’ils jugent disproportionnée au regard de leurs revendications.

Joint par nos soins, Ibrahim Ngom, porte-parole des étudiants de l’Université Assane-Seck de Ziguinchor, a tenu à replacer le mouvement de « journée sans ticket » dans un cadre plus large. Selon lui, cette action s’inscrit dans une dynamique nationale de contestation de la réforme des bourses d’études initiée par le ministère de tutelle. Les étudiants estiment que cette réforme va à l’encontre du décret du 12 août 2014, lequel garantit l’octroi de bourses aux étudiants de la licence jusqu’au doctorat.

Pour les étudiants de l’UASZ, la mobilisation autour du restaurant universitaire ne constitue donc qu’un volet visible d’un malaise plus profond lié aux conditions de vie et d’études sur les campus sénégalais. Ils appellent les autorités universitaires et ministérielles à privilégier le dialogue afin d’éviter une escalade de la violence et de trouver des solutions durables aux revendications sociales et académiques.

En attendant une éventuelle reprise des discussions, le campus de Ziguinchor demeure sous haute surveillance, dans un climat marqué par l’incertitude et la crispation, alors que les étudiants redoutent une dégradation supplémentaire de leurs conditions de vie.

Décès d’Abdoulaye Ba à l’UCAD : l’ADHA exige une enquête indépendante et des sanctions pénales

L’Organisation Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) est montée au créneau ce mardi 10 février 2026 après le décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu lors d’interventions policières sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans un communiqué rendu public par son Bureau exécutif, l’ONG dénonce de graves violations des droits humains et réclame l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, ainsi que des sanctions pénales contre les responsables présumés.

Selon l’ADHA, Abdoulaye Ba aurait été victime de « brutalités exercées à l’intérieur même de sa chambre universitaire », un espace que l’organisation rappelle comme étant inviolable au regard des principes fondamentaux du droit. L’ONG insiste sur le fait que le jeune étudiant n’était nullement impliqué dans les actes de violence ayant précédé l’intervention des forces de l’ordre, ce qui rend, selon elle, les faits d’autant plus graves et inacceptables.

L’organisation de défense des droits humains dénonce un usage « disproportionné et excessif de la force » contre la communauté estudiantine, estimant que l’intervention policière a franchi des lignes rouges en matière de respect des libertés individuelles et de protection des civils. Pour l’ADHA, l’irruption des forces de sécurité dans les chambres universitaires constitue une violation manifeste de l’inviolabilité des espaces privés et participe à une logique de répression incompatible avec le cadre universitaire.

Face à la gravité des accusations, l’ADHA sollicite l’intervention de la Gendarmerie nationale afin de conduire des investigations qu’elle souhaite impartiales et indépendantes. L’objectif affiché est d’établir avec précision les circonstances exactes du décès d’Abdoulaye Ba et de situer clairement les responsabilités, non seulement au niveau des agents intervenants, mais également à tous les échelons de la chaîne de commandement ayant autorisé ou encadré l’opération.

Au-delà de l’enquête judiciaire, l’ONG exige que des sanctions administratives et pénales soient appliquées « de manière ferme » contre les auteurs directs des violences, mais aussi contre les éventuels commanditaires. Elle estime que l’impunité dans ce type d’affaires fragilise davantage la confiance entre les citoyens et les institutions chargées de leur sécurité.

L’ADHA va plus loin en appelant à des démissions au sein des autorités responsables de cette opération qu’elle juge défaillante. Rappelant que la protection des étudiants relève de la responsabilité première de l’État, l’organisation met en garde contre la militarisation progressive des campus universitaires et la criminalisation des revendications sociales. Des pratiques qu’elle considère comme contraires aux principes fondamentaux d’un État de droit et dangereuses pour la stabilité sociale et académique du pays.

Enfin, l’ONG affirme rester mobilisée pour que toute la lumière soit faite sur ce drame et pour que justice soit rendue à la famille d’Abdoulaye Ba, à la communauté universitaire et, plus largement, à l’ensemble des citoyens attachés au respect des droits humains au Sénégal.

UCAD : un campus endeuillé, entre stupeur, colère et vague d’arrestations après les violences de lundi

Le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) s’est réveillé ce mardi dans une atmosphère lourde de douleur et d’incompréhension. Au lendemain d’une journée marquée par de violents affrontements entre forces de l’ordre et étudiants, la communauté universitaire est plongée dans le deuil après la mort d’un étudiant, tandis que le bilan judiciaire des événements ne cesse de s’alourdir.

La journée du lundi 9 février 2026 restera gravée comme l’une des plus sombres de l’histoire récente de l’enseignement supérieur sénégalais. Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de chirurgie dentaire, originaire de la région de Matam, a perdu la vie dans un contexte de fortes tensions sur le campus. Les circonstances exactes de son décès ne sont pas encore clairement établies et font l’objet d’investigations, mais sa disparition a provoqué une vive émotion au sein de la communauté universitaire et bien au-delà.

Dès l’annonce de sa mort, un climat de stupeur et de consternation s’est installé à l’UCAD. De nombreux étudiants, choqués et craignant une aggravation de la situation sécuritaire, ont préféré quitter précipitamment le campus, pliant bagages pour rejoindre leurs familles ou des lieux jugés plus sûrs. Les cités universitaires, habituellement animées, ont ainsi connu une relative accalmie, contrastant avec la violence des heures précédentes.

Les affrontements, qui ont duré une grande partie de la journée et se sont prolongés tard dans la soirée de lundi, ont donné lieu à une vaste opération de maintien de l’ordre. Selon des sources sécuritaires concordantes, plus de 105 étudiants ont été interpellés et conduits dans différents commissariats de Dakar. Ils sont poursuivis pour des chefs d’accusation tels que « participation à une manifestation non autorisée », « trouble à l’ordre public » et « destruction de biens publics ».

Toutefois, ces arrestations suscitent une vive polémique. Plusieurs témoignages font état de conditions d’interpellation brutales. La plupart des étudiants arrêtés présenteraient des blessures visibles, des marques de coups et des traces de sévices, alimentant les accusations de violences policières. Des images et récits circulant dans les réseaux estudiantins renforcent le sentiment d’injustice et de répression aveugle.

Face à cette situation, le collectif des délégués d’étudiants est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie d’arrestations « arbitraires ». Les responsables syndicaux exigent la libération immédiate de leurs camarades et appellent les autorités à faire preuve de retenue et de responsabilité dans un contexte aussi sensible. « Nous sommes en deuil, et au lieu de nous laisser pleurer Abdoulaye, on nous traque jusque dans nos chambres », a confié, sous couvert de l’anonymat, un représentant syndical, résumant le sentiment général de colère et de détresse qui anime une grande partie des étudiants.

Alors que l’UCAD tente de panser ses plaies, cette tragédie relance le débat sur la gestion des crises universitaires, le dialogue entre autorités et étudiants, ainsi que sur l’usage de la force dans les espaces académiques. En attendant les résultats des enquêtes annoncées, le campus reste suspendu entre le deuil, la peur et l’exigence de vérité et de justice pour Abdoulaye Ba.

Eau et assainissement : l’Afrique appelée à changer de rythme pour atteindre l’accès universel

La nécessité de redéfinir une nouvelle trajectoire d’accélération de l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement a dominé les interventions lors de la cérémonie d’ouverture du 23e Congrès international et Exposition de l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA). Ce grand rendez-vous continental a réuni décideurs politiques, experts techniques et partenaires du secteur autour d’une ambition commune : rompre avec les discours de principe pour engager des actions concrètes, mesurables et durables au bénéfice des populations africaines.

Placée sous le thème « Eau et Assainissement pour Tous : des actions fortes pour l’Afrique », cette édition se veut résolument tournée vers l’opérationnalisation des engagements. Le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, a donné le ton en insistant sur l’urgence d’agir. Selon lui, au-delà de la fierté de porter une dynamique de rupture, l’Afrique a désormais le devoir de transformer les intentions en solutions concrètes. « L’action est la raison d’être de ce 23e Congrès », a-t-il affirmé, soulignant que le continent ne peut plus se permettre de retards face aux enjeux vitaux liés à l’eau et à l’assainissement.

Le ministre a alerté sur la situation préoccupante du continent à l’horizon 2030 si le rythme actuel n’est pas significativement accéléré. Il a rappelé que le chemin vers l’accès universel reste semé de nombreux obstacles, allant des contraintes financières aux défis institutionnels et techniques, qui ralentissent les progrès et compromettent les résultats. Cette situation, a-t-il souligné, nourrit le désarroi des communautés privées des bénéfices sanitaires, sociaux et économiques liés à la disponibilité des services d’eau potable et d’assainissement.

Les données présentées lors du congrès illustrent l’ampleur du défi. En Afrique, plus de 400 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable, tandis que près de 800 millions sont privées de services d’assainissement adéquats. Des chiffres alarmants qui traduisent une vulnérabilité structurelle aux conséquences multiples. Pour le ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, l’enjeu dépasse largement le cadre technique. Il a insisté sur le fait que l’accès à l’eau est devenu un enjeu sanitaire, social et économique majeur, conditionnant la stabilité et la cohésion des sociétés africaines.

Au-delà des problématiques d’accès, le congrès marque également un tournant stratégique pour l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement elle-même. Confrontée au retrait progressif de certains partenaires au développement, l’AAEA s’engage dans une dynamique de réinvention afin de poursuivre efficacement ses missions. Son président, Blaise Moussa, a salué la résilience du continent face à ces défis et appelé les dirigeants africains à un engagement plus fort. Il a exprimé le souhait de voir l’AAEA devenir le bras technique de l’Union africaine et intégrer ses organisations observatrices, afin de renforcer l’ancrage institutionnel et l’impact des politiques publiques dans le secteur.

La dimension politique et sociale de l’eau a également été au cœur des échanges. Le secrétaire exécutif de l’AAEA, Olivier Goussou, a rappelé que l’eau constitue un facteur essentiel de prévention des tensions et un levier central de résilience face aux effets des changements climatiques. Selon lui, là où la ressource est mal gérée, les tensions émergent inévitablement. Il a martelé que l’accès à l’eau ne saurait être considéré comme un luxe, mais bien comme un droit fondamental, dont la garantie conditionne le développement durable et la paix sociale sur le continent.

Décès d’Abdoulaye Bâ : les étudiants de l’UIDT décrètent une cessation d’activités et dénoncent l’intervention des FDS à l’UCAD

La Conférence des amicales d’étudiants de l’Université Iba Der Thiam de Thiès (UIDT) a vivement réagi à la situation jugée dramatique qui prévaut à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans un communiqué rendu public, l’organisation estudiantine a condamné avec la plus grande fermeté ce qu’elle qualifie d’ingérence des Forces de défense et de sécurité (FDS) dans le campus social de l’UCAD, une intervention qui aurait conduit à la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ.

La CAE de l’UIDT a d’abord exprimé sa profonde compassion et présenté ses sincères condoléances à la famille éplorée d’Abdoulaye Bâ, étudiant en licence 2 à la Faculté de médecine de l’UCAD. Elle a également adressé ses pensées à l’ensemble de la communauté universitaire, durement éprouvée par ce décès qui ravive le débat sur la gestion sécuritaire des espaces universitaires.

Face à la gravité des faits, la Conférence des amicales d’étudiants de l’UIDT estime que les campus universitaires doivent demeurer des lieux de savoir, de dialogue et de débat, et non des zones de confrontation. Elle considère que la présence et l’intervention des forces de sécurité à l’intérieur des campus constituent une menace pour la sécurité physique et psychologique des étudiants, et portent atteinte aux libertés académiques.

En signe de solidarité avec les étudiants de l’UCAD et pour marquer son indignation, la CAE de l’UIDT a décidé de décréter une cessation de toute activité pédagogique ce mardi 10 février 2026. Cette mesure vise, selon elle, à interpeller les autorités sur l’urgence de revoir leur approche dans la gestion des crises universitaires et à exiger que justice soit faite dans cette affaire.

Dans la foulée, l’organisation estudiantine a appelé le gouvernement à assumer pleinement ses responsabilités. Elle exige le retrait immédiat et sans condition des Forces de défense et de sécurité de l’ensemble des campus universitaires du pays. Pour la CAE de l’UIDT, seule une réponse politique responsable, fondée sur le dialogue avec les étudiants et les acteurs universitaires, permettra d’éviter que de tels drames ne se reproduisent.

La Conférence des amicales d’étudiants de l’UIDT conclut en réaffirmant son engagement à défendre les droits et la dignité des étudiants, tout en appelant à une mobilisation pacifique et responsable de la communauté universitaire pour la préservation de la vie humaine et du caractère sacré des espaces académiques.

Détention de supporters sénégalais à Rabat : l’angoisse grandit, les familles crient à l’injustice

L’inquiétude ne cesse de monter au Sénégal, en particulier à Dangou, dans le département de Rufisque, d’où sont originaires quatre des dix-huit supporters sénégalais détenus à Rabat depuis maintenant vingt-deux jours. Une situation jugée alarmante par Blaise Niang, président de la commission juridique de l’ASC Lébougui, qui s’est confié au journal sportif Record pour dénoncer ce qu’il considère comme un traitement inhumain et contraire aux principes d’un procès équitable.

Selon lui, les droits fondamentaux des détenus sont sérieusement bafoués. Il affirme que l’avocat chargé de leur défense ne bénéficie pas d’un accès normal à ses clients, une entrave grave aux droits de la défense. « Sur les dix-huit personnes détenues, l’avocat n’est autorisé à en rencontrer que cinq. Les autres restent sans assistance juridique régulière. C’est une situation profondément injuste », déplore-t-il. Cette restriction, perçue comme arbitraire, alimente les soupçons d’opacité autour de la procédure judiciaire en cours.

Face à ce qu’ils estiment être un déni de justice, les supporters sénégalais ont décidé de durcir leur mouvement de protestation en entamant une grève de la faim. Par cet acte extrême, ils réclament avant tout la tenue d’un procès équitable, dans des conditions respectant leurs droits et en présence effective de leur conseil. Pour Blaise Niang, cette affaire dépasse désormais le simple cadre judiciaire et prend une dimension politique inquiétante. Il évoque même la crainte que ces compatriotes soient instrumentalisés, assimilés à des « trophées de guerre », dans un contexte de rivalité sportive persistante. Il suggère que la défaite du Maroc face au Sénégal lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations n’aurait toujours pas été digérée par certaines sphères, laissant planer le doute sur l’impartialité du traitement réservé aux détenus.

La situation est d’autant plus angoissante que la communication entre les supporters incarcérés et leurs familles s’est récemment rompue. Depuis plusieurs jours, aucun appel n’a été reçu, plongeant les proches dans une inquiétude profonde. « Même quand ils réussissaient à nous joindre et qu’ils disaient aller bien, on savait que ce n’était pas facile d’être détenu là-bas. Aujourd’hui, le silence est total », confie Blaise Niang, traduisant le désarroi des familles restées sans nouvelles.

Amer et pessimiste, le responsable de l’ASC Lébougui dit ne nourrir que peu d’espoir quant à une issue favorable. Il estime que les autorités judiciaires marocaines, tant au niveau du parquet que du siège, ne semblent pas disposées à garantir aux détenus sénégalais un procès équitable et transparent. Une conviction qui renforce le sentiment d’abandon ressenti par les familles et les soutiens des supporters.

Enfin, Blaise Niang fustige l’attitude des autorités sénégalaises face à cette crise. Il regrette vivement ce qu’il considère comme une inertie coupable de l’État, soulignant que seule la Fédération sénégalaise de football s’est réellement mobilisée jusqu’ici. Le silence du ministère des Sports est particulièrement pointé du doigt, perçu comme un manque de soutien institutionnel à des citoyens sénégalais en difficulté à l’étranger. Dans les foyers de Dangou et au-delà, l’attente se fait de plus en plus lourde, tandis que l’espoir d’une intervention diplomatique forte demeure fragile.

Décès de l’étudiant Abdoulaye Ba : Bougane Guèye dénonce une gestion défaillante des préoccupations estudiantines

Le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba a profondément bouleversé la communauté universitaire sénégalaise ainsi que la classe politique. Ce drame, survenu dans un contexte de fortes tensions au sein des universités, continue de susciter une vague d’émotion, de tristesse et d’indignation à travers le pays. Parmi les réactions les plus marquantes figure celle de Bougane Guèye, leader du mouvement Gueum Sa Bopp « Les Jambaars », qui a tenu à rendre un hommage appuyé au défunt tout en lançant un signal d’alarme sur la situation préoccupante du milieu universitaire.

Dans une déclaration empreinte d’émotion, Bougane Guèye a exprimé sa profonde tristesse face à la disparition d’Abdoulaye Ba, qu’il qualifie de perte immense non seulement pour sa famille et ses camarades, mais également pour la Nation tout entière. « La République perd l’un de ses enfants et l’Université l’une de ses lumières », a-t-il déclaré, soulignant ainsi la valeur humaine et intellectuelle de l’étudiant disparu. Il s’est incliné avec respect devant la douleur de la famille éplorée, tout en adressant sa solidarité aux étudiants et à l’ensemble de la communauté universitaire endeuillée.

Au-delà de l’hommage, le leader de Gueum Sa Bopp a tenu à replacer ce décès dans un contexte plus large, marqué selon lui par une accumulation de dysfonctionnements et de négligences dans la gestion des préoccupations estudiantines. Pour Bougane Guèye, ce drame tragique n’est pas un fait isolé, mais le symptôme d’un malaise profond qui gangrène le système universitaire depuis plusieurs mois. Il rappelle avoir, à maintes reprises, alerté les autorités sur la fragilité du climat universitaire et sur les risques liés à une mauvaise prise en charge des revendications légitimes des étudiants.

Selon lui, la situation actuelle résulte d’une gestion qu’il qualifie de périlleuse de dossiers sensibles touchant directement la jeunesse, en particulier les étudiants, souvent confrontés à des conditions de vie et d’étude difficiles. « Ce drame tragique vient malheureusement confirmer la pertinence des alertes que nous avions lancées. Nous avions attiré l’attention sur la fragilité de la situation et sur la gestion périlleuse de dossiers sensibles touchant notre jeunesse, en particulier les étudiants. Hélas, la réalité nous rattrape aujourd’hui de la manière la plus douloureuse », a-t-il regretté.

Bougane Guèye appelle ainsi à une prise de conscience urgente des autorités, estimant que la mort d’Abdoulaye Ba doit constituer un électrochoc. Il plaide pour un dialogue sincère et responsable avec les étudiants, ainsi que pour des réponses concrètes et durables à leurs préoccupations, afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent. Pour lui, l’avenir du pays passe nécessairement par la protection, l’écoute et la valorisation de sa jeunesse, dont les universités devraient être des espaces de savoir, de sécurité et d’épanouissement, et non des lieux de souffrance et de désespoir.

Affaire Pape Cheikh Diallo : l’avocat dément toute confession et le parquet alourdit les charges

L’affaire judiciaire impliquant l’animateur de télévision Pape Cheikh Diallo continue de susciter une vive attention de l’opinion publique. Joint par téléphone par le journaliste Ahmed Aidara, l’avocat de l’animateur a tenu à apporter des clarifications face aux nombreuses rumeurs circulant autour du dossier, notamment celles faisant état de prétendus aveux de son client.

Le conseil de Pape Cheikh Diallo a été catégorique. Selon lui, aucune confession n’a été faite par l’animateur. Il affirme que son client reste serein, bien que profondément affecté par l’ampleur médiatique et humaine de cette affaire. « Mon client est serein, même s’il est profondément affecté par ce qui est en train de se passer. Il est accusé à tort. Nous sommes en concertation et, lorsque nous serons prêts, nous dirons toute la vérité à l’opinion publique », a déclaré l’avocat, rejetant ainsi fermement les rumeurs persistantes d’aveux.

Toutefois, le conseil a également insisté sur le fait que le dossier se trouve encore au stade de l’enquête. À ce titre, il a indiqué être tenu par le secret de l’instruction et ne pas être en mesure de livrer davantage de détails sur la stratégie de défense ou sur les éléments du fond. « Il s’agit d’une enquête en cours », a-t-il rappelé, appelant à la prudence dans les commentaires et interprétations publiques.

Sur le plan judiciaire, l’affaire a connu une évolution rapide et significative au niveau du parquet. Le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, s’est saisi du dossier sans tarder. Selon des sources judiciaires concordantes, le chef du parquet a décidé de durcir considérablement la procédure en retenant de nouvelles infractions dans son réquisitoire introductif.

En plus des chefs d’accusation initialement visés par l’enquête, le procureur a ajouté celui de blanchiment de capitaux, une infraction lourde qui expose les mis en cause à des sanctions pénales particulièrement sévères. Cette requalification partielle du dossier marque un tournant important dans la procédure et témoigne de la volonté du parquet d’aller au fond des faits reprochés aux personnes impliquées.

À l’issue de cette phase, le procureur a requis le placement sous mandat de dépôt de l’ensemble des mis en cause. Sont concernés par cette mesure Pape Salif Rall Thiam, Ibrahima Camara, Adama Diallo, Mansour Bassirou Baldé, Mamadou Gning, Sana Ba, Bachir Ka, Bekaye Faye, Djiby Dramé, Bekaye Ndiaye, Doudou Lamine Dieng, ainsi que Cheikh Ahmadou Tidiane Diallo, plus connu du grand public sous le nom de Pape Cheikh Diallo.

Alors que l’instruction se poursuit, cette affaire hautement médiatisée continue de diviser et d’alimenter les débats. En attendant les conclusions de la justice, la défense, de son côté, se dit déterminée à démontrer l’innocence de l’animateur et promet de faire éclater sa version des faits « au moment opportun ».

Les soutiens de Farba Ngom dénoncent un « acharnement judiciaire » et annoncent une mobilisation nationale

Face à ce qu’ils qualifient d’« acharnement judiciaire », les partisans de Farba Ngom haussent le ton et dénoncent une situation qu’ils jugent de plus en plus préoccupante. Réunis ce lundi lors d’une conférence de presse, les membres du Comité pour la Résistance Populaire ont exprimé leur vive inquiétude quant aux conditions de détention du maire d’Agnam et député de l’opposition, incarcéré depuis le 27 février dernier dans le cadre d’une affaire de détournement présumé de deniers publics.

Au centre de leurs revendications figure ce qu’ils estiment être une inégalité flagrante de traitement judiciaire. Abdoul Aziz Diop, adjoint au maire d’Agnam et porte-parole du mouvement de soutien, s’est publiquement interrogé sur la décision ayant conduit à la libération de Tahirou Sarr, pourtant co-accusé dans le même dossier, tandis que Farba Ngom demeure derrière les barreaux. Pour les soutiens du député-maire, cette différence de traitement alimente le sentiment d’une justice à deux vitesses.

Lors de son intervention, Abdoul Aziz Diop a également insisté sur l’état de santé jugé préoccupant de Farba Ngom. Selon lui, les conditions physiques du responsable politique seraient incompatibles avec une détention prolongée. « Son état de santé est incompatible avec l’incarcération, pourtant on le maintient en prison », a-t-il déclaré, dénonçant ce qu’il considère comme une violation des droits fondamentaux de leur leader. Il précise toutefois que leur combat ne vise pas à obtenir un quelconque privilège, mais à faire respecter le droit. « Nous ne demandons pas un privilège, nous exigeons le droit », martèle-t-il.

Déterminés à ne pas rester passifs, les partisans de Farba Ngom annoncent une montée en puissance de la contestation. Une marche pacifique est prévue le 14 février prochain, suivie d’un rassemblement devant l’Assemblée nationale deux jours plus tard. À travers ces actions, le Comité pour la Résistance Populaire entend attirer l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur ce qu’il considère comme une dérive judiciaire.

L’objectif affiché est clair : faire pression sur une justice que les soutiens du député-maire jugent partiale et instrumentalisée. « Nous ne laisserons pas l’injustice triompher », avertit Abdoul Aziz Diop, promettant une mobilisation continue et sans relâche. Selon lui, le bras de fer engagé avec les autorités judiciaires ne fait que commencer.

Entre revendication du respect des droits, dénonciation d’un traitement jugé inéquitable et démonstration de force populaire annoncée, l’affaire Farba Ngom s’installe durablement au cœur du débat politique et judiciaire, laissant présager une période de fortes tensions dans les jours à venir.

UCAD : fermeture exceptionnelle du campus social après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba

La direction du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) a annoncé la fermeture exceptionnelle du campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) ce mardi 10 février 2026 à partir de 12 heures, et ce jusqu’à nouvel ordre. Cette décision intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par les événements survenus le lundi 9 février 2026, qui ont conduit au décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, inscrit en deuxième année de Médecine.

Dans un communiqué officiel, le COUD précise que cette mesure a été prise pour des raisons de sécurité, alors que le climat sur le campus reste empreint d’émotion, de choc et de tensions. La direction estime nécessaire de suspendre temporairement l’accès au campus social afin de prévenir tout risque supplémentaire et de permettre un retour progressif au calme.

La direction du COUD a également demandé aux étudiants de ne laisser aucun bagage dans les chambres des résidences universitaires, une consigne qui s’inscrit dans le cadre de la fermeture totale du campus social. Les modalités pratiques liées à cette évacuation temporaire seront précisées au fur et à mesure de l’évolution de la situation.

Consciente de l’impact psychologique de ce drame sur la communauté universitaire, la direction a annoncé la mise en place d’un dispositif d’accompagnement et d’écoute psychologique à l’endroit des étudiants. Ce mécanisme vise à offrir un soutien moral et psychologique à ceux qui en ressentent le besoin, dans un contexte de deuil et de traumatisme collectif. Les détails pratiques concernant ce dispositif seront communiqués ultérieurement.

Dans son message, le COUD a par ailleurs présenté ses sincères condoléances à la famille de l’étudiant décédé, ainsi qu’à l’ensemble des étudiants et à la communauté universitaire de l’UCAD. La direction a tenu à rappeler son attachement aux valeurs de dialogue et de concertation, tout en lançant un appel à la collaboration, à la sérénité et au retour au calme.

Alors que les autorités universitaires et administratives poursuivent leurs évaluations, la fermeture du campus social apparaît comme une mesure préventive destinée à préserver la sécurité des étudiants et à créer les conditions nécessaires à l’apaisement, dans l’attente de nouvelles décisions.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°668 – 08/02/2026

🔴 DRAME À L’UNIVERSITÉ CHEIKH ANTA DIOP / INTIFADA ENTRE ÉTUDIANTS ET FORCES DE L’ORDRE SANCTIONNÉE PAR LE DÉCÈS D’ABLAYE BÂ : LA MORT FRAPPE ENCORE CHEZ LES ÉTUDIANTS
🔴 GROSSES ACCUSATIONS NIANT L’EXISTENCE MÊME DE TRAVAUX D’ASSAINISSEMENT À DIAMNIADIO : ECOTRA DIT “FAUX” AUX DÉCLARATIONS DE TAHIROU SARR

🔴 EL HADJI MALICK DIOUF : LE LATÉRAL QUI FAIT BASCULER LES MATCHS

TENSIONS À L’UCAD

Le khalife de Bambilor interpelle les plus hautes autorités

Dans une lettre rendue publique, le khalife de Bambilor a pris la parole pour évoquer la situation des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) en grève. S’adressant à la fois aux autorités compétentes et aux étudiants eux-mêmes, ce message se veut un appel à la responsabilité collective, au dialogue et à la recherche urgente de solutions durables face à une crise qui dépasse le cadre universitaire et interpelle l’ensemble de la société.

« La situation que traverse l’Université Cheikh Anta Diop continue de susciter des inquiétudes
légitimes. Elle appelle, de la part de tous, sens de responsabilité, écoute et humanité.
Après plusieurs tentatives de médiation, notamment l’organisation d’une rencontre entre les
étudiants, les autorités religieuses et les acteurs concernés, une période d’accalmie avait été observée », a écrit Thierno Amadou Ba, qui reste convaincu que « le dialogue reste possible et nécessaire ». Toutefois, estime-t-il, « des éléments nouveaux, comme la
fermeture des restaurants universitaires et certains événements récents, ont ravivé les tensions ».

Par cette lettre ouverte, le khalife général de Bambilor invite l’État à prendre toutes les dispositions nécessaires, en
tenant compte de la réalité du terrain.
« Les textes et les principes sont importants, mais il arrive que leur
application gagne à être humanisée, afin de préserver la paix sociale et la dignité humaine », a-t-il suggéré.
Thierno Amadou Ba ne manque pas de saluer, « avec une profonde émotion », « la dignité, le sens élevé de responsabilité et le respect
dont les étudiants ont fait preuve jusqu’ici, notamment à travers leurs représentants et les amicales ».

« Malgré les attentes, les difficultés et l’ouverture au dialogue qu’ils ont consentie, ils ont su préserver
leur dignité, leur lucidité et leur engagement responsable. Leur attitude respectueuse envers les autorités
religieuses et morales ne saurait en aucun cas être interprétée comme un renoncement ou une
compromission, mais bien comme une preuve de maturité et de conscience citoyenne », a-t-il estimé.
« Je veux aussi leur
dire clairement que, quelles que soient les circonstances, ils ne sont pas seuls », a-t-il fait savoir.

Poursuivant, il a indiqué que l’accompagnement des
autorités morales, religieuses et sociales leur est acquis.
« Les portes du dialogue restent ouvertes. Il n’est dans l’intérêt de personne de laisser s’installer la
méfiance ou la confrontation. Les étudiants ont joué un rôle important dans l’histoire récente de notre
pays ; il est essentiel aujourd’hui de préserver la confiance et l’esprit de concertation », a-t-il argumenté.

Dans cet esprit, il en appelle également au Président de la République ainsi qu’au Premier ministre.
« La situation actuelle exige des sacrifices et un engagement personnel au plus haut niveau de l’État. Le
règlement durable de cette crise passe par une écoute directe et sincère des étudiants.
J’invite ainsi les plus hautes autorités à ouvrir leurs portes aux étudiants, à travers une rencontre
franche et inclusive, sans intermédiaires, afin d’échanger et de trouver ensemble des solutions », a-t-il indiqué, estimant qu’un tel
geste de dialogue et de responsabilité contribuerait grandement à apaiser les tensions et à restaurer la
confiance.
« Je réitère mon soutien et mon engagement à accompagner toutes les parties dans la recherche de
solutions apaisées, justes et durables.
Que le bon Dieu nous garde nous protège et nous assiste », a-t-il conclu.

Aly Saleh

Université Cheikh Anta Diop : un étudiant en médecine décède dans un contexte de violents affrontements sur le campus

Un drame s’est produit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), où un étudiant en deuxième année à la faculté de médecine a perdu la vie à la suite des violents affrontements survenus récemment sur le campus universitaire. Selon les informations recueillies, le corps sans vie de la victime a été acheminé et se trouve actuellement à l’hôpital Principal de Dakar, plongeant la communauté universitaire dans une profonde consternation.

Le décès de cet étudiant intervient dans un contexte de fortes tensions marquées par des manifestations estudiantines, des interventions répétées des forces de défense et de sécurité, ainsi que des heurts ayant dégénéré en scènes de violence. Depuis plusieurs jours, l’UCAD est le théâtre d’échanges de projectiles, d’usage de gaz lacrymogènes et d’incidents graves ayant affecté la vie académique et la sécurité des étudiants.

Pour l’heure, les circonstances exactes de la mort de l’étudiant n’ont pas encore été officiellement établies. Les autorités n’ont pas communiqué sur les causes précises du décès, ni sur le moment exact où le drame s’est produit. Cette absence d’informations alimente l’émotion et les interrogations au sein du campus, où étudiants, enseignants et personnels administratifs réclament des éclaircissements rapides et transparents.

Une enquête devrait être ouverte afin de faire toute la lumière sur ce décès tragique, déterminer les causes réelles de la mort et situer les responsabilités dans ces violences qui ont pris une tournure dramatique. Plusieurs voix s’élèvent déjà pour demander une investigation indépendante et rigoureuse, afin que les faits soient établis et que justice soit rendue si des manquements ou des abus sont avérés.

Ce décès ravive le débat sur la gestion sécuritaire des crises universitaires et sur la nécessité de privilégier le dialogue plutôt que la confrontation. De nombreux acteurs du monde universitaire estiment que l’université doit rester un espace de savoir, de débat et de formation, et non un théâtre de violences mettant en danger la vie des étudiants.

Alors que l’émotion reste vive à l’UCAD, la communauté universitaire est en deuil et appelle à l’apaisement. Les autorités sont désormais attendues sur des mesures urgentes pour garantir la sécurité des étudiants, rétablir un climat serein sur le campus et éviter que de tels drames ne se reproduisent. Nous y reviendrons au fur et à mesure de l’évolution de cette affaire.

Kaolack : Abdallah Ndao et Samm Jikkoo exigent une cohérence entre discours politique et valeurs sociales

L’affaire de mœurs présumées qui secoue actuellement la ville de Kaolack dépasse largement le cadre judiciaire. Elle remet au centre de l’actualité un débat sensible et profondément clivant au Sénégal : celui de l’homosexualité, perçue par une large majorité de la population comme incompatible avec les valeurs religieuses, culturelles et sociales du pays.

Dans une déclaration rendue publique ce lundi 9 février 2026, Abdallah Ndao, frère de feu l’imam Alioune Badara Ndao, a ravivé cette controverse nationale. Au-delà de l’évocation de la mémoire d’une figure religieuse marquante, sa prise de parole s’est surtout apparentée à une interpellation directe du pouvoir politique, accusé de silence et d’inaction face à un phénomène jugé préoccupant par une frange importante de l’opinion publique.

Selon lui, « cette affaire agit comme un révélateur d’un malaise plus profond. Elle alimente le sentiment d’un décalage croissant entre les valeurs sociales dominantes, fortement influencées par l’islam, et ce qui est perçu comme une tolérance institutionnelle progressive à l’égard de pratiques considérées comme contraires à l’identité morale du pays », a souligné Abdallah Ndao.

Bien que le Sénégal soit constitutionnellement un État laïc, il demeure socialement enraciné dans de fortes références religieuses. C’est dans cet équilibre délicat que s’inscrit aujourd’hui la controverse. L’interpellation vise directement le régime issu de la récente alternance politique, laquelle s’était construite sur des promesses de rupture, de restauration de l’autorité de l’État et de respect des valeurs sociétales, a-t-il ajouté.

« Parmi ces engagements, certains électeurs estiment que la criminalisation explicite de l’homosexualité faisait partie des attentes implicites, perçue comme un moyen de protéger la jeunesse et de préserver le tissu moral national. Or, l’absence de mesures concrètes à ce jour nourrit frustrations, incompréhensions et soupçons de reniement », a rappelé Abdallah Ndao.

Le guide religieux appelle désormais à une clarification officielle de la position de l’État, à une cohérence entre discours électoral et action gouvernementale, ainsi qu’à l’ouverture d’un débat assumé au niveau législatif.

De son côté, Abdoulaye Ndao affirme que le mouvement Samm Jikkoo poursuivra son combat contre ce qu’il qualifie de dérive sociétale, tout en exhortant les autorités à respecter leurs engagements envers une population majoritairement attachée aux valeurs religieuses et morales.

TENSIONS À L’UCAD

Le khalife de Bambilor interpelle les plus hautes autorités

Dans une lettre rendue publique, le khalife de Bambilor a pris la parole pour évoquer la situation des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) en grève. S’adressant à la fois aux autorités compétentes et aux étudiants eux-mêmes, ce message se veut un appel à la responsabilité collective, au dialogue et à la recherche urgente de solutions durables face à une crise qui dépasse le cadre universitaire et interpelle l’ensemble de la société.

« La situation que traverse l’Université Cheikh Anta Diop continue de susciter des inquiétudes
légitimes. Elle appelle, de la part de tous, sens de responsabilité, écoute et humanité.
Après plusieurs tentatives de médiation, notamment l’organisation d’une rencontre entre les
étudiants, les autorités religieuses et les acteurs concernés, une période d’accalmie avait été observée », a écrit Thierno Amadou Ba, qui reste convaincu que « le dialogue reste possible et nécessaire ». Toutefois, estime-t-il, « des éléments nouveaux, comme la
fermeture des restaurants universitaires et certains événements récents, ont ravivé les tensions ».

Par cette lettre ouverte, le khalife général de Bambilor invite l’État à prendre toutes les dispositions nécessaires, en
tenant compte de la réalité du terrain.
« Les textes et les principes sont importants, mais il arrive que leur
application gagne à être humanisée, afin de préserver la paix sociale et la dignité humaine », a-t-il suggéré.
Thierno Amadou Ba ne manque pas de saluer, « avec une profonde émotion », « la dignité, le sens élevé de responsabilité et le respect
dont les étudiants ont fait preuve jusqu’ici, notamment à travers leurs représentants et les amicales ».

« Malgré les attentes, les difficultés et l’ouverture au dialogue qu’ils ont consentie, ils ont su préserver
leur dignité, leur lucidité et leur engagement responsable. Leur attitude respectueuse envers les autorités
religieuses et morales ne saurait en aucun cas être interprétée comme un renoncement ou une
compromission, mais bien comme une preuve de maturité et de conscience citoyenne », a-t-il estimé.
« Je veux aussi leur
dire clairement que, quelles que soient les circonstances, ils ne sont pas seuls », a-t-il fait savoir.

Poursuivant, il a indiqué que l’accompagnement des
autorités morales, religieuses et sociales leur est acquis.
« Les portes du dialogue restent ouvertes. Il n’est dans l’intérêt de personne de laisser s’installer la
méfiance ou la confrontation. Les étudiants ont joué un rôle important dans l’histoire récente de notre
pays ; il est essentiel aujourd’hui de préserver la confiance et l’esprit de concertation », a-t-il argumenté.

Dans cet esprit, il en appelle également au Président de la République ainsi qu’au Premier ministre.
« La situation actuelle exige des sacrifices et un engagement personnel au plus haut niveau de l’État. Le
règlement durable de cette crise passe par une écoute directe et sincère des étudiants.
J’invite ainsi les plus hautes autorités à ouvrir leurs portes aux étudiants, à travers une rencontre
franche et inclusive, sans intermédiaires, afin d’échanger et de trouver ensemble des solutions », a-t-il indiqué, estimant qu’un tel
geste de dialogue et de responsabilité contribuerait grandement à apaiser les tensions et à restaurer la
confiance.
« Je réitère mon soutien et mon engagement à accompagner toutes les parties dans la recherche de
solutions apaisées, justes et durables.
Que le bon Dieu nous garde nous protège et nous assiste », a-t-il conclu.

Aly Saleh

ECOTRA: Le DG de ECOTRA sert une réponse sèche à Tahirou SARR…

La Direction générale de l’entreprise Ecotra est montée au créneau, pour répondre aux récentes déclarations du député Tahirou Sarr mettant en doute l’existence même des travaux d’assainissement réalisés par la société à Diamniadio. Face à la presse, les responsables de l’entreprise ont vigoureusement rejeté ces accusations, qu’ils qualifient de contre-vérités graves et préjudiciables, estimant qu’elles ne reposent sur aucun fondement technique, contractuel ou documentaire.

Dès l’entame de la rencontre, la direction d’Ecotra a tenu à appuyer sa défense sur des éléments concrets, en présentant des supports vidéo, des documents techniques et des données de terrain illustrant la réalité des ouvrages exécutés. Pour les responsables, ces preuves matérielles suffisent à démontrer l’ampleur et la visibilité des travaux réalisés à Diamniadio, loin des affirmations jugées infondées du parlementaire.

Sur le plan technique,M. Samb, Directeur technique d’Ecotra, a apporté des précisions détaillées sur la nature et la complexité des projets menés par l’entreprise. Il a rappelé qu’Ecotra est intervenue sur plusieurs infrastructures structurantes dans la zone de Diamniadio, notamment à travers la mise en place de réseaux de drainage et de canalisations pour l’évacuation des eaux pluviales, la construction de bassins de rétention destinés à prévenir les inondations, ainsi que la réalisation d’ouvrages d’assainissement liés au tracé du Train Express Régional (TER).

Il a également évoqué des travaux lourds réalisés au niveau de la gare des gros porteurs, l’édification de châteaux d’eau, ainsi que la viabilisation et l’aménagement de voiries dans plusieurs cités. Selon lui, ces chantiers ont mobilisé une logistique conséquente, des équipements spécialisés et une expertise technique de haut niveau, conformes aux standards du BTP moderne. Il a par ailleurs souligné l’existence d’un laboratoire interne de contrôle qualité chargé de vérifier en permanence la conformité des ouvrages aux normes techniques en vigueur. « Les infrastructures existent, elles sont mesurables, contrôlées et visibles. Il suffit de se rendre sur le terrain pour le constater », a-t-il martelé.

Sur le plan institutionnel, le direction generale a rappelé que l’ensemble des projets confiés à Ecotra s’inscrit dans le cadre de contrats FIDIC, à l’issue d’appels d’offres internationaux, garantissant le respect de référentiels reconnus à l’échelle mondiale. Selon l’entreprise, aucun rapport technique, aucun document contractuel ni aucune expertise indépendante ne vient corroborer les accusations formulées à son encontre.

Prenant la parole, le Directeur général d’Ecotra, Ameth Ndiaye, s’est dit profondément préoccupé par l’impact de telles déclarations sur l’image de l’entreprise et sur le moral des travailleurs. Il a dénoncé une tentative de discrédit public sans preuve, qui porte atteinte non seulement à la crédibilité de la société, mais également à l’engagement quotidien de centaines de salariés.

Malgré un contexte économique difficile pour le secteur du BTP, le Directeur général a rappelé qu’Ecotra a fait le choix de maintenir ses engagements sociaux envers ses employés. Selon lui, les travailleurs continuent de bénéficier d’une restauration subventionnée, d’une prise en charge médicale et de solutions de transport, traduisant une politique sociale assumée et cohérente. Il a précisé que cette orientation s’inscrit dans la vision du président Abdoulaye Sylla, qui place le capital humain et la dignité du travailleur au cœur de la gouvernance de l’entreprise.

Ameth Ndiaye a également attiré l’attention sur les conséquences humaines et professionnelles de ces accusations, estimant qu’elles fragilisent inutilement les équipes et jettent le discrédit sur une entreprise nationale qui contribue activement à la formation de compétences locales aujourd’hui sollicitées par d’autres acteurs du secteur.

En conclusion, le Directeur général a affirmé qu’Ecotra ne laissera plus prospérer des accusations sans fondement et qu’elle répondra désormais de manière systématique à toute tentative de désinformation, sans exclure le recours aux voies légales si nécessaire. L’entreprise affirme rester concentrée sur ses priorités essentielles : livrer des ouvrages conformes aux normes, honorer ses engagements contractuels et protéger ses travailleurs, tout en appelant à un débat public responsable, fondé sur des faits vérifiables et la réalité du terrain.

ECOTRA: Le DG de ECOTRA sert une réponse sèche à Tahirou SARR...

Affaire Pape Cheikh Diallo–Djibril Dramé : l’enquête entre en phase d’instruction judiciaire

La procédure judiciaire visant Pape Cheikh Diallo, Djibril Dramé et leurs codétenus connaît une évolution majeure. Selon des informations rapportées par Seneweb, le dossier a officiellement été confié à un juge d’instruction du premier cabinet, marquant ainsi l’ouverture d’une information judiciaire. Cette étape décisive fait basculer l’affaire dans une phase plus approfondie du processus pénal, au regard de la gravité des faits reprochés.

Déférés ce matin par la Brigade de recherches de Keur Massar, les mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature avec transmission volontaire du VIH/Sida à travers des rapports sexuels non protégés, ainsi que pour mise en danger de la vie d’autrui. Des qualifications pénales lourdes qui ont conduit le parquet à requérir l’ouverture d’une instruction, estimant nécessaire un examen approfondi des faits par un magistrat instructeur.

L’information judiciaire ouvre la voie à une série d’investigations complémentaires. Le juge d’instruction est désormais chargé de conduire les auditions des parties, d’organiser d’éventuelles confrontations, d’analyser les pièces versées au dossier et, le cas échéant, d’ordonner des expertises médicales ou techniques. Cette phase vise à établir avec précision les responsabilités individuelles, la matérialité des faits et leur qualification juridique.

À l’issue de l’instruction, plusieurs scénarios sont envisageables. Le juge pourra décider d’un renvoi des mis en cause devant une juridiction de jugement s’il estime les charges suffisantes, ou prononcer un non-lieu en cas d’insuffisance d’éléments probants. Dans l’intervalle, la question du placement sous mandat de dépôt demeure centrale. Une telle mesure, si elle est ordonnée, entraînerait l’incarcération provisoire des suspects, généralement justifiée par la gravité des accusations, le risque de pression sur les témoins ou la nécessité de garantir le bon déroulement de l’enquête.

Nouvelle intervention des forces de sécurité à l’UCAD malgré la réouverture des restaurants universitaires

La tension demeure vive à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) en ce lundi, marqué par une nouvelle intervention des Forces de défense et de sécurité (FDS) à l’intérieur du campus social. Cette opération intervient pourtant au lendemain de l’annonce par le Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) de la réouverture des restaurants universitaires, une mesure censée calmer la colère estudiantine après plusieurs jours de contestation.

Dès les premières heures de la matinée, des éléments des FDS ont investi le campus, procédant à des tirs de gaz lacrymogènes en direction des étudiants présents. La situation a rapidement dégénéré, plongeant les cités universitaires dans une atmosphère suffocante. De nombreux étudiants ont été contraints de se réfugier dans leurs chambres ou de se barricader pour échapper aux effets des gaz, tandis que d’autres tentaient de fuir les zones les plus touchées.

Cette intervention musclée a suscité l’incompréhension et l’indignation au sein de la communauté universitaire, d’autant plus qu’elle survient après l’annonce officielle de la reprise du service de restauration, l’une des principales revendications des étudiants. Sur le terrain, la réouverture annoncée n’a pas suffi à dissiper la méfiance ni à apaiser les tensions, dans un contexte de dialogue jugé insuffisant par plusieurs organisations estudiantines.

Les conséquences de l’opération policière ont largement dépassé l’enceinte de l’université. Aux abords de la cité Aline Sitoé Diatta, anciennement connue sous le nom de cité Claudel, les gaz lacrymogènes se sont propagés dans les quartiers environnants. Des riverains, dont des enfants, ont été incommodés par les émanations, provoquant des scènes de panique et nécessitant des évacuations d’urgence dans certaines habitations.

Levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom : l’Assemblée nationale met en place une commission ad hoc

L’Assemblée nationale a franchi une nouvelle étape dans la procédure visant le député de l’opposition Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom. Réunis en séance ce lundi 09 février 2026, les députés ont procédé à la ratification de la liste des dix membres devant composer la commission ad hoc chargée d’examiner la demande de levée de son immunité parlementaire, dans le cadre de nouvelles poursuites judiciaires engagées contre lui.

Cette validation ouvre officiellement la phase de travail de la commission. Conformément aux règles de fonctionnement de l’Assemblée nationale, les membres désignés devront d’abord se réunir afin de mettre en place le bureau de la commission, étape préalable indispensable au démarrage effectif des travaux. Une fois constituée, la commission disposera d’un délai d’une semaine, jusqu’au 16 février prochain, pour étudier en profondeur le dossier transmis par les autorités judiciaires.

Au terme de cet examen, la commission ad hoc sera appelée à présenter ses conclusions devant la plénière de l’Assemblée nationale. C’est sur la base de ce rapport que les députés se prononceront, en toute souveraineté, sur l’opportunité ou non de lever l’immunité parlementaire de Farba Ngom, une décision aux implications politiques et judiciaires majeures.

Selon les informations relayées dans le journal de 12 heures de la radio RFM, la commission est composée de députés issus aussi bien de la majorité que de l’opposition, ainsi que d’un non-inscrit, traduisant une volonté d’équilibre dans le traitement de ce dossier sensible. Il s’agit de Babacar Varore, Amadou Dia, Fatou Ngom, Mohamed Sélim Ayib Daffé, Marie Angélique Mame Selbé Diouf, Youngar Dione, Alioune Ndao et Ansoumana Sarr, tous membres de Pastef, parti majoritaire à l’Assemblée nationale. À ces derniers s’ajoutent Djimo Souaré, représentant le groupe d’opposition Takku Wallu, ainsi que Moussa Hamady Sarr, député non-inscrit.

Cette procédure intervient dans un contexte politique marqué par de fortes tensions entre pouvoir et opposition, chaque camp scrutant de près l’évolution du dossier. Pour les uns, il s’agit de permettre à la justice de faire son travail sans entrave, tandis que pour les autres, la question de la protection des droits et garanties des élus reste centrale. Les prochains jours seront donc décisifs, tant pour l’avenir judiciaire de Farba Ngom que pour le climat politique au sein de l’hémicycle.

Affaire Pape Cheikh Diallo et Cie : une information judiciaire ouverte, le risque de mandat de dépôt se précise

La situation judiciaire de Pape Cheikh Diallo, Djibril Dramé et de leurs codétenus connaît un tournant décisif. Selon des informations de Seneweb, leur dossier, jusque-là traité dans le cadre de l’enquête préliminaire, est désormais entré dans une phase beaucoup plus lourde de conséquences avec l’ouverture officielle d’une information judiciaire.

Déférés ce matin par les éléments de la Brigade de recherches de Keur Massar, les mis en cause ont été présentés au parquet avant que le juge du premier cabinet ne soit désigné pour conduire l’instruction. Cette désignation marque une étape cruciale, traduisant la gravité des faits reprochés et la complexité du dossier.

Pape Cheikh Diallo, Djibril Dramé et leurs coaccusés sont poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du VIH/Sida à la suite de rapports sexuels non protégés, ainsi que pour mise en danger de la vie d’autrui. Des chefs d’accusation particulièrement lourds au regard de la législation pénale sénégalaise, qui prévoit des sanctions sévères en cas de condamnation.

Toujours selon les informations de Seneweb, tous les mis en cause encourent un placement sous mandat de dépôt à l’issue de leur présentation devant le juge d’instruction. Cette éventualité renforcerait davantage la pression judiciaire qui pèse sur eux, alors que l’instruction devra déterminer les responsabilités individuelles, établir les faits reprochés et vérifier les éléments matériels et médicaux versés au dossier.

Dans l’attente des décisions du magistrat instructeur, cette affaire continue de susciter une vive attention de l’opinion publique, tant par la notoriété de certains des mis en cause que par la sensibilité des infractions évoquées. Les prochains jours s’annoncent déterminants pour la suite de la procédure.

Pikine-Guédiawaye : deux hommes condamnés à cinq ans de prison ferme pour actes contre nature

Le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye a rendu, ce mardi, un verdict particulièrement sévère dans une affaire d’actes impudiques ou contre nature. Deux prévenus, Amadou Ba et Gora Diakhaté, ont été condamnés chacun à cinq ans de prison ferme assortis d’une amende de 1,5 million de francs CFA, portant le total des sanctions pécuniaires à trois millions de francs CFA.

Les faits se sont déroulés alors que Pape Cheikh Diallo et ses co-accusés étaient conduits devant le parquet de Pikine-Guédiawaye pour une autre affaire. Au même moment, Amadou Ba et Gora Diakhaté comparaissaient devant la juridiction pour répondre des accusations portées contre eux. Selon les éléments du dossier, Amadou Ba, jeune homme dénoncé par son propre frère, entretenait une relation avec Gora Diakhaté. Les deux hommes ont été placés sous mandat de dépôt le 20 janvier 2026.

À la barre, les prévenus ont reconnu les faits qui leur étaient reprochés, déclarant avoir agi sous l’effet du désir. Tentant d’obtenir la clémence du tribunal, Amadou Ba a évoqué un état de démence, estimant ne pas être pleinement responsable de ses actes. Son partenaire, Gora Diakhaté, qui comparaissait sans assistance d’un avocat, a quant à lui promis de ne plus s’adonner à de tels comportements et a imploré la clémence des juges.

Dans ses réquisitions, le procureur de la République a adopté une ligne de fermeté, sollicitant l’application de la peine maximale prévue par la loi, soit cinq ans de prison ferme, accompagnée d’une amende d’un million de francs CFA pour chacun des prévenus. Le ministère public a ainsi insisté sur la gravité des faits et la nécessité d’une réponse pénale dissuasive.

La défense d’Amadou Ba, assurée par Me Ibrahima Diop, a tenté d’atténuer la responsabilité pénale de son client. Tout en précisant qu’il ne cautionnait nullement les faits reprochés, l’avocat a plaidé pour l’application de l’article 50 du Code pénal relatif à la démence, demandant au tribunal de faire preuve de compréhension et d’indulgence. Cette ligne de défense n’a toutefois pas convaincu la juridiction.

Dans son délibéré, le juge a suivi la logique du parquet en déclarant les deux prévenus coupables des faits qui leur étaient reprochés. La peine prononcée, jugée lourde par certains observateurs, s’inscrit dans un contexte judiciaire où les infractions qualifiées d’actes contre nature sont sévèrement réprimées par la législation sénégalaise.

Affaire du réseau présumé de transmission du VIH : vers une instruction judiciaire et de lourdes sanctions en perspective

L’affaire dite du réseau présumé de transmission du VIH, dans laquelle le nom de l’animateur Pape Cheikh Diallo a été cité, entre dans une phase décisive marquée par une analyse juridique approfondie. Invit é sur le plateau de la Télé Futurs Médias (TFM), le chroniqueur et analyste juridique Daouda Mine a livré un éclairage détaillé sur les implications judiciaires possibles de ce dossier sensible, en mettant l’accent sur la rigueur de la procédure à venir et la sévérité des peines prévues par la loi sénégalaise.

Selon Daouda Mine, la complexité et la gravité des faits allégués rendent inévitable l’ouverture d’une information judiciaire. Cette étape procédurale, conduite par un juge d’instruction, apparaît comme un passage obligé pour faire toute la lumière sur les accusations portées, établir les responsabilités individuelles et apprécier la matérialité des faits reprochés aux différentes personnes mises en cause. À ses yeux, une simple enquête préliminaire ne saurait suffire dans un dossier d’une telle ampleur, impliquant des infractions lourdes et des conséquences potentielles sur la santé publique.

L’analyste du droit a insisté sur le rôle central de l’instruction judiciaire, qui permettra notamment d’entendre les parties concernées, de confronter les versions, d’examiner les éléments de preuve et de déterminer si les faits dénoncés sont juridiquement constitués. Cette phase est également essentielle pour garantir les droits de la défense, tout en assurant une manifestation complète de la vérité, conformément aux principes fondamentaux de la justice.

Au-delà des aspects strictement procéduraux, Daouda Mine a surtout attiré l’attention sur la gravité des sanctions encourues en cas de condamnation. Il a rappelé que la législation en vigueur est particulièrement sévère en matière de transmission volontaire du VIH et de mise en danger de la vie d’autrui. Si les faits reprochés sont établis et que la culpabilité des mis en cause est retenue par la juridiction compétente, ceux-ci pourraient faire face à une lourde réclusion criminelle.

En effet, le droit pénal sénégalais prévoit pour ce type d’infraction une peine d’emprisonnement allant de cinq à dix ans, traduisant la volonté du législateur de sanctionner fermement des actes considérés comme une atteinte grave à l’intégrité physique et à la santé des personnes. Cette fourchette de peines souligne l’importance accordée à la protection de la vie humaine et à la lutte contre les comportements à risque susceptibles de propager des maladies graves.

Keur Massar : une mère de famille interpellée pour avoir grièvement brûlé son époux avec de la bouillie chaude

Un fait divers d’une rare violence s’est produit dans le quartier de Boune, à Keur Massar, dans la banlieue dakaroise. Une mère de famille âgée de 30 ans a été interpellée par les éléments du commissariat de Yeumbeul-Comico, après avoir violemment agressé son époux en lui versant de la bouillie bouillante au visage et sur une partie du corps, à la suite d’une altercation domestique.

L’affaire a été révélée lorsque la victime, identifiée sous les initiales E.H.T. Diongue, s’est présentée au poste de police dans un état jugé préoccupant par les agents. L’homme souffrait de brûlures graves, notamment au visage et sur plusieurs zones du corps. Il était muni d’un certificat médical délivré par le centre de santé de Yeumbeul, attestant d’une Incapacité Temporaire de Travail (ITT) de vingt-et-un jours, après avoir reçu des soins d’urgence.

Selon les déclarations faites par le plaignant aux enquêteurs, l’agression s’est produite à leur domicile, alors que son épouse préparait le repas des enfants. Une dispute aurait éclaté entre les conjoints pour des raisons qui n’ont pas été précisées. C’est au cours de cette altercation que la dame se serait emparée du récipient contenant de la bouillie encore brûlante pour la lui renverser volontairement dessus, provoquant de sérieuses brûlures.

À la suite de cette plainte formelle et des éléments médicaux versés au dossier, les policiers de Yeumbeul-Comico ont procédé à l’interpellation de l’épouse, Adji Fatou Seck. Entendue sur procès-verbal, la mise en cause n’a pas contesté les faits qui lui sont reprochés. Elle a reconnu avoir agi sous l’effet de la colère, affirmant avoir perdu le contrôle après ce qu’elle a qualifié de « petite dispute » avec son mari.

Au terme de son audition, Adji Fatou Seck a été placée en garde à vue pour coups et blessures volontaires. Elle devrait être déférée dans les prochains jours devant le parquet compétent afin de répondre de ses actes. L’enquête se poursuit pour déterminer avec précision les circonstances de cette agression conjugale aux lourdes conséquences, rapporte le journal Libération.

Affaire Djiby Dramé – Pape Cheikh Diallo : révélations troublantes sur un réseau intime et des aveux de transmission volontaire du VIH

L’affaire révélée par le quotidien Libération prend une dimension de plus en plus inquiétante au fil des auditions menées par la gendarmerie. Ce qui n’était au départ qu’un dossier de mœurs présumées s’est progressivement transformé en une enquête complexe mettant en cause un réseau structuré de relations intimes entre hommes, assorti d’accusations extrêmement graves de transmission volontaire du VIH.

Au cœur de ces révélations figure Djiby Dramé, artiste-chanteur âgé de 44 ans. Face aux enquêteurs, il a reconnu sans détour entretenir une relation sentimentale assumée avec Mamadou Gningue, étudiant de 26 ans, qu’il présente comme son partenaire principal. Toutefois, cette relation ne se limitait pas à un cadre exclusif. Selon ses propres déclarations rapportées par Libération, un troisième homme, Doudou Lamine Dieng, agent de banque de 39 ans, faisait également partie de cette sphère intime, dans une configuration qualifiée de relation partagée.

Les investigations ont permis d’établir que Doudou Lamine Dieng entretenait lui-même une relation avec Cheikh Ahmadou Tidiane Diallo, plus connu du grand public sous le nom de Pape Cheikh Diallo, animateur de télévision. Lors de son audition, Doudou Lamine Dieng a reconnu l’existence de rôles clairement définis au sein de cette relation, se désignant comme « Yoss » (l’homme), tandis qu’il qualifiait Pape Cheikh Diallo de « Oubi » (la femme). Des termes qui, selon les enquêteurs, traduisent une organisation codifiée et assumée des rapports au sein de ces liaisons multiples.

Confronté aux éléments recueillis, Pape Cheikh Diallo n’a opposé aucun déni. Il se serait montré résigné face aux gendarmes, allant jusqu’à déclarer en wolof : « Seytané leu, meunoumassi dara. C’est plus fort que moi… », une confession rapportée par Libération qui laisse transparaître un abandon face aux faits qui lui sont reprochés.

Mais au-delà des relations individuelles, l’enquête révèle l’existence d’un réseau bien plus large. Les douze personnes arrêtées, issues de milieux socioprofessionnels variés – électricien, commerçants, tailleur, agent administratif à l’UCAD, étudiant, élève, brancardier à l’hôpital pour enfants de Diamniadio, artiste, agent de banque et animateur de télévision – ont toutes reconnu leur implication dans ces pratiques. La saisie d’un iPhone 11 a joué un rôle déterminant dans l’avancée du dossier, permettant aux enquêteurs de découvrir plusieurs groupes WhatsApp ainsi que des sites de rencontres utilisés pour organiser des rencontres sexuelles entre hommes. Un système décrit comme discret, structuré et actif depuis plusieurs années.

L’aspect le plus alarmant de ce dossier demeure toutefois la transmission volontaire du VIH. Premier interpellé, Pape Salif Rall Thiam, 21 ans, électricien et porteur du virus, a reconnu avoir sciemment contaminé une dizaine d’hommes. Selon les éléments de l’enquête relayés par Libération, il séduisait principalement des hommes bisexuels via les réseaux sociaux et des plateformes de rencontres avant d’avoir des rapports non protégés, en connaissance de son statut sérologique.

Au total, huit des douze mis en cause seraient porteurs du VIH. Les enquêteurs évoquent une propagation délibérée du virus, qualifiée de « mise en circulation », ayant entraîné la contamination d’un nombre jugé incalculable d’hommes et de femmes. Parmi les personnes concernées figurent trois hommes mariés et pères de famille, deux divorcés avec enfants, ainsi que plusieurs célibataires, ce qui soulève de graves inquiétudes en matière de santé publique.

Le dossier s’alourdit davantage avec le cas de Pape Cheikh Diallo, présenté comme récidiviste. En 2019, un jeune homme du nom de Cheikh Diop avait déjà déposé plainte contre lui, l’accusant de lui avoir transmis le VIH pour non-respect d’un « deal ». Ce précédent judiciaire, rappelé par Libération, renforce aujourd’hui la thèse d’une récidive et pourrait peser lourdement dans la qualification pénale des faits.

Selon L’Observateur, le Procureur de la République envisage désormais l’ouverture d’une information judiciaire afin d’approfondir les investigations, d’identifier l’ensemble des responsabilités pénales et de statuer sur les mesures à prendre. Une attention particulière devrait également être accordée à la prise en charge médicale des mis en cause, afin de prévenir tout risque de contamination en milieu carcéral.

Par ailleurs, le quotidien évoque un dossier connexe impliquant quatorze autres personnes arrêtées dans une affaire distincte de transmission volontaire du VIH/Sida, avec notamment la présence d’un ressortissant français, Pierre Roger. Un élément supplémentaire qui souligne l’ampleur, la sensibilité et la gravité de ces affaires, désormais au centre de l’actualité judiciaire et sanitaire.

Affaire Bocar Samba Dièye–CBAO : un bras de fer judiciaire qui interroge l’État et la protection des opérateurs économiques

Depuis 2008, l’opérateur économique sénégalais Bocar Samba Dièye est engagé dans un long et complexe conflit judiciaire avec la Compagnie bancaire de l’Afrique occidentale (CBAO). Au cœur de cette affaire figure la saisie de biens et de fonds que l’intéressé juge abusive et contraire au droit. Dix-sept années plus tard, malgré des décisions de justice favorables et un rapport d’expertise homologué, la restitution de ses avoirs demeure bloquée, nourrissant un sentiment d’injustice et de lassitude.

Selon les éléments du dossier, un rapport d’expertise reconnu par les deux parties et validé par la justice sénégalaise donne entièrement raison à Bocar Samba Dièye. Ce document conclut à l’irrégularité des saisies opérées par la banque et chiffre les montants à restituer à des niveaux considérables. Outre le remboursement des avoirs indûment saisis, l’expertise fait état de près de 2 milliards de francs CFA au titre des agios, ainsi que de plus de 388 milliards de francs CFA correspondant à des frais de pénalité. Des montants qui, s’ils étaient exécutés, constitueraient l’une des réparations financières les plus importantes dans un litige opposant un opérateur économique à une institution bancaire au Sénégal.

Malgré plusieurs victoires judiciaires enregistrées au fil des années, l’opérateur économique affirme ne toujours pas avoir accès à ses fonds. Cette situation paradoxale, où des décisions de justice restent sans effets concrets, soulève de sérieuses interrogations sur l’effectivité de l’autorité judiciaire face à de puissants acteurs financiers. Pour Bocar Samba Dièye et ses proches, le temps joue contre lui, transformant une bataille juridique en une épreuve humaine marquée par l’usure et l’attente.

Face à ce qu’il considère comme un blocage persistant, Bocar Samba Dièye en appelle désormais directement aux autorités étatiques. Il sollicite l’organisation d’une confrontation directe avec la CBAO, sous l’égide de l’État, afin de clarifier l’ensemble des points de litige et d’accélérer la restitution de ses biens. Son représentant, M. Famara Ibrahima Cissé, président de l’ACSIF, dénonce une stratégie de temporisation de la part de la banque. Selon lui, la CBAO multiplierait les manœuvres dilatoires, misant sur le facteur temps pour conserver indûment les avoirs de l’opérateur économique, au risque que ce dernier ne voie jamais l’aboutissement de sa lutte de son vivant.

Cette affaire dépasse le cadre d’un simple différend commercial. Elle met en lumière les défis structurels liés à la protection des droits des opérateurs économiques face aux institutions financières, souvent perçues comme mieux armées juridiquement et économiquement. Elle interpelle également l’État du Sénégal sur son rôle d’arbitre et de garant de l’équité, notamment lorsque des décisions de justice peinent à être exécutées.

Pour Bocar Samba Dièye, l’enjeu est double. Il s’agit, d’une part, de récupérer une fortune bâtie au prix de plusieurs décennies de travail et d’investissement, et, d’autre part, de défendre un principe fondamental : celui de la primauté du droit. À travers ce combat, il entend démontrer que la justice sénégalaise doit pouvoir s’imposer à tous, y compris face aux banques, et que nul ne peut se soustraire durablement à ses décisions. L’issue de ce dossier est désormais attendue comme un test majeur de la crédibilité de l’État de droit et de la confiance des acteurs économiques dans les institutions nationales.

Austérité prêchée, prestige affiché : Marieme Gnagna Thiam alerte sur l’opacité et les incohérences de la gestion de la dette au Sénégal

Marieme Gnagna Thiam, experte en finances publiques et chargée du département Finances à l’International Budget Partnership (IBP), tire la sonnette d’alarme sur ce qu’elle qualifie de double discours des autorités sénégalaises. Alors que le gouvernement appelle les citoyens à consentir des efforts budgétaires dans un contexte de crise de la dette, les dépenses de prestige se poursuivent, donnant le sentiment d’une rigueur à sens unique. « On ne peut pas demander aux Sénégalais de faire des efforts budgétaires et de faire des dépenses de prestige », tranche-t-elle.

S’exprimant en marge d’une session de formation sur les finances publiques au Sénégal, l’experte a livré une analyse critique de la gestion gouvernementale de la crise actuelle. Selon elle, le pays s’enfonce dans une situation financière sans précédent, marquée à la fois par une pression de remboursement extrêmement élevée et par un manque criant de transparence. À ses yeux, la difficulté majeure ne réside pas uniquement dans l’ampleur de la dette, mais dans l’incapacité — ou le refus — des autorités de rendre accessibles les données essentielles permettant aux citoyens de comprendre la gravité de la situation.

« Il y a une absence d’informations sur tout ce qui touche la question de la dette », dénonce Marieme Gnagna Thiam. Cette opacité ne relève pas d’un simple dysfonctionnement administratif. Elle constitue, selon elle, un véritable déni démocratique. Comment justifier les sacrifices demandés à la population si celle-ci ignore l’ampleur réelle du problème ? Comment la société civile, les chercheurs ou les journalistes peuvent-ils jouer leur rôle d’accompagnement et de veille sans accès aux chiffres de base ? L’asymétrie d’information entre l’État et les citoyens transforme le débat public en exercice de spéculation permanente, nourri de fuites, de déclarations contradictoires et d’estimations approximatives.

Ce black-out informationnel est d’autant plus paradoxal que le Sénégal s’est engagé, auprès du Fonds monétaire international et de ses partenaires techniques et financiers, à améliorer sa gouvernance budgétaire. Or, les indicateurs disponibles sont loin d’être rassurants. L’Enquête sur le budget ouvert de 2023 avait déjà attribué au pays un score de 43 sur 100 en matière de transparence budgétaire, et un inquiétant 0 sur 100 pour la participation citoyenne. Aujourd’hui, alors que les enjeux sont encore plus élevés — près de 3 500 milliards de FCFA à rembourser sur deux ans, soit davantage que le budget annuel de l’État —, l’information se raréfie au lieu de circuler. « Il faut savoir que les autorités ont une visibilité sur la situation financière actuelle », rappelle pourtant l’experte, soulignant le déséquilibre entre ce que l’État sait et ce que la population ignore.

Au-delà de l’opacité, c’est la cohérence même du discours gouvernemental qui est mise en cause. « Il y a une dissonance dans le discours du gouvernement », affirme Marieme Gnagna Thiam. D’un côté, les autorités invoquent la rigueur, annoncent des mesures d’austérité et appellent à des efforts collectifs. De l’autre, elles maintiennent un train de vie jugé dispendieux : cérémonies fastueuses, voyages officiels en délégations pléthoriques, véhicules de fonction haut de gamme et signes extérieurs de privilèges qui heurtent l’opinion publique. Ces pratiques envoient à la population des signaux en totale contradiction avec l’appel au sacrifice. « Il faudrait que les efforts de rationalisation et de réduction de privilèges soient visibles dans la pratique des gouvernants », insiste-t-elle.

Cette incohérence ne relève pas seulement d’un problème d’image ou de communication. Elle mine la légitimité même des politiques d’austérité. L’histoire économique, rappelle l’experte, montre que les plans de rigueur ne peuvent réussir que s’ils sont perçus comme équitables. Lorsque les élites s’exemptent des efforts qu’elles imposent au reste de la société, le pacte social se fissure. La résignation peut alors céder la place à la colère, et l’acceptation au rejet. « Les plans d’austérité peuvent arriver », prévient-elle, mais sans exemplarité visible des dirigeants, ils risquent de provoquer une crise sociale susceptible d’aggraver encore la situation économique.

Le Sénégal garde en mémoire les conséquences sociales des politiques d’ajustement structurel des années 1980 et 1990, imposées par les institutions de Bretton Woods. Ces mesures, perçues comme injustes, avaient entraîné une profonde déstabilisation sociale, dont les cicatrices sont encore présentes dans la conscience collective. Pour Marieme Gnagna Thiam, ignorer cette mémoire historique serait une erreur lourde de conséquences.

La question qu’elle pose — « Est-ce que nous devons tenir face à cette situation persistante ? » — résonne comme un avertissement. Jusqu’où le système peut-il résister à la combinaison d’une dette écrasante, d’une absence de transparence et d’une incohérence dans les choix politiques ? L’experte reconnaît que le plan de redressement présenté par les autorités est « assez solide », mais souligne que la marge de manœuvre reste extrêmement étroite. Cette marge, selon elle, ne peut être préservée que par une gestion à la fois rigoureuse, transparente et cohérente.

« L’État est en train néanmoins de faire des efforts », concède-t-elle. Mais tant que ces efforts resteront invisibles pour la majorité des citoyens, noyés dans un flot d’informations contradictoires et de signaux brouillés, la défiance continuera de croître. À l’heure où le pays fait face à des choix économiques décisifs, la transparence et l’exemplarité apparaissent moins comme des options que comme des conditions indispensables à la préservation de la stabilité sociale et démocratique.

Affaire des douze personnes arrêtées à Keur Massar : entre poursuites pénales et délicate gestion sanitaire

L’affaire impliquant douze personnes arrêtées pour des faits présumés d’association de malfaiteurs, d’actes contre-nature, de transmission volontaire du VIH et de mise en danger de la vie d’autrui continue de susciter une vive émotion au Sénégal. Révélé par le site Seneweb, ce dossier judiciaire, à la fois sensible et complexe, connaît une nouvelle étape décisive avec l’annonce du défèrement des mis en cause devant le parquet du tribunal de Pikine-Guédiawaye, prévu ce lundi.

Selon les informations relayées par les médias, l’enquête menée par la brigade de recherches de Keur Massar se poursuit activement et pourrait déboucher sur d’autres interpellations. Les enquêteurs cherchent à établir l’ampleur exacte du réseau présumé, les responsabilités individuelles et les circonstances dans lesquelles les faits reprochés auraient été commis. Mais au-delà de l’aspect strictement judiciaire, cette affaire soulève une problématique majeure qui place le parquet face à une équation particulièrement délicate : la gestion sanitaire des suspects en milieu carcéral.

En effet, huit des douze personnes arrêtées seraient déclarées porteuses du VIH sida. Une situation qui, d’après L’Observateur, impose au procureur de la République près le tribunal de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, de concilier impératifs de santé publique, respect des droits humains et exigences de la procédure pénale. Dans ce contexte, la question n’est plus seulement de qualifier juridiquement les faits, mais aussi de prévenir tout risque de propagation du virus, aussi bien au sein de la population carcérale qu’auprès du personnel pénitentiaire.

Toujours selon le quotidien du Groupe futurs médias, l’option privilégiée par le parquet consisterait à soumettre les personnes concernées à un traitement médical approprié, dans un cadre strictement contrôlé. L’objectif serait de rompre toute chaîne de contamination potentielle, sans pour autant verser dans des pratiques discriminatoires ou attentatoires à la dignité humaine. Il serait ainsi envisagé des mesures d’isolement sanitaire, encadrées et limitées à des fins exclusivement thérapeutiques, et non disciplinaires, dans le respect de la confidentialité médicale et des standards internationaux en matière de droits humains.

Toutefois, cette approche, pourtant conforme aux obligations de l’État en matière de santé publique, n’est pas sans susciter des interrogations et des inquiétudes. Dans un climat marqué par une forte émotion et une réaction parfois virulente de l’opinion publique, de telles mesures pourraient être perçues comme insuffisantes par certains ou, à l’inverse, comme stigmatisantes par d’autres. L’Observateur souligne ainsi que le parquet devra composer avec de fortes pressions sociales et médiatiques, dans un dossier où se mêlent considérations morales, sanitaires et judiciaires.

À l’épreuve des faits, cette affaire met en lumière les défis structurels du système judiciaire et pénitentiaire sénégalais face à des dossiers mêlant criminalité présumée et enjeux de santé publique. Elle pose, une fois de plus, la question de l’équilibre entre la nécessaire fermeté de la justice, la protection de la société et le respect des droits fondamentaux des personnes mises en cause, qui demeurent présumées innocentes jusqu’à l’issue définitive de la procédure. Les prochains jours, avec le défèrement et les éventuelles décisions du parquet, seront déterminants pour la suite de ce dossier hautement sensible.

UCAD : les restaurants universitaires rouvrent après 72 heures de fermeture

Les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) peuvent enfin souffler. Après soixante-douze heures de fermeture ayant fortement perturbé le quotidien universitaire, les restaurants du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) rouvrent officiellement leurs portes ce lundi 9 février 2026.

L’annonce a été faite par le Directeur du COUD, le Dr Ndéné Mbodji, qui a tenu à rassurer la communauté estudiantine sur l’engagement des autorités à préserver les missions sociales de l’État en faveur des étudiants. Selon lui, cette reprise s’inscrit dans une volonté claire de garantir l’accès à la restauration universitaire, un pilier essentiel du bien-être et de la réussite académique des apprenants.

« Cette reprise traduit la volonté de l’État de poursuivre ses missions sociales en faveur des étudiants, notamment en assurant l’accès à la restauration universitaire », a déclaré le Dr Mbodji. Il a cependant rappelé que la pérennité de ce service dépend aussi du comportement responsable des bénéficiaires.

Dans ce sens, la Direction du COUD insiste sur le respect strict du règlement intérieur, notamment l’obligation de paiement des tickets de restauration. Le Dr Mbodji a appelé les étudiants à faire preuve de discipline et de civisme afin d’éviter de nouvelles perturbations susceptibles de compromettre la continuité du service.

« Nous comptons sur la collaboration et la compréhension de tous les étudiants pour le strict respect du règlement en vigueur », a-t-il ajouté, soulignant que seule une gestion responsable et partagée permettra d’assurer un fonctionnement normal et durable des œuvres sociales universitaires.

Cette réouverture est accueillie avec soulagement par les étudiants, pour qui la restauration universitaire reste un soutien indispensable dans un contexte marqué par la cherté de la vie et les difficultés sociales persistantes sur le campus.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°667 – 07/02/2026

🔴 PROMESSES DE CRIMINALISER L’HOMOSEXUALITÉ FAITES PAR LE RÉGIME DIOMAYE- SONKO LORS DE LA DERNIÈRE CAMPAGNE ÉLECTORALE : QUI EST À L’ORIGINE DU BLOCAGE ?
🔴 CRISE DES BOURSES À L’UCAD ET RETARD DANS LE PAIEMENT DES RAPPELS : LES ÉTUDIANTS SE BRAQUENT

🔴 FOOTBALL MONDIAL : SADIO MANÉ CONSACRÉ PARMI LES 100 LÉGENDES DU SIÈCLE

Médina Baye : Cheikh Niang, responsable politique de PASTEF, allie action sociale, santé communautaire et engagement citoyen

Médina Baye a vibré, ce dimanche 08 février 2026, au rythme d’une importante journée d’action sociale et citoyenne initiée par le parti PASTEF – Les Patriotes du Sénégal. Cette activité à forte portée sociale et communautaire, placée sous le sceau de la santé publique, de la solidarité et de l’engagement politique, a été portée par Cheikh Niang, infirmier d’État, conseiller en santé communautaire et responsable politique de PASTEF à Kaolack.

Dès les premières heures de la matinée, de nombreuses populations ont répondu présentes pour bénéficier des prestations sanitaires gratuites, traduisant ainsi l’intérêt et le besoin réel des communautés en matière de santé préventive. Le programme a été marqué par des séances de circoncision, dont 100 enfants ont bénéficié, mais aussi par le dépistage du diabète, de l’hypertension artérielle (HTA) et de l’hépatite B. Au total, 80 personnes ont été testées, avec 12 cas positifs enregistrés.

Selon Cheikh Niang, « cette initiative sanitaire vise non seulement à rapprocher les services de santé des populations, mais aussi à renforcer la sensibilisation sur les maladies non transmissibles et infectieuses, tout en promouvant une approche communautaire axée sur la prévention et le dépistage précoce ».

La journée a également été marquée par l’organisation d’un panel de discussion consacré à l’hépatite B, permettant aux participants d’échanger avec des professionnels de la santé sur les causes, les risques et les moyens de prévention de cette maladie silencieuse.

Intervenant à cette occasion, le Dr Bamba Cissé, chef du service d’hépato-gastroentérologie de l’hôpital régional de Kaolack, est largement revenu sur la gravité de l’hépatite B, qui continue de faire des ravages dans la région.

« L’hépatite est une maladie du sang et du sexe. C’est une infection sexuellement transmissible, mais surtout une maladie dont la transmission la plus importante reste la transmission verticale, de la mère à l’enfant. Elle est souvent silencieuse, et le malade ne ressent des symptômes qu’au stade des complications. Pour l’éviter, il n’y a pas mille solutions : le dépistage et la vaccination », a-t-il expliqué.

Face au coût très élevé du traitement, le Dr Bamba Cissé a plaidé pour une réduction des coûts thérapeutiques, mais surtout pour une meilleure disponibilité du vaccin contre l’hépatite B, dont l’efficacité dépasse 99 %.

Le moment fort de la journée a sans doute été la déclaration officielle d’engagement politique de Cheikh Niang au sein de PASTEF, un acte symbolique salué par les militants et sympathisants, qui y voient une volonté affirmée de placer la santé, le développement durable et le don de soi au cœur de l’action politique locale.

À travers cette initiative, PASTEF réaffirme sa vision d’une politique de proximité, tournée vers les préoccupations concrètes des populations, où l’action sociale, la santé communautaire et l’engagement citoyen constituent les piliers d’un développement durable et inclusif.

Kaolack – Hépatites virales hors du système intégré : And Xeek dénonce une injustice sanitaire

Au Sénégal, des milliers de personnes vivant avec l’hépatite B et C sont confrontées à une menace silencieuse mais potentiellement mortelle : la rupture prolongée des médicaments indispensables à leur survie. Une situation que l’association And Xeek Hépatite qualifie d’« urgence sanitaire ignorée », pointant du doigt l’inaction des pouvoirs publics.

Alors que les hépatites virales figurent parmi les principales causes de cirrhose et de cancer du foie, les patients concernés se retrouvent aujourd’hui sans traitement, sans alternatives et sans visibilité. Pour l’association And Xeek Hépatite, ce manque d’approvisionnement traduit une faible considération institutionnelle pour une maladie pourtant largement répandue dans le pays.

Prenant la parole ce dimanche face à la presse à Kaolack, Talla Mané, secrétaire général de l’association, a vivement dénoncé cette situation.

« Interrompre un traitement contre l’hépatite, c’est exposer le patient à des complications irréversibles, parfois mortelles. Pourtant, rien n’est fait pour sécuriser l’approvisionnement en médicaments », a-t-il regretté.

L’association s’indigne surtout du fait que les hépatites B et C ne soient toujours pas intégrées dans le système national des maladies intégrées, contrairement à d’autres pathologies chroniques bénéficiant d’un suivi et d’un financement plus structurés. Une exclusion qui, selon And Xeek Hépatite, entretient les inégalités d’accès aux soins et condamne les patients à une prise en charge fragmentée.

Face à ce qu’elle considère comme une défaillance du système de santé, le président de l’association, Médoune Koné, par ailleurs vice-président national du Réseau des Associations de Lutte Contre les Hépatites (RALCH), en étroite collaboration avec l’Alliance Nationale Contre le Sida (ANCS), appelle l’État du Sénégal, à travers le ministère de la Santé et de l’Action sociale, à reconnaître l’hépatite comme une priorité sanitaire nationale.

L’association plaide pour une intégration immédiate des hépatites virales dans les programmes de santé publique, afin de garantir la continuité des traitements, renforcer la prévention et réduire la mortalité liée à ces maladies, notamment chez les jeunes.

Abordant la situation épidémiologique à Kaolack, Médoune Koné a souligné que les derniers bilans sanitaires régionaux révèlent une prévalence très élevée de l’hépatite B parmi les personnes consultantes. Il a également rappelé que, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des milliers de personnes meurent chaque année des complications chroniques liées à l’hépatite B, notamment des cirrhoses et des cancers du foie.

Fermeture des restaurants à l’UIDT : les étudiants lancent une cagnotte pour nourrir leurs camarades

La fermeture des restaurants universitaires de l’Université Iba Der Thiam (UIDT) de Thiès continue de susciter une vive indignation au sein de la communauté estudiantine. En réaction à cette décision du CROUS/T, jugée brutale et injustifiée, la Conférence des Amicales d’étudiants a décidé de prendre les devants pour éviter que des centaines d’étudiants résidents ne se retrouvent livrés à eux-mêmes.

Dans un communiqué rendu public, l’organisation étudiante dénonce une mesure aux conséquences sociales lourdes. Selon elle, la fermeture des restaurants universitaires affecte directement les étudiants les plus vulnérables, dont beaucoup dépendent exclusivement de ces services pour assurer leur alimentation quotidienne. « Cette décision est totalement injuste et inacceptable », estime la Conférence des Amicales, qui souligne l’absence de solutions alternatives mises en place par les autorités compétentes.

Face à l’urgence de la situation, les étudiants ont choisi l’action solidaire plutôt que la résignation. Consciente des réalités difficiles vécues dans les campus sociaux, la Conférence des Amicales a annoncé le lancement d’une cagnotte destinée à financer des repas pour les étudiants résidant dans les différentes cités universitaires de l’UIDT. L’initiative se veut à la fois humanitaire et militante, traduisant la volonté des étudiants de ne laisser aucun camarade sombrer dans la précarité alimentaire.

À travers cet appel à la solidarité, les responsables estudiantins invitent toute personne de bonne volonté – anciens étudiants, parents, citoyens, organisations ou partenaires – à apporter sa contribution afin de garantir un minimum vital aux étudiants affectés par la fermeture des restaurants. Pour la Conférence des Amicales, il s’agit d’un geste de dignité et de responsabilité collective, dans un contexte où l’accès à une alimentation décente devient un combat quotidien sur les campus.

Au-delà de l’aide alimentaire, l’organisation étudiante affirme que cette initiative constitue également une réponse ferme à ce qu’elle qualifie de « tentatives de pression et d’intimidation ». Elle réaffirme sa détermination à défendre les droits fondamentaux des étudiants, en particulier le droit à des conditions de vie compatibles avec la poursuite des études.

Cette mobilisation intervient dans un climat national marqué par de fortes tensions dans les universités sénégalaises, où les questions liées aux bourses, à la restauration et aux conditions de vie alimentent régulièrement des mouvements de contestation. À l’UIDT de Thiès, la cagnotte lancée par la Conférence des Amicales apparaît ainsi comme un symbole de résilience et de solidarité étudiante face à une crise qui dépasse largement le cadre académique.

Crise universitaire : Alioune Tine appelle à un dialogue inclusif pour éviter l’impasse

La crise qui secoue les universités sénégalaises continue d’alimenter les débats publics. Pour Alioune Tine, président d’AFRICAJOM Center, les tensions actuelles dépassent largement la seule question des bourses ou des grèves estudiantines. Elles traduisent, selon lui, des limites structurelles profondes du système d’enseignement supérieur sénégalais, confronté à des mutations économiques, sociales et technologiques majeures.

Invité de l’émission En Vérité sur Radio Sénégal, l’acteur de la société civile a livré un diagnostic sans complaisance. À ses yeux, le modèle académique classique, fondé essentiellement sur la présence physique en salle de classe, est aujourd’hui à bout de souffle. Il estime impératif d’engager une transformation profonde du système universitaire, intégrant pleinement le numérique, l’intelligence artificielle et les technologies cognitives. « Ce n’est plus un choix, c’est une nécessité pour la survie de l’enseignement supérieur », a-t-il averti, soulignant que le monde avance à un rythme que les universités sénégalaises ne peuvent plus ignorer.

Alioune Tine a, dans ce sens, salué l’arrivée de Starlink au Sénégal et ce qu’il qualifie d’amorce d’un « new deal technologique ». Toutefois, il a mis en garde contre une transformation superficielle. Pour réussir cette mutation, l’État doit, selon lui, s’appuyer sur les compétences de la diaspora sénégalaise, notamment celles spécialisées dans les technologies avancées, afin de bâtir un enseignement supérieur adapté aux exigences du XXIᵉ siècle.

Sur la question sensible des bourses et des conditions de vie estudiantines, Alioune Tine a replacé le débat dans un contexte plus large. Il a pointé un environnement macroéconomique marqué par un endettement élevé et des politiques d’austérité qui affectent en priorité les couches les plus vulnérables de la population. Pour lui, la situation dans les campus est le reflet direct de la santé économique du pays. « Quand il y a un problème d’alimentation à l’université, cela signifie aussi que la société a faim », a-t-il déclaré, établissant un lien clair entre les difficultés des étudiants et les tensions sociales nationales.

Face à cette situation, le président d’AFRICAJOM Center estime que la réponse de l’État ne peut être ni purement administrative ni imposée de manière unilatérale. Il a plaidé avec insistance pour un dialogue inclusif et apaisé entre les autorités et le mouvement estudiantin, condition indispensable, selon lui, pour sortir durablement de la crise.

Alioune Tine appelle ainsi les pouvoirs publics à faire preuve de pédagogie, de transparence et de responsabilité. Pour l’acteur de la société civile, expliquer clairement la réalité de la crise économique, reconnaître les contraintes budgétaires et engager des discussions franches sur les sacrifices à consentir est la seule voie capable de restaurer la confiance et d’assurer une stabilité durable dans l’espace universitaire.

Affaire de Keur Massar : Djiby Dramé passe aux aveux et cite de nouveaux protagonistes

L’enquête menée par la Brigade de Recherches de la gendarmerie de Keur Massar connaît une avancée majeure avec les aveux de l’artiste Djiby Dramé. Interpellé après avoir été formellement cité par Mamadou Gningue, le chanteur de 44 ans a reconnu, lors de son interrogatoire, les faits qui lui sont reprochés par les enquêteurs.

Selon des informations rapportées par Seneweb, Djiby Dramé est passé aux aveux face aux gendarmes, mettant fin à toute tentative de dénégation. Pour expliquer son comportement, l’artiste aurait déclaré avoir lui-même été victime d’abus sexuels durant son enfance, une expérience traumatique qu’il évoque comme un élément déterminant de son parcours personnel. Ces déclarations, consignées dans le procès-verbal, n’ont toutefois pas atténué la gravité des faits qui lui sont imputés dans le cadre de cette affaire.

Au cours de son audition, Djiby Dramé a également fait des révélations susceptibles d’élargir le champ de l’enquête. Il a notamment soutenu l’existence d’une relation entre l’animateur Pape Cheikh Diallo et un certain Doudou Lamine Dieng, un nom déjà évoqué dans le dossier. Ces affirmations ont conduit les enquêteurs à approfondir leurs investigations afin de vérifier la véracité de ces allégations et d’en mesurer les implications judiciaires.

L’arrestation de l’artiste a par ailleurs été renforcée par l’exploitation de son téléphone portable. L’analyse des données contenues dans l’appareil a permis de mettre au jour plusieurs éléments jugés compromettants par les enquêteurs. Ces nouvelles preuves ont conduit à l’interpellation de Doudou Lamine Dieng, présenté comme le dénonciateur de Pape Cheikh Diallo dans cette affaire, et dont le rôle exact reste à établir.

Pour rappel, l’enquête avait initialement démarré à la suite des déclarations de Mamadou Gningue, qui avait désigné Djiby Dramé comme son amant, déclenchant ainsi une série de vérifications et d’auditions. Les autorités judiciaires poursuivent désormais leurs investigations afin de faire toute la lumière sur les relations entre les différents protagonistes cités et de déterminer les responsabilités de chacun dans ce dossier aux ramifications de plus en plus complexes.

Crise des bourses à l’UCAD : “Sans paiement des rappels, il n’y aura aucune négociation”

La tension reste vive à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Face au gouvernement sénégalais, les étudiants grévistes durcissent le ton et ferment la porte à toute concession tant que le paiement intégral des rappels de bourses n’est pas effectif. Un message sans équivoque porté par Khadim Diouf, président de la commission pédagogique de la Faculté des sciences, qui a averti que cette revendication constitue une ligne rouge non négociable.

Invité de l’émission Objection sur Sud FM ce dimanche 8 février, le leader estudiantin a dénoncé ce qu’il qualifie d’inaction des autorités face à une crise pourtant bien identifiée. Selon lui, malgré les multiples alertes et mouvements de protestation, l’État ne montre aucune volonté réelle de satisfaire les doléances des étudiants. « Le paiement des rappels de bourses est non négociable », a-t-il martelé, estimant que le gouvernement tente de gagner du temps sans apporter de réponses concrètes.

Pour Khadim Diouf, la solution est pourtant simple. Il appelle l’État à solder les arriérés et à permettre un retour à un climat apaisé au sein des universités. « Qu’ils payent les rappels et puis qu’on passe à autre chose. Ça ne coûte rien à l’État de payer ces rappels-là », a-t-il déclaré, rappelant que les étudiants représentent l’avenir du pays et constituent, selon ses termes, « la crème intellectuelle » de la nation.

Le responsable syndical a également prévenu que toute tentative de dialogue restera vaine tant que cette question centrale ne sera pas réglée. À ses yeux, il est impossible d’avancer dans les discussions avec les autorités dans un contexte où les engagements de base ne sont pas respectés. Il déplore en outre une stratégie de communication qu’il juge trompeuse, accusant le gouvernement de manipuler l’opinion publique autour de la question des bourses.

Au-delà du simple aspect financier, Khadim Diouf a tenu à rappeler le rôle vital de la bourse dans la vie quotidienne des étudiants sénégalais. Pour beaucoup d’entre eux, il s’agit de la seule source de revenus leur permettant de préserver un minimum de dignité. « C’est notre droit le plus absolu de recevoir nos rappels et nos bourses mensuelles », a-t-il insisté, soulignant que cet appui financier conditionne l’accès à la documentation, aux soins de santé et même à l’alimentation.

La crise actuelle s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre l’État et les étudiants. Le dernier trimestre de l’année 2025 avait déjà été marqué par de fortes mobilisations à travers plusieurs campus du pays pour exiger le paiement des rappels de bourses. Après une suspension du mot d’ordre de grève en décembre, les manifestations ont repris de plus belle depuis le début du mois de février 2026. En cause, selon les étudiants, la faiblesse et la « qualité très médiocre » des négociations engagées avec les autorités.

Alors que l’année universitaire est de nouveau menacée par des perturbations, le bras de fer se durcit. À l’UCAD, les étudiants préviennent : sans paiement effectif des rappels de bourses, aucune reprise durable des cours ni avancée dans les discussions ne sera possible. Une crise sociale et académique qui place une fois de plus la question du financement des études au cœur du débat national.

Hécatombe sur l’axe Linguère–Matam : un mini-car se renverse, 05 morts et plusieurs blessés graves

Un grave accident de la circulation a endeuillé l’axe Linguère–Matam ce dimanche 8 février 2026. Aux environs de 16 heures, un mini-car de transport en commun s’est violemment renversé sur le tronçon reliant Linguère à Barkedji, faisant au moins cinq morts et plusieurs blessés, dont trois dans un état critique.

Selon les premières informations recueillies sur place, le véhicule impliqué, un mini-car communément appelé « Cheikhou Chérifou », assurait la liaison en direction de Ourossogui. Pour des raisons qui restent encore à déterminer, le chauffeur aurait perdu le contrôle du véhicule, provoquant son renversement brutal sur la chaussée. La violence du choc a causé des dégâts importants et piégé plusieurs passagers à l’intérieur du véhicule.

Alertés, les sapeurs-pompiers se sont rapidement déployés sur les lieux de l’accident pour secourir les victimes. Les opérations d’évacuation ont été rendues difficiles par l’état du véhicule et la gravité de certaines blessures. Les corps sans vie ont été extraits tandis que les blessés, certains grièvement atteints, ont été pris en charge en urgence.

Les dépouilles ainsi que les personnes blessées ont été acheminées vers l’hôpital Maguette Lo de Linguère, où les équipes médicales sont mobilisées pour assurer leur prise en charge. L’identification des victimes décédées est en cours, dans un climat de grande émotion parmi les familles et les riverains.

Une enquête a été ouverte par les services compétents afin de déterminer les causes exactes de l’accident. L’état de la route, la vitesse, une éventuelle défaillance mécanique ou une erreur humaine figurent parmi les hypothèses envisagées.

Cet énième drame relance une fois de plus la question de la sécurité routière sur les axes intérieurs du pays, régulièrement endeuillés par des accidents mortels. Sur la route Linguère–Matam, très fréquentée et souvent pointée du doigt pour sa dangerosité, les populations appellent à des mesures urgentes pour éviter que de telles tragédies ne se répètent.

Réseau pédocriminel entre la France et le Sénégal : 14 personnes déférées, l’ombre glaçante de Pierre Robert

La Division des Investigations Criminelles (DIC) a porté un coup majeur à un réseau criminel d’une rare gravité, impliqué dans l’exploitation sexuelle de mineurs et opérant entre le Sénégal et la France. À l’issue d’une vaste enquête menée dans le cadre d’une commission rogatoire internationale, quatorze individus ont été déférés devant le Parquet pour des faits d’une extrême violence, mettant en cause des pratiques pédocriminelles organisées et transnationales.

Selon un communiqué officiel de la Police nationale, les investigations ont permis de mettre au jour une organisation criminelle structurée depuis 2017, spécialisée dans ce que les enquêteurs décrivent comme une « formation au sexe de jeunes garçons ». Les victimes, toutes mineures, auraient été progressivement conditionnées et exploitées sexuellement pour le compte d’hommes, majoritairement de nationalité étrangère et pour la plupart séropositifs. Les actes reprochés incluent des rapports sexuels non protégés, filmés, et destinés à alimenter un circuit criminel dont les ramifications dépassaient largement les frontières sénégalaises.

Au cœur de ce dispositif se trouve un ressortissant français identifié comme Pierre Robert, présenté par les enquêteurs comme le principal instigateur et donneur d’ordres. Ce dernier a été interpellé en avril 2025 à Beauvais, en France. D’après les éléments de l’enquête, il coordonnait les activités du réseau à distance, fournissant des instructions précises et finançant les opérations à travers des virements d’argent adressés à ses relais locaux.

L’enquête conduite par la DIC, en étroite collaboration avec les autorités judiciaires françaises, a permis l’arrestation de quatorze individus, tous de nationalité sénégalaise. Les chefs d’accusation retenus sont particulièrement lourds. Ils portent notamment sur la pédophilie en bande organisée, le proxénétisme, le viol sur des mineurs de moins de quinze ans, les actes contre nature ainsi que la transmission volontaire du VIH Sida. Des infractions qui exposent les mis en cause à de lourdes peines au regard du Code pénal sénégalais.

Parmi les personnes déférées figurent quatre individus présentés comme des « formateurs au sexe ». Lors de leurs auditions, ils auraient reconnu les faits qui leur sont reprochés, déclarant avoir agi sur instructions directes de Pierre Robert, en contrepartie de rémunérations financières régulières. Dix autres suspects, soupçonnés d’avoir joué divers rôles dans la logistique, le recrutement ou la mise en relation des victimes, ont également été interpellés et présentés à la justice.

Dans le cadre de cette opération de grande envergure, plusieurs perquisitions ont été menées simultanément dans différentes zones du pays, notamment aux Almadies et à Ouakam à Dakar, ainsi qu’à Kaolack et à Tivaouane Peulh. Ces interventions ont permis la saisie de divers objets et supports susceptibles de servir de preuves matérielles dans la procédure en cours, renforçant les charges retenues contre les suspects.

La Police nationale souligne que cette affaire est le fruit d’une coopération judiciaire exemplaire entre le Sénégal et la France. Une délégation française composée de juges d’instruction, de greffières et d’officiers de police judiciaire a été dépêchée à Dakar afin de travailler conjointement avec les enquêteurs de la DIC. Cette collaboration a permis de croiser les informations, d’identifier les acteurs clés du réseau et de démanteler une organisation criminelle dont l’ampleur et la brutalité ont profondément choqué.

Au-delà de la procédure judiciaire en cours, cette affaire met en lumière la persistance de menaces graves pesant sur les enfants et la nécessité de renforcer les mécanismes de protection des mineurs. Elle rappelle également l’importance de la coopération internationale dans la lutte contre les réseaux criminels transnationaux, dont les victimes restent les plus vulnérables.

Affaire Pierre Robert : un réseau criminel transnational démantelé par la DIC, quatorze individus déférés à Dakar

La Division des Investigations Criminelles (DIC) a mis au jour un vaste réseau criminel organisé à caractère transnational, distinct du dossier récemment instruit par la Brigade de Recherches de Keur Massar. Cette affaire, d’une gravité exceptionnelle, a conduit au défèrement de quatorze (14) individus devant le parquet du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, le vendredi 6 février 2026.

Les mis en cause sont poursuivis pour des faits lourds de pédophilie en bande organisée, de proxénétisme, de viols commis sur des mineurs de moins de quinze ans, d’actes contre nature ainsi que de transmission volontaire du VIH/Sida. Tous les individus déférés sont de nationalité sénégalaise et seraient impliqués dans un système criminel structuré depuis 2017, opérant entre le Sénégal et la France.

Selon les résultats de l’enquête, ce réseau était spécialisé dans la formation sexuelle de jeunes garçons, recrutés puis transformés en objets sexuels destinés à des hommes, pour la plupart séropositifs. Les actes sexuels, souvent non protégés, étaient filmés et exécutés sur instruction directe du chef du réseau, le ressortissant français Pierre Robert. Ce dernier a été interpellé en avril 2025 à Beauvais, en France, à la suite de procédures judiciaires ouvertes par les autorités françaises.

Les investigations menées par la DIC s’inscrivent dans le cadre d’une commission rogatoire internationale, fruit d’une coopération judiciaire étroite entre le Sénégal et la France. Cette collaboration a permis d’identifier les ramifications locales du réseau et de remonter jusqu’aux exécutants opérant sur le territoire sénégalais.

Parmi les quatorze individus déférés figurent notamment quatre « formateurs au sexe », qui ont reconnu avoir commis les actes reprochés sur instruction de Pierre Robert. Ils ont admis avoir agi en contrepartie de transferts d’argent réguliers effectués par ce dernier depuis l’étranger. Les perquisitions menées aux domiciles des suspects, notamment aux Almadies, à Ouakam, à Kaolack et à Tivaouane Peulh, ont permis la saisie de divers objets liés à la commission d’actes contre nature, ainsi que l’interpellation de dix autres personnes gravitant autour de ces formateurs.

Les opérations judiciaires ont également été marquées par la présence à Dakar d’une délégation française composée de deux juges d’instruction, de deux greffières et de dix officiers de police judiciaire, dépêchés pour appuyer les autorités sénégalaises dans le cadre de cette mission conjointe.

Face à l’ampleur et à la gravité des faits, la Police nationale a réaffirmé sa ferme détermination à lutter contre toutes les formes de criminalité, en particulier celles visant les personnes vulnérables, notamment les enfants. Elle a également souligné que, au-delà de leur caractère pénal, ces pratiques constituent une menace sérieuse pour la santé publique, notamment en raison des risques élevés de propagation du VIH/Sida.

Les autorités sécuritaires assurent que les investigations se poursuivront afin de démanteler totalement ce réseau et d’identifier toute autre personne impliquée, tant au niveau national qu’international.

Le Sénégal désigné pays hôte du Congrès international de l’AAEA en 2028 : une consécration du leadership hydraulique national

Le Sénégal accueillera, en février 2028, le Congrès international et l’Exposition de l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA), l’un des plus grands rendez-vous continentaux consacrés aux enjeux de l’eau et de l’assainissement. La décision a été prise ce samedi 7 février 2026 à l’issue des travaux du Comité de direction de l’AAEA, puis officiellement entérinée par l’Assemblée générale de l’organisation, sous la présidence de Blaise Moussa, président de l’AAEA, et d’Abdoul Niang, vice-président pour la région Afrique de l’Ouest.

C’est au moment même où il foulait le sol camerounais que le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, a été accueilli par cette annonce majeure, fruit de plusieurs mois d’efforts diplomatiques et institutionnels. Au nom de l’État du Sénégal, le ministre portait personnellement cette candidature depuis novembre 2024, date à laquelle les autorités sénégalaises, à travers la Société nationale des Eaux du Sénégal (SONES), avaient exprimé leur volonté d’accueillir à nouveau un congrès de l’AAEA, plus de trente ans après celui organisé à Dakar en 1994.

Sous l’autorité et avec le soutien actif du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, la SONES a officiellement répondu, en novembre 2025, à l’appel à manifestation d’intérêt lancé par la Direction exécutive de l’AAEA. Le Sénégal s’est alors retrouvé en compétition avec plusieurs autres pays candidats, parmi lesquels l’Afrique du Sud, dont la candidature s’est révélée particulièrement soutenue et constante. Les discussions menées au sein de l’organisation ont finalement abouti à un consensus équilibré : le Sénégal organisera le congrès de 2028, tandis que l’Afrique du Sud accueillera celui de 2030.

Le Congrès international de l’AAEA constitue l’événement phare de l’agenda de cette organisation continentale. Organisé tous les deux ans et couplé à une exposition internationale, il rassemble des sociétés d’eau, des décideurs publics, des partenaires techniques et financiers, des chercheurs, ainsi que des fournisseurs de matériels et de services. Il offre une plateforme stratégique pour le partage d’expériences, la formulation de solutions techniques innovantes, le renforcement des capacités et la conclusion de partenariats structurants au service de l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement en Afrique.

Créée en 1970 sous l’appellation d’Union africaine des Distributeurs d’Eau (UADE), devenue par la suite Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement, l’AAEA est née de la volonté de fédérer les sociétés africaines du secteur de l’eau afin de les accompagner dans la formation, la maîtrise des technologies, l’amélioration de la qualité du service aux usagers et la modernisation de la gouvernance. Aujourd’hui, l’organisation s’attaque aux grands défis contemporains du secteur, notamment le développement et la gestion des compétences, la qualité de l’eau, la réduction de l’eau non facturée, l’accès à l’eau en milieu rural et périurbain, l’assainissement, le financement du secteur, l’innovation, la gestion des données et l’adaptation au changement climatique.

L’attribution du Congrès 2028 au Sénégal vient ainsi confirmer un leadership déjà solidement établi dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, tant à l’échelle africaine qu’internationale. Membre fondateur de l’AAEA, le Sénégal avait déjà marqué l’histoire de l’organisation en accueillant le congrès de 1994 à Dakar. Plus récemment, il a coorganisé, avec le Conseil mondial de l’Eau, le 9ᵉ Forum mondial de l’Eau en 2021, également à Dakar, un événement majeur qui avait placé la capitale sénégalaise au cœur des débats mondiaux sur l’eau.

Le pays est également membre fondateur de l’Organisation internationale de l’Eau et occupe actuellement la présidence du Conseil des ministres africains chargés de l’Eau (AMCOW) pour la période 2025-2027, une responsabilité assumée par le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Dans la continuité de cet engagement, le Sénégal coorganisera, avec les Émirats arabes unis, la Conférence des Nations Unies sur l’Eau prévue en décembre 2026 à Abu Dhabi. Dakar a d’ailleurs accueilli, les 26 et 27 janvier 2026, la réunion préparatoire de haut niveau de cette conférence.

À ces rendez-vous s’ajoute la désignation du Sénégal comme pays hôte de la 11ᵉ Réunion des Parties à la Convention sur l’eau, prévue en 2027 à Dakar. Autant d’événements qui témoignent de la reconnaissance internationale du rôle stratégique joué par le pays dans la promotion d’une gestion durable, inclusive et innovante des ressources en eau.

L’organisation du Congrès international de l’AAEA en 2028 représente ainsi bien plus qu’un événement sectoriel : elle consacre la vision et l’engagement du Sénégal en faveur de l’eau et de l’assainissement comme leviers essentiels du développement durable, tout en offrant une vitrine continentale pour valoriser son expertise, ses réformes et ses ambitions dans un secteur vital pour l’avenir de l’Afrique.

Kédougou : le Président Bassirou Diomaye Faye inspecte les réalisations du programme Promovilles

De retour de Saraya, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est rendu ce dimanche 8 février 2026 dans la commune de Kédougou pour une visite de terrain consacrée aux réalisations du programme Promovilles. Cette descente présidentielle s’inscrit dans une dynamique de suivi rapproché des projets structurants destinés à améliorer durablement le cadre de vie des populations des villes de l’intérieur du pays.

Sur place, le chef de l’État a pu constater l’état d’avancement des travaux de voirie urbaine, qui portent sur la construction et la réhabilitation de 6,45 kilomètres de routes modernes, assainies et éclairées. Ces infrastructures relient des axes stratégiques de la ville, desservant notamment les principaux équipements administratifs, sanitaires, éducatifs et commerciaux. Leur mise en service progressive contribue à fluidifier la circulation, à réduire les enclavements internes et à améliorer l’accessibilité des services publics essentiels pour les habitants de Kédougou.

Le projet intègre également un important volet d’éclairage public, avec l’installation de 328 lampadaires le long des tronçons aménagés et dans plusieurs quartiers de la commune. Cette initiative vise à renforcer la sécurité des personnes et des biens, en particulier durant la nuit, tout en améliorant le confort urbain et l’attractivité des espaces publics.

Au-delà des infrastructures routières, les interventions du programme Promovilles à Kédougou couvrent plusieurs secteurs sociaux prioritaires. Elles comprennent notamment la réhabilitation et l’équipement de la Maison de la Femme, destinée à soutenir l’autonomisation économique et sociale des femmes, ainsi que la construction et la réhabilitation de 24 salles de classe afin d’améliorer les conditions d’apprentissage. Des aménagements paysagers ont également été réalisés pour embellir le cadre urbain, accompagnés de la mise en place d’outils de suivi et d’évaluation visant à mesurer l’impact socio-économique des investissements consentis.

Financé par l’État du Sénégal avec l’appui de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), l’ensemble du projet représente un investissement global de plus de 5,7 milliards de francs CFA. Ces ressources ont permis de déployer des infrastructures de qualité tout en stimulant l’économie locale.

Les travaux ont par ailleurs généré des retombées significatives en matière d’emploi. Les chantiers de pavage et de voirie ont mobilisé et formé de nombreux jeunes issus des quartiers bénéficiaires, s’inscrivant dans une logique d’insertion professionnelle, de transfert de compétences et de valorisation de la main-d’œuvre locale.

Par cette visite sur le terrain, le Président Bassirou Diomaye Faye réaffirme une orientation politique forte, faisant des infrastructures urbaines de proximité un levier essentiel d’équité territoriale, de cohésion sociale et de développement inclusif. Ces investissements traduisent la volonté des autorités de transformer concrètement les conditions de vie des populations et de renforcer l’attractivité des villes de l’intérieur, en parfaite cohérence avec la vision stratégique Sénégal 2050.

Rappels de bourses : Khadim Diouf met la pression sur l’État et juge toute négociation impossible sans paiement

La tension reste vive dans le milieu universitaire sénégalais. Président de la commission pédagogique de la faculté des sciences de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Khadim Diouf a haussé le ton face au gouvernement, estimant que le paiement des rappels de bourses des étudiants constitue une exigence « non négociable ». Il s’exprimait ce dimanche 8 février 2026 dans l’émission Objection sur les ondes de Sud FM, dans un contexte de reprise des manifestations estudiantines à travers le pays.

Selon le responsable syndical, les autorités ne font preuve d’aucune réelle volonté pour satisfaire les revendications des étudiants en grève. Il dit avoir constaté une absence d’efforts concrets de la part du gouvernement, malgré la gravité de la situation sociale que vivent de nombreux étudiants. Pour Khadim Diouf, la solution est pourtant simple et à la portée de l’État.

« Qu’ils payent les rappels et puis qu’on passe à autre chose. Ça ne coûte rien à l’État de payer ces rappels-là. Nous sommes l’avenir de ce pays, nous sommes la crème intellectuelle », a-t-il déclaré, rejetant toute tentative de temporisation ou de conditionnement du paiement à des discussions ultérieures.

Le président de la commission pédagogique de la faculté des sciences a également averti que tant que cette question ne sera pas réglée, aucune avancée ne sera possible dans les négociations entre les étudiants et les autorités. Il accuse par ailleurs le gouvernement de chercher à manipuler l’opinion publique en minimisant la portée des revendications.

Pour Khadim Diouf, les rappels de bourses et le versement régulier des allocations mensuelles ne relèvent pas d’un privilège, mais d’un droit fondamental pour les étudiants. Il insiste sur le rôle vital que joue la bourse dans la survie quotidienne de milliers d’étudiants sénégalais.

« C’est notre droit le plus absolu de recevoir nos rappels, de recevoir nos bourses mensuelles, parce que c’est notre seul et unique salut pour garder notre dignité, pour avoir de quoi se documenter, pour avoir de quoi se soigner quand on est malade, pour avoir de quoi s’alimenter aussi quand on a faim », a-t-il expliqué, soulignant la précarité dans laquelle se trouvent de nombreux apprenants.

Pour rappel, le dernier trimestre de l’année 2025 avait été marqué par une vague de manifestations dans les universités publiques du Sénégal, motivées par le non-paiement des rappels de bourses. Après la suspension du mot d’ordre de grève en décembre, dans l’espoir d’un dialogue fructueux, les protestations ont repris depuis le début du mois de février 2026. Les étudiants dénoncent aujourd’hui « la qualité très médiocre » des négociations engagées avec les autorités et réclament des actes concrets plutôt que des promesses.

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