Ziguinchor : un verdict surprenant dans l’affaire de la transmission volontaire présumée du VIH

Le tribunal correctionnel de Ziguinchor a rendu, ce mardi 2 décembre 2025, une décision qui continue d’alimenter les débats dans la région et au-delà. Selon les informations rapportées par L’Observateur, la jeune prostituée nigériane surnommée « Nelly », poursuivie pour transmission volontaire présumée du VIH, a été condamnée à un mois de prison ferme. Une peine qui surprend, d’autant plus que la mise en cause a aussitôt recouvré la liberté : son mois d’incarcération en détention provisoire avait déjà été purgé.

Ce verdict tranche radicalement avec la fermeté affichée par le parquet. Le Procureur de la République avait en effet requis deux ans d’emprisonnement, une amende de 5 millions de FCFA et l’expulsion immédiate du territoire national. Pour le ministère public, la gravité des accusations, aggravée par les antécédents de la prévenue, imposait une réponse judiciaire exemplaire.

Âgée de 23 ans, installée à Ziguinchor depuis un an après un passage en Gambie, « Nelly » était soupçonnée d’avoir sciemment exposé plusieurs clients au VIH en ayant des rapports sexuels non protégés. Son arrestation début novembre avait déclenché une forte émotion dans la capitale du sud, une région où la prévalence du VIH demeure plus élevée que la moyenne nationale.

La pression sociale autour du dossier était particulièrement forte. Face à la montée de l’indignation populaire, l’avocat de la prévenue avait sollicité sa remise en liberté provisoire, assortie d’un placement dans un centre spécialisé. Le parquet s’y était opposé avec vigueur, évoquant un risque réel de troubles à l’ordre public et rappelant la sensibilité extrême de l’opinion sur les questions de santé publique.

Mais, comme le souligne L’Observateur, « le temps de l’indignation collective n’est pas celui de la justice ». Au terme du procès, les juges ont retenu une peine minimale, permettant à « Nelly » de sortir de prison et, potentiellement, de reprendre ses activités dans les rues de Ziguinchor. Une décision qui étonne, voire inquiète certains habitants.

Ce verdict s’ajoute à une autre décision marquante rendue le même jour par le tribunal correctionnel. Dix-huit prostituées nigérianes et sierra-léonaises, arrêtées à Cap-Skirring à la suite d’une dénonciation anonyme, ont été relaxées. Elles étaient poursuivies pour séjour irrégulier, absence de carnet sanitaire et mise en danger de la vie d’autrui.

L’opération menée par la gendarmerie avait permis de découvrir leur lieu de résidence clandestine dans la station balnéaire. Parmi les femmes interpellées se trouvaient une mineure, confiée à l’assistance éducative, et une autre déclarée séropositive, qui avait admis prendre régulièrement un traitement antirétroviral pour éviter toute contamination de ses clients.

L’annonce de la relaxe a soulevé un cri de soulagement dans la salle d’audience : « Go to Cap-Skirring ! ». Ce chant, repris à l’unisson, symbolise le soulagement d’un groupe longtemps traqué dans la région et qui voit dans ce verdict un retour à une forme de tranquillité.

Entre le réquisitoire ferme du parquet et les décisions particulièrement clémentes du tribunal, ces affaires continuent de susciter de nombreuses interrogations. Elles mettent en lumière les enjeux complexes qui entourent la prostitution, la santé publique, la migration irrégulière et les tensions sociales dans le sud du Sénégal. Elles posent également la question de l’équilibre difficile entre la réaction populaire et les principes fondamentaux de la justice.

Seydina Fall Bougazelli rattrapé par une nouvelle affaire d’escroquerie foncière

Les déboires judiciaires de l’ancien député Seydina Fall, plus connu sous le nom de Bougazelli, semblent loin d’être terminés. Reconverti ces dernières années dans l’immobilier, l’ex-parlementaire a été interpellé à son domicile de la Cité Golf Océan par les éléments de la Sûreté urbaine de Guédiawaye pour une série d’escroqueries présumées portant sur de fausses locations d’appartements. Ce qui n’était, au départ, qu’une simple plainte déposée contre lui s’est rapidement mué en un dossier complexe aux ramifications multiples, à mesure que de nouvelles victimes se présentaient au commissariat central.

Selon les informations révélées par Seneweb, six personnes se sont déjà déclarées lésées par les agissements de Bougazelli. L’Observateur indique par ailleurs qu’au moins cinq autres plaintes sont attendues, venant alourdir un dossier déjà conséquent. Les témoignages recueillis décrivent un mode opératoire similaire : l’ancien élu aurait mis en place un système bien orchestré de « locations fantômes », caractérisé par l’encaissement d’avances, la rédaction de contrats factices et la fixation de rendez-vous sans cesse renvoyés. Certaines victimes expliquent avoir été appâtées par des visites soigneusement mises en scène, avant de se voir remettre des contrats qui, plus tard, se sont révélés complètement fictifs.

Parmi les cas recensés, figure celui de T. Camara, qui affirme avoir versé la somme de 400 000 F CFA pour un appartement qui ne lui a jamais été remis. Une autre victime, I. Timera, relate avoir déboursé le même montant après avoir été conduite dans un logement présenté comme disponible pour la location, avant de s’apercevoir qu’il s’agissait d’une supercherie montée de toutes pièces. Ces accusations sont appuyées par des messages, documents et traces de transactions qui contredisent la version de l’ancien député.

Face aux enquêteurs, Bougazelli nie toute intention d’escroquerie. Il soutient qu’un courtier-maçon, A. Dieng, identifié comme son homme de confiance mais aujourd’hui introuvable, serait le véritable responsable de ces pratiques. Cependant, les victimes assurent avoir traité directement avec lui et affirment que son implication ne souffre d’aucune ambiguïté. Les éléments matériels collectés par les enquêteurs ne jouent pas non plus en sa faveur.

Cette affaire n’est pas sans rappeler un épisode survenu en novembre dernier. L’Observateur révèle en effet qu’à cette période, Bougazelli avait dû rembourser en urgence 300 000 F CFA à deux pères de famille dans un dossier similaire, évitant ainsi de nouvelles poursuites. Cette récurrence soulève des interrogations quant à la nature réelle de ses activités dans le secteur immobilier.

Depuis son interpellation, des proches de l’ancien député auraient entrepris des tentatives de remboursement auprès de certaines victimes afin de pousser ces dernières à suspendre ou à retirer leurs plaintes. Malgré ces démarches, les autorités avancent que Bougazelli devrait être déféré au parquet ce mercredi, sauf changement de dernière minute.

Fonction publique : le ministre Olivier Boucal expose les réalisations 2024-2025 et fixe le cap pour 2026

Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public, Olivier Boucal, a présenté devant les Commissaires un exposé détaillé des réalisations majeures de son département pour la période 2024-2025. Il a également dévoilé des perspectives ambitieuses pour l’année 2026, insistant sur l’importance de la qualité de l’administration et de l’instauration d’un climat social apaisé comme leviers essentiels de la performance nationale.

Dans son intervention, le ministre a d’abord mis en lumière les principaux défis auxquels l’administration est confrontée, avant de décliner une série d’actions structurantes engagées par le Gouvernement. Il est notamment revenu sur les engagements destinés à réduire les disparités statutaires entre fonctionnaires et agents non fonctionnaires. À cet effet, deux textes majeurs ont été stabilisés en 2024 : le décret n° 74-347 relatif au régime des agents non fonctionnaires et le décret n° 2006-392 portant statut du Cadre de l’Enseignement. Ces réformes visent à corriger des injustices persistantes au sein de la fonction publique.

Le ministre Boucal a rappelé que le Sénégal respecte déjà les normes internationales en réservant 15 % des postes aux personnes handicapées. Même si l’anonymat des concours complique l’identification de ces candidats, les recrutements sur titre et la plateforme dédiée permettent de garantir leur prise en compte effective.

Abordant la réforme des recrutements, le ministre est revenu sur la limitation opérée ces derniers mois, concentrant les entrées dans la fonction publique sur l’éducation, avec 2 000 enseignants recrutés pour le préscolaire et l’élémentaire, 500 pour l’enseignement supérieur et 200 pour le secteur professionnel. Il a annoncé la préparation d’une loi sur l’accès à la Fonction publique ainsi qu’une loi sur les appels à candidatures, dans l’esprit du principe de transparence « Jub Jubbal Jubbanti ». Des tests d’aptitude seront également introduits pour les postes hors concours.

Pour mieux maîtriser les effectifs, un audit général de la Fonction publique est en cours afin de disposer de données fiables permettant d’orienter les politiques de recrutement. Un audit biométrique sera également lancé pour détecter d’éventuels agents fictifs.

Sur le plan social, plusieurs préoccupations ont été clarifiées. Après évaluation, le dispositif de pointage sera renforcé par l’intégration d’une fonctionnalité de géolocalisation destinée à améliorer le suivi des présences. L’État travaille également à structurer les travailleurs du secteur informel en syndicats pour faciliter leur enrôlement et leur permettre de cotiser en vue de bénéficier de prestations sociales. Le ministre a également rappelé que la pension reste due aux enfants même après le décès de la veuve, les interruptions perçues étant souvent liées à une méconnaissance des procédures.

En matière de genre, il a été souligné que les femmes représentent 24 % des agents de l’administration, mais seulement 8 % des cadres de la hiérarchie A. Pour inverser cette tendance, l’Académie « Ndatté Yalla », créée en 2024, accompagne désormais les femmes dans leur accès aux postes de haute responsabilité.

Le ministre des Finances et du Budget a ensuite apporté plusieurs éclaircissements. Il a rappelé que la révision du Code Général des Impôts, intervenue en 2021, a permis de mettre fin à l’iniquité fiscale liée à l’imposition des rappels des enseignants, désormais étalée dans le temps. Il a également annoncé que le processus de généralisation de l’indemnité de logement pour les fonctionnaires est à son terme : le projet de décret a déjà franchi toutes les étapes de validation et les budgets nécessaires sont arrêtés. Seules les dernières signatures restent à apposer avant le déclenchement effectif des paiements.

Crise des bourses : le FDR alerte sur un risque d’escalade et accuse le gouvernement

Depuis plusieurs jours, les universités publiques du Sénégal connaissent une forte agitation liée aux manifestations étudiantes réclamant le paiement immédiat de leurs bourses. Ce climat de tension, marqué par des grèves répétées et des affrontements sporadiques, continue de susciter des réactions au sein de la classe politique et de la société civile.

Dans un communiqué rendu public ce mardi, le Front pour la Défense de la Démocratie et la République (FDR) a exprimé sa profonde préoccupation face à la situation. L’organisation estime que « les étudiants sont en grève et manifestent leur colère en dénonçant le non-paiement des importants arriérés de bourses dus à certains d’entre eux, notamment ceux inscrits en Master ». Ces retards, jugés injustifiables par le FDR, constituent selon lui le cœur de la crise qui paralyse actuellement les institutions universitaires.

Le mouvement accuse par ailleurs le gouvernement PASTEF de n’avoir fourni aucune réponse satisfaisante à des revendications qu’il juge « légitimes et urgentes ». Pour le FDR, l’exécutif apparaît « incapable d’apporter une réponse à la hauteur de la situation », au point que la crise risque, selon le communiqué, « de dégénérer si une solution idoine n’est pas rapidement trouvée ». Le FDR établit en outre un lien direct entre le blocage actuel et ce qu’il appelle « la catastrophe financière provoquée par la fable irresponsable de la dette cachée », allant jusqu’à affirmer que le Premier ministre devra « répondre de cette forfaiture inqualifiable » susceptible d’entraîner des conséquences encore plus graves que celles déjà observées sur les campus.

Tout en apportant son « soutien sans condition » aux revendications des étudiants, le FDR les invite toutefois à éviter toute forme de violence. Le mouvement appelle les organisations étudiantes à privilégier des modes d’action susceptibles de rallier un large soutien populaire à leur cause, estimant que la lutte ne doit pas se transformer en confrontation destructrice.

Le FDR met également en garde contre « l’impasse de la répression policière et des annonces manipulatrices » qu’il attribue au gouvernement. Selon lui, les méthodes actuellement privilégiées par l’exécutif ne feront « qu’aggraver la crise ». L’organisation presse ainsi les autorités à ouvrir « immédiatement » des négociations sérieuses avec les étudiants et leurs représentants, dans l’espoir de rétablir l’apaisement au sein de l’espace universitaire et de permettre la reprise normale des cours.

UCAD : L’intersyndicale du PATS dénonce les violences et menace de retirer les travailleurs

L’intersyndicale du personnel administratif, technique et de service (PATS) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a élevé la voix face à la recrudescence des violences sur les différents campus. Dans un communiqué rendu public, la structure syndicale s’insurge vigoureusement contre les actes de brutalité qui ont ciblé plusieurs travailleurs au cours des récents affrontements.

Selon l’intersyndicale, de nombreux agents PATS ont été victimes de violences physiques et morales dans l’exercice de leurs fonctions, particulièrement dans les campus pédagogiques où les tensions entre forces de l’ordre et étudiants se sont intensifiées ces derniers jours. Elle estime que cette situation est devenue intenable et met gravement en péril la sécurité, la santé physique et mentale des travailleurs.

Face à cette dégradation du climat universitaire, l’intersyndicale appelle le Rectorat à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la protection du personnel. Elle insiste sur l’urgence d’assurer un environnement de travail sécurisé, condition indispensable à la poursuite normale des activités administratives et techniques à l’UCAD.

La structure syndicale invite par ailleurs ses sections implantées dans les différents établissements de l’université à apprécier la situation sur le terrain afin d’envisager les mesures appropriées. Elle souligne que si les conditions minimales de sécurité ne sont pas réunies, les travailleurs sont encouragés à quitter leur poste et à rentrer chez eux pour préserver leur intégrité physique.

Se disant particulièrement attentive à l’évolution de la crise, l’intersyndicale exhorte les autorités universitaires et gouvernementales à agir rapidement afin de ramener l’apaisement au sein de l’espace universitaire. Elle met également en garde : si aucune amélioration tangible n’est constatée dans un délai de vingt-quatre heures, des instructions fermes seront données aux travailleurs PATS pour qu’ils restent chez eux jusqu’à nouvel ordre.

Nouvelle journée de tensions à l’UCAD : plusieurs étudiants blessés lors des affrontements avec les forces de l’ordre

Les affrontements entre les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et les forces de l’ordre se sont poursuivis ce mardi après-midi, prolongeant les violences observées la veille sur le campus. Plusieurs étudiants ont été blessés, certains gravement, et ont dû être évacués vers différents hôpitaux de la capitale.

Selon Abdoul Aziz Guissé, membre du Collectif des amicales de l’UCAD, « de nombreux étudiants ont été blessés : certains ont reçu des tirs de gaz lacrymogène, d’autres ont été touchés par des balles à blanc. Le service médical du COUD accueille actuellement un grand nombre de blessés. Plusieurs ont été transférés à l’hôpital Principal de Dakar et dans d’autres structures sanitaires ». Un policier a également été touché au visage et pris en charge dans une structure médicale.

Ces violences interviennent dans le cadre d’un mouvement de protestation des étudiants réclamant le paiement des bourses de l’année académique 2024-2025, alors que les autorités ont déjà commencé les versements pour l’année académique 2025-2026. Les étudiants dénoncent cette situation et s’interrogent : « Comment peut-on débuter les paiements de l’année académique 2025-2026 sans avoir réglé ceux des étudiants de l’année 2024-2025 ? »

Le Collectif des amicales exige notamment la régularisation des versements pour les étudiants inscrits en Master 1 et Master 2, ainsi que pour ceux en licence 2 et 3 qui ont été omis lors des précédents paiements. Selon Abdoul Aziz Guissé, « à ce jour, aucune avancée n’a été enregistrée dans les discussions, et aucune solution concrète n’a été présentée. Les étudiants maintiennent leur mot d’ordre de grève jusqu’à satisfaction de leurs revendications ».

La situation sur le campus reste tendue et les affrontements risquent de se poursuivre tant que les autorités et les représentants étudiants ne trouveront pas de solution pour apaiser les tensions et répondre aux demandes des étudiants.

Kaolack : Le MFPS accuse Diomaye Faye de s’éloigner du projet Joub Joubanti

Le Mouvement Fédérateur des Patriotes du Sénégal et de la Diaspora (MFPS) a tenu, ce mardi 2 décembre 2025 à Kaolack, un point de presse au cours duquel il a présenté sa vision, réaffirmé sa volonté de renforcer sa présence dans les régions et mis en avant son engagement auprès des Sénégalais, tant du pays que de la diaspora.

Les responsables du MFPS ont profité de l’occasion pour exposer les principaux axes de leur stratégie : fédérer les initiatives patriotiques, promouvoir la participation citoyenne et renforcer les liens entre le Sénégal et ses ressortissants établis à l’étranger. Ils ont également annoncé de nouvelles actions qui seront déployées dans les semaines et mois à venir dans plusieurs régions du pays.

Cette rencontre à Kaolack constitue une étape importante dans leur démarche de proximité, le mouvement affirmant vouloir rester à l’écoute des populations et de leurs préoccupations.

S’exprimant devant la presse, Abdou Ba, alias Commandant Baye, a déclaré :

« L’objectif de cette déclaration est de nous prononcer sur la situation politique actuelle entre Ousmane Sonko et le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Le constat que nous faisons, en tant que mouvement des fédérateurs, c’est le non-respect du projet du parti Pastef par le président Bassirou Diomaye Faye. Le président Diomaye Faye ne s’inscrit plus dans ce projet. Nous, membres du Mouvement Fédérateur des Patriotes du Sénégal et de la Diaspora, annonçons la fin du compagnonnage entre ces deux personnalités. Nous ne voulons plus entendre les Sénégalais dire : “Diomaye moy Sonko”, car depuis bientôt deux ans, nous réclamons justice pour nos martyrs et nous n’avons rien vu. »

Le MFPS dénonce également l’absence d’avancées concernant les dossiers relatifs aux détournements présumés des 100 milliards, des 80 milliards ainsi que des dettes cachées.

« Depuis deux ans, aucune arrestation. Tout cela est dû au manque d’engagement de Bassirou Diomaye Faye dans la révolution et dans la dynamique du projet Joub Joubanti. En tant que président du mouvement, je dénonce la trahison de Diomaye Faye à l’endroit d’Ousmane Sonko », a conclu Abdou Ba.

Mayoro Mbaye porte plainte contre Eurofinsa S.A, Ellipse Projects, AEE Power et Madiambal Diagne pour détournement de projets

L’homme d’affaires Mayoro Mbaye a saisi le Pool judiciaire financier pour dénoncer ce qu’il qualifie de détournement massif de projets, de violations d’accords commerciaux et de préjudices financiers importants impliquant le groupe espagnol Eurofinsa S.A, ses filiales, ainsi que plusieurs acteurs locaux, dont le journaliste et homme d’affaires Madiambal Diagne.

Selon lui, des projets stratégiques qu’il avait introduits au Sénégal depuis 2010 — portant sur la construction d’hôpitaux, d’infrastructures, de systèmes d’énergie, d’électrification et d’équipements publics — auraient été récupérés, modifiés ou dévoyés après l’alternance politique de 2012, en violation des engagements contractuels et de son droit de représentation exclusive.

« La société KMA International S.A, que je dirige, est engagée depuis 2010 dans la préparation, la structuration et l’accompagnement de projets stratégiques pour l’État du Sénégal, en partenariat avec le groupe Eurofinsa S.A, SETA/SETAPI et plusieurs de leurs filiales, notamment AEE Power et Ellipse Projects. Ces projets, significatifs dans des secteurs essentiels, étaient destinés à contribuer durablement au développement socio-économique du pays. Il ressort toutefois que plusieurs d’entre eux ont été détournés de leur objectif initial, modifiés ou transférés à des tiers », a expliqué le PDG de KMA International S.A.

Il affirme que ces agissements ont causé des pertes financières considérables à sa société, mais également au Sénégal. Il réclame de ce fait une réparation intégrale.

« Ces pratiques ont généré un préjudice majeur pour notre société, tant sur les plans financier et économique que sur les plans moral et social. L’ouverture d’une information judiciaire devant le Pool judiciaire financier témoigne de la gravité des faits constatés et de la nécessité d’un suivi institutionnel renforcé », a-t-il insisté.

Face à l’ampleur des faits allégués, et compte tenu de l’importance initiale de ces projets pour l’État du Sénégal, l’homme d’affaires dit avoir adressé une correspondance aux plus hautes autorités du pays pour demander une prise en charge diligente du dossier, dans le but d’obtenir une solution juste, équitable et conforme aux intérêts nationaux.

Il précise ensuite les motivations qui l’ont poussé à porter l’affaire devant la justice :

« J’ai déposé cette procédure afin d’apporter des clarifications à un débat qui dépasse aujourd’hui nos frontières. Lorsque je négociais ces contrats et collaborais avec ces partenaires, aucun Sénégalais n’était présent. J’étais le seul interlocuteur, et c’était une période où ceux qui revendiquent aujourd’hui une paternité de ces projets n’étaient pas impliqués. Il fallait rétablir les faits, et je l’ai fait. Je vous confirme donc avoir bel et bien saisi le Pool judiciaire financier, en attendant que les juges apprécient les documents déposés », a-t-il déclaré.

Le dossier, désormais entre les mains de la justice, pourrait lever le voile sur plusieurs zones d’ombre entourant certains partenariats étrangers conclus ces dernières années.

À suivre…

A.S

Accords-cadres entre producteurs de maïs et industriels : un pas décisif vers la souveraineté alimentaire

Les producteurs locaux de maïs et les industriels sénégalais ont signé, mardi à Dakar, une série d’accords-cadres portant sur la production et la commercialisation de 25 000 tonnes pour la campagne agricole 2025-2026. La cérémonie, qui a rassemblé l’ensemble des acteurs de la filière, a été qualifiée de « moment historique » par le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne.

Dans son discours, le ministre, entouré du directeur d’ENABEL, Abdou El Mahassine Fassi-Fihri, et de représentants des organisations professionnelles, a salué un « travail patient, rigoureux et surtout collaboratif ». Il a insisté sur le fait que cette avancée illustre la capacité des acteurs nationaux à construire ensemble un modèle de développement fondé sur la confiance, le dialogue et une vision partagée. Pour lui, ce partenariat démontre clairement « ce que nous pouvons accomplir ensemble lorsque la vision commune guide l’action ».

Cet engagement intervient dans un contexte marqué par une forte dépendance du Sénégal vis-à-vis des importations de maïs, qui oscillent chaque année entre 450 000 et 500 000 tonnes. Rien qu’en 2024, ces achats extérieurs ont coûté environ 80 milliards de francs CFA à l’État. Mabouba Diagne a rappelé que la démarche s’inscrit dans l’orientation stratégique du Premier ministre, favorable à une valorisation accrue des ressources locales et à une réduction des dépenses liées aux importations.

Le ministre a également souligné l’impact social attendu de cette collaboration, en affirmant qu’elle contribuera à la réduction de la pauvreté en milieu rural grâce à la création de plus de 20 000 emplois. Il a, par ailleurs, mis en avant la dynamique positive enregistrée par la filière, dont la production nationale atteint désormais 800 000 tonnes par an, un volume en constante progression. Toutefois, il a reconnu que le secteur reste confronté à une concurrence étrangère particulièrement forte, l’un des principaux défis identifiés par les autorités.

Pour consolider cette trajectoire, Mabouba Diagne a réaffirmé l’engagement de l’État à accompagner les producteurs à travers plusieurs leviers : la maîtrise et la fourniture d’eau, la disponibilité des intrants agricoles et la mécanisation des exploitations. Selon lui, ces efforts permettront d’améliorer significativement les rendements et de renforcer une filière considérée comme stratégique pour la souveraineté alimentaire du pays.

La présidente de l’Interprofession maïs du Sénégal (IPROMAS), Gnima Diakité, ainsi que les représentants de l’ARM et du FNDASP présents à la cérémonie, ont insisté sur le caractère structurant de cet accord-cadre. Ils estiment qu’il permet de stabiliser durablement la relation entre producteurs et transformateurs, en garantissant un volume ferme de production et des débouchés sécurisés pour la campagne 2025-2026. Pour eux, cette approche contractuelle marque une étape importante vers une meilleure organisation de la filière et une valorisation plus efficace du potentiel agricole national.

UCAD : le Conseil académique autorise l’intervention des Forces de l’Ordre pour sécuriser le campus

Le Conseil académique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) s’est réuni ce mardi 2 décembre 2025 en visioconférence, sous la présidence du Recteur, le Professeur Alioune Badara Kandji. Cette session extraordinaire était dédiée à l’examen de la situation sécuritaire sur le campus, à la lumière des événements récents ayant troublé le fonctionnement normal de l’institution.

Au cours de la séance, les membres du Conseil ont relevé une série d’incidents qui, selon leur appréciation, ont gravement compromis la sécurité des personnes et causé des dommages tant aux biens publics qu’aux biens privés. Ces perturbations ont également entravé le travail de l’administration et affecté les activités d’enseignement et de recherche, pourtant essentielles au bon déroulement de la mission universitaire.

Face à l’ampleur de ces dérives, le Conseil académique a décidé d’autoriser le Recteur à solliciter le concours des Forces de l’Ordre pour rétablir et garantir la sécurité au sein du campus pédagogique. Cette mesure, qualifiée d’exceptionnelle mais nécessaire, vise à protéger les étudiants, les enseignants, les chercheurs ainsi que l’ensemble du personnel administratif, technique et de service. Le Conseil a tenu à préciser que ce recours aux Forces de l’Ordre est strictement encadré par les dispositions des articles 4, 5 et 6 de la loi n°94-79 du 24 novembre 1994, relative aux franchises et libertés universitaires.

Selon le communiqué issu de la rencontre, la présence des Forces de l’Ordre n’a d’autre objectif que de préserver l’intégrité physique des personnes et de sauvegarder le patrimoine universitaire, tout en garantissant la continuité des activités pédagogiques et scientifiques. Pour les autorités de l’UCAD, le maintien d’un climat académique serein est indispensable non seulement à la formation et à la recherche, mais également au service rendu à la communauté.

Dans le même esprit, le Conseil académique a réaffirmé son attachement indéfectible aux valeurs républicaines, au respect de la loi et au dialogue. Il a souligné l’importance de préserver un environnement universitaire sécurisé et apaisé, condition préalable au bon fonctionnement de l’institution. Enfin, il a lancé un appel à l’ensemble des acteurs de l’UCAD, les invitant à la sérénité et à la responsabilité, afin de permettre la poursuite normale des activités universitaires et administratives.

Abus de confiance : Boubacar Diallo condamné à trois mois avec sursis et 50 millions de FCFA de dommages et intérêts

Le Tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu hier, lundi, son verdict dans l’affaire d’abus de confiance qui opposait l’inspecteur des Impôts et Domaines, Boubacar Diallo, à la veuve Fatou Guèye. À l’issue de son délibéré, la juridiction a reconnu le fonctionnaire coupable des faits qui lui étaient reprochés et l’a condamné à une peine de trois mois de prison assortis du sursis. Il devra également verser à la plaignante la somme de 50 millions de FCFA à titre de réparation.

L’affaire remonte à plusieurs années, lorsque Fatou Guèye, héritière d’un terrain de deux hectares laissé par son défunt mari, avait confié à Boubacar Diallo la mission de vendre la parcelle pour un montant de 80 millions de FCFA. L’inspecteur des Impôts, chargé de la transaction, avait informé la veuve que le terrain avait été cédé à seulement 40 millions, montant qu’il lui aurait présenté comme étant le prix réellement obtenu.

Ce n’est que bien plus tard que la vérité éclate. À travers des informations recueillies auprès des membres de la coopérative impliquée dans l’achat, Fatou Guèye découvre que la parcelle a bel et bien été vendue à 80 millions de FCFA, soit le double du montant déclaré par Boubacar Diallo. Se sentant lésée, elle engage alors des poursuites judiciaires contre le fonctionnaire, l’accusant d’avoir détourné la moitié du produit de la vente.

Lors de l’audience du 24 novembre dernier, le procureur de la République avait adopté une ligne particulièrement ferme. Estimant que les faits étaient établis et caractérisés, il avait requis une peine d’un an d’emprisonnement ferme assortie d’un mandat de dépôt. Le prévenu, qui bénéficiait jusque-là d’une liberté provisoire, contestait la version de la plaignante mais n’avait pas convaincu l’accusation.

Le tribunal, après examen des éléments du dossier et des arguments des parties, a finalement choisi une sanction plus clémente que celle requise par le parquet. La peine de trois mois avec sursis évite l’incarcération immédiate de Boubacar Diallo, mais la condamnation à verser 50 millions de FCFA à Fatou Guèye constitue une reconnaissance claire du préjudice subi par cette dernière.

L’État du Sénégal ouvre un emprunt obligataire de 400 milliards FCFA pour soutenir la vision « Sénégal 2050 »

L’État du Sénégal a officiellement lancé une opération d’emprunt obligataire par appel public à l’épargne d’un montant global de 400 milliards FCFA. Ouverte à la souscription du 2 au 22 décembre 2025, cette mobilisation de ressources vise à renforcer le financement des projets structurants inscrits dans la vision stratégique « Sénégal 2050 ». Cette dernière ambitionne d’accélérer la transformation économique du pays à travers des investissements ciblés dans les infrastructures, les secteurs productifs et les services publics essentiels.

L’offre obligataire se décline en quatre maturités destinées à répondre à différents profils d’investisseurs. La première émission, d’une durée de 3 ans, porte sur un montant de 85 milliards FCFA avec un taux d’intérêt fixé à 6,40 %. La seconde concerne une maturité de 5 ans pour un montant total de 125 milliards FCFA et offre un rendement de 6,60 %. Une troisième tranche est proposée sur une durée de 7 ans, avec un volume de 105 milliards FCFA et un taux de 6,75 %. Enfin, une dernière émission d’un montant de 85 milliards FCFA est étalée sur 10 ans avec un taux d’intérêt de 6,95 %. Ces différentes maturités visent à diversifier les opportunités d’investissement, tout en garantissant à l’État une meilleure structuration de son financement à moyen et long termes.

L’opération est pilotée par le Trésor Public, qui en assure la conduite opérationnelle, avec l’accompagnement d’Invictus Capital & Finance en tant qu’arrangeur et chef de file. Ce partenariat permet de renforcer la crédibilité de l’émission et d’optimiser son placement auprès des investisseurs institutionnels comme des particuliers. Les souscriptions sont ouvertes durant toute la période annoncée, via les canaux officiels mis à disposition, notamment les plateformes numériques dédiées et les contacts des structures financières partenaires.

À travers cette initiative, le Sénégal poursuit sa stratégie de recours maîtrisé au marché financier régional afin de soutenir la dynamique de développement et de consolider la confiance des investisseurs. L’emprunt obligataire s’inscrit ainsi comme un instrument essentiel dans la mise en œuvre des projets prioritaires, tout en contribuant à la modernisation de l’économie nationale et au renforcement de ses capacités de résilience.

Budget 2026 du ministère de l’Industrie et du Commerce : une hausse exceptionnelle portée par cinq programmes stratégiques

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Guèye Diop, s’est présenté ce mardi devant les députés pour défendre le projet de budget de son département pour l’exercice 2026. Selon le rapport de la commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale, le budget du ministère est arrêté à 355 933 222 920 FCFA en autorisations d’engagement et à 150 134 635 433 FCFA en crédits de paiement. Cette enveloppe connaît une augmentation spectaculaire de 305 774 693 468 FCFA, représentant une progression de 609,62 % par rapport à l’exercice précédent. Le document présenté par la députée Marie Hélène Ndoffène Diouf attribue cette hausse exceptionnelle à la mise en œuvre de cinq programmes stratégiques.

L’essentiel des crédits est orienté vers le renforcement du tissu industriel national. Le programme consacré au développement des pôles et filières industrielles compétitives concentre à lui seul la majorité des ressources du ministère. Il est doté de 314 416 274 905 FCFA en autorisations d’engagement et de 109 019 819 918 FCFA en crédits de paiement. La part dominante de cette enveloppe est destinée aux investissements exécutés directement par l’État, évalués à 311 958 789 895 FCFA en AE et 106 562 334 908 FCFA en CP, traduisant une ambition affirmée de modernisation et d’expansion des infrastructures industrielles. Le reste de ce programme couvre les dépenses de personnel pour un montant de 131 026 000 FCFA, les acquisitions de biens et services qui s’élèvent à 41 079 010 FCFA, ainsi que les transferts courants fixés à 2 285 380 000 FCFA.

Le ministère consacre également un programme important à l’accessibilité des produits et services, à la lutte contre la vie chère et à la modernisation du commerce. Ce volet bénéficie d’un financement de 33 485 873 087 FCFA en autorisations d’engagement et de 33 143 048 087 FCFA en crédits de paiement. Il vise à améliorer la régulation des marchés, à renforcer la surveillance des prix et à adapter les circuits commerciaux aux exigences d’un environnement économique en mutation.

Les crédits du ministère prennent aussi en compte d’autres dimensions essentielles. Le programme dédié au pilotage, à la coordination et à la gestion administrative est doté de 2 447 803 661 FCFA, en AE comme en CP. Cette enveloppe assure le fonctionnement interne du ministère, avec une ventilation comprenant 1 176 434 000 FCFA pour les dépenses de personnel, 501 437 161 FCFA destinés aux acquisitions de biens et services, ainsi que 769 932 500 FCFA en transferts courants.

Dans le cadre de la protection des intérêts économiques nationaux, un financement de 2 292 915 660 FCFA en autorisations d’engagement et 2 233 608 160 FCFA en crédits de paiement est prévu pour le programme de défense commerciale et de renforcement du positionnement commercial. Celui-ci doit permettre au Sénégal d’affirmer sa compétitivité et de mieux se défendre face aux pratiques commerciales déloyales.

Enfin, le soutien aux Petites et Moyennes Entreprises et Industries, considéré comme un levier crucial pour l’emploi et la transformation économique, se traduit par une enveloppe de 3 290 355 607 FCFA. Ce programme vise à accompagner et financer les PME/PMI afin de renforcer leur résilience et leur capacité d’innovation.

Poutine affirme ne pas vouloir la guerre avec l’Europe mais se dit « prêt » en cas d’escalade

À la veille de consultations attendues à Moscou avec l’émissaire américain Steve Witkoff, le président russe Vladimir Poutine a tenu mardi des propos particulièrement tranchés sur l’état des relations entre la Russie et l’Europe. Devant des journalistes, il a assuré que Moscou ne cherchait pas la confrontation, tout en affirmant que la Russie était « prête » à répondre à toute escalade si celle-ci venait, selon lui, des Européens.

« Nous n’avons pas l’intention de faire la guerre à l’Europe, mais si l’Europe le souhaite et commence, nous sommes prêts dès maintenant », a déclaré Vladimir Poutine. Il a également accusé les dirigeants européens de vouloir « empêcher » les efforts diplomatiques américains censés ouvrir une voie vers la fin de la guerre en Ukraine. Selon lui, l’Europe ne proposerait aucune alternative pacifique et se placerait clairement « du côté de la guerre ».

Cette prise de position intervient dans un contexte diplomatique extrêmement tendu. La venue de Steve Witkoff à Moscou est perçue comme une tentative de relancer au minimum un dialogue entre Washington et le Kremlin. Bien que Washington ne confirme pas l’existence de véritables négociations de paix, la présence de l’émissaire américain alimente les spéculations sur une possible ouverture, notamment autour du conflit ukrainien.

En formulant ces déclarations, Vladimir Poutine cherche à la fois à réaffirmer la puissance militaire russe et à rejeter sur l’Europe la responsabilité d’une éventuelle escalade. Les capitales européennes, engagées depuis 2022 dans un soutien militaire, diplomatique et financier à l’Ukraine, suivent de près ce discours qui marque une nouvelle étape dans la communication offensive du Kremlin.

Papa Makhtar Touré : Un atout stratégique pour la gouvernance et le développement de Kaolack

Papa Makhtar Touré représente bien plus qu’un profil compétent : il constitue un atout stratégique multidimensionnel pour la Mairie de Kaolack. Sa valeur réside dans la combinaison unique de ses racines, de son expertise et de sa vision, des qualités directement transférables aux défis d’une municipalité moderne.

Son premier atout est sa légitimité et sa capacité de dialogue social. En tant que figure profondément enracinée dans le terroir, petit-fils de Cheikh Omar Touré et président d’une fédération communautaire, il possède une compréhension fine des dynamiques locales ainsi qu’un accès privilégié au tissu social. Pour la Mairie, cela se traduit par une aptitude à consulter, à expliquer et à susciter l’adhésion des populations autour des projets urbains, réduisant ainsi les risques de blocage et renforçant la paix sociale.

Son deuxième atout est son savoir-faire managérial éprouvé dans un contexte exigeant. À la tête d’équipes de cadres dans l’industrie pharmaceutique — un secteur concurrentiel et rigoureux — il a développé une solide expérience en prise de décision, en pilotage de la performance et en gestion des ressources humaines. Pour l’administration municipale, cela signifie l’apport d’une expertise capable de moderniser les services, d’améliorer l’efficacité des processus et d’installer une véritable culture du résultat au service du citoyen.

Son troisième atout réside dans sa maîtrise méthodologique de la gestion de projets. Titulaire d’un Master 2 dans cette discipline, il maîtrise les outils nécessaires pour structurer, planifier, budgétiser et contrôler la mise en œuvre des équipements publics et des programmes de développement. Il apporte ainsi les garanties d’une exécution rigoureuse, transparente et respectueuse des délais pour les engagements de la ville.

Enfin, son atout majeur peut être résumé par sa vision synthétique. « Soufi fils de son époque », il allie le respect des traditions à une ouverture pragmatique envers les méthodes modernes de gouvernance. Il incarne le lien idéal pour faire de Kaolack une ville capable de se projeter dans l’avenir sans renier son identité, d’attirer les investisseurs par sa crédibilité tout en veillant au bien-être et à l’équilibre de sa communauté.

En somme, Papa Makhtar Touré est l’atout qui permet de faire le pont entre héritage et progrès, entre administration et administrés, entre vision et exécution. Pour la Mairie de Kaolack, il représente l’opportunité de renforcer son pilotage stratégique grâce à un leader qui comprend le territoire, sait gérer des organisations complexes et possède l’éthique nécessaire pour servir l’intérêt général.

Produits dépigmentants et huiles artisanales : de vifs débats à l’Assemblée autour du budget du ministère du Commerce

L’examen du projet de budget 2026 du Ministère de l’Industrie et du Commerce a été marqué par un débat particulièrement animé autour de la question de la qualité des produits cosmétiques et des huiles artisanales commercialisés sur le marché sénégalais. Face aux députés réunis en plénière, le ministre Serigne Guèye Diop a été interpellé sur la prolifération de crèmes dépigmentantes dangereuses, de produits cosmétiques non conformes et d’huiles locales fabriquées sans homologation ni traçabilité.

Les parlementaires ont exprimé une profonde inquiétude face à l’ampleur du phénomène, qu’ils qualifient de véritable crise de santé publique. Ils ont cité, entre autres, les crèmes éclaircissantes à forte teneur en corticoïdes, les produits contenant du mercure ou de l’hydroquinone, ainsi que de nombreuses huiles artisanales vendues dans des flacons non étiquetés, sans mention de composition ni date de péremption. Pour plusieurs députés, l’usage de ces produits expose majoritairement les femmes et les jeunes à des risques graves tels que des brûlures, des infections, des troubles hormonaux ou encore des maladies dermatologiques irréversibles. Malgré ces dangers avérés, ces substances continuent d’être librement accessibles dans les marchés, les boutiques de quartier et surtout sur les réseaux sociaux où elles font l’objet d’un marketing agressif.

Les élus ont également dénoncé la responsabilité de certains commerçants et influenceurs qui, en quête de profit rapide, assurent la promotion de produits présentés comme miraculeux sans aucune base scientifique. Ces pratiques, selon eux, renforcent la normalisation du blanchiment de la peau et exploitent la vulnérabilité de consommateurs en quête de transformations corporelles rapides. Ils ont ainsi exhorté le ministère à intensifier le contrôle du marché, à multiplier les opérations de saisie de produits interdits et à sanctionner avec rigueur les importateurs, fabricants et revendeurs impliqués dans ce trafic. De même, ils ont appelé à une vaste campagne de sensibilisation destinée à informer la population des dangers de ces substances et à décourager leur utilisation.

Face à ces interpellations, le ministre Serigne Guèye Diop a reconnu la gravité du problème et confirmé que la lutte contre les produits dépigmentants dangereux figure parmi les priorités de son département. Il a rappelé que des opérations conjointes sont régulièrement menées avec la Douane, la Police, la Gendarmerie et le ministère de la Santé, permettant au fil des années la saisie et la destruction de tonnes de produits illicites. Toutefois, il a admis que le phénomène évolue rapidement, notamment avec l’essor de la vente en ligne et du commerce informel, ce qui complexifie la tâche des autorités.

S’agissant des huiles artisanales, le ministre a annoncé l’élaboration en cours d’un cadre réglementaire spécifique destiné à encadrer la production locale. Ce dispositif devrait rendre obligatoire la déclaration des fabricants, imposer des normes minimales de qualité, d’hygiène et de conditionnement, et garantir une traçabilité adéquate. Serigne Guèye Diop a insisté sur le fait que l’objectif n’était pas de freiner l’initiative entrepreneuriale ou d’étouffer l’artisanat, mais de protéger la santé des consommateurs et d’accompagner les producteurs sérieux vers la conformité et la formalisation. Il a également évoqué le renforcement des campagnes de communication, en collaboration avec les médias et les organisations communautaires, pour mieux informer les populations sur les dangers de la dépigmentation et des produits non homologués.

Cette interpellation parlementaire pourrait marquer un tournant dans la régulation du secteur des cosmétiques et des produits artisanaux au Sénégal. Les députés ont exigé qu’un rapport détaillé sur les actions entreprises soit transmis à la Commission des Affaires économiques, avec des données précises sur les contrôles effectués, les quantités saisies et les sanctions appliquées. Pour de nombreux observateurs, la problématique dépasse largement la dimension esthétique : elle touche à la santé publique, à la confiance en soi, à la construction de l’identité culturelle et au bien-être économique des populations. À l’heure où l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 » ambitionne de promouvoir un développement humain durable, la lutte contre les produits dépigmentants dangereux et la mise en place d’un cadre rigoureux pour les huiles artisanales apparaissent comme des enjeux cruciaux, à la croisée du sanitaire, du social et de l’économique.

« UCAD sous gaz : une crise sociale qui tourne à l’urgence sanitaire »

Depuis plusieurs jours, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar vit au rythme de tensions quasi quotidiennes. Les étudiants en master, mobilisés pour exiger le paiement de leurs bourses, initient chaque matin un mouvement de contestation qui dégénère fréquemment en affrontements avec les forces de l’ordre. Cette situation, qui s’étire dans la durée, installe un climat d’inquiétude au sein de la communauté universitaire. Si le professionnalisme des forces de sécurité déployées pour maintenir l’ordre est régulièrement souligné, un autre problème, plus insidieux, suscite une réelle alerte sanitaire : l’usage intensif des grenades lacrymogènes dans un espace aussi densément peuplé que l’UCAD.

L’université compte entre 80 000 et 100 000 étudiants, auxquels s’ajoutent environ 3 000 enseignants, 1 500 agents administratifs et un nombre quotidien difficile à évaluer de visiteurs. C’est, en réalité, une petite ville de plus de 100 000 habitants, concentrée sur une superficie très réduite. La densité humaine y est particulièrement élevée, au point que la promiscuité constitue déjà en soi un facteur de risque sanitaire. Dans ce contexte, l’exposition récurrente à des gaz lacrymogènes accroît considérablement les dangers, notamment pour les personnes souffrant de troubles respiratoires, d’asthme ou d’hypersensibilité oculaire.

Depuis une semaine, les témoignages se multiplient et décrivent des scènes préoccupantes : larmes incontrôlées, irritations sévères, difficultés respiratoires, malaises et évacuations précipitées. Au “couloir de la mort”, l’un des passages les plus fréquentés de l’université, une jeune étudiante asthmatique a été retrouvée en détresse, incapable de tenir debout sans assistance. Un camarade l’a soutenue physiquement tandis que d’autres l’aidaient à utiliser sa pompe. Ce qui frappe dans cet épisode, c’est qu’il s’est produit vers 13 heures, soit près de deux heures après la fin des affrontements du jour. Cela signifie que la fumée, ou du moins l’odeur acre qui en persiste, stagnait encore dans l’air bien longtemps après l’arrêt des manifestations. Selon plusieurs étudiants, jusque tard dans la soirée, voire le lendemain, il suffit du passage d’un véhicule ou d’un coup de vent pour que les résidus encore présents sur le sol se dispersent à nouveau dans l’atmosphère, provoquant les mêmes irritations.

Les effets ne se limitent pas aux usagers directs de l’université. Certains agents administratifs ont dû bénéficier d’arrêts maladie, tandis que d’autres, plus fragiles, restent chez eux pour éviter d’aggraver leur état. Une employée rapporte que même à l’hôpital Fann, pourtant séparé du campus, le personnel éprouve des difficultés respiratoires lorsque les gaz se propagent. Cette remarque soulève une inquiétude d’autant plus grave : si les soignants sont en difficulté, que dire des malades, souvent vulnérables, qui y sont pris en charge? Rappelons que l’UCAD abrite elle-même deux structures médicales, l’IMPS et le service médical du COUD, en plus des services de la faculté de Médecine, qui reçoivent quotidiennement des patients.

L’impact environnemental et sanitaire de l’usage répété des grenades lacrymogènes dans cet espace densément fréquenté ne peut désormais plus être négligé. Les gaz stagnent, se déposent et se réactivent au moindre mouvement, transformant le campus en un environnement difficilement respirable pour des dizaines de milliers de personnes. La question dépasse largement le simple cadre du maintien de l’ordre et touche à la santé publique, au bien-être des usagers et au fonctionnement normal des établissements de soins rattachés à l’université.

Face à cette situation, l’urgence apparaît double. Il faut, d’une part, apporter des réponses immédiates au mouvement des étudiants en master afin de réduire les tensions et éviter la répétition de confrontations inutiles. Mais il faut aussi, d’autre part, engager une réflexion sérieuse sur l’usage des grenades lacrymogènes dans un espace aussi confiné et peuplé que l’UCAD. Revoir les pratiques, choisir des moyens de dispersion moins agressifs, adapter les interventions au contexte spécifique du campus ou établir des zones tampons pourrait éviter de mettre en danger une population dont la vulnérabilité est avérée. L’université n’est pas un champ de bataille ; c’est un lieu de savoir, d’apprentissage, de recherche et de vie. Elle ne peut durablement fonctionner dans un environnement saturé de gaz irritants qui compromettent la santé de ceux qui y étudient, y enseignent, y travaillent ou s’y soignent.

À Golf-Sud, quand la quête d’un toit devient un parcours du combattant

À Golf-Sud, l’histoire de K. Coulibaly et de son voisin aurait pu être celle d’un simple déménagement. Elle s’est finalement transformée en un long calvaire mêlant promesses non tenues, délais sans fin et soupçons d’escroquerie immobilière. Tout commence le 18 octobre, lorsque les deux pères de famille se voient contraints de quitter leur maison fissurée et désormais menacée d’effondrement. Poussés par l’urgence, ils cherchent un nouveau toit et pensent l’avoir trouvé grâce à un intermédiaire qui les met en relation avec Seydina Fall « Bougazelli », ancien député de Guédiawaye.

Le logement proposé, un appartement situé au troisième étage d’un immeuble R+3 à la Cité Golf Océan, face à la plage Malibu, semble idéal. Le bailleur réclame d’abord trois mois de caution avant de ramener ses exigences à un mois de caution et un mois d’avance, soit 300 000 FCFA remis en main propre. L’appartement serait disponible sous deux semaines, promet-on, le temps d’achever « quelques menus travaux ». Pour les futurs locataires, déjà sous pression, cette perspective apparaît comme un soulagement.

Mais, le jour de la remise des clés, tout bascule. Au lieu de leur permettre d’emménager, le propriétaire invoque un drame familial : « La mère du courtier-maçon est décédée », explique-t-il. Les familles, prises au dépourvu, se voient imposer un nouveau délai d’un mois. Entre-temps, leur ancienne maison a été vendue. Elles doivent emballer leurs biens et vivre dans l’attente, oscillant entre stress et incertitude. Chaque visite au bâtiment se solde par les mêmes réponses vagues, les mêmes prétextes. Les travaux n’avancent pas et les clés restent inaccessibles.

Lorsque la patience s’épuise, K. Coulibaly et son voisin réclament le remboursement de leur argent. L’ancien député accepte verbalement mais ne passe jamais à l’acte. Selon des sources proches du dossier, ce type de situation n’est pas isolé : plusieurs plaintes similaires auraient été déposées contre Seydina Fall, portant sur des locations inexistantes ou des remboursements retardés. Dans le quartier, les langues se délient : « Seydina Fall a tout le temps des problèmes avec des locataires. Il traîne beaucoup de casseroles », confie un habitant de la Cité.

Le mercredi 26 novembre, l’ancien parlementaire est convoqué à 17 heures au poste de police de Golf-Sud. Il ne se présente qu’une heure plus tard. Une fois sur place, il procède rapidement au remboursement des 300 000 FCFA avant de quitter les lieux à la hâte, sans même attendre l’arrivée de ses plaignants. Ce remboursement express apaise, pour un temps, les victimes qui récupèrent enfin leur argent. Mais il laisse en suspens une question plus large : combien de personnes ont déjà vécu des situations similaires ? Et combien devront encore faire la navette entre l’immeuble litigieux et le commissariat avant qu’une décision judiciaire ferme ne soit prise ?

Ce mardi, Seydina Fall « Bougazelli » doit être présenté au juge du tribunal de Pikine–Guédiawaye pour répondre des faits qui lui sont reprochés. Une étape cruciale dans une affaire qui, au-delà de deux familles en détresse, met en lumière les dérives récurrentes dans certains circuits de location informelle à Dakar.

Ibrahima Waly Seck entendu par le pool judiciaire financier dans l’affaire Amadou Sall

L’artiste-chanteur Ibrahima Waly Seck a comparu ce matin devant le président du collège des juges d’instruction, Idrissa Diarra, au sein du pool judiciaire financier. La séance s’est déroulée en présence du procureur de la République, Ibrahima Faye. Convoqué pour être entendu au fond dans le cadre de l’affaire dite « Amadou Sall », le chanteur n’est resté que moins de vingt minutes dans le bureau du magistrat instructeur. Malgré la brièveté de l’audition, l’enjeu judiciaire demeure important, puisque Waly Seck est visé par des accusations d’association de malfaiteurs en bande organisée et de blanchiment de capitaux.

Selon les informations obtenues auprès de sources proches du dossier, l’artiste a axé sa défense sur sa bonne foi et la transparence de ses agissements. Devant les juges, il a expliqué avoir uniquement vendu une voiture à Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall, pour un montant de 210 millions de FCFA. Il a affirmé que la transaction avait été réalisée dans les règles, avec l’ensemble des documents administratifs conformes et nécessaires. Cette somme, rappelle-t-il, correspond d’ailleurs à la caution qu’il avait versée quelques mois plus tôt pour bénéficier d’une mise en liberté provisoire en septembre 2025.

Vêtu de noir et accompagné de son pool d’avocats — Mes Abou Dialy Kane, Dior Diagne, Alioune Badara Fall et Souleymane Soumaré — Waly Seck a quitté les locaux du pool judiciaire financier avec discrétion. Pour éviter tout attroupement ou attention médiatique excessive, il a été exfiltré par le sous-sol, à bord d’un véhicule particulier. Cette sortie feutrée contraste avec l’intérêt fervent du public et des observateurs pour cette affaire, dans laquelle plusieurs personnalités sont mentionnées et où les rebondissements ne cessent d’alimenter le débat.

Assemblée nationale : débats houleux autour du budget de l’Enseignement supérieur et appels répétés à l’audit de la gestion Abdourahmane Diouf

L’examen du budget du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a donné lieu, hier, à une séance particulièrement animée à l’Assemblée nationale. Selon les constats rapportés par Les Échos, les discussions ont été dominées par trois préoccupations majeures : l’état des infrastructures universitaires, la question des bourses étudiantes et la gestion de l’ancien ministre Abdourahmane Diouf, dont plusieurs députés exigent désormais un audit complet.

Dès l’ouverture des travaux, les débats se sont orientés vers la situation des infrastructures, souvent inachevées, et le climat social tendu dans les universités. Le député Mbaye Dione a mis en garde contre le risque de reproduire « les erreurs des anciens régimes », accusés d’avoir élargi la carte universitaire à des fins politiques sans prendre en compte les capacités réelles de l’État. Il a insisté sur la nécessité de finaliser les chantiers déjà engagés avant toute annonce de nouveaux établissements, tout en appelant à un dialogue franc et structuré avec les étudiants pour prévenir les tensions récurrentes. Le parlementaire a également rappelé l’obligation pour les forces de sécurité de respecter scrupuleusement les franchises universitaires.

Un autre volet particulièrement sensible a été la gestion de l’ancien ministre Abdourahmane Diouf, revenue avec insistance dans les interventions. Comme l’indique Les Échos, la députée Béatrice Germaine Tening Faye a officiellement demandé un audit « complet, indépendant et transparent » afin de clarifier les soupçons de surfacturations récemment évoqués par le Premier ministre. Dans le même sens, Sokhna Diarra Thiao a accusé l’ex-ministre d’avoir introduit des déséquilibres majeurs dans la répartition budgétaire entre les universités, citant en exemple les cas de Diamniadio et de Bambey. Ces interpellations, soutenues par des chiffres et éléments relayés par Les Échos, témoignent d’un durcissement net du ton autour de cette gestion.

Les députés ont également longuement évoqué la situation des étudiants sénégalais en France. Fatou Diop Cissé s’est inquiétée des inégalités persistantes sur les frais d’inscription auxquels ils sont confrontés. Elle a alerté sur une possible suppression, dès 2026, de l’aide au logement pour les étudiants non boursiers, une perspective qui pourrait fragiliser davantage une communauté déjà fortement impactée par les conditions de vie difficiles. L’information, rapportée et détaillée par Les Échos, a suscité de vives réactions dans l’hémicycle.

La question des universités privées non habilitées a également été au centre des préoccupations. Le député Abdourahmane Diouf — à ne pas confondre avec l’ancien ministre — a rappelé, en s’appuyant sur les données publiées par Les Échos, que 143 établissements du supérieur exercent aujourd’hui sans aucune autorisation officielle pour délivrer des diplômes. Il a demandé à l’État de renforcer l’Anaq-Sup afin de garantir un contrôle plus strict, d’assainir le secteur et de sanctionner les structures en infraction.

Kaolack – Pastef : tensions internes et appel à la clarté politique de Sarata Sonko

Présente actuellement à Paris pour des obligations professionnelles, l’adjointe au maire et responsable communale du Pastef, Sarata Sonko, s’est entretenue par téléphone avec notre rédaction. Elle a tenu à clarifier sa ligne politique, au moment où la section locale du parti traverse une période de fortes incertitudes.

Un contexte de crispation interne

À Kaolack, le Pastef connaît une phase de turbulences marquée par un profond malaise au sein de la base militante. Alors que le parti tente de stabiliser ses instances après plusieurs réajustements, de nombreux responsables communaux et départementaux affichent un silence jugé incompréhensible par les militants.

Selon plusieurs sympathisants rencontrés, ce mutisme prolongé — adopté par certains cadres pourtant promus grâce au leadership d’Ousmane Sonko — nourrit un sentiment de trahison et d’ambiguïté.

« On ne les connaissait pas avant Sonko. Aujourd’hui, ils se cachent et pensent préserver leurs privilèges. Ils se trompent lourdement », dénoncent des militants très remontés.

Sarata Sonko tranche : « La loyauté ne se négocie pas »

Contrairement à la posture prudente de certains responsables locaux, Sarata Sonko assume une position claire : une fidélité totale et sans équivoque au président Ousmane Sonko.

Dans un échange téléphonique depuis Paris, elle affirme :

« Personne ne peut m’éloigner de ma trajectoire politique. Ma loyauté est constante et publique. Le moment exige de la clarté, pas des calculs personnels. »

Elle estime que le silence de certains cadres ne relève ni d’une stratégie ni d’un sens des responsabilités politiques. Elle les appelle à :

assumer publiquement leurs positions, faire face à la presse, respecter les militants qui les ont portés, mettre fin aux manœuvres susceptibles de fragiliser l’unité locale.

Une base militante de plus en plus impatiente

Face à cette situation, plusieurs jeunes militants prennent leurs distances vis-à-vis de responsables jugés « trop silencieux » au moment où le parti aurait besoin d’une ligne claire.

À l’inverse, les communiqués répétés des jeunesses patriotiques de Kaolack, réaffirmant leur soutien au président du Pastef, ont été très bien accueillis. Pour beaucoup, il s’agit là d’un acte de courage politique dans une période où certains responsables préfèrent garder le silence.

Un tournant crucial pour la section Pastef de Kaolack

Entre la détermination de figures comme Sarata Sonko et l’attitude plus hésitante d’autres cadres locaux, le Pastef de Kaolack semble engagé dans une phase décisive. Le risque d’une fracture interne devient perceptible si les tensions actuelles ne sont pas rapidement apaisées.

Pour Madame Sonko, qui annonce faire face à la presse dès son retour au Sénégal, la ligne demeure inchangée :

« La loyauté ne se mesure pas aux postes obtenus, mais au courage d’assumer publiquement ses positions. »

Dakar : nouvelles révélations sur l’incident du pétrolier turc M/T Mersin

On en sait désormais davantage sur l’incident survenu dans la nuit du 28 novembre au large de Dakar impliquant le pétrolier turc M/T Mersin. Selon l’agence russe RIA Novosti, la société propriétaire du navire a confirmé que celui-ci a été touché par quatre explosions externes d’origine encore inconnue, provoquant des dégâts importants et une infiltration d’eau dans la salle des machines. Le pétrolier transportait près de 30 000 tonnes de carburant au moment des faits.

À bord, l’équipage se composait de vingt-deux personnes, en majorité de nationalité turque. Tous ont pu être secourus sains et saufs grâce à l’intervention rapide des équipes du Port autonome de Dakar, qui ont procédé à leur évacuation dans la nuit suivant l’explosion. Les priorités des autorités sénégalaises se sont alors concentrées sur la stabilisation du navire et la prévention d’un éventuel déversement d’hydrocarbures.

Si certaines sources évoquent la possibilité d’une attaque ciblée, les autorités sénégalaises, elles, privilégient pour l’instant une origine technique à l’incident, rappelant qu’aucun élément tangible ne confirme une action hostile. Le M/T Mersin était immobilisé depuis plusieurs mois au large du port de Dakar en raison d’un tirant d’eau supérieur aux normes acceptées, ce qui l’empêchait d’accoster.

À la suite de l’explosion, un important dispositif antipollution a été déployé autour du navire afin de contenir toute fuite éventuelle. Les services compétents s’emploient désormais à vidanger le carburant en toute sécurité, une opération délicate menée sous supervision étroite des autorités maritimes et environnementales. Une cellule de crise a par ailleurs été activée afin de coordonner les interventions techniques, logistiques et sécuritaires, et de prévenir tout risque de catastrophe écologique.

Budget de l’Enseignement supérieur : Mbaye Dione appelle à plus d’écoute envers les étudiants et à une meilleure gestion des infrastructures

Lors du débat sur le budget du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, ce lundi, le député-maire de Ngoundiane, Mbaye Dione, a saisi l’occasion pour exprimer ses préoccupations concernant la situation de l’enseignement supérieur au Sénégal. Le parlementaire non-inscrit a débuté son intervention en manifestant sa joie de retrouver son ancien camarade d’université, l’actuel ministre Daouda Ngom, rappelant les liens tissés au fil des années et la connaissance commune de la vie estudiantine.

Dans son plaidoyer, Mbaye Dione a souligné que la vie universitaire est devenue de plus en plus difficile pour les étudiants. « Nous connaissons bien ce que les étudiants vivent aujourd’hui parce que nous l’avons également vécu », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que la situation actuelle nécessite davantage d’écoute et d’empathie de la part des autorités pour apporter des solutions concrètes aux problèmes rencontrés par les étudiants. Il a critiqué la décision de priver certains étudiants en Master de leurs bourses, estimant que cela ne contribue en rien à résoudre les difficultés auxquelles ils font face.

Le député a également abordé la question des infrastructures universitaires. Selon lui, il n’est pas judicieux de créer de nouvelles Institutions Supérieures d’Enseignement Professionnel (ISEP), alors que celles existantes ne sont pas encore pleinement fonctionnelles et que leurs problèmes persistent. Il a insisté sur la nécessité de faire un état des lieux complet de l’enseignement supérieur, de finaliser les infrastructures en cours de construction et de concentrer les efforts sur la qualité plutôt que sur la quantité.

Pour Mbaye Dione, la situation requiert une réflexion approfondie et concertée. Il a proposé l’organisation d’états généraux de l’enseignement supérieur afin de permettre à toutes les parties prenantes, y compris les étudiants, les enseignants et les autorités, de discuter des priorités et des solutions pour améliorer le système éducatif.

Fraude aux visas et voyages clandestins : trois individus interpellés aux Parcelles Assainies

Le Commissariat d’Arrondissement des Parcelles Assainies U15 a procédé, ce lundi 29 novembre 2025, à l’arrestation de trois individus soupçonnés d’« association de malfaiteurs, escroquerie au visa, faux et usage de faux en documents administratifs ».

Les interpellations font suite à une plainte déposée par une victime, qui a expliqué avoir remis au mois de janvier 2025 une somme de 2 500 000 FCFA ainsi que son passeport biométrique sénégalais à l’un des mis en cause, dans le but d’obtenir un visa pour l’Italie. Selon les informations recueillies, le suspect aurait apposé un faux visa Schengen daté du 9 janvier 2025 sur le passeport de la victime, avant de disparaître et de rendre toute communication impossible.

Les investigations menées par les forces de l’ordre ont permis de retrouver et d’interpeller le principal suspect, qui, entendu par la police, a reconnu l’intégralité des faits. Il a indiqué avoir agi en complicité avec deux autres individus, dont l’un était chargé de confectionner le faux visa et l’autre jouait un rôle d’intermédiaire. Les autres membres du groupe ont été arrêtés à leur tour et ont également reconnu les faits qui leur sont reprochés.

Poursuivant leur enquête, les autorités ont découvert que ce réseau ne se limitait pas à la fabrication de faux visas Schengen. Les mis en cause proposaient également des voyages clandestins au départ du port de Dakar, faisant miroiter à leurs victimes la possibilité de voyager en Italie en se faisant passer pour des membres d’équipage de bateau. Deux autres victimes ont ainsi versé à la bande une somme totale de 2 600 000 FCFA pour bénéficier de ce service frauduleux.

Les trois individus ont été déférés devant le parquet et l’enquête se poursuit afin de déterminer l’étendue exacte des activités de ce réseau et d’identifier d’éventuelles victimes supplémentaires.

Décès d’Anicet Ekane : le président du Manidem meurt en détention au Cameroun

C’est une annonce qui a secoué le paysage politique camerounais ce lundi 1ᵉʳ décembre. Son avocat, Emmanuel Simh, a confirmé le décès d’Anicet Ekane, président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem). Les circonstances exactes de sa mort restent pour l’instant inconnues, mais l’avocat a indiqué qu’il s’agissait d’un « décès survenu en situation de privation de liberté ».

Anicet Ekane était incarcéré depuis plusieurs semaines, suite à son arrestation survenue le 24 octobre dernier, dans le contexte tendu qui a suivi l’élection présidentielle du 12 octobre. Il était détenu au secrétariat d’État à la Défense (SED), dans un environnement très surveillé et sous haute sécurité. Les autorités lui reprochaient son soutien public à l’opposant Issa Tchiroma Bakary, qui s’était proclamé vainqueur du scrutin présidentiel. Ce soutien avait été interprété par le pouvoir en place comme une incitation au soulèvement populaire, dans un climat politique déjà fortement explosif.

Figure majeure de la gauche nationaliste camerounaise, Anicet Ekane s’était distingué dès les années 1990, lors des périodes dites « de braise » qui ont marqué la scène politique du pays. À la tête du Manidem, il avait toujours prôné une approche résolument démocratique et un engagement clair pour la souveraineté nationale et la justice sociale. Sa mort survient à un moment particulièrement sensible pour le pays, alors que les tensions postélectorales restent vives et que les appels au dialogue et à la retenue se multiplient tant sur le plan national qu’international.

Décès d’Anicet Ekane : le président du Manidem meurt en détention au Cameroun

C’est une annonce qui a secoué le paysage politique camerounais ce lundi 1ᵉʳ décembre. Son avocat, Emmanuel Simh, a confirmé le décès d’Anicet Ekane, président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem). Les circonstances exactes de sa mort restent pour l’instant inconnues, mais l’avocat a indiqué qu’il s’agissait d’un « décès survenu en situation de privation de liberté ».

Anicet Ekane était incarcéré depuis plusieurs semaines, suite à son arrestation survenue le 24 octobre dernier, dans le contexte tendu qui a suivi l’élection présidentielle du 12 octobre. Il était détenu au secrétariat d’État à la Défense (SED), dans un environnement très surveillé et sous haute sécurité. Les autorités lui reprochaient son soutien public à l’opposant Issa Tchiroma Bakary, qui s’était proclamé vainqueur du scrutin présidentiel. Ce soutien avait été interprété par le pouvoir en place comme une incitation au soulèvement populaire, dans un climat politique déjà fortement explosif.

Figure majeure de la gauche nationaliste camerounaise, Anicet Ekane s’était distingué dès les années 1990, lors des périodes dites « de braise » qui ont marqué la scène politique du pays. À la tête du Manidem, il avait toujours prôné une approche résolument démocratique et un engagement clair pour la souveraineté nationale et la justice sociale. Sa mort survient à un moment particulièrement sensible pour le pays, alors que les tensions postélectorales restent vives et que les appels au dialogue et à la retenue se multiplient tant sur le plan national qu’international.

Thierno Alassane Sall dénonce le populisme au pouvoir et la gestion de la crise économique

Le député Thierno Alassane Sall a livré une critique sévère de la situation politique et économique du pays, pointant du doigt la dérive populiste du gouvernement en place. Selon le leader du parti La République des Valeurs/Réewum Ngor, « le meilleur ennemi du populisme reste l’épreuve du réel : gouverner. Notre pays en fait aujourd’hui l’amère expérience ».

L’ancien ministre de l’Énergie sous la présidence de Macky Sall observe avec inquiétude la transformation de la démagogie en méthode de gouvernance. « La démagogie, jadis vociférante dans l’opposition, s’est muée en méthode de gouvernement. Elle se nourrit de fonds politiques et mène une indécente guerre des chefs, là où elle promettait la rupture », a-t-il affirmé, dénonçant la manière dont le pouvoir détourne l’attention des citoyens des véritables enjeux.

Thierno Alassane Sall reproche notamment au gouvernement d’organiser des procès médiatiques et de désigner des boucs émissaires à travers des meetings et même à l’Assemblée nationale, afin de masquer la gravité de la crise économique et financière qui touche le pays. Cette stratégie, selon lui, vise à détourner le regard des citoyens des difficultés quotidiennes qu’ils rencontrent.

L’ancien ministre s’indigne également de l’écart croissant entre les élites politiques et la population. « Pendant que cette caste d’apparatchiks s’installe dans le confort des caisses noires et des jets privés, les étudiants, les travailleurs et, au fond, tout un peuple sont relégués tout en bas de l’échelle des priorités », a-t-il dénoncé. Pour Thierno Alassane Sall, cette situation reflète une profonde déconnexion entre les dirigeants et la réalité sociale et économique du pays, aggravant les tensions et la défiance envers les institutions.

Par ses propos, le député invite implicitement à un retour aux responsabilités et à une gouvernance axée sur les besoins essentiels des citoyens, loin des pratiques populistes et de l’enrichissement de quelques-uns aux dépens de la majorité.

Commémoration à Thiaroye : le Chef de l’État multiplie les audiences avec des représentants de pays frères

En marge de la commémoration du 81ᵉ anniversaire du massacre des Tirailleurs sénégalais de Thiaroye, le Président de la République a multiplié, ce lundi, les audiences avec plusieurs représentants de haut niveau venus assister à la cérémonie. Ces rencontres diplomatiques ont offert un cadre privilégié pour renforcer les liens entre le Sénégal et des pays frères, tout en réaffirmant l’importance du devoir de mémoire.

À l’issue de la cérémonie officielle, le Chef de l’État a d’abord reçu M. Tiémoko Meyliet Koné, Vice-Président de la République de Côte d’Ivoire. Celui-ci était porteur d’un message de son homologue ivoirien, témoignant de la solidité des relations bilatérales et de la volonté partagée de poursuivre les efforts de coopération dans divers domaines. Cet entretien a mis en lumière la place du Sénégal dans la dynamique ouest-africaine et son rôle dans la préservation des liens historiques entre les deux nations.

Le Président a ensuite accordé une audience à M. Charles Richard Mondjo, Ministre de la Défense de la République du Congo. Représentant personnel du Président congolais, il a transmis un message empreint de fraternité et d’estime, rappelant l’engagement commun des deux pays à promouvoir la stabilité, la paix et la reconnaissance historique des Tirailleurs africains. La rencontre a permis de réaffirmer l’attachement partagé à la mémoire des soldats qui ont marqué l’histoire en payant le prix ultime.

Enfin, le Chef de l’État a reçu M. Mbae Mohamed, Ministre des Affaires étrangères de l’Union des Comores. Celui-ci a exprimé, au nom du Président comorien, son admiration pour l’initiative sénégalaise de célébrer avec solennité cet épisode marquant de l’histoire africaine. Les échanges ont mis en avant la volonté des deux nations de consolider leur coopération politique, diplomatique et culturelle, dans un esprit de solidarité insulaire et continentale.

Ces audiences successives ont illustré la profondeur des liens d’amitié qui unissent le Sénégal à la Côte d’Ivoire, au Congo et aux Comores. Elles ont également souligné la considération accordée au rôle du Sénégal dans la préservation de la mémoire collective relative aux Tirailleurs africains. Au-delà de l’hommage rendu aux anciens combattants, cette journée a été l’occasion de confirmer l’engagement des pays frères à renforcer leurs relations et à œuvrer ensemble pour une coopération durable entre nations sœurs.

Kaolack : L’Inspection d’Académie célèbre la Journée des Tirailleurs sous le signe du devoir de mémoire

L’Inspection d’Académie de Kaolack a célébré ce lundi la Journée des Tirailleurs au Nouveau Lycée de Kaolack, lors d’une cérémonie solennelle placée sous le thème « La grande leçon des tirailleurs ». Cet événement, organisé à l’échelle nationale, vise à honorer la mémoire des soldats africains qui ont servi durant les deux guerres mondiales, et plus particulièrement les victimes du massacre de Thiaroye du 1er décembre 1944.

La commémoration a rassemblé élèves, enseignants, autorités administratives et forces de défense et de sécurité, présentes à travers la zone militaire n°3 sous la direction du lieutenant-colonel Guèye. Après la levée des couleurs, moment toujours chargé d’émotion, les élèves ont assisté à une séance d’éducation civique consacrée aux symboles de la Nation et aux comportements citoyens à adopter face au drapeau national.

Pour Samba Diakhaté, Inspecteur d’académie de Kaolack, cette initiative répond à une volonté ferme d’accompagner l’élan national autour de la remémoration du massacre de Thiaroye. Il souligne l’importance de rapprocher l’école des forces de défense et de sécurité pour renforcer l’éducation citoyenne. « Nous sommes très heureux d’être aujourd’hui avec les forces de défense et de sécurité pour répondre à l’élan national de célébration du massacre de Thiaroye. Cette cérémonie a permis à nos élèves de mieux comprendre la portée du drapeau national et l’importance du respect des valeurs républicaines », déclare-t-il.

Un cours magistral animé par un professeur d’histoire-géographie est venu donner davantage de profondeur à la cérémonie. Ce dernier a retracé le parcours des tirailleurs sénégalais, depuis leur engagement dans les troupes coloniales jusqu’aux événements tragiques de Thiaroye. La leçon, richement documentée, a été saluée par les élèves comme par le corps enseignant. Selon l’Inspecteur d’académie, l’objectif est non seulement de transmettre des faits historiques éclairés, mais aussi de garantir que les élèves disposent d’un enseignement fidèle à la vérité historique. « C’est le devoir de mémoire. Il s’agit de rappeler aux élèves ces moments clés de notre histoire et de leur transmettre des faits éclairés. Les autorités ont pris toutes les dispositions pour garantir un enseignement fidèle à la vérité historique », insiste-t-il.

Le proviseur du Nouveau Lycée de Kaolack, Mamadou Lamine Camara, s’est réjoui de voir son établissement choisi pour abriter cette commémoration. Il estime que cette journée constitue une opportunité unique pour renforcer l’éducation civique et citoyenne au sein des établissements scolaires. À ses yeux, la Journée des Tirailleurs permet aux élèves de réfléchir sur des valeurs essentielles telles que le devoir, le patriotisme, la solidarité, la résilience, mais aussi la paix et le respect des droits humains. Elle met également en lumière un passé souvent occulté, tout en invitant les jeunes à adopter une lecture critique et responsable de l’histoire.

Inscrite désormais dans le calendrier scolaire national, la Journée des Tirailleurs joue un rôle fondamental dans la construction de la mémoire collective. À Kaolack comme ailleurs, elle contribue à façonner des citoyens éclairés, conscients des sacrifices consentis par leurs aînés et animés d’un profond sens du devoir et des valeurs républicaines.

Kaolack : L’Inspection d’Académie célèbre la Journée des Tirailleurs sous le signe du devoir de mémoire

L’Inspection d’Académie de Kaolack a célébré ce lundi la Journée des Tirailleurs au Nouveau Lycée de Kaolack, lors d’une cérémonie solennelle placée sous le thème « La grande leçon des tirailleurs ». Cet événement, organisé à l’échelle nationale, vise à honorer la mémoire des soldats africains qui ont servi durant les deux guerres mondiales, et plus particulièrement les victimes du massacre de Thiaroye du 1er décembre 1944.

La commémoration a rassemblé élèves, enseignants, autorités administratives et forces de défense et de sécurité, présentes à travers la zone militaire n°3 sous la direction du lieutenant-colonel Guèye. Après la levée des couleurs, moment toujours chargé d’émotion, les élèves ont assisté à une séance d’éducation civique consacrée aux symboles de la Nation et aux comportements citoyens à adopter face au drapeau national.

Pour Samba Diakhaté, Inspecteur d’académie de Kaolack, cette initiative répond à une volonté ferme d’accompagner l’élan national autour de la remémoration du massacre de Thiaroye. Il souligne l’importance de rapprocher l’école des forces de défense et de sécurité pour renforcer l’éducation citoyenne. « Nous sommes très heureux d’être aujourd’hui avec les forces de défense et de sécurité pour répondre à l’élan national de célébration du massacre de Thiaroye. Cette cérémonie a permis à nos élèves de mieux comprendre la portée du drapeau national et l’importance du respect des valeurs républicaines », déclare-t-il.

Un cours magistral animé par un professeur d’histoire-géographie est venu donner davantage de profondeur à la cérémonie. Ce dernier a retracé le parcours des tirailleurs sénégalais, depuis leur engagement dans les troupes coloniales jusqu’aux événements tragiques de Thiaroye. La leçon, richement documentée, a été saluée par les élèves comme par le corps enseignant. Selon l’Inspecteur d’académie, l’objectif est non seulement de transmettre des faits historiques éclairés, mais aussi de garantir que les élèves disposent d’un enseignement fidèle à la vérité historique. « C’est le devoir de mémoire. Il s’agit de rappeler aux élèves ces moments clés de notre histoire et de leur transmettre des faits éclairés. Les autorités ont pris toutes les dispositions pour garantir un enseignement fidèle à la vérité historique », insiste-t-il.

Le proviseur du Nouveau Lycée de Kaolack, Mamadou Lamine Camara, s’est réjoui de voir son établissement choisi pour abriter cette commémoration. Il estime que cette journée constitue une opportunité unique pour renforcer l’éducation civique et citoyenne au sein des établissements scolaires. À ses yeux, la Journée des Tirailleurs permet aux élèves de réfléchir sur des valeurs essentielles telles que le devoir, le patriotisme, la solidarité, la résilience, mais aussi la paix et le respect des droits humains. Elle met également en lumière un passé souvent occulté, tout en invitant les jeunes à adopter une lecture critique et responsable de l’histoire.

Inscrite désormais dans le calendrier scolaire national, la Journée des Tirailleurs joue un rôle fondamental dans la construction de la mémoire collective. À Kaolack comme ailleurs, elle contribue à façonner des citoyens éclairés, conscients des sacrifices consentis par leurs aînés et animés d’un profond sens du devoir et des valeurs républicaines.

Inquiétude autour de la blessure d’Ismaïla Sarr : sa participation à la CAN désormais incertaine

L’inquiétude grandit au sein du football sénégalais après la blessure d’Ismaïla Sarr lors du match opposant Crystal Palace à Manchester United, perdu 2-1 par les Eagles. Sorti dès la 38ᵉ minute après un tacle appuyé de Diogo Dalot, l’ailier sénégalais a quitté la pelouse visiblement diminué, incapable de poursuivre la rencontre. Remplacé par Eddie Nketiah, il a immédiatement été pris en charge par le staff médical du club londonien.

En conférence de presse, l’entraîneur Oliver Glasner s’est voulu prudent, laissant même transparaître un certain pessimisme. Il a révélé que la cheville du joueur était fortement enflée, une situation suffisamment préoccupante pour obliger à des examens médicaux approfondis. « Peut-être ne le reverrons-nous pas avant la CAN », a-t-il déclaré, laissant planer un doute lourd sur les semaines à venir. L’enflure constatée laisse craindre une entorse sévère, voire une blessure plus complexe, ce qui pourrait nécessiter une période d’indisponibilité prolongée.

Cette blessure tombe au plus mauvais moment pour Ismaïla Sarr comme pour la sélection sénégalaise. À quelques semaines de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, l’attaquant figurait parmi les joueurs clés sur lesquels comptait Aliou Cissé pour renforcer l’animation offensive des Lions. Son absence potentielle pourrait constituer un coup dur pour le Sénégal, dans une compétition où la moindre défaillance peut peser lourd.

Pour l’heure, Crystal Palace attend les résultats des examens afin de déterminer la gravité exacte de la blessure. Les prochaines 48 heures seront décisives pour évaluer l’étendue des dégâts et fixer une estimation fiable de la durée d’indisponibilité du joueur. En attendant, le suspense demeure et la prudence s’impose, tant pour le club que pour la sélection nationale.

Budget 2026 : Cheikh Diba dissipe les inquiétudes sur une baisse des crédits de l’Enseignement supérieur

Ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté des clarifications devant les députés concernant les interrogations suscitées par une supposée diminution du budget alloué à l’Enseignement supérieur pour l’année 2026. Selon lui, la polémique repose sur une interprétation « trop arithmétique » des chiffres, qui ne tient pas compte des réaménagements récents du périmètre budgétaire.

À première vue, les crédits affectés au secteur semblent effectivement en recul, passant de 308,5 milliards de francs CFA en 2025 à 301 milliards en 2026. Cependant, Cheikh Diba a expliqué que cette baisse apparente est liée au transfert, prévu dès septembre 2026, d’une partie des investissements — notamment ceux liés aux constructions universitaires — vers le ministère des Infrastructures. Cette réaffectation budgétaire modifie la lecture globale des chiffres.

Le ministre a précisé que si l’on réintègre les montants concernés, soit 35,88 milliards issus de ressources intérieures et 16,5 milliards provenant de ressources extérieures, le budget réel consacré à l’Enseignement supérieur atteint en réalité 353,5 milliards de francs CFA. Il s’agit, insiste-t-il, d’une hausse de 45 milliards par rapport à 2025. Pour Cheikh Diba, cette progression démontre clairement « l’importance que les nouvelles autorités accordent à l’enseignement supérieur », un secteur considéré comme stratégique pour le développement national.

Sur le plan des ressources humaines, le ministre a également confirmé l’autorisation de recrutement de 500 enseignants-chercheurs en 2026. Cette opération, estimée à 9 milliards de francs CFA, vise à renforcer les effectifs d’encadrement et à améliorer la qualité pédagogique dans les universités publiques. Elle intervient dans un contexte où les retards académiques et les perturbations du calendrier universitaire restent des préoccupations majeures.

Le gouvernement entend ainsi amorcer dès 2026 la récupération progressive du temps perdu dans les établissements, en s’attaquant à l’un des « quatre mois supplémentaires » qui prolongent indûment l’année universitaire. L’objectif est de poursuivre cet effort chaque année afin de parvenir à une stabilisation complète du calendrier d’ici 2028. Ce chantier constitue, selon les autorités, un élément central de la réforme globale de l’enseignement supérieur.

Avec ces mesures combinées — revalorisation du budget effectif, recentrage des investissements, renforcement des ressources humaines et plan de stabilisation académique — l’exécutif ambitionne de redonner une dynamique durable au secteur, tout en répondant aux attentes pressantes des étudiants, enseignants et acteurs universitaires. Les débats parlementaires se poursuivent dans le cadre de l’examen du projet de budget 2026 du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI).

Le Sénégal commémore le 81ᵉ anniversaire du massacre de Thiaroye : un devoir de mémoire renouvelé

Le Sénégal a célébré, ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025, le 81ᵉ anniversaire du massacre des Tirailleurs sénégalais de Thiaroye, un épisode tragique et fondateur de l’histoire nationale et africaine. Cette journée de recueillement, chargée d’émotion et de symboles, a réuni plusieurs hautes personnalités venues honorer la mémoire des soldats africains injustement exécutés en décembre 1944.

La cérémonie officielle s’est déroulée au Cimetière militaire de Thiaroye, en présence du Président de la République du Sénégal, Chef suprême des Armées. À ses côtés, Son Excellence Adama Barrow, Président de la République sœur de Gambie, avait fait le déplacement, accompagné du Président de l’Assemblée nationale du Togo, Komi Sélom Klassou, ainsi que du Vice-Président de la République de Côte d’Ivoire, Tiémoko Meyliet Koné. La dimension régionale de cette commémoration a rappelé que les Tirailleurs de Thiaroye n’étaient pas seulement sénégalais, mais africains, issus de plusieurs territoires de l’ex-Afrique occidentale française.

À son arrivée, le Chef de l’État sénégalais a reçu les honneurs militaires avant de procéder au dépôt solennel d’une gerbe sur la tombe des martyrs. Ce geste, empreint de solennité, symbolise la reconnaissance officielle de la Nation envers ces soldats revenus du front européen après avoir combattu pour la liberté, mais victimes d’une répression implacable pour avoir revendiqué leurs droits et leurs soldes.

Au-delà de l’hommage, cette commémoration annuelle souligne l’importance de préserver la vérité historique et de transmettre aux générations futures le sens profond de ce drame. Le massacre de Thiaroye demeure un rappel des injustices subies par les Tirailleurs africains, mais aussi un repère moral qui inspire les luttes contemporaines pour la justice, la dignité et la souveraineté.

Amadou Ba rompt le silence et rend hommage aux tirailleurs de Thiaroye : un appel à un Sénégal plus juste

Après de longs mois d’absence médiatique, l’ancien Premier ministre du Sénégal, Amadou Ba, est finalement sorti de son silence ce lundi 1ᵉʳ décembre, à l’occasion de la commémoration du 81ᵉ anniversaire du Massacre de Thiaroye. Cette tragédie survenue en 1944, au cours de laquelle des tirailleurs africains revenus des deux guerres mondiales furent abattus pour avoir réclamé leurs primes de démobilisation, demeure l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire sénégalaise et africaine.

Dans une publication partagée sur sa page Facebook, l’actuel député de l’opposition a livré un message empreint d’émotion et de solennité. Amadou Ba a appelé les Sénégalais à tirer des leçons profondes de ce drame, estimant que le sacrifice des tirailleurs doit servir de fondement moral pour bâtir un Sénégal où chaque citoyen bénéficie du respect, de la protection et de la considération qu’il mérite. Selon lui, la tragédie de Thiaroye ne représente pas seulement un événement historique, mais constitue un rappel puissant des dérives de l’injustice et de l’importance d’une mémoire collective vivante.

L’ancien proche du président Macky Sall a souligné que ces soldats africains, enrôlés pour défendre une cause qui n’était pas la leur, avaient servi « avec loyauté et courage » avant d’être confrontés à une violence inouïe. Leur exécution demeure, selon lui, une plaie encore ouverte qui exige de tous un engagement envers la vérité et l’équité. Amadou Ba considère que leur histoire doit continuer d’inspirer un avenir construit sur la paix, la justice et la dignité humaine.

En conclusion de son message, Amadou Ba a insisté sur la dimension morale de la mémoire, qui, selon lui, ne peut être réduite à un rituel annuel. Elle doit guider les choix politiques et sociaux du pays, afin qu’aucune injustice comparable ne puisse se reproduire. Ce retour sur la scène publique à travers un hommage historique résonne comme un appel à l’unité, à la lucidité et à la responsabilité collective.

Siguiri : une ville sous tension après un week-end de protestations

La situation demeure particulièrement tendue à Siguiri en ce lundi 1er décembre 2025. Après une nuit marquée par d’importantes protestations, la commune urbaine s’est réveillée dans une atmosphère lourde, rythmée par de nouvelles manifestations qui ont éclaté dès les premières heures du matin dans plusieurs quartiers. La ville, déjà ébranlée par les événements des jours précédents, semble désormais plongée dans une inquiétude généralisée.

Selon les témoignages recueillis sur place, la quasi-totalité des écoles est restée fermée. Les parents, craignant pour la sécurité de leurs enfants, ont préféré les garder à la maison tandis que les perturbations de la circulation rendaient de toute façon difficile l’accès aux établissements scolaires. Dans les rues, des groupes de jeunes se sont rassemblés sur différents axes stratégiques, lançant des slogans virulents contre les autorités locales.

Au cœur de la contestation, deux revendications principales se dégagent : le départ du préfet de Siguiri, le colonel Ibrahima Douramoudou Keïta, et la libération immédiate d’Aly Thiam, un jeune leader local arrêté lors de précédentes manifestations. Les mots scandés dans les rues ne laissaient aucun doute sur la détermination des protestataires : « Départ du préfet ! Libérez Aly Thiam ! » Dans certains secteurs, des pneus ont été brûlés, assombrissant davantage l’atmosphère déjà tendue de la ville. Aucun affrontement majeur n’avait cependant été signalé en milieu de journée, malgré une colère bien palpable parmi les jeunes manifestants.

Cette nouvelle montée de tension intervient seulement deux jours après un drame ayant profondément choqué la population. Un jeune homme a trouvé la mort lors de la dispersion d’une manifestation nocturne, écrasé sous la benne d’un camion. D’après plusieurs témoins, il aurait été déséquilibré par les effets des gaz lacrymogènes avant d’être percuté. La tragédie a provoqué une vive émotion à Siguiri et renforcé le sentiment d’injustice ressenti par une jeunesse déjà en rupture avec les autorités locales.

Face à cette escalade de tensions, les responsables administratifs tentent de se montrer rassurants. Contacté par SeneWeb Guinée, le président de la délégation spéciale, Souleymane Koita, a affirmé que des dispositions étaient en cours pour ramener le calme. « Nous appelons les jeunes au calme et à la retenue. Les autorités sont à l’écoute pour trouver une solution pacifique à ces tensions », a-t-il déclaré, tout en soulignant la volonté des autorités de privilégier le dialogue.

Derrière ces manifestations répétées se dessine toutefois un malaise plus profond. À Siguiri, ville aurifère au cœur de l’économie minière guinéenne, la jeunesse exprime un ras-le-bol croissant face à ce qu’elle perçoit comme une exclusion des processus décisionnels et une gestion opaque des ressources locales. Frustrations économiques, revendications sociales et méfiance envers l’administration se conjuguent pour alimenter une crise locale désormais révélatrice d’un sentiment de lassitude bien plus large.

Nouveaux heurts à l’UCAD : la colère estudiantine s’étend à d’autres universités

De vifs affrontements ont de nouveau éclaté ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025 à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) entre les forces de l’ordre et les étudiants, plongeant le campus dans une atmosphère lourde et explosive. Selon les informations rapportées par la RFM, plusieurs blessés ont été recensés au cours de la journée. L’intensité des heurts a rapidement mis sous pression le service médical du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), qui, dépassé par le nombre croissant de blessés, a dû procéder à des évacuations vers d’autres structures de santé, notamment l’hôpital Général Idrissa Pouye de Grand-Yoff.

Sur le terrain, les étudiants se disent déterminés à poursuivre leur mobilisation, malgré la violence des affrontements. Beaucoup estiment que le mouvement ne peut plus s’arrêter, tant que les autorités ne donneront pas des réponses claires à leurs revendications. Depuis plusieurs jours, la question du retard dans le paiement des bourses cristallise la colère de la communauté estudiantine. Pour nombre d’entre eux, ces retards récurrents constituent une menace pour leur stabilité financière, mais aussi pour la poursuite sereine de leurs études.

La sortie attendue du ministre de l’Enseignement supérieur, Dr Daouda Ngom, n’a fait qu’exacerber le mécontentement. Alors que les étudiants espéraient des annonces fermes et apaisantes, les déclarations du ministre ont été perçues comme décalées par rapport à la gravité de la situation. Plusieurs témoignages indiquent que ses propos ont davantage tendu les relations, aggravant le climat de méfiance entre les autorités et les étudiants.

La contestation ne se limite désormais plus à l’UCAD. Toujours selon la RFM, elle a gagné l’université Sine-Saloum de Fatick où, ce lundi matin, des étudiants ont rejoint le mouvement en délogeant des élèves de plusieurs établissements scolaires pour réclamer, eux aussi, le paiement de leurs bourses. Ce geste marque une extension notable de la colère estudiantine, qui pourrait encore s’élargir à d’autres universités publiques si aucune solution n’est trouvée rapidement.

À Thiaroye, Diomaye Faye dévoile un ambitieux mémorial et relance la quête de vérité sur le massacre de 1944

Le 81ᵉ anniversaire des Tirailleurs sénégalais a été célébré ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025 au camp militaire de Thiaroye, dans la banlieue de Dakar, lors d’une cérémonie empreinte d’émotion et de solennité. À cette occasion, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a délivré un discours mémoriel d’une grande intensité, marqué par plusieurs annonces fortes destinées à approfondir la reconnaissance historique du massacre de Thiaroye et à en consolider la transmission aux générations futures.

Au cœur de ses déclarations, le chef de l’État a dévoilé un projet de stèle commémorative dédiée au massacre de 1944. Celle-ci sera érigée entre le camp militaire et le cimetière de Thiaroye, une localisation hautement symbolique qui vise à relier deux espaces chargés de mémoire. Le Président a insisté sur le fait qu’il ne s’agira pas d’un simple monument statique, mais plutôt du point central d’un vaste ensemble mémoriel. L’édifice sera entouré d’une esplanade destinée aux cérémonies officielles, d’espaces éducatifs et culturels orientés vers la jeunesse, ainsi que de résidences destinées aux chercheurs internationaux. Selon Bassirou Diomaye Faye, ce dispositif transformera Thiaroye en « lieu de mémoire vivant », en « phare de vérité historique » et en « citadelle de savoir » ouverte sur l’avenir.

Le Président a également insisté sur l’importance de la vérité et de la justice dans la lecture de cet épisode tragique de l’histoire sénégalaise et africaine. Il a salué la mémoire des tirailleurs, qualifiés de « héros venus de divers horizons », dont le seul tort fut de revendiquer leurs droits, leur dignité et le respect des engagements pris envers eux après leur participation à la Seconde Guerre mondiale. Bassirou Diomaye Faye a souligné que cet hommage ne concerne pas uniquement le Sénégal, mais l’ensemble du continent africain, rappelant que « le sang versé à Thiaroye est celui de l’Afrique ». Selon lui, commémorer cette tragédie revient à renforcer le socle d’une solidarité panafricaine fondée sur la reconnaissance des luttes et des sacrifices partagés.

Le chef de l’État s’est par ailleurs félicité de la publication du Livre Blanc consacré au massacre de Thiaroye, un document qualifié de référence majeure. Fruit d’un travail méthodique et scientifique, ce livre marque une étape importante dans la quête de vérité historique. Pour prolonger cette dynamique, Bassirou Diomaye Faye a ordonné la réalisation de fouilles archéologiques sur le site de Thiaroye. Ces travaux bénéficieront du soutien technique et de l’expertise proposés par la France, une coopération qui vise à approfondir la compréhension des événements de 1944.

Enfin, le Président a annoncé un renforcement de la place accordée au massacre de Thiaroye dans les programmes scolaires. L’objectif est de permettre aux jeunes Sénégalais d’acquérir une compréhension fine des mécanismes de la domination coloniale et d’appréhender la portée de la résistance menée par leurs aînés. « Cette transmission est le fondement de notre conscience nationale, de notre citoyenneté et de notre engagement panafricain », a-t-il affirmé en conclusion.

Réparations historiques : un débat esquivé au Sommet UE–UA de Luanda

La question des réparations pour les crimes commis durant l’esclavage et la colonisation demeure l’un des sujets les plus sensibles dans les relations entre l’Afrique et l’Europe. Alors que l’Union africaine a décidé d’en faire un thème central pour l’année 2025, l’Union européenne continue d’adopter une posture prudente, voire réticente, dès qu’il s’agit d’aborder la question des compensations financières. Le 7ᵉ Sommet des dirigeants européens et africains à Luanda en a fourni une illustration éclatante : malgré l’importance du sujet pour les États africains, il n’a été nullement évoqué dans les discussions officielles.

Pour de nombreux pays africains et pour l’Union africaine, les réparations ne relèvent ni d’un artifice politique ni d’un discours anti-occidental. Elles s’inscrivent dans la reconnaissance d’un passé marqué par quatre siècles d’esclavage transatlantique et de colonisation, dont les violences, les spoliations, les déplacements forcés et l’exploitation économique ont laissé des conséquences profondes, structurelles et encore visibles sur le développement du continent. Dans cette optique, les réparations sont perçues comme un impératif moral, politique et historique, nécessaire non seulement pour réparer symboliquement les torts causés, mais aussi pour établir une relation internationale plus juste et équilibrée.

En Europe, la reconnaissance des responsabilités historiques progresse, mais plus timidement. L’Union européenne admet son implication dans ces systèmes d’oppression, sans toutefois aller jusqu’à aborder la question d’une compensation financière. Certains responsables européens soutiennent néanmoins la nécessité de franchir ce pas. Le vice-président du Parlement européen, Younous Omarjee, s’est exprimé en ce sens en rappelant que l’Europe porte une « dette historique » envers l’Afrique. Selon lui, l’annulation des dettes actuelles de certains pays africains pourrait constituer un premier geste concret de réparation, d’autant que l’endettement massif demeure un obstacle majeur au développement économique. Omarjee estime que l’Europe, qui connaît elle-même les ravages de l’endettement, doit adopter une position cohérente et assumer enfin les engagements moraux annoncés par certains dirigeants, dont l’ancien président français François Mitterrand.

L’expression la plus nette de la divergence entre les deux continents est venue des discussions informelles en marge du Sommet de Luanda. Le président du Parlement panafricain, Chief Fortune Charumbira, a souligné que si le Parlement européen se montre disposé à envisager la restitution des œuvres d’art pillées en Afrique, il devient nettement plus réactif et réservé lorsqu’il est question de réparations financières. Pour lui, cette distinction trahit une gêne manifeste : restituer des objets culturels a un coût politique limité, tandis que reconnaître une dette historique de nature financière ouvrirait la voie à des demandes de compensation beaucoup plus lourdes. Malgré cette résistance, Charumbira affirme que le Parlement panafricain poursuivra les pressions diplomatiques jusqu’à obtenir une reconnaissance authentique et un compromis acceptable.

Le débat, loin d’être purement symbolique, s’inscrit dans les préoccupations institutionnelles de plusieurs organisations régionales africaines. Le président de la Commission de la CEDEAO, le Dr Omar Alieu Touray, insiste sur le fait que les réparations doivent devenir un sujet de dialogue structuré entre partenaires africains et européens. Selon lui, l’objectif n’est pas d’instrumentaliser l’histoire, mais de reconnaître que le passé a un impact direct sur la situation actuelle du continent. Les dynamiques de développement, les inégalités structurelles et la faiblesse des États africains dans le système international ne peuvent être pleinement comprises sans une lecture historique lucide.

Pour beaucoup d’intellectuels et d’élites africaines, avancer sur la question des réparations nécessite également un travail interne. L’Union africaine est invitée à renforcer la recherche historique, économique et juridique pour documenter précisément les préjudices subis tant par les pays africains que par les populations d’ascendance africaine à travers le monde. Cette démarche doit s’accompagner d’un plaidoyer stratégique cohérent, d’une action juridique internationale lorsque cela est possible, ainsi que d’un renforcement significatif des capacités économiques, diplomatiques et institutionnelles des États africains. L’objectif n’est pas de réduire la question des réparations à une simple revendication financière, mais d’en faire un outil de justice réparatrice, fondé sur la vérité historique, l’équité et la reconstruction d’un partenariat international rééquilibré.

L’absence d’avancées concrètes à Luanda montre toutefois que ce chemin sera long et semé d’obstacles. Les intérêts politiques, économiques et géostratégiques de l’Europe compliquent toute démarche de reconnaissance financière, tandis que les pays africains doivent encore renforcer leur unité et leur capacité technique pour mener des négociations d’envergure. Pourtant, pour de nombreux Africains, la question des réparations reste l’une des clefs de la dignité retrouvée, de la justice historique et de l’établissement d’un nouveau cadre relationnel entre l’Afrique et l’Europe.

Le CNRA adresse une sévère mise en demeure à WALF TV après des propos jugés irrespectueux envers le Président de la République

Le Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) a adressé, le 28 novembre 2025, une mise en demeure ferme à la chaîne privée WALF TV. Cette décision fait suite à la diffusion d’une intervention de l’analyste politique Cheikh Bara Ndiaye, dont les propos ont été considérés par le régulateur comme « irrespectueux et irrévérencieux » à l’endroit du Président de la République. Selon le CNRA, la chaîne aurait « enfreint gravement » les règles encadrant la liberté de la presse et les obligations déontologiques qui incombent aux médias audiovisuels.

Dans une correspondance officielle très ferme, le président du CNRA souligne que WALF TV a diffusé des déclarations qualifiées « d’une rare violence » contre le Chef de l’État. Le régulateur reproche ainsi à la chaîne d’avoir offert une tribune à des propos qui, selon lui, dépassent les limites fixées par la loi et portent atteinte au respect dû aux institutions de la République. Pour le CNRA, ces manquements illustrent une dérive éditoriale que les responsables de la chaîne auraient dû prévenir.

Pour étayer sa décision, l’autorité de régulation rappelle les dispositions de l’article 56 du Code de la presse, lequel encadre strictement l’exercice de la liberté de la presse dans le respect des normes éthiques, des lois et de l’ordre public. Le CNRA insiste sur le fait que la liberté d’expression, bien que fondamentale dans une démocratie, n’exonère pas les médias de leur responsabilité sociale et juridique.

Le courrier de mise en demeure se réfère également à l’article 12 du Cahier des charges des télévisions privées. Cette disposition impose aux concessionnaires de veiller à ce que leurs programmes ne contiennent aucun élément susceptible d’attenter aux institutions de la République ou de compromettre la cohésion nationale. Pour le CNRA, WALF TV a violé cette exigence en laissant diffuser des propos jugés inacceptables.

Réuni en séance le 26 novembre 2025, le Conseil a enjoint la chaîne de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter la répétition de tels incidents. WALF TV est sommée de « veiller à ce que des contenus de nature à porter atteinte au respect dû aux institutions ne soient plus diffusés ». Le régulateur prévient également que toute récidive pourrait entraîner des sanctions plus lourdes, conformément aux textes en vigueur.

Dans sa communication, le CNRA rappelle sa mission fondamentale : assurer le respect des lois et des institutions dans les contenus audiovisuels tout en préservant la liberté d’expression. L’autorité appelle l’ensemble des médias à exercer leur rôle avec responsabilité, surtout dans un contexte marqué par une forte sensibilité politique et sociale. Elle souligne enfin que la régulation ne vise pas à restreindre le débat public mais à garantir que celui-ci se déroule dans le cadre des règles démocratiques et du professionnalisme attendu des acteurs de l’audiovisuel.

CEDEAO : une délégation de haut niveau attendue à Bissau pour exiger un retour rapide à l’ordre constitutionnel

La Guinée-Bissau s’apprête à accueillir ce lundi une importante mission de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), envoyée pour tenter de dénouer la crise politique provoquée par la transition militaire en cours. Selon les informations rapportées par Radio France Internationale (RFI), la délégation sera composée de quatre Chefs d’État ou de leurs représentants, témoignant de l’importance stratégique et diplomatique accordée à la situation bissau-guinéenne.

À la tête de ce déplacement figure Julius Maada Bio, président de la Sierra Leone et président en exercice de la CEDEAO. Il sera accompagné du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, du président du Cap-Vert, ainsi que du président togolais ou de leurs émissaires respectifs. Cette composition reflète une mobilisation régionale remarquable, à un moment où plusieurs pays de l’espace ouest-africain sont secoués par des transitions militaires prolongées.

La mission a prévu de rencontrer les nouvelles autorités installées à Bissau après la prise de pouvoir par les putschistes. Des échanges sont également programmés avec des acteurs politiques, institutionnels et de la société civile. L’objectif central de la visite est d’aborder les conditions d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel, alors que la CEDEAO s’inquiète de l’instabilité persistante dans le pays.

D’après RFI, le ton de l’organisation régionale sera particulièrement ferme. Les dirigeants ouest-africains souhaitent afficher une position sans ambiguïté face à la rupture institutionnelle, dans la continuité des engagements annoncés ces dernières années pour défendre la démocratie et prévenir l’extension des putschs dans la région. Le message adressé aux autorités de transition sera clair : il est impératif de définir un calendrier crédible et contraignant pour la restauration de la légalité constitutionnelle.

Arrestation du maire de Jaxaay : un réseau de faussaires municipal mis à nu

L’arrestation du maire de Jaxaay, Abdoul Aziz Diané, et de son secrétaire municipal, I. Seydi, pour une affaire de trafic de migrants continue de provoquer un séisme au sein de la municipalité. À mesure que l’enquête avance, les témoignages se multiplient et révèlent l’existence d’un réseau organisé, solidement ancré au cœur même de l’administration locale.

Selon les révélations recueillies par L’Observateur, un agent municipal, qui a préféré garder l’anonymat, décrit un système bien rodé où des candidats désireux d’obtenir des faux documents de voyage étaient enrôlés sous une fausse identité. Cinq personnes avaient ainsi été présentées comme des conseillers municipaux censés représenter la commune lors d’un forum en Belgique. Chacune d’entre elles avait versé de l’argent au réseau en échange de documents officiels destinés à faciliter l’obtention d’un visa.

Le stratagème a toutefois tourné court lorsque les organisateurs du voyage ont exigé une contrepartie financière que la mairie était incapable de fournir. Face à cette incohérence, l’organisateur du forum a alerté sa représentation diplomatique, qui a immédiatement procédé à l’annulation des quatre visas encore en cours de traitement. Cette décision a déclenché une réaction en chaîne, jusqu’à l’arrestation de la commerçante Nd. Sène. Cette dernière, prise dans l’étau de l’enquête, a reconnu avoir versé 3,5 millions de francs CFA au secrétaire municipal en échange d’un jeu complet de documents authentiques, dont un ordre de mission, pour soutenir sa demande de visa Schengen.

Mais un détail, confirmé par l’agent municipal interrogé, donne une nouvelle dimension à l’affaire. Sur les cinq candidats concernés, l’un d’eux avait déjà retiré son passeport revêtu du visa avant l’annulation générale. Plus chanceux que les autres, il a réussi à quitter le territoire et se trouve désormais en Europe. Son identité est connue des enquêteurs, qui poursuivent leurs investigations pour comprendre l’étendue du réseau.

D’autres agents de la commune, également sous anonymat, confirment que des pratiques douteuses n’étaient pas nouvelles. Ils signalent que plusieurs voyages suspects avaient déjà attiré l’attention par le passé, notamment des départs vers le Japon ou le Chili impliquant des individus n’ayant aucun lien avec la municipalité. Ces alertes internes, restées sans suite, prennent aujourd’hui tout leur sens à la lumière des arrestations récentes.

Alioune Tine alerte sur l’état de santé critique de proches de Madiambal Diagne et du député Farba Ngom

L’avocat et défenseur des droits humains, Alioune Tine, a tiré la sonnette d’alarme au sujet de la situation sanitaire de l’épouse de Madiambal Diagne et du député Farba Ngom, tous deux actuellement en détention. Selon lui, leur état de santé serait « très grave » et incompatible avec les conditions de leur incarcération, ce qui justifierait une intervention judiciaire immédiate.

Dans une déclaration ferme, Alioune Tine a dénoncé la gravité de la situation, estimant que les deux détenus ne peuvent plus bénéficier des soins adéquats en milieu carcéral. « Le juge devait les libérer pour qu’ils puissent aller se soigner. Ils sont très malades et c’est anormal. Ils sont vraiment malades. Il faut qu’on les libère, c’est grave », a-t-il insisté, appelant les autorités judiciaires à agir avec célérité.

Cette prise de position intervient dans un contexte national marqué par des débats récurrents sur les conditions de détention au Sénégal. Les organisations de défense des droits humains soulignent depuis plusieurs années les insuffisances du système carcéral, notamment en matière d’accès aux soins pour les personnes privées de liberté. Plusieurs rapports ont déjà mis en lumière des situations où la détention prolongée de personnes malades a entraîné une dégradation sévère de leur état de santé, voire des décès évitables.

La demande de libération pour raisons médicales avancée par Alioune Tine s’appuie sur les dispositions prévues par la législation sénégalaise. Celle-ci autorise en effet la mise en liberté d’un détenu lorsque son état de santé requiert des traitements impossibles à assurer en prison. Une telle mesure, qui relève de l’appréciation du juge, peut être accordée afin de garantir le droit fondamental à la santé et de prévenir toute mise en danger de la vie du détenu.

Les autorités judiciaires sont désormais interpellées pour examiner en urgence cette requête, d’autant plus que la situation décrite par Alioune Tine laisse craindre des conséquences irréversibles. Dans une société où la question du respect des droits humains en milieu carcéral suscite régulièrement des préoccupations, cette affaire pourrait relancer les discussions sur la nécessité d’une réforme profonde du système pénitentiaire.

Nigeria : Libération de 12 jeunes femmes enlevées une semaine plus tôt dans l’État de Borno

Une semaine après leur enlèvement par des jihadistes présumés, douze jeunes femmes ont recouvré la liberté samedi soir dans l’État de Borno, au nord-est du Nigeria. L’annonce a été faite par Abubakar Mazhinyi, président du gouvernement local d’Askira-Uba, qui a confirmé que les otages avaient été immédiatement transférées à l’hôpital pour des examens médicaux.

Cette libération survient dans un contexte où le Nigeria fait face à une recrudescence alarmante d’enlèvements de masse depuis la mi-novembre. Cette pratique, désormais courante dans plusieurs régions du pays, rappelle le traumatisme du kidnapping de près de 300 lycéennes de Chibok en 2014 par Boko Haram, un épisode devenu un symbole mondial de l’insécurité dans le nord-est.

Selon Abubakar Mazhinyi, les ravisseurs ont eux-mêmes contacté les familles pour qu’elles viennent récupérer les jeunes femmes dans la brousse. Les négociations se seraient déroulées sans versement de rançon. D’après l’élu, les jihadistes auraient décidé de libérer les captives parce qu’ils étaient en fuite face à une offensive militaire lancée dans la zone. Les douze rescapées font partie d’un groupe de treize femmes et filles, âgées de 16 à 23 ans, kidnappées le 22 novembre alors qu’elles se trouvaient près de leurs fermes. L’une d’elles avait été libérée dès le début après avoir signalé à ses ravisseurs qu’elle allaitait un nourrisson.

L’État de Borno, berceau du conflit déclenché il y a seize ans par Boko Haram, demeure l’une des régions les plus instables du Nigeria. Malgré le recul de l’organisation par rapport à son apogée il y a une décennie, le groupe reste actif, tout comme son rival, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). L’insurrection jihadiste a déjà causé plus de 40 000 morts et déplacé plus de deux millions de personnes, selon les Nations unies.

Au-delà de ce nouvel épisode, le Nigeria est depuis deux semaines frappé par une vague d’enlèvements d’une ampleur inquiétante. Dans l’État de Niger, plus de 300 élèves et enseignants d’une école catholique de Papiri ont été capturés. À Kebbi, 25 lycéennes musulmanes ont été enlevées dans un internat à Maga, tandis que 38 fidèles d’une église à Eruku et 10 habitants d’Ispa, dans l’État de Kwara, ont également disparu. À ce jour, environ 265 élèves de Papiri restent introuvables.

Ces enlèvements, non revendiqués, ne sont pas tous imputables aux groupes jihadistes. Le pays est également confronté à la violence croissante de gangs armés surnommés « bandits », qui opèrent principalement dans les zones rurales. Ces groupes pillent les villages, terrorisent les populations et procèdent à des enlèvements en échange de rançons, plongeant des communautés entières dans un climat d’insécurité permanente.

Tensions diplomatiques : l’arrestation de Sanna Manjang ravive les crispations entre Dakar et Banjul

L’arrestation en Casamance de Sanna Manjang, ancien membre redouté des Jungullars et figure emblématique de l’appareil répressif du régime de Yahya Jammeh, continue de provoquer une montée palpable des tensions entre le Sénégal et la Gambie. L’opération, menée il y a quelques jours, n’a pas seulement permis de mettre la main sur l’ex-agent réputé pour son implication dans de graves violations des droits humains : elle a également conduit à l’interpellation de plusieurs individus proches de l’ancien dictateur gambien. Leur profil hautement sensible a immédiatement suscité une vive attention au sein des deux appareils sécuritaires.

Selon plusieurs sources concordantes, ces arrestations s’inscrivent dans le cadre d’une opération conjointe des services de sécurité sénégalais et gambiens. Cependant, ce qui aurait dû être un exercice de coopération classique semble désormais se transformer en sujet de friction diplomatique. À Banjul, l’exécutif gambien affiche une inquiétude grandissante face au retard jugé inhabituel dans la remise des personnes interpellées. Des sources gouvernementales affirment que certaines de ces figures seraient impliquées dans un projet de déstabilisation du pouvoir en place, allant jusqu’à la préparation d’une tentative de coup d’État contre le président Adama Barrow.

Cette situation a conduit le chef de l’État gambien à effectuer, ce matin, un déplacement d’urgence à Dakar afin de rencontrer son homologue sénégalais. L’objectif de cette visite express serait de clarifier les circonstances du retard observé dans le transfert des suspects, dont les profils demeurent particulièrement sensibles pour la stabilité politique gambienne. Des responsables sécuritaires de Banjul évoquent même la possible existence d’une « main forte à Dakar » qui chercherait à entraver ou ralentir la procédure, alimentant ainsi les spéculations sur d’éventuelles divergences au sein des cercles décisionnels sénégalais.

Pour la Gambie, l’enjeu dépasse largement la simple extradition de personnes recherchées. Les autorités considèrent ces individus comme potentiellement impliqués dans des réseaux encore actifs, liés à l’ancien régime de Jammeh, et susceptibles de fomenter des actions visant à fragiliser l’actuel pouvoir. De la torture aux exécutions extrajudiciaires, les accusations portées contre eux sont d’une gravité extrême et renvoient aux heures sombres de la dictature gambienne.

À Dakar, aucune communication officielle n’a encore permis d’éclairer l’opinion sur les raisons du délai dans la remise des suspects. Toutefois, des sources proches des services de sécurité évoquent la nécessité d’approfondir les recoupements d’informations, notamment sur les ramifications possibles de ces arrestations en Casamance, une région déjà marquée par des enjeux sécuritaires complexes.

Cette affaire, dont les ramifications touchent autant à la sécurité intérieure qu’à la diplomatie régionale, met une nouvelle fois en lumière la fragilité de l’équilibre entre Dakar et Banjul. Alors que les autorités gambiens insistent pour une remise rapide des suspects, le Sénégal semble avancer avec précaution dans ce dossier explosif, conscient des implications politiques et sécuritaires d’une décision précipitée. L’issue de cette séquence pourrait influencer durablement les relations entre les deux pays, déjà marquées par une coopération étroite mais parfois délicate lorsqu’il s’agit des héritages sensibles du régime de Yahya Jammeh.

Reddition des comptes au Sénégal : Me Mame Adama Gueye pointe des insuffisances méthodologiques et appelle à un meilleur équilibre

L’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats du Sénégal, Me Mame Adama Gueye, a livré une analyse nuancée de la procédure de reddition des comptes actuellement en cours dans le pays. Invité de l’émission Objection sur Sud FM ce dimanche, l’avocat a salué le principe même de cette démarche, qui vise à renforcer la transparence et la lutte contre la corruption, tout en soulignant d’importants manquements dans la manière dont elle est menée.

Selon Me Gueye, l’adhésion au principe de la reddition des comptes ne doit pas occulter les « améliorations » nécessaires au niveau de la méthode. Dans un contexte politique tendu, où les partisans du pouvoir dénoncent la lenteur des procédures tandis que l’opposition parle de « chasse aux sorcières », il estime que l’efficacité et la crédibilité du dispositif passent par une meilleure organisation des priorités.

L’avocat a notamment noté la multiplicité des dossiers en cours, invitant les autorités à établir une hiérarchie claire et logique. « Il y a beaucoup de dossiers. Les autorités doivent prioriser les plus importants et respecter une certaine cohérence », a-t-il déclaré. Il s’est également étonné de l’absence de mesures annoncées contre certains responsables soupçonnés d’« avoir fait sortir indûment l’argent du Trésor », un silence qu’il juge difficile à comprendre.

Me Gueye a par ailleurs exprimé des réserves sur la manière dont certains aspects des procédures sont conduits. Il dit ne pas avoir « l’impression que les choses sont faites avec la meilleure méthode possible », insistant sur la nécessité de conjuguer rigueur et respect des droits fondamentaux. Pour lui, la crédibilité du processus dépend de sa capacité à concilier « détermination dans la poursuite » et garanties judiciaires accordées aux personnes mises en cause.

Interrogé sur les nombreux refus de demandes de cautionnement par la justice dans le cadre des affaires en cours, l’ancien bâtonnier s’est montré catégorique : il se dit opposé à l’idée que l’on puisse « acheter sa liberté ». Cette position de principe, selon lui, doit contribuer à renforcer l’intégrité de la procédure et la confiance des citoyens dans le système judiciaire.

En somme, Me Mame Adama Gueye plaide pour une reddition des comptes mieux structurée, plus cohérente et fondée sur un équilibre rigoureux entre efficacité institutionnelle et respect scrupuleux des droits des personnes poursuivies. Une voie qu’il juge indispensable pour garantir la légitimité et la portée réelle de cette grande entreprise nationale de transparence.

El Hadji Ibrahima Sall : « Gouverner, c’est servir dans le doute, l’humilité et l’écoute »

Invité de l’émission Jury du Dimanche sur iRadio, l’économiste, philosophe et mathématicien El Hadji Ibrahima Sall a livré une analyse profonde de l’exercice du pouvoir au Sénégal, interpellant aussi bien les dirigeants que les citoyens sur les défis du moment. Sa réflexion, centrée autour de la notion de doute comme fondement de la responsabilité politique, se veut un rappel puissant dans un contexte national marqué par des crispations sociales, des tensions identitaires et une crise de confiance envers les institutions.

Dès l’entame de son intervention, El Hadji Ibrahima Sall a posé les bases de sa pensée : « On ne peut gouverner sérieusement qu’en doutant de sa propre légitimité ». Pour lui, il ne s’agit pas d’un avertissement adressé aux gouvernants, mais d’un principe de sagesse universel. Le doute, souvent perçu comme un signe de fragilité ou d’hésitation, est au contraire la clé d’un pouvoir lucide. « Un pouvoir qui ne se remet jamais en question, qui se croit absolument légitime, court inévitablement à sa propre perte », affirme-t-il, rappelant que l’histoire politique, qu’elle soit nationale ou universelle, confirme que les régimes sûrs d’eux-mêmes finissent tôt ou tard par se briser.

Dans cette perspective, le doute devient un instrument d’humilité. Il protège contre l’arrogance, les dérives populistes et la tentation autoritaire. Il oblige le dirigeant à écouter, à consulter, à ne jamais considérer que son jugement est suffisant pour engager tout un peuple. Pour El Hadji Ibrahima Sall, gouverner ne doit jamais signifier imposer, mais toujours questionner. C’est en cela que le doute devient une force, un garde-fou indispensable à l’équilibre démocratique.

L’intellectuel a également abordé la question de l’identité sénégalaise, qu’il conçoit comme tournée vers l’ouverture. Selon lui, « le Sénégal est condamné à être dans le temps du monde ». Par sa composition ethnique, son histoire faite d’échanges, de migrations et de métissages, le pays ne peut se permettre le repli ou la fermeture. Le Sénégal appartient à l’espace du monde et doit y rester pleinement engagé. Cette ouverture, explique-t-il, constitue une richesse stratégique dans un contexte mondial où la coopération, l’innovation et la circulation des idées sont devenues essentielles au développement.

Les ressources naturelles nouvellement découvertes, notamment le pétrole et le gaz, ainsi que le capital humain en pleine maturation, représentent des opportunités majeures. Mais ces atouts ne pourront être pleinement exploités, insiste Sall, que s’ils s’inscrivent dans une vision universelle, inclusive et orientée vers le progrès. Le Sénégal doit contribuer à la civilisation universelle, non se contenter de reproduire des modèles extérieurs.

L’un des dangers les plus préoccupants, selon lui, réside dans la montée des résistances au progrès. Le populisme, l’exclusion sociale, la banalisation du discours anti-intellectuel et ce qu’il appelle le « nivellement par le bas » sont autant de menaces directes contre l’avenir du pays. Pour qu’une nation avance, elle doit pouvoir compter sur ses élites, non comme une caste vivant de privilèges, mais comme une force morale, intellectuelle et sociale capable d’élever le peuple. « La responsabilité principale de l’élite est de tirer le peuple vers le haut », rappelle-t-il, en soulignant que la perte de ce rôle ouvre forcément la voie au déclin.

Au cœur de cette réflexion se trouve l’unité nationale, qu’El Hadji Ibrahima Sall considère comme la première richesse du Sénégal. Préserver cette unité passe par l’acceptation du débat contradictoire, par le respect des différences et par la résistance aux logiques d’exclusion, qu’elles soient sociales, identitaires ou politiques. À ce titre, il plaide fermement pour un renforcement des contre-pouvoirs. La démocratie, explique-t-il, ne se réduit pas aux élections. Elle repose sur la capacité des institutions, de la société civile, des intellectuels et des citoyens à questionner et équilibrer le pouvoir. « Plus nous aurons des contre-pouvoirs, mieux le pays se portera », affirme-t-il, convaincu que le progrès naît de la contradiction et non de l’unanimité forcée.

En conclusion, El Hadji Ibrahima Sall invite à repenser la manière de gouverner. Pour lui, « gouverner n’est pas dominer, mais servir ». Et ce service ne peut s’exercer que dans le doute, l’humilité et l’écoute. Une posture exigeante, mais indispensable pour accompagner le Sénégal vers un avenir basé sur l’ouverture, le progrès et la responsabilité partagée.

Incident maritime au large de Dakar : les autorités sénégalaises mobilisées pour éviter une catastrophe environnementale

Les autorités sénégalaises ont été alertées dans la nuit du 27 au 28 novembre 2025 d’un incident technique majeur survenu à bord du tanker MERSIN, alors qu’il naviguait au large de Dakar. Selon les premières informations rapportées par l’équipage, une grave avarie a provoqué une entrée d’eau dans la salle des machines, mettant immédiatement en péril la stabilité du navire et la sécurité de ceux qui se trouvaient à bord.

Dès la réception de l’alerte, une cellule de crise a été constituée sous la supervision de la HASSMAR. Cette structure de coordination a réuni la Marine nationale, l’Agence Nationale des Affaires Maritimes ainsi que le Port autonome de Dakar, afin d’organiser une réponse rapide et adaptée à la situation. Grâce à la mobilisation immédiate des moyens nautiques du Port de Dakar, parmi lesquels des remorqueurs spécialisés et des équipes de secours entraînées pour les interventions en milieu maritime. L’intégralité de l’équipage a pu être évacuée en toute sécurité. Aucun blessé ni victime n’est à déplorer, un bilan particulièrement rassurant au vu de la gravité de l’incident.

Parallèlement, la Marine nationale a déployé un navire sur zone pour renforcer le dispositif d’assistance et procéder à une première évaluation de l’état du tanker. Les autorités ont clairement indiqué que la priorité absolue reste la prévention de tout risque environnemental, en particulier un éventuel déversement d’hydrocarbures en mer.

Pour éviter toute pollution, des experts procèdent actuellement à l’analyse des mesures techniques nécessaires pour colmater les voies d’eau et stabiliser le bâtiment. En parallèle, une étude approfondie est en cours concernant les modalités de transfert sécurisé de la cargaison de carburant, afin de réduire au maximum le danger à la source. Dans une approche strictement préventive, un barrage antipollution est également en cours d’installation autour du MERSIN, destiné à confiner d’éventuelles fuites et empêcher la propagation d’une nappe d’hydrocarbures.

Professionnalisation des livreurs : la Mairie de Kaolack lance une nouvelle formation

La Première Adjointe au Maire de Kaolack, Mme Ndiaya Mbow, a procédé hier au lancement officiel de la première session de formation dédiée à la gestion de la relation client et au professionnalisme. Cette session, organisée par FORCE-N en collaboration avec la Mairie de Kaolack, s’est tenue dans les locaux du Bureau Économique Local (BEL).

Cette initiative vise à renforcer les compétences des jakartamen et autres livreurs de la commune, un secteur en pleine expansion. La formation a été animée par la formatrice Ndeye Anta Ballo, qui a mis l’accent sur un module essentiel : la gestion de la patience, une compétence jugée indispensable pour améliorer la qualité du service rendu aux clients.

Les participants ont activement pris part aux échanges. L’un d’eux, Ady Fall, a proposé une définition du métier de livreur, le présentant comme : « un conducteur qui entretient une relation commerciale avec un client, relation que ce dernier maintient également avec le livreur ».

Dans son allocution, Mme Ndiaya Mbow a lancé un appel appuyé à la jeunesse de Kaolack. Elle a rappelé le rôle stratégique du BEL, véritable passerelle entre les jeunes, les femmes et les opportunités économiques locales. Selon elle, cette formation s’inscrit dans la volonté de la municipalité de promouvoir l’entrepreneuriat local et de soutenir les métiers émergents.

Cette première session marque ainsi le début d’un programme plus large visant à professionnaliser le secteur de la livraison dans la commune de Kaolack et à renforcer les capacités des jeunes acteurs économiques.

Finances publiques : Anta Babacar Ngom alerte sur une crise d’une « gravité exceptionnelle »

Lors de l’examen du projet de loi de finances 2026 à l’Assemblée nationale, la députée Anta Babacar Ngom a lancé une mise en garde sévère quant à l’état des finances publiques du Sénégal, évoquant une « situation d’une gravité exceptionnelle ». Selon elle, la stabilité, la crédibilité et même la dignité de l’État dépendent directement de la santé financière de la nation, ce qui impose une gestion fondée sur la responsabilité, la rigueur et la prévoyance de l’ensemble des décideurs publics.

Dans son intervention, la parlementaire a dressé un diagnostic préoccupant, soulignant un déficit qui atteindrait 13,4 % du PIB, une dette publique réévaluée à un niveau qu’elle juge « astronomique » de 119 %, alors qu’elle était estimée à 74 % auparavant, ainsi que des besoins annuels de financement dépassant les 6 000 milliards de francs CFA. Ce tableau est aggravé, selon elle, par l’accumulation d’arriérés intérieurs qui pèsent lourdement sur la trésorerie de l’État. À ces difficultés s’ajoutent une saturation du marché financier, une dégradation des finances extérieures et, surtout, une perte de crédibilité vis-à-vis des partenaires internationaux, conséquence du « misreporting » ou de la « dette cachée » évoquée par le Premier ministre. Pour la députée, il s’agit clairement d’une « vraie crise de liquidité, très sérieuse », susceptible d’entraîner le pays vers une défaillance si aucune mesure urgente n’est adoptée.

Anta Babacar Ngom a cependant salué la décision gouvernementale d’actualiser l’année de référence du PIB, désormais fixée à 2021 au lieu de 2014. Ce changement, a-t-elle expliqué, modifie mécaniquement le PIB nominal et influence plusieurs ratios essentiels comme l’endettement, la pression fiscale ou le déficit public. Elle estime que cette révision pourrait avoir des effets sur l’appréciation de la souveraineté économique du pays et sur son allocation souveraine. Néanmoins, elle a posé une question essentielle au gouvernement : les chiffres présentés dans le projet de budget 2026 ont-ils été calculés sur la base de ce nouveau PIB, notamment les prévisions de déficit à 5,3 %, de pression fiscale à 23,2 % et de niveau d’endettement ?

La députée s’est également penchée sur les dépenses publiques, contestant l’affirmation du gouvernement selon laquelle les dépenses de fonctionnement auraient reculé. Si la rubrique « biens et services plus transferts courants » enregistre effectivement une baisse de 14,5 %, soit 295 milliards de francs CFA, elle considère qu’il est indispensable d’intégrer dans l’analyse l’évolution des autres postes majeurs. La masse salariale a connu une hausse de 3,2 %, tandis que les intérêts et les commissions sur la dette ont explosé de 27,7 %. Selon elle, ces éléments réunis démontrent que les charges de fonctionnement n’ont pas diminué mais, au contraire, progressé de 25,3 milliards de francs CFA.

Pour Anta Babacar Ngom, le nœud de la crise reste la dette publique. Elle affirme qu’aucune trajectoire crédible de redressement ne pourra être envisagée tant que cette question centrale ne sera pas traitée « de façon frontale et de façon ordonnée ». Elle a plaidé ouvertement pour une restructuration maîtrisée et négociée de la dette, tout en regrettant les réticences du ministre des Finances à aborder ce sujet pourtant, selon elle, incontournable. Insistant sur l’urgence, elle a invité le gouvernement à reconsidérer cette option ou, à défaut, à fournir des explications plus convaincantes.

En conclusion, Anta Babacar Ngom a exhorté l’exécutif à faire preuve de courage, de cohérence et d’une transparence totale. Elle a souhaité au ministre « beaucoup de force et surtout beaucoup de succès », estimant que sa réussite constitue un impératif national et une condition essentielle de la souveraineté du Sénégal. Elle a enfin assuré que l’opposition demeurera vigilante, exigeante mais aussi constructive et responsable, afin de contribuer au dépassement de cette impasse financière qui menace l’économie nationale.

Gouvernance publique : Me Mame Adama Gueye dénonce un « retour aux pratiques anciennes » sous l’ère Diomaye Faye

L’ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal, Me Mame Adama Gueye, s’est montré particulièrement critique à l’égard de la gouvernance du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Invité ce dimanche 30 novembre de l’émission « Objection » sur Sud FM, l’avocat a estimé que les pratiques en matière de nomination dans la haute administration n’ont connu « aucun changement » par rapport au régime précédent.

Selon lui, malgré les engagements forts pris durant la campagne présidentielle sur la transparence et la rupture avec le clientélisme, les premiers mois du nouveau gouvernement montrent plutôt une continuité. Me Gueye accuse le pouvoir d’avoir procédé à des nominations motivées par des considérations politiques, visant à « rétribuer » certains responsables et alliés pour leur engagement dans la conquête du pouvoir.

Il soutient que « toute la charrette de nomination, jusqu’ici, repose sur l’appartenance au parti au pouvoir ou sur le fait d’être un allié ». Pour l’avocat, ce constat contredit les promesses de bonne gouvernance faites par le candidat Diomaye Faye, qui s’était engagé à instaurer un système d’appel à candidatures pour les postes stratégiques dans l’administration.

Me Mame Adama Gueye affirme également que l’arrivée du nouveau pouvoir a entraîné une série de promotions rapides de responsables issus de niveaux intermédiaires, propulsés à la tête de directions générales. S’il reconnaît que certaines des personnes nommées peuvent être compétentes, il juge néanmoins que la méthode utilisée remet en cause les principes de transparence et de méritocratie.

Pour l’ancien bâtonnier, la bonne gouvernance demeure « incompatible avec le clientélisme et les nominations politiques ». Il rappelle que le chef de l’État a l’obligation morale et institutionnelle de se conformer aux engagements qu’il avait pris devant les Sénégalais, notamment en matière de gestion publique fondée sur la compétence, l’intégrité et l’intérêt général.

Situation économique : Talla Sylla appelle à un sursaut national et propose un plan d’urgence

Entre explosion de la dette, lenteurs judiciaires et pression sur les entreprises, Talla Sylla propose un plan d’urgence pour relancer le pays.

« Chers concitoyens, chers travailleurs, membres de la diaspora, acteurs du secteur privé,

La situation financière du Sénégal, mise en lumière par le débat budgétaire 2026, ne tolère plus les atermoiements. Les Sénégalais ne peuvent plus attendre, et notre responsabilité est de proposer des solutions concrètes, réalisables immédiatement, pour atténuer la souffrance engendrée par cette crise.

L’heure n’est plus à la critique stérile, mais à la démonstration que des alternatives existent et peuvent être appliquées sans délai pour un Sénégal plus juste et plus prospère.

I. Urgence : Libérer l’Économie d’un Double Fardeau

Le gouvernement actuel a exposé l’ampleur de la crise, mais n’a pas encore proposé la solution pour immédiatement alléger le fardeau des citoyens.

L’analyse comparative de la LFI 2024 (héritée) et de la LFI 2026 (proposée) met en lumière le véritable péril :

• Le drame se concentre dans une seule ligne du budget : la charge des intérêts de la dette a pratiquement doublé en seulement deux ans, passant d’environ 578 milliards FCFA à 1 190,6 milliards FCFA. Ce coût faramineux pulvérise les 280 milliards d’économies annoncées par le Premier ministre. C’est la preuve que l’effort de rigueur sur le train de vie est vain tant que le coût de la dette n’est pas attaqué frontalement.

• L’Illusion de la Baisse du Train de Vie : Les chiffres budgétaires montrent que le train de vie de l’État n’a pas suffisamment baissé. L’enveloppe des acquisitions et transferts ne diminue que marginalement, et la masse salariale continue d’augmenter. La rigueur n’est pas structurelle ; elle est rhétorique.

1. Cessons d’Asphyxier nos Entreprises (Dette Intérieure)

Le secteur privé, incluant nos PME et leurs employés, ne peut plus attendre. L’État doit agir pour que les entreprises recommencent à respirer, à investir et à embaucher.

• Proposition d’Action Immédiate : Le Plan « Zéro Arriéré »

Nous demandons au gouvernement de créer sans délai un Fonds de Liquidation de la Dette Intérieure (FLDI). Ce fonds doit être abondé par une affectation prioritaire des économies budgétaires (réelles et futures), et son mandat doit être de verser immédiatement aux entreprises les arriérés certifiés. Cette mesure ne coûte rien à l’État, elle redonne de l’oxygène à l’économie.

2. Ciblons l’Efficacité Fiscale, Pas les Contribuables Honnêtes

Le ciblage d’une pression fiscale de 23,2 % du PIB est une menace si elle repose sur une taxation accrue du secteur formel. La solution est de traquer l’évasion, pas d’écraser ceux qui respectent la loi.

• Proposition d’Action Immédiate : Le Déploiement de l’Urgence Anti-Fraude

Le gouvernement doit mobiliser immédiatement les corps de contrôle (Douanes, Impôts, IGE) sur des objectifs chiffrés et publics de lutte contre la grande fraude. C’est en récupérant les milliards illicites que l’on finance les dépenses sociales, et non en alourdissant les impôts des classes moyennes et des entreprises.

II. Urgence : Bâtir un État de Droit Invincible Contre la Criminalité Économique

Le Premier ministre a soulevé la question des « lenteurs de la justice ». En matière de milliards détournés et de surfacturation, toute lenteur est une incitation à la récidive. L’avenir exige que nous soyons prêts à traquer et neutraliser la criminalité économique et financière.

• Proposition d’Action Immédiate : Le Plan « Justice Blindée »

Pour que l’État soit capable de récupérer les biens mal acquis et de sanctionner la surfacturation (chiffrée à 546 milliards de FCFA), le gouvernement doit débloquer les moyens nécessaires et rendre les corps de contrôle invincibles :

1. Renforcer les Enquêteurs : Augmenter le budget d’équipement, de formation et la dotation en personnel de l’OFNAC et de l’Inspection Générale d’État (IGE).

2. Spécialisation et Célérité : Établir au sein de la justice des chambres spécialisées dédiées à la criminalité économique, capables de prononcer des jugements rapides. 

L’efficacité des moyens doit être garantie dès aujourd’hui pour protéger le Sénégal de la délinquance financière future.

III. Urgence : Transformer les Problèmes en Opportunités

La rhétorique des solutions endogènes doit se concrétiser par des mesures qui soutiennent ceux qui créent la richesse : la diaspora et les producteurs locaux.

• Proposition d’Action Immédiate : Le Pacte de Confiance avec la Diaspora

Face à l’incertitude, le gouvernement doit envoyer un signal fort à la diaspora, notre première source de devises. Nous proposons la mise en place urgente d’un Guichet Unique de l’Investisseur Diaspora (GUID) avec des incitations fiscales immédiates pour les fonds investis dans la production (agriculture, énergie, numérique). Ne faisons pas de la diaspora une simple source de transferts ; faisons-en un pilier de l’investissement national.

• Proposition d’Action Immédiate : Le Principe de la Priorité Nationale

Avec 1650 milliards de FCFA de dépenses d’acquisitions de biens et services et de transferts courants prévues pour 2026, l’État détient un immense levier. Nous exigeons une directive qui conditionne l’utilisation de la majorité de ces fonds (achats directs et subventions) à l’acquisition de produits et services issus de l’économie sénégalaise. L’argent public doit irriguer l’économie nationale pour relancer l’emploi.

Le Sénégal ne Peut Plus Attendre

Chers concitoyens, les problèmes posés par la crise de la dette et les déficits de gouvernance sont immenses, mais les solutions sont à portée de main. Elles exigent une volonté politique forte et un sens de l’urgence.

Agriculture – Mbodia Niass : De la politique aux champs, un engagement total pour la souveraineté alimentaire

Djilakhar

Figure reconnue de l’engagement citoyen et politique autour des questions de souveraineté alimentaire, Mbodia Niass franchit une nouvelle étape dans son parcours. L’opératrice économique, agréée par l’État depuis plusieurs années, a décidé de se retirer de l’arène politique pour se consacrer pleinement au développement agricole dans son terroir natal.

À Djilakhar et Ndiedieng, villages profondément liés à son histoire familiale, Mbodia Niass exploite aujourd’hui de vastes superficies cultivables. Maïs, arachide, mil : ses champs participent autant à la dynamique économique locale qu’au renforcement d’une souveraineté alimentaire devenue stratégique pour le pays.

« Je me suis éloignée de la politique pour me concentrer sur des projets concrets qui impactent directement la vie des populations », confie-t-elle. Une décision en accord avec les investissements qu’elle mène depuis plusieurs années dans des programmes semenciers jugés prioritaires pour l’avenir agricole de la région.

Un ancrage communautaire et un héritage familial assumé

Proche des citoyens et fidèle à l’héritage d’accueil et de solidarité porté par sa famille, Mbodia Niass cultive des liens étroits avec les populations locales. Son engagement sur le terrain répond, dit-elle, à une vision simple : rendre à sa communauté ce qu’elle lui a offert.

Elle apparaît aujourd’hui comme une actrice majeure de la dynamisation agricole locale, au moment où les politiques publiques nationales mettent davantage l’accent sur l’autosuffisance alimentaire et la valorisation des filières rurales.

Les femmes, moteurs silencieux de la production semencière

Mbodia Niass insiste particulièrement sur le rôle déterminant des femmes dans la filière semencière.

« Les femmes productrices de semences, toutes spéculations confondues, sont extrêmement dynamiques et contribuent largement à la sécurité alimentaire. L’État devrait les accompagner davantage pour construire une politique agricole plus efficace et inclusive », plaide-t-elle.

Selon elle, l’autonomisation des femmes rurales passe nécessairement par l’accès aux intrants, à la formation et aux équipements : trois leviers essentiels pour améliorer la productivité et stabiliser les revenus.

Un modèle féminin du développement local

Dans une région où l’agriculture demeure le principal moteur économique, la fille de Serigne Mamour Niass s’affirme comme un modèle de leadership féminin ancré dans l’action concrète. Son retour à la terre et son choix d’investir massivement dans la production semencière illustrent une vision renouvelée du service communautaire, loin des tribunes politiques.

« L’agriculture est devenue ma priorité. Tout ce que je fais désormais, je le fais pour mon village et pour ma région », affirme-t-elle, déterminée à poursuivre ses initiatives malgré les défis matériels et logistiques auxquels font face de nombreux producteurs.

Un avenir tourné vers l’autosuffisance

Avec ses projets agricoles en pleine expansion, Mbodia Niass s’inscrit dans les dynamiques nationales de renforcement de la souveraineté alimentaire. Elle démontre qu’une autre forme de leadership est possible : un leadership de proximité, discret mais efficace, au service d’un développement durable et inclusif.

Son engagement pourrait inspirer une nouvelle génération d’acteurs locaux, convaincus que les transformations les plus durables naissent souvent… au cœur des champs.

Économie – Tournée départementale : le Président Moussa Fall (Aprodel) à l’écoute des femmes de Keur Socé et de Ndiaguéne

En visite dans le département ce dimanche, le Président Moussa Fall, leader du mouvement Aprodel, conduira une délégation pour une tournée de proximité dans la commune de Keur Socé et au village de Ndiaguéne. Cette mobilisation s’inscrit dans une dynamique d’échanges directs avec les acteurs locaux, particulièrement les groupements féminins engagés dans le développement communautaire.

Au cœur de cette journée, une assemblée générale réunira le Président Fall et les membres d’un GIE féminin. Les discussions porteront sur leurs initiatives économiques, les défis rencontrés et les mécanismes d’accompagnement susceptibles de renforcer leurs activités génératrices de revenus.

« Je salue le leadership, le courage et l’esprit d’innovation de ces femmes rurales. Je témoigne de leur rôle essentiel dans la vitalité économique du territoire », a déclaré Moussa Fall.

Il a réaffirmé la volonté d’Aprodel d’appuyer les projets structurants portés par les organisations féminines, notamment à travers la formation, la mutualisation des moyens et l’accès à de nouveaux partenariats, en matière d’équipements, de financement et de renforcement des capacités.

La tournée départementale se clôturera par une série de visites de terrain, illustrant l’importance que Moussa Fall accorde au dialogue direct avec les communautés et à la valorisation du leadership féminin comme levier essentiel du développement local.

Ziguinchor – Jubilé des Religieuses et Religieux du Sénégal : le Khalife de Bambilor appelle à la cohésion et à la paix

La ville de Ziguinchor a accueilli, ce week-end, le Jubilé des Religieuses et Religieux du Sénégal, un événement marqué cette année par la présence exceptionnelle de hautes autorités religieuses catholiques et musulmanes.

Aux côtés des responsables de l’Église catholique, plusieurs grandes figures de l’islam ont pris part à la rencontre, dont l’Imam Ratib de Ziguinchor, Younous Aidara, le guide religieux Chérif Moustapha Aidara, ainsi que des représentants du Dahira de Bignona, témoignant ainsi de l’ancrage confrérique particulièrement fort dans la région.

Un appel à la paix et au dialogue

Invité d’honneur de ce grand rendez-vous, le Khalife général de Bambilor, Thierno Amadou Ba, a prononcé un discours fort, axé sur la paix, le dialogue interreligieux et la cohésion sociale.

Selon lui, « il n’y a aucune paix politique durable sans paix spirituelle ».

Face à l’assistance, le Khalife a rappelé l’importance du rôle des religions dans la stabilité et la cohésion sociale du pays. Il a souligné que « le dialogue, l’écoute et le respect mutuel entre communautés demeurent essentiels pour préserver l’harmonie qui caractérise le Sénégal ».

Insistant sur les valeurs de fraternité, il a affirmé que « la paix n’est pas un état statique, mais un engagement exigeant, construit avec constance et humilité ».

Un message aux acteurs politiques

Abordant la situation nationale, Thierno Amadou Ba a rappelé que « les tensions politiques actuelles, notamment autour du tandem présidentiel, ne doivent jamais faire oublier l’essentiel : le Sénégal et son unité ».

Il a appelé les acteurs politiques à faire preuve d’apaisement, de responsabilité et de hauteur, au-delà de tout calcul personnel.

Le chef religieux a également rendu hommage au peuple casamançais pour sa force, sa patience et sa volonté de vivre ensemble. Il a rappelé que la paix durable dans la région exige une collaboration étroite entre autorités religieuses, État, société civile et communautés locales.

Renforcer le dialogue interreligieux

Dans sa prise de parole, le Khalife a réaffirmé « l’importance de renforcer les mécanismes de dialogue entre l’Église catholique, les familles religieuses musulmanes et les organisations locales ».

Ce dialogue, selon lui, doit « se traduire en actions concrètes dans l’éducation, la prévention des extrémismes, la protection des plus vulnérables et la promotion d’une justice sociale équitable ».

Dans une conclusion empreinte de spiritualité, il a invité chaque croyant, selon sa tradition, à devenir un « bâtisseur infatigable de paix » avant de formuler des prières pour la Casamance, pour le Sénégal et pour un monde guidé par la lumière du dialogue et de la fraternité.

Une présence ecclésiale de haut niveau

L’événement a été organisé sous la coordination du Père Zakary Nguirane Ndione, Président de la Conférence des Supérieurs Majeurs, dans la continuité des orientations impulsées sous le pontificat du défunt Pape François.

La cérémonie a réuni de nombreuses personnalités de l’Église catholique, dont :

Mgr Waldemar Sommertag, Nonce apostolique au Sénégal Mgr Jean-Baptiste Manga, Évêque de Ziguinchor et hôte de la rencontre Mgr Martin Boucar Tine, Évêque de Kaolack Mgr Anderson, Secrétaire du Nonce apostolique au Sénégal Les Révérends vicaires épiscopaux, représentant les différents diocèses impliqués

La diversité et la représentativité de cette délégation ont donné à l’événement une dimension hautement symbolique, illustrant l’unité spirituelle qui caractérise le Sénégal.

Aly Saleh

Sénégal : l’Assemblée nationale adopte un Budget 2026 ambitieux marqué par une forte hausse des recettes et des dépenses

L’Assemblée nationale a adopté ce samedi le projet de Budget 2026 du Sénégal, un exercice marqué par une expansion notable aussi bien des recettes que des dépenses publiques. Selon la Loi de Finances initiale (LFI) 2026, les recettes sont arrêtées à 6188,8 milliards de francs CFA, contre 5014,3 milliards en 2025. Cette progression de 1174,5 milliards, soit +23,4 %, reflète l’engagement du gouvernement à renforcer la relance économique dans un contexte d’exigences sociales croissantes et de pressions liées à la soutenabilité budgétaire. Les dépenses suivent une tendance similaire, atteignant 7433,9 milliards de francs CFA, contre 6614,8 milliards en 2025, soit une hausse de 819,1 milliards.

Le cadre macroéconomique du Budget 2026 repose sur une prévision de croissance fixée à 5 %, portée par des performances attendues dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et de l’agriculture. Malgré les efforts d’ajustement, le déficit budgétaire est projeté à 5,37 % du PIB, un niveau encore supérieur à la norme communautaire mais en recul par rapport aux années précédentes. Le gouvernement mise également sur un accroissement significatif de la pression fiscale, appelée à atteindre 23,2 % du PIB, contre 19,3 % en 2025. Cette évolution découle en grande partie du Plan de redressement fiscal, dont les retombées sont évaluées à 703,6 milliards de recettes supplémentaires. Au total, les recettes du budget général s’élèvent à 5932,2 milliards, incluant 5384,8 milliards de recettes fiscales, 355,9 milliards de recettes non fiscales et assimilées, ainsi que 145,2 milliards provenant des tirages sur dons-projets, en baisse de 54,8 milliards par rapport à 2025. Les dons budgétaires, quant à eux, représentent 46,3 milliards de francs CFA.

Du côté des dépenses, l’État entend maintenir une dynamique d’investissement tout en gérant les rigidités croissantes qui pèsent sur le budget. Le budget général prévoit une enveloppe globale de 7177,2 milliards de francs CFA. Le service de la dette y occupe une place importante, avec 1190,6 milliards consacrés aux intérêts et commissions, confirmant la pression continue exercée par le remboursement de la dette publique. La masse salariale poursuit sa progression et atteint 1532,8 milliards, illustrant le poids des dépenses de personnel dans les finances publiques. Les dépenses de fonctionnement, qui regroupent les acquisitions de biens et services ainsi que les transferts courants, totalisent 1650 milliards. Quant aux dépenses d’investissement, elles se répartissent entre 1448,9 milliards financés sur ressources internes et 1355 milliards provenant de financements extérieurs, traduisant la volonté de préserver un niveau élevé d’investissements structurants malgré un espace budgétaire contraint.

Les Comptes spéciaux du Trésor (CST) enregistrent également une nette augmentation, passant de 219,7 milliards dans la LFI 2025 à 256,7 milliards en 2026. Cette évolution traduit une mobilisation accrue de ces outils budgétaires particuliers, souvent destinés à couvrir des interventions spécifiques ou des opérations exceptionnelles.

Au terme des débats parlementaires, l’adoption de la LFI 2026 valide ainsi un cadre financier ambitieux, conçu pour soutenir la croissance, approfondir les réformes fiscales et maîtriser progressivement les grands équilibres macroéconomiques. Le gouvernement mise sur cet exercice pour consolider la relance, répondre aux besoins sociaux pressants et maintenir la trajectoire de redressement des finances publiques dans un environnement économique encore marqué par des défis majeurs.

Guinée-Bissau : Embaló se réfugie à Brazzaville tandis que l’opposition dénonce l’occupation de son siège par des miliciens

Le président bissau-guinéen renversé, Umaro Sissoco Embaló, est arrivé samedi à Brazzaville, au Congo, quelques jours seulement après le coup d’État mené par une junte militaire à Bissau. Au moment même où l’ancien chef de l’État trouvait un nouveau point de chute, le principal parti d’opposition, le PAIGC, dénonçait l’“envahissement” de son siège par des groupes “fortement armés” dans la capitale bissau-guinéenne.

Le renversement d’Embaló a été annoncé mercredi par des militaires qui affirmaient vouloir suspendre les élections présidentielle et législatives prévues le 23 novembre, dont les résultats n’avaient pas encore été publiés. Ils ont justifié leur intervention par la nécessité de “garantir la sécurité nationale” et de “rétablir l’ordre”. Selon eux, les services de renseignement auraient découvert un “plan de déstabilisation” impliquant des personnalités locales liées au trafic de drogue, un fléau historique en Guinée-Bissau.

Arrêté brièvement le jour du putsch, Embaló avait quitté le pays dès le lendemain à bord d’un vol affrété par les autorités sénégalaises, direction Dakar. Samedi, une source proche de la présidence congolaise a confirmé à l’AFP que l’ex-président avait bien atterri à Brazzaville, où il devrait désormais “rester”. Âgé de 53 ans, Embaló entretient depuis longtemps une relation privilégiée avec Denis Sassou Nguesso et s’est rendu à plusieurs reprises au Congo dans le cadre de visites officielles. Une source proche du pouvoir congolais a indiqué qu’il avait rejoint Brazzaville à bord d’un jet privé affrété par les autorités locales.

Dans le même temps, la tension continue de monter à Bissau. Le PAIGC, puissant parti d’opposition et formation historique ayant conduit le pays à l’indépendance en 1974, a affirmé samedi que son siège avait été “illégalement occupé” par des miliciens armés. Son leader, Domingos Simões Pereira, figure majeure de la vie politique bissau-guinéenne et écarté de la présidentielle du 23 novembre, avait été arrêté mercredi. Son parti soutenait désormais Fernando Dias, devenu le principal rival d’Embaló lors du scrutin inachevé.

Fernando Dias, qui assure s’être largement imposé au premier tour, accuse le président déchu d’avoir lui-même orchestré le coup d’État pour empêcher l’annonce des résultats et ainsi bloquer l’alternance. Il affirme se cacher dans le pays, dans un lieu tenu secret, mais se dit “en sécurité”.

Sur le terrain, des échauffourées ont éclaté samedi entre des jeunes et les forces de l’ordre dans un quartier périphérique de la capitale, près du siège de campagne de Fernando Dias. Selon des journalistes de l’AFP présents sur place, ces incidents, bien que limités, témoignent d’une atmosphère lourde et d’un climat politique explosif.

La communauté internationale, quant à elle, a rapidement réagi. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a dénoncé une “violation des principes démocratiques”. La Cedeao a suspendu la Guinée-Bissau de toutes ses instances décisionnelles, une sanction également adoptée par l’Union africaine. L’Union européenne a exigé un “retour à l’ordre constitutionnel” et la reprise rapide du processus électoral.

Depuis son indépendance en 1974, la Guinée-Bissau a été le théâtre de quatre coups d’État et de nombreuses tentatives de renversement. Le pays, l’un des plus pauvres d’Afrique de l’Ouest, est aussi réputé pour être une plateforme du trafic de stupéfiants entre l’Amérique latine et l’Europe, un contexte qui alimente régulièrement crises politiques, ingérences et instabilité.

Le sort de la transition politique annoncée par les putschistes, confiée au général Horta N’Tam pour une durée d’un an, reste désormais au cœur des préoccupations nationales comme internationales. Tandis qu’Embaló se réfugie à Brazzaville et que l’opposition réclame la reprise du processus électoral, l’avenir immédiat de la Guinée-Bissau demeure profondément incertain.

« Diomaye Président » : le PJD rallie la coalition et promet de mobiliser Médina Baye et le Saloum

La coalition présidentielle Diomaye Président poursuit son ascension avec l’adhésion officielle du Parti Justice et Développement (PJD). L’annonce a été faite ce samedi par son secrétaire général, Cheikh Ibrahima Diallo, lors d’une conférence de presse. Ce ralliement dépasse le simple cadre politique : il s’accompagne d’un engagement fort en faveur d’une mobilisation massive dans deux zones électorales stratégiques, Médina Baye et le Saloum.

L’éminent guide religieux et homme politique a expliqué cette décision comme une réponse à « l’appel sincère » de la présidente de la coalition, Aminata Touré, dont il a salué « l’expérience étatique, la résistance politique et une vision entièrement dédiée à la réussite du président Bassirou Diomaye Faye ». Cheikh Ibrahima Diallo a rappelé la légitimité incontestable du chef de l’État, élu démocratiquement avec 54 % des voix, disposant ainsi « de la légitimité et de la légalité politique conférées par les urnes ».

Une promesse d’enracinement territorial

Le point le plus marquant de ce ralliement est la promesse de mobiliser « toutes les forces vives de Médina Baye et du Saloum » derrière le président Faye. Une déclaration lourde de sens, qui vise à renforcer la présence de la coalition présidentielle dans des zones où l’influence religieuse et sociale structure profondément les dynamiques électorales. Elle offre ainsi à la majorité une base populaire élargie et un relais local essentiel pour porter la vision du chef de l’État au cœur des territoires.

Les piliers d’une légitimité renforcée

Le leader du PJD a articulé son soutien autour de trois piliers majeurs. Il a d’abord invoqué la légitimité populaire, « un capital de confiance essentiel » pour conduire des réformes complexes avec l’adhésion des citoyens. Ensuite, il a mis en avant l’autorité renforcée que l’unité politique apporte à l’exécutif, lui permettant d’effectuer des arbitrages difficiles avec assurance. Enfin, il a salué un mandat clair pour la rupture, validant le projet de transformation structurelle prôné par le président et lui offrant la marge nécessaire pour sa mise en œuvre.

Avec l’appui actif du PJD et de son vaste réseau d’influence dans des régions stratégiques, la coalition Diomaye Président ne se contente pas d’accueillir un parti supplémentaire. Elle consolide son ancrage territorial et se dote d’un levier crucial pour transformer sa légitimité électorale en une capacité d’action durable et profonde sur l’ensemble du territoire national.

Débats budgétaires 2026 : Abdoulaye Tall tance vivement l’opposition et alerte sur plusieurs urgences nationales

Lors de l’examen du projet de loi de finances 2026 à l’Assemblée nationale, le député de la majorité, Abdoulaye Tall, a créé l’un des moments forts de la séance plénière en adressant de virulentes critiques à l’opposition parlementaire. Le parlementaire a dénoncé ce qu’il qualifie de « comportement irresponsable et irrespectueux » de la part de certains élus, accusés d’avoir brillé par leur absence lors des travaux en commission.

Abdoulaye Tall a ouvert son intervention en fustigeant l’attitude de ces députés qui, selon lui, privilégient la visibilité médiatique plutôt que la participation active aux travaux législatifs. « Vous me permettrez de m’offusquer du comportement d’une certaine opposition qui fuit les travaux en commission. Parce que je trouve cela irrespectueux. Il est inadmissible, inacceptable. Cette attitude de fuir les travaux quand c’est l’essentiel et de venir ici devant les caméras chercher le buzz, pour après essayer de faire la une des journaux. Ça, c’est irresponsable », a-t-il martelé devant l’hémicycle.

Poursuivant sur le même ton, le député a tenu l’opposition pour responsable de « la situation actuelle du pays », estimant qu’elle manque de courage pour répondre aux questions d’actualité. Il a accusé certains élus d’ignorer les enjeux fondamentaux au profit de débats superficiels. « C’est parce que vous avez plongé ce pays dans ces difficultés que vous ne pouvez pas avoir le courage de venir répondre aux questions d’intérêt général. Il est assez courageux de venir devant le peuple et devant l’histoire après avoir plongé ce pays dans ce gouffre. Au 4e sous-sol, revenir ici chercher devant les caméras à faire le buzz, c’est inadmissible », a-t-il lancé, assumant « pleinement » ses propos.

Abdoulaye Tall a également reproché à l’ancienne majorité d’avoir autrefois légiféré de manière précipitée, en réaction à de simples faits divers. « Une opposition qui confond une question d’actualité et un fait divers… Lorsqu’ils étaient là, ils avaient l’habitude d’élaborer des lois au moindre fait divers. C’est parce que vous l’avez fait que vous ne pouvez pas venir ici répondre devant l’histoire et devant le peuple. Souffrez en silence et laissez-moi parler », a-t-il ajouté, dans une ambiance électrique.

Au-delà de cet échange tendu, le député de la majorité a mis en lumière plusieurs préoccupations nationales majeures. Il a d’abord interpellé le ministre sur le blocage d’une initiative privée concernant la construction d’une centrale solaire à Sinthou Malem. Selon lui, il est urgent que le gouvernement intervienne pour clarifier et accélérer le processus, d’autant qu’il s’agit d’une « offre spontanée » et non d’un financement sollicité par l’État.

Abdoulaye Tall a ensuite plaidé pour un renforcement du budget alloué à la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), rappelant que le Sénégal a perdu son statut “A” pour être rétrogradé au statut “B”, un signal qu’il juge particulièrement alarmant pour l’image du pays. « On ne peut pas, pour une question aussi importante que la protection et la promotion des droits humains, accepter que le Sénégal soit relégué au statut B alors qu’il était A. C’est une urgence. Ce que nous faisons en matière d’investissements matériels ne compensera jamais un échec sur les droits humains. Le bilan immatériel finit toujours par nous rattraper », a-t-il soutenu.

Le député a enfin attiré l’attention du ministre sur la situation environnementale préoccupante, notamment l’érosion côtière qui menace certains quartiers de la commune de Mbour. Il a insisté sur la nécessité d’une action rapide et coordonnée afin d’éviter que des zones habitées ne soient englouties par l’avancée de la mer.

Finances publiques : Cheikh Diba assume la rigueur et annonce une année 2026 de consolidation

Face à un niveau d’endettement jugé préoccupant et à des besoins de financement estimés à plus de 6 000 milliards de francs CFA, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a tenu à clarifier la situation du Sénégal lors de l’ouverture des séances plénières à l’Assemblée nationale consacrées à l’examen du projet de loi de finances initiale pour l’année 2026. Pour lui, le pays traverse une zone de fortes tensions budgétaires, mais dispose encore de marges de manœuvre suffisantes pour redresser la trajectoire.

Cheikh Diba a rappelé que le diagnostic de départ, établi sur la base de la situation de référence des finances publiques, montre la nécessité urgente d’un retour à la discipline. Selon lui, l’année 2026 sera une année de consolidation, avec un accent mis sur la rationalisation budgétaire et l’amélioration des performances des recettes. Il soutient que les difficultés actuelles, bien que sérieuses, ne doivent pas obscurcir les capacités de résilience de l’économie sénégalaise. « Nous sommes dans une situation difficile mais nous avons les moyens de gérer cela », a-t-il déclaré, tout en appelant à une réflexion approfondie sur les stratégies à déployer pour respecter les normes communautaires de l’UEMOA en matière de déficit et d’endettement.

Interpellé sur la question sensible de la dette, le ministre s’est voulu rassurant. Alors que certains observateurs évoquent la possibilité d’une restructuration, il affirme que cette hypothèse n’est pas d’actualité. « Pour le Sénégal, la restructuration n’est pas encore à l’ordre du jour », a-t-il insisté, soulignant que le gouvernement travaille plutôt sur des mécanismes de refinancement et d’optimisation du service de la dette. Selon lui, il s’agit moins de renoncer à honorer les engagements du pays que de revisiter les options disponibles, d’évaluer les coûts d’opportunité et d’identifier les meilleures séquences pour alléger la pression à court terme.

Le ministre a expliqué que cette stratégie repose notamment sur une revue fine des indicateurs, un effort soutenu de mobilisation des recettes et la déclinaison de mesures cohérentes dans la durée. À ce titre, il a rappelé l’importance du Programme de Redressement Économique et Social (PRES), présenté comme un cadre ambitieux de rétablissement des équilibres. Le gouvernement a également décidé d’augmenter certaines taxations ciblées, une mesure qui vise à renforcer les ressources internes tout en évitant de fragiliser les secteurs essentiels de l’économie.

Me Aïssata Tall Sall exige des clarifications sur la « dette cachée » devant le ministre des Finances

Le débat sur la transparence budgétaire et la gestion de l’endettement public a de nouveau occupé le devant de la scène lors de l’examen du Projet de loi de finances initiale 2026. Face au ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, Me Aïssata Tall Sall, présidente du Groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, a porté une interpellation directe sur la notion de « dette cachée », un sujet devenu central depuis les révélations du gouvernement en septembre 2024 sur de prétendues irrégularités héritées du régime précédent.

Depuis plus d’un an, l’expression « dette cachée » nourrit interrogations, analyses et polémiques dans l’espace public. Le gouvernement actuel avait dénoncé en 2024 l’existence de passifs non documentés, d’engagements dissimulés et de pratiques budgétaires jugées opaques, allant jusqu’à affirmer que l’ancien pouvoir aurait « joué avec les finances publiques ». Ces accusations, accompagnées depuis par des audits et inventaires de la dette, continuent d’alimenter les tensions politiques et la demande de reddition des comptes.

Au Parlement, Me Aïssata Tall Sall a exprimé la nécessité d’apporter une clarification rigoureuse sur ce concept devenu un symbole de la crise de confiance entre les institutions et les citoyens. Elle a interrogé Cheikh Diba en des termes précis, rappelant que les parlementaires doivent disposer d’une compréhension exacte de la situation pour exercer pleinement leur mission de contrôle. L’élue a ainsi demandé ce qu’il convient de retenir comme définition de la « dette cachée », interpellant le ministre sur la nature exacte des engagements concernés, sur leur mode de constitution et, surtout, sur les mécanismes permettant de dissimuler de tels passifs dans un système public théoriquement encadré par des règles de transparence et d’audit interne.

Son intervention, mêlant rigueur juridique et préoccupation politique, reflète une attente plus large au sein de l’opinion : comprendre comment des dettes peuvent être contractées ou accumulées sans être retracées dans les documents officiels, sans être portées à la connaissance de l’Assemblée nationale et sans apparaître dans les statistiques publiées par les autorités de régulation budgétaire. Elle pose également la question de la responsabilité politique et administrative, dans un contexte où la transition entre anciens et nouveaux dirigeants s’effectue sous le regard attentif des bailleurs, des institutions financières internationales et des marchés.

Le ministre Cheikh Diba, déjà en première ligne depuis les audits menés en 2025, est attendu sur des réponses précises. L’enjeu dépasse largement le cadre technique : il touche à la gouvernance, à la crédibilité de l’État et à la confiance des investisseurs. La question de Me Aïssata Tall Sall ouvre donc une nouvelle séquence dans la quête de transparence qui accompagne la réforme des finances publiques. Elle rappelle que la compréhension de la dette n’est pas seulement une affaire d’experts, mais un impératif démocratique auquel l’exécutif doit répondre avec clarté et exhaustivité.

Kaolack : Des jeunes filles primées pour leur engagement contre les violences de genre

Dans le cadre du Programme DGD 2022-2026, mis en œuvre en partenariat avec Plan International Sénégal et la Coopération belge, l’ONG APROFES a lancé un concours régional de plaidoyer destiné aux jeunes de 15 à 24 ans de la région de Kaolack.

L’initiative vise à renforcer leur engagement citoyen, leur capacité d’expression publique, ainsi que leur contribution à la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), en particulier celles dont sont victimes les filles et les jeunes femmes.

Organisé dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, ce concours s’inscrit dans les objectifs du Programme DGD, qui œuvre pour offrir un environnement protecteur, inclusif et équitable aux adolescents. APROFES, acteur clé de la promotion des droits humains dans la région, assure la coordination de l’ensemble des activités, avec l’appui financier et technique de Plan International.

Renforcer la parole des jeunes pour un changement social durable

À travers ce concours, APROFES a encouragé les jeunes à utiliser diverses formes d’expression adaptées à leurs réalités et à leur créativité : plaidoyer classique, slam, théâtre, poésie ou performances artistiques.

L’objectif est double : développer leurs compétences en communication et favoriser leur implication dans la défense des droits humains.

« Nous voulons que les jeunes prennent la parole, influencent les décisions et deviennent des acteurs de changement dans leurs communautés », souligne la coordination du projet.

Le concours a également permis de sensibiliser le public et les autorités locales aux violences faites aux filles et aux obstacles qui entravent leur épanouissement.

Un processus structuré et des lauréates distinguées

À l’issue de la proclamation des résultats, ce samedi 29 novembre 2025, trois jeunes filles ont été distinguées :

1ᵉʳ prix : Marième Ndiaye Diouf, jeune championne du Programme DGD 2022-2026 et élève en classe de terminale dans la commune de Sibassor. 2ᵉ prix : Aïcha Diamé, étudiante en 2ᵉ année à l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane de Kaolack. 3ᵉ prix : Khadidiatou Ndong, étudiante en froid et climatisation et jeune Championne of Change du programme DGD.

Une initiative multi-acteurs pour un même objectif

Ce concours a réuni plusieurs partenaires : APROFES, Plan International, ainsi que de nombreux acteurs éducatifs et communautaires.

Tous partagent un objectif commun : favoriser un environnement protecteur pour les adolescentes et jeunes femmes, et encourager les jeunes à proposer et impulser des solutions locales contre les violences basées sur le genre.

Thierno Alassane Sall alerte sur une « situation critique » et interpelle le gouvernement sur la gestion de la dette et la transparence budgétaire

Lors de l’examen du projet de loi de finances initiale, le député de l’opposition Thierno Alassane Sall a livré, ce matin, une intervention particulièrement critique à l’égard de la gestion économique actuelle du pays. Face au ministre des Finances et du Budget, il a dressé un tableau sombre de la situation budgétaire et de ses répercussions sur les différents secteurs.

Dès les premières minutes de son allocution, le parlementaire a tenu à alerter sur l’ampleur des inquiétudes qui traversent la société. « Il ne faut pas se voiler la face. Les étudiants, les entreprises et d’autres secteurs dans ce pays sont inquiets », a-t-il lancé, soulignant que le climat général est marqué par une perte de confiance croissante. Thierno Alassane Sall a ensuite pointé du doigt la structure du budget national, qu’il juge excessivement dépendant du service de la dette. Selon lui, la part consacrée à celle-ci, qu’il évalue à 40 % du budget, témoigne d’un déséquilibre préoccupant et d’une vulnérabilité accrue de l’économie.

À cette inquiétude financière s’ajoute, selon le député, une instabilité politique persistante, qui alimente les doutes des investisseurs et freine la dynamique économique. « Nous sommes concentrés dans une crise politique et permettons inconsciemment aux investisseurs d’être inquiets », a-t-il martelé.

Face à cette situation qu’il qualifie de « critique », Thierno Alassane Sall estime que les autorités portent une « lourde responsabilité ». Il a exhorté le gouvernement à prendre la pleine mesure de l’urgence économique et à engager sans délai des actes de gouvernance plus transparents et rigoureux.

Abordant ensuite le dialogue politique, le député a reconnu la volonté d’échanges affichée par l’exécutif, tout en réaffirmant la nécessité d’une transparence totale. À cet effet, il a posé une série de questions directes au ministre des Finances, notamment sur d’éventuels défauts de paiement au mois d’octobre, un sujet sensible dans le contexte actuel. Il s’est également interrogé sur la pertinence d’un projet d’acquisition de neuf Airbus, compte tenu des tensions budgétaires et du contexte économique difficile.

Pour conclure, Thierno Alassane Sall a lancé un appel solennel à l’Assemblée nationale. Il a exhorté les députés à « assumer leur rôle de contrôle » et à se défaire des logiques partisanes qui, selon lui, affaiblissent la rigueur parlementaire. Il a insisté sur l’importance, pour la représentation nationale, d’exercer une vigilance accrue face à la situation financière du pays et aux engagements pris par le gouvernement.

Umaro Sissoco Embaló quitte Dakar pour Brazzaville après une montée des tensions diplomatiques

Le président déchu de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló, a quitté Dakar pour Brazzaville après un bref séjour dans la capitale sénégalaise, révèlent des informations obtenues par Confidentiel Afrique. Arrivé discrètement au Sénégal après les événements politiques qui ont conduit à sa chute, Embaló bénéficiait jusque-là d’une médiation impliquant les présidents Denis Sassou N’Guesso et Alassane Ouattara. Toutefois, l’évolution rapide du contexte politique sénégalais aurait profondément modifié la donne.

Selon la même source, la sortie virulente du Premier ministre Ousmane Sonko devant les députés aurait précipité le départ d’Embaló. En dénonçant ouvertement des « combines souterraines » autour de la situation en Guinée-Bissau, Sonko aurait envoyé un signal jugé hostile par l’ancien président bissau-guinéen. L’intervention du chef du gouvernement sénégalais, particulièrement ferme, aurait irrité Embaló, qui se serait senti fragilisé et indésirable sur le sol sénégalais.

Face à cette atmosphère devenue tendue, Umaro Sissoco Embaló aurait sollicité l’appui du président congolais Denis Sassou N’Guesso afin d’organiser son départ. Toujours selon Confidentiel Afrique, un vol privé a été affrété pour son transfert vers Brazzaville. Il a embarqué en compagnie d’un de ses proches collaborateurs identifié sous le nom de Sissoko.

Ce départ intervient dans un contexte où la présence d’Embaló à Dakar faisait l’objet de pressions politiques croissantes. Les autorités sénégalaises, déjà engagées dans une gestion délicate du dossier bissau-guinéen et d’une situation intérieure marquée par des tensions politiques persistantes, auraient vu dans cette présence une source supplémentaire d’embarras diplomatique.

En rejoignant Brazzaville, Umaro Sissoco Embaló cherche manifestement un nouvel espace de repli, alors que la transition en Guinée-Bissau poursuit sa mise en place et que les réactions internationales se multiplient. Son installation au Congo pourrait marquer une nouvelle étape dans les tractations régionales autour de son avenir politique et judiciaire, dans un contexte ouest-africain particulièrement volatil.

Finances publiques : le Sénégal accélère l’assainissement budgétaire après les audits

La situation des finances publiques continue de dominer l’actualité nationale, dans un contexte marqué par un audit rigoureux mené par la Cour des comptes et l’inventaire de la dette confié au cabinet international Forvis Mazars. Ces travaux, rendus publics au mois de février 2025, ont servi de point d’appui au Gouvernement pour engager une phase plus profonde de consolidation budgétaire et de restauration de la transparence financière.

Dans la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, l’exécutif projette un déficit budgétaire de 7,8 % du PIB à la fin de l’année. Toutefois, une exécution plus lente de certaines dépenses pourrait ramener ce déficit à 7,5 % du PIB, une légère amélioration rendue possible par les premières mesures d’ajustement. En parallèle, les prévisions de recettes ont été révisées à la baisse. Les recettes du budget général devraient atteindre 4 668,9 milliards FCFA, contre 4 794,6 milliards FCFA dans la Loi de Finances Initiale, soit une réduction de 125,7 milliards FCFA. Cette contraction, équivalente à 2,6 %, tient principalement à l’actualisation des recettes internes, qui représenteront 4 382,3 milliards FCFA.

La pression fiscale, elle aussi revisitée, ressortirait à 18,9 % du PIB dans la LFR 2025. Ce niveau marque un léger recul par rapport aux prévisions initiales de 19,3 %, mais se situe encore au-dessus du taux atteint en 2024, évalué à 18,6 %. Le gouvernement entend poursuivre les réformes visant à élargir l’assiette, à renforcer la mobilisation des ressources internes et à améliorer l’efficacité des régies financières, afin de réduire la dépendance vis-à-vis de l’endettement extérieur.

Dans le même temps, les dépenses publiques ont été légèrement revues à la baisse et s’établissent à 6 364,7 milliards FCFA dans la LFR 2025, contre 6 395,1 milliards FCFA dans la LFI. Cette diminution globale de 30,4 milliards FCFA reflète les efforts de maîtrise engagés par les autorités. Toutefois, les charges d’intérêt sur la dette enregistrent une progression préoccupante. Elles sont désormais projetées à 1 060 milliards FCFA, bien au-dessus des 932,1 milliards FCFA initialement prévus. Par rapport aux 822,3 milliards FCFA payés en 2024, ces chiffres traduisent des hausses de 13,4 % et 28,6 %, témoignant de l’alourdissement du service de la dette et de la pression croissante des marchés financiers.

Les dépenses de personnel restent quant à elles stabilisées à 1 498 milliards FCFA, un signal de fermeté sur la masse salariale de l’État. Les transferts et subventions connaissent, en revanche, un ajustement à la baisse et devraient s’établir à 1 453,3 milliards FCFA, soit une réduction de 56,8 milliards FCFA. Cette orientation participe de la volonté de rationaliser les dépenses publiques tout en ciblant davantage les interventions sociales prioritaires.

C’est dans cet environnement exigeant que s’élabore le Projet de Loi de Finances Initiale (PLFI) pour 2026. Le document est conçu à un moment où le contexte international reste profondément perturbé, entre tensions géopolitiques récurrentes, chocs climatiques, ralentissement économique mondial et crise généralisée de la dette. Face à ces défis, le gouvernement propose un cadre budgétaire articulé autour d’une ambition centrale : rétablir les équilibres macroéconomiques tout en préservant l’investissement social et productif.

Le PLFI 2026 est présenté comme un budget de « redressement, de justice et de restauration de la confiance ». Sa philosophie repose sur trois axes prioritaires : la reconstruction des fondamentaux économiques, la modernisation de la gestion budgétaire et l’investissement dans un développement réellement endogène. Il met en avant des chantiers structurants dans les domaines de l’éducation, de la formation professionnelle, de la santé et de la couverture maladie universelle. L’accès à l’eau potable, la résilience climatique et les politiques de jeunesse et d’emploi constituent également des priorités affirmées.

Au-delà des enveloppes financières, ce budget ambitionne une transformation profonde de la gouvernance publique. Il prévoit des mesures structurelles destinées à moderniser le pilotage budgétaire, renforcer la reddition des comptes et refonder l’administration autour d’une logique de performance et de service au citoyen.

Cheikh Diba détaille la stratégie pour ramener le déficit du Sénégal à 3 % d’ici 2027

Face aux députés ce samedi, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté de larges éclaircissements sur la stratégie de consolidation budgétaire inscrite dans le Projet de Loi de Finances initiale pour 2026. Selon lui, le gouvernement s’est engagé dans un processus rigoureux visant à rétablir l’équilibre des finances publiques, après un déficit particulièrement élevé en 2024, estimé autour de 12,8 %.

Le ministre a rappelé que l’objectif est de ramener ce déficit à 7,8 % dès 2025, puis à 5,37 % en 2026, avant d’atteindre la norme communautaire de 3 % en 2027. Cette trajectoire constitue, d’après Cheikh Diba, le socle de la politique budgétaire de l’exécutif et sert de cadre d’intégration pour des réformes majeures, notamment celles liées à la mobilisation des ressources du Plan de Redressement Économique et Social (PRÈS).

Abordant spécifiquement le PRÈS, Cheikh Diba a souligné que les attentes en matière de recettes pour l’année 2026 sont « très importantes », dépassant 760 milliards de francs CFA. Ces ressources proviendront de plusieurs leviers fiscaux et parafiscaux, parmi lesquels les jeux de hasard, la régularisation foncière, la taxation du mobile money, ainsi que l’alcool et le tabac. Le ministre a toutefois insisté sur le fait que ces prévisions ont été volontairement établies sur des bases « minimalistes ».

Il a révélé que les études menées sous la coordination de la Primature avaient abouti à une estimation supérieure à 900 milliards de francs CFA. Par prudence et pour éviter tout risque de dérapage budgétaire, le gouvernement a néanmoins retenu un montant plus conservateur de 760 milliards, ce qui reflète, selon lui, une gestion responsable et réaliste des recettes attendues.

Dans le même esprit de discipline budgétaire, Cheikh Diba a annoncé que l’option retenue pour 2026 consiste à geler toutes les recettes considérées comme optimistes. Concrètement, cela signifie que les administrations concernées ne pourront engager ou exécuter les dépenses correspondantes que lorsque les ressources auront été effectivement mobilisées. Cette mesure vise à éviter l’accumulation d’arriérés et à garantir que l’exécution budgétaire reste en phase avec les encaissements réels.

Le ministre a conclu en affirmant que cette démarche prudente, combinant réformes structurelles, mobilisation accrue des recettes et discipline dans l’exécution des dépenses, constitue l’unique voie pour remettre durablement le Sénégal sur une trajectoire de stabilité financière et de croissance maîtrisée.

Cap-Skirring : un réseau de prostitution clandestine démantelé, 18 femmes interpellées dont une séropositive

La gendarmerie de Cap-Skirring a procédé, il y a cinq jours, à une opération coup de poing dans une zone périphérique du village touristique, à la suite d’une dénonciation anonyme signalant l’existence d’un réseau de prostitution clandestine particulièrement actif. L’intervention a permis l’interpellation de dix-huit femmes, majoritairement originaires du Nigeria et de la Sierra Leone, évoluant en marge des circuits légaux et dans des conditions jugées préoccupantes par les enquêteurs.

Parmi les personnes arrêtées figure une mineure. Celle-ci a été immédiatement retirée du dispositif et confiée à une structure spécialisée d’assistance éducative, conformément aux dispositions de protection de l’enfance. Les dix-sept autres femmes, toutes en situation irrégulière sur le territoire sénégalais et dépourvues de carnets sanitaires obligatoires, ont été déférées avant d’être placées sous mandat de dépôt. Elles devront répondre, le 2 décembre prochain, des chefs de séjour irrégulier et d’exercice illégal d’activités réglementées.

L’un des cas les plus préoccupants concerne une des interpellées, déclarée séropositive. Selon des sources relayées par L’Observateur, la jeune femme disposait de médicaments antirétroviraux qu’elle prenait régulièrement dans le but de réduire les risques de transmission du VIH à ses clients. Cette démarche, bien que visant à limiter les dangers sanitaires, ne l’a toutefois pas exemptée de poursuites judiciaires. Elle est notamment inculpée pour mise en danger de la vie d’autrui, une infraction particulièrement grave dans ce type de dossier.

Cette opération de la gendarmerie intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des activités de traite et d’exploitation dans la région. Quelques jours seulement avant ce coup de filet, un autre réseau de traite d’êtres humains avait été démantelé dans la même zone, confirmant que le phénomène demeure profondément ancré autour de Cap-Skirring, destination touristique prisée mais régulièrement confrontée à ce type de dérives.

Les autorités locales affirment vouloir renforcer les contrôles et les opérations préventives afin de freiner ce trafic qui mêle exploitation sexuelle, immigration irrégulière et risques sanitaires. L’affaire, en cours d’instruction, continue de susciter de vives réactions dans la région, où l’on espère que ces interventions répétées permettront de décourager les réseaux opérant dans l’ombre.

Mabintou Diaby évacuée d’urgence à l’hôpital Principal : une scène « terrifiante » selon des témoins

L’état de santé de Mabintou Diaby, épouse du journaliste Madiambal Diagne et détenue depuis le 23 octobre au Pavillon spécial de l’hôpital Le Dantec pour association de malfaiteurs, escroquerie portant sur des deniers publics et blanchiment de capitaux, s’est de nouveau brusquement dégradé. Selon les informations rapportées par L’Observateur, elle a été évacuée en urgence, vendredi, vers l’hôpital Principal de Dakar après une aggravation soudaine de son état.

Présent sur les lieux pour rendre visite au député Farba Ngom, lui aussi hospitalisé, Abdou Aziz Diop, adjoint au maire des Agnam, a été témoin de la scène. Encore marqué par ce qu’il a vu, il décrit une situation d’une « cruauté » insoutenable. Il confie avoir été profondément bouleversé par l’état dans lequel se trouvait la détenue et affirme qu’il n’aurait « pas été surpris » d’apprendre qu’elle « avait rendu l’âme », tant la scène était choquante. Son témoignage met en lumière la gravité de la situation médicale de Mabintou Diaby, déjà fragilisée depuis son arrestation.

Au même moment, sa famille vivait des heures d’angoisse et d’incertitude. Taté Diaby, sa sœur, raconte avoir appris l’évacuation de Mabintou par les réseaux sociaux alors qu’elle se rendait au Pavillon spécial pour la visiter. À son arrivée, elle dit avoir patienté durant des heures, espérant obtenir des nouvelles ou pouvoir la voir avant son transfert. Mais l’attente s’est révélée vaine. « On n’a pas pu la voir. Nous avons seulement aperçu une ambulance. Ma petite sœur est allée demander si c’était elle ; on lui a répondu oui, mais qu’il était impossible de la voir car les heures de visite étaient terminées », confie-t-elle avec amertume. Selon elle, le personnel aurait pu leur accorder « au moins cinq minutes » pour s’assurer de l’état de leur sœur.

Cette évacuation soulève de nouvelles interrogations autour des conditions de détention et de prise en charge sanitaire au sein du Pavillon spécial, déjà régulièrement pointé du doigt pour ses insuffisances. La famille de Mabintou Diaby, tout comme certains acteurs publics témoins de la scène, appelle à davantage d’humanité et de transparence dans le suivi médical des détenus dont la santé est en danger.

Pour l’heure, aucune communication officielle n’a été faite sur l’évolution de son état de santé à l’hôpital Principal, où elle demeure sous surveillance médicale étroite.

APRÈS LE DISCOURS DE CHEIKH DIBA SUR LES BESOINS DE LIQUIDITÉ DU SÉNÉGAL : Les obligations souveraines chutent

Les obligations souveraines du Sénégal ont reculé sur les marchés internationaux après que le ministre des Finances, Cheikh Diba, a alerté sur la nécessité pour le pays de disposer de liquidités supplémentaires, rapporte Bloomberg. Bien qu’il ait souligné que les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) se déroulent positivement, ses déclarations ont ravivé les inquiétudes des investisseurs quant à la capacité du Sénégal à gérer sa trésorerie à court terme.

À Londres, les obligations en dollars arrivant à échéance en 2033 ont perdu 1,6 cent par dollar, pour s’établir à 61,7 cents, enregistrant ainsi une deuxième journée de baisse. Les titres arrivant à maturité en 2031 ont, eux, chuté de 2,5 cents pour atteindre 64,64 cents. Ces mouvements reflètent la prudence des marchés face à la situation de liquidité du pays, même si sa solvabilité à long terme demeure globalement jugée solide.

Devant les députés, Cheikh Diba a précisé que « le Sénégal ne pose pas fondamentalement de problème de solvabilité, mais en matière de liquidité, nous avons désormais besoin d’un appui financier ». Cette mise au point intervient après la découverte, l’an dernier, d’une dette cachée de 7 milliards de dollars (près de 4 000 milliards de francs CFA) laissée par l’administration précédente. Cette affaire avait conduit le FMI à suspendre un plan de financement de 1,8 milliard de dollars (un peu plus de 1 000 milliards de francs CFA)

Le Sénégal est actuellement engagé dans des discussions avec le FMI en vue de mettre en place un nouvel instrument de financement. Selon Diba, des divergences subsistent sur « les critères, les hypothèses macroéconomiques et les mesures d’ajustement », mais il assure que « les discussions avec le Fonds se déroulent très bien ». Le FMI, de son côté, concentre son évaluation sur la dynamique de la dette sénégalaise et la viabilité de la stratégie de financement du pays.

Le ministre a également indiqué que des mesures sont en cours pour améliorer la gestion de l’endettement. Le gouvernement remplace progressivement des dettes jugées « à haut risque » par des emprunts aux conditions plus favorables et assortis de maturités plus longues, afin de dégager des marges budgétaires et d’alléger la pression sur les finances publiques. L’objectif annoncé est de ramener le déficit budgétaire à 5,3% du PIB d’ici 2026 contre 13,4% à la fin de 2024 puis à 3% en 2027, conformément au plafond fixé par l’UEMOA, alors que le déficit prévu pour 2025 s’établissait initialement à 7,8%.

Malgré ces tensions de liquidité, le Sénégal exclut toute restructuration de sa dette et réaffirme son engagement à honorer ses obligations envers les investisseurs internationaux, tout en poursuivant des efforts de discipline budgétaire. Cheikh Diba a insisté devant les parlementaires sur le fait que la restructuration n’était « pas une option ».

Le Dakarois

Guinée-Bissau : la junte consolide son pouvoir malgré la suspension de l’Union africaine

La nouvelle junte militaire arrivée au pouvoir en Guinée-Bissau continue de renforcer son emprise sur le pays. Après l’investiture jeudi du général Horta N’Tam à la tête d’un Haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre (HCM), les putschistes ont nommé vendredi Ilidio Vieira Té au poste de Premier ministre et ministre des Finances. Cette série de décisions intervient dans un climat marqué par la condamnation internationale et la suspension immédiate du pays par l’Union africaine (UA).

Le général Horta N’Tam, jusqu’alors chef d’état-major de l’armée de terre, a été désigné jeudi pour diriger une transition politique de douze mois. Dès le lendemain, il a signé un décret portant nomination d’Ilidio Vieira Té, dernier ministre des Finances du président déchu Umaro Sissoco Embaló. Lors d’une discrète cérémonie à Bissau, le chef de la junte a salué le « bon travailleur » avec lequel il entend « continuer à travailler dans un même navire », signalant ainsi la volonté du nouveau pouvoir de maintenir certains cadres de l’ancienne administration.

Cette nomination n’a toutefois pas empêché la réaction immédiate de l’Union africaine. Mahamoud Ali Youssouf, président de la commission de l’UA, a annoncé vendredi la suspension totale de la Guinée-Bissau de toutes les instances de l’organisation. Dénonçant les atteintes graves à l’ordre constitutionnel, l’UA s’est alignée sur les nombreuses préoccupations exprimées par la communauté internationale.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a pour sa part souligné que depuis le putsch, au moins 18 personnes ont été arbitrairement détenues. Parmi elles figurent des membres du gouvernement, des magistrats et des responsables de l’opposition. L’ONU se dit particulièrement préoccupée par les « violations des droits de l’Homme » observées depuis mercredi.

Malgré ce contexte tendu, la capitale Bissau a retrouvé une certaine normalité vendredi. Les activités commerciales ont repris, tout comme la circulation. Le dispositif sécuritaire déployé au lendemain du coup d’État a été partiellement levé. Les militaires ont également suspendu le couvre-feu nocturne imposé mercredi et ordonné la réouverture des frontières, des écoles, des marchés et des institutions privées. Toutefois, sur le terrain, la situation économique reste précaire. Nombreux sont les habitants, comme Boubacar Embalo, jeune commerçant ambulant, qui peinent à reprendre leurs activités.

Sur le plan politique, l’ex-président Umaro Sissoco Embaló, renversé puis brièvement détenu par les militaires, a trouvé refuge au Sénégal où il est arrivé jeudi soir à bord d’un avion affrété par Dakar. Le Sénégal, membre du « comité de médiation restreint » de la Cedeao, suit de près la situation. Vendredi, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a dénoncé ouvertement ce qu’il qualifie de « combine » destinée à interrompre le processus électoral en Guinée-Bissau. Selon lui, il est impératif de reprendre le décompte des voix et de « dire qui a gagné » les élections présidentielle et législatives du 23 novembre.

Ousmane Sonko a également appelé à la libération des personnes arrêtées, en particulier celle de Domingos Simões Pereira, figure majeure de l’opposition bissau-guinéenne et leader du PAIGC, qui n’était même pas candidat à l’élection. Écarté de la présidentielle pour dépôt tardif de dossier, Pereira avait soutenu le candidat de l’opposition Fernando Dias. Ce dernier affirme avoir remporté l’élection et accuse l’ancien président Embaló d’avoir orchestré le coup d’État pour empêcher l’annonce des résultats.

La crise en cours s’ajoute à une longue histoire d’instabilité politique en Guinée-Bissau. Depuis son indépendance du Portugal en 1974, le pays a connu quatre coups d’État réussis et de nombreuses tentatives avortées. Cette fragilité interne a favorisé l’installation durable de réseaux de narcotrafic, utilisant le pays comme point de transit pour la cocaïne en provenance d’Amérique latine à destination de l’Europe. Certains responsables militaires et hauts fonctionnaires ont même été cités dans ces trafics au fil des années, contribuant à maintenir le pays dans un cycle de turbulences politiques et économiques.

La situation actuelle laisse planer de nombreuses incertitudes sur l’avenir du processus démocratique bissau-guinéen, tandis que la pression régionale et internationale s’accentue pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

Guiberoua : une rencontre de Charles Blé Goudé violemment interrompue par des jets de pierres

Une rencontre publique organisée par Charles Blé Goudé à Guiberoua a tourné court ce mercredi 26 novembre 2025, plongeant habitants et participants dans un climat de panique. Le leader politique, qui s’était déplacé dans le village de Ziriwa pour échanger avec la population, n’a pas eu le temps de développer son message. À peine la réunion entamée sous le préau prévu pour l’occasion, des pierres ont été lancées en direction de l’assemblée, provoquant une interruption immédiate de l’événement.

Selon plusieurs témoins présents sur place, la scène a été brutale et inattendue. Les projectiles, surgissant de manière soudaine, ont semé la confusion parmi les participants qui ont cherché à se mettre à l’abri. Les organisateurs ont rapidement évacué Charles Blé Goudé pour des raisons évidentes de sécurité. Aucun blessé grave n’a été signalé, mais l’atmosphère de chaos a laissé une forte impression sur les habitants et les militants venus assister à la rencontre.

L’origine de ces jets de pierres reste pour l’heure inconnue. Aucune arrestation n’a été annoncée et les auteurs de cet acte n’ont pas encore été identifiés. Les sources locales évoquent toutefois un climat de tension grandissant dans la région, alimenté par les récentes prises de position médiatiques de Charles Blé Goudé. Ses critiques envers certaines figures influentes auraient contribué à exacerber les rivalités et à nourrir un mécontentement latent au sein de groupes opposés à sa démarche politique.

Cet incident intervient dans un contexte marqué par des mobilisations politiques de plus en plus sensibles dans la région de Guiberoua. Les autorités locales, pour l’instant silencieuses, sont attendues sur une éventuelle réaction face à un acte qui soulève des inquiétudes quant à la sécurité des rassemblements publics. Pour les habitants, l’événement rappelle la fragilité de la stabilité locale et la facilité avec laquelle une réunion initialement pacifique peut dégénérer.

La scène vécue à Ziriwa met en lumière les risques inhérents aux activités politiques en période de tensions accrues. Si l’objectif de la rencontre était d’encourager le dialogue entre le leader et la population, son interruption violente souligne la nécessité d’un apaisement durable pour permettre des débats sereins. En attendant les conclusions des enquêtes éventuelles, le climat à Guiberoua demeure marqué par une inquiétude palpable, tandis que les observateurs s’interrogent sur les répercussions que cet incident pourrait avoir sur la scène politique locale.

Fatick – Sokone : Le Chérif Cheybany Aïdara galvanise la jeunesse et appelle à l’unité nationale lors du Gamou annuel

La cité religieuse de Sokone a vibré ce vendredi au rythme du Gamou annuel organisé à l’initiative du Chérif Cheybany Aïdara. La cérémonie officielle, qui a réuni autorités administratives, coutumières, religieuses ainsi que de nombreux fidèles, a été marquée par un message fort en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de l’engagement citoyen.

Devant une foule nombreuse et attentive, le guide religieux a formulé des prières pour un Sénégal stable, uni et prospère. Il a rappelé l’urgence de préserver la solidarité nationale dans un contexte marqué par des défis politiques, économiques et sociaux.

« Que Dieu protège notre pays et continue de guider ses fils et filles vers la concorde », a-t-il déclaré sous les applaudissements des participants.

Un appel vigoureux à la jeunesse

S’adressant particulièrement aux jeunes, le Chérif Cheybany Aïdara a insisté sur leur rôle central dans la construction du Sénégal de demain. Il les a exhortés à s’investir davantage dans l’éducation, l’entrepreneuriat, l’innovation et la citoyenneté active.

Selon lui, la jeunesse doit être au cœur du développement national et porter les valeurs républicaines indispensables à l’émergence du pays.

Mettre fin à l’immigration clandestine

En sa qualité de khalif de la famille chérifienne de Sokone, le guide religieux a placé la lutte contre l’immigration irrégulière au centre de son allocution. Il a dénoncé les illusions entretenues autour de l’émigration vers l’Europe et rappelé que « la véritable réussite se construit ici, dans la dignité et dans le travail ».

Il a également mis en garde contre les réseaux qui profitent du désespoir des jeunes, invitant les familles, les leaders communautaires et les autorités locales à s’impliquer davantage dans la sensibilisation.

Pour le Chérif Aïdara, chaque parent et chaque responsable communautaire doit devenir un rempart contre les fausses promesses qui poussent de nombreux jeunes à risquer leur vie sur les routes migratoires.

Un Gamou fortement mobilisateur

La cérémonie a rassemblé une large frange de la population locale, témoignant de l’aura spirituelle et sociale du Chérif Cheybany Aïdara. Entre prières, chants religieux et échanges fraternels, l’événement a été un moment d’unité et de communion autour des valeurs de paix et de solidarité.

À travers un message empreint de patriotisme et d’espoir, le Chérif Aïdara a rappelé que le développement du Sénégal repose sur l’engagement de tous, particulièrement celui de la jeunesse, appelée à devenir un véritable moteur de transformation sociale.

Saint-Louis : L’enquête bouclée, l’entrepreneur Mouhamadou Bachir Sylla placé sous mandat de dépôt pour offense au chef de l’État

Le commissariat central de Saint-Louis a finalisé son enquête dans l’affaire ayant secoué ces derniers jours les réseaux sociaux : la vidéo montrant l’entrepreneur Mouhamadou Bachir Sylla en train de déchirer la photo officielle du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Les investigations menées par la police ont conduit, ce vendredi matin, au déferrement du mis en cause pour offense au chef de l’État et injures publiques.

Après la transmission du dossier, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Saint-Louis, Baye Thiam, a requis l’ouverture d’une information judiciaire. Dans son réquisitoire introductif, il a sollicité la délivrance d’un mandat de dépôt à l’encontre de l’entrepreneur, estimant que les faits nécessitaient une instruction approfondie. La demande du parquet a été suivie par le juge d’instruction du premier cabinet, qui a procédé à l’inculpation de Mouhamadou Bachir Sylla avant d’ordonner son placement sous mandat de dépôt.

Selon des sources , l’homme, présenté comme un militant du parti Pastef, passera ainsi sa première nuit en détention provisoire. La décision du magistrat intervient après la diffusion d’une séquence vidéo devenue virale, dans laquelle le mis en cause se présente comme un « patriote » et déchire l’effigie officielle du chef de l’État. La même vidéo le montre également proférant des propos jugés indécents et discourtois à l’endroit du président Bassirou Diomaye Faye.

Kaolack : Naatal Sa Gox multiplie les initiatives en faveur des familles vulnérables

Ce vendredi, le mouvement Naatal Sa Gox a organisé une journée spéciale de remise de dons au profit de différentes couches de la population, dans un élan de solidarité et d’engagement communautaire.

Le mouvement a ainsi offert d’importants dons aux habitants des villages de la localité. Une imprimante et des nattes ont été remises à l’école arabe de Thisse Mass, tandis que divers équipements sanitaires ont été octroyés à la case de santé de Ndiobène Tallène, dans le département de Kaolack.

Selon le coordonnateur du mouvement, Thierno Kébé, cette initiative s’inscrit dans une démarche continue de soutien aux populations vulnérables et de renforcement du lien social, mais également de promotion de l’éducation et de la santé dans la zone.

« Nous avons voulu apporter un peu de réconfort aux familles en difficulté et montrer que la solidarité reste un moteur essentiel pour notre communauté. Il s’agit aussi de permettre aux populations de bénéficier de meilleures conditions de soins », a-t-il déclaré.

Les bénéficiaires, visiblement touchés par cette attention, ont exprimé leur gratitude.

« C’est un geste qui nous aide beaucoup. Nous remercions le mouvement Naatal Sa Gox pour cette initiative », confie l’un d’eux sous anonymat.

Les organisateurs ont annoncé que d’autres actions similaires seront mises en œuvre dans les mois à venir, avec un accent particulier sur l’aide aux enfants et aux familles les plus démunies.

Gestion de l’hôtel Radisson : un contrat controversé limite l’intervention de l’État

La gestion de l’hôtel Radisson à Dakar suscite actuellement de vives interrogations au sein du parlement sénégalais. Interpellé par l’honorable député Pape Djibril Fall sur la situation des travailleurs de cet établissement hôtelier, le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Ba, a qualifié la situation de « grand scandale ». Selon lui, le problème trouve son origine dans le contrat de gestion signé avec une société turque, d’une durée de 15 ans, qui régit aujourd’hui le fonctionnement de l’hôtel.

Le ministre a précisé que ce contrat comporte des clauses spécifiques qui limitent considérablement l’intervention du gouvernement. « Les clauses inscrites dans le contrat empêchent le gouvernement d’intervenir », a-t-il indiqué, soulignant que l’État ne dispose d’aucun levier légal pour modifier la gestion ou les pratiques internes de l’établissement.

Par ailleurs, Amadou Ba a ajouté que le contrat confère à l’hôtel une autonomie complète pour déterminer ses propres conditions de travail. Cette disposition, selon lui, restreint la capacité de l’État à protéger les droits des travailleurs ou à intervenir en cas de litiges internes. Le ministre n’a toutefois pas manqué de rappeler que cette situation ne signifie pas un abandon des employés, mais qu’elle illustre plutôt les limites imposées par des accords internationaux complexes.

Babacar Ba Forum du justiciable : L’État du Sénégal sera tenu responsable de tout ce qui arrivera à Mabintou Diaby.

L’état de santé de Mabintou Diaby, épouse du journaliste Madiambal Diagne, est jugé très critique au point qu’elle a été évacuée en urgence à l’hôpital. Les organisations de défense des droits de l’homme ont assez alerté sur la situation des personnes malades et dont la détention est devenue inacceptable. L’État du Sénégal sera tenu responsable de tout ce qui arrivera à Mabintou Diaby. Maintenir une personne malade dans les liens de la détention est inhumain et contraire aux droits fondamentaux. Des mécanismes doivent être rapidement trouvés afin de mettre sous bracelet électronique tous les détenus malades.

Babacar Ba Forum du justiciable

Le Président Bassirou Diomaye Faye échange avec l’Union des Magistrats du Sénégal sur la modernisation de la justice

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu cet après-midi au Palais présidentiel une délégation de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS), conduite par son président, Cheikh Bâ. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des échanges réguliers entre les pouvoirs publics et les acteurs du système judiciaire, en vue de renforcer l’efficacité et la modernisation de la justice au Sénégal.

Au cours de cet entretien, les discussions ont porté sur le fonctionnement global de la justice et sur les réformes en cours, destinées à adapter le système judiciaire aux défis contemporains. Les magistrats ont présenté au Chef de l’État leurs préoccupations et propositions, notamment en matière de renforcement des capacités institutionnelles, d’amélioration des conditions de travail et d’accès plus rapide à la justice pour les citoyens.

Le Président Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé son engagement ferme en faveur d’une justice indépendante, efficace et accessible à tous. Il a insisté sur le rôle crucial de la justice comme garant de l’État de droit et sur la nécessité de bâtir un système judiciaire pleinement tourné vers les citoyens, capable de répondre aux exigences d’un environnement social et économique en constante évolution.

Foundiougne : Quarante-quatre candidats à la migration irrégulière interpellés, une personne portée disparue

Une opération menée ce 27 novembre 2025 par la Brigade territoriale de Foundiougne a permis l’interpellation de quarante-quatre candidats à la migration irrégulière dans la forêt de la presqu’île de Mboro, au niveau du village de Félane. L’intervention des gendarmes a été déclenchée à la suite de l’exploitation d’un renseignement signalant un important rassemblement suspect dans cette zone boisée, soupçonné de préparer un départ clandestin par voie maritime.

Selon les informations fournies par la gendarmerie, les personnes arrêtées sont originaires de plusieurs pays de la sous-région. Le groupe est composé de vingt-deux ressortissants gambiens, quinze Sénégalais, trois Nigériens, trois Bissau-Guinéens et un Ivoirien. Tous ont été conduits dans les locaux de la brigade pour les besoins de l’enquête, qui se poursuit afin d’identifier les éventuels organisateurs de cette tentative de migration irrégulière.

Les premiers éléments recueillis par les enquêteurs font état d’un incident survenu lors de la tentative d’embarquement. Une bousculade aurait éclaté dans les bolongs, entraînant la disparition d’une personne. Alertés, les sapeurs-pompiers de Foundiougne se sont immédiatement déployés dans la zone afin de mener des recherches pour tenter de retrouver le disparu. Les opérations se poursuivent malgré la difficulté du terrain, caractérisé par un réseau de bras d’eau et de zones marécageuses.

La gendarmerie souligne que cette intervention illustre l’importance de la coopération entre les populations et les forces de sécurité. Face à la recrudescence des départs clandestins enregistrés ces dernières semaines, les autorités insistent sur la nécessité pour les habitants de continuer à fournir des renseignements essentiels afin de prévenir de nouveaux drames. Cette arrestation massive rappelle une fois de plus les risques encourus par les candidats à la migration irrégulière et la détermination des forces de sécurité à lutter contre ce phénomène.

Sokone : La Grande Mosquée Cheikh Cherif Omar Aïdara inaugurée ce vendredi par le Khalif Cherif Cheybani Aïdara

La ville de Sokone a vibré ce vendredi au rythme d’un événement religieux majeur : l’inauguration officielle de la Grande Mosquée Cheikh Cherif Omar Aïdara. Une forte mobilisation de fidèles, de notables, de dignitaires religieux et de délégations venues de plusieurs localités a marqué cette journée placée sous le signe de la foi, de la piété et de l’unité.

Présidée par le Khalif Cherif Cheybani Aïdara, la cérémonie a rendu hommage à plusieurs figures spirituelles de référence, notamment Ibnou Sidy Boubacar et Ibnou Amiril Hamir Moukani Ebisibay, dont les noms figuraient sur la bannière officielle de l’événement. Très attendu par les disciples, le Khalif a procédé à l’ouverture solennelle de la nouvelle mosquée avant de diriger des prières et de formuler des bénédictions pour la communauté.

La nouvelle mosquée, imposante par sa silhouette massive, arbore des murs en béton armé et une architecture contemporaine. Le chantier, entamé il y a plusieurs mois, a mobilisé artisans locaux et bénévoles, tous déterminés à offrir à la communauté un lieu de culte plus spacieux, moderne et résistant.

Les minarets de ce grand édifice culminent chacun à plus de 35 mètres de hauteur, une prouesse architecturale qui renforce sa visibilité et symbolise la vitalité religieuse de la communauté. Avec une capacité d’accueil de 850 fidèles, la mosquée devient l’un des plus grands lieux de culte de la région.

Les habitants se disent fiers de cette réalisation qui répond à un besoin croissant d’espace, notamment lors des grandes prières du vendredi et des fêtes religieuses. L’édifice est également appelé à devenir un centre religieux majeur, offrant aux fidèles un cadre moderne pour les prières, mais aussi un espace d’enseignement destiné aux jeunes.

Dans son allocution, le Khalif Cherif Cheybani Aïdara a salué la détermination des habitants et des disciples qui ont contribué à la réussite du projet. Il a rappelé « l’importance de la cohésion, de la solidarité et de la transmission des valeurs islamiques dans un monde en pleine mutation », soulignant que cette mosquée sera un repère essentiel pour renforcer le vivre-ensemble.

La cérémonie a également été marquée par des récitations coraniques, des interventions d’imams et des témoignages de responsables locaux mettant en avant l’impact social et spirituel de cette nouvelle infrastructure religieuse. Plusieurs fidèles se sont réjouis de voir Sokone accueillir une mosquée d’une telle envergure, qu’ils considèrent déjà comme un patrimoine collectif.

La journée s’est achevée par une grande prière qui a rassemblé la foule nombreuse, témoignant de la ferveur et de l’émotion qui ont accompagné cet événement historique pour la ville de Sokone.

Arachide : un prix maintenu à 305 F CFA mais une annonce qui inquiète les acteurs de la filière

L’annonce du prix du kilogramme d’arachide pour la nouvelle campagne continue d’alimenter les débats au sein des organisations paysannes et des acteurs de la commercialisation. Fixé à 305 francs CFA, soit le même niveau que l’année précédente, ce prix ne suscite pas de contestations majeures sur le fond. En revanche, la méthode utilisée pour le rendre public fait naître de nombreuses inquiétudes, tant chez les producteurs que chez les opérateurs économiques.

Aly Diaw, président de la coopérative agricole de Kahi et membre du Comité national interprofessionnel de l’arachide (CENIA), figure parmi ceux qui dénoncent la démarche adoptée par les autorités. Selon lui, l’annonce a été faite de manière unilatérale et en dehors du cadre institutionnel habituel. Il estime qu’un tel prix devrait être officialisé en Conseil des ministres, en présence de l’ensemble des parties prenantes, et sur la base des conclusions des différentes rencontres tenues ces dernières semaines. Pour le responsable paysan, cette façon de procéder crée une zone d’ombre sur la transparence du processus.

Bien qu’il juge le prix « acceptable » dans un contexte de baisse des cours mondiaux de l’arachide, Aly Diaw dit s’inquiéter davantage de la disponibilité des financements, un élément clé pour assurer le bon déroulement de la campagne. Il souligne également l’absence de clarifications sur la mise en place des taraars, un mécanisme de régulation souvent évoqué mais dont l’application reste incertaine. À cela s’ajoute le problème non résolu des dettes des opérateurs économiques, un préalable indispensable selon lui pour éviter toute perturbation lors du démarrage des opérations d’achat. Dans ces conditions, il se dit « un peu inquiet pour la commercialisation » et espère que les fonds nécessaires seront mis à disposition dans les délais.

Les réserves sont tout aussi fortes du côté des organisations de défense des producteurs. Bassirou Ba, président du mouvement Aar Sunu Momel, évoque une série d’incohérences institutionnelles et une communication qu’il juge précipitée. Il rappelle que la fixation du prix plancher ne signifie en aucun cas l’ouverture officielle de la campagne, laquelle doit passer par un conseil interministériel chargé de définir les modalités opérationnelles. Selon lui, aucune trace de cette décision ne figure dans les comptes rendus du Conseil des ministres, ce qui rend l’annonce encore plus problématique.

Bassirou Ba conteste également l’affirmation du ministre selon laquelle les discussions avec le CENIA auraient permis d’aboutir à un consensus sur le prix. Il affirme qu’une rencontre s’est bien tenue une vingtaine de jours plus tôt, mais qu’aucune organisation paysanne ni aucun membre du CENIA ne s’était prononcé officiellement sur le montant. Pour lui, l’absence de mesures d’accompagnement concrètes montre que la campagne est loin d’être opérationnelle : les tonnages réservés aux industries et aux opérateurs ne sont pas connus, les modalités d’ouverture des frontières n’ont pas été précisées, et aucun dispositif clair n’a encore été présenté concernant les taraars ou les points de collecte.

Ces incertitudes sont renforcées par la situation financière préoccupante de la SONACOS et par les dettes accumulées par les opérateurs, estimées à 184 milliards de francs CFA. À cela s’ajoute un contexte international défavorable, marqué notamment par une production record en Chine, évaluée à 227 millions de tonnes, qui pourrait réduire la compétitivité des exportations sénégalaises.

Face à ces défis multiples, Bassirou Ba met en garde contre les dérives déjà observables sur le terrain. En l’absence de mesures officielles garantissant le respect du prix plancher, il estime que certains opérateurs peuvent se permettre d’acheter l’arachide à des prix très bas, parfois autour de 150 francs, sans risque de sanction. Selon lui, cette campagne pourrait se révéler plus difficile que les précédentes si les autorités ne clarifient pas rapidement le dispositif d’encadrement.

Baisse annoncée des tarifs de l’électricité au Sénégal à partir du 1er janvier 2025

Le ministre sénégalais de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, a annoncé ce vendredi une réduction significative du coût de l’électricité pour les ménages et les professionnels en basse tension. Cette décision, qui devrait entrer en vigueur au plus tard le 1er janvier 2025, a été communiquée lors d’une séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale.

Selon le ministre, la première tranche de consommation destinée aux ménages, couvrant la plage de 0 à 150 kWh, connaîtra une baisse notable. Le prix, actuellement fixé à 91,17 F CFA par kWh, sera ramené à 82 F CFA. Cette diminution de 10 % profitera directement à plus d’un million de foyers à travers le pays. Birame Souleye Diop a souligné que cette mesure s’inscrit dans une volonté de réduire la pression financière sur les familles, dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie et par la nécessité de rendre l’énergie plus accessible.

Du côté des professionnels en basse tension, une réduction similaire est prévue. La première tranche de consommation, qui couvre 0 à 50 kWh, passera de 163,81 F CFA à 147,43 F CFA par kWh, soit également une baisse de 10 %. Cette mesure touchera environ 319 000 abonnés, représentant 82 % de la clientèle professionnelle du pays. Le ministre a indiqué que cette décision vise à soutenir les petites entreprises, artisans et commerçants, dont les charges énergétiques constituent un frein à la compétitivité et à la rentabilité.

Birame Souleye Diop a par ailleurs rappelé que ces ajustements tarifaires s’inscrivent dans une politique plus large de réforme et de stabilisation du secteur énergétique. Le gouvernement ambitionne d’améliorer la gestion de la distribution, d’accroître l’efficacité du réseau et de favoriser l’accès universel à une énergie de qualité. Il a assuré que cette baisse des tarifs ne compromettra pas les investissements prévus dans le secteur, mais participera plutôt à une dynamique de relance économique et de renforcement du pouvoir d’achat.

Avec cette annonce, le Sénégal entame une nouvelle étape dans sa démarche de maîtrise des coûts énergétiques et de soutien aux populations. Les usagers attendent désormais la mise en œuvre effective de ces mesures dès le début de l’année 2025.

Crise en Guinée-Bissau : Thierno Bocoum salue l’initiative présidentielle et tance Ousmane Sonko

Thierno Bocoum est revenu, ce vendredi, sur la gestion sénégalaise de la crise politique en Guinée-Bissau. Selon lui, le Président de la République a posé « un acte majeur », rappelant avec force que, dans le domaine de la politique étrangère, « l’initiative et l’autorité reviennent pleinement au chef de l’État ». Pour l’ancien député, la réactivité du président face à la dégradation de la situation chez le voisin bissau-guinéen a démontré « une compréhension lucide des enjeux sécuritaires à nos frontières et surtout une volonté d’agir avant que la situation ne dégénère ».

Bocoum juge ainsi que, pour une fois, le président a pris les devants, rompant avec une dynamique où le Sénégal apparaît parfois entraîné par « des déclarations brouillonnes et des orientations improvisées » émanant du Premier ministre. Il accuse en effet Ousmane Sonko de chercher depuis plusieurs mois à imposer une « diplomatie personnelle », alignée selon lui sur des régimes « où la démocratie n’est qu’un parent pauvre » et où l’autoritarisme est présenté comme modèle.

L’ancien parlementaire reproche également à Ousmane Sonko certaines déclarations faites à l’Assemblée nationale, notamment lorsqu’il a évoqué l’existence d’une « combine » dans la gestion diplomatique de la crise. Une sortie que Thierno Bocoum estime dangereuse, dans un moment où « tout le Sénégal se mobilisait derrière ses institutions » pour prévenir les risques sécuritaires et politiques liés à l’instabilité en Guinée-Bissau. Il y voit une accusation gratuite, laissant sous-entendre une possible collusion entre le président déchu de Guinée-Bissau et les putschistes, ce qu’il juge « à contretemps, à contre-raison et à contre-intérêt national ».

Selon lui, Ousmane Sonko ravive par ailleurs ses anciennes critiques contre la CEDEAO, une organisation qu’il avait déjà attaquée par le passé. En s’exprimant ainsi, soutient Bocoum, le Premier ministre « s’exonère de la solidarité gouvernementale » et « fragilise la position internationale du Sénégal », au moment même où le président de la République conduit un processus diplomatique avec cette même CEDEAO pour contribuer à la stabilisation de la sous-région.

Thierno Bocoum rappelle d’ailleurs que le communiqué officiel publié le 27 novembre 2025 par le ministère de l’Intégration africaine a clairement affiché la position du Sénégal : condamnation de la prise de pouvoir par la force, exigence du rétablissement de l’ordre constitutionnel et appel à la libération immédiate des personnes arrêtées en Guinée-Bissau. Une « ligne claire, républicaine et responsable », souligne-t-il, que les propos du Premier ministre viennent inutilement brouiller.

Pour l’opposant, Ousmane Sonko s’éloigne du « cap national », s’isole « dans un entre-soi de flatteurs » et place son « ego là où devrait se trouver le sens de l’État ». Dans une crise aussi sensible, affirme-t-il, le Sénégal ne peut se permettre une « cacophonie au sommet », mais doit au contraire afficher une cohérence et une unité de doctrine.

Thierno Bocoum conclut en appelant à une posture plus institutionnelle et plus disciplinée au sein de l’exécutif, estimant que l’intérêt national doit primer sur les divergences politiques ou les ambitions personnelles.

Guinée-Bissau : La junte nomme Ilidio Vieira Té Premier ministre après le coup d’État

La scène politique bissau-guinéenne continue de connaître de profonds bouleversements à la suite du coup d’État survenu le mercredi 26 novembre. Deux jours après avoir pris le contrôle du pays, le général Horta N’Tam, désormais chef de la junte militaire, a annoncé ce vendredi 28 novembre 2025 la nomination d’Ilidio Vieira Té au poste de Premier ministre.

Cette nomination intervient dans un contexte de forte instabilité institutionnelle, marqué par la dissolution des principales institutions républicaines par les militaires et par l’incertitude qui plane sur la suite du processus politique. Avec l’arrivée d’Ilidio Vieira Té à la primature, la junte cherche visiblement à installer rapidement un gouvernement de transition pour tenter de rassurer les partenaires internationaux et de donner une orientation politique claire à son action.

Ilidio Vieira Té, figure influente de la scène politique nationale, n’est pas un novice. Il occupait déjà le portefeuille stratégique des Finances dans le gouvernement dissous, un ministère qu’il continuera de diriger cumulativement. Son maintien à ce poste illustre la volonté de la junte de s’appuyer sur un homme considéré comme expérimenté, rompu aux négociations économiques et capable d’assurer une certaine continuité administrative dans un moment où les finances publiques sont sous pression.

Proche collaborateur de l’ex-président Umaro Sissoco Embaló, Ilidio Vieira Té avait également joué un rôle central dans sa dernière campagne présidentielle, renforçant son statut d’acteur politique de premier plan. Ce lien avec l’ancien chef de l’État soulève toutefois des interrogations quant à la ligne politique que la junte entend suivre, certains observateurs se demandant si cette nomination ouvre la voie à une transition inclusive ou si elle s’inscrit dans la continuité de l’ancien régime.

Alors que le pays reste sous le choc de la prise de pouvoir militaire et que la communauté internationale appelle à un retour rapide à l’ordre constitutionnel, les prochains jours seront déterminants. La formation du gouvernement dirigé par Ilidio Vieira Té, la définition d’un calendrier de transition et la position que prendra la junte face aux pressions diplomatiques constitueront les premiers tests de la nouvelle équipe dirigeante.

Diomaye Faye reçoit Naguib Sawiris : Orascom veut renforcer sa présence au Sénégal

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé une audience ce vendredi 28 novembre 2025 à M. Naguib Sawiris, Président du Groupe Orascom, au Palais présidentiel. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de consolidation des relations entre le Sénégal et l’un des plus importants conglomérats opérant à l’international.

Au cours des échanges, le chef de l’État et l’homme d’affaires égyptien ont passé en revue les activités d’Orascom, un groupe présent dans des secteurs stratégiques tels que la construction, l’industrie, l’immobilier et le tourisme. Naguib Sawiris a mis en avant l’évolution positive du climat des affaires au Sénégal, qu’il qualifie de « favorable et dynamique », soulignant les efforts du gouvernement pour attirer et sécuriser les investissements étrangers.

Le Président du Groupe Orascom a réaffirmé l’intérêt de son entreprise pour le marché sénégalais. Selon lui, le Sénégal se positionne aujourd’hui comme un hub économique régional en pleine expansion, offrant des opportunités majeures dans la transformation urbaine, les infrastructures et l’aménagement du territoire. Dans cette optique, M. Sawiris a exprimé la volonté du groupe d’intensifier ses investissements et de participer activement à la réalisation de projets structurants.

Orascom a également réitéré son engagement à concevoir et à développer des projets urbains modèle, reposant sur trois piliers essentiels : la durabilité environnementale, l’inclusion sociale et l’accessibilité. Ces ambitions visent à accompagner le Sénégal dans la mise en œuvre de politiques publiques tournées vers un développement harmonieux, moderne et respectueux des populations.

L’audience s’est conclue par un accord de principe pour poursuivre les discussions techniques entre les équipes gouvernementales et celles du groupe, dans la perspective de concrétiser les projets évoqués. Cette rencontre confirme la volonté commune de bâtir un partenariat durable et stratégique au service du développement national.

Kaolack : Le directeur régional de l’ONAS multiplie les actions pour soulager les populations

Depuis son arrivée à la tête de la direction régionale de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) à Kaolack, Serigne Mbaye Sy Thiam se distingue par une présence constante sur le terrain. Avec une approche participative et un engagement affirmé, il s’emploie à apporter des solutions durables aux problèmes liés aux déversements d’eaux usées qui touchaient plusieurs quartiers de la ville.

À Taba Ngoye, Dialègne, Abattoirs et surtout à Médina Baye, de nombreuses difficultés avaient été signalées. Les ruelles menant vers la maison de feu Serigne Mamoune Niass, la route de Thierno Hassan Dème ou encore le passage vers l’ancienne pharmacie étaient régulièrement confrontées à des débordements d’eaux usées, un véritable calvaire pour les habitants.

Aujourd’hui, ces problèmes sont définitivement réglés ou ne sont plus qu’un lointain souvenir.

Ces résultats sont le fruit d’une méthode claire : un directeur présent sur le terrain, travaillant aux côtés de ses équipes pour évaluer les situations et intervenir rapidement. Cette proximité a été largement saluée par les populations, qui y voient la marque d’un leadership efficace et attentif à leurs besoins.

Pour renforcer les opérations, un grand camion spécialisé a été mobilisé afin d’appuyer la logistique et d’accélérer les interventions.

Serigne Mbaye Sy Thiam a par ailleurs assuré que les opérations de curage hydrodynamique du réseau primaire d’assainissement se poursuivront dans l’ensemble des zones concernées, jusqu’au retour définitif à la normale.

Boulangerie clandestine à Biafra : sept individus interpellés par le Commissariat de Diamaguène Sicap Mbao

Le Commissariat d’Arrondissement de Diamaguène Sicap Mbao a procédé, le 26 novembre 2025, à l’interpellation de sept individus impliqués dans une affaire d’association de malfaiteurs, de mise en danger de la vie d’autrui et de production d’aliments impropres à la consommation. Les mis en cause sont également poursuivis pour non-respect de la réglementation encadrant les activités de boulangerie et pâtisserie au Sénégal.

L’opération a été déclenchée à la suite de l’exploitation d’un renseignement opérationnel faisant état de l’existence d’une boulangerie clandestine dans le quartier de Biafra. Une équipe d’intervention a été immédiatement mobilisée et a réussi à interpeller un premier individu présenté comme le propriétaire de l’établissement. Celui-ci a été accompagné lors d’une perquisition qui a permis de découvrir un environnement insalubre et des pratiques dangereuses pour la santé publique.

Sur les lieux, les enquêteurs ont trouvé deux fours artisanaux fonctionnant au charbon, quinze sacs de farine entreposés à proximité de déchets, ainsi que plusieurs sacs de sel et de sucre ouverts et exposés à l’air libre. Soixante plateaux ont été découverts, dont cinquante-cinq remplis de baguettes recouvertes de sacs inadaptés, en présence de mouches et d’insectes. Les agents ont également constaté l’utilisation de quatre bidons d’eau pour la préparation du pain et d’une machine pétrisseuse locale ne respectant aucune norme d’hygiène. Deux motos destinées à la livraison complétaient l’équipement.

Les locaux dégageaient une forte odeur nauséabonde et présentaient un niveau d’insalubrité inquiétant, avec la présence de vers de terre et d’animaux domestiques, notamment des chats. L’ensemble du matériel a été consigné en vue de son placement sous scellé et la boulangerie a été immédiatement fermée.

Lors de son audition sommaire, le propriétaire a reconnu exercer cette activité depuis plusieurs années sans autorisation administrative. Ses six employés ont également été interpellés. Tous les sept ont été placés en garde à vue pour association de malfaiteurs, mise en danger de la vie d’autrui, production et mise en vente d’aliments impropres à la consommation, ainsi que violation des normes réglementant le secteur de la boulangerie et de la pâtisserie au Sénégal.

Une enquête approfondie est en cours pour déterminer l’ampleur des activités de cette boulangerie clandestine et les risques sanitaires encourus par les populations du secteur.

Dernière minute : l’état de santé de la femme de Madiambal Diagne suscite une vive inquiétude

La situation médicale de Mabintou Diaby, épouse de l’administrateur du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, a connu une nouvelle et inquiétante dégradation. Selon des informations relayées ce jeudi par la chaîne 7TV, elle a été évacuée en urgence et se trouverait désormais dans un état critique, ravivant les préoccupations déjà vives autour de sa prise en charge sanitaire.

Détenue depuis le 29 septembre 2025 dans le cadre de l’affaire de blanchiment de capitaux dans laquelle sont impliqués son mari et plusieurs de leurs proches, Mabintou Diaby souffre depuis plusieurs semaines de graves complications de santé. Ses avocats avaient déjà alerté, dès sa période de garde à vue, sur « des affections organiques extrêmement préoccupantes » nécessitant une attention médicale soutenue.

Fin octobre, la détérioration de son état avait nécessité son transfert en urgence à l’Hôpital Principal de Dakar, où elle avait été admise au pavillon spécial, un service généralement réservé aux cas les plus délicats. Ce placement avait été interprété comme un nouveau signe de la gravité de sa situation clinique.

Depuis lors, le collectif de ses avocats réclame avec insistance l’octroi d’une liberté provisoire, estimant que son maintien en détention est « incompatible » avec son état de santé fragile. Selon eux, seule une prise en charge adaptée, hors du cadre carcéral, pourrait permettre de stabiliser son état. Plusieurs organisations de la société civile se sont jointes à cet appel, exhortant les autorités à « assumer leurs responsabilités » afin de garantir à la détenue l’accès aux soins appropriés.

Samuel Sarr renvoyé en audience spéciale dans l’affaire des 2 milliards l’opposant à Cheikh Amar

L’ancien ministre de l’Énergie sous le régime de Me Abdoulaye Wade, Samuel Sarr, fait désormais face à un procès très attendu devant le tribunal correctionnel de Dakar. Selon le quotidien L’As, il a été inculpé par le juge du deuxième cabinet et placé sous contrôle judiciaire depuis le 6 avril dernier pour des faits d’abus de confiance portant sur une somme faramineuse de deux milliards de francs CFA. Cette procédure, qui le met aux prises avec l’homme d’affaires Cheikh Amar, est l’un des dossiers politico-judiciaires les plus sensibles hérités de la période post-alternance.

L’affaire a été appelée hier devant le tribunal correctionnel, mais le juge a finalement décidé de renvoyer les débats à une audience spéciale fixée au 30 avril 2026. Ce renvoi vise à permettre la comparution du plaignant et à donner le temps nécessaire aux différentes parties pour présenter leurs arguments et plaidoiries.

À l’origine de ce contentieux, un prêt de deux milliards de francs CFA que Cheikh Amar affirme avoir accordé à Samuel Sarr en 2014. Selon la partie civile, l’homme d’affaires soutient que l’ancien ministre lui avait demandé ces fonds au nom de Me Abdoulaye Wade, présenté comme étant dans une situation financière difficile après la perte du pouvoir par le Parti démocratique sénégalais (PDS). Cheikh Amar dit avoir émis plusieurs chèques pour atteindre le montant total de deux milliards, remettant les fonds à Samuel Sarr dans le but qu’ils soient transmis à l’ancien président. Or, selon lui, cette somme n’est jamais parvenue au « Pape du Sopi ».

Face à l’absence de remboursement et aux explications jugées insatisfaisantes, Cheikh Amar a finalement décidé de porter plainte pour récupérer son argent. Convoqué dans le cadre de l’enquête à la Section de recherches de la Gendarmerie, Samuel Sarr a riposté en déposant lui aussi une plainte contre l’homme d’affaires. Malgré cette contre-offensive judiciaire, c’est finalement lui qui a été inculpé, placé sous contrôle judiciaire et laissé en liberté provisoire en attendant son procès.

L’ancien ministre a tenté de se défendre en produisant un document signé qui, selon lui, retrace la destination des fonds querellés. Ce document mentionnerait une liste de dignitaires religieux, d’hommes politiques, de journalistes et d’avocats qui auraient bénéficié des deux milliards en question. Une version contestée par la partie civile, qui reste convaincue que l’argent était destiné exclusivement à Me Wade et n’a jamais été transmis.

Le renvoi de l’affaire en audience spéciale donne désormais près de cinq mois aux deux camps pour affiner leurs stratégies et préparer une confrontation judiciaire qui s’annonce particulièrement scrutée. Ce dossier, où se mêlent enjeux politiques, relations d’affaires et allégations de détournement, pourrait lever un coin du voile sur des pratiques financières longtemps restées opaques dans les cercles du pouvoir de l’époque Wade. Le 30 avril 2026, le tribunal correctionnel sera appelé à trancher un litige qui continue d’alimenter les spéculations et les interrogations au sommet de la scène politique sénégalaise.

Opération de désencombrement : le ministre de l’Intérieur rappelle la loi et défend la fermeté de l’État

Lors de la séance des questions d’actualité de ce vendredi à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur, Me Bamba Cissé, est revenu en détail sur l’opération de dégagement de l’espace public déclenchée à Dakar depuis la fin septembre 2024. Face aux préoccupations exprimées par le député Pape Djibril Fall, le ministre a tenu à clarifier la philosophie et les objectifs de cette initiative, qu’il refuse de qualifier de simple « déguerpissement ».

Selon Me Bamba Cissé, il s’agit avant tout d’une vaste « opération de réorganisation de l’espace public », une démarche inscrite dans un cadre légal et administratif précis. Le ministre a invité les parlementaires à faire preuve de cohérence dans leurs prises de position, rappelant que les élus ont eux-mêmes voté les textes qui encadrent l’usage de la voie publique. « Ceux qui défendent certaines activités doivent se référer aux lois qu’ils votent avant de les défendre. Tu ne peux pas voter une loi et, quand on l’applique, t’opposer à son application », a-t-il lancé, en réponse aux critiques sur les impacts sociaux du désencombrement.

Pour illustrer ses propos, Me Bamba Cissé a cité la Loi n° 67-50 de novembre 1967, un texte toujours en vigueur, qui réglemente les activités sur la voie publique. Cette loi prévoit des sanctions pouvant atteindre jusqu’à deux ans d’emprisonnement pour ceux qui occupent illégalement les espaces réservés aux piétons, à la circulation ou aux infrastructures communales. Le ministre a insisté sur le fait que le gouvernement se limitait à appliquer cette législation, longtemps restée lettre morte.

Revenant sur la philosophie qui sous-tend l’opération, le ministre de l’Intérieur a souligné que l’ordre et la discipline constituent les fondements du développement de toute nation. À l’appui de son argumentaire, il a évoqué les trajectoires du Rwanda et de l’Éthiopie, qui, selon lui, ont connu ces dernières années un véritable rebond économique grâce à la rigueur instaurée dans la gestion de l’espace public et de la vie collective. « Ces pays étaient derrière nous ; aujourd’hui ils sont cités en exemple. C’est ça que nous voulons amener au Sénégal, et nous allons le réussir », a affirmé Me Bamba Cissé, réitérant la volonté du gouvernement de poursuivre l’opération de désencombrement jusqu’à son terme.

Le ministre a également dévoilé des détails sur la préparation technique de l’initiative, menée en coordination avec les gouverneurs des différentes régions. Une circulaire leur a été adressée pour identifier les zones les plus fortement encombrées et planifier leur dégagement. Cette démarche, explique-t-il, vise à lutter contre l’insalubrité, l’insécurité et l’occupation anarchique des sols, qui perturbent la circulation, dégradent le cadre de vie et favorisent parfois des activités illicites.

Me Bamba Cissé a tenu à rassurer les acteurs économiques concernés. L’objectif n’est pas d’empêcher les populations de travailler, mais de faire respecter les codes d’occupation de l’espace afin de garantir un environnement urbain fonctionnel. « Il n’est interdit à personne de travailler, mais il faut de l’ordre et de la salubrité dans leur commerce. Le trottoir est pour les piétons, la route pour la circulation, et le marché pour les marchands. C’est ainsi qu’un pays fonctionne », a-t-il martelé.

Ousmane Sonko presse la justice d’accélérer le traitement des dossiers en souffrance

Dans un contexte national marqué par une multiplication des critiques sur la lenteur des procédures judiciaires liées à la reddition des comptes, le Premier ministre Ousmane Sonko a haussé le ton ce vendredi matin devant les parlementaires. Face à ce qu’il considère comme un dysfonctionnement persistant, le chef du gouvernement a appelé la justice à « empresser le pas » afin de traiter l’ensemble des dossiers en cours dans des délais « raisonnables », avec « célérité et rigueur ».

S’exprimant lors d’une séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité d’un « travail sérieux » en amont de toute mesure coercitive telle qu’une arrestation ou une mise en accusation. Selon lui, il s’agit d’une exigence fondamentale pour garantir l’équité et la crédibilité du système judiciaire. Le Premier ministre a réaffirmé que son gouvernement n’était « pas dans les règlements de compte », une manière de dissiper les soupçons de poursuites sélectives souvent évoquées dans le débat public.

Tout en reconnaissant l’argument avancé par certains juristes, selon lequel « le temps de la justice ne peut pas être le temps des hommes », Ousmane Sonko a estimé que cette réalité ne pouvait justifier indéfiniment la détention prolongée de prévenus. Il a ainsi invité les autorités judiciaires à « soit juger, soit libérer » toutes les personnes incarcérées dans le cadre de procédures en attente. Cette prise de position s’inscrit dans une volonté affichée d’instaurer un État de droit plus ferme, mais également plus équitable.

Ces déclarations interviennent après une série de critiques déjà formulées par le Premier ministre à l’égard de l’appareil judiciaire. Dans ses précédentes interventions, Sonko n’avait pas hésité à évoquer la nécessité d’un « nettoyage » au sein de l’institution, accusant certains acteurs de ne pas dire le droit de manière impartiale.

Parallèlement, le débat autour des conditions de travail des magistrats refait surface. Le président de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS), Cheick Ba, a récemment interpellé le gouvernement sur le manque criant de moyens humains et matériels au sein de la justice. Il a notamment révélé que le pays ne comptait que 546 magistrats pour environ 18 millions d’habitants, un ratio largement insuffisant pour assurer un fonctionnement efficace des juridictions. Selon lui, l’amélioration des performances de la justice passe nécessairement par un investissement plus important de l’État, condition sine qua non pour résorber les lenteurs dénoncées de toutes parts.

Coup d’Etat en Guinée : « C’est une combine… le processus électoral doit se poursuivre! », déclare Ousmane Sonko

Lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale ce vendredi, le Premier ministre Ousmane Sonko s’est exprimé sur la situation explosive en Guinée-Bissau, où un coup d’État est intervenu après la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle. Bien qu’il ait tenu à rappeler les limites de son champ d’intervention, le chef du gouvernement n’a pas hésité à livrer une analyse tranchée des événements.

Dès l’entame de sa réponse, Ousmane Sonko a adopté un ton mesuré, soulignant que, selon les principes institutionnels, « ce qui se passe en Guinée est une prérogative du gouvernement ». Il a précisé ne pas vouloir « trop [s’]aventurer » dans un dossier relevant principalement de la diplomatie et de la présidence de la République. Cette mise en garde visait à situer son propos dans le respect du partage des responsabilités entre les différentes institutions de l’État.

Mais malgré cette prudence initiale, le Premier ministre a clairement exprimé son point de vue sur la nature de la crise. Il a qualifié les événements de « complot qui n’a aucune base légale », dénonçant ainsi une prise de pouvoir qu’il estime dépourvue de fondement juridique ou constitutionnel. Par cette déclaration, Ousmane Sonko s’inscrit dans une ligne de condamnation ferme des changements de régime par la force, en cohérence avec les principes défendus par le Sénégal et la CEDEAO.

Le chef du gouvernement a ensuite insisté sur la nécessité de privilégier une sortie de crise démocratique. Il a appelé à « la poursuite du processus électoral » interrompu par les troubles, estimant indispensable que « la Commission proclame les résultats définitifs ». Selon lui, seule la transparence totale du processus électoral permettra d’apaiser les tensions et de restaurer un cadre institutionnel légitime en Guinée-Bissau.

Enfin, Ousmane Sonko a exigé la libération des personnes arrêtées dans la foulée du coup de force, jugeant que leur détention constitue un obstacle supplémentaire au retour à la normalité institutionnelle. Pour le Premier ministre, aucune stabilité durable ne peut être envisagée en dehors du respect des droits et libertés fondamentales.

Affaire Madiambal Diagne : le président de la CENTIF clarifie sa position

Dans un entretien accordé jeudi au quotidien Le Soleil, le président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, est revenu sur la polémique née des déclarations du journaliste Madiambal Diagne, qui conteste être mis en cause dans un des rapports de la structure. Face à la question, Siby a adopté un ton à la fois pédagogique et ferme, tout en rappelant d’emblée les limites légales qui encadrent ses prises de parole publiques. « La CENTIF est tenue à une obligation de réserve qui nous interdit de commenter le fond d’une affaire particulière, de citer des noms ou de revenir sur des pièces d’un dossier en cours », a-t-il expliqué, refusant ainsi de mentionner directement le fondateur du groupe Avenir Communication.

Tout en respectant ce devoir de réserve, le président de la CENTIF a tenu à rappeler plusieurs principes relatifs au fonctionnement de l’institution. Il a d’abord insisté sur la nature même de la CENTIF, qui n’est ni une juridiction ni un service de police, mais une cellule de renseignement financier chargée de recevoir, d’analyser et d’enrichir les déclarations d’opérations suspectes ainsi que diverses informations financières pertinentes. Lorsque les analyses aboutissent à des éléments suffisamment étayés, celles-ci sont ensuite transmises aux autorités compétentes. Il a également insisté sur la traçabilité des procédures internes, assurant que la chronologie des actes posés par la CENTIF est entièrement documentée. Les dates portées sur les rapports, précise-t-il, correspondent toujours à l’achèvement du travail d’analyse et à la validation collégiale du document.

Cheikh Mouhamadou Bamba Siby a enfin rappelé que toute contestation portant sur un document, une irrégularité supposée ou une interprétation doit se faire dans le cadre judiciaire. Il a souligné que la procédure judiciaire est l’unique espace légitime pour discuter du contenu des rapports ou des conclusions de la cellule, et non le terrain médiatique. Selon lui, le rôle de la CENTIF est strictement technique : elle éclaire des flux financiers suspects, tandis qu’il revient aux magistrats, en toute indépendance, d’apprécier la valeur des analyses produites.

Ces mises au point interviennent dans un contexte où Madiambal Diagne, actuellement en fuite en France, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la justice sénégalaise. Il est visé par une information judiciaire ouverte par le Pool judiciaire financier pour association de malfaiteurs, escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux en bande organisée, utilisation de facilités liées à l’exercice d’une activité professionnelle, ainsi que complicité de ces infractions. L’enquête fait suite à un rapport de la CENTIF évoquant des transactions suspectes impliquant une société dont il est administrateur et l’entreprise française Ellipse Projects.

Ces développements ont conduit au placement sous mandat de dépôt de l’épouse du journaliste et de deux de leurs enfants, une situation que Madiambal Diagne qualifie de « dossier politique ». Les autorités judiciaires poursuivent quant à elles les investigations, tandis que la CENTIF réaffirme son rôle strictement technique et sa neutralité institutionnelle dans le traitement de toutes les opérations financières suspectes portées à sa connaissance.

Sonko dément toute “dette cachée” : Abdourahmane Sarr recadre le débat à l’Assemblée nationale

L’hémicycle a été le théâtre, ce vendredi, d’un échange particulièrement tendu autour de la question de la dette publique. Interpellé sur l’existence supposée d’une « dette cachée », le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a fermement rejeté cette qualification, estimant qu’elle était dénuée de tout fondement. Face au Premier ministre Ousmane Sonko et aux députés, le ministre a tenu à dissiper toute ambiguïté sur les corrections apportées aux statistiques de la dette publique.

Dans une intervention sans détour, Abdourahmane Sarr a expliqué qu’une dette ne peut être considérée comme « cachée » que si l’État lui-même en ignore l’existence. Or, a-t-il souligné, les engagements concernés étaient bel et bien remboursés régulièrement par les autorités publiques. Le problème ne relevait donc pas de dissimulation volontaire, mais plutôt d’imperfections dans la consolidation des informations au niveau statistique. « Si vous savez qu’une dette existe et que vous la payez, elle n’est pas cachée », a-t-il déclaré avec insistance. Selon le ministre, l’écart entre les 75 % de dette initialement annoncés et les 119 % révélés par l’audit résulte d’erreurs de remontée de données corrigées dans le cadre d’un processus d’assainissement normal.

Abdourahmane Sarr a également pris le temps de clarifier le rôle du Fonds monétaire international, souvent présenté comme un acteur contraignant dans les périodes d’ajustement économiques. Il a défini le FMI comme un « prêteur en dernier ressort », une institution sollicitée lorsqu’un pays n’arrive plus à se financer sur les marchés dans des conditions normales. Dans ces situations, les autorités doivent présenter un plan économique crédible pour combler le manque de financement, appelé « gap », et restaurer la confiance des partenaires. Cette démarche n’est pas une exigence imposée de l’extérieur, a-t-il précisé, mais une nécessité pour garantir la continuité du financement public.

Le ministre a par ailleurs rappelé l’ampleur des besoins de financement du Sénégal, estimés à environ 6 000 milliards FCFA par an. Sur ce montant, 1 250 milliards correspondent au déficit budgétaire annuel, tandis que 4 750 milliards représentent les dettes arrivant à échéance et devant être refinancées. À ses yeux, l’enjeu majeur n’est plus uniquement le niveau absolu de la dette, mais la capacité du pays à accéder durablement au refinancement dans un climat de confiance et de transparence renforcée.

Il a enfin évoqué le « changement de catégorie » du Sénégal, désormais classé parmi les pays présentant des besoins de financement particulièrement élevés. Ce repositionnement, fruit d’un processus long encore en cours, implique une exigence accrue en matière de sincérité et de rigueur dans la présentation des données publiques. Pour Abdourahmane Sarr, cette transition impose au gouvernement de maintenir un haut niveau de discipline financière afin de préserver la crédibilité de l’État sur les marchés internationaux.

Discussions Sénégal–FMI : Cheikh Diba dévoile l’état des négociations devant les députés

Lors de la séance de questions d’actualité tenue ce vendredi à l’Assemblée nationale, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté des éclaircissements sur l’évolution des discussions en cours entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Face aux députés, il a assuré que les échanges « se passent très bien », tout en rappelant les différentes étapes déjà franchies dans le cadre du processus.

Cheikh Diba est revenu sur la publication de l’audit initial, intervenue le 26 septembre, un document qui a permis de mettre en lumière la situation exacte des finances publiques. À la suite de cet audit, un rapport certifié a été validé le 12 février, levant ainsi les derniers prérequis pour l’ouverture formelle des négociations avec le FMI. Selon le ministre, ce cadre de transparence et de clarification était indispensable pour asseoir des discussions constructives.

Dans son intervention, le ministre a également dressé un tableau sans complaisance de la situation budgétaire héritée. Il a révélé que le taux d’endettement du Sénégal est passé de 74 % à 119 %, un niveau considéré comme très élevé et susceptible de fragiliser la stabilité macroéconomique du pays. À cela s’ajoute un déficit budgétaire estimé à 13,4 %, un chiffre bien au-dessus des normes communautaires et des seuils habituellement admis par les partenaires techniques et financiers.

Cheikh Diba a expliqué que ces indicateurs justifient la prudence dont fait preuve actuellement le FMI. L’institution, selon lui, souhaite s’assurer que les déséquilibres financiers observés par le passé ne se reproduiront plus. Elle adopte ainsi une démarche fondée sur « l’assurance et la sûreté », l’objectif étant de sécuriser la trajectoire budgétaire du Sénégal pour les années à venir.

Ousmane Sonko relance le débat sur le rapport de l’IGE : entre zones d’ombre, continuité de l’État et bataille politique

Ce vendredi 28 novembre 2025, Ousmane Sonko a profité de son passage devant l’Assemblée nationale pour revenir sur l’affaire du rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) relatif au Conseil économique, social et environnemental (CESE), un dossier qui continue de susciter des remous politiques plusieurs années après les faits. Le Premier ministre a tenu à clarifier sa position et à rappeler le déroulement exact du traitement du rapport sous l’ancien régime.

Selon lui, le document avait bel et bien été « lu et approuvé » par l’ancien président Macky Sall, qui n’aurait émis qu’une seule réserve portant sur la deuxième recommandation de l’IGE, celle liée au statut du président d’honneur du CESE et aux avantages qui y étaient associés. Pour Sonko, cette précision est essentielle car elle montre que l’ex-chef de l’État avait validé la quasi-totalité des conclusions des inspecteurs.

Il a également souligné le rôle d’Amadou Ba, alors Premier ministre, qu’il a présenté comme l’autorité ayant exécuté les recommandations issues du rapport. D’après les explications du chef du gouvernement, Amadou Ba avait sollicité le ministre des Finances de l’époque, Mamadou Moustapha Ba, ainsi que le président du CESE, Abdoulaye Daouda Diallo. Le rapport avait même été transmis à la présidente sortante de l’institution, Aminata Touré. Toujours selon Sonko, une correspondance avait ensuite été adressée à la justice le 3 juillet 2023.

« Le rapport existe et je ne connais que la continuité de l’État. J’ai fait ce que j’avais à faire. Un rapport ne se retient pas. Le coupable ou non est déterminé par la justice », a martelé Ousmane Sonko, insistant sur le fait que le traitement du dossier dépasse les considérations politiques et relève exclusivement de la responsabilité judiciaire.

Au cœur de cette affaire se trouve une somme évaluée à près de deux milliards de FCFA dont la destination demeure incertaine, selon le Premier ministre. Cette zone d’ombre a ravivé les tensions politiques, d’autant plus que l’affaire coïncide avec la récente nomination d’Aminata Touré à un poste stratégique au sein de la coalition au pouvoir. Certains y voient un paradoxe ou un malaise, compte tenu du fait que le rapport de l’IGE évoque indirectement la gestion du CESE à l’époque où elle en assurait la présidence.

Aminata Touré, pour sa part, a rejeté de façon catégorique toute accusation de mauvaise gestion. Elle a même proposé une audition publique de l’Inspection générale d’État, convaincue qu’une telle démarche permettrait de lever définitivement les doutes et de clore les polémiques.

Le dossier reste toutefois suspendu à une décision du chef de l’État, seul habilité à décider de la suite à donner au rapport et à sa transmission formelle à la justice. Cette attente entretient un climat d’incertitude, sur fond d’enjeux judiciaires mais surtout politiques, alors que la classe politique s’interroge sur les véritables conséquences qu’un tel dossier pourrait entraîner dans le contexte actuel.

Crise en Guinée-Bissau : le président Umaro Sissoco Embaló exfiltré et accueilli à Dakar par les autorités sénégalaises

Le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló a été exfiltré et rapatrié d’urgence à Dakar dans la soirée de ce jeudi, à la suite de la dégradation rapide de la situation sécuritaire en Guinée-Bissau. L’information a été confirmée par un communiqué officiel du ministère sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, qui précise que l’opération a été menée sous la supervision directe du chef de l’État, Bassirou Diomaye Diakhar Faye.

Selon les autorités sénégalaises, la décision d’intervenir a été prise dès les premières heures de la crise, alors que des éléments des forces armées bissau-guinéennes tentaient de prendre le contrôle des institutions. Présenté comme une opération d’urgence, le dispositif mis en place par Dakar a consisté à affréter un aéronef spécial dépêché à Bissau afin d’assurer l’exfiltration du président Embaló. Plusieurs responsables politiques et diplomatiques, ainsi que des membres de missions d’observation électorale présents dans la capitale bissau-guinéenne lors des événements, ont également été évacués.

Le communiqué du ministère précise que les autorités sénégalaises sont restées en contact permanent avec les différentes parties prenantes, tant au niveau national qu’au sein des organisations régionales. Cette intervention s’inscrit dans le cadre des discussions menées au sein de la CEDEAO, qui s’est réunie en sommet extraordinaire pour examiner la situation en Guinée-Bissau. Réunis en mode virtuel, les dirigeants de l’organisation ouest-africaine ont condamné sans équivoque la tentative de prise de pouvoir par la force et ont exigé le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel.

Durant cette réunion, le président Bassirou Diomaye Faye a insisté sur l’urgence de protéger les populations civiles et de préserver l’intégrité du processus électoral bissau-guinéen. Il a également appelé à la libération de toutes les personnes interpellées dans le cadre des violences enregistrées ces derniers jours. À l’issue des échanges, les chefs d’État de la CEDEAO ont décidé de la mise en place d’un comité de médiation restreint chargé de se rendre prochainement à Bissau afin de faciliter le dialogue et d’accompagner la désescalade.

Avec l’arrivée « saine et sauve » du président Embaló à Dakar, le Sénégal réaffirme sa disponibilité à œuvrer de concert avec la CEDEAO, l’Union africaine et les partenaires internationaux pour favoriser un retour rapide à la normale en Guinée-Bissau. Les autorités sénégalaises soulignent enfin que la stabilité de ce pays voisin reste essentielle pour la sécurité de l’ensemble de la région ouest-africaine, déjà confrontée à de multiples défis politiques et sécuritaires.

Kaolack se prépare à célébrer son 105e anniversaire : un CRD trace les contours d’un événement historique

La cité de Mbossé Coumba Djiguène s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. Ce matin, la salle de conférence de la gouvernance de Kaolack a abrité un Comité régional de développement (CRD) présidé par le gouverneur Mouhamadou Moctar Watt, en présence du maire Serigne Mboup, des chefs de services déconcentrés de l’État et de plusieurs acteurs locaux. Objectif : définir les grandes orientations de la célébration du 105e anniversaire de la commune.

À l’ouverture des travaux, le gouverneur a insisté sur la portée symbolique et citoyenne de l’événement. « Kaolack doit célébrer son histoire, mais surtout son avenir. C’est une occasion de fédérer les énergies et de valoriser notre patrimoine », a-t-il déclaré. Le CRD a ainsi examiné un programme préliminaire visant à mettre en lumière les bâtisseurs, les figures historiques et les personnalités ayant contribué au développement de la ville.

Un événement pour renforcer l’unité et promouvoir le potentiel de Kaolack

Selon les premières orientations présentées, l’anniversaire se veut un levier de mobilisation citoyenne, mais aussi une opportunité de marketing territorial. Le maire, Serigne Mboup, a rappelé la nécessité de mieux connaître l’histoire locale afin de construire une vision durable. « On ne peut bâtir un avenir solide sans maîtriser notre passé. Kaolack a un potentiel immense — culturel, économique, touristique et sportif. Nous devons apprendre à mieux le valoriser », a-t-il affirmé.

Des activités culturelles, sportives, éducatives et économiques sont prévues pour mettre en avant les richesses de la commune. L’événement entend également accorder une place particulière à l’entrepreneuriat local, au patrimoine architectural et à la valorisation du rôle des pionniers qui ont façonné la ville.

Une plateforme participative pour impliquer les citoyens

Dans une optique d’inclusion, une plateforme numérique participative a été lancée. Elle permettra aux habitants de suivre l’évolution des préparatifs, de proposer des idées et d’exprimer leurs préoccupations. Le gouverneur a exhorté les chefs de services à s’engager pleinement : « La réussite de cet anniversaire dépend de chacun de nous. Kaolack doit être présentée sous son meilleur jour », a-t-il insisté.

Ce CRD marque ainsi une étape décisive dans les préparatifs d’une célébration qui s’annonce mémorable. À 105 ans, Kaolack veut rappeler son statut de carrefour historique, économique et culturel, tout en ouvrant une nouvelle ère tournée vers un développement durable et inclusif.

Mbour : Interpellation pour trafic d’Ecstasy, 187 comprimés saisis

Le Commissariat central de Mbour a procédé, le 26 novembre 2025 aux environs de 18h, à l’interpellation d’un individu suspecté d’offrir et de céder des comprimés d’Ecstasy. Cette arrestation fait suite à l’exploitation d’un renseignement opérationnel indiquant que le mis en cause serait à la tête d’un réseau de trafic de cette drogue dans son quartier.

Une équipe d’intervention a été immédiatement mobilisée pour mettre fin aux activités de l’individu. Lors de son interpellation, celui-ci était en possession de dix comprimés d’Ecstasy. Les investigations se sont poursuivies par une perquisition effectuée dans sa chambre, où les forces de l’ordre ont découvert 177 autres comprimés soigneusement dissimulés dans deux boîtes de médicaments. Au total, ce sont donc 187 comprimés d’Ecstasy qui ont été saisis.

Le suspect a été placé en garde à vue tandis que l’enquête est actuellement en cours afin de déterminer l’ampleur du réseau et l’implication éventuelle d’autres personnes. Les autorités locales rappellent la vigilance nécessaire face à la prolifération des substances illicites et soulignent l’importance de la collaboration avec la population pour lutter efficacement contre ce fléau.

Le Président Bassirou Diomaye Faye lance un processus inédit de nomination à l’OFNAC

Le nouveau régime dirigé par le président de la République Bassirou Diomaye Faye a marqué un tournant dans la gouvernance publique en mettant l’accent sur la refondation des institutions et la consolidation de la transparence. Dans ce cadre, la désignation des membres de l’Office National de Lutte contre la Corruption (OFNAC) a été réalisée pour la première fois à travers un processus d’appel à candidatures ouvert, public et concurrentiel, marquant ainsi une rupture avec les pratiques antérieures.

Conformément aux dispositions de l’article 8 de la loi n° 2025-12 du 3 septembre 2025 portant création de l’OFNAC, les membres de cet organisme « sont nommés par décret, à l’issue d’une procédure d’appel à candidatures dont les modalités sont fixées par arrêté du Ministre de la Justice ». Dans ce cadre, un avis d’appel à candidatures a été publié le 6 octobre 2025 par le Comité de sélection institué par l’arrêté n° 032697 du 2 octobre 2025 du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux.

Au terme de ce processus rigoureux, le Président de la République a nommé 12 nouveaux membres pour composer l’OFNAC. À leur tête, Moustapha KA, magistrat, occupe la fonction de président de l’institution, tandis que Birahime SECK, membre de la société civile, en assure le rôle de vice-président. La composition de l’OFNAC réunit des profils variés et hautement qualifiés, incluant des magistrats, des experts en suivi-évaluation, des administrateurs civils et des professeurs agrégés des facultés de droit, parmi lesquels Khadidiatou BA, Samba BARRY, Ibrahima FALL, Mafal FALL, Mademba GUEYE, Abdou Aziz Daba KEBE, Babacar NIANG, Birane NIANG, Mohamed Bachir NIANG et Charles Didier Gane Ngathy SENGHOR.

Le Chef de l’État a souligné que cette démarche, fondée sur les principes d’intégrité, de mérite et de transparence, témoigne de la volonté de son gouvernement d’instaurer une gouvernance exemplaire. L’initiative a rencontré un vif intérêt de la part du public et du secteur professionnel, totalisant 233 candidatures issues de profils divers, représentatifs des différents segments clés de la société.

Dakar : la marche du COIMAS autorisée et encadrée par un arrêté préfectoral

La capitale sénégalaise s’apprête à accueillir, ce vendredi 28 novembre 2025, une marche pacifique organisée par le Collectif pour la Défense des Intérêts des Marchands du Sénégal (COIMAS). L’événement, qui intervient dans un contexte de fortes revendications du secteur du commerce informel, a officiellement reçu l’autorisation du préfet de Dakar, Mouhamadou Makhtar Blondin Ndiaye.

Dans un arrêté rendu public, l’autorité administrative encadre strictement la manifestation afin d’assurer son bon déroulement. Le document précise d’abord les horaires retenus : la marche débutera à 15 heures et devra prendre fin à 18 heures, heure à laquelle les participants procéderont à la dislocation. Ces indications visent, selon la préfecture, à garantir la sécurité des marcheurs comme celle des usagers de la voie publique, tout en limitant les perturbations dans une zone particulièrement fréquentée de la capitale.

L’itinéraire autorisé témoigne également d’une volonté de canaliser le cortège dans des axes jugés compatibles avec les impératifs de mobilité urbaine. Les manifestants se rassembleront à la station Oilybia située à la Cité Port, point de départ retenu pour la mobilisation. De là, ils avanceront le long de l’Avenue Cheikh Ahmadou Bamba, avant de rejoindre le rond-point de la Maison du Parti socialiste, un lieu symbolique et souvent associé aux grandes manifestations publiques. Le parcours se poursuivra jusqu’à l’intersection des deux voies du Lycée John Fitzgerald Kennedy, où se tiendra le point d’arrivée et la dislocation de la marche.

Le COIMAS, qui fédère une partie importante des marchands et commerçants du pays, entend par cette action attirer l’attention des autorités sur les difficultés auxquelles fait face le secteur, notamment en matière de fiscalité, d’espaces de travail, de régulation des marchés et de protection sociale. Les organisateurs assurent que la marche sera pacifique et respectueuse des consignes préfectorales, dans un climat où la recherche d’un dialogue constructif reste essentielle.

Du côté des forces de l’ordre, un dispositif sécuritaire adapté devrait être déployé afin d’encadrer le cortège, faciliter la circulation et prévenir tout débordement. La préfecture rappelle enfin que toute manifestation autorisée doit se dérouler dans le respect strict des lois et règlements, et que les organisateurs demeurent responsables de la discipline au sein du groupe.

Le FDR dénonce une “comédie politique” et accuse le gouvernement de manipuler l’Assemblée nationale

À la veille de la séance de questions d’actualité prévue ce vendredi 28 novembre 2025, la tension monte entre le gouvernement et l’opposition. Le Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR) a rendu public, ce jeudi, un communiqué au ton particulièrement virulent, dénonçant ce qu’il qualifie de « nouvelle dérive institutionnelle » imputée à l’exécutif.

Le mouvement d’opposition apporte son « soutien total » aux députés ayant décidé de boycotter la séance parlementaire, qu’ils assimilent à une « comédie politique ». Selon le FDR, la convocation en urgence de cette session ne respecte pas les « usages républicains ». Le texte reproche notamment au gouvernement d’avoir omis d’en débattre en Conseil des ministres, contrairement à la tradition qui veut que les grandes orientations parlementaires y soient préalablement discutées.

Pour le FDR, cette omission n’a rien d’un détail : elle traduirait une volonté du pouvoir de transformer l’Assemblée nationale en « tribune d’un clan ». Le mouvement accuse même le Premier ministre de multiplier les « forfaitures », mettant à mal, selon lui, la crédibilité et la stabilité des institutions garantes de l’équilibre démocratique.

Le communiqué aborde également un second point de friction : la publication du rapport de l’ANSD sur le Rebasing Base 2021. Le FDR se dit « étonné » du silence du gouvernement lors du dernier Conseil des ministres, qui n’a donné aucune explication sur ce document présenté comme stratégique pour l’analyse de la conjoncture économique.

Pour l’opposition, ce rapport aurait dû faire l’objet d’une communication officielle, compte tenu de ses implications majeures sur la planification économique, l’appréciation de la dette, la crédibilité budgétaire et les projections de croissance. Le FDR appelle ainsi l’exécutif à lever le voile sur ce qu’il qualifie de « discrétion surprenante », estimant que les Sénégalais sont en droit d’être pleinement informés, surtout dans une période jugée « économiquement et financièrement délicate ».

En conclusion, le mouvement met en garde contre « l’affaiblissement progressif des contre-pouvoirs » et assure rester mobilisé pour dénoncer toute tentative d’instrumentalisation des institutions. À la veille d’une séance parlementaire annoncée sous haute tension, l’opposition continue de maintenir la pression sur le gouvernement.

Kaolack célèbre la Semaine nationale des personnes âgées : entre reconnaissance, soins et nouvelles perspectives

La région de Kaolack a donné, ce jeudi 27 novembre 2025, le coup d’envoi de la Semaine nationale des personnes âgées. L’événement, organisé par la Direction régionale de l’Action sociale en collaboration avec le Conseil régional des aînés, a été présidé par l’adjoint au gouverneur, Mouhamed Habib Camara. Cette célébration met à l’honneur les seniors, reconnus comme des acteurs essentiels du développement communautaire.

Placée cette année sous le thème : « Les personnes âgées, moteurs de l’action locale et nationale : nos aspirations, notre bien-être et nos droits », l’édition 2025 a réuni autorités administratives, acteurs sociaux, professionnels de la santé et représentants d’associations d’aînés.

Dans son allocution, Mouhamed Habib Camara est revenu sur l’historique de la Journée nationale des personnes âgées, instaurée en 1987 pour promouvoir la dignité, la protection et l’inclusion sociale des seniors. Il a également souligné que le choix porté sur Kaolack cette année reflète la pertinence des initiatives locales en faveur des personnes âgées.

Des panels pour mieux comprendre les enjeux du vieillissement

Les activités ont été enrichies par trois panels thématiques consacrés à la place des personnes âgées dans la gouvernance locale, à leurs droits sociaux et aux défis sanitaires liés au vieillissement. Ces échanges ont permis d’apporter une réflexion scientifique et citoyenne sur le rôle des aînés dans la société sénégalaise.

Une journée médicale pour améliorer l’accès aux soins

En marge de la cérémonie officielle, une consultation médicale gratuite a été organisée au bénéfice des personnes âgées. Plus de 113 seniors ont pu recevoir des soins. Une initiative vivement saluée, perçue comme une réponse concrète aux difficultés d’accès aux services de santé.

Mouhamed Habib Camara a profité de l’occasion pour rappeler les efforts consentis par l’État depuis plusieurs décennies, citant notamment le Plan Sésame, les bourses de sécurité familiale et la Couverture maladie universelle (CMU), qui contribuent à améliorer les conditions de vie des aînés.

Vers une loi d’orientation pour mieux protéger les aînés

Le représentant de l’État a également annoncé la préparation d’une nouvelle loi d’orientation dédiée aux personnes âgées. Ce futur texte devrait intégrer plusieurs mesures dont :

la création d’une maison dédiée aux personnes âgées, l’instauration d’un minimum vieillesse, l’attribution de ressources spécifiques aux structures d’accompagnement.

En conclusion, Mouhamed Habib Camara a réaffirmé la détermination du gouvernement à renforcer l’intégration sociale des personnes âgées, qualifiées de « mémoires vivantes et véritables piliers de la nation ».

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