Supporters sénégalais détenus au Maroc : la CNDH du Sénégal et le Conseil marocain des droits de l’homme s’accordent sur un suivi conjoint

La Commission nationale des droits de l’homme du Sénégal (CNDH) et le Conseil national des droits de l’homme du Maroc ont décidé de renforcer leur coopération afin d’assurer un suivi régulier de la situation des supporters sénégalais actuellement détenus au Maroc. Cet engagement commun a été scellé à l’issue d’un entretien entre la présidente de la CNDH du Sénégal, la professeure Amsatou Sow Sidibé, et son homologue marocaine, Amina Bouayach.

La rencontre s’est tenue le mardi 3 février 2026, en marge de l’Assemblée générale et de la 15ᵉ Conférence biennale du Réseau des institutions nationales africaines des droits de l’homme (RINADH), organisée à Yaoundé, au Cameroun, du 4 au 6 février 2026. Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), ce tête-à-tête a permis aux deux responsables d’aborder en profondeur le cas des supporters sénégalais arrêtés à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025, disputée à Rabat.

Conscientes de la sensibilité du dossier et de son impact à la fois humain et diplomatique, les deux présidentes ont procédé à des échanges d’informations approfondis et ont réfléchi à des stratégies communes. L’objectif affiché est double : veiller au respect des droits fondamentaux des personnes détenues tout en contribuant à la préservation des relations fraternelles et historiques entre le Sénégal et le Maroc.

Pour la professeure Amsatou Sow Sidibé, cette initiative s’inscrit pleinement dans la dynamique de coopération existant entre les deux institutions nationales de défense des droits humains. Elle a souligné que la CNDH du Sénégal agit dans le cadre de ses missions de protection et de promotion des droits de l’homme, en privilégiant le dialogue institutionnel et la concertation avec ses partenaires marocains.

De son côté, le Conseil national des droits de l’homme du Maroc a réaffirmé sa disponibilité à collaborer étroitement avec la partie sénégalaise afin de garantir un suivi transparent et conforme aux standards internationaux des droits humains. Cette collaboration vise notamment à assurer une attention particulière aux conditions de détention et au respect des procédures judiciaires en cours.

Monsieur Seydi Gassama

J’ai pris connaissance de votre récente publication interpellant le Président de la République au sujet d’une éventuelle candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Comme beaucoup de Sénégalais, j’ai été frappé par le ton comminatoire et l’usage d’arguments moraux fallacieux présentés comme des vérités d’Evangile, alors qu’ils reposent sur une lecture sélective et malhonnêtement orientée de notre histoire récente.

Personne, dans ce pays, ne conteste la douleur des familles endeuillées ni l’exigence légitime de justice pour toutes les victimes. Mais ériger ces tragédies en instrument d’intimidation politique, en conditionnant la conduite diplomatique de l’État à une injonction militante, pose un problème de méthode et d’équité. La mémoire des disparus mérite la dignité, pas son instrumentalisation.

Ce qui interroge davantage encore, c’est le silence persistant que vous avez souvent observé face à d’autres types de violence qui ont pourtant profondément marqué la Nation. Beaucoup de Sénégalais n’ont pas souvenir de vous avoir dénoncé avec la même vigueur les exactions commises dans le Sud du pays par la rébellion du MFDC, ni la mort de nos vaillans soldats, ni les drames humains et les souffrances silencieuses qu’elle a engendrés durant des décennies. Cette retenue contraste fortement avec la sévérité dont vous faites preuve lorsqu’il s’agit de mettre en cause Macky Sall ou l’ancien régime et dirigeants. Pourquoi? Soutenez-vous les indépendantistes ?

De la même manière, vous n’avez jamais condamné avec clarté les appels à l’insurrection, au coups d’État – traîner le Président de la République dans la rue comme ce fut le cas de Samuel Doe – les crimes occasionnés, les violences urbaines, les destructions de biens publics et privés ou les attaques contre les forces de défense et de sécurité qui ont jalonné les épisodes des affaires Sweet Beauty et Mame Mbaye Niang. Là encore, des vies ont été perdues, des familles ont été brisées, et la République a été mise à rude épreuve. La compassion et l’exigence de vérité ne peuvent être à géométrie variable mon cher moralisateur.

Votre posture suscite aussi des interrogations sur d’autres terrains. Vous êtes perçu, à tort ou à raison, comme un relais constant et zélé de causes et d’agendas sociétaux portés par des organisations internationales, notamment sur des questions liées aux droits des minorités que rejettent nos compatriotes. Or, chacun sait que ces sujets, dans notre pays, se heurtent à des convictions culturelles, religieuses et sociales profondément enracinées. Le Sénégal est une société de valeurs, attachée à ses repères et à ses traditions, et toute évolution sur ces questions ne peut se faire que dans le respect de sa souveraineté culturelle et du rythme de son propre projet de société.

Il ne s’agit pas ici de nier la dignité de quiconque, ni de contester le principe universel des droits humains, mais de rappeler que leur promotion ne peut se faire contre le socle moral et culturel d’un peuple, au risque de nourrir des incompréhensions et des fractures supplémentaires. Sur ce terrain aussi, votre engagement apparaît souvent plus affirmé pour des intérêts pécuniaires que la défense de causes strictement nationales.

Cher Seydi vos attitudes contrastées, sur ces questions d’intérêt national entament profondément votre crédibilité.

Sur le fond, votre interpellation du Chef de l’État repose également sur une confusion institutionnelle. Nul ne se présente à titre personnel au poste de Secrétaire général des Nations unies. Ce sont des États-parties qui portent des candidatures, et celles-ci ne prospèrent qu’à la faveur d’équilibres diplomatiques complexes, scellés notamment par l’adhésion des membres du Conseil de sécurité qui disposent du droit de véto. Ni votre mise en garde, ni même l’absence de soutien officiel du Sénégal, ne sauraient à elles seules empêcher ou déterminer l’issue d’un tel processus. Seule compte la volonté des cinq majeurs sont Macron et Trump.

En présentant cette question comme un test moral, vous simplifiez à l’extrême un enjeu diplomatique qui relève d’abord de l’intérêt supérieur de la Nation. Gouverner, ce n’est pas céder à l’émotion ni aux pressions militantes ; c’est décider avec responsabilité, dans la sérénité et la hauteur que requiert la conduite de l’État. Et le Président Bassirou Diomaye Faye a appris très vite que les désirs de Pastef et de ses suppôts ne gouvernent pas le Monde.

Je vous écris en patriote – sincère et engagé – et en républicain, attaché à la stabilité du Sénégal et au respect de ses institutions. La défense des droits humains exige une démarche planifiée et parole cohérente, courageuse face à toutes les violences, d’où qu’elles viennent : celles de l’État comme celles des groupes armés, celles des foules comme celles des acteurs politiques qui ont prouvé leur aversion pour la stabilité du Sénégal. À défaut, elle donne le sentiment d’un engagement sélectif, dicté davantage par des préférences idéologiques et communautaristes que par une exigence universelle de justice.

La mémoire des morts ne doit pas servir de levier de pression politique. Elle doit être un appel à la vérité, à la responsabilité collective et à la réconciliation. Et pour cela, vos compatriotes attendent plutôt que vous exigez au Président de la République et à son Premier ministre, l’abrogation pure et simple de la loi portant amnistie sans laquelle ils seraient toujours entre les mains de cette Justice au nom de laquelle vous semblez vous agiter Le Sénégal a besoin de voix qui rassemblent, pas de discours qui accentuent les lignes de fracture.

Veuillez recevoir, Monsieur, l’expression d’une franchise républicaine que je crois encore nécessaire au débat public.

Babacar Gaye
Ancien Ministre d’État
Ancien député
Leader de Mankoo Mucc

Walid Regragui sur le départ : un séisme secoue le football marocain

C’est une information qui fait l’effet d’un véritable coup de tonnerre dans le paysage footballistique africain. Quelques semaines seulement après la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 et à quatre mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, Walid Regragui ne serait plus le sélectionneur des Lions de l’Atlas. Selon des révélations de Foot Mercato, le technicien marocain aurait présenté sa démission.

La CAN 2025, organisée sur le sol marocain, continue manifestement de laisser des traces. Battu en finale par le Sénégal, le Maroc nourrissait pourtant de grandes ambitions, portées par un effectif talentueux et l’expérience d’un entraîneur auréolé de son parcours historique lors du Mondial 2022 au Qatar. Mais l’échec dans ce rendez-vous continental majeur semble avoir fragilisé la position de Walid Regragui.

Âgé de 50 ans, le sélectionneur aurait ainsi pris l’initiative de déposer sa démission, une décision qui, si elle se confirme, marquerait la fin d’un cycle entamé avec beaucoup d’espoirs et de promesses. Toutefois, rien n’est encore définitivement acté. La Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) n’a pas encore tranché et doit se prononcer sur l’acceptation ou non de cette démission.

En cas de refus de la part de l’instance fédérale, Walid Regragui serait tenu de respecter son contrat et de poursuivre sa mission à la tête des Lions de l’Atlas, notamment en les conduisant à la Coupe du monde 2026 qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique. La FRMF sait également que le vestiaire reste globalement soudé derrière son entraîneur, un facteur non négligeable dans sa réflexion.

À l’inverse, si la démission venait à être acceptée, la fédération marocaine serait contrainte d’agir rapidement pour désigner un nouveau sélectionneur, à un moment charnière de la préparation du Mondial. Le temps presse et toute instabilité pourrait peser lourd dans la course aux objectifs fixés.

Fermeture des restaurants universitaires de l’UCAD : Abdou Mbow dénonce une décision « injuste et inhumaine »

La décision de l’État de fermer les restaurants universitaires de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) continue de provoquer une onde de choc sur la scène politique et sociale. Alors que la tension reste vive dans le milieu universitaire, le député Abdou Mbow est sorti de sa réserve pour condamner fermement une mesure qu’il juge « injuste, illégale et profondément inhumaine », estimant qu’elle fragilise davantage une population estudiantine déjà éprouvée par la précarité.

Dans une déclaration rendue publique, le parlementaire s’est indigné du contexte dans lequel intervient cette fermeture. Selon lui, après les retards et refus observés dans le paiement des bourses, l’État franchit un nouveau palier en privant les étudiants de leur principal moyen d’accès à une alimentation quotidienne. Abdou Mbow considère que cette décision équivaut à une sanction collective infligée à des milliers d’apprenants, dont beaucoup dépendent exclusivement des restaurants universitaires pour se nourrir à moindre coût.

Pour le député, la fermeture des restaurants universitaires constitue une atteinte grave aux droits sociaux fondamentaux des étudiants. Il dénonce une politique qu’il qualifie d’irresponsable et totalement déconnectée des réalités du campus universitaire. Dans un environnement marqué par des difficultés financières, des conditions de logement souvent précaires et une pression académique constante, empêcher les étudiants de se restaurer correctement revient, selon lui, à compromettre non seulement leur santé physique, mais aussi leur dignité et leurs chances de réussite universitaire.

Abdou Mbow avertit également sur les conséquences à moyen et long terme d’une telle mesure. Il estime que la privation d’un service social aussi essentiel risque d’exacerber les tensions déjà perceptibles au sein de l’UCAD, d’alimenter la colère des étudiants et de fragiliser davantage la stabilité du climat universitaire. À ses yeux, l’État devrait plutôt privilégier le dialogue et la recherche de solutions durables, au lieu d’opter pour des décisions qu’il juge punitives et contre-productives.

Mondial 2026 : le Sénégal affine sa préparation avec des amicaux de prestige avant l’entrée en lice

À un mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, le Sénégal entre dans la dernière ligne droite de sa préparation. Les Lions de la Teranga peaufinent leur programme avec une série de matchs amicaux de haut niveau, destinés à affiner les réglages tactiques et à renforcer les automatismes avant le grand rendez-vous mondial.

Selon les informations d’Afrik-Foot, la Fédération sénégalaise de football a trouvé un accord de principe avec son homologue saoudienne pour l’organisation d’un match amical entre le Sénégal et l’Arabie saoudite aux États-Unis. La date exacte reste à finaliser, mais la rencontre devrait se tenir entre le 5 et le 9 juin, soit quelques jours avant le début de la compétition. Il ne resterait plus que des détails logistiques à régler pour officialiser cette affiche.

Ce duel s’inscrira dans un programme de préparation déjà bien avancé. Les Lions disputeront en effet un premier match amical le 31 mai contre les États-Unis à Charlotte. Quelques jours plus tard, ils affronteront donc l’Arabie saoudite, dans une opposition qui servira de répétition générale avant le Mondial. Ces rencontres permettront au staff technique de tester différentes combinaisons, aussi bien sur le plan offensif que défensif, et d’évaluer l’état de forme du groupe à l’approche de la compétition.

Le Sénégal entamera la Coupe du monde le 16 juin par un choc très attendu face à la France, à East Rutherford dans le New Jersey, pour le compte du Groupe I. Les Lions poursuivront leur parcours le 22 juin contre la Norvège, avant de conclure la phase de groupes face à une équipe issue des barrages intercontinentaux prévus en mars prochain, à savoir l’Irak, la Bolivie ou le Suriname. Un calendrier relevé qui impose une préparation rigoureuse et sans approximation.

L’Arabie saoudite, futur adversaire en amical, représente un test intéressant. Déjà qualifiée pour le Mondial, la sélection saoudienne évoluera dans le Groupe B, où elle sera opposée au Cap-Vert, à l’Espagne et à l’Uruguay. Affronter une équipe également engagée dans la compétition permettra au Sénégal de se mesurer à un adversaire au niveau d’intensité comparable, dans un contexte proche de celui du Mondial.

Cette rencontre aura également une saveur particulière en raison de la présence sur le banc saoudien d’Hervé Renard. Âgé de 57 ans, le technicien français est une figure bien connue du football africain. Double vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations avec la Zambie en 2012 et la Côte d’Ivoire en 2015, il a aussi dirigé l’Angola, le Maroc et l’USM Alger. Très attaché au Sénégal, pays de son épouse où il possède une résidence, Hervé Renard est souvent cité par les supporters et observateurs comme un potentiel futur sélectionneur des Lions, ce qui ne manquera pas d’alimenter l’intérêt autour de cette confrontation.

Sur le plan historique, les confrontations amicales entre le Sénégal et l’Arabie saoudite ont souvent tourné à l’avantage des Saoudiens, mais elles ont été globalement équilibrées. La dernière rencontre entre les deux sélections remonte au 14 mai 2002 à Riyad, à deux semaines de la Coupe du monde en Corée du Sud et au Japon. Les Saoudiens s’étaient alors imposés 3-2, malgré des réalisations sénégalaises signées Souleymane Camara et El Hadji Diouf sur penalty. En 1998 déjà, l’Arabie saoudite avait dominé le Sénégal sur le même score, lors d’un match amical disputé à Riyad avec des joueurs locaux.

Avant même ce duel face aux Saoudiens, les Lions croiseront l’Équateur le 31 mai à New York. Cette rencontre offrira une nouvelle opportunité de tester l’organisation défensive et d’affronter un style de jeu différent, contribuant ainsi à une préparation complète et variée.

Oumar Sow accuse Seydi Gassama et d’autres figures publiques de semer la division nationale

L’ancien collaborateur de l’ex-président de la République Macky Sall, Oumar Sow, est monté au créneau ce vendredi pour dénoncer avec virulence les prises de position de plusieurs figures de la société civile et du monde médiatique, qu’il accuse de fragiliser la cohésion nationale. Dans une déclaration au ton ferme, il a directement mis en cause Seydi Gassama, Guy Marius Sagna, Babacar Touré Mandjou et Pape Sané Walf, à la suite des débats suscités par un éventuel soutien du Sénégal à la candidature de l’ancien chef de l’État à un poste aux Nations unies.

Selon Oumar Sow, les réactions et discours de ces personnalités relèvent moins d’une quête de justice ou de vérité que d’une volonté délibérée d’entretenir la rancune et de raviver les fractures au sein de la société sénégalaise. Il estime que leur posture publique contribue à opposer les citoyens les uns aux autres, dans un contexte politique et social qui exige, au contraire, retenue et responsabilité.

Dans sa charge, l’ancien collaborateur de Macky Sall déplore ce qu’il considère comme une instrumentalisation de l’histoire récente du pays à des fins politiques et idéologiques. À ses yeux, l’évocation sélective de certains épisodes et la mise en avant de ressentiments non apaisés participent à créer un climat de suspicion et de confrontation. « Votre discours n’est pas celui de la justice, mais celui de la rancune. Votre combat n’est pas celui de la nation, mais celui de la fracture », a-t-il lancé à l’endroit de ses détracteurs, les accusant de s’éloigner de l’intérêt général.

Oumar Sow met particulièrement en garde contre les conséquences de tels discours sur la stabilité du pays. Il considère que l’excitation des passions et la polarisation du débat public constituent une menace réelle pour la paix civile et l’unité nationale, valeurs qu’il juge fondamentales pour le Sénégal. Pour lui, la question d’un éventuel soutien diplomatique à une candidature internationale ne devrait pas servir de prétexte à des règlements de comptes ou à une remise en cause permanente de la cohésion sociale.

Éligibilité d’Ousmane Sonko : le professeur Mouhamadou Mounirou Sy tranche le débat

Le débat sur l’éligibilité d’Ousmane Sonko à une prochaine élection présidentielle « n’a pas lieu d’être » au regard du droit, selon le professeur Mouhamadou Mounirou Sy. Invité de l’émission L’invité de MNF sur la 7TV, le constitutionnaliste et enseignant-chercheur a livré une analyse juridique sans équivoque, affirmant que l’actuel Premier ministre peut légalement être candidat à la présidentielle à venir, y compris celle de 2029.

Pour étayer sa position, le professeur Sy rappelle que le leader de Pastef a recouvré l’intégralité de ses droits politiques. Les infractions pour lesquelles Ousmane Sonko avait été poursuivi ont, selon lui, été prises en charge par la loi d’amnistie, ce qui a pour effet d’effacer les conséquences juridiques susceptibles de faire obstacle à son éligibilité. « Sur le fichier électoral, sur la liste des électeurs, il y a le nom d’Ousmane Sonko. S’il y a élection demain, il peut bien être candidat », a-t-il souligné, insistant sur un élément central du droit électoral : l’inscription sur les listes électorales comme condition déterminante de l’éligibilité.

Au-delà de l’analyse strictement juridique, le constitutionnaliste a tenu à préciser que sa position ne relève ni d’un soutien politique ni d’une adhésion aux orientations du Premier ministre. « Je suis contre Ousmane Sonko, contre ses manières, contre ses propos. Mais, dans le cadre du droit, il est éligible », a-t-il déclaré, marquant ainsi une distinction nette entre appréciation personnelle et raisonnement juridique. Pour lui, le droit ne saurait être instrumentalisé pour écarter un adversaire politique.

Dans ce sens, le professeur Mouhamadou Mounirou Sy a critiqué les discours et stratégies visant à contester l’éligibilité d’Ousmane Sonko sur des bases juridiques qu’il juge infondées. Il estime que si des opposants redoutent la popularité ou le poids politique du leader de Pastef, ils devraient l’assumer clairement. « S’ils veulent éliminer Sonko, ils n’ont qu’à le faire par la voie des urnes. Qu’ils l’attaquent et le battent sur le terrain politique », a-t-il martelé, appelant à un affrontement démocratique loyal plutôt qu’à des manœuvres d’exclusion.

S’agissant plus spécifiquement de la présidentielle de 2029, le constitutionnaliste se veut catégorique : aucune procédure supplémentaire ne serait nécessaire pour permettre à Ousmane Sonko de présenter sa candidature. À ses yeux, les conditions légales sont déjà réunies et toute tentative de remise en cause relèverait davantage du débat politique que du droit constitutionnel.

Grève de la faim des supporters sénégalais détenus au Maroc après la finale de la CAN

Détenus au Maroc à la suite des incidents survenus en marge de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), dix-huit supporters sénégalais ont décidé d’entamer une grève de la faim pour dénoncer le nouveau report de leur procès. Cette décision radicale intervient après l’annonce du renvoi de l’audience au 12 février par les autorités judiciaires marocaines, un ajournement de plus qui a provoqué une vive colère et une profonde incompréhension chez les mis en cause.

Selon des informations recueillies auprès de leur défense, les supporters estiment être victimes d’une procédure excessivement longue et d’un traitement qu’ils jugent injuste. Dans une lettre adressée à leur avocat, ils dénoncent ce qu’ils qualifient de reports répétitifs sans explications claires, lesquels prolongent leur détention et aggravent leur situation morale et matérielle. Ils affirment ne plus comprendre les motivations de la justice marocaine et craignent que ces délais ne portent atteinte à leurs droits fondamentaux.

La grève de la faim apparaît ainsi comme un moyen de pression et un cri d’alarme. À travers cette action, les détenus cherchent à attirer l’attention des autorités judiciaires, de l’opinion publique ainsi que des autorités sénégalaises sur leur sort. Ils réclament un traitement judiciaire équitable, conforme aux principes du droit, et surtout une procédure diligente leur permettant d’être rapidement fixés sur leur sort.

Cette situation suscite également des inquiétudes quant à l’état de santé des supporters concernés, alors que leur détention se prolonge dans un contexte déjà tendu. Des proches et des soutiens appellent à une implication plus active des autorités diplomatiques afin de favoriser une issue rapide et apaisée à cette affaire, dans le respect des droits des personnes mises en cause.

Tournée économique : à Kidira, le Président Diomaye Faye inspecte un chantier stratégique pour le désenclavement et l’emploi

En début de matinée, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a poursuivi sa tournée économique par une visite à Kidira, marquant la deuxième journée de ce déplacement axé sur les infrastructures et le développement territorial. Le Chef de l’État s’est rendu sur le chantier de la route Kidira–Bakel, une infrastructure majeure du corridor Tambacounda–Kidira–Bakel, appelée à jouer un rôle déterminant dans la dynamique économique de l’Est du pays.

Ce projet structurant s’inscrit dans le vaste programme de réhabilitation des routes nationales 1 et 2, qui couvre un linéaire total de 250 kilomètres. Le tronçon Kidira–Bakel, long de 65 kilomètres, constitue l’un des segments clés de cet ensemble, tant par son importance stratégique que par son impact attendu sur la mobilité des personnes et des biens. L’investissement global dépasse 116 milliards de francs CFA et vise à améliorer durablement la sécurité routière, la fluidité du trafic et l’accès des populations aux services sociaux et économiques.

Au-delà de la réalisation de la chaussée, le projet adopte une approche intégrée du développement territorial. Il prévoit la mise en place de pistes rurales destinées à désenclaver les zones de production, facilitant ainsi l’écoulement des produits agricoles et pastoraux vers les marchés. Des voiries urbaines sont également programmées à Kidira et à Bakel afin d’améliorer la circulation intra-urbaine et de renforcer l’attractivité de ces centres. À cela s’ajoutent des ouvrages de drainage pour lutter contre les inondations, des dispositifs de signalisation moderne, des parkings pour gros porteurs et l’éclairage public dans plusieurs localités traversées.

Le volet social du projet occupe une place centrale. La construction d’infrastructures de base, notamment des cases et postes de santé, des maternités, des écoles, des forages et des équipements communautaires, traduit la volonté des autorités de faire de la route un véritable catalyseur de progrès social. L’objectif est d’améliorer les conditions de vie des populations riveraines tout en réduisant les inégalités d’accès aux services essentiels.

Sur le plan de l’emploi, les retombées sont déjà perceptibles. Le chantier a permis la création de 1 373 emplois, dont 62 % occupés par des travailleurs locaux. Ces chiffres illustrent de manière concrète le lien étroit entre investissements publics, insertion professionnelle et développement économique à l’échelle locale.

En se rendant à Kidira dès les premières heures de la matinée, le Président Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé une orientation politique claire, faisant du désenclavement un levier de souveraineté, d’équité territoriale et de création d’emplois. Cette démarche s’inscrit en droite ligne avec l’engagement présidentiel de faire de l’année 2026 l’Année de l’emploi et de l’économie sociale et solidaire, ainsi qu’avec la vision de long terme portée par le référentiel Sénégal 2050.

Mbour : une agression au couteau entre coépouses secoue le quartier Keur Mame Mbaye

Une affaire de violence conjugale d’une rare gravité a récemment frappé le quartier Keur Mame Mbaye à Mbour, où une seconde épouse, identifiée comme M. Fall, a asséné deux coups de couteau à sa coépouse, S. Guèye, provoquant son hospitalisation en urgence. Le procès de la prévenue s’est tenu ce jeudi au tribunal de grande instance de Mbour, le verdict étant prévu pour le 19 février 2026.

Mariée en juin 2025 en tant que seconde épouse, M. Fall est accusée d’avoir attaqué S. Guèye lors d’un conflit conjugal survenu en décembre 2025, aux environs de 11 heures du matin. Selon le rapport des enquêteurs, la victime était en train de préparer le repas de midi dans la cuisine lorsqu’elle a été soudainement agressée par derrière. Devant le tribunal, la prévenue, en larmes, a déclaré : « Je ne voulais pas la tuer, je voulais juste me protéger ». Les témoignages recueillis indiquent que le premier coup de couteau a atteint le dos de la victime. Alors qu’elle tentait de fuir, S. Guèye a été frappée une seconde fois à l’abdomen, s’effondrant gravement blessée.

Transportée en urgence à l’hôpital Thierno Mouhamadoul Mansour Barro de Mbour, S. Guèye a été admise aux soins intensifs. Quant à M. Fall, consciente de la gravité de son geste, elle s’est réfugiée chez ses parents. Les premières tentatives de règlement à l’amiable des familles des deux épouses ont ralenti l’enquête et retardé la production d’un certificat médical détaillant l’état de la victime. Cependant, la plainte a été maintenue, et M. Fall a été arrêtée et placée sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt et de correction de Mbour.

L’audience a été marquée par un face-à-face tendu entre les deux femmes. Interrogée par le juge, M. Fall a expliqué son geste comme un acte de légitime défense : « Je lui ai donné ces coups parce que je me sentais menacée. Ce jour-là, elle est entrée dans ma chambre avec un couteau et je n’ai fait que me défendre ». Elle a également évoqué les tensions constantes dans le foyer depuis son arrivée : « Il y avait toujours des disputes, mais ce jour-là, j’ai paniqué et j’ai agi sans réfléchir ».

De son côté, S. Guèye a rejeté ces arguments, décrivant une longue série de provocations et de harcèlements de la part de sa coépouse : « Depuis qu’elle est arrivée, elle multiplie les humiliations et les conflits. Mon mari prend toujours son parti, ce qui l’a encouragée à devenir violente ». La première épouse a souligné que l’intervention d’un tiers n’aurait pas été suffisante pour prévenir l’agression, dénonçant un climat de tension permanent dans le foyer.

Le procureur de la République a rappelé la gravité de l’acte et sa dimension potentiellement préméditée. « La violence conjugale est un crime qui ne peut rester impuni. La brutalité de cette agression, le fait qu’elle ait été portée à deux reprises et que la victime ait failli perdre la vie, justifient une sanction exemplaire », a-t-il déclaré devant le tribunal. Le juge a finalement fixé le délibéré au 19 février 2026, laissant l’opinion publique dans l’attente d’une décision sur cette affaire qui a profondément choqué la communauté de Mbour.

Fin de cavale pour un « multiplicateur de billets » sur TikTok : un vaste réseau d’escroquerie démantelé à Guédiawaye

La Sûreté urbaine du Commissariat central de Guédiawaye a mis un terme aux agissements d’un individu devenu tristement célèbre sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, où il se présentait comme un « multiplicateur de billets » capable de transformer de modestes sommes en fortunes colossales. L’homme est poursuivi pour association de malfaiteurs, charlatanisme, vol en réunion avec violence et usage d’armes, à la fois blanches et à feu.

Tout commence en 2024, sur la plateforme TikTok. À travers des vidéos soigneusement mises en scène, le suspect exhibait des liasses de billets de banque et promettait des richesses quasi miraculeuses à ceux qui accepteraient de suivre ses « rituels mystiques ». Séduit par ces démonstrations ostentatoires, un couple décide de le contacter. Une première « consultation », payée par transfert mobile, sert de prélude à une proposition beaucoup plus alléchante : transformer la somme de 4,1 millions de francs CFA en 575 millions de francs CFA en quelques heures seulement.

Convaincus, les deux victimes sont invitées à se rendre à Kaolack pour finaliser l’opération. Ce qui devait être une simple rencontre prend rapidement l’allure d’un périple inquiétant. Après un premier arrêt à la station EDK, le couple est conduit vers Sibassor, avant d’être transporté en calèche jusque dans une zone reculée, en pleine brousse. C’est là que la situation bascule.

Sur les lieux, le guide qui accompagnait le couple disparaît soudainement. Presque aussitôt, un individu surgit, armé d’une machette, tandis que le présumé escroc apparaît à son tour, brandissant une arme à feu. Des valises contenant des billets, éparpillées au sol, servent à renforcer l’illusion d’un rituel en cours. Le suspect exige alors une nouvelle somme de trois millions de francs CFA, présentée comme une « offrande indispensable » destinée à l’achat de parfums mystiques censés « libérer » l’argent. Face au refus catégorique du plaignant, l’homme et ses complices disparaissent, emportant avec eux les 4,1 millions de francs CFA déjà remis.

Après les faits, le mis en cause prend la fuite et se réfugie en Gambie. Un signalement est alors diffusé via Interpol, permettant aux services de sécurité de suivre sa trace. Il sera finalement localisé à Pikine, avant d’être interpellé à Guédiawaye par les éléments de la Sûreté urbaine.

Lors de son interrogatoire, le suspect est passé aux aveux. Il a notamment tenté de justifier la détention de son arme à feu sans autorisation en affirmant qu’il cherchait à « tester l’efficacité de ses gris-gris ». Des explications qui n’ont pas convaincu les enquêteurs.

Journées sans ticket : le COUD ferme tous ses restaurants universitaires jusqu’à nouvel ordre

Face à la persistance du mouvement de contestation des étudiants des universités publiques du Sénégal, marqué par la multiplication des Journées sans ticket (JST), le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) a décidé de durcir le ton. Dans un communiqué rendu public ce vendredi, la direction de l’institution a annoncé la fermeture immédiate de l’ensemble de ses restaurants universitaires, et ce, jusqu’à nouvel ordre.

Cette décision radicale intervient dans un climat de tensions croissantes entre les étudiants et les autorités universitaires, sur fond de revendications liées notamment aux conditions de restauration et à la gestion des tickets. Selon le COUD, les actions menées dans le cadre des JST ont pris une tournure préoccupante, allant bien au-delà de la simple protestation pacifique.

Dans son communiqué signé par le directeur du COUD, le Dr Ndéné Mbodji, l’institution rappelle d’abord les « importants efforts humains, matériels et financiers » consentis ces derniers mois pour améliorer durablement la qualité des services de restauration offerts aux étudiants. Ces investissements, souligne la direction, visaient à répondre aux attentes des pensionnaires et à renforcer la viabilité du système de restauration universitaire.

Toutefois, le COUD estime que ces efforts sont aujourd’hui sérieusement menacés. La direction déplore des actes répétés imputés à certains étudiants, qualifiés sans détour « d’actes de sabotage ». Le communiqué parle d’agissements « inqualifiables et insoutenables », pointant du doigt des perturbations graves dans le fonctionnement normal des restaurants universitaires, des dégradations d’infrastructures ainsi qu’un impact financier jugé lourd pour l’institution.

Face à ce que le COUD qualifie de « forfaiture », le ton employé se veut désormais ferme. La direction affirme agir conformément aux instructions reçues du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. À ce titre, elle précise qu’« aucune Journée sans ticket ne sera tolérée », marquant ainsi une ligne rouge claire face à la poursuite du mouvement.

En attendant une éventuelle sortie de crise, la fermeture des restaurants universitaires risque d’affecter des milliers d’étudiants, pour qui la restauration subventionnée constitue un pilier essentiel du quotidien universitaire. Consciente de la gravité de la situation, la direction du COUD conclut son communiqué par un appel à la responsabilité collective, invitant l’ensemble de la communauté universitaire à faire preuve de retenue et de sens civique afin de préserver les acquis et favoriser un retour rapide à la normale.

Kolda : trois individus arrêtés pour escroquerie, association de malfaiteurs et exploitation illégale d’un établissement recevant du public

Le Commissariat de Kolda a procédé à l’interpellation de trois individus présumés impliqués dans une vaste affaire d’association de malfaiteurs, d’escroquerie et d’exploitation illégale d’un établissement recevant du public, selon des informations obtenues de source sécuritaire.

Cette opération fait suite à une plainte déposée le 31 janvier 2026 par une victime déclarant avoir été escroquée d’un montant de dix millions (10 000 000) de francs CFA. D’après les éléments de l’enquête, le principal mis en cause se serait présenté comme un entrepreneur disposant de projets crédibles, parvenant ainsi à gagner la confiance de sa victime avant d’encaisser la somme convenue et de disparaître sans honorer ses engagements.

Alertés par la plainte, les éléments du Commissariat de Kolda ont immédiatement ouvert une enquête approfondie afin de retrouver l’auteur présumé des faits. Les investigations menées ont permis de localiser le suspect principal, qui a été interpellé en compagnie de deux autres individus identifiés comme étant ses complices.

Au cours de son audition, le principal suspect est passé aux aveux. Il a reconnu les faits d’escroquerie, admettant avoir détourné les fonds perçus pour des usages strictement personnels. L’exploitation technique de son téléphone portable a par ailleurs permis aux enquêteurs de mettre la main sur plusieurs éléments jugés particulièrement compromettants. Il s’agit notamment de reçus de transactions financières, de passeports sénégalais, de cartes nationales d’identité ainsi que de visas bissau-guinéens, dont l’origine et l’utilisation font l’objet de vérifications approfondies.

Concernant les deux autres personnes interpellées, celles-ci ont reconnu leur implication dans l’exploitation illégale de l’appartement qui servait de base aux activités frauduleuses du groupe. Ce lieu aurait été utilisé à la fois pour héberger les suspects et pour organiser leurs opérations, en violation des règles encadrant les établissements recevant du public.

À l’issue de leur interpellation, les trois individus ont été placés en garde à vue dans les locaux du Commissariat de Kolda. L’enquête se poursuit afin de déterminer l’ampleur exacte de leurs activités, d’identifier d’éventuelles autres victimes et de mettre au jour de possibles ramifications au-delà de la région.

Amnesty International Sénégal met en garde le président Bassirou Diomaye Faye contre un éventuel soutien à Macky Sall pour le poste de Secrétaire général de l’ONU

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a publiquement interpellé le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, sur l’hypothèse d’un soutien du Sénégal à une éventuelle candidature de l’ancien chef de l’État, Macky Sall, au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Cette prise de position a été exprimée à travers un message publié sur le réseau social X, anciennement Twitter.

Dans son message, Seydi Gassama estime qu’un tel soutien constituerait une grave entorse au devoir de mémoire et de justice envers les victimes des violences survenues sous le régime de Macky Sall. Il évoque notamment « plus de 65 Sénégalais tués » au cours des dernières années, faisant référence aux manifestations politiques et aux tensions qui ont marqué la fin du précédent pouvoir. Le responsable d’Amnesty International Sénégal cite également « les quatre personnes tuées à la suite de la décision de reporter l’élection présidentielle de février 2024 », un épisode qui avait profondément choqué l’opinion publique nationale et internationale.

S’adressant directement au chef de l’État, Seydi Gassama souligne que l’accession de Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême est indissociable des sacrifices consentis par de nombreux jeunes Sénégalais. « Sans le sacrifice de ces jeunes Sénégalais, dont les familles attendent toujours que justice soit rendue, vous ne seriez jamais devenu président de la République », a-t-il écrit, insistant sur la responsabilité morale et politique du nouveau pouvoir à l’égard des victimes et de leurs proches.

Au-delà du cadre strictement national, le défenseur des droits humains a également interpellé les États membres de l’Union africaine. Il a rappelé que l’Organisation des Nations unies repose sur trois piliers fondamentaux que sont la paix et la sécurité, le développement, ainsi que les droits humains. Selon lui, toute candidature au poste de Secrétaire général de l’ONU devrait être évaluée à l’aune de ces principes, en particulier du respect et de la promotion des droits humains.

UGB de Saint-Louis : la CESL lance 48 heures de Journées sans ticket et pose ses conditions

La Coordination des Étudiants de Saint-Louis (CESL) a décrété 48 heures de « Journées sans ticket », renouvelables, à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis. Cette décision, annoncée dans un communiqué daté du 5 février 2026, s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre les étudiants et les autorités universitaires autour de questions sociales et académiques jugées prioritaires par la communauté estudiantine.

Selon la CESL, la levée de ce mot d’ordre est strictement conditionnée à la satisfaction de plusieurs revendications. Au premier rang figure le paiement intégral des rappels dus aux ayants droit, une exigence que les étudiants considèrent comme non négociable. Ils dénoncent des retards récurrents qui fragilisent leur quotidien et compromettent la poursuite normale des études, dans un environnement déjà marqué par la cherté de la vie et les contraintes liées au logement et à la restauration universitaires.

Au-delà de la question des rappels, la Coordination insiste sur le maintien des acquis sociaux des étudiants. Elle réclame que ces acquis soient préservés en attendant une révision concertée du décret n°2014-963 relatif aux allocations d’études. Pour la CESL, toute réforme de ce texte doit se faire dans la concertation et la transparence, afin d’éviter des décisions unilatérales susceptibles d’aggraver la précarité étudiante.

Tout en durcissant le ton à travers cette action de protestation, la CESL affirme ne pas rompre avec la voie du dialogue. Dans son communiqué, elle réitère son attachement à la défense de la cause estudiantine et se dit disposée à poursuivre les échanges avec les autorités compétentes en vue de parvenir à une issue favorable à la crise. La Coordination appelle ainsi à des réponses rapides et concrètes, estimant que seule la satisfaction de ses revendications permettra un retour durable à la normale sur le campus de l’UGB.

Cyberattaques contre les systèmes de l’État : la DAF paralysée, Sénégal Numérique SA également touchée

Le Sénégal fait face à une alerte majeure en matière de cybersécurité. Après la confirmation officielle d’une cyberattaque d’envergure visant la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF), une autre structure stratégique de l’État, Sénégal Numérique SA (SENUM SA), aurait elle aussi été la cible d’une intrusion informatique. Ces incidents successifs soulèvent de sérieuses inquiétudes quant à la résilience des systèmes numériques publics et à la protection des données sensibles des citoyens.

L’attaque contre la DAF, révélée dans un communiqué officiel, a eu des conséquences immédiates et visibles sur le quotidien des populations. En raison d’un dysfonctionnement majeur de son système informatique, les autorités ont été contraintes de suspendre, sur toute l’étendue du territoire national, la production des cartes nationales d’identité. Cette interruption, qualifiée de temporaire, a toutefois provoqué un ralentissement significatif des démarches administratives, affectant aussi bien les citoyens que les services publics et privés qui dépendent de ce document essentiel.

Si les premiers éléments communiqués par la DAF n’ont pas permis de déterminer avec précision l’origine ni l’ampleur exacte de l’attaque, les investigations techniques ont été immédiatement lancées afin d’évaluer les dégâts, sécuriser les infrastructures et prévenir toute fuite ou altération de données personnelles. Les autorités ont assuré que des mesures de protection renforcées étaient en cours de déploiement, tout en appelant au calme et à la patience.

Cependant, alors que l’attention restait focalisée sur la DAF, des informations concordantes font état d’une attaque informatique ayant également visé Sénégal Numérique SA, l’entreprise publique chargée de piloter et de coordonner la transformation numérique de l’État. Structure centrale dans l’architecture numérique nationale, SENUM SA joue un rôle clé dans la gestion des plateformes gouvernementales, l’hébergement de données et le déploiement des services numériques. Une atteinte à ses systèmes représente donc un risque stratégique majeur.

Même si aucune communication officielle détaillée n’a encore été rendue publique concernant l’attaque présumée contre SENUM SA, plusieurs sources évoquent des tentatives d’intrusion susceptibles d’avoir perturbé certains services ou exposé des vulnérabilités critiques. Des équipes techniques seraient actuellement mobilisées pour évaluer l’étendue de l’incident, renforcer les dispositifs de sécurité et garantir la continuité des services essentiels.

Ces cyberattaques interviennent dans un contexte de digitalisation accrue de l’administration sénégalaise, où les systèmes d’information occupent une place centrale dans la gestion des données d’état civil, de l’identité numérique et des services aux citoyens. Elles mettent en lumière la nécessité urgente de renforcer la cybersécurité nationale, tant sur le plan des infrastructures que de la gouvernance, de la formation des agents et de la coordination entre les différentes entités de l’État.

Sommet de l’UA : la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU au cœur des discussions

Le 39ᵉ Sommet de l’Union africaine (UA), prévu en février prochain à Addis-Abeba, en Éthiopie, s’annonce comme un rendez-vous diplomatique majeur pour le continent. Parmi les dossiers stratégiques inscrits à l’agenda figure l’examen de la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies. Une perspective qui suscite déjà de nombreux commentaires au sein des cercles diplomatiques africains et internationaux.

Selon plusieurs sources diplomatiques concordantes, la candidature de Macky Sall pourrait bénéficier d’un large soutien des chefs d’État et de gouvernement africains. Cette dynamique s’expliquerait notamment par le consensus croissant autour de la nécessité de voir l’Afrique accéder, pour la première fois, à la tête de l’Organisation des Nations unies, dans un contexte mondial marqué par de profondes crises géopolitiques, sécuritaires et climatiques. Le sommet d’Addis-Abeba pourrait ainsi servir de cadre à une position commune africaine en faveur de cette ambition.

Ancien président du Sénégal de 2012 à 2024, Macky Sall a occupé une place centrale sur la scène continentale et internationale durant ses mandats. Président en exercice de l’Union africaine en 2022, il s’est illustré par une diplomatie active, notamment sur les questions de paix et de sécurité, de réforme de la gouvernance mondiale et de justice climatique. Son rôle de médiateur dans plusieurs crises régionales et son plaidoyer pour une meilleure représentation de l’Afrique dans les instances internationales renforcent son profil aux yeux de nombreux dirigeants africains.

Pour ses soutiens, Macky Sall incarne un leadership expérimenté, capable de dialoguer aussi bien avec les grandes puissances qu’avec les pays du Sud. Ils estiment que son parcours politique, sa connaissance des mécanismes multilatéraux et son réseau diplomatique constituent des atouts majeurs pour diriger une organisation confrontée à des défis complexes, allant des conflits armés à la réforme du Conseil de sécurité, en passant par le développement durable et la lutte contre les inégalités.

Toutefois, si le soutien africain apparaît déterminant, la course au poste de Secrétaire général de l’ONU reste fortement concurrentielle et soumise à de multiples équilibres géopolitiques. Le processus de sélection implique non seulement l’Assemblée générale des Nations unies, mais aussi l’approbation du Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto. Dans ce contexte, l’unité africaine autour d’un candidat unique serait un signal politique fort, mais non suffisant à elle seule.

Ousmane Diagne face à l’impasse du Conseil supérieur de la magistrature

Remplacé en septembre dernier par Yassine Fall lors du remaniement ministériel, l’ancien ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Ousmane Diagne, se retrouve aujourd’hui dans une situation administrative et institutionnelle pour le moins préoccupante. Plusieurs mois après son départ du gouvernement, il n’a toujours pas réintégré la Cour suprême, alors même que les usages et principes en vigueur voudraient qu’un magistrat nommé ministre retrouve automatiquement son poste d’origine à la fin de ses fonctions gouvernementales.

Selon le quotidien Les Échos, cette situation résulte avant tout d’un blocage juridique. L’acte administratif qui avait permis l’affectation d’Ousmane Diagne au Parquet général près la Cour suprême serait devenu caduc avec le temps et les changements intervenus. En conséquence, sa réintégration ne pourrait se faire sans l’édiction d’un nouvel acte de nomination. Or, une telle décision ne relève pas du pouvoir exécutif seul, mais du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), seule instance habilitée à statuer sur la carrière et les affectations des magistrats.

Le problème majeur tient au fait que le CSM ne s’est plus réuni depuis le 26 juin dernier, alors que les textes prévoient au minimum deux sessions par an. Cette absence prolongée de réunion entretient le flou et retarde la régularisation de plusieurs situations, dont celle de l’ancien Garde des Sceaux. Aucune communication officielle n’a, jusqu’ici, permis d’expliquer clairement les raisons de cette inactivité du Conseil, alimentant interrogations et spéculations.

Dans ses colonnes, Les Échos s’interroge ainsi sur les motivations profondes de ce retard. Certains observateurs n’excluent pas que cette situation soit liée au passé ministériel d’Ousmane Diagne. L’ancien ministre aurait, lorsqu’il était en poste, refusé — avec son équipe — de donner suite à une demande sensible de révision de procès. Une décision qui, aujourd’hui, pourrait peser lourdement sur son sort, même si aucune preuve formelle ne vient étayer cette hypothèse.

Au-delà des considérations politiques ou institutionnelles, le facteur temps apparaît comme l’élément le plus critique dans ce dossier. Ousmane Diagne approche de l’âge de la retraite, et le compte à rebours est désormais lancé. S’il n’est pas rétabli à la Cour suprême avant son départ officiel, il risque de perdre le bénéfice des trois années supplémentaires de fonction auxquelles il pouvait prétendre, suite au rallongement de l’âge de la retraite accordé aux magistrats de ce rang. Une perspective lourde de conséquences, tant sur le plan professionnel que symbolique, pour un haut magistrat ayant occupé l’un des postes les plus stratégiques de l’appareil judiciaire sénégalais.

Dystonie : de retour d’Israël, Pape Natango Mbaye affiche des progrès encourageants et un espoir renouvelé

Le lauréat du Prix Gaindé de la performance, Pape Natango Mbaye, est de retour au Sénégal après un séjour médical de deux mois et demi au Sheba Medical Center, en Israël. Reçu ce matin à la résidence de l’ambassade d’Israël, le jeune élève en situation de handicap a livré un témoignage empreint d’espoir, faisant état d’avancées notables dans le traitement de la dystonie généralisée dont il souffre.

Récompensé par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, pour son parcours inspirant, Pape Natango Mbaye s’est rendu en Israël entre novembre et janvier grâce à l’accompagnement de l’ambassade d’Israël. Sa pathologie, une dystonie généralisée affectant principalement les membres supérieurs, entrave fortement l’usage de ses mains. Malgré cela, le jeune homme s’est distingué par sa capacité à écrire avec ses pieds, symbole de résilience et de détermination.

Après une évaluation approfondie de son cas, les spécialistes du Sheba Medical Center ont opté pour un traitement médicamenteux à long terme, écartant pour l’heure l’option chirurgicale. « Les médecins m’ont expliqué qu’il est possible d’obtenir des résultats significatifs avec un traitement au long cours, sans recourir à la chirurgie », a-t-il confié devant la presse. Un choix thérapeutique mûrement réfléchi, auquel il adhère pleinement, préférant faire confiance à l’expertise médicale.

Les premiers effets du traitement sont déjà visibles. Pape Natango Mbaye évoque une amélioration sensible de sa condition, notamment en matière de mobilité et de contractions musculaires. « Il y a beaucoup d’améliorations, surtout au niveau de la mobilité et de la contraction des muscles. Ils ont réussi à alléger les douleurs », a-t-il témoigné. Si l’usage de ses mains pour écrire n’est pas encore possible, les médecins se montrent optimistes et anticipent des progrès significatifs au cours des trois prochains mois.

Au-delà des résultats cliniques, le jeune lauréat a salué la qualité du plateau technique et des conditions d’accueil au sein du système hospitalier israélien. « Les malades peuvent se loger dans l’hôpital, ce qu’on ne voit pas au Sénégal. Les médecins sont très compétents et le peuple israélien est très accueillant », a-t-il souligné, mettant en avant un environnement médical propice au rétablissement.

Tambacounda : le Président Bassirou Diomaye Faye à l’écoute des forces vives pour des réponses concrètes aux urgences territoriales

Dans la soirée du jeudi 5 février 2026, et jusque tard dans la nuit, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a consacré de longues heures d’échanges aux élus locaux et aux acteurs économiques de la région de Tambacounda. Cette rencontre, tenue dans un climat d’écoute attentive et de dialogue franc, s’inscrit dans la volonté affichée du Chef de l’État de gouverner au plus près des réalités des territoires, en associant les forces vives à la recherche de solutions durables aux difficultés du quotidien.

Tour à tour, les intervenants ont porté à l’attention du Président des préoccupations majeures touchant directement les populations. La santé, la connectivité numérique, l’emploi et l’enclavement figurent parmi les sujets les plus récurrents soulevés au cours des discussions. Autant de problématiques structurelles qui, selon les participants, freinent encore le développement économique et social de la région.

En réponse, le Chef de l’État a tenu à rassurer ses interlocuteurs en revenant sur plusieurs programmes et réalisations de l’État actuellement en cours d’exécution. Sur le plan sanitaire, Bassirou Diomaye Faye a évoqué la prise en charge du centre de santé de Bakel, tout en annonçant le lancement, avant la fin de l’année 2026, d’un vaste programme national de déploiement de 112 ambulances. Cette initiative vise à renforcer significativement les capacités d’évacuation sanitaire sur l’ensemble du territoire national, en particulier dans les zones rurales et éloignées, souvent confrontées à des urgences médicales difficiles à gérer faute de moyens adaptés.

La question de la connectivité, jugée cruciale pour l’inclusion numérique et l’attractivité économique des territoires, a également occupé une place centrale dans les échanges. Le Président de la République a rappelé que les difficultés actuelles seront progressivement résorbées grâce au déploiement de l’internet satellitaire. Cette solution technologique doit permettre de garantir un accès plus équitable au numérique, y compris dans les zones les plus enclavées, et d’ouvrir de nouvelles perspectives en matière d’éducation, de services administratifs et d’opportunités économiques.

Concernant le désenclavement, Bassirou Diomaye Faye a annoncé qu’une enveloppe de 24 milliards de francs CFA, retenue dans le cadre de la renégociation du Programme spécial de désenclavement, est spécifiquement dédiée à la réalisation de linéaires de routes dans la région de Tambacounda. Il a également souligné l’importance stratégique de la réhabilitation de la gare ferroviaire de Tambacounda, infrastructure clé pour la mobilité des personnes et des biens, ainsi que pour l’intégration économique et territoriale de la région.

Les échanges ont aussi été marqués par une forte prise de parole des femmes, venues témoigner de l’impact concret des politiques publiques en faveur de l’autonomisation économique. Elles ont notamment mis en avant la Maison des femmes de Tambacounda, une structure fédérant 50 Groupements d’intérêt économique, qui a bénéficié d’un financement de 40 millions de francs CFA du Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP). Les bénéficiaires ont exprimé leur reconnaissance au Chef de l’État pour cet appui, qu’elles considèrent comme un levier déterminant pour le renforcement de l’économie sociale et solidaire et l’amélioration des conditions de vie des femmes de la région.

Au terme de ces échanges prolongés, le Président de la République a réaffirmé sa détermination à répondre avec méthode, équité et constance aux préoccupations exprimées. Il a rappelé que ces actions s’inscrivent pleinement dans l’engagement de faire de l’année 2026 l’Année de l’emploi et de l’économie sociale et solidaire, en cohérence avec la vision stratégique Sénégal 2050. Une vision qui ambitionne de bâtir un développement inclusif, équilibré et durable, fondé sur la valorisation des territoires et le potentiel de leurs populations.

Suspension temporaire de la production des cartes d’identité : la DAF dément toute fuite de données malgré les soupçons de cyberattaque

La Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF), rattachée au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, traverse une zone de turbulence après la survenue d’un incident informatique majeur ayant entraîné la suspension provisoire de la production des cartes nationales d’identité. L’information a été rendue publique à travers un communiqué officiel daté du 5 février 2026 et signé par son directeur, le Commissaire de Police Principal Ibrahima Dieng.

Selon le document, un dysfonctionnement technique a été constaté au sein du système informatique de la DAF, rendant impossible, pour le moment, la poursuite normale des opérations de délivrance des cartes nationales d’identité. Cette interruption de service, bien que présentée comme temporaire, intervient dans un contexte particulièrement sensible marqué par une vague d’informations alarmantes circulant sur les réseaux sociaux et certaines plateformes du dark web.

Depuis plusieurs jours, des allégations font état d’une cyberattaque d’une ampleur inédite visant les bases de données de l’État sénégalais. Certaines publications évoquent une exposition potentielle de données stratégiques, notamment des informations liées à l’identité des citoyens, à la biométrie et même aux fichiers électoraux, suscitant une vive inquiétude au sein de l’opinion publique.

Face à ces rumeurs persistantes, la Direction de l’Automatisation des Fichiers a tenu à apporter des clarifications et à rassurer les populations. Dans son communiqué, la DAF affirme qu’aucune atteinte à l’intégrité des données personnelles des citoyens n’a été constatée à ce stade. Les autorités assurent que les bases de données demeurent intactes et sécurisées, contrairement aux informations relayées sur certaines plateformes non officielles.

« Le Directeur rassure les populations et usagers quant à l’intégrité de leurs données personnelles, lesquelles demeurent intactes », précise le communiqué, cherchant ainsi à calmer les craintes liées à une éventuelle fuite massive de données sensibles.

Parallèlement, les services techniques compétents ont été immédiatement mobilisés afin d’identifier la cause exacte du dysfonctionnement et de rétablir le système dans les meilleurs délais. L’objectif, selon la DAF, est de permettre une reprise rapide et sécurisée des activités, notamment la production et la délivrance des cartes nationales d’identité, essentielles pour de nombreuses démarches administratives.

Consciente toutefois de la gravité des soupçons évoqués dans l’espace public, la Direction de l’Automatisation des Fichiers a annoncé l’ouverture d’une enquête. Celle-ci devra permettre de déterminer l’origine précise de l’incident, d’évaluer l’ampleur réelle d’une éventuelle cyberattaque et d’identifier d’éventuelles failles dans le système d’information de l’institution.

Tambacounda : le Président pose les jalons d’un vaste réseau ferroviaire moderne

En tournée économique dans le Sénégal oriental, le Chef de l’État s’est rendu sur le chantier de la future gare ferroviaire de Tambacounda, un projet structurant qui illustre l’ambition des autorités de relancer durablement le transport ferroviaire national. Selon la Présidence de la République, cette visite s’inscrit dans la volonté présidentielle de faire des infrastructures un moteur de développement économique, d’intégration territoriale et de création d’emplois.

Le projet phare présenté repose sur la construction d’une ligne ferroviaire à écartement standard reliant Dakar à Tambacounda. Longue de 464 kilomètres, cette future infrastructure représente un investissement prévisionnel estimé à 1 500 milliards de francs CFA. Elle constitue la première étape d’un programme beaucoup plus vaste visant la mise en place d’un réseau ferroviaire national moderne d’environ 2 000 kilomètres, capable de désenclaver l’intérieur du pays et de renforcer la compétitivité économique du Sénégal.

En attendant la réalisation de cette nouvelle ligne, l’État a lancé une importante opération de réhabilitation du réseau ferroviaire existant afin d’assurer la continuité du trafic et de sécuriser les déplacements. Les données techniques communiquées par la Présidence font état d’avancées significatives sur le terrain. Plusieurs dizaines de kilomètres de voies ont été entièrement reconstruits, des milliers de traverses remplacées et des centaines de milliers d’attaches remises en voie. D’importantes quantités de ballast ont été mises en œuvre pour renforcer la stabilité des rails, tandis que de nombreux passages à niveau ont été mis aux normes afin d’améliorer la sécurité des usagers. Parallèlement, des ouvrages hydrauliques et métalliques ont fait l’objet de travaux de réhabilitation pour garantir la durabilité des installations.

Sur le plan financier, cette phase transitoire a déjà nécessité un engagement de 27 milliards de francs CFA. À ce montant viendront s’ajouter 19,2 milliards supplémentaires destinés à finaliser les travaux hydrauliques et métalliques, confirmant l’ampleur de l’effort consenti par l’État pour maintenir et moderniser le réseau ferroviaire existant.

Au-delà des chiffres et des aspects purement techniques, le Président de la République a insisté sur la dimension stratégique et sociale de ces chantiers. Il a réaffirmé sa volonté de transformer les projets ferroviaires en véritables leviers d’opportunités économiques, notamment en favorisant l’emploi local, le transfert de compétences et l’émergence d’activités connexes autour du rail. Pour le Chef de l’État, le développement du chemin de fer ne se limite pas à la construction d’infrastructures, mais participe d’une vision globale d’aménagement du territoire, de justice spatiale et de croissance inclusive.

Le trophée de la CAN 2025 présenté aux détenus de Rebeuss, un geste fort de reconnaissance citoyenne

Le trophée de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 a fait escale à la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, marquant une étape symbolique de sa tournée nationale. Selon RTS Digital, cette initiative est portée par la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), conduite par son président Abdoulaye Fall, dans le cadre de la présentation du trophée remporté par le Sénégal au Maroc, à l’issue d’une campagne mémorable de l’équipe nationale.

La délégation de la FSF a été accueillie par le directeur général de l’Administration pénitentiaire, Aliou Ciss, qui a salué un acte « hautement symbolique ». Pour lui, cette démarche rappelle une vérité essentielle : les établissements pénitentiaires font pleinement partie de la société sénégalaise. En ouvrant les portes de Rebeuss au trophée continental, les autorités sportives et pénitentiaires ont voulu transmettre un message d’inclusion et d’unité nationale, au-delà des murs de la détention.

Aliou Ciss a également tenu à féliciter les plus hautes autorités de l’État pour cette victoire historique. Il a cité le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko, l’ensemble du gouvernement, ainsi que le staff technique et les joueurs de l’équipe nationale, soulignant que ce sacre a été acquis dans des conditions exceptionnelles et au prix d’un engagement collectif remarquable.

Au-delà de la célébration sportive, le directeur général de l’Administration pénitentiaire a insisté sur la portée citoyenne de l’événement. Selon lui, la présence du trophée à Rebeuss constitue une reconnaissance claire de la citoyenneté des personnes détenues. « Les détenus sont des citoyens à part entière. Leur situation judiciaire ne leur enlève ni leur dignité ni leur appartenance à la Nation », a-t-il affirmé, rappelant que le respect des droits et de la dignité humaine demeure un principe fondamental de l’État de droit.

Pour de nombreux détenus, cette visite a représenté un moment de fierté et d’émotion, offrant une parenthèse d’espoir et de communion autour d’un symbole national fort. La tournée du trophée de la CAN 2025, en intégrant des lieux souvent en marge des célébrations, réaffirme ainsi le rôle fédérateur du sport et sa capacité à rassembler tous les Sénégalais, sans distinction, autour des valeurs de solidarité, de respect et d’appartenance à une même Nation.

Santé inclusive : les personnes handicapées exigent des actes

Derrière les textes, les stratégies et les plans de santé, il y a des vies. Celles de milliers de Sénégalais vivant avec un handicap, souvent contraints de renoncer aux soins faute d’infrastructures accessibles, de services adaptés ou, tout simplement, d’écoute. C’est pour briser ce silence et replacer l’humain au cœur des politiques publiques qu’un atelier national de revue documentaire sur l’intégration du handicap dans les politiques de santé s’est ouvert ce mercredi 4 février 2026, dans un hôtel de la place, pour se poursuivre jusqu’au 6 février.

Pendant trois jours, responsables institutionnels, experts du secteur sanitaire, partenaires techniques et financiers, ainsi que des organisations de personnes handicapées, se penchent sur les textes fondateurs du système de santé sénégalais. Mais au-delà des documents, c’est la réalité quotidienne des personnes handicapées qui s’invite dans les débats : des femmes contraintes d’accoucher sans accompagnement adapté, des enfants privés de soins de base, des patients découragés par des structures sanitaires inaccessibles.

Présidant la cérémonie d’ouverture, Madame Darry Isseu Gaye, présidente du Cadre fédérateur des femmes handicapées (CF/FSAPH), a livré un message empreint d’émotion et de fermeté. Pour elle, cet atelier représente bien plus qu’un simple exercice technique.

« Tant que les personnes handicapées continueront à être invisibles dans les politiques de santé, le droit à la santé restera incomplet », a-t-elle déclaré.

Elle a rappelé que chaque obstacle architectural, chaque service non adapté et chaque politique indifférente se traduisent par une souffrance humaine bien réelle. « L’inclusion du handicap n’est pas une faveur, c’est une dette sociale », a-t-elle insisté, appelant à transformer les engagements institutionnels en actes concrets et mesurables.

Les travaux portent sur une analyse critique des stratégies sanitaires existantes, afin d’identifier les manquements, mais aussi de valoriser les rares bonnes pratiques. L’objectif final est clair : faire émerger des recommandations opérationnelles capables de bâtir un système de santé où personne ne se sentira exclu en raison de son handicap.

À l’issue de cet atelier, les conclusions attendues devraient servir de socle à des politiques de santé plus justes, conformes aux engagements internationaux du Sénégal, notamment la Convention relative aux droits des personnes handicapées.

À travers cette rencontre, une voix collective s’élève : celle des personnes handicapées qui demandent simplement à être soignées avec dignité. Car une santé réellement universelle ne se mesure pas à la qualité des discours, mais à la capacité d’un pays à protéger les plus vulnérables.

Kaolack : les élèves en situation de handicap pleurent le décès de Madame Khady Guèye Sanokho

La communauté éducative de Kaolack est profondément émue par le décès de Madame Khady Guèye Sanokho, ancienne directrice de l’école élémentaire inclusive Serigne Aliou Cissé de Sam. Mais au-delà des hommages officiels, ce sont surtout les élèves en situation de handicap qui expriment une douleur particulière : celle d’avoir perdu une éducatrice engagée, convaincue de leur potentiel et farouche défenseure de leur droit à une éducation digne et équitable.

Figure respectée du système éducatif local, Mme Khady Guèye Sanokho a consacré sa carrière à la promotion d’une école ouverte à tous, sans distinction de genre, de condition sociale ou de handicap. À la tête de l’établissement à partir de 2013, elle a fait de l’inclusion scolaire une priorité, veillant à l’intégration effective des élèves en situation de handicap dans le système éducatif ordinaire.

Une directrice au service de l’inclusion

Sous sa direction, l’école Serigne Aliou Cissé de Sam s’est progressivement imposée comme un modèle d’éducation inclusive dans la région de Kaolack. Mme Sanokho s’est fortement investie dans l’adaptation des pratiques pédagogiques aux besoins spécifiques des élèves en situation de handicap, en étroite collaboration avec les enseignants, les parents et les acteurs communautaires.

Elle encourageait l’utilisation de méthodes pédagogiques différenciées, la prise en compte des rythmes d’apprentissage et la valorisation des capacités de chaque enfant. Pour elle, aucun handicap ne devait constituer un frein à la réussite scolaire.

Une attention particulière aux filles en situation de handicap

Très sensible à la double vulnérabilité des filles en situation de handicap, souvent exposées à l’exclusion scolaire et sociale, Mme Sanokho menait un combat constant pour leur maintien à l’école. Elle plaidait auprès des familles afin d’éviter les abandons précoces et œuvrait à l’instauration d’un climat scolaire protecteur et bienveillant.

À travers des programmes éducatifs tels que Lecture Pour Tous, elle veillait à ce que ces élèves bénéficient d’un accompagnement renforcé, favorisant leur autonomie, leur confiance en elles et leur participation active en classe.

Une perte ressentie par toute la communauté scolaire

L’annonce de son décès a provoqué une vive émotion au sein de l’établissement. Des scènes de tristesse ont été observées parmi les élèves en situation de handicap, qui voyaient en elle une mère éducative, une protectrice et une source constante d’encouragement.

Enseignants, parents d’élèves et autorités éducatives saluent unanimement le parcours d’une femme de conviction, dont l’engagement a contribué à changer le regard porté sur le handicap à l’école.

Madame Khady Guèye Sanokho laisse derrière elle un héritage fort : celui d’une école inclusive, humaine et équitable. Si elle n’est plus, son combat pour l’éducation des élèves en situation de handicap continuera d’inspirer les générations futures et les acteurs du système éducatif sénégalais.

Lutte sénégalaise : le gouverneur de Dakar recadre Siteu et appelle à une réorganisation du milieu

Le gouverneur de la région de Dakar, Ousmane Kane, est sorti de sa réserve pour réagir fermement à la récente prise de position du lutteur Siteu. En cause, la décision des autorités étatiques de sanctionner, si nécessaire, la lutte sénégalaise face à la recrudescence des actes d’insécurité constatés autour des combats. Une mesure que le lutteur originaire de la banlieue dakaroise avait publiquement critiquée, suscitant une vive réaction de l’autorité administrative.

Se disant fier de sa « pikinité », Ousmane Kane n’a pas caché son agacement face à ce qu’il considère comme une sortie inappropriée et empreinte de hauteur de la part de Siteu. Pour le gouverneur, la manière dont le lutteur a exprimé son désaccord dépasse le cadre d’une simple opinion et frôle l’irrespect envers les institutions de la République. Il a tenu à rappeler que les décisions prises par l’État, notamment en matière de sécurité publique, relèvent de l’autorité légitime et visent avant tout à préserver les populations ainsi que l’image de la lutte sénégalaise.

L’autorité administrative a également pointé du doigt la circulation, sur le réseau social TikTok, d’images qu’il juge particulièrement choquantes. Selon lui, des montages montrant le ministre de l’Intérieur et le gouverneur placés en dessous de l’image du lutteur laissent croire que ce dernier exercerait une forme d’autorité sur les responsables étatiques. Une situation que Ousmane Kane qualifie de dérive grave, estimant qu’elle participe à banaliser le rôle de l’État et à fragiliser le respect dû aux institutions.

Face à ces tensions et aux nombreux dysfonctionnements relevés dans l’organisation des combats de lutte, le gouverneur de Dakar a décidé de passer à l’action. Ce jeudi, il a convié l’ensemble des acteurs de la lutte sénégalaise à une rencontre de concertation. L’objectif affiché est clair : engager une réflexion approfondie afin de mieux réorganiser le secteur, renforcer la sécurité autour des arènes et instaurer un climat de responsabilité et de discipline.

Report de l’audience des supporters sénégalais détenus au Maroc : l’attente se prolonge dans un climat de tension

Prévue ce jeudi 05 février 2026, l’audience concernant les supporters sénégalais détenus au Maroc a été une nouvelle fois reportée. Initialement attendus devant la justice marocaine, les mis en cause devront finalement patienter jusqu’au 12 février prochain. Ce renvoi est dû à la grève en cours des avocats marocains, paralysant partiellement le fonctionnement des juridictions du pays.

L’information a été rendue publique par le journaliste Ayoba Faye à travers une publication sur sa page Facebook. Selon son témoignage, la situation vécue par les supporters sénégalais est de plus en plus préoccupante. Lors de l’audience avortée, deux d’entre eux auraient fait une crise, dont un jeune homme souffrant d’épilepsie. Les deux supporters ont dû être évacués en urgence, illustrant la dégradation de leur état de santé et la dureté des conditions de détention.

Très critique à l’égard des autorités marocaines, Ayoba Faye dénonce une absence de volonté politique pour mettre fin à ce qu’il qualifie de « supplice » infligé aux compatriotes sénégalais. Il estime que la situation est devenue « écœurante », d’autant plus que les reports successifs prolongent l’incertitude judiciaire et la souffrance morale des détenus ainsi que de leurs familles.

Pour rappel, dix-huit supporters sénégalais avaient été interpellés à l’issue de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 opposant le Sénégal au Maroc. Les arrestations ont eu lieu dans et aux abords du stade, dans un contexte de forte tension après la rencontre. Par la suite, dix-sept d’entre eux ont été maintenus en détention et poursuivis pour des faits qualifiés de « hooliganisme » et de « troubles à l’ordre public », en lien avec des incidents survenus dans l’enceinte sportive.

Depuis leur arrestation, cette affaire suscite une vive émotion au Sénégal, où de nombreuses voix s’élèvent pour demander une résolution rapide et humaine du dossier. Les familles des détenus, tout comme plusieurs acteurs de la société civile et des médias, appellent les autorités sénégalaises à intensifier les démarches diplomatiques afin d’abréger l’épreuve que traversent ces supporters.

Université du Sénégal oriental : Diomaye Faye impulse une accélération décisive des travaux à Tambacounda

En tournée économique dans le Sénégal oriental, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a effectué, peu après son arrivée à Tambacounda, une visite du chantier de l’Université du Sénégal oriental (USO), un projet structurant dont la livraison est annoncée avant octobre 2026, en perspective de la prochaine rentrée universitaire. Cette étape symbolique traduit la volonté des autorités de faire de l’enseignement supérieur un levier majeur de développement territorial et de réduction des inégalités régionales.

Le Chef de l’État était accompagné d’une importante délégation gouvernementale comprenant le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, Dethie Fall, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, ainsi que le ministre des Forces armées. Leur présence conjointe témoigne du caractère transversal du projet et de son ancrage dans une vision globale de développement économique, social et sécuritaire de la zone orientale du pays.

Selon les autorités, l’Université du Sénégal oriental s’inscrit comme un maillon stratégique du maillage universitaire national. Elle vise à rapprocher l’offre de formation des réalités locales et à renforcer l’attractivité académique d’une région longtemps confrontée à l’éloignement des grands pôles universitaires. À cet égard, le Président Bassirou Diomaye Faye s’est félicité de l’orientation académique retenue, qu’il juge en parfaite cohérence avec les potentialités minières et géologiques de la région de Tambacounda et de Kédougou.

Le Chef de l’État a souligné l’importance d’établir une articulation forte entre l’enseignement théorique et la pratique professionnelle. Il a notamment salué l’intégration d’incubateurs au sein du projet universitaire, destinés à encourager l’innovation, l’entrepreneuriat et la valorisation des ressources locales. Pour le Président de la République, cette approche permettra de former des compétences adaptées aux besoins du territoire tout en favorisant l’insertion professionnelle des jeunes diplômés.

Au cours de la visite, Bassirou Diomaye Faye a également salué l’engagement de l’entreprise chargée de la réalisation des travaux, tout en appelant à un maintien rigoureux de la cadence. Il a insisté sur la vigilance constante exercée par les ministres en charge des Infrastructures et de l’Enseignement supérieur afin de garantir le respect des délais contractuels.

Réaffirmant l’engagement de l’État, le Président de la République a assuré que toutes les mesures nécessaires seront prises pour accompagner l’entreprise et lever les éventuelles contraintes techniques ou administratives. L’objectif, a-t-il martelé, est de livrer l’Université du Sénégal oriental à la date convenue, soit octobre 2026, afin qu’elle puisse accueillir ses premiers étudiants dès la prochaine rentrée universitaire.

Starlink au Sénégal : un choix pragmatique pour combler la fracture numérique territoriale

L’annonce de l’arrivée de Starlink au Sénégal suscite depuis quelques heures débats et interrogations dans l’opinion publique comme au sein de l’écosystème des télécommunications. Certains y voient une menace potentielle pour les opérateurs nationaux, d’autres une remise en cause des équilibres du marché. Pourtant, replacée dans son contexte, cette initiative apparaît moins comme une rupture que comme une réponse pragmatique à une urgence nationale longtemps ignorée : la persistance de vastes zones du territoire sénégalais privées d’accès à Internet, plus de trente ans après la libéralisation du secteur des télécommunications.

Lorsque le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a affirmé que 2026 serait « l’année de la connectivité », il ne s’agissait pas d’un simple slogan politique. Cette déclaration posait avant tout un diagnostic lucide. Malgré des décennies d’ouverture du marché et d’investissements privés, des villages entiers, des communes rurales, des zones frontalières et enclavées demeurent dans une quasi-obscurité numérique. Cette situation n’est pas le résultat d’une fatalité géographique, mais bien d’un déficit structurel d’investissement dans des territoires jugés peu rentables par les opérateurs traditionnels.

La question centrale n’est donc plus de déterminer si la technologie satellitaire est idéale ou non, mais plutôt de s’interroger sur les alternatives réellement disponibles pour ces zones délaissées. Les opérateurs terrestres, bien qu’assujettis à des obligations de couverture, n’ont jamais trouvé économiquement viable de déployer massivement des infrastructures lourdes dans des zones à faible densité démographique. Le déploiement de la fibre optique ou même de réseaux mobiles performants dans ces régions supposerait des années de travaux, une logistique complexe et des investissements considérables, dont la rentabilité reste incertaine, voire inexistante à court et moyen terme.

Face à ce constat, le gouvernement sénégalais a opté pour une approche résolument pragmatique. L’accord conclu avec Starlink, qui prévoit la connexion gratuite d’un million de Sénégalais durant le premier semestre de l’année 2026 à travers l’acquisition de 5 000 kits à tarif préférentiel, marque une accélération significative de la stratégie d’inclusion numérique. Là où les infrastructures terrestres nécessiteraient potentiellement une décennie pour atteindre ces territoires, la technologie satellitaire permet une intervention en quelques mois seulement, sans lourds travaux au sol.

Contrairement aux inquiétudes exprimées par certains acteurs du secteur, cette initiative ne relève pas d’une logique de concurrence frontale. Elle s’inscrit plutôt dans une dynamique de complémentarité. Les opérateurs terrestres et Starlink n’évoluent pas sur les mêmes segments de marché. D’un côté, les zones urbaines et périurbaines bénéficient déjà de la fibre optique, de la 4G et de la 5G, où les opérateurs nationaux excellent et disposent d’un modèle économique solide. De l’autre, subsistent les zones blanches, où aucune infrastructure n’existe ou presque. C’est précisément dans ces espaces que le satellite trouve sa pertinence, non pas pour remplacer les réseaux existants, mais pour les prolonger là où ils ne peuvent s’étendre.

Les priorités définies par les autorités sénégalaises confirment clairement cette orientation. Il s’agit notamment de connecter les zones blanches à travers des dispositifs de wifi communautaire, de desservir les établissements scolaires en milieu rural, de relier les collectivités territoriales isolées et de sécuriser la connectivité dans les zones frontalières. Autant de territoires où les opérateurs classiques sont historiquement absents ou très faiblement présents.

L’argument selon lequel un opérateur satellitaire échapperait au cadre réglementaire national ne résiste pas à l’analyse. L’autorisation accordée à Starlink l’assujettit aux mêmes exigences que tout fournisseur d’accès à Internet opérant sur le territoire sénégalais. Régulation tarifaire, respect des normes de sécurité, obligations fiscales, protection des données personnelles : l’État dispose des mêmes leviers de contrôle et de sanction. La différence technologique ne crée aucune exception juridique. Au contraire, elle renforce la nécessité d’un cadre réglementaire clair et rigoureux, que le Sénégal est en mesure de définir et de faire appliquer.

Au-delà des considérations techniques et économiques, le choix de recourir à Starlink soulève une question fondamentale d’équité territoriale et de justice sociale. Comment justifier qu’en 2026, des citoyens sénégalais soient privés d’accès à Internet simplement parce qu’ils vivent en zone rurale ou enclavée ? Comment accepter que l’éducation numérique, l’accès aux services de santé en ligne, l’administration dématérialisée ou encore le commerce électronique demeurent des privilèges essentiellement urbains ?

Le New Deal Technologique porté par le gouvernement repose sur un principe simple mais structurant : la connectivité est un droit fondamental, et non un luxe réservé à une minorité. Lorsque les mécanismes du marché échouent à garantir ce droit, l’intervention publique devient non seulement légitime, mais nécessaire. En offrant un accès gratuit à Internet à un million de Sénégalais issus des zones les plus défavorisées, l’État ne se substitue pas aux opérateurs privés. Il assume une mission de service public là où le marché a montré ses limites.

Enfin, l’initiative sénégalaise s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation numérique du continent africain. En négociant des conditions préférentielles avec un acteur technologique mondial comme Starlink, le Sénégal se positionne comme un laboratoire d’un modèle hybride associant infrastructures terrestres et solutions satellitaires. Une approche pragmatique, dénuée d’idéologie technologique, qui pourrait inspirer d’autres pays africains confrontés aux mêmes défis de couverture et d’inclusion numérique.

Cyberattaque à la Daf : la production de documents suspendue, des données sensibles menacées

Au Sénégal, la Direction de l’automatisation des fichiers (Daf) traverse une situation critique après avoir été la cible d’une cyberattaque d’ampleur, active « depuis au moins cinq jours », selon les informations rapportées par le quotidien Libération. Cette intrusion informatique a contraint l’administration à suspendre provisoirement la production de documents officiels, une mesure conservatoire destinée à éviter toute compromission supplémentaire des systèmes et des données sensibles qu’elle héberge.

Les auteurs de l’attaque, se présentant sous l’appellation « The Green Blood Group », affirment être en possession de 139 téraoctets de données appartenant à la Daf. Un volume particulièrement conséquent, qui, s’il était avéré, soulèverait de graves inquiétudes quant à la sécurité des informations personnelles et administratives des citoyens sénégalais. À ce stade, les autorités n’ont pas confirmé l’ampleur exacte des données potentiellement exfiltrées, mais des investigations techniques sont en cours pour évaluer les dégâts et contenir toute fuite éventuelle.

Cette cyberattaque survient dans un contexte déjà tendu, marqué par un bras de fer opposant l’État du Sénégal à la société malaisienne Iris Corporation. Cette dernière, adjudicataire du marché des cartes nationales d’identité biométriques, réclame le paiement de factures qu’elle estime impayées. Ce différend contractuel, qui concerne un secteur hautement stratégique de l’administration, alimente les spéculations sur d’éventuels liens entre le contentieux en cours et la vulnérabilité des systèmes de la Daf, même si aucune preuve formelle ne permet pour l’instant d’établir une connexion directe.

Au-delà de cet épisode précis, cette nouvelle attaque met en lumière la fragilité croissante des infrastructures numériques de l’État. En moins d’un an, il s’agit en effet de la deuxième cyberattaque majeure visant un service gouvernemental, après celle qui avait frappé la Direction générale des impôts et domaines (DGID). Une répétition inquiétante qui interroge sur le niveau de préparation du pays face aux menaces cybernétiques, dans un contexte de numérisation accélérée des services publics.

Affaire des rétrocommissions présumées : la Cour suprême examine le recours du parquet financier

La Cour suprême est attendue ce jeudi 5 février pour se prononcer sur le recours en cassation introduit par le parquet général financier contre l’arrêt de la chambre d’accusation ayant accordé la liberté provisoire à Serigne Oumar Mbaye. L’information a été révélée par le quotidien Les Échos dans sa parution du jour.

Ce recours s’inscrit dans le cadre de l’affaire dite des rétrocommissions présumées, qui implique le patron du groupe de presse Avenir Communication, Madiambal Diagne, ainsi que sa société immobilière, la SCI Pharaon. Le parquet financier conteste la décision de la chambre d’accusation estimant que les conditions ayant conduit à la mise en liberté provisoire de Serigne Oumar Mbaye ne sont pas juridiquement fondées.

Présenté par les enquêteurs comme le marabout de Madiambal Diagne, Serigne Oumar Mbaye avait été interpellé puis inculpé pour « complicité » dans ce dossier aux ramifications financières complexes. Selon l’accusation, il aurait joué un rôle indirect dans le circuit présumé de rétrocommissions ayant permis l’encaissement irrégulier de fonds liés à des opérations immobilières attribuées à la SCI Pharaon.

De son côté, Madiambal Diagne est soupçonné d’avoir indûment perçu des ressources financières à travers cette société, des faits qu’il conteste fermement. L’affaire a suscité une large attention médiatique en raison du profil des personnes mises en cause et de la sensibilité des accusations portées, dans un contexte marqué par un renforcement de la lutte contre les infractions économiques et financières.

Depuis le début de la procédure, Serigne Oumar Mbaye n’a cessé de clamer son innocence. Il affirme n’avoir aucun lien opérationnel, financier ou décisionnel avec les faits qui lui sont reprochés, soutenant que son nom est injustement associé à cette affaire en raison de sa relation personnelle avec le principal mis en cause. Sa défense estime que le dossier ne repose sur aucun élément matériel probant établissant sa participation aux infractions présumées.

La décision attendue de la Cour suprême est donc particulièrement scrutée. Elle pourrait soit confirmer l’arrêt de la chambre d’accusation, maintenant ainsi Serigne Oumar Mbaye en liberté provisoire, soit casser cette décision et renvoyer l’affaire devant une autre juridiction, avec des conséquences immédiates sur la situation judiciaire de l’intéressé.

Tournée économique du Président Bassirou Diomaye Faye à Tambacounda et Kédougou : cap sur l’emploi, la production et l’inclusion territoriale

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a entamé ce jour à Tambacounda une tournée économique de grande envergure dans les régions de Tambacounda et de Kédougou, marquant une étape majeure dans la mise en œuvre de sa vision de transformation structurelle de l’économie sénégalaise. À son arrivée à l’aérodrome de Tambacounda, le Chef de l’État a été accueilli par les autorités administratives et territoriales, dans un cérémonial rehaussé par les honneurs militaires, symbole de l’importance stratégique accordée à ce déplacement présidentiel.

Cette tournée s’inscrit dans la continuité des orientations majeures définies par le Président de la République depuis son accession à la magistrature suprême, visant à bâtir une économie plus résiliente, plus productive et davantage créatrice d’emplois. En décrétant l’année 2026 « Année de l’emploi et de l’économie sociale et solidaire », le Chef de l’État a clairement affiché sa volonté de placer le travail, l’entrepreneuriat et l’initiative locale au cœur des politiques publiques. Il s’agit de répondre de manière durable au défi du chômage, en particulier celui des jeunes, tout en favorisant l’inclusion économique des femmes et des communautés locales.

Dans les régions de Tambacounda et de Kédougou, riches en potentialités agricoles, minières, énergétiques et humaines, cette tournée vise à donner une impulsion nouvelle au développement territorial. Les différentes étapes prévues permettront d’évaluer l’état des infrastructures, d’échanger avec les acteurs économiques et sociaux, et de poser les bases d’une meilleure articulation entre formation professionnelle, agriculture moderne, accès à l’énergie, transformation locale et investissements productifs. L’objectif est de créer des chaînes de valeur solides, capables de générer des emplois décents et de fixer les populations dans leurs terroirs.

Au-delà des annonces et des projets, cette démarche présidentielle traduit une conviction profondément ancrée : le développement ne se décrète pas depuis les bureaux, il se construit sur le terrain, au contact direct des réalités locales. En allant à la rencontre des producteurs, des entrepreneurs, des jeunes porteurs de projets et des femmes actives dans l’économie sociale et solidaire, le Président Bassirou Diomaye Faye entend inscrire l’action publique dans une logique d’écoute, de co-construction et d’efficacité.

Cette tournée économique dans le Sénégal oriental apparaît ainsi comme un moment fort de gouvernance de proximité, mais aussi comme un signal politique et économique clair. Elle réaffirme l’engagement de l’État à faire de chaque région un moteur de croissance, à réduire les inégalités territoriales et à bâtir un Sénégal plus inclusif, plus productif et résolument tourné vers l’avenir.

Retenues salariales à l’ARP : les syndicats dénoncent une décision unilatérale et exigent des explications

Au sein de l’administration sénégalaise, la récente décision de la Direction générale de l’Agence Sénégalaise de Réglementation Pharmaceutique (ARP) d’opérer des retenues sur les salaires de certains agents continue de susciter une vive controverse. Les syndicats affiliés à la Jonction des luttes, notamment la section SAMES et la sous-section SUTSAS, montent au créneau pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une mesure prise de manière unilatérale, sans information préalable ni transparence sur les critères ayant conduit à ces ponctions.

Selon les représentants syndicaux, les retenues appliquées varient entre 35.000 et 47.067 francs CFA par agent. Elles seraient intervenues dans un contexte de mobilisation collective au sein de l’administration, un cadre que les syndicats jugent légitime et conforme aux droits reconnus aux travailleurs de l’État. Le caractère sélectif de ces retenues, combiné à l’absence de notification individuelle motivée, alimente un sentiment d’injustice parmi les agents concernés et pose, selon eux, un sérieux problème de respect des procédures administratives.

La Jonction des luttes estime que la Direction générale n’a fourni aucune explication officielle permettant de comprendre les fondements juridiques ou réglementaires de ces décisions. Cette opacité, dénoncent les syndicats, fragilise la confiance entre l’administration et son personnel, et ouvre la voie à des interprétations pouvant laisser croire à des sanctions ciblées plutôt qu’à une mesure administrative objective et équitable.

Face à cette situation, les organisations syndicales avertissent que le maintien de ces retenues sans clarification pourrait devenir une source de tension majeure au sein de l’ARP. Elles appellent l’administration à prendre rapidement ses responsabilités en engageant un dialogue franc et inclusif avec les représentants des travailleurs, afin d’expliquer les critères retenus et de rétablir un climat social apaisé.

La Cour suprême annule l’interdiction de sortie du territoire visant Mansour Faye

La Cour suprême du Sénégal a ordonné l’annulation de l’arrêté pris par le ministère de l’Intérieur le 15 avril 2025, lequel interdisait à Mansour Faye de quitter le territoire national « jusqu’à nouvel ordre ». L’information a été révélée ce jeudi par le quotidien L’Observateur, marquant un tournant décisif dans ce dossier à forte portée politico-judiciaire.

Cette décision de la Haute juridiction intervient dans un contexte juridique déjà défavorable à l’administration. En effet, moins d’un mois avant la signature de l’arrêté contesté, le juge des référés de la Cour suprême avait sommé l’autorité administrative, le 28 mars 2025, de notifier à l’ancien ministre les motifs précis justifiant la restriction de sa liberté de circulation. À défaut de cette notification, le juge avait exigé que Mansour Faye soit rétabli dans l’intégralité de ses droits.

C’est à la suite de plusieurs interdictions d’embarquer à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) que le maire de Saint-Louis, par ailleurs beau-frère de l’ancien président Macky Sall, avait saisi la Cour suprême. Estimant que ces mesures portaient atteinte à ses droits fondamentaux, notamment la liberté d’aller et de venir, il avait engagé une procédure contentieuse contre l’État.

En prenant l’arrêté du 15 avril 2025, le ministère de l’Intérieur semblait vouloir se conformer formellement aux exigences du juge des référés tout en maintenant la restriction. L’administration croyait ainsi avoir vidé la requête de Mansour Faye de sa substance et mis un terme définitif à la procédure engagée devant la Haute juridiction.

Cependant, la chambre administrative de la Cour suprême en a décidé autrement. Après examen du dossier, elle a estimé que l’arrêté ministériel ne reposait pas sur des bases juridiques suffisantes et ne respectait pas les garanties prévues par la loi. En conséquence, la juridiction a prononcé son annulation pure et simple, rétablissant Mansour Faye dans tous ses droits.

Des anciens présidents de groupe parlementaire solidaires de Doudou Wade après son audition

Une délégation d’anciens présidents de groupe parlementaire de l’Assemblée nationale du Sénégal s’est rendue au domicile du doyen Doudou Wade pour lui exprimer son soutien, à la suite de sa récente audition par la justice. La délégation était conduite par l’honorable Abdou Mbow, responsable au sein de l’Alliance pour la République (APR), en compagnie de l’ancien ministre Omar Youm.

Cette visite s’inscrit dans une démarche collective de solidarité, portée par quinze anciens présidents de groupe parlementaire, avec l’adhésion de l’actuelle présidente du groupe parlementaire Takku Wallu, Aïssata Tall Sall. S’exprimant au nom de l’ensemble de ces responsables parlementaires, les membres de la délégation ont tenu à marquer leur accompagnement total à l’endroit de Doudou Wade, qu’ils considèrent comme une figure majeure de la vie politique et institutionnelle du pays.

Les anciens présidents de groupe ont indiqué avoir pris acte de la libération de Doudou Wade à l’issue de son audition, tout en précisant que, conformément aux informations communiquées par ses avocats, il demeure à la disposition de la justice. Selon eux, la visite à son domicile visait avant tout à lui témoigner une solidarité fraternelle, à saluer son engagement, mais également à soutenir sa famille dans ce moment qu’ils jugent éprouvant.

Au-delà du geste de soutien personnel, les membres de la délégation ont souhaité alerter l’opinion nationale et internationale sur ce qu’ils estiment être une situation préoccupante pour l’état de droit et les libertés publiques au Sénégal. À cet effet, ils ont annoncé l’élaboration d’une déclaration commune destinée à exprimer leurs inquiétudes et à appeler à la vigilance.

Dans leur message, les anciens responsables parlementaires ont rappelé que la démocratie sénégalaise est le fruit de longues luttes menées par plusieurs générations et qu’elle constitue un acquis fondamental qu’il convient de préserver à tout prix. Ils ont insisté sur la nécessité de garantir les libertés d’expression et d’opinion, estimant que les convocations de personnalités politiques ou de journalistes pour leurs prises de position publiques devraient appartenir au passé.

Mission de haut niveau du Groupe de la Banque mondiale au Sénégal : un partenariat stratégique renforcé au service de la Vision Sénégal 2050

Une délégation de haut niveau du Groupe de la Banque mondiale effectuera une mission officielle au Sénégal du 5 au 13 février 2026, marquant une étape importante dans le renforcement du partenariat stratégique entre l’institution financière internationale et l’État du Sénégal. Cette visite s’inscrit dans une dynamique de consolidation de la coopération autour des priorités nationales de développement, en parfaite cohérence avec les orientations de la Vision Sénégal 2050.

La mission sera conduite par Ousmane Diagana, Vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, accompagné de Ed Mountfield, Vice-président et Directeur financier de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). Selon un communiqué du Groupe de la Banque mondiale, cette délégation de haut rang aura pour objectif d’approfondir le dialogue stratégique avec les autorités sénégalaises et d’examiner les perspectives de renforcement de l’appui du Groupe aux réformes structurelles et aux investissements prioritaires du pays.

Au cours de leur séjour, les responsables du Groupe de la Banque mondiale rencontreront les plus hautes autorités de l’État, notamment le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le Président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, ainsi que le Premier ministre, Ousmane Sonko. Des échanges sont également prévus avec plusieurs membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, des représentants du secteur privé et des acteurs de la société civile, traduisant la volonté d’une approche inclusive et concertée du développement.

Les discussions porteront principalement sur l’alignement du nouveau Cadre de Partenariat Pays (CPF), actuellement en cours de finalisation, avec les priorités stratégiques du Sénégal. Il sera également question de l’optimisation du portefeuille de projets afin d’améliorer leur efficacité et leur impact sur les conditions de vie des populations, ainsi que des perspectives de mobilisation de ressources additionnelles pour soutenir les secteurs clés de l’économie nationale.

Parmi les temps forts annoncés de cette mission figure le lancement officiel du pacte AgriConnect Sénégal. Ce programme ambitieux vise à transformer durablement les chaînes de valeur agricoles, à renforcer la productivité et la compétitivité du secteur, tout en favorisant la création d’emplois décents, en particulier au profit des jeunes et des femmes en milieu rural. À travers cette initiative, le Groupe de la Banque mondiale entend accompagner le Sénégal dans sa quête de souveraineté alimentaire et de développement inclusif.

Cette mission sera également l’occasion d’évaluer les résultats obtenus dans le cadre du partenariat entre le Sénégal et le Groupe de la Banque mondiale, tout en identifiant de nouveaux leviers susceptibles d’en accroître l’impact socio-économique. À ce jour, le portefeuille de la Banque mondiale au Sénégal s’élève à 3,8 milliards de dollars, comprenant vingt projets nationaux pour un montant de 3,03 milliards de dollars, ainsi que huit opérations d’intégration régionale totalisant 749,5 millions de dollars. En complément, le portefeuille de la Société financière internationale (IFC) atteint 611 millions de dollars, tandis que les engagements bruts de la MIGA s’élèvent à 1,13 milliard de dollars.

À travers cette mission de haut niveau, le Groupe de la Banque mondiale réaffirme son engagement à accompagner le Sénégal dans la mise en œuvre de ses ambitions de transformation économique et sociale, en mettant l’accent sur la croissance durable, l’inclusion et la création d’opportunités pour l’ensemble des populations.

Babacar Ba nommé Secrétaire général du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à une nouvelle nomination au sein de l’administration publique, dans le cadre des mesures individuelles prises en Conseil des ministres. À cet effet, Monsieur Babacar Ba, administrateur civil, matricule de solde n°624 582/I, a été nommé Secrétaire général du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme.

Cette décision s’inscrit dans la dynamique de réorganisation et de renforcement de l’efficacité de l’action gouvernementale engagée par les nouvelles autorités. Monsieur Babacar Ba succède à Madame Seynabou Niang, qui occupait jusque-là les fonctions de Secrétaire générale du ministère.

En tant que Secrétaire général, Monsieur Ba aura pour mission principale d’assurer la coordination de l’ensemble des services du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme. Il sera également chargé de superviser la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de la culture, de l’artisanat et du tourisme, secteurs stratégiques pour la promotion de l’identité nationale, la valorisation du patrimoine et le développement économique du pays. À ce titre, il veillera au bon fonctionnement administratif et opérationnel du département, tout en assurant la cohérence et l’efficacité des actions menées par les différentes directions et structures rattachées au ministère.

Administrateur civil de formation, Babacar Ba dispose d’une expérience avérée au sein de l’administration publique, ce qui constitue un atout pour accompagner les réformes et les projets structurants attendus dans ce ministère. Sa nomination traduit la volonté des autorités de placer à des postes clés des cadres capables de porter la vision gouvernementale en matière de gouvernance, de modernisation de l’administration et de développement des secteurs culturels et touristiques.

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 04 février 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Développement de la nouvelle politique ferroviaire

Monsieur le Président de la République, débutant sa communication, souligne que le développement des chemins de fer et des transports ferroviaires constitue une priorité nationale, dans le cadre de l’aménagement et de l’attractivité du territoire. A cet effet, il demande au Ministre des Transports terrestres et aériens de faire l’évaluation de l’état d’exécution des projets et réformes concernant le secteur ferroviaire.  Il indique, également, l’urgence d’accélérer la réhabilitation et la modernisation de la ligne Dakar-Tambacounda, de finaliser la Politique ferroviaire nationale à l’horizon 2050 et de dresser un état des lieux global du dialogue social et des doléances des personnels en exercice dans le secteur.

En outre, le Chef de l’Etat instruit le Ministre des Transports terrestres et aériens de veiller, en relation avec l’APIX et toutes les parties prenantes, à la mise en service de la phase II du Train Express Régional (TER) intégrant l’édification de la gare de Sébikhotane. Il engage le Premier Ministre à tenir un Conseil interministériel sur le secteur ferroviaire et à veiller à la réalisation des plans de réinstallation des personnes affectées par le projet TER.

Repositionnement stratégique du secteur de l’Eau

Le Chef de l’Etat rappelle la place fondamentale qu’occupe le secteur de l’Eau dans le bien-être des populations et l’atteinte des objectifs de développement durable. Il salue le leadership reconnu du Sénégal en la matière et demande d’accélérer l’exécution de l’ensemble des projets relatifs à l’hydraulique et l’assainissement, en veillant au lancement du projet du « Grand Transfert d’Eau » et du nouveau Programme de prévention et de gestion des inondations. Le Président de la République insiste sur la nécessité de veiller à la mise en œuvre des recommandations des concertations nationales sur le secteur de l’Eau et de l’Assainissement, en assurant le déploiement accéléré du programme de renouvellement des forages et ouvrages hydrauliques et l’intensification des projets d’unités de dessalement. Il instruit le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de finaliser les réformes complémentaires des sous-secteurs de l’hydraulique urbaine et de l’hydraulique rurale, de redéfinir à l’horizon 2050, les schémas directeurs en matière d’hydraulique et d’assainissement et d’actualiser la gouvernance globale, le modèle économique et la régulation du secteur de l’Eau dans son intégralité.

Le President de la République demande au Premier Ministre de finaliser les textes relatifs au Code de l’Eau et à l’Autorité de régulation du secteur.

Enfin, il demande au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement et au Ministre en charge de l’Energie d’assurer un suivi permanent de l’état d’exécution des engagements du Sénégal, dans le cadre des projets de l’OMVS et de l’OMVG.

Prévention et lutte contre le cancer

Le Président de la République fait observer que la communauté internationale célèbre, ce 04 février 2026, la Journée mondiale contre le cancer. A cet égard, il demande de renforcer la prévention, la sensibilisation des populations et le dépistage précoce des cancers, notamment les cancers des enfants et des femmes. Le Chef de l’Etat indique l’urgence d’améliorer les modalités et facilités d’accès aux traitements et soins des patients et de finaliser la construction, l’équipement et la réception du Centre national d’Oncologie de Diamniadio. Dans ce sillage, il demande au Premier Ministre de superviser la mise en œuvre d’un Programme national décennal de Prévention et de Lutte contre les cancers.  

Accélération de la territorialisation des politiques publiques

Considérant la territorialisation des politiques publiques comme un principe directeur de la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, le Chef de l’Etat demande d’accélérer les processus de territorialisation des programmes et projets publics, en liaison avec les collectivités territoriales et les services déconcentrés de l’Etat, sous la coordination des gouverneurs, préfets et sous-préfets. A cet égard, il exprime son attachement au désenclavement des territoires et terroirs, à travers l’accélération des programmes routiers, autoroutiers et de réalisation de pistes rurales et le déploiement des projets hydrauliques, numériques, d’électrification et de construction d’infrastructures communautaires et sociales de base.

Il demande également au Premier Ministre de veiller à l’accélération des programmes de résorption des abris provisoires et de modernisation des infrastructures scolaires, ainsi qu’à la réactualisation de la carte sanitaire intégrant les constructions de nouvelles structures et établissements de santé prévus dans l’ensemble des régions.

Dans le but de renforcer la montée en puissance des Pôles territoriaux de Développement et d’accentuer la doctrine d’un Etat de proximité, il annonce qu’il poursuivra ses visites économiques régulièrement dans les régions. Dans ce cadre, sa prochaine tournée aura lieu du 05 au 08 février 2026 dans les régions de Tambacounda et de Kédougou, afin d’évaluer et d’apprécier l’état de prise en charge des urgences et priorités économiques, sociales et environnementales.  

Vulgarisation de la vie et de l’œuvre de Cheikh Anta Diop

En perspective de la commémoration du quarantième (40ème) anniversaire du rappel à Dieu du Professeur Cheikh Anta DIOP, le 07 février 2026, le Chef de l’Etat rend un vibrant hommage, au nom de la Nation, à cet universitaire de renom, illustre patriote et panafricain convaincu, dont les travaux scientifiques et les prises de position nationales et internationales, ont fortement contribué à l’éveil des consciences. A cet effet, il demande au Gouvernement d’accentuer le désenclavement et la valorisation de Thieytou et de travailler avec la famille du disparu et toutes les autres parties prenantes, afin de vulgariser et perpétuer, dans les programmes scolaires, universitaires et les créations artistiques, l’œuvre monumentale de Cheikh Anta DIOP.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir effectué les 02 et 03 février 2026, une visite officielle en République du Congo, à l’invitation de Son Excellence le Président Denis Sassou NGUESSO.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur les points suivants :

Conseil présidentiel de l’Investissement

Le Premier Ministre a d’abord rendu compte au Président de la République de l’état de préparation du prochain Conseil présidentiel de l’Investissement (CPI), prévu en fin mars 2026. Ainsi, il a présenté le cadre rénové de pilotage et d’orientation des investissements. Abordant le cadre du partenariat entre le secteur privé et l’État, il souligne que dans l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, l’investissement privé, national et étranger, est au cœur de la stratégie de transformation économique. L’investissement privé s’impose, dès lors, comme moteur essentiel de la croissance, de la compétitivité, de la création d’emplois et de la souveraineté productive. Cette ambition implique le développement d’un nouveau type de partenariat entre l’État et le secteur privé, qui concourt à l’accroissement de l’investissement privé dans l’économie sénégalaise.

Le Premier Ministre a souligné la trajectoire globalement ascendante des investissements privés au Sénégal, qui traduit un renforcement de l’attractivité économique du pays, confirmé par les performances récentes relatées par le rapport Business Ready. Dans ce contexte, le renforcement du cadre de dialogue, de décision et de pilotage des réformes en faveur de l’investissement privé apparaît comme un levier central pour consolider la confiance des investisseurs, orienter les flux vers les priorités stratégiques nationales et maximiser leur impact économique.

Pour le Premier Ministre, le CPI rénové vise à accélérer les réformes et à lever les obstacles à l’investissement. Ce nouveau format du Conseil présidentiel de l’Investissement repose sur une organisation institutionnelle resserrée et hiérarchisée, avec une Session présidentielle, un Conseil interministériel et un Comité de suivi.

Concernant les livrables attendus, il s’agit de rapports réguliers notamment le rapport général d’évaluation du dispositif d’incitation, le rapport sur les réformes favorables à l’investissement, le rapport sur les procédures digitalisées, le rapport sur la couverture territoriale et le progrès industriel, ainsi que le rapport de suivi-évaluation de l’Initiative « Sunu champion ».

Le Premier Ministre a fait noter que le projet de réforme du Conseil présidentiel de l’Investissement fera l’objet de concertations avec le secteur privé en présence des administrations impliquées et a demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, de mettre en œuvre, en relation avec l’APIX, toutes les diligences requises pour la finalisation de cet important projet.

Compte rendu de la Mission au Maroc

Le Premier Ministre a rendu compte de sa mission effectuée au Royaume du Maroc dans le cadre de la quinzième (15ème) Grande Commission mixte de coopération sénégalomarocaine, au cours de laquelle dixsept (17) nouveaux accords et mémorandums d’entente couvrant les domaines industriel, minier, agricole, numérique, logistique et de la formation ont été signés. En marge de la Commission mixte, des audiences bilatérales ont été organisées avec des opérateurs économiques marocains présents ou intéressés par le Sénégal. Il a également fait part de sa visite du complexe industriel intégré de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) Group.

Le Premier Ministre a demandé à tous les ministères impliqués de transmettre à la Primature un plan d’actions détaillé de mise en œuvre des accords et engagements issus de cette mission, assorti d’un cadre de concertation régulière avec les partenaires marocains et avec des acteurs économiques nationaux.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre d’Etat auprès du Président de la République chargé du Suivi du Pilotage et de l’Evaluation de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, a présenté une communication portant sur la structuration et la modernisation des processus.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté le projet de décret fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de la Direction générale de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol (DGSCOS).

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris la décision suivante :

Monsieur Babacar BA, Administrateur civil, matricule de solde n°624 582/I, est nommé Secrétaire général du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, en remplacement de Madame Seynabou NIANG.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

Sénégal–DP World : l’État réaffirme un partenariat stratégique au service de la compétitivité portuaire

La ministre des Pêches et de l’Économie maritime, le Dr Fatou Diouf, a réaffirmé ce mardi l’engagement ferme du gouvernement du Sénégal à renforcer et pérenniser le partenariat stratégique avec l’opérateur portuaire DP World. Cette déclaration a été faite à l’occasion de la présentation du rapport d’impact socio-économique de DP World au Sénégal, un document de référence qui met en évidence les retombées économiques, sociales et structurelles de cette collaboration entamée depuis plus d’une décennie.

Transmettant les salutations du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et du Premier ministre, Ousmane Sonko, la ministre a souligné « l’attention toute particulière » que les plus hautes autorités de l’État accordent aux initiatives visant à consolider le positionnement maritime et portuaire du Sénégal. Pour le gouvernement, le secteur portuaire constitue un pilier stratégique de la transformation économique nationale, à la croisée des enjeux de compétitivité, de souveraineté et d’intégration régionale.

Depuis 2008, DP World exploite le terminal à conteneurs du port autonome de Dakar. Selon le Dr Fatou Diouf, cette collaboration a permis d’impulser des investissements structurants, de moderniser les infrastructures portuaires et de renforcer de manière significative la compétitivité du port de Dakar. Grâce à ces efforts conjoints, la plateforme portuaire dakaroise s’est imposée comme un hub logistique de premier plan en Afrique de l’Ouest et en Afrique subsaharienne.

Les performances enregistrées ces dernières années illustrent concrètement cette dynamique. En 2024, le port de Dakar a été distingué comme meilleur port à conteneurs d’Afrique subsaharienne et meilleur port en Afrique de l’Ouest par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence. Une reconnaissance internationale que la ministre a qualifiée de « source de fierté nationale » et qui, selon elle, démontre l’efficacité des partenariats stratégiques bien coordonnés entre l’État et le secteur privé.

Le rapport d’Oxford Economics, présenté lors de la séance, documente de manière détaillée l’impact économique majeur de DP World au Sénégal. Il met en lumière la contribution de l’opérateur à la création d’emplois directs et indirects, à l’augmentation du produit intérieur brut et à la dynamisation des chaînes de valeur locales, notamment dans les secteurs du transport, de la logistique et des services connexes. Ces retombées, a souligné la ministre, participent pleinement à l’inclusion économique et à la création de richesses durables.

Dr Fatou Diouf a également salué les avancées notables enregistrées en matière de digitalisation des procédures portuaires. La mise en place et le renforcement du guichet unique portuaire ont permis de simplifier les formalités administratives, de réduire les délais de traitement et de fluidifier les opérations logistiques. Cette modernisation, fruit d’une coopération étroite entre le Port autonome de Dakar, l’administration des douanes, les services de l’État et les opérateurs privés, contribue directement à l’amélioration du climat des affaires et à la compétitivité globale du port.

La ministre a par ailleurs insisté sur l’importance stratégique du projet du port multifonction de Ndayane, qu’elle a présenté comme une infrastructure de dimension internationale dont la réalisation progresse de manière satisfaisante. Ce futur port en eau profonde permettra au Sénégal d’accueillir les plus grands navires et de se conformer aux standards internationaux les plus exigeants du commerce maritime mondial. À terme, Ndayane renforcera la capacité logistique nationale et consolidera la position du Sénégal comme hub majeur du commerce africain et mondial.

L’ensemble de ces réalisations s’inscrit dans le cadre de l’Agenda national de transformation 2025-2029 et de la Vision Sénégal 2050, portés par le président Bassirou Diomaye Faye et mis en œuvre par le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko. Dans cette perspective, le secteur maritime et portuaire occupe une place centrale en tant que levier de souveraineté économique, de développement durable et de rayonnement international du Sénégal. Pour le Dr Fatou Diouf, le renforcement du partenariat avec DP World constitue ainsi un choix stratégique assumé, au service d’un Sénégal résolument tourné vers l’avenir et les échanges mondiaux.

Khalifa Sall dénonce une condamnation « arbitraire » et alerte sur un recul des libertés après la décision contre Lassana Kanté

Le président du mouvement Taxawu Senegaal, Khalifa Ababacar Sall, est vivement monté au créneau après la condamnation à un mois de prison ferme de Lassana Kanté, coordonnateur départemental de Taxawu Senegaal à Tambacounda. L’ancien maire de Dakar dénonce une décision qu’il juge arbitraire et y voit un symptôme inquiétant d’un affaissement des libertés individuelles et politiques au Sénégal.

Dans une déclaration au ton ferme, Khalifa Sall s’est d’abord interrogé sur la rapidité avec laquelle la justice a statué dans cette affaire, évoquant une « célérité troublante » qui contraste, selon lui, avec la lenteur observée dans d’autres dossiers. « Quand la justice court ici et s’attarde ailleurs, ce n’est plus l’État de droit qui avance, c’est l’arbitraire qui s’installe », a-t-il affirmé, pointant ce qu’il considère comme une application sélective de la loi.

Pour le leader de Taxawu Senegaal, cette condamnation ne saurait être perçue comme une simple décision judiciaire dénuée de portée politique. Il estime au contraire qu’elle traduit une volonté manifeste de faire taire un adversaire qui dérange. Selon lui, Lassana Kanté paierait le prix de sa liberté de ton, de la constance de son engagement et de son refus de se soumettre. « Lassana dérange par la parole libre, par la constance du combat, par le refus de plier. Et c’est précisément pour cela qu’on l’emprisonne », a-t-il fustigé.

Au-delà du cas individuel de son responsable politique à Tambacounda, Khalifa Sall dit s’inquiéter d’une tendance plus large qu’il juge dangereuse pour la démocratie sénégalaise. Il évoque un « affaissement des libertés individuelles et politiques » marqué, selon lui, par la banalisation de la sanction pénale comme réponse à l’expression d’opinions critiques. Pour l’ancien maire de Dakar, une démocratie qui punit la parole et la liberté d’opinion se renie elle-même et sape ses propres fondements.

En conclusion, Khalifa Sall a tenu à réaffirmer son soutien total et sans réserve à Lassana Kanté. Il estime que cette condamnation n’atteint pas l’homme qu’elle vise, mais révèle plutôt ceux qui l’ont prononcée. « On ne bâillonnera pas une conscience en la jugeant », a-t-il déclaré, appelant implicitement à rester mobilisé face à ce qu’il considère comme une dérive préoccupante de l’État de droit.

Réforme des bourses universitaires : le MESRI précise les enjeux et rassure les étudiants

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a tenu à apporter des éclaircissements sur les motivations ayant conduit à l’organisation d’un atelier national consacré à la préparation d’une nouvelle politique de bourses d’études et à la révision du décret n°2014-963 du 1er août 2014, qui fixe les conditions d’attribution des allocations d’études dans l’enseignement supérieur.

Dans un communiqué rendu public, le MESRI explique que cette initiative s’inscrit dans sa démarche habituelle fondée sur la concertation, le dialogue et l’inclusivité. L’atelier, organisé à Dakar, a réuni l’ensemble des acteurs clés du système d’enseignement supérieur. Ont notamment pris part aux travaux les services du MESRI, ceux du ministère chargé des Finances, des organisations de la société civile, des associations de parents d’élèves, les syndicats du personnel enseignant et administratif (PER et PATS), ainsi que les amicales d’étudiants, les apprenants des Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP) et les représentants des sites universitaires externes.

Selon le ministère, cet atelier participatif visait avant tout à jeter les bases d’une évaluation financière approfondie du système de bourses sur la période 2020-2025, assortie d’une projection à l’horizon 2030. Cette démarche devait permettre de mieux apprécier la soutenabilité du dispositif actuel, tout en identifiant les insuffisances et les limites du cadre réglementaire en vigueur. Il s’agissait également de proposer des ajustements destinés à mettre fin à certaines pratiques jugées non conformes à l’orthodoxie budgétaire, tout en renforçant l’équité et l’inclusivité sociale dans l’attribution des allocations d’études.

Le MESRI reconnaît que le déroulement de l’atelier a été marqué par le retrait d’une partie des étudiants dès la première journée. Toutefois, le ministère assure que cette situation n’a pas empêché d’atteindre les objectifs fixés. Les échanges ont permis de formuler des recommandations issues des contributions des participants encore engagés dans les travaux. Ces propositions seront, précise le communiqué, soumises à l’appréciation des autorités compétentes pour décision.

Face aux informations qui ont circulé dans l’opinion publique, le MESRI a tenu à lever toute ambiguïté. Le ministère dément formellement les rumeurs faisant état d’une remise en cause des droits acquis des étudiants. Il n’a, à aucun moment, été question de réduire les taux de bourses ni de supprimer des allocations existantes. L’objectif affiché demeure l’amélioration du système, et non sa remise en cause au détriment des bénéficiaires.

S’inscrivant dans les orientations définies par les plus hautes autorités du pays, le ministère indique qu’il est engagé dans une réflexion globale sur l’élaboration d’une nouvelle politique nationale des allocations d’études. Dans ce cadre, une attention particulière est accordée à une meilleure convergence entre les périodes de paiement des bourses et le calendrier réel des enseignements, afin de répondre plus efficacement aux besoins des étudiants.

En conclusion, le MESRI a exprimé sa gratitude à l’ensemble des acteurs ayant participé à cet atelier national. Il les invite à poursuivre les concertations lors des prochaines étapes du processus, avec pour ambition de parvenir à un large consensus autour d’un cadre réglementaire rénové et de modalités d’attribution des bourses plus adaptées aux réalités actuelles de l’enseignement supérieur.

Déploiement de Starlink au Sénégal : une accélération décisive de la transformation numérique

Le Sénégal franchit un nouveau cap dans sa stratégie de transformation numérique avec le déploiement de Starlink, fournisseur d’accès à Internet par satellite. Cette avancée majeure s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre du New Deal Technologique, une vision portée par l’État visant à démocratiser l’accès au haut et très haut débit sur l’ensemble du territoire national, en particulier dans les zones rurales, enclavées et frontalières longtemps laissées en marge de la connectivité.

Selon le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN), l’objectif du Gouvernement est sans équivoque : réduire durablement les inégalités d’accès à Internet dans les zones où le déploiement des réseaux terrestres demeure limité, en raison de contraintes économiques, géographiques ou techniques. L’autorisation accordée à Starlink s’inscrit ainsi dans une logique de solutions innovantes et complémentaires, destinées à renforcer les infrastructures existantes plutôt qu’à les concurrencer.

Le MCTN a tenu à rassurer les acteurs du secteur et l’opinion publique sur le respect strict du cadre réglementaire national. À l’instar des autres fournisseurs d’accès à Internet, tout opérateur satellitaire intervenant au Sénégal est soumis aux règles de régulation en vigueur, garantissant ainsi une concurrence équitable, la protection des consommateurs et la souveraineté numérique du pays.

Dans le cadre de ce partenariat, l’État sénégalais a négocié l’acquisition de 5 000 kits Starlink à un tarif préférentiel. Cette initiative ambitieuse vise à connecter gratuitement un million de Sénégalais au cours du premier semestre de l’année 2026. Les bénéficiaires seront principalement issus des zones blanches, où l’accès à Internet est quasi inexistant, grâce à la mise en place de dispositifs de wifi communautaire. L’éducation et la formation figurent également parmi les priorités, notamment l’enseignement supérieur, la formation professionnelle et les établissements scolaires, afin de renforcer l’accès au savoir et aux ressources pédagogiques numériques.

Les collectivités territoriales, les zones frontalières et certains programmes de développement spécifiques, comme le Plan Diomaye pour la Casamance, sont également ciblés. À travers cette approche, l’État entend utiliser le numérique comme un levier de développement territorial, de cohésion sociale et de stabilisation des zones sensibles.

Grâce à sa constellation de satellites en orbite basse, Starlink offre une couverture étendue et une connectivité performante, capable d’atteindre des localités jusque-là privées d’Internet. Cette technologie devrait permettre d’éradiquer progressivement les zones blanches tout en renforçant la résilience et la complémentarité des réseaux terrestres existants.

Au-delà de l’accès à Internet, l’impact attendu est multidimensionnel. Le déploiement de Starlink devrait accélérer l’inclusion numérique, réduire les coûts de connectivité, stimuler l’économie locale et favoriser l’émergence de nouveaux services numériques. Il contribue également à renforcer le positionnement du Sénégal comme un leader régional en matière de transformation numérique sur le continent africain.

LUTTE CONTRE LE CANCER

Les chances d’une prise en charge efficace réduite au Sénégal

Commémorée chaque année le 4 février, la Journée mondiale de lutte contre le cancer rappelle une réalité préoccupante. Le cancer est aujourd’hui la deuxième cause de décès dans le monde. Contrairement à une idée encore largement répandue, cette maladie ne concerne pas uniquement les personnes âgées. Elle touche aussi des jeunes, parfois très tôt dans leur vie.
Le cancer se distingue par son caractère complexe et imprévisible. Aucun organe du corps humain n’est totalement épargné. Sein, col de l’utérus, prostate, foie, poumon, estomac ou encore peau peuvent être atteints. Cette diversité des formes renforce le sentiment d’une maladie difficile à comprendre et à anticiper.
Au Sénégal, comme dans de nombreux pays africains, le cancer demeure insuffisamment diagnostiqué à un stade précoce. L’accès au dépistage reste limité et la maladie est souvent découverte tardivement, réduisant considérablement les chances d’une prise en charge efficace. À cela s’ajoutent des représentations sociales parfois marquées par la peur, le silence ou l’idée de fatalité.
D’un point de vue anthropologique, le cancer est encore fréquemment perçu comme une épreuve inévitable, voire comme une maladie dont les causes échappent totalement à la compréhension biomédicale. Ces perceptions peuvent retarder la consultation médicale et renforcer le recours tardif aux soins. Pourtant, de nombreux cancers peuvent être évités ou mieux traités lorsqu’ils sont détectés à temps.
La prévention constitue aujourd’hui un levier essentiel. Elle passe par une alimentation saine, une activité physique régulière, la réduction de la consommation de tabac et d’alcool, ainsi que par la vigilance face aux signes inhabituels du corps. Être attentif à sa santé et consulter dès l’apparition de symptômes persistants peut faire une réelle différence.
Au-delà de la dimension médicale, le cancer a un impact social profond. Il bouleverse des familles, sépare des mères de leurs enfants, fragilise des couples et affecte durablement les communautés. La maladie ne touche jamais un individu seul : elle s’inscrit toujours dans un tissu social, familial et affectif.
Sensibiliser, informer et prévenir restent donc des enjeux majeurs, en particulier auprès des jeunes. La lutte contre le cancer ne peut se limiter aux hôpitaux. Elle doit aussi passer par l’éducation à la santé, la diffusion d’une information accessible et la déconstruction des idées reçues.
En cette Journée mondiale de lutte contre le cancer, rappeler que cette maladie peut toucher chacun, quel que soit l’âge, est une nécessité. Mais rappeler aussi que des actions simples, individuelles et collectives, peuvent contribuer à réduire son impact est un devoir de santé publique.

Khady SAMB
JOURNALISTE ET DOCTORANTE EN ANTHROPOLOGIE MÉDICALE UNIVERSITÉ LAVAL

Serigne Mbacké Ndiaye dénonce un fossé entre Diomaye Faye et Sonko et pointe une proximité accrue avec la France

L’ancien ministre libéral Serigne Mbacké Ndiaye a livré une analyse particulièrement critique de la dynamique actuelle au sommet de l’État sénégalais. Invité ce mercredi dans l’émission « L’invité d’infos matin » sur la TFM, il s’est longuement exprimé sur les relations entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, estimant qu’un décalage profond s’est installé entre les deux hommes, tant sur le plan idéologique que diplomatique.

Selon Serigne Mbacké Ndiaye, le fossé serait avant tout politique. À l’en croire, Ousmane Sonko resterait fidèle à l’ADN idéologique de Pastef et continuerait d’incarner, sans compromis, le projet et les principes du parti au pouvoir. « Ousmane Sonko est resté Pastef. Il incarne le projet et les principes du parti-État. Et ce n’est pas le cas de Bassirou Diomaye Faye », a-t-il affirmé sans détour, des propos rapportés par Seneweb.

L’ancien ministre estime que cette divergence se manifeste de manière encore plus visible dans la conduite de la politique étrangère, notamment dans les relations du Sénégal avec la France. Sur ce point, Serigne Mbacké Ndiaye n’a pas mâché ses mots, allant jusqu’à évoquer une proximité personnelle entre le chef de l’État sénégalais et le président français. « Le président Bassirou Diomaye Faye est aujourd’hui l’ami intime de Macron. Absolument ! », a-t-il soutenu à l’antenne.

Pour étayer ses propos, il a relaté une anecdote personnelle. Selon lui, un ami français, qu’il présente comme une personnalité influente, l’aurait taquiné en ces termes : « Vous avez perdu Diomaye depuis que Macron l’a pris par les épaules en sortant de l’Élysée. » Une remarque qu’il interprète comme le symbole d’un rapprochement politique et diplomatique assumé.

Aux yeux de Serigne Mbacké Ndiaye, cette proximité ne relèverait pas seulement du registre symbolique ou protocolaire. Elle se traduirait, selon lui, par des choix concrets dans l’action présidentielle. « Dans ses actes, il est en train de défendre les positions de la France », a-t-il accusé, laissant entendre que certaines orientations diplomatiques du Sénégal s’inscriraient désormais dans une logique favorable aux intérêts français.

Poursuivant son analyse, l’ancien ministre libéral estime que Bassirou Diomaye Faye évoluerait aussi sous l’influence de certains dirigeants africains réputés proches de Paris. Il a cité nommément les présidents ivoirien et congolais. « Maintenant, ce sont Alassane Ouattara et Denis Sassou Nguesso qui coachent Diomaye », a-t-il déclaré, les présentant comme « les représentants de la France en Afrique ».

Digitalisation des exportations : la Douane sénégalaise affiche des résultats prometteurs au Port de Dakar

À l’occasion de la présentation du rapport socioéconomique de DP World, les autorités portuaires et douanières ont fait le point sur l’état d’avancement de la modernisation des procédures d’exportation. Devant le Directeur général du Port autonome de Dakar et celui de DP World, Ousmane Kane, Directeur des opérations douanières, a levé le voile sur les premiers résultats de la plateforme de dématérialisation totale des exports, mise en service en décembre dernier. Un premier bilan qu’il qualifie d’encourageant et révélateur d’un changement de paradigme en cours.

En l’espace d’un mois seulement, 5 740 conteneurs ont été traités via cette nouvelle plateforme digitale. Un chiffre significatif qui, selon Ousmane Kane, témoigne de l’efficacité du dispositif et de l’adhésion progressive des opérateurs économiques. « Nous facilitons et dématérialisons totalement l’exportation pour permettre à nos opérateurs de faire écouler leurs marchandises dans les meilleures conditions », a-t-il expliqué, soulignant la volonté de l’administration douanière d’accompagner la compétitivité du port et de fluidifier les échanges.

Cette première étape n’est toutefois qu’un début. Le Directeur des opérations douanières a annoncé que plusieurs autres modules sont en cours de développement. Il s’agit notamment du transit, des ventes aux enchères et des procédures d’enlèvement, autant de segments clés de la chaîne logistique portuaire. Les équipes techniques, a-t-il assuré, avancent « à grands pas » sur ces chantiers, avec des annonces imminentes sur le lancement de ces nouvelles solutions digitales, destinées à renforcer la transparence, réduire les délais et améliorer l’efficacité globale du système.

Mais au-delà de la technologie, Ousmane Kane a tenu à rappeler que la modernisation doit aussi s’accompagner d’une approche plus humaine. Conscient des tensions récentes liées aux saisies douanières, qui ont suscité des crispations et refroidi certains armateurs, il a annoncé une décision forte prise conjointement par les directions de la Douane et du Port : l’arrêt temporaire de ces mesures coercitives. Une mesure d’apaisement visant à restaurer la confiance des acteurs du secteur maritime et portuaire.

« Nous devons lever le pied dans l’application rigide des textes et injecter plus d’humanisme », a plaidé le responsable douanier, représentant le Directeur général des Douanes. Un message clair qui traduit la volonté des autorités de trouver un équilibre entre le respect de la réglementation et la nécessité de préserver l’attractivité du Port de Dakar, dans un contexte de concurrence accrue entre plateformes portuaires de la sous-région.

Accident mortel à la Patte d’Oie : le chauffeur du bus Tata condamné à 10 jours de prison ferme

Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son verdict ce mardi 4 février 2026 dans l’affaire de l’accident mortel survenu à la Patte d’Oie, ayant coûté la vie à un jeune conducteur de moto-Jakarta. Poursuivi pour homicide involontaire, le chauffeur du bus Tata impliqué, Mor Guèye Diop, a été reconnu coupable et condamné à dix jours de prison ferme.

Les faits remontent au vendredi précédent, sur l’autoroute, à hauteur de la Patte d’Oie. Selon les éléments du dossier, la victime, Khadim Ndiaye, circulait à moto lorsqu’il a tenté de dépasser le bus par la droite. Une manœuvre qui s’est avérée fatale. Le choc, d’une extrême violence, n’a laissé aucune chance au jeune motocycliste, décédé sur le coup. L’accident a provoqué une vive émotion parmi les conducteurs de Jakarta présents sur les lieux, certains allant jusqu’à incendier le bus en signe de représailles, plongeant le secteur dans une forte tension.

Arrêté et placé sous mandat de dépôt le 2 février 2026, Mor Guèye Diop a comparu détenu devant la juridiction. À la barre, le chauffeur a reconnu les faits, tout en livrant sa version de l’accident. Il a expliqué que la victime l’avait dépassé par la droite et ne portait pas de casque de sécurité au moment du drame. Il a également tenu à préciser que son véhicule était en règle, disposant de toutes les pièces nécessaires à la conduite. Visiblement affecté, il a présenté ses condoléances à la famille du défunt et sollicité la clémence du tribunal.

Moment fort de l’audience, l’intervention du frère de la victime, venu représenter la famille, a marqué les esprits. Ému, ce dernier a indiqué que les proches de Khadim Ndiaye ne réclamaient aucun dommage et intérêt. Il a souligné que la famille ne souhaitait pas accabler le chauffeur, estimant ne pas pouvoir affirmer qu’il avait commis une infraction, aucun membre n’ayant été témoin direct de l’accident. Le juge a d’ailleurs relevé que, selon les éléments de l’enquête préliminaire, la famille avait déjà accordé son pardon au prévenu.

Dans ses réquisitions, le procureur de la République a demandé l’application stricte de la loi pénale, rappelant la gravité des faits et la perte d’une vie humaine. De leur côté, les avocats de la défense, Maîtres Mansour Ndiongue et Ibrahima Mbengue, ont plaidé pour une application bienveillante de la loi, mettant en avant les circonstances de l’accident, l’attitude responsable du prévenu à l’audience et le pardon exprimé par la famille de la victime.

Saint-Louis confrontée à une grave pénurie de gaz domestique

La commune de Saint-Louis, au nord du pays, traverse depuis plusieurs jours une pénurie de gaz domestique qui affecte considérablement le quotidien de ses habitants. Dans cette ville historique, ce produit de première nécessité se fait de plus en plus rare, plongeant de nombreux ménages dans un profond désarroi.

Dans les rues de la vieille ville, la scène est devenue habituelle : des habitants arpentent les quartiers, bonbonne vide à la main, à la recherche désespérée de gaz. Boutiques, stations-service et dépôts sont pris d’assaut, souvent sans succès. Cette situation rend encore plus difficile la vie quotidienne, surtout en cette période où la fraîcheur persiste, obligeant les familles à recourir à ce combustible pour cuisiner et se réchauffer.

La pénurie intervient à quelques jours seulement du début du mois béni du ramadan, période pendant laquelle la demande en gaz domestique augmente traditionnellement. Face à cette situation, les habitants expriment leur inquiétude et appellent tant les autorités compétentes que les commerçants à intervenir rapidement afin de rétablir l’approvisionnement. Ils espèrent que des mesures urgentes seront prises pour soulager les ménages, particulièrement touchés par cette crise qui complique sérieusement leur quotidien.

Libye : Seif al-Islam Kadhafi tué, enquête ouverte à Tripoli

Le parquet général de Tripoli a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête sur la mort de Seif al-Islam Kadhafi, fils du dirigeant défunt Mouammar Kadhafi, survenue la veille. Selon le bureau du procureur, l’homme a été tué par balle, confirmant ainsi la gravité de l’incident.

Une équipe d’experts, comprenant des médecins légistes, s’est rendue mardi à Zenten, dans l’ouest de la Libye, pour examiner la dépouille de celui qui avait longtemps été considéré comme le successeur potentiel de son père. L’examen médico-légal a permis de constater que la victime avait été mortellement atteinte par des tirs. Dans un communiqué publié sur Facebook, le parquet a précisé avoir engagé une procédure pénale afin d’identifier et de retrouver les auteurs de ce meurtre. À ce jour, aucune information n’a été communiquée concernant les funérailles de Seif al-Islam Kadhafi.

Seif al-Islam Kadhafi était recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité. Il avait été arrêté en 2011 dans le sud libyen, puis détenu pendant plusieurs années à Zenten. En 2015, il avait été condamné à mort à l’issue d’un procès expéditif avant de bénéficier d’une amnistie. Jusqu’à l’annonce de son décès, sa localisation exacte restait inconnue.

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver stabilité et unité. Le pays reste divisé entre deux autorités rivales : le gouvernement d’unité nationale (GNU), installé à Tripoli et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, reconnu par l’ONU, et un exécutif basé à Benghazi, dans l’est, contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar et ses alliés, qui ont étendu leur influence militaire au sud du pays.

Sénégal : Farba Ngom au cœur de deux affaires judiciaires, la levée de son immunité à l’Assemblée nationale en perspective

Dakar – Le député-maire des Agnam, Farba Ngom, demeure en détention provisoire depuis le 27 février 2025, dans le cadre d’une affaire de corruption et de détournement de deniers publics estimés à 125 milliards FCFA. La gravité des accusations a mis en lumière les tensions entre le Parlement et l’exécutif, mais également les procédures judiciaires entourant la protection des élus.

Le 16 février prochain, l’Assemblée nationale sera appelée à se prononcer en séance plénière sur la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom dans une deuxième affaire, dans laquelle le ministre de la Justice, Yacine Fall, l’accuse d’avoir fait introduire dans sa cellule des téléphones portables contenant, entre autres, des contenus pornographiques. Cette initiative pourrait ouvrir la voie à de nouvelles poursuites judiciaires contre le député-maire.

Pour Me Moussa Bocar Thiam, l’un des avocats de Farba Ngom, les procédures engagées contre son client sont illégales. Dans une interview accordée au quotidien L’Observateur, il a exprimé son indignation face à ce qu’il décrit comme une instrumentalisation du Parlement : « Nous déplorons désespérément l’image de députés à la solde de l’exécutif pour assassiner un collègue parlementaire », a-t-il affirmé.

L’avocat a insisté sur le fait que la perquisition ayant conduit à la découverte des téléphones portables n’a pas respecté les exigences légales. Selon Me Thiam, une perquisition doit être réalisée en présence des avocats et avec le consentement de l’inculpé. À défaut, un mandat de perquisition doit être délivré par le juge compétent. Or, aucun mandat n’aurait été signé par le juge Idrissa Diarra, en charge du dossier, selon l’avocat. Il estime que son client « a été kidnappé et placé en garde à vue pour des auditions portant sur le contenu de ses conversations téléphoniques ».

Me Thiam a également menacé de poursuivre Yacine Fall pour dénonciation calomnieuse, estimant que le ministre a manifesté une « inculture juridique » en tenant des propos contraires au principe fondamental de séparation des pouvoirs.

Sédhiou : un présumé trafiquant de drogue interpellé avec 21 kg de chanvre indien à Santassou III

Les éléments de la brigade de recherche du service régional de Sédhiou, dans le sud du pays, ont procédé à l’arrestation d’un individu soupçonné de trafic de stupéfiants et de détention illégale de munitions. Le mis en cause, identifié comme I. Baldé, alias « Papis poulo », âgé de 48 ans et se déclarant cultivateur, a été interpellé à son domicile situé à Santassou III.

Selon les informations communiquées par la Police nationale, cette opération est le résultat de l’exploitation minutieuse d’un renseignement opérationnel jugé fiable. Après une phase de surveillance et de recoupement des informations, les enquêteurs ont décidé de passer à l’action en procédant à une perquisition au domicile du suspect.

La fouille des lieux a permis la saisie d’une quantité importante de produits illicites et de matériel logistique. Les policiers ont notamment découvert 21 kilogrammes de chanvre indien, conditionnés et prêts à la distribution, ainsi qu’une balance de précision, laissant supposer une activité de trafic bien organisée. En outre, deux couteaux, un fusil de chasse et onze cartouches ont également été retrouvés, renforçant les soupçons pesant sur l’individu.

À l’issue de cette opération, I. Baldé a été placé en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Les investigations menées par les services compétents ont permis d’établir des charges suffisantes à son encontre. Il a par la suite été déféré devant le parquet compétent avant d’être écroué.

Le mis en cause est poursuivi pour des faits de trafic de stupéfiants et de détention illégale de munitions. L’enquête se poursuit afin de déterminer l’étendue exacte de ses activités, d’identifier d’éventuels complices et de remonter, le cas échéant, les circuits d’approvisionnement et de distribution de la drogue dans la région.

Insécurité routière : ultimatum de l’État aux minicars « Cheikhou Chérifou »

Le ministre des Transports terrestres et aériens, Yancoba Dieme, a engagé mardi une vaste offensive contre les minicars de 12 à 19 places, communément appelés « Cheikhou Chérifou ». Accusés d’être au cœur de l’insécurité routière et de provoquer une hécatombe persistante sur les routes sénégalaises, ces véhicules sont désormais sommés de se conformer à des normes strictes sous peine de disparition pure et simple. Les autorités leur accordent un délai de deux mois pour se mettre en règle.

Cette décision intervient dans un contexte alarmant. Le parc national compte près de 7 000 minicars, dont l’âge moyen avoisine les 24 ans. Vétusté avancée, pannes fréquentes et équipements de sécurité défaillants font de ces véhicules un danger permanent. Selon le journal L’Observateur, ces « véhicules de la mort » sont régulièrement impliqués dans des accidents graves, souvent liés à une vitesse excessive, à la surcharge chronique et à un entretien quasi inexistant.

Pour mettre fin à cette situation, le gouvernement a opté pour une mesure radicale. Tous les minicars actuellement en circulation sont sommés de se présenter à Dakar dans un délai de deux mois afin de subir un contrôle technique approfondi et centralisé. À l’issue de cette évaluation, seuls les véhicules jugés suffisamment sûrs se verront délivrer un sauf-conduit temporaire. Les autres seront immédiatement envoyés à la fourrière ou contraints à une mise aux normes dont le coût pourrait s’avérer prohibitif, équivalant pour de nombreux propriétaires à une véritable condamnation économique.

Au-delà de l’état mécanique des véhicules, le ministère des Transports entend également s’attaquer aux comportements dangereux qui gangrènent le secteur. Les images familières de toits croulant sous des ballots instables devraient bientôt appartenir au passé. Désormais, les bagages devront être transportés exclusivement à l’intérieur des véhicules. Les arrêts anarchiques en plein trafic sont formellement interdits, tout comme le ramassage de clients au bord des routes, une pratique jugée extrêmement dangereuse et qui fera l’objet d’une surveillance accrue des forces de l’ordre.

La modernisation du contrôle routier figure également au cœur de cette stratégie. Le gouvernement prépare l’installation de balises GPS destinées à limiter électroniquement la vitesse des transports en commun. Parallèlement, la vidéo-verbalisation sera déployée afin de sanctionner automatiquement les infractions, notamment les franchissements de lignes et les excès de vitesse, réduisant ainsi la marge de manœuvre pour les passe-droits.

Cette fermeté affichée par les autorités est globalement bien accueillie par les acteurs du secteur. Gora Khouma, secrétaire général de l’Union des routiers du Sénégal (UTRS), a salué l’initiative tout en rappelant que la responsabilité humaine reste centrale. « Ce n’est pas le véhicule qui tue, c’est l’homme », a-t-il affirmé, estimant que le temps de la sensibilisation est désormais révolu.

Le leader syndical a toutefois pointé du doigt deux maux persistants : l’imprudence de certains jeunes chauffeurs et, surtout, la corruption sur les routes. Selon lui, il n’est pas rare qu’un simple billet de 1 000 ou 2 000 francs CFA suffise à fermer les yeux sur des infractions pourtant graves. « La récréation est terminée. Il faut que la cravache sorte », a-t-il martelé, appelant à une application rigoureuse et équitable des nouvelles mesures.

Incident technique à l’aéroport d’Abidjan : un avion d’Air France s’engage par erreur vers une base militaire, sans faire de victimes

Un incident technique sans conséquence humaine est survenu dans la soirée du mardi 3 février 2026 à l’Aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, impliquant le vol Air France AF 702 en provenance de Paris. L’événement, qualifié de spectaculaire mais maîtrisé par les autorités, n’a entraîné ni blessé ni perturbation durable du trafic aérien.

Selon un communiqué officiel du ministère des Transports et des Affaires maritimes, l’Airbus A350 concerné, immatriculé F-HUVM, a atterri normalement à 19h27 sur la piste 03. C’est lors de la phase de roulage, après l’atterrissage, que l’incident est survenu. L’appareil s’est engagé par erreur sur une bretelle menant à la Base aérienne militaire, une voie non adaptée aux dimensions de ce type d’aéronef.

Les autorités précisent que l’ensemble des passagers et des membres d’équipage ont été pris en charge dans des conditions de sécurité optimales. Les 283 passagers et les 12 membres d’équipage ont été débarqués sans difficulté et aucune blessure n’a été signalée. Le ministère a tenu à rassurer l’opinion publique sur l’absence totale de victimes et sur la maîtrise rapide de la situation.

Les premières constatations font état d’une erreur de navigation du pilote au moment du roulage vers le parking civil. Une enquête a été immédiatement ouverte afin de déterminer avec précision les circonstances exactes de cet incident et d’identifier les éventuelles défaillances, qu’elles soient humaines ou techniques.

En raison de l’immobilisation de l’appareil, les services techniques de l’aéroport ont été mobilisés sans délai pour procéder aux opérations nécessaires au dégagement de l’avion et à la libération de la voie concernée. Cette situation a toutefois conduit à l’annulation du vol retour vers Paris, initialement prévu dans la nuit du 3 au 4 février 2026.

Le ministère des Transports et des Affaires maritimes invite les passagers affectés par cette annulation à se rapprocher de la compagnie Air France afin de connaître les modalités de prise en charge, d’hébergement éventuel et les solutions de reprogrammation de leur voyage.

Dans un message de rassurance, le ministre a assuré que toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour garantir un retour rapide à la normale des opérations à l’aéroport d’Abidjan. Il a souligné que l’incident, bien que marquant, n’a pas eu d’impact significatif sur le trafic aérien et n’a pas compromis la sécurité des autres vols.

Redevance Crse : l’État serre la vis face aux pétroliers, le bras de fer atteint un point de rupture

La tension entre l’État du Sénégal et les sociétés pétrolières a franchi un nouveau palier. Selon L’Observateur, le différend autour du paiement de la redevance due à la Commission de régulation du secteur de l’énergie (Crse) est désormais entré dans une phase critique. Après plusieurs mois de négociations infructueuses, les autorités ont décidé de passer à l’offensive, en adressant des mises en demeure aux acteurs du secteur et en brandissant la menace d’avis à tiers détenteur (ATD), une procédure susceptible de bloquer les comptes bancaires des distributeurs de produits pétroliers.

Ce désaccord n’est pas nouveau. Il remonte à l’année dernière et porte sur le recouvrement de la redevance Crse fixée à 0,2 FCFA par litre de produit pétrolier importé, raffiné, stocké, distribué ou transporté. Malgré de nombreuses rencontres entre l’administration et les professionnels du secteur pour tenter de trouver un terrain d’entente, aucun consensus n’a pu être dégagé, notamment sur le mode de prélèvement de cette taxe.

Face au refus persistant des sociétés pétrolières de s’acquitter de la redevance dans les conditions actuellement imposées, l’État a décidé de faire usage de sa force régalienne. « Dans une volonté d’imposer sa décision, l’État, via la Crse, a envoyé des mises en demeure à toutes les sociétés pétrolières et s’apprête désormais à émettre des ATD pour bloquer les comptes bancaires des distributeurs », confie à L’Observateur Ameth Guissé, président de l’Association sénégalaise des pétroliers (Asp) et directeur général de MAACK Petroleum.

Une perspective jugée extrêmement préoccupante par les professionnels du secteur, qui estiment que cette pression intervient dans un contexte économique déjà fragile. Les prix des hydrocarbures sont encadrés par l’État, les marges sont jugées faibles par les opérateurs et de nouvelles taxes sont venues alourdir les charges des entreprises. Pour Ameth Guissé, une telle décision pourrait tout simplement asphyxier l’industrie pétrolière nationale.

Le président de l’Asp rappelle que les pétroliers n’ont jamais été dans une logique de confrontation systématique. Dès 2016, lors d’un atelier consacré aux projets de loi et de décret relatifs à la Crse, ils avaient formulé plusieurs recommandations restées sans suite. Ces propositions visaient notamment à clarifier la mission de régulation autour de la promotion de la concurrence et des mécanismes de marché, à faire de la position dominante un critère central de dysfonctionnement du marché, à intégrer la problématique électricité et hydrocarbures dans les missions de la Crse et à adosser la régulation au droit de la concurrence.

Au-delà du montant de la redevance, les sociétés pétrolières contestent également la forme institutionnelle et le mode de financement de la Crse. « Il est paradoxal qu’une Commission de régulation du secteur de l’énergie ne soit pas rattachée au ministère de l’Énergie, mais à la Présidence de la République, alors qu’elle devrait être financée par le budget de l’État », déplore Ameth Guissé. Il rappelle qu’avant la création de la Crse, certaines de ses missions étaient assurées par le Comité national des hydrocarbures (Cnh), rattaché au ministère de l’Énergie, avec plus de célérité et sans coût additionnel pour les entreprises.

Contrairement à ce que pourrait laisser croire la crispation actuelle, les pétroliers ne rejettent pas le principe même de la redevance. Ils demandent toutefois qu’elle soit intégrée dans la structure des prix, en parallèle avec une revalorisation des marges, déjà jugée nécessaire par une étude du cabinet Mazars remise aux autorités il y a plus d’un an. Les opérateurs proposent ainsi que la redevance Crse soit intégrée au Prix du pétrole importé (PPI), à l’instar du Fonds de sécurisation des importations de produits pétroliers (FSIPP) ou de l’ancienne redevance PSE. Une telle option permettrait, selon eux, de simplifier la collecte et d’éviter que les entreprises ne supportent seules la charge, au gré des fluctuations des prix internationaux.

« Nous sommes prêts à nous acquitter de cette redevance, à condition qu’elle soit intégrée dans la structure des prix. Une promesse nous avait été faite, mais depuis, rien n’a changé, malgré les révisions de prix de décembre, janvier et février », précise le président de l’Asp.

Face au forcing de l’État, les pétroliers tirent désormais la sonnette d’alarme. Ils estiment qu’un blocage des comptes bancaires des distributeurs pourrait avoir des conséquences en chaîne sur l’approvisionnement du pays en hydrocarbures et, à terme, paralyser des secteurs entiers de l’économie. Ils appellent les autorités à réexaminer en profondeur le cadre régissant la Crse, afin de l’adapter aux réalités économiques du secteur.

Affaire PRODAC : Pape Malick Ndour sous bracelet électronique, mais toujours entouré de ses soutiens

Inculpé pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics portant sur un montant estimé à plus de 2 milliards de francs CFA, ainsi que pour blanchiment de capitaux dans le cadre du dossier PRODAC, Pape Malick Ndour fait désormais face à la justice sous contrôle judiciaire. Le coordonnateur de la Convergence des cadres de l’Alliance pour la République (APR) a été placé sous bracelet électronique, une mesure qui limite fortement ses déplacements et l’éloigne de facto de l’arène politique.

Selon Les Échos, dans son édition de ce mercredi 4 février, cette situation judiciaire délicate n’a toutefois pas entamé la sérénité affichée par celui que le journal qualifie de « protégé de Macky Sall ». Malgré les contraintes liées au contrôle judiciaire, Pape Malick Ndour adopterait une attitude calme et posée, loin de toute agitation ou démonstration publique de fébrilité.

Son domicile est progressivement devenu un lieu de rassemblement pour ses proches, militants et sympathisants, soucieux de lui manifester leur soutien et de briser l’isolement imposé par la procédure judiciaire. Loin d’être marginalisé, l’ancien responsable politique continuerait ainsi de bénéficier d’un réseau de fidélités, nourri par des visites régulières et des marques de solidarité.

Le quotidien rapporte notamment qu’une délégation de militants en provenance des Parcelles Assainies s’est récemment rendue à son domicile. Cette visite, empreinte de symboles, visait à lui témoigner leur soutien moral dans cette épreuve et à réaffirmer leur attachement à sa personne, malgré les accusations lourdes qui pèsent sur lui.

Détournement présumé de pensions complémentaires : un cadre de La Poste sénégalaise interpellé

Une affaire de détournement présumé de pensions complémentaires vient ébranler La Poste sénégalaise. Au cœur du dossier figure Pape Ciré Bodian, chef de subdivision de la coordination et du suivi à la Direction des ressources humaines, arrêté par la brigade de Dakar-ville (Thionk). Le responsable est soupçonné d’avoir indûment encaissé, durant plusieurs années, des pensions complémentaires destinées à des agents retraités de l’entreprise publique.

Selon des sources proches de l’enquête, les faits reprochés portent sur des irrégularités dans la gestion et le paiement de pensions complémentaires, un dispositif censé améliorer les revenus des anciens agents après leur départ à la retraite. Les enquêteurs s’intéressent à des virements et retraits jugés suspects, qui auraient été effectués au nom de bénéficiaires légitimes mais détournés à d’autres fins. Les montants en cause n’ont pas encore été officiellement communiqués, mais les investigations laissent entrevoir un préjudice financier significatif.

L’arrestation de Pape Ciré Bodian fait suite à des audits internes et à des signalements ayant mis en lumière des anomalies récurrentes dans les comptes liés aux pensions. Ces alertes auraient conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire, confiée à la brigade de Dakar-ville, qui a procédé à l’interpellation du suspect pour les besoins de l’instruction. Placé en garde à vue, il a été entendu sur son rôle exact dans la chaîne de traitement des pensions et sur les mécanismes qui auraient permis la répétition des faits sur une longue période.

Au sein de La Poste sénégalaise, cette affaire suscite une vive émotion, d’autant plus qu’elle touche un secteur sensible lié aux droits sociaux des retraités. Plusieurs anciens agents, qui comptent sur ces pensions complémentaires pour faire face au coût de la vie, expriment leur inquiétude et réclament des éclaircissements, ainsi que des garanties quant à la sécurisation future des paiements.

De son côté, la direction générale de La Poste n’a pas encore livré de communication détaillée, mais des sources internes indiquent qu’une collaboration totale avec les autorités judiciaires a été engagée. Des mesures conservatoires et un renforcement des procédures de contrôle seraient également à l’étude afin d’éviter de nouvelles dérives.

Abass Ndao, futur rempart contre les mutilations génitales féminines au Sénégal

Au Sénégal, les mutilations génitales féminines (MGF) demeurent une réalité douloureuse, souvent dissimulée derrière le silence, la honte ou la méconnaissance. Malgré les avancées législatives et les campagnes de sensibilisation, cette pratique continue d’affecter des milliers de filles et de femmes, en particulier dans certaines zones où les traditions sociales et les dynamiques transfrontalières renforcent sa persistance. Face à ce fléau aux conséquences sanitaires, psychologiques et sociales majeures, le Centre hospitalier Abass Ndao de Dakar s’engage dans une transformation ambitieuse : devenir un centre de référence national, voire régional, pour la prise en charge globale des victimes de mutilations génitales féminines.

Soutenu par l’État du Sénégal, la Ville de Dakar et des partenaires internationaux, l’hôpital des femmes et des enfants ne se limite plus à une réponse ponctuelle ou strictement médicale. Il entend structurer une approche durable, coordonnée et humaine, capable d’accompagner les patientes sur le long terme. Pour le professeur Demba Diédhiou, directeur du Centre hospitalier Abass Ndao, l’enjeu est clair : aller bien au-delà de la réparation chirurgicale. « Beaucoup de femmes vivent avec une mutilation sans toujours en avoir conscience, ou sans oser en parler. Notre rôle est de leur offrir une porte d’entrée sécurisée, bienveillante et compétente », explique-t-il.

Cette « porte d’entrée » repose sur une organisation multidisciplinaire inédite. Chirurgiens, gynécologues, urologues, psychologues et sexologues travaillent désormais de manière concertée afin de construire de véritables parcours de soins. L’objectif est de restaurer non seulement l’intégrité physique, lorsque cela est possible et nécessaire, mais aussi la dignité, l’équilibre psychologique et l’autonomie des patientes. La prise en charge inclut l’écoute, l’accompagnement psychothérapeutique, la réappropriation du corps et de la sexualité, ainsi qu’un suivi médical adapté aux complications à long terme des MGF.

Cette dynamique s’appuie sur une coopération médicale étroite entre Dakar et Marseille. Depuis trois ans, les équipes de l’Assistance publique – Hôpitaux de Marseille accompagnent et forment le personnel sénégalais à une approche holistique des mutilations génitales féminines. Cette collaboration met l’accent sur des dimensions longtemps négligées, notamment la santé mentale et la sexualité. Pour la professeure Florence Bretelle, impliquée dans ce partenariat, la chirurgie ne constitue pas une réponse systématique. « Dans de nombreux cas, l’écoute, la psychoéducation et un accompagnement adapté permettent déjà une réparation profonde. Il faut d’abord reconnaître la souffrance et redonner la parole aux femmes », souligne-t-elle.

À terme, le Centre hospitalier Abass Ndao ambitionne de devenir un pôle de référence régional et international, capable d’accueillir, de former et de produire de la recherche sur la prise en charge des mutilations génitales féminines. Cette ambition s’inscrit dans une vision plus large de renforcement du système de santé et de promotion des droits des femmes et des filles.

Les autorités sanitaires et municipales rappellent toutefois que la prise en charge, aussi essentielle soit-elle, ne saurait remplacer la prévention. Malgré une loi criminalisant les mutilations génitales féminines depuis 1999, les chiffres restent préoccupants : plus de 12 % des filles de moins de 15 ans seraient encore concernées au Sénégal. Le ministère de la Santé, la Ville de Dakar et les partenaires communautaires misent désormais sur une stratégie renforcée de sensibilisation, d’éducation et d’implication des leaders religieux et coutumiers, dont le rôle est jugé déterminant pour faire évoluer les normes sociales.

Kaffrine : Momath Talla Ndao entre foi et engagement communautaire

Plutôt que de se limiter au récit d’une tournée officielle, cette démarche met en lumière l’interaction entre le secrétaire d’État et les communautés religieuses, en soulignant la dimension spirituelle, la proximité avec les populations ainsi que l’impact social de son action. L’accent est ainsi mis sur la valeur symbolique et fédératrice de sa présence lors des grandes manifestations religieuses.

Le week-end dernier, la région de Kaffrine a été marquée par la présence remarquée du secrétaire d’État chargé de l’Urbanisme et du Logement, Momath Talla Ndao, qui a choisi d’allier engagement religieux et proximité communautaire.

Partout où il s’est rendu — à Diakhao Saloum pour la ziarra annuelle, à Diamal puis à Diokoul Mbelbouck —, le responsable gouvernemental a été accueilli chaleureusement par les populations et les autorités religieuses. Fils du terroir, il a su tisser un lien direct avec les communautés, rappelant le rôle central des guides religieux dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale.

Au-delà des messages institutionnels portant sur la transformation économique et la modernisation des daaras, le secrétaire d’État a sollicité les prières des fidèles, soulignant la complémentarité entre l’action gouvernementale et la spiritualité. Présent sur le terrain presque chaque week-end, Momath Talla Ndao incarne une approche où politique et foi se rejoignent pour consolider l’unité et favoriser le développement local.

Élections locales de 2027 : le FDR accuse le gouvernement de retarder le processus électoral

À mesure que le Sénégal s’approche des élections départementales et municipales prévues en principe en 2027, le climat politique commence à se tendre. L’opposition, par la voix du Front pour la Défense de la République (FDR), dénonce ce qu’elle considère comme des manœuvres dilatoires susceptibles de fragiliser la transparence du processus électoral. Dans un communiqué publié ce mardi 3 février 2026, le collectif de partis d’opposition exprime ses inquiétudes face au silence du gouvernement et de la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA).

Le FDR souligne qu’à la date du 1er février 2026, le gouvernement n’a toujours pas publié le décret fixant la date des prochaines élections municipales. Selon l’opposition, cette absence de décision officielle constitue une entorse aux règles électorales en vigueur. Le collectif rappelle en effet que le code électoral prévoit une révision ordinaire des listes électorales du 1er février au 31 juillet de chaque année, sauf cas de force majeure ou en cas de révision exceptionnelle organisée dans la perspective d’élections spécifiques. Pour le FDR, le fait de ne pas avoir enclenché ce processus à la date prévue revient à priver les citoyens de leur droit à l’information et à la participation électorale dans les délais requis.

Le regroupement politique, dirigé notamment par Oumar Sarr, estime que le respect du droit des électeurs aurait exigé que les autorités informent l’opinion publique avant l’échéance du 1er février. Le FDR évoque par ailleurs la possibilité que le gouvernement privilégie une révision exceptionnelle des listes électorales directement liée aux élections locales de 2027. Une option qui, selon ses responsables, réduirait considérablement les délais de contrôle et de vérification par les acteurs politiques et les organisations de la société civile.

Au-delà du calendrier électoral, l’opposition exprime également des préoccupations concernant la gestion des documents d’identité et du fichier électoral. Le FDR affirme disposer d’informations concordantes selon lesquelles la confection des cartes nationales d’identité, des cartes d’électeur et des passeports pourrait être confiée à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) ou à l’une de ses filiales. Le collectif y voit un risque de concentration excessive du contrôle du fichier électoral et de l’état civil entre les mains d’entités jugées proches du pouvoir en place. Selon le FDR, une telle orientation pourrait compromettre la crédibilité et la transparence des élections à venir.

Face à ce qu’il qualifie de situation confuse et préoccupante, le Front pour la Défense de la République formule plusieurs exigences. L’opposition réclame la publication sans délai du décret fixant la date des élections locales ainsi que celui organisant la révision exceptionnelle des listes électorales, si tel est le choix du gouvernement. Le collectif exige également l’accès immédiat de tous les partis politiques au fichier électoral, conformément aux dispositions légales en vigueur. Enfin, le FDR demande des garanties concernant la disponibilité, la sécurisation et la gestion indépendante des cartes d’électeur et des cartes d’identité, qu’il considère comme des conditions essentielles pour assurer la fiabilité et la transparence du scrutin de 2027.

Mali : au moins 15 chauffeurs tués dans une attaque jihadiste contre un convoi de carburant vers Kayes

La situation sécuritaire continue de se dégrader dans l’ouest du Mali. Au moins quinze chauffeurs routiers ont été tués jeudi dernier lors d’une attaque attribuée à des combattants jihadistes contre un convoi transportant du carburant sur l’axe reliant la frontière sénégalaise à la ville de Kayes. L’information a été confirmée lundi par des sources locales et sécuritaires citées par l’Agence France-Presse (AFP).

Selon une source sécuritaire ayant requis l’anonymat, les assaillants, identifiés comme appartenant au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ont intercepté le convoi avant d’exécuter les chauffeurs. D’après ce témoignage, les victimes ont été abattues à bout portant après avoir été ligotées et aveuglées. Cette source fait état d’au moins dix-huit morts.

Sur le terrain, les populations locales ont également constaté l’ampleur du drame. Un animateur d’une radio communautaire a rapporté que quinze corps ont été retrouvés abandonnés à proximité de camions-citernes entièrement calcinés. L’alerte aurait été donnée après que des odeurs de putréfaction ont attiré l’attention des habitants d’un village voisin. Faute de moyens et face aux risques sécuritaires persistants, les villageois ont procédé à l’inhumation des corps sur place.

Cette attaque marque un tournant dans la stratégie des groupes jihadistes actifs dans la zone. Jusqu’ici, les attaques contre les convois logistiques visaient principalement la destruction du matériel et le sabotage des circuits d’approvisionnement. Désormais, les chauffeurs semblent être devenus des cibles directes. En novembre dernier, le JNIM avait d’ailleurs diffusé une vidéo de propagande dans laquelle il affirmait considérer tous les conducteurs de camions-citernes comme des « cibles militaires ».

Dans un communiqué consulté par l’AFP, le groupe jihadiste a revendiqué une embuscade contre l’armée malienne sur l’axe reliant Diboli, localité frontalière avec le Sénégal, à Kayes. Toutefois, le document ne mentionne pas explicitement l’attaque contre le convoi de carburant ni l’exécution des chauffeurs.

Cette nouvelle offensive intervient dans un contexte de blocus imposé depuis septembre par le JNIM sur plusieurs villes maliennes. Les attaques répétées contre les convois logistiques perturbent fortement l’approvisionnement en carburant et en marchandises, aggravant la crise économique dans plusieurs régions du pays, y compris à Bamako.

Les chauffeurs routiers maliens ont exprimé leur inquiétude face à la recrudescence de ces violences. Lors d’une rencontre avec les autorités maliennes dimanche, leurs représentants ont demandé à l’armée d’intervenir pour récupérer les corps des victimes et sécuriser davantage les axes routiers. Un membre du Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali a affirmé que des tentatives de récupération avaient été menées, sans succès, en raison de la présence persistante des groupes armés dans la zone.

L’attaque est d’autant plus préoccupante que cet axe reliant le Mali au Sénégal était jusqu’ici relativement épargné par les violences jihadistes. Traditionnellement, la majorité des convois de carburant destinés au Mali transitaient par la Côte d’Ivoire, où les escortes militaires restent actives. Selon des sources sécuritaires, ces escortes auraient été suspendues ces derniers mois sur l’axe Sénégal-Mali, ce qui pourrait avoir favorisé l’attaque.

Kaffrine – Diamal en communion : la ziarra annuelle sur les pas spirituels de Borom Diamal

Diamal a vibré, le temps d’un week-end, au rythme des invocations, des enseignements et d’une ferveur partagée. Des milliers de fidèles ont convergé vers cette localité du département de Birkelane, dans la région de Kaffrine, pour prendre part à l’édition 2026 de la ziarra annuelle de Diamal, un rendez-vous spirituel devenu incontournable dans l’agenda religieux local.

Dès les premières heures, les lieux ont été envahis par les chants religieux, les récitations du Coran et les salutations fraternelles, traduisant l’attachement profond des disciples à l’œuvre de Borom Diamal, El Hadji Abdoulaye Cissé. Une atmosphère de recueillement et de transmission qui a donné à la rencontre une dimension à la fois mystique et éducative.

Face aux fidèles attentifs, le khalife général de Diamal, Serigne Modou Mame Cissé, a livré un message clair et sans détour. Appelant la jeunesse à se ressourcer dans les valeurs du travail, de l’éducation et de la droiture religieuse, il a insisté sur la nécessité de vivre l’islam au quotidien, dans les actes comme dans les comportements. « La foi doit éclairer nos choix et guider nos actions », a-t-il martelé, dans un ton empreint de responsabilité spirituelle.

Le khalife a également rappelé l’enseignement fondamental de Borom Diamal sur le respect des femmes, socle d’une société équilibrée et fidèle aux principes de l’islam. Un message accueilli avec ferveur par l’assistance, ponctué de prières et de signes d’approbation.

La ziarra a été ponctuée de panels religieux de haut niveau, au cours desquels érudits et conférenciers ont revisité la vie, l’œuvre et l’héritage spirituel de Borom Diamal, en les reliant aux défis actuels de la société. Ces échanges ont renforcé le caractère pédagogique de l’événement, au-delà du simple rituel.

Parrainée par l’imam de la Grande Mosquée de Médina Baye de Kaolack, Cheikh Ahmed Tidiane Aliou Cissé, représenté par Serigne Ousmane Cissé, la cérémonie a enregistré la présence de Djim Dramé, délégué général aux affaires religieuses, ainsi que de nombreuses autorités religieuses et institutionnelles, témoignant de l’importance croissante de Diamal sur la scène religieuse nationale.

Au terme de la ziarra, prières collectives et bénédictions ont scellé ce moment de communion, laissant chez les fidèles un sentiment de renouveau spirituel. À Diamal, le message de Borom Diamal continue de traverser le temps, porté par une foi vivante et une communauté résolument tournée vers l’essentiel.

WAPP : Lomé consacre l’expansion du marché électrique ouest-africain et valide ses performances financières

La capitale togolaise, Lomé, a abrité le samedi 24 janvier 2026 la 20ᵉ session de l’Assemblée générale du Système d’Échange d’Énergie Électrique Ouest-Africain (West African Power Pool – WAPP), une rencontre stratégique qui a réuni les principaux décideurs du secteur énergétique de la sous-région. Cette session a été marquée par des avancées significatives, tant sur le plan institutionnel que financier, confirmant la montée en puissance de l’organisation dans sa mission d’intégration énergétique au sein de l’espace CEDEAO.

La rencontre s’est tenue dans un hôtel de la capitale togolaise sous la supervision du Secrétaire général du WAPP, Abdoulaye Dia, et du président du Conseil exécutif, Eng. Sule Ahmed Abdulaziz. Les discussions ont permis de passer en revue les performances de l’institution, notamment à travers l’évaluation des résultats financiers et opérationnels enregistrés ces dernières années.

Les participants ont ainsi procédé à l’examen des états financiers de l’exercice 2024. À l’issue de la présentation du rapport de l’auditeur externe, ces comptes ont été officiellement approuvés par l’Assemblée générale, traduisant la confiance des États membres dans la gestion financière du WAPP. Cette validation constitue un indicateur fort de la crédibilité et de la transparence dans la gouvernance de l’organisation.

Par ailleurs, le rapport d’activités de l’année 2025 a également obtenu l’aval des membres. Ce document met en lumière les progrès réalisés dans la mise en œuvre des projets d’interconnexion électrique entre plusieurs pays de la sous-région. Ces initiatives contribuent à renforcer la stabilité des réseaux nationaux et à améliorer la disponibilité de l’énergie dans les zones confrontées à des déficits de production.

L’un des moments forts de cette 20ᵉ session reste l’annonce de l’adhésion de quatre nouveaux membres au sein du WAPP. Cette extension illustre l’attractivité croissante du système et consolide sa légitimité en tant qu’outil central d’intégration énergétique régionale. Elle s’inscrit également dans la stratégie globale visant à bâtir un marché régional de l’électricité plus compétitif, interconnecté et capable de répondre efficacement aux besoins croissants en énergie dans l’espace ouest-africain.

Représentant le ministre togolais de l’Énergie, le Dr Eng. Tchapo A. Singo a salué cette dynamique d’expansion, soulignant qu’elle reflète la volonté des États membres de mutualiser leurs ressources énergétiques afin de garantir un accès plus fiable et plus abordable à l’électricité pour les populations et les secteurs productifs. Selon lui, la coopération régionale demeure un levier essentiel pour relever les défis énergétiques auxquels fait face l’Afrique de l’Ouest.

Les travaux de l’Assemblée générale ont également permis d’adopter les recommandations issues de la 66ᵉ réunion du Conseil exécutif du WAPP. Ces orientations stratégiques fixent les priorités pour les prochaines années, avec un accent particulier sur l’achèvement des infrastructures transfrontalières d’interconnexion et l’optimisation des échanges d’électricité entre les pays disposant d’un surplus de production et ceux confrontés à des déficits.

CAN 2025 : le trophée présenté à l’Assemblée nationale, symbole d’un sacre historique pour le Sénégal

Le trophée de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, remporté par l’équipe nationale du Sénégal, a été officiellement présenté ce mardi 3 février 2026 au président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, lors d’une cérémonie empreinte de solennité et de fierté nationale. L’événement s’est déroulé en présence du président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Abdoulaye Fall, ainsi que de la ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Khady Diène Gaye, marquant ainsi un moment fort de reconnaissance institutionnelle envers les champions d’Afrique.

Cette présentation du prestigieux trophée s’inscrit dans la continuité des hommages rendus aux Lions de la Teranga depuis leur sacre continental. Elle témoigne de l’importance accordée par les institutions de la République aux performances sportives qui contribuent au rayonnement du Sénégal sur la scène internationale. Devant ses hôtes, le président de l’Assemblée nationale a tenu à saluer avec enthousiasme cette victoire qu’il qualifie d’« éclatante », soulignant qu’elle résulte d’un travail collectif fondé sur le talent, la discipline et l’engagement.

El Malick Ndiaye a magnifié les efforts consentis par les joueurs, le staff technique ainsi que l’ensemble des acteurs du football national, estimant que ce sacre continental constitue une consécration du travail de structuration et de développement du football sénégalais entrepris depuis plusieurs années. Selon lui, cette victoire dépasse le cadre purement sportif pour devenir un véritable motif de fierté nationale et un puissant levier d’inspiration pour la jeunesse sénégalaise.

Le président de l’Assemblée nationale a également tenu à rendre un hommage appuyé aux supporters sénégalais, souvent désignés comme le « 12ᵉ Gaïndé ». Il a salué leur mobilisation constante, leur ferveur et leur soutien indéfectible tout au long de la compétition, rappelant que l’engagement populaire a largement contribué à porter les Lions vers le sommet du football africain.

La présence du président de la FSF, Abdoulaye Fall, et de la ministre Khady Diène Gaye à cette cérémonie illustre la synergie entre les autorités sportives et les institutions étatiques dans la promotion et la valorisation des performances des équipes nationales. Elle traduit également la volonté des pouvoirs publics d’encourager la dynamique positive enclenchée par ce nouveau titre continental.

Sanctions après la finale de la CAN 2025 : le Maroc fait appel, le Sénégal renonce à contester les décisions de la CAF

Les répercussions de la finale houleuse de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 continuent de secouer le football africain. Après les violences et incidents jugés « inacceptables » survenus lors de la rencontre, la Confédération africaine de football (CAF) a pris des sanctions disciplinaires contre les sélections du Maroc et du Sénégal. Tandis que la Fédération royale marocaine de football (FRMF) a décidé de contester ces mesures, la Fédération sénégalaise de football (FSF) a, pour sa part, choisi de ne pas faire appel.

Dans un communiqué rendu public mardi 3 février, la FRMF a annoncé avoir introduit un recours contre les décisions du Jury disciplinaire de la CAF. L’instance marocaine estime que les sanctions prononcées ne correspondent pas à la gravité réelle des faits constatés lors de la finale. Selon la Fédération, les mesures disciplinaires prises sont jugées disproportionnées, aussi bien au regard des incidents enregistrés que de leur niveau de dangerosité. Cette démarche traduit la volonté du Maroc de faire réexaminer le dossier par les instances compétentes de la CAF.

La finale de la CAN 2025, disputée le 18 janvier, avait été marquée par une atmosphère particulièrement tendue. Des violences impliquant des supporters avaient été signalées, tandis que des contestations autour de décisions arbitrales avaient perturbé le déroulement normal de la rencontre. La situation avait atteint un niveau critique lorsque les joueurs sénégalais avaient interrompu le jeu pendant environ quinze minutes pour protester contre certaines décisions de l’arbitre. Ces incidents avaient suscité une vive réaction de la CAF, soucieuse de préserver l’image et l’intégrité de la compétition continentale.

À l’issue de l’enquête menée par son jury disciplinaire, la CAF avait infligé des sanctions sportives et financières aux deux sélections. Plusieurs joueurs avaient également été sanctionnés individuellement, notamment le défenseur marocain Achraf Hakimi. Malgré les demandes du Maroc, l’instance africaine avait toutefois décidé de maintenir le titre de champion d’Afrique attribué au Sénégal, estimant que les faits reprochés ne justifiaient pas un retrait du trophée.

Contrairement à la position marocaine, la Fédération sénégalaise de football a adopté une posture d’apaisement. Après avoir examiné les décisions prises par la CAF, elle a officiellement notifié son choix de ne pas engager de recours contre les sanctions prononcées. Cette décision concerne aussi bien les sanctions collectives que les mesures disciplinaires visant certaines personnalités de la sélection nationale.

La FSF a précisé que cette renonciation s’applique également aux sanctions individuelles visant le sélectionneur national Pape Bouna Thiaw ainsi que les joueurs Ismaïla Sarr et Iliman Cheikh Baroy Ndiaye. Par cette démarche, l’instance dirigeante du football sénégalais semble privilégier la stabilité sportive et institutionnelle, tout en marquant sa volonté de tourner la page de cette finale controversée.

Hausse significative du budget de la Police nationale : l’État renforce son dispositif sécuritaire pour 2026

Le Premier ministre Ousmane Sonko a effectué, ce mardi matin, une visite de travail consacrée à la Police nationale, en présence du ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, du ministre des Forces armées, le Général Birame Diop, du ministre des Finances, Cheikh Diba, ainsi que du Directeur général de la Police nationale, Mame Seydou Ndour. Cette rencontre a été marquée par l’annonce officielle du budget alloué à la Police nationale pour l’année 2026, qui connaît une hausse notable traduisant la volonté des autorités de renforcer la sécurité publique.

Le budget de la Police nationale pour 2026 est arrêté à 150 milliards 869 millions 415 mille 279 francs CFA, contre 127,19 milliards FCFA en 2025. Cette évolution correspond à une augmentation de 18,31 % en valeur relative. Pour le chef du gouvernement, cette progression budgétaire témoigne du caractère prioritaire accordé au renforcement des capacités de la Police nationale. Ousmane Sonko a souligné que cet effort financier a été rendu possible grâce à des réajustements opérés dans plusieurs autres départements ministériels, y compris au niveau de la Primature. Il a insisté sur le fait que, contrairement à d’autres secteurs ayant connu des restrictions budgétaires, la Police nationale a bénéficié d’une réévaluation à la hausse de ses ressources en raison de son rôle stratégique dans la stabilité du pays.

Le Premier ministre a précisé que cette augmentation budgétaire est orientée vers des projets concrets destinés à améliorer les conditions de travail des forces de sécurité et à renforcer les dispositifs opérationnels. Parmi les projets majeurs figure la finalisation de deux immeubles de type R+8 à Abdou Jalloh, pour un coût estimé à 2,5 milliards FCFA. Cette infrastructure vise à moderniser les installations et à offrir de meilleures conditions d’accueil et de travail aux agents de police.

Le programme de sûreté et de sécurité nationale bénéficie également d’un financement de 3,25 milliards FCFA. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer la prévention et la lutte contre les menaces sécuritaires, dans un contexte marqué par des défis croissants liés à la criminalité et aux enjeux régionaux de sécurité.

Une enveloppe de 2,75 milliards FCFA est par ailleurs consacrée à l’acquisition de moyens logistiques et de matériel de protection. Cet investissement doit permettre d’améliorer les capacités d’intervention et de garantir une meilleure protection des agents engagés sur le terrain. Dans la perspective de l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, le gouvernement prévoit également un financement de 10 milliards FCFA pour le renforcement des infrastructures sécuritaires afin d’assurer le bon déroulement de cet événement international majeur.

Le budget prévoit également le paiement des pécules destinés aux policiers adjoints volontaires, pour un montant de 2,3 milliards FCFA. Cette mesure vise à soutenir ces personnels engagés dans les missions de sécurité publique et à améliorer leurs conditions socio-professionnelles. Dans le domaine administratif, une enveloppe de 4,1 milliards FCFA est destinée à la production de 350 000 talons de passeport numérisés, illustrant la volonté de moderniser les services publics liés à l’identification et aux documents de voyage.

Selon les données présentées par le Premier ministre, la sécurité publique représente désormais 58,68 % du budget global du ministère de l’Intérieur. Cette proportion confirme l’orientation stratégique du gouvernement vers le renforcement des politiques de sécurité et la consolidation des moyens opérationnels des forces de défense et de sécurité.

Renforcement de l’axe Dakar–Brazzaville : une visite officielle placée sous le sceau de la coopération et de l’ambition africaine

La visite officielle du Président de la République du Sénégal en République du Congo s’est achevée à Brazzaville dans une atmosphère empreinte de confiance, de respect mutuel et d’ambitions communes. Ce déplacement diplomatique, marqué par des échanges approfondis entre les autorités des deux pays, s’inscrit dans une dynamique de consolidation des relations historiques entre Dakar et Brazzaville, tout en traçant de nouvelles perspectives de coopération stratégique.

Durant son séjour, le Chef de l’État sénégalais a été reçu par son homologue congolais Denis Sassou N’Guesso au Palais du Peuple, où les deux dirigeants ont tenu plusieurs séances de travail élargies à leurs délégations respectives. Les discussions ont permis de passer en revue les principaux domaines de coopération bilatérale, notamment dans les secteurs économique, commercial, énergétique, éducatif et sécuritaire. Les deux parties ont exprimé leur volonté de renforcer les échanges commerciaux et de favoriser les investissements croisés, en mettant l’accent sur le partage d’expertise et la valorisation des potentialités économiques de leurs pays respectifs.

Les échanges ont également porté sur des questions d’intérêt continental et international. Les deux Chefs d’État ont abordé les défis majeurs auxquels fait face l’Afrique, notamment les enjeux liés à la paix et à la sécurité, au développement économique, à l’intégration régionale ainsi qu’à la souveraineté politique et économique du continent. Dans ce cadre, ils ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une coopération africaine plus forte et d’une coordination accrue dans les grandes instances internationales, afin de mieux défendre les intérêts du continent.

Cette visite a aussi permis de souligner la convergence de vues entre Dakar et Brazzaville sur la nécessité de promouvoir une diplomatie fondée sur la solidarité africaine, le dialogue et la recherche de solutions concertées face aux défis globaux. Les deux dirigeants ont insisté sur l’importance de renforcer les mécanismes de coopération Sud-Sud et de consolider les partenariats stratégiques entre États africains, considérés comme un levier essentiel pour accélérer le développement durable.

Au moment du départ du Président sénégalais, un dernier entretien en tête-à-tête s’est tenu au Palais du Peuple, suivi des honneurs militaires, marquant symboliquement la qualité des relations entre les deux nations. Cette visite officielle apparaît ainsi comme une étape majeure dans le raffermissement de l’axe Dakar–Brazzaville, illustrant la volonté commune de bâtir un partenariat plus structuré, tourné vers l’avenir et au service des aspirations des peuples sénégalais et congolais.

À l’École nationale de Police, Ousmane Sonko lie les défis sécuritaires et économiques à « l’héritage douloureux » du passé

En se rendant à l’École nationale de Police, le Premier ministre Ousmane Sonko a choisi un cadre hautement symbolique pour délivrer un message à la fois politique, institutionnel et prospectif. Devant les cadres, les instructeurs et les élèves officiers réunis pour l’occasion, le chef du gouvernement a prononcé une allocution axée sur les responsabilités futures des forces de sécurité, tout en revenant longuement sur la situation économique et budgétaire du pays, qu’il attribue largement à la gestion du précédent régime.

Dans un discours à la tonalité ferme, Ousmane Sonko a établi un lien direct entre les défis actuels du Sénégal, notamment en matière de sécurité et de développement, et ce qu’il considère comme les conséquences d’une gouvernance antérieure marquée par des dysfonctionnements majeurs. Selon lui, les ambitions affichées par le nouveau pouvoir auraient pu se concrétiser plus rapidement si le pays n’avait pas hérité d’une situation financière fragilisée. « La matérialisation de ces ambitions aurait été plus rapide, n’eût été un héritage douloureux, conséquence d’une gestion hasardeuse et opaque des ressources publiques par le précédent régime », a-t-il déclaré, pointant implicitement la période de l’ancien président Macky Sall.

Le Premier ministre a notamment évoqué les conclusions de plusieurs rapports jugés déterminants dans l’évaluation de la situation financière du pays. Il a cité les travaux de la Cour des comptes ainsi que l’audit réalisé par le cabinet Mazars, documents qui, selon lui, ont révélé une dette publique bien plus élevée que les chiffres officiellement avancés auparavant. Ces investigations auraient mis en lumière l’existence de circuits financiers parallèles ainsi que la contraction d’emprunts sans validation parlementaire, alimentant ainsi les critiques sur la transparence de la gestion des finances publiques durant les années précédentes.

Dans son intervention, Ousmane Sonko a également évoqué les estimations alarmantes concernant le niveau d’endettement du Sénégal, certaines projections évoquant un taux pouvant atteindre 132 % du Produit intérieur brut. Pour le chef du gouvernement, ces éléments constituent la preuve d’une « gabegie » dont les répercussions continuent de peser sur les capacités d’action de l’État. Il a insisté sur le fait que cette situation limite aujourd’hui la marge de manœuvre budgétaire du gouvernement et impose des choix économiques particulièrement rigoureux.

Toutefois, le Premier ministre a veillé à ne pas limiter son discours à une dénonciation du passé. Dans une transition vers une vision plus prospective, il a opposé deux modèles de gouvernance. Il a dénoncé ce qu’il a qualifié d’anciens travers, notamment « l’égoïsme, la démagogie budgétaire et les manipulations politiciennes », qu’il considère comme incompatibles avec les exigences d’un État moderne et efficace. À l’inverse, il a appelé à l’émergence d’une gouvernance fondée sur des valeurs qu’il estime indispensables à la reconstruction nationale.

Devant les futurs officiers de police, il a ainsi insisté sur la nécessité d’incarner des principes tels que la rigueur, la discipline, la transparence et l’amour de la patrie. Pour lui, ces valeurs doivent constituer le socle d’une administration et de forces de sécurité capables de répondre aux attentes des citoyens tout en consolidant l’autorité de l’État. Il a rappelé que la mission des forces de l’ordre ne se limite pas à la préservation de la sécurité publique, mais s’inscrit également dans une dynamique globale de stabilité institutionnelle et de développement national.

En s’adressant directement aux élèves officiers, Ousmane Sonko a souligné l’importance du rôle qu’ils seront appelés à jouer dans un contexte marqué par des mutations sociales, économiques et sécuritaires profondes. Il a insisté sur la responsabilité morale et professionnelle qui incombe aux futurs cadres de la police nationale, appelés à évoluer dans un environnement où les attentes citoyennes en matière de transparence et de redevabilité sont de plus en plus fortes.

Extradition de Madiambal Diagne : la justice française reporte sa décision au 3 mars 2026

La procédure d’extradition visant le journaliste et homme d’affaires sénégalais Madiambal Diagne connaît un nouveau rebondissement. La Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Versailles a décidé de prendre davantage de temps pour examiner le dossier, en annonçant la mise en délibéré de l’affaire. Initialement attendue ce mardi 3 février 2026, la décision finale a été renvoyée au 3 mars prochain, prolongeant ainsi l’incertitude autour du sort judiciaire du patron du groupe Avenir Communication.

Cette nouvelle étape intervient à l’issue d’un processus judiciaire entamé depuis plusieurs mois devant les juridictions françaises. Lors de l’audience du 25 novembre dernier, les magistrats avaient déjà choisi de surseoir à statuer afin d’obtenir des compléments d’information jugés indispensables auprès des autorités sénégalaises. Cette demande visait à éclairer plusieurs aspects juridiques fondamentaux avant de se prononcer sur la recevabilité et la légitimité de la requête d’extradition formulée par Dakar.

Au cœur des préoccupations de la juridiction française figurait notamment la qualification pénale exacte des faits reprochés à Madiambal Diagne. Les magistrats ont exigé des précisions sur les infractions retenues contre lui, ainsi que sur les textes juridiques applicables au moment des faits présumés. Ils ont également demandé des éclaircissements sur les règles relatives à la prescription, un élément déterminant qui pourrait influencer la validité des poursuites engagées par les autorités sénégalaises.

La Cour a par ailleurs insisté sur la nécessité d’obtenir des garanties formelles concernant le respect des droits fondamentaux de l’intéressé. Les magistrats souhaitent s’assurer que Madiambal Diagne bénéficierait, en cas de transfert vers le Sénégal, de toutes les protections procédurales requises, notamment en matière de droit à la défense et de conditions équitables d’instruction et de jugement. Ces exigences s’inscrivent dans le cadre des standards internationaux régissant la coopération judiciaire entre États.

Du côté de l’État du Sénégal, les autorités affirment avoir transmis l’ensemble des éléments demandés par la juridiction française. Dakar considère que les réponses fournies satisfont aux interrogations soulevées par la Cour d’appel de Versailles et confirment la solidité juridique de la demande d’extradition. Cette position traduit la volonté des autorités sénégalaises de voir le dossier jugé devant les juridictions nationales.

La défense de Madiambal Diagne adopte toutefois une lecture différente de la situation. Les avocats du journaliste estiment que plusieurs zones d’ombre subsistent encore dans le dossier. Ils mettent en doute la clarté des accusations portées contre leur client et contestent la régularité globale de la procédure engagée. Selon eux, certaines réponses fournies par les autorités sénégalaises ne dissipent pas les incertitudes soulevées par la juridiction française, ce qui justifierait un rejet pur et simple de la demande d’extradition.

La mise en délibéré prononcée par la Chambre de l’instruction prolonge ainsi une attente lourde d’enjeux politiques, judiciaires et médiatiques. L’affaire dépasse en effet le cadre strictement judiciaire, compte tenu du profil de Madiambal Diagne, figure influente du paysage médiatique sénégalais et acteur reconnu dans le secteur de la communication.

Louga :Mberry Sylla, président du Conseil départemental, en action dans le Ndiambour

Le département de Louga a connu, ces dernières années, plusieurs interventions sous la présidence de Mberry Sylla, ancien parlementaire de la 14ᵉ législature. Sa gestion se caractérise par une présence régulière sur le terrain et des initiatives dans différents secteurs.

Pour les habitants, son action se traduit par des projets concrets visant à améliorer la vie quotidienne.

« Sur le plan des infrastructures, plusieurs réalisations majeures ont vu le jour. Des routes ont été réhabilitées, des pistes améliorées ainsi que des ouvrages de désenclavement réalisés. Cela a permis de faciliter la mobilité des populations et de dynamiser les échanges économiques à l’intérieur du département », confie un citoyen lougatois, la cinquantaine révolue, croisé dans la rue.

Notre interlocuteur, qui a préféré taire son nom, précise que « ces investissements structurants ont permis de renforcer l’attractivité de nombreuses localités longtemps confrontées à l’isolement ».

Dans le domaine de l’éducation, plusieurs écoles ont été réhabilitées ou équipées. Selon Mme Mariama Barré, « plusieurs établissements scolaires ont été réceptionnés, offrant ainsi aux élèves et aux enseignants un environnement plus propice à l’apprentissage ». Elle ajoute que « cet effort en faveur du capital humain traduit une conviction forte : le développement durable du département passe nécessairement par une jeunesse bien formée ».

Mme Barré souligne également l’attention portée aux étudiants : « Je vous signale que les étudiants n’ont pas été oubliés. À travers des soutiens multiformes, M. le président du Conseil départemental a contribué à soulager de nombreuses familles et à encourager l’excellence académique. Cet accompagnement a redonné espoir à beaucoup de jeunes, convaincus que leurs efforts seront reconnus et soutenus. »

L’action dans le domaine sanitaire a concerné la réhabilitation des districts sanitaires et des postes de santé, afin de faciliter l’accès aux soins de base et d’améliorer les conditions de prise en charge.

« Les populations bénéficient aujourd’hui de meilleures conditions d’accueil et de prise en charge, réduisant ainsi les souffrances liées à l’éloignement ou à la vétusté des infrastructures sanitaires », indique une sage-femme d’État ayant préféré conserver l’anonymat.

À noter également que le président du Conseil départemental a porté une attention particulière aux lieux de culte, notamment aux mosquées, désormais mieux éclairées. Ces actions visent à répondre aux besoins matériels tout en respectant les valeurs religieuses et culturelles des populations lougatoises.

Aly Saleh

Polémique autour des véhicules offerts à la RTS : Idrissa Fall Cissé pointe des incohérences dans les déclarations de Pape Alé Niang

Une vive controverse enfle autour du directeur général de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), Pape Alé Niang, après sa décision d’annoncer le retrait de six véhicules qu’il avait mis à la disposition de la société nationale. Sur le réseau social X, le patron de la RTS a justifié sa démarche par ce qu’il qualifie de « polémique stérile et infondée » entretenue par certains agents de la structure. Cependant, cette sortie publique a rapidement suscité de nouvelles interrogations, notamment de la part du lanceur d’alerte Idrissa Fall Cissé, qui relève plusieurs incohérences dans les propos du journaliste devenu gestionnaire public.

Selon Idrissa Fall Cissé, les déclarations de Pape Alé Niang sur l’origine et le moment de l’acquisition des véhicules ne concordent pas. Il rappelle que le directeur général de la RTS avait affirmé, lors d’une émission sur RSI en novembre 2024, avoir reçu ces véhicules comme un cadeau avant même sa nomination à la tête de l’entreprise publique. Or, dans une récente publication sur X, Pape Alé Niang explique que ces véhicules lui ont été offerts par des amis après avoir découvert l’état dégradé du parc automobile de la RTS, situation qu’il aurait constatée lors d’échanges avec les chauffeurs de la structure, donc après sa prise de fonction.

Le lanceur d’alerte souligne que les véhicules auraient été réceptionnés en août 2024, soit environ quatre mois après la nomination du directeur général. Pour lui, ces contradictions soulèvent des interrogations sur la transparence entourant cette affaire. Il ironise même sur la possibilité que Pape Alé Niang ait commencé à tenir des réunions avec le personnel avant son installation officielle à la tête de la RTS.

Au-delà des incohérences chronologiques, Idrissa Fall Cissé estime que le problème dépasse la simple question de légalité. Il juge préoccupante l’insistance du directeur général à qualifier les véhicules de « cadeaux ». Selon lui, dans la gestion des affaires publiques, la perception, la décence et l’exemplarité sont tout aussi importantes que le respect strict des règles administratives et juridiques.

Dans sa sortie, Idrissa Fall Cissé appelle également à faire toute la lumière sur la provenance des véhicules. Il rappelle la déclaration du nouveau vice-président de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), Birahim Seck, qui avait évoqué l’éventualité d’une enquête sur ce dossier. Il évoque par ailleurs un précédent dans l’administration publique sénégalaise, notamment le cas de Cheikh Dieng, ancien directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), qui avait été limogé après avoir accepté un cadeau provenant d’un partenaire de la structure qu’il dirigeait. Pour Idrissa Fall Cissé, un responsable public ayant longtemps incarné un rôle de sentinelle dans la défense de la bonne gouvernance ne devrait pas se retrouver au centre d’une telle polémique.

Le lanceur d’alerte formule également des interrogations sur de possibles accusations de népotisme visant le directeur général de la RTS. Il fait référence à l’organisation d’une fan zone lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, dont la gestion aurait été confiée au frère de Pape Alé Niang, Thierno Niang. Idrissa Fall Cissé souligne que le directeur général a affirmé qu’aucun contrat ne liait son frère à la RTS, tout en s’interrogeant sur les circonstances ayant permis à ce dernier de jouer un rôle central dans l’organisation de cet événement.

Emploi et dialogue social : Olivier Boucal dresse un bilan 2025 marqué par des performances record

Le ministre de la Fonction publique et du Travail, Olivier Boucal, a présenté un bilan détaillé des activités de son département pour l’année 2025, mettant en avant des performances qu’il qualifie de « record » tant sur le plan de la création d’emplois que de la gestion des litiges sociaux. Lors de son passage sur la RTS, il a souligné une évolution positive des indicateurs du marché du travail, traduisant, selon lui, une dynamique encourageante de l’économie nationale.

Dans le détail, le ministre a révélé que 1 928 établissements ont ouvert ou repris leurs activités sur l’ensemble du territoire national durant l’année écoulée. Cette relance économique a permis la création de 10 386 nouveaux emplois, soit une moyenne d’environ cinq postes par structure. Pour les autorités, ces chiffres traduisent un regain d’activité dans plusieurs secteurs et témoignent d’un climat des affaires relativement favorable.

Cependant, le tableau n’est pas totalement exempt d’ombres. Olivier Boucal a indiqué que 155 entreprises ont fermé leurs portes au cours de la même période, provoquant la suppression de 880 emplois. Malgré ces pertes, le ministre estime que le solde global reste largement positif, soulignant la capacité de résilience du tissu économique national face aux difficultés conjoncturelles.

L’un des faits marquants du bilan présenté concerne la sécurisation juridique de l’emploi. Le ministre a annoncé que 77 870 contrats de travail ont été visés par les inspections du travail et de la sécurité sociale en 2025, contre 61 000 en 2024. Cette progression significative, selon lui, reflète un renforcement du contrôle et de la formalisation des relations de travail. Dans cette même dynamique, 1 024 travailleurs ont été officiellement recensés sous le statut de travailleurs déplacés, c’est-à-dire exerçant leur activité hors de leur résidence habituelle.

Malgré un effectif limité, le ministère affirme avoir intensifié ses actions de contrôle sur le terrain. Avec seulement 100 inspecteurs et contrôleurs pour couvrir l’ensemble du territoire national, les services compétents ont recensé plus de 11 810 manquements aux dispositions du droit du travail. Ces constats ont conduit à 122 mises en demeure adressées aux entreprises concernées et à l’établissement de 9 procès-verbaux d’infraction.

Le ministre a tenu à préciser que ces irrégularités ne concernent pas uniquement les licenciements. Il a souligné que plusieurs entreprises manquent également à leurs obligations contractuelles ou sociales envers leurs employés. Dans les cas où les tentatives de conciliation échouent, les dossiers sont alors transmis aux juridictions compétentes pour trancher les litiges.

Le rôle de la médiation dans la résolution des conflits du travail a également été mis en avant. Grâce à l’intervention de l’inspection du travail, un montant global de 9 492 909 691 FCFA a été versé à 2 914 travailleurs dans le cadre de ruptures de contrat négociées à l’amiable. Selon le ministre, ces accords permettent d’éviter des procédures judiciaires souvent longues et coûteuses, tout en favorisant des solutions acceptables pour les deux parties.

Concernant les conflits collectifs, Olivier Boucal a indiqué que 68 différends ont été recensés en 2025. Parmi eux, la moitié a pu être résolue par la médiation, illustrant, selon lui, l’importance du dialogue social dans la prévention des tensions au sein des entreprises.

Elon Musk convoqué par la justice française : X visé par une enquête sur des algorithmes et des contenus illicites

La justice française a convoqué le milliardaire Elon Musk, propriétaire de la plateforme X (anciennement Twitter), dans le cadre d’une enquête portant sur plusieurs infractions graves liées au fonctionnement du réseau social. Selon un communiqué publié mardi par la procureure de Paris, Laure Beccuau, l’homme d’affaires est attendu le 20 avril prochain pour une audition libre. Linda Yaccarino, ancienne directrice générale de X, est également concernée par cette procédure judiciaire.

D’après le parquet de Paris, les deux responsables seront entendus en leur qualité de gérants de fait et de droit de la plateforme au moment des faits visés par l’enquête. Cette convocation intervient alors qu’une perquisition est actuellement menée dans les locaux français de X. Les opérations sont conduites avec l’appui de l’unité nationale cyber de la gendarmerie ainsi que d’Europol, signe de la dimension sensible et internationale du dossier.

L’enquête judiciaire remonte au début de l’année 2025. Elle avait été déclenchée à la suite de signalements effectués par des députés français qui s’inquiétaient du fonctionnement des algorithmes de la plateforme. Ces derniers auraient été soupçonnés de présenter des biais susceptibles d’influencer la diffusion des contenus et, potentiellement, de perturber le débat public. Depuis son ouverture, la procédure a pris une ampleur plus large, les investigations ayant été étendues à d’autres infractions particulièrement graves.

Les autorités judiciaires examinent notamment des soupçons de complicité dans la détention et la diffusion d’images pédopornographiques sur la plateforme. L’enquête porte également sur la création et la circulation de deepfakes à caractère sexuel, un phénomène qui suscite une inquiétude croissante à l’échelle mondiale en raison de son impact sur la vie privée et la réputation des victimes. Des faits liés au négationnisme figurent aussi parmi les éléments analysés par les enquêteurs.

Dans le cadre de la poursuite des investigations, plusieurs salariés de la plateforme X seront également convoqués à partir de la semaine du 24 avril. Ils seront entendus en qualité de témoins afin d’apporter des éclaircissements sur les pratiques internes de l’entreprise et sur les mécanismes de modération des contenus.

Le parquet de Paris insiste toutefois sur la nature encore préliminaire de l’enquête et sur la démarche adoptée par les autorités judiciaires. Selon la procureure Laure Beccuau, l’objectif principal est de vérifier la conformité des activités de la plateforme avec la législation française, dans la mesure où le réseau social opère sur le territoire national et est accessible aux utilisateurs français.

Affaire Softcare : FRAPP et le collectif Lumière exigent la transparence du ministère de la Santé

Le secteur de la santé au Sénégal a été marqué par une mobilisation citoyenne d’une ampleur inhabituelle ce mardi à Dakar. Le collectif « Lumière sur l’Affaire Softcare », appuyé par le Front pour une Révolution Anti-impérialiste, Populaire et Panafricaine (FRAPP), a organisé une manifestation devant les locaux du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique pour dénoncer le silence des autorités sanitaires face à des interrogations portant sur certains produits de santé.

Les manifestants, venus en nombre, ont exprimé leurs préoccupations quant au manque de communication officielle autour de cette affaire qui suscite de plus en plus d’inquiétudes dans l’opinion publique. Selon les responsables du collectif, plus de quarante jours se sont écoulés sans qu’aucune déclaration formelle ne soit faite par les autorités sanitaires, une situation qu’ils jugent préoccupante compte tenu des enjeux liés à la sécurité sanitaire.

Les organisateurs de la mobilisation ont insisté sur le fait que la santé publique constitue un domaine particulièrement sensible qui exige transparence, rigueur et responsabilité. Ils estiment que l’absence d’informations claires et documentées entretient un climat de doute et fragilise la confiance entre les citoyens et les institutions en charge de la protection sanitaire. Pour eux, il est impératif que les autorités apportent des éclaircissements sur la nature des produits incriminés, leur conformité aux normes sanitaires ainsi que les éventuels risques pour les populations.

La manifestation, annoncée comme pacifique, avait pour objectif principal d’interpeller directement les responsables du ministère afin d’obtenir des réponses précises. Les protestataires ont appelé les autorités à sortir de leur silence et à faire preuve de transparence dans la gestion de ce dossier. « Nous appelons les Sénégalaises et les Sénégalais à se mobiliser pour obtenir des informations transparentes et responsables. Il en va de la sécurité sanitaire de tous », a déclaré un porte-parole du collectif au cours du rassemblement.

Du côté des manifestants, l’affaire Softcare est perçue comme un test majeur de la capacité des autorités sanitaires à rassurer l’opinion et à garantir la protection des consommateurs. Plusieurs participants ont souligné que la confiance dans le système de santé repose en grande partie sur la circulation d’informations fiables et accessibles.

Affaire Sonko–Mame Mbaye Niang : le contentieux se poursuit devant la justice civile, audience fixée au 11 février

Le feuilleton judiciaire opposant le Premier ministre Ousmane Sonko à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang est loin de connaître son dénouement. L’affaire portant sur une présumée dissimulation frauduleuse d’un bien immobilier a été examinée lundi en audience de répartition au Tribunal de grande instance (TGI) hors classe de Dakar. À l’issue de cette étape procédurale, le dossier a été renvoyé au 11 février prochain devant la 3ᵉ Chambre civile.

L’audience ouverte le 2 février 2026 n’avait pas vocation à trancher le fond du litige. Elle visait essentiellement à répartir les dossiers entre les différentes chambres compétentes du tribunal. Après examen, l’affaire a été orientée vers la 3ᵉ Chambre civile du TGI hors classe de Dakar, juridiction chargée désormais d’en assurer le traitement. Selon un avocat de Mame Mbaye Niang cité par L’Observateur, ce renvoi doit permettre aux parties de déposer leurs écritures et de communiquer les pièces justificatives sur lesquelles elles fondent leurs arguments. Ce délai d’environ dix jours apparaît stratégique pour les deux camps, chacun devant consolider sa position juridique avant l’ouverture des débats sur le fond.

Ce nouvel épisode judiciaire s’inscrit dans la continuité d’un contentieux déjà lourd entre les deux hommes. L’affaire trouve notamment son origine dans le jugement n°176/2023 rendu le 30 mars 2023, par lequel Ousmane Sonko avait été reconnu coupable de diffamation. La juridiction l’avait condamné à deux mois d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’au paiement de 200 millions de francs CFA à Mame Mbaye Niang en réparation du préjudice subi.

Dans le cadre de l’exécution de cette condamnation financière, les avocats de l’ancien ministre ont saisi la justice civile. Ils soupçonnent une manœuvre visant à soustraire certains biens du patrimoine du débiteur. Au cœur de la procédure figure la mutation du droit au bail du lot R/17, d’une superficie de 264 mètres carrés, situé à la Cité Keur Gorgui. Selon la partie demanderesse, cette mutation constituerait une opération destinée à empêcher la saisie du bien au profit du créancier.

Cette nouvelle procédure intervient pourtant après plusieurs décisions majeures rendues par la Cour suprême. L’arrêt n°01 du 4 janvier 2024, suivi de l’arrêt n°31 du 1ᵉʳ juillet 2025 des Chambres réunies, avait définitivement tranché le volet pénal du dossier. Ces décisions avaient notamment eu pour conséquence d’empêcher Ousmane Sonko de se présenter à l’élection présidentielle de février 2024. Toutefois, loin de mettre un terme au différend entre les deux protagonistes, ces décisions ont déplacé le bras de fer sur le terrain civil et patrimonial.

La défense de Mame Mbaye Niang soutient que le Premier ministre aurait volontairement organisé son insolvabilité afin d’échapper au paiement de la condamnation prononcée contre lui. Les avocats invoquent notamment les dispositions de l’article 200 du Code des obligations civiles et commerciales, selon lesquelles un débiteur est tenu de répondre de ses dettes sur l’ensemble de ses biens présents et à venir. Ils estiment ainsi que les opérations patrimoniales reprochées à Ousmane Sonko relèveraient d’un appauvrissement volontaire destiné à faire obstacle aux droits du créancier.

De son côté, le camp du Premier ministre continue de défendre la thèse d’une révision du procès initial, une démarche qui bénéficie d’un soutien politique, notamment de la part de la ministre de la Justice, Yassine Fall. Cette position alimente davantage la dimension politique et judiciaire d’un dossier qui, depuis plusieurs années, cristallise les tensions entre les deux camps.

Diffamation à Mbour : l’ancien maire de la Somone El Hadji Boubacar Sadji réclame 250 millions F CFA à un conseiller municipal

Le tribunal correctionnel de Mbour a été le théâtre d’un face-à-face judiciaire tendu entre El Hadji Boubacar Sadji, ancien maire de la Somone, et Aliou Ciss, conseiller municipal, dans une affaire de diffamation liée à un contentieux foncier aux multiples ramifications. Le dossier, examiné lors d’une audience suivie de près par le quotidien L’Observateur, trouve son origine dans des déclarations publiques jugées attentatoires à l’honneur de l’ex-édile.

Selon les faits rapportés, le différend remonte au 13 juillet dernier, à la suite d’une émission diffusée sur la chaîne locale « Somone TV ». Lors de cette intervention, Aliou Ciss avait vertement critiqué la gestion municipale de son prédécesseur, la qualifiant de « nébuleuse ». Le conseiller municipal avait également accusé l’ancien maire d’avoir dilapidé le patrimoine foncier communal, évoquant une supposée connivence avec le directeur général de l’hôtel Baobab. Il avait en outre dénoncé la cession controversée du site de l’ancien village artisanal au profit de cet établissement hôtelier, estimant que cette opération s’était faite au détriment des populations locales.

À la barre, Aliou Ciss a reconnu être l’auteur des propos qui lui sont reprochés, tout en tentant de nuancer leur portée. Il a soutenu qu’il s’exprimait dans un cadre général, sans viser explicitement El Hadji Boubacar Sadji. Une ligne de défense immédiatement contestée par la partie civile, qui considère que les déclarations visaient clairement l’ancien maire et portaient atteinte à sa réputation et à son intégrité morale.

Se présentant comme profondément affecté par ces accusations publiques, El Hadji Boubacar Sadji a expliqué avoir consacré douze années à la tête de la municipalité de la Somone. Estimant que les propos tenus ont gravement terni son image et remis en cause son bilan, il réclame la somme de 250 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts.

Programme de modernisation des infrastructures judiciaires : bras de fer entre l’État du Sénégal et Ellipse Projects

Le Programme de modernisation des infrastructures du ministère de la Justice connaît actuellement une zone de fortes turbulences. L’État du Sénégal et la société Ellipse Projects, chargée de la réalisation de la Tranche 1 de ce vaste chantier, se trouvent dans une situation de tension marquée par des désaccords financiers et opérationnels qui menacent la poursuite normale des travaux.

Selon plusieurs sources concordantes, l’État sénégalais a déjà mobilisé un financement estimé à 75 milliards de francs CFA dans le cadre de ce programme destiné à renforcer et moderniser les infrastructures judiciaires à travers le pays. Ce projet, jugé stratégique pour l’amélioration du fonctionnement du système judiciaire, vise notamment la construction et la réhabilitation de tribunaux, de palais de justice ainsi que d’autres équipements destinés à rapprocher la justice des citoyens et à améliorer les conditions de travail des magistrats et du personnel judiciaire.

Malgré ces importants investissements, les autorités sénégalaises déplorent un ralentissement notable dans l’exécution des travaux confiés à Ellipse Projects. Face à cette situation, le gouvernement a décidé de passer à la vitesse supérieure en adressant une mise en demeure formelle à l’entreprise. À travers cette démarche, l’État exige la reprise immédiate et l’accélération des chantiers afin de respecter les délais contractuels et d’éviter un retard supplémentaire dans la livraison des infrastructures prévues.

Du côté d’Ellipse Projects, la position est tout autre. La société estime que le blocage actuel est lié à des difficultés de paiement de la part de l’État. Elle affirme être confrontée à des arriérés d’échéances qui auraient fortement impacté sa capacité à maintenir le rythme d’exécution des travaux. Selon l’entreprise, ces retards de paiement auraient entraîné des contraintes financières, notamment dans la mobilisation des ressources humaines, l’approvisionnement en matériaux et la gestion logistique des différents chantiers.

Cette divergence d’interprétation entre les deux parties fait craindre une détérioration des relations contractuelles, avec des conséquences potentielles sur l’achèvement du programme. Pour les autorités sénégalaises, la modernisation des infrastructures judiciaires constitue un pilier essentiel de la réforme du secteur de la justice, régulièrement présentée comme un levier majeur pour renforcer l’État de droit et améliorer l’efficacité du service public judiciaire.

Plusieurs observateurs soulignent que ce type de litige contractuel n’est pas rare dans les grands projets d’infrastructures, où les enjeux financiers et les contraintes techniques peuvent rapidement générer des tensions entre maîtres d’ouvrage et entreprises exécutantes. Toutefois, dans le cas présent, les enjeux sont particulièrement sensibles, compte tenu du caractère prioritaire du programme et de son impact direct sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire.

À ce stade, aucune rupture officielle du contrat n’a été annoncée. Des discussions pourraient être engagées entre les parties afin de trouver un terrain d’entente et de relancer efficacement les travaux. L’issue de ce différend sera déterminante pour la suite du programme et pour la crédibilité des politiques publiques en matière de modernisation des infrastructures judiciaires au Sénégal.

Extradition de Madiambal Diagne : la Cour d’appel de Versailles relance l’examen d’un dossier sensible

La Cour d’appel de Versailles reprend ce mardi 3 février 2026 l’examen du dossier relatif à Madiambal Diagne, relançant ainsi une procédure judiciaire suspendue après un précédent renvoi. Le patron du groupe « Avenir Communication » se retrouve au centre d’une audience décisive portant sur la demande d’extradition formulée à son encontre, une étape qui pourrait marquer un tournant majeur dans cette affaire aux implications judiciaires et médiatiques importantes.

Après plusieurs semaines d’attente, cette reprise de l’examen du dossier intervient dans un contexte marqué par une forte attention aussi bien en France qu’au Sénégal. Le renvoi antérieur avait été motivé par des considérations procédurales, laissant aux différentes parties le temps de compléter leurs arguments et leurs pièces justificatives. Désormais, les magistrats de la juridiction française devront analyser l’ensemble des éléments transmis afin de statuer sur la recevabilité et la légitimité de la demande d’extradition.

Au cœur des débats figure la question du respect des garanties juridiques entourant toute procédure d’extradition. Les juges devront notamment vérifier la conformité de la demande avec les conventions internationales liant la France et le Sénégal, ainsi que l’existence de charges suffisamment établies pour justifier un éventuel transfert de l’intéressé vers son pays d’origine. La Cour devra également apprécier si les droits fondamentaux de Madiambal Diagne seraient préservés en cas de remise aux autorités requérantes, un aspect déterminant dans ce type de procédure.

Pour la défense, cette audience représente une occasion stratégique de contester la demande d’extradition en soulevant d’éventuelles irrégularités ou en mettant en avant des arguments liés à la protection des droits de leur client. Les avocats pourraient également insister sur la nature des accusations et sur le contexte global de l’affaire, dans l’objectif de convaincre la juridiction française de rejeter la demande.

Du côté des autorités requérantes, l’enjeu consiste à démontrer la solidité du dossier judiciaire et à prouver que la procédure respecte les standards internationaux en matière de coopération pénale. La décision attendue de la Cour d’appel pourrait ainsi renforcer ou fragiliser la position de chacune des parties.

Au-delà du cas individuel de Madiambal Diagne, cette affaire s’inscrit dans un cadre plus large de coopération judiciaire entre la France et le Sénégal. Elle met en lumière les mécanismes d’entraide pénale internationale ainsi que les exigences élevées imposées par les juridictions européennes en matière de protection des libertés individuelles.

Doudou Wade libre après son audition à la Sûreté urbaine de Dakar

Doudou Wade, ancien président du Groupe parlementaire Libéral, est rentré libre à son domicile ce lundi à l’issue de son audition à la Sûreté urbaine de Dakar. Convoqué par les enquêteurs, l’ancien député s’est présenté volontairement dans la matinée pour répondre aux questions des services de police, dans un climat décrit comme serein par son entourage.

Selon les informations confirmées par l’un de ses avocats, aucune charge n’a été retenue contre lui à l’issue de cet interrogatoire. Les échanges auraient porté sur des éléments d’éclaircissement demandés par les enquêteurs, sans qu’aucune infraction ne soit formellement relevée. À la fin de l’audition, Doudou Wade a ainsi été autorisé à regagner son domicile, sans mesure de restriction ni poursuite judiciaire engagée à son encontre.

Cette audition, qui a suscité de nombreuses réactions dans le landerneau politique, intervient dans un contexte marqué par une vigilance accrue des autorités judiciaires et sécuritaires sur plusieurs dossiers d’actualité. Pour ses conseils, la comparution volontaire de leur client témoigne de sa disponibilité à collaborer avec la justice et de sa volonté de dissiper toute zone d’ombre.

Fiscalité prohibitive des fonds d’investissement dans l’UEMOA : le cri d’alarme du FONSIS face à une urgence stratégique

Malgré l’affectation de 10 % des revenus pétroliers au fonds intergénérationnel depuis le démarrage de la production en 2024, le Sénégal se heurte à un paradoxe majeur : un cadre fiscal qui pénalise lourdement l’investissement et pousse les capitaux à s’exiler hors de la zone UEMOA. C’est le constat sans détour dressé par Babacar Gning, directeur général du Fonds souverain d’investissements stratégiques (FONSIS), lors d’un atelier organisé avec la Convention des Journalistes Économiques du Sénégal (COJES).

Cette rencontre s’inscrivait dans une démarche assumée de pédagogie économique et de mise en débat public des enjeux financiers structurants. Pour le FONSIS, créer un espace d’échanges entre les institutions qui mobilisent et allouent les financements de long terme et les journalistes spécialisés est essentiel. « Avoir un cadre d’échanges entre ceux qui financent les grands projets de transformation et ceux qui diffusent l’information économique est extrêmement important », a souligné Babacar Gning, rappelant le rôle central de l’information dans la compréhension des politiques publiques et des choix économiques.

Au cœur des préoccupations figure une fiscalité jugée « prohibitive » pour les fonds d’investissement dans l’ensemble de la zone UEMOA. Le mécanisme est aussi simple que pénalisant. D’abord, l’entreprise opérationnelle paie l’impôt sur les sociétés sur ses bénéfices. Ensuite, lorsqu’elle distribue des dividendes au fonds d’investissement qui en est actionnaire, cette distribution est à nouveau taxée. Enfin, lorsque le fonds redistribue ces mêmes dividendes à ses propres investisseurs, une troisième imposition intervient. Selon Babacar Gning, des simulations ont démontré que ce cumul de taxes érode drastiquement la rentabilité des investissements, en particulier pour les fonds qui consolident des participations dans des dizaines d’entreprises.

Les conséquences sont visibles et mesurables. Très peu de fonds d’investissement sont aujourd’hui domiciliés dans l’espace UEMOA. La majorité d’entre eux préfèrent s’installer dans des juridictions comme l’Île Maurice, le Luxembourg ou les États-Unis, où prévaut le principe de transparence fiscale. Dans ces pays, le fonds est considéré comme un simple véhicule de collecte et de redistribution des capitaux. Seule l’entreprise sous-jacente est imposée, tandis que les flux financiers entre le fonds et ses investisseurs ne subissent pas de taxation supplémentaire. « Taxer l’entreprise est normal. Mais taxer à nouveau les flux quand ils remontent vers le fonds puis vers les actionnaires, c’est de la double, voire de la triple taxation », a insisté le directeur général du FONSIS devant les journalistes du COJES.

Cette situation affecte directement l’attractivité de la région pour les investisseurs privés. La rentabilité nette, une fois les différentes couches fiscales appliquées, n’est tout simplement pas suffisante pour inciter des acteurs privés à domicilier leurs fonds dans l’UEMOA. Dans ce contexte, seuls des investisseurs publics ou souverains, comme le FONSIS, peuvent continuer à investir en intégrant des critères d’impact économique et social au-delà de la seule logique de profit. Les investisseurs privés, eux, arbitrent en faveur de territoires plus compétitifs, privant ainsi le Sénégal et la région de capitaux indispensables à la croissance, à l’innovation et à la création d’emplois.

Pourtant, le FONSIS ne se limite pas à un rôle de bailleur de fonds. L’institution consacre systématiquement entre 1 et 2 % de la taille de ses fonds à l’assistance technique des PME dans lesquelles elle investit. Cette enveloppe sert notamment à reconstituer des états financiers fiables, mettre en place des systèmes de gestion performants et former les équipes dirigeantes au management moderne. Une approche saluée pour son caractère structurant, mais qui ne peut, à elle seule, compenser les handicaps d’un cadre fiscal inadapté.

Parallèlement, l’État sénégalais respecte son engagement pris dans le cadre de l’exploitation des hydrocarbures. Depuis 2024 pour le pétrole et avec l’arrivée du gaz prévue entre 2025 et 2026, 10 % des revenus sont affectés chaque année au fonds intergénérationnel. Un lancement officiel de ce fonds est annoncé, avec l’ambition de préparer l’avenir et de transformer durablement l’économie nationale. Mais une question demeure centrale : comment investir efficacement ces ressources si l’environnement fiscal décourage les investisseurs et pousse à structurer les investissements via des véhicules offshore ?

Le paradoxe est d’autant plus frappant que, faute de réforme, une partie des capitaux sénégalais, y compris ceux issus des revenus pétroliers, risque d’être investie à travers des structures étrangères. Le pays perdrait alors non seulement des recettes fiscales potentielles, mais aussi une partie du contrôle stratégique sur l’orientation de son propre développement.

Consciente de ces enjeux, l’Agence des marchés financiers (AMF) de l’UEMOA travaille actuellement sur une réforme du cadre légal et réglementaire. Deux priorités se dégagent clairement : instaurer la transparence fiscale afin d’éliminer la double et la triple taxation des fonds d’investissement, et mettre en place un cadre incitatif pour attirer la domiciliation des fonds au Sénégal et, plus largement, dans la zone UEMOA. Mais pour le FONSIS, le temps presse. Chaque année sans réforme renforce l’écart de compétitivité avec les places financières internationales.

Babacar Gning a tenu à rappeler, en guise de conclusion, le rôle stratégique des fonds d’investissement dans le développement économique mondial. Aux États-Unis, une large majorité des géants technologiques mondiaux sont issus de l’écosystème de la Silicon Valley, porté par des fonds puissants et un cadre réglementaire favorable. Pour espérer bâtir une « Silicon Valley » sénégalaise ou ouest-africaine, la réforme fiscale n’est plus une option. Elle s’impose comme une urgence économique et stratégique, un message fort que le directeur général du FONSIS a souhaité partager avec les journalistes du COJES et, à travers eux, avec l’opinion publique.

Kébémer : 100 conducteurs de Jakarta et charretiers formés et équipés pour une meilleure sécurité routière

Une initiative citoyenne a apporté une véritable bouffée d’oxygène aux conducteurs de Jakarta et aux charretiers de la commune de Kébémer. Du 31 janvier au 2 février, cent d’entre eux ont bénéficié d’une session de formation en sécurité routière, suivie d’une dotation en équipements de protection, grâce au soutien de M. Ameth Lamine Babou.

Chaque participant a reçu un gilet de haute visibilité ainsi qu’un casque de sécurité. En plus de cet équipement essentiel, une enveloppe de 100 000 francs CFA a été remise à chaque charretier afin de soutenir leurs activités économiques, souvent marquées par la précarité.

Le bienfaiteur, M. Ameth Lamine Babou, a présenté ce geste comme un acte de solidarité envers des travailleurs dont les conditions d’exercice exposent quotidiennement leur vie à de nombreux risques. « Ce n’est qu’un premier pas », a-t-il déclaré, précisant que des concertations sont en cours pour mettre en place des plans d’action plus ambitieux en vue d’améliorer durablement leur situation.

Du côté des bénéficiaires, la satisfaction est manifeste. Moussa Ngom, président des conducteurs de Jakarta de Kébémer, a salué cette initiative, estimant qu’elle « renforcera nos connaissances du code de la route et des règles de sécurité ». Il a, par ailleurs, exhorté ses collègues à faire un usage responsable des équipements reçus : « Portons les casques pour notre propre sécurité et non comme de simples accessoires. »

Affaire Sonko–Mame Mbaye Niang : le Tribunal de Dakar renvoie l’examen du nouveau volet foncier au 11 février

Le dossier judiciaire opposant l’actuel Premier ministre Ousmane Sonko à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang a connu un nouveau rebondissement ce lundi 2 février 2026 devant le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar. À l’issue de l’audience, le juge en charge de l’affaire a décidé de renvoyer l’examen du dossier au 11 février prochain, afin de permettre aux deux parties de compléter leurs écritures et de produire l’ensemble des pièces nécessaires à l’instruction.

Ce renvoi intervient dans un contexte marqué par l’ouverture d’un nouveau volet du contentieux, relatif à un terrain relevant de la propriété foncière. Cet élargissement des points soumis à l’appréciation du tribunal constitue une évolution notable dans une affaire qui oppose depuis plusieurs années les deux personnalités politiques et judiciaires. Face à cette nouvelle dimension du litige, la juridiction a estimé nécessaire d’accorder un délai supplémentaire aux conseils des parties pour consolider leurs arguments et verser au dossier tous les éléments probants sur lesquels reposent leurs prétentions respectives.

S’exprimant à la sortie de l’audience, Me Boubacar Cissé, avocat de Mame Mbaye Niang, a tenu à lever toute équivoque sur la portée de cette décision. Selon lui, le renvoi prononcé par le tribunal est d’ordre strictement procédural et ne préjuge en rien de l’issue du dossier. « Le dossier évoqué ce jour a été renvoyé au 11 février 2026. Les parties doivent prendre des écritures et communiquer les pièces sur lesquelles elles fondent leurs prétentions », a-t-il expliqué, insistant sur le caractère normal de cette étape dans le déroulement de la procédure.

À ce stade, le tribunal ne s’est donc pas prononcé sur le fond du nouveau volet foncier introduit dans l’affaire. L’audience du 2 février a essentiellement permis d’organiser la suite de la procédure contradictoire, en veillant au respect des droits de la défense et à l’égalité des armes entre les parties. Le juge a ainsi privilégié une instruction complète et rigoureuse, condition indispensable à un examen serein des arguments juridiques qui seront ultérieurement débattus.

La prochaine audience, fixée au 11 février 2026, devrait permettre au tribunal de disposer d’un dossier enrichi et structuré. Elle marquera une nouvelle étape dans l’instruction de ce contentieux sensible, très suivi par l’opinion publique, et pourrait ouvrir la voie à un examen plus approfondi des questions de fond soulevées par les deux camps. D’ici là, les avocats de part et d’autre auront la charge de peaufiner leurs écritures et de réunir les pièces jugées déterminantes pour la suite de la procédure.

Affaire EMG Universal Auto : Mbaye Guèye face à la justice pour détournement présumé de prêt garanti par l’État

Le directeur général d’EMG Universal Auto, Mbaye Guèye, a comparu ce lundi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar dans une affaire de détournement de prêt consenti ou garanti par l’État. Poursuivi à la suite d’une plainte introduite par la Société nationale de recouvrement (SNR), l’homme d’affaires se retrouve au cœur d’un dossier aux enjeux financiers importants, impliquant un terrain estimé à 43 millions de francs CFA.

Selon les informations rapportées par Seneweb, la procédure judiciaire vise des irrégularités présumées dans l’utilisation d’un financement public dont EMG Universal Auto aurait bénéficié. Les faits reprochés portent plus précisément sur un terrain qui aurait été engagé dans le cadre des garanties liées au prêt, mais dont l’usage ou la destination finale serait contesté par la SNR, chargée de la récupération des créances publiques.

Dans le cadre de ce contentieux, une enquête approfondie a été diligentée par la section de recherches de la gendarmerie nationale. Les investigations ont permis de réunir des éléments ayant conduit à la poursuite de Mbaye Guèye devant la juridiction des flagrants délits. Placé au cœur du dossier en tant que principal responsable de l’entreprise bénéficiaire du prêt, le directeur général d’EMG Universal Auto avait toutefois obtenu une mise en liberté provisoire le 15 janvier 2026, en attendant sa comparution.

Ce lundi, l’audience tant attendue n’a finalement pas permis d’entrer dans le fond du dossier. Pour des raisons de procédure, les débats n’ont pas eu lieu et le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire. Le procès a ainsi été fixé au 10 février prochain, date à laquelle les parties devraient enfin exposer leurs arguments et permettre à la juridiction de se prononcer sur les responsabilités éventuelles.

Drame à Diamniadio : un homme avoue le meurtre de sa femme malienne

Dans la soirée du jeudi 29 janvier 2026, aux environs de 22 heures, un drame a secoué la localité de Diamniadio, située à 30 km de Dakar, sur la route de Thiès. Le corps sans vie d’A. Doumbia, une ressortissante malienne âgée d’une trentaine d’années, a été découvert à proximité du cimetière local, suscitant une vive émotion dans la communauté.

Très rapidement, l’enquête judiciaire a ciblé le mari de la victime, B. Sanogo, également de nationalité malienne. Confronté aux faits, ce dernier a reconnu son implication dans le meurtre. Selon ses aveux, lui et son épouse étaient venus au Sénégal pour des raisons médicales, afin de se soigner de certaines crises dont il souffrait.

Dans le récit qu’il a fourni aux enquêteurs, l’homme affirme qu’une de ces crises l’a frappé la nuit du drame alors qu’il se promenait avec sa femme. Tentant de l’aider, A. Doumbia aurait été agrippée à la gorge par son mari, qui aurait ensuite utilisé un objet métallique pour lui trancher la gorge. Ce n’est qu’après avoir repris ses esprits que le présumé meurtrier aurait traîné le corps de son épouse jusqu’à un endroit isolé de la rue, avant de l’abandonner.

Selon les informations rapportées par le journal Libération, les enquêteurs étaient déjà à la recherche de B. Sanogo grâce à un témoignage clé lorsqu’il a finalement décidé de se rendre et de faire sa déclaration. Lors de l’enquête préliminaire, le suspect avait initialement évoqué un autre scénario, affirmant qu’un chauffeur de taxi aurait enlevé sa femme. C’est sur les conseils de son hôte qu’il s’est finalement présenté à la brigade de gendarmerie de Diamniadio pour signaler l’incident.

Cette affaire, qui met en lumière les drames conjugaux et les violences au sein du couple, reste sous enquête approfondie par les autorités judiciaires sénégalaises. B. Sanogo est désormais en garde à vue, tandis que les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin de déterminer avec précision les circonstances exactes de ce meurtre.

Contentieux successoral à Guédiawaye : une nièce condamnée pour gestion illégale des loyers de l’immeuble familial

À Guédiawaye, un contentieux successoral aux allures de règlement de comptes familial a récemment été vidé devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. L’affaire oppose les ayants droit de feu M. Dramé, décédé en mai 2024, à sa nièce A. Samaké, poursuivie pour abus de confiance après avoir continué, durant près de vingt mois, à gérer et encaisser les loyers de l’immeuble familial sans mandat légal, rapporte L’Observateur.

Du vivant de M. Dramé, émigré en Allemagne, A. Samaké bénéficiait d’une confiance totale. C’est elle qui avait supervisé la construction de l’immeuble R+2 situé à Golf, depuis l’acquisition du terrain jusqu’à la mise en location. Chaque mois, environ 520 000 FCFA de loyers étaient perçus et, en grande partie, reversés sur le compte bancaire de l’oncle. Mais après le décès du propriétaire, cette relation de confiance s’est rompue. Sans procuration ni reddition de comptes, la nièce a poursuivi la gestion de l’immeuble et encaissé seule les loyers, provoquant la colère des autres héritiers.

À la barre, le tribunal n’a laissé place à aucune ambiguïté. La partie civile était représentée par H. Dramé, tante maternelle de la prévenue, agissant pour le compte de son frère Haoussou, établi en Allemagne. Interrogée, A. Samaké a justifié l’usage des fonds par l’entretien du bâtiment, évoquant le paiement des factures d’eau et d’électricité, la vidange des fosses ainsi que le règlement des impôts et charges diverses. Elle a également précisé que les loyers avaient connu une baisse, passant de 130 000 à 110 000 FCFA par appartement. Le juge, tout en prenant note de ces arguments, a rappelé que « le mandat prend fin avec la mort du mandant », soulignant que la gestion post-mortem sans base légale était irrégulière. La prévenue a alors invoqué sa bonne foi et une méconnaissance des règles juridiques, mais ses explications n’ont pas convaincu le tribunal.

Le dossier a pris une tournure plus complexe avec la révélation de l’existence d’un fils du défunt, issu d’un mariage dissous et jusqu’alors inconnu du reste de la famille. Cette information a semé le doute sur la qualité d’héritier revendiquée par la partie civile, contestée avec vigueur par H. Dramé. L’audience a également mis en lumière d’autres contentieux familiaux, puisque deux sœurs de la prévenue auraient antérieurement vidé le compte bancaire du défunt avant une médiation pénale. Ces éléments témoignent d’une succession profondément marquée par les rivalités et tensions familiales.

Malgré une tentative de règlement amiable — un million de FCFA versé par la famille de la prévenue, jugé dérisoire par le ministère public — l’infraction a été retenue. La défense, tout en contestant le préjudice réclamé, a fait passer le montant de 10 millions de FCFA à 5,6 millions après déduction des charges. Au terme des débats, le tribunal a déclaré A. Samaké coupable d’abus de confiance et l’a condamnée à trois mois de prison avec sursis, assortis du paiement de quatre millions de FCFA de dommages et intérêts à la partie civile.

CAN Féminine 2026 : L’Afrique du Sud reprend l’organisation après le retrait du Maroc

À seulement quelques semaines du coup d’envoi, la Confédération Africaine de Football (CAF) a annoncé un changement majeur concernant la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Féminine 2026. Initialement prévue au Maroc à partir du 17 mars, la compétition se déroulera désormais en Afrique du Sud.

Cette décision a été officialisée par Peace Mabe, vice-ministre sud-africaine des Sports, qui a confirmé que l’Afrique du Sud avait accepté de reprendre l’organisation au pied levé. Pour l’instant, la CAF n’a pas communiqué les raisons exactes du retrait du Maroc, laissant planer des questions sur les circonstances qui ont conduit à ce changement de dernière minute.

Championne en titre, l’Afrique du Sud aura l’opportunité de défendre sa couronne devant son public. Forte de son expérience dans l’organisation d’événements internationaux, notamment la Coupe du Monde 2010, la nation arc-en-ciel dispose des infrastructures et des stades nécessaires pour accueillir une compétition de cette envergure, même dans des délais réduits.

Pour les équipes qualifiées, parmi lesquelles figurent le Sénégal, le Nigeria ou la Zambie, la nouvelle situation implique une véritable course contre la montre. À seulement un mois de l’échéance, les préparatifs doivent être totalement réajustés : annulation des camps de base initialement prévus au Maroc, recherche de nouveaux hôtels et coordination logistique sur le territoire sud-africain. Les supporters devront également revoir leurs plans de voyage, tandis que les fédérations nationales doivent s’adapter rapidement à ces changements.

La Police nationale intensifie la lutte contre la mise en cage abusive des oiseaux

La Police nationale a engagé une vaste opération de lutte contre la mise en cage abusive des oiseaux sur l’ensemble du territoire national, marquant un tournant significatif dans la politique de protection du bien-être animal. Après les récentes actions ciblant la maltraitance des chevaux, les autorités étendent désormais leur vigilance à une pratique longtemps tolérée, voire banalisée, mais aujourd’hui clairement assimilée à des actes de cruauté envers les animaux.

Selon des sources sécuritaires, l’opération vise principalement la capture, la détention et la commercialisation illégales d’oiseaux, fréquemment observées dans plusieurs localités du pays. Ces animaux sont souvent maintenus dans des cages étroites, exposés à la chaleur, au manque d’eau et de nourriture adéquate, dans des conditions jugées incompatibles avec les normes élémentaires de bien-être animal. Les services de sécurité estiment que ces pratiques entraînent un taux élevé de mortalité chez les oiseaux concernés.

Le phénomène est particulièrement répandu dans certains marchés, carrefours urbains et axes routiers, où des vendeurs à la sauvette proposent diverses espèces d’oiseaux à des fins multiples. Outre l’aspect commercial informel, les autorités soulignent le lien étroit entre cette activité et certains rituels mystiques, dans lesquels les oiseaux sont utilisés comme objets sacrificiels ou symboliques. Cette dimension culturelle, longtemps invoquée pour justifier la pratique, ne saurait toutefois, selon les forces de l’ordre, prévaloir sur le respect des lois et des principes de protection animale.

Désormais, ces agissements sont qualifiés par les autorités d’exploitation mercantile illicite et d’actes de cruauté envers les animaux, passibles de sanctions prévues par la réglementation en vigueur. Dans ce cadre, plusieurs opérations de contrôle ont déjà été menées à travers le pays, aboutissant à la saisie de nombreux oiseaux détenus illégalement, à la fermeture de points de vente clandestins et à l’interpellation de plusieurs individus impliqués dans ce commerce.

Les oiseaux saisis ont, dans certains cas, été confiés aux services compétents ou relâchés dans leur milieu naturel lorsque leur état le permettait. Les autorités annoncent que ces opérations se poursuivront et s’intensifieront dans les semaines à venir, avec une coordination renforcée entre la Police nationale, les services des Eaux et Forêts et les collectivités territoriales.

Thiadiaye : un Asp emprisonné pour avoir vendu la moto du centre de santé afin de soigner son épouse

Un fait divers à la fois troublant et profondément révélateur de la détresse sociale secoue la commune de Thiadiaye. Selon des informations judiciaires rapportées par L’Observateur, un agent de sécurité de proximité (Asp), en service au centre de santé local, a été placé sous mandat de dépôt après avoir volé puis revendu la moto de service de l’établissement sanitaire. Un acte grave que l’intéressé justifie par la nécessité urgente de financer les soins médicaux de son épouse gravement malade.

L’homme, identifié sous le nom de S. Diom, est marié et père de famille. Depuis le début du mois de janvier, il est incarcéré à la maison d’arrêt et de correction de Mbour. En plus d’avoir perdu son emploi, il encourt désormais une peine pouvant aller jusqu’à deux ans de prison ferme pour soustraction frauduleuse de deniers publics, une infraction sévèrement réprimée par la loi.

Les faits se sont déroulés lors d’une journée apparemment ordinaire au centre de santé de Thiadiaye. Profitant d’un moment d’inattention de ses collègues, S. Diom, qui occupait également la fonction de gestionnaire du magasin, s’est discrètement emparé de la clé des locaux. En plein service et sans éveiller immédiatement les soupçons, il a sorti la moto de service utilisée par les agents de l’établissement sanitaire.

L’opération n’était pas improvisée. Selon les éléments de l’enquête rapportés par L’Observateur, l’Asp avait déjà pris contact avec un receleur. Il s’est rendu directement chez un certain M. Sow, berger de profession, avec lequel il a négocié la vente de l’engin pour la somme de 200 000 francs CFA. Une fois la transaction conclue, S. Diom est retourné à son poste, tentant de poursuivre sa journée comme si rien ne s’était passé.

La disparition de la moto n’a toutefois pas tardé à être constatée. Alerté, le médecin-chef du centre de santé a immédiatement ordonné des vérifications internes. Très vite, les soupçons se sont portés sur S. Diom, dernier responsable connu de l’accès au magasin. Soumis à un interrogatoire approfondi, il a fini par passer aux aveux, reconnaissant avoir volé puis vendu la moto.

Saisie de l’affaire, la brigade de gendarmerie de Thiadiaye a ouvert une enquête qui a rapidement permis d’identifier et d’interpeller le receleur. Les deux hommes ont ensuite été déférés devant le parquet de Mbour avant d’être placés sous mandat de dépôt.

Mardi dernier, à la barre du Tribunal de grande instance de Mbour, S. Diom et son coprévenu ont reconnu les faits tout en tentant de faire valoir des circonstances atténuantes. L’Asp a expliqué que l’argent issu de la vente de la moto devait servir à couvrir les frais médicaux de son épouse, dont l’état de santé nécessitait, selon lui, des soins urgents et coûteux. Un plaidoyer empreint de détresse, mais qui n’a pas convaincu le ministère public.

De son côté, M. Sow a soutenu qu’il ignorait la provenance frauduleuse de l’engin, affirmant avoir cru à une vente ordinaire et régulière. Des arguments que le parquet a jugés insuffisants au regard de la gravité des faits reprochés.

Kaolack : l’OCRTIS démantèle une cargaison de 55 kg de chanvre indien dissimulée dans les marais salants

L’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) a réalisé une saisie majeure dans la région de Kaolack, confirmant une nouvelle fois la vigilance accrue des forces de sécurité face aux réseaux de trafic de drogue. Une opération nocturne menée ce week-end par la Brigade Régionale des Stupéfiants (BRS) a permis de mettre la main sur une importante quantité de chanvre indien soigneusement dissimulée dans les marais salants.

Les faits se sont déroulés le samedi 31 janvier 2026, aux environs de 19h20, dans la localité de Ngathie Naoudé. Les agents de la BRS de Kaolack, engagés dans une mission de lutte contre la criminalité transfrontalière et le trafic de stupéfiants, avaient ciblé cette zone réputée difficile d’accès et souvent exploitée par les trafiquants pour cacher leurs marchandises illicites.

Sur place, les policiers ont procédé à des fouilles minutieuses des champs salins. Leurs investigations ont permis de découvrir deux colis dissimulés avec soin dans les marais. À l’intérieur, les forces de l’ordre ont trouvé 55 blocs de chanvre indien, représentant un poids total de 55 kilogrammes. Une saisie significative qui témoigne de l’ampleur du réseau et de la valeur marchande de la drogue destinée, selon toute vraisemblance, à alimenter des circuits de distribution à l’échelle nationale ou sous-régionale.

Selon les informations communiquées par la Police nationale, un individu a été interpellé sur les lieux au moment de l’opération. Le suspect est actuellement placé en garde à vue et soumis à un interrogatoire approfondi. Les enquêteurs cherchent à déterminer l’origine exacte de la drogue, les itinéraires empruntés, ainsi que l’identité d’éventuels complices impliqués dans ce réseau de trafic.

Contentieux Sonko–Mame Mbaye Niang : le dossier de la Cité Keur Gorgui devant le tribunal ce 2 février

Une nouvelle séquence judiciaire s’ouvre ce lundi 2 février 2026 dans le différend opposant l’actuel Premier ministre, Ousmane Sonko, à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang. Le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar est appelé à examiner, lors d’une audience dite de répartition, une assignation en annulation de mutation jugée frauduleuse portant sur un bien immobilier situé à la Cité Keur Gorgui, un quartier résidentiel de la capitale.

Selon les informations disponibles, la procédure engagée vise à contester la régularité d’une mutation immobilière opérée sur ce bien, dont la propriété et les conditions de transfert font l’objet de divergences entre les parties. Les requérants estiment que la mutation incriminée aurait été effectuée en violation des règles applicables en matière foncière et immobilière, ce qui justifierait, à leurs yeux, son annulation par la juridiction compétente. De son côté, la partie mise en cause conteste toute irrégularité et soutient la légalité des actes posés.

L’audience de répartition, programmée pour ce lundi, constitue une étape procédurale déterminante. Elle ne porte pas encore sur le fond du litige, mais permet au tribunal d’organiser le dossier, d’identifier la formation appelée à en connaître et de fixer les prochaines échéances. À l’issue de cette audience, l’affaire pourrait être renvoyée devant une chambre compétente pour une instruction plus approfondie, avec la possibilité d’échanges d’écritures entre les avocats des deux camps.

Ce nouvel épisode judiciaire s’inscrit dans un contentieux plus large et ancien entre Ousmane Sonko et Mame Mbaye Niang, marqué par plusieurs procédures croisées et des prises de position publiques parfois virulentes. L’entrée en fonction d’Ousmane Sonko à la Primature confère à cette affaire une résonance particulière, même si, sur le plan juridique, les parties sont censées être traitées à égalité devant la loi.

Affaire ASER : la République des Valeurs relance le débat à Paris et interpelle l’État sénégalais sur les 37 milliards

L’affaire ASER, qui agite la scène politique et judiciaire sénégalaise depuis plusieurs mois, s’est invitée ce jour à Paris à l’occasion d’une conférence de presse organisée par la République des Valeurs (RV), le parti du député Thierno Alassane Sall. Devant la presse et des militants de la diaspora, les responsables de RV ont tenu à réaffirmer la gravité du dossier et à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une tentative de banalisation, voire d’étouffement, d’une affaire devenue, selon eux, une véritable affaire d’État.

Prenant la parole au nom de la coordination de RV en France, Aly Bathily a insisté sur le sens de cette sortie publique. Selon lui, il ne s’agit ni d’une polémique politicienne ni d’un calcul partisan, mais d’un devoir de vérité face à ce qu’il qualifie de dérives inquiétantes dans la gouvernance publique au Sénégal. Il a rappelé que l’affaire ASER ne repose ni sur des rumeurs ni sur des accusations gratuites, mais sur des faits documentés et rendus publics par le député Thierno Alassane Sall, qui a saisi les juridictions compétentes après avoir constaté le décaissement de 37 milliards de francs CFA pour des réalisations jugées largement insuffisantes sur le terrain.

La coordination de RV en France s’est particulièrement insurgée contre la communication du Directeur général de l’ASER, Jean-Michel Sène, qui a présenté la décision rendue par la Cour suprême le 22 janvier 2026 comme la clôture définitive du dossier et la levée de tous les obstacles juridiques. Pour Aly Bathily, cette lecture est trompeuse. Il précise que la Cour suprême ne s’est prononcée que sur un recours pour excès de pouvoir visant l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), et non sur le fond du marché concerné, encore moins sur l’utilisation effective des 37 milliards de francs CFA mis en cause.

Sur le plan judiciaire, RV rappelle que la procédure engagée par Thierno Alassane Sall devant le Pool judiciaire financier est toujours en cours. Des diligences sont actuellement menées par la gendarmerie, ce qui, selon le parti, démontre que le dossier est loin d’être vidé. Dans ce contexte, Aly Bathily estime que la réactivation du recours devant la Cour suprême intervient de manière opportuniste et vise essentiellement à semer la confusion dans l’opinion publique et à détourner l’attention du cœur du problème.

La République des Valeurs a également exprimé sa vive préoccupation face à l’intervention publique du Premier ministre, qui aurait, selon elle, cherché à blanchir un responsable administratif alors même que la justice est saisie du dossier. Une telle posture est jugée dangereuse par RV, car elle porterait atteinte au principe de la séparation des pouvoirs et fragiliserait l’État de droit.

En conclusion, la coordination de la République des Valeurs en France martèle que la question centrale demeure entière et sans réponse claire : où sont passés les 37 milliards de francs CFA et qui doit en répondre ? Pour les partisans de Thierno Alassane Sall, aucune manœuvre politique, aucune communication institutionnelle et aucune décision procédurale ne saura effacer cette interrogation fondamentale, appelée à rester au cœur du débat public tant que toute la lumière n’aura pas été faite.

Visite officielle du Président Bassirou Diomaye Faye en République du Congo : Dakar et Brazzaville renforcent un partenariat stratégique

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a quitté Dakar ce matin à destination de Brazzaville pour une visite officielle en République du Congo, prévue les 02 et 03 février 2026. Ce déplacement s’inscrit dans la dynamique de redynamisation de la diplomatie sénégalaise et de consolidation des relations bilatérales avec les pays frères du continent africain.

À Brazzaville, le Chef de l’État sénégalais sera accueilli par son homologue congolais pour une série d’échanges de haut niveau destinés à raffermir les liens historiques d’amitié et de fraternité qui unissent le Sénégal et la République du Congo depuis plusieurs décennies. Cette visite marque une étape importante dans la volonté commune des deux pays de donner un nouvel élan à leur coopération, fondée sur des valeurs partagées de solidarité, de respect mutuel et d’engagement panafricain.

Les discussions porteront sur le renforcement de la coopération bilatérale dans des domaines stratégiques tels que l’économie, le commerce, l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, la formation professionnelle et la culture. Les deux parties entendent également explorer de nouvelles opportunités de partenariats économiques afin de stimuler les échanges, d’encourager les investissements et de favoriser la création d’emplois au bénéfice de leurs populations respectives.

Au-delà des aspects bilatéraux, cette visite officielle sera aussi l’occasion d’approfondir la concertation entre Dakar et Brazzaville sur les grands défis africains et mondiaux. Les questions relatives à la paix et à la sécurité sur le continent, à l’intégration régionale, à la gouvernance, au développement durable ainsi qu’à la lutte contre les effets du changement climatique devraient figurer au cœur des échanges entre les deux Chefs d’État.

Convocation annoncée à la Sûreté urbaine : Doudou Wade attendu ce lundi matin

Doudou Wade, responsable du Parti démocratique sénégalais (PDS), est attendu ce lundi 2 février 2026 dans les locaux de la Sûreté urbaine de Dakar. L’information a été rendue publique par l’intéressé lui-même à travers une publication sur sa page Facebook, dans un contexte marqué par une vive polémique politico-judiciaire impliquant récemment des figures de l’opposition et des journalistes.

Dans son message, Doudou Wade indique qu’il se rendra à la Sûreté urbaine accompagné de ses avocats. Il explique sa démarche par les différentes informations relayées dans la presse et sur les réseaux sociaux à la suite de l’émission « Faram Facce » diffusée sur la TFM le mercredi 28 janvier 2026. Cette émission, animée par le journaliste Papa Ngagne Ndiaye, a déjà valu à ce dernier une audition par les services de la Sûreté urbaine, alimentant les débats autour de la liberté d’expression et du climat politique actuel.

L’origine de ce bras de fer judiciaire remonte précisément à cette émission télévisée au cours de laquelle Doudou Wade, invité sur le plateau, aurait tenu des propos jugés « offensants » à l’endroit de l’institution présidentielle. Selon certaines sources, ces déclarations sont également considérées comme potentiellement dangereuses pour le maintien de l’ordre et la sécurité publique, justifiant ainsi l’intérêt des autorités sécuritaires pour cette affaire.

Face à la tension suscitée par cette situation, le responsable du PDS a tenu à appeler ses partisans au calme. Il leur a notamment demandé de privilégier la prière et le recueillement plutôt que toute mobilisation dans la rue. Se définissant comme un démocrate convaincu et un citoyen profondément attaché aux valeurs républicaines, Doudou Wade a insisté sur son respect pour la justice sénégalaise et sur sa volonté de se conformer aux procédures en vigueur.

Toutefois, il a tenu à apporter une précision importante, affirmant n’avoir reçu aucune convocation officielle de la part des autorités. Selon lui, aucune notification ne lui a été remise, ni à titre personnel ni à son domicile. Sa décision de se présenter à la Sûreté urbaine relève donc, selon ses propres termes, d’un souci de transparence et de responsabilité citoyenne.

Découverte macabre à la Médina : un agent de sécurité retrouvé mort dans sa chambre

Le quartier de la Médina, précisément à l’angle de la Rue 8 x 19, a été secoué par une macabre découverte vendredi dernier. Le corps sans vie d’un agent de sécurité, identifié comme Youssou Diouf, âgé de 61 ans, a été retrouvé dans la chambre qu’il occupait au sein d’une concession du secteur, plongeant le voisinage dans l’émoi et la consternation.

L’alerte a été donnée aux environs de 12 h 30 au commissariat d’arrondissement par Mme M. S. Ndoye, propriétaire de la concession. Celle-ci avait été interpellée par une situation inhabituelle signalée par des riverains, inquiets de l’absence prolongée de mouvements et surtout d’une forte odeur persistante émanant de la chambre du vigile, perceptible depuis plusieurs jours.

Dépêchés sur les lieux, les policiers ont rapidement constaté que la porte de la chambre était verrouillée de l’intérieur. En observant par une fenêtre, ils ont aperçu le corps inerte de l’occupant, allongé sur un lit. Face à l’urgence, la porte a été forcée afin de permettre l’accès et les premières constatations.

À l’intérieur de la pièce, Youssou Diouf a été retrouvé vêtu d’une veste et d’un pantalon en jean. Selon les éléments relevés sur place, le décès remonterait à plusieurs jours, le corps présentant des signes compatibles avec un début de décomposition. Aucun indice de lutte ni blessure apparente n’a été observé à l’œil nu par les enquêteurs, laissant pour l’heure planer l’hypothèse d’une mort naturelle, sans toutefois l’exclure ni la confirmer.

La fouille des effets personnels du défunt a permis de retrouver un portefeuille contenant la somme de 4 000 francs CFA, sa carte nationale d’identité, ainsi que ses cartes bancaires et son compte Wave. Aucun élément suspect ni trace d’effraction n’a été relevé dans la chambre.

Le drame aurait été précédé par une absence inhabituelle remarquée dans son milieu professionnel. Employé comme agent de sécurité dans une boutique d’alimentation à Dalifort, Youssou Diouf ne s’était plus présenté à son poste et ne répondait plus aux appels téléphoniques. Après 48 heures sans nouvelles, ses collègues ont décidé de contacter son fils, I. Diouf.

Animé par un mauvais pressentiment, ce dernier s’est rendu au domicile de son père. Avec l’autorisation de la bailleresse, il a regardé par la fenêtre de la chambre et a découvert le corps sans vie de son géniteur. Né en 1965 à Reo Mao, Youssou Diouf vivait seul dans cette chambre de la Médina.

Aussitôt, le protocole sanitaire a été enclenché. Les services d’hygiène ont procédé à la désinfection des lieux avant que les sapeurs-pompiers ne prennent en charge l’enlèvement du corps, placé dans un sac mortuaire. La dépouille a ensuite été acheminée à l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff, sur réquisition.

Sidiki Kaba plaide pour une justice vertueuse, pilier d’une démocratie véritable

Lors de la présentation de son ouvrage « 101 Discours : Plaidoyer pour un monde meilleur », Me Sidiki Kaba a livré une réflexion profonde et structurée sur les fondements indispensables d’une démocratie authentique. L’ancien garde des Sceaux y réaffirme avec force que l’État de droit ne saurait exister sans un socle de valeurs cardinales, au premier rang desquelles figurent l’égalité, l’équité, la justice, l’impartialité, la non-exclusion et la non-discrimination.

Dans ce plaidoyer, Sidiki Kaba s’est appuyé sur la symbolique forte de Thémis, déesse grecque de la justice, pour illustrer le sens et la portée de ces principes. Revenant sur les attributs emblématiques de cette figure mythologique, il a expliqué que le bandeau qui couvre les yeux de Thémis incarne l’impartialité absolue. Pour le juriste, la justice ne doit distinguer ni le riche du pauvre, ni le puissant du faible, encore moins juger en fonction du statut social ou de l’influence politique des justiciables. Elle doit être aveugle à toute considération étrangère au droit.

La balance, autre symbole central, représente selon lui l’équité. Ses deux plateaux doivent rester parfaitement équilibrés afin que chaque partie soit jugée de manière juste et équitable. Quant au glaive, il symbolise la capacité de la justice à trancher clairement les litiges, avec fermeté et sans état d’âme, une fois le droit dit. Pour Sidiki Kaba, ces trois attributs forment un tout indissociable, traduisant l’exigence de rigueur morale et de droiture qui doit guider toute institution judiciaire.

L’ancien ministre de la Justice a également souligné la particularité du département qu’il a dirigé, rappelant qu’il s’agit, selon ses mots, « du seul ministère qui porte le nom d’une vertu ». Cette appellation, loin d’être symbolique ou décorative, impose une exigence morale élevée. « La justice doit être vertueuse », a-t-il insisté, avertissant que si elle cessait de l’être, elle se transformerait en un ministère de l’injustice, marqué par la dérive et la corruption.

Dans un ton grave, Me Sidiki Kaba a enfin alerté sur les multiples menaces qui pèsent sur l’indépendance de la justice. Il a rappelé que l’impartialité judiciaire suppose une rupture nette avec toute forme de domination ou d’influence. La justice, a-t-il martelé, ne doit pas être sous l’emprise du pouvoir exécutif, ni vassalisée, ni dominée par des forces obscures. Elle doit encore moins être corrompue par ce qu’il a qualifié d’« argent roi », capable de gangréner les institutions jusqu’à « la moelle des os ».

À travers ce plaidoyer, Sidiki Kaba invite ainsi à une vigilance constante pour préserver l’indépendance et la vertu de la justice, condition essentielle à la crédibilité de l’État et à la confiance des citoyens. Son ouvrage se veut à la fois un rappel des principes fondamentaux et un appel à l’engagement pour un monde plus juste, fondé sur le respect du droit et de la dignité humaine.

Koungheul : Geew Salmakoor muscle la coalition Diomaye Président et affiche ses ambitions politiques

Le lancement départemental du mouvement Geew Salmakoor, tenu ce dimanche à Koungheul, marque un tournant politique majeur dans la structuration locale de la coalition Diomaye Président. À travers une mobilisation d’envergure, le mouvement a clairement affiché sa volonté de s’imposer comme un acteur influent du jeu politique départemental.

Initiée par Elimane Mbaye, responsable de la coalition à Koungheul, cette rencontre a servi de véritable démonstration de force. Elle a mis en évidence l’implantation progressive du mouvement ainsi que sa forte capacité de mobilisation sur le terrain. Militants, responsables locaux et sympathisants ont répondu massivement à l’appel, conférant à l’événement une portée politique qui dépasse largement le cadre d’un simple lancement symbolique.

La présence de Ndick Faye, président national de Geew Salmakoor, n’est pas fortuite. Elle confirme la place stratégique qu’occupe désormais Koungheul dans le dispositif national du mouvement, à un moment où les forces politiques alliées à la coalition Diomaye Président s’emploient à consolider leurs bases locales et à renforcer leur cohésion interne.

Dans son discours, Elimane Mbaye a inscrit l’action de Geew Salmakoor dans une dynamique de proximité avec les préoccupations des populations. En évoquant les manquements en matière d’infrastructures, le chômage des jeunes et les difficultés rencontrées par le secteur commercial, il a posé les jalons d’un discours politique axé sur la gouvernance territoriale et la justice économique.

À travers cette initiative, Geew Salmakoor entend se positionner comme un acteur politique de premier plan à Koungheul, capable de fédérer les énergies locales autour d’un projet commun. Un signal fort adressé aux autres formations politiques du département, dans un contexte marqué par une recomposition des équilibres et une intensification de la concurrence politique à l’échelle locale.

Détention de Malick Diop en Ukraine : Khadim Bamba Fall appelle à la retenue et rassure sur le suivi du dossier

Le coordonnateur des Bureaux d’Assistance aux Sénégalais de l’Extérieur (BAOS), Khadim Bamba Fall, a tenu à rassurer l’opinion publique sur la situation de Malick Diop, un jeune Sénégalais actuellement détenu en Ukraine. S’exprimant ce dimanche sur les ondes de Radio Sénégal Internationale (RSI), il a souligné que l’État du Sénégal suit le dossier avec une attention soutenue, tout en insistant sur les exigences et les contraintes propres à l’action diplomatique.

Selon Khadim Bamba Fall, la gestion de ce type de situation impose souvent une grande discrétion. Il a rappelé que l’efficacité diplomatique ne rime pas toujours avec la communication publique exhaustive. « La diplomatie ne consiste pas à tout dire publiquement, car certaines informations relèvent de procédures internes », a-t-il expliqué, appelant ainsi à la patience et à la compréhension des proches du détenu et de l’opinion nationale.

Le coordonnateur des BAOS a également mis en avant la complexité juridique du dossier, liée notamment au principe fondamental du respect de la souveraineté des États. Dans le cas précis de l’Ukraine, a-t-il indiqué, le Sénégal est tenu de composer avec les lois et les juridictions locales. Cette réalité impose l’activation des mécanismes consulaires et diplomatiques classiques, qui constituent le cadre légal et institutionnel d’intervention des autorités sénégalaises à l’étranger. « On ne peut pas imposer à un pays la libération d’un ressortissant par la force », a-t-il martelé, soulignant les limites objectives de l’action étatique hors de ses frontières.

Khadim Bamba Fall a toutefois tenu à réaffirmer l’engagement constant de l’État sénégalais en faveur de ses ressortissants vivant ou se trouvant à l’étranger. Il a assuré que chaque Sénégalais en difficulté bénéficie d’un suivi régulier et attentif de la part des services compétents. Concernant spécifiquement le cas de Malick Diop, il a insisté sur le sérieux avec lequel le dossier est traité, laissant entendre que des démarches sont en cours dans le strict respect des procédures diplomatiques et consulaires.

En appelant à la retenue et à la confiance, le coordonnateur des BAOS a voulu rassurer les familles et l’opinion publique, tout en rappelant que la diplomatie, souvent silencieuse, agit dans la durée et dans le cadre des règles internationales.

Université Assane Seck Ziguinchor : le SAES déclenche un débrayage de 48 heures pour dénoncer retards de salaires et conditions de travail dégradées

À l’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ), le climat social se tend davantage. Le Syndicat Autonome des Enseignants du Supérieur (SAES), section locale, a annoncé un débrayage de 48 heures à compter de ce lundi 2 février 2026. Une grève d’avertissement motivée par des retards de salaires jugés récurrents, des conditions de travail précaires et le non-respect des promotions académiques obtenues par certains enseignants.

Selon le SAES, l’administration universitaire a une nouvelle fois failli à ses obligations salariales. Une situation qui, d’après les syndicalistes, n’est malheureusement pas inédite. « L’administration a encore récidivé après nous l’avoir fait en décembre dernier. À l’époque, nous avions dû attendre jusqu’au 5 janvier pour percevoir nos rémunérations », a dénoncé Moussa Diallo, membre de la section SAES de l’UASZ, au micro d’iRadio. Pour le syndicat, ces retards répétés traduisent une légèreté inacceptable face à ce qu’il considère comme un droit fondamental. « Le salaire est sacré. Aujourd’hui qu’ils remettent ça, nous aussi nous allons remettre ça. Le salaire est un dû », martèle le syndicaliste.

Au-delà de la question financière, les enseignants attirent l’attention sur la dégradation continue de leur environnement de travail. Les bureaux dits « Fessmann », constitués de conteneurs métalliques, cristallisent particulièrement le malaise. Victimes d’un vol de câbles survenu il y a près de cinq mois, ces espaces sont privés d’électricité, ce qui entraîne l’absence totale de climatisation. Une situation devenue insoutenable sous le soleil de Ziguinchor. « À partir de certaines heures de la journée, cela devient invivable », déplore Moussa Diallo.

Malgré les nombreuses alertes lancées par les enseignants, les travaux de réparation tardent à être engagés. Cette inertie administrative, selon le SAES, rend l’exercice des fonctions pédagogiques et de recherche quasiment impossible dans ces structures métalliques, et témoigne d’un manque d’urgence dans la prise en charge des conditions de travail du personnel enseignant.

Le mouvement d’humeur porte également sur la reconnaissance des carrières académiques. Plusieurs enseignants admis au concours du CAMES l’année dernière attendent toujours leur alignement administratif et financier. Ce retard, qui affecte directement leurs revenus et leur statut, pèse lourdement sur le moral des concernés. Pour le syndicat, il s’agit là d’un signal négatif envoyé à l’excellence et au mérite académique, pourtant au cœur de la mission universitaire.

Prévue pour les lundi 2 et mardi 3 février 2026, cette grève de 48 heures se veut un avertissement solennel. Le SAES parle clairement d’une « alerte » et prévient que, sans réaction rapide des autorités universitaires et de la tutelle, le mouvement pourrait s’intensifier. Salaires, infrastructures et carrières restent ainsi au centre des revendications, dans un contexte où les enseignants exigent des réponses concrètes et durables.

Le FDR dénonce des poursuites contre des journalistes et alerte sur une dérive autoritaire

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a vivement réagi aux convocations à la Sûreté urbaine de Dakar des journalistes Pape Ngagne Ndiaye et Doudou Wade, exprimant sa profonde indignation face à ce qu’il considère comme une atteinte grave aux libertés fondamentales. Dans une déclaration rendue publique, le mouvement dénonce une tendance inquiétante du pouvoir qu’il qualifie d’autoritaire et accuse les autorités de recourir à des auditions et poursuites ciblant des militants et des professionnels des médias pour de simples opinions exprimées.

Selon le FDR, ces convocations s’inscrivent dans un contexte plus large de restriction de l’espace démocratique. Le Front estime que le Sénégal est engagé sur une pente dangereuse, affirmant que le pays « chemine vers la catastrophe » si de telles pratiques venaient à se généraliser. Pour l’organisation, alerter l’opinion publique sur des dérives potentielles, qu’elles soient d’ordre religieux, sécuritaire ou sociétal, relève du devoir citoyen et journalistique et ne saurait, en aucun cas, constituer un délit.

Le communiqué insiste sur le fait que les citoyens et les journalistes qui expriment des inquiétudes ou relaient des analyses critiques agissent dans l’intérêt de la paix et de la stabilité nationales. À ce titre, le FDR considère qu’ils devraient être écoutés et pris au sérieux par les autorités, plutôt que convoqués ou inquiétés par des procédures qu’il juge intimidantes et dissuasives.

Sur le plan juridique, le Front pointe du doigt l’article 254 du Code pénal relatif aux délits d’opinion, qu’il estime incompatible avec les exigences d’une démocratie moderne et respectueuse des libertés publiques. Pour le FDR, l’application ou l’invocation de telles dispositions constitue une menace directe à la liberté d’expression et à la liberté de la presse, piliers essentiels de tout État de droit.

En conséquence, le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République exige l’arrêt immédiat de toutes les actions et procédures engagées contre Pape Ngagne Ndiaye et Doudou Wade. Il lance également un appel solennel à l’ensemble des citoyens, aux organisations de défense des droits humains et aux acteurs engagés pour les libertés publiques afin de se mobiliser contre ce qu’il considère comme une dérive autoritaire et une remise en cause des acquis démocratiques du Sénégal.

Falilou Keita, ce fils à maman dont la malpolitesse le dispute à l’incompétence!

Si son salaire de plusieurs millions de Directeur général de la CDC inversement proportionnel à son faible niveau de culture lui sont montés à la tête au point d’en faire un paragon de la malpolitesse, que Fallilou Keita comprenne que désormais ce sera du œil pour œil, dent pour dent. Tout le monde comprend la stratégie de base: masquer sa nullité, son incapacité technique et sa pauvreté intellectuelle par une vulgarité indécrottable. La Caisse des Dépôts et de Consignations que Falilou Keita dirige est un instrument stratégique important de soutien au financement des secteurs névralgiques de notre économie, depuis sa nomination parmi le personnel qui l’a vu arriver à la CDC comme stagiaire pistonné par sa mère alors Vérificateur générale de l’IGE qu’à fait Fallilou Keita, à la CDC depuis son installation? Rien, Nada, nothing! Falilou Keita est à défi de mettre son véritable curriculum vitae sur la place publique. Dans un processus d’appel à candidatures il aurait eu zéro chance! Falilou Keita tente de masquer ses limites intellectuelles qui sautent aux yeux de tout le monde par son impolitesse nauséabonde. Ce n’est qu’en politique que les logiques du mérite sont inversées, les nuls en haut et les compétents et méritants se font commander par eux! Que Falilou Keita sache que les kaolakois ne confieront jamais, nous disons bien jamais les rênes de leur mairie à un personnage de son accabit qui pense que politique rime avec vulgarité et insanités.

Les Jeunesses Mimi2024
de Kaolack

Kaolack – À Taïba Niassène, un souffle nouveau pour les structures de santé grâce à l’ONG Alfityanu

À Taïba Niassène, ce n’est pas un simple conteneur qui a été réceptionné, mais un véritable souffle d’espoir pour des structures sanitaires souvent confrontées à un déficit d’équipements essentiels. L’ONG Alfityanu Humanitaire International, fondée par Cheikh Mahi Alioune Cissé, a procédé à un important don de matériel médical destiné à renforcer les capacités de prise en charge des patients dans la région de Kaolack.

Acheminé grâce au soutien du partenaire américain Project CURE, le conteneur de 40 pieds renferme des lits d’hôpital, des bouteilles d’oxygène, des tables de consultation ainsi que des consommables médicaux indispensables. Autant d’équipements qui, sur le terrain, font la différence entre une prise en charge précaire et des soins dignes.

La cérémonie de réception s’est déroulée au centre de santé El Hadj Ibrahima Niass de Taïba Niassène, principal bénéficiaire du don, en présence des autorités sanitaires locales. Le timing revêt une portée particulière : cette action humanitaire a coïncidé avec la visite du ministre de la Santé et de l’Action sociale dans la localité, conférant à l’événement une dimension à la fois symbolique et opérationnelle.

Dans cette commune à forte affluence, notamment lors des grands rassemblements religieux, les besoins sanitaires sont permanents. « Chaque lit supplémentaire, chaque bouteille d’oxygène peut sauver une vie », confie un agent de santé, soulignant l’impact immédiat de ce geste solidaire.

Au-delà de Taïba Niassène, l’initiative a bénéficié à l’ensemble de la région. Le Centre hospitalier régional El Hadj Ibrahima Niass de Kaolack a reçu des lits et des cartons de consommables, tandis que les districts sanitaires de Kaolack et de Nioro du Rip ont vu leurs stocks renforcés. La clinique Shifa Al Ahsam de Médina Baye figure également parmi les structures bénéficiaires.

À travers cette opération, l’ONG Alfityanu s’affirme comme un maillon essentiel du système de santé local, apportant des réponses concrètes là où les besoins sont les plus urgents. Une action qui rappelle que, face aux défis sanitaires, la solidarité et l’engagement humanitaire demeurent des leviers puissants au service des populations.

Ziarra de Diakhao Saloum : El Hadji Ass Ndao félicité par le Khalife et la famille religieuse

Diakhao Saloum – À l’occasion de la ziarra annuelle de Diakhao Saloum, El Hadji Ass Ndao, opérateur économique et fils de Ndoucoumane, a été chaleureusement félicité, samedi, par le Khalife de Diakhao Saloum ainsi que par l’ensemble de la famille religieuse.

Fidèle talibé de feu El Hadji Abdoulaye Ndao, El Hadji Ass Ndao s’illustre depuis plus de trente ans par son engagement constant en faveur de la réussite de cet important événement religieux. Un dévouement unanimement salué par les autorités religieuses et les membres de la famille.

Cette année encore, il a mobilisé d’importants moyens logistiques et financiers, notamment pour l’installation des bâches, l’accompagnement du comité d’organisation, ainsi que l’encadrement et le soutien apportés à la famille religieuse.

À travers ce témoignage appuyé, El Hadji Ass Ndao a été reconnu comme un digne fils de Ndoucoumane, dont les actions ont largement contribué au rayonnement de l’éducation religieuse, en particulier à travers son soutien constant aux daaras à travers le Sénégal.

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