Le Dakarois Quotidien N°688 – 05/03/2026
Le Dakarois Sports N°688 – 05/03/2026
🔴 COUP DUR POUR L’ATHLÉTISME SÉNÉGALAIS : LE MEETING DE DAKAR RAYÉ PAR WORLD ATHLETICS
À l’occasion d’une rupture collective du jeûne organisée au camp pénal de Liberté 6 à Dakar, la Garde des Sceaux et ministre de la Justice du Sénégal, Yacine Fall, a livré un message fort sur le sens et la finalité de la peine privative de liberté. Devant des détenus réunis pour ce moment de partage, elle a insisté sur la nécessité d’une justice à la fois ferme, équitable et profondément humaine.
Selon la note de son service de communication, la ministre a rappelé que « la privation de liberté ne doit jamais signifier la perte de dignité ». Si la sanction demeure une composante essentielle de l’ordre judiciaire, elle ne saurait, selon elle, se réduire à une logique punitive. La justice, a-t-elle souligné, doit également accompagner, réparer et ouvrir des perspectives réelles de réinsertion aux personnes condamnées.
Ce moment de rupture du jeûne s’inscrit, d’après la chancellerie, dans une volonté des pouvoirs publics de maintenir un dialogue constant avec les personnes en détention. Il s’agit, selon la ministre, de réaffirmer l’engagement de l’État en faveur d’un système pénitentiaire respectueux des droits humains, tout en garantissant la sécurité publique. La présence de la Garde des Sceaux au sein de l’établissement pénitentiaire vise également à envoyer un signal d’écoute dans un contexte carcéral particulièrement tendu.
En effet, les prisons sénégalaises font face à une situation de surpopulation préoccupante. D’après les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les établissements pénitentiaires disposaient en 2023 d’une capacité théorique de 4 833 places pour près de 13 000 détenus, soit un taux d’occupation avoisinant 267 %, largement supérieur aux standards admis. Certaines régions, comme Kédougou, ont enregistré des taux particulièrement élevés, atteignant jusqu’à 501 %, illustrant une pression extrême sur les infrastructures existantes.
À cette surpopulation s’ajoute un déficit notable en personnel pénitentiaire. Les chiffres disponibles évoquent un ratio d’un surveillant pour onze détenus, alors que les normes internationales recommandent un encadrement beaucoup plus rapproché, souvent estimé à un agent pour deux détenus. Cette situation complique non seulement la gestion quotidienne des établissements, mais limite également la mise en œuvre effective de programmes de formation, d’accompagnement psychologique et de préparation à la réinsertion.
Dans ce contexte, les propos de la ministre prennent une dimension particulière. Plaider pour une justice qui « accompagne » suppose de renforcer les mécanismes alternatifs à l’incarcération pour certaines infractions, d’accélérer le traitement des dossiers judiciaires afin de réduire la détention préventive et d’investir dans des dispositifs de réinsertion professionnelle.
La déclaration de Yacine Fall ouvre ainsi un débat plus large sur la réforme du système pénitentiaire sénégalais. Entre impératif de sécurité, respect de la dignité humaine et nécessité de lutter contre la récidive, l’équilibre reste délicat. Mais le message porté lors de cette visite rappelle que la prison, au-delà de la sanction, doit aussi être un espace de reconstruction et de préparation au retour dans la société.
C’est depuis le Centre de contrôle technique des véhicules automatiques (CCTVA) de Dakar que le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, a officiellement donné le coup d’envoi, ce lundi 3 mars, de l’opération nationale de rappel des minicars de 12 à 19 places. Une décision forte qui intervient dans un contexte marqué par une recrudescence inquiétante des accidents de la circulation impliquant ces véhicules de transport en commun, souvent à l’origine de drames humains sur les routes sénégalaises.
Face à ce constat alarmant, le gouvernement a choisi d’agir avec fermeté. Validée en Conseil des ministres, l’initiative a été personnellement présentée par le ministre au président de la République ainsi qu’au Premier ministre, traduisant le caractère prioritaire et stratégique du dossier. Elle a également été exposée à l’Assemblée nationale, à la suite de l’interpellation de plusieurs députés préoccupés par la multiplication des accidents mortels.
Pour Yankhoba Diémé, il s’agit d’un véritable enjeu de sécurité nationale. Il a insisté sur le fait que cette opération dépasse le cadre d’une simple mesure administrative. Elle constitue, selon lui, une réponse directe à une urgence humaine. Le ministre a rappelé avec gravité que les premières victimes de ces accidents sont bien souvent les chauffeurs eux-mêmes, exposés quotidiennement aux risques liés à l’état parfois défectueux de leurs véhicules.
L’opération de rappel vise à soumettre l’ensemble des minicars concernés à une visite technique approfondie. Tous devront se présenter dans les centres agréés afin de faire l’objet d’un contrôle rigoureux destiné à vérifier leur conformité aux normes de sécurité en vigueur. Deux sites stratégiques ont été mobilisés pour mener à bien cette mission : le CCTVA de Dakar et le centre de Diamniadio, situés sur des axes majeurs empruntés par la grande majorité de ces véhicules.
Afin de répondre à l’ampleur de la tâche, les capacités de contrôle ont été significativement renforcées. À Dakar, plus de 1 600 véhicules peuvent désormais être traités chaque jour, grâce notamment à deux lignes exclusivement dédiées aux minicars. Du côté de Diamniadio, les premiers retours sont jugés encourageants par les autorités, qui saluent la mobilisation des transporteurs et l’organisation mise en place. Le ministre a d’ailleurs annoncé qu’il se rendrait sur place pour constater de visu l’évolution des opérations.
Les transporteurs disposent d’un délai ferme de deux mois pour se conformer à cette obligation, soit du 3 mars au 2 mai à minuit. Passé ce délai, toute circulation d’un véhicule non contrôlé ou non conforme sera considérée comme une infraction. Yankhoba Diémé a tenu à rassurer la profession sur l’aspect financier de la mesure, précisant que ce rappel n’engendre aucun coût supplémentaire anormal, les minicars étant déjà soumis à une visite technique obligatoire tous les six mois, quel que soit leur âge.
Pour garantir l’application stricte de la décision sur l’ensemble du territoire, une note officielle a été adressée à tous les gouverneurs du pays. Le ministre a affiché une détermination sans ambiguïté, affirmant qu’il ne reculera pas dans la mise en œuvre de cette réforme, qu’il dit appliquer sur instruction expresse du Premier ministre.
À l’issue du contrôle, les véhicules jugés conformes se verront apposer des signes distinctifs visibles, notamment un hologramme et une mention spécifique sur la carte grise. Ces éléments permettront aux forces de défense et de sécurité d’identifier rapidement les minicars en règle lors des contrôles routiers, évitant ainsi des immobilisations inutiles et des pertes de temps pour les chauffeurs respectueux des normes.
En revanche, les véhicules présentant des anomalies techniques devront impérativement procéder aux réparations nécessaires avant de pouvoir reprendre la route. Quant aux transporteurs récalcitrants qui refuseraient de se soumettre à l’opération, des mesures coercitives ont été arrêtées en coordination avec le ministère de l’Intérieur et celui des Forces armées. Aucune dérogation ne sera tolérée, ont martelé les autorités.
La tension monte d’un cran dans le secteur de l’éducation au Sénégal. Ce mardi 3 mars 2026, l’Intersyndicale des enseignants a organisé des sit-in devant les inspections d’académie, notamment à Mbacké et Kaffrine, pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « ponctions sauvages » opérées sur les salaires du mois. Le mouvement, largement suivi selon les responsables syndicaux, marque une nouvelle étape dans un bras de fer qui oppose depuis plusieurs semaines les syndicats au gouvernement.
Au cœur de la contestation figurent des prélèvements financiers jugés injustifiés, dont les montants varieraient entre 60 000 et plus de 200 000 francs CFA selon les cas. Les syndicats, parmi lesquels le G7 et le Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire du Sénégal (SAEMS), parlent d’un « vol organisé » et dénoncent une « surimposition sauvage » appliquée aux rappels liés à l’intégration et à l’avancement des enseignants.
Les représentants syndicaux affirment que ces retenues ont été effectuées sans explication préalable claire et sans concertation avec les partenaires sociaux. Ils soutiennent que certains enseignants en congé de maternité ou en arrêt maladie, qui n’auraient pas participé aux mouvements de grève, ont malgré tout subi des prélèvements. Cette situation est jugée particulièrement choquante par les syndicats, qui y voient une application aveugle et injuste de sanctions financières.
Au-delà des retenues salariales, les syndicats évoquent d’autres dysfonctionnements structurels. Ils pointent la situation des « décisionnaires », ces enseignants dont la carrière administrative n’aurait pas été régularisée à temps, entraînant des conséquences sur leurs droits à la retraite. Ils dénoncent également le non-respect du protocole d’accord signé en 2022, qui devait, selon eux, stabiliser les relations entre l’État et le corps enseignant.
Face à ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave aux droits des travailleurs, les responsables syndicaux ont annoncé leur intention de saisir l’Organisation internationale du Travail afin de dénoncer ces pratiques. Une telle démarche viserait à internationaliser le conflit et à exercer une pression supplémentaire sur les autorités nationales.
Les syndicats critiquent par ailleurs les récentes déclarations du Premier ministre, estimant qu’elles tendent à « diaboliser » les enseignants en évoquant de prétendues « questions nouvelles » pour justifier la situation actuelle. Selon l’Intersyndicale, ces discours masqueraient une iniquité salariale persistante et une gestion administrative jugée défaillante.
Le cinquième plan d’action est en cours et doit se poursuivre jusqu’à vendredi avec une grève générale. Mais les syndicats annoncent déjà un sixième plan pour la semaine suivante, comprenant des journées dites « écoles mortes » et le dépôt d’une plainte collective afin d’obtenir le remboursement intégral des sommes prélevées.
Dans un contexte déjà marqué par des perturbations répétées du calendrier scolaire, cette radicalisation du mouvement laisse présager de nouvelles semaines de tensions dans le système éducatif. L’issue du conflit dépendra désormais de la capacité des deux parties à renouer le dialogue et à trouver un compromis sur la question sensible des rémunérations et du respect des engagements antérieurs.
Alors que l’Assemblée nationale du Sénégal examine ce mardi 3 mars le projet de loi portant création du Conseil national de régulation des médias, la contestation s’organise dans les rangs des professionnels de la presse. Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), qui regroupe les principales entreprises privées du secteur, a publié un communiqué particulièrement critique à l’égard du futur organe de régulation.
Le texte gouvernemental vise à instituer le Conseil national de régulation des médias (CNRM), appelé à remplacer l’actuel Conseil national de régulation de l’audiovisuel et à étendre son champ d’action à l’ensemble de l’écosystème médiatique, y compris la presse en ligne et les contenus numériques. Pour les autorités, cette réforme répond à la nécessité d’adapter le cadre légal aux mutations technologiques et aux défis posés par la désinformation et les plateformes numériques.
Mais pour le CDEPS, les prérogatives prévues par le projet de loi dépassent largement le cadre d’une régulation équilibrée. Son président, Mamadou Ibra Kane, évoque « une menace directe sur l’indépendance des médias, leur viabilité économique et, au-delà, sur l’équilibre démocratique ». L’organisation estime que certaines dispositions ouvrent la voie à des mesures administratives lourdes pouvant affecter profondément le fonctionnement des entreprises de presse.
Le communiqué pointe notamment la possibilité de fermeture administrative d’organes de presse, de suspension immédiate de médias, de blocage de contenus ou encore de coupure d’accès à des plateformes numériques. L’exécution instantanée des décisions du futur CNRM suscite également de vives inquiétudes. Pour le CDEPS, ces mécanismes pourraient fragiliser la liberté d’informer et créer un climat d’incertitude juridique pour les acteurs du secteur.
Au-delà du contenu même du texte, les professionnels dénoncent un déficit de concertation. Ils regrettent l’absence, selon eux, d’un cadre formel de discussion sur la version finale du projet de loi et le manque de partage préalable du document avant son examen parlementaire. Cette méthode alimente le sentiment d’exclusion des principaux concernés d’un processus qui touche directement à l’exercice de leur activité.
L’examen du projet intervient dans un contexte juridique sensible. Par un arrêt rendu le 11 décembre 2025, la Cour suprême du Sénégal avait rappelé que la création d’un organe de presse n’est soumise à aucune autorisation préalable et que l’activité de presse constitue une liberté fondamentale. Cette décision faisait suite à une série de mesures gouvernementales jugées contraignantes par certains acteurs du secteur.
Dans ce climat, le débat autour du CNRM dépasse la simple question technique de la régulation. Il touche aux équilibres institutionnels entre régulation administrative et protection constitutionnelle des libertés publiques. Tandis que le gouvernement défend un cadre destiné à responsabiliser l’espace médiatique face aux dérives numériques, les entreprises de presse redoutent un dispositif susceptible d’entraver leur autonomie éditoriale et leur stabilité économique.
Le Sénégal engage une transformation majeure de son dispositif de régulation médiatique. Ce mardi 3 mars 2026, devant l’Assemblée nationale du Sénégal, le ministre de la Communication Alioune Sall a défendu un projet de loi instituant le Conseil National de Régulation des Médias, appelé à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel.
Ce changement marque un tournant structurel. Jusqu’ici centré sur la régulation du secteur audiovisuel classique, le cadre légal s’élargit désormais à l’ensemble de l’écosystème informationnel. Le futur Conseil National de Régulation des Médias, ou CNRM, aura compétence sur la presse en ligne, les plateformes numériques, les réseaux sociaux, les créateurs de contenus et même les médias étrangers accessibles sur le territoire sénégalais. La réforme traduit la volonté des autorités d’adapter la régulation aux mutations profondes du paysage médiatique, dominé par la circulation instantanée de l’information et l’essor de l’intelligence artificielle.
Selon le ministre, cette évolution répond à une nécessité devenue urgente. Les phénomènes de désinformation, de manipulation algorithmique et de diffusion de contenus générés par intelligence artificielle, notamment les deep fakes, représentent de nouveaux défis pour la cohésion sociale et la stabilité institutionnelle. Le CNRM sera doté d’outils technologiques avancés pour identifier les campagnes coordonnées de désinformation, détecter les contenus falsifiés et exiger le retrait rapide de publications jugées illicites.
Le texte prévoit également que l’autorité de régulation puisse adresser des injonctions aux grandes plateformes numériques, y compris celles dont le siège est établi hors du Sénégal, dès lors que leurs contenus sont accessibles au public sénégalais. Les sanctions annoncées se veulent graduées et proportionnées, allant de mises en demeure à des sanctions financières, tout en laissant ouvertes des voies de recours devant les juridictions compétentes afin de garantir les droits de la défense et le respect du contradictoire.
La réforme s’inscrit dans un contexte de préoccupations croissantes concernant la protection des mineurs et la préservation de l’ordre public numérique. Le gouvernement évoque la nécessité de faire face à ce qu’il qualifie de « liberté de nuire », en distinguant la liberté d’expression, protégée par la Constitution, des pratiques de diffusion de fausses informations susceptibles de porter atteinte à la réputation, à la sécurité ou à la paix sociale.
Pour prévenir toute suspicion d’instrumentalisation politique, le projet de loi met l’accent sur l’indépendance institutionnelle du CNRM. Les membres de l’organe seront désignés à l’issue d’un appel à candidatures et nommés pour un mandat de trois ans, renouvelable une seule fois. Ils devront prêter serment et exercer leurs fonctions en toute impartialité. Le ministre a insisté sur le fait que le nouvel organe ne constitue ni un instrument de censure ni une loi dirigée contre les plateformes numériques, mais un cadre destiné à responsabiliser l’ensemble des acteurs de l’espace public digital.
Ce basculement réglementaire place le Sénégal parmi les pays africains cherchant à anticiper les enjeux de la régulation de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux. Reste désormais à savoir comment le futur CNRM appliquera concrètement ses prérogatives et comment l’équilibre sera maintenu entre la lutte contre les dérives numériques et la protection des libertés fondamentales.
À l’approche de la fin du mandat d’António Guterres, prévue le 31 décembre 2026, la succession à la tête de l’Organisation des Nations Unies s’annonce particulièrement disputée. Deux figures dominent déjà les projections diplomatiques : l’ancien président sénégalais Macky Sall et l’ancienne cheffe d’État chilienne Michelle Bachelet.
Derrière cette compétition se dessine un affrontement de styles, de réseaux et de stratégies continentales. Michelle Bachelet incarne une tradition multilatérale marquée par son expérience à la tête du Chili et son passage dans les instances internationales. Son profil est associé à la défense des droits humains et à une approche institutionnelle fondée sur le consensus. Macky Sall, quant à lui, mise sur une image de pragmatisme politique, de médiateur et de dirigeant issu d’un continent qui revendique une place accrue dans la gouvernance mondiale.
La candidature de Macky Sall, officiellement déposée le 2 mars 2026 par le Burundi, constitue un tournant stratégique. Ce parrainage, porté par un État africain, permet de contourner les hésitations internes à Dakar tout en inscrivant la candidature dans une logique continentale. Selon plusieurs sources diplomatiques, l’ancien président sénégalais aurait engagé depuis plusieurs mois une campagne discrète auprès de membres influents du Conseil de sécurité. L’enjeu central reste l’obtention d’un soutien déterminant parmi les cinq membres permanents, dont l’aval est indispensable pour toute nomination.
L’un des principaux arguments avancés par ses partisans repose sur son expérience à la tête de l’Union africaine en 2022–2023. Durant cette période, Macky Sall s’était illustré par des démarches diplomatiques de haut niveau, notamment dans le contexte du conflit russo-ukrainien, en multipliant les contacts avec Moscou et Kiev. Cette capacité à dialoguer avec des puissances aux intérêts divergents est présentée comme un atout majeur pour diriger une organisation souvent paralysée par les rivalités géopolitiques.
Au-delà de son profil personnel, l’argument démographique et politique du continent africain pèse dans l’équation. Avec 54 États membres, l’Afrique constitue le plus grand bloc régional au sein de l’Assemblée générale. Pour de nombreux dirigeants africains, l’accession d’un ressortissant du continent au poste de Secrétaire général représenterait un rééquilibrage symbolique et politique d’un système historiquement dominé par l’Europe et d’autres régions du monde.
Face à cette dynamique, Michelle Bachelet dispose d’arguments solides. L’Amérique latine n’a plus occupé le poste depuis 1991, ce qui alimente l’argument de la rotation régionale. Par ailleurs, la question du genre constitue un levier important dans le débat international. En plus de huit décennies d’existence, l’ONU n’a jamais été dirigée par une femme, et plusieurs organisations militent pour que cette réalité change. La candidature de Bachelet s’inscrit ainsi dans une double revendication : représentation régionale et leadership féminin.
Cependant, la fragmentation potentielle du vote latino-américain pourrait constituer un défi pour elle. Contrairement au bloc africain, souvent capable de s’accorder sur des positions communes, l’Amérique latine présente une diversité d’orientations diplomatiques qui pourrait compliquer l’unité derrière une seule candidature.
Ce duel prend également une dimension politique à Dakar. Le fait que l’État sénégalais n’ait pas officiellement porté la candidature de son ancien président soulève des interrogations sur les calculs internes et les équilibres diplomatiques régionaux. Néanmoins, la dynamique engagée semble désormais dépasser les considérations nationales pour s’inscrire dans une stratégie continentale plus large.
La décision finale reviendra au Conseil de sécurité, dont la recommandation sera soumise à l’Assemblée générale. Si Michelle Bachelet bénéficie pour l’heure d’une visibilité médiatique importante et d’un discours centré sur les droits humains et l’égalité, Macky Sall paraît s’appuyer sur un réseau diplomatique dense, un soutien africain structuré et une stratégie tournée vers les équilibres de puissance.
La Cour d’appel de Versailles a rendu sa décision concernant la demande d’extradition introduite par l’État du Sénégal à l’encontre du journaliste et homme d’affaires Madiambal Diagne. Les magistrats ont émis un avis partiellement favorable, une issue que l’intéressé qualifie lui-même de « demi-victoire » et qu’il estime inédite dans la pratique judiciaire en matière d’extradition.
À la sortie de l’audience, Madiambal Diagne s’est exprimé avec prudence mais sérénité. Selon lui, la décision de la juridiction française tranche de manière inhabituelle avec les schémas classiques observés dans ce type de procédure. « C’est quelque chose que je peux considérer, plus ou moins, comme inédit. Parce qu’une demande d’extradition, on y satisfait ou on n’y satisfait pas. Mais dire que nous coupons la poire en deux, en disant qu’on est partiellement pour un avis favorable, ça pose un problème, peut-être de droit ou de pratique judiciaire », a-t-il déclaré, soulignant que ses avocats entendent examiner les voies de recours possibles.
Dans les procédures d’extradition, la juridiction saisie ne statue pas sur la culpabilité de la personne concernée, mais vérifie la conformité de la demande avec les règles de droit interne et les engagements internationaux, notamment en matière de respect des droits fondamentaux. L’avis rendu par la cour d’appel constitue une étape déterminante, mais il ne met pas nécessairement un terme au processus, puisqu’un pourvoi en cassation peut être formé pour contester la légalité ou l’interprétation juridique de la décision.
C’est précisément cette voie que l’équipe de défense de Madiambal Diagne envisage d’emprunter. Pour ses conseils, le caractère partiellement favorable de l’avis soulève des interrogations juridiques importantes. Une extradition « partielle » signifie en général que certains faits retenus dans la demande sont jugés recevables au regard du droit applicable, tandis que d’autres ne remplissent pas les conditions requises. Cette approche, bien que prévue par les textes dans certaines hypothèses, reste relativement rare et peut donner lieu à des débats techniques sur son fondement et sa portée.
En se déclarant confiant, Madiambal Diagne considère néanmoins que cette décision constitue un premier signal positif. Le rejet implicite d’une partie des griefs formulés par les autorités sénégalaises est perçu par lui comme une reconnaissance partielle des arguments développés par sa défense. Il insiste toutefois sur la nécessité d’obtenir une clarification définitive à travers un éventuel recours en cassation, afin de sécuriser juridiquement sa situation.
Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière la complexité croissante des mécanismes de coopération judiciaire internationale. Entre respect de la souveraineté des États demandeurs et protection des droits fondamentaux des personnes visées, les juridictions sont souvent amenées à opérer des arbitrages délicats. La décision rendue à Versailles illustre ces équilibres subtils et pourrait, selon certains observateurs, nourrir la réflexion doctrinale sur l’évolution de la pratique en matière d’extradition.
Je lève ma voix pour défendre la dignité du débat public, le respect des bâtisseurs, l’attention due aux investisseurs et l’honneur de la représentation nationale. Disons le haut et fort, quand la parole publique abdique, il y a une faute morale, une indignité républicaine et donc devoir de sursaut
Il est des moments où le silence deviendrait une complicité. Il est des paroles qui, parce qu’elles sont prononcées dans l’enceinte même de la représentation nationale, engagent bien au-delà de leurs auteurs et appellent une condamnation morale ferme, nette et sans équivoque.
Ce qui s’est produit à l’Assemblée nationale ne relève ni du débat démocratique, ni de la vivacité parlementaire, ni même d’un excès de langage malheureux. Il s’agit tout simplement d’un manquement grave à l’éthique publique, d’une déchéance morale incompatible avec la dignité du mandat parlementaire. Lorsqu’un élu, incapable de répondre à une collègue sur le terrain des idées, choisit sciemment d’attaquer son père, il ne commet pas une maladresse : il franchit une frontière morale que nul représentant du peuple n’a le droit d’ignorer. Je refuse de l’ignorer donc j’élève ma voix.
Aucune divergence politique, aucune tension idéologique, aucune posture militante ne saurait justifier l’instrumentalisation de la filiation, l’atteinte à l’honneur familial ou l’humiliation personnelle. Un tel comportement constitue une rupture avec les fondements mêmes de la République, fondements qui exigent retenue, respect et sens aigu de la responsabilité — a fortiori dans un lieu censé incarner l’exemplarité.
Le dossier de Ndingler, agité de manière obsessionnelle par certains, ne peut servir d’alibi à cet effondrement moral. Les faits sont connus, établis et vérifiables. Une terre attribuée au terme d’un processus administratif, mise en valeur par un investisseur sénégalais, transformée en un pôle de production exemplaire au service de l’autosuffisance alimentaire. Voilà la réalité, loin du vacarme.
Cet investisseur est Babacar Ngom, fondateur de Sedima, figure majeure du secteur privé national et référence sous-régionale. Je ne défends pas une personne pour le plaisir de la défendre. Je campe un principe d’autant plus que je ne connais pas personnellement Babacar Ngom et je ne crois pas l’avoir déjà rencontré. Mais je sais ce que son parcours représente : le travail contre la démagogie, la production contre l’agitation, la durée contre l’improvisation.
Babacar Ngom est un homme qui a choisi le labeur, l’investissement et la dignité. Il a investi dans le pays et pour le pays, dans plusieurs secteurs stratégiques. Son engagement agricole n’est ni une aventure opportuniste ni un calcul politicien : il procède d’une vision, d’un patriotisme économique assumé
Et à son sujet, Il faut ici rappeler un fait humainement lourd, que toute conscience honnête devrait méditer. Accablé par la répétition des attaques, Babacar Ngom avait pris la décision douloureuse d’arrêter ses activités et d’aller jusqu’à restituer les terres que les autorités lui avait régulièrement octroyées.
Voilà jusqu’où peut conduire l’irresponsabilité verbale : non à l’échec économique, mais à l’usure morale d’un bâtisseur national.
Et pendant que ce député de la majorité s’adonne à l’invective, la République, elle, a parlé avec gravité. En effet, le samedi 27 décembre 2025, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a élevé Babacar Ngom à la dignité de Grand-Croix de l’Ordre national du Lion, la plus haute distinction honorifique du Sénégal.
Par cet acte solennel, la Nation a salué une trajectoire et rendu hommage à un homme dont l’engagement au service du pays est reconnu au sommet de l’État. Dès lors, la faute morale commise par ce député n’en est que plus criante.
Il pouvait répondre politiquement à sa collègue Anta Babacar Ngom, il pouvait le faire fermement, sans concession mais il n’avait aucun droit moral d’insulter son père, encore moins un père que la République venait d’honorer. Cette dérive n’est pas un égarement éthique, c’est beaucoup plus. Quand on insulte Babacar Ngom, on insulte un père mais on insulte aussi le secteur privé national.
A ce député égaré, il faut redire avec force que le secteur privé national est une colonne vertébrale de la souveraineté économique. Il mérite protection, écoute et considération. Ceux qui siègent à l’Assemblée nationale auraient dû en être les défenseurs naturels, s’ils avaient pleinement compris et surtout incarné la mystique de leur mission au service de la Nation.
Je veux ici assumer une parole personnelle.
Je passe une part importante de mon temps hors du pays, non par désinvolture, mais pour maintenir à flot des entreprises sénégalaises frappées par une crise sans précédent, dans un contexte d’adversité parfois ouverte et flagrante. On m’accuse d’absentéisme sur les bancs de l’Assemblée. Mais pense-t-on un seul instant à mes lourdes responsabilités d’investisseur dans l’obligation de préserver un outil de travail, de payer des salaires, de garantir l’avenir de milliers d’employés au Sénégal et à l’étranger, eux aussi responsables du quotidien de milliers de familles durement éprouvées par la crise ?
À ces attaques, je n’ai jamais répondu par la parole blessante.
Je n’y répondrai jamais autrement que par l’action, par la sauvegarde de la dignité de mes entreprises, de mes employés et de tous ceux et celles qui dépendent d’eux. C’est cela, la responsabilité. C’est cela, le patriotisme réel.
Pour ma part, je me suis toujours battu pour l’émergence d’un secteur privé national fort, structuré et uni. Aujourd’hui, face aux attaques répétées, aux incompréhensions et à ce climat délétère de crise, je lance un appel solennel pour la mise en place d’un cadre unitaire du secteur privé national : un espace de cohésion, de solidarité et de responsabilité collective, capable de renforcer notre voix, de protéger nos entreprises et de nous rendre à la hauteur de notre mission historique.
Les crises, dit-on, révèlent les faiblesses. Si elles ne montrent pas d’elles-mêmes le chemin de l’urgence, montrons que nous ne sommes pas de ceux qui détournent le regard. Unissons nos forces dispersées, élevons notre parole, consolidons notre action. Car la souveraineté ne se proclame pas : elle se construit, ensemble, dans la durée, par le travail et par la dignité.
Ce qui s’est produit doit être condamné sans réserve, non pour humilier, mais pour rappeler les bornes, restaurer la dignité du débat public et préserver l’honneur de la République.
Abdoulaye Sylla
Investisseur
Député à l’Assemblée nationale
Une invitation présidentielle qui suscite la controverse. Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a convié les députés du parti Pastef Les Patriotes à un « Ndogou » prévu ce vendredi 27 février 2026 au Palais de la République. Présentée comme une rencontre conviviale dans le cadre du mois de Ramadan, l’initiative ne fait cependant pas l’unanimité au sein du groupe parlementaire.
Dès l’annonce de l’événement, plusieurs députés ont publiquement décliné l’invitation, principalement à travers des publications sur les réseaux sociaux. Sur les 130 députés que compte l’Assemblée nationale du Sénégal, près d’une dizaine ont exprimé leur refus de prendre part à la rupture collective du jeûne organisée par le président de la République. Cette prise de position publique, inhabituelle dans ce type de circonstances, a rapidement alimenté les débats au sein de l’opinion.
Le député Cheikh Bara Ndiaye a été l’un des premiers à réagir, publiant sur sa page Facebook un message énigmatique : « Ndogou mystique gaay ame fofou ». Dans son sillage, d’autres parlementaires ont également fait connaître leur décision de ne pas se rendre au Palais. Parmi eux figurent notamment Fatou Cissé Goudiaby, Ramatoulaye Ndom, Cheikh Omar Bamba Diop, Seynabou Yacine Sambe, Mayabé Mbaye, Alla Kane, Ousmane Diop, Awa Sonko, Awa Seck et Fama Bachir Ba. Ces refus, exprimés de manière individuelle, traduisent des sensibilités divergentes au sein même de la majorité parlementaire.
Si aucune déclaration officielle détaillant les motivations de ces boycotts n’a été publiée collectivement, certains observateurs y voient l’expression de désaccords internes ou d’un malaise politique latent. D’autres estiment qu’il pourrait s’agir d’un geste symbolique visant à marquer une prise de distance par rapport à certaines orientations ou pratiques politiques.
Du côté de la direction du groupe parlementaire, le président Ayib Daffé a indiqué que la rencontre avait été validée par le Premier ministre Ousmane Sonko, soulignant ainsi le caractère institutionnel et officiel de l’initiative. Cette précision vise à dissiper toute interprétation d’un événement informel ou partisan, en le replaçant dans le cadre des relations normales entre l’exécutif et sa majorité parlementaire.
Le « Ndogou » présidentiel, traditionnellement perçu comme un moment de communion et de convivialité en période de Ramadan, prend ainsi une dimension politique inattendue. Entre cohésion de la majorité, liberté d’expression des élus et gestion des équilibres internes, cet épisode révèle les dynamiques complexes qui traversent la scène politique sénégalaise, même lors d’événements à vocation symbolique et religieuse.
La mise en accusation de Moussa Bocar Thiam devant la Haute Cour de justice du Sénégal continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique. Au lendemain du vote de la résolution par l’Assemblée nationale du Sénégal, le député Djimo Souaré, membre de l’Alliance pour la République (APR, opposition) et vice-président du groupe parlementaire Takku-Wallu, a vivement critiqué la procédure engagée contre l’ancien ministre de la Communication et des Télécommunications.
Selon lui, l’Assemblée nationale se serait « transformée en tribunal politique au service de l’exécutif », remettant en cause l’impartialité de l’institution parlementaire dans ce dossier. Djimo Souaré estime que la démarche adoptée ne repose sur aucune base légale solide et dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique de la procédure de mise en accusation. À ses yeux, le Parlement aurait outrepassé ses prérogatives en examinant une demande de l’exécutif sans fondement réglementaire clair.
Dans son argumentaire, le député soutient que les dispositions encadrant la procédure de mise en accusation devant la Haute Cour de justice ne figureraient pas explicitement dans le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Il invoque à cet effet l’article 62 de la Constitution, qu’il interprète comme exigeant que tous les actes pris par l’Assemblée soient strictement circonscrits par son règlement intérieur. Toute initiative parlementaire engagée en dehors de ce cadre serait, selon lui, « nulle et non avenue ». Pour Djimo Souaré, cette lacune juridique entacherait la validité de la résolution adoptée le 27 février 2026.
Le député de l’APR affirme par ailleurs qu’aucun rapport émanant des corps de contrôle de l’État ne mettrait en cause la gestion de Moussa Bocar Thiam. Il cite notamment l’absence de conclusions défavorables provenant de la Cour des Comptes, de la CENTIF ou encore de l’Inspection générale des finances (IGF). En l’absence de tels éléments, il considère que les poursuites enclenchées relèvent davantage d’une décision politique que d’un processus fondé sur des constats techniques ou financiers établis par les organes compétents.
L’affaire trouve son origine dans le dossier de l’aménagement du Parc des technologies numériques, rebaptisé « Sénégal Connect Park », un projet structurant lancé sous l’ancien régime de Macky Sall. Ce programme avait déjà conduit à l’incarcération de plusieurs cadres du ministère de la Communication et des Télécommunications. Toutefois, les soutiens de l’ancien ministre estiment que sa responsabilité personnelle n’a pas été juridiquement établie à ce stade.
Cette nouvelle sortie de Djimo Souaré illustre la polarisation croissante autour de cette procédure inédite. Entre la volonté affichée de la majorité de faire toute la lumière sur la gestion passée et les accusations d’acharnement politique formulées par l’opposition, le dossier Moussa Bocar Thiam s’impose désormais comme un test majeur pour les institutions sénégalaises et pour l’équilibre entre responsabilité politique et respect des garanties constitutionnelles.
L’ancien ministre de la Communication, Moussa Bocar Thiam, a réagi publiquement à la suite du vote de l’Assemblée nationale du Sénégal adoptant la résolution portant sa mise en accusation devant la Haute Cour de justice du Sénégal. Dans une publication diffusée sur Facebook, il affirme « prendre acte » de cette décision qu’il qualifie néanmoins d’« illégale » et contraire à la Constitution.
Le vote intervenu le vendredi 27 février marque une étape déterminante dans la procédure engagée contre l’ancien membre du gouvernement de Macky Sall. La majorité parlementaire a validé son renvoi devant la juridiction compétente pour juger les ministres pour des faits présumés commis dans l’exercice de leurs fonctions. Pour Me Thiam, cette mise en accusation constitue une « violation flagrante de la Constitution », position qu’il maintient depuis le début de la procédure.
Malgré ses contestations, l’ancien ministre annonce son retour imminent au Sénégal. Il indique qu’il prendra « immédiatement des congés professionnels » au sein de son cabinet basé dans le Golfe afin de venir se mettre « à la disposition de la justice ». Il insiste sur son statut de « bon républicain », affirmant vouloir faire face aux accusations dans le respect des institutions, tout en dénonçant une manœuvre politique à son encontre.
Dans sa déclaration, Me Moussa Bocar Thiam évoque ce qu’il considère comme une « cabale politique » initiée par le Premier ministre Ousmane Sonko et son entourage. Selon lui, cette procédure viserait à affaiblir l’opposition à travers des actions judiciaires qu’il estime motivées par des considérations politiques. Il soutient que son retour au pays lui permettra de « démonter » les accusations et de défendre son honneur devant la Haute Cour de justice.
L’affaire concerne le dossier de l’aménagement du Parc des technologies numériques, rebaptisé « Sénégal Connect Park », un projet structurant du secteur numérique lancé sous l’ancien régime. Ce dossier avait déjà conduit à l’incarcération de plusieurs cadres du ministère de la Communication et des Télécommunications. Depuis l’ouverture de la procédure, Me Thiam a constamment rejeté les charges retenues contre lui et engagé différentes actions juridiques pour tenter d’obtenir l’annulation de la mise en accusation. Des recours avaient notamment été introduits devant la Cour suprême, le Conseil de l’ordre des avocats et le Conseil constitutionnel, sans succès.
L’évolution de ce dossier sera désormais scrutée de près, tant sur le plan judiciaire que politique. Le renvoi devant la Haute Cour de justice ouvre une nouvelle phase de la procédure, qui pourrait avoir des répercussions importantes sur le paysage politique sénégalais dans les mois à venir.
Alors que le monde clame sa transition vers les énergies propres et les technologies de pointe, une autre course effrénée se déroule loin des regards : celle des minéraux critiques. Colbat, lithium, terres rares, cuivre, nickel… tant de ressources essentielles aux voitures électriques, satellites, batteries. Et sur ce front, la Chine n’est plus simplement un acteur : elle est la puissance dominante, avec un contrôle sans précédent sur les matières premières africaines et leurs débouchés mondiaux.
Aujourd’hui, Pékin contrôle plus de la moitié de la production mondiale de minéraux critiques et près de 90% de leur raffinage et traitement, des étapes stratégiques de la chaîne de valeur. Elle produit aussi près de 70% des terres rares et 95% du traitement lourd nécessaire aux terres rares et autres métaux indispensables aux technologies modernes. Cette domination n’est pas le fruit du hasard : elle est le résultat de décennies de stratégie étatique coordonnée.
Concrètement, la Chine est passée de 40 mines contrôlées à l’étranger en 1999, à 1250 en 2022 ! Le modèle chinois repose sur des financements massifs accordés en échange de minerais futurs, appelés accords de Resource-Backed Finance. Ces accords permettent à des États pauvres en liquidités de rembourser des prêts par des exportations de minerai. Ils existent aujourd’hui en RDC, en Éthiopie, au Soudan, au Zimbabwe ou encore en Guinée.
Toutefois, les critiques abondent : opacité des contrats, ressources sous-valorisées, perte de contrôle des pays africains sur leurs propres richesses, et une augmentation du service de la dette africaine. La Banque africaine de développement a explicitement dénoncé ces accords en 2024, pointant leur incapacité à créer de la valeur locale ou à renforcer les économies nationales.
Et pour réduire au silence la concurrence, la Chine a recours à des subventions colossales. Plus de 200 milliards de dollars sont donnés chaque année aux entreprises chinoises. Personne ne peut rivaliser ni venir sur le terrain gardé par la Chine. Pire : dans ces zones, l’instabilité et la corruption facilitent l’exploitation des travailleurs, la dégradation environnementale et l’affaiblissement des réglementations locales.
Une enquête menée par d’éminents experts africains dans le domaine des industries extractives a révélé que des acteurs liés à la Chine sont fortement impliqués dans des activités qui contribuent à la dégradation de l’environnement, à l’exploitation minière illégale et à des menaces pour la sécurité alimentaire, la santé et les moyens de subsistance.
Face à cette hégémonie, certains pays africains tentent de riposter. Depuis 2023, au moins 13 États ont instauré des restrictions à l’exportation de minerais bruts, espérant stimuler la transformation locale.
Les exemples sont encourageants. Le Malawi a interdit l’exportation de minerais non transformés en 2025. Le Kenya, le Nigeria, le Rwanda et la Tanzanie offrent des exonérations de droits de douane pour l’assemblage de véhicules électriques. La RDC et la Zambie ont lancé le long de leur ceinture minière commune une zone économique spéciale transfrontalière dédiée aux batteries et aux véhicules électriques.
Mais ces efforts se heurtent à des obstacles structurels colossaux : coûts énergétiques élevés, manque d’infrastructures, technologies coûteuses, pénuries d’électricité et manque d’investissements massifs.
Alors, quel avenir les pays africains peuvent-ils entrevoir ? Dans un monde qui dépend toujours plus des technologies vertes, la maîtrise des minerais critiques équivaut à une forme de pouvoir. Et pour le moment, ce pouvoir est presque entièrement concentré entre les mains de Pékin, qui a réussi à faire de l’Afrique non pas un partenaire industriel, mais une arrière-cour de matières premières bon marché au profit de sa propre révolution technologique.
Pour promouvoir les intérêts africains dans le secteur minier, les pays africains devront mettre en place des mécanismes de contrôle plus efficaces afin de garantir que la Chine et les autres partenaires étrangers respectent ces normes ainsi que d’autres normes environnementales, sociales et communautaires.
Le Dakarois
Le ministère de l’Ministère de l’Éducation nationale du Sénégal a annoncé, ce jeudi 26 février 2026, la signature de 22 arrêtés d’admission définitive en faveur de 3 284 enseignants. Cette mesure administrative marque une nouvelle étape dans le processus de régularisation des carrières et la résorption progressive des dossiers en attente au sein du système éducatif.
Dans le détail, 2 740 enseignants ont été admis au titre du Certificat d’Aptitude Pédagogique (CAP), tandis que 544 autres ont obtenu le Certificat Élémentaire d’Aptitude Pédagogique (CEAP). Ces certifications constituent des étapes essentielles dans la stabilisation statutaire des enseignants, conditionnant leur intégration définitive dans la fonction publique et leur évolution professionnelle.
Selon les services du ministère, cette initiative s’inscrit dans une dynamique engagée depuis plus de deux ans pour apurer l’ensemble des actes administratifs en instance. Les années 2024 et 2025 avaient déjà permis la publication de 83 arrêtés couvrant 10 512 agents. L’objectif affiché par les autorités est de mettre fin aux retards accumulés et de sécuriser les parcours professionnels des enseignants concernés.
Le traitement des dossiers est assuré par la Direction des Examens et Concours (DEXCO), qui instruit les demandes au fur et à mesure de la réception des procès-verbaux transmis par les Inspections d’Académie. Chaque dossier suit ensuite un circuit administratif strict comprenant les visas juridiques requis, le contrôle budgétaire ministériel ainsi que la validation des services compétents du ministère des Finances, notamment la Solde et le Budget.
Les arrêtés signés seront officiellement disponibles dès le début de la semaine prochaine, après leur numérotation et leur enregistrement au Secrétariat Général du Gouvernement du Sénégal (SGG). Cette formalité permettra aux enseignants concernés de bénéficier pleinement des effets administratifs et financiers liés à leur admission définitive, notamment en matière d’avancement et de régularisation salariale.
La séance de questions d’actualité au gouvernement du 24 février 2026 continue d’alimenter une vive polémique au sein de l’Assemblée nationale. Dans un communiqué conjoint, le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal et plusieurs députés non-inscrits ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « violations graves et répétées » du règlement intérieur de l’institution. Selon eux, le déroulement de la séance a porté atteinte aux principes fondamentaux du débat démocratique et à la dignité parlementaire.
L’opposition pointe en premier lieu le comportement de certains députés de la majorité qu’elle accuse d’avoir franchi les limites du respect mutuel. Elle cite notamment Ayib Daffe, qui aurait qualifié des élus de l’opposition de « chiens et de chiots » au cours des échanges. Elle met également en cause Alioune Dieye, accusé d’avoir tenu des propos visant le père de l’honorable Anta Babacar Ngom. Pour les signataires du communiqué, ces déclarations constituent une entorse manifeste à l’article 64 du règlement intérieur, qui impose un débat « serein, courtois et impersonnel ». L’opposition estime qu’il est inacceptable que des députés soient publiquement pris à partie pour avoir exercé leur droit constitutionnel de poser des questions au gouvernement.
Au-delà des propos jugés injurieux, le communiqué met également en cause la gestion de la séance par le président de l’institution, El Malick Ndiaye. L’opposition lui reproche d’avoir manqué à son obligation d’impartialité en accordant cinq minutes supplémentaires de temps de parole au Premier ministre Ousmane Sonko, sans permettre aux députés de l’opposition d’exercer un droit de réponse. Selon les contestataires, cette décision unilatérale rompt l’équilibre des débats et contrevient aux règles établies collectivement par les parlementaires concernant la répartition du temps de parole.
Les députés signataires estiment que cette séquence a créé un précédent préoccupant, dans la mesure où elle donnerait l’impression que l’exécutif bénéficie d’un traitement préférentiel au sein de l’hémicycle. Ils affirment que le chef du gouvernement aurait pu s’exprimer longuement, allant jusqu’à « invectiver l’opposition », sans répondre précisément aux interrogations formulées sur des sujets d’actualité majeurs. Pour eux, le rôle du président de l’Assemblée est précisément de garantir l’équité des échanges et de veiller au respect strict des règles, ce qui n’aurait pas été le cas lors de cette séance.
L’opposition parlementaire considère que ces incidents ne relèvent pas d’un simple accrochage politique, mais traduisent une dérive dans le fonctionnement institutionnel. Elle affirme que le respect du règlement intérieur est indispensable pour préserver la crédibilité du Parlement et la qualité du débat démocratique. En conséquence, elle annonce qu’elle « saura tirer toutes les conséquences de droit » de ces manquements, sans préciser à ce stade les démarches envisagées.
Cette nouvelle controverse intervient dans un contexte politique déjà marqué par des tensions récurrentes entre majorité et opposition. Elle illustre la fragilité du climat parlementaire et la difficulté à maintenir des échanges apaisés dans un environnement politique fortement polarisé. Les prochains jours diront si cette crise donnera lieu à des mesures correctives internes ou à un durcissement supplémentaire des positions au sein de l’Assemblée nationale.
À Thiomby, localité rurale de l’arrondissement de Gandiaye, une panne d’approvisionnement en eau potable aura suffi à mettre en lumière la vulnérabilité persistante des villages face aux déficits d’infrastructures hydrauliques. Après 72 heures de pénurie, en pleine période de Ramadan, une intervention d’urgence conduite par le directeur du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD), Dr Ndéné Mbodji, a permis de rétablir l’accès à l’eau, soulevant au passage la question de la gestion durable des ressources essentielles en zone rurale.
Une pénurie révélatrice des réalités rurales
Durant trois jours, les habitants de Thiomby, dans la commune de Gandiaye, ont dû faire face à une situation critique. Entre les longues distances à parcourir pour s’approvisionner et les perturbations des activités domestiques, la rareté de l’eau a rapidement affecté le quotidien des familles, une épreuve particulièrement éprouvante en période de jeûne.
Cette crise ponctuelle met en évidence une réalité plus profonde : dans plusieurs localités rurales, l’accès à l’eau demeure dépendant d’installations fragiles, souvent exposées aux pannes techniques et au manque de maintenance régulière.
Une réponse d’urgence aux allures de solution locale
Face à l’urgence, une équipe technique mobilisée sous l’impulsion du responsable du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) a procédé à l’installation de deux pompes immergées alimentées par énergie solaire, accompagnées de réservoirs de stockage.
Au-delà de la réparation immédiate, l’utilisation de panneaux solaires marque une orientation vers des solutions adaptées aux réalités rurales, où l’autonomie énergétique devient un levier essentiel pour sécuriser l’accès à l’eau.
Pour les populations de Thiomby et du village voisin de Khalambasse, le retour de l’eau a surtout signifié la fin d’une épreuve collective vécue comme un rappel brutal de la précarité des services de base.
Entre solidarité citoyenne et responsabilités publiques
Si l’intervention a été largement saluée par les habitants, elle relance également le débat sur le rôle des initiatives individuelles face aux missions traditionnellement dévolues aux politiques publiques.
Dans plusieurs zones rurales, les actions ponctuelles d’acteurs publics ou communautaires compensent souvent les lenteurs structurelles des programmes d’équipement, une dynamique qui interroge sur la nécessité d’une planification plus anticipative afin d’éviter la répétition de telles crises.
L’eau, un enjeu central du développement territorial
L’opération intervient dans un contexte national marqué par la volonté des autorités, notamment le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, de promouvoir un développement territorial plus équilibré à travers les orientations du programme Sénégal Vision 2050.
Mais sur le terrain, l’épisode de Thiomby rappelle que la réussite de ces ambitions dépendra largement de la capacité à sécuriser durablement les services essentiels, au premier rang desquels figure l’accès à l’eau potable.
Une crise locale, un enjeu national
Plus qu’un simple dépannage technique, l’intervention menée à Thiomby apparaît ainsi comme le symbole d’un défi national : garantir aux populations rurales des infrastructures résilientes, capables de résister aux pannes et aux aléas.
En pleine période de Ramadan, la résolution rapide de la crise aura apporté un soulagement immédiat, mais elle rappelle surtout l’urgence d’inscrire l’accès à l’eau dans une stratégie durable et structurée.


Question d’actualité à l’assemblée nationale, c’est plutôt une scène fortement en contraste avec les promesses de rupture et d’exemplarité qui avaient accompagné l’installation de la nouvelle législature.
Justement, en moins de 2 ans, une succession d’événements permettent pour certains observateurs, de comprendre pourquoi Abdoulaye Sylla, non moins homme d’affaires a choisi de ne pas assister a des semblant de travaux de l’Assemblée.
Avec ce qui s’est passé hier dans l’hémicycle, il semble avoir raison de boycotter. De manière compréhensive, entre la gestion de ses entreprises entre Dubai et les États Unis, les salaires de pères et de mères de famille à assurer et sa contribution à la dynamique économique nationale, il a certainement mieux à faire que d’assister à des séances où l’invective prend le pas sur l’intérêt général.
Au-delà des personnes, c’est la question du rôle de l’institution parlementaire qui est posée. L’Assemblée nationale doit-elle être une tribune d’attaques contre le secteur privé national, déjà fragilisé par les retards de paiement de la dette intérieure et le ralentissement des chantiers ? Ou doit-elle redevenir un espace de contrôle rigoureux de l’action gouvernementale et de propositions constructives pour relancer l’économie ? Les questions restent entières et sans aucune réponse visible.
En effet, hier à l’Assemblée nationale lors de la séance des questions d’actualité au Premier ministre, le spectacle offert aux Sénégalais a laissé un goût amer. Ce qui devait être un haut lieu de débat républicain s’est transformé, par moments, en arène de règlements de comptes, de chants partisans et d’attaques ciblées contre des acteurs du secteur privé.
Dans l’hémicycle, certains députés, malheureusement de la majorité, le Pastef, n’ont pas hésité à accuser et à calomnier des capitaines d’industrie, parmi lesquels Babacar Ngom, non moins pere de leur Collègue, l’honorable Anta Babacar Ngom, cela sans que le débat ne s’élève véritablement au niveau des préoccupations urgentes des populations et sans possibilité de réponse. À la place d’arguments structurés et de propositions concrètes face à la crise qui touche plusieurs secteurs dont le BTP, l’emploi, le pouvoir d’achat, les Sénégalais du moins ceux qui s’y intéressent encore, ont assisté à des démonstrations de soutien bruyantes, ponctuées de chants à la gloire de leur leader Ousmane Sonko.
Autant de dire que le Don de Soi tant vanté est échangé contre des dépenses de prestige et des véhicules 4*4 à 50 millions
En attendant, au moment Anta Babacar Ngom demande la dissolution de l’Assemblée, le boycott d’Abdoulaye Sylla apparaît, aux yeux des Sénégalais, non pas comme un désengagement, mais comme un choix pragmatique : celui de consacrer son énergie à l’entreprise et à l’économie réelle, plutôt qu’à un théâtre politique qui peine, pour l’instant, à convaincre.
Modou Gaye politologue
La présidente-directrice générale de Mercy Ships, Dr Michelle White, a annoncé ce 24 février le retour prochain et régulier des navires-hôpitaux de l’organisation au Sénégal. Cette déclaration intervient à l’issue d’une audience avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, au cours de laquelle les deux parties ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur collaboration dans le domaine de la santé.
À l’issue de la rencontre, Dr Michelle White a exprimé sa gratitude envers les autorités sénégalaises, saluant le soutien du chef de l’État au partenariat en cours. Elle a indiqué que cette nouvelle étape vise à « cristalliser un nouveau partenariat avec la République du Sénégal », avec pour ambition de ramener le navire-hôpital « le plus rapidement possible », mais surtout d’assurer des escales régulières dans le pays. Sans avancer de calendrier précis, elle a assuré qu’au moins un navire accostera prochainement à Dakar.
Ce partenariat renouvelé prévoit non seulement la reprise des missions chirurgicales gratuites, mais également un renforcement significatif des capacités du système de santé sénégalais. Selon la PDG de Mercy Ships, la collaboration favorisera des séjours répétés des deux navires-hôpitaux de l’organisation, le Global Mercy et l’Africa Mercy. Au-delà des interventions chirurgicales, l’accent sera mis sur le transfert de compétences et le mentorat des praticiens locaux. « Nous ferons des projets de renforcement de capacités médicales en soutien avec les différents ministères concernés. Nous sommes particulièrement reconnaissants de ce partenariat », a-t-elle souligné.
Présente au Sénégal à trois reprises depuis 2019, Mercy Ships, dont le nom signifie « Navires de la miséricorde », a déjà marqué le paysage sanitaire national par des interventions d’envergure. En 2023, le Global Mercy, immobilisé à Dakar, avait servi pour la première fois deux pays à partir d’un seul port, le Sénégal et la Gambie. Cette mission conjointe avait permis, de février à juillet, de réaliser 736 opérations chirurgicales gratuites au profit de patients issus des deux États. Parallèlement, plus de 750 professionnels de santé avaient bénéficié de formations et de programmes de mentorat, contribuant ainsi à la consolidation durable des compétences locales.
Selon l’Agence de presse sénégalaise, l’entretien entre la PDG de Mercy Ships et le chef de l’État a essentiellement porté sur les modalités du nouveau partenariat liant l’ONG internationale aux autorités sanitaires sénégalaises. Cette dynamique s’inscrit dans la volonté affichée des pouvoirs publics de renforcer l’accès aux soins spécialisés et de développer les capacités techniques du personnel médical, notamment dans les domaines de la chirurgie spécialisée.
Le monde du football sénégalais est en deuil après le décès brutal de Youssou Diouf, jeune attaquant de 21 ans évoluant à l’AS Saloum. Le drame est survenu dimanche dernier à l’issue de la rencontre ayant opposé son équipe à Amitié FC à Thiès, plongeant coéquipiers, dirigeants et supporters dans une profonde consternation.
Selon les informations communiquées par son entourage, l’autopsie pratiquée après son décès a conclu à une mort de cause naturelle. Cette précision, très attendue par la famille et les acteurs du football local, vient lever les interrogations qui entouraient les circonstances de sa disparition soudaine survenue après le match disputé dans la capitale du rail.
À Thiès, la levée du corps est prévue ce mercredi à la morgue de l’hôpital régional Ahmadou Sakhir Ndiéguène. Son club, l’AS Saloum, doit recevoir la dépouille dans la matinée afin de lui rendre un premier hommage. Un moment empreint d’émotion est annoncé au siège du club kaolackois, où dirigeants, joueurs et supporters entendent saluer une dernière fois la mémoire de celui qui portait leurs couleurs avec détermination et passion.
Dans la capitale méridionale, l’ASC ASCABS, considérée comme sa famille sportive, se mobilise également pour accueillir la dépouille et accompagner le jeune footballeur vers sa dernière demeure. Les responsables du club, encore sous le choc, ont exprimé leur douleur face à la disparition d’un joueur décrit comme talentueux, discipliné et profondément attaché à ses coéquipiers.
Après son passage à Kaolack, la dépouille sera acheminée vers Ziguinchor, où l’inhumation est prévue ce jeudi 26 février. Sa famille, ses proches et de nombreux acteurs du football régional se préparent à lui rendre un ultime hommage dans sa ville, où il sera enterré.
Le Commissariat d’arrondissement de Ndamatou, à Touba, an mis un terme aux agissements d’un réseau de faussaires particulièrement structuré, spécialisé dans la confection de faux documents administratifs liés aux véhicules. L’opération a conduit à l’interpellation de six (06) individus pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en documents administratifs.
Les faits se sont déroulés dans la nuit du 23 au 24 février 2026, aux environs de 03h00. Lors d’une patrouille nocturne sur la corniche « Serigne Modou », les éléments de la police ont intercepté une moto de type Jakarta circulant sans éclairage ni plaque d’immatriculation.
Invité à présenter les pièces du véhicule, le conducteur a exhibé un Certificat de Mise en Consommation (CMC) jugé non conforme par les agents. Face aux vérifications approfondies engagées par les policiers, les suspects ont tenté une manœuvre audacieuse pour régulariser frauduleusement la situation.
Selon les premiers éléments de l’enquête, un complice s’est introduit clandestinement dans les locaux du commissariat afin de photographier le numéro de châssis de la moto immobilisée. L’information a ensuite été transmise via l’application WhatsApp à un mécanicien, puis à un vendeur, avant d’atterrir entre les mains d’un confectionneur chargé de produire un faux certificat correspondant aux caractéristiques exactes de l’engin.
Cependant, la vigilance des policiers et l’analyse technique des documents ont permis de déceler la supercherie. L’exploitation des données numériques recueillies a conduit les enquêteurs à remonter toute la chaîne criminelle, du conducteur interpellé jusqu’au faussaire principal.
La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT), rattachée à la Direction de la Police aux Frontières, a déféré ce 23 février 2026 un individu devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar.
Le mis en cause est poursuivi pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux sur document de voyage, escroquerie au visa et complicité.
L’affaire remonte au 30 juin 2025, lorsqu’une victime a déposé plainte après avoir été escroquée d’un montant de 7 070 000 FCFA. Le suspect lui avait promis l’obtention d’un visa pour les États-Unis.
Selon les éléments de l’enquête, la mise en relation entre les deux parties s’est faite lors d’un forum organisé au village artisanal de Soumbédioune. Par la suite, le mis en cause recevait la victime à son domicile à Ngor, où il percevait les paiements par tranches.
Pour rassurer sa victime, il lui a transmis la photo d’un visa Schengen falsifié. Il a ensuite exigé des frais supplémentaires pour l’achat d’un billet d’avion avant de devenir injoignable.
Grâce à un avis de recherche aux frontières émis par la DNLT, le suspect a finalement été intercepté à l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD).
Au cours de son interrogatoire, il a reconnu avoir encaissé les fonds et les avoir utilisés à des fins personnelles, prétextant une annulation de la demande sur la plateforme de l’ambassade. Il a également admis que l’image du visa envoyée à la victime était un faux confectionné par un complice.
Le Commissariat d’arrondissement de Grand Yoff a procédé, dans la nuit du 24 février 2026 aux environs de 4 heures du matin, à l’interpellation de deux individus impliqués dans un vol de motocyclette, à l’issue d’une course-poursuite.
Dans le cadre de ses patrouilles de sécurisation, la Brigade de Recherches a surpris, à hauteur du Centre Talibou DABO, une bande de quatre individus circulant à bord de deux motocyclettes, dont l’une était tractée. À la vue des forces de l’ordre, les suspects ont immédiatement pris la fuite, abandonnant l’engin tracté sur la chaussée.
Une course-poursuite a été aussitôt engagée et a permis d’interpeller deux des malfaiteurs à hauteur de l’Hôpital Idrissa POUYE. Les deux autres complices ont réussi à s’échapper et sont activement recherchés.
La motocyclette récupérée, de marque Piaggio, appartient à un résident de Liberté VI Extension. Entendus par les enquêteurs, les mis en cause sont passés aux aveux. Ils ont reconnu avoir escaladé le mur du domicile de la victime avant de forcer le dispositif de direction pour s’emparer de l’engin.
Selon les fichiers de police, l’un des deux interpellés est un récidiviste déjà déféré pour vol aggravé. Les suspects ont été placés en garde à vue en attendant leur déferrement devant le parquet compétent.
La question de la reddition des comptes continue d’occuper une place centrale dans le débat politique sénégalais. Le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment exprimé publiquement sa déception et sa frustration face aux lenteurs constatées dans le traitement des dossiers liés à la gestion de l’ancien régime. Cette sortie intervient dans un contexte où la transparence dans la gestion des finances publiques constitue l’un des engagements majeurs du gouvernement issu de la troisième alternance politique.
Lors de son intervention dans le cadre des questions d’actualité au gouvernement, le chef de l’exécutif a dénoncé ce qu’il considère comme des blocages institutionnels susceptibles de compromettre l’aboutissement des procédures judiciaires engagées contre certains responsables publics présumés impliqués dans des affaires de malversations financières. Ousmane Sonko a notamment évoqué les dossiers symboliquement appelés « Dossiers Yi Amatumassi Yakaar », expression utilisée pour désigner les affaires de grande envergure qui concernent la gestion des ressources publiques durant les années précédentes. Selon lui, ces dossiers risquent de ne jamais aboutir à des sanctions judiciaires effectives si les lenteurs constatées persistent.
Le Premier ministre a accusé certaines autorités judiciaires de manquer de diligence dans le traitement de ces affaires sensibles, affirmant que certaines procédures semblent se heurter à des obstacles administratifs ou juridiques qui réduisent l’efficacité de la justice économique. Il a regretté ce qu’il considère comme une tendance à « tout mettre à néant », estimant que cette situation pourrait décourager les efforts du gouvernement pour instaurer une gouvernance financière plus rigoureuse. Pour le chef du gouvernement, la reddition des comptes ne constitue pas seulement un enjeu politique, mais aussi un impératif moral destiné à restaurer la confiance entre les institutions et les citoyens.
Malgré ces critiques, Ousmane Sonko a tenu à adopter un discours nuancé en reconnaissant les avancées réalisées par certaines institutions de contrôle de l’État. Il a particulièrement salué le travail de l’Inspection générale d’État (IGE), de la Cour des Comptes ainsi que de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Ces institutions jouent, selon lui, un rôle fondamental dans la lutte contre la corruption et la traque des irrégularités financières héritées des précédentes administrations. Il a encouragé ces organes à poursuivre leurs missions avec indépendance et rigueur afin de permettre un traitement objectif des dossiers en cours.
Au-delà de l’aspect judiciaire, cette prise de parole s’inscrit également dans une dynamique politique visant à maintenir la pression sur les mécanismes de bonne gouvernance. La reddition des comptes demeure en effet un thème fortement attendu par l’opinion publique, notamment dans un contexte économique marqué par des exigences accrues de transparence dans la gestion des ressources nationales. Le gouvernement entend ainsi faire de cette politique un pilier de sa stratégie de transformation institutionnelle, même si les contraintes juridiques et administratives continuent de susciter des débats entre acteurs politiques, juristes et société civile.
Le débat politique autour de la gouvernance et de la préparation des prochaines échéances électorales s’intensifie au Sénégal. Le député et Secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), Mbaye Dione, a dénoncé un manque de visibilité globale sur la gestion de plusieurs dossiers stratégiques de l’État, en particulier le calendrier électoral, lors d’un point de presse tenu à l’issue de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale. Ses déclarations s’inscrivent dans un contexte politique marqué par des tensions autour des réformes institutionnelles et de la préparation des futures consultations électorales.
Le député a principalement mis l’accent sur ce qu’il considère comme un « flou total » concernant l’organisation du calendrier électoral national. Selon lui, les autorités gouvernementales n’ont pas encore apporté de réponses suffisamment précises sur les prochaines étapes du processus électoral, notamment en ce qui concerne la révision des listes électorales. Il estime que cette situation rend difficile l’établissement d’un agenda clair pour les élections à venir, alors que le gouvernement envisagerait parallèlement des réformes relatives au découpage administratif et territorial des collectivités locales. Pour l’opposant, toute modification institutionnelle devrait s’accompagner d’une communication transparente afin d’éviter toute suspicion dans l’opinion publique.
Au-delà de la question électorale, Mbaye Dione a également interpellé le gouvernement sur la situation économique nationale, notamment la gestion de la dette publique et les risques de défaut de paiement. Il a exprimé ses préoccupations face à la pression financière qui pèse sur les finances publiques et a appelé les autorités à anticiper des solutions structurelles pour préserver la stabilité économique du pays. Selon lui, la question de la dette ne doit pas être traitée uniquement sous un angle technique, mais doit aussi intégrer les conséquences sociales et économiques pour les populations.
Le parlementaire a également élargi son analyse à la situation du monde rural, qu’il considère comme particulièrement vulnérable dans le contexte actuel. Il a évoqué les difficultés rencontrées par les producteurs agricoles, notamment l’écoulement des récoltes d’arachide, principale source de revenus pour de nombreuses familles rurales. Cette situation, selon lui, traduit des dysfonctionnements dans la chaîne de commercialisation agricole et appelle à des mesures urgentes pour soutenir les paysans, améliorer les circuits de distribution et stabiliser les prix des denrées agricoles.
Mbaye Dione a aussi attiré l’attention sur les difficultés économiques et sociales qui touchent plusieurs secteurs clés de l’économie nationale, notamment le secteur du bâtiment et de l’immobilier, l’enseignement supérieur ainsi que les médias. Selon lui, ces secteurs traversent des crises structurelles qui nécessitent des politiques publiques plus adaptées. Il a également évoqué la situation des ressortissants sénégalais détenus au Maroc, soulignant la souffrance des familles concernées et appelant les autorités à poursuivre les démarches diplomatiques pour trouver des solutions humanitaires et juridiques à cette affaire.
Pour conclure, le député a insisté sur l’urgence d’obtenir des réponses claires de la part du gouvernement sur la préparation des élections. Il a réaffirmé que l’absence de calendrier précis, combinée aux réformes envisagées sur le découpage territorial, entretient un climat d’incertitude politique. Selon lui, la transparence dans la gestion du processus électoral constitue une exigence démocratique fondamentale, indispensable pour renforcer la confiance entre les institutions et les citoyens.
Les échanges autour de la question des mœurs au Sénégal continuent d’alimenter un vif débat politique et sociétal. Le vice-président de l’ONG islamique Jamra, Mame Makhtar Guèye, a réagi aux déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko tenues à l’Assemblée nationale, en apportant des précisions sur ses positions et en réclamant des actions plus fermes de la part de l’État dans la gestion des questions liées à l’homosexualité. Cette sortie médiatique s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions entre certaines organisations religieuses conservatrices et les autorités publiques sur la manière d’aborder les questions de société sensibles.
Intervenant sur les ondes d’une radio nationale, Mame Makhtar Guèye a catégoriquement rejeté l’idée selon laquelle il aurait envisagé de publier une liste de personnes ou d’associations supposées homosexuelles. Selon lui, les propos attribués au chef du gouvernement ne reposent sur aucun élément concret. Il a insisté sur le fait que la gestion de ce type de dossier relève exclusivement des prérogatives régaliennes de l’État, notamment du ministère de l’Intérieur et des services judiciaires. Tout en répondant aux critiques, il a estimé que le Premier ministre arrivait tardivement dans la gestion de cette problématique, considérant que le débat public aurait pu être mieux encadré depuis plusieurs années.
Le responsable de Jamra a également évoqué les fortes pressions sociales et médiatiques qu’il affirme avoir subies ces dernières semaines, notamment sur les réseaux sociaux, où certains internautes l’auraient encouragé à divulguer des listes de personnes suspectées d’appartenir à la communauté homosexuelle. Il a rappelé qu’une telle démarche pourrait créer des situations de stigmatisation et de violences sociales. À ce titre, il a fait référence à un précédent historique survenu dans les années 1980, lorsqu’une liste de francs-maçons avait été rendue publique, évoquant les conséquences sociales et politiques qu’un tel acte pourrait engendrer dans la société sénégalaise. Pour lui, la publication d’informations sensibles ne doit pas être laissée aux réseaux sociaux, mais doit plutôt être transmise directement aux autorités compétentes afin qu’elles puissent mener les investigations nécessaires dans un cadre légal.
Sur le plan politique et législatif, Mame Makhtar Guèye a appelé le gouvernement à adopter des mesures concrètes allant au-delà des discours publics. Il a notamment plaidé pour le retrait des récépissés accordés à certaines associations dont les activités seraient jugées contraires aux dispositions légales en vigueur. Selon lui, ces structures devraient faire l’objet de procédures administratives de dissolution par arrêté ministériel si leurs actions entrent en contradiction avec les lois nationales. Il considère que ces mesures constitueraient une réponse institutionnelle forte aux attentes d’une partie de l’opinion publique sénégalaise.
Concernant la question du retrait de sa protection rapprochée par les services de sécurité de l’État, le vice-président de Jamra a choisi de relativiser l’importance de cette décision, la qualifiant de « non-débat ». Selon lui, l’essentiel reste la protection des valeurs sociales et morales qu’il défend, plutôt que les considérations personnelles liées à sa sécurité. Cette prise de position confirme la persistance des lignes de fracture dans le débat public sénégalais autour des questions de société, de religion et de liberté individuelle.
La liberté de la presse au Sénégal traverse une période de fortes tensions, comme en témoigne la récente publication du classement mondial de Reporters Sans Frontières (RSF) qui a placé le pays dans une position préoccupante. Le Sénégal est en effet passé de la 48e à la 94e place, un recul jugé inquiétant par plusieurs acteurs du secteur des médias. Cette situation a suscité une réaction immédiate de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS), qui a décidé de lancer une initiative de renforcement des capacités journalistiques afin de promouvoir un journalisme responsable et professionnel face aux défis actuels.
C’est dans ce contexte que la CJRS a ouvert, ce mardi 24 février 2026, un atelier de formation de trois jours destiné à quatorze journalistes provenant de différentes régions du pays. Cette formation s’inscrit dans une dynamique de sensibilisation sur les questions d’éthique, de responsabilité éditoriale et de protection des professionnels des médias dans un environnement sociopolitique de plus en plus marqué par les tensions entre le monde médiatique et les institutions judiciaires. Pour les organisateurs, cette initiative constitue une réponse proactive à la montée des convocations judiciaires visant certains journalistes après leurs prises de position publiques sur des sujets sensibles de la vie nationale.
Le président de la CJRS, Mamadou Diagne, a profité de l’ouverture de cet atelier pour lancer un message fort à l’endroit de la corporation journalistique. Selon lui, la défense de la liberté de la presse doit nécessairement s’accompagner d’une plus grande rigueur éthique dans le traitement de l’information. Il a ainsi souligné qu’on observe aujourd’hui une tendance où certains journalistes participent à des débats télévisés ou publient des contenus très critiques sans disposer de preuves solides, avant de se retrouver confrontés à des procédures judiciaires. Pour Mamadou Diagne, cette situation traduit un manque de prudence professionnelle qui peut fragiliser la crédibilité globale du secteur des médias et exposer individuellement les journalistes à des poursuites judiciaires.
Le responsable associatif a également dénoncé l’instrumentalisation politique ou économique de certains espaces médiatiques, estimant que des accusations non fondées peuvent alimenter les tensions sociales et judiciaires. Il a insisté sur le fait que la responsabilité éditoriale constitue un pilier fondamental du métier de journaliste. Selon lui, la liberté d’expression ne signifie pas l’absence totale de règles déontologiques, mais plutôt l’exercice de cette liberté dans un cadre respectueux des normes professionnelles et juridiques en vigueur. Il a ainsi appelé les journalistes à privilégier la vérification des informations, la contextualisation des faits et le respect du principe de présomption d’innocence dans leurs productions médiatiques.
Dans le même élan, Ndèye Diary Ba, chargée des programmes de Reporters Sans Frontières en Afrique subsaharienne, a présenté les grandes orientations d’un projet stratégique de trois ans soutenu par la coopération allemande. Cette initiative vise à renforcer la protection des journalistes et à améliorer la surveillance des violations de la liberté de la presse dans la région. Le premier axe du programme repose sur la création d’un maillage territorial permettant l’installation de points focaux dans toutes les régions du Sénégal. Ces relais permettront de documenter rapidement les agressions contre les journalistes, les restrictions d’accès à l’information et les autres formes de pression exercées sur les professionnels des médias.
Selon RSF, ce dispositif permettra d’améliorer la réactivité des organisations de défense de la presse face aux atteintes à la liberté d’expression. Au-delà de la formation des journalistes, l’objectif est également de renforcer le plaidoyer institutionnel afin d’encourager les autorités publiques à garantir un environnement plus sécurisé pour le travail journalistique. Cette démarche s’inscrit dans un contexte global où la question de la liberté de la presse reste un enjeu majeur de gouvernance démocratique.
Le ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba a apporté des éclaircissements importants sur la récente réforme fiscale concernant le traitement des rappels de salaire dans la fonction publique, un sujet qui suscite de vives discussions au sein du corps enseignant et de la représentation parlementaire. Face aux critiques, le ministre a choisi d’inscrire son argumentaire dans une logique de pédagogie fiscale et de rétablissement de ce qu’il considère comme une équité dans le système d’imposition des revenus exceptionnels.
Pendant plusieurs années, les rappels de salaire versés aux enseignants constituaient une source de frustration pour de nombreux agents de l’État. Lorsqu’un rappel était versé en une seule fois après plusieurs années d’arriérés, l’intégralité de la somme était imposée sur l’année de perception, ce qui provoquait un saut brutal dans les tranches d’imposition. De nombreux enseignants considéraient cette pratique comme une pénalité indirecte, certains parlant même d’un système fiscal défavorable aux agents publics dont les rémunérations étaient régularisées tardivement. Selon Cheikh Diba, cette situation constituait une véritable injustice sociale et fiscale qu’il était nécessaire de corriger afin de préserver le pouvoir d’achat des travailleurs de l’administration publique.
La réforme introduite par le gouvernement permet désormais d’étaler l’imposition des revenus exceptionnels sur une période pouvant atteindre quatre années fiscales. Ce mécanisme de lissage permet d’éviter que les bénéficiaires de rappels de salaire ne soient brusquement soumis à des taux d’imposition élevés qui ne reflètent pas leur niveau réel de revenus annuels. Pour le gouvernement, cette mesure constitue une avancée dans la modernisation du système fiscal sénégalais et dans l’amélioration de la relation entre l’État et ses agents publics. L’objectif affiché est de rendre la fiscalité plus progressive et plus juste, en tenant compte des situations salariales particulières des travailleurs dont les revenus sont régularisés après plusieurs années d’attente.
L’un des points ayant suscité le plus de débats concerne la perception d’une baisse du montant net perçu par certains agents lors de la régularisation de leur situation salariale. Sur ce point, le ministre a tenu à clarifier qu’il ne s’agit pas d’une augmentation de la pression fiscale, mais plutôt d’une réorganisation des contributions sociales. Il a distingué deux mécanismes principaux dans la structure des prélèvements. D’une part, l’Impôt sur le Revenu (IR), qui est désormais calculé de manière progressive grâce à la nouvelle méthode de lissage des revenus exceptionnels. D’autre part, le Fonds National de Retraite (FNR), dont les cotisations peuvent augmenter lors de l’intégration des agents contractuels dans la fonction publique, car ces contributions constituent un investissement pour la protection sociale future des travailleurs.
Le ministre a insisté sur le fait que ces prélèvements ne doivent pas être interprétés comme une pression fiscale supplémentaire, mais comme un mécanisme de sécurisation des revenus futurs des agents de l’État. Selon lui, les cotisations sociales représentent des garanties financières permettant d’assurer la stabilité économique des fonctionnaires après leur départ à la retraite. Cette approche s’inscrit dans une logique de réforme globale du système de rémunération et de protection sociale dans la fonction publique sénégalaise.
Afin de défendre la cohérence de ces réformes, Cheikh Diba a affirmé être prêt à répondre à toutes les interrogations des syndicats et des parlementaires. Il a même lancé un défi public en proposant d’examiner, de manière détaillée, les bulletins de salaire de n’importe quel enseignant afin de démontrer l’absence de surimposition. Cette déclaration traduit la volonté du ministère de défendre publiquement la réforme fiscale tout en poursuivant le dialogue avec les acteurs sociaux concernés.
Dans un contexte marqué par les revendications sociales, le gouvernement présente cette réforme comme un outil d’équilibre entre justice fiscale, stabilité budgétaire et amélioration des conditions de vie des agents publics. Le débat sur l’efficacité réelle de ces mesures devrait toutefois se poursuivre dans les mois à venir, notamment à travers les discussions entre l’exécutif, les syndicats et les représentants du secteur éducatif.
Le gouvernement sénégalais intensifie sa stratégie de lutte contre la cherté de la vie à travers un nouveau dispositif de contrôle des prix des denrées de première nécessité. Lors d’une séance plénière consacrée aux questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Industrie et du Commerce Serigne Guèye Diop a détaillé un vaste plan de déploiement destiné à renforcer l’effectivité des mesures sociales annoncées par les autorités.
Au cœur de cette réforme figure la mise en place d’un corps inédit appelé « volontaires de la consommation ». Ce dispositif prévoit le recrutement et le déploiement de 1 000 jeunes bacheliers âgés d’environ 25 ans, sélectionnés selon des critères de compétence et de rigueur intellectuelle. Selon le ministre, cette approche vise à allier surveillance économique et expertise citoyenne dans un contexte marqué par des tensions récurrentes sur le coût des produits alimentaires. L’objectif principal est de garantir l’application réelle des décisions gouvernementales relatives à la fixation des prix des produits de première nécessité.
Contrairement aux méthodes traditionnelles de contrôle, ces volontaires évolueront sans uniforme afin d’adopter une stratégie d’immersion dans le tissu économique local. Cette méthode de surveillance discrète doit permettre d’observer directement les pratiques commerciales sur le terrain, notamment les cas de spéculation, de rétention de stocks ou de non-respect des prix plafonds fixés par l’État. Le ministre a affirmé que tout opérateur économique pris en flagrant délit de non-respect des réglementations s’exposera à des sanctions administratives et financières immédiates. Cette mesure vise à instaurer un climat de discipline dans les circuits de distribution et à protéger le pouvoir d’achat des ménages sénégalais, particulièrement touchés par l’inflation mondiale des produits importés.
Au-delà du contrôle direct des marchés, le plan gouvernemental inclut également un volet territorial important. Le ministre a déploré l’existence de disparités historiques dans la présence des structures publiques de régulation économique, évoquant des zones du territoire national qui n’ont pas bénéficié d’implantations administratives depuis plusieurs décennies. Il a notamment cité les départements de Malem Hodar et Guinguinéo comme exemples de localités ayant souffert d’un déficit structurel en matière de contrôle économique et d’encadrement administratif.
Pour corriger ces déséquilibres, le budget de l’exercice en cours prévoit la création de 13 nouveaux sièges de services de contrôle économique. Cette première phase s’inscrit dans un programme plus large visant, à terme, à doter l’ensemble des 45 départements du Sénégal de structures permanentes chargées de la surveillance des marchés et de la protection des consommateurs. Selon Serigne Guèye Diop, cette réforme constitue une avancée majeure dans la modernisation des outils de gouvernance économique.
Le gouvernement justifie cette réforme par la nécessité de mieux protéger les populations face aux fluctuations des prix des produits alimentaires. La lutte contre la spéculation est présentée comme un levier stratégique pour assurer la stabilité sociale et économique du pays. Les autorités espèrent également renforcer la confiance entre les acteurs économiques et les institutions publiques. Cette approche hybride, combinant intervention étatique et mobilisation citoyenne, marque selon le ministre une rupture dans les politiques de régulation économique appliquées jusqu’ici.
En conclusion, le ministère de l’Industrie et du Commerce affirme que cette nouvelle stratégie de contrôle des prix constitue une étape importante dans la politique de souveraineté économique et de protection du consommateur. Le succès de cette initiative dépendra toutefois de la capacité des autorités à assurer un suivi rigoureux du dispositif sur le terrain et à garantir la transparence dans le fonctionnement des nouveaux mécanismes de surveillance du marché.
La situation des dix-huit supporters sénégalais condamnés et détenus au Maroc à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 continue d’alimenter le débat politique, diplomatique et social au Sénégal. Face à l’émotion suscitée par cette affaire au sein de l’opinion publique, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé devant l’Assemblée nationale une mesure d’accompagnement social destinée aux familles des détenus, en complément des démarches diplomatiques engagées par l’État pour tenter de résoudre la crise.
Dans son intervention, le chef du gouvernement a voulu replacer le dossier dans une dimension à la fois humaine et nationale. Il a souligné que derrière les tensions diplomatiques et les procédures judiciaires, se trouvent des familles sénégalaises confrontées à des difficultés économiques et psychologiques importantes depuis l’arrestation de leurs proches. Selon lui, plusieurs des condamnés sont des soutiens de famille qui contribuaient directement aux dépenses quotidiennes de leurs ménages. Cette situation a été particulièrement difficile à gérer pour les proches, notamment en cette période de ramadan, période durant laquelle la solidarité sociale et familiale occupe une place centrale dans la société sénégalaise.
Ainsi, Ousmane Sonko a annoncé qu’une aide financière gouvernementale sera prochainement versée aux familles concernées. Il a insisté sur le caractère humanitaire de cette décision, affirmant que l’État ne pouvait rester indifférent face à la souffrance sociale engendrée par cette affaire. Cette aide s’inscrit dans une logique de solidarité nationale visant à soutenir les épouses, les enfants et les parents des détenus, en attendant l’évolution du dossier sur le plan judiciaire et diplomatique. Le Premier ministre n’a toutefois pas encore précisé le montant exact de cette assistance ni les modalités pratiques de sa distribution, indiquant que les détails seront communiqués ultérieurement par les services compétents.
Sur le plan diplomatique, le gouvernement a confirmé que plusieurs démarches officielles sont en cours. Sur instruction du président de la République Bassirou Diomaye Faye, le ministère des Affaires étrangères a été chargé d’engager une procédure de demande de grâce auprès des autorités marocaines. Cette démarche vise à obtenir la libération des supporters ou, à défaut, à négocier un cadre juridique permettant leur transfèrement vers le Sénégal afin qu’ils purgent leur peine dans leur pays d’origine, conformément aux accords bilatéraux existants entre Dakar et Rabat. Le gouvernement espère ainsi trouver une solution diplomatique apaisée à une affaire qui a suscité une forte indignation populaire au Sénégal.
L’affaire remonte au 18 janvier 2026, lors de la finale de la CAN 2025 opposant le Sénégal au Maroc à Rabat. Le match avait été marqué par des tensions dans les tribunes après l’attribution d’un penalty controversé en faveur du Maroc dans les dernières minutes de la rencontre, peu après un but sénégalais annulé. Dans la confusion qui a suivi, des incidents ont éclaté entre supporters et forces de l’ordre, les autorités marocaines accusant certains supporters sénégalais d’actes de violence et de dégradations matérielles. À l’issue du procès tenu le 19 février 2026, le tribunal de Rabat a condamné dix-huit supporters pour hooliganisme à des peines de prison ferme allant de trois mois à un an, assorties d’amendes financières. Cette décision judiciaire a été vivement contestée par la défense, qui estime que les droits de la défense n’ont pas été pleinement respectés et que les sanctions prononcées sont disproportionnées au regard des faits reprochés.
Au-delà du volet judiciaire, cette affaire soulève également des enjeux politiques et diplomatiques plus larges entre le Sénégal et le Maroc, deux pays liés par des relations historiques solides. Le gouvernement sénégalais souhaite éviter toute escalade tout en affirmant sa responsabilité de protéger ses ressortissants à l’étranger. Dans ce contexte, Ousmane Sonko a appelé la population à la retenue, rappelant que les crises de ce type doivent être gérées avec sang-froid et responsabilité diplomatique. L’aide annoncée aux familles constitue ainsi un signal politique fort combinant solidarité sociale, gestion diplomatique et réponse aux attentes de l’opinion publique.
Devant les députés, Ousmane Sonko a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive dangereuse consistant, pour certains acteurs de la société civile, à se substituer aux institutions républicaines. Il a visé explicitement les menaces de publication de listes de personnes présumées homosexuelles, estimant que de telles pratiques constituent une atteinte grave aux principes fondamentaux de l’État de droit. Selon lui, nul ne peut s’arroger le droit de désigner publiquement des citoyens, de les exposer à la vindicte populaire ou de se faire juge en dehors des procédures légales prévues par la loi.
Le Premier ministre a insisté sur le caractère régalien de ces questions, rappelant que seule la puissance publique est habilitée à constater une infraction, à engager des poursuites et à rendre justice à travers les juridictions compétentes. En s’érigeant en dénonciateurs publics et en brandissant la menace de révélations nominatives, certains responsables associatifs franchiraient, selon lui, une ligne rouge susceptible d’alimenter la stigmatisation, les règlements de comptes et les violences sociales. Pour Ousmane Sonko, même dans un débat sensible où les convictions morales et religieuses occupent une place importante, le respect des droits individuels et des procédures judiciaires demeure non négociable.
La réaction du chef du gouvernement ne s’est pas limitée à une condamnation de principe. Il a annoncé avoir instruit le ministre de l’Intérieur de retirer la protection rapprochée dont bénéficiait jusque-là Mame Makhtar Gueye. Cette mesure de sécurité, assurée par les services de l’État, avait été mise en place en raison de menaces alléguées. Toutefois, Ousmane Sonko a estimé que les actions entreprises par le responsable de Jamra, notamment la diffusion ou la menace de diffusion de listes de noms, n’étaient couvertes par aucun mandat officiel. En conséquence, l’État ne saurait continuer à garantir une protection à une personne engagée dans des initiatives qu’il n’a ni ordonnées ni validées.
Cette décision marque un signal politique fort. Elle traduit la volonté du gouvernement de réaffirmer son autorité sur les questions de sécurité et de justice, tout en encadrant strictement l’action des organisations de la société civile. Elle intervient également dans un contexte plus large de débat sur le durcissement de la législation relative à l’homosexualité, un dossier dans lequel l’exécutif affirme vouloir agir dans un cadre institutionnel clair et respectueux des procédures.
En prenant publiquement position, Ousmane Sonko cherche à tracer une frontière nette entre engagement militant et exercice de l’autorité républicaine. Si le débat sur les valeurs et les mœurs demeure vif au Sénégal, le Premier ministre entend rappeler que l’État conserve le monopole de la contrainte légitime et que toute initiative s’écartant de ce cadre s’expose à des conséquences politiques et administratives.
Interpellé ce mardi 24 février 2026 à l’Assemblée nationale lors d’une séance plénière consacrée aux questions d’actualité, le Premier ministre Ousmane Sonko est longuement revenu sur la situation des 18 supporters sénégalais condamnés au Maroc. Face aux députés, il a exprimé une profonde indignation tout en exposant les mesures diplomatiques engagées par l’État pour tenter d’obtenir une issue favorable à cette affaire qui suscite une vive émotion au Sénégal.
Dès l’entame de son intervention, le chef du gouvernement a estimé que ce dossier « semble aller au-delà du sport », laissant entendre qu’il dépasse le simple cadre d’incidents liés à une rencontre footballistique. Il a fermement déploré la condamnation des ressortissants sénégalais, jugeant la décision d’autant plus regrettable qu’elle intervient entre deux pays liés par une longue tradition d’amitié et de coopération. Pour lui, la solidité des relations entre Dakar et Rabat aurait dû favoriser une gestion plus apaisée de l’incident.
Afin d’illustrer ce qu’il considère comme une réaction disproportionnée, Ousmane Sonko a évoqué un précédent survenu lors des Jeux Olympiques organisés en France, au cours desquels des supporters marocains avaient envahi le terrain, provoquant une interruption prolongée du match. Selon lui, aucun supporter marocain n’avait alors été arrêté. Cette comparaison vise à souligner ce que le gouvernement sénégalais perçoit comme une application inéquitable des règles dans le cas des supporters sénégalais.
Au-delà de l’indignation, le Premier ministre a détaillé les démarches entreprises par l’exécutif. Il a confirmé que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a donné instruction au ministre des Affaires étrangères d’introduire officiellement une demande de grâce présidentielle auprès des autorités marocaines. Cette procédure constitue, selon lui, la première voie diplomatique privilégiée pour obtenir la libération des condamnés.
Dans l’hypothèse où cette requête n’aboutirait pas, une alternative est d’ores et déjà envisagée. Le chef du gouvernement a rappelé l’existence d’accords bilatéraux entre le Sénégal et le Maroc permettant le transfèrement des personnes condamnées. Si la grâce n’était pas accordée, ces mécanismes juridiques pourraient être activés afin que les supporters purgent leur peine au Sénégal, à proximité de leurs familles, dans le respect des conventions internationales en vigueur.
Conscient de la colère et de l’émotion qui traversent l’opinion publique, Ousmane Sonko a toutefois appelé à la retenue. Il a insisté sur la nécessité de gérer ce type de situation avec calme et responsabilité, rappelant le principe fondamental de la souveraineté des États. « Chaque pays a sa propre souveraineté », a-t-il martelé, soulignant que le Sénégal attendrait le même respect pour ses propres décisions judiciaires, notamment en référence à la présence de détenus marocains dans les prisons sénégalaises.
En conclusion, le Premier ministre a assuré que le gouvernement mobilise tous les leviers diplomatiques et juridiques disponibles pour défendre les intérêts des ressortissants sénégalais. Entre indignation assumée et pragmatisme diplomatique, l’exécutif cherche à trouver une solution équilibrée, capable de préserver à la fois la dignité nationale et les relations bilatérales avec le Maroc.
L’Assemblée nationale a été le théâtre d’un échange particulièrement tendu ce mardi, à l’occasion des questions d’actualité au gouvernement. Interpellé par le député Abdou Mbow sur le respect de ses engagements relatifs au durcissement de la législation sur l’homosexualité, le Premier ministre Ousmane Sonko a saisi l’occasion pour faire une annonce majeure. Il a confirmé avoir transmis au président de l’institution parlementaire un projet de loi visant à criminaliser l’homosexualité, revendiquant sans ambiguïté la paternité de ce texte qu’il présente comme sa première initiative législative personnelle depuis son accession à la primature.
Par cette déclaration, le chef du gouvernement entend solder un débat qui traverse la scène politique sénégalaise depuis plusieurs années. En assumant publiquement l’origine du texte, il cherche à se positionner comme l’artisan principal de cette réforme, tout en dénonçant ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique de la question par ses adversaires. Selon lui, certains acteurs exploiteraient cet enjeu sociétal à des fins partisanes, voire pour servir des intérêts extérieurs. Il a ainsi accusé ses opposants de duplicité, estimant qu’ils entretiennent la polémique sans proposer d’initiative concrète.
Au-delà de l’aspect strictement pénal, Ousmane Sonko a élargi son propos à la qualité du débat public et au respect des principes fondamentaux de l’État de droit. Il s’est dit profondément préoccupé par la divulgation dans l’espace médiatique d’informations personnelles concernant des citoyens impliqués dans des procédures judiciaires, notamment la révélation de leur statut sérologique. Il a qualifié ces pratiques d’atteintes graves à la vie privée, jugeant qu’elles nuisent à la cohésion sociale et exposent inutilement les familles à la stigmatisation. Pour le Premier ministre, la défense des valeurs morales ne saurait justifier des violations des droits fondamentaux.
Dans la même veine, il a vivement critiqué la gestion médiatique des affaires judiciaires, pointant du doigt les fuites répétées de procès-verbaux et de pièces d’enquête avant toute audience formelle. Il s’est interrogé sur le respect du secret de l’instruction et a interpellé l’autorité du procureur face à ces pratiques qu’il estime contraires aux principes d’une justice équitable. Selon lui, la crédibilité des institutions repose autant sur la fermeté des textes que sur la rigueur des procédures.
Cette intervention marque une étape importante dans un dossier hautement sensible, à la croisée des débats juridiques, moraux et politiques. En revendiquant la paternité du projet de loi tout en dénonçant les dérives médiatiques et les entorses procédurales, Ousmane Sonko tente de concilier affirmation d’une ligne politique ferme et rappel des exigences institutionnelles. Reste désormais à savoir comment ce texte sera accueilli au sein de l’hémicycle et quelles seront les réactions de l’opinion publique face à cette initiative législative assumée.
Interpellé lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement ce mardi 24 février, le Premier ministre Ousmane Sonko est sorti de son silence sur l’affaire des personnes arrêtées dans un dossier lié à l’homosexualité, un sujet qui alimente depuis plusieurs semaines un vif débat au Sénégal. Face aux députés, le chef du gouvernement a tenu à dénoncer certaines dérives médiatiques et à préciser l’orientation du projet de réforme législative en préparation.
Dans un premier temps, Ousmane Sonko a fermement condamné la diffusion, dans certains médias et sur les réseaux sociaux, d’informations relatives au statut sérologique des personnes mises en cause. Il a qualifié ces pratiques d’« inadmissibles », estimant qu’elles constituent une atteinte grave à la vie privée et à la dignité humaine. Selon lui, la divulgation de données médicales sensibles ne saurait être tolérée dans un État de droit, quelles que soient la nature des accusations ou la sensibilité du dossier. Le Premier ministre a également souligné les conséquences sociales de telles révélations, affirmant qu’elles contribuent à exposer inutilement les familles à la stigmatisation et à la pression sociale.
Au-delà de la question du respect de la vie privée, le chef du gouvernement a abordé le volet législatif du dossier. Il a confirmé qu’un projet de loi est en préparation afin de durcir la répression des actes homosexuels, tout en précisant que le gouvernement n’entend pas transformer l’infraction en crime. « Le texte que je propose maintient l’infraction au niveau du délit », a-t-il déclaré, ajoutant que les différentes parties prenantes consultées s’accordent sur la nécessité de rester dans ce cadre juridique. Selon lui, les objectifs poursuivis par la réforme peuvent être atteints sans procéder à une criminalisation, qui aurait impliqué un changement plus radical dans la qualification pénale.
Dans un souci de clarification juridique, le Premier ministre a indiqué que le futur texte introduira une définition plus précise de la notion d’« acte contre nature », afin de lever les ambiguïtés interprétatives qui entourent actuellement l’article 319 du Code pénal. Cette réforme viserait, selon ses propos, à renforcer la sécurité juridique et à encadrer plus strictement l’application de la loi.
Par ailleurs, le projet de réforme ne se limiterait pas aux seuls actes eux-mêmes. Ousmane Sonko a annoncé que le dispositif législatif entend également sanctionner l’apologie et le financement de telles pratiques, élargissant ainsi le champ des infractions concernées. Cette orientation marque une volonté de renforcer l’arsenal juridique existant tout en conservant la qualification délictuelle.
Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement sensible, où les questions liées aux libertés individuelles, à la protection de la vie privée et aux valeurs sociétales suscitent de vives discussions au sein de l’opinion publique. En dénonçant la divulgation des statuts sérologiques tout en défendant un durcissement du cadre légal, le Premier ministre tente d’articuler une ligne politique qui conjugue fermeté juridique et respect des droits fondamentaux.
La crise qui secoue l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar ne faiblit pas. Plus de deux semaines après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu à la suite de violences policières lors d’affrontements sur le campus, les réactions continuent de se multiplier au sein de la communauté universitaire. Parmi les voix les plus critiques figure celle de Seydi Ababacar Ndiaye, maître de conférences au département de Génie chimique et ancien secrétaire général du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes), qui réclame ouvertement la démission de plusieurs autorités gouvernementales.
Dans un entretien accordé au journal L’Observateur, l’universitaire n’a pas mâché ses mots. Il estime que le Premier ministre Ousmane Sonko porte une responsabilité politique dans la gestion de la crise actuelle. Selon lui, les déclarations du chef du gouvernement, affirmant qu’il ne céderait pas à ce qu’il qualifie de « chantage » des étudiants, traduisent une posture inappropriée face à une situation aussi grave. Seydi Ndiaye rappelle que, par le passé, l’actuel Premier ministre avait bénéficié du soutien des étudiants lors de ses propres démêlés judiciaires sous le régime de Macky Sall, notamment lorsque des mobilisations universitaires avaient contribué à exercer une pression politique. Pour l’enseignant-chercheur, cette contradiction justifierait aujourd’hui une remise en cause de la légitimité du Premier ministre à conduire un dialogue apaisé avec la communauté estudiantine.
La critique vise également le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom. Seydi Ndiaye lui reproche un discours jugé inapproprié, tenu moins de vingt-quatre heures après les événements tragiques ayant conduit au décès de l’étudiant. Selon lui, ces prises de parole ont fragilisé les bases d’un dialogue déjà délicat et ont contribué à crisper davantage le climat au sein des universités publiques. Il considère que, dans un contexte marqué par l’émotion et la colère, les autorités auraient dû privilégier l’écoute, la retenue et l’ouverture de concertations inclusives avec l’ensemble des acteurs universitaires.
Au-delà des responsabilités individuelles, l’ancien responsable syndical dresse un constat plus large et plus sévère sur l’état du système universitaire sénégalais. Il estime que la situation actuelle reflète une faillite généralisée d’un modèle qui peine à se réformer en profondeur. Selon lui, les crises répétitives, les tensions sociales récurrentes et la surcharge chronique des infrastructures traduisent l’incapacité des décideurs à engager une véritable réflexion structurelle sur l’avenir de l’enseignement supérieur.
Seydi Ndiaye pointe notamment du doigt la situation de l’UCAD, qu’il décrit comme étant sous le poids d’un effectif dépassant largement les normes académiques connues. L’augmentation continue du nombre d’étudiants, combinée à des capacités d’accueil et d’encadrement insuffisantes, crée un terrain propice aux frustrations et aux conflits. Pour l’universitaire, la tragédie récente doit servir d’électrochoc et conduire à une refondation en profondeur du système, fondée sur la planification, l’investissement et un dialogue sincère entre l’État, les enseignants et les étudiants.
Le gouvernement sénégalais s’apprête à opérer un tournant majeur dans la gestion sécuritaire des espaces universitaires. Intervenant lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a clairement exprimé sa volonté de mettre fin à ce qu’il considère comme une « exceptionnalité » sécuritaire dont bénéficierait le campus social de l’université. Face aux récents affrontements et actes de vandalisme enregistrés dans cet espace, il a demandé au ministre de l’Intérieur de traiter cette zone « comme n’importe quel quartier de Dakar », ouvrant ainsi la voie à l’installation d’un commissariat permanent afin d’y assurer la sécurité des personnes et des biens.
Cette déclaration marque un changement de doctrine significatif. Jusqu’ici, les interventions des forces de défense et de sécurité dans les espaces universitaires étaient entourées de précautions liées aux franchises universitaires, héritées d’une tradition visant à protéger la liberté académique et l’autonomie des institutions d’enseignement supérieur. Toutefois, le Premier ministre a tenu à clarifier un point juridique central : le campus social, qui regroupe les résidences étudiantes, restaurants et infrastructures de vie quotidienne, ne relève pas du même régime que les amphithéâtres et salles de cours. Selon lui, ces espaces académiques bénéficient d’une protection spécifique, mais les lieux d’hébergement ne peuvent constituer des zones échappant durablement à l’exercice des prérogatives régaliennes de l’État.
Pour justifier cette inflexion, le chef du gouvernement a évoqué des « rapports de renseignement alarmants » faisant état d’un projet de sabotage d’envergure. Ces informations auraient révélé l’existence d’un plan visant notamment l’incendie de la bibliothèque universitaire et le pillage de restaurants, ce qui aurait constitué une menace grave pour la sécurité des étudiants et pour le patrimoine public. Selon Ousmane Sonko, c’est ce « péril imminent » qui a motivé l’intervention des forces de l’ordre lors des événements récents. L’objectif affiché est désormais d’empêcher que des groupes restreints puissent organiser ou planifier des troubles dans un espace considéré comme insuffisamment encadré sur le plan sécuritaire.
Cependant, la fermeté affichée par le gouvernement s’accompagne d’une reconnaissance explicite de défaillances dans la gestion des opérations. Dans un exercice d’autocritique rare à ce niveau de responsabilité, le Premier ministre a dénoncé des « manquements manifestes » au sein des Forces de Défense et de Sécurité. Il a notamment évoqué une latence opérationnelle, estimant que l’intervention est intervenue tardivement, après qu’un premier restaurant universitaire eut déjà été mis à sac. Plus grave encore, il a pointé un usage excessif de la force, rappelant que le maintien de l’ordre doit impérativement se faire dans le respect de l’intégrité physique des citoyens. Selon lui, certaines dérives observées ne sauraient être tolérées par son gouvernement.
Face à ces constats, une enquête a été ouverte afin de déterminer les responsabilités. Le Premier ministre a indiqué que des mesures conservatoires ont déjà été prises sur la base d’un pré-rapport et que des sanctions exemplaires seront appliquées si les fautes sont confirmées. Tout en appelant à ne pas discréditer l’ensemble des forces de sécurité, il a insisté sur la nécessité d’une exigence de responsabilité et de professionnalisme dans les interventions futures.
L’annonce de l’installation d’un commissariat au campus social suscite déjà des débats au sein de la communauté universitaire et de l’opinion publique. Pour le gouvernement, il s’agit d’une mesure de sécurisation durable visant à protéger les étudiants et les infrastructures. Pour d’autres, la décision pose la question sensible de l’équilibre entre sécurité et autonomie universitaire. Ce projet, s’il se concrétise, pourrait redéfinir en profondeur la relation entre l’État et l’espace universitaire, en consacrant une présence policière permanente là où prévalait jusque-là une gestion plus ponctuelle des crises.
Suite aux interrogations soulevées par l’affaire des six véhicules liés à la RTS1, le lanceur d’alerte Idrissa Fall Cissé a annoncé avoir officiellement saisi l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) afin d’éclaircir les zones d’ombre entourant ce dossier. Dans une déclaration rendue publique, il a indiqué que sa démarche s’inscrit dans une volonté de promouvoir la transparence et la bonne gouvernance dans la gestion des ressources publiques, notamment dans les structures étatiques ayant des missions stratégiques comme la radiodiffusion nationale.
Selon lui, cette saisine a été accompagnée d’un dossier composé d’une note explicative détaillant les faits présumés ainsi que de quinze pièces justificatives. L’objectif de cette documentation est de permettre aux enquêteurs de l’OFNAC d’examiner les éléments en toute indépendance et de procéder, si nécessaire, à des investigations approfondies. Idrissa Fall Cissé insiste sur le fait que sa démarche ne vise ni à accuser ni à condamner des personnes avant la fin des vérifications, mais à contribuer à l’établissement de la vérité dans un cadre légal et institutionnel.
Le lanceur d’alerte a également tenu à préciser que son action relève d’un engagement citoyen fondé sur le respect des institutions de la République et la préservation de l’exemplarité dans la gestion publique. Pour lui, la dénonciation d’éventuelles irrégularités constitue un devoir civique lorsqu’elle est fondée sur des informations crédibles et transmise aux structures compétentes chargées du contrôle de l’utilisation des fonds publics. Il a exprimé sa confiance envers l’OFNAC pour mener les vérifications nécessaires et apporter les éclaircissements attendus par l’opinion publique sur cette affaire qui suscite de nombreuses interrogations.
Par ailleurs, Idrissa Fall Cissé a indiqué qu’il travaille également sur d’autres saisines qui seront prochainement transmises à l’OFNAC. Ces nouvelles démarches seraient liées à des informations provenant de travailleurs évoluant au sein de certaines agences et directions publiques, qui auraient signalé des présumées irrégularités dans la gestion administrative et financière. Il a toutefois précisé que ces futures plaintes seront déposées dans le strict respect des procédures légales, du principe de présomption d’innocence et des règles juridiques encadrant les mécanismes d’alerte et de dénonciation des faits de corruption présumée.
À travers cette initiative, Idrissa Fall Cissé souhaite inscrire son action dans une dynamique de renforcement de la gouvernance publique et de consolidation de la confiance entre les citoyens et les institutions chargées du contrôle des finances publiques. Il estime que la transparence et la reddition des comptes demeurent des piliers essentiels pour assurer une gestion saine et responsable des ressources de l’État.
La situation financière de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) suscite une vigilance accrue des autorités. Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a récemment alerté sur l’ampleur des dettes publiques et des pertes liées à la fraude électrique, deux phénomènes qui fragilisent la performance du secteur énergétique national.
Selon les chiffres avancés, les factures d’électricité impayées par plusieurs institutions publiques atteignent environ 48,5 milliards de francs CFA. Cette dette constitue, selon le ministre, un frein majeur aux ambitions gouvernementales d’atteindre l’accès universel à l’électricité sur l’ensemble du territoire sénégalais. Il souligne que ces impayés créent une pression supplémentaire sur la trésorerie de la Société nationale d’électricité du Sénégal, qui doit déjà faire face à des défis structurels liés à la production, à la distribution et à l’investissement dans les infrastructures énergétiques.
Au-delà des impayés, le ministre a également dénoncé le phénomène des « pertes non techniques », un terme utilisé pour désigner principalement la fraude, le vol et les branchements illégaux sur le réseau électrique. Bien que les montants précis n’aient pas été publiquement détaillés, ces pertes sont considérées comme extrêmement élevées et représentent un manque à gagner important pour l’entreprise publique. Selon le ministre, la combinaison des impayés institutionnels et des détournements d’énergie constitue un obstacle majeur à la réduction du coût de l’électricité pour les populations sénégalaises, estimées à plus de 18 millions d’habitants.
Face à cette situation, Birame Soulèye Diop a annoncé la mise en œuvre d’un plan d’actions « coup de poing » prévu sur la période 2026-2027. Ces mesures viseront principalement à renforcer le recouvrement des créances publiques, à intensifier la lutte contre la fraude énergétique et à améliorer l’efficacité globale du système électrique national. Le gouvernement entend également s’appuyer sur un mix énergétique plus performant afin de stabiliser la production et de sécuriser l’approvisionnement en énergie.
Malgré ces difficultés, le ministre a tenu à saluer les efforts du personnel et de la direction de la Senelec, soulignant la résilience globale de l’entreprise dans un environnement économique complexe. Il a toutefois insisté sur le fait que l’impunité en matière de non-paiement des factures et de fraude énergétique ne sera plus tolérée, laissant entendre que des sanctions administratives, financières ou judiciaires pourraient accompagner les prochaines opérations de contrôle.
Un incendie d’une ampleur préoccupante s’est déclaré cet après-midi sur le site de Grande Côte Opérations (GCO), à Diogo, dans la région de Thiès. Le sinistre touche particulièrement l’usine dite « WCP » (Wet Concentration Plant), considérée comme l’une des installations stratégiques du complexe industriel dédié à l’exploitation du zircon.
Selon les premières informations recueillies sur place, les flammes se sont rapidement propagées à l’intérieur de cette unité névralgique, provoquant d’importants dégâts matériels. D’épais panaches de fumée noire sont visibles à plusieurs kilomètres à la ronde, notamment depuis la commune de Mboro, alimentant l’inquiétude des populations riveraines. La violence du brasier et la nature industrielle des installations compliquent considérablement les opérations de secours.
Les équipes de sécurité interne de l’entreprise, appuyées par les sapeurs-pompiers, sont mobilisées depuis le déclenchement de l’alerte. Toutefois, la configuration du site et les matériaux présents dans le processus de traitement minier rendent l’intervention particulièrement délicate. Les secours s’emploient à contenir la propagation des flammes afin d’éviter que l’incendie ne gagne d’autres unités de production.
L’alerte a notamment été relayée par le journaliste Ayoba Faye, basé à Mboro, qui a confirmé la gravité de la situation dans une publication sur les réseaux sociaux. Il évoque des difficultés rencontrées par les secours pour maîtriser le feu, soulignant que l’usine WCP concentre une part importante de la production du site.
À ce stade, aucune perte en vie humaine n’a été officiellement signalée. Cependant, l’ampleur des dégâts matériels pourrait être significative. L’arrêt prolongé de l’usine WCP risquerait d’affecter le rendement annuel de la filière zircon, un secteur clé pour l’économie régionale et nationale. La production de zircon constitue en effet l’un des piliers des exportations minières du Sénégal, particulièrement dans la zone de Thiès.
La direction de Grande Côte Opérations ne s’est pas encore exprimée publiquement sur les causes exactes du sinistre ni sur l’évaluation précise des dommages. Une enquête devra déterminer l’origine de l’incendie et établir les responsabilités éventuelles.
En attendant des communications officielles, les autorités locales et les services de sécurité restent mobilisés pour contenir le feu et sécuriser le périmètre. La situation demeure évolutive et suscite une vive attention au sein des communautés riveraines et des acteurs économiques concernés.
Après neuf jours de détention, Waly Faye a été libéré sous contrôle judiciaire, une décision qui marque une étape importante dans l’affaire le concernant, mais qui, selon lui, n’altère en rien sa conviction d’innocence. Dès sa sortie, l’intéressé s’est exprimé publiquement, soulignant que cette libération ne constitue qu’une formalité judiciaire nécessaire pour faire la lumière sur les événements du 9 février. « Une chose est sûre : jamais ils n’auront raison sur moi », a-t-il écrit sur sa page Facebook, affirmant ainsi sa détermination intacte face aux accusations qui pèsent sur lui.
Waly Faye a lié sa démarche à une dimension spirituelle et morale, rejetant fermement les accusations et affirmant que ses détracteurs ne pourraient jamais prendre l’ascendant sur sa volonté. Il a également profité de cette première sortie pour s’adresser à la nation, rappelant que l’avenir du Sénégal repose sur une jeunesse consciente et dynamique, dont il entend porter les aspirations et la voix. Cette déclaration témoigne de sa volonté de transformer une épreuve personnelle en une tribune pour défendre des enjeux plus larges touchant à l’éducation, à la citoyenneté et au rôle des jeunes dans la société.
La sortie de cellule de Waly Faye a également mis en lumière l’ampleur du soutien dont il bénéficie. Il a exprimé sa gratitude envers les populations de Diourbel et de Fatick, ses terres natales, ainsi qu’au corps professoral et aux étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Il a également salué l’appui des communautés religieuses, notamment le mouvement mouhidiste, soulignant que ce soutien moral constitue un pilier central dans sa résistance face à la pression judiciaire.
Malgré les contraintes imposées par la justice, Waly Faye entend rester actif sur la scène publique. Il a annoncé qu’il reviendra prochainement pour détailler ses perspectives et les orientations de son engagement, promettant de défendre le peuple sénégalais « quel qu’en soit le prix ». Cette sortie marque ainsi un moment de refondation de son engagement politique et social, et laisse entrevoir une poursuite de son parcours caractérisée par une confrontation directe avec les défis actuels du Sénégal, dans les domaines politique, social et éducatif.
Son message, mêlant détermination, remerciements et vision d’avenir, traduit une stratégie de communication claire : transformer une situation judiciaire délicate en une occasion de renforcer son influence et de consolider sa base de soutien auprès des citoyens, des intellectuels et des acteurs religieux. La nation observe désormais comment cette étape juridique pourra façonner le rôle de Waly Faye dans le débat public et dans les prochaines échéances politiques.
Le climat social demeure particulièrement tendu au Sénégal, sur fond de scandale sanitaire et de révélations troublantes liées à une affaire présumée de pédophilie impliquant la transmission volontaire du VIH. Dans ce contexte lourd d’émotion et d’indignation, le Syndicat Unique des Travailleurs de la Santé et de l’Action Sociale (SUTSAS) est sorti de sa réserve pour dénoncer ce qu’il qualifie d’inaction du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique face aux urgences sanitaires et sociales.
Réuni en Secrétariat Exécutif Permanent, le syndicat a dressé un constat sévère de la gestion actuelle du secteur. Au centre de ses critiques figure le traitement de l’affaire dite « Softcare », ainsi que la prise en charge des victimes et des familles affectées par les récents scandales de mœurs. Pour le SUTSAS, la réponse des autorités ne saurait se limiter à l’ouverture d’enquêtes judiciaires ou à des interpellations spectaculaires. Elle doit également intégrer une dimension humaine, sociale et psychologique.
Birahim Dieng, chargé des revendications du syndicat, insiste sur l’urgence d’une prise en charge holistique des victimes, en particulier des mineurs et des familles exposées médiatiquement. Selon lui, la révélation publique du statut sérologique de certains parents risque d’entraîner une stigmatisation durable, notamment pour les enfants concernés. Le syndicat appelle ainsi à la mise en place immédiate d’un accompagnement psychosocial structuré afin d’éviter des traumatismes supplémentaires et une marginalisation sociale accrue.
Au-delà de la gestion de cette crise spécifique, le SUTSAS met en lumière un problème structurel qu’il juge déterminant : le détachement du département de l’Action sociale du ministère de la Santé. Cette réorganisation administrative est perçue par les syndicalistes comme un affaiblissement des capacités d’intervention sur le terrain. Selon eux, ce « divorce » institutionnel a privé les services sociaux de ressources essentielles, au moment même où les besoins augmentent.
Les Centres de Promotion et de Réinsertion Sociale (CPRS), notamment, seraient confrontés à un manque criant de moyens humains et matériels. Cette situation serait d’autant plus préoccupante que le pays enregistre une hausse des accidents de la route, avec pour conséquence une augmentation du nombre de personnes en situation de handicap nécessitant un accompagnement spécialisé et de longue durée.
Le syndicat attire également l’attention sur la dégradation des conditions de travail dans plusieurs établissements publics de santé, en particulier dans le nord du pays. À Saint-Louis et à Richard-Toll, les infrastructures et les ressources seraient insuffisantes pour répondre efficacement aux besoins des populations. Le SUTSAS évoque une situation critique dans ces structures, marquée par un déficit de personnel, des tensions organisationnelles et des difficultés logistiques persistantes.
Par ailleurs, l’organisation syndicale rappelle que plusieurs revendications anciennes restent sans réponse. Elle cite notamment l’épurement du passif social concernant les agents contractuels et ceux des collectivités territoriales, la révision des plans de carrière des professionnels de santé et la résolution de la crise au sein de l’Agence de Réglementation Pharmaceutique. Pour le syndicat, ces dossiers en suspens traduisent un manque de dialogue et de volonté politique.
Face à ce qu’il considère comme une absence de réaction adéquate aux « urgences de l’heure », le SUTSAS prévient qu’il pourrait durcir le ton si des mesures concrètes ne sont pas rapidement adoptées. La protection des victimes, la restauration des moyens de l’action sociale et l’amélioration des conditions de travail des agents de santé apparaissent désormais comme des priorités que le syndicat entend placer au cœur du débat public.
L’économiste et consultant Babacar Gaye tire la sonnette d’alarme sur la situation budgétaire du Sénégal. Selon ses estimations, le budget de l’État pourrait enregistrer un manque à gagner compris entre 560 et 600 milliards de francs CFA en recettes fiscales pour l’exercice en cours. Une projection préoccupante qui repose, d’après lui, sur un décalage significatif entre les ambitions affichées par le gouvernement et la dynamique économique réellement observée.
Alors que les autorités tablent sur une croissance de 5 %, le Fonds monétaire international, à l’issue d’une mission d’audit menée à Dakar en novembre 2025, a revu ses prévisions à 3 %. Pour Babacar Gaye, cette révision ne doit pas être minimisée. Il souligne que les fondamentaux de l’économie, en dehors du secteur des hydrocarbures, montrent des signes de fragilité qui pourraient peser lourdement sur les performances fiscales.
L’économiste met en avant une corrélation qu’il qualifie de mécanique : chaque point de croissance perdu entraînerait une baisse de 1,2 point des recettes fiscales. Avec un écart de deux points entre la prévision gouvernementale et celle du FMI, ce serait environ 2,4 % du PIB qui risqueraient de ne pas se matérialiser en recettes. En valeur absolue, cela représenterait une somme supérieure aux budgets cumulés de plusieurs ministères et près de la moitié des ressources prévues dans le Plan de redressement économique et social.
Un tel manque à gagner aurait des répercussions directes sur l’équilibre des finances publiques. Selon Babacar Gaye, la différence pourrait faire basculer le déficit public d’un niveau maîtrisé de 5,37 % à un seuil dépassant les 7 % du PIB. Une dérive de cette ampleur fragiliserait la crédibilité financière du pays auprès de ses partenaires techniques et financiers ainsi que sur les marchés internationaux.
Pour éviter un choc budgétaire en fin d’exercice, l’économiste recommande une réaction rapide du ministère des Finances. Il préconise l’élaboration d’une loi de finances rectificative dès le deuxième trimestre 2026, fondée sur une hypothèse de croissance médiane de 3,5 %. L’objectif serait d’ajuster à temps les dépenses et les prévisions de recettes afin de prévenir une éventuelle crise de trésorerie et de préserver la stabilité macroéconomique du pays.
Le Premier Ministre du Sénégal a consacré une partie importante de sa communication au développement stratégique de la filière Peaux et Cuirs, la qualifiant de secteur à fort effet d’entraînement pour l’économie nationale et d’un levier majeur de l’Agenda national de Transformation. Dans le cadre du Plan spécial d’Investissement et de Financement (2026-2028), le gouvernement entend utiliser cette filière pour renforcer la souveraineté nationale, densifier le tissu industriel et améliorer les conditions de vie des populations. Selon le Premier Ministre, ce choix stratégique vise à mieux articuler les politiques sectorielles, l’aménagement du territoire et la stratégie industrielle du pays.
Le Sénégal dispose d’un potentiel significatif en matière de production de peaux, issu de l’élevage bovin, ovin et caprin. Cependant, plus de 70 % des peaux sont exportées brutes, générant une perte de valeur ajoutée importante. Le taux de transformation locale des cuirs et peaux reste inférieur à 5 %, malgré le savoir-faire artisanal existant. Le Premier Ministre a insisté sur la nécessité de développer la transformation industrielle afin de valoriser cette matière première et de réduire le circuit parallèle informel d’exportation.
Le développement de cette filière pourrait constituer un moteur majeur pour l’économie sénégalaise, en créant des industries à forte valeur ajoutée dans la maroquinerie, l’habillage intérieur automobile et le mobilier. À l’horizon 2034, la filière pourrait générer plus de 130 000 emplois formels et un chiffre d’affaires estimé à 1 549 milliards de FCFA. Elle représente également une opportunité d’inclusion économique, notamment pour les jeunes et les femmes, tout en renforçant la formalisation des acteurs et en améliorant durablement les revenus dans les territoires. Les Pôles-Territoires Centre et Ouest sont appelés à devenir le cœur industriel du cuir sénégalais, avec un accent sur la structuration de la filière, la modernisation de la production et la montée en gamme industrielle.
À plus long terme, le Premier Ministre a présenté la vision d’un écosystème territorial intégré à l’horizon 2050, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur : de la production modernisée et du conditionnement à la transformation industrielle en produits finis, en passant par les services d’appui et la commercialisation locale et internationale. L’objectif est de créer une véritable zone industrielle et artisanale centrée sur les cuirs, peaux et phanères, incluant le développement de l’industrie du tannage.
Pour atteindre ces ambitions, il a demandé aux ministres des Finances et du Budget, de l’Industrie et du Commerce, de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Souveraineté alimentaire, ainsi qu’aux ministres des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du Territoire, de prendre toutes les mesures nécessaires pour concevoir et mettre en œuvre un projet intégrateur de développement artisanal et industriel, en s’appuyant notamment sur les Zones économiques spéciales à implanter dans les Pôles-Territoires concernés.
Au-delà de la filière Peaux et Cuirs, le Premier Ministre a abordé la nouvelle Politique agricole, dont la finalisation est prévue pour mai 2026. Il a rappelé les orientations clés concernant le financement, les subventions, le foncier, la production, l’industrie, les infrastructures et les partenariats.
Il a également évoqué la question de la surpopulation carcérale, demandant au Ministre de la Justice de fournir un rapport détaillé sur le sujet, afin de mieux cerner les mesures nécessaires pour remédier à cette situation.
Enfin, le Premier Ministre a fait le point sur sa participation à la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Africaine, qui s’est tenue à Addis-Abeba les 14 et 15 février 2026, et a informé le Conseil qu’il se rendra le 24 février à l’Assemblée nationale, avec l’ensemble du Gouvernement, pour la session trimestrielle de questions d’actualité.
Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présenté au Conseil des ministres, le 17 février 2026, une communication détaillée portant sur plusieurs axes stratégiques, allant du soutien aux communautés religieuses à la consolidation de l’action territoriale de l’État, en passant par le développement de la jeunesse et le renforcement du rôle des femmes dans l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050.
À l’occasion du début du mois béni de Ramadan et du Carême, le Chef de l’État a adressé ses vœux à la Oumah islamique et à la communauté chrétienne, tout en priant pour la paix, la prospérité et la solidarité nationale. Il a également salué le dialogue interreligieux au Sénégal et rappelé au Gouvernement l’importance de renforcer les ressources consacrées au culte, par l’intermédiaire notamment de la Délégation générale aux Affaires religieuses (DEGAR), afin d’accompagner les communautés dans cette période de ferveur spirituelle.
Sur le plan de la gouvernance territoriale, le Président a informé avoir tenu un séminaire le 12 février 2026 avec les gouverneurs de région, en présence du Premier ministre et de plusieurs membres du Gouvernement. Il a félicité le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique et les gouverneurs pour la qualité de leur travail sur le terrain, soulignant l’importance de la subsidiarité et de la gouvernance de proximité. Le Chef de l’État a demandé au Gouvernement de prendre en compte les priorités régionales soumises par chaque gouverneur et d’arrimer ces actions à l’Agenda national de Transformation. Il a insisté sur la modernisation de l’État territorial à travers une nouvelle doctrine de déconcentration et la mise en œuvre d’un Plan de Modernisation de l’Administration territoriale, incluant la construction de bâtiments et d’édifices publics pour renforcer la proximité et l’efficacité des services de l’État.
L’amélioration des infrastructures de base et des services publics a été mise en avant, avec des priorités incluant le foncier et le développement urbain, l’accès à l’eau potable et la gouvernance hydraulique rurale, l’électrification et le désenclavement, la sécurisation des zones frontalières, ainsi que le développement de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et la gestion forestière. Le Président a demandé la tenue régulière de conférences régionales d’évaluation et de réunions interministérielles semestrielles pour suivre l’action de l’État dans les régions.
En matière de jeunesse, le Président a rappelé le rôle central des jeunes dans la mise en œuvre de l’Agenda Sénégal 2050, à l’occasion de la célébration de la fête nationale du 4 avril. Il a demandé au Gouvernement de renforcer les actions en faveur de la jeunesse, d’améliorer leur environnement économique et social, de finaliser la nouvelle Politique nationale de la jeunesse, de mettre en place le Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal avant la fin du premier semestre 2026 et de préparer la Semaine nationale de la Jeunesse.
Concernant les femmes, le Président a appelé à consolider leur rôle dans l’Agenda national de Transformation, à travers la finalisation du projet de loi sur l’autonomisation économique, la mise en œuvre d’une nouvelle Stratégie nationale pour l’Équité et l’Égalité de Genre et la réforme de l’Observatoire national de la Parité. Il a également demandé de renforcer les dispositifs de coopération, de formation, d’encadrement et de financement des femmes via les ministères concernés.
Enfin, le Président de la République a informé le Conseil qu’il a présidé, le 17 février 2026, à Diamniadio, la cérémonie de pose de la première pierre de la Maison des Avocats, marquant ainsi le lancement d’une infrastructure majeure au service de la justice et des professions juridiques au Sénégal.
La tension monte autour de la gouvernance du médicament au Sénégal. Après avoir multiplié les alertes dans le dossier Softcare, relatif à l’utilisation présumée de matières premières périmées dans la fabrication de serviettes hygiéniques et de couches pour bébés, le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) revient à la charge. Dans un communiqué publié ce mercredi 18 février, le syndicat dénonce ce qu’il qualifie de « violation de la procédure de la tenue de la Commission nationale du médicament (CNM) » par l’Autorité de régulation pharmaceutique (ARP), à l’occasion de la session tenue les 16 et 17 février à Dakar.
Selon le SAMES, la première session 2026 de la CNM se serait déroulée sans la réunion préalable du Comité technique d’experts. Or, rappellent les syndicalistes, l’évaluation scientifique des dossiers de demande d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) constitue une étape obligatoire avant toute délibération ou décision de la Commission nationale du médicament. Cette phase d’expertise est censée garantir la conformité des produits pharmaceutiques aux normes de qualité, de sécurité et d’efficacité en vigueur.
Pour le syndicat, l’absence de cette étape technique remet en cause la régularité du processus décisionnel et expose le système de régulation à des risques majeurs. Le SAMES estime qu’il s’agit d’une entorse aux dispositions communautaires et nationales encadrant l’octroi des AMM, et considère que toute dérogation aux procédures établies fragilise la crédibilité du dispositif de contrôle pharmaceutique.
Dans son communiqué, l’organisation exige que toute décision relative à l’octroi d’une Autorisation de Mise sur le Marché s’inscrive dans le strict respect des procédures réglementaires. Elle insiste sur la nécessité de préserver la sécurité sanitaire et de maintenir la confiance des professionnels de santé ainsi que des citoyens. Pour le SAMES, la protection de la santé publique doit demeurer une priorité absolue, fondée sur la transparence, la rigueur scientifique et la conformité aux textes en vigueur.
Cette nouvelle dénonciation intervient dans un climat déjà tendu entre le syndicat et l’Autorité de régulation pharmaceutique. Le SAMES a récemment évoqué des pratiques qu’il qualifie de favoritisme, de corruption et de népotisme au sein de l’ARP, des accusations qui ont renforcé la crispation autour du fonctionnement de l’instance chargée de la régulation du secteur pharmaceutique.
Au-delà de la polémique institutionnelle, l’enjeu demeure celui de la fiabilité du système d’homologation des produits de santé au Sénégal. Dans un contexte où les questions de qualité des médicaments et de dispositifs médicaux sont particulièrement sensibles, toute remise en cause des procédures réglementaires suscite de vives inquiétudes au sein du corps médical et de l’opinion publique.
L’affaire liée aux affrontements du 9 février 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) prend une tournure judiciaire lourde pour les représentants du Collectif des Amicales des étudiants. Placés sous contrôle judiciaire ce mercredi, les principaux responsables étudiants font face à une série d’infractions qualifiées de graves par le parquet.
Selon leur avocat, Me Aboubacry Barro, les poursuites engagées contre ses clients couvrent plusieurs chefs d’accusation. Il s’agit notamment de participation à une manifestation non déclarée, d’actions diverses assimilées à des troubles à l’ordre public, de dégradation de biens publics et de manœuvres susceptibles de compromettre la sécurité publique. À cela s’ajoutent des accusations particulièrement sensibles telles que la réception de fonds en vue de compromettre la sécurité publique, la violence à agent dans l’exercice de ses fonctions, ainsi que la détention illégale d’armes et de munitions.
Ces qualifications pénales exposent les mis en cause à des risques judiciaires importants si elles venaient à être confirmées à l’issue de l’instruction. Me Barro a précisé que, dans son réquisitoire, le Procureur de la République avait requis le placement sous mandat de dépôt des étudiants concernés, ce qui aurait conduit à leur incarcération en attendant le jugement.
Toutefois, le juge d’instruction a finalement décidé d’opter pour un placement sous contrôle judiciaire, une mesure moins contraignante que la détention préventive. Les étudiants restent donc en liberté, mais soumis à des obligations strictes. Ils devront notamment se présenter à la fin de chaque mois devant le Doyen des juges d’instruction pour émarger, en attendant l’évolution de la procédure.
L’avocat de la défense a salué cette décision, estimant qu’elle traduit « un sens élevé de la politique pénale et une intelligence conciliante ». Pour lui, le choix du contrôle judiciaire permet de préserver la liberté des étudiants tout en garantissant leur disponibilité pour les besoins de l’enquête.
Les étudiants concernés sont Demba Ka, président de l’Amicale de la Faculté des Lettres, Bathie Fall, président de la commission sociale de l’Amicale de la Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP), Wally Faye, président de l’Amicale de la FSJP, ainsi que deux autres étudiants interpellés dans le cadre de la même affaire.
Cette procédure judiciaire s’inscrit dans un contexte de forte tension au sein de l’enseignement supérieur sénégalais, marqué par des revendications sociales et académiques persistantes. L’évolution du dossier sera suivie de près par la communauté universitaire, alors que la question de la gestion des mouvements estudiantins et du maintien de l’ordre sur les campus continue de susciter un vif débat.
La tension monte au campus social de Kaffrine, rattaché à l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (USSEIN). Ce mercredi, les étudiants ont tenu une conférence de presse pour alerter l’opinion publique sur la dégradation continue de leurs conditions d’études et pour affirmer leur solidarité avec le mouvement national qui secoue l’enseignement supérieur sénégalais.
Au nom de ses camarades, Zacharia Bakary, secrétaire général de l’amicale de l’UFR Sciences sociales et environnementales, a dressé un constat préoccupant. Selon lui, l’absence d’infrastructures universitaires propres contraint les étudiants à suivre leurs cours dans des abris provisoires installés au sein du Centre régional de formation du personnel éducatif. Un espace initialement destiné aux élèves-maîtres et aujourd’hui partagé, dans des conditions jugées inadaptées à un enseignement supérieur digne de ce nom.
Cette cohabitation forcée, combinée au manque de salles de cours, de bibliothèques fonctionnelles et d’espaces administratifs, freinerait considérablement l’épanouissement académique des étudiants et poserait la question même de l’identité universitaire à Kaffrine. Pour les responsables des amicales, il est urgent que des infrastructures permanentes soient érigées afin de garantir un environnement d’apprentissage stable et conforme aux standards universitaires.
Au-delà de la question des infrastructures, les étudiants dénoncent un encadrement pédagogique insuffisant, marqué par un déficit d’enseignants et des difficultés d’organisation académique. À cela s’ajoutent, selon eux, des retards récurrents dans le paiement des bourses, qui plongent de nombreux étudiants dans une précarité sociale préoccupante. Les lourdeurs administratives sont également pointées du doigt, accusées de ralentir les démarches académiques et de compliquer inutilement leur parcours universitaire.
Dans ce contexte déjà tendu, les étudiants de Kaffrine ont également exigé la libération de leurs camarades actuellement en détention dans le cadre des mouvements universitaires récents. Ils estiment que cette mesure constitue une condition essentielle pour restaurer un climat d’apaisement et favoriser la reprise sereine des activités académiques.
La conférence de presse a également été marquée par un hommage appuyé à Abdoulaye Ba, étudiant décédé le 9 janvier dernier lors d’affrontements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop. Pour les étudiants de Kaffrine, ce drame symbolise la profondeur de la crise que traverse l’enseignement supérieur sénégalais. Ils appellent ainsi les autorités à apporter une réponse structurelle et durable aux revendications étudiantes, notamment sur la réforme des bourses, la réouverture des restaurants universitaires et l’amélioration globale des conditions d’études.
Les trois représentants du Collectif des Amicales des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), interpellés à la suite des affrontements du 9 février 2026 entre forces de l’ordre et étudiants, ont été remis en liberté. Ils demeurent toutefois placés sous contrôle judiciaire. L’annonce a été faite par leur avocat, Me Aboubacry Barro, lors d’une intervention sur les ondes de Sud FM.
Les étudiants concernés sont Demba Ka, président de l’Amicale de la Faculté des Lettres, Bathie Fall, président de la commission sociale de l’Amicale de la Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP), ainsi que Wally Faye, président de l’Amicale de la FSJP. Leur interpellation faisait suite aux violences survenues sur le campus social et pédagogique, dans un contexte de tensions persistantes entre étudiants et autorités universitaires.
Selon Me Barro, la procédure a également concerné deux autres étudiants, qui se sont ajoutés aux trois responsables d’amicales. Tous ont finalement bénéficié d’une remise en liberté. Toutefois, cette libération s’accompagne de mesures restrictives. Les étudiants sont placés sous contrôle judiciaire et devront se présenter à la fin de chaque mois devant le Doyen des juges d’instruction pour émarger, conformément aux obligations fixées par l’autorité judiciaire.
Cette décision judiciaire intervient dans un climat universitaire encore marqué par les tensions. Les affrontements du 9 février avaient ravivé le débat sur les conditions d’études, les retards académiques et la gestion des revendications sociales sur le campus. La libération des représentants des amicales pourrait contribuer à apaiser la situation, même si la procédure judiciaire suit son cours.
Du côté des étudiants, la mesure est perçue comme un soulagement partiel, dans l’attente d’un dénouement définitif du dossier. Pour leurs conseils, le respect strict des obligations liées au contrôle judiciaire sera déterminant pour la suite de la procédure. L’évolution de cette affaire reste donc suivie de près, tant par la communauté universitaire que par l’opinion publique.
Le commerce extérieur sénégalais a clôturé l’année 2025 sur une note particulièrement remarquable. D’après le Bulletin mensuel des statistiques du commerce extérieur publié le 18 février 2026 par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les exportations du mois de décembre ont atteint 825,3 milliards de FCFA, contre 323,6 milliards en novembre, soit une progression impressionnante de 155,0 % en l’espace d’un mois.
Cette performance exceptionnelle confirme la montée en puissance du Sénégal sur les marchés internationaux, notamment dans les secteurs extractif et énergétique, qui constituent désormais des piliers structurants de la balance commerciale nationale. En glissement annuel, la hausse est tout aussi significative, les exportations de décembre 2025 affichant une progression de plus de 100 % par rapport à décembre 2024.
L’or non monétaire s’impose comme le principal moteur de cette dynamique. Avec des ventes évaluées à 206,8 milliards de FCFA en décembre, ce produit a largement doublé ses performances par rapport au mois précédent. Cette envolée traduit la forte demande internationale pour le métal précieux, mais également le rôle stratégique croissant du secteur minier dans l’économie sénégalaise.
Le secteur des hydrocarbures confirme également son rôle central dans cette croissance. Les exportations d’huiles brutes de pétrole se sont élevées à 106,3 milliards de FCFA, tandis que celles des produits pétroliers raffinés ont atteint 90,4 milliards de FCFA. Ces chiffres illustrent l’impact direct de la nouvelle configuration énergétique du pays, marquée par l’entrée en production et la valorisation accrue des ressources nationales. La transformation du Sénégal en exportateur d’hydrocarbures commence ainsi à produire des effets tangibles sur les comptes extérieurs.
Malgré cette dynamique globale très favorable, certains segments ont connu des performances plus modestes. Les expéditions de phosphates ont enregistré une chute de moitié en un mois, tandis que les produits de la mer, notamment les mollusques et crustacés, ont affiché un léger recul. Ces baisses sectorielles n’ont toutefois pas suffi à inverser la tendance générale, largement portée par les produits miniers et énergétiques.
Au-delà de la performance mensuelle, le bilan annuel consolidé confirme la solidité de cette trajectoire ascendante. À la fin du mois de décembre 2025, le cumul des exportations sénégalaises s’établit à 5 935,2 milliards de FCFA, contre 3 909,1 milliards en 2024, soit une augmentation globale de 51,8 % sur un an. Cette progression marque un tournant stratégique pour l’économie nationale et témoigne d’une insertion de plus en plus affirmée du Sénégal dans les échanges mondiaux.
Le commerce extérieur sénégalais a connu un net ralentissement en fin d’année 2025. Selon les données publiées dans le Bulletin mensuel des statistiques du commerce extérieur de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les importations du mois de décembre 2025 se sont établies à 544,8 milliards de FCFA, contre 713,3 milliards enregistrés en novembre, soit une baisse significative de 23,6 % en l’espace d’un mois.
La contraction apparaît encore plus marquée en glissement annuel. Comparées à décembre 2024, les importations affichent un recul de 24,6 %, traduisant un ajustement notable des échanges commerciaux du pays à la clôture de l’exercice. Cette évolution met en lumière une dynamique contrastée, entre ralentissement conjoncturel et maintien d’une certaine stabilité sur l’ensemble de l’année.
Dans le détail, cette baisse mensuelle s’explique principalement par l’effondrement des acquisitions de matériels de transport. Celles-ci sont passées d’environ 196 milliards de FCFA en novembre à seulement 7,3 milliards en décembre, représentant l’essentiel de la diminution globale. Une telle chute suggère un effet ponctuel lié à d’importantes commandes enregistrées le mois précédent, ou à un report d’achats structurants.
D’autres segments ont également contribué à la baisse, notamment les produits pharmaceutiques ainsi que le sucre, dont les importations ont connu un repli sensible au cours du mois de décembre. Ces variations traduisent des ajustements sectoriels qui peuvent être liés aux niveaux de stocks, aux politiques d’approvisionnement ou à des fluctuations des prix internationaux.
Toutefois, certains postes ont évolué à contre-courant et ont permis d’amortir la chute globale. La facture énergétique est demeurée élevée, avec une hausse des importations de produits pétroliers raffinés. Celles-ci ont atteint 105,5 milliards de FCFA en décembre, contre 77 milliards en novembre, confirmant la dépendance persistante du pays aux approvisionnements énergétiques extérieurs.
Dans le même temps, les importations de métaux communs ont enregistré une forte progression, triplant quasiment pour s’établir à 45 milliards de FCFA. Cette augmentation peut être interprétée comme le reflet d’une activité soutenue dans les secteurs du bâtiment, des travaux publics ou de l’industrie, malgré le ralentissement observé sur d’autres segments.
Malgré cette baisse marquée en décembre, le bilan annuel demeure relativement stable. Le cumul des importations sur l’ensemble de l’année 2025 s’élève à 7 279,1 milliards de FCFA, contre 7 161,4 milliards en 2024, soit une progression modérée de 1,6 %. Cette légère hausse annuelle témoigne d’une certaine résilience de la demande intérieure et d’un maintien du niveau global des échanges, en dépit des fluctuations observées en fin d’année.
Ces chiffres illustrent ainsi un commerce extérieur en phase d’ajustement conjoncturel, mais dont les fondamentaux restent relativement solides à l’échelle annuelle. Les prochains mois permettront de déterminer si la baisse enregistrée en décembre constitue un simple phénomène ponctuel ou le début d’une tendance plus durable dans la dynamique des importations sénégalaises.
La Confédération des Syndicats Autonomes du Sénégal (CSA) a publié, ce 17 février 2026, une déclaration au ton ferme dans laquelle elle exprime sa « vive inquiétude » face à ce qu’elle considère comme des dérives susceptibles de fragiliser la stabilité sociale et la cohésion nationale. Dans un contexte marqué par des tensions persistantes dans le monde du travail et au sein des universités, la centrale syndicale interpelle directement les autorités étatiques et appelle à un sursaut en faveur des libertés et de la justice sociale.
Au cœur de son communiqué, la CSA condamne ce qu’elle qualifie de vague de licenciements reposant sur des considérations politiques. Selon l’organisation, ces décisions contreviendraient aux dispositions du Code du travail ainsi qu’aux principes fondamentaux de liberté d’opinion et de sécurité juridique. La confédération estime que ces pratiques portent atteinte au Pacte de stabilité sociale et risquent d’installer un climat de méfiance durable entre les travailleurs, les employeurs et l’État. Elle exige, en conséquence, la révision immédiate des décisions contestées, la réintégration des travailleurs concernés dans leurs droits et l’ouverture d’un audit indépendant afin d’identifier les responsabilités et d’établir la transparence.
La déclaration de la CSA aborde également la situation préoccupante à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, suite au décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Présentant ses condoléances à la communauté universitaire, la centrale syndicale estime que ce drame met en lumière une crise structurelle profonde, caractérisée par des retards dans le paiement des bourses, la précarité croissante des étudiants et le déficit d’infrastructures adaptées. Pour la CSA, une approche exclusivement sécuritaire des tensions estudiantines ne saurait constituer une réponse durable. Elle plaide pour l’ouverture d’une enquête transparente sur les circonstances du drame, ainsi qu’un audit public du système de gestion des bourses et l’élaboration d’un plan d’urgence visant à améliorer les conditions de vie sur les campus.
Au-delà des frontières nationales, la confédération s’est également prononcée sur la situation des Sénégalais emprisonnés au Maroc. Elle invite l’État à activer sans délai les mécanismes diplomatiques appropriés afin de garantir le respect des droits fondamentaux de ces compatriotes à l’étranger, soulignant l’importance de la protection consulaire et du suivi judiciaire.
Sur le plan sanitaire et sociétal, la CSA s’est alarmée des récentes révélations concernant des cas de transmission volontaire du VIH. Elle appelle à un renforcement des campagnes de sensibilisation et de dépistage, ainsi qu’à une protection accrue de la jeunesse face aux dérives liées à la recherche du gain facile. Pour le syndicat, la prévention passe par l’éducation, la promotion des valeurs de mérite et un accompagnement social adapté aux réalités contemporaines.
En conclusion, le Secrétariat Exécutif Permanent de la CSA rappelle que la paix sociale repose avant tout sur la justice, l’équité et la qualité du dialogue entre les partenaires sociaux. Tout en réaffirmant sa solidarité avec les travailleurs en lutte, la confédération invite le Gouvernement à mettre en œuvre les engagements contenus dans le Pacte de stabilité sociale à travers les organes déjà installés. Elle assure enfin qu’elle restera mobilisée et vigilante pour la défense de l’intérêt national et la protection des droits des travailleurs.
Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Dakar, Ibrahima Ndoye, a apporté de nouvelles précisions sur la procédure engagée à la suite des violences survenues le 9 février 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Lors d’une déclaration publique, le chef du parquet a confirmé que les étudiants interpellés lors des manifestations seront présentés, dès ce mercredi, à un magistrat instructeur.
Revenant sur les événements, le Procureur a indiqué que plusieurs personnes ont été arrêtées pour leur implication présumée dans les troubles enregistrés sur le campus universitaire. Selon lui, certains étudiants sont soupçonnés d’avoir joué un rôle actif dans la conception et l’organisation des actions violentes. « Certains d’entre eux, pour avoir conceptualisé, planifié, organisé, saccagé et fait saccager à tout va, ont été arrêtés, gardés à vue, conduits au parquet de Dakar et seront certainement confiés à un juge d’instruction qui se chargera d’approfondir les investigations », a déclaré Ibrahima Ndoye.
Le magistrat a insisté sur le respect des procédures judiciaires en vigueur. Il a précisé que les personnes interpellées ont d’abord été placées en garde à vue avant d’être déférées au parquet. La prochaine étape consistera en leur présentation devant un juge d’instruction, conformément aux mécanismes légaux de saisine. « Dès demain, ils seront présentés à ce magistrat instructeur suivant les mécanismes classiques et procéduraux de saisine », a-t-il ajouté.
L’ouverture d’une information judiciaire marque ainsi une nouvelle phase dans le traitement de ce dossier sensible. Le juge d’instruction, une fois saisi, aura pour mission d’examiner les charges, d’entendre les mis en cause et d’ordonner, le cas échéant, des actes d’enquête complémentaires afin d’établir les responsabilités individuelles. Cette procédure pourrait déboucher sur des mises en examen si les éléments réunis sont jugés suffisants.
Ces développements interviennent dans un contexte de tension persistante au sein de l’UCAD, où les événements du 9 février ont suscité une vive émotion au sein de la communauté universitaire. Les autorités judiciaires, de leur côté, affirment vouloir conduire la procédure avec rigueur et impartialité, dans le respect des droits de la défense et des principes de l’État de droit.
Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Dakar, Ibrahima Ndoye, a apporté ce mardi 17 février 2026 des précisions majeures sur les circonstances du décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Lors d’un point de presse tenu au Palais de justice de Dakar, le magistrat a affirmé que les éléments de l’enquête confirment que le jeune homme est « bel et bien l’étudiant qui a sauté du 4e étage du pavillon F », mettant ainsi fin, selon lui, aux spéculations entourant les causes du drame.
Face aux journalistes, le Procureur a détaillé la chronologie des faits telle qu’elle ressort des investigations. Selon ses explications, Abdoulaye Bâ se serait retrouvé dans une situation de panique liée à un contexte de tension marqué par de la fumée et des flammes. « Derrière un écran de feu et un miroir de fumée, ne parvenant pas à sortir de cette menace réelle à laquelle il était exposé avec ses camarades de chambre, il a cherché son salut en passant par la fenêtre », a déclaré Ibrahima Ndoye.
Le magistrat a insisté sur le fait que la chute depuis le quatrième étage du pavillon F serait la cause directe du décès. « Abdoulaye Bâ est bel et bien l’étudiant qui a sauté du 4e étage du pavillon F et qui, malheureusement, a atterri sur l’asphalte. Ce qui explique les dommages et autres dégâts constatés par le médecin légiste », a-t-il précisé. Les conclusions médico-légales, selon le parquet, corroboreraient cette version des faits, les blessures observées étant compatibles avec un impact violent consécutif à une chute de grande hauteur.
Le Procureur de la République a également tenu à répondre aux rumeurs faisant état d’éventuelles violences ou de torture. Il a affirmé qu’aucun élément du dossier, y compris les expertises médicales, ne permet d’établir que l’étudiant aurait été battu. « Abdoulaye Bâ n’a pas été torturé, il n’a pas été battu parce qu’il n’a jamais eu de contact entre lui et les forces de l’ordre. Sa mort résulte d’une chute du 4e étage et il a atterri sur l’asphalte », a-t-il soutenu avec fermeté.
Ces déclarations interviennent dans un climat particulièrement tendu à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, où la communauté estudiantine réclame depuis plusieurs jours toute la lumière sur ce décès. Les autorités judiciaires assurent que l’enquête se poursuit afin de clarifier l’ensemble des circonstances ayant conduit à ce drame.
Alors que les réactions restent vives sur le campus et dans l’opinion publique, la sortie du Procureur vise à apporter des éléments factuels et à apaiser les tensions. Reste à savoir si ces explications suffiront à calmer les inquiétudes et les revendications d’une partie des étudiants qui demandent davantage de transparence et de garanties sur les conditions ayant conduit à la mort d’Abdoulaye Bâ.
L’émotion et la gravité étaient palpables à l’Assemblée nationale du Sénégal ce lundi 16 février 2026, lors de l’examen du projet de loi n°09/2025 portant création et organisation de l’Observatoire National des Lieux de Privation de Liberté. En marge des débats, la ministre de la Justice, Yassine Fall, est revenue sur le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, un drame survenu sous son magistère et qui suscite une vive indignation dans l’opinion publique.
Face aux députés, la Garde des Sceaux a exprimé son regret et sa compassion, affirmant qu’aucune autorité ne peut se réjouir d’« une mort d’homme » dans un contexte relevant de la responsabilité de l’État. Elle a reconnu la gravité de la situation, tout en prenant un engagement solennel : faire toute la lumière sur les circonstances du décès et situer clairement les responsabilités.
Dans une déclaration ferme, Yassine Fall a assuré qu’elle n’accorderait aucune protection à quiconque aurait enfreint la loi. « En tant que ministre de la Justice, je n’accorderai aucune protection à ceux qui ne se conforment pas à la loi, qu’ils soient membres du gouvernement ou du ministère de la Justice », a-t-elle martelé devant la représentation nationale. Rappelant les positions qu’elle défendait lorsqu’elle siégeait dans l’opposition, elle a insisté sur la nécessité de rompre avec toute forme d’impunité. Selon elle, la crédibilité des institutions repose sur l’égalité de tous devant la loi.
Concernant l’enquête en cours, la ministre a promis transparence et rigueur. Elle a affirmé que toutes les personnes impliquées dans cette affaire devront répondre de leurs actes devant la justice, sans distinction de statut ni de fonction. « Personne au Sénégal ne sera au-dessus de la loi, et la loi sera appliquée dans toute sa rigueur », a-t-elle déclaré, réitérant son attachement au principe d’État de droit.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une forte sensibilité autour des conditions de détention et du respect des droits humains. L’examen du projet de loi créant l’ONLPL, organe chargé de veiller au respect des droits fondamentaux dans les lieux de privation de liberté, donne une résonance particulière à cette affaire. Pour de nombreux observateurs, les engagements pris par la ministre seront scrutés de près, tant par la représentation nationale que par l’opinion publique, dans l’attente des conclusions de l’enquête sur la mort d’Abdoulaye Ba.
La question de la prise en charge des détenus vivant avec le VIH dans les établissements pénitentiaires sénégalais s’est invitée au cœur des débats à l’Assemblée nationale du Sénégal, ce lundi 16 février 2026. Interpellée sur les conditions sanitaires en milieu carcéral, la ministre de la Justice, Yassine Fall, a tenu à rassurer les députés et l’opinion publique. « Toutes les dispositions sont prises pour protéger les autres prisonniers », a-t-elle déclaré, affirmant que l’administration pénitentiaire agit avec vigilance et responsabilité.
Selon les explications fournies par la Garde des Sceaux, les personnes arrêtées dans le cadre de l’affaire impliquant Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé et leurs co-inculpés sont au nombre de 26. Parmi elles, 19 sont incarcérées à la Prison de Rebeuss, tandis que les sept autres sont détenues à la Prison du Cap Manuel.
La ministre a précisé que les détenus séropositifs ont été identifiés conformément aux protocoles médicaux en vigueur. Elle a assuré que toutes les mesures nécessaires ont été mises en place afin d’éviter tout risque pour la santé des autres pensionnaires, sans toutefois entrer dans les détails des dispositifs spécifiques adoptés, invoquant la sensibilité des données médicales et le respect du secret professionnel.
La question des conditions matérielles de détention a également été soulevée, notamment celle de la climatisation des cellules dans certains pavillons spéciaux. Yassine Fall a indiqué que des climatiseurs mobiles ont été installés pour des raisons sanitaires, précisant que ces équipements ont été acquis aux frais des pensionnaires concernés. Elle a ajouté avoir été informée de cette mesure le jour même de son intervention, soit le 16 février 2026.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où les conditions de détention et la gestion sanitaire en milieu carcéral font régulièrement l’objet de débats. En réponse aux inquiétudes exprimées, la ministre de la Justice a réaffirmé l’engagement de l’État à garantir la sécurité, la santé et la dignité de tous les détenus, dans le respect des normes nationales et internationales.
L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté la levée de l’immunité parlementaire du député Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom, à l’issue d’un vote intervenu en séance plénière. Sur 165 députés inscrits, 129 ont pris part au scrutin. Parmi eux, 108 ont voté pour la levée de l’immunité, 21 se sont prononcés contre et aucune abstention n’a été enregistrée.
Cette décision fait suite à une demande officielle introduite par la ministre de la Justice, Yassine Fall, dans le cadre de l’affaire relative à l’introduction présumée de deux téléphones portables dans la cellule du député, actuellement en détention. Selon les éléments présentés devant les parlementaires, ces faits pourraient constituer des infractions pénales, notamment en matière d’introduction d’objets prohibés en milieu carcéral et de complicité éventuelle.
Avec plus de 83 % des suffrages exprimés en faveur de la mesure, la représentation nationale a ainsi donné son aval aux autorités judiciaires pour poursuivre leurs investigations sans obstacle procédural lié au statut parlementaire du mis en cause. La levée de l’immunité permet désormais au procureur de la République et aux juridictions compétentes d’engager ou de poursuivre toute action judiciaire jugée nécessaire dans ce dossier.
Le vote marque une étape importante dans une affaire qui suscite de vifs débats sur les conditions de détention, les privilèges attachés au mandat parlementaire et le principe d’égalité de tous devant la loi. En clôturant la séance après l’adoption de la résolution, le président de séance a acté un tournant judiciaire majeur, ouvrant la voie à une nouvelle phase d’instruction dont les développements seront suivis de près par l’opinion publique et la classe politique.
La séance plénière de l’Assemblée nationale du Sénégal, consacrée à l’examen de la levée de l’immunité parlementaire du député Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, a été marquée par de lourdes révélations de la part de la ministre de la Justice. Face aux députés réunis à l’hémicycle, Yassine Fall a défendu la nécessité d’ouvrir la voie à des poursuites judiciaires, évoquant des faits qu’elle a qualifiés de graves et solidement étayés par l’enquête.
Dans son intervention, la Garde des Sceaux est revenue en détail sur les circonstances de la découverte d’objets prohibés au Pavillon spécial dans la nuit du 29 au 30 décembre 2025. Selon elle, le député aurait reconnu lors de son audition avoir introduit un téléphone portable en le dissimulant dans un pot de lait. Un second appareil aurait été fourni par un surveillant de prison, ce qui laisse présumer l’existence de complicités au sein de l’administration pénitentiaire. Ces déclarations, rapportées par la ministre, constituent un élément central du dossier soumis à la représentation nationale.
Mais l’affaire ne se limiterait pas à la simple introduction de téléphones en milieu carcéral. L’exploitation technique des deux appareils et des cinq clés USB saisis aurait mis au jour des données sensibles. La ministre a évoqué l’existence d’opérations financières et immobilières suspectes, ainsi que la présence de documents judiciaires protégés par le secret de l’instruction. Des contenus vidéos qualifiés d’impudiques auraient également été retrouvés, élargissant considérablement le champ des investigations.
Yassine Fall a insisté sur la multiplicité des infractions susceptibles d’être retenues. Les faits reprochés au parlementaire relèveraient notamment de l’introduction et de la complicité d’introduction d’objets prohibés, de la corruption, de la violation du secret de l’instruction et de la diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs. Elle a souligné que seule l’ouverture d’une information judiciaire permettra d’établir avec précision le niveau de responsabilité de chaque personne impliquée, qu’il s’agisse de civils ou d’agents de l’État.
Sur le plan juridique, la ministre a rappelé que, conformément à l’article 61 de la Constitution et aux dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, aucun député ne peut faire l’objet de poursuites sans la levée préalable de son immunité parlementaire, sauf en cas de flagrant délit. C’est dans ce cadre légal qu’elle a officiellement sollicité l’autorisation des députés afin de permettre au procureur de la République de Dakar d’engager les poursuites nécessaires.
En conclusion, la Garde des Sceaux a appelé les parlementaires à faire preuve de responsabilité institutionnelle. Elle a insisté sur l’importance de garantir l’égalité de tous devant la loi et de permettre à la justice de faire toute la lumière sur cette affaire, dont les ramifications pourraient dépasser le seul cas du député concerné.
Le Collectif des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes en spécialisation du Sénégal (COMES) a réagi publiquement au décès d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de formation en chirurgie dentaire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Dans un communiqué, le Collectif affirme suivre avec une « attention soutenue » l’évolution de ce dossier, qualifiant la disparition de leur collègue de drame survenu dans un contexte national déjà marqué par un « déficit criant de spécialistes de santé ».
Le COMES indique avoir pris connaissance du communiqué du Procureur de la République, selon lequel les éléments disponibles à ce stade de l’enquête ne corroborent pas les rumeurs faisant état de violences physiques exercées sur la victime. Toutefois, le Collectif rappelle que les conclusions de l’autopsie ont permis d’écarter l’hypothèse d’une cause naturelle isolée et orientent vers l’existence d’un « mécanisme traumatique majeur ».
Pour les médecins en spécialisation, une question essentielle demeure sans réponse : quelle est l’origine de ce traumatisme ? Cette interrogation, posée publiquement, traduit leur volonté d’obtenir des explications précises et transparentes sur les circonstances exactes du décès. Le COMES rejette catégoriquement toute hypothèse laissant entendre que la victime aurait pu s’infliger elle-même un traumatisme physique mortel. Le Collectif estime qu’il est inconcevable qu’un jeune étudiant de 20 ans, engagé dans un parcours exigeant en chirurgie dentaire et porteur des espoirs de sa famille, ait volontairement causé sa propre mort.
Au-delà de l’émotion suscitée au sein de la communauté médicale, cette prise de position souligne l’ampleur de l’inquiétude dans le milieu universitaire. Le COMES appelle les autorités judiciaires à conduire la suite de l’enquête avec rigueur, justesse et impartialité, afin de faire toute la lumière sur les circonstances du décès et d’identifier, le cas échéant, les responsabilités.
À la suite des violents affrontements survenus le 9 février 2026 sur le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar a ordonné l’ouverture immédiate d’une enquête exhaustive. Ces heurts, qui ont opposé des étudiants à des éléments de la Police nationale du Sénégal, ont occasionné d’importants dégâts matériels ainsi que de nombreux blessés, plongeant la communauté universitaire dans une vive émotion.
Dans un communiqué officiel, le Parquet indique avoir saisi la Sûreté urbaine afin de déterminer les responsabilités liées aux incidents. Parallèlement, la Division des investigations criminelles a été chargée d’établir les causes et les circonstances du décès de Monsieur Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année à la Faculté de Médecine. Cette double saisine vise à faire toute la lumière, d’une part sur les violences enregistrées sur le campus, et d’autre part sur les conditions exactes ayant conduit au décès du jeune étudiant.
Le communiqué précise que plusieurs actes d’enquête ont déjà été accomplis. Des auditions ont été menées, un transport sur les lieux a été effectué et une autopsie a été pratiquée afin de déterminer les causes médicales du décès. Ces diligences s’inscrivent dans le cadre d’une procédure visant à établir les faits avec rigueur et impartialité, dans un contexte marqué par la circulation rapide de rumeurs sur les réseaux sociaux.
À ce stade des investigations, le Procureur indique que les éléments disponibles ne corroborent pas les allégations faisant état de violences physiques exercées sur la victime. Cette précision intervient alors que des informations non vérifiées ont largement circulé, alimentant les tensions au sein de l’opinion publique et de la communauté estudiantine.
Le Procureur de la République appelle ainsi à la retenue et au respect du cours normal de la justice, soulignant que seules les conclusions définitives de l’enquête permettront d’établir avec certitude les responsabilités éventuelles. Dans l’attente des résultats complets des investigations, les autorités judiciaires insistent sur la nécessité d’éviter toute spéculation susceptible de troubler l’ordre public ou d’entraver la manifestation de la vérité.
L’inflation poursuit sa progression au Sénégal en cette fin d’année 2025. D’après le dernier rapport publié le 13 février 2026 par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 0,5 % au quatrième trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent. Cette évolution traduit une hausse quasi généralisée des prix dans la majorité des postes de dépenses des ménages, confirmant une pression persistante sur le coût de la vie.
La principale source de cette augmentation provient des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées, dont les prix ont progressé de 0,6 %. Cette catégorie, qui représente une part importante du budget des ménages sénégalais, exerce un impact direct sur le pouvoir d’achat, en particulier pour les foyers à revenus modestes. La hausse des prix alimentaires demeure un facteur sensible dans un contexte où les dépenses de consommation courante occupent une place prépondérante dans les charges familiales.
D’autres segments ont connu des variations plus marquées. Les boissons alcoolisées, les tabacs et les stupéfiants enregistrent une forte augmentation de 6,5 %, traduisant des ajustements significatifs sur ces produits spécifiques. Le secteur de l’enseignement affiche également une progression de 1,0 %, tandis que les services de restauration et d’hébergement augmentent de 0,9 %. Ces hausses reflètent une dynamique plus large touchant les services, souvent liée à l’augmentation des coûts d’exploitation et aux ajustements tarifaires.
Les dépenses liées aux besoins essentiels ne sont pas en reste. Les prix des soins personnels et des services de protection sociale, ceux de la santé, ainsi que ceux de l’ameublement et de l’équipement ménager ont également progressé. Les charges de logement, comprenant l’eau, l’électricité et le gaz, enregistrent une hausse de 0,5 %. À cela s’ajoute une légère augmentation dans le secteur des transports, ce qui contribue à alourdir les dépenses quotidiennes des ménages.
Toutefois, cette tendance inflationniste a été partiellement atténuée par la stabilité des prix de l’habillement et des chaussures. Le secteur de l’information et de la communication se distingue même par un recul de 0,2 %, offrant un léger répit dans un environnement globalement marqué par la hausse des prix. Cette baisse contribue modestement à amortir l’effet général de l’inflation sur les consommateurs.
Dans l’ensemble, cette progression trimestrielle de 0,5 % confirme une pression modérée mais continue sur les prix à la consommation. Si elle ne traduit pas une flambée brutale, elle souligne néanmoins la nécessité de suivre attentivement l’évolution des coûts des biens et services essentiels. Pour les ménages sénégalais, la gestion du budget demeure un exercice d’équilibre dans un contexte où la plupart des postes de dépenses enregistrent des ajustements à la hausse.
Le Sénégal confirme sa résilience économique après le choc provoqué par la pandémie de 2020. Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, la croissance du produit intérieur brut (PIB), qui avait chuté à +1,3 % au plus fort de la crise sanitaire, a rebondi pour atteindre +4,3 % en 2023. Cette reprise est portée par la vitalité combinée des secteurs primaire, secondaire et tertiaire, traduisant un redémarrage progressif de l’activité nationale. La hausse du PIB par habitant indique par ailleurs que la création de richesse progresse désormais à un rythme supérieur à celui de la croissance démographique.
Cependant, cette dynamique macroéconomique masque d’importantes disparités territoriales. Dakar concentre à elle seule 46,2 % du PIB national. En additionnant les performances de Thiès, Diourbel, Saint-Louis et Kaolack, cet ensemble régional génère plus de 70 % de la richesse du pays. Les neuf autres régions doivent ainsi se partager moins de 30 % de la production économique nationale. Cette concentration s’explique par la polarisation historique des services, des activités financières et industrielles autour de l’axe Dakar-Thiès, qui constitue le cœur économique du pays.
Le secteur primaire, davantage réparti sur le territoire, repose principalement sur les contributions de régions comme Thiès, Kolda et Kaffrine. Néanmoins, la valeur ajoutée générée par l’agriculture et l’élevage demeure inférieure à celle des activités tertiaires et industrielles concentrées dans la capitale et sa périphérie. Cette configuration renforce les déséquilibres territoriaux et limite les opportunités économiques dans les zones rurales.
Sur le marché de l’emploi, les indicateurs montrent des avancées notables mais encore fragiles. Le taux de chômage élargi est passé de 26,2 % au premier trimestre 2022 à 21,5 % à la même période en 2023. Cette baisse témoigne d’une amélioration progressive du climat économique et d’une reprise des activités productives. Toutefois, cette embellie ne bénéficie pas uniformément à l’ensemble de la population. Le chômage demeure plus élevé en milieu rural et touche particulièrement les femmes, révélant des inégalités persistantes dans l’accès aux opportunités professionnelles.
La situation des jeunes constitue le défi le plus préoccupant. Près de la moitié des 15-35 ans, soit 49,8 %, se trouvent dans la catégorie des NEET, c’est-à-dire ni en emploi, ni en études, ni en formation. Ce taux atteint 59,2 % en zone rurale, illustrant une marginalisation accrue des jeunes vivant hors des grands centres urbains. Cette vulnérabilité compromet non seulement l’insertion socio-économique d’une génération entière, mais aussi la capacité du pays à tirer pleinement parti de son dividende démographique.
Au regard de l’Objectif de développement durable 8, consacré au travail décent et à la croissance économique, la performance nationale s’établit à 49,2 % en 2023 par rapport aux cibles fixées pour 2030. Ce score traduit des progrès réels, mais souligne également l’ampleur des efforts nécessaires pour promouvoir une croissance inclusive et équitable.
La consolidation de la dynamique économique devra ainsi s’accompagner de politiques publiques ciblées en faveur des jeunes et des territoires les plus vulnérables. Le renforcement de la formation professionnelle, le soutien à l’entrepreneuriat rural, la diversification économique régionale et l’amélioration des infrastructures apparaissent comme des leviers essentiels pour réduire les fractures territoriales et sociales.
Le Sénégal poursuit une lutte ambitieuse contre la faim et la malnutrition à travers une approche multisectorielle articulée autour de politiques agricoles, sociales et sanitaires. Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, le pays a engagé plusieurs leviers stratégiques majeurs, notamment la Stratégie nationale de sécurité alimentaire et de résilience (SNSAR 2015-2035), le Programme national d’Autosuffisance en Riz (PnAR) ainsi que le développement des agropoles, afin de renforcer durablement la production locale et améliorer l’accès à une alimentation suffisante et diversifiée.
Dans un contexte marqué par l’inflation mondiale et les chocs économiques successifs, l’État a également mis en place des subventions importantes pour préserver le pouvoir d’achat des ménages. Ces mesures visent à limiter l’impact de la hausse des prix des denrées alimentaires sur les populations les plus vulnérables. Toutefois, malgré ces efforts soutenus, la situation nutritionnelle des enfants reste préoccupante, révélant des fragilités structurelles profondes.
Le retard de croissance, principal indicateur de la malnutrition chronique, a certes reculé, passant de 20,5 % en 2015 à 17,5 % en 2023. Cette baisse traduit des progrès, mais demeure insuffisante au regard des engagements internationaux. Les projections indiquent qu’en 2025, le taux pourrait atteindre 15,4 %, un niveau encore supérieur à la cible de 11,5 % fixée par l’Assemblée mondiale de la Santé. Cette tendance suggère que les efforts engagés, bien qu’efficaces dans une certaine mesure, ne permettent pas encore d’atteindre le rythme requis pour éliminer durablement la malnutrition chronique.
Plus inquiétante encore est l’évolution de la malnutrition aiguë, caractérisée par l’émaciation. Celle-ci a progressé, touchant 10 % des enfants en 2023 contre 8 % en 2015. Cette augmentation met en évidence la vulnérabilité persistante des ménages face aux chocs climatiques, économiques et sanitaires. Les périodes de soudure, la variabilité des récoltes et la fragilité des revenus ruraux accentuent les risques nutritionnels, en particulier dans les zones les plus enclavées.
Parallèlement aux stratégies de sécurité alimentaire, le Sénégal s’appuie sur des programmes sanitaires historiques qui constituent le socle de la lutte contre les principales causes de mortalité infantile. Le Programme Élargi de Vaccination, actif depuis 1974, demeure un pilier central dans la prévention des maladies évitables. Le Programme National de Lutte contre le Paludisme, opérationnel depuis 1995, contribue à réduire significativement l’impact du paludisme, tandis que le Programme National de Lutte contre la Tuberculose, en place depuis 1985, renforce la riposte contre les maladies transmissibles.
Ces dispositifs traduisent un engagement constant de l’État en faveur de la santé publique et de la réduction de la mortalité infantile. Néanmoins, la persistance du retard de croissance et la hausse de la malnutrition aiguë montrent que la réponse doit être davantage intégrée, combinant sécurité alimentaire, accès à l’eau potable, éducation nutritionnelle des mères, protection sociale et résilience climatique.
À l’approche de 2030, le défi pour le Sénégal ne consiste plus seulement à maintenir les acquis, mais à accélérer les progrès pour garantir à chaque enfant un développement physique et cognitif optimal. La lutte contre la malnutrition infantile reste ainsi l’un des tests majeurs de la capacité du pays à transformer ses politiques publiques en résultats durables et équitables.

Le Sénégal a enregistré une baisse mesurée mais significative de la pauvreté au cours de la dernière décennie. Selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, le taux de pauvreté est passé de 42,8 % en 2011 à 37,5 % en 2022. Cette évolution traduit une amélioration du niveau de vie pour une partie de la population et témoigne d’une certaine résilience face aux chocs successifs, notamment la pandémie de Covid-19 et les perturbations économiques mondiales. Toutefois, derrière cette progression se cachent des fragilités structurelles persistantes et de fortes disparités territoriales.
La réduction du taux de pauvreté s’explique en grande partie par la montée en puissance des programmes sociaux. Le Programme National de Bourse de Sécurité Familiale (PNBSF) a soutenu en 2023 plus de 355 000 ménages vulnérables, grâce à des transferts monétaires réguliers. Parallèlement, la Couverture Maladie Universelle (CMU) et la Carte d’Égalité des Chances, qui compte plus de 75 000 bénéficiaires, ont contribué à renforcer le filet de protection sociale. L’État consacre des ressources importantes à ces dispositifs, avec notamment 32,6 milliards de francs CFA mobilisés annuellement pour les bourses familiales.
Cependant, cette dynamique positive reste fragile. Entre 2019 et 2022, la pauvreté n’a reculé que de 0,3 point, signe d’un ralentissement dans la capacité des politiques publiques à produire un changement structurel durable. Les retards de paiement, les difficultés de ciblage des bénéficiaires et la couverture encore incomplète des programmes limitent l’efficacité de la Stratégie nationale de Protection Sociale. Pour accélérer la tendance, un renforcement budgétaire et une modernisation de la gestion des données sociales apparaissent indispensables, afin d’améliorer la transparence et l’efficacité des interventions.
L’analyse de l’Objectif de développement durable 1 met également en évidence une fracture territoriale marquée. Les pôles de Dakar et de Thiès se distinguent nettement, avec des taux d’atteinte respectifs de 68,9 % et 67,8 %. Ces régions bénéficient d’une forte concentration d’infrastructures, d’une meilleure intégration aux circuits économiques et d’un accès élargi aux services sociaux de base. Elles ont déjà parcouru les deux tiers du chemin vers les cibles fixées à l’horizon 2030.
À l’inverse, les pôles Sud-Est et Sud accusent un retard considérable, avec des scores respectifs de 27,8 % et 34,1 %. Ces territoires souffrent d’un enclavement structurel, d’un déficit d’infrastructures et d’une faible densité de services publics. Entre ces deux extrêmes, des zones comme Diourbel-Louga et le pôle Centre affichent des performances intermédiaires, où les filets sociaux atténuent la précarité sans parvenir à briser le cycle de pauvreté.
La lecture régionale confirme cette dichotomie. Dakar, Thiès et Diourbel forment un noyau relativement dynamique, tandis que Kédougou, Kolda et Sédhiou concentrent les urgences sociales, avec des écarts dépassant parfois 40 points par rapport aux régions leaders. Dans ces zones périphériques, l’isolement géographique et la faible diversification économique freinent les perspectives d’ascension sociale.
Au regard de ces constats, la réduction durable de la pauvreté au Sénégal nécessite une approche différenciée. Au-delà des transferts sociaux, il s’agit d’investir massivement dans les infrastructures, l’éducation, l’agriculture moderne et les activités génératrices de revenus, en ciblant prioritairement les territoires les plus en retard. La consolidation des acquis passe également par une meilleure coordination entre les politiques sociales et les stratégies de développement économique local.
Le Sénégal a donc franchi une étape importante dans la lutte contre la pauvreté, mais le chemin vers une transformation structurelle inclusive reste long. À l’approche de l’échéance 2030, l’enjeu majeur sera de transformer les progrès quantitatifs en changements durables et équitables, afin qu’aucune région ni aucun citoyen ne soit laissé en marge du développement.
Le Sénégal poursuit sa marche vers l’Agenda 2030, mais le chemin reste encore long. Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, le pays affiche en 2023 un taux moyen de réalisation de 53 % des Objectifs de Développement Durable (ODD). Un score de 0,53 qui traduit un niveau de performance intermédiaire, à mi-parcours de l’échéance fixée par l’Organisation des Nations Unies pour 2030.
Dans le détail, certains objectifs affichent des performances encourageantes. La réduction des inégalités, correspondant à l’Objectif de développement durable 10, arrive en tête avec un taux d’atteinte de 82,7 %. Ce résultat témoigne des efforts consentis pour renforcer l’inclusion sociale et réduire les disparités économiques. La préservation des écosystèmes terrestres, mesurée par l’Objectif de développement durable 15, enregistre également un score solide de 77,6 %, traduisant une certaine efficacité des politiques environnementales.
Les partenariats pour la réalisation des objectifs, à travers l’Objectif de développement durable 17, atteignent 75,7 %, confirmant l’importance des collaborations avec les partenaires techniques et financiers. Le secteur de la santé et du bien-être, correspondant à l’Objectif de développement durable 3, affiche quant à lui un taux de 67,2 %, signe de progrès dans l’accès aux soins et les politiques sanitaires, même si des inégalités persistent selon les zones géographiques.
Toutefois, ce tableau global cache des fragilités importantes. L’Objectif de développement durable 14, consacré à la protection des ressources marines, demeure en difficulté, dans un contexte marqué par la surexploitation halieutique et les défis liés à la pollution. De même, l’Objectif de développement durable 16, qui concerne la paix, la justice et l’efficacité des institutions, appelle à des efforts supplémentaires pour renforcer la gouvernance et consolider l’État de droit.
À sept ans de l’échéance de 2030, ces résultats mettent en évidence la nécessité d’un rééquilibrage stratégique des investissements publics et d’une accélération des réformes dans les secteurs les plus en retard. Si le Sénégal affiche des avancées notables dans plusieurs domaines, la dynamique devra être intensifiée pour garantir un développement inclusif et durable.
Le bilan 2023 dressé par l’ANSD constitue ainsi un signal à la fois encourageant et exigeant : encourageant parce qu’il montre que des progrès réels ont été accomplis, exigeant parce qu’il rappelle que l’atteinte complète des Objectifs de Développement Durable nécessite une mobilisation accrue de l’État, du secteur privé et de la société civile.
Dakar – La mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a plongé les universités sénégalaises dans une crise sans précédent, mobilisant non seulement la communauté académique mais aussi les partis politiques. Ce mercredi 11 février 2026, la Cellule Analyses et Prospective (CAP) de l’Alliance Pour la République (APR) a publié une déclaration ferme, exigeant la démission du ministre de l’Intérieur et appelant à un dialogue immédiat et constructif pour restaurer la paix et la sérénité sur les campus.
Dans son communiqué, la CAP s’incline d’abord devant la mémoire d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odonto-Stomatologie, rappelant la brutalité des violences qui ont conduit à son décès, telles que révélées par l’autopsie relayée par la presse. La cellule a exprimé ses condoléances les plus sincères à sa famille, à ses camarades et à l’ensemble de la communauté universitaire, soulignant que la tragédie touche non seulement les proches mais aussi l’ensemble de la jeunesse et du corps estudiantin du pays.
La CAP a vivement condamné la répression exercée par les forces de sécurité sur le campus de l’UCAD, qu’elle considère comme une violation manifeste de la Loi n°94-79 du 24 novembre 1994 relative aux franchises universitaires. La cellule estime que le ministre de l’Intérieur, en sa qualité de premier responsable de la sécurité intérieure, doit répondre de la gestion de cette crise et en tirer toutes les conséquences, allant jusqu’à exiger sa démission immédiate pour manquement à ses responsabilités. La CAP demande par ailleurs que les enquêtes sur le décès d’Abdoulaye Ba soient menées avec toute la diligence, la transparence et l’impartialité nécessaires, sans protection ni complaisance, afin que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient établies et sanctionnées conformément à la loi.
La CAP critique également la communication gouvernementale, jugée inadaptée à la gravité des faits et déconnectée du drame humain. Selon la cellule, cette communication manque de compassion envers les familles des victimes et ne contribue pas à apaiser le climat de tension qui règne sur les campus. La CAP déplore que, deux ans après l’arrivée au pouvoir du régime PASTEF, aucune réponse structurelle n’ait été apportée aux difficultés persistantes de l’enseignement supérieur, et que les revendications légitimes des étudiants, notamment sur les bourses et les conditions de vie, soient traitées par la force plutôt que par le dialogue.
Parallèlement, la CAP réitère son soutien au Collectif des Amicales, qu’elle considère comme le défenseur des intérêts matériels et moraux des étudiants, et condamne la suspension de ces structures par le Conseil académique de l’UCAD. La cellule appelle à privilégier le dialogue et à renoncer à toute forme de violence, rappelant que la répression ne peut être un outil de gestion des conflits dans un État de droit.
Enfin, la CAP interpelle le Collectif des Universitaires pour la Démocratie, regroupant des signataires de pétitions universitaires entre 2021 et 2024, afin qu’il prenne position sur la situation actuelle et contribue au rétablissement de la sérénité et de la paix sur les campus. Selon la cellule, la responsabilité des intellectuels et universitaires est de guider le débat public, de soutenir le peuple et de favoriser un climat de stabilité dans les universités, qui constituent un pilier fondamental de la Nation.
La prise de position de la CAP de l’APR souligne que la crise dépasse désormais le simple cadre universitaire. Elle met en lumière des enjeux nationaux de sécurité, de respect des droits des étudiants et de responsabilité de l’État, et rappelle à tous les acteurs concernés que le dialogue et la transparence sont indispensables pour prévenir l’escalade de la violence et rétablir la confiance entre étudiants, autorités universitaires et gouvernement.
Une vedette de la Marine nationale a chaviré ce matin aux environs de 9 heures à l’embouchure du fleuve Sénégal, provoquant la disparition de trois militaires. L’information a été rendue publique par le directeur de l’Information et des relations publiques des Armées (Dirpa) à travers un communiqué officiel.
Selon le capitaine de vaisseau Ibrahima Sow, l’embarcation effectuait une mission de liaison lorsqu’elle aurait été confrontée à une forte houle, consécutive à une brusque dégradation des conditions météorologiques. Les circonstances exactes de l’accident restent à préciser, mais les premières indications évoquent un environnement maritime particulièrement agité au moment des faits.
Le bilan provisoire fait état de dix rescapés, secourus peu après le chavirage. Trois marins sont cependant toujours portés disparus. L’épave de la vedette a pu être localisée et récupérée, ce qui pourrait contribuer à éclairer les causes exactes de l’incident.
Dès l’alerte donnée, d’importants moyens de recherche et de sauvetage ont été déployés. Des unités maritimes, appuyées par des moyens aériens et terrestres, poursuivent activement les opérations afin de retrouver les militaires disparus. Les autorités militaires assurent que les recherches se poursuivent sans relâche.
Cet accident intervient dans une zone connue pour ses conditions parfois difficiles, notamment à l’embouchure du fleuve Sénégal, où la rencontre entre les eaux fluviales et maritimes peut générer des courants puissants et une houle imprévisible, surtout en cas de perturbation météorologique.
La famille d’Abdoulaye Bâ est sortie de son silence ce jeudi pour s’exprimer publiquement sur le décès tragique du jeune étudiant, survenu le 9 février dernier à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Si les proches affichent une résignation empreinte de foi et de dignité, ils n’en demeurent pas moins déterminés à obtenir des réponses claires sur les circonstances exactes de cette disparition qui continue de bouleverser la communauté universitaire et l’opinion nationale.
Réunie autour de la mère du défunt, la famille a désigné l’oncle de l’étudiant, Mamadou Diouldé Bâ, pour porter la parole familiale. D’une voix posée, celui-ci a d’abord appelé les étudiants et l’ensemble de la population au calme et à la retenue, invitant chacun à privilégier la prière et le recueillement en cette période de deuil.
« La décision d’Allah est irréversible », a-t-il rappelé, soulignant que la famille accepte, avec foi, la volonté divine et prie pour que le défunt accède au paradis. Dans le même élan, il a exhorté les Sénégalais à adopter une posture de sérénité et de responsabilité, afin d’éviter toute escalade ou récupération autour de ce drame.
Mais au-delà de cette résilience spirituelle, la famille attend des éclaircissements précis de la part des autorités judiciaires. Mamadou Diouldé Bâ a insisté sur la nécessité d’être édifié sur les événements réels ayant conduit au décès du jeune homme à l’intérieur même du campus universitaire. Pour les proches, la quête de vérité est essentielle, non seulement pour faire le deuil dans la dignité, mais aussi pour dissiper les nombreuses spéculations qui ont circulé depuis l’annonce du drame.
La famille a également tenu à exprimer sa profonde gratitude face à l’élan de solidarité nationale. Le porte-parole a évoqué une mobilisation « exceptionnelle » lors des obsèques, marquées par la présence d’une foule nombreuse venue accompagner l’étudiant vers sa dernière demeure. « Un monde extraordinaire », a-t-il souligné, visiblement ému par cette marque de compassion collective.
Ce soutien s’est aussi manifesté à travers des visites officielles de hautes autorités académiques. Le doyen de la Faculté de Médecine, des responsables du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), ainsi que des délégations de médecins-dentistes, se sont rendus auprès de la famille pour présenter leurs condoléances et apporter leur réconfort. Des gestes salués par les proches, qui y voient une reconnaissance de la gravité de la perte subie.
Pour Mamadou Diouldé Bâ, ce deuil dépasse désormais le cadre familial. Il est devenu celui de toute une communauté universitaire et, au-delà, celui de la nation sénégalaise tout entière. Il a formulé le vœu que le pays soit épargné, à l’avenir, de telles tragédies.
Cette demande de vérité intervient alors que les conclusions médicales issues du laboratoire d’anatomie de l’Hôpital général Idrissa Pouye (HOGIP) commencent à circuler dans l’espace public. Ces éléments techniques semblent écarter les premières rumeurs qui oscillaient entre la thèse d’un meurtre et celle d’une crise d’asthme. Toutefois, si l’autopsie apporte des précisions sur les causes médicales du décès, elle ne saurait, à elle seule, établir les circonstances exactes des faits.
Le voile commence à se lever sur les circonstances du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu le 9 février 2026. Après plusieurs jours marqués par l’émotion, les interrogations et les rumeurs sur le campus, le rapport d’autopsie établi par le laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologique de l’Hôpital général Idrissa Pouye (HOGIP) apporte des précisions déterminantes. Les conclusions médicales décrivent un enchaînement de lésions graves, résultant de traumatismes multiples d’une violence exceptionnelle.
Selon les constatations des médecins légistes, le corps présentait d’importantes atteintes concentrées majoritairement sur le côté gauche. Le thorax et l’abdomen ont subi un choc massif, provoquant une contusion profonde à la fois au niveau de la poitrine et du ventre. Ce type de traumatisme traduit un impact d’une grande intensité, capable d’affecter simultanément plusieurs organes internes.
La tête portait également les stigmates d’un choc violent. Les examens ont révélé une commotion cérébrale accompagnée d’une hémorragie sous-durale du côté gauche, c’est-à-dire un saignement localisé entre le cerveau et le crâne. Bien qu’aucune fracture du crâne n’ait été observée, une lésion cutanée à l’arrière du cuir chevelu témoigne d’un impact significatif. Une hémorragie sous-durale est une atteinte grave, susceptible d’entraîner une détérioration rapide des fonctions vitales en l’absence d’une intervention médicale immédiate.
Les lésions thoraciques apparaissent parmi les plus sévères. La dixième côte gauche était fracturée en deux points distincts. Un fragment osseux s’est enfoncé dans le poumon gauche, provoquant des plaies profondes et une hémorragie interne massive. Cette perforation a entraîné un hémothorax, c’est-à-dire une accumulation importante de sang dans la cavité thoracique, comprimant les poumons et perturbant gravement la respiration. La onzième côte gauche était également fracturée à l’arrière, confirmant la violence de l’impact subi au niveau du flanc.
Le muscle cardiaque présentait lui aussi une contusion, signe qu’un choc direct ou indirect a atteint la région thoracique avec suffisamment de force pour affecter le cœur. Les médecins ont relevé la présence d’un hématome situé derrière cet organe vital. Une telle lésion, combinée aux autres traumatismes, aggrave considérablement le risque de défaillance circulatoire.
L’examen abdominal a mis en évidence des atteintes tout aussi alarmantes. Le rein gauche était gravement lésé au niveau de son hile, zone par laquelle transitent les principaux vaisseaux sanguins. Cette atteinte a provoqué une importante accumulation de sang autour de l’organe. La rate, quant à elle, présentait deux plaies distinctes responsables d’un saignement interne abondant dans la cavité abdominale. Or, la rate est un organe richement vascularisé : sa rupture entraîne rapidement une hémorragie massive pouvant conduire à un choc hémorragique fatal.
À ces blessures internes s’ajoutaient des dermabrasions, notamment sur le bras gauche, ainsi qu’une plaie ouverte mesurant environ 3,5 centimètres sur le flanc droit. Ces lésions externes, bien que moins déterminantes que les atteintes internes, confirment la brutalité des faits.
Dans leur ensemble, les constatations médico-légales décrivent un tableau de polytraumatismes sévères. Les organes vitaux — cerveau, poumon, cœur, rein et rate — ont été simultanément touchés, chacun présentant des lésions susceptibles, à elles seules, d’engager le pronostic vital. La combinaison de fractures costales, de perforations pulmonaires, d’atteintes viscérales et d’hémorragies internes massives rendait la survie extrêmement improbable sans une prise en charge chirurgicale immédiate et lourde.
Le rapport conclut ainsi que le décès résulte de ces traumatismes multiples et des hémorragies internes qu’ils ont provoquées. Si l’autopsie éclaire désormais les causes médicales de la mort, elle ne se prononce pas sur les circonstances exactes des faits. Il appartient désormais à l’enquête judiciaire d’établir les responsabilités et de déterminer les conditions dans lesquelles un tel enchaînement de violences a pu se produire.
Au-delà des termes scientifiques, le document met en évidence l’ampleur des blessures subies. Les lésions décrites sont médicalement incompatibles avec la vie en l’absence d’une intervention rapide et massive. Ce constat, aussi froid que précis, souligne la gravité extrême des traumatismes ayant conduit au décès d’Abdoulaye Ba.
Nouveau tournant dans le dossier judiciaire impliquant le député Farba Ngom. La Chambre d’accusation a rendu sa décision ce jour en rejetant l’appel formé par le Parquet général contre l’ordonnance de mise en liberté provisoire précédemment accordée au parlementaire. Par cet arrêt, la juridiction confirme donc la décision initiale et ouvre la voie à une possible remise en liberté effective de l’élu, sous réserve d’un éventuel pourvoi en cassation.
Cette décision constitue un revers pour le ministère public, qui avait contesté la mesure de liberté provisoire devant la Chambre d’accusation. En confirmant l’ordonnance attaquée, les juges d’appel estiment que les conditions légales justifiant le maintien en détention ne sont pas réunies ou ne prévalent pas sur les garanties présentées par la défense. Il s’agit d’une étape procédurale déterminante dans une affaire suivie de près, tant pour ses implications judiciaires que politiques.
Du côté de la défense et des proches du député, la décision est interprétée comme une victoire judiciaire majeure. Une source proche du dossier y voit « un signal fort en faveur du principe de l’égalité des citoyens devant la loi », soulignant que le statut de parlementaire ne saurait constituer ni un privilège, ni un facteur d’aggravation dans l’appréciation des droits fondamentaux. Cette même source espère désormais que « le Parquet fera preuve de lucidité en s’abstenant de se pourvoir en cassation », afin d’éviter une prolongation de la procédure.
Sur le plan strictement procédural, le ministère public dispose d’un délai de six jours pour introduire un pourvoi en cassation devant la Cour suprême. Ce recours, s’il est exercé, ne porterait pas sur les faits eux-mêmes mais sur la conformité de la décision aux règles de droit. En revanche, si aucun pourvoi n’est formé dans le délai légal, l’ordonnance de mise en liberté deviendra définitive et Farba Ngom sera alors libre de tous ses mouvements, dans le respect des éventuelles obligations fixées par la justice.
Le chroniqueur de la SenTV, Modou Fall, a été placé en garde à vue ce mardi, après avoir répondu à une convocation de la Brigade Faidherbe prévue à 15 heures, selon des informations rapportées par ses proches.
Les raisons précises de cette convocation ainsi que les faits qui lui seraient reprochés n’ont pas encore été officiellement communiqués par les autorités compétentes. Cette mesure de garde à vue intervient dans un contexte marqué par une forte sensibilité autour des prises de parole publiques et des débats médiatiques.
Des réactions commencent déjà à émerger dans les milieux journalistiques et sur les réseaux sociaux, où certains évoquent des préoccupations liées à la liberté d’expression, tandis que d’autres appellent à attendre les éléments officiels avant toute conclusion.
À la suite des violents affrontements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), ayant entraîné la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ, inscrit en deuxième année de Médecine, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé, est sorti de sa réserve pour réagir officiellement. Dans un contexte marqué par une vive émotion et une forte pression sociale, le ministre a tenu à condamner sans ambiguïté les violences policières tout en appelant au calme et à la responsabilité collective.
S’exprimant sur ces événements tragiques, Me Bamba Cissé a reconnu que des bavures avaient été commises lors des opérations de maintien de l’ordre sur le campus universitaire. Il a fermement dénoncé ces pratiques, soulignant qu’elles ne sauraient en aucun cas être tolérées dans un État de droit. Selon lui, la situation a dégénéré de manière regrettable, conduisant à la perte d’une vie humaine, un drame qui a profondément marqué la communauté universitaire et l’opinion publique nationale. Le ministre a adressé ses prières à la mémoire de l’étudiant décédé et présenté ses condoléances à sa famille, tout en précisant que les Forces de défense et de sécurité n’avaient nullement l’intention de provoquer un tel dénouement. Il a toutefois insisté sur la nécessité de situer les responsabilités afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes du décès.
Dans ses déclarations, le ministre de l’Intérieur a tenu à rappeler le cadre de l’intervention des forces de l’ordre, qu’il a décrite comme une mission visant essentiellement à protéger les biens publics et à rétablir l’ordre face à des troubles qu’il qualifie de préoccupants. Il a affirmé que la doctrine du maintien de l’ordre prônée par son département repose sur la retenue et le professionnalisme, et qu’un maintien de l’ordre sans bavure demeure un principe non négociable. À ce titre, Me Bamba Cissé a révélé avoir donné des instructions fermes interdisant l’usage des armes à feu lors des opérations de maintien et de rétablissement de l’ordre, une mesure qu’il présente comme une garantie supplémentaire pour la protection des vies humaines.
Le ministre a également évoqué des éléments découverts lors de fouilles effectuées dans certaines chambres d’étudiants. Selon lui, ces opérations auraient permis de mettre la main sur des objets, notamment des grenades lacrymogènes, sans toutefois préciser leur origine ni les conditions exactes de leur présence sur le campus. Cette révélation soulève de nombreuses interrogations et alimente le débat sur le climat de tension qui régnait à l’UCAD au moment des affrontements.
En conclusion, Me Mouhamadou Bamba Cissé a tenu à adresser un message d’apaisement à l’ensemble de la communauté universitaire. Il a affirmé comprendre et soutenir les revendications étudiantes lorsqu’elles sont légitimes, tout en rappelant que l’université doit rester un espace de savoir, de dialogue et de paix, et non un théâtre de violences. Convaincu que la grande majorité des étudiants aspire avant tout à apprendre et à réussir leur parcours académique, le ministre a insisté sur la nécessité de les encadrer, de les écouter et de les accompagner.
Alors que les enquêtes se poursuivent et que les appels à la justice se multiplient, cette prise de parole officielle vise à calmer les esprits et à réaffirmer l’engagement des autorités en faveur d’un retour à la sérénité à l’UCAD, tout en promettant que les responsabilités seront établies dans le respect des lois et des institutions de la République.
L’Amicale des étudiants de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie (FMPO) est montée au créneau pour dénoncer l’arrestation de son président, Cheikh Atab Sagna. Selon un membre de la structure estudiantine, ce dernier a été interpellé à l’issue de la conférence de presse tenue ce mardi.
Dans un communiqué, l’Amicale exige la libération immédiate de son président ainsi que celle de tous les autres membres qu’elle affirme être actuellement détenus. L’organisation condamne fermement ce qu’elle qualifie « d’actes de barbarie et d’abus de pouvoir exercés à l’encontre de la jeunesse, avenir de ce pays ».
Les étudiants de la FMPO réaffirment toutefois leur attachement à une lutte qu’ils décrivent comme pacifique, responsable et légitime. Ils insistent sur la nécessité de garantir le respect des libertés syndicales et associatives dans l’espace universitaire, estimant que ces droits constituent un socle essentiel de la vie académique.
Dans le même élan, l’Amicale assure qu’elle ne reculera pas face à ce qu’elle considère comme une injustice et qu’elle ne cédera pas à l’intimidation. Elle réitère sa détermination à poursuivre son combat, tout en appelant à la mobilisation autour de la défense des droits des étudiants.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Daouda Ngom, a pointé ce mardi l’existence d’influences extérieures dans les tensions récemment enregistrées au sein des universités publiques sénégalaises.
S’exprimant lors de la conférence de presse du gouvernement, il a déclaré que « certains étudiants subissent des influences extérieures ». Selon lui, des acteurs politiques opposés au pouvoir exerceraient des pressions sur certains responsables d’amicales étudiantes, contribuant ainsi à exacerber le climat dans les campus. « Il y a des opposants qui influencent des dirigeants d’amicales », a-t-il affirmé, tout en déplorant la présence de ces acteurs au sein des structures représentatives des étudiants.
Le ministre a regretté une situation qu’il juge préoccupante pour la stabilité du milieu universitaire, estimant que l’espace académique ne devrait pas être un terrain de confrontation politique indirecte.
Dans le même élan, Pr Daouda Ngom a lancé un appel au calme et à la retenue à l’endroit des étudiants. Il les a invités à faire preuve de responsabilité et de maturité, notamment dans le contexte marqué par le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Le ministre a insisté sur la nécessité d’apaiser les tensions et de préserver l’université comme un cadre d’études, de dialogue et de construction intellectuelle.
Le collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) annonce le dépôt de plaintes contre les autorités sénégalaises à la suite du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Dans un communiqué rendu public ce 10 février, les étudiants disent tenir pour responsable l’État du Sénégal, à travers le Président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ainsi que le ministre de l’Intérieur.
Le collectif déclare son intention de poursuivre ces « responsables devant les instances judiciaires nationales et internationales ». Les amicales annoncent également une plainte visant spécifiquement le Premier ministre pour « diffamation », sans en préciser pour l’instant les éléments détaillés.
Dans leur déclaration, les étudiants insistent sur leur indépendance et rejettent toute tentative de récupération ou de manipulation politique, « quelle que soit l’obédience ». Ils appellent par ailleurs les organisations de défense des droits humains à intervenir afin de constater ce qu’ils qualifient « d’actes de tortures et de barbaries perpétrés par des policiers sur ordre d’un gouvernement suffisant et autoritaire ».
Le collectif présente aussi ses condoléances à la famille de l’étudiant décédé, qu’il décrit comme un « martyr de la cause estudiantine ». Les amicales affirment qu’Abdoulaye Ba « sera immortalisé dans nos cœurs et dans notre campus ». Selon leur version des faits, le jeune étudiant « n’avait même pas participé aux affrontements », affirmant qu’il aurait été retrouvé dans sa chambre avant d’être battu à mort.
À ce stade, les autorités compétentes ne se sont pas encore exprimées publiquement sur ces accusations. Cette affaire relance le débat sur la gestion des tensions en milieu universitaire et sur l’usage de la force lors des opérations de maintien de l’ordre dans les campus.
La fermeture des restaurants universitaires de l’Université Iba Der Thiam (UIDT) de Thiès continue de susciter une vive indignation au sein de la communauté estudiantine. En réaction à cette décision du CROUS/T, jugée brutale et injustifiée, la Conférence des Amicales d’étudiants a décidé de prendre les devants pour éviter que des centaines d’étudiants résidents ne se retrouvent livrés à eux-mêmes.
Dans un communiqué rendu public, l’organisation étudiante dénonce une mesure aux conséquences sociales lourdes. Selon elle, la fermeture des restaurants universitaires affecte directement les étudiants les plus vulnérables, dont beaucoup dépendent exclusivement de ces services pour assurer leur alimentation quotidienne. « Cette décision est totalement injuste et inacceptable », estime la Conférence des Amicales, qui souligne l’absence de solutions alternatives mises en place par les autorités compétentes.
Face à l’urgence de la situation, les étudiants ont choisi l’action solidaire plutôt que la résignation. Consciente des réalités difficiles vécues dans les campus sociaux, la Conférence des Amicales a annoncé le lancement d’une cagnotte destinée à financer des repas pour les étudiants résidant dans les différentes cités universitaires de l’UIDT. L’initiative se veut à la fois humanitaire et militante, traduisant la volonté des étudiants de ne laisser aucun camarade sombrer dans la précarité alimentaire.
À travers cet appel à la solidarité, les responsables estudiantins invitent toute personne de bonne volonté – anciens étudiants, parents, citoyens, organisations ou partenaires – à apporter sa contribution afin de garantir un minimum vital aux étudiants affectés par la fermeture des restaurants. Pour la Conférence des Amicales, il s’agit d’un geste de dignité et de responsabilité collective, dans un contexte où l’accès à une alimentation décente devient un combat quotidien sur les campus.
Au-delà de l’aide alimentaire, l’organisation étudiante affirme que cette initiative constitue également une réponse ferme à ce qu’elle qualifie de « tentatives de pression et d’intimidation ». Elle réaffirme sa détermination à défendre les droits fondamentaux des étudiants, en particulier le droit à des conditions de vie compatibles avec la poursuite des études.
Cette mobilisation intervient dans un climat national marqué par de fortes tensions dans les universités sénégalaises, où les questions liées aux bourses, à la restauration et aux conditions de vie alimentent régulièrement des mouvements de contestation. À l’UIDT de Thiès, la cagnotte lancée par la Conférence des Amicales apparaît ainsi comme un symbole de résilience et de solidarité étudiante face à une crise qui dépasse largement le cadre académique.
La crise qui secoue les universités sénégalaises continue d’alimenter les débats publics. Pour Alioune Tine, président d’AFRICAJOM Center, les tensions actuelles dépassent largement la seule question des bourses ou des grèves estudiantines. Elles traduisent, selon lui, des limites structurelles profondes du système d’enseignement supérieur sénégalais, confronté à des mutations économiques, sociales et technologiques majeures.
Invité de l’émission En Vérité sur Radio Sénégal, l’acteur de la société civile a livré un diagnostic sans complaisance. À ses yeux, le modèle académique classique, fondé essentiellement sur la présence physique en salle de classe, est aujourd’hui à bout de souffle. Il estime impératif d’engager une transformation profonde du système universitaire, intégrant pleinement le numérique, l’intelligence artificielle et les technologies cognitives. « Ce n’est plus un choix, c’est une nécessité pour la survie de l’enseignement supérieur », a-t-il averti, soulignant que le monde avance à un rythme que les universités sénégalaises ne peuvent plus ignorer.
Alioune Tine a, dans ce sens, salué l’arrivée de Starlink au Sénégal et ce qu’il qualifie d’amorce d’un « new deal technologique ». Toutefois, il a mis en garde contre une transformation superficielle. Pour réussir cette mutation, l’État doit, selon lui, s’appuyer sur les compétences de la diaspora sénégalaise, notamment celles spécialisées dans les technologies avancées, afin de bâtir un enseignement supérieur adapté aux exigences du XXIᵉ siècle.
Sur la question sensible des bourses et des conditions de vie estudiantines, Alioune Tine a replacé le débat dans un contexte plus large. Il a pointé un environnement macroéconomique marqué par un endettement élevé et des politiques d’austérité qui affectent en priorité les couches les plus vulnérables de la population. Pour lui, la situation dans les campus est le reflet direct de la santé économique du pays. « Quand il y a un problème d’alimentation à l’université, cela signifie aussi que la société a faim », a-t-il déclaré, établissant un lien clair entre les difficultés des étudiants et les tensions sociales nationales.
Face à cette situation, le président d’AFRICAJOM Center estime que la réponse de l’État ne peut être ni purement administrative ni imposée de manière unilatérale. Il a plaidé avec insistance pour un dialogue inclusif et apaisé entre les autorités et le mouvement estudiantin, condition indispensable, selon lui, pour sortir durablement de la crise.
Alioune Tine appelle ainsi les pouvoirs publics à faire preuve de pédagogie, de transparence et de responsabilité. Pour l’acteur de la société civile, expliquer clairement la réalité de la crise économique, reconnaître les contraintes budgétaires et engager des discussions franches sur les sacrifices à consentir est la seule voie capable de restaurer la confiance et d’assurer une stabilité durable dans l’espace universitaire.
La tension reste vive à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Face au gouvernement sénégalais, les étudiants grévistes durcissent le ton et ferment la porte à toute concession tant que le paiement intégral des rappels de bourses n’est pas effectif. Un message sans équivoque porté par Khadim Diouf, président de la commission pédagogique de la Faculté des sciences, qui a averti que cette revendication constitue une ligne rouge non négociable.
Invité de l’émission Objection sur Sud FM ce dimanche 8 février, le leader estudiantin a dénoncé ce qu’il qualifie d’inaction des autorités face à une crise pourtant bien identifiée. Selon lui, malgré les multiples alertes et mouvements de protestation, l’État ne montre aucune volonté réelle de satisfaire les doléances des étudiants. « Le paiement des rappels de bourses est non négociable », a-t-il martelé, estimant que le gouvernement tente de gagner du temps sans apporter de réponses concrètes.
Pour Khadim Diouf, la solution est pourtant simple. Il appelle l’État à solder les arriérés et à permettre un retour à un climat apaisé au sein des universités. « Qu’ils payent les rappels et puis qu’on passe à autre chose. Ça ne coûte rien à l’État de payer ces rappels-là », a-t-il déclaré, rappelant que les étudiants représentent l’avenir du pays et constituent, selon ses termes, « la crème intellectuelle » de la nation.
Le responsable syndical a également prévenu que toute tentative de dialogue restera vaine tant que cette question centrale ne sera pas réglée. À ses yeux, il est impossible d’avancer dans les discussions avec les autorités dans un contexte où les engagements de base ne sont pas respectés. Il déplore en outre une stratégie de communication qu’il juge trompeuse, accusant le gouvernement de manipuler l’opinion publique autour de la question des bourses.
Au-delà du simple aspect financier, Khadim Diouf a tenu à rappeler le rôle vital de la bourse dans la vie quotidienne des étudiants sénégalais. Pour beaucoup d’entre eux, il s’agit de la seule source de revenus leur permettant de préserver un minimum de dignité. « C’est notre droit le plus absolu de recevoir nos rappels et nos bourses mensuelles », a-t-il insisté, soulignant que cet appui financier conditionne l’accès à la documentation, aux soins de santé et même à l’alimentation.
La crise actuelle s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre l’État et les étudiants. Le dernier trimestre de l’année 2025 avait déjà été marqué par de fortes mobilisations à travers plusieurs campus du pays pour exiger le paiement des rappels de bourses. Après une suspension du mot d’ordre de grève en décembre, les manifestations ont repris de plus belle depuis le début du mois de février 2026. En cause, selon les étudiants, la faiblesse et la « qualité très médiocre » des négociations engagées avec les autorités.
Alors que l’année universitaire est de nouveau menacée par des perturbations, le bras de fer se durcit. À l’UCAD, les étudiants préviennent : sans paiement effectif des rappels de bourses, aucune reprise durable des cours ni avancée dans les discussions ne sera possible. Une crise sociale et académique qui place une fois de plus la question du financement des études au cœur du débat national.
Un grave accident de la circulation a endeuillé l’axe Linguère–Matam ce dimanche 8 février 2026. Aux environs de 16 heures, un mini-car de transport en commun s’est violemment renversé sur le tronçon reliant Linguère à Barkedji, faisant au moins cinq morts et plusieurs blessés, dont trois dans un état critique.
Selon les premières informations recueillies sur place, le véhicule impliqué, un mini-car communément appelé « Cheikhou Chérifou », assurait la liaison en direction de Ourossogui. Pour des raisons qui restent encore à déterminer, le chauffeur aurait perdu le contrôle du véhicule, provoquant son renversement brutal sur la chaussée. La violence du choc a causé des dégâts importants et piégé plusieurs passagers à l’intérieur du véhicule.
Alertés, les sapeurs-pompiers se sont rapidement déployés sur les lieux de l’accident pour secourir les victimes. Les opérations d’évacuation ont été rendues difficiles par l’état du véhicule et la gravité de certaines blessures. Les corps sans vie ont été extraits tandis que les blessés, certains grièvement atteints, ont été pris en charge en urgence.
Les dépouilles ainsi que les personnes blessées ont été acheminées vers l’hôpital Maguette Lo de Linguère, où les équipes médicales sont mobilisées pour assurer leur prise en charge. L’identification des victimes décédées est en cours, dans un climat de grande émotion parmi les familles et les riverains.
Une enquête a été ouverte par les services compétents afin de déterminer les causes exactes de l’accident. L’état de la route, la vitesse, une éventuelle défaillance mécanique ou une erreur humaine figurent parmi les hypothèses envisagées.
Cet énième drame relance une fois de plus la question de la sécurité routière sur les axes intérieurs du pays, régulièrement endeuillés par des accidents mortels. Sur la route Linguère–Matam, très fréquentée et souvent pointée du doigt pour sa dangerosité, les populations appellent à des mesures urgentes pour éviter que de telles tragédies ne se répètent.
La Division des Investigations Criminelles (DIC) a porté un coup majeur à un réseau criminel d’une rare gravité, impliqué dans l’exploitation sexuelle de mineurs et opérant entre le Sénégal et la France. À l’issue d’une vaste enquête menée dans le cadre d’une commission rogatoire internationale, quatorze individus ont été déférés devant le Parquet pour des faits d’une extrême violence, mettant en cause des pratiques pédocriminelles organisées et transnationales.
Selon un communiqué officiel de la Police nationale, les investigations ont permis de mettre au jour une organisation criminelle structurée depuis 2017, spécialisée dans ce que les enquêteurs décrivent comme une « formation au sexe de jeunes garçons ». Les victimes, toutes mineures, auraient été progressivement conditionnées et exploitées sexuellement pour le compte d’hommes, majoritairement de nationalité étrangère et pour la plupart séropositifs. Les actes reprochés incluent des rapports sexuels non protégés, filmés, et destinés à alimenter un circuit criminel dont les ramifications dépassaient largement les frontières sénégalaises.
Au cœur de ce dispositif se trouve un ressortissant français identifié comme Pierre Robert, présenté par les enquêteurs comme le principal instigateur et donneur d’ordres. Ce dernier a été interpellé en avril 2025 à Beauvais, en France. D’après les éléments de l’enquête, il coordonnait les activités du réseau à distance, fournissant des instructions précises et finançant les opérations à travers des virements d’argent adressés à ses relais locaux.
L’enquête conduite par la DIC, en étroite collaboration avec les autorités judiciaires françaises, a permis l’arrestation de quatorze individus, tous de nationalité sénégalaise. Les chefs d’accusation retenus sont particulièrement lourds. Ils portent notamment sur la pédophilie en bande organisée, le proxénétisme, le viol sur des mineurs de moins de quinze ans, les actes contre nature ainsi que la transmission volontaire du VIH Sida. Des infractions qui exposent les mis en cause à de lourdes peines au regard du Code pénal sénégalais.
Parmi les personnes déférées figurent quatre individus présentés comme des « formateurs au sexe ». Lors de leurs auditions, ils auraient reconnu les faits qui leur sont reprochés, déclarant avoir agi sur instructions directes de Pierre Robert, en contrepartie de rémunérations financières régulières. Dix autres suspects, soupçonnés d’avoir joué divers rôles dans la logistique, le recrutement ou la mise en relation des victimes, ont également été interpellés et présentés à la justice.
Dans le cadre de cette opération de grande envergure, plusieurs perquisitions ont été menées simultanément dans différentes zones du pays, notamment aux Almadies et à Ouakam à Dakar, ainsi qu’à Kaolack et à Tivaouane Peulh. Ces interventions ont permis la saisie de divers objets et supports susceptibles de servir de preuves matérielles dans la procédure en cours, renforçant les charges retenues contre les suspects.
La Police nationale souligne que cette affaire est le fruit d’une coopération judiciaire exemplaire entre le Sénégal et la France. Une délégation française composée de juges d’instruction, de greffières et d’officiers de police judiciaire a été dépêchée à Dakar afin de travailler conjointement avec les enquêteurs de la DIC. Cette collaboration a permis de croiser les informations, d’identifier les acteurs clés du réseau et de démanteler une organisation criminelle dont l’ampleur et la brutalité ont profondément choqué.
Au-delà de la procédure judiciaire en cours, cette affaire met en lumière la persistance de menaces graves pesant sur les enfants et la nécessité de renforcer les mécanismes de protection des mineurs. Elle rappelle également l’importance de la coopération internationale dans la lutte contre les réseaux criminels transnationaux, dont les victimes restent les plus vulnérables.
La Brigade de Recherches de Keur Massar a procédé à l’interpellation de douze individus de nationalité sénégalaise dans le cadre d’une enquête portant sur des faits présumés d’association de malfaiteurs, de mise en danger de la vie d’autrui et de transmission volontaire du VIH à travers des rapports sexuels non protégés.
Selon des sources sécuritaires, l’affaire trouve son origine dans l’exploitation d’un renseignement signalant les agissements d’un individu séropositif qui aurait continué à entretenir des relations sexuelles non protégées, en toute connaissance de son état de santé. Les investigations menées par les éléments de la Brigade de Recherches ont conduit à son interpellation le 4 février 2026.
Soumis à un test de dépistage sur réquisition, un certificat médical établi par un médecin atteste qu’il est porteur du virus du VIH. Lors de son audition, il aurait reconnu être conscient de sa séropositivité et aurait déclaré avoir eu des rapports sexuels non protégés avec plusieurs partenaires, rencontrés notamment via des groupes WhatsApp.
Deux de ses partenaires, interpellés le même jour, ont également déclaré connaître leur statut sérologique positif, tout en admettant avoir continué à entretenir des relations sexuelles non protégées avec d’autres partenaires.
La poursuite de l’enquête a permis l’arrestation de cinq autres individus le 5 février, puis de quatre supplémentaires le 6 février, portant à douze le nombre total de personnes interpellées dans ce dossier.
D’après les premiers résultats des dépistages, six des personnes arrêtées ont été déclarées séropositives, deux sont en attente de confirmation médicale, tandis que quatre ont été déclarées séronégatives.
La Gendarmerie nationale indique que l’enquête se poursuit afin d’identifier l’ensemble des responsabilités et de déterminer les circonstances exactes des faits.
Au-delà du volet judiciaire, cette affaire relance la question de la responsabilité individuelle en matière de santé publique, ainsi que de l’importance du dépistage, de la prévention et de la protection lors des rapports sexuels.




