Niayes : les producteurs de pommes de terre crient à la trahison face aux importations et à l’absence de stockage

Dans la zone des Niayes, à environ 58 kilomètres au nord de Dakar sur la Grande-Côte, la colère gronde chez les producteurs de pommes de terre. À Kayar et dans les localités environnantes, les exploitants agricoles, pourtant portés par une récolte jugée abondante cette année, peinent à écouler leur production. Une situation qu’ils vivent comme une véritable trahison des engagements pris par les autorités en matière de protection de la production locale et de souveraineté alimentaire.

Les agriculteurs accusent ouvertement le ministère du Commerce ainsi que la Direction de l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) d’avoir maintenu les importations de pommes de terre sur le marché sénégalais en pleine période de commercialisation locale. Selon eux, cette concurrence étrangère, autorisée alors que les champs des Niayes débordent de tubercules prêts à être vendus, a provoqué un effondrement des prix et paralysé la chaîne de distribution. « On nous avait vendu la souveraineté alimentaire, mais aujourd’hui, tout notre espoir a été brisé », déplore avec amertume le porte-parole du collectif des producteurs.

Dans les exploitations de Kayar, les sacs de pommes de terre s’entassent, invendus. Les marchés urbains, notamment à Dakar, sont déjà approvisionnés par des produits importés à des prix compétitifs. Les producteurs locaux, qui ont investi dans les semences, les intrants et la main-d’œuvre, se retrouvent ainsi pris en étau entre des coûts de production élevés et une demande saturée par l’offre extérieure.

Au-delà de la question des importations, les producteurs pointent un autre maillon faible de la filière : l’absence d’infrastructures de stockage adaptées. Faute de chambres froides en nombre suffisant, les récoltes se détériorent rapidement sous l’effet de la chaleur. Les pertes post-récolte s’accumulent, aggravant les difficultés financières des exploitants. Un projet de construction d’unités de stockage, annoncé en partenariat avec Swami Agri, avait pourtant suscité beaucoup d’espoir. Mais sur le terrain, les infrastructures promises tardent à voir le jour, laissant les agriculteurs sans solution concrète pour conserver leur production et réguler l’offre dans le temps.

La crise actuelle plonge de nombreuses familles dans une situation financière critique. La plupart des exploitants ont contracté des crédits auprès d’institutions de microfinance pour financer la campagne agricole. Semences, engrais, carburant pour l’irrigation et salaires des ouvriers ont été couverts à crédit, dans l’espoir d’un retour sur investissement à la commercialisation. Or, sans ventes significatives, les échéances de remboursement deviennent insoutenables. Certains producteurs redoutent déjà des saisies ou un surendettement durable qui pourrait compromettre les prochaines campagnes.

Face à ce qu’ils considèrent comme une impasse, les acteurs de la filière interpellent directement le président de la République et son Premier ministre, Ousmane Sonko. Ils exigent des mesures urgentes pour suspendre ou réguler plus strictement les importations pendant la période de production nationale, mettre en place des mécanismes de rachat ou de stockage d’urgence et accélérer la réalisation des infrastructures promises.

Signe d’une exaspération à son comble, les producteurs ont décidé de boycotter la rencontre prévue ce jeudi avec l’autorité de régulation des marchés, selon des informations rapportées par iRadio. Pour eux, le temps des concertations sans effets tangibles est révolu. Ils réclament désormais des actes concrets pour sauver ce qui peut encore l’être de la saison agricole en cours.

Sénégal : vives tensions après des ponctions salariales allant jusqu’à 300 000 FCFA chez des enseignants grévistes

Le climat social dans le secteur de l’éducation reste particulièrement tendu au Sénégal après un mois de février marqué par des mouvements d’humeur répétés. Entre débrayages, sit-in et grèves totales, les enseignants ont multiplié les actions pour réclamer la satisfaction de leurs revendications. En riposte, le gouvernement a procédé à des retenues sur salaires qui suscitent une vive controverse.

Dans la soirée du mercredi, de nombreux bulletins de solde ont circulé sur les réseaux sociaux, révélant des ponctions oscillant entre 100 000 et 250 000 FCFA, voire jusqu’à 300 000 FCFA pour certains agents. Ces montants correspondent, selon les autorités, aux journées de grève observées. Mais du côté des syndicats, la pilule passe mal. Les responsables dénoncent des retenues jugées excessives, injustifiées et politiquement motivées.

Dans les colonnes du quotidien L’Observateur, El Hadji Malick Youm, Secrétaire général national du Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire (Saems), n’a pas mâché ses mots. Il parle d’un « vol systématique » et d’un « vandalisme d’État ». Selon lui, des retenues ont été appliquées pour cinq, six ou sept jours de grève, atteignant des montants qu’il juge anormalement élevés. Il estime que l’État chercherait ainsi à renflouer ses caisses dans un contexte budgétaire difficile. À ses yeux, ces ponctions vont bien au-delà d’une simple application du principe du service non fait et s’apparentent à une mesure punitive destinée à affaiblir le mouvement syndical.

De son côté, Amidou Diédhiou, Secrétaire général des enseignants libres du Sénégal (Sael), dénonce également une décision disproportionnée. Il évoque un abus de pouvoir et une forme d’intimidation à l’encontre des enseignants. Selon lui, les retenues ne respecteraient pas scrupuleusement les dispositions réglementaires encadrant les prélèvements pour faits de grève. Il estime que la méthode employée contribue à détériorer davantage le climat social dans le secteur éducatif, déjà fragilisé par plusieurs mois de tensions.

Ces mouvements de protestation s’inscrivent dans une dynamique plus large de revendications portant notamment sur la réparation d’injustices liées aux carrières et aux retraites. Les enseignants réclament également une simplification et une accélération des procédures de promotion ainsi que la régularisation d’actes administratifs jugés trop longs et complexes. Beaucoup dénoncent des lenteurs bureaucratiques qui bloquent leur évolution professionnelle et impactent leurs droits financiers.

La décision du gouvernement d’appliquer des retenues sur salaires intervient dans un contexte où l’exécutif cherche à affirmer son autorité face aux perturbations du système scolaire. Pour les autorités, il s’agirait d’appliquer strictement le principe selon lequel toute journée non travaillée doit être déduite du traitement mensuel. Toutefois, l’ampleur des montants prélevés et la simultanéité des ponctions ont ravivé la colère des syndicats, qui y voient un signal de fermeté excessif.

Troubles dans les lycées de Dakar : le ministère de l’Éducation nationale opte pour la fermeté et menace de poursuites judiciaires

Le ministère de l’Éducation nationale a décidé de hausser le ton face aux perturbations enregistrées ces derniers jours dans plusieurs établissements scolaires de Dakar. Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, les services du ministre Moustapha Guirassy annoncent une politique de tolérance zéro à l’encontre des élèves impliqués dans des actes de violence, de destruction ou d’entrave au bon déroulement des enseignements.

Selon les informations communiquées, des groupes d’élèves, se réclamant d’un mouvement de solidarité avec des étudiants en grève, ont investi plusieurs établissements relevant de l’Inspection de l’Éducation et de la Formation de Dakar-Plateau. Parmi les écoles touchées figurent les lycées Abdoulaye Maturin Diop, Ahmet Sy Malick, Blaise Diagne, Thierno Birahim Mbacké, Awa Balla Mbacké ainsi que Ousmane Diop Coumba Pathé. Ces intrusions auraient provoqué d’importantes perturbations dans le déroulement normal des cours.

D’après les autorités, certains groupes auraient procédé au déguerpissement systématique de leurs camarades, parfois avec violence. Des jets de pierres et des actes de vandalisme ont été signalés, occasionnant des dégâts matériels significatifs sur les infrastructures scolaires. Au-delà des dommages physiques, le ministère insiste sur l’impact négatif de ces événements sur le climat scolaire et sur le droit des élèves à suivre leurs enseignements dans un environnement sécurisé.

Face à cette situation jugée inacceptable, le département dirigé par Moustapha Guirassy annonce un durcissement immédiat des mesures. Tout élève pris en flagrant délit de destruction d’infrastructures ou de perturbation des enseignements sera immédiatement traduit devant la justice. Cette décision marque une rupture avec une gestion jusque-là davantage axée sur la médiation interne et les sanctions disciplinaires classiques.

En plus des poursuites judiciaires, des sanctions administratives lourdes sont prévues. Elles pourront aller jusqu’à l’exclusion définitive de l’établissement concerné. Pour les candidats aux examens, la radiation des listes est également envisagée, une mesure qui pourrait compromettre durablement le parcours académique des élèves impliqués.

Le ministère précise par ailleurs que les parents d’élèves seront appelés à assumer pleinement leurs responsabilités. Il souligne l’importance d’un encadrement renforcé à domicile afin de prévenir de nouveaux débordements et d’encourager un comportement respectueux du cadre scolaire.

Dans cette dynamique de fermeté, les autorités administratives et les Forces de défense et de sécurité seront mobilisées pour sécuriser les établissements. Le communiqué évoque le déploiement de dispositifs de surveillance renforcés, incluant la présence d’éléments des forces de sécurité, en tenue ou en civil, afin de prévenir tout acte de violence et d’identifier rapidement les fauteurs de troubles.

Le ministère appelle l’ensemble de la communauté éducative — Inspecteurs d’Académie, Inspecteurs de l’Éducation et de la Formation, chefs d’établissement, enseignants et associations de parents d’élèves — à redoubler de vigilance sur toute l’étendue du territoire. Les gouverneurs, préfets et sous-préfets sont également invités à renforcer leur appui pour garantir la sécurité de l’espace scolaire.

Macky Sall reçu en grande pompe à Bujumbura : un nouveau jalon dans son offensive diplomatique post-présidence

L’ancien président sénégalais Macky Sall poursuit activement sa reconversion diplomatique sur la scène internationale. Ce mercredi 26 février, il a été accueilli avec les honneurs à Bujumbura, capitale économique du Burundi, dans le cadre d’une visite qui illustre la vitalité de son réseau et la permanence de son influence au-delà du pouvoir.

À son arrivée, l’ancien chef de l’État a été reçu par le chef de cabinet du président burundais, un geste protocolaire fort qui traduit l’importance accordée à sa venue par les autorités locales. Cette marque d’égard témoigne d’une reconnaissance institutionnelle qui dépasse le simple cadre d’une visite de courtoisie. Sur ses plateformes numériques, Macky Sall a exprimé sa gratitude envers ses hôtes, saluant un accueil empreint de respect et d’attention, dans une atmosphère qu’il a décrite comme chaleureuse et fraternelle.

Ce déplacement s’inscrit dans une dynamique plus large. Depuis son départ du pouvoir, Macky Sall multiplie les voyages à travers le continent et au-delà, participant à des forums, des rencontres bilatérales et des initiatives axées sur la coopération régionale. L’ancien président semble avoir fait le choix d’un positionnement stratégique : capitaliser sur son expérience à la tête du Sénégal et sur son carnet d’adresses international pour continuer à peser dans les débats économiques et politiques africains.

La visite à Bujumbura revêt ainsi une portée symbolique et diplomatique. Dans un contexte africain marqué par des recompositions politiques et des défis sécuritaires et économiques persistants, la consolidation des liens entre États demeure un enjeu central. En se rendant au Burundi, Macky Sall envoie un signal clair : son engagement en faveur du dialogue interafricain et de la coopération Sud-Sud reste intact. Cette présence contribue à entretenir des passerelles diplomatiques et à renforcer des relations bilatérales qui peuvent s’avérer stratégiques à moyen et long terme.

Au-delà de la symbolique, cette étape burundaise confirme que l’ancien président sénégalais conserve une capacité de mobilisation notable. L’attention médiatique et institutionnelle dont il bénéficie à l’étranger contraste parfois avec les critiques formulées sur la scène nationale à la fin de son mandat. Pourtant, sur le plan continental, son profil continue d’inspirer considération et écoute, notamment en raison de son rôle passé dans plusieurs initiatives régionales et instances africaines.

En multipliant les déplacements et les rencontres, Macky Sall façonne progressivement une stature d’homme d’État africain en mission, au service d’une diplomatie d’influence qui dépasse les frontières nationales. Son passage à Bujumbura apparaît ainsi comme un nouvel épisode d’une stratégie soigneusement orchestrée, visant à maintenir son prestige et sa pertinence dans l’espace public international.

Climat social sous tension : Serigne Mor Mbaye alerte contre la justice populaire et la stigmatisation sanitaire

Dans un contexte national marqué par des débats passionnés et des polémiques sensibles, le psychologue-clinicien Serigne Mor Mbaye tire la sonnette d’alarme. Dans un entretien accordé au quotidien L’Observateur, il dresse un constat préoccupant du climat social au Sénégal, qu’il juge de plus en plus anxiogène, dominé par la montée des violences verbales et symboliques, ainsi que par une forte tentation de justice populaire.

Au cœur des crispations actuelles figurent des sujets particulièrement sensibles, notamment l’homosexualité, le VIH et la pédophilie. L’affaire dite « Pape Cheikh Diallo et Cie » a notamment ravivé les tensions et exacerbé les prises de position tranchées sur la place publique. Pour Serigne Mor Mbaye, ces dynamiques traduisent une société traversée par des conflits moraux profonds, où l’émotion collective tend à prendre le pas sur la réflexion et le respect des procédures judiciaires.

Le spécialiste rejoint ainsi la position exprimée par le Premier ministre, Ousmane Sonko, qui a récemment dénoncé la divulgation publique du statut sérologique de certaines personnes vivant avec le VIH. Selon le chef du gouvernement, cette exposition médiatique est non seulement inappropriée, mais également dangereuse. Serigne Mor Mbaye partage cette analyse et met en garde contre les conséquences psychologiques et sanitaires d’un tel déballage.

« Ce à quoi on assiste aujourd’hui nous ramène à un climat anxiogène, fait de beaucoup de violence, parce que la foule réclame la violence. Notre conscience aussi réclame la justice, au nom de ceux qui ont été contaminés à leur insu. Mais si on veut atteindre nos objectifs de justice, il faudrait d’abord comprendre que plus on crée ce climat d’angoisse, moins on arrive à nos fins. Il faut maintenant laisser la justice et les experts faire leur travail », explique-t-il.

Pour le psychologue, la tension actuelle repose sur une contradiction majeure. D’un côté, une demande légitime de justice pour d’éventuelles victimes ; de l’autre, une dynamique collective qui risque de compromettre les objectifs recherchés. Il souligne que la divulgation des identités ou du statut sérologique ne contribue en rien à résoudre les problèmes de fond. Au contraire, elle alimente la peur, renforce la stigmatisation et pousse les personnes concernées à se cacher.

« La divulgation ne résout aucun problème ; elle crée un climat de peur et d’injustice. Les personnes affectées pourraient se planquer, chercher à disparaître, et nous n’atteindrions plus nos objectifs de santé publique. C’est à la justice qu’il faut rendre compte et non aux foules, car les foules sont souvent folles », insiste-t-il.

Au-delà de l’émotion suscitée par les affaires en cours, Serigne Mor Mbaye appelle à une réflexion plus large sur la manière dont la société sénégalaise traite les crises morales et sanitaires. Il rappelle que la lutte contre le VIH repose en grande partie sur la confiance, la confidentialité et l’accompagnement médical. Toute stigmatisation publique risque de fragiliser les efforts de prévention et d’inciter certaines personnes à éviter les structures de santé par crainte d’être exposées.

Dans un pays où les réseaux sociaux amplifient les rumeurs et accélèrent la circulation d’informations non vérifiées, le psychologue estime urgent de restaurer une culture de responsabilité. Selon lui, la justice doit rester le cadre exclusif de traitement des accusations, tandis que les experts – médecins, psychologues, juristes – doivent pouvoir travailler dans un climat apaisé.

En conclusion, Serigne Mor Mbaye plaide pour un retour à la mesure et à la retenue. « Il faut revenir à de meilleurs sentiments et ne pas jeter les gens à la vindicte populaire. Ce n’est pas ainsi que l’on résout un problème de société », affirme-t-il avec fermeté. Un appel à la lucidité et à la responsabilité collective, à l’heure où les tensions sociales mettent à l’épreuve les équilibres institutionnels et les valeurs de cohésion nationale.

Haute Cour de Justice : Me Moussa Bocar Thiam conteste la procédure et demande l’annulation de la séance du 27 février

L’ancien ministre de la Communication, Me Moussa Bocar Thiam, contre-attaque. Visé par une procédure de renvoi devant la Haute Cour de Justice pour des faits présumés commis durant son passage au gouvernement sous le régime de Macky Sall, il a officiellement saisi le Président de l’Assemblée nationale afin d’obtenir l’annulation de la séance plénière prévue ce vendredi 27 février 2026. Au cœur de sa démarche : ce qu’il qualifie de vide juridique rendant la procédure illégale.

Dans une argumentation articulée autour du respect strict des textes, l’ancien ministre soutient que le règlement intérieur actuellement en vigueur à l’Assemblée nationale ne comporte aucune disposition relative à la Haute Cour de Justice. Selon lui, aucune règle ne précise les modalités de saisine, encore moins sa composition ou son fonctionnement. En l’absence d’un tel encadrement normatif, Me Thiam considère que l’Assemblée nationale ne peut valablement engager une procédure de mise en accusation.

Il rappelle qu’en juillet 2025, le Conseil constitutionnel avait censuré les articles du projet de règlement intérieur consacrés à la Haute Cour de Justice, estimant qu’ils étaient contraires à la Constitution. Plutôt que de revoir sa copie pour les rendre conformes, l’Assemblée nationale avait choisi de supprimer purement et simplement ces dispositions. Ce retrait, souligne-t-il, a laissé un vide juridique que l’institution parlementaire ne peut aujourd’hui ignorer.

L’argument central développé par Me Moussa Bocar Thiam repose sur une lecture stricte de la Constitution, laquelle prévoit que le règlement intérieur fixe les règles d’organisation et de fonctionnement de l’Assemblée nationale. En d’autres termes, sans dispositions précises encadrant la mise en œuvre de la Haute Cour de Justice, aucune procédure ne saurait, selon lui, être engagée légalement. Il rappelle d’ailleurs que les poursuites initiées par le passé contre d’anciens ministres s’appuyaient sur des règlements intérieurs qui prévoyaient explicitement ces mécanismes. Ce qui ne serait plus le cas aujourd’hui.

L’ancien ministre va plus loin en invoquant l’autorité des décisions du Conseil constitutionnel. Il rappelle que celles-ci s’imposent à tous les pouvoirs publics, y compris à l’Assemblée nationale. En maintenant la convocation d’une séance plénière dans un contexte où les dispositions encadrant la Haute Cour de Justice ont été censurées, le Parlement prendrait le risque, selon lui, de méconnaître à la fois la Constitution et la décision rendue le 24 juillet 2025 par la haute juridiction.

Dans une stratégie manifestement destinée à verrouiller le terrain institutionnel, Me Thiam a multiplié les démarches. Outre sa correspondance adressée au Président de l’Assemblée nationale, il a saisi le Président de la Commission des lois sur le fondement de l’article 81 du règlement intérieur. Il a également informé la Présidente du Conseil constitutionnel, le Premier Président de la Cour suprême, le Procureur général ainsi que le Premier Président de la Cour d’appel. À travers ces notifications, il entend s’assurer, selon ses propres termes, que nul ne puisse prétendre ignorer ses contestations et que l’ensemble de ses droits soient préservés.

Sa demande est claire : annuler la séance du 27 février et renvoyer le dossier à la Commission des lois afin de mettre préalablement le règlement intérieur en conformité avec la Constitution. Ce préalable, estime-t-il, conditionne la régularité de toute procédure ultérieure.

La situation place désormais le Président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, face à une décision délicate. Maintenir la séance reviendrait à assumer le risque d’une contestation ultérieure pour vice de forme, susceptible d’entacher l’ensemble de la procédure. L’ajourner, en revanche, pourrait être interprété comme un recul politique et offrir à l’ancien ministre une première victoire procédurale.

Sangomar : 2,6 milliards de dollars d’Ebitda pour Woodside depuis le démarrage

Au large des côtes sénégalaises, le champ pétrolier de Sangomar confirme son statut de pilier de la nouvelle ère énergétique du pays. Exploité par la compagnie australienne Woodside Energy, détentrice de 82 % des parts, en partenariat avec la société nationale Petrosen, le projet a bouclé en 2025 sa première année complète de production et de commercialisation depuis l’entrée en service en juin 2024. Les premiers chiffres consolidés traduisent la montée en puissance de cet actif stratégique, même si les retombées budgétaires pour l’État continuent d’alimenter le débat public.

Une production soutenue et une fiabilité élevée

Dans son rapport annuel 2025, la directrice générale intérimaire de Woodside, Liz Westcott, a dressé un bilan positif des performances techniques du champ. Sangomar a maintenu une cadence de production d’environ 100 000 barils par jour pendant la majeure partie de l’année 2025, avec un taux de fiabilité proche de 99 %. Cette stabilité opérationnelle constitue un indicateur clé dans l’industrie pétrolière, où les interruptions peuvent fortement affecter la rentabilité des projets offshore.

Depuis sa mise en service en juin 2024, la part de Woodside dans le projet a généré un Ebitda cumulé de 2,6 milliards de dollars. Cet indicateur financier, qui mesure la rentabilité opérationnelle avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements, permet d’évaluer la performance intrinsèque d’un actif indépendamment de sa structure de financement. En français, il correspond à l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE). Pour Woodside, ce résultat démontre la solidité économique de Sangomar et la capacité du champ à créer de la valeur sur une base durable.

Une nette progression des volumes et des revenus

L’année 2025 marque un saut quantitatif significatif par rapport à 2024. Woodside indique que sa part de production a atteint 29,7 millions de barils équivalent pétrole en 2025, contre 13,3 millions en 2024. Cette progression s’explique par le fait que 2024 n’avait compté que quelques mois d’exploitation effective, alors que 2025 a constitué la première année pleine de production et de commercialisation.

Sur le plan financier, cette montée en régime s’est traduite par 1,9 milliard de dollars de revenus pour Woodside en 2025. Ces recettes confirment l’importance stratégique du champ dans le portefeuille international de la compagnie australienne, qui voit en Sangomar un actif à fort potentiel de long terme.

En revanche, le rapport ne détaille pas la part revenant à Petrosen ni celle destinée directement à l’État du Sénégal. Cette absence de précisions intervient dans un contexte où les attentes nationales en matière de retombées budgétaires restent élevées.

Des recettes publiques jugées décevantes

À Dakar, la question des revenus pétroliers continue d’alimenter les discussions politiques. À l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a exprimé sa déception quant aux projections budgétaires liées aux hydrocarbures. Pour le budget 2026, les prévisions globales de recettes s’élèvent à environ 6 000 milliards de FCFA, mais les projections issues du pétrole et du gaz ne représentent que 76 milliards de FCFA. Pour 2027, ces recettes sont estimées à 128,6 milliards de FCFA.

Ces montants, jugés modestes au regard des performances techniques et financières annoncées par l’opérateur, nourrissent les critiques sur les conditions de négociation et de partage des revenus sous l’ancien régime. Le chef du gouvernement a laissé entendre que les ressources auraient été insuffisamment valorisées, relançant ainsi le débat sur la gouvernance des contrats pétroliers et la transparence dans la gestion des ressources naturelles.

Vers une phase 2 pour accroître la valeur

Au-delà des performances actuelles, Woodside envisage déjà l’avenir du projet. La compagnie indique étudier les options pour une éventuelle phase 2 de développement. Celle-ci s’appuierait sur le FPSO, l’unité flottante de production, de stockage et de déchargement déjà en place, ainsi que sur l’infrastructure sous-marine existante. L’objectif serait de maximiser la récupération des ressources et de dégager une valeur ajoutée supplémentaire, tout en optimisant les investissements déjà réalisés.

Retenues sur salaires : la riposte de l’État enflamme le front syndical enseignant

La tension est montée d’un cran, ce mercredi 25 février 2026, dans le secteur de l’éducation. À l’ouverture de la plateforme Solde, de nombreux enseignants grévistes ont découvert avec stupeur des ponctions importantes sur leurs salaires du mois. Très vite, la surprise a laissé place à l’indignation. Selon plusieurs sources syndicales concordantes, les retenues pour faits de grève oscillent entre 100 000 et 200 000 F CFA, des montants jugés particulièrement lourds dans un contexte économique déjà difficile pour de nombreux ménages.

Ces prélèvements correspondent aux jours de débrayage observés lors des récents mouvements d’humeur qui ont secoué le système éducatif. Mais au-delà de l’application du principe du « service fait », c’est l’ampleur des sommes retranchées qui cristallise la colère. Les retenues ne se limiteraient pas au salaire de base ; elles toucheraient également certaines indemnités, ce qui alourdit significativement la perte globale. Plusieurs enseignants affirment avoir constaté une diminution d’un tiers, voire de la moitié de leur rémunération habituelle.

Sur les réseaux sociaux et dans les groupes professionnels, les captures de fiches de paie amputées circulent massivement. Les témoignages se multiplient, traduisant un profond malaise. Dans les salles des professeurs, l’heure est à la consternation. Beaucoup disent ne pas avoir anticipé un tel niveau de retenue, même en tenant compte des jours effectivement non travaillés. Certains évoquent des difficultés immédiates pour faire face aux charges mensuelles, notamment les loyers, les crédits ou les dépenses familiales courantes.

Du côté des autorités, l’application des retenues s’inscrit dans le cadre légal du principe du service fait, qui autorise l’administration à suspendre la rémunération correspondant aux jours de grève. Cette démarche est présentée comme une mesure conforme aux textes en vigueur. Toutefois, la rapidité d’exécution et la simultanéité des ponctions ont été interprétées par les syndicats comme un signal de fermeté, voire de durcissement assumé.

Les organisations syndicales, qui ne s’attendaient pas à des montants aussi élevés, parlent déjà de « provocation financière » et dénoncent une tentative de briser la dynamique du mouvement social. Des concertations internes ont été engagées pour définir une riposte. Parmi les pistes évoquées figurent un renforcement du mot d’ordre de grève, des actions de protestation ou encore des démarches juridiques pour contester les modalités de calcul des retenues.

Ce nouvel épisode risque de fragiliser davantage le climat social dans le secteur de l’éducation. Alors que les revendications portaient initialement sur des questions de revalorisation et de respect d’engagements antérieurs, le débat se déplace désormais sur le terrain de la confrontation directe autour des salaires. Dans un contexte où l’école reste un pilier central de la cohésion sociale, l’escalade entre l’État et les syndicats d’enseignants pourrait avoir des répercussions bien au-delà des salles de classe.

Saint-Louis : la Section de recherches démantèle un réseau présumé, huit personnes en garde à vue

Après les opérations menées ces dernières semaines par les brigades de recherches de Keur Massar et de Touba, la Section de recherches de Saint-Louis a, à son tour, procédé au démantèlement d’un réseau présenté par les enquêteurs comme impliqué dans des pratiques réprimées par la loi sénégalaise. L’intervention des gendarmes a conduit à l’interpellation de huit individus au total, désormais placés en garde à vue dans le cadre d’une enquête judiciaire en cours.

Selon des sources proches du dossier, tout est parti de l’arrestation initiale de trois suspects identifiés sous les initiales A. Fall, O. Mbaye et M. Dièye. Exploitant des éléments recueillis au cours des premières auditions, les enquêteurs ont élargi leurs investigations, aboutissant ce mercredi à l’interpellation de cinq autres personnes. Il s’agit de N. Seck, boucher âgé de 31 ans et marié, S. Sène, tailleur de 29 ans et célibataire, V. Niang, 37 ans et marié, D. Seck, maçon de 37 ans également marié, ainsi que M. Diop, ouvrier de 33 ans, célibataire. Tous seraient domiciliés dans différents quartiers de la ville de Saint-Louis.

Les huit mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature et transmission volontaire du VIH, des infractions prévues et sanctionnées par le Code pénal sénégalais. D’après les mêmes sources, parmi les trois premiers suspects interpellés, deux seraient porteurs du virus du VIH. Les cinq autres personnes arrêtées devraient, quant à elles, se soumettre à des tests de dépistage dans le cadre de la procédure.

Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Saint-Louis a été informé des faits. L’enquête se poursuit afin de déterminer les responsabilités de chacun et d’établir les circonstances exactes des faits reprochés. Des auditions complémentaires et d’éventuelles confrontations pourraient avoir lieu dans les prochains jours.

Barthélémy Dias : « Le Sénégal est malade », un réquisitoire sévère contre le pouvoir et un plaidoyer pour un nouveau cap

Voix posée mais ton tranchant, Barthélemy Dias a fait face à la presse ce mercredi lors d’une déclaration qui tenait à la fois du réquisitoire contre le régime en place et de la profession de foi politique. Le président du mouvement Senegal Biñu Bokk a déroulé, durant de longues minutes, un discours dense et structuré, mêlant critiques frontales, propositions programmatiques détaillées et appel appuyé à la mobilisation citoyenne.

Dès l’entame, le ton est donné. Son diagnostic se résume en une formule martelée comme un leitmotiv : « Le Sénégal est malade. » Une maladie qu’il dit difficile à nommer, mais dont les symptômes seraient, selon lui, clairement identifiables. Il évoque un manque d’autorité au sommet de l’État, un déficit de leadership et une absence de vision stratégique. Pour Barthélémy Dias, le pays souffre moins d’un manque de ressources que d’un problème de gouvernance.

Sa charge vise explicitement le duo exécutif actuellement aux commandes. Sans détour, il accuse les dirigeants de ne pas avoir pris la pleine mesure de leurs responsabilités. « On ne les a pas invités à occuper un canapé, mais bien un fauteuil », lance-t-il, dans une formule imagée pour rappeler que la fonction présidentielle impose, selon lui, des obligations précises : protéger les citoyens, planifier l’avenir et assumer les décisions. À ses yeux, ces exigences fondamentales ne sont pas respectées.

Le terrain des finances publiques constitue l’un des axes centraux de son intervention. Il dénonce des choix budgétaires qu’il juge en décalage total avec les priorités sociales. Barthélémy Dias fustige notamment le déblocage de cinq milliards de francs CFA pour indemniser ce qu’il qualifie d’« insulteurs et de casseurs », ainsi que l’octroi de véhicules d’une valeur de cinquante millions de francs CFA à des députés. Dans le même temps, souligne-t-il, les bourses étudiantes stagnent et les bourses familiales seraient menacées. « La priorité de ce régime, ce n’est pas de baisser le coût de la vie », affirme-t-il, dénonçant également des déplacements en jet privé et une communication qu’il juge faite de « contre-vérités », destinée, selon lui, à masquer les difficultés réelles des populations.

Mais au-delà de la critique, le leader de Sénégal Biñu Bokk a tenu à présenter les grandes lignes de son projet politique. Il appelle d’abord à une transparence totale sur les recettes issues de l’exploitation pétrolière et gazière, estimant que ces ressources constituent un patrimoine collectif qui doit bénéficier à l’ensemble des Sénégalais. Il insiste sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et contrôlée de ces revenus stratégiques, afin d’éviter toute opacité ou dérive.

Sur le plan social, il plaide pour la préservation des acquis des étudiants et le respect des engagements pris par l’État envers les syndicats. Il propose la mise en place d’un plan national d’irrigation structuré pour les populations du Nord, une région particulièrement exposée aux aléas climatiques. Il avance également l’idée d’un fonds de stabilisation pour l’alimentation du bétail, ainsi qu’un programme national de santé animale, afin de soutenir durablement le secteur de l’élevage.

La question environnementale et la sécurité côtière figurent également parmi ses priorités. Il appelle à un programme spécifique de sécurisation du littoral, avec une attention particulière portée aux habitants de la ville de Saint Louis , confrontés aux risques liés à l’évolution préoccupante de l’embouchure du fleuve Sénégal et à l’érosion côtière.

Sur les questions sociales fondamentales, Barthélémy Dias affiche une ambition claire : rendre l’éducation et la santé gratuites et accessibles à tous. Il cite en exemple des pays comme la France, estimant que tout est affaire de priorités politiques. Selon lui, un État qui place l’humain au centre de son action peut garantir ces droits essentiels à sa population.

Conseil des ministres : Diomaye Faye impulse des réformes majeures sur la protection civile, les transports et le patrimoine national

Réuni ce mercredi 25 février 2026 au Palais de la République, le Conseil des ministres a été marqué par une série d’instructions stratégiques fortes du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye , adressées au Premier ministre Ousmane Sonko. Les orientations fixées portent sur des secteurs jugés prioritaires pour la sécurité, le développement et le rayonnement du Sénégal : la protection civile, la mobilité des personnes et des biens, ainsi que la préservation du patrimoine historique et culturel.

Dans un contexte marqué par la recrudescence des incendies, la multiplication des accidents de la route, la persistance des inondations et l’érosion côtière qui menace plusieurs localités, le président de la République a exigé une transformation en profondeur du dispositif national de protection civile. Il a demandé au Premier ministre d’engager, en collaboration étroite avec le ministre de l’Intérieur, la validation rapide de la Stratégie nationale de protection civile et de gestion des risques de catastrophes. Cette feuille de route devra permettre d’anticiper davantage les crises, d’améliorer la coordination des interventions et de renforcer la résilience des territoires face aux aléas naturels et technologiques.

Le chef de l’État a également insisté sur l’exécution optimale du plan d’équipement de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, considérée comme un maillon essentiel de la chaîne de secours. L’objectif affiché est de doter les services d’intervention de moyens matériels modernes et adaptés, capables de répondre efficacement aux urgences sur l’ensemble du territoire national. Au-delà des équipements, il a instruit une restructuration du système de gouvernance du secteur, avec la mise en place d’une structure nationale robuste chargée du pilotage stratégique. Cette réforme vise à rationaliser les responsabilités, à clarifier les mécanismes de coordination et à assurer un suivi rigoureux des politiques publiques en matière de gestion des risques.

Sur le volet des transports, le président a rappelé que la mobilité sécurisée constitue un levier central du développement économique et social. Il a demandé au gouvernement de proposer des mesures concrètes pour améliorer la mobilité urbaine et interurbaine, en particulier dans l’agglomération dakaroise où la congestion pèse lourdement sur la productivité et la qualité de vie des citoyens. Les axes routiers réputés accidentogènes devront faire l’objet d’une attention spécifique, avec des actions ciblées pour réduire la sinistralité et renforcer la sécurité routière.

Le chef de l’État a par ailleurs insisté sur la diversification des modes de transport, soulignant la nécessité de développer davantage le rail et de moderniser les systèmes publics existants. Il a appelé à une concertation inclusive avec les transporteurs privés afin d’aboutir à une réforme adaptée et soutenable du secteur. Cette démarche devrait permettre de concilier exigences de sécurité, efficacité économique et préservation des emplois, tout en répondant aux attentes croissantes des usagers.

Enfin, en ce qui concerne le patrimoine historique, Bassirou Diomaye Faye a mis en avant l’importance de valoriser et de protéger les biens culturels nationaux. Il a demandé l’actualisation du répertoire des biens classés afin de disposer d’une cartographie précise et actualisée du patrimoine matériel du pays. Dans cette dynamique, l’organisation d’un forum international en 2026 est envisagée pour mobiliser les expertises, attirer des partenaires et promouvoir le patrimoine sénégalais sur la scène mondiale.

Le président de la République a également insisté sur la nécessité d’engager des démarches actives en vue du retour effectif des biens culturels nationaux conservés à l’étranger. Cette orientation s’inscrit dans une volonté affirmée de renforcer la souveraineté culturelle du Sénégal et de réaffirmer la place du patrimoine dans la construction de l’identité nationale et dans la stratégie de développement touristique et culturel du pays.

Le SADEF dénonce un « aveu d’impuissance » du Premier ministre Ousmane Sonko et annonce une grève imminente

La tension monte entre le gouvernement et les syndicats de l’éducation au Sénégal. Dans une déclaration rendue publique ce week-end, le Syndicat autonome pour le développement de l’enseignement et de la formation (SADEF) a exprimé son profond désaccord avec les propos récents du chef du gouvernement concernant la gestion des revendications syndicales.

Selon les responsables du syndicat, les déclarations du Premier ministre traduisent une incapacité de l’État à apporter des solutions durables aux préoccupations des enseignants et du personnel de la formation professionnelle. Le SADEF estime que ces prises de position constituent « un aveu d’impuissance face à la crise persistante du système éducatif ».

Dans son communiqué, l’organisation syndicale déplore notamment la lenteur dans l’application des accords signés avec les autorités, les retards dans la mise en œuvre de certaines mesures administratives, ainsi que l’absence de réponses satisfaisantes sur les questions liées aux conditions de travail et à la revalorisation professionnelle.

« Les travailleurs de l’éducation ne peuvent plus continuer à subir des promesses sans effets concrets », indique le syndicat, qui appelle les autorités à engager un dialogue sincère et orienté vers des résultats immédiats.

Face à ce qu’il qualifie de « blocage institutionnel », le SADEF annonce ainsi le lancement prochain d’un mot d’ordre de grève. Cette action syndicale, selon ses dirigeants, vise à « défendre la dignité des enseignants et préserver la qualité du système éducatif ».

Le syndicat précise que le calendrier et les modalités du mouvement seront communiqués après concertation avec les bases et les autres organisations partenaires du secteur.

Du côté des autorités, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée à la suite de cette annonce. Toutefois, cette nouvelle montée de tension sociale intervient dans un contexte marqué par de fortes attentes des acteurs éducatifs et par la volonté affichée du gouvernement de réformer en profondeur le système d’enseignement au Sénégal.

En attendant d’éventuelles négociations, les observateurs redoutent un impact du mouvement sur le calendrier scolaire si aucun compromis n’est trouvé dans les prochains jours.

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 25 FÉVRIER 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 25 février 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Développement d’une culture nationale de protection civile

Le Président de la République constate tout d’abord une recrudescence et une multiplication des cas d’incendies, de feux de brousse, d’accidents de la route, d’effondrements de bâtiments et d’édifices, et de noyades. Il relève également l’accentuation des catastrophes naturelles, des crues des fleuves, des risques d’inondations et l’avancée accélérée de la mer qui menacent beaucoup de localités du pays. Il exprime, par ailleurs, la compassion et la solidarité nationales aux populations du village de Touba Thiarène, théâtre d’un violent incendie. Pour le Chef de l’Etat, cette situation appelle une transformation fondamentale des dispositifs de prévention et de protection civile.

A cet effet, et en perspective de la célébration de la Journée internationale de Protection civile, le 1er mars, le Chef de l’Etat demande au Premier Ministre et au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de prendre les dispositions idoines pour la validation de la Stratégie nationale de Protection civile et de Gestion des Risques de Catastrophes. Il indique également l’urgence d’assurer l’exécution optimale du Plan de réalisation d’infrastructures et d’équipements de la Brigade nationale des Sapeurs-pompiers (BNSP).

Le Président de la République souligne l’importance de renforcer les ressources humaines en service au niveau de la BNSP, d’engager les voies et moyens de développer une culture nationale de protection civile et de mettre en place un cadre de volontariat concernant les sapeurs-pompiers et la protection civile en général. 

En outre, le Chef de l’Etat insiste sur l’urgence de restructurer le dispositif national de gouvernance de la protection civile, notamment la Commission supérieure, les commissions régionales ainsi que les commissions auxiliaires de protection civile et d’actualiser les plans nationaux de prévention et de gestion des risques et catastrophes, notamment le Plan d’Organisation des Secours (ORSEC). 

Il instruit le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique et le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires de réfléchir, avec les acteurs publics et professionnels impliqués, à la mise en place d’un Centre national de Prévention et de Gestion des Risques et Catastrophes.

Enfin, le Président de la République demande au Premier Ministre et au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique d’engager le processus de création d’une structure nationale robuste de gouvernance stratégique de la Protection civile, avec des ressources humaines renforcées et des moyens adaptés.

Amélioration durable de la mobilité urbaine et interurbaine

Le Président de la République rappelle au Gouvernement que la mobilité, dans la sécurité, des personnes et des biens, est une priorité du Projet pour un Sénégal souverain, juste et prospère et demeure un accélérateur du développement économique et social. Il insiste sur l’encadrement de la circulation des véhicules et l’amélioration de la sécurité routière.

A cet égard, il demande au Gouvernement de mettre en œuvre les mesures appropriées pour améliorer la mobilité interurbaine et urbaine, en ciblant notamment l’agglomération dakaroise, certaines villes ainsi que les axes routiers signalés comme accidentogènes.

Le Président de la République rappelle l’importance d’accentuer la diversification des modes de transport des personnes et des biens entre les différentes régions, en veillant au développement du réseau ferroviaire et à l’amélioration de la qualité des systèmes de transport public. A ce titre, il demande au Ministre des Transports terrestres et aériens de mener des concertations avec l’ensemble des parties prenantes, en vue de la redéfinition des priorités et options des structures de transport public, dans une logique de complémentarité, de renforcement du maillage national et d’optimisation des coûts d’exploitation et des tarifs clients. S’agissant des transporteurs privés et de leurs associations, le Chef de l’Etat invite à une réflexion inclusive sur les modalités de modernisation des parcs automobiles et systèmes de transport, en veillant, à travers une réglementation revue et adaptée, à la facilitation de la mobilité des personnes et des biens.

Enfin, le Président de la République demande au Ministre des Transports terrestres et aériens de renforcer le dialogue social avec les acteurs du secteur des transports et de proposer, avant la fin du mois de mai 2026, un nouveau dispositif concerté d’amélioration de la mobilité interurbaine et urbaine. 

Connaissance, préservation et valorisation du patrimoine historique national

Le Président de la République fait observer que le Sénégal dispose d’un patrimoine national matériel et immatériel exceptionnel, dont la valorisation contribue au développement économique et au rayonnement culturel international. A cet effet, il demande l’actualisation consensuelle, avant la fin de l’année 2026, du répertoire et du classement des biens matériels et immatériels relevant du patrimoine historique et l’organisation d’un Forum international sur le Patrimoine historique du Sénégal, en décembre 2026.

En outre, le Chef de l’Etat indique au Gouvernement l’urgence de développer une stratégie d’élargissement et de préservation des sites, monuments historiques et biens nationaux classés, notamment au Patrimoine mondial de l’UNESCO et d’engager, avec l’implication d’experts réputés, les recherches nécessaires au retour effectif des biens culturels nationaux dans le patrimoine historique du Sénégal.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a présenté sa communication sur les points suivants : 

Logement social

Le Premier Ministre a souligné que, dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, la filière du logement social constitue l’une des composantes à fort effet d’entraînement pour l’économie nationale, dont le développement permettra la mise en place d’un Programme durable de logement, notamment social.

Pour le Premier Ministre, le choix stratégique de l’écosystème du logement social vise à renforcer la compétitivité économique, à garantir à chaque citoyen l’accès à un logement décent, dont le coût est économiquement soutenable, dans le pôle ou la région de son choix, dans le cadre d’un aménagement équilibré des territoires.  

Le Premier Ministre a fait le diagnostic du déficit de logement, notamment le déséquilibre structurel entre l’offre et la demande, l’urbanisation galopante et les inégalités d’accès au logement et aux services urbains. Il a demandé de définir une véritable Stratégie nationale du Logement, axée sur la sécurisation foncière, la mise en place d’une législation adéquate, le financement durable ainsi que l’équité sociale et territoriale en matière d’accès au logement. Cette stratégie, adossée à la nouvelle politique de logement, doit être opérationnalisée par la mise en œuvre d’un nouveau programme de logements fondé sur la diversité de l’offre, avec un modèle économique basé sur des mécanismes de financement et de commercialisation accessibles.

Selon le Premier Ministre, face à la production actuelle de logements formels concentrée entre les régions de Thiès et Dakar, la filière est confrontée à des contraintes structurelles majeures, notamment les problèmes d’accès au foncier pour les promoteurs privés, les coopératives et les opérateurs publics, les difficultés de mobilisation des financements adéquats et durables, le faible accompagnement des coopératives et des promoteurs privés, la faible prise en charge des acteurs du secteur informel et de certains fonctionnaires  et le faible accompagnement des coopératives.

Dès lors, le Premier Ministre insiste sur la nécessité d’identifier et de neutraliser les goulots comme l’accès au foncier, les lenteurs dans les démarches administratives et le modèle financier dominant, fondé sur le crédit hypothécaire bancaire. Il a annoncé les réformes structurantes initiées, notamment le projet « les Cités de la Transformation ». En outre, il a engagé le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du Territoire à élaborer le Schéma d’Aménagement et d’Urbanisme du Grand-Dakar (SAUDAK) et à accélérer le processus d’élaboration du Plan d’Aménagement intégré de la zone couvrant la Nouvelle Ville de Thiès, la ZAC de Thiès et le Pôle urbain de Daga Kholpa. Le Premier Ministre a demandé également de renforcer les capacités d’intervention de la SAFRU, d’accélérer la mise en œuvre du programme de logements sociaux en s’appuyant essentiellement sur l’auto-construction, de redynamiser les coopératives d’habitat et de renforcer significativement les moyens institutionnels du Bureau du Projet d’Assistance aux Collectivités pour l’Habitat social (BAHSO). Le Premier Ministre a instruit, enfin, le Secrétaire d’État au Logement, en rapport avec les départements ministériels concernés, de prendre toutes les dispositions pour le développement de partenariats public-privé pour rendre opérationnelle l’option qu’il a dégagée, dans les différents Pôles-Territoires, avec la création de pôles d’habitat modernes et productifs et de traduire dans les faits « les Cités de la Transformation ». 

Fonds de la Diaspora pour l’immobilier 

Le Premier Ministre a rappelé les instructions du Président de la République lors de la première édition de la Journée nationale de la Diaspora. La réflexion entamée par la suite, à l’initiative du Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, a abouti à la proposition de création d’un Fonds Immobilier de la Diaspora-Sénégal.

Le Premier Ministre a rappelé que les transferts de fonds de la Diaspora sénégalaise représentent près de 10 % du PIB, soit 2200 milliards de FCFA par an, destinés principalement à la consommation.

Le Premier Ministre a présenté le concept de Fonds Commun de Placement Immobilier-Diaspora Sénégal (FCPI-DS) qui viserait à transformer ces flux en investissements immobiliers locatifs, générant des revenus réguliers pour les familles, tout en constituant un patrimoine durable pour cette Diaspora, sans dette publique.  

Il a demandé au Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération de finaliser la réflexion avec les parties prenantes et d’en faire la présentation prochainement en Conseil des Ministres.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a fait une communication sur le thème : « la santé dans toutes les politiques : un impératif pour réussir la Stratégie de Prévention et de Promotion de la Santé ».

Le Ministre de la Jeunesse et des Sports a fait une communication sur le suivi de l’exécution des travaux engagés dans le cadre des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), Dakar 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :

  • le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) ;
  • le projet de décret instituant la redevance de régulation des marchés.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

L’Iran dénonce des « gros mensonges » américains sur son programme d’armement

Les tensions verbales entre Iran et les États Unis ont connu un nouveau regain mercredi, après des déclarations du président américain Donald Trump accusant Téhéran de développer des missiles capables d’atteindre le territoire américain. En réaction, les autorités iraniennes ont fermement rejeté ces accusations, les qualifiant de « gros mensonges ».

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a dénoncé sur le réseau social X ce qu’il considère comme une répétition d’allégations infondées. Selon lui, « tout ce qu’ils avancent au sujet du programme nucléaire iranien, des missiles balistiques de l’Iran et du nombre de victimes lors des troubles de janvier n’est rien d’autre que la répétition de gros mensonges ». Il n’a toutefois pas précisé explicitement quelles déclarations étaient visées, bien que ses propos interviennent quelques heures après l’allocution du président américain devant le Congrès.

Lors de son discours de politique générale, Donald Trump a affirmé que l’Iran travaillait activement à se doter de missiles susceptibles de frapper le sol américain. Il a également réitéré sa position selon laquelle Téhéran ne serait « jamais autorisé » à fabriquer l’arme nucléaire, accusant les dirigeants iraniens de poursuivre « à l’heure actuelle leurs sinistres ambitions ».

Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte de défiance persistante entre les deux pays, marqué par des années de sanctions économiques, de tensions militaires indirectes et de divergences profondes sur le dossier nucléaire. Les autorités iraniennes ont, à de nombreuses reprises, nié toute volonté de se doter de l’arme atomique. Elles affirment que leur programme nucléaire est exclusivement destiné à des usages civils, notamment dans les domaines de l’énergie et de la recherche médicale, et revendiquent leur droit à développer cette technologie dans le cadre du droit international.

Dans une interview accordée en février à la chaîne qatarie Al Jazeera, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait déclaré que son pays ne disposait pas de la capacité de frapper les États-Unis. Il avait toutefois averti que l’Iran ciblerait les bases américaines au Moyen-Orient si Washington lançait des frappes contre son territoire, soulignant ainsi la dimension régionale du bras de fer stratégique entre les deux puissances.

Au-delà des questions liées aux missiles et au nucléaire, un autre point de discorde concerne le bilan humain des troubles survenus en janvier en Iran. Donald Trump a affirmé que les autorités iraniennes avaient tué 32 000 personnes lors de la répression d’une vague inédite de contestation ayant culminé les 8 et 9 janvier. De leur côté, les responsables iraniens reconnaissent plus de 3 000 morts, tout en imputant les violences à des « actes terroristes » qu’ils attribuent aux États-Unis et à Israël.

Une estimation distincte a été avancée par l’organisation Huma Rights Activiste News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, qui affirme avoir recensé plus de 7 000 morts, tout en précisant que le bilan réel pourrait être plus élevé. Ces divergences illustrent la difficulté d’établir un chiffre consensuel dans un contexte de forte polarisation politique et d’accès limité à des sources indépendantes sur le terrain.

Mercy Ships annonce le retour régulier de ses navires-hôpitaux au Sénégal

La présidente-directrice générale de Mercy Ships, Dr Michelle White, a annoncé ce 24 février le retour prochain et régulier des navires-hôpitaux de l’organisation au Sénégal. Cette déclaration intervient à l’issue d’une audience avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, au cours de laquelle les deux parties ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur collaboration dans le domaine de la santé.

À l’issue de la rencontre, Dr Michelle White a exprimé sa gratitude envers les autorités sénégalaises, saluant le soutien du chef de l’État au partenariat en cours. Elle a indiqué que cette nouvelle étape vise à « cristalliser un nouveau partenariat avec la République du Sénégal », avec pour ambition de ramener le navire-hôpital « le plus rapidement possible », mais surtout d’assurer des escales régulières dans le pays. Sans avancer de calendrier précis, elle a assuré qu’au moins un navire accostera prochainement à Dakar.

Ce partenariat renouvelé prévoit non seulement la reprise des missions chirurgicales gratuites, mais également un renforcement significatif des capacités du système de santé sénégalais. Selon la PDG de Mercy Ships, la collaboration favorisera des séjours répétés des deux navires-hôpitaux de l’organisation, le Global Mercy et l’Africa Mercy. Au-delà des interventions chirurgicales, l’accent sera mis sur le transfert de compétences et le mentorat des praticiens locaux. « Nous ferons des projets de renforcement de capacités médicales en soutien avec les différents ministères concernés. Nous sommes particulièrement reconnaissants de ce partenariat », a-t-elle souligné.

Présente au Sénégal à trois reprises depuis 2019, Mercy Ships, dont le nom signifie « Navires de la miséricorde », a déjà marqué le paysage sanitaire national par des interventions d’envergure. En 2023, le Global Mercy, immobilisé à Dakar, avait servi pour la première fois deux pays à partir d’un seul port, le Sénégal et la Gambie. Cette mission conjointe avait permis, de février à juillet, de réaliser 736 opérations chirurgicales gratuites au profit de patients issus des deux États. Parallèlement, plus de 750 professionnels de santé avaient bénéficié de formations et de programmes de mentorat, contribuant ainsi à la consolidation durable des compétences locales.

Selon l’Agence de presse sénégalaise, l’entretien entre la PDG de Mercy Ships et le chef de l’État a essentiellement porté sur les modalités du nouveau partenariat liant l’ONG internationale aux autorités sanitaires sénégalaises. Cette dynamique s’inscrit dans la volonté affichée des pouvoirs publics de renforcer l’accès aux soins spécialisés et de développer les capacités techniques du personnel médical, notamment dans les domaines de la chirurgie spécialisée.

Thiès : la Conférence des amicales d’étudiants de l’Université Iba Der Thiam décrète 48 heures de grève

À Université Iba Der Thiam de Thiès , la tension monte entre les étudiants et les autorités administratives. Dans un communiqué rendu public, la Conférence des amicales d’étudiants (CAE) a exprimé son profond regret face à ce qu’elle considère comme une absence de réponses concrètes à ses préoccupations. Selon la coordination estudiantine, au lieu d’apporter des solutions adaptées à l’urgence de la situation, les autorités auraient choisi d’adopter une posture de confrontation, défendant une position jugée déconnectée des réalités que vivent les étudiants.

La CAE estime que les difficultés actuelles, notamment liées aux questions sociales et académiques, exigent des mesures immédiates et concertées. Elle déplore une attitude qu’elle qualifie d’intransigeante, accusant l’administration de ne pas prendre la pleine mesure des conséquences que ces blocages peuvent avoir sur le parcours universitaire et les conditions de vie des étudiants.

Face à cette situation, la Conférence des amicales d’étudiants a décidé de décréter une cessation de toutes les activités pédagogiques pour une durée de 48 heures, à compter du mercredi 25 février 2026. Cette grève sera accompagnée d’une journée sans tickets prévue le jeudi, une action symbolique et stratégique qui vise à accentuer la pression sur les autorités en touchant le fonctionnement des services sociaux universitaires.

Dans son communiqué, la CAE formule des revendications précises. Elle exige le paiement intégral des rappels dus aux étudiants, soulignant que ces retards plongent de nombreux bénéficiaires dans des difficultés financières importantes. Elle réclame également le rétablissement de tous les changements opérés dans l’attribution des bourses, jusqu’à ce qu’une révision concertée soit engagée avec les représentants étudiants. Pour la coordination, toute réforme touchant aux bourses doit impérativement faire l’objet d’un dialogue inclusif afin de garantir l’équité et la transparence.

Par ailleurs, la CAE demande la réintégration immédiate des structures syndicales représentatives des étudiants, qu’elle considère comme légitimement mandatées par leurs pairs. Elle estime que l’exclusion ou la mise à l’écart de ces entités compromet le dialogue social et fragilise la stabilité du campus.

Tout en réaffirmant son attachement à un climat apaisé, la Conférence des amicales d’étudiants réprouve fermement toute tentative d’intimidation ou de répression à l’encontre des étudiants mobilisés. Elle appelle les autorités à privilégier la concertation et à ouvrir des négociations sérieuses afin d’éviter une escalade de la crise.

Touba : la Police de Ndamatou démantèle un réseau structuré de faussaires de documents de véhicules

Un important réseau spécialisé dans la falsification de documents administratifs liés aux véhicules a été démantelé par le Commissariat d’arrondissement de Ndamatou, à Touba. L’opération, menée avec minutie par les éléments de la police locale, a conduit à l’interpellation de six individus poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en documents administratifs.

Les faits remontent à la nuit du 23 au 24 février 2026. Aux environs de 03 heures du matin, une patrouille nocturne effectuant une ronde de sécurisation sur la corniche « Serigne Modou » a intercepté une moto de type Jakarta circulant sans éclairage et dépourvue de plaque d’immatriculation. Ce détail a immédiatement éveillé les soupçons des agents.

Lors du contrôle, le conducteur a présenté un Certificat de Mise en Consommation (CMC). Cependant, l’examen visuel du document a rapidement révélé des anomalies. Les policiers ont constaté des irrégularités dans la présentation et les mentions administratives, laissant présumer qu’il s’agissait d’un document non conforme.

Face à la fermeté des agents et à la perspective d’une immobilisation définitive de la moto, les suspects ont tenté une manœuvre audacieuse pour régulariser frauduleusement la situation. Selon les premiers éléments de l’enquête, un complice s’est introduit clandestinement dans l’enceinte du commissariat afin de photographier le numéro de châssis de la moto immobilisée. L’objectif était clair : obtenir les informations exactes du véhicule pour produire un faux document parfaitement concordant.

Le numéro de châssis ainsi obtenu a été transmis via l’application WhatsApp à un mécanicien, qui l’a relayé à son tour à un vendeur. Ce dernier a ensuite contacté un confectionneur spécialisé dans la fabrication de faux documents administratifs. En quelques heures, un nouveau certificat frauduleux correspondant précisément aux références de la moto devait être établi afin de tromper la vigilance des forces de l’ordre.

Mais la stratégie du réseau n’a pas résisté à l’expertise technique des policiers de Ndamatou. Une analyse approfondie du document présenté a permis de confirmer la contrefaçon. Les incohérences relevées, combinées à l’exploitation des données numériques, ont permis aux enquêteurs de remonter progressivement toute la chaîne criminelle.

Les investigations ont ainsi conduit à l’identification et à l’arrestation successive des différents maillons du réseau, du conducteur de la moto au faussaire principal chargé de la fabrication des documents. Les six mis en cause sont désormais à la disposition de la justice et devraient répondre des chefs d’accusation d’association de malfaiteurs, faux et usage de faux en documents administratifs.

Cette opération met en lumière l’existence de circuits organisés de falsification de documents de véhicules dans la cité religieuse. Elle illustre également la montée en puissance des techniques d’enquête numérique, devenues déterminantes dans le démantèlement des réseaux criminels structurés.

Sanar : la CESL décrète 48 heures de cessation des activités pour exiger le paiement des bourses

La Coordination des Étudiants de Saint Louis (CESL) a officiellement décrété une cessation de toutes les activités pédagogiques pour une durée de 48 heures non renouvelables à compter de ce mardi 24 février 2026. À travers cette décision forte, la structure représentative des étudiants de Sanar entend exercer une pression directe sur les autorités afin d’obtenir la satisfaction de revendications jugées urgentes, principalement liées aux retards de paiement des bourses.

Dans un communiqué parvenu à la presse, la coordination justifie cette mesure par une situation financière devenue critique pour de nombreux étudiants. Selon ses responsables, les retards accumulés dans le versement des rappels de bourses plongent une frange importante de la communauté estudiantine dans une précarité préoccupante. Difficultés à payer le logement, à subvenir aux besoins alimentaires ou à assurer les dépenses pédagogiques de base : autant de réalités qui, d’après la CESL, compromettent les conditions d’apprentissage et la sérénité sur le campus.

Au cœur des revendications figure l’exigence du paiement intégral des rappels de bourses dus aux ayants droit. Les étudiants estiment que ces arriérés constituent un engagement formel de l’État et que leur non-versement fragilise l’équilibre social au sein de l’université. Pour Amadou Ba et ses camarades, il ne s’agit pas seulement d’une question administrative, mais d’un impératif social qui conditionne la stabilité académique.

Au-delà de la question des rappels, la CESL se montre également vigilante sur la préservation des acquis sociaux. Elle réclame fermement le maintien des avantages actuels et s’oppose à toute modification du décret n°2014-963 relatif aux allocations d’études qui ne résulterait pas d’un processus de concertation avec les représentants des étudiants. Pour la coordination, toute réforme touchant aux conditions d’attribution ou aux montants des bourses doit faire l’objet d’un dialogue inclusif afin d’éviter des tensions supplémentaires.

Cette grève de 48 heures s’inscrit dans une tradition de mobilisation estudiantine à l’Université Gaston Berger, où les questions liées aux œuvres sociales et aux allocations d’études constituent régulièrement des points de crispation entre étudiants et autorités. En gelant les cours et les activités académiques, la CESL envoie un signal clair : la stabilité du calendrier universitaire demeure indissociable du respect des engagements financiers et sociaux pris par l’État à l’endroit des étudiants.

Décès du jeune attaquant Youssou Diouf : l’autopsie conclut à une mort naturelle, l’émotion vive entre Thiès, Kaolack et Ziguinchor

Le monde du football sénégalais est en deuil après le décès brutal de Youssou Diouf, jeune attaquant de 21 ans évoluant à l’AS Saloum. Le drame est survenu dimanche dernier à l’issue de la rencontre ayant opposé son équipe à Amitié FC à Thiès, plongeant coéquipiers, dirigeants et supporters dans une profonde consternation.

Selon les informations communiquées par son entourage, l’autopsie pratiquée après son décès a conclu à une mort de cause naturelle. Cette précision, très attendue par la famille et les acteurs du football local, vient lever les interrogations qui entouraient les circonstances de sa disparition soudaine survenue après le match disputé dans la capitale du rail.

À Thiès, la levée du corps est prévue ce mercredi à la morgue de l’hôpital régional Ahmadou Sakhir Ndiéguène. Son club, l’AS Saloum, doit recevoir la dépouille dans la matinée afin de lui rendre un premier hommage. Un moment empreint d’émotion est annoncé au siège du club kaolackois, où dirigeants, joueurs et supporters entendent saluer une dernière fois la mémoire de celui qui portait leurs couleurs avec détermination et passion.

Dans la capitale méridionale, l’ASC ASCABS, considérée comme sa famille sportive, se mobilise également pour accueillir la dépouille et accompagner le jeune footballeur vers sa dernière demeure. Les responsables du club, encore sous le choc, ont exprimé leur douleur face à la disparition d’un joueur décrit comme talentueux, discipliné et profondément attaché à ses coéquipiers.

Après son passage à Kaolack, la dépouille sera acheminée vers Ziguinchor, où l’inhumation est prévue ce jeudi 26 février. Sa famille, ses proches et de nombreux acteurs du football régional se préparent à lui rendre un ultime hommage dans sa ville, où il sera enterré.

Université Cheikh Anta Diop de Dakar : vives tensions autour de la réouverture partielle des campus sociaux

L’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) se retrouve une nouvelle fois au centre d’un bras de fer entre autorités universitaires et représentants des étudiants. Dans un communiqué rendu public le 25 février 2026, le Collectif des Amicales de l’UCAD a vivement réagi à la décision du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) de procéder à la réouverture des campus sociaux, tout en maintenant fermés les pavillons B et F.

Selon le Collectif, cette mesure affecte directement plus de 2 000 étudiants qui occupaient ces pavillons avant leur fermeture. Ces derniers se retrouveraient aujourd’hui sans solution de relogement clairement définie, dans un contexte déjà marqué par des difficultés économiques persistantes et une forte pression sur les infrastructures universitaires. Les représentants étudiants dénoncent ce qu’ils qualifient de « manque criant de responsabilité » et de « mépris flagrant » à l’égard des étudiants concernés, estimant que la décision expose des centaines de jeunes à une situation de grande précarité.

Pour le Collectif des Amicales, la réouverture partielle des campus sociaux, sans mesures d’accompagnement pour les résidents des pavillons fermés, crée une inégalité de traitement et risque d’aggraver les tensions sur le campus. Plusieurs étudiants concernés seraient contraints de se tourner vers des solutions alternatives souvent onéreuses, dans un marché locatif dakarois déjà saturé. Cette situation pourrait également avoir des répercussions sur leur assiduité et leur performance académique.

Toutefois, dans une posture qu’il qualifie de responsable, le Collectif appelle les étudiants à rejoindre les campus dès le jeudi 26 février. Cette décision vise, selon le communiqué, à éviter un allongement du retard académique accumulé depuis les événements politiques de 2023, qui avaient fortement perturbé le calendrier universitaire. L’organe de représentation étudiante affirme vouloir concilier la défense des droits des étudiants et la nécessité de préserver la continuité pédagogique.

Dans cette dynamique, un point de presse est prévu le vendredi 27 février afin d’apporter davantage d’éclaircissements sur la position du Collectif et les actions envisagées. Par ailleurs, une Assemblée générale est convoquée pour le lundi 2 mars à 10 heures devant la direction du COUD. Cette rencontre devrait permettre aux étudiants de débattre de la situation et de définir une stratégie commune face aux décisions des autorités.

Liberté de la presse au Sénégal : la CJRS appelle à un sursaut éthique et professionnel

À l’ouverture d’un atelier de formation de trois jours à Dakar, le président de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS), Mamadou Diagne, a lancé un appel solennel à ses confrères pour un exercice plus rigoureux et responsable du métier de journaliste. Dans un contexte marqué par la multiplication des convocations de professionnels des médias devant les juridictions, il a insisté sur la nécessité d’instaurer un « équilibre rigoureux entre liberté d’expression et responsabilité éditoriale ».

Prenant la parole devant un parterre de jeunes reporters et d’acteurs du secteur, Mamadou Diagne a exprimé ses préoccupations face aux dérives observées dans l’espace médiatique sénégalais. Il a particulièrement pointé du doigt certaines interventions lors des débats télévisés, qu’il estime parfois empreintes de légèreté et d’accusations non étayées. Selon lui, des intervenants, sous l’influence d’intérêts politiques ou économiques, se livrent à des prises de position sans fondement solide, exposant ainsi leurs auteurs à des poursuites judiciaires et portant atteinte à la crédibilité de l’ensemble de la profession.

Pour le président de la CJRS, cette situation fragilise non seulement les journalistes individuellement, mais également la confiance du public envers les médias. Il a exhorté ses confrères à faire preuve de retenue, de vérification systématique des faits et de prudence dans l’expression publique, rappelant que le recours aux organisations de défense de la presse ne saurait se substituer au respect préalable des règles éthiques et déontologiques.

Cet atelier s’inscrit dans un programme d’envergure piloté par Reporters sans frontières pour l’Afrique subsaharienne. Présente à la cérémonie d’ouverture, la cheffe de projet, Ndèye Diary Ba, a détaillé les axes majeurs de cette initiative soutenue par un partenaire allemand.

Le programme repose d’abord sur la protection des journalistes, à travers la mise en place d’un réseau de points focaux régionaux chargés de signaler en temps réel les atteintes à la liberté de la presse. L’objectif est de disposer d’un mécanisme d’alerte rapide capable de documenter efficacement les violations et d’assurer une réaction coordonnée.

Le deuxième pilier concerne le plaidoyer. Il s’appuie sur la collecte et l’analyse de données fiables qui permettront d’élaborer un rapport national destiné à sensibiliser les autorités et à encourager des réformes favorables à un environnement médiatique plus sûr et plus respectueux des libertés fondamentales.

Enfin, le troisième axe porte sur le renforcement des capacités des professionnels des médias, notamment en matière de sécurité physique et numérique. Dans un contexte où les risques liés à la couverture de sujets sensibles se multiplient, il s’agit de doter les journalistes d’outils pratiques pour mieux se protéger sur le terrain et dans l’espace numérique.

La tenue de cette formation intervient alors que la situation du secteur suscite de vives inquiétudes. Ndèye Diary Ba a rappelé que le Sénégal a enregistré une chute significative dans le classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporter sans frontière , passant de la 48e à la 94e place en quelques années. Une évolution jugée préoccupante par les acteurs du secteur, qui y voient le signe d’un climat de plus en plus contraignant pour l’exercice du journalisme.

Mise en accusation de Me Moussa Bocar Thiam : l’initiative fondatrice d’Ousmane Diagne relancée en plénière

La procédure de mise en accusation visant Me Moussa Bocar Thiam franchit une nouvelle étape décisive avec son inscription à l’ordre du jour de la plénière de l’Assemblée nationale prévue le vendredi 27 février. Cette avancée institutionnelle remet au premier plan un acteur clé du dossier : Ousmane Diagne, ancien ministre à l’origine de la saisine ayant enclenché le processus devant la Haute Cour de justice.

Contrairement à certaines interprétations laissant penser à une initiative récente, la démarche remonte au mois d’août dernier. À cette période, Ousmane Diagne était encore en fonction au sein du gouvernement. C’est sous son autorité que la lettre de saisine a été formellement transmise, posant les bases juridiques de la procédure. En engageant ce mécanisme constitutionnel, l’ancien ministre a activé un processus institutionnel dont le rythme dépend désormais exclusivement du Parlement.

Son départ du gouvernement en septembre n’a pas mis un terme à la dynamique enclenchée. Toutefois, l’absence de visibilité politique autour du dossier au cours des derniers mois a pu donner l’impression d’un ralentissement, voire d’un effacement de l’initiative initiale. En réalité, le processus est demeuré en suspens dans l’attente de son inscription à l’agenda parlementaire, étape indispensable à sa progression.

L’annonce officielle de la plénière par le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, marque ainsi la réactivation formelle du dossier dans l’arène institutionnelle. Cette décision replace indirectement Ousmane Diagne au centre du débat, en rappelant que la procédure actuellement soumise à l’examen des députés trouve son origine dans l’acte posé sous son magistère ministériel.

La mise en accusation devant la Haute Cour de justice obéit à un mécanisme constitutionnel précis. Elle requiert l’adoption d’une résolution par les députés, à la majorité requise, avant toute poursuite éventuelle. Le vote attendu vendredi constituera donc un moment charnière : il déterminera si le dossier franchit l’étape parlementaire pour entrer pleinement dans sa phase juridictionnelle.

Au-delà du cas individuel de Me Moussa Bocar Thiam, cette séquence met en lumière la continuité de l’action publique au-delà des changements de responsables gouvernementaux. L’initiative prise en août continue de produire ses effets plusieurs mois après le départ de son auteur du gouvernement, illustrant la permanence des procédures institutionnelles dans le fonctionnement de l’État.

Saint-Louis : la Section de recherches démantèle un nouveau réseau présumé d’homosexuels, trois suspects arrêtés

La Section de recherches (SR) de Saint-Louis a procédé à l’arrestation de trois individus âgés de 42 à 52 ans, dans le cadre du démantèlement d’un nouveau réseau de présumés homosexuels dans la région nord du pays. L’opération, menée avec discrétion mais efficacité, s’inscrit dans une dynamique de surveillance accrue engagée par les services de sécurité face à ce qu’ils qualifient de « dépravation des mœurs ».

D’après des informations rapportées par le journal Libération, les personnes interpellées présentent des profils socioprofessionnels variés. Il s’agit d’un peintre, d’un commerçant et d’un cuisinier. Deux des mis en cause sont mariés, tandis que le troisième est divorcé. Des éléments qui, selon les sources proches de l’enquête, auraient particulièrement retenu l’attention des enquêteurs au regard de leur situation familiale et de leur intégration apparente dans leurs communautés respectives.

Les arrestations ont été effectuées dans plusieurs localités stratégiques de la zone, notamment à Croisement Bango, à Pikine ainsi qu’à Rao. Ces secteurs, situés dans le département de Saint-Louis, ont fait l’objet d’investigations approfondies à la suite de renseignements recueillis par les services compétents. Les opérations se seraient déroulées de manière coordonnée afin d’éviter toute fuite ou tentative de dissimulation d’éléments de preuve.

Selon des sources sécuritaires, l’enquête serait partie d’informations faisant état de rencontres organisées et de communications suspectes entre plusieurs individus. Les investigations techniques et les filatures auraient permis d’identifier progressivement les suspects avant leur interpellation.

Les trois hommes arrêtés sont actuellement en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Les autorités cherchent à déterminer l’ampleur réelle du réseau et à identifier d’éventuelles ramifications dans d’autres quartiers de Saint-Louis, voire dans des localités voisines. Des auditions sont en cours et du matériel saisi pourrait faire l’objet d’analyses complémentaires.

Cette opération s’inscrit dans une traque plus large menée par la gendarmerie nationale, qui affirme vouloir intensifier la lutte contre les pratiques jugées contraires aux valeurs sociales et aux dispositions légales en vigueur. Les enquêteurs n’excluent pas de nouvelles interpellations dans les prochains jours, au fur et à mesure de l’exploitation des informations recueillies.

Accès au logement : CAUTIONA Sénégal mise sur l’innovation digitale et le partenariat public-privé pour révolutionner la caution locative

Face aux difficultés persistantes d’accès au logement, Cautiona Sénégal a organisé, ce lundi 23 février 2025, à l’hôtel Noom (ex-Radisson), le Forum du Logement, une rencontre de haut niveau consacrée au thème : « Accès au logement : enjeux, innovations et solutions durables pour les populations ».

L’objectif était d’identifier des réponses concrètes aux défis structurels du secteur. L’événement a réuni des experts de l’habitat, des professionnels de l’immobilier, des acteurs des nouvelles technologies ainsi que des représentants de l’État.

Cautiona Sénégal, fintech sénégalaise engagée dans la facilitation de l’accès au logement à travers des solutions digitales innovantes, entend ainsi moderniser le marché locatif.

« Il y a le site Internet qui est déjà disponible. L’application sera présentée tout à l’heure et sera lancée en début de semaine. Elle s’appelle “Cautiona”, comme le nom de l’entreprise », a déclaré Mouhamed Faye, PDG de Cautiona Sénégal, filiale du groupe MN Capital, basé à Dakar.

Au Sénégal, et particulièrement à Dakar, l’accès au logement demeure un défi majeur. Hausse des loyers, montants élevés des cautions, déficit de logements sociaux, pression foncière : les obstacles sont multiples.

« Nous avons choisi d’initier ce forum pour discuter de toutes les difficultés liées au logement et proposer des solutions innovantes susceptibles de soulager la population sénégalaise », a expliqué M. Faye.

Selon lui, l’objectif principal de l’entreprise est d’introduire davantage d’innovation dans le secteur, notamment à travers l’utilisation des nouvelles technologies afin de corriger les dysfonctionnements constatés sur le marché locatif.

Le Président-directeur général de Cautiona Sénégal a souligné l’urgence d’apporter des solutions technologiques aux déséquilibres observés.

« Aujourd’hui, le principal problème réside dans les montants de caution exigés, qui atteignent souvent trois à quatre mois de loyer. Cela pèse lourdement sur les ménages », a-t-il expliqué.

L’entreprise propose un modèle de cautionnement locatif digitalisé, accessible via une application mobile baptisée Cautiona. Grâce à cette solution, un locataire peut effectuer une demande en ligne et obtenir une validation sous 24 heures, sans mobiliser immédiatement plusieurs mois de loyer.

Ce mécanisme permettra d’alléger la charge financière des ménages et d’introduire davantage de traçabilité dans un secteur jugé insuffisamment régulé.

« Avant de gagner de l’argent, il faut résoudre un problème », a insisté M. Faye, qui entend positionner son entreprise comme un acteur majeur de la modernisation du marché locatif sénégalais.

Par ailleurs, le gouvernement, sous l’impulsion du ministre Moussa Abdel Fofana, a lancé un programme national d’accès au logement et de renouveau urbain, avec une forte orientation vers le partenariat public-privé.

Monsieur Momar Ndiaye, directeur de l’aménagement urbain et de la restructuration au ministère de l’Urbanisme, a salué l’initiative.

Selon lui, près de 9 000 hectares de bidonvilles, abritant environ 3 millions d’habitants, nécessitent des interventions structurelles. Par ailleurs, plus de 20 000 hectares ont déjà été mobilisés au niveau national dans le cadre d’une stratégie de sécurisation et de valorisation foncière.

« Il est fondamental de s’appuyer sur le secteur privé pour développer une offre massive de logements », a-t-il affirmé, précisant qu’une partie du foncier sera confiée aux promoteurs privés pour développer des projets viables, tandis qu’une autre sera destinée aux logements sociaux et à l’autoconstruction.

La question de la régulation des loyers a également occupé une place centrale dans les débats. À Dakar, où la densité dépasse 5 800 habitants par km², la pression locative reste particulièrement forte.

Pour conclure, le PDG de Cautiona Sénégal estime que l’absence de traçabilité constitue un frein majeur à la régulation du secteur.

« Avec la digitalisation et la gestion des données, il y aura beaucoup plus de transparence, ce qui permettra de mieux structurer le marché », a-t-il assuré.

Les activités de Cautiona sont envisagées à l’échelle nationale, puis internationale, l’entreprise estimant que son modèle est reproductible dans d’autres pays.

« Nous ferons le maximum pour contribuer à la régulation du secteur, avec l’appui de l’État », a conclu M. Faye.

Macky Sall à Nairobi : une rencontre stratégique avec William Ruto autour de l’adaptation climatique

L’ancien Chef de l’État sénégalais, Macky Sall, a été reçu à Nairobi par le président kényan William Ruto, dans le cadre d’une rencontre placée sous le signe de la coopération africaine face aux défis climatiques. Cette audience s’inscrit dans la dynamique de mobilisation continentale autour des enjeux d’adaptation et de résilience, au moment où l’Afrique demeure l’une des régions les plus vulnérables aux effets du changement climatique.

Actuel président du Conseil du Global Center on Adaptation (GCA), Macky Sall a profité de cette visite pour saluer l’engagement du chef de l’État kényan en faveur des politiques d’adaptation. Dans un message publié sur le réseau social X, l’ancien dirigeant sénégalais a exprimé sa reconnaissance pour le « leadership exceptionnel » de William Ruto en matière d’adaptation pour l’Afrique. Il a également remercié le président kényan pour son soutien constant au Centre mondial pour l’adaptation et à sa mission visant à accélérer la transition vers des économies résilientes sur le continent.

Cette rencontre met en lumière le rôle croissant que joue le Kenya dans l’agenda climatique africain. Sous l’impulsion de William Ruto, Nairobi s’est positionnée comme un acteur majeur du plaidoyer pour la justice climatique et le financement de l’adaptation. Le pays a notamment multiplié les initiatives en faveur des énergies renouvelables et de solutions innovantes pour renforcer la résilience des communautés vulnérables, notamment dans les zones arides et semi-arides.

Pour Macky Sall, désormais engagé sur la scène internationale à travers le GCA, l’enjeu est de consolider les partenariats stratégiques afin d’intensifier les investissements dans l’adaptation climatique. Le Centre mondial pour l’adaptation œuvre à soutenir les gouvernements africains dans la conception et la mise en œuvre de politiques capables de protéger les populations, les infrastructures et les économies face aux chocs climatiques. Il plaide également pour un meilleur accès aux financements internationaux, estimant que l’Afrique, bien que faiblement responsable des émissions mondiales de gaz à effet de serre, subit de manière disproportionnée les conséquences du réchauffement planétaire.

Au-delà de la dimension protocolaire, l’audience entre Macky Sall et William Ruto traduit une convergence de vues sur la nécessité pour l’Afrique de parler d’une seule voix dans les négociations climatiques internationales. Les deux personnalités partagent la conviction que l’adaptation doit être placée au cœur des priorités de développement du continent, au même titre que l’industrialisation, la sécurité alimentaire et la transformation économique.

Cette visite à Nairobi confirme ainsi la poursuite de l’engagement international de Macky Sall après son départ du pouvoir. En mettant en avant le leadership kényan et en renforçant les synergies entre institutions africaines et partenaires globaux, l’ancien président sénégalais entend contribuer à structurer une réponse africaine ambitieuse et coordonnée face à l’urgence climatique.

Fête nationale 2026 : Thiès au cœur de la République, Bassirou Diomaye Faye reçoit le maire Babacar Diop

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye , a accordé une audience ce mardi 24 février 2026 au maire de Thiès, Babacar Diop, dans la perspective de la célébration prochaine de la Fête nationale dans la capitale du rail. Cette rencontre, tenue au Palais de la République à Dakar, s’inscrit dans la dynamique des préparatifs de cet événement majeur du calendrier républicain, appelé à rassembler les forces vives de la Nation autour des valeurs d’unité, de cohésion et de citoyenneté.

Selon une note officielle de la Présidence du Sénégal, le maire de Thiès a exprimé, au nom du Conseil municipal et de l’ensemble des populations thiessoises, sa profonde gratitude au chef de l’État pour le choix porté sur sa ville. Il a qualifié cette décision de « haute portée », soulignant qu’elle constitue à la fois un honneur et une marque de confiance envers une cité au riche passé historique et au rôle stratégique dans le développement économique et social du pays.

Babacar Diop a également salué la qualité du travail préparatoire engagé en étroite collaboration avec les autorités administratives, les services de l’État, les forces de défense et de sécurité ainsi que les acteurs locaux. Il a insisté sur l’esprit de concertation et de responsabilité qui a prévalu dans l’organisation de cette fête, gage, selon lui, d’un événement réussi. Le maire n’a pas caché l’impatience des Thiessois, déterminés à faire de cette célébration un grand moment de ferveur patriotique, de communion populaire et de rassemblement national.

De son côté, le président Bassirou Diomaye Faye a remercié le maire ainsi que les populations de Thiès pour leur mobilisation et leur engagement. Il s’est félicité de l’état d’avancement satisfaisant des préparatifs, traduisant la volonté partagée de faire de cette édition de la Fête nationale une réussite sur les plans organisationnel, sécuritaire et symbolique. Le chef de l’État a rappelé l’importance de cette commémoration dans la consolidation des acquis démocratiques et dans le renforcement du sentiment d’appartenance à une communauté nationale unie autour des principes républicains.

Au-delà de l’événement festif, la rencontre a été l’occasion d’évoquer les enjeux de développement. Le maire de Thiès a salué l’engagement du Président de la République en faveur du progrès économique, de la stabilité institutionnelle et de la paix sociale, particulièrement dans un contexte international marqué par des tensions économiques et des défis structurels. Il lui a exprimé son soutien et celui des populations thiessoises dans la conduite des réformes et des politiques publiques visant à améliorer les conditions de vie des Sénégalais.

En choisissant Thiès pour abriter la Fête nationale 2026, les autorités entendent ainsi valoriser le rôle central des régions dans la construction nationale et promouvoir une approche inclusive du développement territorial. La célébration s’annonce déjà comme un moment fort de la vie institutionnelle du pays, où la ferveur citoyenne se conjugue avec la volonté de bâtir un Sénégal stable, solidaire et résolument tourné vers l’avenir.

Cheikh Diaw salue la « franchise historique » d’Ousmane Sonko devant l’Assemblée nationale

Ce mardi 24 février 2026 restera une date marquante dans la vie parlementaire sénégalaise. Devant une Assemblée nationale attentive, le Premier ministre Ousmane Sonko a répondu aux questions d’actualité des députés avec une franchise rare, abordant des dossiers aussi sensibles que le sort des supporters à Berkane, l’insécurité à l’UCAD ou encore la proposition de loi sur l’homosexualité.

Une intervention saluée par de nombreuses voix, dont celle de Cheikh Diaw, coordonnateur du mouvement « Sunu Kaolack 2027 ». Joint par téléphone en fin de journée, le responsable politique n’a pas caché sa satisfaction.

« Une gestion humaine et responsable du dossier des supporters »

Cheikh Diaw a d’abord tenu à saluer la clarté du chef du gouvernement sur l’affaire des supporters sénégalais condamnés au Maroc. « Le Premier ministre a fait preuve d’une transparence totale. Il a rappelé que l’État a rempli ses obligations consulaires et qu’aucune voie juridique ou diplomatique n’est négligée. Mais il a aussi eu le courage de rappeler que nous devons respecter la souveraineté judiciaire du Maroc, dans un esprit de fraternité africaine. C’est cela, le leadership responsable », a déclaré Cheikh Diaw.

« À l’UCAD, Sonko agit là où d’autres parlaient »

Sur la crise universitaire, le coordonnateur de « Sunu Kaolack 2027 » s’est réjoui des annonces fortes faites par le Premier ministre. « L’érection d’un commissariat permanent au cœur du campus social de l’UCAD est une mesure concrète que les étudiants attendaient depuis des décennies. Enfin, un gouvernement ose prendre à bras-le-corps la question de la sécurité dans nos universités. Ousmane Sonko ne se contente pas de gérer l’urgence, il propose une vision, avec la possible délocalisation de certains services. C’est un homme d’action », a-t-il martelé.

Cheikh Diaw a également tenu à souligner la « lucidité » du Premier ministre qui, tout en admettant certains manquements, a eu le courage de dénoncer les violences policières passées. « Cela s’appelle la justice et la dignité », a-t-il ajouté.

« Un équilibre rare sur la question des mœurs »

Enfin, sur le sujet brûlant de la proposition de loi criminalisant l’homosexualité, Cheikh Diaw a exprimé son admiration pour le « sens de l’État » d’Ousmane Sonko. « Il a su faire preuve d’un équilibre rare. D’un côté, il enclenche la procédure parlementaire, respectant ainsi la demande des députés. De l’autre, il appelle au respect de la vie privée et met en garde contre les tribunaux populaires qui stigmatisent les personnes vivant avec le VIH. C’est un chef d’État qui regarde le Sénégal dans toute sa complexité, sans démagogie », a-t-il estimé.

Pour le coordonnateur de « Sunu Kaolack 2027 », cette sortie confirme une chose : « Ousmane Sonko incarne un leadership moderne, assumé et profondément respectueux des institutions. Le Sénégal a besoin de cette franchise pour avancer. »

Alors que les réactions continuent d’affluer, une certitude demeure : la parole du Premier ministre a, une fois de plus, marqué les esprits, y compris au-delà de l’hémicycle.

Action humanitaire : Türkiye Diyanet Vakfı et Alfityanou Humanitaire International soutiennent 700 ménages à Kaolack

Dans le cadre du programme Ramadan 2026 placé sous le thème « Certes, les croyants sont des frères », la Türkiye Diyanet Vakfı (Fondation Diyanet de Türkiye), en partenariat avec Alfityanou Humanitaire International, a procédé à une importante opération de solidarité au profit des populations vulnérables de Kaolack, ce mardi 24 février 2026. Au total, 700 kits alimentaires ont été distribués à des familles dans le besoin à l’occasion de ce mois béni de Ramadan.

Cette initiative humanitaire s’inscrit dans une dynamique de soutien social visant à accompagner les ménages les plus modestes durant cette période de spiritualité, de partage et de solidarité. Composés de denrées de première nécessité — notamment du riz, de l’huile, du sucre, des pâtes alimentaires et d’autres produits essentiels — les kits permettront aux bénéficiaires de mieux faire face aux charges alimentaires liées au jeûne, a expliqué M. Nurtekin, chef de la délégation turque pour la zone centre, couvrant Kaolack et Kaffrine.

Lors de la cérémonie de distribution, le chef de la délégation turque a rappelé que cette action traduit les valeurs universelles de fraternité, d’entraide et de compassion prônées par l’islam. « Le Ramadan est un moment privilégié pour renforcer les liens de solidarité entre les communautés et soutenir les familles en situation de précarité », a ajouté M. Nurtekin.

Dans un contexte marqué par des défis sociaux persistants et des besoins humanitaires croissants, certaines initiatives citoyennes se distinguent par leur constance et leur impact concret sur le terrain. C’est le cas de l’action menée par Cheikh Mahy Aliou Cissé à travers la Fondation Alfityanou Humanitaire International, devenue au fil des années un acteur reconnu de la solidarité communautaire, a rappelé Ismaïla Sy au nom de la fondation.

À travers cet engagement continu, Cheikh Mahy Aliou Cissé et la Fondation Alfityanou Humanitaire International illustrent une forme de solidarité ancrée dans l’action concrète, où la générosité devient un levier de cohésion sociale et d’espoir pour les plus vulnérables, a noté M. Sy.

Les bénéficiaires, venus de différents quartiers de la capitale du Saloum, ont exprimé leur gratitude envers les donateurs. Plusieurs chefs de famille ont salué une initiative qui, selon eux, intervient à un moment crucial marqué par la hausse du coût de la vie et les difficultés économiques persistantes.

Évoquant les tensions au Moyen-Orient, le chef de la délégation turque, M. Nurtekin, a lancé un appel solennel aux fidèles musulmans du Sénégal afin d’intensifier les prières en faveur de la paix en Palestine, particulièrement durant cette période spirituelle du mois de Ramadan.

À travers ce programme Ramadan 2026, la Türkiye Diyanet Vakfı et la Fondation Alfityanou Humanitaire International réaffirment ainsi leur engagement à poursuivre des actions sociales durables au Sénégal, en mettant l’accent sur la solidarité, la dignité humaine et le vivre-ensemble.

Assemblée nationale : Mbaye Dione dénonce un « flou total » sur le calendrier électoral et alerte sur la dette et la crise sociale

À l’issue de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale du Senegal, le député de l’opposition Mbaye Dione s’est présenté devant la presse pour livrer une lecture critique des échanges avec le gouvernement. Le Secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP) a dressé un tableau préoccupant de la situation nationale, évoquant à la fois l’incertitude politique, les tensions économiques et les difficultés sociales qui frappent plusieurs secteurs.

Au cœur de son intervention, la question du calendrier électoral a occupé une place centrale. Selon lui, le gouvernement entretient un « flou total » sur les prochaines échéances, alors même que des réformes seraient envisagées concernant le découpage des collectivités territoriales. Pour le parlementaire, l’absence de visibilité alimente les inquiétudes dans un contexte où les révisions des listes électorales n’ont toujours pas démarré. « On ne peut pas produire de calendrier dans ces conditions », a-t-il martelé, estimant que les autorités doivent des réponses claires aux Sénégalais afin de garantir la transparence et la crédibilité du processus électoral.

Mbaye Dione a également interpellé le Premier ministre sur la situation de la dette publique. Il a exprimé ses préoccupations face aux risques pesant sur la soutenabilité financière du pays, évoquant la nécessité de mesures urgentes pour éviter un éventuel défaut de paiement. Dans un environnement économique qu’il juge particulièrement tendu, le député appelle à davantage de clarté sur la stratégie gouvernementale et sur les mécanismes envisagés pour rassurer les partenaires financiers et préserver la stabilité macroéconomique.

Le monde rural n’a pas été oublié dans son intervention. Le député a insisté sur les difficultés rencontrées par les producteurs d’arachide, nombreux à peiner à écouler leurs récoltes. Cette situation, selon lui, fragilise des milliers de familles et met en lumière les limites des dispositifs actuels de commercialisation et d’accompagnement. Il plaide pour des solutions rapides et concrètes afin d’éviter une aggravation de la précarité dans les zones rurales.

Au-delà de ces préoccupations, Mbaye Dione a élargi son propos à d’autres secteurs en crise. Il a évoqué les difficultés persistantes dans le bâtiment et l’immobilier, qui subissent un ralentissement notable, ainsi que les tensions au sein de l’université sénégalaise, confrontée à des défis structurels et sociaux. Le secteur de la presse a également été cité, le député soulignant les contraintes économiques et les incertitudes qui pèsent sur plusieurs organes de médias.

Enfin, il est revenu sur la situation de citoyens sénégalais détenus au Maroc, rappelant la détresse de leurs familles et appelant les autorités à un suivi diplomatique plus soutenu. Pour Mbaye Dione, ces différentes problématiques traduisent une accumulation de défis auxquels le gouvernement doit répondre avec davantage de transparence et de responsabilité.

En conclusion, le parlementaire de l’AFP a réitéré son appel à la clarté sur le calendrier électoral. À ses yeux, l’absence d’informations précises sur les révisions des listes et sur l’éventuel redécoupage territorial nourrit l’incertitude et fragilise la confiance des citoyens dans le processus démocratique. « Le gouvernement du Sénégal doit des réponses aux Sénégalais », a-t-il insisté, réaffirmant que le pays ne peut avancer durablement dans un climat de doute institutionnel.

Retrait de la protection de Mame Makhtar Guèye : Ousmane Sonko assume, Madiambal Diagne rappelle le devoir de l’État

Le débat sur la protection sécuritaire accordée à Mame Makhtar Guèye s’est invité à l’Assemblée nationale, à la faveur d’une déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko. Sans citer explicitement son nom dans un premier temps, le chef du gouvernement a indiqué avoir personnellement demandé le retrait de la protection mise à disposition de l’activiste, une décision qui a rapidement suscité des réactions dans l’espace public.

Face aux députés, le Premier ministre a expliqué qu’il avait été informé de la mise en place d’un dispositif sécuritaire au bénéfice de Mame Makhtar Guèye et qu’il avait aussitôt saisi le ministère de l’Intérieur pour en demander le retrait. « Quand j’ai entendu qu’une sécurité avait été mise à sa disposition, j’ai demandé au ministère de l’Intérieur de la retirer », a-t-il affirmé, assumant pleinement la paternité de la décision. Cette déclaration, faite dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale du Senegal, a immédiatement alimenté les discussions sur la responsabilité de l’État en matière de protection des citoyens exposés à des menaces.

La réaction du journaliste Madiambal Diagne ne s’est pas fait attendre. Dans une publication largement relayée, il a tenu à rappeler que l’obligation de protection relève des missions fondamentales de l’État, indépendamment des divergences d’opinion ou des controverses entourant une personnalité publique. Selon lui, même si certains contestent les méthodes ou les prises de position de Mame Makhtar Guèye, cela ne saurait justifier un désengagement sécuritaire si sa sécurité est effectivement menacée. « On peut ne pas être d’accord avec les méthodes de Mame Makhtar Guèye mais il reste que l’État du Sénégal lui doit protection si tant est que sa sécurité est menacée », a-t-il écrit, posant ainsi la question du principe d’égalité devant la protection publique.

Cette séquence intervient dans un contexte politique déjà chargé, où les échanges à l’Assemblée nationale prennent souvent une dimension hautement symbolique. Au-delà du cas particulier, c’est la doctrine sécuritaire du gouvernement qui se retrouve scrutée : sur quels critères une protection est-elle accordée ou retirée ? Qui évalue la réalité de la menace ? Et dans quelle mesure l’exécutif peut-il intervenir directement dans ce type de décision ?

Par ailleurs, lors de la même intervention, le Premier ministre a annoncé son intention de présenter mardi, en séance plénière consacrée aux questions d’actualité, un projet de loi portant sur l’homosexualité. Cette annonce laisse présager des débats intenses au sein de l’Assemblée nationale et dans l’opinion publique, tant le sujet demeure sensible et clivant au Sénégal.

Réouverture du COUD : Daouda Ngom annonce de nouvelles mesures de sécurité et défend la réforme des bourses

À l’Assemblée nationale du Sénégal, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle, Daouda Ngom, a annoncé la réouverture du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) à compter du 26 février. Face aux députés, il a détaillé un ensemble de mesures destinées à renforcer la sécurité dans les résidences universitaires, tout en revenant sur les causes profondes de la crise qui a secoué le campus social.

Le ministre a assuré que des instructions fermes ont été données afin d’améliorer les conditions de sécurité dans les pavillons universitaires. Parmi les dispositions annoncées figurent le contrôle strict des accès aux résidences, la dotation en détecteurs de fumée, l’installation de bouches d’incendie ainsi que la mise en place de caméras de surveillance. Selon lui, ces mesures visent à prévenir les incidents, mais aussi à restaurer un climat de sérénité dans un environnement marqué ces derniers mois par des tensions récurrentes.

Daouda Ngom a également insisté sur la problématique de la surpopulation dans les campus universitaires, qu’il considère comme un facteur aggravant de l’insécurité. Il a révélé que certaines chambres accueillent entre quinze et vingt étudiants, une situation qu’il juge inacceptable. Pour le ministre, l’État ne peut laisser perdurer une telle promiscuité, susceptible de générer des conflits, des vols et même de favoriser la circulation d’armes blanches au sein des résidences. Cette réalité, a-t-il reconnu, appelle des réponses structurelles et durables.

La gestion des lits dans les résidences universitaires a par ailleurs été pointée du doigt. Le ministre a affirmé qu’environ 30 % des lits seraient actuellement répartis par un groupe restreint d’environ 300 étudiants, créant ainsi des déséquilibres dans l’attribution des chambres. Il a annoncé qu’à partir de la prochaine rentrée universitaire, des mesures correctives seront mises en œuvre en concertation avec l’ensemble de la communauté universitaire, afin de garantir plus d’équité et de transparence.

Interpellé par la députée Amy Dabo du parti Pastef sur la question des revendications financières à l’origine de la crise, Daouda Ngom a tenu à clarifier la position du gouvernement. Il a soutenu que l’État ne doit aucune dette aux étudiants régulièrement inscrits, précisant que les bourses sont versées de manière régulière le 5 de chaque mois et qu’aucun rappel n’est actuellement dû.

Le ministre a expliqué que les tensions observées trouvent leur origine dans un chevauchement des années universitaires, une situation héritée du passé, durant laquelle l’État procédait à des paiements supplémentaires appelés « rappels ». Selon lui, ces pratiques ont engendré des charges budgétaires importantes et contribué à entretenir une confusion autour des droits des étudiants. Il a rappelé que la loi est explicite : seul un étudiant régulièrement inscrit peut bénéficier d’une bourse, laquelle doit être versée uniquement pendant la période d’inscription effective.

Évoquant un dérapage budgétaire, Daouda Ngom a révélé que l’État avait versé jusqu’à seize mois de bourses au lieu des douze prévus par an. Il a souligné qu’au lieu des 70 milliards de francs CFA votés au budget, ce sont finalement 105 milliards qui ont été décaissés cette année pour couvrir les paiements. Une situation qu’il juge insoutenable pour les finances publiques et qui justifie, selon lui, les réformes engagées.

UCAD : Ousmane Sonko annonce un commissariat sur le campus et une délocalisation partielle pour apaiser les tensions

Face aux tensions récurrentes qui secouent l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a dévoilé un plan structuré en deux volets mêlant réponse sécuritaire et réforme organisationnelle. Lors de la séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale du Senegal, le chef du gouvernement a esquissé les contours d’une stratégie qu’il présente comme une approche globale destinée à restaurer durablement la stabilité sur le campus universitaire.

Depuis plusieurs années, l’université dakaroise est régulièrement le théâtre d’affrontements entre étudiants et forces de l’ordre. Les revendications liées aux bourses, aux retards pédagogiques, à la surpopulation et aux conditions de vie dans le campus social dégénèrent souvent en heurts, alimentant un climat de crispation quasi permanent. Dans ce contexte, l’exécutif entend rompre avec les interventions ponctuelles et souvent musclées venues de l’extérieur.

La mesure la plus marquante du plan gouvernemental concerne l’implantation d’un commissariat au sein même du campus social. « J’ai saisi le ministre de l’Intérieur pour voir les modalités de faisabilité d’un commissariat dans le campus social », a déclaré Ousmane Sonko devant les députés. Jusqu’à présent, les forces de sécurité intervenaient principalement depuis l’extérieur de l’université, ce qui renforçait chez de nombreux étudiants un sentiment d’encerclement ou d’intrusion. Selon le Premier ministre, la présence permanente d’une structure policière intégrée au campus permettrait d’instaurer une approche plus préventive, plus graduée et mieux encadrée des questions sécuritaires.

L’objectif affiché est de normaliser la présence des forces de l’ordre, de privilégier le dialogue en amont des crises et de limiter les débordements violents qui ont, par le passé, causé des blessés et d’importants dégâts matériels. Le gouvernement semble ainsi vouloir transformer une logique d’intervention d’urgence en un dispositif de gestion continue et anticipative des tensions.

Mais au-delà du volet sécuritaire, le chef du gouvernement reconnaît que les violences à l’UCAD trouvent aussi leur origine dans des problèmes structurels profonds. La surpopulation estudiantine, le déficit d’infrastructures, la vétusté de certains bâtiments et la pression sur les services sociaux constituent un terreau propice aux frustrations. C’est dans cette optique qu’il a évoqué une délocalisation partielle de l’université. « Nous allons voir comment délocaliser une partie de l’université pour avoir de meilleures conditions de travail », a-t-il affirmé.

Une telle réforme viserait à désengorger le campus principal de Dakar en répartissant certaines facultés ou filières vers d’autres sites mieux aménagés. Cette redistribution pourrait permettre d’offrir aux étudiants et aux enseignants des infrastructures modernes, des amphithéâtres moins surchargés, des laboratoires adaptés et un environnement académique plus serein. Elle s’inscrirait dans une réflexion plus large sur l’aménagement du territoire universitaire et la modernisation du système d’enseignement supérieur.

Si ces annonces marquent une volonté politique claire, leur mise en œuvre concrète soulève déjà des interrogations. L’implantation d’un commissariat sur un campus universitaire, espace traditionnellement associé à la liberté académique, pourrait susciter des débats sur l’autonomie universitaire et le respect des franchises académiques. De même, la délocalisation partielle nécessitera des investissements conséquents, une planification rigoureuse et l’adhésion des acteurs concernés.

Supporters sénégalais condamnés à Rabat : indignation nationale et appel à une mobilisation à Dakar

L’onde de choc provoquée par la condamnation de dix-huit supporters sénégalais par le tribunal de première instance de Rabat continue de susciter une vive émotion au Sénégal. Au-delà de la décision judiciaire, c’est toute une polémique mêlant accusations de maltraitance, critiques diplomatiques et mobilisation citoyenne qui prend de l’ampleur. Une marche nationale est d’ores et déjà annoncée pour le samedi 28 février à Dakar.

Au cœur de la controverse, les conditions de détention des supporters incarcérés au Maroc. Bacary Cissé, président de la commission communication de la Fédération Sénégalaise de Football, a exprimé publiquement son « émotion » et son « amertume » face à ce qu’il considère comme une situation grave. S’exprimant sur la Rfm, il a évoqué un rapport transmis aux autorités sportives et politiques sénégalaises, faisant état de conditions de détention jugées alarmantes. Selon lui, des témoignages font état de supporters contraints de jeûner sans assistance adéquate, la délégation sénégalaise ayant dû intervenir pour leur fournir de quoi rompre le jeûne, face à ce qui est présenté comme une obstruction des services de police locaux.

Du côté des comités de supporters, la colère est tout aussi palpable. À l’AS Les Bouguies, Blaise Niane, responsable juridique du collectif, rejette catégoriquement les accusations de violence ayant conduit à la condamnation. Il affirme que des images démontreraient que les jeunes tentaient plutôt d’apaiser les tensions avant d’être eux-mêmes victimes de brutalités. Pour le collectif, la sentence judiciaire ne saurait occulter ce qu’il considère comme un dysfonctionnement plus large, notamment en matière de protection consulaire.

Les critiques se tournent également vers les autorités sénégalaises. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer un « manque criant de protection consulaire » et s’interrogent sur la gestion diplomatique du dossier. Le retour triomphal de l’équipe nationale au pays, alors que des supporters restaient détenus au Maroc, est perçu par certains comme un symbole d’abandon. Cette situation alimente un sentiment d’injustice et renforce les appels à une réaction ferme de l’État.

Face à cette montée de tension, une marche nationale a été officiellement fixée au samedi 28 février à Dakar. Les organisateurs entendent mobiliser largement la société civile, les mouvements associatifs et les comités de supporters à travers le pays. L’objectif affiché est d’exercer une pression sur les autorités afin qu’elles prennent toutes les dispositions nécessaires pour défendre les intérêts des détenus et obtenir leur libération.

Sur le plan juridique, le Sénégal dispose d’un délai de dix jours pour interjeter appel de la décision rendue par la juridiction marocaine. Cette voie procédurale constitue la première option formelle pour contester la condamnation. Toutefois, compte tenu des délais potentiels et des incertitudes liées aux procédures judiciaires, l’hypothèse d’une demande de grâce royale adressée directement au souverain marocain est également évoquée comme une issue possible à la crise.

Mise en accusation annoncée : Me Moussa Bocar Thiam contre-attaque et annonce son retour à Dakar

Me Moussa Bocar Thiam sort du silence. L’ancien ministre de la Communication sous la présidence de Macky Sall, également maire de Ourossogui et avocat inscrit aux barreaux de Paris et du Sénégal, a publié ce lundi une déclaration depuis son cabinet international basé dans le Golfe pour répondre aux informations faisant état d’une possible saisine de la Haute Cour de Justice par l’Assemblée nationale.

Alors que la Commission des Lois a examiné des projets de résolution visant d’anciens membres du gouvernement, l’ancien Agent judiciaire de l’État affirme ne nullement fuir ses responsabilités. Il annonce avoir décidé de prendre des congés professionnels afin de regagner Dakar « dans les prochains jours » et, selon ses termes, « faire face à ce régime à l’agonie ». Une posture offensive qui donne le ton d’une riposte à la fois juridique et politique.

Sur le terrain du droit, Me Thiam soutient être le seul ancien ministre poursuivi sans qu’aucun rapport d’un organe de contrôle ne mette en cause sa gestion. Il cite notamment la Cour des comptes, l’Inspection générale d’État (IGE), la CENTIF et l’Inspection générale des finances (IGF), affirmant qu’aucune de ces institutions n’a relevé d’irrégularités le concernant. Pour lui, cette absence de base factuelle affaiblit considérablement les accusations brandies contre sa personne.

L’ancien ministre avance également un argument de procédure qu’il juge déterminant. Il rappelle que le Conseil constitutionnel , dans sa décision n°2/C/2025 du 24 juillet 2025, aurait déclaré inconstitutionnel l’article 134 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale relatif à la Haute Cour de Justice. Selon son interprétation, cette décision priverait la procédure engagée contre lui de toute base légale solide, rendant contestable toute tentative de mise en accusation devant la juridiction compétente pour juger les anciens ministres.

Sur le fond du dossier, Me Thiam conteste vigoureusement la qualification des faits. Il s’interroge publiquement sur la possibilité de poursuivre un ministre pour détournement de deniers publics lorsque les sommes évoquées proviendraient, selon lui, de fonds privés versés à une entreprise privée, dans le cadre de travaux routiers officiellement réceptionnés par les services techniques de l’État. À ses yeux, l’élément matériel de l’infraction ferait défaut, ce qui viderait les poursuites de leur substance pénale.

Mais au-delà du débat juridique, l’ancien ministre assume une lecture résolument politique de la séquence. Il accuse le pouvoir en place de chercher des « contre-feux » face à des crises qu’il estime majeures, notamment la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba et les difficultés économiques du pays. Il évoque une « incompétence manifeste » du régime actuel et affirme que les poursuites engagées contre lui relèveraient davantage d’une stratégie de diversion que d’une volonté sincère de reddition des comptes.

Me Moussa Bocar Thiam dit pouvoir compter sur le soutien du Fouta et d’une partie de la diaspora, qu’il juge convaincus du caractère « bidon » des accusations. Il se montre catégorique quant à l’issue judiciaire qu’il anticipe, estimant qu’aucun magistrat ne saurait décerner un mandat de dépôt en l’absence d’un dossier solide, d’autant plus que, selon lui, « tous les acteurs de cette affaire sont libres ».

Cheikh Baba Diallo honoré par un geste culturel fort venu d’Indonésie

Dans un geste empreint de courtoisie diplomatique et de dialogue interculturel, Cheikh Baba Diallo a été honoré par un présent distingué offert par Son Excellence Ardian Wicaksono, marquant ainsi un moment fort de rapprochement entre les peuples sénégalais et indonésien.

Au cœur de cette cérémonie symbolique figurait un objet chargé d’histoire et de spiritualité maritime : le célèbre navire Phinisi, emblème du patrimoine culturel de l’Indonésie.

Un symbole maritime chargé d’histoire

Le Phinisi est un voilier traditionnel originaire du Sulawesi du Sud, dans la partie orientale de l’Indonésie. Pendant des siècles, il a servi au peuple bugis pour traverser les mers de l’archipel indonésien et établir des routes commerciales reliant différentes régions du monde.

Plus qu’un simple moyen de transport, ce navire représente l’esprit d’aventure, la maîtrise maritime et la transmission d’un savoir ancestral.

Malgré son caractère traditionnel, le Phinisi impressionne par son élégance et son architecture majestueuse. Sa silhouette élancée et ses voiles imposantes incarnent une harmonie entre ingénierie navale et héritage culturel.

Entre légende et mémoire historique

Selon le manuscrit épique La Galigo, l’un des plus longs récits littéraires au monde, le premier Phinisi aurait été construit au XIVᵉ siècle par le prince héritier du royaume de Luwu, Sawerigading.

La tradition raconte que les fragments du navire originel furent ensuite rassemblés par les populations locales, donnant naissance à ce modèle emblématique devenu aujourd’hui un symbole national.

Cette dimension mythologique confère au Phinisi une portée spirituelle particulière, associant navigation, destin et transmission intergénérationnelle.

Une reconnaissance internationale du patrimoine indonésien

En décembre 2017, le savoir-faire artisanal lié à la construction des voiliers traditionnels du Sulawesi du Sud a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Cette reconnaissance internationale consacre l’expertise des artisans indonésiens et souligne l’importance de préserver les traditions maritimes face à la modernité.

Aujourd’hui, les Phinisi modernes continuent de naviguer, réadaptés pour les croisières touristiques, la plongée et les activités de loisirs, tout en conservant leur identité culturelle originelle.

Un geste diplomatique porteur de sens

Au-delà de sa valeur esthétique, le présent offert à Cheikh Baba Diallo s’inscrit dans une dynamique de diplomatie culturelle. En offrant un symbole aussi fort de son patrimoine, la représentation indonésienne met en avant les valeurs de partage, de respect mutuel et de coopération entre nations.

Ce geste illustre également le rôle croissant de la culture comme outil diplomatique, capable de rapprocher les peuples au-delà des frontières politiques et géographiques. À travers le Phinisi, c’est toute une histoire de voyages, d’échanges et de fraternité maritime qui vient renforcer les liens entre l’Afrique de l’Ouest et l’Asie du Sud-Est.

Ainsi, cette distinction dépasse le cadre protocolaire pour devenir un message universel : celui d’un dialogue entre civilisations, porté par la mémoire des océans et la richesse des traditions humaines.

Médina Baye : quand la transmission du savoir coranique devient une école spirituelle vivante pendant le Ramadan

Au cœur du mois sacré du Ramadan, la cité religieuse de Médina Baye ne se contente pas d’accueillir une compétition de récitation coranique. À travers la 13ᵉ édition du Grand Prix international dédié à Cheikh Ibrahima Niass, l’événement s’impose comme une véritable université spirituelle où se transmettent le savoir religieux, la discipline morale et un héritage islamique vivant.

Une pédagogie spirituelle au cœur de l’événement

Sous un angle éducatif et religieux, le Grand Prix apparaît avant tout comme un espace de formation. Derrière la dimension compétitive, l’objectif principal demeure l’apprentissage du Coran dans toute sa profondeur : maîtrise de la récitation, respect des règles de tajwid et compréhension du sens spirituel des versets.

Les jeunes récitants, venus de divers horizons, incarnent une génération en quête d’élévation intérieure. Ici, la performance vocale n’est pas une fin en soi ; elle devient un moyen de cultiver la patience, l’humilité et la rigueur spirituelle, valeurs essentielles de l’éducation islamique.

Le comité d’organisation insiste ainsi sur une vision du Coran comme outil de transformation personnelle, capable d’accompagner les fidèles face aux défis moraux et sociaux contemporains.

Le Ramadan comme école collective de foi

Organisé durant le mois du jeûne, le concours prend une dimension particulière. Chaque récitation s’inscrit dans une atmosphère de recueillement où public et participants vivent une expérience spirituelle commune.

Les nuits de Médina Baye se transforment alors en moments d’écoute attentive et de méditation. Pour de nombreux fidèles, assister aux récitations équivaut à participer à une retraite spirituelle ouverte, où la parole divine devient source d’apaisement et de renouvellement de la foi.

Ainsi, l’événement dépasse le cadre d’un simple rassemblement religieux pour devenir un temps d’éducation collective de la communauté musulmane.

La continuité d’une chaîne de transmission

L’hommage rendu à Cheikh Tahirou Ousmane Bothi rappelle une réalité centrale de la tradition islamique : la connaissance religieuse se transmet par une chaîne humaine vivante reliant maîtres et disciples.

À travers cette mémoire spirituelle, le Grand Prix souligne que la préservation du Coran ne repose pas uniquement sur les textes, mais aussi sur les hommes et les femmes qui consacrent leur vie à son enseignement. Cette dimension renforce l’idée d’un héritage spirituel en mouvement, continuellement renouvelé par les générations.

Une spiritualité adaptée au monde contemporain

La participation à distance de nombreux candidats issus de plusieurs pays marque également une évolution significative : la technologie devient un outil au service de la diffusion du savoir religieux.

Sans altérer le caractère sacré de la récitation, le numérique permet aujourd’hui d’élargir la communauté spirituelle au-delà des frontières physiques. Médina Baye confirme ainsi son rôle de carrefour religieux international, reliant une oumma diverse autour d’une même référence spirituelle.

Plus qu’une compétition : une renaissance spirituelle

Sous cet angle journalistique et religieux, le Grand Prix international apparaît comme un laboratoire de renouveau islamique fondé sur la connaissance, la transmission et la formation des jeunes générations.

En pleine période de Ramadan, l’événement rappelle que la véritable victoire ne réside pas seulement dans l’obtention d’un trophée, mais dans la capacité du Coran à transformer les cœurs, à renforcer la fraternité et à maintenir vivante la tradition spirituelle héritée des grands maîtres de l’islam.

À Médina Baye, la récitation devient ainsi bien plus qu’une performance : elle se fait école de foi, espace de transmission et symbole d’un islam du savoir et de l’élévation intérieure.

Crise scolaire : le G7 des syndicats décrète un cinquième plan d’action et durcit le ton face à l’État

Réuni ce lundi 23 février 2026 au siège du SAEMSS, le G7 des syndicats de l’éducation a dressé un nouveau diagnostic préoccupant du système éducatif sénégalais. À l’issue de cette rencontre, les organisations syndicales ont annoncé un cinquième plan d’action marqué par une série de débrayages et de grèves totales, tout en réaffirmant leur détermination à obtenir le respect des engagements pris par les autorités.

Dans son communiqué, le cadre unitaire décrit une situation qu’il juge « difficile » dans les secteurs de l’éducation et de la formation. Les syndicats dénoncent notamment la lenteur dans l’application des accords signés avec le gouvernement ainsi que ce qu’ils considèrent comme un retour unilatéral sur certains acquis issus de négociations antérieures. Selon eux, plusieurs points essentiels restent en suspens, alimentant un climat de frustration et de méfiance au sein du corps enseignant.

Le G7 regrette par ailleurs l’absence de réunion de suivi avec le gouvernement, pourtant annoncée, et qui devait permettre d’apporter des réponses rapides aux préoccupations des enseignants. Cette absence de cadre formel de concertation est perçue comme un signal négatif par les responsables syndicaux, qui estiment que le dialogue social peine à se traduire en mesures concrètes.

Malgré ces tensions, les syndicats saluent les initiatives entreprises par la COSYDEP et par la Commission éducation, jeunesse, sports et loisirs de l’Assemblée nationale du Senegal , engagées dans une dynamique de relance du dialogue entre les différents acteurs du système éducatif. Pour le G7, ces démarches constituent des pistes encourageantes, même si elles restent insuffisantes pour résoudre le passif social accumulé.

Les organisations syndicales mettent également en avant la forte adhésion des enseignants aux précédents mots d’ordre. Selon elles, cette mobilisation soutenue traduit l’ampleur du malaise dans le secteur et renforce la légitimité de leur combat. Elles y voient un signal clair adressé aux autorités sur l’urgence d’apporter des solutions structurelles et durables.

Après avoir évalué le quatrième plan d’action, le G7 a ainsi décidé de passer à une nouvelle phase de mobilisation. Le calendrier arrêté prévoit un débrayage le mercredi 25 février 2026 à partir de 9 heures, suivi d’assemblées générales départementales. Le lendemain, jeudi 26 février, une grève totale est annoncée sur l’ensemble du territoire. Le mouvement se poursuivra le lundi 2 mars avec un nouveau débrayage à partir de 9 heures, puis le mardi 3 mars, également à partir de 9 heures, accompagné de rassemblements devant les inspections d’académie. Enfin, une nouvelle grève totale est programmée pour le vendredi 6 mars 2026.

En parallèle, le G7 maintient le boycott des évaluations, des cellules d’animation pédagogique, de la formation des élèves-maîtres ainsi que des activités sportives scolaires. Cette stratégie vise, selon les syndicats, à accentuer la pression tout en démontrant leur capacité de mobilisation sur l’ensemble des leviers du système éducatif.

Projet de loi sur les actes contre nature : Aly Ngouille Ndiaye salue un durcissement « adapté aux réalités sénégalaises »

Le gouvernement du Sénégal a récemment adopté un projet de loi visant à durcir la législation encadrant les actes dits « contre nature » et l’apologie de l’homosexualité, tout en introduisant des sanctions contre les dénonciations calomnieuses. Présentée comme une réponse aux préoccupations d’une large frange de l’opinion, cette initiative, relayée notamment par la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise , alimente un débat intense au sein de la société sénégalaise.

Interrogé sur la pertinence de cette réforme, l’ancien ministre et ancien candidat à l’élection présidentielle Aly Ngouye Ndiaye a exprimé son soutien à l’orientation choisie par les autorités. S’il reconnaît la sensibilité du sujet, il estime que le gouvernement a opté pour une approche mesurée en renforçant les sanctions existantes sans aller jusqu’à une criminalisation plus étendue. « Personnellement, je n’étais pas pour la criminalisation, car il n’est pas évident qu’elle permette de résoudre le problème », a-t-il déclaré.

Pour l’ancien ministre de l’Intérieur, l’expérience montre que la simple criminalisation d’un comportement ne garantit ni son recul, ni l’efficacité de la réponse judiciaire. Il cite en exemple des infractions déjà sévèrement réprimées comme le viol, le vol de bétail ou encore le trafic de drogue. Malgré leur inscription claire dans le Code pénal, ces délits persistent, en partie en raison des limites structurelles du système judiciaire.

Aly Ngouille Ndiaye met en avant une contrainte majeure : le nombre insuffisant de magistrats au regard de la population nationale. « Nous sommes 18 millions de Sénégalais pour environ 500 magistrats. Criminaliser des actes, c’est envoyer des personnes en prison, mais combien y resteront longtemps ? », s’interroge-t-il. Selon lui, l’engorgement des juridictions et la surcharge des établissements pénitentiaires constituent des réalités qu’aucune réforme pénale ne peut ignorer.

L’ancien responsable politique considère ainsi que la voie choisie par l’exécutif représente « un bon pas ». À ses yeux, le texte permet de répondre aux attentes d’une partie importante de l’opinion publique en sanctionnant l’apologie et certains comportements jugés contraires aux valeurs sociales dominantes, tout en évitant une extension pénale qui pourrait se révéler difficile à appliquer. Il souligne également que cette option tient compte des engagements internationaux du Sénégal et des équilibres diplomatiques à préserver.

Au-delà des considérations juridiques, Aly Ngouille Ndiaye insiste sur la dimension culturelle et religieuse du débat. « Nous sommes à plus de 99 % de croyants. Notre culture ne l’accepte pas. On ne peut pas légiférer en fonction des cultures des autres », affirme-t-il, mettant en avant la nécessité d’ancrer les choix législatifs dans les réalités sociétales nationales.

Toutefois, il reconnaît que la question de la criminalisation continue de diviser. Pour lui, la persistance de positions divergentes est le reflet normal d’une société pluraliste où les sensibilités s’expriment librement. « C’est normal que certains continuent d’insister sur la criminalisation. Mais je considère que ce qui a été fait par le gouvernement est appréciable et adapté aux réalités sénégalaises », conclut-il.

Mise en accusation d’anciens ministres : la Commission des Lois valide le dossier Moussa Bocar Thiam et ajourne celui d’Abdoulaye Diouf Sarr

La Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains de l’Assemblée nationale s’est réunie ce lundi 23 février 2026 pour examiner les projets de résolution portant mise en accusation de deux anciens membres du gouvernement devant la Haute Cour de Justice. Cette séance, très attendue, s’inscrit dans le cadre de la procédure engagée contre d’anciens ministres soupçonnés de manquements graves dans l’exercice de leurs fonctions.

À l’issue des travaux, les commissaires ont voté à l’unanimité la résolution visant Moussa Bocar Thiam. Cette décision marque une étape décisive dans la procédure, ouvrant la voie à une mise en accusation formelle devant la Haute Cour de Justice, seule juridiction compétente pour juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Le vote unanime traduit, selon plusieurs observateurs parlementaires, une volonté affirmée des députés membres de la commission d’aller au bout du processus judiciaire concernant l’ancien ministre.

En revanche, la situation de Abdoulaye Diouf Sarr n’a pas pu être examinée jusqu’à son terme. Le dossier le concernant a été suspendu au cours de la session. Les membres de la commission ont estimé que les pièces justificatives fournies étaient insuffisantes pour permettre une analyse complète et rigoureuse du projet de résolution. Le dossier a ainsi été jugé incomplet, empêchant toute prise de décision en l’état.

Cette suspension ne signifie pas un abandon de la procédure, mais plutôt un ajournement conditionné à la transmission des éléments manquants. La commission pourrait donc être amenée à se réunir à nouveau dès que le dossier sera complété, afin de statuer sur l’opportunité d’une mise en accusation.

Cette réunion s’inscrit dans un contexte politique marqué par une volonté affichée de reddition des comptes et de renforcement de la transparence dans la gestion des affaires publiques. La procédure devant la Haute Cour de Justice constitue un mécanisme institutionnel exceptionnel, rarement activé, et dont l’issue dépendra désormais des prochaines étapes parlementaires.

Tensions extrêmes entre Washington et Téhéran : l’Iran promet une riposte “avec force” à toute frappe américaine

La tension est brusquement montée d’un cran entre Iran et les Etats Unis . Lundi, Téhéran a averti qu’aucune attaque américaine, même qualifiée de “limitée”, ne resterait sans réponse. Cette mise en garde intervient après que le président américain Donald Trump a évoqué la possibilité d’une frappe ciblée si l’Iran ne conclut pas rapidement un nouvel accord sur son programme nucléaire.

Lors d’une conférence de presse, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a rejeté toute distinction entre frappe limitée et attaque d’envergure. Selon lui, « il n’y a pas de frappe limitée. Un acte d’agression sera considéré comme un acte d’agression ». Il a affirmé que son pays exercerait son « droit inhérent à la légitime défense » en cas d’intervention militaire. « Tout État réagirait avec force à un acte d’agression, et c’est donc ce que nous ferions », a-t-il insisté.

Ces déclarations font écho aux propos tenus vendredi par Donald Trump. Interrogé par la presse sur l’éventualité d’une frappe en cas d’échec des négociations, il s’est contenté d’un laconique : « Tout ce que je peux dire, c’est que je l’envisage ». En parallèle, Washington a procédé à un important déploiement naval et aérien au Moyen-Orient, avec l’envoi de deux porte-avions dans la région, un signal de fermeté adressé à Téhéran.

Les tensions se déroulent dans le contexte de pourparlers indirects relancés entre les deux pays. Le 17 février, une deuxième session de discussions s’est tenue en Suisse sous médiation omanaise. De nouvelles rencontres sont prévues cette semaine, bien que leur confirmation officielle par Washington reste en suspens. Côté iranien, les négociations sont conduites par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Les États-Unis sont représentés par l’émissaire spécial Steve Witkoff et par Jared Kushner, proche conseiller et gendre du président américain.

Malgré la fermeté affichée, Téhéran affirme croire encore à une issue diplomatique. Dimanche, Abbas Araghchi a estimé qu’il existait « de bonnes chances de parvenir à une solution diplomatique sur un mode gagnant-gagnant ». L’Iran travaille actuellement sur les éléments d’un projet d’accord et prévoit de soumettre prochainement une proposition aux médiateurs. De son côté, Donald Trump a indiqué s’être donné un délai de « dix à quinze jours » pour décider d’un éventuel recours à la force.

Le climat reste toutefois marqué par la méfiance et le souvenir des affrontements récents. Les précédentes discussions indirectes avaient été interrompues en juin 2025, après une guerre déclenchée par Israël contre l’Iran, à laquelle les États-Unis s’étaient associés. À l’époque, Donald Trump avait affirmé avoir « anéanti » le programme nucléaire iranien, bien que l’ampleur réelle des dégâts demeure incertaine. Les puissances occidentales continuent de soupçonner Téhéran de chercher à se doter de l’arme atomique, accusation que la République islamique rejette, affirmant poursuivre uniquement des objectifs civils.

Ces nouvelles tensions surviennent également dans un contexte interne sensible pour l’Iran. Après la répression d’un vaste mouvement de contestation, des slogans hostiles au guide suprême Ali Khamanei ont récemment réapparu dans plusieurs villes. Washington avait alors promis de « venir en aide » au peuple iranien, alimentant les accusations d’ingérence formulées par Téhéran.

Sur la scène internationale, les appels à la désescalade se multiplient. La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a plaidé pour une « solution diplomatique », estimant que l’Iran se trouvait « au point le plus faible qu’il ait jamais connu ». Plusieurs pays, dont l’Inde, ont exhorté leurs ressortissants à quitter l’Iran par précaution, signe que la crainte d’un embrasement régional est bien réelle.

Arrestation spectaculaire d’une tiktokeuse à Yeumbeul-Comico : crack et réseau de drogue dure démantelés

Yeumbeul-Comico – L’arrestation d’Imane, une tiktokeuse très suivie sur les réseaux sociaux, a provoqué un véritable émoi à Yeumbeul-Comico. Identifiée sous les initiales F. Traoré, la jeune femme a été interpellée en pleine consommation de crack dans un appartement transformé en fumoir, situé à la cité Comico 4, révèle L’Observateur. Cette opération, minutieusement préparée par la Brigade de recherches du commissariat de Yeumbeul-Comico sous la supervision du commissaire Ousmane Diop, a permis de mettre au jour un présumé réseau de détention et de trafic de drogue dure.

Selon les informations recueillies, les forces de l’ordre avaient suivi la tiktokeuse depuis plusieurs semaines. Ses déplacements et fréquentations faisaient l’objet d’une surveillance étroite, dans le cadre d’une filature de longue haleine. Dans la nuit du vendredi 21 février au samedi 22 février 2026, Imane s’est retranchée dans l’appartement avec son amie coiffeuse, Dieyba Sow. Le lieu, selon les enquêteurs, était devenu un véritable fumoir, ce qui a précipité l’intervention des policiers.

Positionnés discrètement au rez-de-chaussée, les éléments de la Brigade de recherches attendaient le moment opportun. Quelques instants plus tard, un homme identifié comme A. Diouf arrive à moto, un sachet à la main. Soupçonné de se rendre sur place pour récupérer de la drogue, il monte les escaliers sans se douter du dispositif en place. Les policiers investissent alors l’appartement. La scène est décrite comme chaotique : Imane, « quelque peu dans les vaps », est surprise en pleine consommation de crack et neutralisée, tout comme Dieyba et A. Diouf. Sur les lieux, les enquêteurs découvrent trois pierres de crack — dont une à moitié consommée — ainsi que du papier aluminium et du matériel destiné au conditionnement et à la consommation de cette drogue.

L’affaire prend une nouvelle tournure lorsque les mis en cause décident de collaborer avec les enquêteurs. Ils révèlent l’identité de leur fournisseur présumé, I. Bâ, également connu sous le nom d’Yves, présenté comme un étudiant à la tête d’un réseau de vente de drogue dure. Sur instruction de la police, une commande test est organisée et le lieu de livraison fixé aux abords du célèbre « Tournal Yeumbeul ». Prudence oblige, l’étudiant envoie d’abord un livreur, P. Diouf, qui est rapidement interpellé et qui révèle le nom de son commanditaire. Mis en confiance, l’étudiant se présente lui-même sur les lieux avec deux grosses pierres de crack. Lors de la fouille, les policiers découvrent huit grammes de drogue dans ses poches.

Placés en garde à vue, Imane, son amie coiffeuse, leur protecteur présumé, le livreur et l’étudiant fournisseur devraient être déférés ce lundi 23 février 2026 pour détention, usage et trafic de drogue dure, conclut L’Observateur. Cette opération souligne la vigilance des forces de l’ordre et leur capacité à démanteler des réseaux sophistiqués, même lorsqu’ils impliquent des personnalités médiatisées.

Azoura Fall met fin à sa cavale et se rend à la gendarmerie de Colobane

Après plusieurs jours de fuite et de spéculations sur sa situation, Azoura Fall est sur le point de se présenter à la Section de Recherches de Colobane pour répondre à une convocation de la gendarmerie. Cette décision marque la fin d’une course contre la montre déclenchée par des propos jugés outrageants à l’encontre du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Ces déclarations avaient été tenues peu après le limogeage de Bassirou Kébé, ancien directeur général de la SN-HLM, et avaient rapidement circulé sur les réseaux sociaux, suscitant indignation et réactions multiples.

Face à la viralité des propos, le procureur de la République avait ordonné l’audition d’Azoura Fall par la Section de Recherches. Mais dans les heures qui ont suivi, l’intéressé était introuvable, déclenchant une traque d’envergure orchestrée par la gendarmerie nationale. Les forces de l’ordre, appuyées par la Division spéciale de cybercriminalité, ont multiplié les actions pour localiser le prévenu. Un avis de recherche a été diffusé par message radio, une descente a été effectuée à Paoskoto chez un proche présumé après que son téléphone ait été localisé dans la zone, et une opposition de sortie du territoire a été transmise à la Direction de la police de l’air et des frontières.

Sous cette pression judiciaire et médiatique, Azoura Fall a choisi d’adopter une stratégie d’apaisement. Dans une déclaration publique, il a présenté ses excuses, affirmant qu’il n’avait jamais eu l’intention de porter atteinte à l’institution présidentielle. Il assure désormais mesurer la portée de ses propos et semble vouloir clore cette affaire sans confrontation supplémentaire avec la justice.

Universités sénégalaises : le collectif des amicales dénonce une situation « alarmante » et exige un dialogue inclusif

La tension reste vive dans les universités sénégalaises. Dans une déclaration rendue publique, le collectif des amicales, présenté comme la structure faîtière de représentation des étudiants, tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de situation « alarmante » au sein des campus. Selon ses responsables, l’heure est à des discussions profondes, sincères et inclusives entre l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur afin d’éviter une aggravation de la crise.

Au cœur des critiques figure la méthode adoptée par les autorités universitaires et étatiques. Le collectif affirme que plusieurs rencontres auraient été organisées et des décisions prises sans la participation effective des représentants des étudiants. Une mise à l’écart que les organisations estudiantines jugent préoccupante, estimant qu’aucune réforme durable ne peut être envisagée sans l’implication directe des principaux concernés.

La réouverture progressive des campus cristallise particulièrement les frustrations. Si les activités académiques reprennent graduellement, deux pavillons de résidence demeurent fermés, affectant plus de 2 000 étudiants. Pour le collectif, cette mesure partielle crée une inégalité de traitement entre les étudiants et compromet le principe d’équité dans l’accès aux infrastructures universitaires. Les responsables estudiantins considèrent qu’une reprise sélective ne peut garantir un climat serein ni répondre efficacement aux attentes sociales.

Face à cette situation, le collectif des amicales formule une série d’exigences. Il réclame d’abord la levée des suspensions visant certaines amicales, une décision qu’il qualifie d’« illégale » et qu’il n’exclut pas de contester devant la Cour suprême du Senegal . Pour les étudiants, ces suspensions constituent une entrave à la liberté d’organisation et au droit à la représentation.

Les organisations estudiantines demandent également la tenue d’assises inclusives consacrées aux réformes universitaires. Selon elles, seule une concertation élargie, réunissant autorités académiques, pouvoirs publics et représentants étudiants, permettra d’aborder en profondeur les questions liées à la gouvernance, aux conditions sociales et au fonctionnement global des universités.

Autre point sensible : la prise en charge des étudiants blessés lors des récents événements survenus dans certains campus. Le collectif insiste sur la nécessité d’un accompagnement médical et psychologique adéquat pour les victimes, considérant qu’il s’agit d’une responsabilité morale et institutionnelle.

Par ailleurs, les représentants étudiants affirment suivre avec attention les enquêtes en cours concernant le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, une affaire qui continue de susciter une vive émotion au sein de la communauté universitaire. Ils appellent à la transparence et à l’établissement des responsabilités afin d’apaiser les tensions et de restaurer la confiance.

Malgré la fermeté de leur position, les organisations estudiantines invitent les étudiants à faire preuve de retenue. Elles les exhortent à attendre les prochaines orientations officielles avant tout retour massif dans les campus, dans un souci d’éviter de nouveaux incidents. Le collectif se dit ouvert au dialogue, mais prévient qu’il n’acceptera pas « l’imposition d’une pensée unique » et réaffirme sa détermination à défendre les intérêts matériels et moraux des étudiants.

Kaolack – Monde paysan : des récoltes qui pourrissent, des espoirs qui s’éteignent dans les villages

Trois mois après le lancement officiel de la campagne arachidière et la réouverture des frontières, censée faciliter la commercialisation, le monde rural sénégalais continue de sombrer dans une crise silencieuse. Sur le terrain, les promesses des autorités peinent à se traduire en solutions concrètes, laissant des milliers de producteurs dans le désarroi.

Dans plusieurs zones de production, les greniers sont pleins, mais les poches restent vides. Les paysans, qui espéraient enfin tirer profit d’une année de dur labeur, se retrouvent aujourd’hui prisonniers d’un marché désorganisé et d’un système qu’ils jugent défaillant. L’arachide, principale source de revenus de nombreuses familles rurales, ne trouve pas preneur à un prix décent.

« Les producteurs ne savent plus où aller vendre leurs récoltes », dénonce Bassirou Ba, président de la plateforme Aar Sunu Momel. Selon lui, l’État du Sénégal a failli à sa mission d’encadrement et de protection du monde paysan. Sur les marchés, les prix chutent dangereusement, oscillant entre 250 et 300 francs CFA le kilogramme, à peine au niveau du prix plancher, insuffisant pour couvrir les coûts de production.

Des récoltes qui pourrissent, symbole d’un échec

Dans les villages, le spectacle est amer : des tonnes d’arachides entassées, exposées au soleil et à l’humidité, commencent à pourrir faute d’acheteurs. Chaque jour qui passe transforme l’espoir des producteurs en pertes irréversibles. À cette situation déjà critique s’ajoute la multiplication des incendies, qui réduisent en cendres des stocks entiers, fruits de plusieurs mois de travail.

La situation devient encore plus dramatique lorsque la SONACOS refuse d’acheter les graines détériorées, laissant les paysans seuls face à leurs pertes. Pour beaucoup, cela signifie une année entière de sacrifices anéantie.

Ramadan sous pression dans le monde rural

En pleine période de Ramadan, traditionnellement marquée par la solidarité et le partage, de nombreuses familles rurales vivent une réalité bien différente. Incapables d’écouler leur production, certains paysans peinent désormais à assurer les dépenses quotidiennes les plus élémentaires, a souligné M. Ba.

Dans les concessions, l’inquiétude remplace peu à peu l’espoir. Les dettes s’accumulent, les crédits agricoles deviennent difficiles à rembourser et la peur de la prochaine saison agricole s’installe.

Une soudure déjà installée

Pour la plateforme Aar Sunu Momel, la situation dépasse désormais le simple cadre d’une campagne agricole mal organisée. « La soudure est déjà installée dans plusieurs zones rurales », alerte Bassirou Ba, pointant du doigt l’inaction des autorités face à une crise pourtant prévisible.

Selon lui, l’absence de mesures efficaces pour réguler le marché, organiser l’achat des productions et protéger les producteurs illustre une profonde défaillance dans la gestion du secteur agricole.

Un monde rural en quête de réponses

Alors que l’agriculture demeure l’un des piliers économiques du Sénégal, les paysans réclament aujourd’hui plus que des annonces : des actions concrètes, immédiates et structurantes. Sans intervention rapide, préviennent les acteurs ruraux, la crise actuelle pourrait laisser des conséquences durables sur l’économie familiale et la stabilité sociale dans les campagnes.

Diffusion de fausses nouvelles : le chroniqueur de Sen TV Modou Fall condamné à six mois dont un mois ferme

Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son verdict dans l’affaire impliquant le chroniqueur de Sen TV, Modou Fall, poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles. À l’issue de son délibéré, la juridiction l’a déclaré coupable des faits qui lui étaient reprochés et l’a condamné à une peine de six mois d’emprisonnement, dont un mois ferme, assortie d’une amende de 200 000 francs CFA.

L’affaire trouve son origine dans une émission télévisée au cours de laquelle le chroniqueur commentait l’actualité nationale. Durant son intervention, Modou Fall avait affirmé que le pouvoir en place chercherait à imputer à l’opposition la responsabilité des manifestations survenues à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Des propos jugés suffisamment graves par le parquet pour entraîner une réaction immédiate.

Estimant que ces déclarations étaient de nature à troubler l’ordre public et à diffuser de fausses informations, le procureur de la République s’était autosaisi du dossier. Il avait ensuite ordonné l’arrestation du chroniqueur, ouvrant ainsi la voie à une procédure en flagrant délit. Lors de l’audience tenue le 16 février dernier, le représentant du ministère public avait requis une peine de six mois d’emprisonnement ferme, considérant que les faits étaient établis et que leur gravité justifiait une sanction exemplaire.

Devant le tribunal, la défense du prévenu avait tenté de faire valoir le cadre d’expression dans lequel les propos avaient été tenus, soulignant qu’il s’agissait d’un commentaire dans une émission d’analyse politique. Elle avait plaidé pour la clémence, mettant en avant la liberté d’expression et le contexte tendu dans lequel les déclarations avaient été faites.

Après en avoir délibéré, le tribunal a finalement opté pour une peine partiellement assortie du sursis. Si la juridiction n’a pas suivi intégralement les réquisitions du parquet, elle a néanmoins retenu la culpabilité du chroniqueur, estimant que les propos incriminés constituaient bien une diffusion de fausses nouvelles au sens de la loi pénale.

CAN : Ahmet Khalifa Niass écrit au Roi Mohammed VI pour demander la grâce des 18 supporters sénégalais

Une nouvelle initiative diplomatique et religieuse s’invite dans le dossier des 18 supporters sénégalais condamnés au Maroc à la suite des incidents survenus lors de la dernière finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Selon le journal Source A, le guide religieux Ahmet Khalifa Niass a adressé une lettre officielle au souverain marocain, Mohammed VI, afin de solliciter la grâce royale en faveur des ressortissants sénégalais.

Dans sa correspondance, le religieux sénégalais invoque les relations historiques et spirituelles entre Dakar et Rabat, tout en rappelant ses liens personnels avec le défunt roi Hassan II, père de l’actuel souverain. Ahmet Khalifa Niass met en avant une proximité ancienne entre les peuples marocain et sénégalais, fondée notamment sur des attaches religieuses et confrériques. « Plus de la moitié des Sénégalais ont le cœur fassi », aurait-il martelé dans sa lettre, soulignant l’attachement d’une partie importante de la population sénégalaise à la tradition spirituelle de Fès.

S’appuyant sur le statut du Roi en tant qu’« Amir al-Mouminine », commandeur des croyants, Ahmet Khalifa Niass plaide pour un geste de clémence. Il estime que l’intervention royale constituerait un acte d’apaisement, d’autant plus que, selon ses termes, « les jeux sont derrière nous ». Il va plus loin en affirmant qu’une telle décision « règlerait mille maux », laissant entendre qu’elle permettrait de tourner définitivement la page des tensions nées des incidents de la CAN.

Les 18 supporters sénégalais concernés ont été condamnés à des peines allant de trois mois à un an de prison ferme pour leur implication dans les troubles ayant émaillé la finale. Estimant la décision injuste, ils ont choisi de ne pas interjeter appel. Par la voix de leur avocat, Me Patrice Kabou, ils affirment se considérer comme des « otages du Maroc », préférant attendre leur libération plutôt que d’engager une nouvelle bataille judiciaire.

Procès d’Abdou Nguer : un renvoi inhabituel en flagrant délit qui suscite la controverse

Le procès du chroniqueur Abdou Nguer, poursuivi en flagrant délit pour diffusion de fausses nouvelles, a été renvoyé au 20 mars prochain par le président du tribunal de grande instance, Mamadou Diouf. La décision a été prise vendredi dernier après l’appel de l’affaire et la constatation de la constitution des avocats de la défense.

Ce renvoi d’un mois a immédiatement suscité des réactions, tant dans les milieux judiciaires que médiatiques. Selon le quotidien Les Échos, un tel report est jugé inhabituel, voire rarissime, dans le cadre des audiences de flagrants délits. En principe, cette procédure est caractérisée par sa célérité : elle vise à juger rapidement des faits considérés comme établis, afin d’éviter des détentions provisoires prolongées et de garantir une réponse judiciaire rapide.

Les avocats d’Abdou Nguer n’ont pas tardé à manifester leur désapprobation. Pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une entorse aux principes fondamentaux de la procédure, ils ont adressé des correspondances au bâtonnier de l’Ordre des avocats, au président de la Cour d’appel ainsi qu’au président de la Cour suprême. Dans ces lettres, les conseils du chroniqueur fustigent l’attitude du juge, estimant qu’elle frise l’abus de pouvoir et révèle une certaine partialité.

Au cœur de la contestation figure un point particulièrement sensible : après avoir prononcé le renvoi du dossier, le juge aurait indiqué à la défense qu’elle ne pouvait pas introduire une demande de mise en liberté provisoire. Les avocats dénoncent une « mesure unilatérale » qu’ils jugent contraire aux droits de la défense. Selon eux, cette décision porterait atteinte aux principes consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que par le Code de procédure pénale, notamment en ce qui concerne le droit pour toute personne détenue de solliciter sa liberté provisoire dans l’attente de son jugement.

L’affaire s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu. Abdou Nguer a été arrêté et placé sous mandat de dépôt pour diffusion de fausses nouvelles, à la suite de propos virulents tenus contre le communiqué du procureur de la République relatif à la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Ce dernier avait perdu la vie lors des violentes manifestations survenues à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), un épisode qui avait profondément marqué l’opinion publique.

La procédure visant le chroniqueur relance ainsi le débat sur l’équilibre entre liberté d’expression et répression des fausses nouvelles, dans un climat politique et social déjà sous tension. Elle soulève également des interrogations sur le respect des garanties procédurales en matière de détention provisoire, notamment dans le cadre des flagrants délits où la rapidité ne doit pas, selon les juristes, se faire au détriment des droits fondamentaux.

En attendant l’audience fixée au 20 mars, Abdou Nguer reste en détention. Le prochain rendez-vous judiciaire sera déterminant, non seulement pour l’issue de son dossier, mais aussi pour l’appréciation des critiques formulées contre la gestion de cette affaire par le tribunal.

Kédougou : vaste opération de la Gendarmerie contre l’orpaillage clandestin et le trafic de migrants

La lutte contre l’exploitation illégale des ressources minières et le trafic de migrants se poursuit avec fermeté dans la région de Kédougou. Dans le cadre de ses missions de sécurisation des citoyens et de préservation des ressources nationales, la Légion de Gendarmerie de Kédougou a mené, le samedi 21 février 2026, une série d’opérations d’envergure ayant abouti au démantèlement de plusieurs sites d’orpaillage clandestin et à l’interpellation d’un individu impliqué dans un réseau présumé de trafic de migrants.

Trois sites clandestins démantelés par le GARSI-2

Entre 10h00 et 17h00, les éléments du GARSI-2 (Groupe d’Action Rapide de Surveillance et d’Intervention), déployés dans les postes avancés de Gamba-Gamba et de Saeinsoutou, ont conduit une opération ciblée dans plusieurs localités de la région. Les interventions ont permis de démanteler trois sites d’exploitation aurifère illégale situés dans les villages de Bantanko, Bondala et Mouran.

Sur ces différents sites, les forces de défense et de sécurité ont procédé à la saisie d’un important lot de matériels utilisés dans l’exploitation clandestine de l’or. Quatorze groupes électrogènes, six marteaux-piqueurs, huit motopompes, cinq machines-pompes, deux panneaux solaires ainsi qu’une pompe à eau ont été récupérés. Ce matériel, essentiel au fonctionnement des installations illégales, témoigne de l’ampleur et du degré d’organisation de ces activités frauduleuses.

Par ailleurs, plusieurs équipements ont été détruits sur place afin d’empêcher toute reprise immédiate des opérations illicites. Il s’agit notamment de vingt-cinq machines dites « cracheuses », de cinq dispositifs de forage électrique, de sept moto-pompes ainsi que de nombreux abris de fortune servant de campements aux exploitants clandestins.

Ces actions s’inscrivent dans une stratégie globale visant à protéger l’environnement, lutter contre la fraude minière et sécuriser les zones aurifères, souvent exposées à des risques sécuritaires et sanitaires importants.

Un réseau présumé de trafic de migrants mis au jour

Dans le même élan, la Section de Recherches de Kédougou a mené une enquête ayant conduit à l’interpellation d’un individu soupçonné de trafic de migrants et de traite de personnes. Cinq mineurs ont également été entendus dans le cadre de la procédure, pour les besoins de l’enquête.

Selon les premiers éléments recueillis, les mineurs, entrés sur le territoire sénégalais en provenance du Mali, avaient pour objectif de travailler sur des sites d’orpaillage en échange d’une rémunération. D’après leurs déclarations concordantes, ils seraient issus de la même famille. Leurs parents auraient organisé leur voyage depuis le Burkina Faso, en coordination avec le mis en cause, chargé de les récupérer à la frontière sénégalo-malienne avant leur acheminement vers les zones aurifères.

Entendu par les enquêteurs, le suspect aurait reconnu sans ambiguïté les faits qui lui sont reprochés, confirmant ainsi les soupçons pesant sur lui.

Une vigilance renforcée dans la région

La région de Kédougou, riche en ressources aurifères, est régulièrement confrontée aux défis liés à l’orpaillage clandestin et aux flux migratoires irréguliers. Ces phénomènes, souvent interconnectés, exposent particulièrement les mineurs à des formes d’exploitation économique et à des conditions de travail dangereuses.

Les autorités judiciaires poursuivent actuellement les investigations afin d’identifier d’éventuels complices et de démanteler tout réseau structuré derrière ces activités. La Gendarmerie nationale réaffirme, pour sa part, sa détermination à intensifier les opérations de contrôle et de sécurisation afin de préserver l’ordre public et de protéger les populations, notamment les plus vulnérables.

L’enquête suit son cours.

Haute Cour de justice : deux anciens ministres de Macky Sall dans le viseur de la Commission des lois

La Commission des lois, de la décentralisation, du travail et des droits humains de l’Assemblée nationale du Senegal se réunit ce lundi 23 février à 12 heures (GMT) pour examiner les projets de résolution portant mise en accusation de deux anciens ministres du régime de Macky Sall. Sont concernés Abdoulaye Diouf Sarr et Moussa Bocar Thiam , visés par des procédures susceptibles de les conduire devant la Haute cour de justice .

La décision d’enclencher la procédure remonte au 10 février, date à laquelle le bureau de l’Assemblée nationale a acté l’ouverture du processus, à la suite d’une requête introduite par la ministre de la Justice, Yacine Fall. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de reddition des comptes engagée depuis l’alternance politique, avec une volonté affichée de faire la lumière sur la gestion de certains dossiers sensibles de l’ancien régime.

Dans le cas de Me Moussa Bocar Thiam, l’affaire concerne l’aménagement du Parc des technologies numériques, rebaptisé « Sénégal Connect Park ». Ce projet d’envergure, présenté à l’époque comme un levier stratégique pour le développement de l’économie numérique, avait déjà conduit à l’incarcération de plusieurs cadres du ministère de la Communication et des Télécommunications. Les autorités judiciaires cherchent désormais à déterminer les responsabilités politiques dans ce dossier, notamment en ce qui concerne la passation des marchés, l’exécution des contrats et l’utilisation des ressources publiques.

S’agissant d’Abdoulaye Diouf Sarr, ancien ministre et ex-maire de Yoff, les poursuites envisagées seraient liées au rapport 2022 de la Cour des comptes sur la gestion des fonds mobilisés dans le cadre de la riposte contre la pandémie de Covid-19. Ce rapport, qui avait suscité un vif débat public, pointait des irrégularités et des manquements dans l’utilisation des ressources destinées à faire face à la crise sanitaire. Les autorités actuelles auraient décidé de rouvrir certains volets du dossier afin d’examiner d’éventuelles responsabilités pénales.

Ces nouvelles mises en accusation interviennent dans un contexte déjà marqué par l’envoi devant la Haute Cour de justice d’une première liste de cinq anciens ministres. Parmi eux figurent notamment Mansour Faye, Moustapha Diop et Ismaïla Madior Fall. Cette succession de procédures traduit une accélération du traitement des dossiers liés à la gestion de l’ancien pouvoir.

La réunion de la Commission des lois constitue une étape déterminante. Si les projets de résolution sont adoptés en commission puis validés en plénière, les anciens ministres seront officiellement mis en accusation et traduits devant la Haute Cour de justice, seule juridiction compétente pour juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.

Ndogou au Palais : démonstration d’unité ou révélateur de tensions au sommet de l’État ?

Le « Ndogou » organisé récemment au Palais de la République par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, continue d’alimenter les débats au sein de la majorité présidentielle et dans l’opinion publique. Présentée officiellement comme une rencontre fraternelle et spirituelle à l’occasion du mois de Ramadan, la cérémonie a rapidement pris une tournure politique, notamment en raison de la participation remarquée du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans un contexte marqué par des rumeurs persistantes de tensions internes, l’événement apparaît comme un moment clé pour décrypter la dynamique réelle au sommet de l’exécutif.

Organisé au cœur du Palais de la République , ce Ndogou a réuni les coordonnateurs départementaux du Pastef, formation politique au pouvoir. Au-delà du cadre religieux et convivial, la rencontre avait des allures de rendez-vous stratégique. Elle intervenait à un moment où des signaux de crispation circulaient dans certains cercles politiques, alimentés par des divergences supposées sur la conduite des réformes, la gestion de l’appareil d’État et la structuration du parti après l’accession au pouvoir.

La présence d’Ousmane Sonko, figure centrale du Pastef et leader historique du mouvement, a naturellement focalisé l’attention. Si les deux hommes affichent publiquement une relation fondée sur la confiance et la complémentarité, certains observateurs évoquent des lignes de fracture liées à la répartition des rôles et à la gestion des priorités gouvernementales. Le président incarne l’autorité institutionnelle et la continuité de l’État, tandis que le Premier ministre demeure le référent politique d’une base militante exigeante, attachée à la rupture promise lors de la campagne.

Lors de cette rencontre, les discours prononcés ont insisté sur la cohésion, la discipline et la nécessité de préserver l’unité du projet. Bassirou Diomaye Faye aurait rappelé l’importance de la solidarité au sein de la majorité et la responsabilité historique qui incombe à l’équipe dirigeante. Ousmane Sonko, de son côté, aurait mis l’accent sur la fidélité aux engagements pris devant le peuple, soulignant que la transformation systémique du pays exige cohérence et détermination.

Pour les coordonnateurs départementaux présents, ce Ndogou était aussi l’occasion de recevoir des orientations politiques claires. Après plusieurs mois d’exercice du pouvoir, le Pastef doit désormais concilier l’enthousiasme militant et les contraintes de la gestion étatique. La transition du rôle d’opposant à celui de gouvernant impose des arbitrages parfois difficiles, susceptibles de créer des incompréhensions au sein des structures locales.

Dans l’opinion publique, les interprétations divergent. Certains voient dans cette rencontre une démonstration d’unité soigneusement orchestrée pour couper court aux spéculations sur une rivalité entre le président et son Premier ministre. D’autres estiment au contraire que la nécessité même d’afficher cette proximité traduit l’existence de tensions latentes. Dans un système institutionnel où le chef de l’État et le chef du gouvernement partagent l’exécutif, l’équilibre repose autant sur la clarté des responsabilités que sur la confiance personnelle.

Au-delà des perceptions, cet épisode met en lumière un enjeu fondamental pour le pouvoir en place : maintenir la cohésion interne tout en poursuivant les réformes promises. La réussite du tandem exécutif dépendra de sa capacité à gérer les ambitions, à canaliser les attentes militantes et à produire des résultats concrets face aux urgences économiques et sociales.

Saliou Mbaye dit Zale face à l’après-prison : entre tempête judiciaire et stigmate social

L’arrestation de Saliou Mbaye, plus connu du grand public sous le sobriquet de Zale, continue de susciter de vives réactions sur les réseaux sociaux et dans l’opinion. Figure médiatique au parcours fortement exposé, il se retrouve aujourd’hui au cœur d’une tourmente judiciaire et personnelle qui dépasse largement le cadre d’une simple procédure pénale. Au-delà des faits qui lui sont reprochés et de l’évolution du dossier devant les juridictions compétentes, une autre question, plus silencieuse mais tout aussi cruciale, se pose : quelle existence l’attend une fois cette séquence carcérale refermée ?

La prison, dans toute société, est conçue comme un espace de sanction, mais aussi, en principe, de réinsertion. Pourtant, dans la réalité, le retour à la vie civile s’apparente souvent à un chemin escarpé, particulièrement pour les personnalités publiques. Pour Zale, dont l’image s’est construite et diffusée essentiellement à travers les plateformes numériques, la chute est d’autant plus brutale que l’ascension avait été rapide. Les réseaux sociaux, qui ont contribué à sa notoriété, se transforment désormais en caisse de résonance des critiques, des jugements hâtifs et parfois des condamnations morales définitives.

À cette pression médiatique s’ajoute la dimension intime de l’affaire, marquée par la révélation des résultats de son test VIH. Dans un contexte où la sensibilisation progresse mais où les préjugés persistent, l’annonce d’une séropositivité peut engendrer un double fardeau : celui de la maladie et celui du regard social. Le VIH demeure, au Sénégal comme ailleurs, entouré de tabous, d’idées reçues et de peurs irrationnelles. Pour une personnalité publique, l’exposition de cette information accentue le risque de stigmatisation, d’isolement et de marginalisation.

Le véritable défi commence souvent après la sortie de prison. Retrouver un emploi, rebâtir une réputation, renouer des liens sociaux fragilisés ou rompus : autant d’étapes qui exigent résilience et accompagnement. Or, les mécanismes de réinsertion restent encore insuffisamment structurés, surtout pour les figures médiatiques dont la vie professionnelle dépend étroitement de l’image et de la confiance du public. La société numérique n’a pas de mémoire courte. Les captures d’écran, les vidéos archivées et les commentaires viraux figent les événements dans le temps, rendant l’oubli presque impossible.

Cependant, toute trajectoire humaine reste ouverte. L’histoire récente montre que certaines personnalités publiques ont su transformer l’épreuve judiciaire en opportunité de reconstruction, en s’engageant dans des actions de sensibilisation, en plaidant pour des causes sociales ou en adoptant une posture de responsabilité assumée. Dans le cas de Zale, la manière dont il choisira de communiquer, de reconnaître ou de contester les faits, et surtout de se projeter dans l’avenir, jouera un rôle déterminant dans la perception collective.

Au-delà du cas individuel, cette affaire interroge la société sénégalaise sur sa capacité à concilier justice et seconde chance. La sanction pénale a une durée définie par la loi. La sanction sociale, elle, peut s’étendre indéfiniment si elle n’est pas tempérée par un effort collectif de compréhension et de réintégration. Entre exigence de responsabilité et droit à la reconstruction, l’équilibre est délicat.

Digitalisation des paiements de l’État : Cheikh Diba place le mobile money au cœur de la réforme budgétaire

Présidant l’ouverture du Séminaire Institutionnel sur la Digitalisation des Paiements de l’État, en présence du Directeur général de Sonatel, Brelotte Bâ, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a livré un discours dense et structurant sur les enjeux stratégiques du paiement mobile pour la gouvernance budgétaire et l’inclusion financière au Sénégal. Loin de cantonner le débat à une simple évolution technologique, le ministre a tenu à souligner que le paiement mobile constitue aujourd’hui un levier central de transformation de l’architecture financière, budgétaire et institutionnelle du pays.

D’emblée, Cheikh Diba a replacé la digitalisation des paiements dans une perspective macroéconomique. Selon lui, le paiement mobile n’est pas une innovation périphérique mais un pilier de modernisation de l’État. Les chiffres qu’il a avancés traduisent l’ampleur des mutations en cours. En l’espace de dix ans, le taux global d’utilisation des services financiers est passé de 50,34 % à 85,87 %. Cette progression spectaculaire est principalement portée par la monnaie électronique dont le taux d’utilisation atteint désormais 96,83 %. Le mobile money s’impose comme le premier canal d’accès aux services financiers pour 66,91 % des utilisateurs, devant les banques classiques et les institutions de microfinance. Avec 76,46 % des adultes déclarant détenir un compte, le Sénégal affiche un niveau d’inclusion financière nettement supérieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne, estimée à 58,8 %.

Pour le ministre, ces résultats ne sont pas le fruit du hasard. Ils s’inscrivent dans le cadre de politiques publiques cohérentes, notamment la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière 2026 adoptée en 2022. Cette feuille de route ambitionne de porter le taux d’inclusion financière des adultes à 65 % et celui des petites et moyennes entreprises à 90 % à l’horizon fixé. Le paiement mobile se situe au croisement des quatre piliers de cette stratégie : l’accessibilité des services financiers, la modernisation des infrastructures, l’éducation financière des populations et la consolidation d’un cadre réglementaire sécurisé et adapté aux innovations numériques.

Sur le terrain de la gouvernance budgétaire, Cheikh Diba a insisté sur la portée structurelle de la réforme. La digitalisation des flux financiers de l’État, a-t-il expliqué, ne doit pas être perçue comme un simple projet informatique mais comme une transformation profonde des mécanismes de gestion publique. Les plateformes intégrées au Trésor permettent aujourd’hui de sécuriser les paiements publics, d’améliorer la gestion de la trésorerie et de renforcer la traçabilité des opérations. Selon lui, une économie où les flux sont digitalisés est une économie plus transparente, mieux pilotée et donc plus crédible aux yeux des partenaires techniques et financiers.

Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du Plan de Redressement Économique et Social, le « PRES », porté par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. Ce programme fixe une trajectoire claire de maîtrise du déficit public, de stabilisation de la dette et de restauration de la crédibilité financière du pays. Dans ce contexte, la digitalisation des paiements apparaît comme un instrument stratégique d’élargissement de l’assiette fiscale, de lutte contre la fraude et d’optimisation des recettes publiques.

Le ministre des Finances a également assumé la contribution de 0,5 % instaurée sur les transferts électroniques, plafonnée à 200 000 francs CFA par transaction. Face aux critiques, il a défendu une mesure qu’il qualifie de participation proportionnée d’un secteur en forte croissance à l’effort collectif de redressement budgétaire. Selon lui, loin de freiner l’inclusion financière, cette contribution s’inscrit dans une logique d’équité et de soutenabilité. Le paiement mobile, a-t-il soutenu, renforce la transparence, tandis que le PRES consolide la soutenabilité des finances publiques ; ensemble, ils participent à la consolidation de la crédibilité financière de l’État.

Saluant l’engagement de Sonatel et de son directeur général Brelotte Bâ, le ministre a réaffirmé la disponibilité pleine et entière de l’État à accompagner la transformation numérique du pays. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les infrastructures, de sécuriser les données et de favoriser l’innovation dans un cadre réglementaire maîtrisé. Pour Cheikh Diba, la digitalisation des paiements publics constitue l’un des socles d’un Sénégal financièrement solide, institutionnellement moderne et durablement inclusif, capable de conjuguer rigueur budgétaire et progrès social dans un environnement économique en mutation rapide.

Senelec sous pression : 48,5 milliards FCFA d’impayés publics et une fraude « extrêmement importante »

La situation financière de la Senelec préoccupe au plus haut niveau de l’État. Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, a lancé une alerte claire sur les difficultés auxquelles fait face la compagnie nationale d’électricité, malgré des indicateurs jugés globalement positifs. Entre factures impayées par des institutions publiques et pertes non techniques liées à la fraude, l’entreprise est confrontée à des tensions financières qui menacent ses ambitions de performance et d’expansion.

Selon le ministre, le montant total des factures d’électricité dues par plusieurs institutions publiques atteint 48,5 milliards de francs CFA. Une somme qualifiée de colossale, qui pèse lourdement sur la trésorerie de la société. Ces arriérés compromettent non seulement le rendement global de la Senelec, mais freinent également l’objectif stratégique du gouvernement : atteindre l’accès universel à l’électricité sur l’ensemble du territoire national. Dans un contexte où la demande énergétique continue de croître, ces impayés constituent un frein majeur à l’investissement et à l’amélioration des infrastructures.

À cette dette publique s’ajoutent les « pertes non techniques », expression utilisée pour désigner la fraude et le vol d’électricité. Même si aucun chiffre précis n’a été avancé concernant l’ampleur financière de ces détournements, le ministre les a qualifiés d’« extrêmement importants ». Ces pratiques, qui incluent les branchements clandestins et les manipulations de compteurs, représentent un manque à gagner significatif pour la société. Elles fragilisent son équilibre financier et compliquent la mission de fournir une énergie à un coût abordable aux 18 millions de Sénégalais.

L’impact combiné des impayés institutionnels et de la fraude crée un effet d’étau. D’un côté, la Senelec doit honorer ses engagements financiers, assurer la maintenance du réseau, investir dans de nouvelles capacités de production et soutenir la transition vers un mix énergétique plus performant. De l’autre, elle voit une partie de ses recettes théoriques s’évaporer, ce qui limite ses marges de manœuvre et renforce la pression sur ses finances.

Face à cette situation, Birame Soulèye Diop a annoncé des « actions coup de poing » qui seront déployées tout au long de l’année 2026 et en 2027. Ces mesures viseront à assainir les finances de la société, à renforcer les mécanismes de recouvrement et à lutter plus efficacement contre la fraude. L’objectif affiché est clair : transformer ces contraintes en leviers de performance et améliorer durablement la productivité de l’entreprise.

Le ministre a toutefois tenu à saluer la résilience de la direction et du personnel de la Senelec, soulignant que l’entreprise affiche, malgré les difficultés, une situation globale positive. Cette reconnaissance ne masque cependant pas la fermeté du ton adopté. « L’impunité sur les factures et la fraude ne sera plus tolérée », a-t-il martelé, laissant entendre que des sanctions pourraient accompagner les nouvelles mesures.

Au-delà de la gestion interne de la société, cette problématique soulève une question plus large de gouvernance et de discipline budgétaire au sein des entités publiques. Le règlement rapide des dettes institutionnelles apparaît désormais comme une condition essentielle pour consolider le secteur énergétique national. Dans un pays engagé dans une dynamique de modernisation et d’industrialisation, la solidité financière de la Senelec demeure un pilier stratégique pour soutenir la croissance et garantir un accès équitable et durable à l’électricité.

Deux-roues : Yankhoba Diémé annonce la fin de la tolérance et un plan d’urgence pour liquider 35 000 cartes grises

Le ministre des Transports terrestres, Yankhoba Dieme, a clairement affiché la nouvelle ligne de l’État à l’égard des usagers de deux-roues. Invité de l’émission « En Vérité », le membre du gouvernement a annoncé un plan d’urgence destiné à résorber le stock important de cartes grises non distribuées, tout en prévenant qu’un durcissement des contrôles routiers interviendra dès le mois de mars 2026.

Selon le ministre, 35 000 cartes grises restent actuellement à délivrer sur l’ensemble du territoire national. Une situation qu’il juge préoccupante, tant pour la sécurité routière que pour la régularité administrative du parc de motos, en particulier celles utilisées à des fins commerciales. Pour faire face à cette accumulation, les services du ministère ont mis en place un dispositif exceptionnel. Une grande salle a été spécialement aménagée au Centre international du commerce extérieur du Sénégal ( CICES ), à Dakar, afin d’accueillir des équipes de saisie renforcées chargées d’accélérer le traitement des dossiers en souffrance.

Ce mécanisme de crise doit permettre d’apurer l’intégralité du stock résiduel entre la fin du mois de février et le courant du mois de mars 2026. L’objectif affiché est clair : offrir une dernière fenêtre de régularisation aux propriétaires de deux-roues avant le passage à une phase plus coercitive.

Le ministre a ainsi évoqué une « période de grâce » courant durant le mois de mars. Durant cette séquence, les autorités continueront à privilégier la sensibilisation et l’accompagnement des usagers. Mais au-delà de cette échéance, le ton changera radicalement. « Une fois la période de grâce écoulée, la phase de sensibilisation laissera place à une répression systématique », a-t-il prévenu. Les contrôles routiers deviendront fermes et les sanctions seront appliquées avec rigueur sur l’ensemble du territoire à l’encontre de tout conducteur en défaut de régularisation.

Dans son intervention, Yankhoba Diémé a particulièrement interpellé les conducteurs de motos dites « Jakarta », très présents dans le transport urbain et périurbain. Il les a exhortés à se rapprocher sans délai des services compétents pour récupérer leurs documents administratifs et se mettre en conformité avec la réglementation. Pour les autorités, la régularisation massive de ces véhicules constitue un enjeu central en matière de traçabilité, de sécurité et de responsabilité en cas d’accident.

Au-delà de l’urgence administrative, le ministère entend également inscrire son action dans une réforme plus globale du secteur. Yankhoba Diémé a indiqué que des pistes structurantes sont à l’étude, notamment l’aménagement de voies spéciales réservées aux deux-roues ou l’instauration de restrictions par zones géographiques. Ces propositions s’inscrivent dans le prolongement des conclusions issues des états généraux des transports.

Toutefois, le ministre a tenu à préciser que ces transformations ne seront pas appliquées de manière brutale. Elles feront l’objet de concertations approfondies afin d’évaluer leur impact social et économique, notamment pour les milliers de jeunes qui tirent leurs revenus de l’activité de transport à moto.

Démantèlement d’un réseau présumé à Pikine-Guédiawaye : deux nouvelles arrestations portent le total à 24 suspects

L’enquête menée dans le cadre d’une délégation judiciaire ordonnée par le juge d’instruction du premier cabinet près le Tribunal de Grande Instance de Pikine-Guédiawaye connaît un nouveau développement. Les gendarmes de la Brigade de Recherches de Keur Massar ont procédé à l’arrestation de deux nouveaux suspects, renforçant ainsi le dispositif judiciaire enclenché depuis plusieurs semaines.

Selon des sources proches du dossier, il s’agit d’un individu répondant au nom de Dabakh, présenté comme employé de Mame Ndiaye Savon, ainsi que du tailleur Zo Baldé. Les deux hommes ont été placés en détention dans les locaux de la Brigade de Recherches de Keur Massar, après avis du procureur Saliou Dicko. Leur interpellation s’inscrit dans la continuité des investigations visant à faire toute la lumière sur les ramifications de ce réseau présumé.

Les autorités judiciaires semblent déterminées à approfondir les investigations afin d’identifier l’ensemble des personnes impliquées. D’après les mêmes sources, d’autres arrestations pourraient intervenir dans les prochains jours, au fur et à mesure de l’exploitation des éléments recueillis par les enquêteurs.

Depuis le démantèlement de ce réseau présumé, un total de vingt-quatre suspects ont déjà été interpellés. Les auditions se poursuivent afin de préciser les rôles et niveaux d’implication de chacun. L’affaire, qui suscite une vive attention, est désormais entre les mains de la justice, chargée de qualifier les faits et de déterminer les éventuelles poursuites.

Donald Trump face à l’Iran : entre pression maximale et ambiguïté stratégique

La posture de Donald Trump vis-à-vis de l’Iran oscille entre démonstration de force militaire et ouverture diplomatique, entre menaces explicites et appels à la négociation. En affirmant « envisager » des frappes en cas d’échec des discussions sur le nucléaire, tout en évoquant un délai de « dix à quinze jours » pour évaluer la possibilité d’un accord élargi, le président américain entretient une ambiguïté stratégique qui alimente les interrogations à Washington comme au Moyen-Orient.

Depuis son retrait en 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien – le Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) – l’administration Trump a adopté une politique dite de « pression maximale » contre Téhéran. Sanctions économiques renforcées, isolement diplomatique, désignation des Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste : l’objectif affiché était de contraindre la République islamique à renégocier un accord plus large. Celui-ci devait non seulement encadrer le programme nucléaire, mais aussi inclure le développement des missiles balistiques et le soutien iranien à des mouvements régionaux comme le Hezbollah au Liban ou le Hamas à Gaza.

Aujourd’hui, la rhétorique présidentielle semble renouer avec cette ligne dure, tout en laissant la porte ouverte à la diplomatie. Selon plusieurs médias américains, des plans militaires détaillés auraient été présentés à la Maison-Blanche, incluant des scénarios de frappes ciblées contre des installations stratégiques iraniennes et, dans certaines hypothèses, contre des figures centrales du régime, dont le guide suprême Ali Khamenei. Ces révélations traduisent une montée en tension significative, même si la décision finale reste suspendue à l’appréciation présidentielle.

Sur le terrain, la pression est tangible. Le déploiement du porte-avions USS Abraham Lincoln et de l’USS Gerald R. Ford dans le Golfe persique s’inscrit dans une stratégie de dissuasion destinée à signaler la capacité de frappe américaine. Cette concentration de moyens navals et aériens vise à rappeler la supériorité militaire des États-Unis et à renforcer la crédibilité de la menace. Toutefois, elle expose également les forces américaines et leurs alliés régionaux à des représailles potentielles. Téhéran a déjà averti que toute attaque entraînerait une riposte « sévère », pouvant viser des bases américaines, des infrastructures énergétiques ou des partenaires stratégiques dans la région.

L’incohérence apparente du discours présidentiel complique davantage la lecture des intentions américaines. Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises avoir « anéanti » le programme nucléaire iranien lors d’opérations précédentes, tout en conditionnant désormais la paix à la signature d’un nouvel accord. Cette dualité nourrit le scepticisme des partenaires internationaux et fragilise la lisibilité de la stratégie américaine. S’agit-il d’une véritable volonté de parvenir à un compromis diplomatique élargi, ou d’un levier de négociation reposant sur la menace crédible d’une escalade militaire ?

Au sein même des cercles stratégiques américains, les interrogations sont nombreuses. Des voix influentes, comme celle de Richard Haas, ancien président du Council on Foreign Relations, soulignent qu’un conflit ouvert avec l’Iran comporterait une part d’imprévisibilité majeure. Une intervention militaire pourrait, paradoxalement, renforcer la cohésion interne du régime iranien en mobilisant le nationalisme face à une agression extérieure. À l’inverse, elle pourrait fragiliser certaines structures du pouvoir, mais au prix d’une instabilité régionale accrue.

Les monarchies du Golfe, partenaires clés de Washington, observent cette évolution avec prudence. Si elles partagent les préoccupations américaines face à l’influence iranienne, leurs économies demeurent étroitement liées à la stabilité régionale et aux flux énergétiques. Une confrontation directe risquerait d’entraîner une flambée des prix du pétrole, des attaques contre les infrastructures et une perturbation des échanges commerciaux, avec des conséquences mondiales.

En l’absence d’un débat approfondi aux États-Unis sur les objectifs ultimes poursuivis – dissuasion renforcée, changement de comportement du régime, voire changement de régime – la stratégie américaine semble suspendue à la décision d’un seul homme. Cette personnalisation du choix stratégique accroît l’incertitude. Entre pression maximale et diplomatie conditionnelle, la Maison-Blanche maintient une ligne de crête fragile, dont l’issue pourrait redessiner durablement l’équilibre du Moyen-Orient.

Kaolack – Gestion défaillante de l’eau à Thiomby : OFOR et Flex Eau pointées du doigt

La commune de Thiomby traverse une situation devenue intenable. Depuis maintenant trois jours, plusieurs quartiers sont privés d’eau potable, plongeant les populations dans une crise quotidienne particulièrement éprouvante en pleine période de Ramadan. Entre indignation, fatigue et incompréhension, les habitants dénoncent une gestion jugée opaque et inefficace du service public de l’eau.

Dans les concessions, le constat est le même : des robinets désespérément secs. Femmes, personnes âgées et jeunes parcourent de longues distances à la recherche de quelques bidons d’eau, souvent sous une chaleur accablante et dans des conditions rendues encore plus difficiles par le jeûne.

« Nous sommes abandonnés à nous-mêmes. L’eau est vitale pour cuisiner, se laver, faire les ablutions et maintenir un minimum d’hygiène. Depuis trois jours, c’est une souffrance quotidienne », déplore Diatta Ndao, habitant de la commune.

Un Ramadan sous tension

Cette pénurie intervient au pire moment. En période de Ramadan, la consommation d’eau augmente naturellement pour la préparation des repas de rupture du jeûne, les besoins domestiques et les pratiques religieuses. Privées de cette ressource essentielle, de nombreuses familles se voient contraintes d’acheter de l’eau auprès de vendeurs informels, ce qui alourdit considérablement des dépenses déjà difficiles à supporter.

OFOR et Flex Eau au cœur des critiques

Face à cette crise, la colère populaire vise directement les structures en charge de la gestion de l’eau, notamment l’OFOR et Flex Eau, accusées par les habitants de mauvaise organisation et d’un manque flagrant d’anticipation.

Pour de nombreux résidents, cette pénurie n’est pas un incident isolé, mais le symptôme d’un dysfonctionnement plus profond du système d’approvisionnement. Les populations dénoncent une gestion qualifiée de « nébuleuse », marquée par l’absence d’informations claires, le silence des responsables et un manque de réactivité face à l’urgence.

« Aucune communication officielle, aucune explication. Nous découvrons la crise en subissant ses conséquences », s’indigne Diatta Ndao.

L’État interpellé en urgence

Devant l’ampleur de la situation, les populations de Thiomby interpellent directement l’État du Sénégal afin qu’il prenne ses responsabilités et impose des solutions rapides et durables. Pour beaucoup, l’accès à l’eau potable relève d’un droit fondamental qui ne saurait dépendre de défaillances techniques répétées ou d’une gestion jugée déconnectée des réalités locales.

« Nous ne demandons pas un luxe, seulement de l’eau », martèle M. Ndao.

Alors que le Ramadan se poursuit, la pression monte à Thiomby. Sans rétablissement rapide du service, cette crise de l’eau pourrait rapidement se transformer en véritable crise sociale.

La CCR apporte son soutien à la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU

La Convergence des Cadres Républicains (CCR), regroupant des cadres de l’Alliance pour la République (APR), a rendu publique, ce dimanche 22 février, une motion de soutien à la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU). À travers cette déclaration, la structure politique affirme son engagement total en faveur de cette ambition qu’elle juge légitime et stratégique pour le Sénégal et pour l’Afrique.

Dans leur communiqué, les membres de la CCR saluent le leadership de l’ex-chef de l’État, estimant que son passage à la tête du pays a permis de hisser le Sénégal à un niveau de développement notable. Ils mettent en avant les réformes économiques engagées durant ses mandats, les investissements dans les infrastructures ainsi que le renforcement de la stabilité institutionnelle, considérés comme des leviers ayant contribué au rayonnement du Sénégal sur la scène internationale.

La CCR insiste également sur le rôle déterminant joué par Macky Sall lorsqu’il assurait la présidence de l’Union Africaine . Selon ses membres, il a su porter avec fermeté la voix du continent sur des dossiers majeurs, notamment ceux relatifs au financement climatique, à la justice environnementale et à la responsabilité des grands pollueurs. Ils rappellent que sous son leadership, l’Afrique a renforcé sa position dans les négociations internationales, plaidant pour une meilleure prise en compte des vulnérabilités spécifiques du continent face aux changements climatiques.

Au-delà des enjeux environnementaux, la CCR souligne son engagement constant en faveur de la paix, de la sécurité et du développement en Afrique. Elle estime que son expérience diplomatique, sa connaissance des mécanismes multilatéraux et son réseau international constituent des atouts majeurs pour diriger l’ONU dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques, des crises sécuritaires et des défis socio-économiques croissants.

Pour la Convergence des Cadres Républicains, la candidature de Macky Sall représente ainsi une opportunité historique pour le Sénégal et pour l’Afrique de renforcer leur présence au sommet des instances internationales. Elle appelle l’État du Sénégal, les forces vives de la nation ainsi que l’ensemble des citoyens à se mobiliser derrière cette ambition, convaincue qu’une éventuelle élection à la tête de l’ONU constituerait un gage de stabilité, de développement et de cohésion entre les peuples.

Fonds spécial de soutien au secteur de l’Énergie : Bassirou Diomaye Faye nomme Mamané Djitte à la tête du Conseil d’administration

Par décret présidentiel, le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a mis fin aux fonctions de Meïssa Diakhate en qualité de Président du Conseil d’administration du Fonds spécial de soutien au secteur de l’Énergie. Cette décision marque un tournant à la tête de cette structure stratégique, au cœur du dispositif public d’accompagnement et de financement du secteur énergétique national.

Pour assurer la continuité et impulser une nouvelle dynamique, le président de la République a porté son choix sur Mamané Djitte, magistrat de profession et détenteur du matricule de solde n°636 288/G. Sa nomination intervient dans un contexte où les enjeux liés à l’énergie occupent une place centrale dans les priorités gouvernementales, entre impératifs de souveraineté énergétique, maîtrise des coûts et accélération de l’accès universel à l’électricité.

En tant que Président du Conseil d’administration, Mamané Djitte aura la lourde responsabilité de superviser la gestion globale du Fonds spécial de soutien au secteur de l’Énergie. Il devra veiller à l’orientation stratégique des financements, à l’attribution rigoureuse des ressources et au suivi des projets soutenus par l’institution. Son rôle consistera également à garantir la transparence des opérations financières, la conformité des initiatives aux normes en vigueur et l’alignement des projets financés sur les politiques publiques définies par l’État.

Le Fonds spécial de soutien au secteur de l’Énergie occupe en effet une position clé dans l’architecture institutionnelle du secteur énergétique sénégalais. Il contribue à la promotion de l’accès à l’électricité, notamment dans les zones rurales et périurbaines, soutient le développement des infrastructures énergétiques et facilite l’investissement, qu’il soit public ou privé. À travers ses mécanismes d’appui, il participe activement à la mise en œuvre des programmes de modernisation du réseau, de diversification des sources d’énergie et de transition vers des solutions plus durables.

Dette publique : 746 milliards FCFA à payer d’ici mars 2026, l’économiste Ousmane Beye alerte sur un risque de choc social

Le Sénégal s’apprête à franchir un cap financier particulièrement délicat. À l’horizon mars 2026, l’État devra honorer une échéance colossale estimée à 746 milliards de francs CFA. Un montant qui suscite de vives inquiétudes chez plusieurs experts, dont l’économiste Dr Ousmane Beye, qui estime que la restructuration de la dette n’est désormais plus une option, mais une nécessité urgente pour préserver la stabilité économique et sociale du pays.

Le compte à rebours est lancé. Dans l’agenda du Trésor public, le mois de mars 2026 s’annonce comme une période de fortes turbulences budgétaires. Sur les 746 milliards de FCFA à décaisser, près de 221 milliards concernent le remboursement des eurobonds, ces emprunts contractés par l’État sur les marchés financiers internationaux. Cette concentration d’échéances sur une période aussi courte exerce une pression considérable sur les finances publiques.

Intervenant sur les ondes de IRadio, Dr Ousmane Beye a tenu à rappeler que cette situation n’a rien d’imprévisible. Selon lui, les autorités comme les analystes étaient pleinement conscients de l’arrivée de cette échéance. « L’échéance de mars 2026, tout le monde l’attendait. Aussi bien les pouvoirs publics que les experts. On savait que l’État devrait payer cette somme », a-t-il souligné, insistant sur le fait que des alertes avaient été lancées bien en amont.

Pour l’économiste, absorber un tel montant en une seule fois représente un choc potentiellement « extrêmement coûteux » pour le tissu économique sénégalais. Le risque ne se limite pas à une simple tension budgétaire : il pourrait se traduire par des répercussions directes sur la croissance, l’investissement public et, in fine, le pouvoir d’achat des ménages.

Face à cette situation, plusieurs scénarios se dessinent. Le premier consisterait à contracter de nouveaux emprunts afin de rembourser les dettes arrivant à échéance. Cette stratégie de refinancement, souvent qualifiée de « cavalerie financière », reste toutefois tributaire des conditions du marché international. Si les taux d’intérêt sont élevés ou si la confiance des investisseurs s’effrite, l’opération pourrait alourdir davantage le service de la dette et fragiliser encore plus les comptes publics.

Un autre scénario, plus préoccupant pour les populations, serait la répercussion indirecte du coût de la dette sur les prix à la consommation. Si l’État ne parvient pas à mobiliser suffisamment de ressources ou à refinancer à des conditions favorables, il pourrait être contraint d’augmenter certains impôts, taxes ou tarifs publics. « Si l’État ne peut pas emprunter pour refinancer, il sera obligé de répercuter tout cela sur les populations. Le prix à la consommation risque d’en pâtir », a averti Dr Beye. Une telle évolution interviendrait dans un contexte déjà marqué par des tensions sur le coût de la vie, faisant craindre un mécontentement social.

Pour éviter une impasse budgétaire et un éventuel choc social majeur, l’économiste préconise une restructuration encadrée de la dette, avec l’accompagnement du Fonds monétaire international . Une telle démarche permettrait de rééchelonner les paiements, d’étaler les échéances dans le temps et de restaurer la crédibilité financière du pays auprès des partenaires internationaux.

Selon lui, agir en amont est essentiel pour prévenir une « mauvaise surprise » qui pourrait déstabiliser l’économie nationale. La restructuration, bien que souvent perçue comme un aveu de faiblesse, pourrait au contraire constituer un instrument de gestion responsable, permettant d’amortir le choc et de préserver les équilibres macroéconomiques.

Supporters sénégalais détenus au Maroc : APRODEL pointe les limites de l’intégration africaine

La détention de supporters sénégalais au Maroc continue de susciter de vives réactions au Sénégal. Dans une déclaration rendue publique, le président du mouvement APRODEL, Moussa Fall, a exprimé sa profonde inquiétude face à une situation qu’il qualifie de « véritable faillite de la diplomatie africaine », appelant à une mobilisation urgente des institutions régionales et des acteurs nationaux.

Selon lui, cet épisode risque d’installer un malaise durable dans les relations historiquement fraternelles entre les peuples sénégalais et marocain, malgré des liens jusque-là jugés harmonieux. Il rappelle que le Sénégal demeure « un peuple courtois et résilient », tout en mettant en garde contre les conséquences qu’une gestion inadéquate de cette affaire pourrait engendrer.

Une intégration africaine mise à l’épreuve

Pour Moussa Fall, cette situation met en lumière les limites des mécanismes actuels d’intégration africaine. Il estime que les institutions sous-régionales apparaissent souvent « plus politiques que sociales », alors même que leur vocation première reste la promotion du rapprochement entre les peuples africains.

L’acteur politique souligne un contraste frappant : selon lui, une réaction rapide aurait été observée s’il s’était agi d’une crise politique majeure, comme un coup d’État, avec la convocation immédiate de sommets et le déploiement de missions de médiation. « Cet exemple démontre que la promotion effective de l’intégration des peuples reste encore un long chemin à parcourir », affirme-t-il.

Des mécanismes régionaux interpellés

Dans son analyse, le président d’APRODEL s’interroge également sur l’efficacité des dispositifs juridiques et diplomatiques adoptés au sein des organisations africaines. Il questionne notamment l’utilité des lois et règlements ratifiés par les États membres pour la prévention et la gestion des crises impliquant des citoyens africains à l’étranger.

Il rappelle que les compétitions sportives continentales ont pour objectif principal de renforcer la cohésion sociale, de lutter contre la xénophobie et de consolider l’intégration africaine. À ses yeux, les événements actuels constituent un précédent préoccupant dans l’organisation des manifestations sportives internationales.

Appel au dialogue et à la mobilisation nationale

Moussa Fall appelle ainsi les dirigeants africains à privilégier la diplomatie préventive et à engager rapidement un dialogue afin d’éviter une escalade des tensions. Il estime que les idéaux défendus par les pères fondateurs des institutions africaines reposaient précisément sur la prévention des crises et la solidarité entre nations.

Au niveau national, il invite la société civile, les partis politiques, les organisations patronales et les ONG à se mobiliser pour dénoncer ce qu’il qualifie de « semblant de justice ». Selon lui, cette affaire dépasse le cadre sportif et constitue « un affront infligé à toute la nation sénégalaise ».

Saisine des représentations diplomatiques

Enfin, le responsable politique préconise la saisine des représentations diplomatiques accréditées au Sénégal afin de prévenir toute détérioration des relations entre les populations et d’encourager une résolution rapide de la situation.

Réouverture progressive des campus sociaux : le COUD fixe les conditions du retour à l’UCAD

La direction du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) a annoncé la réouverture progressive des six campus sociaux, à compter du jeudi 26 février 2026 à partir de 9 heures. Dans un communiqué officiel, l’institution précise que cette décision vise à accompagner la reprise des activités pédagogiques au sein de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), après plusieurs semaines de fermeture consécutives aux violents événements survenus le 9 février dernier.

Toutefois, le COUD indique que, pour des raisons de sécurité, les pavillons B et F ne seront pas accessibles aux étudiants dans l’immédiat. Cette mesure intervient dans un contexte encore marqué par l’émotion et la tension, suite au décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba. Le 9 février, lors d’affrontements impliquant les forces de l’ordre, ce dernier a succombé à ses blessures après une chute du pavillon F du campus social, selon les déclarations du Procureur de la République, Ibrahima Ndoye.

Face à cette situation, les autorités universitaires entendent encadrer strictement la réouverture des résidences. Dans sa note, le COUD rappelle que toutes les activités politiques ainsi que les manifestations culturelles à connotation ethnique ou régionaliste sont formellement interdites dans l’enceinte des campus sociaux. L’administration invite par ailleurs l’ensemble des résidents au respect scrupuleux du règlement intérieur, appelant à la compréhension, à la discipline et au sens des responsabilités afin de préserver un climat de solidarité et de paix durable.

Pour rappel, les campus sociaux avaient été fermés dans la foulée du drame du 9 février, dans un contexte de fortes tensions entre étudiants, autorités universitaires et forces de sécurité. Cette fermeture avait suscité une vive contestation au sein de la communauté universitaire. Enseignants et étudiants, en désaccord avec la décision du Conseil académique de l’UCAD, avaient conditionné la reprise des cours à la réouverture des campus, à la libération des étudiants arrêtés lors des manifestations et à l’établissement de toute la lumière sur les circonstances du décès d’Abdoulaye Ba.

Hausse des violences faites aux enfants : le Ministère de la Famille appelle à une mobilisation nationale

Face à la recrudescence préoccupante des cas de pédocriminalité et de violences faites aux enfants, notamment ceux vivant en situation de vulnérabilité, le Ministère de la Famille, de l’action Sociale et des Solidarités est monté au créneau à travers un communiqué officiel. Le département ministériel y dénonce avec fermeté des actes qualifiés d’inacceptables et contraires aux valeurs fondamentales de la société.

Dans son message, le Ministère exprime sa profonde indignation face à ces violences qui portent gravement atteinte à l’intégrité physique et psychologique des enfants. Il rappelle que tout acte de violence, d’abus ou d’exploitation à l’encontre d’un mineur constitue une infraction grave, passible de poursuites judiciaires et de sanctions sévères. L’État, souligne le communiqué, ne tolérera aucune forme d’impunité en la matière.

Le département en charge de la protection sociale réaffirme par ailleurs l’engagement des pouvoirs publics à garantir à chaque enfant un environnement sûr, protecteur et favorable à son plein épanouissement. Il insiste sur la nécessité de préserver les droits fondamentaux des enfants, conformément aux textes nationaux et aux conventions internationales ratifiées par le Sénégal. Assurer leur sécurité, leur dignité et leur bien-être demeure une priorité absolue pour les autorités.

Au-delà de l’action répressive, le Ministère appelle à une mobilisation générale de l’ensemble des acteurs de la société. Parents, leaders communautaires, enseignants, organisations de la société civile et simples citoyens sont invités à redoubler de vigilance et à jouer pleinement leur rôle dans la prévention et la dénonciation des abus. La protection de l’enfance, rappelle-t-il, est une responsabilité collective qui dépasse le seul cadre institutionnel.

Dans cette dynamique, les citoyens sont encouragés à signaler tout cas d’abus, de maltraitance ou de situation mettant un enfant en danger en appelant gratuitement le numéro 116, dédié à la protection de l’enfance. Ils peuvent également saisir les services compétents, notamment la Police ou la Gendarmerie, afin de permettre une prise en charge rapide et efficace des victimes.

« Ensemble, faisons de la protection de nos enfants notre priorité absolue », conclut le communiqué, réitérant l’appel à l’unité et à l’engagement de tous pour endiguer ce fléau et bâtir une société où chaque enfant peut grandir en sécurité et dans la dignité.

Affaire Abdou Nguer : la défense saisit le bâtonnier et dénonce de graves entorses aux droits de la défense

Le dossier judiciaire du chroniqueur Abdou Nguer connaît un nouveau tournant. Par une correspondance officielle datée du 20 février 2026, ses avocats ont saisi le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal pour dénoncer les conditions dans lesquelles leur client a été jugé lors de son audience au tribunal de grande instance de Dakar. La défense évoque des atteintes graves aux droits fondamentaux et met en cause le déroulement de la procédure devant la juridiction.

La lettre est signée par Me Aboubacry Barro, agissant pour le compte de ses confrères Iba Mar Diop, El Hadj Diouf et Alioune Badara Fall. Dans ce courrier, les conseils du prévenu reviennent en détail sur les incidents survenus dans la salle 1 du tribunal, lors de la comparution d’Abdou Nguer, poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles et placé sous mandat de dépôt.

Selon les avocats, leur client aurait été victime d’un traitement qu’ils qualifient de « discriminatoire et arbitraire » par rapport aux autres dossiers inscrits au rôle le même jour. Ils estiment que les principes d’égalité devant la justice et de respect des droits de la défense n’auraient pas été pleinement garantis au cours de l’audience.

Au cœur de leur contestation figure la décision du président du tribunal, Mamadou Diouf, de renvoyer l’affaire au 20 mars 2026. La défense juge ce délai excessif, soutenant que dans des affaires similaires, les renvois sont généralement limités à une semaine. Pour les avocats, ce report prolongé porte préjudice à leur client, d’autant plus qu’il demeure en détention provisoire.

Les conseils d’Abdou Nguer dénoncent également l’interdiction qui leur aurait été faite d’introduire une demande de liberté provisoire. Une situation qu’ils considèrent comme contraire aux dispositions du Code de procédure pénale et attentatoire aux droits fondamentaux de leur client. Ils estiment que le droit de solliciter une mise en liberté provisoire constitue une garantie essentielle dans le cadre d’une détention préventive.

Face à ce qu’ils qualifient de précédent préoccupant pour l’équilibre de la justice, les avocats annoncent leur intention de saisir d’autres autorités judiciaires. Ils comptent porter l’affaire devant le premier président de la Cour suprême ainsi que celui de la Cour d’appel de Dakar, afin que la situation soit examinée au plus haut niveau.

Par ailleurs, ils indiquent que l’Union des magistrats du Sénégal et le Comité sénégalais des Droits de l’homme seront également saisis. À travers ces démarches, la défense entend attirer l’attention sur ce qu’elle considère comme des manquements graves susceptibles d’affecter la crédibilité de l’institution judiciaire.

Yeumbeul : le COMICO démantèle un réseau présumé de trafic de crack, une tiktokeuse citée parmi les interpellés

Le Commissariat d’arrondissement de Yeumbeul, communément appelé COMICO, a annoncé avoir mis fin aux activités d’un réseau présumé spécialisé dans le trafic et la consommation de crack. L’opération policière, menée à la suite d’un renseignement opérationnel, a conduit à l’interpellation de cinq individus, dont deux femmes. Parmi les personnes arrêtées figure la tiktokeuse Imane Traoré, selon des sources sécuritaires.

D’après les explications fournies par la Police nationale, l’enquête a débuté après le signalement d’un appartement situé à la Cité Yves Niang, présenté comme un point de repli servant au trafic et à l’usage de drogue dure. Les forces de l’ordre ont alors mis en place un dispositif de surveillance et de filature aux abords de l’immeuble afin de vérifier les informations reçues et d’identifier les personnes impliquées.

Après une phase d’observation jugée concluante, les agents sont passés à l’action. Un conducteur de moto-jakarta transportant un colis suspect a été intercepté au moment où il accédait à l’immeuble ciblé. Cette interpellation a servi de déclencheur à l’intervention des policiers, qui ont immédiatement investi l’appartement suspect.

À l’intérieur des lieux, trois individus ont été surpris en pleine consommation de stupéfiants, selon les services de sécurité. La perquisition effectuée dans l’appartement a permis la saisie de trois pierres de crack ainsi que du matériel servant au conditionnement de la drogue, notamment des bouteilles plastiques et du papier aluminium. Les agents ont également mis la main sur trois téléphones portables et un scooter de marque Honda. Un suspect aurait toutefois réussi à prendre la fuite avant l’irruption des forces de l’ordre.

Les investigations menées sur place ont rapidement permis d’identifier un fournisseur présumé. Celui-ci a été interpellé peu après à la station de Yeumbeul alors qu’il circulait à bord d’un scooter. La poursuite des recherches a ensuite conduit à l’arrestation d’un cinquième individu, appréhendé en flagrant délit de livraison. Lors de sa fouille, les policiers auraient découvert deux pierres de crack d’un poids total de 8,6 grammes ainsi que six téléphones portables.

Conduits au commissariat et entendus par les enquêteurs, les mis en cause auraient reconnu les faits qui leur sont reprochés. Ils ont été placés en garde à vue pour détention, trafic et consommation de drogue dure. Les stupéfiants saisis, le matériel de conditionnement, les téléphones ainsi que les deux-roues ont été placés sous scellés pour les besoins de l’enquête.

Affaire Zale Mbaye alias « Gueweul bou Guatt » : révélation sur son statut sérologique et nouvelles précisions médicales

L’affaire impliquant Zale Mbaye, plus connu sous le pseudonyme « Gueweul bou Guatt », connaît un nouveau tournant marqué par la révélation de son statut sérologique. Selon des informations confirmées par des sources médicales concordantes, les analyses auxquelles il a été soumis ont établi qu’il est porteur du virus du VIH.

Cette annonce, qui suscite de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique, intervient dans un contexte déjà fortement médiatisé. Toutefois, il ressort également que cette situation médicale n’est pas récente. Zale Mbaye était en effet déjà pris en charge par des structures sanitaires spécialisées et suivait un traitement antirétroviral depuis un certain temps avant que l’information ne soit rendue publique.

Des sources proches du dossier indiquent qu’il bénéficiait d’un suivi régulier conforme aux protocoles en vigueur, ce qui suppose une prise en charge médicale encadrée. Le traitement antirétroviral, rappelons-le, permet aux personnes vivant avec le VIH de réduire considérablement la charge virale dans leur organisme, d’améliorer leur espérance et leur qualité de vie, et surtout de limiter drastiquement les risques de transmission lorsque le traitement est bien suivi.

La divulgation de cette information soulève toutefois plusieurs interrogations, notamment en ce qui concerne le respect du secret médical et la protection de la vie privée. Le statut sérologique d’une personne relève en principe du strict domaine confidentiel et ne peut être rendu public sans son consentement. Cette dimension juridique et éthique pourrait d’ailleurs constituer un autre volet de l’affaire.

Dans l’opinion, les réactions oscillent entre inquiétude, compassion et débats sur la responsabilité individuelle et collective. Des acteurs de la société civile appellent d’ores et déjà à éviter toute stigmatisation, rappelant que le VIH demeure une question de santé publique qui nécessite avant tout information, prévention et solidarité.

Au Sénégal comme ailleurs, la lutte contre le VIH repose sur le dépistage volontaire, l’accès gratuit ou subventionné aux traitements antirétroviraux et la sensibilisation continue des populations. Les spécialistes insistent sur le fait qu’une personne sous traitement efficace, avec une charge virale indétectable, ne transmet pas le virus par voie sexuelle, conformément au principe désormais bien établi « Indétectable = Intransmissible ».

Kaolack – Protection de l’enfance : Association pour la Promotion de la Femme Sénégalaise tire la sonnette d’alarme après le drame de Kahone

La tragédie survenue à Kanda Fodé Bayo, dans la commune de Kahone, continue de susciter une vive émotion au sein de l’opinion publique. Après le décès tragique d’une fillette âgée de cinq ans, arrachée brutalement à l’affection des siens dans la nuit du mardi au mercredi, plusieurs organisations de défense des droits humains sont montées au créneau pour dénoncer la recrudescence des violences visant les enfants.

Parmi elles, l’Association pour la Promotion de la Femme Sénégalaise (APROFES) a exprimé une profonde indignation face à ce drame qui, selon ses responsables, interpelle toute la société sur la nécessité urgente de renforcer les mécanismes de prévention et de protection.

Dans une déclaration officielle, la coordinatrice du Centre d’Écoute et d’Orientation pour la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) a condamné avec fermeté cet acte qualifié d’« inacceptable et révoltant », tout en adressant ses condoléances à la famille endeuillée ainsi qu’à l’ensemble de la communauté de Kahone, durement affectée.

Un signal d’alerte pour la société

Au-delà de l’émotion suscitée, APROFES considère ce drame comme un signal d’alerte révélateur des défis persistants en matière de protection de l’enfance. L’organisation insiste sur la nécessité de renforcer la vigilance communautaire, de multiplier les campagnes de sensibilisation et de briser le silence autour des violences souvent commises dans la sphère familiale ou de proximité.

Selon l’association, la prévention passe également par la mise en place de mécanismes d’alerte précoce, une meilleure coordination entre les acteurs sociaux, les autorités locales et les leaders religieux, ainsi qu’un accompagnement psychosocial renforcé pour les victimes et leurs familles.

Un appel à la justice et à la responsabilité collective

APROFES appelle par ailleurs les autorités judiciaires et sécuritaires à mener des investigations approfondies afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire. L’organisation plaide pour une application rigoureuse de la loi, estimant que la lutte contre l’impunité constitue un levier essentiel pour prévenir la répétition de tels crimes.

Réaffirmant son engagement, le centre d’écoute de l’association se dit prêt à intensifier ses actions d’accompagnement, d’écoute et de prévention, en collaboration avec les communautés locales.

Face à ce drame, APROFES rappelle que la protection des enfants ne relève pas uniquement des institutions, mais constitue une responsabilité collective impliquant les familles, les communautés et les pouvoirs publics.

Un message fort dans un contexte où la sécurité et le bien-être des enfants apparaissent plus que jamais comme des enjeux majeurs pour la société sénégalaise.

Kaolack : le Conseil départemental mise sur la formation et la RSE pour l’emploi des jeunes

Le Conseil départemental de Kaolack a accueilli, ce samedi, une importante journée dédiée à la promotion de la formation des jeunes et au renforcement des partenariats institutionnels en faveur de l’emploi. Entre la cérémonie de remise d’attestations du programme « Taggat ndaw ñi » et la signature d’une convention de collaboration avec des instituts de formation professionnelle dans le cadre de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), les autorités locales ont réaffirmé leur volonté de placer le capital humain au cœur du développement territorial.

Une cérémonie pour valoriser les compétences des jeunes

La salle de délibération du Conseil départemental a servi de cadre à la remise officielle d’attestations aux 50 bénéficiaires ayant suivi des formations en gestion de caisse, infographie, informatique et audiovisuel à travers le programme « Taggat ndaw ñi », une initiative dont l’intitulé en langue nationale signifie « former les jeunes ».

Organisée en présence d’acteurs éducatifs, de responsables institutionnels, de partenaires techniques ainsi que de nombreux invités, la cérémonie a constitué un moment fort de reconnaissance des efforts fournis par les apprenants. Les bénéficiaires ont reçu leurs attestations dans une ambiance empreinte de fierté et d’espoir, symbole de leur engagement vers une insertion sociale et professionnelle durable.

Un programme axé sur l’autonomisation et la citoyenneté

Le programme « Taggat ndaw ñi » vise à renforcer les capacités des jeunes à travers des modules variés portant notamment sur le développement personnel, le leadership et la prise d’initiative, l’engagement citoyen ainsi que l’acquisition de compétences pratiques adaptées aux réalités socio-économiques.

Selon le président du Conseil départemental de Kaolack, Ahmeth Youssouf Benzallou, cette approche répond à un besoin croissant d’éducation non formelle capable de compléter le système éducatif classique en dotant les jeunes d’outils concrets pour leur employabilité.

Il a insisté sur le rôle déterminant de la formation dans la prévention du chômage et dans la construction d’une jeunesse responsable, capable de participer activement au développement communautaire, particulièrement au niveau du département.

Des témoignages porteurs d’espoir ont également marqué la cérémonie. Certains bénéficiaires ont partagé leurs expériences, soulignant l’impact positif du programme sur leur confiance en eux et leur vision professionnelle. Beaucoup ont exprimé leur volonté de mettre en pratique les compétences acquises au service de leurs communautés.

« Nous allons élargir cette initiative afin de toucher davantage de jeunes dans le département, considérant la formation comme un levier essentiel de transformation sociale », a ajouté le président.

Une convention pour rapprocher formation et emploi

Dans la continuité de cette dynamique éducative, une convention de collaboration a été officiellement signée entre le Conseil départemental de Kaolack et plusieurs instituts de formation professionnelle. Cette initiative s’inscrit dans la promotion de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), avec pour objectif de renforcer l’impact social des structures éducatives et économiques.

La cérémonie de signature, tenue en présence des autorités territoriales et d’acteurs socio-économiques, marque une nouvelle étape dans la construction d’un partenariat orienté vers l’insertion professionnelle des jeunes.

À travers cet accord, les parties signataires s’engagent notamment à faciliter l’accès aux stages pratiques, accompagner l’insertion socio-professionnelle des apprenants, promouvoir l’entrepreneuriat local, soutenir les jeunes en situation de vulnérabilité et développer des formations qualifiantes adaptées aux métiers porteurs.

La responsabilité sociétale comme levier de développement

Les responsables des instituts partenaires ont souligné leur volonté d’intégrer pleinement les principes de la RSE dans leurs programmes pédagogiques, en mettant l’accent sur l’inclusion sociale, l’égalité des chances, la protection de l’environnement et l’engagement citoyen.

Les autorités territoriales, venues de différentes communes du département, ont indiqué que cette démarche traduit une évolution majeure : la responsabilité sociétale ne concerne plus uniquement les grandes entreprises, mais devient un outil transversal impliquant collectivités territoriales, structures éducatives et acteurs économiques.

Vers un modèle de développement territorial durable

Le Conseil départemental de Kaolack a salué cette initiative qui renforce la synergie entre formation, emploi et développement local. Selon son président, ce partenariat constitue un modèle de gouvernance collaborative susceptible d’inspirer d’autres collectivités au Sénégal.

En combinant formation des jeunes, engagement citoyen et coopération institutionnelle, cette double activité illustre la volonté des acteurs locaux de bâtir un écosystème durable où éducation, responsabilité sociale et croissance économique évoluent de manière complémentaire.

À travers ces initiatives, Kaolack confirme ainsi son ambition de préparer une jeunesse mieux armée face aux défis socio-économiques, tout en consolidant les bases d’un développement inclusif et durable au service des populations.

Le Réseau des universitaires républicains de l’APR apporte un soutien sans réserve à la candidature de Macky Sall à l’ONU

Le Réseau des universitaires républicains (RUR) de l’Alliance pour la République a exprimé un soutien ferme, enthousiaste et sans réserve à la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisations des Nations Unies. La position a été officialisée à l’issue d’une Assemblée générale extraordinaire au cours de laquelle les membres du réseau ont longuement délibéré sur la portée et la signification d’une telle ambition pour le Sénégal et pour le continent africain.

Dans leur communiqué, les universitaires républicains présentent cette candidature comme l’aboutissement naturel d’un itinéraire d’homme d’État qu’ils jugent marqué par le courage politique, l’esprit de réforme, la vision stratégique et le sens de l’histoire. Selon eux, Macky Sall incarne une génération de dirigeants africains conscients des mutations profondes qu’impose le XXIᵉ siècle, notamment en matière de transformation des structures économiques, institutionnelles et diplomatiques héritées de l’après-guerre.

Le RUR estime par ailleurs que l’ancien chef de l’État sénégalais pourrait s’inscrire dans la lignée de figures africaines marquantes ayant dirigé l’ONU, à l’image de Boutros Boutros-Ghai et de Kofi Annan. Une comparaison qui, selon ses auteurs, repose sur l’expérience internationale acquise par Macky Sall et sur son engagement constant en faveur du multilatéralisme.

Au plan national, le réseau met en avant le bilan de gouvernance de l’ancien président, notamment à travers le Plan Senegal Émergent , qu’il considère comme un levier majeur de modernisation du pays. Les universitaires soulignent les investissements consentis dans les infrastructures, l’éducation, l’énergie et le capital humain, ainsi que les réformes institutionnelles ayant, selon eux, consolidé la démocratie et renforcé la crédibilité internationale du Sénégal.

Sur le plan régional et continental, le RUR rappelle le rôle joué par Macky Sall à la tête de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest puis de l’Union africaine . Dans des contextes marqués par des crises sécuritaires et institutionnelles complexes, il aurait privilégié, selon le communiqué, la médiation, le dialogue et la recherche de solutions africaines aux défis africains.

Les universitaires insistent particulièrement sur son plaidoyer en faveur de la réforme du multilatéralisme. Dans un monde confronté à la fragmentation géopolitique, aux crises climatiques et aux inégalités croissantes, Macky Sall s’est positionné comme un défenseur d’un nouvel ordre économique et financier international plus juste et inclusif. Il a notamment plaidé pour la réforme des institutions financières internationales, l’allègement de la dette des pays vulnérables et un financement accru de l’adaptation climatique pour les pays du Sud.

Le RUR souligne également son rôle dans l’intégration de l’Union africaine au G20, une avancée diplomatique perçue comme une reconnaissance du continent africain dans la gouvernance mondiale. Sur la question climatique, Macky Sall a défendu le principe de justice climatique, rappelant que l’Afrique, faiblement responsable des émissions historiques de gaz à effet de serre, subit pourtant de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique.

Dans le contexte de la guerre en Ukraine et de ses impacts sur la sécurité alimentaire mondiale, le communiqué met en exergue les démarches diplomatiques entreprises par l’ancien président, alors président en exercice de l’Union africaine, pour faciliter la reprise des exportations de céréales et d’engrais. Cette initiative visait à prévenir une crise alimentaire majeure en Afrique et à promouvoir la solidarité internationale face aux rivalités géopolitiques.

Pour le Réseau des universitaires républicains, la candidature de Macky Sall à la tête de l’ONU s’inscrit ainsi dans une dynamique historique visant à renforcer la légitimité des institutions internationales et à promouvoir une gouvernance mondiale plus inclusive, plus efficace et plus humaine. Dans un contexte mondial marqué par l’incertitude et la recherche de leadership, ils estiment qu’il incarne une voix d’équilibre, d’expérience et de réforme.

En conclusion, le RUR exhorte solennellement l’État du Sénégal, l’Union africaine et l’ensemble des partenaires stratégiques du continent à mobiliser tous les leviers diplomatiques nécessaires pour soutenir activement cette candidature. Il appelle également les universitaires, les intellectuels, la jeunesse et toutes les forces vives de la Nation à se rassembler autour de ce qu’il considère comme une ambition majeure pour le Sénégal et pour l’Afrique.

Polémique autour de propos sur Walf TV : Les Cadres de Mimi2024 dénoncent les accusations de Cheikh Bara Ndiaye contre Aminata Touré

La Coordination des Cadres de Mimi2024 est montée au créneau, ce vendredi, pour répondre aux déclarations du député Cheikh Bara Ndiaye tenues sur le plateau de Walf TV. Dans une sortie jugée virulente, le parlementaire aurait formulé de graves accusations à l’encontre de l’ancienne Première ministre, Dr. Aminata Toure, suscitant l’indignation de ses partisans.

Dans un communiqué rendu public, le mouvement de soutien à Mimi Touré condamne fermement des propos qu’il considère comme diffamatoires et politiquement motivés. Les signataires estiment que le député se retranche derrière son immunité parlementaire pour tenir des déclarations qu’il n’assumerait pas en dehors de l’hémicycle. « S’il est courageux, qu’il se départisse de son mandat de député et tienne à nouveau les mêmes propos », lancent-ils, mettant en doute la sincérité et la constance de leur contradicteur.

Les Cadres de Mimi2024 dénoncent également ce qu’ils qualifient de « contradiction flagrante » dans la posture du parlementaire. Selon eux, au plus fort des tensions politiques et de la répression sous l’ancien régime, Cheikh Bara Ndiaye aurait publiquement salué, sur le même plateau télévisé, la « probité morale » de Mme Touré. Ce revirement est interprété par ses soutiens comme un signe d’opportunisme politique. Ils y voient la marque d’un discours fluctuant, dicté par les circonstances plutôt que par des convictions solides.

Au-delà de la personne du député, les signataires élargissent leur critique à ce qu’ils appellent des manœuvres orchestrées en coulisses. Ils soupçonnent l’existence de « commanditaires » cherchant, selon leurs termes, à instrumentaliser la démocratie sénégalaise pour affaiblir des adversaires politiques par le biais d’attaques publiques répétées. Cette stratégie, estiment-ils, participe à une dégradation du débat démocratique et à une personnalisation excessive des affrontements politiques.

Pour la Coordination, loin d’affaiblir l’ancienne cheffe du gouvernement, ces attaques contribueraient plutôt à consolider sa position sur la scène politique nationale. Les Cadres de Mimi2024 présentent Aminata Touré non comme une cible fragilisée, mais comme une figure politique majeure dont l’influence continue de susciter réactions et controverses. Ils assurent que « la haine calomnieuse » qu’ils dénoncent ne fait que renforcer la détermination de Dr. Aminata Touré.

En conclusion, le mouvement réaffirme son soutien sans réserve à l’ancienne Première ministre et appelle à un débat politique fondé sur des arguments et des faits, plutôt que sur des accusations jugées infondées. Cette nouvelle passe d’armes illustre, une fois de plus, la vivacité du climat politique sénégalais, où les plateaux télévisés deviennent souvent le théâtre d’affrontements aux répercussions nationales.

Dakar : la marche du Collectif contre les Bavures Policières autorisée ce samedi par le préfet

Le préfet de Dakar a donné son feu vert à la marche pacifique du Collectif contre les Bavures Policières prévue ce samedi 21 février 2026, de 15h à 17h, dans les rues de la capitale. L’autorisation officielle met fin aux incertitudes qui entouraient la tenue de cette manifestation citoyenne annoncée depuis plusieurs jours.

Selon les informations communiquées par les organisateurs, le point de départ est fixé au niveau du Casino Liberté. Les manifestants emprunteront ensuite le boulevard du Président Habib Bourguiba avant de rallier le rond-point Jet d’Eau, lieu retenu pour la dislocation du cortège. Cet itinéraire, validé par l’autorité administrative, devra être strictement respecté conformément aux dispositions encadrant les manifestations sur la voie publique.

À travers cette mobilisation, le Collectif contre les Bavures Policières entend dénoncer les violences présumées imputées à certains agents des forces de l’ordre et réclamer davantage de transparence ainsi que l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les cas signalés. Les initiateurs de la marche affirment vouloir porter un message de justice, de responsabilité et de respect des droits humains, dans un esprit républicain et apaisé.

Dans leur déclaration, ils ont insisté sur le caractère pacifique de la manifestation et appelé les participants à adopter un comportement exemplaire. Ils invitent également les autorités à assurer un encadrement sécuritaire professionnel afin de garantir le bon déroulement de l’événement.

Cette autorisation intervient dans un contexte où les questions liées aux pratiques policières et au respect des libertés publiques alimentent régulièrement le débat national. En validant la tenue de la marche, l’autorité préfectorale rappelle le principe constitutionnel de la liberté de manifestation, tout en veillant au maintien de l’ordre public.

Le partenariat économique entre le Royaume-Uni et le Sénégal franchit un cap historique

Le partenariat économique entre Londres et Dakar connaît une accélération sans précédent, confirmant un rapprochement stratégique entre le Royaume-Uni et le Sénégal . Les chiffres officiels publiés en février 2026 par le Département britannique du Commerce et des Affaires (DBT) témoignent d’une dynamique particulièrement soutenue. Sur les douze mois se terminant au troisième trimestre 2025, le volume total des échanges de biens et services entre les deux pays a atteint 715,3 milliards de FCFA, soit 923 millions de livres sterling. Cela représente une hausse spectaculaire de 152,7 milliards de FCFA, équivalant à une progression de 27,1 % par rapport à l’année précédente.

Cette croissance s’explique en grande partie par le renforcement significatif des exportations britanniques vers le Sénégal. Celles-ci s’élèvent désormais à 390,6 milliards de FCFA, soit 504 millions de livres sterling, enregistrant un bond impressionnant de près de 45 % en un an. Ce dynamisme repose essentiellement sur les marchandises, dont les ventes ont tout simplement doublé pour atteindre 242,6 milliards de FCFA. Parmi les produits les plus exportés figurent le pétrole raffiné, les moteurs à combustion ainsi que les véhicules de livraison, illustrant l’intensification des échanges dans les secteurs de l’énergie, des transports et de l’industrie.

Face à cette poussée britannique, le Sénégal affiche également des performances notables. Les exportations sénégalaises vers le Royaume-Uni ont atteint 324,7 milliards de FCFA, soit 419 millions de livres sterling. Si les biens exportés — notamment les oignons, le maïs doux, les métaux précieux et les perruques — représentent 57,3 milliards de FCFA, c’est surtout dans le secteur des services que le pays de la Teranga se distingue avec éclat.

En effet, le Sénégal a vendu pour 267,4 milliards de FCFA de services aux Britanniques, générant ainsi un excédent sectoriel significatif. Cette performance témoigne de la montée en puissance de l’économie sénégalaise dans des domaines à forte valeur ajoutée, notamment le tourisme, les services numériques et certaines prestations professionnelles. Cette orientation confirme la transformation progressive du tissu économique national, de plus en plus tourné vers les services et l’innovation.

Sur le plan stratégique, le Sénégal gagne en importance dans la cartographie commerciale britannique. Il se classe désormais au 90e rang des marchés d’exportation mondiaux pour Londres, un positionnement qui reflète son attractivité croissante en Afrique de l’Ouest. Plus significatif encore, le pays occupe la 74e place parmi les fournisseurs de services du Royaume-Uni, preuve tangible de la compétitivité sénégalaise dans ce segment clé de l’économie mondiale.

Kaolack – Langues nationales : un expert appelle à une formation approfondie des enseignants

La réforme portant sur l’introduction des langues nationales dans le système éducatif au Sénégal continue de susciter débats et contributions au sein du monde éducatif. Spécialiste des langues nationales et auteur en langue mandinka, Nouha Biaye appelle les autorités à renforcer l’implication des experts afin de garantir la réussite de ce programme ambitieux.

Selon lui, la question centrale demeure la qualité de la formation des enseignants appelés à dispenser des cours en langues nationales. « La maîtrise de la transcription d’une langue ne peut pas s’acquérir en deux semaines pour une personne qui doit ensuite former des élèves », estime-t-il, soulignant les exigences scientifiques et pédagogiques liées à l’enseignement linguistique.

Pour le spécialiste, la transcription et la codification des langues nationales reposent sur des règles précises qui nécessitent un apprentissage approfondi. Une formation accélérée risquerait, selon lui, de produire des enseignants insuffisamment préparés, ce qui pourrait compromettre les objectifs pédagogiques de la réforme.

Dans sa contribution, Nouha Biaye invite le ministre de l’Éducation nationale à associer davantage les spécialistes des différentes langues codifiées du pays — linguistes, chercheurs et auteurs — à toutes les étapes du processus. Il estime que leur expertise constitue un levier essentiel pour bâtir une éducation véritablement inclusive et adaptée aux réalités sociolinguistiques sénégalaises.

L’auteur insiste également sur la nécessité d’allonger la durée de formation des enseignants afin de leur permettre d’acquérir non seulement les compétences linguistiques requises, mais aussi les méthodes didactiques appropriées à l’enseignement en langue nationale.

L’introduction des langues nationales est perçue par de nombreux acteurs éducatifs comme un moyen de faciliter les apprentissages, notamment chez les jeunes élèves, en valorisant leur langue maternelle. Toutefois, plusieurs spécialistes rappellent que la réussite d’une telle réforme dépend avant tout de la rigueur scientifique, de la qualité de la formation des enseignants et de l’élaboration d’outils pédagogiques adaptés.

Pour Nouha Biaye, l’objectif doit aller au-delà de la simple introduction des langues nationales. Il s’agit de construire un système éducatif capable de former des apprenants compétents, enracinés dans leur culture et ouverts au savoir universel. Une ambition qui, selon lui, passe nécessairement par une collaboration étroite entre décideurs publics et experts linguistiques.

Procès d’Abdou Nguer : le renvoi au 20 mars au cœur d’une controverse juridique

Le procès d’Abdou Nguer, poursuivi en flagrant délit, a été renvoyé au 20 mars 2026 par le Tribunal de Dakar. Une décision qui suscite de vives interrogations dans les milieux judiciaires et au sein de la société civile. Alors que la procédure du flagrant délit est réputée pour sa célérité, ce report de plusieurs semaines soulève un débat sur le respect des règles procédurales et les garanties accordées au prévenu.

Pour Babacar Ba, président du Forum du justiciable, ce renvoi pose un véritable problème de légalité. Il s’appuie sur l’article 385 du Code de procédure pénale sénégalais, qui encadre strictement les conditions de report d’une affaire en flagrant délit. Selon ce texte, lorsque le dossier n’est pas en état d’être jugé, le tribunal doit renvoyer l’affaire à « l’une des plus prochaines audiences ». La loi prévoit également que, dans une telle hypothèse, le prévenu soit remis en liberté provisoire, avec ou sans caution, ou placé sous assignation à résidence sous surveillance électronique.

Or, dans le cas d’Abdou Nguer, aucune de ces mesures alternatives à la détention n’a été accordée. Le prévenu demeure incarcéré dans l’attente d’un procès désormais fixé à une date jugée relativement éloignée. Pour Babacar Ba, cette situation contrevient à l’esprit et à la lettre de la loi. À ses yeux, dès lors que la juridiction a estimé l’affaire non prête à être jugée, elle était tenue de programmer l’examen du dossier à l’audience la plus proche disponible, tout en garantissant au prévenu le bénéfice des dispositions prévues en matière de liberté provisoire.

Cette décision soulève ainsi une question centrale : celle de l’équilibre entre l’efficacité de la justice et le respect des droits fondamentaux du justiciable. La procédure de flagrant délit est conçue pour traiter rapidement des faits considérés comme établis, afin d’éviter des détentions prolongées sans jugement. En maintenant Abdou Nguer en détention malgré le renvoi, la juridiction donne le sentiment, selon certains observateurs, d’anticiper sur une éventuelle condamnation en lui infligeant de facto une privation de liberté avant toute décision au fond.

Au-delà du cas individuel du prévenu, cette affaire relance le débat sur la rigueur procédurale dans le fonctionnement des juridictions. « Le droit, c’est d’abord la forme avant le fond. Le respect des règles procédurales conditionne la légitimité de toute décision judiciaire », rappelle Babacar Ba. Une déclaration qui met en lumière l’importance des garanties procédurales, perçues non comme de simples formalités, mais comme le socle même de l’État de droit.

Ousmane Sonko face aux députés le 24 février : bourses, tensions universitaires et débats sociétaux au cœur des échanges

Le Premier ministre Ousmane Sonko est attendu à l’Assemblée nationale le 24 février prochain pour prendre part à la séance consacrée aux questions d’actualité. L’annonce a été officialisée ce vendredi par les services de communication de la Primature, confirmant un rendez-vous politique important dans un contexte marqué par de vives tensions sociales et universitaires.

Aux côtés des membres de son gouvernement, le chef du gouvernement devra répondre aux interpellations des députés sur plusieurs dossiers sensibles. En première ligne figure la question des bourses des étudiants, un sujet récurrent qui cristallise frustrations et revendications dans les universités publiques. Retards de paiement, conditions d’attribution et réformes envisagées devraient alimenter les échanges, alors que de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une meilleure prise en charge sociale des étudiants.

La tension reste particulièrement palpable dans le milieu universitaire depuis le décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ, un drame qui a profondément marqué l’opinion publique. Les circonstances de sa mort, ainsi que la gestion sécuritaire et administrative des mouvements estudiantins, devraient susciter des questions directes à l’endroit du gouvernement. Les députés pourraient notamment exiger des clarifications sur les responsabilités, les mesures prises pour prévenir de nouveaux incidents et les réponses structurelles envisagées pour apaiser le climat dans les campus.

Au-delà des préoccupations universitaires, la séance pourrait également être le théâtre de débats sur des sujets de société sensibles. La problématique de la criminalisation de l’homosexualité, dans un contexte marqué par des arrestations récentes d’homosexuels présumés, pourrait être évoquée par certains parlementaires. Cette question, régulièrement source de controverses, met en lumière les tensions entre exigences sociales, considérations juridiques et engagements internationaux du pays en matière de droits humains.

La comparution du Premier ministre devant la représentation nationale intervient ainsi à un moment stratégique. Elle offre l’occasion au gouvernement de clarifier sa position, d’exposer ses orientations et de répondre aux inquiétudes exprimées par une partie de la population. Pour l’opposition comme pour la majorité, cette séance de questions d’actualité constituera un test politique, révélateur des rapports de force et de la capacité de l’exécutif à convaincre sur des dossiers à forte charge émotionnelle et sociale.

Après la libération des représentants de l’UCAD et de l’USSEIN, la grève nationale de 72 heures suspendue

Le collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) a annoncé, ce vendredi, la suspension du mot d’ordre de grève de 72 heures décrété à l’échelle nationale. Cette décision intervient à la suite de la libération des représentants étudiants de l’UCAD et de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (USSEIN), dont l’interpellation avait suscité une vive mobilisation au sein de la communauté estudiantine.

Dans un communiqué rendu public ce vendredi 20 février 2026, le collectif a salué l’élan de solidarité qui s’est manifesté à travers tout le pays. Les membres ont exprimé leur profonde gratitude à l’endroit des étudiants du Sénégal, des différentes amicales locales ainsi que des élèves, mobilisés notamment par le biais des présidents de gouvernements scolaires. Selon le texte, cette unité d’action et cette convergence des soutiens ont joué un rôle déterminant dans l’aboutissement favorable de la situation.

La grève de 72 heures, initialement décrétée pour protester contre l’arrestation des représentants étudiants, avait été largement suivie dans plusieurs universités publiques du pays. Elle traduisait, selon ses initiateurs, une volonté ferme de défendre les droits et libertés des étudiants, tout en réaffirmant l’importance du respect des cadres de dialogue au sein des institutions universitaires.

Avec la suspension du mouvement, le collectif des amicales de l’UCAD appelle désormais à l’apaisement, tout en restant vigilant. Les responsables étudiants réitèrent leur engagement et leur détermination à servir la communauté estudiantine avec responsabilité et loyauté. Ils assurent que cette mobilisation restera un symbole fort de la capacité des étudiants à s’unir face aux défis communs.

À Accra, la CEDEAO veut graver la parité dans le marbre institutionnel

Réunis dans la capitale ghanéenne, les ministres en charge du Genre et des Affaires sociales des États membres de la Communauté économique des États de l’Afriqu de l’Ouest (CEDEAO) ont tenu une consultation régionale de haut niveau consacrée à la participation politique des femmes et des jeunes. Cette rencontre stratégique, qui s’inscrit dans la continuité des travaux préparatoires menés par des experts, marque une étape décisive vers l’adoption d’un cadre communautaire renforcé en faveur de la parité.

L’enjeu central de ce sommet ministériel est la validation d’une stratégie de plaidoyer ambitieuse autour de la future « Déclaration politique de la CEDEAO sur la parité de genre ». L’objectif affiché est clair : briser durablement les plafonds de verre qui entravent l’accès des femmes et des jeunes aux instances de décision et harmoniser les législations nationales afin de garantir une représentation plus équitable dans les parlements, les gouvernements et les institutions publiques de l’espace communautaire.

Les conclusions de cette rencontre devraient déboucher sur des réformes concrètes qui seront soumises à l’arbitrage et à l’adoption des chefs d’État et de gouvernement lors du sommet prévu en juin 2026. À travers ce processus, la CEDEAO entend passer d’un cadre déclaratif à un dispositif normatif plus contraignant, capable d’impulser de véritables transformations structurelles au sein des systèmes politiques nationaux.

La cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs figures de proue du leadership féminin ouest-africain. La Commissaire en charge du Développement humain et des Affaires sociales, Fatou Sow Sarr, ainsi que la vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, Damtien Tchintchibidja, ont insisté sur l’urgence d’engager des réformes structurelles pour transformer en profondeur les mécanismes de gouvernance régionale. Elles ont rappelé que la stabilité politique et le développement durable de l’Afrique de l’Ouest passent nécessairement par une inclusion plus forte des femmes et des jeunes dans les sphères décisionnelles.

Prenant la parole au nom des parlementaires, Chantal Fanny, présidente de l’ECOFEPA, a souligné que le leadership féminin et juvénile constitue une condition sine qua non pour consolider la démocratie et renforcer la résilience des institutions ouest-africaines. Elle a plaidé pour des mécanismes contraignants et des quotas efficaces, capables d’assurer une représentation significative et non symbolique.

L’accueil de la ministre ghanéenne du Genre, de l’Enfant et de la Protection sociale, Agnès NAA Momo,Lartey , a donné le ton d’une mobilisation politique affirmée. La présence remarquée de son homologue sierra-léonaise, Isaiah Makhou, a également illustré la convergence des volontés au sein des États membres. Ensemble, les délégations ont travaillé à l’élaboration d’un cadre d’action qui ne se limite plus aux intentions, mais qui impose des réformes législatives et institutionnelles concrètes.

Affaire « Pape Cheikh Diallo et Cie » : le journaliste Pape Birame Bigué Ndiaye autorisé à rentrer chez lui

L’étau judiciaire semble se desserrer pour Pape Birame Bigué Ndiaye dans le cadre de l’instruction ouverte au tribunal de Pikine-Guédiawaye. Le journaliste de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) a été autorisé à regagner son domicile ce vendredi 20 février, à l’issue de son audition par le magistrat instructeur en charge du dossier. Une décision accueillie avec soulagement par ses proches, même si plusieurs zones d’ombre persistent autour des motivations exactes de cette mesure.

Selon les informations recueillies sur place auprès de son entourage, notamment par l’intermédiaire de son frère, cette évolution judiciaire intervient à la suite d’une délégation ordonnée dans le cadre de la tentaculaire affaire dite « Pape Cheikh Diallo et Cie ». Ce dossier, qui continue d’alimenter les débats médiatiques et judiciaires au Sénégal, implique plusieurs personnalités et a pris une ampleur inattendue au fil des interpellations.

L’arrestation de Pape Birame Bigué Ndiaye remonte au mardi 17 février. Les enquêteurs se sont intéressés à son profil après l’exploitation de données numériques extraites du téléphone d’Ibrahima Magib Seck, présenté comme l’une des figures centrales de l’affaire et interpellé quelques jours auparavant. D’après les éléments ayant fuité, les investigations auraient mis en lumière des échanges de messages à caractère amoureux et sexuel entre les deux hommes. Ces contenus présumés ont conduit les autorités à soupçonner le journaliste de faits qualifiés d’actes contre nature par le Code pénal sénégalais.

Face aux enquêteurs puis devant le juge d’instruction, le journaliste a adopté une ligne de défense constante. Il a fermement contesté l’ensemble des accusations portées contre lui, rejetant toute implication dans les faits qui lui sont reprochés. Son audition aurait permis au magistrat d’apprécier les éléments du dossier avant de décider de l’autoriser à rentrer chez lui, sans que les termes juridiques précis de cette mesure ne soient pour l’instant officiellement détaillés.

Cette décision ne signifie toutefois pas la fin des poursuites ni un abandon des charges éventuelles. L’instruction se poursuit afin de déterminer les responsabilités de chaque personne mise en cause dans cette affaire complexe, qui mêle figures médiatiques, personnalités publiques et éléments sensibles relevant de la vie privée.

Au-delà du volet strictement judiciaire, cette affaire ravive au Sénégal le débat sur la frontière entre respect de la vie privée, liberté individuelle et application des dispositions pénales relatives aux mœurs. Elle pose également la question de la gestion et de l’exploitation des données numériques dans les enquêtes judiciaires, à l’heure où les téléphones portables deviennent des sources majeures d’investigation.

Mise en accusation d’Abdoulaye Diouf Sarr et Moussa Bocar Thiam : le calendrier parlementaire suspendu dans un climat de flou

Alors que tout semblait balisé pour une séquence parlementaire décisive, le processus de mise en accusation des anciens ministres Abdoulaye Diouf Sarr et Moussa Bocar Thiam connaît un coup d’arrêt inattendu. Annoncée avec précision, l’examen des projets de résolution devait marquer une étape importante vers une éventuelle saisine de la Haute Cour de justice. Mais contre toute attente, le calendrier a été suspendu, sans explication officielle, plongeant le dossier dans l’incertitude.

La semaine dernière, le quotidien Les Échos révélait que les textes visant les deux anciens membres du gouvernement seraient examinés en plénière le 23 février. L’annonce avait été confirmée publiquement avant-hier à l’Assemblée nationale. À l’issue de l’examen du projet de loi 03/2026 relatif aux activités de sécurité privée, la présidente de séance, Mbene Faye, avait clairement fixé le cap. Clôturant les travaux, elle avait proposé la reprise des activités parlementaires le lundi 23 février 2026 à 11 heures pour l’examen des projets de résolution de mise en accusation visant Abdoulaye Diouf Sarr et Moussa Bocar Thiam. Une déclaration sans ambiguïté, qui laissait présager une séquence politique particulièrement attendue.

Mais hier, la mécanique parlementaire s’est grippée. Les membres de la Commission des lois, convoqués pour étudier les dossiers avant leur passage en plénière, se sont présentés à l’Assemblée nationale persuadés que la réunion débuterait à 15 heures. Selon Les Échos, ce n’est qu’une fois installés que le président de la Commission des lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains, Abdoulaye Tall, a annoncé le report de la séance. Aucune justification n’a été avancée pour expliquer cette décision.

Ce report inattendu alimente de nombreuses spéculations. S’agit-il d’un simple renvoi technique lié à des éléments de procédure ? Les dossiers seraient-ils jugés incomplets ou nécessiteraient-ils des ajustements juridiques supplémentaires ? Des négociations politiques seraient-elles en cours en coulisses ? À ce stade, aucune communication officielle ne permet de trancher.

Plus troublant encore, aucune nouvelle date n’a été communiquée aux membres de la commission. Cette absence de visibilité nourrit les interrogations quant au maintien de la plénière du 23 février. Sans examen préalable en commission, la tenue de la séance pourrait s’avérer compromise. À moins qu’une nouvelle convocation ne soit rapidement adressée aux députés, le calendrier parlementaire risque de connaître un nouveau glissement.

Le dossier revêt une importance institutionnelle majeure. Les projets de résolution visent à engager une procédure devant la Haute Cour de justice, seule juridiction habilitée à juger les anciens ministres pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Une telle démarche dépasse le simple cadre politique : elle touche aux équilibres institutionnels et à la responsabilité pénale des membres du gouvernement.

Saraya : le GARSI 2 démantèle un site d’orpaillage clandestin à Mouran

Dans le cadre de leur mission de lutte contre l’exploitation illégale des ressources minières, les éléments du Groupe d’Action Rapide de Surveillance et d’Intervention (GARSI 2) basés à Saraya ont mené, le 18 février 2026, une opération d’envergure dans la localité de Mouran, située dans la commune de Missira Sirimana, département de Saraya.

Déployées à Saeinsoutou, les forces de sécurité ont procédé au démantèlement complet d’un site d’orpaillage clandestin qui fonctionnait en marge de toute autorisation administrative. Cette intervention s’inscrit dans une dynamique renforcée de sécurisation des zones aurifères du sud-est du pays, confrontées depuis plusieurs années à une exploitation anarchique de l’or, souvent source d’insécurité, de dégradation environnementale et de pertes économiques pour l’État.

Le bilan de l’opération est jugé significatif. Sur les lieux, les éléments du GARSI 2 ont détruit quatre groupes électrogènes servant à alimenter les installations, cinq motopompes utilisées pour l’extraction, ainsi que deux panneaux solaires destinés à fournir de l’énergie aux équipements. Vingt-trois machines de type « cracheurs », communément employées dans le traitement du minerai, ont également été neutralisées. Deux motopompes supplémentaires ont été mises hors d’usage, de même que plusieurs abris de fortune érigés par les exploitants clandestins pour leurs activités.

Selon des sources sécuritaires, cette opération vise non seulement à freiner l’exploitation illégale de l’or, mais aussi à prévenir les risques liés à l’utilisation de produits chimiques dangereux et aux conflits récurrents entre orpailleurs. Les autorités rappellent que l’orpaillage clandestin constitue une infraction passible de poursuites judiciaires et appellent les populations à collaborer avec les forces de défense et de sécurité pour signaler toute activité suspecte.

Horreur à Kahone : le présumé meurtrier de la fillette D. Sow change de version face aux enquêteurs

L’émotion reste vive à Kahone, dans la région de Kaolack, où les populations du quartier Kanda Fodé Bayo peinent encore à se remettre du meurtre atroce de la petite D. Sow, âgée de cinq ans. Les gendarmes de la brigade territoriale de Kaolack poursuivent activement leurs investigations afin de faire toute la lumière sur les circonstances et le mobile exact de ce crime qui a plongé toute la commune dans la stupeur.

Selon des informations rapportées par le journal Libération, le principal suspect, Lamine S., âgé de 30 ans, a livré des versions successives et contradictoires aux enquêteurs. Dans un premier temps, il aurait affirmé avoir tué la fillette pour se venger de ses parents, avec lesquels il aurait eu un différend. Une explication qui, déjà, avait suscité incompréhension et indignation au sein de la communauté.

Mais face aux enquêteurs, le suspect a ensuite modifié son récit. Il aurait déclaré s’être soudainement mis en colère en pleine nuit en pensant à son ex-compagne, qui porterait le même prénom que la victime. Selon ses propres propos, cette pensée aurait déclenché une rage incontrôlée qui l’aurait conduit à s’en prendre à la fillette. Dans la même déposition, il aurait également confié avoir auparavant poignardé cette ancienne petite amie, domiciliée à Dakar, avant de prendre la fuite pour se réfugier à Kahone. Une déclaration qui ouvre un nouveau pan d’enquête et pourrait entraîner des investigations complémentaires dans la capitale.

Toujours d’après Libération, Lamine S. aurait par ailleurs tenté de rejeter la responsabilité de ses actes sur son père, estimant ne pas avoir été « bien éduqué ». Une ligne de défense qui laisse perplexes les enquêteurs, d’autant plus que les premiers éléments de l’enquête tendent à écarter l’hypothèse d’un acte commis sous l’emprise d’une perte totale de contrôle.

En effet, certains indices relevés sur les lieux ont conduit les enquêteurs à envisager la thèse du crime rituel. Dans la nuit des faits, la petite D. Sow dormait aux côtés de ses trois sœurs lorsqu’elle aurait été enlevée par le suspect. Ce dernier l’aurait conduite dans un bâtiment inachevé avant de la déshabiller puis de la décapiter. Les constats effectués par les enquêteurs et les services compétents auraient établi qu’aucune agression sexuelle n’a été commise sur l’enfant. Par ailleurs, les éléments recueillis laisseraient penser que le suspect était pleinement lucide au moment de son passage à l’acte.

Face à la gravité des faits et aux nombreuses zones d’ombre qui subsistent, la garde à vue de Lamine S. devrait être prolongée jusqu’à lundi prochain. Les enquêteurs entendent approfondir les auditions, confronter les différentes versions livrées par le mis en cause et exploiter l’ensemble des éléments techniques et médico-légaux afin de déterminer avec précision les motivations de cet acte d’une rare violence.

Affaire des arrestations liées à la Brigade de recherches : Cheikh Ahmadou Guèye interpellé à Thiès malgré une tentative de diversion

L’enquête en cours menée par les éléments de la Brigade de recherches connaît un nouveau développement avec l’interpellation de Cheikh Ahmadou Guèye à Thiès. Selon des informations rapportées par le journal Libération, le suspect figurait parmi les personnes activement recherchées par les enquêteurs dans le cadre de cette affaire qui continue de faire grand bruit.

D’après les éléments révélés, Cheikh Ahmadou Guèye aurait été informé qu’il était dans le viseur des enquêteurs. Se sachant traqué, il aurait alors tenté une manœuvre pour échapper aux soupçons ou, du moins, compliquer le travail des autorités. Le quotidien indique qu’il aurait contracté un mariage la semaine précédant son arrestation. Cette initiative aurait eu pour objectif de se constituer un alibi ou de donner une image susceptible d’atténuer les charges pesant contre lui.

Cependant, cette stratégie n’a pas suffi à détourner l’attention des enquêteurs. Les éléments de la Brigade de recherches ont poursuivi leurs investigations et procédé à son arrestation à Thiès, confirmant ainsi leur détermination à faire toute la lumière sur cette affaire.

Plus préoccupant encore, selon les informations publiées par Libération, Cheikh Ahmadou Guèye ferait partie des suspects dont les tests médicaux se sont révélés positifs. Cette révélation alourdit considérablement son dossier et renforce la gravité des faits examinés par la justice. Elle intervient dans un contexte où plusieurs interpellations ont déjà été effectuées et où les résultats médicaux constituent un élément central de l’enquête.

Procès du chroniqueur Abdou Nguer : l’audience renvoyée au 20 mars par le Tribunal de Dakar

Le procès du chroniqueur Abdou Nguer , initialement programmé en flagrant délit ce vendredi 20 février, a été renvoyé au 20 mars prochain par le Tribunal de Dakar. Cette décision reporte d’un mois une affaire qui suscite un vif intérêt au sein de l’opinion publique, tant en raison du profil du prévenu que du contexte sensible dans lequel elle intervient.

Placé sous mandat de dépôt le mercredi 18 février à l’issue de son face-à-face avec le procureur de la République, Abdou Nguer est poursuivi à la suite de déclarations publiques portant sur le communiqué du parquet relatif aux circonstances du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Selon les autorités judiciaires, les propos du chroniqueur remettaient en cause la version officielle des faits présentée par le parquet, ce qui a motivé l’ouverture de poursuites à son encontre.

L’affaire trouve son origine dans un climat déjà marqué par l’émotion et les interrogations entourant la mort de l’étudiant. Dans ses interventions médiatiques, Abdou Nguer avait exprimé des réserves sur les conclusions avancées par le ministère public, adoptant une posture critique qui, selon le parquet, allait à l’encontre des éléments établis par l’enquête en cours. Les autorités judiciaires considèrent que ces prises de position pourraient constituer une infraction, justifiant ainsi son placement sous mandat de dépôt en attendant son jugement.

Le renvoi du procès au 20 mars laisse désormais place à une période d’attente durant laquelle la défense devrait peaufiner ses arguments. Les avocats du chroniqueur pourraient invoquer la liberté d’expression et le droit à l’opinion comme fondements de leur ligne de défense, estimant que leur client n’a fait qu’exercer son rôle de commentateur de l’actualité. De son côté, le parquet devra démontrer en quoi les déclarations incriminées dépasseraient le cadre du débat public pour tomber sous le coup de la loi.

Cette affaire intervient dans un contexte où les relations entre justice, médias et opinion publique sont particulièrement scrutées. Le procès à venir pourrait ainsi revêtir une portée symbolique, au-delà du cas individuel d’Abdou Nguer, en posant à nouveau la question de l’équilibre entre liberté d’expression et respect des décisions et communications de l’autorité judiciaire.

Affaire « Pape Cheikh Diallo et Cie » : 14 personnes déclarées positives au VIH sur 19 interpellées, l’enquête s’intensifie

L’enquête dans l’affaire dite « Pape Cheikh Diallo et Cie » connaît une nouvelle évolution marquée par l’augmentation du nombre de personnes déclarées positives au VIH parmi les individus arrêtés. Selon des sources proches du dossier, quatorze des dix-neuf personnes interpellées à ce stade de la procédure ont été testées séropositives, à la suite d’examens médicaux ordonnés dans le cadre des investigations.

Les opérations sont menées par la Brigade de recherches de Keur Massar, qui poursuit activement ses investigations pour faire toute la lumière sur cette affaire aux ramifications multiples. Deux nouvelles interpellations ont récemment été effectuées, l’une à Dakar et l’autre à Thiès. Les suspects arrêtés ont été soumis à des tests médicaux dont les résultats ont confirmé leur séropositivité, portant ainsi à quatorze le nombre total de cas positifs recensés parmi les mis en cause.

Parmi les personnes récemment arrêtées figure un homme identifié sous le nom de Cheikh Ahmadou Guèye. D’après les informations recueillies, il savait être recherché par les enquêteurs. Il aurait, selon les mêmes sources, contracté mariage quelques jours seulement avant son arrestation, un élément qui pourrait intéresser davantage les enquêteurs dans la compréhension du contexte et des éventuelles implications sanitaires et judiciaires de cette affaire.

Dans un volet parallèle, le journaliste Pape Birame Ndiaye, également interpellé par la Brigade de recherches de Keur Massar, doit être présenté au juge du premier cabinet du tribunal de Pikine-Guédiawaye. Son arrestation ferait suite à l’exploitation du téléphone portable d’un autre suspect appréhendé à Saly. Les enquêteurs auraient découvert, à travers l’analyse des données, des éléments jugés pertinents pour la manifestation de la vérité.

Au total, dix-neuf personnes ont été arrêtées depuis le déclenchement de cette procédure judiciaire. Les autorités cherchent désormais à établir les responsabilités individuelles, à déterminer les circonstances exactes des faits reprochés et à évaluer l’ampleur réelle de l’affaire. Les investigations se poursuivent sous la direction des autorités judiciaires compétentes, dans un climat de forte attention médiatique et d’inquiétude au sein de l’opinion publique.

Le FMI renforce son appui au Burkina Faso avec de nouveaux financements et salue la résilience de l’économie

Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé sa confiance dans la trajectoire économique du Burkina Faso en approuvant un nouveau décaissement de 19,4 milliards de francs CFA dans le cadre du programme d’appui en cours. Cette décision porte à près de 97 milliards de francs CFA le montant total déjà mobilisé au profit du pays, selon des informations relayées par le média spécialisé SikaFinance.

Ce nouveau décaissement intervient dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants, mais également par des efforts soutenus des autorités burkinabè pour stabiliser le cadre macroéconomique. En parallèle, l’institution financière internationale a accordé un financement additionnel de 72,6 milliards de francs CFA. Cette enveloppe vise principalement à accompagner le Burkina Faso dans la gestion des risques liés au changement climatique et à renforcer la solidité de ses finances publiques. Ce soutien complémentaire s’inscrit dans une perspective pluriannuelle, avec un horizon fixé à 2027.

Malgré un environnement interne complexe, l’économie burkinabè continue de faire preuve de résilience. Les projections indiquent une croissance de l’ordre de 5 % en 2025. Cette performance serait essentiellement portée par le secteur aurifère, pilier stratégique de l’économie nationale. La hausse des cours de l’or sur le marché international contribue à dynamiser les recettes d’exportation et à soutenir l’activité économique globale.

Sur le front des prix, la situation apparaît également maîtrisée. L’inflation est quasiment nulle, grâce notamment à la détente observée sur les prix des produits alimentaires. Cette évolution favorable contribue à préserver le pouvoir d’achat des ménages et à stabiliser le climat social, dans un contexte où la question du coût de la vie demeure sensible.

Autre signal encourageant : le Burkina Faso pourrait enregistrer en 2025 son premier excédent commercial depuis plusieurs années. Cette perspective s’explique par la bonne tenue des exportations minières, en particulier celles liées à l’or, qui compensent largement le poids des importations. Un tel excédent renforcerait la position extérieure du pays et consoliderait ses réserves en devises.

Sur le plan budgétaire, les indicateurs témoignent d’une amélioration progressive de la gestion des finances publiques. Le déficit de l’État devrait rester nettement en dessous du seuil fixé dans le cadre des engagements régionaux, traduisant une meilleure discipline budgétaire et une optimisation des recettes. Cette évolution est perçue comme un signe positif par les partenaires techniques et financiers, qui voient dans ces résultats la preuve d’efforts continus en matière de gouvernance économique.

Chavirement meurtrier à Djinack Bara : l’organisateur présumé du voyage clandestin arrêté par la DNLT

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a procédé à l’interpellation de l’individu présenté comme l’organisateur principal du voyage clandestin ayant conduit au dramatique chavirement d’une pirogue au large de Djinack Bara, le 1er janvier 2026. Cette arrestation marque une avancée significative dans l’enquête ouverte à la suite de l’un des drames migratoires les plus meurtriers enregistrés en ce début d’année.

Dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, une embarcation partie de Djinack Kajata, en Gambie, avec à son bord plus de 250 candidats à l’émigration irrégulière à destination de l’Espagne, a chaviré dans les eaux territoriales sénégalaises. Le bilan provisoire fait état d’une vingtaine de morts, tandis que plus d’une centaine de personnes restent portées disparues. Plusieurs rescapés avaient pu être secourus dans des conditions particulièrement éprouvantes, relançant le débat sur les dangers persistants de la migration clandestine par voie maritime.

À la suite de ce drame, les services de la DNLT ont ouvert une enquête approfondie afin de démanteler le réseau à l’origine de cette traversée. Les investigations, menées sur la base de témoignages de survivants et de recoupements d’informations, ont permis d’identifier et de localiser le présumé instigateur de l’opération. Interpellé puis placé en garde à vue, le suspect est rapidement passé aux aveux, selon des sources policières.

D’après les éléments communiqués par les enquêteurs, l’homme agissait en étroite collaboration avec deux ressortissants étrangers établis dans un pays frontalier. Il était chargé de recruter les candidats sur le territoire sénégalais et d’organiser leur acheminement vers Karang, point de transit stratégique, avant leur transfert vers la zone de départ. Ses complices, quant à eux, se seraient occupés de la logistique, notamment l’acquisition de la pirogue, des moteurs, du carburant ainsi que des vivres nécessaires à la traversée.

Le suspect percevait une commission pour chaque candidat recruté, illustrant le caractère structuré et lucratif de ce réseau de trafic de migrants. Les autorités estiment que l’opération était soigneusement planifiée, malgré les risques évidents liés à la surcharge de l’embarcation et aux conditions maritimes.

Placée en garde à vue, la personne mise en cause devrait être présentée dans les prochains jours aux autorités judiciaires compétentes. Elle pourrait faire face à de lourdes charges liées au trafic de migrants et à la mise en danger de la vie d’autrui. Parallèlement, la DNLT poursuit activement ses recherches afin d’identifier, localiser et interpeller les complices présumés toujours en fuite.

Affaire Pape Cheikh Diallo et Cie : l’enquête s’intensifie avec de nouvelles arrestations à Keur Massar

L’enquête menée dans le cadre de l’« affaire Pape Cheikh Diallo et Cie » connaît un nouveau tournant avec l’élargissement du cercle des suspects et une série d’interpellations qui traduisent la détermination des autorités judiciaires à faire toute la lumière sur ce dossier. Après l’arrestation de Pape Cheikh Diallo et de Djiby Dramé, l’affaire a pris une nouvelle dimension avec l’interpellation du journaliste Pape Birame Bigué Ndiaye au Palais de Justice de Dakar.

Selon des informations révélées par le site Seneweb et confirmées par le journal Les Échos dans son édition de ce vendredi, deux autres personnes ont été arrêtées par les enquêteurs de la Brigade de recherches (BR) de Keur Massar. Il s’agit de F. Ngom, présentée comme technicienne de surface, et de C. A. B. Guèye, décrit comme hôtelier. Les circonstances précises de leur implication présumée n’ont pas encore été officiellement détaillées, mais leur arrestation marque une étape supplémentaire dans la progression de l’enquête.

Les deux nouveaux suspects doivent être déférés ce vendredi devant le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Pikine/Guédiawaye, en compagnie du reporter de la RTS déjà interpellé. Ce passage devant le parquet sera déterminant pour la suite de la procédure, notamment en ce qui concerne d’éventuelles inculpations ou placements sous mandat de dépôt.

L’extension des investigations laisse penser que les enquêteurs disposent d’éléments jugés suffisamment sérieux pour poursuivre les interpellations. D’après Les Échos, d’autres arrestations pourraient intervenir dans les jours, voire dans les heures à venir, signe que le dossier est encore loin d’avoir livré tous ses secrets.

Sous contrôle judiciaire, Waly Faye sort de détention et réaffirme son engagement

Après neuf jours passés en détention, Waly Faye a recouvré la liberté. Une liberté toutefois encadrée par un contrôle judiciaire, condition qu’il dit accepter sans réserve afin de permettre à la justice de faire toute la lumière sur les événements du 9 février. Loin d’adopter un ton triomphaliste, l’intéressé a choisi, dès sa sortie, de s’exprimer publiquement pour clarifier sa position et réaffirmer son innocence.

Dans un message publié sur sa page Facebook, il affirme : « Nous acceptons les démarches juridiques nécessaires afin de faire toute la lumière sur les événements du 9 février. Une chose est sûre : jamais ils n’auront raison sur moi. » Par ces mots, Waly Faye présente cette étape judiciaire comme une simple formalité procédurale, tout en dénonçant ce qu’il considère comme des accusations infondées à son encontre. Il insiste sur sa détermination à faire éclater la vérité et à démontrer son innocence devant les juridictions compétentes.

Son intervention publique ne s’est pas limitée à la défense de son cas personnel. En inscrivant son discours dans une dimension à la fois spirituelle et patriotique, il a évoqué sa foi et sa résilience face à l’adversité. Selon lui, ses détracteurs « ne prendront jamais l’ascendant sur sa détermination ». Il a également élargi son propos à l’avenir du pays, estimant que l’essor du Sénégal, tant dans le présent que dans le futur, dépend d’une jeunesse consciente, engagée et dynamique. Il se positionne ainsi comme un porte-voix des aspirations de cette frange de la population, déterminé à poursuivre son engagement malgré les épreuves.

La sortie de cellule de Waly Faye a aussi été marquée par des manifestations de soutien. Il a adressé des remerciements appuyés aux populations de Diourbel et de Fatick, sa terre natale, saluant leur solidarité durant cette période délicate. Le monde académique a également été cité parmi les soutiens majeurs. Le corps professoral et administratif de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), tout comme la communauté estudiantine et le mouvement mouhidiste, ont été présentés comme des piliers d’un appui moral constant. Cette reconnaissance met en lumière l’ancrage de Waly Faye dans des cercles intellectuels et religieux influents.

Thiès – Sous la conduite de Mme Dary Isseu Gaye, la FSAPH impulse une nouvelle dynamique à mi-parcours

Revue à mi-parcours du projet Sightsavers / Fédération Sénégalaise des Associations de Personnes Handicapées : les partenaires évaluent les avancées et tracent de nouvelles perspectives à Thiès

Thiès, 18 février 2026 — Les acteurs engagés dans la promotion de l’inclusion sociale et des droits des personnes handicapées se sont réunis du 17 au 18 février 2026 au Grand Hôtel de Thiès, dans la région de Thiès, à l’occasion de la revue à mi-parcours du programme conjoint porté par Sightsavers et la Fédération Sénégalaise des Associations de Personnes Handicapées (FSAPH).

Cette rencontre stratégique a rassemblé plusieurs partenaires institutionnels, des organisations de la société civile ainsi que des acteurs communautaires afin d’évaluer les résultats déjà obtenus, d’identifier les défis persistants et de réajuster les orientations pour la seconde phase du projet.

Une étape clé d’évaluation et d’orientation

Présidant la cérémonie d’ouverture, Mme Dary Isseu Gaye, présidente du CF/FSAPH, a salué l’engagement constant des partenaires techniques et financiers en faveur d’une société plus inclusive. Elle a souligné que cette revue constitue « un moment essentiel de redevabilité et de réflexion collective », permettant de mesurer l’impact réel des actions menées sur le terrain.

Selon elle, les initiatives mises en œuvre depuis le lancement du programme ont contribué à renforcer la participation des personnes handicapées aux processus de développement local, notamment à travers des actions de sensibilisation, de formation et de plaidoyer auprès des autorités publiques.

Des avancées notables, mais des défis à relever

Au cours des travaux, les participants ont passé en revue les réalisations enregistrées à mi-parcours : amélioration de l’accès aux services sociaux de base, renforcement des capacités des organisations membres et promotion de l’éducation inclusive ainsi que de l’autonomisation économique des bénéficiaires.

Toutefois, les échanges ont également mis en lumière plusieurs défis, parmi lesquels la nécessité d’un meilleur accompagnement institutionnel, le renforcement du financement des initiatives locales et la poursuite des actions de sensibilisation pour lutter contre les discriminations.

Les partenaires ont insisté sur l’importance d’une coordination accrue entre les acteurs afin d’assurer la durabilité des acquis et une meilleure intégration des personnes handicapées dans les politiques publiques.

Vers une seconde phase axée sur l’impact durable

Au terme des deux journées de travaux, les participants ont formulé des recommandations visant à consolider les acquis du programme. Parmi les priorités retenues figurent l’intensification du plaidoyer pour l’application effective des textes relatifs aux droits des personnes handicapées, ainsi que l’élargissement des interventions à un plus grand nombre de collectivités territoriales.

Cette revue à mi-parcours marque ainsi une étape déterminante dans le partenariat entre Sightsavers et la FSAPH, qui entendent poursuivre leurs efforts pour bâtir une société sénégalaise plus équitable, inclusive et respectueuse des droits de tous.

Touba–Mbacké : cinq hommes placés sous mandat de dépôt dans une affaire sensible liée à la séropositivité

Un nouveau développement est intervenu dans l’affaire du groupe interpellé par la brigade de recherches de Touba, entre la ville sainte de Touba et Mbacké . Selon des informations rapportées par Seneweb, les cinq individus présentés lundi dernier au tribunal de grande instance de Diourbel ont été placés sous mandat de dépôt avant-hier par le juge d’instruction du premier cabinet, Massamba Bathily.

Parmi les mis en cause figurent A. Diop, tailleur domicilié à Touba et présenté comme le principal suspect, ainsi que quatre résidents de Mbacké : M. Lèye, menuisier métallique, K. Ndiaye, également tailleur, B. Diaw, commerçant, et B. S. Gaye. D’après les éléments de l’enquête menée par la gendarmerie, deux d’entre eux seraient porteurs du VIH, une information qui a particulièrement retenu l’attention des enquêteurs dans ce dossier à forte sensibilité sociale et sanitaire.

L’affaire remonte au samedi 7 février 2026. Ce jour-là, la brigade de recherches de Touba avait été alertée après l’interpellation d’un homme séropositif par une structure chargée de veiller à la sacralité de la cité religieuse. L’individu avait toutefois été remis en liberté dans un premier temps. Les soupçons des enquêteurs portent sur le fait qu’il aurait continué à entretenir des relations sexuelles avec plusieurs partenaires alors qu’il était informé de sa séropositivité.

Âgé de 36 ans, A. Diop aurait reconnu lors de son audition avoir des relations avec des partenaires masculins depuis plusieurs années. Il aurait également admis être au courant de son statut sérologique. Selon des sources proches de l’enquête, il aurait communiqué aux gendarmes les identités de plusieurs de ses contacts, ce qui a conduit à l’interpellation des quatre autres suspects établis à Mbacké.

Des perquisitions effectuées aux domiciles des mis en cause ont permis la saisie de préservatifs et de lubrifiants. Ces éléments matériels, versés au dossier, viennent appuyer les investigations en cours, même si la nature exacte des infractions retenues contre les suspects n’a pas encore été officiellement détaillée.

Placés sous mandat de dépôt, les cinq hommes restent désormais à la disposition de la justice dans l’attente de la poursuite de l’instruction. Cette affaire, qui mêle considérations judiciaires, sanitaires et religieuses, suscite de vives réactions dans l’opinion, notamment en raison du contexte particulier de Touba, cité religieuse marquée par des normes sociales strictes.

CAN 2025 : lourdes peines de prison pour 18 supporters sénégalais et un Français à Rabat

La justice marocaine a rendu son verdict ce jeudi 19 février à Rabat dans l’affaire des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 opposant le Maroc au Sénégal. Au terme d’un procès très suivi, 18 supporters sénégalais ainsi qu’un ressortissant français ont été reconnus coupables des faits qui leur étaient reprochés et condamnés à des peines de prison ferme.

Les prévenus avaient été interpellés à la suite des troubles enregistrés en marge de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations , une rencontre particulièrement tendue entre le pays hôte, le Maroc, et le Sénégal . Les incidents, qui avaient éclaté dans et aux abords du stade, avaient entraîné des arrestations immédiates parmi les supporters présents.

Lors de l’audience, le juge a suivi les réquisitions du procureur du Roi, estimant que les éléments du dossier permettaient d’établir la culpabilité des accusés. La partie civile a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’appliquer la loi dans toute sa rigueur, mettant en avant les dommages matériels et les troubles à l’ordre public causés par les débordements.

La défense, représentée par l’avocat des prévenus, a tenté d’obtenir la nullité des poursuites, plaidant des irrégularités de procédure et contestant la matérialité de certains faits. Elle a également sollicité la clémence du tribunal, évoquant le contexte émotionnel d’une finale continentale et le profil de certains jeunes supporters sans antécédents judiciaires. Selon Bacary Cissé, président de la Commission Communication de la Fédération Sénégalaise du Football , la défense a insisté sur la disproportion des peines encourues au regard des faits reprochés.

Après près de trois heures de délibération, le tribunal a rendu une décision jugée sévère par les proches des accusés. Les peines prononcées varient de trois mois à un an de prison ferme, en passant par des condamnations de six mois, en fonction du degré d’implication retenu pour chacun des prévenus. Aucun sursis n’a été mentionné dans le verdict.

L’annonce de la décision a provoqué une vive émotion dans la salle d’audience. Toujours selon Bacary Cissé, l’atmosphère est rapidement devenue lourde et tendue, les condamnés peinant à contenir leur détresse face à la perspective d’une incarcération immédiate. L’un des détenus a été victime d’un malaise et a dû être pris en charge sur place, accentuant la tension palpable dans le tribunal.

À Accra, la CEDEAO renforce sa coordination navale face aux défis sécuritaires du Golfe de Guinée

Les chefs d’état-major des marines de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sont réunis depuis le 18 février à Accra, au Ghana, dans le cadre de leur cinquième réunion ordinaire. Cette rencontre stratégique de trois jours, qui s’achève le 20 février, constitue une étape décisive dans le renforcement de la coopération militaire régionale, particulièrement dans le domaine maritime.

L’ouverture des travaux a été marquée par l’intervention de l’Ambassadeur Abdel-Fatau Musah, Commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité de la Commission de la CEDEAO. S’exprimant au nom du Président de la Commission, le Dr Omar Alieu Touray, il a souligné l’impérieuse nécessité de sécuriser davantage l’espace maritime ouest-africain, devenu un théâtre de menaces multiples et évolutives.

Dans son allocution, l’Ambassadeur Musah a insisté sur l’importance d’une réponse collective face à la recrudescence de la piraterie, du trafic illicite, de la pêche illégale et d’autres formes de criminalité transnationale qui fragilisent la stabilité des États côtiers. Selon lui, la complexité croissante de ces défis impose une coordination accrue entre les marines nationales, mais aussi une harmonisation des cadres juridiques et opérationnels.

Ce sommet vise notamment à harmoniser le statut juridique des militaires déployés dans des missions conjointes, un point crucial pour faciliter les opérations transfrontalières et lever les obstacles administratifs qui freinent l’efficacité des interventions navales. Les discussions portent également sur l’accélération du déploiement de la Force maritime combinée, un dispositif régional destiné à mutualiser les capacités navales et à renforcer la présence dissuasive dans les eaux du Golfe de Guinée.

Pour les États membres, la stabilité du Golfe de Guinée est un enjeu stratégique majeur. Cette zone maritime concentre d’importantes routes commerciales internationales et des ressources énergétiques vitales pour les économies de la région. Toute dégradation sécuritaire dans cet espace a des répercussions directes sur le commerce, l’investissement et la sécurité des populations.

L’accent mis sur la « collaboration continue », selon les termes de l’Ambassadeur Musah, traduit la volonté de la CEDEAO de consolider une architecture de sécurité maritime intégrée. Au-delà des déclarations de principe, cette cinquième réunion ordinaire des chefs d’état-major des marines apparaît comme un moment clé pour transformer les engagements politiques en mécanismes opérationnels concrets.

Accident entre Kartiack et Thiobon : un véhicule « horaire » termine sa course dans les rizières, deux blessés graves

Un accident de la circulation s’est produit ce mardi sur l’axe reliant Kartiack à Thiobon, dans le sud du pays. Selon les premières informations rapportées par Diegoune Infos TV, un véhicule de transport en commun de type « horaire », en provenance de Dakar, a quitté la chaussée avant de finir sa course dans des rizières situées entre les deux localités.

D’après les éléments recueillis sur place, une partie importante des passagers était déjà descendue du véhicule avant l’accident. Cette circonstance aurait permis d’éviter un bilan plus lourd, dans une zone où les routes sont parfois étroites et bordées de bas-côtés instables, notamment en période d’humidité.

Le chauffeur du véhicule ainsi que son apprenti ont été grièvement blessés dans le choc. Rapidement secourus, ils ont été évacués vers une structure sanitaire pour y recevoir des soins appropriés. À ce stade, aucune information officielle n’a filtré sur leur état de santé exact, mais des sources locales évoquent des blessures sérieuses nécessitant une prise en charge médicale urgente.

Les circonstances précises de l’accident demeurent pour l’heure inconnues. Les causes pourraient être liées à une défaillance mécanique, à une perte de contrôle ou à l’état de la chaussée, mais aucune hypothèse n’a encore été confirmée. Une enquête devrait être ouverte afin de déterminer les responsabilités et d’établir les faits avec exactitude.

Les articles L29 et L30, une menace juridique pour la candidature d’Ousmane Sonko ?

Une épée de Damoclès semble aujourd’hui planer sur la candidature d’Ousmane Sonko, leader du parti PASTEF, en perspective des prochaines échéances électorales. Au cœur des interrogations juridiques figurent les articles L29 et L30 du Code électoral, anciennement numérotés L30 et L31, qui définissent les conditions d’éligibilité et les cas d’inéligibilité aux fonctions électives, qu’elles soient présidentielles ou locales.

Ces dispositions légales prévoient notamment que toute personne condamnée définitivement pour certains crimes ou délits peut être frappée d’inéligibilité. Elles ont, par le passé, servi de fondement à l’invalidation de candidatures majeures sur la scène politique nationale. Leur application stricte par les juridictions compétentes a profondément marqué l’histoire électorale récente du Sénégal.

Le précédent le plus marquant reste celui de Khalifa Sall. L’ancien maire de Dakar avait vu sa candidature à l’élection présidentielle invalidée à la suite de sa condamnation dans l’affaire dite de la caisse d’avance de la Ville de Dakar. La justice avait considéré que sa condamnation définitive entraînait automatiquement son inéligibilité, conformément aux dispositions du Code électoral. Cette décision avait suscité de vifs débats dans l’opinion publique et au sein de la classe politique, entre partisans d’une application rigoureuse de la loi et défenseurs d’une interprétation plus souple au nom du pluralisme démocratique.

Un autre cas emblématique est celui de Karim Wade, condamné pour enrichissement illicite dans le cadre de la traque des biens mal acquis. Sa candidature avait également été invalidée sur la base des mêmes dispositions légales. Là encore, la décision avait provoqué une onde de choc politique, certains y voyant une conséquence logique d’une condamnation judiciaire, d’autres dénonçant une instrumentalisation du droit à des fins politiques.

Dans ce contexte, les articles L29 et L30 apparaissent comme des garde-fous juridiques, mais aussi comme des instruments aux implications politiques majeures. Leur portée ne se limite pas à une simple formalité administrative : ils conditionnent l’accès à la compétition électorale et, par conséquent, à l’expression de la souveraineté populaire.

S’agissant d’Ousmane Sonko, toute éventuelle condamnation définitive susceptible d’entraîner une inéligibilité pourrait être invoquée pour contester sa candidature. La question centrale demeure celle de l’interprétation et de l’application concrète de ces dispositions par les juridictions compétentes, notamment le Conseil constitutionnel, garant de la régularité des élections.

Au-delà des cas individuels, le débat autour des articles L29 et L30 soulève une problématique plus large : celle de l’équilibre entre l’exigence de probité des candidats et le respect du droit fondamental de se présenter au suffrage universel. Dans un contexte politique souvent polarisé, chaque décision judiciaire revêt une dimension hautement symbolique et peut influer durablement sur le climat démocratique.

RAMADAN 2026

Direct Aid Society tend la main à 700 familles démunies

À l’occasion du mois béni de Ramadan, l’ONG Direct Aid Society a procédé, ce jeudi, à une distribution de kits alimentaires au profit de plus de 700 familles vulnérables à Dakar. Une initiative qui s’inscrit dans son programme annuel d’assistance sociale.

Mohamed Lemine Hamadi, représentant résident de l’organisation au Sénégal, a expliqué que cette opération vise à soulager les couches les plus démunies durant cette période marquée par un fort élan de solidarité.

« Dans chaque kit, il y a du lait, de l’huile et du sucre. Nous avons essayé de diversifier les ayants droit afin de toucher les couches les plus vulnérables. Nous contactons les quartiers et les communes pour répertorier les personnes dans le besoin et procéder au choix des bénéficiaires », a-t-il indiqué, avant de rappeler que Direct Aid Society intervient au Sénégal depuis 1991 et en Afrique depuis 1981.

Ses actions couvrent plusieurs secteurs, notamment la santé, la prise en charge des orphelins, l’hydraulique et le développement communautaire.

Parmi les bénéficiaires figurent des personnes en situation de handicap. Nar Faye, président départemental des personnes handicapées de Rufisque, a salué un geste « noble » et salutaire.

« Depuis plusieurs années, Direct Aid ne cesse de poser des actes en faveur des personnes en situation de handicap, qui font partie des couches les plus vulnérables sur le plan financier dans ce pays », a-t-il déclaré.

Poursuivant, il a souligné qu’en ce mois de Ramadan, les sollicitations d’ordre social se multiplient.

« Beaucoup de nos membres sont des pères et mères de famille avec des responsabilités. L’employabilité des personnes à mobilité réduite pose problème au Sénégal. Sans travail, il est difficile d’assurer les dépenses quotidiennes, surtout durant le Ramadan. Ce don est arrivé au bon moment et va beaucoup soulager nos membres », a-t-il ajouté.

Présent lors de la cérémonie, Dr Abdoulaye Diakhaté, responsable de la cellule juridique et du partenariat à la Haute Autorité du Waqf et représentant du Directeur général, a également salué une initiative qu’il juge « très noble ».

Selon lui, cette action s’inscrit dans le cadre du programme annuel de Direct Aid visant à permettre aux familles bénéficiaires de vivre dignement le mois de Ramadan. Il a par ailleurs rappelé que la Haute Autorité du Waqf est une autorité administrative indépendante, désormais rattachée à la Primature.

À travers cette opération, Direct Aid Society confirme ainsi son engagement en faveur des populations vulnérables et renforce l’élan de solidarité qui caractérise le mois de Ramadan.

Aly Saleh

Nioro : un homme arrêté après le meurtre atroce d’une fillette, la communauté sous le choc

Un crime d’une rare barbarie a bouleversé la localité de Nioro du Rip . Lamine Sall, un homme d’une trentaine d’années, a été arrêté alors qu’il tentait de fuir après avoir enlevé et tué une fillette qu’il connaissait. Les faits, d’une extrême gravité, se sont déroulés dans la nuit, plongeant la famille de la victime et l’ensemble de la communauté dans l’effroi et l’incompréhension.

Selon des informations concordantes, le suspect était hébergé depuis environ deux semaines par la famille de la victime. Profitant de la confiance qui lui avait été accordée, il aurait enlevé l’enfant en pleine nuit alors qu’elle dormait dans la chambre de ses parents. Ce n’est qu’au petit matin que l’absence de la fillette a été constatée, déclenchant des recherches angoissées dans le voisinage.

D’après les premiers éléments de l’enquête, Lamine Sall aurait conduit l’enfant dans un bâtiment isolé avant de commettre son crime. Le rapport du médecin légiste fait état d’une amputation traumatique de la tête ainsi que d’une profonde plaie thoraco-abdominale médiane. Les enquêteurs indiquent également que le mis en cause aurait tenté d’ouvrir la cage thoracique de la victime, un acte qui alourdit encore davantage l’horreur des faits reprochés.

Alertées, les forces de sécurité ont rapidement lancé un avis de recherche. Le suspect a finalement été interpellé à la gare de Nioro alors qu’il s’apprêtait à prendre la fuite. Placé en garde à vue, il devrait être présenté au parquet dans les prochains jours pour répondre des accusations portées contre lui.

Croissance en berne : Babacar Gaye alerte sur un risque de 600 milliards de francs CFA de moins-values fiscales

L’économiste et consultant Babacar Gaye tire la sonnette d’alarme. Selon lui, le Sénégal pourrait enregistrer en 2026 « entre 560 et 600 milliards de francs CFA de moins-values fiscales », en raison d’un décalage significatif entre les prévisions de croissance du gouvernement et celles du Fonds monétaire international (FMI).

Alors que les autorités sénégalaises tablent sur une croissance de 5 %, l’institution de Bretton Woods, à l’issue d’une mission effectuée à Dakar en novembre 2025, prévoit plutôt une progression de 3 %. Un écart de deux points qui, selon Babacar Gaye, est loin d’être anodin. « Le Fonds monétaire ne parle pas à la légère. Ses équipes ont ausculté une économie dont les fondamentaux hors hydrocarbures inquiètent », souligne-t-il, évoquant des fragilités persistantes dans les secteurs productifs traditionnels.

L’économiste explique que l’impact budgétaire d’un tel différentiel est mécanique. « Chaque point de croissance en moins se traduit par 1,2 point de recettes fiscales en moins. » Ainsi, avec deux points de croissance perdus par rapport aux projections officielles, ce serait 2,4 % du PIB qui risquerait de manquer à l’appel. Converti en valeur absolue, cela représenterait entre 560 et 600 milliards de francs CFA de recettes fiscales potentielles envolées.

Pour Babacar Gaye, l’enjeu dépasse la simple arithmétique budgétaire. Ce montant correspondrait à environ la moitié des ressources attendues dans le cadre du Plan de redressement économique et social (PRES), présenté par le gouvernement comme un levier central pour doper les recettes et restaurer les équilibres macroéconomiques. « C’est davantage que le budget annuel de plusieurs ministères réunis », insiste-t-il, mettant en perspective l’ampleur du choc potentiel.

Surtout, prévient-il, un tel manque à gagner pourrait compromettre la trajectoire de maîtrise du déficit public. Là où les autorités visent un déficit contenu à 5,37 % du PIB, l’écart de recettes induit par une croissance plus faible pourrait faire déraper les comptes au-delà de 7 % du PIB. Une situation qui exposerait davantage le pays à des tensions sur la dette et à un renchérissement du coût de financement sur les marchés.

Face à ce scénario, Babacar Gaye plaide pour une réaction rapide et pragmatique. Il recommande la préparation d’une Loi de finances rectificative (LFI) dès le second trimestre 2026, fondée sur une hypothèse de croissance médiane de 3,5 %. « Mieux vaut ajuster en cours de route que subir un dérapage incontrôlé », estime-t-il, invitant les autorités à privilégier la prudence budgétaire et la transparence dans la gestion des prévisions.

Affaire Adja Sarr : Madiambal Diagne plaide pour une évacuation sanitaire de Ndeye Khady Ndiaye

Suite à l’annonce de la maladie de l’ancienne gérante du salon Sweet Beauté, Ndeye Khady Ndiaye, le journaliste Madiambal Diagne est monté au créneau sur le réseau social X pour alerter l’opinion publique et les autorités. Dans un message largement relayé, l’administrateur du groupe Avenir Communication a préconisé « l’évacuation sanitaire de Ndeye Khady Ndiaye, dans un pays où elle aura les soins les plus appropriés et surtout où elle sera en totale sécurité ».

Cette prise de position intervient dans un contexte sensible, alors que le nom de l’ancienne gérante reste étroitement lié à l’« affaire Adja Sarr », un dossier qui a profondément marqué la scène politique et judiciaire sénégalaise ces dernières années. Selon Madiambal Diagne, l’état de santé de Ndeye Khady Ndiaye suscite une vive inquiétude, d’autant plus qu’elle demeure un témoin clé dans cette affaire.

Pour justifier l’urgence d’une évacuation sanitaire à l’étranger, le journaliste insiste sur le rôle central qu’aurait joué l’ancienne gérante dans le dossier. « Cette dame a joué un rôle central dans l’affaire Adja Sarr et sa voix de vérité ou de mensonge ne devrait pas se taire », a-t-il déclaré, soulignant ainsi l’importance de sa parole dans la manifestation de la vérité. À travers cette formule, Madiambal Diagne met en avant la dimension judiciaire et historique du dossier, estimant que toute atteinte à la santé ou à la sécurité de Ndeye Khady Ndiaye pourrait avoir des répercussions sur la compréhension globale des faits.

L’appel du patron de presse soulève également la question de la protection des acteurs impliqués dans des affaires à forte portée médiatique et politique. En évoquant la nécessité d’un cadre où elle serait « en totale sécurité », il laisse entendre que les enjeux dépassent la seule dimension sanitaire et touchent à la stabilité et à la sérénité du débat public.

Missira Coly raccordé à l’électricité : une nouvelle ère s’ouvre dans le département de Médina Yoro Foula

Le village de Missira Coly, situé dans la commune de Bignarabé, département de Médina Yoro Foula, dans la région de Kolda, est officiellement entré dans l’ère de l’électricité. La mise en service du réseau électrique, intervenue ce mercredi 18 février, a été effectuée par l’Agence Sénégalaise d’Electrification Rural (ASER), en présence des autorités locales, des populations et de son directeur général, Jean Michel Sene.

Longtemps considérée comme une vieille doléance des habitants, l’accès à l’électricité devient désormais une réalité pour cette localité enclavée de la région de Kolda. L’événement a été accueilli avec enthousiasme par les populations, qui voient dans cette avancée un tournant décisif pour leur quotidien. À la veille du mois de Ramadan, cette mise en service revêt une dimension particulière. Les habitants se réjouissent déjà de pouvoir conserver des denrées au frais et produire de la glace localement pour la rupture du jeûne, alors que la boule de glace pouvait coûter plus de 300 francs CFA en raison des difficultés d’approvisionnement.

Prenant la parole, le directeur général de l’ASER a rappelé l’ampleur du défi national en matière d’électrification rurale. Sur les 22 145 localités recensées au Sénégal, environ 13 000 ne sont pas encore électrifiées. Toutefois, il a réaffirmé la détermination de son institution à accélérer le rythme des raccordements afin d’atteindre l’objectif fixé à l’horizon 2029, qui vise un accès universel à l’électricité pour tous les Sénégalais. Il a précisé que la mise en service de Missira Coly s’inscrit dans le cadre du projet ASER-AEPOWER EPC et annoncé que d’autres localités du département de Médina Yoro Foula bénéficieront prochainement de la même dynamique.

Le maire de la commune de Bignarabé, Kaba Diao, a salué cette avancée tout en soulignant que trois villages sont actuellement en chantier. Il a tendu la main à l’ASER afin de renforcer la collaboration et résoudre définitivement la question de l’électricité dans l’ensemble de la commune, dans un souci d’équité territoriale et de justice sociale.

Du côté des femmes, l’émotion était palpable. Hothia Kandé, présidente des femmes du village, a qualifié cette journée de mémorable. Selon elle, l’arrivée de l’électricité permettra non seulement de mieux conserver les produits alimentaires et d’améliorer les conditions de vie domestiques, mais aussi de renforcer le niveau des élèves grâce à un meilleur éclairage et à l’accès à des outils modernes. Elle estime également que cette avancée contribuera à réduire les abandons scolaires et à dynamiser les activités génératrices de revenus des femmes.

Quand l’information perd ses repères

Le paysage médiatique sénégalais traverse une phase de recomposition profonde. L’essor des réseaux sociaux a modifié les modes de production et de circulation de l’information, rendant plus difficiles à distinguer les frontières entre journalisme, création de contenu et influence. Cette évolution n’est pas en soi négative. Elle a permis l’émergence de nouvelles voix, de formats variés et, parfois, de contenus d’une réelle qualité.

Mais cette transformation invite à s’interroger sur les repères du journalisme. Informer ne se limite ni à occuper l’espace médiatique ni à relayer des propos. Le journalisme repose sur une méthode, une formation et une éthique qui encadrent la manière de recueillir, de traiter et de restituer l’information. Vérifier les faits, contextualiser, hiérarchiser, interroger sans orienter et rendre compte sans juger constituent le socle du métier.

L’actualité récente autour de certaines questions sociétales sensibles, notamment celles liées à l’homosexualité, a mis en lumière des fragilités dans le traitement médiatique. Des interviews conduites dans l’urgence, des questions parfois approximatives et des informations insuffisamment vérifiées ont pu nourrir la confusion plutôt que l’éclairage du débat public. Dans ces conditions, la frontière entre information et opinion tend à s’estomper.

Sur des sujets complexes et chargés émotionnellement, le journalisme exige une attention particulière. Le choix des mots, des angles et des interlocuteurs n’est jamais neutre. Informer suppose de créer les conditions d’une compréhension apaisée, même lorsque le sujet divise et suscite des réactions vives.

Les réseaux sociaux ont introduit de nouvelles logiques fondées sur l’instantanéité et la visibilité. Le journalisme s’inscrit dans un autre temps. Il demande du recul, de la rigueur et une certaine retenue. Il ne relève ni de l’improvisation ni de la réaction à chaud, mais d’un travail patient fondé sur l’équilibre et la responsabilité.

À mesure que les rôles se confondent, il devient nécessaire de rappeler ce qui distingue le journalisme des autres formes de production médiatique. Non pour exclure ou disqualifier, mais pour préserver la crédibilité de l’information. Lorsque ces repères s’affaiblissent, c’est la confiance du public qui se fragilise.

Khady Samb
Journaliste et doctorante en anthropologie à ulaval

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